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15 mai 2019 ~ 0 Commentaire

chassé croisé (clarté à gauche)

kotarac

Méchant chassé croisé LFI/ RN/ PS…

Un élu LFI appelle à voter RN aux Européennes alors que Mélenchon lorgne vers une « fédéra-tion populaire » qui pourrait inclure ces socialistes dont il rejetait, il y a peu, qu’ils puissent jamais devenir des alliés … Méchant contrepied aux Gilets Jaunes qui, secouant les vieilles routines politiciennes, spécialement l’électoralisme, sont un puissant révélateur de qui est qui et qui fait quoi.

Il y avait des signes annonciateurs

Soutien du poutinisme contre les  Syriens, « biaisage » sur le droit de circulation et d’installation des migrant-es…)…  Cela pouvait (devait ?) arriver, mais non, c’est le déni.

Dans cette gauche « radicale » mène une politique qui en conduit certains loin, loin des premiers points d’ancrage (qu’il faudrait cependant interroger, non ?)… en dérapage contrôlé !

Mais il ne faut pas oublier que pendant ce temps Mélenchon poursuit l’envoi de signaux d’ouverture vers ceux qu’il vilipendait il y a peu et qui ont ouvert la voie au FN/RN (et à Macron).

Vous vous souvenez : à propos des socialistes et même des communistes

« Le retour de la tambouille, jamais! » (septembre 2017).  Aujourd’hui le même Mélenchon s’adresse aux socialistes: «Que finisse cette longue solitude pour moi d’avoir été séparé de ma famille» (septembre 2018) … Ma famille, ça ne s’invente pas.

Alors ça invoque un « Front Populaire nouvelle manière » (toujours 2018) et aujourd’hui une « Fédération populaire » (Libé, avril 2019), pour nous faire accepter que le PS pourrait (ce sera dur) échapper au syndrome de la tambouille ! Maurel et Liennemann sont déjà là au chaud dans la mélenchonie.

Bref, pendant que l’un file vers les rivages du RN, l’autre aborde ceux d’une prochaine Union de la Gauche …

Et c’est avec ça, nous dit-on, que l’on fera barrage à Macron (qui a plumé la volaille socialiste) ? Et comme il y a déjà une brèche ouverte du côté de Le Pen puisqu’elle a pécho un poulet insoumis… le barrage antifachos renforcé par les débris du PS, on repassera…

L’un des dénominateurs communs de Kotarac et de JLM c’est l’électoralisme ! Alors moi, je préfère voir ce qui va émerger des Gilets Jaunes, je ne parle pas des quelques uns qui versent aussi dans l’électoralisme!

Ah, sûr, vous allez voter ?

15 mai 2019 Antoine (Montpellier)

https://blogs.mediapart.fr/

Commentaire:

A deux reprises, il y a un an, nous avons « crié dans le désert » à propos de la ligne poutinienne-national-populiste, contraire à tout internationalisme, illustrée notamment par l’élu régional LFI Rhône-Alpe Andrea Kotarac.

Ce mardi 14 mai celui-ci vient d’appeler à voter RN en basant sa position sur les rapports qu’ils souhaite établir entre les Etats français et russe.

Nous appelons tous les militants internationalistes ainsi que les militants, y compris « insoumis », attachés aux exigences démocratiques, à tirer le bilan de cette décision politique, dont nous pouvons dire en toute tranquilité qu’elle n’a pas Andrea Kotarac pour auteur, mais les « organes » avec lesquels il est lié depuis un certain temps, c’est une évidence.

Son alliance avec l’extrême-droite française reproduit celle qu’il avait déjà établie avec les occu-pants du Donbass, également d’extrême-droite. Kotarac était en Crimée récemment, aux côtés de Marion-Maréchal Le Pen.

Beaucoup, d’insoumis, mais aussi militants d’autre courants, avaient alors tenté de justifier la chose au nom de la « diplomatie », et devant le tollé qui montait peu à peu, il avait reçu le soutien de Sophia Chikirou. C’était il y a trois semaines. Maintenant les leçons doivent être tirées !

APLutSoc – Arguments Pour la Lutte Sociale

Lire aussi:

La présidente géorgienne répond à Jean-Luc Mélenchon sur l’Otan : « De quoi je me mêle? » (JDD)

Kotarac : comment la France Insoumise a laissé faire le rapprochement avec Le Pen (Lyon Mag)

France Insoumise : faites que la farce Kotarac soit la dernière (Regards)

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13 mai 2019 ~ 0 Commentaire

festival de douarnenez

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12 mai 2019 ~ 0 Commentaire

sacp (inprecor)

pc as

La trajectoire déplorable du stalinisme sud-africain

En décembre dernier, le syndicat de la métallurgie (Numsa) a tenu un congrès de rupture avec la centrale historique Cosatu en lui faisant procès d’appuyer la politique libérale de la coalition au pouvoir formée par l’ANC et le Parti Communiste.

Ce 11 février, la direction du Cosatu prend acte de cette rupture et met à son ordre du jour l’expulsion du syndicat dissident. Dans cette déclaration, un argument se singularise particulière-ment pour entériner la scission sans autre tentative de maintenir l’unité syndicale : le Numsa a décidé de suspendre son versement financier au profit du Cosatu … et du Parti Communiste.

Un étrange attelage

L’arrivée au pouvoir de l’ANC en 1994 se fit sous couvert d’une « coalition » avec le Parti Communiste sud-africain et la centrale syndicale majoritaire Cosatu. L’acceptation de cet assemblage par la classe dirigeante blanche et ses soutiens internationaux semblaient se justifier par le haut niveau de conflictualité sociale qu’avait connu le pays depuis la fin des années 1970.

Les longues années de négociations qui avaient précédé avaient donné le temps nécessaire aux protagonistes pour se mettre d’accord sur le fond, sur le système économique, sur le maintien de la propriété industrielle, sur un programme de « reconstruction ».

Mais il fallait donner le change aux populations noires au nom de la « révolution démocratique » et même du socialisme, terminologie massivement utilisée dans les luttes ouvrières et celles des townships. En proclamant l’existence d’une coalition tripartie dans laquelle le syndicat et le PC proclamaient haut et fort leur attachement au socialisme, l’illusion était garantie.

Toutes formes de coalition peuvent exister.

Mais celle-ci a sa singularité : le PC est financé par les syndicats. Les locaux du parti sont situés dans l’immeuble du Cosatu et payés par celui-ci. L’osmose entre directions syndicales et état-major du PC est totale, le tout sous le parapluie bienveillant de l’ANC et donc aussi du gouvernement, qui profitent de ce lien organique avec la « classe ouvrière » et « son parti ».

Le calcul se révéla très vite faisandé. En quelques mois, la corruption a englouti dirigeants syndicaux et cadres du PC. On ne comptait plus les anciens secrétaires généraux devenus businessmen, dirigeants de fonds de pension ou heureux acquéreurs d’actions minières.

Mais le souffle de la liberté et l’espoir né des luttes précédentes limitaient la lucidité du plus grand nombre. Il fallut attendre le remplacement de Mandela par Mbeki et surtout l’arrivée de Zuma à la présidence pour que les faits s’imposent à une part importante de la population. Ce qu’a reflété au demeurant la décision de rupture du Numsa.

L’affaire est en train de mal tourner et c’est une chance.

