Archive | Antifascisme

29 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Front National et pauvreté: les équations tordues de Libération

Manifestation_Egoiste

Le 22 novembre dernier, commençait à l’Assemblée nationale l’examen du projet de « loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine ».

Ce texte porté par le ministère de la ville s’appuie sur une nouvelle carte de la pauvreté en France réalisée par l’INSEE. Le 18 novembre, Libération se saisissait du sujet dans un article intitulé « Zones de grande pauvreté : les lignes de Front » pour en livrer une bien étrange « analyse ».

D’après le chapeau introductif, il s’agissait d’utiliser « la nouvelle cartographie sociale [comme] un outil précieux pour analyser la progression du vote d’extrême droite. » Pourtant, quitte à extrapoler quelque peu, la journaliste s’emploie surtout à lire dans les documents de l’INSEE la confirmation de ses idées préconçues sur l’existence d’un lien entre pauvreté et vote pour le Front National, corroborées par les convictions du ministre de la ville sollicité pour l’occasion.

Premier enseignement de cette « nouvelle cartographie sociale », qui aurait « sauté aux yeux du ministre de la ville », François Lamy : à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), l’ex-fief de Jérôme Cahuzac, « où le FN a percé, lors de la législative partielle de juin qui a vu le candidat UMP devancer de peu le candidat frontiste au deuxième tour », il existe « une poche de pauvreté, effet de la désindustrialisation ». Qu’en déduire ?Que dans une ville en difficulté, où un dirigeant politique détenant de très hautes responsabilités admet avoir fraudé le fisc dans les grandes largeurs et pendant des années, l’audience du Front national et de sa posture « anti-système » risque de croître ?

Beaucoup trop simpliste pour François Lamy, ex-collègue au gouvernement et camarade au Parti socialiste de Jérôme Cahuzac : « Quand il y a une telle concentration de pauvreté, c’est propice à la recherche de boucs émissaires. C’est un vieux classique de la construction des populismes, analyse-t-il. Ces poches qui apparaissent correspondent à des zones où le FN devient fort. »

Inspirée par le ministre, la journaliste s’improvise à son tour politiste et devine l’existence de corrélations similaires entre pauvreté et vote FN, à Brignoles cette fois : « Dans cette agglomération de 17 000 habitants, deux zones vont devenir des quartiers prioritaires de la politique de la ville, alors qu’auparavant, aucune n’était retenue dans les dispositifs d’aide. Comment ne pas rapprocher les deux résultats ? » Et emportée dans son élan, elle généralise à tout le territoire : « On relève des correspondances similaires dans le Pas-de-Calais, le Vaucluse ou le Var… »

Petit problème toutefois : cette belle construction se révèle… bâtie sur du sable. « Reprenons, poursuit l’article, l’exemple de Brignoles : les bureaux de vote du centre-ville déshérité ou des quartiers les plus populaires ne sont pas ceux qui ont le plus cédé aux sirènes du FN. Le parti de Marine Le Pen a en revanche fait le plein dans les petites communes résidentielles et aisées, alentour. Du coup, on ne sait pas si ces corrélations jouent au sein des (nouvelles) poches de pauvreté, et traduisent un vote social lié à la crise économique, ou si c’est une dynamique qui se situe à la périphérie, dans le halo de ces zones paupérisées, et qui ressemblerait plus alors à un vote nourri par la peur du déclassement. »

Pour résumer, on ne sait rien de précis. Mais comme le ministre s’interroge (« Est-ce le ras-le-bol d’être pauvre soi-même, ou la peur de voir de plus en plus de pauvres autour de soi ? »), c’est toujours la pauvreté, qu’elle soit vécue, perçue, attendue ou redoutée, qu’évoque la journaliste pour expliquer le vote frontiste. C’est ce que cette fine analyste appelle « resocialiser l’analyse du vote FN »…

Enquête à distance, association, en l’occurrence infondée, entre pauvreté et vote d’extrême droite : suivant la méthode proposée par Libération, on pourrait en conclure que cet article est exemplaire de la vision dominante des classes dominées dans ce quotidien. le 29 novembre 2013

http://www.acrimed.org/article4209.html

Lire la suite

27 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Marine Le Pen accueillie comme il se doit à Guerlesquin !

LE-PEN

Les ouvrierEs de Tilly-Sabco, leurs syndicats, le Front de Gauche et le CAPM ont reçu Marine Le Pen au cri de « F comme fasciste, N comme Nazi, à bas le Front National! », « Pas de Fachos en Bretagne pas de Bretagne pour les fachos », « Les travailleurs ne veulent pas du Front National »…

Marine Le Pen après avoir annoncé au dernier moment sa visite à Guerlesquin n’a pu aller à la rencontre des ouvrierEs de Tilly-Sabco qui l’attendaient, devant l’abattoir, avec des banderoles : « Marine Le Pen n’est pas la bienvenue à Tilly-Sabco » et « Guerlesquin pas à vendre aux Fachos ! ».

Le comité d’accueil sur le marché de Guerlesquin, composé principalement du Front de Gauche et du Comité Anticapitaliste du Pays de Morlaix a réussi à empêcher Marine Le Pen d’occuper le terrain.

C’est une victoire pour tous les démocrates et les antifascistes que Le Pen et ses sbires n’aient pu propager leur discours de haine.

En regardant la vidéo vous saurez au moins où ne pas acheter vos confitures !

Lire la suite

25 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Guerlesquin, Marine Le Pen en visite ce lundi (lt)

LE-PEN
Marine Le Pen avait déjà annoncé sa venue lundi dans le Finistère. Eric Déchamps, secrétaire départemental du FN, a précisé ce dimanche matin qu’elle sera à Guerlesquin de 11 h à 14 h. Elle devrait commencer par faire un tour sur le marché avant de se rendre sur le site de Tilly-Sabco, le volailler breton en difficulté. 25 novembre 2013 à 06h39

http://www.letelegramme.fr/local/finistere-nord/morlaix/plouigneau/guerlesquin/guerlesquin-marine-le-pen-en-visite-ce-lundi-24-11-2013-2314047.php

Marine Le Pen accueillie par des applaudissements… et des huées

25 novembre 2013 à 11h45

12H20. Déjeuner sur place  Après une conférence de presse, Marine Le Pen prolonge son séjour à Guerlesquin par un déjeuner dans un établissement de la commune.

