Archive | Antiimpérialisme

24 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

studios (afps)

afps

Dans le cadre de Festisol nous projetons dimanche 4 décembre aux Studios « Wardi » à 16h .Film d’animation (1h20 2018 réalisé par Mats Gorud).La projection sera suivie d’un échange avec les spectateurs /trices  avec Claude Léostic .Le film aborde la question des réfugiés à travers Wardi,une jeune palestinienne de 11 ans qui vit dans un camp au Liban.Le film s’adresse tout autant aux adultes qu’aux enfants à partir de 10ans…c’est pourquoi nous l’avons mis un dimanche à 16h!…On peut venir seul.e …ou  en famille!

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23 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

coupe carhaix (france info)

clim a

Coupe du Monde au Qatar. Partisans du boycott, ces Bretons se mobilisent pour dénoncer un désastre environnemental et humain

Alors que la France s’apprête à disputer son premier match de Coupe du Monde face à l’Australie, des manifestations s’organisent en Bretagne pour dénoncer « l’aberration » du tournoi. Avec des rassemblements, et même un match de foot « éthique » en guise de contre-pied.

A quelques heures de l’entrée en lice de l’équipe de France en Coupe du Monde, le choix d’organiser la compétition au Qatar continue de provoquer la polémique.

On savait depuis des mois que des villes comme Rennes, Brest, Lorient etc avaient décidé de ne pas retransmettre les rencontres des Bleus sur écran géant. Aujourd’hui, ce sont des citoyens qui se mobilisent pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une aberration.

A Carhaix, dans le Finistère, ce 22 novembre, une trentaine de jeunes militants du collectif « Youth for climate » se sont rassemblés pour dénoncer une « Coupe du Monde de la Honte ».

Ils pointent du doigt le désastre environnemental que représente la construction des huit stades climatisés en plein désert, et l’atteinte aux droits humains. Ceux des travailleurs étrangers venus travailler sur les chantiers avec un bilan dramatique, (6 500 morts selon le journal britannique Le Guardian), ceux d’une partie de la population du Qatar, femmes et homosexuels notamment.

« On sait qu’on n’arrêtera pas la Coupe du Monde, explique Armel Kermanac’h du collectif « Youth For the Climate », mais si on peut favoriser une prise de conscience pour éviter que de tels projets continuent de voir le jour, ce serait bien. On pense notamment aux futurs JO d’hiver de 2029 en Arabie Saoudite ».  

La stratégie du contrepied : en face de France/Australie, un match de foot « éthique » à Plœuc-sur-Lié

Ce 22 novembre au soir, à l’heure où les Bleus disputeront leur premier match contre l’Australie, une association costarmoricaine organisera même une rencontre alternative : un match de foot « éthique » en guise de contrepied pour dénoncer une compétition que les « Eco-liés » considèrent comme totalement absurde.

« A Plœuc-sur-Lié, la vocation des « Eco-liés », est comme le nom l’indique, d’apprendre ensemble à tisser du lien pour relever les défis environnementaux, explique le président Gaétan Villeneuve. Moi, je suis amateur de foot, et c’est la première fois que je vais rater un mondial. Mais quand on connaît le bilan humain et environnemental de la construction de ces 8 stades climatisés en plein désert, il faut s’abstenir de regarder. Et s’indigner ».

L’organisation de la compétition est en décalage total avec les enjeux que doit relever l’humanité à l’heure du réchauffement. Et on ne tire toujours pas de de leçons. L’argent reste roi, les droits humains, et l’avenir de la planète passent après. Et nous ce monde-là on n’en veut pas » .

L’association appelle donc au boycott des matchs à la télé, et invite tout ceux qui le souhaitent, amateurs de sports notamment, à participer à une rencontre alternative, « éthique », à 19h30 ce 22 novembre au Stade George Boulaire à Plœuc. Les Eco-liés feront donc la Coupe du Monde buissonnière.

22/11/2022 Gilles Le Morvan .

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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23 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

esclaves (reporterre)

Ben Hur, Photo 4

1 million d’« esclaves modernes » au service des consommateurs européens

Chaque année, la frénétique consommation des Européens est associée à 1,2 million de cas d’esclavage moderne et 4 200 morts, explique une étude inédite. Cette forte demande, notamment en minerais, détruit humains et planète.

À vos démarques, prêts… stoppez ? À deux jours du Black Friday, grande messe de la consommation, une étude inédite vient documenter la face cachée – et plutôt sombre – de nos achats. Smartphone, voiture, électroménager… Ces objets du quotidien sont autant de petites bombes climatiques et humaines.

Chaque année, la consommation des Européens est ainsi associée à 1,2 million de cas d’esclavage moderne et 4 200 accidents du travail mortels dans le monde. Et près de 40 % de l’empreinte totale des émissions de gaz à effet de serre de l’Union européenne ont lieu en dehors de nos frontières.

