Archive | Antiimpérialisme

02 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Russie: droit d’asile et « droits de l’homme » sauce hollande-valls

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Camp de travail pour femmes

Condamné par Poutine à diverses reprises pour « outrage aux autorités », un journaliste russe, Andrey Novoselov, vient de lui être livré sur l’autel des intérêts diplo- matiques et économiques de l’impérialisme français, et ce malgré les rodomontades de Hollande sur les atteintes aux « droits de l’homme » en Russie…

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Réfugié en France depuis 2006, il a demandé plusieurs fois, et sans succès, l’asile politique avec des preuves évidentes du danger qu’il court en Russie. La Cour européenne des droits de l’homme a condamné ce pays pour les « conditions indignes » qu’il a subies en prison.
Après deux tentatives désespérées de quitter l’Europe pour les USA avec des bateaux de fortune, Andrey a été arrêté le 14 janvier dernier et placé au centre de rétention administrative de Perpignan (66).

Livré à Poutine Face aux trois rejets de sa demande de mise en liberté, il a entamé une longue grève de la faim. Comble de cynisme, un juge devant statuer sur son maintien en rétention déclara dans un arrêt de la cour d’appel de Montpellier : « La Cour comprend mal pourquoi l’intéressé, qui s’apprêtait à se [sic] rendre aux États-Unis au départ des Pyrénées-Orientales par la voie maritime, seul et sur une embarcation de fortune, déclare aujourd’hui être physiquement inapte pour retourner dans son pays par un moyen rapide et confortable, à savoir la voie aérienne ».

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Le 16 février, profitant du dimanche et sachant qu’à ce moment, il ne pourrait bénéficier d’aucune assistance, des policiers venus de Paris l’ont embarqué dans un avion affrété pour l’oc- casion ! Et le lendemain, cet homme pacifique était reconduit comme un criminel, scotché et menotté, dans un avion pour Moscou. Depuis, les nouvelles qui nous sont parvenues sont alar- mantes. Une campagne pour que son cas ne tombe pas dans l’oubli s’organise.

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Voilà ce que réserve à ceux qui fuient la misère et/ou les persécutions dans leur pays « la France terre d’asile » des Hollande-Valls, successeurs zélés de Sarkozy-Guéant !

Correspondant  http://npa2009.org/content/russie-droit-dasile-et-droits-de-lhomme-sauce-hollande-valls

Hebdo L’Anticapitaliste – 231 (27/02/2014)

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01 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Venezuela, les travailleurs face à la crise économique et sociale (al’e)

TOPSHOTS-VENEZUELA-DEMO-VIOLENCE

Le pays vit des moments de tensions et d’effervescence sociale.

La cause fondamentale des protestations et des mobilisations des derniers jours – au-delà du rejet des actions répressives policières, militaires et parapolicières – réside dans le fort mécontentement populaire qui s’est accumulé suite à la grave crise économique et sociale à laquelle le gouvernement de Nicolas Maduro cherche à répondre en appliquant une politique d’ajustement économique qui reporte le poids de crise sur les épaules des travailleurs et du peuple.

La dévaluation appliquée par le gouvernement Maduro se traduit par coup dur contre les déjà maigres salaires des travailleurs, cela dans un contexte d’hyperinflation. Le gel des contrats collectifs dans le secteur public et la non-application des obligations légales et contrac- tuelles par les patrons des secteurs publics et privés,  s’appuient sur le refus de prendre en considération les syndicats (autonomes) et sur la criminalisation des luttes que livrent les travailleurs en défense de leurs droits.

Des centaines de travailleurs, d’indigènes, de paysans et d’étudiant·e·s doivent faire face à la justice pour fait de manifestation, cela comme un élément d’une escalade répressive qui vise à freiner le processus de mobilisations qui s’est traduit par 15’231 protestations sociales au cours des trois dernières années.

Notre courant syndical – la C-cura – par son engagement inconditionnel pour les intérêts des travailleurs a souffert directement des coups portés par des hommes de main et des persécutions conduites par des patrons du public et du privé. L’attaque la plus récente de la part de la boli- bourgeoisie [la bourgeoisie bolivarienne dépendante de la rente pétrolière et de l’appareil d’Etat dans lequel les militaires disposent de positions importantes] et l’ouverture d’un procès contre José Bodas, secrétaire général de la Fédération unitaire des travailleurs du pétrole (FUTPV) et dirigeant de notre courant.

Ce procès frappe aussi 9 travailleurs du secteur pétrolier. C’est une action de représailles contre la mobilisation de la raffinerie de Puerto La Cruz, mobilisation défendant la participation du syndicat dans la discussion concernant le nouveau contrat collectif de la branche. A l’inflation de 56,2% pour l’année 2013 s’ajoute le désapprovisionnement (manque de biens, pénuries) qui se situe, selon la banque centrale, à hauteur de 28% pour le mois de janvier 2014 et à 26,2% pour les biens alimentaires.

Toutes les attentes provoquées par le gouvernement sur une prétendue politique de «prix justes» sont apparues comme illusoires. Il s’ensuit que l’inflation ronge les salaires. Durant le mois de janvier 2014, la perte se situe à 3,3%. L’augmentation minimale de 10% décrétée au début de l’année 2014 équivaut à une compensation d’environ 10 bolivars par jour, alors que, selon Elias Eljuri, président de l’Institut national de statistiques, il faudrait au moins 2 salaires minimums pour couvrir les besoins de base d’une famille.

Le mouvement étudiant a développé des revendications démocratiques contre l’utilisation de groupes parapoliciers lors de la répression de leurs manifestations et contre les excès répressifs des corps policiers et de la Garde nationale bolivarienne (GNB). Il est certain que le gouvernement Maduro a affronté les récentes mobilisations en les réprimant à travers le SEBIN (Service bolivarien de renseignement national) et de la GNB [1]. On déplore 10 morts et des centaines de blessés et détenus [dont une partie a été libérée]. Nous considérons que ces revendications démocratiques doivent s’intégrer à un ensemble de revendications sociales et économiques qui offrent une réponse au mécontentement de millions de personnes qui souffrent des conséquences de la crise économique et des politiques d’ajustement du gouvernement.

Mais, aujourd’hui, ils ne se mobilisent pas à cause de la défiance, justifiée, qu’ils ont face aux directions politiques qui composent la MUD (Mesa de Unidad Democrática ; la Table d’unité démocratique), ce rassemblement de forces qui ont déjà gouverné le pays durant la période de l’accord entre les trois formations bourgeoises dit de Punto Fijo (datant 1958, suite à la dictature) et qui se sont opposées aux aspirations populaires.

Ces forces représentent les intérêts patronaux et pro-impérialistes.

C’est pour cette raison que – en toute autonomie face aux deux blocs partisans (les forces dirigeantes du gouvernement et la MUD) qui hégémonisent actuellement la politique vénézuélienne – nous devons unifier les efforts et les forces, depuis le bas, pour rendre visibles nos exigences face aux pénuries, à l’inflation, aux violations des droits des travailleurs, à la crise du système public de santé, aux déficits concernant le logement et à la détérioration des services publics. De la même façon il s’agit d’incorporer les revendications propres des étudiant·e·s, en instaurant un budget plus juste pour l’éducation, en démocratisant les instances de direction des universités.

Malheureusement la majeure partie des directions syndicales a décidé soit de s’aligner, soit avec le gouvernement Maduro, soit sur la MUD. Cela rend difficile l’expression par les tra- vailleurs et les travailleuses de leurs propres revendications dans le contexte actuel. La marche convoquée par le gouvernement et la bureaucratie, la semaine passée [18 février] pour valider le contrat passé dans le secteur pétrolier en constitue un exemple. De son côté, quelques-unes des directions syndicales qui font partie de l’Unité d’action syndicale ont signé un manifeste pour le dialogue social dans lequel elles rejettent, avec raison, la répression policière et parapolicière, appellent à la dissolution du SEBIN et demandent que cesse la criminalisation des protestations.

