Archive | Antiimpérialisme

21 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

paix (chiffon rouge + fr3)

paix

LA PAIX notre bien commun MARCHES du 22 septembre

Le 22 septembre Marchons pour la paix

POSER LES FONDEMENTS D’UNE SÉCURITÉ HUMAINE COLLECTIVE

Nous sommes les plus nombreux à considérer que la France doit maintenant signer et ratifier le Traité international d’interdiction des armes nucléaires, adopté sous égide de l’ONU en juillet 2017 ; une mobilisation citoyenne qui a reçu, en octobre dernier, à travers la coalition ICAN, le Prix Nobel de la paix.

Le 22 septembre, nous marcherons pour exiger que la France, membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU, 6e puissance mondiale, rejoigne ce mouvement historique d’éradication de l’arme nucléaire. Et à nouveau le dimanche 14 octobre, le PCF sera partie prenante des rassemblements et mobilisations citoyennes exigeant la ratification du traité.

Nous sommes nombreux à nous opposer à la politique actuelle de ventes d’armes à des pays aux politiques agressives de régimes autoritaires et dictatoriaux :

l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Iran, Turquie, Russie, Israël, Égypte, aujourd’hui parties prenantes des guerres du Moyen-Orient (Syrie, Yémen, colonisation des territoires palestiniens, répression et massacres des populations kurdes) mais aussi à des pays en conflit larvé comme l’Inde et le Pakistan ;

Nous sommes nombreux à considérer que l’OTAN est devenue obsolète et que ses orientations bellicistes en font un danger planétaire, et que ce n’est pas en armant une «Défense européenne» – déjà totalement imbriquée dans l’OTAN – que l’«Europe», qui participe à des opérations extérieures en Afrique ou en Asie, portera une voix de paix et garantira une sécurité collective aux peuples de ses États-membres au gré des changements d’alliances opportunistes.

Quimper:

Rassemblement à 11 heures au pont Médard, puis déambulation jusqu’au jardin de la paix (à proximité de la place de Brest) en  empruntant la rue Kéréon, et passant devant la mairie.

Morlaix :

Rendez-vous samedi 22 Septembre à 11h pour déposer une motion dans ce sens au Maire, et au Député

Rennes:

Marche pour la paix: de 15h à 18h : Marche pour la paix : « Marchons ensemble pour un monde de solidarité, de justice, de liberté, d’égalité, de fraternité et de Paix ! »

RDV à 15h au métro Le Blosne prés de la Maison de la Paix (square de Galicie). 

http://www.le-chiffon-rouge-morlaix.fr/

Lire aussi:

Toulouse : une marche pour la paix samedi 22 septembre (FR3)

Seize organisations marcheront pour la paix et contre les armes nucléaires, samedi 22 septembre à Nevers (Journal du Centre)

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crozon

Dimanche 14 octobre, au rassemblement devant la base de sous-marins nucléaires de l’Ile Longue à Crozon pour obtenir la ratification du Traité d’interdiction des Armes nucléaires (TIAN). 

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20 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

orpaillage (national geographic)

non a la m

Guyanes : les conséquences écologiques désastreuses de la ruée vers l’or

Pratique illégale, l’orpaillage est l’une des plus grandes menaces sur le Plateau des Guyanes, aussi bien pour la nature que pour ses habitants.

Près de 100 ans après le chef-d’œuvre de Chaplin, comment la ruée vers l’or peut-elle encore être d’actualité ? Il suffit de se rendre sur le Plateau des Guyanes, en Amazonie, pour réaliser l’expansion de l’orpaillage, aux graves conséquences environnementales, sanitaires et écono-miques. Le parc amazonien révèle que la région a fait face à une augmentation de 78 % du nombre de sites clandestins destinés à l’activité aurifère seulement sur ces 6 derniers mois.