« Les émissions générées hors de nos frontières pour satisfaire les consommateurs européens constituent une très grosse part de nos émissions, souligne Guillaume Lafortune, du réseau des solutions de développement durable des Nations unies (SDSN), à l’origine du rapport. Nous ne pouvons pas faire comme si elles n’existaient pas, juste parce qu’elles sont causées ailleurs. » [1] Notre frénésie consumériste provoque ainsi chaque année 4,7 gigatonnes (Gt) d’émissions de gaz à effet de serre hors de l’Europe, onze fois plus que les émissions de la France.

Près de 40 % de l’empreinte totale des émissions de gaz à effet de serre de l’Europe ont lieu en dehors de nos frontières. C’est ce qu’on appelle les émissions importées. 

Pour parvenir à ces résultats, le réseau onusien, en partenariat avec l’Université de Sydney, a fait tourner les ordinateurs : « Nous avons combiné les bases de données concernant les flux financiers et commerciaux avec les données satellites sur le travail forcé ou les émissions de CO2 », explique M. Lafortune.

Après s’être intéressés aux conséquences de l’industrie du textile et de l’alimentation, les chercheurs se sont penchés plus précisément sur les minéraux fossiles et bruts. Gaz naturel, pétrole, uranium, cuivre, zinc, pierre, sable, phosphate, sel… Ces ressources extraites des sols et des fonds marins sont en effet indispensables à la production de nos biens et services.

« Les transitions en cours sont particulièrement gourmandes en minerai »

« Ils sont dans beaucoup de nos produits de consommation, abonde M. Lafortune. Et le problème, c’est que les transitions énergétique et digitale en cours – avec les smartphones, les véhicules électriques ou les éoliennes – sont particulièrement gourmandes dans ces minerais. » On est donc loin d’une baisse de la demande.

Autant de ressources essentielles à notre société productiviste… et qui ne se trouvent pas, ou peu, dans les sous-sols européens. Les vingt-sept pays de l’Union européenne sont ainsi fortement dépendants des importations : d’après l’étude, « l’UE a consommé environ 2,7 fois plus de minerais métalliques et 2,9 fois plus d’énergie fossile que la quantité extraite à l’intérieur de ses frontières en 2019 ».

« En Turquie, un travailleur des mines meurt toutes les quatre heures »

Extraction minière, raffinement, assemblage, transport… la production et l’acheminement de ces matières brutes ne sont évidemment pas sans conséquences. Sur la planète, mais aussi sur les humains. « La Chine, l’un des principaux partenaires commerciaux de l’UE, est très concernée, précise M. Lafortune. Ils subissent régulièrement des explosions dans les usines, et les conditions de travail sont loin d’être idéales. » En Turquie, un travailleur meurt toutes les quatre heures dans un accident du travail, nous apprend l’étude. Quant au travail forcé, des cas ont été recensés en Corée du Nord, au Nigeria ou encore en Angola, en particulier dans les mines.

Que faire pour réduire ces effets dévastateurs ? « Il n’y a pas de baguette magique, estime M. Lafortune. Arrêter toutes nos importations n’est pas la solution, car le commerce international est une source de revenus et d’emplois dans nombre de pays du Sud. » Notre expert mise plutôt sur une série d’outils réglementaires au niveau européen : l’adoption – en cours – d’une loi de vigilance comme celle existante en France, des interdictions ciblées – sur le travail forcé notamment – ou une taxe carbone aux frontières.

Reporterre se permet d’ajouter à cette liste d’autres pistes pour désintoxiquer le monde, telle la sobriété ou les low tech.

https://reporterre.net/

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16 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

israël (l’étincelle-courrier)

Palestinian_refugees

La naqba, la fuite devant l’armée israëlienne

Élections législatives en Israël : quasi-disparition de la gauche, renforcement de l’extrême droite

Deux traits saillants ont marqué les élections législatives israéliennes qui se sont déroulées au début de ce mois.

D’abord, la quasi-disparition de l’échiquier politique de la gauche sioniste qui n’a plus que quatre sièges au Parlement, la Knesset, sur un total de 120. Ensuite, la forte poussée d’une extrême droite religieuse, raciste à l’égard des Arabes et des non-juifs, homophobe et expansionniste, dont le leader, Itamar Ben Gvir, rêve de débarrasser la Palestine de tous les Arabes qui seraient envoyés en Jordanie. Les deux phénomènes sont d’ailleurs étroitement liés.

La gauche sioniste, creuset de l’État sioniste

Il faut d’abord rappeler que la gauche israélienne – sous ses variantes travailliste et socialiste – a toujours proclamé son sionisme à tout crin, c’est-à-dire son nationalisme juif. Avant même la proclamation officielle de l’État d’Israël, en 1948, elle avait mis en place pas à pas une structure étatique avec une force armée, la Haganah, et ses commandos d’élite, le Palmach, des coopératives ouvrières, des colonies collectivistes (kibboutz), des villages coopératifs (moshav), une centrale syndicale (la Histadrout), une sécurité sociale, des organisations culturelles et sportives, etc.

