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22 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

michèle sibony (ujfp)

Michèle Sibony 

« Conte et légende d’un lobby sioniste »

Un journal en ligne le JNS (Jewish News Syndicate) publie le 16 décembre 2018 un article signé par Yossi Lempkowicz intitulé « manifestations d’antisémitisme dans le contexte des manifesta-tions des gilets jaunes en France ».

Cet article à diffusion virale aux États-Unis, nous a été transmis par un jeune chercheur d’une université californienne, pour vérifier sa véracité. Il raconte une histoire digne des meilleurs conteurs : un pic d’antisémitisme en France menace les juifs avec et depuis les manifestations des gilets jaunes.

N’hésitant pas à inventer des situations jamais vues ou entendues, lors des dernières semai-nes, il serait plutôt matière à sourire s’il ne faisait en réalité partie d’une campagne de lobbying acharnée pour imposer une définition de l’antisémitisme suivie d’exemples qui incluent l’antisio-nisme : c’est la définition de l’IHRA (International Holocaust Remembrance Alliance) augmentée de ses exemples.

Nous n’entrerons pas ici dans les détails de cette affaire, mais il faut savoir que l’IHRA qui elle-même avait été victime de ce lobbying avait cependant voté une définition qui n’incluait pas d’exemples. Les exemples imposés par le lobbying ont été ajoutés à la définition votée, et tout l’enjeu est aujourd’hui de faire voter en force, État par État, la définition augmentée de ces exemples mentionnant l’antisionisme comme antisémite.

Déjà l’introduction du conte identifie au point de les confondre deux personnages 

Commission Européenne et Agence des droits fondamentaux. Si l’on cherche le sondage cité dans la Commission Européenne il n’apparaît que sous la publication de l’une de ses agences la FRA, Agence pour les droits fondamentaux. Il y a donc une volonté d’assimilation d’une agence d’experts au service de l’UE avec la Commission Européenne elle-même. Or cette confusion volontaire a déjà des précédents.

L’UE est depuis des années maintenant, la cible principale du lobbying d’Israël

Ce lobbying s’est au cours des années introduit dans tous les organismes « d’experts » travaillant à la périphérie de l’UE. C’est ainsi par exemple qu’il avait utilisé le site de l’EUMC (Observatoire Européen des Phénomènes Racistes et Xénophobes) lui-même intégré au site internet général de l’UE, pour y placer un texte sur la définition de l’antisémitisme faisant donc passer ce texte pour un texte officiel de l’Union Européenne aux yeux d’un observateur non averti.

Lorsque cet organisme, l’EUMC, fut remplacé par la FRA, cette dernière retira la définition de son site, s’attirant les foudres du lobby, mais elle souligna que ce texte qui n’avait été voté par personne n’était pas un texte officiel de l’UE. Pour que les choses soient encore plus claires voici la présentation officielle de la FRA :

« Créée en 2007 par l’Union européenne, la FRA fournit des conseils indépendants fondés sur des éléments de preuve en matière de droits fondamentaux. Les 90 membres du personnel de la FRA comptent, notamment, des experts juridiques, des experts en sciences sociales et politi-ques, des statisticiens et des experts en communication et de mise en réseaux. »

Le conseil d’administration de la FRA se compose d’experts indépendants des droits de l’homme issus de chacun des 27 États membres, de deux représentants de la Commission et d’un expert indépendant nommé par le Conseil de l’Europe. »

Un passage rapide sur le site de la FRA permet de voir que son activité est aujourd’hui entiè-rement orientée sur l’antisémitisme, pourtant ce ne sont pas les violations des droits fonda-mentaux qui manquent.

Mais il faut bien alimenter la bataille en cours 

imposer à l’UE et à chacun de ses membres le vote de la définition de l’IHRA incluant des exemples d’antisionisme présentés comme antisémites. L’article-conte fait partie de cette opération de lobbying, il participe de la diffusion de la peur antisémite, moteur du vote des États, et si la France est ciblée, la raison en est fournie par le texte lui-même : première communauté juive d’Europe, 500.000 membres.

Mais par exemple le Guardian a aussi diffusé cette peur, et ce message en Grande Bretagne où la bataille fait aussi rage : theguardian. Il s’agit pour ce lobby israélo-étasunien de faire feu de tout bois pour placer les « éléments de langage » nécessaires à la bataille en cours, et ils sont lâchés assez platement il faut le reconnaître, mais il fallait sans doute respecter la consi-gne : « Le mouvement des gilets jaunes attire des antisémites qui essaient d’insuffler des théories selon lesquelles les juifs, les sionistes sont les élites, les financiers… » ?

L’article s’appuie à la fois sur des mensonges en rafale qui viendra les contester en Californie? Et comme si en France les actes antisémites passaient inaperçus de nos jours… et sur des déclarations du Dilcrah. Pas un mot pourtant sur les réels, et rares, incidents racistes recensés sur le terrain par des témoins et des médias, contre une femme voilée, contre les migrants. Hors sujet, même pour le Dilcrah ! Qui s’en étonnerait, cet organisme s’étant lui-même déjà distingué pour son orientation sioniste affirmée, et il faut bien le dire ses silences sur l’islamo-phobie et les autres formes de racisme.

Diffuser la peur de l’antisémitisme est équivalent dans ses effets, à l’antisémitisme lui-même.

Et la solution est abondamment traitée en faisant apparaître les structures états-uniennes, européennes et israéliennes de ce sionisme imposé : l’aliyah, l’immigration vers Israël dont le bassin français reste une source majeure d’approvisionnement. Pourtant tous les articles récents publiés dans la presse israélienne révèlent l’arrêt ou le fort ralentissement de l’émi-gration des juifs de France vers Israël et même le retour en France de nombreuses familles.

Les ravages de ce lobbying et de cette littérature, sont incommensurables si une contre infor-mation sérieuse et argumentée n’est pas apportée rapidement et systématiquement. Les media susceptibles de réagir et motivés sont encore bien trop rares. Nous sommes loin du compte.

vendredi 21 décembre 2018  Michèle Sibony

http://www.ujfp.org/

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Le nouveau « nouvel antisémitisme » (UJFP)

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17 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

kemper salah hamouri (afps)

kper

Maintenant libre, après 13 mois en détention administrative, illégale et totalement arbitraire, du 23 août 2017 au 30 septembre 2018, Salah Hamouri, avocat franco-palestinien, que nous avons soutenu et dont nous avons demandé la libération, sera à Quimper, jeudi prochain 20 décembre.
Venez l’accueillir et écouter son témoignage, au cours de la réunion publique, organisée même jour à 20 h 30, à la M.P.T. de Penhars,  par le groupe du Pays de Cornouaille de l’Association France-Palestine Solidarité. 
 
