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16 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

australie (courrier international)

australia

Fête nationale: fête de l’invasion, qu’est-ce qu’il y a à célébrer?

Australie. Une petite fille de 9 ans proteste contre l’hymne national, qu’elle juge raciste

Harper Nielsen a refusé de se lever pendant l’hymne pour dénoncer son mépris de l’existence des Aborigènes. Un geste qui a provoqué la colère de la droite conservatrice.

Ce n’est pas un caprice d’enfant, mais bien un geste militant. Alors que tous ses camarades se sont levés pour interpréter l’hymne national (Advance Australia Fair), Harper Nielsen est restée assise. Le motif de cette rébellion : Advance Australia Fair (“Avance, belle et juste Australie”) nierait l’existence de la population indigène du pays.

“Nielsen a expliqué aux médias austra-liens que l’hymne national marginalisait un pan entier de la population”, rapporte le quotidien britannique The Guardian. “À l’origine, quand l’hymne a été écrit, ça voulait dire ‘faire avancer les Blancs d’Australie’. Aussi, quand l’hymne dit ‘Nous sommes jeunes’, il méprise totalement les Aborigènes”, a expliqué la fillette, dont les propos ont été repris par The Guardian.

L’hymne a été écrit en 1878, pendant l’ère coloniale. Comme le souligne The New York Times, de nombreux indigènes considèrent que “qualifier le pays de nouveau, ou de jeune, réduit l’histoire de leurs ancêtres, qui ont habité sur le continent pendant des dizaines de milliers d’années”.

Colère des conservateurs

Si l’école a sanctionné Harper Nielsen d’une heure de colle, des réactions plus violentes se sont fait entendre du côté des politiques. Pauline Hanson, leader du parti d’extrême droite One Nation, a publié une vidéo où elle qualifie l’enfant de “sale morveuse”. Selon The Guardian, des propos similaires ont été tenus par Jarrod Bleijie, membre du Liberal National Party, de centre droit. “Il a affirmé que les parents de Harper Nielsen l’utilisaient comme pion politique, et a qualifié la protestation [de la fillette] de débile”, rapporte le journal, avant de reprendre un de ses tweets : Refuser de se lever pendant l’hymne est un manque de respect envers notre pays et ses vétérans. Elle devrait être virée de l’école si elle continue de se comporter comme une sale gosse.”

Geste “courageux”

Dans un édito pour The Guardian, la romancière australienne Van Badham prend le parti de la fillette et s’insurge contre les réactions de la droite conservatrice : “Harper est en train d’apprendre que rester fidèle à ses principes, défendre son point de vue, dénoncer des faits et faire un geste symbolique de résistance peut provoquer le courroux et la condamnation de ceux dont l’autorité dépend d’une obéissance stupide à de vieux rituels.”

Pour Van Badham, Harper Nielsen a permis de relancer le débat sur l’hymne national et son manque de considération envers les Aborigènes : “Revenir sur cette question nous rappelle que notre identité nationale exige une interrogation permanente des symboles que nous utilisons pour nous définir.”

Les parents de la petite fille ont quant à eux félicité son geste “courageux”. Selon The Guardian, “sa protestation a été comparée à celle du sportif américain Colin Kaepernick, qui a posé le genou à terre pendant l’hymne américain pour mettre en lumière les injustices sociales et raciales qui perdurent aux États-Unis”.

13/09/2018

https://www.courrierinternational.com/

Nos camarades australiens:

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15 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

gilbert ashcar oslo (l’orient le jour + ujfp + afps )

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Gilbert Achcar : Les accords d’Oslo ont accéléré la colonisation israélienne

Les accords d’Oslo sont-ils morts et enterrés ?

Les accords d’Oslo sont mort-nés. Je fais partie de la minorité de ceux qui, en 1993, ont criti-qué ces accords et mis en garde contre l’impasse qui se profilait. Le plus célèbre des critiques d’alors est feu Edward Saïd.

Ces accords sont fondés sur une sorte d’espoir naïf de la part de Yasser Arafat et de la direc-tion palestinienne, qu’une dynamique pourrait s’enclencher et aboutir à leur objectif d’un État palestinien indépendant. C’est sur cette base qu’ils ont accepté de signer des accords en renonçant aux principales conditions que les négociateurs palestiniens, surtout ceux de l’inté-rieur, avaient mis en avant jusque-là. Notamment et en particulier le gel des colonies, sans parler de la question de Jérusalem ou de la question des réfugiés.

Du côté israélien, il n’y avait aucune illusion ou espoir naïf, la perspective était très différente. Les accords d’Oslo s’inscrivaient dans la perspective développée depuis 1967: contrôler la Cisjordanie sans les zones de peuplement palestinien, qui changeraient l’équilibre démogra-phique. La colonisation de la Cisjordanie vise à créer cette annexion de fait d’une majeure partie de ce territoire, laissant les zones peuplées sous le contrôle de l’Autorité palestinienne qui se retrouve à jouer le rôle d’une sorte de « police par procuration ».

La situation la plus proche de ce qu’est devenue l’Autorité palestinienne, c’est celle des bantoustans d’Afrique du Sud. C’est-à-dire des soi-disant États pour les populations noires, qui étaient en fait sous domination de l’État sud-africain du temps de l’apartheid. Comme les criti-ques l’avaient prédit, loin de déboucher sur un gel suivi d’un démantèlement des colonies, les accords d’Oslo ont permis une accélération de la colonisation. L’expansion des colonies a doublé dans la période 1993-2000, autant que durant toute la période de 1967 à 1993.

Comment Oslo a-t-il permis l’accélération du processus de colonisation des territoires palestiniens ?

Les accords d’Oslo ont créé un calme qui était propice à l’accélération de la colonisation. Le contrôle du côté palestinien par l’Autorité palestinienne a considérablement réduit les risques d’attentats et de manifestations. Le mouvement sioniste en a profité pour intensifier la colonisation.

Comment expliquer l’impasse actuelle ?

Le processus était en crise aiguë jusqu’à la mort de Yasser Arafat en 2004. Mahmoud Abbas, le candidat favori de l’administration Bush, lui a succédé et, malgré le fait qu’il est allé plus loin que n’importe quel dirigeant palestinien dans la soumission aux desiderata israélo-américains, il n’a rien obtenu. C’est clair que nous sommes dans une impasse totale, qui était tout à fait prévisible au moment de la signature des accords d’Oslo.

