Archive | Antifascisme

11 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Sabin Arana Bilbao, un résistant original et politique (EP)

Sabin Arana Bilbao, un résistant original et politique (EP) dans Antifascisme 90531np

Hier mardi est mort à Vitoria-Gasteiz le tenace combattant antifranquiste  Sabin Arana Bilbao ( Sestao, Bizkaia, 1944).

Il a pris contact avec ETA en 1959, même si, comme il avait l’habitude de dire:   » C’était alors , plus de l’aventure  intrépide que de la clandestinité « . En 1962 il est à la tête de l’ETA de  Sestao, mais au début de 1963, il attrape la tuberculose. Cela signifiait le repos absolu , alors il lit, de façon plutôt désordonnée:   de Thomas d’Aquin à Frantz Fanon, « Les Damnés de la Terre », ce qui l’a amené à enquêter sur les inégalités sociales et à découvrir sa conscience socialiste.

Il a été arrêté deux fois en 1964. Deux ans plus tard, il passe à la clandestinité,  « permanent » de l’ETA,  responsable de l’une de ses « Herrialde » (zones) . En Mars 1968, la police l’arrête à Vitoria, après avoir échappé à la souricière préparée pour la voiture dans laquelle il se trouvait et après une fusillade de rue. Il est torturé et le quatrième jour évacué à l’hôpital,  il pouvait à peine respirer entre les râles. Les huit longues années de prison jusqu’à l’amnistie de 1977 sont extrêmement actives et importantes .

Alors qu’il était à la prison de Carabanchel, le 7 Juin 1968,  deux personnes sont tuées pour la première fois dans un affrontement entre les forces de sécurité et ETA : le  garde civil José Pardines et Txabi Etxebarrieta ,  membre de l’ETA et l’une des figures clés de l’organisation. Quel- ques heures plus tard,  fut arrêté Iñaki Sarasketa, il sera condamné à mort, mais sa peine sera commuée . Quelques semaines plus tard , le com- missaire en chef de la Brigade politique sociale de Gipuzkoa , Pommes Meliton , est tué dans un attentat de l’ETA . L’ état ​​d’urgence est décrété et les prisons se remplissent. C’est le lieu  d’une vie politique intense et une période de formation et d’ étude très importante pour Sabin Arana .

En 1970, c’est la rupture entre la 5ème Assemblée ETA ( qui ensuite demeurera une organisation armée ) et la 6è Assemblée d’ ETA , qui a entamé un processus de transformation en organisation de gauche révolutionnaire basque. En dehors des prisons,  ETA 6è a fusionné avec la Ligue communiste révolutionnaire (LCR-ETA 6) et beaucoup de prisonnier(e)s , Sabin Arana y compris, les soutenaient . Il fit ensuite partie de la tentative ratée d’évasion de la prison de Ségovie.

Après l’amnistie, Sabin Arana a continué à faire ce qu’il a toujours fait : beaucoup écouter , expliquer et tenir ses engagements . En ce moment il était très actif et même décisif dans le mouvement créé pour que la juge de Buenos Aires, Maria Servini de Cubria, inculpe  d’anciens ministres de franco, des juges et divers policiers. Il y a quelques semaines, il faisait partie de la délégation qui s’est rendue à Buenos Aires. Ces jours-ci , alors que le reste de la délégation y est retournée , Sabin Arana est mort à Vitoria  d’un cancer inattendu.

Petxo Idoyaga est agrégé de communication à l’ UPV / EHU .

http://politica.elpais.com/politica/2013/09/10/actualidad/1378844253_857586.html

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10 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Mort de Clément Méric, un deuxième militant d’extrême droite mis en examen (LT)

Mort de Clément Méric, un deuxième militant d'extrême droite mis en examen (LT) dans Antifascisme meric-antifa

Nouvel élément dans l’affaire Clément Méric, du nom de ce militant d’extrême gauche ayant grandi à Brest et ayant été victime d’une agression mortelle début juin, à Paris: un deuxième militant d’extrême droite âgé de 19 ans, prénommé Samuel, a été mis en examen pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». C’est ce que nous révèle RTL. Jusqu’ici, seul Esteban, qualifié de « suspect n°1″, avait été mis en examen. Mais, comme l’indiquent nos confrères, « les juges d’instruction ont fait un calcul simple : il ne peut pas avoir été le seul à frapper Clément Méric ». En garde à vue, l’apprenti boulanger de 19 ans aurait reconnu avoir participé à la bagarre. N. A. 10 septembre 2013 à 08h42

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/france-monde/france/mort-de-clement-meric-un-deuxieme-militant-d-extreme-droite-mis-en-examen-10-09-2013-2229053.php

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02 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Grèce: l’antisémitisme fait-il la loi ?

