Archive | Antiimpérialisme

23 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

élections catalanes (essf)

fugue cata

Les capitaux peuvent partir, pas les gens!

Quelques notes rapides sur le résultat des élections catalanes du 21 décembre

1. la grande perdante des élections régionales anticipées tenues en Catalogne le 21 décembre 2017 est le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy.

Il a destitué le gouvernement catalan démocratiquement élu et dissout le Parlement par le biais de l’Article 155, puis convoqué une élection afin de casser la majorité favorable à l’indépen- dance et de renforcer sa position. Il n’a réussi aucun de ces objectifs.

Les partis indépendantistes maintiennent (avec une perte de deux sièges), une majorité absolue et les partisans catalans du parti de Rajoy, le Partido Popular (PP), s’est écrasé, subsistant comme une force résiduelle sur le point de perdre sa représentation parlementaire. Il semble que le déclin du PP a pour origine la concurrence réelle qu’il subit désormais dans son propre camp.

2. le camp indépendantiste connait quelque réorganisation, mais avec peu de différence globale de votes et de sièges.

Il reste solide et n’a pas été handicapé par l’Article 155, le déploiement de la police ou les emprisonnements. Mais la droite de ce camp a gagné du terrain sur la gauche, en particulier la CUP (comités d’unité populaire), qui a perdu la moitié de ses votes et 60 % de ses sièges. La CUP est une admirable organisation à bien des égards, mais pratiquement depuis le début, elle a joué le rôle du petit frère du processus, sans aucune orientation vis-à-vis des secteurs de gauche qui ne sont pas favorables à l’indépendance.

Ce travail de construire un pont de classe au-dessus des camps (même si le camp de l’indé- pendance est reconnu comme hégémonique) est, selon moi, à l’origine du résultat médiocre des gauches. L’ERC (Esquerra Republicana de Catalunya) a démontré un manque d’audace et en général, ses dirigeants sont apparus comme des personnes de faible niveau politique. A l’inverse, le parti du nationaliste catalan de droite, la convergence, maintenant appelée Junts Per Catalunya, qui a trouvé dans Puigdemont un habile politicien a réussi à surmonter une situation de départ très difficile pour le PDeCAT (Partit Demòcrata Europeu Català). L’avenir du processus est incertain. Mais en prison ou pas, il semble clair que Puigdemont sera à nouveau le Président de la Catalogne. Il est dommage que la droite ait conservé la direction de ce camp, mais en tout cas, elle n’est comparable en aucune façon à l’autre droite, celle du côté unioniste.

3. Ciutadans a tout balayé dans le camp unioniste, absorbant le vote PP presque complètement, mais mordant aussi dans l’électorat de gauche, surtout dans la ceinture industrielle de Barcelone.

Il est inquiétant qu’un parti néolibéral à 100 %, plus à droite que le PP sur certaines questions, puisse attirer autant de voix ouvrières. L’absence de la gauche dans de nombreux quartiers populaires est un facteur, mais aussi le mouvement indépendantiste, en particulier sa compo- sante la plus gauche, n’a pas été en mesure de dialoguer avec celles et ceux qui canalisent leur rage sur le terrain national espagnol plutôt que sur le terrain social. Son chef, Albert Rivera, peut avoir un tremplin privilégié ici pour prendre une place au niveau de l’État espa- gnol.. Le PSC (Partit dels Socialistes de Catalunya) est resté presque au même niveau, rabaissant les espoirs infondées sur son candidat, Miquel Iceta. Pedro Sanchez, le leader du PSOE n’a pas gagné grand ’chose aujourd’hui, mais il n’a rien perdu non plus.

4. En ce qui concerne les En Comù et Podem, le résultat est mauvais, même s’il n’y avait pas beaucoup plus d’attentes.

Mais les chiffres bruts disent que Catalunya en Comù (CeC) a obtenu 84 % de ses votes dans la province de Barcelone, mais seulement 9,5 % dans la capitale, Barcelone, où la maire, Ada Colau appartient à cette coalition. CQSP (Catalunya Sí que es Pot – la coalition apparentée à Podemos lors des dernières élections régionales) avait eu un résultat déjà décevant, mais là c’est pire, même si le candidat et la campagne étaient meilleures.

Ici les erreurs de se maintenir en permanence à équidistance entre les deux camps et le manque de préparation pour l’organisation du référendum du 1er octobre et les manifestations qui ont suivi ont pesé lourd.

En outre, la quasi dissolution de Podem par voie administrative. Pour une force de gauche, rester spectateur du plus important processus de mobilisation populaire depuis des années, ne semble pas être la bonne recette pour obtenir plus de soutien. Maintenant CeC devrait réflé- chir à comment construire une référence organique qui soit effectivement implantée.

Mais le risque d’être sous le simple appendice d’ICV (Iniciativa per Catalunya Verds) reste élevé. Au niveau de l’Etat espagnol, nous espérons qu’il n’y aura pas de marche arrière quant à la défense de l’organisation d’un référendum sur l’indépendance de la Catalogne, qui, après ce 21-D, continue d’apparaître comme la seule solution possible à la question catalane.

