Archive | Antiimpérialisme

18 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

poilus (le télégramme)

Tardi-Vernet-copie

Armistice. L’hommage de la jeunesse…

… La commémoration perturbée

Près de 1 500 élèves étaient réunis, vendredi, dans le centre-ville de Quimper, pour célébrer la fin de la Première Guerre mondiale. Une cérémonie qui a fait la part belle aux plus jeunes, désormais messagers de la mémoire.

C’était une cérémonie attendue. Initialement prévue le 9 novembre, la célébration du centenaire de l’Armistice avait dû être reportée à cause du mauvais temps. Mais, vendredi, écoliers, collégiens et lycéens, du public comme du privé, étaient bien présents place Saint-Corentin, sous un ciel chargé de lourds nuages gris. Un temps de circonstance pour rendre hommage aux Poilus, morts dans les affrontements durant la Grande Guerre.

La commémoration perturbée

Arrivé sur place vers 15 h, le défilé et l’organisation bien huilée ont pourtant été perturbés par la présence d’une vingtaine de protestataires. Ces derniers, représentant une quinzaine d’associations, syndicats et partis politiques locaux, ont accueilli les scolaires en scandant : « Non aux ventes d’armes, oui à l’accueil des réfugiés ». Ils entendaient protester contre le défilé des élèves qu’ils qualifiaient de « paramilitaire » et dénoncer « l’instrumentalisation des plus jeunes ». Évacués par les forces de l’ordre, les manifestants ont alors entonné « Le déserteur » de Boris Vian pour afficher leur antimilitarisme

À quelques mètres de là, la cérémonie se terminait par une minute d’applaudissements pour saluer les soldats morts durant le conflit.

L’hommage s’est conclu par la remise des prix du concours du soldat méconnu, remporté par l’école élémentaire Léonard-de Vinci de Saint-Evarzec. Les élèves devaient faire des recherches et réaliser un carnet de bord sur un Poilu et, ainsi, s’approprier l’histoire de la Grande Guerre.

https://www.letelegramme.fr/

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13 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

jeunes (via campesina)

La-Via-Campesina

La Déclaration pour les droits des paysans

Un instrument indispensable pour donner un avenir aux jeunes ruraux d’Afrique

Aujourd’hui le problème de la jeunesse en milieu rural est un problème extrêmement crucial et dangereux qui est en train de compromettre la stabilité même de notre région. De l’Afrique de l’Ouest jusqu’au Soudan , tous les pays sont en guerre ou dans une situation de conflit ouvert ou larvé.

On se rend compte que ce sont des enfants de paysans, ce sont des ruraux qui constituent la majeure partie des gens qui prennent les armes aujourd’hui parce que tout simplement, les politiques qui ont été mises en œuvre depuis les indépendances n’ont pas créé d’opportunités réelles pour que le secteur agricole se développe.

Toutes les ressources sont restées concentrées dans les villes ce qui fait que le secteur agri-cole reste dans une situation ou il n’y a pas d’infrastructures, il n’y a pas d’accompagnement dans la formation, il n’y a pas d’accompagnement dans la production, dans l’accès au marché et il n’y a pas de revenus décents pour le secteur agricole, ce qui fait que les jeunes ruraux ne croient plus en l’agriculture, parce que l’agriculture est le symbole même de la pauvreté, puis-qu’ils ont vu leurs parents dans les problèmes depuis qu’ils sont nés, et on leur demande de continuer ça , ils n’en veulent pas.

Aujourd’hui c’est que la donne a changé, ils commencent à être recrutés par des groupes extrémistes qui ont envahi l’Afrique un peu partout, et la situation devient incontrôlable et très dangereuse. Parce que personne, vous savez, n’aime être déconsidéré, tout le monde aime être valorisé, et quelqu’un qui a une arme, c’est mieux que quelqu’un qui s’assoie pour mourir de faim.

La déclaration des droits des paysans est un instrument qui rassemble , qui cristallise sur la question des droits tous les problèmes que vivent les ruraux.

On ne peut plus régler ces problèmes là qu’en les mettant sur l’angle des droits. Parce que les êtres humains ont des droits humains, il y a la déclaration universelle , plein de déclarations, de conventions mais qui sont éparpillées très mal connues et inutilisables par des paysans. Il faut un instrument qui soit accessible pour les paysans , et qui soit utilisable par les organisa-tions qui représentent les paysans pour négocier avec les gouvernement les bonnes politi-ques.

Donc cette déclaration est un instrument qui va permettre de créer une base de dialogue avec les gouvernements pour les convaincre que maintenant, le monde entier regarde que la solution à la paix a la stabilité du monde passe par des paysans qui vivent dignement , et qui ont des perspectives d’avenir du boulot du travail et qui veulent rester dans leur pays et contribuer à l’essor de leur propre pays.

Les gouvernements européens font une grave erreur en ne soutenant pas cette déclaration.

D’abord ils sont responsables en grande partie de ces politiques agricoles internationales qu’ils imposent aux pays du Sud, qui n’apportent rien et au contraire rendent dangereux le monde.
Ils ont une occasion unique avec la déclaration des droits des paysans de changer leur façon de voir.

En menant cette question sur l’angle des droits, ça peut accélérer la mise en œuvre de politi-ques favorables au secteur agricole et surtout pour les petits paysans et ces jeunes révoltés aujourd’hui, ces jeunes qui rejoignent les groupes armés soi-disant religieux qui déstabilisent, qui tuent et se font tuer tous les jours, ces jeunes qui partent et dont l’Europe ne veut pas , qui sont récoltés par l’Aquarius et d’autres bateaux dans la méditerranée, si on veut arrêter tout ça ,la seule solution c’est l’agriculture. Il n’y a pas un autre secteur qui peut créer du travail en Afrique .

L’Europe devrait comprendre qu’elle gagnerait mieux à laisser l’Afrique se nourrir

développer son auto-suffisance alimentaire, on ne parle pas d’autarcie , mais l’Afrique pourrait produire la majeure partie de ce qu’elle mange, et que la richesse circule en Afrique et ne soit pas envoyée systématiquement ailleurs pour payer la facture alimentaire. Un continent dont la richesse part toujours ne peut pas régler ses problèmes, et c’est ça qui se passe aujourd’hui parce que toutes les ressources partent de nos pays .

Ce n’est pas comme ça que les jeunes vont rester, il faut leur laisser des perspectives , alors que les productions qui sont importées et qui sont la plupart du temps subventionnées que ce soit de façon ouverte ou cachée viennent tuer la compétitivité.

