Archive | Antiimpérialisme

15 novembre 2015 ~ 0 Commentaire

vos guerres, nos morts (julien salingue)

vos nos
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Ce sont les nôtres qui sont morts la nuit dernière. À la terrasse d’un restaurant, dans un bar, dans la rue, dans une salle de concert. Les nôtres.
Morts parce que des assassins ont décidé de frapper en plein Paris et de tirer dans la foule, avec pour objectif de faire le plus de victimes possible.
11h30. Sarkozy vient de déclarer : « Nous sommes en guerre ».
Pour une fois je suis d’accord avec lui. Ils sont en guerre.
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Vous êtes en guerre, vous les Sarkozy, Hollande, Valls, Cameron, Netanyahou, Obama. Vous êtes en guerre, vous et vos alliés politiques, vous et vos amis patrons de multinationales.
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Et vous nous avez entrainés là-dedans, sans nous demander notre avis. Afghanistan, Iraq, Libye, Mali, Syrie… Nous n’avons pas toujours été très nombreux à protester. Nous n’avons pas suffisamment réussi à convaincre que ces expéditions militaires ne feraient qu’apporter toujours plus d’instabilité, de violences, de tragédies.
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Là-bas, et ici. Car la guerre n’a pas commencé hier soir. Et elle n’avait pas commencé en janvier lors des tueries de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher. Elle avait commencé bien avant. En janvier, j’écrivais ce qui suit :
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L’une des causes de la sidération qui a touché de larges secteurs de la population, y com- pris les cercles militants, est la (re-)découverte de cette vérité : oui, la France est en guerre. Une guerre qui ne dit pas toujours son nom, une guerre dont on discute peu dans les assemblées, dans les médias et plus généralement dans l’espace public, une guerre contre des ennemis pas toujours bien identifiés, une guerre asymétrique, mais une guerre tout de même.
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Les récentes tueries l’ont rappelé de manière brutale à qui l’ignorait, refusait de le voir ou l’avait oublié : la France est en guerre, la guerre fait des morts, et les morts ne se comptent pas toujours chez l’adversaire.
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Contre qui la France est-elle en guerre ? Selon les discours et les périodes, contre le « terrorisme international », contre le « jihadisme », contre la « barbarie intégriste », etc. Ce texte n’a pas vocation à discuter de ces dénominations imprécises, des généralisations abusives qu’elles impliquent et des paradoxes qu’elles sous-tendent (alliances à géométrie variable, soutien à des régimes dont les politiques favorisent le développement des courants « jihadistes », participation à des interventions militaires qui renforcent ces courants, etc.). Il s’agit plutôt de souligner que la France a, en réalité, emboîté le pas aux États-Unis de George W. Bush dès septembre 2001 (guerre en Afghanistan, législation « anti-terroriste ») et fait sienne, sans toutefois le dire, la rhétorique et la politique du « choc de civilisation ».
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Voilà près de 14 ans que la France était en guerre sans l’assumer. Aucune raison de modifier une ligne de cet extrait. Et dire cela, ce n’est pas manquer de respect aux victimes ou à leurs proches. L’émotion, l’indignation et la douleur sont évidemment légitimes. Et les assassins qui ont bousillé des centaines, des milliers de vies hier soir, sont inexcusables.
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12h. Daech vient de revendiquer. Évidemment. Eux aussi, ils sont en guerre. D’après l’AFP, citant un témoin présent au Bataclan, l’un des assaillants aurait crié : «C’est la faute de Hollande, c’est la faute de votre président, il n’a pas à intervenir en Syrie». On peut fermer les yeux et se boucher les oreilles. Et se laisser enfumer par la rhétorique dépoli-tisante du «terrorisme aveugle», forcément inexplicable.
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Mais les assassins de Paris ne sont pas des pauvres types irresponsables, «fous» ou manipulés par je-ne-sais-quels-services-secrets. On en saura plus dans les heures et les jours qui viennent, mais nul doute qu’ils auront un profil et un discours à peu près similaires à celui des Kouachi et de Coulibaly, à propos desquels, toujours en janvier, j’avais écrit ça :
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Les tueurs ont un discours (voir leurs interviews et vidéos, dans lesquelles ils parlent de la Syrie, de l’Iraq, des offenses faites aux musulmans en France et dans le monde, etc.) ; un corpus théorique (voir notamment l’article publié par Mediapart) ; des références organisa- tionnelles (État islamique, al-Qaeda dans la péninsule arabique). (…) Ils se pensent,  ration- nellement, en guerre contre une certaine France, et ils se considèrent, rationnellement, en situation de légitime défense.
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En témoigne cette déclaration de Coulibaly dans sa vidéo posthume: «Vous attaquez le Califat, vous attaquez l’État islamique, on vous attaque. Vous ne pouvez pas attaquer et ne rien avoir en retour ». Oui, Daech fait de la politique. Ce sont des assassins, mais ils font de la politique. Et hier soir ils ont frappé fort, très fort. Aveuglément ? Oui et non.
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Oui, parce qu’ils s’en sont pris à des gens qui ne sont pas directement impliqués dans cette guerre, des gens dont le seul crime était d’être là, des gens qui auraient pu être ailleurs et être encore parmi nous aujourd’hui. Non, parce que frapper de la sorte, c’est lancer un message: «Votre pays est en guerre contre nous, et tant que cette guerre durera, aucun d’entre vous ne sera en sécurité». Ils font de la politique. Détestable, mais de la politique.
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Nous vivons dans un monde en guerre. La Russie, la France et les États-Unis bombar- dent la Syrie. L’Arabie Saoudite bombarde le Yémen. Les «opérations» françaises se pour- suivent au Mali. Obama a annoncé que ses troupes ne quitteraient pas l’Afghanistan. D’après le Haut Commissariat aux Réfugiés, il n’y a jamais eu autant de réfugiés et déplacés qu’aujourd’hui, et il n’y a aucune raison que les choses s’améliorent.
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Le bilan, à l’heure actuelle, est de 128 morts. 128 morts de trop. Le 13 novembre 2015, 128 morts. 128, c’est beaucoup. C’est effrayant. C’est presque autant que la moyenne quoti- dienne des morts en Syrie depuis mars 2011. Presque autant que la moyenne quotidienne, oui : 250.000 morts depuis mars 2011, ça fait presque 4500 morts par mois, soit près de 150 morts par jour. Avis au prochain qui nous expliquera qu’il ne comprend pas pourquoi les Syriens fuient vers l’Europe : depuis plus de 4 ans et demi, c’est le 13 novembre tous les jours en Syrie. Et c’est votre nouvel allié Assad qui en porte la responsabilité première, en ayant réprimé sauvagement un soulèvement alors pacifique.
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Nous vivons dans un monde en guerre. Et cela permet à certains de faire des affaires.
La France se félicite de vendre ses machines de guerre à l’Égypte. La France se félicite de vendre ses machines de guerre à l’Arabie Saoudite. La France se félicite de vendre ses machines de guerre aux Émirats arabes unis. Mais la France s’étonne, s’indigne, s’insurge d’être elle aussi ciblée. Hypocrisie. Lâcheté. Mensonge. Les chiens sont lâchés. Leurs babines écument. Il va falloir tenir bon.
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Retour au mois de janvier : Toute réponse guerrière, sécuritaire, stigmatisante ou aveugle aux réalités économiques, politiques et sociales de la France de 2015 est non seulement condamnée à échouer mais, qui plus est, un pas supplémentaire vers les tueries de demain.
Nous y sommes. Demain, c’était hier soir. 13h. Cambadélis annonce que «la France en guerre vient de subir une épreuve de guerre». Ils disent et ils répètent que la France est en guerre. Mais quand ils disent ça, c’est pour dire «nous sommes en guerre». Un «nous» dans lequel il voudrait nous impliquer.
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Non. 14 ans de votre guerre n’ont apporté, aux quatre coins du monde, que toujours plus de violences, de tragédies, et de nouvelles guerres. Si l’Iraq n’avait pas été rasé, Daech n’existerait pas. Paul Valéry disait que «la guerre est un massacre de gens qui ne se con- naissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas». Il avait raison. Ce sont toujours les mêmes qui trinquent
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Et si on veut que tout ça s’arrête, il va falloir, une fois le choc passé, tout faire pour mettre un terme à cette fuite en avant vers la barbarie généralisée. Il n’est pas trop tard. Il est encore temps de passer à autre chose. Radicalement. En refusant l’injonction «avec nous, ou avec les terroristes». En refusant les appels à l’unité avec les bourreaux et les fauteurs de guerres qui construisent chaque jour un monde plus barbare.
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En refusant leur monde fondé sur l’exploitation, le vol, la violence, l’injustice, les iné- galités, la mise en concurrence de ceux qui devraient s’unir. Se battre pour un autre monde, qui est non seulement possible, mais plus que jamais nécessaire. Garder le cap et ne rien concéder sous la pression de l’émotion ou de la sidération. Tu pourras me taxer d’angélisme si tu veux. Mais mon angélisme n’a jamais tué personne. Contrairement à ton «pragma- tisme». Il est plus que jamais temps de «résister à l’irrésistible». Sinon on va tous y passer.
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Alors, non, Cambadélis. Non, Sarkozy. Non, Hollande. «Nous» ne sommes pas en guerre. Ce n’est pas ma guerre, ce n’est pas notre guerre. C’est votre guerre. Et une  fois de plus, ce sont nos morts. Comme à Madrid en 2004, comme à Londres en 2005, comme en Égypte il y a quinze jours, comme à Beyrouth cette semaine. Et comme partout où vous semez la terreur. Vos guerres, nos morts.
Vos guerres, no more.
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15 novembre 2015 ~ 0 Commentaire

