Archive | Antiimpérialisme

22 mars 2017 ~ 0 Commentaire

colonialisme (npa)

kanaks

Kanaks

Ces îles que l’on dit françaises…

Existe-t-il encore des colonies françaises dans le monde ?

Oui, presque trois millions d’hommes et de femmes vivent dans les derniers territoires subsis- tant de l’Empire colonial de la France, des territoires appelés DROM (département et région d’outre-mer) ou COM (collectivités d’outre-mer). Les plus importants sont dans la Caraïbe (Martinique, Guadeloupe, Saint-Barthélemy et Saint-Martin), en Amérique latine (Guyane), dans l’océan Indien (Réunion, Mayotte) et dans le Pacifique (Kanaky, la Polynésie dite française). Il faut également y ajouter la Corse, achetée et occupée militairement sous le Premier Empire.

La seule consultation concernant l’indépendance de ces territoires fut celle de 1974 dans les îles des Comores… où les Comoriens se prononcèrent à 96 % pour l’indépendance ! Malgré plusieurs résolutions de condamnation de l’ONU, l’État français décida de séparer Mayotte (où le non avait été majoritaire grâce aux populations françaises) des autres îles des Comores et de la maintenir comme possession française.

De nombreuses luttes furent menées pendant des dizaines d’années, avec d’importantes grèves générales, en particulier dans les Antilles, et la lutte prolongée des Kanaks, notamment dans les années 1980. Une consultation en Kanaky doit avoir lieu en 2018. Les colonialistes essayent de limiter l’accès des Kanaks (59 % des électeurs potentiels) à un scrutin dans lequel population colonisée et population colonisatrice auraient le même droit de vote…

Quel est l’intérêt pour l’État français de maintenir ces colonies ?

Plus de 6 000 militaires sont disposées dans 5 zones stratégiques : Mayotte, Réunion, Kanaky, Polynésie et Antilles. La France a un territoire de souveraineté maritime de 11 millions de km2, en faisant le deuxième espace maritime derrière celui des USA. Cela induit un contrôle militaire, notamment sur le détroit de Mozambique, et des ressources potentielles de pêche et d’extra- ction minière. Au-delà de ressources minières et agricoles exploitées par les descendants des colons, ces îles ont un indéniable intérêt stratégique.

La structure coloniale existe-t-elle toujours ?

Dans ces « départements français », les revenus médians révèlent la pauvreté de la popula- tion : 880 euros à la Réunion, 1 100 euros à la Martinique… Et dans tous ces territoires, le chômage est de 36 % en moyenne, plus de 50 % pour les jeunes ! Le coût de la vie est par contre de 12 à 17 % plus élevé qu’en « métropole », parfois plus de 30 % sur des produits de première nécessité.

Les richesses, les terres, les mines, les conseils d’administration des grandes entreprises présentes (notamment dans le tourisme et le bâtiment) sont essentiellement des possessions des descendants des colons. Ainsi à la Martinique, ils possèdent les 2/3 des terres cultivables, la quasi-totalité des usines à sucre, les 9/10 des plantations de bananes, la totalité des conserveries d’ananas et le quasi-monopole du commerce d’import-export. Les coloniséEs, eux, sont ouvriers, précaires ou chômeurs.

Aux Antilles, les mouvements indépendantistes revendiquent une redistribution des terres qui permettrait de revenir sur l’accaparement des terres par les colons.

En Polynésie, les populations exigent la réparation des désastres humains et écologiques produits par les explosions nucléaires.

Le système économique fonctionne pour le profit des compagnies et entreprises de la métro- pole, appuyés par la présence des colons. Les populations autochtones ou descendantes d’esclaves sont exploitées économiquement, discriminées. Ségrégation raciale et sociale se confondent. Celles-ci se prolongent dans la situation vécue dans l’hexagone par les populations issues des dernières colonies.

Le monopole de la « métropole » française sur les moyens de communication et les échanges commerciaux, l’isolation maintenue avec les pays limitrophes, ont développé un système liant dépendance financière et non-développement, avec l’utilisation par le colonialisme de toute une couche, essentiellement d’origine française, dépendante des emplois de la fonction publique. Mais ce carcan n’empêche pas des luttes de résistance. Ainsi, le mouvement du LKP, la grève générale de 2009 aux Antilles, a permis de mettre clairement en avant des exigences populaires.

Quelle position défend le NPA ?

Le NPA a toujours considéré que c’était aux populations de ces dernières colonies de former leurs organisations, leurs exigences face à l’État français. Nous sommes partie prenante des actions de solidarité avec les mouvements anticolonialistes.

Pour notre part, nous défendons évidemment le droit à l’autodétermination des popu- lations colonisées et soutenons la revendication d’indépendance de ces territoires. Nous exigeons le retrait de toutes les troupes et installations militaires françaises.

La nature des liens à établir entre ces territoires devenus souverains et les autres pays à l’échelle internationale doit être du seul ressort des populations locales. Nous considérons évidemment que la libération des liens coloniaux doit aller de pair avec la libération sociale. Car trop d’exemples existent d’États libérés du joug colonial pour retomber ensuite dans un nouveau, celui du néocolonialisme dans le cadre de la mondialisation capitaliste…

https://poutou2017.org/

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18 mars 2017 ~ 0 Commentaire

lordon besancenot (ballast)

besanc

L’Internationale, on le sait depuis la chanson, sera le genre humain.

Oui, mais comment ? Et tout se gâte, sinon s’enraie, ici. Nul n’oublie, depuis la boucherie de 1914, que les prolétaires eurent pourtant une patrie : des Français et des Allemands s’entretuèrent.

Le camp de l’émancipation brandit haut l’idéal internationaliste, de l’Espagne antifasciste des années 1930, au Che lançant, du Congo à la Bolivie, que « tout être humain véritable doit sentir dans son visage le coup donné au visage d’un autre être humain ». Mais l’interna- tionalisme induit-il le dépassement des nations ou la coopération solidaire de ces dernières ?

La question fâche et charrie son lot d’injures et de malentendus. Pour en débattre et tâcher d’en clarifier les enjeux, nous vous invitons à cet échange entre le philosophe Frédéric Lordon et l’un des porte-paroles du NPA, Olivier Besancenot.

