Archive | Antiimpérialisme

17 octobre 2015 ~ 0 Commentaire

indonésie 1965 (essf)

1965

Sukarno et Johnson 1965

Un bain de sang impérialiste

Il y a 50 ans, le 30 septembre 1965, un massacre inouï débutait en Indonésie. Plus d’un million de membres ou sympathisant·e·s du Parti communiste indonésien (PKI) furent assassinés, jetés dans des fosses communes, torturés.

Des dizaines de milliers de personnes furent emprisonnées sans jugement dans des camps. Disparitions, enlèvements, torture, ostracisme et mise au ban de familles entières… ont été par la suite les méthodes de gouvernement d’un régime qui a pillé les ressources nationales indonésiennes au profit de compagnies étrangères.

Colonie des Pays-Bas, occupée pendant la 2e Guerre mondiale par le Japon, l’Indonésie se proclame indépendante en août 1945. Comme au Vietnam, l’indépendance est combattue par un corps expéditionnaire (anglais en l’occurrence) et l’ancien Etat colonial veut restaurer sa domination. Mais le mouvement national obtient gain de cause en 1949.

Le troisième PC du monde exterminé Autour de la figure du nationaliste Sukarno, initiateur du mouvement des non-alignés avec la conférence de Bandung en 1955, l’armée coexiste avec un Parti communiste (PKI) entré au gouvernement, fort de 3 millions de membres soutenu par des organisations de masse en comptant des dizaines de millions et qui a obtenu 16,6 % aux élections de 1956. Sur des questions comme la réforme agraire indispensable, les tensions vont croissant dans le pays.

Pour Washington, le PKI devait être détruit et l’Indonésie ramenée sous la botte impé- rialiste à un moment où débute l’intervention US au Vietnam. Pour boucler le cordon sanitaire isolant les révolutions chinoise et vietnamienne, contrôler les voies maritimes entre Océan Indien et Pacifique, accéder aux énormes richesses naturelles de l’archipel indonésien, garder dans le giron impérialiste le plus grand pays musulman du monde…

La terreur blanche déclenchée le 30 septembre 1965, avec le plein appui et le soutien logistique de la CIA et de puissances impérialistes, dont la Grande-Bretagne, a ensuite servi d’«opération modèle» pour se débarrasser d’Allende au Chili 7 ans plus tard. Elle représente, comme le Chili, une expérience historique qui exige un devoir de mémoire envers nos cama- rades assassiné·e·s, qui exige justice et réparation pour les victimes, mais qui demande aussi qu’on revienne sur cette histoire écrite dans le sang pour en tirer tous les enseignements politiques dont celui-ci a été le prix.

Terreur blanche… et salons genevois, au profit des multinationales Aujourd’hui pour- tant, l’occultation du massacre indonésien dans les mémoires est spectaculaire. Revenons donc aux événements : le 30 septembre 1965, un «coup d’Etat» comprenant l’assassinat d’une demi-douzaine de généraux par un groupe de militaires (GS30), est imputé aux com- munistes. Le futur dictateur, dont le règne durera 30 ans, le Général Suharto, reprend rapide- ment la main en quelques heures et donne le signal du pogrom anticommuniste qui le con- duira au pouvoir absolu et s’étendra bien au-delà des rangs du PKI : syndicalistes et paysans revendiquant la réforme agraire, opposants au système des castes, communauté chinoi- se… l’étendue du massacre fut énorme.

En 1966, l’ambassadeur US à Djakarta déclarait: «Les USA voient plutôt d’un bon œil et admirent ce que l’armée est en train de faire.» Et, en effet, comme plus tard au Chili, le sang des victimes servit à mettre en place un laboratoire de politiques néolibérales…

Dont une pierre importante fut posée à Genève en novembre 1967. Date d’une confé- rence de trois jours, au bout du Lac, organisée, sponsorisée et financée directement par le groupe Time-Life Inc. où se rencontrèrent une délégation de grandes multinationales, avec à leur tête David Rockefeller. Les grands pétroliers et les banques en étaient bien sûr, General Motors, Imperial Chemical Industries, British American Tobacco, Siemens, US Steel, FIAT, Lehmann Bros, Firestone, Goodyear, Chase Manhattan, SBS, … et bien d’autres étaient au rendez-vous, avec en face une équipe d’économistes formés aux USA pour représenter le régime de Suharto.

Arrivée dans un avion ad hoc offert gracieusement par la Pan American Airways et logée par l’Intercontinental Hotels Group, cette délégation infâme, débita en tranches les ressources de leur pays, de la bauxite aux bois tropicaux…dans le cadre des premières actions de la dictature de Suharto que la Banque mondiale qualifierait, 30 ans plus tard, après le génocide au Timor oriental, d’«élève modèle». Nous reviendrons dans un prochain article sur cette conférence «genevoise». Pierre Vanek jeudi 1er octobre 2015

* Paru dans solidaritéS (Suisse) n° 275, p. 18. http://www.solidarites.ch/journal/

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article36104

Pour aller plus loin:

http://npa2009.org/idees/indonesie-1965-un-million-de-communistes-massacres

 

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09 octobre 2015 ~ 0 Commentaire

crime de guerre, droit humanitaire bafoué (essf)

toc toc

Pourquoi les humanitaires sont-ils une cible de l’armée américaine en Afghanistan?

«Ces frappes reflètent une tendance inquiétante la criminalisation de l’humanitaire»

Le 3 octobre, l’hôpital de Médecins sans frontières de Kunduz a été bombardé par l’armée américaine pendant les opérations pour reprendre la ville aux Talibans. Les derniers décom- ptes indiquent une vingtaine de morts, humanitaires et malades, y compris des enfants, et des dizaines de blessés graves. L’hôpital est désormais fermé, MSF ne pouvant plus garan- tir la sécurité de ses installations, ce qui prive les blessés de la seule antenne chirurgicale efficace dans la région. Il s’agit par ailleurs d’un des incidents les plus meurtriers pour l’ONG, tous terrains confondus, depuis des décennies.

