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Association France-Palestine Solidarité, Pays de Cornouaille
Contact: yjardin7@wanadoo.fr
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Le mouvement pro-Trump est notamment né de la réunion de conspirationnistes, de trolls et de masculinistes, estime un chercheur après une analyse lexicale des messages postés sur le forum Reddit.
L’« alt-right » est plus qu’une étiquette rajeunie pour l’extrême droite anglophone : c’est un agrégat de cinq grandes mouvances distinctes. Telle est la conclusion partagée par Tim Squirrel, doctorant en science et technologie à l’université d’Edimbourg (Ecosse) et membre du laboratoire de recherche Alt-Right Open Intelligence Initiative, dans un billet publié le 18 août sur le site américain Quartz. Pour y parvenir, le chercheur a conduit une vaste analyse lexicale sur The Donald, principale sous-section « alt-right » du forum Reddit avec ses 450 000 abonnés.
Depuis l’explosion médiatique du terme « alt-right » à l’automne 2016, de nombreux éditorialistes ont appelé à bannir son usage, qui servirait à masquer l’idéologie néonazie. Ces appels avaient redoublé à la suite des manifestations suprémacistes de Charlottesville (Virginie). Mais, oppose le chercheur, « l’“alt-right” n’est pas un groupe uni. Ils n’ont pas d’identité cohérente. »
En utilisant BigQuerry, un programme de Google d’analyse de données pour étudier le champ lexical des messages postés, ainsi qu’un petit outil supplémentaire pour observer les recou- pements entre différents subreddits (les sous-sections de Reddit, classées par centre d’intérêts), il estime être parvenu à établir une « taxinomie des trolls ».
L’« alt-right » telle qu’elle s’exprime sur The_Donald s’avère ainsi constituée de cinq grandes catégories de participants bien distincts :
Les frontières entre ces catégories sont loin d’être étanches, notamment parce que les factions les plus anciennes et structurées, à savoir les suprémacistes et les masculinistes, profitent de cette proximité relativement récente pour recruter. Un phénomène que Le Monde avait pu observer dès juillet 2015 lors d’une réunion de gamers « antipolitiques » et de néoconservateurs à Paris.
Tim Squirrel alerte :
« Des adolescents qui s’ennuient et des joueurs sont en train de se faire endoctriner dans un antiglobalisme radical, des théories du complot et l’islamophobie, et cela se déroule juste devant nos yeux, sur un forum accessible publiquement. »
Le chercheur observe qu’à force de se fréquenter ces différentes populations se sont créé un vocabulaire en commun, constitué, entre autres, du mot « centipede », la manière dont ils se définissent entre eux, « MAGA » (acronyme de Make America Great Again, le slogan de Donald Trump) et surtout de nombreux mots-valises formés à partir de « cuck » (insulte désignant les personnes jugées soumises aux minorités et aux femmes).
Le sous-forum The_Donald est autant un lieu de rassemblement que de radicali- sation, estime Tim Squarrel. « [Les forums de ce type] servent de lieu de rencontre pour des hommes blancs mécontents venus de toutes parts et qui partagent une haine commune. Ils sont issus de coins différents d’Internet avec des intérêts et des lexiques différents. Ils restent séparés quand ils ne sont pas sur The_Donald, mais plus ils passent de temps ensemble, plus leurs visions pernicieuses du monde risquent d’entrer en osmose. »
William Audureau 24.08.2017
Commentaire: Le dernier paragraphe est de trop: pas question de laisser le « marché » faire le tri! L’eau doit rester ou redevenir un service public. Les premiers mètre cubes doivent être gratuits selon les revenus.

Depuis quelques semaines, la dramatique situation vénézuélienne est au cœur de l’actualité avec des interprétations diamétralement opposées. D’un côté, la plupart des médias prennent ouvertement parti pour l’opposition. D’un autre côté, les dirigeants de la France Insoumise continuent de justifier le gouvernement de Nicolás Maduro. Qui a raison ? La presse française évoque abondamment la crise au Venezuela. Une fois n’est pas coutume, les éditorialistes prennent partie pour les manifestants contre les violences de l’État. Un parti-pris inverse à celui qui avait été le leur durant la loi travail lorsque les violences policières étaient commises sur leur propre territoire.