Le premier jure qu’il n’est d’internationalisme que « de la contagion » et déplore l’abstraction d’une frange de la gauche radicale à ce sujet ; le second s’inquiète de la «grande régression » à laquelle nous assistons, celle de l’éloge des frontières ou de l’État, fût-ce à des fins socialistes. Une urgence plus qu’une question, donc.

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28 février 2017 ~ 0 Commentaire

corée du nord (npa)

kim coree d n

La Corée du Nord et l’escalade des tensions en Extrême-Orient

Le régime nord-coréen veut accéder au rang de puissance nucléaire. Dans une région déjà soumise à de très fortes tensions, chaque nouveau tir de missile a de lourdes conséquences géopolitiques.

Le 12 février dernier, la Corée du Nord a effectué un nouveau tir de missile de moyenne portée, l’engin terminant son vol au large du Japon. L’objectif semble clairement de tester la réaction de l’administration Trump, tout en en profitant de la crise politique qui paralyse actuellement le gouvernement sud-coréen et de l’acuité des tensions entre Pékin et Washington.

Le régime nord-coréen est convaincu que son avenir dépend de sa capacité à construire un arsenal nucléaire opérationnel.

D’octobre 2006 à septembre 2006, il a effectué cinq essais de bombes atomiques et développe un programme de missiles balistiques – préparant ostensiblement la mise au point d’engins intercontinentaux susceptibles d’atteindre les Etats-Unis. Pas de quoi inquiéter sérieusement le Pentagone vu les moyens d’interception déployés par les USA. En revanche, la politique «provocatrice» de Pyongyang a des effets de plus en plus déstabilisateurs en Extrême-Orient.

Au nom du danger nord-coréen, Washington implante en Corée du Sud une base de missiles d’interception Thaad.

Or, vu leur portée, ils seront susceptibles d’intervenir sur une grande partie du territoire chi- nois. Pékin considère donc que la Chine est en fait visée et que sa propre capacité de dissua-  sion nucléaire sera remise en question. La direction chinoise apprécie de moins en moins l’interventionnisme incontrôlable du président nord-coréen Kim Jong-un, alors que la situation régionale est explosive.

Ainsi, le Conseil de sécurité de l’ONU a condamné à l’unanimité le dernier tir nord- coréen, avec cette fois l’accord de la Chine.

Pékin a accepté d’appliquer des sanctions : les importations de charbon en provenance de Corée du Nord sont suspendues pour le restant de l’année. Un coup très rude pour l’économie du pays que l’agence de presse de Pyongyang dénonce violemment, y voyant l’acte d’un Etat ennemi « dansant sur la musique des USA » [1].

Pékin n’a aucune affinité politique ou idéologique avec le régime nord-coréen, bien au contraire.

Elle ne le soutient que dans la mesure où, s’il s’effondrait, la péninsule traverserait une crise qui pourrait profiter à Washington – ou plonger la région dans le chaos. Pas question pour la direction chinoise que Pyongyang n’achève son programme nucléaire et augmente d’autan son pouvoir de nuisance.

Les conséquences géopolitiques déstabilisatrices du « facteur nord-coréen » se font déjà pratiquement sentir. Face à la menace que représente le « bouclier antimissile » Thaad, Pékin a décidé l’an dernier de déployer ses sous-marins dans les océans pour mieux protéger une partie de son arsenal nucléaire.

Cette décision est plus facile à prendre qu’à mettre en œuvre : elle se heure à de nombreuses difficultés techniques, financières, politiques ; mais elle signifie que dorénavant, la direction chinoise juge que pour maintenir une force de dissuasion crédible, il lui faut constituer une capacité de seconde frappe (en réponse à une attaque dévastatrice de première frappe).

En Extrême-Orient, l’escalade militaire et la course aux armements entre puissances prennent aujourd’hui une dimension nucléaire.

Pierre Rousset lundi 27 février 2017,

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27 février 2017 ~ 0 Commentaire

trump 1 (essf)

 donald's penguin donald duck gif

Quelles peuvent être les implications internationales de l’élection de Donald Trump ?

L’accession de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis représente très probablement un point d’inflexion dans le désordre géopolitique et l’instabilité mondiale. Il est cependant trop tôt pour mesurer ses conséquences. Trump lui-même et une grande partie de son équipe n’ont aucun passé politique de gouvernants, qui offriraient un point de référence fiable. Le pouvoir présidentiel est encadré aux USA (beaucoup plus qu’en France !), par les pouvoirs du Con- grès, de la justice et des Etats, comme en témoignent les bras de fer engagés après le décret interdisant l’accès du territoire aux ressortissants de sept pays musulmans (même à celles et ceux qui possédaient un permis de séjour ou étaient résidents) décret dont l’application a été suspendue par des juges.

On ne peut donc pas fonder un jugement sur les seuls Tweets vengeurs, les coups de téléphone ou les déclarations péremptoires dont Trump a la spécialité – ni sur les multiples correctifs apportés parfois dans la précipitation : sur Taïwan et la politique « Une seule Chine », sur la Russie en Europe oriental (…)

Trump et… l’instabilité. L’élection de Donald Trump est en elle-même un nouveau facteur d’instabilité internationale. En effet elle n’était ni prévue ni souhaitée par les secteurs domi- nants de la bourgeoisie des Etats-Unis : le contrôle du processus électoral leur a échappé. Que cela ait pu se produire dans le principal pays impérialiste est un sujet de grande inquié- tude pour les gouvernants dans le reste du monde. Comment prévoir quand la gouvernance US devient si aléatoire ?

Les premières mesures de Trump ont accru ce sentiment d’inquiétude : retrait de l’Accord de partenariat transpacifique (TPP), critiques de l’OTAN. Les cadres de concertation entre Etats et bourgeoisies semblent menacés par une administration qui s’affiche unilaté- raliste. Le sens donné au slogan « America First » deviendrait alors « America Alone ». La multiplication des accords bilatéraux – où chaque fois les USA se retrouvent en position de force par rapport à leur interlocuteur – prendrait la place des accords multilatéraux.

