Archive | Antiimpérialisme

21 juin 2017 ~ 0 Commentaire

famine afrique (npa)

Francafrique

La famine comme politique contre les peuples

Une politique agricole désastreuse

(…) Traditionnellement, les spécialistes considèrent qu’il y a trois phases concernant les pénuries de nourriture et d’eau potable. La crise alimentaire, l’urgence alimentaire et la famine, qui elle-même correspond à des critères adoptés par la FAO (l’organisation des Nations-Unis pour l’alimentation et l’agriculture) :

« Un certain nombre de facteurs doivent être réunis : notamment, plus de 30 % des enfants doivent être atteints de malnutrition aiguë, deux décès doivent être recensés chaque jour pour 10 000 habitants, une maladie  pandémique doit s’être déclarée ; chaque jour, les habitants doivent avoir accès à moins de quatre litres d’eau et leur nourriture doit leur apporter moins de 2 100 calories ; des déplacements de population à grande échelle doivent également être observés, ainsi que des conflits civils, et la perte totale des biens des habitants et de leurs sources de revenus. »

Selon la FAO, vingt-huit pays africains nécessitent aujourd’hui une assistance alimentaire. Au-delà des conflits, cette situation reflète l’absence d’une réelle politique de soutien réelle à l’agriculture, la pêche et l’élevage qui emploient en moyenne près de 60 % de la population active.

Sous l’impulsion des institutions financières de Bretton-Woods, les gouvernements africains enchaînés par la dette ont dû obtempérer aux dictats  économiques.

En matière agricole, il s’agissait de se réorienter massivement vers une culture d’exportation, certes capable de ramener des devises fortes nécessaires au paiement des intérêts de la dette, mais incapable de nourrir les populations. Dans le même temps les caisses d’équilibrage des productions agricoles ont été supprimées. Si ces caisses ont souvent été un moyen d’en- richissement des élites, elles avaient le mérite d’apporter une certaine stabilité des prix, néces- saire pour les petits agriculteurs.

On ne compte donc plus aujourd’hui les faillites provoquées par la volatilité des prix sur les denrées alimentaires, liée aux spéculations financières qui se jouent notamment à la bourse de Chicago. Les programmes d’ajustement structurels ont anéanti tous les moyens de stockage que possédaient les pays africains, les laissant sans aucune défense devant les exigences des grands groupes de l’agroalimentaire. Même les petites unités de stockage nécessaires aux périodes de soudure pour les petits paysans ont été démantelées.

Or plus la situation agricole est précaire, plus le risque de famine est important. Comme en témoigne la situation en Ethiopie : « depuis plusieurs années les paysans du Tigray (est et centre), du Wollo, du Wag Hamara et du l’Harargué connaissent des déficits alimen-taires réguliers qui les contraignent progressivement à liquider leur maigre capital. Engagés dans une spirale de paupérisation, ils deviennent structurellement dépendants d’une assistance alimentaire extérieure. »

Aujourd’hui en Afrique, ce sont avant tout les petits paysans qui sont les plus pauvres, et les aides des gouvernements locaux en soutien à leur paysannerie est déses- pérément faible en dépit des Accords de Maputo de 2003, qui prévoyaient de consacrer au moins 10 % des dépenses publiques en faveur du secteur primaire. Cette agriculture familiale a besoin d’aide, non seulement sur un plan financier mais aussi au niveau des infrastructures, des unités de stockage et de transformation des produits agricoles. Elle a aussi besoin de routes et de chemins de fer pour la distribution des denrées sur le territoire national ou au niveau régional. Il est « essentiel que les donateurs apportent un soutien accru aux program- mes de gestion des risques de catastrophes comme les systèmes d’alerte précoce, à la constitution de stocks de denrées alimentaires, de médicaments et autres réserves positionnées de manière stratégique, et aux programmes d’irrigation. »2 Actuellement, la résilience après une crise alimentaire est quasiment nulle, et l’exode des paysans de leurs terres en Afrique est souvent définitif.

La plupart des gouvernements africains tournent le dos à une politique d’aide à l’agriculture familiale, préférant, sous les conseils des structures financières internationales, vendre les terres à de grands groupes industriels de l’agroalimentaire pour promouvoir une agriculture d’exportation. Ainsi ce sont des milliers de paysans qui se trouvent du jour au lendemain expulsés de leurs terres et victimes d’une insécurité foncière qui est volontaire de la part des autorités locales. Comme l’indique le rapport de l’association Oakland Institute, qui a travaillé au Mali sur quatre investissements de terres arables : « la Banque Mondiale a orga- nisé l’environnement économique, fiscal, et juridique du Mali de manière à favoriser l’acquisition de vastes étendues de terres fertiles par une poignée d’intérêts privés au lieu d’apporter des solutions à la pauvreté et à la faim généralisées dans le pays ».3

Certes, après chaque grande famine on entend, de la part des dirigeants des pays riches, le rituel « plus jamais ça » accompagné de déclarations de soutien à l’agri- culture. C’est ainsi qu’un an après la famine de 2011 en Somalie, les pays du G8 se sont réunis à Camp David aux Etats-Unis pour lancer la « politique d’une nouvelle initiative de sécurité alimentaire et de la nutrition ». Au-delà des  mots, cette politique a permis d’ouvrir en grand les portes des marchés africains aux trusts de l’agroalimentaire, comme le souligne un rapport conjoint d’OXFAM, Action contre la faim et du CCFD-Terre Solidaire:

« Notre étude de la Nouvelle Alliance nous a montré que  le véritable objectif du G8 n’était pas de mettre fin à la pauvreté et à l’insécurité alimentaire en Afrique, mais de faire profiter leurs entreprises de perspectives de croissance et de profit.