Trop c’est trop dans un pays voué aux politiques libérales. Il est de plus en plus difficile de prétendre gouverner au nom du peuple et des opprimés, notamment après l’assassinat par la police de 34 mineurs grévistes à Marikana en 2012. Tout le montage bureaucratique prend l’eau. Avec le départ du Numsa, d’autres vont suivre. Mais comment en est-on arrivé là ? L’histoire est ancienne et se confond avec celle du stalinisme.

Une longue trajectoire stalinienne

Le PC sud-africain a été fondé en 1921. Très vite, il s’attachera aux thèses politiques stalinien-nes. Durant trente ans, il est pour beaucoup composé de blancs mais pas exclusivement. Quand, après la seconde guerre mondiale, les luttes d’émancipation prennent leur essor un peu partout dans le monde, il se rapproche du mouvement nationaliste noir, l’African National Congress.

Au point de mordre sur ses rangs et d’influencer son élaboration politique. Plusieurs thèmes vont être ainsi transférés du PC vers l’ANC. D’abord, au début des années 1960, c’est la décision très discutable de la « lutte armée » (avec sa part de mimétisme du modèle algérien entre autres).

Ce choix, qui se réduisit très vite à une simple propagande armée (pose d’explosifs ici ou là essentiellement), avait deux conséquences qui intéressaient directement Moscou dans cette région (tout près des luttes armées du MPLA en Angola et du Frelimo au Mozambique) : d’une part se positionner comme pourvoyeur d’armes et d’autre part comme prestataire d’entraînement militaire et politique dans les camps situés à l’extérieur de l’Afrique du Sud et nourris par une exfiltration constante de militants venant de l’intérieur.

Le second apport, si l’on peut dire, de Moscou via le PC fut celui de la théorie du « colonialisme d’un type spécial », sorte de mouture locale de la théorie de la « révolution démocratique ».

Puisque l’Afrique du Sud n’était, selon le PC, qu’un pays colonial tardif, avec toutefois la présence d’une réelle classe dirigeante blanche locale, il fallait d’abord combattre pour un État démocratique, débarrassé de ses lois raciales, avant de poser la question sociale. La Charte de la Liberté, le programme de l’ANC, était dans cette ligne, même si elle pouvait apparaître plus radicale à certains égards en posant la revendication des nationalisations et de la réforme agraire.

Quand le mouvement de masse repartit à l’offensive au tout début des années 1980, le PC était devenu peu ou prou une sorte de poisson pilote de l’ANC principalement dans les bases extérieures en Angola, en Zambie, à Londres.

Mbeki, futur président, fut par exemple membre de son comité central.

Le PC se posait en représentant, unique évidemment, de la « classe ouvrière » au sein du futur dispositif démocratique. C’est au nom de ce monopole prolétarien qu’il monta en première ligne, entre 1982 et 1986, pour dénoncer (déjà à l’époque) les syndicalistes indépendants qui osaient défier la ligne de l’ANC en défendant une perspective socialiste et l’idée d’un parti des travail-leurs sous l’influence de l’exemple brésilien. « Économicistes », « gauchistes », « révolution-naires de salon » constituaient l’arsenal de caractérisations du PC à propos de ces syndicalistes.

Mais les choses de gâtèrent car le mouvement populaire prenait de l’ampleur.

Le syndicalisme sud-africain renaissant gagnait en influence en posant la question de l’exploita-tion sociale des Noirs. Le PC fit alors un virage radical pour se présenter comme le défenseur du socialisme. S’autoproclamant l’unique parti d’avant-garde et représentant du prolétariat, il couvrait ainsi le flanc gauche de l’ANC alors que se multipliaient les grèves dans les mines et les entreprises.

Or, l’ironie voulut que ce virage opportuniste soit pris alors que commençaient les négociations entre Mandela en prison, l’ANC en exil et les grands patrons sud-africains, dans un environnement mondial marqué par la perestroïka de Gorbatchev et les grandes négociations Est-Ouest.

Le PC joua alors un rôle peu reluisant.

À l’intérieur, une campagne de boycott scolaire était lancée avec pour mot d’ordre « pas d’éducation sans libération ». Ce mouvement, différemment encadré selon les lieux, pris très vite un cours très anarchique et de nombreux parents commencèrent à renâcler en voyant leurs jeunes enfants partir ainsi à l’assaut du système dans un très grand désordre politique et organisationnel.

Le PC lui adoptait alors une propagande totalement délirante : parlant de « zone libérées » et de double pouvoir, évoquant l’existence de tribunaux populaires dans les quartiers… Étrange positionnement, alors qu’il était investi dans des négociations au sommet visant tout bonnement à mettre en place une transition pacifiée, très éloignée même des revendications de la fameuse Charte de la Liberté.

La fin d’une histoire

C’est dans ce contexte que le PC accéda au pouvoir au côté de l’ANC, avec moult adhésions croisées entre les deux structures. Il participait d’un côté aux compromis avec le patronat et l’ancien parti au pouvoir et se prévalait, de l’autre, du souffle socialiste né du mouvement populaire des années 1980.

Et il apportait avec lui le contrôle total de la direction du Cosatu. Le PC autoproclamait le lien indéfectible et organique entre le « parti d’avant-garde » du prolétariat et le syndicat. Raison de plus, n’est-ce pas, pour se faire financer par les cotisations syndicales ! Cette posture hautement stalinienne, bureaucratique et corruptive est désormais en crise ouverte.

Mais la direction du Numsa, désormais sortie de ce piège, aurait tout intérêt à ne pas reproduire le même schéma, entre le futur parti ouvrier qu’elle appelle à construire et la recomposition syndicale en cours.

Elle doit elle-même tirer les leçons de son histoire récente, ne pas simplement l’expliquer par la trahison du PC et de la direction du Cosatu. Une évaluation poussée des phénomènes bureau-cratiques est nécessaire, ainsi que du lien soi-disant organique entre parti et syndicat. Attention aux auto-proclamations « marxistes-léninistes » quand on dirige des centaines de milliers d’ouvriers ayant peu de rapport avec l’histoire du communisme européen !

Pour l’heure, la direction du Numsa invite les forces – que nous pourrions qualifier de gauche radicale – à discuter de l’avenir et de la reconstruction d’un mouvement ouvrier. Elle le fait sans sectarisme, même si la frontière entre syndicat et parti reste très vague dans ses écrits.

Elle n’appellera donc pas à voter pour la coalition au pouvoir et cesse de financer le PC. Tout le monde s’accorde à dire que l’ANC sortira vainqueur mais d’une courte tête cette fois-ci, tant est forte la désillusion et donc l’abstention.

Cette rupture est un événement d’une grande ampleur qui se cumule avec le massacre de Marikana. Quelle que soit sa dynamique future, elle illustre la fin annoncée, lamentable et affligeante, d’un parti stalinien.

Claude Gabriel 13 février 2014

http://www.inprecor.fr/

Lire aussi:

Parti communiste sud-africain (Wikipedia)

Sur « Amandla » (Inprecor)

« Amandla » journal alternatif

NUMSA May Day Statement: South African miners union to launch socialist revolutionary party this year (ESSF)

Afrique du Sud: les permanences d’un Etat d’apartheid et la rupture (A l’Encontre)

L’Afrique du Sud après l’apartheid : les dilemmes du Parti communiste (Alter Québec)

APDUSA. Point de vue d’extrême gauche sur la situation politique en Afrique du Sud (RP)

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12 mai 2019 ~ 0 Commentaire

afrique du sud

soc saf

Logo du SRWP

Afrique du Sud:

La presse avance comme 3è parti, un parti « d’extrême gauche » (EFF), or c’est un parti populiste homophobe qui a appelé au meurtre des blancs. La « vraie gauche » c’est par exemple le SRWP.

