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08 mars 2021 ~ 0 Commentaire

présidentielle (jdd)

macron 2

Présidentielle : le front républicain s’effriterait en cas de duel Macron-Le Pen, selon un sondage

Un enquête réalisée par Harris Interactive pour Commstrat, révélée par L’Opinion, indique qu’une majorité d’électeurs ne reporterait par leur voix en faveur d’Emmanuel Macron, en cas de duel au second tour entre le candidat LREM et la cheffe de file du RN, Marine Le Pen.

Un « front républicain » mis à mal. D’après un sondage Harris Interactive pour Commstrat, publié par L’Opinion ce lundi, Emmanuel Macron sortirait gagnant de la prochaine présidentielle de 2022 avec 53% des voix au second tour, face à la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, créditée de 47% d’intentions de vote.

Néanmoins, indique l’enquête, une majorité d’électeurs, des Insoumis à la droite, refuseraient de reporter leurs votes au second tour sur le président sortant pour faire barrage au RN, au nom d’un « front républicain ».

Le sondage, réalisé sur un échantillon de 1 029 personnes représentatif de la population française, interrogeait les participants sur leurs intentions de vote au second tour, en fonction de celles du premier tour entre Jean-Luc Mélenchon, candidat déjà déclaré pour France Insoumise, Anne Hidalgo pour les socialistes, Yannick Jadot pour les écologistes ou Xavier Bertrand pour la droite.

C’est du côté des électeurs du candidat Insoumis Jean-Luc Mélenchon que le refus de se positionner est le plus majoritaire : 52% d’entre eux indiquent leur intention de s’abstenir ou voter blanc en cas de duel Macron-Le Pen.

Les 48% d’électeurs restant opteraient à part égale entre les deux candidats : 24% pour le candidat LREM, 24% pour la candidate RN. Le leader de France Insoumise a déjà indiqué qu’il ne donnerait pas de consignes de vote dans ce cas de figure.

Les écologistes majoritairement favorables à un report vers Macron

Les électeurs de la maire de Paris Anne Hidalgo seraient 50% à s’abstenir ou voter blanc dans le cas de figure d’un second tour Macron-Le Pen, tandis que 41% d’entre eux accorderaient leur voix au président de la République sortant.

Seul l’électorat du candidat supposé écologiste Yannick Jadot se reporterait majoritairement, 51% d’entre eux, vers le candidat LREM. Et 5% d’entre eux voteraient pour Marine Le Pen.

A droite, les voix sont partagées. Parmi les électeurs de Xavier Bertrand, 41% ne se positionneraient pas en cas de duel Macron-Le Pen au second tour. Ils seraient en revanche 38% à accorder leurs voix à Emmanuel Macron et 21% à voter Marine Le Pen.

Un électorat fidèle à Marine Le Pen

Enfin, l’enquête s’intéresse également à la fidélité de l’électorat des deux candidats. 69% des sympathisants LREM interrogés indiquent qu’ils feront le même choix en 2022. Davantage que les électeurs de Jean-Luc Mélenchon (55%) ou que les transferts de voix de Benoît Hamon vers Anne Hidalgo (29%) ou l’écologiste Yannick Jadot (29%)

Marine Le Pen jouit quant à elle d’une base solide : 84% de ses électeurs de 2017 indiquent leur intention de confirmer leur choix lors de la prochaine échéance électorale, indique Harris Interactive. Un chiffre qui grimpe à 90% d’entre eux, si la candidature de Xavier Bertrand est remplacée par celle de la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse.

8 mars 2021 Mathilde Durand

https://www.lejdd.fr/

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01 mars 2021 ~ 0 Commentaire

birmanie (npa 4è internationale)

BIRMANIE

Solidarité avec le peuple birman

Le 1er février 2021, l’armée birmane a renoué avec sa tradition putschiste en déposant le gouvernement et arrêtant de nombreux militants politiques, associatifs et artistes.

La clique de militaires menée par Min Aung Hlaing, le chef de l’armée, n’a pas supporté la défaite cinglante de son parti, l’USDP, aux élections parlementaires de novembre dernier.

La LND, parti d’Aung San Suu Kyi avait en effet obtenu le score de 83 %, ne laissant que 33 sièges à l’USDP en plus des 25 % attribués d’office à l’armée. Cette large majorité et la dynamique populaire qu’il exprime de manière certes déformée, pouvait faire craindre à l’armée des réformes démocratiques dont le putsch démontre s’il le fallait l’urgence.

Les putschistes et Min Aung Hlaing en premier lieu sont tristement célèbres pour le génocide contre les Rohyingas après l’avoir été pour la répression contre les moines en 2007 lors de la « révolution de safran », et pour la répression de la minorité Karen.

Après avoir passé des décennies à amasser une fortune considérable grâce à ses participations dans les conglomérats les plus profitables du pays, il ne semblait pas disposé à raccrocher les galons en juin dernier et s’exposer aux procédures en cours devant les juridictions internationales qui le visent.

Des centaines de milliers de jeunes, de travailleurs, de paysans mais aussi d’infirmiers, de moines, de juges se sont levés contre les putschistes.

Ils étaient des milliers dans les rues du pays dès le 6 février. Les putschistes ont fait pleuvoir contre eux la répression aux multiples visages. Cette dernière a pu prendre la forme de l’intervention des forces anti-émeutes, des arrestations, de la censure d’Internet, jusqu’aux nombreux morts dans les manifestations, en particulier ce dernier week-end. Mais la junte a aussi acheté des pauvres - dont la pandémie actuelle a encore empiré la situation - et libéré des prisonniers pour les jeter contre les manifestants…

Mais cette répression insupportable, ces manœuvres, n’ont pour le moment pas entaché la détermination du peuple birman qui s’est à nouveau soulevé ces derniers week-ends dans la plus grande révolte de l’histoire moderne du pays.

