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20 avril 2018 ~ 0 Commentaire

anti-impérialisme (anti-k)

anti-imper

Le Maroc à la France, l’Egypte aux anglais

L’anti-impérialisme des imbéciles

Une fois encore le « mouvement anti-guerre » occidental se réveille afin de se mobiliser autour de la Syrie. C’est la troisième fois depuis 2011. La première mobilisation a eu lieu au moment où Obama envisageait de frapper les capacités militaires du régime (pour ne finalement rien faire) à la suite de l’attaque chimique de la Ghouta en 2013, considérée alors comme un franchissement de ligne rouge. La seconde s’est développée suite à la frappe ordonnée par Donald Trump sur une base militaire vide en réponse à l’attaque chimique de Khan Sheikhoun en 2017. Enfin, une troisième mobilisation émerge aujourd’hui alors que les États-Unis, l’Angleterre et la France mènent des actions militaires de faible envergure (frappes ciblant les équipements d’armes chimiques) suite à l’attaque chimique à Douma responsable au minimum de la mort de 34 personnes dont des enfants cherchant refuge dans les sous-sols.

Cette gauche affiche de profondes tendances autoritaires, notamment en plaçant les États eux-mêmes au centre de l’analyse politique.

Peu importe qu’il s’agisse de dictatures, la solidarité s’exprime ainsi en faveur d’États (perçus alors comme les acteurs principaux des luttes de libération) plutôt qu’envers les groupes opprimés d’une société donnée. Aveugle à la guerre sociale se jouant au sein de la Syrie elle-même, ce type de vision considère le peuple syrien, quand il est pris en compte, comme un pion négligeable dans une partie d’échec géopolitique.

Cette gauche répète ainsi « Assad est le dirigeant légitime d’un pays souverain » comme un mantra. Assad a pourtant hérité du pouvoir par son père et n’a jamais mené ni gagné d’élection libre et équitable. Face à des rebelles et des civils nées en Syrie, son «armée arabe syrienne» n’a pu regagner les territoires perdus qu’avec le soutien d’un ramassis de mercenaires extra-syriens appuyés par des bombes étrangères.

Combien parmi les sympathisants de cette gauche là, continueraient à considérer comme légitime leur gouvernement élu si celui-ci commençait à mettre en place des campagnes de viols de masse contre ses opposants ? Seule une déshumanisation complète des syriens peut rendre possible une telle position. Considérer les Syriens comme incapables d’obtenir et de mériter mieux qu’une des plus brutales dictatures de notre temps relève clairement du racisme. On remarque tout d’abord que ces trois mobilisations de la gauche occidentale « anti-guerre » n’ont que très peu à voir avec une volonté d’en finir avec la guerre.

Plus d’un demi million de Syriens ont été tués depuis 2011. L’immense majorité des victimes civiles provient de l’usage d’armes conventionnelles. 94 % de ces victimes furent tuées par l’alliance Syrie-Iran-Russie. Il n’y a pas une once d’indignation ou d’inquiétude feinte à propos de cette guerre elle-même qui a éclaté après la répression par le régime de manifestants pacifiques et pro-démocratie. Aucune indignation lorsque des barils d’explosifs, des bombes chimiques ou du napalm sont envoyés sur des communautés auto-organisées démocratiquement, des hôpitaux et des secouristes. Les civils sont mortels, pas les infrastructures militaires d’un régime fasciste génocidaire.

En vérité, le slogan « Pas touche à la Syrie » (Hands off Syria) signifie « Pas touche à Assad » et s’accompagne souvent d’un soutien à l’intervention militaire russe.

Cette orientation était flagrante à la manifestation de la coalition Stop the war UK du 13 avril 2018 où des drapeaux russes et syriens s’affichaient honteusement. Pour cette gauche autoritaire, le soutien à Assad se manifeste au nom de l’anti-impérialisme. Assad est perçu comme appartenant à l’«axe de la résistance» face à l’empire américain et au sionisme. Le fait que son régime ait soutenu la première guerre du Golfe semble ne pas compter, ni le fait qu’il ait participé au programme illégal d’extradition des États-Unis où des terroristes présumés ont été torturés pour le compte de la CIA. Le fait que le régime ait probablement massacré plus de palestiniens que l’État israélien est constamment négligé de même que le fait qu’il préfère user de sa force de frappe pour éliminer l’opposition interne plutôt que pour libérer le Golan occupé par Israël.

Cet «anti-impérialisme» des imbéciles est celui pour qui l’«impérialisme» équivaut uniquement à l’action des États-Unis. Ces derniers bombardent pourtant la Syrie depuis 2014. Lors de la campagne américaine visant à libérer Raqqa de l’emprise de Daesh, toutes les normes internationales de la guerre et les considérations de proportionnalité ont été bafouées. Plus de 1000 civils ont été tués et selon une estimation de l’ONU, 80 % de la ville se trouve maintenant inhabitable. Il n’y a eu aucune protestation organisée par le mouvement «anti-guerre» contre cette intervention, pas d’appels pour s’assurer que les civils et infrastructures civiles seraient protégés.

Cet anti-impérialisme là a préféré adopter le discours de la guerre au terrorisme autrefois promu par les néoconservateurs et repris maintenant par le régime qui qualifie de djihadiste et terroriste toute opposition à Assad. Il a fermé les yeux sur le fait qu’Assad envoyait dans ses goulags des milliers de manifestants laïques, pacifiques et pro-démocratie afin de les torturer à mort tandis qu’il sortait les militants islamistes de prison. De même, les manifestations qui se poursuivaient dans les zones libérées contre les groupes extrémistes et autoritaires tels que Daesh, al-Nosra et Ahrar al-Sham ont été ignorées. Les Syriens sont vus comme incapables d’adopter un large éventail de points de vue variés. Activistes de la société civile (dont des femmes incroyables), journalistes citoyens et travailleurs humanitaires sont insignifiants. Toute l’opposition est réduite à ses éléments les plus autoritaires ou perçue comme une émanation d’intérêts étrangers.