Aujourd’hui, la situation est aggravée par le fait que depuis 2017, on a aux États-Unis une administration qui va bien au-delà du traditionnel parti pris pro-israélien des gouvernements américains. On a là une administration qui est en affinité avec l’extrême droite israélienne et qui est en train de préparer, à mon sens, les conditions politiques pour une annexion officielle par Israël des territoires de la Cisjordanie sous son contrôle actuellement.

Comment cette annexion serait-elle justifiée auprès de la communauté internationale ?

Ce serait dans la logique de l’extrême droite israélienne, qui veut une séparation unilatérale. Son problème est : que faire des territoires palestiniens qui restent ? L’administration Trump, à travers Jared Kushner, a essayé de convaincre la Jordanie d’en reprendre le contrôle. Mais évidemment, les Jordaniens ne veulent pas de cette patate chaude. On s’achemine vers une annexion officielle, une annexion de jure. Le prétexte sera le refus palestinien du fameux plan de paix américain. Les Israéliens diront alors : « Voilà, les Palestiniens ont toujours refusé les plans de paix, donc nous allons agir unilatéralement et annexer les territoires. »

La colonisation est-elle irréversible ?

Non, il serait possible de renverser le processus s’il y avait une volonté américaine d’imposer à Israël le retrait des territoires occupés depuis 1967. Évidemment, ça n’irait pas sans une crise majeure en Israël, mais ce n’est pas impossible. Les colons de Cisjordanie ne sont pas plus nombreux que les Européens qui étaient en Algérie et qui l’ont quittée en 1962. C’est une question de volonté politique. Cela dit, plus le temps passe, plus les Israéliens s’enracinent, et plus ça devient difficile. Et avec le rapport de force actuel, on ne voit pas comment cela pourrait se faire.

Pensez-vous qu’il y ait une solution alternative à la création d’un État palestinien ?

Un argument est la revendication d’un seul État, parfois appelé binational ou laïc, sans parler de facteur national. Mais pour moi, c’est encore plus utopique que le retrait des colons des Territoires. La logique qui veut que parce que le retrait des colons est impossible, il faut un État Unique où les Palestiniens auront le droit de vote et où il y aurait égalité de droit entre les Palestiniens et les Israéliens, c’est encore beaucoup plus difficile à imaginer aujourd’hui. Nous sommes donc dans une impasse. C’est tragique, mais il n’y a aujourd’hui pas d’issue à l’horizon dans ce conflit.

Pour le professeur à la SOAS, University of London, le processus de paix est dans « une impasse totale ». 25 ans après les accords d’Oslo, le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens est au point mort. Le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahu, le plus à droite de l’histoire de l’État sioniste, ne veut pas entendre parler de négociations de paix. Le leadership palestinien semble incapable de digérer l’échec de cette dynamique lancée par Yasser Arafat. Le principal médiateur, les États-Unis, a rompu, avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, avec sa diplo-matie traditionnelle visant à ne pas prendre de décision susceptible d’enrayer le processus de paix. Comment expliquer cette évolution, qui renforce le déséquilibre en matière de rapport de force entre Israéliens et Palestiniens et qui éloigne toute perspective de paix ? Le professeur Gilbert Achcar de la School of Oriental and African Studies (SOAS, University of London), auteur de plusieurs ouvrages dont Les Arabes et la Shoah, livre pour L’Orient-Le Jour quelques clés pour comprendre la tournure des événements depuis les accords d’Oslo.

 David NASSAR 15/09/2018
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15 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

idlib (le monde)

stop

Manif à Istanbul

Syrie : manifestations de masse à Idlib avant l’offensive du régime Assad

Des milliers de protestataires ont investi les rues de la dernière enclave de la rébellion, dans le nord de la Syrie, soumise aux bombardements depuis sept ans.

Des dizaines de milliers de partisans de la révolution syrienne ont manifesté, vendredi 14 septembre, dans les villes et les villages de la province d’Idlib, l’ultime fief de la rébellion, menacée par une offensive généralisée du régime Assad et de son allié russe.

Les protestataires ont afflué en masse dans les rues à la sortie de la prière, scandé des slogans hostiles au pouvoir syrien et agité l’étendard vert, blanc et noir de la révolte, dans des scènes réminiscentes des premiers mois du soulèvement, avant qu’il ne vire à la guerre civile. L’ampleur de la mobilisation a surpris dans cette région, qui en plus d’être soumise depuis sept ans aux bombardements de l’aviation syrienne, vit sous la coupe de groupes armés souvent radicaux, en particulier Tahrir Al-Sham (HTS), dirigé par l’ex-branche d’Al-Qaida en Syrie.

« Nous ne négocierons jamais, nous ne nous réconcilierons jamais avec ce criminel de Bachar Al-Assad »

Martèle Rania Kisar, une militante syro-américaine, dans une vidéo diffusée sur Facebook, tournée à Maarat Al-Nouman, une ville du sud de la province. « Ecoutez la voix du peuple, ajoute la jeune femme, filmée sur un pont, surplombant une route noire de manifestants. Nous voulons tous que Bachar parte. Peu importe le nombre d’entre nous qu’il tue. Nous ne nous rendrons jamais. »

« Il n’y a pas d’alternative à la chute du régime, approuve Mustafa Al-Abdallah, le directeur d’une petite agence de communication, joint par WhatsApp. Nous sommes venus redire notre foi dans la révolution. Staffan de Mistura peut raconter ce qu’il veut, nous ne bougerons pas d’ici », ajoute-t-il en référence à la récente proposition de l’envoyé spécial de l’ONU d’assurer l’évacuation hors d’Idlib des civils qui le veulent.

Un appel à l’Occident et à la Turquie

Mais davantage qu’au dictateur syrien, qui est en passe de remporter la guerre, cette démons-tration de force s’adressait aux capitales occidentales et à la Turquie voisine, les seules forces susceptibles de dissuader Moscou de passer à l’attaque. « Il est très important de rappeler au monde qu’Idlib ne se réduit pas à Tahrir Al-Cham, explique Ahmed Mohamed, un journaliste. Il y a des civils ici, trois millions de civils, qui sont à bout de forces. »

Dans les rassemblements, beaucoup de participants brandissaient le drapeau turc, en plus de celui de la révolution, en signe de soutien aux efforts déployés par Ankara pour trouver une issue à la crise. Après avoir rencontré ses homologues russe, Vladimir Poutine, et iranien, Hassan Rohani, à Téhéran vendredi 7 septembre, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, doit revoir le chef du Kremlin ce lundi.