Il y a le cas du lait en poudre ; tout le monde sait que c’est largement subventionné même s’il n’y a pas de subvention à l’export, mais aujourd’hui, on ne peut pas faire une filière laitière viable en Afrique en face de ça. Il y a eu le scandale des découpes de volaille qui venait d’Eu-rope, tout ça il faut arrêter. L’Afrique peut produire ses volailles de très bonne qualité, les poulets bicyclettes, il y a plein d’autres choses que l’Afrique peut faire .

Toutes les conditions sont là pour produire des fruits des légumes des céréales, de la viande de toute sorte, mais encore faudrait-il qu’il y ait des bonnes politiques et qu’il y ait des finan-cements pour ça, mais c’est ça qui n’existe pas. Il faudrait qu’on donne de la sécurité foncière aux exploitations familiales, qu’on fasse une reforme agraire, qu’on donne aux jeunes les moyens d’avoir de la terre pour s’installer , faire des activités qui leur rapporte des revenus et qu’on les accompagne par la formation, par les chaînes de valeurs, et l’accès au marché. Parce que les consommateurs sont là, ils attendent, ils ont besoin de ces produits là.

Les jeunes n’ont pas besoin de sommes importantes pour créer leur travail.

Nous avons fait des expériences pilotes, avec moins de 1 000 euros on installe un jeune avec un petit élevage de volaille ou du maraîchage avec une petite motopompe, le jeune arrive à faire des légumes qu’il vend sur le marché local et à avoir un revenu.

L’agroécologie est vraiment une des solutions les plus fonctionnelle

car c’est une agriculture qui met l’accent sur l’autonomie des paysans, sur sa capacité à gérer ses propres intrants, sa capacité à faire sa production avec les moyens dont il dispose , et aussi bien sûr à produire une alimentation qui est plus saine plus nutritive et diversifiée.

Les efforts sont faits par nous, mouvements paysans pour développer la transition agro-écologique des exploitations agricoles familiales , nous avons une position du Roppa là dessus, et nous travaillons avec les politiques au niveau régional, au niveau de la CDAO

Notamment pour qu’ils comprennent qu’il y a une urgence à faire la transition agroécologique, non seulement pour diminuer la facture des intrants qui est insupportable pour nos pays mais plus encore pour donner des produits sains qui vont permettre la santé des sols, la santé de l’eau la santé des humains dans nos régions, et ça c’est extrêmement important aujourd’hui pour avancer.

Entretien avec Ibrahima Coulibali, Président de la Coordination Nationale des Organisations paysannes du Mali, membre de LVC, et vice-président du ROPPA  (propos recueillis à Rome par Geneviève Savigny – Confédération paysanne, le 11 octobre 2018)

13 novembre 2018

https://viacampesina.org/

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11 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

primelin (npa)

primelin

Rassemblement pacifiste, antimilitariste et internationaliste à Primelin.
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Le soleil brillait ce Dimanche 11 Novembre sur la petite commune de Primelin en Finistère, prés de Plogoff, haut lieu du refus nucléaire. Il brillait aussi sur le regroupement pacifiste, antimilitariste  et internationaliste contre la guerre, les guerres et le militarisme.
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Devant un monument en hommage à tous les morts de toutes les guerres et non à une quelconque victoire, plusieurs dizaines de personnes se sont retrouvées avec la libre pensée 29, le Mouvement de la Paix, l »Université Européenne pour la Paix, la LDH, les anciens combattants d’Algérie contre la guerre, la CNT mais aussi le POID , le NPA et d’autres..
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Si plusieurs interventions ont dénoncé la boucherie impérialiste de 14/18 et exigé la réha-bilitation « des fusillés pour l’exemple », il fut aussi évoqué la militarisation actuelle et le marché des armes dont la France est un des leader comme  les retrouvailles à Paris de tous les grands guerriers de ce,monde, Trump en tête.
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Ce fut aussi l’occasion de refuser les tentatives d’embrigadement de la jeunesse par l’armée qui, avec l’assentiment de l’éducation nationale est entrée dans les établissements scolaires de Quimper pour organiser un défilé commémoratif.
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Enfin ce rassemblement fut ponctué par la chanson de Craonne puis celle de la Butte Rouge avant que nous entonnions le 5ème couplet antimilitariste de l’Internationale, trop souvent occulté. »
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Correspondant NPA

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11 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

armistice dossier (internationalism npa)

 tardi

11 novembre 1918: « Jamais plus de guerre »?

Un armistice pour sauver le capitalisme et préparer de nouvelles guerres

1. L’armistice : une pause pour préparer de nouvelles guerres

En novembre 1918, l’Europe était plongée dans un énorme chaos et des millions de personnes avaient été chassées de leurs maisons et de leurs régions et étaient à la recherche d’un endroit où poursuivre et reconstruire leur vie. Ainsi, un million de Belges s’étaient réfugiés en Hollande, et plus de 100.000 devaient toujours rentrer après l’armistice ; 300.000 réfugiés belges résidaient en France et devaient rentrer en 1918.

De plus, il y avait les centaines de milliers de militaires blessés, mutilés, invalides qui parcou-raient les régions d’Europe à la recherche de leur ville ou village. A cause du chaos de la guerre mondiale, des migrations massives qui l’accompagnaient et de l’épuisement des popu-lations, la grippe espagnole a pu faire de terribles ravages et causer en fin de compte plus de morts que la guerre mondiale elle-même.

Les idéologues bourgeois s’accordent sur le fait que les conditions, imposées par les alliés à l’Allemagne par le Traité de Versailles, ont posé les germes d’une nouvelle guerre vingt ans plus tard.

Le « traité de paix » a suscité le développement de sentiments de vengeance et de rétorsion qui se sont répandus dans de larges couches de la population allemande dans le courant des années 1920. Le commentaire du quotidien du SDAP (social-démocrate) en Hollande en 1919 en donne un avant-goût : « Cette paix pour tous est vue comme une amère désillusion, une déception ressentie comme une catastrophe. (…) Le traité de paix fixe le statut d’une Europe en décadence, de son recul à un niveau inférieur de civilisation. Le plus grand peuple du conti-nent est enchaîné et condamné aux travaux forcés (…) à l’humiliation et à l’amertume. La ran-cœur ici, la suffisance, la soif de puissance, la témérité là-bas, sont les nouveaux « traits de civilisation » générés par le traité de paix » (Het Volk, 21.06.1919).

Les bourgeoisies de divers pays étaient pleinement conscientes que cette paix était condam-née à l’échec. Il n’y avait pas seulement la politique envers l’Allemagne qui exacerbait les ran-cœurs, mais aussi, « la création de nouveaux états comme la Pologne, l’Autriche, la Hongrie et la Yougoslavie a mené à des conflits incessants à propos des nouvelles frontières de ces pays. Cela concernait en particulier la Hongrie qui perdait les deux tiers des territoires qu’elle occu-pait avant la guerre, (…). Bref, la paix était un échec » (Jay Winter, interview dans Le Monde, 12.11.2014).

