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11 août 2013 ~ 0 Commentaire

Mouvement pour la paix, rassemblement symbolique au Menez Hom (LT)

Mouvement pour la paix, rassemblement symbolique au Menez Hom (LT) dans Antiimpérialisme nagaz

Une vingtaine de militants et sympathisants du Mouvement pour la paix des comités de Brest et Morlaix se sont rassemblés hier midi au sommet du Menez-Hom pour commémorer le 68e anniversaire de la tragédie d’Hiroshima et Nagasaki. Symboliquement, ils ont choisi une nouvelle fois le Menez Hom, situé à quelques encablures de l’Ile Longue. « Le site abrite 384 bombes atomiques, soit 90 % de la puissance nucléaire française. Chaque missile représente 100 fois la bombe lâchée sur Hiroshima qui a fait 140.000 victimes », rappelle Anne L’Hénaff qui a lancé un appel au désarmement nucléaire. 11 août 2013

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/bretagne/mouvement-pour-la-paix-rassemblement-symbolique-au-menez-hom-11-08-2013-2199170.php

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07 août 2013 ~ 0 Commentaire

Terreur atomique

Terreur atomique  dans Antiimpérialisme hiroshimaart

Il y a 60 ans, par les bombardements nucléaires des villes japonaises d’Hiroshima, le 6 août 1945, et de Nagasaki, le 9, les États-Unis ont voulu faire connaître aux peuples du monde entier la terrible capacité de destruction de leur nouvelle arme.

Le jour même de la destruction de Nagasaki, le 9 août 1945, le président des États-Unis, Truman, qui venait de succéder à Roosevelt, déclarait à la radio : « Nous sortons de cette guerre la nation la plus puissante du monde, la nation la plus puissante peut-être de toute l’histoire. » Au- jourd’hui, aux États-Unis, le débat sur les raisons de l’utilisation de la bombe atomique est encore censuré. Seule y prévaut la vérité officielle : il se serait agi d’amener le Japon à capituler le plus rapidement possible, pour épargner la vie de centaines de milliers de soldats étatsuniens.

Que la destruction quasi instantanée de deux villes d’importance, chacune sous l’effet d’une seule bombe, ait accéléré la capitulation du Japon ne peut être mis en doute. Que soit ainsi mis fin à la guerre qui continuait dans le Pacifique, trois mois après la capitulation allemande, non plus. Mais il est aussi certain que le Japon s’apprêtait à capituler et qu’il l’aurait fait avant si les alliés, réunis à la conférence de Potsdam au milieu du mois de juillet, n’avaient pas exigé de lui une « reddition sans condition ». Il n’avait plus, de toute façon, les moyens de continuer la guerre, après la destruction de ses forces aéronavales et les bombardements intensifs qui avaient détruit ses villes les plus importantes.

En réalité, les États-Unis étaient déterminés à utiliser les deux bombes atomiques qui venaient tout juste d’être mises au point pour en imposer l’utilisation au monde et être les seuls vainqueurs dans le Pacifique. Le 9 août, en effet, trois mois après la capitulation de l’Allemagne, comme l’avait prévu la conférence de Yalta en février de la même année, l’Urss devait déclarer la guerre au Ja- pon. Les États-Unis ne voulaient pas d’un partage de cette partie de l’Asie, comme ils avaient dû y consentir en Europe de l’Est.

Le 17 juillet 1945, en pleine conférence de Potsdam, Truman reçut un télégramme, « Babies Satisfactorily Born » (« Les bé- bés sont bien nés »), qui l’informait du succès de la première explosion atomique expérimentale aux États-Unis. Le projet Manhattan qui, depuis septembre 1942, mobilisait des milliers de scientifiques et avait donné lieu à la construction de deux énormes complexes industriels destinés à produire, l’un de l’uranium enrichi, l’autre du plutonium, venait d’aboutir. Aussitôt, un ultimatum fut adressé au Japon, le sommant de se rendre sous peine d’une «prompte et totale destruction ».

Terroriser la population Trois semaines plus tard, une bombe de chaque type était lancée sur Hiroshima (bombe à l’uranium 235) et sur Nagasaki (bombe au plutonium). Pour qu’on pût voir les effets de la nouvelle arme, ces deux cités industrielles avaient été épargnées par les bombardements que menaient de façon intensive les Superfortress (B-29) que la puissante industrie américaine fabriquait à plein régime. Le 9 mars, Tokyo avait été détruite à 60 % par un raid de ces B-29 équipés de bombes incendiaires et explosives, 84 000 habitants y avaient trouvé la mort. Une centaine de villes furent ainsi bombardées et un quart des villes japonaises détruites à 50 %. Au Japon, comme en Allemagne un an auparavant, ces bombardements visant sciemment les civils des cités industrielles avaient pour objectif de terroriser la population afin d’empêcher toute tentative de soulèvement, une fois le régime en place défait. La guerre dite « de libération » n’était en fait qu’une guerre entre impérialismes pour le repartage du monde et leur mainmise sur les peuples. Mais là où des centaines de bombes « classiques » avaient été nécessaires, une seule bombe atomique suffit.

Le 6 août, à 8 heures 15, la bombe est lâchée au-dessus d’Hiroshima. Elle explose 45 secondes plus tard. Le principe en repose sur la transformation de la matière en énergie, qui se libère sous trois formes différentes : énergie thermique, onde de choc et effet de souffle, ra- diations nucléaires. La première, qui se manifeste sous la forme d’une boule de feu d’environ un kilomètre de rayon et de plusieurs millions de degrés, puis d’une onde thermique se propageant à la vitesse de la lumière, brûle tout sur son passage : les corps humains sont pulvérisés, entièrement carbonisés et la ville entière s’embrase dans la demi-heure. L’onde de choc entraîne l’effondrement des bâtiments ; l’effet de souffle fait éclater les poumons et provoque lésions et fractures. Les radiations nucléaires entraînent la mort immédiate jusqu’à un kilomètre de distance, et une mort plus lente, plus loin, sous l’effet de ce qui apparut à l’époque comme un mystérieux « mal des rayons ». Selon les esti- mations, la bombe d’Hiroshima a tué, à la fin de l’année 1945, 140 000 personnes, celle de Nagasaki, 70 000, et des dizaines de milliers de blessés ont succombé les années suivantes.

Socialisme ou barbarie Les États-Unis venaient de faire savoir au monde quelle terrible puissance de destruction ils étaient désormais capables de lancer contre les peuples, et ils firent cyniquement de cette menace terroriste, au lendemain du cataclysme d’Hiroshima et de Nagasaki, un argument pour la paix, alors que s’engageaient des guerres meurtrières destinées à empêcher les peuples de se libérer du joug colonial et impérialiste. La course à l’arme atomique s’est dès lors poursuivie, plusieurs États entrant en sa possession. En 1954, la première bombe H, de capacité mille fois supérieure à la bombe d’Hiroshima, fut expérimentée.