La Turquie redoute qu’en cas d’offensive, des milliers de Syriens n’affluent sur son territoire, où vivent déjà 3,5 millions de réfugiés, chassés par les combats. « Idlib est au bord d’une nouvelle crise. Nous travaillons d’arrache-pied avec la Russie, l’Iran et nos alliés à la paix et à la stabilité dans la région, pour qu’une tragédie humanitaire soit évitée », a déclaré mercredi soir le ministre turc de la défense.

« C’était une manifestation contre le régime, mais c’était aussi un avertissement envoyé à HTS », Ahmed Mohamed, journaliste

Alors que la semaine passée, les djihadistes avaient dispersé plusieurs manifestations de ce genre, mais de plus petite taille, cette fois-ci ils ne sont pas intervenus, même dans la ville d’Idlib, qui est leur fief. Selon une directive interne de l’appareil de sécurité de HTS, à laquelle Le Monde a eu accès, l’organisation a jugé préférable de faire profil bas, pour des raisons d’image et parce que les slogans du jour ne la visaient pas, ce qu’elle redoutait. Ses hommes ont reçu la consigne de ne pas tirer en l’air, même s’ils ont infiltré les rassemblements, pour s’assurer que le drapeau noir du mouvement ne soit pas brûlé.

La très forte participation a sûrement aussi dissuadé les extrémistes de jouer les gros bras, ce dont les révolutionnaires se félicitent. « C’était une manifestation contre le régime, mais c’était aussi un avertissement envoyé à HTS, dit Ahmed Mohamed. La prochaine manifestation, elle sera peut-être contre eux. »

15.09.2018  Benjamin Barthe et Madjid Zerrouky

https://www.lemonde.fr/

Voir l’infographie :   Idlib : les enjeux d’une bataille décisive

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13 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

réfugiés (npa)

refug

La question des réfugiéEs, une ligne rouge pour les internationalistes

En cette rentrée, la question des migrantEs est au cœur des débats du début de campagne des élections européennes.

Et on peut dire qu’il y a du gros temps, et qu’un vent mauvais souffle.

La pression de l’extrême droite raciste et xénophobe a miné le terrain dans toute l’Europe. Il y a urgence à reprendre l’offensive idéologique pour faire entendre une voix internationaliste, soli-daire, sans la moindre réserve, de nos frères et sœurs de classe que les conflits, les catastro-phes climatiques, la misère ou simplement leur choix, transforment en réfugiéEs. Et cela commence par un débat qui s’annonce serré avec les voix qui, à gauche de la social-démocratie, commencent à déraper gravement.

« Il faut être réaliste »

L’espace médiatique ouvert par les déclarations de Sahra Wagenknecht en Allemagne semble avoir provoqué un appel d’air dans les rangs de La France insoumise. Dans le Figaro du 9 septembre, un cadre de la FI déclare : «Il faut être réaliste. Si nous adoptons la même ligne que les formations d’extrême gauche sur l’immigration, dans le contexte actuel, nous sommes morts politiquement.

Contrairement à certaines formations, nous, nous avons vocation à gagner dans les élections ».

À mettre en rapport avec les déclarations de Jean-Luc Mélenchon dans le Monde le 24 août « Je n’ai jamais été pour la liberté d’installation et je ne vais pas commencer aujourd’hui. », et dans son livre paru le 8 septembre « Si on ne veut pas que les gens viennent, il vaut mieux qu’ils ne partent pas. […] Il faut cesser de croire que les gens partent par plaisir. Donc étei-gnons l’une après l’autre les causes de leur départ. Elles sont très simples, c’est la guerre et la misère ».

Bien sûr ce n’est pas un racisme crétin, mais les prétendus intérêts des peuples d’ici et d’ailleurs qui guideraient ces propos.

Ainsi, toujours selon Mélenchon : « Oui, il y a des vagues migratoires, oui, elles peuvent poser de nombreux problèmes aux sociétés d’accueil quand certains en profitent pour baisser les salaires en Allemagne. Nous disons : honte à ceux qui organisent l’immigration par les traités de libre-échange et qui l’utilisent ensuite pour faire pression sur les salariés. »

Et l’aboutisse-ment de ce raisonnement est tenu par Djordje Kuzmanovic

(futur candidat de la FI aux européennes) : « La bonne conscience de gauche empêche de réfléchir concrètement à la façon de ralentir, voire d’assécher les flux migratoires. […] On ne peut pas laisser mourir les gens en Méditerranée, mais si une personne n’est pas éligible au droit d’asile, il faut la renvoyer dans son pays. Et rapidement. »

Pas de fatalité, mais un rapport de forces 

Au NPA, nous défendons l’ouverture des frontières, la liberté de circulation et d’installation pour touTEs, et l’égalité des droits de manière indissociable. Et ce n’est pas l’affaire d’une « bonne conscience » mais d’une compréhension d’appartenir à une classe qui n’a pas de frontière.

Il n’y a pas de logique économique selon laquelle des conditions objectives permettraient d’augmenter ou de diminuer les salaires, de développer un pays ou de l’enfoncer dans le sous-développement.

Il y a des classes sociales qui se battent et créent des rapports de forces politiques.

Si le patronat allemand peut utiliser les réfugiéEs pour faire baisser les salaires, c’est qu’il a déjà créé les conditions qui font que, selon le journal La Tribune, « la prospérité allemande est un cauchemar pour 40 % de ses citoyens ».

Il n’y a pas de fatalité sur le fait qu’un afflux de population provoque une baisse des salaires.

Des historiens ont, par exemple, montré qu’en 1962 et les années suivantes, le retour en catastrophe des 900 000 rapatriéEs d’Algérie a provoqué une baisse ponctuelle des salaires dans les régions d’arrivée avant que ceux-ci ne remontent… après 1968.