 Le groupe du Pays de Cornouaille de l’AFPS,
 

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04 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

dominique vidal (npa)

vidal doom

Antisionisme-antisémitisme 

Enjeux d’un amalgame

Mon dernier livre, intitulé Antisionisme = Antisémitisme ?, est sous-titré Réponse à Emmanuel Macron1. Rien là d’un effet de style. J’ai en effet décidé de l’écrire le 16 juillet dernier, après avoir entendu le discours du président de la République à la commémoration du 75e anni-versaire de la rafle du Vel d’Hiv. Non seulement il avait invité, pour la première fois, le Premier ministre israélien à cette cérémonie, non seulement il lui avait donné du « cher Bibi », mais, à la fin de son (excellent) discours, il avait lâché : « Nous ne céderons rien à l’antisionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme. »

Jamais un président de la République, même pas Nicolas Sarkozy ni François Hollande, n’avait jusqu’ici repris à son compte cet étrange amalgame entre antisionisme et antisémitisme. Étran-ge, en effet, puisqu’il confond dans une même réprobation un délit, le racisme anti-Juifs, condamné par la loi comme toutes les autres formes de racisme et une opinion, qui conteste l’impossibilité de l’assimilation des Juifs et donc la nécessité d’un État où ils se retrouveraient tous et, au-delà, la politique de cet État.

Un antisémitisme en recul

L’antijudaïsme, puis l’antisémitisme traversent l’histoire de l’Europe, plus, d’ailleurs, que celle du monde arabe. Ils s’y sont traduits, des siècles durant, par des discriminations, des expul-sions et des massacres, ainsi lors des Croisades, mais aussi, au 19è siècle notamment, lors des « pogromes » de l’Empire tsariste. Ces persécutions ont atteint leur apogée avec le géno-cide nazi, qui visait certes d’autres cibles (Tsiganes, malades mentaux, Slaves…), mais dans lequel les Juifs formaient le seul groupe destiné à être tué jusqu’au dernier : il exterminera de fait la moitié des Juifs d’Europe, un tiers de la population juive mondiale.

En France, où le régime de Vichy et sa police ont collaboré activement à la déportation de 75 000 Juifs (sur 330 000, français et étrangers, une proportion qui souligne la solidarité dont ils ont bénéficié), l’antisémitisme n’a cessé de reculer depuis la guerre. Selon toutes les enquê-tes, il représente aujourd’hui une idéologie marginale, alors que l’islamophobie bénéficie d’un quasi consensus.

La meilleure preuve, c’est, premier élément, la réponse de nos compatriotes à la question « Les Juifs sont-ils des “Français comme les autres” ? ». En 1946, seul un tiers répond par l’affirmative. Soixante-dix ans plus tard, selon une enquête d’IPSOS2, la proportion atteint… 92 % ! Ajoutons que 93 % estiment que « Rien ne peut excuser un acte ou une parole antisémite ». Ces résultats sont d’autant plus significatifs qu’ils s’inscrivent dans un contexte de rejet accru des musulmans. Non seulement 36 % des sondés (+12 en un an) les estiment « mal intégrés », mais 83 % les en rendent responsables, ils seraient « repliés sur eux-mêmes » et refuseraient de « s’ouvrir sur la société », contre 17 % qui pointent la responsabilité de la société…

En revanche, second élément, les chercheurs observent la persistance de certains préjugés vis-à-vis des Juifs, bien qu’ils soient en recul : 52 % des Français pensent que « les Juifs sont plus attachés à Israël qu’à la France », 52 % que « les Juifs ont beaucoup de pouvoir », 51 % que « Les Juifs sont plus riches que la moyenne des Français » et 38 % que « Les Juifs sont un peu trop présents dans les médias ». Mais il existe aussi des préjugés et combien !, contre les Corses, les Bretons ou les Auvergnats : parlera-t-on pour autant de racisme anti-corse, anti-breton ou anti-auvergnat ?

Reste que la France a connu, troisième élément, une flambée de violences anti-juives au début des années 2 000. Chaque année, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) publie un rapport intitulé la Lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, qui suit notamment l’évolution des actes et menaces racistes. Cette catégorie de « menace » incluant aussi bien un courriel d’insulte qu’une lettre anonyme ou un graffiti sur la voie publi-que, nous préférons nous référer aux « actes ». En 2002, par rapport à 2001, le nombre de ces derniers est multiplié par quatre, et, en leur sein, le nombre d’actes antisémites par six. Toutefois, dès 2003, on observe un net reflux des violences antisémites (- 36 %) et des autres violences racistes (- 23 %).

Ce recul se poursuit, irrégulièrement, tout au long des années suivantes s’agissant des violences antijuives. En revanche, les violences racistes, et notamment islamophobes, se maintiennent à un niveau élevé, avec une véritable explosion en 2015, dans le contexte des attentats terroristes : elles triplent cette année-là. Mais elles connaîtront un recul de près de 60 % en 2016. L’année 2017 marque une nouvelle décrue : 121 faits antimusulmans (- 34,5 %), 311 faits antijuifs (- 7,2 %) et 518 autres faits racistes (- 14,8 %). Notons cependant une poussée des violences proprement dites : 72 contre des musulmans (67 en 2016) et 97 contre des Juifs (77 en 2016).

Une nécessaire vigilance de tous les instants

Certains intellectuels parlent, depuis une quinzaine d’années, d’« antisémitisme musulman ». Cette thèse a même fait l’objet d’un procès, l’historien Georges Bensoussan ayant attribué, à tort, au sociologue Smaïn Laacher, lors de l’émission « Répliques » d’Alain Finkielkraut, l’idée que « dans les familles arabes, […] l’antisémitisme [se] tète avec le lait de la mère ». Blanchi par la justice de l’accusation d’« incitation au racisme », le responsable du Mémorial de la Shoah n’en a pas moins fait l’objet d’une mise en garde du Conseil supérieur de l’audio-visuel (CSA), considérant que « certains propos tenus par M. Bensoussan […] étaient susceptibles d’encourager des comportements discriminatoires ». 

Au-delà des dérapages, ce débat a été alimenté par un sondage réalisé en 2014 par la Fondation pour l’innovation politique3, qui a suscité de vives réactions. Ainsi la sociologue et politologue Nonna Mayer a-t-elle appelé, dans le Monde, à « parler d’antisémitisme avec rigueur »4. À ses sévères critiques d’ordre méthodologique, la chercheuse ajoutait « une interrogation plus générale sur la pertinence du concept de “nouvel antisémitisme” » défini notamment par rapport aux « travaux de Pierre-André Taguieff ». Or ce dernier, souligne Nonna Mayer, « voit un antisémitisme masqué derrière la critique d’Israël et du sionisme, au nom de l’antiracisme et des droits de l’homme, et porté tant par l’islamisme radical que par les idéologies tiers-mondistes d’extrême gauche ».

Toutes ces données quantitatives ne sauraient dissimuler les réalités qualitatives : le vécu des catégories concernées. D’autant que, pour la première fois depuis 1945, des Juifs, en ce début de siècle, ont été assassinés en tant que tels : les quatre victimes juives de Mohammed Merah, les quatre martyrs de l’Hyper Casher, mais aussi Ilan Halimi, Lucie Attal-Halimi et Mireille Knoll. La complexité des autres motivations des tueurs, meurtres crapuleux, voire acte de folie, n’empêche pas qu’ils soient d’abord perçus comme antisémites.

C’est dire que la lutte contre le racisme et l’antisémitisme reste plus que jamais nécessaire. Et qu’il suppose une vigilance de tous les instants. Toute incitation à la haine raciale, toute propa-gande négationniste doivent être combattues et sanctionnées. De ce point de vue, la loi anti-raciste de 1881, celle de 1972, la loi Gayssot de 1990 et le Code pénal constituent un arsenal efficace.