L’effondrement de l’Urss a fait disparaître l’argument fallacieux de « l’équilibre de la terreur », qui était censé garantir la paix au monde. Ce qui a disparu en réalité, c’est le prétexte de la lutte contre le « totalitarisme communiste », sous couvert duquel l’impérialisme me- nait sa guerre contre les peuples, en même temps que son complice, la bureaucratie soviétique, dans le maintien de l’ordre mondial.

Aujourd’hui, c’est la «lutte contre le terrorisme» qui sert d’argument à un développement inégalé du militarisme. L’objectif, comme hier, est la mainmise des trusts impérialistes sur les ressources de la planète, l’accaparement des fruits du travail humain, dans le prolongement de la concurrence capitaliste. En 2002, dans le cadre de leur redéploiement militaire à la suite des attentats du 11 Septembre, les États-Unis ont révisé leur doctrine nucléaire, l’arme atomique cessant d’être considérée comme le dernier recours. À cet effet, les mini-nuke (« mini-bombes ») ont été mises au point. Leur puissance équivaut à celle de… 22 bombes d’Hiroshima. Socialisme ou barbarie ! L’alternative est plus que jamais d’actualité. Galia Trépère Rouge2121, 22/07/2005

http://orta.dynalias.org/archivesrouge/article-rouge?id=1388

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07 août 2013 ~ 0 Commentaire

Mythes et mensonges sur Hiroshima et Nagasaki (1)

Mythes et mensonges sur Hiroshima et Nagasaki (1) dans Antiimpérialisme

Différentes thèses s’affrontent pour expliquer les motivations réelles du bombardement atomique d’Hiroshima et de Nagasaki (les 6 et 9 août 1945) par les États-Unis, les amenant ainsi à commettre un crime contre l’Humanité.

La polémique ne doit pas être considérée comme une simple querelle entre historiens: au-delà de la simple question du « pourquoi? », il y a toute l’implication qui se cache derrière la réponse. Implication très actuelle, car les États-Unis sont désormais la seule superpuissance ato- mique capable de frapper où que ce soit dans le monde et ils se doteront bientôt, avec le système de défense anti-missile, d’un outil capable de supprimer toute dissuasion nucléaire.

La thèse officielle, celle que tous les enfants étasuniens apprennent par coeur à l’école et qui, dernièrement encore, a été réaffirmée par le Sénat des États-Unis, explique que l’usage de la bombe atomique en 1945 a permis de précipiter la fin d’une guerre sanglante, de perdre moins d’argent et d’épargner des milliers de vies humaines. Le président Truman, qui prit la décision finale, affirma que son geste avait sauvé la vie de près de 250.000 « boys ». Après la guerre, dans ses « Mémoires », ce chiffre monta à 500.000 (1). D’autres ont été jusqu’à avancer des chiffres de l’ordre de 1… à 3 millions de vies épargnées! Selon les tenants de cette thèse, au cas où les troupes U.S auraient débarqué au Japon, les soldats nippons, fanatiques et partisans d’une guerre à outrance, auraient opposé une résistance suicidaire et jusqu’au-boutiste. De plus, les soldats japonais auraient été épaulés par des millions de civils tout autant fanatisés.

Cet argument est toujours repris actuellement par certains historiens: « Sans aucun doute (sic), la population civile défendra pied à pied le sol de la mère patrie. Les militaires lui confieront des explosifs, des pieux en bois. Tous les moyens seront bons pour tuer des ennemis ». Conclusion ? « Truman n’a pas le choix » (2). Le président Truman nous est ainsi souvent présenté comme un homme sensé, qui a pris une décision difficile mais juste. Et un historien bourgeois de nous le démontrer: « Des soldats américains mouraient par milliers chaque jour (?). L’apitoiement n’était pas de mise. Truman n’avait pas le choix. Sa décision lui a coûté ». (3). Il s’agit ici de l’argument « moral » de la thèse officielle qui accorde à la bombe atomique le mérite paradoxal d’avoir sauvé des vies humaines. Un autre argument nous dit que la bombe atomique a permis aux Japonais de comprendre la formidable capacité de destruction des États-Unis: « Nous détruirons complètement la puissance qui permet au Japon de poursuivre la guerre » menace Truman le 6 août 1945. Sachant cela, les Japonais n’auraient plus eu aucune raison de lutter. Autre élément corollaire; la destruction d’Hiroshima et de Nagasaki, outre l’impact psychologique de l’événement, aurait permis à l’Empereur Hiro-Hito d’imposer honorablement la paix à ses chefs de guerre « jusqu’au-boutistes ».

Face à cette série de dogmes officiels, plusieurs historiens ont osé les démonter pièce par pièce. Le premier d’entre eux, Gar Alperovitz, politologue étasunien, soutient depuis 1965 que son pays a fait usage de la bombe pour faire peur à Staline, dont les « visées expansionnistes » menaçaient les intérêts (grandissants) des États-Unis dans le Sud-est asiatique et en Europe.

500.000…1.000.000? L’argument des 500.000 (ou plus) vies épargnées ne tient absolument pas debout. Un rapport des stratèges militaires américains prévoyant le coût humain d’une invasion du japon (prévue pour le 1er septembre 45) contient de tout autres chiffres. Rédigé par le Chef d’ Etat-Major, le général Marshall, et daté du 18 juin 1945, il estime avec précision les pertes américaines à… 46.000 hommes au maximum. (4). Ce rapport, qui n’a seulement été rendu public qu’en 1985, était adressé au président Truman, celui-ci a donc sciemment menti.

Les chiffres fantaisistes du président et consorts reposaient sur l’argument que les Japonais, civils et militaires, se battraient jusqu’à la mort. Or, pour ce qui est des soldats, ce fanatisme, réel à une certaine époque du conflit, commençait à se fissurer. Alors que durant les batailles précédentes les soldats japonais se faisaient tuer sur place plutôt que de se rendre, lors de l’importante bataille d’Okinawa au mois de juin 1945, plus de 7.000 d’entre eux se sont constitué prisonniers. Du jamais vu. Suivant en cela le code d’honneur militaire japonais, bon nombre d’officiers étaient effectivement des jusqu’au-boutistes, mais une bonne partie des hommes de troupe était fatiguée des combats.

Quant aux civils, l’argument est tout simplement absurde: le peuple japonais était totalement à bout après presque 13 années de guerre (d’abord avec la Chine, puis avec les Alliés): privations, misère, faim, souffrance et mort sous les tapis de bombes largués par les bombardiers américains (plus de 21 millions de Japonais ont été d’une façon ou d’une autre touchés par ces bombardements massifs), etc. Un tel peuple n’aspirait plus qu’à la paix et l’on peut difficilement se l’imaginer fonçant droit vers des chars étasuniens avec des « pieux en bois » (5).