attentats de paris (essf)

le choc

Un conseil de lecture*

La barbarie fondamentaliste contre la barbarie impérialiste

L’émotion est grande en réaction aux attentats de Paris. De telles occasions révèlent la com- passion et la solidarité enracinées dans les codes génétique et culturel de l’homo sapiens. Mais pourquoi se manifestent-elles si peu face aux millions de morts de la région des grands lacs africains et avant eux de la péninsule indochinoise, des centaines de milliers de morts syriens, irakiens, afghans, tchétchènes et aux milliers de morts palestiniens, kurdes, libanais, yéménites, égyptiens, algériens et nigérians.

Ne sont-il pas des victimes des bombes, drones et balles étasuniens, français, anglais, canadiens et russes, de ceux de leurs très proches alliés israélien, saoudite, égyptien, syrien et turc et, last but not least, de leurs Frankenstein taliban, d’Al-Qaïda et de l’État islamique aujourd’hui retournés contre eux.

Sans armes sophistiquées permettant de massacrer en gardant ses mains propres, mais imbibés de la même barbarie morbide de la toute-puissance, ces Frankenstein, s’ap- puyant sur la dévastation du Moyen-Orient et de l’Afrique par le néolibéralisme guerrier, ces parties du monde n’ont même pas eu droit au «cheap labor» de l’Asie du sud et de l’est et de l’Amérique latine, vont jusqu’à utiliser le corps de leur jeunesse, y compris des femmes, comme armes de destruction massive à petite échelle.