Les bombardements américains résultent-ils d’une erreur due au fog of war, incident tragique mais excusable étant donné la confusion inhérente aux combats urbains? Les éléments disponibles pointent malheureusement vers une autre direction: un crime de guerre lié aux pratiques de l’armée américaine et notamment à une conception de la guerre qui criminalise l’action humanitaire. (…)

Des explications peu crédibles Quelles sont les explications apportées pour justifier cet incident meurtrier ? D’après une première ligne de défense, les bombardements auraient été le résultat d’une erreur due à l’absence de signalisation de l’hôpital aux autorités militaires. Cette hypothèse doit être écartée, car MSF est d’un professionnalisme absolu sur ces ques- tions; l’emplacement de l’hôpital a bien été signalé de façon répétée à l’armée américaine. Ajoutons que l’hôpital est un grand compound très identifiable, bien connu de la population et des observateurs de passage. De plus, il reste à expliquer que les bombardements ont duré plus d’une heure malgré les appels en urgence de MSF aux Américains.

Une seconde ligne de défense a rapidement émergé: des combattants Taliban auraient été présents dans l’hôpital et auraient visé les forces américaines ou afghanes. Certains officiels afghans, avec une imagination d’autant plus digne d’admiration qu’elle ne repose sur aucun fait,  ont même décrit l’hôpital MSF comme un poste de commandement des Taliban. Or, cette argumentation, visiblement improvisée dans l’urgence, ne tient pas non plus. Les victimes sont tous des malades ou du personnel de l’hôpital; les témoins directs ont démenti la présence de combattants armés dans l’hôpital. Les portes de l’hôpital étaient fermées depuis le lundi 28, début du conflit, de jour comme de nuit, et seulement ouvertes aux ambulances Enfin, même si des tirs occasionnels avaient été observés, les bombardements ciblés et répétés contre les bâtiments abritant des malades et du personnel médical restent illégaux au regard au droit international et, surtout, ignobles d’un point de vue moral.

Une cible légitime En réalité, ces frappes reflètent une tendance inquiétante: la crimina- lisation de l’humanitaire. L’hôpital a été bombardé parce qu’il soignait des blessés Taliban. Des incidents avaient d’ailleurs eu lieu en juillet quand des commandos afghans avaient pénétré dans l’enceinte de l’hôpital en accusant MSF de soigner des insurgés.

Plus profondément, cet incident reflète l’héritage toujours vivant du bushisme de guerre né du 11 septembre. Le paradigme qui informe toujours les pratiques militaires amé- ricaines est en rupture par rapport à la tradition juridique et humanitaire occidentale vieille de plus d’un siècle: il n’y a plus d’espace humanitaire neutre et protégé par les lois internatio- nales. Tout acteur, y compris non militaire, opérant dans le champ de bataille (défini aujour- d’hui de façon très imprécise) est une cible légitime. Des incidents de nature semblable se sont d’ailleurs produits à de multiples reprises, impliquant des journalistes traités comme des cibles du fait de leur présence en territoire ennemi.

Le fond du problème est donc que l’armée américaine n’accepte pas que MSF opère indépendamment au nom de principes juridiques et humanitaires. Cette autonomie va en effet contre la polarisation recherchée dans le conflit. Rappelons que le projet stratégique des Etats-Unis en Afghanistan après 2001, exposé sans ambiguïté par Colin Powell, était de faire de l’humanitaire un instrument de la puissance américaine. Différentes ONG, dont MSF, ont refusé de s’insérer dans le dispositif américain qui niait la spécificité de l’humanitaire et les mettait en danger.

De même, au début des années 2000, les Etats-Unis avaient mené une vraie campa- gne contre le CICR qui dénonçait les tortures des prisonniers dans les prisons américai- nes. Là aussi, l’idée s’est imposée d’une obsolescence du droit des conflits. Pour l’armée américaine, dénoncer la torture équivalait alors à protéger les terroristes comme soigner les combattants équivaut aujourd’hui à soutenir l’insurrection. (…)

L’impunité est, de fait, assurée aux responsables des bombardements et ce pour l’en- semble de la chaîne de commandement. Le président Obama a annoncé une enquête dont il sait qu’elle n’aboutira à rien. En réalité, les autorités américaines refusent de reconnaître leur responsabilité et parient sur la rapidité du cycle médiatique pour limiter le coût politique de l’incident. Rien n’est à attendre du côté des gouvernements européens en raison de leur dépendance par rapport aux Etats-Unis. (…)

Une prise de position commune des ONG intervenant dans les contextes de guerre et un soutien politique, par exemple du Parlement européen, peut au moins à la marge augmenter le coût politique du ciblage des ONG pour l’armée américaine. Il en va de nos valeurs, de la sécurité des humanitaires et, à terme, de nos libertés politiques.

Gilles Dorronsoro, professeur de sciences politiques à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, Institut Universitaire de France

* « Afghanistan : pourquoi les humanitaires sont une cible de l’armée américaine ». . Libération. 5 octobre 2015
http://www.liberation.fr/debats/2015/10/05/afghanistan-pourquoi-les-humanitaires-sont-une-cible-de-l-armee-americaine_1397491

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article36032

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18 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

burkina faso (npa)

sankhara

Sankara, assassiné par Blaise Compaoré, qui fut chassé par le peuple et qui est derrière le coup d’état

Avec le peuple burkinabè, contre le coup d’état militaire!

