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28 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Rassemblement contre la venue de marine le pen à bruxelles

stop fn

Contre la montée de l’extrême droite en Europe.

C’est avec effroi que nous apprenons la venue de Marine Le Pen dans notre capitale européenne ce mercredi 28 mai à 16h30 au parlement Européen. Nous ne pouvons rester silencieux face à la montée de la haine et de la peur.

Les résultats des élections européennes sont plus qu’inquiétants, partout en Europe les partis racistes d’extrêmes droite progressent. Poussées par la crise et le désespoir semé par les politiques d’austérité menées au nom des spéculateurs, banquiers et leurs lobbies. En Belgique aussi le racisme et le nationalisme profitent de ces politiques.

Samedi dernier nous avons pu voir, une fois de plus, ce que les discours racistes et l’influence des extrêmes droites peuvent engendrer comme haine et violence. Aujourd’hui plus que jamais nous devons être solidaires et combatifs face à la montée de l’extrême droite et aux politiques antisociales de l’Europe des puissants.

Les Jeunes Organisés et Combatifs et les organisations signataires de cet appel refusent d’accepter inacceptable. Contre le fascisme et l’extrême droite réunissons nous pour une Europe réellement au service des peuples et pas des patrons et des partis de peur, de division et de haine qui les défendent. Publié le mai 27, 2014

Les JOC Bruxelles
Cercle JOC St Louis
Union Syndicale Etudiante
Collectif Alternative Libertaire
EGA-ALS
Comac mouvement de jeunes du PTB
Jeunes FGTB
Jeunes AntiCapitalistes (JAC)

http://jeunesantifascistes.wordpress.com/2014/05/27/rassemblement-contre-la-venue-de-marine-le-pen-a-bruxelles-et-contre-la-montee-de-lextreme-droite-en-europe/

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28 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Elections européennes en france (essf)

delacroix affiche
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Sur le RBM, l’implosion de l’UMP et la « gauche »

Les résultats du Front national – du « Rassemblement bleu Marine » (RBM) – suscitent de nombreuses analyses en France. Rien que de normal. Cela d’autant plus au lendemain des élections européennes du 25 mai 2014. De manière succincte, nous abordons, ici, quelques aspects de la situation politico-électorale de l’Hexagone [1].

I. Il s’agissait, certes, d’élections européennes. Mais, selon des sondages assez bien faits, le 68% des votant·e·s FN ont voté à partir de motivations dites nationales. Parmi lesquelles, la « question de l’immigration » arrive en tête (entre 30 et 32% selon les instituts). Trois éléments devraient retenir l’attention.

1° Tout d’abord, une fraction croissante d’électeurs et d’électrices a pris, en quelque sorte, l’habitude de voter FN. Dès lors la construction, sur une certaine durée, d’une base électorale du FN s’est stabilisée, renouvelée et étendue au plan territorial.

2° Ensuite, dans les commentaires, un anachronisme analytique se fait jour. Il n’introduit pas des différenciations générationnelles. Or, une couche de votant·e·s jeunes – qualifiée géné- ralement dans la sociologie superficielle comme non diplômée, c’est-à-dire subissant les effets les plus aigus de la précarité – vote « RBM », sans avoir de référence « au passé ». C’est-à-dire sans saisir – ­ ce qui est logique et physiologique – la continuité historique d’ex- trême-droite, fascistoïde, de cette formation et de ses composantes, marquée par Vichy, la collaboration et l’antisémitisme, la guerre d’Indochine, la guerre d’Algérie, symbolisés par Jean-Marie Le Pen.

Le vote FN s’inscrit, pour cette couche entre 25 et 35 ans, dans une sorte de méca- nisme de contestation d’un système capitaliste agressif qu’ils vivent et subissent au quo- tidien. Ce d’autant plus qu’avec Marine Le Pen et Florian Philippot – qui a soutenu le sou- verainiste « socialiste » Jean-Pierre Chevènement lors de l’élection présidentielle de 2002 – s’est ajoutée, dans le discours, une touche sociale à celle d’un patriotisme (« préférence nationale », avec toutes ses déclinaisons) affirmé de longue date. D’un certain point de vue, on pourrait affirmer qu’avec le RBM, la « défense des faibles » a pris une place certaine, dans un schéma : « ceux d’en haut » (« la caste politique » de l’UMPS, le PS et l’Union pour un Mouvement Populaire) nous méprisent, nous, « les vrais Français qui risquons de perdre notre identité et notre place sociale ». Ce que ne contredit pas le réel vécu et ressenti, pour des raisons évidentes. Le RBM a donc « libéré » des segments d’électeurs et d’électrices abstentionnistes ou indifférents lorsque l’on met en perspective sa trajectoire politico-électorale.

3° Dès lors, le vote contre Hollande, qui constitue 69% des motivations de vote au sens politique étroit, se combine avec le vote contre « la politique d’immigration » et la « politique d’injustice sociale ». Plus exactement une sorte d’adhésion au mythe – qui est performatif dans le cadre présent – d’une sorte de « nation fermée et rassurante » qui permettrait d’étayer un avenir qui serait, alors, un peu plus maîtrisable.