Grèce: l’antisémitisme fait-il la loi ? dans Antifascisme 2
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Le 3 septembre prochain aura lieu jeudi le procès de Savvas Michaël-Matsas,intellectuel grec engagé et dirigeant d’une des organisations de la gauche marxiste-révolutionnaire, poursuivi pour diffamation et incitation à la violence à la suite d’une plainte du parti grec néonazi Aube Dorée.Le parquet a retenu comme charges la diffamation (l’Aube Dorée ayant été désignée comme ‘criminelle’), l’incitation à la violence (du fait de l’appel Savvas Michaël-Matsas à lutter contre les nazis), et le trouble de la paix civile (censément menacée par l’appel à manifester contre eux).La plainte de l’Aube Dorée à l’encontre de Savvas Michaël-Matsas inverse les rôles afin d’apparaître comme victime, en le dénonçant dans leurs moyens de communication comme « un agent de la conspiration juive mondiale contre la Nation grecque, pour provoquer une guerre civile et établir un régime judéo-bolchévique »…

Savvas Michaël-Matsas se trouve actuellement poursuivi par la justice grecque pour un tract et notamment un texte mis en ligne contre les nazis tandis que ceux-ci continuent à agresser et poignarder des migrants, des homosexuels et des militants de gauche en toute impunité.
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L’appel à la lutte contre le nazisme deviendrait ainsi un crime passible de prison.
Ce n’est point un hasard si au même moment dans les médias proches de nazis Savvas Michaël-Matsas fait l’objet des attaques nauséabondes et de propos ignominieux et notamment en sa qualité de juif et d’intellectuel marxiste. Le procès est prévu pour le 3 septembre et une confé- rence de presse des solidaires aura lieu jeudi prochain 29 août. Tout geste de solidarité serait le bienvenu.
Pour plus d’info voir l’article de Michael Löwy, Grèce : L’antisémitisme fait-il la loi ?
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Pour le rejet de la plainte déposée par les néo-nazis contre Savvas Mikhail Matsas et Konstantinos Moutzouris, veuillez signer et faire circuler la pétition.  Pour des messages de solidarité, il est possible d’écrire directement à Savvas Mikhail Matsas à l’adresse suivante : savvasmatsas@gmail.com

*http://www.editions-lignes.com/Grece-L-antisemitisme-fait-il-la.html

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24 août 2013 ~ 0 Commentaire

Valeurs actuelles… comme en quarante ? (LDH)

Valeurs actuelles... comme en quarante ? (LDH) dans Antifascisme fachos

La Ligue des droits de l’Homme condamne avec la plus grande fermeté l’utilisation par la rédaction de l’hebdomadaire Valeurs actuelles dans la une et le contenu du numéro du 22 août 2013 de termes stigmatisants et injurieux vis-à-vis des Roms.

Sous prétexte d’un sondage commandé par le journal à propos des occupations de terrains, Valeurs actuelles s’autorise en première page à stigmatiser l’ensemble des Roms en y accolant les termes « assistanat » et « délinquance ».

Elle appelle par ailleurs à une réaction à leur égard puisqu’elle considère leur présence comme provoquant une « overdose ».La rédaction demande au gouvernement une réponse sur cette base. Il s’agit ainsi d’une prise de position raciste, puisque des personnes sont désignées non pas pour ce qu’elles font, mais pour ce qu’elles sont.Le contenu du journal développe cette idéologie répugnante en qualifiant les Roms de « plaie » et de « fléau », menaçant notre pays d’invasion et justifiant une réaction citoyenne. Par un communiqué de presse, le journal se prétend républicain et soutient défendre avec force les principes fondateurs de notre démocratie. Mais ce cache ne trompera personne. Valeurs actuelles a glissé dans les limbes de l’extrême droite haineuse, appelant à la violence à l’encontre d’individus à raison de leur origine. Communiqué LDH   Paris, le 22 août 2013

http://www.ldh-france.org/Valeurs-actuelles-comme-en.html

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11 août 2013 ~ 0 Commentaire

JM Le Pen et les handicapés

JM Le Pen et les handicapés dans Antifascisme handi

« On aide trop les handicapés. En privilégiant, en favorisant par trop les faibles dans tous les domaines, on affaiblit le corps social en général. On fait exactement l’inverse de ce que font les éleveurs de chiens et de chevaux »

*Jean-Marie Le Pen ( « La droite aujourd’hui »,J.P. Apparu en 1979).