Par là, ils réussissent à porter la guerre à l’intérieur du camp ennemi même si jusqu’ici ils n’ont pas été en mesure d’attaquer les directions impérialistes et leurs forces armées directement chez elles. Et, une fois passés le coup fourré d’utiliser ses avions civils en 2001, ils n’ont plus été capables d’attaquer à l’intérieur de ses frontières le chef du camp impérialiste et son proche allié et voisin canadien.

Le territoire de l’impérialisme européen, pour des raisons de faiblesse relative de son appareil sécuritaire, de liens historiques passablement antagoniques avec le Moyen-Orient et l’Afrique depuis les croisades et la traite des esclaves et s’étant envenimés lors de la période de l’impérialisme colonisateur, de sa proximité géographique le rendant plus accessible et de ses relativement importantes communautés arabo-musulmanes et africaines en son sein, s’est révélé plus facile à pénétrer.

Du lot ressort le semi-autonome impérialisme français particulièrement agressif avec ses bases militaires en France-Afrique, sa force de frappe nucléaire made in France, son commerce d’armement entreprenant, particulièrement au Moyen-Orient, sa propension à y jouer les matamores parfois davantage que les ÉU, son comportement très discriminatoire envers sa nombreuse population arabo-musulmane refoulée dans les banlieues sans travail et sans transport collectif adéquat. Cette baveuse grenouille qui donne l’impression de devenir aussi grosse que le bœuf se présente comme une cible de choix, ce qu’elle est devenue depuis janvier dernier.

Comme on pouvait s’y attendre, l’émotion populaire se cristallisant dans des rassemble- ments d’humanité sert de prétexte à une réaffirmation belliciste de la part des partis gouver- nementaux et de leurs oppositions officielles, va-t’en-guerre fidèlement relayé par les mono- poles médiatiques. En France, l’état d’urgence, qui n’avait pas été décrété depuis plus 50 ans, interdit les manifestations et confèrent à la police des pouvoirs supplémentaires comme si elle en avait besoin. La tâche urgente de la gauche est d’expliquer les fondements impé- rialistes de ce massacre afin d’empêcher un nouvel escalade guerrier.

Le nouveau gouvernement Libéral canadien doit au moins maintenir sa décision de cesser les bombardements en Irak et en Syrie. En sus, il faut réclamer le retour du contin- gent canadien. L’épargne en résultant, et au-delà, devrait servir non seulement en aide hu- manitaire supplémentaire de toute sorte mais en soutien en armement aux courageuses forces armées kurdes qui arrivent à reprendre des villes à l’État islamique et à celles syrien- nes telle l’ALS non compromises ni avec le régime Assad, massacreur de son propre peuple, ni avec le fondamentalisme.

Quant à l’accueil de 25 000 réfugiées, elle est une goutte d’eau dans la mer. On se dit qu’une manifestation de solidarité avec le peuple syrien, telles celles avec le peuple français hier et aujourd’hui à Montréal, serait la bienvenue. On rêve que Québec Solidaire contacte les représentations des communautés arabo-musulmanes pour l’organiser.

Marc Bonhomme, 14 novembre 2015
www.marcbonhomme.com

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article36362

*Sur le choc des Barbaries:

http://www.humanite.fr/node/271261

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09 novembre 2015 ~ 0 Commentaire

la guerre: un secteur en pleine croissance! (anti-k)

chevaux

Dur: austérité: ils ont bouffé leurs chevaux!

Depuis quelques années, plusieurs conflits font rage en Afrique ou au Moyen-Orient, avec des interventions directes ou indirectes des pays impérialistes, dont la France. C’est notamment le cas au Mali, en Centrafrique et maintenant en Syrie.

Mais tout ceci n’est que la face visible de l’iceberg. Ces dernières années nous avons pu voir le gouvernement français signer plusieurs gros contrats d’armement avec des pays d’Afrique et du Moyen-Orient

Dernièrement, le gouvernement français a vendu des rafales, dont la fabrication est assurée par Dassault aviation, et des armes à des pays comme l’Egypte ou le Qatar. L’Egypte, qui depuis l’arrivée au pouvoir d’Al-Sissi se sert de ces armes pour réprimer sa population. Un marché juteux car cela représente un contrat de 5,2 milliards d’euros pour les rafales mais aussi une frégate et des missiles pour compléter le tout…

Les capitalistes sont généreux quand il s’agit d’avoir de quoi réprimer et détruire! Le Qatar s’équipe aussi pour une valeur de 6,3 milliards d’euros… Tout comme l’Inde pour une valeur de 5 milliards et enfin l’Arabie Saoudite qui signe pour 10 milliards d’euros.

Les pays comme l’Arabie Saoudite s’équipent car ils veulent dominer le Moyen-Orient, il s’agit de s’équiper pour contrôler la région. Les interventions militaires et le gouvernement sont, en quelques sortes, le VRP de l’industrie militaire.

Le nombre de conflits ouvert par la France a permis de vendre un peu partout dans le monde et même en Australie, un gouvernement qui commande 1 100 véhicules légers pour 800 millions d’euros. Cette économie est florissante et risque de voir le « contrat du siècle » se signer avec l’Australie pour une entreprise Française afin de renouveler totalement sa flotte militaire pour une somme de 30 milliards d’euros… Et les Emirats Arabes Unis pourraient acheter 60 Rafales à Dassault !

Clairement la guerre c’est la misère pour les populations mais pas pour les capitalistes qui s’en mettent plein les poches que cela soit par les ventes d’armes mais aussi par la captation des marchés locaux. Les larmes de crocodiles ont rapidement disparu pour être remplacé par des sacs remplis de tunes.

