Archive | Antifascisme

14 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

berlin (unteilbar le-monde)

Quelques nouvelles rapides d’Allemagne:

Une manifestation de près de 250 000 personnes, spectaculaire et qui a surpris par son affluence, a eu lieu aujourd’hui 13 octobre à Berlin.

Dans un contexte d’élections régionales en Bavière où l’AfD peut faire de bons scores, c’était donc une manifestation pour la solidarité et contre l’exclusion et la ségrégation, sous des formulations souvent très humanistes et apolitiques : contre la haine, la chasse aux sorcières, pour l’empathie à l’égard des migrants.

Le mouvement avait choisi le Hashtag #unteilbar (qu’on peut traduire par indissociable ou indivisible). « Pour une société ouverte et libre », un genre de tous ensemble très citoyen. Y avaient appelé quelque 450 associations de tailles et caractères très divers – associations de handicapés, d’avocats démocrates, collectifs d’aide aux migrants et pro-asile, associations de locataires, petits cafés alternatifs, groupes théâtraux, etc.

Quelques syndicats locaux, dont celui de l’éducation. Des personnalités aussi, mais pas de partis ni de personnalités politiques. C’étaient les « citoyens » qui étaient appelé à manifester, et ont répondu donc par dizaines de milliers. Une marée humaine qui, encore une fois, a étonné les participants.

Il faut dire que peu à peu l’info de la manifestation s’était répandue pour gonfler comme une vague, face à quoi le ministre des affaires étrangères, ce matin, s’était senti tenu d’avoir quelques propos favorables à l’initiative. Sahra Wagenknecht et le mouvement « Aufstehen », en revanche, n’ont pas appelé. Beaucoup de jeunes étaient présents, mais pas que…

Zara

Lire aussi:

Mobilisation massive contre le racisme dans les rues de Berlin (Le Monde)

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13 octobre 2018 ~ 1 Commentaire

rio de janeiro (psol carioca)

psol

Le PSOL de Rio de Janeiro fait  élire quatre femmes noires au Parlement

Le premier tour des élections de 2018 est achevé. Malgré un scénario très incertain pour le prochain tour, le PSOL de Rio de Janeiro a réussi à obtenir quelques succès. Chico Alencar a remporté le plus grand vote de l’histoire de notre parti dans l’État, avec 1 281 373 voix, dépassant même Marcelo Freixo, au deuxième tour de 2016 (1 163 662), même si ce n’était que dans la capitale . Marta Barçante, membre du PCP, parti qui a rejoint le PSOL lors de ces élections, a recueilli 52 734 voix.

Tacisio Motta a marqué l’histoire en se classant à la 3ème place du premier tour. Bien que boycotté par les sondages et la principale chaîne de télévision, le conseiller municipal de Rio de Janeiro a réalisé une belle campagne atteignant plus de 800 000 voix (819 248). Position et nombre de votes non publiés également pour le PSOL dans le conflit avec le gouvernement de l’État. Gordinho a vaincu Romário et Índio, consolidant son nom dans la politique progressiste et démocratique de Rio.

À Alerj, notre grande victoire. Le PSOL a pu élire trois conseillers à la place de Marielle Franco  lâchement assassinée en mars de cette année: Renata Sousa (63 937), Monica Francisco (40 631) et Dani Monteiro (27 982).

Outre les trois femmes noires élues, le député Flávio Serafini (61 754) et Eliomar Coelho (34 836) restent au palais de Tiradentes. Neuf autres candidats ont passé la limitation et seront nommés députés adjoints. Il y avait 495 533 voix dans la coalition changement possible PSOL-PCB, soit 489 151 pour le PSOL.

Pour Brasilia, nous avons porté à quatre le nombre de représentants fédéraux de Rio de Janeiro. Et cette fois, nous serons représentés par une femme noire.

Talíria Petrone, conseiller de Niterói, était le 9ème parti le plus voté de l’État avec plus de 107 000 voix (107 317). Marcelo Freixo était le deuxième député le plus voté de l’État avec 342 491 confirmations et nous avons également réélu Glauber Braga (40 199) et Jean Wyllys (24 295). Seul le conseiller municipal David Miranda (17 356) a réussi à surmonter la clause de limitation et est devenu le seul député du parti à la Chambre fédérale.

Liste des suppléants d’État PSOL:

Taís Ferreira – 24.759
Wanderson Nogueira – 19.073
Josemar – 19.001
Rose Cipriano – 17.483
Dr. Marcos Paulo – 16.377
Zaconne – 15.859
Siri – 14.212
André Barros – 12.835
Yuri – 12.623

9 octobre 2018

https://psolcarioca.com.br

Commentaire:

On votait pour les parlements des états et pour le parlement fédéral.

Le PSOL apparaît comme un petit parti, certes, mais ouvert (rejoint par un des PC brésiliens et d’autres groupes d’extrême gauche) et au coeur des luttes. Son candidat présidentiel était le représentant des « sans terres » et son adjointe une représentante des peuples indigènes.

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13 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

hugo palheta (regards)

Ugo Palheta : « Il y a un risque de fascisation accélérée du régime en Italie »

 Sur la tentation de l’extrême droite à l’échelle internationale 

« Ce n’est plus de l’ordre de la menace parce qu’il y a des pays où l’extrême droite est au pouvoir. L’Italie notamment, on l’évoque moins souvent mais Israël et l’Inde aussi sont dirigés par des gouvernements d’extrême droite. »

« Il y a des spécificités nationales mais au niveau international, il y a une crise d’hégémonie du capitalisme néolibéral qui a déstabilisé les systèmes politiques. Il y a un paradoxe puisque le capitalisme est triomphant mais fragile économiquement du fait de l’instabilité de la finance. Il est instable également et surtout, politiquement. Et cela dans de nombreux pays. »

