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23 avril 2018 ~ 0 Commentaire

carhaix salah hamouri (ouest france)

salalh

Un prisonnier politique bientôt citoyen d’honneur de Carhaix ?

Jean-Pierre Jeudy a évoqué, lors du rassemblement pour la Palestine, samedi 21 avril à Carhaix, la volonté de la Ville d’octroyer un titre honorifique à l’avocat franco-palestinien, Salah Hamouri.

Samedi 21 avril, lors d’un rassemblement pour la Palestine à Carhaix (Finistère) auquel cent personnes ont participé, a été évoquée la volonté de la Ville d’octroyer un titre honorifique à l’avocat franco-palestinien, Salah Hamouri. Comme une impression de prêcher pour des convaincus. Mais parce qu’ils «ne peuvent pas renoncer», sans quoi la situation serait «pire », ils persévèrent.

Quatorze organisations politiques, syndicales et associatives ont appelé, samedi 21 avril, à Carhaix (Finistère), à un nouveau rassemblement pour la Palestine au-dessus duquel les ombres de ses prisonniers politiques n’ont cessé de planer.

Chaque représentant a tenu une allocution, brève et consensuelle, place des Droits-de-l’Hom- me. Tout un symbole pour la centaine de personnes venue réclamer « justice » pour le peuple palestinien, dont « chaque jour » les « droits fondamentaux sont bafoués », martèle Jean-Pierre Jeudy, président de l’antenne Centre-Bretagne de l’association France-Palestine Solidarité (AFPS).

Un prisonnier bientôt citoyen d’honneur de Carhaix ?

Le symbole, c’est bien ce qui caractérise ce rendez-vous devenu hebdomadaire auquel la municipalité de Carhaix s’est associée. En témoigne la présence de plusieurs édiles, dont le maire, Christian Troadec. Plus qu’une présence, il a été révélé leur intention de proposer au conseil municipal du 24 avril d’octroyer à l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri, emprison- né « pour des raisons que l’on ignore », le titre de citoyen d’honneur de la Ville de Carhaix.

Un « geste fort » applaudi par tous. « On s’est battu à juste titre pour la libération de Loup Bureau en Turquie. On doit faire de même pour Salah Hamouri », appelle Jean-Pierre Jeudy, selon qui le droit international « n’est pas à géométrie variable ».

Renforcer le moral

Des initiatives symboliques à leur petite échelle, certes, mais « qui font tache d’huile », assure Claude Léostic, membre de l’AFPS. Et s’ils se réunissent pour que « le gouvernement fran- çais prenne enfin la mesure de notre colère et entende nos revendications », l’utilité est aussi pour eux. Il s’agit d’un moment galvanisant pour « garder le moral » et « renforcer notre cohésion ». Malgré « la répression du gouvernement israélien, conclut la membre de l’AFPS, avant d’entamer une marche, les Palestiniens ne fléchiront pas ». Et eux non plus.

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20 avril 2018 ~ 0 Commentaire

anti-impérialisme (anti-k)

anti-imper

Le Maroc à la France, l’Egypte aux anglais

L’anti-impérialisme des imbéciles

Une fois encore le « mouvement anti-guerre » occidental se réveille afin de se mobiliser autour de la Syrie. C’est la troisième fois depuis 2011. La première mobilisation a eu lieu au moment où Obama envisageait de frapper les capacités militaires du régime (pour ne finalement rien faire) à la suite de l’attaque chimique de la Ghouta en 2013, considérée alors comme un franchissement de ligne rouge. La seconde s’est développée suite à la frappe ordonnée par Donald Trump sur une base militaire vide en réponse à l’attaque chimique de Khan Sheikhoun en 2017. Enfin, une troisième mobilisation émerge aujourd’hui alors que les États-Unis, l’Angleterre et la France mènent des actions militaires de faible envergure (frappes ciblant les équipements d’armes chimiques) suite à l’attaque chimique à Douma responsable au minimum de la mort de 34 personnes dont des enfants cherchant refuge dans les sous-sols.

Cette gauche affiche de profondes tendances autoritaires, notamment en plaçant les États eux-mêmes au centre de l’analyse politique.

Peu importe qu’il s’agisse de dictatures, la solidarité s’exprime ainsi en faveur d’États (perçus alors comme les acteurs principaux des luttes de libération) plutôt qu’envers les groupes opprimés d’une société donnée. Aveugle à la guerre sociale se jouant au sein de la Syrie elle-même, ce type de vision considère le peuple syrien, quand il est pris en compte, comme un pion négligeable dans une partie d’échec géopolitique.

Cette gauche répète ainsi « Assad est le dirigeant légitime d’un pays souverain » comme un mantra. Assad a pourtant hérité du pouvoir par son père et n’a jamais mené ni gagné d’élection libre et équitable. Face à des rebelles et des civils nées en Syrie, son «armée arabe syrienne» n’a pu regagner les territoires perdus qu’avec le soutien d’un ramassis de mercenaires extra-syriens appuyés par des bombes étrangères.

Combien parmi les sympathisants de cette gauche là, continueraient à considérer comme légitime leur gouvernement élu si celui-ci commençait à mettre en place des campagnes de viols de masse contre ses opposants ? Seule une déshumanisation complète des syriens peut rendre possible une telle position. Considérer les Syriens comme incapables d’obtenir et de mériter mieux qu’une des plus brutales dictatures de notre temps relève clairement du racisme. On remarque tout d’abord que ces trois mobilisations de la gauche occidentale « anti-guerre » n’ont que très peu à voir avec une volonté d’en finir avec la guerre.

Plus d’un demi million de Syriens ont été tués depuis 2011. L’immense majorité des victimes civiles provient de l’usage d’armes conventionnelles. 94 % de ces victimes furent tuées par l’alliance Syrie-Iran-Russie. Il n’y a pas une once d’indignation ou d’inquiétude feinte à propos de cette guerre elle-même qui a éclaté après la répression par le régime de manifestants pacifiques et pro-démocratie. Aucune indignation lorsque des barils d’explosifs, des bombes chimiques ou du napalm sont envoyés sur des communautés auto-organisées démocratiquement, des hôpitaux et des secouristes. Les civils sont mortels, pas les infrastructures militaires d’un régime fasciste génocidaire.

