Archive | Antiimpérialisme

04 décembre 2020 ~ 0 Commentaire

brésil (à l’encontre)

boulos_psol

Guilhermo Boulos

Brésil. La crise du PT et la reconfiguration de la gauche

Le dimanche 29 novembre, s’est déroulé le deuxième tour des élections municipales au Brésil. Bien que les résultats locaux ne puissent pas nécessairement être extrapolés, il s’agissait d’une élection ayant une saveur nationale, qui dessine déjà certains contours de l’élection présiden-tielle de 2022. Bien qu’en termes globaux la gauche perde du terrain face au centre-droit traditionnel, il y a quelques développements intéressants au sein de l’éventail progressiste.

Numériquement, le Parti des travailleurs (PT) ne se remet pas des élections municipales de 2016, le grand moment d’antipétisme qui a signifié une forte défaite nationale pour le parti fondé en 1980, sous l’influence des luttes ouvrières de l’ABC de São Paulo [la région industrielle].

En 2016, le PT comptait 257 mairies, il n’en compte plus que 183. Ses maires gouverneront des municipalités ne totalisant plus que 2,6% des Brésiliens.

Pour la première fois depuis la période de 1985 [fin de la dictature], le PT ne gouverne aucune capitale.

En outre, le PT a été défié par une gauche nouvelle, plus juvénile et moins bureaucratisée qui a été capable d’établir une communication plus directe, naturelle et efficace avec la population.

Dans le même temps, de nouveaux leaders de gauche émergent sur la scène nationale qui ne sont pas des «pétistes». C’est le cas de Manuela D’Avila du Parti communiste du Brésil (PCdoB) qui a atteint le deuxième tour à Porto Alegre. Malgré sa défaite [face à Sebastião Melo du MDB], elle a obtenu 45,37% des voix, en ayant l’appui des diverses formations de la gauche.

Sans aucun doute, la principale star de ces élections est Guilherme Boulos du Parti du socialisme et de la liberté (PSOL), une formation fondée en 2004, suite à des ruptures avec le PT.

Ces dernières années, le PSOL a gagné en visibilité. [Guilherme Boulos s’est affirmé comme animateur du Mouvement des travailleurs sans toit – MTST– présent depuis la fin des années 1990].

Le candidat du PSOL a réalisé une performance emblématique lors de ce second tour à São Paulo, en affrontant la puissante machine traditionnelle de droite de São Paulo, le Parti brésilien de la social-démocratie (PSDB).

Bien qu’il ait perdu au deuxième tour, Boulos a obtenu 40,62% des voix [soit 2’168’109 suffrages]. Cela fait de lui un point de référence national pour la gauche.

Pour la première fois depuis des années, la principale figure du leadership progressiste n’appartient pas au camp du PT. Sa campagne a suscité des émotions et a mobilisé massivement.

Elle a provoqué un enthousiasme que l’on n’avait plus vu depuis longtemps dans la gauche brésilienne. Guilherme Boulos a reçu le soutien massif de jeunes qui ne se voient pas représentés par un «pétisme» dont la direction s’éloigne d’une base qui, elle, réclame à grands cris une refonte.

Comme illustration de ce manque de syntonie avec une base populaire, on peut citer le candidat du PT, Jilmar Tatto, à la mairie de São Paulo. Il représente cette bureaucratie du parti [il a cumu-lé depuis fort longtemps de nombreuses responsabilités dans l’exécutif de São Paulo, dans l’appareil du PT et comme élu fédéral] qui ne suscite aucun emballement parmi la base populai-re. Il n’a obtenu que 8,6% des voix, le pire résultat du PT dans la plus grande circonscription électorale du Brésil.

Toutefois, au sein du PT, certains changements semblent se dessiner. Il en va ainsi avec Marília Arraes, candidate à la mairie de Recife, dans le nord-est du Brésil, qui se distingue d’une direction du PT qui n’enchante plus.

Elle symbolise précisément le militantisme de renouveau du PT, qui communique avec les jeunes et s’intéresse à des orientations contemporaines (comme le féminisme, la lutte et la défense du camp LGBTQI et l’écologie).

Marília Arraes, 36 ans, a perdu contre son cousin João Campos du PSB (Parti socialiste brésilien) qui a obtenu 56,27% des voix. Les deux descendent du fondateur de la dynastie du Nord-Est, Miguel Arraes.

Marília Arraes a obtenu 43,73% des voix, un résultat fort remarquable. Marília Arraes n’a pas été le choix de la bureaucratie pétiste, mais de la base militante du parti. Jeune femme combative et forte, elle a réussi à s’imposer dans l’appareil du parti au Pernambuco. La candidate du Nord-Est a mené une campagne similaire à celle de Boulos, avec un langage plus naturel, plus jeune et une esthétique plus moderne.

Parallèlement au phénomène Arraes, il en existe un autre qui symbolise également cette volonté de renouveau du PT: celui des «candidatures collectives». Il y en a plus de 26 dans tout le pays, principalement composées de femmes noires et de jeunes de la périphérie, qui n’ont pas leur place dans les structures plus pyramidales du PT.

Outre cette nouvelle configuration électorale, il y a eu d’autres nouveautés comme le cas du mouvement «Representa», un courant de jeunes de l’intérieur de São Paulo qui a présenté et appuyé 138 jeunes candidats pétistes (sans l’appui de la bureaucratie du parti) dans tout le pays. Sur ces 138 candidats, 25 ont gagné. Le plus important a été donc le processus de remise en question de la direction du PT.