Le Parti socialites révolutionnaire des travailleurs (SRWP) est un parti anticapitaliste d’Afrique du Sud. Il a été fondé en mars 2019 après une convention fin 2018.

Le SRWP trouve ses racines dans la scission entre le syndicat NUMSA (mineurs) et la fédération COSATU en 2013.

Le NUMSA est le plus puissant syndicat de la Fédé COSATU.  Connu par la lutte et le massacre de Marikana. La scission a été principalement causée par le mécontentement croissant des masses envers l’ANC.

L’ANC de Mandela devenue impopulaire fait partie de l’alliance tripartite ANC-COSATU-PCSA notoirement corrompue et appliquant des politiques d’austérité  défavorables aux noirs qui espéraient un « changement ».

Après la scission, le NUMSA a annoncé la formation d’un « nouveau front uni ». Avec la nouvelle confédération SAFTU et le SRWP.

En décembre 2018, 1 100 délégués de toutes les provinces d’Afrique du Sud se sont réunis à Boksburg, ainsi que des délégations d’associations de mal-logés et des membres de la SAFTU. Le parti a participé aux élections législatives sud-africaines de 2019 et aux élections provinciales dans les neuf provinces, sans remporter aucun siège.

Source Wikipedia

Lire aussi:

Parti communiste sud-africain (Wikipedia)

Sur « Amandla » (Inprecor)

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NUMSA May Day Statement: South African miners union to launch socialist revolutionary party this year (ESSF)

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La trajectoire déplorable du stalinisme sud-africain (Inprecor)

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10 mai 2019 ~ 0 Commentaire

armements (npa)

yemen

Course aux armements, capitalisme mondialisé et montée du militarisme

L’année passée a vu les dépenses militaires mondiales augmenter de 2,6 %, pour atteindre 1 620 milliards d’euros, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), qui a publié ces chiffres la semaine dernière.

En hausse pour la deuxième année consécutive, ce budget atteint ainsi son plus haut niveau depuis 1988. Une nouvelle démonstration qu’après la chute du mur et l’effondrement de l’URSS, le triomphe, à l’échelle mondiale, du capitalisme, du marché et de la concurrence effrénées, ne pouvaient déboucher que sur une instabilité et des ­tensions exacerbées.

America first !

Avec une augmentation de 4,6 %, les États-Unis représentent à eux seuls 36 % de ces dépenses, suivis par la Chine (14 %, en hausse de 83 % depuis 2009). La France arrive en cinquième position avec un budget de 57,16 milliards d’euros. Elle passe devant la Russie (54,5 milliards)…

En 2018, les États-Unis ont dépensé plus de deux fois et demi le budget militaire de la Chine, et plus de dix fois celui de la prétendue grande menace que représenterait la Russie. 

Alors que leur poids dans l’économie mondiale diminue, les USA entendent bien rester la première puissance militaire, main dans la main avec leur allié, l’Arabie saoudite, qui occupe le troisième rang avec 60,5 milliards d’euros. Sans oublier Israël… Depuis plus de quatre ans, l’Arabie saoudite mène sa sale guerre contre le Yémen avec des armes fournies par les USA et la France contre une population sans défense, semant la mort et la famine. Les dépenses militaires au Moyen-Orient ont augmenté de 6,2 %, et représentaient 5,2 % du PIB de la région, alors que dans aucune autre région du monde elles ne dépassent 1,8 % du PIB.

Instabilité et tensions mondiales

Après le Moyen-Orient, c’est en Asie que les tensions militaires sont le plus fortes. La guerre commerciale des USA contre la Chine se double d’une compétition militaire. La Chine est désormais sur ce terrain aussi la deuxième puissance mondiale. L’Inde vient en quatrième position avec 3,1 % de hausse pour atteindre 59 milliards d’euros.

Boostés par la pression des USA par le biais de l’Otan – dont les 29 membres ont réalisé la moitié des dépenses mondiales l’an dernier – face à la Russie, plusieurs pays d’Europe ont aussi fortement augmenté leurs dépenses, comme la Pologne (+ 8,9 %) ou l’Ukraine (+ 21 %).

À l’opposé, les dépenses militaires des pays africains continuent de baisser pour la quatrième année consécutive. Elles représentent 2,2 % des dépenses militaires mondiales. Le Nigeria et l’Afrique du Sud (18 % de hausse) y sont les principales puissances militaires, mais des petits pays comme le Burkina Faso ou le Zimbabwe se trouvent entraînés dans cette dévastatrice et ruineuse escalade militariste.

Un marché sans limite

Les affaires des marchands de canons sont florissantes et ont de solides perspectives. Un tiers du marché est entre les mains d’entreprises US. La Russie reste à la deuxième place, avec 25%  des exportations mondiales. La France occupe quant à elle 5,6 % du marché.

La Chine parvient au troisième rang.

Ses exportations ont augmenté de 88 % par rapport à la période de 2006-2010, même si elle n’occupe encore qu’une faible part du marché. Les exportations militaires d’Israël, le pays le plus militarisé du monde, ont augmenté de 40 % en 2017.

Au cours des trois dernières décennies, les États ont englouti plus de 41 000 milliards de dollars dans ces arsenaux de mort et de destruction. Cette fuite en avant militariste, nourrie par la logique de crise de la valorisation du capital et par la concurrence acharnée qui oppose les nations, participe d’un état de guerre permanent dont il serait illusoire de croire qu’il ne pourrait pas déboucher sur des conflagrations majeures.

La paix est dans le camp des travailleurEs du monde…

Yvan Lemaitre  Jeudi 9 mai 2019

https://npa2009.org/

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10 mai 2019 ~ 0 Commentaire

islamophobie 1 (essf)

croisades

Islamophobie et fascisme

L’extrême droite et les nouveaux fascistes sont à leur plus haut niveau en Europe depuis la seconde guerre mondiale.

Cela constitue une grave menace pour les droits démocratiques, les communautés d’immigrés, la gauche et le mouvement ouvrier – ainsi que pour les intérêts de la classe ouvrière et des opprimés plus généralement. La montée et, dans certains cas, l’installation au pouvoir de ces forces constitue une menace terrible pour le progrès social et pour les communautés immigrées, en particulier les femmes et les communautés LGBT.

En Italie, au Danemark, en Hongrie et en Autriche, des partis fascistes ou de droite sont déjà au pouvoir. En France, le Front National et en Allemagne, l’AfD (Alliance for Germany) continuent de représenter une menace. Et en Grande-Bretagne, la Football Lads Alliance « démocratique » de Tommy Robinson est la force fasciste la plus crédible et la plus dangereuse depuis des décennies – bien plus crédible, avec beaucoup plus de soutien, que le Front National dans les années 1970.

Ces phénomènes font partie d’un virage global vers la droite, illustré par l’élection de Donald Trump aux États-Unis et le vote du Brexit en Grande-Bretagne. Cela représente l’échec complet de la social-démocratie et des autres forces de « centre gauche » à proposer des politiques crédibles pour faire face à la crise d’austérité du néolibéralisme.

En effet, bon nombre de ces partis, comme le Parti Travailliste anglais, le Parti Socialiste français, le SPD en Allemagne et la Gauche Démocratique italienne, ont constituté le gouver-nement, ou une partie du gouvernement, qui a administré l’austérité néolibérale. Cependant, si cela a provoqué une polarisation à gauche et à droite, la marée est aujourd’hui massivement à droite.

