Archive | Antiimpérialisme

19 septembre 2016 ~ 0 Commentaire

rennes (afps)

Rennes le 21 septembre: projection de «THIS IS MY LAND» suivie d’un débat

A l’occasion de la journée internationale de la Paix
Au Cinéma l’Arvor
Mercredi 21 septembre à 18h

Projection de « This Is My Land » suivie d’un débat
Apprendre et enseigner au cœur du Proche-Orien avec deux les co-auteurs du livre « ISRAËL-PALESTINE : LE CONFLIT DANS LES MANUELS SCOLAIRES » et de Daniel Lévyne (UJFP-Bretagne)

rennes (afps) dans Altermondialisme thisis2

Réalisatrice israélienne, Tamara Erde signe son premier long-métrage sous la forme d’un documentaire. Avec This is my Land, elle s’intéresse aux systèmes éducatifs israéliens et palestiniens, et nous plonge au cœur de six écoles, deux juives israéliennes, dont celle de la colonie d’Itamar, deux palestiniennes, et une école mixte située dans le village de Neve Shalom.

« L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde » – Nelson Mandela

Soirée organisée à l’initiative de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), le Mouvement de la Paix et le collectif rennais pour une Paix juste et durable au moyen orient.

http://www.ujfp.org/

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13 septembre 2016 ~ 0 Commentaire

nucléaire militaire (idn)

kim

Doublement du budget du nucléaire militaire !

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La décision de doubler le budget de l’armement nucléaire a été prise sans aucun débat démocratique.Nous venons d’apprendre que le budget de l’armement nucléaire français doit doubler dans les prochaines années et atteindre 6 milliards d’euros par an.
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Cette hausse, que nous annoncions depuis des mois et qui avait donné lieu à des démentis, vient donc d’être confirmée par les plus hautes autorités civiles et militaires. IDN considère qu’il n’est pas acceptable que ce choix lourd de conséquences budgétaires, militai- res et de sécurité ait été fait en dehors de tout débat parlementaire. De plus, contraire- ment aux commentaires qui ont accompagné cette annonce, la situation internationale ne peut être invoquée pour justifier un changement de dimension aussi brutal du budget nucléaire militaire.
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La question de l’armement nucléaire et des systèmes d’armes qui la mettent en œuvre est essentielle, compte tenu des conséquences humanitaires catastrophiques auxquelles pourrait conduire l’emploi d’une seule de ces armes. Toutes les décisions qui les concernent doivent donc être prises dans la clarté, selon des procédures démocratiquement légitimes et en pleine connaissance de leurs conséquences de toute nature.
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L’armement nucléaire doit cesser de bénéficier d’un régime d’exception. Il doit être replacé sous le régime du droit commun démocratique.
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Communiqué d’IDN (8 septembre 2016)
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11 septembre 2016 ~ 0 Commentaire

kurdistan (brest.médias libres)

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Projection « Kurdistan, la guerre des filles » en soutien à Riseup 

Jeudi 15 septembre, 20h à l’Avenir.

Afin de soutenir Riseup dans sa recherche de dons, une cantine végane et une projection sont organisées le jeudi 15 septembre. Cantine végane à prix libre à partir de 20h. Projection du film « Kurdistan, la guerre des filles » dès qu’il fait nuit.

“De Paris à Kobané, en Syrie, du Kurdistan de Turquie au Sinjar en Irak, une immersion dans le mouvement des femmes kurdes luttant contre Daech, héritières d’une longue tradition de résistance.”

L ’Avenir 22, rue Bugeaud, Brest

9 septembre 2016

http://brest.mediaslibres.org/

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07 septembre 2016 ~ 0 Commentaire

ukraine (alternative libertaire)

yvan

Entre le marteau et l’enclume

La Russie et l’Union Européenne partagent des responsabilités dans le drame dont le pays ne parvient pas à sortir. Oligarques et ultranationalistes sont les seuls à en tirer profit. Mais le mouvement syndical commence à porter une voix alternative, critique des deux camps en présence.

La Russie est une dictature. Et la dégradation de sa situation ­économique (baisse de la rente ­pétrolière et gazière, sanctions ­économiques des puissances occidentales, récession depuis deux ans de l’activité économique) joue un rôle important dans le renforcement de ce régime tyrannique.

C’est également un État impérialiste qui cherche à se hisser de nouveau au rang de gran- de puissance. On a pu le voir aussi bien en Syrie qu’en Ukraine. Pour autant, cette politique agressive, qui est liée à la défense de ses intérêts comme acteur économique majeur en Euro- pe de l’Est et au Proche-Orient, ne doit pas dispenser d’analyser les choix politiques du régime ukrainien issu du mouvement de contestation qui a émergé fin 2013 place Maïdan à Kiev.

La coalition au pouvoir s’appuie sur deux partis : le bloc Porochenko et le Front Popu- laire, de Iatseniouk, deux partis de droite ultralibéraux qui s’emploient à détruire ce qui reste de l’État social en Ukraine. Cette coalition est majoritaire au parlement, pour autant les équilibres politiques actuels sont très liés à la lutte pour le pouvoir que se livrent les capitalistes à la tête des plus grandes fortunes du pays.