Le peuple birman peut également s’appuyer sur les expériences de mobilisations de ces derniers mois à Hong Kong et en Thaïlande dont elle a d’ailleurs adapté le signe de ralliement : les trois doigts levés.

Le NPA adresse au peuple birman toute sa solidarité militante dans son combat pour la liberté, la démocratie et pour des élections libres. Nous exigeons avec lui la reconnaissance des élections de novembre et la libération immédiate de tous les prisonniers politiques.

Lundi 1er mars 2021

https://nouveaupartianticapitaliste.org/

Lire aussi:

Contre l’ordre militaire, solidarité avec le peuple birman !

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25 février 2021 ~ 0 Commentaire

jeunesse (révolution permanente)

Pablo-Hasel

Etat Espagnol. Dans la rue, la jeunesse met en cause le régime et son aile gauche

Les mobilisations pour la liberté de Hasel et la répression policière du gouvernement central et de la Generalitat ont mis à mal leurs récits « progressistes » et « pro-indépendance ». Il y a donc une nécessité de mettre en place un grand mouvement indépendant, qui impacte et permette l’entrée en scène de la classe ouvrière. Un mouvement qui permettrait d’avancer dans la construction d’une gauche anticapitaliste et de classe. 

C’était impossible à prévoir. Une semaine après les élections catalanes, la situation politique espérée a totalement changé. Les éditorialistes et autres faiseurs d’opinion n’ont eu que le lundi pour analyser l’échec de l’opération Illa [Candidat du parti socialiste aux élections autonomes et ministre de la santé à Madrid], le renforcement de l’indépendantisme ou encore les progrès électoraux de Vox.

Mardi, l’emprisonnement de Pablo Hásel par les Mossos d’Esquadra (police catalane) – menés par le gouvernement intérimaire de l’Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) et de Junts per Catalunya (JxCAT) – à l’université de Lleida, a donné le coup d’envoi de la vague de manifestations la plus massive et la plus étendue dans tout l’État depuis le début de la pandémie.

Des milliers de jeunes ont envahi les rues de dizaines de villes et devraient continuer à le faire dans les prochains jours. Les manifestations les plus massives ont eu lieu en Catalogne et à Madrid, et, sans surprise, c’est dans ces deux villes que la répression policière s’est faite la plus forte.

La jeunesse exprime dans les rues un malaise social aggravé après une année de crise et de pandémie

La raison immédiate des manifestations est la demande de libération de l’énième personne condamnée dans l’État Espagnol pour un crime de liberté d’opinion. Le fait que l’un des deux crimes pour lesquels il est emprisonné soit une insulte à la monarchie, un délit qui semble remonter au Moyen Âge, accroît la haine de toute une génération qui ne reconnaît pas le roi.

La Monarchie est perçue comme caduque, antidémocratique et corrompue, surtout chez les plus jeunes, comme c’était déjà clairement le cas il y a deux ans.

En outre, cette vague de manifestations sert de caisse de résonance aux fortes contradictions et aux souffrances sociales aggravées pendant cette année de pandémie. A la réponse coercitive et punitive à la pandémie, alors que tous les gouvernements ont refusé de mettre en œuvre des mesures sanitaires urgentes pour enrayer la catastrophe, s’ajoute une crise économique et sociale qui détruit les espoirs pour le futur d’une génération qui, pour les plus jeunes, n’a vécu qu’en temps de crise.

Le chômage parmi les jeunes avoisine les 50%, l’université et l’enseignement supérieur sont presque devenus un luxe, les campagnes de criminalisation des jeunes sont constantes et brutales… Une situation qui se traduit, selon diverses études, par une augmentation des problèmes d’anxiété et de dépression. Mais cela peut et doit commencer à changer, c’est ce qu’affirment les jeunes qui descendent massivement dans la rue.

Une mobilisation qui remet en question la « gauche » du régime

Le consensus sur la pandémie commence-t-il à s’effriter ? C’est une possibilité. Les grandes organisations de la gauche réformiste et de la bureaucratie syndicale feront tout leur possible pour l’éviter.

C’est pourquoi les grands syndicats n’ont pas appelé à la moindre action malgré le caractère scandaleux de l’affaire, c’est pourquoi la gauche réformiste se contente de faire un tweet, à commencer par celle qui est au gouvernement. Certains, comme le secrétaire général du PCE, vont jusqu’à envoyer des messages de soutien aux forces de police.

Ces manifestations mettent en évidence l’imposture du gouvernement « progressiste » dans l’une de ses promesses les plus fondamentales, celle de mettre fin à la loi Mordaza et aux autres articles du Code Pénal qui sont des instruments de répression de la liberté d’expression.

Comme celui de l’insulte à la monarchie ou de la glorification du terrorisme. Même ces exigences démocratiques de base n’ont pas été approuvées par le « gouvernement le plus progressiste de l’histoire« . Ainsi, on se trouve avec des rappeurs en prison ou en exil, des journalistes et des tweetos condamnés à à payer des amendes, entre autres choses.

Le gouvernement est, de plus, directement responsables d’une grande partie de la répression. C’est la délégation du gouvernement à Valence, mardi, ou à Madrid, mercredi, qui a donné l’ordre à la police nationale d’empêcher par la force la manifestation de poursuivre sa marche, ce qui a donné lieu à des charges.

Mais le malaise contre cette « gauche », représentée par le PSOE et aujourd’hui encore par Podemos, Izquierda Unida (IU) et le PCE, vient aussi du fait qu’elle n’a tenu aucune de ses promesses fondamentales. Parmi elles, l’abrogation de la réforme du travail qui crée une part importante de la précarité, le maintien des expulsions, le versement de milliards aux entreprises de l’IBEX35 (CAC 40) ou la protection de la corruption de la Maison royale.

ERC et JxCat à l’avant-garde de la répression en Catalogne, la CUP va-t-elle les investir ?

