Archive | Antiimpérialisme

08 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Centrafrique: le fiasco de la france

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Sans surprise et dans un consensus politique, l’Assemblée nationale vient de donner son aval à la continuité de l’opération Sangaris en Centrafrique.

Mais dans le même temps, les critiques de cette opération se font de plus en plus entendre. Dès le début, l’intervention française ciblait uniquement les milices de la Seleka venant du nord du pays qui ont porté au pouvoir Michel Djotodia.

Ces milices se sont rendues coupables d’exactions contre les populations en épargnant généralement les communautés musulmanes. En neutralisant les milices de la Seleka, les troupes françaises ont laissé en matière de sécurité un vide pour les populations musulmanes qui se sont fait massacrer par les milices anti-Balaka, largement encadrées par les partisans de l’ancien dictateur François Bozizé.

Pendant de longues semaines les soldats français ont continué cette opération en laissant agir les anti-Balaka qui ouvertement travaillaient à leur objectif : « nettoyer » le pays des musulmans. Ainsi l’armée française, même si ce n’était pas son intention première, a été d’une aide décisive dans le nettoyage ethnique qu’opèrent les milices anti-Balaka. Les convois de civils musulmans qui se dirigent vers le nord du pays sont sans cesse attaqués par ces miliciens dont la plupart sont des jeunes désœuvrés. En soutenant ces milices, Bozizé tente de son côté de reprendre le pouvoir.

Le remède pire que le mal… La situation politique se complique considérablement. Les anti-Balaka sont divisés. Une aile se déclare prête à travailler avec le gouvernement de Catherine Samba-Panza, tandis que l’autre partie dénie toute légitimité à ce pouvoir. Cette division peut amener à des conflits entre anti-Balaka eux-mêmes sur des bases ethniques.

Déjà on recense des méfaits de ces miliciens contre les populations chrétiennes. Et le fait que la France se donne désormais comme objectif le désarmement de ces milices va contribuer à l’hostilité grandissante d’une partie de la population. Régulièrement les soldats de Sangaris essuient des tirs de miliciens anti-Balaka.
Dans le nord du pays où les musulmans se sont réfugiés, les risques sont grands de voir les populations chrétiennes de cette région être victimes de la vengeance des miliciens de la Seleka. La question de la gestion de cette région se pose. En effet, si la partition institutionnelle du pays a été écartée, sa sécurisation et son contrôle restent problématiques.

La diplomatie française mise sur le dictateur tchadien Déby pour éviter que cette zone soit une zone de non-droit propice à un refuge de toutes les milices qui sévissent dans la région : celles du Darfour mais aussi la secte ougandaise de la LRA (acronyme anglais de l’Armée de Résistance du Seigneur), les zaraguinas bandits de grand chemin, et bien sûr les djihadistes. Le rôle d’Idriss Déby se retrouve ainsi renforcé et va bénéficier de la mansuétude de la France et des autres puissances occidentales.
De nouveau, la théorie d’un soutien aux dictatures pour assurer la stabilité dans la région est défendue, alors que ce remède est pire que le mal. La légitimation de ces dictatures ne fait que nourrir des conflits armés qui dégénèrent le plus souvent en guerres ethniques. La politique africaine de la France reste constante et continue à faire des ravages dont les principales victimes restent les populations.
Paul Martial Hebdo L’Anticapitaliste – 232 (06/03/2014)

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04 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Pas de guerre avec l’ukraine! (avanti.be)

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Déclaration du Mouvement socialiste de Russie

La guerre a commencé.

Dans le but de protéger et d’accroître les intérêts des oligarques en Russie et de la coterie de Ianoukovitch, les dirigeants de la Russie ont entrepris une invasion de l’Ukraine.

Cette agression pourrait avoir des conséquences catastrophiques pour les peuples ukrainien et russe, et surtout pour la population de la République autonome de Crimée et des régions industrielles du sud-est de l’Ukraine.

Pour l’Ukraine, cela signifie aussi une escalade des conflits ethniques ; pour la Russie, c’est une consolidation du pouvoir dictatorial, la répression et l’hystérie chauvine avec laquelle l’élite dirigeante sera en mesure de neutraliser la colère des masses dans un contexte d’appro-fondissement de la crise économique. Nous partageons aussi l’inquiétude des habitants du sud-est ukrainien sur les tendances nationalistes des nouvelles autorités à Kiev.

Cependant, notre ferme conviction est que la liberté sera obtenue non pas par les chars de Poutine, mais par l’auto-organisation et la propre lutte du peuple pour ses droits civils, politiques et socio-économiques.

Il va sans dire que les peuples de l’Ukraine ont le droit à l’autodétermination, à l’au- tonomie et à l’indépendance. Mais ce que nous voyons aujourd’hui n’a rien à voir avec la volonté démocratique des masses. Il s’agit d’un acte brutal et cynique de l’impérialisme russe visant à annexer un territoire étranger et à transformer l’Ukraine en un protectorat de la Russie.

Aujourd’hui, la lutte pour la liberté en Russie est une lutte contre l’aventurisme de la politique étrangère du régime actuel qui n’utilise les conflits que pour prévenir sa propre fin. Le RSD appelle toutes les forces sincères de gauche et démocratiques à organiser des manifestations anti-guerre. Nos exigences :

  • NON à la guerre russo-ukrainienne ! NON aux provocations et aux effusions de sang en Ukraine !
  • NON à la mise en opposition des peuples de Russie et d’Ukraine !
  • AUCUNE intervention des armées de Russie ou d’autres pays dans les affaires de Crimée !
  • LIBERTE de choix pour les actes pacifiques d’autodétermination pour les habitants de la péninsule de Crimée !
  • OUI à la lutte des travailleurs contre les oligarques
  • OUI à la lutte des travailleurs ukrainiens contre les oligarques et les fonctionnaires corrompus. NON aux conflits ethniques !

Le 1er Mars 2014.
Mouvement socialiste de Russie (RSD)

Le Mouvement socialiste de Russie est la section russe de la IVe Internationale, anciennement section du Comité pour une Internationale Ouvrière.

Source :
http://www.internationalviewpoint.org/spip.php?article3296
Traduction française pour Avanti4.be : G. Cluseret

http://www.avanti4.be/actualite/article/pas-de-guerre-avec-l-ukraine-declaration-du

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03 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Venezuela, crise économique et pressions de l’opposition de droite (ccr)

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Les classes populaires face à la multiplication des dangers

Depuis plusieurs semaines, le Venezuela est agité par des manifestations massives contre le gouvernement de Nicolás Maduro. Le bilan pour l’heure, est de dix-huit morts, des blessés par dizaines et des centaines d’arrestations dans les rangs de l’opposition. Mais la situation est beaucoup plus complexe que ne le présente les médias internationaux : volonté putschiste d’une droite radicalisée, immixtion de l’impérialisme étasunien ; face à ces deux éléments, on a aussi un gouvernement «de gauche» répressif qui recherche le soutien du patronat. Les écueils sont multiples pour le monde du travail, la jeunesse et les classes populaires du Venezuela.