Alliance entre ultralibéraux pro-occidentaux et ultranationalistes fascisants

Les alliances se font et se défont. Mais ce qui est constant, c’est de voir que les recompo- sitions politiques internes de la classe dirigeante s’appuient sur des fractions des partis ultra- libéraux pro-occidentaux et des partis ultranationalistes et fascistes.

Lors de la crise qui a été fatale au précédent pouvoir, dominé jusqu’à début 2014 par Ianoukovitch et le Parti des Régions (prorusse), c’est une alliance entre les ultralibéraux et les partis fascistes Svoboda (Liberté, 4,7% aux élections législatives de 2014) et Pravy Sektor (Secteur droit, 3%) qui a permis de le renverser. De même, depuis 2014, certains oligarques financent en partie les bataillons de combattants qui guerroient à l’est contre les séparatistes pro-russes et dont beaucoup sont liés à l’extrême droite, à l’instar des bataillons Azov et Aïdar [1].

Le pouvoir appartient aux mêmes couches dirigeantes mafieuses que celles qui ont fait leur fortune dans les années 1990 sous la présidence de Leonid Koutchma, ancien hiérarque du Parti Communiste de ­l’Union soviétique (PCUS) recyclé dans le capitalisme après la chute de l’URSS. C’est ce pouvoir mafieux que l’Union Européenne soutient politiquement et finan- cièrement. La manne de l’UE est en fait essentielle à la survie de l’Ukraine. C’est du reste avec le renoncement à l’accord de « partenariat oriental » avec l’UE que la crise politique s’est emballée fin 2013. Cet accord implique une aide financière de l’UE en échange d’un programme de privatisation des services publics, de baisse des salaires et des retraites. Et c’est ce même accord que les Pays-Bas viennent de rejeter par référendum en avril dernier.

Les bonnes affaires de Charles Beigbeder

UE et Russie ont donc des responsabilités partagées dans la crise actuelle que traverse ­l’Ukraine, qui se caractérise par un état de quasi faillite financière et une mise sous perfusion par l’UE. Pour cette dernière, les enjeux ne sont pas seulement géopolitiques (affirmer son rayonnement politique et contenir la zone d’influence russe), ils sont aussi économiques. L’UE se nourrit de la dette ukrainienne, mais aussi de ses actifs. L’an dernier le gouvernement Iatseniouk a poussé à la vente de ports, de centrales électriques mais aussi d’entreprises agroalimentaires et de distribution à des investisseurs européens.

Cette vente à la découpe du pays se poursuit depuis des années. Elle est particulière- ment sensible dans le domaine du foncier, puisque le phénomène ­d’accaparement des terres est important. Il est le fait de grandes entreprises ukrainiennes et européennes (allemandes, britanniques, suédoises et françaises plus particulièrement). Charles Beigbeder, ancien candi- dat à la présidence du Medef face à Gattaz, puis élu UMP avant de se rapprocher du FN, est un des capitalistes français ayant investi ces dernières années en Ukraine.

Près de 10.000 morts dans cette guerre

Après l’effondrement de l’URSS, les paysans et paysannes ont pu récupérer des terres, mais nombre ­d’entre eux ne disposaient pas des ressources financières pour investir et les mettre en valeur. Aussi ils et elles se sont mis progressivement à les vendre, à un prix parfois dérisoi- re, à de grands groupes soucieux d’investir pour fournir la grande distribution, notamment en nourriture bio.

À cela il faut ajouter la violation répétée des droits humains et l’augmentation des violences politiques. Il est à noter qu’elles émanent aussi bien de l’extrême droite et des organisations pro-russes que du gouvernement. Le bilan de la guerre du Donbass se chiffre à près de 10.000 tué.es dont une grande majorité de civils. Les combats sporadiques se pour- suivent sur la ligne de front malgré les accords de Minsk qui ont abouti notamment à un cessez le feu. La propagande prorusse est intense et impute la responsabilité de ces combats au gouver- nement de Kiev. Toutefois, les médias occidentaux ne prennent que cela en compte et se ­taisent sur l’activisme d’extrême droite tout comme ils passent sous silence la corruption et le pouvoir oppressif du gouvernement libéral-conservateur et mafieux de Kiev.

Montée de la critique sociale dans le mouvement syndical

Ce qu’ont gagné les deux pouvoirs russes et ukrainiens, c’est l’installation d’une haine irréduc- tible entre les deux peuples. Les pro-russes ont une responsabilité écrasante dans la séces- sion de la Crimée et du Donbass, mais en refusant une organisation fédéraliste et en prenant des mesures défavorables à la forte minorité russe (notamment sur la langue), le gouverne- ment de Kiev a contribué à pousser les pro-russes dans les bras de Poutine. Et dans ce contexte, les voix progressistes peinent à se faire entendre.

Si la gauche est laminée, il reste cependant une solide résistance syndicale. C’est notamment le cas de la FPU, qui compte près de 7 millions d’affilié.es et qui tient de plus en plus un discours doublement critique, d’un côté envers la Russie pour son annexion de la Crimée, et de l’autre envers la politique antisociale ukrainienne.