On retrouve là une des composantes classiques d’un vote d’extrême droite dans un contexte socio-économique bouleversé dans toutes ses fibres – à l’échelle de la France, de l’Union européenne et au-delà – soumis à une violente attaque du Capital dont la transna- tionalisation n’exclut pas du tout les affrontements inter-impérialistes (ne serait-ce que sous les multiples appellations de la « compétitivité nationale » à recouvrer). Ainsi, la déclaration à tonalité présidentialiste de Marine Le Pen, le soir du 25 mai 2014, traduit la mutation du storytelling – du récit utilisé pour accroître l’adhésion du « public » aux traits essentiels du discours – du RMB qui prépare la présidentielle de 2017.

II. Le RBM est aujourd’hui une force politique significative en France. Il faudrait être aveugle pour ne pas le saisir. Certes, les mécanismes de la Ve République font que, au plan des élections législatives et présidentielles, aucun parti politique peut prétendre à une posi- tion hégémonique sans une alliance. Or, si le RMB s’est affirmé, il reste sans allié, sans « réservoir de voix » – pour s’en tenir au plan électoral – captés par une force associée. De plus, son appareil politique – comparé à la droite ou au PS institutionnels – reste faible. Mais le projet est clairement affirmé de le construire. D’où le défi consistant à ne pas répéter les désastres de la gestion municipale de 1995 et d’éviter quelques dérapages trop affirmés.

Pour l’heure, il peut profiter de l’implosion de l’UMP qui est sous le choc non seule- ment des résultats aux européennes, mais d’un ensemble de scandales financiers remon- tant à la campagne de Sarkozy de 2012. Ce qui ne fait qu’exacerber les conflits internes de ce rassemblement assez hétéroclite – ce qui a sauté aux yeux lors des européennes – ne disposant plus d’un chef incontesté. Les perquisitions au siège de l’UMP, le lundi 26 mai, fournissent un tableau où les « fausses factures » voisinent « avec les coups bas ». Un hypothétique triumvirat Raffarin, Juppé, Fillon assurerait au mieux une paix momentanée, avant d’autres règlements de comptes. Une autre formation de droite est donc à recons- truire, en substance, pour affronter dans trois ans, en 2017, la présidentielle, si le « calme social » relatif se perpétue.

III. Un clou chassant l’autre, dans les médias, Valls et Hollande ont quelques jours de répit. Mais, étant au pouvoir, ils n’ont pas trois ans pour attendre les présidentielles. D’où une certitude, le MEDEF va mettre l’accent sur un thème : si vous voulez « avoir des résultats » et « vous sauver » – ne pas connaître le sort de Jospin en 2002, soit ne pas être présent au deuxième tour de la présidentielle – il faut, dès septembre 2014, appliquer avec plus de rigueur l’austérité – entendez attribuer aux entreprises des « avantages compétitifs » – afin que le « pacte de responsabilité » débouche sur des emplois… et que le chômage baisse.

Dit autrement : allez à Lourdes, il est possible que le fauteuil roulant ressorte de la bai- gnade avec des pneus neufs. Le croyant social-libéral Valls et le noyau de ce parti bourgeois est prêt à accepter ce suicide socio-politique, car, pour lui, ce n’est pas un suicide, ce n’est qu’une cure nécessaire. Ce que n’ont pas compris ceux qui, à gauche, considèrent toujours que le PS est, qualitativement, autre chose qu’une copie européenne du Parti démocrate américain.

Un PS dont l’appui à la présidence Hollande a atteint des seuils proches des abîmes. Un PS dont le résultat électoral est inférieur à celui de Michel Rocard, en 1994, lors des euro- péennes. Ce dernier n’avait rassemblé que 14,49% des suffrages sur une liste socialiste compacte. Mais un oubli frappe ici les commentateurs. Pour scier le concurrent potentiel Michel Rocard, François Mitterrand avait, alors, aidé, en sous-main, la liste Bernard Tapie, « Energie radicale ». Elle avait rassemblé 6,01% des suffrages et s’affirmait en faveur du Président.

Dans un tel contexte, la gauche radicale fait face à des défis majeurs qui semblent la dépasser. Les références à des analogies historiques ne sont pas très fonctionnelles et les « nouveautés » improvisées sont plus d’une fois illusoires. Savoir saisir les continuités et les discontinuités est un élément essentiel de l’élaboration d’une stratégie. Nous y reviendrons. Charles-André Udry, 27 mai 2014

Notes:

[1] voir aussi l’article d’Alain Bihr du 26 mai 2016, disponible sur ESSF (article 32017), Elections européennes en France : le succès du FN est la rançon de notre faiblesse.

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28 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Les élections européennes (1)

Les élections européennes (1) dans Antifascisme
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Une Europe à la dérive et un tremblement de terre en France !

C’est une véritable secousse historique pour l’Europe et un énorme coup de tonnerre en France avec la victoire du Front national. Les résultats des élections européennes confirment la crise politique terrible qui frappe l’Europe. Il y a une onde de choc dont on ne peut encore mesurer tous les effets politiques. Bien sûr, il faut se garder d’une lecture française des résultats électoraux européens qui concernent 28 Etats : selon la situation politique de chaque pays, les rapports de forces peuvent varier, ici et là, mais de grandes tendances se dégagent néanmoins sur fond de crise et de dégradation de rapports de forces pour le mouvement ouvrier : abstention massive, poussée de l’extrême droite, recul de la droite traditionnelle, affaiblissement considérable de la social-démocratie, maintien de la gauche radicale avec une poussée de Syriza en Grèce et de Podemos en Espagne.

