Archive | Antiimpérialisme

18 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

gilets noirs (les-inrocks npa basta)

gilets noirs

Qu’est-ce que le mouvement des “Gilets noirs” ?

“Ni rue ni prison, papiers et liberté.”

Mardi 16 juillet, non loin du Tribunal de Grande instance (TGI) de Paris, une banderole affichant ce message a été installée. Au-dessus, inscrits au marqueur sur du papier cellophane, ces deux mots : “Gilets noirs.”  Quelques membres de ce mouvement de “sans-papiers, sans-voix, sans-visages” – créé en Île-de-France en novembre 2018 pour demander la “régularisation de tous les sans-papiers” dans le pays mais aussi des logements et des conditions de vie dignes – ont fait le déplacement ce matin.

Ils attendent des nouvelles : plusieurs de leurs “camarades” passent actuellement devant le juge des libertés et de la détention, pour contester leur placement en centre de rétention administrative.

Le contexte : vendredi 12 juillet, plusieurs centaines de Gilets noirs investissent le Panthéon, dans le Ve arrondissement de Paris. Cette action s’inscrit alors dans une campagne nommée “Gilets noirs cherchent Premier ministre”, dont le but est “d’instaurer un rapport de force avec l’Etat”, comme nous le raconte une membre de La Chapelle debout, collectif avec lequel l’action a été menée, tout comme l’association Droits devant !

“Celui-ci est composé d’habitants d’une cinquantaine de foyers d’Ile-de-France, mais aussi de locataires de la rue. En tout, 17 nationalités sont représentées.” Il s’agit donc à la fois de sans-papiers mais aussi de demandeurs d’asile et de personnes sans-abris – les situations pouvant se combiner -, même si la Chapelle debout réfute “toutes les différences que l’Etat veut créer pour diviser les gens ».

“Ni rue ni prison, papiers et liberté.” Mardi 16 juillet, non loin du Tribunal de Grande instance (TGI) de Paris, une banderole affichant ce message a été installée. Au-dessus, inscrits au marqueur sur du papier cellophane, ces deux mots : “Gilets noirs.”

Quelques membres de ce mouvement de “sans-papiers, sans-voix, sans-visages” – créé en Île-de-France en novembre 2018 pour demander la “régularisation de tous les sans-papiers” dans le pays mais aussi des logements et des conditions de vie dignes – ont fait le déplacement ce matin. Ils attendent des nouvelles : plusieurs de leurs “camarades” passent actuellement devant le juge des libertés et de la détention, pour contester leur placement en centre de rétention administrative.

« Des Gilets jaunes qui ont été noircis par la colère”

Au Panthéon, les Gilets noirs demandent un rendez-vous avec le Premier ministre, en sus de leurs revendications. Selon les journalistes sur place, la situation est calme. Ils seront finalement évacués, et 37 d’entre eux interpellés par les forces de l’ordre pour des vérifications d’identité  – un membre de la Chapelle debout, lui, emploie le terme de “rafle”, évoquant plusieurs charges policières “très violentes”, une quarantaine de blessés, des insultes racistes et une “volonté de faire peur et casser le mouvement”.

Comme le souligne France info, plusieurs journalistes sur place ont en effet constaté des tirs de gaz lacrymos, des charges policières et des évacuations de blessés (voir par exemple ce long papier de Basta!, qui publie aussi plusieurs vidéos).

Une vingtaine de Gilets noirs ont au final été placés en rétention administrative. Lundi 15 juillet, La Chapelle debout expliquait dans un communiqué que “huit Gilets noirs [avaient] été libérés grâce à la mobilisation politique” mais aussi grâce au “soutien financier” de tous et toutes, une cagnotte ayant été créée pour payer des avocats. Lesquels ont, selon le collectif, constaté des irrégularités dans les procédures, d’où la libération de leurs clients. Mardi 16 juillet, ce sont sept autres personnes qui passaient devant le TGI.

L’action au Panthéon n’était pas la première organisée par le mouvement, dont le nom a été trouvé, selon la Chapelle debout, par un Gilet noir qui a eu cette formule lors de la marche “contre le racisme d’Etat et les violences policières”, en mars, à Paris : “On est des Gilets jaunes qui ont été noircis par la colère.”

En janvier, un rassemblement avait eu lieu devant la Préfecture de police de Paris. En mai, rebelote avec l’occupation du terminal 2F de Roissy. Selon un membre de la Chapelle debout, le but était de “dénoncer la participation d’Air France” aux expulsions – “Nous on dit déportation” – de personnes immigrées hors de l’Etat français. Enfin, en juin, plusieurs centaines de « gilets noirs » avaient investi les locaux du groupe de restauration collective Elior, à la Défense, de façon à “dénoncer l’exploitation de sans-papiers et leurs conditions de travail” dans cette entreprise, qui, selon eux, capitaliserait sur le “business” de l’emploi de personnes sans-papiers de façon à les “faire travailler gratuitement”.

“Les Gilets noirs, c’est un mouvement social” 

“On va organiser la riposte, ajoute ce membre du collectif, qui se félicite du soutien de plusieurs personnes et associations, par exemple Assa Traoré et le comité Vérité et justice pour Adama (c’est moins le cas de Marine Le Pen, qui a parlé d’occupation « inadmissible », ou encore d’Edouard Philippe, qui a mis en avant « le respect des monuments publics »). Les Gilets noirs, c’est un mouvement social, pas un mouvement de sans-papiers. C’est un mouvement qui appartient à tous ceux qui combattent le racisme, qui sont d’accord qu’aucun être humain n’est illégal, et qui veulent une vie digne pour tout le monde.” Et d’ajouter : “C’est un mouvement d’impatience : on en a marre d’attendre pour une vie digne, marre d’attendre pour sortir de l’isolement.”

L’idée de collectif est en effet très forte au sein des Gilets noirs, comme nous le raconte Camara, qui vit dans un foyer et milite aux côtés du mouvement depuis novembre 2018 : “Il est important de s’organiser et de se mobiliser collectivement. Ce qu’on vit, c’est de l’esclavage moderne. La police veut nous faire peur, mais on n’a plus peur.

On va aller jusqu’au bout :

Tout ce qui arrive, c’est notre destin.” Même discours du côté de Samba, dont le petit-frère, interpellé au Panthéon, était présenté au TGI ce mardi : “On va se battre, ensemble, jusqu’au bout de nos ongles. On n’arrêtera pas.” Quelques heures plus tard, un membre de la Chapelle debout nous envoie ce sms : “Tout le monde est libre, on est partis ensemble.” Il précise que la préfecture a fait appel sur « quelques dossiers ».

Depuis novembre, les “Gilets noirs”, ce mouvement “des sans-papiers, des sans-voix, des sans-visages”, multiplient les actions pour demander la régularisation de “tous et toutes” mais aussi des logements et des conditions de vie dignes.

17/07/19 Amélie Quentel
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18 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

suffren (lutte ouvrière)

brest

Nouveau sous-marin : gâchis abyssal

Le gouvernement et de grosses sociétés, Naval Group, le CEA, viennent de mettre à l’eau, à Cherbourg, le Suffren, le premier né des six sous-marins dits Barracuda, nouvelle génération de submersibles.

L’objectif, lourdement acclamé, est de hisser la France dans le club des grandes puissances navales et nucléaires. Coût : plus de 9 milliards d’euros.