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27 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Brétigny : les charognards à l’œuvre !

Brétigny : les charognards à l’œuvre ! dans Antifascisme charognards-300x199

La catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge aura de nouveau donné l’occasion à certains médias, à des porte-parole politiques, et des « syndicalistes » policiers peu scrupuleux, d’exprimer la pleine mesure de leurs talents…
À l’heure même où les équipes du Samu et des pompiers s’activaient sur les lieux du drame pour dégager les corps des victimes, et porter secours aux blesséEs, toute une série de braves gens écrivaient, sur la seule foi de tweets, de rumeurs non vérifiées, toutes démenties par la suite, un scénario de série Z : « Oh ! qu’elle est dangereuse la banlieue »…

Mensonges, fantasmes et préjugés C’est le syndicat de la police Alliance qui ouvrira la boîte à fantasmes, par la voix d’une de ses respon- sables interviewée sur Europe 1, parlant d’un « groupe de jeunes qui semblent porter secours aux victimes… mais les policiers sur place se rendent compte que ces individus sont présents pour dépouiller les victimes et notamment les premiers cadavres ». Il n’en faudra pas plus pour que, de l’UMP jusqu’au F Haine, la meute réactionnaire se déchaîne. Éric Ciotti, délégué général de l’UMP, reprend sans hésiter « l’infor-mation » et parle lui de « plusieurs bandes d’individus qui ont profité de la catastrophe pour caillasser sans raison et voler les victimes et les secouristes » (Alliance ne parlait que d’un seul groupe…). Toujours à l’affût d’une opportunité pour déverser sa haine des jeunes des quartiers populaires, le Front national condamnait très fermement « les comportements abjects et immoraux de voyous qui jusque dans l’horreur d’un tel drame continuent leur sale besogne, voler, piller et faire mal. Ces voyous méritent des condamnations exemplaires ». Intox, divulgations intempestives de rumeurs et de mensonges, sont devenues les plus sûrs outils de la droite et l’extrême droite pour distiller leur venin raciste. « Calomniez, calomniez… il en restera toujours quelque chose »… En cela, ils sont aidés par la dérive de certains médias en mal de sensations qui préfèrent l’audimat à l’exercice d’un journalisme d’enquête et d’investigation.

Alain Pojolat Vendredi 26 juillet 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 205 (25/07/13)

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25 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Communiqué du NPA : Mort de Mohamed BRAHMI

Communiqué du NPA : Mort de Mohamed BRAHMI dans Antifascisme 20130725144843__brahmi2

 

Moins de 6 mois après l’assassinat de Chokri Belaid, un deuxième dirigeant du Front Populaire Mohamed BRAHMI vient d’être assassiné par le même mode opératoire, sortant de son domicile devant sa femme et ses enfant de 11 balles tirées par deux motards.

Ce dirigeant d’un parti nationaliste de gauche était député de Sidi Bouzid la ville d’où avait commencé la révolution, mais où ont eu lieu ces derniers mois de nombreuses mobilisations populaires contre le gouvernement et contre le siège local du parti islamiste majoritaire Ennhada.

Le NPA présente ses condoléance au Mouvement Populaire de Mohamed Brahmi et au Front Populaire et appelle au rassemblement devant l’ambassade de Tunisie à Paris, ce soir à 18 h, métro Saint-François Xavier.

En ce moment une manifestation grossit, devant l’hôpital avenue Bourguiba. Le NPA est totalement solidaire de celles et ceux qui accusent Ennhada considéré comme responsable et réclament « la chute du régime ». En effet ce gouvernement après avoir arrêté le soi-disant assassin de Chokri, s’est bien gardé de poursuivre les commanditaires. Ils viennent de frapper à nouveau.

 

مرحبا الأصدقاء! salut camarades!

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23 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Mobilisation contre le F Haine, c’est parti !

