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18 février 2020 ~ 0 Commentaire

conspirationnisme (ucl)

pari unique

Conspirationnisme : la gangrène du mouvement social

La présence non seulement sur les réseaux sociaux mais également dans les rassemblements et manifestations de groupuscules ou d’individus qui alimentent la confusion idéologique porte préjudice à nos luttes.

En instrumentalisant les peurs et les haines pour leur bénéfice politique ou personnel, ils invisibilisent les personnes en lutte et participent à la contre- offensive réactionnaire.

La présence remarquée de différentes personnalités et organisations politiques qui ont fait du mensonge, de la désinformation et de la manipulation leur fond de commerce n’est pas un phénomène nouveau, il semble avoir pris de l’ampleur depuis le mouvement des gilets jaunes.

C’est notamment le cas de l’UPR d’Asselineau. Les adeptes de Dieudonné et de Soral figurent également souvent en bonne place parmi les parasites complotistes qui font leur beurre antisémite sur le dos de la misère sociale et de la méconnaissance de l’histoire du mouvement ouvrier.

Ces franges réactionnaires ne représentent qu’une minorité, mais on constate que leurs idées sont souvent relayées et acceptées comme légitimes. Parmi les «  idiots utiles  », Etienne Chouard a été longtemps plébiscité par certains dirigeants et militant·es de la France insoumise et Juan Branco, autre personnalité se revendiquant de gauche, s’est maintes fois illustré par la diffusion de théories du complot et une certaine connivence avec l’extrême droite.

Ne nous y trompons pas  : la présence de l’extrême droite au sein des luttes n’a jamais un but émancipateur.

Les idéologies d’extrême droite reposent toujours sur un désir de hiérarchie rigide. L’extrême droite n’est jamais contre la répression  : elle s’oppose seulement au fait de ne pas tenir le fouet.

Le but de la stratégie confusionniste est d’encourager la rupture entre les membres du mouve-ment social suffisamment naïfs pour croire les manipulateurs, et ceux et celles qui savent reconnaître le garde-chiourme qui se cache toujours derrière certains soi-disant «dissidents».

Le confusionnisme se caractérise généralement par une remise en question des analyses matérialistes des systèmes d’oppressions, et l’obsession pour une « politique de l’identité » populaire.

Les confusionnistes adorent reprocher aux idéologies critiques d’ignorer la classe, mais ce qu’ils appellent « classe » n’est au mieux qu’un déguisement ou une identité nationale purement cosmétique, dont ils ne se privent pas d’exclure toutes celles et ceux qui ne correspondent pas à une collection fantasmée d’hommes blancs principalement unis idéologiquement par leur racisme et leur sexisme.

Brouiller les marqueurs sociaux

Le confusionnisme fantasme sur quelques décideurs qui seraient capables de manipuler les masses par une immense machination.

Il a pour conséquence de brouiller les marqueurs sociaux et économiques qui caractérisent les oppressions et les outils pour analyser celles-ci, en leur préférant des théories simplistes niant l’histoire sociale.

Le confusionnisme, en déformant les analyses critiques des dominations pour les réduire à des rapports de cause à effet simplistes, facilite l’acceptation des idées d’extrême droite et instru-mentalise la méfiance légitime à l’égard des institutions et des personnes qui les dirigent.

Ces différents réseaux et groupuscules ont au final des effets semblables  : ils rendent inaudibles les revendications sociales, les affaiblissent ou les ignorent purement et simplement.

L’un des moyens les plus souvent utilisé contre les confusionnistes est la confrontation physi-que ou verbale. Si cette tactique a pu être payante vis à vis des groupuscules ouvertement fascistes durant la séquence des gilets jaunes, on peut se poser la question de son efficacité concernant les confus qui n’utilisent que rarement la violence politique de rue.

L’opposition frontale à des personnes vues comme non-violentes par celles et ceux qui igno-rent ou ne perçoivent pas la dangerosité de leur discours peut leur faire gagner des sympa-thies voire des soutiens.

Cela ne signifie certainement pas qu’il faille les laisser tranquillement défiler mais accompagner une vigilance antifasciste d’une distribution de tracts permet d’informer les personnes assistant à l’action non seulement des effets pervers des idées confusionnistes mais aussi de la violence qu’elles font subir aux personnes en lutte ou opprimées.

Désigner les réactionnaires

S’attaquer à ces discours n’est pas seulement une question de présence dans les cortèges. Cette riposte doit aussi être mise en œuvre dans toutes nos luttes, en les désignant clairement comme réactionnaires et servant les intérêts des oppresseurs.

Des déconstructions de leurs théories telles que celles proposées par le collectif La Horde peuvent être ainsi mobilisées. C’est également en militant dans une démarche de reconnais-sance de l’intersectionnalité des oppressions que nous pourrons déconstruire leur propagande.

Comme tout discours d’extrême droite, celui-ci s’appuie sur l’encouragement à prendre position contre: contre le féminisme, contre l’antiracisme, contre les luttes LGBTI, contre le mouvement social, contre les personnes que ces mouvements défendent et celles qui les animent.

Les fascistes n’ont jamais eu besoin de convaincre la majorité d’être fasciste, la convaincre de davantage détester les ennemis du fascisme que les fascistes eux-mêmes leur suffit amplement.

LEUR FORCE : L’IGNORANCE

Démontrer que les oppressions ne sont pas le résultat d’un « plan » des élites au pouvoir mais bel et bien les conséquences de systèmes collectivement acceptés permettrait d’en diminuer l’attrait.

Et si l’on ne discute pas avec les fascistes ou ceux qui leur servent la soupe, nous ne devons pas non plus abandonner celles et ceux qui risquent de se faire manipuler par ces idées.

À nous de mettre en pratique nos principes d’éducation populaire, de raconter l’histoire de notre mouvement social, de défendre nos analyses et nos actions par le matérialisme qui a fait et fait encore la pertinence de notre courant révolutionnaire !

La commission antifasciste de l’UCL 17 février 2020

https://www.unioncommunistelibertaire.org/

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14 février 2020 ~ 0 Commentaire

auschwitz argentine (à l’encontre)

resistance j

Auschwitz et le silence du «progressisme argentin»

Des historiens de gauche ont souligné, à juste titre, la complicité des grandes entreprises allemandes, du Vatican et de nombreux gouvernements «démocratiques» avec les nazis.

Comme l’ont rapporté les victimes survivantes, pendant la guerre, les pays alliés connaissaient l’existence des camps de concentration et d’extermination, mais ils n’ont jamais bombardé les lignes de chemin de fer qui y menaient.