Nous avons par exemple constaté que de nombreux pays africains parmi les plus gravement affectés par l’insécurité alimentaire et nutritionnelle sont laissés en dehors de cette initiative. Ce sont plutôt les pays qui offrent le plus de perspectives de croissance et de profits pour les multinationales et les gros investisseurs qui ont été ciblés en priorité. » Nous commençons à entendre le même discours, en parallèle de l’appel à la mobilisation contre la famine actuelle, de la part des groupes industriels de l’agroalimentaire, qui s’efforcent de dénigrer l’agriculture familiale parce qu’elle représente pour eux une jachère financière.

Il est indéniable que les conséquences du réchauffement climatique en Afrique fragilisent l’agriculture et l’élevage, notamment dans les zones sahéliennes, et concourent à produire des conflits notamment sur la question du foncier et de l’accès au point d’eau. La lutte contre le changement climatique doit impliquer la solidarité avec la paysannerie africaine, une des premières touchées. Ce travail de solidarité est d’autant plus possible que depuis deux décennies des organisations émergent et se sont coordonnées. Leur lutte pour la défen- se des terres et de l’agriculture familiale respectueuse de l’environnement a parfois rencontré des succès. Elle représente la solution contre l’insécurité alimentaire, qui passe aussi par la lutte contre les dictatures en Afrique.

Jeudi 29 juin 2017 Paul Martial

https://npa2009.org/

 

 

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20 juin 2017 ~ 0 Commentaire

brest palestine

brest

AmiEs bretonNEs, amiEs de Bretagne et du grand ouest, la prochaine tournée de De-Colonizer passe par chez vous!
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On vous attend nombreuxSES les 23 juin à Nantes, 24 juin à Rennes, 26 juin à Vannes et 27 juin à Brest!
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Kenavo emberr!
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02 juin 2017 ~ 0 Commentaire

climat (lcr.be)

trump

Climat : Trump joue son va-tout national-populiste. What did you expect?

Les Etats-Unis dénoncent l’accord de Paris sur le climat, annulent toutes les mesures décidées par les Etats-Unis en application de cet accord et se retirent du Fonds Vert pour le Climat. Telles sont les  décisions majeures que Donald Trump a finalement annoncées, jeudi 1 juin, après un long suspense. Ces décisions sont dans le droit fil des promesses que le nouveau Président avait faites durant sa campagne électorale. Au cours des derniers mois, certains observateurs avaient voulu croire que Trump ferait entendre une autre musique, mais il n’en a rien été. Au contraire, l’allocution qu’il a prononcée dans le Jardin des Roses de la Maison-Blanche dégoulinait d’une inquiétante démagogie nationaliste et populiste. What did you expect? comme dit la publicité…

Victimisation et nationalisme

Pour Trump, l’accord de Paris n’était rien d’autre qu’un scandaleux marché de dupes imposé aux USA. « L’accord de Paris ne porte pas sur le climat, a-t-il dit, il porte sur l’avantage financier que d’autres pays obtiennent par rapport aux États-Unis. Le reste du monde a applaudi lorsque nous avons signé l’accord. Ils étaient heureux, pour la simple raison que nous souffrons d’un très très grand désavantage économique ».

Brossant un tableau apocalyptique des conséquences de l’accord, le Président a affirmé que celui-ci entraînerait la perte de 2,7 millions d’emplois, coûterait 3.000 milliards de dollars aux USA et entraînerait pour les citoyens étasuniens une perte de pouvoir d’achat allant jusqu’à 7000 dollars/an. Il a égrené les chiffres des réductions d’activité qui frapperaient les secteurs industriels : « -86% dans le secteur du charbon », a-t-il dit… en omettant évidemment de mentionner que le solaire donne déjà de l’emploi à 800.000 travailleur-euse-s US (contre 67.000 dans le charbon) et crée plus d’emplois que le secteur charbonnier n’en perd.

Pour Trump, c’est simple, il y a un complot : les pauvres étasuniens, trop honnêtes, sont victime d’une énorme injustice ourdie par une méchante machination de tous les autres pays. La dénonciation de l’accord est dès lors un sursaut élémentaire de souveraineté et de dignité nationale : « Les chefs d’Etat de l’Europe et de Chine ne devraient pas avoir plus à dire sur la politique des Etats-Unis que les citoyens américains. Nous ne voulons pas être la risée du monde. Nous ne le serons pas ».

Démagogie populiste et sécuritaire

Retrouvant le ton de ses meetings électoraux, Trump a misé à fond et tout au long de son discours sur la démagogie sociale. Comme si son gouvernement de milliardaires avait pour but de donner un emploi digne et un revenu décent aux travailleur-euse-s de Detroit et de Pittsburgh, comme si l’accord de Paris prenait l’argent et l’emploi des ouvriers étasuniens pour les distribuer à d’autres.

