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25 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Ukraine: tambours de guerre dans l’est du pays

pro-russe

N’en déplaise aux conspirationnistes, avec leur arc de forces étrange allant de groupes stalino-nostalgiques jusqu’à l’extrême droite (1), il fait peu de doutes que le boeing malaisien MH 17 a été abattu par une unité militaire de l’autoproclamée Novorossiya (« Nouvelle Russie »), déclarée le 22 mai dernier en tant qu’« union des républiques populaires de Donetsk et de Louhansk ».

Des éléments concordants rendent très plausible l’hypothèse selon laquelle les servants de l’une des batteries de missiles sol-air livrées par le gouvernement de Poutine ont confondu ce vol civil avec celui d’un avion militaire ukrainien.

Ces 300 victimes innocentes, un nombre presque équivalent à l’ensemble des morts provoquées jusqu’à présent par la guerre dans l’est ukrainien, sont cependant tombées à pic pour le gouvernement pro-UE et pro-US de l’oligarque Porochenko. Celui-ci en a en effet profité pour relancer son offensive embourbée depuis des mois, malgré quelques succès partiels comme la reprise le 5 juillet de la ville de Slaviansk et de localités de moindre importance.

Deux camps réactionnaires L’«  opération antiterroriste » (c’est le nom donné par les autorités de Kiev à leur opération militaire) a en effet rencontré jusqu’à présent nombre de difficultés. L’armée ukrainienne, celle d’un État en crise chronique et profonde depuis de nombreuses années, est en effet en piteux état. Alors que de l’autre côté, les partisans de la « Nouvelle Russie » bénéficient d’un soutien militaire et logistique fort de leur maison-mère, de ce point de vue bien plus performante. Après la destruction du vol MH 17, Poutine se retrouve cependant sur la défensive, avec des marges de manœuvre politiques et diplomatiques réduites.

Il n’y a rien de progressiste d’un côté ou de l’autre de la confrontation en cours. Ne représentant qu’une petite partie des populations russophones de l’Ukraine, les régions de Donetsk et Louhansk se trouvent aujourd’hui sous la coupe d’affairistes et de politiciens issus de l’ancien régime stalinien, qui entendent défendre bec et ongles leurs intérêts étroitement liés à ceux à ceux du néocapitalisme russe.

Comme l’écrivait début mai un militant anarchiste de Donetsk, « les événements dans notre région peuvent être décrits comme un putsch gangstéro-policier, enveloppé dans un emballage « populaire ». L’aile violente est composée d’anciens et actuels employés du ministère de l’Intérieur [MVD], d’anciens soldats, de parachutistes et de spécialistes militaires, avec le soutien de criminels plus ou moins grands et d’éléments marginaux au chômage. » (2)

L’autre côté est celui d’un gouvernement oligarchique qui, à travers ses accords avec l’Union européenne et le FMI, s’est engagé à appliquer des recettes néolibérales qui aggra- veront sensiblement les différenciations sociales et la misère pour la majorité de la popu- lation. Dans les deux camps prédomine une idéologie nationaliste, de part et d’autre des réactionnaires ont la main et des fascistes sont actifs. Quant aux populations, elles restent dans leur grande majorité passives face à un affrontement qui les dépassent mais dont elles sont les principales victimes.

Arrêter la guerre, permettre l’autodétermination Comme nos camarades de l’organi- sation ukrainienne « Opposition de gauche » l’ont écrit dans une déclaration le 15 juin, « il est impératif de stopper les affrontements armés avant tout type de discussion politique sur le futur ordre constitutionnel en Ukraine (…) Des négociations sur un cessez-le-feu et la libération des otages (les populations de villes entières sont aujourd’hui prises en otage) et la création de corridors humanitaires devraient être engagées immédiatement sur le terrain par les commandants militaires. »

« Aucune discussion politique » n’est cependant possible avec les paramilitaires venus de Russie, « les questions concernant l’organisation future de l’État et la formation de nouveaux pouvoirs publics représentatifs ne pouvant être discutées qu’avec les représentants des communautés locales. »

Dans cette voie, il faut dès maintenant exiger du gouvernement ukrainien, en même temps que l’arrêt de toutes ses opérations armées, le respect du droit à l’autonomie linguistique et culturelle des populations de l’est.

Jean-Philippe Divès
1  – Ainsi voit-on la presse et le site du FN relayer systématiquement la propagande des séparatistes contre la « junte libéralo-fasciste » de Kiev soutenue par Washington et les eurocrates de l’UE…
2 – Témoignage publié sur le site britannique People and Nature, http ://peopleandnature.wordpress.com/2014/07/20/a-gangster-police-putsch-presented-in-peoples-wrapping/#more-990

Hebdo L’Anticapitaliste – 252 (24/07/2014)

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20 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Le pouvoir perdant, la solidarité avec la lutte du peuple palestinien a gagné! (Npa)

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En interdisant dans plusieurs villes et notamment à Paris, les manifestations de solidarité avec la Palestine, Hollande et le gouvernement Valls ont enclenché une épreuve de force qu’ils ont finalement perdue.

Dans toute la France, ce sont aujourd’hui des milliers de manifestant-e-s qui sont descendus dans la rue pour exiger l’arrêt de l’intervention militaire de l’État d’Israël dans la bande de Gaza, pour crier leur révolte face au plus de 300 morts palestiniens depuis le début de cette intervention.

En particulier à Paris, plusieurs milliers de manifestants, malgré l’impressionnant quadrillage policier, ont défié l’interdiction du gouvernement. C’est un succès au vu des multiples menaces de la préfecture et du gouver- nement.

En fin de manifestation, des échauffourées ont eu lieu entre des manifestants et les forces de l’ordre. Comment aurait-il pu en être autrement au vu de dispositif policier et de la volonté du gouvernement de museler toute opposition à son soutien à la guerre menée par l’Etat d’Israël.

Le NPA condamne les violences policières qui se sont déroulées ce soir à Barbès et affirme que le succès de cette journée ne restera pas sans lendemain. Dès mercredi, une nouvelle manifestation aura lieu à l’appel du collectif national pour une paix juste et durable. La lutte pour les droits du peuple palestinien continue.