L’ORPAILLAGE, UN ENJEU INTERNATIONAL

La première préoccupation à laquelle font face les défenseurs de l’environnement lorsqu’il s’agit d’orpaillage est la déforestation massive. Plus de 17 000 hectares de la forêt amazo-nienne ont été rasés au cours de la seule année 2015. En plus de détruire l’écosystème et les ressources naturelles indispensables, on estime que ce phénomène conduit chaque année à la libération d’environ 200 000 tonnes de carbone dans l’atmosphère. L’autre problème majeur de cette pratique est à la fois sanitaire et environnementale, et implique le mercure.

Dans la pratique, le mercure est ajouté à la matière aurifère extraite.

L’ensemble est chauffé, ce qui permet d’évacuer le mercure et de ne laisser que l’or brut dans la batée. Ainsi, le mercure se transforme en vapeur nocive relâchée directement dans l’atmos-phère. Et lorsque l’on sait que pour obtenir 1 kilo d’or, il faut utiliser 1,3kg de mercure, le compteur s’affole. Mais le mercure ne pollue pas que l’air que nous respirons.

Lors de l’extraction de l’or, les garimpeiros (chercheurs d’or) creusent le sol à l’aide de jets à très haute pression. La pression exercée provoque une forte érosion des sols qui relâchent le mercure naturellement présent. Cette propagation dans l’eau crée une réaction biologique qui transforme le mercure en Méthylmercure, fort neurotoxique. Ce dernier va contaminer la chaî-ne alimentaire des plantes aquatiques jusqu’à l’homme, fortement dépendant des poissons d’eaux vives pour son alimentation.

Dans ces régions aurifères, la contamination des adultes est 1,5 fois supérieure au seuil jugé tolérable par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Les cours d’eau doivent également faire face au phénomène de turbidité, c’est-à-dire l’augmentation de la teneur en eau de matières qui la troublent. Cette turbidité défavorise l’oxygénation des plantes et entraîne la destruction de la vie aquatique par asphyxie.

L’AGGRAVATION DE LA SITUATION GUYANAISE

Une étude coordonnée par la WWF et l’ONF International, en collaboration avec les institutions forestières et environnementales guyanaises, vient de révéler que 157 000 hectares avaient été détruits entre 2001 et 2015 dans le cadre de l’exploitation aurifère. Environ 72 % de cette disparition a eu lieu entre 2008 et 2015, ce qui est symptomatique d’une forte accélération du phénomène.

Si on assiste à une amélioration de la situation en Guyane française, ce n’est pas pour autant bon signe.

Il s’agit juste d’un déplacement de l’activité illégale puisque, toujours entre 2008 et 2015, 95 % de la déforestation liée à l’orpaillage avait lieu au Guyana et au Suriname, des régions fronta-lières. En Guyane, c’est environ 500 hectares de forêt qui sont rasés chaque année pour assouvir la soif des chercheurs d’or ; c’est le premier facteur de déforestation du territoire.

Ce rapport alarme également sur la condition des anciens cours d’eau devenus des bassins boueux suite à l’extraction intensive.

Résultat ? Plus de 5 840 km de cours d’eau détruits, sans compter l’ensemble des eaux contaminées en aval des sites d’orpaillage. À ce jour, il n’existe presque plus de cours d’eau sain en Guyane. Cette grave faute environnementale devient une grave situation sanitaire. Les eaux stagnantes favorisent fortement le développement du paludisme dans la région et les camps de garimpeiros, premiers exposés, contribuent à sa propagation en faisant office de souche virale.

Aucun des pays concernés ne bénéficient d’une contrepartie à sa destruction, même pas économique, puisque l’or est systématique exfiltré du territoire.

Les autorités ont énormément de mal à modérer ces activités illégales, en particulier sur l’Oyapock et le Maroni, fleuves principaux pour la circulation du trafic. Les habitants et les insti-tutions environnementales attendent avec impatience la création d’une coopération transfron-talière entre les autorités guyaniennes, surinamaises, brésiliennes et françaises pour mettre en place des mesures judiciaires, inexistantes à ce jour.