Il est possible d’affirmer que le pétisme a perdu sa position hégémonique dans le champ de la gauche et du progressisme. Ce champ est aujourd’hui plus hétérogène que par le passé. Le Parti socialiste brésilien (PSB) et le Parti travailliste démocratique (PDT) sont les meilleurs opposants.

Le PSB garde 252 villes [-151] et le PDT  314 [-17]. En termes de capitales, le PDT a remporté Aracajú [Sergipe] et Fortaleza [Ceará] et le PSB Maceió [Alagoas] et Recife [Pernambouc]. Dans le Nord-Est, la carte politique est donc reconfigurée et le «pétisme» perd de sa force face à ces deux forces.

Une figure se dégonfle, c’est le gouverneur du Maranhão, Flávio Dino du PCdoB. Il est également positionné comme une figure importante pour la constitution des alliances en vue des présidentielles de 2022. Le candidat soutenu par Flávio Dino a perdu la bataille électorale à São Luis (capitale du Maranhão). En outre, la base de Dino s’est divisée. Une bonne partie a soutenu le candidat de l’opposition qui a finalement gagné, Eduardo Braide de Podemos [jusqu’en 2016 il portait le nom de Partido Trabalhista Nacional-PTN].

La campagne de Guilherme Boulos à São Paulo a réussi à consolider un front de gauche assez large et symbolique en faveur de sa candidature, un front qui a réuni le PT, le PSOL, le PCdoB, le PSB, le PDT.

La candidature de Manuela D’Avila (PCB) à Porto Alegre a également reçu un soutien important de la gauche; au même titre que le vainqueur de la course à la mairie de Belém (Parà), Edmilson Rodrigues du PSOL.

À l’horizon 2022, il semble évident que chaque parti progressiste aura son propre candidat. Cependant, avec la montée de la droite traditionnelle, ils seront peut-être contraints d’engager le dialogue.

La droite classique connue sous le nom de centrão s’est développée et le Parti démocrate [le DEM dispose de 464 maires, une augmentation de 198] se profile comme l’un des grands facteurs d’alliance pour les prochaines élections présidentielles. (Résumé voir lien)

(Article publié sur le site de Nueva Sociedad; traduction rédaction A l’Encontre)

Esther Solano Gallego est professeure à l’Université fédérale de São Paulo.

3 décembre 2020 Alencontre
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Note:
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PDT et PSB sont des partis « socialistes » alliés de PT de Lula et de Dilma Youssef. Le PC do B est aussi un allié.
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Lire aussi:

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03 décembre 2020 ~ 0 Commentaire

présidentielle (la-dépêche lo)

jl m

Présidentielle 2022 : Jean-Luc Mélenchon veut rétablir le service militaire

Le leader de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, qui a annoncé vouloir être candidat à l’élection présidentielle 2022 le 8 novembre dernier, s’est exprimé dans une interview sur de grands sujets régaliens, parmi lesquels le service militaire. Fidèle à sa ligne de conduite « historique », il s’est dit favorable à son retour.

Jean-Luc Mélenchon ne dévie pas de sa trajectoire.

Le leader de La France Insoumise s’est prononcé dans une interview publiée par nos confrères de L’Opinion ce lundi 30 novembre, en faveur d’un retour du service militaire obligatoire. En 1997, celui qui était alors encore membre du Parti Socialiste avait déjà fait part de son opposition face à la décision de Jacques Chirac de supprimer ce service militaire. Plus de 20 ans après, le candidat annoncé à la présidentielle 2022 maintient sa ligne de conduite, même s’il se dit incertain que « tous les Insoumis soient d’accord ».

« La défense populaire passive et armée reste une nécessité à mes yeux », a expliqué le leader de LFI pour justifier sa position, ajoutant que face au risque de dérèglement climatique, « d’autres menaces et dangers » pèsent aujourd’hui sur le pays.

Prenant exemple sur les récents événements dans la vallée de la Roya, totalement coupée du monde suite aux importantes inondations, Jean-Luc Mélenchon estime qu’il y aurait « besoin d’un effort collectif » de la nation dans l’hypothèse d’une succession de catastrophes comme celle-là. « Donc on sera obligé de demander la contribution des jeunes Français », prédit-il enfin.

Jean-Luc Mélenchon confère d’autres vertus au retour du service militaire. avançant que les conscrits pourraient par exemple effectuer des missions au sein de la police.

Dans une France de plus en plus divisée sur la place occupée par les forces de l’ordre, le candidat de gauche l’assure : une telle mesure « changerait le regard de la population sur sa police et changerait les pratiques internes de celle-ci ».

Pour l’ancien soutien de Laurent Fabius,  »le racisme et la violence » pourraient en sortir affaiblis. « Quand les enfants du peuple sont quelque part tout change », a-t-il conclu sur le sujet.

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29 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

séville 2021 (ecologistas)

Contre la guerre électronique

Contre le salon de l’armement qui aura lieu dans la ville de Séville entre 25-27 mai 2021.

https://www.ecologistasenaccion.org/

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27 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

violences policières (grs)

grs

grs2

Contact:

Cedexrevosoc.grs@gmail.com

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27 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

irlande (socialist democracy)

tricolore

L’Irlande Unie du Sinn Fein un « gadget »

Fin novembre 2020, Pearse O’Doherty de Sinn Fein a lancé un nouveau document : « Les avantages économiques d’une Irlande unie ».

Ce document est une reprise ennuyeuse et banale de vieux arguments académiques.  Une Irlande Unie serait économiquement plus efficace et résoudrait la question de Brexit.  L’importance de la subvention britannique est surévaluée et, de toute façon, elle paierait les retraites etc.

