Archive | Antifascisme

21 avril 2017 ~ 0 Commentaire

fn (npa)

hyene

Le Pen à la peine, une bonne nouvelle de fin de campagne !

Pour la première fois depuis des mois, la candidate du FN semble en difficulté : sa marche triomphale vers l’Élysée n’est plus si sûre… Pour que son père se résigne à appeler à voter pour elle à une semaine du premier tour, c’est bien que l’heure est grave !

Intentions de vote qui stagnent, chiffres de participation aux derniers meeting peu glorieux, annonce officielle de la demande de la levée de l’immunité parlementaire européenne de Marine Le Pen alors qu’un de ses anciens bras droits, Chauperade, appelle à voter Fillon en déballant publiquement le linge sale des affaires financières du FN…

Tout se conjugue pour qu’une certaine fébrilité gagne les états-majors frontistes à l’idée que Le Pen ne soit pas en tête du premier tour, voire qu’elle ne se qualifie pas pour le second. C’est pourquoi les querelles entre les clans frontistes redoublent d’intensité…

Pour Marion Maréchal-Le Pen, c’est évidemment la tête de Florian Philippot, le stratège de la dédiabolisation du FN et de son affichage « social », qui sera exigée en cas de déconfiture.

Marine Le Pen elle-même, sans doute pour rasséréner les franges les plus « traditionalistes » de l’extrême droite, a enfoncé un coin dans la stratégie tant peaufinée de la dédiabolisation en déclarant le 9 avril que « la France n’était pas responsable de la rafle du Vél d’Hiv » de 1942… Cela faisait longtemps que la fille n’avait pas flirté aussi ouvertement avec les propos antisé- mites et négationnistes du père. Ces propos n’ont rien d’improvisé et relèvent d’un choix effectué par Le Pen pour essayer de revenir sur un des terrains favoris de l’extrême droite, au moment où celui de la posture de la candidate « anti-système » a pris un sérieux coup dans l’aile.

Poutou : 1, Le Pen : 0

La gifle verbale assénée par Philippe Poutou à Marine Le Pen lors du « Grand Débat » du 4 avril, lorsqu’il a réussi à la faire taire avec sa formule de « l’immunité ouvrière », a sans aucun doute servi de révélateur à un sentiment latent dans la conscience populaire, qui a peut-être mis du temps à s’exprimer mais qui a fait son chemin néanmoins : Le Pen, fille de milliardaire, échappe aux règles communes, comme la plupart des riches et des puissants ! Et toute «candi- idate anti-système » qu’elle prétende être, elle a visiblement utilisé tous les rouages du systè- me institutionnel européen pour remplir les caisses de son parti grâce à des emplois fictifs…

Une partie de l’imposture Le Pen se dévoile 

Elle n’est pas la candidate du peuple. Elle reste plus que jamais une candidate au service de l’ordre établi, une candidate raciste et hostile à toute forme de progrès social, Elle est considé-rablement dangereuse et, même affaiblie, ses idées polluent tout le champ politique. Son « trou d’air » actuel ne doit pas nous faire oublier qu’elle représente près d’un quart de l’électorat et que, même sans accéder à l’Élysée en 2017, son programme, ses idées et tous les préjugés qu’elle véhicule déteignent largement sur l’ensemble des politiciens bourgeois.

Le succès relatif des manifestations contre les meetings de Le Pen dans plusieurs villes (Nantes, Bordeaux, Perpignan, Paris…) montrent une vraie disponibilité pour les mobilisations contre l’extrême droite. Celles-ci devront s’amplifier dans les semaines qui viennent mais, plus fondamentalement, c’est en reprenant l’offensive sur le terrain de la lutte des classes que le mouvement ouvrier dans toutes ses composantes pourra vraiment damner le pion à Le Pen !

Marie-Hélène Duverger Jeudi 20 avril 2017

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16 avril 2017 ~ 0 Commentaire

charles martel (steet press)

 carte France poitiers

En 732 Charles Martel le Franc a mis fin à l’invasion musulmane de la France.
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C’est en tout cas ce que les groupes identitaires martèlent (pas de jeu de mots ici) à longueur de blog. On respire et on décrypte le vrai du faux. Les années qui précèdent la bataille dite de “Poitiers”, les Sarrasins (arabo-berbères) avaient conquis une partie de l’Espagne et s’étaient installés dans le Languedoc, à Narbonne notamment.

À partir des années 719-720, ils mènent des razzia sur les terres des Francs. En 721, l’une d’elles a été particulièrement retentissante, mais oubliée de tous. Elle s’est déroulée à Tou- louse et c’est le duc d’Aquitaine qui est parvenu à les repousser et à prendre le pouvoir. Ce qui n’est pas sans intérêt dans le déroulement de la “bataille de Poitiers”. On va le voir dans ce qui va suivre.

La “bataille de Poitiers” : une histoire de rivalité… entre Francs

Au même moment, plus haut au nord, Charles Martel prend le pouvoir par la force en faisant une sorte de coup d’Etat. Il devient maire du palais d’Austrasie (l’actuelle Belgique). Il veut unifier le royaume mérovingien, l’Austrasie et la Neustrie. Cette dernière est limitrophe du royaume d’Aquitaine de notre cher duc. Une rivalité s’installe alors entre le fameux duc d’Aquitaine qui a battu les Sarrasins à Toulouse et Charles Martel.

Cette rivalité brise cette vision de la “bataille de Poitiers” qu’en dressent les groupes identi-taires. Ils en parlent comme de deux blocs unifiés : les Francs contre les Sarrasins, mais non ! Il y avait des divisions d’un côté, comme de l’autre, et même des alliances entre les Sarrasins et les Francs. Du côté Sarrasin, des dissidences commençaient à émerger entre arabes et berbères. C’est ainsi qu’avant la bataille de Poitiers, un dignitaire berbère s’était temporai- rement allié au duc d’Aquitaine, avant d’être puni par le pouvoir de Cordoue [province sarrasine de l’actuelle Espagne].

Un récit basé sur de nombreuses zones d’ombre

Les circonstances de cette “bataille de Poitiers” ne sont pas vraiment connues. On ne possède qu’une seule source détaillée. C’est ce qu’on appelle la chronique Mozarabe. On définissait par ce terme les populations chrétiennes vivants sous domination islamique dans l’Espagne musul- mane. Dans les années 750, soit une vingtaine d’années après la bataille, l’un des habitants de cette région, raconte toute cette période. C’est quelqu’un qui était vraisemblablement au contact de la cours de l’Émir de Cordoue.

Il raconte donc, qu’il y a eu une bataille, mais sans préciser où. Les historiens pensent qu’elle s’est déroulée entre Tours et Poitiers. Il n’y a cependant pas de traces archéologiques qui en attestent. Il n’existe donc aucune trace physique prouvant que cette bataille a eu lieu dans cette zone. Tout ce qu’on sait c’est… qu’on ne sait pas où elle s’est déroulée.