Ils n’ont pas non plus rendu publiques les dénonciations qu’ils ont reçues. En outre, ils ont mis d’innombrables obstacles sur la voie des Juifs fuyant les persécutions et cherchant à s’installer dans leur pays [1]. Et jusqu’à ce jour, un silence assez généralisé et hypocrite règne sur ces complicités.

Tout cela a été réécrit et commémoré en ces jours de fin janvier.

Cependant, il y a un aspect qui nous concerne tout particulièrement en Argentine et auquel on n’accorde pas la même attention. Je fais référence à la complicité des gouvernements argentins, et de l’Etat argentin, pour avoir accueilli plusieurs dirigeants et fonctionnaires nazis à partir de 1945.

Au cours de ces années, ils sont entrés dans le pays avec l’aide de l’Eglise, de la Croix-Rouge internationale et des autorités de l’immigration. Parmi eux se trouvaient des génocidaires comme Josef Mengele et Adolf Eichmann.

Le cas de Mengele est exemplaire

Il est arrivé en 1949 [et quittera l’Argentine, entre autres pour le Paraguay en 1959], avec un document au nom de Gregor Helmut. La police fédérale lui a délivré une carte d’identité. Sept ans plus tard, il a présenté son certificat de naissance [reçu via l’ambassade ouest-allemande] et a demandé [en 1956] que son permis de séjour soit établi à son véritable nom [il obtint ainsi un passeport ouest-allemand et se rendit en Europe, entre autres en Suisse].

A cette époque, la République fédérale d’Allemagne a demandé son extradition – il était accusé, entre autres, d’avoir mené des expériences cruelles sur des êtres humains – mais l’Argentine l’a protégé. Notons également qu’Aldolf Eichmann disposait [après l’obtention en 1950 d’un «passeport humanitaire» de la Croix-Rouge au nom de Ricardo Klement], d’un visa émis par la police fédérale argentine.

Certains prétendent que la protection des génocidaires était le fait du seul gouvernement péroniste [Juan Peron 1944-45, vice président, et président de juin 1946 à septembre 1955].

Cependant, les nazis ont continué à vivre en Argentine avec une relative tranquillité après 1955. Un cas significatif est celui de Ludolf von Alvensleben, lieutenant général SS [SS-Gruppenführer], responsable des massacres en Pologne et en Croatie.

Alvensleben est arrivé en Argentine en 1946; en 1952, il a obtenu la nationalité argentine sous le nom de Carlos Lücke. En 1963, il a été candidat au poste de conseiller municipal sur la liste de l’Union civique radicale pour Villa Maria [province de Cordoba].

L’année suivante, un tribunal polonais le condamne par contumace pour crimes de guerre, mais il continue à vivre tranquillement en Argentine [en 1964, la Cour de district de Munich lance un mandat d’arrêt contre Alvensleben, pour l’assassinat de plus de 4 000 personnes en Pologne en 1939; mais il ne sera pas extradé]. Il meurt en 1970 à Santa Rosa de Calamuchita [petite ville de la province de Cordoba].

Bref, on entend sans cesse parler des horreurs des camps de la mort, et on ne dit rien de la protection accordée, depuis les plus hauts niveaux de l’Etat argentin, à ceux qui ont créé et dirigé ces camps.

Des intellectuels de gauche, des militants et des organisations de défense des droits de l’homme, des milieux universitaires qui se considèrent comme progressistes, entre autres, se taisent sur le sujet ou détournent le regard.

Appellent-ils cela «mémoire, vérité et justice» [formule qui renvoie à la commémoration du coup d’Etat militaire du 24 mars 1976, qui inaugure sept ans de dictature]? Qu’est-ce que la vérité historique pour ces gens? Ou vont-ils dire maintenant que mettre le doigt sur ces blessures de l’histoire, c’est «faire le jeu des Yankees et de la droite»?

Dans les deux cas, le scalpel de la critique doit pénétrer jusqu’au fond. C’est une condition indispensable dans la lutte pour l’indépendance politique et idéologique de la classe ouvrière vis-à-vis de la bourgeoisie, quelle que soit sa couleur.

Article publié sur le site de Rolando Astarita, 27 janvier 2020; traduction A l’Encontre

Rolando Astarita, professeur à l’Universidad Nacional de Quilmes et professeur d’économie à l’Université de Buenos Aires.

https://alencontre.org/

[1] Voir, entre autres, pour la Suisse l’ouvrage de Daniel Bourgeois, Business helvétique et Troisième Reich. Milieux d’affaires, politique étrangère, antisémitisme, Editions Page 2, 1998, et plus particulièrement le dossier de reproduction de documents et le chapitre IV «Politique d’asile et antisémitisme». (Réd. A l’Encontre)

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13 février 2020 ~ 0 Commentaire

europe (lvsl)

europe

La gauche radicale et l’Union européenne

Pourquoi autant d’ambiguïté ?

La question européenne demeure un point extrêmement sensible dans la plupart des partis politiques français et en particulier au niveau de la gauche radicale.

Si ces atermoiements s’expliquent en grande partie par l’ambivalence de l’électorat sur cet enjeu, il n’en demeure pas moins que la gauche radicale – sous les couleurs actuelles de la France Insoumise – gagnerait largement à clarifier sa position, dont découle par ailleurs toute la stratégie politique du mouvement.

Depuis les années 1980, la position de la gauche radicale vis-à-vis de l’Union européenne semblait être marquée par une lente évolution vers davantage d’euroscepticisme.

Si une position totalement europhile n’a jamais été pleinement assumée, l’espoir semblait longtemps permis de pouvoir réorienter la construction européenne dans un sens plus social.

Aussi chimérique que cela puisse paraître à l’heure actuelle, la profession de foi de Robert Hue, candidat pour le Parti Communiste à la présidentielle de 2002, indiquait vouloir la renégociation du traité de Maastricht avec notamment la transformation du pacte de stabilité, le changement des statuts de la Banque centrale européenne « pour qu’ils soient favorables à la croissance et à l’emploi », ainsi que « l’arrêt de la mise en œuvre des directives ouvrant les services publics à la concurrence ».

Alors que la crise de la zone euro montra clairement l’aspect totalement irréaliste de telles ambitions, la France Insoumise, dans son programme pour l’élection présidentielle de 2017, semblait, enfin, avoir franchi le pas : la profession de foi de Jean-Luc Mélenchon signifiait vouloir « libérer le peuple français et les peuples d’Europe des traités européens et des accords de libre-échange qui les obligent à s’entre-déchirer. » (…)

L’évolution de la position des partis politiques sur la dimension européenne semblait ainsi suivre une tendance historique d’augmentation de la défiance envers la construction europé-enne dans sa forme libérale avec trois ruptures assez clairement identifiables :

Le début des années 1990 et les discussions autour du traité de Maastricht,

Le référendum de 2005 sur la Constitution européenne, et

Le début des années 2010 marquées à la fois par la crise de la zone euro et ce qui fut qualifié de « crise migratoire ».