Toutefois, elles appellent à protéger les intérêts des investisseurs en proposant une alliance entre travailleurs et capitalistes, position qui enlève tout caractère de classe à leur manifeste. Et elles n’avancent, dès lors, aucune exigence sociale et économique. Ce qui est encore plus préoccupant.

Ces différences font que ni la C-cura, ni la UNETE (Union nationale des travailleurs) n’ont signé un tel manifeste. Nous sommes en faveur d’une amnistie générale de tous les lutteurs sociaux qui sont déférés devant les tribunaux. Nous demandons une enquête, avec la participation d’organisations de défense des droits de l’homme, qui puissent déterminer les responsables matériels et intellectuels des morts et des blessés, actes commis à l’occasion d’attaques armées contre les manifestations. Nous appelons à la solidarité des responsables des médias et des travailleurs des moyens de communication, qu’ils soient privés ou étatiques, afin de rejeter les pressions du gouvernement pour réduire le droit à l’information.

De même, nous sommes en faveur d’un Plan économique et social alternatif pour que les secteurs populaires ne paient pas la crise et pour la faire payer à ceux qui l’ont provoquée: à la bureaucratie gouvernementale et à ses alliés du secteur patronal. Nous exigeons une aug- mentation générale des salaires, un salaire minimum couvrant les besoins de base d’une famille, l’ouverture des réelles négociations sur les contrats collectifs arrivés à échéance, l’exécution des engagements non respectés par les patrons, la suppression de la TVA, la nationalisation de l’industrie pétrolière sans entreprises mixtes ni transnationales, le sauvetage de la Corporacion Venezolana de Guyana (complexe de 15 entreprises spécialisées dans l’extraction de minerais) et des entreprises de ciment. Et, enfin, que soient respectés les droits territoriaux des peuples indigènes.

Avec l’unité des travailleurs et des secteurs populaires, il est possible de présenter une alternative depuis le bas face aux options que prétend nous imposer le pouvoir et qui vont à l’encontre des aspirations économiques et sociales de la majorité de la population. Nous appelons toutes les directions syndicales à défendre les intérêts de la classe ouvrière et à impulser un programme autonome de revendications pour l’opposer aussi bien aux choix du gouvernement qu’à ceux de l’opposition patronale. Nous réaliserons une Rencontre syndicale et populaire dans la ville de Caracas durant la première partie du mois de mars, pour déterminer une position autonome face à la crise nationale. Ainsi, dans les faits, nous avancerons vers la refondation du mouvement syndical et nous dépasserons la polarisation stérile qui a affecté l’initiative politique du mouvement ouvrier au cours des dernières années.

(Déclaration publiée sur le site La Cl@se Info le 26 février 2014; traduction de A l’Encontre)

Publié par Alencontre le 1 – mars – 2014

Déclaration du Courant classiste, unitaire, révolutionnaire et autonome (C-cura)

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[1] Selon l’AFP, ce vendredi 28 février, la procureure générale du Venezuela, Luisa Ortega Diaz, a admis devant la presse que 27 enquêtes avaient été ouvertes en raison d’exactions supposées des autorités. «Le ministère public ne va permettre sous aucun prétexte que soient violés les droits de l’homme», a-t-elle souligné. Elle a livré un bilan de ces semaines de manifestations, faisant état de 17 morts et 261 blessés. (Rédaction A l’Encontre)

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01 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Déclaration sur l’ukraine (qi)

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Déclaration adoptée par le Comité international de la Quatrième Internationale.

1- La crise politique a commencé en Ukraine en novembre 2013 quand le président Ianoukovitch a décidé, sous fortes pressions russes, de ne pas signer l’association de libre-échange avec l’UE, en dépit de la campagne officielle menée par le Parti des Régions depuis des mois. Elle s’est déclenchée dans le contexte d’une profonde crise sociale et d’endettement qui plaçait le pays sous pression du FMI. La façon dont la décision a été prise par le pouvoir personnel du président, a donné force à la crainte populaire d’une nouvelle intégration de l’Ukraine dans un projet régional dominé par la Russie, et que cela accentuerait les dérives oligarchiques répressives et présidentielles du régime visibles depuis 2010.

Dès lors la crise fut loin d’opposer deux camps ou programmes clairement délimités : elle a révélé des différenciations et hésitations parmi les oligarques et élites, même au sein du Parti des Régions (du président), et – en dépit de différences culturelles, sociales et politiques entre différentes régions historiques du pays –, l’émergence des masses comme un facteur indépendant exprimant leur « indignation » et défiance envers les partis politiques – que ce soit par l’implication directe dans le mouvement Maïdan (surtout dans l’ouest et le centre du pays) ou de façon passive (dominant dans l’est russophone).

Une semaine de violence sanglante a imposé le point de vue des protestataires en faveur du départ immédiat du président Ianoukovitch. Ce n’est pas un « coup d’Etat » qui l’a renversé : son impopularité croissante est devenue rejet absolu devant l’horreur de quelques 80 victimes de ses snipers tirant à balles réelles contre les manifestants. C’est cela qui a produit, après des mois d’hésitation des institutions dominantes entre répression et dialogue, l’isolement radical du président dans son propre camp : le Parlement a voté sa destitution, pendant qu’une partie des forces de police et sans doute de l’armée se déclarait à Kiev, comme en régions, « du côté du peuple », et que la fuite vers la Russie du président était stoppée dans le Donetsk, au cœur de son propre bastion.

2- Ce mouvement, depuis le début, a présenté des traits combinés, à la fois révolu- tionnaires (démocratiques, anti-hiérarchiques, auto-organisé) et réactionnaires – dont l’issue globale est et demeure tributaire de luttes politiques et sociales. Ces traits ont été également profondément liés au caractère marquant l’actuelle société ukrainienne post-soviétique (atomisée, sans identité de classe claire, avec une dégradation de l’éducation et l’hégémonie des idées nationalistes réactionnaires dans la société – combinées avec un légitime attachement à l’indépendance nationale et l’héritage dramatique du stalinisme).

Nous soutenons le mécontentement et les aspirations populaires à une vie décente et libre dans un Etat de droit débarrassé de son régime oligarchique et criminel, exprimés dans le mouve- ment dit EuroMaïdan et dans le pays – tout en étant convaincus que l’Union européenne (UE) est incapable de les satisfaire, et en le disant.

Nous soutenons le droit du peuple ukrainien tout entier à décider et contrôler les accords internationaux négociés – ou rompus – en son nom, que ce soit avec la Russie ou avec l’UE. Avec une pleine transparence sur leurs effets politiques et socio-économiques.

Nous dénonçons toutes les institutions et forces politiques internationales ou nationales, quelles que soient leurs étiquettes, qui limitent la pleine et libre détermination de ces choix par la population, que ce soit par des diktats économiques ou financiers, par des lois et forces de sécurité liberticides, ou par des agressions physiques qui interdisent la pleine expression pluraliste des choix et désaccords. Sur ce plan, nous dénonçons tout autant les courants d’extême-droite que les forces de sécurité du régime, qui partagent d’ailleurs souvent la même idéologie réactionnaire, antisémite et nationaliste violemment exclusive.