 Juliette Heuzebroc

https://www.nationalgeographic.fr/

Facebook Jeunesse Autochtone

Site « Or de Question »

« Montagne d’or» : Hulot s’en va, la Jeunesse autochtone de Guyane réagit! (Blog TDG)

La mine de la Montagne d’or oppose les deux candidats (Reporterre)

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20 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

porte avion (lutte ouvrière)

ss mar

Le danger c’est que leurs joujoux finissent par servir (même involontairement)

Porte-avions : des milliards jetés à la mer

Le porte-avions nucléaire Charles de Gaulle a repris la mer après une révision de presque deux ans. Il était en cale sèche depuis décembre 2016 mais il faudra encore attendre quatre mois d’essais pour qu’il soit finalement opérationnel en 2019.

La facture se monte à 1,3 milliard et dans dix ans il y aura une nouvelle série de travaux avant que le porte-avions ne soit mis à la casse au plus tard en 2040.

Or, pendant cette coûteuse réparation, la marine française n’avait aucun autre porte-avions en service et amiraux et ministres des Armées se sont plaints. D’ores et déjà Florence Parly, l’actuelle ministre, a donc annoncé qu’un, voire deux autres porte-avions seront construits pour la somme de 6 à 8 milliards d’euros… et l’on sait bien que les devis sont rarement tenus, dans ce domaine comme dans les autres.

Voilà des marchés à plusieurs milliards pour les marchands de canons, et n’allez surtout pas parler d’austérité aux militaires et à leur ministre.

Cédric DUVAL 19 Septembre 2018
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Commentaire: Cela nous concerne à Brest, il va se trouver des « gens de gauche » qui pour « créer de l’emploi » vont se mettre à la remorque des généraux!

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19 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

décolonisation (npa)

GRS guad

« On veut faire croire aujourd’hui que la décolonisation française est définitivement achevée »

Le premier atelier a abordé la lutte contre la politique française dans les années entourant Mai 1968, en revenant sur les luttes populaires et anticoloniales, de 1958 à 1974, en Guadeloupe, Guyane et Martinique.

Dans ces trois territoires et aussi à la Réunion, les luttes furent confrontées à une politique systématique de répression, avec entre autres des interventions meurtrières de l’armée, à plusieurs reprises, dans chacun de ces quatre pays.

On doit rappeler Fort-de-France en décembre 1959 (3 morts), le Lamentin en mars 1961 (3 morts), les nuits de Cayenne en juin 1962, les émeutes à la Réunion en 1962, les paysans de Danjoie en Guadeloupe en 1965, le terrible massacre de mai 1967 à Pointe-à-Pitre et les 2 morts de Chalvet, en Martinique, en 1974.

Ces pays étaient des terres d’arbitraire, reposant sur des lois d’exception, dont l’ordonnance du 15 octobre 1960 sur la déportation des opposants et l’interdiction de séjour de militants.

On y pratiqua la criminalisation de la revendication d’autonomie et d’indépendance, en multi-pliant, contre les activistes politiques et syndicalistes, les procès devant la Cour de sûreté de l’État. L’État colonial s’opposait à la lutte pour la langue créole, pratiquait la mise à l’écart de l’histoire des pays et de leurs littératures. Pour ces territoires, la volonté décolonisatrice s’est affirmée dans le souffle des années 1960 et du mouvement mondial de Mai 1968.

Guerres coloniales

Le deuxième atelier est revenu sur l’anticolonialisme contemporain, avec un rappel historique sur les 70 dernières années. Aujourd’hui, on veut faire croire que la décolonisation française est définitivement achevée. Et certains utilisent malicieusement le terme universitaire de post-colonialisme pour répandre l’idée qu’une page civilisationnelle aurait été tournée.