De fait, ce sous-marin est truffé de technologies de pointe : furtif pour mieux détecter l’ennemi sous la mer, l’approcher, l’espionner ; lui-même escorté de sous-marins lanceurs de missiles qui peuvent cibler à 1 000 km à l’intérieur des terres. C’est une base d’avancée secrète perfectionnée, « adaptée aux menaces du monde post-guerre froide » comme s’en est vantée la ministre des Armées.

Pour cela, il a fallu 50 millions d’heures de travail, pendant vingt ans. Autant de temps, d’énergie, d’intelligences qui auraient pu être utiles à autre chose qu’à des œuvres de mort qui anéantissent des populations de pays pauvres pillés par les pays impérialistes, à commencer par la France.

L’argent, le travail, les progrès techniques, doivent aller à la vie, aux progrès de la société, au logement, aux écoles, aux transports, aux hôpitaux. Mais ce n’est pas vers ces choix que nous entraîne la société capitaliste.

Rachel DITTNER 17 Juillet 2019
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17 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

faim (jdd)

faim

Voici pourquoi la faim dans le monde a encore progressé

La sous-nutrition affecte désormais 821,6 millions d’habitants dans le monde. Un chiffre en hausse pour la troisième année consécutive d’après un rapport de l’ONU sur l’année 2018.

Il y a de quoi s’alarmer : après une décennie de baisse, le nombre personnes victimes de sous-nutrition augmente depuis 2015. « C’est une mauvaise tendance » assure David Beasley le patron du Programme alimentaire mondial (PAM). Le rapport sur « l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde » rédigé par l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture comptabilise 10 millions de sous-alimentés supplémentaires en un an.

Parmi les principaux enseignements de ce dossier de 253 pages, le chiffre de 11% de personnes concernées par une situation d’ »insécurité alimentaire grave ». Cette proportion est de 20% sur le continent africain et de 12% en Asie. Sur ce continent, 500 millions de personnes sont sous-alimentées. Quelles sont les raisons de l’augmentation de ces chiffres?

Le recul de l’économie mondiale 

Les effets des « cycles économiques » sont pointés par le rapport de l’ONU. Sur 77 pays qui ont connu un ralentissement ou un fléchissement de leur économie, 65 ont connu dans le même temps « un accroissement de la sous-alimentation » depuis 2011. Surprise, il ne s’agit pas en majorité de pays à faible revenu mais de pays émergents.

L’ONU pointe les tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis comme facteur de déstabilisation : « Le relèvement des tarifs douaniers entre les deux plus grandes économies de la planète risque d’affaiblir encore davantage la croissance et d’exercer une pression sur les prix des produits de base. » Le rapport cite : la hausse du chômage, la pénurie d’emplois stables, la dépréciation de la monnaie, la hausse des prix des produits alimentaires et la dépendance aux produits de base comme facteurs économiques.

La persistance des inégalités 

Le rapport admet une corrélation entre inégalités économiques et sous-alimentation. Les inégalités « freinent les progrès en matière de sécurité alimentaire et de nutrition ». Plus le PIB d’un pays est faible, plus les inégalités de revenus sont déterminantes dans le risque d’une insécurité alimentaire grave.

Les conflits mondiaux 

C’est le principal facteur responsable des crises alimentaires. Les déplacements de population liés aux conflits fragilisent ces personnes. L’étude de l’ONU montre que la malnutrition augmente fortement dans les pays d’Afrique subsaharienne « touchés par un conflit ». Entre 2015 et 2018, plus de 23 millions de personnes supplémentaires sont tombées en situation de sous-alimentation dans cette zone en proie à des conflits. Ces derniers ont plus de probabilité de survenir dans des pays à faible revenu et provoquent eux-mêmes des famines.

Les dérèglements climatiques 

Catastrophes naturelles, variabilités du climat, températures extrêmes : ces changements ont un impact de plus en plus important sur la nutrition. En 2018, 29 millions de personnes supplémen-ètaires sont considérées comme sous-alimentées. La publication insiste sur les épisodes climatiques extrêmes qui « ont un effet négatif d’une ampleur disproportionnée, (…) sur les populations les plus démunies vivant dans des zones reculées ».

L’objectif « Faim zéro » fixé par l’ONU qui consiste en l’éradication de la faim dans le monde à l’horizon 2030 est sérieusement compromis. Le patron du Programme alimentaire mondial, David Beasley a même déclaré qu’ »on n’atteindra pas » cet objectif.

16 juillet 2019 Sofiane Aklouf

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Commentaire:

Cela ne vient pas d’un manque de « croissance » qui nous entraîne tous à la catastrophe, ni à la surpopulation: on jette un tiers voire plus de la nourriture produite. C’est un problème de répartition! De partage des richesses et donc de la nourriture. En produire toujours plus ne servira  à rien, vu que le système ne vise pas de nourrir les pauvres!

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17 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

4 femmes (jdd)

4 femmes demo

Voici les 4 élues démocrates qui agacent Donald Trump

Issues des minorités, nouvellement élues, les 4 démocrates visées par Donald Trump incarnent l’aile gauche du parti. Ces élues agacent parfois autant le président américain que la démocrate Nancy Pelosi. Portraits.

Elles sont le visage du nouveau parti démocrate.

Surnommées « le squad », Alexandria Ocasio Cortez, Ilhan Omar, Rashida Tlaib et Ayanna Pressley ont toutes les quatre été élues lors des élections de mi-mandat en novembre dernier. Incarnant l’aile gauche du parti démocrate, elle sont issues des minorités et hérissent le poil de Donald Trump depuis plusieurs mois.

En début de semaine, le président américain a choqué l’Amérique en leur demandant de « retourner » d’où elles viennent. Elles ont répondu lors d’une conférence de presse commune. Le JDD vous présente ces 4 figures qui devraient peser dans les années à venir.

aoc

Alexandria Ocasio Cortez, favorable à une forte taxation sur les revenus des plus aisés 

Depuis six mois, elle a crevé l’écran. Alexandria Ocasio-Cortez, qui est récemment apparue dans un documentaire sur Netflix, est une des nouvelles stars de la politique américaine. Ancienne serveuse, la benjamine de la Chambre des représentants (29 ans) a grandi dans le quartier du Bronx à New York. En 2018, elle remporte à la surprise générale la primaire contre un cacique du parti démocrate, Joseph Crowley, au Congrès depuis 20 ans, puis finit par gagner l’élection générale.

Fille d’un Américain et d’une Portoricaine (territoire appartenant aux Etats-Unis), Alexandria Ocasio-Cortez, se définit comme « socialiste », un terme très connoté aux Etats-Unis. Elle est notamment favorable à une taxation à 70% de la tranche supérieure des revenus des personnes les plus aisées.

Récemment, elle a provoqué une polémique en comparant les camps de rétention pour migrants érigés à la frontière sud des Etats-Unis à des « camps de concentration ». Une référence qui a provoqué beaucoup de critiques, y compris dans le camp démocrate.

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Ilhan Omar, mise en cause pour ses propos sur Israël

En janvier dernier, elle est devenue l’une des deux premières femmes musulmanes élues au Congrès. Ilhan Omar a fui la guerre avec sa famille lorsqu’elle était enfant. Après quatre ans dans un camp de réfugiés au Kenya, elle est arrivée aux Etats-Unis à 12 ans.