Cette gauche pro-fasciste semble aveugle à toute forme d’impérialisme qui ne serait pas d’origine occidentale.

Cela relève d’une combinaison de politique de l’identité et d’égoïsme. Tout événement est vu via un prisme occidental: seuls les mâles blancs ont le pouvoir d’écrire l’Histoire. Selon le Pentagone, il y a actuellement 2000 soldats américains en Syrie. Les États-Unis ont installé de nombreuses bases militaires dans les zones sous contrôle kurde du nord de la Syrie pour la première fois dans l’histoire du pays. Cette présence américaine devrait préoccuper quiconque se soucie de l’autodétermination du peuple syrien mais fait pâle figure au regard des dizaines de milliers de soldats iraniens et de milices chiites soutenues par l’Iran qui occupent le reste du pays ou des bombardements meurtriers de l’aviation russe en soutien à la dictature fasciste.

La Russie dispose dorénavant de bases permanentes dans le pays et a obtenu un droit exclusif sur les hydrocarbures syriens en échange de son soutien. Noam Chomsky a affirmé qu’on ne pouvait pas qualifier l’intervention russe d’impérialiste dans la mesure où elle répondrait à l’invitation du régime. Selon cette analyse, l’intervention américaine au Vietnam n’était donc pas non plus impérialiste puisque sollicitée par le gouvernement sud-vietnamien.

De nombreuses organisations anti-guerre ont justifié leur silence vis-à-vis des interventions russes et iraniennes en affirmant que « l’ennemi principal est à la maison ».

Cela les dispense d’effectuer une analyse sérieuse des rapports de force afin de déterminer les acteurs principaux engagés dans cette guerre. Pour les syriens, l’ennemi principal est effectivement à la maison. Assad mène ce que l’ONU a qualifié de « guerre d’extermination ». Sans avoir conscience de leurs propres contradictions, plusieurs de ces voix anti-impérialistes se sont exprimées à juste titre contre la répression israélienne lors de la marche pacifique à Gaza. Une des caractéristiques du fonctionnement de l’impérialisme consiste bien sûr à nier les voix indigènes. Dans la même veine, les organisations de la gauche anti-guerre tiennent des conférences sur la Syrie sans inviter d’orateurs syriens.

L’extrême-droite forme l’autre courant politique majeur faisant bloc derrière le régime d’Assad et dénonçant les frappes états-uniennes, britanniques et françaises en Syrie.

Aujourd’hui, les discours fascistes et ceux de cette gauche anti-impérialiste sont impossibles à distinguer. Aux États Unis, le suprémaciste blanc Richard Spencer, le podcaster d’extrême-droite Mike Enoch ainsi que la militante anti-immigration Ann Coulter s’opposent tous aux frappes. En Angleterre, l’ancien leader du BNP Nick Griffin et l’islamophobe Katie Hopkins se sont joints à l’appel. L’alt-right et l’alt-left convergent en relayant et en faisant la promotion de diverses théories conspirationnistes visant à absoudre le régime syrien de ses responsabilités.

Les militants de ces courants présentent les attaques chimiques comme des opérations sous faux drapeau et les travailleurs humanitaires comme des membres d’Al Qaeda, faisant d’eux des cibles légitimes des attaques. Ceux qui diffusent de telles informations ne sont pas sur place et s’avèrent incapables de vérifier indépendamment leurs allégations.

Ils dépendent en dernière instance souvent de la propagande d’État russe et syrienne parce qu’ils ne «croient pas les médias mainstream» ou les syriens directement concernés. Parfois la convergence entre ces bords apparemment opposés tourne carrément à la collaboration. La coalition ANSWER qui a organisé la plupart des manifestations contre les frappes anti-Assad aux États-unis constitue un bon exemple. Ces deux courants véhiculent fréquemment un récit antisémite ou islamophobe. Ils partagent les mêmes arguments et la même imagerie.

Il existe de nombreuses raisons valides pour s’opposer à une intervention militaire étrangère en Syrie qu’elle soit américaine, russe ou turque. Ni les États-Unis, la Russie ou la Turquie agissent dans l’intérêt du peuple syrien, de la démocratie et des droits humains. Ils n’opèrent que pour leur propre compte. L’intervention actuelle menée par les États-Unis, l’Angleterre et la France a peu à voir avec une volonté de protéger la population d’atrocités mais plus avec l’imposition de la norme du droit international rendant l’usage des armes chimiques inacceptable, de peur que celles-ci soient un jour utilisées sur les occidentaux eux-mêmes.(…)

Une chose est certaine, les frappes visant les infrastructures militaires et les centres de productions d’arme chimiques susceptibles d’offrir quelque répit aux syriens face à la mort quotidienne ne m’empêcheront pas de dormir. Et il ne sera plus jamais possible de considérer des gens qui préfèrent les grands discours aux réalités vécues, défendent des régimes brutaux dans des pays lointains, véhiculent racisme, théories du complot et négation d’atrocités comme des alliés.

Traduit de l’anglais par VLSB 35. Paru initialement sur Leila’s Blog le 14/04/2018

La Gauche Anti-capitaliste, 2018-04-19

https://www.anti-k.org/

Source

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10 avril 2018 ~ 0 Commentaire

liberté d’expression (france bleu)

autodafe

Cible des catholiques intégristes, la pièce de théâtre sera amputée d’une scène aux Quinconces

Jouée ce mardi et ce mercredi, la pièce « Sur le concept du visage du fils de Dieu » a dû être amputée d’une scène à cause d’un arrêté de la préfecture. La sécurité est également renforcée suite à des tags et un appel à manifester de catholiques intégristes.

Depuis sa création en 2011, c’est une pièce controversée, qui a notamment suscité des manifestations de catholiques intégristes devant et dans les théâtres.