«L’accord de Paris est injuste pour les USA. Il bloque le développement du charbon propre (aux Etats-Unis). La Chine peut construire des centaines de centrales au charbon, l’Inde peut doubler sa production de charbon, même l’Europe peut construire des centrales au charbon ». « Nous avons les réserves d’énergie suffisantes pour sortir de la misère tous les citoyens US, une mine va rouvrir en Pennsylvanie », a-t-il dit ; mais, à cause de l’accord de Paris, « des millions de familles américaines vont rester dans la pauvreté ».

L’axe de cette propagande, c’est l’emploi. Pour Trump, en bon capitaliste, l’emploi dépend évidemment de la croissance : les renouvelables pourraient suffire en cas de croissance molle, dit-il, mais pas dans l’hypothèse d’une croissance de 3 à 4%. Or, c’est ça que Trump fait miroiter avec son slogan « Make America great again » : une Amérique qui crée des jobs en construisant des murs et en fabriquant des armes. “Pour cela, nous avons besoin de toutes les énergies, pas seulement des renouvelables”, dit-il. « Sinon, il y aura un énorme risque de pannes de courants pour des millions de familles ».

Tant qu’à faire dans la démagogie populiste, autant y aller plein pot en invoquant aussi la lutte contre le terrorisme. Trump ne s’en est pas privé : « Un milliard de dollars a déjà été versé au Fonds Vert pour le climat par les USA, y compris avec de l’argent qui était destiné à la lutte contre le terrorisme – pas par moi, par mon prédécesseur», a-t-il lâché.

Pas loin d’un appel à la haine

Trump n’a que faire ni du principe des responsabilités différenciées – qui est au cœur de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique – ni du fait que les Etats- Unis restent dans le peloton de tête des pays qui émettent le plus de gaz à effet de serre par habitant – très loin devant la Chine, l’Inde, le Brésil. Balayant tout cela d’un revers de main nationaliste, il déclare que, dans le cadre de l’accord de Paris, « la Chine peut continuer à faire ce qu’elle veut pendant 13 ans, (tandis que) l’Inde participe à l’accord à condition de recevoir des milliards d’aide ».

Parlant du Fonds Vert pour le Climat (décidé à la COP de Cancun pour aider les pays du Sud dans la transition et l’adaptation), le Président n’a pas craint d’affirmer que ce Fonds avait pour but de « s’emparer de la richesse des USA pour la redistribuer aux pays en voie de dévelop-pement ». Et d’ajouter : « Nous avons 20.000 milliards de dettes, des millions de travailleurs sans emploi, des villes n’ont pas d’argent pour embaucher dans la police. Cet argent devrait être investi ici, et pas envoyé à des pays qui nous ont saisi nos usines et nos emplois ». On n’est pas loin d’un appel à la haine, là. Une haine impérialiste, pour détourner la colère des travailleur-euse-s US des patrons US qui ont délocalisé leur production dans les pays à bas salaire… et de la politique de Trump, dont la réforme fiscale rapportera des milliards de dollars aux riches de son espèce!

Une différence de 0,2°C ?

Sur le climat proprement dit, le locataire de la Maison-Blanche n’a pas dit grand’ chose. Notons toutefois cette extraordinaire affirmation péremptoire  : « l’accord de Paris ne ferait une différence que de 0,2°C ». A quelle échéance ? Par rapport à quelle base line ? Mystère.

Nous avons assez répété ici que l’accord de Paris n’est qu’une déclaration d’intentions. Mais c’est une déclaration d’intention qui a au moins l’avantage – c’est le seul – de fixer un objectif : « rester bien au-dessous de 2°C, et continuer les efforts pour ne pas dépasser 1,5°C ». Les contributions nationales à cet objectif nous mettent sur la voie d’un réchauffement de 3 à 4°C d’ici la fin du siècle. Mais ne rien faire pourrait faire grimper le mercure jusqu’à 6°C. Or, ne rien faire est précisément ce que les Etats-Unis viennent de décider. Trump tente de faire croire aux étasuniens que sa décision est sans conséquences écologiques pour eux, mais elle implique une différence bien supérieure à 0,2°C !

Renégocier ? Mon œil…

En même temps qu’il répétait inlassablement sa dénonciation de l’accord conclu à la COP21, Trump a déclaré qu’il était prêt à négocier la réadhésion des Etats-Unis à ce texte, ou à négocier un accord « entièrement nouveau », à condition qu’il ne nuise pas à l’Amérique et à ses citoyens. Il ne croit pas ce qu’il dit. Quelle est la cohérence de cette proposition, venant d’un individu qui affirme que le changement climatique est un hoax créé par les Chinois pour nuire à l’économie américaine?…

De toute manière, la violence des propos de Trump ne laisse guère de crédibilité à cette idée de renégocier. Outre les pays « émergents » et les pays « en voie de développement », le troll de la Maison Blanche s’en est en effet pris directement à ses partenaires européens : « Ceux qui demandent aux USA de rester dans l’accord sont des pays qui coûtent cher aux USA par leurs pratiques commerciales et ne versent pas leur contribution à l’alliance militaire ». C’est Merkel qui est visée. Le torchon brûle vraiment entre Washington et Berlin. Retenons en tout cas que, pour Trump, les profits des patrons US et la politique militariste de défense de leurs intérêts passe avant le sauvetage du climat de la Terre.