Née en Somalie, Ilhan Omar, qui porte le voile islamique , est dans le viseur de Donald Trump depuis plusieurs mois. Déjà, en avril dernier, il l’avait accusé de minimiser les attentats du 11-Septembre.  A la suite de ce discours, le président américain avait publié une vidéo associant ces propos aux images des attentats.

En début de semaine, Donald Trump l’a, cette fois, accusée de soutenir Al-Qaïda. Une affirmation complètement fausse comme l’a montré le New York Times.

Ilhan Omar a également été mis en cause pour des commentaires sur Israël jugés antisémites. En février, elle a ainsi affirmé que des élus américains soutenaient Israël par intérêt financier. « Tout cela est en rapport avec les Benjamin », a-t-elle tweeté. Une référence à la chanson de Puff Daddy et au billet de 100 dollars qui est incarné par Benjamin Franklin. Quelques heures plus tard, elle a fini par retirer son tweet et s’est excusé dans un communiqué.

Mais les controverses ne se sont pas arrêtées. Un mois plus tard, elle a de nouveau été la cible de vives critiques après avoir dénoncé le fait que certains lobbies poussaient à faire « allégeance à un pays étranger », dans une référence à l’Aipac, un lobby pro-israélien.

Des affirmations qui ont mis mal à l’aise de nombreux démocrates. Historiquement, la commu-nauté juive américaine vote à chaque élection présidentielle à une large majorité pour les démo-crates. Donald Trump s’est lui enfoncé dans la brèche et accuse dorénavant régulièrement les démocrates d’être devenu un parti « anti-juif » et « anti-Israël ».

rashida

Rashida Tlaib, partisane du boycott de l’Etat hébreu

Première américano-palestinienne à être élue au Congrès, Rashida Tlaib, 42 ans, est née à Detroit. Ses parents sont nés en Cisjordanie et ont émigré aux Etats-Unis alors qu’ils étaient de jeunes adultes. Sa grand-mère et une partie de sa famille vit toujours en Cisjordanie. Cette ancienne avocate, qui avait fait de la destitution du président l’un de ses arguments de campa-gne dans le Michigan, est une fervente partisane de la campagne BDS (boycott, désinves-tissement, sanctions). Selon elle, le boycott est « un droit [américain] et une partie de notre combat historique pour la liberté et l’égalité ».

Avant son élection, elle s’était montrée très critique vis-à-vis de la future patronne démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi : « J’ai besoin de quelqu’un qui est connecté avec les différents niveaux de pauvreté actuels, il y a des barrières à abattre pour aider les familles de la classe ouvrière de mon district. Et cela me gêne de soutenir les banques et des travaux qui ne mettent pas les gens au premier plan. J’ai besoin de quelqu’un qui comprenne complètement pourquoi je suis autant impliquée dans ces sujets, pourquoi je veux à ce point que leurs voix soient entendues », avait-elle expliqué.

ayanna

Ayanna Pressley, engagée contre les violences faites aux femmes

Ayanna Pressley, 45 ans, est la première femme afro-américaine à représenter l’Etat du Massa-chusetts à Washington. Née à Chicago et représentante de Boston, elle est avec Rashida Tlaib et Alexandria Ocasio-Cortez membre de la puissante commission financière de la Chambre. Farouche opposante à la politique migratoire de l’administration Trump, elle a notamment dénon-cé que les migrants d’Amérique centrale soient  retenus dans les « cages » des centres de la police aux frontières.

L’élue américaine est aussi très impliquée dans lutte contre les violences faites aux femmes, elle qui a été victime d’un viol alors qu’elle avait 19 ans. « J’ai dédié ma vie au combat des violences sous toutes les formes -conjugales, sexuelles, par arme à feu, donc la possibilité d’être au Congrès à un moment de grande prise de conscience pour l’activisme en faveur des change-ments politiques, c’est une perspective palpitante », avait-elle affirmé en juillet 2018 au magazine américain The Nation.

17 juillet 2019 Michaël Bloch

https://www.lejdd.fr/

Lire aussi:

« Retournez d’où vous venez ! » : Trump, il n’en est pas question ! (Révolution Permanente)

Jacobin

The Nation

Mother Jones

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08 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

guerre (dossier npa)

soldat

Face aux menaces de guerre

Anti-impérialistes et Internationalistes !

Les grandes puissances n’hésitent pas à mettre le monde à feu et à sang pour défendre ou étendre leurs intérêts. Des puissances qui font planer aujourd’hui bien des menaces, avec des risques réels d’explosions aux conséquences difficilement mesurables, mais qui imposent aux forces progressistes de renforcer leurs positions internationalistes et anti-impérialistes.

guerre (dossier npa) dans Altermondialisme

Course aux armements et rivalités inter-impérialistes

« Mohamed Ben Salmane fait un boulot spectaculaire » : ainsi s’est exprimé Donald Trump lors du sommet du G20, organisé à Osaka (Japon) les 28 et 29 juin, sans susciter de commentaires de la part des autres participants.

 dans Anticolonialisme

USA-Iran : Trump le va-t-en-guerre, un danger pour toute la planète

Le 13 juin, l’attaque de deux pétroliers, norvégien et japonais, près du détroit d’Ormuz par lequel transite un cinquième de la production mondiale de pétrole a servi de prétexte aux USA pour relancer leur offensive contre l’Iran engagée depuis leur retrait de l’accord inter

 dans Antiimpérialisme
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Sur le plan militaire, les océans Indien et Pacifique sont devenus le pivot du face-à-face mondial entre les États-Unis et la Chine, au point que le Pentagone en a fait un théâtre d’opérations unifié pour mieux s’opposer à la montée en puissance des forces armées chinoises.

 dans Antimilitarisme
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Contre les guerres et le militarisme

Les guerres que mènent les grandes puissances n’ont pas pour but, comme on nous l’affirme, de lutter contre le terrorisme et encore moins de soulager les peuples de la misère ou les débarrasser des dictatures qui les oppriment.

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07 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

snu (jdd)

snu

« Le service national universel est la réintroduction au pas de l’oie du service militaire »

« Une expérience qu’on peut rapprocher de la préparation militaire, mais sans maniement des armes. »

Qui tient de tels propos? Le ­ministre de la Défense? Non, mais plus curieusement, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’­Education nationale et de la Jeunesse, qui a ainsi révélé le vrai visage du service national ­universel (SNU).

De qui parle-t-il? Des 2.000 volontaires de l’édition 2019 du SNU qui jouent un peu partout en France les apprentis bidasses. Si le ministère a l’air plutôt satisfait de l’expérience, les parents de la FCPE n’ont pour leur part aucune envie de voir leurs enfants suivre des entraînements de commandos!

Même si les jeunes ont accepté de se « prêter au jeu », doit-on pour autant leur faire subir tout et n’importe quoi?

Est-il normal que, pour être punis d’avoir gardé les mains dans leurs poches, certains d’entre eux soient obligés de faire des pompes? Est-ce acceptable que, pour une raison inconnue, on laisse ces jeunes en uniforme immobiles sous un soleil de plomb avant qu’une vingtaine d’entre eux tournent de l’oeil? En sommes-nous encore là en matière de relation éducative? Pourtant, l’éducation, ce n’est pas l’apprentissage de la soumission ni la banalisation des rapports de domination.