Mobilisation contre le F Haine, c’est parti ! dans Antifascisme evolution-faf

Trente organisations, partis et syndicats ont pris l’initiative d’organiser le samedi 14 septembre une grande manifestation de riposte à la tenue de l’université d’été du FN qui se tiendra cette année à Marseille.

Celle-ci partira du Vieux Port en direction de Castellane, non loin de la salle où doivent se réunir Le Pen et ses fachos, et sera suivie de prises de paroles. À partir de 17 heures, place Paul-Cézanne : grande soirée avec des débats, suivis d’un concert. Cette journée de mobilisation constituera le point d’orgue d’une Semaine antifasciste  pendant laquelle les militantEs marseillaisES veulent sensibiliser la population par de multiples activités culturelles et politiques (expos, présentations de livres, projections de films, concerts etc.).

Organiser la contre-offensive Lutter contre le FN est un enjeu central pour les antifascistes et les anticapitalistes marseillais. Les derniers sondages montrent une progression importante des intentions de vote en faveur de celui-ci, qui placeraient avec plus de 25 % des suffrages le parti de la haine en deuxième position, devant le PS, aux élections municipales de mars 2014.

Il faut rappeler les expériences régionales de gestion frontiste, affairiste, anticulturelle et liberticide, à Vitrolles, Orange ou Toulon. Conçue comme une véritable rampe de lancement pour les prochaines échéances électorales, la tenue de l’université d’été du F Haine dépasse largement le cadre régional marseillais, et nous donne une responsabilité collective pour assurer le succès de la riposte. Nous devons répondre à l’appel afin d’en faire un des principaux enjeux de la rentrée sociale.
Ce choix implique de mettre en place dès aujourd’hui des cadres d’organisation pour le transport des manifestantEs (du co-voiturage à la réservation de cars, voire de train spécial pour les plus grandes villes). C’est l’option qu’a pris pour la région parisienne le CAPAB (Collectif antifasciste Paris banlieue) qui propose des départs en car au tarif de 60 euros. L’engagement pris par le NPA de faire de cette mobilisation un temps central de la rentrée doit être décliné partout où cela est possible. L’heure de la contre-offensive a sonné !

Alain Pojolat Lundi 22 juillet 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 204 (18/07/13)

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19 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Révolution et contre-révolution en Espagne (Lcr.be)

Révolution et contre-révolution en Espagne (Lcr.be) dans Antifascisme 547398_10150758746726023_1766635136_n

Le 18 juillet, il y aura exactement soixante ans (77) que l’insurrection de la classe ouvrière espagnole aura fait échouer le putsch du général Franco.

Tout de suite après ce succès, les travailleurs passèrent à la contre-offensive. Trois années et un million de morts plus tard, cette puissante vague révolutionnaire fut définitivement écrasée sous le talon de fer d’une dictature qui allait durer quarante ans. Mais la défaite de la révolution était effective dès 1937. Ni cette défaite ni la déroute militaire de 1939 n’étaient une fatalité.

Jusqu’à présent, l’explication dominante de ces dramatiques événements niait complètement ou minimisait qu’il y ait eu un processus de révolution sociale en Espagne. Les historiens parlaient essentiellement de la guerre civile mettant aux prises le camp réactionnaire et nationaliste de Franco et le camp républicain démocratique. Toujours selon cette explication, Franco remporta la victoire grâce au soutien de Hitler et de Mussolini. De fait, l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie ne respectèrent à aucun moment le pacte de non-intervention dans le conflit, pacte auquel la France, la Grande-Bretagne se tinrent par contre scrupuleusement, abandonnant la République espagnole dans des rapports de forces militaires défavorables. Toujours selon cette version officielle de l’histoire, l’URSS de Staline fut la seule puissance à soutenir la camp républicain agressé par la fascisme. Quant à ceux qui, dans cette guerre, refusèrent de se soumettre aux institutions bourgeoises de la république, l’Histoire officielle les dépeint comme des « aventuriers romantiques », dont l’action aurait compromis la défense de la démocratie. Cet « ennemi dans son propre camp », la république se devait de l’éliminer sans pitié. Ainsi fut fait et ainsi fut écrite l’histoire.