Raul Camargo, 22 décembre 2017

http://www.europe-solidaire.org/

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22 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

catalogne (anti-k)

cup

Résultats de la Gauche: la CUP perd 6 sièges et Podemos allié des ex-PC et écolos en perd 3.

Le PS gagne 1 siège et les nationalistes 4. Les partis de droite espagnolistes passent de 36 à 40 sièges.

http://www.anti-k.org/

cata 2

Lire aussi:

Catalogne. Une extrême-droite à l’ombre du PP (Le Soir.be)

Elections catalanes du 21 décembre. Journal de campagne: deux meetings (Comuns et CUP)

Les indépendantistes obtiennent la majorité absolue (Le Huffington Post)

Quelques leçons du scrutin du 21 décembre. (Le Peuple Breton)

La polarisation va mener à une situation et un gouvernement très fragiles (NPA)

« Il fallait évidemment appliquer l’article 155 » L’ex n°2 de Podemos soutient le coup d’Etat en Catalogne (RP)

Catalogne : malgré l’état d’exception, les forces indépendantistes gagnent les élections (RP)

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20 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

catalogne (jdd)

eurovision

Catalogne : « Ces élections sont historiques »

Comment décrire le climat autour de ces élections régionales?

Elles sont à plusieurs titres historiques. D’abord, du fait du déclenchement de l’article 155 de la Constitution, elles ont été imposées par Madrid ce qui constitue une première. Ensuite, deux des dirigeants des principaux mouvements indépendantistes en lice sont soit en prison (Oriol Junqueras pour Esquerra Republicana Catalunya) soit en exil (Carles Puigdemont pour Junts Per Catalunya). Ça aussi, c’est exceptionnel. Enfin, et là encore c’est inédit, les deux camps, unioniste et séparatiste, défendent aujourd’hui des positions extrêmes, à tel point que cela semble irréversible. Après, il y a tout de même une impression de déjà-vu : c’est cette ambiance kafkaïenne qui règne en Catalogne depuis quatre ou cinq ans, quand a émergé la logique du processus d’indépendance.

Le camp indépendantiste est-il encore soudé?

Peut-être un peu moins. Avant le début de la campagne, le camp de Carles Puigdemont a voulu faire liste commune avec ERC, qui a refusé. Le parti était alors très haut dans les sondages et ses dirigeants ont préféré y aller seul. Ainsi, ils s’ouvraient davantage de possibi- lités, notamment celle de gouverner avec Podemos (Comù-Podem, nom de la coalition catalane de gauche radicale).

Mais le discours très axé sur l’indépendance reste le même…

Pas exactement. En fait, il y a eu une inversion dans les positions de chacun : avant le référen- dum du 1er octobre et la crise des dernières semaines, le parti qui tenait les propos les plus radicaux sur l’indépendance, outre la CUP (Candidature d’Unité Populaire, extrême gauche indépendantiste), était ERC. Convergència Democratica de Catalunya (CDC) devenu le PDe Cat, le Parti dont est issu Carles Puigdemont, était plus modéré. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Pendant la campagne, ERC n’a plus parlé de déclaration unilatérale d’indépendance, a expli- qué qu’il faudra prendre du temps pour convaincre les gens d’adhérer au projet indépen- dantiste. Junts per Catalunya, en revanche, se place dans la continuité de l’action de l’ancienne présidence de la Catalogne avant qu’elle ne soit démise.

Pourquoi Carles Puigdemont a-t-il créé cette nouvelle liste transversale et renoncé à faire campagne sous le label PDecat?

Il a effectivement créé un mouvement très centré sur sa personne. Cela donne l’impression qu’il siphonne le PdeCat à son profit. C’est en partie vrai même s’il ne faut pas oublier que bons nombre de cadres du parti figurent sur la liste. Artur Mas, l’ancien Président de la Catalo- gne et président du PDeCat est même venu à Bruxelles mi-novembre pour discuter avec Puigdemont. On peut imaginer que les deux hommes se sont entendus. Ce qui est certain, c’est qu’il existe des tensions très fortes entre Puigdemont et l’élite du parti. Ensuite, Puigde- mont devait marquer une rupture avec Convergencia et donc le PDeCat, dont l’image est très dégradée par les nombreux cas de corruption. L’un des scénarios possibles est qu’aucune majorité ne se dégage. Alors, on se retrouvera dans une situation de blocage identique à celle de l’Espagne l’année passée

La fuite de Puigdemont à Bruxelles aurait pu passer pour de la trahison. Or, il reste assez haut dans les sondages. Comment l’expliquer?

D’abord parce qu’il a dit que s’il était élu, il reviendrait en Catalogne. Cela accrédite l’image d’un homme courageux. Ensuite, il tient un discours plus belliqueux sur l’indépendance que les autres partis. Cela lui donne aussi une crédibilité. Cette stratégie semble être payante puisqu’ avant la campagne, le camp Puigdemont était crédité de 15 sièges au Parlement. Les derniers sondages lui en donnent au moins 10 de plus.

A quel scénario peut-on s’attendre jeudi soir?

L’un des scénarios possibles est qu’aucune majorité ne se dégage. Alors, on se retrouvera dans une situation de blocage identique à celle de l’Espagne l’année passée et il faudra revo- ter. L’autre option est que les indépendantistes l’emportent avec 68 sièges (sur 135 députés). La CUP pourrait conclure un accord de gouvernement, sur le programme, sans y siéger.