Alors que les principales forces politiques organisées étaient de droite ou d’extrême-droite, nous soutenons les forces sociales et politiques qui ont cherché à construire une opposition de gauche au sein de ce mouvement. Elles ont ce faisant refusé de rester à l’extérieur de ce mouvement ou de l’assimiler à l’extrême-droite. Cette orientation autonome impliquait une difficile confrontation aux courants fascistes et l’accent sur la dénonciation de 25 ans de privatisations quelles que soient les partis politiques au pouvoir depuis l’indépendance du pays.

3- Après la chute du régime Ianoukovitch, le mouvement de masse lui-même, n’a pas de programme progressiste basé sur des revendications démocratiques nationales et sociales ou de force politique et syndicats indépendants implantés parmi les travailleurs – tout en étant imprégné d’espoirs de réels changements politiques et sociaux. Quels que soient les résultats des prochaines élections, des désillusions populaires suivront. Et quels que soient les accords conclus avec l’UE, les nouveaux partis au pouvoir poursuivront les attaques sociales, avec le risque de confrontations intérieures conduisant le pays à la désintégration.

La gauche alternative doit répondre aux espoirs et illusions populaires par ses propres propositions sur les enjeux sociaux, linguistiques, démocratiques, contre les divers partis de droite.

Nous espérons que la population ukrainienne trouvera ses propres formes auto-organisées d’expression autonome de ses exigences concrètes et de défiance envers les partis dominants, dans toutes les régions du pays.

Comité international de la Quatrième Internationale, le 25 février 2014

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article31230

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27 février 2014 ~ 0 Commentaire

Unanimité néocoloniale au parlement

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L’Assemblée Nationale et le Sénat ont voté la prolongation de la guerre en Centrafrique, pratiquement à l’unanimité (428 pour, 14 contre à l’AN, 328 pour, 3 contre au Sénat).

La majorité des élus du Front de gauche n’a même pas osé s’opposer à cette intervention militaire.

Cela confirme aussi l’envoi de 400 militaires français supplémentaires.

Malgré la mise en place d’une nouvelle présidente au service de la Françafrique, Catherine Samba-Panza, le gouvernement français reconnaît toujours des « difficultés ».

Le rapport d’Hubert Védrine confirme que le rôle de l’intrusion guerrière française en Françafrique a pour but de reconquérir des parts de marché, pas de porter secours à la population. Nous le répétons une fois de plus : « La France est le problème, pas la solution en Afrique ».

Le NPA s’oppose à l’intervention française et appelle à manifester le 1er mars dans le cadre de la clôture de la semaine anticoloniale. Montreuil, le 26 février 2014

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27 février 2014 ~ 0 Commentaire

Que se passe-t-il au venezuela? (al’e)

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Les images de milliers de manifestants dans les rues des principales villes véné- zuéliennes, du déploiement de troupes et des actions de groupes de civils armés ont été diffusées à l’échelle internationale au cours des deux dernières semaines. Elles ont été accompagnées, d’une part, par les déclarations grandiloquentes du gouvernement qui dénonce un coup d’État et, de l’autre, par les allégations de la direction de l’opposition bourgeoise, qui y voit une confirmation supplémentaire du caractère dictatorial du système politique vénézuélien.(…)

Victoire électorale, mais 56,2% d’inflation

En décembre 2013, la crise actuelle a été précédée par une victoire électorale du chavisme. S’ap- puyant sur une campagne contre la spéculation pendant laquelle il est intervenu dans quelques chaînes de magasins, principalement dans le secteur de l’électroménager, le gouvernement a rem- porté 71,64% des municipalités, obtenant environ 49% des voix, soit près de neuf points de plus que la Mesa de Unidad Democrática (MUD), la coalition des partis de l’opposition bourgeoise. Les dissidents du chavisme ont obtenu 5%, ceux de la MUD un peu plus de 2%, de même que les autres candidatures indépendantes. La MUD avait fait campagne en donnant au scrutin un caractère de plébiscite contre le gouvernement, et elle a échoué en ce sens.

Toutefois, la victoire du chavisme est relativisée par l’aggravation de la crise éco- nomique.

L’année 2013 s’est conclue sur les indices d’inflation et de pénurie les plus élevés depuis la période initiée en 1999. La fausse promesse du gouvernement selon lequel un «juste prix» des articles de consommation serait consolidé par les interventions des autorités dans le secteur du commerce à la veille des élections a été rapidement et brutalement démentie par la réalité. Sous l’impact des me- sures de la Banque Centrale du Venezuela (BCV), qui ont entraîné une augmentation de 70% de la masse monétaire pendant l’année 2013, le taux d’inflation a atteint 56,2%. Pendant les seuls mois de novembre et décembre, en pleine campagne pour le «juste prix», l’inflation a été de 7%. (…)  Entre 2012 et 2013, la surfacturation des importations a dépassé 20 milliards de dollars. Maduro a été obligé d’admettre publiquement que le gouvernement n’avait jamais effectué aucun contrôle a posteriori de l’allocation de devises aux entreprises importatrices. (…)

Face à cette situation, le gouvernement a utilisé le capital politique de sa victoire électorale pour promouvoir des négociations avec la MUD afin d’obtenir son soutien aux mesures d’austérité qu’il souhaitait mettre en œuvre. Dans une volte-face typique du chavisme, dix jours après des élections municipales où il était censé avoir vaincu le «fascisme», Maduro s’est réuni cordialement à Mira- flores [palais présidentiel] avec la plupart des maires et des gouverneurs de la MUD. Parmi les diverses propositions discutées à cette occasion a été évoquée une augmentation du prix de l’essence, qui est très fortement subventionnée. Dans un communiqué ultérieur, la MUD a déclaré appuyer cette mesure et annoncé qu’elle mettait «à la disposition de l’exécutif ses ressources techniques et politiques afin d’obtenir le consensus le plus ample autour d’une question d’une telle importance dans la vie des Vénézuéliens» [1]. Au cours de réunions ultérieures avec Maduro et le ministre de l’Intérieur, réunions auxquelles participait le principal dirigeant de la MUD, Henrique Capriles, les autorités régionales et locales ont eu un échange de vue sur la mise en œuvre de plans de sécurité conjoints. De fait, l’impasse qui s’était ouverte avec l’élection présidentielle d’avril 2013, dont la MUD n’avait pas reconnu les résultats, est aujourd’hui surmontée. (…)

Les manifestations du 12 février changent de contenu

Les premières manifestations n’ont été animées que par quelques dizaines de militants, avec un caractère clairement provocateur, comme l’action contre la résidence du gouverneur de Táchira ou les actions armées effectuées  à Mérida. Il y a eu aussi des violences policières, comme à Mérida, par exemple, où un étudiant qui ne participait pas aux manifestations a été grièvement blessé. Des personnes détenues à San Cristobal ont été transférées à la prison de Coro, à 500 kilomètres de distance. Les principaux slogans de ces manifestations visaient l’insécurité, mais au fur et à mesure que s’approchait le 12 février, les appels ouverts à la démission de Maduro ont commencé à se faire entendre.

Parallèlement, le PSUV a commencé à utiliser des groupes de choc parapoliciers pour briser les manifestations, qu’elles soient pacifiques ou violentes, et attaquer des zones résidentielles. Un exemple de ces actions est l’attaque contre la résidence de Mgr Chacón à Mérida, où se déroulait une protestation sous forme de concert de casseroles, et où deux personnes ont été blessées.

Par rapport aux mots d’ordre initiaux, les manifestations du 12 février, qui ont eu lieu dans 18 villes, ont changé de contenu: on y revendiquait la libération des étudiants détenus et la cessation des actions répressives de la police et des groupes parapoliciers. À l’intérieur du pays, où la pénurie et la crise des services publics se font sentir de façon beaucoup plus sévère que dans la capitale, les manifestants ont aussi formulé des revendications liées à ces questions.