Le NPA appelle l’ensemble des forces de gauche et démocratiques, syndicales, associatives et politiques, à exprimer leur refus de la répression et leur solidarité active avec la lutte du peuple palestinien.

Montreuil, le 19 juillet 2014

 

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19 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Visite de françois hollande au niger (odn)

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L’Observatoire du nucléaire dénonce une véritable rafle à l’encontre de la société civile nigérienne

C’est une visite bien tranquille que s’offre François Hollande au Niger à l’invitation de son homologue et ami de longue date Mahamadou Issoufou: en effet, la plupart des animateurs de la société civile nigérienne, et en particulier ceux qui critiquent le business de l’uranium par lequel la France nucléaire pille littéralement le Niger, ont été arrêtés dans le cadre d’une véritable rafle (*).

Pour mémoire, M. Issoufou est un ancien cadre d’Areva, multinationale radioactive par laquelle la France s’accapare l’uranium du Niger depuis des décennies afin d’alimenter à bas prix les réacteurs nucléaires français. Dernièrement, de nouveaux accords ont été signés entre Areva et les dirigeants du Niger qui, tout en faisant mine de défendre les intérêts du pays, ont à nouveau offert à la France des tarifs dérisoires pour l’enlèvement de l’uranium du Niger.

Pour sa part, après avoir dénoncé un curieux versement de 35 millions d’euros d’Areva au Niger, en partie pré-affecté à l’achat d’un nouvel avion pour le Président Issoufou, l’Observatoire du nucléaire est poursuivi en justice par Areva sous prétexte d’une prétendue « diffamation » (**).

C’est d’ailleurs par la biais d’un jugement entaché de fautes grossières que l’Observatoire du nucléaire a été condamné en première instance, le procès en appel étant fixé au 19 novembre 2014 à la Cour d’appel de Paris.

Une fois de plus, il est démontré que le nucléaire ne nuit pas seulement à l’environnement et aux êtres vivants, mais aussi à la démocratie. Et ce n’est de toute évidence pas avec les « socialistes », Hollande et Issoufou que ces pratiques abjectes cesseront…

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Observatoire du nucléaire – http://www.observatoire-du-nucleaire.org

 

Communiqué - Samedi 19 juillet 2014

(*) http://bit.ly/1u08NDG

(**) http://observ.nucleaire.free.fr/accueil-proces-areva.htm

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07 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Ambitions chinoises, un impérialisme en constitution (Essf)

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La Chine n’est pas un «pays émergent», mais une puissance émergée.

Elle n’est pas un «sous-impérialisme» assurant l’ordre dans sa région, mais un impérialisme «en constitution». La nouvelle bourgeoisie chinoise vise à jouer dans la cour des plus grands. Le succès de son entreprise est encore loin d’être assuré, mais cette ambition commande sa politique internationale et régionale, économique comme militaire.

Les nouvelles «puissances émergentes» sont souvent regroupées sous l’acronyme de BRICS ; à savoir le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud [1]. Ces États tentent effectivement de faire bloc dans l’arène internationale, en organisant des «sommets», le 5e à Durban (Afrique du Sud) en 2013, le suivant étant prévu prochainement à Fortaleza (Brésil). Ils annoncent la création d’une banque internationale de développement sous leur contrôle, alternative à la Banque mondiale. Ils s’engagent dans la compétition avec les impérialismes traditionnels pour l’accès aux richesses, en particulier sur le continent africain.(…)

L’actuel régime chinois a (…) contribué à étendre (massivement !) la sphère d’accu- mulation du capital international, il s’est intégré à la mondialisation et à la financiarisation économique, il a légitimé l’ordre dominant en adhérant à l’OMC combattue par tous les mouvements sociaux progressistes, il a fourni aux transnationales une main d’œuvre sans droit et corvéable à merci (les migrants de l’intérieur) – toutes choses qui font partie du rôle traditionnellement assigné aux sous-impérialismes. Ce faisant, la Chine aurait pu redevenir un pays dominé comme les autres, sous la coupe des puissances impérialistes traditionnelles.

Cette possibilité était perceptible au tournant des années 2000, mais la direction du PCC et le nouveau capitalisme bureaucratique chinois en ont décidé autrement. Ils avaient la capacité de le faire grâce à l’héritage de la révolution maoïste: les liens de dépendance vis- à-vis de l’impérialisme avaient été rompus, ce qui n’est vrai d’aucun autre membre du BRICS à part la Russie – et à la différence de cette dernière, le parti au pouvoir a su piloter en continuité le processus de transition capitaliste, bouleversant profondément la structure de classe du pays [5].

Ce n’est pas pour dire que les autres États plus ou moins qualifiés de sous-impérialisme (du Brésil à l’Arabie saoudite, de l’Afrique du Sud à Israël) ne sont que des pions dans les mains de Washington. Mais la logique dans laquelle la politique internationale de Pékin s’ins- crit est qualitativement différente. Quand le Brésil envoie des troupes en Haïti, ou l’Inde au Sri Lanka, ils jouent leur rôle de gendarmes régionaux de l’ordre mondial. En Asie orientale, la Chine a engagé un bras de fer avec le Japon – ce qui n’est pas du tout la même chose – et lance ce faisant un défi aux États-Unis: déjà membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU et détentrice officielle de l’arme nucléaire, elle postule à un plein statut de puissance.

Économie et stratégie Pour servir ses ambitions nouvelles, Pékin bénéficie d’une base économique bien supérieure à celle de la Russie qui dépend plus exclusivement de ses capacités militaires. La place de la Chine dans l’économie globale a cru de façon rapide, impressionnante. Jusqu’où ira cette montée puissance ? Pour Bruno Jetin, il reste en ce domaine beaucoup d’incertitudes [6].

En termes absolus, la Chine possède depuis 2010 le deuxième produit intérieur brut du monde, derrière celui des États-Unis, mais devant ceux du Japon ou de l’Allemagne. Si les tendances actuelles se prolongeaient, elle pourrait sur ce plan prendre la première place dans quelques années [7]. L’important ici n’est pas l’exactitude des calculs ou des pronostiques, mais la tendance.