L’armistice du 11 novembre 1918 était au fond une paix qui mettait fin à toute forme de paix !

La première guerre mondiale marquait l’entrée du capitalisme en décadence et la période qui s’ouvre alors menait à un état quasi permanent de guerre. Quelques exemples des deux décennies suivantes le démontrent.

Après la fin de la première guerre mondiale, la Grèce se voit attribuée une zone d’occupation en Turquie. Pendant l’été de 1920, les Grecs veulent étendre leur zone d’occupation. Ils se heurtent alors à une résistance exacerbée des Turcs. Ceci est le début de la guerre gréco-turque qui a duré jusqu’en 1922. Cette guerre a mené à des atrocités des deux côtés, comme par exemple le massacre de dizaines de milliers de Grecs et d’Arméniens par les Turcs.

En 1920, les tribus du Riff au Nord du Maroc s’unissent et déclenchent une guerre contre la domination espagnole. Lors de l’été de 1921, environ 19.000 soldats espagnols périssent. Cette guerre contre l’Espagne, plus tard épaulée par la France, durera jusqu’en 1926. Les Espagnols et les Français utiliseront pendant cette guerre des gaz asphyxiants, causant des milliers de morts.

En 1929, les Chinois occupent le chemin de fer de Mandchourie. Cela a mené à un conflit ouvert avec l’Union Soviétique. Lorsque les troupes soviétiques franchissent la frontière chinoise le 15 novembre, cela débouche sur des combats féroces, causant du côté chinois plus de 2.000 morts et 10.000 blessés.

L’incident de Mandchourie en 1931, un attentat à la bombe visant une voie ferrée, est exploité par le Japon pour déclencher la guerre et occuper la province chinoise. En 1937, la guerre est étendue par l’attaque de tout le sub-continent chinois, dont la plus grande partie est aussi occupée par le Japon. Pendant cette guerre, des centaines de milliers de Chinois seront tués, pour l’essentiel des civils et les troupes japonaises se rendront coupables de nombreux massacres.

Le 3 octobre 1935, l’Italie déclenche une guerre contre l’Ethiopie. Après 7 mois d’intenses com-bats, elle réussit à conquérir le pays. Dans leurs attaques contre la population civile, les Ita-liens ont utilisé à grande échelle le gaz moutarde. En plus des 25.000 militaires tués dans les combats, le conflit a coûté la vie à 250.000 civils.

En 1936, un certain nombre de généraux commencent une guerre contre la république espa-gnole, avec le soutien de l’Italie, l’Allemagne et le Portugal. De son côté, la république est soutenue par l’Union soviétique et le Mexique. Cette guerre, qui durera trois ans et qui se terminera par la victoire des généraux, se solde au total par plus d‘un demi-million de morts.

Le 12 mars 1938, les Allemands rentrent en Autriche et le 15 mars 1939, ils occupent la Tché-quie, tandis que des troupes hongroises occupent la Slovaquie. Ces conquêtes militaires constituaient les premières actions guerrières qui déboucheront sur l’éclatement de la seconde guerre mondiale.

L’armistice du 11 novembre 1918 n’a donc nullement ouvert une période de paix mais a conduit à une succession ininterrompue de conflits qui ont finalement débouché sur la seconde guerre mondiale.

2. L’armistice : une attaque contre la révolution prolétarienne en réaction à la guerre

L’armistice a permis à la bourgeoisie de déclarer la guerre au prolétariat:

(a) En divisant les ouvriers entre ceux des pays “vainqueurs” et ceux des pays “vaincus” et

(b) En retournant les armes contre la révolution.

En Russie, la contre-révolution s’était développée avec force. En Allemagne aussi, la bour-geoisie était prête à déclencher sa terreur contre-révolutionnaire. Nourrie d’une haine farouche contre la classe ouvrière, elle se préparait à écraser par la force et à exterminer les foyers de la révolution communiste.

Tardi-Vernet-copie

a) Diviser la classe ouvrière

La bourgeoisie était consciente du danger : « Toute l’Europe est pétrie de l’esprit de la révolu-tion. Il n’y a pas seulement un sentiment profond de mécontentement, mais également de colè-re et de révolte parmi les travailleurs (…). L’ensemble de l’ordre existant, aussi bien dans ses aspects politiques, sociaux et économiques est remis en question par les masses populaires d’un bout de l’Europe à l’autre » (Lloyd George, premier ministre britannique dans un mémo-randum secret adressé au premier ministre français Georges Clemenceau, mars 1919).

De par la signature de l’armistice, la classe ouvrière en Europe était divisée en deux parties 

D’un côté les ouvriers qui se trouvaient dans le camp des états-nations vaincus et de l’autre côté ceux qui vivaient dans les états capitalistes vainqueurs et qui étaient submergés par une vague de national-chauvinisme (surtout en France, en Grande-Bretagne, en Belgique et aux USA). De cette manière, la bourgeoisie réussit à limiter les mouvements révolutionnaires au premier groupe d’états (plus l’Italie).

La situation particulière qui a surgi à Bruxelles quelques jours avant le 11 novembre illustre parfaitement les conséquences de cette division. Les soldats allemands qui y étaient casernés, renforcés par des détachements de marins de la Kriegsmarine provenant d’Ostende, se révol-tent et élisent un conseil révolutionnaire de soldats. Ils manifestent dans les rues de Bruxelles avec des drapeaux allemands, belges et rouges et appellent à la solidarité des travailleurs belges et de leurs organisations.

Face à quelques fraternisations avec des membres des Jeunes Gardes Socialistes, les organi-sations syndicales ont rapidement appelé à ne pas bouger et, sous l’influence de la propagan-de chauvine, les ouvriers bruxellois ne se mobilisent pas mais attendent passivement l’entrée triomphale de l’armée belge victorieuse dans Bruxelles quelques jours plus tard.

b) Diriger les armes contre la révolution

« Les différentes bourgeoisies nationales avaient d’abord essayé de s’arracher mutuellement des territoires sur les champs de bataille de la guerre impérialiste au prix de 20 millions de morts et d’un nombre incalculable de blessés. Mais, confrontées à une classe ouvrière qui lutte sur son terrain de classe, elles sont d’emblée disposées à resserrer les rangs. Une fois de plus, ceci confirme que la classe dominante, de nature divisée, peut s’unir dans une situation révolutionnaire pour affronter la classe ouvrière ».

Lorsque les soviets prirent le pouvoir en octobre 1917, la réaction des forces impérialistes ne s’est pas fait attendre. Une bourgeoisie, unie sur le plan international, a affronté la jeune répu-blique soviétique avec des armées provenant de 21 pays. L’attaque contre-révolutionnaire a commencé en 1917 et a duré jusqu’en 1922.