La Bombe et le sacrifice d’Hiroshima et de Nagasaki ont-ils au moins permis de précipiter la fin de la guerre (d’au moins un an nous dit-on) en démontrant le potentiel destructif des États-Unis? Rien de plus faux. Le Japon avait déjà virtuellement perdu la guerre car il était tout bonnement matériellement incapable de la poursuivre. Le potentiel militaire nippon était pratiquement détruit: 90% des bâtiments de la marine de guerre et de la flotte marchande reposait au fond l’océan, ce qui, pour une île dépourvue de ressources et de matières premières stratégiques indispensable à l’industrie de guerre, comme le pétrole par exemple, équivalait à une agonie rapide.

L’aviation quant à elle ne comportait plus qu’un petit nombre de pilotes adolescents,  peu instruits (du fait du manque de carburant, l’instruction était réduite au-dessous du minimum) et désespérés. La plupart n’étaient d’ailleurs plus assignés qu’à des missions suicides « kamikazes » peu rentables militairement vu la supériorité matérielle des États-Unis.

Enfin, « La défense anti-aérienne s’était totalement effondrée » (6), ce qui explique la facilité avec laquelle des impressionnantes escadres de bombardiers US pénétraient dans le ciel nippon. Ces bombardements terroristes, aveugles et coûteux en vies humaines – c’était leur but ; celui de Tokyo du 9 mars 1945 a ainsi fait plus de 125.000 morts, soit plus de victimes directes qu’à Hiroshima! – avaient complè-tement déstructuré les entreprises et la machine de guerre japonaise. Tokyo était rasée à 50%, Yokohama, le principal port du pays, à 85%, Kobe à 56%. Quarante pour-cent des ouvriers avaient abandonné leur travail pour fuir la ville et ses bombardements. Résultat, l’activité indus- trielle des 5 grands centres nerveux japonais était annihilée à un taux de 80% (7). Imaginer dans ces conditions que le Japon pouvait encore soutenir le conflit pendant une année ou plus relève donc de la pure fantaisie. Par Ataulfo Riera le Jeudi, 05 Août 2010

Voir les notes: http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=637:mythes-et-mensonges-sur-hiroshima-et-nagasaki&option=com_content&Itemid=53

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07 août 2013 ~ 0 Commentaire

Mythes et mensonges sur Hiroshima et Nagasaki (2)

Mythes et mensonges sur Hiroshima et Nagasaki (2) dans Antiimpérialisme

Une bombe sans poids

La justification de l’usage de la bombe en tant qu’argument « de poids’ pour forcer la décision du pouvoir nippon de capituler est souvent avancée. Là aussi, elle ne repose sur rien de sérieux. Dès le mois d’avril 1945 en effet, l’Empereur était persuadé qu’il fallait négocier et conclure la paix au plus vite. Durant le mois de mai, une tentative de contact entre Japonais et Américains avait eu lieu via les diplomates nippons en poste à Berne. Vu l’échec de ces démarches, la diplomatie japonaise privilégiera ensuite des négociations détournées via Moscou. Le 22 juin, alors que l’île stratégique d’Okinawa (elle était la dernière étape avant le Japon) était définitivement perdue, les démarches s’accélèrent: « l »Empereur invita le Conseil suprême de direction de la guerre à entamer des négociations officielles de paix, si possible en utilisant les bons offices de la Russie » (8).

Mais les Japonais mettaient tous leurs espoirs de paix sur les Russes sans se douter qu’à la Conférence inter-alliés de Yalta, Moscou avait promis aux Alliés occidentaux de déclarer la guerre au Japon six mois après la défaite nazie en Europe. Misant ainsi toutes leurs cartes sur Moscou, la douche froide de l’invasion de la Mandchourie occupée par l’Armée rouge le 9 août 1945 fut le véritable coup de grâce qui amena les Japonais à la reddition, et non la destruction d’Hiroshima et de Nagasaki qui, pour terrible qu’elle fut, ne provoqua pas autant de victimes ni de destructions que les bombardements classiques décrits plus haut.

Les autorités étasuniennes savaient parfaitement tout cela. Un rapport secret des services spéciaux américains (découvert en 1988) qui relate les discussions au sein du pouvoir nippon, nous apprend que « les recherches montrent que [au sein du cabinet japonais] il fut peu question de l’usage de la bombe atomique par les États-Unis lors des discussions menant à la décision d’arrêter les combats. [sans l'usage de la bombe], les Japonais auraient capitulés après l’entrée en guerre de l’URSS » (9).

Un autre fait est à mettre en lumière avec ce qui précède. Si les États-Unis tenaient tant à précipiter la fin de la guerre et répugnaient à employer la Bombe, pourquoi diable dans leur ultimatum adressé aux Japonais le 26 juillet 1945 n’est-il fait nulle part mention du futur statut de l’Empereur en cas de reddition? Lors de la rédaction de ce document (au cours de la conférence inter-alliés à Potsdam), plusieurs conseillers du président ont fait remarquer à ce dernier l’importance de cette question: les Japonais étaient prêts à se rendre à condition que les États-Unis donnent la garantie que l’Empereur, considéré comme un demi-dieu, puisse rester sur le trône. Après débat, Truman et Byrnes, son bras droit, ont finalement décidé en pleine connaissance de cause de ne pas faire mention du statut de l’Empereur dans l’ultimatum… Les Japonais, pour qui la chute de l’Empereur constituait le déshonneur suprême, repoussèrent donc sans surprise ce dernier.

Mais le 10 août, lorsque les Japonais offrent officiellement leur reddition tout en demandant que Hiro-Hito et la monarchie soient maintenues, les États-Unis accepteront sans sourciller cette demande. On peut donc se demander pourquoi il ne l’ont pas mentionné 15 jours plus tôt, ce qui leur aurait permis d’éviter d’utiliser la Bombe et de sacrifier inutilement des centaines de milliers vies humaines. La réponse est évidente, Truman et Cie savaient pertinemment que les Japonais refuseraient l’ultimatum de Potsdam et qu’ils auraient là l’occasion et la justification « morale » d’employer la bombe atomique. En vérité, comme on le verra plus loin, la plus grande crainte de Truman à cette époque n’était pas d’employer la bombe atomique, mais bien tout au contraire de ne pas avoir le temps ni l’occasion de le faire !

