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11 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

le test (thermo)nucléaire 1 (essf)

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En Corée du Nord, prolifération et désarmement

L’essai du 6 janvier en Corée du Nord confirme la naissance d’un nouvel Etat nucléaire. La prolifération de l’arme se poursuit et se poursuivra, notamment en Asie. Il est toujours plus urgent de relancer le combat international pour le désarmement général – un terrain sur lequel les mouvements progressistes en France sont particulièrement indigents.

Le 6 janvier, la Corée du Nord a annoncé avoir effectué son premier test d’une bombe H (à hydrogène) dite aussi thermonucléaire. Pyongyang avait auparavant effectué trois essais sous-terrains de bombe A (atomique) en 2006, 2009 et 2013. Une bombe H utilise la techni- que de la fusion nucléaire. Elle est amorcée par l’explosion d’une bombe A, placée au som- met de l’ogive, qui a elle recours à la fission. Elle s’avère beaucoup plus puissante qu’un engin atomique classique.

C’est pourquoi, en août 1945, après avoir nucléarisé Hiroshima, les Etats-Unis se sont dépêchés de «tester» à son tour, avant que la capitulation du Japon ne devienne officielle, la bombe H sur Nagasaki. Des centaines de milliers de personnes ont ainsi été sacrifiées pour s’assurer en grandeur réelle des effets de ces armes de destruction massive. L’essai nuclé- aire du 6 janvier dernier est confirmé par des experts en Corée du Sud et aux Etats-Unis, mais ils doutent qu’il s’agisse bien d’une bombe H – de même qu’il n’est pas certain que l’engin ait été miniaturisé, comme l’affirme Pyongyang, au point de pouvoir être porté par un missile de longue portée. Le régime nord-coréen a aussi affirmé, le 9 janvier, qu’il se doterait d’un sous-marin porteur d’ogives. « Nous rejoignons les rangs des Etats nucléaires avan- cés », s’est félicité un présentateur de la télévision officielle nord-coréenne.

Echec des négociations Les Soviétiques ont enseigné à la Corée du Nord la maîtrise de l’atome à l’époque de la guerre froide, dans les années 1950-1960. Elle a depuis poursuivi ses recherches de façon indépendante et a engagé, au début des années 1980, un pro- gramme militaire secret, étant à même, à partir de ses centrales électriques, de créer le plutonium nécessaire; puis d’enrichir l’uranium, présent dans les sols du pays, grâce à l’acquisition de technologies pakistanaises (centrifugeuses…).

Un premier accord international signé en 1994 a été dénoncé par l’administration Bush en octobre 2002. Des négociations multilatérales ont repris en 2003, à l’initiative de Pékin, à six : les deux Corées, la Chine, les Etats-Unis, le Japon et la Russie. A Washington, les néo- conservateurs ont fait échouer un nouvel accord (pourtant quasiment conclu) en septembre 2005, recourant à des accusations infondées : création de fausses monnaies, blanchiment d’argent à partir de Macao.

En 2006, Pyongyang a procédé à des tirs de missiles balistiques et à un premier essai nucléaire (utilisant le plutonium dont il avait gelé pendant 8 ans la production). En février 2007, un troisième accord était conclu, la Corée du Nord interrompant son programme et acceptant le retour des inspecteurs étrangers de l’AIEA [1] ; Washington devant fournir une assistance énergétique et normaliser les relations diplomatiques. Il a capoté en septembre 2008. Enfin, un quatrième accord a été signé en 2012, sous Obama, avortant en deux mois seulement. Le troisième essai a eu lieu en février 2013.

Les pourparlers n’on pas repris depuis. Washington n’a plus grand-chose à offrir, tant la Corée du Nord est peu intégrée au monde sur le plan économique ou diplomatique et a beaucoup à demander: renoncer à l’arme nucléaire déjà existante. Enfin, Pyongyang sait qu’aucune puissance de la région ne souhaite actuellement l’effondrement brutal du régime, non seulement parce que Pékin ne l’admettrait pas, pour des raisons géopolitiques et non pas de proximité politique, mais aussi parce que cela ouvrirait une crise aux conséquences imprévisibles dans l’une des régions les plus sensibles, où les intérêts des grandes puissan- ces rivales sont directement en cause (Chine, Russie, Etats-Unis, Japon).

Dans ce contexte, le régime nord-coréen pense qu’il peut et doit « pousser le bouchon » nucléaire aussi loin que possible. Il n’a aucun vrai allié et beaucoup d’ennemis jurés. Il aug- mente donc son pouvoir de nuisance pour faire monter les enchères et geler la situation au nom d’une politique de «dissuasion». C’est rationnel, mais cela relève aussi d’une logique «après moi, le déluge» nucléaire ?

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11 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

le test (thermo)nucléaire 2 (essf)

 nuclear-kim

La prolifération

C’est bien cet aspect rationnel qui est le plus inquiétant. La «dissuasion » du « faible au fort » a été l’argument clef justifiant la prolifération nucléaire, en commençant par la Russie face aux Etats-Unis, puis par des « puissances secondaires » comme la France avec De Gaulle ou la Grande-Bretagne en concurrence avec les Etats-Unis, ou encore la Chine en concurrence avec la Russie: ne pas laisser le monopole du feu atomique à une ou deux superpuissances militaires, dont on devient en ce domaine totalement dépendant.