Les « armées blanches » ont déclenché une terrible guerre civile. Les armées des états capita-listes d’Europe, des USA et du Japon ont causé par leurs attaques contre la classe ouvrière en Russie un nombre incalculable de victimes. Parmi les victimes de la guerre civile, il y avait envi-ron un million de soldats de l’armée rouge et plusieurs millions de personnes sont par ailleurs décédées à cause de conséquences indirectes de la guerre, comme la famine ou les épidé-mies. Le nombre de décès causés par la terreur des armées blanches se situe entre 300.000 et 1 million de personnes.

Le déclenchement de la révolution en Europe centrale: l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie, etc.  a nécessité de ne pas désarmer complètement l’armée allemande. « On partait de l’idée que l’armée allemande devait être suffisamment forte pour maintenir l’ordre intérieur et pour empê-cher une éventuelle prise du pouvoir par les Bolcheviks » (Lloyd George at War, George H. Cassar). C’est ainsi qu’on permit à l’état-major allemand, qui en demandait 30.000, de garder 5.000 mitrailleuses.

En Allemagne également, l’insurrection éclata à la fin de 1918.

Le 10 novembre 1918, le général Groener, le successeur de Ludendorf à la tête du quartier général de l’armée allemande, propose par téléphone un pacte au chef du gouvernement, le social-démocrate Friedrich Ebert. Le général propose une collaboration loyale pour mettre fin aussi vite que possible au « bolchevisme » et pour assurer une restauration « de la loi et de l’ordre ». « C’était un pacte contre la révolution.

« Ebert accepta ma proposition d’alliance », écrit Groener. « A partir de ce moment, nous discutions chaque soir au moyen d’une connexion secrète entre la chancellerie et l’état-major les indispensables mesures à prendre. L’alliance a bien fonctionné » » (Sebastian Haffner, La révolution trahie).

À cause de l’influence de la révolution, la bourgeoisie ne pouvait plus se fier à de larges parties de l’armée de terre et de la marine.

Dans la perspective de la guerre de classes, le social-démocrate Gustav Noske, qui avait rejoint en décembre 1918 le gouvernement de Ebert, avait reçu la mission de constituer des Corps-francs. Ceux-ci regroupaient des soldats de métiers fidèles, conservateurs et ultranatio-nalistes, qui voulaient défendre leur patrie contre le bolchevisme et qui se retrouvaient de par la fin de la guerre en marge de la société.

Ainsi, l’État allemand pouvait à nouveau disposer en janvier 1919 d’unités militaires loyales de quelques centaines de milliers de soldats, parmi lesquelles 38 Corps-francs. Dans la lutte contre la révolution, Le SPD n’a pas hésité à utiliser sans la moindre pudeur ces forces armées les plus réactionnaires. En affirmant que « quelqu’un doit être le chien sanglant » et en dénon-çant les ouvriers et soldats révoltés comme « les hyènes de la révolution », Noske envoie les corps-francs contre les ouvriers : la guerre contre la classe ouvrière allemande avait commencé.

À partir de la mi-janvier, débute l’attaque militaire contre les insurgés et les organisations révolu-tionnaires (partis, groupe, la presse, etc.). Des quartiers ouvriers entiers des grandes villes étaient attaqués les uns après les autres et partout étaient perpétrés de terribles massacres.

La guerre contre la classe ouvrière n’était pas seulement menée en Allemagne mais aussi dans d’autres pays. Un de ces pays était la Hongrie, où la révolte ouvrière avait aussi mené au pouvoir une direction révolutionnaire. La révolte y fut également écrasée dans le sang après quelques mois au moyen d’une invasion militaire des forces capitalistes.

Le 1er août 1919, la Roumanie envahit la Hongrie et renversa le gouvernement révolution-naire, ce qui mit fin à l’expérience communiste. Soutenue par la France, l’Angleterre et l’armée blanche, les troupes roumaines entrent le 1er août dans Budapest et installent un gouverne-ment syndical qui liquide les conseils ouvriers. Lorsque les syndicats ont terminé leur basse besogne, ils transmettent le pouvoir à l’Amiral Horty (plus tard un collaborateur des nazis) qui met en place un régime de terreur contre les travailleurs (8.000 exécutions, 100.000 déportations).

François Kupka

3. La paix n’existe pas au sein du capitalisme

Le capitalisme, c’est la violence, et la paix au sein du capitalisme est une illusion complète. L’histoire du 20e siècle démontre qu’un « armistice » est seulement conclu pour commencer une nouvelle guerre. Tandis que les armes ne se sont jamais tues entre la première et la deuxième guerre mondiale, cette tendance à la guerre permanente est devenue encore plus évidente après la seconde guerre mondiale.

Ainsi la période de « guerre froide » n’était pas, contrairement à ce qui est souvent suggéré, une période de « simple » paix armée, mais bien de dizaines de confrontations: Corée, Vietnam, Moyen Orient… sur l’ensemble de la planète avec des millions de victimes.

Un vœux pieu de paix n’empêche pas la guerre, même s’il est soutenu par des manifestations massives. Ainsi, le 25 juillet 1914, le SPD appela à une manifestation de masse contre la guerre. L’appel fut massivement suivi : les 29 et 30 juillet, 750.000 personnes participent aux protestations dans toute l’Allemagne. Cela n’a pas amené la bourgeoisie à arrêter sa course vers la guerre. Bien au contraire, ce même SPD social-démocrate décida quelques jours plus tard de trahir les masses ouvrières et de soutenir la bourgeoisie dans sa ferveur guerrière.

Une manifestation de masse peut être un moment dans la résistance contre la guerre mais elle doit alors avoir lieu, dans le cadre d’une révolte ouvrière généralisée, dans une dynamique d’attaque contre l’Etat bourgeois, comme cela a eu lieu en 1917 en Russie. Et même en Alle-magne en 1918, la révolte visait seulement en première instance la fin de la guerre. Et la guerre fut effectivement arrêtée parce qu’il existait une menace réelle que les travailleurs pren-nent le pouvoir. De fait, seuls un renversement révolutionnaire et la prise du pouvoir par la classe révolutionnaire peuvent mettre fin à toute forme de guerre.

« Ou bien le gouvernement bourgeois fait la paix, comme il a fait la guerre, et alors l’impéria-lisme continuera, comme après chaque guerre, à dominer et la guerre sera suivie d’un nouvel réarmement, de nouvelles guerres, de destruction, de réaction et de barbarie. Ou bien, vous devez réunir vos forces pour une insurrection révolutionnaire, vous battre pour acquérir le pouvoir politique qui vous permettra d’imposer la paix, à l’intérieur du pays comme autre part » (Rosa Luxemburg, Spartakus, avril 1917).

