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28 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

république! (npa)

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Bienvenue république, célébrons-la, défendons-la!

 “Défendons la République catalane et ouvrons le processus constituant”

 Aujourd’hui le Parlement a approuvé le fait que la Catalogne devienne une République indépendante et l’ouverture d’un processus constituant fondé sur la volonté du référendum du 1er octobre.

Nous soutenons et saluons cette décision, mais nous n’avons pas convaincu l’ensemble du bloc démocratique catalan.

La rupture avec le régime était une étape nécessaire pour que le 1er octobre soit irréversible. Cependant, il a manqué une main gauche pour intégrer des sensibilités non indépendantistes, quelque chose qui doit être inclus dans le processus constituant.

En même temps, le Sénat a confirmé l’application de l’article 155, coup d’état à la souveraineté de la Catalogne.

Le défi à l’ordre constitutionnel et au Régime de 78 vit maintenant son apogée avec la procla- mation de la République catalane. Pour cette raison, défendre la souveraineté de la Catalogne contre le coup d’état est une tâche urgente. Les oligarchies et les partis de l’ordre utiliseront tous les mécanismes possibles pour restituer leur pouvoir sur la Catalogne.

Face à leurs tentatives, ils doivent trouver une société désobéissante et organisée, nous avons gagné le référendum afin d’éviter la restauration. Il est nécessaire de construire un large front démocratique, non seulement anti-répressif mais aussi pour défendre la nouvelle République catalane comme un projet en positif.

Maintenant, plus que jamais, il est essentiel que le processus catalan ne soit pas isolé et recherche des alliances et la solidarité avec les mouvements et organisations en dehors de la Catalogne, pour en finir avec le régime de 78,  chercher des synergies contre l’évolution autoritaire du PP et l’ensemble de l’appareil d’État qui se prépare à maintenir en vie le régime. Articuler cette dialectique entre le mouvement catalan et la lutte contre le cadre institutionnel actuel de l’ensemble de l’État est notre stratégie pour la défense de la République catalane.

Dans ces moments, il est essentiel de mettre en œuvre le processus constituant.

Le déployer l’organisation populaire comme un pilier fondamental. Faire en sorte que les classes populaires deviennent protagonistes afin d’assurer que les jours que nous vivons soient irréversibles.

Le cycle de mobilisations vécu en Catalogne depuis 2011, les luttes pour un travail “digne”, pour que le logement ne soit pas un privilège, pour éradiquer la pauvreté énergétique, pour mettre fin aux violences machistes, pour la défense de l’eau comme bien public, pour être un pays d’accueil pour les réfugiés et les migrants et de nombreuses autres luttes, tout cela est la meilleure contribution que l’on peut apporter pour construire la République.

Tout ce que l’indépendantisme majoritaire a voulu laisser au second plan doit aujour- d’hui se situer au centre pour la conquête de la souveraineté et pour amplifier sa légitimité.

Que la République soit capable de répondre aux besoins des majorités sociales de Catalogne, ce sera la seule façon d’éviter qu’elle ne soit pas un simple échange au sein des élites. Ces dernières semaines, nous avons vu les difficultés et le chantage face à toute contestation de l’ordre constitutionnel établi.

Les oligarchies catalanes, espagnoles et européennes dominent l’économie, les médias et les institutions.

Il faut construire une force qui ne se limite pas à la rédaction d’une Constitution, ne se subor- donne pas au Parlement, mais au contraire nous avons besoin qu’elle construise, dans les rues et les places, des contre-pouvoirs face à leur chantage. Construire un pouvoir populaire protégeant ceux d’en bas à travers les moments difficiles que nous traversons, afin d’éviter les déceptions et les angoisses des derniers jours, faire en sorte que ceux-ci soient les protagonistes des jours décisifs que nous vivons.

Samedi 28 octobre 2017 Anticapitalistes (section catalane de la IVe Internationale)

https://npa2009.org/

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Source

Lire aussi:

Catalogne : « Si les élections ont lieu le 21 décembre, la grande majorité des dirigeants indépendantistes seront en prison ! » (Anticapitalistes)

Bienvenue à la République de Catalogne ! (Le Peuple breton)

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28 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

tutelle (france24)

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L’article 155 permet remplacer les élections de 2015 par le PP

La Catalogne se réveille sous tutelle dans une Espagne désunie

Le chef du gouvernement Mariano Rajoy a annoncé, vendredi, la destitution du président catalan Carles Puigdemont et de son exécutif, et la convocation d’élections en Catalogne, quelques heures après la déclaration d’indépen- dance de la région.

L’Espagne tout entière plonge dans l’inconnu. La Catalogne s’est réveillée, samedi 28 octobre, sous tutelle de l’État espagnol, au lendemain d’une déclaration d’indépendance historique fêtée par une partie des Catalans mais aussitôt contestée par Madrid et largement rejetée au sein de l’Union européenne.

En attendant les nouvelles élections régionales, convoquées par Madrid pour le 21 décembre, la nuit barcelonaise était dominée par les indépendantistes et leurs feux d’artifice, sur la place Sant Jaume.

Les premières sanctions n’ont pas tardé à tomber dans la matinée : le chef de la police cata- lane, Josep Lluis Trapero, a été destitué. Il a demandé à ses agents de rester neutres et de ne pas prendre parti dans la crise qui oppose Barcelone à Madrid. Le chef de la police est devenu au fil des semaines une figure emblématique de la crise catalane : considéré comme un héros national en août pour sa gestion des attentats jihadistes, il est désormais sous le coup d’une enquête pour « sédition », la justice le soupçonnant d’être restés passif lors de manifestations visant la Guardia civile en septembre.

« La République catalane comme État indépendant et souverain »

Vendredi soir, quelques heures seulement après la proclamation de « la République catalane comme État indépendant et souverain », le gouvernement espagnol a de fait commencé à mettre en application tout un arsenal de mesures exceptionnelles, préparées depuis des semaines.

À l’issue d’un Conseil des ministres extraordinaire, le dirigeant conservateur Mariano Rajoy a annoncé la destitution du président séparatiste catalan Carles Puigdemont et de son gouver- nement. Et le parlement catalan, dominé par les indépendantistes, a été dissous, en attendant son renouvellement, lors d’un scrutin annoncé pour le 21 décembre.

La vice-présidente du gouvernement espagnol, Soraya Saenz de Santamaria, doit réunir les secrétaires d’État qui seront chargés d’assumer les fonctions des gouvernants catalans.