Depuis le 2 février, une partie de l’opposition manifeste avec des cortèges d’étudiants contre le gouvernement de Nicolás Maduro. Les premières protestations n’ont regroupé que quelques dizaines d’activistes qui se sont radicalisés, essentiellement à Caracas et dans les villes proches de la frontière colombienne. Le 12 février, le phénomène devient national et fait la une des médias internationaux à la suite de la mort d’un étudiant d’opposition, Basil da Costa, mais également d’un militant chaviste, Juan Montoya. Au fil des semaines, le bilan s’est alourdi, on compte aujourd’hui 14 morts.

Le gouvernement a d’emblée accusé l’opposition d’être à l’origine des violences pour promouvoir un coup d’Etat. Pourtant, le journal plutôt favorable au gouvernement, Últimas Noticias, a révélé que c’était des fonctionnaires du SEBIN, le service d’intelligence de l’Etat qui étaient à l’origine des premiers tirs mortels. Plusieurs de ces agents ont d’ailleurs été arrêtés depuis. Mais la question fondamentale est savoir comment des manifestations orchestrées par la droite ont pu grossir à tel point, s’étendre à l’ensemble du pays et recruter au-delà du bassin traditionnel de l’opposition anti-chaviste la plus dure.

Une opposition réactionnaire

Certaines revendications défendues dans ces mobilisations sont légitimes : l’inflation a atteint plus de 56 % durant la seule année 2013, grevant ainsi le pouvoir d’achat des travailleurs vénézuéliens. La monnaie nationale a été dévaluée de 46,5 % en février 2013 et l’ajustement de celle-ci à l’égard des taux de change internationaux conduit à une dépréciation encore plus élevée. Les pénuries atteignent en janvier 2014 un indice de 28 % (26,2 % pour le seul secteur alimentaire). Outre la situation économique, le niveau d’insécurité qui a toujours été important au Venezuela, déjà avant la première victoire de Chávez en 1998, suscite une inquiétude et un mécontentement qui déborde largement les classes moyennes urbaines.

Ceux qui se sont hissés à la tête de ces mobilisations sont néanmoins des ennemis mortels des classes populaires vénézuéliennes. Le motif initial de la mobilisation, « sortir » le gouvernement Maduro, dénote d’une franche volonté putschiste. Les leaders politiques que l’ont retrouve à la tête des mobilisations sont issus de la droite vénézuélienne la plus dure. Leopoldo López, ancien maire d’un des arrondissements les plus aisés de Caracas, dirigeant du parti de droite Voluntad Popular, est aujourd’hui incarcéré, accusé par le gouvernement d’être l’instigateur des violences. Son acolyte, la députée María Corina Machado, est la porte-parole de l’ONG Sumate dont le financement par des officines du gouvernement étasunien est avéré. Le caractère séditieux de ce groupe peut être mesurée à l’aune du comportement du général à la retraite Ángel Vivas, menacé d’être interpellé qui déclare aux journalistes présents à son domicile, fusil à la main, qu’il se défendra contre les forces de l’ordre et appelle les manifestants à se maintenir près de chez lui pour empêcher son arrestation.

Cette volonté putschiste affichée n’est le fait que d’un secteur de l’opposition. La Mesa de Unidad Democrática (MUD, Table ronde de l’Unité Démocratique, coalition rassemblant la plupart des partis d’opposition) n’est pas à l’origine de ces rassemblements. Le candidat de la MUD aux élections présidentielles contre Hugo Chávez en octobre 2012 et Nicolás Maduro en avril 2013, Henrique Capriles Radonski, appelle à ne pas manifester et préfère attendre les prochaines échéances électorales pour espérer l’emporter légalement en profitant de l’impopularité de la politique économique du gouvernement.

Ce secteur, légaliste par opportunisme politique, n’en est pas moins putschiste « par essence ». En avril 2002, l’ensemble de l’opposition avait tenté de réaliser un coup d’Etat contre Hugo Chávez avec le soutien des Etats-Unis et des grands médias de communication. Le président de Fedecámaras, la principale organisation du patronat vénézuélien était même devenu durant 48 heures chef de l’Etat en poussant Hugo Chávez à l’exil avant que celui-ci ne soit rappelé par les classes populaires et des secteurs de l’armée. Henrique Capriles Radonski avait alors activement participé au coup de force et était parti à l’assaut de l’ambassade de Cuba. Aujourd’hui encore, Henrique Capriles Radonski demande la libération d’un ex-commissaire, Iván Simonovis, au rôle protagonique lors de ce coup d’Etat avorté.

Un gouvernement conciliant avec le patronat

Si l’opposition est résolument pro-patronale et pro-impérialiste, le gouvernement est responsable de la situation économique et politique catastrophique que connaît le Venezuela. Lorsqu’à l’automne dernier, les travailleurs de SIDOR, une entreprise sidérurgique publique, ont été en grève durant trois semaines pour le simple paiement de primes promises dans leur convention collective, le gouvernement a refusé de satisfaire leurs revendications, les a accusés de retarder les programmes sociaux en bloquant la production, a menacé de « militariser » le conflit et a accusé les travailleurs d’être manipulés, pêle-mêle, par des anarcho-syndicalistes, la droite vénézuélienne ou des diplomates étasuniens.

Plus récemment, ces dernières semaines, en pleine vague de manifestations de l’opposition, au lieu de mobiliser sa base sociale, le gouvernement a arrêté durant 48 heures une dizaine de militants syndicaux du secteur pétrolier qui protestaient contre le non-renouvellement des conventions collectives. Il y a deux semaines, en pleine polémique autour de la répression des manifestations étudiantes, l’UNT, la centrale syndicale chaviste critique, a été délogée des locaux qu’elle occupait depuis plus de dix ans. Ces épisodes de répression n’ont pas eu droit aux couvertures médiatiques dont Leopoldo López a bénéficié. Quelle que soit la latitude, un ouvrier est, aux yeux des grands médias, bien moins télégénique qu’un politicien réactionnaire. Plus généralement, on estime autour de 200 le nombre de dirigeants syndicaux poursuivis, d’une façon ou d’une autre, pour des faits liés à des mouvements sociaux.

Les solutions proposées par le gouvernement de Nicolás Maduro sont l’exact opposé de ce qui pourrait relancer un processus politique d’émancipation dans l’impasse. Le président vénézuélien a lancé une Conférence Nationale de Paix à laquelle il a invité le secrétaire général de la MUD et Henrique Capriles Radonski. Tous deux ont décliné la proposition pour ne pas apparaître trop indulgent avec le gouvernement aux yeux de leur électorat. Pourtant on pouvait remarquer parmi les personnes présentes à cette initiative le président de Fedecámaras, le PDG du conglomérat agro-alimentaire, Empresas Polar, ou encore les dirigeants de deux chaînes de télévision privées.

Ces secteurs économiques puissants demeurent les réels maîtres du Venezuela. Entre 1998, date d’accession au pouvoir d’Hugo Chávez et 2008, la part du secteur public dans le PIB a diminué de 34,8 à 29,1 % en contradiction totale avec les objectifs déclarés du gouvernement bolivarien [1]. Fedecámaras, autrefois putschiste, préfère aujourd’hui échanger sa prétention à gouverner contre celle de réaliser des profits toujours plus énormes. Le gouvernement a accordé en mai dernier à l’entreprise Polar des exemptions de TVA contre la promesse d’approvisionnement. Les promesses n’engagent bien évidemment que ceux qui y croient. La présence de deux dirigeants de chaînes de télévision pourrait étonner. Ces deux canaux avaient participé activement au coup d’Etat d’avril 2002, appelant aux mobilisations de l’opposition, truquant les images pour susciter un climat favorable aux putschistes, imposant un black-out d’informations durant les manœuvres politiques pour écarter Hugo Chávez. En juin 2004, le président du conglomérat médiatique dont les deux chaînes font partie, un des plus puissants d’Amérique latine, Gustavo Cisneros, et Hugo Chávez avait scellé un pacte de non-agression. On est passés, avec Maduro, à un niveau ultérieur de la conciliation de classe au nom du « Socialisme du XXIème siècle ».