Les deux factions de la MUD ont été clairement dépassées par l’ampleur des manifestations, sous- tendues par le mécontentement de larges secteurs de la population face à la crise économique et aux mesures d’austérité mises en œuvre par le gouvernement. Le PSUV a lui aussi organisé des rassemblements et des manifestations le même jour, mais de moindre ampleur.

À Caracas, on a enregistré des faits qui ont entraîné une évolution majeure dans le développement des protestations. Aux abords du siège du Ministère Public (Fiscalía General), alors que s’était dispersée la manifestation initiée sur la Plaza Venezuela, des groupes d’étudiants et d’activistes ont entrepris d’affronter la police en lançant des pierres et ont provoqué des dommages à la façade de cet édifice gouvernemental. Ils ont été réprimés à balles réelles par la police politique, le Service bolivarien de renseignement national (SEBIN), la Garde nationale bolivarienne (GNB) et des groupes parapoliciers. Le bilan est de deux morts: Bassil Da Costa, un jeune homme abattu par une balle dans le dos,  et Juan Montoya, un membre de la police municipale de Caracas-Libertador (mairie tenue par le chavisme)  qui faisait partie d’un des groupes parapoliciers intervenus contre les protestataires. D’après la famille et les amis de Montoya, c’est un «fonctionnaire» qui lui aurait tiré dessus.

Plus tard, dans un autre quartier de la capitale, l’un des manifestants qui était venu en aide à Da Costa, Roberto Redman, a été assassiné par balles depuis une moto chevauchée par des civils, dont les tirs ont d’ailleurs fait cinq autres blessés. Cette même nuit, dans une rue de l’ouest de Caracas, l’attaché de presse de Provea, une organisation de défense des droits de l’homme [NdT: ayant une large trajectoire progressiste auprès des mouvements sociaux depuis les années 1980], a été sé- questré à proximité d’un barrage de police par des hommes armés sans uniforme se présentant comme des agents du SEBIN. Ils lui ont confisqué son téléphone portable et, après l’avoir tabassé et menacé de mort pendant près de deux heures, ont fini par le libérer.

Le quotidien Últimas Noticias, dont la ligne éditoriale est favorable au chavisme, a publié un travail d’investigation documentant amplement les actions du SEBIN aux alentours du bâtiment du Ministère Public et les coups de feu tirés contre un groupe de manifestants qui fuyait la police après la chute de Da Costa [2]. Le président Maduro a commencé par rendre les manifestants eux-mêmes responsables de ces morts, affirmant qu’il s’agissait d’un «scénario» semblable à celui du coup d’État de 2002, mais a ensuite déclaré que les agents du SEBIN avaient agi de leur propre initiative et destitué le chef de ce corps répressif. Il ne fait pas de doute que les actions entreprises par le gouvernement et les groupes parapoliciers le 12 février marquent un tournant. Elles ont entraîné une amplification des protestations, même si Maduro a annoncé ce soir que les manifestations non autorisées par le gouvernement ne seront pas tolérées.

Une analogie non pertinente: 2014, une répétition de 2002

Au moment où j’écris ces lignes, six personnes sont mortes dans les manifestations ultérieures au 12 février, et on estime que près de deux cents ont été blessées par balles et par chevrotines, victimes dans la plupart des cas de l’action des groupes parapoliciers et de la GNB. Quarante personnes ont été détenues. On enregistre de nombreuses plaintes concernant les tortures et les traitements dégra- dants infligés par les corps policiers et militaires qui participent aux arrestations. Malgré la milita- risation de San Cristobal et Mérida, les manifestations se poursuivent, et plusieurs quartiers de ces villes sont paralysés par des barricades [3].

La majorité des informations sur les manifestations circule à travers les médias électroniques, étant donné que les chaînes de télévision privées comme publiques respectent les exigences des autorités de ne transmettre aucune information en direct sur les manifestations, ni aucune nouvelle que la Commission nationale des Télécommunications (Conatel) puisse considérer comme une incitation à la violence. (…)

Le gouvernement a recours à l’expédient de se faire passer pour la victime d’un coup d’État en cours d’exécution et de comparer la situation actuelle avec celle d’avril 2002. Il est toutefois impossible de soutenir rationnellement une telle comparaison. On n’enregistre en effet aucune déclaration contre le gouvernement ni aucune défection au sein des forces armées, dont la hiérarchie – officiers généraux et officiers supérieurs – est complètement alignée sur le gouver-nement et sur la fraction de la bourgeoise qui dirige l’État. Cette dernière est principalement constituée par un secteur de nouveaux riches mieux connus par la population sous le sobriquet de «bolibourgeoisie», et dont beaucoup sont d’ailleurs eux-mêmes militaires.

La plupart des dirigeants de la MUD ne partagent pas le mot d’ordre de «démission» impulsé par VP et polémiquent publiquement avec Leopoldo López. L’organisation patronale Fedecámaras n’appelle nullement à la grève, pas plus que la bureaucratie syndicale liée à la MUD. En plein milieu de la crise, le plus puissant capitaliste du pays, Gustavo Cisneros, a annoncé son soutien au gouvernement, tandis que la transnationale Repsol vient de signer un accord de financement de PDVSA de 1,2 milliard de dollars. La hiérarchie de l’Église catholique s’abstient de jeter de l’huile sur le feu et soutient plutôt les plans de «pacification» du gouvernement.

Maduro s’est peu à peu rapproché des positions du gouvernement des États-Unis et, il y a moins d’un an, le ministre des Affaires étrangères Elías Jaua et le secrétaire d’État John Kerry se sont réunis pour annoncer leur intention d’améliorer les relations diplomatiques entre les deux pays. On voit mal comment le fait que Leopoldo López se soit volontairement livré aux autorités, qui avaient ordonné sa capture en tant que responsable des morts du 12 février, peut s’inscrire dans la logique d’une imminente conquête militaire du pouvoir par les armes. (…)

Par conséquent, la tâche principale de la gauche et des organisations sociales est de s’opposer à ces violations des libertés démocratiques, tout en continuant à proclamer que la MUD ne représente pas une alternative politique susceptible de résoudre les problèmes dont souffre la majorité de la population.

La jonction entre la question démocratique et le projet social de transformation

L’utilisation par le gouvernement de forces parapolicières pour dissoudre les manifestations est une méthode ultraréactionnaire que nous condamnons. L’exercice de la censure, que ce soit par le biais d’accords entre le gouvernement et les propriétaires des médias ou par la coercition, implique dans tous les cas une violation du droit à l’information. On constate clairement ici l’incompatibilité de ce droit tant avec la propriété privée des médias qu’avec la gestion bureaucratique des médias étatiques. (…) Au-delà des protestations, les procès menés contre plus de trois cents ouvriers, paysans et indigènes autochtones en lutte doivent être suspendus. Il s’agit là de revendications démocratiques que quiconque se prétend démocrate ou révolutionnaire doit soutenir et qui s’opposent à la doctrine de sécurité nationale invoquée par Maduro pour placer les intérêts de l’État au-dessus des droits sociaux. (…)

Le désastre économique et social a dissipé les illusions du projet chaviste. La tentative de surmonter les problèmes structurels de notre pays dans le cadre du capitalisme en s’appuyant sur le protagonisme de la bourgeoisie nationaliste, des militaires et d’un parti de type corporatif a échoué et se trouve dans un état de décomposition avancée. Les programmes d’aide sociale mis en place après la défaite du coup d’État de 2002 ont dépassé l’apogée de leur efficacité et sont entrés dans une dynamique récessive depuis 2007. (…)

On a des exemples clairs de cette politique avec l’emprisonnement du leader indigène Yukpa Sabino Romero et du syndicaliste Rubén González entre 2009 et 2011 et avec la récente arrestation de dix travailleurs du pétrole qui participaient à une assemblée dans la raffinerie de Puerto La Cruz, dont le secrétaire général de la Fédération unie des Travailleurs du pétrole (FUTPV), José Bodas. Ajoutons à cela une débâcle économique qui n’empêche toutefois pas  les secteurs transnationaux enkystés dans l’industrie pétrolière, la banque privée et les importateurs de s’en tirer à très bon compte. L’utopie réactionnaire d’un «socialisme avec capitalistes» s’est effondrée. Il revient à la gauche révo- lutionnaire de récupérer les drapeaux du socialisme que le chavisme a utilisé à ses propres fins.

