En août 1944, dans le climat chaotique de la Libération, des GI américains commettent des viols et des meurtres envers les populations civiles françaises.
L’armée américaine met en place une cour martiale pour les juger. Presque par hasard, elle embauche l’écrivain Louis Guilloux comme interprète. Peu à peu, le romancier découvre que seuls les soldats afro-américains sont condamnés, souvent à des peines capitales. Il le raconte dans un court récit : Ok, Joe !.
En confrontant son récit à la réalité historique et aux souvenirs de témoins et de descendants, ce documentaire révèle plusieurs tabous de la 2e Guerre Mondiale : les exactions de l’armée US envers des populations civiles, les viols des femmes, la ségrégation raciale, les châtiments cruels et sélectifs qu’elle inflige à ses soldats noirs.
Le film raconte une facette méconnue de la 2e guerre mondiale.
Dans le concert des avis sur la canicule, ces derniers jours, les voix d’extrême droite ont occupé plusieurs créneaux.
Du côté du RN, on veut faire mine de se soucier des classes populaires. Le député RN Jean-Philippe Tanguy a donc présenté, mardi 23 juin, un « plan 100 % rénov’ » de 20 milliards d’euros d’ici 2030, censé couvrir les travaux d’isolation thermique « pour le chauffage, mais aussi la climatisation ». Mais quand il s’agit d’expliquer comment ce plan serait financé, le député s’en tire avec une pirouette sur le fait que l’investissement permettrait à terme des économies d’énergie… Autant dire que malgré la chaleur, les habitants des bouilloires thermiques auraient tort de croire à ce mirage.
Marion Maréchal, à la tête d’un mouvement concurrent du RN, Identité Libertés, interrogée dimanche 21 juin sur la création d’un congé climatique en cas de canicule, a asséné que l’idée était « grotesque ». Bien installée dans les studios climatisés de BFM, elle a ajouté que ceux qui la défendent cherchent simplement à « en foutre le moins possible ».
Cette héritière en connaît un rayon sur le farniente. Pour ne pas risquer la surchauffe en écoutant ses opinions sur le travail et les travailleurs, mieux valait éteindre la télévision !
Les Suisses rejettent l’initiative anti-immigration de l’extrême droite
Les Suisses ont dit « non » au projet de limiter l’immigration dans leur pays, ce dimanche. Par référendum, il devait se positionner pour ou contre un projet de limiter la population du pays à 10 millions d’habitants permanents, alors qu’ils en sont actuellement à 9,5 millions.
55 % des Suisses ont dit non à l’initiative anti-immigration par référendum, ce dimanche.
En Suisse, autorités, milieux économiques, partenaires sociaux et principaux partis ont exprimé ce dimanche leur soulagement après le rejet, par plus de 54 % des votants, de l’initiative anti-immigration portée par la droite radicale, qui visait à plafonner la population du pays alpin.
Le vote sur l’initiative anti-immigration, qui s’annonçait très serré, a basculé en faveur du non à 54 %. « Nous sommes très soulagés et heureux. C’est un résultat qui est important pour notre pays et pour nos relations avec l’UE », a réagi la directrice l’organisation patronale economiesuisse, Monika Rühl, à la télévision publique RTS.
Non à 73,48 % à Bâle-ville
La proposition a été rejetée par une majorité de cantons, les scores les plus élevés en faveur du non ayant été enregistrés à Bâle-Ville (73,48 %), Neuchâtel (67,26 %) et Genève (65,42 %). Le scrutin a enregistré une forte participation, proche de 59 %, nettement supérieure à la moyenne d’environ 49 % observée ces dernières années.
« Par leur décision d’aujourd’hui, les citoyennes et citoyens ont donné un signal de stabilité, d’ouverture et de fiabilité », a déclaré le ministre suisse de la Justice et Police, Beat Jans, en conférence de presse, après avoir annoncé le résultat.
Une politique du bouc émissaire
« Je suis rassuré. Cette initiative mettait en pratique une politique du bouc émissaire », a également déclaré Benoît Gaillard, député socialiste, à la télévision. Dans les sondages précédant le vote, le non était donné légèrement gagnant pour cette initiative, dont l’adoption aurait pu compromettre les relations entre la Suisse et l’Union européenne, son principal partenaire commercial, avec laquelle elle entretient des liens économiques étroits malgré sa non-appartenance à l’UE.
Portée par l’Union démocratique du centre (UDC, droite radicale), premier parti du pays, cette initiative, dans une Suisse où les étrangers représentent plus d’un quart de la population, visait à limiter l’immigration afin d’empêcher que la population résidente permanente dépasse les 10 millions d’habitants d’ici à 2050 alors que le pays en compte actuellement 9,5 millions.
« Il y a un moment où il faut se dire qu’il faut une limite », a déclaré Gilles Hirt, retraité, au micro de l’AFP dans un bureau de vote à Berne, comparant la situation à un bateau : « S’il est prévu pour 150 personnes et que vous en faites monter 250, ça devient limite. Si vous en faites monter 350, on coule ».