Cette institutionnalisation du gouvernement chaviste mène le Venezuela dans une situation différente de celle d’avril 2002. Nicolás Maduro dispose du soutien fidèle de l’armée, d’un contrôle complet de l’entreprise pétrolière publique, PDVSA, qui gratifie l’Etat d’une juteuse rente pétrolière. Il est toutefois peu probable qu’une fraction substantielle de la population soit prête à risquer sa vie, cette fois-ci, pour défendre le gouvernement. Ce dernier compense sa perte de popularité par son poids dans les institutions tandis-qu’une partie de l’opposition maintient ses objectifs putschistes sans avoir les moyens de sa politique, ce qui ne veut pas dire que le flot des manifestants qu’elle mobilise ne se tarisse.

Une voie étroite qui doit être indépendante de la droite revancharde et d’un gouvernement aux abois

Face à ces dangers, la voie pour les travailleurs est étroite. Si certaines des revendications des manifestants sont légitimes, la volonté putschiste de leurs représentants politiques est celle d’une droite assoiffée de revanche sociale contre le gouvernement chaviste qui, à ses yeux, a trop redis- tribué les richesses aux classes populaires. Le gouvernement de Nicolás Maduro est faible mais , sa stratégie hasardeuse ouvre la voie à un retour de la droite au pouvoir. Les Etats-Unis profitent eux aussi de ces événements pour critiquer, selon les mots de Barack Obama, les « violences inac- ceptables ». La politique gouvernementale est cependant le principal pourvoyeur de vocations pour cette opposition, par son inefficacité économique et par la répression exercée. En poursuivant sa politique conciliatrice à l’égard du patronat, le gouvernement se coupe d’une potentielle mobilisation des classes populaires. (…) Romain Lamel 28/02/14

[1] Victor Alvarez, Venezuela : hacia donde va el modelo productivo ?, CIM, 2009.

http://www.ccr4.org/Crise-economique-et-pressions-de-l-opposition-de-droite-les-classes-populaires-venezueliennes-face-a-la-multiplication-des-dangers

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02 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Venezuela: une lutte de classes

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Pendant ce temps, la « boli*-bourgeoisie » s’en met plein les poches…

Les médias diffusent chaque jour des images des manifestations étudiantes dirigées contre le gouvernement, manifestations qui se tiennent dans les quartiers riches des grandes villes du Venezuela. Les manifestations ouvrières, attaquées à coups de feu par les réactionnaires, qui se déroulent simultanément dans les quartiers pauvres des mêmes localités, sont beaucoup moins connues dans les pays impérialistes.

La violence qui s’exprime dans la rue s’inscrit dans une situation où les pénuries et l’insécurité désespèrent les classes moyennes, tandis que l’inflation galopante et la mise en danger des conquêtes sociales des dernières années mobilisent fortement les secteurs populaires.

La bourgeoisie à l’offensive Sous la pression de l’Église et des responsables politiques « démocratiques » de la droite vénézuélienne, le président Maduro préfère tenter de négocier une issue constitutionnelle en sacrifiant la classe ouvrière et la population pauvre. La bourgeoisie vénézuélienne partage l’objectif de renverser Maduro, de récupérer les revenus de la rente pétrolière et de liquider les acquis arrachés depuis quinze ans par le mouvement ouvrier et populaire. Dans ce cadre, les différences entre ses deux leaders, Henrique Capriles et Leopoldo López, sont d’ordre tactique.

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Capriles, le perdant de la dernière présidentielle, a pris ses distances avec les manifestations parce qu’il pense arriver au pouvoir par la voie électorale. Il représente la grande bourgeoisie vénézuélienne qui joue la carte d’une transition ordonnée, ne mettant pas en jeu les immenses profits qu’elle a retirés de ses accords avec le gouvernement. D’où sa proposition d’un « gouvernement d’unité nationale ».

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López, l’un des dirigeants du coup d’État failli de 2002, amnistié ensuite par Chávez mais rendu inéligible suite à des malversations sur des fonds publics, représente à la fois la petite et moyenne bourgeoisie, raciste et anti-ouvrière, et la droite étatsunienne qui brûle du désir de remettre la main sur les réserves pétrolières du pays. Selon une information qui n’a pas été démentie, l’ancien candidat républicain à la présidence US, John McCain, aurait préconisé une invasion du Venezuela afin de pouvoir contrôler les flux pétroliers dans l’intérêt supérieur de la nation.

À la croisée des chemins Une figure de l’opposition moins connue à l’étranger, celle du dirigeant étudiant Lorent Saleh, représente l’aile la plus radicale de la droite vénézuélienne. Saleh a taxé Capriles de « timoré et faible » après les critiques que ce dernier a adressées aux manifestations étudiantes. Selon une enquête du quotidien El Espectador, Saleh a participé l’an dernier au lancement en Colombie de l’Alliance nationaliste pour la liberté, une organisation aux liens néonazis qui opère à Bogota et dans d’autres villes de ce pays.

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La presse occidentale garde le silence face aux destructions par le feu de moyens de transport publics, à l’encerclement et aux tentatives de saccage de l’Université bolivarienne (ouverte aux étudiants pauvres) ainsi que de médias publics, ou encore aux agressions violentes de médecins cubains qui travaillent dans les missions des quartiers populaires. Pas un mot non plus sur la défense spontanée de ces conquêtes par le peuple vénézuélien, contre les attaques de la droite et de ses paramilitaires.

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Le processus révolutionnaire vénézuélien se trouve désormais à une croisée des chemins. Combien de temps ce peuple, qui voit son gouvernement négocier avec les agresseurs au lieu de les châtier, pourra-t-il encore résister ? La seule solution est d’avancer dans la mobilisation en développant une auto-organisation démocratique et de masse. Si le gouvernement persiste dans cette voie de la négociation avec la bourgeoisie dite « pacifique », la classe ouvrière vénézuélienne devra, pour ne pas perdre tous ses acquis, imposer une solution qui lui soit propre.

Virginia de la Siega Hebdo L’Anticapitaliste – 231 (27/02/2014)

* boli-burguesia:  se dit des « bourgeois-bolivariens » donc « de gauche » , qui profitent du régime  bolivarien et qui s’ajoutent aux « bourgeois normaux » de droite.

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02 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Russie: droit d’asile et « droits de l’homme » sauce hollande-valls

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Camp de travail pour femmes

Condamné par Poutine à diverses reprises pour « outrage aux autorités », un journaliste russe, Andrey Novoselov, vient de lui être livré sur l’autel des intérêts diplo- matiques et économiques de l’impérialisme français, et ce malgré les rodomontades de Hollande sur les atteintes aux « droits de l’homme » en Russie…

*
Réfugié en France depuis 2006, il a demandé plusieurs fois, et sans succès, l’asile politique avec des preuves évidentes du danger qu’il court en Russie. La Cour européenne des droits de l’homme a condamné ce pays pour les « conditions indignes » qu’il a subies en prison.
Après deux tentatives désespérées de quitter l’Europe pour les USA avec des bateaux de fortune, Andrey a été arrêté le 14 janvier dernier et placé au centre de rétention administrative de Perpignan (66).