En vérité, le slogan « Pas touche à la Syrie » (Hands off Syria) signifie « Pas touche à Assad » et s’accompagne souvent d’un soutien à l’intervention militaire russe.

Cette orientation était flagrante à la manifestation de la coalition Stop the war UK du 13 avril 2018 où des drapeaux russes et syriens s’affichaient honteusement. Pour cette gauche autoritaire, le soutien à Assad se manifeste au nom de l’anti-impérialisme. Assad est perçu comme appartenant à l’«axe de la résistance» face à l’empire américain et au sionisme. Le fait que son régime ait soutenu la première guerre du Golfe semble ne pas compter, ni le fait qu’il ait participé au programme illégal d’extradition des États-Unis où des terroristes présumés ont été torturés pour le compte de la CIA. Le fait que le régime ait probablement massacré plus de palestiniens que l’État israélien est constamment négligé de même que le fait qu’il préfère user de sa force de frappe pour éliminer l’opposition interne plutôt que pour libérer le Golan occupé par Israël.

Cet «anti-impérialisme» des imbéciles est celui pour qui l’«impérialisme» équivaut uniquement à l’action des États-Unis. Ces derniers bombardent pourtant la Syrie depuis 2014. Lors de la campagne américaine visant à libérer Raqqa de l’emprise de Daesh, toutes les normes internationales de la guerre et les considérations de proportionnalité ont été bafouées. Plus de 1000 civils ont été tués et selon une estimation de l’ONU, 80 % de la ville se trouve maintenant inhabitable. Il n’y a eu aucune protestation organisée par le mouvement «anti-guerre» contre cette intervention, pas d’appels pour s’assurer que les civils et infrastructures civiles seraient protégés.

Cet anti-impérialisme là a préféré adopter le discours de la guerre au terrorisme autrefois promu par les néoconservateurs et repris maintenant par le régime qui qualifie de djihadiste et terroriste toute opposition à Assad. Il a fermé les yeux sur le fait qu’Assad envoyait dans ses goulags des milliers de manifestants laïques, pacifiques et pro-démocratie afin de les torturer à mort tandis qu’il sortait les militants islamistes de prison. De même, les manifestations qui se poursuivaient dans les zones libérées contre les groupes extrémistes et autoritaires tels que Daesh, al-Nosra et Ahrar al-Sham ont été ignorées. Les Syriens sont vus comme incapables d’adopter un large éventail de points de vue variés. Activistes de la société civile (dont des femmes incroyables), journalistes citoyens et travailleurs humanitaires sont insignifiants. Toute l’opposition est réduite à ses éléments les plus autoritaires ou perçue comme une émanation d’intérêts étrangers.

Cette gauche pro-fasciste semble aveugle à toute forme d’impérialisme qui ne serait pas d’origine occidentale.

Cela relève d’une combinaison de politique de l’identité et d’égoïsme. Tout événement est vu via un prisme occidental: seuls les mâles blancs ont le pouvoir d’écrire l’Histoire. Selon le Pentagone, il y a actuellement 2000 soldats américains en Syrie. Les États-Unis ont installé de nombreuses bases militaires dans les zones sous contrôle kurde du nord de la Syrie pour la première fois dans l’histoire du pays. Cette présence américaine devrait préoccuper quiconque se soucie de l’autodétermination du peuple syrien mais fait pâle figure au regard des dizaines de milliers de soldats iraniens et de milices chiites soutenues par l’Iran qui occupent le reste du pays ou des bombardements meurtriers de l’aviation russe en soutien à la dictature fasciste.

La Russie dispose dorénavant de bases permanentes dans le pays et a obtenu un droit exclusif sur les hydrocarbures syriens en échange de son soutien. Noam Chomsky a affirmé qu’on ne pouvait pas qualifier l’intervention russe d’impérialiste dans la mesure où elle répondrait à l’invitation du régime. Selon cette analyse, l’intervention américaine au Vietnam n’était donc pas non plus impérialiste puisque sollicitée par le gouvernement sud-vietnamien.

De nombreuses organisations anti-guerre ont justifié leur silence vis-à-vis des interventions russes et iraniennes en affirmant que « l’ennemi principal est à la maison ».

Cela les dispense d’effectuer une analyse sérieuse des rapports de force afin de déterminer les acteurs principaux engagés dans cette guerre. Pour les syriens, l’ennemi principal est effectivement à la maison. Assad mène ce que l’ONU a qualifié de « guerre d’extermination ». Sans avoir conscience de leurs propres contradictions, plusieurs de ces voix anti-impérialistes se sont exprimées à juste titre contre la répression israélienne lors de la marche pacifique à Gaza. Une des caractéristiques du fonctionnement de l’impérialisme consiste bien sûr à nier les voix indigènes. Dans la même veine, les organisations de la gauche anti-guerre tiennent des conférences sur la Syrie sans inviter d’orateurs syriens.

L’extrême-droite forme l’autre courant politique majeur faisant bloc derrière le régime d’Assad et dénonçant les frappes états-uniennes, britanniques et françaises en Syrie.

Aujourd’hui, les discours fascistes et ceux de cette gauche anti-impérialiste sont impossibles à distinguer. Aux États Unis, le suprémaciste blanc Richard Spencer, le podcaster d’extrême-droite Mike Enoch ainsi que la militante anti-immigration Ann Coulter s’opposent tous aux frappes. En Angleterre, l’ancien leader du BNP Nick Griffin et l’islamophobe Katie Hopkins se sont joints à l’appel. L’alt-right et l’alt-left convergent en relayant et en faisant la promotion de diverses théories conspirationnistes visant à absoudre le régime syrien de ses responsabilités.

Les militants de ces courants présentent les attaques chimiques comme des opérations sous faux drapeau et les travailleurs humanitaires comme des membres d’Al Qaeda, faisant d’eux des cibles légitimes des attaques. Ceux qui diffusent de telles informations ne sont pas sur place et s’avèrent incapables de vérifier indépendamment leurs allégations.