La prolifération au nom de la dissuasion n’a pas cessé après la formation du club des cinq détenteurs officiels, membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU. Le Pakis- tan face à l’Inde. Israël pour s’émanciper de la tutelle états-unienne et s’imposer sur le théâ- tre moyen oriental. La Corée du Nord face au déploiement nucléaire massif de l’armée US en Asie du Nord-Est et pour ne pas dépendre de la diplomatie chinoise…

Il n’y a aucune raison pour que la prolifération cesse. D’autres Etats sont d’ores et déjà «pré nucléaire». L’instabilité géopolitique générale et l’incapacité des Etats-Unis à établir un nouvel ordre mondial stable inquiètent : la protection de Washington sera-t-elle toujours garantie, quoi qu’il arrive ? L’Amérique latine reste hors du champ de confrontation nucléaire. On voit mal quel autre pays européen pourrait aujourd’hui se lancer dans l’aventure, mais qu’en sera-t-il quand la crise de l’Union s’aggravera qualitativement ?

L’accord avec l’Iran a repoussé les échéances au Moyen-Orient, mais pour combien de temps, vu l’acuité des contradictions entre puissances régionales, la menace israélienne, les errements de la politique US? Et quid du continent africain? C’est cependant en Asie que pourrait naître la prochaine puissance nucléaire, là où des ogives sont déjà installées dans un grand nombre de pays: partout où il y a des bases états-uniennes, en sus de pays détenteurs, ainsi que dans toute la mer de Chine (sous-marins, flottes…).

Tokyo s’avère le prétendant le plus immédiat. La droite nippone utilise chaque «provo- cation» nord-coréenne pour tenter de légitimer aux yeux d’une population profondément paci- fiste la dédiabolisation de l’arme qui réduisit en cendre Hiroshima et Nagasaki. En Corée du Sud aussi, des politiciens interviennent ouvertement en ce sens, dont des élus du Saennuri, le parti au pouvoir, y compris le président du groupe parlementaire de cette formation, Won Yoo-chul.

La prolifération nous rapproche toujours plus du moment où l’arme nucléaire sera effec- tivement utilisée sur un théâtre d’opérations régional. On ne peut cependant la combattre tout en justifiant le maintien du monopole des cinq puissances, membres permanents du Conseil de sécurité. C’est bien la question du désarmement général, espéré et possible après la fin de la guerre froide, qui continue de se poser.

Il faut tout particulièrement le rappeler en France, où le développement de nouvelles armes nucléaires destinées à être utilisées se poursuit dans l’indifférence. En Grande-Bre- tagne, il existe un mouvement vivace contre le déploiement des missiles Trident. Rien de tel dans l’Hexagone. Jamais cette question n’est évoquée lors des campagnes électorales; jamais elle n’est négociée (même par les Verts) dans le cadre d’un accord de gouverne- ment ; jamais la poignée de physiciens ou les petites associations qui luttent avec ténacité sur ce terrain ne reçoivent le soutien qu’elles méritent (même si heureusement, le mur érigé entre le combat antinucléaire civil et militaire a été finalement abattu).

Les médias réduisent trop souvent la question nord-coréenne à l’autocratie et à la folie de la dynastie familiale des Kim. Dictature il y a. Instabilité mentale peut-être, mais les régi- mes présidentiels et autres pouvoirs personnels attirent, ailleurs aussi, de grands carac- tériels. En matière nucléaire cependant, la politique de Pyongyang fait malheureusement sens. Du point de vue des peuples de la région, elle est criminelle, contribuant à la spirale de militarisation engagée en Asie orientale, une dynamique mortifère initiée par d’autres puis- sances, que les médias considèrent cette fois «raisonnables», alors qu’elles n’en sont pas moins menaçantes. Rappelons encore une fois que les Etats-Unis sont les seuls à avoir effectivement utilisé l’arme, crime de guerre, crime contre l’humanité s’il en est !

Si nous n’imposons pas le désarmement nucléaire, nous aurons un jour ou l’autre la guerre nucléaire. Elle débutera probablement lors d’un conflit régional au prix de millions de vies. Et après ?

Pierre Rousset dimanche 10 janvier 2016

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06 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

l’agonie d’un système (révolution)

obama-new-world-order

L’année 2015 a été marquée par un déchaînement de guerres et de terrorisme.

Des dizaines de conflits armés sèment la mort et la désolation en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie. Ils ont tué, blessé ou forcé à l’exil des millions de personnes. Aux frontières de l’Europe, l’Ukraine s’est enfoncée dans une guerre civile qui, d’après l’ONU, a tué près de 10 000 personnes et en a blessé plus de 20 000. La liste des pays frappés par le terrorisme n’a cessé de s’allonger. La barbarie dont Paris a été victime peut, demain, ensanglanter Londres, Bruxelles ou d’autres villes d’Europe.

Les grands médias français passent sous silence la plupart des conflits en cours. Par exemple, ils n’évoquent presque jamais la guerre que le gouvernement d’Erdogan a déclarée aux Kurdes et aux militants de gauche, en Turquie, ou encore le bombardement du Yémen par l’armée saoudienne. Ces silences ne sont pas le fruit du hasard ou de l’indifférence ; ils sont délibérés, complices. Malgré leurs dissensions croissantes avec les impérialistes occidentaux, les criminels qui dirigent l’Arabie Saoudite et la Turquie sont toujours leurs « alliés ».

Les informations que diffusent les grands médias sont taillées dans le mensonge et l’hypocrisie. A les entendre, les guerres et le terrorisme seraient des affrontements entre des systèmes de « valeurs ». Lorsque l’aviation française frappe la Syrie et l’Irak, ce ne sont pas des bombes qui tombent du ciel, mais «la liberté, l’égalité et la fraternité». Le premier devoir du mouvement ouvrier français est de réfuter cette propagande écœurante, en rappelant, par exemple, le rôle du gouvernement français dans le financement et l’armement des fondamentalistes en Syrie, il y a peu.