Comment faut-il interpréter tout cela ? Une analyse est nécessaire à plusieurs niveaux, et il faudra y revenir : ceci n’est qu’une première réaction à chaud.

La fuite en avant d’un troll blessé

Sur le plan de la politique intérieure US, la dénonciation de l’accord donne l’impression d’une fuite en avant de Trump pour tenter de se sortir d’une situation de plus en plus précaire, où des voix de plus en plus nombreuses se font entendre en faveur d’une procédure d’empeachment.

Trump était face à un choix difficile. S’il restait dans l’accord, il se « normalisait » (un peu) en tant que Président « responsable », répondait positivement aux souhaits majoritaire des milieux d’affaire (y compris ExxonMobil et autres groupes énergétiques!) et rassurait l’opinion publique US (elle est en majorité convaincue et inquiète de la réalité du changement climatique). Mais s’il se « normalisait », justement, il tournait le dos à sa base militante, populiste et réactionnaire, et perdait un atout important parmi les élus du Parti Républicain, qui sont très loin de le soutenir unanimement, mais sont en majorité climato-négationnistes.

Précisément parce qu’il est fragilisé, Trump a choisi de satisfaire sa base, représentée au sein de son équipe par Bannon, Pence, Pruitt, Session et quelques autres. Mike Pence – qui a introduit son allocution et Scott Pruitt – qui l’a commentée – ont tous deux insisté lourde- ment sur cet aspect: le Président fait ce qu’il a dit. (Pruitt – qui a vraiment l’air d’un larbin cireur de pompes de son maître- en a par ailleurs rajouté dans le populisme, parlant de « classe ouvrière », et saluant Trump comme « le champion des oublié-e-s de ce pays »!).

Ce choix en faveur de sa base était sans doute le moins mauvais possible pour Trump, à court terme. Mais, à moyen terme, en se recentrant sur son « core business » national-populiste, le Président pourrait rapprocher le moment où les cercles dominants du grand capital et leurs représentants politiques décideront de se débarrasser de lui et de Bannon, son âme damnée Alt-Right. On en saura plus dans les prochains jours, notamment avec l’audition de l’ex-président du FBI, Comey, à la commission du Sénat sur le renseignement.

Bien mesurer l’impact climatique

Sur le plan de l’impact climatique, le retrait des USA est grave, mais ne doit pas être dramatisé. Le fond de l’affaire, en effet, est que l’accord de Paris ne permet absolument pas d’éviter la catastrophe. Cela ne signifie pas que sa dénonciation par Trump est sans importance, cela signifie la capacité de nuisance de Trump doit être appréciée à sa juste mesure… Il s’agit de ne pas tomber dans le soutien à l’accord de Paris ainsi qu’à ses partisans européens, chinois, ou autres, qui se donnent le beau rôle à bon marché alors qu’ils contribuent allègrement à la catastrophe climatique.

Les émissions US représentent 10% des émissions mondiales. Décidée sous Obama, la contribution nationale (NDC) des Etats-Unis visait à les réduire de 26 à 28% en 2025, par rapport à 2005. Cela représente un effort à peine supérieur à celui que les USA auraient dû avoir réalisé au plus tard en 2012 (par rapport à 1990), s’ils avaient ratifié Kyoto. De plus, les mesures prises par Obama ne couvraient l’objectif qu’à 83%.

Ce n’est pas tout. Cet effort n’en était en réalité pas un : il correspondait quasi-complètement à la réduction « spontanée » d’émissions découlant du fait que les groupes énergétiques étasuniens désinvestissent du charbon au profit du gaz de schiste- qui est à la fois moins polluant et moins cher- et des renouvelables. La suppression par Trump du Clean power plan et des autres mesures d’Obama est plus grave que sa dénonciation de l’accord, mais n’arrêtera pas le mouvement du capital.

Danger de dérapage géostratégique

C’est sur le plan géostratégique que l’essentiel semble se jouer. La communication de Trump sur le climat confirme en effet qu’un engrenage inquiétant est en mouvement. La crise entre l’Union Européenne et les USA s’aiguise, et le ton monte entre les concurrents. Un vaste réalignement des forces impérialistes, incluant l’éclatement de l’OTAN, une réforme/militarisation de l’UE, et un rapprochement Chine-UE n’est plus tout à fait un scénario de science-fiction.

Les cercles dominants du grand capital international ne veulent pas de ce scénario mais, comme nous l’avons noté dans notre article sur « La place du Trumpisme dans l’histoire », certains éléments font que la situation pourrait échapper au contrôle des protagonistes. Un de ces éléments est de toute évidence la politique de Trump lui-même.