Mais quel serait le projet de ce gouvernement? Déclarer à nouveau l’indépendance?

L’idée d’instaurer la République de Catalogne est toujours là mais tous les partis ne repartent pas sur la base d’une déclaration d’indépendance unilatérale. Il y aura la volonté de gagner du temps, en cherchant à internationaliser le conflit catalan et à tisser des alliances avec d’autres partis espagnols, régionaux ou non. Après, il existe un autre scénario.

Lequel?

Que le parti Erc s’allie au Parti Socialiste Catalan et en Comù-Podem. C’est possible même si pour l’instant toutes ces formations le nient. Aucun parti n’ose véritablement prendre ce sujet de l’indépendance à bras-le-corps pour arriver à une solution intermédiaire

Les unionistes n’ont-ils pas de chances de l’emporter? Ne peuvent-ils pas convaincre des électeurs indépendantistes qui ont été dégoûtés par la crise des dernières semaines?

Au vu des dernières enquêtes, une victoire des souverainistes semble peu probable. Il faut remonter un peu dans l’histoire récente pour comprendre. Il y a encore quinze ans, seulement 20% des Catalans votaient indépendantiste. Avec la crise économique mais surtout l’arrivée du Parti Popular (droite) au pouvoir à Madrid fin 2011, cela a fortement augmenté. Le conflit de ces derniers mois a sédimenté un peu plus cet électorat indépendantiste. Je m’explique : aupa- ravant, il y avait des vases communicants entre les partis, qu’ils soient indépendantistes ou non. Ce n’est plus le cas. Difficile d’imaginer aujourd’hui un électeur indépendantiste faire machine arrière!

Avec la polarisation extrême des deux camps, s’est libéré un espace politique énorme pour une formation qui chercherait à adopter une position médiane, plus conciliatrice. Quel parti pourrait jouer ce rôle?

Aucun parti n’ose véritablement prendre ce sujet de l’indépendance à bras-le-corps pour arriver à une solution intermédiaire. Podemos, qui défend l’idée d’un référendum d’indépen- dance négocié avec Madrid, pourrait le faire. Mais il n’occupe pas vraiment cet espace. C’est pourtant lui qui aura la clé de cette élection en fonction des alliances qu’il nouera.

Guillem Pujol, politologue et doctorant en philosophie à l’Université Autonome de Barcelone (UAB), revient sur les enjeux du scrutin régional qui se déroule jeudi en Catalogne. Un vote où s’affrontent unionistes et séparatistes et qui prend des allures de référendum sur l’indépendance.

20 décembre 2017

http://www.lejdd.fr/

Lire aussi:

Podemos pourrait être le faiseur de roi en Catalogne (Anti-k)

Indépendantistes ou unionistes, qui va gagner ? Jeudi 21 décembre : élection sous haute tension des 135 députés de Catalogne (RP)

Mélenchon aux côtés de la rébellion en Catalogne ou de la droite espagnole (RP) ?

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18 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

quimper rassemblement mardi

trump net
ASSOCIATION FRANCE-PALESTINE SOLIDARITE
GROUPE DU PAYS DE CORNOUAILLE
 .
Pour défendre la paix et pour défendre le droit international
 .
L’ARAC, le groupe du pays de Cornouaille de l’AFPS, ATTAC, Ensemble, la section de la LDH de Quimper, le Mouvement de la Paix, le NPA, et le PCF:
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-Dénoncent le fait accompli de Donald Trump qui, au mépris du droit international, déclare que Jérusalem est la capitale d’Israël,
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-Dénoncent les faits accomplis perpétrés par le gouvernement israélien contre le peuple palestinien, avec le développement accéléré de la colonisation dans les territoires palestiniens occupés et avec le risque de faire de quelques territoires  disparates, emmurés et non viables un soi-disant Etat palestinien,
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-Déplorent l’attitude partiale envers Israël d’Emmanuel Macron, plus soucieux de la sécurité d’Israël et du développement des coopérations franco-israéliennes que de condamner la politique coloniale et guerrière d’Israël,
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-Apportent tout leur soutien au peuple palestinien dont les droits doivent être respectés ainsi qu’aux Israéliens qui reconnaissent ceux-ci,
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-Demandent à la France et à l’Union européenne la reconnaissance immédiate de l’Etat de Palestine, dans les frontières d’avant 1967 et avec Jérusalem-Est comme capitale, ainsi que l’adoption de sanctions à l’encontre d’Israël tant que les droits des Palestiniens ne seront pas honorés,
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-Et appellent à une action citoyenne résolue contre la politique coloniale d’Israël.
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En conséquence, ces associations et organisations appellent la population cornouaillaise à un
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Rassemblement, Mardi 19 Décembre, 18 h,
Place de la Résistance  Quimper
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Pour défendre la paix et pour que le droit international l’emporte sur les faits accomplis.
 .
AFPS-Cornouaille

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17 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

cup (el nacional.cat)

catalunya-l

Le CUP, Fachin et Procès Constituant constituent une plate-forme de campagne unitaire

« Vaincre le 155, gagner la République. » C’est avec cette déclaration d’intention qu’a été établie mercredi la plate-forme pour la République, un front uni de la CUP, Procès constituant et Som Alternative, le mouvement créé par l’ancien secrétaire général de Podem Albano-Dante Fachin Podem, évincé par la direction depuis Madrid.