Or, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, alors que s’élargit le phénomène de la décoloni-sation,  la France et ses gouvernements issus de la Résistance refusent celle-ci à la plupart des colonies qui avaient aidé à la défaite du nazisme et du fascisme, sauf dans le cas des pays sous mandat comme le Liban et la Syrie. Les constituants de 1946 créent l’Union française avec la fiction de départements d’outre-mer (DOM) et de territoires d’outre-mer (TOM).

La Quatrième République engage les terribles guerres coloniales d’Indochine, puis d’Algérie.

Elle tente la timide et restrictive loi Defferre de 1956 pour les ensembles d’Afrique noire. Elle ne peut éviter l’incontournable engagement international de la liberté des protectorats du Maroc et de la Tunisie. Par contre, elle participe à la méprisable affaire du blocus du canal de Suez.

En 1958, De Gaulle promeut l’idée d’une communauté française, et punit la Guinée pour son « non » à cette communauté lors du référendum de 1958. Or, nous sommes, notamment depuis 1955, avec la conférence de Bandoeng, dans un moment d’extension des mouvements d’émancipation décolonisatrice, avec le défi cubain de 1959 dans une Caraïbe en révolte, avec le surgissement des non-alignés, et la grande année de l’Afrique en 1960, qui fait voler en éclat la « communauté française ». La tragédie, en 1961, de l’assassinat de Lumumba, avec l’indépendance du Congo, soulève la solidarité anticolonialiste mondiale.

Dans ce contexte, l’armée française ne peut empêcher l’indépendance de l’Algérie en 1962.

Dans les DOM (Antilles, Guyane et La Réunion), les mobilisations se maintinrent sous les gouvernements gaullistes, contre les répressions de luttes populaires et anticoloniales, contre le règne de l’arbitraire et des lois d’exception, contre la Cour de sureté de l’État… On y crimi-nalisait la revendication d’autonomie, d’indépendance, et la lutte culturelle.

On procéda sous Giscard, en 1974-1975, à la division du petit archipel des Comores et à l’organisation du drame tant de Mayotte que du reste des Comores. Après bien des tergiver-sations, on arriva à l’indépendance de Djibouti en 1977.

Plus tard, en 1981, avec la victoire de la gauche en France, le mépris des revendications des peuples colonisés fut plus voilé et plus habile, quand bien même la violence des années précédentes s’atténua et fut décriée officiellement. Il y eut tout de même la Kanaky, avec le rôle de Mitterrand dans la disparition de Machoro. Il y eut Rocard et les nocifs accords de Matignon après le drame d’Ouvéa sous la responsabilité de Chirac (Premier ministre de cohabitation).

Actualités de l’anticolonialisme

Pour ce qui restait au début du 21è siècle de colonies françaises, la tactique des gouvernants tant de droite que de gauche a été d’assouplir leur approche. Dans les vieilles colonies, en prenant en compte l’implantation électorale de partis autonomistes et indépendantistes et le fameux accord de Basse-Terre de 1998 (entre présidents de région soit indépendantiste, soit autonomiste, soit intégrationniste), Chirac, réélu président en 2002, fit une ouverture avec proposition de modification institutionnelle et promesse de statuts différenciés. Cela donnera les fameux référendums de 2003 et 2010 aux Antilles et en Guyane.

On n’y parle pas de décolonisation mais de décentralisation, de collectivités territoriales nouvelles se référant aux articles 73 ou 74 de la Constitution française, avec la possibilité de procédures d’expérimentation (énergie, transports, coopérations avec les pays de la région).

On ne parle plus que de territoires français rattachés à leur métropole.

Le risque est de faire croire que le droit des peuples à se diriger eux-mêmes n’existe pas pour ces territoires, que l’on voudrait présenter comme des prolongements de France sur d’autres continents. C’est le danger qui ne doit pas atteindre les militantEs du courant révolutionnaire français et du mouvement ouvrier. Leur devoir est de s’impliquer dans la lutte anticolonialiste, non seulement pour le soutien actif, mais aussi et surtout pour l’intégrer aux luttes contre la Françafrique, contre les engagements militaires, pour la solidarité avec les migrantEs et pour dénoncer les restes de l’empire colonial français.