À la veille de deux représentations aux Quinconces, au Mans, Sur le concept du visage du fils de Dieu est de nouveau prise pour cible : dans la nuit de lundi à mardi, plusieurs serrures du théâtre ont été obstruées avec de la colle. Et une inscription latine en lettres bleues, « Ad Deum non nobis », a été taguée sur un mur latéral du bâtiment, soit « pour Dieu, pas en notre nom ». Ce qui serait aussi une référence à un psaume lié à l’ordre des Templiers.

De plus, un appel à manifester ce mardi à 19 h 30 devant le théâtre avait été lancé sur les réseaux sociaux par l’Action Française, groupuscule royaliste d’extrême droite. Lequel a disparu ce mardi matin… La sécurité sera toutefois légèrement renforcée, « comme dans la plupart des villes où cette pièce est jouée », précise le théâtre.

Une scène en moins suite à une décision de la préfecture

Par ailleurs, au Mans, la pièce sera amputée d’une scène à cause d’une décision de la préfec- ture. Vers la fin du spectacle, cette scène montre des enfants jetant des grenades factices sur le visage du christ, affiché en grand sur le fond de la scène. On peut la voir brièvement dans ce reportage, à partir de la 28e seconde :

S’agit-il donc d’un acte de censure de la part des autorités de l’État ?

Pas exactement car la préfecture n’a pas interdit de jouer cette scène, simplement d’employer des enfants, comme elle l’explique dans cette réponse écrite : « La direction départementale de la cohésion sociale a été sollicitée pour délivrer une autorisation de travail pour neuf mineurs afin qu’ils interviennent en qualité d’acteurs dans ce spectacle. Considérant l’âge des enfants retenus pour la prestation et les caractéristiques de la scène à laquelle les mineurs devaient participer, le préfet de la Sarthe a refusé cette autorisation d’emploi par un arrêté préfectoral. Cet arrêté n’a pas vocation à interdire cette scène durant le spectacle, il vise uniquement à préserver les mineurs qui auraient dû y participer. »

Le metteur en scène a choisi de maintenir les deux représentations. Une lettre, que les Quinconces ont refusé de nous transmettre, sera distribuée aux spectateurs pour leur expliquer le sens de cette scène. Laquelle sera donc exceptionnellement coupée. La direction du théâtre n’a pas souhaité s’exprimer non plus sur le sujet.

 mardi 10 avril 2018  Ruddy Guilmin,
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Autrefois, quand l’église n’était pas séparée de l’état, voici une liste (close en 1966) d’auteurs interdits, autorisés par ailleurs, mais difficiles à trouver en Belgique, Pologne (Irlande ?)
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06 avril 2018 ~ 0 Commentaire

rennes fachos (expansive)

fafs

Lundi 9 avril à Rennes : procès des pratiques de l’extrême droite

Deux ans après le dépôt de notre plainte, c’est finalement le 9 avril 2018 à 14h que se tiendra au tribunal correctionnel de Rennes le procès du rédacteur du journal Breiz Atao pour diffamation, injure et provocation à la commission de crimes ou de délits.

Ce procès est pour nous l’aboutissement d’une mobilisation visant à dénoncer les pratiques de l’extrême droite :

« fichage » sur les réseaux sociaux, mais surtout menaces de violences et de mort. Les personnes visées sont notamment des militant.es engagé.es dans le soutien aux migrant.es et aux personnes sans papiers, dans la lutte contre le sexisme et l’homophobie, mais aussi de « simples citoyen.ne.s », des chercheur.ses, des artistes.

Selon l’extrême droite, toutes ces personnes auraient en commun d’être des « fonctionnaires » ou, à défaut, des « asociaux » ou des « travailleurs subventionnés ». Ce fichage prend la forme de « notes de renseignement » accompagnées de commentaires menaçants ou d’édi- toriaux appelant à « détruire l’extrême gauche », à « repérer, identifier, détruire [...] les derniers lépreux du gauchisme », ces lépreux étant avant tout « de maigres cohortes de pouilleux composés de marginaux édentés, de drogués, de SDFs en état d’ébriété avancé, de fonctionnaires petits-bourgeois, de lesbiennes hystériques et autres sodomites patentés »….

Nous avons reçu au cours de cette mobilisation beaucoup de soutien, que ce soutien soit politique ou financier. Nous proposons aux organisations et aux individus qui le souhaitent de se joindre à nous le lundi 9 avril 2018 à 13h devant la Cité judiciaire pour partager un café, avant de se rendre ensemble au procès (qui sera ouvert au public).

Les fiché.es d’Ille-et-Vilaine

Source : Blog de l’association « Un Toit, c’est un Droit ».

https://expansive.info/

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29 mars 2018 ~ 0 Commentaire

extrême droite (france info)

Fachos

Comment l’extrême droite radicale se recompose en France

Les actions violentes menées par de militants liés à l’extrême droite radicale ne cessent d’augmenter depuis 2010. Le nombre croissant d’événements va de pair avec une radica- lisation croissante de cette nébuleuse.

Paris : le lycée autogéré est attaqué le 16 mars par des militants d’extrême-droite. Lyon : un nouveau local appelé Bastion Social et géré par le Groupe Action Défense (GUD) ouvre en mars, confirmant l’installation de l’extrême droite radicale dans la vieille ville. Même histoire ou presque, à Marseille : des centaines de personnes ont ainsi défilé jusqu’au vieux port dénonçant l’ouverture de ces locaux. À Angers en début d’année, la polémique monte autour d’un bar « identitaire », l’Alvarium. Le 10 février le Courrier de l’Ouest titrait : Les identitaires d’extrême droite font leur nid en Anjou Juste après les attentats de l’Aude, ce sont des descente d’individus armés de bâtons cagoulés dans les amphis, venus écraser les étudiants manifestant et occupant les locaux. Beaucoup soupçonnent ces « gros bras » d’être proches de groupuscules d’extrême droite.