Livré à Poutine Face aux trois rejets de sa demande de mise en liberté, il a entamé une longue grève de la faim. Comble de cynisme, un juge devant statuer sur son maintien en rétention déclara dans un arrêt de la cour d’appel de Montpellier : « La Cour comprend mal pourquoi l’intéressé, qui s’apprêtait à se [sic] rendre aux États-Unis au départ des Pyrénées-Orientales par la voie maritime, seul et sur une embarcation de fortune, déclare aujourd’hui être physiquement inapte pour retourner dans son pays par un moyen rapide et confortable, à savoir la voie aérienne ».

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Le 16 février, profitant du dimanche et sachant qu’à ce moment, il ne pourrait bénéficier d’aucune assistance, des policiers venus de Paris l’ont embarqué dans un avion affrété pour l’oc- casion ! Et le lendemain, cet homme pacifique était reconduit comme un criminel, scotché et menotté, dans un avion pour Moscou. Depuis, les nouvelles qui nous sont parvenues sont alar- mantes. Une campagne pour que son cas ne tombe pas dans l’oubli s’organise.

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Voilà ce que réserve à ceux qui fuient la misère et/ou les persécutions dans leur pays « la France terre d’asile » des Hollande-Valls, successeurs zélés de Sarkozy-Guéant !

Correspondant  http://npa2009.org/content/russie-droit-dasile-et-droits-de-lhomme-sauce-hollande-valls

Hebdo L’Anticapitaliste – 231 (27/02/2014)

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01 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Venezuela, les travailleurs face à la crise économique et sociale (al’e)

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Le pays vit des moments de tensions et d’effervescence sociale.

La cause fondamentale des protestations et des mobilisations des derniers jours – au-delà du rejet des actions répressives policières, militaires et parapolicières – réside dans le fort mécontentement populaire qui s’est accumulé suite à la grave crise économique et sociale à laquelle le gouvernement de Nicolas Maduro cherche à répondre en appliquant une politique d’ajustement économique qui reporte le poids de crise sur les épaules des travailleurs et du peuple.

La dévaluation appliquée par le gouvernement Maduro se traduit par coup dur contre les déjà maigres salaires des travailleurs, cela dans un contexte d’hyperinflation. Le gel des contrats collectifs dans le secteur public et la non-application des obligations légales et contrac- tuelles par les patrons des secteurs publics et privés,  s’appuient sur le refus de prendre en considération les syndicats (autonomes) et sur la criminalisation des luttes que livrent les travailleurs en défense de leurs droits.

Des centaines de travailleurs, d’indigènes, de paysans et d’étudiant·e·s doivent faire face à la justice pour fait de manifestation, cela comme un élément d’une escalade répressive qui vise à freiner le processus de mobilisations qui s’est traduit par 15’231 protestations sociales au cours des trois dernières années.

Notre courant syndical – la C-cura – par son engagement inconditionnel pour les intérêts des travailleurs a souffert directement des coups portés par des hommes de main et des persécutions conduites par des patrons du public et du privé. L’attaque la plus récente de la part de la boli- bourgeoisie [la bourgeoisie bolivarienne dépendante de la rente pétrolière et de l’appareil d’Etat dans lequel les militaires disposent de positions importantes] et l’ouverture d’un procès contre José Bodas, secrétaire général de la Fédération unitaire des travailleurs du pétrole (FUTPV) et dirigeant de notre courant.

Ce procès frappe aussi 9 travailleurs du secteur pétrolier. C’est une action de représailles contre la mobilisation de la raffinerie de Puerto La Cruz, mobilisation défendant la participation du syndicat dans la discussion concernant le nouveau contrat collectif de la branche. A l’inflation de 56,2% pour l’année 2013 s’ajoute le désapprovisionnement (manque de biens, pénuries) qui se situe, selon la banque centrale, à hauteur de 28% pour le mois de janvier 2014 et à 26,2% pour les biens alimentaires.

Toutes les attentes provoquées par le gouvernement sur une prétendue politique de «prix justes» sont apparues comme illusoires. Il s’ensuit que l’inflation ronge les salaires. Durant le mois de janvier 2014, la perte se situe à 3,3%. L’augmentation minimale de 10% décrétée au début de l’année 2014 équivaut à une compensation d’environ 10 bolivars par jour, alors que, selon Elias Eljuri, président de l’Institut national de statistiques, il faudrait au moins 2 salaires minimums pour couvrir les besoins de base d’une famille.

Le mouvement étudiant a développé des revendications démocratiques contre l’utilisation de groupes parapoliciers lors de la répression de leurs manifestations et contre les excès répressifs des corps policiers et de la Garde nationale bolivarienne (GNB). Il est certain que le gouvernement Maduro a affronté les récentes mobilisations en les réprimant à travers le SEBIN (Service bolivarien de renseignement national) et de la GNB [1]. On déplore 10 morts et des centaines de blessés et détenus [dont une partie a été libérée]. Nous considérons que ces revendications démocratiques doivent s’intégrer à un ensemble de revendications sociales et économiques qui offrent une réponse au mécontentement de millions de personnes qui souffrent des conséquences de la crise économique et des politiques d’ajustement du gouvernement.

Mais, aujourd’hui, ils ne se mobilisent pas à cause de la défiance, justifiée, qu’ils ont face aux directions politiques qui composent la MUD (Mesa de Unidad Democrática ; la Table d’unité démocratique), ce rassemblement de forces qui ont déjà gouverné le pays durant la période de l’accord entre les trois formations bourgeoises dit de Punto Fijo (datant 1958, suite à la dictature) et qui se sont opposées aux aspirations populaires.

Ces forces représentent les intérêts patronaux et pro-impérialistes.

C’est pour cette raison que – en toute autonomie face aux deux blocs partisans (les forces dirigeantes du gouvernement et la MUD) qui hégémonisent actuellement la politique vénézuélienne – nous devons unifier les efforts et les forces, depuis le bas, pour rendre visibles nos exigences face aux pénuries, à l’inflation, aux violations des droits des travailleurs, à la crise du système public de santé, aux déficits concernant le logement et à la détérioration des services publics. De la même façon il s’agit d’incorporer les revendications propres des étudiant·e·s, en instaurant un budget plus juste pour l’éducation, en démocratisant les instances de direction des universités.

Malheureusement la majeure partie des directions syndicales a décidé soit de s’aligner, soit avec le gouvernement Maduro, soit sur la MUD. Cela rend difficile l’expression par les tra- vailleurs et les travailleuses de leurs propres revendications dans le contexte actuel. La marche convoquée par le gouvernement et la bureaucratie, la semaine passée [18 février] pour valider le contrat passé dans le secteur pétrolier en constitue un exemple. De son côté, quelques-unes des directions syndicales qui font partie de l’Unité d’action syndicale ont signé un manifeste pour le dialogue social dans lequel elles rejettent, avec raison, la répression policière et parapolicière, appellent à la dissolution du SEBIN et demandent que cesse la criminalisation des protestations.