P.S : Dans les ateliers, il y eut une éclairante contribution sur la lutte du peuple kanak à la veille du référendum manipulé qui aura lieu dans quelques semaines, ainsi qu’une longue interven-tion sur le problème de la « Montagne d’or » en Guyane. Quelques questions ont abordé les crimes d’État coloniaux impunis aux Antilles-Guyane, le Franc CFA, les arrangements militaires…

Lors de la dernière université d’été du NPA, deux ateliers animés par le militant anticapitaliste et anticolonial martiniquais Gilbert Pago ont traité de la question coloniale française à travers le prisme de la situation en Guadeloupe, Guyane et Martinique. Gilbert Pago nous a fait parvenir un texte résumant ces interventions, et nous l’en remercions.

Mardi 18 septembre 2018 Gilbert Pago

https://npa2009.org/

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18 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

maduro (le huffington post)

launeVenezuelaSept18

Nicolas Maduro mange chez « Salt Bae » et ça passe très mal au Venezuela

Le chef de l’Etat vénézuélien, qui rentrait lundi de son voyage en Chine à la recherche de financements, a fait escale à Istanbul pour y déguster de la viande préparée par « Salt Bae ».
Ce cuisinier est devenu célèbre sur Instagram pour son manière bien à lui de saler ses préparations. C’est le prix des plats dans les restaurants de Salt Bae qui a indigné les internautes. Manger chez ce chef cuisinier coûterait jusqu’à 250 dollars, l’équivalent de huit mois de salaire minimum au Venezuela.
Un repas qui n’est pas au goût des Vénézuéliens, durement frappés par la crise économique et les pénuries alimentaires ces derniers mois. Selon une étude des principales universités du Venezuela, 60% des habitants ont perdu en moyenne 11 kilos, en raison d’un régime alimentaire carencé en protéines.
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17 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

ahed tamimi (france 24)

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17 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

protectionnisme (libération)

protect

La gauche peut-elle être protectionniste ?

Un pan de la gauche n’hésite plus à plaider pour cette doctrine économique. Une forme d’opposition au libre-échange qui fait sens, mais aussi une décision qui remet en cause, selon certains, des fondamentaux.

Des «salutations internationalistes», adressées comme un reproche. Fin août, un tweet de Jean-Luc Mélenchon, critiquant «ceux qui organisent l’immigration par les traités de libre-échange et qui l’utilisent ensuite pour faire pression sur les salaires et les acquis sociaux», a fait tiquer Olivier Besancenot.

Mise au point de ce dernier : «Ce ne sont pas les immigrés qui font pression sur les salaires, mais le profit que les capitalistes extirpent du travail des salariés, français ou immigrés, en France comme dans le monde entier. Salutations internationalistes». Simple «trollage gauchis-te», pour un militant insoumis débarqué dans la joute, l’échange est pourtant révélateur d’un débat qui agite la gauche: peut-elle, doit-elle être protectionniste ?

Doctrine économique visant à protéger l’économie nationale de la concurrence étrangère par le biais de barrières douanières, le protectionnisme – sans qu’il ne soit encore théorisé comme tel – a longtemps été la norme en France. Alors que le Royaume-Uni renonce à la protection douanière et délègue la régulation de ses échanges aux forces divines du marché dès le début du 19è siècle, la France reste adepte du mercantilisme: ouvrir les vannes pour l’exportation, les fermer pour l’importation.

Le discours de l’adversaire

Le débat sur les droits de douane émerge finalement avec l’essor du libéralisme, dans la deuxième partie du 19è siècle. En 1892, il se concentre autour de la loi Méline (du nom du député des Républicains progressistes Jules Méline, futur président du Conseil), qui renforce la protection douanière sur les importations agricoles.

Dès lors, la gauche est gênée.