Ils dépendent en dernière instance souvent de la propagande d’État russe et syrienne parce qu’ils ne «croient pas les médias mainstream» ou les syriens directement concernés. Parfois la convergence entre ces bords apparemment opposés tourne carrément à la collaboration. La coalition ANSWER qui a organisé la plupart des manifestations contre les frappes anti-Assad aux États-unis constitue un bon exemple. Ces deux courants véhiculent fréquemment un récit antisémite ou islamophobe. Ils partagent les mêmes arguments et la même imagerie.

Il existe de nombreuses raisons valides pour s’opposer à une intervention militaire étrangère en Syrie qu’elle soit américaine, russe ou turque. Ni les États-Unis, la Russie ou la Turquie agissent dans l’intérêt du peuple syrien, de la démocratie et des droits humains. Ils n’opèrent que pour leur propre compte. L’intervention actuelle menée par les États-Unis, l’Angleterre et la France a peu à voir avec une volonté de protéger la population d’atrocités mais plus avec l’imposition de la norme du droit international rendant l’usage des armes chimiques inacceptable, de peur que celles-ci soient un jour utilisées sur les occidentaux eux-mêmes.(…)

Une chose est certaine, les frappes visant les infrastructures militaires et les centres de productions d’arme chimiques susceptibles d’offrir quelque répit aux syriens face à la mort quotidienne ne m’empêcheront pas de dormir. Et il ne sera plus jamais possible de considérer des gens qui préfèrent les grands discours aux réalités vécues, défendent des régimes brutaux dans des pays lointains, véhiculent racisme, théories du complot et négation d’atrocités comme des alliés.

Traduit de l’anglais par VLSB 35. Paru initialement sur Leila’s Blog le 14/04/2018

La Gauche Anti-capitaliste, 2018-04-19

https://www.anti-k.org/

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18 avril 2018 ~ 0 Commentaire

québec (essf)

pq

Québec : débat sur l’indépendance chez la gauche Solidaire

Un état des lieux révélant un retour en arrière socio-économique et linguistique…

« Si, (…) grosso modo, nous ne sommes plus les ‘‘nègres blancs des Amériques’’, [grâce aux] luttes sociales et nationales [qui] ont arraché des acquis », il n’en reste pas moins que la présente dynamique socio-économique et linguistique québécoise témoigne d’un retour en arrière.

Si on prend le PIB par ménage comme un indicateur synthétique socio-économique, celui-ci, après avoir été au milieu du peloton des provinces canadiennes encore en 2007, est doré- navant relégué à la queue [2]. Et ce malgré un recul marqué de la population québécoise par rapport à celle canadienne [3] dû à un solde migratoire inter-provincial constamment négatif (2.2), à une part relativement moindre pour l’immigration internationale (2.1) et, pour les trois dernières années disposant de statistiques, à un taux naissance plus bas que pour le reste du Canada (1.6).

Quant à la force relative du français au Québec, l’analyste Charles Castonguay a démontré que les manipulations de Statistique Canada en masquent l’affaiblissement [4] suite au charcutage de la loi 101 par la Cour suprême et à l’hégémonie néolibérale de l’anglais. Si on peut conclure à un relatif jovialiste état des lieux en comparant deux clichés historiques, la prise en compte des récentes tendances coupe court à toute célébration.

… et une impasse politique y compris à gauche

En diapason, dans un contexte de recul de la riposte, non sans spasmes altermondialiste en 2000-2001 puis étudiant entraînant les autres en 2012, l’ardeur indépendantiste de la nouvelle génération tiédit [9] au prorata de leur altermondialisme progressiste ou même de leur cosmo- politisme néolibéral. Elle se refroidit d’autant plus que du nationalisme de l’opprimé émane une odeur de roussi identitaire, larvé au PQ, évidente à la CAQ, honteuse au PLQ et pas toujours absente chez les Solidaires dont la position sur le voile reste alambiquée [10]. La jeunesse progressiste, comme Diogène cherchant l’homme, est à l’affût d’un concret indépendantisme internationaliste capable de damer le pion autant à celui identitaire qu’au fédéralisme.

La jeunesse décroche d’un indépendantisme se ratatinant sur l’identitaire

Il ne faut pas alors se surprendre que les plus jeunes (…) aient rejeté la stratégie indépen- dantiste. L’une, niant le noyau dur de l’histoire de l’État canadien [11], suggère l’inexistence de la nation québécoise la reléguant à une notion imaginaire à la Benedict Anderson [12] laquelle ne peut engendrer que le nationalisme ethnique. L’autre, dans un esprit typiquement post- moderne confondant nations et provinces, clame le cul-de-sac capitaliste de toute stratégie indépendantiste qui serait diviseuse d’un prolétariat multi-ethnique, honnie par la jeunesse rendue ailleurs et ne pouvant changer la réalité étant donné des frontières devenues très poreuses.

Ce rejet de l’indépendantisme par la jeunesse québécoise devient une impasse que si elle n’est pas surmontée, signalerait la fin d’une époque née dans le tumulte des années soixante sans qu’aucune autre alternative stratégique ne s’annonce à l’horizon. Ce qui plongerait le peuple québécois dans la noirceur pétrolière canadienne aux dépens des prolétariats non seulement québécois mais aussi canadien pour qui souvent les luttes sociales québécoises, comme le récent Printemps érable, sont exemplaires justement à cause de la symbiose entre libération nationale et émancipation sociale.

Les vieux refrains, tout en restant nécessaires, ne suffisent plus

On ne peut se contenter de rétorquer à la jeunesse progressiste les vieux refrains de la gauche indépendantiste (…), en particulier le responsable Solidaire des communications et co-dirigeant du site web Presse-toi-à-gauche. Il faut certes rappeler que l’État canadien s’est formé comme creuset inachevé d’une nouvelle nation anglophone aux dépens de peuples conquis: aborigènes, acadien et québécois [13], jusqu’au tournant du vingtième siècle. Qu’elle tente toujours de les assimiler territorialement comme linguistiquement par d’autres moyens n’excluant pas la répression par l’armée comme en octobre 1970 au Québec et à Oka-Ka-nehsatake en 1990. On doit aussi étudier les acquis et erreurs des grandes luttes nationales de la rébellion de 1837-38 jusqu’à la méconnue mobilisation de classe expliquant la remontée du ‘oui’ jusqu’à la presque victoire en 1995.