Notons également que la Confédération des syndicats indépendants d’Ukraine (KVTU), qui défendait des positions nationalistes avant la crise de novembre 2013, a depuis adopté des positions plus favorables aux luttes sociales et s’opposant aux politiques d’austérité et à la casse des services publics. La Russie est sans doute le pays qui a le plus eu recours à l’État fort, mais l’Ukraine comme l’UE sont loin d’en être la parfaite antithèse démocratique qu’on veut bien nous vendre. La politique de celles-ci évolue de plus en plus dans une zone grise, plus liberticide qu’émancipatrice. 7 septembre 2016

Laurent Esquerre (AL Paris-Nord-Est) et Nestor Koutz (ami d’AL)

[1] Savtchenko, la pilote ukrainienne, retenue prisonnière en Russie et condamnée à 22 ans de prison, pour le meurtre de deux journalistes russes (meurtre dont elle décline la responsabilité), a été libérée fin mai dans le cadre des échanges de prisonniers en Russie et Ukraine. Elle a fait partie du bataillon Aïdar et elle est célébrée comme la Jeanne d’Arc ukrainienne tant par l’extrême droite que par le gouvernement.

http://alternativelibertaire.org/?Ukraine-Entre-le-marteau-et-l

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04 septembre 2016 ~ 0 Commentaire

sommet européen (npa)

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Vieux mythes et sinistre réalité

Fin août, un mini-sommet a réuni Angela Merkel, Matteo Renzi et François Hollande en Italie, sur l’île de Ventotene, lieu symbolique où Altiero Spinelli, journaliste membre du Parti Commu-niste, fut déporté par Mussolini et où il écrivit en 1941 son Manifeste pour une Europe unie et libre…

Et c’est de façon tout aussi symbolique qu’ils tinrent leur conférence de presse sur le Garibaldi, porte-avions engagé dans l’opération « Sophia » qui coordonne le contrôle des frontières maritimes contre les migrantEs. Tout un symbole de leur Europe qui prétendait à la démocratie, au bien-être, à la paix, et a le visage de la pauvreté, des inégalités, du drame des migrantEs et de la guerre, tout cela alors que la finance y prospère.

Cette réunion visait à préparer le sommet de Bratislava qui aura lieu le 16 septem- bre… à 27, sans la Grande Bretagne. Leur problème n’est pas de gérer l’après-Brexit puisque celui-ci n’aura pas lieu avant 2019, alors que la City, plus grande place financière mondiale, continue ses prospères opérations. Elle gère 20 % des actifs des hedge funds mondiaux, 85 % des actifs des hedge funds européens, et héberge 250 banques originaires de 56 pays.

Elle est la première place mondiale pour le marché des changes, contrôlant plus de 40 % du marché des devises, première aussi pour les crédits bancaires internationaux, les produits dérivés, les marchés des métaux et de l’assurance. Elle assure 60 % des mouvements financiers européens. Le vote du 23 juin dernier n’y changera rien !

Faux-semblants

Leur vrai problème, c’est eux-mêmes et les conséquences de leur politique. « Le risque majeur, ça vaut pour l’Europe comme pour les nations, c’est la dislocation, la fragmentation, l’égoïsme, le repli », a déclaré Hollande.

Il leur faut bien tenter de donner l’impression qu’ils agissent. « Beaucoup pensaient qu’après le Brexit l’Europe était finie. Ce n’est pas le cas », selon Matteo Renzi. La méthode Coué car ils n’ont pas d’autre politique que d’accentuer celle qui a engendré la crise.

Ils n’ont aucune réponse aux drames des migrantEs si ce n’est mettre en place d’ici à la fin de l’année le corps européen des gardes-frontières et garde-côtes, renforcer les frontières pour « accueillir ceux qui doivent l’être » selon la formule de Hollande…

Pourtant, selon les chiffres fournis en juin dernier par la Commission européenne dans son dernier rapport d’évaluation sur « l’avancement des programmes de l’Union euro- péenne en matière de relocalisation et de réinstallation d’urgence », seulement 2 280 deman- deurs d’asile arrivés en Italie ou en Grèce ont été répartis dans un autre pays européen.

À peine 1,42 % de l’objectif décidé en septembre 2015. Les États membres de l’UE, plus la Suisse, s’étaient engagés à accueillir 160 000 migrantEs d’ici au mois de septembre 2017. On en est très loin, mais c’est encore trop. Et, en Hongrie, avant le référendum du 2 octobre qui vise à refuser cette « obligation », Viktor Orbán a annoncé la construction d’une nouvelle clôture anti-migrants.

«Il faut aussi prendre des mesures fortes pour relancer la croissance et lutter contre le chômage des jeunes, et revenir à l’Europe des valeurs, plutôt qu’à celle de la finance », a lancé Matteo Renzi. Hollande a rajouté qu’il «  n’est pas acceptable que des grands groupes interna- tionaux puissent dégager des richesses en Europe, et donc des bénéfices, et ne pas être taxés en fonction de ces résultats ».