 Sur le gouvernement italien actuel 

« Il y a un risque de fascisation accélérée du régime en Italie. […] Les régimes ne deviennent pas fascistes en quelques semaines ou en quelques mois. Cela a été le cas en Allemagne où les Nazis détruisent toute opposition très rapidement mais en Italie cela n’était pas le cas. Mussolini a mis 3 ou 4 années à se débarrasser de toutes oppositions politiques et syndicales constituées. »

 Sur les conditions de l’émergence du fascisme 

« Dans le fascisme de l’entre-deux guerres, il y a un rôle central joué par la première guerre mondiale dans ce que les historiens ont appelé la brutalisation de la société c’est-à-dire une accoutumance à une certaine forme de violence politique. »

« Aujourd’hui ce qui joue, c’est une crise des capacités des dominants à obtenir le consente-ment des masses ou des classes populaires et moyennes. » « Il y a également des formes de durcissement autoritaire qui sont mis en place par les classes dirigeantes elles-mêmes et avant même l’arrivée des fascistes au pouvoir. Cela tend à crédibiliser, à valider les options ultrasécuritaires que défendent les fascistes. »

 Sur le rapport capitalisme et fascisme 

« Si on veut in fine se débarrasser du poison fasciste, on a besoin d’une rupture avec une société qui produit l’exploitation ou qui produit les inégalités. » « Si on veut lutter contre le fascisme aujourd’hui, on ne peut pas non plus exiger de tout le monde qu’il soit anticapitaliste dès maintenant. »

 Sur les différents mouvements d’extrême droite en Europe 

« Ils ne se construisent pas tous sur les mêmes thématiques. En Europe de l’Ouest, c’est l’islamophobie tandis qu’en Europe de l’Est, ça reste l’antisémitisme. » « Dans certains cas, notamment l’UKIP, c’est une scission de la droite dans un sens souverainiste nationaliste. Dans d’autres cas comme en France, on a des partis qui viennent du fascisme historique. »

« Ils cherchent donc à faire des alliances avec des forces assez diverses. Le jeu étant de ne pas faire d’alliance avec des partis qui ne seraient pas assez respectables dans leurs pays. »
« Le Front National n’avait pas voulu faire d’alliance avec Aube Dorée en Grèce mais d’autres partis d’extrême droite en Europe peuvent avoir le même rapport au front national parce que le front national serait trop sulfureux pour eux. »

 Sur Emmanuel Macron et la situation française 

« Macron a toutes les chances de devenir plus impopulaire que Hollande. Dans cette situation là où l’instabilité est chronique avec 4 candidats à 20 % aux élections présidentielles, tout devient possible. » « On n’est plus dans une situation d’alternance tranquille entre une droite complexée (c’est-à-dire le PS) comme dirait Lordon et une droite décomplexée. »

« On ne peut plus prévoir à 5 ans ce qu’il peut se passer et on voit très bien les changements rapides qui peuvent subvenir dans une société, avec la victoire de Trump par exemple ou plus récemment au Brésil avec Bolsonaro. » « Il y a de quoi avoir peur mais surtout de quoi rentrer en action pour éviter que cette option fasciste soit celle qui triomphe de la crise annoncée. »

 Sur la notion de populisme 

« Le populisme a permis au FN de se laver des soupçons de collusion avec le fascisme classi-que. Cela a donné une sorte de crédit populaire au FN, en accolant ce terme au FN on a donné un ancrage que le FN n’avait pas dans les classes populaires. » « Le FN a une clientèle électorale dans toutes les catégories sociales et les classes dirigeantes mènent elles-mêmes des politiques autoritaires et xénophobes. »

 Sur la question migratoire 

« Le ralliement d’une partie de la gauche, notamment du PS, à cette idée que l’immigration est un problème qu’il faut résoudre, a joué un rôle crucial dans la montée de l’extrême droite. »

Partout dans le monde au Brésil, en Italie, en Inde, aux Etats-Unis, en Allemagne ou en Israël, la tentation de l’extrême droite est de plus en plus présente. Le sociologue, Ugo Palheta, auteur de « La possibilité du fascisme » (Editions La Découverte) est l’invité de #LaMidinale.

11 octobre 2018

https://www.anti-k.org/

 

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07 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

brésil (révolution-permanente cetri psol)

boulos

Nos camarades brésiliens du « PSOL » présentent Boulos et Sonia

Dans la dernière ligne droite, six points pour comprendre les élections de demain au Brésil.

Voici 6 points pour comprendre les élections brésiliennes, marquées par une polarisation importante.

1) Quand le vote aura t-il lieu ?

Dimanche 7 octobre, à partir de 13 heures, les bureaux de vote vont ouvrir leurs portes et les brésiliens pourront s’y rendre jusqu’à 22 heures. Il faut tenir compte que le pays a 3 fuseaux horaires différents, les derniers bureaux à fermer seront donc ceux de l’Amazonie (à minuit heure française).

2) Qu’est-ce qui est voté ?

Toute l’attention est centrée sur l’élection présidentielle, polarisée entre l’extrême droite représentée par Jair Bolsonaro et le candidat du PT Fernando Haddad, annoncés par les sondages comme favoris pour le second tour.

Les autres élections restent quant à elles dans l’obscurité, il s’agit pourtant de postes clés.

Il y aura au total 27 213 candidatures, dont 13 qui vont se disputer la présidence de la républi-que, 202 pour un poste de gouverneur dans un des 27 états, et 358 postulent pour le Sénat. La justice nationale en a interdit 1 888, parmi lesquelles la candidature de l’ex-président Lula.

Au Sénat vont se renouveler deux sièges par état, pour un total de 54 postes vacants.

Le Sénat brésilien compte 81 sénateurs, 3 dans chaque état, élus pour des mandats de 8 ans. Ainsi ne se renouvelle que les deux tiers de la chambre. La chambre des députés nationale quant à elle renouvellera l’intégralité de ses 513 places, disputées par 8 595 candidats. En ce qui concerne les députés régionaux des 26 assemblées législatives, ce seront au total 17 950 qui seront en compétition pour 1 035 sièges.

3) Qui va voter ?