Il faut par ailleurs connaître certaines de ses déclarations pour se faire une idée du personnage tel qu’il fut, loin de cette fable d’un « homme torturé par une décision difficile qui lui a coûté ». Lorsqu’il apprit le succès du bombardement d’Hiroshima, Truman déclara joyeusement à ses proches: « Les gars, on leur à balancé un concombre de 20.000 tonnes sur la gueule! » (10). On est loin ici de la phrase « historique », grave et pesée que l’on pourrait attendre d’un homme sensé qui a pris un décision aussi terrible pour l’humanité. Peu de temps après, à un journaliste qui lui demande « Quel a été votre plus grand remord dans votre vie? « , Truman répondra: « Ne pas m’être marié plus tôt »! (11) On voit là combien lui aura « coûté » son choix.

Pour conclure… Quelles furent donc les véritables raisons qui motivèrent Truman et sa clique? Plusieurs facteurs entrent en compte (12) et la thèse d’Alperovitz en apporte plusieurs. Mais elle est insuffisante quant à sa conclusion. Pour Alperovitz, les Étasuniens jugeaient que les rapports de forces, à l’heure d’un nouveau partage impérialiste du monde, étaient par trop favorables à l’URSS et qu’il fallait stopper « l’expansionnisme » soviétique. La possession (et la démonstration pratique) d’une arme de destruction sans équivalent était donc un atout important aux mains des États-Unis non pas pour terminer la Seconde guerre mondiale mais bien pour entrer de plein pieds dans ce qui allait devenir la Guerre froide en menant une politique de « refoulement » de « l’expansionnisme rouge ». C’est effectivement à la conférence de Potsdam que les Étasuniens vont commencer à modifier sensiblement leur ligne de conduite par rapport à l’« Oncle Joe » comme la presse américaine appelait Staline. Et c’est justement à ce moment que Truman, qui sait depuis peu que la bombe atomique est opérationnelle, en rédigeant un ultimatum inacceptable pour les Japonais, décidait d’employer la bombe comme un atout stratégique majeur face à Moscou.

Mais l’explication donnée par Alperovitz d’une réaction motivée par «l’ expansionnisme soviétique » est plus qu’à nuancer car elle sous-entend une volonté de la part des Soviétiques de dominer et d’envahir la planète. Ce qui, lorsque l’on connaît la pratique et la nature du régime stalinien, est entièrement faux. La bureaucratie soviétique se contentait en fait de créer un glacis stratégique protecteur autour de ses frontières et sabotait par contre toute possibilité révolutionnaire en dehors de ce glacis stratégique géographiquement circonscrit – au sein duquel d’ailleurs il s’agissait avant tout de modifier les régimes sociaux et politique de manière bureaucratique, et non par le biais d’authentiques révolutions. A la fin de la guerre, les Partis communistes staliniens, aux ordres de Moscou, ont ainsi, en France, en Italie et dans plusieurs pays coloniaux, étouffés les germes ou la marche en avant de la révolution. Rappelons également que Staline s’opposa avec véhémence à la révolution chinoise de Mao. « La politique dite de refoulement (qui provoquera directement la guerre de Corée et du Vietnam) n’est pas une réplique à une prétendue politique d’expansion de Staline, mais bien le signe de la volonté des États-Unis de dominer le monde » (13). Le véritable expansionnisme était étasunien et non soviétique. La bombe atomique (et son usage sur Hiroshima et Nagasaki) était une arme politique (et elle ne peut l’être vu sa nature), c’était une arme au service de l’impérialisme étasunien afin de s’assurer le statut d’une superpuissance mondiale sans partage. Article publié dans La Gauche en août 2000

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=637:mythes-et-mensonges-sur-hiroshima-et-nagasaki&option=com_content&Itemid=53

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01 août 2013 ~ 0 Commentaire

Mali : élection en trompe-l’œil

Mali : élection en trompe-l’œil dans Anticolonialisme tintin

Du fait des délais imposés par la France pour tenir les élections présidentielles, les Maliens ont eu droit à des élections bâclées, avec un débat a minima sur les orientations politiques pour reconstruire le pays pourtant victime de la plus grave crise de son existence.
Les élections se sont tenues dans des conditions difficiles : des Maliens inscrits, mais sans leur carte d’électeur Nina (numéro d’identification nationale), d’autres avec carte, mais sans être inscrits, et enfin des jeunes qui n’ont pu se faire enregistrer… La situation a été des plus chao- tiques dans les camps de réfugiés. Au Burkina Faso, sur les 50 000 réfugiés, seulement 3 500 étaient inscrits, avec au final seulement 50 per- sonnes qui ont pu voter. Dans la région parisienne, peu de monde, dans cette nombreuse communauté malienne, a pu voter. Seuls les res- ponsables politiques occidentaux qui ont exigé ces élections dans un temps si court ont exprimé leur satisfaction. À croire que pour eux, les standards de la démocratie ne sont pas les mêmes en Europe qu’en Afrique.

La « gauchafrique » Malgré les conditions difficiles, il apparaît que les Maliens se sont rendus massivement aux urnes à l’exception de la région de Kidal au nord du Mali, démontrant leur volonté de s’emparer du futur de leur pays. Les premiers résultats, mais il faut être prudent, montrent un succès pour Ibrahim Boubacar Keita (dit IKB), un politicien bien connu au Mali puisqu’il a été pendant six ans Premier ministre du régime Alpha Omar Konaré, mais aussi président de l’Assemblée nationale. Lors de la crise, il s’est tenu soigneusement à mi-chemin entre les putschistes et les partisans de l’ordre ancien. Ainsi, cela lui a permis de ne pas apparaître aux yeux des Maliens comme le représentant direct de l’ancien pouvoir déchu d’Amadou Toumani Touré. Il a bénéficié aussi du soutien officieux de l’Imam Mahmoud Dicko, président du conseil islamique du Mali. Et pour parfaire ce profil hétéroclite, il est vice-président de l’Internationale socialiste… Après ces élections, le futur président malien deviendra donc légitime, l’ingérence française légale, la corruption florissante, bref le retour à la normale de la Françafrique… jusqu’à la prochaine crise !