Finalement l’argent existe mais pour les capitalistes ce sera toujours pour exploiter, opprimer et dominer les jeunes et les salariés partout dans le monde !

9 novembre 2015 Secrétariat jeune NPA http://jeunes.npa2009.org/

http://www.anti-k.org/2015/11/09/la-guerre-un-secteur-en-pleine-croissance/

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02 novembre 2015 ~ 0 Commentaire

asie orientale (npa)

citron

C’est reparti comme en 40!

La tension monte d’un cran entre Chine et Etats-Unis

A l’approche d’échéances politiques régionales, Washington a décidé de réagir à l’emprise croissante de Pékin en mer de Chine. La spirale de la militarisation se poursuit.

Pour la première fois depuis 2012, le 26 octobre dernier, des navires de guerre US ont pénétré au sein de l’archipel des Spratleys dans la zone des douze miles marins autour d’îlots créés par Pékin.

Cet archipel est revendiqué en tout ou partie par les Philippines, la Malaise, le Viet- nam, Brunei et la Chine. Appliquant la politique du fait accompli, cette dernière a construit, à partir de 2014, des îles artificielles en utilisant des bateaux pompant les sédiments. Des installations et pistes d’atterrissage sont en train d’être établies dans l’archipel, comme en d’autres «points chauds» de l’espace maritime qui s’étend du Sud-est au Nord-est de l’Asie, soit de la Malaisie et de l’Indonésie au Japon et à la Corée.

Après avoir été pris de court par les initiatives chinoises, Washington semble donc avoir décidé de commencer à réagir. L’enjeu est considérable. Ce couloir maritime est l’un des plus fréquentés du monde, utilisé notamment pour les transports pétroliers entre le Moyen-Orient et le Japon. Pékin revendique sa souveraineté sur l’essentiel de cette zone stratégique, considérée par les autres pays comme un espace de libre circulation interna- tionale, par mer ou par air. L’impérialisme états-unien doit réaffirmer sa présence, alors que ses deux alliés les plus proches dans la région se trouvent en première ligne de conflits territoriaux aigus.

C’est la cas du Japon, dont le Premier ministre Abe accélère la militarisation, et aussi des Philippines, qui fut l’une des rares colonies directes des Etats-Unis: cinquante ans de coloni-sation US, concluent par une indépendance octroyée en 1946 et préalablement planifiée, ont créé des liens très étroits entre classes dominantes des deux pays, bien plus que les précé- dents trois siècles et demi de domination espagnole, malgré une profonde empreinte socio- culturelle qui ont fait de l’archipel philippin l’Asie latine.

Pendant longtemps, les Philippines ont abrité de très importantes bases militaires US et aujourd’hui encore, la marine états-unienne peut utiliser les ports philippins, comme les services secrets peuvent librement surveiller, de Mindanao notamment, l’archipel indonésien.

Actuellement, les principales bases militaires US se trouvent au Japon, Okinawa en particulier et en Corée du Sud. Or, ce dernier pays est aujourd’hui courtisé par Pékin dont l’influence économique grandit, ici comme dans toute la région. En témoigne la présence à Pékin de la présidente sud-coréenne, Park Geun-Hie, lors la grande parade militaire du 3 septembre pour le soixante-dixième anniversaire de la résistance contre l’invasion japonaise alors que Tokyo, Washington, la plupart des capitales européennes et une bonne partie des pays d’Asie du Sud-Est boudaient l’événement, absents ou ostensiblement «sous représentés».

Washington n’a eu de cesse d’annoncer, depuis plusieurs années, son «recentrage» sur la zone Asie-Pacifique. Plus facile à dire qu’à faire, alors que ses forces doivent aussi rester déployées au Moyen-Orient et en Afrique, où elles s’enlisent. Mais des échéances politiques s’imposent, comme la réunion prochaine d’un sommet de l’Association des Nations du Sud- Est asiatique (Asean) et du forum annuel de la Coopération économique en Asie-Pacifique (APEC). Nous entrons probablement dans une étape nouvelle du face à face sino-états-unien. Pierre Rousset  l’Anti-capitaliste. lundi 2 novembre 2015

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article36230

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01 novembre 2015 ~ 0 Commentaire

blair, menteur et faussaire (npa)

sto war

Douze ans après les événements, l’ancien Premier ministre britannique, Tony Blair, a présenté de prétendues « excuses » à propos de la guerre en Irak de 2003.

«Je présente mes excuses pour le fait que les informations que nous avons reçues étaient fausses. Je m’excuse aussi pour certaines des erreurs dans la planification et, évidemment, pour notre erreur à comprendre ce qui se passerait après le renversement du régime», ajoutant qu’il trouve «difficile de s’excuser d’avoir mis fin au pouvoir de Saddam»

Nous ne versons pas la moindre larme sur Saddam Hussein, mais Blair oublie les men- songes répétés de ceux qui ont déclenché une guerre pour le pétrole, au premier rang des- quels George W. Bush et lui-même. Tony Blair «oublie» de mentionner que les renseigne- ments sur les prétendues armes de destruction massive en Irak ont été sciemment maquil- lés ou totalement inventés.

Il «oublie» de mentionner que, dès mars 2002, comme vient de le révéler un quotidien britanique sur la base de documents américains, il était associé aux préparatifs de la guerre déclenchée un an plus tard (à l’époque, Blair proclamait sur tous les tons qu’il cherchait une solution diplomatique..). Bien naturellement, Tony Blair «oublie» aussi les victimes civiles irakiennes : des centaines de milliers de victimes des suites du blocus préalable à la guerre (dont de nombreux enfants), et pour ce qui est de la guerre elle-même, au moins cent mille tuéEs, des centaines de milliers de blesséEs, des milliers de disparuEs, des centaines de milliers de personnes déplacées et de réfugiés.