Est bien sûr à rappeler que la lutte contre l’oppression nationale est une compo- sante de l’unité prolétarienne démocratiquement construite laquelle implique la lutte consé-quente, sans réserve et sans tarder, contre toutes les oppressions. Que, à contrario, le natio-nalisme même indépendantiste tend à soumettre le prolétariat à l’hégémonie de la (petite-) bourgeoisie dont le nationalisme au Québec est mou et donc porté sur l’autonomisme à la Duplessis.

Ce à quoi répond, par effet de miroir, un chauvin bloc interclasse de la nation dominante ce qui est la source du Quebec bashing et surtout de la non-reconnaissance de la nation québécoise par la Constitution canadienne de 1982 qu’aucun gouvernement du Québec n’a entérinée depuis lors. On aura beau démontrer à coups de citations de Lénine qu’unité prolétarienne et auto-détermination se renforcent réciproquement et que l’option de l’indépendance dépend de l’intérêt fondamental du prolétariat, il n’en reste pas moins qu’il faut démontrer la pertinence d’un indépendantisme internationaliste, de préciser son projet de société, sa stratégie.

Un faux débat faussement résolu par un retour annoncé à l’alliance nationaliste

Québec solidaire répond par la Constituante qui ne pourrait faire autrement qu’être de facto indépendantiste si elle s’enracinait dans la lutte sociale dont l’ampleur devrait atteindre et dépasser le niveau pré révolutionnaire de 1972.

Comment alors expliquer le débat entre Constituante « ouverte » ou « fermée », c’est-à-dire restreinte à la seule option indépendantiste, qui a déchiré la militance Solidaire jusqu’à ce que l’option fermée. (…). Ce faux débat démontre à quel point la stratégie Solidaire est hors sol, confinée aux seules institutions [14], et devant être l’aboutissement d’un triple processus électoral (gouvernement Solidaire, Assemblée constituante, référendum) sans lien autre qu’accidentel ou manipulatoire avec les luttes sociales. (…)

Un concret indépendantisme internationaliste accueilli comme un chien dans un jeu de quille

Québec solidaire est très loin de l’articulation d’un projet de société à la hauteur d’un indépen- dantisme internationaliste et d’une stratégie concomitante. Et sa direction n’en veut pas même s’il en existe une sonnante et trébuchante dont l’orientation générale a été votée en bonne et due forme lors du congrès de révision du programme du printemps 2016 :

Préconiser, d’ici 2050, une économie décarbonisée, c’est-à-dire de réduire de 95 % les émis- sions de gaz à effet de serre (GES) en dessous du niveau de 1990, notamment en appliquant un plan de transition énergétique visant l’élimination des hydrocarbures dans la production et la consommation d’énergie et une réduction substantielle de l’utilisation de produits à base de dérivés du pétrole d’ici le milieu du siècle.

Afin de rattraper le retard accumulé par rapport à nos engagements internationaux et afin de contenir la hausse moyenne de la température mondiale à 1,5 degrés Celsius, il faut accélérer la transition énergétique pour la période entre 2018 et 2030 de façon à atteindre 67% de réduction en dessous du niveau de 1990. […]

S’opposer aux Bourses du carbone qui sont des outils d’enrichissement des multinationales, et qui risquent de devenir un nouvel instrument spéculatif. Rejeter les fausses solutions techni- ques qui n’engagent pas de réelles réductions d’émissions des gaz à effet de serre (les agro- carburants, la géo-ingénierie, le stockage du carbone, etc.). S’opposer aux taxes sur le carbone qui frappent surtout les plus pauvres. (Je souligne)

La direction du parti rejette les résultats de ce congrès en commençant par la Constituante « ouverte » que le congrès suivant de 2017 a renversé par le subterfuge du vote de fusion avec Option nationale. Ensuite, elle est mal à l’aise avec l’horizon de « la socialisation des activités économiques » et non pas seulement de « certaines » d’entre elles comme l’a laissé voir le nouveau candidat-vedette Solidaire de Rosemont au sujet de la nationalisation des sociétés minières telle que stipulée dans la plateforme [19]. Et surtout elle récuse la cible anti-GES pour 2030 et le rejet du marché ou taxe carbone considérés « irréalistes » d’où leur suppression de la plateforme 2018 de sorte que la politique des cibles Solidaire se situe à droite de celle des Libéraux.

Pourtant cette orientation radicale conforme aux cibles de température de l’Accord de Paris est faisable techniquement, financièrement et politiquement [20] en autant qu’on l’adosse à un plan d’action à l’avenant, de plein emploi écologique, reposant sur une mise au pas de l’éco- nomie de marché, ce que le patronat canadien n’a pas hésité à faire en 1939 pour des fins guerrières. On comprend alors qu’une clause de l’accord de fusion avec Option nationale stipule que le prochain congrès post-électoral, aussi tôt qu’en décembre 2018, portera sur « la révision de l’ensemble du programme notamment (mais non exclusivement) dans une optique d’arrimage avec le programme d’ON. »

Un réseau dit écosocialiste, chien de garde de la direction du parti, ignore l’enjeu écologique

C’est cette orientation plein emploi écologique qui n’a pas trouvé preneur à ce débat organisé par le Réseau écosocialiste. Le paradoxe est de taille : des panélistes dit écosocialistes n’arriment pas la thématique écologie à la thématique indépendance. Est-ce si malin de réaliser que le plein emploi écologique nécessite l’indépendance pour sortir du carcan du Canada pétrolier, pour détenir les pouvoirs constitutionnels afin de le mettre en œuvre et surtout pour se débarrasser de l’humiliant et paralysant fardeau du Quebec bashing : les pouvoirs pour contrôler la Finance et les changes grâce à une monnaie nationale, ceux pour que le Québec ne devienne pas une passoire pétrolière et gazière et pour qu’il se sorte d’accords de libre-échange masquant la dictature des transnationales acquis au bon marché des hydrocarbures.

Ce point aveugle témoigne qu’il y a un éléphant dans la pièce : occuper la position aile gauche Solidaire afin de protéger la direction du parti pour qu’elle découple sans être contestée la substantifique et radicale moelle écologique du programme de sa politique réellement existante d’adaptation au capitalisme vert [21].(…) Ceci est un résumé.