Oui il y a eu une grande bataille

Selon la majorité des historiens, c’était une razzia comme il y en a eu tant auparavant. Mais dire que c’était une petite escarmouche est faux. Il y avait quand même plusieurs milliers d’hommes de part et d’autre et le gouverneur Sarrasin Abdelrahman était présent. Ce n’était pas n’importe qui. Les Sarrasins ont remonté la Garonne, pillant tout sur leur chemin, en particulier les monastères et les abbayes. Des lieux riches, en raison de la présence de reliques. Ils sont arrivés à Bordeaux et là, le duc d’Aquitaine n’a pas réussi à les arrêter.

Il aurait ainsi demandé de l’aide à Charles Martel. Ce dernier, voyant l’aubaine politique, aurait accepté d’intervenir. Il y a derrière ça un calcul simple : s’il aide le duc d’Aquitaine, celui-ci lui sera redevable. Il y a d’abord une série d’escarmouches, puis un affrontement important. Et ce qui est sûr, et là-dessus les sources arabes (très tardives et peu bavardes) comme celles des Francs s’accordent, ce sont les troupes de Charles Martel qui remportent la bataille. Le gouverneur Abdelrahman perdra la vie dans les affrontements.

Non Charles Martel n’a pas mis fin à une invasion musulmane

En revanche, cette victoire n’a rien de décisif. On met fin à une razzia. Rien ne prouve que les Sarrasins voulaient envahir la région. Il n’y a pas non plus de caractère religieux dans cette bataille. Ce n’est pas un affrontement entre chrétiens et musulmans. Il n’y avait pas de sym- boles religieux lors des batailles, comme c’était le cas lors des Croisades. Ce sont des affron-tements politiques avec des intérêts de part et d’autre. À l’époque les royaumes chrétiens ne connaissent absolument rien de l’Islam. Pour eux, ce sont des hérétiques ou des païens et ça s’arrête là. Ils ne considèrent pas les Sarrasins comme porteur d’une religion à part entière.

Des intérêts politiques et personnels

Charles Martel n’était pas là pour arrêter une invasion, mais plutôt parce qu’il sentait qu’il pouvait en tirer profit. Le véritable perdant de cette bataille a été le duc d’Aquitaine, car même s’il est dans le camps des vainqueurs, il a une dette envers Charles Martel qui en est ressorti plus fort politiquement. Du côté du gouverneur de Cordoue, il y avait la nécessité d’accumuler un butin pour nourrir ses troupes, car ça commençait à s’agiter dans l’Espagne musulmane. Et c’est la même chose du côté Franc, pour calmer les troupes, il faut un butin.

Les alliances entre Sarrasins et Francs, rien d’étonnant à l’époque

Après la “bataille de Poitiers”, les Provençaux ont passé un accord avec les Sarrasins, leur permettant d’arriver jusqu’à Avignon. Ce qui a conduit à une nouvelle intervention de Charles Martel qui est parvenu à les battre. Mais ce genre d’accord est banale pour l’époque. Dans le contexte actuel, elles nous surprennent car certains groupes identitaires en font un récit biaisé et manichéen entre les gentils Francs chrétiens et les sauvages Sarrasins musulmans.

Une alliance entre Francs et Sarrasins à l’origine de la bataille ?

Certains historiens pensent même que la razzia lancée par le gouverneur de Cordoue s’inscrit dans le prolongement de l’alliance entre le dignitaire berbère, cité plus haut, et le duc d’Aqui-taine. Les troupes du gouverneur seraient remontées jusque dans les Pyrénées pour lui faire payer sa traitrise et auraient poursuivi leur mission en lançant une razzia. On le voit bien, dans ce récit, il y a beaucoup de suppositions et d’incertitudes.

Une bataille devenue un mythe

Il y avait une idée reçue, selon laquelle cette bataille serait un fait majeur de ce qu’on appelle le “roman national”. En enquêtant un peu, on voit que ce n’est pas le cas. Contrairement à Charlemagne ou Jeanne d’Arc, Charles Martel a été longtemps absent ou très peu présent dans les programmes d’histoire. On a regardé les grands manuels des 3ème et 4ème Répu- blique et il est soit absent, soit au second plan. À partir des années 70 et jusqu’à aujourd’hui, on mentionne cette histoire, mais elle n’est pas explicitement mise en avant.

Pour la première fois, cette année on en parle vraiment dans les programmes scolaires (cela ne figure que dans les documents pour aider les enseignants de 5e pour le programme mis en place à partir de la rentrée 2016) mais pour dire que la bataille de Poitiers n’a pas été décisive et que celle de Toulouse en 721 est beaucoup plus importante.

Ce sont bien les mouvements identitaires qui ont placé la bataille de Poitiers sur le devant de la scène. Ceux qui la mette en avant ont juste un intérêt politique derrière.

Propos recueillis par Aladine Zaïane
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13 Avril 2017 Christophe Naudin, coauteur de Charles Martel et la bataille de Poitiers (Libertalia) et Les historiens de garde (Inculte/Libertalia)
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Commentaire: Tiens les bretons n’étaient pas en France? Rappelons qu’en « Hispanie » les juifs et les chrétiens ont bien accueilli les « arabes » (des berbères en fait) fatigués des persécutions des wisigoths chrétiens. Quand au fameux « Cid » (Sidi voire Caïd) des siècles après, il était aussi mercenaires… des sarrasins!

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15 avril 2017 ~ 0 Commentaire

homophobie (npa)

drapeau_gay_breton

Révolte et rage face à la barbarie homophobe en Tchétchénie

Les informations qui parviennent de Tchétchénie, timidement relayées par quelques journaux, sont effroyables.

Ramzan Kadyrov, le fidèle serviteur de Poutine dans la république « autonome » de Tché- tchénie, se veut plus royaliste que le roi du Kremlin. Alors que ce dernier assimile les homo- sexuels à des pédophiles, demande à ses flics de rester passifs face aux agissements des groupes fascistes et fait en revanche matraquer les tentatives de manifestations contre l’homophobie, Kadyrov les fait arrêter, enfermer et torturer, parfois jusqu’à la mort.

Bien que selon lui, l’homosexualité n’existe pas en Tchétchénie, des dizaines d’hommes homosexuels ou supposés l’être, sont persécutés, raflés – avec une rapidité rendue possible par les nouveaux réseaux de communication, facile à espionner – et enfermés dans ce qui ressemble à un camp. Il y a de quoi être écœuré quand le porte-parole de Kadyrov ose dire des homosexuels que « s’il y avait de telles personnes en Tchétchénie, les forces de l’ordre n’auraient aucun problème avec elles puisque leurs proches les auraient déjà envoyées dans des endroits d’où personne ne revient » !