La continuité de l’hypocrisie et du cynisme…

Yvan Lemaitre Samedi 3 septembre 2016

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03 septembre 2016 ~ 0 Commentaire

le pacte germano soviétique (lcr)

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Le 23 août 1939 était signé le pacte germano-soviétique  « le pacte du diable », la « bombe diplomatique du siècle », pour reprendre quelques expressions journalistiques.

Il importe avant toute chose de rapporter les faits essentiels qui ont mené à cet accord, car ils ont donné lieu à des interprétations diamétralement opposées.

LES FAITS

25 juillet : suite à l’invitation de Molotov, ministre soviétique des Affaires étrangères, les Français et les Britanniques décident d’envoyer une délégation pour discuter d’un éventuel accord entre Paris, Londres et Moscou.

5 août (onze jours plus tard) : départ des négociateurs…. par bateau lent qui arrive à Lenin- grad le 10 août. La délégation est dirigée par des militaires sans véritable pouvoir de négociation.

11 août : début des négociations tripartites. Les Russes demandent que la Pologne laisse passer l’Armée Rouge sur son territoire pour lui permettre d’affronter les forces armées allemandes. Consultés à ce sujet, les Polonais refusent.

17 août : les discussions sont reportées au 21 afin de laisser aux Alliés le temps de faire pression sur la Pologne. En vain.

19 août : un accord commercial est conclu entre les Allemands et les Russes. Dans la nuit du 20, Hitler propose que Ribentropp, ministre nazi des Affaires étrangères vienne à Moscou avec tout pouvoir pour conclure un accord.

21 août : les négociations franco-anglo-russes sont au point mort.

23 août : signature entre le Reich et l’URSS d’un pacte de non-agression de dix ans. Le pacte est accompagné d’un protocole secret prévoyant le partage de la Pologne entre les deux pays ainsi que le passage de la Finlande et des Etats baltes dans la sphère soviétique.

Il est complété le 28 septembre par un deuxième pacte « d’amitié et de frontières ».

LES DEUX INTERPRETATIONS CLASSIQUES

Pour les historiens bourgeois et les journalistes sociaux-démocrates, il s’agit d’un accord cynique, scandaleux, mais finalement guère étonnant puisqu’il lie deux « pays totalitaires ».

Grâce à ce pacte, Hitler a eu les mains libres pour attaquer la Pologne et ensuite les démocra- ties occidentales ; le protocole secret est l’expression achevée du mépris du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ; les hésitations et les lenteurs des négociateurs franco-britanniques s’expliquent par un manque de lucidité des démocraties, par un manque de confiance dans la force de l’Armée Rouge ou par la répugnance à conclure un traité avec une puissance totalitaire.

On comprend l’indignation devant les clauses du protocole secret ; on la partagerait d’avantage si ces mêmes historiens et journalistes condamnaient avec la même vigueur le colonialisme, ou encore la mise sous mandat franco-britannique du Moyen-Orient à l’issue de la première guerre mondiale, pour nous limiter à ces deux exemples.

Parler de répugnance à se lier à une puissance totalitaire (l’URSS) alors que la Pologne de l’entre-deux guerres était tout sauf démocratique est assez piquant. De toute manières, s’il y avait des raisons valables de ne pas conclure, pourquoi avoir envoyé des négociateurs, et sans véritable mandat ?

Pour les staliniens, la faute incombe aux franco-britanniques. En 1938, lors des accords de Munich qui livraient la Tchécoslovaquie à Hitler, les occidentaux ont refusé l’aide que leur proposait Moscou pour arrêter l’expansionnisme nazi. Staline en a dès lors conclu que les franco-britanniques s’efforçaient d’orienter l’impérialisme allemand vers l’URSS. Le pacte germano-soviétique a alors permis de briser la coalition anti-soviétique des pays capitalistes ; et, en reportant jusqu’en 1941 l’entrée en guerre de l’URSS, il a fait gagner un temps précieux pour améliorer la défense de l’Etat ouvrier. Quant au protocole secret, c’est une « fable inventée par les anti-communistes ».

Concernant ce protocole secret, contentons-nous de relever qu’en son bulletin du 17 août 1989, l’agence de presse Novosti explique qu’il ne s’agit pas d’une invention. Parler d’une volonté occidentale d’orienter Hitler vers l’Est est par contre exact – mais incomplet, nous y reviendrons plus loin. Ce qui est carrément faux, par contre, c’est d’affirmer qu’avec ce traité Staline s’est consciemment ménagé un délai pour améliorer la défense de l’URSS.

Expliquons-nous. Pour un Etat ouvrier, la signature d’un traité avec une puissance impéria- liste agressive n’est pas en soi condamnable. En 1918, à Brest-Litovsk, les Bolcheviks n’avaient pas d’autre choix que de signer un accord de paix avec les Allemands : ils n’avaient pratiquement plus d’armée pour se défendre.

Mais d’abord Staline, ne s’est pas contenté d’un simple accord : en vertu du « deuxième pacte », il a livré à la Gestapo des Allemands anti-nazis réfugiés en URSS. Ensuite, il a étendu l’accord à l’Internationale Communiste. Celle-ci a cessé, dans sa propagande, de dénoncer le fascisme et a au contraire stigmatisé l’impérialisme franco-britannique (sur lequel elle faisait silence auparavant). Il existe de multiples témoignages de stupéfaction, de désarroi, de désil- lusion et de découragement qu’une telle attitude a semé parmi les militants communistes européens.