Paul Martial Mercredi 31 juillet 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 206 (01/08/13)

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28 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Cuba célèbre le 26 juillet 1953 (LBN)

Cuba célèbre le 26 juillet 1953 (LBN) dans Antiimpérialisme

José Marti, héro national cubain

 

Le 26 juillet est l’anniversaire de l’attaque par un groupe de jeunes cubain(e)s de la caserne de la Moncada en 1953 . Echec total, exécutions sommaires, tortures. Mais Fidel, prisonnier, « gagnera » son procès devant l’opinion publique, sera libéré en 1955 et son « Mouvement du 26 Juillet » prendra le pouvoir en 1959. Voici la préface de François Maspéro au livre « Ruptures à Cuba, le castrisme en crise » de Janette Habel…

La page arrachée

L’histoire raconte que dans la nuit du 5 mai 1895, peu de jours après le débarquement qui marqua le début de la seconde guerre d’indépen- dance de Cuba, les trois chefs des insurgés, Maximo Gômez, Antonio Maceo et José Marti, eurent, dans la centrale sucrière de La Mejorana près de Santiago, une ultime rencontre pour confronter leurs plans de campagne. L’histoire raconte encore que cette entrevue fut particu-lièrement orageuse. Que se dirent-ils ? Ni Gômez ni Maceo ne l’ont jamais rapporté. Marti, lui, le nota sur une page de son journal, l’une des toutes dernières : il devait mourir douze jours plus tard, frappé d’une balle en chargeant à la bataille de Dos Rios. Et c’est ici que l’histoire devient énigme : car nul ne peut lire cette page. Elle fut arrachée et perdue.
On affirme néanmoins que la discussion porta sur les problèmes du pouvoir après la victoire. Les trois chefs historiques avaient tous présent à l’esprit près de cent années d’indépendances hispano-américaines ; et la question fondamentale, qui depuis les origines, depuis le renonce- ment de San Martin et l’éviction de Bolivar, avait couru tout au long du siècle comme un danger mortel toujours renaissant, se résumait en un mot : le caudillisme ; le pouvoir conquis par le peuple à la force de ses armes, incarné par un seul homme prétendant agir pour le seul bien du peuple et se maintenant au pouvoir au besoin contre le peuple par la même force des armes. Un mot qui sur le continent signifiait cent noms:   Sâenz, Rosas, Francia, Melgarejo ou Porfirio Diaz… Les chefs cubains parlèrent-ils des moyens de conjurer ensemble cette « ombre du cau- dillo », ou en restèrent-ils à se suspecter mutuellement, chacun soupçonnant l’autre de ne viser qu’à la confiscation, la victoire remportée, du pouvoir pour lui seul ? A la veille de sa mort Marti nota encore sur son journal, et la page, ici, nous a ete conservée, la méfiance de Maximo Gômez : « N’appelez pas Marti président. Il n’est ici qu’en qualité de général. (…) En vérité je ne sais pas ce qui leur arrive, aux présidents, mais des qu’ils sont élus, c’en est fait d’eux. A l’exception de Juarez, et encore. Et de Washington. » Sur quoi, ajouta Marti, un insurgé brandit sa ma- chette et dit : « Tout dépendra de la volonté du peuple… Nous nous sommes joints à la révolution afin d’être des hommes, et non pour qu’on nous blesse dans notre dignité d’hommes [1]. »
Marti est mort à Dos Rios. Maceo a été tué au combat l’année suivante. Maximo Gômez, lui, a connu la victoire de 1898 et sa récupération par les Etats-Unis grâce à leur intervention de dernière heure. Il refusa le pouvoir qu’on lui offrait et finit ses jours dans une retraite ombra- geuse. Il repose au cimetière de La Havane, et la petite histoire raconte encore que c’est à dessein qu’il se fit construire un mausolée ou l’on ne peut entrer qu’en baissant la tête : il voulait rappeler leur humiliation aux grands de Cuba dont il savait bien qu’ils ne manqueraient pas de venir lui rendre périodiquement un hommage rituel.

L’histoire de cette île est singulière. Elle est faite d’extrême grandeur et d’extrême humiliation : toujours hors de proportion avec sa taille réelle. L’île fut le premier établissement de la Conquête espagnole. Lorsque Christophe Colomb répandit en Europe la nouvelle de la découverte de ces Indes qui n’étaient pas encore l’Amérique, c’est essentiellement Cuba qu’il décrivit ; et lorsque Thomas More écrivit son Utopie, c’est tout naturellement à Cuba que, sur la foi de cette description, il pensa pour décrire un monde neuf ; lequel, tout naturellement aussi, se retrouva être l’île de la Tempête de Shakespeare.

C’est de Cuba que partirent vers le continent Cortes et les conquistadores. C’est à Cuba que s’accomplit le premier génocide des Indiens, que furent introduits les premiers esclaves africains. C’est de Cuba que furent tirées les premières richesses du pillage de l’Amérique. C’est là que furent construites la première cathédrale et la première université. Premier établissement de l’empire espagnol, l’île fut aussi le dernier : l’esclavage ne fut aboli qu’en 1886 et l’indépendance proclamée en 1898. C’est dire que, lorsque Fidel Castro et les siens arrivèrent au pouvoir en 1959, ces choses-là appartenaient encore à la mémoire vivante : des paysans parlaient de leur enfance d’esclaves et de leur mère esclave, de même que pouvaient encore témoigner d’anciens vétérans de la guerre contre l’Espagne qui avaient serré la main de Maximo Gômez.

mercredi 1er décembre 2004, par MASPERO François Lire la suite: http://www.preavis.org/breche-numerique/article17.html

Note:   La première université galicienne, langue interdite sous le franquisme, fut crée à Cuba, (Castro étant d’origine galicienne?)

Pour en savoir plus:

http://www.avanti4.be/analyses/article/dossier-la-revolution-cubaine-a-la-croisee-des

http://www.avanti4.be/analyses/article/dossier-cuba-a-la-croisee-des-chemins-ii

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=2957:retour-sur-des-revolutionnaires-oublies-de-lhistoire-les-trotskistes-cubains-des-annees-1930-a-19591-&option=com_content&Itemid=53

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15 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Les envahisseurs indigènes d’Israël (Afps)

Les envahisseurs indigènes d’Israël (Afps) dans Antiimpérialisme bedouin_demo.activestills.org_.62

Le « Haut Comité de Liaison des Arabes en Israël » appelle aujourd’hui à une grève générale pour réclamer l’abolition du plan Prawer-​​Begin qui a pour objectif de judaïser le Naqab/​Neguev.

Ce projet, qui a déjà été adopté en pre­mière lecture, vise à déplacer des dizaines de mil­liers de Bédouins pales­ti­niens d’Israël et de détruire leurs vil­lages, consi­dérés par le gou­ver­nement israélien comme illégaux alors même qu’ils existent bien avant la création de l’État d’Israël. Le but de ce plan est de dépos­séder la popu­lation pales­ti­nienne de 800.000 dunums de ces terres ances­trales, soit 4 fois plus que la dépos­session de 1976 en Galilée, celle qui a donné nais­sance à la « journée de la Terre ».

Israël jus­tifie le démé­na­gement imminent de mil­liers de Bédouins pales­ti­niens en les qua­li­fiant “d’envahisseurs“ Le 24 juin, le “Plan Prawer pour la règle­men­tation de l’installation des Bédouins-​​palestiniens dans le Néguev“ a été voté en pre­mière lecture au par­lement israélien. S’il est mis en œuvre, le Plan consti­tuera “la plus impor­tante mesure de dépla­cement forcé de citoyens arabes d’Israël depuis les années 1950 et il entraînera l’expulsion estimée de qua­rante mille Bédouins-​​palestiniens de leurs habi­ta­tions actuelles.