Le 29 juillet dernier, Le Monde publiait un éditorial cumulant tous les lieux communs de l’oppo- sition bourgeoise au gouvernement Maduro. L’article évoque la centaine de personnes décé- dées durant la crise de ces derniers mois comme s’ils étaient tous « tués par balles lors de manifestations » « violemment réprimée(s) par la soldatesque du régime », omettant de pré- ciser la diversité des sources de violences, le fait que certains militants chavistes aient été brûlés vifs par des opposants ou soient décédés à cause d’actions de guarimberos, des groupes armés exigeant le départ de Maduro. Évoquer cette diversité des sources de violen- ces n’est pas une manière de justifier la répression du gouvernement, nous l’avons à maintes reprises dénoncé sur ce site, mais de souligner que l’opposition de droite utilise des méthodes tout aussi détestables que celles du gouvernement.
Si Le Monde est aussi sévère avec le gouvernement Maduro et aussi complaisant avec l’oppo- sition, c’est parce qu’il identifie (à tort) le chavisme à l’idéal socialiste qu’il défend… sans le mettre en œuvre.
Ainsi, dans le même éditorial, l’effondrement des cours du pétrole est refusé explicitement comme une explication de l’affaiblissement du gouvernement d’un pays dont l’or noir repré- sente plus de 95 % des exportations, et ce pour mieux accabler « l’incompétence et la corrup- tion du régime chaviste ». Il est évident que si le cours du baril de pétrole était à 150 dollars, le gouvernement Maduro aurait des marges de manœuvre financière pour maintenir le même niveau de programmes sociaux que par le passé, et ce malgré la corruption qui, en effet, gangrène le budget de l’État vénézuélien.
L’opposition est ainsi considérée, dans cet éditorial, comme « majoritairement de centre-gauche », alors qu’elle reste libérale, liée aux États-Unis avec une base sociale centrée sur les classes possédantes. Le Monde confirme son point de vue depuis l’accession d’Hugo Chávez au pouvoir. En avril 2002, lorsque la droite et le patronat avaient orchestré une tentative de coup d’État contre Hugo Chávez, en lançant une répression immédiate sur les classes populaires, Le Monde écrivait dans son édition du 13 avril 2002 que Pedro Carmona, figure-clef de la tentative de putsch était une homme « pondéré » aux « qualités de dialogue et son ouverture », à « l’attitude conciliatrice ». La répression « de la soldatesque du régime » suscitait alors l’indifférence du quotidien de référence.
On touche-là aux véritables intentions des médias dénonçant la répression de Maduro. Leur but est d’en tirer des conséquences politiques sur le territoire national. L’édito- rial que nous avons abondamment cité commence par l’accusation de la « gauche européenne et américaine » de « complaisances » à l’égard de Maduro. Mais cette volonté de disqualifier d’entrée de jeu tout projet de société alternatif au capitalisme néolibéral est également visible dans la déclaration de Saraï Suarez à l’émission « 28 minutes » de Arte du 2 août dernier : « c’est le rêve cubain, c’est la fascination qu’une gauche européenne garde par rapport au projet de Fidel et de Cuba, c’est juste un rêve impossible et insoutenable. Le Venezuela est la preuve aujourd’hui que ce système, ce projet politique, c’est un grand échec qui est juste rempli de mensonges et de manipulations qui vont contre la population de ces pays ».
Cette accusation est d’autant plus absurde qu’au Venezuela, la part du secteur privé dans le PIB n’a pas régressé durant la présidence Chávez dont le bolivarisme est loin de l’archétype du socialisme tant honni par les journalistes. Les crises économiques ne sont d’ailleurs pas le propre de gouvernements menant des politiques économiques non-libérales. Des pays respectant scrupuleusement l’orthodoxie néolibérale peuvent aussi connaître des crises économiques profondes avec des conséquences dramatiques pour la population comme en témoignent l’Argentine en 2001 et la Grèce depuis 2009.
Si les éditorialistes instrumentalisent la crise vénézuélienne pour faire le procès de la gauche anti-libérale française, c’est en partie parce que la France Insoumise et le PCF prêtent le flanc à la critique. Les liens de Jean-Luc Mélenchon avec les gouvernements post-néolibéraux latino-américains tel celui d’Hugo Chávez sont anciens. Dès 2012, il les présentaient dans son livre-programme, Qu’ils s’en aillent tous, comme « des expériences dont on peut s’inspirer, des exemples qu’on peut suivre » (p.15), « des révolutions qui régénèrent les pays » (p.13).
