Archive | Anticolonialisme

19 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

nelson mandela: l’hommage du vice à la vertu

zuma

« Des dirigeants qui se disent solidaires du combat de Mandela pour la liberté mais ne tolèrent pas l’opposition de leur propre peuple »

La critique est violente mais contrairement à ce qu’on aurait pu croire, elle n’est pas venue du dirigeant cubain Raoul Castro mais de celui qui venait justement de lui serrer la main, à savoir le Président étatsunien Barack Obama. Ce même Obama avait serré un peu plus tôt celle de Hollande qui venait lui de serrer celle de Sarkozy, à l’occasion des obsèques de Mandela qui se sont tenues dans le stade de Soweto mardi 10 décembre.

Une pluie d’hypocrisie Il pleuvait à torrent sur un stade à peine rempli, et cette météo rafraîchissante, cette pluie sur ce prestigieux parterre des puissants du monde, cachait bien mal le nuage d’hypocrisie qui règne sur ce monde de politiciens. Mais cet hommage mondialement retransmis a bien été une opération politique, une véritable comédie œcuménique associant les larmes des dictateurs avec celles des peuples qu’ils oppriment, les anciens soutiens de l’Apartheid avec celles et ceux qui l’ont combattu.

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Aujourd’hui au bord de l’explosion, l’Afrique du Sud est en pleine crise, et l’hommage à Mandela sert de diversion pour tous ceux qui, au nom d’un prétendu héritage, dirigent un système libéral qui a certes permis l’éclosion d’une bourgeoisie noire mais continue l’oppression et la répression contre tout un peuple.

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Le peuple se manifeste Le seul véritable moment de vérité fut le tonnerre de sifflets populaires accompagnant l’arrivée de Jakob Zuma, actuel Président de l’Afrique du Sud et nouveau chef de l’ANC. Dernier représentant politique à s’exprimer à la tribune, le successeur de Mandela a vu le stade se vider pendant son intervention. Après avoir rendu hommage à Mandela, Zuma a déclaré : «  laissons la tolérance s’établir, pour créer les bases de la paix. Et par-dessus tout, œuvrons pour lutter contre la faim, la maladie et d’autres maux dont souffre l’humanité ».

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Le peuple sud-africain a apprécié, tant Zuma est connu pour être devenu le chef de la corruption, des magouilles et de la répression qui dominent aujourd’hui le pays. Il aurait pu aisément faire parti des dirigeants vilipendés, le temps d’un discours, par Obama…

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Ne manquait à l’appel de tout ce beau monde que le dirigeant actuel du sionisme israélien qui fut l’un des plus grand défenseur de l’esclavage des noirs, à savoir Benjamin Netanyahou, retenu, dit-on, pour des « raisons de sécurité » et des « frais de voyage » jugés trop onéreux… Peut-être que la véritable raison de cette absence est surtout que Netanyahou n’a pas besoin de faire des milliers de kilomètres pour entendre parler d’un peuple opprimé, il a déjà ça « à la maison » : le peuple palestinien…

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Obama prend la pose Dans le stade de Saweto, Obama a pu s’offrir aux yeux du monde un moment « progressiste », ses « fifteen minutes » de gauche. « Madiba est le dernier grand libérateur du XXe siècle » a-t-il ainsi déclaré. Bien loin de la politique des USA pourrait-on ajouter… Difficile de faire oublier le rôle toujours décisif de l’impérialisme étatsunien dans le monde, sans oublier bien entendu la situation misérable des minorités ethniques aux USA, de la grande majorité des noirs américains en particulier, même si ceux-ci ont le droit de s’asseoir à coté des blancs dans les bus.

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« Inoubliable  » a dit le sénateur ex-PCF Robert Hue, un des cinq invités de Hollande qui ne représente plus que lui-même (et encore)… Finalement, la seule image importante de cet hommage fut bien cette poignée de main oh combien significative échangée par Hollande et Sarkozy, l’un poursuivant en effet le (sale) travail de l’autre. Effectivement inoubliable !
Non décidément, ce monde là n’est pas le nôtre.

Alain Krivine Jeudi 19 décembre 2013

Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 222 (19/12/2013)

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18 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

centrafrique: hollande s’enlise

hollande-rambo-droite

Depuis son intervention militaire en Centrafrique, le gouvernement français est confronté à une aggravation de la situation militaire et une absence de solution politique crédible.

