Archive | Antifascisme

10 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Lyon, la police réprime préventivement les rassemblements antifascistes (Bellaciao)

Lyon, la police réprime préventivement les rassemblements antifascistes (Bellaciao) dans Antifascisme design-300x242

Ce jeudi 9 mai 2013, des groupuscules néonazis avaient une nouvelle fois prévu d’occuper la rue lyonnaise.

Alors que la violence et la haine d’extrême droite s’expriment chaque jour plus librement dans les rues de Lyon, avec le mouvement homophobe comme tremplin, des antifascistes ont décidé de réagir et ont organisé un rassemblement pour s’opposer à ces nervis à leurs exactions. Avant même d’y être arrivés, 25 antifascistes ont été arrêtés et placés en garde à vue. Vers 20h, pen­dant que le ras­sem­ble­ment des néo­na­zis des Jeunesses natio­na­lis­tes se dérou­lait place Puvis de Chavanne (6e arr.) [1], les anti­fas­cis­tes ont com­mençé à se ras­sem­bler place Maréchal Lyautey. Alors qu’un groupe un peu plus nom­breux arri­vait avec une ban­de­role, les flics se sont immé­dia­te­ment diri­gés vers eux, les pour­sui­vant et les encer­clant sous la menace des fla­sh­balls.

Pendant près d’une heure, les flics, nom­breux, ont gardé nos cama­ra­des encer­clés, les arrê­tant un par un, pen­dant que les encer­clé-e-s et les autres mani­fes­tant-e-s alen­tours enchai­naient les slo­gans anti­fas­cis­tes. Rapidement, les mani­fes­tant-e-s qui res­taient sur la place ont été repous­sés avec vio­lence jusqu’à l’avenue par la police, sou­cieuse de ne pas avoir trop de contes­ta­tion pen­dant qu’elle finis­sait d’embar­quer les per­son­nes encer­clées. Au même moment, les deux ras­sem­ble­ments fas­cis­tes se dérou­lant en ville n’ont visi­ble­ment pas été gêné le moins du monde par la police… et les nervis d’extrême-droite ont par la suite été vu en grou­pes en centre ville.

A l’heure actuelle nous ne savons pas quel­les accu­sa­tions pré­ci­ses sont por­tées contre nos cama­ra­des, ni dans quel délai nous pou­vons espé­rer leur libé­ra­tion. Les arrêté-e-s seraient vingt-cinq. Cet arti­cle sera mis à jour au fur et à mesure, sui­vant l’évolution de la situa­tion et les pos­si­bles rendez-vous de sou­tien. A Rennes, un ras­sem­ble­ment fas­ciste simi­laire a pu être empê­ché par les anti­fas­cis­tes [2].

Mise à jour jeudi 23h50 : Les gardes à vues sont pro­lon­gées cette nuit. Nos cama­ra­des sont semble-t-il pour­suivi pour mani­fes­ta­tion non auto­ri­sée (à confir­mer). La pré­sence des fas­cis­tes agres­sifs en centre ville est confir­mée par plu­sieurs témoins.

Mise à jour ven­dredi 09h15 : Les vingt-cinq per­son­nes sont tou­jours en garde à vue, après avoir passé la nuit dis­pat­chés dans les dif­fé­rents com­mis­sa­riats de l’agglo­mé­ra­tion lyon­naise. Selon l’évolution de la situa­tion, un ras­sem­ble­ment de sou­tien sera peut-être orga­nisé dans la jour­née.

Notes

[1] Le GUD faisait un rassemblement similaire ailleurs en ville, à la même heure.

[2] Source : Ouest-France

http://rebellyon.info/A-Lyon-la-pol… vendredi 10 mai 2013 – 10h55

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10 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Rennes, des « antifascistes » empêchent un rassemblement d’extrême droite (OF)

Rennes, des

Article sidérant de cécité au moment du procès des néo-nazis allemands! C’est la police qui devrait les disperser, mais elle met un point d’honneur à toujours les protéger!

Des mouvements d’extrême droite avaient prévu à Rennes un rassemblement ce jeudi soir à 20 h place de la mairie. Motif : commémorer la mort, en 1994, d’un nationaliste lors d’une manifestation à Paris.