11H40. La présidente du FN sur le marché Marine Le Pen est arrivée à Guerlesquin vers 11H15, très attendue par les médias qui ont fait le déplacement dans la petite commune finistérienne. Mais aussi par une trentaine de militants du Front de gauche qui lui ont adressé de virulentes inter-pellations alors qu’a contrario de nombreuses personnes présentes sur le marché ont applaudi la patronne du FN et lui ont manifesté leur soutien.

11H00. Visite sur le site de Tilly-Sabco annulée ? Ambiance calme ce matin sur le marché de Guerlesquin, alors qu’est annoncée la visite de la présidente du Front national. En revanche, il se murmure que Marine Le Pen aurait effectué quelques modifications sur son programme : elle n’irait pas sur le site de Tilly-Sabco, comme prévu initialement.

Marine Le Pen avait déjà annoncé sa venue lundi dans le Finistère. Eric Déchamps, secrétaire départemental du FN, a précisé ce dimanche matin qu’elle sera à Guerlesquin de 11 h à 14 h. Elle devrait commencer par faire un tour sur le marché, avant de se rendre sur le site de Tilly-Sabco, le volailler breton en difficulté.

http://www.letelegramme.fr/local/finistere-nord/morlaix/plouigneau/guerlesquin/guerlesquin-marine-le-pen-en-visite-ce-lundi-24-11-2013-2314047.php 

Lire la suite

25 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Printemps dégueulasse

vermine

Cette nuit, les locaux de la FSU 45 ont été recouverts d’affiches signés « le printemps français »

Nous avons découvert ce matin au moment de l’ouverture de nos locaux que des affiches avaient été collées. Le contenu nous attaque directement en tant qu’organisation syndicale et les valeurs que nous défendons en matière de respect des droits  des citoyens et notamment, dans nos prises de position pour dénoncer l’homophobie.
Cet incident condamnable s’inscrit dans une attaque contre le SNUIPP, syndicat des instituteurs et professeurs du premier degré, qui a été victime au niveau national, vendredi, d’une intrusion dans ses locaux, couplée de dégradations par le même groupe et est attaqué sur le site de ce mouvement. Une autre section départementale a également été ciblée.
Cela fait suite à l’engagement de ce syndicat et de la FSU :  lutter contre les stéréotypes, qui génèrent des discriminations, et inégalités. Pour la FSU :  A l’école, contrairement aux propos réactionnaires, il ne saurait être question d’introduire une quelconque « théorie du genre » qui n’existe pas. Il s’agit en s’appuyant sur les résultats des études sur le genre, de déconstruire les idées reçues et les stéréotypes, afin que les élèves puissent se construire et s’épanouir quel que soit leur sexe, leur identité de genre ou leur orientation sexuelle.

La droite et l’extrême droite réactionnaire mènent l’offensive contre ce qu’elles nomment « l’introduction du genre à l’école » en s’en prenant au dispositif  » ABCD égalité », expérimenté dans 10 académie. Prétextant la défense de la prétendue « complémentarité naturelle » des sexes, ils tentent de légitimer la subordination des femmes et des filles.

Nous avons alerté la préfecture, le rectorat et le Dasen. Nous portons plainte.

Communiqué NPA Loiret:
Dans la nuit du 20 au 21 Novembre des éléments d’extrème droite, sous couvert du « printemps français », ont placardé des affiches  sur les locaux du syndicat FSU Loiret.  Cette opération n’est pas isolée comme vous pourrez le lire dans le communiqué ci-dessus. C’est une offensive voulue et organisée pour déstabiliser les syndicats enseignants et à travers eux s’en prendre aux enseignantEs eux-mêmes pour une remise en cause d’une école égalitaire luttant « contre les stéréotypes qui générent discriminations et inégalités ».
Cette offensive fascisante doit etre combattue ! Elle s’attaque à un symbole : l’Ecole et pour ce faire les éléments radicaux d’extrême droite s’en sont pris non pas au rectorat ou à l’inspection académique, ils ont clairement attaqué une organisation syndicale !
Nous ne saurions tolèrer que les organisations fascisantes s’attaquent aux travailleurs ou à leurs représentants syndicaux ou politiques. Le NPA apporte toute sa solidarité aux militants et membres de la FSU LOIRET  et reste prêt à répondre à toutes mobilisations ou initiatives pour stopper le fascisme dans l’oeuf !

Lire la suite

22 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Pression du FN, guerres des chefs : la droite plus désarticulée que jamais (essf)

homme-prehistoire

Il est clair désormais que le projet fondateur de l’UMP, celui d’un parti unique de la droite et du centre à vocation hégémonique, a échoué.

La pression du FN et la guerre des chefs se combinent pour accentuer sa crise, alors que l’extrême droite s’installe dans un paysage politique qui se remodèle. Le 8 septembre, Fillon faisait scandale en se démarquant du « ni, ni », ni vote PS ni vote FN au second tour, défendu par Copé et la plupart des dirigeants de l’UMP, pour préconiser un « ou, ou » : dans un tel cas, il faudrait «  voter pour le moins sectaire », en sachant que la possibilité qu’un candidat PS soit le plus sectaire « peut arriver, je ne dis pas que c’est toujours le cas, mais ça peut arriver. »

Quelques jours après avoir ainsi brisé le tabou de l’appel au vote pour des candidats Front national, l’ancien premier ministre s’affichait à Moscou avec Poutine pour critiquer la position de Hollande sur la Syrie. Un mois plus tard, dans les colonnes du très réactionnaire Valeurs actuelles, il se dressait contre Sarkozy, se présentant comme « en compétition » avec lui et pré- cisant : « quand on perd une élection, il est impossible de dire qu’on a fait une bonne campagne. (…) On a le devoir d’en analyser les raisons. On est obligé de se remettre en cause, sinon c’est un bras d’honneur aux Français. » S’ensuivait l’appel à une véritable « rupture », celle que Sarkozy avait promise mais non réalisée, passant notamment par le retour à la semaine de 39 heures comme à la retraite à 65 ans.