De plus elle contrôlait l’essentiel des municipalités juives. Ce qui incita dans les années 1950 et 1960 une partie de la gauche européenne et nord-américaine à parler à ce propos, et un peu vite, de « socialisme israélien ». Et lorsque l’État sioniste est né, les travaillistes se sont retrouvés naturellement aux postes clés du pouvoir, depuis les dirigeants du gouvernement (Ben Gourion, Golda Meir) jusqu’à ceux de l’armée (Moshe Dayan, Itzhak Rabin), en passant par la police, la justice, voire régulièrement la présidence de l’État (Ben-Zvi, Shazar, Herzog), etc.

Mais dès l’origine, le ver était dans le fruit. En s’affirmant sioniste, cette gauche désignait peu ou prou comme adversaire la population arabe, supposée occuper indûment la terre de ses ancêtres. Et nombre de kibboutz et de moshavs furent érigés sur des terres d’où avaient été chassés les fellahs palestiniens. De même il fallut une lutte de longue haleine pour faire accepter les travailleurs palestiniens au sein de la Histadrout, réservée à l’origine aux seuls travailleurs juifs et qui interdisait aux entreprises dirigées par des juifs d’employer des salariés arabes.

C’est cette même gauche sioniste qui était à la tête du pays lors des différentes guerres israélo-arabes et de l’occupation de la Cisjordanie, de Gaza et de Jérusalem-Est en 1967. Et là encore, elle continua la même politique nationaliste et expansionniste, toujours au nom de la préser-vation de « la Terre d’Israël ». Tout comme elle couvrit toutes les exactions de l’armée, qu’elle présentait comme « la plus morale » au monde, et accusait « d’antisémitisme » et de « négation de l’Holocauste » ceux qui critiquaient sur sa gauche cette politique colonialiste.

Le tournant des années 1970

Mais peu à peu s’est développée dans le pays une bourgeoisie qui a trouvé de plus en plus pesante la tutelle des travaillistes qui lui avaient pourtant mis le pied à l’étrier. Elle ne cachait pas son admiration pour les politiques économiques ultra-libérales de Reagan et de Thatcher.

Après quelques tâtonnements, elle fit sienne l’idéologie du « sionisme révisionniste », une tendance qui, avant la Seconde Guerre mondiale, flirtait avec Mussolini et les régimes dictatoriaux du genre de l’Espagne franquiste, mettait en avant son goût marqué pour des actions terroristes contre la population arabe et son opposition viscérale à tous ceux qui, de près ou de loin, se réclamaient de la gauche et du socialisme.

Elle s’opposait à tout étatisme économique et jugeait la gauche trop molle à l’égard des Pales-tiniens. Elle trouva une oreille attentive parmi certains Juifs orientaux, c’est-à-dire ceux originai-res du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, généralement très conservateurs, qui s’estimaient lésés par les « élites » travaillistes, en général venues d’Europe, qui occupaient le haut du panier.

C’est en s’appuyant principalement sur eux que fut fondé le Likoud, parti dirigé d’abord par Menahem Begin, puis plus tard par Benyamin Netanyahou, le type même du politicien affairiste impliqué dans nombre de scandales financiers. Begin, dont le parti avant remporté les élections, fut Premier ministre de juin 1977 à octobre 1983. C’est lui qui, en 1978, signa les accords de paix avec le président égyptien Anouar el-Sadate.

Une alternance qui penche de plus en plus à droite

À partir de ce moment, gauche et droite sionistes vont alterner au gouvernement. Le dernier grand succès des travaillistes date de 1992, lorsque qu’avec le petit parti socialiste Meretz ils totalisèrent plus de 44 % des voix. Une victoire qui n’eut pas de suite et qui fut marquée par l’assassinat du Premier ministre, Yitzhak Rabin, en 1995, par un extrémiste juif mécontent des accords d’Oslo qui avaient été signés avec l’Autorité palestinienne.

Depuis lors, la droite et l’extrême droite n’ont cessé de se renforcer. Même le dernier gouverne-ment israélien, celui de Yaïr Lapid, qualifié de « centriste » par les observateurs, faisait une large place dans ses rangs à des formations de droite, certaines proches des colons.

Formé sous la bannière de « tout sauf Netanyahou », ce gouvernement a continué une répres-sion féroce contre les Palestiniens, fait évacuer des villages entiers pour laisser la place à des colons juifs ou à l’armée et multiplié les assassinats ciblés. Aujourd’hui il est remplacé par une bande de politiciens véreux, de fanatiques religieux et de fascistes juifs qui veulent encore aller plus loin dans cette voie et affirment pouvoir faire mieux que lui.

La fin des « deux États » ?

