Archive | Antifascisme

09 septembre 2021 ~ 0 Commentaire

theodorakis (npa , presse de gauche)

Hommage au musicien

Mikis Theodorakis, une grande voix populaire… avec de fausses notes politiques

Avec la mort du compositeur Mikis Theodorakis, « Mikis » pour toute la population, c’est une légende qui s’éteint, qui a consisté à parer Mikis de toutes les valeurs de gauche, comme l’a fait depuis très longtemps la gauche réformiste française.

Ce qui serait à retenir du parcours de Mikis Theodorakis, c’est, à la différence du militant exemplaire que fut le résistant Manolis Glezos, toute sa vie fidèle à la gauche (réformiste et radicale), des engagements et des positionnements que lui-même revendiquait comme ceux d’un homme contradictoire.

À ce titre, le siècle de vie de Mikis renvoie surtout aux tragédies de l’histoire grecque moderne (à part le Pasok en 1981 et Syriza en 2015, le pays n’a connu que des gouvernements fascistes ou de droite extrême, au mieux très réactionnaires) et aux impasses dans lesquelles la gauche communiste, stalinienne ou « rénovatrice », a plongé le « peuple de gauche ». Reste l’œuvre du compositeur, magnifique et plus que jamais stimulante pour les combats actuels et à venir !

Un parcours politique sans cohérence malgré une dynamique de gauche

Dans sa jeunesse, Mikis adhère à EON : mouvement d’embrigadement des jeunes mis en place par le dictateur fasciste Metaxas. Mais, en 1943, Mikis rejoint, comme des dizaines de milliers de militantEs, la résistance anti-nazie, intégrant l’organisation armée ELAS et le KKE (PC grec).

Une fois le pays libéré par la Résistance, Churchill obtient de Staline la reddition des armes de ELAS et lance ses soldats et les fascistes impunis dans une guerre civile : Mikis se bat, tout en critiquant la ligne du KKE, et il est arrêté et déporté.

Plus tard, il obtient la permission de partir à Paris étudier la musique. À son retour en 1960, il est actif dans EDA (Gauche démocratique unie, sorte d’union de la gauche) puis, après l’assassinat du député (centre gauche) Lambrakis (voir le film Z), il fonde avec succès les Jeunesses Lambrakis, reprenant notamment les « marathons de la paix ».

Face au risque de voir le centre-gauche gagner les élections, les USA provoquent le coup d’État militaire des colonels en 1967. Mikis est vite arrêté, mais une campagne internationale obtient sa libération en 1970.

Revenu à Paris, il est une figure de la gauche anti-junte, organisant des tournées mondiales artistiques et anti­fascistes. Ces années sont aussi celles de la grande scission du KKE entre orthodoxes et eurocommunistes (noyau du futur Syriza), Mikis penchant pour les eurocommunistes. Après la chute de la junte en 1974 et un retour émouvant et triomphal en Grèce, il milite entre EDA et le KKE, devenant député de celui-ci en 1981 et 1985.

À partir de 1989, son parcours devient très chaotique : il va devenir ministre (sans portefeuille) … de la droite (Nouvelle Démocratie) ! À vrai dire, rien de surprenant : centrés sur une ligne anti-Pasok, le KKE et le noyau du futur Syriza s’allient avec la droite en 1989…

Dès lors, les positionnements deviennent de plus en plus contradictoires, entre soutien à la droite et soutien à Syriza, surtout avec un cours de plus en plus nationaliste, en contradiction avec ses positions de soutien aux peuples palestinien ou turc ! Cette contradiction permanente fait de Mikis la figure la plus emblématique des dangers pour la gauche (pas seulement réformiste) et la classe ouvrière d’un nationalisme qui gangrène la Grèce depuis 20 ans en particulier.

Ses dernières contradictions :

– La dernière apparition politique de Mikis, en février 2018, a été la participation comme orateur à un rassemblement appelé par la fange nationaliste et y compris par les nazis contre les projets de reconnaissance de l’État de Macédoine du Nord, Mikis y saluant la présence de l’extrême droite « patriotique »…

– Pourtant, la dernière volonté politique de Mikis, c’est de mourir en étant considéré comme communiste, comme l’a révélé le secrétaire du KKE, la droite extrême au pouvoir ne pouvant ainsi en faire « son » héros.

La voix musicale d’une conscience de gauche en Grèce

Si Mikis a été reconnu comme un grand compositeur de musique de chambre ou symphonique, ce qui va faire de lui le musicien enthousiasmant ses auditoires en Grèce et dans le monde. (Souvenir impérissable de ses concerts enflammés en France au début des années 70 !), c’est son talent unique de lier les musiques populaires redécouvertes – en particulier le rébétiko, « blues grec » des banlieues populaires et maudit jusqu’à Mikis – aux textes des plus grands poètes grecs contemporains, faisant chanter par toutes les générations les poèmes d’amour et de résistance des Ritsos, Séféris et autres Anagnostakis.

Alors, si Mikis peut être retenu comme une grande figure de la gauche, c’est avant tout pour son œuvre musicale, la force et l’espoir qui s’en dégagent et permettent de résister dans les pires périodes.

Le mot de la fin ? Vendredi, face aux flics les chargeant sauvagement, les étudiantEs en manif contre la casse de l’université ont entonné « Lorsqu’ils serrent les poings », célèbre poème de Ritsos mis en musique par Mikis !

 Athènes Vendredi 10 septembre 2021

https://lanticapitaliste.org/

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31 août 2021 ~ 0 Commentaire

aube dorée (lannion questembert)

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LANNION LUNDI 6 SEPTEMBRE EN EXCLUSIVITE AUX BALADINS
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« Au Festival de cinema de Douarnenez 2021, ses documentaires sur le parti néonazi grec Aube dorée secouent le Festival de cinéma de DouarnenezAngélique Kourounis, journaliste, est l’auteure de deux documentaires sur le parti néonazi grec Aube dorée. Projetés au Festival de cinéma de Douarnenez, ils ont rencontré un gros succès et secoué les spectateurs. Rencontre avec la réalisatrice.Dans les rues d’Athènes, une immense clameur monte parmi une foule de dizaines de milliers de personnes. En ce mercredi 7 octobre 2020, la justice grecque vient de qualifier officiellement le parti néonazi grec Aube Dorée d’organisation criminelle.
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Une formation sur laquelle a enquêté, pendant de longues années, la réalisatrice Angélique Kourounis, née de parents grecs et qui a grandi en France. Elle en a tiré deux documentaires, « Aube Dorée, une affaire personnelle » (2016), et « Aube Dorée, l’affaire de tous : quelle résistance ? » (2020).Projetés à Douarnenez cette semaine lors du Festival de cinéma, ils ont attiré de nombreux spectateurs à chaque séance. On y voit les ressorts idéologiques de cette formation, profondément raciste, xénophobe, homophobe, antisyndicaliste, prompte à éliminer ses opposants politiques.
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Cela n’a pas empêché Aube Dorée, dotée de puissants relais dans les médias ou la police, d’accéder au parlement grec en 2012, puis au parlement européen, prospérant, entre autres raisons plus historiques, sur la crise économique et politique, et les politiques d’austérité infligées par le FMI et l’Europe.
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« On n’a pas réalisé le danger »
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« Les gens ici ne connaissaient pas cela. Quand ils ont vu l’idéologie nazie, ils ont été extrêmement étonnés, surpris, effrayés, et ont découvert un combat qu’ont mené une partie des Grecs.
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Le procès a été peu couvert par la presse conventionnelle grecque, ou même par la presse française », indique Angélique Kourounis, qui travaille pour Radio France ou encore Charlie Hebdo. « On n’a pas réalisé le danger, et on ne réalise toujours pas à quel point nous sommes au bord du gouffre », expose la journaliste, citant Trump, Bolsonaro, Orban ou le Rassemblement national.
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Et accusant, aussi, les partis traditionnels européens de « camoufler cette idéologie nauséabonde », en nouant des alliances avec des formations d’extrême-droite, ou en reprenant à leur compte des éléments de leur programme. Le chef du parti néonazi grec Aube dorée condamné à treize ans de prison.
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« On n’a pas éradiqué le fascisme »
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Menacée physiquement, frappée par des militants d’Aube Dorée, au même titre que son collaborateur Thomas Iacobi, Angélique Kourounis s’est notamment concentrée, pour son deuxième documentaire, sur le combat judiciaire mené par Magda Fyssas.
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Cette dernière est la mère de Pavlos Fyssas, un rappeur antifasciste grec, assassiné en septembre 2013, victime d’un guet-apens monté par Aube Dorée. En acceptant de lier cette affaire à d’autres meurtres commis ou commandités par des membres du parti néonazi grec, elle a permis de faire condamner à de lourdes peines, non pas quelques-uns de ses membres, mais bien l’ensemble d’une formation politique, chose totalement inédite.
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« On n’a pas éradiqué le fascisme avec cette décision », concède Angéligue Kourounis, « mais elle peut faire jurisprudence dans d’autres pays confrontés au phénomène. Ce procès nous montre que tout est possible ».
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27 août 2021.https://www.letelegramme.fr/.Projections en Bretagne :

  • Le 3 septembre au cinéma Iris, Questembert, 56230, 20h30
  • Le 5 septembre, à Brasparts, lieu-dit Tromac’h 29190, 17h
  • Le 6 septembre, au cinéma Les Baladins, Lannion, 22300, 20h
  • Le 7 septembre, au cinéma Le Vulcain, Inzinzac-Lochrist, 56650, 20h30
  • Le 8 septembre, au cinéma Club 6, St Brieuc, 22000, 20h
  • Le 9 septembre, au cinéma Rex, Pontivy, 56300, 20h
  • Le 10 septembre,au Patronnage Laĩc Guérin Brest, 29200, 20h
  • Le 11 septembre, à Ty An Oll, Plourin-les-Morlaix, 29600, 16h
  • Le 14 septembre, MJC Kerfeuteun, Quimper, 29000, 20h
  • Le 16 septembre, au cinéma Ty Hanok, Auray, 56400 20h45
  • Le 17 septembre, Fête de l’Ével, Baud, 56150, 19h30
  • Le 21 septembre, au cinéma Arvor, Rennes, 35000, 20h15
  • Le 23 septembre, au cinéma Le Vauban, St Malo, 35400, 20h

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Lannion. Les réalisateurs du film Aube Dorée aux Baladins

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28 août 2021 ~ 0 Commentaire

schutzbund (jacobin)

Schutzbund-1930

D’anciens membres du Schutzbund autrichien, l’aile paramilitaire du parti social-démocrate autrichien, figurent parmi les personnes remises aux nazis par le NKVD.

Staline a remis des centaines de communistes à Hitler

Dans les années 1930, de nombreux communistes et socialistes d’Allemagne et d’Autriche ont cherché refuge en URSS pour échapper aux nazis. Mais dans une trahison choquante, la police secrète soviétique a livré des centaines d’entre eux à la Gestapo d’Hitler.

La constitution soviétique de 1936 accordait « le droit d’asile aux citoyens étrangers persécutés pour avoir défendu les intérêts des travailleurs ». Mais les autorités soviétiques ont honteusement rompu cette promesse lorsqu’elles ont traité des centaines d’exilés allemands et autrichiens, les livrant aux nazis à partir de la fin des années 30. Parmi les victimes figuraient des révolutionnaires chevronnés, des communistes juifs et des antifascistes militants.

L’une des déportées était la communiste allemande Margarete Buber-Neumann. Ses mémoires, publiées en 1949 en anglais sous le titre Under Two Dictators : Prisonnière de Staline et d’Hitler, est probablement le récit le plus connu de l’une des déportées. Buber-Neumann décrit le moment où les autorités soviétiques l’ont transférée sous la garde des nazis avec vingt-neuf autres personnes :

Le train s’est enfin arrêté, et pour la dernière fois, nous avons entendu le cri familier : « Préparez-vous. Avec les affaires. » Les portes du compartiment ont été déverrouillées… Une gare se trouvait un peu plus loin. Nous pouvions juste voir le nom sur un poste d’aiguillage voisin : Brest-Litovsk.

Buber-Neumann se souvient ensuite d’avoir vu un groupe d’hommes de la police secrète soviétique – le NKVD, encore souvent désigné par son ancien nom de GPU – traverser le pont vers le territoire allemand et revenir après un certain temps : « Il y avait des officiers SS avec eux. Le commandant SS et le chef de la GPU se sont salués. » Le commandant soviétique a commencé à lire les noms des prisonniers :

L’un d’eux était un émigré juif de Hongrie, un autre était un jeune ouvrier de Dresde, qui avait été mêlé à un affrontement avec des nazis en 1933, à la suite duquel un nazi avait été tué. Il avait réussi à s’échapper en Russie soviétique. Lors du procès, les autres avaient rejeté toute la responsabilité sur lui, le sachant, ou plutôt le pensant, en sécurité en Union soviétique. Son sort était certain.

Chercher un refuge contre Hitler

Née en 1901, Buber-Neumann avait rejoint le mouvement de jeunesse communiste allemand en 1921 et le parti principal, le KPD, cinq ans plus tard. À partir de 1928, elle a travaillé pour le journal de l’Internationale communiste, Inprekorr. Elle y rencontre Heinz Neumann, un membre de la direction du KPD, et tous deux deviennent partenaires. Après la prise du pouvoir par les nazis à Berlin, ils se réfugient tous deux en Union soviétique. « Les purges lancées par Staline à la fin des années 1930 ont fait de l’URSS un lieu de danger mortel pour les communistes allemands. »

Mais les purges lancées par Josef Staline à la fin des années 1930 ont fait de l’URSS un lieu de danger mortel pour les communistes allemands. Le NKVD a arrêté Heinz Neumann sous de fausses accusations d’espionnage et l’a exécuté le 26 novembre 1937. Ils emprisonnèrent également Margarete Buber-Neumann et finirent par la déporter en 1940 vers l’Allemagne nazie.

Plusieurs groupes différents de citoyens allemands vivaient en Union soviétique à l’époque. Certains y étaient venus pour travailler. Beaucoup, dans cette catégorie, avaient des sympathies communistes mais n’étaient pas nécessairement membres du parti. Il y avait ensuite les exilés politiques, les communistes et autres antifascistes, y compris les Autrichiens qui étaient officiellement devenus des citoyens allemands après l’annexion de l’Autriche par les nazis en 1938. D’autres avaient acquis la citoyenneté soviétique.

Les informations sur le sort de ces personnes sont dispersées dans de multiples archives, dont certaines sont encore inaccessibles aux chercheurs. Il est donc difficile de savoir avec certitude combien de personnes ont subi le même sort que Buber-Neumann. Une estimation prudente est que plus de six cents ont été déportées ou expulsées.

Le sort de Franz Koritschoner

Parmi les exilés envoyés dans l’Allemagne nazie figuraient des vétérans du mouvement communiste tels que Franz Koritschoner. Né en Autriche-Hongrie en 1892, ce jeune socialiste juif s’était opposé au soutien à l’effort de guerre des partis sociaux-démocrates après 1914. En 1916, Koritschoner rencontre Vladimir Lénine lors de la conférence de Kienthal, un rassemblement de socialistes révolutionnaires contre la guerre.

Koritschoner joue ensuite un rôle de premier plan dans les grèves et les protestations austro-hongroises de janvier 1918. La même année, il rejoint le tout nouveau Parti communiste d’Autriche (KPÖ). Koritschoner rédige le journal du KPÖ et traduit des ouvrages de Lénine, qui s’adresse à lui comme à un « ami cher ». De 1918 à 1924, Koritschoner est membre du comité central du KPÖ.

À la fin des années 1920, il se rend en Union soviétique pour travailler pour l’Internationale rouge des syndicats (Profintern), avant de rejoindre le Parti communiste de l’Union soviétique en 1930. Le NKVD a arrêté Koritschoner en 1936, l’accusant d’être un contre-révolutionnaire. Les autorités soviétiques ont décidé de le remettre à la Gestapo en avril 1941.

« Le NKVD a arrêté Franz Koritschoner en 1936, l’accusant d’être un contre-révolutionnaire. Les autorités soviétiques ont décidé de le remettre à la Gestapo en avril 1941. »

Nous en savons un peu plus sur les dernières semaines de la vie de Koritschoner car il a partagé une cellule avec Hans Landauer, un membre des Brigades internationales qui a survécu à la guerre. Selon Landauer, Koritschoner était un personnage très affaibli, portant les cicatrices des tortures qu’il avait subies aux mains du NKVD et de la Gestapo. Il n’avait plus de dents, disant à Landauer qu’il les avait perdues à cause du scorbut dans un camp de travail du Grand Nord soviétique. Le 7 juin 1941, les nazis ont envoyé Koritschoner à Auschwitz, où il a été tué deux jours plus tard.

La trahison des Schutzbündler

Les purges qui ont balayé l’Union soviétique sous le règne de Staline ont touché des cercles de personnes de plus en plus larges. Les anciens membres du Schutzbund autrichien, ou Ligue de défense républicaine, l’aile paramilitaire du parti social-démocrate autrichien, en sont les victimes.

Le 4 mars 1933, le chancelier autrichien, Engelbert Dollfuß, suspend le parlement et inaugure un régime fasciste. En février 1934, les membres du Schutzbund prennent les armes contre le nouveau système, mais ils ne font pas le poids face à l’armement lourd de l’armée gouvernementale. Environ deux cents d’entre eux perdent la vie dans les combats ou sont exécutés sommairement.

« De nombreux membres du Schutzbund autrichien, déçus par le manque de militantisme de la social-démocratie face au fascisme, rejoignent le parti communiste. Quelques années plus tard, leur passé social-démocrate fait d’eux une cible de persécution. »

Le mouvement communiste célèbre la résistance du Schutzbund, et l’Union soviétique leur offre l’asile. De nombreux membres du Schutzbund, déçus par le manque de militantisme de la social-démocratie face au fascisme, rejoignent le parti communiste. Quelque 750 Schutzbündler s’exilent en URSS.

Cependant, quelques années plus tard, leur passé social-démocrate fait d’eux la cible de persécutions. Si environ la moitié d’entre eux quittent l’Union soviétique, la plupart des autres Schutzbündler sont victimes des purges. Le NKVD a déporté beaucoup de ceux qui ont survécu vers l’Allemagne nazie.

Un groupe de vingt-cinq déportés transférés en décembre 1939 comprenait dix Schutzbündler. L’un d’entre eux était Georg Bogner. Il avait combattu lors du soulèvement de février 1934 dans sa ville natale d’Attnang-Puchheim avant de fuir en Union soviétique. La police secrète soviétique a arrêté Bogner en 1938. Fin décembre 1939, il était détenu par le service de renseignement allemand, le Sicherheitsdienst, à Varsovie. On ignore ce qu’il est devenu par la suite.

Avant le Pacte

En août 1939, l’Union soviétique a signé un pacte de non-agression avec l’Allemagne nazie. Une semaine plus tard, la Wehrmacht envahit la Pologne. Peu après, les forces soviétiques attaquent le pays par l’Est. Avant la fin des combats, les deux gouvernements ont conclu le « traité d’amitié et de frontière germano-soviétique » en septembre de la même année.

L’accord va au-delà d’une promesse mutuelle de non-agression : les parties s’engagent à ne pas soutenir une coalition dirigée contre l’autre et à échanger des informations « concernant des intérêts mutuels ». Des protocoles secrets sont également ajoutés aux traités, en vertu desquels Moscou et Berlin se partagent le territoire des États baltes et de la Pologne. L’Union soviétique ne reconnaîtra officiellement l’existence de ces protocoles qu’en 1989.

L’impulsion derrière les déportations était principalement interne au système soviétique. Les purges de Staline avaient commencé par s’attaquer à un groupe de personnes bien défini : les communistes considérés comme des soutiens potentiels de l’opposition. Au fil du temps, le recours à la torture et à d’autres formes de pression pour contraindre les suspects à donner des noms s’est combiné à une atmosphère généralisée de paranoïa et de méfiance et à l’impératif bureaucratique des quotas d’arrestation pour élargir inexorablement le nombre de cibles.

Fantasmes et fabrications

Les accusations contre les traîtres et les espions présumés sont de plus en plus étranges. Un ancien dirigeant de l’aile paramilitaire du KPD, le Roter Frontkämpferbund, est censé avoir organisé une organisation terroriste « trotskiste-fasciste ». Les responsables soviétiques ont même accusé les enfants de communistes exilés de former une Jeunesse hitlérienne clandestine.

En règle générale, les communistes étrangers comme Heinz Neumann sont accusés d’être à la solde de leur « pays d’origine » respectif. Staline a dissous le parti communiste polonais en 1938 et a fait exécuter ou envoyer au goulag ses membres, les accusant de travailler simultanément comme agents du gouvernement de Varsovie et de Léon Trotsky.

Comme l’a souligné l’historien Hermann Weber, sur les quarante-trois principaux dirigeants du KPD, plus nombreux sont ceux qui sont morts sous la garde de la police secrète soviétique que ceux qui ont été tués par les nazis. Des centaines d’exilés allemands ont été exécutés sur-le-champ, tandis que de nombreux autres sont morts dans des camps de prisonniers.
« Sur les 43 hauts dirigeants du KPD, plus nombreux sont ceux qui sont morts en détention par la police secrète soviétique que ceux qui ont été tués par les nazis. Des centaines d’exilés allemands ont été exécutés sur-le-champ, tandis que de nombreux autres sont morts dans des camps de prisonniers. »

Né en 1887, Hugo Eberlein était un membre fondateur du KPD. Il avait remplacé Rosa Luxemburg comme représentant du parti au congrès fondateur de l’Internationale communiste en 1919. Eberlein est arrivé en Union soviétique en 1936, mais il a été arrêté l’année suivante pour avoir prétendument mené des « activités terroristes » au nom des nazis.

Une lettre adressée à sa femme, retrouvée plus tard dans les archives du NKVD, décrit son calvaire : il est contraint de rester debout pendant les interrogatoires « pendant dix jours et dix nuits sans pause », n’a pas la possibilité de dormir et ne reçoit pratiquement aucune nourriture. Les gardes ont battu Eberlein sans relâche : « Sur mon dos, il n’y avait plus de peau, seulement de la chair nue. Pendant des semaines, je n’ai pas pu entendre d’une oreille et un œil est resté aveugle pendant des semaines. » Le NKVD l’a finalement tué le 16 octobre 1941.

Victimes d’une chasse aux sorcières

Buber-Neumann, Fabisch, Bogner, Eberlein et bien d’autres ont été victimes d’une chasse aux sorcières. Leur sort final dépendait de décisions bureaucratiques arbitraires. Dans plusieurs centaines de cas, les autorités soviétiques ont choisi de laisser les nazis s’occuper des victimes plutôt que de le faire eux-mêmes.

Les nazis ont envoyé Margarete Buber-Neumann au camp de concentration pour femmes de Ravensbrück. En avril 1945, alors que le régime s’effondre, elle est libérée. Craignant d’être à nouveau arrêtée par des fonctionnaires soviétiques alors que l’Armée rouge avançait, Buber-Neumann a parcouru 150 kilomètres vers l’ouest, où les troupes américaines constituaient la principale force d’occupation.

Buber-Neumann est morte en 1989, quelques semaines avant la chute du mur de Berlin. Elle était devenue une conservatrice de droite, arguant que sa propre expérience montrait que le fascisme et le communisme étaient des idéologies d’une criminalité similaire.

Si les socialistes veulent contrer de tels arguments aujourd’hui, nous ne pouvons ignorer ces histoires de cas honteux. Notre propre conception du socialisme devrait tenir ses promesses et avoir la dignité humaine au cœur de ses préoccupations. Nous ne devons rien de moins aux victimes.

Alex de Jong 08.22.2021

https://jacobinmag.com/

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Republikanischer Schutzbund

Commentaire:

Hitler 1933, Paris et Autriche 1934, ont poussé des jeunes à rejoindre les PS. En Espagne, l’UGT a préparé l’insurrection des Asturies avec la CNT quand les PC parlaient de « social-fascisme » pire que le fascisme.

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25 août 2021 ~ 0 Commentaire

panshir (courrier inter)

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Afghanistan. Qui viendra en aide aux résistants antitalibans de la vallée du Panshir ?

Emmenés par Ahmad Massoud, le fils du légendaire “Lion du Panshir”, les irréductibles de la dernière poche de résistance armée face aux talibans peuvent tenir un siège, mais combien de temps ? Ni les Occidentaux ni les Russes ne semblent prêts à leur prêter main-forte, écrit depuis Moscou Kommersant.

L’organisation terroriste des talibans (mouvement interdit en Russie) se prépare à lancer une offensive sur la province du Panshir, une région montagneuse difficile d’accès au nord de Kaboul, dernier bastion de la résistance contre le pouvoir des islamistes en Afghanistan. Les forces rassemblées dans les gorges du Panshir sont emmenées par le chef du Front uni islamique et national pour le salut de l’Afghanistan, Ahmad Massoud. Il est le fils du légendaire commandant des moudjahidin Ahmad Shah Massoud, surnommé le “Lion du Panshir” pendant le premier mandat des talibans et tué deux jours avant les attentats du 11-Septembre.

Le contrôle du Panshir est d’une importance capitale pour les talibans, sachant qu’Ahmad Massoud appelle à en faire un rempart contre le fondamentalisme islamique et demande à l’Occident de lui venir en aide. Un message publié par les talibans sur Twitter le 22 août montre bien que la guerre contre eux n’est pas encore terminée en Afghanistan. Le communiqué des talibans annonce :

Des centaines de combattants de l’Émirat islamique se dirigent vers la province du Panshir afin de s’en rendre maîtres, les autorités locales ayant refusé de céder pacifiquement le pouvoir dans la région.”

Les talibans ont également lancé un ultimatum de quatre heures à Ahmad Massoud et à ses forces retranchées dans les gorges du Panshir pour qu’ils déposent les armes. Le 23 août, ils annonçaient déjà être prêts à passer à l’offensive s’ils ne pouvaient prendre le contrôle de la région pacifiquement.

“Les forces talibanes ont pris position à proximité du Panshir dans les provinces du Badakhchan, de Takhar et d’Andarab. L’ennemi est encerclé. Nous nous efforçons de parvenir à un règlement pacifique et de résoudre la question par la négociation”, a écrit sur Twitter le porte-parole officiel du mouvement des talibans, Zabihullah Mujahid. Pour preuve que les talibans étaient prêts à prendre le Panshir par la force, il a déclaré que le tunnel de Salang, qui passe par le col de Salang, et la route adjacente, voie d’accès au Panshir, auraient été libérés.

Massoud le Tadjik

Les talibans ont pris la décision d’encercler le Panshir et de mettre les insurgés face à un dilemme – la reddition ou l’hécatombe – au lendemain des déclarations d’Abdullah Abdullah, chef du Haut Conseil de la réconciliation nationale et membre du Conseil afghan de coordination pour une transition pacifique, qui a ouvert des négociations avec les élites dirigeantes de la province du Panshir, érudits religieux, doyens et commandants militaires.

Ahmad Massoud a renchéri en affirmant être prêt à entamer des pourparlers avec [...]

Sergueï Strokan  25/08/2021

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19 août 2021 ~ 0 Commentaire

talibans (lmd)

afghan

Quand les djihadistes étaient nos amis

Héroïques hier, barbares aujourd’hui

Pendant une période comprise entre la défaite cinglante des Etats-Unis en Indochine (avril-mai 1975) et les craquements en chaîne dans les pays européens satellites de l’Union soviétique (notamment en Pologne, où l’état d’urgence est proclamé en décembre 1981), les Etats-Unis et l’Europe occidentale imaginent — ou font croire — que Moscou a lancé une grande offensive mondiale.

En Afrique, l’Angola et le Mozambique, nouvellement indépendants, semblent lui tendre les bras ; en Amérique centrale, des guérilleros marxistes font tomber une dictature proaméricaine au Nicaragua ; en Europe occidentale, un parti communiste prosoviétique oriente pendant quelques mois la politique du Portugal, membre fondateur de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord.

L’invasion de l’Afghanistan par l’Armée rouge, en décembre 1979, semble marquer une fuite en avant de Moscou. Elle ouvre une nouvelle étape de la guerre froide entre les deux blocs. Le combat des moudjahidins (« combattants de la foi engagés dans le djihad ») afghans va apparaître comme providentiel pour contrer les ambitions hégémoniques prêtées à l’Union soviétique. Et, souvent, être célébré à la façon d’une épopée.

Peu importe que la quasi-totalité de ces combattants héroïsés soient des musulmans traditionalistes, intégristes, même. A cette époque, la religion n’est pas nécessairement perçue comme un facteur de régression, à moins qu’elle s’oppose, comme en Iran au même moment, aux intérêts stratégiques occidentaux. Mais ce n’est le cas ni dans la Pologne catholique couvée par le pape Jean Paul II, ancien évêque de Cracovie, ni, bien sûr, en Afghanistan. Par conséquent, puisque la priorité géopolitique est que ce pays devienne pour l’Union soviétique ce que le Vietnam a été pour les Etats-Unis, un récit médiatique quasi unique va, pendant des années, exalter les moudjahidins, présentant leur révolte comme une chouannerie sympathique, attachée à sa foi. Il dépeindra en particulier la place et la vie des femmes afghanes à travers le prisme essentialiste, naïf (et parfois enchanté) des traditions populaires.

Revenir trente-cinq ans plus tard sur ce discours général et sur ses images d’Epinal, pléthoriques dans la presse française — du Figaro Magazine au Nouvel Observateur —, permet de mesurer à quel point presque tout ce qui suscitait hier l’admiration quand il s’agissait de populariser le combat contre l’« empire du Mal » (l’Union soviétique selon Ronald Reagan) est devenu depuis source d’exécration et d’effroi. Entre 1980 et 1988, on applaudissait les exploits des « combattants de la foi » contre l’Armée rouge. A partir de la décennie suivante, leurs cousins idéologiques en Algérie (Groupe islamique armé, GIA), puis en Afghanistan (talibans), et plus récemment au Proche-Orient avec Al-Qaida et l’Organisation de l’Etat islamique (OEI), ont été dépeints sous les traits de « fanatiques », de « fous de Dieu », de « barbares ».

Assurément, les moudjahidins des années 1980, qui ne commettaient pas d’attentats à l’étranger, se distinguent par plusieurs aspects importants des militants du GIA algérien ou des membres de l’OEI. Il n’en est pas moins vrai que l’Afghanistan a souvent servi de creuset et d’incubateur à leurs successeurs.

Le Jordanien Abou Moussab Al-Zarkaoui, considéré comme le « père » de l’OEI, y a débarqué au moment où l’Armée rouge s’en retirait et y est demeuré jusqu’en 1993. Oussama Ben Laden, fondateur d’Al-Qaida, a été dépêché par les services secrets saoudiens à Peshawar, au Pakistan, afin d’appuyer la lutte des moudjahidins.

L’Algérien Mokhtar Belmokhtar, dont le groupe, Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), vient de revendiquer l’attaque contre l’hôtel Le Splendid à Ouagadougou, au Burkina Faso, est parti lui aussi pourchasser les alliés afghans de l’Union soviétique à la fin des années 1980 ; il est ensuite revenu en Algérie pendant la guerre civile et a combattu avec le GIA (les Algériens ayant le même parcours étaient appelés les « Afghans ») avant de rejoindre Al-Qaida. Ceux-là, et beaucoup d’autres, ont été accueillis favorablement par l’Occident tant qu’ils servaient ses desseins stratégiques. Puis ils se sont retournés contre lui. L’image que la presse européenne ou américaine donna de leurs motivations, de leur extrémisme religieux, de leur férocité changea alors du tout au tout… (Extrait voir lien)

Denis Souchon  Février 2016

https://www.monde-diplomatique.fr/

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18 août 2021 ~ 0 Commentaire

kaboul (gj-brest lo)

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RASSEMBLEMENT EN SOUTIEN AU PEUPLE AFGHAN MERCREDI 18 AOÛT À 18 H PLACE DE LA LIBERTÉ À BREST
SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE AFGHAN !
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Nous avons le devoir d’accueillir ces réfugiés qui fuient les talibans. Certains ont qui plus est travaillé pour la France et d’autres pays occidentaux. Ne pas les accueillir serait les abandonner alors qu’eux, nous ont aidé.
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Globalement nous avons le devoir de faire preuve de solidarité internationale avec les réfugiés issus de peuples martyrisés. Les traiter à priori comme des terroristes ou futurs délinquants est une faute morale.
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Macron dans son discours du 16 août s’est empressé d’instiller la peur de l’immigration à des fins électoralistes, pour déjà chasser sur les terres du Rassemblement National pour 2022. Ne tombons pas dans ce piège grossier. Nous avons un devoir d’accueil et d’humanisme élémentaire !
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Gilets Jaunes Brest

Ouverture des frontières pour les réfugiés afghans !

Une fuite dans la presse belge a révélé une lettre secrète adressée début août à la Commission européenne par six gouvernements des États membres de l’Union européenne. Ils soulignaient le « besoin urgent » de procéder à des retours volontaires et forcés vers l’Afghanistan.

Cette lettre est d’autant plus révoltante qu’elle était écrite au moment où les pays de l’UE conseillaient à leurs ressortissants de quitter l’Afghanistan de toute urgence.

Des millions d’Afghans ont été contraints à l’exil du fait que depuis plus de quarante ans, depuis l’invasion soviétique en 1979, l’Afghanistan n’a rien connu d’autre que la guerre. L’Iran a accueilli 3,5 millions de réfugiés, le Pakistan 1,4 million. En comparaison l’Union européenne n’en a accueilli que quelques dizaines de milliers qu’elle a toujours incités à retourner dans leur pays. La France n’est pas en reste. En 2019 encore, Amnesty international l’accusait de « continuer de renvoyer les personnes vers l’enfer. »

Les puissances occidentales portent une responsabilité écrasante dans le chaos qu’est devenu l’Afghanistan. Abandonner les Afghans à leur sort est criminel. Non seulement les retours forcés doivent cesser mais l’Europe doit ouvrir ses frontières à tous les Afghans qui veulent fuir le régime des talibans.

Denis Aler  18 Août 2021
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17 août 2021 ~ 0 Commentaire

brest kaboul (ldh)

liban1
Dans l’urgence de l’actualité en Afghanistan, nous proposons  aux organisations brestoises un appel un dénonçant la politique française en Afghanistan
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Appel à rassemblement pour demain soir, mercredi, 18h place de la Liberté
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La France ne peut bafouer le droit d’asile
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« Protéger l’Hexagone de flux migratoires irréguliers venus d’un pays déstabilisé ». Emmanuel Macron, allocution TV du 16 août.
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Kaboul est tombée. Alors que les femmes se préparent à la terreur, le Président de la République française ferme la porte à ceux et surtout à celles qui tenteraient de fuir le régime des Talibans. Ce ne sont pas des « flux migratoires », ce sont des êtres humains qui cherchent à échapper à l’horreur. Les propos de Macron sont un reniement du principe même du droit d’asile. C’est ignoble.
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Entre 1996 et 2001, les Talibans avaient imposé leur version ultra-rigoriste de la loi islamique. Les femmes ne pouvaient ni travailler ni étudier. Le port de la burka était obligatoire en public et elles ne pouvaient sortir de leur domicile qu’accompagnées d’un “mahram”, un chaperon masculin de leur famille.
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Les flagellations et les exécutions, y compris les lapidations pour adultère, étaient pratiquées sur les places des villes et dans les stades.
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Face au sort terrible qui attend les femmes afghanes, nos organisations exigent que la France réserve à tous ceux et à toutes celles qui arriveront à fuir le régime taliban un accueil digne et inconditionnel.
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 kaboul
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Rassemblement mercredi 18 août, 18h, place de la Liberté
1er signataires : LDH, Solidaires, NPA, PCF, MRAP, UDB, FI …

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17 août 2021 ~ 0 Commentaire

communiqués (cgt 22)

super cgt

Communiqué de presse
Union Départementale CGT des Côtes d’Armor
du 17 août 2021
Les Patriotes annoncent:

« Un grand rassemblement populaire pour la liberté »L’union départementale CGT des Côtes d’Armor se prononce pour la vaccination de masse et dénonce fermement la mise en œuvre du pass sanitaire. En effet, le gouvernement n’a pas été en mesure de convaincre et d’organiser une vaccination massive de la population. Il pénalise les salariés et agents publics par un dispositif généralisé de contrôle, de surveillance et de contraintes. La loi du 5 août est une brèche inacceptable au droit du travail, déjà bien mis à mal par Macron depuis 2016.

Pour autant, la CGT ne peut pas rester sans réagir devant l’attitude des partis et des mouvements d’extrême droite qui se mobilisent depuis cet été. La venue de Philippot, président du mouvement d’extrême-droite Les Patriotes, à Saint-Brieuc, n’est pas un hasard. Depuis plusieurs mois, nous constatons l’organisation régulière de rassemblements régionaux des mouvances radicales de droite dans la capitale costarmoricaine (Les patriotes, Génération Frexit, Debout la France, VIA la Voie du peuple, l’Union Populaire Républicaine).
Notons qu’un rassemblement comme celui organisé ce jeudi 19 août mêle revendications anti-masques et anti-vaccination. Cette mobilisation, relayée dans plusieurs villes du département, laisse apparaître un discours propre à l’extrême-droite. Ce dernier est alimenté par la peur du progrès et nourri de récits complotistes et obscurantistes, de slogans et de symboles racistes et antisémites.
Le mécontentement à l’égard du gouvernement est légitime et l’extrême-droite s’en nourrit ; elle l’utilise pour diffuser son idéologie réactionnaire. Dans un contexte de montée de l’extrême-droite, la CGT affirme ses positions et rappelle aux syndicats et syndiqués son refus de participer à de tels rassemblements.
Il s’agit maintenant de porter nos propres revendications et perspectives d’actions contre la politique anti-sociale du gouvernement et pour le progrès social, par la construction d’un mouvement national et interprofessionnel à partir de septembre.

Pétition : Loi sanitaire et Régressions sociales à venir

Pour une politique sociale et de santé juste et démocratique, contre la loi sanitaire et les régressions sociales
Comment justifier qu’un pass sanitaire permette :
  • de discriminer à l’embauche, de suspendre le salaire ou de licencier des salarié·e·s, en CDD ou précaires, parce qu’ils·elles ne sont pas vacciné·e·s ?
  • de refuser des patient·e·s dans les hôpitaux pour la même raison ?
  • d’instaurer un contrôle et une surveillance généralisés sur la population et de diviser la population entre vacciné·e·s et non vacciné·e·s ?
En même temps, peut-on accepter que la casse de l’hôpital public continue ? Que la crise soit payée, non pas par les multinationales et les plus riches qui en ont profité, mais par tous les autres, notamment les travailleur·euse·s, les jeunes, les chômeur·euse·s, les retraité·e·s ?Une vaccination large et massive est nécessaire pour combattre la pandémie, ainsi qu’une autre politique, juste et démocratique. Nous, signataires, nous opposons à la loi sanitaire et aux régressions sociales à venir.

Nous exigeons :

  • Après le vote du parlement le 24 juillet, le retrait de cette loi et de l’état d’urgence sanitaires ;
  • des moyens financiers et humains bien plus importants dans les hôpitaux publics et les Ehpad, un débat et une information d’ampleur, des possibilités de se faire vacciner sur le temps de travail, une couverture bien plus importante des centres de vaccination et les embauches nécessaires pour permettre des conditions de travail respectueuses des exigences sanitaires ;
  • la levée des brevets au sein de l’Organisation mondiale du commerce pour la solidarité internationale et la santé publique ;
  • l’abandon des lois et projets sur l’assurance chômage et les retraites.
  • Signez la pétition

2021 Union Départementale CGT des Côtes d’Armor

https://www.cgt.fr/

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16 août 2021 ~ 0 Commentaire

simone weil (npa cccp)

antisme

COMMUNIQUE DU NPA ET DU CCCP TREGOR

PERROS GUIREC  : VANDALISATION DE LA STELE DE SIMONE VEIL

La pandémie du Covid donne lieu à une déferlante de propagande antisémite et complotiste.

Les luttes des femmes pour leur émancipation  dans les années 1970 ont permis la promulgation de la loi Veil sur l’avortement. Les forces les plus réactionnaires ne l’ont jamais admis.

C’est pour cette raison qu’ils ont profané par quatre fois la stèle de Perros, tout en amalgamant cette loi avec un soi-disant pouvoir occulte des citoyens de confession israelite.

Si comparaison n’est pas raison,certaines théories nauséabondes prennent la forme de l’assimilation de la vaccination et du passe sanitaire à la Shoah. Des étoiles jaunes sont brandies par des opposants organisés à la vaccination. Les  mêmes condamnent un « passe nazitaire » et  le comparent à l’inscription sinistre du portail d’Auschwitz.

Cette manipulation, revient à minimiser et banaliser le génocide des Juifs, et à désigner des « responsables » fantasmés de la pandémie en alimentant des idées fascisantes.

Le débat légitime sur le contenu des mesures sanitaires et l’appréciation de la politique gouvernementale est détourné au profit de théories complotistes totalement réactionnaires et porteuses de lourds dangers négationnistes et antisémites. L’émergence des thèses conspirationnistes est un vieux procédé de l’extrême droite.

Le NPA, comité Nathalie Le Mèl, et le CCCP Trégor se tiennent disponibles pour toute action visant à dénoncer les actes antisémites, xénophobes et racistes

npabear@gmail.com

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15 août 2021 ~ 0 Commentaire

anti vax (fr3)

haddock eau

Covid-19. Mobilisation anti-vax : Pascal Marchand, un psycho-sociologue toulousain propose une analyse

L’universitaire Pascal Marchand qui a étudié les gilets jaunes, a accepté de décrypter ce nouveau mouvement qui s’oppose au pass sanitaire, dont une partie défile dans la rue tous les samedis.

Pour tenter de mieux cerner le mouvement de protestation anti-vaccin, nous avons questionné le psycho-sociologue Pascal Marchand qui est professeur en sciences de l’information et de la communication au LERASS (Laboratoire d’études et de recherches appliquées en sciences sociales) à Toulouse.

On sent une violence qui monte entre pro et anti-vax . Vous, en tant que sociologue qui avez étudié les gilets jaunes, est-ce que vous pouvez nous éclairer sur cette question ?

Oui à condition de ne surtout pas confondre le mouvement des gilets jaunes et le mouvement qu’on est en train de vivre parce que ce sont des mouvements qui sont très très différents.

Le mouvement des GJ, c’était une mobilisation de personnes qui n’étaient pas homogènes, qui avaient des parcours et des profils très différents mais qui avaient tous en commun un certain nombre de revendications politiques. D’actes en actes, de manifestations en manifestations, ils construisaient une représentation d’une politique alternative et donc mettaient en cause une politique globale avec des distributions de richesse, des questions d’environnement, des questions de police, de justice et construisaient un programme politique. En tous cas, ils voulaient allez vers ça.

Ici on a un mouvement très différent. Si on écoute ce que scandent les manifestants, c’est : liberté, liberté… c’est-à-dire qu’on a un mouvement de personnes, très hétérogènes aussi mais qui n’ont en commun que la perception d’être privé d’une certaine liberté. Et donc on a une théorie qui date des années 60, qui est la « réactance » et qui montre que lorsque nous nous sentons privés d’une liberté, nous allons mettre en œuvre tout un tas de ressources, d’actions, de ressources intellectuelles pour recouvrer cette liberté.

On a ici un mouvement qui n’est pas anodin, ça n’est jamais anodin quand une grande partie des gens se met dans la rue pour revendiquer une liberté. Ça vient en plus dans un contexte fort dans lequel il y a eu un certain nombre de sentiment de privation de liberté entre la loi sécurité globale, des lois sur les manifestations, la mise en place de Parcoursup sur la liberté de choisir ses études et son métier.

Donc il y a un contexte et ce mouvement-là, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase… c’est-à-dire on me prive d’une certaine liberté d’action, d’une liberté culturelle, d’une liberté de fréquenter un certain nombre d’endroits parce que je ne veux pas adhérer à un pass sanitaire, à un document administratif, à une vision gestionnaire de la santé. Et donc c’est le fait d’essayer de recouvrer sa liberté, d’essayer de lutter contre une privation qui définit ce mouvement, beaucoup plus qu’un programme politique ou une revendication commune.

On assiste à un rejet des institutions dans ce mouvement aussi non ?

C’est un  mouvement qui se caractérise effectivement par un rejet des institutions et là aussi avec différents niveaux d’institutions. La première à laquelle on pense bien évidemment, c’est la santé publique.

L’histoire récente du pays a montré que des industries pharmaceutiques et d’autres, étaient capables de diffuser des produits qui ont provoqué des dégâts toxiques à la population. Donc du sang contaminé jusqu’au Lévothyrox en passant par le Médiator, on a eu des industriels qui ont diffusé des produits toxiques, qui ont menti aux citoyens, qui ont menti aux politiques, quelquefois avec la complicité des politiques. On a donc un contexte général de méfiance vis-à-vis de cette institution, vis-à-vis du politique, des industries et quand on parle d’industrie, ça gagne les industries de l’information.

Cette réaction sur la privation de liberté et d’autre part de méfiance vis-à-vis des produits industriels et des discours politiques qui les accompagnent, explique cette grande susceptibilité. C’est très épidermique cette réaction. Je parle quelquefois de réaction adolescente vis-à-vis de cette privation et cette envie de recouvrer la liberté, de développer une énergie considérable pour retrouver des droits à agir, non pas en fonction d’une politique à laquelle on ne croit plus mais en fonction d’un sentiment personnel, très individuel d’une privation de liberté.

Comment définir ce mouvement ?

Dans ces mouvements-là, il y a le ressenti, la construction intellectuelle du mouvement et enfin l’action, l’action de descendre dans la rue, samedi après samedi, ce que l’on appelle l’engagement.

Les théories de l’engagement connues depuis la fin des années 60, montrent qu’elles ont trois conséquences. La première chose, c’est que cet engagement va amener la personne à se radicaliser. Le fait de venir manifester pour sa liberté, le fait de venir et d’être identifié va accroître ce sentiment et l’importance de l’action pour l’individu. Cette radicalisation va l’amener à chercher toujours plus de justifications pour pouvoir affirmer la justesse et la réalité de son action.

Et ça peut aller jusqu’à disqualifier ses adversaires, de façon de plus en plus radicale. Ça peut aller vers une augmentation de la violence. On a bien une radicalisation du discours qui va jusqu’à des dimensions très extrémistes et des références qu’on va chercher dans l’actualité ou dans l’histoire et qui vont donner à mon action une importance beaucoup plus considérable que ce qu’elle a.

La seconde conséquence, c’est la résistance aux attaques de ma croyance, d’autant plus qu’on vit les réactions du gouvernement comme des attaques. On va donc résister à ces arguments. Ce qui pose problème pour une politique publique car plus ces personnes se radicaliseront, moins elles seront sensibles aux discours de politique publique, de santé publique, de prévention, de solidarité…

La troisième conséquence, c’est l’action. Dans l’engagement, l’action appelle l’action. Donc plus les gens vont exprimer leur action, plus ils vont avoir tendance à agir pour justifier leur action précédente. Cela s’appelle « l’escalade d’engagement » qui devrait logiquement conduire à des mobilisations plus fortes et plus intenses.

On sent une hostilité vis-à-vis des médias… plus qu’avec les gilets jaunes. Comment expliquer cela ?

Les médias sont toujours vécus comme une industrie aux mains d’un pouvoir. Il y en a qui sont vécus comme la parole du gouvernement qui se diffuse et que les gens reçoivent au journal de 20h. D’autres vont être perçus comme portés par une industrie privée.

Il y a toujours l’idée que les médias desservent ceux qui manifestent. Ça peut être par des micro trottoir qui donne la parole à quelqu’un qui ne me représente pas en tant que manifestant, des médias qui vont chercher la parole dramatique, la parole outrancière, l’étoile jaune ou la personnalité qui représente… les gilets jaunes se caractérisaient par le fait de rejeter les porte-parole donc ils disaient : les médias nous trahissent parce qu’ils vont chercher des porte-parole alors que nous sommes un mouvement sans porte-parole.

Là, on a des médias qui sont vécus comme le véhicule de la propagande gouvernementale. Ils disent ce que le président, le premier ministre et le ministre de la santé veulent dire. Ils diffusent les spots gouvernementaux, la bonne parole gouvernementale. Il y a ce ressenti qu’il faudrait analyser mais ce qui est sûr, c’est que ça laisse chez ces manifestants un sentiment très amer d’être trahi par la parole qui va être diffusée dans les foyers. Donc on a une augmentation du rejet des médias qui se traduit effectivement par une violence.

Ce qui est sûr, c’est qu’il a une perte de crédibilité des médias traditionnels et un recours à des médias alternatifs. Chez les gilets jaunes, il y a eu l’utilisation de Russia Today et de certaines chaînes alternatives. On a l’impression que là, c’est un rejet beaucoup plus unilatéral des réseaux médiatiques d’information. On se tourne beaucoup plus vers les réseaux sociaux plus complotistes et qui remettent en cause les systèmes d’information de façon globale.

Qu’est-ce qui est mis en cause au fond ?

Ce qui est mis en cause, c’est la pensée dominante. D’ailleurs les grandes erreurs du gouvernement au niveau de la communication, c’est d’essayer de se battre avec les mêmes armes. Un gouvernement ne peut pas répondre à un argument d’autorité comme « on me vole ma liberté » en disant « mais non on ne te vole pas ta liberté » ou « ce qu’il faut c’est jouer la solidarité » ou comme j’ai entendu dernièrement « il faut se vacciner pour protéger vos grands-parents ou vos enfants ».

Il faut jouer sur le fait qu’on est dans une pandémie, que toutes les pandémies depuis le 15è siècle, ont été résolues par des mesures sanitaires, plus ou moins violentes et drastiques. Là on a des mesures sanitaires et le pass et il faut aller jusqu’au bout de cette logique-là et ne pas rentrer dans des débats dramatiques.

Le problème aussi, dans la politique moderne, c’est qu’on a toujours une réponse administrative et gestionnaire. C’était l’attestation qu’il fallait remplir et présenter, maintenant c’est le pass sanitaire avec un contrôle judiciaire et policier avec quelquefois des montants de répression considérables par exemple pour les gestionnaires de restaurants et de bars, c’était des centaines de milliers d’euros…

On est dans un système où le gouvernement a une réponse à des manifestations par une répression administrative, judiciaire et policière au lieu de revenir à la base qui est : nous avons une pandémie, il y a une action à mener et dès que cette action sera menée, on reviendra à une situation normale.

Le problème c’est que ça n’est plus audible à l’heure actuelle. Il faudrait pour cela avoir une crédibilité et une confiance et le gouvernement les a perdues. C’est pour ça qu’on arrive à ce niveau-là de violence.

15/08/2021

https://france3-regions.francetvinfo.fr

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