Le patronat et le gouvernement contre
Si le seuil des 10 millions avait été dépassé, la Suisse aurait dû dénoncer l’accord de libre circulation avec l’UE dans les deux ans, et d’autres accords bilatéraux portant sur l’asile et la sécurité viendraient également à tomber. Pénurie de logements, hausse des loyers, bétonnage du paysage, bouchons, trains bondés, augmentation de la criminalité, système de santé à bout et baisse de la qualité de l’enseignement sont les principaux arguments des promoteurs de cette initiative.
L’initiative était combattue par le gouvernement, le Parlement, les principaux partis politiques, les syndicats et le patronat. « Dans un monde globalisé, il est tout simplement absurde de vouloir fermer les frontières et limiter le nombre de personnes autorisées à entrer », a déclaré à l’AFP Josefina Luque, enseignante venue voter à Berne. Elle estime toutefois qu’ignorer « les craintes d’une partie de la population » risquerait de voir ressurgir la même initiative dans cinq ans. Selon le gouvernement, l’initiative « menace la prospérité, le bon fonctionnement de la société, la sûreté intérieure et la tradition humanitaire de la Suisse ».
Une « petite défaite »
« L’UDC subit une défaite aujourd’hui, mais une petite défaite », a souligné Pascal Sciarini, politologue à l’université de Genève, relevant que pour un parti qui recueille 30 % des voix au parlement, convaincre autour de 45 % des votants représente un soutien bien supérieur à sa seule base électorale.
Thomas Aeschi, chef du groupe UDC au Parlement, partage cette analyse : 45 % de oui, « c’est un message très fort » qui montre qu’« une très large partie de la population suisse ne souhaite pas que l’immigration telle que nous la connaissons aujourd’hui se poursuit », a-t-il dit à l’AFP.
Le forum fondateur du Sovintern — « Pour le socialisme au 21e siècle » — s’est tenu à Moscou du 25 au 29 avril 2026, sous l’égide du parti russe Spravedlivaya Rossiya (SR — La Russie Juste), une formation d’opposition contrôlée, construite par le Kremlin. Michael Baker, écrivant dans l’hebdomadaire de l’Alliance for Workers’ Liberty (G-B), décortique la politique campiste de l’événement : six déclarations offrant un anti-impérialisme de façade pour couvrir le soutien aux objectifs de guerre de la Russie, à la théocratie iranienne, à l’État nord-coréen et au gouvernement Maduro. Il dresse le bilan des participants — George Galloway du Workers Party of Britain (Parti ouvrier de Grande-Bretagne), la scission du CPUSA animée par Jackson Hinkle et Haz al-Din, ainsi que les interventions vidéo d’Evo Morales et de Fernando Lugo. [AN]
Sovintern est l’initiative du parti Spravedlivaya Rossiya (SR — La Russie Juste), l’un des plus grands partis de Russie et, selon sa propre description, « socialiste ». En l’espèce, « socialiste » désigne une alliance de différentes variantes du conservatisme : le parti est né en 2006 de la fusion des nationalistes conservateurs Rodina (« Patrie »), du populiste de droite « Parti des retraités » et du « Parti russe de la vie », qui se définissait comme « national-de gauche ».
SR a été fondé presque explicitement comme une « opposition contrôlée », sous la houlette du tacticien du Kremlin Vladislav Surkov. Il dispose de 28 sièges à la Douma d’État (sur 450), où il se contente d’approuver toute politique décidée par le parti de Poutine, Russie unie. En 2021, estimant manifestement que le rapport de forces n’était pas suffisamment nationaliste, SR a fusionné avec le parti du romancier et démagogue d’extrême droite Zakhar Prilepin, qui en est devenu vice-président. [2]
Compte tenu de la situation politique en Russie aujourd’hui, il n’est guère surprenant que la fondation d’une nouvelle « internationale socialiste » n’ait que peu à voir avec le socialisme ou l’internationalisme. Le congrès a été salué par un message vidéo de Poutine en personne, qui s’est dit pleinement favorable à l’initiative.
Le forum a traité de quatre thèmes : les « partisans numériques » et la communication politique à l’ère du numérique ; la plateforme Sovintern, intitulée « socialisme, réseaux sociaux, IA » ; « le conflit dans le Donbas comme foyer de l’attention mondiale » ; et « la situation pendant la Troisième Guerre mondiale et le renforcement du front anti-impérialiste et antifasciste ». Un mélange hétéroclite de stratégie technocratique sur les réseaux sociaux et de campisme revanchard, le tout accompagné d’une déférence verbale envers la lutte contre le grand mal qu’est l’OTAN.
L’« anti-impérialisme » dont sont capables les forces réunies dans cette salle serait en réalité un exercice de soutien à plusieurs projets impérialistes. Dans ce cadre, la Russie envahissant son ancienne colonie constitue une victoire « anti-impérialiste ». Il n’y a rien d’« antifasciste » à soutenir un État qui a permis au groupe Wagner de recruter des soldats directement dans ses prisons. [3] En réalité, cet événement tout entier revient à habiller d’oripeaux « de gauche » les éléments de langage du nationalisme russe ordinaire.