Depuis l’assassinat de Thomas Sankara en 1987, Comparoé a régné en maître pendant près de 30 ans sur le Burkina Faso, l’un des pays les plus pauvres du monde, avec le soutien de la France. Le formidable soulèvement de la population en octobre 2014 a fini par mettre fin à son règne. Il vit depuis dans un exil doré en Côte d’Ivoire grâce aux bons soins de la France qui continue à entretenir sur place ses « forces spéciales ».
Aujourd’hui c’est le bras droit de l’ancien dictateur, le général Diendéré, qui vient de perpétrer à son tour un coup d’état pour préserver les intérêts politiques et économiques de tous ceux qui se sont enrichis pendant des années et qui ne veulent surtout pas rendre de compte en stoppant net tout processus démocratique. La «transition démocratique» mise en place après l’insurrection populaire en octobre 2014 sous le contrôle des grandes puis- sances avait prévu des élections le 11 octobre de cette année.
Mais pendant un an, rien n’avait été sérieusement entrepris pour mettre en cause le pouvoir de la petite oligarchie qui domine le pays avec le soutien de l’impérialisme français, parfois en connivence, parfois en concurrence avec les Etats-Unis. Ce que Diendéré cher- che à faire au travers de ce coup de force, ce n’est pas seulement mettre fin au processus électoral, en écartant au passage quelques rivaux même si la plupart sont issus du même sérail : l’objectif est de terroriser la population dans un pays où elle est particulièrement organisée et mobilisée, avec ses propres revendications et sa soif de justice sociale.
La volonté est clairement de refermer la parenthèse de contestation ouverte il y a un an de libre expression de ses propres revendications. Notre solidarité va naturellement à tous les travailleurs et à tous les pauvres qui se battent aujourd’hui pour leur survie et leur dignité, à tous les militants syndicaux, politiques, associatifs, qui veu- lent préserver et élargir les acquis de l’insurrection d’octobre 2014, aux différentes actions de résistance qui ont commencé, et notamment l’appel à la grève générale lancée par la CGTB.
Mais pour que la population au Burkina Faso puisse s’exprimer librement, il faut que l’impérialisme cesse tout soutien aux divers clans de l’oligarchie qui dominent le pays.
Cela veut dire très concrètement le retrait immédiat des troupes militaires françaises, le gel de tous les avoirs financiers détenus à l’étranger par les putschistes et par tous ceux qui sont convaincus de corruption au Burkina Faso, l’annulation de la dette. C’est au peuple Burkinabè et à lui seul de choisir son destin. Vendredi 18 septembre 2015

http://npa2009.org/avec-le-peuple-burkinabe-contre-le-coup-detat-militaire

Le Collectif Contre la Confiscation de la Démocratie au Burkina Faso condamne avec la dernière énergie le coup d’État militaire perpétré par le Régiment de Sécurité

Présidentielle, faisant basculer le peuple burkinabè dans une période des plus sombres de son histoire. Dans notre déclaration du 23 mars 2015 exigeant la dissolution du Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP), nous disions ceci :

« L’immixtion dans la gestion des affaire de l’État, les tentatives de caporalisation du pouvoir transitoire en disent long sur les velléités du RSP, non seulement de contrôler le déroulement de la transition mais de se maintenir dans l’arène politique au-delà de la transition. De tels comportements démontrent que la garde de l’ère Compaoré rêve toujours du rétablissement d’un modèle de gouvernement qui n’est rien d’autre qu’une dictature militaire constitutionnelle »

La prise en otage du président du Faso, chef de l’État, du premier ministre et des ministres, suivi du coup d’Etat constituent en effet un acte criminel qui sonne comme une vengeance du Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP) et de son bras séculier, le RSP, contre le mouvement insurrectionnel des 30 et 31 octobre derniers.

La nouvelle junte prône au-delà des mots un retour à la dictature constitutionnelle, à la braderie des libertés individuelles et collectives, le retour de l’Etat d’exception. A l’instar des organisations politiques, syndicales et de la société civile qui appellent à la résistance, notre devoir, en tant que patriotes, démocrates, est de nous dresser en solidarité avec le peuple burkinabè pour faire échec à ce putsch militaire.

Face à la gravité de la situation, Le collectif Contre la Confiscation de la Démocratie au Burkina Faso – exige la libération immédiate et sans condition du Chef de l’État, du Premier ministre et des ministres arrêtés – l’arrêt des tirs d’armes à feu dans les quartiers de Ouagadougou et le retour des militaires à la caserne – appelle tous les démocrates en France et en Europe à la solidarité avec le peuple burkinabè en lutte contre la junte militaire et pour la démocratie au Burkina Faso

Ont signé : – UNIR PS-France (Union pour la Renaissance – Parti Sankariste) – UPC France (Union pour la Progrès et le Changement – Section de France) – MPP France (Mouvement du Peuple pour le Progrès) – PCOF (Parti Communiste des Ouvriers de France) – AEBF (Association des Étudiants Burkinabè en France) – AEBG (Association des Étudiants Burkinabè de Grenoble – Balai Citoyen Paris – CCDB (Comité Culturel pour la Démocratie au Benin) – CIJKAD (Comité International Joseph Ki-Zerbo pour l’Afrique et la Diaspora) – Comores Mouvement Socialiste – Organisation Femmes-Égalité – LPP (La Plateforme Panafricaine) – La Ligue Panafricaine UMOJA – MBDHP-SF (Mouvement Burkinabè des Droits de l’Homme et des Peuples –Section de France) – Pour L’Émergence Africaine, Mouvement pour la Réflexion, la Démocratie et le Développement Durable en Afrique – UGBOF (Union des Burkinabè du Grand Ouest de la France)

http://www.afriquesenlutte.org/burkina-faso/article/rassemblement-le-vendredi-18

Lire aussi:

http://www.afriquesenlutte.org/burkina-faso/article/coup-d-etat-au-burkina-la-france

http://www.revolutionpermanente.fr/Putsch-au-Burkina-Les-fantomes-du-passe

http://www.monde-diplomatique.fr/2015/04/COMMEILLAS/52835

https://www.amnesty.org/fr/burkina-faso-army-must-free-detained-leaders

https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Sankara

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17 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

russie 1 (à l’encontre.ch)

russia-russian-president-vladimir-putin-tv

Le résultat des élections, qui se tenaient le 13 septembre 2015, dans près de la moitié des régions de Russie, était «couru d’avance dans la plupart des cas», selon l’ONG Golos (la Voix), attaquée par les services du Kremlin pour être financée par des institutions états-uniennes et se préoccuper de la fraude électorale, ce qui équivaut à un «acte de subver- sion».