Mélenchon a réalisé deux voyages au Venezuela, en 2006 et à l’été 2012, dernier séjour au cours duquel il fut reçu officiellement par Chávez à l’occasion du Forum de São Paulo regroupant des partis de gauches, alors réunis à Caracas. Mélénchon avait créé des liens amicaux avec le jeune chef du bureau diplomatique d’Hugo Chávez, Maximilien Arvelaiz, et pendant la campagne présidentielle vénézuélienne d’octobre 2012 le leader de la France Insoumise avait écrit dans Le Monde avec Ignacio Ramonet une tribune intitulée « Hugo Chávez, un homme diffamé » prenant la défense du leader bolivarien.
Il apparaît en pleurs le jour de la mort d’Hugo Chávez et lui rend hommage : « ce qu’est Chávez ne meurt jamais ! C’est l’idéal inépuisable de l’espérance humaniste, de la révolution ». Au moment de l’élection de Nicolás Maduro, Melenchon avait également tweeté que le « Venezuela bolivarien est une source d’inspiration » et avait salué sa victoire.
Le dirigeant de la France Insoumise partage avec la « révolution bolivarienne » la volonté de redistribuer les richesses sans exproprier les plus riches, de refonder les institutions à travers la mise en place d’une Assemblée constituante et de mécanismes de contrôle des élus tels que le référendum révocatoire. Jean-Luc Mélenchon comme Hugo Chávez utilisent à l’envi leur charisme pour arbitrer les différends politiques et laissent peu de place à la critique.
Face à la crise dramatique que connaît aujourd’hui le Venezuela, la France Insoumise connaît un réel « embarras » comme le souligne Lilian Alemagna dans Libération. La propo- sition n°62 de l’Avenir en Commun, qui prévoit notamment une adhésion à l’Alliance Boliva- rienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA), avait handicapé la fin de campagne de Jean-Luc Mélenchon. Depuis le début de la crise au Venezuela, le silence de Jean-Luc Mélen- chon est assourdissant mais les paroles de ses lieutenants se font parfois les complices de la dérive autoritaire de Nicolás Maduro. Ainsi, Adrien Quatennens n’a pas hésité à déclarer le 1er août sur RTL que la crise « ne tient pas à une mauvaise gestion de Nicolás Maduro ».
Le Venezuela devient un talon d’Achille de la France Insoumise. Plantu, fidèle à ses habitudes réactionnaires, publie dans l’Express une caricature dressant un parallèle entre les tête de mort symbolisant les affrontements meurtriers au Venezuela et la France Insoumise. Une députée juppéiste de la République en Marche, Aurore Bergé, n’a pas hésité à interpeller sur Twitter Jean-Luc Mélenchon en reprenant son message saluant la victoire de Nicolás Maduro. Il est évident que ces messages se situent dans le sillage d’une presse qui se situe dans le camp de la droite vénézuélienne anti-chaviste tout en instrumentalisant le cas du Venezuela pour discréditer tout projet alternatif au néolibéralisme.
Il est tout aussi évident que la mise en œuvre du programme de l’Avenir en Commun n’emmènerait pas la France dans une situation similaire à celle du Venezuela.
L’économie d’une des plus grandes puissances de la planète, une puissance impérialiste pillant de nombreux pays, n’a pas grand chose à voir avec l’économie d’un pays rentier dépendant du cours du pétrole. Les errements de la France Insoumise sur le Venezuela doivent néanmoins toutefois être analysées. Le projet de la « Révolution bolivarienne » comme celui de la France Insoumise restent ceux d’une transition graduelle du capitalisme vers une société plus solidaire mais qui reste un projet illusoire.
Il est évident que les élites économiques n’accepteront jamais de renoncer progres- sivement à leurs richesses. La stratégie de conciliation avec le patronat du gouvernement Maduro à travers le Conseil National de l’Économie Productive était vouée à l’échec. Désor- mais pris au piège, l’État vénézuélien réprime aussi bien les opposants bourgeois que les militants syndicaux et indigènes. La France Insoumise préfère se solidariser avec le gouvernement qu’avec les classes populaires.
A l’instar de nos camarades de La Izquierda Diario –Venezuela, nous dénonçons autant la dérive autoritaire de Nicolás Maduro que la droite putschiste vénézuélienne et les menaces d’intervention militaire des Etats-Unis, parce que nous défendons l’intérêt des classes popu- laires face à tous leurs ennemis, dont les éditocrates hexagonaux qui utilisent la souffrance du peuple vénézuélien pour disqualifier tout projet de société qui s’inscrirait en faux par rapport au modèle dominant préconisé par leurs maîtres.
Romain Lamel vendredi 25 août
Depuis des semaines, l’administration de Donald Trump cherche à suspendre des dizaines de régulations concernant la protection de l’environnement. Une attitude qui alarme profondément la communauté scientifique américaine.