Encore faut-il que celui-ci soit appliqué. Or, pendant des années, un Dieudonné ou un Soral ont pu jouer impunément avec l’antisémitisme et le négationnisme. Outre les provocations de ces hommes de gauche passés à l’extrême droite, il faut évoquer les dérapages que font ou tolèrent certains défenseurs auto-proclamés de la Palestine. Je veux le dire clairement : compte- =tenu des accusations dont ils font l’objet, les militants qui professent des idées anti-sionistes doivent être les plus vigilants. Toute « bavure » leur coûtera désormais très cher et, au-delà de leur personne, à la cause qu’ils entendent défendre…

Voilà pour le premier terme de la comparaison d’Emmanuel Macron.

La naissance du sionisme… et de l’antisionisme

Et pour le second ? Historiquement, la poussée de l’antisémitisme à la fin du XIXe siècle a aussi suscité la naissance du sionisme. Confronté aux pogromes de 1881-1882 en Russie, puis témoin à Paris de la dégradation du capitaine Dreyfus en 1895, Theodor Herzl en tire la conclusion que les Juifs sont inassimilables, même dans le pays qui, le premier, les a éman-cipés, et qu’ils doivent donc disposer d’un État à eux.

En 1896, il publie l’État des Juifs et, l’année suivante, réunit le Premier Congrès sioniste mondial : « Le sionisme, précise son programme, s’efforce d’obtenir pour le peuple juif en Palestine un foyer reconnu publiquement et garanti juridiquement. »5 Le fondateur du mouve-ment fait l’impasse sur l’existence, dans ce pays, d’un peuple arabe autochtone, qui représente alors les neuf dixièmes de sa population, et que le sionisme va progressivement priver de tous ses droits.

Vingt ans après le Congrès de Bâle, le Royaume-Uni, avec la Déclaration Balfour, fait sien le projet de Foyer national juif en Palestine, sur laquelle il obtient en 1922 le mandat. Pourtant, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale et malgré Londres, les héritiers de Herzl ne rencontrent guère d’écho parmi les Juifs : l’essentiel des mouvements politiques juifs s’oppose à leur ambition.

Pour les communistes juifs, la solution de la question juive réside dans la révolution socialiste. Lénine, dès 1903, dénonce le nationalisme juif : « Absolument inconsistante au point de vue scientifique, l’idée d’un peuple juif spécial est, par sa portée politique, réactionnaire. » Pour le leader bolchevique, « dans toute l’Europe, la chute de la féodalité et le développement de la liberté politique ont marché de pair avec l’émancipation politique des Juifs, qui abandonnent le “yiddish” pour adopter la langue du peuple parmi lequel ils vivent et, d’une manière générale, leur assimilation progresse à l’époque ».

C’est pourquoi Lénine, à l’époque, polémique aussi avec le Bund, l’Union générale des ouvriers juifs de Lituanie, Pologne et Russie, pourtant également hostile au projet d’État juif. Pour ce mouvement social-démocrate, la solution de la « question juive » suppose la réalisation d’une autonomie culturelle des Juifs dans les pays où ils vivent. Les bundistes estiment en effet que la culture doit agir comme ciment des Juifs, davantage que ne le ferait un État ou un terri-toire. Ils considèrent le sionisme « comme une réaction de la classe bourgeoise contre l’anti-sémitisme et la situation anormale du peuple juif. Le sionisme politique érigeant pour but la création d’un territoire pour le peuple juif ne peut prétendre résoudre la question juive, [...] ni satisfaire le peuple dans son ensemble ».

Quant aux religieux orthodoxes, leur opposition au sionisme est radicale. Imaginer un État juif avant l’arrivée du Messie est purement et simplement blasphématoire. Seul le mouvement religieux Mizrahi ne voit pas de contradiction entre sa foi et la vision de Herzl. Il faudra attendre 1949 pour qu’une partie plus substantielle des religieux accepte de passer un compromis avec le jeune État d’Israël, qu’on appelle le « statu quo » et qui définit les devoirs réciproques de l’État et de la religion. De pressions en concessions, le premier cèdera de plus en plus de terrain à la seconde. Si bien qu’aujourd’hui seule une minorité d’ultra-orthodoxes conteste encore l’existence de l’État d’Israël.

Il faut dire que, de leur côté, Herzl et ses successeurs ne manquaient pas de griefs contre les religieux : pour eux, la religion a fait du peuple juif une entité passive, attendant son salut et son émancipation de la venue du Messie, qui permettrait le retour du peuple juif dans sa patrie historique, mais dans le cadre d’un projet divin et pas dans celui d’un projet politique conçu par des hommes.

Le bouleversement du génocide nazi

Les faits sont têtus : l’immense majorité des Juifs quittant l’Europe centrale et orientale se rend en Europe occidentale et surtout aux États-Unis, environ 3,5 millions de 1881 à 1924. En revanche, au début de la Seconde Guerre mondiale, la Palestine mandataire ne compte que 460 000 Juifs, soit 2,9 % de la population juive mondiale.

Une bonne partie de l’immigration est venue à l’époque d’Allemagne. La montée du nazisme a provoqué une accélération de l’émigration juive vers la Palestine : celle-ci passe de 1932 à 1939 à 247 000 arrivants, soit 30 000 par an, quatre fois plus que depuis la fin de la Première Guerre mondiale ! Il s’agit déjà moins d’un « choix sioniste » que d’une fuite face aux persécu-tions.

Fuite facilitée par l’accord dit Haavara (transfert), conclu par l’Organisation sioniste mondiale avec le gouvernement nazi, le 25 août 1933 : contrairement aux autres qui partent sans un mark en poche, les Juifs allemands allant en Palestine peuvent récupérer là-bas une partie de leurs biens sous la forme de produits exportés par le Reich là-bas. Plusieurs dizaines de milliers de Juifs allemands sauveront ainsi leur vie. Cet accord coûtera en revanche la sienne à son négociateur sioniste, Haïm Arlosoroff, assassiné sur la plage de Tel Aviv le 16 juin 1933.

Qu’on n’imagine pas Hitler converti au sionisme. Durant ses premières années, le régime nazi n’a pas encore conçu la « solution finale de la question juive ». Il s’attache d’abord à exclure les Juifs de la société allemande et à les pousser à l’émigration. Dans un second temps, il pensera en termes de déportation massive : vers Madagascar d’abord, puis vers la Pologne et enfin vers la Sibérie. Le projet génocidaire proprement dit se radicalisera à partir de l’invasion de l’URSS, le 22 juin 1941.

Le génocide nazi bouleverse tout. Six millions de Juifs ont été exterminés et des centaines de milliers de survivants ne peuvent pas retourner chez eux. Or Washington leur refuse tout visa. Bon nombre émigrent alors vers la Palestine, puis vers Israël, d’où la guerre de 1947-1949 a chassé 800 000 Arabes. Comme durant l’entre-deux guerres, les juifs se rendant là-bas le font moins par « choix sioniste » que par obligation ou calcul, qu’il s’agisse des vagues de Juifs arabes ou de celle des Soviétiques…

Dans un cas comme dans l’autre, l’aliya procède des circonstances. S’agissant des Juifs arabes, les raisons de l’émigration varient d’un pays à l’autre. Certains ont été expulsés, comme en Égypte. D’autres ont été « importés » par les autorités israéliennes : ainsi au Maroc, au Yémen, en Éthiopie et, en majorité, en Irak.