Toutefois, elles appellent à protéger les intérêts des investisseurs en proposant une alliance entre travailleurs et capitalistes, position qui enlève tout caractère de classe à leur manifeste. Et elles n’avancent, dès lors, aucune exigence sociale et économique. Ce qui est encore plus préoccupant.

Ces différences font que ni la C-cura, ni la UNETE (Union nationale des travailleurs) n’ont signé un tel manifeste. Nous sommes en faveur d’une amnistie générale de tous les lutteurs sociaux qui sont déférés devant les tribunaux. Nous demandons une enquête, avec la participation d’organisations de défense des droits de l’homme, qui puissent déterminer les responsables matériels et intellectuels des morts et des blessés, actes commis à l’occasion d’attaques armées contre les manifestations. Nous appelons à la solidarité des responsables des médias et des travailleurs des moyens de communication, qu’ils soient privés ou étatiques, afin de rejeter les pressions du gouvernement pour réduire le droit à l’information.

De même, nous sommes en faveur d’un Plan économique et social alternatif pour que les secteurs populaires ne paient pas la crise et pour la faire payer à ceux qui l’ont provoquée: à la bureaucratie gouvernementale et à ses alliés du secteur patronal. Nous exigeons une aug- mentation générale des salaires, un salaire minimum couvrant les besoins de base d’une famille, l’ouverture des réelles négociations sur les contrats collectifs arrivés à échéance, l’exécution des engagements non respectés par les patrons, la suppression de la TVA, la nationalisation de l’industrie pétrolière sans entreprises mixtes ni transnationales, le sauvetage de la Corporacion Venezolana de Guyana (complexe de 15 entreprises spécialisées dans l’extraction de minerais) et des entreprises de ciment. Et, enfin, que soient respectés les droits territoriaux des peuples indigènes.

Avec l’unité des travailleurs et des secteurs populaires, il est possible de présenter une alternative depuis le bas face aux options que prétend nous imposer le pouvoir et qui vont à l’encontre des aspirations économiques et sociales de la majorité de la population. Nous appelons toutes les directions syndicales à défendre les intérêts de la classe ouvrière et à impulser un programme autonome de revendications pour l’opposer aussi bien aux choix du gouvernement qu’à ceux de l’opposition patronale. Nous réaliserons une Rencontre syndicale et populaire dans la ville de Caracas durant la première partie du mois de mars, pour déterminer une position autonome face à la crise nationale. Ainsi, dans les faits, nous avancerons vers la refondation du mouvement syndical et nous dépasserons la polarisation stérile qui a affecté l’initiative politique du mouvement ouvrier au cours des dernières années.

(Déclaration publiée sur le site La Cl@se Info le 26 février 2014; traduction de A l’Encontre)

Publié par Alencontre le 1 – mars – 2014

Déclaration du Courant classiste, unitaire, révolutionnaire et autonome (C-cura)

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[1] Selon l’AFP, ce vendredi 28 février, la procureure générale du Venezuela, Luisa Ortega Diaz, a admis devant la presse que 27 enquêtes avaient été ouvertes en raison d’exactions supposées des autorités. «Le ministère public ne va permettre sous aucun prétexte que soient violés les droits de l’homme», a-t-elle souligné. Elle a livré un bilan de ces semaines de manifestations, faisant état de 17 morts et 261 blessés. (Rédaction A l’Encontre)

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01 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Déclaration sur l’ukraine (qi)

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Déclaration adoptée par le Comité international de la Quatrième Internationale.

1- La crise politique a commencé en Ukraine en novembre 2013 quand le président Ianoukovitch a décidé, sous fortes pressions russes, de ne pas signer l’association de libre-échange avec l’UE, en dépit de la campagne officielle menée par le Parti des Régions depuis des mois. Elle s’est déclenchée dans le contexte d’une profonde crise sociale et d’endettement qui plaçait le pays sous pression du FMI. La façon dont la décision a été prise par le pouvoir personnel du président, a donné force à la crainte populaire d’une nouvelle intégration de l’Ukraine dans un projet régional dominé par la Russie, et que cela accentuerait les dérives oligarchiques répressives et présidentielles du régime visibles depuis 2010.

Dès lors la crise fut loin d’opposer deux camps ou programmes clairement délimités : elle a révélé des différenciations et hésitations parmi les oligarques et élites, même au sein du Parti des Régions (du président), et – en dépit de différences culturelles, sociales et politiques entre différentes régions historiques du pays –, l’émergence des masses comme un facteur indépendant exprimant leur « indignation » et défiance envers les partis politiques – que ce soit par l’implication directe dans le mouvement Maïdan (surtout dans l’ouest et le centre du pays) ou de façon passive (dominant dans l’est russophone).

Une semaine de violence sanglante a imposé le point de vue des protestataires en faveur du départ immédiat du président Ianoukovitch. Ce n’est pas un « coup d’Etat » qui l’a renversé : son impopularité croissante est devenue rejet absolu devant l’horreur de quelques 80 victimes de ses snipers tirant à balles réelles contre les manifestants. C’est cela qui a produit, après des mois d’hésitation des institutions dominantes entre répression et dialogue, l’isolement radical du président dans son propre camp : le Parlement a voté sa destitution, pendant qu’une partie des forces de police et sans doute de l’armée se déclarait à Kiev, comme en régions, « du côté du peuple », et que la fuite vers la Russie du président était stoppée dans le Donetsk, au cœur de son propre bastion.

2- Ce mouvement, depuis le début, a présenté des traits combinés, à la fois révolu- tionnaires (démocratiques, anti-hiérarchiques, auto-organisé) et réactionnaires – dont l’issue globale est et demeure tributaire de luttes politiques et sociales. Ces traits ont été également profondément liés au caractère marquant l’actuelle société ukrainienne post-soviétique (atomisée, sans identité de classe claire, avec une dégradation de l’éducation et l’hégémonie des idées nationalistes réactionnaires dans la société – combinées avec un légitime attachement à l’indépendance nationale et l’héritage dramatique du stalinisme).

Nous soutenons le mécontentement et les aspirations populaires à une vie décente et libre dans un Etat de droit débarrassé de son régime oligarchique et criminel, exprimés dans le mouve- ment dit EuroMaïdan et dans le pays – tout en étant convaincus que l’Union européenne (UE) est incapable de les satisfaire, et en le disant.

Nous soutenons le droit du peuple ukrainien tout entier à décider et contrôler les accords internationaux négociés – ou rompus – en son nom, que ce soit avec la Russie ou avec l’UE. Avec une pleine transparence sur leurs effets politiques et socio-économiques.

Nous dénonçons toutes les institutions et forces politiques internationales ou nationales, quelles que soient leurs étiquettes, qui limitent la pleine et libre détermination de ces choix par la population, que ce soit par des diktats économiques ou financiers, par des lois et forces de sécurité liberticides, ou par des agressions physiques qui interdisent la pleine expression pluraliste des choix et désaccords. Sur ce plan, nous dénonçons tout autant les courants d’extême-droite que les forces de sécurité du régime, qui partagent d’ailleurs souvent la même idéologie réactionnaire, antisémite et nationaliste violemment exclusive.