Hausse du nombre d’actions

Le constat est frappant : les actions violentes menées par de militants liés à l’extrême droite radicale ne cessent d’augmenter depuis 2010. Le nombre croissant d’événements va de pair avec une radicalisation croissante de cette nébuleuse. Ce militantisme violent se place dans le cadre plus large d’un double processus : d’une part, une recomposition des groupuscules en présence ; de l’autre, l’augmentation d’activistes sans appartenance précise, après les différentes dissolutions prononcées.

Depuis le décès de Clément Meric en 2013, plusieurs groupuscules radicaux ont ainsi été dissous par l’État : la Troisième Voie pour une avant-garde solidariste et les Jeunesses natio- nalistes révolutionnaires de Serge Ayoub ; l’Œuvre française d’Yvan Benedetti, les Jeunesses nationalistes d’Alexandre Gabriac. Plus récemment, les membres d’un groupe de « boneheads » (skinheads d’extrême droite) picard, le White Wolf Klan, né de la dissolution de la Troisième Voie, ont été arrêtés et jugés.

Cartographie de l’extrême droite

De fait, nous assistons depuis cette époque à une recomposition de l’extrême droite radicale. Des groupuscules ont donc disparu, comme la mouvance skinhead d’extrême droite ou les Nationalistes autonomes, d’autres sont en perte de vitesse comme Les Identitaires (ancienne- ment Bloc Identitaire), le GUD (Groupe Action Défense) ou l’Action française, une dernière catégorie a une audience limitée, comme la Ligue du Midi de la fratrie Roudier (le père Richard, les fils Olivier et Martial), à la violence assumée et à l’audience locale.

Le GUD et l’Action française tentent à la fois d’attirer de nouveaux militants et de s’implanter dans de nouvelles villes, outre Paris : Marseille pour l’Action française, Lyon pour le GUD. Pour se faire, ces groupes ont choisi la surenchère militante, avec un activisme violent qui leur permet de renouer le lien de leur tradition militante. Ces deux groupes tentent également de retrouver le « prestige » passé. En effet, le GUD, fondé en 1968 par d’anciens membres d’Occident (Gérard Longuet, Jack Marchal, Alain Robert, etc.), était connu pour sa violence militante, la période des années 1980/1990 étant restée dans la mémoire des activistes d’extrême droite. Le GUD était alors animé par Frédéric Chatillon et Axel Loustau. Quant à l’Action française, elle cherche à retrouver son faste de l’entre deux-guerre.

En recul dès les années 1990

De fait, la violence politique de l’extrême droite a baissé durant les années 1990/2010. Elle fut importante durant l’après-guerre, surtout dans les années de la fin de la guerre d’Algérie. L’échec de la stratégie de l’OAS (Organisation armée secrète), dont le terrorisme en métropole était l’un des éléments, a provoqué une prise de conscience de l’extrême droite. La violence persista, mais ne fut que résiduelle et le fait de militants seuls, le Front national, fondé en 1972, canalisant cette violence.

Paradoxalement, la violence antisémite augmente durant cette période, étant le fait d’anciens militants des Groupes nationalistes révolutionnaires de base de François Duprat lui-même tué dans un attentat en 1978). Les principaux acteurs de la violence d’extrême droite dans les années 1980 sont les skinheads qui apparaissent en France au début de cette décennie. Ceux-ci sont en grande majorité rétifs à toute organisation partisane mais qui ont le plus souvent des liens épisodiques avec le FN, du type brève adhésion ou actions de service d’ordre. Durant cette période, de nombreux actes de violence sont imputables à l’extrême droite.

Curieusement, les mobilisations violentes des militants royalistes et des commandos anti-avortement restent sous-étudiées.

C’est cependant la mouvance néonazie qui commet les actes les plus graves. Certains sont des actes de violence symbolique, comme la profanation d’une sépulture au cimetière juif de Carpentras (mai 1990) commise par des proches du Parti Nationaliste Français et Européen. D’autres sont des actes racistes imputables à cette mouvance.

Renouveau culturel

Au-delà de cet activisme violent, on assiste également à un renouvellement des pratiques culturelles. La culture « boneheads » a disparu au profit d’une contre-culture plus élaborée. Philippe Vardon, ancien responsable identitaire, devenu aujourd’hui membre du Front National, en a théorisé les grandes lignes dans son livre Éléments pour une contre-culture identitaire (paru à Nice en 2011). Le constat de l’échec de l’activisme violent a poussé les identitaires Fabrice Robert et Philippe Vardon à évoluer vers un activisme qui relève des happenings inspirés de l’activisme de Greenpeace, comme la Marche des cochons à Lyon en 2011 ou l’occupation de la mosquée de Poitiers en 2012.

L’usage de la violence politique a été rejeté pour plusieurs motifs : la stérilité de cette voie, le manque d’effectifs, le contexte d’une société apaisée, etc. Il s’agissait aussi de donner une légitimité au combat identitaire présenté auprès de l’opinion publique, des médias et des chercheurs en science politique comme celui de la sauvegarde d’une civilisation en péril… Leur faiblesse numérique a poussé les militants radicaux à investir Internet. Ainsi, le groupus- cule d’Alain Soral Égalité & Réconciliation ne milite quasiment qu’à travers ce moyen. La page Facebook du mouvement et celle de son fondateur étaient très consultées, cumulant 280 000 abonnés, jusqu’à leur fermeture en 2017.

Inspiration italienne

Outre cette forme de militantisme, les activistes d’extrême droite s’inspirent également des pratiques italiennes, en particulier de l’expérience du squat culturel et social connu sous le nom de la CasaPound (la « maison Pound »), fondé à Rome en 2003 par des militants nationalistes-révolutionnaires.