Beaucoup de commentateurs se sont lamentés sur le fait que le résultat de ces élections signifiait dans les faits la fin du concept des « deux États », l’un juif, l’autre arabe, vivant côte à côte en bonne harmonie. Mais ce concept a surtout servi aux différents gouvernements israéliens, de gauche comme de droite, à gagner du temps pour repousser les négociations aux calendes grecques tout en continuant sans vergogne la colonisation et les expropriations.

Il a aussi été utilisé comme cache sexe par les « amis d’Israël », au sein de l’Union européenne et aux États-Unis, pour ne jamais condamner clairement l’occupation israélienne sous prétexte de préserver l’avenir d’hypothétiques négociations.

Construire une gauche révolutionnaire et internationaliste

Aujourd’hui la gauche israélienne n’existe pratiquement plus. La plupart des militants sincère-ment pacifistes et anti-occupation ont déserté la sphère politique pour demeurer actifs au sein des organisations non gouvernementales d’aide et de soutien aux Palestiniens. Des ONG qui sont parfois devenues la bête noire des autorités.

Pourtant, un jour ou l’autre, il faudra bien construire une gauche nouvelle, profondément anti-raciste, internationaliste et révolutionnaire, non seulement opposée à l’occupation et au statut de seconde zone dans lequel sont cantonnés les Arabes israéliens, mais soutenant pleinement le droit des Palestiniens à disposer d’eux-mêmes et le droit au retour des réfugiés chassés de leurs terres au cours des différents conflits.

Jean Liévin 14 novembre 2022

https://www.convergencesrevolutionnaires.org/

Lire aussi:

La perte des kibboutz précipite la chute de la gauche israélienne

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16 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

20n (biblio)

cartel astrurias

La répression des Asturies c’était déjà Franco

20 novembre : le rendez-vous des nostalgiques du fascisme en Espagne

Commémorée par l’extrême droite espagnole, la journée du 20-N, pour 20 novembre, est l’anniversaires du décès de deux personnages controversés de l’histoire du pays, José Antonio Primo de Rivera et Francisco Franco.

Le premier, fils de l’ex-dictateur Miguel Primo de Rivera, est le fondateur du parti fasciste la Phalange espagnole. Il a été fusillé le 20 novembre 1936 à Alicante après avoir été jugé par un tribunal de la deuxième république espagnole pour complot et rébellion.

La guerre civile espagnole avait déjà commencé, suite au coup de force du général Franco, figure de l’extrême droite. Celui-là même qui imposera son pouvoir autoritaire à l’issue de la guerre d’Espagne, avec l’aide de la phalange et des nazis. Sa dictature ne se terminera que le 20 novembre 1975, jour de son décès. La date était déjà célébrée sous le régime franciste, comme le “Jour de la douleur”. On se demande si l’annonce du décès de Franco dont l’agonie a duré des semaines, n’a pas été repoussée de quelques heures pour coïncider avec cette date déjà mythique pour le monde fasciste.

Chaque 20 novembre, parfois la veille ou le lendemain, tout ce qui reste de nostalgiques du régime du général Franco ou de la phalange espagnole manifeste dans diverses villes du pays, en particulier à Alicante et à Madrid.

Cette année, dans la capitale, c’est dimanche à 12h, place d’Orient que les franquistes se rassembleront. Chaque année, des militants de gauche se mobilisent pour protester contre ces manifestations hors la loi. Longtemps ces manifestations ont été tolérées par les autorités, aujourd’hui, elles tombent sous le coup des lois mémorielles qui interdisent toute promotion du fascisme et du franquisme, sa variante locale.

Ce qui n’a pas dissuadé un certain nombre d’églises partout en Espagne, et même en France, d’annoncer des messes à la mémoire de ces deux héros de l’extrême droite espagnole. La Conférence des évêques espagnols est totalement muette sur le sujet, car divisée.

On se souvient que l’Église catholique, avec l’armée, a été un des principaux soutiens du régime franquiste et une partie du clergé n’a toujours pas renié cet engagement en dépit d’une levée des tabous sur les crimes du franquisme et l’ouverture des fosses communes où reposent plus de 100 000 victimes.

Chaque année, le Mouvement catholique espagnol (MCE) appelle à un pèlerinage à la Vallée des morts (la Valle de los Caídos) d’où la dépouille de Franco a été retirée en 2019 mais où repose toujours José Antonio Primo de Rivera. Chaque 20 novembre, la Phalange organise sa traditionnelle Marche bleue en l’honneur de son héros.

Le bleu en référence à la division des volontaires espagnols, mieux connue sous le nom  de Division bleue, qui était la contribution de  l’Espagne de Franco  à  l’ armée allemande d’ Hitler  pendant la  Seconde Guerre mondiale .

La date du 20 novembre demeure une date symbole pour l’extrême droite espagnole. Est-ce un hasard si le nationaliste basque Santiago Brouard a été assassiné le 20 novembre 1984, puis à nouveau cinq ans plus tard, Jusu Muguruza, à nouveau un 20 novembre.