Il y a bien évidemment de la continuité entre les politiques annoncées par Donald Trump et celles des précédentes administrations, y compris d’Obama ; mais il y a aussi de possibles points de rupture, une inflexion générale et une escalade au moins verbale. Les Etats-Unis se présentaient hier comme le chef de file de diverses alliances (sans pouvoir nécessairement assumer réellement cette fonction) ; Trump menace de faire cavalier seul. Il a ainsi permis au président chinois Li Xiping de postuler à la relève lors de son discours de Davos : ne vous inquiétez pas du repli US, nous Chine sommes prêts à assurer la poursuite du processus de mondialisation capitaliste !

Trump et… la crise écologique globale. Donald Trump est élu alors qu’en termes de réchauffement atmosphérique, en particulier, nous sommes déjà sur le fil du rasoir. Or, un climatosceptique se retrouve à la tête de l’Agence pour l’Environnement des Etats-Unis. Le nouveau président se fait le porte-voix des industries extractives et rejette les conclusions des études scientifiques en ce domaine. L’ampleur de la crise écologique multiforme à laquelle nous devons faire face et l’extrême gravité de ses conséquences sont ignorées, niées.

Les engagements pris par les gouvernements à l’occasion de la COP21 étaient très insuffisants et les politiques préconisées (géo-ingénierie…) dangereuses : ils ne permettent pas de contenir à 1,5% le réchauffement. Le limiter à 2% (un niveau déjà bien trop élevé) semble en l’état très difficile. Cela devient inatteignable en cas de replis US, s’il se confirme.

Les grands accords intergouvernementaux récents sur le climat ont été « cadrés » par des négociations préalables bilatérales à Washington et Pékin. Certes, la Chine et autres «grands» Etats promettent aujourd’hui de maintenir leurs objectifs en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre – mais le pas en arrière amorcé par Trump servira de prétexte aux autres pays. Chaque gouvernement va s’attaquer à des problèmes nationaux majeurs (comme les pollutions en Chine…) ou développer des secteurs industriels qu’il juge porteurs sur le plan international, mais la somme de ces égotismes ne fondera pas une politique d’ensemble.

Trump et… les femmes. Donald Trump a décidé de couper tous financements à des ONG qui évoqueraient la question de l’avortement (et pas seulement à celles qui en pratiqueraient). Les présidents républicains l’ont fait plus d’une fois dans le passé. Les conséquences en sont très graves sur le plan international, beaucoup des associations concernées n’ayant pas les moy- ens financiers de poursuivre leurs activités d’aides aux femmes une fois que ces fonds leur sont retirés.

Le prix à payer pour la politique de Trump risque d’être aujourd’hui particulièrement élevé, car l’extrême droite réactionnaire (notamment à référence religieuse) se renforce. Les Eglises sont bien souvent elles-mêmes à l’offensive contre les droits des femmes : on assiste en fait à une régression dramatique de la condition féminine dans une grande partie du mon- de. Le rôle de l’administration Trump peut, dans cette situation, être particulièrement néfaste – ce qui explique certainement pour une part le répondant international aux Marches de femmes aux Etats-Unis lors de l’intronisation du nouveau président et l’annonce d’autres journées mondiales.

Trump et… la réaction idéologique. Donald Trump « suinte » littéralement la réaction. Ce qui est vrai pour les femmes le sera probablement pour les LGBTI, pour le racisme, pour les obscurantismes.

Trump n’est pas contre « la » science. Il est contre la recherche scientifique là où elle peut créer des problèmes aux intérêts économiques qu’il défend, il devient alors négationniste. Comme Harper avant lui au Canada (qui voulait détruire les bases de données permettant de retracer l’histoire du climat), il veut contrôler la recherche et museler les cher- cheurs. Il a pris pour ce faire des mesures d’isolement et de censure des climatologues et des agences de l’Environnement d’une brutalité exceptionnelle – provoquant l’organisation d’une grande marche des scientifiques sur Washington en avril prochain.

Même « ciblée » sur les questions environnementales, climatiques, la dénonciation par Trump de la démarche scientifique a des conséquences générales : légitimer les obscurantismes à l’heure où le créationnisme (y compris sa version « dessin intelligent ») poursuit son offensive, menant en particulier une bataille de longue haleine sur les programmes scolaires en de nombreux pays.

Trump et… les extrêmes droites. Pour les mouvements d’extrême droite en Europe, la vic- toire de Donald Trump apparaît tout d’abord comme une très bonne nouvelle. Rompre par la droite avec le « mondialisme » est possible, la preuve ! Rejeter par la droite les « élites » aussi.

Cependant, il n’est pas évident que les extrêmes droites occidentales souhaitent s’identifier trop étroitement à Donald Trump. Le nationalisme de grande puissance « America First » est une menace – et nul ne sait si son administration va réussir à se stabiliser. Le ridicule peut finir par tuer. Donnée pour l’heure gagnante du premier tour de la présidentielle en France, Marine Le Pen ne s’est pas mise à parler « à la Trump ».

Les extrêmes droites islamistes, fondamentalistes, saluent pour leur part l’élection de Trump comme un don du ciel. C’était déjà le cas en France après que Manuel Valls, Premier ministre, a soutenu des décrets illégaux adoptés par quelques municipalités contre le port du Burkini – écartant d’un revers de main l’avis du Conseil d’Etat (il a ainsi fait du Trump avant la lettre : « le Conseil d’Etat dit le droit, moi je fais de la politique »  un Premier ministre peut donc s’asseoir sur le droit ?).

Valls, c’était encore de la petite histoire (sauf pour nous, en France) qui a bien fait rire à l’étranger. On ne rit plus avec le « Muslim Ban » de Trump interdisant l’accès des Etats-Unis aux ressortissants de sept pays musulmans. Les mobilisations spontanées aux USA, aux aéroports, pour permettre l’entrée de résidents étrangers bloqués, et la suspension par des juges du décret signé par Trump ont une portée internationale très importante. Ils brisent la bipolarisation extrême souhaitée tant par Trump que par les extrêmes droites fondamentalistes.

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27 février 2017 ~ 0 Commentaire

trump 2 (essf)

the force awakens donald duck gif

Impacts sur les équilibres entre puissances

Trump et… l’Amérique latine. La morgue impériale n’a pas étouffé Donald Trump concernant l’Amérique latine, « chasse gardée ». Les chefs d’Etat de cette région n’ont pas dû apprécier la brutalité avec laquelle il a humilié, de façon répétée, le président mexicain à force de Tweets plus lapidaires les uns que les autres. La gauche militante en Amérique latine va devoir se mobiliser contre les nouveaux diktats impérialistes, sans pour autant défendre l’ordre présent et l’agenda néolibéral [2].