Toute la question est de savoir qui est à l’offensive :

Les patrons et leur personnel politique, ou le mouvement ouvrier internationaliste. Diviser le monde du travail a toujours été une arme des classes dominantes. Nous devons donc leur opposer un programme qui réalise l’unité de notre camp.

C’est pour cela que le NPA défendra dans la campagne des européennes :

– L’arrêt des interventions militaires françaises et européennes dans quelque cadre que ce soit ;

– La fermeture des hotspots en Afrique ;

– La régularisation de touTEs les sans-papiers pour en finir avec la clandestinité qui condamne à l’exploitation et à la précarité généralisées ;

– La diminution du temps de travail pour partager le travail entre toutes les mains quelles que soient leur couleur, leur origine, ou leur nationalité…

Plus que jamais convaincuEs que « l’Internationale sera le genre humain » !

Cathy Billard  Mercredi 12 septembre 2018

https://npa2009.org/

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Jeux dangereux (Politis)

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09 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

dominique vidal (chiffon rouge + orient 21)

vidal doom

Dominique Vidal pour Rouge Finistère

Dans ce livre, vous vous adressez à Emmanuel Macron.  Pourquoi ?
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Mon livre est titré Antisionisme = antisémitisme ? et sous-titré Réponse à Emmanuel Macron. Ce n’est pas un effet de style. Dans son discours du 16 juillet 2017, lors du 75e anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv, où il avait invité le Premier ministre israélien, le Président de la République a en effet déclaré : « Nous ne cèderons rien à l’antisionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme. » C’était la première fois qu’un chef de l’État reprenait à son compte cet amalga-me inacceptable entre une opinion parfaitement licite, qui conteste la réponse de Theodor Herzl à la « question juive », comme on disait à l’époque, et un délit, puni, comme toutes les formes de racisme, par les lois de la République. Ce faisant, il commettait à la fois une erreur historique et une faute politique.
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Dans l’histoire, les Juifs n’ont-ils pas soutenu le projet sioniste ?
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En majorité, certainement pas. Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, c’est évident : les Juifs communistes, bundistes et religieux refusent de gagner la Palestine pour y bâtir « leur » État. La plupart des 3,5 millions qui quittent l’Europe vont d’ailleurs aux États-Unis, tandis que la Pales-tine sous mandat britannique ne compte que 460 000 Juifs, soit 2,9 % de la population juive mondiale.
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Après la tragédie de la Shoah, plusieurs centaines de milliers de survivants ne peuvent ni rentrer chez eux, ni, faute de visas, se rendre en Amérique : la plupart émigrent vers la Palestine, puis Israël, d’où 800 000 Arabes ont été expulsés durant la guerre de 1948. Il ne s’agit donc pas d’un « choix sioniste », mais d’un moindre mal.
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Il en ira de même des deux autres grandes vagues d’immigration en Israël. Chassés de leur pays ou « recrutés » par l’Agence juive, les Juifs des pays arabes n’ont pas d’autre endroit où aller.  Idem pour les Juifs soviétiques sous Gorbatchev : ils rêvaient de poursuivre leur voyage jusqu’aux États-Unis, mais durent rester en Israël.
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Soixante-dix ans après sa création, ce dernier ne rassemble que 6,5 des 15 à 16 millions de Juifs du monde : malgré le génocide, les autres ont continué, contrairement aux prévisions de Herzl, de s’intégrer dans les États occidentaux où de surcroît la majorité se marie avec des non-Juifs. En outre, plusieurs centaines de milliers de citoyens israéliens vivent à l’étranger. Et même parmi les Juifs français qui ont quitté notre pays ces dernières années, une forte proportion revient.
Historiquement, la petite phrase du président est donc une erreur. Politiquement, c’est pire : elle constitue une faute.
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Pourquoi ?
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Parce que les dirigeants israéliens et leurs inconditionnels français l’exploitent pour exiger une loi interdisant l’antisionisme, autrement dit la création d’un délit d’opinion. Imaginez que les communistes demandent l’interdiction de l’anticommunisme, les gaullistes celle de l’antigaullisme et les libéraux celle de l’altermondialisme…
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L’accusation d’antisémitisme à l’égard du mouvement de solidarité avec le peuple palestinien était déjà sous-jacente dans la circulaire Alliot-Marie. Comment expliquez-vous que l’affrontement d’idées et de personnes à ce sujet prenne aujourd’hui une nouvelle ampleur?
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Vous avez raison : l’offensive a d’abord ciblé la campagne Boycott-Désinvestissement-sanction (BDS), qualifiée d’antisémite, sur la base de la directive de la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie (2010), que Christiane Taubira n’a malheureusement pas annulée. Mais, sur des centaines d’actions de boycott, les parquets n’en ont poursuivi qu’une douzaine, dont deux seulement ont été condamnées.
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L’une d’elle, à Colmar, est désormais soumise à la Cour européenne des droits de l’homme, qui pourrait retoquer la Cour de cassation française. En effet, selon Federica Mogherini, la ministre européenne des Affaires étrangères, l’Union « se positionne fermement pour la protection de la liberté d’expression et de la liberté d’association, en cohérence avec la Charte des droits fonda-mentaux, qui est applicable au territoire des États membres, y compris en ce qui concerne les actions BDS. »
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En difficulté, ces extrémistes liberticides s’attaquent maintenant à l’antisionisme. Dans les deux cas, ils tentent de rompre l’isolement que vaut à Israël sa politique d’occupation, de colonisation et, désormais, d’annexion. La dernière enquête de l’IFOP indique que 57 % des Français ont une mauvaise image d’Israël et 69 % du sionisme, 71 % jugeant qu’Israël porte une responsabilité majeure dans l’absence de négociations. Seraient-ils antisémites ? Une autre enquête, réalisée par l’institut IPSOS, balaie cette accusation : l’électorat de la France insoumise et du Parti communiste est, démontre-t-elle, à la fois le plus critique vis-à-vis de la politique d’Israël et le plus empathique à l’égard des Juifs victimes de l’antisémitisme. CQFD.
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La France n’est pas, loin de là, le seul pays où l’opinion soutienne massivement la cause pales-tinienne. On en trouve même un reflet sur la scène diplomatique. Déjà, l’État de Palestine est entré à l’Unesco (2011), aux Nations unies (2012) et à la Cour pénale internationale (2015). Et l’Assemblée générale a, par exemple, voté fin 2017 une résolution en faveur du droit du peuple palestinien à l’autodétermination et à un État par 176 voix pour, 7 contre (Canada, États-Unis, Israël, Îles Marshall, États fédérés de Micronésie, Nauru et Palaos) et 4 abstentions (Cameroun, Honduras, Togo, Tonga). ..