Les six déclarations
Le forum a publié six déclarations (sovintern.org/en/forum) : contre la guerre en Iran, avec un soutien explicite au gouvernement iranien actuel ; contre le blocus de Cuba, avec un soutien explicite au gouvernement cubain actuel ; une déclaration de soutien explicite au gouvernement nord-coréen ; une déclaration appelant à des « réparations » pour l’Afrique au titre du colonialisme, qui semble en pratique exprimer un soutien à divers gouvernements nationalistes africains et au concept de « multipolarité » ; une déclaration appelant à la « dénazification et à la démilitarisation » de l’Ukraine — c’est-à-dire à une victoire militaire totale de la Russie — présentée comme un traitement des « causes profondes » du conflit ; et une déclaration réclamant la libération de Nicolás Maduro et de son épouse. [4]
Tout cela renvoie à un modèle que le gouvernement russe a déployé à de nombreuses reprises : la « multipolarité » et les « fronts anti-impérialistes » sont les noms donnés à une alliance géopolitique qui se définit par son opposition aux États-Unis, au détriment de tout idéal ou de toute action politique positive, et qui se traduit en pratique par un soutien politique à des régimes tels que la théocratie iranienne, responsable ces dernières années du meurtre de dizaines de milliers d’opposants politiques.
Le contenu de la conférence était prévisible d’avance. Les questions intéressantes sont les suivantes : qui était présent, et pourquoi cela a-t-il été autorisé ?
Les participants
La liste des personnalités comprend de nombreux représentants d’organisations néo-stalinistes et nationalistes, notamment des Balkans, d’Afrique et d’Amérique latine. Mais des interventions vidéo ont été assurées par de bien plus grands noms : Evo Morales, ancien président de Bolivie, et Fernando Lugo, ancien président du Paraguay, au premier chef. [5]
Étaient également présents la direction de l’American Communist Party (Parti communiste américain), [6] la scission ultra-connectée et dangereusement droitière du CPUSA animée par Jackson Hinkle et Haz al-Din, et nul autre que George Galloway, dirigeant du soi-disant Workers Party of Britain (Parti ouvrier de Grande-Bretagne). [7]
En dehors d’une présence en ligne sans impact réel sur le monde concret, l’ACP n’est pas une force existante, et à moins de connaître une croissance considérable ou de commencer à exercer une réelle influence dans le mouvement ouvrier américain, il ne mérite pas qu’on s’y attarde. Galloway est une autre affaire. Son organisation dispose d’une présence réelle, et son passé politique dans le mouvement socialiste britannique lui confère une crédibilité totalement imméritée, dont il se sert pour développer son parti — notamment en remportant cinq nouveaux sièges de conseiller municipal aux élections locales de mai 2026, portant le total du parti à huit élus.
Pourquoi le Kremlin veut cela
Il n’est pas nouveau que Galloway soit une piètre excuse de socialiste, ni qu’il soit explicitement pro-russe dans ses positions internationales. Pendant des années, il a été une figure incontournable de la chaîne d’État Russia Today. Mais il existe un risque que certains, voyant sa participation à une conférence qui se dit socialiste, lui accordent le bénéfice du doute. Ils auraient tort.
Le Sovintern, à l’instar de SR lui-même, n’est pas le fait d’un mouvement de partis de gauche prenant l’initiative. Poutine contrôle si étroitement son « opposition » qu’il prend la parole lors de leurs événements. Pourquoi donc autoriser ce forum ?
La première raison est d’ordre médiatique : Poutine aurait bien besoin d’une bonne image internationale en ce moment. La guerre en Ukraine a fait de lui l’ennemi public numéro un, et toute tentative de rassembler des forces internationales, aussi insignifiantes soient-elles dans leur pays d’origine, est une tentative de démontrer une popularité.
La seconde raison est domestique et tient à l’équilibre des forces au sein de l’opposition russe. Une motivation évidente pour SR de fonder le Sovintern est de se placer au même niveau que le Parti communiste de la Fédération de Russie (KPRF — Kommunisticheskaya partiya Rossiyskoy Federatsii), le deuxième parti du pays et challenger un temps redouté de Poutine à la fin des années 1990 et au début des années 2000. Bien que le KPRF n’ait été que docile, et que les élections dans la Russie d’aujourd’hui soient jouées d’avance, Poutine est heureux de laisser SR pomper une partie du crédit et de la popularité du KPRF, laissant les deux partis dans une position sensiblement plus faible que Russie unie. [8]
En résumé : une conférence bidon, menée comme un exercice d’agitation nationaliste et de soutien à l’impérialisme russe, ainsi qu’à plusieurs autres démagogues nationalistes. Deux questions demeurent sans réponse : pourquoi diable le prétendu socialiste Galloway aurait-il participé à ce cirque, et pourquoi un socialiste britannique sain d’esprit voterait-il pour son parti s’il l’a fait ?
Enfants et adultes de France sont surexposés au cadmium. En cause, le laisser-faire de l’Etat qui autorise des seuils plus élevés qu’ailleurs en Europe. Un texte propose de réduire drastiquement la teneur en cadmium mais le RN s’y oppose.