Pas de soutien de Washington, Londres, Berlin, Ottawa ou Paris

Les conséquences de cette déclaration d’indépendance unilatérale de la Catalogne, comme de la mise sous tutelle par Madrid, sont incalculables. Signe de l’inquiétude en Europe, le prési- dent de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, (conservateur du Parti populaire européen) a souligné que l’UE n’a « pas besoin d’autres fissures ».

Washington, Londres, Berlin, Ottawa ou encore Paris ont de même immédiatement fait savoir qu’ils soutenaient l’unité de l’Espagne. Et une des rares voix à soutenir les indépendantistes est venue de l’île française de Corse, dominée par les autonomistes.

Procédure judiciaire pour « rébellion » contre Puigdemont

Cependant, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a appelé Madrid à choisir « la force de l’argument plutôt que l’argument de la force », alors que beaucoup craignent que la Catalogne ne soit entraînée dans une spirale de troubles face à la tentative de reprise en main par l’État. « Le gouvernement a adopté ces mesures pour éviter la prise en otage inadmissible d’une majorité des Catalans et le vol d’une partie du territoire au reste des Espagnols », a plaidé Rajoy.

L’annonce de la mise sous tutelle de la région a été aussitôt accueillie par les huées des dizaines de milliers d’indépendantistes réunis à travers les villes catalanes pour fêter leur nouvelle et fragile « République », sur un territoire grand comme la Belgique où vivent 16 % des Espagnols. Exprimant le désarroi d’une partie de ses administrés, la maire de gauche de Barcelone, Ada Colau, a diffusé un message amer, rejetant une déclaration d’indépendance « qui n’a pas le soutien majoritaire des Catalans ».

Relevé de ses fonctions par Madrid, le président catalan Carles Puigdemont ne s’est pas exprimé depuis l’annonce officielle de sa destitution. Le parquet général d’Espagne avait déjà annoncé qu’il engagerait la semaine prochaine une procédure judiciaire pour « rébellion » contre l’indépendantiste, qui risque la prison. Samedi à Madrid, ce sera au tour des partisans du maintien de la Catalogne en Espagne de manifester: deux camps diamétralement opposés, symbole de cette crise sans précédent pour l’Espagne depuis son retour dans le camp de la démocratie, en 1977.

28/10/2017

http://www.france24.com/

Lire aussi:

Le président de l’Assemblée corse salue la « naissance de la République de Catalogne » (France Info)

Catalogne : “Défendons la République catalane et ouvrons le processus constituant” (NPA)

Bienvenue à la République de Catalogne (Le Peuple breton)

 

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28 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

catalogne (jdd)

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A quoi ressemblerait la Catalogne indépendante?

Le Parlement de Catalogne a officiellement déclaré vendredi l’indépendance de la région espagnole, qui est en retour mise sous tutelle par Madrid. Voici la fiche d’identité de ce que pourrait être l’Etat de Catalogne.

La Catalogne est devenue vendredi un  »Etat indépendant prenant la forme d’une République », d’après une résolution votée vendredi au Parlement de Catalogne. Une déclaration d’indé- pendance, attendue par les séparatistes depuis plusieurs semaines d’une crise sans précé- dent, qui n’est évidemment pas reconnue par Madrid. L’Espagne a donc en retour placé sa région autonome sous tutelle afin d’y  »restaurer la légalité », selon son chef de gouvernement Mariano Rajoy.

Cette proclamation n’est donc sûrement que le début d’une période incertaine, où chaque partie fera valoir sa légitimité. Seule piste pour éviter une sortie rapide : que l’Espagne amé- nage sa Constitution pour prévoir des référendums de sortie du royaume. Mais Madrid refuse de discuter d’évolutions constitutionnelles. Et peu de pays dans le monde sont disposés à reconnaître officiellement le nouvel Etat, ce que confirment les premières réactions européen- nes vendredi soir. Mais si jamais le projet catalan aboutit, quel pays deviendrait-il? Voici quelques éléments de réponse, façon Wikipédia.

Son nom : République de Catalogne

Devise nationale : « Sempre endavant mai morirem » (En catalan : « Toujours en avant, jamais nous ne mourrons »).

Hymne national : « Els Segadors », « les faucheurs » en catalan, en référence à la révolte de ceux-ci entre 1640 et 1652, contre Philippe IV d’Espagne. Pendant 12 ans, une première République catalane verra le jour, avec comme principal allié, la France, dont le roi, Louis XIII, a été alors nommé « Comte de Barcelone ».

Fête nationale : le 11 septembre, dit « la Diada », commémorant la chute de Barcelone le 11 septembre 1714 face aux armées espagnole et française.

Drapeau : L’Estelada, drapeau traditionnel catalan aux bandes horizontales jaunes et rouges, avec une étoile blanche dans un triangle bleu sur le côté gauche. Cette étoile ajoutée au 20e siècle est le symbole de l’aspiration à l’indépendance catalane. (Et vient de Cuba NdBlog)

Administration

Forme de l’Etat : République parlementaire

Langue officielle : le catalan.

Autres langues parlées : l’espagnol (57,58% de la population le parle selon une étude de 2013) et l’occitan (dans le val d’Aran, ce qui fait que près de 0,04% de la population totale le parle).

Chef de l’Etat : Carles Puigdemont est l’actuel chef de l’exécutif. Mais un processus d’écriture d’une Constitution doit être lancé après l’indépendance et les rôles seraient alors redistribués.

Capitale : Barcelone.

Divisions territoriales : quatre provinces (bientôt transformées en vigueries) : celles de Barcelone, de Tarragone, de Lleida et de Gérone ; divisées en 42 comarques ; comprenant au total 968 communes.

Sièges au Parlement européen : selon la base de calcul actuelle, la Catalogne aurait 18 sièges sur un Parlement européen qui en compterait donc au total 768. A condition bien sûr d’être dans l’Union européenne, ce qui est un enjeu majeur dans ce processus d’indépendance.

Histoire:

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Géographie

Plus grande ville : Barcelone, 1,6 million d’habitants.

Autres agglomérations (plus de 200.000 habitants) : L’Hospitalet de Llobregat, Badalona, Terrassa et Sabadell.

Superficie totale : 32.000 km2, ce qui en ferait la 23e superficie de l’Union européenne devant la Belgique (0,7% de surface totale de l’UE)

Fuseau horaire : UTC +1 (heure de Paris)

Point culminant : la Pique d’Estats (3.143 m), dans les Pyrénées.