Les racines de l’islamophobie

Les cartes de visite des fascistes et de l’extrême droite sont la xénophobie et le racisme, généralement mêlés à un mélange de misogynie et d’homophobie. Mais le racisme anti-immigrés est en pointe , et l’islamophobie à un niveau comparable à celui de l’antisémitisme en Allemagne avant l’arrivée des nazis au pouvoir en janvier 1933.

En quoi cette islamophobie de masse a-t-elle renforcé par le racisme anti-Noir (et le racisme anti-Latino aux États-Unis)? Bien entendu, l’islamophobie, l’antisémitisme et d’autres formes de racisme de masse ont subsisté dans les sociétés occidentales depuis l’avènement de l’impéria-lisme européen (et dans le cas de l’antisémitisme auparavant). Mais l’islamophobie actuelle est beaucoup plus profonde et beaucoup plus répandue. Ses racines se trouvent dans l’attaque du 11 septembre et dans la « guerre contre le terrorisme » qui a suivi, lancée par l’impérialisme américain.

Il y a eu une synergie désastreuse entre les forces de la droite absolue dans la politique occi-dentale et le terrorisme d’Al-Qaïda, puis d’Isis. Les attaques terroristes perpétrées contre des populations civiles par des personnes qui professent allégeance à l’islam ont été armées par la droite politique, utilisant les puissants moyens de communication de masse pour établir une série de stéréotypes sur les musulmans. Le plus important de ceux-ci est bien sûr l’association des musulmans avec le terrorisme, alors que la grande majorité des musulmans s’opposent au terrorisme et le répudient. À cela s’ajoute une mystification des pratiques religieuses et familiales des musulmans, qui a abouti aux caricatures de femmes qui portent le hijab ou le niqab.

Guerre contre la terreur

Chaque stade du capitalisme génère un « collage » idéologique dominant, une manière de justifier le statu quo et de lier la classe ouvrière à l’ordre existant. Au cours des quarante années de « guerre froide », de 1949 à 1989 environ, l’idéologie dominante était celle de la supériorité du capitalisme de consommation et de la démocratie libérale. L’ anti-communisme politique , qui ciblait l’ennemi étranger (principalement le bloc soviétique plus la Chine), tentait d’associer les régimes de ces États à la gauche politique – l’ennemi intérieur « .

Ce cadre idéologique anticommuniste était partagé par les principaux partis procapitalistes, principalement en Europe, de centre-gauche et de centre-droit, et aux États-Unis, les démo-crates et les républicains. Une grande partie du mouvement ouvrier européen, par exemple les sociaux-démocrates en Allemagne et le Parti Travailliste en Grande-Bretagne, ont adhéré à ce cadre anticommuniste, qui a également coïncidé avec l’ère d’une croissance économique, du plein emploi et de la protection sociale. Dans la plupart des pays capitalistes avancés, les régimes démocratiques libéraux étaient obligés de tolérer des mouvements de travailleurs puissants et des droits démocratiques étendus.

Mais il y avait des exceptions à ce modèle de « capitalisme bénin », notamment le traitement des minorités ethniques, mais aussi certains régimes intérieurs hostiles à la gauche – tels que la chasse aux sorcières anti-communiste mccarthyte dans les années 1950 et le régime autocra-tique gaulliste en France après 1958. Néanmoins, les politiciens social-démocrates et de centre-droit ont été en mesure de faire état de gains réels pour la classe ouvrière et d’opposer leurs sociétés aux régimes apparemment antidémocratiques de l’Union soviétique et de l’Europe de l’Est. L’idéologie du capitalisme de consommation, plus l’anticommunisme sous le parapluie de la domination militaire américaine, était puissante parce qu’elle semblait coïncider avec la réalité.

Ce cadre idéologique dominant a commencé à s’effriter au cours des années 1960 et 1970

Mais a été paradoxalement frappé d’un coup décisif par sa victoire : la chute du mur de Berlin, suivie de l’effondrement de l’Union soviétique. L’anticommunisme pouvait difficilement fonction-ner comme un axe idéologique central lorsque le communisme s’était effondré. En fait, les idéologues du capitalisme occidental ont eu du mal à mettre en place une idéologie politique crédible pour intégrer la classe ouvrière et unir les dirigeants politiques de chaque classe, les élites politiques et l’intelligentsia dans un cadre globalement procapitaliste.

Francis Fukuyama a tenté d’éclairer la thèse de Hegel sur la « fin de l’histoire », affirmant que le capitalisme libéral était le point final du développement historique de l’humanité et que le monde passerait désormais à un nirvana démocratique et prospère. C’était une idée trop minoritaire pour pouvoir atteindre la masse, d’autant plus qu’elle a été immédiatement démentie par des événements tels que la première guerre du Golfe. Avec l’avènement du néolibéralisme et de la crise économique croissante, l’idée d’un développement capitaliste bénin qui profite à tous n’est pas crédible.

L’occasion pour une nouvelle idéologie qui remplace l’anticommunisme, profondément ancré dans la conscience de masse, s’est présentée avec les attentats du 11 septembre aux États-Unis, qui, comme tout le monde le sait, ont tué plus de 3 000 personnes et provoqué une énor-me vague de choc et de deuil. en Amérique.

L’équipe militariste et profondément conservatrice de George Bush Junior a rapidement déployé la « guerre contre le terrorisme ». Cinq mois après l’attaque, Bush utilisait son discours de 2002 sur l’état de l’Union pour déclarer : « Vous êtes avec nous ou contre nous ». Un nouvel ennemi – le « terrorisme » – avait été déclaré et utilisait commodément le pouvoir militaire américain pour renforcer la domination politique américaine en Occident.

Il ne pouvait guère échapper à l’attention de personne que le terrorisme djihadiste qui visait les États-Unis était dirigé par des musulmans et mené au nom de l’islam. Sous l’impulsion du Patriot Act et de nouvelles sources tout à fait réactionnaires comme Fox News, l’hostilité et la suspicion envers les musulmans se sont normalisées aux États-Unis. Or chaque enquête montre qu’en Europe et aux États-Unis, le terrorisme est rejeté par une majorité écrasante de musulmans.

Cela n’a pas empêché les stéréotypes et le ciblage des communautés musulmanes de la part de tous les membres de la force réactionnaire et des États capitalistes occidentaux. Le Patriot Act, qui autorisait de nouveaux droits de détention étendus sans jugement, une sécurité accrue des frontières, une surveillance intrusive et des mesures de perquisition, était principalement destiné aux musulmans et avait été adopté cinq semaines après le 11 septembre.

Selon le FBI, les attaques racistes contre les musulmans ont augmenté de 16 000% en 2002, et même 15 ans plus tard, elles étaient cinq fois plus importantes qu’avant 2001. L ‘« alternance » des musulmans, les stéréotypant comme un « ennemi potentiel » suspect et potentiel, est devenue une partie de la conscience de masse. L’anti-communisme viscéral de la période de chasse aux sorcières mccarthyites dans les années 1950 a été remplacé par une islamophobie viscérale après le 11 septembre.

Parmi les élites politiques occidentales et l’intelligentsia de la classe moyenne, une nouvelle théorie est apparue, différente de la « fin de l’histoire » fragile de Fukuyama. C’était l’idée du « choc des civilisations », popularisée par le livre de Samuel Huntington, mais déjà présentée par Bernard Lewis en 1990, dans The Roots of Muslim Rage. Lewis discute d’un éventail d’explications possibles à la question « pourquoi nous haïssent-ils » ? « Nous » dans ce cas étant l’Occident et par extension Israël. (…)

Pour Lewis, la rage musulmane vise la modernité et la laïcité. Huntington affirme qu’il existe trois principales civilisations en conflit : judéo-chrétienne, musulmane et confucéenne (lire : Chine). Si le récit de Lewis sur le ressentiment des islamistes à l’égard de l’Occident est probablement exact en ce qui concerne les organisations politiques islamistes conscientes, c’est une caricature de la conscience des masses musulmanes. Tant Lewis que Huntington font de la lutte décisive entre la civilisation musulmane et la civilisation chrétienne, un conflit qui dure depuis 1300 ans.