Intro: Le 11 novembre 2018, cela fait exactement cent ans que la Grande Guerre s’est arrêtée. Les médias y consacrent une large attention. Faut-il effectivement saluer l’armistice du 11 novembre 1918 ? Avait-il pour but de déposer définitivement les armes et de bannir à jamais tout acte de guerre dans le futur ? Eliminait-il les causes réelles qui avaient mené à l’éclate-ment de la première guerre mondiale ? A-t-il effectivement ouvert pour les Etats européens une période de « jamais plus de guerre » ?

Dennis  10 novembre, 2018

http://fr.internationalism.org/

militarisme1

Lire aussi:

100 ans après la fin de la Première Guerre mondiale (NPA)

Le 11 Novembre 1918, l’armistice était signé à Retondes, mettant officiellement un terme à la Première Guerre mondiale.

100 ans plus tard, les commémorations vont bon train, avec notamment un Emmanuel Macron qui se met en scène au cours d’une « itinérance mémorielle », et la perspective d’un grand raout le 11 Novembre. Nous avons décidé, pour notre part, de revenir sur la fin de la Première Guerre mondiale en insistant sur certains aspects de cette grande boucherie capitaliste qui ne seront probablement pas mis en avant dans les commémorations officielles.

Les femmes dans et après la Première Guerre mondiale

 dans Anticolonialisme

Il est généralement admis que la « grande guerre » permit à l’émancipation des femmes de faire un grand pas en avant notamment au travers de l’accès aux emplois occupés majoritairement par les hommes avant guerre.

tardi drapeau

Lire aussi:

L’Orient dans la guerre 1914-1918 (Orient 21)

La commémoration, opium du peuple (Révolution Permanente)

Le 11 novembre n’est pas notre armistice ! (Révolution Permanente)

Pétain, collabo et bourreau de 1917 : « un grand soldat » selon Macron (Révolution Permanente)

Commémorations du 11 novembre : l’impuissance de Macron et son multilatéralisme (RP)

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11 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

macron (survie l’humanité)

yemen

Sponsoriser la guerre, soutenir la dictature

« Et en même temps » célébrer la paix!

Lorsqu’Emmanuel Macron affirmait, il y a un an lors de son déplacement à Ouagadougou, qu’« il n’y [avait] plus de politique africaine de la France », sans doute fallait-il comprendre que les critères de respect des droits humains et de démocratie n’avaient désormais pas plus d’importance en Afrique qu’ailleurs :

il ne serait finalement même plus question de faire semblant.

Mais c’est oublier que le soutien de la France à des régimes criminels en Afrique comporte des modalités pratiques qui contredisent dans les faits de telles déclarations, et qui concourent à la guerre et la terreur que prétendent occulter les célébrations du premier « Forum de Paris sur la paix » organisé à l’occasion du centenaire de l’armistice de 1918.

Le ton avait été donné fin octobre 2017

Lors de la réception à l’Elysée de son homologue le général Al Sissi, alors que des ONG dénonçaient « la pire crise des droits humains depuis des décennies en Egypte », dans une période où la France a renforcé ses liens avec l’Egypte, notamment par l’explosion des contrats d’armements. Le président français avait alors utilisé un argument en miroir qu’il affectionne : « De la même façon que je n’accepte qu’aucun autre dirigeant me donne des leçons sur la manière de gouverner mon pays, je n’en donne pas aux autres ».

Emmanuel Macron entendait ainsi éluder une question centrale pour notre diplomatie :

Avec quels types de régimes entendons-nous construire, entretenir ou renforcer des alliances ? Si la France a toujours activement coopéré avec des dictatures, il subsistait un principe au nom duquel l’opinion publique française pouvait prendre à parti ses dirigeants : cela n’était pas acceptable, ceci devait être dénoncé et combattu.

Désormais, la communication d’Emmanuel Macron tente ouvertement d’enterrer ce principe 

Un général ou un émir signe des contrats d’armements mirobolants, et il serait qualifié de posture « moralisatrice »  de rappeler que la main qu’il tend au locataire de l’Elysée est pleine de sang ; qu’un vieux dictateur africain s’affiche comme un « partenaire dans la lutte contre le terrorisme » et il deviendrait « néocolonial » d’appeler la France à cesser de le soutenir.

C’est un des paradoxes de la Macronie 

Un jeune Président de la République qui veut faire passer de vieilles pratiques antidémocra-tiques pour une diplomatie moderne et débarrassée de toutes considérations morales ou éthi-ques, mais qui convoque ces dernières lorsqu’il s’agit de faire taire la critique, comme l’embas-tillement et la torture étouffent les aspirations démocratiques dans ces pays alliés.

Pendant ce temps, les ventes d’armes et la coopération policière et militaire se perpétuent

Symboles d’une France dont le président dit d’un côté ne pas vouloir donner de leçons, tout en donnant d’un autre côté des gages d’un soutien très concret.

L’Elysée sponsorise la guerre, soutient la dictature

La veille pratique des sommets France-Afrique a ainsi disparu avec Emmanuel Macron, qui renouvelle cependant la façon de rassembler des chefs d’Etats françafricains en mal de légitimité, en les conviant à un grand sommet parisien par an. L’année dernière sur le climat, cette année sur « la paix », à l’occasion du centenaire de la fin d’une Grande guerre dans laquelle notre Troisième République précipita entre autres des milliers d’hommes recrutés de force dans son empire colonial.

Voilà l’événement pour lequel des chefs d’Etats et de gouvernements comptant parmi les pires criminels actuels sont invités à parader autour d’Emmanuel Macron du 11 au 13 novembre 

L’Elysée sponsorise la guerre, soutient la dictature, « et en même temps » veut célébrer la paix. Ainsi, le désastre humanitaire au Yémen, au vu et au su de la planète entière, ne suffit pas à suspendre nos vente d’armes à l’Arabie Saoudite, invitée à ce Forum sur la Paix.

Mais on devrait aussi retrouver autour du président les traditionnels alliés françafricains : ceux qui ont déjà pu être reçus dès juin ou juillet 2017, comme l’Ivoirien Alassane Ouattara ou le Tchadien Idriss Déby, ou ceux qui attendent depuis les derniers sommets internationaux de pouvoir poser en compagnie de l’actuel président français, comme le Togolais Faure Gnassingbé, le Congolais Sassou Nguesso, le Djiboutien Omar Guelleh, mais pas le Gabonais Ali Bongo, qu’un état de santé critique empêche, ironie de l’histoire, de venir consolider son image auprès du monarque républicain français.

Quant au vieux Paul Biya, fraîchement réinvesti pour 7 années supplémentaires du pouvoir de gouverner un pays désormais en guerre, il se pressera une fois de plus au côté de son homo-logue français, qui n’avait pas 5 ans lorsqu’il prit le pouvoir au Cameroun avec l’aide de Paris en 1982.