D’après les chiffres officiels, plus de neuf millions de personnes, soit un tiers de la population, vivent dans la pauvreté. Près des trois quarts des travailleurs du secteur public gagnent des salaires inférieurs au coût du panier alimentaire, qui s’élève à plus de deux fois le montant du salaire minimum. C’est seulement chez les militaires que les augmentations de salaires sont supérieures à l’inflation. (…)

Par Simon Rodriguez Porras

(23 février 2014, traduction par Marc Saint-Upéry, les sous-titres sont de la rédaction de A l’Encontre)

http://alencontre.org/ameriques/amelat/venezuela/que-se-passe-t-il-au-venezuela.html

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24 février 2014 ~ 0 Commentaire

Appel unitaire contre l’intervention en Centrafrique

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Centrafrique : Du temps des colonies à la Françafrique

Les interventions militaires sont le problème, jamais la solution

Deux ans après l’attaque de la Libye, un an après la guerre au Mali, la France intervient de nouveau militairement en Centrafrique. Il est de notre devoir en tant qu’anticolonialistes et partisans de la solidarité internationale des peuples de nous opposer à l’opération Sangaris. Nous exprimons toute notre solidarité avec le peuple centrafricain qui souffre, depuis plusieurs mois, d’inacceptables violences.

On ne peut trouver aucune justification aux exactions commises par les groupes armés Séléka ou anti Balaka à l’encontre des populations civiles de Centrafrique qui sont terrorisées et condamnées à fuir. Ces actes sont inacceptables. Mais force est de constater que le débarquement des troupes françaises, bien loin de répondre à l’objectif humanitaire proclamé, a, même sur ce plan, contribué à aggraver la situation : loin de Bangui, sur la plus grande partie du territoire, les massacres continuent, et, dans la capitale même, le climat de violence perdure. Les troupes françaises ne sont pas «neutres » et leur présence ne fait qu’alimenter la guerre civile. Et l’envoi de troupes de pays de l’UE, réclamé par F. Hollande, ne fait qu’impliquer l’Union dans cette intervention militaire.

En tout état de cause, l’entrée en guerre de la France en Centrafrique, décidée par le Président de la République française, ne saurait être considérée comme « normale » ainsi que tend à le faire croire la propagande du gouvernement et de l’armée :

⁃ La France, ancienne puissance colonisatrice, n’a pas perdu l’habitude de considérer l’Afrique, d’abord comme une zone d’influence. Sa logique est toujours néo-coloniale, à l’ombre de l’impérialisme US qui en tire également profit

⁃ La guerre ne peut apporter la démocratie ; bien au contraire elle est lourde de risques d’enlisement et ne porte que la garantie d’une extension et de la pérennisation des conflits. Ceux qui en profitent, ce sont les marchands d’armes… et, de ce fait, la balance commerciale française en premier lieu.

⁃ Une fois de plus, cette intervention se déroule dans un pays et une région où la France défend les intérêts occidentaux tout en servant d’abord ses propres intérêts stratégiques à travers ceux de ses grandes entreprises. Ce qui est en jeu, c’est notamment le contrôle des ressources minérales et énergétiques, en particulier les mines d’uranium nécessaires au complexe nucléaire civil et militaire, ainsi que les prospections de Total ou la logistique des transports fluviaux, portuaires ou par rails de Bolloré.

⁃ La France en agissant de la sorte poursuit également un but politique à moyen et long-terme : fragiliser les États africains pour aboutir à des divisions nationales qui seront source d’affaiblissement des peuples se relevant à peine de la colonisation. La balkanisation de l’Afrique, la division et l’affaiblissement des résistances populaires africaines, est un objectif stratégique essentiel tant pour la France que pour toutes les puissantes concurrentes.

⁃ La France s’appuie pour cette intervention sur les dictatures qu’elle soutient à bout de bras depuis des années (Tchad, Congo Brazzaville, Gabon, Cameroun…) et qu’elle conforte ainsi à nouveau, contre les peuples qui les contestent, comme on le voit aujourd’hui au Burkina et au Bénin.

En réalité, de Bokassa à Djotodia, en passant par Bozizé, la France a assuré sa domination sur la Centrafrique en y installant et en y soutenant une kyrielle de dictateurs corrompus … quitte à les jeter quand la coupe était trop pleine. Elle est intervenue militairement sept fois dans ce pays qui illustre jusqu’à la caricature la nature de la Françafrique, sur ses trois piliers (politique, militaire, économique).

En poursuivant cette politique de la canonnière et contraire aux besoins des peuples d’Afrique la France a également contribué à la déstabilisation de toute la région. Il suffit de tourner ses regards vers le Tchad, la RDC, le sud-Soudan ou le Rwanda pour s’en rendre compte.

De même que le développement de ces pays passe par la délivrance du carcan du franc CFA, de même, une solution politique passe nécessairement par le retrait des troupes françaises.

Au moment où le gouvernement présente sa loi sur le développement, qui concerne 16 pays africains toujours soumis à sa domination néo-coloniale, dont la Centrafrique et le Mali, nous appelons à un rassemblement le 10 février à l’Assemblée nationale contre les interventions militaires à répétition, contre la continuité de la politique françafricaine de la France, pour la fermeture des bases militaires françaises en Afrique.

C’est au peuple de Centrafrique qu’il revient de dessiner le futur de leur pays.

L’avenir de l’Afrique est l’affaire des peuples d’Afrique. 

Manifestation le 1er mars à 14h Métro République

Signataires : UPC, Afapredesa, Corelso, NPA, Sortir du colonialisme, Survie, CNT, Alternative Libertaire, Solidaires, Caac Comores, USTKE, Afaspa,

http://npa2009.org/content/appel-unitaire-contre-lintervention-en-centrafrique

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24 février 2014 ~ 0 Commentaire

La situation au vénézuela, une opinion

mejiko C’est aussi valable pour le Venezuela!

Note du blog: Deux positions sont en présence: soit encore un « coup » des états-unis, soit les valeureux vénézuéliens, comme les ukrainiens, s’opposent à l’axe du mal (alors qu’ils viennent de voter pour lui). Et si c’était plus compliqué?

Résumé rapide de la situation vénézuélienne pour les curieuses et pour les peu informés

Le 4 février 2014, des étudiants de l’Université nationale expérimentale de l’État de Tachira, située en province, protestèrent contre l’abus sexuel qu’une étudiante avait subit dû à la situation d’insécurité de la ville.

La manifestation fut réprimée et plusieurs étudiants furent détenus. Le lendemain, d’autres universités du pays effectuèrent leurs propres manifestations exigeant la libération de ces détenus. Ils/elles furent à leur tour réprimés et certains étudiants incarcérés. La vague d’indignation avait comme toile de fond la crise économique, la pénurie et la crise de services publiques, outre le début de l’application d’un ensemble de mesures économiques de la part du président Nicolas Maduro.