En Catalogne, ce malaise s’étend au gouvernement de la Generalitat et aux partis indépendan-tistes qui sont à l’avant-garde, et continueront vraisemblablement à l’être. L’ERC et JxCat, qui devant la tribune sont pleins de belles paroles pour défendre la liberté d’expression, sont toujours en charge des Mossos qui ont arrêté Hásel ou qui ont réprimé les manifestations de Barcelone, Gérone ou Vic…

Leur police anti-émeute continue d’utiliser des armes telles que les flashballs, qui ont arraché l’œil d’un jeune manifestant mardi. Ce sont eux qui gèrent la pandémie et la crise sociale, avec les mêmes politiques criminelles que le gouvernement central.

Les mobilisations en Catalogne désignent les partis catalans. La CUP (Candidatura de Unidad Popular) continuera-t-elle à laisser la porte ouverte à un soutien à l’investiture, à un accord législatif ou même à une entrée au gouvernement avec ces partis?

Si c’est le cas, à la fracture entre la rue et la Generalitat – qui a commencé avec les mobilisations contre laes jugements en 2019 – continuera entre cette gauche et toute une nouvelle génération indignée.

L’irruption dans les rues de cette nouvelle génération, principalement entre 16 et 22 ans, pourrait annoncer une nouvelle crise de la représentation.

Une extrême droite qui avance sur le dos du régime et de ses partis

Que face à une telle crise sociale et économique, le fait que la gauche ait été intégrée au régime, comme c’est le cas d’Unidas Podemos, laisse un terrain ouvert aux options ouvertement réactionnaires pour tenter de capitaliser sur le malaise et les désillusions. Surtout si nous ne mettons pas en place une gauche différente et capable d’aller au plus loin que celle qui gouverne aujourd’hui à la Moncloa.

Nous l’avons vu, quelque part, lors des élections catalanes de dimanche. Le bon résultat de VOX, avec 7,7% des voix et 11 députés, est particulièrement inquiétant dans les principales villes et quartiers populaires – où il a doublé ou triplé ceux de la CUP – et le fait que 20% sont des jeunes entre 18 et 35 ans.

Vox ne parle plus seulement d’espagnolisme. Il affine son message démagogique anti-establishment, dénonce la caste politique et exige un programme populiste de « sauvetage » des classes moyennes ruinées, qu’elle oppose ouvertement à l’immigration.

Cette issue est totalement réactionnaire, mais s’il n’y a pas de contre-proposition tout aussi radicale qui avance l’expropriation des capitalistes pour leur faire payer la crise et renverser ce régime pourri, elle peut gagner des adeptes parmi les secteurs populaires.

La puissance de la réponse à l’emprisonnement de Hasel montre qu’il existe des forces sociales sur lesquelles s’appuyer pour tenter de construire une telle gauche. Il y a des centaines de milliers de jeunes et de travailleurs qui ne doivent rien à ce régime, à ses partis et au capitalisme espagnol aujourd’hui en crise, auxquels nous pouvons nous adresser depuis la gauche anticapitaliste et ouvrière dont nous nous revendiquons. (Résumé)

Santiago Lupe mardi 23 février

https://www.revolutionpermanente.fr/

CUT

JxCat

ERC

Lire aussi:

De Madrid à Barcelone, la révolte de la jeunesse unifie la contestation extraparlementaire de la monarchie et du capitalisme

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25 février 2021 ~ 0 Commentaire

édito (a et r)

francais-immigre_

Gouvernement et extrême droite : une opposition de façade

Le 13 février, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé son intention de dissoudre le groupuscule d’extrême droite Génération identitaire (GI).

Cette organisation est ouvertement raciste, elle considère que les personnes qui ne sont pas blanches n’ont pas leur place en France. Elle est ouvertement hostile à la démocratie et aux luttes ouvrières. Elle rassemble principalement des enfants de la vieille bourgeoisie, voire de l’aristocratie, nostalgiques d’un vieil ordre moral et social.

En 2014, à Lyon, deux de ses dirigeants ont été condamnés pour des agressions au couteau. En 2018, à Marseille, vingt-deux de ses militants ont attaqué violemment les locaux de l’association SOS Méditerranée, qui vient en aide aux migrants et migrantes. En 2017, GI avait reçu un don de 1 000 euros du fasciste néo-zélandais Brenton Tarrant, qui deux ans plus tard a tué cinquante personnes dans des attentats contre des mosquées.

Mais ce n’est pas pour l’ensemble de son œuvre que Darmanin veut dissoudre GI. Ce qui a déclenché sa décision, c’est sa dernière opération dans les Pyrénées contre les migrants et migrantes. De telles opérations avaient déjà été menées dans les Alpes sans être suivies de condamnations.

Notre camp n’a pas de nation ou de frontières

En 2019, la France a expulsé près de 55 000 sans-papiers. Les demandeurs et demandeuses d’asile effectuent de véritables parcours du combattant pour pouvoir faire au moins étudier leurs dossiers et sont souvent déboutés, malgré les risques mortels encourus en cas de retour dans leur pays…

Quant à ceux et celles qui parviennent à rester en France sans titre de séjour, c’est la précarité assurée, avec des emplois sous-payés et sans respect du droit du travail, des logements insalubres et la peur permanente de se faire contrôler, arrêter et expulser. En fait, Darmanin reproche à GI d’avoir voulu faire un boulot que sa police effectue déjà sans relâche !

Les sans-papiers ne sont jamais de riches cadres d’entreprises ou de hauts dignitaires d’États : ce sont des travailleurs et des travailleuses. Ce sont nos frères et nos sœurs, car quand il s’agit d’exploiter, le patronat se moque bien de la nationalité, de la couleur ou des convictions religieuses.

Les sans-papiers ne sont jamais issus de pays riches, mais toujours de pays en développement, notamment des anciennes colonies françaises.

Des pays dont les économies encore dominées par les grandes puissances et soumises aux besoins des multinationales, comme l’extraction de matières premières, certaines productions agricoles ou encore l’assemblage industriel.

Et ces multinationales, comme Areva, Bolloré, Bouygues, Orange ou Total en Afrique de l’Ouest, occupent des quasi monopoles sur les marchés publics. C’est le maintien de cette situation néocoloniale qui motive la présence militaire française en Afrique, ininterrompue depuis la décolonisation.

Le gouvernement et la bourgeoisie française n’aiment pas que l’on rappelle cette situation.

Emboîtant le pas aux éditorialistes d’extrême droite, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Frédérique Vidal, a ainsi lancé une offensive contre « l’islamo-gauchisme », un concept dont les universitaires rappellent qu’il n’a aucune réalité scientifique, mais qui permet de dénoncer et de discréditer toute recherche qui interrogerait l’histoire colonialiste de la France, le traitement des hommes et des femmes colonisés et de leurs descendants et descendantes, qui donnerait à entendre leurs voix et porterait un autre discours que celui de l’État.

Contre tous nos ennemis : unité de notre classe !

Le gouvernement donne ainsi des gages à l’extrême droite et sa politique lui donne une légitimité toujours plus grande. Dissoudre GI lui permet de faire croire à peu de frais qu’il est anti-raciste. Mais s’il l’utilise aujourd’hui contre l’extrême droite, rien n’empêche le gouvernement de tourner l’arme de la dissolution contre des organisations du mouvement ouvrier, antiraciste et antifasciste.

D’ailleurs, samedi 20 février, lorsque quelques centaines de personnes se sont regroupées à Paris en soutien à GI, leur rassemblement a bénéficié de la protection de la police… Alors qu’une contre-manifestation antifasciste était interdite et réprimée. Le militant Gilet jaune Jérôme Rodrigues a même été arrêté, pourtant loin du rassemblement, suite à un contrôle de police !

Face à l’ennemi mortel des travailleurs et des travailleuses qu’est l’extrême droite, nous ne pouvons pas compter sur d’autres ennemis mortels que sont le gouvernement et l’État capitaliste !

Edito A&R 24 2 21

https://anticapitalisme-et-revolution.blogspot.com/

 

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21 février 2021 ~ 0 Commentaire

camilo torres (nueva tribuna)

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Camilo, bien plus qu’un prêtre ou un guérillero

Une mémoire nécessaire pour un pays qui continue à chercher à faire son chemin vers la paix.

Camilo Torres Restrepo (Bogotá, 3 février 1929 – Patio Cemento, Santander, 15 février 1966) était un intellectuel critique, un militant politique, un prêtre engagé auprès des plus démunis et un guérillero dans ses derniers jours. Sa figure est toujours vivante dans l’imaginaire colombien comme une référence qui a favorisé l’unification de la base pour lutter pour la transformation sociale.

Pour beaucoup, il a été une croix de lumière et un unificateur des sentiments d’identité d’un peuple subjugué. Au-delà du mythique, le prêtre Camilo était bien plus qu’un prêtre ou un guérillero, c’était un serviteur chrétien, un défenseur des droits et des libertés de l’homme et contre l’appauvrissement, matériel et intellectuel, d’un peuple opprimé par les classes dirigeantes politiques internes et exploité par les multinationales économiques externes.

Connu et reconnu comme le prêtre de la guérilla, cette étiquette ne sert qu’à occulter ses grandes qualités humaines et académiques et à ceux qui le suivent de montrer la valeur de son combat et à ceux qui le dénigrent de le pointer du doigt et de le proscrire pour cette même raison.

Pour Camilo Torres, le christianisme a dû lutter aux côtés du marxisme, en promouvant une véritable transformation sociale. Un symbole d’une révolution jamais réalisée et d’une résistance qui, aujourd’hui encore, un demi-siècle plus tard, est nécessaire pour ne pas perdre sa dignité et son identité, même si cela continue à lui coûter la vie, comme cela est arrivé à Camilo lui-même.

Ce mois de février marque le 55è anniversaire de la mort de Camilo Torres Restrepo, dans l’exercice de ses fonctions. Oui, le service qu’il a décidé de rendre afin de servir son pays et son peuple en luttant contre les politiciens et leur politique et en dénonçant une Église catholique ultra-conservatrice toujours du côté du pouvoir et non du côté des opprimés.

Camilo était plus qu’un prêtre et doit continuer à l’être. En ces temps de crise sanitaire, il doit être un vaccin de plus, aussi nécessaire que les injectables, pour maintenir la lutte, la résistance et la survie face aux autres pandémies, celles qui ravagent la Colombie et une grande partie du territoire latino-américain.

Formé au Liceo Cervantes, c’est peut-être pour cela qu’il a été un autre des Quixotes de l’histoire face aux géants et aux moulins à vent. Il a étudié à l’Université nationale de Colombie, où il a été aumônier, professeur et promoteur des études de sociologie avec Fals Borda, et à l’Université catholique de Louvain (Belgique).

Son travail social et académique actif l’a conduit à étudier les inégalités et l’appauvrissement dans les zones rurales et dans les quartiers de la capitale. Sans être l’un des signataires, il a contribué par son travail au livre La violencia en Colombia, l’une des meilleures études sur la réalité colombienne réalisée par Fals Borda lui-même, avec le juriste Eduardo Umaña Luna et le prêtre Germán Guzmán Campos (auteur du texte El padre Camilo Torres).

Camilo Torres a construit une histoire de sa vie et de son époque et d’autres personnes ont construit la leur en se basant sur le personnage, ses étapes et ses mythes. C’est pourquoi on dit qu’il n’y a pas un seul Camilo, mais des centaines.

Il a découvert qu’au cœur du christianisme se trouvait l’amour du prochain et qu’il valait la peine de s’engager dans cet amour. Il est donc devenu prêtre, pour devenir « un serviteur à plein temps de l’amour du prochain ». Il a affirmé avec conviction que « Ce qui fait de moi un prêtre, fondamen-talement, c’est de faire en sorte que mes frères s’aiment de manière efficace et je crois que l’efficacité de l’amour ne peut être obtenue que par la révolution.

Dans ses enseignements, il a souligné l’importance d’aimer davantage, au-delà des prières. Son christianisme était plus social et plus engagé envers les autres qu’envers l’institution ecclésiastique. Aux questions qu’il s’est toujours posées sur le pourquoi de tant de différences sociales, de tant d’inégalités et de tant d’oppression, il a trouvé une réponse dans le marxisme et son rôle dans la lutte pour le changement social. C’est pourquoi il a défendu que les chrétiens devraient être aux côtés des marxistes pour lutter ensemble pour la transformation de la société.

En politique, il a promu la création du Frente Unido del Pueblo (Front uni du peuple), un scénario de rencontre et de politique, d’action, symbolique et communicative, pour la construction fraternelle de la nationalité colombienne et une alternative politique à l’oligarchie colombienne traditionnelle qui a historiquement partagé le pouvoir.

Il a également défendu l’expropriation des biens de l’église. Frente Unido est également le nom du journal qu’il a fondé et édité pour ses treize éditions, qui paraissaient le jeudi selon son affiche de lancement, et qui s’adressait aux classes populaires.

La somme de tout cela l’a mis dans une situation compliquée, recevant des menaces qui l’ont amené à prendre parti pour l’Armée de libération nationale récemment formée. En tant que membre de ce groupe de guérilla, il a connu sa mort le 15 février 1966. Dans cette union, on dit que Camilo est devenu un éléniste et que les guérilleros sont devenus des camilistas.

Sa mère, Isabel Restrepo, a déclaré dans une interview : « J’ai dit, ils vont le tuer à un coin de rue et il va mourir bêtement (…) il vaut mieux pour lui qu’il aille à ce qu’il veut (…) que d’être tué pour avoir défendu ses idées et pour avoir défendu le peuple ».

Cinquante-cinq ans plus tard, son image et son œuvre sont toujours vivantes dans une partie importante de la population colombienne qui continue à voir en Père Camilo une référence humaine, sociale, éthique et engagée. Avec sa disparition, tout le monde a perdu : l’église, la politique, l’université et le pays en général.

Jesús Antonio Mejía, un ancien militant du Front uni qui a partagé la vie de Torres Restrepo, souligne : « Si l’on examine l’œuvre, le travail, la pensée et l’action de Camilo Torres, tout est orienté à la lumière d’un nouvel esprit social pour notre pays, car il ne pensait qu’au bien-être de son peuple.

Pour sa part, Fredy Ramirez, prêtre aumônier de l’Université industrielle de Santander (UIS, Colombie) déclare à propos du travail de Camilo que « Dans notre pays, ils sont très habiles, de sorte que tout ce qui semble libérateur est immédiatement envoyé dans un endroit où il n’a pas beaucoup de valeur ».

Camilo Torres a été accusé par les médias de l’époque de ne rien dire de nouveau, ce à quoi il a répondu : « Si ce que je dis est vieux, si je dis que le pouvoir est concentré dans quelques mains et que ceux qui ont le pouvoir ne l’utilisent pas pour la majorité, si cela est vieux, alors ceux qui connaissent le problème et ne sont pas capables de le résoudre sont d’autant plus coupables.

En guise d’avertissement aux navigateurs de ce que nous vivons aujourd’hui, cette phrase : « Alors que la classe dirigeante, minoritaire mais puissante, s’unit pour défendre ses intérêts, les dirigeants de gauche s’attaquent les uns aux autres, produisent la confusion dans la classe populaire et représentent plus fidèlement les critères traditionnels, sentimentaux, spéculatifs et idéologiques du colonialisme ».

Si vous voulez en savoir plus sur lui, visitez « Camilo Lives » ; lisez la biographie écrite par le Colombo-Australien Walter J. Broderick Camilo, le prêtre guérillero, un autre ancien prêtre intéressé par les problèmes entre le christianisme et la révolution, ou voyez la mémoire visuelle de l’histoire de sa vie dans Le révolutionnaire souriant de Lorena López et Nicolás Herrera.

Camilo n’était pas un leader qui voulait être un caudillo, mais un éveilleur et un unificateur de consciences, un défenseur de la justice sociale. C’est une mémoire nécessaire pour construire une citoyenneté civile critique et engagée.

Son empressement à insister sur ce qui nous unit et à se passer de ce qui nous sépare reste valable dans un pays qui continue à chercher à faire de la paix son chemin. Camilo Torres Restrepo, bien plus qu’un prêtre ou un guérillero.

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18 février 2021 ~ 0 Commentaire

trappes (npa)

LE-PEN

Trappes : et à la fin c’est le RN qui gagne…

Quand médias et dirigeants politiques relaient des ramassis d’approximations et de distorsions de la réalité produites par un militant politique en recherche de visibilité, le RN n’a plus qu’à attendre pour engranger…

Professeur de philosophie dans un lycée de Trappes, Didier Lemaire n’en est pas à son coup d’essai pour se placer au centre des attentions médiatiques avec ses propos provocateurs. Alors qu’il enseigne depuis 20 ans dans cet établissement, ce prof aurait pris conscience en 2015 du danger « islamiste », engageant alors un combat au côté de personnalités clairement obsédées par ce « péril » : Jean-Pierre Obin, auteur du livre Comment on a laissé l’islamisme pénétrer l’école, l’islamophobe Élisabeth Lévy et son journal Causeur

En novembre dernier, la publication dans l’Obs d’une lettre ouverte de Didier Lemaire (« Comment pallier l’absence de stratégie de l’État pour vaincre l’islamisme ? ») surfe sur l’émotion provoquée par l’assassinat de Samuel Paty, entraînant la mise en place d’un dispositif de sécurité autour du lycée où il travaille.

Fin janvier est diffusé par une chaîne néerlandaise un documentaire sur Trappes dans lequel Lemaire fait de nouvelles déclarations qui attirent une journaliste du Point récidiviste : suite à l’assaut du Raid à Saint-Denis en novembre 2015, elle avait publié dans le Figaro un portrait de « Molenbeek-sur-Seine », décrivant une ville où « les salafistes imposent peu à peu leur loi »

Début février, cette journaliste – on l’imagine tout à fait scrupuleuse – publie une interview de Lemaire dénonçant le « processus de purification effrayant » des islamistes : « Trappes est une ville complètement perdue »…

À partir de là, c’est le véritable emballement médiatique, sur fond d’examen de la loi « séparatisme ».

Lemaire fait la tournée des plateaux, ce qui entraîne le positionnement des politiques : Valérie Pécresse relaie l’article du Point ; Amine El Khatmi, président du Printemps républicain, s’en prend au maire de Trappes ; Manuel Valls ne manque pas d’apporter son soutien au professeur ; jusqu’à Darmanin, qui désavoue le préfet des Yvelines et propose à Lemaire une protection rapprochée, tandis que celui-ci est reçu par Blanquer…

Pourtant, ce n’est pas le « danger islamiste » qui menace, mais bien une possible victoire de l’extrême droite. Solidarité avec les habitantEs de Trappes et toutes celles et ceux qui subissent déjà les retombées de cette campagne islamophobe qui lui prépare le terrain.

Cathy Billard 18/02/2021

https://lanticapitaliste.org/

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17 février 2021 ~ 0 Commentaire

fausse alternative (npa)

fafs

Contre la fausse alternative Macron-Le Pen : nos luttes, nos solidarités

Nous n’attendions rien du débat entre Darmanin et Le Pen jeudi 11 février sur France 2, et nous n’avons pas été déçus. Une répétition générale en vue de la campagne présidentielle ? À nous de tout faire pour que ce ne soit pas le cas.

« Macron et Le Pen misent sur un nouveau duel en 2022 » : cette « Une » du Figaro (10 février) pourrait résumer à elle seule l’ambiance politico-médiatique du moment.

Gestion calamiteuse de la crise sanitaire par le gouvernement, crise sociale d’ampleur doublée d’une explosion des inégalités, un million de postes supprimés depuis un an.

Autant de questions essentielles qui mériteraient que l’on s’y attarde, mais qui ont été éclipsées, ces derniers jours, par les sondages et les pronostics sur la présidentielle d’avril 2022, et par la scénarisation du duel Macron-Le Pen.

Bulle politico-médiatique

Le sociologue Pierre Bourdieu écrivait au sujet des sondages que « dans le simple fait de poser la même question à tout le monde se trouve impliquée l’hypothèse qu’il y a un consensus sur les problèmes, autrement dit qu’il y a un accord sur les questions qui méritent d’être posées. »

En d’autres termes, les sondages participent de cette illusion selon laquelle les questions qui sont posées aux sondéEs seraient celles qu’ils et elles se posent, alors qu’en réalité ce ne sont que celles que posent les sondologues et ceux qui leur commandent des enquêtes.

Des bulles politico-médiatiques sont ainsi construites, autour de tel ou tel sondage, appuyé sur tel ou tel fait divers, qui alimentent le commentariat journalistique et les « petites phrases » des politiques, reléguant au second plan les autres questions, y compris celles qui préoccupent réellement la majorité de la population.

C’est précisément une séquence de ce type que nous sommes en train de subir, avec la mise en scène du duel Macron-Le Pen pour 2022, sur fond de « débat » autour de la loi « séparatisme ».

Une mise en scène voulue par la Macronie et le RN, qui y voient tous les deux leurs intérêts : du côté du parti d’extrême droite, il s’agit d’asseoir la position d’opposant numéro 1 et la stature « présidentiable » de Marine Le Pen.

Du côté du pouvoir, il s’agit, dans le prolongement de ce qui s’était fait aux élections européennes, d’imposer l’idée selon laquelle il n’y aurait pas d’alternative à un face-à-face Macron-Le Pen, et d’installer Macron en seul « rempart » face à l’extrême droite.

Une mise en scène que les grands médias alimentent complaisamment, friands qu’ils sont de la personnalisation de la politique, de la bipolarisation des débats et des concours de pronostics à grands renforts de sondages sur mesure.

Aucune fatalité à se laisser enfermer

Les sondages ont ceci de passionnant qu’ils peuvent dire absolument tout… et son contraire. Ainsi en va-t-il de celui, commandé à l’Ifop par le Figaro, appuyant la « Une » que nous citions plus haut.

On apprend en effet dans cette enquête que 67 % des sondéEs estiment qu’il est « probable que le second tour de la prochaine élection présidentielle oppose Emmanuel Macron à Marine Le Pen ». Voilà qui semble justifier la mise en scène du « duel »…

Sauf qu’en réalité, une telle question, qui ne renseigne aucunement sur les intentions de vote des enquêtéEs, fait en dernière analyse partie de cette mise en scène qui a tout d’une prophétie auto-réalisatrice.

On apprend en effet dans le même sondage que 70 % des enquêtéEs ne « souhaitent pas que le second tour de la prochaine élection présidentielle oppose Emmanuel Macron à Marine Le Pen ».

Ainsi, de l’aveu des sondologues eux-mêmes, et ce quand bien même les motivations seraient fort diverses et pas nécessairement « additionnables », une large majorité des sondéEs refuse l’alternative qu’on voudrait leur imposer. Et on les comprend !

Le faible succès d’audience du pathétique débat entre Darmanin et Le Pen jeudi 11 février, au cours duquel on n’a cessé de se demander qui voulait doubler qui sur sa droite.

Le spectacle de la droite extrême et de l’extrême droite rivalisant d’outrances racistes et islamophobes n’est pas ce dont la très grande majorité de la population a envie et besoin, préoccupée qu’elle est par les effets des crises sociale et sanitaire.

Et il n’y a aucune fatalité à se laisser enfermer dans le numéro de duettistes que nous jouent les meilleurs ennemis du champ politique.

Solidarités concrètes et luttes collectives

Encore faut-il pour cela contester le double enfermement – électoral et idéologique – dans lequel s’inscrit la mise en scène du duel Macron-Le Pen : en refusant le calendrier que l’on voudrait nous imposer, selon lequel il faudrait attendre 2022 et une solution « dans les urnes » pour imposer d’autres choix.

Il faut s’opposer sans ambiguïté, ici et maintenant, aux thématiques pourries de l’extrême droite et de la droite extrême, aux lois racistes et liberticides, en articulant cette opposition à la mise en avant de revendications sociales et sanitaires, appuyées sur les mobilisations et l’auto-organisation, et en défendant la perspective d’un autre monde.

Il est illusoire de penser que, pour en finir avec la fausse alternative Macron-Le Pen, la solution miracle résiderait dans la fabrication du bon programme et du bon meccano électoral pour 2022.

Ce qui est à l’ordre du jour au vu des urgences sociales et sanitaires, et qui conditionnera en outre largement le contexte des élections de l’an prochain, c’est la construction d’une riposte unitaire et massive pour mettre un coup d’arrêt aux politiques libérales, autoritaires et racistes du gouvernement Macron, ainsi qu’une bataille idéologique contre l’extrême droite et ses idées.

La priorité des organisations de la gauche sociale et politique devrait être d’œuvrer à convertir la colère et la radicalité qui se sont exprimées ces derniers mois en expériences de solidarités concrètes et de luttes collectives victorieuses.

Les seules à même de faire vivre un horizon politique de rupture et d’éclaircir un tableau de plus en plus assombri.

Julien Salingue 18/02/2021

https://lanticapitaliste.org/

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15 février 2021 ~ 0 Commentaire

vox (rdf)

espagne

Extrême droite : Vox entre au parlement catalan

Bien sûr, les deux enseignements principaux du résultat des élections régionales catalanes restent l’arrivée en tête du candidat socialiste (23,02 %) abénéficiant d’une forte progression (+66 %).

Puis la majorité obtenue, en nombre de sièges, par l’addition des partis favorables à l’indépendance.

Mais le symbole le plus marquant est probablement l’entrée au parlement catalan de 11 députés du parti d’extrême droite Vox. Une première depuis quarante ans et le rangement progressif aux poubelles de l’histoire du régime franquiste, après la mort du caudillo en 1975.

Vox a obtenu dimanche 7,69 % des voix en Catalogne.

Le scrutin a certes été marqué par une forte abstention, dans un contexte épidémique peu favorable à la participation, mais le parti d’extrême droite se place en tête des formations de droite.

Le Parti populaire (PP), traditionnellement faible en Catalogne, n’enregistre que 3,85 % (4,27 % en 2017).

Mais c’est surtout Ciudadanos qui dégringole. La formation censée renouveler l’offre politique à droite (« macroniste » avec Manuel Valls) sur un PP en crise s’écroule, passant 25,35 % des voix en 2017 à 5,55 % dimanche.

Le parti d’extrême droite a fait campagne sur sa volonté de mettre fin au processus indépendantiste en promettant l’interdiction des partis qui lui sont favorables.

Un programme sur lequel Ciudadanos s’était taillé une part de l’électorat unioniste en Catalogne au cours des dernières années. Après une entrée au parlement régional en Andalousie fin 2018, puis au sein du parlement national (Cortes) en 2019, Vox fait une percée dans la région qui, pour des raisons historiques de puissant rejet de l’héritage franquiste, lui était la plus hostile.

15 février 2021 Stéphane Ortega

https://rapportsdeforce.fr/

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12 février 2021 ~ 0 Commentaire

duel (révolution permanente)

macron petain

Darmanin / Le Pen. Un duel en forme de monologue réactionnaire pour préparer 2022

Sur France 2, Darmanin et Le Pen se sont offerts hier soir un premier duel réactionnaire autour de la loi séparatisme, en préparation de 2022.

Hier soir, France 2 entendait « déconfiner la politique » en organisant un débat entre Darmanin et Marine Le Pen autour de la loi séparatisme. Une manière de commencer à lancer la campagne de 2022 et d’imposer l’opposition réactionnaire entre LREM et le Rassemblement National, resucée du deuxième tour de 2017.

Après un premier entretien avec Gérald Darmanin, qui a notamment permis d’évoquer les violences policières et dans le cadre duquel Darmanin, interrogé sur la mort de Cédric Chouviat ou l’affaire Michel Zecler, est resté ferme sur sa défense intégrale de l’institution policière et de son impunité, Marine Le Pen a rejoint le plateau pour disserter autour du « séparatisme ».

Alors que le projet de loi du gouvernement est actuellement en discussion à l’Assemblée Nationale, la future candidate du RN a joué la surenchère réactionnaire et islamophobe pour tenter de répondre au tournant sécuritaire du gouvernement, qui cherche depuis l’été dernier à s’emparer des thématiques privilégiées de la droite et de l’extrême-droite.

« Vous ne luttez pas contre l’idéologie islamiste et vous limitez les libertés de tout le monde pour limiter les libertés de quelques islamistes. »

Tout au long du débat, Le Pen a cherché à égrainer les limites qu’elle voyait dans le projet de loi pour tenter de reprendre du terrain au gouvernement. Dénonçant l’article portant sur l’instruction à domicile, elle s’est saisie de la moindre brèche pour se distinguer du gouvernement.

Malheureusement, face à un projet islamophobe comme la loi séparatisme, ses oppositions sont apparues formelles, à l’image de la répétition mécanique de sa volonté de « s’attaquer à l’idéologie islamiste », ou outrancières, comme sur l’interdiction du voile en tout lieu.

Cette volonté de se distinguer n’a pas empêché la convergence de vues entre Darmanin et Le Pen d’apparaître clairement.

« Objectivement, à part quelques incohérences, j’aurais pu le signer ce livre. Vous décrivez l’islamisme de manière extrêmement claire » a par exemple expliqué la candidate d’extrême-droite au ministre de l’Intérieur.

De son côté, Darmanin s’est positionné en incarnation la plus conséquente de la lutte contre le « séparatisme », n’hésitant pas à tancer Marine Le Pen sur sa fermeté à l’égard de l’Islam : « Vous êtes plus molle que l’on peut l’être. Je vous sens un peu branlante. »

Jouant l’expertise contre les approximations de Marine Le Pen, corrigeant ses chiffres, infirmant ses accusations, Darmanin a en même temps cherché à se distinguer pour donner le change à l’électorat plus modéré.

C’est ainsi en garant d’une lutte « républicaine » contre le séparatisme que s’est affiché le ministre, défendant le droit d’asile, la laïcité, la liberté ou encore la Constitution. « Je considère encore que l’Islam est parfaitement compatible avec la République » a même osé le ministre à l’origine de l’offensive tous azimuts contre les musulmans et certaines de leurs associations comme le CCIF, dissout sur la base d’accusations fallacieuses.

Au total, si Marine Le Pen s’est trouvée mise à la défensive à maintes prises par Darmanin, le principal vainqueur du débat fut évidemment l’islamophobie. Et sur ce terrain-là, les outrances du RN sont la meilleure couverture pour la politique réactionnaire du gouvernement. Dans ce cadre, Darmanin a insisté à de nombreuses reprises sur la stature de Le Pen, « une grande dirigeante de mon pays », comme pour mieux entériner à nouveau son statut d’opposition préférée du gouvernement.

Pour la majorité de la population, celle qui refuse les outrances réactionnaires de LREM et de l’extrême-droite, celle qui fait face aux conséquences concrètes de la crise économique, sociale et sanitaire, il n’y a évidemment rien à attendre de l’alternative pourrie que France 2 cherchait hier à imposer en prévision de 2022.

Il s’agit à l’inverse de continuer à exiger le retrait de la loi séparatisme, et de l’ensemble des lois liberticides, dont la loi sécurité globale votée par l’extrême-droite, mais aussi de préparer une riposte d’ensemble plus large pour faire face à la crise économique et sociale qui s’approfondit.

Une riposte qui passera par la rue, et qui devra s’appuyer sur un plan de bataille à la hauteur permettant d’entraîner la jeunesse, le mouvement ouvrier, les quartiers populaires et l’ensemble de ceux qui subissent les politiques réactionnaires du gouvernement.

Paul Morao jeudi 11 février

https://www.revolutionpermanente.fr/

Note:

Les primaires du RN selon Guillaume Meurice (France Inter)

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29 janvier 2021 ~ 0 Commentaire

hugo palheta (regards)

Ugo Palheta : « Il n’y a pas d’immunité face à l’extrême droite »

Sur l’alliance potentielle des souverainistes des deux rives 

Un sondage Harris non publié place Marine Le Pen à 48% des voix au second tour face à Emmanuel Macron qui obtiendrait 52% des voix. L’étau se resserre.

L’extrême droite, en France et en Europe, est-elle aux portes du pouvoir ? Ugo Palheta, sociologue et auteur de La possibilité du fascisme aux Édition La Découverte, est l’invité de #LaMidinale.

Sur la banalisation de l’extrême droite 

« On a clairement un processus de banalisation et de légitimation de leurs idées sur le plan médiatique. »
« Il y a un basculement d’une partie des élites économiques, politiques et médiatiques vers l’extrême droite. C’est manifeste à travers le choix fait par Bolloré en donnant une audience importante aux idées d’extrême droite. »
« Toutes les chaînes d’infos en continu veulent leur éditorialiste d’extrême droite. »
« L’extrême droite identitaire s’était beaucoup organisée sur Internet et à présent elle est présente aussi sur les médias mainstream. »

Sur l’alliance potentielle des souverainistes des deux rives

« Tous ceux qui se sont essayés à ce type d’alliances ont fait la démonstration que c’était une stratégie perdante. » « Tous ceux qui s’y sont essayés, comme Jean-Pierre Chevènement, ont fini par dériver vers des idées nationalistes. »

« Jean-Pierre Chevènement n’a jamais voulu faire alliance avec le FN – c’était sa limite. Mais sa tentative du côté de Pasqua et De Villiers n’ont pas vraiment participé à faire reculer les idées d’extrême droite… »

« Tous ceux qui se sont essayé, à gauche, à reprendre les idées nationalistes et xénophobes ont été, d’une certaine manière, enterrés vivants : pensons à ce sinistre Manuel Valls. »

« La catégorie de souverainisme est une catégorie que je n’utilise pas car elle renvoie à la souveraineté populaire qui est une question importante car elle renvoie à la question du pouvoir dont dispose la population et en particulier les catégories populaires sur leur destin. »

« Le jeu de l’extrême droite, c’est de faire croire qu’ils sont les meilleurs défenseurs de la souveraineté populaire en l’assimilant à celle de la souveraineté nationale. »

« Ce qui est repris par Arnaud Montebourg et auparavant Jean-Pierre Chevènement, c’est le nationalisme, c’est-à-dire une représentation qui fait de la nation et de sa sauvegarde l’alpha et l’oméga de la politique et surtout de l’alternative. »

Pablo Pillaud-Vivien, Pierre Jacquemain | 28 janvier 2021

http://www.regards.fr/

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