Le Mexique est le pays de la « ligne de front » avec les Etats-Unis en ce qui concerne, notamment, les implications internationales de la xénophobie et du racisme anti-immigré, anti-latinos, de l’administration Trump, symbolisée par une politique d’expulsion massive, à marche forcée, et de construction du mur frontalier. Toute l’immigration latino est concernée ! Les musulmans sont loin d’être les seuls concernés, tant s’en faut.

Trump et… le Moyen-Orient. Donald Trump a tapé du poing pour dénoncer l’échec d’Obama et de l’OTAN au Moyen-Orient ; il a annoncé un désengagement du théâtre irako-syrien au profit de la Russie ; il a promis de déplacer l’ambassade US de Tel-Aviv à Jérusalem (ce qui reviendrait à la reconnaître comme capitale d’Israël – mais il ne le fera pas) ; il a rompu avec la politique des deux Etats (palestinen et israélien), base des négociations de paix ; il cible en priorité l’Iran et l’accord nucléaire passé avec Téhéran, tout s’ouvrant à l’Arabie saoudite et aux monarchies du Golfe ; il prône une alliance militaire régionale incluant ces Etats et Israël pour « contenir » l’Iran…

Trump et… la Russie. Dans le domaine diplomatique, une chose semblait claire : parmi ses priorités, Donald Trump voulait un rapprochement avec la Russie et Moscou tablait là-dessus. Depuis, les cartes se sont un peu brouillées. Dans le monde de Trump où la géopolitique de puissance sert très directement à faire des affaires, ce choix (si confirmé) a du sens : A la différence de la Chine, la Russie n’est pas un concurrent mondial. L’industrie extractiviste (pétrolière) qu’il veut incarner a tissé des liens étroits en Russie. Il peut y avoir convergence au Moyen-Orient. Un axe Whashington-Moscou isolerait Pékin, l’ennemi principal… Si ce schéma se confirme, la position de la Russie sortirait consolidée sur le théâtre d’opérations syro-irakien et en Europe orientale, aux dépens de l’UE.

Trump et… l’Union européenne. Une collaboration russo-américaine aurait beaucoup d’implications pour l’Union européenne, dont Donald Trump a dit tout le mal qu’il pensait. Malgré les envolées sur l’Europe Puissance, elle n’a pas pu, pas su, pas voulu se constituer en puissance géopolitique mondiale. La nouvelle présidence US a menacé de réduire son engagement dans l’OTAN, refusant de payer ad vitam æternam pour sa défense. L’UE est placée sous-pression, alors qu’elle est en crise : Brexit, hétérogénéité croissante, impopularité…

La question de l’armement réel de l’Allemagne se pose de façon de plus en plus pressante pour les milieux dirigeants européens. Il n’y a pas d’armée européenne. Les armées britanni- ques et françaises ne comblaient cette absence que très partiellement, étant surtout mobilisées dans le cadre de choix nationaux. Elles ont dû faire face à des exigences contradictoires : réduire les coûts au nom des politiques austéritaires tout en accroissant leurs engagements sur les théâtres extérieurs ou aussi intérieurs (France). Le matériel et le personnel militaire sont usés au risque du « burn out », ce qui serait déjà le cas en Grande-Bretagne, alors que ce « décrochage brutal » s’annoncerait pour bientôt en France [4].

L’incertitude ne vient pas seulement d’outre-Atlantique. Rien de sérieux ne peut se discuter dans l’UE avant le résultat des prochaines élections françaises et allemandes. La construction européenne est en crise structurelle. L’Union est incapable de jouer le rôle qui devrait être le sien sur le plan international, dans le maintien d’un ordre impérialiste. Qui que soit le président des Etats-Unis, Washington ne sait qu’espérer des Européens.

Trump et… la Chine. Comment la confrontation USA-Chine va-t-elle évoluer sous Trump ? C’est bien l’une des plus graves questions à suivre dans la période qui vient. Un nombre croissant de commentateurs évoque même la possibilité d’une nouvelle guerre mondiale (sous quelle forme ?) que la situation en Asie orientale préfigurerait.

Sans s’aventurer dans le débat sur « la guerre qui vient », notons que Trump est confronté à un problème auquel Obama n’a pas pu répondre : comment reprendre la main en Asie orientale après avoir laissé trop longtemps l’initiative à la Chine ? D’autant plus que ces derniers temps, Pékin a consolidé sa mainmise régionale. Son emprise économique s’est accrue dans la région, ainsi que son poids politique et diplomatique.

La militarisation à son bénéfice de la mer de Chine du Sud est maintenant un fait quasi accompli. La construction d’îles artificielles est suffisamment avancée pour en faire un réseau de défense opérationnel : pistes d’aviation, implantation en cours de nombreux lances missiles sol-air, etc. La flotte chinoise navigue ainsi dans son environnement. Un seuil qualitatif est franchi. Aucune pression ne forcera Pékin à replier bagage. Les enjeux sont trop impor- tants : le contrôle des accès aux océans, l’influence dominante dans la région (USA ou Chine), le nationalisme de puissance (ciment idéologique du régime)…

La barre est placée très haut. La VIIe Flotte US peut certes cingler en mer de Chine, mais elle ne peut pas refouler l’armée chinoise – sans du moins s’engager dans un conflit actif dont nul ne peut mesurer les conséquences.

Les sous-marins chinois sont encore « bruyants » (facilement détectable), la portée de leurs missiles balistiques est trop faible, il leur faut produire plus d’armes à têtes multiples technologiquement fiables, la mise en place d’une chaine de commandement capable d’agir en temps de crise est problématique – et tout cela coûte très cher…

L’escalade militaire en Asie du Nord-Est prend néanmoins aujourd’hui une dimension nucléaire. Les puissances « mineures » doivent alors montrer qu’elles ont une capacité sérieuse de seconde frappe, au cas où la Russie d’un côté, les Etats-Unis de l’autre tenteraient de détruire d’un coup leurs sites de lancement. La France, la Grande-Bretagne, la Chine ne le peuvent pas. La question reste toute théorique en Europe. Pékin s’inquiète maintenant de sa vulnérabilité, comme son programme de déploiement de sous-marins nucléaires semble l’attester.