Crise économique et morale En dernière analyse, l’épidémie de violence qui ravage la planète est une expression de l’agonie du système capitaliste. Il a complètement épuisé son potentiel progressiste, mais refuse de mourir. Ce n’est pas étonnant. Jamais les classes dirigeantes n’ont abandonné leur pouvoir et leurs privilèges sans se battre, même si cela implique d’aggraver les souffrances du reste de l’humanité. En outre, les bourgeois sont convaincus qu’ils sont les seuls à être capables de diriger la société, malgré le chaos qui en résulte.

L’impasse du capitalisme se manifeste d’abord sur le plan économique. Huit ans après l’éclatement de la crise, l’économie mondiale n’a toujours pas renoué avec une croissance digne de ce nom. Et les problèmes continuent de s’accumuler, dont le ralentissement de la Chine. De nombreux économistes évoquent désormais le risque d’une nouvelle récession mondiale. Quoi qu’il en soit, les contre-réformes et les mesures d’austérité vont s’intensifier, partout. Récession ou pas, cette politique est la seule possible du point de vue de la bour- geoisie. Des millions de jeunes, travailleurs et retraités en feront les frais, à commencer par les plus fragiles.

Mais la crise organique du capitalisme n’est pas réductible à sa seule dimension écono- mique, même si celle-ci en forme la base. Un sentiment de malaise se développe à une vaste échelle, y compris dans les classes moyennes, face à la putréfaction morale du sys- tème, au sens large de ce terme. Les «élites» politiques et économiques sont largement déconnectées des problèmes auxquels sont confrontés les gens ordinaires. Habituées à l’atmosphère corrompue de leurs petits cercles, à leurs passe-droits et privilèges, elles finissent par oublier l’homme de la rue qui gagne sa vie honnêtement, mais toujours plus difficilement – et qui les observe avec un dégoût croissant.

L’opulence des plus riches atteint des degrés inouïs que rien ne peut justifier, sinon la folie d’un système décadent. Dans Le Figaro du 30 décembre dernier, on apprend que Jeff Bezos, le patron d’Amazon, a plus que doublé sa fortune personnelle en 2015. Ce simple mortel « pesait » 28,6 milliards de dollars fin 2014 ; il en pèse 59,3 milliards aujourd’hui. Il prend ainsi la quatrième place du palmarès des parasites géants, derrière Bill Gates (83,6  milliards), Amancio Ortega (73,2 milliards) et Warren Buffet (62,5 milliards). Ce dernier a perdu 11,3 milliards de dollars en 2015, soit environ le PIB du Nicaragua. Le Figaro précise : cette perte n’est pas « de nature à bouleverser (son) mode de vie ». On s’en serait douté. Pendant ce temps, 2,8 milliards de personnes vivent avec moins de deux dollars par jour.

Crise politique La politique du gouvernement Hollande est entièrement subordonnée aux intérêts des gros parasites français, les Bettencourt (33,3 milliards), Arnault (32,2 milliards) et compagnie. Or du fait de la situation économique, ces derniers exigent des coupes dras- tiques dans les dépenses publiques, la mise à sac du Code du travail, la destruction des services publics et des «allègements de charges» pour eux-mêmes. Les dirigeants «socia- listes» ayant juré fidélité au capitalisme, à ses lois et ses maîtres, ils s’exécutent avec enthousiasme.

Hollande a poursuivi la politique de Sarkozy, en pire. Une profonde crise politique en a forcément découlé ; elle s’est amplifiée lors des élections régionales de décembre. En chute libre dans l’opinion, le gouvernement a cyniquement profité des attentats du 13 novembre pour désamorcer la gronde sociale en imposant l’«état d’urgence», avec le soutien scan- daleux des députés du PCF. L’état d’urgence n’est pas dirigé contre les terroristes potentiels, dont il ne peut empêcher l’action. Il est dirigé contre nos droits démocratiques, comme on l’a très vite constaté. Le mouvement ouvrier doit exiger sa levée immédiate – et lutter pour l’obtenir.

La politique intérieure et extérieure du gouvernement Hollande ne diminue pas mais, au contraire, accroît la probabilité de nouveaux attentats en France. Le bombardement de la Syrie et de l’Irak fait le jeu de la réaction fondamentaliste, au final, quel qu’en soit l’impact militaire immédiat et les victimes civiles inévitables. Quant à la proposition relative à la «dé- chéance de la nationalité», elle n’a rien à voir avec la «protection des Français», bien sûr. L’objectif est de détourner l’attention des travailleurs des véritables responsables de la misère et du chômage qui ne cessent d’augmenter, dans le pays. Le Front National en sera le principal bénéficiaire, une fois de plus.

Un monde qui lutte pour naître Les attentats, les élections régionales et les manœuvres réactionnaires du gouvernement ont créé un climat qui pèse sur le moral de nombreux mili- tants de gauche. Mais le terrorisme, le Front National et la faillite des dirigeants «socialistes » ne sont, au fond, que différentes expressions d’un système à l’agonie. Ne perdons pas de vue la société nouvelle qui s’efforce de naître, une société juste, digne des hommes et des femmes qui la composent. C’est l’espoir de ce monde nouveau qu’incarnent les grandes mobilisations politiques autour de Podemos, en Espagne, ou de Jeremy Corbyn en Grande-Bretagne.