Au sein de chacun des appareils répressifs de ces dirigeants illégitimes, qui emprisonnent voire torturent impunément, la France délègue des coopérants militaires et policiers : loin de « donner des leçons », de faire la « morale », ils sont alors en première ligne pour savoir ce qu’il s’y passe, et leur maintien sur place témoigne d’un soutien discret, mais durable, des locataires successifs de l’Elysée.

En s’apprêtant à commémorer le centenaire d’une armistice qui servit de terreau à la montée du totalitarisme en Europe, le président français utilise comme ses prédécesseurs des despo-tes alliés pour renforcer la position et l’influence de la France : la paix n’est qu’un prétexte, au service une fois de plus d’une politique internationale cynique.

L’Humanité, 9 novembre 2018

Pauline Tétillon, co-présidente de l’association Survie.

https://www.anti-k.org/

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10 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

impérialisme (alternative libertaire)

anti-imper

Trump, Poutine, Macron…

Contre tous les impérialismes

Même si d’autres puissances montent, les États-Unis restent, de loin, le seul impérialisme d’envergure planétaire. Il faut dénoncer ses agissements criminels… sans taire ceux de ses concurrents. L’impérialisme, c’est la combinaison de plusieurs dominations : militaire, donc diplomatique ; économique, donc culturelle.

Autrefois, cette domination s’est traduite par la colonisation.

Aujourd’hui, elle permet aux États les plus forts d’imposer aux autres des traités de commerce inéquitables, l’exploitation de leurs ressources (minières, pétrolières, forestières…) à prix cassés, ou bien encore des traités d’alliance légalisant l’ingérence du pays dominant.

Ainsi, dans de nombreux pays du monde, lorsque les peuples se révoltent, en plus d’affronter leur État et leurs capitalistes, ils doivent compter avec l’immixtion d’une ou plusieurs puissances impérialistes cherchant à tirer profit des événements.

Hégémonie des États-Unis

Malgré la montée en puissance chinoise et russe, la supériorité militaire des États-Unis reste écrasante. En 2017, selon l’institut suédois SIPRI, ils réalisaient à eux seuls un tiers des dépenses militaires mondiales, davantage que le cumul des sept autres pays les plus dépensiers (Chine, Arabie saoudite, Russie, Inde, France, Royaume-Uni, Japon).

L’armée US est constamment déployée de par le monde, avec environ 800 bases et points d’appui à l’étranger.

Cette superpuissance permet aux États-Unis d’essayer d’imposer leur volonté par la force chaque fois qu’ils le jugent utile. En vingt ans, ils ont ainsi mené la guerre en Afghanistan (depuis 2001), l’occupation de l’Irak (2003-2011), des bombardements en Libye (2011), une intervention en Syrie (depuis 2014), auxquels il faut ajouter, depuis 2004, des milliers de frappes de drones meurtrières au Pakistan, en Somalie et au Yémen.

Concurrence d’autres puissances

Loin derrière, il existe des impé­rialismes secondaires et concurrents des États-Unis. Certains, comme la France et le Royaume-Uni, sont ses alliés ; d’autres, comme la Russie et la Chine, sont ses rivaux.

Cela ne signifie pas qu’ils sont plus vertueux.

Eux aussi instrumentalisent des pays plus faibles. L’armée française intervient ainsi réguliè-rement en Afrique, « invitée » par des régimes croulants pour faire le gendarme et protéger, au passage, les intérêts du capitalisme français. La Chine, de plus en en plus influente en Afrique, veut sécuriser ses voies commerciales et ses intérêts, et développe actuellement son armée pour lui conférer, comme les autres, une capacité d’intervention extérieure.

De son côté, la Russie, après avoir mené une guerre coloniale atroce en Tchétchénie (1994- 2004), a écrasé la Géorgie (2008), occupe une partie de l’Ukraine (depuis 2014) et a été « invitée » à sauver du naufrage le régime criminel de Bachar el Assad en Syrie (depuis 2015). Et chacun: Moscou, Washington, Paris, Londres, Pékin, se rend complice du colonialisme israélien.

Les révolutionnaires aux côtés des peuples

Entre ces impérialistes, en concurrence pour le contrôle des ressources planétaires, la course aux armements bat actuellement son plein. Les peuples du monde n’ont rien à gagner dans cette compétition morbide, qui ne relève pas que du spectacle. Elle est porteuse d’un risque permanent de dérapage guerrier, et il faut la dénoncer sans faiblir.

Dans les pays colonisés, dominés, notre solidarité va aux forces politiques qui se battent une émancipation à la fois nationale et sociale

  • Contre leur État, leur dictateur, leur colonisateur ;
  • Malgré les impérialistes qui veulent soit les écraser, soit les manipuler.

Avec les indépendantistes d’Algérie hier, de Kanaky aujourd’hui ; avec les guérillas antifas-cistes sud-américaines dans les années 1970 ; avec les syndicalistes persécuté.es dans les pays de l’Est dans les années 1980 ; avec la gauche palestinienne et la gauche kurde aujourd’hui au Moyen-Orient.

10 novembre 2018

http://alternativelibertaire.org/

Lire aussi :

« Face à la concurrence, où en est l’impérialisme américain ? » (Alternative Libertaire)

 

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09 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

revers (courrier international)

keystone

Un revers pour Trump

La justice américaine suspend l’oléoduc Keystone XL

Un juge fédéral du Montana a suspendu jeudi la construction de l’oléoduc géant Keystone XL, un sérieux revers pour Donald Trump qui avait relancé ce projet très décrié dès sa prise de fonctions malgré les risques qu’il fait peser sur l’environnement et les cultures autochtones. Cette décision intervient deux jours après des élections de mi-mandat mitigées pour le parti présidentiel.

Long de 1.900 km, cet oléoduc, déjà partiellement en service, est censé relier les champs pétrolifères de la province canadienne d’Alberta à l’Etat américain du Nebraska, pour aboutir aux raffineries du golfe du Mexique. Il est fermement combattu par les communautés autochto-nes des territoires qu’il traverse, inquiètes des dégâts environnementaux qu’il pourrait causer.

C’est d’ailleurs en se basant sur une analyse du département d’État américain, qui ne jugeait pas le projet « d’intérêt national pour les États-Unis » au regard des risques afférents, que Barack Obama avait décidé de bloquer la construction de Keystone XL en 2015. Selon le juge Brian Morris, l’administration Trump a délibérément fait fi de cette analyse au moment d’auto-riser la relance du projet d’oléoduc en mars 2017, peu de temps après son arrivée au pouvoir.