D’Algérie, la plupart des Juifs se sont retrouvés en France, dont ils possédaient la citoyenneté. Rares sont, parmi tous ces immigrants des années 1940 à 1970, ceux qui rejoignent Israël par choix idéologique. Il en va de même des Juifs soviétiques, dont une forte proportion, d’ailleurs, ne l’était pas : la répression de leur culte juif rendait difficile l’identification des Juifs. La plupart de ces arrivants ont profité de l’accord passé par Mikhaïl Gorbatchev avec Itzhak Shamir pour pouvoir quitter l’URSS, sans savoir que le Premier ministre israélien avait fait en sorte qu’ils ne puissent pas poursuivre leur voyage vers l’Europe ou les États-Unis, comme un grand nombre l’espérait.

Soixante-dix ans et plusieurs vagues d’immigrations après sa création, Israël compte 6,5 millions de Juifs et, avec les territoires occupés, le même nombre de Palestiniens. C’est dire que la majorité des 16 millions de Juifs du monde vit encore ailleurs. De surcroît, en Occident, leur assimilation s’accompagne d’une majorité de mariages avec des non-Juifs. Et des centaines de milliers d’Israéliens ont quitté leur pays, où ils ne vivent plus, rien qu’à Berlin, ils seraient plus de 100 000. Même parmi les Juifs de notre pays qui, ces dernières années, ont effectué leur alya en réaction aux violences antisémites, une forte proportion repart vers la France.

Dégradation de l’image d’Israël

Faut-il considérer tous ces Juifs qui, de génération en génération, ont résisté aux sirènes du sionisme comme des antisémites ? Ou bien, tout simplement, comme des citoyens ayant préfé-ré poursuivre leur vie dans leur patrie de longue date ou d’adoption ? Historiquement, la petite phrase du président de la République est donc absurde.

Les Français ne s’y trompent d’ailleurs pas. Selon la dernière enquête de l’IFOP6, 57 % ont une « mauvaise image d’Israël » (68 % chez les moins de 35 ans), 69 % une « mauvaise image du sionisme » (74 % chez les moins de 35 ans) et 71 % pensent qu’« Israël porte une lourde responsabilité dans l’absence de négociation avec les Palestiniens » (68 % chez les moins de 35 ans).

Selon une enquête toujours de l’IFOP, mais plus récente, 67 % des sondés voulaient que « le président Macron évoque explicitement la perspective de sanctions lors de sa rencontre avec Benyamin Netanyahou ». Sont-ils pour autant antisémites ? Évidemment non. Sous le titre « Un antisionisme qui ne se transforme pas en antisémitisme », l’enquête IPSOS déjà citée montre que les sympathisants de la France Insoumise et du Parti Communiste sont à la fois les plus critiques vis-à-vis de la politique d’Israël et les plus empathiques envers les Juifs de France.

« Au niveau individuel, conclut l’enquête sur ce point, il n’y a pas de relation évidente entre l’antisémitisme et l’antisionisme » Et d’ajouter que l’un comme l’autre « sont des attitudes cohérentes entre elles, mais qui concernent le plus souvent des individus différents ». Con-clusion de Brice Teinturier, qui présente l’enquête sur le site Akadem7 : « On ne peut pas, rapidement et un peu caricaturalement, dire que l’un dissimulerait l’autre. »

Au-delà du contresens qu’elle implique, la petite phrase du Vel d’Hiv comporte surtout, politi-quement un grave danger pour la liberté de pensée et d’expression. La manœuvre des dirigeants israéliens et de leurs inconditionnels français est cousue de fil blanc : ils tentent de criminaliser toute critique de leur politique parce qu’ils se savent isolés. À preuve la reconnais-sance croissante de l’État de Palestine, entré successivement à l’Unesco (2011), puis à l’Assemblée générale des Nations unies (2012) et même à la Cour pénale internationale (2015).

Il y a quelques semaines, l’Assemblée générale de l’ONU a voté en faveur de l’autodétermina-tion du peuple palestinien par 176 voix pour, 7 contre (Canada, États-Unis, Israël, Îles Marshall, États fédérés de Micronésie, Nauru et Palaos) et 4 abstentions (Cameroun, Honduras, Togo, Tonga).

Et cet isolement ne risque pas de se réduire. La droite et l’extrême droite au pouvoir à Tel-Aviv sont en effet engagées dans un inquiétant processus de radicalisation. Profitant du soutien de l’administration Trump et de leur alliance avec l’Arabie saoudite contre l’Iran, elles veulent passer de la colonisation, qu’elles accélèrent, à l’annexion. Plusieurs lois ont été ou vont être votées par la Knesset en ce sens. À terme, Tel Aviv enterrera la solution dite des deux États au profit d’un seul État, où les Palestiniens annexés avec leurs terres ne jouiraient pas du droit de vote : un État d’apartheid.

La nouvelle loi fondamentale en cours d’adoption à la Knesset symbolise ce tournant. Celle de 1992 définissait Israël comme un « État juif et démocratique » : le projet voté en première lectu-re parle d’« État-nation du peuple juif ». Et il précise : « Le droit à exercer l’autodétermination nationale au sein de l’État d’Israël appartient au seul peuple juif. » De surcroît, il prive l’arabe de son statut de « langue de l’État » réservé à l’hébreu. Bref, il renie explicitement la Déclara-tion d’indépendance qui, le 14 mai 1948, promettait que le nouvel État « développera le pays au bénéfice de tous ses habitants ; il sera fondé sur les principes de liberté, de justice et de paix enseignés par les prophètes d’Israël ; il assurera une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses citoyens, sans distinction de croyance, de race ou de sexe ; il garantira la pleine liberté de conscience, de culte, d’éducation et de culture ».

Il ne s’agit hélas pas seulement de la fuite en avant de dirigeants hors sol : selon les sondages, la moitié des sondés n’estiment « pas sage » de poursuivre la colonisation de la Cisjordanie, et 53 % s’opposent à son annexion8. Mais seuls 24 % estiment que les Palestiniens devraient,  en cas d’annexion, jouir du droit de vote, 30 % envisageant un statut de « résident ». Ce passage de la colonisation à l’annexion n’améliorera évidemment pas l’image d’Israël dans l’opinion mondiale.

Voilà pourquoi l’extrême droite israélienne et ses relais français voudraient interdire toute contestation. Premier objectif de l’opération : la condamnation de la campagne Boycott-Désinvestissement-Sanction (BDS). Aucune loi ne l’interdisant, ses censeurs s’appuient sur une circulaire ministérielle, signée Michèle Alliot-Marie, que de rares parquets ont suivis. Et sur un arrêt de la Cour de Cassation, que la Cour européenne des droits de l’Homme peut néan-moins encore retoquer.

D’autant que la Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, ne cesse de répéter : « L’Union européenne se positionne ferme-ment pour la protection de la liberté d’expression et de la liberté d’association, en cohérence avec la Charte des droits fondamentaux, qui est applicable au territoire des États membres, y compris en ce qui concerne les actions BDS menées sur ce territoire. »9

Vers l’interdiction de l’antisionisme ?