Dans les premiers temps de l’occupation allemande en France, par exemple, la direction du PCF entreprit des démarches auprès des nazis pour que l’Humanité ne soit pas interdite…. Enfin, Staline, qui avait fait liquider, entre 1937 et 1939, les meilleurs éléments de l’état-major de l’Armée Rouge, n’a absolument pas utilisé le répit offert par le pacte pour préparer l’armée et les partisans à résister à l’attaque nazie. Pour une raison bien simple : il ne croyait tout simplement pas à l’offensive allemande ! Même dans les premières heures de l’agression, refusant de se rendre à l’évidence, il donnait à ses troupes l’ordre formel de ne pas riposter aux « provocations » (1) !

NOTRE ANALYSE

Pour de larges secteurs de la bourgeoisie anglaise et française (belge aussi d’ailleurs), l’ennemi principal, ce n’était pas l’Allemagne nazie mais l’URSS. Les représentants politiques de ce courant – tels Neville Chamberlain, premier ministre britannique – cherchent bel et bien, dès lors, à orienter Hitler vers la Russie.

Cela explique l’envoi d’une délégation sans vrai pouvoir : Lord Halifax, ministre anglais des Affaires étrangères, estimait que tant que dureraient des négociations entre Paris, Lon- dres et Moscou, Staline ne signerait rien avec les nazis. Ils s’agissait dès lors de gagner du temps, le temps qu’arrivent les pluies d’automne qui auraient empêché la Wehrmacht d’atta- quer la Pologne en 1939. Et tant que la Pologne n’était pas attaquée, les franco-britanniques n’avaient pas à déclarer la guerre à l’Allemagne…

Pour Churchill, par contre, qui dirigea la Grande-Bretagne à partir du 10 mai 1940, il fallait agir autrement ; tout aussi anti-communiste que Chamberlain, il estimait que si les nazis arri- vaient à conquérir l’URSS, ils disposeraient de ressources formidables leur permettant d’abattre l’empire britannique. Churchill voulait gagner la guerre inter-impérialiste avant de « s’occuper » de l’URSS. Mais, pour que puisse éclater cette guerre impérialiste, il fallait qu’au préalable aient été brisées les montées révolutionnaires en Europe.

Et c’est ici que réside la véritable, la profonde responsabilité de Staline et de sa clique bureaucratique : après avoir empêché que se constitue un front entre communistes et socialistes allemands contre Hitler avant 1933 (2), le « petit père des peuples » a saboté la révolution espagnole de 1936 et a freiné les élans pré-révolutionnaires en France à la même époque. C’est grâce à l’apathie, au découragement ouvrier qui en ont résulté que les grandes puissances capitalistes ont pu se lancer dans la guerre pour la conquête de l’hégémonie mondiale… ainsi que dans l’attaque de l’URSS le 22 juin 1941.

C’est cette apathie qui a permis à Staline de conclure un accord d’Etat à Etat avec l’Allemagne nazie (ce qui revenait, de fait, à prendre position en faveur de l’impérialisme allemand), dans la perspective de tenir l’URSS à l’écart du conflit mondial imminent et de préserver ainsi le pouvoir de la bureaucratie. En ce sens, le pacte fut l’épilogue logique d’une politique contre-révolutionnaire, qui coûta finalement la vie à des dizaines de millions de Soviétiques.

(1) voir à ce sujet les témoignages d’auteurs russes que nous avons publiés dans La Gauche du 15 août 1989, ainsi que le livre « L’Armée Rouge assassinée », d’Alexandre Nekritch

(2) Ce qui ne disculpe nullement les dirigeants socialistes allemands : eux aussi sont responsables de la non-constitution d’un tel front.

mardi 19 février 2008 Luc Gérard, LCR Loiret

http://www.gauchemip.org/spip.php?article5524

Lire aussi:

Le Pacte germano-soviétique de 1939 (Jean Michel Krivine)

Pourquoi Hitler préparait la guerre (Ernest mandel)

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02 septembre 2016 ~ 0 Commentaire

syrie (alternative libertaire)

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Viyan Qamislo: Cette milicienne YPJ est tombée face à Daech, sur le front de Manbij.

La gauche kurde seule contre tous

Ça devait bien finir par arriver : les impérialistes occidentaux lâchent les YPG pour complaire à Ankara. La parenthèse ouverte il y a deux ans à Kobanê se referme. Mais il n’y a pas le choix : la lutte continue.