Une abstention massive C’est une tendance lourde dans toutes les consultations élec- torales, en particulier les élections européennes et là encore, s’il n’y a pas de progression, le parti de l’abstention restant le premier parti en Europe (près de 57 % d’abstentions). Ces élections confirment le rejet massif de l’UE par les classes populaires. Depuis le début, les peuples ont été dessaisis de la construction européenne réservée aux classes dominantes, aux gouvernements et aux élites technocratiques, mais aujourd’hui la conjonction de ce type de construction et des politiques d’austérité qui étranglent les peuples conduit à un rejet massif. Elles révèlent la formidable crise de représentation politique qui touche presque tous les pays d’Europe et ouvrent une phase de crise politique aiguë, non seulement dans les institutions européennes, mais à terme dans les rapports intra-européens.

L’abstention est particulièrement forte dans les quartiers populaires. En effet, com- ment adhérer à « cette belle idée de l’Europe » lorsque l’Union européenne promue par les gouvernements signifie pour des millions d’êtres humains plus d’austérité, plus de chômage, plus de pauvreté. C’est, dans bien des cas, cette abstention qui favorise les scores des partis populistes ou néofascistes

La poussée de l’extrême droite, des partis populistes et néo-fascismes La mani- festation la plus significative de cette poussée se traduit par l’arrivée en tête du Front national aux élections françaises. C’est une secousse sans précédent. On a parlé souvent d’«excep- tion française » dans l’histoire européenne pour évoquer les luttes et les révolutions popu- laires. Une nouvelle fois, il y a une certaine exception, mais cette fois contre les mouvements populaires.

Le Front national s’enracine dans la société française. Selon des sondages, les listes du FN ont attiré 43 % des ouvriers qui ont voté, 38% des employés, 37% des chômeurs. Les listes du PS ont attiré 8% des ouvriers, 16% des employés et 14% des chômeurs Un jeune sur trois a voté Front national ! La poussée de l’extrême droite ou « des partis europhobes » submerge tout le continent, mais il y a « exception française », dans l’ampleur des résultats du FN, mais aussi, parce que, c’est là, qu’une percée de l’extrême droite provoque une crise politique des plus aigüe.

D’abord parce que la France est avec l’Allemagne une des deux puissances clés de l’Union européenne. Ensuite parce que la poussée du FN s’accompagne en France d’une chute de toutes les autres formations politiques. La droite traditionnelle croule sous les affai- res de corruption. Elle est aussi percutée par une crise ouverte de direction. Qui peut dire ce que sera l’UMP – droite traditionnelle – dans les mois qui viennent ? La gauche, elle, toutes tendances réunies est au plus bas en n’atteignant péniblement que 34 % de suffrages exprimés. Du coup, on passe d’une situation bipolaire : droite/gauche à une situation tripolaire ou tripartite avec la droite, le PS et le FN.

Mais la progression des formations d’extrême droite ou populistes ne se cantonnent pas à la France : le Parti du peuple au Danemark remporte 27 % des suffrages, l’UKIP en Grande-Bretagne est en tête avec 27 % des voix exprimées, le FPO autrichien dépasse les 20%, sans compter les partis « anti Europe » – comme en Allemagne, en Pologne ou en Suède – qui se renforcent. Il faut enfin noter que des organisations ouvertement fascistes comme Aube dorée en Grèce qui obtient près de 10 % , ou le parti Jobbik en Hongrie qui dépasse la sociale démocratie avec près de 15 %, vont aussi marquer la scène politique dans leur pays.

C’est donc une tendance politique de fond, même s’il peut y avoir d’autre type de situation. Au Pays bas, il y a recul du parti islamophobe de Wilders qu’il faut mettre en rapport avec la reprise économique du pays.

En Espagne et au Portugal, les formations néo-fascistes sont inexistantes ce qui peut s’expliquer, après des décennies de franquisme et de salazarisme, par le profond rejet populaire des dictatures policières. Soulignons tout de même la présence d’une droite extrême dans le Parti populaire de Rajoy qui, avec la pression de la hiérarchie catholique, explique les propositions de loi pour remettre en cause le droit à l’avortement.

Cette poussée générale résulte de la montée des nationalismes dans une situation de crise économique et d’affaiblissement historique du mouvement ouvrier. L’identité sociale recule devant l’identité nationale, les conflits de classes laissent la place à l’« éthnicisation » des rapports sociaux, le racisme gagne des secteurs de masse des classes populaires. « Il est plus facile de s’attaquer à l’immigré qu’au banquier »…

Ce n’est pas une première dans l’histoire de l’Europe que nous sommes confrontés à des montées de l’extrême droite. Dans les années trente, tant les impératifs d’une crise qui exigeait la surexploitation du travail pour assurer les profits des grands groupes capitalistes que la nécessité de contenir les montées révolutionnaires liées à la force propulsive de la révolution russe, ont conduit les classes dominantes à l’option fasciste.