En 1992, c’est une fusillade contre un groupe d’immigrés qui cause la mort de la dominicai-ne Lucrecia Pérez, encore un 20 novembre… Chaque année se rejoue ce jour-là les affrontements politiques qui ont ensanglantés l’Espagne, il y a plus de 80 ans.

Longtemps, les nostalgiques du fascisme sont restés discrets et très minoritaires. Depuis peu tout a changé, les tabous sont tombés aussi bien du côté des républicains qui osent évoquer les victimes et demander réparation, que du côté de l’extrême droite, aujourd’hui représenté par Vox, un parti qui en quatre années s’est imposé comme la quatrième force politique du pays.

https://www.bibliomonde.fr/

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15 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

black panther (socialist worker)

black pp

Gloria Abernathy vendant un journal des Black Panthers lors du boycott des supermarchés de Mayfair. (1971)

Comrade Sisters-Women of the Black Panther Party

Un nouveau livre, Comrade Sisters, met en lumière le rôle crucial joué par les femmes dans la lutte, écrit Carol Thompson.
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Ce livre magnifiquement réalisé est un témoignage visuel et écrit de la contribution des femmes du Black Panther Party (BPP). Dans la préface, Stephen Shames écrit qu’il a photographié le BPP de 1967 à 1973 et qu’il a été « témoin du pouvoir positif des femmes au service du peuple ».

Les femmes représentaient au moins les deux tiers des membres du BPP. Dans une préface, Angela Davis affirme que le rôle non reconnu des femmes a modifié les « prémisses masculinistes qui tendent à définir l’organisation radicale noire la plus connue des années 1960″.

Ericka Huggins écrit que ces femmes « ne sont pas spéciales d’une manière qui les sépare des autres. » « Ce sont simplement des femmes qui, à l’âge de 12, 14, 16, 18 ou 21 ans, ont décidé qu’il devait y avoir ‘un moyen de sortir de l’impasse’ pour les Noirs et les pauvres », écrit-elle.

Outre des images étonnantes, le livre rassemble des dizaines de témoignages de femmes sur leur activité au sein du BPP. Ces témoignages mettent en évidence le rôle crucial joué par les femmes dans la lutte et la puissance de l’idée de résistance militante.

Par exemple, Carol Granison, de la section BPP d’Oakland, en Californie, écrit : « Ce qui m’a attirée au Black Panther Party, c’est que le parti avait un programme très clair. Nous avons besoin de nourriture. Nous avons besoin d’un abri. Nous avons besoin qu’ils cessent de nous arrêter sans raison. Qu’on arrête de tuer les Noirs ! Ça me plaisait intellectuellement. Enfin, quelqu’un avait dit quelque chose qui avait du sens. »

La camarade Cheryl Dawson a exprimé clairement cet appel à l’action : « J’ai rejoint le Black Panther Party parce que mon âme était en feu ».

Il existe de nombreux témoignages de femmes impliquées dans les programmes autour de la drépanocytose, des écoles et de l’initiative du petit-déjeuner gratuit pour les enfants. Cela pourrait être considéré comme le « rôle des femmes » dans la lutte. Mais il y a aussi des témoignages de femmes en première ligne pour développer des idées politiques.

Malkia Mac Devich-Cyril se souvient de sa mère Janet Cyril qui « contribuait régulièrement au journal du parti ». Elle a été « attirée par l’idée de Fred Hampton d’une alliance transraciale selon des critères de classe. Elle a appris la relation entre la lutte des Noirs et la lutte de classe de la classe ouvrière blanche. »

Et elle poursuit en montrant la façon dont la lutte contre une forme d’oppression a ouvert le mouvement pour s’attaquer à d’autres façons dont les gens sont rabaissés et divisés.

« Elle a également estimé que le Black Panther Party était l’une des organisations noires les plus explicitement féministes auxquelles elle a participé », a déclaré Devich-Cyril. « C’est la raison pour laquelle elle pouvait me soutenir ouvertement en tant que personne homosexuelle, en faisant mon coming out à l’âge de 12 ans.

« Le parti était la seule organisation noire du pays à l’époque qui s’engageait à traiter et à travailler avec des personnes homosexuelles. »

Presque inévitablement, les femmes ont été confrontées au sexisme à certains moments de l’organisation, mais elles l’ont combattu et ont mené en même temps la bataille antiraciste et anti-système. Je vous garantis que ce livre vous donnera un nouveau respect pour une génération de femmes militantes.

black

    Camarades Sœurs : Women of the Black Panther Party par Stephen Shames et Ericka Higgins, ACC Art Books, 35 £.

https://socialistworker.co.uk/

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15 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

usa (cadtm)

usa

États-Unis : Victoires écrasantes des radicaux et socialistes aux élections de mi-mandat !