Quelle mouche a piqué le critique de la droitisation de la campagne de 2012 ? Celui qui, il y a encore quelques mois, pour justifier sa « différence d’approche irréconciliable » avec Sarkozy, déclarait le FN « en dehors des limites du pacte républicain » ? Qu’est-il arrivé au dit gaulliste social formé à l’école de Séguin ?

« La survie de l’UMP est en jeu » L’impétrant estime que pour parvenir à s’imposer comme le candidat de l’UMP pour 2017, il doit montrer ses muscles, en cassant l’image du « collaborateur » lisse et falot ayant besogné cinq ans dans l’ombre de Sarkozy. Mais le plus notable est qu’il le fasse de cette manière-là, aussi brutalement à droite. Les responsables de La Droite forte, courant de l’UMP le plus ouvertement réactionnaire, n’ont d’ailleurs pas manqué de le remarquer et de s’en féliciter.

Difficile de dire s’il y a chez Fillon un changement de l’ordre des convictions, ou bien s’il s’inspire de la méthode de la « triangulation », inventée sous Tony Blair et visant à reprendre le discours de ses adversaires pour mieux les neutraliser. Devant le tollé provoqué au sein même de l’UMP par ses propos sur le vote pour « le moins sectaire », il déclarait le 17 septembre (selon l’AFP) « qu’il continuerait de ‘‘combattre’’ le Front National et les ‘‘alliances’’ avec ce parti, tout en défendant la nécessité de ‘‘s’adresser à ceux qui sont tentés de voter’’ FN. »

Alors, une « habile manœuvre » finalement pas si habile ? Ce qui dans tous les cas pré- domine, c’est l’adaptation au climat réactionnaire dominant qui s’est installé depuis le mouvement de « La manif pour tous » et qui se prolonge maintenant à travers la montée électorale du FN. Car le résultat inévitable de telles prises de position est, à la fois, d’aggraver les divisions à droite et de légitimer l’extrême droite. Celui qui fait maintenant figure de « vieux sage » de l’UMP, Juppé, le souligne en lançant l’avertissement : « Devant tant de défaillances [du gouvernement], l’opposition devrait avoir un boulevard pour reconquérir la confiance des Français. A condition de leur proposer une alternative convaincante.

Mais, au lieu de travailler ardemment au projet qu’attendent nos concitoyens, que faisons-nous ? Nous nous complaisons dans les chicaïas internes et les rivalités de personne. C’est désastreux et c’est désormais la survie même de l’UMP qui est en jeu. D’un côté, nous perdons sur le flanc centriste qui s’efforce de reconstituer l’ancienne UDF. De l’autre, en nous précipitant dans le piège de nos relations avec le Front national, nous décomplexons notre propre électorat qui cède de plus en plus aisément à la tentation de préférer l’original à la copie. Et j’entends souvent cette complainte : ‘‘Après tout, pourquoi ne pas essayer autre chose… c’est-à-dire Le Pen’’ » [1]

Le projet UDI-MoDem Voyons ce qu’il en est du « flanc centriste ». Il y a un an, l’UDI (Union des démocrates et indépendants) était lancée par regroupement de neuf formations issues pour la plupart de l’ancienne UDF de Giscard d’Estaing. Avec pour ambition déclarée (selon Morin du Nouveau centre) « de ne plus être le strapontin de la majorité future avec l’UMP » mais un « par- tenaire obligé et demain l’acteur majoritaire (…) Redevenir la première force politique française comme l’était l’UDF au début des années 90 : voilà notre objectif. »

Un nouveau pas a été franchi le 29 septembre 2013 avec l’annonce du regroupement UDI-MoDem, dont le premier acte électoral devrait être la présentation de listes communes aux européennes. La base d’accord est celle qui avait présidé au lancement de l’UDI : opposition au gouvernement PS-EELV, alliance avec l’UMP mais dans l’indépendance et la concurrence. Bayrou, qui au second tour de 2012 avait appelé à voter Hollande, n’a pas eu trop de mal à s’adapter à cette nouvelle donne.

La création de l’UMP en tant que parti unique de la droite et du centre visait à conjurer toute possibilité d’un « 21 avril à l’envers ». Ce projet ayant désormais clairement échoué, il est logique que la « famille centriste, libérale et européenne » tente de se reconstituer. Son espace reste encore réduit, mais il pourrait s’élargir si l’UMP continuait à évoluer sur une pente de plus en plus droitière ; d’autant que cela s’accompagne de la reprise d’accents anti-UE qui inquiètent les milieux dirigeants du patronat. Mais là aussi, rien n’est simple et les ambitions personnelles peuvent fragiliser le mariage de raison. La « charte » qui doit l’officialiser était annoncée pour le 15 octobre, mais sa publication a été retardée. L’entourage de Bayrou s’est répandu en confidences prédisant une OPA de son chef sur une UDI qui dispose d’élus mais reste en manque de leadership. Borloo (président de l’UDI) a répliqué en déclarant qu’il voulait laisser à Bayrou le temps d’« expliquer son virage à droite »…

Et pour l’instant, le gagnant est… Le Pen, bien sûr. L’éditorialiste du Monde, Françoise Fressoz, résume la situation avec une clarté qui justifie une citation un peu longue : « Mais, avant [Fillon], Nicolas Sarkozy avait fait la même chose : il avait ‘‘nommé’’ les problèmes, au point de les exacerber, mais sans pour autant les résoudre. Si bien qu’aujourd’hui, c’est le même procès qui est fait aux deux partis de gouvernement et dans tous les domaines : celui de l’impuissance. Et cette accusation est un poison pour la droite. Elle pousse l’UMP dans une incroyable fuite en avant. Affolée de ne pas thésauriser sur les difficultés de François Hollande, ce parti promet désormais de rompre avec tout : le bilan ‘‘trop tiède’’ de Nicolas Sarkozy et l’Europe mal aimée qu’il a contribué à façonner.