La même colère et les mêmes aspirations existent en France. Elles finiront par trouver une expression massive dans la jeunesse et le mouvement ouvrier, non dans 10 ou 20 ans, mais bien avant. Nous devons contribuer à faire émerger ce mouvement d’opposition de gauche aux politiques d’austérité et au système qui les réclame. Mais nous devons aussi tirer les leçons de l’échec de Syriza, en Grèce, qui avait incarné les mêmes espoirs et qui les a déçus, malgré le soutien et l’enthousiasme de millions de Grecs.

Alexis Tsipras a refusé de s’attaquer à la grande propriété capitaliste. Dès lors, il a dû renoncer à son programme sous la pression de la troïka. L’échec de cette politique réfor- miste sonne comme un avertissement à Jeremy Corbyn, aux dirigeants de Podemos et à l’ensemble du mouvement ouvrier international.

La naissance d’un monde nouveau, débarrassé des injustices et de l’oppression, ne pourra pas faire l’économie d’une rupture avec le système actuel, qui repose sur la propriété privée des banques et des grands moyens de production. On ne pourra pas venir à bout des politiques d’austérité, des inégalités et du chômage sans venir à bout du capitalisme lui- même. Le monde nouveau sera socialiste, au sens marxiste du terme, ou ne sera pas.

4 janvier 2016

http://www.marxiste.org/l-agonie-d-un-systeme

Comentaire: Un courant « trotskiste » militant au sein du PCF

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04 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

les black panthers (essf)

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Les vies noires comptent aussi

Pour un antiracisme socialiste Usa 1970

« Les ouvriers de toutes les couleurs doivent s’unir contre la classe dirigeante qui exploite et opprime. »

Le Black Panther Party n’est pas pas une organisation noire raciste, ni même une organi- sation raciste tout court. Nous comprenons d’où vient le racisme. Notre ministre de la Défen- se, Huey P. Newton, nous a appris à comprendre que nous devions nous opposer à toutes les sortes de racisme.

Le parti comprend la pénétration du racisme dans une importante part de l’Amérique blanche et il comprend que les petits cultes qui jaillissent de temps à autre dans la commu- nauté noire ont essentiellement une philosophie noire raciste. Le Black Panther Party ne s’abaisserait pas au niveau pestilentiel d’un Ku Klux Klan, d’un suprémaciste blanc, ou à celui des organisations prétendument «patriotiques» de citoyens blancs qui haïssent les personnes noires pour la couleur de leur peau.

Bien que certaines de ces organisations de citoyens blancs se dresseront pour dire « Oh, nous ne haïssons pas les personnes noires. C’est juste que nous n’allons pas laisser les Noirs faire ceci et nous n’allons pas laisser les Noirs faire cela. », c’est une pitoyable démagogie dont la base est le vieux racisme qui rend tout tabou, en particulier le corps. L’esprit de l’homme noir a été dépouillé par l’environnement social, celui, décadent, auquel il a été soumis pendant l’esclavage et les années qui suivirent la soi-disant Proclamation d’émancipation [1].

«Appeler à une alliance, à une coalition entre tous les peuples et toutes les organisations qui veulent se mobiliser contre les structures du pouvoir.»

Les Noirs, les Hispaniques, les Chinois et les Vietnamiens sont traités de bridés, de bou- boules [2], de nègres ou autres noms méprisants. Ce que le Black Panther Party a fait en substance, c’est d’appeler à une alliance, à une coalition entre tous les peuples et toutes les organisations qui veulent se mobiliser contre les structures du pouvoir. Ce sont les struc- tures du pouvoir qui sont les porcs qui ont pillé le peuple ; l’élite dominante, avare et déma- gogique, dont la flicaille n’est que le bras armé voué à perpétuer leur vieille escroquerie.

À l’ère de l’impérialisme capitaliste mondialisé, avec cet impérialisme qui se manifeste ici aussi, en Amérique, contre beaucoup de peuples, nous trouvons qu’il est nécessaire, en tant qu’êtres humains, de s’opposer aux idées fausses du moment, telles que l’intégration. Si les gens veulent s’intégrer, et j’imagine qu’ils le feront d’ici cinquante ou cent ans, c’est leur affaire. Mais, pour l’instant, nous faisons face au système d’une classe dirigeante qui entretient et utilise le racisme comme une clé pour maintenir son exploitation capitaliste.

Ce système utilise certains Noirs, ceux qui, surtout, sortent des hautes écoles et du sys- tème de la classe des élites, parce qu’ils ont tendance à se ruer vers le racisme anti-noir, similaire au racisme du Ku Klux Klan ou des groupes de citoyens blancs. Il est évident qu’en essayant de combattre le feu par le feu, il y aura de nombreux incendies. Le meilleur moyen de combattre le feu, c’est l’eau, parce que l’eau éteint le feu.

Ici, l’eau, c’est la solidarité du droit des peuples à se défendre eux-mêmes, ensemble, contre un monstre vicieux. Ce qui est bon pour lui ne peut pas être bon pour nous. Ce qui est bon pour le système capitaliste de la classe dominante ne peut pas être bon pour les mas- ses du peuple.

Nous, le Black Panther Party, nous nous voyons comme une nation au sein d’une nation, mais pas pour une raison raciste. Nous voyons cela comme une nécessité pour pouvoir progresser comme êtres humains et pour pouvoir vivre sur Terre aux côtés d’autres peuples. Nous ne combattons pas le racisme avec le racisme. Nous combattons le racisme avec la solidarité. Nous ne combattons pas le capitalisme débridé avec un capitalisme noir. Nous combattons le capitalisme avec un socialisme fondamental. Et nous ne combattons pas l’impérialisme avec plus d’impérialisme. Nous combattons l’impérialisme avec l’internationalisme prolétarien.