Autre référence qui signale les tensions sur le continent : la crise ukrainienne et les possibles dislocations nationales en Europe centrale peuvent même rappeler les confron- tations nationalistes d’avant la guerre de 14-18. Bien sûr, les situations ne sont pas compa- rables et lorsqu’on parle d’années 1930, on peut aujourd’hui évoquer « des années 30 au ralenti », mais il faut ajouter que la configuration du monde, des classes et des rapports de forces ne sont vraiment pas les même.

A la différence de ces périodes historiques marquées par les options nationalistes des bourgeoisies européennes, les classes dominantes d’aujourd’hui choisissent clairement l’intégration dans la mondialisation capitaliste. Il n’y a pas de menaces révolutionnaires qui imposent, aux classes dominantes des solutions fascistes, de destruction violente du mouvement ouvrier et des libertés démocratiques. Les spécificités de la situation actuelle surdéterminent une certaine configuration dont dépendent les forces d’extrême droite.

Il y a toute une variété d’organisations. Certaines se sont complètement intégrées dans le jeu parlementaire et ont rompu leurs amarres fascistes, comme l’a fait l’Alliance nationale en Italie. D’autres sont ouvertement profascistes ou même néonazi, comme Aube dorée en Grèce et le parti Jobbik en Hongrie. En Europe du Nord, ces formations se spécialisent dans le populisme et l’hystérie anti-immigrés et islamophobe. En France, le Front national com- bine lui la « direction » et la « matrice néo-fasciste » avec des objectifs d’intégration dans le jeu politique traditionnel qui peuvent créer à terme des tensions et des différenciations.

Certes le Front national a évolué, tant du point de vue d’une partie de ses thèmes que de ses dirigeants : ce n’est plus l’organisation fasciste des années 80, mais cette évolution n’a pas été jusqu’à la rupture avec les origines et la matrice néofasciste, ce qui fait que, d’un coté le FN se «dédiabolise», mais de l’autre couvre des courants ouvertement fascistes en son sein ou à ses marges. Cette poussée du FN provoque un double phénomène : une pression sur la droite traditionnelle et des espaces pour des groupes fascistes extra- parlementaires qui attaquent les militants de toutes les forces de gauches.

Il faut aussi ranger dans cette catégorie de « populistes » les formations dites « euro- phobes » comme l’UKP de Grande-Bretagne, l’AfD allemand, ou le parti « Droit et Justice » en Pologne. Dans toute cette palette nationaliste et populiste, il y a des secteurs, des seg- ments fascistes qui dans certaines circonstances d’aiguisement des conflits sociaux et politiques peuvent passer à l’attaque des immigrés et des organisations démocratiques. La situation de la Grèce, avec le développement d’Aube dorée montre bien le rôle de ces bandes contre la gauche et les immigrés.

Dans un autre registre, parce que le Mouvement des 5 étoiles ne procède pas de l’extrême droite, Beppe Grillo obtient, comme formation se réclamant ouvertement du populisme, pres- que 24 %, ce qui exprime la poursuite de la crise politique et institutionnelle de l’Italie. Il arrive devant le parti de droite Forza Italia, mais laisse la première place au Parti démocrate italien. L’éclectisme de ses positions – le rejet des politiques d’austérité de l’Union européenne, mais aussi ses prises de positions anti-immigrés – comme son fonctionnement montre qu’il ne peut constituer des éléments d’une alternative politique, tout en contribuant à la crise italienne.

Résultat politique, alors que les classes dominantes ont besoin, au pouvoir, de partis ou de coalition de partis stables visant l’intégration dans l’économie mondiale – les partis de la droite traditionnelle parlementaire ou la social-démocratie –, elles ont affaire à une pro- fonde déstabilisation politique marquée par la poussée de partis nationalistes, populistes ou néo-fascistes. Quelles seraient, par exemple, les conséquences de la poussée de l’UKIP en Grande-Bretagne si le référendum sur « l’appartenance à l’Europe » débouchait, pour le Royaume-Uni, sur la sortie de l’UE ? Que serait une Union européenne sans le Royaume uni ? Ne serait-ce pas, alors, le début d’une désagrégation ?

Les intérêts « bien compris » de la bourgeoisie ne poussent pas au fascisme, mais les multiples crises auxquelles elle est confrontée la conduit à s’orienter de plus en plus vers des solutions autoritaires. Les classes dominantes ont d’autres options possibles que le fascisme pour «régimenter» les salariés, les jeunes et les classes populaires. Les insti- tutions européennes sont antidémocratiques, celles de la démocratie parlementaire sur le plan national sont vidées de leur substance. Les diverses interventions de la Troïka dans le sud de l’Europe ont montré comment les parlements nationaux ont été piétinés. Ces solutions autoritaires peuvent recouvrir des coalitions de la droite et de l’extrême droite.

Cette longue phase de décomposition économique, sociale, politique des sociétés euro- péennes, la crise historique de représentation et de direction politique, l’affaiblissement préoccupant du mouvement ouvrier, la crise propre de l’Europe, peuvent conduire, main- tenant à des situations imprévues, des tournants brusques, des accidents qui propulsent l’extrême droite aux portes du pouvoir.

 http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article32025

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24 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Ump, europe : combien de divisions?

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Dans un climat délétère, minée par des divergences d’orientation, l’UMP se présente aux élections européennes plus divisée que jamais.