Démographie

Gentilé : Catalans.
Population totale : 7,5 millions d’habitants, ce qui en ferait la 16e démographie de l’Union européenne (1,5% de la population de l’UE) devant la Bulgarie.

Densité : environ 235 habitants par km2.

Economie

PIB : 212 milliards d’euros en 2016, soit 19% du PIB espagnol (région la plus riche d’Espagne), ce qui placerait la Catalogne comme la 13e économie de l’UE devant la Finlande et le Portugal. Le gouvernement espagnol assure que ce PIB chuterait de 25 à 30% en cas d’indépendance – estimation critiquée par d’autres économistes.

PIB par habitant : 28.600 euros, contre 23.800 euros de moyenne pour l’Espagne, ce qui ferait de la Catalogne le 12e pays de l’UE devant l’Italie.

Taux de chômage : 13,2% au deuxième trimestre 2017 (17,2% pour l’Espagne).

Tourisme : 18 millions d’entrées en 2016, ce qui placerait la Catalogne dans le top 20 mondial (68 millions en Espagne, troisième destination mondiale)

Dette : 76,7 milliards d’euros fin juin (soit 35,4% de son PIB, aujourd’hui la 3e région la plus endettée d’Espagne).

Culture

Patrimoine : la Catalogne possède de nombreux lieux et monuments de renommée interna- tionale. Comme les œuvres d’Antoni Gaudi (la Sagrada familia ou le parc Güell à Barcelone), la vieille ville de Gérone et l’escalier monumental de la cathédrale Sainte-Marie (vu dans Game of Thrones), mais aussi l’abbaye de Poblet et la façade méditerranéenne des Pyrénées.

Personnalités culturelles catalanes : Salvador Dali, Antoni Gaudi, Joan Miro, Pau Casals, Mercè Rodoreda…

Personnalités contemporaines : Joan Manuel Serrat, Montserrat Caballé, les groupes Estopa et Ojos de Brujo, Sergi Lopez, Pep Guardiola, Gerard Pique, Carles Puyol, Mireia Belmonte…

Sport

Le sport catalan est archi-dominé par le FC Barcelone, club de football de renommée mondiale qui a toujours été fidèle au nationalisme catalan.

27 octobre 2017

http://www.lejdd.fr/

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26 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

estelada (révolution permanente)

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Etoile de la liberté. D’où vient le drapeau républicain catalan ?

S’il y a bien quelque chose qui a envahi les écrans télé et les photos illustrant les reportages sur la situation en Catalogne, c’est ce drapeau méconnu, agité dans toutes les manifestations : quatre bandes horizontales de couleur rouge sur fond or dominées par un triangle bleu, à gauche, frappé d’une étoile blanche.

Quelle est l’origine et la signification de la « Estelada blava », le drapeau républicain catalan ?

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A l’origine il y a la « Senyera », l’un des plus vieux étendards connus en Europe, dont les origines remontent au Moyen-Âge. Il s’agit du drapeau à quatre bandes horizontales rouges sur fond jaune que l’on retrouvait derrière Carles Puigdemont, lors de ses déclarations officielles au « Palau », le Palais de la Généralité, ou au « Parlament ».

Selon certains chroniqueurs de la Renaissance, repris par la première vague du nationalisme romantique catalan de la fin du 19è, il y aurait, dans ce drapeau, le blason des premiers véritables souverains de Catalogne : le Roi de France aurait passé ses doigts, teints du sang du Conte de Barcelone blessé lors d’une bataille conjointe contre les Normands, sur son écu doré, conférant ainsi aux Contes de Barcelone leurs armoiries.

Le drapeau est remis en avant par le mouvement de renaissance culturelle catalan à la fin du 19è siècle qui tente de construire, de reconstruire et de réinventer, à partir du passé, un récit national. En 1932, lorsqu’est créée la Généralité, après la proclamation de la 2é République espagnole, c’est « La Senyera » qui est tout naturellement choisie comme drapeau officiel par Companys. Même si « La Senyera » est loin de représenter l’option la plus radicale du sépa- ratisme catalan, elle n’en sera pas moins bannie et interdite par les autorités franquistes jusqu’en 1979. Ce n’est qu’un an après l’entrée en vigueur du Pacte de la Moncloa que les autorités madrilènes accepteront de revoir flotter à Barcelone un drapeau catalan.

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Beaucoup plus ouvertement indépendantiste, en revanche, et en rupture avec une légende dorée d’un catalanisme qui plongerait ses racines dans l’histoire médiévale, on trouve « L’Estelada ».

Le drapeau reprend les quatre bandes de « La Senyera » mais rajoute un triangle bleu frappé d’une étoile blanche. Apparu pour la première fois à la toute fin du 19è, il s’agit d’un renvoi explicite au drapeau indépendantiste cubain inspiré, quant à lui, du tricolore républicain fran- çais et des couleurs du drapeau des Etats-Unis, par opposition au drapeau monarchiste colonial.

La Havane, en effet, ne s’était libéré du joug impérial madrilène qu’en 1898, aux côtés de Puerto Rico et des Philippines. « L’Estelada », ou drapeau étoilé, est un rappel de ces volontaires catalans qui, au cours des terribles guerres de contre-insurrection menées par les Espagnols contre les Cubains, entre 1868 et 1878 et 1895 et 1898, prennent le maquis aux côtés des indépendantistes antillais.

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Au tournant des années 1960, avec la resignification de la question nationale au prisme d’une gauche plus militante et parfois ouvertement marxiste (processus que l’on retrouve du côté de l’Euskadi-Pays Basque avec l’adhésion de l’ETA aux « principes du socialisme » lors de sa seconde assemblée, en 1963), plusieurs groupes considèrent « L’Estelada Blava » comme trop réformiste, et proposent « L’Estelada Vermella » ou « Groga », où un triangle et/ou une étoile rouges remplacent le bleu et le blanc.

C’est aujourd’hui le symbole de la CUP, le courant de gauche radicale qui soutient la coalition Junts Pel Sì de Carles Puigdemont et d’Oriol Junqueras qui, en dépit du coup de force de Rajoy, ne s’est pas encore résolu à décréter, réellement, l’indépendance républicaine vis-à-vis de la couronne madrilène.