Ces principes sont très fonctionnels pour le parti. Ils sont très concrets, humanistes et nécessaires. Ils devraient être compris par les masses du peuple. Nous n’utilisons pas nos revolvers, nous n’avons jamais utilisé nos revolvers pour aller dans la communauté blanche pour abattre des Blancs. Nous nous défendons seulement contre quiconque, qu’il soit noir, bleu, vert ou rouge, nous attaque de manière injuste et essaie de nous assassiner et de nous tuer parce que nous mettons en œuvre nos programmes.

Au bout du compte, je pense que l’on peut voir de nos pratiques antérieures que nous ne sommes pas une organisation raciste, mais un parti révolutionnaire très progressiste. Ceux qui veulent obscurcir la lutte avec des différences ethniques sont ceux qui aident et maintiennent l’exploitation des masses: les Blancs pauvres, les Noirs, les Bruns et les In- diens peaux-rouges pauvres, les Chinois et Japonais pauvres, et les travailleurs en géné- ral.

Le racisme et les différences ethniques permettent à la structure du pouvoir d’exploiter les masses des travailleurs dans ce pays parce que c’est la clé par laquelle ils maintiennent leur contrôle. L’objectif de la structure du pouvoir, c’est de diviser les peuples et de les con- quérir. C’est la classe dominante, la toute petite minorité, les quelques porcs et rats avares et démagogiques qui contrôlent et infestent le gouvernement. La classe dirigeante et ses chiens de garde, ses laquais, ses lécheurs de botte, ses bons nègres et ses racistes noirs, ses nationalistes culturels, ils sont tous les valets de la classe au pouvoir.

« C’est une lutte des classes entre la massive classe ouvrière prolétarienne et la petite minorité qu’est la classe dirigeante. Les ouvriers de toutes les couleurs doivent s’unir contre la classe dirigeante qui exploite et opprime. » Ce sont eux qui aident à maintenir et soutenir la structure du pouvoir en perpétuant leur attitude raciste et en utilisant le racisme comme un moyen pour diviser le peuple.

Mais c’est réellement la classe dirigeante, qui est minoritaire, qui domine, exploite et opprime les travailleurs et les ouvriers. Nous sommes tous de la classe des travailleurs, que l’on soit employé ou au chômage, et notre unité doit se fonder sur les nécessités pratiques de la vie, de la liberté, de la poursuite du bonheur, si cela a du sens pour qui que ce soit. Cela doit reposer sur des choses pratiques telles que la survie du peuple et le droit des peuples à l’autodétermination, à faire disparaître les problèmes qui existent.

Donc, en substance, il ne s’agit pas de lutte des races. Nous éduquons rapidement les gens à cela. Selon nous, c’est une lutte des classes entre la massive classe ouvrière prolé-tarienne et la petite minorité qu’est la classe dirigeante. Les ouvriers de toutes les couleurs doivent s’unir contre la classe dirigeante qui exploite et opprime. Donc, laissez-moi insister de nouveau, nous croyons que notre combat est une lutte des classes et non une lutte des races.

Bobby Seale* « Black Panthers, pour un antiracisme socialiste ». Ballast 28 décembre 2015 : http://www.revue-ballast.fr/black-panthers-pour-un-antiracisme-socialiste/
Texte traduit, de l’anglais, par Cihan Gunes, Walden Dostoievski, Maude Morrison et Sira Camara.

Notes:

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03 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

royaume des saoud (al’e)

King-Abdullah_Hollande

Avoir, un bon copain…

L’effet baril explosif d’une exécution

Le Royaume des Saoud, client militaire des Etats-Unis, de la France, du Canada, de Grande-Bretagne et soutien de la dictature Sissi en Eygpte, bombarde le Yémen, depuis le 26 mars 2015, sous un logo militaire que l’on dirait cousu au Pentagone:Tempête décisive».

Plus exactement, les bombes royales, aux prix somptueux, devaient viser les positions des tribus Houthis, assimilés très rapidement au pouvoir de Téhéran [1]. Un Iran concurrent du Royaume dans cette région où les livres sacrés sentent le pétrole. Et une aire constituant une articulation géopolitique de première importance au même titre, dans les temps pré- sents, qu’un champ de guerres où s’agitent de nombreuses puissances impérialistes et sous-puissances impérialiste régionales dans un Moyen-Orient où les Etats-Unis ont perdu la main.

Le type de coalition formée pour la «Tempête décisive» qui a fait des milliers de morts civils, détruit des villes historiques et provoqué une des dites crises humanitaires les plus terribles, pour reprendre le langage orwellien de l’ONU, parle d’elle-même: 30 avions de combat fournis par les Emirats Unis; 15 par le Bahreïn, où la majorité chiite est réprimée fermement; 15 par le Koweït et 10 par le Qatar. Des bombardiers gérés par les firmes les ayant vendues qui assurent le service dit «technique».

Dans la foulée, les «combattants» de cette coalition sous-traitent «leur» guerre sur le terrain yéménite, qui est à la jonction d’une nappe pétrolière ne respectant pas les limites des cartes de géographie, à des mercenaires colombiens qui ont fait leur apprentissage dans une armée ayant combattu les FARC et l’ELN  (guerilleros marxistes) et aussi ayant servi de tueurs pour permettre aux grands propriétaires de Colombie, parmi lesquels de nombreux militaires haut gradés, d’étendre leur propriété en expulsant des paysans pauvres. Le New York Times du 25 novembre 2015 en donnait une bonne description.