Mais ce n’est qu’une apparence. En réalité, l’initiative menée parallèlement aux campagnes pour un référendum sur la frontière, ne vise que la base du parti, en le rassurant sur le fait que Sinn Fein est en route pour une Irlande Unie.

De plus en plus de ses partisans doivent fermer les yeux et se mettre le doigt dans l’oreille pour acheter ce genre de propos. L’accord du Vendredi Saint de 1998 ne prévoit pas de référendum sur le tracé de la frontière.

Les Britanniques refusent catégoriquement d’en envisager un. Ils parlent maintenant de « quatre nations » en parlant de la zone des six comtés et la réponse est le silence. De nombreux membres de la classe moyenne catholique sont satisfaits du statu quo et le gouvernement irlandais cherche désespérément à enterrer le républicanisme.

Ce qui a changé, c’est le niveau de contradiction entre le discours optimiste de Sinn Fein et le monde réel.

Tout au long de la progression de la transmission du Covid-19 en Irlande, une simple contre-mesure a été préconisée par les principaux épidémiologistes.  Il s’agit de la synchronisation des politiques Nord et Sud et d’une politique commune dans les ports et les aéroports.

Cela permettrait de sauver des vies, à mille lieues de l’Irlande Unie. Ce n’est pas sur la table.

Le Sinn Fein est incapable d’affronter le Parti Démocrate Unioniste (DUP extrême droite) sur cette question.  En fait, le DUP se révolte contre toute mesure globale et a utilisé à deux reprises leur droit de veto sectaire pour bloquer les progrès et ont été acceptés par Sinn Fein.

Sinn Fein n’est pas sur la voie d’une Irlande unie. Il n’est même pas en voie d’avoir un contrôle égalitaire de l’administration locale. La volonté du DUP est de démanteler l’Accord l’emporte sur son désir ardent de garder ses fesses au Parlement.

Cette politique de la poudre aux yeux n’est pas nouvelle. En 1948, De Valera, le leader du Fianna Fail, a lancé une campagne internationale contre la partition. Le Fianna Fail était élu pour installer un État de 26 comtés (contre 32 pour Irlande unifiée) et réprimait sauvagement le républicanisme. Ils avaient besoin d’un « gadget » pour distraire leurs partisans et c’est ce que la campagne a permis de faire.

Le Sinn Fein ne construit pas un véritable mouvement. Ils sont sur la même route que Fianna Fail.  Aujourd’hui, ils agitent des gadgets. En réalité, ils s’approchent de la situation actuelle de Micheál Martin ( Taoiseach premier ministre) qui rejette une démocratie irlandaise complète au profit d’une « île partagée ».

24 novembre 2020

http://www.socialistdemocracy.org/

 

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27 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

trump (courrier inter)

bourreau mort

Peine de mort. Avant de partir, Trump multiplie les exécutions fédérales

De nouvelles règles édictées par le ministère de la Justice américain visent à hâter l’exécution de cinq condamnés à mort supplémentaires avant la fin du mandat de Trump et à élargir les modalités de la peine capitale au niveau fédéral.

Traditionnellement, aux États-Unis, les présidents sortants non réélus sursoient aux exécutions ou convertissent les peines des condamnés à mort, mais Donald Trump a manifestement décidé de faire le contraire, rapporte le New York Times, qui souligne que le ministère de la Justice américain “hâte le calendrier fédéral des exécutions des détenus du couloir de la mort” avant la fin du mandat de l’actuel locataire de la Maison-Blanche.

La dernière exécution en date, celle du détenu africain-américain Orlando Cordia Hall, condam-né à mort pour l’enlèvement, le viol et le meurtre d’une adolescente de 16 ans, a eu lieu le 20  novembre par injection létale dans une prison de l’Indiana. Et, le 14 juillet 2020, le condamné à mort Daniel Lewis Lee a été le premier prisonnier fédéral à être exécuté depuis dix-sept ans.

Un nombre record d’exécutions

L’administration Trump ne compte pas s’arrêter là, souligne le journal : La semaine dernière, le ministère de la Justice a en effet annoncé qu’il comptait exécuter trois détenus supplémentaires en plus des deux exécutions déjà programmées, ce qui porterait à treize le nombre de condamnés à mort exécutés depuis le mois de juillet. Soit le nombre le plus important d’exécutions fédérales depuis au moins 1927.”

Le ministre de la Justice américain a également édicté de nouvelles règles afin d’“élargir les modalités d’administration de la peine capitale au niveau fédéral en incluant le recours aux pelotons d’exécution et à la chaise électrique”. Depuis des décennies, les exécutions fédérales se faisaient “uniquement par injection létale”, rappelle le New York Times.

Ruth Friedman, la directrice du Federal Capital Habeas Project, qui a défendu le premier condamné à mort exécuté pendant le mandat de Donald Trump, condamne ces nouvelles règles, qui constituent selon elle un “abus de pouvoir”, et s’étonne de l’acharnement du gouvernement Trump à vouloir exécuter à la hâte des condamnés à mort avant l’entrée en fonctions du nouveau gouvernement de Joe Biden, qui a déclaré vouloir abolir la peine de mort au niveau fédéral.

“La dernière cruauté de Trump”

Pour l’hebdomadaire The New Yorker, qui rappelle que “pendant dix-sept ans aucune exécution n’a eu lieu au niveau fédéral”, soit un moratoire de fait sur la peine de mort, ces exécutions à la chaîne constituent “la dernière cruauté de Donald Trump”.