Ciro Tappeste mercredi 25 octobre

http://www.revolutionpermanente.fr/

Commentaire:

Années 1920, le président des USA Wilson ayant promis la liberté aux nations opprimées, les nationalistes des petites nations se dirent que c’était le moment! En réalité cela ne ne concernait que le démembrement de l’Empire autrichien: la Hongrie oui, l’Irlande non! ( Aujourd’hui: Yougoslavie oui!, Espagne non!) Les nationalistes bretons et basques se dotèrent donc, comme les catalans, d’un drapeau:

union-jack-flag-8x5  Basque

USA-Flag  DrapeauBreton

Le drapeau breton n’a rien à voir avec le nazisme qui fera fureur dans le mouvement breton 15 ans plus tard… Il n’est pas moins républicain que les autres!

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25 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

salah quimper (pcf morlaix)

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130 manifestants pour Salah Hamourimardi soir, 24 octobre, à Quimper devant la préfecture. 

Ce rassemblement soutenu par 17 associations, partis et syndicats était aussi une réponse au Préfet du Finistère qui a scandaleusement opposé une fin de non-recevoir à une délégation d’élu-es. 109 élu-es qui, dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, demandent une intervention déterminée du gouvernement français pour la libération de Salah Hamouri.

C’était le 63e jour de détention de Salah Hamouri

Suite aux interventions d’Ismaël Dupont, de Piero Rainero, de François Rippe pour l’AFPS Morlaix et le Comité « Liberté pour Salah Hamouri » de Morlaix, et Claude Léostic, présidente de la plateforme nationale des ONG pour la Palestine, nous avons défilé dans le centre-ville de Quimper avec les slogans  »Liberté pour Salah Hamouri », « Liberté pour Salah Hamouri et tous les prisonniers politiques palestinien

A 15 ans, Salah Hamouri a été blessé par balle au cours d’une manifestation, à 16 ans, il est à nouveau arrêté et emprisonné pour 6 mois, à 19 ans il écope de 5 mois de détention adminis- trative. A 20 ans, en 2004, il est arrêté à nouveau, accusé sans preuve ni justification de vouloir attenter à la vie d’un rabbin d’extrême-droite, arrêté surtout en tant que sympathisant du FPLP, la gauche laïque et anti-colonialiste palestinienne. Il va purger 7 ans de prison et sera finalement libéré en 2011, grâce à l’effort de solidarité en France et à un échange avec le prisonnier du Hamas, le soldat israélien Guilad Shalit.

Depuis 2011, Salah Hamouri a effectué des études de droit compliquées par les complications perverses que les autorités israéliennes lui infligent pour se rendre depuis Jérusalem en Cisjordanie où se trouve son Université. En 2014 il s’est marié avec Elsa Lefort, la fille de l’ancien président de l’AFPS et de son comité de soutien. Elsa depuis qu’elle est enceinte est interdite de séjour en Israël et Salah Hamouri se voit privé de la présence de sa compagne et de son jeune enfant.

Le 23 août, la soldatesque israélienne a débarqué de nuit dans l’appartement de Salah Hamouri et l’a enlevé, sur ordre du ministre d’extrême-droite Avigdor Libermann. Salah a été condamné à 6 mois de détention administrative le lundi 19 septembre, sans accusation notifiée, sans accès à son dossier secret, sans avoir droit à être procès équitable. 6 mois qui peuvent être renouvelés sans problème, indéfiniment, et sans procès, selon la loi israélienne…

Et sans que le président Emmanuel Macron ni son ministre des Affaires Etrangères Jean-Yves Le Drian ne semblent avoir exigé fermement jusqu’ici la libération de Salah Hamouri. Tous ensemble, continuons à faire connaître cette situation inique du point de vue du droit inter- national et des droits de l’homme, continuons dans nos communes, nos organisations, notre entourage à faire connaître la situation de Salah Hamouri. Ne laissons pas s’installer un mur de silence, d’indifférence et d’oubli. Merci à tous. On ne lâche rien !

Soutiens:

ARAC, LDH Quimper, ATTAC, AFPS, ACAT, Mouvement de la Paix, MRAP 29, Amnesty International 29, Collectif « Liberté pour Salah » du Pays de Morlaix, Solidaires 29, FSU 29, Cgt Brest, EELV, UDB 29, PCF 29, Ensemble 29, NPA 29

Dans le Finistère, ce sont 15 maires en exercice: PS, Régionaliste -UDB, écologiste, Front de Gauche, PCF qui ont signé la lettre à Macron pour la libération de Salah Hamouri : les maires du Relecq Kerhuon, de Carhaix, de Plourin-les-Morlaix, Plounéour Menez, Pleyber-Christ, Guimaëc, Lannéanou, Locquénolé, Plouézoch, Le Cloître-St Thégonnec, Berrien, Motreff, Locmélar, Kernével. Plus Jean-Pierre Jeudy, maire honoraire de Carhaix. Un président de communauté d’agglomération, Thierry Piriou à Morlaix-Co, est également signataire.

Cette lettre pétition a aussi été signée par 5 conseillers départementaux : 4 PS Isabelle Assih, Marie Gueye, Jean-Paul Vermot, Jean-Marc Tanguy, et 1 régionaliste Christian Troadec. Par une sénatrice : Maryvonne Blondin (PS). Et 3 conseillers régionaux PS : Gwenegan Bui, Olivier Le Bras, Sylviane Vulpiani

http://www.le-chiffon-rouge-morlaix.fr/

 

 

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25 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

pcc (essf)

 Tiananmen Square What Really Happened

Ecrasement du mouvement étudiant, Place Tienanmen, 1989)

Le 19e congrès du Parti communiste chinois: la modernisation par une bureaucratie prémoderne ?

Pierre Rousset Quel sens donner au congrès du PCC ?

Au Loong Yu  Xi Jinping est secrétaire général du parti, président de l’Etat et de la commission militaire centrale (chef des armées). Il veut consolider son pouvoir, déjà considérable, à l’occasion du congrès. Ce que ce dernier illustre cependant, c’est une profonde régression vers ce que l’on peut appeler une « politique aristocratique ». Il y a moins de trois mois, le journal de l’école du PC l’a présenté comme le « noyau du centre du parti », parlant de ses « gènes rouges innés », de sa « lignée de sang rouge » (il est le fils d’un cadre historique du PCC, Xi Zhongxun).

De la période Mao jusqu’aux années 80, le PCC a toujours évité de donner l’impression que les enfants des dirigeants fondateurs usaient et abusaient de leurs liens familiaux pour obtenir des privilèges ; même si cela se savait, en règle générale, cela n’apparaissait pas dans la sphère publique. Quand c’était néanmoins le cas, le terme neutre, englobant, de gaoganzidi (“enfants de cadres de haut rang”) était utilisé, certainement pas la formule « lignée de sang rouge » !