Ici, il faut insister sur le fait que cette politique n’est pas dictée simplement et mécaniquement par la bourgeoisie (des centaines de dirigeants de grandes entreprises US ont pressé Trump de rester dans l’accord, y compris des dirigeants du secteur énergétique), ni même par tel ou tel secteur de la classe capitaliste. Il y a au contraire une double autonomie relative, qui s’affirme surtout dans les contextes de crise politique : autonomie de la sphère politique par rapport à la sphère économique, et de l’individu (Trump avec sa garde rapprochée) par rapport à la sphère politique bourgeoise dans son ensemble.

En d’autres termes : la fuite en avant que Trump fait sur le climat – parce qu’il est fragilisé par l’enquête sur ses liens avec la Russie – pourrait se prolonger sur d’autres terrains, y compris militaires. Cela pourrait alors avoir les plus graves conséquences… et ramener ipso facto la lutte pour le climat au Xième rang des préoccupations. Pour tous les protagonistes, alors même que l’urgence est vraiment maximale.

Que faire ? Que dire ?

Ce n’est pas le moment de se tromper d’objectif… Il faut évidemment dénoncer la politique de Trump, mais exiger que les USA restent dans l’accord de Paris n’a guère de sens. Négocier des concessions pour qu’ils y restent serait inacceptable. Qu’ils en sortent plutôt : cela isolera Trump au maximum, encouragera les luttes des mouvements sociaux aux USA contre sa politique, et l’empêchera de répandre ses fadaises climato-négationnistes dans la suite des négociations climatiques.

Les objectifs de réduction des émissions des gouvernements qui s’indignent du retrait US doivent être augmentés radicalement, pour combler ce retrait mais aussi pour combler le fossé entre l’objectif de 1,5°C maximum, d’une part, et les contributions nationales de ces Etats, d’autre part. Ils doivent l’être dans la justice sociale et la justice Nord-Sud, ce qui implique des mesures anticapitalistes radicales, au lieu des « droits de polluer » et autres « mécanismes de marché ».

Il ne faut donc accorder aucun soutien à l’accord de Paris, aucun soutien à l’axe Chine-Union Européenne. Ce que l’affaire Trump prouve en dernière instance, c’est qu’une réponse à la hauteur du défi climatique n’est pas possible en respectant les lois d’un capitalisme assoiffé de croissance/de profit et d’une politique néolibérale qui sème le chômage, la misère et les inégalités. La défense du climat passe par la lutte des mouvements sociaux et la convergence des luttes. Il s’agit de relancer un mouvement mondial en faveur de la justice climatique, en solidarité avec les mouvements sociaux aux Etats-Unis.

Assez de tour de passe-passe et de demi-mesures : respect inconditionnel des engage- ments du Fonds Vert pour le climat ; halte aux grands travaux d’infrastructures fossiles ; sup- pression des productions inutiles, nuisibles (armes !), et à obsolescence programmée ; socia- lisation de l’énergie, du crédit et de l’eau ; soutien à une agriculture écologique de proximité et souveraineté alimentaire; réduction radicale du temps de travail, sans perte de salaire ; développement du secteur public sous contrôle des usagers dans les domaines du transport et de l’isolation-rénovation… Seules des revendications de ce genre ouvrent une issue à la hauteur de l’urgence et de la gravité de la double crise sociale et écologique.

2 juin 2017 Daniel Tanuro

http://www.lcr-lagauche.org/

Lire aussi:

Les USA et le monde /Trump, les dollars et le « gros bâton »… (Essf)

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01 juin 2017 ~ 0 Commentaire

grande muette (npa)

tardi drapeau

Sur le poids et la fonction du militaire en France

Si le livre de Claude Serfati traitait seulement de ce qu’annonce son titre, le poids du « militaire » dans la France contemporaine, il serait déjà digne de retenir notre intérêt.

Engels, le compagnon de Marx, était surnommé « le général » dans le cercle de ses amis en raison de son intérêt pour les questions militaires. Trotsky en 1924, non seulement le rappelait mais soulignait la nécessité pour les marxistes de ne pas se cantonner à une «attitude super- ficielle et hautaine à l’égard du militarisme, comme d’une institution barbare, indigne de l’atten- tion social-démocrate éclairée »i. Claude Serfati prend au sérieux « le militaire », renouant ainsi avec cette nécessité. De plus, cet essai va au-delà et fournit une analyse de l’évolution de l’Etat et de l’impérialisme français.

La bourgeoisie française et l’armée

 « La France à l’époque de l’impérialisme moderne », l’auteur souligne l’entrelacement histo- rique en France entre classe dominante, Etat et armée. La bourgeoisie, dans sa lutte pour le renversement de la monarchie absolue, a déchainé le mouvement populaire ; depuis, elle s’en méfie d’autant que celui-ci revient périodiquement mettre en danger son hégémonie. Dès le XIX° siècle, l’armée est utilisée contre l’ « ennemi intérieur » : celui qui, dans les colonies, refuse sa situation subordonnée, mais aussi les classes exploitées sur le territoire métropolitain.

Sous la III° République, l’idéologie militariste française se pare des valeurs républicaines. Les conquêtes coloniales se font au nom de la mission civilisatrice du pays des Droits de l’Homme. Une partie de la gauche pactise très vite avec l’institution militaire, à l’instar d’un Clémenceau d’abord antimilitariste, puis envoyant l’armée contre les grévistes avant de diriger le gouvernement français durant la Première Guerre mondiale.