« L’UMP se méfie de Schengen et veut ériger des frontières. Elle dénonce l’Etat providence et s’en prend au modèle social. Elle veut jeter aux orties les 35 heures et annonce une lutte im- placable contre l’assistanat. Elle fait siens certains mots du FN et plus elle le fait, plus Marine Le Pen police son discours, y compris sur l’euro, qui était son talon d’Achille. A en croire ses proches, il n’est plus question d’en sortir du jour au lendemain, mais de poser des conditions. Et tout cela crée une incroyable porosité entre la droite et l’extrême droite sans qu’un leader soit capable de dire ‘‘stop’’, car à l’UMP, la guerre des chefs bat son plein. » [2]

Une question cruciale   Savoir si l’on est aujourd’hui confronté avec le FN à un danger « fasciste », et par conséquent comment combattre sa progression, est évidemment pour nous une question cruciale. Le NPA en débat et une série de points de vue s’expriment, que cette revue a commencé à refléter. On n’abordera ici, très brièvement, qu’un aspect du problème.

Selon Léon Trotsky en 1938, le fascisme représentait avec les « fronts populaires » « la dernière ressource politique de l’impérialisme dans la lutte contre la révolution prolétarienne ». Il s’agit d’une modalité de domination très spécifique, qui est lourde de périls y compris pour des secteurs de la bourgeoisie. C’est pourquoi celle-ci ne l’appelle au pouvoir qu’en toute dernière extrémité. Un tel choix (qui n’est pas équivalent à celui de dictatures militaires ou de régimes très autoritaires) ne s’est d’ailleurs plus répété en Europe depuis les années 1930, quand il avait coûté aux classes dominantes rien moins qu’une guerre mondiale.

Le fascisme implique, entre autres, une mobilisation extra-parlementaire de la petite-bourgeoisie et des secteurs déclassés de la société, dirigée à la fois contre les organisations du mouvement ouvrier et contre les formes démocratiques de l’Etat bourgeois, qu’il veut détruire les unes et les autres. L’Aube dorée, ainsi, est clairement fasciste (néonazie). On vient de voir comment, après l’avoir longtemps tolérée et utilisée, la bourgeoisie grecque lui a donné un coup d’arrêt, en répondant de cette manière à la pression insistante de l’Union européenne et du FMI [3]. Tel n’est pas le cas du FN, quand bien même beaucoup de ses dirigeants sont des fascistes dans l’âme et ce parti pourrait, dans une autre situation, servir de base à l’émergence d’un mouvement de type fasciste.

La bourgeoisie, ses représentations politiques traditionnelles ont avec le FN un pro- blème sérieux. Mais nous aussi, et bien plus encore. Le danger, réel et croissant, réside dans sa capacité à répandre le poison d’un nationalisme xénophobe et raciste, simultanément à faire reculer encore davantage l’indépendance de classe des travailleurs, en exploitant le désarroi qui existe profondément parmi eux face à l’absence de perspective collective d’émancipation.

En cette mi-octobre, l’irruption de la jeunesse contre les expulsions de lycéens sans papiers nous indique en tout cas une des voies indispensables à la riposte : pour combattre le FN, il faut lutter contre la politique du gouvernement.

DIVÈS Jean-Philippe http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article30400

Lire la suite

20 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Diffamation, prison ferme requise contre Boris Le Lay (lt+of+fr3)

freres

Condamné à Quimper pour diffamation, provocations à la discrimination raciale et menaces de violence, le militant nationaliste breton Boris Le Lay avait fait appel de la décision.

La cour évoquait cette affaire, hier, à Rennes.

En 2011, le site internet intitulé Breiz Atao faisait état d’une fausse rumeur de pédophilie concernant Bernard Poignant, maire de Quimper. Le même site devait également s’en prendre à un sonneur noir, Yannick Martin, virtuose de la bombarde, dont il estimait qu’il n’est pas «breton-nisable» parce qu’« on n’a jamais vu de celte noir et on n’en verra jamais ». Mona Bras, porte-parole de l’UDB (conseillère régionale et adjointe au maire de Quimper), avait alors publié une réaction stigmatisant la « bêtise inacceptable » de ces attaques. Ce qui lui avait valu, à son tour, d’être la cible du site sur lequel apparaissait la menace de « cogner dur sur ces bobines en peau de vinaigre à la langue trop pendue ».

Trahi par son ordinateur  Enfin, sur le site Projet juif, on pouvait lire l’annonce de la création d’un réseau d’échanges d’informations pour lutter contre l’« État jacobin juif ». Mis en examen et placé sous contrôle judiciaire, Boris Le Lay avait nié être à l’origine de ces faits. Mais une perquisition à son domicile du pays concarnois avait permis aux enquêteurs de saisir son ordinateur, dont l’analyse a établi qu’il était l’administrateur des domaines Breiz Atao et Projet juif. Le tribunal correctionnel de Quimper devait le condamner à 18 mois de prison avec sursis, et à 17.000 € de dommages et intérêts aux parties civiles (Yannick Martin, Mona Bras, Bernard Poignant, l’association de sonneurs Bodadeg ar Sonerion, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, la Ligue des droits de l’Homme et la Licra).

Relaxe plaidée Pas plus qu’en première instance à Quimper, le prévenu n’était présent hier, devant la cour, à Rennes. « Une lâcheté », ont estimé les avocats des parties civiles. L’avocat général, lui, a a requis la confirmation de la décision sur la culpabilité et une aggravation de la sanction. Pour lui, il convient de prononcer une peine de prison ferme (un an dont quatre mois avec sursis) et 5.000 € d’amende. De son côté, la défense a plaidé la relaxe. Sur l’absence de son client, l’avocat a expliqué qu’il était retourné au Japon, où il travaillait comme crêpier et où vit son épouse. Quant aux propos tenus, ils sont, certes, « peu intelligents » et « blessants » mais il estime que les infractions n’ont pas été qualifiées comme elles devaient l’être. Le délibéré sera rendu le 17 décembre. Alain Le Bloas 20 novembre 2013

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/finistere/diffamation-prison-ferme-requise-contre-boris-le-lay-20-11-2013-2308788.php

http://www.ouest-france.fr/justice-huit-mois-requis-contre-le-fondateur-de-breizh-atao-1723299

http://bretagne.france3.fr/2013/11/20/propos-racistes-prison-ferme-requise-contre-un-blogueur-breton-361163.html

Lire la suite

17 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

La théorie du fascisme chez Trotsky (ernest mandel)

La théorie du fascisme chez Trotsky (ernest mandel) dans Antifascisme manifestation-anti-fascisme-a-londres-en-1934

La théorie du fascisme de Trotsky se présente comme un tout à six éléments; chaque élément est pourvu d’une certaine autonomie et connaît une évolution déterminée sur la base de ses contradictions internes ; mais ils ne peuvent être compris qu’en tant que totalité close et dynamique, et seule leur interdépendance peut expliquer la montée, la victoire et le déclin de la dictature fasciste.