142,8 millions de brésiliens résidant dans les 27 états, ainsi que ceux vivant à l’extérieur, sont autorisés à participer aux élections. Le vote au Brésil est obligatoire pour les personnes entre 18 et 70 ans qui savent lire et écrire, et optionnel pour les analphabètes. Cependant, une récente décision tout à fait arbitraire du Tribunal Electoral, confirmée par le Tribunal Suprême, interdit à 3,4 millions de participer aux élections.

Le choix du Tribunal touche surtout des personnes habitant dans le Nord et Nord-est du pays (54% des interdictions de vote), où le PT de Lula a un importante soutient. Ainsi, 2,4% des potentiels votants ne pourront pas se rendre aux urnes, parmi lesquels 1,5 millions vivant dans les états du Nord-est.

4) Combien de voix un candidat doit-il avoir pour être élu président ?

Pour les postes de président et de gouverneur, les candidats ont besoin de 50% + 1 des voies pour être élu au premier tour. Si aucun candidat à la présidence n’atteint ce pourcentage, les deux candidats en tête s’affrontent au cours d’un second tour, qui se tiendrait le 26 octobre.

5) De quel pays héritera le prochain président ?

Avec un PIB stagnant, l’économie brésilienne a accumulé deux trimestres négatifs consécutifs, et les prévisions du marché laissent à penser que cette année l’économie ne se développera que de 0,30%.

L’inflation reste quant à elle en hausse, atteignant 6,5% ces 12 derniers mois, alors que le plafond fixé par le gouvernement Temer était de 4,5%. Le real (monnaie brésilienne) s’est déprécié ces trois dernières années, passant de 1,55 unités par dollar en 2011 à 2,45. Il s’agit de son niveau le plus bas depuis 2008.

La plupart des candidats à la présidentielle ont axé leurs promesses sur la création de millions d’emplois afin d’en finir avec l’actuel taux de chômage très élevé (12,1%). Ils se rejoignent également tous sur le fait que le Brésil a un problème fiscal, et sur la nécessité d’une réduction des dépenses publiques.

Les comptes publics brésiliens ont dernièrement accumulé un déficit nominal – incluant le payement des intérêts de la dette – d’environ 503 milliards de reals (soit environ 123 200 millions de dollars), ce qui représente 7,45% du PIB.

6) Que prédisent les sondages ?

En ce qui concerne les élections présidentielles, les derniers sondages publiés continuent de montrer à l’extrême droite Jair Bolsonaro du PSL comme favorit au premier tour, avec environ 32% des intentions de vote, tandis que Fernando Haddad, le candidat Parti des Travailleurs soutenu par Lula reste à la deuxième place avec 21% d’électeurs potentiels.

Dans un scénario possible de second tour entre ces deux candidats, les estimations oscillent entre une égalité à 42%, et un léger avantage de 43% pour Haddad, avec Bolsonaro à 41%. Cela correspond à la marge d’erreur de 2% prévue par Ibope dans cette enquête, qui a été réalisée auprès de 3 010 électeurs.

samedi 6 octobre

http://www.revolutionpermanente.fr

Lire aussi:

Le rapport du Giec n’est pas la seule mauvaise nouvelle pour le climat, une victoire de Bolsonaro le serait aussi (Le Huffington Post)

Parti Socialisme et Liberté (Wikipedia)

Le PSOL de Marielle, histoire d’un parti de gauche (Tlaxcala)

«Minimiser le conflit entre classes dépolitise la société» (A l’Encontre)

Autopsie d’une débâcle démocratique (Cetri)

Brésil : forte et inquiétante progression de l’extrême droite (NPA)

Présidentielles au Brésil. Le MRT appelle au vote critique pour le PSOL (RP)

bresil psol

Nos camarades brésiliens candidats à la députation ont obtenu:

Guilherme Boulos / PSOL (Parti Socialisme et Liberté) 0.6%

Le PSOL aurait 11 députés (plus 5)  et  617,115 voix

São Paulo,  Sâmia Bomfim, Douglas Belchior, réélus: Luiza Erundina et  Ivan Valente 

Rio de Janeiro, Marcelo Freixo,  Talíria Petrone, réélus Glauber Braga et Jean Wyllys.

Pará, Edmilson Braga réelue

Deputés fédéraux: Áurea Carolina, Belo Horizonte et Fernanda Melchionna, Porto Alegre.

Vera Lúcia PSTU / (Parti Socialiste des Travailleurs) 0.05%

Le PSOL, principal parti de la gauche socialiste, a obtenu un faible score à la présidentielle (un peu plus de 0,5 % des voix), mais de meilleurs résultats pour l’élection des députés. Avec environ 2,7 % des suffrages pour l’élection des députés fédéraux, le seuil électoral a été franchi (1,5 % des suffrages pour la Chambre des députés, dont au moins 1 % dans 9 États), et le nombre d’éluEs a doublé (de 5 à 10). Pour le second tour, le PSOL construira les mobilisations et le vote « Pas lui ! » pour vaincre Bolsonaro, en appelant donc à voter pour Fernando Haddad.

À São Paulo, João Machado

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07 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

riace italie (le huffington post)

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En Italie, des milliers de personnes réclament la libération du célèbre maire pro-migrants de Riace

Domenico Lucano, qui a fait de Riace un modèle mondial de l’intégration des demandeurs d’asile, est actuellement assigné à résidence.

Plusieurs milliers de manifestants sont descendus bruyamment samedi 6 octobre dans les rues de Riace, village du sud de l’Italie présentée comme un modèle d’intégration des migrants, réclamant la libération du maire soupçonné d’aide aux clandestins via des mariages blancs, selon les télévisions italiennes.

Les manifestants, parmi lesquels de nombreux ressortissants étrangers, des syndicalistes, des membres d’associations ou partis politiques, se sont notamment rassemblés devant le domicile du maire assigné à résidence, Domenico Lucano, qui les a salués avec le poing levé depuis une fenêtre. « Tiens bon! Continue à lutter », ont-ils lancé, tandis qu’on pouvait lire sur une banderole « le monde l’adore, l’Italie l’arrête ».