« Nous sommes la population la plus contaminée au cadmium de toute l’Union Européenne. » C’est ainsi que débute la proposition de loi visant à réduire les risques sanitaires liés aux contaminations au cadmium dans l’alimentation. Portée par le député écologiste Benoit Biteau, elle doit être examinée dans l’hémicycle ce mardi 2 juin.
Le cadmium est un métal lourd classé cancérogène certain depuis 1993 par le Centre international de recherche sur le cancer. Il s’accumule dans les sols, migre dans les plantes, avant d’imprégner directement notre alimentation de base : le pain, les pâtes, les pommes de terre… Les activités agricoles contribuent fortement à augmenter sa présence dans l’environnement. On retrouve notamment du cadmium, sous forme de fines particules, dans les engrais minéraux phosphatés très utilisés en agriculture dite « conventionnelle » pour soutenir les rendements.
Un rapport de l’Anses publié en mars dernier a confirmé une surexposition de la population française au cadmium. L’imprégnation moyenne au cadmium d’un adulte en France est trois fois supérieure à celle des adultes états-uniens et plus de deux fois à celle des adultes italiens, comme nous l’expliquons dans notre précédent article. Chez les enfants français, l’imprégnation est quatre fois supérieure à celle des enfants américains ou allemands, par exemple.
Comment expliquer cette surcontamination, comparé à nos voisins européens ? L’industrie agroalimentaire française est autorisée à laisser plus de cadmium dans les engrais qu’elle utilise et donc dans les aliments qu’elle fabrique (90 milligrammes par kilo d’engrais phosphatés). Ailleurs en Europe, la limite maximale – adoptée en 2019 – est bien inférieure (60 mg). La France autorise donc un taux de cadmium 50% supérieur à la réglementation européenne !
Le gouvernement « veut attendre encore 12 ans »
C’est précisément à ces seuils que la proposition de loi française s’attaque. Elle comporte un seul article qui propose d’abaisser la teneur maximale de cadmium dans les engrais phosphatés : 40mg par kilo au 1er janvier 2027, puis 20mg/kilo en 2030. Ce seuil de 20 mg est recommandé par l’Anses dans son rapport publié le 25 mars dernier. Il est déjà appliqué dans plusieurs pays européens comme la Finlande ou la Slovaquie.
Cette baisse de la teneur en cadmium se veut plus rapide que ce que propose le gouvernement dans le projet d’arrêté qui vient d’être mis en consultation publique le 26 mai et jusqu’au 30 juin. Le ministère de l’Agriculture préconise un abaissement à 60mg/kg en 2027 (soit le niveau européen), puis à 40mg/kg en 2030 et à 20mg/kg « au plus tard le 1er janvier 2038 » à l’issue d’une étude d’impact. « Le temps est compté, nous savons que l’imprégnation de la population a doublé en 10 ans. On ne peut pas se permettre d’attendre encore 12 ans de plus comme le prévoit le Gouvernement » analyse Benoit Biteau.
Le vote sur la proposition de loi en commission le 27 mai a permis de clarifier les positions de chaque groupe. Les député.e.s insoumis, socialistes, écologistes, communistes et du groupe Liot (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires) ont voté pour. Les groupes Horizons, MoDem et Ensemble pour la République se sont abstenus. La Droite Républicaine, UDR (Union des Droites pour la République) et le Rassemblement national (RN) ont voté contre.
« Personne au RN pour protéger la santé »
« Votre credo, c’est la punition », a protesté Eddy Casterman, député RN, lors de l’examen en commission des affaires économiques. Il a dénoncé une trajectoire qui « n’a pour résultats que la surtransposition et la concurrence déloyale, pénalisant chaque fois la ferme France ».
La trajectoire proposée est « indolore » pour les producteurs d’engrais, a défendu Benoit Biteau. « Ils disent qu’ils sont déjà sous le plafond de 40 mg de cadmium par kilogramme d’anhydride phosphorique proposé pour le 1er janvier 2027 et qu’ils n’auront aucune difficulté à descendre sous 20 mg/kg en 2030 » a précisé l’élu écologiste. « C’est tout aussi indolore pour les agriculteurs, puisque la décadmiation [faire baisser la teneur en cadmium, ndlr] ne leur coûterait que 2 euros par hectare et par an, ce qui ne menace pas la compétitivité française. »
Les députés du RN « nous bassinent avec la sécurité du matin au soir sur les plateaux télévisés, mais lorsqu’il s’agit de voter un texte pour protéger la santé de la population française – nos vies –, il n’y a plus personne ! » a dénoncé en commission Clémentine Autain du groupe Ecologiste et Social, à l’initiative de cette proposition de loi.
Le texte a pour l’heure été adopté sans modification quant à la trajectoire qu’il propose. Il bénéficie d’un soutien transpartisan puisqu’il a été signé par des députés issus de tous les groupes, à l’exception du RN et de l’UDR – auxquels il n’avait de toute façon pas été proposé.