Lundi 14 septembre, le premier ministre Dmitri Medvedev déclara: «Les résultats sont satisfaisants pour la Russie unie; je dirai même très bons.» Un dirigeant qui sait manier la litote. Quelques jours avant les élections l’officine de sondage au service du gouvernement (La Fondation de l’opinion publique) devait toutefois reconnaître un léger recul du soutien au parti officiel, Russie unie, attribué à une sombre situation économique.

Néanmoins les conditions requises pour présenter des candidats, alliées au matra- quage des médias contrôlés et aux menaces de toutes sortes, faisaient dire à Solomon Ginzburg, un élu de l’opposition à la Douma de Kaliningrad: «Nous ne devrions pas appeler cela des élections. Elles sont une imitation d’élections, au même titre où de nombreuses de nos institutions sont une imitation d’institutions démocratiques.» (Financial Times, 11 sep- tembre 2015) Une des amères plaisanteries circulant dans les rangs de l’opposition: «le pouvoir bourre les crânes avant de bourrer les urnes».

Les articles sur les méthodes du pouvoir poutinien sont nombreux. Beaucoup plus rares sont ceux qui s’attachent à éclairer les grèves et conflits sociaux qui prennent forme dans une Russie peut-être moins unie que Poutine et les cercles au pouvoir voudraient le faire croire. L’article d’Emmanuel Grynszpan offre un rare éclairage à ce propos. (Rédaction A l’Encontre) Publié par Alencontre le 17 – septembre – 2015

http://alencontre.org/une-degradation-sociale-qui-nourrit-des-formes-de-contestation.html

Lire ausi:

http://www.alternativelibertaire.org/?Koltchenko-Sentsov-Le-regime

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02 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

ukraine, donbass, russie (confusionnisme)

svoboda-

Violences d’extrême droite en Ukraine

Après les affrontements armés suscités par les milices de Pravyi Sektor (Secteur droit) en juillet, les violences de l’extrême droite s’intensifient en Ukraine. Hier, des affron- tements avec les forces de l’ordre ont fait 141 blessés et deux policiers ont été tués.

Les nationalistes s’opposent à un projet de décentralisation visant à donner plus d’autonomie aux régions de l’Est en état de rébellion et qui sont soutenues par le Kremlin, en vue de se diriger vers un apaisement sinon une résolution du conflit.

Les militants du parti Svoboda, issu d’une tradition néo-nazie mais qui tente ces dernières années de se donner une image respectable, étaient apparemment très présents dans ces manifestations.

Selon Le Monde, « A l’intérieur de la Rada (parlement ukrainien, NDLR), au même moment, les six élus de ce parti, mais aussi ceux du populiste Oleh Liachko, théoriquement membre de la coalition gouvernementale, tentaient d’empêcher le vote du texte en occupant le podium de l’Assemblée ».

Si aujourd’hui il se fait déborder par ces franges radicales, il n’en reste pas moins que le pouvoir en place en Ukraine entretient un rapport ambigu à son extrême droite. D’obédience conservatrice et libérale, il tolère par exemple dans les rangs de ses forces militaires des unités arborant des insignes néo-nazis, parfois coupables de crimes de guerre, comme le bataillon Azov.

http://confusionnisme.info/2015/09/01/violences-dextreme-droite-en-ukraine/

ukraine, donbass, russie (confusionnisme) dans Antifascisme

L’Obs interviewe Edouard Limonov

«BibliObs», la rubrique «livres» du site de L’Obs, a publié ce 29 août une interview complaisante de l’écrivain russe Edouard Limonov, dont les idées ont nourrit les thèses d’Alexandre Douguine sur l’eurasisme qui ont aujourd’hui une influence certaine auprès de toute une partie de l’extrême droite européenne.

Fondateur du Parti national-bolchevique en 1993 puis de la coalition d’opposition L’Autre Russie en 2006, l’homme y est présenté comme «poète, écrivain, activiste, homme poli- tique, impérialiste russe, mais pas nationaliste étroit, c’est un «extrémiste», un radical, de gauche et de droite à la fois », soit exactement ce qu’il veut qu’on entende de lui, lui qui explique: «Je ne suis ni de droite ni de gauche. Mon premier parti était moitié de droite, moitié de gauche.

C’était une nouveauté dans le monde idéologique.» Rappelons à ce sujet que dans les années 1990, Limonov avait participé à la rédaction de L’Idiot international, journal animé par Jean-Edern Hallier qui accueillait des contributeurs tant de gauche (surtout issus du PCF et de la CGT) que d’extrême droite, dans le  but déjà de tisser des liens entre ces deux courants.

Ceci dit, l’interview est intéressante en ce qu’elle montre le danger de l’idéologie véhicu- lée par Limonov, qui prône ouvertement la reconquête par la guerre des territoires perdus après la chute de l’Union soviétique et qui reconnaît que L’Autre Russie a envoyé des com- battants au Donbass: «Je l’ai dit dès 1992: nous avons laissé hors de Russie 27 millions de Russes et un jour nous devrons les réunifier avec la Russie les armes à la main. Et nous devrons aussi prendre les villes du nord du Kazakhstan, qui sont des villes russes.»

