Archive | Antifascisme

12 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Violence (Cain/ESSF)

rouge

Les débats de la Ligue communiste française en 1972

En 1972, la Ligue communiste (Section français de la Quatrième internationale) a connu un intense débat sur la question de la violence. Un bulletin intérieur de discussion, le fameux « BI-30 », est en quelque sorte devenu un symbole de ce débat et a nourri des accusations de « militarisme ». La présentation qui suit est l’occasion de démystifier le « BI-30 » et d’expliquer en quoi la LC, tout en recourant à des formes d’actions illégales et violentes entre avril 1969 et juin 1973, y compris après son interdiction, ne fut à aucun moment tentée dans les « années 68 » par l’aventure de la violence révolutionnaire armée.

La question de la violence

Pour nous, la réintroduction de la violence dans la lutte des classes passe pour une part par l’initiative délibérée, un peu volontariste de l’avant-garde. Ainsi, en même temps que nous faisons une propagande systématique sur l’autodéfense comme forme d’organisation des masses en lutte, nous n’hésitons pas à recourir à des initiatives violentes quand leur relation à un travail de masse peut être clairement établie, que ce soit sur Burgos ou sur l’Indochine. C’est dans ce cadre global qu’il faut comprendre et systématiser la dialectique violence de masse/violence minoritaire.

Sa réception entraîna un choc politique tant au sein qu’à l’extérieur de l’organisation, et suscita de nombreuses critiques. L’emploi d’expressions telles que « période de clandestinité », « initiatives violentes », « dialectique violence de masse/violence minoritaire » ou l’évocation d’organisations révolutionnaires ayant recours à la lutte armée.

Citer l’Armée révolutionnaire du peuple (ERP) en Argentine ou les Tupamaros en Uruguay, put apparaître en effet lourd de sens d’autant plus dans une période historique où la « violence révolutionnaire [3] », notamment dans sa forme clandestine et armée, participait au renouvellement et à l’élargissement du répertoire de l’action collective d’une partie minoritaire de l’extrême gauche européenne, comme on le constatait en République Fédérale d’Allemagne et en Italie.

Aussi, dès le mois de juillet 1972, Gérard Filoche, membre du BP, se fendit-il d’une longue réponse, le « BI-33 », dans laquelle il fustigea ceux qui préconisaient selon lui un « cours militariste [4] » et tendaient à acter le renoncement au projet de construction du « Parti révolutionnaire » au sein de la classe ouvrière au profit de sujets de substitution, telles la paysannerie ou la jeunesse urbaine scolarisée.

Quelques mois plus tard, ce fut au tour des dirigeants états-uniens et latino-américains [5], appartenant à la minorité de la QI [6], d’exprimer toute leur indignation. Ils ne manquèrent pas de voir dans les mots du « BI-30 » autant l’expression paroxystique de la dérive « ultra-gauchiste [7] » de la section française. La preuve qu’une partie importante de sa direction, victime de son impatience et de son pessimisme, fourbissait, dans la continuité de la résolution controversée sur le recours à la lutte armée en Amérique latine adoptée au 9e congrès mondial [8], le projet d’importer « la guerre de guérilla urbaine ou rurale » en France.

Au demeurant, les tenants de cette supposée nouvelle « orientation de guérilla » renonçaient ipso facto à la « construction lente et difficile d’un parti ouvrier révolutionnaire [9] », ce qui constituait à leurs yeux un rejet de l’hypothèse stratégique de la grève générale et donc un abandon coupable du « Programme de transition » de Léon Trotski.

Ces interprétations contemporaines du « BI-30 » résonnent avec la façon dont celui-ci est régulièrement présenté de nos jours dans la littérature scientifique et journalistique. Qualifié par l’historien Philippe Buton de « contribution militariste [10] », il est interprété par ce dernier comme le point de départ d’un dangereux « engrenage [11] » de violence militante qui aurait pu conduire l’organisation trotskiste à franchir le Rubicon de la violence révolutionnaire criminelle dans la France des « années 68 ».

Ainsi, tel un écho à la narration du film Mourir à 30 ans de l’ancien responsable du Service d’Ordre (SO) Romain Goupil, le « BI‑30 » devrait être compris, selon cette reconstruction, comme l’élément de preuve qui validerait la thèse selon laquelle l’organisation trotskiste eût été avec la Gauche Prolétarienne (GP) la plus tentée dans la France des « années 68 » par le passage à la lutte armée.

Seul un redressement salutaire de sa direction aurait permis d’éviter le pire. Celui-ci serait intervenu consécutivement à la dissolution de la LC, le 28 juin 1973, décidée par le gouvernement suite aux nombreux blessés du côté des forces de l’ordre survenus lors de la contre-manifestation antifasciste et antiraciste du 21 juin 1973, présentée comme le moment paroxystique de cette dérive [12]. En la stoppant dans son élan et en l’obligeant à opérer un « changement de ligne [13] » en faveur du « tournant ouvrier [14] », cette mise hors la loi serait venue, heureusement, mettre un terme à l’escalade dans la violence, à cette période de « dérive militariste » au cours de laquelle l’organisation trotskiste aurait évolué sur une ligne de crête.

Cette présentation nous donne l’occasion de démystifier le « BI-30 », pour mieux expliquer pourquoi la LC, tout en recourant à des formes d’actions illégales et violentes entre avril 1969 et juin 1973, y compris après son interdiction, ne fut à aucun moment tentée dans les « années 68 » par l’aventure de la violence révolutionnaire armée.

 Le « BI-30 » : une contribution originale dans la perspective d’un congrès national

Cette écriture à quatre ne fut pas fortuite. En effet, les quatre rédacteurs entretenaient des relations amicales et politiques soutenues. Cette étroitesse des liens était d’abord le résultat d’une proximité spatiale. Ils militaient – ou avaient milité [15] – ensemble dans les deux principales villes-centres de l’Occitanie, Toulouse et Montpellier, qui faisaient partie des plus importantes sections avec celle de Rouen.