Ainsi alors qu’en 1988, les partis pleinement europhiles obtenaient plus de 70 % des suffrages, en 2017, parmi les principales formations politiques en lice, seul le mouvement En Marche d’Emmanuel Macron défendait clairement et largement l’Union Européenne sans la critiquer outre mesure.

Alors qu’un clivage semblait s’instaurer et marquer clairement une ligne de rupture différente du clivage droite/gauche habituel, entre des formations politiques eurosceptiques et europhiles, la période post présidentielle de 2017 a semblé remettre en cause cette évolution.

Au sein de la France Insoumise, la stratégie du plan A/ plan B dans laquelle la sortie des traités européens est clairement une hypothèse prise en compte (plan B) si la renégociation des traités européens n’aboutit pas (plan A), est de moins en moins assumée.

C’est au contraire uniquement une désobéissance aux traités européens qui est désormais envisagée. (…)

Faire face à des positions contradictoires sur l’Union européenne

Concernant l’enjeu européen, les mouvements politiques sont en effet pris entre deux feux largement contradictoires assez bien résumés par les données issues de l’Eurobaromètre.

Lors de l’étude menée cette année, 56 % des Français déclaraient plutôt ne pas avoir confian-ce dans l’Union européenne quand 33 % affirmaient avoir plutôt confiance dans cette institution.

Néanmoins lorsqu’on demandait aux mêmes si la France ferait mieux face au futur si elle était hors de l’Union européenne, seules 32 % des personnes interrogés étaient d’accord avec cette affirmation alors que 56 % ne l’étaient pas.

Ces données expliquent largement l’atermoiement quasi général des formations politiques sur la dimension européenne.

La première question indique ainsi que le « marché » des positions pleinement europhiles est extrêmement limité et qu’il ne dépasse globalement pas la base de soutiens à Emmanuel Macron.(…)

La seconde question, quant à elle, montre que pour une majorité des Français, il est néanmoins difficile de franchir le pas et de prendre en considération une sortie de l’Union Européenne.

Les incertitudes sur un possible retour au franc et le mélodrame du Brexit contribuent largement à cette incapacité d’envisager une alternative claire à l’heure actuelle. La base des citoyens pleinement eurosceptiques semble ainsi à l’heure actuelle aussi peu large que celle des citoyens pleinement europhiles.

Un choix stratégique majeur pour la gauche radicale

La gauche radicale, la France Insoumise, est confrontée à deux positions irréconciliables. La première solution est d’adopter une position pleinement eurosceptique, qui, tirant le bilan de la construction européenne et des implications de la constitutionnalisation de politiques écono-miques libérales, assume pleinement la possibilité d’une sortie de l’euro et de l’Union Européenne.

La seconde solution, qui semble davantage suivie ces derniers mois, est de concilier un discours fondamentalement eurosceptique à certains vœux pieux concernant la réorientation souhaitée des institutions et des traités européens.

Ce choix est fondamental dans la mesure où il détermine en grande partie la stratégie globale du mouvement, un choix de la transversalité dans le premier cas, contre un choix d’union de de la gauche dans le second.

Trancher la question plutôt que l’éviter

Pour ne pas choisir un électorat plutôt qu’un autre, la France Insoumise a jusqu’à présent cherché à ne pas trancher sur le moyen terme la question européenne. Lors de la campagne de 2017, l’enjeu européen se caractérisait avant tout par sa faible prise en compte dans la communication de Jean-Luc Mélenchon. De même, l’explication de la stratégie réelle voulue par le mouvement lors des élections européennes est demeurée  extrêmement précaire.

Si vouloir ménager les deux électorats en ne choisissant pas fermement une des deux positions et en ne communiquant pas sur cette dernière peut s’entendre d’un point de vue relativement abstrait, les conséquences peuvent néanmoins être extrêmement néfastes.

Ne pas adopter de position claire porte en effet le risque de se couper des deux électorats plutôt que de les faire converger. Par ailleurs, même lorsqu’une position n’est pas pleinement assumée, elle prête néanmoins largement le flan à la critique. Rappelons ainsi, que lors de la campagne de 2017, Benoît Hamon, alors candidat du Parti Socialiste et de ses alliés, avait fait de la question européenne la pomme de discorde entre lui et Jean-Luc Mélenchon, mettant un terme à tout espoir d’alliance avec la France Insoumise.

La question européenne nécessite donc d’être clairement débattue et tranchée pour le moyen terme car, même si elle n’est pas à la base de la rhétorique de la gauche radicale, de la position sur cette question découle l’ensemble de la stratégie électorale.

Quand la stratégie envisageant sérieusement une sortie de l’Union Européenne doit clairement déboucher sur une transversalité par rapport à l’habituel clivage gauche/droite et permet de toucher des catégories populaires intéressées par le vote Rassemblement national, voire abstentionnistes, refuser cette sortie permet de son côté de toucher des classes moyennes se situant traditionnellement davantage dans la rhétorique et le positionnement idéologique de la gauche plurielle.

Deux positions conciliables sur le moyen terme

Le problème majeur posé par ce choix stratégique est qu’il semble néanmoins difficile de se priver d’un de ces deux électorats pour une formation politique anti-libérale ambitionnant de prendre le pouvoir.

C’est pourquoi contrairement à la stratégie suivie jusqu’ici, se contentant largement d’ignorer le problème plutôt que de le régler, tout l’enjeu est de pouvoir décider de la stratégie adoptée sur cette question, en amont des échéances électorales, dans les fameux « temps froids » de la politique.

Si dans un premier temps le choix de l’une ou de l’autre des stratégies empêche théoriquement de parler aux deux électorats, le travail de fond pouvant être mené sur la question européenne peut, sur le moyen terme, arriver à réconcilier ces électorats, l’aspect profondément libéral de la construction européenne pouvant à la foi entraîner un rejet des classes populaires sur les questions économiques et sociales et un rejet des classes moyennes sur la question environnementale.

Ou, pour le dire autrement et d’une manière schématique, le besoin de protections sur le plan économique et social peut très bien converger avec un impératif de protection de l’environnement, si tant-est que l’articulation de ces dimensions soit suffisamment expliquée.

Dégager ces convergences d’intérêts oblige en effet à un travail préalable de construction de l’opinion publique nécessitant lui-même une déconstruction des arguments abondamment présentés dans les médias dominants.