Alors que les principales forces politiques organisées étaient de droite ou d’extrême-droite, nous soutenons les forces sociales et politiques qui ont cherché à construire une opposition de gauche au sein de ce mouvement. Elles ont ce faisant refusé de rester à l’extérieur de ce mouvement ou de l’assimiler à l’extrême-droite. Cette orientation autonome impliquait une difficile confrontation aux courants fascistes et l’accent sur la dénonciation de 25 ans de privatisations quelles que soient les partis politiques au pouvoir depuis l’indépendance du pays.

3- Après la chute du régime Ianoukovitch, le mouvement de masse lui-même, n’a pas de programme progressiste basé sur des revendications démocratiques nationales et sociales ou de force politique et syndicats indépendants implantés parmi les travailleurs – tout en étant imprégné d’espoirs de réels changements politiques et sociaux. Quels que soient les résultats des prochaines élections, des désillusions populaires suivront. Et quels que soient les accords conclus avec l’UE, les nouveaux partis au pouvoir poursuivront les attaques sociales, avec le risque de confrontations intérieures conduisant le pays à la désintégration.

La gauche alternative doit répondre aux espoirs et illusions populaires par ses propres propositions sur les enjeux sociaux, linguistiques, démocratiques, contre les divers partis de droite.

Nous espérons que la population ukrainienne trouvera ses propres formes auto-organisées d’expression autonome de ses exigences concrètes et de défiance envers les partis dominants, dans toutes les régions du pays.

Comité international de la Quatrième Internationale, le 25 février 2014

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article31230

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27 février 2014 ~ 0 Commentaire

Unanimité néocoloniale au parlement

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L’Assemblée Nationale et le Sénat ont voté la prolongation de la guerre en Centrafrique, pratiquement à l’unanimité (428 pour, 14 contre à l’AN, 328 pour, 3 contre au Sénat).

La majorité des élus du Front de gauche n’a même pas osé s’opposer à cette intervention militaire.

Cela confirme aussi l’envoi de 400 militaires français supplémentaires.

Malgré la mise en place d’une nouvelle présidente au service de la Françafrique, Catherine Samba-Panza, le gouvernement français reconnaît toujours des « difficultés ».

Le rapport d’Hubert Védrine confirme que le rôle de l’intrusion guerrière française en Françafrique a pour but de reconquérir des parts de marché, pas de porter secours à la population. Nous le répétons une fois de plus : « La France est le problème, pas la solution en Afrique ».

Le NPA s’oppose à l’intervention française et appelle à manifester le 1er mars dans le cadre de la clôture de la semaine anticoloniale. Montreuil, le 26 février 2014

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27 février 2014 ~ 0 Commentaire

Que se passe-t-il au venezuela? (al’e)

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Les images de milliers de manifestants dans les rues des principales villes véné- zuéliennes, du déploiement de troupes et des actions de groupes de civils armés ont été diffusées à l’échelle internationale au cours des deux dernières semaines. Elles ont été accompagnées, d’une part, par les déclarations grandiloquentes du gouvernement qui dénonce un coup d’État et, de l’autre, par les allégations de la direction de l’opposition bourgeoise, qui y voit une confirmation supplémentaire du caractère dictatorial du système politique vénézuélien.(…)

Victoire électorale, mais 56,2% d’inflation

En décembre 2013, la crise actuelle a été précédée par une victoire électorale du chavisme. S’ap- puyant sur une campagne contre la spéculation pendant laquelle il est intervenu dans quelques chaînes de magasins, principalement dans le secteur de l’électroménager, le gouvernement a rem- porté 71,64% des municipalités, obtenant environ 49% des voix, soit près de neuf points de plus que la Mesa de Unidad Democrática (MUD), la coalition des partis de l’opposition bourgeoise. Les dissidents du chavisme ont obtenu 5%, ceux de la MUD un peu plus de 2%, de même que les autres candidatures indépendantes. La MUD avait fait campagne en donnant au scrutin un caractère de plébiscite contre le gouvernement, et elle a échoué en ce sens.

Toutefois, la victoire du chavisme est relativisée par l’aggravation de la crise éco- nomique.

L’année 2013 s’est conclue sur les indices d’inflation et de pénurie les plus élevés depuis la période initiée en 1999. La fausse promesse du gouvernement selon lequel un «juste prix» des articles de consommation serait consolidé par les interventions des autorités dans le secteur du commerce à la veille des élections a été rapidement et brutalement démentie par la réalité. Sous l’impact des me- sures de la Banque Centrale du Venezuela (BCV), qui ont entraîné une augmentation de 70% de la masse monétaire pendant l’année 2013, le taux d’inflation a atteint 56,2%. Pendant les seuls mois de novembre et décembre, en pleine campagne pour le «juste prix», l’inflation a été de 7%. (…)  Entre 2012 et 2013, la surfacturation des importations a dépassé 20 milliards de dollars. Maduro a été obligé d’admettre publiquement que le gouvernement n’avait jamais effectué aucun contrôle a posteriori de l’allocation de devises aux entreprises importatrices. (…)

Face à cette situation, le gouvernement a utilisé le capital politique de sa victoire électorale pour promouvoir des négociations avec la MUD afin d’obtenir son soutien aux mesures d’austérité qu’il souhaitait mettre en œuvre. Dans une volte-face typique du chavisme, dix jours après des élections municipales où il était censé avoir vaincu le «fascisme», Maduro s’est réuni cordialement à Mira- flores [palais présidentiel] avec la plupart des maires et des gouverneurs de la MUD. Parmi les diverses propositions discutées à cette occasion a été évoquée une augmentation du prix de l’essence, qui est très fortement subventionnée. Dans un communiqué ultérieur, la MUD a déclaré appuyer cette mesure et annoncé qu’elle mettait «à la disposition de l’exécutif ses ressources techniques et politiques afin d’obtenir le consensus le plus ample autour d’une question d’une telle importance dans la vie des Vénézuéliens» [1]. Au cours de réunions ultérieures avec Maduro et le ministre de l’Intérieur, réunions auxquelles participait le principal dirigeant de la MUD, Henrique Capriles, les autorités régionales et locales ont eu un échange de vue sur la mise en œuvre de plans de sécurité conjoints. De fait, l’impasse qui s’était ouverte avec l’élection présidentielle d’avril 2013, dont la MUD n’avait pas reconnu les résultats, est aujourd’hui surmontée. (…)

Les manifestations du 12 février changent de contenu

Les premières manifestations n’ont été animées que par quelques dizaines de militants, avec un caractère clairement provocateur, comme l’action contre la résidence du gouverneur de Táchira ou les actions armées effectuées  à Mérida. Il y a eu aussi des violences policières, comme à Mérida, par exemple, où un étudiant qui ne participait pas aux manifestations a été grièvement blessé. Des personnes détenues à San Cristobal ont été transférées à la prison de Coro, à 500 kilomètres de distance. Les principaux slogans de ces manifestations visaient l’insécurité, mais au fur et à mesure que s’approchait le 12 février, les appels ouverts à la démission de Maduro ont commencé à se faire entendre.

Parallèlement, le PSUV a commencé à utiliser des groupes de choc parapoliciers pour briser les manifestations, qu’elles soient pacifiques ou violentes, et attaquer des zones résidentielles. Un exemple de ces actions est l’attaque contre la résidence de Mgr Chacón à Mérida, où se déroulait une protestation sous forme de concert de casseroles, et où deux personnes ont été blessées.