La Chine et la Russie

La Chine s’impose comme une « puissance mondiale » (avec son parc d’armes nucléaires notamment), mais à « zone d’influence régionale ». La Chine est une puissance mondiale au profil militaire beaucoup plus discret, bien qu’en progression permanente. Cependant, sa zone d’influence économique et diplomatique est déjà quasi universelle. C’est l’aboutissement d’une politique d’expansion mise systématiquement en œuvre depuis près de 30 ans – et du rapport entre établit entre enjeux nationaux et déploiement international.

Pays capitaliste, la Chine connaît et connaîtra la crise. Il y a aujourd’hui de fortes surca-pacités de production, la crise immobilière, l’endettement, de très mauvaises créances, les tensions sur le marché du travail, la fuite de capitaux… Le déploiement international répond pour une part à ces facteurs « internes » de crise. Il doit garantir l’approvisionnement régulier de l’économie en matières premières; achat de terres, de mines, de compagnies de transports, de ports….

Dans divers pays, ces investissements (financés par des banques chinoises) sont politique- ment à risque. Un Etat endetté peut facilement mobiliser la population contre « les Chinois » pour s’en débarrasser, une fois les travaux réalisés, mais pour l’heure l’expansion chinoise garde son dynamisme. Jusqu’à quand ? Grande question.

Parce qu’elle est la première puissance mondiale, les Etats-Unis ont perdu l’initiative straté- gique : ne pouvant assumer toutes ses responsabilités, ne pouvant espérer grand-chose des Européens, elle a laissé la main aux Russes en Syrie et aux Chinois sur le plan international.

Parce qu’il semble ne rien connaître de la complexité des rapports de forces mon- diaux et des combinaisons géopolitiques régionales, Trump a commencé par demander à l’Union européenne et au Japon « qu’ils paient plus » (rendez-moi mon argent !), et aux institutions comme l’OTAN qu’elles se plient aux priorités définies unilatéralement par son administration. La réalité ne va pas se plier à son imaginaire. Comment va-t-il tenter de contrer la Chine, en provoquant quelles réactions en chaine ? On peut s’en inquiéter.

Nous sommes entrés dans une nouvelle époque. J’ai parlé d’une période contre-révolu- tionnaire, ce qui a suscité bien des réticences ou incompréhensions. A cause du mot « pério- de » qui semblerait trop « long », trop « sombre » ? Contre-révolutionnaire ne signifie pas que la contre-révolution l’a emporté – mais que c’est à cela que nous sommes confrontés, que ce soit de façon ouverte comme dans une grande partie du monde musulman, ou que ce soit de façon plus insidieuse comme souvent en Occident.

Dans une partie du monde, la violence des attaques provoque en riposte des mobilisations parfois spectaculaires, comme aux Etats-Unis après l’élection de Trump : marches des femmes, soutien aux victimes du « Muslim Ban », marche pour la journée de la terre et des scienti- fiques… C’est une vague de protestation d’une ampleur rare. La « droitisation » des gouver- nants suscite aussi l’émergence de processus politique à gauche, comme avec Corbyn en Grande-Bretagne. Voilà qui offre de très nombreuses opportunités d’action pour nos organisations.

La répression sans limites annonce l’expansion des tâches de solidarité.

Nous sommes actuellement surtout confrontés à des tâches de solidarité « collective » : envers les populations victimes de catastrophes humanitaires d’origines diverses : envers les migra- tions et déplacements forcés (plus amples aujourd’hui qu’à la fin de la Seconde Guerre mon- diale) ; envers les peuples agressés ; ou sinon envers les militantes et militants détenus dans leurs pays…

Nous allons devoir accueillir des exilé.e.s, personnellement menacées, avec une particularité : en exile, ils continueront peut-être de se voir pourchassés. C’est déjà le cas de journalistes et d’intellectuels du monde arabe contre qui des fatwas sont lancées. C’est aussi le cas de Thaïlandaises et Thaïlandais, « coupables » de lèse-majesté et obligés de se cacher parce qu’ils sont dénoncés par des réseaux ultra-royalistes opérant en France. C’est déjà ou cela sera le cas de Kurdes et de Turcs, que les services d’Erdogan ont été ou seront prêts à assassiner. Nous devrons, nous devons non seulement les accueillir, mais aussi les protéger.

Tout cela exige la reconstitution d’une « culture collective de la solidarité » dans les milieux progressistes. La solidarité (sous de multiples formes humanitaires, politiques et financières [11]) doit être intégrée aux tâches « courantes » des organisations populaires (associations, partis, syndicats…). Collectivisée, la solidarité concrète est l’un des piliers sur lesquels peut se fonder le nouvel internationalisme dont nous avons besoin [12].

Europe Solidaire Sans Frontières  26/02/2017 Pierre Rousset

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07 février 2017 ~ 0 Commentaire

pesticides (eelv + of)

eellv

Cycle de conférences avec Tran To Nga en Bretagne.

Née en 1942, en Indochine, Mme Tran, âgée de 73 ans, a assigné en justice 26 sociétés américaines de pétrochimie dont Monsanto, Dow chemical … Elle devient journaliste et couvre pour l’Agence de presse Giai Phong la Guerre américaine qui fait rage dans son pays. Elle a 24 ans.

Dès 1966, elle vit dans une zone soumise aux épandages intensifs du Sud-Viêt Nam, celle de Cu Chi, située dans le Triangle de Fer, endroit le plus bombardé du monde (10 tonnes de bombes par habitant). Elle y absorba directement et de façon massive les toxiques auxquels elle a été soumise, selon de nombreux témoignages vietnamiens.

En 1968, toujours journaliste (année record des épandages, selon Jeanne Mager Stellman cette fois – 1967 et 1968 ayant constitué le pic des épandages), Mme Tran couvre les combats dans les zones d’épandages d’Agent Orange qui ciblaient la Piste Ho Chi Minh. En 1969 et 1970, Mme Tran vit en permanence sous les épandages le long de la Piste Ho Chi Minh.