Si Tony Blair sort aujourd’hui de sa boîte sur cette question, c’est qu’un rapport parle- mentaire britannique risque de remettre la question irakienne sur le tapis. Ses excuses en trompe-l’œil visent à prendre les devants. Au-delà de sa personne, malgré tous les discours humanitaires, les méthodes des dirigeants impérialistes n’ont clairement pas changé depuis 1914 : diplomatie sécrète et mensonges sur le dos des peuples !

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29 octobre 2015 ~ 0 Commentaire

lever l’embargo économique sur cuba (amnesty)

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Les États-Unis doivent écouter l’ONU

L’ONU a voté le 27 octobre pour la fin de l’embargo américain visant Cuba, adressant ainsi, une fois de plus, un message fort au président et au Congrès des États-Unis quant aux répercussions en termes de droits humains de l’embargo économique sur les citoyens ordinaires à Cuba, a déclaré Amnesty International.

« Dire que l’on est prêt à mettre en place un nouveau type de relations avec les autorités cubaines, d’une part, et maintenir un embargo économique qui empêche les citoyens cubains ordinaires d’avoir accès aux médicaments et à d’autres produits de base, d’autre part, cela relève d’une totale inconséquence de la part des États-Unis et contribue pour beaucoup à mettre à mal davantage encore les droits humains à Cuba, a déclaré Erika Guevara-Rosas, directrice du programme Amériques d’Amnesty International.

« Le Congrès américain doit écouter le message fort que lui a adressé la communauté internationale le 27 octobre par l’intermédiaire de l’ONU, et lever cet embargo qui n’a pas de sens dans le monde d’aujourd’hui. »

Le 27 octobre, 191 pays ont voté en faveur d’une résolution appelant les États-Unis à lever leur embargo économique contre Cuba. Seuls les États-Unis et Israël ont voté contre cette résolution.  Il s’agit là du premier vote portant sur l’embargo des États-Unis contre Cuba qui se tient à l’ONU depuis la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays en décembre 2014. 27 octobre 2015

https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2015/10/usa-must-listen-to-the-united-nations-and-lift-economic-embargo-on-cuba/

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18 octobre 2015 ~ 0 Commentaire

venezuela (anti-k)

villealcazar

L’effondrement du dernier modèle international du Front de Gauche

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Après les capitulations de Tsípras et la dérive autoritaire de plus en plus marquée de Correa, (en Equateur NdB) le dernier gouvernement incarnant les espérances du Front de Gauche, celui de Nicolás Maduro au Venezuela, semble sur le point de s’effondrer : baisse des cours du pétrole, dévaluation de la monnaie, multiplication des cas de répression à l’encontre des classes populaires…(Et la Bolivie de Morales et le Perou? Note du Blog)

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Les successeurs d’Hugo Chávez ne semblent plus en position d’emporter des élections législatives décisives au mois de décembre prochain. L’été a été cruel pour les espérances du Front de Gauche: capitulations d’Alexis Tsípras face aux institutions européennes et réou- verture d’une ambassade étasunienne à La Havane, probable prélude à une restauration capitaliste à Cuba en juillet, convergence des luttes syndicales et indigènes contre le gouver- nement au pays de la Révolution citoyenne, l’Équateur, cher à Jean-Luc Mélenchon en août. Le Venezuela de feu Hugo Chávez pourrait représenter le dernier bastion international d’une gauche réformiste moribonde. Il n’en est rien.
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Dépendant de l’or noir qui représente l’essentiel de ses exportations, le Venezuela est affecté par une chute du cours du baril de pétrole qui a perdu la moitié de sa valeur en cinq mois depuis septembre 2014. Parallèlement, la monnaie vénézuélienne s’effondre de- puis 2012. Alors que le taux de change officiel est toujours de 6,3 bolívars pour chaque dollar, ce dernier s’échange à plus de 700 bolívars au marché noir même si le gouvernement a instauré des taux intermédiaires.
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Le contrôle des changes, instauré en 2003 au moment des tentatives de coup d’État par l’oligarchie, est détourné par les grandes entreprises avec la complicité de hauts dirigeants gouvernementaux, qui s’enrichissent par ce biais. Des économistes proches du chavisme ont estimé à plus de 250 milliards de dollars le manque à gagner pour l’État vénézuélien, par surfacturation d’importations ou demande de dollars subventionnée pour des importations non réalisées.
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Cet écroulement monétaire a des conséquences lourdes sur la population vénézué- lienne, l’inflation atteint les 100 % durant la seule année 2015, grevant le pouvoir d’achat des classes populaires, les pénuries empêchant l’accès à des produits de première nécessité.
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Face à ces difficultés économiques et sociales, le gouvernement tente de détourner l’attention des Vénézuéliens vers des conflits territoriaux. Ainsi, Nicolás Maduro a ressuscité la vieille revendication de rattachement de la Guyane Eusequiba, à l’origine annexée par la Grande-Bretagne mais représentant aujourd’hui la moitié du voisin pauvre, le Guyana.
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La tension est plus importante avec la Colombie. Les distorsions du taux de change mè- nent un certain nombre de Vénézuéliens, nommés bachaqueros, à revendre les produits subventionnés par l’État de l’autre côté de la frontière, pour s’assurer des revenus complé- mentaires. Ceux-ci sont criminalisés par le gouvernement vénézuélien et considérés com- me fascistes, portant atteinte au processus bolivarien. Pour lutter contre ce phénomène, Nicolás Maduro a décidé de fermer la frontière, à la fin de l’été et pendant plus d’un mois, et même d’expulser plus d’un millier de colombiens, alimentant ainsi les préjugés xénophobes à leur égard.
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Cette orientation diplomatique révèle un tournant autoritaire. Nicolás Maduro a institué au mois d’août, l’Organisation de libération et de protection du peuple (OLP) pour restaurer l’ordre. Les organisations de défense des droits de l’homme font déjà état d’une cinquantaine de disparitions et de plusieurs milliers de personnes arrêtées. Ces pratiques répressives se retrouvent à l’intérieur des entreprises publiques. Le 15 septembre dernier, Bladimir Carvajal, syndicaliste revendicatif de l’entreprise pétrolière, a été expulsé du bus qui l’emmenait à son travail par la Garde Nationale et informé de son licenciement.
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Dans un tel contexte, les élections législatives prévues le 6 décembre prochain s’an- noncent incertaines pour le chavisme. Pour la première fois depuis plus de quinze ans, la plupart des sondages prévoient une victoire de l’opposition néolibérale. Un processus d’émancipation ne peut être pérenne en multipliant les tentatives de conciliation avec les élites économiques, que ce soit au Venezuela, comme en Grèce ou en Équateur. 15/10/2015 Romain Lamel