Pour lui, l’Ukraine est donc un pays qui colonise des territoires russes. Accusant Poutine de lui voler ses idées, l’écrivain ne porte pas dans son cœur le maître du Kremlin qu’il définit comme «l’ennemi du Donbass» qui «veut arrêter cette guerre». Une absurdité même pas relevée par le journaliste, quand on sait à quel point les séparatistes sont soutenus par l’armée russe…

D’ailleurs Limonov reconnaît lui-même l’influence du FSB (les services secrets russes héritiers du KGB) dans ce conflit, dont il affirme qu’il aurait expulsé des membres de L’Autre Russie de la région. Il explique aussi que ce conflit a rendu Poutine populaire… dans un tel contexte, on ne voit pas bien pourquoi il voudrait y mettre fin, mais L’Obs n’a pas creusé la question.

A propos du choix des habitants de la Crimée qui en 1991 ont voté à 54% pour l’indépendance de l’Ukraine, l’écrivain est catégorique: «C’était une escroquerie que de donner le droit de voter à des gens qui ne comprennent rien du monde.» Au passage, L’Obs n’a pas oublié de faire la promotion de l’ouvrage controversé qu’Emmanuel Carrère a con- sacré en 2011 à Limonov et dont ce dernier dit: «Je suis pragmatique: il a écrit un best-seller vendu dans une trentaine de pays, même au Japon. Et ce qui compte dans ma vie, ce sont les victoires. Avec l’aide de Carrère, fils d’une famille renommée, je suis arrivé à une place où je n’espérais pas arriver. Dans toutes les familles bourgeoises, dans toutes les biblio- thèques. Tout cela me donne un plaisir malin.» 2 septembre 2015 Ornella Guyet

http://confusionnisme.info/2015/09/02/lobs-interviewe-edouard-limonov/

 

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31 août 2015 ~ 0 Commentaire

japon, grande mobilisation (ci)

japan-epa

Contre les projets de loi sur la défense de Shinzo Abe

Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées devant le siège du parlement contre les projets de loi du Premier ministre, permettant aux forces japonaises d’intervenir à l’extérieur au cas où des alliés seraient attaqués.

“Une des plus grandes manifestations au Japon depuis la Seconde guerre mondiale”, écrit le site anglophone du quotidien Asahi Shimbun. Dimanche 30 août, des dizaines de milliers de manifestants se sont réunis devant le siège de la Diète à Tokyo, pour s’opposer aux projets de loi de défense du gouvernement.

Ces textes autoriseraient les forces d’autodéfense (FAD) à participer à des opérations de défense des alliés du Japon, à l’extérieur du pays. Elles représentent “un changement majeur dans la politique de défense du Japon depuis la guerre, puisque les précédents gouvernements sont restés fidèles à l’idée que le rôle des FAD se limite pour l’essentiel à la défense du pays, conformément à la Constitution pacifiste”, explique le quotidien japonais.

Après avoir été votés par la Chambre basse (les députés) le mois dernier, les textes sont actuellement en débat à la Chambre haute (sorte de Sénat). Shinzo Abe souhaite qu’ils soient définitivement votés avant la fin de la session parlementaire.

Comme le rappelle l’Asahi Shimbun, cette mobilisation fait suite à une série de manifes- tations devant le siège du Parlement. Le 15 juillet, déjà, quelque 100 000 personnes s’étaient rassemblées à Tokyo. Courrier international Publié le 30/08/2015

http://www.courrierinternational.com/article/japon-grande-mobilisation

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25 août 2015 ~ 0 Commentaire

russie, le réalisateur ukrainien oleg sentsov condamné pour « terrorisme » (of + amnesty + confusionnisme + al)

koltvchenko

Le réalisateur ukrainien Oleg Sentsov, opposant à l’annexion de la Crimée par la Russie, a été condamné mardi pour «terrorisme» à 20 ans de prison par un tribunal russe.

Son co-accusé, Alexandre Koltchenko, a été condamné à 10 ans de prison. Tous deux comparaissaient pour «terrorisme», « organisation d’un groupe terroriste» et «trafic d’ar- mes», dans une affaire qu’ils jugent politique.  A l’énoncée du verdict, les deux hommes sont apparus souriants et provocateurs et ont entamé l’hymne national ukrainien. Russie 13h52

http://www.ouest-france.fr/russie-le-realisateur-ukrainien-oleg-sentsov-condamne-pour-terrorisme-3639806

https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2015/08/russia-crimean-activists-sentenced-after-fatally-flawed-military-trial/

http://confusionnisme.info/2015/08/25/russie-lourdes-condamnations-pour-alexandre-koltchenko-et-oleg-sentsov/

http://alternativelibertaire.org/?Scandale-Dix-ans-de-colonie

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12 août 2015 ~ 0 Commentaire

usa, coup d’envoi de la primaire républicaine (ccr)

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Premier débat télévisé entre les candidats à la Maison Blanche

Les candidats aux élections primaires qui désigneront le représentant du Parti Républicain pour les prochaines présidentielles se sont affrontés ce jeudi soir lors du premier débat à la Quicken Loans arena, à Cleveland, dans l’Ohio.

Les dix candidats les mieux placés dans les sondages sur dix-sept ont ainsi débattu, jouant la carte de la surenchère réactionnaire et sécuritaire sur des sujets aussi divers que les droits des femmes, l’immigration, la politique étrangère, la surveillance de masse et l’avenir du système de sécurité sociale. Aucun candidat n’a pris l’ascendant, mais tous ont cherché à mettre en avant leurs qualités les plus conservatrices.