 Et pourtant… Et pourtant le putsch de Franco n’était pas dirigé contre la République en soi. Par le putsch, le clergé, la noblesse, les grands propriétaires terriens et une partie de la bourgeoisie (dans beaucoup de cas ces dénominations différentes recouvraient les mêmes acteurs socio-économiques) voulaient établir une dictature parce qu’ils estimaient que la république ne serait pas capable de juguler la révolution montante dans le pays.

De la résistance à la révolution Le 18 juillet 1936, aussitôt que la nouvelle du putsch fut connue, les syndicats UGT (socialiste) et CNT (anarcho-syndicaliste) appelèrent à la grève générale. Les travailleurs/euses s’armèrent de leur mieux et aussi vite que possible pour tenir tête aux militaires. Pour cela, ils attaquèrent et pillèrent des arsenaux militaires, des casernes et des commissariats. L’improvisation fut grande, mais pas totale. En effet, syndicats et partis politiques ouvriers disposaient de structures d’autodéfense semi-clandestines, ce qui n’était pas exceptionnel en Europe à cette époque. Sentant venir le coup, ces organisations demandaient depuis des mois au gouvernement républicain d’armer les travailleurs. Mais il n’y a pas de directives venant d’en haut. Le pouvoir républicain, à ce moment crucial, tente de négocier un compromis avec les putschistes.

Les travailleurs, de leur côté, ne se contentent pas d’autodéfense. Emportés par leur élan, ils occupent les centres de communication, les centres vitaux des transports, les infrastructures d’approvisionnement… Milices et colonnes d’assaut formées en hâte par les organisations syndicales et politiques ouvrières supplantent complètement les institutions étatiques qui s’évanouissent, ou hurlent avec les loups fascistes.

C’est le moment historique où une république démocratique bourgeoise chancelante oscille entre les deux camps fondamentaux: la révolution ou la contre-révolution. Camillo Berneri, l’anarchiste italien qui sera « nettoyé » par les agents de Staline en mai 1937, exprime bien la situation : « Le seul dilemme est celui-ci : ou bien la victoire sur Franco grâce à la guerre révolutionnaire, ou bien la défaite ».

Le puissant mouvement social prend entre-temps le contrôle des entreprises et introduit l’autogestion. On exige des services publics. Dans les villages, des « juntas » (conseils) sont élus et la réforme agraire, réclamée en vain depuis de si longues années, est appliquée. Dans des régions telles que la Catalogne, l’Andalousie du Nord, l’Aragon, le Levant et la Nouvelle-Castille, les masses passent carrément à la collectivisation des terres. La révolution s’empare aussi de la justice, de la garde des frontières et fixe les prix des produits de première nécessité. La politique du logement est prise en mains par les conseils communaux. Les coopératives sortent de terre comme des champignons. Les contre-maîtres sont limogés et remplacés par des travailleurs élus. Dans certaines régions, le carnet syndical prend la place de la carte d’identité.

Les travailleurs pèsent sur le pouvoir politique. Les conquêtes sociales, culturelles, économiques sont à l’avenant : règlement du travail, lois sociales, école unique, maisons du peuple. C’est aussi à cette période que le premier mouvement autonome et de masse des femmes apparaît en liaison directe avec le mouvement ouvrier. Ils s’appelle « Mujeres Libres » (Femmes Libres), et est d’orientation anarchiste.

Dernière chance… Le putsch voulait empêcher une révolution. Il l’a fait éclater. La vieille taupe révolutionnaire creusait depuis le fin de la dictature et l’avènement de la république, en 1931. Avant le putsch de Franco, il y avait eu pas moins de 17 « pronuciamentos » militaires depuis le début du siècle. Et il y avait eu, aussi, des vagues successives de luttes sociales. Luttes du jeune et combatif prolétariat organisé surtout par les anarchistes selon le principe de l’action directe, dans les villes. Luttes des paysans sans terre et des ouvriers agricoles contre les pratiques féodales dans les campagnes. Avant 1936, le point culminant de cette agitation avait été 1934, avec les grèves générales, la formation de véritables fronts uniques ouvriers et l’insurrection des Asturies.

Mais il faut aussi rappeler le contexte international de l’époque pour situer correctement la révolution espagnole. Après la crise de 1929 (la grande dépression), avec son cortège de chômage de masse et de misères, toute une série de pays d’Europe (et de colonies) connaîtrons une vague de luttes sociales intenses. Ce sera le cas aussi en Belgique, avec les grèves générales de 1932 et de 1936.