Les conclusions d’un rapport gouvernemental américain sur le climat, dévoilé mardi par le New York Times, annonçait que les Etats-Unis ressentiraient déjà les conséquences du réchauffe- ment climatique, s’inquiétant de la hausse des températures.
Cet embarrassant rapport a encore davantage mis en lumière l’opposition entre l’administration et la communauté scientifique américaine. Scott Pruitt, climato-sceptique reconnu, à la tête de l’Agence gouvernementale de protection de l’environnement (EPA), a déjà déclaré qu’il y avait un « énorme désaccord » concernant l’impact des hommes sur le réchauffement climatique.
Pendant sa campagne, Donald Trump avait promis de supprimer l’EPA et de sortir de l’accord de Paris. Six mois après son arrivée à la la Maison-Blanche, s’il n’a pas encore supprimé la première, il s’est déjà désengagé du second : « Nous avons travaillé extrêmement dur pour parvenir à faire entrer les Etats-Unis dans cet accord », raconte au JDD Thomas Burke. Aujourd’hui professeur à la John Hopkins University, dans le Maryland, il était conseiller scientifique puis de l’EPA et administrateur adjoint pour la recherche et le développement de 2015 à 2017. « C’est désastreux de réaliser l’impact que ces décisions vont avoir. »
Le public américain aurait dû découvrir ce rapport bien plus tôt. Bien que disponible depuis janvier sur le site Internet Archive, il a fallu que le New York Times le publie pour qu’il soit médiatisé. Car depuis janvier, il attend l’accord officiel de l’administration. Problème : pour que cette dernière puisse l’approuver, plusieurs personnes manquent à l’appel. En six mois d’exercice, des postes scientifiques-clé, comme celui du conseiller scientifique présidentiel, n’ont pas encore été pourvues.
Un vide scientifique à la Maison Blanche qui se fait l’écho de l’absence de politique écologique de Donald Trump. « L’une des décisions qui aura le plus de conséquences est la totale ignorance de la communauté scientifique lors des prises de décision de cette adminis- tration, déplore Thomas Burke. Et la plus horrible des insultes envers quelqu’un, c’est de l’ignorer. »
En six mois de présidence, cette dernière a indigné la communauté scientifique en tentant de supprimer 47 régulations, souvent passées sous Obama. Une suppression de mesures que Donald Trump considère comme le “plus grand accomplissement” de ses 100 jours à la Maison-Blanche, juste après la confirmation du juge Neil Gorsuch à la Cour Suprême.
« L’administration est en train de renvoyer les Etats-Unis des dizaines d’années en arrière, raconte au JDD Emily Hammond, professeure de droit à la Georgetown University et spécialiste des questions environnementales. Non seulement en matière de changement climatique, mais aussi pour la préservation de l’eau potable, de l’air, des animaux et même de nos terres. Dans chaque partie de la loi environnementale, l’administration Trump travaille pour nuire à l’environnement. »
Trump a ainsi tenté de supprimer, par décret, l’une des principales réformes du mandat Obama en matière d’environnement, appelé le Clean Power Plan. Cette plate- forme, avait pour but de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans l’industrie des énergies fossiles. Une initiative vivement critiquée par Scott Pruitt et qui, sur signature du président américain, a été remplacée par « le décret d’indépendance énergétique ». Ce dernier valorise les industries du pétrole, du gaz et du charbon au détriment des énergies renouve- lables. « C’est un vrai retour en arrière, poursuit Thomas Burke. Un changement contre la santé publique, si dramatique qu’il nous est désormais impossible de prétendre être leaders en matière scientifique. »
Cette semaine encore, l’EPA a modifié par une nouvelle régulation une loi passé au Congrès l’année dernière, concernant la limitation des produits chimiques. Grande victoire pour l’industrie chimique, elle permettra aux entreprises d’utiliser 600 nouveaux produits dont la dangerosité n’a pas encore été testée par l’agence gouvernementale. « Je suis très préoccupé par le changement d’attitude concernant les prises de décisions scientifiques, raconte Thomas Burke. Les décisions de l’EPA s’orientent vers la dominance énergétique et la suppression des régulations. C’est contraire à sa mission fondamentale, qui est celle d’être au service de la santé publique. »
Comment expliquer que l’EPA se voit autant détournée de sa mission ? La faute sans doute à Scott Pruitt lui-même. Quand il était encore procureur général de l’Oklahoma, Scott Pruitt avait l’habitude d’attaquer en justice les régulations fédérales de l’agence. La majorité de ces procès ont été intentés pour favoriser des entreprises d’énergie fossile, avec laquelle il était très régulièrement en contact. Nommé par Donald Trump à la tête de l’EPA, Pruitt semble aujour- d’hui toujours aussi déterminé à libérer l’industrie des régulations.