Le maire de Riace, village de Calabre de 1.800 habitants, a été arrêté mardi, au moment où le gouvernement populiste italien remet en question le système d’accueil des migrants dans des petites structures, qui profite à nombre de communes. Maire depuis 2004, proche de la gauche, Domenico Lucano est aussi accusé de s’être passé d’appel d’offres pour attribuer la gestion des ordures de son village à des coopératives liées aux migrants.

Son arrestation a provoqué un coup de tonnerre en Italie, tant le « modèle » de Riace a été salué à travers le monde: depuis les années 2000, grâce à des fonds italiens et européens, ce village qui se dépeuplait a repris vie grâce à l’accueil de centaines de demandeurs d’asile.

06/10/2018

https://www.huffingtonpost.fr/

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25 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

trotski (npa)

leon t

La 4è Internationale comme réponse à la guerre imminente

La prise du pouvoir par Hitler, en janvier 1933, amena Trotski à mettre à l’ordre du jour la création d’une nouvelle internationale

Non seulement parce que la politique menée en Allemagne par la 3è Internationale avait démontré la faillite de la bureaucratie stalinienne, mais aussi parce que la victoire des nazis l’amenait à penser que la guerre était désormais inévitable.

Pour Trotski, l’essor du fascisme ne pouvait déboucher que sur la guerre

Il estimait qu’elle serait encore plus atroce que celle de 1914, mais aussi qu’elle ouvrirait des possibilités révolutionnaires, si le prolétariat pouvait disposer d’une direction capable de l’orienter correctement. C’est pourquoi le premier texte théorique que Trotsky rédigea pour la nouvelle internationale était une brochure consacrée à « la guerre et la Internationale », qu’il publia en juin 1934 en plusieurs langues pour expliquer que la guerre allait poser des questions d’orientation nouvelles.

Contre le « défensisme national »

Bien évidemment, Trotski s’inscrivait dans le rejet du « défensisme national », qui avait amené les sections de Internationale à se solidariser en 1914 avec leur bourgeoisie, en entrant dans les gouvernements d’« Union Sacrée ».

Trotski voyait se renouveler cette même logique dans la politique d’alliance des «démocraties» contre les fascismes que les gouvernements de Front Populaire mettaient en place avec la bénédiction de la et de la internationales. Pour Trotsky, cette position ne pouvait qu’ame-ner le mouvement ouvrier à s’aligner, sous couvert de lutte antifasciste, sur les politiques des États impérialistes britannique et surtout français.

Tout en rejetant fermement les politiques de « défense nationale », Trotsky considérait que le «défaitisme révolutionnaire», qui avait été au cœur de la politique des bolcheviks pendant la Première Guerre mondiale, ne constituait désormais plus un mot d’ordre adapté à la situation.

L’essor dans les pays de la périphérie des résistances au colonialisme et à impérialisme montrait que tous les nationalismes ne pouvaient être mis sur un pied d’égalité

C’est ce qui amena Trotsky à appeler à soutenir l’État éthiopien envahi en 1935 par l’Italie, ou encore la République Chinoise agressée en 1937 par le Japon. Ce même raisonnement le conduisit aussi à s’opposer à ceux qui renvoyaient dos-à-dos le gouvernement républicain espagnol et les franquistes : s’il considérait que le prolétariat devait maintenir son indépen-dance de classe, en refusant de se solidariser avec la bourgeoisie et donc à entrer dans le gouvernement républicain, il ne devait pas moins soutenir la lutte anti-franquiste.

Surtout, la question de l’URSS complexifiait beaucoup la donne.

Pour Trotski, il était essentiel d’apporter un « soutien inconditionnel » à l’Union soviétique, afin que le prolétariat ne perde pas le bénéfice de la révolution d’Octobre. Toutefois, la faillite de sa politique allemande avait amené Staline à rechercher l’alliance franco-britannique, ce qui ame-nait la Internationale à s’aligner sur l’un des principaux blocs impérialistes.

Ces éléments imposaient une orientation quelque peu complexe, comme le montra Trotsky lorsqu’il répondit, à la commission Dewe qui lui demandait ce qu’il ferait au cas où l’URSS alliée à la France entrerait en guerre contre l’Allemagne, qu’il fallait développer une politique de sabotage de l’effort de guerre en Allemagne, tout en se contentant en France d’une propagande pour la révolution prolétarienne.

Après le pacte germano-soviétique

Ces questions d’orientation devinrent encore plus difficiles lorsque, quatre semaines seulement après la fondation le 3 septembre 1938 de la Internationale, les « démocraties » rompirent avec Staline pour conclure avec Hitler les accords de Munich qui lui livraient les Sudètes.

Trotski comprit alors que la bureaucratie stalinienne allait rechercher l’alliance allemande, et ne fut pas surpris de la conclusion en août 1939 du pacte germano-soviétique qui déstabilisa les directions du mouvement ouvrier.

Trotsky comprit aussi que l’effondrement des troupes alliées en juin 1940 rebattait les cartes, en soulignant que l’occupation nazie de l’Europe continentale créait une situation d’oppression qui allait nécessairement permettre le développement d’une légitime résistance prolétarienne, tout à la fois sociale et nationale.

La complexité des contradictions qui s’exprimaient dans la guerre posaient ainsi d’évidents problèmes d’orientation à la nouvelle internationale comme à tout le mouvement ouvrier. Décapitée par l’assassinat, en août 1940, de Trotsky, la Internationale devait avoir d’autant plus de mal à y faire face que la guerre ne permettait plus à ses sections de continuer à correspondre.

Alors qu’il était « minuit dans le siècle », elle ne fut ainsi pas en capacité de donner au prolétariat la direction révolutionnaire qui aurait été nécessaire pour transformer la guerre impérialiste en guerre de classe, selon le but que Trotski avait originellement proposé à la Internationale.

Laurent Ripart | 25/09/2018

Publié sur le site du NPA

Lire aussi:

Du Rouge au Tricolore Résistance et Parti communiste belge (PSL)

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23 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

fine gael (rebel)

fine-gael

Les sombres origines de Fine Gael

Les nouveaux dirigeants de Fine Gael ont beaucoup travaillé pour se fabriquer une image libérale.

Le calcul de Leo Varadkar et de son équipe de spin-doctors bien rémunérés, est de montrer que Fine Gael maintenant se présente comme un parti moderne et compatissant, afin de s’adapter à l’évolution des opinions dans la société irlandaise, en particulier chez les jeunes. Cette évolution a été très évidente lors du référendum sur l’avortement et  Varadkar a proposé d’apporter de nouvelles modifications à la constitution. Fine Gael court après les manifesta-tions de masse découvrant soudain le libéralisme,  lui qui a fait obstruction pendant des années aux droits des femmes.

En un sens, cela devrait être considéré comme une victoire pour la gauche et les mouvements sociaux. Le fait que nous ayons forcé le parti historique du conservatisme irlandais à adopter ces positions témoigne sans aucun doute du potentiel de l’action populaire dans la transforma-tion de ce pays. Mais il faut aussi être attentif à un autre danger; en se repositionnant, Fine Gael tente de jeter les bases d’un établishment irlandais qui garantit que les architectes de l’inégalité et du capitalisme gangster en auront encore pour quelques décennies au pouvoir.

Le parti de Varadkar n’a pas abandonné sa politique de base.

Ce que nous avons, c’est du vieux vin dans de nouvelles bouteilles: un libéralisme profond. Derrière ce nouveau look se cache une histoire profondément troublante, un Fine Gael qu’on préférerait que vous oubliiez. Récemment, par exemple, ils ont produit une vidéo époustou-flante «célébrant» les 85 ans d’histoire de leur parti, et l’ont diffusée sur les réseaux sociaux. La vidéo réussit à éviter les origines louches de Fine Gael: lié à des organisations d’extrême droite, inspiré des mouvements fascistes européens  et n’a pas montré leur président saluant comme les nazis, Eoin O’Duffy. Fine Gael souhaite blanchir leur horrible histoire. pour analyser leur trajectoire actuelle, il convient donc de revenir sur les ancêtres de Leo Varadkar.

Contre-révolutionnaire

Les racines de Fine Gael commencent dans l’Irlande post-révolutionnaire des années 1930. De 1918 à 1922, a eu lieu une énorme vague de mobilisations populaires impliquant des grèves, des occupations d’usines et des saisies de terres, ainsi qu’une lutte armée entre les forces britanniques et l’IRA. Des centaines de milliers de personnes ont été directement impli-quées dans les divers éléments de la révolution. la bataille pour la libération nationale et les aspirations sociales ont finalement été vaincues.

Après la défaite, une contre-révolution suivit dans la société irlandaise, cristallisée dans le traité anglo-irlandais et la guerre civile qui a suivi. La contre-révolution a été menée par des groupes qui tentaient de casser les revendications sociales de la révolution. C’est de ces forces contre-révolutionnaires qu’émergera finalement le Fine Gael.

Le traité anglo-irlandais, signé en décembre 1921, divise le mouvement indépendantiste en deux camps. Les contre-révolutionnaires favorables aux traités ont formé Cumann na nGaedheal et utilisé les armes fournies par les Britanniques pour écraser l’opposition républi-caine anti-traité. Cette guerre civile qui a duré un an. En décembre 1922, l’État libre d’Irlande est créé et avec lui la partition et un nouveau statu quo. Cumann na nGaedheal représente une classe dirigeante catholique en plein essor, liée au pouvoir de l’Église.

Les personnalités clés à la tête de l’État étaient W.T. Cosgrave et Kevin O’Higgins. O’Higgins, comme beaucoup de la classe dirigeante catholique émergente, a fait ses études au Clongowes Wood College, une école privée d’élite. En 1926, les anciens de Clongowes étaient plus nombreux que les anciens combattants de 1916 au gouvernement.

Au cours de la révolution, cette élite a remarqué que les grèves rurales et les occupations de terres envahissaient les campagnes et que les travailleurs des villes occupaient les lieux de travail et établissaient des «soviets». Pour briser ce militantisme, le gouvernement contre-révolutionnaire a utilisé la nouvelle Armée de l’Etat libre pour briser les grèves et exécuter soixante-dix-sept républicains lors de la répression violente. Les éléments conservateurs de la société irlandaise avaient gagné et la contre-révolution a été approfondie de 1922 à 1932, quand Cumann na nGaedheal a régné sans opposition.

Réaction

La Grande Dépression de 1929 et les années de famine qui suivront auront un impact profond sur la politique irlandaise. À l’instar d’autres pays européens, cela entraînera l’émergence d’un radicalisme et d’une réaction des deux côtés du spectre politique, y compris l’émergence d’organisations ouvertement d’extrême droite. En 1932, cette instabilité politique conduira à un nouveau parti de gouvernement, le Fianna Fáil d’Eamon de Valera qui remporta une majorité.

Fianna Fáil a été créée en 1927 après avoir abandonné la politique d’abstentionnisme ( des républicains proche de l’Ira vaincue note du blog) dans l’espoir d’attirer des soutiens. Cumann na nGaedheal craignait que cela ne déstabilise leur État conservateur. Quelques années auparavant seulment, Cumann na nGaedheal exécutait et emprisonnait des membres de l’IRA, dont certains éléments étaient désormais au pouvoir. Leurs craintes n’ont fait que s’aggraver lorsque Fianna Fáil, au deuxième mois de son mandat, a levé l’interdiction de l’IRA et libéré les prisonniers.

Pour une partie de Cumann na nGaedheal, la menace était trop grave pour rester inactifs.

Des personnalités de haut rang ont formé une organisation appelée l’Association des camara-des de l’armée, initialement composée d’anciens combattants de l’armée de l’Etat Libre qui se sont engagés à protéger Cumann naGaedheal contre la violence de l’Etat et de l’IRA. L’ACA a atteint son apogée sous la direction d’Eoin O’Duffy; un ancien chef de la guérilla de l’IRA pendant la guerre d’indépendance, puis général de la guerre civile du côté des pro-traités. Il devint plus tard commissaire de police en 1922.

Il fut relâché par de Valera après qu’il eut exhorté Cosgrave d’organiser un coup d’État après les élections de 1932. Il est rapidement devenu le symbole de la résistance à la « révolution » de Fianna Fáil. Sous son commandement, le groupe fut renommé « garde nationale », adopta la chemise bleue pour se reconnaître lors des émeutes, le salut nazi et une politique corporatiste. Les adhésions atteignirent des dizaines de milliers, d’immenses rassemblements eurent lieu et le groupe fut mieux mieux connu sous le nom de «The Blueshirts».

Chemises de blues

Les Blueshirts étaient les fondamentalistes de la contre-révolution, ils attiraient ceux qui avaient le plus à perdre d’un réveil des aspirations sociales de la révolution. Ned Cronin, un fondateur des Blueshirts et plus tard membre de Fine Gael, a promis que «si une dictature est nécessaire pour le peuple irlandais, nous en aurons une. Ce sera mieux que le soi-disant gouvernement démocratique que nous avons, dirigé par des étrangers et des juifs ».

Les Blueshirts ont dénoncé « un complot de Valera », un «agent juif étranger». De Valera a même ressenti le besoin de confirmer dans le Dáil qu ‘«il n’y a pas une goutte de sang juif dans mes veines, je suis un descendant de catholiques des deux côtés… je ne veux pas parler d’une attaque contre les Juifs, mais seulement énoncer les faits.  »

O’Duffy a limité l’adhésion aux Blueshirt à « des irlandais ou à ceux de foi chrétienne», car il affirmait que «les juifs sont les instigateurs du communisme». Les dirigeants de Cumann na nGaedheal, notamment Ernest Blythe, ont lutté contre un gouvernement Fianna Fáil et  l’influence grandissante de l’IRA « communiste ». Le souvenir de la révolution irlandaise, la réalité de l’Union soviétique en pleine croissance et le discours de Fianna Fáil sur la distribution des terres et l’extension du bien-être ont conduit les élites politiques, les gros agriculteurs et la classe moyenne vers les Blueshirts.

Thomas F. O’Higgins – un autre fondateur des Blueshirts et plus tard le leader parlementaire du Fine Gael – a décrit Fianna Fáil comme «l’avant-garde de la politique communiste» en Irlande et de Valera comme un «agent communiste». O’Duffy a mené une violente résistance contre la politique du gouvernement visant à saisir les bovins invendus et à distribuer la viande aux pauvres. De graves affrontements et des affrontements entre les Blueshirts et les militants républicains et socialistes eurent lieu dans tout le pays, entraînant des morts des deux côtés.

En 1933, les Blueshirts ont frôlé la confrontation avec l’État Fianna Fáil. Un défilé de masse était prévu à Dublin pour commémorer Arthur Griffith, Michael Collins et Kevin O’Higgins, les héros de la contre-révolution. Le défilé planifié rappelait la marche de Mussolini sur Rome et l’IRA, et les socialistes envisageaient d’y faire face.

Craignant un coup d’État, de Valera a interdit la marche, admettant plus tard qu’il n’était pas certain que l’armée obéirait. Le test ne s’est pas concrétisé car O’Duffy a reculé et a organisé des parades provinciales plus petites. Ce fut un moment majeur pour les Blueshirts; il est apparu clairement que les dirigeants n’avaient pas confiance en leurs forces extraparle-mentaires. Les conservateurs les plus modérés des Blueshirts étaient partis, rebutés par les longues batailles de rue avec l’opposition de gauche.

Au lieu de tenter de renverser l’État, les Blueshirts se sont tournés vers une stratégie électo-rale en collaboration avec leurs partenaires conservateurs. Les politiciens démoralisés de Cumann na nGaedheal étaient impressionnés par la capacité d’O’Duffy à mobiliser un nombre important de personnes et à oublier sa politique fasciste. Ainsi, en 1933, les Blueshirts ont fusionné avec Cumann na nGaedheal pour former le Fine Gael.

Une droite unie

Fine Gael a unifié l’opposition avec Eoin O’Duffy comme premier président et W. T. Cosgrave comme vice-président. Le premier test est venu aux élections locales de 1934. Fianna Fáil a été le grand gagnant avec une performance très décevante pour de Fine Gael.

La base des Blueshirts a commencé à décliner alors qu’ils faisaient face à une résistance sur le terrain. Il est également apparu rapidement que de Valera n’était pas un radical de gauche, comme le craignaient les agriculteurs et les chefs d’entreprise.

Alors que le flirt de Fine Gael avec le fascisme prenait fin, ils ont essayé de freiner la politique d’O’Duffy et il a démissionné. Le premier président du Fine Gael a ensuite créé le parti national fasciste, mais après avoir échoué à organiser quoi que ce soit de significatif, il a envoyé une brigade irlandaise se battre pour Franco dans la guerre civile espagnole.

Fine Gael s’est développé à partir des éléments les plus réactionnaires de la contre-révolution irlandaise.

L’élite irlandaise méprisait les revendications de la classe ouvrière du début des années 1920 et craignait que la vague révolutionnaire ne traverse l’Europe. Pour eux, la fin de l’impérialisme britannique était un moyen d’installer une nouvelle classe dirigeante locale et non la fin du système d’exploitation. Comme l’a écrit John M. Regan, «Le nouveau parti a achevé la consolidation de la droite irlandaise amorcée par Kevin O’Higgins une décennie auparavant».

Fine Gael représente toujours ces mêmes intérêts aujourd’huiI

Ils sont de loin le parti le plus riche avec leurs 50 députés ayant une richesse combinée de 80 millions d’euros. Confrontés à une crise du logement, ils protégeront les propriétaires fonciers et subventionneront les promoteurs. En période de crise économique, ils vont aider leur propre classe et infliger l’austérité aux familles monoparentales, aux travailleurs et aux plus vulnéra-bles. pendant les années 1930, ils étaient prêts à flirter avec le fascisme pour défendre leur classe. Aujourd’hui, ils adoptent le visage du libéralisme pour garder le pouvoir. La leçon de l’histoire ombragée du Fine Gael est simple; ne jamais leur faire confiance.

Leo Varadkar veut représenter Fine Gael comme le visage du libéralisme dans la politique irlandaise. Mais comme l’explique Barney Doherty, il préférerait que vous ne sachiez pas les origines de son parti à l’extrême droite du spectre politique.

Barney Doherty 25 juin 2018

http://www.rebelnews.ie/

Commentaire:

Leo Varadkar est le Taoiseach, premier ministre irlandais

La politique irlandaise ressemble assez à la France: le parti gaulliste de De Gaulle avec son passé de libérateur,  serait représenté par le populaire Fianna Fail de De Valera. Le PCF pas vraiment opposé sur bien des points à De Gaulle serait l’IRA et les républicains. La droite « libérale » avec des tentations extrêmes vers le RN serait le Fine Gael. En Irlande le Labour a longtemps été allié au Fine Gael.

L’embrouille est considérable: les 3 Partis (Fianna Fail, Fine Gael, même une partie de Sinn Fein mais pas le Labour marginal), ont surfé sur ce qu’ils croyaient être une hégémonie totale de l’église catholique et n’ont pas osé défendre l’avortement. Mais c’est le Fine Gael qui passe pour libéral!

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19 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

suède (npa)

sweden

Jeunes du Parti de Gauche

Suède : l’extrême droite creuse son sillon

Jusqu’en octobre 2015, il y avait un large consensus sur le fait que les Suédois étaient prêts à « ouvrir leur cœur » [aux migrantEs], pour citer l’ancien chef du parti conservateur Fredrik Reinfeldt. Au départ, seuls les Démocrates de Suède [extrême droite] ont critiqué l’immigration massive.

Adaptation à l’extrême droite

Lorsque le parti a commencé à se développer et que les lacunes dans l’organisation de l’accueil des réfugiéEs sont devenues évidentes, la plupart des principaux partis, y compris la social-démocratie, ont accepté de mettre un point d’arrêt à cette pratique et d’adapter la politique suédoise d’immigration aux critères minimums de l’UE.

Ce changement n’était pas seulement une adaptation formelle, il s’accompagnait d’une montée des sentiments anti-immigrés, d’une agitation antimusulmane et d’exigences pour une législa-tion plus sévère dirigée contre ce qui était prétendu être des crimes liés aux immigrants, y compris de la part des partis traditionnels, dont les sociaux-démocrates au gouvernement.

Il est évident que l’une des raisons de cette évolution réside dans la manière dont ont réagi les sociaux-démocrates et les conservateurs face aux Démocrates de Suède.

Comme on pouvait s’y attendre de l’expérience d’autres pays, leur revirement de tactique n’a pas fonctionné. Les Démocrates de Suède ont continué à se développer aux dépens de ces deux partis, en particulier.

Le résultat de l’élection de septembre 2018 confirme cette conclusion.

Les sociaux-démocrates sont tombés à 28,4 % [– 2,8 %], leur résultat le plus bas depuis leur victoire électorale obtenue en 1921. Les conservateurs ont perdu encore plus, soit 3,5 %. Et les Démocrates de Suède ont gagné près de 5 %, atteignant les 17,5 %. Un autre élément intéressant de ces élections réside dans le résultat obtenu par le Parti de Gauche qui a gagné 2,2 % pour obtenir 7,9 %. Ce parti a fait une bonne campagne et a réussi à mobiliser un nombre impressionnant de jeunes.

L’extrême droite en position d’arbitre ? 

Dans une perspective européenne, le résultat des élections n’est peut-être pas étonnant. La Suède s’adapte à une tendance internationale. Mais, dans le contexte suédois, il s’agit d’une situation nouvelle, et le résultat est un sérieux revers à plusieurs égards. Deux d’entre eux méritent d’être mentionnés ici.

Le premier réside dans la menace d’une réelle influence des Démocrates de Suède sur la politique quotidienne du gouvernement. Il y a actuellement une impasse entre les deux blocs politiques traditionnels et les Démocrates de Suède pourraient décider qui sera le prochain Premier ministre.

La ligne de démarcation qui existait jusqu’à présent entre les partis politiques traditionnels et le populisme xénophobe de droite extrême n’existe plus. Il est évident que les conservateurs sont prêts à entamer des négociations formelles ou informelles avec les Démocrates de Suède afin de pouvoir former un gouvernement de droite. L’expérience danoise démontre à quel point les conséquences peuvent être désastreuses dès lors que de telles formations peuvent fixer l’agenda politique.

Le second est lié à la gauche et à la classe ouvrière.

Il est vrai que le Parti de gauche – les anciens communistes (PC) – a obtenu des gains substantiels – de 5,7 à 7,9 % – et surtout a pu mener une campagne électorale étonnante auprès des jeunes. Cependant, la gauche n’a jamais été aussi faible qu’aujourd’hui, en réunis-sant 35 % environ de l’électorat. Et la majorité de la classe ouvrière ne vote plus à gauche. Il y a 30 ans, 80 % de la classe ouvrière votait pour les sociaux-démocrates (et 10 % pour les communistes).

En 2014, 50 % des membres de LO [Confédération syndicale des ouvriers ] ont encore voté pour les sociaux-démocrates. En 2018, seuls 37 % d’entre eux ont voté pour ces derniers (et 10 % pour le Parti de gauche).

Il est évident que la principale raison pour laquelle les sociaux-démocrates ont perdu leur forte position au sein de la classe ouvrière est qu’ils ont abdiqué face à ce qui était autrefois leur principale force : la défense d’un État-providence fondé sur l’égalité et la solidarité.

Rien n’indique qu’ils ont tiré un enseignement quelconque de cette leçon.

La principale ambition de la direction du parti pour résoudre la conjoncture politique présente est d’essayer de former une coalition avec les partis bourgeois, ce qui supposerait un nouvel affaiblissement de l’État-providence et des attaques renouvelées contre les droits de la classe ouvrière.

Retour sur les élections législatives en Suède, qui se sont déroulées le 9 septembre, avec des extraits d’un article publié sur le site À l’encontre, sous le titre « Suède : deux revers d’importance ».

Kjell Östberg  Mercredi 19 septembre 2018

https://npa2009.org/

 

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16 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

maurice audin (le huffington post + le monde + rp)

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Lire aussi:

Maurice Audin : La torture, l’Algérie et la République : la vérité, enfin (Edwy Plenel)

Macron veut-il vraiment rompre avec la France coloniale qui a tué Maurice Audin ? (Révolution Permanente)

A propos de la prise de position sur l’Affaire Audin (Benjamin Stora)

Maurice Audin: Le crime d’Etat enfin reconnu (L’Humanité)

Mort de Maurice Audin, si longtemps après : « La reconnaissance des responsabilités de l’Etat, enfin ! » (Le Monde)

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15 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

idlib (le monde)

stop

Manif à Istanbul

Syrie : manifestations de masse à Idlib avant l’offensive du régime Assad

Des milliers de protestataires ont investi les rues de la dernière enclave de la rébellion, dans le nord de la Syrie, soumise aux bombardements depuis sept ans.

Des dizaines de milliers de partisans de la révolution syrienne ont manifesté, vendredi 14 septembre, dans les villes et les villages de la province d’Idlib, l’ultime fief de la rébellion, menacée par une offensive généralisée du régime Assad et de son allié russe.

Les protestataires ont afflué en masse dans les rues à la sortie de la prière, scandé des slogans hostiles au pouvoir syrien et agité l’étendard vert, blanc et noir de la révolte, dans des scènes réminiscentes des premiers mois du soulèvement, avant qu’il ne vire à la guerre civile. L’ampleur de la mobilisation a surpris dans cette région, qui en plus d’être soumise depuis sept ans aux bombardements de l’aviation syrienne, vit sous la coupe de groupes armés souvent radicaux, en particulier Tahrir Al-Sham (HTS), dirigé par l’ex-branche d’Al-Qaida en Syrie.

« Nous ne négocierons jamais, nous ne nous réconcilierons jamais avec ce criminel de Bachar Al-Assad »

Martèle Rania Kisar, une militante syro-américaine, dans une vidéo diffusée sur Facebook, tournée à Maarat Al-Nouman, une ville du sud de la province. « Ecoutez la voix du peuple, ajoute la jeune femme, filmée sur un pont, surplombant une route noire de manifestants. Nous voulons tous que Bachar parte. Peu importe le nombre d’entre nous qu’il tue. Nous ne nous rendrons jamais. »

« Il n’y a pas d’alternative à la chute du régime, approuve Mustafa Al-Abdallah, le directeur d’une petite agence de communication, joint par WhatsApp. Nous sommes venus redire notre foi dans la révolution. Staffan de Mistura peut raconter ce qu’il veut, nous ne bougerons pas d’ici », ajoute-t-il en référence à la récente proposition de l’envoyé spécial de l’ONU d’assurer l’évacuation hors d’Idlib des civils qui le veulent.

Un appel à l’Occident et à la Turquie

Mais davantage qu’au dictateur syrien, qui est en passe de remporter la guerre, cette démons-tration de force s’adressait aux capitales occidentales et à la Turquie voisine, les seules forces susceptibles de dissuader Moscou de passer à l’attaque. « Il est très important de rappeler au monde qu’Idlib ne se réduit pas à Tahrir Al-Cham, explique Ahmed Mohamed, un journaliste. Il y a des civils ici, trois millions de civils, qui sont à bout de forces. »

Dans les rassemblements, beaucoup de participants brandissaient le drapeau turc, en plus de celui de la révolution, en signe de soutien aux efforts déployés par Ankara pour trouver une issue à la crise. Après avoir rencontré ses homologues russe, Vladimir Poutine, et iranien, Hassan Rohani, à Téhéran vendredi 7 septembre, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, doit revoir le chef du Kremlin ce lundi.

La Turquie redoute qu’en cas d’offensive, des milliers de Syriens n’affluent sur son territoire, où vivent déjà 3,5 millions de réfugiés, chassés par les combats. « Idlib est au bord d’une nouvelle crise. Nous travaillons d’arrache-pied avec la Russie, l’Iran et nos alliés à la paix et à la stabilité dans la région, pour qu’une tragédie humanitaire soit évitée », a déclaré mercredi soir le ministre turc de la défense.

« C’était une manifestation contre le régime, mais c’était aussi un avertissement envoyé à HTS », Ahmed Mohamed, journaliste

Alors que la semaine passée, les djihadistes avaient dispersé plusieurs manifestations de ce genre, mais de plus petite taille, cette fois-ci ils ne sont pas intervenus, même dans la ville d’Idlib, qui est leur fief. Selon une directive interne de l’appareil de sécurité de HTS, à laquelle Le Monde a eu accès, l’organisation a jugé préférable de faire profil bas, pour des raisons d’image et parce que les slogans du jour ne la visaient pas, ce qu’elle redoutait. Ses hommes ont reçu la consigne de ne pas tirer en l’air, même s’ils ont infiltré les rassemblements, pour s’assurer que le drapeau noir du mouvement ne soit pas brûlé.

La très forte participation a sûrement aussi dissuadé les extrémistes de jouer les gros bras, ce dont les révolutionnaires se félicitent. « C’était une manifestation contre le régime, mais c’était aussi un avertissement envoyé à HTS, dit Ahmed Mohamed. La prochaine manifestation, elle sera peut-être contre eux. »

15.09.2018  Benjamin Barthe et Madjid Zerrouky

https://www.lemonde.fr/

Voir l’infographie :   Idlib : les enjeux d’une bataille décisive

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