La Chine représente aussi le second marché, l’un des principaux prêteurs et le premier «atelier» dans le monde; une position que la concurrence d’autres pays asiatiques à très bas coût de main-d’œuvre ne peut pas aisément entamer, car le pays possède aussi nombre d’avantages extra-salariaux. Il est plus difficile d’estimer la montée en gamme de l’économie chinoise dans le domaine de l’innovation technologique. Du fait, encore une fois, de sa posi- tion d’indépendance, vis-à-vis des impérialismes traditionnels, le régime peut négocier d’im- portants transferts technologiques, mais n’a pas encore fait un bond en avant en matière d’innovations autochtones radicales [8]. (…)

La question demeure: est-ce que le «modèle chinois» de développement capitaliste est durable? (…) Il a donné naissance à une formation sociale particulièrement inégalitaire, similaire à des pays d’Amérique latine et éloignée de celles des pays occidentaux – encore que les États-Unis sont aussi très inégalitaires et que des pays européens sont en voie de «tiers-mondisation». La corruption gangrène le pays au point de mettre en cause la mise en œuvre des orientations économiques. De plus en plus de familles très fortunées – y compris appartenant aux hautes sphères du régime – se lancent dans la spéculation et utilisent les paradis fiscaux pour échapper aux contrôles officiels. (…)

Ceci dit, pour l’heure, la politique économique internationale chinoise n’a pas pour seul but d’engranger des profits: elle vise aussi à assurer les bases d’une superpuis- sance. En terme de matières premières, la Chine manque ou va manquer de presque tout ; elle achète massivement des terres agricoles ou minières (pétrole, gaz, métaux rares…) dans le monde entier et prend le contrôle de multinationales [10]; elle s’assure une main mise directe sur la production en trustant le management de ses entreprises, mais aussi en exportant de la main d’œuvre chinoise (Afrique…) ou en recrutant de façon privilégiée des nationaux parlant le chinois (Vietnam…). Corrélativement, elle cherche à sécuriser les voies de communication intercontinentales en achetant des ports [11] ou des aéroports, en inves- tissant dans la marine marchande et en déployant progressivement sa flotte militaire à l’occasion, notamment, d’opérations contre la piraterie en haute mer. (…)

Certes, pour l’ensemble des transactions financières internationales, le yuan n’est toujours que la septième monnaie dans le monde (loin derrière l’euro) et la suprématie du dollar n’est pas prête d’être remise en cause, mais Pékin peut bénéficier des inquiétudes provoquées par la façon dont les Etats-Unis exigent un droit de regard sur les comptes en dollars dans le monde entier et imposent leur loi hors de leurs frontières sur toute transaction commerciale libellée dans leur monnaie, comme l’illustre l’affaire BNP Paribas, littéralement placée sous leur tutelle [13]. Dans ces conditions, la recherche de devises alternatives va se renforcer.

La Chine gagne aussi en galon sur un autre secteur dominé par les impérialismes traditionnels. Selon le dernier rapport du Sipri (Stockholm International Peace Research Institute), pour la première fois depuis la fin de la Guerre froide, la Chine se classe parmi les cinq plus grands exportateurs d’armes, un «top 5» qui n’avait compté que les États-Unis et des Européens [14]. Avec 6 % des ventes, elle se place en quatrième place tout juste der- rière l’Allemagne (7%), dépassant la France (5%) et le Royaume uni (4%) qui glisse à la sixième place [15].

Le conflit maritime en Asie orientale C’est en Asie orientale que les tensions entre la Chine, les États voisins et les USA sont les plus vives. Ce n’est pas chose nouvelle. Washington a déployé d’énormes moyens pour endiguer la vague de révolutions amorcées dans la région autour de la Seconde Guerre mondiale. Après la conquête du pouvoir par les forces maoïste en 1949, tout un réseau de bases militaires a été constitué en arc de cercle, de la Corée du Sud à la Thaïlande en passant par le Japon (Okinawa) et les Philippines. L’éclatement du conflit sino-soviétique, quand Moscou a passé un accord nucléaire avec Washington mettant la Chine devant le fait accompli, a renforcé le syndrome de l’encer- clement à Pékin. (…)

Pékin fait miroiter l’offre d’une pax sinica qui viendrait sanctionner ces rapports de dépendance économique – mais cette politique suscite aussi des résistances sociales et nationales croissantes là où les populations sont victime du dumping commercial et de com- merce transfrontalier inégalitaire (Thaïlande), sont menacées par de gigantesques travaux d’infrastructures tels des barrages géants (projet avorté au Vietnam, suspendu en Birmanie), subissent des conditions de travail trop éprouvantes dans des entreprises chinoises (Vietnam…) ou sont chassé de leurs terres acquises par la Chine (Philippines…). (…)

Cette politique régional tous azimuts a de même un volet militaire et territorial très agressif qui souligne à quel point cette pax sinica serait inégalitaire. Pour nourrir un nationa- lisme de puissance qui remplit le vide idéologique laissé par la crise du maoïsme, pour don- ner une légitimité au régime, pour s’approprier les richesses marines, mais aussi pour ga- rantir l’accès de sa flotte à l’océan Pacifique et aux détroits du Sud-est asiatique, Pékin a déclaré sien la quasi-totalité de la mer de Chine (une appellation évidemment rejetée par les autres pays riverains). Il s’accorde des droits qui ne s’appliquent en principe qu’à une mer intérieure et non pas à un axe international de navigation. (…)

Contre le Vietnam, la Malaisie, Brunei et les Philippines, Taïwan et le Japon, Pékin prend possession ou exige l’entièreté des îles Paracel et Spratleys, de l’atoll de Scarbo- rough, des iles Senkaku/Diaoyu et étends ses propres eaux territoriales au point de ne lais- ser aux autres pays du Sud-est asiatique qu’une portion infiniment congrue. Des points de friction militaire se sont constitués à l’ouest avec le Vietnam et à l’est avec le Japon. Si dans le premier cas, des incidents très violents se sont produits, c’est dans le second qu’une escalade «contrôlée» fait monter très haut les enchères depuis que Tokyo à «nationalisé» en septembre 2012 les Senkaku/Diaoyu [17] – au point qu’en novembre dernier, la Chine a proclamé une zone d’identification aérienne englobant ce petit archipel.