Peu après le Mouvement démocratique de 1989 et l’implosion de l’URRS, des diri- geants vieillissants du PCC ont conclu que s’ils voulaient éviter le sort du parti russe, ils devaient transmettre les reines du pouvoir à leur progéniture.

Au même moment, des « enfants de » ont commencé à s’échanger des documents appelant le PC à prendre directement possession des propriétés d’Etat. Tout cela se faisait en secret. Des outsiders, qui avaient pour la plupart fui à l’Ouest après la répression de 1989, ont utilisé le terme péjoratif de taizidang (Princes héritiers). La presse a fini par se référer de façon élo- gieuse à la hongerdai (« deuxième génération rouge »), une notion restrictive qui pointe la lignée de sang : elle exclut pratiquement tous les cadres dont les parents ne sont pas vieux. Cette formule a surtout été instrumentalisée par Bo Xilai, ancien chef de la région de Chongqing, dont les ambitions étaient contrecarrées et qui est « tombé » en 2012.

Les proches de Xi Jinping ont repris le thème de la « deuxième génération », mais en le modifiant, utilisant notamment le terme de « lignée de sang rouge ».

Depuis trente ans, les membres de cette « génération » ont accumulé un immense pouvoir politique et économique ; ils veulent maintenant « sécuriser » leur position. Ils s’opposent entre eux sur des questions d’orientation comprenant des tenants du libéralisme, des nationalistes « durs », et même des fascistes ; mais pour celles et ceux qui sont politiquement actifs, ils s’accordent pour user pleinement de la référence à leurs lignées. C’est ce que Xi fait sans restriction pour consolider sa position de « noyau » du parti.

Le PCC ne parle plus, comme par le passé, de la « séparation du parti d’avec le gouverne- ment », de la « nécessité de réformes politiques », du principe de « direction collégiale », de la « démocratie comme une valeur universelle », de « faire profil bas » en matière de politique étrangère. Le changement de langage officiel exprime une rupture de ligne. Xi proclame l’ascendance de la « deuxième génération rouge » et son mépris de la démocratie « à l’occidentale » ou de la « direction collective ». C’est une régression radicale vers l’aristocratie [noblesse].

Cependant, la chute de Bo Xilai ne montre-t-elle pas que cette génération est traversé de violents conflits ?

Certes. Nous sommes arrivés à un point intéressant de cette régression. Les luttes politiques en cours se déploient à deux niveaux. En premier lieu, la « deuxième génération rouge » cherche à voler encore plus de pouvoir aux bureaucrates dont les parents ne sont pas de vieux cadres dirigeants. En second lieu, s’ils veulent pour la plupart plus de pouvoir, Xi veut le pouvoir absolu, d’où les tensions.

Comme l’illustre l’histoire de la Chine impériale, le pouvoir absolu de l’empereur s’oppose nécessairement au pouvoir des nobles.

L’autocratie absolue entre en conflit avec l’aristocratie. La solution finale pour l’empereur s’approchait de la destruction totale de la noblesse comme classe et c’est ce qui a surtout différentié la trajectoire de la Chine impériale des expériences européennes.

Si Xi est aussi âpre au gain, c’est qu’il est parti d’une position de faiblesse, mais a su profiter des luttes de cliques entre ses prédécesseurs et a pu envoyer en prison un membre du comité permanent et trois membres du bureau politique qui lui étaient hostiles. Pour la première fois dans l’histoire du PCC, les candidats à la direction suprême ont été choisis par les paires de Xi et non par des « historiques » comme Deng Xiaoping ou Chen Yun. Certes, des hauts dirigeants en retraite comme Jiang Zemin et Hu Jintao ont eu leur mot à dire, mais leur autorité n’égale pas celle d’un Deng ou d’un Chen !

Xi est un politicien capable ; mais pour rester au pouvoir au-delà de son terme, si l’on en croit les rumeurs, il doit en permanence neutraliser quiconque le défie, sinon l’aristocratie s’oppo- sera à son autocratie. Il doit évidemment user de la carotte et pas seulement du bâton. Les campagnes anticorruptions qu’il lance frappent surtout des bureaucrates d’origine humble, rarement des membres de la « deuxième génération ». Cela ressemble bien à un deal de facto.

Combien de fractions opèrent au sein du PCC ?

Je me demande si le terme de « cliques » n’est pas, ici, plus approprié que «fractions». On évoque la fraction de la Ligue des Jeunesses communistes liée à Hu Jintao et la fraction de Shanghai de Jiang Zemin. Il n’est pas évident qu’il y ait là des divergences politiques substan- tielles. L’ancien premier ministre Wen Jiabao (d’origine modeste) n’apprécie guère la politique de la « lignée rouge sang » et a parlé des «droits humains universels». De façon générale, la fracture au sein de la bureaucratie avec les cadres d’origine « humble » apparaît plus nette- ment; beaucoup d’entre elles et eux sont issus de la Ligue de la Jeunesse communiste (ce fut le cas d’Hu Jintao), qui est conçue comme une école de cadres. Xi s’est attaqué à elle, l’accusant d’incompétence et réduisant son budget…

En cas de crise sociale et politique, cette fracture au sein de la bureaucratie entre les « sangs rouges » et les autres peut devenir vive et avoir d’importantes implications.

Comment tout cela peut-il affecter l’avenir du PCC ?

Même si Xi réussit à prolonger son pouvoir au-delà des dix ans usuels, il fera face à un problè- me insoluble. La bureaucratie pille une part toujours plus grande la richesse produite dans le pays dont le développement dépend en conséquence de l’endettement. Cela débouchera sur une crise. Or, Xi ne bénéficie pas d’une légitimité lui permettant d’assoir une dictature à vie en Chine.

Xi ne peut pas devenir un empereur sans couronne. Il n’y aura pas de paix éternelle au sein du PCC ; même un éventuel compromis ne sera que passager. Il n’existe pas de mécanis- me éprouvé de transmission du pouvoir assurant une stabilité durable. Le parti prône la modernisation, mais la bureaucratie reste empreinte de culture médiévale et stalinienne. Des pratiques modernes ont certes été importées, il ne faut pas l’ignorer, mais elles semblent avoir été intégrées aux pratiques anciennes, sans les remplacer. C’est une tendance régressive que Xi renforce. La question de la succession ouvrira la possibilité d’une crise et la crise de régime pourra exploser ailleurs.