C’est aussi à partir de leur propre expérience au sein de ce cadre régional occitan avec ses contrastes sociaux, ses particularismes culturels, sa proximité avec l’Espagne, qu’une partie des problématiques inscrites dans le « BI-30 » ont été pensées, rappelant combien l’engagement de n’importe quel militant, pour être compris, doit être situé autant dans le temps que dans l’espace. Ce prisme régional [16] constitua une des originalités du « BI-30 », rompant avec une certaine orthodoxie trotskiste.

Craignant que ce 3e congrès ne soit celui de l’évitement, Daniel Bensaïd et ses trois cosignataires décidèrent de profiter de la fenêtre du congrès pour soumettre à la discussion collective une contribution qui, pour mieux « explorer l’avenir [17] », cherchait à anticiper une série de « problèmes » auxquels l’organisation trotskiste se confronterait, tout en suggérant « quelques hypothèses de travail [19] ».

Dans ce texte dense, ils entendaient poser un diagnostic, tout en questionnant les tâches incombant à la LC dans la perspective d’une préparation clairvoyante et très active de possibles échéances révolutionnaires à venir. Ils abordèrent des thèmes aussi variés tels que l’impossibilité à court terme d’une répétition d’un scénario de type mai-juin 1968 du fait de « ce double verrou [20] » constitué à la fois par un PCF toujours hégémonique qui avait tiré des leçons et par la politique jugée de plus en plus répressive du gouvernement de Georges Pompidou.

Mais aussi le problème des forces sociales susceptibles de faire cause commune avec la classe ouvrière telle la paysannerie, également l’aptitude à la violence organisée de celle-ci à partir de l’expérience emblématique des « comités d’actions viticoles » en Occitanie, ou encore le nécessaire déménagement de militants dans des quartiers populaires pour aider à résoudre le problème d’implantation.

Ils exprimèrent surtout leur crainte que l’organisation trotskiste– confortée par le quasi-doublement du nombre de ses membres titulaires, l’élargissement de sa « surface géographique » sans compter l’entrée dans la vie active d’une partie de ses jeunes militants lui permettant de se « dépouiller de sa vieille peau estudiantine » – n’en vienne à se complaire dans la seule gestion de ses acquis, tout en scrutant, attentiste, « la nouvelle vague des masses » qui finirait bien par se former à l’horizon.

Ils récusaient ce « fatalisme révolutionnaire » qui conduirait selon eux « l’avant-garde » à ne plus rien entreprendre d’audacieux, de risqué, pour s’en remettre à la seule « spontanéité des masses » qui, dépossédées militairement, devraient dans ces conditions de laisser faire, d’elles-mêmes régler le problème de l’insurrection armée.

Ainsi, selon eux, la LC, en tant qu’ « avant-garde marxiste », ne devait-elle pas cesser de prendre des initiatives, de se montrer volontariste, imaginative, pour mériter son statut d’avant-garde, tout particulièrement en ce qui concerne l’acculturation à la violence chez les salariés dans cette phase préparatoire ô combien cruciale à la prochaine « crise révolutionnaire ».

C’est d’abord à cause de cet « initiativisme » en matière de violence minoritaire que Gérard Filoche, puis les principaux dirigeants de la minorité de la QI voulurent y voir la volonté politique d’amener l’organisation trotskiste à « appliquer en France la stratégie adoptée pour l’Amérique latine [21] ».

 Une organisation trotskiste à la « violence minoritaire » revendiquée

Il est certain que du point de vue des autorités policières, la LC était perçue comme une « organisation subversive » tandis que ses dirigeants étaient vus comme n’ayant d’autre dessein que « le renversement du pouvoir légitime par la force ».

À l’instar des autres organisations stigmatisées comme « gauchistes » par le PCF, la LC rejetait effectivement la possibilité d’une prise du pouvoir d’État par la seule règle majoritaire, ainsi que la perspective d’une « transition légale et pacifique au socialisme » telle que tentait de la mettre en œuvre au Chili, depuis son élection en 1970, Salvador Allende.

Elle postulait la conquête révolutionnaire et armée du pouvoir d’État à la faveur d’une grève générale insurrectionnelle, défendant le scénario « d’une irruption violente des masses dans le domaine où se règlent leurs propres destinées » comme l’exprimait, en 1930, Léon Trotski, sous la direction du « parti d’avant-garde révolutionnaire » qu’il s’agissait de construire. Pari politique inouï, à partir du « groupe révolutionnaire étudiant » héritier de la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR) née en 1966 et dissoute par décret le 12 juin 1968.

Ce postulat, selon lequel la « révolution sera violente ou ne sera pas [22] » constituait une différence essentielle avec les « partis réformistes », bien davantage qu’avec les projets de société puisque, par-delà les divergences programmatiques, « révolutionnaires » et « réformistes » défendaient alors tous un horizon post-capitaliste.

La ligne de partage entre eux se cristallisait dans ces « années 68 » sur la question des « moyens », et par là même sur la façon d’envisager les conditions de passage au socialisme. Aussi, l’organisation trotskiste dénonçait-elle de façon récurrente ceux qui, à l’instar du PCF et du PS – partenaires de cette « union sans unité [23] » en train de se concrétiser, en ce mois de juin 1972, par l’adoption du programme commun de gouvernement –, désarmaient politiquement les salariés en entretenant auprès d’eux l’illusion « qu’on peut réaliser la plus formidable révolution sociale de tous les temps, déposséder la plus puissante classe dominante de l’histoire, au moyen des élections, dans le respect de la légalité édictée par l’ennemi [24] ».

Mais si la LC fut soumise à pareille surveillance policière, bien plus que les autres organisations trotskistes telles Lutte ouvrière et l’Organisation communiste internationaliste, ce fut parce qu’elle posait depuis sa création, comme déjà au temps de la JCR, de sérieux problèmes en termes de troubles à l’ordre public dans une série de villes.

Elle refusait en effet de subordonner son répertoire d’action partisan au strict respect de la légalité, et c’était là une des caractéristiques de son identité organisationnelle contribuant à sa distinction au sein du champ politique radical. Refusant d’adopter une posture strictement défensive, la LC théorisait le fait de recourir à des modes d’action non conventionnels, offensifs et spectaculaires, qui pouvaient relever, selon sa propre terminologie, de la « violence mino-ritaire [25] ».