Et l’hebdomadaire new-yorkais de détailler la prochaine exécution programmée, qui aura lieu à Terre Haute, dans l’Indiana, dans deux semaines. Il s’agira de celle de Brandon Bernard, un Africain-Américain âgé de quarante ans, qui “a passé plus de la moitié de sa vie dans le couloir de la mort”, après avoir été condamné à la peine capitale pour complicité de meurtre [notam-ment pour avoir fourni l’arme du crime], alors qu’il n’était âgé que de 18 ans. Et l’hebdomadaire de conclure :

Un gouvernement rejeté par une majorité d’électeurs ne devrait pas avoir le droit d’envoyer Brandon Bernard, ou tout autre individu, à la mort.”

Bérangère Cagnat  27/11/2020

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27 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

brésil (jdd)

boulos_psol

Brésil : Guilherme Boulos, candidat à la mairie de Sao Paulo, sera-t-il le nouveau leader de la gauche?

Guilherme Boulos va-t-il ravir dimanche la mairie de Sao Paulo?

Alors que Lula a appelé à voter pour lui aux municipales de São Paulo, Guilherme Boulos pourrait s’imposer comme un leader de la gauche brésilienne.

Il aurait voulu l’adouber comme son successeur ­naturel qu’il ne s’y serait pas pris autrement. Lula, icône déchue de la gauche brésilienne, a appelé mardi sur Twitter à voter au second tour des municipales de São Paulo, la plus grande ville du pays, pour Guilherme Boulos, 38 ans, le candidat du Parti socialisme et liberté (PSOL), dont il est proche depuis plusieurs années.

Fort de ses 20,2% au premier tour, le jeune professeur affrontera dimanche prochain le maire sortant de centre droit, Bruno Covas, à 32,8%, mais les sondages le donnent à 10 points de son concurrent.

Il s’agit tout de même d’une petite révolution au sein de la gauche brésilienne, terrassée en 2018 par ­l’élection du président d’extrême droite Jair Bolsonaro. Car la formation de Lula, le Parti des travailleurs (PT), avait elle aussi un candidat au premier tour, qui n’a pas dépassé les 10 %…

Le candidat d’opposition à Bolsonaro à la présidentielle de 2022?

Beaucoup voient désormais en Guilherme Boulos, fils de médecin, diplômé de psychanalyse, l’incarnation d’une gauche unie et enfin débarrassée des fantômes du PT.

Surnommé « l’héritier » par le quotidien Folha de São Paulo, l’activiste séduit ­notamment les jeunes générations sur les sujets de société comme l’égalité femmes-hommes, la question raciale et la défense des LGBT. De quoi incarner le candidat d’opposition à Bolsonaro à la présidentielle de 2022.

27 novembre 2020 Camille Neveux

https://www.lejdd.fr/

Note :

Le PSOL est l’équivalent du NPA au Brésil

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25 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

brésil (npa)

mariellefranco

Notre camarade Marielle du PSOL

Élections municipales : défaite du Bolsonarisme et affirmation du PSOL comme force émergente

Après le premier tour des élections municipales, le PSOL apparaît comme le principal renouveau à gauche et acteur central de l’opposition à Bolsonaro.

Les élections municipales du 15 novembre se sont déroulées dans des conditions sans précé-dent. Dans le contexte de la pandémie de Covid-19, qui a complètement changé la vie politique et sociale en 2020, la participation aux scrutins pour décider du vote des maires et des conseil-lers municipaux a pris une forme particulière. Le contexte général est celui d’une aggravation de la crise économique et sociale, et d’une apathie qui s’est traduite par une abstention accrue et le début de la reconfiguration de la carte politique nationale, avec un grand perdant : Jair Bolsonaro.

Bien que « l’agenda national » n’ait pas été le centre des débats, les poulains de Bolsonaro, qui a été populaire dans le passé, ont été largement battus. Nous avons eu une élection nationale, certes déguisée, et c’est bien ainsi que nous la définissons. Les élections municipales ont eu lieu alors la population commençait à ressentir les effets de la réduction de l’aide d’urgence, qui sera bientôt supprimée, de la cherté des aliments et des records historiques de chômage et de récession dans les grands centres urbains. La situation de crise sociale a même conduit au report des élections dans l’état de Macapá, qui subit depuis des jours un black-out total.

Au sein de cette mosaïque complexe, nous célébrons une grande victoire du PSOL. Notre parti, qui s’est battu dans tout le pays, s’est imposé comme la principale nouveauté á gauche, donnant force au projet d’oser résister aux marées et aux vagues politiques, la raison de sa fondation en 2004. Nous avons fait un saut de qualité et le PSOL se présente comme un acteur central de l’opposition de gauche à Bolsonaro, avec une forte présence de militants noir(e)s dans nos rangs, souvent les plus votés (1) dans les capitales et les grandes villes.

La bataille politique se poursuit au second tour, et le PSOL sera directement présent dans deux capitales :  dans la principale ville du pays, avec Guilherme Boulos qui s’affirme comme référence de masse à São Paulo, et avec Edmilson Rodrigues qui polarise à Belém contre le Bolsonarisme. Dans les prochains jours, nous publierons un bilan plus profond et plus collectif du résultat électoral. Pour l’instant, nous voulons juste souligner les principales caractéristiques des résultats du scrutin de dimanche dernier et mettre en place la bataille pour le deuxième tour et pour la construction organique d’un pôle gauche alternatif à partir de la nouvelle dimension atteinte par le PSOL.

Abstention et victoire de la droite « pro-1988″

Dans une campagne électorale marquée par la pandémie, l’expression populaire dans les rassemblements et les mobilisations a été rendue plus difficile, outre l’interdiction de la plupart des débats télévisés au premier tour. La majorité de la presse a montré un manque d’intérêt conscient pour l’élection, laissant l’électeur moyen avec moins critères de choix et encore moins de motivation pour voter dans un débat politique vide.