« Une agence ne peut pas détourner les yeux d’observations factuelles faites par le passé parce qu’elles ne vont pas dans le sens souhaité », a ainsi écrit le juge fédéral. « Pour justifier son revirement, le département d’État a tout bonnement balayé d’un revers de la main des données factuelles liées au changement climatique », a-t-il poursuivi.

M. Morris a enfin accusé le département d’État de ne pas avoir suffisamment pris en compte des éléments tels que la baisse des prix du pétrole, le risque de fuite ou les gaz à effets de serre émis dans le cadre du projet. En novembre 2017, 5.000 barils de pétrole s’étaient déversés dans les plaines du Dakota du Sud, aux Etats-Unis, suite à une fuite sur l’oléoduc Keystone, une des branches de Keystone XL.

La suspension décrétée par le juge fédéral est toutefois temporaire et impose au gouverne-ment américain d’examiner plus en profondeur les implications du projet sur le climat, la faune et les cultures autochtones.

Mais elle s’apparente à une victoire majeure pour les défenseurs de l’environnement et les communautés amérindiennes

Et à un revers de taille pour le président américain, qui avait autorisé dès mars 2017 la construction du pipeline reliant le Canada au Texas, concrétisant ainsi une promesse phare de campagne.

  »Renoncer à cette chimère »

Donald Trump avait justifié le contournement du blocage décrété par son prédécesseur au nom de la lutte contre le réchauffement climatique par la volonté de créer des emplois et de favoriser le développement des infrastructures. Mais les défenseurs de l’environnement et des populations amérindiennes avaient décidé en mars de poursuivre TransCanada, la société exploitant le projet, ainsi que le département d’État pour obtenir sa suspension.

« La décision rendue aujourd’hui montre clairement, et de manière irréfutable, qu’il est temps pour TransCanada de renoncer à cette chimère », a réagi jeudi Sierra Club, qui fait partie des plaignants. « L’administration Trump a essayé d’imposer ce projet d’oléoduc polluant à la popu-lation américaine, mais elle ne peut ignorer les menaces qu’il fait peser sur notre eau potable, notre climat et nos communautés », a ajouté Sierra Club.

Keystone XL, qui doit s’étirer sur 1.900 km dont 1.450 en territoire américain, est destiné à être connecté au réseau existant d’oléoducs aux États-Unis. Le projet chiffré à 8 milliards de dollars (7 mds EUR) date de 2008 et devrait permettre d’acheminer quotidiennement 830.000 barils de pétrole à travers l’Alberta, le Montana, le Dakota du Sud, le Nebraska et enfin l’Oklahoma et le Texas.

Washington (AFP) 09.11.2018

https://www.courrierinternational.com/

Lire aussi:

Les problèmes XXL de l’oléoduc Keystone XL (France 24)

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08 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

primelin (ouest france lo)

Primelin

Quimper. Un rassemblement pour un « autre regard sur la guerre »

Les représentants organisent leur propre rassemblement annuel le 11 novembre 2018, à Primelin

Un rassemblement sera organisé au monument aux morts pacifiste de Primelin, le 11 novembre. Une initiative de l’association Libre pensée 29 et de nombreux partenaires associatifs.

La Libre pensée 29, accompagnée par d’autres associations, organise un rassemblement pacifiste, le 11 novembre 2018, à 11 h 45, devant le monument aux morts de Primelin.

« Pour le centenaire et le 21e anniversaire de cet événement, nous allons faire un rassemble-ment exceptionnel devant le monument aux morts pacifiste », explique Claude Le Moguen, de Libre pensée 29.

« Défendre la paix »

Les organisateurs souhaitent faire de ce rassemblement un appel à la paix. « Nous voulons actualiser les paroles des poilus : « plus jamais ça », déclare Gérard Mas du NPA. Nous soute-nons des valeurs de justices et antimilitaristes. À travers ce rassemblement, nous voulons donner un autre regard à la guerre et défendre la paix. » Les associations souhaitent également rappeler le sort de 639 soldats, fusillés. Parmi eux, sept Finistériens. « Pour l’exemple ». « Nous voulons que ces personnes soient réhabilitées. »

« L’éducation à la citoyenneté ne se fait pas dans le cadre militaire »

Ils dénoncent également le défilé des jeunes écoliers, collégiens et lycéens quimpérois. Cet événement est une initiative proposée par un groupe de travail composé de la délégation militaire départementale, la préfecture, la ville de Quimper, l’académie, l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre ainsi que le Souvenir français.

« Nous trouvons cela inquiétant que les élèves soit mobilisés dans des établissements scolai-res par une organisation composée de militaires, explique Martine Subtil, présidente de Libre pensée 29. Nous avons tenté de rencontrer les représentants de l’Éducation nationale au niveau départementale mais le rendez-vous a été annulé. »

« On aurait pu imaginer un débat sur cette guerre sous forme de forum, ici, c’est unilatéral, ajoute Gérard Mas.  L’éducation à la citoyenneté ne se fait pas dans le cadre militaire. »

07/11/2018

https://www.ouest-france.fr/

Commentaire:

Le monument aux morts de Primelin est un des rares monuments aux morts d’inspiration pacifiste du Finistère. Œuvre de Véronique Millour et Philippe Meffroy, il représen-te un enfant qui repousse et ébranle une pile de quatre blocs symbolisant les guerres du passé ; un cinquième bloc vierge, à terre, invite à ne pas reconstruire le mur et à ne jamais y poser le dernier bloc. Il fut inauguré le 11 novembre 1994.

-11-

Lire aussi:

Centenaire de 1918 : si tu veux la paix, prépare la révolution (Lutte Ouvrière)

Novembre 1918 : la fin d’une guerre qui en annonçait d’autres (LO)

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07 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

pétain (basta rp lo)

tardi drapeau

Ode à l’extrême-droite

Pétain, collabo et bourreau de 1917 : « un grand soldat » selon Macron

« Un grand soldat » que Pétain : bourreau des soldats mutinés de 1917, chef du régime de Vichy, collaborateur du régime nazi et de l’extermination des juifs. De quoi ravir les rangs de l’extrême-droite. 

A peine une semaine après les dénégations de Florence Parly, ministre des Armées, face à Jean-Jacques Bourdin, sur le plateau de RMC, Emmanuel Macron confirme la volonté du gou-vernement de rendre hommage, lors de la cérémonie du 11 novembre, au Maréchal Pétain.

Derrière le couac et le rétropédalage, il y a la concession du président au programme de l’Etat major des Armées, en charge de l’organisation de la cérémonie de commémoration du cente-naire de la fin de la guerre 14-18, prévoyant de rendre hommage, aux Invalides, aux huit maréchaux de la Grande Guerre, dont Pétain.