1) La montée du fascisme est l’expression de la grave crise sociale du capitalisme de l’âge mûr, d’une crise structurelle, qui, comme dans les années 1929-1933, peut coïncider avec une crise économique classique de surproduction, mais qui dépasse largement une telle oscillation de la conjonc- ture. Il s’agit fondamentalement d’une crise de reproduction du capital, c’est-à-dire de l’impossibilité de poursuivre une accumulation « naturelle » du capital, étant donnée la concurrence au niveau du mar- ché mondial (niveau existant des salaires réels et de la productivité du travail, accès aux matières premières et aux débouchés). La fonction historique de la prise du pouvoir par les fascistes consiste à modifier par la force et la violence les conditions de reproduction du capital en faveur des groupes décisifs du capitalisme monopoliste.

2) Dans les conditions de l’impérialisme et du mouvement ouvrier contemporain, histo- riquement développé, la domination politique de la bourgeoisie s’exerce le plus avantageusement, c’est-à-dire avec les coûts les plus réduits, au moyen de la démocratie parlementaire bourgeoise qui offre, entre autres, le double avantage de désamorcer périodiquement les contradictions explosives de la société par certaines réformes sociales, et de faire participer, directement ou indirectement, à l’exercice du pouvoir politique, un secteur important de la classe bourgeoise (au travers des partis bourgeois, des journaux, des universités, des organisations patronales, des administrations commu- nales et régionales, des sommets de l’appareil d’État, du système de la Banque centrale). Cette forme de la domination de la grande bourgeoisie – en aucun cas la seule, du point de vue historique [1] – est toutefois déterminée par un équilibre très instable des rapports de forces économiques et sociaux. Que cet équilibre vienne à être détruit par le développement objectif, et il ne reste plus alors à la grande bourgeoisie qu’une seule issue : essayer, au prix du renoncement à l’exercice direct du pouvoir politi- que, de mettre en place une forme supérieure de centralisation du pouvoir exécutif pour la réalisation de ses intérêts historiques. (…)

3) Dans les conditions du capitalisme industriel monopoliste contemporain, une aussi forte centralisation du pouvoir d’État, qui implique de plus la destruction de la plus grande partie des con- quêtes du mouvement ouvrier contemporain (en particulier, de tous les « germes de démocratie pro- létarienne dans le cadre de la démocratie bourgeoise », comme Trotsky désigne à juste titre les orga- nisations du mouvement ouvrier) est pratiquement irréalisable par des moyens purement techniques, étant donné l’énorme disproportion numérique entre les salariés et les détenteurs du grand capital. Une dictature militaire ou un État purement policier – ne dispose pas de moyens suffisants pour atomiser, décourager et démoraliser, durant une longue période, une classe sociale consciente, riche de plusieurs millions d’individus, et pour prévenir ainsi toute poussée de la lutte des classes la plus élémentaire, poussée que le seul jeu des lois du marché déclenche pério-diquement.

Pour cela, il faut un mouvement de masse qui mobilise un grand nombre d’individus. Seul un tel mouvement peut décimer et démoraliser la frange la plus consciente du prolétariat par une ter- reur de masse systématique, par une guerre de harcèlement et des combats de rue, et, après la prise du pouvoir, laisser le prolétariat non seulement atomisé à la suite de la destruction totale de ses orga- nisations de masse, mais aussi découragé et résigné. Ce mouvement de masse peut, par ses propres méthodes adaptées aux exigences de la psychologie des masses, arriver non seulement à ce qu’un appareil gigantesque de gardiens d’immeubles, de policiers, de cellules du parti dans les entreprises  et de simples mouchards, soumette les salariés conscients politiquement à une surveillance permanente, mais aussi à ce que la partie la moins consciente des ouvriers et, surtout, des employés soit influencée idéologiquement et partiellement réintégrée dans une collaboration de classes effective.

4) Un tel mouvement de masse ne peut surgir qu’au sein de la troisième classe de la so- ciété, la petite bourgeoisie, qui, dans la société capitaliste, existe à côté du prolétariat et de la bour- geoisie. Quand la petite bourgeoisie est touchée si durement par la crise structurelle du capitalisme, qu’elle sombre dans le désespoir (inflation, faillite des petits entrepreneurs, chômage massif des di- plômés, des techniciens et des employés supérieurs, etc.), c’est alors qu’au moins dans une partie de cette classe, surgit un mouvement typiquement petit bourgeois, mélange de réminiscences idéolo- giques et de ressentiment psychologique, qui allie à un nationalisme extrême et à une démagogie anticapitaliste [4], violente en paroles du moins, une profonde hostilité à l’égard du mouvement ouvrier organisé. Dès que ce mouvement, qui se recrute essentiellement parmi les éléments déclassés de la petite bourgeoisie, a recours à des violences physiques ouvertes contre les salariés, leurs actions et leurs organisations, un mouvement fasciste est né. Après une phase de développement indépendant, lui permettant de devenir un mouvement de masse et d’engager des actions de masse, il a besoin du soutien financier et politique de fractions importantes du capital monopoliste, pour se hisser au pouvoir.