En conséquence de la pandémie et du manque d’intérêt, bien sûr, l’abstention a augmenté ainsi que, dans de nombreuses villes, une certaine tendance à « voter pour les mêmes », sauf dans les villes où l’agenda politique local a démoralisé les maires comme Crivella à Rio et Marchezan à Porto Alegre – ce dernier n’est même pas qualifié pour le second tour. En 2020, il y a eu 23,15 % d’abstentions, contre 17,5 % en 2016.

Le camp politique qui est sorti renforcé du premier tour est ce que l’on peut appeler « l’aile droite pro-1988″, dans laquelle coexistent les vieux partis, soutien traditionnel du régime, ceux qui ont gouverné avec le FHC, Lula, Dilma, Temer et Bolsonaro, mais qui se sont différencient occasionnellement de ce dernier en défendant les libertés démocratiques face aux manifestations putschistes du Bolsonarisme.

Au plan social et économique, ils adhérent á la ligne politique unitaire de la bourgeoise de défense de l’austérité. Nationalement, le principal représentant de ce groupe hétérogène est le président de l’assemblée législative, Rodrigo Maia. Les victoires de Rafael Greca (DEM) à Curitiba, Gean Loureiro (DEM) à Florianopolis, Bruno Reis (DEM) à Salvador et Kalil (PSD) à Belo Horizonte sont des résultats importants de ce camp de droite.

L’échec du Bolsonarisme

Après des mois de manifestations hésitantes quant à sa participation à la campagne municipale, Bolsonaro a décidé soutenir certaines candidatures de maire ou de conseillers municipaux, juste pour voir la plupart de ses poulains échouer. Bolsonaro a atteint des sommets de ridicule pour avoir publié, puis effacé, sur les réseaux sociaux une liste de 55 candidats qui bénéficiaient de son soutien, pour finalement se contenter de voir élu le maire de Ipatinga entre les villes grandes et moyennes.

Comme un « Midas à l’envers », ceux qu’il avait adoubés ont subi une défaite amère et démoralisante. C’est le cas pour Celso Russomanno à São Paulo ou encore « Wal do Açaí » à Angra dos Reis. La mauvaise performance de Marcelo Crivella à Rio, la défaite de la candidate Colonelle Fernanda aux élections sénatoriales (supplémentaires) du Mato Grosso et le fait que Carlos Bolsonaro2 n’ait pas été le candidat au conseil municipal mieux voté à Rio de Janeiro, dépassé par les votes reçus par Tarcisio Motta (PSOL) sont autant de manifestations de la faiblesse des paris de Bolsonaro.

Il est utile de rappeler la définition classique du marxisme selon laquelle les élections bourgeoises sont un miroir déformé de la lutte des classes, tant du point de vue du rapport de forces que de la représentation des classes sociales, en gardant à l’esprit que les régimes politiques et la classe dominante agissent pour réduire la force populaire aux urnes. L’échec électoral du bolsonarisme amplifie donc la perception que le gouvernement se dirige vers une plus grande perte de prestige, en raison de la situation mondiale et du déroulement de la crise brésilienne.

Ces derniers mois, un nouveau scénario mondial – marqué par des manifestations antiracistes aux États-Unis et dans le monde entier, la victoire du MAS en Bolivie, le « oui » au plébiscite pour la nouvelle constitution au Chili et de « Biden contre Trump » à l’élection présidentielle américaine – et la mobilisation antifasciste dans les grandes villes brésiliennes ont affaibli Bolsonaro et l’ont forcé à mettre un frein à ses tentatives putschistes.

Depuis lors, le gouvernement a rencontré des difficultés constantes pour maneuvrer, entre crises de palais, impréparation et improvisation, bien qu’un bref regain de popularité motivé par l’octroi d’une aide d’urgence ait contribué à écarter la possibilité que le « dehors, Bolsonaro » devienne réalité. Dans les mois à venir, l’isolement de Bolsonaro et la crise gouvernementale devraient donc s’accentuer.

Le PSOL se renforce comme un pôle de gauche et une expression de la révolte antiraciste

Le fait nouveau à gauche est la performance du PSOL, en particulier dans les capitales. Non seulement Guilherme Boulos à São Paulo, avec plus d’un million de voix (20,24 %), et Edmilson Rodrigues à Belém, avec près de 250 000 voix (34,22 %) sont qualifiés pour le deuxième tour, mais le PSOL a été le parti qui a reçu le plus de voix pour l’élection du conseil municipal à Porto Alegre, a élu le plus de conseillers á Rio de Janeiro et formera le troisième groupe á São Paulo. Au niveau national, il y a eu une croissance significative par rapport à 2016 : 89 conseillers municipaux et quatre maires ont été élus au premier tour.

Le passage de Guilherme Boulos pour le second tour à São Paulo a permis de développer un pôle d’énergie sociale, dépassant le PT électoralement sur sa gauche dans la principale ville du pays. Le fait que Boulos soit maintenant plus identifié au PSOL l’a aidé à trouver cette voie. Dans les capitales et les grandes villes, le PSOL a également réalisé des performances significatives, en élisant ses premiers conseillers, soit en augmentant le nombre.

Cela ne signifie pas que le PSOL soit devenu un pôle de pouvoir, nous en sommes encore loin en raison de l’inégalité des résultats. De plus, le PSOL rencontre encore des difficultés pour avancer un programme plus général pour la crise du pays.