Marc Bonhomme, 13 avril 2018,

www.marcbonhomme.com ; bonmarc@videotron.ca

http://www.europe-solidaire.org/

Lire aussi:

Québec Solidaire (Wikipédia)

Option nationale (Wikipédia)

Parti Québéquois (Wikipédia)

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17 avril 2018 ~ 0 Commentaire

macron en syrie (regards)

marcron

Guerre en Syrie : « Macron fait endosser à la France un rôle de supplétif de Trump »

Le président Macron a décidé seul d’intervenir en Syrie aux côtés des britanniques et des américains, sans débat au Parlement, prévu dans trois jours. Il fallait aller vite ?

La justification par l’urgence est évidemment un prétexte. Cela fait plus de 7 ans maintenant que les Syriens se sont soulevés contre le tyran Assad, et l’on ne compte plus, depuis lors, les attaques massives, qu’elles soient chimiques ou non, contre la population, qu’elles viennent du régime ou de ses soutiens iranien et russe.

On peut même souligner ici l’effet pervers des fameuses « lignes rouges » au sujet des armes chimiques : cela signifie en effet que si les massacres ne sont pas commis avec des armes chimiques, ils sont tolérables et ne nécessitent pas de réaction. En réalité, Macron se situe dans la grande tradition de la 5è République, où la guerre est l’affaire du seul chef de l’État et de ses conseillers non élus, et où le Parlement ne joue, sauf rare exception, qu’un rôle de chambre d’enregistrement des décisions de l’Élysée.

C’est bien évidemment un déni de démocratie, qui pose la question des institutions elles- mêmes : le fait qu’il n’y ait aucune forme de contrôle sur des décisions de cet ordre en dit long sur le caractère antidémocratique de ce régime.

La France n’avait-elle d’autre choix que de suivre les Etats-Unis ?

En se coalisant avec la Grande-Bretagne et les États-Unis, Macron fait endosser à la France un rôle de supplétif de Trump. Je ne suis pas de ceux qui se préoccupent de « l’image de la France », mais en faisant ce choix il est évident que Macron se lance dans une étrange aven- ture. Lorsque l’on a conscience des velléités guerrières de Trump et de sa capacité à agir sur des impulsions, indépendamment des conséquences que ses actions pourraient avoir, on se dit que Macron s’est embarqué dans un drôle de navire.

Le président Macron justifie son intervention après l’attaque chimique de civils. Les civils sont tués à Gaza, au Yémen, des Kurdes sont aussi victimes de la guerre, pourquoi la France n’intervient-elle pas dans ces territoires ?

Ce qui est en jeu n’est pas le sort de la population syrienne, dont le gouvernement français et ses complices Trump et May se soucient comme d’une guigne. Leur indifférence à l’égard du sort des Kurdes, des Palestiniens ou des Yéménites confirme que le critère n’est pas l’assis- tance à des peuples en danger.

On parle ici de jeux d’alliances et d’influence : Israël et l’Arabie saoudite peuvent massacrer tranquillement, puisque ce sont « nos » alliés, avec lesquels on coopère dans le domaine militaire, quand on ne leur vend pas directement des armes ; en Syrie en revanche, ceux qui ont la main sont l’Iran et la Russie, et il fallait leur signifier, ainsi qu’à Bachar al-Assad, que les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne refusaient d’être considérées comme hors-jeu.

Quelles pourraient être les prochaines étapes ?

Il est difficile à ce stade d’échafauder des scénarios pour la suite. Trump, May et Macron pré- tendent qu’il s’agissait d’une opération ponctuelle, et leurs déclarations légitimant leurs bom- bardements sont plutôt mesurées : Le Drian évoque un nécessaire « plan de sortie de crise […] avec une solution politique », May affirme « [qu’]il ne s’agissait pas d’interférer dans une guerre civile, [ni] de changer de régime », etc.

La Russie proteste, tout en précisant que ses positions et « zones de responsabilité » n’ont pas été visées. Cela confirme que nous n’en sommes pas au stade d’une escalade militaire de grande ampleur, même si des mesures de rétorsion, qu’elles soient diplomatiques ou écono-miques, sont à prévoir, qui viendraient s’ajouter à celles qui existent déjà : la crise couve en effet depuis un long moment entre, d’une part, la Russie et, d’autre part, les pays occidentaux. Une chose est toutefois certaine : les bombardements de la nuit dernière ajoutent de la guerre à la guerre, et il est plus qu’inquiétant de constater que certains prétendent encore, après les désastreuses expériences de l’Afghanistan, de l’Irak et de la Libye, que l’on peut apporter la paix et la démocratie à coups de bombes.

Une sortie de crise est-elle possible et avec quels interlocuteurs ?

Ce qui est certain, c’est qu’il ne peut y avoir de sortie de crise en Syrie sans une désescalade militaire, qui implique en premier lieu la fin de l’ensemble des interventions militaires étran- gères, y compris celles de la Russie et de l’Iran sans lesquelles Assad aurait depuis longtemps été renversé. Si le régime syrien est aujourd’hui en position de force, c’est grâce à ce soutien inconditionnel, et c’est précisément cela qui gêne Trump, May et Macron, qui se sentent hors- jeu quant à l’hypothétique « sortie de crise ». Pour revenir dans le jeu, ils ont même accepté la condition selon laquelle Assad serait un interlocuteur légitime pour la « sortie de crise ». Une condition inacceptable pour des centaines de milliers, voire des millions de Syriens ! Comment peut-on en effet imaginer une transition en Syrie en y associant le principal responsable de la boucherie ?

Les forces d’opposition démocratique syriennes doivent être davantage soutenues par la communauté internationale ?

Les forces d’opposition démocratique syriennes ont été laminées, mais cela ne signifie pas pour autant que les aspirations démocratiques ont disparu : durant les rares périodes de  « calme » au cours des dernières années, on a ainsi vu de nouvelles manifestations s’orga- niser. L’urgence est aujourd’hui d’imposer un véritable cessez-le-feu, y compris au moyen de sanctions contre les principaux belligérants, et non de chercher des arrangements qui se feront toujours sur le dos des populations. C’est une condition nécessaire pour envisager un meilleur avenir pour la Syrie qui, comme l’ont prouvé les nombreuses expériences auto- gestionnaires qui se sont développées depuis 2011, et comme le montre, malgré ses limites, le processus au Rojava, n’est pas condamnée à la fausse alternative entre régime dictatorial et intégrisme islamique.