Edward Said a écrit ce qui suit dans sa thèse sur le choc des civilisations

Pour Said, les écrits de Lewis et Huntington font partie d’un nouvel « Orientalisme », son mot décrivant les écrits et l’art des intellectuels européens de la fin du 19e siècle qui décrivaient les cultures de l’Asie et du Moyen-Orient comme sombres, mystérieuses et barbares.

Bien sûr, Lewis et Huntington n’avaient pas d’audience de masse au début des années 90 pour leurs idées de choc des civilisations. Mais une fois que l’attaque du 11 septembre a eu lieu en 2001, le gouvernement néolibéral et militariste des États-Unis, ainsi que les leaders d’opinion de droite dans le monde entier, se sont ralliés à l’idée du choc des civilisations, qui est devenue le cadre de la ‘ guerre contre la terreur’.

Il convient de noter, par exemple, que le précurseur de l’AfD (Alliance pour l’Allemagne), qui compte maintenant 94 sièges au Bundestag, était le mouvement militant de PEGIDA. Son nom signifie littéralement les Européens patriotes contre l’islamisation de l’Occident. Des événements comme le meurtre du néerlandais Theo van Gough en novembre 2004 par un homme d’origine marocaine, sont utilisés pour créer le stéréotype : « nous » sommes libéraux, « ils » sont violents. Plus important encore, nous devons les empêcher d’entrer.

lundi 18 mars 2019 HEARSE Phil

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08 mai 2019 ~ 0 Commentaire

venezuela (essf àl’e)

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Venezuela. La gauche internationale doit être lucide

La façon dont la gauche a débattu de l’expérience des gouvernements progressistes en Amérique latine reste défini par des termes venant de la période de la guerre froide. C’est la notion qu’il y a les bons et les méchants, qu’il y a l’impérialisme et les anti-impérialistes, et rien d’autre, et que vous devez prendre parti, et c’est tout. Il n’y a pas de réflexion possible entre les complexités de ce qui est en jeu. Et cela a de graves conséquences.

Pour la gauche et pour les médias de gauche aux États-Unis, le problème le plus important est de faire face à l’intervention américaine. C’est en quelque sorte une question de principe et une question d’urgence.

Il existe une menace réelle qui a été maintes fois annoncée par Bolton, par Pence, par Trump lui-même, selon laquelle toutes les options sont sur la table. La possibilité d’intervention est là.

Guaido a en fait appelé à une intervention américaine, une intervention militaire. Donc, ce n’est pas quelque chose à prendre à la légère. Et il y a un besoin urgent, et nous, bien sûr, du Venezuela, sommes très conscients que toute pression exercée sur le gouvernement américain et l’opinion publique américaine pour faire face à cette logique impérialiste, est la priorité.

Cependant, je pense que la façon dont la gauche a débattu de l’expérience des gouvernements progressistes restent définis par des termes venant de la période de la guerre froide. C’est la notion qu’il y a les bons et les méchants, qu’il y a l’impérialisme et les anti-impérialistes, et rien d’autre, et que vous devez prendre parti, et c’est tout. Il n’y a pas de réflexion possible entre les complexités de ce qui est en jeu. Et cela a de graves conséquences.

Ne pas répéter les erreurs du passé

Cela fait penser à la manière avec laquelle la gauche dans le monde avait de la difficulté à discuter de l’Union soviétique, du goulag, du stalinisme, du fait que des millions de personnes ont été tuées.

Tous les bons gars étaient d’un côté, tous les méchants de l’autre côté. Le refus de critiquer le stalinisme, le refus de critiquer la manière dont le gouvernement soviétique a complètement détruit toute possibilité de démocratie en Union soviétique, ont conduit à la solidarité avec un gouvernement et non avec le peuple.

Alors que les citoyens soviétiques subissaient les conséquences d’un gouvernement très répressif, ils s’attendaient à ce que la gauche dans le monde exprime de la solidarité avec leur lutte. Or cela n’a pas été le cas.

Cela a été une grave erreur avec d’énormes conséquences à long terme. Nous avons besoin d’une alternative au capitalisme. Nous avons besoin d’une société plus démocratique, où la participation est plus grande, où les menaces d’effondrement de l’environnement sont prises en compte de manière critique et centrale.

Nous avons besoin d’alternatives qui reconnaissent la diversité culturelle. Ainsi, à moins que l’imagination des possibilités d’un avenir différent ne soit plus attractive que la société capitaliste, le consumérisme écrasant de la société capitaliste triomphera toujours.

Les enjeux du Venezuela

Dans le cas du Venezuela, l’un des graves problèmes qui a conduit à la crise actuelle est le fait que le gouvernement Chavez a identifié le socialisme au contrôle de l’État et que de très nombreuses entreprises ont été nationalisées et sont passées sous le contrôle de l’État.

Mais l’État n’avait pas la capacité de gérer autant d’entreprises. Il privilégiait la pureté idéolo-gique par rapport à la compétence technique pour diriger ces entreprises. Et par conséquent, la très grande majorité de ces sociétés ont fait faillite. Si nous identifions le socialisme avec le contrôle de l’État, alors une majorité de la population refusera tout simplement de considérer cela comme une alternative politique attrayante, car les résultats sont visibles.

Le cas de Cuba

À Cuba, le niveau de contrôle de l’État a clairement conduit à des moyens très limités permettant aux Cubains de prendre en main leur propre vie. L’incitation à créer non seulement des activités économiques, mais aussi des activités intellectuelles ou artistiques, était complètement limitée par le fait que tout était hautement contrôlé par un État central.

Les intellectuels et les partis de gauche latino-américains en étaient conscients. Mais à cause du blocus, vous ne pouviez pas critiquer Cuba. Cela signifiait que vous ne pouviez pas contribuer au débat cubain, car il s’agissait de critiquer le Parti Communiste ou le gouvernement cubain.

Les acquis et les impasses au Venezuela

Au Venezuela, il y eu des progrès et des gains énormes dans de nombreux domaines. Tout cela avait à voir avec la démocratie participative et l’organisation populaire. Il s’agissait d’une trans-formation très significative de la vie des gens.

Leur sens de la dignité et leur capacité à avoir leur mot à dire dans leur propre vie ont une influence sur l’avenir du pays. Il y a eu un changement très important dans l’accès des personnes à la santé, à l’éducation. En même temps, il y avait des limites qui auraient pu être débattues, mais cela n’a pas été le cas.

Par exemple, il y avait une profonde contradiction entre cette promotion active des organisations de base et le fait que ces organisations n’étaient généralement pas vraiment autonomes. Elles étaient fortement, fortement dépendantes des ressources allouées par le gouvernement. Il y a quelques cas exceptionnels, dans le monde rural notamment où les gens ont construit leur propre base économique.

Il faut être lucide

Si nous poursuivons dans une logique binaire, si le monde est vu en termes de logique de la guerre froide, d’impérialisme, d’anti-impérialisme, cela limite réellement la possibilité d’une compréhension plus complexe et nuancée de l’expérience des gouvernements progressistes du siècle.