Cela ne peut être réalisé dans le temps court de la période électorale. Au contraire, c’est un axe majeur et impératif à traiter de la part des acteurs de la gauche radicale, pour lequel la réflexion et l’action autour de cette question doivent être envisagées durant les périodes de plus faible intensité politique. (Résumé, voir lien)

Antoine Bristielle 10 février 2020

https://lvsl.fr/

Commentaire:

 L’auteur semble-t-il considérer qu’il est possible de faire converger les électeurs FI et RN contre l’Europe? Si au départ c’est l’Europe anti-sociale qui a provoqué leur rejet, cela n’a-t-il pas évolué vers des positions xénophobes? Comment les séduire sans entrer dans leur jeu?

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13 février 2020 ~ 0 Commentaire

italie (à l’encontre)

Migrants Ital

Les fruits amers des vicissitudes de la gauche

Le deuxième gouvernement Giuseppe Conte, annoncé par le Président Sergio Mattarella le 4 septembre 2019, s’est institué après la crise du mois d’août dernier, composé du Parti Démocrate (PD) et du Mouvement 5 étoiles (M5S) a survécu tous ces derniers mois malgré ses constantes dissensions internes et instabilité permanente.

Le gouvernement a dû faire face aux assauts politiques des partis de la droite, qui orientent et mobilisent d’importants secteurs de la société, sur les thématiques racistes, xénophobes et sécuritaires. Il a enfin affronté deux dangereux écueils politiques, le budget, en décembre 2019, et les élections dans deux régions, l’Émilie-Romagne et la Calabre, fin janvier 2020.

Quatre éléments ont permis au gouvernement de se maintenir. Tout d’abord, la volonté des deux partis qui le composent d’éviter à tout prix de nouvelles et trop risquées élections politiques, alors que les sondages donnent la droite dure à plus de 50% des voix.

Ensuite, l’attitude des bourgeoisies italienne et européennes, par le biais de Bruxelles. En outre, le soutien des trois grandes centrales syndicales, y compris la CGIL (CGT italienne blog). Et enfin, la véritable crainte d’importants secteurs de la société de voir arriver au gouvernement la Lega de Matteo Salvini et son frère ennemi Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni.

Il n’en reste pas moins que la poussée réactionnaire des partis de cette droite n’a pas faibli et que la société reste empoisonnée par la xénophobies, racistes et antisémites, du fait de l’absence d’un mouvement social des classes laborieuses. Les actes antisémites se sont multipliés ces dernières semaines. Le Rapport Italie, de l’institut Eurispes, fournit des données glaçantes sur le nombre de personnes croyant que la Shoah n’a pas existé, de 2.7% en 2004 à 15.6% aujourd’hui.

Le budget et l’impossible discontinuité

L’écueil du budget a été surmonté grâce à 30 milliards d’euros, un «débordement» rendu possible par la flexibilité de la Commission européenne. Le gouvernement jaune-rose (M5S et PD) s’est abstenu de toucher aux énormes cadeaux pour le capital et les entreprises octroyés  par les gouvernements précédents. Il n’a pas non plus remis en question les normes répressives visant les migrant·e·s et les ONG qui leur portent secours en mer. Pas plus que celles qui criminalisent les luttes ouvrières et sociales.

Le PD voudrait présenter le gouvernement comme différent decelui dominé par Matteo Salvini. C’est mission impossible, vu les positions économiques et politiques exprimées par ses deux principales composantes, le M5S et le PD, ainsi que par Italia Viva de Matteo Renzi. Les lois anti-populaires sont restées en vigueur, comme les législations aidant l’offensive des employeurs contre les classes laborieuses, qui ont provoqué démoralisation, désespérance et rage parmi les salarié·e·s et qui ont servi de rampe de lancement pour Salvini et Meloni.

La première chose à faire pour un gouvernement différent aurait été d’abroger les lois de la contre-révolution libérale et patronale ou celles adoptées auparavant par les gouvernements de centre-gauche, inscrivant l’austérité dans le marbre.

Les élections régionales de Calabre et Émilie-Romagne

Dans ce contexte se sont déroulées, le 26 janvier 2020, les élections des Conseils régionaux et des Présidences de Calabre et d’Émilie-Romagne, test d’envergure nationale. Matteo Salvini avait pour but non seulement de conquérir les deux régions, mais de provoquer, la chute du gouvernement et de susciter ainsi des élections nationales.

• En Calabre, la coalition de droite a remporté une région de plus avec 55% des voix.

Le M5S: 7%, le PD presque 14%, la Lega et Forza Italia près de 12%. La coalition de centre-gauche passe de 61% des voix en 2014 à 30% en 2020, payant ainsi le prix de sa gestion calamiteuse. L’abstention a atteint des sommets: 56%, exprimant une défiance et un repli de secteurs entiers de la population.

• En Émilie-Romagne.

Depuis le lendemain de la seconde Guerre mondiale, c’est le territoire d’un enracinement profond du Parti Communiste Italien (PCI). Il l’administre depuis 1970 ( mise en place des conseils régionaux) jusqu’en 1995 et, de 1995 à 2020, à travers les mutations du PCI, d’abord Partito Democratico della Sinistra (PDS), puis Democratici di sinistra (DS) et enfin Partito democratico (PD).

Les anciennes administrations régionales du PCI ont déployé des politiques social-démocrates efficaces, un pacte politique et social qui liait ensemble les administrations locales, les salarié·e·s, les commerçants, les artisans, les coopératives, certaines étant devenues transnationales, ainsi que nombre de grandes et petites entreprises.

La crise économique, les politiques d’austérité et les privatisations (notamment dans la santé, les transports, sans mentionner le bétonnage), gérées par l’administration régionale, ont exacerbé les contradictions sociales, fragilisé d’importants secteurs et ont fini par avoir raison de ce pacte social.

Si, durant de longues années, la Lega n’a pas pu traverser le fleuve Pô, qui sépare la Lombardie et la Vénétie de l’Emilie, les choses ont changé. Lors des élections nationales de 2018, puis des européennes de 2019, le M5S mais aussi la Lega de Matteo Salvini ont atteint des scores supérieurs à 30%.

En 2014 le candidat du PD, Stefano Bonaccini [49%], avec une faible participation [38%], mettait en évidence la désaffection de larges secteurs populaires à l’égard du centre-gauche. Les élections de janvier 2020 ont connu une participation nettement supérieure [68%].

Matteo Salvini pensait en finir avec le PD, conquérir le fortin historique de la gauche, en obtenant une victoire à la fois politique et historique. Il y a mis les moyens, avec une campagne médiatique forte, martelant propos xénophobes et racistes.