Des forces centrifuges sont à l’œuvre au sein du PCC, comme en témoigne l’envoi à l’étranger par des cadres, de leurs de familles et de leurs biens.

La population chinoise se transforme rapidement, s’urbanisant et se modernisant bien plus que les sommets bureaucratiques. Le conflit entre la Chine d’avant et la Chine de demain rebondira dans la période à venir.

Pierre Rousset: Le 19e congrès du PCC est en cours et se terminera en fin de semaine. Pour évaluer ses résultats, il faut notamment attendre que les divers organes de directions soient constitués. Pour l’heure, nous avons interviewé Au Loong Yu, résidant à Hong Kong, auteur de nombreuses études la Chine et éditeur du site Borderless Movement.

La version intégrale de cette interview est disponible en anglais :

http://www.europe-solidaire.org/

dimanche 22 octobre 2017 AU Loong-Yu, ROUSSET Pierre

http://www.europe-solidaire.org/

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24 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

dossier clash (politis + npa)

puigdem

Catalogne : Madrid organise le clash

La responsabilité première du blocage actuelle revient au chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy. Rangé au légalisme le plus étroit, l’éditorial du quotidien Le Monde, lundi dernier, nous a laissés pantois. Sous une plume pamphlétaire dont Madrid a dû rosir d’aise, on y lit que, dans cette «tragédie espagnole», le gouvernement aurait été «poussé à bout» par les indépendantistes au pouvoir à Barcelone, prêts à «toutes les dérives», «hors la loi», «qui vivent dans une bulle», «vendent de l’illusion» etc.

«Que faire de ce micronationalisme ultra?», interroge le journal, méprisant ainsi l’expres- sion de millions de Catalans, démocratiquement électeurs de représentants qui promettaient un référendum sur l’indépendance, validée par 90 % des votants le 1er octobre. Que la crise chemine inéluctablement vers un blocage dramatique, c’est un fait. On peut reprocher à Carles Puigdemont, chef d’un exécutif catalan tenu par sa parole, d’avoir choisi la voie de la confron- tation directe.

Mais la responsabilité première en revient au chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, fustigeant «l’illégalité» du référendum, mais soigneusement oublieux d’une humiliation qui perdure depuis 2010. Le pouvoir central avait alors privé la Catalogne d’une partie de son autonomie, préparant l’arrivée au pouvoir d’indépendantistes résolus à Barcelone.

Dès lors, chaque pion joué par Madrid peaufine méthodiquement une nasse explosive.

Le point de non-retour vers la violence a probablement été franchi samedi dernier, quand Rajoy a actionné la « bombe atomique » : l’article 155 de la Constitution qui l’autorise à démettre l’exécutif de Catalogne et à administrer la région depuis Madrid, puis d’organiser sous six mois des élections locales. Le Sénat espagnol doit valider la mesure samedi. Auparavant, Puigdemont obtiendrait de son Parlement une déclaration d’indépendance en bonne et due forme. Ce que Le Monde appelle « la politique du pire ».

24 octobre 2017

https://www.politis.fr/

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23 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

catalunya (essf + npa)

puigdem

Catalogne et Etat espagnol-Catalogne : l’article 155 et la mise entre parenthèses de la démocratie

Suite à la décision ferme du régime tripartite (Parti Populaire, Ciudadanos, Parti socialiste ouvrier espagnol), avec le roi Felipe VI à sa tête, visant à donner l’interprétation la plus dure, et en même temps la plus discutable, de l’article 155 de la Constitution [1], nous entrons irrémédiablement dans les jours clés, en termes de rapports de forces, de l’épreuve qui depuis quelques années a pris jour concernant la revendication majoritaire du peuple de Catalogne, soit celle ayant trait à son droit légitime de décider de son avenir.

En effet, avec l’intention de faire de Mariano Rajoy le président de la Catalogne, de dissoudre le Parlement catalan afin de pouvoir convoquer de nouvelles élections et de placer sous son contrôle la police régionale [Policia de la Generalitat de Catalunya-Mossos d’Esquadra] et les médias – entre autres mesures – le régime vise à mettre fin à l’autonomie catalane. Mais, de plus, comme l’écrivait récemment Javier Pérez Royo [2], il s’agit de mettre fin au nationalisme catalan comme option politique légale. Nous pouvons y ajouter : et à toute opposition au régime, avec parmi ses cibles le parti Unidos Podemos.

C’est ce qui a déjà été proclamé par les porte-parole du PP, tels García Albiol [maire de Badalona jusqu’en 2015 et président de Groupe populaire dans le parlement de Catalogne] et Pablo Casado [membre du PP et vice-secrétaire chargé de la communication]. Ils n’ont manifesté aucune retenue pour étendre la menace d’interdiction envers des forces politiques républicaines ou simplement à inclure dans leur programme des propositions qui vont à l’encontre de la Constitution. C’est ce à quoi nous sommes confrontés : un nationalisme-constitutionnaliste espagnoliste et militant. Et pour cette raison, cela relèverait d’une très grave erreur que de considérer ce conflit comme ne concernant que la Catalogne.

Cette décision qui sera sans doute approuvée, le 27 octobre, par un Sénat à la majorité abso- lue du PP [le PP détient 148 sièges sur 266] est également précédée de l’emprisonnement  « préventif », accusé du crime de « sédition » [passible de 15 ans de prison], de Jordi Sànchez [président de l’Assemblée nationale catalane] et de Jordi Cuixartl [président de l’association Òmnium Cultural], dirigeants de deux grandes organisations sociales ayant organisé les plus grandes mobilisations pacifiques en faveur du droit de décider qui se sont tenues en Catalogne depuis 2012.

Et peu de temps après, le Tribunal constitutionnel (TC) a jugé illégale la loi du référendum approuvée par le Parlement [catalan], qui la fondait, comme il est de coutume dans ce cas, sur les articles 1 et 2 de la Constitution (« l’autonomie » en bref n’est pas la « souveraineté », le TC dixit). En fait, une démonstration supplémentaire que toute promesse de réforme constitu- tionnelle qui ne remet pas directement en question ces articles ne peut jamais ouvrir la voie à un véritable pacte fédéral entre les peuples [3].