Le débat, qui a débuté à 21h sur la très conservatrice Fox News Channel, a accueilli dix des candidats les mieux placés dans les sondage : le milliardaire Donald Trump, Jeb Bush (le frère cadet de l’ancien président Georges W. Bush), le gouverneur anti-syndicats du Wisconsin Scott Walker, le sénateur libertaire de droite du Kentucky Rand Paul, le sénateur de la Floride Marco Rubio, l’ancien gouverneur évangéliste de l’Arkansas Mike Huckabee, le sénateur du Texas Ted Crus, le gouverneur du New Jersey Chris Christie, le neurochirurgien Ben Carson et le gouverneur relativement modéré de l’Ohio John Kasich.

Les droits des femmes et des LGBT: la surenchère réactionnaire Le débat s’est ouvert d’emblée sur la question des droits des femmes. Lorsque la modératrice Megyn Kelly a inter- rogé Trump sur son record des commentaires misogynes et désobligeants à l’égard des femmes, ce dernier a répliqué en insultant une ex-présentatrice progressiste Rosie O’Don- nell et s’en ait pris à Kelly elle-même pour avoir osé poser une telle question. Trump a ainsi expliqué que «le grand problème de ce pays est le politiquement correct» et qu’il «n’a fran- chement pas le temps pour le politiquement correct.» Ses commentaires ont récolté une tonnerre d’applaudissements de la part du public.

L’avortement et les droits à la procréation ont également eu leur part au débat… les candidats s’efforçant alors de se montrer plus conservateurs les uns que les autres. Cer-n tains sont allés jusqu’à s’opposer à l’avortement même dans les cas où la vie de la mère est en danger. D’autres ont attaqué le Planning Familial, affirmant que l’organisation qui assure ces services de santé pour près de trois millions de femmes et d’enfants dans le pays, ven- drait les organes de fœtus avortés «comme des pièces détachées automobiles». Axe de la campagne: couper les subventions publiques pour ces centres de santé.

Les candidats ont par ailleurs fièrement affiché leurs couleurs anti-LGBT. Seul Ka- sich de l’Ohio a affirmé son soutien pour la récente décision de la Cour suprême concernant la légalisation du mariage pour tous à l’échelle nationale. Huckabee, quant à lui, a critiqué de manière éhontée la décision qui a été prise de mettre un terme à la politique homophobe «don’t ask don’t tell», politique discriminatoire mis en place au sein de l’armée et invitant les personnes LGBT à taire leurs orientation sexuelle, ou de payer pour les chirurgies trans- genre. «L’armée vise à tuer des gens et à détruire des choses. Ce n’est pas une expérimen-tation sociale» s’est exclamé le candidat.

Une passe d’armes sur l’immigration et la surveillance Les candidats ont ensuite abordé d’autres sujets comme l’immigration, la surveillance de masse et l’avenir de la Sécurité sociale. Bush et Rubio, fils de deux immigrés cubains, ont pris des positions relativement modérées sur la question de l’immigration. Qualifiant l’immigration clandestine d’«acte d’amour», ils ont tous deux appelé à mettre en place «un chemin vers la citoyenneté» pour les millions de sans-papiers actuellement habitant le pays.

Pour sa part, Trump persiste et signe: il a clamé ouvertement que les immigrés mexi- cains étaient tous des violeurs et des criminels et que le gouvernement mexicain les envo- yait activement vers le nord pour s’en débarrasser. Walker, quant à lui, a expliqué pourquoi il ne soutenait plus un chemin vers la citoyenneté et prônait désormais l’expulsion. Sur d’au- tres questions de politique nationale, des divisions sont progressivement apparues entre les candidats.

Un vif échange a eu lieu entre Paul et Christie, lequel a mis en scène deux positions contradictoires sur la sécurité nationale et le droit à la vie privée qui coexistent au sein du Parti républicain. Les uns se méfient du gouvernement fédéral et souhaitent mettre fin à la collecte à tort et à travers des données de communication, alors que les autres se servent de la «menace du radicalisme islamiste» pour la justifier. Interrogés sur l’avenir de la sécurité sociale, les candidats se sont également montrés divisés, certains prônant la relève de l’âge légal du départ à la retraite et une baisse des pensions, d’autres qualifiant de telles mesures de «vol».

Un esprit va-t-en-guerre généralisé Les candidats ont fortement critiqué l’actuel président Obama et sa politique étrangère. Ils l’ont décrit comme un commandant en chef timoré qui mettrait le pays en danger. Le récent accord sur l’Iran a été sévèrement critiqué car Obama «aurait négocié depuis une position de faiblesse.» Mais les discours belliqueux ne se sont pas arrêtés là. Si Carson a reconnu que les États-Unis étaient affaiblis sur le plan militaire après une décennie d’intervention au Moyen Orient, il a tout de même critiqué Obama pour ne pas avoir employé la force armée contre la Syrie ou avoir interdit la torture.

Tous étaient, néanmoins, d’accord pour dire que Daesh était la principale menace des intérêts de l’impérialisme nord-américain au Moyen Orient. Paul est allé jusqu’à dire que le gouvernement états-unien était en fait responsable de la naissance de l’Etat islamique avant de revenir sur ce qu’il a dit sous la pression d’autres candidats et des modérateurs. Se présentant comme un candidat sérieux au poste de commandant en chef, Cruz a affirmé qu’il emploierait la force nécessaire pour en finir avec «l’islam radical» en moins de 90 jours sans détailler davantage.

Les problèmes des travailleurs, des jeunes et des femmes ignorés Les candidats ont savamment évité d’aborder un certain nombre de sujets, pourtant sur la devant de la scène nationale ces derniers mois. Ils n’ont pas mentionné le changement climatique une seule fois, malgré l’annonce du président Obama concernant son nouveau programme pour l’éner- gie propre, ni débattu de la question des inégalités sociales croissantes tandis que la lutte pour les 15 dollars a récemment été porté à une nouvelle échelle et remporté une nouvelle victoire dans l’Etat du New York.