Il faut voir les problèmes, les limites, la corruption, les inefficacités, les conceptions qui condui-sent à des alternatives qui ne sont pas ce que nous pensions lorsque nous luttons pour une société plus libre. Il faut reconnaître les problèmes et en parler à leur sujet, sinon, nous demeurons complices de gouvernements qui n’ont pas mené à bien ce qu’ils étaient censés faire.

vendredi 3 mai 2019, par LANDER Edgardo, PERIES Sharmini

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The Real News Network
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Version française
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Venezuela. Coup d’État manqué, Maduro dans l’incertitude et renforcement de l’armée (RP)

Commentaire:

Et le côté « matérialiste »? Le Venezuela n’exporte rien d’autre que son pétrole et importe tout. Un régime « socialiste » aurait-il pu avoir comme but l’autosuffisance alimentaire? Il aurait « toléré » un contrôle de l’agent public… 

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05 mai 2019 ~ 0 Commentaire

nord de l’irlande élections

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Résultats en Irlande du Nord

Cette carte monte le remplaçement des partis depuis l’Accord de Paix.

Les « catholiques » et les « protestants » se divisent chacun en deux groupes.

Chez les protestants (presque) tout le monde est « Unioniste » et participe aux marches de « L’Ordre d’Orange » le 12  juillet. Les milices qui s’attaquaient aux catholiques étaient des « Loyalistes ». (Certains se sont reconvertis contre les migrants: chinois en particulier).

Chez les catholiques, il y a les « nationalistes » pas pressés de voir partir les anglais et les « républicains » qui n’y parvenant pas: ont signé la Paix de 1998.

Au départ deux partis « modérés »

L’un le SDLP nationaliste ne demandant pas le départ des anglais, l’autre l’UUP, branche unioniste des « conservateurs britanniques ». Sinn Fein ne contrôle que le « pays des bandits » à la campagne et des « ghettos urbains.

Sinn Fein (« Républicains » lié à la France Insoumise dans la Gauche Européenne) se développe aux dépends des nationalistes modérés du SDLP.  Le DUP (ancienne milice) fait de même aux dépends de l’UUP. Il n’y a en fait plus que deux partis représentés. ( C’est bien sûr plus compliqué!) .

Avant les résultats, les élus des dernières élections:

Sur 462: DUP 172, Sinn Fein 155,  UUP 117, SDLP 85, Alliance 84. (Alliance est un parti qui se définit comme « hors sectarisme religieux » et que les républicains disent « unioniste modéré », compatible pour des catholiques).

Autres: Green Party of Northern Ireland, nos camarades de People Before Profit Alliance, The Workers Party (une espèce de PC), Progressive Unionist Party (ancienne milice protestante) Cross-Community Labour Alternative, UKIP…

Commentaire:

Nationaliste: Au Nord, désigne des catholiques « modérés » pas forcément contre la présence anglaise. Au Sud il n’y en a pas.

Au Sud: Républicain c’est l’intitulé du parti majoritaire, Fianna Fail, qui n’a fait que réprimer les « Républicains ».

Au Nord: ils ont perpétué une tradition de la « violence physique » existant depuis avant la République française qui a tenté de les aider. Sinn Fein pacifié et ses dissidents sont aussi appelés « républicains », ainsi que d’autres groupes pas forcément violents comme le PC et les anarchistes.

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Camarade élu à Derry /Doire

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Camarade élu à Derry /Doire

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Un autre élu à Belfast/ Béal Feirste

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Elue à North Belfast

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Bernadette McAliskey soutenait « People Before Profit »

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Résultat définitifs

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03 mai 2019 ~ 0 Commentaire

cuba (essf)

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Années 1990, Cuba souffrait de la crise économique causée par la chute du «socialisme réel» et la disparition de l’Union soviétique.

«Période spéciale en temps de paix» était le nom officiel de cette période de pénuries extrêmes, au cours de laquelle les coupures d’électricité dépassaient 20 heures par jour, le transport fonctionnait à un niveau minimal et obtenir la nourriture quotidienne relevait d’une odyssée.

Des temps difficiles

La «période spéciale» n’a jamais donné lieu à un déclaratio officielle. Ce qui s’en rapproche le plus, c’est un discours prononcé par Fidel Castro en janvier 1990, lors de la clôture d’un congrès syndical. A cette occasion, il a admis la possibilité que «les problèmes étaient si graves sur le terrain économique (…) que notre pays aura à faire face à une situation d’approvisionnement extrêmement difficile».

Quelques mois plus tard, le 29 août, un article publié dans les principaux journaux annonçait de sévères restrictions concernant la consommation de carburant, de nourriture et d’autres produits, et la paralysie de tous les investissements non liés au tourisme ou à la défense.

L’effondrement de l’économie a eu des conséquences sociales dramatiques, surtout depuis 1993, lorsque la «décriminalisation» du dollar a ouvert la porte à l’inégalité. Ce n’est pas par hasard que les magasins de devises étrangères (qui acceptaient les paiements en devises) ont été la cible favorite de la colère populaire lors du Maleconazo (du 5 août 1994), la manifestation de mécontentement sans précédent des habitants de la Havane à laquelle Fidel a dû faire face.

Depuis lors, la chaleur et la rareté se sont avérées être une combinaison extrêmement dangereuse, à tel point que pendant des années, le gouvernement a fait l’impossible pour éviter les pannes de courant pendant les mois les plus torrides, tout en augmentant les activités récréatives et en stabilisant l’approvisionnement en biens de consommation.

Dans ces circonstances, seule une urgence extrême justifie des décisions telles que celles annoncées au début du mois d’avril 2019 par le Président Miguel Diaz-Canel et le général Raul Castro, qui, en tant que premier secrétaire du parti, reste la principale figure du pouvoir sur l’île. Bien que dans leurs discours devant l’Assemblée nationale du pouvoir populaire, tous deux aient souligné que le pays est «en bien meilleure condition pour surmonter toute difficulté», l’optimisme du public n’atteint pas des sommets aussi élevés.

Depuis des mois, les Cubains se débattent à nouveau avec de longues files d’attente pour l’acquisition de divers articles. Les plus grandes files se forment devant les magasins où est vendu le poulet congelé, la principale source de protéines à la disposition des habitants de l’île. Malgré son prix élevé (la valeur d’un kilogramme dépasse le revenu quotidien de ceux qui perçoivent le salaire moyen de l’Etat), des dizaines, voire des centaines de personnes passent des heures devant ces magasins, pas toujours avec succès.

Des tensions similaires existent dans l’économie.

Après un début d’année 2019 marqué par de fortes réductions budgétaires, le ministère de l’Économie et de la Planification a annoncé fin mars de nouvelles réductions de devises pour les achats à l’étranger (dont près des deux tiers pour l’alimentation et les carburants).

Déjà lors des sessions extraordinaires de l’Assemblée nationale, le Président Díaz-Canel avait détaillé la situation difficile des finances nationales et appelé à «l’autosuffisance territoriale», une sorte d’autarcie créole dans laquelle les municipalités devraient pouvoir produire la plupart des aliments qu’elles consomment. En outre, il a appelé à une plus grande efficacité dans le tourisme et les services professionnels, et à encourager les nouvelles exportations dans le cadre d’un programme conçu en trois étapes qui s’étendra jusqu’en 2030.

Sur le papier, ces mesures semblent être des réponses logiques face à un scénario compliqué rempli de variables indépendantes de la volonté de La Havane. Mais le fait est qu’il y a presque trente ans, des propositions très similaires ont façonné la stratégie des sommets dirigeants, avec un succès limité, comme en témoignent les circonstances actuelles.