Dès la fin du 19° siècle se manifeste une spécificité de l’impérialisme français : le contraste entre le déclin de la part de la France dans l’industrie manufacturière mondiale (de 7,9% en 1860 à 6,1% en 1913 contre 4, 9% à 14,8% pour l’Allemagne durant la même période) et l’énormité des budgets militaires qui fait la richesse des « marchands de canons ». Ceux-ci sont à la pointe des techniques de leur époque et, au-delà du marché français, développent une stratégie agressive à l’exportation (notamment vers la Russie tsariste).

Après la Libération, une des priorités majeures de de Gaulle (un des rares officiers à avoir refusé l’armistice de 1940) est le rétablissement de la capacité militaire de la France qui s’en- gage dès 1945 dans la répression des mouvements de libération dans l’Empire colonial.

La IV° République est donc marquée par des guerres qui discréditent l’armée, tenue en échec en Indochine puis en Algérie et contestée dans ses méthodes répressives. Bien que bénéficiant du soutien quasi-inconditionnel des dirigeants politiques, une partie du corps mili- taire les considèrent comme des incapables qui ne leur donnent pas les moyens de gagner en Algérie et se retourne contre eux. Le coup de force d’Alger en Mai 58, favorise le retour au pouvoir de de Gaulle et l’instauration d’un régime où le président de la République occupe une place centrale : la V° République.(…)

La gauche se coule dans le moule de la V° République

Avec l’élection de François Mitterrand en 1981, la dissuasion nucléaire n’est pas remise en cause ; il en est de même de la politique africaine avec la multiplication des interventions militaires. Claude Serfati souligne la perpétuation de pratiques et de réseaux en marge de la légalité et mêlant officiels et hommes d’affaires, d’abord pour ce qui est de la Françafrique mais aussi en matière d’exportation : les ventes d’armes sont désormais un point fort de la balance commerciale.

Les grands groupes d’armement sont restructurés. S’ils sont nationalisés en 1981-1982, leurs dirigeants (Dassault, Lagardère) sont largement indemnisés et font leur retour quand les entreprises sont rendues au privé. Ils bénéficient en permanence du soutien public pour leurs programmes ; ministres, voire président s’affairent pour conclure les contrats d’exportation.(…)

Une frénésie d’interventions extérieures

Dans un 4ème chapitre sont abordées les opérations militaires extérieures conduites depuis les années 60. Il n’en existe aucun décompte officiel (ce qui est significatif)  mais il y en aurait eu 111 entre 1991 et 2015 selon un rapport de l’Assemblée nationale, avec une tendance à l’intensification dans la période récente. En effet, à partir de 2008, dans le contexte de la crise économique, les Etats-Unis (en échec en Irak) n’ont plus les moyens de gérer l’ensemble des convulsions du monde.

Cela ouvre un espace politique et militaire à la France, gardienne traditionnelle de l’ordre impérialiste dans l’Afrique subsaharienne. Comme la France a réintégré en 2009 le commandement militaire de l’OTAN et est pour certaines de ses actions, dépendante de la logistique américaine, les USA n’ont pas à craindre des initiatives intempestives de leur point de vue. Par ailleurs, l’activisme militaire de la France constitue donc un contrepoids (« utile, bien qu’illusoire » selon Claude Serfati) pour continuer de peser sur la scène européenne et internationale alors que le déséquilibre économique est de plus en plus flagrant au sein du « couple » franco-allemand.

Vers l’état d’urgence permanent ?

Le concept d’ennemi intérieur vise aujourd’hui les immigrés et descendants d’immigrés mais l’état d’urgence est aussi utilisé contre les mouvements sociaux. Dans le même temps, la haute hiérarchie militaire renforce son poids politique et envisage l’éventualité d’un engagement direct sur le territoire national (au-delà de l’actuelle opération Sentinelle), dans les banlieues par exemple. (…)

En conclusion, Claude Serfati insiste sur le fait que, si la période d’élargissement des droits sociaux et des libertés politiques est bel et bien close en Europe, l’avenir n’est pas écrit. La marche à des régimes autoritaires est non inéluctable car le socle encore maintenu, bien qu’ébréché, des droits sociaux et démocratiques « demeure un point d’appui pour les mobilisations des salariés, des jeunes, des sans-papiers »

Au total, ce livre constitue un apport important à l’analyse de l’impérialisme français que d’aucuns s’acharnent à idéaliser et à relativiser en se focalisant sur les seuls Etats-Unis.

Henri Wilno (paru dans l’Anticapitaliste mensuel, n°87, mai 2017)

Le militaire- Une histoire française, Claude Serfati, Editions Amsterdam, 2017.

i Léon Trotsky, « Les notes de Friedrich Engels sur la guerre de 1870-1871 », 1924. https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/03/240319.htm

http://www.anti-k.org/

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29 mai 2017 ~ 0 Commentaire

carhaix otan (fr3)

Manif pour la paix et contre l’Otan à Carhaix, reportage de Maïna Sicard-Cras et Catherine Aubaile – images d’archives de la base navale de Landivisiau (29) Interview : Roland Nivet, Porte parole du Mouvement de la paix (France)

Des pacifistes dénoncent les exercices militaires organisés par l’Otan en Bretagne

Un collectif de militants pacifistes bretons s’est rassemblé à Carhaix  ce dimanche 28 mai pour dénoncer les exercices militaires de l’Otan prévus en Bretagne, ce mois de juin. Des manoeu- vres qui selon eux montrent l’engagement de la France dans de nouvelles guerres et non vers la paix.