D’un côté, le libre-échangisme est associé aux industriels, de l’autre, le protectionnisme «c’est le discours de l’adversaire, la droite tradi», rappelle l’historien Alain Garrigou. «La gauche est gênée aux entournures, d’autant qu’elle se réclame de valeurs universalistes.» Marx a indiqué la consigne en 1848, dans son Manifeste du parti communiste : «Prolétaires de tous les pays, unissez-vous.» Le protectionnisme, à l’inverse, ne propose aucune modification des rapports de production et d’exploitation. Le peuple «est conçu comme un tout cohérent et non comme une entité traversée de conflits», explique le sociologue Dominique Baillet. Plus de tensions à l’intérieur de la nation donc, seulement une menace venant de l’extérieur. Plus d’ouvriers et de patrons, seulement des Français et des étrangers.

«On parle surtout de la concurrence étrangère et on néglige les autres causes du mal, même celles sur lesquelles on pourrait agir; c’est que la question la plus facile à résoudre semble la question douanière. Et aussi c’est que, pour résoudre les autres problèmes, une meilleure distribution de l’impôt, une meilleure répartition de la propriété foncière, il faudrait demander des sacrifices à ceux qui possèdent, et qu’on aime mieux, en se bornant à des tarifs de doua-ne, en demander à ceux qui ne possèdent pas», explique ainsi Jean Jaurès lors des débats sur la loi Méline.

Et de poursuivre, sans choisir

«Le socialisme […] exclut, à la fois, et la protection qui ne peut guère profiter aujourd’hui qu’à la minorité des grands possédants, et le libre-échange, qui est la forme internationale de l’anarchie économique.» «On n’arrive pas vraiment à comprendre sa position sur le sujet. Au sein même de la gauche, il y a des nuances, des désaccords sur le sujet», explique Alain Garrigou.

Pour ajouter à la gêne, le protectionnisme est très vite associé au nationalis-me et à la xénophobie.

Bien avant la crise des années 30 qui, alliant repli économique et identitaire, mènera cette association à son paroxysme. L’historien David Todd rappelle ainsi qu’en 1846, le principal lobby protectionniste fait imprimer des affiches sur lesquelles on peut lire : «N’est-il pas vrai que c’est en travaillant qu’on gagne de quoi vivre, et que faire travailler l’Anglais pour habiller le Français, c’est donner le pain du Français à l’Anglais?»   

Impasse

Un discours toujours actuel, pour une partie de la droite, allant de Laurent Wauquiez à Marine Le Pen, qui revendique un droit de préemption sur l’alliage protectionnisme-souverainisme-patriotisme. Mais l’impasse de plus en plus évidente dans laquelle mène le système actuel – urgence écologique, inégalités croissantes, délocalisations – a changé la donne.

Première étape du chantier intellectuel

Faire le constat de l’association entre protectionnisme et nationalisme; et la déconstruire. François Ruffin, journaliste-essayiste et désormais député de la France insoumise, écrit ainsi dans Leur Grande Trouille, journal intime de mes pulsions protectionnistes : «Année après année, à force de répétition, une idée semble s’être imposée: s’opposer à la libre circulation des produits équivaut à s’opposer au métissage et à l’amitié entre les peuples.»

«Le problème du débat politique, c’est la polarité, juge Alain Garrigou. On écoute plus ceux qui veulent parler simplement que ceux qui veulent entrer dans des subtilités. Mais si on est protectionniste, on n’est pas forcément nationaliste. On peut de façon pragmatique se dire qu’on ne peut pas s’interdire des leviers politiques au nom de loi divine du marché à laquelle seuls quelques illuminés croient encore».

Et on pourrait même le faire en étant internationaliste. «Nous avons tellement intériorisé le cadre de la concurrence internationale que nous n’osons plus imaginer de véritables mécanismes coopératifs, au niveau commercial, mais aussi dans la sphère non marchande», assure ainsi l’essayiste de gauche Aurélien Bernier.