Avec l’entrée de l’armée turque en Syrie le 24 août, la guerre civile entre dans une nouvelle phase. Ce pays martyr est, plus que jamais, le jouet des rivalités entre puissances impérialistes – iraniennes, turques, russes, américaines, françaises, britanniques, saoudien- nes, émiraties, qataries…

Dans ce bourbier cruel, Alternative libertaire soutient, depuis 2014, les forces de la gauche kurde – le PYD et les milices YPG-YPJ, aujourd’hui fer de lance de la coalition arabo-kurde Forces démocratiques syriennes (FDS). Si AL soutient la gauche kurde, ce n’est pas seule- ment parce qu’elle est « notre meilleur rempart contre Daech » comme on l’entend trop souvent dans la bouche de certains Occidentaux, mais surtout parce qu’elle est la seule force politique à proposer un projet fédéraliste, démocratique, féministe et, d’une certaine façon, laïque, pour le Moyen-Orient.

Un projet où toutes les composantes culturelles de la région – arabes, kurdes, turkmènes, sunnites, chiites, chrétiennes, yézidies… – puissent vivre à égalité. En ce sens, elle est le rempart de toutes et tous les amis de la liberté et de l’émancipation.

Pour tout le monde, c’est une évidence : l’armée turque n’est pas entrée en Syrie pour combattre Daech ; et pas vraiment non plus pour combattre Bachar ; elle n’a occupé la région de Djarabulus que pour empêcher la jonction des cantons d’Afrin et de Kobanê, et donc l’unifi- cation territoriale du Rojava (Kurdistan syrien). Ankara amorce ainsi la constitution de la « zone tampon » qu’elle annonce depuis des années, et qui lui permettra de continuer à contrôler les filières djihadistes qui partent de son territoire pour rejoindre Raqqa, la capitale du « califat ». Au passage, l’armée turque a pilonné les positions des FDS, et bombardé plusieurs villages sous leur contrôle, faisant des dizaines de morts.

Le Rojava, un pion sur l’échiquier impérialiste

Depuis la bataille de Kobanê (septembre 2014-juin 2015), la gauche kurde a accepté le sou- tien financier et matériel de certaines puissances étrangères (Russie, États-Unis, France…) pour ne pas rester isolée face à d’autres (Iran, Turquie, régime de Damas…). Si on veut voir le verre à moitié plein, on peut dire qu’elle a joué, avec une habileté certaine, un impérialisme contre un autre. Si on veut voir le verre à moitié vide, on peut dire qu’elle a joué un jeu dange- reux. Car évidemment les impérialistes ne voient dans le Rojava (Kurdistan syrien) qu’un pion sur leur échiquier. Et c’est ce pion qu’ils sont en train de sacrifier.

Lâchage de Washington, Moscou et Paris

Mis devant le fait accompli, les États-Unis essaient, en vain, de limiter les affrontements entre leur allié historique dans l’Otan (la Turquie) et leur allié de circonstance (les FDS). Mais, fonda- mentalement, John Kerry s’est empressé d’assurer Ankara de sa loyauté et de prendre ses distances avec les FDS. Dès le 26 août, il déclarait à Genève :

« Nous sommes pour une Syrie unie. Nous ne soutiendrons aucune initiative kurde indépen- dante. Il y a eu un certain engagement limité, comme chacun le sait, avec une composante de combattants kurdes, sur une base limitée, et nous avons coopéré très étroitement avec la Turquie pour bien s’assurer qu’il y ait une meilleure compréhension des règles régissant cet engagement. »

Comme en écho, son homologue russe Segueï Lavrov, a aussitôt ajouté :

« Je suis convaincu que les Kurdes doivent rester une partie de l’État syrien, et faire partie de la solution, plutôt que d’être un acteur instrumentalisé pour atomiser et fragmenter le pays ». La Russie, marraine de Bachar el Assad, et en plein rapprochement avec la Turquie depuis la rencontre Erdogan-Poutine du 10 août, fixe ainsi les limites auxquelles elles souhaite que les FDS se conforment. Elle s’est en revanche bien gardé de condamner l’attaque turque [1].

La France est servilement alignée sur Ankara. François Hollande, a signalé, dès le 25 août, « comprendre » l’intervention turque, laissant échapper quelques paroles de regret pour les bombardements turcs sur les positions des FDS [2].

« Les Kurdes n’ont pour amies que leurs montagnes »

Il ne faut pas imaginer que la gauche kurde est surprise de ce lâchage. Depuis le début, elle savait fort bien que cette bienveillance de la part des impérialistes occidentaux n’était que temporaire. « Les Kurdes n’ont pour amies que leurs montagnes » dit un proverbe local, signi- fiant par là que ce peuple ne doit compter que sur lui-même.

Dans les semaines qui viennent, si ce lâchage se poursuit, la gauche kurde risque de se retrouver de nouveau bien seule. Pour notre part, nous continuerons à soutenir son action. Car face aux potentats sanglants d’Ankara, de Damas ou de Raqqa, elle incarne la seule possibilité d’une alternative démocratique, fédéraliste et populaire.

Alternative libertaire, 1er septembre 2016

http://alternativelibertaire.org/?Syrie-la-gauche-kurde-seule-contre

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28 août 2016 ~ 0 Commentaire

québec solidaire (lapresse.ca)

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Caucus de Québec Solidaire : priorité au salaire minimum à 15$

La hausse du salaire minimum à 15 dollars sera un des dossiers prioritaires de Québec Solidaire lors de la prochaine rentrée parlementaire. Le parti de Françoise David, Amir Khadir et Manon Massé se réunit dès dimanche et pour 3 jours à Contrecoeur, en Montérégie, pour tenir son caucus présessionnel.