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18 octobre 2015 ~ 0 Commentaire

l’afghanistan (npa)

toc toc

Devient une base américaine

Obama a annoncé jeudi le maintien de plusieurs milliers de soldats américains en Afgha-nistan au-delà de 2016. Officiellement, les troupes américaines auraient dû se retirer depuis dix mois, elles sont toujours là et vont rester jusqu’en 2016 au moins.

Cette décision de prolonger encore une occupation militaire qui a débuté il y a 14 ans constitue un échec pour Obama, élu en 2008 sur la promesse de mettre fin aux guerres en Afghanistan et en Irak. Elle est surtout une nouvelle illustration de l’exacerbation des tensions internationales qui ruinent toutes les illusions sur la paix, un mirage dans le monde libéral et impérialiste.

Selon Obama, “les forces afghanes ne sont pas encore aussi fortes qu’elles doivent l’être” soulignant les avancées des talibans en particulier dans les zones rurales. Il invoque surtout l’“émergence de l’EI”, le groupe État islamique, pour avancer les mêmes justifications que Bush, “Je ne laisserai pas l’Afghanistan être utilisé comme un repaire pour terroristes dans le but d’attaquer encore notre pays”.

Sauf que la véritable leçon de la guerre en Afghanistan, comme en d’Irak ou en Libye, c’est qu’elle n’a fait que favoriser le développement des forces réactionnaires, intégristes religieuses. Mais, en vérité, Obama comme tous les dirigeants des grandes puissances, n’ont qu’une réponse à l’échec de leur politique, la fuite en avant militaire parce que sur le fond leur politique ne vise pas la paix, mais à maintenir leur domination au détriment de leurs rivaux et des peuples.

Il est évident que la décision d’Obama participe du contexte créé par la guerre en Syrie, les tensions avec la Russie de Poutine tant au Moyen Orient qu’en Géorgie avec en arrière fond la montée en puissance de la Chine. En fait, l’Afghanistan devient une base militaire pour les USA, une base qu’il faut protéger et sécuriser. Pour le moment, le comman- dant en chef des forces armées a annoncé le maintien des 9.800 soldats “pour l’essentiel” de l’année 2016. Au-delà de 2016, 5.500 soldats seraient maintenus sur un petit nombre de bases parmi lesquelles Bagram (près de Kaboul), Jalalabad (est), et Kandahar (sud).

“Ce maintien modeste mais significatif de notre présence (…) peut faire une vraie diffé- rence”, a assuré M. Obama. En fait, pour le Pentagone, il sera toujours temps de voir. Après 2016, ce seront les élections américaines et il appartiendra au futur président de décider. Et quoiqu’il en soit l’armée américaine restera sur place, d’une façon ou d’une autre, pour enrô- ler les forces afghanes au service de la première puissance mondiale.

Le président fantoche afghan, Abdullah Abdullah, soutient la décision d’Obama: “Le besoin d’une poursuite du soutien aux forces afghanes est évident”. Un point de vue partagé par l’Otan, qui a salué jeudi cette décision estimant qu’il était “crucial” de continuer à soutenir l’armée afghane. Quelle surprise! Washington a déjà investi quelques 60 milliards de dollars depuis 14 ans pour équiper et former les troupes afghanes mercenaires. Cela ne suffit pas à contrer les talibans alors que la population est hostile à l’occupation américaine dont la cor- ruption est le deuxième instrument de domination après les armes. Dans une déclaration à l’AFP à Kaboul avant l’intervention de M. Obama, un porte-parole des talibans, Zabiullah Mujahid, a promis que la rébellion continuerait ses attaques “jusqu’à ce que le dernier envahisseur soit expulsé”.

Bien que plus de 2.300 soldats américains ont perdu la vie dans cette sale guerre sans parler des terribles pertes et souffrances de la population, les USA n’ont pas l’intention de se retirer, bien au contraire. D’une façon ou d’une autre ils resteront. “Mon approche consiste à évaluer la situation sur le terrain, déterminer ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas et faire des ajustements si nécessaires”, explique Obama.