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Vous placez ce débat avec juste raison sur le terrain de la rationalité des faits historiques, statistiques. Pourquoi est-ce si difficile en France, plus difficile semble-t-il que dans d’autres pays européens?
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Pour une raison simple : notre pays est, en Europe, celui qui compte à la fois le plus de musul-mans et le plus de Juifs, dont une bonne partie se sentent naturellement proches des Palestiniens ou des Israéliens.
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D’où l’agitation d’Israël et de ses amis pour redorer son blason dans l’opinion. La tâche n’est pas aisée, vu la radicalisation de la coalition au pouvoir à Tel-Aviv : passage de la colonisation à l’annexion du reste de la Palestine, adoption de lois liberticides, alliance avec les pouvoirs populistes et les forces d’extrême droite européennes…
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Comment, par exemple, convaincre nos compatriotes confrontés au spectacle insupportable des massacres de civils désarmés à Gaza ? Certains prétendent que la lecture de certains versets du Coran expliquerait les actes de violence antisémites. Personnellement, j’ai l’impression que les horreurs perpétrées par les snipers israéliens constituent une incitation beaucoup plus puissante. Et j’ajoute que c’est évidemment injuste : les Juifs de France ne sont en rien responsables des crimes de l’armée israélienne. C’est dire l’irresponsabilité des dirigeants du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) quand, au nom des Juifs, ils défendent la politique israélienne : ce sont eux qui font le lien…
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L’opinion publique internationale a fortement aidé à la fin du régime d’apartheid en Afrique du Sud. Que pouvons-nous faire pour développer l’intervention citoyenne sur la question palestinienne?
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Tant qu’Israéliens et Palestiniens seront seuls face à face, rien n’avancera : c’est la lutte du pot de fer et du pot de terre. Il importe donc que la communauté internationale s’en mêle, sur la base de son droit et notamment des résolutions des Nations unies. C’est pourquoi beaucoup dépend de l’intervention de l’opinion publique. En France comme ailleurs, on l’a vu, une nette majorité des citoyens critique les choix des dirigeants israéliens. Reste à traduire cette critique en actes politi-ques capables de peser sur les gouvernements. C’est la tâche du mouvement de solidarité et notamment de la campagne BDS.
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Il y a bien sûr le « B », dont nous avons parlé. Il se traduit aussi par le refus d’un grand nombre d’artistes de se produire en Israël, sans oublier l’annulation du match de football avec l’Argen-tine ! Mais il y a aussi le « D » et le « S ». Un nombre croissant de fonds de pension, de grosses banques, de grandes entreprises rompent leurs liens avec Israël et/ou les colonies de Cisjordanie. À terme, tout cela coûtera des milliards de dollars à l’économie israélienne.
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À ceux qui doutent de l’efficacité de la campagne BDS, je rappelle qu’elle a d’ores et déjà de telles conséquences, économiques et surtout politiques, que Benyamin Netanyahou l’a qualifiée de « menace stratégique majeure ». Et qu’il a créé, pour la combattre, une organisation dotée, à la fin de l’année dernière, de 72 milliards de dollars. Mais tout l’or du monde ne rendra pas la politique anti-palestinienne d’Israël sympathique !
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Comment voyez-vous le devenir des peuples palestinien et israélien ?
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Je ne suis pas Madame Soleil. Ce dont je suis certain, c’est que le droit à l’autodétermination des peuples finira par triompher. Le conflit israélo-palestinien représente le dernier grand conflit de décolonisation au monde, et il s’achèvera comme les autres. C’est l’intérêt des deux peuples. Mais j’ignore quels contours aura cette solution.
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La communauté internationale s’est prononcée, depuis des décennies, pour une solution sinon juste, en tout cas praticable : la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël. Mais elle n’a rien fait pour l’imposer à Israël et, plus le temps passe, plus cette perspective s’estompe. Il faut être aveugle pour ne pas voir qu’Israël, qui a fait longtemps mine d’accepter cette formule, est en train de l’enterrer : en mettant le cap sur l’annexion de la Cisjordanie, la droite et l’extrême droite se fixent l’objectif d’un seul État, dans lequel les Palestiniens annexés avec leur terre ne joui-raient pas du droit de vote: un État d’apartheid. Vingt-sept ans après la disparition du régime raciste d’Afrique du Sud !
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Il revient aux Palestiniens et aux Israéliens qui acceptent leur droit à l’autodétermination de choisir la solution qui leur convient. Pour ma part, je suis sensible à la voix de ceux qui, tout en voulant conserver les acquis diplomatiques de l’État de Palestine, proposent d’engager sans tarder le combat contre l’apartheid et pour l’égalité des droits. Nier la réalité n’a jamais permis de la transformer…
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Propos recueillis par Yvonne Rainero
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Dominique Vidal, historien et journaliste, spécialiste reconnu du Moyen-Orient, collaborateur du Monde Diplomatique dont il a été le rédacteur en chef adjoint, est venu dans le Finistère à Quimper et Brest à l’initiative de l’AFPS présenter son dernier livre. À cette occasion il nous a accordé une interview exclusive pour Rouge Finistère.
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09 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

sahara (arte)

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07 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

omc (via campesina)

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Journée mondiale d’action contre l’OMC et les accords de libre-échange!

L’OMC et une série de nombreux accords de libre-échange multilatéraux et bilatéraux ont créé des niveaux criminels d’inégalité : La Via Campesina

3 septembre 2018 : Des organismes mondiaux tels que l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), la Banque mondiale, le Fonds Monétaire International (FMI) qui promeuvent directe-ment et indirectement une série d’accords commerciaux multilatéraux et bilatéraux ont créé un taux criminel d’inégalité dans le monde où, selon les rapports, 82% de la richesse mondiale est désormais contrôlée par seulement 1% de la population.

La faim dans le monde est à nouveau en hausse, la souveraineté alimentaire des peuples étant gravement menacée.