5) La décimation et l’écrasement préalables du mouvement ouvrier, qui, lorsque la dictature fasciste veut remplir son rôle historique, sont indispensables, ne sont toutefois possibles que si, dans la période précédant la prise du pouvoir, le plateau de la balance penche de façon décisive en faveur des bandes fascistes et en défaveur des ouvriers [5].
La montée d’un mouvement fasciste de masse est en quelque sorte une institutionnali- sation de la guerre civile, où, toutefois, les deux parties ont objectivement une chance de l’emporter (c’est la raison pour laquelle la grande bourgeoisie ne soutient et ne finance de telles expériences que dans des conditions tout à fait particulières, « anormales », car cette politique de quitte ou double présente indéniablement un risque au départ). Si les fascistes réussissent à balayer l’ennemi, c’est-à-dire la classe ouvrière organisée, à le paralyser, à le décourager et à le démoraliser, la victoire leur est assu- rée. Si, par contre, le mouvement ouvrier réussit à repousser l’assaut et à prendre lui-même l’initiative, il infligera une défaite décisive non seulement au fascisme mais aussi au capitalisme qui l’a engendré. Au départ, les bandes fascistes n’organisent que la fraction la plus décidée et la plus désespérée de la petite bourgeoisie (sa fraction « enragée »).
La masse des petits bourgeois ainsi que la partie peu consciente et inorganisée des sala- riés, et surtout des jeunes ouvriers et employés, oscillera normalement entre les deux camps. Ils au- ront tendance à se ranger du côté de celui qui manifestera le plus d’audace et d’esprit d’initiative ; ils misent le plus volontiers sur le cheval gagnant. C’est ce qui permet de dire que victoire du fascisme traduit l’incapacité du mouvement ouvrier à résoudre la crise du capitalisme de la maturité confor-mément à ses propres intérêts et objectifs. En fait, une telle crise ne fait, en général, que donner au mouvement ouvrier une chance de s’imposer. Ce n’est que lorsqu’il a laissé échapper cette chance et que la classe est séduite, divisée et démoralisée, que le conflit peut conduire au triomphe du fascisme.

6) Si le fascisme n’a pas réussi à « écraser le mouvement ouvrier », il a rempli sa mission aux yeux des représentants du capitalisme monopoliste. Son mouvement de masse se bureaucratise et se fond dans l’appareil d’État bourgeois, ce qui ne peut se produire qu’à partir du moment où les formes les plus extrêmes de la démagogie plébéienne petite bourgeoise, qui faisaient partie des « objectifs du mouvement », ont disparu de la surface et de l’idéologie officielle. Ce qui n’est nullement en contra- diction avec la perpétuation d’un appareil d’État hautement centralisé. Si le mouvement ouvrier est vaincu et si les conditions de reproduction du capital à l’intérieur du pays se sont modifiées dans un sens qui est fondamentalement favorable à la grande bourgeoisie, son intérêt politique se confond avec la nécessité d’un changement identique au niveau du marché mondial. La banqueroute menaçante de l’État y pousse également. La politique de quitte ou double du fascisme est reportée au niveau de la sphère financière, attise une inflation permanente, et, finalement, ne laisse pas d’autre issue que l’aventure militaire à l’extérieur. Une telle évolution ne favorise nullement un renforcement du rôle de la petite bourgeoisie dans l’économie et la politique intérieure ; mais au contraire, elle provoque une détérioration de ses positions (à l’exception de la frange qui peut être nourrie avec les prébendes de l’appareil d’État autonomisé). Ce n’est pas la fin de l’ « asservissement aux prêteurs », mais au contraire l’accélération de la concentration du capital.
C’est ici que se révèle le caractère de classe de la dictature fasciste, qui ne correspond pas au mouvement fasciste de masse. Elle défend non pas les intérêts historiques de la petite bour- geoisie, mais ceux du capital monopoliste. Une fois cette tendance réalisée, la base de masse active et consciente du fascisme se rétrécit nécessairement. La dictature fasciste tend elle-même à détruire et à réduire sa base de masse. Les bandes fascistes deviennent des appendices de la police. Dans sa phase de déclin, le fascisme se transforme à nouveau en une forme particulière de bonapartisme.
Tels sont les éléments constitutifs de la théorie du fascisme de Trotsky. Elle s’appuie sur une analyse des conditions particulières dans lesquelles la lutte des classes, dans les pays hautement indus- trialisés, se développe lors de la crise structurelle du capitalisme de l’âge mûr (Trotsky parle de l’ « épo- que de déclin du capitalisme ») et sur une combinaison particulière – caractéristique du marxisme de Trotsky – des facteurs objectifs et subjectifs dans la théorie de la lutte des classes ainsi que dans la tentative d’influer pratiquement sur elle.  Par MANDEL Ernest

Ernest Mandel  30 janvier 1969  (in Du Fascisme, Ed. François Maspero, 1974) précédemment publié en préface au livre de Trotsky Comment Vaincre le Fascisme aux éditions Buchet-Chastel.

http://www.preavis.org/breche-numerique/article187.html#nh1

Lire la suite

17 novembre 2013 ~ 1 Commentaire

16 novembre 1943, arrestation de Missak Manouchian par la police française (wiki)

resistance en bretagne

Missak (dit Michel) Manouchian, né le 1er septembre 1906 à Adıyaman dans l’Empire ottoman, mort fusillé à 37 ans au fort du Mont-Valérien le 21 février 1944, est un poète français d’origine arménienne,  militant communiste. ,Bien que principalement connu pour son rôle dans la Résistance, en particulier par la fameuse Affiche rouge, il était avant tout un intellectuel et un poète1.

Le réfugié : de la Turquie à la Syrie (1906-1925) Missak Manouchian est né dans une famille de paysans arméniens dans la ville turque d’Adıyaman. Enfant, il perd son père lors du génocide arménien de 1915, et sa mère meurt quelque temps après, victime de la famine qui s’ensuivit. Lui-même est sauvé en étant recueilli par une famille kurde (ainsi que son frère Karabet). À la fin de la guerre, il est pris en charge par la communauté arménienne et transféré avec son frère dans un orphelinat de Jounieh au Liban, passé sous contrôle français en 1918 (mandat de la SDN à partir de 1920). Là il est formé au métier de menuisier et est initié par un de ses maîtres d’école aux lettres arméniennes4.