Les grands titres de la presse internationale sur l’issue des élections de mi-mandat américaines ne se trompent pas : Oui, le tsunami républicain tant attendu ne s’est pas matérialisé. Et les Démocrates ont résisté bien mieux qu’ils espéraient.

Le pourquoi de toutes ces surprises de taille commence à apparaître : Les jeunes, rompant avec une tradition de plusieurs décennies, se sont rendus en masse aux urnes. Et en plus ils ont voté en masse pour les Démocrates. Mais, attention : pour les Démocrates et pas pour Biden dont la popularité continue à s’effondrer selon toutes les enquêtes, et même selon les sondages à la sortie des urnes.

Les tout jeunes de 18 à 29 ans ont fait la différence, donnant aux Démocrates un avantage de … 28 points !

En réalité, les exit-polls révèlent que s’il n’y avait pas le vote des jeunes américains de 18 à 30 ans, le résultat des élections aurait pleinement confirmé les pronostics qui annonçaient une « vague républicaine ». Et voila le pourquoi et le comment selon un exit-poll du CNN :

Les électeurs de plus de 65 ans ont donné aux Républicains une avance de 13 points. Ceux de la tranche d’âge 45-64 ans, ont aussi donné aux Républicains un avantage de 11 points. Ceux de 30-44 ans ont, par contre, donné un tout léger avantage de 2 points aux Démocrates. Mais, les tout jeunes de 18 à 29 ans ont fait la différence, donnant aux Démocrates un avantage de … 28 points ! En somme, la « Génération Z », c’est-à-dire les jeunes né.es grosso modo de 1997 au début des années 2010, ont fait une entrée fracassante dans la vie politique du pays !

Alors, il n’est pas surprenant que les premiers à profiter du vote de ces jeunes ont été les Démocrates les plus à gauche. Et surtout celles et ceux qui composent « the Squad » (L’Escouade), le groupe des député.es radicaux et socialistes, qui ont fait leur apparition à la suite de la première campagne présidentielle du sénateur Bernie Sanders. Ils et elles ont été ré-élu.es en remportant des victoires écrasantes. La plus connue d’entre elles, Alexandria Ocasio-Cortez de New York a été ré-élue avec 70,6 % des voix. Rashida Tlaib, d’origine palestinienne, a fait mieux au Michigan avec 73,7 %. La très radicale Ilhan Omar, d’origine somalienne, dans le Minnesota avec 75,2 %. L’afro-américain Jamaal Bowman avec 65,4 à New York. La nurse afro-américaine Cori Bush avec 72,8 % au Missouri. L’afro-américaine Ayanna Pressley avec … 84,5 % au Massachusetts !

A l’heure où on écrit ces lignes, seulement quelques heures après la fermeture des urnes, il n’est pas possible d’avoir une idée définitive des autres succès électoraux des candidat·es radicaux apparentés au Parti Démocrate.

Toutefois, on peut citer le cas de l’Afro-américaine Summer Lee, qui a créé la surprise en Pennsylvanie, en battant le député sortant Républicain avec 55,7 %. des voix. Il est à noter que le (tristement) célèbre et très droitier lobby AIPAC ( American Israel Public Affairs Committee) a fait sensation en soutenant, selon la Jewish Telegraphic Agency, avec plus de 1 million de dollars la campagne de l’adversaire Républicain de Summer Lee.

L’AIPAC a justifié son geste avec ces mots : « Nous nous opposons à Summer Lee en raison de ses points de vue dangereux concernant l’alliance USA-Israel ». Selon des médias américains, Summer Lee va adhérer à « l’Escouade »…

mardi 15 novembre 2022  Yorgos Mitralias

https://www.pressegauche.org/

 

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14 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

sahara (jdd)

polisario

Que font les armées algérienne et russe à la frontière marocaine ?

Quelque 200 soldats des forces antiterroristes russes et algériennes seront réunis à partir de mardi dans le cadre de l’exercice s’appelle « Bouclier du désert ». Un pied de nez aux États-Unis qui ont décidé de soutenir le Maroc sur le dossier du Sahara occidental.

L’exercice s’appelle « Bouclier du désert » et réunira à partir de mardi quelque 200 soldats des forces antiterroristes russes et algériennes dans la région de Béchar, à 80 kilomètres de la frontière du Maroc. Clin d’œil historique, le quartier général des opérations sera localisé sur la base de Hammaguir, dont les accords d’Évian entre la France et l’Algérie avaient prolongé l’existence de cinq ans après ­l’indépendance afin que l’armée française continue d’y tester fusées et missiles.

Au Maroc, où se sont déroulées les manœuvres Africa Lion l’été dernier, les Algériens ont bien noté qu’il s’agissait des exercices les plus volumineux jamais engagés, avec des troupes venues des États-Unis, de pays de l’Otan mais aussi pour la première fois d’Israël. « C’est taquin de la part des Algériens d’avoir choisi Béchar », commente donc un haut gradé d’un pays méditerranéen, même si la porte-parole des Affaires étrangères russes souligne que ces manœuvres conjointes « ne visent aucun pays tiers ».