Un nationaliste blessé

Ayant eu vent de ce rassemblement, une centaine de personnes, se revendiquant « antifascistes », ont également décidé de se réunir pour empêcher cette commémoration. « On ne peut pas laisser des mouvements fascistes gagner du terrain », explique un militant. À 20 h, ils ont rapidement investi la place de la mairie et repéré les quelques nationalistes déjà présents. Ces derniers n’ont pu que détaler très vite pour éviter de prendre des coups. L’un d’entre eux a cependant été blessé et évacué par les pompiers.

Pas d’autre incident

Les anti-manifestants ont ensuite sillonné les rues du centre-ville sous le regard sidéré de passants se demandant ce qui passait. Il n’y a pas eu d’autres incidents. L’anti-manifestation s’est dispersée vers 21 h.

Faits divers jeudi 09 mai 2013

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Rennes.-Des-antifascistes-empechent-un-rassemblement-d-extreme-droite_40771-2191021-pere-redac–35238-abd_filDMA.Htm

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10 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Munich : le procès contre les néonazis du NSU et la complicité de l’Etat allemand (Avanti.be)

Munich : le procès contre les néonazis du NSU et la complicité de l’Etat allemand (Avanti.be) dans Antifascisme design-300x242

Le procès du réseau néonazi allemand NSU (*), responsable de la pire vague d’attentats terroristes enregistrée dans le pays ces vingt dernières années, a commencé le 6 mai à Munich.

Et il va durer longtemps puisqu’on s’attend à ce qu’il s’achève en 2015. Mais la principale question de cette sombre affaire ne trouvera pas de réponse dans ce procès. Il s’agit du niveau de complicité des structures étatiques avec ce réseau qui, pendant treize ans, a commis dix assassinats, dont neuf racistes, deux grands attentats à la bombe dans des quartiers immigrés et quinze braquages.

A quel point l’Etat allemand est-il impliqué dans cette affaire ?

Depuis ses débuts, ce groupe né à Jena (Allemagne occidentale) dans les années 1990 a été entouré d’indicateurs policiers, de collaborateurs et d’infiltrés du Service secret intérieur, le BfV, une police politique orientée dans la lutte contre le communisme et qui, depuis sa fondation en 1950, est un repaire de nombreux ex-nazis. Autour des trois seuls membres officiels du NSU, il y avait pas moins de 25 indicateurs et infiltrés du BfV mais, curieusement, l’Etat n’aurait appris l’existence de ce groupe terroriste qu’au bout de dix ans, de dix assassinats, de quinze braquages et de deux attentats à la bombe ! Des membres du BfV ont été présents sur la scène du crime au moins dans un cas : le 6 avril 2006, quand la NSU a assassiné Halit Yozgat dans un cybercafé de Kassel. Le 9 juin 2004, des policiers sont intervenus quelques instants après l’explosion d’une bombe dans la Keupstrasse de Cologne qui a blessé de nombreux immigrés. Outre ces circonstances inhabituelles s’ajoutent la disparition ou la destruction de matériel d’archives, les négligences après la découverte du premier atelier de bombes artisanales du groupe, les mensonges et les occultations dans les déclarations de fonctionnaires de la sécurité devant la commission d’enquête du Bundestag. Tous ces faits étranges se reproduisent dans d’autres cas où les services secrets d’Europe occidentale sont suspectés d’être impliqués dans des crimes et des actions terroristes.

« Parler de maladresses, d’erreurs ou de dérapages n’est pas crédible » déclare Paul Wellson, spécialiste de l’affaire au parlement de la région de Thuringe où se situe la ville de Jena. « Ce qu’il faut se demander c’est quels sont les rapports entre les services secrets allemands, la criminalité organisée et l’extrême-droite » ajoute-t-il.

Cette même question se pose depuis février dernier avec l’ouverture du « procès du siècle » au Luxembourg : 24 attentats à la bombe entre 1984 et 1985 attribué au réseau « stay-behind » de l’OTAN ; une affaire qui est complètement ignorée par les médias allemands malgré le fait qu’un des témoins a identifié un agent des services secrets allemands (BND) comme l’auteur de 18 de ces attentats à la bombe et co-auteur du massacre de la Fête de la Bière de Munich en septembre 1980 – la plus grand attentat à la bombe de l’histoire allemande de l’après guerre, une affaire non résolue qui a laissé 13 morts et plus de 200 blessés.