« Chaque fois que le RN voudra s’implanter, on sera là »
En Bretagne, la CGT en rempart face à l’extrême droite
Portée par des résultats électoraux encourageants, l’extrême droite tente de se renforcer encore dans les Côtes-d’Armor. Alors que le RN organise un « banquet breton » (inspiré par les désormais célèbres événements du « Canon Français ») ce samedi 30 mai, à Bourbriac, l’intersyndicale a rassemblé 150 personnes dans cette même commune le jeudi 28 mai pour rappeler les dangers que représente cette famille politique.
Le lieu choisi pour le rassemblement est symbolique.
Jeudi 28 mai, l’intersyndicale de Guingamp avait donné rendez-vous devant la maison Sourimant, à Bourbriac, commune de 2 000 habitants dans les Côtes-d’Armor, où des résistants furent torturés par les nazis en juillet 1944, avant d’être exécutés à quelques kilomètres de là.
Une façon pour les sections locales de la CGT, Solidaires et FSU de rappeler les liens des fondateurs du Rassemblement national (RN) avec les collaborateurs du régime nazi, deux jours avant la tenue dans la ville d’un « grand banquet breton », organisé par le RN et l’Union des droites pour la république (UDR), auquel le député RN Jean-Philippe Tanguy devrait assister.
Selon ses organisateurs, l’événement affiche complet : 340 convives sont attendus dans la Salle des Forges, louée par la municipalité au RN, pour ce banquet inspiré par ceux du Canon Français, un organisateur de banquets qui, assurant ne chercher qu’à « valoriser le terroir et le patrimoine », diffuse une image fantasmée de la ruralité et dont les événements sont plébiscités par les identitaires.
« On sent depuis quelques mois que le RN cherche à occuper le terrain, ils essaient de distiller leurs idées sur le territoire en surfant sur les codes de la culture bretonne. Ils n’ont pas choisi de venir à Bourbriac par hasard », analyse Thierry Pérennes, coordinateur de l’Union Locale de la CGT de Guingamp. Encouragée par des résultats électoraux en hausse dans la région – dans cette 4e circonscription des Côtes-d’Armor, le candidat RN est passé de 16,13% au premier tour du scrutin en 2022 à 34,30% , puis 45,25% au second tour en 2024 -, l’extrême droite tente, ces derniers mois, d’amplifier sa présence dans la circonscription de Guingamp.
En février dernier, le député européen RN Gilles Pennelle a tenu une réunion publique sur le thème de l’agriculture à Callac. 150 personnes, dont des membres de la CGT, avaient manifesté pour demander son annulation, en vain. Près de Guingamp toujours, l’inauguration, mi-mai, de la brasserie Kerfave, détenue par Erik Tegnér, le rédacteur en chef du média d’extrême droite Frontières, a aussi suscité le rassemblement de 300 manifestants, opposés à l’ouverture de l’établissement.
Ne plus suivre l’agenda du RN
En 2022, les syndicats et l’extrême droite s’étaient affrontés à Callac justement autour du projet Horizon, qui prévoyait l’accueil de réfugiés. Un projet finalement abandonné depuis, mais qui avait suscité de vives tensions, nourries par les franges identitaires, pendant plusieurs mois. « On a tiré le bilan de Callac, où on a pu être associés à des messages et de la violence qui ont effrayé une partie de la population locale, poursuit Thierry Pérennes. Aujourd’hui, on ne se cale plus sur l’agenda de l’extrême droite. On ne sera pas là samedi pour ne pas être dans la confrontation. Nous combattons le RN par les idées. »
Le discours tenu par l’intersyndicale devant les manifestants rassemblés jeudi 28 mai sous une chaleur écrasante s’attachait donc à rappeler l’histoire de Bourbriac pendant l’Occupation et détailler les votes du RN à l’Assemblée nationale. « Le RN n’est ni l’ami des précaires, ni l’ami des ouvriers. Ils veulent nous faire croire qu’ils sont proches du monde rural, mais ils ne votent rien qui soit en sa faveur, insiste Sophie Perennes (sans lien familial avec Thierry Pérennes), secrétaire de l’union locale de la CGT de Guingamp. On entend beaucoup : « Le RN, on a jamais essayé », mais si on a essayé, il n’y a qu’à voir comment ça s’est passé ici, à Bourbriac : il y a eu des morts. »
Dans la foule qui comptait environ 150 personnes, plusieurs habitants faisaient part de leur inquiétude à voir le RN se réunir dans la commune. « On a été choquées d’apprendre que ce banquet avait lieu à Bourbriac. Donc c’était important pour nous d’être là pour montrer qu’on ne soutient pas le RN ici. Ils viennent dans nos petites communes pour faire semblant d’être proches des gens », dénoncent Margaux, Candice et Anna, étudiantes, originaires de Bourbriac.