Plusieurs groupuscules français tentent d’imiter ce centre et cherchent à ouvrir des centres similaires dans notre pays. C’est ainsi que le Bastion social a vu le jour, mais aussi, par le passé d’autres tentatives comme la Maison flamande à Lambersart, près de Lille, entre 2008 et 2012, la maison de l’identité à Toulouse en 2012, La Citadelle ouverte à Lille en 2016. Dans ce dernier cas, l’activisme est à la fois d’ordre culturel, avec l’ouverture de lieux, et violent avec l’essor d’actions violentes.

Peu nombreux, mais très déterminés

Si l’activisme des militants radicaux de l’extrême droite fait peur, il ne faut pas oublier que leur nombre reste restreint. On est face à quelques centaines de personnes très actives en France, guère plus. Du fait de cette faiblesse numérique, les moyens financiers sont également limités, le financement venant des cotisations des membres des groupuscules ou, très rarement, de mécènes. Cependant, il ne faut pas oublier que ces militants sont motivés et, pour certains, prêts à passer à l’action. Pensons, par exemple, à ces militants marseillais dirigés par Logan Alexandre Nisin, qui cherchaient à tuer des personnalités politiques et à commettre un attentat contre une mosquée.

The ConversationLe danger ne vient plus de tentatives fantasmées de coups d’État, les militants ne sont pas assez nombreux et n’en ont pas les capacités physiques et structurelles de le faire, mais d’éléments seuls et déterminés, sur le modèle du groupuscule allemand, le National- sozialistischer Untergrund (pour « mouvement clandestin national-socialiste »), qui a commis neuf meurtres de Turcs et celui d’une femme policier en dix ans. Le danger viendra donc d’individus seuls et déterminés plus que de formations organisées : un individu discret étant par principe difficile à suivre, au contraire des groupuscules, plus faciles à surveiller par l’État.

Stéphane François, Politiste, historien des idées, chercheur associé, École pratique des hautes études (EPHE) 29/03/2018

https://www.francetvinfo.fr/

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Voir aussi:

La Horde

Lire aussi:

Qui est derrière la LDJ, accusée d’avoir bousculé Jean-Luc Mélenchon et protégé Marine Le Pen (Le Huffington Post)

Faire barrage au FN… ou renflouer la digue ? Après Montpellier, Lille, Paris : quand Jupiter donne des ailes aux groupuscules d’extrême-droite (Révolution Permanente)

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17 mars 2018 ~ 0 Commentaire

marielle franco (essf)

mar1

L’assassinat à Rio de Marielle Franco, élue locale et militante contre les violences policières, émeut le Brésil

Agée de 38 ans, enfant noire des favelas cariocas, a été tuée, mercredi, pour un motif encore inexpliqué.

Le cercueil de Marielle Franco avait à peine franchi les portes du cimetière de Caju, à Rio de Janeiro, jeudi 15 mars, qu’une foule, sonnée et révoltée, scandait, dans plus d’une dizaine de capitales régionales du Brésil, le nom de la militante de gauche assassinée. « Ce tir était adressé au peuple », « Pour que le deuil se transforme en lutte. Marielle Franco, présente ! », « La vie des Noirs et des LGBT comptent. Marielle Franco, présente ! », pouvait-on lire sur les banderoles à Sao Paulo, Rio de Janeiro ou Belo Horizonte.

Conseillère municipale de Rio pour le Parti socialisme et liberté (PSOL), Marielle Franco, 38 ans, enfant des favelas cariocas, militante des droits humains, des femmes et de la cause noire, a été tuée vers 21 h 30, mercredi, par quatre balles de 9 millimètres dans la tête alors qu’elle était assise à l’arrière de son véhicule. Son chauffeur, Anderson Pedro Gomes, a lui aussi succombé à une rafale de tirs. La police émet l’hypothèse d’un assassinat : les criminels ont pris la fuite sans dérober quoi que ce soit.

 Vengeance policière

Dans une ville en plein chaos, minée par la corruption, ruinée et tourmentée par la guerre des gangs, Marielle Franco était une critique virulente de l’action des forces de l’ordre. Dénonçant les dérives policières, elle s’attaquait notamment à l’action des Unités de police pacificatrice (UPP), mises en place à partir de 2008 pour apaiser – en vain – les favelas de Rio.

Effrontée, considérée comme une enquiquineuse par certains bataillons de policiers militaires, qu’elle qualifiait de « bataillons de la mort », elle fut aussi prompte à fustiger l’intervention militaire fédérale décrétée en février pour prendre en charge la sécurité de l’Etat de Rio.

« MARIELLE N’A PAS ÉTÉ PRISE PAR HASARD. LES POSITIONS QU’ELLES PRENAIENT ONT À VOIR AVEC SON EXÉCUTION », AFFIRME JEAN WYLLYS, DÉPUTÉ DU PSOL

Le motif du crime reste obscur. Mais une partie des Brésiliens y voit une vengeance de la part des policiers. Appuyant cette thèse, la télévision locale de Rio, RJTV, révélait vendredi que les douilles retrouvées près des victimes proviendraient de lots de cartouches vendues à la police fédérale de Brasilia en 2006. « Marielle avait été nommée rapporteuse de la commission parlementaire des conseillers municipaux sur l’intervention fédérale. (…) Elle venait de rédiger son master : “UPP : la favela au-delà de trois lettres”, rapporte un porte-parole de l’ONG Amnesty International. Il faut une enquête immédiate et rigoureuse. Il ne peut y avoir de doutes sur le contexte, les motivations et l’auteur de l’assassinat. »

 Un pays où les forces de l’ordre ont perdu tout crédit

« Marielle n’a pas été prise par hasard. Les positions qu’elles prenaient ont à voir avec son exécution. C’était une femme, noire, lesbienne, de la favela, de gauche et du PSOL », ajoute Jean Wyllys, député du PSOL, qui espère faire de la mort de sa consœur l’« emblème de la lutte de ce qu’il reste de démocratie au Brésil. » Avec plus de 60 000 homicides par an, dont une infime proportion est élucidée, le Brésil offre, avec cet assassinat, l’image d’une nation où les forces de l’ordre ont perdu tout crédit. Conscient de l’émoi, le président, Michel Temer, a promis, jeudi, que les auteurs de ce crime « d’une extrême lâcheté » seraient punis au plus vite.