« Dans le cas de la NSU, il faut se demander quel rôle a joué l’Etat » déclare le professeur suisse Daniel Ganser, principal spécialiste des affaires troubles liées à l’OTAN dans les années 1970 et 1980. « A la différence du procès au Luxembourg, il ne s’agit pas ici du BND mais bien de la BfV et ce qu’il faut éclaircir c’est s’il s’agissait de maladresses qui peuvent se produire ou s’il y a eu manipulation ». « Dans ce second cas », poursuit Ganser, « il s’agit alors d’événements qui se sont produits avec la participation de l’Etat, ou avec des structures parallèles ». « La question est pourquoi on ne peut éclaircir cela et si quelqu’un bénéficie d’une protection gouvernementale » conclut-il.

Bien qu’on estime que le NSU a peut être bénéficié d’une centaine de complices et de collaborateurs, il n’y a que cinq accusés au procès de Munich, dont le principal est Beate Zschäpe. Officiellement, le NSU se résumait à seulement trois membres, dont deux, Uwe Mundlos et Uwe Böhnhardt, ce sont – selon la version de la police – suicidés en se voyant encerclés par les forces de l’ordre en novembre 2011. Zschäpe, unique survivante du trio, a comparu de manière sereine et a tourné le dos aux caméras de télévision. Elle est accusée de complicité dans tous les attentats. Merkel a qualifié cette affaire de « honte pour l’Allemagne ». Depuis 1990, les néonazis ont assassiné 152 personnes en Allemagne ; des vagabonds, des gauchistes et surtout des immigrés. C’est, de loin, le principal foyer de violence politique, mais l’appareil d’Etat se montre indulgent envers eux et se focalise bien plus sur la gauche, en « aveugle de l’œil droit » comme on dit. Les manifestations néonazies sont toujours protégées par la police tandis que leurs adversaires sont criminalisés, comme il y a trente ans. Pendant ce temps, un cinquième de la population allemande a des origines étrangères mais, « dans le débat public, les immigrés apparaissent pratiquement toujours comme un groupe problématique » souligne le journaliste Andrea Dernbach du journal berlinois « Tagesspiegel ».

Publié dans le « La Vanguardia », 7/5/2013
Source : http://www.rebelion.org/noticia.php?id=167833&titular=comenz%F3-en-munich-el-juicio-contra-la-trama-neonazi-nsu-
Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera

Note d’Avanti :

(*) Nationalsozialistischer Untergrund (le national-socialisme clandestin)

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09 mai 2013 ~ 0 Commentaire

1er mai de l’extrême droite : deux faces d’une même pièce

1er mai de l’extrême droite : deux faces d’une même pièce dans Antifascisme design-300x242

Pile.« On est chez nous… La France aux Français… Mélenchon au Goulag… Communistes assassins »…

À défaut de foule (à peine 3 000 personnes), la haine était comme à l’habitude au rendez-vous de la manifestation du Front national. Les journalistes tentant de réaliser des interviews étaient systématiquement pris à partie par le service d’ordre, privé cette année de son chef Axel Loustau, interpellé le 23 avril à l’occasion d’incidents survenus à la fin de la manifestation des anti « mariage pour tous ». La présence de militants du GUD, de Troisième voix ou du Renouveau français laisse à douter de l’efficacité, et surtout de la volonté de Marine Le Pen de « faire le ménage » dans ses rangs… « Tenez bon, on arrive, les vieux opposants que nous sommes sont en train de se transformer bientôt en jeunes dirigeants ». Cette exhortation de la présidente du FN à ses troupes ferait bien d’inquiéter, et surtout de mobiliser, ceux qui, trop nombreux à gauche, ne voient dans le « F-Haine » qu’un parti de droite, tout juste plus radical que les autres.

Face. À la mémoire de Brahim Bouarram, jeune Marocain assassiné, jeté dans la Seine

le 1er mai 95 par des skinheads à l’issue de la manifestation du Front national, avait lieu le traditionnel rassemblement au Pont du Carrousel. Avant celui-ci, une manifestation, appelée par le collectif unitaire Capab (collectif antifasciste Paris-banlieue) et le NPA, a été attaquée un quart d’heure avant qu’elle ne débute par une trentaine de fascistes armés de cutters, de matraques et de bombes d’acide. Trois charges des nazillons n’ont pas réussi à venir à bout de la détermination des manifestants qui ont réussi à les repousser.