Aucune puissance ne veut ouvrir aujourd’hui une véritable guerre en Asie orientale, mais de provocation en contre-provocation, de dangereux dérapages ne peuvent être exclus. Or, nous sommes dans la région la plus nucléarisée de la planète où – comme l’illustre la crise coréenne – se trouvent nez à nez la Chine, la Russie, les États-Unis et le Japon. (…)

La fin des blocs provoquée par l’implosion de l’URSS et la mondialisation capitaliste ont créé une situation de grande instabilité, et pas seulement d’interdépendance (les États unis dépendant des capitaux chinois et la Chine du marché états-unien). Washington ne peut seul gendarmer le monde et quelques «sous-impérialismes» régionaux ne suffisent pas à l’y aider: il aurait besoin d’impérialismes alliés, furent-ils «secondaires» ; mais l’Union euro- péenne brille par son impotence et le Japon ne peut encore voler de ses propres ailes. Pékin profite pour l’heure de cette situation, tant sur le plan militaire qu’économique. Mais si (si !) la constitution du nouvel impérialisme chinois se poursuit, sans crise majeure de régime, elle s’accompagnera d’une montée des tensions géopolitiques.

L’Asie orientale n’est certes pas la seule région du monde marquée par l’instabilité et une montée des conflits armés – le Moyen-Orient reste de ce point de vue la région de loin la plus «chaude» ! Mais c’est en Asie que le face-à-face entre toutes les grandes puissances s’avère le plus direct. Pierre Rousset 6 juillet 2014

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article32424

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06 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Tisa prépare en loucedé la disparition de tous les services publics, sécu comprise…

Les cigares du Pharaon

Pendant les abrutissements foutballistiques et les sarkonneries médiatiques qui mobilisent la presse-purée et les canards-laquais, une sacrée saloperie se trame dans le plus grand secret à Genève: des tractations aussi sournoises que secrètes sur la libéra- lisation globale du commerce des services.

Ces tractations des « maîtres du monde » ont été révélées par wikileaks et relayées par L’Humanité On se souvient des luttes sévères qui ont fait échouer les accords de l’OMC (cycle de Doha) sur l’accord général sur le commerce des services (l’A.G.C.S.).

Suite à ce revers, un groupe de «maîtres du monde» se nommant entre eux  les «Really good friends» (les « vrais bons amis » !!??). Parmi ces « vrais bons amis », on trouve les cadors de la banque, de l’internet, de l’énergie, de l’assurance, entre autres, AIG Assurance, Microsoft, Oracle, Walmart, Google, Walt Disney, mais aussi Véolia et, évidemment, notre «grand ami» le Medef!

Leur but: contourner l’obstacle que constituaient les résistances de forces progressistes, de mouvements sociaux, des syndicats et de plusieurs pays en développement pour la con- clusion d’un accord global sur le commerce des services (AGCS) au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Leur finalité: permettre aux multinationales de truster, le mo- ment venu, le commerce des produits financiers ainsi que celui de tous les services sur les grands marchés transatlantique et transpacifique, dont les négociations, avancent au même moment, dans la plus grande opacité.

Concrètement, que risque-t-on? Eh bien, au nom de la libre concurrence les «monopoles d’État en matière de fonds de pension» – traduisez: les systèmes publics de Sécurité socia- le– seraient, à terme, démantelés. Même «les assurances pour calamité naturelle» se de- vraient de ne plus fonctionner sous contrôle public. Voilà pourquoi Veolia, Suez, le Medef et les grands groupes d’assurance sont partie prenante dans ces magouilles.

Quoi encore? Entre autres joyeusetés:

- l’autorisation de «produits financiers innovants» est recherchée. Ces fameux «produits financiers innovants» comme les CDS (credit defaut swaps) au cœur de la crise qui secoue le monde depuis 2008.

- les firmes Internet étazuniennes font pression pour transmettre sans réserve les données de leurs clients. En particulier celles qui sont présentes dans les systèmes dits « clouds » (nuages) qui permettent de stocker des documents hors du disque dur de l’ordinateur. (Il est vrai qu’il faut être plus kon que la moyenne pour mettre toutes ses informations dans les «clouds», c’est-à-dire les ordinateurs d’une grande firme étrangère!)

- les sociétés étrangères doivent avoir accès au marché des pays signataires exactement dans les mêmes conditions que les prestataires locaux, qu’ils fournissent ou non un service public à la population. Un géant de la fourniture d’eau ou de gaz, comme les français Veolia ou GDF Suez, aurait ainsi non seulement le droit de s’installer sur un marché tiers. Mais il pourrait aussi faire jouer une clause d’engagement au respect de la concurrence pour exiger de bénéficier de subventions d’un montant égal à celui versé par l’État en question au ser- vice public de l’eau ou de l’énergie.

- la renationalisation d’un service public privatisé, fût-il partiel, serait strictement interdit aux États signataires au nom des garanties accordées aux investisseurs. Ainsi deviendrait im- possible une re-municipalisation de l’eau décidée en maints endroits en France comme à Paris, après la gabegie et l’explosion des factures des particuliers provoquées par les re- quins de la Générale et de la Lyonnaise des eaux, qui se sont longtemps partagé le marché de la capitale française.

Cet accord veut forcer les pays à ouvrir les portes à la concurrence totale. Il vise à ren- forcer l’emprise des multinationales sur notre vie quotidienne, la politique locale, nationale et globale. L’idée est de pousser les pays à accepter la concurrence des grands groupes avec les fournisseurs domestiques. S’il était validé, cet accord empêcherait les États et les loca- lités de rapatrier certains secteurs en régie publique. Ainsi, au titre des profits perdus, les multinationales pourraient poursuivre en justice les gouvernements qui prennent ces me- sures pour assurer l’accès universel aux services essentiels. On retrouve, en pire, les horreurs de Traité transatlantique… 04 juillet 2014 |  Par victorayoli

Sources :

https://wikileaks.org/tisa-financial/

http://www.humanite.fr/laccord-top-secret-qui-doit-depecer-les-services-publics-545491#sthash.8EgCUp33.dpuf

http://www.humanite.fr/david-boys-des-pressions-inevitables-sur-les-pays-emergents-545739

http://blogs.mediapart.fr/blog/victorayoli/040714/tisa-prepare-en-loucede-la-disparition-de-tous-les-services-publics-secu-comprise

Lire aussi:

http://www.marianne.net/Au-royaume-des-aveugles-l-accord-TISA-est-roi_a239874.html

Commentaire: C’est pas une blague: une multinationale pourrait demander un dédommagement si on augmente le Smic… (Egypte)

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01 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Japon, forte mobilisation contre la réinterprétation de la constitution pacifiste (ci)

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Les Tokyoïtes manifestent contre l’extension des missions des forces armées japo- naises. Un des contestataires s’est immolé ce week-end, or la nouvelle est peu relayée par les médias nippons.