Sabrina Le Bras, chasuble floquée CGT hôpital de Guingamp sur le dos, tenait elle aussi beaucoup à être présente à ce rassemblement. En tant que syndicaliste d’une part, mais aussi en tant qu’habitante de la commune. « On pensait être isolé, loin de leur terrain, et on se rend compte qu’ils essaient de percer même ici. C’est inquiétant, on sent qu’il y a de plus en plus besoin de se mobiliser. Mais chaque fois que le RN essaiera de s’implanter, on sera là. »
Il faut dire que ce n’est pas auprès des régionaux de l’étape que le banquet du 30 mai fait recette. Ainsi, Thierry Pérennes l’assure, parmi les convives du banquet de samedi, peu de participants seront des locaux. « C’est juste un coup médiatique », abonde Sophie Perennes. L’intersyndicale n’est en tout cas pas la seule à se mobiliser contre le RN. Un collectif baptisé « Embourbriac » appelle à un rassemblement dans la matinée du 30 mai, devant la salle où se tiendra le banquet, pour rappeler une fois encore à l’extrême droite qu’elle n’est pas la bienvenue.
En 2019, le Portugal était un pays à part dans l’ordre international, au moins dans un domaine. Au terme de quatre années de gouvernement minoritaire du Parti socialiste – qui avait écarté la droite du pouvoir grâce à une coalition parlementaire avec le Bloc de gauche et le Parti communiste, –, l’extrême droite restait marginale dans la politique portugaise, il y avait peu de signaux indiquant que l’«exception portugaise» allait prendre fin.
Au cours des deux premières décennies du siècle, le paysage parlementaire portugais a fait preuve d’une stabilité remarquable. Le Parti socialiste et le Parti social-démocrate (membre du Parti populaire européen-PPE) se sont succédé au gouvernement en tant que parti le plus largement voté.
Quant au parti le plus à droite, le CDS-PP (démocrates-chrétiens), il a atteint des scores avoisinant les 10%, tandis que le Parti communiste et le Bloc de gauche ont recueilli, à eux deux, 20% des voix. Dans un pays profondément inégalitaire, déchiré par la crise financière et le plan d’austérité de la troïka (2011-2014) [1], la relance des revenus et le rebond économique, associés au fait que le Portugal compte alors un faible nombre d’immigré·e·s, carburant habituel de l’extrême droite, laissaient peu de marge à des changements fondamentaux dans le paysage politique. C’est dans ce contexte, lors des élections législatives d’octobre 2019, qu’André Ventura a été élu député unique sous la bannière de son parti nouvellement créé, CHEGA [«ça suffit!»].
Ventura s’est distingué en défendant la prison à perpétuité, la castration chimique pour les pédophiles, la réduction du nombre de députés, le renforcement des frontières et, bien sûr, l’attaque contre la communauté rom, qu’il a qualifiée de «dépendante des aides sociales». Quelques mois plus tard lors des législatives d’octobre 2019, 22’053 voix (2% de la circonscription électorale du district de Lisbonne) ont suffi pour qu’André Ventura soit élu premier et unique député du parti CHEGA, récemment légalisé, à l’Assemblée de la République.
Avec des scores électoraux encore très faibles dans les autres circonscriptions, la visibilité parlementaire de Ventura a été le moteur principal de la croissance d’un parti encore en formation. Selon le journaliste Miguel Carvalho[4], on peut identifier trois noyaux constitutifs de la direction initiale de CHEGA. En premier lieu, on trouve d’anciens militants et dirigeants de diverses constellations de la droite portugaise. En second lieu, on trouve un groupe de dirigeants évangéliques, avec une forte proportion de citoyens brésiliens, très actifs dans l’expansion territoriale du parti. Enfin, un ensemble hétérogène de dirigeants membres d’associations de parents, d’enseignants, d’infirmiers, de nombreux professionnels qui n’ont pas réussi à obtenir des postes dans la fonction publique, entre autres réalités de ce qu’on appelle le «bas clergé» de CHEGA.
Que défend CHEGA?
D’abord le parti, ensuite le programme. La base programmatique de CHEGA n’a jamais été la priorité de Ventura et de sa direction. Outre les mesures déjà énoncées, présentées dans le but de provoquer un choc et de se démarquer à droite des droites traditionnelles, CHEGA a soumis aux premières élections un programme profondément néolibéral, proposant la réduction des impôts, la diminution du «poids de l’État» dans l’économie et la privatisation des services publics, parmi d’autres mesures.
Cette dimension de son programme a connu un revirement rapide, André Ventura s’étant prononcé au Parlement contre la privatisation de la compagnie aérienne nationale (TAP), en faveur de l’augmentation des retraites et du soutien de l’État aux politiques en faveur de la natalité.
La «souplesse d’esprit» de Ventura est d’ailleurs l’une de ses caractéristiques. Dans sa thèse de doctorat, soutenue en 2013, Ventura critiquait le «populisme pénal», «l’expansion excessive des pouvoirs policiers» et la «stigmatisation des minorités», en contradiction flagrante avec ce qui allait devenir le discours public du député nouvellement élu de CHEGA.
Le parcours programmatique sinueux de CHEGA met toutefois en évidence certaines propositions récurrentes, qui le rapprochent de ses homologues européens d’extrême droite. On retrouve, dans son discours et ses propositions, une tendance antisystème permanente, élaborée à partir de l’idée de la lutte contre la corruption généralisée, ainsi que de la dénonciation d’une «démocratie viciée» par «les mêmes de toujours» qui gouvernent le Portugal depuis le 25 avril 1974.