Nous dénonçons la bienveillance de la police

qui, malgré le fait que cette manifestation ait été déposée en préfecture, a laissé tranquillement l’extrême droite attaquer le rassemblement, n’appelant que tardivement à l’envoi de renforts… qui ne trouvèrent pas mieux que d’encercler les antifascistes. Malgré cette agression, les antifascistes ont manifesté jusqu’au pont du Carrousel aux cris de : « Brahim Bouarram, on n’oublie rien ! Front National, parti des assassins ! Paris Paris, Antifa ! Le FN, c’est la gangrène, on l’élimine, ou on en crève ! » Plus que jamais, la question de l’autodéfense contre les attaques des fascistes se pose. Plus que jamais, la constitution de structures unitaires contre le FN et les groupuscules fascistes qu’il entraîne doit être mis à l’agenda de notre camp social.
Alain Pojolat

Jeudi 9 mai 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 194 (08/05/13)

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09 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Allemagne : procès des néonazis… et de la police (LO)

Allemagne : procès des néonazis... et de la police (LO) dans Antifascisme design-300x242

À Munich s’ouvrait lundi 6 mai le procès très attendu de cinq néonazis.

Beate Zschäpe, la fondatrice du groupe appelé Clandestinité national-socialiste, est accusée d’avoir pendant onze ans participé à dix meurtres visant des commerçants turcs et un grec, à un attentat dans un quartier immigré de Cologne en 2004, qui avait blessé vingt-deux personnes, ou encore un attentat à la gare de Düsseldorf en 2000, qui avait fait plusieurs blessés parmi des migrants juifs originaires d’ex-URSS. La culpabilité des accusés, mais aussi d’autres complices retrouvés morts en novembre 2011, ne fait guère de doute.

Le véritable enjeu du procès est surtout d’établir le rôle de la police et des services secrets qui pendant des années non seulement ont laissé faire, mais ont même présenté ces meurtres comme les agissements de la mafia kurde. Pire, la police présentait même les victimes turques comme des trafiquants de drogue et leurs proches comme des suspects. En fait, la traque des accusés n’a commencé qu’en 2011, parce que, surpris après un braquage de banque, ils avaient assassiné une policière. Or les services de sécurité allemands disposent de nombreux informateurs dans les milieux d’extrême droite. Un de ces indicateurs aurait même été présent sur les lieux de crimes à six reprises. Les services secrets militaires eux-mêmes étaient informés dès 1998 du lieu où se cachaient ces assassins néonazis. Et curieusement, trois jours seulement après que Beate Zschäpe se fut rendue, ces mêmes services secrets ont détruit leurs propres archives sur l’extrême droite et les rapports des indicateurs infiltrés auprès de ce groupe.

Le procès lui-même montre à quel point les autorités sont peu pressées de faire connaître la vérité : la salle d’audience est très petite, aucun journaliste turc ou grec n’avait pu obtenir d’accréditation. Après des plaintes à la Cour constitutionnelle, l’ouverture du procès avait dû être repoussée. Cette connivence des membres des services de sécurité avec l’extrême droite n’est pas surprenante. Après la Seconde Guerre mondiale, il n’y a pas eu de rupture entre l’État nazi et les institutions de la République fédérale, et la « dénazification » fut très vite interrompue dès le début de la Guerre froide. De très nombreux hauts fonctionnaires nazis, dont des juges, ont continué tranquillement leur carrière. Un ancien responsable de la propagande nazie, Kurt Kiesienger, fut même chancelier, c’est-à-dire chef du gouvernement, de 1966 à 1969. Il fut d’ailleurs giflé publiquement par Beate Klarsfeld, en novembre 1968, aux cris de « Kiesinger, Nazi ! Démissionne ! » Ces meurtres et la responsabilité de la police ont beaucoup choqué, alors que le souvenir des atrocités nazies pèse encore lourd dans le pays. L’actuelle chancelière Angela Merkel, qui s’était fendue d’une minute de silence en hommage aux victimes lors de l’arrestation de Beate Zschäpe, a encore déclaré ces jours-ci que ces meurtres étaient une « honte pour l’Allemagne ». Mais c’est aussi la complicité des services de sécurité dans les agissements de ces néonazis qui est scandaleuse !