Les contestations se font vives ce 30 juin dans les rues de Tokyo; à la veille de l’adop- tion du texte concernant l’élargissement du domaine de l’autodéfense par le gouvernement, de « nombreux manifestants brandissent pancartes et crient pour le respect de la Constitution devant le cabinet du Premier ministre », relate le Tokyo Shimbun.

Les militants se sont rassemblés contre la réinterprétation de la Constitution paci- fiste qui interdit aux forces armées japonaises d’agir au-dehors de ses frontières pour venir en aide aux pays alliés. Ce rassemblement a été peu relayé par les médias japonais mais la mobilisation commence à prendre de l’ampleur, notamment depuis l’immolation d’un soixan-tenaire qui élevait la voix contre la réinterprétation de la Constitution.

« La nouvelle concernant l’immolation par le feu le 29 juin en plein cœur de Tokyo a eu plus d’écho dans les médias étrangers qu’au Japon », écrit le site d’information J-CAST. On observe également de nombreuses critiques visant les médias nippons sur Twitter: les inter- nautes jugeant « insuffisante la couverture de ces événements ». « Le gouvernement conser- vateur vient de trouver un accord avec le Nouveau Komeito, la coalition, et est sur le point d’adopter ledit texte, ce qui marque un tournant majeur dans la politique d’autodéfense japonaise », écrit l’Asahi Shimbun.

http://www.courrierinternational.com/article/2014/06/30/forte-mobilisation-contre-la-reinterpretation-de-la-constitution-pacifiste

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01 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

L’otan accuse les opposants aux gaz de schiste d’être soutenus par la russie (basta)

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Des anciens agents du KGB recyclés en militants anti-gaz de schiste?

C’est le secrétaire général de l’Otan qui l’affirme: «La Russie, dans le cadre de leur infor- mation de pointe et d’opérations de désinformation, est engagée activement avec les orga- nisations dites non gouvernementales; qui œuvrent contre le gaz de schiste; pour maintenir la dépendance européenne au gaz russe importé», déclare le danois Anders Fogh Ras- mussen lors d’une conférence à Londres, le 20 juin.

« Les rangs des militants anti-gaz de schiste largement infiltrés par des agents rus- ses», titre de son côté le site Atlantico, sans apporter, à l’instar du secrétaire général de l’Otan, le moindre élément factuel sur cette infiltration massive (lire ici). Dans Les Echos, un «expert» avance lui aussi «les possibilités d’un lobby russe». Du Larzac à la Pologne, en passant par le Royaume-Uni, faut-il voir la main manipulatrice de Vladimir Poutine ou du géant russe de l’énergie Gazprom dès qu’une manifestation contre les gaz de schiste s’organise?

Dans une lettre ouverte, environ 130 organisations et collectifs européens opposés à l’exploitation des hydrocarbures de schiste demandent au secrétaire général de l’Otan de s’expliquer: soit d’apporter «la preuve de ces accusations», sinon «de procéder à des ex- cuses publiques pour cette fausse déclaration». Les signataires de la lettre considèrent que ce type de propos «sape le débat public» et «porte atteinte à nos institutions démo- cratiques».

De telles allégations ne sont pas nouvelles, mais aucune preuve n’a jamais été apportée pour les corroborer. Rappelant les conséquences environnementales et sanitaires de l’utili- sation de la fracturation hydraulique, les organisations anti-gaz de schiste en appellent à «un débat sérieux et informé au sujet de la sécurité énergétique», jugeant qu’il est inexact d’affir- mer qu’un usage massif de la fracturation hydraulique en Europe réduirait la dépendance de l’Europe à la fourniture de gaz russe, et entraînerait la baisse du prix du gaz à la consom- mation. Quant à l’infiltration des mouvements écologistes, ce sont plutôt les démocraties occidentales qui y ont recouru ces dernières années (lire notre enquête). Par Maxime Combes 1er juillet 2014

http://www.bastamag.net/Quand-l-Otan-accuse-les-opposants

Commentaire: Et au même moment, Greenpeace conspire avec la Cia pour empêcher la Russie d’exploiter le pétrole du Pôle Nord! Trop fort!

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01 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Ukraine: des gardes blancs russes dans le donbass (avanti.be)

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Il n’y a pas de révolution dans le Donbass, pas même de mouvement de masse, écrit Zbigniew Marcin Kowalewski, rédacteur en chef adjoint de l’édition polonaise du Monde diplomatique.

Ils n’existent que dans la propagande des partisans d’un mouvement séparatiste armé, dirigé par des nationalistes d’extrême droite. Importés de Russie, ils aspirent à la restauration de l’empire tsariste. Au Kremlin, on soutient cette réincarnation des Gardes blanches et des Centuries noires qui déstabilise l’Ukraine, mais, à ce qu’il paraît, on en a également peur.

Le 22 avril dernier, Boris Kagarlitsky affirmait que «on ne pouvait pas expliquer l’insurrection réussie de centaines de milliers, voire même de millions de personnes dans l’est de l’Ukrai- ne par une ingérence de la Russie» [1]. Une insurrection de centaines de milliers, voire de millions? Même la propagande du régime russe vers l’étranger, avec en tête sa chaîne Russia Today, est mille fois plus mesurée.

Dans la gauche mondiale, presque personne ne connait le russe, et l’ukrainien encore moins; donc, quand cette gauche veut savoir ce qui se passe en Ukraine, elle se retrouve dans une situation catastrophique. Pour ne pas dépendre des médias occidentaux, elle est condamnée à recourir à la propagande anglophone du régime de Poutine et à celle des pré- tendus «réseaux anti-impérialistes» pro-russes (souvent «rouge-bruns» ou carrément bruns), ainsi qu’à ce que lui traduira en anglais le Links-International Journal of Social Renewal. Un site, précisément, qui a assuré la publicité des écrits de Kagarlitsky concernant ce grand soulèvement de masse, qui n’existe pas.