Oui, tout le reste et propagande et promesses, Obama a toujours défendu de façon pragmatique la domination des multinationales et de la finance américaines à travers la concurrence acharnée à l’échelle mondiale dont le militarisme est un complément indispensable. Yvan Lemaitre Vendredi 16 octobre 2015

http://npa2009.org/actualite/lafghanistan-devient-une-base-americaine

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17 octobre 2015 ~ 0 Commentaire

indonésie 1965 (essf)

1965

Sukarno et Johnson 1965

Un bain de sang impérialiste

Il y a 50 ans, le 30 septembre 1965, un massacre inouï débutait en Indonésie. Plus d’un million de membres ou sympathisant·e·s du Parti communiste indonésien (PKI) furent assassinés, jetés dans des fosses communes, torturés.

Des dizaines de milliers de personnes furent emprisonnées sans jugement dans des camps. Disparitions, enlèvements, torture, ostracisme et mise au ban de familles entières… ont été par la suite les méthodes de gouvernement d’un régime qui a pillé les ressources nationales indonésiennes au profit de compagnies étrangères.

Colonie des Pays-Bas, occupée pendant la 2e Guerre mondiale par le Japon, l’Indonésie se proclame indépendante en août 1945. Comme au Vietnam, l’indépendance est combattue par un corps expéditionnaire (anglais en l’occurrence) et l’ancien Etat colonial veut restaurer sa domination. Mais le mouvement national obtient gain de cause en 1949.

Le troisième PC du monde exterminé Autour de la figure du nationaliste Sukarno, initiateur du mouvement des non-alignés avec la conférence de Bandung en 1955, l’armée coexiste avec un Parti communiste (PKI) entré au gouvernement, fort de 3 millions de membres soutenu par des organisations de masse en comptant des dizaines de millions et qui a obtenu 16,6 % aux élections de 1956. Sur des questions comme la réforme agraire indispensable, les tensions vont croissant dans le pays.

Pour Washington, le PKI devait être détruit et l’Indonésie ramenée sous la botte impé- rialiste à un moment où débute l’intervention US au Vietnam. Pour boucler le cordon sanitaire isolant les révolutions chinoise et vietnamienne, contrôler les voies maritimes entre Océan Indien et Pacifique, accéder aux énormes richesses naturelles de l’archipel indonésien, garder dans le giron impérialiste le plus grand pays musulman du monde…

La terreur blanche déclenchée le 30 septembre 1965, avec le plein appui et le soutien logistique de la CIA et de puissances impérialistes, dont la Grande-Bretagne, a ensuite servi d’«opération modèle» pour se débarrasser d’Allende au Chili 7 ans plus tard. Elle représente, comme le Chili, une expérience historique qui exige un devoir de mémoire envers nos cama- rades assassiné·e·s, qui exige justice et réparation pour les victimes, mais qui demande aussi qu’on revienne sur cette histoire écrite dans le sang pour en tirer tous les enseignements politiques dont celui-ci a été le prix.

Terreur blanche… et salons genevois, au profit des multinationales Aujourd’hui pour- tant, l’occultation du massacre indonésien dans les mémoires est spectaculaire. Revenons donc aux événements : le 30 septembre 1965, un «coup d’Etat» comprenant l’assassinat d’une demi-douzaine de généraux par un groupe de militaires (GS30), est imputé aux com- munistes. Le futur dictateur, dont le règne durera 30 ans, le Général Suharto, reprend rapide- ment la main en quelques heures et donne le signal du pogrom anticommuniste qui le con- duira au pouvoir absolu et s’étendra bien au-delà des rangs du PKI : syndicalistes et paysans revendiquant la réforme agraire, opposants au système des castes, communauté chinoi- se… l’étendue du massacre fut énorme.

En 1966, l’ambassadeur US à Djakarta déclarait: «Les USA voient plutôt d’un bon œil et admirent ce que l’armée est en train de faire.» Et, en effet, comme plus tard au Chili, le sang des victimes servit à mettre en place un laboratoire de politiques néolibérales…

Dont une pierre importante fut posée à Genève en novembre 1967. Date d’une confé- rence de trois jours, au bout du Lac, organisée, sponsorisée et financée directement par le groupe Time-Life Inc. où se rencontrèrent une délégation de grandes multinationales, avec à leur tête David Rockefeller. Les grands pétroliers et les banques en étaient bien sûr, General Motors, Imperial Chemical Industries, British American Tobacco, Siemens, US Steel, FIAT, Lehmann Bros, Firestone, Goodyear, Chase Manhattan, SBS, … et bien d’autres étaient au rendez-vous, avec en face une équipe d’économistes formés aux USA pour représenter le régime de Suharto.

Arrivée dans un avion ad hoc offert gracieusement par la Pan American Airways et logée par l’Intercontinental Hotels Group, cette délégation infâme, débita en tranches les ressources de leur pays, de la bauxite aux bois tropicaux…dans le cadre des premières actions de la dictature de Suharto que la Banque mondiale qualifierait, 30 ans plus tard, après le génocide au Timor oriental, d’«élève modèle». Nous reviendrons dans un prochain article sur cette conférence «genevoise». Pierre Vanek jeudi 1er octobre 2015

* Paru dans solidaritéS (Suisse) n° 275, p. 18. http://www.solidarites.ch/journal/

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article36104

Pour aller plus loin:

http://npa2009.org/idees/indonesie-1965-un-million-de-communistes-massacres

 

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09 octobre 2015 ~ 0 Commentaire

crime de guerre, droit humanitaire bafoué (essf)

toc toc

Pourquoi les humanitaires sont-ils une cible de l’armée américaine en Afghanistan?