Si ce positionnement temporaire et circonstancié en marge de la légalité pouvait demeurer symbolique, il pouvait néanmoins être source de déprédations et d’interactions violentes. Ainsi, en parallèle de son militantisme classique (vente de Rouge, organisation de réunions publiques, militantisme dans les facultés, fonctions publiques et entreprises privées, soutien logistique aux luttes ouvrières…), la LC, avec de grandes différences selon les villes, accorda une importance certaine à cet aspect transgressif de son travail militant, qui s’exprima principalement dans les domaines de l’internationalisme de combat et du contre-fascisme.

Ainsi, ces militants pouvaient-ils autant déployer, en pleine rue, une immense banderole, le 8 octobre 1969 à Paris, pour commémorer les deux ans de l’assassinat du Che en soutien à la « révolution bolivienne », qu’imposer, équipés d’armes par destination (cocktails-Molotov…), une distribution de tracts, aux portes des usines Citroën près de Rennes, le 1er avril 1971, pour défendre les libertés syndicales, que harceler physiquement sur les marchés parisiens les militants d’extrême droite, ceux d’Ordre nouveau en priorité, pour participer à « écraser la peste brune dans l’œuf ».

S’inscrivant dans la tradition de « l’autodéfense communiste [26] », la LC était désireuse par sa pratique collective dans l’espace public de conférer une traduction concrète à ses mots d’ordre antifascistes et internationalistes.

En outre, en prouvant pratiquement son courage, son audace, son ingéniosité à travers ces nombreuses « actions d’éclats [27] » médiatisés, comme lorsqu’un commando d’une trentaine de militants pénétrèrent dans un local annexe de l’ambassade des États-Unis, le 5 octobre 1971, brisant des vitres, traçant des inscriptions sur les murs, elle espérait, en se démarquant aussi comme cela du PCF, susciter, notamment chez une partie de la jeunesse scolarisée et ouvrière radicalisée, un processus d’identification, préalable à un possible engagement dans ses rangs.

La violence militante fut donc bien un mode d’affirmation politique [28], un moyen d’attirer l’attention sur soi, participant à la construction d’une identité partisane distincte. Enfin, investissant la violence politique d’une fonction instrumentale, la LC considérait qu’il lui incombait, par le truchement de ces « actions exemplaires » de contribuer à « armer les ouvriers du désir de s’armer » que ce soit dans le cadre de la défense des grèves comme dans la perspective révolutionnaire de « l’insurrection des masses », selon la vielle recommandation de Lénine, et de lutter par là même contre les pesanteurs du légalisme inhibiteur du couple PCF-CGT au sein du « mouvement ouvrier organisé ».

 Une violence politique de basse intensité, subordonnée à des considérations politiques et organisationnelles

Si de nombreux cas « d’actions violentes » furent recensés entre 1969 et 1973 [29], il n’en demeure pas moins que la militarisation à marche forcée de l’organisation trotskiste ne fut jamais envisagée, tandis que la violence militante déployée par la LC, principalement par le truchement de son SO, dirigé aussi bien contre les « symboles de l’impérialisme » que contre des militants d’extrême droite, demeura de basse intensité.

Accusé avec ses camarades cosignataires du « BI-30 » de vouloir donner à l’organisation trotskiste un cours funeste, en voulant la transformer en « groupe de partisans [30] », Daniel Bensaïd eut plusieurs fois l’occasion, avant et après la publication du « BI-30 », de développer publiquement dans Rouge sa conception de la « violence minoritaire », et par là même de distinguer la manière dont la LC envisageait son recours de celle des groupes révolutionnaires clandestins et armés allemands ou italiens, et celle de la Gauche prolétarienne.

Ainsi, il considéra, comme il le répéta dans le « BI-30 », que « les révolutionnaires ne doivent pas attendre le soulèvement des masses pour opposer à la violence quotidienne du capital leur propre violence [31] », s’il jugea que l’exercice de la violence pouvait utilement contribuer à « démystifier l’invulnérabilité de la police et du patronat aux yeux des salariés », et que par là même « l’action violente, extra-légale » constituait « un progrès [32] » par rapport au pacifisme intégral de ceux qui l’excluaient de leur répertoire d’action comme le PCF.

Il récusa pourtant toute fétichisation de celle-ci, tout en insistant sur la nécessité impérieuse que les « actions minoritaires violentes » soient non seulement reliées à une « activité de masse », mais plus que tout que ceux qui décident de les entreprendre, aient au moins la grande conviction qu’elles soient autant que faire se peut intelligibles et susceptibles d’être soutenues pour le plus grand nombre des salariés.

D’où le fait qu’il eût été amené à caractériser l’enlèvement de Robert Nogrette en mars 1972 par la Nouvelle Résistance populaire d’« erreur politique grave [33] », jugeant que celui-ci ne pouvait être approuvé à une échelle de masse, ne pouvant qu’aggraver l’isolement des militants révolutionnaires, les couper de la grande majorité des travailleurs, ceux qui avaient pour projet de construire un parti ouvrier de masse.

Ainsi, cette définition exigeante et contrainte de la violence minoritaire légitime révélait-elle tous les garde-fous politiques et stratégiques qui la bornèrent en permanence, excluant a priori dans le contexte démocratique français toutes les actions de type criminel en dehors d’une véritable crise révolutionnaire. Ces actions comme celles menées par la Fraction armée rouge ne pouvant qu’être l’expression d’une « révolte désespérée » de la part de groupes déracinés.