A l’heure ou Donald Trump veut renforcer le budget de l’Otan (Organisation politico-militaire des pays signataires du traité de l’Atlantique Nord), des exercices militaires de l’Otan sont organisés du 6 au 16 juin prochain dans le Finistère. Des manoeuvres qui vont rassembler plus de 800 pilotes et techniciens internationaux. Douze pays seront en effet représentés sur les 28 membres de l’organisation. Des exercices qui rendent furieux Roland Nivet, le porte parole du mouvement de la paix en France. « On voit bien que la France ne s’engage pas vers la paix, mais prépare de nouvelles guerres ». Avec lui, quelques 200 militants pacifistes ont donc manifesté aujourd’hui dans les rues de Carhaix contre ce projet.

L’opération Tiger Meet inquiète les pacifistes

C’est au total plus de 63 avions qui vont quadriller le ciel du Finistere durant dix jours. Des manoeuvres militaires qui auront lieu avant tout sur les bases de Landivisiau et de Lanvéoc, déployant près de 800 pilotes et techniciens internationaux. Cette Opération appelée Tiger Meet inquiète les pacifistes venus manifester ce dimanche après-midi à Carhaix, des militants, pour qui l’Otan n’est pas du tout perçu comme un instrument de défense collective mais plutôt comme un facteur de guerre, coûteux et inadéquat pour un processus de paix.

Le mouvement de la paix à d’ores et déjà prévu une nouvelle manifestation : Le 6 juin prochain, premier jour des exercices militaires de l’Otan dans le Finistère.

http://france3-regions.francetvinfo.fr/

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18 mai 2017 ~ 0 Commentaire

macron et merkel (npa)

macron tank

Sont sur un bateau…

Dès le lendemain de sa prise de fonction, Macron était à Berlin pour rencontrer Merkel. Les nationalistes et « patriotes » de toutes nuances vont sans doute présenter cette visite comme celle d’un vassal à sa suzeraine. En fait, l’Europe à laquelle Macron a prêté allégeance est celle du capital. Quand Macron déclare à Berlin : « La première tâche sera de mettre en place un agenda de réformes. Non parce que l’Europe le demande mais parce que la France en a besoin », il ne ment pas, sauf que « sa » France, c’est celle de Bernard Arnault, de Bolloré, de Dassault, de la famille Peugeot, etc.

Les dirigeants européens ont un vrai souci face auquel, Allemands compris, ils savent qu’il n’y a pas de recettes miracles : l’Union européenne (UE) est en crise dans un environnement mondial de plus en plus instable, alors qu’à la tête du « juge de paix » du capital international se trouve désormais Trump, un président nationaliste et tout aussi instable. Dans ce contexte, même après le Brexit, capitalistes et gouvernants européens, malgré des diffé- rences de points de vue, pensent que mieux vaut une Europe brinquebalante qu’un éclatement qui ajouterait encore plus d’incertitude.

De cette rencontre à Berlin, il n’est sorti que des déclarations d’intention. Macron, avec beaucoup de prudence, a essayé de convaincre Merkel de progresser vers un budget de l’Eurozone pour financer des investissements et réduire l’impact des chocs provoqués par les politiques libérales (qui seraient poursuivies avec encore plus de ténacité). Cela pourrait nécessiter une modification des traités européens. Merkel n’a pas dit non… mais n’a pris aucun engagement.

Vu l’affaiblissement relatif du capitalisme français, Macron n’a que des arguments politi- ques pour essayer de convaincre, et une seule carte dans sa manche : une fois la Grande-Bretagne partie, la France demeure pour l’instant la seule puissance militaire de l’UE capable d’interventions extérieures. Depuis des années d’ailleurs, l’activisme militaire est utilisé par les dirigeants français pour compenser le déclin économique du capitalisme national. Le command-car avec lequel Macron a paradé sur les Champs-Élysées renvoie aussi à cette réalité.

Au-delà des combinaisons politiciennes, le cocktail macronien des mois à venir sera donc un mélange de réformes antisociales, d’avancées vers un budget militaire à 2 % du PIB, et de « maintien de l’ordre ». Tout cela avec la bénédiction d’Angela Merkel.

Mercredi 17 mai 2017 Henri Wilno

https://npa2009.org/

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12 mai 2017 ~ 0 Commentaire

usa (iso)

iso

Nos camarades des USA organisent leur « Université d’été » du 6 au 9 Juillet à Chicago

Socialist Worker US

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11 mai 2017 ~ 0 Commentaire

ukraine (amnesty)

vlad

Des séparatistes appuyés par la Russie « condamnent » un universitaire connu à l’issue d’un simulacre de procès

Les autorités de facto de la « République populaire de Donetsk » autoproclamée et soutenue par la Russie, dans l’est de l’Ukraine, ont condamné un professeur d’université à la retraite à l’issue d’un procès inique et absurde, a déclaré Amnesty International le 4 mai 2017.

L’organisation considère cet universitaire, Ihor Kozlovsky, âgé de 63 ans, comme un prisonnier d’opinion depuis qu’un tribunal militaire non officiel l’a « condamné » le 3 mai à deux ans et huit mois d’emprisonnement sur la base d’accusations mensongères de détention d’armes.

« Si l’affaire n’était pas si grave, l’on pourrait considérer comme risible le fait que l’accusation de facto a présenté à la cour deux tuyaux métalliques pour prouver qu’Ihor Kozlovsky détenait des armes chez lui. Il est absolument inadmissible que cet ancien universitaire de renom se retrouve derrière les barreaux, en tant que prisonnier d’opinion », a déclaré Denis Krivosheev, directeur adjoint du programme Europe et Asie centrale à Amnesty International.

« Ihor Kozlovsky est uniquement « coupable » de s’être opposé aux autorités de facto de Do- netsk. Cela est apparu clairement quand le « juge » l’a décrit comme « un citoyen particulière- ment peu digne de confiance » en raison de certaines de ses anciennes relations. Ce simu- lacre de procès tenu par des autorités non reconnues n’a aucune valeur et il doit être libéré immédiatement et sans condition. »

Amnesty International demande également aux autorités de facto de Donetsk de s’abstenir de détenir illégalement des civils sur le territoire placé sous leur contrôle.

4 mai 2017

https://www.amnesty.org/fr/

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07 mai 2017 ~ 0 Commentaire

dossier corée (npa)

drapeau us

État de crise en Asie du Nord-Est

De chronique, la crise coréenne est devenue aiguë depuis l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis. Sur fond d’instabilité générale, elle se joue à trois niveaux : les rapports de forces mondiaux entre puissances ; les vives tensions à l’œuvre dans l’ensemble de l’Asie orientale ; la rupture ou le maintien du statu quo entre les deux Corée.

À cela, rajoutons encore la situation aux USA, où Trump est tenté de compenser ses échecs en matière de politique intérieure en créant un climat de mobilisation nationale contre une menace extérieure – qu’elle soit russe, chinoise ou nord-coréenne.

Les enjeux de la crise coréenne sont si nombreux que les incertitudes sont grandes et les dangers de « dérapages non contrôlés » réels…

Dossier réalisé par Pierre Rousset

soif

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02 mai 2017 ~ 0 Commentaire

tchétchénie (le huff’)

gays

Rafle d’homosexuels le 1er Mai à Moscou

Persécutions des homosexuels en Tchétchénie: des manifestants contre la situation arrêtés en Russie. Le Kremlin estime que les informations selon lesquelles des tchétchènes gays sont détenus et torturés « ne se confirment pas » en l’état.

Près de 18 militants pour les droits de la communauté LGBT ont été arrêtés ce lundi 1er mai à Saint-Pétersbourg, dans le nord-ouest de la Russie, alors qu’ils manifestaient contre la persécution d’homosexuels en Tchétchénie, selon un site d’informations local.

Allongés sur le sol, le visage maculé de faux sang et le corps recouvert d’un drapeau aux couleurs de l’arc-en-ciel, symbole de la fierté homosexuelle, une vingtaine de personnes ont protesté sur l’avenue centrale de Saint-Pétersbourg contre les arrestations de citoyens gays en Tchétchénie, qui ont suscité une vague d’indignation à travers le monde.

Au moins 18 d’entre elles ont été interpellées par des policiers anti-émeutes, a affirmé le site d’informations Fontanka, tandis que l’organisation OVD-Info, spécialisée dans le monitoring des manifestations, a estimé que 17 personnes ont été arrêtées. « Plusieurs personnes ayant troublé l’ordre public lors du défilé (du 1er mai) ont été interpellées », a confirmé à l’AFP une source policière.

Tuer les homosexuels pour « laver l’honneur » des familles

Fin mars, une enquête du journal indépendant Novaïa Gazeta a révélé que les homosexuels sont devenus la cible des autorités en Tchétchénie, société conservatrice où l’homosexualité, considérée comme un tabou, est un crime passible de mort dans la majorité des familles.

Selon le journal, les autorités locales ont arrêté plus de 100 homosexuels et incité leurs familles à les tuer pour « laver leur honneur ». Toujours selon Novaïa Gazeta, au moins deux personnes ont été assassinées par leurs proches et une troisième est décédée des suites d’actes de tortures.

Des homosexuels tchétchènes ayant fui à Moscou ont affirmé à l’AFP avoir été battus et détenus « dans une prison non-officielle », et vivre aujourd’hui la peur au ventre d’être identifiés et traqués par leur famille. Officiellement, une enquête a été ouverte lundi par le Parquet général. Mais les enquêteurs disent n’avoir reçu « aucune plainte officielle » de victime et le Kremlin a estimé que ces informations « ne se confirment pas » en l’état.

02/05/2017

http://www.huffingtonpost.fr/

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