Un degré inédit de coopération

Les relations entre Alger et Rabat sont extrêmement dégradées depuis que les États-Unis ont décidé de soutenir le Maroc sur le dossier du Sahara occidental, où le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, plaide depuis des décennies pour un référendum d’indépendance. Le fait que le roi Mohammed 6 ne se soit pas déplacé au récent sommet arabe d’Alger en est un exemple criant.

Avec Bouclier du désert, si les effectifs et le matériel impliqué visant à simuler « la recherche, la détection et la destruction de groupes armés illégaux » sont limités, ce sera la première fois que des soldats des deux pays s’entraîneront ensemble sur le sol algérien. Mais cet événement illustrera surtout un degré de coopération militaire entre Alger et Moscou jamais atteint.

Depuis la première visite de Vladimir Poutine à Alger en 2006, le budget de défense algérien a quasiment triplé et 80 % des équipements militaires importés depuis 2017 viennent de Russie, avec laquelle la marine algérienne multiplie les exercices navals.

La rivalité du Maroc, proeuropéen et proche des États-Unis, et de l’Algérie, alliée historique de la Russie, n’est pas nouvelle. Mais dans le contexte de la guerre en Ukraine et de la tentation hégémonique russe en Méditerranée orientale et occidentale, elle continue de s’accentuer sans que l’on sache où elle conduira les deux grandes nations du Maghreb.

François Clemenceau 14/11/2022

https://www.lejdd.fr/

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Front Polsario

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13 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

« torch » (france 24)

torch

L’opération Torch, un « premier débarquement allié réussi » pourtant oublié des manuels d’histoire

Le 8 novembre 1942, les Alliés débarquaient en Afrique du Nord, au Maroc et en Algérie alors sous domination du régime de Vichy. Surnommé « opération Torch », cet événement majeur de la Seconde Guerre mondiale a été couronné de succès, mais reste peu connu du grand public.

« Brusquement, les sirènes retentirent ; je les entendais pour la première fois en Afrique du Nord. Puissant, leur bruit recouvrait la ville. Tout s’éteignit brutalement, ce fut l’obscurité totale. Quelques minutes après, nous vîmes un avion biplan, à train de roues fixes, volant au ras de l’eau, lâcher un rideau de fumée. Je sus enfin quelle était sa nationalité : c’était un Américain. » Dans la nuit du 7 au 8 novembre 1942, le soldat Louis Laplace est en première ligne à Alger pour assister à l’opération Torch. Membre des forces terrestres antiaériennes de l’armée française du régime de Vichy, il fait face aux forces alliées qui viennent de lancer leur débarquement en Algérie et au Maroc.

Cette opération est actée quelques mois plus tôt à l’été 1942 par les Américains et les Britanniques. « Cette décision tient aux difficultés britanniques dans la ‘bataille du désert’, avec des défaites à Gazala et à Tobrouk, en Libye, en juin 1942. De plus, le Premier ministre anglais, Winston Churchill, est mis sur la sellette par un vote de censure au Parlement britannique. Il s’en faut de peu pour que cela aboutisse à un désastre politique », décrit l’historien Tramor Quemeneur, auteur de « 8 novembre 1942. Résistance et débarquement allié en Afrique du Nord » (éd. du Croquant). « De ce fait, les États-Unis décident de venir en aide à leur allié anglais en difficulté en Afrique du Nord, tout en créant un ‘second front’ en Méditerranée, où les Anglais ont des intérêts. »

Le rôle de la Résistance locale

Pour mener à bien ce projet, les Alliés décident de s’appuyer sur la Résistance locale, qui est encore à l’époque disparate et mal organisée alors que l’opinion publique est majoritairement favorable aux thèses vichystes.  »La Résistance est quasiment inexistante parmi les Européens d’Afrique du Nord, le pétainisme y est triomphant et l’Algérie en particulier constitue une sorte de proconsulat vichyste, ce qui ne signifie pas que l’on y soit favorable aux Allemands ou au nazisme », résume l’historien Jean-Marie Guillon, professeur émérite à l’université d’Aix-Marseille.

Les Américains et les Britanniques peuvent cependant compter en Algérie sur un groupe de quelques centaines de personnes qui leur est favorable et qui s’est constitué dès l’automne 1940. La très grande majorité d’entre eux sont de jeunes juifs qui ne supportent pas les mesures antisémites prises par le maréchal Pétain et son gouvernement, comme l’étudiant en médecine José Aboulker, qui devient la figure de ce réseau à Alger. Épaulé par le résistant royaliste Henri d’Astier de La Vigerie, il donne « des renseignements tactiques pour faciliter le débarquement anglo-américain », comme le souligne Tramor Quemeneur.