Pour faire connaître la vie en collectivité et ses règles, nul besoin de passer par les codes militaires ou l’aboiement de pseudo-caporaux-chefs en mal d’autoritarisme

Si, parmi ces volontaires, certains adolescents envisagent de suivre une carrière dans l’armée, c’est au ministère de la Défense de les former. Quant au ministère de l’Education nationale, même par le biais de son secrétariat d’Etat de rattachement, il ferait mieux d’investir dans d’autres domaines pour favoriser le vivre-ensemble. La FCPE peut lui donner quelques idées, surtout quand l’addition pour ce nouveau service national se chiffre à 1,5 milliard d’euros, à comparer aux seuls 20 millions débloqués pour les cantines à 1 euro…

Avec 1,5 milliard, c’est beaucoup plus que ces quelque 2.000 jeunes que l’on aurait pu nourrir gratuitement à la cantine.

Autour d’une table, ils auraient d’ailleurs pu apprendre d’autres valeurs, nouer d’autres liens que ceux qu’ils n’ont pu créer en s’alignant en rang ­d’oignons lors d’une cérémonie d’inauguration. Pour faire connaître la vie en collectivité et ses règles, les valeurs de la République, le civisme, nul besoin de passer par les codes militaires ou l’aboiement de pseudo-caporaux-chefs en mal d’autoritarisme.

On peut par exemple inscrire nos enfants dans des colonies de ­vacances, malheureusement inaccessibles aux familles les plus en difficulté en raison de tarifs souvent prohibitifs. Cette manne financière aurait aussi pu permettre la prise en charge des voyages scolaires, plutôt que de compter sur les parents qui passent des après-midi à faire des gâteaux et à les vendre aux sorties d’école pour alléger la facture des plus démunis.

Ils seront 40.000 jeunes pour jouer à la guerre et satisfaire ceux qui gardent le film « Les Choristes » en guise de madeleine de Proust éducative

Au lieu du service militaire « light », la FCPE propose que chaque enfant puisse bénéficier gratuitement, comme c’est le cas pour le SNU, d’une classe de découverte ou d’une colonie de vacances.

Mais nous avons bien compris que l’entêtement du gouvernement rendait difficile le retour en arrière sur ce service national très bien financé à défaut d’être très bien pensé pour l’intérêt des jeunes.

Le SNU est la réintroduction au pas de l’oie et à grand renfort de communication du service militaire.

Se pose donc la question ­essentielle, dans le cadre républicain, de ­l’objection de conscience.

Car, alors qu’à 16 ans les jeunes commencent à prendre leurs propres décisions, ils seront dès l’année prochaine 40 000 à se retrouver coincés dans des ­bootcamps pour jouer à la guerre et satisfaire celles et ceux qui gardent le film Les Choristes en guise de madeleine de Proust éducative.

Dans une tribune, les coprésidents de la FCPE, la fédération des parents d’élèves, Rodrigo Arenas et Carla Dugault, déplorent l’aspect militaire du service national universel, expérimenté en juin.

7 juillet 2019

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Appel au refus du «Service national universel»  Objection de conscience!

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07 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

john lennon (the red mole)

 john

Le journal de l’IMG (The Red Mole: la Taupe Rouge)

L’Interview perdue de John Lennon (1971)

Par Tariq Ali et Robin Blackburn

« On ne peut pas prendre le pouvoir sans lutter »

Tariq Ali : Ton dernier enregistrement, ainsi que tes déclarations publiques récentes — surtout l’interview que tu as donnée au magazine Rolling Stone — laissent penser que tes opinions politiques se radicalisent de plus en plus. Quand cela a-t-il commencé ?

John Lennon : Tu sais, je me suis toujours soucié de politique et j’ai toujours été contre le statut quo. C’est assez élémentaire lorsque tu as été élevé, comme moi, à haïr et à avoir peur de la police comme un ennemi naturel et de mépriser l’armée comme une chose qui emporte chaque personne et la laisse morte quelque part. Ce que je veux dire, c’est qu’il s’agit d’une chose naturelle dans la classe ouvrière, même si cela s’estompe lorsque tu vieillis, que tu fondes une famille et que tu es avalé par le système.

Mais, dans un sens, j’ai toujours été politisé. Dans les deux livres que j’ai écrits (même s’ils ont été écrits dans un charabia à la Joyce), je cogne pas mal sur la religion. Il y a aussi une scène entre un ouvrier et un capitaliste. Je fais la satire du système depuis mon enfance. J’avais l’habitude de rédiger des papiers à l’école et de les passer autour de moi.

J’étais très conscient de ma classe — certains diraient que j’étais amer — parce que je savais ce qui m’était arrivé et j’étais au courant de la répression de classe qui nous tombait dessus, c’était une putain de réalité, mais, avec l’ouragan que représentait le monde des Beatles, j’ai été épargné. Je me suis vraiment éloigné de la réalité pendant un bout de temps.

Tariq Ali : Selon toi, quelle fut la raison du succès de votre style musical ?

John Lennon : Et bien, à cette époque, on avait l’impression que les travailleurs avaient réussi à percer, mais rétrospectivement, je réalise que c’est le même contrat de dupe que celui qu’ils ont passé avec les Noirs : c’était juste comme s’ils avaient autorisé les Noirs à courir, à boxer ou à faire du spectacle. C’est le choix qu’ils vous permettent, à présent, le débouché est de devenir une pop-star et c’est ce que je dis dans mon album ‘Working Class Hero’. Ainsi que je l’ai déclaré à Rolling Stone, ce sont les mêmes qui sont au pouvoir et le système de classe n’a pas changé d’un iota.

Bien sûr, on voit plein de gens marcher dans la rue avec des cheveux longs et des gosses branchés de la classe moyenne dans de jolis vêtements. Mais rien n’a changé, à l’exception du fait que nous nous habillons tous un peu mieux, laissant les mêmes salopards tout diriger.

Robin Blackburn : Evidemment, la condition de classe est quelque chose à laquelle les groupes de rock américains ne se sont pas encore attaqués.

John Lennon : Parce que ce sont tous des bourgeois ou des membres de la classe moyenne et qu’ils ne veulent pas le montrer. Ils ont vraiment peur des ouvriers, parce qu’en Amérique, ces derniers se cramponnent à leurs biens et semblent vraiment très à droite. Mais si ces groupes de la classe moyenne réalisaient ce qui se passe (et ce que le système de classes a produit), il ne tiendrait qu’à eux de faire rapatrier les soldats et de sortir de toute cette merde bourgeoise.

Tariq Ali : Quand as-tu commencé à sortir du rôle que t’imposait le fait d’être l’un des Beatles ?

John Lennon : Même pendant l’âge d’or des Beatles, j’ai essayé, tout comme George, de m’y opposer. Nous sommes allés en Amérique plusieurs fois et Epstein essayait toujours de nous baratiner pour que nous ne parlions pas du Vietnam. Alors, arriva un moment où George et moi avons dit : ‘Ecoute, la prochaine fois qu’ils nous le demanderont, nous dirons que nous n’aimons pas cette guerre et que nous pensons qu’ils doivent se retirer’. Et c’est ce que nous avons fait. À ce moment-là, c’était une chose plutôt radicale à faire, surtout pour les ‘Fab Four’.