Mais juste avant 1936, en janvier 1933, Hitler était arrivé au pouvoir en Allemagne. La politique de division criminelle de la social-démocratie et des communistes sous direction de Staline lui avait laissé le champ libre. La peur, la colère et le désarroi sont les sentiments dominants dans la classe ouvrière européenne. Ils s’exacerbent encore lorsque le chancelier autrichien Dolfuss, le 12 février, parvient à écraser le Schutzbund, les milices ouvrières de la social-démocratie, au terme de quatre jours de résistance héroïques de celles-ci. Six jours plus tôt, l’extrême droite française avait tenté un coup d’état auquel la classe ouvrière avait répondu par la grève générale.

On comprend donc l’énorme espoir qui s’empara de tous les militants de gauche dans le monde entier lorsqu’ils apprirent que le putsch franquiste avait été mis en échec sur la péninsule ibérique par une insurrection ouvrière. Pour toute la gauche internationale, ce succès magnifique représentait la dernière chance de barrer la route au fascisme sur l’ensemble du Vieux Continent. C’est ce qui explique l’engouement spontané et massif de jeunes révolutionnaires de tous les pays pour les Brigades Internationales, ainsi que l’énorme solidarité matérielle de la classe ouvrière de l’Europe entière avec ses frères et ses sœurs d’Espagne. Par Vincent Scheltiens le Vendredi, 04 Mai 2007

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19 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

19 juillet 1936, révolution espagnole, origines d’une défaite (Que faire?)

19 juillet 1936, révolution espagnole, origines d’une défaite (Que faire?) dans Antifascisme marina-ginesta Barcelone, 1936

Le 19 juillet 1936, les troupes militaires menées par le général Franco, soutenues par la droite réactionnaire et financièrement par les industriels, les grands propriétaires et l’Eglise, envahissaient l’Espagne.

Ce soulèvement militaire en provenance du Maroc a pour but de renverser le gouvernement ouvrier-républicain élu aux élections de février 36. Dans un contexte d’effervescence sociale profonde, la réaction espagnole ne peut tolérer l’existence d’un gouvernement de « front popu- laire » qui est un réel danger pour ses intérêts.

Les ouvriers se dressent contre les fascistes

Alors que le gouvernement, qui essaya piteusement la voie de la négociation, montrait un aveuglement qui ne dissimulait pas sa totale impuissance face à l’insurrection, dès le lendemain, le 20 juillet un formidable soulèvement ouvrier se dressait contre la junte fasciste. Sous l’impulsion de la CNT qui organisait alors plus d’un million de travailleurs, mais aussi de l’UGT et du POUM, les travailleurs s’organisent contre l’armée putschiste. Alors qu’il fait face à des rebelles structurés, fortement armés, le prolétariat espagnol fait preuve d’une conscience et d’une confiance incroyables et d’un profond enthousiasme révolutionnaire. Il encercle les casernes, les occupe, réquisitionne les armes restantes et les redistribue. Des détachements de gardes d’assaut et de civils rejoignent les travailleurs… Bien que complètement désorganisé et très mal équipé, en 15 jours il empêche la réussite du coup d’Etat dans les 2/3 de l’Espagne. A ce moment précis, dans les faits, il n’y a plus de gouver-nement ni en Catalogne (où le soulèvement a été le plus fort) ni à Valence (gouvernement central). Le pouvoir est aux mains des travailleurs qui ont seuls, par leur volonté, accompli la tâche de stopper la réaction fasciste. Le gouvernement est en sursis, il n’a plus d’autorité, plus d’armée : soit celle-ci obéit à la réaction, soit elle s’est fondue dans la masse prolétarienne entraînée dans l’élan révolutionnaire. « À partir du moment où c’est la majorité du peuple qui mate elle-même ses oppresseurs, il n’est plus besoin d’un pouvoir spécial de répression. » [1]. Par ce soulèvement allait naître un profond processus de transformation sociale, une révolution prolétarienne.

Le gouvernement trahit les travailleurs

Le prolétariat va prendre conscience de ses capacités d’auto-organisation et va commencer à réorganiser l’ensemble de la société selon ses propres intérêts. Dans la pratique, l’autorité gouvernementale est complètement désavouée. Sous l’impulsion de la CNT et du POUM (Parti ouvrier à unification marxiste), des milices se constituent et des colonnes s’organisent pour aller reconquérir les zones tombées sous le joug fasciste. La première et la plus célèbre, composée de 2 000 miliciens est la colonne Durutti qui partit de Barcelone, le 24 juillet pour l’Aragon et reconquit quelques 240 villages. Dans le même temps à Barcelone est créé le comité central des milices antifascistes qui devient un nouveau pouvoir, gérant le ravitaillement, l’administration judiciaire, la formation des unités de la milice, leur envoi au front, les questions économiques… Un large mouvement de collectivisation des terres, de l’industrie et des services se construit, principalement en Catalogne, en Aragon, dans la région de Valence, mais aussi en Andalousie et en Castille.

Malheureusement alors que tout est à portée de mains pour les travailleurs et que rien ne peut empêcher la prise de pouvoir totale par les masses laborieuses qui investissent profondément la société, le processus n’est pas mené à son terme. Les organisations syndicales sont des organisations de masses en Espagne (CNT – de loin majoritaire -, UGT – syndicat dirigé par les socialistes). La CNT a une formidable audience auprès du prolétariat espagnol et, d’après Trotsky, « […] c’est dans les rangs de cette organisation qu’est concentrée l’élite du prolétariat espagnol. » Principalement, c’est elle qui impulse le soulèvement et organise les travailleurs dans le processus de transformation sociale. C’est donc la doctrine anarchiste qui guide la révolution. Et fidèles à leurs principes de refus de la dictature du prolétariat et d’un gouvernement des travailleurs, les anarchistes de la CNT vont s’arrêter en chemin, stopper le processus d’émancipation. La première bévue et exemple signi-ficatif, fut le refus de s’emparer de la réserve d’or. Une telle initiative aurait mis un point final à l’existence du gouvernement. « On répétait l’erreur des révolutionnaires de la Commune de Paris qui respectèrent la propriété des banques. » [2].

Alors que, le 20 juillet les gouvernements n’existaient plus que de nom, alors qu’il n’y avait pas de double pouvoir au lendemain du soulè- vement, les dirigeants anarchistes n’eurent de cesse de donner aux gouvernements les possibilités de se renforcer, de rétablir une dualité fatale aux travailleurs. Car effrayé par les masses en mouvement et prompt à se défendre face à elles, le gouvernement central retira les fonds d’une Catalogne beaucoup trop révolutionnaire à son goût. Ceci eu pour effet, de fortement paralyser le principal centre industriel et militaire de l’Espagne. Et, pendant sept semaines, bien qu’il ne manquait pas d’or, le gouvernement central refusa d’acheter des armes pour équiper les travailleurs en lutte. Ce qui d’ailleurs est une leçon de choses sur la nature d’un gouvernement de front populaire.

Et ces mêmes dirigeants anarchistes de continuer : « la CNT et la FAI se décidèrent pour la collaboration et la démocratie, renonçant au totalitarisme révolutionnaire qui aurait conduit à l’étranglement de la révolution par la dictature anarchiste et confédérale. » Ainsi García Oliver (dirigeant de la CNT) justifie l’entrée de la CNT à la Généralité en septembre 36, puis au gouvernement central en novembre. Et encore une fois par cette démarche, ils participent à la contre-révolution qui permet petit à petit de réaffirmer l’autorité gouvernementale qui par nature n’avait comme seul dessein, la répression et la domination sur la classe ouvrière. Une chose est d’analyser les politiques et choix opérés par les organisations anarchistes, mais étudier les stratégies et orientations défendues par les marxistes révolutionnaires en est une bien plus probante. Car, en désaccord profond avec le fondement même des doctrines anarchistes (refusant d’abolir la propriété et d’instaurer le seul pouvoir des travailleurs) nous n’avons aucun doute sur le fait que les stratégies qui en découlent ne peuvent conduire qu’à l’échec de la révolution socialiste. par Antonin Béranger Lire la suite: http://quefaire.lautre.net/1936-La-revolution-espagnole

Je vous le dis franchement, je crains fort que l’historien de l’avenir ne doive accuser les révolutionnaires espagnols de n’avoir pas su profiter d’une situation révolutionnaire exceptionnelle. Léon Trotsky (lettre à Andrès Nin, 12 décembre 1930)

Notes

[2] Vernon Richard, Enseignement de la révolution espagnole

[3] Gorkin, La Batalla, le 20 avril 1937

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