Il a suggéré devant le Congrès, de débattre sur, selon ses mots « cette pseudo-science » qu’est le changement climatique. Car selon lui, le changement climatique n’est pas un fait scientifique avéré, mais un problème partisan. Les scientifiques qui confirment son existence sont donc forcément militants, probablement démocrates. « Cette politisation du discours scientifique est extrêmement préoccupante, reconnaît Thomas Burke. Mais au-delà de l’administration Trump, la racine de nos problèmes est bien plus ancienne. Rien de ce genre n’arrive aussi facilement en six mois. Depuis qu’Al Gore, vice-président sous Bill Clinton (de 1993 à 2001, NDLR) s’est emparé de la cause du changement climatique, il lui a offert une exposition sans précédent. Mais il en a aussi fait un problème partisan, et l’administration Trump amène désormais cette logique à son extrême. »
A l’heure actuelle, Pruitt a essayé de suspendre 14 régulations dans différents champs d’action. « Supprimer des régulations des présidents précédents est commun lors de l’arrivée d’un nouveau venu dans le bureau ovale, explique au JDD Stuart Shapiro, analyste à la Maison-Blanche pendant les mandats de George Bush et Bill Clinton. Trump fait face aux mêmes obstacles que l’administration Bush et Reagan en leur temps, ça ne sera pas chose facile pour lui. Mais je pense que son but est de parvenir à supprimer le plus de régulations possibles, beaucoup plus que ses prédécesseurs. »
Supprimer une régulation est certes un procédé lent et complexe, mais pour cer- taines, Donald Trump a décidé de le contourner. Pour ce faire, il utilise un procédé légis- latif exceptionnel. Grâce à l’Acte de Révision du Congrès, le parti républicain a par exemple pu neutraliser une régulation qui limitait le rejet de déchets des usines de charbons dans les cours d’eau.
L’administration Trump a aussi voulu réduire le budget de la recherche. En mars, Mick Mulvaney, à la tête du bureau du Management et du Budget, avait été très clair à propos de l’attitude de l’administration concernant l’environnement : « Nous ne dépensons plus pour ça. Nous considérons que c’est une perte d’argent. » Au total, les coupes proposées réduisait de 5,6 milliards le financement de l’EPA, soit son budget le plus faible depuis 40 ans. Une propo- sition tellement drastique que même le Congrès, pourtant à majorité républicaine, a refusé de le signer.
Plus de 3 200 postes au sein de l’agence gouvernementale devaient à l’origine être supprimés. Si le vote du Congrès a amoindri ce chiffre, l’EPA a tout de même perdu du personnel depuis le début du mandat Trump : l’une des premières décisions présidentielles a été un décret gelant les embauches dans les différentes agences gouvernementales. 350 postes sont toujours vacants à l’EPA, dont plus de 100 postes scientifiques.
Alexandra Saviana 12 août 2017

Le décès de Chávez en 2013 et la chute des prix du pétrole peu de temps après ont corres- pondu à l’effondrement de deux piliers fondamentaux du processus bolivarien, qui entra alors dans une crise profonde.
La crise structurelle due à l’épuisement du modèle pétrolier rentier qui s’était imposé depuis le début des années 1980 et qui avait semblé s’effacer au cours de la première décennie de ce siècle, surgit à nouveau avec une vigueur renouvelée. Maduro, qui ne jouit pas des capacités de leader de Chávez, gagne les élections présidentielles de 2013 avec une différence de moins de 2% des voix.
En 2015, l’opposition remporte les législatives par une très large majorité, et obtient ainsi les 2/3 des sièges, majorité « qualifiée » permettant de nommer les membres du Tribunal Suprême de Justice (TSJ) et du Conseil National Électoral (CNE). Le gouvernement de Maduro reconnait rapidement qu’il a perdu la majorité de l’appui populaire mais constate également qu’il ne peut pas se maintenir au pouvoir s’il respecte les limites imposées par la Constitution.