Mais tu dois garder en mémoire que je m’étais toujours senti refoulé. Nous avions tous une telle pression sur nous qu’il n’y avait pratiquement aucune chance pour que nous puissions nous exprimer. Surtout que nous travaillions à une telle cadence! Continuellement en tournée et toujours protégés dans un cocon fait de mythes et rêves.

C’est assez difficile lorsque tu es César et que tout le monde te dit que tu es merveilleux et qu’on te fait des tas de cadeaux et que tu peux avoir toutes les filles. Il est très difficile de s’en déta-cher, de dire : ‘Bon, je ne veux pas être le roi, je veux être réel’. Donc, d’une certaine façon, la deuxième chose politique que j’ai faite fut de dire ‘Les Beatles sont plus grands que Jésus’. Cela a vraiment fait scandale ; en Amérique, j’aurais pu me faire descendre pour ça. Ce fut un grand traumatisme pour tous les gosses qui nous suivaient. Jusqu’à cette époque, il y avait ce contrat tacite consistant à ne pas répondre aux questions embarrassantes. Pourtant, je lisais toujours les journaux. Tu sais, les articles politiques…

Etant conscient en permanence de ce qui se passait, je me sentais honteux de me taire. Je me suis emporté parce que je ne pouvais plus jouer à ce jeu. C’était trop pour moi. Bien sûr, aller en Amérique a fait monter la pression qui s’exerçait sur moi — surtout que ce pays était en guerre. Nous sommes devenus une sorte de cheval de Troie. Les ‘Fab Four’ se sont dirigés tout droit vers les sommets et puis ils ont chanté des chansons sur la drogue et le sexe et ensuite je me suis dirigé vers des trucs de plus en plus chargés et c’est à ce moment-là qu’on a commencé à nous laisser tomber.

Robin Blackburn : N’y avait-il pas là une double accusation sur ce que tu faisais depuis le tout début ?

John Lennon : Oui. En fait, la première chose que nous avons faite fut de proclamer au monde entier notre appartenance à Liverpool, et nous avons dit : ‘C’est très bien de venir de Liverpool et de parler de cette façon.’ Auparavant, tous ceux qui venaient de Liverpool et qui avaient réussi devaient perdre leur accent pour passer à la BBC. Ils n’étaient que des comédiens, mais c’est ce qui est sorti de Liverpool avant nous. Nous refusions de jouer à ce jeu-là. Après que les Beatles sont sortis au grand jour, tout le monde a commencé à prendre l’accent de Liverpool.

Tariq Ali : Dans un sens, pensais-tu même à la politique lorsque tu paraissais dénigrer la révolution ?

John Lennon : Ah! Oui ! ‘Revolution’ . Il y avait deux versions de cette chanson mais la gauche  ne garda que celle qui disait ‘ne comptez pas sur moi’ [‘count me out’]. La version originale qui clôturait le LP disait aussi ‘comptez sur moi’. J’y avais mis les deux parce que je n’étais pas sûr. Je pensais que je peignais en musique une image de la révolution, mais tu sais, je me suis trompé. Mon erreur : cela était anti-révolutionnaire !

Dans la version sortie en 45t, je disais ‘si vous parlez de destruction, ne comptez pas sur moi’. Je ne voulais pas me faire tuer. Je ne connaissais pas vraiment grand chose au sujet des maoïstes, mais je savais juste qu’ils semblaient être si peu nombreux. Tu sais, je pensais simplement que je n’étais pas subtil. Je pensais que les Communistes révolutionnaires originaux se coordonnaient un peu mieux et ne passaient pas leur temps à le clamer haut et fort à la ronde. Voilà ce que je ressentais, en réalité, je posais une question. En tant que personne issue de la classe ouvrière, la Russie et la Chine m’ont toujours intéressées, ainsi que tout ce qui rapportait à la classe ouvrière. Même si je jouais au jeu capitaliste.

À un moment j’étais tellement impliqué dans ces conneries religieuses que j’avais pris l’habitude de me promener en disant que j’étais un Communiste chrétien. Mais la religion est la légalisation de la folie. C’est la thérapie qui balaya tout cela et me fit ressentir ma propre souffrance.

Tariq Ali : Quel lien tout cela a-t-il avec ta musique ?

John Lennon : L’art n’est qu’un moyen d’exprimer la souffrance. Je veux dire que la raison qui pousse Yoko à faire des morceaux aussi barrés est que la souffrance qu’elle a endurée est d’une sorte aussi barrée.

Robin Blackburn : Beaucoup de chansons des Beatles parlaient de l’enfance…

John Lennon : Ouais ! Cela devait surtout être moi…

Robin Blackburn : Tu sais, même dans le passé, des gens prenaient des chansons des Beatles et changeaient leurs paroles. Par exemple, ‘Yellow Submarine’ avait un grand nombre de versions. Il y en avait une que les grévistes chantaient et qui commençait par : ‘We all live on bread and margarine’ [On n'a que du pain et de la margarine] ; à la LSE [London School of Economics], nous avions une version qui commençait pas ‘Nous vivons tous dans une LSE rouge’].

John Lennon : J’aime ça. Et j’aimais, au début, lorsque les foules dans les stades de foot chantaient ‘All together now’, en voilà une autre. Cela me fit aussi plaisir lorsque le mouvement américain reprit ‘Give peace a chance’ parce que je l’avais écrite avec vraiment cela dans la tête. J’espérais qu’au lieu de chanter ‘We shall overcome’, qui date de 1800 et des poussières, ils disposent d’une chanson contemporaine. Je ressentais comme une obligation, même alors, d’écrire une chanson que les gens chanteraient dans les pubs ou dans les manifs. Voilà pourquoi j’aimerais à présent composer des chansons pour la révolution …

Robin Blackburn : Nous n’avons que quelques chansons révolutionnaires et elles ont été composées au 19è siècle. Penses-tu qu’il y a quelque chose dans nos traditions musicales qui pourrait servir de support à des chansons révolutionnaires ?

John Lennon : Lorsque j’ai débuté, le rock’n'roll lui-même était une révolution essentielle pour les gens de ma génération et de ma condition. Nous avions besoin de quelque chose de bruyant et de clair pour échapper à toute l’insensibilité et à l’oppression qui nous étaient tombées dessus quand nous étions gosses.

Nous avions un peu conscience de commencer à être des américains artificiels. Mais nous avons étudié cette musique d’un peu plus près et nous avons découvert qu’elle était à moitié de la country blanche et à moitié du rhythm ‘n blues noir. La plupart des chansons venaient d’Europe et d’Afrique et à présent elles revenaient vers nous. Parmi les meilleures chansons de Bob Dylan, beaucoup d’entre elles venaient d’Ecosse, d’Irlande ou d’Angleterre. C’était une sorte d’échange culturel.

Pourtant, je dois admettre que pour moi les chansons les plus intéressantes étaient les chansons noires. Parce qu’elles étaient plus simples. Elles disaient en quelques sortes de vous bouger le cul, ou la bite, ce qui était vraiment une innovation. Et puis, il y a eu les chansons des paysans qui exprimaient surtout la souffrance dans laquelle ils se trouvaient. Comme ils ne pouvaient pas s’exprimer intellectuellement, ils devaient dire ce qui leur arrivait en très peu de mots. Et ensuite, il y a eu le blues de la ville qui parlait beaucoup de sexe et de bagarres.