Les résultats du PSOL sont également l’expression des luttes des mouvements antiracistes, des femmes et de la diversité qui ont trouvé dans le parti un espace pour exercer et rendre visibles leurs luttes. Ils sont également l’expression d’une nouvelle situation, dans laquelle de nouveaux cadres et de nouvelles personnalités font un pas en avant et assument de nouvelles responsabilités.

Enfin, il faut tenir compte d’un retard dans la prise de conscience des masses dans le pays : la classe ouvrière reste sur la défensive, et cela freine le développement d’une conscience socialiste, capable, à partir de la montée des luttes démocratiques en cours d’aboutir à une compréhension globale de la nécessité de lutter contre la domination bourgeoise.

Notre courant, le MES, a obtenu de bons résultats dans tout le pays. Nous félicitons les efforts de nos camarades qui ont mis en avant le drapeau de notre parti lors des élections et à s’affirment comme de nouveaux tribuns populaires.

Nous célébrons l’élection de Vivi Reis (Belém), Fernanda Miranda et Jurandir Silva (Pelotas-RS), Pedro Ruas et Roberto Robaina (Porto Alegre), Bruna Biondi- Plus de droits pour les femmes (São Caetano do Sul-SP), Josemar Carvalho (São Gonçalo-RJ), Luana Alves et Erika Hilton (São Paulo). Nous avons également milité et appuyé les campagnes du mandat collectif Ativoz (Osasco-SP), de dizaines de conseillers municipaux dans les villes du Rio Grande do Norte, de camarades du FNL (3) qui ont élu le maire de Marabá Paulista (SP) et trois conseillers municipaux, en plus des suppléants et de l’élection de dizaines d’alliés politiques au sein du PSOL.

Nos parlementaires sont engagés dans la lutte socialiste, feront de leurs mandats un levier des mobilisations populaires et mettront leurs structures au service de la construction d’une alternative révolutionnaire stratégique pour le pays.

Lutter et gagner : mobilisation pour battre la droite au second tour !

Le poids militant du PSOL dans 600 villes brésiliennes, indépendamment des résultats toujours inégaux des élections, est renforcé. C’est le moment de profiter de ces conquêtes pour aller plus loin. Nous avons une bataille importante au deuxième tour : nous allons nous mobiliser avec force pour gagner à São Paulo et à Belém, pour transformer ces villes en avant-postes dans la lutte contre le bolsonarisme et pour la défense des droits de notre peuple. Dans le cas de Belém, ce sera aussi un affrontement entre un bolsonariste en pleine ascension et le PSOL, et la victoire est possible.

Dans les villes où il y a une lutte acharnée contre les bolsonaristes ou entre des projets antagonistes, comme à Porto Alegre, nous soutiendrons, de manière indépendante et critique, un pôle anti-droite et anti-austérité.Ainsi, nous nous mobiliserons avec énergie au cours des deux prochaines semaines pour que notre parti sorte victorieux des luttes en cours. Notre plus grand défi, à son tour, est de convertir cette force électorale croissante en influence sociale, en organisation et en activité.

Thiago Aguiar Mardi 24 novembre

https://lanticapitaliste.org/

  • 1. Au Brésil, en fait, il y a deux élections municipales parallèles. L’élection du maire (prefeito) est une majoritaire classique. Les conseillers municipaux (vereadores) sont eux élus à la proportionnelle sur la base d’une liste pour chaque parti. Les électeurs peuvent voter soit pour la liste dans son ensemble, soit comme c’est souvent le cas pour un candidat particulier. Les élus sont choisis dans l’ordre des votes nominaux. Dans ce contexte le succès des candidats noirs (comme d’ailleurs des femmes et des candidats LGBTIQ+) est significatif : ils ont été plébiscités par les électeurs (NdT)
  • 2. Um des trois fils politiquement actifs de Bolsonaro. Il avait été en 2016 le conseillé municipal de Rio le mieux voté (NdT)
  • 3. FNL, Front National de Lutte, organisation de masse qui lute pour une reforme agraire (et urbaine) radicale (NdT)
  • Lire aussi:

Bolsonaro vaincu, la gauche reste en vie

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24 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

1% (the guardian)

npa agricol
1 % des exploitations agricoles exploitent 70 % des terres agricoles du monde

Des chercheurs avertissent que l’accaparement des terres agricoles s’accentue, les terres étant de plus en plus dominées par quelques grandes entreprises Le déclin des petites exploitations dans le monde entier entraîne une augmentation des monocultures destructrices.

Un pour cent des exploitations agricoles du monde exploitent 70 % des champs en culture, des prairies et des vergers, selon un rapport qui met en évidence l’impact sur les crises du climat et de la nature.

Depuis les années 1980, les chercheurs ont constaté que le contrôle des terres est devenu beaucoup plus concentré, à la fois directement par la propriété et indirectement par l’agriculture contractuelle, ce qui se traduit par des monocultures plus destructrices et moins de petites exploitations soigneusement entretenues.

En tenant compte pour la première fois de la valeur croissante de la propriété et de la croissance des populations sans terre, le rapport calcule que l’inégalité des terres est de 41 % supérieure à ce que l’on croyait auparavant.

Selon les auteurs, cette tendance est due aux produits financiers à court terme, qui façonnent de plus en plus l’environnement mondial et la santé humaine.

« Dans le passé, ces instruments ne concernaient que les marchés. Ils ne nous touchaient pas individuellement. Mais maintenant, ils touchent tous les aspects de notre vie car ils sont liés à la crise environnementale et à la pandémie », a déclaré Ward Anseeuw, spécialiste technique principal de l’International Land Coalition, qui a mené les recherches avec un groupe de partenaires dont Oxfam et le World Inequality Lab.