Après la mi-parcours de la campagne 21-D, ils ont décidé de pousser l’accélérateur: ils vont organiser des événements communs tous les jours, jusqu’à neuf au total, à partir de ce mercredi.

L’intention est d’aller au-delà des blocs.

« Fédéralistes, confédéralistes et l’indépendance vont de pair parce que nous défendons une union de la reconnaissance entre pairs et, par conséquent, la première étape représente l’indépendance de la Catalogne » disent-ils dans les sept premiers points du manifeste qui a été soumis . « L’internationalisme passe aujourd’hui par la défense et la promotion de la République catalane », ajoutent-ils dans cette ligne.

Ce mercredi soir, il y aura une réunion à Lleida avec Bel Olid (CUP), Albano-Dante Fachin (Som Alternative) et Jordi Rich (Proces).

Il y aura également des événements à Barcelone, Badalona, ​​Mataró, Granollers, Gérone, Ripollet et Sant Joan de Villatorrada. Les participants incluront, entre autres, l’ex-député de Podem Àngels Martínez, la religieuse Teresa Forcades ou l’économiste Arcadi Oliveras. Au nom de la CUP, certains de ses visages les plus visibles participeront, comme les ex-députés Gabriela Serra, Mireia Boya et Mireia Vehí.

Le mot d’ordre, cependant, est d’aller « bien au-delà » des élections.

« Nous avons présenté l’accord dans le cadre d’une campagne électorale, mais nous avions déjà une trajectoire de syntonie, de complicité et de confluences à l’intérieur et à l’extérieur des institutions », a déclaré Carles Riera, responsable de la liste CUP. La plateforme n’est pas électorale, a-t-il dit, mais cela pourrait être le cas lors des prochaines élections. Il a également exprimé sa volonté de faire de « nouveaux ajouts ». Parmi eux, les Comuns ou « acteurs de cet espace », auxquels « ils ouvriront grand les portes ».

Fachin a rappelé, cependant, que s’ils veulent l’intégrer les Comuns, doivent supposer que «vous devez agir et vous tenir debout, sans demander de permission», et qu’il n’y a pas de place pour l’équidistance. « Nous sommes partis des leçons du 1er octobre, qui a permis de faire travailler les gens à partir de la pluralité et du radicalisme démocratique », a déclaré le leader de Som Alternativa. Il a également participé à des actes d’ERC, mais a qualifié cette plate-forme de «lecture politique de fond».

Aussi contre le 135

Dans son cinquième point, le manifeste commun révèle son «opposition absolue à l’application de 155 par le bloc PP-Cs-PSC», qui a placé la Catalogne «dans un scénario clairement inégal où l’État agit clairement comme un oppresseur». D’autre part, aussi, ils appellent à la libération immédiate de tous les prisonniers politiques et la restauration du droit suspendu par le Tribunal Constitutionnel, et dénoncent « la spirale répressive et autoritaire » depuis le 20 Septembre, qui a donné lieu à des « arrestations, persécutions, violence, emprisonnement et menaces de toutes sortes.  »

Mais l’article 155 n’est pas le seul contre lequel ils manifestent. « Nous devons mettre un agenda social dans l’élan de la République », disent-ils. Et ils ajoutent: « C’est un élément clef pour lier la libération sociale et nationale, et pour cette raison, l’éducation, la santé et les banques publiques doivent être des politiques prioritaires ». C’est à cause de tout cela qu’ils ne reconnaissent pas « l’application de l’article 135″ qu’ils qualifient d ‘ »austéricide ».

« Construire la République devra recourir à la désobéissance pour faire face au mur autoritaire et conservateur du régime de 78″, préviennent les trois organisations. « En ce sens, le cadre veut unir toutes les personnes qui ont défendu le référendum le 1er octobre et les grèves les 3 et 8 octobre ».

Nicolas Tomás Mercredi 13 décembre 2017

https://www.elnacional.cat/

Lire aussi:

Candidature d’unité populaire (Wikipedia)

Proceso Constituyente en Cataluña (Wikipedia)

Dante Fachin se incorpora a la campaña electoral de ERC y la CUP

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17 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

jlm à barcelone (jdd)

en comu p

Les formations sur cette liste: les deux branches de l’ex PC:  ICV et EUA, EQUO les écologistes, En Comù de Ada Colau maire de Barcelone et Podemos

A Barcelone, Valls et Mélenchon s’affrontent sur l’indépendance de la Catalogne

Jean-Luc Mélenchon, vendredi, puis Manuel Valls, samedi, ont fait le déplacement à Barcelone pour participer à la campagne électorale en Catalogne.