Claire Gatinois Le Monde 16.03.2018

http://www.europe-solidaire.org/

Lire aussi:

Marielle Franco: Why my friend was a repository of hope and a voice for Brazil’s voiceless, before her devastating assassination (The Independant)

Marielle Franco Pour nos mortes, pas une minute de silence, mais une vie de lutte! (Marche Mondiale des femmes)

Rio de Janeiro (Brésil) : indignation face à l’assassinat de Marielle Franco! (France Amérique latine)

Brésil. L’assassinat odieux de la conseillère municipale de Rio de Janeiro: Marielle Franco (Al’encontre.ch)

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13 mars 2018 ~ 0 Commentaire

pas de bol? (nota bene + huffington)

rnp
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Donc le Front national décide de changer de nom pour « Rassemblement national ».
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C’est rigolo vous savez (non), parce qu’en 1941, un certain Marcel Déat créé un nouveau parti: le Rassemblement National Populaire. Le RNP de son petit nom, sera ainsi un des trois partis collaborationnistes de l’époque avec le régime nazi.Petit clin d’oeil non moins sympathique, la flamme tricolore agite déjà ses couleurs sur les affiches du RNP, et trouvera une nouvelle vie dans le Front National.
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fn 2
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Encore une petite couche ?
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En 65, l’avocat Jean-Louis Tixier Vignancour forme un parti portant déjà le nom de Rassemble- ment National et se présente aux élections présidentielles. Son programme vise notamment à exclure du pouvoir les hommes étant arrivés trop récemment dans la communauté nationale. Son directeur de campagne ? Jean-Marie Le Pen. Ironique non ? Si vous pensez toujours que ce parti veut s’ouvrir aux autres pour de « bonnes » raisons, pensez-y.
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Commentaire: Vraiment pas de bol ou fidélité?
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Lire aussi:
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11 mars 2018 ~ 0 Commentaire

carhaix kendal breizh (fr3 + of + npa 29)

Hier Samedi au centre Glenmor à Carhaix s’est tenu une réunion/rencontre hommage à KendalBreizh/Olivier leclaiche, militant breton libertaire et Internationaliste mort sous les bombes turcs à AFRIN.
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Appelé par le Centre démocratique Kurde et les Amitiés Kurdes de Bretagne cette rencontre émouvante et militante a rassemblé 300 personnes dont de nombreux kurdes de rennes et Brest et des turcs progressistes en opposition radicale à Erdogan.
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Les camarades de Breizhistance ont pris une grande part à l’organisation , à l’animation et au succés de ce rassemblement de plusiers heures.auquel ont participé aussi divers mouvements comme le secours rouge international, Alternative libertaire, groupes anti fa, l’Udb mais aussi le NPA. Aprés des films sur l’activité des Internationalistes au Rojava dans le nord de la syrie et des vidéos sur Kendal, de nombreux hommages et témoignages ont égréné l’aprés midi.
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Des interventions de soutien aussi de l’UDB, du PC et du NPA, de la CGT école privée, du SLB, etc.. Et du député en Marche ( 4ème circonscription du Morbihan) qui connaissait Kendal et a tenté de nous faire croire que » Macron était attentif’ à la situation d’AFRIN!!!
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Ce fut l’occasion pour le camarade du NPA, invité par les organisateurs à prendre la parole et ce ,juste aprés le représentant du PCF, de rendre un hommage internationaliste à Kendal et aux résistants d’Afrin, tout en dénonçant la barbarie en cours Dans la Ghouta orientale.Dans son intervention le camarade a dénoncé fermement la complicité de Macron et son gouverne- ment à l’égard d’Erdogan et sa politique criminelle et appelé à la solidarité internationale.
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Ce fut aussi l’occasion de parler de la résistance en Turquie même et de la déclaration de Yeniyol ( section de la 4ème International en Turquie) condamnons la guerre d’Erdogan sur AFRIN., déclaration que nous avons mis à disposition sur les tables d’information et qui fut appréciée..La salle et toute sa logistique avait été mise à disposition gratuitement par la mairie de Carhaix.
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 Fraternellement,
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Gérard
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Kendal-Breizh-3
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Carhaix : hommage à Kendal Breizh, mort au combat en février aux côtés des forces armées kurdes

À Carhaix, ce samedi, des centaines de personnes ont rendu hommage à Olivier Le Clainche, tué en février dernier lors d’un bombardement dans le canton syrien d’Afrine. « Kendal Breizh » (son nom de combattant) était parti combattre aux côtés des forces armées kurdes.

Ce samedi à Carhaix, des centaines de personnes se sont rassemblées pour rendre hommage à Kendal Breizh, De son vrai nom Olivier Le Clainche, cet homme de 41 ans était parti combat- tre l’État islamique aux côtés des forces armées kurdes YPG (Unités de protection du peuple). Mais le 10 février dernier, ce militant d’extrême gauche meurt dans la région d’Afrine, au Nord-Ouest de la Syrie, lors d’affrontements avec l’armée turque., »Il n’est pas parti sur un coup de tête ou juste comme ça à l’aventure. Il avait des idées : il défendait la lutte de la révolution kurde« , affirme Ewen Salomon, ami d’Olivier Le Clainche.