Entre temps, le 30 juin 1968, Mme Tran a donné naissance à sa première fille (fait assez rare tant les fausses-couches étaient nombreuses parmi les Vietnamiennes). La petite vivra un peu plus d’un an, et mourra fin 1969 d’une anomalie génétique : la tétralogie de Falot, effet tératogène avéré.

Heureusement, le 28 juin 1971, Mme Tran donne naissance de nouveau à une fille, venue au monde dans la forêt détruite par l’Agent Orange. Par malheur, cette deuxième fille hérite de l’Alpha Thalassémie récemment contractée par sa mère.

Le 24 décembre 1974, Mme Tran met au monde sa troisième fille, laquelle est née dans une prison américaine (où sa mère sera torturée). Cette enfant va connaître de très gros problèmes cutanés, incurables. En effet, la peau est un organe très sensible à l’Agent Orange, en particulier la chloracné.

Aujourd’hui, Mme Tran, « supposée » victime de l’Agent Orange, présente les pathologies suivantes :

― Diabète de type 2 (l’Institut de médecine de l’Académie nationale des Sciences de Washington a démontré les liens entre cette maladie et l’exposition à l’Agent Orange).
― Sa fille aînée est morte d’une malformation cardiaque, la tétralogie de Fallot (l’Institut de médecine de l’Académie nationale des Sciences de Washington a démontré les liens entre cette maladie et l’exposition à l’Agent Orange)
― L’Alpha Thalassémie, qu’elle a transmise à sa deuxième fille (l’Institut de médecine de l’Académie nationale des Sciences de Washington a dé-montré les liens entre cette maladie et l’exposition à l’Agent Orange)
― Mme Tran présente des nodules et calcifications dans tout le corps (vaisseaux sanguins, poumons, seins, cœur…)
― Puis, pour couronner le tout, une ancienne tuberculose surinfectée, difficilement traitable.

Quatre de ces maladies sont typiques d’une exposition à la dioxine TCDD et figurent sur la liste de l’Institut de médecine de l’Académie nationale des Sciences de Washington comme étant liées à l’Agent Orange. La 5ème s’expliquant par l’atteinte du système immunitaire également reconnu comme maladie liée à l’Agent Orange par ce même institut, cette immunotoxicité étant classique pour tous les composés organiques polychlorés.

La procédure de Mme Tran, 73 ans, suppliciée depuis un demi-siècle, vise à lui rendre justice et, au travers d’elle, obtenir enfin la première reconnaissance tangible d’un immense crime. Mené par Me William Bourdon, et ses collaborateur(trice)s, il s’agit d’un procès techniquement difficile, et très onéreux.

En effet, contrairement à la procédure des victimes vietnamiennes intentée aux USA par des avocats états-uniens, celle-ci nécessite qu’un huissier français délivre l’assignation à autant d’huissiers états-uniens qu’il y a de sociétés mises en cause, notification par parquet diplomatique, sans compter que tous les documents et annexes doivent être traduits et certifiés pour validité. Des frais qui se renouvelleront lors des conclusions répondant aux arguments contradictoires des défendeurs. Ne doutons pas que la défense de ces multinationales sera féroce et, en cas de verdict favorable à Mme Tran, elles feront appel. Alors de nouveau les frais reviendront, par dizaines de milliers d’euros.

Mme Tran n’a pas les moyens de couvrir pareils frais. Aussi, un collectif sollicite associations et personnes tournées vers le Viêt Nam. Mais pas seulement, tout citoyen(ne) se sentant concerné(e) peut traduire sa solidarité par un don. Des plateformes internationales seront également activées vers leurs millions de membres, avec le soutien du CIS.

Portrait de Mme Tran To Nga. Extrait d’un article plus complet ici :

http://www.agent-orange-vietnam.org/present/proces-en-france

Le site de soutien de Mme Tran
http://www.nga-orange.org/

Mme Tran a publié un livre :

http://www.nga-orange.org/Contact-Tran-To-Nga pour aider au financement du procès.

CONFERENCES

Samedi 11 février 2017

-Matin à St Brieuc . Conférence local d’EELV Bretagne 10h 30 14 bd Hérault

-Après-midi à la librairie de Plougastel

Lundi 13 février à Confort-Meilars

Mardi 14 février à Plougastel-Daoulas

Mercredi 15 février à Auray (

http://bretagne.eelv.fr/

Lire aussi:

To Nga Tran raconte sa bataille contre Monsanto (Ouest France)

 

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02 février 2017 ~ 0 Commentaire

emile pouget (ldh)

emile pouget (ldh) dans Anticolonialisme pere_peinard-0468a

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Y a des types qui sont fiers d’être français. C’est pas moi, nom de Dieu !

“Barbarie Française” Emile Pouget

Y a des types qui sont fiers d’être français. C’est pas moi, nom de Dieu ! Quand je vois les crimes que nous, le populo de France, nous laissons commettre par la sale bande de capitalistes et de gouvernants qui nous grugent — eh bien, là franchement, ça me coupe tout orgueil !

Au Tonkin par exemple, dans ce bondieu de pays qu’on fume avec les carcasses de nos pauvres troubades, il se passe des atrocités.

Chacun sait que les Français sont allés là-bas pour civiliser les Tonkinois : les pauvres types se seraient bougrement bien passés de notre visite ! En réalité, on y est allé histoire de permettre à quelques gros bandits de la finance de barboter des millions, et à Constans de chiper la ceinture du roi Norodom.

Ah nom de dieu, il est chouette le système qu’emploient les Français pour civiliser des peuples qui ne nous ont jamais cherché des poux dans la tête !

Primo, on pille et chaparde le plus possible ; deuxiémo, on fout le feu un peu partout ; troisiémo, on se paie de force, pas mal de gonzesses tonkinoises — toujours histoire de civiliser ce populo barbare, qui en bien des points pourrait nous en remontrer.

Ca c’était dans les premiers temps, quand on venait d’envahir le pays ; c’est changé maintenant, mille bombes, tout est pacifié et les Français se montrent doux comme des chiens enragés.

Pour preuve, que je vous raconte l’exécution du Doi Van, un chef de pirates, qui avait fait sa soumission à la France, puis avait repris les armes contre sa patrie, à la tête de troupes rebelles.