Cet hommage rendu à la mémoire du chef du régime fasciste de Vichy, qui collabora au régime nazi et à l’extermination de 10 millions de personnes (tzigane, homosexuels, communistes, opposants politiques…) en Europe, dont 6 millions de juifs, marque un recul incroyable dans la reconnaissance des responsabilités de l’Etat français lors des génocides de la Seconde Guerre mondiale. Du jamais vu depuis 1995 et la cérémonie du 54ème anniversaire de la rafle du Vél’ d’Hiv, où Jacques Chirac avait reconnu la participation de la France aux crimes nazis.

Mais le « grand soldat de la Première Guerre mondiale », en 1940, n’en était pas à ses premiers faits d’armes. Contrairement à ce que voudrait faire entendre Emmanuel Macron, le maréchal Pétain s’est, dès la première guerre mondiale, forgé cette expérience de bourreau dont on connait les suites. En 1941, c’est ce même Pétain qui, lors de son « discours du mauvais vent » contre la Résistance, rappelle ses exactions commises : « En 1917, j’ai mis fin aux mutineries » avait-il alors lancé.

En effet, en avril 1917, avec l’échec de l’offensive du général Nivelle sur le Chemin des Dames, la boucherie de 200 000 soldats français tués, la colère gronde dans les tranchées. Au prin-temps et à l’été 1917, se multiplient les actes de mutineries de soldats qui, selon l’historien André Loez, expriment « un refus de la guerre massif et multiforme ».

Le maréchal Pétain, succède à Nivelle. Il a la charge de mettre fin à l’opposition à la guerre et de fraternisation avec « l’ennemi » qu’expriment alors les soldats français. Pétain les réprimera dans le sang : la plupart des soldats mutinés sont fusillés sans plus de procès ; 600 sont condamnés à mort par des conseils de guerre à la justice expéditive. Autant de soldats refusant la guerre assassinés sous les ordres de Pétain.

Macron, en honorant Pétain, honore le bourreau de 1917 et le symbole de la collaboration française.

En réhabilitant la mémoire du plus illustre fasciste français, Macron participe à la banalisation et à la diffusion des idées de l’extrême-droite. De quoi nourrir ce « climat années 30 » qu’il dénonçait hypocritement il y a à peine quelques jours…

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07 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

sanders (politis basta npa)

soc dem

Génération Sanders

Des femmes, des jeunes, des représentants des minorités, et de l’espoir entrent au Congrès.

En apparence, rien de très surprenant dans ces élections du mi-mandat aux États-Unis. Comme prévu, les démocrates prennent la majorité à la Chambre des représentants, et les républicains conservent le Sénat. Trump, qui est toujours prêt à affirmer que la Terre est plate, voit dans cette défaite, certes limitée, une « immense victoire ». Business as usual

Ce n’est donc pas tant dans les chiffres qu’il faut chercher la nouveauté, que dans la personnalité des nouveaux élus, pour la plupart démocrates.

La figure symbolique est évidemment celle d’Alexandria Ocasio-Cortez, jeune Hispanique de 29 ans, élue à New York des quartiers du Bronx et du Queens. « AOC », comme on l’appelle déjà, est née à la politique dans le sillage de Bernie Sanders, en 2016. Et, vade retro satana, elle l’emporte en se réclamant du socialisme ! Cette jeune femme éprise de justice sociale incarne une génération dépouillée des préjugés et des haines de la guerre froide, quand les mots qui font aujourd’hui son succès étaient imprononçables.
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Elle est loin d’être la seule.
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Le Massachusetts a élu une femme noire de 44 ans, Ayanna Pressley, elle aussi très à gauche, qui avait déjà envoyé à la retraite, lors des primaires, un vieux cacique du parti démo-crate, Michael Capuano. Il faut encore citer deux candidates démocrates du Minnesota et du Michigan, qui seront les premières femmes musulmanes au Congrès. Et deux Amérindiennes, victorieuses au Kansas et au Nouveau-Mexique. Ou encore l’Américano-Palestinienne Rashida Tlaib, dans le Michigan. Liste non exhaustive.
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Un nouveau paysage politique

Des femmes, des jeunes, des militants de gauche authentiques, des représentants des mino-rités ethniques ou sexuelles, voilà qui dessine un nouveau paysage politique plutôt rafraîchis-sant dans un pays qui vit dans un climat de violence et de haine entretenu à l’envi par Donald Trump. Mais à contempler ce tableau, on peut se demander si la principale victime de ce scru-tin n’est pas (encore) Hillary Clinton ou, à tout le moins, sa génération de démocrates proches des milieux d’affaires.

Si ces résultats sont porteurs de promesses pour l’avenir, ils ne devraient toutefois pas bouleverser le pays dans l’immédiat. Comme la plupart de ses prédécesseurs à mi-mandat, Donald Trump risque d’être entravé par une inconfortable cohabitation avec une Chambre des représentants hostile, incarnée par la démocrate Nancy Pelosi qui a déjà promis « un nouvel équilibre des pouvoirs ». Une expression qui n’appartient pas au vocabulaire de Trump.

Le Président a surtout à craindre l’accélération des enquêtes le concernant sur ses déclarations d’impôts et les ingérences russes dans la campagne de 2016. Mais il a tout de même réussi à limiter les dégâts en imposant deux thèmes de campagne qui lui étaient favorables : l’immigration et l’économie.

L’instrumentalisation des peurs xénophobes et le discours ultra-protection-niste ont fonctionné dans une grande partie de l’électorat conservateur.

Même si les bons chiffres du chômage sont en partie illusoires en regard de la précarisation du travail, et alors que l’effet boomerang des taxations, notamment des produits chinois, n’est pas encore sensible.

Mais Trump peut aussi se féliciter de n’avoir pas vu émerger de rival potentiel pour 2020. Sauf peut-être le démocrate texan Beto O’Rourke, battu de justesse dans son État très conserva-teur et très « pétrolier » du Sud. De l’avis de tous les observateurs, il a mené une campagne de qualité sur des thèmes difficiles tels que la naturalisation de millions de sans-papiers et l’assurance santé universelle. Il a même milité pour la restriction des ventes d’armes. Au Texas, il faut oser !

Finalement, le principal vainqueur de ces élections de mi-mandat est peut-être un homme de 77 ans, réélu discrètement sénateur du Vermont : Bernie Sanders. Il n’est plus tout jeune, mais il fait école.

 Denis Sieffert 7 novembre 2018

https://www.politis.fr/

Lire aussi:

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Entretien avec Dan La Botz : Où va la gauche aux États-Unis ? (Anticapitaliste La Revue)

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Commentaire: Bon, tout cela est très sympathique, mais c’est par la lutte de masse que l’ont obtient des résultats! Combien de députés voteront les 15 dollars de salaire de l’heure?

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