Je tiens à exprimer ma colère et ma révolte contre cette barbarie homophobe.

L’heure est à la solidarité internationaliste, à l’unité de tous les exploités et opprimés contre les préjugés qui nous divisent, et contre les humiliations subies par des millions d’entre nous dans le monde entier. Car si c’est à grands coups de Coran que la Tchétchénie a été « remoralisée » par Kadyrov après avoir été labourée par les bombes russes, Trump et ses semblables rêvent aussi d’un ordre moral archaïque, basé sur la Bible, pendant que d’autres – y compris en France – se contentent de discours pseudo-savants sur la famille et un prétendu « ordre naturel ».

L’horreur des persécutions là-bas, c’est l’expression extrême d’une oppression qui frappe également ici – insultes, coups et discriminations persistantes – et qui sont renforcées par les attitudes conciliatrices vis-à-vis de la « Manif pour tous » et de la racaille réactionnaire.

La lutte contre l’homophobie et l’oppression des personnes homosexuelles, bisexuelles, transgenres et intersexes, c’est l’affaire de toutes et tous.

C’est l’affaire des jeunes, des travailleuses et des travailleurs, quelle que soit leur orientation sexuelle ou leur identité de genre.

Le NPA appelle à participer au rassemblement organisé à l’initiative de l’association Act Up, le 21 avril à Paris, à 18 heures.

Déclaration de Philippe Poutou. Montreuil, le 15 avril 2017

https://npa2009.org/

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15 avril 2017 ~ 0 Commentaire

sos (street press)

racisme

Pourquoi la dernière campagne de SOS racisme pose problème

La dernière campagne de SOS Racisme  est plus qu’affligeante. L’idée est de contrer les idées du FN. On y voit un.e blanc.he qui prend par l’épaule son ou ses ami.e.s noir.e.s et rebeu.e.s, tous et toutes tout sourire, avec le slogan : « Mes potes et moi on est pareils ».

Voici pourquoi ces visuels sont nuls.

1. Car la parole des concernés est confisquée

Déjà, visuellement, ils portent tous des lunettes, on ne sait pas trop pourquoi, peut-être pour dire qu’on est entre gens cultivés, la personne blanche va mettre son bras autour de ses potes victimes de racisme, et c’est très fort dans ce que ça dit du rapport de domination : elle est au-dessus. Dans une société où on est tous égaux, c’est déjà un souci, non ? Et dans le continuum du slogan historique de SOS racisme « Touche pas à mon pote », le référent qui parle est le blanc, qui valide les autres non-blancs. J’y vois une forme de confiscation de la parole des concernés. Une manière de leur dire: « Ne bouge pas, on va s’occuper de régler le racisme par nos bons sentiments”.

Ce n’est une surprise. SOS Racisme, cette grosse association largement subventionnée depuis plus de 30 ans, issue du PS historique, s’est construite sur une volonté d’exclure les concernés de la lutte contre le racisme. Ça a commencé en 1984, lors de la seconde marche contre le racisme et contre les violences que subissent les gens des quartiers populaires. Ils sont partis de cinq villes de France vers Paris et sont 100 000 à leur arrivée. Là, le PS est venu faire sa pub, comme une OPA sur le mouvement. Ils ont distribué une main de fatma jaune avec le slogan paternaliste, « Touche pas à mon pote » (voir le documentaire « Les marcheurs »  (sorti 30 ans après). Parce que la parole des concernés dérange. Encore aujourd’hui, cet antiracisme moral est bien plus relayé médiatiquement que l’antiracisme politique pourtant très actif, porté par les victimes du racisme elles-mêmes.

2. Car on n’est pas « tous pareils »

Ce genre de campagne occulte aussi le fait que non, nous ne sommes pas tous égaux. Que par son patronyme, son phénotype ou autre on va être renvoyé à une « race », une altérité spécifique. On a tous des amis blancs, mais ce n’est pas le problème. Le problème est que, quand on est noir, rebeu, d’une religion qui fait tâche, d’un quartier populaire, avec un patro- nyme un peu bizarre, ou un foulard sur la tête, on a moins de chance d’accéder à des droits fondamentaux : un travail ou un logement par exemple. On doit se balader avec une carte d’identité dans notre sac et on a de grandes chances de subir des violences policières.

La question raciale est une question sociale et politique, pas une question morale et indivi-duelle. La véritable campagne antiraciste devrait lutter pour le récépissé du contrôle d’identité ou le CV anonyme (qui est cependant insuffisant puisqu’il reste la confrontation en face à face).

3. Car tous les racistes ont un « ami noir »

SOS Racisme dépolitise et réduit la question de l’idéologie raciste prônée par le FN à une question individuelle. Et même sur ce plan là, des préjugés individuels, la campagne n’est ni courageuse ni productive. D’abord, on focalise sur le grand méchant FN et ceux qui votent à l’extrême-droite. Et on oublie que le racisme est diffus dans la société car il permet le maintien de privilèges sociaux.

Ensuite, même les gens ouvertement racistes peuvent s’y reconnaître. Des politiciens ont des propos racistes par exemple se dédouanent régulièrement parce qu’ils ont un « ami noir ». Le FN dit qu’il y a des arabes dans le parti. Quelque part, on valide le mythe du « bon noir » ou du « bon arabe ». C’est un truc que j’entends très souvent: «Toi, t’es pas comme les autres». Autrement dit : je suis l’exception qui confirme la règle du filtre racial que chacun opère.

Cette campagne SOS Racisme est totalement lisse. On croirait une pub « United color of benetton ». Si, au moins, il y avait une femme voilée une véritable marginalité, aurait fait preuve d’un peu de courage. Pour moi, cette campagne montre que l’antiracisme moral est à l’agonie. En trente ans, les beaux slogans de SOS Racisme n’ont pas du tout réussi à produire des avancées concrètes : on devrait sucrer les subventions de cette association.

4. Car la lutte contre le racisme doit être politique

À l’inverse, il faut populariser un antiracisme politique et acter que les politiques d’intégration et les politiques de la ville ont été un échec. On a concentré les populations de plus en plus précarisées au même endroit, et aujourd’hui, on critique le communautarisme. On confond les causes et les conséquences de ces politiques.

L’école est encore et toujours une machine de reproduction sociale. Plus on monte dans la hiérarchie du pouvoir, plus il y a de blancs. On maintient volontairement des populations entiè- res aux marges de la société, que l’on considère comme des « français illégitimes ». Si l’on veut combattre véritablement le racisme à la racine, il faut avoir la franchise de faire ces cons- tats et le courage d’agir en conséquence. Malheureusement, nous ne sommes pas « tous pareils » en France. Et tous les sourires bisounours du monde n’y changeront rien.