Jean-Luc Mélenchon souhaite la tenue d’un nouveau référendum

Vendredi soir, c’était Jean-Luc Mélenchon qui tenait meeting à Barcelone, cette fois aux côtés des indépendantistes. Le leader de la France insoumise a ainsi participé à une réunion publi- que de Xavier Domènech, le candidat de Podemos qui défend l’idée d’un nouveau référendum, cette fois dans un cadre légal et accepté par Madrid. (Mais auquel il appellera à voter non! Note du blog)

Jean-Luc Mélenchon a appuyé ce projet lors de ce meeting tout en appelant à la négociation : « Moi je plaide pour que les choses ici se calment, qu’on aille vers des solutions politiques plus traditionnelles, et qu’on revienne aux enjeux sociaux qui sont de nature à réconcilier la société, et à se tourner vers le futur. »

Interrogé par les médias français, notamment BFM et RTL, l’Insoumis s’en est pris à l’impli- cation de Manuel Valls dans la campagne catalane. « Il vient ici pour mettre le feu, aggraver les tensions, pour exaspérer les gens, a ainsi lancé Jean-Luc Mélenchon à propos de l’ancien Premier ministre français. C’est le personnage politique en France qu’il prolonge ici. »

16 décembre 2017

http://www.lejdd.fr/

Lire aussi:

Xavier Domènech (Wikipedia)

Mélenchon vient soutenir le candidat de Podemos

Catalogne : «La feuille de route indépendantiste est incantatoire»

Commentaire:

En aucune façon Mélenchon ne vient soutenir des indépendantistes et encore moins l’indépendance! Mais il laisse chacun imaginer ce qu’il veut quand par exemple il condamne la liste PCF-Insoumis corses et dit « bravo! » à Siméoni-Talamoni, frères jumeaux de Junqueras-Puigdemont, les socio-libéraux!

Le meeting auquel il a assisté, est celui de la gauche de gauche non indépendantiste: Podemos (Podem), l’ex-PC le PSUC (EUA et ICV) ayant auparavant gouverné avec ERC et le PS, en passant par des écolos « EQUO » et  »En Comù », de la Maire de Barcelone, Ana Colau, pas du tout indépendantiste. Podem pour sa part vient  d’expulser une partie de ses membres (pas indépendantistes mais ouverts) (voir ci-dessous) qui viennent par la suite de faire alliance avec la CUP indépendantiste.

cata

Lire aussi:

Point de vue 

Pourquoi un non-indépendantiste catalan appelle-t-il à voter pour des indépen-dantistes… (Albano Dante Fachín*)

… parce que c’est le seul moyen, dans la lignée de ce que fut le mouvement  des Indigné-es du 15M, de combattre Rajoy et son PP et un PSOE, comme lui, inféodé à l’Ibex 35 (le Cac 40 espagnol).

Parce que c’est aussi le moyen de rester fidèle à la mobilisation pour le référendum d’auto-détermination du 1er octobre qui, malgré les violences policières, a été un pari réussi pour la démocratie. Pari fait que l’on soit indépendantiste ou non-indépendantiste. Toute voix qui se porterait le 21 décembre sur toute autre liste que celles des indépendantistes, sera une voix que les partisans de ce régime corrompu, violent, antidémocratique et antipopulaire, comptera comme sienne

* Albano Dante Fachín était le secrétaire général de Podem, le Podemos catalan. Ayant défendu la nécessité qu’à l’élection du 21 décembre, son parti cherche une alliance avec l’indépendantisme catalan, il a été démis de ses fonctions, de façon antistatutaire, depuis Madrid par le secrétaire général de Podemos, Pablo Iglesias. Celui-ci a constitué une liste d’unité avec les Communs, le parti de la maire de Barcelone, Ada Colau, qui, sur la situation prévalant en Catalogne, adopte une position d’équidistance, celle du «ni indépendance, ni 155» en faveur d’un référendum d’autodétermination négocié avec Madrid.

Référendum négocié dont Albano Dante Fachín souligne que, dans les conditions politiques imposées par le gouvernement de Madrid, il est une revendication totalement irréaliste et qu’il affaiblit la lutte qui se mène en Catalogne contre le régime monarchiste issu du franquisme. Entre autres raisons car il repose sur la nécessité de parvenir à une alliance avec les socia- listes qui ont soutenu la démarche du gouvernement de l’Etat espagnol de destitution des dirigeants de la Généralité catalane.

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16 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

kanaky libre ? (survie)

kanak

L’occupation française de la Nouvelle Calédonie serait seulement aberrante si on s’arrêtait à la seule géographie et aux 17 000 kilomètres qui séparent la France de ce territoire.

L’archipel se trouve littéralement aux antipodes de la métropole. Il y aurait, pour tout Français qui déciderait soudainement de s’y installer pour quelques temps, à tout le moins de quoi s’interroger sur cette bizarrerie.

Mais, comme pour tout pays ayant été colonisé, l’Histoire y est faite de massacres, d’oppression, de vols de terres, d’attaques contre la culture autochtone.

Rares sont les blogs d’expatriés qui n’abordent pas la cohabitation avec les Kanak, ou la question de l’indépendance. Les positions varient de la défense de la souveraineté française à la distance proche du déni, en passant par le malaise [1] et quelques rares manifestations de soutien à la cause kanak.

A l’autre bout de la Terre, les Kanak se débattent depuis plus de 160 ans avec une situation monstrueuse patiemment construite par une politique de peuplement pensée et mise en œuvre par l’État français [2].

Les dirigeants successifs, en sinistre jeu de plateau, y ont poussé les pions de groupes hu- mains pour asseoir la mainmise de l’empire : bagnards de la Commune de Paris, tirailleurs sénégalais punis, déportés indochinois ou algériens, Wallisiens et Futuniens, ancien partisans de l’Algérie française, parfois de l’OAS, qu’on a jugé préférable de mettre loin, protégeant la France de leur potentiel déstabilisateur tout en leur permettant de retenter l’expérience coloniale ailleurs…

Mais l’histoire des Kanak est aussi celle de leur résistance, par les armes lors des différentes insurrections ou par le combat non moins visible pour défendre et affirmer une culture sauvée du rouleau­-compresseur républicain et colonial. Ce dernier fit ainsi interdire en 1921 la publication d’écrits dans les nombreuses langues kanak.

La lutte est omniprésente, jusque dans les logos des trois provinces du pays :

des flèches faîtières traditionnelles pour la Province nord et celle des îles Loyauté, toutes deux à majorité Kanak ; trois traits bleu­-blanc­-rouge au milieu de celui de la Province sud où se trouve la riche et blanche Nouméa. La société calédonienne a de fâcheux airs de ségrégation raciale.

Quand les anticolonialistes dénoncent encore le maintien d’outils de domination de la France sur les pays frança­fricains, il y a matière à se réjouir de voir le processus de décoloni­sation de la Kanaky se diriger vers une issue : le premier réfé­rendum devrait se tenir dans un an pour le transfert des dernières compétences et peut­-être l’indépendance du pays.

Mais la partie n’est pas jouée :

l’indépendance fait par­fois peur à des personnes broyées par le système colonial, qui en régnant a tout fait pour paraître indispensable. Elles seules pourront dire l’avenir qu’elles souhaitent. À nous de nous tenir aux côtés de ceux qui dénoncent les manipulations électo- rales à l’œuvre, par lesquelles la voix légitime du peuple co­lonisé menace d’être noyée.

A nous aussi d’être vigi­lants pour que les méthodes françafricaines ne soient pas appliquées pour dénaturer les lendemains d’une éventuelle décolonisation. Kanaky, nom d’une liberté déjà écrite par les graffitis des indépendantistes, de­ viendra peut­-être celui de la Nouvelle Calédonie.

3 décembre 2017Mathieu Lopes

https://survie.org/

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15 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

l’empire ( à l’encontre)

toc

L’Empire et le Moyen-Orient à l’âge de Trump

Les Etats-Unis se sont principalement concentrés sur la défaite de l’Etat islamique en Irak et en Syrie (ISIS), qui semble avoir été largement obtenue suite aux offensives pour chasser l’Etat islamique de ses principaux bastions dans les deux pays. Première question: qu’arrive-t-il à l’Etat islamique (EI) maintenant?

L’EI a manifestement subi une grave défaite. Ils pensaient qu’ils avaient construit un Etat, un califat qui durerait longtemps sur un très vaste territoire en Syrie et en Irak, et ils ont fonda- mentalement perdu tout cela. Cela a duré environ trois ans avant de se défaire. On pourrait dire que c’était déjà un exploit pour l’Etat islamique de garder un si grand territoire pendant si longtemps contre pratiquement tout le monde. Parce que c’est le seul groupe contre lequel il y a eu une sorte d’unanimité parmi toutes les autres forces impliquées dans la région.

L’EI a subi une lourde défaite, mais cela ne veut pas dire qu’il va disparaître. Beau- coup de ses combattants ont réussi à se cacher en Irak et en Syrie, et ils ont des filiales dans plusieurs autres pays. Et comme nous le voyons dans le cas d’Al-Qaida, le terrorisme peut continuer sur le long terme à travers des réseaux souterrains. Je suis sûr que nous verrons des manifestations de ce terrorisme dans la période à venir, parce qu’il n’y a pas de véritable moyen de se débarrasser d’un tel fléau sans changer les conditions qui le produisent.

Aujourd’hui, ces conditions sont assez compliquées. Ils comprennent, tout d’abord, le terroris- me d’Etat, à commencer par celui d’Israël et celui perpétré par la domination impérialiste occidentale dans la région. Une grande partie de ce qui s’est passé dans le monde depuis 1990 trouve son origine dans les guerres menées par les Etats-Unis contre l’Irak en 1991 et 2003, et l’occupation de l’Irak qui s’en est suivie. Mais il y a aussi beaucoup de régimes despotiques dans la région qui pratiquent le terrorisme d’état et attisent la même haine, créant ainsi un terreau pour des groupes comme l’EI.

Dans l’ensemble, nous assistons à ce que j’ai appelé dans un livre que j’ai écrit après le 11 septembre le «choc des barbaries» [voir la réédition en langue française: Le choc des barbaries. Terrorismes et désordre mondial, Ed. Syllepse, 2017]. La barbarie du fort crée les conditions d’une contre-barbarie des faibles.