La finalité du Plan est de judaïser le Néguev israélien. Pour cela, cependant, soixante-​​dix mille Bédouins (sur un total de 200 000) qui vivent actuel­lement dans des vil­lages classés comme “non reconnus“ par le gou­ver­nement israélien doivent être déplacés. Le gou­ver­nement leur interdit déjà de se connecter au réseau élec­trique et aux sys­tèmes d’adduction d’eau et d’évacuation des eaux usées. Des règle­ments sur la construction sont aussi durement appliqués, et rien qu’en 2011 environ un millier d’habitations Bédouines et d’abris pour animaux –aux­quels le gou­ver­nement fait habi­tuel­lement réfé­rence comme à de simples “structures“ – ont été démolies. Il n’y a pas de routes gou­dronnées et les pan­neaux indi­ca­teurs signalant ces vil­lages sur la route prin­cipale sont retirés par les auto­rités gou­ver­ne­men­tales. Ces vil­lages n’apparaissent pas sur les cartes, puisque selon la géo­graphie offi­cielle, les lieux habités par ces citoyens israé­liens de seconde zone n’existent pas.

Pendant des années le gou­ver­nement a pré­tendu que, comme ces gens vivent dans de petits vil­lages épar­pillés sur de vastes étendues, il ne peut pas leur fournir les ser­vices de base, et qu’il faut donc les concentrer dans quelques agglomérations. En réalité, c’est dans le rapport “Il y a une solution“, publié en 2010 par l’organisation de colons Regavim (le Trust pour la pro­tection de la terre nationale), qui a tra­vaillé en relation avec plu­sieurs agences gou­ver­ne­men­tales, que la logique qui sous-​​tend ce plan est le mieux ex- primée. Le rapport main­tient que les habi­tants bédouins du Néguev “volent“ au peuple juif “la Terre d’Israël …. tou­jours en douceur, sans le rugis­sement d’une bataille ni la clameur d’une guerre“.

“Sur ce champ de bataille“ continue l’organisation, les béton­neuses ont rem­placé les tanks, les charrues rem­placent les canons, et des civils à l’air innocent rem­placent les soldats en uni­forme … Acre après acre, village après village, en achetant, en squattant, en exploitant une terre qui n’est pas à eux, parfois par la ruse, parfois par la vio­lence, avec d’énormes sommes d’argent, et fer­mement sou­tenus par des orga­ni­sa­tions anti­sio­nistes en Israël ou à l’étranger, ils font perdre à Israël son contrôle sur les terres du peuple juif. Regavim sou­tient en outre que jusqu’ici, Israël a “ offert des ‘carottes’ aux Bédouins – mais ne leur a jamais montré le ‘bâton’, et elle prétend qu’au moyen de leurs “acti­vités cri­mi­nelles “ ces Bédouins sont en train de colo­niser la terre et donc de menacer de “mettre fin au futur juif de la région sud“.

Citant la fameuse décla­ration du premier ministre Ben-Gurion “Le Néguev est le test de la nation en Israël“, Regavim propose une solution en quatre étapes pour contrer cette menace, qui com­porte juguler les “construc­tions bédouines illé­gales“, pré­parer la popu­lation à son départ, évacuer toutes les “popu­la­tions illé­gales“, et fina­lement les trans­férer dans des implan­ta­tions légales. Enfin, le gou­ver­nement doit pré­parer “le jour d’après“ et ne pas accepter “des raisons de revenir à leur état ori­ginal“. “État ori­ginal“ se rap­porte à la situa- tion actuelle, qui du point de vue de Regavim est carac­té­risée par l’invasion de l’espace juif par des “popu­la­tions pales­ti­niennes illé­gales“. Se- lon ce nar­ratif, l’espace est par défi­nition juif, et donc toute pré­sence non juive est une forme de conta­mi­nation, et l’enjeu du test de Ben-​​Gurion.

Ceci est pré­ci­sément le rai­son­nement der­rière le “bâton“ de Prawer et la façon dont les Bédouins ont été décrits et traités dans la sphère publique depuis des années. En réponse à une pétition soumise à la Cour Suprême contre l’évacuation de vil­lages de Bédouins à côté de la ville d’Arad, le maire adjoint d’Arad a dit à des jour­na­listes que les affir­ma­tions de ces “enva­his­seurs inso­lents“ sont  “déloyales“. De nom­breux articles ont utilisé le terme d’envahisseur pour décrire les acti­vités des Bédouins dans le sud d’Israël, tandis qu’un site web popu­laire note que les Bédouins ont com­mencé à envahir la région centre du pays. Même dans une opinion publiée dans Haaretz, journal qui avait soutenu la décision de la Cour Suprême condamnant la pra­tique offi­cielle de l’épandage de poison sur les “champs cultivés illé­ga­lement par les Bédouins“, l’auteur réfère à la popu­lation bédouine par le terme envahisseur.

La trans­for­mation de l’indigène en “enva­hisseur“ ou en “colon palestinien“, pour emprunter l’expression uti­lisée récemment par le vice-​​mi- nistre de la défense Danny Danon, est cru­ciale pour com­prendre non seulement le Plan Prawer, mais la logique fon­da­mentale de l’état d’Israël. Dans un contexte où les Pales­ti­niens ont sys­té­ma­ti­quement été aliénés et éliminés de l’histoire et de la géo­graphie, la consti­tution des autoch­tones pales­ti­niens comme sujet illégal ou enva­hisseur étranger est la condition pour pouvoir “judaïser“ la terre. L’étau dans lequel ceci se joue est fondé sur l’engagement eth­no­gra­phique d’Israël de dépos­séder les non Juifs, cyni­quement élevé au rang d’acte d’auto-défense, et fina­lement, de justice.

Neve Gordon est actuel­lement membre de l’Institute for Advanced Studies à Prin­ceton et il est l’auteur de L’occupation d’Israël. On peut le joindre sur son site web, http://www.israelsoccupation.info/

Nicola Per­ugini est un anthro­po­logue qui enseigne au Al Quds Bard Honors College à Jéru­salem. Il est actuel­lement membre de l’Institute for Advanced Studies à Princeton  Neve Gordon et Nicola Perugini, AlJazeera, lundi 15 juillet 2013

Traduction RP http://www.france-palestine.org/Les-envahisseurs-indigenes-d

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15 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Des associations dénoncent un défilé néocolonial le 14 juillet

Des associations dénoncent un défilé néocolonial le 14 juillet dans Antiimpérialisme amandla

« Ce défilé donne un parfum de victoire à une opération militaire qui est loin de pouvoir être présentée ainsi étant donné les nombreuses zones d’ombre qui l’entourent et les incertitudes qui demeurent sur son issue » a déclaré Fabrice Tarrit, Président de l’association Survie, rappelant que la France était probablement le pays le moins légitime pour intervenir au Mali, du fait de son passif historique dans la sous-région et de la succession d’interventions militaires qu’elle y a mené depuis 50 ans, contribuant à sa déstabilisation ». Une publication de l’association, intitulée « La France en guerre au Mali : enjeux et zones d’ombre » [1] apporte de nombreux éclairages sur ces aspects qui ont été jusque-là peu développés dans les médias.