Une grande partie de la gauche s’est laissée tromper par ces écrits; tout comme elle avait crû, auparavant, à l’existence d’un «putsch fasciste», d’une «junte fasciste» et d’une « terreur fasciste » en Ukraine. Une partie de la gauche l’a fait par désorientation, dont elle porte d’ailleurs elle-même la responsabilité. Pour une autre partie, tout à fait considérable, le «soulèvement» dans l’est de l’Ukraine a servi de feuille de vigne pour cacher son passage avec armes et bagages – néo-campistes ou simplement poststaliniens – du côté de l’impérialisme russe.

Social-impérialisme et révolution imaginaire Aux yeux d’une grande partie de la gauche occidentale, Kagarlitsky est considéré comme un éminent penseur marxiste russe. Ceci, malgré le fait que, dans sa version de l’histoire de la Russie [2], il n’y a pas de place pour l’asservissement colonial des autres peuples, pour la domination impérialiste et l’oppression nationale grand-russe, pour la «prison des peuples» du temps des tsars ou à l’époque sta- linienne et post-stalinienne, pour les luttes des peuples opprimés pour leur libération natio- nale. Par conséquent, dans cette version de l’histoire il n’y a pas non plus de question natio- nale ukrainienne, ni de lutte historique du peuple ukrainien pour son unification et indépen- dance.

C’est pourquoi, depuis un quart de siècle, le soussigné considère Kagarlitsky com- me appartenant à une espèce particulière des socialistes russes: à savoir ceux qui, aux yeux d’un bolchévique connu de tous, méritaient les qualificatifs peu sophistiqués et inélé- gants de «social-nationalistes» et «social-impérialistes». Il n’est pas donc surprenant que Kagarlitsky – suivant en cela l’extrême droite nationaliste russe et le mouvement séparatiste qu’elle dirige – ait commencé depuis peu à désigner l’Ukraine de sud-est par l’appellation Nouvelle Russie (Novorossia), utilisée du temps des tsars; et que, pour orner son site rabkor.ru, il ait choisi un emblème impérialiste «nouveau-russe». [3] (…)

Ce qu’a révélé le « ministre de la Défense » Strelkov

Le 17 mai 2014, le colonel Igor Strelkov a lancé un dramatique appel «  à la population de la République populaire de Donetsk ». Quelques jours auparavant, il est devenu «commandant en chef des forces armées» (que le séparatistes appellent généralement opoltchénié, c’est-à-dire milice volontaire) et « ministre de la Défense de la République populaire de Donetsk ». Il s’appelle réellement Igor Guirkine, est citoyen russe, et sa vocation officieuse est l’exercice du métier des armes aux confins du « Monde russe » et du monde orthodoxe. Il a derrière lui quatre guerres : en Moldavie, du côté des nationalistes russes de Transnistrie ; en Bosnie, du côté des nationalistes serbes, et en Tchétchénie, où il a participé aux deux guerres dans les rangs de l’armée russe.

Le Centre de défense des droits de l’homme Mémorial à Moscou l’accuse d’avoir per- pétré des crimes contre l’humanité pendant la deuxième guerre de Tchétchénie [17]. Il a par- ticipé aussi à l’annexion de la Crimée. Il est arrivé dans le Donbass en provenance de la Russie. Selon les Services de sécurité de l’Ukraine, il a franchi la frontière le 12 avril. Son appel a fait sensation parmi tous ceux qui suivaient le mouvement séparatiste russe dans l’est de l’Ukraine. En à peine 48 heures, un million de personnes russophones l’a visionné sur YouTube [18]. Néanmoins, le reste du monde – c’est-à-dire non-russophone – n’en a pas entendu parler à ce jour.

Pourtant… « Que voyons-nous ? L’abondance de toutes choses, sauf les foules – qui ne sont pas là – de volontaires aux portes de nos états-majors. Slaviansk compte 120 mille habitants. Kramatorsk deux fois plus. Au total, dans la région de Donetsk, il y a 4,5 millions d’habitants. (…). J’avoue honnêtement que je ne m’attendais pas du tout à ce qu’on ne puis- se trouver, dans toute la région, même pas un millier d’hommes prêts à risquer leur vie – non pas dans leur ville, sur une barricade en bas de l’immeuble, d’où il faudrait une demi- journée en voiture pour croiser un soldat de la Garde nationale [ukrainienne] – mais sur la ligne du front, là où l’on tire pour de vrai tous les jours. »

«Lorsque j’étais encore en Crimée, j’entendais les activistes du mouvement populaire ra- conter que ”lorsque les mineurs se soulèveront, ils déchiquetteront tout le monde à mains nues !”. Pour l’instant on ne voit rien venir. Des dizaines et des centaines ont rejoint nos rangs, et ils combattent. Des dizaines et des centaines de milliers regardent tout ça assis tranquillement devant leurs téléviseurs avec une chope de bière. Visiblement, ils attendent qu’une armée vienne de Russie, leur sœur capable de tout faire à leur place ; ou que vienne un nombre suffisant de volontaires intrépides prêts à mourir pour leur droit à une vie plus digne que celle qu’ils ont menée depuis 23 ans sous le pouvoir des nationalistes kiéviens. Ils sont où ces 27.000 volontaires dont parlent les journalistes? Je ne les vois pas.» (…)

Jusqu’à présent, on n’a même pas trouvé quelques dizaines de militaires professionnels qui seraient prêts à commander les unités combattantes ! Quelle honte ! Depuis deux semaines, je demande que l’on m’envoie quelqu’un qui pourrait devenir chef d’état-major, et au moins cinq personnes pouvant convenir comme chefs de groupes de combat ou de sections. Silence ! Pas un seul ! » [20]

« L’inertie d’une masse amorphe » et Gardes blanches avec Centuries noires [21]

Dans le même esprit s’exprime un autre observateur russe, également partisan des sépa- ratistes. «Dans le sud-est de l’Ukraine il y a des armes en quantités industrielles; seule man- que peut-être l’aviation. Dans les entrepôts, il y a même des chars ; il suffit simplement d’en assurer la préparation adéquate. Mais il n’y a personne pour le faire. La vérité est simple et banale: la population locale ne veut pas guerroyer. Elle ne veut même pas aider tant soit peu, car elle a peur que plus tard ça se retournera contre elle. Les volontaires russes n’ob- tiendront pas grande chose non plus. Il n’y a pas de ”Donbass insurgé”. Il y a une poignée de gens irréductibles, prêts à tenir jusqu’au bout, et… une masse amorphe, tout au plus capa- ble de mettre une croix sur un bulletin.» [23] Précisons: sur le bulletin de vote dans le «référendum» organisé par les séparatistes.