Par ailleurs, les candidats ont totalement occulté le mouvement #BlackLivesMatter. Les modérateurs ont certes posé une seule question sur le ciblage des jeunes Noirs par des policiers blancs agressifs, mais Walker a rapidement détourné l’attention, mettant l’accent sur la nécessité de mieux former les officiers de police et celle, encore plus grande, de protéger ces derniers! Quand les candidats en ont parlé ces dernières semaines, c’était uniquement pour critiquer ou rejeter le mouvement, témoignant d’un mépris total pour les graves problèmes de racisme structurel qui existent toujours dans le pays.

La surprise est venue de Trump qui a, malgré lui, mis le système politique à nu, en révélant ouvertement sa manie de jouer et de manipuler les lois du pays, notamment en matière de faillite, pour s’enrichir et acheter des politiciens: “Il y a deux mois, j’étais toujours homme d’affaires. Je donne à tout le monde, quand ils appellent, je donne. Et quand, vous savez quoi, j’ai besoin de quelque chose d’eux, deux, trois ans après, je les appelle et ils sont là pour moi…” Aucun des dix candidats ne s’est vraiment illustré, ni imposé dans les débats. Des candidats comme Cruz, Walker et Carson ont lutté pour le temps d’antenne et leur présence était plus un témoignage qu’autre chose. Les performances de Trump et de Bush étaient assez médiocres, alors que Rubio a marqué plus de points que prévu.

Ce qui est clair, néanmoins, c’est que tous les candidats s’efforcent de plaire à la base plus conservatrice du parti dans un contexte de polarisation politique grandissante. Lors d’une scène finale, comble de l’ironie, la plupart des candidats ont souligné le besoin d’unir le pays… après avoir craché du racisme, du sexisme, de l’homophobie et du discours anti- travailleurs pendant près de deux ans. Aucune solution progressiste pour les problèmes auxquels les travailleurs, les Noirs et Latinos, les femmes et les LGBT ou la jeunesse font face aux Etats-Unis est possible sur une telle base. Publié le 11 août Ivan Matewan

http://www.revolutionpermanente.fr/Etats-Unis-Coup-d-envoi-de-la-primaire-republicaine

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09 août 2015 ~ 0 Commentaire

7 août 1927 (paris luttes)

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7 août 1927 : la manifestation parisienne pour Sacco et Vanzetti avec Luigia Vanzetti

Immense manifestation pour Sacco et Vanzetti

Le 7 août 1927, alors que les menaces d’exécution de Sacco et Vanzetti se font plus précises, d’immenses manifestations ont lieu dans le monde entier, contre la barbarie américaine, en particulier à Paris.

Tandis que le risque d’exécution de Sacco et Vanzetti se rapproche, un cortège auquel s’était joint Luigia Vanzetti (soeur du condamné) rassemble plus de 100 000 personnes à Paris, le 7 août 1927. Il est fortement encadré par d’imposantes forces de police. Un appel est lancé pour une grève de 24 heures le lendemain.

Le 8, 9 et 10 août 1927, l’exécution de Sacco et Vanzetti prévue à la date du 10 août [1] suscite à travers le monde de nombreuses manifestations de colère: à Chicago la grève générale est suivie par 16 000 ouvriers. A la sortie du meeting, une jeune anarchiste italienne de 16 ans nommée Aurora d’Angelo, prend la tête d’un cortège de quatre mille personnes. La police utilise des gaz lacrymogènes et procède à 76 arrestations dont Aurora (qui refusera lors de son procès l’aide d’un avocat).

A New York la grève est suivie par 150 000 personnes (selon la police). De même à Montevideo (Uruguay), à Assomption (Paraguay), à Bruxelles, Londres ou Paris. Des bom- bes explosent à Bâle (Suisse), à Sofia (Bulgarie) le 11 août, ou sont découvertes à Chicago et Londres. C’est un immense vent de contestation qui se lève contre l’arbitraire de la répression.

Contexte L’affaire Sacco et Vanzetti est un symbole de la répression aux Etats-Unis. Elle frappe deux anarchistes d’origine italienne, Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti. Dans les années 1920, la crise économique touche aussi bien l’Europe que les États-Unis: il faut reconvertir l’économie de guerre et faire face à l’inflation. La fin du dirigisme étatique mis en place en 1917 et la montée du syndicalisme provoquent de nombreuses grèves dans tout le pays. En 1919, on recense 4,1 millions de grévistes qui réclament de meilleurs salaires et une réduction du temps de travail. Ces grèves donnent lieu à des affrontements dans plusieurs grandes villes, comme à Boston.

L’année 1925 est marquée par de nombreux attentats anarchistes: les responsables politiques sont touchés, comme le maire de Seattle ou celui de Cleveland, chez lequel une bombe explose. Les bureaux de la banque Morgan à Wall Street sont soufflés par un attentat qui fait 38 morts et 200 blessés. Les autorités prennent des mesures de répression contre les anarchistes mais aussi contre les communistes et les socialistes américains. Certains sont emprisonnés, d’autres contraints de s’exiler. La presse bourgeoise amalgame les grévistes, les étrangers et «les Rouges». Elle craint la progression du bolchévisme en Europe, le terrorisme de gauche et se méfie des immigrés récemment arrivés qui parlent à peine l’anglais. Cette période est connue sous le terme de «Peur rouge».

Le premier procès Le premier procès débute le 22 juin 1920. Sacco et Vanzetti sont accu- sés de deux braquages ayant eu lieu dans le Massachusetts: le premier est un hold-up manqué contre une fabrique de chaussures par un gang motorisé le 24 décembre 1919 à Bridgewater, l’autre le 15 avril 1920 à South Braintree, dans la banlieue de Boston. Durant ce dernier braquage, deux hommes, Frederic Parmenter caissier de la manufacture de chaus- sures « Slater and Morril » et son garde du corps Alessandro Berardelli, sont abattus à coups de revolver par deux hommes dans la rue principale. 15 000 $ sont volés.