Pour le Président de Survie, « sous couvert de mobilisation en faveur de la démocratie et des droits de l’Homme, cette intervention sert clairement les intérêts politiques, économiques et militaires de la France au Mali. Un parallèle peut être dressé avec le défilé organisé par Nicolas Sarkozy en 2010, année de commémoration du cinquantenaire des indépendances africaines, en présence de 10 chefs d’État africains. François Hollande perpétue cette politique, en prenant l’initiative sur des dossiers qui concernent avant tout les africains, en s’entourant d’un aréopage de chefs d’État et dictateurs alliés et en vantant l’ingérence militaire française sur le continent. »

« Cette intervention marque un échec », a renchéri David Mauger, lui aussi membre de Survie, « l’échec du multilatéralisme, tant il est flagrant que la France, concernant le Mali, a tenu le stylo pour toutes les initiatives, toutes les résolutions de l’ONU, qu’elle a dû constater l’incapacité opérationnelle des forces africaines de la Cedeao qu’elle est supposée renforcer depuis des décennies, et que par ailleurs elle n’a trouvé aucun partenaire pour intervenir au niveau de l’OTAN, peinant même à obtenir des soutiens européens à la mission de formation EUTM ». « Nous assistons à un retour du bilatéral entre la France et l’Afrique », a-t-il ajouté.

Ce retour du bilatéralisme est visible concernant la mobilisation des troupes tchadiennes au Mali, qui a fait l’objet de tractations diplo-matiques entre la France et le Tchad, pays dirigé par le dictateur Idriss Déby et dont les forces armées sont réputées pour leurs violations des droits de l’homme et le recrutement d’enfants soldats. « La société civile tchadienne, est la victime principale de cette intervention militaire française appuyée par le Tchad » a relevé Abdelkerim Yacoub Koundougoumi, soulignant la vague de répression qui a suivi ce début de retour en grâce de Déby sur le plan diplomatique, donnant lieu à de très faibles réprobations, de la France en particulier. « Je suis choqué et déçu que les troupes tchadiennes soient mobilisées pour défendre la liberté et la démocratie dans un pays étranger alors qu’elles les refusent à leur propre peuple », Le militant tchadien en a profité pour lancer un appel de soutien à Makaila Nguebla, blogueur poursuivi par le régime tchadien jusqu’au Sénégal, dont il a été récemment expulsé, actuellement en attente d’un visa pour la France.

Le porte-parole de Sortir du Colonialisme, Patrick Farbiaz a appuyé cette demande et exprimé sa préoccupation à propos du refus de visa subi récemment par l’écrivaine malienne Aminata Traoré, jusque-là considérée en France comme une interlocutrice de poids, mais victime de son discours discordant sur l’intervention militaire française.

Le mouvement Sortir du Colonialisme, qui a émis en février un appel intitulé « Mali : la politique de la canonnière n’est pas une solution » voit dans ce défilé du 14 juillet une relégitimation de l’ordre colonial, à travers la mise en scène d’une armée française intervenant en Afrique, de troupes africaines lavées de tout soupçon d’exactions, et plus globalement d’une Françafrique qui a adopté un nouveau look tout en restant dans le giron de l’Élysée, de l’Etat-major et des entreprises françaises. Le nouveau Livre Blanc de la Défense, redonne une légitimité d’intervention militaire française en Afrique, cautionnant cette « stratégie du gendarme ».

Ce défilé intervient en effet à mi-chemin entre deux dates importantes. Le lancement le 1er juillet de la MINUSMA, la mission onusienne censée prendre le relais de Serval pour « pacifier » le pays, au sein de laquelle la France conserve un rôle de commandement, disposant par ailleurs de sa propres force « parallèle » d’intervention. D’autre part la date prévue du premier tour de la Présidentielle malienne, le 28 juillet, date imposée par la France, qui avait menacé d’être « intraitable » selon les propres mots de François Hollande, alors que les conditions d’organisation de l’élection sont bien loin d’être réunies. A la veille de ce scrutin, alors que la France est très investie dans la course aux marchés pour la reconstruction du Mali, qu’elle engrange peu à peu, il y a fort à redouter que le régime qui sera issu de ce processus peine à conquérir une vraie légitimité, continuant ainsi à laisser la part belle à ceux qui, comme la France, ont décidé de maintenir le pays sous tutelle.

Les représentants de l’association Survie, en conclusion de la conférence de presse ont tenu à dénoncer le rôle autoproclamé de gendarme de l’Afrique que la France s’est octroyé au Mali et condamné l’ingérence politique, diplomatique et militaire dont elle a fait preuve depuis le déclenchement de la crise malienne, appelant à un départ des troupes françaises du pays et plus globalement du continent africain.

Un appel à la vigilance et à la mobilisation citoyenne a également été lancé en prévision de l’organisation à Paris les 5 et 6 décembre d’une conférence internationale consacrée à la sécurité en Afrique, initiative pilotée par la France et qui s’apparente à une nouvelle version des Sommets France-Afrique dont les prédécesseurs de François Hollande ont tous usé pour rassembler la « famille françafricaine ».

Réunis à l’occasion d’une conférence tenue à Paris le 11 juin, des militants de l’association Survie, de Sortir du Colonialisme et un activiste tchadien ont dénoncé l’organisation par la France le 14 juillet d’un défilé sur les Champs-Élysées mettant à l’honneur des troupes françaises et tchadiennes mobilisées dans la guerre au Mali.

14 juillet 2013

[1] Edition Tribord, 249 pages, 7 € parution le 22 Août, disponible auprès de Survie

Source : http://survie.org

http://www.afriquesenlutte.org/communiques-luttes-et-debats/communiques-autres/article/des-associations-denoncent-un

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15 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Haïti: un carnaval pour commémorer un désastre, c’est dur de croire à une coïncidence (Essf)

Haïti: un carnaval pour commémorer un désastre, c’est dur de croire à une coïncidence (Essf) dans Antiimpérialisme manif-haiti

Haiti, manif anti-américaine

Le 28 juillet 1915, les marines américains débarquèrent en Haïti.