En entrevue à La Presse Canadienne, Manon Massé assure que la hausse du salaire minimum sera le cheval de bataille de Québec solidaire, dont un des objectifs est de mieux répartir la richesse, rappelle-t-elle.

Elle se réjouit que le premier ministre Philippe Couillard soit ouvert à un débat sur le sujet. Mais elle veut plus. Selon la députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques, une commission parlementaire serait de mise pour, selon ses dires, «déconstruire les peurs de la droite» en ce qui a trait à une éventuelle hausse du salaire minimum à 15 dollars. Québec solidaire profitera de son caucus pour peaufiner sa stratégie. Les dossiers environnementaux, Énergie-Est et Anticosti entre autres, seront également prioritaires. Manon Massé indique que le nouveau ministre des Transports, Laurent Lessard, sera également dans la mire de son parti, concernant notamment l’industrie du taxi.

Québec solidaire entend aussi poursuivre sa lutte contre le gouvernement «sur les inégalités créées dans la société par les mesures d’austérité».

28 août 2016

http://www.lapresse.ca/quebec-solidaire-priorite-au-salaire-minimum |

Le salaire minimum ou l’arrogance des riches

Commentaire: Québec Solidaire, comme Podemos en Espagne, compte avec une tendance anticapitaliste proche du NPA. En Bretagne nous partageons cette amitié avec l’UDB.

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14 août 2016 ~ 0 Commentaire

fidel a 90 ans

Nobody’s perfect!

On peut se tromper! Le JDD nous informe que « Fidel s’allie au PC cubain, le principal parti politique cubain ». Or Wikipédia nous dit:

« Fulgencio Batista y Zaldívar (le dictateur honni) naît à Banes dans la Province de Holguin à Cuba le 16 janvier 1901, moins de 3 ans après que sa terre natale fut libérée de l’emprise espagnole et moins de deux ans avant qu’elle devienne une république indépendante.

Alors que Fulgencio n’était qu’un simple sergent de l’armée, il joua un rôle décisif dans « la révolte des sergents » de 1933, conséquence d’un profond mécontentement existant dans l’armée concernant leurs salaires, leur évolution de carrière et leurs conditions matérielles. La conspiration militaire menée par le sergent Pablo Rodriguez débouche sur le renversement du gouvernement dictatorial d’alors et la mise en place d’un gouvernement dit « des Cent jours ».

Le 15 janvier 1934, une junte militaire présidée par le colonel Batista renverse le gouverne- ment provisoire et met en place un régime pro-américain. Si Batista n’a pas de fonctions dans la hiérarchie organique du gouvernement, il est, en tant que chef d’état-major, l’éminence grise des présidents successifs Carlos Mendieta et Miguel Mariano Gomez et le véritable maître de Cuba.

« Onze partis participent aux élections de 1939. Les Auténticos sortent des urnes comme le plus grand parti (avec 20% des suffrages), mais ils refusent de s’embarquer dans un cabinet uni- taire. Ce n’est pas le cas des communistes qui, avec 9% des voix, entrent dans le gouver- nement. »

Il introduit une constitution modelée sur celle des États-Unis et, candidat de la coalition sociale-démocrate, comprenant le vieux parti communiste cubain, il est élu lui-même président le 14 juillet 1940 face à Ramón Grau San Martín du Parti révolutionnaire cubain… »

Economiquement, Cuba a le vent en poupe. Grâce à la guerre, le prix du sucre bat tous les records. Le gouvernement unitaire mène une politique sociale prudente. Malgré les restrictions de la guerre, la paix sociale règne sur l’île.

Les communistes justifient leur collaboration avec le réactionnaire Batista dans le cadre de la coalition internationale contre le fascisme, mais leur explication n’est pas comprise, et encore moins suivie par tout le monde. Cette position stratégique suscite beaucoup de confusion au sein du camp révolutionnaire et est mal ressentie par de nombreux révolutionnaires. Ce sont pourtant les années de gloire pour le Parti Communiste qui modifie son nom en Partido Socia- lista Popular (PSP). En 1944, il compte cent mille militants et lors des élections syndicales, les candidats communistes obtiennent 80% des voix. C’est du jamais vu en Amérique latine.

Lors des élections présidentielles de 1944, les communistes soutiennent la candidature de Batista, mais c’est Grau qui obtient le plus de voix.

En 1938, le PSP, parti communiste cubain, affichant officiellement une renonciation au totali- tarisme, à la violence révolutionnaire et à toute inféodation à l’URSS, est légalisé. Les diri- geants communistes avaient déjà pris une influence dominante au sein des organismes sociaux, notamment avec l’aide de Fulgencio Batista dont le PSP louera très officiellement les qualités jusqu’à la prise de pouvoir de Fidel Castro aux derniers jours de 1959, alors que les réseaux communistes, dont quelques dirigeants du PSP triés sur le volet, soutiendront et structureront parallèlement la guérilla de celui-ci.