Un temps mise en sommeil pour préserver l’intérêt commun,  la guerre des chefs n’en finit pas de renaître de ses cendres, sur fond de scandales financiers à répétition et de perte de crédibilité confirmée dans les sondages. Pour la plus grande satisfaction d’un Front national, même plus en embuscade.

À quelques jours de l’élection européenne, l’UMP se trouve confrontée à d’impor- tants problèmes mis sur la scène publique, qui minent sa cohésion interne et entachent sa crédibilité. Passé le scrutin de dimanche, il faudra bien que les protagonistes du scandale Bygmalion s’expliquent, devant les juges comme devant l’opinion publique, sur l’incroyable montage financier qui a permis, à l’occasion de la campagne de Sarkozy de 2012, d’enrichir de 20 millions d’euros les caisses d’une société gérée par des proches de Copé, le président du parti.

Protégez moi de mes amis… Au-delà de ce scandale, un de plus qui somme toute fait partie des us et coutumes de la gestion des partis institutionnels, c’est sur la question de la politique européenne que s’étripent aujourd’hui les « fédéralistes » et les « souverainistes ». Largement contesté au sein du parti, Jean-François Copé ne tente même plus d’affirmer une position commune censée remettre un peu d’ordre dans la maison, et ce sont les arguments d’autorité et les noms d’oiseau qui tiennent aujourd’hui lieu de ligne politique.

Les euroseptiques, menés par Henri Guaino et Laurent Wauquiez entraînant une qua- rantaine de parlementaires, sont à l’origine de la fronde qui mine le parti. Dans un texte que ne renierait pas le Front national, toute honte bue, les deux anciens ministres de Sarkozy pourfendent avec délectation la politique qu’ils ont menée lorsqu’ils étaient aux commandes, Henri Guaino allant même jusqu’à affirmer qu’il ne voterait pas pour la liste de l’UMP en Île-de-France conduite par Alain Lamassoure…

« Machine à recycler » Partisans d’un retour à une « Europe des 6 », la « droite » de l’UMP anticipe l’après-élection, dans un contexte où le parti sera durablement affaibli, avec l’hypo- thèse hélas envisageable d’une victoire du Front national devenant « le premier parti de France ». La réponse de Copé, « le parti tu l’aimes ou tu le quittes », masque mal l’absence de ligne politique d’une formation en crise, incapable de se situer actuellement dans le débat européen. Et on ne peut (pour une fois) que souscrire aux propos de Bernard Accoyer qui s’interroge publiquement sur « ce qu’apporterait de plus Nadine Morano au Parlement européen »…

Depuis sa création, le Parlement européen a servi aux partis politiques institu-tionnels de véritable « machine à recycler » des anciens ministres en mal de carrière. C’est ainsi que l’on trouve en tête des listes de l’UMP des Hortefeux, Muselier, Dati (surnommée à Bruxelles la touriste de l’UMP) ou Alliot-Marie (dont on connaît la complicité avec l’ancien dictateur tunisien Ben Ali). De vraies sinécures grassement rétribuées par des contri- buables… dont une bonne partie ne se déplacera pas pour voter dimanche.

Cette décrépitude de la représentation politique, cette faillite morale de tout un système ne peuvent que servir les pires populismes. La crise de l’UMP ne fait que commencer, et le paysage politique à l’issue des élections invite les anticapitalistes à ne pas céder à la démoralisation que ces dernières pourraient entraîner dans notre camp social.

Alain Pojolat Hebdo L’Anticapitaliste – 243 (22/05/2014)

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24 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Saint brieuc, les élèves du lycée rabelais en sit-in contre le racisme (of)

Entre 300 et 400 lycéens se sont assis dans la cour du lycée, ce vendredi.

Ce matin, entre 300 et 400 élèves du lycée Rabelais, à Saint-Brieuc, ont fait un sit-in dans la cour. Ils réagissent aux inscriptions racistes visant cinq lycéens.

Ce vendredi, à l’heure de la récréation, entre 300 et 400 élèves se sont rassemblés dans la cour du lycée Rabelais, de Saint-Brieuc. Par trois fois, des injures racistes accompagnées de menaces de mort ont été inscrites par une main anonyme, à l’encontre de cinq lycéens dont les noms ont une consonance maghrébine.

Pendant dix minutes, des prises de paroles se sont succédé. Certaines victimes de ces tags racistes ont remercié les élèves présents pour leur soutien.

Camille Archambault Saint-Brieuc – 23 Mai

http://www.ouest-france.fr/lycee-rabelais-les-eleves-en-sit-contre-le-racisme-2564682

Les jeunes Américains ne comprennent pas le racisme (Slate via Inrocks)

Une étude américaine vient de montrer que les jeunes Américains nés dans les années 1990 et 2000 – les “millennials” – sont beaucoup moins touchés par le racisme que leur aînés. C’est la chaîne MTV qui a découvert ce phénomène, grâce à une étude réalisée sur des jeunes entre 14 et 24 ans, dans le cadre d’une campagne de lutte contre les discri- minations. L’étude montre une génération de “daltoniens”, qui ne “voient” pas la couleur de peau, ce qui les rend complètement hermétiques au racisme, qu’ils ne comprennent pas.