À l’éloge des forces de sécurité, CHEGA ajoute une réponse répressive consistant en un alourdissement des peines pour les crimes graves, tout en exposant sans vergogne sa tsigano-phobie et son islamophobie[8]. En matière d’immigration, Ventura recourt à la formule des «bons immigrés», les Brésiliens, et des «mauvais immigrés», les citoyens originaires des pays de l’Indo-Asie. La lutte contre «l’idéologie du genre», quant à elle, a occupé une place centrale dans la campagne électorale de 2024, tandis que se multipliaient les références à la défense des droits des femmes, menacés, selon le parti, par l’augmentation du nombre d’immigrés, qui dégraderaient les services publics et aggraveraient l’insécurité.
Au sein de ce programme, tiré du manuel de l’extrême droite internationale, il existe des nuances nationales. Jusqu’à récemment, Ventura flirtait avec le passé colonial portugais, tout en refusant de s’associer à la nostalgie salazariste[9].Défendre les droits des anciens combattants de la guerre coloniale et des «rapatriés»[10] – tout en niant toute responsabilité de dédommagements du Portugal envers les pays colonisés – fut le maximum auquel parvint le leader de CHEGA.
À la fin de l’année 2025, cependant, Ventura a déclaré: «Je suis un démocrate, et je le suis vraiment, par nature. Mais il y a une expression que l’on entend souvent et qui, en fait, a du sens. En effet, il ne fallait pas un Salazar, il en fallait trois. Car le pays est tellement gangrené par la corruption, l’impunité et la délinquance qu’il aurait fallu trois Salazar pour remettre de l’ordre.»[11] Depuis cette déclaration, Ventura s’efforce de créer une polarisation accrue autour de thèmes historiques, en dénonçant les «excès révolutionnaires» de 1974/75, qu’il assimile aux persécutions et aux emprisonnements politiques de la période dictatoriale.
Qui dirige et finance Chega?
André Ventura et CHEGA, le parti d’un seul homme? Cette question a été posée à maintes reprises, tant Ventura fait l’objet d’une attention médiatique et politique intense et s’impose comme le leader incontesté de CHEGA. En effet, rares sont les figures internes capables de rivaliser avec la popularité du chef. Rita Matias, députée [depuis mars 2022] de 27 ans et figure de proue des réseaux sociaux du parti, a connu une ascension fulgurante et est aujourd’hui une personnalité nationale.
Pedro Pinto, chef de file parlementaire, et Pedro Frazão [catholique pratiquant], vice-président de CHEGA et député ultraconservateur, ont eux aussi atteint un niveau de notoriété populaire significatif, mais rien qui ne soit comparable à la célébrité d’André Ventura. Ce sont des heures interminables de présence à la télévision et sur les réseaux sociaux, auxquelles s’ajoute un véritable réseau physique de propagande publique.
La force et le rôle central d’André Ventura, dirigeant suprême du parti, contrastent avec les contradictions et les faiblesses du parti. Depuis sa fondation en 2019, entre les rejets des statuts approuvés lors du congrès et l’invalidation d’élections internes, CHEGA a déjà été saisi six fois par la Cour constitutionnelle. Au niveau municipal, la désorganisation politique est telle que, depuis les élections locales de 2021, CHEGA a déjà perdu 20 conseillers municipaux, qui se sont désaffiliés du parti ou ont démissionné de leur poste. Au Parlement également, les scandales s’accumulent, avec un député accusé de vol de bagages dans les aéroports et un autre condamné pour diffamation aggravée.
«Le Portugal n’est pas le Bangladesh».
La fragilité de CHEGA s’est également fait sentir dans les promesses non tenues de mobilisations sociales annoncées par Ventura. Outre le projet avorté de création d’un nouveau réseau syndical[12], le parti a organisé diverses manifestations, avec des revendications variées: «Contre l’immigration incontrôlée», «Contre la présence de Lula da Silva au Portugal», «Contre l’interdiction de CHEGA». Aucune n’a réussi à atteindre les effectifs escomptés
Si l’organisation fait défaut, le coffre-fort, lui, ne fait pas défaut. D’un petit parti financé par son noyau dur dirigeant à un parti disposant de millions d’euros sur ses comptes bancaires, il n’y avait qu’un pas.
Dès 2020, les principaux bailleurs de fonds de CHEGA ont été identifiés: ils vont des banquiers et des marchands d’armes [par exemple João Maria Bravo propriétaire de l’entreprise d’armement Sodarca] aux membres des familles d’entrepreneurs les plus fortunées et aux actionnaires de groupes de médias. Symbole de cet univers, César do Paço est un millionnaire luso-américain [propriétaire de Summit Nutritionals International], lié à l’univers trumpiste et à l’extrême droite internationale. Il est devenu l’un des bailleurs de fonds et parrains politiques les plus connus d’André Ventura, contribuant à apporter une assise financière, des contacts internationaux et une légitimité médiatique à la croissance de CHEGA. Grâce à l’augmentation des subventions publiques obtenue par la progression électorale et à la consolidation de ce réseau de donateurs, l’argent est aujourd’hui une préoccupation moindre pour CHEGA.