Voilà ce que l’on peut dire quant à cette « insurrection réussie de centaines de milliers, voire même de millions de personnes dans l’est de l’Ukraine », inventée par Kagarlitsky et propagée par Links.

Qui est ce Strelkov? «Je me considère comme un partisan de la monarchie autocratique en Russie» [24], explique-t-il. (…) «Pour sauver la situation, on a besoin en Russie d’un Idéal Blanc FONDAMENTALEMENT NOUVEAU ». [26] Nouveau, explique Strelkov, parce qu’ « une grande partie de la population accueille l’idéologie du Mouvement Blanc avec hostilité. La porter dans les masses ”dans sa forme pure” signifierait se condamner par avance à l’échec.» [27] «Probablement, avec le pouvoir actuel on ne peut construire qu’un Grand Honduras, là où avant il y avait la Grande Russie. (…) « Toutes les ”explosions” de mécon- tentement à Moscou et à Pétersbourg sont financées secrètement de l’étranger. Bien sûr, ”l’argent pour la révolution” n’est pas donné par l’Occident directement à ses marionnettes. Ce sont les oligarques-sponsors locaux (”d’orientation démocratique”) qui le donnent…, car leurs intérêts sont liés indissociablement au capital judéo-anglo-saxon international, dont ils constituent une filiale. » [30]

Cette orientation politique est partagée par Alexandre Borodaï, que Strelkov a rappelé de Russie pour en faire le « premier ministre de la République populaire de Donetsk ». Le mouvement séparatiste en Ukraine, qu’ils dirigent, constitue, selon leur stratégie, le foyer armé de la contre-révolution monarchique russe, liée indissolublement à la reconstruction de l’empire, ainsi qu’à «la révolution politico-religieuse qui peut sauver l’humanité de la dégra- dation et de l’extinction, avec comme but de son développement: les valeurs d’esprit, trans- cendantales, et l’aspiration à la divinité. » [31] Borodaï – fils d’un philosophe, partisan de la pensée de Lev Goumilev [32] et militant nationaliste – est, lui aussi, un idéologue militant de l’extrême droite. (…)

Dans la « Constitution de la République populaire de Donetsk », Borodaï et Strelkov ont inséré une formule copiée textuellement des Lois fondamentales de l’Empire russe de 1906, qui dit que « la foi suprême et régnante » dans cette république est la foi orthodoxe. Ils y ont écrit aussi que cette foi «est la matrice des matrices du Monde russe». Ils ont ajouté qu’il s’agit de la foi «professée par l’Eglise orthodoxe russe (le Patriarcat de Moscou)» [34]. En Ukraine, il y a aussi d’autres Eglises, dont les Eglises orthodoxes ukrainiennes.

Depuis la périphérie ukrainienne, la contre-révolution doit s’étendre à tout le «Monde russe» et aboutir à la restauration de la «Russie historique»; celle des tsars. Dans leur «cons- titution », Borodaï et Strelkov ont proclamé « la création d’un Etat souverain et indépendant, orienté vers la restauration d’un espace unique de culture et de civilisation du Monde russe, sur la base de ses valeurs religieuses, sociales, culturelles et morales traditionnelles, dans la perspective d’adhésion à la Grande Russie, auréole [sic] des territoires du Monde russe » [35]. Que deviendra alors le reste de l’Ukraine, lorsqu’elle tombera également, à la suite de la «Novorossia» ? Toute l’Ukraine, affirment Borodaï et Strelkov, doit, avec la Russie et la Biélorussie, «se réunifier au sein d’un seul Etat viable, pourvu d’un noyau national slave» [36].(…)

En Russie, aux yeux de la droite nationaliste, fasciste et néostalinienne, Strelkov est devenu désormais un héros national. «Strelkov ressemble aux légendes de la Guerre Civile: au général Kornilov et à l’amiral Koltchak». C’est ainsi qu’on en parle dans l’ultraréactionnaire hebdomadaire Zavtra (Demain), auquel lui et Borodaï sont liés depuis longtemps. «Avec un tel commandant, non seulement les régions de Donetsk et de Louhansk seront russes, mais tout le sud-est, Kharkiv, Odessa, Kiev et toute l’Ukraine.» [38]

Pourtant, Strelkov n’est pas du tout en train de préparer les moyens de conquérir Kiev et toute l’Ukraine, mais reconnaît publiquement qu’il va perdre sans une intervention militaire russe, qu’il réclame désespérément dans ses déclarations publiques. «Où pouvons-nous trouver une source d’optimisme? Dans nos petits succès? Ils sont purement tactiques; du point de vue stratégique nous avons commencé à perdre depuis longtemps. La façon dont les hauts fonctionnaires russes considèrent la question du soutien à la Nouvelle Russie, c’est du sabotage pur et simple.» Strielkov écrivait ça le 16 juin. «S’il n’y a pas de soutien militaire, la débâcle militaire des Républiques populaires de Donetsk et de Louhansk sera inévitable.» [39]

« Tôt ou tard, cette guerre va se terminer, et Strelkov avec ses compagnons d’armes se- ra obligé de rentrer en Russie. Bien sûr, les combattants de sa “milice” sont conscients que Poutine les a trahis, et il est tout à fait compréhensible qu’ils rentreront en Russie très en colère. Car, non seulement le Kremlin n’a pas rattaché le Donbass à la Russie, mais n’y a même pas fait entrer son armée.» «Poutine c’est un traître, une fripouille et une canaille» – de l’avis de Nemtsov «c’est exactement comme ça que Poutine est vu par les gens com- battant dans le Donbass». A leur retour, «le peuple pourrait soutenir justement ces “héroï- ques miliciens” dont les médias russes ont tant parlé» ;quant à eux, «ils ne vont certai- nement pas prendre des gants avec les traîtres moscovites». [40]

29 juin 2014

Zbigniew Marcin Kowalewski est Rédacteur en chef adjoint de l’édition polonaise du Monde diplomatique.

http://www.avanti4.be/analyses/article/ukraine-des-gardes-blancs-russes-dans-le#nb1

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11 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Les marques d’alcool seront les « vrais vainqueurs » du mondial (europe 1)

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SANTÉ D’après le British Medical Journal, le vrai vainqueur du Mondial de football sera « l’industrie de l’alcool ».