Il commence alors à prendre une série de décisions qui, de fait, l’éloignent peu à peu du cadre de la Constitution Bolivarienne: le référendum révocatoire, qui avait été consi- déré comme une des plus importantes conquêtes de la démocratie participative, n’a pas lieu; les élections de gouverneurs, qui auraient dû se tenir en décembre 2016, sont reportées; les membres du TSJ et du CNE sont nommés de manière non conforme à la Constitution ; enfin, ignorant pour la première fois les résultats d’une élection populaire, le gouvernement dépos- sède l’Assemblée Nationale de ses attributions constitutionnelles qu’il répartit entre le pouvoir exécutif et le TSJ.
À partir de février 2016, le président Maduro gouverne en s’appuyant sur les pou- voirs qu’il s’auto-attribue, en lien avec l’état d’urgence, sans attendre l’aval de l’Assemblée Nationale, pourtant nécessaire constitutionnellement et pour une période nettement supérieure au maximum permis par la Constitution.
C’est dans ces conditions que se déroule d’avril à juillet une forte offensive contre le gouvernement, de la part de l’opposition qui réalise conjointement des mobilisations pacifiques massives dans les villes principales du pays, des activités violentes, la destruction d’installations publiques d’éducation, de santé et de transport, ainsi que des actes terroristes et des opérations menées pas des groupes paramilitaires qui bénéficient d’un appui extérieur. Le gouvernement répond par une répression indiscriminée, complétée par les actions de collectifs civils armés qui attaquent violemment les mobilisations de l’opposition. Il en résulte une escalade de violence qui se solde par plus de 120 morts, des centaines de blessés et de détenus dont beaucoup sont directement jugés par des tribunaux militaires.
Voilà le contexte dans lequel le président Maduro annonce le 1er mai la convocation d’une Assemblée Nationale Constituante (ANC). Une ANC, c’est en principe un acte démocratique, le début d’un processus participatif au cours duquel les secteurs les plus larges et les plus divers de la société peuvent délibérer, négocier, s’accorder sur des critères et des normes de base permettant d’avancer vers le modèle de société souhaité. C’est ainsi que s’était déroulée la Constituante convoquée au moyen d’un référendum national, pendant les premiers mois du gouvernement de Chávez, en 1999. Cette belle expérience n’a rien de commun avec la convocation réalisée par le président Maduro.
Certes, la Constitution n’est pas complètement explicite sur ce sujet mais elle établit une nette différence entre “prendre l’initiative” de la convocation, ce que peut faire le président, et “convoquer”, ce qui est une attribution exclusive du peuple souverain (article 347). Cela implique qu’il aurait fallu réaliser un référendum consultatif pour décider de la convocation, comme cela s’est fait en 1999.
Il est évident que cela ne s’est pas passé ainsi en 2017 parce que le gouvernement ne bénéficiait pas de l’appui électoral nécessaire pour remporter cette consultation. Un autre problème résulte du découpage électoral absolument arbitraire et anti-démocratique, élaboré pour convertir la minorité actuelle de soutien au gouvernement en majorité écrasante à l’ANC.
Les formes sous lesquelles avaient été réalisées les élections antérieures ont été modifiées : un double régime de représentation, territorial et sectoriel a été créé. Au sein du découpage territorial, les municipalités rurales, moins peuplées, ont bénéficié d’une extraor- dinaire sur-représentation, en comparaison avec les municipalités urbaines qui concentrent la majeure partie de la population et où le rejet du gouvernement est plus important. Le principe constitutionnel de la représentation proportionnelle a donc été violé expressément et intentionnellement.
La définition de la participation sectorielle a aussi posé problème. Il avait en effet été décidé que des constituants seraient élus pour représenter chacun des sept secteurs de la population. Environ cinq millions de citoyens ont été exclus de ce droit de vote par secteur, ce qui a créé une différence entre les citoyens de première catégorie dotés du droit de voter deux fois et les citoyens de deuxième catégorie qui n’avaient droit qu’à un seul vote.
Selon la Constitution, le vote n’est pas obligatoire. Pourtant des porte-paroles du gouvernement, en commençant par le président lui-même, ont lancé des menaces sur les graves risques courus par ceux qui ne participeraient pas au vote. Des listes d’employés publics, de travailleurs des entreprises d’État et de bénéficiaires des programmes sociaux ont été utilisées pour les prévenir qu’ils perdraient leur emploi et leurs avantages s’ils ne votaient pas. Maintenant que les élections sont passées, on assiste à une multiplication de plaintes contre l’application effective de ces sanctions.