Deux politiciens d’opposition, Leopoldo Lopez et Maria Corina Machado, essayèrent de capitaliser cette vague de mécontentement, en appelant à des nouvelles manifestations sous le mot d’ordre « La Salida » (La Sortie, ce qui fait allusion au départ du gouvernement, ndlt), destiné à faire coup de pression pour la démission du président Maduro. Aussi, cet appel reflète la division à l’inté- rieur des partis d’opposition et la volonté de remplacer le leadership de Henrique Capriles, qui refuse publiquement d’encourager les manifestations. La coalition Mesa de unidad democrática (MUD, « table pour l’unité démocratique », ndlt), ne les encourage pas davantage.

Le gouvernement, en réprimant les manifestations, a provoqué que celles-ci se répandent dans tout le pays. Le 12 février 2014, des gens dans 18 villes se mobilisèrent pour la mise en liberté des détenus et pour exprimer leur gronde contre le gouvernement. Dans certaines villes de l’intérieur, particulièrement frappées par la pénurie de denrées courantes ainsi que de l’eau et l’électricité, les manifestations devinrent massives. À Caracas, trois personnes furent tuées dans le cadre des ces manifestations. Le gouvernement accusa de ces morts aux manifestants eux-mêmes. Pourtant, le journal de plus grande circulation au pays, le Ultimas Noticias (les Dernières dépêches, ndlt), qui bénéficie du plus grand budget publicitaire gouvernemental, révéla à travers des photos que les assassins étaient membres de la police. En réponse, Nicolas Maduro affirma sur les chaînes de radio et télévision que les organismes de police avaient été « infiltrés par la droite ».

La répression contre les manifestants ne s’est pas seulement circonscrite à l’action d’organismes de police et des forces armées. Elle inclut la participation des groupes para- militaires pour dissoudre violemment les manifestations. Un membre de Provea, ONG des droits humains, a été séquestré, frappé et menacé de mort par un de ces groupes à l’ouest de Caracas. Le président Maduro encourage publiquement les agissements de ces groupes, qu’ il nomme «collectifs».

Actuellement, le gouvernement vénézuélien contrôle toutes les stations de télévision, et a menacé de sanctionner les stations radio et les journaux dans le cas où ils diffuseraient des informations concernant les manifestations. C’est pourquoi les espaces privilégiés pour la diffusion d’information sont les réseaux sociaux, notamment Twiter. L’utilisation de dispositifs technologiques à usage personnel a permis d’enregistrer et photographier largement les agressions des forces répressives. Des organismes de droits humains rapportent que, dans tout le pays, les détenus (plusieurs d’entre eux/elles maintenant en liberté) ont dépassé les 400, et qu’ils/elles ont subi de la torture –plaintes pour abus sexuel inclus–, des traitements cruels, inhumains et dégradants. Au moment que nous écrivons ceci, cinq personnes ont été assassinées dans le cadre des manifestations [Aujourd’hui, samedi 22 février, le chiffre de morts est monté à huit personnes.].

Dans ses discours, Nicolas Maduro incite les manifestants opposants à prendre des posi- tions plus radicales et plus violentes. De manière systématique et sans aucune enquête criminelle, il affirme que chaque personne tuée l’a été par les manifestants eux-mêmes, les stigmatisant ensuite et en permanence par tous les adjectifs possibles. Cependant, cette belligérance semble ne pas être partagée par tout le mouvement Chaviste, car beaucoup de ses organismes de base sont plutôt  dans l’expectative de ce qui va se passer, sans exprimer activement leur soutien. Maduro a réussi à mobiliser uniquement les fonctionnaires publics dans les exceptionnelles manifestations de rue qu’il a réalisée. Malgré la situation provoquée par la grave crise économique, Maduro continue à prendre de mesures d’ajustement économique, la plus récente étant l’augmentation de l’Unidad tributaria (UT, unité d’imposition, ndrl).

L’appareil d’État réitère de manière insidieuse qu’il fait face à un « coup d’État », une réédition des événements du 2002 au Venezuela. Cette version a réussi à neutraliser la gauche internationale, laquelle n’a même pas exprimé sa préoccupation pour les abus commis dans les manifestations ni pour les morts.

Les protestations ont actuellement lieu en nombreux endroits du pays et ne disposent pas  d’une direction centralisée, elles sont convoquées à travers les réseaux sociaux. Chez les manifestants il y a des opinions diverses par rapport aux partis politiques d’opposition, raison pour laquelle il y est possible d’y trouver tant des expressions d’adhésion comme de refus.

Dans le cas de Caracas, les manifestations sont surtout constituées de la classe moyenne et les universitaires. À l’intérieur du pays, en revanche, ce sont les secteurs popu- laires qui s’incorporent à la protestation. À Caracas, les demandes sont majoritairement politiques : liberté pour les détenus et départ du président, tandis qu’à l’intérieur du pays on en rajoute les demandes sociales, telles que la critique à l’inflation, à la pénurie et à la défaillance des services publics de base. Bien que quelques manifestations se sont montrées violentes, et que certains manifestants ont utilisé des armes à feu contre des policiers et paramilitaires, la plus grande partie des manifestations, surtout celles hors Caracas, continuent à être pacifiques.

La gauche révolutionnaire indépendante vénézuélienne ( anarchistes, trotskistes, marxistes-léninistes-guévaristes) n’ont aucune incidence sur cette situation, nous restons de simples spec- tateurs. Certains d’entre nous sont actifs dans la dénonciation de la répression d’État et dans le soutien aux victimes de violation des droits humains. La population du Venezuela, un pays his- toriquement pétrolier, n’a pas une culture politique bien ancienne, raison pour laquelle les mani- festants opposants ont le même problème de « contenus » que ceux/celles qui constituent les bases de soutien au régime.

Cependant, dans la mesure où la gauche internationale continue à leur tourner le dos et soutient de manière acritique la version gouvernementale de « coup d’État », elle laisse à des milliers des manifestants à la merci des discours les plus conservateurs des partis politiques d’oppo-sition et les prive de tout référant anticapitaliste, révolutionnaire et de changement social. Dans ce sens, l’incarcération de Leopoldo Lopez, leader conservateur d’opposition, contribue à le placer au centre d’une dynamique de mouvementisme, laquelle a dépassé les partis politiques d’opposition au gouvernement de Nicolas Maduro.

Que va-t-il se passer dans le court terme ? Personne ne le sait avec certitude, surtout les manifestants eux-mêmes. Les événements sont en plein déploiement.

Caracas, 21 février 2014
Rafael Uzcátegui – journal El Libertario [Rafael Uzcátegui est un militant anarchiste vénézuélien et activiste à Provea, ONG de droits humains. Il est notamment auteur du livre Venezuela : Révolution ou Spectacle, Une critique anarchiste au gouvernement bolivarien, Éd. Les Amis de Spartacus, Paris, 2011.]

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18 février 2014 ~ 0 Commentaire

Bons baisers des usa (ccr)

*

On n’a jamais vu Hollande sourire autant que pendant son séjour aux USA la semaine dernière. En France, il est le mal-aimé.

Mais de l’autre côté de l’Atlantique, avec la flopée de ministres et de patrons qui le suivaient, il a eu droit au tapis rouge : en hélico avec Obama, la visite de la demeure du très francophile (et très esclavagiste) président Jefferson, l’entrevue dans le Bureau ovale, la conférence de presse sur le perron de la Maison Blanche. Tous les ingrédients étaient là pour faire les belles images dont on nous a abreuvés matin, midi et soir.