D’où un second objectif, auquel le propos d’Emmanuel Macron risquerait d’ouvrir la voie : l’interdiction de l’antisionisme proprement dit. En novembre dernier, Francis Kalifat, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), demandait ainsi au Premier ministre que la « définition (de l’International Holocaust Remembrance Alliance – IHRA), qui prend en compte l’antisionisme comme forme nouvelle de l’antisémitisme, soit transposée dans l’arsenal législatif français »…

Élaborée par l’IHRA le 26 mai 2016 à Budapest, elle présente l’antisémitisme comme « une certaine perception des Juifs, qui peut s’exprimer comme de la haine à leur égard. Les mani-festations rhétoriques et physiques d’antisémitisme visent des individus juifs ou non juifs ou/et leurs biens, des institutions et des lieux de culte juifs ». À ce texte s’ajoute une sorte de « mode d’emploi » l’explicitant, ajoutant notamment : « Ces manifestations peuvent inclure le fait de cibler l’État d’Israël, conçu comme collectivité juive. » Mais l’annexe ajoute : « Toutefois, la critique d’Israël similaire à celle émise contre tout autre pays, ne peut être considérée comme antisémite. » 

Cette notion de similarité pose un problème évident : comment traiter également des États qui ne violent ni le droit international ni les droits humains et ceux qui, comme Israël, violent ouvertement les uns et les autres ? L’occupation et la colonisation des territoires palestiniens depuis un demi-siècle bafouent en effet les Conventions de Genève comme les résolutions de l’ONU… Reste que le Parlement européen a adopté ladite résolution le 1er juin 2017.

Si la proposition de loi visant à interdire l’antisionisme ne constituait pas une manœuvre aussi grave, on pourrait presque en rire. Imagine-t-on les communistes demander l’interdiction de l’anticommunisme, les gaullistes celle de l’antigaullisme, les néolibéraux celle de l’altermo-ndialisme ? La prétention des ultra-sionistes relève ici d’une pensée qu’il faut bien qualifier de totalitaire.

Si ce projet prenait corps, le Conseil constitutionnel le bloquerait sans doute en route. Sinon, ce serait la première fois, depuis la guerre d’Algérie, que la France réinstaurerait le délit d’opinion. Je suis malheureusement assez âgé pour me souvenir des pages de journaux parsemées de blanc, car caviardées par la censure…

Or l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 affirme : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. » Quant à la Constitution de la Ve République, son article premier assure que la France « respecte toutes les croyances ». Et, pour sa part, la Convention européenne des droits de l’homme stipule dans son article 9 : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé. »

Ce débat, on le voit, dépasse donc les questions liées au conflit israélo-palestinien. Il pourrait même menacer nos libertés. Sans doute est-ce la raison pour laquelle l’Exécutif semble reculer. Au dîner du CRIF, le 7 mars, Emmanuel Macron n’a pas repris son amalgame entre antisionisme et antisémitisme. De même son Premier ministre, Édouard Philippe, qui l’avait fait sien en octobre 2017, l’a abandonné, le 19 mars 2018, en présentant le plan annuel du gouvernement contre le racisme et l’antisémitisme.

Faut-il en conclure que la lutte paie ? Pour l’affirmer et supprimer le point d’interrogation, il faudra sans doute encore poursuivre cette bataille avec détermination et sang froid.

Nous publions, avec l’aimable accord de son auteur, la version écrite de l’intervention de l’historien Dominique Vidal lors de notre dernière université d’été.

Mardi 4 décembre 2018

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Israël est intouchable… dans les médias américains (A l’Encontre.ch)

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27 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

pierre stambul et sarah katz (ujfp-afps)

stammbm

Carhaix, Lundi 3 Décembre, 18H Foyer du lycée Diwan
Morlaix, Mardi 4 Décembre 20H Salle du Cheval Blanc Plourin-lès-Morlaix
Brest, Mercredi 5 Décembre 20H Fac Ségalen
Quimper, Jeudi 6 Décembre 20H30 MPT Penhars
Carhaix Samedi 8 Décembre 14H30 Mairie Salle de Justice

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23 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

tournée dans le finistère (émancipation)

stambul

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20 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

carlos (à-l’encontre rp odm)

carlos ghosn

Carlos Ghosn:

La chute du patron qui vivait dans l’impunité… sociale

Les temps changent… Le PDG de l’alliance Renault-Nissan (Mitsubishi et Avtocaz) a été arrêté hier au Japon, sur la base de soupçons de fraude fiscale et d’abus de biens sociaux au titre de ses fonctions chez le constructeur nippon. Une déchéance brutale pour cette star mondiale du CAC 40 et de l’automobile.

L’homme qui valait 13 millions d’euros a finalement chuté.

Super-PDG cumulant les casquettes à la tête de Renault, Nissan, Mitsubishi et Avtovaz, survo-lant les fuseaux horaires, de l’Hexagone jusqu’au pays du Soleil-Levant (avec son avion privé), Carlos Ghosn a été arrêté hier au Japon sur la base de soupçons de fraude fiscale et d’abus de biens sociaux au titre de son mandat de président du conseil d’administration chez Nissan.

D’après le quotidien nippon The Asahi Shimbun, le magnat de l’automobile est accusé d’avoir sous-déclaré des éléments de son salaire à hauteur de 5 milliards de yens, soit près de 38,78 millions d’euros. Un autre dirigeant du groupe, Greg Kelly, est également mis en cause pour complicité dans cette affaire.

Ce serait une enquête interne menée par Nissan sur la base d’accusations formulées par un lanceur d’alerte qui aurait mis au jour des pratiques de malversation, a fait savoir le construc-teur automobile dans un communiqué.

Nissan affirme que, «pendant de nombreuses années», Carlos Ghosn et Greg Kelly ont déclaré au fisc japonais des montants de rémunération inférieurs au revenu réel du premier. «De nombreux actes irréguliers ont été découverts, comme l’utilisation des biens de la société à des fins personnelles», explique en outre le groupe japonais, dont l’actuel PDG, Hiroto Saikawa a proposé la démission de Carlos Ghosn.

Une déchéance aussi brutale que spectaculaire pour celui qui a joui du statut de sauveur de la marque nippone depuis la prise de contrôle de Nissan par Renault, en 1999, alors que cette première périclitait, lestée de 17 milliards d’euros de dettes. Ironiquement, c’est donc à Nissan que Carlos Ghosn doit sa chute. Une nouvelle preuve que, dans le monde du business, la reconnaissance n’est jamais éternelle.

Après avoir redressé l’entreprise au forceps en faisant le ménage dans les fournisseurs, mais aussi en fermant les usines les moins productives pour surcharger les autres, Carlos Ghosn, alors directeur général de Nissan, avait acquis une réputation de «cost killer» [le «tueur de coûts», autrement dit des salaires, avec accentuation de l’intensité du travail, un temps de travail fragmenté, une précarisation, la sous-traitance, délocalisation, etc.]

Des méthodes radicales qui l’avaient propulsé comme directeur général de Renault en 2005, pour reprendre le flambeau de Louis Schweitzer. Depuis, le PDG a décliné sa méthode Nissan de compression des coûts et des délais de production des véhicules chez Renault, quitte à faire plonger la qualité des véhicules. Et au prix d’une facture sociale pour le moins salée.