À l’occasion de ces élections, le CNE a abandonné les principaux mécanismes de contrôle qui avaient fait du système électoral vénézuélien un modèle de transparence et de fiabilité. Les différentes auditions exigées par les normes électorales n’ont pas toutes été réalisées. L’encre indélébile destinée à garantir que chaque électeur ne vote qu’une fois n’a pas été utilisée. Le papier des registres électoraux a de fait été éliminé. Ces registres étaient tenus avec la participation des différents groupes politiques pour confirmer leur exactitude. Quand le CNE a décidé au dernier moment que les électeurs pourraient voter dans n’importe que centre électoral, y compris en dehors de leur municipalité, c’en était terminé de cet instrument vital de contrôle et de transparence du processus électoral !
En conséquence de la convocation inconstitutionnelle de l’ANC et des délais très serrés établis pour le dépôt des candidatures, seuls ont participé en tant que candidats, électeurs et asses-seurs, les partisans du gouvernement. Tout cela a pratiquement transformé les élections du 30 juillet en des élections internes au PSUV sans témoins extérieurs.
De fait, les médias n’ont pas pu couvrir la journée électorale car les journalistes ne pouvaient pas s’approcher à moins de 500 m des centres de vote, ce qui a fait de ces élections un processus absolument pas public. Le président de Smartmatic, l’entreprise qui a fourni la base technologique de tous les processus électoraux entièrement automatisés réalisés depuis 2004, a déclaré qu’il ne pouvait pas garantir la véracité des résultats présentés par le CNE, car ceux-ci avaient été manipulés et que le nombre total d’électeurs avait eté augmenté d’au moins un million.
Il n’y a aucune raison de faire confiance aux résultats annoncés par le CNE. Celui-ci a déclaré une participation de 8 089 320 électeurs, chiffre hautement suspect, pour ne pas dire plus. Ce chiffre ne correspond pas du tout à ce qu’indiquaient, sans aucune exception, les principales enquêtes d’opinion qui s’étaient déroulées dans le pays avant les élections et qui prévoyaient des niveaux de participation très inférieurs ; il n’est pas non plus cohérent avec les sondages de sortie de bureau de vote.
Ces résultats ont provoqué un profond malaise parmi des secteurs de base du chavisme et certains de ses alliés au sein du Pôle Patriotique. Il est clair que les candi-datures ont été déterminées de manière à assurer que le nouveau pouvoir constituant soit une fidèle expression du pouvoir constitué, en garantissant l’élection de tous les hauts dirigeants du PSUV, ainsi que de tous les ministres et gouverneurs qui ont renoncé à leurs charges pour se présenter à ces élections.
Les graves problèmes affrontés aujourd’hui par le pays ne sont pas d’ordre juridico-normatif. Ce n’est pas au moyen de modifications constitutionnelles que se résoudront la sévère crise humanitaire au niveau de l’alimentation et de la santé, la profonde récession, la détérioration de l’appareil productif ou l’existence d’une dette externe qu’il est impossible de payer. On peut encore moins espérer qu’une Constituante qui, au bas mot, n’a pas obtenu le soutien de 58,47% de l’électorat, puisse servir d’instrument de dialogue et de paix.
Lors de ces élections, il s’est produit un démantèlement du système électoral que de grands efforts avaient permis de construire depuis 2004. Dans un pays si polarisé, qui souffre d’une telle violence, ce démantèlement est grave. Il nous prive d’un pilier nécessaire à la possibilité d’une cohabitation démocratique. Nous n’avons plus d’arbitre de confiance. Il ne s’agit plus de savoir si des élections se réaliseront ou pas, il faut aussi s’interroger sur le but des processus électoraux si le supposé arbitre neutre, de toute évidence, a cessé de l’être. Que se passera-t-il dans le pays si cela mène à la clôture totale de toute option électorale? Cela signifiera-t-il que s‘installeront la violence, le terrorisme paramilitaire et la répression d’État comme seules manières de gérer nos inévitables différences?
À partir du vendredi 4 aout, au moment où s’installe la nouvelle Assemblée Consti-tuante, le pays entre dans une période de grande incertitude. Les porte-paroles du gouvernement ont annoncé que cette assemblée est plénipotentiaire et supra-constitutionnelle et qu’elle pourra, par exemple, intervenir directement au niveau du Procureur General de la République et remplacer l’Assemblée Nationale actuelle, dont la validité est prévue jusqu’en janvier 2021. Que, prochainement, on consulte ou non la population sur la nouvelle Constitution qui sera élaborée, il est clair que le gouvernement en est venu à désavouer, par voie de faits, la Constitution de 1999.