Des présidents « de gauche » ?

Obama et Hollande, le premier du Parti Démocrate (classé « à gauche » sur l’échiquier politique étasunien par rapport aux Républicains) et le second « socialiste », se sont fait élire sur des promesses de discontinuité avec les mandats de leurs prédécesseurs, en l’occurrence Bush et Sarkozy. Dans les faits, ils sont tout autant au service des banques (qu’ils ont remises à flot) et des multinationales (dont ils défendent les intérêts, y compris à l’extérieur, par leur politique agressive et d’occupation militaire).

La visite officielle de Hollande a donc été l’occasion de sortir un texte conjoint publié le même jour aux Etats-Unis et en France. Oubliées les dissensions de l’ère Bush-Chirac sur le dossier iraquien par exemple. Obama et Hollande y vantaient les points d’accord entre la politique impérialiste de Washington et de Paris : au niveau des dossiers syrien et iranien, sur la question de la coopération militaire en Afrique ou encore du libre-échange entre les deux rives de l’Atlantique.

Il y aurait beaucoup à redire sur la façon dont deux puissances impérialistes aux intérêts distincts peuvent se rapprocher, ponctuellement, sur telle ou telle question, et la manière dont la presse a présenté cette « entente cordiale ». « Nos intérêts et nos valeurs sont si proches que nous avons été en mesure de faire franchir un nouveau cap à notre alliance », n’ont cependant pas manqué d’écrire Obama et Hollande.

Leurs valeurs ne sont pas les nôtres !

Leurs valeurs, en effet. Car le monde du travail et la jeunesse, de ce côté-ci de l’Atlantique, n’a pas les mêmes intérêts. Les nôtres, ce sont les mêmes que ceux des travailleurs, des Afro-américains, des Latinos, des femmes qui aux Etats-Unis se battent eux aussi, au quotidien, pour ne pas à avoir à payer la facture de la crise.

Hollande a rendu hommage à Martin Luther King mais n’a pas rendu visite aux prisonniers qui s’entassent dans des prisons où ils sont dans leur grande majorité issus des classes populaires et des communautés Blacks et Latinos, victimes d’une police raciste à la « bavure » facile. Un peu comme en France, dans un sens.

Le service de presse de Hollande n’a rien dit des 100.000 manifestants de Raleigh, en Caroline du Nord, qui ont répondu le 8 février aux attaques des réactionnaires sur les droits démocratiques ; ni sur la lutte des 31.000 travailleurs de Boeing, dans l’Etat de Washington, cet hiver, contre le chantage à l’emploi et aux retraites pratiqué par la multinationale ; ni sur les luttes des enseignants de Portland, dans l’Oregon, et des infirmières de New York, autour de l’équivalent de nos Négociations Annuelles Obligatoires ; ni encore sur les 1.500 travailleurs de l’usine Volkswagen de Chattanooga, dans le Tennessee, qui ces jours-ci viennent d’arracher le droit de constituer un syndicat contre leur direction.

Comme en France, radicalement du côté de l’Amérique d’en bas et des bagarres !

Durement touchés par la crise, les salariés étasuniens recommencent à relever la tête. Voilà la « leçon américaine » que nous voulons retenir. Le « souvenir » que nous ramenons de ce voyage aux Etats-Unis, c’est le message délivré par des militants ouvriers de Boeing qui disaient, il y a quelques semaines, que pour se renforcer, il fallait que les luttes ouvrières imposent partout où cela est possible l’arrêt du dialogue permanent entre les syndicats et les Démocrates, comme ici aussi il faudrait exiger que les confédérations en finissent avec un « dialogue social » qui nous mène droit au mur. Rompre avec « la gauche gestionnaire des affaires de la bourgeoisie » des deux côtés de l’océan, reprendre le chemin des luttes, c’est non seulement nécessaire mais également possible ! 16/02/14

http://www.ccr4.org/Bons-baisers-des-Etats-Unis-titre

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06 février 2014 ~ 0 Commentaire

Le vieux fantasme du complot islamiste (lcr.be)

moro  s y cristianos

Si vous croyez que la croyance au complot visant à la domination islamique du monde est un phénomène nouveau, vous vous trompez. Elle est aussi vielle que l’impé- rialisme né il y presque 200 ans.

L’idée d’un tel complot a été inoculée dans les cerveaux européens par la littérature populaire et plus spécifiquement par le roman d’aventure. L’initiateur en est un écrivain et politicien écossais, John Buchan (1875-1940). Ce fils d’un pasteur sans grands moyens fut le défenseur du libre échange, du droit de vote féminin et d’une limitation des pouvoirs de la Chambre des lords, mais par contre un adversaire farouche des réformes sociales introduites par le parti libéral, réformes qu’il considérait comme des incitations à la haine de classe. Après avoir rendu des services à l’Empire comme administrateur colonial en Afrique du Sud et comme fonctionnaire dans les services secrets militaires, il devint le baron Tweedsmuir et termina sa vie comme gouverneur du Canada. Ses lourdes charges ne l’ont pas empêché de produire une vaste œuvre littéraire.

John Buchan est surtout connu pour son roman Les Trente-neuf Marches, publié en de 1915 et adapté à l’écran par Alfred Hitchcock en 1935. Son héros, l’aventurier Richard Hannay, entamera un an plus tard sa carrière d’agent secret dans le roman Greenmantle (1916), traduit sous le titre Le Prophète au manteau vert. Le vert est la couleur emblématique de l’islam.

L’islam n’était pas étranger au colonialisme britannique. L’Inde comptait (et compte) une grande population de culture islamique et celle-ci était majoritaire dans les possessions de Sa Majesté au Moyen-Orient. Obéissant à la règle que pour régner il faut diviser, le pouvoir colonial manipulait les islamistes contre le Congrès à majorité hindou et au Moyen-Orient contre la domination ottomane. Rappelez-vous Lawrence d’Arabie. Puisqu’on projette facilement ses propres vices sur les autres, les Britanniques pensaient que leurs concurrents impérialistes faisaient de même: convoitant l’Inde et l’Afghanistan, le tsar ne pouvait qu’inciter les populations coloniales, dont les musulmans, à la révolte contre les Britanniques.

L’Égypte où passait et passe toujours le canal de Suez était la pièce maîtresse dans le contrôle britannique de la route maritime vers l’Inde. La chute de la ville soudanaise de Khartoum en janvier 1885 qui coûta la vie au général Gordon avait fortement ébranlé Londres. Le mahdi, c’est-à-dire le libérateur envoyé par Dieu, avait osé prendre les armes contre la civilisation occidentale, menaçant le pouvoir britannique en Égypte. Dans le roman Le Prophète au manteau vert le héro part en 1915 pour une mission secrète contre le Kaiser et son allié ottoman qui ourdissent un complot pour soulever les musulmans contre l’Empire britannique. Le « prophète » du roman a des allures de mahdi. Notez que les musulmans, tout comme les « jaunes » d’ailleurs, ne sont pas supposés capables d’initiative. Il faut des « blancs » pour les diriger, en l’occurrence un Allemand, ou tout au moins un madhi, un illuminé fanatique, une sorte de Bin Laden.

Citons le John Buchan : « La terre écume d’un pouvoir incohérent et d’une intelligence inorganisée. Réfléchissez au cas de la Chine. Là vous avez des millions de cerveaux agiles obnubilés par les arts de la tromperie. Ils n’ont pas de direction, pas de force motrice, ce qui fait que la somme de leurs efforts est futile, et le monde se moque de la Chine. » Quand ce géopoliticien écossais écrivit ces lignes la Chine avait engendré Mao Zedong.