Des frappes américaines, françaises et britanniques ont eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi pour détruire plusieurs sites stratégiques syriens dont un centre de recherche soup- çonnés d’héberger le programme chimique du régime de Bachar al-Assad. Pour y voir plus clair, Julien Salingue, (Membre du NPA) chercheur en science politique, a répondu aux questions de Regards.

Julien Salingue  16/04/2018

https://www.gaucheanticapitaliste.org/

 

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15 avril 2018 ~ 0 Commentaire

édito syrie (npa)

npa 29 vertic

Avec le peuple syrien, contre les bombardements et toutes les interventions impérialistes

Une fois de plus, les gouvernements des USA, de la Grande-Bretagne et de la France se sont arrogé le droit de bombarder au Moyen-Orient. À la suite de Trump ils ont annoncé dans la nuit du 13 au 14 avril le lancement de dizaines de missiles sur des objectifs militaires du gouver- nement syrien, suite à des témoignages relatant une nouvelle attaque chimique du régime Assad contre la population de la ville de Douma près de Damas.

Ils affirment vouloir en rester là avec cet avertissement, le gouvernement russe dit qu’il ne restera pas sans réactions, tous prétendent agir pour la paix et contre le terrorisme. Mais c’est un triste jeu qui se déroule entre les puissances mondiales et régionales en Syrie entre les États-Unis, la France, la Russie, l’Arabie Saoudite, l’Iran et la Turquie : un jeu cynique qui se fait sans et contre la population, dont le sort tragique n’émeut que lorsqu’il s’agit d’enclencher les grandes manœuvres diplomatiques et géostratégiques.

Depuis mars 2011 et le soulèvement démocratique contre le tyran Bachar al-Assad, la population syrienne subit en effet une répression féroce et sanglante du dictateur et de ses alliés, au premier rang desquels la Russie de Poutine et l’Iran des mollahs.

Les difficultés rencontrées par le soulèvement, la militarisation imposée par le régime et les ingérences intéressées des monarchies du Golfe, ont en outre favorisé le développement de forces intégristes et djihadistes, tandis que les forces démocratiques étaient bien seules face à Assad et aux courants contre-révolutionnaires.

Nous appelons à rejeter la sordide campagne visant à faire douter de la énième attaque chimique criminelle du régime sur des civils, hommes, femmes et en- fants à Douma, attestée par tant d’informations venant de citoyens et services médicaux sur place.

Mais nous condamnons sans aucune ambiguïté la nouvelle aventure militaire dirigée par Trump en Syrie, et la participation française à cette campagne de bombardements qui veut donner l’illusion que le peuple syrien va être maintenant mieux protégé. Cela ne peut en fait qu’ajouter de la guerre à la guerre, et du chaos au chaos : victimes civiles, rappel d’un passé colonial honni, renforcement de la posture d’Assad comme « rempart » face à l’impérialisme occidental.

La fin de la tragédie syrienne passe au contraire par une désescalade militaire, qui implique la fin de toute intervention étrangère, y compris russe et iranienne, l’arrêt des ventes d’armes aux dictatures de la région, dont la France est l’un des principaux fournisseurs en engins de morts, et la clarté sur la mise à l’écart, dans tout scénario d’avenir, d’Assad et des dirigeants du régime syrien.

Nous continuerons à soutenir les résistances syrienne et kurde contre tous leurs oppresseurs.

Montreuil, le 14 avril 2018

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11 avril 2018 ~ 0 Commentaire

irlande (npa)

Republican-group-Eirigi-g-007

Le « républicanisme traditionnel » qui demande le départ des anglais, n’est plus représenté que par des petits groupes

Nord de l’Irlande: vingt ans après : où en est l’accord du Vendredi Saint ?

Il y a 20 ans, quand les négociations officielles entre unionistes et nationalistes se sont conclues en avril 1998 par la signature du « Good Friday agreement » symboliquement signé le jour du déclenchement de la révolte de Pâques 1916 contre la puissance occupante, l’accord a été salué comme un tournant dans le conflit qui dure depuis 29 ans au nord de l’Irlande.

Deux de ses signataires, David Trimble pour le UUP (Parti unioniste de l’Ulster) et John Hume pour le SDLP (Parti social-démocrate) vont d’ailleurs recevoir le prix Nobel de la paix. Gerry Adams, président du Sinn Fein, sans qui l’accord n’aurait jamais vu le jour, en étant écarté pour cause de liens avec l’IRA.

Une décennie de discussions 

Gerry Adams avait pourtant, dès la fin des années 1980, entamé des discussions (secrètes) avec John Hume, révélées en 1992 par une déclaration commune. Elle affirmait la volonté de sortir d’une guerre rampante qui avait causé des milliers de morts et d’emprisonnements depuis 1969, ainsi qu’une grève de la faim historique en 1981, dont Bobby Sands, pourtant élu au Parlement britannique pendant sa grève, fut le premier martyr.

Un premier cessez-le-feu de l’IRA, en 1994, ne débouchera sur aucun progrès dans les négociations avec Londres, le gouvernement du conservateur John Hume dépendant des unionistes d’Irlande du Nord pour conserver sa majorité à la chambre des Communes.

L’IRA va alors faire exploser un immeuble de bureaux de Canary Wharf, le nouveau quartier des affaires de Londres, en avril 1996. Un « rappel » qui sera entendu : les négociations reprennent très vite et aboutissent en avril 1998 à la signature du Good Friday agreement.

Situation bloquée

Cet accord prévoyait la libération de tous les prisonniers politiques, un gouvernement régional autonome, Stormont, la mise en place de structures transfrontalières et la disparition de fait de la frontière lourdement militarisée entre le Nord et la République d’Irlande. Il soulevait de grands espoirs parmi la population nationaliste : Gerry Adams avait promis, lors d’un discours à l’occasion de la commémoration de 1916, que « l’Irlande serait réunifiée en 2016 ».