Le plan de l’opération Torch se compose finalement de quelque 107 000 hommes (84 000 Américains et 23 000 Britanniques, bénéficiant de 200 bâtiments de guerre, 110 navires de transport et d’une importante couverture aérienne). Au total, neuf sites sont retenus sur les côtes d’Afrique du Nord, six au Maroc et trois en Algérie.

À Alger, la Résistance, composée d’environ 400 personnes, permet de mettre hors d’état de nuire les forces vichyistes. Elle s’empare des points stratégiques administratifs et militaires et arrête les principaux chefs militaires, y compris le général Juin, commandant en chef des forces en Afrique du Nord, et l’amiral Darlan, commandant en chef de l’armée française, qui se trouve par hasard sur place ce jour-là.

Des combats très durs

Dans les autres secteurs, la situation se révèle plus compliquée et la lutte plus acharnée. « Là, les combats ont été très durs : en trois jours, on compte 1 827 morts et 2 717 blessés », détaille Tramor Quemeneur. « À Oran et au Maroc, les forces vichystes ont reçu l’ordre de se battre, ce qu’elles ont fait. À Oran, le plan du débarquement a en partie été éventé par un officier – le lieutenant-colonel Tostain – qui en a parlé à son supérieur, facilitant ainsi l’engagement du combat contre les Alliés. Dès lors, en combattant directement contre les Alliés, la position de Vichy est claire : Vichy est résolument du côté des forces de l’Axe. » En réponse à ce débarquement, les Allemands décident d’occuper le 11 novembre 1942 l’ensemble de la France. La zone sud n’existe plus.

En Afrique du Nord, les tractations continuent. Le 22 novembre, les Américains finissent par signer avec l’amiral Darlan, le représentant du maréchal Pétain en Afrique du Nord, un accord de coopération politique et militaire. Il stipule que les forces françaises de Darlan sont considérées comme des alliées à part entière des États-Unis et du Royaume-Uni, tandis que l’intégrité de l’Empire colonial français est reconnue.

« Les Américains ont fini par arriver en Afrique et l’armée d’Afrique a repris le combat », résumera plus tard José Aboulker. Grâce à cette opération, les Alliés peuvent ainsi ouvrir un nouveau front sur le continent africain face aux forces de l’Axe avec, pour première étape, la reconquête de la Tunisie. Pour Tramor Quemeneur, « cela facilite les combats de la ‘guerre des Sables’ contre le général Rommel, avec l’appui des Français libres : les Alliés savent désormais qu’ils doivent compter avec eux. Mais l’opération Torch prépare surtout la campagne d’Italie et le renverse-ment du régime mussolinien. Désormais, les forces de l’Axe perdent du terrain et deviennent moins puissantes en Méditerranée. »

Un pan oublié de l’histoire de France

Quatre-vingts ans plus tard, cet événement est en tout cas peu présent dans la mémoire collective. À la tête de l’association Les compagnons du 8 novembre 1942 – qui met en lumière le rôle de la Résistance locale lors de l’opération Torch –, Nicole Cohen-Addad le constate tous les jours : « J’ai fait une étude sur les manuels scolaires en France. Si on en parle, il y a une seule ligne. Sinon, il n’y a rien. » Selon cette fille de l’un du « groupe des 400″, cet oubli est dû à l’écartement du général de Gaulle de cette opération : « Il n’y a pas participé et n’en a pas été informé. »

Un avis partagé par Tramor Quemeneur. « Ces événements perturbaient la lecture gaulliste de la Seconde Guerre mondiale : le général de Gaulle y jouait un rôle secondaire. Il n’était pas encore reconnu par les Alliés », explique-t-il. « D’autre part, y ont participé quelques figures très controversées, en particulier celle d’André Achiary (un commissaire chargé de neutraliser les personnalités civiles collaborationnistes à Alger, NDLR). Celui-ci a joué un rôle central dans la répression de mai-juin 1945 à Guelma, dans l’Est algérien, ce qui a conduit à la mort de près de 20 000 Algériens. Pendant la guerre d’indépendance, il est devenu un partisan résolu de l’Algérie française jusqu’à basculer en faveur de l’OAS à la fin du conflit. Cette personne a en partie jeté le discrédit sur les résistants, alors qu’en grande majorité, ils ne sont pas sulfureux. »

Pour ce spécialiste de l’Afrique du Nord, l’opération Torch souffre aussi d’une marginalisation de l’histoire coloniale :  »Cela renvoyait dans l’imaginaire national à la décolonisation, à la perte des colonies et aux déchirements que cela a suscité.

Les résistants ont même eu du mal à se faire reconnaître comme tels, de même que les internés dans les nombreux camps d’Afrique du Nord n’ont eu absolument aucune reconnaissance a posteriori du drame qui les a frappés. Mais aujourd’hui, on commence à s’apercevoir de l’importance de ces événements. Il est temps que les choses changent et d’embrasser cette ‘histoire globale de la France coloniale’, pour paraphraser le titre d’un récent ouvrage. »

08/11/2022

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11 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

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