Pas besoin de vous expliquer ce baragouin, vous avez compris, pas les aminches ? Les pirates, les rebelles, c’est des bons bougres qui ne veulent pas que les Français viennent dans leur pays s’installer comme des crapules ; c’est pas eux qui ont commencé les méchancetés, ils ne font que rendre les coups qu’on leur a foutus.

Donc, Doi Van a été repincé et on a décidé illico de lui couper le cou. Seulement au lieu de faire ça d’un coup, les rosses de chefs ont fait traîner les choses en longueur. Nom de dieu, c’était horrible ! Ils ont joué avec Doi Van comme une chat avec une souris.

Une fois condamné à mort, on lui fout le carcan au cou, puis on l’enferme dans une grande cage en bois, où il ne pouvait se remuer. Sur la cage on colle comme inscription : Vuon-Vang-Yan, traître et parjure. Après quoi, huit soldats prennent la cage et la baladent dans les rues d’Hanoï. A l’endroit le plus en vue on avait construit une plate-forme ; c’est là qu’on a coupé le cou à Doi Van avec un sabre — après avoir fait toutes sortes de simagrées dégoûtantes.

L’aide du bourreau tire Doi Van par les cheveux, le sabre tombe comme un éclair, la tête lui reste entre les mains, il la montre à la foule et la fait rouler par terre. On la ramasse car elle doit être exposée au bout d’un piquet, afin de servir d’exemple aux rebelles.

Ah, nom de dieu, c’est du propre ! Sales républicains de pacotille, infâmes richards, journaleux putassiers, vous tous qui rongez le populo plus que la vermine et l’abrutissez avec vos mensonges, venez donc encore nous débiter vos ritournelles sur votre esprit d’humanité ?

Vous avez organisé bougrement de fêtes pour le centenaire de 89 — la plus chouette, celle qui caractérise le mieux votre crapulerie, c’est l’exécution du Doi Van. C’est pas sur un piquet, au fin fond de l’Asie, dans un village tonkinois, qu’elle aurait dû être plantée, cette tête.

Foutre non ! Mais c’est bien au bout de la tour Eiffel, afin que dominant vos crimes de 300 mètres, elle dise, cette caboche, au monde entier, que sous votre républicanisme, il n’y a que de la barbarie salement badigeonnée.

Qui êtes-vous, d’où venez-vous, sales bonhommes, vous n’êtes pas nés d’hier ? Je vous ai vus, il y a dix-huit ans, votre gueule n’a pas changé : vous êtes restés Versaillais ! La férocité de chats tigres que vous avez foutue à martyriser les Communeux, vous l’employez maintenant à faire des mistoufles aux Tonkinois.

Que venez-vous nous seriner sur les Prussiens, les pendules chapardées, les villages brûlés ? (…) Ils n’ont pas commis, nom de dieu, la centième partie de vos atrocités, Versaillais de malheur ! Ah, vous n’avez pas changé ? Nous non plus : Versaillais vous êtes, Communeux nous restons !

Émile Pouget Le Père peinard, n°45, 12 janvier 1890

Commentaire: Il s’est toujours trouvé des hommes et des femmes pour s’élever contre les massacres de populations au nom de la civilisation. Emile Pouget, fondateur en 1889 de l’hebdomadaire Le Père Peinard, est de ceux-là.

Émile Pouget, syndicaliste anticolonialiste

Émile Pouget (1860-1931), fondateur du premier syndicat d’employés de Paris, devient secrétaire général-adjoint de la Confédération générale du travail (CGT) de 1902 à 1908. Il défend la tendance révolutionnaire du syndicalisme et prend en charge le premier organe de presse de la CGT : La Voix du peuple. En 1906, il participe à la rédaction de la Charte d’Amiens qui est restée la référence du syndicalisme français. Auparavant, il a été l’éditeur d’un journal pamphlétaire – Le Père Peinard – où il s’exprime dans une langue populaire très imagée. Le premier numéro sort le 24 février 1889. C’est dans ce journal que, le 12 janvier 1890, Emile Pouget fait paraître un de ses articles anticolonialistes au titre explicite : Barbarie française.

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30 janvier 2017 ~ 0 Commentaire

brest syrie

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bresr2

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19 janvier 2017 ~ 0 Commentaire

trump (jdd)

trump

Cette Amérique qui défie Trump 

Au lendemain de l’investiture de Donald Trump, vendredi, un million de femmes protesteront dans la capitale et dans tout le pays contre sa politique. Les démocrates et les minorités veulent résister dès le premier jour. 

Ce devait être un samedi comme les autres. Tranquille, en pantoufles, à surfer sur Internet. Mais la victoire de Donald Trump a changé la donne pour cette citadine américaine pur jus. En un clic, et quelques minutes passées à converser via Facebook avec une parfaite inconnue, à l’autre bout de Chicago, Elizabeth Radford s’est retrouvée à l’origine d’une des plus grosses manifestations prévues à Washington, le 21 janvier, au lendemain de l’investiture du 45e président des États-Unis, Donald Trump. Plus d’un million de femmes sont attendues dans les rues de la capitale américaine, du jamais-vu en début de mandat présidentiel dans la longue histoire des mouvements contestataires américains.

«Oui, j’ai peur de ce qu’il peut faire à notre pays»

Ce soir-là, samedi 12 novembre, Chicago est entré en résistance. Plus de mille personnes rejoignaient cette conversation et la Women’s March a commencé à prendre forme. Deux jours plus tard, le 14 novembre, le maire, Rahm Emanuel, premier directeur de cabinet de la Maison-Blanche d’Obama, défiait ouvertement Donald Trump en déclarant que Chicago resterait une ville « sanctuaire » pour tous les immigrés clandestins en passe d’être déportés.

Un message comparable à ceux adressés par les maires de New York ou de Los Angeles, les plus grandes villes démocrates du pays. « On s’est dit, OK super, mais Washington, c’est loin, pourquoi ne pas aussi monter une manifestation chez nous, à Chicago. Je n’avais jamais milité avant, poursuit cette sympathique quadragénaire, je menais une existence classique de bobo, c’est tout. » Mais avec l’élection présidentielle du 8 novembre, la peur a gagné du terrain. Oui, la peur, elle ose le mot. « Cet homme pratique une sorte d’intimidation qui n’est pas habituelle chez les Américains. Donc, oui, j’ai peur de ce qu’il peut faire à notre pays. » Une ingénue à la pointe de la contestation locale, voilà ce que le candidat républicain a provoqué.