Au demeurant, l’usage de la violence politique était censé soutenir une « stratégie de conquête du pouvoir par les masses » organisées par le futur parti révolutionnaire. Dès lors, il ne devait pas mettre en péril l’avenir de la jeune organisation en construction et dont le problème demeurait celui de la liaison organique avec « les masses » dans les entreprises et dans les quartiers. Il n’était pas question de sacrifier en basculant dans la clandestinité du fait d’un recours à un « engagement armé », son ancrage social, ses premières positions gagnées dans les syndicats, de se retrouver ostracisée, au moment où la LC, en dépit de sa petitesse, devenait une organisation de plus en plus reconnue non seulement dans le mouvement de la jeunesse scolarisée mais déjà dans certaines entreprises publiques

Ainsi, il est faux d’interpréter le « BI-30 » comme le signe manifeste d’une radicalisation de l’organisation trotskiste. Poser la question d’un futur déclenchement de la « guérilla urbaine » en France ne fut à aucun moment le dessein des signataires du « BI-30 ». D’ailleurs, les rédacteurs du « BI-30 », enjoints par le BP à rédiger une « auto-critique » au mois d’octobre 1972, proposèrent une « mise au point [34] ».

S’ils reconnurent ainsi des formulations approximatives, regrettant l’emploi de notions susceptibles, parce que non définies, de prêter le flanc aux procès d’intention les plus fantasmagoriques, à l’image de ceux instruits par Gérard Filoche ou les principaux responsables de la minorité internationale, ils déplorèrent les « interprétations abusives » et la focalisation sur la première partie où il était fait mention des organisations armées latino-américaines, précisant qu’ils n’avaient jamais été dans leur intention de les présenter comme des modèles à suivre pour la LC dans le contexte historique de la France des « années 68 ».

Soutenir politiquement, financièrement et matériellement les sections de la QI qui recouraient à la lutte armée dans leurs pays soumis à des régimes dictatoriaux – comme le fait de fournir, au printemps 1973, une copie du livre Manuel du tireur couché rédigé par un ancien garde du corps de De Gaulle au dirigeant argentin, José Joe Baxter, qui rentrait au pays [35], en même temps que les fonds collectés – n’impliquait pas que la LC les imitât en France.

Le « BI-30 » est d’abord révélateur à la fois du volontarisme politique d’une organisation qui s’efforce d’avoir un effet sur la réalité inversement proportionnel à sa petitesse. Cette passion pour la prise d’initiative fut constitutif de la culture partisane de la LC et en réalité de la QI [36].

Si des formes d’actions illégales et violentes, telles qu’elles sont mentionnées dans le « BI-30 », ont occupé une place importante dans le répertoire partisan de la LC, y compris après sa dissolution le 28 juin 1973 qui aura d’abord permis à la LC de bénéficier d’un soutien public inédit de la part de toutes les gauches politiques, syndicales, associatives, y compris du PCF, jamais l’organisation trotskiste ne fut en proie à une tentation terroriste dont le « BI-30 » apparaîtrait rétrospectivement comme le signe le plus alarmant. Pendant toute cette période, la violence militante demeura « apprivoisée [37] », comme le rappela Daniel Bensaïd dans son autobiographie.

Hugo Melchior mercredi 18 février 2026

https://www.europe-solidaire.org/

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11 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Fascisme (LO)

lo lcr

“Fascisme” et “antifascisme” : de quoi s’agit-il ?

La banalisation des discours d’extrême droite, l’activisme de groupes prêts à s’attaquer physiquement à tous ceux qui leur déplaisent, ont mis au premier plan de l’actualité l’existence de groupes « antifas » (pour « antifascistes »).

Pour beaucoup, le terme « fasciste » est aujourd’hui simplement synonyme de l’appartenance à l’extrême droite. Ce courant politique qui défend des idées racistes, xénophobes et autoritaires se renforce d’année en année. Même si, pour l’essentiel, en France, cette progression des idées d’extrême droite reste sur un terrain électoral, il est indispensable de la combattre. Reste que les qualificatifs génériques « fascistes » et « antifascistes » introduisent plus de confusion que de clarté.

Le courant fasciste a émergé en Italie au début des années 1920 et plus tard en Allemagne sous la forme du nazisme. Empêtrée dans sa crise, la bourgeoisie de ces pays eut recours à des troupes de choc, mobilisant des masses de petits bourgeois appauvris par la crise pour briser la classe ouvrière organisée et combative. Le développement d’un sentiment antifasciste exprimait en retour la volonté de riposter à cette évolution réactionnaire.

En France, la manifestation d’extrême droite du 6 février 1934, qui vira à l’émeute, déclencha une réaction massive : le 12 février, des centaines de milliers de travailleurs défilèrent à Paris. Cette remontée de la combativité ouvrière culmina lors de la grève générale de juin 1936. En Espagne, le coup d’État militaire de juillet 1936 déclencha un mouvement révolutionnaire.

Cette volonté de résister à la montée du fascisme fut cependant dévoyée par les partis ouvriers réformistes, socialistes et staliniens, et désarma finalement la classe ouvrière. Ces partis prétendirent que le combat contre le fascisme devait rester sur le terrain de la défense de la démocratie bourgeoisie. En France, au nom de cette politique, le Front populaire saborda la grève générale de juin 1936. En Espagne, le Frente popular étouffa l’explosion révolutionnaire de juillet 1936 et mena le combat au nom d’une République qui respectait la propriété et le pouvoir de la bourgeoisie, un « antifascisme » qui se solda par la victoire de Franco.

Durant la Deuxième Guerre mondiale, le drapeau « antifasciste » justifia l’alliance de l’URSS avec les États- Unis, présentant cette guerre impérialiste comme un affrontement entre « démocratie » et « fascisme » ; à la sortie de la guerre, ce fut encore au nom de l’antifascisme que les partis staliniens justifièrent leur participation à des gouvernements bourgeois, dont celui de De Gaulle en France, et leur contribution à la préservation de l’ordre social dans toute l’Europe.

Même si aujourd’hui il n’existe pas en France de parti fasciste pouvant s’appuyer sur des mobilisations de masse de la petite bourgeoisie, combattre l’extrême droite et ses idées est bien sûr indispensable. Mais le faire au nom de « l’antifascisme » reste une tromperie. Ainsi on a entendu Jean-Luc Mélenchon appeler à la création d’un « front antifasciste », qui serait, selon lui, le pendant du nouveau « front républicain », lequel inclut désormais le RN et exclut LFI.