Propos recueillis par Alice Maruani
13 Avril 2017
La dernière campagne de SOS Racisme est à la fois paternaliste et totalement inefficace, pour Hanane Karimi. Il faut vite politiser la lutte antiraciste. Hanane Karimi, doctorante au laboratoire « Dynamiques européennes » de l’université de Strasbourg et féministe.

https://www.streetpress.com

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14 avril 2017 ~ 0 Commentaire

rafle du vél’d’hiv (lutte ouvrière + npa)

marine baiser porc

Un crime d’État

En déclarant le 9 avril que la France n’était pas responsable de la rafle du Vél’d’Hiv, Marine Le Pen a d’une part proféré un mensonge éhonté, de l’autre soulevé une tempête de protestations à l’hypocrisie consommée.

« La France », si cela a un sens, cela ne peut être que l’appareil de l’État français, dans sa continuité.

Or il n’y a nul besoin d’invoquer des travaux ou des recherches récentes d’historiens pour ce qui est une histoire publique. C’est bien cet État français, gouvernement et administration, police et préfecture, qui organisa les 16 et 17 juillet 1942 la rafle des Juifs résidant à Paris. L’opération, exécutée par 7 000 policiers français, grâce aux fichiers constitués depuis des années, envoya 13 000 personnes, dont un tiers d’enfants, d’abord au vélodrome d’Hiver, puis dans les camps de la mort. Une centaine seulement devait en revenir.

Paris était certes occupé par l’armée allemande. Les nazis entreprenaient la dépor- tation et l’extermination des Juifs dans toute l’Europe.

Mais le gouvernement de Pétain et l’État français allèrent au devant de leurs désirs, pour mener une opération que l’occupant allemand n’aurait accomplie qu’avec difficulté. L’extrême droite française n’avait pas besoin des nazis pour être antisémite, anti-étrangère, anti-commu- niste et anti-ouvrière. Elle l’était de naissance, elle le resta lors de son passage aux affaires entre 1940 et 1944, elle l’est demeurée depuis.

Quant aux policiers, il est vrai que certains d’entre eux ont averti les personnes qu’ils allaient arrêter, leur permettant de s’enfuir.

Mais, en tant que telle, la police française n’avait besoin de personne pour être dressée à traquer les étrangers, à embarquer ceux qu’on lui désignait, à pousser des enfants dans les bus, à surveiller des familles enfermées au vélodrome d’Hiver. D’ailleurs, loin de toute pression allemande, en Algérie ou aux Antilles, l’État français mit en place avec zèle la politique de Vichy, y compris les décrets antisémites.

Pour passer sans heurts de Pétain à de Gaulle à l’été 1944, l’État procéda à une opération de blanchiment.

Ainsi la police parisienne « s’insurgea » opportunément alors que les chars américains approchaient de Paris. Elle fut en conséquence dédouanée des crimes perpétrés pendant l’occupation, dont la rafle, décorée pour faits de résistance et prête à continuer son office. La continuité répressive de l’État français peut se résumer par la carrière du préfet Papon : orga- nisateur de la déportation des Juifs de Bordeaux, il commandait la police parisienne lorsqu’elle assassina des centaines de manifestants algériens le 17 octobre 1961.

Les politiciens ayant commencé leur carrière avant ou durant la guerre, notamment de Gaulle et Mitterrand, ont toujours veillé à conserver la légende de l’innocence de « la France ». Ils poursuivaient en cela leur politique de 1944-45 visant à protéger, en commun avec tous les partis, y compris le PCF, la continuité de l’État français, de sa police, de son armée et de ses colonies.

À partir de Chirac, le temps ayant passé, une version un peu plus conforme à la vérité historique a commencé à se faire jour. Les écoliers apprennent désormais que «la France» a envoyé des enfants de leur âge à la mort, sans que jamais on leur explique par quel miracle cet État criminel se serait ensuite transformé en État secourable.

S’appuyant sur cette nouvelle histoire officielle, les concurrents de Le Pen l’accusent en fait de s’en tenir à l’ancienne. Mais le fond est le même. Ceux qui postulent à la direction de l’État français d’aujourd’hui sont d’accord sur l’essentiel comme ils l’étaient alors. Leur priorité est d’assurer la continuité de l’État, de cet État qui montre son vrai visage dans des occasions comme la rafle du Vél’d’Hiv.

12 Avril 2017 P.G.

http://journal.lutte-ouvriere.org

Lire aussi:

Marine Le Pen, le révisionnisme en héritage (NPA)

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13 avril 2017 ~ 0 Commentaire

merci qui? (challenges)

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La chute de Marine Le Pen dans les sondages: le résultat d’une campagne ratée

Au fil des semaines, les intentions de vote dans les sondages s’effritent en faveur de Marine Le Pen. La candidate du FN paye le prix d’une campagne ratée, des affaires et du missile envoyé par Poutou dans le grand débat des candidats. La candidate du FN paye le prix d’une campagne ratée, des affaires et du missile envoyé par Poutou dans le grand débat des candidats.

Philippe Poutou est peut-être l’arme de destruction massive de la famille Le Pen recherchée depuis tant d’années.

Depuis que l’homme du NPA s’est livré à une attaque en règle contre Marine Le Pen (et François Fillon) lors du débat des 11 candidats, cette dernière continue de plonger, lentement mais surement, dans les sondages d’intention de vote. L’érosion est lente, mais elle est réelle. Estimée en capacité d’obtenir 27/28% des voix il y a un mois, Marine Le Pen est tombée dans les 22/23% aujourd’hui… C’est le socle disent les spécialistes… Le socle, rien que le socle, mais tout le socle. Et c’est à la fois beaucoup et bien peu…

A la fin du mois de janvier, quand Marine Le Pen est entrée réellement en campagne, après des mois de diète médiatique volontaire, il était dit et écrit par bien des observateurs que la campagne de la candidate FN, définitivement déconnectée de son père et ses outrances, gaullisée par Florian Philippot, s’en irait vers un premier tour qui consacrerait le triomphe mariniste. Il en est même qui auguraient d’un score flirtant, voire passant les 30%. Or, le constat est là, qui s’impose à tous.

A dix jours du 23 avril, Marine Le Pen en est loin.

C’est que la campagne de Marine Le Pen est médiocre. Elle n’inspire ni envie, ni élan. La fille de Jean-Marie rabâche les éternels argumentaires du Front National, mais elle ne surprend pas. Et l’immigration. Et encore l’immigration. Et toujours l’immigration. Osons ici avancer une idée révolutionnaire: il est possible que les Français soient avertis que l’origine des problèmes qu’ils rencontrent dans leur quotidien ne soient pas tous liés à la seule cause de l’immigration.