Une grande partie de tout cela parlait d’eux-mêmes, mais c’est seulement ces dernières années qu’ils se sont exprimés totalement avec une ‘Puissance Black’ [Black Power], comme Edwin Starr qui faisait des disques guerriers. Avant cela, de nombreux chanteurs noirs continuaient d’être les victimes de ce problème de Dieu ; on entendait souvent ‘Dieu nous sauvera’. Mais les Noirs ont toujours chanté franchement et sur-le-champ leur souffrance et ils ont chanté aussi le sexe, ce qui fait que j’aime le rhythm ‘n blues.

Robin Blackburn : Tu dis que les musiques country et de la côte ouest sont dérivées de chansons populaires européennes. Mais ces chansons ne sont-elles pas plutôt épouvantables, parlant toutes de perdre et d’être vaincu ?

John Lennon : Lorsque nous étions gosses, nous étions tous contre ces chansons populaires parce qu’elles avaient tellement la teinte de la classe-moyenne. Ce n’étaient que les étudiants d’université avec leurs grandes écharpes et une pinte de bière à la main qui chantaient ces chansons populaires avec des voix prétentieuses: ‘J’ai travaillé dans une mine à Newcastle’ et toute cette merde.

Il y avait très peu de chanteurs folk, tu sais. Pourtant, j’aimais un peu Dominic Behan et il y avait quelques bons morceaux que l’on pouvait entendre à Liverpool. Vraiment à l’occasion, tu entendais à la radio ou la télé de très vieux enregistrements de véritables ouvriers d’Irlande ou d’ailleurs qui chantent ces chansons, et leur puissance est fantastique.

Mais la majeure partie de la musique folk, ce sont des gens avec des voix suaves qui essayent de maintenir en vie quelque chose de désuet et de mort. Tout cela est un peu gonflant, comme le ballet : un truc minoritaire qui est maintenu par un groupe minoritaire. La chanson populaire d’aujourd’hui est le rock’n'roll. Bien qu’il se trouve qu’il émane de l’Amérique, cela n’est pas très important en fin de compte parce que nous avons écrit notre propre musique et cela change tout. (…)

John Lennon : Il semble que toutes les révolutions se terminent dans le culte de la personnalité, même les Chinois semblent avoir besoin d’une figure paternelle. Je m’attends à ce que cela produise à Cuba, avec le Che et Fidel Castro.

Dans un communisme à l’occidentale, il nous faudrait créer une image quasi imaginaire des travailleurs eux-mêmes en tant que figure parentale. Mais ici, il y a un problème à ce sujet, tu sais. Toutes les révolutions se sont produites lorsqu’un Fidel ou un Marx ou un Lénine ou un autre, tous des intellectuels, ont été capables de convaincre les ouvriers.

Ils avaient réuni pas mal de monde et les ouvriers semblaient comprendre qu’ils vivaient dans un Etat répressif. Ici, ils ne se sont pas encore réveillés, ils croient toujours que la solution se trouve dans les voitures et les télés. On devrait essayer d’amener ces étudiants de gauche à parler avec les ouvriers, on devrait faire en sorte que les écoliers s’impliquent dans The Red Mole.

Tariq Ali : Le Parti Travailliste a introduit une politique d’immigration raciste, il a soutenu la guerre du Vietnam et il espérait introduire une nouvelle législation contre les syndicats.

John Lennon : Oui, j’ai pensé aussi à cela. Le fait de nous mettre au coin nous oblige à découvrir ce qui tombe sur la tête des autres personnes. Je n’arrête pas de lire le Morning Star [quotidien du PCGB] pour voir s’il y a de l’espoir, mais il semble qu’ils sont restés au 19è siècle. Ce journal semble être écrit pour des gauchistes marginaux d’âge mûr. Nous devrions essayer d’entrer en contact avec les jeunes travailleurs parce que c’est à cet âge-là que l’on est le plus idéaliste et que l’on a le moins peur.

D’une façon ou d’une autre les révolutionnaires doivent approcher les ouvriers car les ouvriers ne les approcheront pas. Mais il est difficile de savoir par où commencer ; nous essayons tous de fixer une rustine. Le problème, en ce qui me concerne, est que je suis devenu plus réel. Je me suis fortement éloigné de la classe-ouvrière — sais-tu qu’ils aiment Engelbert Humperdinck? À présent, ce sont les étudiants qui nous achètent, et c’est le problème. Aujourd’hui les Beatles sont quatre personnes séparées, nous n’avons pas l’impact que nous avions lorsque nous étions ensemble…

Robin Blackburn : À présent tu essaies de nager à contre-courant de la société bourgeoise, ce qui est beaucoup plus difficile.

John Lennon : Oui. Ils possèdent tous les journaux et ils contrôlent toute la distribution et la promotion. Lorsque nous sommes arrivés, il n’y avait que Decca, Philips et EMI qui pouvaient vraiment vous produire un disque. Tu devais te farcir tout l’administratif pour entrer dans le studio d’enregistrement. Tu étais dans une telle position d’humilité que tu ne disposais pas de plus de 12 heures pour enregistrer tout un album, et c’est ce que nous avons fait à nos débuts.

Même encore aujourd’hui, c’est la même chose. Si tu es un artiste inconnu, tu seras content d’obtenir une heure en studio, nous sommes dans une hiérarchie et si tu n’as pas de tubes, on ne t’enregistre plus. Et ils contrôlent la distribution. Nous avons essayé de changer cela avec Apple mais au final nous avons été vaincus. Ils contrôlent toujours tout. EMI a tué notre album ‘Two Virgins’ parce qu’ils ne l’aimaient pas. Avec le dernier album, ils ont censuré les paroles de nos chansons imprimées sur la pochette. Putain ! C’est ridicule et hypocrite, ils doivent me laisser chanter mais ils n’osent pas vous laisser lire les paroles. Pure folie !

La seule chose est donc de leur parler directement, surtout aux jeunes travailleurs. Nous devons commencer par eux parce qu’ils savent qu’ils y sont confrontés. C’est pourquoi je parle d’école sur mon album. J’aimerais inciter les gens à casser la structure, à être désobéissants à l’école, à tirer la langue, à insulter l’autorité en permanence.

John Lennon : Je pense qu’ici, cela ne serait pas trop difficile de faire en sorte que la jeunesse se mette en marche. Il faudrait leur donner carte blanche pour attaquer les conseils municipaux ou pour détruire l’autorité scolaire, comme les étudiants qui brisent la répression dans les universités. Cela se passe déjà, mais il faut que les gens soient un peu plus unis.

Et les femmes sont aussi très importantes. Nous ne pouvons pas faire une révolution qui n’implique pas les femmes et les libère. La manière dont on vous enseigne la supériorité masculine est si subtile !

Cela m’a pris pas mal de temps pour réaliser que ma masculinité réduisait une partie de l’espace pour Yoko. Elle est une ardente libertaire et elle m’a très vite montré où je me trompais, même s’il me semblait que j’agissais naturellement. Voilà pourquoi cela m’intéresse toujours de savoir comment ceux qui se prétendent radicaux traitent les femmes.

Robin Blackburn : Je travaillais à Cuba lorsque Sgt Pepper est sorti et c’est à ce moment-là qu’ils ont passé du rock à la radio.

John Lennon : Et bien, j’espère qu’ils se rendent compte que le rock’n'roll n’est pas la même chose que le Coca-Cola. Au fur et à mesure que nous dépassons ce rêve, cela devrait être plus facile : voilà pourquoi j’y mets maintenant plus de déclarations sérieuses et que j’essaye de me débarrasser de cette image de petit-minet. Je veux m’adresser aux bonnes personnes et je veux dire ce que j’ai à dire d’une manière simple et directe.

Tariq Ali : Comment penses-tu que nous pouvons détruire le capitalisme ici, en Grande-Bretagne, John ?

John Lennon : Je pense que ce n’est qu’en rendant les travailleurs conscients de la situation vraiment malheureuse dans laquelle ils se trouvent, en brisant le rêve qui les entoure. Ils croient vivre dans un pays merveilleux qui respecte la liberté d’expression. Ils ont des voitures et des télés et ils ne veulent pas penser qu’il y a autre chose dans la vie. Ils sont prêts à laisser leurs patrons les diriger, à voir leurs enfants foutus en l’air à l’école. Ils poursuivent le rêve de quelqu’un d’autre. Ce n’est même pas le leur. Ils devraient réaliser que les Noirs et les Irlandais sont harcelés et opprimés et que leur tour arrive.

Dès qu’ils commenceront à être conscients de tout cela, nous pourrons vraiment commencer quelque chose. Les travailleurs peuvent commencer à prendre le pouvoir. Comme Marx le dit : ‘À chacun selon ses besoins’. Je pense que cela marcherait bien ici. Mais il nous faudrait aussi infiltrer l’armée, parce qu’ils sont très bien entraînés à nous tuer tous. (Extraits voir lien)

Note de l’éditeur : Cela fait exactement 25 ans aujourd’hui que John Lennon a été assassiné devant le Dakota Building à Central Park (New York). La plupart des lecteurs de CounterPunch n’ont probablement pas lu l’interview de John Lennon qui suit et qui fut menée en 1971 par Tariq Ali et Robin Blackburn, tous deux collaborateurs de CounterPunch. Lennon raconte comment George Harrison et lui-même se sont opposés à leurs agents et se sont mis à enregistrer contre la guerre du Vietnam. Enfin, il rappelle qu’il a suggéré que les meilleures chansons de Dylan proviennent de ballades révolutionnaires irlandaises et écossaises et qu’il a disséqué ses trois versions de « Revolution ». Cette interview a paru dans The Red Mole, journal de la section britannique de la Quatrième Internationale. (IMG International Marxist Group dont Ali était membre )

CounterPunch 8 décembre 2005

Traduit de l’anglais par Jean-François Goulon

http://questionscritiques.free.fr/

https://www.counterpunch.org/

Wikipedia CounterPunch

Red Mole

Commentaire:

Illustration: A l’époque, (1972) la scission entre les 2 IRA venait d’arriver, peu de gens en pigeaient la raison et le journal ne choisit pas. L’IRA restait une référence « romantique » et les protecteurs des quartiers nationalistes contre les fanatiques unionistes et leur police. Lennon est plus « contre l’armée britannique » que « pour une des IRA ». Après les bombes sur le sol anglais, cette « Une » deviendra impossible…

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06 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

kurdes (orient 21)

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Fresque en l’honneur de Kendal Breizh à Carhaix

Internationaliste pour « construire une société nouvelle »

Dans Jusqu’à Raqqa. Avec les Kurdes contre Daech, un jeune Français de 27 ans, de retour de Syrie, fait le récit de ses mois passés aux côtés des Unités de défense du peuple (YPG).

D’emblée, André Hébert – un pseudonyme – joue cartes sur table : « Je m’exprime en tant qu’activiste révolutionnaire, internationaliste, marxiste, soutenant la cause kurde. » Bien sûr, il y a quelque chose du rite d’initiation dans son expérience guerrière.

Pour autant, André Hébert passe les épreuves avec lucidité, les yeux ouverts sur le courage et l’abnégation de ses camarades, comme sur les insuffisances d’une organisation proto-étatique qui peine à embrasser deux tâches prioritaires : venir à bout d’ennemis que l’auteur qualifie de « néofascistes » et construire une société nouvelle, débarrassée du fléau du patriarcat et basée sur l’égalité de tous.

Parti de France en n’ayant, comme il l’écrit, qu’une « vague idée de ce qu’était le mouvement de libération kurde », André Hébert découvre « un peuple et un parti engagé dans une lutte qui est un modèle de progrès pour l’humanité. »

Le volontaire va ainsi mesurer la place prépondérante que, suivant les théories émancipatrices d’Abdullah Öçalan, le leader du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) emprisonné à vie en Turquie, le PYD accorde aux femmes. Ce sont non seulement des combattantes à égalité avec les hommes, les 10 000 soldats qui se sont battus pour reprendre Rakka aux djihadistes étaient placés sous le commandement de Rodja Felat, une féministe de trente ans, mais elles sont les éléments déterminants de la transformation de la société kurde.

C’est près de Hol, ville stratégique sur la route reliant Rakka à Mossoul, qu’Hébert va subir un baptême du feu à grande échelle. Armés clandestinement par la Turquie, ayant récupéré du matériel militaire après la débâcle de l’armée syrienne, possédant les moyens financiers de se fournir auprès de trafiquants de tout poil, les membres de l’OEI (Etat Islamique) possèdent une puissance de feu bien supérieure à celle des YPG et des Unités de protection de la femme (YPJ). Seule l’aviation de la coalition menée par les États-Unis parvient à rétablir un fragile équilibre.

Au sujet de l’aide apportée par les puissances étrangères, Hébert adopte une position sans ambiguïté :

« J’ai entendu des voix déplorant le fait que les YPG acceptent l’appui militaire et diplomatique des Américains et des Russes. Ces critiques viennent de gens n’ayant aucun sens politique pratique, et peu de connaissance de la géopolitique du conflit syrien. Lorsque l’on est responsable de la vie de millions de personnes, les questions de pureté idéologique passent au second plan. »

La prise de Hol coïncide avec les attentats du 13 novembre 2015 du Bataclan et du Stade de France. Une information qui renforce la conviction du jeune combattant que, pour être efficace, il est au bon endroit au bon moment. Après un bref retour en France pour des raisons familiales, Hébert repart en Syrie pour prendre part à la prise de Rakka.

À cette occasion, il confirme que « les Kurdes étaient d’abord réticents à prendre Raqqa. Après la difficile bataille de Manbij, les généraux des YPG refusèrent de sacrifier davantage de cadres du Parti dans la lutte contre Daech. »

C’est donc « sous la pression de la coalition, et en échange d’un soutien militaire, financier et politique durable [que] les commandants des Forces Démocratiques Syriennes finirent par accepter début novembre 2016 de s’emparer de la ville. » Pour atteindre cet objectif, il a fallu sept mois de durs combats contre des djihadistes déterminés, bien armés et empreints d’une foi dévastatrice, assurés que leur lutte était juste et que, quelles qu’en soient les vicissitudes présentes, elle triompherait, emportant dans la tombe les « kouffar ».

Hébert considère que les lourds sacrifices consentis par les Kurdes et les combattants étrangers dont il garde un souvenir vivace, engagent les membres de la coalition, à commencer par les États-Unis, à respecter cet accord et à rendre possible la poursuite de l’expérience conduite au Rojava.