Un bilan humain dramatique avec des suicides dans les usines

La CGT Renault déplorait déjà plus de 23 500 suppressions d’emplois dans le groupe en 2015, faisant le bilan de dix ans de gestion Ghosn. «Intensification du travail, explosion des collectifs de travail, individualisation, mises en concurrence, turnover permanent, mise en incertitude économique…

Les dirigeants ont édifié un système managérial dramatique sur le plan humain et contre-productif sur le plan économique au long cours. Le bilan humain est dramatique, avec des suicides dans les usines (filiales comprises) et au technocentre, mais aussi l’explosion des maladies professionnelles», dénonçait en outre le syndicat. Gel des salaires, mutualisations et augmentation de la productivité sont alors les maîtres mots des deux accords de compétitivité que la direction de Renault met en place en 2013 et 2017.

Hier, dans un communiqué, la CGT rappelle en outre que la production de véhicules en France a chuté de 53 % du volume total de Renault dans le monde en 2004 à 17 % en 2017. Artisan et homme fort de l’alliance Renault-Nissan, un attelage capitalistique original avec prises de participations croisées entre les deux groupes, le grand patron a souvent été accusé de privi-légier le développement de la marque nippone au détriment de celle au losange (Renault).

Celui-ci plaidait notamment depuis des années pour une fusion capitalistique entre les deux groupes, quitte à faire perdre à Renault, et à l’Etat français actionnaire au sein de ce dernier, sa prééminence dans l’alliance. Le constructeur hexagonal détient en effet 43,4 % de Nissan, quand la marque japonaise ne détient que 15 % de Renault, la privant ainsi de droit de vote dans le groupe au losange.

Franco-libano-brésilien polyglotte, ce grand patron de choc, surnommé Seven-Eleven («sept-onze» en français) en raison de ses amplitudes horaires de travail, avait acquis au fil des années une stature de dirigeant en apparence intouchable.

Figurant systématiquement dans le haut du classement des dirigeants les mieux payés de France, Carlos Ghosn engrangeait chaque année sans embarras des salaires mirobolants, quitte à passer outre l’avis de ses propres actionnaires. Au premier rang desquels l’Etat, qui détient encore 15,01 % du constructeur.

En 2016, le conseil d’administration (CA) de la marque au losange a ainsi maintenu la rémunération de 7,2 millions d’euros versée à Carlos Ghosn, malgré son rejet par l’assemblée générale des actionnaires à 54,12 %, dont les représentants de l’Etat faisaient partie. Un événement inédit dans le monde feutré du CAC 40, peu propice à être choqué par le niveau de rémunération des PDG.

«Pour un grand patron comme Carlos Ghosn, il y a une forme d’impunité qui se construit à travers (la) sociabilité (des plus riches), dans les mêmes quartiers. Ils veulent aussi rester entre eux aux conseils d’administration?», analyse Monique Pinçon-Charlot. Et la sociologue de préciser que «chez Renault, les syndicalistes représentants les ouvriers au CA n’ont pas le droit de siéger dans le comité de rémunération, ce qui garantit des milliers d’euros de rémunération au PDG».

(Article publié le 20 novembre 2018 dans L’Humanité)

Alencontre 20  novembre  2018  Loan Nguyen

http://alencontre.org/

Lire aussi:

Le mikado fiscal s’est effondré (The Guardian)

Patron voyou: le PDG de Renault-Nissan arrêté au Japon pour fraude fiscale (RP)

L’affaire Ghosn. Débat: trois premières leçons (A l’Encontre.ch)

Abus au sommet Carlos Ghosn, l’arbre qui cache la forêt des dérives patronales (ODM)

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18 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

poilus (le télégramme)

Tardi-Vernet-copie

Armistice. L’hommage de la jeunesse…

… La commémoration perturbée

Près de 1 500 élèves étaient réunis, vendredi, dans le centre-ville de Quimper, pour célébrer la fin de la Première Guerre mondiale. Une cérémonie qui a fait la part belle aux plus jeunes, désormais messagers de la mémoire.

C’était une cérémonie attendue. Initialement prévue le 9 novembre, la célébration du centenaire de l’Armistice avait dû être reportée à cause du mauvais temps. Mais, vendredi, écoliers, collégiens et lycéens, du public comme du privé, étaient bien présents place Saint-Corentin, sous un ciel chargé de lourds nuages gris. Un temps de circonstance pour rendre hommage aux Poilus, morts dans les affrontements durant la Grande Guerre.

La commémoration perturbée

Arrivé sur place vers 15 h, le défilé et l’organisation bien huilée ont pourtant été perturbés par la présence d’une vingtaine de protestataires. Ces derniers, représentant une quinzaine d’associations, syndicats et partis politiques locaux, ont accueilli les scolaires en scandant : « Non aux ventes d’armes, oui à l’accueil des réfugiés ». Ils entendaient protester contre le défilé des élèves qu’ils qualifiaient de « paramilitaire » et dénoncer « l’instrumentalisation des plus jeunes ». Évacués par les forces de l’ordre, les manifestants ont alors entonné « Le déserteur » de Boris Vian pour afficher leur antimilitarisme

À quelques mètres de là, la cérémonie se terminait par une minute d’applaudissements pour saluer les soldats morts durant le conflit.

L’hommage s’est conclu par la remise des prix du concours du soldat méconnu, remporté par l’école élémentaire Léonard-de Vinci de Saint-Evarzec. Les élèves devaient faire des recherches et réaliser un carnet de bord sur un Poilu et, ainsi, s’approprier l’histoire de la Grande Guerre.

https://www.letelegramme.fr/

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13 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

jeunes (via campesina)

La-Via-Campesina

La Déclaration pour les droits des paysans

Un instrument indispensable pour donner un avenir aux jeunes ruraux d’Afrique

Aujourd’hui le problème de la jeunesse en milieu rural est un problème extrêmement crucial et dangereux qui est en train de compromettre la stabilité même de notre région. De l’Afrique de l’Ouest jusqu’au Soudan , tous les pays sont en guerre ou dans une situation de conflit ouvert ou larvé.

On se rend compte que ce sont des enfants de paysans, ce sont des ruraux qui constituent la majeure partie des gens qui prennent les armes aujourd’hui parce que tout simplement, les politiques qui ont été mises en œuvre depuis les indépendances n’ont pas créé d’opportunités réelles pour que le secteur agricole se développe.

Toutes les ressources sont restées concentrées dans les villes ce qui fait que le secteur agri-cole reste dans une situation ou il n’y a pas d’infrastructures, il n’y a pas d’accompagnement dans la formation, il n’y a pas d’accompagnement dans la production, dans l’accès au marché et il n’y a pas de revenus décents pour le secteur agricole, ce qui fait que les jeunes ruraux ne croient plus en l’agriculture, parce que l’agriculture est le symbole même de la pauvreté, puis-qu’ils ont vu leurs parents dans les problèmes depuis qu’ils sont nés, et on leur demande de continuer ça , ils n’en veulent pas.

Aujourd’hui c’est que la donne a changé, ils commencent à être recrutés par des groupes extrémistes qui ont envahi l’Afrique un peu partout, et la situation devient incontrôlable et très dangereuse. Parce que personne, vous savez, n’aime être déconsidéré, tout le monde aime être valorisé, et quelqu’un qui a une arme, c’est mieux que quelqu’un qui s’assoie pour mourir de faim.