Sa machinerie électorale était dirigée par son conseiller en communication à la tête de 35 personnes qui couvrait les faits et gestes du leader 24 heures sur 24 heures, activant un vaste réseau. Finalement son échec a soulagé nombre d’Italiens, le PD et même le gouvernement.

Mais les chiffres sont inquiétants et montrent que la menace de la Lega est loin d’être dépassée. Ses résultats, dans l’ancien bastion « rouge », en valeurs absolues comme en pourcentages, sont impressionnants, de même que sa capacité à orienter, désorienter et mobiliser d’importants secteurs de la société.

Stefano Bonaccini (PD), a obtenu 51.4% des voix contre 43.6% pour la candidate des droites Lucia Borgonzoni. Les partis, dit de centre-gauche, dépassent de peu 48% tandis que les forces de droite obtiennent un inquiétant 46%, dont 31.9% pour la Lega et 8.6% pour l’extrême-droite de Fratelli d’Italia, qui a doublé ses voix, Forza Italia, de Silvio Berlusconi, obtient un score négligeable.

Bonaccini a capté le 65% des électeurs de la précédente consultation, 17.7% des abstentionnistes,  9% des électeurs du M5S et 6.1% des électeurs du centre-droit. Il a appuyé sa campagne sur un réseau dense d’administrateurs locaux, de coopératives, de syndicats, mais aussi du monde entrepreneurial et il a reçu un coup de main essentiel du «mouvement des sardines». (…)  (Résumé voir lien)

Alencontre 13 février  2020 Franco Turigliatto

Article envoyé par son auteur; traduction Dario Lopreno

https://alencontre.org/europe/

sardines

Lire aussi:

Les sardines

Les sardines sont un mouvement né, et ce n’est point un hasard, dans la capitale de l’Émilie-Romagne, Bologne, en novembre 2019. Son but était à contrer la campagne de haine et de racisme du chef de la Lega. En un mois les sardines ont multiplié les rencontres dans toutes les villes de la région, organisant de grands rassemblements comptant des dizaines de milliers de personnes, avec une forte présence de jeunes, mais aussi un public plus âgé. Il exprime l’inquiétude, présente dans de larges secteurs, de voir s’affirmer un sens commun raciste et violent contre les plus vulnérables, alimenté par les droites les plus réactionnaires.

Les sardines sont parvenues à interpréter mais aussi à réveiller les sensibilités antifascistes, antiracistes et démocratiques, en construisant un type de mobilisation correspondant à leur niveau de politisation. C’est un mouvement d’opinion publique, point encore abouti et n’ayant pas encore fait l’expérience de débats sur les thématiques sociales.

Ses dirigeants se présentent comme voulant effacer de la politique le langage de la haine et du racisme, ramenant le débat à des normes de correction politique, voire à de l’angélisme. Mais au-delà de cette orientation politique, il ne fait pas de doute qu’ils ont été capables d’inciter nombre de jeunes et moins jeunes à aller voter, construisant une contre-tendance visible et de masse aux positions de Salvini et de la Lega.

Les jeunes dirigeants de ce mouvement ont des relations avec les milieux habituellement PD, mais aussi avec des catholiques, qui se sont engagés afin de faire obstacle à la montée des droites «dures» et ont comme référence, le cardinal de Bologne Matteo Zuppi. Des quotidiens comme La Repubblica, lié au PD, ont soutenu inconditionnellement cette initiative, lui offrant une tribune avec, en ligne de mire, le renouveau du PD. À l’heure actuelle, de nombreuses initiatives se déroulent, destinées à orienter une partie de ses dirigeants vers la reconstruction d’un nouveau centre-gauche.

Italie-Débat. «Pour une gauche d’opposition» (Sinistra Anticapitalista)

Italie (Insurgente)

Sardines (NPA)

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12 février 2020 ~ 0 Commentaire

podemos (izquierda revolucionaria)

presos
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Silence! Vous allez réveiller le fascisme!

Les applaudissements au roi et le vote sur Billy el Niño ne sont pas des détails

Les applaudissements des ministres et de certains députés de Podemos au roi Felipe 6 lors de la séance d’ouverture de la nouvelle législature ont causé une gêne chez les militants et les électeurs de la coalition. Mais la position  de bureau du Parlement d’empêcher de rendre public le dossier du tortionnaire Billy el Niño (Billy The Kid), a provoqué la stupeur de la gauche combative. Qu’est-ce que tout cela signifie? Des détails sans importance ?

Il est vrai qu’en ce qui concerne le vote sur le dossier du célèbre tortionnaire de Franco, Pablo Iglesias et d’autres dirigeants de Podemos ont reconnu s’être trompés et ont présenté des excuses. Mais en politique, ce type d’actions n’est pas le fruit du hasard. Depuis que Unidas Podemos est entré au gouvernement, il semble que la conversion au credo social-démocrate implique la défense implicite du régime de 1978 avec toutes les conséquences.

Lors des précédentes séances d’ouverture, les représentants de l’UP ont préféré ne pas applaudir et ne pas se lever lorsque le roi est entré. Quelque chose qui faisait partie de la rhétorique « républicaine », ainsi que la façon d’Alberto Garzón de parler du roi en tant que « citoyen Felipe 6″.

Les gestes, comme nous le savons, ne correspondent pas au contenu réel des politiques. Par conséquent, les applaudissements au roi ou l’unité de vote avec le partenaire gouvernemental sont plus que des détails. Ils indiquent une tendance qui va s’accentuer au cours des prochains mois et qui a aussi toute une panoplie d’arguments pour les justifier.

Les médias n’ont pas perdu l’occasion de souligner que ces attitudes témoignent de la «maturité» de Unidos Podemos et les a attribués à leur entrée au gouvernement qui les a rendus plus «responsables» et plus «réalistes». Un contraste frappant avec la position d’autres forces de indépendantistes de gauche, comme ERC, Bildu ou BNG, qui en plus de ne pas assister à la session ont lu un manifeste dénonçant le caractère franquiste de la monarchie.

La question fondamentale qui se pose ici est de savoir si Podemos peut réduire son républicanisme à un simple acte de propagande quand c’est opportun, blanchissant en pratique la monarchie en participant au gouvernement.

Conciliation et crétinisme parlementaire

Les marxistes révolutionnaires ont toujours insisté sur le fait que les gestes symboliques n’avaient aucune valeur en eux-mêmes. Ce qui compte, ce sont les politiques mises en œuvre, la capacité de faire avancer le mouvement de masse en augmentant son organisation, en sensibilisant et en luttant pour transformer la société.

Pour ceux qui, à gauche, se considèrent  les « docteurs démocratiques du capitalisme », c’est tout le contraire. La mise en scène sert une propagande creuse. Les gestes permettent de masquer l’absence de tout programme cohérent pour affronter nos adversaires de classe, tout en faisant des concessions de fond.