Sous une apparence radicale, c’est en appeler à la constitution d’une nouvelle Union de la gauche comme celle qui a mené une politique anti-ouvrière de Mitterrand à Hollande, démoralisant et poussant vers l’extrême droite une partie des classes populaires. Une partie de l’extrême gauche, le NPA-A entre autres, qui veut lui aussi « faire front » contre le fascisme, se range d’ailleurs derrière cette opération.

De leur côté, les groupes « antifas » veulent combattre les groupes qui se réclament du fascisme, dans la rue, poing contre poing. Il est légitime de défendre les locaux ou les activités des organisations de gauche, quand ils sont attaqués, voire de conclure des accords entre organisations pour un tel objectif. Mais les bagarres de rue contre les « fachos » ne mènent à rien y compris quand elles n’ont pas une issue tragique comme récemment à Lyon.

La progression de l’influence électorale de l’extrême droite peut bien sûr finir par déboucher sur un véritable danger fasciste. Dans cette perspective, il sera déterminant de mener, dans la classe ouvrière, une politique de classe qui ne pourra se dire seulement « antifasciste » mais être révolutionnaire et prolétarienne, sans aucune confusion avec la politique de forces bourgeoises, même se prétendant démocratiques et républicaines. Une politique révolutionnaire dans le monde du travail ne peut avoir rien de commun avec la remise en selle d’une gauche de gouvernement.

Claire Dunois 04/03/2026
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Commentaire:
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On croit rêver! LO ne se rend pas du tout compte de la situation et minimise le danger fasciste! Même à Brest les fachos mènent des attaques et la jeunesse a raison de réagir. Ce ne sont pas des bagarres entre étudiants. La situation est européenne et mondiale. Quant à l’absence d’un parti fasciste de masse, mais que faut-il à LO?
D’autre part on connait le soucis de LO de préserver sa pureté « prolétarienne » face à la gauche « petite bourgeoise ». Rappelons ce que disait Léon Trotski: « Face au fascisme, on peut s’allier même avec le diable! ».

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11 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Antonio Gramsci (Groupe Octobre)

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10 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Plougerne (OF)

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10 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Brest (Street Press)

BagadouStourm

Les grands ancêtres 

Sympathie pour Dieudonné, bébé grimé en Hitler, antivax…

À Brest, cinq candidats RN racistes ou complotistes

À Brest, le Rassemblement national et sa liste aux municipales ont aussi leur lot de « brebis galeuses » bien salé. StreetPress en a repéré cinq de plus. Confronté, le candidat RN tête de liste relativise.
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Yves Pagès, 77 ans, tête de liste du Rassemblement national à Brest, veut incarner « la force du changement », indique-t-il au quotidien « Le Télégramme », à la présentation de sa liste, le 28 février.
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StreetPress a pourtant épinglé dans la liste cinq candidats, qui font monter le score total des « brebis galeuses » du RN à l’échelle nationale à 186 épinglées. Un vrai cheptel !Il y a déjà cette candidate, douzième sur la liste, mère de famille, dont le mari est aussi candidat, qui affiche en public sur Facebook, en 2017, son enfant, affublé de la moustache d’Adolf Hitler, avec ce texte : « Mon petit hitlérien !!! »
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Un autre, en 2016, publie un photomontage raciste d’une personne asiatique avec le texte : « Si chien aboie alors chien pas bien cuit. »Ça se corse avec Danyel Montier, n°33 sur la liste, qui repartage du contenu créé par l’intelligence artificielle, dans lequel apparaissent des jeunes hommes noirs. Surmonté du texte, « le rêve français version 2025 », l’une des personnes créée de toutes pièces clame : « On nous a dit qu’en France, il y a un appartement, des aides, même les transports gratuits. On arrive, préparez le canapé. » Une habitude de l’extrême droite depuis deux ans, qui utilise l’IA pour donner forme à ses fantasmes.
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Une petite touche antivax est apportée par le n°49, Romain Malgorn.
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L’ouvrier qualifié partage plusieurs vidéos d’Olivier Rohaut, alias « Oliv Oliv », candidat malheureux aux législatives de 2022 et chef de file de la fronde contre le pass sanitaire à Nice (06). Cet influenceur partage sur ses réseaux sociaux le témoignage d’une femme de 37 ans atteinte de la maladie de Charcot, supposément provoquée par l’injection d’une dose de vaccin anticovid, depuis décédée.
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« Français par la CAF versée »

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Il y a aussi Landry Ramel, garagiste en 17e position sur la liste RN, qui ne se soucie pas seulement de mécanique. Il s’inquiète aussi de « la part des noms islamiques par type de crime », sujet d’une vidéo repartagée par Le Bracq, influenceur d’extrême droite. « Si la justice voulait bien nous transmettre les chiffres réels, je les partagerai aussi dans n’importe quel sens que ce soit. Je n’ai pas de ressentiment envers l’islam ni aucune autre religion », se défend-il auprès de StreetPress.

Interrogé sur ses republications de Dieudonné malgré ses multiples condamnations, le RN Landry Ramel évoque un « lynchage médiatique » contre l’humoriste. « Après je ne partage pas le bonhomme et ses casseroles, je partage l’humour », se défend-il.

Il reposte du contenu du Parti national breton,

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ancien parti collaborationniste pendant la Seconde Guerre mondiale et actuellement groupuscule aux sympathies néonazies. « Oui, il m’arrive de repartager le Parti national breton, car la Bretagne est mon chez moi là où j’ai mes racines, malgré le fait que je sois en désaccord avec leur mouvement sur certains points. » Il ajoute : « De toute façon, à leurs yeux, je suis un traître car j’adhère et j’adore mon pays. » Ce garagiste, qui se déclare comme un « déçu de la gauche », republie le contenu de Dieudonné. Quand nous lui parlons des multiples condamnations de l’humoriste — 31 selon un décompte de « Ouest-France » —, notamment pour négationnisme, il évoque un « lynchage médiatique ».

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À la question d’un risque de valider ses thèses antisémites, il répond : D’autres profils sont plus inquiétants, comme celui de Gaëtano Le Rousic—Le Guern, 21 ans, en 39e position. Le 27 janvier, un mois avant la publication officielle de la liste du RN, son visage se fait placarder sur la page Instagram « Le_jeune_militant ». Très reconnaissable avec ses tatouages dans le cou, le militant du Rassemblement national de la jeunesse se distingue par le racisme de ses publications sur Instagram. L’une d’elles oppose des militaires de la Légion étrangère, « Français par le sang versé » et des femmes voilées, « Français par la CAF versée ». Quand StreetPress montre cette publication à son comparse Landry Ramel, ce dernier se désolidarise :

Un candidat RN qui relativise ses « brebis galeuses »

Gaëtano Le Rousic—Le Guern étale sur Instagram son ressentiment assez marqué à l’égard de l’islam, ses symboles et ses pratiquants. Cette animosité sort parfois de la simple satire religieuse, notamment avec une vidéo créée par IA. On y voit deux gorilles sur des chaises longues, dans le désert, hilares à l’évocation d’une blague raciste sur un prénom arabe. Un tour d’horizon de ses profils suivis dessine les contours des opinions de ce membre du parti lepéniste. Il s’y trouve le groupuscule identitaire Les Natifs Paris, né en 2021 suite à la dissolution de Génération identitaire ; le Comité de liaison et d’aide aux nationalistes, association d’aide aux militants d’extrême droite radicale inquiétés par la justice, proche de l’antisémite Yvan Benedetti ; et une fois de plus les collabos du Parti national breton, décidément. « C’est un jeune qui blague sans arrêt », réagit Yves Pagès, après lui avoir présenté le contenu de Gaëtano Le Rousic—Le Guern sur les réseaux. Le candidat décide même de relativiser le profil du militant : « Il a de toute façon une importance marginale, il n’est pas en position éligible. »

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Si au dernier scrutin municipal de 2020, la liste RN avait totalisé 6,71% des suffrages, Yves Pagès espère désormais réunir un peu plus de 20 % et obtenir une dizaine d’élus. À l’évocation de la moustache hitlérienne de sa n°12, le chef de file de l’extrême droite — même s’il refuse d’être affublé de cette étiquette — y voit « de l’humour de mauvais aloi » et décrit l’intéressée comme « une femme charmante, plutôt réservée ». Au fur et à mesure de ses atténuations, il ajoute tout de même : Et le médecin cardiologue qu’il est, qu’a-t-il à dire sur les sympathies antivax d’un membre de son équipe ? « Tout le monde n’est pas médecin, et ceux qui n’ont pas d’instruction en la matière peuvent dire des bêtises. » Yves Pagès nous indique qu’il « n’est pas un spécialiste des réseaux sociaux » et assure ne pas trop les consulter, sauf pour voir « ce que disent [mes] adversaires ».

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Quand nous l’approchons la première fois, la tête de liste veut consulter l’échelon national et nous renvoie vers Renée Thomaïdis, ancienne tête de liste RN, n°2 de celle d’aujourd’hui, conseillère régionale et responsable départementale du parti. Elle-même enjoint StreetPress à envoyer nos preuves à la communication nationale du parti, spécifiquement chargée de ces questions, qui ne nous a pas répondu. Après avoir partagé au chef de file RN le reste des publications de ses colistiers, le candidat conclut dans une diatribe étonnante : « J’ai souhaité une liste qui représente la population. J’ai des gens de la vie réelle. Des gens qui sont simples, qui bossent. Ce ne sont pas tout le temps des postes d’intellectuels. Moi, je ne me moque pas des gens simples. » Ses colistiers apprécieront

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Romain Haillard 09/03/2026

https://www.streetpress.com/ Le Télégramme

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10 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Gwaien / Pont e Kroaz

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Samedi 14 mars Mobilisation à vélo

Contre le racisme, les fascistes et les violences d’État.

Départ : Audierne, 11 h 30

Arrivée : PontCroix, 13 h. 

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08 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Nazi (L’Humanité)

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Mais qu’est-ce qu’un nazi?

« Je n’ai toujours pas entendu de définition compréhensible à ce jour »Christine Kelly a séché les cours d’histoire

Figure de la galaxie Bolloré, Christine Kelly, qui sans doute a fait quelques études, a dû sécher les cours d’histoire, qui écrit dans le Journal du dimanche, « mais qu’est-ce qu’un nazi. Je n’ai toujours pas entendu de définition compréhensible à ce jour ».

Allons, un peu de rattrapage.

Un nazi, c’est un criminel contre l’humanité condamné comme tel à Nuremberg en 1946. Un nazi, c’est un acteur ou un complice de l’extermination de six millions de personnes, juives mais aussi tziganes, homosexuelles, politiques.

Des nazis, ce sont les tortionnaires de Jean Moulin, de Missak Manouchian et des 21 fusillés de l’Affiche rouge… Un nazi, c’est un officier SS, on l’écrivait il y a deux jours, qui arrête 71 enfants de 4 à 13 ans pour les enfermer dans un train à destination d’Auschwitz…

Ça vous revient, peut-être ? Un manifestant qui fait un salut nazi, c’est quelqu’un qui connaît cela et le revendique. Alors madame Kelly, ou vous êtes d’une stupidité et d’une ignorance crasses, ou quoi ? Vous ne savez toujours pas ?

5 mars 2026

https://www.humanite.fr/

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08 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Némésis (L’Humanité)

nazis

Dans les conversations des hommes «sympathisants» du collectif Némésis

L’antiféminisme et la haine débordent

Dans des boucles internes au mouvement fémonationaliste, auxquelles l’Humanité a eu accès, des hommes qui paient une cotisation pour obtenir le titre de « sympathisants » déversent sans filtre ni modération une hargne proprement antiféministe. À la lumière de ces nouveaux éléments, les provocations des nationalistes réactionnaires ont moins de raisons que jamais d’être tolérées dans les cortèges du 8 mars.

Des conversations consultées par l’Humanité témoignent de la haine de ces hommes soutenant le collectif d’extrême droite. 

Némésis ?