Par rapport aux mots d’ordre initiaux, les manifestations du 12 février, qui ont eu lieu dans 18 villes, ont changé de contenu: on y revendiquait la libération des étudiants détenus et la cessation des actions répressives de la police et des groupes parapoliciers. À l’intérieur du pays, où la pénurie et la crise des services publics se font sentir de façon beaucoup plus sévère que dans la capitale, les manifestants ont aussi formulé des revendications liées à ces questions.

Les deux factions de la MUD ont été clairement dépassées par l’ampleur des manifestations, sous- tendues par le mécontentement de larges secteurs de la population face à la crise économique et aux mesures d’austérité mises en œuvre par le gouvernement. Le PSUV a lui aussi organisé des rassemblements et des manifestations le même jour, mais de moindre ampleur.

À Caracas, on a enregistré des faits qui ont entraîné une évolution majeure dans le développement des protestations. Aux abords du siège du Ministère Public (Fiscalía General), alors que s’était dispersée la manifestation initiée sur la Plaza Venezuela, des groupes d’étudiants et d’activistes ont entrepris d’affronter la police en lançant des pierres et ont provoqué des dommages à la façade de cet édifice gouvernemental. Ils ont été réprimés à balles réelles par la police politique, le Service bolivarien de renseignement national (SEBIN), la Garde nationale bolivarienne (GNB) et des groupes parapoliciers. Le bilan est de deux morts: Bassil Da Costa, un jeune homme abattu par une balle dans le dos,  et Juan Montoya, un membre de la police municipale de Caracas-Libertador (mairie tenue par le chavisme)  qui faisait partie d’un des groupes parapoliciers intervenus contre les protestataires. D’après la famille et les amis de Montoya, c’est un «fonctionnaire» qui lui aurait tiré dessus.

Plus tard, dans un autre quartier de la capitale, l’un des manifestants qui était venu en aide à Da Costa, Roberto Redman, a été assassiné par balles depuis une moto chevauchée par des civils, dont les tirs ont d’ailleurs fait cinq autres blessés. Cette même nuit, dans une rue de l’ouest de Caracas, l’attaché de presse de Provea, une organisation de défense des droits de l’homme [NdT: ayant une large trajectoire progressiste auprès des mouvements sociaux depuis les années 1980], a été sé- questré à proximité d’un barrage de police par des hommes armés sans uniforme se présentant comme des agents du SEBIN. Ils lui ont confisqué son téléphone portable et, après l’avoir tabassé et menacé de mort pendant près de deux heures, ont fini par le libérer.

Le quotidien Últimas Noticias, dont la ligne éditoriale est favorable au chavisme, a publié un travail d’investigation documentant amplement les actions du SEBIN aux alentours du bâtiment du Ministère Public et les coups de feu tirés contre un groupe de manifestants qui fuyait la police après la chute de Da Costa [2]. Le président Maduro a commencé par rendre les manifestants eux-mêmes responsables de ces morts, affirmant qu’il s’agissait d’un «scénario» semblable à celui du coup d’État de 2002, mais a ensuite déclaré que les agents du SEBIN avaient agi de leur propre initiative et destitué le chef de ce corps répressif. Il ne fait pas de doute que les actions entreprises par le gouvernement et les groupes parapoliciers le 12 février marquent un tournant. Elles ont entraîné une amplification des protestations, même si Maduro a annoncé ce soir que les manifestations non autorisées par le gouvernement ne seront pas tolérées.

Une analogie non pertinente: 2014, une répétition de 2002

Au moment où j’écris ces lignes, six personnes sont mortes dans les manifestations ultérieures au 12 février, et on estime que près de deux cents ont été blessées par balles et par chevrotines, victimes dans la plupart des cas de l’action des groupes parapoliciers et de la GNB. Quarante personnes ont été détenues. On enregistre de nombreuses plaintes concernant les tortures et les traitements dégra- dants infligés par les corps policiers et militaires qui participent aux arrestations. Malgré la milita- risation de San Cristobal et Mérida, les manifestations se poursuivent, et plusieurs quartiers de ces villes sont paralysés par des barricades [3].

La majorité des informations sur les manifestations circule à travers les médias électroniques, étant donné que les chaînes de télévision privées comme publiques respectent les exigences des autorités de ne transmettre aucune information en direct sur les manifestations, ni aucune nouvelle que la Commission nationale des Télécommunications (Conatel) puisse considérer comme une incitation à la violence. (…)

Le gouvernement a recours à l’expédient de se faire passer pour la victime d’un coup d’État en cours d’exécution et de comparer la situation actuelle avec celle d’avril 2002. Il est toutefois impossible de soutenir rationnellement une telle comparaison. On n’enregistre en effet aucune déclaration contre le gouvernement ni aucune défection au sein des forces armées, dont la hiérarchie – officiers généraux et officiers supérieurs – est complètement alignée sur le gouver-nement et sur la fraction de la bourgeoise qui dirige l’État. Cette dernière est principalement constituée par un secteur de nouveaux riches mieux connus par la population sous le sobriquet de «bolibourgeoisie», et dont beaucoup sont d’ailleurs eux-mêmes militaires.

La plupart des dirigeants de la MUD ne partagent pas le mot d’ordre de «démission» impulsé par VP et polémiquent publiquement avec Leopoldo López. L’organisation patronale Fedecámaras n’appelle nullement à la grève, pas plus que la bureaucratie syndicale liée à la MUD. En plein milieu de la crise, le plus puissant capitaliste du pays, Gustavo Cisneros, a annoncé son soutien au gouvernement, tandis que la transnationale Repsol vient de signer un accord de financement de PDVSA de 1,2 milliard de dollars. La hiérarchie de l’Église catholique s’abstient de jeter de l’huile sur le feu et soutient plutôt les plans de «pacification» du gouvernement.

Maduro s’est peu à peu rapproché des positions du gouvernement des États-Unis et, il y a moins d’un an, le ministre des Affaires étrangères Elías Jaua et le secrétaire d’État John Kerry se sont réunis pour annoncer leur intention d’améliorer les relations diplomatiques entre les deux pays. On voit mal comment le fait que Leopoldo López se soit volontairement livré aux autorités, qui avaient ordonné sa capture en tant que responsable des morts du 12 février, peut s’inscrire dans la logique d’une imminente conquête militaire du pouvoir par les armes. (…)

Par conséquent, la tâche principale de la gauche et des organisations sociales est de s’opposer à ces violations des libertés démocratiques, tout en continuant à proclamer que la MUD ne représente pas une alternative politique susceptible de résoudre les problèmes dont souffre la majorité de la population.