Pour 91 % des jeunes interrogés “tout le monde devrait être traité de la même façon” et 72 % pensent que leur génération croit plus en l’égalité que les générations précédentes. 68 % pensent que “se concentrer sur la race empêche la société de ne plus voir la couleur de peau” (colorblind, en anglais). 21/05/2014 | 15h52 A lire sur slate.com

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24 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Pourquoi l’extrême droite européenne adore poutine (ci)

poutin, caricature

Ou comment le maître du Kremlin est devenu la nouvelle coqueluche de l’extrême droite européenne. L’analyse de l’hebdomadaire Kapital, de Sofia.

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“Poutine est le leader de la nouvelle révolution conservatrice en Europe…
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Pour un trait d’union entre Lisbonne et Vladivostok plutôt qu’une UE d’opérette dominée par Washington. La guerre des continents entre la civilisation de la mer (les Etats-Unis) et la civilisation de la terre (la Russie).”Bienvenue dans le monde merveilleux d’Alexandre Douguine, gourou du nationalisme russe et idéologue du nouvel Empire eurasien. Pour lui et ses confrères, l’annexion de la Crimée n’est que le premier pas vers l’émergence d’une nouvelle grande puissance eurasienne capable de tenir tête aux Etats-Unis. Aussi absurdes qu’elles puissent paraître, les théories de Douguine sont importantes pour comprendre la doctrine actuelle de Vladimir Poutine. Une doctrine qui non seulement sert la popularité de son régime en Russie, mais lui assure des alliés en Europe parmi les extrémistes et les populistes.
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Les “traîtres de l’UE”Les discours de certains d’entre eux, y compris en Bulgarie, reprennent mot pour mot les divagations des spin doctors du Kremlin, jusque que dans les termes utilisés pour fustiger les ennemis : “eurogays”, “sorosoïdes” [du nom de George Soros, milliardaire et mécène américain finançant de nombreuses ONG], “libérastes”…
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Et si, de Londres à Sofia, les amis de Poutine obtiennent de bons résultats aux pro- chaines élections européennes, le Kremlin se dotera de bruyants porte-parole à Bruxelles.
Dans le nouveau paradigme du régime russe, la confrontation avec les Etats-Unis est non seulement voulue, mais considérée comme inévitable. L’attitude envers l’Europe est, en revanche, plus nuancée. Douguine considère, par exemple, que la Russie doit s’ériger en “gardienne de l’héritage européen” pour damer le pion aux “traîtres de l’UE” et sauver ainsi le continent d’une dérive morale.
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“Aux yeux des Européens, Poutine a encore besoin de légitimer sa politique”, expli- que de Londres l’universitaire ukrainien Anton Chekhovtsov, auteur d’une série d’études sur l’extrême droite européenne. D’où les observateurs européens appelés en renfort pour adou- ber le référendum en Crimée, poursuit le chercheur. Ils ont été tous recrutés au sein de par- tis extrémistes de droite, comme le Front national (France), Jobbik (Hongrie), le Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ), le Vlaams (Belgique), la Ligue du Nord (Italie), Ataka (Bulgarie), ou d’extrême gauche – notamment en Allemagne et en Grèce. Tous ces partis flirtent de plus en plus ouvertement avec le Kremlin.
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Les raisons d’aimer Poutine Si, il y a encore quelques années, on soupçonnait les partis de gauche d’être une sorte de cheval de Troie de la Russie en Europe, aujourd’hui les meil- leurs amis de Poutine sont issus des rangs de l’extrême droite. Depuis le début de l’année, Marine Le Pen s’est rendue une fois en Crimée et deux fois à Moscou où, début avril, elle a été reçue par le président de la Douma, Sergueï Narychkine (qui figure sur la liste euro- péenne des personnalités visées par des sanctions). Elle a apporté son soutien au Kremlin dans la crise ukrainienne et accusé l’Europe de se lancer dans une nouvelle guerre froide avec la Russie.
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Idem pour le leader de Jobbik, Gábor Vona, mais aussi pour ses collègues autrichiens, qui peuvent toujours compter sur un accueil chaleureux à Moscou. “Plutôt que de se can- tonner au rôle de laquais des Américains, Bruxelles devrait enfin bâtir des relations positives avec la Russie et montrer plus de compréhension pour les intérêts russes”, a récemment déclaré Heinz-Christian Strache, leader du FPÖ.
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“Les partis d’extrême droite européens ont deux raisons d’aimer Poutine, estime le professeur Mitchell A. Orenstein, spécialiste de la Russie à l’université de Boston et à Har- vard. La première est idéologique, la seconde stratégique. D’abord, Poutine a une approche nationaliste de la politique intérieure et étrangère, il est donc un allié de poids pour ces partis. Ensuite, ils ont ceci de commun avec lui qu’ils sont radicalement anti-européens, ce qui en fait des partenaires naturels.”
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Selon lui, l’objectif du Kremlin est de déstabiliser l’Union européenne de l’intérieur. Ces  partis, même minoritaires au sein du Parlement européen, peuvent lui être utiles à cette fin. “Leur présence à Bruxelles sert directement la propagande de Poutine en lui assurant des relais dans l’UE”, conclut-il. Kapital Svetlomira Gurova 22 mai 2014
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Commentaire: Ceci n’est pas une prise de position « Obamaphile », juste un éclairage pour nos amis de gauche qui se fourvoient dans le soutien à Poutine en joyeuse compagnie!