L’immigré arménien en France (1925-1934) En 1925, Missak et Karabet débarquent à Marseille, sans doute grâce à un réseau d’immigration clandestine. Missak exerce le métier de menuisier, notam- ment à La Seyne. Puis les deux frères décident d’aller à Paris. Karabet étant tombé malade, Missak se fait embaucher comme tourneur aux usines Citroën, afin de subvenir à leurs besoins. Karabet décède ce- pendant en 1927. Missak est licencié au moment de la grande crise économique du début des années 1930. Il gagne alors sa vie grâce à des travaux irréguliers : en particulier, il pose pour des sculpteurs. Mais il s’intéresse alors surtout à la littérature et écrit des poèmes. Avec un ami arménien, Semma (ou Séma), de son vrai nom Kégham Atmadjian5, il fonde deux revues, Tchank (l’Effort) et Machagouyt (Culture), dans lesquelles ils publient des articles sur la littérature française et la littérature arménienne et des traductions en arménien de Baudelaire, Verlaine et Rimbaud. À la même époque, ils sont inscrits à la Sorbonne comme auditeurs libres et y suivent des cours de littérature, de philosophie, d’économie politique et d’histoire.

Le militant communiste et le responsable du HOC (1934-1939) En 1934, suite aux événements du 6 février, Missak adhère au parti communiste ainsi qu’au HOC (Comité de secours pour l’Arménie), correspond à « Arménie ». Le HOK a été créé le 13 septembre 1921 par le gouvernement de la Répu- blique soviétique d’Arménie pour collecter des ressources dans la diaspora, alors que l’Arménie subissait le blocus allié, en même temps que la Russie soviétique.

 Le HOC a été fondé vers 1925, comme dans la plupart des pays occidentaux ayant une communauté arménienne. En 1935, c’est l’organisation de masse du PCF en direction de la communauté arménienne et la section arménienne de la MOI (Main-d’œuvre ouvrière immigrée), organisationliée à l’Interna-tionale communiste (le Komintern).

Le journal Zangou  Une des responsabilités de Missak est d’être rédacteur en chef du journal du HOC, qui prend en 1935 le nom de Zangou, du nom d’une rivière qui arrose Erevan. À partir de juillet 1936, le journal agit pour la défense de la République espagnole ; Manouchian fait d’ailleurs partie du Comité d’aide aux Républicains espagnols.

La guerre et la résistance  Le 2 septembre 1939, Missak Manouchian est arrêté alors que l’inter- diction du Parti communiste  intervient seulement le 26 septembre, un mois après le pacte germano-soviétique. Manouchian peut cependant sortir de prison en octobre et est affecté comme engagé volon- taire dans une unité stationnée dans le Morbihan. Après la défaite de l’armée française en juin, il reste sous le contrôle des autorités à l’usine Gnome et Rhône d’Arnage (Sarthe), qu’il quitte illégalement au début de 1941 pour revenir à Paris. Il est de nouveau arrêté peu après le 22 juin 1941, date de l’invasion de l’URSS par les Allemands, et incarcéré sous contrôle allemand au camp de Compiègne. Il est libéré au bout de quelques semaines, aucune charge n’étant retenue contre lui.

À partir de 1941 puis en 1942, il est entré dans le militantisme clandestin, mais on sait peu de choses de ses activités au sein de la MOI clandestine. Il devient responsable politique de la section arménienne au cours de l’année 1941, se trouvant donc sous l’autorité du « triangle » de direction de la MOI : avec Artur London, sous le contrôle de Jacques Duclos. Un élément intéressant réside dans la familiarité durant ces années des Manouchian avec les parents de Charles Aznavour, sympathisants communistes, engagés dans la résistance dans une activité très importante, le « Travail allemand ».

En février 1943, Manouchian est versé dans les FTP-MOI, groupe des Francs-tireurs et partisans-Main- d’œuvre immigrée de Paris : il s’agit de groupes armés constitués en avril 1942 sous la direction de Boris Holban, Juif originaire de Bessarabie. Le premier détachement où il est affecté comporte essentielle- ment des Juifs roumains et hongrois et quelques Arméniens.

En juillet 1943, il devient commissaire technique des FTP-MOI de Paris; en août, il est nommé commissaire militaire, à la place de Boris Holban tandis que Joseph Epstein, responsable d’un autre groupe de FTP-MOI, est devenu responsable des Francs-tireurs et partisans pour l’ensemble de la région parisienne. Il est donc le supérieur hiérarchique de Manouchian qui, lui-même, a sous ses ordres trois détachements, comprenant au total une cinquantaine de militants. On doit mettre à son actif l’exécution (par Marcel Rayman, Léo Kneler et Celestino Alfonso), le 28 septembre 1943, du général Julius Ritter, adjoint pour la France de Fritz Sauckel, responsable de la mobilisation de la main-d’œuvre (STO) dans l’Europe occupée par les nazis. Les groupes de Manouchian accomplissent près de trente opérations dans Paris du mois d’août à la mi-novembre 1943.

La Brigade spéciale no 2 des Renseignements généraux avait réussi deux coups de filet en mars et juillet 1943. À partir de là, elle put mener à bien une vaste filature qui aboutit au démantèlement complet des FTP-MOI parisiens à la mi-novembre avec 68 arrestations dont celles de Manouchian et Joseph Epstein.

Au matin du 16 novembre 1943, Manouchian est arrêté en gare d’Évry Petit-Bourg. Sa com- pagne Mélinée parvient à échapper à la police. Missak Manouchian, torturé, et vingt-trois de ses cama- rades sont livrés aux Allemands de la Geheime Feldpolizei (GFP) qui exploitent l’affaire à des fins de propagande. Le tribunal militaire allemand du Grand-Paris juge des résistants arrêtés, dont Manou- chian, en présence des journalistes de la presse collaborationniste qui dénoncent le « cynisme » des accusés, c’est-à-dire le fait qu’ils assument pleinement les attentats qu’ils ont commis. Parmi eux, 10 sont sélectionnés pour la composition de l’Affiche rouge, où apparaît l’expression « l’armée du crime ». Le tribunal prononce 23 condamnations à mort.