Peu importe le sport, la Coupe du monde de football a déjà son « vrai vainqueur » : « l’industrie de l’alcool ». C’est ce qu’écrit la revue British Medical Journal (BMJ) mercredi, soulignant que les tentatives pour lutter contre l’abus d’alcool sont sapées par les liens qu’entretient le football avec les grandes marques de spiritueux.

Culturellement lié au monde du foot. L’alcool est désormais culturellement lié au monde du football, selon le journaliste indépendant Jonathan Gornal, qui affirme que des millions de jeunes seront exposés au marketing des entreprises de boissons pendant le Mondial. La Fédération internationale de football (Fifa) « possède un long passif consistant à soutenir les intérêts financiers de ses partenaires, notamment Budweiser, le sponsor officiel du tournoi pour la bière, tout en imposant des conditions extrêmes aux gouvernements à travers le monde ».

De la bière dans les stades. Cela inclut, poursuit le journaliste, la levée de taxes sur les profits réalisés par les partenaires commerciaux pendant la Coupe du monde et « l’intimi-dation » exercée sur l’Etat brésilien pour qu’il permette aux supporteurs de boire de la bière dans les stades, contrairement aux lois en vigueur dans le pays. « Le pouvoir de la Fifa est tel que le Qatar, un pays musulman strict où la législation sur l’alcool est dure, a déjà autorisé la vente d’alcool dans les endroits où les supporteurs se trouveront en 2022″, écrit-il encore.

http://www.europe1.fr/Sport/Coupe-du-Monde-de-football/Flashs/Les-marques-d-alcool-seront-les-vrais-vainqueurs-du-Mondial-2148557/#

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09 juin 2014 ~ 0 Commentaire

D-day: l’afrique débarquée! (ci)

Pas de représentants de l’UA [Union africaine], de chefs d’Etat ou d’anciens combattants en provenance de l’Afrique.
*
En soi, c’est là une négation du sacrifice que les Africains ont consenti aux Alliés pour que le débarquement et, plus globalement, la victoire soit possible. Mais ils n’en sont pas à leur première!
*
Naturellement, si l’on considère uniquement ce qui s’est passé à la date du 6 juin, on pourrait ne pas voir l’éminent rôle qui a été celui de l’Afrique et des Africains dans la victoire des forces alliées. Si l’on se met dans cette perspective des plus étroites, on comprendrait que Barack Obama, la Reine Elisabeth II ou encore Stephen Harper soient aux premières loges. De ce point de vue, on comprendrait même que les ennemis d’hier que sont notam- ment l’Allemagne, la Hongrie, l’Italie, etc. soient également conviés. De ce point de vue donc, même la venue du turbulent Vladimir Poutine ne saurait surprendre. Et c’est décidément ainsi que les organisateurs de la cérémonie d’aujourd’hui perçoivent les choses.
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Aucun tirailleur  Autrement, l’Afrique aurait au moins été représentée parmi les 800 vété- rans étrangers attendus. Malheureusement, aucun tirailleur ne sera du rendez-vous. Ils ont été oubliés. Comme ils l’ont toujours été, du reste. De la part de la France et du monde, c’est une ingratitude flagrante à l’égard du continent africain. Parce qu’en effet, s’il est vrai que les Africains n’ont peut-être pas fait partie des troupes qui ont débarqué en Normandie, ils étaient là durant tout le processus qui a précédé ce jour historique.
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L’Afrique était notamment là, servant d’assise territoriale et de cadre de reposition-nement pour les forces alliées. Si elles n’avaient pas eu l’Afrique comme base arrière, les puissances alliées auraient certainement souffert de l’occupation du canal de Suez par l’Italie ou par celle des territoires asiatiques par les Japonais.
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249 000 Africains mobilisés  Or, l’implication du continent berceau de l’humanité ne s’était point limitée à l’utilisation de ses ports et aéroports. Elle a également contribué à l’effort de guerre en y envoyant ses braves fils et en donnant de ses immenses richesses. A propos, des historiens estiment qu’entre 1940 et 1944, ce sont quelque 169 000 combattants qui furent mobilisés dans l’Ouest africain britannique. Pour ce qui est des colonies françaises, les mêmes auteurs estiment à 80 000 le nombre de combattants mobilisés dans le cadre des campagnes de “la France libre”. Une bonne partie n’est jamais revenue du front. L’Afri- que fut également sollicitée pour participer aux dépenses militaires.
*
L’ombre du discours de Dakar Comme on le voit donc, contrairement à ce qui est incarné dans la cérémonie de ce jour en Normandie, la contribution africaine à la victoire contre l’Alle- magne nazie n’est pas des moindres. L’Afrique a offert son sol comme champ de bataille, ses fils comme combattants et ses avoirs comme contributions financières. Mais 70 ans après, on fait comme si elle n’avait rien fait. C’est à croire que l’objectif est de falsifier l’His- toire, en gommant la partition que les Africains y ont jouée.
*
Décidément, [l’ancien président français] Nicolas Sarkozy n’est peut-être pas le seul à penser que  »l’Afrique n’est pas assez entrée dans l’histoire » ! En vérité, certains maîtres à penser tiennent toujours à la  »débarquer » de l’Histoire. Mais, ça, c’est une autre histoire…Guinée Conakry Info Boubacar Sanso Barry 6 juin 2014http://www.courrierinternational.com/article/2014/06/06/d-day-l-afrique-debarquee

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