De plus, si la chute de Rakka a fini d’affaiblir l’OEI, elle n’a pas signifié que sa capacité de nuisance était pleinement éradiquée. Rakka a été détruite à 80 % ; d’autres villes syriennes l’ont été tout autant. Dès lors, pour ce témoin engagé, une conclusion s’impose : reconstruire Raqqa est donc « une tâche qui nous concerne tous si nous voulons éviter la résurgence du fondamentalisme islamique. »

Jean Michel Morel  6 juillet 2019

https://orientxxi.info/

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05 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

snu (npa la-rotative)

enfants soldats

Service national universel

Discipline militaire et propagande nationaliste, les jeunes ne se laisseront pas dresser!

Cérémonie au drapeau, Marseillaise à la pelle, privations de liberté et punitions militaires ; les premières images du SNU n’ont fait que confirmer le caractère réactionnaire et nationaliste de cette nouvelle mesure du gouvernement.

Si nous n’avons assisté cette année qu’à la phase d’essai avec quelques milliers de jeunes, ce « service » d’un mois a vocation à devenir obligatoire pour touTEs les jeunes de 16 ans d’ici 2026, sans possibilité d’exemption.

Cette mesure est la cerise sur le gâteau d’une politique qui dure depuis des années de la part de la classe dominante.

D’un côté, celle-ci enchaîne les attaques contre touTEs les travailleurEs, et parmi elles et eux les jeunes qui arrivent sur le marché de l’emploi. Augmentation de la durée légale du travail, réforme des retraites, vague de licenciements dans l’impunité pour des entreprises qui engrangent des milliards de profits et des millions d’argent public… La politique de la bourgeoisie propose aux jeunes cette alternative : chômage ou boulots précaires.

De l’autre côté, l’accès à l’éducation, déjà rivé d’inégalités pour les jeunes de classes populaires, leur est progressivement réduit. ParcourSup, augmentation des frais d’inscription dans le supérieur, réforme Blanquer…

Rien que ces dernières années, les bancs des écoles et des universités ont fait l’objet d’un tri social méthodique, faisant ainsi des économies sur celles et ceux que l’on destine à devenir une main d’œuvre malléable et mal payée. Après ça, le gouvernement a beau jeu de défendre son SNU au nom de la « mixité sociale » !

Mais le gouvernement se méfie de celles et ceux à qui il promet un avenir de galères.

Le SNU, c’est mettre au pas les jeunes et leur inculquer des valeurs qui ont tant de fois sauvé la mise à tous les bourreaux. La discipline, l’obéissance aux ordres, sans oublier le « patriotisme » que l’on propose à la jeunesse, cachent derrière le drapeau tricolore l’exploitation, l’oppression et les guerres dont les capitalistes français sont responsables à travers le monde.

Et dans ce contexte de montée des idées réactionnaires, les politiciens de gauche comme d’extrême droite jouent la surenchère nationaliste, chacun proposant sa propre mouture du SNU. Mais la solution n’est ni d’en allonger la durée, ni d’assurer sa propagande nationaliste dans l’enceinte de l’« école de la République », ni encore de changer la couleur de l’uniforme.

En décembre, les jeunes se sont mobiliséEs contre la politique de tri social dans l’éducation. Depuis mars, les jeunes sortent dans la rue de manière déterminée et massive contre la destruction de la planète. C’est ce même chemin de la lutte qu’il faut retrouver pour s’opposer au SNU.

L’horizon des jeunes ne doit pas être de se résoudre à payer les pots cassés du capitalisme à la place des responsables. C’est en s’organisant collectivement qu’elles et ils pourront faire face à cet embrigadement rétrograde, et espérer faire reculer le gouvernement.

Nous, les jeunes du NPA,  affirmons notre internationalisme et notre volonté de nous mobiliser dès la rentrée, aux côtés de touTEs les jeunes, contre le Service national universel.

Vendredi 5 juillet 2019

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Participation des associations au Service national universel : l’éducation populaire complice du pire ! (La Rotative)

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05 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

libye (médecins sans frontières)

refugies

Libye. La responsabilité de l’UE dans le massacre du centre de détention

Le soir du 2 juillet, une frappe aérienne contre le centre de détention de Tajoura, situé à l’est de Tripoli, capitale de la Libye, a fait des dizaines de morts parmi les migrants et des réfugiés.

C’est une tragédie qui aurait largement pu être évitée si les précédents appels à l’évacuation des centres de détention avaient été entendus.

Au moment de l’attaque, plus de 600 hommes, femmes et enfants vulnérables étaient retenus dans le centre de détention de Tajoura. La veille, nos équipes s’étaient rendues dans la cellule qui a été touchée. Ceux qui ont survécu craignent pour leur vie.

Depuis le début du conflit en avril, ce n’est pas la première fois que les migrant·e·s et les réfugié·e·s sont pris au piège des combats et des multiples frappes aériennes sur ou à proximité des centres de détention.

Il y a huit semaines, dans ce même centre de détention de Tajoura, des éclats d’obus provenant d’une explosion ont traversé le toit d’un bâtiment où se trouvaient des femmes et des enfants.

Cette année, pour chaque personne évacuée ou réinstallée, c’est presque deux fois plus qui sont renvoyées de force en Libye par les garde-côtes libyens, soutenus par l’Union européenne.

Désormais, nous ne pouvons nous satisfaire d’une simple condamnation. Il faut procéder à une évacuation immédiate des centres de détention de tous les réfugiés et les migrants hors de la Libye.

L’inaction et la complaisance ont déjà coûté la vie à des réfugiés et des migrants. «La présence d’une poignée d’acteurs humanitaires sur place ne saurait assurer des conditions acceptables dans ces centres.

Les personnes qui y sont détenues, majoritairement des réfugiés, continuent de mourir de maladies, de faim, sont victimes de violences en tout genre, de viols, soumises à l’arbitraire des milices. Elles se retrouvent aussi prises au piège des combats en cours», déplore Julien Raickman, chef de mission de MSF en Libye,

Les Etats européens ont une scandaleuse responsabilité dans toutes ces morts et ces souffrances. En toute connaissance de cause, ils choisissent de s’appuyer sur les garde-côtes libyens pour renvoyer en Libye un maximum de personnes fuyant par la mer.

Ce qu’il faut, ce sont des actes: des évacuations d’urgence des réfugié·e·s et migrant·e·s coincés dans des conditions extrêmement dangereuses en Libye. Mais ces évacuations hors de Libye vers des pays tiers ou pays de transit sont aujourd’hui extrêmement limitées, notamment parce qu’il manque des places d’accueil dans des pays sûrs qui pourraient accorder l’asile.

Le drame de Tajoura, avec selon des sources externes plus de 40 morts parmi les réfugiés et migrants qui étaient détenus dans le centre, était prévisible depuis des semaines.

Environ deux mille personnes ont été ramenées par les garde-côtes libyens soutenus par l’Union européenne depuis le début du conflit en avril 2019. A terre, ces personnes sont ensuite transférées dans des centres de détention comme celui de Tajoura. (Mis à jour le 4 juillet 2019)

En date du 5 juillet quelque 300 migrants sont toujours détenus dans le centre de Tajoura, selon le bureau de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM)

Médecins sans frontières Alencontre  5 juillet 2019

http://alencontre.org/

 

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