«Protectionnisme solidaire»

Ce travail de clarification permet aujourd’hui à Jean-Luc Mélenchon de plaider pour un «protectionnisme solidaire». «C’est un sujet qui, paraît-il, est délicat pour nous. Il ne l’est nullement», a-t-il ainsi averti à Marseille début septembre. «C’est indispensable pour avoir une réponse cohérente vis-à-vis de l’impératif environnemental, explique Manuel Bompard, directeur des campagnes de la France insoumise. Il faut conditionner l’entrée de produits à des condi-tions sociales et écologiques, c’est une harmonisation par le haut.»

Pour un pan de la gauche, il est donc désormais clair que le socle de la souveraineté populaire ne peut être – en tout cas pour l’instant – que la nation. «N’en déplaise à l’internationalisme abstrait, la souveraineté suppose la circonscription d’un territoire», écrit ainsi le chercheur Frédéric Lordon. Certains, à l’image du chef de file des insoumis, n’hésitent donc plus à opposer souverainistes et «mondialistes», bien que le mot soit associé aux Le Pen.

Mais le sujet est encore délicat, notamment car il implique celui des flux humains. Quand Jean-Luc Mélenchon n’hésite plus à dénoncer le libre-échange comme un moyen de faire baisser les salaires par le biais de l’immigration, Benoît Hamon critique la «tentation d’attribuer la précarité du travail aux migrants». Début septembre, en déplacement dans la vallée de la Roya, il a «tiré la sonnette d’alarme» face au risque de l’émergence d’une «gauche nationaliste». «Le nationa-lisme de gauche, je vous le dis, ça n’existe pas, ça finit en nationalisme tout court.»

«Un train en cache souvent un autre»

Interrogé par Libération, Olivier Besancenot abonde: «On nous dit qu’il ne s’agit que des flux commerciaux; et finalement, on en arrive à la question de l’immigration. J’entends qu’il faille un terrain national plus concret pour nos projets d’émancipation mais je dis attention, un train en cache souvent un autre. La question c’est: comment on se protège? Est-ce que les frontières sont la réponse?

Aujourd’hui, on supprime des emplois dans des secteurs non délocalisables comme la fonction publique. Ceux qui exploitent le font ici et ailleurs. J’ai plus de points communs avec un retraité grec ou un chômeur espagnol qu’avec un quelconque capitaliste français. L’illusion, c’est de penser que protectionnisme et libre-échange sont des alternatives alors que ce sont deux facettes d’un même système.» Le porte-parole du NPA appelle donc à «une discussion publi-que de la gauche radicale sur le sujet, plutôt qu’un changement de position qui s’opère à bas bruit».

«Le gros problème du débat public, c’est qu’on considère qu’il y a une contradiction entre la mondialisation et la souveraineté nationale, juge le sociologue Jean-François Bayart. La gauche est piégée par le néolibéralisme.» Selon le chercheur, un système, qu’il nomme le national-libéralisme, domine l’histoire depuis la fin du 18èsiècle. Il reposerait sur trois logiques: l’intégration du système international via le commerce, la technologie ou encore la religion, l’universalisation de l’Etat-nation et le particularisme identitaire.

«On dit que l’Etat perd ses prérogatives mais l’Etat-nation est un enfant de la mondialisation.

Il ne s’agit pas d’un recul, mais d’une délégation au privé», explique-t-il. De la même façon «l’identitarisme» n’est pas selon lui une résistance à l’immigration mais son produit. Incarnation de ce cocktail national-libéral selon lui, Macron : «Néolibéral par excellence, il va en même temps faire ses dévotions à Jeanne d’Arc.» «Mélenchon est intéressant, car on le voit se débattre dans cette contradiction. Si elle n’arrive pas à penser cette triangulation, la gauche n’aura aucune réponse à apporter. C’est la condition du renouvellement de la pensée de la gauche.»