Le retour au pouvoir des Conservateurs et le Brexit vont complètement changer la donne. La situation était déjà très tendue entre les deux partis majoritaires à Stormont, le DUP (Parti démocratique d’Ulster) formation unioniste d’extrême droite liée aux paramilitaires loyalistes qui a évincé l’UUP, et Sinn Fein, qui a marginalisé le SDLP. Stormont est suspendu depuis plusieurs mois et les six comtés du Nord sont pratiquement de nouveau sous le régime de la « direct rule » de Londres.

Brexit et frontière 

La question de la frontière est un sujet extrêmement sensible pour la population du Nord, toutes tendances confondues. Depuis les accords, une circulation intense des personnes et des biens est devenue la règle. De nombreuses entreprises de la République (Sud), sociétés de service et autres se sont installées au Nord, les routes de communication qui reliaient les villages de chaque côté de la frontière, coupées par de profonds fossés depuis 30 ans, ont été rétablies.

Le Brexit remet tout en cause : la Grande-Bretagne quittant l’Union européenne, la frontière devra être remise en place. Et pas une frontière « soft » comme le prétend Theresa May. La circulation des marchandises sera soumise aux droits de douane et les personnes contrôlées par l’immigration, ce qui implique le retour d’une véritable frontière.

Polarisation nationaliste

L’austérité et le chômage frappent durement l’Irlande du Nord depuis la fermeture des grandes structures industrielles comme les chantiers navals de Belfast, qui employaient des milliers de travailleurEs (protestants à 90 %), et la reconversion peine à se faire. La crise du logement, déjà aiguë, va sans doute s’aggraver avec les nouvelles coupes budgétaires annoncées par Theresa May. Quant au système de santé, il est au bord du naufrage. Une récente enquête montre que 60 % de la population en Irlande du Nord a moins de 100 British Pounds (115 euros) sur son livret d’épargne…

Malgré ce contexte économique très détérioré, le chômage et ­l’effondrement de l’État-­providence, les organisations d’extrême gauche comme People Before Profit (issue du Socialist Workers Party) peinent à se faire entendre. Avec 1,8 % des voix aux dernières élections en 2017, elle a perdu un de ses deux sièges, la polarisation autour de la question nationale restant le facteur dominant dans le choix des électeurEs.

Mercredi 11 avril 2018 Mireille Court

https://npa2009.org/

Commentaire:

Et qui a gagné? Du côté « Républicain » on parle d’une IRA « victorieuse ».

Du coté de l’extrême gauche, (qui n’aime guère les « armées secrètes » préférant les mouvements de masse genre « droits civiques ») on remarque que cette IRA « victorieuse » avait beaucoup perdu de cadres dans des embuscades, signe qu’elle était infiltrée, voire en voie de démantèlement. Que la constitution du Sud a été nettoyée de ses articles revendiquant toute l’île, ce qui fait de l’Unionisme la légalité. D’ailleurs Londres ne cesse de le proclamer.

 

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02 avril 2018 ~ 0 Commentaire

poulets (commodafrica)

libre echange

Le poulet européen vendu à vil prix sur les marchés africains

Depuis la fin de l’année dernière, le poulet brule entre l’Union européenne et l’Afrique. L’Afrique du Sud et le Ghana se sont, en effet, ralliés pour contrer ce qui apparaît comme une offensive commerciale majeure de l’Europe pour vendre à vils prix de la viande de poulets dont parfois l’origine fait doute, souligne le consultant Paul Goodison de GDC-Partners. D’où leur appel conjoint à relever les protections douanières sur la volaille du Brésil, de l’UE et des Etats-Unis.

Les statistiques témoignent de la capacité des exportateurs européens de passer facilement d’un marché africain à un autre, au gré des restrictions à l’importation édictées par les pays africains.

Ainsi, suite à l’interdiction faite par Pretoria en décembre 2016 d’importer de la volaille de certains pays européens, ces exportations européennes vers l’Afrique du Sud ont effecti- vement chuté de 72% de janvier à novembre 2017 par rapport à la même période en 2016 (de 205 220 t à 62 984 t). Parallèlement, relève GDC-Partners, elles ont progressé de 73% vers le Ghana (de 57 353 t à 99 020 t), de 89% vers le Gabon (de 20 405 t à 38 566 t) et de 59% vers la RD Congo (de 27 275 t à 43 278 t). Au total, de la viande de volailles de l’UE serait vendue dans pas moins de 38 pays d’Afrique sub-saharienne.

Toutefois, cette viande ne serait pas toujours en provenance de l’UE, une partie venant notamment d’Ukraine.

En effet, des entreprises ukrainiennes auraient investi dans des sociétés aux Pays-Bas et exporteraient des volailles pour y être découpées et emballées, les commercialisant comme si originaires de l’UE. Ce qui soulève la question des règles d’origine, souligne Paul Goodison.

Ceci a des conséquences majeures sur les filières africaines.

Ainsi, les unités de transformation de volailles au Ghana auraient vu leur capacité de produc- tion réduite à 25% tandis que les industries d’embouche n’opèrent qu’à 42%. Actuellement, selon l’étude de GDC-Partners, 95% du marché ghanéen en viande de volailles serait appro- visionné par des importations. « Si les importations étaient réduites, l’industrie de la volaille au Ghana pourrait lancer une vaste opération d’embauches, créant plus de 200 000 emplois« , a souligné Victor Oppong Adjei, président de la Ghana National Poultry Association.

La progression est significative :

en 2003, 26,5% des exportations européennes de viande de volaille étaient à destination des marchés africains, une part de marché qui serait passée à 46,8% en 2016, les volumes, quant à eux, faisant un bond de 147%, de 273 420 t à 674 877 t.

http://www.commodafrica.com/

Commentaire: Y a bien une raison aux tournées des politiques en Afrique!

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01 avril 2018 ~ 0 Commentaire

gaza (npa + l’encontre.ch)

npa 29 vertic

Solidarité avec les PalestinienEs face aux crimes de l’État d’Israël !