La réponse depuis la Catalogne ne s’est pas fait attendre : la manifestation d’hier, le 21 octobre, pour la liberté des deux « Jordis » s’est également transformée en une dénonciation massive et indignée de la décision du Conseil des ministres d’appliquer l’article 155 de la Constitution, ainsi qu’en une réaffirmation de la volonté de centaines de milliers de personnes [450 000 selon la police] de désobéir à ce qui est perçu comme un véritable état d’urgence et un démantèlement de leurs institutions d’autonomie [d’auto-gouvernement]. En résumé, il s’agissait d’un coup porté à la démocratie, en somme, cela signifierait le retour à 1977, avant même l’instauration de la Generalitat qui, aujourd’hui, a quarante ans.

Cependant, la chose la plus grave réside dans l’alignement complet des rangs du régime, avec le soutien des grandes puissances économiques de l’IBEX 35 [indice de la Bourse de Madrid] et des principaux dirigeants de l’UE, un régime qui a reçu le plein soutien de la nouvelle direction du PSOE [Pedro Sánchez]. Sont sapées ainsi les illusions qu’avaient générées la défaite électorale interne du felipismo [allusion à la défaite de Susana Diaz soutenue par Felipe Gonzales lors des primaires au sein du PSOE, en mai 2017] et le changement initial de discours de Pedro Sánchez avec sa reconnaissance timide de la plurinationalité face au nationalisme espagnol monocorde et exclusif de Rajoy.

Une fois de plus, au sein du PSOE, la « (sans) raison d’Etat » s’est imposée contre la raison démocratique. Il n’y a pas si longtemps, la défense de certains de ses dirigeants catalans s’exprimait au moins de la manière suivante : nous sommes en faveur d’un référen- dum consultatif. Heureusement, il n’a pas fallu trop longtemps pour que des premières critiques soient émises par des responsables publics du PSC (Parti socialiste de Catalogne) face à une décision qui, certainement, va impliquer la décomposition de ce parti en Catalogne et son identification, dans le reste de l’Etat, avec le PP, avec Ciudadanos dont le mordant ultranatio- naliste n’a plus besoin de se déguiser en libéral et, surtout, une identification avec ce que va impliquer l’enterrement définitif d’un Etat des autonomies, déjà agonisant.

« Que vas-tu faire ici ? », a demandé Maria del Mar Bonet [chanteuse de musique folk en catalan, ayant reçu plusieurs distinctions] lors de la manifestation du samedi 21 octobre à Barcelone. Elle a repris ainsi une chanson qui a environ 40 ans d’âge et l’a entonnée afin de dénoncer la répression policière survenue le jour du référendum du 1er octobre à Barcelone. Si, à l’époque, la dictature franquiste s’accrochait à sa force brutale pour empêcher le progrès de notre lutte commune pour les libertés, il semble évident, aujourd’hui, que beaucoup d’héri- tiers de ce régime entendent remonter le temps afin de laisser la démocratie en suspens… En vue de semer le désespoir parmi ces millions de personnes qui, en Catalogne, continuent à parier sur la désobéissance civile et institutionnelle face à un régime et face à un Etat qu’ils considèrent déjà comme illégitimes.

Nous savons que dans cette confrontation le rapport de forces entre les deux blocs est très inégal. Mais ceux qui chantent aujourd’hui la victoire de l’Etat doivent savoir que la transformation de la citoyenneté catalane en un sujet [de cet Etat] va se heurter à un mouve- ment populaire qui a déjà démontré son énorme capacité de résistance et d’auto-organisation le 1er octobre dernier, et le 3 octobre. Le gouvernement (govern) et le parlement (parlament) seront-ils à la hauteur des exigences de ce mouvement en assumant le défi d’avancer dans le sens de la République catalane, tout en ouvrant un processus constitutif démocratique et participatif ? Saurons-nous générer un large mouvement de solidarité [dans les autres régions autonomes] et de convergence dans notre lutte commune pour les libertés, la démocratie et le droit de décider ?

Il ne sera pas facile de répondre à ces questions, mais comme nos référents classiques l’ont déjà écrit, « la seule chose certaine réside dans le combat ». Dans cette perspective, il en va, soit de mettre fin à la crise du régime par en haut, soit, au contraire, d’approfondir la fissure qui a ouvert le cycle de protestation le plus intense et prolongé qui s’est développé depuis les dernières années du régime de Franco en Catalogne et en dans tout l’Etat.

Jaime Pastor, Barcelone, le 21 octobre 2017

http://alencontre.org/eu

http://www.europe-solidaire.org/

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18 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

vulnérables (libération)

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Insécurité alimentaire : quand les plus vulnérables ne font pas partie des négos

Alors qu’aujourd’hui est célébrée la Journée mondiale de l’alimentation, alors que les chiffres de la faim dans le monde augmentent, il est urgent de mettre en place des solutions politiques au problème de l’insécurité alimentaire.

«Ouvrir à tout prix les marchés des pays en développement à nos entreprises d’un côté, lutter contre la faim en saupoudrant de l’aide alimentaire de l’autre»: voilà comment sont traités les sujets «internationaux» dans les Etats Généraux de l’Alimentation. Pourtant, il est urgent de mettre en place des solutions politiques cohérentes et complètes au problème de l’insécurité alimentaire.

Les chiffres de la faim dans le monde augmentent

Nous célébrons aujourd’hui la Journée mondiale de l’alimentation, dix ans après les terribles émeutes de la faim et la crise alimentaire de 2007-2008. Et il y a quelques semaines à peine, les agences des Nations unies ont rappelé que la lutte contre la faim restait un enjeu d’actualité.

En effet, le nombre de personnes sous-alimentées a augmenté, culminant désormais à 815 millions. C’est un individu sur neuf qui souffre de la faim, soit 11% de la population mondiale. Et ce chiffre n’est que l’arbre qui cache la forêt de la malnutrition, puisque 2 milliards de personnes souffrent de carences liées à l’alimentation, alors que 1,4 milliard sont en surpoids ou obèses. Des tendances prévues pour augmenter en raison des changements climatiques.

Face à ce constat, la quasi-absence de ces enjeux au sein des Etats généraux de l’alimentation (EGA) est à déplorer. L’atelier 4 – «Conquérir de nouvelles parts de marchés sur les marchés européens et internationaux»- des EGA, le seul à mentionner explicitement l’international durant cette première phase des Etats généraux, a été le centre de débats autour de l’export et de la conquête de nouveaux marchés.

Hormis les membres de la Plateforme citoyenne pour une transition agricole et alimentaire, un collectif rassemblant plus de 50 organisations de la société civile, une majorité des parties prenantes semble soutenir l’idée que l’un des buts de la production agricole française est de conquérir les marchés internationaux et qu’il faut accompagner les entreprises françaises pour qu’elles s’implantent et investissent de par le monde.