Le 21 février 1944, les 22 hommes du groupe des condamnés à mort sont fusillés au Mont-Valérien, en refusant d’avoir les yeux bandés, tandis qu’Olga Bancic va être transférée en Allemagne et décapitée à la prison de Stuttgart le 10 mai 1944.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Missak_Manouchian

 

Lire la suite

12 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Les leurs, mort d’un pourri…

Les leurs, mort d’un pourri... dans Antifascisme mort_d_un_pourri

Gérard de Villiers est mort jeudi 31 octobre, et les médias chantent ses louanges, signa- lant tout juste qu’il était « réac », et encore pas toujours…

*

On ne pleurera pas ce beauf, dont la signature n’aurait pas déparé en dessous du manifeste des 343 salauds. Les médias, y compris ceux dits « de gauche » comme Libération font preuve d’une incroyable complaisance envers ce personnage qui ne dissimulait pas ses sympathies pour Le Pen.

*
Les recettes de ses romans fabriqués à la chaîne (par des « ghost writers » dit-on) étaient simples : ra- cisme, sadisme, pornographie bas de gamme. Après avoir fait son beurre grâce à la guerre froide, ce Le Carré du pauvre s’était recyclé dans l’islamophobie. Son idéologie nauséabonde a empoisonné des générations de lecteurs qui pensaient le lire pour se distraire. Tous les médias affirment que cet ancien barbouze se documentait avec une extrême précision et bénéficiait d’infos exclusives de ses ex- collègues.

*
En fait, des pays utilisés comme champ d’action par son héros de la CIA, il ne parlait pour l’essentiel que des hôtels de luxe, des bordels, quelques restaurants à touristes et lieux célèbres. Toutes infos qu’on peut trouver aujourd’hui en quelques clics sur Internet.

*

Ses personnages relevaient des clichés les plus éculés, du prince arabe fourbe et cruel à la princesse espionne nympho qui se jetait sur la braguette de son héros de pacotille. Inutile de parler de son écriture, sauf pour constater qu’elle variait sensiblement d’un roman à l’autre, ce qui accrédite la thèse des « ghost writers ».

*
Les lauriers qu’on tresse aujourd’hui à ce marchand de fantasmes sordides sont hélas bien dans l’air du temps. Il rêvait parait-il d’être adapté par Hollywood, mais même Hollywood n’en a pas voulu. Comme quoi les producteurs de L.A. peuvent être plus lucides que les journaleux tricolores…

*
Gérard Delteil Lundi 11 novembre 2013

Lire la suite

10 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Marine Le Pen non grata en Martinique:

Marine Le Pen non grata en Martinique:  dans Antifascisme extincteur

Le NPA soutien l’appel de nombreuses personnalités et militantEs contre la visite de Marine Le Pen en Martinique.

*

Cette fois, la rejeton Le Pen n’a pas choisi la méthode discrète. Confortée par une atmosphère nauséa- bonde de montée des groupes néo-nazis dans divers pays européens, elle annonce urbi et orbi qu’elle visitera les colonies avant la fin de l’année.
*
Elle pousse la provocation jusqu’à prétendre que les problèmes des Le Pen avec nous seraient de l’his- toire ancienne à ranger dans les souvenirs désuets.
*
Nous, soussigné-e-s, répondons au contraire que tout dans le contexte prouve la mal- faisance des thèses et des pratiques développées par les groupes d’extrême droite : aux assassinats odieux de Grèce s’ajoutent ceux de Paris ou d’ailleurs.
*
Aux propos racistes de telle lepéniste même désavouée pour outrance maladroite, s’ajoutent les dérives des personnages contaminés par la vague bleu marine.
*
Il y a quelque chose de pourri dans le monde du capitalisme en crise et Marine Le Pen en est la sécrétion caricaturale: sur les côtes italiennes, des milliers de victimes de la faim et de l’oppression, prennent le risque de perdre la vie et les institutions et forces dominantes européennes n’ont, au delà de l’hypocrisie de la pitié, qu’une réponse : rendre plus imperméables les frontières pour barrer la route aux plus démuni-e-s. Plus près de nous, quand ce n’est pas l’ONU qui sème le choléra par ses troupes d’occupation en Haïti, c’est la cour suprême de République dominicaine qui jette dans le néant juridique des centaines de milliers de Dominicain-e-s qui ont le malheur d’être d’ascendance haïtienne.
La venue de Le Pen chez nous serait un coup de pouce donné à ces manifestations de la honte sans frontières.
*
Marine Le Pen prétend faire oublier les déconvenues de son père en Martinique et en Guadeloupe, mais n’a jamais dénoncé son racisme éhonté. Elle n’a jamais désavoué son approbation de la torture prati- quée contre nos frères et sœurs algérien-e-s pendant la guerre de libération.
*
Elle ne s’est jamais démarquée de ses propos scandaleux sur le génocide des juifs «un détail dans l’his- toire de la deuxième guerre mondiale». Elle prétend fouler le sol martiniquais, mais n’a jamais daigné reconnaître le peuple qui l’habite comme un peuple spécifique.
Elle refuse de dénoncer l’esclavage comme un crime contre l’humanité appelant répara- tions. La démagogie «sociale» dont elle s’affuble ne trompera que les naïfs. Elle prétend défendre les travailleurs, mais ses deux députés n’ont jamais fait un seul geste politique en ce sens.
L’histoire nous a montré les nazis hitlériens et les fascistes mussoliniens se déguisant en «national-socia- listes», «amis des pauvres contre la ploutocratie apatride». En réalité les Le Pen et autres apprentis   fascistes servent toujours les intérêts du grand capital.
Pour cela ils veulent tromper les plus crédules en divisant les peuples, en dressant les tra- vailleuses et les travailleurs les uns contre les autres au nom du rejet de l’immigré, de l’étranger, du Röhm, du musulman et finalement, quoiqu’ils disent, du rejet du nègre.
*
Le Pen c’est pas la peine ! fou kan avan’w rivé !
*
Appel de nombreuses personnalités et militantEs  Lire la liste
Samedi 9 novembre 2013

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin