Archive | Antifascisme

23 juin 2017 ~ 0 Commentaire

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10 juin 2017 ~ 0 Commentaire

dup (le huffington post)

loyalists

Les amis de Theresa May tels qu’on les voit

Qu’est-ce que le DUP, ce parti sulfureux grâce auquel Theresa May pourra gouverner

Le Parti Unioniste Démocrate d’Irlande du Nord est extrêmement conservateur et historiquement lié à des organisations paramilitaires loyalistes.

Theresa May semble prête à tout pour rester à la tête d’un gouvernement majoritaire. Après que le parti conservateur a perdu la majorité absolue aux élections législatives anticipées du 8 juin, la Première ministre britannique compte désormais s’allier avec le DUP, Parti unioniste démocrate d’Irlande du Nord. Si le parti des Tories est arrivé en tête des résultats en rempor- tant 318 sièges au Parlement britannique, il lui en manquait huit pour jouir de la majorité absolue (326 sièges) et pouvoir former un gouvernement qui ne soit pas minoritaire.

Ce vendredi 9 juin, Theresa May était ainsi en passe de conclure un accord avec le DUP qui a lui gagné dix sièges. De quoi obtenir la majorité nécessaire pour gouverner. Mais à quel coût?

« S’il est peu probable que des membres du DUP participent au gouvernement de Theresa May », décrypte Le Monde, « le Parti unioniste démocrate devrait voir, en échange de son soutien lors des votes de confiance ou du budget, certaines de ses idées faire du chemin à Westminster. »

Un conservatisme poussé à l’extrême

Le DUP est le parti le plus conservateur de Grande-Bretagne, comme le décrit The Indepen- dent, qui a publié vendredi un florilège d’anecdotes très représentatif. Concernant les droits des personnes LGBT, le DUP a déjà utilisé son veto à de nombreuses reprises pour empêcher l’adoption de la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe (toujours interdit en Irlande du Nord). En 2007, le fils du fondateur du parti, Ian Paisley Jr, a qualifié l’homosexualité d’ »immorale, choquante et ignoble » et dit que les gays et lesbiennes le « dégoûtaient ».

Plus récemment, l’ancien ministre de la santé nord-irlandais, Jim Wells, a déclaré lors d’une campagne électorale que « le lobby gay est insatiable ». Il a aussi affirmé que les enfants élevés pas des couples homosexuels couraient plus de risques d’être violés ou délaissés (propos pour lesquels il a présenté ses excuses par la suite). L’avortement est également un sujet tabou pour le DUP qui s’y oppose fermement, à tel point qu’il n’est toujours pas décriminalisé en Irlande du Nord. Il ne peut y être pratiqué que lorsque la vie de la mère est en danger.

La chef du parti et Première ministre d’Irlande du Nord, Arlene Foster, a d’ailleurs déclaré en 2016: « Je ne veux pas que l’avortement devienne aussi facilement accessible ici qu’il ne l’est en Angleterre, et ne soutiens pas l’extension de la loi de 1967 à notre région » (loi qui autorise l’avortement en Angleterre, en Ecosse et au Pays de Galles).

Elle s’est aussi fait taxer de sexisme lorsqu’en mai dernier, elle a traité Michelle O’Neil, la responsable du parti républicain Sinn Féin en Irlande du Nord, de « blonde ». « Je ne veux pas être sexiste car je n’en ai pas le droit », a-t-elle sorti avant de critiquer la leader de l’opposition: « Vous ne la verrez jamais sans maquillage, vous ne la verrez jamais décoiffée ».

Le DUP rejette aussi fervemment la théorie de l’évolution. Thomas Buchanan, député de l’Assemblée d’Irlande du Nord, a participé en 2016 à un événement qui promouvait « l’ensei- gnement du créationnisme dans chaque école ». Un autre responsable du parti, Edwin Poots, a déclaré en 2013 que la Terre était une « jeune planète » créée il y a 4 000 ans.

Des liens historiques avec des organisations terroristes

En décembre 2015, l’ex-Premier ministre conservateur David Cameron avait accusé Jeremy Corbyn, leader du parti travailliste, de « sympathisant des terroristes » car il s’opposait à l’action militaire en Syrie. Le Daily Mail avait surnommé le chef de l’opposition britannique de la même manière, cette fois-ci à cause de ses liens avec Sinn Féin. Ce parti républicain est histori-quement proche de l’IRA, l’Armée Républicaine Irlandaise, un ensemble d’organisations paramilitaires qui ont lutté contre la présence britannique en Irlande du Nord lors du conflit nord-irlandais.

En référence à ces accusations, un journaliste de la radio LBC a interpellé les conservateurs vendredi en demandant si Theresa May subirait les mêmes reproches: « Si Jeremy Corbyn est un sympathisant des terroristes, que direz-vous d’un parti politique qui a été soutenu par l’UDA? »

uda-uvf

Les loyalistes tels qu’ils se voient

L’Ulster Defense Association est elle aussi une organisation paramilitaire, également impliquée dans le conflit nord-irlandais, mais du côté loyaliste. Elle a longtemps figuré sur la liste des groupes considérés comme terroristes par le Conseil de l’Union européenne, dont elle est sortie en 2009. Son nom est en revanche toujours inscrit dans la liste des Etats-Unis.

Si le lien entre le DUP et l’UDA ne semble pas direct, celui entre le parti politique et une autre organisation paramilitaire l’est très fortement. Comme le démontre Metro, « le parti a des liens historiques puissants avec le groupe terroriste Ulster Resistance, qui a été fondé par des gens devenus d’importants responsables du DUP’. Et pas n’importe qui: l’un des cofondateurs d’Ulster Resistance n’est autre que Ian Paisley… qui a créé le DUP quinze ans plus tôt. Le deuxième créateur du groupe est Peter Robinson, ancien leader du DUP également, et dont la photo de lui armé d’un fusil commence à circuler sur les réseaux sociaux.(…)

Diane Frances 09/06/2017

http://www.huffingtonpost.fr/

Commentaire: Si l’IRA était une « armée de libération » se battant contre l’armée anglaise, les groupe loyalistes eux, ressemblent plus à un Ku Klux Klan destiné à terrifier les irlandais catholiques. Ils ne se sont battus, ni contre l’armée du Sud, ni contre l’IRA, mais  ont tué des centaines de catholiques pris au hasard

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06 juin 2017 ~ 0 Commentaire

fachos de bretagne (buzzfeed)

fachos de bretagne (buzzfeed) dans Antifascisme

je suis adofl

«L’envahissement de l’islam»

C’est qui? Christian Lechevalier. Candidat dans la 4e circonscription d’Ille-et-Vilaine, 50 ans, conseiller régional de Bretagne.

Fait d’armes: Sur son compte Twitter, Christian Lechevalier a une obsession: l’islam et les musulmans. À longueur de tweets, il écrit sur «l’envahissement de l’islam» «dont personne ne veut». Il est obnubilé par les origines marocaines de Najat Vallaud-Belkacem, ex-ministre de l’Éducation, et de Myriam El Khomri, ex-ministre du Travail. À l’occasion, Christian Lechevalier a le like très facile. Ainsi, il like un tweet comparant le journaliste David Pujadas à «un collabo à la solde de la Fureur Merkel», un autre expliquant que «pour voir le danger de l’islam, il suffit d’ouvrir sa fenêtre». Les réflexions homophobes sont aussi au goût de Christian Lechevalier. Un tweet que l’élu a liké dit ainsi: «Les homosexuels ont le droit de donneur sang… à condition de ne pas avoir eu de relations sexuelles depuis un an. Ça rassure.»

Par mail, Christian Lechevalier répond à BuzzFeed News et estime que «la critique d’une doctrine, d’une pensée ou d’une religion est toujours possible et légale (Charlie a tristement payé pour qu’on s’en souvienne). Rien à voir avec une ou plusieurs critiques ad hominem. Mieux :la critique est consubstantielle à la démocratie. Il se trouve que les attentats qui se succèdent à un rythme grandissant sont revendiqués. Je le souligne. C’est tout.»

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C’est qui? Patrick Le Fur, candidat dans la 6e circonscription du Finistère. Responsable du FN dans le département et conseiller régional de Bretagne, Patrick le Fur ne milite au FN que depuis trois ans. Âgé de 50 ans, il était auparavant engagé au sein des Commandos Marine avant de se reconvertir dans l’artisanat.

Fait d’armes: Patrick le Fur a clairement un problème avec les migrants, et il en parle beaucoup sur Twitter où il est actif. L’accueil des migrants dans les communes françaises? «Une invasion». Il ajoute qu’un «remplacement est en cours». Pour Patrick Le Fur, les migrants sont des «lâches» dont les traditions sont de «mettre le feu et violer une interprète». Il fait aussi semblant de s’interroger sur le rapport entre les migrants et la hausse des vols dans le Finistère. Contacté par mail par BuzzFeed News, il n’a pas répondu.

 
https://www.buzzfeed.com/

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02 juin 2017 ~ 0 Commentaire

fn (npa)

LE-PEN

La guerre larvée fait toujours rage

Depuis la défaite de Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle, les polémiques et les règlements de comptes ne cessent de fleurir au sein du FN…  Après le départ de Marion Maréchal-Le Pen, les hésitations de Marine Le Pen à se présenter aux législatives, puis son mea-culpa sur son débat raté d’entre-deux-tours, voilà le parti d’extrême droite agité par un débat « pour ou contre Philippot »…

En effet, l’éminence grise de Marine Le Pen, Philippot, celui avec qui elle a tout construit depuis son accession à la présidence du parti en 2011, se sent fragilisé au point de mettre sa démission dans la balance en cas d’abandon par le FN de ce qu’il considère comme central dans son combat : le retour à la monnaie nationale. D’après lui, l’échec à la présidentielle serait dû au fait que le Front national « a fait croire aux Français qu’il y aurait deux monnaies dans le portefeuille, ce qui était faux, ça n’a jamais été notre ambition. Ça a stressé tout le monde ».

Philippot a créé sa propre association à l’intérieur du FN, « les Patriotes », dont la vice-présidence a été confiée à un transfuge de Debout la France. Un micro-parti qui, selon lui, a pour « vocation à rassembler des frontistes et des personnes extérieures au FN »… Le chantage exercé par Philippot et ses petites menées parallèles au Front ont déclenché une salve de tirs de riposte : « Il veut être calife à la place du calife, il ne se rend pas compte qu’il n’est pas très populaire au sein du FN », a attaqué le conseiller économique de Marine Le Pen, Jean-Richard Sulzer mardi 23 mai.

Nicolas Bay et Louis Aliot, compagnon de Marine Le Pen, sont eux aussi montés au créneau contre Philippot. « Marion est partie, Philippot fait son association, et Marine le laisse faire : ça n’a pas contribué à l’unité post-présidentielle, déplore un responsable de fédération de l’Est de la France interviewé par le Monde. Les gens pensent qu’il a lancé les Patriotes pour faire du chantage à Marine »

L’heure de la recomposition n’est pas encore venue

Pas de doutes sur le fait que Philippot reste pour l’heure au sein du FN. D’autant que le vice- président du FN a placé bon nombre de ses proches dans des circonscriptions gagnables aux législatives, à commencer par son propre frère Damien dans l’Aisne ou encore le conseiller régional Kevin Pfeffer en Moselle.

Au-delà des rancœurs, inimitiés, voire de la haine farouche à l’encontre la personne du vice-président du FN, c’est bien un clivage idéologique et stratégique qui déchire le parti.

Philippot est le tenant d’une ligne souverainiste mettant l’accent sur le protectionnisme et l’opposition à l’Union européenne. En face, de nombreux frontistes estiment qu’il vaut mieux mettre en avant les thématiques historiques du FN, comme l’immigration et la sécurité, tout en envoyant des signes à l’électorat de droite en tenant une ligne plus libérale. Mais pour l’instant, en attendant les résultats des législatives, et donc la vérité des prix sur le nombre de députés que le FN va réussir à faire élire (et sur ceux-là, combien sur la « ligne Philippot »), le FN doit préserver un tant soit peu son unité déjà bien mise à mal.

Du coup Marine Le Pen tente laborieusement de jouer les casques bleus. « Je ne prends pas les propos (de Philippot) pour du chantage », a-t-elle déclaré lundi 22 mai… Tout en n’excluant pas un départ de son numéro 2 si la sortie de l’euro disparaissait du programme du FN : « Il exprime une conviction qui est une conviction forte et après tout, il ira au bout de ses convictions ». Le casus belli est renvoyé au congrès du parti au début de l’année 2018.

Vendredi 2 juin 2017   Marie-Hélène Duverger

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Présidentielle : A propos du FN (NPA)

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21 mai 2017 ~ 2 Commentaires

idée reçue (lmd)

totalit
Affiches des films « Ilsa, la Tigresse du goulag », de Jean Lafleur, 1977 et « Ilsa, la Louve des SS », de Don Edmonds, 1975.
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Tous les totalitarismes se valent

Entrés en vigueur en septembre 2011, les nouveaux programmes de première se décomposent en cinq thématiques. L’une d’elles est consacrée au «siècle des totalitarismes » et mêle l’URSS de Staline, l’Allemagne de Hitler et l’Italie de Musso- lini. Cet amalgame, fréquent depuis un quart de siècle, vise à mettre sur le même plan communisme et nazisme.

Depuis quarante ans, les films de série Z – œuvres à petit budget généralement de mauvaise qualité – proposent des scénarios extravagants qui exploitent jusqu’à l’absurde la paranoïa des temps de guerre froide, entretenant parfois la confusion entre nazisme et communisme. Ainsi, l’héroïne-nymphomane de la saga Ilsa se retrouve tour à tour gardienne de goulag et de camp de concentration.

A première vue, la France de François Hollande, la Turquie de Recep Tayyip Erdogan, le Venezuela de Nicolás Maduro et l’Union européenne ont peu en commun. Pourtant, en 2014, ils ont tous les quatre été affublés de l’adjectif « totalitaire » : la France parce que son ministre de l’intérieur a interdit les spectacles de Dieudonné Mbala Mbala, la Turquie en raison du blocage du réseau social Twitter, le Venezuela à cause de la répression de certaines manifes- tations et l’Union européenne car elle briderait la souveraineté des nations.

Le concept de totalitarisme a toujours eu un sens fluctuant. Il apparaît dans l’Italie du début des années 1920 sous la plume d’opposants au Duce, pour qualifier le régime fasciste. Mais Benito Mussolini récupère le mot et le charge d’une connotation positive. En 1925, il exalte la « farouche volonté totalitaire » unifiant le peuple italien : le totalitarisme, c’est la grandeur de l’Etat.

Au même moment, les adversaires de Joseph Staline utilisent ce concept pour décrire l’URSS. L’écrivain anarchiste Victor Serge, qui a soutenu la révolution de 1917, parle du régime soviétique comme d’un « Etat totalitaire, castocratique, absolu, grisé de puissance, pour lequel l’homme ne compte pas ». En août 1939, la signature du pacte germano-soviétique popularise, au Royaume-Uni et aux États-Unis, la thématique de l’alliance des totalitarismes.

Mais c’est surtout après la seconde guerre mondiale que la notion se charge d’un lourd poids idéologique : elle devient un mot d’ordre anticommuniste et sert à justifier le combat contre le bolchevisme. En 1944, dans La Route de la servitude, le théoricien ultralibéral Friedrich Hayek soutient que l’intervention de l’État produit inévitablement un contrôle des libertés individuelles, le refus du marché libre constituant ainsi la matrice de « l’avènement du totalitarisme ». Trois ans plus tard, le président des Etats-Unis Harry S. Truman renvoie lui aussi Hitler et Staline dos à dos : « Il n’y a aucune différence entre les Etats totalitaires », affirme-t-il en 1947.

Cette superposition discutable entre les expériences allemande et soviétique prend un caractère scientifique avec la publication des travaux de Hannah Arendt en 1951 puis de Carl Friedrich et Zbigniew Brzezinski. En 1956, ces deux chercheurs identifient six critères permettant d’identifier un régime totalitaire : un parti de masse dirigé par un chef charismatique, la banalisation de la terreur, la centralisation de l’économie, la mainmise des pouvoirs publics sur les moyens de communication, etc.

Parce qu’elle privilégie ce qui rapproche Hitler et Staline au détriment de ce qui les sépare, cette grille de lecture remporte un vif succès pendant la guerre froide. Loin de disparaître avec l’effondrement de l’URSS, elle connaît une seconde jeunesse au début des années 1990. En Allemagne, l’historien Ernst Nolte fait alors du nazisme une réponse extrême à la vague bolchevique ; en France, son homologue François Furet explique que le volonta- risme transformateur pousse à la limitation des libertés, à la violence et donc à la « mécanique totalitaire » : « Le bolchevisme stalinisé et le national-socialisme constituent les deux exemples des régimes totalitaires du XXe siècle, écrit-il dans Le Passé d’une illusion (1995). Non seulement ils sont comparables, mais ils forment en quelque sorte à eux deux une catégorie politique. »

Ce postulat ideologique a récemment pris corps dans les programmes scolaires : depuis 2011, il est demandé aux lycéens français d’étudier l’Italie fasciste, l’Allemagne nazie et l’Union soviétique dans un seul et même chapitre, baptisé « Le siècle des totalitarismes ». Une telle présentation efface les différences entre ces trois idéologies ; elle néglige la nature du nazisme, dont la quête d’un « espace vital » pour l’Allemagne implique une volonté raciste d’extermination des « sous-hommes » : Juifs, Tziganes, Slaves…

Devenu, selon les mots de l’historien Enzo Traverso, « outil de légitimation de l’Occident triom- phant », le concept de totalitarisme est aujourd’hui utilisé à tort et à travers, par les uns pour décrire les limitations des libertés, par les autres pour disqualifier les projets de transformation sociale. Aussi certains auteurs proposent-ils, à l’instar de Slavoj Žižek, de s’en débarrasser purement et simplement.

Benoît Bréville  Rédacteur en chef adjoint au Monde diplomatique.

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Commentaire: Un mot quand même pour dire que si le communisme « réel »  n’a pas été volontairement génocidaire (sauf le Cambodge) il a quand même dégoûté les masses de la planète du socialisme et du communisme. Si on peut se dire « anticapitaliste » , se définir
pour un régime « socialiste » ou « communiste » n’entraîne pas l’enthousiasme!

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19 mai 2017 ~ 0 Commentaire

fn (npa)

kit 2

L’argent du FN… et le nôtre !

Ils se disent antisystème. Pourtant, leurs pratiques valent celles de tous les autres grands partis qui ont connu des scandales financiers. Le FN, ses dirigeants et sa galaxie détiennent un record invraisemblable : ils sont poursuivis pour des malversations centralisées et répétées dans TOUS les scrutins depuis l’arrivée de Marine Le Pen au pouvoir : cantonales 2011, prési- dentielle et législatives 2012, municipales, européennes et sénatoriales 2014, départementales et régionales 2015…

Et la séquence électorale de 2017 n’a évidemment pas encore révélé ses secrets.

Le principe général est toujours le même. Mais limitons-nous à le décrire dans le cadre du scrutin législatif de 2012 puisque le « renouvellement » de l’Assemblée nationale est à l’ordre du jour.

Prenez un candidat aux législatives de 2012. Si l’animal veut se présenter sous les couleurs du FN, il devra obligatoirement acheter un « kit de campagne » à Jeanne, le micro- parti de Marine Le Pen créé en 2010 alors que Marine Le Pen s’apprêtait à prendre le pouvoir au sein du FN. Jeanne a lui-même acheté ce « kit de campagne » à Riwal, société de communi- cation fondée en 1995 dans la foulée des municipales où le FN gagne ses trois premières villes. La société était dirigée par Frédéric Châtillon, un ancien du GUD.

Premier problème : il est illégal de conditionner l’investiture d’un candidat à un quelconque achat. Second problème : il est tout aussi illégal d’antidater une convention de prêt, voire de la signer dans le dos du candidat. Or, c’est bien ce dont le micro-parti se serait rendu coupable : imposition systématique du « kit de campagne » et du prêt, y compris par des méthodes frauduleuses. Ça commence bien. Mais ce n’est pas tout.

Prenez le même candidat. Le pauvre bougre est désargenté. Aucun problème, Jeanne lui propose un prêt avec intérêts pour qu’il lui achète le fameux « kit de campagne ». Troisième problème : il est interdit pour un parti de prêter de l’argent avec intérêts sur la base de ses fond propres. Quatrième problème : avec un taux de 6,5 %, ces intérêts sont supérieurs à ceux pratiqués par les banques. Ça continue. Mais ce n’est pas fini.

Venons-en maintenant au fameux « kit de campagne » lui-même. Pour 16 500 euros, il se compose d’un matériel clé en main et formaté : affiches, tract et site internet. Cinquième pro- blème : sa conception est clairement surfacturée (x 5 environ). Ça dure. Tenez bon. Reprenez toujours le même candidat. L’apprenti voit finalement son score dépasser les 5 %. L’État lui rembourse ses dépenses de campagne, dont le dispendieux « kit » et surtout les intérêts de son achat à crédit qui ont été camouflés (pratique illégale, sixième problème). L’argent va d’abord de l’État sur le compte du candidat, puis le candidat rembourse Jeanne du montant du « kit » avec les intérêts, puis Jeanne rembourse Riwal du prix du « kit »… en gardant les intérêts au passage.

Et voilà comment l’État engraisse une société surfacturant des kit de campagne, et un micro-parti s’érigeant en intermédiaire prêteur aux taux usuraires. Ladite société en retire une marge hors norme sur l’exercice 2012, pour le plus grand bonheur de ses dirigeants mais aussi du FN et de Jeanne, pour le compte desquels elle magouille : prestations plus ou moins fictives et/ou surfacturées, prêts sans intérêts sous la forme de dettes non réclamées. De son côté, ledit micro parti en retire des fonds substantiels pour constituer une cagnotte… en vue de l’élection présidentielle de 2017 en particulier.

Le NPA, quant à lui, ne vit pas sur le dos de l’État ou du Parlement européen. Et surtout il n’a aucun « kit » à vendre, surtout pas pour la transformation révolutionnaire de la société. Alors n’hésitez pas.

Sylvain Madison https://npa2009.org/

Pour verser à la souscription :

https://souscription.npa2009.org 

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17 mai 2017 ~ 0 Commentaire

fn (npa)

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Tiens, Marion Maréchal sans maquillage!

Les couteaux sont de sortie ?

Les mouchoirs sont de sortie au FN pour pleurer le départ de « Marion »… Mais personne ne lui en veut : elle se consacrera à sa famille, sa « petite nation » et compte découvrir enfin le vrai monde de l’entreprise privée. Travail, famille… difficile de lui reprocher quelque chose…

Jean-Marie Le Pen a qualifié son départ de « désertion ». Mais que quitte-t-elle ? Une période de tensions, que l’on imagine plus ou moins décuplées au soir des législatives. D’au- tant que son retrait est temporaire et qu’elle reste simple adhérente du FN. À quoi ressemblera donc le FN, à son retour déjà attendu ? Peut-être qu’il ne se fera pas au sein d’un « Front National »…

Changer de nom, l’idée n’est pas nouvelle. Avant le congrès de 2014, puis en 2015, Philippot était suspecté d’en chercher un autre (dont « Les Patriotes »). À cette époque, l’odeur de soufre de Jean-Marie Le Pen était de moins en moins supportable, mais Nicolas Bay, secré- taire général, affirmait alors qu’un changement de nom n’était «absolument pas sur la table ». Aujourd’hui, il considère que cela pourrait être un « bon moyen d’être encore plus rassembleur».

L’idée d’un changement de nom fait l’unanimité. Est-ce une manœuvre dilatoire ? Pas impossible, car tout se jouera plus tard lors d’un prochain congrès. Marion Maréchal-Le Pen n’avait-elle pas, en avril, démenti son futur retrait, pour éviter que cela ne pollue la campagne du FN ? Même Gollnisch, qui reste attaché au nom de Front national, propose « une sorte d’étiquette » utilisée « dans le cadre d’alliances électorales ». Car la question des alliances est réellement au cœur de l’avenir du FN, et le changement de nom dans la logique d’ouverture commencée par l’accord avec Dupont-Aignan. Le principe de l’alliance ne fait donc pas débat, mais avec qui et sur quel programme… ça reste plus flou.

Quelle recomposition ?

Déjà, Philippot « menace » de démissionner en cas d’abandon de la sortie de l’euro. Nicolas Bay, directeur de la campagne des législatives et fort présent sur les médias nationaux, renvoie la discussion après les élections. Selon lui, « le patriotisme économique et l’allègement des charges qui pèsent sur les entreprises » sont plus urgents que les questions monétaires…

De quoi rassurer les alliés du Rassemblement Bleu Marine (RBM) comme Collard et Ménard. C’est aussi la vision du SIEL (Souveraineté, identité et libertés), qui avait quitté le RBM, mécon- tent du poids du « néo-­chevènementiste » de Philippot. Depuis, il n’a de cesse de se présenter comme «l’épicentre de la recomposition de cette nouvelle droite » qui fait de la bataille iden- titaire un point central. Pour Mégret, le «positionnement à droite aurait facilité l’arrivée de nouveaux électeurs en provenance des Républicains où se trouvait le principal réservoir de voix».

Petit problème : pas mal comptaient sur la figure de Marion Maréchal-Le Pen pour rassembler ce petit monde issu de La manif pour tous, le PCD de Boutin et Poisson, le versaillais Bouglé, Beigbeder, Vanneste, etc. Autre souci : combien cela pèse-t-il vraiment en nombre de voix ?

Même chez Soral, l’alliance avec Dupont-Aignan a été vue comme « une dynamique d’espoir », cassée faute d’avoir « appliqué la « droite des valeurs » et la « gauche du travail » qui permettrait d’aller chercher les électeurs de Fillon comme ceux de Mélenchon ». Déjà en fé- vrier, Soral fanfaronnait à propos des 10 % qui pouvaient manquer dans la stratégie électorale du FN : « Celui qui les a, c’est moi, c’est Égalité et réconciliation, aller chercher les musulmans patriotes, ne pas jouer le jeu de la guerre civile ».

Bref, tous ces petits chefs qui gravitent autour et dans le FN pensent être le centre de gravité de sa recomposition. La bataille des ego a commencé.

Mercredi 17 mai 2017 Commission nationale antifasciste

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Législatives: Jean-Marie Le Pen monte une alliance face au FN (Le Point)

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14 mai 2017 ~ 0 Commentaire

fn (révolution permanente)

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La tension est à son comble, le FN au bord de l’implosion ?

Malgré le score historique du Front National au second tour de la présidentielle, avec 33,9% et plus 10,6 millions de voix, le parti a aujourd’hui la gueule de bois : entre les ultimatums de Philippot et les remises en cause de Marine Le Pen, plus rien ne va.

Marine Le Pen décriée après le débat, des sanctions décidées

Le Front est en crise. La défaite de Marine Le Pen, et surtout sa gestion du débat du mercredi 3 mai font beaucoup de mécontents chez les militants frontistes comme chez certains cadres. D’aucuns vont même jusqu’à remettre en cause celle qui a mené le Front au second tour, au risque de sanctions de la part de la direction du parti qui doit tenir les rênes d’un attelage divisé.

La question que beaucoup se posent est la suivante : Marine Le Pen peut-elle devenir un jour présidente de la République avec sa stratégie ? Ainsi, certains cadres, comme Jean- Pierre Legrand, conseiller municipal à Tourcoing (Nord) et chef de file du FN dans le département, en doutent sérieusement:

« Le débat télévisé l’a démontré. Le programme était déficient et tout était basé sur la communication, ce n’est pas suffisant… Pour préparer la présidentielle, il n’y a quasiment pas eu de groupes de travail, ou à Paris, sans indemnisation. Comment voulez-vous que les gens de province y participent ? De plus il y a eu différentes tendances au parti et c’est Marine Le Pen qui a tranché sur certains thèmes, sans qu’il y ait d’explication. Même en tant qu’élu municipal, je serais bien incapable de vous expliquer le programme. C’est quand même gênant. »

Un autre conseiller municipal, Jean François Bloc, a expliqué quant à lui que « le FN n’était pas apte à gouverner ». Des critiques qui sont autant d’épines dans le pied de Marine Le Pen, qui compte répondre à cela avec la plus grande sévérité. Car au-delà de la question du débat du 3 mai, c’est plus généralement la stratégie de « lepénisation » de la politique qui est remise en cause, et cette remise en cause supposerait l’éviction de la famille Le Pen, trop attachée à cette histoire. C’est pourquoi des procédures disciplinaires ont été lancées contre ces cadres du parti, dont on se demande quelles seront les conséquences, étant donné le précédent de Jean-Marie Le Pen, dont l’exclusion avait été écartée par la justice.

Alliance avec Dupont Aignan et la sortie de l’euro : le point de crispation pour Philippot

De l’autre côté, l’alliance avec Dupont Aignan et les arrangements qu’elle a supposés n’ont pas fait que des heureux. Si cette stratégie a permis à Marine Le Pen d’engranger sûrement de nombreuses nouvelles voix pour le second tour, le parti se déchire entre les « pro-ouverture » et ceux qui préfèrent le Front tel qu’il est. Une discussion qui apparaît comme un épisode 2 des débats du FN dans les années 1990, quand Bruno Mégret souhaitait voir le Front s’ouvrir à d’autres formations de la droite nationaliste et/ou identitaire, une voie que Jean-Marie Le Pen avait alors refusée, au point d’exacerber la défiance entre les deux hommes.

Ainsi, l’ouverture vers Nicolas Dupont Aignan et le mouvement qu’a annoncé Marine Le Pen le soir de l’élection ne semble satisfaire que peu de monde : cette alliance a permis de sceller le sort de la sortie de l’euro, projet désormais rangé dans les greniers de Montretout. Cette éviction d’une partie du programme, qui faisait l’identité du FN, pourrait ce- pendant se faire au prix de la perte d’une des pièces maîtresses du château de cartes qu’est le FN.

Florian Philippot, interrogé sur RMC, a annoncé qu’il quitterait le parti si celui-ci abandonnait la sortie de la monnaie unique. Un ultimatum qui montre l’intensité des affrontements au sein même de la garde rapprochée de la candidate, quelques jours après l’annonce de sa nièce de quitter (momentanément) la vie politique.

George Waters vendredi 12 mai

http://www.revolutionpermanente.fr/

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13 mai 2017 ~ 0 Commentaire

ultra droite (l’autre q)

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Il est temps de prendre conscience de la violence de l’ultra droite

Les agressions perpétrées par des membres de groupes d’ultra-droite se multiplient. Depuis les blocus et manifestations lycéennes qui ont suivi l’affaire Théo, ce jeune homme violé à coup de matraque par des policiers d’Aulnay-sous-Bois, les hommes de main de l’extrême-droite s’attaquent à des militants antifascistes, faisant y compris des morts.

L’hydre fasciste relève la tête. Alors que de nombreux lycéens parisiens bloquaient leurs établissements dans l’entre-deux tours aux cris de « ni banquier, ni facho », une dizaine de militants de l’Action française, sont venus tracter devant le lycée Voltaire le 25 avril. Ces militants casqués du mouvement nationaliste et monarchiste d’extrême-droite n’ont pas hésité à menacer plusieurs lycéens et lycéennes de passage à tabac. Le lendemain, ils étaient devant le lycée Louis-le-Grand. Là, ils sont passés à l’action sans que les policiers, massés sur le trottoir d’en face, n’interviennent.

L’Action Française refait surface

C’est encore l’Action française qui s’en est pris, le 4 mai dernier, à un militant antifasciste marseillais. Une dizaine de militants de ce groupe d’extrême droite tractait devant le lycée Perrier, lorsqu’un élève jette à terre leur tract. Les militants nationalistes lui demandent de ramasser le tract, ce qu’il refuse. Ils s’en prennent finalement à l’élève rebelle qui finira à l’hôpital, où il recevra sept points de suture autour de l’arcade et cinq à l’oreille. L’Action Française avait déjà refait parler d’elle au moment des manifestations contre la loi travail. On peut dater ce renouveau depuis les manifestations contre le mariage pour tous, en 2013-2014.

La résurgence des mouvements d’extrême droite radicale

Dans de nombreuses villes, les militants du mouvement maurrassien refont surface : à Paris, mais aussi Aix, Lyon, Marseille. Mais l’Action française n’est pas la seule à refaire parler d’elle. A Strasbourg, des manifestants d’extrême-droite, casqués et cagoulés, s’en sont pris à des militants anticapitalistes qui manifestaient contre l’élection de Emmanuel Macron, le diman- che 7 mai. Une quinzaine de ces militants auraient été interpellés par la police. A Orléans, c’est le Renouveau français, un mouvement de l’extrême-droite nationaliste, contre-révolutionnaire et catholique, qui s’est implanté dans la ville. D’où une floraison de croix gammées, mais aussi des agressions. Comme celle de ce jeune militant communiste en août 2016.

Des agressions qui se multiplient

Car c’est l’une des conséquences de la réapparition de groupuscules d’extrême droite depuis la très réac manif pour tous : la multiplication des agressions de militants communistes et surtout antifascistes. On se souvient bien sûr de la mort de Clément Méric, militant antifasciste assassiné par des membres du groupe de l’extrême droite radicale « troisième voie ». Dissous à la suite de ce meurtre, le mouvement créé par Batskin, alias Serge Ayoub, personnalité très populaire dans cette mouvance, semble avoir malgré tout essaimé sous la forme de divers groupes néo-nazis. C’est notamment le cas dans le Nord et en Picardie, comme l’a montré  l’enquête autour du clan néonazi picard « WWK », pour « white wolfs klan » (le clan des loups blancs). On y retrouve un nom connu, celui de Jérémy Mourain, impliqué dans la mouvance néo-nazie picarde mais aussi lilloise, et qui ne serait pas étranger à l’affaire des « noyés de la Deûle ».

A Lille, un bar identitaire qui a pignon sur rue

Jérémy Mourain, actuellement en détention, serait impliqué dans la mort d’un musicien de rock et militant antifasciste, Hervé Rybarczyk, disparu après un concert en novembre 2011. Son corps avait été retrouvé dans la Deûle, rivière qui traverse la cité lilloise. La justice vient de rouvrir l’enquête qui avait été rapidement classée à l’époque. Lille où la mouvance identitaire est particulièrement bien implantée, grâce au bar La Citadelle, dont Martine Aubry, à la tête de la mairie depuis 2001, refuse d’exiger la fermeture. Plusieurs agressions homophobes et anticommunistes ont été perpétrées dans la ville par cette extrême-droite particulièrement virulente en 2016.

Un militant antifasciste marseillais attaqué à coup de couteaux

A Nantes, deux jeunes hommes ont été agressés à coup de barres de fer et de tessons de bouteille, dans la nuit de dimanche à lundi dernier. Selon l’une des victimes, l’un des agres- seurs lui aurait demandé s’il était militant anti-fa. L’autre victime, un jeune homme nommé Erwann, aurait été placée en réanimation sous assistance respiratoire. A Marseille, c’est  H., un membre de l’Action antifasciste qui a été agressé à coups de couteau dans son apparte- ment, par des militants d’extrême-droite qui l’attendaient sur place. Il a heureusement survécu à son agression. Le traitement de cette agression par la police témoigne de la complaisance de cette dernière envers la mouvance néo-nazie. Sollicitée par le journal gratuit 20 minutes, la police locale explique qu’il serait trop tôt pour établir que le motif de l’agression est politique et met complaisamment en avant le fait que la victime était ivre. Cité par le quotidien gratuit, H. rétorque qu’il avait effectivement «bu quelques coups» mais ne voit pas «ce que ça chan- ge». Ecœuré, le militant antifasciste n’aurait «jamais pensé qu’on puisse aller aussi loin contre lui ».

Des flics plus que complaisants

Car c’est l’autre versant inquiétant de ces agressions. La complaisance de certains policiers envers les agresseurs. Dans le cas de la mort de Hervé Rybarczyk, la police judiciaire n’avait même pas été saisie. Parmi les identitaires lillois qui seraient impliqués dans la mort du guita- riste du groupe Ashtones, l’un était un indic de la police, un barbouze dans le trafic d’armes. Claude Hermant aurait notamment fourni des armes au djihadiste Ahmedy Coulibaly, qui a perpétré l’attaque de l’Hyper Casher à Paris en janvier 2015. Selon Mediapart, la police, la DCRI (direction centrale du renseignement intérieur) et même la douane auraient été impliqués dans ce trafic d’armes. Les flics ont-ils fourni des infos sur les militants d’extrême-gauche aux fachos lillois ? Selon la Horde, publication antifasciste bien informée, la Maison de l’identité flamande, fondée par le même Hermant, « aurait publié à plusieurs reprises des noms et adresses de militants libertaires collectées suite à des interpellations ». Cette affaire a fait l’objet d’une plainte classée sans suite…

Véronique Valentino, le 12 mai 2017

http://lautrequotidien.fr/

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13 mai 2017 ~ 0 Commentaire

suzanne citron (essf)

le mythe

Vous avez, en tant que professeure, beaucoup critiqué les méthodes d’enseigne- ment, la pédagogie mais aussi 
les programmes eux-mêmes. Quel cheminement vous amène à produire cette vision distanciée de l’école française ?

Suzanne Citron. J’étais une ancienne «  bonne élève  » et une militante convaincue de l’école publique. En 1959, la scolarité obligatoire est prolongée jusqu’à seize ans. Mais je découvre comme parent et comme enseignante que cette école a bien des défauts : surcharge des programmes, enfermement des enseignants dans leur discipline, méfaits du système de nota- tion, rigidités administratives. Les années 1960 voient une floraison de revues pédagogiques et d’ouvrages traitant de l’école. La société française est traversée d’interrogations : en mars  1968, un grand colloque réunit à Amiens 600  participants «  pour une école nouvelle  ». On a oublié aujourd’hui les remises en question de mai  1968 que j’ai moi-même expérimentées dans mon lycée d’Enghien : des élèves et des professeurs réinventaient l’enseignement dans leurs livres blancs. Mais, pour toutes sortes de raisons, grandes furent les déceptions immédiates, ce qui m’incita à écrire mon premier livre en 1971, l’École bloquée.

Votre rapport à l’histoire devient progressivement critique. En 1987, vous écrivez le Mythe national, l’histoire de France en question, devenu un ouvrage de référence. Pourquoi avez-vous ressenti le besoin 
de décortiquer les fondements 
d’un roman national ?

Suzanne Citron. Ce livre est l’aboutissement de longues réflexions et de nombreuses lectu- res. Il y a d’abord le choc indélébile de la guerre 
d’Algérie, la raison d’État républicaine qui censure l’information sur les tortures. Je puise dans de nouvelles histoires de France, dans des travaux étrangers les outils d’une déconstruction critique du petit Lavisse. Je décortique la façon dont les historiens libéraux et républicains du 19è siècle, imprégnés de la Révolution française, ont identifié la nation à l’État et ont construit le récit d’une France toujours déjà là qui légitimait l’État même dans ses crimes. Disposant d’annales dynastiques qui débutaient avec Clovis, ces historiens leur ont rajouté en amont un peuple souche gaulois et couturé en aval l’inattendu de la Révolution. L’école républicaine a nationalisé les petits Français bretons, corses, basques, antillais, juifs… par ce récit d’une commune origine gauloise, d’une chaîne de grands souverains débutant avec Clovis et Charlemagne, d’une Révolution célébrée comme un avènement messianique.

Mais ce roman national ne continue-t-il pas 
à se transmettre intact encore aujour- d’hui ?

Suzanne Citron. Il n’a en effet jamais été véritablement déprogrammé. Certes d’importants travaux novateurs sont publiés. Mais les journalistes et le public se réfèrent aux souvenirs d’école primaire dès qu’il s’agit d’histoire de France et le récit scolaire demeure enfermé dans sa linéarité du 19è  siècle. La grande majorité des responsables politiques, de droite comme de gauche, ont une conception positiviste de l’histoire qui fétichise l’ancien récit comme socle indestructible de la nation.

Vous avez un regard très critique sur les lieux de mémoire. Pourquoi ?

Suzanne Citron. J’ai beaucoup espéré des historiens des Annales lors de ma quête critique du Mythe national. Dans son entreprise des Lieux de mémoire, Pierre Nora, qui bénéficiait d’un grand pouvoir médiatique, s’est voulu l’initiateur d’un regard patrimonial sur le passé. Mais dans cette histoire de France au second degré, il a maintenu en filigrane le récit du 19è  siècle et n’a pas recomposé le passé d’une France marquée par la honte de Vichy, les séquelles de la guerre d’Algérie, et profondément renouvelée par les immigrations postcoloniales.

Nous assistons à un retour des conservatismes et à une propagation des idées du Front national. En tant que résistante et historienne, quelle serait, pour vous, la meilleure manière 
de combattre ces thèses ?

Suzanne Citron. Le savoir-faire de Marine Le Pen dans son entreprise de «dédiabolisation» consiste en la manière dont, avec le support des médias, elle s’est appropriée et utilise le vocabulaire politique commun en le détournant : nation, État, république, laïcité. Face à cette emprise, le discours antifasciste des années 1930 et le front républicain de 2002 s’avèrent inefficaces.

Du PS à Mélenchon, on n’a jamais autant brandi la République. Mais cette invocation quasi religieuse d’une République au-dessus de tout soupçon, sous couvert d’une bonne conscience de gauche ou de droite, n’est pas la bonne méthode. La désaffection pour les gouvernants conforte l’impact démagogique du discours passéiste de Marine Le Pen.

Débusquer le totalitarisme masqué du Front National derrière son autolégitimation arrogante, cela exige de ses adversaires, par-delà l’incantation des mots, 
la refondation des choses : l’exemplarité éthique et civique des gouvernants et la simplification 
du train de vie de l’État, une administration proche des gens, une école ouverte à tous les talents, des débats constructifs entre adversaires politiques. Face au projet d’une nation maurrassienne clôturée dans ses frontières et nourrie de roman national, une France des diversités et des multiples racines est à inventer, morceau d’humanité, 
bribe d’Europe, présage d’avenir.

http://www.europe-solidaire.org/

Commentaire: Article de l’Humanité. Suzanne Citron a soutenu Ségolène Royal en 2007.

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