Cette position fait totalement fi des nombreuses études montrant les impacts négatifs des politiques agricoles de nos pays sur les agricultures des pays en développement, et oublie que l’insécurité alimentaire est avant tout une question de pauvreté et non de simple production agricole.

L’historique est pourtant bien fourni: subventions aux exportations pour écouler nos surplus, et inondation des marchés africains par notre lait «hors quotas» et nos restes de poulets surge- lés, entraînant la destruction des filières locales et précipitant les agriculteurs déjà pauvres dans la faim.

Le niveau de sécurité alimentaire baisse

En outre, des investissements directs dans les pays du Sud, sous prétexte d’augmenter la production agricole pour la sécurité alimentaire, ont entraîné et entraînent encore aujourd’hui l’éviction de paysans et communautés locales de leurs terres, afin d’implanter des fermes de plusieurs milliers d’hectares, basées sur des modèles à fortes émissions de gaz à effet de serre et dédiées aux cultures d’exportation comme la banane, l’ananas, l’huile de palme, le jatropha ou le caoutchouc (hévéa).

Là où ces projets sont implantés, des cas d’accaparement des terres sont signalés et le niveau de sécurité alimentaire régresse. Ils sont pourtant encore promus et soutenus par la France, dans le cadre de l’initiative «Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition» du G8, par exemple.

En parallèle de ces stratégies commerciales et d’investissement offensives, la France et l’Union européenne se sont engagées pour d’ambitieux objectifs de développement, d’éradication de la faim et de la pauvreté. Ces deux dynamiques de l’action internationale sont incompatibles.

Ainsi, en fermant les yeux sur les impacts négatifs de ces stratégies d’internationalisation, les discussions du premier chantier des Etats généraux de l’alimentation font une nouvelle fois prévaloir les intérêts commerciaux sur les droits humains et les populations vulnérables des pays en développement.

Alors que s’ouvre le deuxième chantier des Etats généraux, nos organisations appellent l’Etat à plus de cohérence dans les politiques publiques. Cela signifie que les politiques commerciales, énergétiques, climatiques et plus largement agricoles et alimentaires doivent être alignées sur les objectifs de développement international et les politiques nationales afférentes, en particulier concernant la lutte contre la faim et la malnutrition.

Cela implique également de respecter les engagements internationaux pris par la France au sein des organisations des Nations unies telles que le Comité pour la sécurité alimentaire et la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique.

Nous demandons plus particulièrement qu’un poste de rapporteur à la Cohérence des politiques soit créé au sein de la commission «Affaires étrangères» de l’Assemblée nationale et qu’il procède à une révision systématique des politiques publiques pouvant impacter la sécurité alimentaire et la nutrition, au Nord comme au Sud. Ceci permettra de réorienter les politiques, notamment d’investissement, afin qu’elles ne puissent remettre en question les avancées réalisées par ailleurs.

Claire Offenbach, Directrice générale d’Oxfam France et Bernard Pinaud, Directeur général de CCFD-Terre Solidaire  16 octobre 2017

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15 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

indépendance (yéti)

catalonia

La Catalogne est loin d’être la seule à vouloir être indépendante

La tendance, nous dit-on, est à la mondialisation. Faux : depuis 1945, le nombre de pays indépendants a presque quadruplé. Dernier exemple : la Catalogne.

Les peuples peuvent devenir indépendants par référendum, ou alors par la guerre.

Quelques exemples récents de peuples qui ont accédé à l’indépendance :

  • Le peuple lituanien gagne la guerre d’indépendance le 13 janvier 1991. La Lituanie a un siège à l’Organisation des Nations Unies.
  • Le peuple letton gagne la guerre d’indépendance le 25 janvier 1991. La Lettonie a un siège à l’Organisation des Nations Unies.
  • Le peuple estonien est consulté lors du référendum du 3 mars 1991. Le peuple estonien vote « oui » à l’indépendance. L’Estonie a un siège à l’ONU.
  • Le peuple érythréen gagne la guerre d’indépendance le 24 mai 1991. L’Erythrée a un siège à l’ONU.
  • Le peuple slovène gagne la guerre d’indépendance le 7 juillet 1991 (accord de Brioni). La Slovénie a un siège à l’ONU.
  • Le peuple macédonien est consulté lors du référendum du 8 septembre 1991. Le peuple macédonien vote « oui » à l’indépendance. La République de Macédoine a un siège à l’ONU.
  • Le peuple croate gagne la guerre d’indépendance le 12 novembre 1995. La Croatie a un siège à l’ONU.
  • Le peuple bosniaque gagne la guerre d’indépendance le 14 décembre 1995. La Bosnie a un siège à l’ONU.
  • Le peuple monténégrin est consulté lors du référendum du 21 mai 2006. Le peuple monténégrin vote « oui » à l’indépendance. Le Monténégro a un siège à l’ONU.
  • Le peuple sud-soudanais est consulté lors du référendum du 9 janvier 2011. Le peuple sud-soudanais vote « oui » à l’indépendance. Le Soudan du Sud a un siège à l’ONU.

La grande tendance pluri-millénaire, c’est la quête de la souveraineté

À sa naissance en 1945, l’ONU regroupait 51 nations. Aujourd’hui, l’ONU regroupe 193 nations.

Leur nombre continue à augmenter. Dans les années qui viennent, l’ONU va accueillir de nouvelles nations qui vont naître : la Palestine, la Catalogne, le Kosovo, les îles Cook, Niue, le Sahara occidental, le Somaliland, etc.

La grande tendance pluri-millénaire, ce n’est pas la mondialisation, c’est la fragmentation des regroupements déjà existants, partout dans le monde.

La grande tendance pluri-millénaire, c’est la naissance de nouvelles nations indépendantes, souveraines.

14 octobre 2017 

https://yetiblog.org/

la-bretagne-rebelle

Commentaire: Heu, toutes les nations dépendant de la France sont oubliées! Alors rajoutons d’abord la Kanaky. La nomination de Valls semble annoncer de la violence ou des morts pour écraser la république kanaque. Mélenchon a eu raison se retirer!

D’autre part même si pour la Bretagne ce n’est pas tout de suite, il y a la Polynésie! Puis la Guyane, la Martinique et la, Guadeloupe! Enfin, la Corse. Sans parler du rattachement de l’Alsace, Euskadi et la Catalogne sud à leur régions soeurs!

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