« C’est une guerre pour se défendre »

Ce rassemblement vise à rappeler qu’il n’était pas djihadiste, mais qu’il luttait pour la minorité kurde. « Ce qui se passe à Afrin, c’est une guerre pour se défendre. C’est là que les interna-tionalistes comme Kendal Breizh ont été bombardés dans un bâtiment. Ce n’est pas une guerre pour faire la guerre, mais pour se défendre contre l’impérialisme turc« , affirme Fehmi Kaplan du Conseil démocratique kurde de Rennes.

Guillaume Bricaud du mouvement indépendantiste de gauche Breizhistance, confirme : « Ce ne sont pas des guerriers, ni des soldats. Ils intègrent une armée populaire. C’est-à-dire qu’une armée populaire est faite pour ne pas durer, mais défendre un projet révolutionnaire, une société complètement différente, basée sur le respect et sur l’égalité. » Associations et militants essaient d’attirer l’attention sur ce conflit pour qu’Olivier Le Clainche ne soit pas mort pour rien.

Baptiste Galmiche  10/03/2018

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Lire aussi:

Mort de Kendal Breizh : « Il est tombé pour défendre les valeurs auxquelles il croyait » 

Syrie : mort du Breton Kendal Breizh, parti se battre aux côtés des Kurdes 

L’hommage à Olivier Le Clainche, Breton tué en Syrie, rassemble 300 personnes (OF)

 

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04 mars 2018 ~ 0 Commentaire

mlp (jdd)

marine baiser porc

Marine Le Pen de plus en plus ciblée dans les affaires du FN

Le montant des sommes que pourrait avoir détourné le Front National est désormais estimé à près de 7 millions d’euros. L’instruction cherche à déterminer si un système de détournement de fonds a été organisé via les assistants parlementaires.

Le Front national est loin d’en avoir fini avec ses affaires européennes.

À quelques jours du 16e congrès du parti d’extrême droite, qui se tient à Lille, les 10 et 11 mars, elles risquent de s’inviter dans un rassemblement présenté comme refondateur par Marine Le Pen. Dimanche prochain, la présidente du FN doit proposer un nouveau nom aux militants, et tenter de tourner la page d’une élection présidentielle manquée.

Elle doit aussi faire face à de nouveaux embarras. Le Parlement européen vient de réé- valuer à la hausse le préjudice que lui aurait fait subir le FN. Cet épineux dossier d’emplois fictifs mine le parti depuis des mois et interroge sur son mode de fonctionnement budgétaire et financier. Le soupçon est clair : des assistants parlementaires d’élus européens auraient été rétribués par Bruxelles, alors qu’ils travaillaient en fait pour le compte de la formation lepeniste en France, sur d’autres missions.

Ses comptes bancaires au coeur de l’enquête

Ouverte à Paris en décembre 2016 pour « abus de confiance » et « recel » du même chef, « escro-querie en bande organisée », « travail dissimulé »,  »faux et usage de faux », l’instruction confiée aux juges Claire Thépaut et Renaud Van Ruymbeke a été prolongée à la période qui court de juillet 2009 à la fin de l’année 2012.

Cette chronologie modifiée a provoqué une réévaluation du préjudice d’un peu plus de 1,8 million d’euros.

Jusqu’alors, il était estimé à un peu moins de 5 millions d’euros. La somme totale s’élève désor- mais à près de 7 millions d’euros. L’enquête se concentre à la fois sur la possible mise en place d’un détournement organisé de l’argent européen et sur la personne même de Marine Pen. Tout semble ramener à la chef de file du FN. Elle a déjà été mise en examen pour « abus de confiance », le 30 juin 2017. Des comptes bancaires lui appartenant font l’objet d’investigations. Elle est en outre actuellement visée par un contrôle fiscal effectué par les services du ministère des Finances.

Pascal Ceaux   3 mars 2018

http://www.lejdd.fr/

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28 février 2018 ~ 0 Commentaire

kendal breizh (karaes)

kenda

Journée d’information sur la révolution kurde et hommage à Kendal Breizh le 10 mars à Carhaix

Kendal Breizh était le nom de guerre du volontaire international Olivier L., militant libertaire et révolutionnaire breton parti rejoindre à l’été 2017 les forces kurdes au Rojava et lutter parmi elles contre l’Etat islamique à Raqqa et Deir-ez-Zor.

Les idéaux libertaires et révolutionnaires de Kendal Breizh l’avaient conduit à s’intéresser à l’expérience politique du Rojava, puis à s’engager aux côtés des forces kurdes et de leurs alliés (arabes, yézidis…). Il partageait avec elles des idées anti-impérialistes, anti-fascistes, anti-sexistes, écologiques et pour un municipalisme libertaire, respectant le droit de tous les peuples à maitriser leur destin.

Après avoir participé à la libération de Raqqa et de la vallée du Bas-Euphrate, Kendal Breizh s’est porté volontaire le 20 janvier, avec d’autres internationalistes, pour la défense du canton d’Afrin attaqué par les forces turques et ses supplétifs djihadistes (al-Qaeda et militants de l’Etat islamique).

Le 18 février, le commandement des Unités de Défense du Peuple (YPG) a annoncé le décès au combat de Kendal Breizh le 10 février, dans la région d’Afrin, victime d’un bombardement aérien mené par les forces du dictateur turc Erdogan.

Les amis de Kendal Breizh, ses camarades de lutte ici et là-bas, les Kurdes de Bretagne et les AKB invitent toute personne solidaire à un hommage public le 10 mars 2018, dans le cadre d’une journée d’information sur la révolution kurde.

Ce sera l’occasion, pour toutes les personnes touchées par la mort de Kendal Breizh, pour tous les défenseurs de la liberté, pour tous ceux qui souhaitent manifester leur solidarité vis-à-vis de ses amis, de ses camarades de combat et du peuple kurde, de lui rendre homma- ge et d’échanger/s’informer sur la lutte menée au Kurdistan, en particulier au Rojava, en présence notamment de représentants du mouvement de libération kurde.