C’est la conséquence d’une pression persistante depuis sept décennies en faveur de politi-ques néolibérales qui ont créé des régimes de «libre échange commercial» dans le monde entier. La privatisation et la déréglementation qui ont eu lieu à la suite d’une telle poussée ont évidemment enrichi les riches, tandis que la pauvreté et la faim dans le monde continuent de se maintenir à des niveaux extrêmement élevés.

C’est une offense impardonnable qui remet en question le but de l’existence de ces institutions et des accords de libre-échange qu’elles promeuvent.

Tout ce que ces accords ont garanti, c’est la liberté pour les entreprises multinationales de déverser des denrées alimentaires bon marché dans des pays économiquement plus faibles, après avoir reçu de lourdes subventions de leurs riches gouvernements.

Ce dumping et cette poussée d’un système agricole industriel ont fini par traiter les céréales alimentaires comme une marchandise pour le commerce et la spéculation, laissant les paysans et les agriculteurs familiaux incapables de faire face aux coûts de la culture.

Il a détruit les communautés paysannes rurales, les pêcheurs et nos marchés paysans.

La privatisation accrue des services a augmenté le coût de la vie, tandis que les niveaux de revenu des ménages paysans ont chuté. La dette qui en a résulté a poussé des millions de ménages paysans à s’endetter profondément.

Ce système agricole industriel promu par le trio criminel constitué de l’OMC, de la Banque mondiale et du FMI, a conduit à la consolidation et au contrôle de la chaîne alimentaire mondiale dans les mains de quelques entreprises agroalimentaires, tout en créant des effets dévastateurs pour la planète, ses habitants et toutes les espèces vivantes.

C’était pour mettre en évidence cette violation extrême du monde rural que, le 10 septembre 2003, Lee Kyung Hae, agriculteur sud-coréen de riz et dirigeant de notre mouvement paysan, s’est ôté la vie devant la réunion ministérielle de l’OMC à Cancun, au Mexique. Tout en sacri-fiant sa vie pour dénoncer les crimes de l’OMC et les accords de libre-échange, Lee tenait une pancarte sur laquelle on pouvait lire “L’OMC tue les agriculteurs”.

Depuis ce jour, nous avons marqué le 10 septembre comme la Journée mondiale d’action contre l’OMC et les accords de libre-échange, mobilisant nos paysans membres contre les attaques des régimes mondiaux des capitaux et du marché libre. Nous avons dénoncé l’OMC lors de toutes les réunions ministérielles tenues depuis lors à travers des actions directes.

Cette année encore, nous allons intensifier la résistance.

Plusieurs accords multilatéraux et bilatéraux tels que RCEP, CPTPP, UE-Mercosur, CETA et autres accords sont négociés avec frénésie par des pays et des organismes mondiaux à huis clos, sans respect pour la démocratie et la souveraineté nationale.

En attendant le 10 septembre, nous appelons tous nos membres, alliés et soutiens dans les villes et les campagnes et tous nos amis à organiser des manifestations, des réunions publi-ques et des actions rurales qui continueront à dénoncer l’existence de l’OMC, de la Banque mondiale et du FMI, et exposer les détails de ces accords qui menacent de supprimer la souveraineté alimentaire des peuples et de permettre l’expansion des marchés pour les entreprises agroalimentaires multinationales.

À travers nos propres moyens de lutte décentralisés et divers, faisons tous écho de l’appel que Lee Kyung Hae nous a donné : «L’OMC et les Accords de Libre-échange Tuent les Agriculteurs».

Le 10 septembre, La Via Campesina annoncera également un effort de mobilisation massive contre le trio criminel de la Banque mondiale, du FMI et de l’OMC. Nous exhortons tous les membres à rester ensemble et à montrer la force de la résistance des peuples.

L’OMC TUE LES PAYSANS!
RETIREZ L’AGRICULTURE DE TOUTES LES NÉGOCIATIONS DE LIBRE-ECHANGE!
NOUS VOULONS LA SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE, PAS LE LIBRE-ECHANGE!

https://viacampesina.org/

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06 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

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Etats-Unis : faut-il construire le mouvement socialiste en soutenant des Démocrates ?

Suite à leur soutien à Sanders en 2016, les Democratic Socialists of America (DSA) sont passés de quelques milliers de membres à des dizaines de milliers. Cela a convaincu nombre d’entre eux que le soutien à des candidat·e·s du parti démocrate, aux primaires comme aux élections générales, était une importante stratégie socialiste.

Les DSA sont engagés dans la construction de mouvements syndicaux et sociaux, certains ont par exemple contribué à diriger les récentes grèves d’enseignant·e·s en Virginie.

Mais à l’approche des élections de novembre, les campagnes électorales ont occupé le gros de leurs débats et de leur pratique. Maria Svart, leur directrice nationale, écrivait récemment : « L’an dernier, 32 candidat·e·s soutenu·e·s par ou membre des DSA se sont présenté·e·s à des élections dans ce pays. Cette année, 38 ont déjà remporté leur primaire, y compris Alexan-dria Ocasio-­Cortez sur le point de devenir la plus jeune femme élue au Congrès et Rashida Tlaib, qui y sera la première musulmane élue ».

Après la victoire aux primaires d’Ocasio-Cortez, une portoricaine de 28 ans, face à Joe Crowley, chef de groupe démocrate à la Chambre des représentants, 4 000 nouveaux membres ont adhéré aux DSA. Pas étonnant que nombre de membres des DSA voient les campagnes du parti démocrate comme voie privilégiée pour construire un large mouvement pour le socialisme et recruter.

Les victoires de candidat·e·s soutenu·e·s par les DSA ou d’autres groupes progressistes comme Our Revolution de Sanders ont effrayé des dirigeants démocrates, même si comme dit le New York Times : « L’impact d’activistes [progressistes] sur les élections 2018 a été limité. Jusqu’ici environ un sixième seulement des candidat·e·s démocrates désigné·e·s pour le Congrès sont formellement affilié·e·s à l’un ou l’autre des groupes rebelles importants. 53 des 305 candidat·e·s ont été soutenu·e·s par les Justice Democrats, par le Parti des familles travailleuses, par la Campagne pour un changement progressiste ou Our Revolution, des organisations ayant soutenu des challengers face aux sortants démocrates. » 

Pousser le parti démocrate à gauche ?