En fait le PCC piteux a dû changer de camp! Il n’a pas aidé les castristes, les a dénoncé et à la fin, a fusionné opportunément avec eux APRES la révolution!

« Le vieux parti communiste cubain (P.S.P., parti socialiste populaire) avait participé pendant la seconde guerre mondiale au gouvernement de Batista. Il ne joue qu’un rôle mineur dans la lutte que le mouvement de Fidel Castro mène ensuite contre la dictature. Fait unique, il accepte de se dissoudre dans une organisation plus vaste qu’il ne contrôle pas. Ainsi naît le nouveau parti communiste cubain, dirigé par Fidel Castro. » (Le Monde Diplo)

Sources:

http://cubanismo.net/cms/fr/articles/histoire-de-cuba-2-la-r-publique-1902-1953

https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_Cuba

On peut lire aussi:

http://www.inprecor.fr/article-CUBA-Les trotskistes cubains

https://www.lutte-ouvriere.org/cuba-castro-et-le-castrisme

https://www.lutte-ouvriere.org//cuba-35-ans-apres-la-revolution

https://www.monde-diplomatique.fr/

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10 août 2016 ~ 0 Commentaire

le forum social mondial (france 24 + ccfd)

peuples

Drapeaux du Québec, nation Amazigh (berbères), Ecosse et Catalogne

Il s’ouvre à Montréal par une grande marche

De 3 à 5.000 altermondialistes ont défilé mardi à Montréal pour l’ouverture du Forum social mondial (FSM) qui se tient pour la première fois dans un pays riche afin de dépasser la traditionnelle fracture nord-sud.

Parfois venus en famille ou en petits groupes réunis sous la bannière d’une association militante, les manifestants ont gagné la place des festivals où, pendant six jours, des ateliers débats vont se multiplier au gré des stands des organisations non gouvernementales (ONG).

« L’engagement c’est pour un changement de politique sociale » ont peint sur une bannière de jeunes participants dans le cortège coloré et bruyant, où un camion-sono diffuse des rythmes jamaïcains.

Si au cours des grands rassemblements de Porto Alegre (sud du Brésil), où s’est tenu le premier Forum social mondial en 2001, les altermondialistes fustigeaient les pays riches, ils préfèrent maintenant s’attaquer à des problèmes communs aux sociétés comme les inégalités ou l’environnement, en refusant le clivage nord-sud. « Il faut dépasser la fracture entre le nord et le sud, (…) les inégalités sociales s’accroissent partout », explique Raphaël Canet, coordonnateur du FSM 2016.

Le militant brésilien Chico Whitaker, co-fondateur du FSM, convient de la nécessité de trouver des solutions face à des problèmes dans les pays émergents « vécus de la même manière dans les pays industrialisés ». Si le FSM a pris ses quartiers à Montréal c’est en raison d’une société civile animée et militante, selon les organisateurs. De plus, avec 4% de la population cana- dienne, les Amérindiens, Inuits ou Métis trouvent une tribune de choix.

« Le Forum social mondial est un bon endroit pour porter notre message et c’est définitivement une opportunité que l’évènement soit ici au Canada », confie Jocelyn Lahtail, un responsable Algonquin venu en voisin de la capitale fédérale Ottawa.

‘Choix politique’

Venue de Conakry, la Guinéenne Fatoumata Cherif, présidente de l’ONG Femmes, Pouvoir et Développement regrette la faible mobilisation d’un mouvement en manque de souffle. « Je ne vois pas beaucoup d’Africains et avec des participants que des pays du nord, je ne vois pas en quoi cela serait le Forum social mondial », déplore cette activiste.

Faible, la participation est largement régionale comme pour toutes les précédentes éditions depuis 15 ans compte tenu des coûts de déplacement et d’hébergement pour les visiteurs étrangers. Mais pour une première dans un pays du G7, le forum souffre aussi du refus de visas pour plus de 230 invités, dont quelques figures du tiers-mondisme, comme la militante altermondialiste malienne Aminata Traoré, le président du syndicat palestinien des postiers Imad Temiza ou encore Rogerio Batista, du syndicat brésilien CUT.

Pour Dominique Pilhon, d’Attac-France, ce refus de délivrer des visas est un « choix politique » qui « déshonore le gouvernement canadien » allant « à l’encontre du FSM et de militants se battant pour les droits humains fondamentaux ». Le ministère canadien de l’Immi- gration a rejeté la responsabilité sur les organisateurs du FSM qui n’ont pas relayé les procé- dures spécifiques mises en place lors de la tenue d’événements internationaux afin de faciliter les entrées aux frontières.

« Nous avons fait toutes les démarches possibles, nous ne sommes pas des fonctionnaires du gouvernement », a critiqué Raphaël Canet en parlant d’une « procédure longue, difficile et coûteuse » pour les participants étrangers.

C’est donc privé de quelques personnalités que les conférences vont se dérouler jusqu’à dimanche, comme celle sur la question du réchauffement climatique animée par l’activiste canadienne Naomi Klein, ou les débats sur les flux migratoires, les inégalités de revenus ou l’économie solidaire.

Mathieu CATAFARD10 août 2016 24matins.fr
Voir aussi:

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