La firme organisant cette sous-traitance militaire pour des princes «guérilleros» était dirigée par un ancien de Blackwater, rebaptisée depuis les scandales trop médiatisés Aca- demi (sic), Erik Pirince. Depuis lors, cette firme privée de mercenaires est passée sous la direction de l’armée émiratie. Les salaires sont à hauteur de 3000 dollars. Pour ce qui est du personnel inclus dans les «contrats d’assistance» garantis par les vendeurs d’armes et l’appareil militaire des pays livreurs, les salaires ne sont pas mentionnés dans les comptes du Royaume des Saoud.

Il est vrai qu’ils sont aussi transparents que ceux de Nestlé ou d’Amazon. Car, sur la voie de la démocratie, le Royaume des Saoud a pris le risque de permettre aux femmes de conduire et même de voter pour des élus: des mercenaires galonnés d’un pouvoir qui leur échappe. Sans oublier d’infliger, en 2014, des peines capitales, exécutées proprement, à la hauteur de tête de 135 personnes (Les Echos, 15 octobre 2015).

Ce pouvoir des Saoud a annoncé, le samedi 2 janvier 2016, l’exécution de 47 personnes condamnées pour «terrorisme». En dehors du caractère massif de ces exécutions, c’est un nom parmi tous les suppliciés qui fait l’effet d’un «baril d’huile enflammé» sur une région en feu: celui du cheikh al-Nimr. Un chef religieux chiite, opposant acharné et non-violent au régi- me saoudien incarné par la dynastie sunnite des Al-Saoud.

Aussitôt rendue publique, son exécution a provoqué des manifestations à Bahreïn, des condamnations au Liban ainsi qu’en Irak. La réaction de Téhéran ne s’est pas fait attendre: «Le gouvernement saoudien soutient d’un côté les mouvements terroristes et extrémistes [allusion à la Syrie et au Yémen, ici Al-Qaida au sud Yémen] et dans le même temps utilise le langage de la répression et la peine de mort contre ses opposants intérieurs (…) il paiera un prix élevé pour ces politiques.» Ces paroles ont été prononcées par le ministre des Affai- res étrangères Hossein Jaber Ansari; un dirigeant qui ne prononce pas de tels termes sans l’accord de plus hautes instances de la mollarchie.

Une exécution strictement politique Agé de 56 ans, al-Nimr était un ardent défenseur de la minorité chiite dans ce pays où la population est à 90 % sunnite. Le dignitaire avait notam- ment mené, en 2011, la contestation populaire qui avait éclaté dans l’est du royaume, dans la foulée des «printemps arabes». «Cheikh al-Nimr était l’une des responsabilités religieuses les plus respectées de la communauté chiite. Il était un opposant assez déterminé. Contrai- rement à d’autres dirigeants qui avaient à partir de 1993 ouvert un dialogue avec les auto- rités, il était hostile à ce dialogue. Mais autant que l’on sache, il n’était pas impliqué dans des actions violentes contre le régime», décrit Alain Gresh, directeur du journal en ligne Orient XXI et journaliste du Monde diplomatique.

Lors de son arrestation Cheikh al-Nimr, non-violent reconnu, avait été accusé d’avoir ouvert le feu sur les forces de l’ordre, sans que ces assertions soient vérifiées. Lui-même avait été blessé par balle entraînant plusieurs mois d’hospitalisation. Les autorités saou- diennes lui reprochaient «essentiellement de provoquer la division entre les musulmans et de mettre en cause l’unité nationale [..] on lui reprochait évidemment d’avoir des relations avec l’Iran, ce qui était sans doute le cas, mais au sens où de nombreux religieux chiites ont des relations avec ce pays», ajoute A. Gresh.

Ce chef religieux avait ensuite été condamné en 2014 à la décapitation suivie de cruci- fixion pour «terrorisme», «sédition», «désobéissance au souverain» et «port d’armes» par un tribunal de Riyad spécialisé dans les affaires de terrorisme. «Lors de son procès, l’accu- sation s’est essentiellement appuyée sur ses prêches. Donc, il a surtout été condamné pour ses sermons», fait remarquer Adam Coogle, spécialiste du Moyen-Orient auprès Human Rights Watch (HRW).

Selon HRW: «Son procès a été entaché de nombreuses irrégularités. En outre, il n’a pas eu de représentation légale lors de ses interrogatoires et les autorités ne lui ont pas donné l’opportunité de bénéficier d’une défense digne de ce nom. On ne peut pas considérer qu’il ait eu droit à un procès équitable.»

Faire taire toute opposition L’exécution du cheikh al-Nimr exprime les prétentions régio- nales du nouveau roi Salman. Une décision propre à ceux, selon Gresh, qui ont «pris le pou- voir depuis la mort du roi Abdallah, avec notamment le roi Salman et surtout son fils et le ministre de l’Intérieur Mohammed Ben Nayef. Donc on a deux des trois principaux dirigeants qui sont très jeunes et qui ont fait preuve d’une agressivité sur le plan régional qui n’était pas habituelle chez les Saoudiens. On l’a vu lorsqu’ils ont déclenché la guerre contre le Yémen (…). Beaucoup s’interrogent, y compris parmi les alliés de l’Arabie saoudite, comme les Etats-Unis, sur la sagesse de cette équipe.»

Washington marche sur un tapis de verres, sans être exactement un fakir. John Kirby, ancien contre-amiral de la marine des Etats-Unis et porte-parole du Pentagone, fait savoir: «Nous avons maintes fois fait connaître au plus haut niveau des autorités saoudiennes nos inquiétudes, et appelons à nouveau le gouvernement à respecter les droits de l’homme et à garantir des procès honnêtes.»