Ce sont les hommes qui en parlent le mieux. Ceux d’extrême droite, en tout cas. C’est ce leader du groupuscule néofasciste Audace Lyon qui, en octobre 2025, quelques mois avant la mort de Quentin Deranque, accueille sans déplaisir, dans les conversations secrètes que nous avons révélées, la proposition d’amener « deux ou trois filles » du collectif local « un peu pour faire l’appât », là où les brutes épaisses pourront ensuite « choper » des militants de gauche. Et qui se montre rassurant : « Il ne vous arrivera jamais rien en tant que meufs, et on sera là. »

Mais ça n’est pas tout… L’Humanité a eu accès à des boucles internes de Némésis sur lesquelles, depuis des années, les « sympathisants » – des hommes qui versent au minimum 10 euros par mois au collectif – peuvent sans filtre déverser, via des messages vocaux et surtout écrits, leur hargne violemment raciste ou homophobe, et plus encore leur conception pour le moins singulière du « féminisme ».

« Vous connaissez le collectif Némésis ?, lance un des gars dans un enregistrement audio qu’il partage et qui ressemble à un porte-à-porte pour « Jordan ». C’est des féministes d’extrême droite, très bien. Elles dénoncent les agressions des immigrés sur les femmes. » (…)

5 mars 2026 Thomas Lemahieu

https://www.humanite.fr

Voir aussi:

« Némésis est un exemple de fémonationalisme poussé à l’extrême » (Basta)

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07 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Shlomo Sands (Wikipedia, EE)

shlomo

Shlomo Sand

Né le 10 septembre 1946 à Linz en Autriche est un historien israélien spécialisé dans l’histoire contemporaine. Il est professeur à l’université de Tel Aviv depuis 1985 et fait partie des nouveaux historiens israéliens.

Sand est un homme de gauche qui milite pour qu’Israël devienne « un État démocratique, de tous les Israéliens, et non plus seulement de tous les juifs ». Il est devenu mondialement célèbre grâce à son livre polémique Comment le peuple juif fut inventé, où il défend la thèse selon laquelle le terme moderne de peuple nécessite l’existence de pratiques laïques communes et ne peut pas s’appliquer aux Juifs.

Shlomo Sand remet en cause les mythes historiques fondateurs des nationalismes, et souhaite « dénationaliser les histoires nationales». Dans le cas du « roman national » forgé dans le cadre du sionisme, il met en doute l’existence de l’Exil fondateur de l’an 70.

Il affirme au contraire que la dissémination des juifs dans le monde s’est effectuée progressivement, et par vague de conversions, et il critique la présentation de l’ensemble des Juifs comme formant un peuple voire une nation, conception qu’il considère comme un mythe nationaliste. Il rédige ensuite un ouvrage critique du sionisme, puis un livre où il affirme sa rupture avec l’identité juive.

Biographie

Shlomo Sand naît au sein d’une famille yiddishophone, et a passé les deux premières années de sa vie dans des camps de réfugiés juifs polonais, en Allemagne. Il a grandi en Israël où ses parents ont émigré.

Après l’expérience traumatisante de la guerre des Six Jours (1967) à laquelle il a participé comme simple soldat, il a milité dans l’extrême gauche israélienne favorable à un projet de formation de deux Républiques (israélienne et palestinienne) dans une perspective confédérationnelle.

Il a ensuite quitté l’Union de la Jeunesse Communiste Israélienne (Banki), pour rejoindre le mouvement plus radical et antisioniste, Matzpen en 1968, et y est resté jusqu’en 1970.

Au milieu des années 1970, il a poursuivi ses études universitaires à Paris (France) où il a soutenu, sous la direction de Madeleine Rebérioux, une maîtrise sur Jean Jaurès et une thèse sur Georges Sorel qu’il a rédigée et soutenue en français.

Retourné en Israël, il s’est intéressé à l’histoire du cinéma, à l’histoire des intellectuels et, plus récemment, à l’histoire du peuple juif.

Sand a affirmé en 2013 avoir décidé d’« arrêter d’être juif ». Tout en se sentant israélien, il souhaite qu’Israël devienne une République, c’est-à-dire l’État de tous ses citoyens, et non l’État de tous les Juifs du monde. Ces prises de positions lui ont amené la critique d’une partie du monde juif.

Thèse sur le « peuple juif ».

En 2008, Shlomo Sand a publié Comment le peuple juif fut inventé, une étude et entreprise de déconstruction critique du récit national israélien produit par le mouvement sioniste, en particulier par le sionisme révisionniste.

Il y défend après d’autres l’idée que cette construction s’est appuyée sur un récit fondateur mythique, faisant des populations juives un peuple uni par une même origine et possédant une histoire nationale commune, remontant à la terre d’Israël.

Sand n’est pas le premier à contester la réalité de cette origine commune mettant en avant l’importance des conversions au judaïsme dans la constitution des populations de confession juive. D’autre part, pour lui, jusqu’à l’avènement du sionisme, ces populations ne se définissaient qu’à travers leur appartenance religieuse en commun et ne se percevaient donc pas comme un peuple. L’ouvrage de Sand procède à une étude de la formation de ce récit national, à travers une historiographie critique des travaux d’historiens et d’hommes politiques, ayant vécu aux XIXe et XXe siècles.

L’ouvrage, qui s’inscrit dans le sillage des chercheurs postsionistes, a suscité débats et controverses, y compris chez les historiens du peuple juif. Ceux-ci considèrent que son propos s’appuie partiellement sur le mythe de l’origine khazare des Ashkénazes par conversion. Comme de nombreux historiens, Marina Faerman estime que « l’apport génétique extérieur de populations d’Europe de l’Est est possible chez les Ashkénazes, mais [qu'] aucune preuve de la contribution d’un hypothétique apport khazar n’a été montrée ».

Certains des contradicteurs de Shlomo Sand lui opposent des études génétiques qui démontreraient « une ascendance génétique commune moyen-orientale » de toutes les populations juives. D’autres études établissent cependant que les populations juives d’Europe sont partiellement (entre 7 et 30 %) proches génétiquement des populations au sein desquelles elles vivaient en Europe.

En France, la publication de la traduction de l’ouvrage s’est d’abord heurtée au silence. Ainsi, comme mentionné par l’auteur lui-même dans la préface de l’édition de poche 2010 chez Champs/Essais : «… alors même que la grande presse parisienne (Le Monde, Le Figaro, Libération…) ne lui a pas consacré le moindre compte rendu… », il a fini par rencontrer son public, notamment en Israël et en France, et obtenu dans ce dernier pays le Prix Aujourd’hui 2009, prix littéraire qui récompense un ouvrage politique ou historique sur la période contemporaine.

En mars 2013, il a fait paraître un nouvel ouvrage, Comment j’ai cessé d’être juif, dont il résume ainsi le thème : « Supportant mal que les lois israéliennes m’imposent l’appartenance à une ethnie fictive, supportant encore plus mal d’apparaître auprès du reste du monde comme membre d’un club d’élus, je souhaite démissionner et cesser de me considérer comme juif. » Cet ouvrage a suscité en réponse un ouvrage de Claude Klein, Peut-on cesser d’être juif ?.

Ses ouvrages, majoritairement rédigés en hébreu, ont été traduits dans de nombreuses langues.

Arguments pour la création d’un État binational israélo-palestinien

Après avoir longuement milité pour l’établissement d’un État palestinien à côté d’Israël, Shlomo Sand a publié en 2024 Deux peuples pour un État ? Relire l’histoire du sionisme, livre mettant en avant l’existence, aux marges de l’histoire du mouvement sioniste, de discours prônant la création d’un État binational israélo-palestinien.

Après avoir parfois défendu la possibilité de l’existence de deux États, Shlomo Sand considère dorénavant que cette solution est mise en danger, voire rendue caduque par la politique d’annexion et de colonisation des territoires palestiniens menée par Israël. Dans ce contexte, il défend donc la mise en place, dans le cadre d’un État fédéral, de structures reconnaissant les droits nationaux des peuples israélien et palestinien. Il déclare alors : « Je ne suis pas ‘pour’ un État binational mais on n’a pas d’autre solution ».

https://fr.wikipedia.org/

Lire aussi:

Questions à… Shlomo Sand, historien israélien. (EE)

Matzpen

 Le vieux rêve d’un État binational (LMD)

 

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07 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Madeleine Lagadec (Hugo Melchior)

 madeline-lagadec
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Hugo Melchior:
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Je n’oublierai jamais que Bernard Kouchner alors secrétaire d’Etat à l’action humanitaire du gouvernement socialiste de Michel Rocard, et grand défendeur du « devoir d’ingérence », avait refusé de condamner publiquement, malgré les demandes répétées de la famille, l’assassinat, le 15 avril 1989, de notre camarade internationaliste, Madeleine Lagadec, à l’âge de 27 ans.
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Celle-ci n’était pas « une vraie ‘humanitaire à ses yeux. Elle était rien de plus une combattante irrégulière : elle aurait donc choisi son destin. Aucune compassion. Seule la morgue la plus hideuse qui donne envie de vomir. Dès lors, Madeleine Lagadec, cette jeune bretonne, ne méritait aucun hommage public, aucune reconnaissance de la part de l’Etat : ni elle, ni d’ailleurs ses camarades salvadoriens massacrés avec elle par des parachutistes salvadoriens, ce funeste 15 avril 1989.
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Il est certain que Madeleine Lagadec n’était pas uniquement une soignante, elle n’était pas seulement cette infirmière qui a passé sa vie à soigner son prochain : que ce soit en France, en Bretagne, son pays, au Nicaragua pendant une année dans les campagnes les plus reculées, puis, au Salvador pendant trois ans et demi dans les rangs du PRTC, une des 5 composantes du FMLN-FRD, union des forces populaires, démocratiques et socialistes, menant une guerre de libération nationale et populaire contre l’oligarchie terrienne et l’armée d’extrême droite, bénéficiant d’un soutien logistique considérable de la part des Etats-Unis.
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Madeleine Lagadec était une de ces femmes combattantes de la liberté, ayant embrassé absolument la cause des classes populaires salvadoriennes confrontées pendant 12 années à la guerre contre-insurrectionnelle, et à son infini cortège de crimes de guerre et de crimes contre-l’humanité, ordonnée et menée conjointement par l’armée régulière aux méthodes terroristes conseillée par les Etats-Unis, en coopération étroite avec lesdits « escadrons de la mort ».
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Cette guerre d’anéantissement anti-populaire a fait au Salvador au moins 75 000 morts entre 1980 et 1992 (l’équivalent de 800 000 personnes en France).
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Oui, « Mado » était devenue une compatriote à part entière aux yeux des Salvadoriens. Elle était bretonne depuis des générations, mais elle était aussi de là-bas.
Oui, « Mado », jeune militante anti-impérialiste et révolutionnaire, était notre camarade ! Elle demeure plus que jamais présente !
Mais elle était tout autant la camarade et l’amie véritable des peuples nicaraguayen et salvadorien qui ne l’ont pas oubliée !
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« Mado » est et restera, à jamais, un des plus beaux visages de l’Internationalisme dans ce qu’il a de plus beau, de plus désintéressé, de plus grand, de plus noble, autant qu’une source d’inspiration infinie pour les nouvelles générations éprises de Justice et de Liberté comme elle, qui sont prêtes à aller jusqu’au bout dans l’effort de solidarité par-delà les frontières.
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Elle restera vivante, contrairement à « Monsieur » Kouchner, qui, lui, restera à jamais ce « rat », qui, bientôt, ira dans les poubelles de l’histoire.
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Regarde Kouchner le visage glorieux de Madeleine Lagadec, regarde bien ce sourire que « Mado » adresse aux peuples du monde résistants à l’oppression, à la domination, à l’indignité, un sourire que des hommes, un jour, se comportant tels des chiens enragés, ont cru, les pauvres fous, pouvoir effacer à jamais.
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A « Mado », Présente, notre camarade, bretonne, internationaliste et solidaire jusqu’au bout !
A toi, ma camarade !
Sourse Facebook

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