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19 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Marine lp progresse…en régressant (acrimed)

bonimenteur

L’opinion selon BVA :

Pour BVA, Marine Le Pen progresse… même quand elle régresse  !

Cette semaine, BVA a fait fort. Dans un article publié sur son site le 10 mai, et qui sert de résumé à un sondage effectué à la fin du mois d’avril, l’institut titre, au mépris de la réalité : « Marine Le Pen : toujours impopulaire… mais toujours en progression ». Pour l’impopularité, c’est vrai ; en revanche, pour la « progression », c’est parfaitement faux si on se base sur les chiffres de… BVA !

En effet, l’institut avait déjà effectué un sondage similaire en septembre 2013. On y retrouve les mêmes grandes questions : « Pourriez-vous voter pour Marine Le Pen à la prochaine présidentielle ? », « Vous personnellement, avez-vous une très bonne, plutôt bonne, plutôt mauvaise ou très mauvaise opinion de Marine Le Pen ? » et « Feriez-vous tout à fait, plutôt, plutôt pas ou pas du tout confiance à Marine Le Pen pour gouverner le pays ? ». La méthode de sondage est la même (par téléphone et par internet) et l’échantillon est semblable (1 049 personnes en septembre, 1 102 en avril) ; ces deux enquêtes d’opinion sont donc très largement comparables.

Sur toutes les questions posées sans exception, Marine Le Pen enregistre une très nette baisse de sa popularité. Le chiffre de bonnes opinions baisse de quatre points, celui de mauvaises opinions augmente de trois points (et même de neuf points pour les « très mau- vaises » opinions). Le nombre de personnes disant pouvoir voter pour elle à la présidentielle est en baisse de six points et celui du nombre de personnes affirmant qu’ils ne pourraient « en aucun cas » voter pour elle est en hausse de six points. On retrouve les mêmes chiffres sur la confiance : une baisse de quatre points de ceux qui lui font « confiance pour gouverner le pays » et une hausse de quatre points de ceux qui ne lui font pas confiance.

Pourquoi BVA a-t-il choisi de présenter Marine Le Pen comme étant « en progres- sion » alors que, selon ses propres chiffres, elle est en très nette baisse ? Pourquoi aller cher- cher des données de 2011 pour faire un comparatif alors qu’il existe des chiffres de 2013 ? S’il s’agit de parler du temps long, pourquoi parler de « progression » alors que toutes les varia- tions enregistrées sur le long terme se situent dans la marge d’erreur du sondage (établie à 2,5 points) ? Surtout, pourquoi taire cette nette et brutale chute de Marine Le Pen ?

Serait-ce qu’à quinze jours de l’unique tour de l’élection européenne, il ne faudrait pas gâcher le récit médiatique qui présente quasi systématiquement le Front national comme le futur grand gagnant de ce scrutin ?

Notes:

[1] Comme l’analysait Pierre Bourdieu dans un célèbre article « - « L’opinion, ça n’existe pas »- reproduit ici même-.

[2] Les articles publiés sous forme de « tribune » n’engagent pas collectivement l’Association Acrimed, mais seulement leurs auteurs.

Par Antoine Léaument, le 19 mai 2014

L’opinion que prétendent mesurer et refléter les sondages est une construction des sondages eux-mêmes [1].

Et les sondeurs professionnels ne reculent décidément devant rien : tout est bon pour aller le sens du vent médiatique et politique, quitte à se contredire à quelques mois d’intervalles, com- me nous le rappelle le texte publié sur son blog que nous a fait parvenir un correspondant. Nous le reproduisons ci-dessous, sous forme de tribune [2] et sous son titre original. On savait les sondeurs capables de faire dire à peu près n’importe quoi aux chiffres qu’ils construisent. Au mépris des résultats de leurs propres « études d’opinion » et pour mieux fabriquer cette dernière, ils n’hésitent pas non plus à en choisir certains, pour mieux en occulter d’autres. Que le Front national progresse politiquement est une chose, affirmer que les sondages enregistrent ces progrès dans l’opinion sondée en est une autre ! (Acrimed)

http://www.acrimed.org/article4350.html

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17 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Front national et européennes

heine ken d

Le parti du rejet Zéro pointé en histoire-géographie, recalé ! C’est la première réaction qu’impose le matériel de campagne du FN pour les élections européennes…

Dans un tract distribué dans les huit méga-circonscriptions du scrutin européen, mais qui figure aussi sur le site internet d’Aymeric Chauprade, leur tête de liste en Île-de-France, supposé « spécialiste de géopolitique », le public est mis en garde contre une adhésion de la Turquie à l’Union européenne, l’un des principaux thèmes de campagne du FN, sauf que le sujet est illustré par un drapeau… tunisien, au lieu de celui de la Turquie.

On ne peut pas tout savoir, lorsqu’on est « spécialiste de géopolitique », et que l’on consacre principalement son temps à la justification de la politique de Poutine. Ainsi, Chau- prade a observé en direct le « référendum » en Crimée du 16 mars dernier, auquel ni jour- naliste ni observateur indépendant n’avaient accès… Il est aussi « spécialiste » de la diffusion de théories du complot. Officier supérieur de réserve de la marine (sans jeu de mot…), Chau- prade avait dispensé à partir de 2002 des « cours de géopolitique » au Collège interarmées de défense (CID). Or, cette charge d’enseignement auprès des militaires lui a été retirée en 2009, parce qu’il avait, entre autres, trop appuyé des théories du complot à propos des attentats du 11 septembre.