La déclaration des droits des paysans est un instrument qui rassemble , qui cristallise sur la question des droits tous les problèmes que vivent les ruraux.

On ne peut plus régler ces problèmes là qu’en les mettant sur l’angle des droits. Parce que les êtres humains ont des droits humains, il y a la déclaration universelle , plein de déclarations, de conventions mais qui sont éparpillées très mal connues et inutilisables par des paysans. Il faut un instrument qui soit accessible pour les paysans , et qui soit utilisable par les organisa-tions qui représentent les paysans pour négocier avec les gouvernement les bonnes politi-ques.

Donc cette déclaration est un instrument qui va permettre de créer une base de dialogue avec les gouvernements pour les convaincre que maintenant, le monde entier regarde que la solution à la paix a la stabilité du monde passe par des paysans qui vivent dignement , et qui ont des perspectives d’avenir du boulot du travail et qui veulent rester dans leur pays et contribuer à l’essor de leur propre pays.

Les gouvernements européens font une grave erreur en ne soutenant pas cette déclaration.

D’abord ils sont responsables en grande partie de ces politiques agricoles internationales qu’ils imposent aux pays du Sud, qui n’apportent rien et au contraire rendent dangereux le monde.
Ils ont une occasion unique avec la déclaration des droits des paysans de changer leur façon de voir.

En menant cette question sur l’angle des droits, ça peut accélérer la mise en œuvre de politi-ques favorables au secteur agricole et surtout pour les petits paysans et ces jeunes révoltés aujourd’hui, ces jeunes qui rejoignent les groupes armés soi-disant religieux qui déstabilisent, qui tuent et se font tuer tous les jours, ces jeunes qui partent et dont l’Europe ne veut pas , qui sont récoltés par l’Aquarius et d’autres bateaux dans la méditerranée, si on veut arrêter tout ça ,la seule solution c’est l’agriculture. Il n’y a pas un autre secteur qui peut créer du travail en Afrique .

L’Europe devrait comprendre qu’elle gagnerait mieux à laisser l’Afrique se nourrir

développer son auto-suffisance alimentaire, on ne parle pas d’autarcie , mais l’Afrique pourrait produire la majeure partie de ce qu’elle mange, et que la richesse circule en Afrique et ne soit pas envoyée systématiquement ailleurs pour payer la facture alimentaire. Un continent dont la richesse part toujours ne peut pas régler ses problèmes, et c’est ça qui se passe aujourd’hui parce que toutes les ressources partent de nos pays .

Ce n’est pas comme ça que les jeunes vont rester, il faut leur laisser des perspectives , alors que les productions qui sont importées et qui sont la plupart du temps subventionnées que ce soit de façon ouverte ou cachée viennent tuer la compétitivité.

Il y a le cas du lait en poudre ; tout le monde sait que c’est largement subventionné même s’il n’y a pas de subvention à l’export, mais aujourd’hui, on ne peut pas faire une filière laitière viable en Afrique en face de ça. Il y a eu le scandale des découpes de volaille qui venait d’Eu-rope, tout ça il faut arrêter. L’Afrique peut produire ses volailles de très bonne qualité, les poulets bicyclettes, il y a plein d’autres choses que l’Afrique peut faire .

Toutes les conditions sont là pour produire des fruits des légumes des céréales, de la viande de toute sorte, mais encore faudrait-il qu’il y ait des bonnes politiques et qu’il y ait des finan-cements pour ça, mais c’est ça qui n’existe pas. Il faudrait qu’on donne de la sécurité foncière aux exploitations familiales, qu’on fasse une reforme agraire, qu’on donne aux jeunes les moyens d’avoir de la terre pour s’installer , faire des activités qui leur rapporte des revenus et qu’on les accompagne par la formation, par les chaînes de valeurs, et l’accès au marché. Parce que les consommateurs sont là, ils attendent, ils ont besoin de ces produits là.

Les jeunes n’ont pas besoin de sommes importantes pour créer leur travail.

Nous avons fait des expériences pilotes, avec moins de 1 000 euros on installe un jeune avec un petit élevage de volaille ou du maraîchage avec une petite motopompe, le jeune arrive à faire des légumes qu’il vend sur le marché local et à avoir un revenu.

L’agroécologie est vraiment une des solutions les plus fonctionnelle

car c’est une agriculture qui met l’accent sur l’autonomie des paysans, sur sa capacité à gérer ses propres intrants, sa capacité à faire sa production avec les moyens dont il dispose , et aussi bien sûr à produire une alimentation qui est plus saine plus nutritive et diversifiée.

Les efforts sont faits par nous, mouvements paysans pour développer la transition agro-écologique des exploitations agricoles familiales , nous avons une position du Roppa là dessus, et nous travaillons avec les politiques au niveau régional, au niveau de la CDAO

Notamment pour qu’ils comprennent qu’il y a une urgence à faire la transition agroécologique, non seulement pour diminuer la facture des intrants qui est insupportable pour nos pays mais plus encore pour donner des produits sains qui vont permettre la santé des sols, la santé de l’eau la santé des humains dans nos régions, et ça c’est extrêmement important aujourd’hui pour avancer.

Entretien avec Ibrahima Coulibali, Président de la Coordination Nationale des Organisations paysannes du Mali, membre de LVC, et vice-président du ROPPA  (propos recueillis à Rome par Geneviève Savigny – Confédération paysanne, le 11 octobre 2018)

13 novembre 2018

https://viacampesina.org/

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11 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

primelin (npa)

primelin

Rassemblement pacifiste, antimilitariste et internationaliste à Primelin.
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Le soleil brillait ce Dimanche 11 Novembre sur la petite commune de Primelin en Finistère, prés de Plogoff, haut lieu du refus nucléaire. Il brillait aussi sur le regroupement pacifiste, antimilitariste  et internationaliste contre la guerre, les guerres et le militarisme.
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Devant un monument en hommage à tous les morts de toutes les guerres et non à une quelconque victoire, plusieurs dizaines de personnes se sont retrouvées avec la libre pensée 29, le Mouvement de la Paix, l »Université Européenne pour la Paix, la LDH, les anciens combattants d’Algérie contre la guerre, la CNT mais aussi le POID , le NPA et d’autres..
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Si plusieurs interventions ont dénoncé la boucherie impérialiste de 14/18 et exigé la réha-bilitation « des fusillés pour l’exemple », il fut aussi évoqué la militarisation actuelle et le marché des armes dont la France est un des leader comme  les retrouvailles à Paris de tous les grands guerriers de ce,monde, Trump en tête.
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Ce fut aussi l’occasion de refuser les tentatives d’embrigadement de la jeunesse par l’armée qui, avec l’assentiment de l’éducation nationale est entrée dans les établissements scolaires de Quimper pour organiser un défilé commémoratif.
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Enfin ce rassemblement fut ponctué par la chanson de Craonne puis celle de la Butte Rouge avant que nous entonnions le 5ème couplet antimilitariste de l’Internationale, trop souvent occulté. »
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Correspondant NPA

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11 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

socialistes usa (regards)

DSA-and-Karl-Marx1

Etats-Unis : les socialistes sortent renforcés des midterms

Si l’appareil démocrate s’accroche à une ligne centriste vouée à perdre face à Trump, l’aile gauche du Parti s’est montrée capable de renforcer le mouvement amorcé il y a deux ans par Bernie Sanders.

C’est la bonne nouvelle des élections américaines.

Les socialistes poursuivent avec succès la consolidation d’une force politique radicale, amor-cée il y a deux ans par la campagne de Bernie Sanders aux primaires démocrates. Les candi-dats appuyés par les Democratic Socialists of America (DSA), l’organisation socialiste qui est passée de 5 000 à 50 000 adhérents en deux ans, ont raflé des sièges aussi bien au niveau national que local.

Jeune star de cette gauche décomplexée, Alexandria Ocasio-Cortez, 29 ans, a remporté le siège de l’Etat de New-York à la Chambre des représentants (avec 78%!). L’ancienne serveuse d’origine portoricaine siégera aux côtés de l’avocate musulmane américano-palestinienne Rachida Tlaib, qui a remporté le siège de l’Etat du Michigan.

La progression la plus importante s’observe dans les Chambres de représentants des Etats, où le nombre d’élus estampillés DSA est passé de 4 à 11, parmi lesquelles la jeune Julia Salazar, élue au Sénat de l’Etat de New-York.

À l’échelle locale, les candidats DSA ont également remporté une trentaine de victoires. Il est donc possible pour un petit groupe de militants engagés de gagner, même sans le soutien financier des Super PAC et des milliardaires.

Grâce au système des initiatives populaires, qui permet, au-delà d’un certain nombre de signatures recueillies, d’obtenir l’organisation d’un référendum, ces élections ont également consacré la victoire de certaines mesures de gauche, parfois même dans des districts Répu-blicains.

En Floride par exemple, où Andrew Gillum, le maire noir de Tallahassee appuyé par Bernie Sanders a raté d’un poil le poste de gouverneur face au républicain Ron DeSantis, 64% des électeurs ont voté pour accorder de nouveau le droit de vote à tout citoyen ayant été condam-né pour « felony », des crimes qui incluent la conduite malgré un retrait de permis et ayant purgé sa peine.

Une petite révolution qui devrait permettre à 1,5 million d’électeurs de participer aux élections présidentielles de 2020 et peut être de faire basculer la Floride dans le camp démocrate. Trois Etats rouges (républicains)  l’Idaho, le Nebraska et le Utah, ont étendu le programme de sécu-rité sociale Medicaid, tandis que le Missouri et le l’Arkansas ont augmenté leur salaire mini-mum. Le Michigan, l’Utah, le Missouri et le Colorado ont quant à eux voté pour des lois contre le gerrymandering, le charcutage électoral que pratique le parti Républicain afin de dominer les assemblées même lorsqu’il est minoritaire en nombre de voix.

Arrêter les compromis avec les Républicains

Et maintenant ? Les difficultés ne font que commencer pour l’aile gauche du Parti. Les derniers mois de campagne l’ont amplement illustré : les Démocrates sont prêts à tout pour l’écraser. Les millions de dollars qu’ils ont levés, avec l’aide de Républicains, pour faire gagner leur candidate centriste contre la socialiste Jovanka Beckles dans un district californien en dit long sur l’obstination de l’appareil du Parti à s’accrocher à l’agenda néolibéral de leurs grands donateurs.

La manière dont Nancy Pelosi, la cheffe de file des démocrates à la Chambre des repré-sentants, s’est empressée d’assurer que le Congrès fonctionnerait comme un « marché des idées bipartisan » et travaillerait à « des solutions qui nous rassemblent », laisse peu d’espoir quant à la vigueur de la « résistance » qu’elle entend mener.

Plutôt que de profiter de leur nouvelle majorité dans la Chambre pour tenter de contrecarrer les projets de Donald Trump et proposer des lois sur l’extension de l’assurance-maladie, la rénovation des infrastructures, le contrôle des armes à feu, la protection de l’environnement et l’annulation des baisses d’impôts pour les grandes fortunes, il est à prévoir que les Démo-crates continuent, comme ils le font depuis plus de trente ans, à se féliciter de maîtriser l’art du compromis avec les Républicains.

S’il ne sera pas aisé pour la poignée de socialistes élus de contrer cette stratégie suicidaire, ils ont d’ores et déjà réussi à tirer le centre de gravité de la discussion politique vers la gauche, et de reposer les termes du débat, ce qui est au moins aussi important que d’empêcher les Répu-blicains de constituer des majorités. Comme le rappelle la journaliste Meagan Day dans Jacobin :

« Les élections représentent une opportunité unique de parler aux gens à une grande échelle des principes et valeurs qui devraient structurer une société. Les candidats ont l’occasion de dire ce qu’ils veulent à des milliers et parfois des millions de personnes. »

De ce point de vue, les socialistes n’ont pas failli à leur devoir 

Sans craindre de paraître utopistes, irréalistes ou extrémistes, ils ont clairement dénoncé les inégalités et se sont prononcés pour une sécurité sociale universelle, des universités publiques gratuites, un salaire minimum horaire de 15 dollars, la réforme du système judiciaire et carcéral et l’abolition de l’agence fédérale de contrôle aux frontières.

Résultat, certains démocrates « modérés » se sont sentis obligés d’intégrer des mesures sociales dans leurs promesses de campagne.

Selon le syndicat d’infirmiers National Nurses United, dans 52% des courses du Congrès, les candidats démocrates ont soutenu le principe de Medicare pour tous ou d’une Sécurité sociale unique pour tous, alors qu’il y a encore deux ans Hillary Clinton affirmait qu’un tel système était impensable.

Si Sanders a finalement perdu la primaire, ses idées ont fait leur chemin 

Le soutien populaire pour la Sécurité sociale est passé de 21% en 2014 à 70% cette année et le soutien pour l’université publique gratuite atteint 60%. Dans ces conditions, même les candi-datures malheureuses d’une Stacey Abrams au poste de gouverneur en Géorgie, de Beto O’Rourke face à Ted Cruz au Texas ou encore de Andrew Gillum en Floride ont joué leur rôle pour renforcer une alternative radicale capable de battre Trump en 2020.

Laura Raim 10 novembre 2018

http://www.regards.fr/

Commentaire:

« Socialist » chez les anglo-saxons signifie « gauchiste ou communiste », socialiste se dit « labour ».

Nos camarades anticapitalistes américains ont deux types de réactions face à la croissance des « socialistes »:

Les uns y adhèrent (avec double appartenance) comme « Solidarity » ou « Socialist Alernative » ou collaborent comme ISO (International Socialist Organisation)

D’autre refusent ce « Podemos USA » comme « Socialist Action » ou  les camarades de « Lutte Ouvrière » et se présentent en « solo ». La raison est d’un côté « Pourquoi se priver d’expliquer nos idées à des millions de gens de gauche »? De l’autre: « Ce que vous appelez « gauche » ne sont que des petits bourgeois volatiles, nous nous adressons directement à la classe ouvrière sur ses lieux de travail.

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« Une émulation intellectuelle que l’on n’avait pas vue, dans la gauche aux États-Unis, depuis le milieu des années 1960 » (NPA)

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Etats-Unis. Réflexion sur les élections de mi-mandat (A l’Encontre)

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