Qui vote pour CHEGA?
Depuis sa fondation en 2019, CHEGA s’est présenté à deux élections européennes, quatre élections législatives, deux élections municipales et cinq élections régionales (régions autonomes de Madère et des Açores). André Ventura s’est présenté deux fois à l’élection présidentielle, obtenant 11,9% en 2021, puis 23,52% (premier tour) et 33,17% (deuxième tour) en 2026. Actuellement, le parti compte 59 députés (sur 230) à l’Assemblée de la République, 2 députés européens, 1940 élus municipaux et 8 députés régionaux. Au vu de ces chiffres, et à l’instar de ce que l’on cherche à analyser dans d’autres pays, parvenons-nous à savoir qui vote pour CHEGA?
Dans leur majorité, les électeurs de CHEGA sont des hommes, âgés de moins de 55 ans, sans études supérieures. Les groupes qui manifestent le plus de réticence à voter pour CHEGA sont les personnes âgées, les femmes et celles qui ont fait des études supérieures. Il existe, bien évidemment, une forte contagion transversale dans la croissance électorale du parti. Entre les élections de 2024 et 2025, par exemple, la croissance a été très marquée chez les femmes âgées de 25 à 34 ans, sans formation supérieure[13].
Dans la deuxième approche, nous constatons qu’il existe une corrélation entre le nombre de voix en faveur de CHEGA et le revenu mensuel moyen par habitant d’une commune, le niveau de perception de la sécurité publique et l’accès à certains services publics.
Plus les territoires sont pauvres, peu sûrs et mal desservis par les services publics, plus le vote en faveur de CHEGA est important. Cette corrélation n’existe plus lorsqu’il s’agit de l’offre de logements à vendre ou à louer, étant donné que la grave crise de l’accès au logement au Portugal touche aujourd’hui l’ensemble des territoires.
Elle ne se vérifie pas non plus en ce qui concerne le nombre de résidents étrangers sur un territoire donné. Le facteur immigration, qui est perçu différemment de l’augmentation de la population de résidents étrangers originaires de pays plus riches que le Portugal, apparaît davantage comme une variable transversale que territoriale[14]. Non seulement Ventura, mais l’ensemble de la droite a réussi à remporter la bataille des idées qui identifie l’augmentation du nombre d’immigrants comme la cause universelle de tous les problèmes auxquels le pays est confronté: de la compression salariale à la pénurie de logements, en passant par la dégradation des services publics.
Un trumpisme quelque peu contrit et les réseaux internationaux
Depuis la fondation du parti, André Ventura s’est efforcé d’assurer l’intégration de CHEGA dans le réseau international de l’extrême droite européenne et atlantiste. La proximité avec Santiago Abascal (VOX), Marine Le Pen (Rassemblement National), Viktor Orbán (Fidesz) et Matteo Salvini (Lega) n’a toutefois pas effacé les positions plus atlantistes et pro-européennes du parti, qui reste pro-OTAN et critique envers Poutine. Parallèlement aux liens avec la famille Bolsonaro (Brésil), la relation avec Donald Trump et l’univers MAGA est devenue une référence politique particulièrement centrale.
Cet alignement a atteint son apogée en janvier 2025. Ventura s’est réjoui de l’invitation à la cérémonie d’investiture de Trump et a participé au rapprochement de l’extrême droite européenne avec le projet MEGA – Make Europe Great Again – promu par des personnalités telles qu’Elon Musk. Lors du sommet de Madrid en février 2025, des dirigeants tels que Santiago Abascal, Le Pen et Orbán ont fait l’éloge de Trump, de ses politiques anti-immigration et de son soutien à Israël.
Cependant, les droits de douane de Trump, les tensions autour du Groenland et de l’OTAN ainsi que l’escalade militaire en Iran ont rapidement créé des difficultés pour l’extrême droite européenne et portugaise. Au Portugal, Ventura a tenté de se démarquer partiellement au plan politiques de cet alignement, en critiquant la hausse des prix des carburants et en défendant des «mesures de rétorsion commerciale» contre les États-Unis, désignant Giorgia Meloni comme la nouvelle figure de proue à suivre.
Quel avenir pour CHEGA et l’extrême droite au Portugal?
L’avenir de CHEGA dépendra fortement de sa capacité d’organisation, du rôle qu’il jouera lors des prochaines élections législatives et de l’évolution internationale de l’extrême droite. Dans tous ces domaines, des incertitudes subsistent.
Des secteurs qui, par le passé, ont été essentiels à son ascension jouent aujourd’hui un rôle secondaire, comme c’est le cas des dirigeants évangéliques. Les liens de certains dirigeants de CHEGA avec des groupes néonazis et ultranationalistes sont devenus plus évidents et rien n’indique qu’une transition significative de cadres de la droite traditionnelle vers le parti de Ventura soit sur le point de se produire. Tout cela peut, bien sûr, changer à l’avenir. (Résumé, voir lien)