Eric TOLIAN

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2336&id=68

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08 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Allemagne : Le vrai procès de la NSU reste à faire (Die Welt)

Allemagne : Le vrai procès de la NSU reste à faire (Die Welt) dans Antifascisme

Benedicte

A peine ouvert, le procès de cinq membres du groupuscule néo-nazi a de nouveau été reporté. Mais il ne faut ni s’attendre à toute la lumière sur le terrorisme d’extrême droite, ni oublier le vrai scandale de cette affaire : l’incompétence et l’aveuglement des autorités.

Le procès qui s’est ouvert le 6 mai à Munich [et a été suspendu à la demande de la défense] n’est pas le procès de la NSU [Nationalsozialistischer Untergrund, Clandestinité nationale-socialiste]. Pas plus que le procès de Nuremberg de 1945-46 ou le procès d’Auschwitz à Francfort, de 1963 à 19­65, n’ont été les procès du national-socialisme, et pas plus que le procès de Stammheim (1975-77) n’a été celui de la Fraction armée rouge. Chaque fois, il s’est agi – et c’est le cas encore aujourd’hui – de juger des accusés individuels, nazis et terroristes de droite et de gauche. Munich sera le procès de Beate Zschäpe et d’autres néonazis. Rien de plus, rien de moins. Un tribunal a la capacité et le devoir de déterminer la responsabilité individuelle de chacun et de punir les coupables – il n’est pas habilité à juger une époque ou une idéologie, ni son enracinement dans la population. Cela peut en décevoir plus d’un. Car ceux qui se présentent à la barre sont généralement des individus tristes, déboussolés, butés – ni impressionnants, ni monstrueux, mais très petits. Si on les regarde dans les yeux, on ne voit pas le mal et ses mobiles.

Obstination coupable

C’est pourquoi le battage suscité par le procès de Munich bien avant son ouverture est un peu exagéré. Car ce procès, qui semble déjà vain, ne permettra pas de dévoiler ce qu’attend avec avidité une partie de l’opinion. Il dote inévitablement la principale accusée d’une personnalité intéressante et énigmatique qu’elle n’a visiblement pas – d’après ce que l’on sait, malgré son silence. Encore une fois, le mal est banal, et l’on refuse de l’accepter. C’est ainsi que l’opinion, aussi scrutatrice soit-elle, risque de ne pas voir le vrai scandale. Le scandale, c’est qu’il a fallu toutes ces années pour comprendre et élucider les meurtres de la NSU – alors que le mobile, comme il est aisé de s’en rendre compte a posteriori, était limpide.

De 2000 à 2006 au moins, des meurtriers ont sillonné l’Allemagne, assassinant des gens très clairement pour la seule raison qu’ils étaient d’origine étrangère ou d’anciens immigrés. Les motivations racistes de ces homicides sautent aux yeux aujourd’hui. On sait aujourd’hui qu’il aurait dû être clair, après le deuxième, au plus tard après le troisième meurtre, dans quelle direction il fallait orienter l’enquête : vers les milieux d’extrême-droite. Au lieu de quoi, les services chargés de l’enquête se sont obstinément attardés sur une autre piste. Certes, ils avaient fait le lien entre les neuf homicides, mais ce lien jetait d’emblée le discrédit sur les victimes, sans aucune justification, les assimilant à des malfaiteurs. Si tous sont étrangers ou d’origine étrangère, supposait-on, il y a de fortes chances qu’ils soient eux-mêmes des criminels. Encore une fois, le fait qu’il s’agissait d’un acte d’ostracisme délirant saute aux yeux a posteriori : les victimes ont été dissociées des Allemands de souche qui, eux, sont intègres et ne fraient pas avec les criminels.

Le fait que sept des neuf personnes assassinées étaient des entrepreneurs n’a pas été interprété comme le signe de la réussite de ces immigrés qui avaient eu le courage de se mettre à leur compte, mais simplement comme un indice laissant supposer qu’il s’agissait forcément d’affaires louches et que les individus assassinés étaient sans doute les victimes de règlements de comptes au sein de la communauté turque. Les néologismes associés à l’affaire – « Döner-Morde » [littéralement, "meurtres de vendeurs de kébab"] , « commission ‘Bosphore’ » [pour désigner la commission chargée de l’enquête] – parlent d’eux-mêmes, avec leurs consonances réductrices et diffamantes.

Evidence ignorée

Cette consternante méconnaissance de la réalité, les ratés de l’enquête, la destruction abracadabrante de documents et l’échec de l’Office de la protection de la Constitution, notamment en Thuringe, ont hélas permis à la série de se poursuivre. Le président du tribunal munichois a sa part de responsabilité dans le ridicule dans lequel se retrouve la justice allemande. Il n’a pas saisi la perche que lui tendait la Cour constitutionnelle – de libérer trois places supplémentaires pour les journalistes turcs [dans la salle d’audience]. En essayant de tenir ainsi les journalistes judiciaires à l’écart, il a une nouvelle fois fait la preuve qu’il n’avait pas saisi toute l’importance de ce procès. Aucun autre pays au monde ne s’est confronté de manière aussi systématique et volontaire à un lourd passé criminel. On le doit à des fonctionnaires infatigables, par exemple l’ancien procureur général de Hesse, Fritz Bauer, un juif revenu s’installer en Allemagne et sans qui le procès d’Auschwitz à Francfort n’aurait pas eu lieu. Et le mérite en revient également à une opinion qui a osé le débat et qui – tardivement, certes – a fait du national-socialisme un passé qui ne peut et ne doit pas être occulté. C’est une bonne chose, et le pays peut en être fier. Pour autant, cette conscience du passé et cette autocritique n’ont pas empêché la justice et les médias de garder des œillères pendant des années et de passer à côté de l’évidence au sujet de ces homicides. Il n’est pas facile de conjuguer au présent les leçons du passé.

Traduction : Jean-Baptiste Bor 7 mai 2013 Die Welt Berlin

Commentaire: On voit bien que c’est un journal de droite, mais les infos sont intéressantes.

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26 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Les vieux nouveaux visages de l’extrême droite (Ccr)

Les vieux nouveaux visages de l’extrême droite (Ccr) dans Antifascisme kgrhqfhke2flwglpubnzimijg_35

Mais aux côtés des élus de l’UMP, de l’UDI et du FN qui caracolent en tête de cortège, c’est aussi la face invisible de l’extrême droite qui se révèle dans ces manifestations où se côtoient catholiques intégristes et pétainistes de tous poils : GUD, Civitas, Jeunesses Nationalistes, Bloc Identitaire, Renouveau Français… A l’ombre du FN, dont ils critiquent la mollesse [1], ces différents groupes ont d’ailleurs fini par former un autre cortège dans les « Manifs pour tous », surnommé le « Printemps Français ». Ce cortège est dirigé par une autre figure de la réaction, Béatrice Bourges, issue des milieux intégristes de la Cité catholique, institut qui forme une partie des cadres de cette renaissance de l’extrême droite.

Habitués de la lutte contre le « racisme anti-blanc », la « christianophobie » et, désormais, le « lobby homosexualiste », ces groupes se sont faits entendre ces derniers temps pour leurs actions « coups de poing », tel l’envahissement du chantier d’une mosquée à Poitiers (Bloc identitaire) ou la perturbation des pièces de théâtre déclarées « blasphématoires » (Civitas, Jeunesses Nationalistes). A leurs côtés, un nouveau groupe, les HomMen. Masqués de blanc et torse nu, ils se présentent comme les opposants des Femen et prétendent « défendre le droit des enfants » contre la loi pour le mariage pour tou-te-s. Dernièrement, ils se sont fait connaître sur les réseaux sociaux pour avoir comparé sur une de leurs affiches la « résistance » au mariage pour tou-t-es à la Résistance contre l’occupation nazie…

Intégrisme catholique, nationalisme et défense du patriarcat : les nouveaux visages de l’extrême droite font pourtant bien penser aux anciens. La continuité se fait d’autant mieux sentir qu’une partie de ces groupes est issue des milieux traditionnels de l’extrême droite française : la Cité catholique tire par exemple son histoire dans les cadres du régime de Vichy (tel le fondateur de la Cité catholique, Jean Ousset), et dans les milieux militaires de la Guerre d’Algérie (leur revue, Verbe, légitimait à l’époque les tortures contre les combattants pour l’indépendance, et les cadres de ces organisations se réclament encore de l’OAS).

Réunis à nouveau à l’occasion des « Manifs pour tous », ces réseaux proto-fascistes semblent avoir renoué avec l’idée de prendre un jour le pouvoir, au moins pour l’instant par le biais des urnes. En effet, le but affiché de Civitas est de « créer des ilôts de chrétienté » dans les communes que voudraient gagner l’organisation aux municipales de 2014. Encore une fois, ils désignent les travailleurs musulmans comme les dangers, les ennemis des travailleurs français.

http://www.ccr4.org/Mariage-pour-tou-te-s-et-retour-en-force-de-la-reaction

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24 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Graff’ antifasciste

Graff' antifasciste dans Antifascisme antif

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24 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Pour la démocratie, les droits, l’égalité, le 1er Mai (LDH)

Pour la démocratie, les droits, l’égalité, le 1er Mai (LDH) dans Antifascisme anti-r-1-r2-150x150

Communiqué LDH
La République est en souffrance et les citoyennes et les citoyens, celles et ceux qui le sont déjà par la loi et celles et ceux qui aspirent à le devenir par la résidence le vivent sous les deux acceptions, souffrance de résultat, souffrance d’attente.

Face à une situation économique qui va se dégradant et à des choix d’austérité qui vont aggraver les inégalités et les difficultés, dans un contexte politique profondément marqué par les affaires et la suspicion à l’égard de la représentation politique, et alors que le gouvernement ne cesse, de reniement en atermoiements, de renvoyer le changement à plus tard, le 1er Mai 2013 revêt une dimension toute particulière.

La Ligue des droits de l’Homme, préoccupée de la montée des provocations verbales et physiques qui se développent dans le pays à l’initiative des droites rassemblées autour des mêmes haines, considère que les forces démocratiques et sociales se doivent d’affirmer la pérennité de la République, de la démocratie et du progrès social. Elle appelle à développer les mobilisations, rassemblements et manifestations, dont les citoyens ont grand besoin.

La LDH invite ses sections, ses militantes et ses militants à être parties prenantes de tous les événements qui, ce jour, dans des modalités et avec certains partenaires ou d’autres, porteront le combat pour les droits, la démocratie et la solidarité.

Paris, le 24 avril 2013

http://www.ldh-france.org/Pour-la-democratie-les-droits-l.html

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22 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Mariage pour tous, homophobie : des violences qui mettent la République en ligne de mire (LDH)

Mariage pour tous, homophobie : des violences qui mettent la République en ligne de mire (LDH) dans Antifascisme vermine-150x150

LDH  dimanche 21 avril 2013 – 22h56rien dans Antifascisme

Bars gays saccagés, « chasse à l’homo », organisation systématique d’affrontements avec les forces de l’ordre, prise à partie personnelle des parlementaires, débats publics sabotés…

La protestation contre le mariage pour tous, veut faire prévaloir la force sur le débat parlementaire, et sur le respect des engagements pris devant les électeurs. Elle recourt aux pires méthodes, et révèle son mépris du processus démocratique et l’homophobie qu’elle prétendait dissimuler, sous couvert de la « défense des familles ».

La Ligue des droits de l’Homme, qui a toujours soutenu le droit au mariage pour tous et l’adoption, sans considération de l’orientation sexuelle, comme des avancées fortes de l’égalité des droits, condamne avec force cette explosion calculée de violences. S’il est normal que les enjeux de société fassent débat, que les craintes et les refus s’expriment, et que la protestation s’inscrive dans l’espace public, en l’espèce, il s’agit de tout autre chose. Les organisateurs de ces manifestations construisent le cadre idéologique qui légitime les violences perpétrées contre les biens et les personnes. Ils fournissent un espace d’accueil et de rencontre à divers courants politiques et religieux de droite, historiquement marqués par leur haine de l’égalité, de la liberté et de la République. Cette stratégie de montée de la violence s’exprime également au sein de l’Assemblée nationale ; l’opposition marque ainsi son dépit, mais aussi sa disponibilité à des alliances sulfureuses, enjeux électoraux obligent.

La Ligue des droits de l’Homme s’inquiète de la conjonction de cette radicalisation avec la fragilisation politique induite par les suites de l’affaire Cahuzac. Elle demande au gouvernement de prendre conscience de l’exaspération de la population, toujours en attente des mesures de justice sociale et de rénovation éternellement remises à plus tard. Elle invite le président de la République et le gouvernement à en prendre la juste mesure, et demande aux citoyennes et citoyens de continuer à se mobiliser pour la légalisation du mariage pour tous. Au-delà, la Ligue des droits de l’Homme appelle à la plus grande vigilance face à toutes les provocations visant à affaiblir la République et délégitimer la représentation nationale.

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article134898

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