La monarchie des Bourbons, avec le reste des institutions de la dictature de Franco qui sont restées en place jusqu’à aujourd’hui grâce au pacte avec la gauche réformiste dans les années de la transition, est entrée en crise à la suite de la profonde mobilisation populaire qui a commencé en 2011.

Le régime de 78 a commencé à craquer parce que des millions de personnes ont prouvé par elles-mêmes que les institutions soi-disant « démocratiques » étaient au service d’une minorité de grands hommes d’affaires et de spéculateurs financiers, prêts à effacer tout droit social pour conserver leurs privilèges.

La monarchie est également en crise car des millions de personnes l’ont rejetée dans les rues, notamment en Catalogne, où la lutte pour une république catalane a été une véritable torpille sous la ligne de flottaison du régime capitaliste espagnol.

Une bataille dont a été complètement absente Unidos Podemos, qui n’a pu exprimer une politique entre ceux qui répriment le peuple catalan et ceux qui font face aux accusations policières et aux arrestations, qui défendent une république sans Franco, sans austérité ni oppression capitaliste.

Après l’échec retentissant de la stratégie répressive, le gouvernement de coalition cherche une issue basée sur des gestes, mais rejette catégoriquement l’exercice du droit à l’autodétermi-nation, met de côté les revendications républicaines, refuse l’amnistie aux prisonniers et exilés et prône un « dialogue » avec l’Etat qui ne pourra s’installer qu’avec une nouvelle version « constitutionnaliste » de l’autonomie. Pablo Iglesias a déjà indiqué qu’il participerait à la «table de dialogue» avec cette intention.

Tout cela fait partie d’un ensemble que nous connaissons déjà et qui ne sert les intérêts ni de la gauche, ni des personnes qui luttent pour leurs droits. Les justifications données par la direction de Podemos pour les applaudissements au roi confirment ce que nous disons. « Si pour augmenter le SMIC, nous devons applaudir le chef de l’État, nous le ferons », a déclaré Irene Montero, précisant que ces applaudissements sont le prix de l’augmentation du SMIC. Obtenir cela du patronat implique un renoncement aux principes.

Montero a déclaré à la presse que « les choses sont différentes en institutionnelle ». Mais Podemos est né précisément parce que des millions de personnes en avaient marre des partis qui une fois arrivé en politique institutionnelle,  tournent le dos à leurs difficultés et à leurs souffrances quotidiennes.

Podemos est né pour que la voix de la rue puisse entrer de toutes ses forces et de tout son pouvoir de transformation dans les institutions, pour convertir les positions conquises en un bélier qui contribuerait à mettre fin à un système injuste qui nous refuse un présent et un avenir digne

Devenir un parti de plus, et c’est ce que signifient les mots d’Irene Montero,c’est se dissocier de la mobilisation sociale, c’est-à-dire de la lutte des classes qui lui a donné vie, et ainsi se renier.

En renonçant à s’appuyer sur la mobilisation dans la rue pour conquérir des améliorations des conditions de vie de la classe ouvrière, des femmes, des retraités et des jeunes, en acceptant que ces améliorations ne soient que des concessions des puissants en échange de l’abandon de la véritable transformation de la société, Podemos entre dans la même voie que le PSOE depuis 1982, lorsque les attentes, les illusions et les espoirs de changement social de ses millions d’électeurs ont été cruellement abandonnés .

Au lendemain de la séance d’ouverture, nous avons pu vérifier les conséquences  de la décision des dirigeants de Podemos. La demande de rendre publique la fiche de service de la police du tortionnaire connu sous le nom de « Billy The Kid », un criminel sadique qui a commencé sa carrière sous la dictature de Franco et l’a continuée, sous la « démocratie », a été rejetée avec le vote favorable de Unidos Podemos.

« Malheureuse erreur », disent-ils. « Les services juridiques du Congrès nous l’ont conseillé », balbutièrent-ils maladroitement. Les dirigeants d’UP devraient réfléchir. Non, ce n’était pas une erreur: c’est le climat de conciliation, de «responsabilité d’État», de crétinisme parlementaire qui a poussé dans cette direction.

Si devant la demande pour les crimes de la dictature les députés de UP reculent , c’est que quelque chose se passe mal dans la coalition. Ils renoncent à devenir un levier de la mobilisation populaire, niant ainsi la mobilisation qui les a catapulté à cette position dans les institutions.

S’ils se contentent des miettes qui tombent de la nappe et se placent comme la jambe gauche d’une social-démocratie qui fait partie du système, les conséquences seront évidentes. Nous ne sommes pas face à des détails ou à des gestes sans importance, ils en disent long et doivent être rectifiés dans les plus brefs délais.

Antonio García Sinde 11 février 2020

https://www.izquierdarevolucionaria.net/

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12 février 2020 ~ 0 Commentaire

forum social (brest)

 

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11 février 2020 ~ 0 Commentaire

marielle (insurgente)

mariellefranco

Brésil, la police tue l’un des suspects du meurtre de Marielle

Les Bolsonaros font la fête

La police brésilienne a tué Magalhaes da Nobrega, dans l’État de Bahia. Il fait partie des personnes soupçonnées d’être liées au meurtre de Marielle Franco, conseillère municipale de Rio du Socialism and Freedom Party (PSOL ). « Qui gagne avec la mort d’Adriano da Nobrega? », S’est interrogée l’architecte Monica Benicio, qui a dénoncé dans les organisations internationales le crime de sa compagne Marielle Franco.

« Je regrette qu’un personnage clé pour la clarification de divers crimes survenus à Rio ait été tué lors d’une opération de police, probablement il avait des informations fondamentales pour clarifier le système de corruption lié à la famille Bolsonaro », a déclaré l’ex-partenaire de Marielle

Magalhaes de Nobrega était liée à un fils du président Jair Bolsonaro, l’actuel sénateur Flavio Bolsonaro. Lorsqu’il était député de l’État de Rio de Janeiro, Flavio Bolsonaro a engagé la mère et la femme d’Adriano Magalhaes da Nóbrega pour travailler dans son bureau.

Comme si cela ne suffisait pas, Flavio Bolsonaro a lui-même décoré Adriano Magalhaes da Nobrega, alors qu’il avait été expulsé de la police de Rio de Janeiro après avoir été reconnu coupable de meurtre.

02/11/2020

https://insurgente.org/

Commentaire:

Marielle Franco, militante LGBT, était membre de notre parti frère, le Parti du Socialisme et de la Liberté (PSOL).

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11 février 2020 ~ 0 Commentaire

lyra mckee (france 24)

derry

Pas en notre nom!

Irlande du Nord

Quatre arrestations dans le meurtre de la journaliste Lyra McKee

Quatre hommes ont été arrêtés dans l’enquête sur le meurtre de la journaliste Lyra McKee, victime de balles perdues du groupe dissident la Nouvelle IRA lors d’affrontements avec la police en avril 2019, a annoncé la police nord-irlandaise (PSNI) mardi.

« La police enquêtant sur le meurtre de la journaliste Lyra McKee a arrêté quatre hommes âgés de 20, 27, 29 et 52 ans à Derry/Londonderry ce matin », a annoncé la PSNI dans un communiqué.

La police a renouvelé ses appels à témoins.

« J’ai toujours cru que certaines personnes savent ce qu’il s’est passé et qui est impliqué. Je comprends que les gens puissent avoir peur de nous parler », a déclaré un responsable de la police, Jason Murphy, leur promettant à nouveau de protéger leur anonymat.

« Le meurtre de Lyra a provoqué une vague de dégoût et je reste déterminé à travailler avec la communauté et la police locales pour transformer ce dégoût en preuves concrètes afin de traduire en justice les meurtriers de Lyra », a ajouté le responsable policier.

Lyra McKee, 29 ans, a été mortellement blessée le 18 avril 2019 dans le quartier catholique de Creggan, à Londonderry (Derry, pour les nationalistes irlandais), une ville située sur la frontière irlandaise.

Un groupe dissident républicain, la Nouvelle IRA, avait reconnu sa responsabilité dans la mort de la jeune femme, dans une déclaration au quotidien The Irish News, arguant qu’elle se « tenait à côté des forces ennemies » en référence aux forces de police.

Son décès a ravivé le souvenir des « Troubles » qui ont déchiré la province britannique d’Irlande du Nord pendant trois décennies.

Ces violences opposant républicains nationalistes (catholiques), partisans de la réunification de l’Irlande, et loyalistes unionistes (protestants), défenseurs du maintien dans la Couronne britannique, ont fait quelque 3.500 morts avant de prendre fin grâce à l’accord du Vendredi saint de 1998.

11/02/2020

https://www.france24.com/

Commentaire:

Un bel exemple de « parti-pris » caché derrière un soi-disant « au dessus de la mêlée »! Malgré les années les « éléments de langage », réflexes donnés aux journalistes par la propagande des services anglais sont toujours en place.

Un: dissimuler coûte que coûte que l’armée et la police anglaises soient des protagonistes essentiels en lutte contre le camp « catholique » . Non, ce sont justes deux tribus « sauvages » qu’on est là pour séparer.  La RUC, devenue « PSNI » inspire toujours de la méfiance, car elle a toujours combattu le côté catholique et défendu le côté protestant. Et çà marche encore.

Deux: bien nommer: le nord de l’Irlande (Northern Ireland) les 6 comtés annexés sur 9 en Ulster, deviennent une entité: « l’Irlande du Nord » (non reconnue) et « Derry » / Doire, du Comté du même nom,  acheté par Londres, se dit « Londonderry ».

 Sinn Fein, serait « nationaliste ». Tout d’abord le sens du mot « nationaliste » n’est pas le même qu’ici, où il est péjoratif, connoté « extrême droite ». « Nationaliste » là-bas est quasi identique à « catholique ». Mais politiquement les « nationalistes » sont très modérés, certains étant dans la police ou l’armée. Les opposants à l’occupation anglaise sont les « républicains » connotés « gauche radicale ».

Le mot « troubles qui ont fait 3 000 morts » semble décrire une opposition de personnes. En fait il n’y a jamais eu de heurts entre catholiques et protestants. On l’a pensé si fort, qu’on a fini par l’admettre, mais non! Cela a commencé par des manifs pacifiques, copiées des « droits civiques » des noirs des USA, réprimées par la police à la demande des « unionistes ». La résistance a entraîné l’envoi de l’armée qui s’est rangée du côté des « unionistes ». Il y a eu des quartiers brûlés mais par des flics et des paramilitaires protestants.

Des attentats de l’Ira ont entraînés des morts protestantes. Mais la guerre opposait l’armée, les services et la police anglaise et le camp « catholique ». Les protestants loyalistes (fascistes) n’ont jamais combattu qui que se soit. Ils ont exécuté des catholiques (parfois désignés par les anglais), c’est tout! Il n’y a jamais eu d’émeutes religion contre religion et pourtant c’est l’image que la propagande en donne!

Enfin, pour la pauvre Lyra, aucune sympathie pour ses assassins. Les horreurs de cette guerre, ont définitivement ruiné tout retour en arrière vers une guerre de « basse intensité » parfaitement supportable par les anglais. (« Moins de morts qu’un week-end » disait un général).

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10 février 2020 ~ 0 Commentaire

suisse lgbt (tv5 monde)

lgbt
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Les Suisses approuvent par référendum une loi anti-homophobie

Les Suisses ont largement approuvé dimanche par référendum une loi interdisant la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle, combattue par des formations conservatrices.

Les résultats nationaux donnent le « oui » à 63%, avec des scores dépassant 70% dans des villes comme Genève ou Bâle. Seuls trois petits cantons germanophones du centre et de l’est ont accordé une courte majorité au « non ».

Mathias Reynard, le parlementaire socialiste à l’origine de cette réforme du code pénal helvétique, a salué sur la chaîne RTS-1 « un jour historique » et « un signal magnifique pour toutes les personnes concernées ».

La nouvelle loi anti-homophobie élargit une législation déjà existante en matière lutte contre les discriminations et appels à la haine raciale ou religieuse, en l’étendant à l’orientation sexuelle.

Cette réforme du code pénal, adoptée en 2018, s’est heurtée à l’opposition de milieux conservateurs et populistes, qui ont lancé ce référendum dans l’espoir de faire barrage à une forme de « censure » et d’atteinte à « la liberté d’expression, de conscience et de commerce ».

Les autres partis ont estimé que la protection contre la discrimination en raison de l’orientation sexuelle était insuffisante en Suisse, et appelé à voter « oui » à la réforme.

- Amendes et peines de prison -

Les partisans du texte se sont aussi appuyés sur le fait que la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle était déjà sanctionnée dans d’autres pays européens, et que le Conseil de l’Europe comme l’ONU avaient demandé à la Suisse de renforcer son arsenal contre l’homophobie.

Le nouveau dispositif « renforce la protection contre la discrimination sans violer la liberté d’expression », font valoir les partisans du texte dans leur argumentaire.

La nouvelle loi punit le dénigrement public et la discrimination de toute personne en raison de son orientation sexuelle, ou toute attitude visant à attiser la haine à son égard, par l’écrit, la parole, des images ou des gestes.