C’est ce que nous avons vu – et nous le verrons encore plus, je le crains – avec la perpétuation de la barbarie des forts, celle des Etats-Unis d’Amérique, la plus meurtrière de toutes, ou de la Russie, ou des régimes despotiques locaux tels que la tyrannie d’Assad en Syrie, le plus barbare des gouvernements régionaux, ou la dictature de Sissi en Egypte, pour n’en nommer que deux.(…)

Peux-tu tirer des conclusions générales sur le bilan de la révolution et de la contre-révolution, presque sept ans après le Printemps arabe? Tu as déjà écrit qu’il fallait comprendre ce processus comme un processus non divisé en épisodes distincts, mais continu. Pourrais-tu développer ceci?

Le point de départ est de comprendre que ce Printemps arabe ne se limite pas aux questions de la démocratie et de la liberté, telles que décrites dans les médias. C’était une explosion sociale et économique beaucoup plus profonde, due à l’accumulation de griefs à caractère social. Des taux de chômage record, en particulier chez les jeunes; le bas niveau de vie; la pauvreté. Tout est arrivé avec force à la surface en 2011.

C’est pourquoi j’ai souligné que ce que j’appelle un processus révolutionnaire à long terme a commencé, un processus qui va charrier des troubles durant de très nombreuses années – on peut même dire, aujourd’hui: durant des décennies.

Il n’y aura pas de nouvelle stabilisation dans cette partie du monde pour une longue période, car la condition pour une stabilisation réside dans un changement social et politique radical, qui mettrait la région sur la voie d’un développement économique et social très différent. Sans un changement aussi radical, l’instabilité du Moyen-Orient ne sera pas résolue.

Le problème du moment est que les forces progressistes, qui ont émergé lors des Printemps arabes, ont été marginalisées presque partout au cours des années post-2011. Depuis lors, la région a été déchirée entre deux forces réactionnaires.

D’une part, il y a les régimes – ou leurs restes dans les pays où ils ont été renversés ou considérablement affaiblis. Et de l’autre côté, il y a les forces fondamentalistes islamiques,

Surtout les Frères musulmans parrainés par le Qatar et les salafistes inspirés de l’Arabie saoudite, qui ont surgi depuis les années 1970 et 80 sur le cadavre d’une précédente vague de mobilisation de gauche, dans laquelle les partis nationalistes et communistes ont joué un rôle clé.

La réalité est que toute la région s’est déplacée depuis 2013 de la phase révolutionnaire précédente, surnommée le Printemps Arabe, à une phase contre-révolutionnaire. Cette dernière est caractérisée par l’affrontement entre les deux forces contre-révolutionnaires – celle des régimes et celle de leurs rivaux islamistes fondamentalistes.

C’est ce qui est à l’œuvre dans les guerres qui ont éclaté en Libye, en Syrie et au Yémen – en gros, vous trouvez ces ingrédients partout.

Ils existaient dans la situation de tensions intenses en Egypte: la forme que cela a prise se concrétise dans le retour de l’ancien régime, avec un caractère de vengeance, entre autres en écrasant les Frères musulmans.

Nous sommes au milieu de cette phase contre-révolutionnaire.

Mais en même temps, vous pouvez voir à partir d’un certain nombre d’indicateurs que les problèmes sociaux surgissent avec vigueur. Non seulement tous les facteurs sociaux et économiques qui ont conduit à l’explosion de 2011 sont toujours là, mais ils sont plus exacerbés.

Cela conduira à d’autres explosions et à de nouvelles turbulences: c’est certain.

Nous ne pouvons qu’espérer que le potentiel progressiste qui a émergé avec force en 2011 sera capable de se reconstituer et de s’organiser pour tenter de gagner le pouvoir. C’est ce qui manquait au Printemps arabe: des organisations qui incarnent ce potentiel, avec une stratégie claire de la construction d’une alternative aux anciens régimes et à leurs adversaires fondamentalistes.

Entretien avec Gilbert Achcar conduit par Alan Maass

Alencontre  15 décembre 2017

(Article publié sur le site socialistworker.org le 11 décembre 2017; traduction A l’Encontre)

http://alencontre.org/

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11 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

sdn trégor (3)

sdn

Hier, dimanche 10 décembre avait lieu à OSLO en Norvège, la remise officielle du NOBEL de la PAIX à ICAN. Demain, mardi 12 à 20H30 nous accueillerons à LANNION un représentant de ce PRIX NOBEL DE LA PAIX 2017

Une occasion formidable, pour mieux comprendre les enjeux de la menace de la Bombe Atomique.

Une occasion formidable, pour appeler la France à rejoindre enfin le nouveau Traité de l’ONU

Pour l’Interdiction et l’Elimination des Armes Nucléaires.

Dominique LALANNE est Physicien nucléaire, a travaillé au CNRS et milite depuis de nombreuses années pour l’abolition des armes nucléaires.