Un certain nombre de témoins à charge qui n’ont vu le braquage que de loin affirment avoir «reconnu» des Italiens, notamment l’un portant une moustache comme celle de Van- zetti, le débat portant sur la longueur de cette moustache. Les témoins à décharge, des immigrés italiens supposés être d’accointance avec les milieux anarchistes, sont ignorés bien qu’ils fournissent un alibi à Vanzetti. Le 16 août 1920, Vanzetti seul est condamné pour le premier braquage de 12 à 15 ans de prison, Nicola Sacco ayant pu prouver qu’il avait pointé à l’usine le jour de ce premier braquage.

Le second procès Le second procès qui a lieu à Dedham du 31 mai au 14 juillet 1921 met surtout en scène l’expertise en balistique, encore balbutiante à cette époque, Vanzetti portant selon l’accusation un pistolet de calibre 38 qui aurait appartenu à l’une des victimes et Sacco un Colt automatique de calibre 32 (les quatre balles trouvées sur les lieux du braquage avaient été tirées par un pistolet de même calibre). Ce second procès les condamne tous les deux à la peine capitale pour les crimes de South Braintree, malgré le manque de preuves formelles.

Carlo Tresca et Aldino Felicani (vieil ami de Vanzetti), deux militants de l’Industrial Wor- kers of the World [2] et quelques représentants de la bourgeoisie libérale bostonienne lan- cent une campagne médiatique nationale et internationale en leur faveur, montant dès le 9 mai un comité de défense qui parviendra à lever pendant 7 ans un fonds de 300 000 dollars, fonds dans lequel puisera leur avocat californien Fred Moore, spécialisé dans les procès politiques, pour effectuer ses propres enquêtes.

Dès lors, des comités de défense se mettent en place dans le monde entier pour sensibiliser l’opinion sur cette injustice. Comme Sacco en 1923, Vanzetti est placé début 1925 en hôpital psychiatrique. Le 12 mai 1926, leur condamnation à mort est confirmée. En novembre 1926, un bandit dénommé Celestino Madeiros, cependant déjà condamné à mort dans une autre affaire, avoue de sa prison être l’auteur, avec des membres du gang de Joe Morelli, du braquage de South Braintree, mais le juge Webster Thayer, qui n’aimait ni les Italiens, ni les anarchistes, refuse de rouvrir le dossier.

Malgré une mobilisation internationale intense et le report à plusieurs reprises de l’exé- cution, Nicola Sacco, Bartolomeo Vanzetti et Celestino Madeiros sont exécutés par chaise électrique dans la nuit du 22 au 23 août 1927, à la Prison de Charlestown dans la banlieue de Boston, par le célèbre bourreau Robert G. Elliott, suscitant une immense réprobation. Plus de 80 ans après, les Etats-Unis continuent toujours d’exécuter des détenus, innocents ou coupables; le plus souvent pauvres ou révoltés.

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Vanzetti (à gauche) et Sacco (à droite)

A la mémoire de Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti, deux anarchistes, deux immigrants tués par l’Etat. No Nation ! No Border ! Fight Law and Order !

Publié le 8 août 2015

https://paris-luttes.info/guerre-de-classe-02-2015-syriza-3660

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05 août 2015 ~ 0 Commentaire

la construction de la base militaire américaine d’okinawa suspendue (ci)

JAPAN-POLITICS-DEFENSE

Mardi 4 août, le gouvernement de Shinzo Abe a annoncé l’arrêt, pour une période d’un mois, de la construction de la nouvelle base militaire américaine à Okinawa, un projet très contesté dans le pays.

Cette trêve est “une trop belle occasion pour la laisser passer”, annonce ce mercredi 5 août l’Asahi Shimbun, au lendemain de l’annonce par Tokyo de l’arrêt, jusqu’au 9 septembre, des travaux de construction de la nouvelle base militaire américaine, à Okinawa.

“Pour la première fois depuis que [Takeshi] Onaga est devenu gouverneur [il a été élu à la tête de la préfecture d’Okinawa en novembre dernier], Tokyo et Naha [la capitale d’Okinawa], qui n’ont jamais pu s’entendre sur quoi que ce soit, s’asseoient enfin ensemble à la table des négociations”, explique le quotidien.

La construction de la nouvelle base militaire rencontre une forte opposition. Les habitants dénoncent les conséquences néfastes sur la barrière de corail autour de l’île et les espèces marines en voie de disparition. Pour Onaga, élu avec la promesse de mettre fin au projet, celui-ci est “absolument inacceptable”.

Mais cette trêve acceptée par Tokyo est probablement motivée par une période délicate pour le gouvernement Abe, poursuit l’Asahi Shimbun : le Parlement examine actuel- lement la très controversée loi sur la sécurité nationale, qui prévoit la possibilité d’envoyer des soldats en opérations extérieures en cas d’attaque d’un pays allié du Japon: une rupture par rapport à la doctrine pacifique de la Constitution, tandis que le redémarrage d’un réac- teur nucléaire rencontre une vive opposition dans le pays.

Tokyo “ne voit donc pas cette période jusqu’au 9 septembre autrement que comme une ‘trêve temporaire’, qui prendra fin quand la loi [sur la sécurité nationale] sera adoptée”, analyse le journal, qui s’interroge sur la réelle nécessité de concentrer les forces américai- nes à Okinawa, et demande à Shinzo Abe “d’avoir une sérieuse discussion avec Washing- ton”.

Jeudi 6 août, le Japon commémorera les 70 ans du bombardement d’Hiroshima par les Etats-Unis, qui avait fait plus de 100 000 morts. Publié le 05/08/2015 – 11:58

http://www.courrierinternational.com/article/japon-la-construction-de-la-base-militaire-americaine-dokinawa-suspendue

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