«Ces frappes reflètent une tendance inquiétante la criminalisation de l’humanitaire»

Le 3 octobre, l’hôpital de Médecins sans frontières de Kunduz a été bombardé par l’armée américaine pendant les opérations pour reprendre la ville aux Talibans. Les derniers décom- ptes indiquent une vingtaine de morts, humanitaires et malades, y compris des enfants, et des dizaines de blessés graves. L’hôpital est désormais fermé, MSF ne pouvant plus garan- tir la sécurité de ses installations, ce qui prive les blessés de la seule antenne chirurgicale efficace dans la région. Il s’agit par ailleurs d’un des incidents les plus meurtriers pour l’ONG, tous terrains confondus, depuis des décennies.

Les bombardements américains résultent-ils d’une erreur due au fog of war, incident tragique mais excusable étant donné la confusion inhérente aux combats urbains? Les éléments disponibles pointent malheureusement vers une autre direction: un crime de guerre lié aux pratiques de l’armée américaine et notamment à une conception de la guerre qui criminalise l’action humanitaire. (…)

Des explications peu crédibles Quelles sont les explications apportées pour justifier cet incident meurtrier ? D’après une première ligne de défense, les bombardements auraient été le résultat d’une erreur due à l’absence de signalisation de l’hôpital aux autorités militaires. Cette hypothèse doit être écartée, car MSF est d’un professionnalisme absolu sur ces ques- tions; l’emplacement de l’hôpital a bien été signalé de façon répétée à l’armée américaine. Ajoutons que l’hôpital est un grand compound très identifiable, bien connu de la population et des observateurs de passage. De plus, il reste à expliquer que les bombardements ont duré plus d’une heure malgré les appels en urgence de MSF aux Américains.

Une seconde ligne de défense a rapidement émergé: des combattants Taliban auraient été présents dans l’hôpital et auraient visé les forces américaines ou afghanes. Certains officiels afghans, avec une imagination d’autant plus digne d’admiration qu’elle ne repose sur aucun fait,  ont même décrit l’hôpital MSF comme un poste de commandement des Taliban. Or, cette argumentation, visiblement improvisée dans l’urgence, ne tient pas non plus. Les victimes sont tous des malades ou du personnel de l’hôpital; les témoins directs ont démenti la présence de combattants armés dans l’hôpital. Les portes de l’hôpital étaient fermées depuis le lundi 28, début du conflit, de jour comme de nuit, et seulement ouvertes aux ambulances Enfin, même si des tirs occasionnels avaient été observés, les bombardements ciblés et répétés contre les bâtiments abritant des malades et du personnel médical restent illégaux au regard au droit international et, surtout, ignobles d’un point de vue moral.

Une cible légitime En réalité, ces frappes reflètent une tendance inquiétante: la crimina- lisation de l’humanitaire. L’hôpital a été bombardé parce qu’il soignait des blessés Taliban. Des incidents avaient d’ailleurs eu lieu en juillet quand des commandos afghans avaient pénétré dans l’enceinte de l’hôpital en accusant MSF de soigner des insurgés.

Plus profondément, cet incident reflète l’héritage toujours vivant du bushisme de guerre né du 11 septembre. Le paradigme qui informe toujours les pratiques militaires amé- ricaines est en rupture par rapport à la tradition juridique et humanitaire occidentale vieille de plus d’un siècle: il n’y a plus d’espace humanitaire neutre et protégé par les lois internatio- nales. Tout acteur, y compris non militaire, opérant dans le champ de bataille (défini aujour- d’hui de façon très imprécise) est une cible légitime. Des incidents de nature semblable se sont d’ailleurs produits à de multiples reprises, impliquant des journalistes traités comme des cibles du fait de leur présence en territoire ennemi.

Le fond du problème est donc que l’armée américaine n’accepte pas que MSF opère indépendamment au nom de principes juridiques et humanitaires. Cette autonomie va en effet contre la polarisation recherchée dans le conflit. Rappelons que le projet stratégique des Etats-Unis en Afghanistan après 2001, exposé sans ambiguïté par Colin Powell, était de faire de l’humanitaire un instrument de la puissance américaine. Différentes ONG, dont MSF, ont refusé de s’insérer dans le dispositif américain qui niait la spécificité de l’humanitaire et les mettait en danger.

De même, au début des années 2000, les Etats-Unis avaient mené une vraie campa- gne contre le CICR qui dénonçait les tortures des prisonniers dans les prisons américai- nes. Là aussi, l’idée s’est imposée d’une obsolescence du droit des conflits. Pour l’armée américaine, dénoncer la torture équivalait alors à protéger les terroristes comme soigner les combattants équivaut aujourd’hui à soutenir l’insurrection. (…)

L’impunité est, de fait, assurée aux responsables des bombardements et ce pour l’en- semble de la chaîne de commandement. Le président Obama a annoncé une enquête dont il sait qu’elle n’aboutira à rien. En réalité, les autorités américaines refusent de reconnaître leur responsabilité et parient sur la rapidité du cycle médiatique pour limiter le coût politique de l’incident. Rien n’est à attendre du côté des gouvernements européens en raison de leur dépendance par rapport aux Etats-Unis. (…)

Une prise de position commune des ONG intervenant dans les contextes de guerre et un soutien politique, par exemple du Parlement européen, peut au moins à la marge augmenter le coût politique du ciblage des ONG pour l’armée américaine. Il en va de nos valeurs, de la sécurité des humanitaires et, à terme, de nos libertés politiques.

Gilles Dorronsoro, professeur de sciences politiques à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, Institut Universitaire de France

* « Afghanistan : pourquoi les humanitaires sont une cible de l’armée américaine ». . Libération. 5 octobre 2015
http://www.liberation.fr/debats/2015/10/05/afghanistan-pourquoi-les-humanitaires-sont-une-cible-de-l-armee-americaine_1397491

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article36032

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