Minorité de blocage ? Si les sondages sont confirmés par les urnes, le parti d’extrême droite français pourrait devenir le premier parti politique du pays. Sa force se nourrit bien évidemment de la faiblesse des autres, ou plutôt du rejet des autres partis qui se sont succédé au gou- vernement, mais aussi des politiques mises en œuvre au niveau de l’Union européenne.

Lors de son discours du 1er mai à Paris (devant environ 5 000 à 6 000 personnes), Marine Le Pen avait appelé à transformer le scrutin en expression d’un « rejet de la cons- truction européenne », mais aussi de Hollande, pour forcer ce dernier à une dissolution de l’Assemblée nationale. Dramatisant les enjeux à travers une formule pathétique, rappelant le rejet du Traité constitutionnel (TCE) au référendum du 29 mai 2005, Marine Le Pen s’est exclamée : « L’esclave dit Oui ! L’homme libre dit Non ! »

Dans son matériel de campagne, le FN fustige entre autres la non-­réalisation de la pro- messe du PS d’une « Europe sociale ». Il vitupère ainsi « l’austérité pour tous afin de sauver l’euro et les banques ». Aucune proposition visant à peser pour d’autres politiques, d’autres choix au niveau européen n’émane du FN.

Le parti se présente clairement dans l’unique but de « bloquer l’avancée de la construction européenne », dixit Marine Le Pen : « On va exactement à l’endroit où nous devons être, pour représenter cette minorité de blocage qui va éviter plus d’austérité, plus de perte de substance pour la France. »

Ainsi, le FN ne tente pas d’apparaître comme « constructif ». C’est ce qu’essayent d’utiliser contre lui les principaux partis de la bourgeoisie, l’UMP et le PS, tirant leur argument de l’absence fréquente des eurodéputés du FN. Marine Le Pen et son père auraient ainsi un taux de présence respectif de 66 % et de 67 % lors des séances du Parlement européen, contre une moyenne de 83 % pour les eurodéputés françaisEs (84 % pour l’ensemble des députéEs). Il n’est pas sûr, cependant, que l’argument interpelle tellement les classes populaires…

Soulignons, enfin, que Marine Le Pen rencontre des résistances croissantes lors de sa tournée électorale. Ces dix derniers jours, elle a ainsi été chahutée sur le marché de Sotteville-lès-Rouen (cf. l’Anticapitaliste n°241), puis au Mémorial de Caen.

Bertold du Ryon Hebdo L’Anticapitaliste – 242 (16/05/2014)

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17 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Nantes: pas de fachos dans nos lycées!

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13 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Connaître et combattre l’europe des extrêmes droites (1)

garde a vous

À l’issue des élections européennes qui se tiendront le 25 mai prochain (le 22 mai sur les îles britanniques), il est fort probable que l’extrême droite sortira avec un poids renforcé au Parlement européen. Mais il est aussi fort improbable qu’elle pourra reproduire à Strasbourg tous les faits et gestes pratiqués « à la maison »…

Ainsi, le 13 février 2014, deux députés du Parlement hongrois ont montré qu’ils ne tergi- versaient pas avec l’Union européenne. Tamás Gaudi-Nagy, député du parti fasciste Jobbik, et Balázs Lenhardt, député non inscrit mais ancien membre du Jobbik, se sont saisis du drapeau de l’Union européenne et ont jeté par la fenêtre le drapeau étoilé qui ornait jusque-là le fronton du Parlement. Ce drapeau symbolisait, selon les mots des deux députés, « la colonisation de la Hongrie » par des forces étrangères.

Une démonstration « virile » qui n’est pas pour déplaire au FN français… bien que ce dernier s’y prenne par des méthodes un peu différentes de celles appliquées par l’extrême droite hongroise. Deux drapeaux de l’Union européenne se trouvaient, jusqu’à très récemment, à la mairie de Fréjus (Var), l’un placé sur le balcon, l’autre dans le bureau du maire de la ville. Or, le nouveau maire de Fréjus est membre du FN : David Rachline, 26 ans, militant depuis douze ans et admirateur de Jean-Marie Le Pen. Avant qu’il ne soit élu, Rachline avait promis d’enlever les drapeaux étoilés de la mairie : « Ils n’ont rien à y faire ! » Une fois élu, et alors qu’il tentait de montrer une image « rassurante » et institutionnalisée, il déclara cependant que ce n’était pas l’urgence de l’heure de les enlever, qu’il avait autre chose à faire. Puis on a appris quelques jours plus tard que le drapeau du balcon de la mairie avait bel et bien disparu.

Deux belles illustrations des rapports à l’UE de l’extrême droite européenne, et l’occasion pour « l’Anticapitaliste » de se pencher sur la stratégie de cette Europe brune à quelques jours des élections européennes. Hebdo L’Anticapitaliste – 241 (08/05/2014)

Dossier réalisé par Bertold du Ryon (Commission nationale antifasciste)

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