Charlotte Belaich 14 septembre 2018

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16 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

attac (le huffington post + fr3)

Attac « célèbre » les 10 ans de la chute de Lehman Brothers sur les Champs-Élysées

L’association altermondialiste avait donné rendez-vous à ses militants dans le monde entier

« Pas avec notre argent », le mot d’ordre de la soixantaine de militants d’Attac s’adressait à la banque HSBC des Champs-Élysées devant laquelle ils étaient réunis, et à travers elle à tout le système bancaire. Aspergeant de peinture la devanture de l’établissement, étendus au sol ou haranguant la foule, ils ont célébré à leur manière les dix ans de la chute de la banque d’affaires Lehman Brothers, le 15 septembre 2008.

Un événement qui avait été le point de départ d’un vaste crise mondiale, provoquée par des actifs toxiques dont l’organisation juge qu’ils sont, encore aujourd’hui, au cœur de l’industrie bancaire. « Nassés » par la police après quelques minutes, les militants ont, comme vous pouvez le voir ans la vidéo en tête d’article, eu le temps de faire forte impression sur la foule des touristes venus se presser sur la plus grande avenue du monde.

La veille, cinq militants d’Attac et trois d’EELV avaient été interpellés, avant d’écoper un rappel à la loi: c’était cette fois une agence parisienne de la Société Générale qui faisait les frais d’une action destinée, une fois encore, à rappeler les dangers de la finance.

Matthieu Balu  15 09 2018

https://www.huffingtonpost.fr/

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16 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

maurice audin (le huffington post + le monde + rp)

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Lire aussi:

Maurice Audin : La torture, l’Algérie et la République : la vérité, enfin (Edwy Plenel)

Macron veut-il vraiment rompre avec la France coloniale qui a tué Maurice Audin ? (Révolution Permanente)

A propos de la prise de position sur l’Affaire Audin (Benjamin Stora)

Maurice Audin: Le crime d’Etat enfin reconnu (L’Humanité)

Mort de Maurice Audin, si longtemps après : « La reconnaissance des responsabilités de l’Etat, enfin ! » (Le Monde)

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16 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

chine (les échos)

 chine

Pourquoi Pékin endette-t-il les pays en développement ?

En accordant des prêts sans conditions et en endettant les pays en dévelop-pement, la Chine joue aussi sa réputation financière dans le monde.

Pour les dirigeants chinois, tout est au mieux dans le meilleur des mondes. Avec son immense projet  des nouvelles routes de la soie, la Chine remporte de nouveaux marchés et accède aux matières premières des pays en développement. En échange, ces pays obtiennent des travaux d’infrastructures, des investissements et des prêts sans conditions. Un « win-win » qui pourrait se terminer en cauchemar pour nombre de pays en développement  qui glissent vers le surendettement.

Les Américains, rappelle le « Financial Times », estiment désormais que Pékin encourage ce surendettement pour prendre le contrôle de ressources stratégiques en cas de défaut de paiement. Que Pékin le fasse volontairement ou non, écrit le « FT », « les effets dans plusieurs régions de l’Afrique et de l’Asie se font déjà sentir ».

Et pour le quotidien britannique, cela ne veut pas dire, non plus, que les sénateurs américains ont raison lorsqu’ils accusent la Chine de « militariser le capital » et qu’ils demandent à Donald Trump d’empêcher le FMI de venir au secours de pays surendettés qui ne parviennent plus à rembourser la Chine. « Il y a un brin d’hypocrisie. Dans le passé les Etats-Unis ont surendetté massivement les pays en développement », écrit le journal.

Le rôle du FMI n’est pas de défendre les intérêts de sécurité nationale de l’Amérique. Mais son travail consiste à tirer la sonnette d’alarme lorsqu’il détecte des prêts et des emprunts irrespon-sables, estime le journal. Quant à la Chine, en pratiquant ces prêts de façon souvent opaques, elle joue sa réputation financière dans le monde, affirme le « Financial Times ». A quand la prochaine crise de la dette des pays en développement ?

Jacques Hubert-rodier 15/09

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