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25 avril 2019 ~ 0 Commentaire

25 avril 1974 (contretemps )

cravos

Le 25 avril et ses suites : luttes de classe dans la révolution portugaise

Le MFA est créé clandestinement en mars 1974, dans une indépendance relative à l’égard de la haute hiérarchie militaire. Composée pour l’essentiel d’officiers subalternes et traversée par l’ensemble des courants de l’opposition antifasciste (des démocrates libéraux à l’extrême-gauche en passant par la social-démocratie ou le PCP), c’est cette organisation qui va préparer puis exécuter avec succès l’initiative militaire du 25 avril.

A 0h25, la célèbre chanson « Grandôla, Vila Morena » est diffusée sur « Radio Renaissance » pour annoncer le lancement de l’action

Vers 3 heures du matin, les locaux des principales radios sont occupés, qui permettront de diffuser une série de communiqués dans les heures qui suivent, de même que les aéroports de Lisbonne et Porto. Les quartiers généraux des régions militaires des deux grandes villes, mais aussi les ministères, les bureaux de la police (PSP) et la banque du Portugal, sont assiégés par les troupes dirigées par le MFA.

Un ultimatum est adressé à Caetano qui, réfugié dans la caserne du Carmo au centre de Lisbonne, n’accepte de se démettre qu’à 16h30, exigeant de remettre la direction du pays à un officier supérieur, qui ne faisait pas partie du MFA, afin que le pouvoir « ne tombe pas dans la rue » : Antonio de Spinola, un général démis de ses fonctions deux mois auparavant en raison de son opposition, très mesurée, aux guerres menées par le régime dans les colonies.

Néanmoins, on ne saurait réduire le 25 avril ni à un simple putsch

Dans lequel certains adeptes des théories conspirationnistes virent la main de la CIA ou du groupe Bilderberg, ni même à une succession d’opérations militaires bien menées. Dès l’aube, la population portu- gaise descend spontanément dans la rue pour soutenir l’action du MFA  (offrant des œillets aux militaires), fêtant la fin de la dictature et veillant à ce que cette victoire ne leur soit pas volée, contredisant les communiqués du MFA qui l’invitaient à « garder son calme et à rentrer chez elle ».

Un capitaine du MFA, Maia de Santarem, a d’ailleurs déclaré après-coup 

« Nous sommes arrivés à la conclusion qu’il fallait faire quelque chose, parce que si nous ne le faisions pas, ce serait la population qui le ferait. Nous avions le sentiment que nous étions en train de marcher vers un abîme et que cet abîme aboutirait à une guerre civile où le peuple pren-drait les armes ». Même si cela ne reflète sans doute pas la gamme très variée des opinions au sein du MFA, il paraît clair que celui-ci n’avait ni prévu l’ampleur des manifestations de rue ni souhaité une telle irruption populaire.

Les militaires insurgés n’ont donc pas pu faire sans le peuple portugais

Qui a d’emblée manifesté un grand esprit d’initiative en cherchant à mettre à bas l’appareil répressif du régime, aussi détesté qu’imposant. Ainsi s’est affirmé un « 25 avril d’en bas » les manifestants à Lisbonne se réunissent devant la caserne de la GNR (Garde nationale républicaine) où s’était réfugié Caetano, assiègent le quartier général de la PIDE (qui tire sur la foule) et les locaux du parti unique, envahissent et mettent à sac l’immeuble de la censure, encerclent la prison de Caxias jusqu’à obtenir la libération de l’ensemble des prisonniers politiques (y compris de ceux que Spinola voulait maintenir enfermés en raison des attentats qu’ils avaient commis).

Presque partout dans le pays on retrouve ces mêmes scènes de liesse

Traduisant l’euphorie de voir enfin la dictature tomber, mais aussi la vigilance populaire contre une transition qui se contenterait de troquer un personnel dirigeant pour un autre en maintenant intacts les instruments de répression et de censure. Le peuple lisboète ne parviendra toutefois pas à éviter que Caetano s’enfuie tranquillement, escorté par les militaires du MFA dans un blindé, et laisse le pouvoir au général Spinola, sans être jugé pour ses crimes.

Celui-ci est alors le dirigeant sur lequel compte la bourgeoisie portugaise, sa trajectoire per- sonnelle rassurant tous ceux qui n’aspirent qu’à un polissage du régime et à une meilleure intégration du capital portugais au marché mondial, en somme une révolution sans révolution.

Engagé volontaire aux côtés des franquistes durant la guerre civile espagnole (1936-39) puis avec les troupes nazies sur le front est au moment de la bataille de Stalingrad, loyal serviteur de l’Estado novo dans ses guerres coloniales (ce qui lui assure le soutien des sommets de la hiérarchie militaire), proche des milieux financiers portugais pour avoir fréquenté les salons de la riche famille capitaliste Champalimaud, Spinola apparaît alors à la classe dominante comme la seule solution pour maintenir le calme dans le pays.

Et c’est effectivement à limiter la combativité populaire, qui se déploie dans les jours suivant le 25 avril (en particulier lors de la manifestation du 1er mai qui réunit entre 300 000 et 500 000 personnes), que va s’employer le « général au monocle ». Non seulement Spinola va échouer, mais ses tentatives d’accroître son pouvoir pour empêcher la décolonisation et réprimer les grèves qui se multiplient aux mois de mai-juin 1974, vont aboutir à des mouvements de masse d’ampleur croissante.

Le 16 mai 1974, le 28 septembre de la même année et le 11 mars 1975, les classes dominantes subissent des défaites retentissantes

Qui finissent par contraindre Spinola à s’enfuir en Espagne, où il fonde une organisation d’extrême-droite se donnant pour objectif d’imposer un régime autoritaire. Le 11 mars, la tentative de putsch est repoussée par la population qui forme des piquets devant les casernes, par les soldats et l’aile gauche du MFA qui s’organisent pour repousser les attaques des puts-chistes et par les travailleurs qui se mettent en grève partout dans le pays, à l’appel de l’Inter-syndicale (qui organise par ailleurs des manifestations très suivies dans la soirée).

Cette victoire populaire constitue un tournant dans la révolution 

Non seulement l’échec du spinolisme laisse la bourgeoisie sans solution politique ni perspective stratégique (au moins provisoirement), mais les travailleurs portugais prennent confiance et se politisent. D’avril 1974 à novembre 1975, les travailleurs portugais vont ainsi renouer avec les traditions combatives d’un mouvement ouvrier qui, sous la Première République (de 1910 à 1926), avait organisé pas moins de 158 grèves générales (près de 10 par an !), avant d’être brutalement réprimé après le coup d’Etat militaire de 1926.

Même si la montée d’une conscience anticapitaliste demeure très inégale d’un secteur d’activité à l’autre

Et d’une région à l’autre, l’auto-organisation progresse indéniablement. Dès le mois de mai 1974 sont organisées des occupations de maisons ou d’appartements vides par des familles pauvres, avant que des commissions d’habitants (moradores) se développent dans les villes. A la campa-gne, en particulier dans l’Alentejo, les ouvriers agricoles s’organisent pour arracher une véritable réforme agraire. Sur les lieux de travail, grèves et occupations s’accompagnent de la formation de commissions de travailleurs. Enfin, on voit émerger en août 1975 les comités SUV (« Soldats Unis Vaincront »), qui cherchent à favoriser l’auto-organisation et la politisation des soldats.

Ces initiatives demeurent minoritaires et ne sont pas structurées nationale-ment, si bien qu’on ne saurait parler d’une situation de « double pouvoir » sans prendre ses désirs pour la réalité.

Auraient-elles pu constituer un embryon de pouvoir populaire ? Sans doute, si du moins elles n’avaient été affaiblies par le sectarisme de certains mouvements maoïstes (notamment le MRPPqui voyait dans le PCP l’ennemi principal, qualifié de « social-fasciste »), et par l’hostilité des organisations réformistes, en particulier le PCP qui bénéficiait de loin de l’implantation la plus solide dans le monde du travail et dans les syndicats, n’acceptant de participer aux commissions de travailleurs que par crainte de perdre du terrain face à une extrême-gauche dont l’audience était croissante.

Reste que l’émergence et le développement des commissions de travailleurs, d’habitants et de soldats non seulement traduisent la radicalisation des mouvements de masse, en réponse aux velléités contre-révolutionnaires des classes dominantes, mais rappellent que la confrontation avec la bourgeoisie et son État ne peut s’engager favorablement que si la classe des exploités et des opprimés parvient à se doter, au cours même de la crise révolutionnaire, d’instruments unitaires et démocratiques de lutte, capables de se muer en organes d’un pouvoir alternatif à l’État capitaliste, du local au national.

« Les œillets sont coupés » les classes dominantes reprennent la main

L’hypothèque Spinola étant levée par la victoire du 11 mars, c’est en grande partie au sein du MFA, dont le prestige acquis le 25 avril reste très important tout au long de l’année 1975, que vont se nouer les contradictions sociales et politiques ayant émergé du processus révolution- naire, et que va se poser la question du pouvoir. En effet, le MFA prétend à la direction du processus et s’institutionnalise en mars à travers la création du Conseil de la Révolution.

Sous la pression des travailleurs, le Conseil des ministres décide une réforme agraire très partielle

Et décrète, de mars à août, une série de nationalisations dans des secteurs clés de l’économie portugaise (banques, assurances, électricité, transports, sidérurgie, compagnies pétrolières, tabacs, cimenteries, etc.), sans que soient toutefois posées les questions décisives, du point de vue révolutionnaire, de l’indemnisation des anciens propriétaires et du contrôle des travailleurs sur la gestion des entreprises nationalisées.

Le putsch des 25 et 26 novembre 1975, mené par les fractions de droite et d’extrême-droite de la hiérarchie militaire et du MFA, en liaison avec le PS

Le 12 novembre, une manifestation d’ouvriers du bâtiment encercle l’Assemblée nationale, séquestre les députés durant 36 heures jusqu’à ce que ces derniers accèdent à leurs reven- dications. Le 16 novembre, une manifestation appelée par les commissions et soutenue par le FUR (Front d’unité des révolutionnaires) et le PCP, réunit 100 000 personnes à Lisbonne. La bourgeoisie comprend que seul un coup de force pourrait lui permettre de modifier le rapport de forces en sa faveur, évitant préventivement une éventuelle insurrection populaire.

Sans les atermoiements de la gauche du MFA, qui bénéficiait pourtant d’une large supériorité militaire, et sans le refus du PCP de lancer une contre-offensive ouvrière, le putsch n’aurait sans doute pas abouti ou aurait conduit à une situation de confrontation militaire et politique.

Dès le 25 novembre, l’état de siège est décrété et la publication de la presse interdite, les putschistes occupent quelques points stratégiques mais ne parviennent pas à prendre la caser-ne de la police militaire (dominée par l’extrême-gauche). Plutôt que d’accepter le combat et de lancer leurs forces dans l’action, les leaders de la gauche du MFA se rendent au palais prési-dentiel pour négocier leur propre reddition. La révolution portugaise ne se relèvera pas d’un tel coup d’arrêt : la bourgeoisie reprend confiance dans ses propres forces, s’appuyant sur le PS pour assurer la normalisation et en finir avec les embryons de pouvoir populaire qui avaient émergé.

Les commissions de base (et les partis d’extrême-gauche) étaient trop faibles pour faire ce que le PCP ne voulait pas faire

A savoir résister à une offensive visant à rétablir l’autorité pleine et entière de l’État, mais trop développées pour ne pas effrayer la bourgeoisie, les partis de la gauche réformiste (PS et PCP) et la gauche du MFA, cette dernière restant attachée à la hiérarchie militaire et s’opposant frontalement à tout mouvement d’organisation des soldats.

La régression qui suivra les journées décisives de novembre 1975 sera aussi rapide que profonde.

Non seulement les acquis de la révolution sont remis en cause, mais la droite revient au pouvoir dès 1979 en la personne de Sa Carneiro, qui s’était distingué avant la révolution par son appartenance au parti unique, ce qui lui avait valu d’être élu député sous Caetano. Pire, le général Spinola est réhabilité dès 1978, élevé au titre de maréchal et nommé président de la commission chargée d’organiser la commémoration officielle du 10ème anni- versaire de la révolution des œillets.

A l’opposé, celui qui dirigea la mobilisation militaire du 25 avril 1974, Otelo de Carvalho

fut condamné en 1987 à 15 ans de prison pour sa participation supposée à une organisation clandestine armée (les Forces populaires du 25 avril). Les destins croisés de ces deux personnages marquants de la Révolution portugaise suffisent à illustrer l’ampleur de la réaction thermidorienne qui succéda au putsch du 26 novembre 1975. (Résumé)

Ugo Palheta 25 avril 2014

https://www.contretemps.eu/

Lire aussi:

25 avril 1974 : il y a 44 ans, les travailleurs portugais prenaient leurs affaires en main (RP)

Pour une histoire populaire de la Révolution portugaise. Entretien avec Raquel Varela (ESSF)

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23 avril 2019 ~ 0 Commentaire

hugo palheta (le média)

Hugo Palheta est membre du NPA

En quoi le fascisme n’est-il pas une catégorie historique obsolète mais une catégorie politique toujours d’actualité ?

Ugo Palheta : La raison principale, c’est que la catégorie de “fascisme” est plus précise et utile que celle de “populisme”, non seulement pour caractériser la plupart des extrêmes droites contemporaines, mais aussi pour penser le type de danger qui hante notre temps ; car le fascisme est le nom à la fois d’un projet politique spécifique et du mouvement par lequel le capitalisme se perpétue sous des formes catastrophiques, par la destruction de toute démocratie.

La catégorie de “populisme” esquive complètement ce double aspect. Si l’on se fonde sur les définitions qui sont données par les historiens ou politistes mainstream qui y recourent (reposant sur des critères aussi vagues que l’usage de la démagogie ou d’une rhétorique de l’appel au peuple face aux élites), cette catégorie ne permet nullement de spécifier le type de projet qui est porté par la plupart des forces d’extrême droite.

À l’inverse, la catégorie de fascisme permet d’insister sur la continuité souterraine entre l’idéologie du fascisme historique et l’idéologie de forces comme le FN (devenu RN), la Lega en Italie, ou encore Bolsonaro au Brésil, à savoir le projet d’une régénération de la nation par purification violente (ethnique et politique).

Vous critiquez deux idées. D’une part que le fascisme serait produit “nécessairement” par le capitalisme en crise. D’autre part qu’il serait un simple instrument de la bourgeoisie pour asseoir sa domination.

Oui, j’insiste sur le fait que le fascisme, s’il ne peut parvenir et se maintenir au pouvoir qu’en nouant des alliances avec la classe dominante (notamment en obtenant le soutien politique d’organisations ou de dirigeants appartenant à la droite conservatrice, mais aussi en passant des compromis avec le patronat, l’armée, etc.), n’est pas le simple produit d’une conspiration bourgeoise.

Le fascisme est d’abord le produit de la décomposition de l’ordre politique, de ce que je nomme dans le livre une crise d’hégémonie généralisée. Celle-ci se manifeste à travers l’effondrement brutal de la légitimité des représentants politiques traditionnels de la bourgeoisie ainsi que l’affaiblissement des formes de contre-hégémonie issues des gauches, autrement dit leur incapacité de se hisser à la hauteur de la situation historique et à proposer une solution à la crise politique.

Le fascisme ne dérive donc pas d’une réaction de la bourgeoisie à une crise révolutionnaire, au cours de laquelle les classes populaires seraient à l’offensive et menaceraient l’ordre social, mais d’une crise de gouvernabilité qui combine une impuissance politique de la bourgeoisie, un recul des mouvements de gauche, et la conquête d’une audience de masse par une organi-sation d’extrême droite ; des traits que l’on retrouve précisément dans la France contemporaine.

C’est dans ce type de situation que la classe dominante peut être amenée à passer un compro-mis avec le fascisme en pensant reprendre le contrôle du pouvoir politique plus tard. Ce qui s’est avéré un pari très hasardeux puisque, si les fascistes laissent les coudées franches aux capita-listes sur le plan économique et leur permettent d’accroître leurs profits (en les débarrassant de toute organisation de défense des salariés), ils sont prêts à tout pour se maintenir à la tête de l’État, ne serait-ce que pour continuer à en tirer eux-mêmes un maximum de privilèges matériels.

Vous avancez que le durcissement autoritaire de l’État capitaliste, en allant toujours plus loin dans la destruction des droits et des libertés fondamen-tales, crée un terrain juridique et institutionnel propice à l’instauration d’une dictature fasciste.

Effectivement, la poussée autoritaire que connaissent les États capitalistes, notamment en France, rend possible à terme le glissement de la situation qui est encore la nôtre (mais l’est de moins en moins), à savoir une domination bourgeoise sous contrainte du droit (respect des libertés publiques notamment) et limitée par des conquêtes sociales (protection sociale, Code du travail, services publics, etc.), vers une nouvelle situation : une dictature ouverte ne se conten-tant plus de rogner ces conquêtes et l’État de droit mais décidée à les rayer de la carte, de même que toute forme d’intervention populaire et tout mouvement de contestation (syndical, antiraciste, féministe, etc.).

Le fascisme ne devient possible comme régime politique que parce qu’il est d’une certaine manière déjà là, en pointillés, à travers des processus de fascisation qui imprègnent le champ politique, s’intègrent à la mécanique de l’État et affectent les subjectivités.

https://comptoir.org/

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17 avril 2019 ~ 0 Commentaire

extrême droite (courrier international)

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kkk

Le terrorisme d’extrême droite, une menace mondiale sous-estimée

Souvent minimisées, les violences commises par les nationalistes extrémistes se multiplient dans de nombreux pays. Et les groupes fascistes, identitaires et suprémacistes sont de plus en plus liés entre eux.

C’était apparemment un loup solitaire.

D’après la police, l’homme qui a massacré 50 fidèles musulmans et en a grièvement blessé neuf autres dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, le 15 mars, ne faisait partie d’aucune organisation. Cet Australien de 28 ans, Brenton Tarrant, dit s’être forgé des convictions extrémistes en surfant sur Internet et en visitant l’Europe. Il a acheté ses armes seul, et son projet de massacre était resté secret.

Pourtant, son action s’inscrit dans un projet plus vaste.

Les noms et les slogans inscrits sur ses armes résonnent familièrement aux oreilles des nationalistes blancs du monde entier. Son manifeste publié sur Internet, intitulé “Le Grand Remplacement”, reprenait une des théories du complot les plus prisées de l’extrême droite, qui affirme que les immigrés non blancs et musulmans dans les pays occidentaux sont des envahis-seurs, poussés par des élites manipulatrices afin de remplacer les populations européennes d’origine. Ces idées autrefois marginales sont devenues monnaie courante, pas seulement dans les posts de cinglés anonymes sur les réseaux sociaux, mais également dans les discours de politiques élus, aussi bien en Hongrie que dans l’État de l’Iowa.

Une meute

Ce qui signifie que ce loup solitaire faisait quand même partie d’une meute. Les attentats commis par des néonazis, des suprémacistes blancs et autres fanatiques d’extrême droite sont de plus en plus fréquents. Aux États-Unis leur nombre dépasse ceux perpétrés par des islamis-tes. Entre 2010 et 2017, sur 263 actes de terrorisme, 92 ont été le fait d’assaillants d’extrême droite, contre 38 perpétrés par des djihadistes, selon le Washington Post. En Europe, les tueries des djihadistes continuent d’être majoritaires, mais le nombre de morts liés au terrorisme d’extrême droite a fortement augmenté depuis 2010.

Ces six derniers mois ont été marqués par une multiplication du nombre d’actes terroristes d’extrême droite.

À l’automne dernier un nationaliste blanc a tué 11 personnes dans une synagogue à Pittsburgh. La France a déjoué un complot d’ultradroite destiné à supprimer Emmanuel Macron et l’Espagne a arrêté un fasciste qui voulait assassiner le Premier ministre, Pedro Sánchez. L’Allemagne a découvert une cellule extrémiste dans son armée, cellule qui comptait éliminer des ministres, notamment celui des Affaires étrangères. En février, le FBI a arrêté un officier des gardes-côtes américains qui possédait tout un arsenal et une liste d’élus démocrates à éliminer.

Si, dans le monde, le terrorisme des nationalistes blancs est bien moins meurtrier que sa variante djihadiste, il est plus fréquent que ne le reconnaissent les autorités, explique Jacob Aasland Ravndal, du Centre de recherche sur l’extrémisme, établi en Norvège.

La définition légale du terrorisme veut qu’une attaque ait été planifiée.

Or la violence d’extrême droite peut avoir un caractère « spontané ». Ainsi, l’incendie d’un centre de réfugiés est considéré comme un acte de haine et non comme du terrorisme. Europol, l’agence européenne de police criminelle, a attribué 3 % seulement des attaques terroristes en 2017 à l’extrême droite. Mais la base de données de Ravndal sur les incidents violents motivés par une idéologie montre que, en Europe de l’Ouest, si les djihadistes tuent plus de gens, l’extrême droite est à l’initiative de plus d’attaques.

Si la menace des nationalistes blancs est sous-estimée, c’est en partie parce qu’ils communiquent peu.

Brenton Tarrant et son héros, Anders Breivik, qui a tué 77 personnes en Norvège en 2011, sont des exceptions. Ils ont écrit des manifestes et essayé de médiatiser leur cas au maximum. Le tueur de Christchurch était même proche des djihadistes dans la cruauté affichée de son massacre et sa volonté de diviser… (Payant)

17/04/2019

https://www.courrierinternational.com/

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11 avril 2019 ~ 0 Commentaire

«thawra», révolution ! (révolution-permanente npa mee regards)

soudan

Soudan : le président Omar el-Béchir évincé du pouvoir par l’armée (MEE)

« La révolution continue »

L’armée a mis fin aux trente ans de règne du président soudanais après des mois de manifestations populaires, mais les meneurs de la contestation rejettent le « coup d’État du régime ».
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Les meneurs de la contestation ont quant à eux rejeté le « coup d’État du régime ».

« Déclaration importante : la révolution continue. » Telle a été la réaction concise du Comité des médecins soudanais suite à l’annonce que l’armée planifiait de prendre le contrôle du pays pour les deux prochaines années.

L’Association des professionnels soudanais, fer de lance de la contestation, a également annoncé qu’elle rejetait le « coup d’État » et appelé à la poursuite des manifestations jusqu’à ce que le pouvoir soit transféré à « un gouvernement civil de transition représentant les forces de la révolution. »

« Le régime a mené un coup d’État militaire en présentant encore les mêmes visages et les mêmes institutions que ceux qui ont provoqué la colère de notre grande nation. Ceux qui ont détruit le pays et tué son peuple cherchent à voler chaque goutte de sang et de sueur répandue par la nation soudanaise pour secouer son trône », a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Les activistes avaient averti depuis le matin, dans l’attente de l’annonce de l’armée, qu’ils accepteraient seulement que le pouvoir passe à un gouvernement civil, et beaucoup ont réagi avec colère à la déclaration télévisée du ministre de la Défense.

Certains manifestants se sont moqués de l’annonce et ont insisté pour que leurs manifestations se poursuivent. (…)

https://www.middleeasteye.net/fr/

soudan

Les soudanaises en première ligne contre le régime, Révolution! (RP)

L’image a fait le tour du monde : cette femme vêtue de blanc le doigt tendu vers le ciel haranguant la foule de manifestants au cri de « Thawra », Révolution ! Un symbole qui en dit long sur ce soulèvement populaire où les Soudanaises sont en première ligne. 

Si la gronde dans le pays résonne depuis plus de 4 mois, c’est depuis le 6 avril que le Soudan est secoué d’une vague massive de contestation contre le régime autoritaire d’Omar el-Béchir, qui la réprime dans le sang.

Ce sont 9 manifestants qui ont été tués depuis le 6 avril.

Une situation de précarité et de misère extrême dévore le pays, et c’est à l’annonce d’une hausse de trois fois le prix du pain, à côté d’une hausse de 30 % des prix du carburant, avec une inflation délirante, que la population a commencé les manifestations. Les manifestations ont connu un immense regain de mobilisation le 6 avril, date anniversaire du 6 avril 1985 qui avait marqué le renversement du régime du président Jaafar Nimeyri.

Pour donner un aperçu de la situation dramatique pour les classes populaires, comme le précise Mediapart : « Un Soudanais sur cinq vit au-dessous du seuil de pauvreté et le Soudan est, selon l’ONU l’un des huit pays les plus touchés par la malnutrition. Alors que 7 % seulement du budget national sont consacrés à la santé, et 75 % à la défense, à la sécurité et à la rémunération des principaux dirigeants, la crédibilité du chef de l’État est au plus bas et sa marge de manœuvre paraît dérisoire. Avec la division du pays, le Soudan a perdu 75 % de ses ressources en pétrole, c’est-à-dire 90 % de ses exportations et la moitié de ses recettes budgétaires. »

Dans ce contexte, ce sont encore les femmes qui sont les plus touchées par la misère sociale et l’autoritarisme du régime islamique.

D’un côté, elles subissent le chômage, en plus de devoir supporter le travail domestique et l’entretien de la famille dans des conditions d’extrême précarité. De l’autre, ce sont des lois discriminantes et sexistes qui président. Ayant pris le pouvoir par un coup d’État en 1989, le président islamique el-Béchir n’a fait que pérenniser la charia (loi islamique) qui avait été instaurée en 1983, en plus de lois gouvernementales tentant de restreindre le plus possible l’accès du marché du travail aux femmes, les contraignant à rester au foyer.

Une professeure à l’université de Bahri déclarait à l’AFP : « Car depuis le premier jour, ce gou-vernement a fait des lois contre les femmes. Ne portez pas de pantalon, couvrez vos cheveux, ne parlez pas fort… ».

Une loi qui se matérialise par la condamnation à la flagellation de 15.000 femmes en 2016, par la multiplication des viols et violences sexuelles, pour lesquels, jusqu’en 2015, elles pouvaient être jugées pour adultères. En 2017, Noura Hussein, figure tragique des lois misogynes était condamnée à mort pour s’être défendue face à son violeur, en l’occurrence l’homme auquel, selon la loi soudanaise, son père avait pu la marier de force.

Des conditions de vie effroyables pour les femmes rompues par le chômage, la surexploitation, et l’oppression systématique dont elles sont victimes. Mais ce sont elles qui aujourd’hui, sont sur le devant de la scène du combat contre ce régime mortifère, à l’image de cette femme dont la vidéo est devenue virale appelant la foule de manifestants à reprendre le mot d’ordre « Thawra », Révolution.

France 24 relate : « D’après Hind Makki […] la femme « porte une robe blanche comme en portaient nos mères et grand-mères dans les années 60, 70 et 80, lors des grandes manifes-tations contre les précédentes dictatures militaires ». Cet habit de coton blanc était en effet porté par les femmes lors des mouvements populaires de 1964 et 1985, au Soudan. »

La répression qui s’abat sur les femmes est tout aussi violente. Lors du 8 mars ayant été une date de mobilisation importante dans ce contexte, Eilman, une jeune manifestante déclarait à RFI Afrique concernant les arrestations arbitraires du régime : « Je pense qu’il y a une volonté d’humilier les femmes. Certaines étudiantes ont eu leur foulard qu’elles portent sur la tête arraché par les forces de l’ordre ; on a également coupé les cheveux de certaines qui étaient en détention. Tout ça c’est une façon d’humilier les femmes de ce pays, de leur faire peur et de dire aux hommes, on a violenté vos femmes »

La moitié des manifestants sont des manifestantes, faisant suite à cette histoire de lutte et de combat, et dans un moment où les femmes, internationalement sont à l’avant-garde des luttes contre les régimes autoritaires.

La situation ne devient que plus explosive avec, en ce début de semaine, la division de l’armée. Loin d’être du côté de la population, les forces militaires se posent néanmoins en opposition au régime d’El-Béchir, faisant office d’arbitre du conflit qu’elle cherche avant tout à canaliser pour reprendre la main. Nul doute que le projet politique qu’elle porte ne soit pas beaucoup plus progressiste que celui d’El Bechir.

Iris Serant mercredi 10 avril

https://www.revolutionpermanente.fr/

soudan

Lire aussi:

Solidarité avec le soulèvement au Soudan ! (NPA)

Soudan, une révolution au goût amer (Regards)

Les raisons économiques de la colère des Soudanais (Essf)

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11 avril 2019 ~ 0 Commentaire

israël (l’orient le jour)

election izrzrrrr

Hadash-Taal (6 élus)
Liste la plus populaire parmi les électeurs arabes, elle allie le mouvement communiste Hadash, dirigé par Ayman Odeh, et le parti Taal d’Ahmed Tibi. En 2015, les deux partis faisaient partie de la Liste arabe unie.

Balad-Raam (4 élus)
Autre réminiscence de la Liste arabe unie de 2015, l’alliance comprend le parti nationaliste arabe Balad et le parti islamiste Raam.

Meretz (4 élus)
Le parti sioniste,  laïc et socialiste créé en 1992 et dirigé par Tamar Zandberg, a tremblé jusqu’au bout mais a réussi à franchir le seuil de 3,25% des votes pour rester au Parlement. Meretz soutient une solution à deux Etats avec les Palestiniens.

https://www.lorientlejour.com/

Commentaire:

Les partis « décents ». Le parti travailliste ne l’étant pas. La liste arabe unie (trop laïque?) s’est cassée en deux, la Liste Unifiée en 2015 devint la troisième force politique en remportant 13 sièges.

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09 avril 2019 ~ 0 Commentaire

14 de abril repùblica! (léon trotsky)

14-de-abril-república

14 Avril 1931: proclamation de la deuxième république espagnole

Ce 14 avril marque le 87e anniversaire de la proclamation de la République, après des municipales, les partis républicains ont obtenu la majorité, par les votes et les luttes du peuple. Cela a entraîné la chute de la monarchie et la fuite du Roi Alphonse XIII. Cela signifiait l’ouverture d’une phase excitante et prometteuse de changement de modèle de société. Un pays démocratique et pacifique, salué par des millions de travailleurs, de journaliers et les classes populaires, qui s’étaient battus massivement.

L’une des premières tâches entreprises par la République a été la bataille de la culture, la réforme de l’éducation.

L’accès au savoir en général et à l’éducation des masses opprimées a été l’une des principales revendications des organisations de travailleurs, ainsi que l’amélioration des conditions de vie et de travail, aspirations légitimes des forces de gauche en Europe dans un pays appauvri et entravé par l’analphabétisme chronique. Une fois la République proclamée, au beau milieu d’une grande fête populaire, la classe ouvrière est descendue dans les rues pour célébrer la réforme du système éducatif avec les premiers décrets du gouvernement.

Le ministère a élaboré un plan quinquennal pour la construction de 17 151 nouvelles écoles, ce qui représente une augmentation de plus de 50% par rapport au nombre de cette époque: 32 680 écoles, en créant 7 000 la première année et 5 000 chaque année.

En 1931, sur un peu plus de 25 millions de la population espagnole, 32,4% étaient analpha-bètes et plus d’un million d’enfants non scolarisés et mal nourris.

En 1934, il y avait déjà 50 000 enseignants, dont 34 000 étaient affiliés à la FETE-UGT. Un autre aspect des conquêtes obtenues a été la dignité de la profession enseignante, ainsi que les améliorations salariales. Le clergé était composé de 160 000 personnes jusque-là dominant par les obstacles la science au nom de la réaction ecclésiastique.

http://mediterraneo.diario16.com/

Commentaire:

C’est la 2è République espagnole après celle du 11 février 1873,  proclamée par les Cortes, qui ne durera que jusqu’au 29 décembre 1874. Pour nous cette 2è république n’est vraiment pas idéale. Elle représentera les intérêts des riches bourgeois, en particulier pas de réforme agraire, elle enverra la police assassiner des anarchistes et  le général Franco contre les mineurs des Asturies en 1934. Sa politique coloniale au Maroc, entraînera la victoire de Franco en lui fournissant des troupes en 1936.

Lire aussi:

Madrid se llena de banderas tricolor y la República se cuela en la campaña electoral (Pùblico)

Seconde République (Wikipedia)

Massacre de Casas Viejas (Wikipedia)

Léon Trotsky La révolution espagnole et les dangers qui la menacent (Marxist)

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06 avril 2019 ~ 0 Commentaire

espagne maroc (pùblico)

refugies

« Mon cas a été envoyé d’Espagne au Maroc parce qu’ils pensaient qu’ici je serais inculpée »

Elle aurait pu être condamnée à la réclusion à perpétuité pour avoir défendu le droit à la vie

Helena Maleno Garzón (El Ejido, 1970) est une défenseuse des droits de l’homme, journaliste et chercheuse sur les mouvements migratoires et les êtres humains.

Il y a 7 ans, l’UCRIF (Unité centrale de l’immigration clandestine et des faux documents) de la police nationale a ouvert une enquête à son encontre après l’avoir liée à la traite d’êtres humains.

La raison en était ses appels au sauvetage des bateaux à la dérive. L’affaire a été classée par la Cour Nationale pour ne pas avoir trouvé de crime dans ses activités. Malgré cela, la police espagnole a envoyé l’affaire au Maroc, où elle réside.

La justice marocaine a classé l’affaire définitivement le 6 mars dernier.

Maleno, qui a fondé le collectif Caminando Fronteras, a consacré sa vie à la défense des droits des migrants et à la lutte contre le racisme institutionnel. Elle a répondu par téléphone depuis Tanger.

Après sept ans, la cour d’appel de Tanger a engagé une action en justice à votre encontre pour un crime présumé de traite des êtres humains. Comment allez-vous?

Soulagée. C’est une nouvelle très importante car elle ratifie le droit à la vie, contre lequel les autorités s’étaient exprimées. En ce qui me concerne l’époque, j’étais au courant de cette accusation, lorsque le Maroc m’en a informée en 2017, alors que l’Espagne enquêtait auparavant sur cette accusation, mais je n’en savais rien.

Je ne savais pas qu’elle avait été abandonnée par la Cour nationale. Je me suis senti effrayée et submergée tout ce temps. Frontex, la police européenne de contrôle des frontières, a également enquêté sur moi. J’aurait pu être condamnée à la réclusion à perpétuité pour avoir défendu le droit à la vie. Dans les enquêtes, la police elle-même a déduit que je n’avais pas tiré de profit de « trafic de personnes » et malgré cela, elle a voulu me codamner.

Pourquoi pensez-vous que l’unité centrale des réseaux d’immigration clan-destine a renvoyé l’affaire au Maroc après que la justice espagnole n’ait pas trouvé de crimes?

L’Unité centrale des réseaux d’immigration clandestine ( UCRIF) était à la recherche d’un cas exemplaire; Me condamner aurait été un précédent pour le reste des gens qui travaillent contre les politi-ques de mort aux frontières.

Mon cas a été envoyé d’Espagne au Maroc parce qu’ils pensaient qu’ici ils m’incrimineraient ici par pur préjugé coloniasliste. Le dossier fabriqué par l’UCRIF est effrayant et comporte des parties où ils m’attaqueent en tant que femme. Je n’avais jamais pensé trouver autant de haine machiste dans un document de police.

Walking Borders, l’organisation à laquelle vous collaborez, veille à ce que vous récupériez vos droits perdus et veut corrigez les dommages causés dans ce cas. Quelles mesures et luttes souhaitez-vous réaliser?

Nous devons mettre fin à la criminalisation des personnes qui défendent le droit à la vie. Les groupes de migrants eux-mêmes sont systématiquement persécutés. Nous devons nous proté-ger collectivement et commencer à proposer des alternatives de vie à la construction des frontières. L’objectif est de travailler en réseau avec les personnes qui migrent; Il faut continuer le combat.

Depuis 2007, vous collaborez avec l’ONU et le médiateur. Après 12 ans, comment voyez-vous la situation de la population immigrante qui tente de fuir son pays, la guerre et la dictature? L’Espagne échoue-elle dans cette affaire?

Ma criminalisation et celle d’autres partenaires est due à la montée d’intérêts économiques aux frontières. Actuellement, il y a un peuple migrant qui bouge et dont les droits sont jugés par chacun de ses mouvements. À l’heure actuelle, certaines sociétés d’armement sont les principaux acteurs et donc il existe des intérêts économiques. Elles créent donc des conflits et bloquent les personnes qui tentent de se déplacer sur le territoire. Cette industrie parvient à manipuler les idées de l’Union Européenne et à imposer des idées racistes et xénophobes.

Votre combat est  pour que personne ne meurt  en mer. Comment l’empêcher et que les migrants aient des droits et des libertés?

Le droit à la vie en mer est l’un des droits les plus anciens, il prime,  quel que soit l’origine et les papiers. Il existe un service de sauvetage maritime qui est excellent et l’une de ces mesures serait que ce sauvetage ne serve pas de contrôle migratoire, mais en tant que défenseur du droit à la vie de quiconque se trouve dans nos mers, d’où qu’il vienne. On doit élaborer des politiques de vie.

Vous vous battez depuis longtemps contre les intérêts économiques qui sous-tendent les mouvements migratoires. Que pourrait faire le gouvernement pour lutter contre ces intérêts?

La première action consiste à construire un discours différent, sans mensonges ni préjugés, en traitant les personnes qui bougent comme êtres humains. Les gouvernements  doivent adopter des politiques qui ne favorisent pas les intérêts économiques. Il faut éviter les politiques de dissuasion imposées par les États-Unis et éliminer l’idée qui prévaut en Europe selon laquelle les immigrants ne sont que de la main d’oeuvre.

Nous vivons à l’ère des réseaux sociaux et, pour le meilleur ou pour le pire, cela fait avancer les idées. Comment cela vous a-t-il aidé dans votre travail?

Les réseaux nous permettent de créer une communauté de contacts de parents à la recherche de leurs proches disparus. Les réseaux sociaux ont été très importants pour mon cas particu-lier, mais également pour la communication des communautés de migrants. Sur Facebook, un grand réseau d’immigrés a été créé via mon compte. Ils décrivent leurs expériences, dévelop-pent des discours politiques, recherchent leurs morts et partagent des informations. De plus, les réseaux sociaux nous permettent de créer une communauté de contacts de parents à la recherche de leurs proches disparus.

L’extrême droite favorise le racisme. Que pensez-vous de ce phénomène en plein essor?

C’est notre faute, c’est tout ce que nous avons semé que nous recueillons maintenant. Nous n’avons pas travaillé pour éliminer le racisme, le colonialisme. Les camarades migrantes l’ont déjà dit lors de la dernière grève du 8 Mars: il faut décoloniser le savoir et l’être.

L’Europe qui prétendait être celle des droits de l’homme est maintenant l’Europe des privilèges. Un exemple en est les travailleurs temporaires du sud de l’Espagne ou de l’Italie, travailleurs bon marché, semi-esclaves, que ces partis tolèrent, car ils ne les considèrent pas comme des personnes. Le meilleur remède est de travailler ensemble, en réseau, pour trouver de nouveaux moyens.

Que diriez-vous au lecteur sur la situation au Maroc et dans d’autres pays?

Nous devons travailler dur contre le racisme institutionnel qui existe en Espagne. Tous les jours, nous devons secouer nos privilèges et faire entendre les voix qui ne se font pas entendre. Dans tous les lieux de nos actions, de la vie quotidienne, au lieu de travail, nous pouvons exiger les mêmes droits pour tous.

Cet article est publié grâce à la collaboration de la Fondation Rosa Luxemburg.

Helena Maleno Garzón est Défenseur des droits de l’homme / Ombudsman du Pays Basque
3 avril 2019 Miriam Martínez

https://ctxt.es/es/

Lire aussi:

La UE blinda sus fronteras con el refuerzo de un ‘ejército’ de 10.000 efectivos (Pùblico)

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06 avril 2019 ~ 0 Commentaire

mensonges (pùblico)

croisades

Chasse aux mensonges électoraux

Dire qu’il y a une « invasion islamiste » comme Ortega Smith (n°2 de « Vox ») est faux

Envahir c’est entrer de force. « L’invasion islamiste » de l’Europe dont parle le numéro deux de Vox se traduit par le fait qu’en Espagne, la population musulmane a augmenté de 1,4% en 2018.

Mensonge

Le bureau du procureur va enquêter sur les déclarations de Javier Ortega Smith, numéro deux de Vox, au cas où elles pourraient être constitutives d’un crime de haine punissable d’un à quatre ans d’emprisonnement.

Ortega Smith a déclaré lors d’un événement organisé au Casino de l’Agriculture à Valencia que « l’ennemi commun » est « l’invasion islamiste » de l’Europe. L’enquête du Bureau du Procureur s’ouvre après la présentation d’une plainte de l’association Musulmans contre l’islamophobie.
C’est la vérité

Envahir, c’est faire irruption, entrer de force. Dans cette affaire, la prétendue « invasion islamiste » signifie que la population musulmane a augmenté de 1,4% en Espagne en 2018, passant de 1,91 million en 2016 à 1,95 million. en 2017, selon les données recueillies par l’Union des Communautés Islamiques d’Espagne (CIE) et l’Observatoire Andalous dans le cadre de l’étude démographique sur la population musulmane. Les musulmans représentent environ 4% de la population totale en Espagne.

Participez au #CazaMentirasElectoral de Público en nous envoyant des messages sur Twitter ou par courrier électronique à cazamentiras@publico.es  ce que vous considérez être une info mensongère et dites-nous pourquoi vous pensez que c’est un mensonge et ce que vous pensez devoir être la vérité

Nous procéderons aux vérifications correspondantes et les publierons dans notre journal. En outre, nous contrôlerons périodiquement quels sont les partis qui tentent de tromper les citoyens pendant la campagne électorale. Nous comptons sur vous pour connaître la vérité. Alors on se bouge?

Madrid 04/06/2019 LUIS M. GARCÍA

https://www.publico.es/

Commentaire: Expulsez Zemmour en Espagne, là-bas il prend 4 ans!

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06 avril 2019 ~ 0 Commentaire

kurdes (the guardian)

Reportage sur les britanniques des YPG kurdes

Mirelle Court « Le Rojava est une expérience démocratique, révolutionnaire et féministe » (Audio 15 mn)

Rencontre avec Mireille Court, journaliste et coordinatrice de l’ouvrage « La Commune du Rojava, l’alternative kurde à l’Etat-nation » (Editions Syllepse) qui a enquêté sur ce territoire autonome du Nord de la Syrie où les populations portent un projet politique égalitaire, féministe et écologiste.
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Mitraillé de tous les côtés, par Daesh mais aussi les forces armées turques et souvent abandonné par la coalition internationale  (France, USA, Russie), le Rojava autonome s’est construit comme une utopie au milieu de la poudrière.
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La nécessaire résistance à la violence de l’Etat Islamique et la lutte contre un ennemi commun a fait naître, au milieu du chaos, un projet de société plus libre.Obligation de parité dans toutes les institutions, co-présidence hommes/femmes, interdiction des mariages forcés, égalité dans l’héritage, démocratie directe  et fonctionnement en assemblées…
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Ce modèle politique qui se veut inclusif et égalitaire (tant entre les hommes et les femmes qu’entre minorités religieuses et ethniques syriennes, arabes et kurdes) porte un nom : le confédéralisme démocratique.
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Inspiré des théories de l’écologiste libertaire américain Murray Bookchin, le leader kurde Abdullah Öcalan et fondateur du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan) a su populariser un nouveau paradigme qui remet en question la pertinence d’un Etat-nation kurde et confère au communalisme et à la démocratie directe un rôle pivot de la transformation sociale au Rojava.Emprisonné par les Turques depuis 1999, le père du confédéralisme démocratique est érigé en martyr… (…)
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lUn reportage de Giv Anquetil samedi 6 avril 2019
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https://www.franceinter.fr/couverturerojavasite-prov

Lire aussi:

La Commune du Rojava, l’alternative kurde à l’Etat-nation (Editions Syllepse) coordonné par Stephen Bouquin, Mireille Court et Chris Den Hond, est composé de textes de leaders politi-ques et de militantes féministes kurdes : Abdullah Öcalan, Reza Altun, Cemil Bayek, Saleh Muslim, Sebahat Tuncel, Dilar Dirik, Nursel Kiliç. Il comporte en outre des réflexions d’auteurs de réputation internationale (Immanuel Wallerstein, John Holloway…), des contributions d’auteurs hexagonaux spécialistes de la question kurde (Michel Verrier) ou spécialistes du Moyen-Orient (Pierre Barbancey, grand reporter à L’Humanité).

Rojava, une utopie au cœur du chaos syrien, Orient XXI, Mireille Court

Prendre les armes pour le Rojava ( 53 minutes)

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03 avril 2019 ~ 0 Commentaire

israel: partis arabes (orient 21)

pc israel

Israël. Les « partis arabes » dans la tourmente des élections

Exclus du jeu politique depuis la création d’Israël, les partis qui défendent les intérêts des 20 % de citoyens d’origine palestinienne ont fait une surprenante intrusion dans la campagne des élections législatives qui auront lieu le 9 avril.

Confrontée au risque de perdre sa majorité lors des élections du 9 avril, la coalition nationaliste dirigée par Benyamin Netanyahou s’est alarmée du danger que représenterait une éventuelle collaboration entre ces formations et la nouvelle opposition centriste.  C’est à dire, l’alliance « Bleu et blanc »(1) mise en place par trois anciens chefs d’état-major avec la formation centriste laïque Yesh Atid (Il y a un futur).

Mais l’opposition rejette avec véhémence l’hypothèse d’une telle coopération dans l’avenir.

Par ailleurs, partagés entre désir d’affirmation nationale et volonté de peser dans les choix stratégiques du pays, les partis arabes jusqu’ici regroupés au Parlement dans une unique formation (la Liste Unifiée), se présenteront cette fois-ci divisés face aux électeurs.

Dans la sociologie urbaine israélienne, la ville de Haïfa détonne.

Bastion de gauche dans un paysage résolument campé à droite, la cité portuaire est égale-ment une des rares localités dans lesquelles juifs et Arabes cohabitent dans une relative harmonie. Reléguée à l’échelle du pays dans des espaces déshérités et trois fois plus touchée par la pauvreté que la moyenne, la population palestinienne citoyenne israélienne est ici globalement intégrée au tissu social de la ville.

« On ne fait pas que coexister : on vit ensemble. », assure le rabbin Dov Hayun, vice-maire de la municipalité et membre du parti de la gauche sioniste, le Meretz. « Nous avons bien sûr des problèmes, comme toute société, mais nous parvenons à les résoudre, car ici nous sommes capables de dialoguer. »

Ce creuset s’explique par l’histoire particulière de cette ville ouvrière.

L’encadrement exercé sur les populations qui s’y sont succédé par le Parti Travailliste du côté juif et par le Parti Communiste du côté arabe, a notamment contribué à désamorcer les crispations communautaires. « Sans doute aussi parce que ni Jésus, ni Mohammed, ni Moïse n’ont jamais mis les pieds ici », ajoute avec malice Dov Hayun.

À Haïfa, l’inclusion des représentants politiques des 10 % de Palestiniens que compte la ville relève de l’évidence. Premier de leurs émanations locales, le Front démocratique pour la Paix et l’Egalité (Hadash), coalition judéo-arabe d’obédience communiste, dispose d’une longue expérience de participation aux affaires communales aux côtés de la gauche. « Les intérêts de la minorité arabe sont ici pris en compte, et elle est représentée dans l’administration », témoi-gne Raja Zaatry, dirigeant local du parti. «  Pour cette raison, même des forces de droite au racisme assumé tiennent ici un discours nettement plus modéré. »

Le « camp arabe » divisé

Du côté dudit « camp arabe », les alliances susceptibles de mettre un terme au règne de la droite font débat. Si la fin de l’occupation, la promotion d’une paix juste et la défense des droits de tous les Palestiniens font consensus, l’approche politique et stratégique diverge plus ou moins sensiblement. Ces antagonismes se cristallisent dans ses deux principales émanations:

- Le Hadash

- La Ligue démocratique nationale (Balad en hébreu, Tajamo en arabe. (2)

Hadash, qui dispose du plus grand nombre de militants et de la plus forte structuration, place son ciment idéologique socialiste au cœur de son identité. Composée très majoritairement de Palestiniens, mais refusant de se définir comme un parti arabe, elle défend un projet politique global qui ne se réduit pas à la seule question des intérêts de la minorité palestinienne.

« Sans concession sur nos exigences fondamentales, nous nous battons pour changer la société israélienne de l’intérieur », précise Dov Khenin, vétéran de la politique israélienne et unique élu juif des rangs du parti dans le Parlement sortant. Sans se faire d’illusion sur le fossé le séparant du consensus dominant en Israël, Hadash entend peser sur le processus décision-nel. Quitte, si l’occasion s’en présentait, à travailler avec l’opposition contre le bloc droite-extrême droite.

Balad-Tajamo, pour sa part, place la lutte nationale palestinienne au cœur de son identité, et rejette d’emblée toute coopération avec le pouvoir.

« Notre position de principe est de ne pas avoir de contact avec tout parti qui se déclarerait sioniste et défendrait donc le principe raciste d’une priorité accordée aux juifs », résume le chef du parti, Jamal Zahalka. « Notre tâche première est d’élever le niveau de conscience dans la sphère politique, et de nous opposer à cette mentalité de diabolisation et de haine sauvage et barbare qui s’exprime contre nous », précise sa collègue Haneen Zoabi, charismatique figure de la formation et cible fréquente des attaques du gouvernement (qui, après trois mandats, a décidé de ne pas se représenter).

Pour faire face au rehaussement du seuil électoral dirigé contre eux (qui est passé de 2 % des voix à 3,25 % pour disposer d’élus au Parlement, les deux partis s’étaient alliés et élargis aux islamistes de la Liste Arabe Unie (Raam) et au Mouvement Arabe pour le Renouveau (Ta’al). Celui-ci dirigé par l’ancien conseiller de Yasser Arafat, Ahmad Tibi,

Ensemble ils ont formé la Liste Unifiée lors du scrutin de 2015. Troisième force de la Knesset avec le nombre — inédit pour des partis palestiniens — de 13 mandats sur 120, ce cartel n’a pas survécu aux querelles portant sur l’attribution des sièges en position éligible sur une liste commune pour l’élection à venir.

Les divisions ont abouti à une reconfiguration en deux blocs, associant Hadash et Ta’al d’un côté, Balad-Tajamo et Raam de l’autre. Une recomposition davantage tactique que cohérente sur le plan idéologique, qui donnera toutefois davantage d’audience à ces deux approches antagoniques, mais qui pourrait, selon les sondages, faire baisser le nombre des sièges détenus par ces Palestiniens d’Israël au Parlement.

Main tendue

Alors que Balad-Tajamo s’est logiquement opposé d’avance à toute participation à la mise en place d’une administration dirigée par Benny Gantz, Hadash n’a pas exclu l’idée d’un soutien conditionnel à même d’écarter des affaires le bloc des droites. « Si les conditions sont réunies, nous souhaiterions réitérer l’expérience, très positive à notre sens, du soutien sans partici-pation au gouvernement de Yitzhak Rabin en 1992 », explique Raja Zaatry.

Le retour de la gauche au pouvoir avait alors permis la signature des accords d’Oslo, l’adoption d’une série de mesures sociales et une réallocation de ressources aux villes arabes. Le 15 mars, le député et chef de file du parti Ayman Odeh a exposé ses conditions pour un appui à un gouvernement alternatif à la droite, parmi lesquelles l’abrogation de la loi sur l’État-nation, la relance d’un dialogue de paix avec l’Autorité palestinienne et le réinvestissement dans les communautés arabes.

Suffisamment modérée pour être prise au sérieux, cette proposition est néanmoins restée lettre morte. « En réalité, les lignes rouges de l’alliance centriste Bleu et blanc sont trop éloignées de celles des Palestiniens d’Israël », analyse Tsafrir Cohen, directeur local de la Fondation Rosa Luxembourg, une structure affiliée au parti de la gauche radicale allemande Die Linke.

« Aux velléités d’annexion de la Cisjordanie de plus en plus manifestes à droite, Gantz n’opposerait, au mieux, qu’une politique de séparation, fondée sur le retrait unilatéral de portions de territoires. Ce qui ne s’apparente en aucun cas à un processus de paix. »

Alors que selon les sondages, deux tiers des Palestiniens d’Israël seraient favorables au soutien à un gouvernement de gauche, la posture du général Gantz, qui a fait plus de deux milliers de morts parmi les Palestiniens lors des bombardements de Gaza en 2014 alors qu’il était lui-même chef d’état-major un argument de sa campagne pourrait éloigner ceux-ci des urnes.

Entre 1996 et 2013, leur participation moyenne aux scrutins nationaux était de 13 % inférieure à la moyenne nationale. Une tendance historiquement corrélée à la montée du discours de haine à leur encontre et à la répression générale du mouvement palestinien. Alors que la formation de la Liste Unifiée avait contribué à réduire cet écart à 8 % en 2015, la rupture de cette dernière et le climat délétère entretenu par la droite pourraient avoir l’effet inverse.

Certains continueront sans doute à considérer leur bulletin de vote comme l’une des rares cartes qu’il leur reste, mais d’autres pourraient se montrer encore moins enclins qu’à l’accoutumée à légitimer un système politique conçu, au mieux, pour les ignorer.

« Sans nous, vous n’y arriverez pas ! »

Dans ce contexte, certains cherchent à repenser les convergences susceptibles de rendre fréquentable la minorité palestinienne. «  Les alliances traditionnelles peuvent se faire et se défaire », veut croire Raja Zaatry. « À titre d’exemple, les ultra-orthodoxes n’ont pas de position précise sur les colonies israéliennes, ils ne se déclarent même pas sionistes, mais ils collabo-rent actuellement avec la droite, car ils y trouvent leur intérêt. La gauche dispose dès lors du potentiel pour créer de nouveaux fronts. »

D’aucuns entrevoient des fronts communs avec les juifs orientaux (mizrahim) délaissés, comme les Arabes, par le pouvoir central, mais que le mépris dont ils ont fait l’objet de la part des élites travaillistes ashkénazes a solidement arrimés à la droite.

« Des discriminations, du manque d’accès à la terre à la suppression de l’arabe, langue d’origi-ne de nombreux juifs, comme langue officielle de l’État d’Israël, consécutive au vote de la loi État-nation, touchent les deux communautés », juge ainsi la journaliste Orly Noy. Née en Iran, cette Israélienne candidate sur la liste Balad-Tajamo œuvre de longue date à cette union pour l’heure virtuelle. Elle en appelle à la mémoire des Panthères noires, éphémère mouvement de protestation sociale des juifs orientaux (dont des marocains blog) qui émergea dans les années 1970, au sein duquel certains tentaient déjà de construire des ponts avec les Palestiniens.

« Une campagne victorieuse doit être porteuse d’un récit alternatif au discours dominant », estime pour sa part Ouri Weltmann, militant du mouvement Standing Together. Fondée en 2015, cette organisation judéo-arabe entend remédier à l’atomisation des luttes sociales en mettant l’accent sur le lien entre les inégalités et la fin de l’occupation.

Nourri de l’esprit de tolérance de son Haïfa natal, ce résident de Tel-Aviv pense toutefois que les leçons de morale professées par l’élite libérale sont inopérantes. « Nous ne parviendrons pas à convaincre l’opinion de ne pas voter pour des partis racistes en appelant à sa bonne conscience. Le point de départ doit être l’intérêt bien compris des gens, à commencer par faire cesser une occupation qui engloutit des ressources invraisemblables aux dépens des programmes sociaux. »

À la mesure de ses modestes moyens, un millier de membres, neufs sections locales, l’organisation s’est impliquée dans une campagne de terrain en direction des électeurs de centre gauche. Intitulée «Sans nous, vous n’y arriverez pas!», elle vise à convaincre les opposants à Nétanyahou de la nécessité de réhabiliter les Arabes et leurs représentants politiques comme acteurs légitimes du débat public. Une démarche qui, si elle a peu de chances de porter ses fruits à court terme, pourrait, espèrent ses militants, semer les graines d’un futur « récit alternatif ». (Résumé)

Grégory Mauzé  3 avril 2019

https://orientxxi.info/

Lire aussi:

Hadash (Wikipedia)

PC israelien (Wikipedia)

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