Elle ne réprime pas en revanche des propos tenus dans le cercle familial ou entre amis, par exemple à la table d’un café.

Les restaurants, hôtels, entreprises de transports, cinémas ou piscines ne pourront pas refuser l’accès de quelqu’un en raison de son orientation sexuelle. Le texte prévoit des amendes ou des peines pouvant aller jusqu’à trois ans de prison.

Au sein des milieux LGBT, certains craignent toutefois qu’une protection spéciale ne les stigmatise davantage.

« Je me bats pour l’acceptation et la normalisation de ma sexualité. Mais pour moi, la normalisation signifie aussi ne pas exiger de droits spéciaux », a fait valoir avant le vote Michael Frauchiger, co-président du comité « Droits spéciaux NON! ».

 Christophe DE ROQUEFEUIL 09.02.2020

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10 février 2020 ~ 0 Commentaire

ugo palheta (libération)

macron-la-matraque

La vocation antifasciste du mouvement social

La mobilisation qui a pour enjeu immédiat les retraites dessine un horizon démocratique plus large : elle combat à la fois l’autoritarisme incarné par Emmanuel Macron et l’extrême droite qui a tout intérêt à l’échec du mouvement.

Lancée à la RATP et à la SNCF, la mobilisation a pris depuis la dimension d’un affrontement durable et généralisé contre l’ensemble des politiques néolibérales menées depuis plus de trois décennies.

Comment s’en étonner, tant ces politiques sont directement à l’origine d’une insécurité sociale qui ne cesse de s’aggraver et d’une intensification de la souffrance au travail (particulièrement parmi les ouvriers·ères et les employé·e·s), d’une impossibilité croissante pour de nombreux travailleurs et travailleuses d’exercer dignement leurs métiers (personnels de santé, enseignant·e·s, pompiers·ères, avocat·e·s, enseignant·e·s-chercheurs·ses, etc.), d’une dégradation des services publics et ainsi d’une décomposition du tissu social ?

Illusoire ruissellement des richesses

Pour celles et ceux qui s’opposent au gouvernement actuel, il ne s’agit donc rien moins que de mettre un coup d’arrêt à la grande destruction néolibérale et à l’autoritarisme qui l’accompagne inévitablement, comme la nuée porte l’orage.

En effet, le personnel politique des classes dominantes ne peut plus sérieusement justifier cette entreprise au nom d’un illusoire ruissellement des richesses des possédant·e·s vers les dépossédé·e·s ; chacun·e peut constater en effet à quel point cela ruisselle, mais dans le sens inverse.

Les gouvernements ont donc été amenés au cours des dernières années à recourir de plus en plus à la répression policière et judiciaire, employant des techniques violentes et arbitraires de maintien de l’ordre auparavant réservées aux populations non-blanches, qu’elles soient migrantes ou descendantes de l’immigration non-européenne.

Pour reprendre les catégories d’Antonio Gramsci, le défaut croissant de consentement aux politiques menées n’a été suppléé que par le recours croissant à la force physique organisée, c’est-à-dire aux appareils de répression de l’Etat, garantissant et fragilisant tout à la fois la perpétuation des rapports d’exploitation et de domination.

Ainsi l’autoritarisme néolibéral incarné par Emmanuel Macron apparaît-il à la fois comme un effet et un accélérateur de la crise politique. A l’évidence, la séquence présente de lutte a une visée sociale, mais elle a donc également une dimension démocratique.

Or, c’est à ce double titre que se comprend la vocation antifasciste d’un combat qui a pour enjeu immédiat les retraites mais dessine l’horizon d’une alternative au néolibéralisme autoritaire.

Il est d’autant plus crucial d’y insister que l’extrême droite cherche à utiliser le conflit pour se renforcer. Ainsi le RN sème-t-il la confusion en prétendant s’opposer à la contre-réforme tout en refusant toute légitimité aux militants syndicaux – qui sont pourtant en première ligne du mouvement social depuis le 5 décembre –, et ce en pleine continuité avec le fascisme historique.

Antifascisme moral

L’extrême droite a toujours manifesté une haine viscérale vis-à-vis du mouvement ouvrier organisé, du syndicalisme et des luttes sociales ; on a d’ailleurs vu récemment le responsable des élections sur le plan national du RN, Gilles Pennelle, affirmer que son parti mettrait «hors d’état de nuire» les «associations, syndicats et partis de gauche» s’il parvenait au pouvoir.

C’est que l’extrême droite, hier comme aujourd’hui, n’aime les classes populaires que passives et désespérées, s’en remettant aux chefs fascistes pour les guider, et non comme sujet politique luttant pour ses intérêts propres.

Ainsi le RN a-t-il tout intérêt à une mobilisation défaite, dont le double produit – un macronisme exsangue d’un côté, une rage impuissante de l’autre – favoriserait assurément le vote pour l’extrême droite, aux municipales comme lors de la prochaine élection présidentielle.

Souligner la dimension antifasciste du mouvement actuel, c’est rappeler que le RN et les groupuscules avec lesquels il entretient des relations troubles – notamment les identitaires – n’y ont pas leur place, comme l’a justement rappelé le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez.

L’agenda nationaliste, xénophobe et raciste qui est au centre du projet du RN ne peut qu’affaiblir la classe travailleuse en accentuant ses divisions et en pointant des ennemis imaginaires (migrants, musulmans, Rroms, etc.).

C’est aussi affirmer qu’on ne saurait lutter efficacement contre la progression de l’extrême droite, ici comme ailleurs, en se contentant d’en appeler à la conscience morale des électeurs, en leur faisant la leçon au nom de «valeurs républicaines» qui ne cessent d’être bafouées par la République elle-même.

Cet antifascisme moral doit céder le pas à un antifascisme politique. Seule en effet la mobilisation populaire sous toutes ses formes peut enrayer la dynamique fasciste.

Il faut faire reculer durablement l’extrême droite, en stoppant le cycle d’appauvrissement des classes populaires et la dérive autoritaire du pouvoir politique.

Tout en engageant enfin une lutte résolue contre le racisme structurel (islamophobie, discriminations systémiques, violences policières, traque des migrants, etc.).

C’est aussi à ce prix que le «chapitre des bifurcations», selon l’expression de Blanqui, pourra à nouveau être «ouvert à l’espérance.»

10 février 2020

 Ugo Palheta, sociologue, maître de conférences à l’université de Lille et affilié au Centre de Recherches Sociologiques et Politiques de Paris (Cresppa). Ugo Palheta est l’auteur de la Possibilité du fascisme, publié aux éditions la Découverte en septembre 2018.

https://www.liberation.fr/

 

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