Le grand mensonge lepéniste

En outre, il apparaît de manière de plus en plus patente que le programme économique et social du Front National continue d’être perçu comme peu crédible, voire dangereux. Sortir de l’Europe. Abandonner l’Euro. Il n’est que les électeurs les moins avertis des complexités du monde pour gober le grand mensonge lepéniste visant à convaincre que l’enfermement et le repli sur un marché national étriqué seraient de nature à redonner du travail à l’ensemble de la population.

Le projet de Marine Le Pen inquiète. Selon une étude menée par Elabe pour BFMTV, seuls 13% des Français estiment que la candidate FN a le meilleur projet pour la France (21% Macron, 18% Mélenchon, 17% Fillon). Ce qui revient à constater que son propre électorat, en grande partie, ne la juge pas crédible… Demeurons un instant sur les révélations du sondage Elabe, qui disent la réalité de tous les handicaps qui affectent aujourd’hui Marine Le Pen.

Ils ne sont que 16% des Français à juger que Marine Le Pen incarne le mieux le changement (24% Mélenchon, 23% Macron) de même qu’ils ne sont que 12% à déclarer qu’elle « comprend les problèmes des gens comme vous » (Mélenchon 21%, Poutou et Macron 12%, Fillon 11%)… Tout indique que la candidate du peuple ne parle pas au peuple, et que ce dernier, dans son ensemble, y compris au sein de son électorat, la juge finalement peu en phase avec ses difficultés. Ne nous y trompons pas. C’est ici sans doute que le coup porté par Philippe Poutou lors du débat des 11 a été d’une redoutable pertinence.

Électrochoc sur l’opinion

Le champion du NPA a dit ce soir-là ce que les autres candidats n’osaient dire et qu’une partie de la France désirait entendre. A savoir que, comme François Fillon, Marine Le Pen était une profiteuse du système et qu’elle prenait ses aises avec la justice en usant de son immunité parlementaire pour se soustraire à la convocation des juges désireux de l’entendre dans le cadre de l’affaire des assistants parlementaires européens du FN.

L’immunité ouvrière, inexistante, brandie contre l’immunité parlementaire, bien réelle, a agi comme un électrochoc sur l’opinion…

Qui en a tiré la conclusion. Marine Le Pen l’anti-système est en fait dans le système, et elle en profite comme les autres… Depuis, Marine Le Pen baisse, baisse, baisse… Le missile Poutou, efficacité garantie. D’où notre hypothèse: il se peut que l’affaire des assistants du Parlement européen ait infusé dans l’opinion, de manière invisible, quand bien même son traitement médiatique a été bien moindre que celui des affaires affectant François Fillon…

Si l’on ajoute à cette semaine initiée par l’effet désastreux du débat à 11 et l’absence de répar- tie adaptée au candidat du NPA, la polémique sur la rafle du Vel d’hiv, qui a ramené Marine Le Pen à l’héritage du père, annihilant en 24 heures dix ans de labeur politique, médiatique, intellectuel et culturel pour que l’image de la candidate et de son parti ne soit plus associés à Pétain, Vichy, le maréchalisme, la collaboration et les chambres à gaz, point de détail de l’histoire de la seconde guerre mondiale, l’on dispose alors de l’ensemble des éléments qui expliquent que Marine Le Pen apparaît comme vieillie, usée et fatiguée à dix jours du fatidique premier tour.

Le fantôme Jean-Marie

Marine Le Pen est rattrapé par le fantôme Jean-Marie Le Pen. En dépit de ses efforts pour se travestir en candidate populaire post-gaullienne, elle demeure encore et toujours une Le Pen, dépositaire de la marque Le Pen, inquiétante et menaçante. Un dernier coup d’œil sur le sondage Elabe en atteste.

Seuls 13% des Français la jugent dotée des capacités nécessaires pour être président (24% Macron, 21% Fillon, 18% Mélenchon, 7% Hamon). Des cinq grands candidats, elle est la seule dont la « présidentiabilité » ne soit pas en adéquation avec les intentions de vote mesurées par sondages en vue du premier tour. Comme si une moitié de son électorat ne se faisait aucune illusion sur sa compétence. Tout est dit.

Au fond, Marine Le Pen est comme son père.

Elle est tout à la fois son propre succès et sa propre limite. Elle découvre que l’on ne peut pas conquérir les électeurs en faisant peur avec soi-même. Personne n’a envie de voir Belzébuth à l’Elysée.

13.04.2017

https://www.challenges.fr/

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11 avril 2017 ~ 0 Commentaire

vel d’hiv’ (slate + rp)

nazi-dog

Parmi les auxiliaires de la rafle du Vél d’Hiv, un futur numéro 2 du FN

Les 16 et 17 juillet 1942, la police française était assistée lors de la rafle de centaines de militants du Parti Populaire Français, dont Barthélémy était le numéro deux. Avant de devenir, trente ans plus tard, celui du FN de Jean-Marie Le Pen… 

Pour Pessah, la Pâque juive, Marine Le Pen a décidé d’ouvrir une polémique sur la rafle du Vél d’Hiv, dont elle a estimé que la France n’était pas responsable. Ce thème lui permet de s’adresser à l’électorat conservateur sur un segment qui lui convient, la grandeur de la France contre la repentance, alors que cet électorat s’avère rétif à son programme économique et européen.

Le débat des onze candidats avait vu la présidente du FN perdre son rôle de candi- date anti-système; les sondages placent désormais quatre d’entre eux dans la marge d’erreur donnant un ticket pour le second tour; Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé et Manuel Valls n’étant pas là, le débat porte sur l’économique et le social et non sur les burkinis: Marine Le Pen avait donc besoin d’une polémique a minima. Il lui fallait se resituer comme candidate seule contre tous, et ses soutiens dépensent leur énergie sur les réseaux sociaux à essayer de faire prendre la polémique.

Cette dernière est quelque peu vintage, car aujourd’hui, ce n’est plus Vichy mais la guerre d’Algérie qui sert de base au régime mémoriel. Mais les lepénistes, voulant peut-être maladroitement préempter le souvenir gaulliste pour l’entre-deux-tours, rappellent ainsi à notre souvenir un homme-clef de cette période: Victor Barthélémy. Car la rafle du Vél d’Hiv ne fut pas faite que par la police française: cette dernière était aidée, les 16 et 17 juillet 1942, par plu- sieurs centaines d’hommes du Parti Populaire Français de Jacques Doriot, PPF dont Barthé- lémy était alors le numéro 2. Avant de devenir, trente ans plus tard, le numéro deux du Front national. Son trajet est celui d’un siècle.

Du communisme au fascisme

Né en 1906, Victor Barthélémy provient d’une famille de gauche. Républicain varois, son grand-père est déporté en Algérie après le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte le 2 décembre 1851. Pacifiste et socialiste, son père s’enthousiasme pour la révolution russe de 1917. Le jeune Victor Barthélémy partage sa foi enthousiaste, quoiqu’il ne dédaigne pas, en sus de L’Humanité, la lecture de L’Action française de Charles Maurras. Il adhère à la Section Française de l’Internationale Communiste (PC SFIC sans « F » note du blog) , ancêtre du Parti Communiste Français. Après avoir eu pour mission de mener une agitation antimilitariste et anticolonialiste à Marseille, il est envoyé suivre à Bruxelles un stage de formation de l’Internationale Communiste. Il poursuit ensuite, en 1928, sa formation à Moscou.

En 1935, la signature du pacte d’assistance mutuelle franco-soviétique entre Staline et le ministre des Affaires étrangères Pierre Laval est suivie de déclarations de foi patriotique et de soutien à l’armée de la part du parti. Pour Barthélémy, pareils légalisme et soumission à l’ordre induisent que l’horizon révolutionnaire n’est plus qu’un leurre. Que faire? Il cherche la révolu- tion ailleurs, songe que, somme toute, «le fascisme était un socialisme qui se réalisait…». Quand, en 1936, Jacques Doriot fonde le Parti Populaire Français, Barthélémy participe à l’aventure et devient son bras droit. Dans les débats du Conseil national, il synthétise ce que doit être l’action: «Les moyens doivent être simples, catégoriques, violents.»

Le basculement a lieu quand l’Allemagne rentre en guerre contre l’Union soviétique à l’été 1941. Doriot pousse à la constitution de la Légion des Volontaires Français contre le bolchevisme (LVF) et s’y engage. Il charge Barthélémy de porter à l’ambassade d’Allemagne une lettre de remerciements à Hitler, ainsi que de faire fonctionner le parti pendant son absence. Barthélémy synthétise en quelques mots les nouveaux objectifs: «Pour une politique intérieure antiparlementaire, antidémocratique, antijuive, antimaçonnique, hardiment socialiste, dans le cadre d’un État totalitaire, pour une politique extérieure de reconstruction européenne par la réconciliation franco-allemande et la collaboration avec tous les États d’Europe.»

À la fin de la guerre, il se réfugie en Allemagne, puis en Italie. Il tente de mettre en place des commandos à introduire en France. Arrêté le 2 mai 1945, il est renvoyé dans son pays. Il obtient d’être traduit devant un tribunal militaire, lui qui fut toujours un civil, et n’est condamné qu’à quelques mois d’emprisonnement.

Reconstruire l’extrême droite

Très lié aux néofascistes italiens, Barthélémy est de toutes les tentatives de reconstruction de l’extrême droite radicale à l’échelle européenne. En France, la guerre d’Algérie paraît pouvoir redonner des perspectives: il entre donc au comité directeur du Front National pour l’Algérie Française fondé par Jean-Marie Le Pen en 1960. Ce dernier anime la campagne de Jean- Louis Txier-Vignancour à l’élection présidentielle de 1965, et, là encore, l’ancien du PPF participe à la direction. Face à l’insuccès, Barthélémy s’efface, et ne réapparaît que lorsque le mouvement néo-fasciste Ordre nouveau décide de lancer le FN en octobre 1972.

Entre les jeunes radicaux et le président du parti, le courant passe mal. Barthélémy est l’homme qui arrange la situation, faisant des allers-retours de conciliation. En avril 1973, une convocation interne à Ordre Nouveau invite ainsi les militants à une conférence sur le PPF présidée par lui et qu’il anime avec André Dufraisse, un ancien de la LVF. Rien de nostalgique, mais une perspective fonctionnelle: «Il ne s’agit pas pour les nationalistes en 1973 d’évoquer les expériences passées, mais d’analyser les causes de l’échec de notre famille politique, afin d’en tirer un enseignement indispensable à tout engagement politique.» Le mois suivant, Jean- Marie Le Pen tente d’éviter l’explosion de l’alliage entre le FN et Ordre Nouveau en déclarant lors d’un meeting: «Vous maurassiens, vous intégristes, vous anciens fascistes, laissez de côté vos querelles, venez sous la bannière du Front National défendre la droite nationale, sociale et populaire.»

Rien n’y fait: après la dissolution par l’État d’Ordre Nouveau en juin 1973, (conjoin- tement avec la Ligue Communiste qui contre-manifestait Note du blog) le conflit entre le président du FN et l’ex-équipe d’Ordre nouveau finit devant les tribunaux pour savoir à qui appartient le nom du mouvement. Barthélémy choisit de soutenir le président plutôt que les jeunes néo-fascistes. Secrétaire administratif du FN depuis 1973, il occupait en fait des fonc- tions de secrétaire général qu’il obtient officiellement au congrès de 1975.

Pour Jean-Marie Le Pen, c’était là un choix logique: «Dans mon esprit, le Front national visait à rassembler les patriotes. Qu’elles qu’aient été leurs options personnelles, politiques ou historiques précédentes. À condition qu’ils n’aient pas agi par esprit de lucre, ni qu’ils aient servi d’autres pays que le leur…, m’expliquait-il en 2012, ainsi qu’à Joseph Beauregard, pour notre livre Dans l’ombre des Le Pen. Une histoire des numéros 2 du FN. Victor est disponible, à la retraite, et a une connaissance technique de la marche d’un mouvement, modéré, efficace, se faisant accepter de gens plus jeunes que lui… C’était un bon organisateur, un bon techni- cien, qui avait une expérience politique, révolutionnaire d’abord, ensuite qui avait exercé des responsabilités nationales dans un grand parti politique, et qui n’essayait pas de faire prévaloir son passé politique mais qui se mettait à la disposition des initiatives nouvelles.»

Il est vrai que Barthélémy n’est pas enfermé dans le passé. Alors que l’immigration n’est pas la préoccupation essentielle du FN à sa naissance en 1972, il tenait déjà, quant à lui, à expliquer qu’il s’y opposait par solidarité avec les immigrés. En effet, il affirmait alors qu’elle les transformerait «en sous-hommes victimes de l’exploitation des négriers; coupés la plupart du temps de leurs familles, isolés dans des ghettos, ils n’ont pas la possibilité de s’épanouir, tout en constituant une menace pour la sécurité dans de nombreux quartiers». Défense des identités, lien entre immigration et insécurité urbaine: le discours dépréciant la promiscuité inter-ethnique se réinventait, et cet homme qui n’était plus jeune était à l’avant-garde de ces discours-là.

Barthélémy reprend donc les structures du PPF pour réorganiser le FN. Il crée des fédérations départementales et des inspections régionales, met en place en 1975 une série de commissions. Il dote le parti d’institutions, un comité central et un bureau politique, dont les dénominations sont évocatrices du mouvement ouvrier. Il met en place avec Dufraisse des associations destinées à servir de courroies de transmission au Front National, sur le modèle de l’action du PCF. Il élimine toute trace de collégialité pour faire remonter toutes les structures au président.

L’homogénéité interne va de pair avec une unification externe. C’en est fini des affiches où le nom de «Le Pen» se mêle à celui d’autres orateurs. Toute la propagande est personna- lisée autour du tribun: le Front National doit être identifié comme «le parti de Jean-Marie Le Pen». À l’intérieur il faut un chef, aux masses il faut présenter un sauveur.

En 1976, Victor Barthélémy se retire dans le Midi. Il rédige son autobiographie, publiée en 1978, y faisant montre d’une plume élégante et de fortes amnésies, sur la question de l’antisémitisme tout particulièrement. Il meurt en 1985. S’il est trop sulfureux pour que le Front national puisse évoquer son souvenir, il ne disparaît pas pour autant totalement des esprits –Jean-Marie Le Pen n’est pas homme à abandonner la mémoire de ses amis. Quand, en 1994, il prononce l’hommage funèbre de Dufraisse, il déclare: «Et toi, tu marches avec les anges, avec tes copains disparus. Ceux de ta jeunesse et de ton âge mûr: Jacques, Victor, Pierre. Et puis d’autres, encore plus près: François, Jean-Pierre…»

Jacques Doriot, Victor Barthélémy, l’ex-Waffen SS et premier trésorier du FN Pierre Bousquet, François Duprat, Jean-Pierre Stirbois…. On n’est pas certain qu’aucun de ceux-là aurait défendu une position «gaulliste» sur la responsabilité de Vichy et du PPF dans la rafle du Vél d’Hiv. O tempora, o mores…

Nicolas Lebourg  10.04.2017

http://www.slate.fr/

Lire aussi:

Le Pen. « La France n’était pas responsable » de la rafle du Vél d’Hiv (RP)

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08 avril 2017 ~ 0 Commentaire

fn contre poutou (npa)

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Le FN vole, triche, ment… et calomnie Philippe Poutou!

Incontestablement, le Front national a encore la tête qui tourne après la gifle que Philippe Poutou lui a infligée lors du grand débat, rappelant sa corruption et ses multiples mises en examen.

Les mensonges et les calomnies ne se sont pas faites attendre : entre diverses insultes, c’est notamment par la bouche de David Rachline, directeur de campagne de Marine Le Pen, qui a voulu faire croire que notre camarade ne serait pas vraiment ouvrier, et passerait son temps « dans sa permanence syndicale mais à mon avis très peu au boulot en réalité ».

Rien n’est plus faux ! Philippe Poutou est bien ouvrier à l’usine de Ford Blanquefort, tout autant que Marine Le Pen est une riche héritière doublée d’une politicienne cumularde qui vit de la rente et de ses indemnités d’élue.

Rappelons simplement que Philippe Poutou travaille en 2×8, alternativement de 6h à 14h et de 14h à 22h, et qu’il passe 30h par semaine à l’usine, avec en plus une journée salariée par et pour le NPA. Et sa délégation syndicale pour la CGT (CHSCT) est de 20 heures par mois.

Cette manœuvre grossière ne nous surprend pas : il y a quelques années, l’extrême droite avait déjà essayé de faire croire qu’Olivier Besancenot n’était pas non plus facteur.

Au-delà de nos porte-parole, en s’en prenant à eux, le FN crache au visage de l’ensemble des militants syndicaux et des salariés qui relèvent la tête, celles et ceux qui luttent vraiment contre la fermeture de leurs usines, pas comme le FN qui s’en sert pour défendre ses idées racistes et nauséabondes.

Définitivement, le FN reste bien l’ennemi des ouvriers et de l’ensemble du monde du travail..

 7 avril 2017 Commission nationale antifasciste

http://tantquillefaudra.org/

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04 avril 2017 ~ 0 Commentaire

gilbert et marie (le télégramme)


Quimper. Les CRS chargent les militants…

De tous les combats

83 ans moins deux dents. On ose le mot. Gilbert Nicolas a retrouvé son allant et presque son sourire. Le pasteur quimpérois, âgé de 83 ans, a perdu deux dents en février lors de la dispersion par les CRS, d’une manifestation contre une réunion d’extrême droite. Avec son épouse Marie, Gilbert a été de toutes les causes pour la paix et les droits de l’Homme.

Il est arrivé à la rédaction, le visage encore tuméfié, la lèvre coupée, un triste sourire sur ses dents cassées. Il a laissé quelques documents, un livre. « Au crépuscule de mes jours, il importe de faire le bilan. Les points positifs marquent notre volonté d’avoir toujours été fidèles à notre idéal et de n’avoir jamais trahi personne. Pour le reste, on a fait le peu qu’on a pu », a-t-il écrit sur une carte. Le coup pris dans une charge des CRS quelques jours avant, le 4 février, lors d’une manifestation contre une réunion d’extrême droite, aurait-il eu raison de la foi de Gilbert Nicolas en l’avenir ? L’heure du retrait serait-elle arrivée pour le pasteur quimpérois de 83 ans ?

Quelques jours plus tard, rendez-vous est pris pour tenter ce « bilan ». Gilbert et Marie, son épouse, arrivent à vélo. Le pas est alerte, le regard vif. « Nous n’avons pas beau- coup de temps, dit Gilbert. Marie doit partir à Tours dans l’après-midi, pour l’assemblée générale des Faucheurs Volontaires d’OGM ». Le temps aurait, de toute façon, manqué tant le parcours du couple est vertigineux. Sur un demi-siècle, il n’y a pas une cause des droits de l’Homme et de la paix dans le monde pour laquelle, ils n’ont pas donné leur temps, leur coeur, leur maison.

Gilbert et Marie sont indissociables. Ils se sont rencontrés en 1969 à Crozon. « Je participais, en service civil international, à la reconstruction du village de l’association Renou- veau », dit-elle. Marie est d’origine suisse. « Mes parents sont venus s’installer en France car ils trouvaient la Suisse étroite en pensée. Ma mère a beaucoup milité contre le nazisme. Elle était à Berlin en 1933. Elle me disait qu’il y a des choses que l’on ne peut accepter ».

Esprit de révolte

Gilbert, de treize ans son aîné, a déjà forgé son engagement. Il est loin le temps de l’orphelin en culotte courte sur les grèves de Carantec dans les années 1930. L’héritage des anciens qui ont vécu la Première Guerre mondiale, c’est « plus jamais ça ». Formé comme couvreur zin- gueur à Brest, Gilbert, se retrouve à Paris, chez un oncle protestant. Le catholique se conver- tit. « C’était une libération spirituelle, morale. Je n’étais plus asservi aux commandements de l’église mais à ma conscience selon la Bible ». Après un service militaire au Maroc de 1954 à 1956, il engage des études théologiques qui dureront des années, devient pasteur sans avoir été consacré. «Je voulais un ministère auprès des pêcheurs, un peu comme un prêtre-ouvrier», dit-il.

« Nous avons marché d’un même pas »

À la fin des années 1960, Gilbert est pêcheur à Carantec, puis c’est la rencontre avec Marie, décisive. « Nous avons marché d’un même pas, nous accompagnant l’un et l’autre dans les mêmes intuitions et les mêmes certitudes sans que l’on puisse dire, à cause de notre totale complicité, lequel précède l’autre », dira-t-il. « Mais je suis agnostique », dit-elle. De 1970 à 1972, le couple est à Marseille où Gilbert est docker. Il se consacre aux travailleurs immigrés, aux antimilitaristes, renvoie son livret militaire. En 1973, nouveau tournant. Gilbert s’embarque pour une des grandes affaires de sa vie : Mururoa. Il navigue pendant six mois comme équipier du Fri, voilier antinucléaire et pacifiste pour dénoncer les essais nucléaires français dans le Pacifique. L’odyssée réunira le général de Bollardière, Jean-Marie Muller, Jean Toulat, Brice Lalonde… L’événement est fondateur pour l’écologie politique.

À la fin de l’année, le couple s’installe à Quimper où Marie a été nommée professeur de biologie. Le deal se met en place : Marie apporte un salaire, Gilbert sera père au foyer (quatre enfants, dont deux adoptés) et très vite engagés sur tous les fronts. Il fonde le groupe Amnesty International à Quimper, soutient des prisonniers tahitiens, marche au Larzac, à Plogoff, à Creys-Malville contre Superphénix, à Flamanville. Dans les années 1980, il participe à la «Marche des Beurs », s’engage dans les Brigades de paix Internationales, contre la dictature au Guatemala d’où il sera expulsé.

« On ne lâche rien »

Aujourd’hui, Marie participe à des projets éducatifs, humanitaires, au Tchad, au Togo, mais aussi en Palestine. La biologiste est aussi devenue une faucheuse volontaire pour dénoncer l’accaparement du vivant par les firmes. Dernière action, en novembre dans la région de Dijon, contre un colza OGM. À Quimper, elle a été convoquée au commissariat et a refusé un prélè- vement d’ADN. « J’ai donné deux fois mon ADN avec mes enfants et plus de cent fois avec mon sang. Je refuserai de le faire dans ces conditions ». Le procès est prévu en septembre.

Le 4 février, Gilbert a été blessé au visage lors du dispersement d’une manifestation contre une réunion de l’extrême droite. Il a porté plainte. « Notre mot d’ordre était Bretagne ouverte, solidaire et fraternelle, dit Gilbert. On ne lâche rien ». Et ils sont repartis à vélo

http://www.letelegramme.fr/

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30 mars 2017 ~ 0 Commentaire

 petits candidats (npa)

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Braconnage très à droite…

Si le Front national est électoralement hégémonique à l’extrême droite depuis 30 ans, certains « petits » candidats vont tenter malgré tout de lui disputer une partie de son électorat le 23 avril prochain…

Nicolas Dupont-Aignan, à droite toute…

Militant, selon lui,  au sein de la droite classique depuis son adolescence (avec un bref pas- sage au côté de Jean-Pierre Chevènement), NDA quitte l’UMP en 2008 en transformant son courant « Debout la République » en parti politique. Se situant à l’origine sur le terrain de la droite « eurosceptique », NDA va glisser progressivement vers un nationalisme de plus en plus affirmé. Ainsi, lors de l’élection présidentielle de 2012, il déclare qu’il pourrait choisir Marine Le Pen pour Premier ministre. En 2014 il soutient ensuite la candidature de Ménard à l’élection municipale de Béziers.

Le changement de nom de son organisation en « Debout le France » en 2014 vient illustrer l’accentuation de cette dérive. Depuis, il n’hésite plus à défendre un programme anti- immigration identique à celui du FN, en soutenant les décrets de Trump, en reprenant à son compte la théorie du « grand remplacement » ou lors de la primaire de droite, qualifiant Juppé de « candidat de l’immigration de masse »… Jusqu’où ira-t-il ?

François Asselineau, le candidat des conspirationnistes

Ancien collaborateur de Juppé puis de Pasqua, il est lui aussi issu de la droite. Il fonde son parti, l’UPR, en 2007, dont la grille de lecture complotiste et ultrasimpliste peut se résumer en une phrase : absolument tout est de la faute de l’Union Européenne qui ne serait en fait qu’une construction des services secrets étatsuniens…

Lors de ses très très longues conférences, il explique donc que derrière chaque événement politique, la loi El Khomri, Daesh, les OGM, l’académie Nobel, le logo de l’UMP, se cache la main de la CIA. Même le FN serait le résultat d’un complot visant à « pourrir » les idées ­défendues par Asselineau…

Pour défendre son idée fixe sur l’UE, Asselineau est donc prêt à s’allier avec tout le monde et surtout avec n’importe qui. On l’a ainsi vu donner une conférence en 2010 au « Local », le lieu tenu par Serge Ayoub (leader du mouvement Troisième voie) ou inviter dans ses universités d’été des figures du complotisme comme Étienne Chouard ou Annie Lacroix-Riz, des repré-sentants du Réseau Voltaire de Thierry Meysan, Robert Ménard ou l’éditeur d’extrême droite suisse Slobodan Despot. Sur les questions internationales aussi, Asselineau est comme l’ensemble de l’extrême droite française : un fervent défenseur de Poutine et de Donald Trump.

Jacques Cheminade, « l’illuminé » qui n’a rien de sympathique

Jacques Cheminade passe souvent pour un type un peu farfelu mais pas méchant. Pourtant il porte une idéologie dangereuse. Lui et son parti Solidarité & Progrès sont affiliés au mouve- ment américain de Lyndon LaRouche, politicien américain fascisant et habitué des déclarations négationnistes, racistes, sexistes et homophobes.

En France, les relations de Cheminade sont aussi douteuses. Ainsi il était en 2008 un des intervenants de l’université d’Égalité et Réconciliation, l’organisation fasciste d’Alain Soral ! Bien que non classé comme secte, Solidarité & Progrès fait l’objet de nombreux dossiers de la part des princi- pales organisations de luttes contre les sectes, comme l’UNADFI, la Milivudes, ou Prevensecte. La lutte de LaRouche et Cheminade contre l’oligarchie et la finance cache mal leur obsession complotiste.

Ils reprennent tous les codes du complotisme dont l’ancrage historique antisémite est indé- niable, le plus parlant étant la reprise par Cheminade de la théorie du «complot synarchique»… issu de l’extrême droite collaborationniste.

Mercredi 29 mars 2017, Commission nationale antifasciste

https://npa2009.org/actualite/politique/petits-candidats-braconnage-tres-droite

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