Mais la frange modérée des démocrates s’inquiète. Leur think tank « Third Way » a tenu récemment une première convention Opportunity 2020 rassemblant des démocrates modé-ré·e·s lié·e·s aux banquiers et aux grandes entreprises que le parti représente. Le sénateur Chris Coons, démocrate du Delaware, y a prévenu les médias que si des progressistes conti-nuaient à gagner des élections : « Il sera difficile pour nous de défendre de manière crédible l’idée que nous devrions pouvoir gouverner à nouveau et ce sera facile de se moquer de nous et de nous marginaliser ».

Les modéré·e·s affirment que des candidat·e·s progressistes ne sauraient gagner que sur la Côte Est ou Ouest, mais qu’ils peineront à convaincre les électeurs·trices du Mid-West ou du Sud. Les militant·e·s de Our Revolution, d’autres groupes progressistes et les socialistes des DSA soutiennent, a contrario, que ce n’est qu’en tirant le parti démocrate à gauche que les démocrates peuvent emporter l’élection.

Les progressistes ont eu des succès dans ce sens en amenant les démocrates à soutenir le plan d’assurance-maladie à payeur unique de Sanders. Les dirigeants des DSA croient que tout en gagnant des élections, ils peuvent aussi recruter des socialistes. Un sondage Gallup la semaine dernière a affirmé que 57% des démocrates voyaient le socialisme favorablement, alors que 47% d’entre avaient une vision positive du capitalisme.

Socialism and the City…

Dans les DSA et la gauche, il y a un débat : quel·le·s démocrates soutenir ? Les seuls mem-bres des DSA, ou les candidat·e·s qui se disent socialistes ? Ou des progressistes avec de bonnes plateformes électorales ? Prenons le soutien par les DSA à Cynthia Nixon, actrice de 52 ans de Sex and the City qui se présente aux primaires démocrates contre le gouverneur sortant de l’Etat de New York, Andrew Cuomo. Après la victoire d’Ocasio-Cortez, Nixon a dit dans une interview que même si elle n’y avait pas pensé avant, elle se rendait compte qu’elle avait des « valeurs socialistes ».

Pourtant Nixon n’était guère même une progressiste. Elle a été un soutien d’Obama, de Hilary Clinton et du maire de New York Bill de Blasio. La direction des DSA en ville de New York a voté à 2 contre 1 le soutien à Nixon, la plupart de ses soutiens arguant qu’elle a pris des positions progressistes et que l’association des DSA à sa campagne conduirait à une expansion des mouvements de la gauche et des DSA. Le jour après avoir décroché ce soutien, Nixon a dit aux médias que si le milliardaire républicain Michael Bloomberg était gouverneur, elle ne se serait pas présentée, laissant entendre que Bloomberg était préférable à Cuomo. Le jour d’après, elle s’était reprise, mais la remarque a révélé son instabilité et sa naïveté politiques.

Les débats aux DSA sur quels démocrates soutenir ont évincé de l’agenda, jusqu’à novembre au moins, toute discussion quant au soutien à des candidatures indépendantes, comme celle de Howie Hawkins, ouvertement socialiste et candidat vert au poste de gouverneur. L’heure est semble-t-il au pragmatisme.

Dan La Botz jeudi 23 août 2018

Source: « solidaritéS » (Suisse) www.solidarites.ch/journal/

http://www.europe-solidaire.org/

Lire aussi:

Connecticut socialist turns in over 10 000 signatures for U.S. Senate bid (Socialist Action)

Facebook de Howie Hawkins

Commentaire:

Parti et Mouvement: dans plusieurs pays les anticapitalistes sont confrontés à des partis de gauche réformistes ou populistes importants: la France Insoumise, Podemos, Die Linke, DSA. Certains s’y sont dissous, d’autres ont la double appartenance, d’autres comme le NPA construisent un parti anticapitaliste.

Il y a aussi des campagnes plus larges où nos camarades peuvent rencontrer des dizaines de milliers de militant(e)s comme celle de Bernie Sanders, celle de soutien à Jeremy Corbyn en Grande Bretagne et aussi certains des futurs candidats démocrates aux primaires des USA.

Nos camarades de Socialist Action (USA) ont choisi de présenter un candidat sous leur propre étiquette.

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06 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

tricolore (lutte ouvrière + libération)

militarisme1

Mélenchon : le tricolore d’abord

«Est ce que ces gens me reprochent d’aimer mon pays? Oui j’aime ma patrie ; oui j’ai ramené le drapeau bleu blanc rouge dans les manifs, j’ai ramené La Marseillaise. »

Telle est la réponse de Jean-Luc Mélenchon sur BFMTV à Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement qui disait avoir « peur que Jean-Luc Mélenchon, qui se dit internationaliste, soit au fond un nationaliste de première catégorie ».

On a les sujets de fierté qu’on peut 

Pour Mélenchon, c’est le fait d’avoir éliminé le drapeau rouge et L’Internationale des manifes-tations. Il est vrai qu’ils ont déjà été abandonnés par le Parti Communiste, qui a introduit le drapeau tricolore dans les manifestations ouvrières, pas gêné de brandir ce qui est le drapeau des patrons et de la bourgeoisie française contre les travailleurs.

Interrogé sur les migrants accueillis en Allemagne, Mélenchon a répondu que, dans ce pays, « n’importe quoi a été fait » dénonçant une politique favorable au patronat. « Il y avait déjà des emplois à un euro de l’heure, Madame Merkel a inventé des emplois à cinquante centimes pour les migrants. » Ses propos font écho à ses déclarations en août à Marseille « Honte à ceux qui organisent l’immigration par les traités de libre-échange et qui l’utilisent ensuite pour faire pression sur les salaires et les acquis sociaux. » C’est là une façon de s’en prendre aux migrants parce qu’ils pèsent sur les salaires, et aussi de critiquer ceux qui, comme le gouvernement Merkel, les ont laissés entrer.

Mais nulle part le patronat européen n’a attendu les migrants pour inventer nombre de contrats sous-payés et les imposer aux travailleurs.

Prétendre que l’on peut assurer un sanctuaire aux travailleurs des pays les plus riches en leur évitant la concurrence des migrants est une façon d’éviter de mettre en cause les capitalistes alors que, pour lutter contre ceux-ci, l’intérêt des travailleurs est de parvenir à intégrer les migrants pour en faire leurs compagnons de lutte.