« On ne discute pas avec un fasciste »

Ted Sirota affiche la couleur d’emblée : sur sa veste, un pin’s : « No! Refuse Fascism.org ». À 47 ans, ce musicien de jazz fait partie de cette poignée d’Américains nourris aux textes de Noam Chomsky, la référence ultime de l’extrême gauche. Ted aime ses idées mais pensait qu’elles restaient théoriques et lointaines. La victoire de Trump va le pousser à s’impliquer concrètement de façon inattendue. « J’ai toujours exprimé mes idées sur Facebook, mais franchement sans grand succès. Puis quand Trump a été élu, mon compte a explosé. » Son emploi du temps aussi. Comme Elizabeth, qui passe ses soirées et ses week-ends à organiser la révolte, il découvre le militantisme actif. « La différence entre Obama et Trump réside dans le fait que ce dernier est un vrai fasciste. Alors, soyons réalistes, nous ne pourrons peut-être pas empêcher son investiture, mais on peut s’organiser et résister », confie, très anxieux, Ted Sirota.

«Le peuple américain doit se réveiller»

L’un des membres fondateurs du Parti communiste révolutionnaire (PCR), d’inspiration maoïste, Carl Dix en personne, supervise le novice Ted Sirota. Ce vieux routier afro-américain de la contestation veut croire à une destitution du nouveau président. Mardi, il a même essayé d’interrompre l’audition par le Sénat de Jeff Sessions, le candidat de Donald Trump pour le ministère de la Justice, en l’accusant de véhiculer les mêmes idées que le Ku Klux Klan. « Trump a utilisé cette expression qui parle à beaucoup d’Américains : « Je vais restaurer la loi et l’ordre (« law and order »). Ce fut le code de Nixon pour lâcher les policiers contre les Noirs dans les années 1960. Tout le monde a eu le déclic. »

Des élus locaux démocrates, des pros de l’agit-prop à l’ancienne et des citoyens ordinaires convertis à l’activisme politique : ce cocktail pourrait se révéler explosif pour Donald Trump. « Si nous réussissons à convertir cette dynamique qui est en train de se mettre en place en véritable mouvement de masse et non plus seulement sous le slogan « je n’aime pas Trump », ce sera un signal fort, confie Carl Dix au JDD. Parce que, même si l’Histoire ne se répète pas complètement, on a appris depuis Adolf Hitler que l’on ne discute pas avec un fasciste. »

Résultat, avant la grande manifestation des femmes du 21 janvier, tout ce petit monde investi dans cette mission de sauvetage de la démocratie américaine s’entraîne.

Samedi dernier, alors que Carl Dix et ses troupes manifestaient à Washington, tandis qu’Elizabeth et d’autres prenaient d’assaut la Trump Tower à Chicago, Stephen Edwards, membre de Socialist Alternative et ancien syndicaliste, envoyait ses jeunes troupes placarder la ville de Chicago d’affiches appelant à se soulever contre Trump.

Deborah Damian, 23 ans, d’origine péruvienne, une immigrée en possession de la fameuse Green Card, Theresa Powers, 24 ans, et Rebecca Vosler, 25 ans, sont toutes les trois convaincues que la grande manifestation du 21 janvier sera le premier volet de quelque chose de plus grand. « Le peuple américain doit se réveiller. L’élite de ce pays nous a laissés tomber, le fossé est de plus en plus grand et Trump remet en place cette même élite qu’il a dénoncée au cours de sa campagne. »

Les minorités sur le pont de la contestation

Les minorités montrées du doigt par Donald Trump sont sur le pont de la contestation. À 74 ans, Frank Chapman, directeur de campagne à l’Alliance de Chicago contre la répression politique et raciste, a bien l’intention de participer à ce combat. « La population noire est la première visée mais en une semaine Trump a montré un vrai visage de dictateur et ce qui se faisait dans l’ombre sera étalé au grand jour. » L’association des Mères latinos en lutte sera aussi à Washington samedi prochain. « Trump a en ligne de mire l’immigration, il a été très clair, s’indigne Neusa Gaytan, mais nous allons lui montrer qu’il ne peut agir comme un dictateur. Nous sommes le peuple et il va nous écouter. »

«Ce que Trump propose est vraiment très dérangeant»

Tabassum Haleem, 52 ans, à la tête du Conseil des organisations islamiques de la région de Chicago, ne dit pas mieux. D’origine indienne, de confession musulmane mais éduquée dans une école privée catholique, cette comptable de formation n’a rien d’une agitée. « Nous croyons les gens sur parole. Et ce que ne cesse de répéter Donald Trump est terrifiant. Il est évident qu’il va tenter de mettre en œuvre ce qu’il a martelé pendant la campagne électorale. » Comme ficher les musulmans et les empêcher de pénétrer sur le territoire américain. De même que les Mexicains étaient, selon lui, tous des violeurs ou des assassins, derrière chaque musulman se cacherait un terroriste. « La liberté de culte est la raison pour laquelle nos pères fondateurs sont venus en Amérique, poursuit Tabassum Haleem. Ce qu’il propose est sans précédent, c’est vraiment très dérangeant. »

La fronde est bien là, elle s’empare des esprits échauffés. Il y a cette jeune fille de 14 ans qui tient un journal. Une sorte de compte à rebours. « Trois jours de liberté avant le 20 janvier, qui marquera la mort, et le 21 qui donnera le signal du soulèvement », voilà ce qu’elle écrit. Christian Cambaray a 23 ans. Il est américain, ses parents sont mexicains. « On a tous quelqu’un dans nos familles qui a un parent clandestin qui paie ses impôts depuis des années. » Alors lui aussi a décidé de prendre la plume : « Un journal sur les cent premiers jours de Donald Trump. Je noterai tout ce qu’il dit et fait. J’aurais la preuve noir sur blanc de ses mensonges et de l’impact sur nos vies à tous. Ce sera ma façon à moi de résister. »

Karen Lajon, envoyée spéciale à Chicago, dans l’Illinois (Etats-Unis)

http://www.lejdd.fr/

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19 janvier 2017 ~ 0 Commentaire

bobigny palestine

synd

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