Comme à Guantanamo? Salman a appris la leçon. Au-delà de la déclaration, le Départe- ment militaire comprend que le Royaume des Saoud est englué au Yémen, «mal pris» en Syrie et que Daech appelle la population à se soulever contre le pouvoir. Cela dans un con- texte où la chute drastique des cours du pétrole a poussé les nouveaux dirigeants à imposer une politique d’austérité à laquelle la population saoudienne n’est pas accoutumée, pour utiliser un euphémisme. La crise régionale, redoublée de guerres, frappe à la porte du dit Occident. Publié par Alencontre le 3  janvier 2016

[1] Nous reviendrons sur les traits et l’évolution de ce conflit. (Réd. A l’Encontre)

http://alencontre.org/arabie-saoudite/leffet-baril-explosif-d’une-execution

Lire aussi: Nos articles « Arabie Saoudite »

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27 décembre 2015 ~ 0 Commentaire

hocine aït-ahmed (a manca)

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Si n’hè andatu Hocine Aït-Ahmed

Les militants de la Manca tiennent à saluer la mémoire d’un combattant de la liberté. La disparition de Hocine Aït-Ahmed, dirigeant du Front des forces Socialistes, est une perte, à la fois pour sa famille, son entourage et les militants de son mouvement. Elle est également, nous le croyons, une perte pour tous les anticolonialistes, pour le peuple Amazigh, et au delà pour les masses populaires de l’Algérie.

L’héritage politique d’un des fondateurs de la résistance patriotique Algérienne est un bien précieux pour tous les combattants de la liberté au sein des peuples encore sous tutelle coloniale. Nous retiendrons que la tâche des anticolonialistes ne s’arrête pas avec le départ des occupants. La lutte pour un véritable processus de désaliénation, exige de dépasser le caractère purement nationaliste des mobilisations, afin de prolonger la marche vers une société débarrassée de toutes les formes de domination.

Cet apport, décisif à nos yeux, doit irriguer les luttes encore en œuvre.

Le témoignage de notre profond respect et de notre gratitude accompagne toutes celles et ceux qui pleurent la disparition d’un de ces hommes insoumis, dont les combats participent d’une véritable humanité.  24 décembre 2015

http://www.a-manca.net/si-nhe-andatu-hocine-ait-ahmed/

Voir aussi nos camarades du PST d’Algérie:

http://revolutionsarabes.hautetfort.com/parti-socialiste-des-travailleurs

http://revolutionsarabes.hautetfort.com/deces-de-hocine-ait-ahmed

El Huffington:

http://revolutionsarabes.hautetfort.com/non-ait-ahed-n-est-pas-recuperable-par-les-clans

Pour le contexte historique:

http://revolutionsarabes.hautetfort.com/messali-hadj-le-mouvement-nationaliste-algerien

Voir aussi:

http://www.socialgerie.net/

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26 décembre 2015 ~ 0 Commentaire

la véritable histoire des usa (ga.ch)

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La véritable histoire des États-Unis est très méconnue, y compris en Europe, et souvent remplacée par des mythes et des lieux communs.

Une conversation inédite nous éclaire ces zones d’ombre (*). Tariq Ali est historien et écrivain, né au Pakistan et une des figures de la «nouvelle gauche» anti-impérialiste en Angleterre dans les années 60. Le réalisateur Oliver Stone («Salvador», «Platoon», «Wall Street», «JFK», «Nixon») voulait réaliser un grand documentaire sur «l’histoire non-dite des Etats-Unis». Ce livre est le résultat de la discussion entre ces deux personnalités.

La théorie des dominos

Dans les épisodes méconnus figure le renversement du président Soekarno en Indonésie en 1965. Soekarno a été avec Nehru l’un des initiateurs du mouvement des pays «non-alignés», né avec l’avènement de nouveaux pays issus de l’éclatement des anciens empires colo- niaux. Ce coup d’État a pourtant une importance considérable. D’abord parce qu’une répres- sion sanglante va détruire le plus grand parti communiste du monde (hors de la Chine et de l’URSS).

Les militaires indonésiens vont tuer près d’un demi-million de personnes et donner une stabilité au nouveau régime de Suharto sur une marée de cadavres. Déjà à l’époque des groupes fondamentalistes musulmans avaient été utilisés pour la répression. Ensuite, le succès de coup d’État va pousser les USA à intervenir massivement au Vietnam, avec la même ligne de conduite: détruire militairement l’ennemi politique.

Cela va ouvrir une crise au sein même du pays «que la révolte ait gagné les rangs de l’armée, que les GI aient manifesté leur opposition au conflit a été absolument fondamental, je crois. Aucun évènement de ce type ne s’était produit dans l’histoire des États-Unis, ni dans l’histoire de la plupart des autres nations. Il faut remonter à la Première guerre mondia- le pour voir des révoltes de soldats». Pour Tariq Ali «cela montrait le meilleur visage des États-Unis». Il observe aussi que le gouvernement avait compris «qu’on ne peut plus faire la guerre avec une armée de conscrit», ouvrant la porte à une armée professionnelle et aux mercenaires.

Autre aspect de l’intervention américaine, son action au Pakistan, qui manifeste ses effets encore aujourd’hui. «Les États-Unis ne pouvaient pas agir en Inde, mais ils ont réussi à faire du Pakistan une base américaine en octobre 1958 en organisant un coup d’État». Cette action vise à limiter l’indépendance de l’Inde, un des pays initiateurs du mouvement des «non-alignés» et à présenter une menace militaire permanente.