Si la Russie tsariste était un allié de la Grande-Bretagne en 1915, la situation était différente après la révolution d’octobre 1917. La Russie était devenue un ennemi et les bolchéviques ne pouvaient, selon Whitehall, que continuer les manipulations inaugurées par le tsar, mais cette fois-ci contre le monde de la libre entreprise. Il est vrai que les communistes avaient tout intérêt d’avoir les populations musulmanes de leur côté pendant la guerre civile dans laquelle la Grande-Bretagne, la France et le EUA intervenaient militairement du côté des Blancs et n’hésitaient pas d’inciter les musulmans contre les Rouges.

Les bolchéviques avaient compris qu’un appel aux peuples coloniaux de se libérer pouvait changer les rapports de forces en leur faveur. L’Internationale communiste organisa en 1920 le 1er congrès des peuples de l’Orient à Bakou (Azerbaïdjan). Ils y firent même preuve d’un certain opportunisme, mais aussi d’une certaine mentalité colonialiste selon G. Safarov, l’envoyé de Lénine en Asie centrale. La majorité des délégués au congrès était de culture musulmane. Zinoviev, le président du Komintern appelait à la guerre sainte contre l’impérialisme, « ce qui provoqua un enthousiasme extraordinaire et les délégués  brandirent sabres et revolvers aux cris de ‘Djihad’, ‘Vive l’insurrection de l’Orient !’, et ‘Vive la IIIe Internationale !’ » Pour protéger leurs arrières, les Soviétiques signèrent en 1921 des accords avec l’Iran, avec la Turquie et avec l’Afghanistan.

Tout cela frappa l’Occident impérialiste de stupeur. Les Rouges allaient provoquer le chaos total en Asie et menacer la civilisation, une idée partagée par un certain Winston Churchill qui voyait derrière tout ça un complot ourdi par les communistes et les juifs, lecteur qu’il était des Protocoles des Sages de Sion, cette saloperie antisémite concoctée par les services secrets tsaristes. L’idée que les bolchéviques convoitaient l’Orient n’est toujours pas morte dans la tête de certains historiens. Le journaliste Peter Hopkirk a publié deux livres sur les rivalités russo-britanniques en Asie centrale, d’ailleurs bien documentés sur le plan de l’espionnage et les actions secrètes des deux côtés de la barricade.

Le premier (non traduit) date de 1984 et porte le titre Mettre le feu à l’Orient. Le rêve de Lénine d’un empire en Asie (« Setting the East Ablaze. Lenin’s Dream of an Empire in Asia »). Le deuxième qui date de 1994 est traduit, si je ne me trompe pas, sous le titre Le Grand Jeu («On Secret Service East of Constantinople. The Plot to Bring Down the British Empire ») a comme sujet le complot des Allemands et des Turcs pendant la Ière Guerre mondiale pour détruire l’Empire britannique. Il mentionne d’ailleurs le Prophète au manteau vert.

Croire qu’un empire asiatique faisait partie des rêves de Lénine signifie ne pas comprendre un seul mot des conceptions bolchéviques et de l’Internationale communiste (avant le règne de Staline). Ce n’étaient pas des empires qu’ils voulaient, mais des pays libérés de l’impérialisme. La position de Lénine sur le droit des nations à l’autodétermination en est la preuve concluante… du moins si on n’est un adepte de la théorie du complot. (La semaine prochaine: Blake et Mortimer vivants)

6 février 2014 par Pips Patroons publié également sur le blog du NPA du Tarn

http://www.lcr-lagauche.org/le-vieux-fantasme-du-complot-islamiste/

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19 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

nelson mandela: l’hommage du vice à la vertu

zuma

« Des dirigeants qui se disent solidaires du combat de Mandela pour la liberté mais ne tolèrent pas l’opposition de leur propre peuple »

La critique est violente mais contrairement à ce qu’on aurait pu croire, elle n’est pas venue du dirigeant cubain Raoul Castro mais de celui qui venait justement de lui serrer la main, à savoir le Président étatsunien Barack Obama. Ce même Obama avait serré un peu plus tôt celle de Hollande qui venait lui de serrer celle de Sarkozy, à l’occasion des obsèques de Mandela qui se sont tenues dans le stade de Soweto mardi 10 décembre.

Une pluie d’hypocrisie Il pleuvait à torrent sur un stade à peine rempli, et cette météo rafraîchissante, cette pluie sur ce prestigieux parterre des puissants du monde, cachait bien mal le nuage d’hypocrisie qui règne sur ce monde de politiciens. Mais cet hommage mondialement retransmis a bien été une opération politique, une véritable comédie œcuménique associant les larmes des dictateurs avec celles des peuples qu’ils oppriment, les anciens soutiens de l’Apartheid avec celles et ceux qui l’ont combattu.

*
Aujourd’hui au bord de l’explosion, l’Afrique du Sud est en pleine crise, et l’hommage à Mandela sert de diversion pour tous ceux qui, au nom d’un prétendu héritage, dirigent un système libéral qui a certes permis l’éclosion d’une bourgeoisie noire mais continue l’oppression et la répression contre tout un peuple.

*

Le peuple se manifeste Le seul véritable moment de vérité fut le tonnerre de sifflets populaires accompagnant l’arrivée de Jakob Zuma, actuel Président de l’Afrique du Sud et nouveau chef de l’ANC. Dernier représentant politique à s’exprimer à la tribune, le successeur de Mandela a vu le stade se vider pendant son intervention. Après avoir rendu hommage à Mandela, Zuma a déclaré : «  laissons la tolérance s’établir, pour créer les bases de la paix. Et par-dessus tout, œuvrons pour lutter contre la faim, la maladie et d’autres maux dont souffre l’humanité ».

*

Le peuple sud-africain a apprécié, tant Zuma est connu pour être devenu le chef de la corruption, des magouilles et de la répression qui dominent aujourd’hui le pays. Il aurait pu aisément faire parti des dirigeants vilipendés, le temps d’un discours, par Obama…

*
Ne manquait à l’appel de tout ce beau monde que le dirigeant actuel du sionisme israélien qui fut l’un des plus grand défenseur de l’esclavage des noirs, à savoir Benjamin Netanyahou, retenu, dit-on, pour des « raisons de sécurité » et des « frais de voyage » jugés trop onéreux… Peut-être que la véritable raison de cette absence est surtout que Netanyahou n’a pas besoin de faire des milliers de kilomètres pour entendre parler d’un peuple opprimé, il a déjà ça « à la maison » : le peuple palestinien…

*

Obama prend la pose Dans le stade de Saweto, Obama a pu s’offrir aux yeux du monde un moment « progressiste », ses « fifteen minutes » de gauche. « Madiba est le dernier grand libérateur du XXe siècle » a-t-il ainsi déclaré. Bien loin de la politique des USA pourrait-on ajouter… Difficile de faire oublier le rôle toujours décisif de l’impérialisme étatsunien dans le monde, sans oublier bien entendu la situation misérable des minorités ethniques aux USA, de la grande majorité des noirs américains en particulier, même si ceux-ci ont le droit de s’asseoir à coté des blancs dans les bus.

*
« Inoubliable  » a dit le sénateur ex-PCF Robert Hue, un des cinq invités de Hollande qui ne représente plus que lui-même (et encore)… Finalement, la seule image importante de cet hommage fut bien cette poignée de main oh combien significative échangée par Hollande et Sarkozy, l’un poursuivant en effet le (sale) travail de l’autre. Effectivement inoubliable !
Non décidément, ce monde là n’est pas le nôtre.

Alain Krivine Jeudi 19 décembre 2013

Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 222 (19/12/2013)

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