Ce vendredi, des dizaines de milliers de PalestinienEs ont manifesté lors de la marche du Retour, à l’occasion de la journée de la Terre, célébrée chaque année le 30 mars. Dans l’ensemble des territoires palestiniens, et en premier lieu dans la bande de Gaza, les mani- festantEs ont été pris pour cible par l’armée israélienne : on dénombre, selon le ministère de la Santé, pas moins de 15 morts et 1200 blesséEs.

Ces crimes confirment que l’État d’Israël ne tolère aucune remise en question de sa politique coloniale et que les PalestinienEs qui osent lutter pour leurs droits peuvent à tout moment être tués de sang froid par une armée coutumière des crimes de guerre.

Les PalestinienEs ont des droits, et ont toute légitimité à se mobiliser pour les défendre : le NPA rappelle son soutien inconditionnel aux droits nationaux et démocratiques des Pales-tinienEs, à leur droit à l’autodétermination et au droit au retour pour les réfugiéEs.

Le NPA s’indigne de ce nouvel épisode de répression sanglante et des crimes commis à Gaza, ainsi que du silence complice du gouvernement Macron-Philippe.

Et nous n’oublions pas qu’alors que les PalestinienEs subissent chaque jour les exactions de l’État d’Israël, Netanyahou a été reçu à deux reprises par Macron en moins d’un an.

Blocus de Gaza, colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem, discriminations contre les PalestinienEs d’Israël, détentions arbitraires, assassinats : l’impunité doit cesser !

Le NPA rappelle son attachement à la campagne Boycott-Désinvestissement-Sanctions (BDS) et continuera de s’y investir : tant que l’État d’Israël ne respectera pas le droit international, il doit être sanctionné et rendu comptable de ses crimes.

Montreuil, le 30 mars 2018

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Gaza. L’armée israélienne ouvre le feu contre la « Marche du Grand Retour » (Al’encontre.ch)

Gaza. «Cela s’appelle un massacre (Al’encontre.ch)

Note:

Rassemblement de protestation

Dimanche 1er avril 2018  15h,
Place de la République, Paris.

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31 mars 2018 ~ 0 Commentaire

lorient kurdes (le télégramme + rp)

afin

Lorient. 700 manifestants en soutien aux Kurdes de Syrie

700 personnes ont manifesté à Lorient samedi 31 mars pour soutenir les Kurdes d’Afrin, en Syrie.

La cause kurde mobilise en Bretagne. Environ 700 personnes (1.000 selon les organisateurs) ont manifesté samedi 31 mars à Lorient.

Une action régionale

Dans l’après-midi les manifestants ont arpenté les rues de la ville, de la place de l’Ysère jusqu’à la place Aristide-Briand, à l’appel d’un collectif d’une vingtaine d’associations, de syndicats et de partis politiques. Cette action régionale et unitaire était destinée à sensibiliser l’opinion publique et briser le « silence complice de la communauté internationale, de l’Union européenne et de la France concernant l’occupation de la ville d’Afrin par l’armée turque dans le nord-ouest de la Syrie ».

31 mars 2018 Katell Brélivet

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Lire aussi:
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29 mars 2018 ~ 0 Commentaire

crif (npa + médiapart)

npa 29 vertic

Expulsion de Jean-Luc Mélenchon et de la FI de la « marche blanche » : la faute aux ignobles amalgames du CRIF

Jean-Luc Mélenchon et les autres députéEs de La France insoumise qui avaient décidé de participer à la « marche blanche », en hommage à Mireille Knoll et contre l’antisémitisme, ont été contraints, sous la pression et les injures, de quitter la marche.

S’il semble avéré que ce sont des membres de la Ligue de Défense Juive (interdite en Israël! note du blog) qui ont organisé l’incident, le CRIF et son président Francis Kalifat portent une lourde part de responsabilité .

A diverses reprises, Kalifat a en effet déclaré que Jean-Luc Mélenchon et la FI ne seraient « pas les bienvenus » dans la manifestation. Pour quelle raison ? Parce que « l’extrême gauche » entretiendrait « la haine d’Israël » et « la haine des Juifs ». Dans un odieux parallèle, le président du CRIF en conclut : « Ni France insoumise, ni Front national ».

Ces amalgames sont scandaleux à double titre

Ils assimilent la légitime critique d’Israël à de l’antisémitisme ; ils tirent un trait d’égalité entre « extrême gauche » et « extrême droite », en d’autres termes entre des héritiers de la Résistance et des héritiers de la Collaboration.

Nous savons que le CRIF ne représente pas les Juifs de France. Le fils de Mireille Knoll a lui-même désavoué Francis Kalifat. Mais nous savons aussi que le CRIF n’a pas le monopole de ces amalgames : en juillet dernier, lors de la commémoration de la rafle du Vél’d’hiv, Emma- nuel Macron déclarait ainsi que l’antisionisme était « la forme réinventée de l’antisémitisme ».

La nécessaire lutte contre le poison de l’antisémitisme ne saurait s’accommoder de tels amalgames, qui la desservent profondément. Elle ne saurait en outre être confisquée par des courants qui l’instrumentalisent pour la détourner vers un soutien à l’État d’Israël.

Le NPA condamne l’expulsion de Jean-Luc Mélenchon et de la FI de la « marche blanche », ainsi que les prises de position du CRIF et de son président, qui ont légitimé a priori cette expulsion.

Le NPA tient à réaffirmer la nécessité de lutter implacablement contre l’antisémitisme et toutes les formes de racisme, d’où qu’elles viennent.

Le NPA dénonce l’odieux chantage à l’antisémitisme exercé par les inconditionnels de l’État d’Israël : notre antiracisme ne se divise pas, il est international, et internationaliste.

NPA Montreuil, le 28 mars 2018

http://www.anti-k.org/

Lire aussi:

Antisémitisme: démêler objectif et subjectif (Médiapart)

Assassinat de Mireille Knoll (NPA)

Mireille Knoll : un meurtre abject, sur fond d’antisémitisme ordinaire (Alternativr Libertaire)

Qui est derrière la LDJ, accusée d’avoir bousculé Jean-Luc Mélenchon et protégé Marine Le Pen (Le Huffington Post)

Marche blanche : la LDJ sort Mélenchon et escorte Le Pen (Politis)

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