L’étude publiée ce mardi se fonde sur 17 nouveaux documents de recherche ainsi que sur l’analyse des données et de la littérature existantes.

Elle indique que les calculs précédents de l’inégalité des terres étaient basés exclusivement sur la propriété et la taille des exploitations individuelles. Sur cette base, l’inégalité foncière s’est réduite à partir des années 1980, puis s’est accentuée.

Cette tendance est plus prononcée avec la nouvelle méthodologie, qui tient compte de facteurs supplémentaires, tels que la propriété multiple, la qualité et la valeur des terres et le nombre de personnes sans terre.

Le nombre de personnes sans terre est plus faible en Chine et au Vietnam, et le plus élevé en Amérique latine, où les 50 % de personnes les plus pauvres ne possédaient que 1 % des terres.

L’Asie et l’Afrique ont les niveaux les plus élevés de petites exploitations, où l’apport humain tend à être plus élevé que les facteurs chimiques et mécaniques, et où les délais sont plus susceptibles de s’étendre sur plusieurs générations plutôt que sur des cycles d’investissement de dix ans.

Dans le monde, entre 80 et 90 % des exploitations agricoles sont des exploitations familiales ou des petites exploitations. Mais elles ne couvrent qu’une petite partie des terres et de la production commerciale et va en diminuant.

Au cours des quatre dernières décennies, c’est aux États-Unis et en Europe que le passage de la petite à la grande exploitation a été le plus marqué, la propriété étant entre moins de mains, les agriculteurs individuels travaillant sous des contrats stricts, des conglomérats commerciaux et pour des fonds d’investissement.

Selon M. Ward, ces arrangements financiers s’étendent maintenant au monde en développement, ce qui accélère le déclin de la qualité des sols, la surexploitation des ressources en eau et le rythme de la déforestation.

« La concentration de la propriété et du contrôle entraîne une plus grande poussée des monocultures et une agriculture plus intensive, car les fonds d’investissement ont tendance à travailler sur des cycles de dix ans pour générer des rendements », a-t-il déclaré.

Cela est également lié à des problèmes sociaux, notamment la pauvreté, les migrations, les conflits et la propagation des maladies comme le Covid-19.

Pour y remédier, le rapport recommande une réglementation et une surveillance accrues des systèmes opaques de propriété foncière, une modification des régimes fiscaux pour soutenir les petits exploitants et une meilleure gestion de l’environnement, ainsi qu’un soutien important aux droits fonciers des communautés rurales.

« Les petits exploitants agricoles, les agriculteurs familiaux, les populations indigènes et les petites communautés sont beaucoup plus prudents en ce qui concerne l’utilisation des terres. Ce n’est pas seulement une question de retour sur investissement, c’est aussi une question de culture, d’identité et de laisser quelque chose à la génération suivante. Ils sont beaucoup plus prudents et, à long terme, ils produisent plus par unité de surface et détruisent moins ».

Jonathan Watts Mar 24 Nov 2020

https://www.theguardian.com/

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22 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

bildu (pùblico)

euskal herria

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Il ne fait plus peur au Pays Basque 

EH Bildu brise les clichés

La décision de la coalition souverainiste basque  de soutenir le budget général de l’État (gouverné par le PSOE) consolide son rôle politique et lui confère un protagonisme sans précédent dans l’État, bien que déjà normalisé au Pays Basque et en Navarre.

Le 5 mai 2011 Bildu (« Reunir » en basque) commençait à faire parler de lui. Cette nuit-là, le Tribunal suprême a décidé qu’aucune interdiction ne serait plus appliquée  et que, par conséquent, le souverainisme basque pouvait être représenté à nouveau aux élections. Sur la scène de l’Arenal, il y avait non seulement des représentants de la gauche abertzale traditionnelle , mais aussi un jeune parlementaire basque de l’IU. Son nom : Oskar Matute. Ou encore Pello Urizar, leader de l’EA social-démocrate, une scission du PNV.

Neuf ans plus tard, Matute est l’un des cinq députés d’EH Bildu qui, « si tout va bien » – selon les termes du coordinateur général de cette formation, Arnaldo Otegi – soutiendra le budget général de l’État. L’annonce a eu un grand succès : la droite et les médias qui lui sont liés n’ont pas hésité à accuser le gouvernement de faire un pacte avec les « héritiers de l’ETA » ou avec les « batasunos », autre terme utilisé pour désigner de manière péjorative ceux qui font partie d’une coalition qui, tant sur le plan politique qu’organisationnel, dépasse les limites de la traditionnelle gauche abertzale.

« Ici, le débat est inexistant », déclare Asier Blas, directeur du département de sciences politiques et d’administration de l’Université du Pays basque (UPV). En ce sens, il souligne que l’alarme générée par la droite à Madrid avant la décision de EH Bildu de soutenir le budget n’a aucun effet au Pays Basque. « Rappelons-nous que lorsque Bildu gouvernait le Conseil provincial de Gipuzkoa, ils faisaient passer les budgets avec le soutien du PSE ».

Lors des élections basques du 12 juillet dernier, EH Bildu a renforcé sa position de principale force politique d’opposition et s’est une nouvelle fois placé derrière le PNV avec 21 sièges.

Il a également obtenu le pourcentage de voix le plus élevé de l’histoire politique de la gauche souverainiste (27,8 %) et a remporté 249 580 voix, soit un peu moins que les 277 923 ( 25 % des suffrages exprimés) qu’aux élections basques de 2012. Il gouverne 83 des 251 conseils municipaux du Pays Basque et 34 des 272 conseils de Navarre, tandis qu’il dispose actuellement de sept sièges au Parlement de la Communauté autonome de Navarre.