COVOITURAGE au départ de Guingamp :

aire de covoiturage de Kernilien  Départ 20H00  06-87-38-59-28

L’AGENDA de Sortir Du Nucléaire-TREGOR

Mardi 12 Décembre 2017  20H30  Conférence :

« Armes Nucléaires, Armes interdites!» avec Dominique LALANNE représentant de ICAN France, Prix Nobel de la Paix 2017 Amphi de l’Espace Ste-Anne

Mercredi 13 Décembre 2017  11H30  Réception officielle du représentant du Prix Nobel de la Paix 2017 par le Maire de Lannion  Espace Ste-Anne

Jeudi 11 Janvier 2018 18H30 : Prochaine réunion de SDN-TREGOR  Espace Ste-Anne

https://sdntregor.wordpress.com/

Lire aussi:

http://www.letelegramme.fr/

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11 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

farhat hached (jeune afrique)

colloque farhathach

Après les promesses de Macron concernant Sankara, un chroniqueur tunisien l’interpelle à propos de Farhat Hached

À l’occasion de la commémoration de la disparition du fondateur de l’UGTT, et après que la question de la vérité et de la mémoire a été soulevée lors du voyage d’Emmanuel Macron au Burkina Faso, le chroniqueur et dessinateur Sadri Khiari demande à la France de reconnaître « toutes ses responsabilités ».

Tout indique qu’Emmanuel Macron ne donnera malheureusement pas suite.

Mais Sadri Khiari, membre fondateur d’AttacTunisie, ancien animateur du mouvement trotskiste tunisien et auteur de plusieurs ouvrages, dont le dernier en date s’intitule Malcolm X, stratège de la dignité noire, a rebondi sur l’actualité des tournées africaine et maghrébine du président français et de la commémoration de la disparition du syndicaliste tunisien Farhat Hached, le 5 décembre 1952, pour exiger : « La France doit reconnaître toutes ses responsabilités ».

Depuis 2016, Sadri Khiari publie une chronique hebdomadaire au ton très militant et adjointe d’une illustration, ou le contraire, sur le site Nawaat. Ce 7 décembre, il a représenté Hached qui dit, dans une bulle, « Manich Msamah » (« Je ne pardonne pas »), un clin d’œil à la campagne éponyme menée par de jeunes révolutionnaires opposés à la récente loi de réconciliation nationale.

Khiari accuse l’Etat français

Farhat Hached, né en 1917, a été un des principaux leaders du mouvement national et reste connu pour être le fondateur de la puissante Union générale tunisienne du travail (UGTT). Le 5 décembre 1952, le chef de file indépendantiste est assassiné par la Main rouge. Ce collectif  regroupe des ultras de la colonisation et quelques barbouzes et vise les nationalistes maghrébins.

Mais Khiari accuse : « L’Etat français était responsable. Au plus haut niveau, il était impliqué dans le meurtre du fondateur de l’UGTT.

Les témoignages, les documents abondent, un certain nombre d’entre eux, jusqu’alors conf- identiels, ont été déclassifiés et remis, officiellement, par l’ancien président, François Hollande, à la famille du leader syndical. » On peut en effet lire à propos de l’assassinat de Hached dans la biographie Habib Bourguiba de Sophie Bessis et Souhayr Belhassen, publiée par Jeune Afrique Livres en 1988 : « On saura plus tard que Hauteclocque (résident général de France en Tunisie, ndlr), au courant du projet, l’avait dûment approuvé. » Et en 2013, l’ancien prési- dent français Hollande avait délivré à la famille Hached des documents de police concernant le syndicaliste.

Une délicate question politique

Si Khiari s’empare du sujet cette année, ce n’est pas anodin. En visite officielle au Burkina Faso, l’actuel président français Emmanuel Macron a promis : « Tous les documents produits par des administrations françaises pendant le régime de Sankara et après son assassinat [qui sont toujours] couverts aujourd’hui par le secret-défense national [seront] déclassifiés pour être consultés en réponse aux demandes de la justice burkinabè ».

Une initiative dont Jeune Afrique relevait qu’elle pouvait tenir de l’effet d’annonce 

« À quatre reprises, entre 2014 et 2017, son prédécesseur, François Hollande, avait pris de semblables engagements à propos de dossiers sensibles ayant marqué l’histoire franco-africaine tels que le massacre de tirailleurs sénégalais au camp de Thiaroye, l’implication française au Rwanda de 1990 à 1994, la répression féroce contre l’Union des populations du Cameroun (UPC) ou encore la mort de Mehdi Ben Barka. Or, a posteriori, dans ces quatre affaires, familles de victimes, militants, avocats ou chercheurs se sont montrés plus que réservés. »

L’incapacité de l’État français à assumer son passé

Khiari, lui, pousse la question plus loin encore. Sur un terrain à la fois mémoriel et politique. Derrière les secrets toujours enfouis de l’affaire Hached, il y a, à l’en croire, l’incapacité de l’État français à assumer son passé et donc à rompre avec diverses pratiques politiques. Sous sa plume, la reconnaissance de ses responsabilités par l’État français dans la disparition du leader tunisien « ne peut être qu’une fin dont le préalable nécessaire est la reconnaissance officielle par l’Etat français du crime colonial, sans finasseries ni faux-fuyant, des excuses en bonne et due forme et un système de réparations. »

La presse tunisienne, de son côté, remarquait que la commémoration de la disparition de Farhat Hached était aussi devenue de manière récente une date symbolique des tensions post-révolutionnaires. En 2012, des militants des Ligues de protection de la révolution (LPR), à teinte islamiste, provoquent des militants de l’UGTT et finissent par en venir aux mains avec eux, alors que ces derniers s’affairent pour commémorer leur héros.

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