Carhaix  Centre Culturel Glenmor

Le samedi 10 mars 2018 de 13h à 17h

Journée d’information sur la révolution kurde

Hommage à Kendal Breizh

13h  : accueil du public

13h30 – 15h30  : projections-débats ; table-rondes sur la situation au Kurdistan, les luttes des Kurdes, la solidarité internationale ; stands d’information

15h30 – 17h  : hommage à Kendal Breizh

Toute personne ou collectif ou mouvement souhaitant s’exprimer lors de ces journées est invité à s’inscrire à l’adresse suivante : kendalbreizh@outlook.fr

Organisé par :

  • les amis et camarades de Kendal Breizh
  • le Centre démocratique kurde de Rennes (CDK-R)
  • Amitiés kurdes de Bretagne (AKB)

La presse d’extrême-droite et les organisations d’extrême-droite ne sont évidemment pas les bienvenues.

http://rennes-info.org/

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28 février 2018 ~ 0 Commentaire

morano (l’obs)

Rokhaya Diallo traitée de « Française de papier » : Nadine Morano dans les pas de Charles Maurras. En utilisant l’expression « Français de papier », Nadine Morano réactive un imaginaire d’extrême droite, décrypte l’historien Gilles Richard.

Dans la nuit de lundi à mardi, l’eurodéputée LR Nadine Morano a qualifié la militante associative antiraciste Rokhaya Diallo de « Française de papier » sur Twitter. L’intéressée lui a répondu : « Il semblerait que cette femme qui a pourtant été ministre de la République ne me considère pas comme une vraie Française… Je me demande bien pourquoi. »

Sporadiquement exhumée par la fachosphère, le Front national et la droite, cette expression ancienne est « une grande constante du discours nationaliste », décrypte l’historien Gilles Richard, auteur de « Histoire des droites en France (1815-2017) » (Ed. Perrin). Interview.

La nuit dernière sur Twitter, Nadine Morano a exhumé l’expression « Français de papier » pour évoquer Rokhaya Diallo. Une expression controversée, qui était autrefois employée par l’Action française de Charles Maurras pour désigner les naturalisés français… 

Franchement, quand Nadine Morano utilise l’expression « Français de papier », je ne suis même pas sûr qu’elle sache qu’il s’agit d’une expression maurassienne. Dans l’imagerie nationaliste, « Français de papier » renvoie à une identité purement administrative. A l’idée que le papier c’est léger, à la différence des racines. Rokhaya Diallo est née en France. Et les enfants d’étrangers nés en France sont français, ça date de la loi du 26 juin 1889, c’est un principe républicain ! Ça montre bien que les nationalistes ont quelques problèmes avec les principes républicains.

Dans le jargon nationaliste, « Français de papier » s’oppose à « Français de souche ». C’est l’idée, longtemps défendue par le Front national puis réactivée par Jacques Chirac en 1986, que la nationalité française se transmet par le sang… 

Ce langage, cette vision des étrangers, vient du nationalisme à la fin du XIXe siècle et des « Déracinés » de Maurice Barrès. L’expression « Français de papier » fait écho à une vision très barrésienne des choses, l’idée selon laquelle les vrais Français seraient les personnes qui ont des racines françaises, qui sont nées « les pieds dans la glèbe ». L’idée qu’on est français par héritage. C’est très puissant comme image, parce que ça fait référence aux traditions paysan- nes, rurales… Aujourd’hui encore, et parfois même à gauche, le discours sur les racines a une puissance incroyable. Alors que l’identité ne se résume pas à ça.

Dans quel contexte historique s’est propagée cette expression ?

Dans l’entre-deux-guerres, l’expression « Français de papier » est employée pour désigner les personnes qui ont bénéficié de la grande vague de naturalisation à la fin des années 1920, favorisée par une loi en 1927. Sous le régime de Vichy, une commission a ensuite dénaturalisé plusieurs milliers de personnes.

De façon plus générale, l’expression « Français de papier » fait écho à la conception nationaliste de ce qu’est « être français ». Nous vivons dans un pays qui a, depuis la deuxième moitié du XIXe siècle, fait massivement appel à des étrangers pour travailler dans l’industrie. Il y a toujours eu en France une classe ouvrière spécifique et composite sur le plan des nationalités, les travaux de Gérard Noiriel le soulignent. Cela a d’ailleurs favorisé le nationalisme et l’audience, partielle, des nationalistes dans le monde ouvrier. Sur la base du rejet de l’étranger vu comme un concurrent.

Comment interpréter le fait que cette expression puisse être utilisée en 2018 par une ancienne ministre ?

Pour l’anecdote, Nadine Morano avait pris la parole dans la ville de naissance de Maurice Barrès en décembre 2009, à Charmes-sur-Moselle dans les Vosges. A l’époque, elle était  secrétaire d’Etat chargée de la Famille et avait déclaré qu’un bon Français ne devait pas porter sa casquette à l’envers [« Ce que je veux du jeune musulman, quand il est français, c’est qu’il ne parle pas le verlan, qu’il ne mette pas sa casquette à l’envers », NDLR]. Bref, sur ces sujets-là, c’est une spécialiste de la politique au ras des pâquerettes !

En parlant de « Français de papier », Nadine Morano a-t-elle conscience qu’elle désigne peut-être aussi certains de ses propres électeurs ? 

L’expression utilisée par Nadine Morano pourrait concerner des millions de gens qui sont des « Français de papier »… Il y a sûrement des « Français de papier » qui votent pour Nadine Morano, de façon assez contradictoire d’ailleurs. Dans les années 1980-1990, j’ai moi-même exercé dix ans en tant que professeur d’histoire dans le lycée technique d’Hénin-Beaumont. Mes élèves étaient français. Mais leurs noms étaient polonais, marocains, italiens… Certains d’entre eux votent peut-être aujourd’hui pour Steeve Briois !

 Propos recueillis par Charlotte Cieslinskii

27 février 2018
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