La jonction entre la question démocratique et le projet social de transformation

L’utilisation par le gouvernement de forces parapolicières pour dissoudre les manifestations est une méthode ultraréactionnaire que nous condamnons. L’exercice de la censure, que ce soit par le biais d’accords entre le gouvernement et les propriétaires des médias ou par la coercition, implique dans tous les cas une violation du droit à l’information. On constate clairement ici l’incompatibilité de ce droit tant avec la propriété privée des médias qu’avec la gestion bureaucratique des médias étatiques. (…) Au-delà des protestations, les procès menés contre plus de trois cents ouvriers, paysans et indigènes autochtones en lutte doivent être suspendus. Il s’agit là de revendications démocratiques que quiconque se prétend démocrate ou révolutionnaire doit soutenir et qui s’opposent à la doctrine de sécurité nationale invoquée par Maduro pour placer les intérêts de l’État au-dessus des droits sociaux. (…)

Le désastre économique et social a dissipé les illusions du projet chaviste. La tentative de surmonter les problèmes structurels de notre pays dans le cadre du capitalisme en s’appuyant sur le protagonisme de la bourgeoisie nationaliste, des militaires et d’un parti de type corporatif a échoué et se trouve dans un état de décomposition avancée. Les programmes d’aide sociale mis en place après la défaite du coup d’État de 2002 ont dépassé l’apogée de leur efficacité et sont entrés dans une dynamique récessive depuis 2007. (…)

On a des exemples clairs de cette politique avec l’emprisonnement du leader indigène Yukpa Sabino Romero et du syndicaliste Rubén González entre 2009 et 2011 et avec la récente arrestation de dix travailleurs du pétrole qui participaient à une assemblée dans la raffinerie de Puerto La Cruz, dont le secrétaire général de la Fédération unie des Travailleurs du pétrole (FUTPV), José Bodas. Ajoutons à cela une débâcle économique qui n’empêche toutefois pas  les secteurs transnationaux enkystés dans l’industrie pétrolière, la banque privée et les importateurs de s’en tirer à très bon compte. L’utopie réactionnaire d’un «socialisme avec capitalistes» s’est effondrée. Il revient à la gauche révo- lutionnaire de récupérer les drapeaux du socialisme que le chavisme a utilisé à ses propres fins.

D’après les chiffres officiels, plus de neuf millions de personnes, soit un tiers de la population, vivent dans la pauvreté. Près des trois quarts des travailleurs du secteur public gagnent des salaires inférieurs au coût du panier alimentaire, qui s’élève à plus de deux fois le montant du salaire minimum. C’est seulement chez les militaires que les augmentations de salaires sont supérieures à l’inflation. (…)

Par Simon Rodriguez Porras

(23 février 2014, traduction par Marc Saint-Upéry, les sous-titres sont de la rédaction de A l’Encontre)

http://alencontre.org/ameriques/amelat/venezuela/que-se-passe-t-il-au-venezuela.html

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24 février 2014 ~ 0 Commentaire

Appel unitaire contre l’intervention en Centrafrique

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Centrafrique : Du temps des colonies à la Françafrique

Les interventions militaires sont le problème, jamais la solution

Deux ans après l’attaque de la Libye, un an après la guerre au Mali, la France intervient de nouveau militairement en Centrafrique. Il est de notre devoir en tant qu’anticolonialistes et partisans de la solidarité internationale des peuples de nous opposer à l’opération Sangaris. Nous exprimons toute notre solidarité avec le peuple centrafricain qui souffre, depuis plusieurs mois, d’inacceptables violences.

On ne peut trouver aucune justification aux exactions commises par les groupes armés Séléka ou anti Balaka à l’encontre des populations civiles de Centrafrique qui sont terrorisées et condamnées à fuir. Ces actes sont inacceptables. Mais force est de constater que le débarquement des troupes françaises, bien loin de répondre à l’objectif humanitaire proclamé, a, même sur ce plan, contribué à aggraver la situation : loin de Bangui, sur la plus grande partie du territoire, les massacres continuent, et, dans la capitale même, le climat de violence perdure. Les troupes françaises ne sont pas «neutres » et leur présence ne fait qu’alimenter la guerre civile. Et l’envoi de troupes de pays de l’UE, réclamé par F. Hollande, ne fait qu’impliquer l’Union dans cette intervention militaire.

En tout état de cause, l’entrée en guerre de la France en Centrafrique, décidée par le Président de la République française, ne saurait être considérée comme « normale » ainsi que tend à le faire croire la propagande du gouvernement et de l’armée :

⁃ La France, ancienne puissance colonisatrice, n’a pas perdu l’habitude de considérer l’Afrique, d’abord comme une zone d’influence. Sa logique est toujours néo-coloniale, à l’ombre de l’impérialisme US qui en tire également profit

⁃ La guerre ne peut apporter la démocratie ; bien au contraire elle est lourde de risques d’enlisement et ne porte que la garantie d’une extension et de la pérennisation des conflits. Ceux qui en profitent, ce sont les marchands d’armes… et, de ce fait, la balance commerciale française en premier lieu.

⁃ Une fois de plus, cette intervention se déroule dans un pays et une région où la France défend les intérêts occidentaux tout en servant d’abord ses propres intérêts stratégiques à travers ceux de ses grandes entreprises. Ce qui est en jeu, c’est notamment le contrôle des ressources minérales et énergétiques, en particulier les mines d’uranium nécessaires au complexe nucléaire civil et militaire, ainsi que les prospections de Total ou la logistique des transports fluviaux, portuaires ou par rails de Bolloré.

⁃ La France en agissant de la sorte poursuit également un but politique à moyen et long-terme : fragiliser les États africains pour aboutir à des divisions nationales qui seront source d’affaiblissement des peuples se relevant à peine de la colonisation. La balkanisation de l’Afrique, la division et l’affaiblissement des résistances populaires africaines, est un objectif stratégique essentiel tant pour la France que pour toutes les puissantes concurrentes.

⁃ La France s’appuie pour cette intervention sur les dictatures qu’elle soutient à bout de bras depuis des années (Tchad, Congo Brazzaville, Gabon, Cameroun…) et qu’elle conforte ainsi à nouveau, contre les peuples qui les contestent, comme on le voit aujourd’hui au Burkina et au Bénin.

En réalité, de Bokassa à Djotodia, en passant par Bozizé, la France a assuré sa domination sur la Centrafrique en y installant et en y soutenant une kyrielle de dictateurs corrompus … quitte à les jeter quand la coupe était trop pleine. Elle est intervenue militairement sept fois dans ce pays qui illustre jusqu’à la caricature la nature de la Françafrique, sur ses trois piliers (politique, militaire, économique).

En poursuivant cette politique de la canonnière et contraire aux besoins des peuples d’Afrique la France a également contribué à la déstabilisation de toute la région. Il suffit de tourner ses regards vers le Tchad, la RDC, le sud-Soudan ou le Rwanda pour s’en rendre compte.

De même que le développement de ces pays passe par la délivrance du carcan du franc CFA, de même, une solution politique passe nécessairement par le retrait des troupes françaises.

Au moment où le gouvernement présente sa loi sur le développement, qui concerne 16 pays africains toujours soumis à sa domination néo-coloniale, dont la Centrafrique et le Mali, nous appelons à un rassemblement le 10 février à l’Assemblée nationale contre les interventions militaires à répétition, contre la continuité de la politique françafricaine de la France, pour la fermeture des bases militaires françaises en Afrique.

C’est au peuple de Centrafrique qu’il revient de dessiner le futur de leur pays.

L’avenir de l’Afrique est l’affaire des peuples d’Afrique. 

Manifestation le 1er mars à 14h Métro République

Signataires : UPC, Afapredesa, Corelso, NPA, Sortir du colonialisme, Survie, CNT, Alternative Libertaire, Solidaires, Caac Comores, USTKE, Afaspa,

http://npa2009.org/content/appel-unitaire-contre-lintervention-en-centrafrique

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