«Le passé recèle trop de savoir» La lecture de ce dialogue constitue donc une série de révélations passionnantes et pertinentes. La peur de la révolution en Europe va pousser l’en- trée en guerre en 1917. Il alimentera aussi un fort courant «neutraliste» devant la victoire du nazisme et la guerre en Europe. Pourquoi privilégier l’ancienne puissance coloniale, alors que l’Allemagne a un gouvernement anti-communiste?

En conclusion, Tariq Ali nous livre ses appréhensions et ses doutes quant à la possibilité de changements révolutionnaires. Néanmoins il constate «Il y a une vérité universelle qu’experts et politiques doivent reconnaître: les esclaves et les paysans n’obéissent pas toujours à leurs maîtres… Pourquoi cela devrait-il changer au 21è siècle?»

José Sanchez 21 décembre 2015

(*) L’histoire non dite des Etats-Unis, conversation entre Tariq Ali et Oliver Stone, Ed. Galaade

http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=3060

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03 décembre 2015 ~ 0 Commentaire

les civils (jdd)

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Premières victimes de la guerre contre Daech

A travers leurs rapports accablants, diverses ONG le montrent : les populations civiles sont les plus touchées par la guerre en Syrie et en Irak. 4.000 civils auraient perdu la vie suite aux bombardements depuis janvier 2014. Les armées loyalistes syriennes et irakiennes sont les premières responsables. Mais les frappes étrangères aussi ont tué quelques civils.

Selon le rapport des ONG britanniques Minority Rights et Ceasefire Centre for Civilian Rights, sorti il y a quelques jours, les premières victimes des bombardements contre Daech seraient les civils. Le rapport évoque 4.000 civils tués en Syrie et en Irak entre janvier 2014 et septembre 2015.

Le directeur de l’ONG Ceasefire (« Cessez-le-feu »), Mark Lattimer, s’exprimait mercredi matin au micro de France Culture : « Le droit international exige que les belligérants fassent la distinction entre les cibles militaires et les zones civiles, mais on observe que les forces irakiennes lancent des opérations tous azimuts et pilonnent parfois des zones résidentielles. Du côté du gouvernement irakien on entend souvent ‘s’ils restent c’est qu’ils sont avec les terroristes’, mais souvent ils sont pris au piège, ils ne peuvent pas partir. »

Le rapport des ONG indique que la plupart de ces civils (près de 2.800) ont été tués par les forces irakiennes, celles-là même qui informent la coalition des cibles à viser lors des bombardements. Le programme est soutenu par l’Union Européenne et met en œuvre un système de surveillance qui permet aux civils eux-mêmes, en partenariat avec des militants des droits de l’Homme, de recueillir les informations sur place. Le rapport ajoute que des zones résidentielles, des écoles, des hôpitaux et des mosquées ont été détruits par des frappes.

Human Rights watch, une autre ONG, pointe du doigt l’utilisation par le gouvernement syrien d’armes à sous-munitions qui font de très nombreuses victimes parmi les civils. « Les munitions non-explosées restées au sol constituent un danger mortel », ajoute l’association.

Selon le rapport de Human Rights watch, « Le gouvernement (syrien) a également persisté à larguer de nombreux barils d’explosifs sur des zones civiles. […] Un groupe local a estimé que les attaques aériennes ont causé la mort de 3.557 civils dans le gouvernorat d’Alep en 2014. » Pour reconquérir les territoires terroristes et imposer des négociations, le gouvernement syrien assiège des villes, comme Homs, Madamiyet et Daraya, affamant les populations civiles. Selon l’ONG, plus de 200.000 civils seraient affectés.

Amnesty International elle aussi dénonce l’action des forces gouvernementales syriennes et irakiennes, mentionnant notamment les arrestations arbitraires opérées par le régime de Bachar El-Assad : « Les forces de sécurité arrêtent arbitrairement des milliers de personnes. Certaines de ces personnes ont été soumises à une disparition forcée, d’autres à de longues périodes de détention ou à un procès inéquitable. Les forces de sécurité pratiquent la torture et d’autres formes de mauvais traitements sur les détenus, de manière systématique et en toute impunité ; selon les informations disponibles, des milliers de détenus sont morts des suites de torture ou en raison de conditions très dures », peut-on lire sur le site d’Amnesty. Julie Paquet – leJDD.fr mercredi 02 décembre 201

http://www.lejdd.fr/International/Les-civils-premieres-victimes-de-la-guerre-contre-Daech-

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27 novembre 2015 ~ 0 Commentaire

jeunes du npa

Cette vidéo du « secteur jeune » parfaitement autonome, peut ne pas représenter l’opinion du Npa

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26 novembre 2015 ~ 0 Commentaire

¡no a la guerra imperialista! (sde)

28N: ACUDE A LAS MANIFESTACIONES:

BARCELONA   17:00 Plaça Universitat                    SEVILLA 12:00 Plaza Nueva
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ZARAGOZA 12:00 Plaza España                            VALÈNCIA 12:00 Plaza de la Virgen
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MADRID 12:00 Plaza Reina Sofía                       CÁDIZ 12:00 San Juan de Dios
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MÉRIDA 12:00  Plaza de España                GIJÓN 12:00 Plaza del Parchís
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CORUÑA 12:00 Praza María Pita                 VALLADOLID 12:00 Fuente Dorada
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ZAMORA 12:00 Plaza Constitución            LEÓN 12:00  Botines

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BURGOS 19:30 Plaza del Cid

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En catalan et galicien

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