« EH Bildu est très présent dans la société basque. Aujourd’hui, il est logique qu’il participe et assume une fonction parlementaire standard, ce qui est un symptôme de normalité », déclare Xabier Aierdi, ancien directeur du département de sociologie de l’Université du Pays Basque (UPV).

En fait, il pense que la controverse construite par la droite autour du soutien de la coalition au budget est un « débat de Madrid » qui découle d’un « microclimat toxique ». « Parfois, les gens ne pensent pas, depuis Madrid, à quel point ces débats peuvent être ennuyeux et inintéressants ».

La normalisation d’EH Bildu dans la vie politique a été ressentie ces jours-ci également au Parle-ment de Navarre, où la formation indépendantiste a conclu un nouvel accord avec le gouverne-ment dirigé par le PSN pour faciliter l’approbation des budgets foraux (usages locaux blog). « Une chose est le scénario du Congrès et une autre est celui qui se configure au Pays Basque et en Navarre avec une dynamique particulière », souligne le sociologue et professeur à l’Université publique de Navarre Ricardo Feliú.

Selon lui, « Bildu a évidemment un programme politique qui est engagé pour l’indépendance,  républicain, mais acceptant le jeu des institutions », c’est pourquoi il comprend que « cette gauche abertzale des années 80 et 90 est très loin ».

Dans ce sens, Feliú considère qu’il y a eu une « réarticulation » des deux grands « axes discursifs » de la gauche abertzale : « Elle ne renonce pas à l’indépendance et à la construction nationale  mais elle se réarticule ». « Il est très intéressant de voir comment dans les mairies régies par Bildu, des hommages ont commencé à être rendus aux victimes de l’ETA »

Aujourd’hui, la feuille de route d’EH Bildu comporte des ingrédients clairement de gauche, non seulement au Pays Basque et en Navarre, mais aussi en Espagne : son engagement est également de former des majorités qui lui permettront de promouvoir des politiques progres-sistes, sans abandonner la question territoriale basque, et en même temps d’exiger des solutions pour les prisonniers de l’ETA.

« Ce n’est pas une chose simple que de refermer les blessures sociales et émotionnelles de 40 ans de terrorisme, c’est un processus très lent. En tout cas, il est très intéressant de voir comment dans les mairies régies par Bildu, on a commencé à rendre hommage aux victimes de l’ETA, ou que ce groupe participe à des actes de ce genre », souligne Feliú.

Ce qui est certain, c’est qu’au sein de l’EH Bildu, des forces aux trajectoires différentes coexistent, également en ce qui concerne la violence. Au sein de cette coalition, il y a Sortu, ( avec qui le NPA a des relations blog) l’actuel parti officiel de la gauche abertzale, avec Eusko Alkartasuna – aujourd’hui plongé dans une grave crise interne qui menace son avenir – et Alternatiba, l’organisation politique à laquelle appartient Matute. Aralar, un parti créé par le secteur critique de Batasuna, a décidé en 2017 de se dissoudre au sein de l’EH Bildu, où aujourd’hui plusieurs de ses principaux membres continuent à participer.

« La droite utilise le fantôme de l’EH Bildu, alors qu’il y a des secteurs qui ont toujours condamné la violence », dit Blas. Ainsi, parmi les membres de la coalition – tant ceux qui représentent les partis qui la composent que ceux qui y participent en tant qu’indépendants – il y a eu des lectures et des positions différentes sur le terrorisme. Dans ses statuts, l’EH Bildu a écrit son rejet de toute violence, y compris celle de l’ETA.

Cela a également été réaffirmé dans l’accord gouvernemental qu’il a signé en 2015 pour entrer dans l’Exécutif quadripartite de Navarre avec Géroa Bai, Podemos et Izquierda-Ezkerra. A la page six de ce document, EH Bildu a exprimé « le rejet et la condamnation de tout type d’expression de violence qui pourrait se produire, y compris celle de l’ETA ».

Ramón Zallo, professeur de communication audiovisuelle à l’UPV, s’accorde à mettre en garde contre l’artificialité du débat mis en place par la droite au Congrès au vu du soutien d’EH Bildu au budget. « À Madrid, il se heurte à certains courants, mais ici, en revanche, il est totalement intégré. Après tout, il est la deuxième force du Parlement basque », a-t-il déclaré.

Grandir à gauche

EH Bildu aspire également à élargir sa base politique, en se développant principalement à travers la gauche, sans oublier son conflit d’hégémonie avec le PNV lorsqu’il s’agit de conserver les électeurs nationalistes. « Il est également vrai que si vous vous développez beaucoup dans le domaine du nationalisme, vous commencez à perdre le soutien à gauche », reflète Zubero. En ce moment, je crois qu’ils ont la capacité de se développer en pénétrant dans le territoire que Podemos a semé ».

Pour sa part, Zallo estime que le parti basque a maintenant la possibilité de « renforcer ce discours de gauche, qui a été mis de côté pendant trop longtemps ». « Cela signifie qu’il faut rivaliser et aussi collaborer avec Podemos et même établir des alliances ».

BILBAO 21/11/2020 DANILO ALBIN

https://www.publico.es/

Commentaire:

Le PNV est le parti hégémonique, démocrate chrétien, pro patrons et souvent allié du PSOE.

EA en est sorti sur la gauche.

IU c’est l’ancien PCE-EPK allié à Podemos.

Aralar est une scission pacifiste de Batasuna

Navarre:

Izquierda-Ezquerra est formé de IU et de « Batzarre » vestige de la LCR

Geroa Bai: coalition Parti nationaliste basque, Aralar, Eusko Alkartasuna et Batzarre.

 

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