Edgardo Lander, sociologue vénézuélien, membre de la Plateforme Citoyenne de Défense de la Constitution du Venezuela. Il a été un des principaux organisateurs du Forum Social Mondial de 2006 à Caracas.
Source : https://brecha.com.uy/
Edgardo Lander Traduction Cathy Ferré – 04/08/2017
Commentaire: Oser exposer ces idées ne veut pas dire aux USA: « Bienvenue et venez remettre de l’ordre »! Aux révolutionnaires vénézuéliens de définir eux-mêmes leur propre politique face aux USA et à la clique Maduro!
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Le numéro un du Parlement catalan, Carles Puigdemont, a récemment annoncé une nouvelle consultation, par référendum, de la population vivant en Catalogne, concernant l’indépendance de cette région. Il y a trois ans, un référendum consultatif avait mobilisé un tiers des six millions d’électeurs que compte la Catalogne. Il avait été considéré comme illégal par le gouvernement central de Madrid qui avait réagi par des menaces et différentes mesures de sanctions administratives et judiciaires. Cela n’a pas empêché aujourd’hui les politiciens indépendantistes de défier de nouveau le pouvoir central.
Que veulent réellement les dirigeants catalanistes ? S’en prendre à ceux qui exploitent les travailleurs, ouvriers ou paysans vivant en Catalogne ? Quand ils s’adressent aux opprimés ce n’est que pour obtenir leurs suffrages. Et ils en recueillent un certain nombre, ne serait-ce que parce que la situation des classes populaires se dégrade, en Catalogne comme dans le reste de l’Espagne. Les politiciens catalanistes accusent les dirigeants de l’État central de favoriser les autres régions. Ils revendiquent de ne plus rien devoir payer à Madrid pour pouvoir gérer la Catalogne comme un pays indépendant. Comme si la Catalogne d’aujourd’hui était le pays martyr, victime du pouvoir central ! Mais demain dans une Catalogne indépendante, qui peut croire que les banquiers catalans et autres, les industriels, les riches, vont se mettre à défendre les intérêts des classes populaires de Catalogne ?
Les dirigeants du mouvement nationaliste catalan visent en réalité à défendre les intérêts des possédants de cette région. Ils veulent entraîner derrière eux l’ensemble de la population, y compris les classes populaires. Ce n’est pas la première fois qu’en Catalogne comme dans bien d’autres pays du monde le régionalisme ou encore le nationalisme sont utilisés comme une arme au service des bourgeois et des possédants.
Cela a déjà existé en Espagne. La Catalogne fut l’une des régions qui connut le développement rapide et puissant d’une classe ouvrière constituée de travailleurs venus de diverses régions où la misère régnait dans les campagnes. Et, à cette période, les militants socialistes et anarchistes combattaient le nationalisme. À Barcelone, ils imposèrent par exemple que les tracts ouvriers soient toujours publiés en espagnol pour ne pas écarter les « émigrés » d’alors qu’étaient les travailleurs des autres régions.
Plusieurs années plus tard, dans la période qui suivit la victoire de Franco, l’idée qu’il ne fallait pas se diviser au sein du mouvement ouvrier était partagée par de nombreux militants. Pour eux, l’idée que le monde du travail se défendrait en reprenant les drapeaux des régionalistes contribuait à diviser les exploités. C’est bien ce qui se produit aujourd’hui, alors qu’au contraire, de l’Andalousie à la Catalogne, au Pays basque ou ailleurs, les travailleurs ont les mêmes intérêts.
Entretien avec Angela Davis dans le cadre des « Après-midi de France Culture ». En mai 1975, Jean Montalbetti recevait Angela Davis, de passage à Paris. Elle avait été emprisonnée quelques années plus tôt, puis acquittée suite notamment à d’immenses manifestations de soutien en sa faveur. La militante féministe et communiste pour les droits civiques des Noirs et des autres minorités opprimées en Amérique (les Indiens, les Hispaniques) revenait sur ses combats et leur actualité. Elle évoquait (dans un français parfait) le mouvement pour libérer les Noirs opprimés et d’autres minorités, un mouvement parfois plus défensif que combatif en raison des attaques répétées du gouvernement américain. A propos de son communisme elle expliquait : Je crois que de plus en plus les Noirs voient le racisme et toute l’oppression dirigée contre les Noirs comme une partie d’un système plus grand, comme une partie du capitalisme et alors il est nécessaire pour détruite les racines du racisme de renverser tout le système. Il y a beaucoup de Noirs qui, maintenant, se considèrent comme marxistes.