Ils quittèrent le territoire haïtien dix-neuf ans plus tard. Toute occupation amène humiliations et violations. Celle d’Haïti par les Etats-Unis d’Amérique eut des conséquences néfastes qu’il est difficile d’oublier : répression sanglante de la résistance ; assassinat de milliers de partisans haïtiens ; le traitement inhumain et sauvage pratiqué par les marines au camp de Chabert ; le massacre de Marchaterre ; les corvées ; la dépor-tation de populations désarmées ; les expropriations en masse des paysans, sans parler du renforcement des écarts sociaux et de l’exacerbation des préjugés de couleur et de classe.

Michel-Rolph Trouillot le dit dans Les Racines historiques de l’Etat duvaliérien : « S’il fallait trouver un désastre naturel pour peindre les effets de l’occupation américaine sur Haïti, il faudrait évoquer un tremblement de terre, un séisme sous-terrain qui aurait sapé les faibles fondations d’une maison déjà branlante exposée aux coups de l’ouragan dont il préparait la route. Je ne parle pas ici des intentions : elles n’étaient pas nobles, sans doute. Pourtant, l’impact de l’occupation ne doit point être apprécié en fonction de ses intentions, mais en fonction de ses effets sur la structure qu’on a décrite plus haut. Lue dans cette perspective, l’occupation prend les proportions d’un désastre. » [1]

Comme lorsqu’on qualifiait jadis Jean-Claude Duvalier d’ignorant ou d’innocent pour limiter sa responsabilité dans les actes commis sous son régime, certains se réfèrent au manque d’intérêt du président actuel pour les questions historiques pour expliquer sa décision de faire débuter des festivités carnavalesques le jour anniversaire du débarquement des marines américains sur le territoire national. Bien entendu, l’orga-nisation d’un deuxième carnaval dans une situation de marasme économique, de banditisme accru, de détresse sociale est déjà en soi un acte irresponsable et un affront à la misère de la population. De choisir, en outre, la date du 28 juillet symbolise le mépris du gouvernement pour un acte qui a marqué la société haïtienne et qui devrait être source d’enseignement, de réflexion pour les générations futures. Ce mépris s’est déjà traduit par l’absence des plus hautes autorités de l’Etat à des manifestations historiques importantes ; qu’il s’agisse du 17 octobre, du 18 novembre, le gouvernement actuel semble constant dans sa volonté de banaliser ces dates.

Il faut en effet parler de gouvernement, car c’est trop commode de singulariser ces actions autour d’un homme, – ce serait aussi renforcer des tendances déjà assez inquiétantes à la mégalomanie ! – le gouvernement consiste aussi en un ministre de l’Education nationale et en un minis- tre de la Culture dont les mandats exigent qu’ils tiennent compte du patrimoine culturel et historique de la nation en vue de sa valorisation et de sa transmission aux générations futures.

Le pouvoir exécutif, indifférent et insouciant dans sa bulle rose, ignorera peut-être cette note de protestation. Pourvu que les citoyens et les citoyennes de ce pays ne tombent pas dans le piège de l’occultation de l’histoire qui semble être lancé pour renforcer notre dépendance, nous amener à un état où l’occupation paraît de plus en plus « normale et acceptable » !

Le 7 avril 1803, Toussaint Louverture mourut au fort de Joux, dans le froid du Jura. Le 17 octobre 1806, Jean-Jacques Dessa-lines, le fondateur de l’État haïtien, fut assassiné au Pont-Rouge. Le 31 octobre 1919, les envahisseurs américains tuèrent Charlemagne Péralte et l’enterrèrent, enveloppé dans un drapeau haïtien. Son cadavre fut préalablement exposé pour instiller la peur et inciter à la passivité la po- pulation. Le 20 mai 1920, Benoît Batraville fut à son tour abattu par les marines américains. Veillons à ce que ces dates ne passent dans notre vécu de peuple comme des incidents insignifiants. Veillons à ce que cette campagne d’occultation de notre histoire ne nous transforme pas en un peuple qui célèbre ses indignités et oublie ses gestes de fierté, dans un constant carnaval de la honte. TROUILLOT DELMAS Évelyne 6 juillet

Notes

[1] Les Racines historiques de l’État duvaliérien, Éditions Deschamps, Port-au-Prince, Haïti, 1986.

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13 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Cuba, les livrets d’approvisionnement fêtent leurs 50 ans (CI)

Cuba, les livrets d’approvisionnement fêtent leurs 50 ans (CI) dans Antiimpérialisme viva-cuba

Le gouvernement cubain les appelle « livrets d’approvisionnement ». Les Cubains « livrets de rationnement » ou simplement « la libreta ». Les centaines de magasins d’État fêtent leur 50e anniversaire ce 12 juillet. Le décret d’origine, lui, avait été signé en mars 1962, au moment où les sanctions économiques des États-Unis commençaient à provoquer des manques de nourriture et de médicaments dans le pays.La persistance de ces magasins symbolise, pour le correspondant à Miami du Virigin Islands Daily News, « l’épique échec du secteur agricole cubain et l’insistance bornée de son gouvernement communiste ». Grâce à cette subvention égalitaire, chacun des onze millions de Cubains est aujourd’hui supposé recevoir sept livres de riz [3,15 kg] par mois, la moitié d’une bouteille d’huile de cuisine et un morceau de pain « de la taille d’un sandwich » par jour. A cela s’ajoutent de petites quantités d’œufs, de haricots, de poulet ou poisson, de spaghettis, de sucre brun et blanc et de gaz.  Avec des rations supplémentaires pour les occasions spéciales : gâteaux pour les anniversaires ou rhum et bière pour les mariages. Mais, remarque le journal, « les rations ne sont pas toujours disponibles chaque mois. De même, le nombre d’articles et la taille des rations ont diminué avec les années. Les pommes de terre, le savon, le dentifrice, le sel, les cigarettes et les cigares ont, entre autres, disparu. »Aujour-   d’hui, le gouvernement dépense environ un milliard de dollars chaque année pour faire fonctionner ce système, un « chiffre énorme dans un pays où le salaire moyen officiel est de moins de 20 dollars par mois », note le quotidien.

Commentaire: Toute l’hypocrisie de la bien pensance (de gauche?): en aucun cas ce sont les USA qui maintiennent au 21è siècle  un blocus alimentaire « revenchard » pour punir les cubains d’avoir exproprié les capitalistes étrangers, qui sont coupables, c’est le gouvernement cubain qui a le tort de répartir la pénurie au lieu d’instaurer l’inégalité du « libéralisme ». Rappelons que Cuba ne figure pas parmi les pays d’Amérique latine où les enfants ont faim, que la santé y est gratuite et que personne ne meurt pendant les cyclones! Quelle horreur!

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