Etat de siège

En 1989, environ 85 % du commerce extérieur de Cuba s’effectuait avec l’Union soviétique et les pays d’Europe de l’Est. Au cours de la décennie suivante, les efforts se sont concentrés sur la diversification des échanges avec les gouvernements et les sociétés étrangères.

Cependant, au début des années 2000, après la montée au pouvoir d’Hugo Chavez et d’autres dirigeants progressistes d’Amérique latine, ces efforts de renouveau ont perdu de leur vigueur. Au cours des dernières années à la tête de l’appareil d’Etat, Fidel Castro pariait à nouveau sur une alliance stratégique avec un partenaire privilégié (le Venezuela) et surtout sur des liens étroits avec un petit nombre d’Etats, la Chine et la Russie pour les plus importants.

En 2008, Caracas et Beijing représentaient plus de la moitié du commerce extérieur de l’île, la République bolivarienne du Venezuela étant le principal client pour les exportations de services professionnels (médecins, etc.) et la Chine assumait un rôle de premier plan pour la fourniture de matériel et de matières premières.

Conscient de la fragilité d’un tel schéma de développement, Raúl Castro s’est lancé, dès 2011, dans une campagne de réformes regroupée sous le nom générique d’«actualización». L’élargis-sement du champ réservé au secteur privé, l’adoption d’une loi plus libérale sur l’investissement étranger et l’abrogation d’interdictions archaïques ont donné un second souffle à l’économie qui, après le début du «dégel», a finalement pu renégocier son importante dette extérieure et repren-dre le chemin de la croissance discrète du PIB (sans mentionner que cela a été atteint sans nouveaux crédits).

On peut toujours spéculer sur le chemin qu’aurait emprunté Cuba si Donald Trump n’avait pas accédé au pouvoir, lui qui est un fervent défenseur de la politique des sanctions contre La  Havane (y compris les sanctions annoncées et pas appliquées jusqu’à maintenant). Trump récompense ainsi le soutien apporté par les principales fortunes de la communauté cubano-américaine lors des élections présidentielles de 2016.

Ce n’est que de ce point de vue que l’on peut comprendre la décision prise par l’administration Trump d’activer la loi Helms-Burton [loi entrée en vigueur en 1996, mais pas appliquée dans toutes ses dimensions], en vertu de laquelel les tribunaux américains seraient habilités à sanctionner les entreprises d’autres pays (Espagne, Canada, France, etc.) qui «font usage économique de biens appartenant à des citoyens américains à l’époque de Batista» et à accroître les limitations aux envois de devises de la disapora.

La première mesure tente de couper les flux d’investissements étrangers dont le pays a besoin (au moins 2 milliards de dollars par an, selon les estimations officielles); la seconde, de faire de cesser une source de devises qu’un «think tank» américain a récemment estimé à environ 57 milliards de dollars, de 2008 à nos jour.

Après avoir perdu les centaines de millions de dollars rapportés par la participation de ses spécialistes au programme « Plus de médecins pour le Brésil » (programme aboli par Bolsonaro), après l’écroulement des aides en provenance du Venezuela (les transferts en carburant ont parfois été interrompus, ce qui a forcé Cuba à faire des achats en Algérie et en Russie aux prix du marché) et sans pouvoir compter sur le tourisme pour les caisses de l’Etat, Diaz-Canel et Raul Castro sont conscients de la nécessité «de se préparer au pire, car la situation pourrait se dégrader dans les prochains mois».

Une telle situation provoque des troubles dans les bureaux du Palais de la Révolution et du Centre d’affaires internationales du quartier exclusif de Miramar, mais beaucoup plus parmi les citoyens.

Il y a quelques jours, un journal provincial avertissait que «si, à un certain moment de la journée, le carburant alloué pour la journée était épuisé, il serait nécessaire d’interrompre le courant dans certains circuits».

Un quart de siècle plus tard, les souvenirs de l’étape la plus difficile de la «période spéciale» reviennent avec force dans la mémoire collective. Mon père, y compris, continue d’utiliser son vieux vélo.

Amaury Valdivia  2 mai 2019

(Article publié dans l’hebdomadaire Brecha, le 27 avril 2019, depuis La Havane)

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01 mai 2019 ~ 0 Commentaire

communisme irak (essf)

irak

PCI le 1er mai 2018

Comment le communisme a façonné le chiisme politique irakien

Longtemps amorphe, affaibli puis muselé, le chiisme politique irakien était resté tapis dans l’ombre. C’était le communisme, très influent dans les années 1950 et jusqu’à la fin des années 1970 qui était implanté dans le sud du pays, jusqu’à devenir une religion de substitution pour une majorité de chiites en quête de réponses sociales et politiques. La famille Sadr inversera la tendance par son activisme inédit.

Au lendemain de la conférence de San Remo d’avril 1920, le Royaume-Uni obtient un mandat de la Société des Nations (SDN) sur l’Irak.

Un mois plus tard, il doit déjà faire face à une violente révolte organisée et relayée par les nationalistes, composés principalement de la bourgeoisie sunnite et des tribus chiites du sud. Les mujtahidin (hommes de religion chiite) appellent également au djihad contre la présence mandataire.

L’enjeu pour les chiites est alors capital, car il s’agit en réalité de s’opposer à la formation d’un État irakien sous tutelle britannique qui les écarte des rouages du pouvoir. Dès lors, les diri-geants religieux chiites prennent la tête de la lutte anticoloniale.

Ils appellent au boycott des élections de l’Assemblée constituante en 1924. Les Britanniques contraignent à l’exil les chefs religieux. Affaiblis par une terrible répression, les milieux cléricaux retournent à leur apolitisme premier. Ce mutisme politique a d’abord entraîné le repli du clergé dans les villes saintes de Najaf et Kerbala, puis sa chute d’influence à partir des années 1930. Le nombre d’étudiants religieux à la hawza (séminaire théologique chiite) diminue considérablement.

Face au repli et au déclin de leur clergé, les chiites irakiens se rallient massivement à des idéologies socialisantes et laïques à partir de 1940.

Ces années connaissent un exode rural des chiites du sud vers Bagdad et Bassora. « Le parti communiste a joué un rôle important dans les protestations des paysans qui demandaient des droits et qui s’opposaient aux mesures de répression de la part des propriétaires terriens », commente Raid Fahmi, secrétaire du comité central du Parti communiste irakien (PCI).

« Il était très bien structuré et très actif sous la royauté », rappelle Hamid Radhi Al-Amin, ancien militant communiste exilé au Koweït. Les paysans pauvres viennent gonfler les nouveaux quar-tiers populaires de Bagdad et s’intéressent rapidement aux idées d’égalité et de justice que prône le Parti communiste. Ils sont les premiers à y adhérer massivement. 

« À Bagdad notamment, l’exode rural a créé des concentrations d’agglomérations très pauvres avec une densité importante de population comme à Madinat Al-Thawra (renommé ensuite Saddam City, puis Sadr City). Là, les communistes étaient très implantés. À cette période, les revendications sociales primaient sur les questions religieuses et donc le parti pouvait fédérer autour de cette crise sociale », ajoute Raid Fahmi.

DEUX MOTS QUASI IDENTIQUES

Les divisions sociales, économiques et confessionnelles favorisent l’implantation du communis-me. En effet, le sud de l’Irak — principalement la région des vastes plaines du Tigre et de l’Euphrate — abrite les milieux ruraux défavorisés qui sont majoritairement chiites. Les milieux aisés se trouvent dans la région du centre, principalement à Bagdad.

Cette répartition socio-économique correspond aux héritages ottoman et britannique où les sunnites jouissaient de privilèges sociaux, économiques et politiques au détriment des chiites négligés par le pouvoir, car taxés de fanatisme. L’autre raison du succès du communisme auprès des chiites tient sans doute à la similarité doctrinale des deux idéologies. Les notions d’égalité, de lutte contre l’injustice, d’opposition au pouvoir, de défense de l’opprimé sont des idées communes au chiisme et au communisme.

« Il y a cette accroche identique entre le chiisme et le communisme de lutte contre l’exploitant », confirme Raid Fahmi.

Les communistes recrutent dans les régions du sud à Bassora, Amarah, Nassiriya, Al-Hillah et Kerbala où ils trouvent un large public. Pour convaincre cette communauté paysanne largement analphabète, les militants mettent en avant les similarités idéologiques, mais aussi la ressem-blance entre les mots « communiste » : shuyu’i et « chiite » : shi’i .

Ils utilisent également la figure de Hussein [1] pour illustrer la lutte contre l’injustice. Si le communisme s’implanta beaucoup plus dans les sociétés chiites que dans les sociétés sunnites, c’est aussi à cause de la présence d’une structure pyramidale. L’organisation cléricale chiite à la tête de laquelle se trouve un marja ayant lui-même ses propres wukala (agents) dans différentes régions fait écho au système politique communiste, construit autour d’un réseau de cellules et de sections.

CONTRE-ATTAQUE DU CLERGÉ

Il faut cependant attendre le 14 juillet 1958, la chute de la monarchie et l’arrivée au pouvoir d’une junte militaire grâce au coup d’État du général Abdel Karim Kassem pour prendre la mesure de l’influence communiste, y compris chez les officiers.

Mais lorsque les communistes commencent à faire sentir leur influence dans la ville sainte de Najaf et réussissent à recruter des membres de familles de religieux, des fils de sayyid, le clergé se sent défié.

Dhia Al-Assadi, ancien militant politique sadriste et ex-leader du bloc Al-Ahrar, coalition politique islamique chiite, porte la mémoire de cette période : « Les universitaires et religieux chiites étaient inquiets et alarmés par la propagation de ces idéologies non religieuses. De plus, ils étaient presque incapables de les combattre, car ces idées étaient portées par des partis politiques puissants comme le Parti communiste, mais aussi le nationalisme arabe ou encore le baasisme. C’était un sentiment partagé entre la peur, le défi et la légitime défense. »

Les chiites irakiens se devaient de répondre, mais leur hawza est divisée.

Une partie composée des quiétistes accepte de s’impliquer dans la lutte contre le communisme, mais refuse de s’enrôler dans l’activisme politique. Ces oulémas considèrent qu’ils doivent main-tenir un certain état de passivité politique pendant la période de l’Occultation de l’imam [2]. A contrario, une autre partie de la hawzaveut s’ériger contre la propagande communiste de manière politique et lutter contre le sentiment areligieux qui grandit dans le pays.

Dans un premier temps, la réponse du clergé chiite consiste à fonder l’association des oulémas de Najaf, sous l’égide du marja Mohsen Al-Hakim. Sa première action est de promulguer une fatwa contre le communisme.

Cela affaiblit l’alliance de Kassem avec les communistes.

Les oulémas décident par ailleurs de muscler davantage leur enseignement théologique et leurs actions caritatives, convaincus que l’attrait des chiites pour l’idéologie rivale résultait de l’igno-rance de leur religion. L’action de l’association passe par la construction d’écoles et de centres médicaux.

Les oulémas chargent des étudiants de la hawza de la propagande et du travail éducatif, ainsi que de la publication du journal de l’association, Al-Adhwa. Plusieurs étudiants y contribuent alors en tant qu’éditorialistes, à l’instar de Mohamed Bakr Al-Sadr. Ces articles avaient tous pour but de montrer la supériorité de l’islam sur les courants de pensée occidentale. Ils s’adressaient aux jeunes étudiants susceptibles d’être intéressés par le communisme.

LA NAISSANCE D’UNE DYNASTIE SADR

Cette réponse de la hawza, limitée au domaine culturel et caritatif ne satisfait pas certains jeunes clercs, qui, enthousiasmés par l’effervescence de la révolution de 1958, fondent le premier parti politique chiite, Al-Daawa.

Les bases de ce parti sont établies par Mohamed Bakr Al-Sadr. Elles consistent à proposer l’islam comme solution aux problèmes de la vie sociale, à la place du communisme. C’est dans cette optique que Mohamed Bakr Al-Sadr rédige deux des ouvrages majeurs : Iqtisadouna  (Notre économie)  et Falsafatouna (Notre philosophie). Ces deux études visent à mettre en évidence la supériorité de la pensée islamique en matière d’économie et de philosophie sur la pensée matérialiste.

C’est la première fois qu’un clerc présente une vision chiite de la justice sociale et de la philo-sophie en des termes et avec un langage familier aux lecteurs de Karl Marx. La connaissance de Mohamed Bakr Al-Sadr de la pensée des philosophes occidentaux ainsi que des courants de philosophie occidentale comme le rationalisme ou l’empirisme était chose peu commune dans le milieu clérical chiite.

Là réside toute l’originalité de Mohamed Bakr Al-Sadr.

Par sa connaissance et ses études comparatives, il entend mettre le chiisme sur un pied d’égalité avec le communisme, et ainsi lui donner une portée totalisante, c’est-à-dire qu’il va traiter tous les sujets profanes jadis négligés par le clergé et leur donner une dimension religieuse, à l’instar du politique. En tant que juriste du parti, sa première mission était de légitimer religieusement l’action politique, au grand dam des conservateurs de la hawza.

Mohamed Bakr Al-Sadr va plus loin

Présentant un programme politique islamique, au lendemain de la révolution islamique d’Iran de 1979, adressé aux rédacteurs de la Constitution de la jeune République islamique. « La stratégie adoptée par Mohamed Bakr Al-Sadr comportait de multiples facettes : il encourageait ses disci-ples et ses étudiants à s’éduquer politiquement et à se tourner vers l’activisme.

Il a ouvertement défié les régimes de Saddam et des baasistes. Il a ouvertement soutenu la révolution islamique iranienne. Il a écrit des œuvres authentiques et originales qui englobaient sa théorie et sa vision du monde », se souvient Dhia Al-Assadi. Il déclencha ainsi une révolution doctrinale au sein du clergé chiite et contribua largement à sa politisation, à sa victoire sur les communistes. Aujourd’hui, tous les partis politiques chiites se réclament de sa pensée.

jeudi 25 avril 2019

QUENTIN MÜLLER Journaliste. SABRINE LAKHRAM Étudiante en histoire, université Panthéon-Sorbonne, master « Les révoltes chiites en Irak de 1977 à 1980 », 2017.

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https://orientxxi.info/

Commentaire:

Parmi les candidats en 2018 se trouve Mountazer al-Zaïdi, journaliste, connu pour avoir lancé sa paire de chaussures sur le visage de l’ancien président américain, George W. Bush, en décem-bre 2008. Il se présente sur la liste de l’Alliance des révolutionnaires réformistes de Moqtada al-Sadr et du Parti communiste irakien qu’il présente comme « une liste indépendante qui veut casser les reins au confessionnalisme » La coalition a obtenu 54 sièges (dont 3 PCI) sur 329.

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