Le nationalisme, même à la sauce Mélenchon, est un poison pour le monde du travail.

05 Septembre 2018

https://journal.lutte-ouvriere.org

Lire aussi:

Mélenchon aux socialistes: «Que finisse cette longue solitude pour moi d’avoir été séparé de ma famille» (Libération)

Populisme «de gauche», immigration: démêlons les confusions (Anti-K)

À propos de Jean-Luc Mélenchon,  l’Europe, et surtout les migrantEs (Anti-K)

Gauche européenne et immigration : la réponse de Roger Martelli à Djordje Kuzmanovic (Anti-K)

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05 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

bobby sands (andré frères éditions)

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Bobby Sands Yan Morvan

Textes : Bobby Sands, Yan Morvan et Sorj Chalandon

Bobby Sands est mort le 5 mai 1981 à 1 heure et 17 minutes du matin.
Bobby Sands est arrêté et condamné à 14 ans de prison pour possession d’armes à feu. Il commence le 1er mars 1981 une grève de la faim suivie par neuf autres prisonniers politiques membres de l’IRA (Armée Républicaine Irlandaise) et de l’INLA (Armée nationale de Libération irlandaise).

Leurs revendications : obtenir le statut de prisonniers politiques auquel ils ont droit. Ils mourront tous, les derniers dans la presque indifférence générale.

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Ces épisodes qui pourraient évoquer une « histoire ancienne » rejoignent malheureusement la plus proche actualité. La Catalogne, aujourd’hui, réclame son indépendance comme d’autres états et citoyens de l’Europe, lassés de voir leur identité se diluer dans la « mondialisation ».
Le conflit entre Catholiques et Protestants, les partisans de l’indépendance et du maintien dans la couronne rappelle l’histoire passée de la Grande-Bretagne et du clivage actuel entre partisans et opposants au Brexit.

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L’Irlande du Nord, terre la plus pauvre de l’Europe qui a fourni les contingents de travailleurs à la première révolution industrielle britannique et les déracinés qui ont construit l’Amérique au XIXe siècle rappelle la crise des migrants qui s’est installée durablement dans nos sociétés.
On pourrait évoquer aussi le clivage Nord-Sud, catholiques pauvres du Sud contre Protestants riches du Nord, à l’envers cette fois-ci. Conclure par l’immense respect qu’inspire ce peuple de déshérités et d’insoumis unis jusqu’au sacrifice de ses enfants pour écrire par la souffrance cette page d’éternité.

Yan Morvan est à l’époque photographe pigiste à l’agence de presse Sipa, une des trois grandes agences de presse photographique parisienne des années 80. Il a le profil du jeune reporter déterminé risque-tout qui convient à la situation d’émeutes qui règne en Irlande du Nord. Il est alors tout naturellement envoyé sur les affrontements de Londonderry en avril 1981. Il y restera trois semaines et y retourna plusieurs fois pendant cette même année. « Ces semaines que j’ai vécu à Derry et Belfast, vivant avec les émeutiers de quartiers catholiques, photographiant la tension, le désespoir, la foi et le courage des Irlandais, utilisant l’appareil photographique comme d’une arme servant leur cause, me persuadèrent à tout jamais du bien-fondé du témoignage photographique comme instrument de mémoire, d’émotion, de réflexion, gages d’un monde libre et démocratique ». Yan Morvan.

BOBBY SANDS, IRRADIANT
Par SORJ CHALANDON
paru dans Libération en août 2004 (extrait)

« La première fois, il était mort. Ce fut donc la dernière. Une nuit de mai comme seul novembre en ose. Une nuit de brouillard glacé, d’anoraks humides, d’écharpes relevées et de poings dans les poches. L’émeute avait cessé. Belfast chuchotait. La ville avait sa gueule grise. Celle des jours mauvais. Juste avant le drame, ou alors juste après. Tout allait
renaître avec l’aube, les cris, les pierres et les bruits du feu. Bientôt, les vieilles reprendraient leur place sur les trottoirs, à genoux, leur rosaire à la main, nous le savions. Mais ce soir, tout se taisait. Tout se taisait parce que Bobby Sands était mort. Et que c’était impossible. «Ne pose pas de questions. Ne prends pas de notes», avait dit notre accompagnateur.
«Ne parle plus», a commandé un autre.

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Que savons-nous de Bobby Sands ? En fait, rien. Ou peu. Ce que chacun savait de lui. Son visage, d’abord. Un sourire en noir et blanc sur les murs nationalistes, son regard à chaque fenêtre, au-dessus des cheminées, dans les portefeuilles, sur les agendas d’écoliers, piqué au revers des vestes, imprimé sur les maillots d’enfants, dans les pubs, les magasins, tatoué sur des peaux, brodé sur des drapeaux, en affiches, en calicots, en banderoles. Une photo. La même, toujours. La seule presque, prise en 1976 à la prison de Long Kesh.
L’image unique que nous avions de lui.

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«Respecte le silence», avait dit notre accompagnateur. C’était la nuit du 7 mai 1981. Nous étions à Twinbrook, un quartier catholique du sud-ouest de Belfast. Au coin des rues, dans les jardinets, contre les murs, adossés aux réverbères orangés, assis à quatre dans des voitures mornes, des femmes et des hommes faisaient le guet. Des combattants de l’IRA, des amis, des gamins larmes aux yeux, des jeunes dents serrées, des mères en peignoir, des voisins. La maison des Sands était de brique. Pareille aux autres. Avec juste un ruban noir accroché sur le seuil. «Ne parle plus», avait dit l’homme. Il a frappé à la porte. Une entrée minuscule de
papier peint, et l’escalier qui mène aux chambres. La chaleur, la maison. Ces endroits familiers où l’on se dit qu’on a la vie devant. Qu’il y aura des portes, et d’autres portes après, et des pièces à n’en plus finir jusqu’à croiser la mort. Et qu’on aura le temps. Le temps de s’y faire. Tout le temps. Et voilà que le salon s’ouvre. Et voilà que Bobby Sands est là.
Que savons-nous de lui ? En fait, rien. Ou peu ».

http://www.andrefrereditions.com/

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