Le risque de l’enlisement augmente chaque jour.

La situation sécuritaire en Centrafrique apparaît beaucoup plus compliquée que celle présentée par la presse et le gouvernement lui-même qui consistait en un simple désarmement de la Seleka. En fait cette dernière, qui n’était déjà pas une organisation structurée lorsqu’elle a pris le pouvoir, s’est complètement émiettée et devient autant de sources de dangers.

« Terrain miné » Ces miliciens agissent par petits groupes armés, en dehors de tout contrôle, et ils sont maintenant rejoints par des membres de la communauté musulmane qui ont subi des exactions des milices d’auto­défense anti-Balaka, milice composée de chrétiens encadrés, dans certains cas, par les anciens partisans du président déchu, ­François Bozizé.

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Ainsi les opérations de DDR (Désarmement démobilisation et regroupement), pour reprendre le jargon onusien, deviennent une source supplémentaire de conflits où, une fois désarmées, les personnes et leurs familles risquent de subir les représailles de l’autre partie de la population.
Les nouvelles provenant de Bangui, la capitale du pays, sur les atrocités subies par chaque communauté, pourraient aussi aviver les conflits et le désir de vengeance dans le reste du pays. Autre risque, celui d’un départ de la capitale d’une partie des membres de la Seleka pour rejoindre le nord de la Centrafrique en occasionnant sur leur retour désolation et mort.

Vide politique Les difficultés sont aussi importantes au niveau politique. En effet, le gouvernement français est dans une situation qui ressemble fort à une impasse. Il est clair, et Hollande le réaffirmait publiquement, que Djotodia – le président de la transition arrivé au pouvoir par la Seleka – n’est ni l’homme de la situation ni l’homme de la réconciliation. Non seulement il a été incapable de tenir ses troupes, mais en plus, il profite de son pouvoir pour s’enrichir et attise le conflit en prenant parti systématiquement pour les musulmans, en mettant l’essentiel de la violence sur le compte des milices anti-Balaka.

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Le Premier ministre, Nicolas Tiangaye, qui est lui issu de l’opposition politique civile, reste totalement impuissant. La difficulté porte sur le fait que le dispositif politique actuel a été entériné par les accords de Libreville, avec les principaux chefs d’états africains de la région, notamment le président congolais Sassou-Nguesso, et celui du Tchad Idriss Deby. La France n’a pas été mandatée par l’ONU pour présenter une autre solution politique, mais déjà Hollande parle de raccourcir la période de transition en annonçant des « élections au plus vite », initialement prévues pour février 2015.

Derrière l’humanitaire, l’impérialisme L’opération Sangaris, comme les autres opérations militaires qui se présentent comme humanitaires pour l’Afrique, est partie intégrante de la politique impérialiste de la France.

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Si la France ne cesse d’intervenir en Afrique francophone, c’est aussi parce qu’elle a mené une politique vis-à-vis de ces pays qui est catastrophique. La mise en place par la France, avec l’aide du Tchad, de Bozizé en 2003 en est une énième démonstration. Que peut-on attendre d’un général de l’armée de Bokassa, responsable de la terrible répression contre les manifestations lycéennes qui a fait plusieurs dizaines de morts, si ce n’est la mise en place d’une dictature qui s’accompagne, tous les cinq ans, d’une mascarade électorale que la France, mais aussi les États-Unis, s’empresse de valider.

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Le pédigrée de François Bozizé est connu de tous. Auteur de plusieurs tentatives de coups d’état, son pouvoir s’est caractérisé par l’enrichissement de son clan par la prédation des richesses de la Centrafrique et une politique de haine et de division ethnique. Il ne diffère pas en cela des autres présidents du Tchad, du Congo, de Djibouti et du Cameroun, etc., qui bénéficient de la même mansuétude des différents gouvernements français, qu’ils soient de droite ou de gauche, jusqu’à ce qu’un de ces pays s’enfonce dans des crises violentes et des désastres humanitaires.

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En finir avec ce cercle vicieux impose une mobilisation des forces progressistes et une dénonciation de tous les instants de la politique française en Afrique.

Paul Martial Mercredi 18 décembre 2013

Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 222 (19/12/2013)

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14 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Sommet franco-africain: continuité à tous les étages

Francafrique.1

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« Présider la République, c’est ne pas inviter de dictateurs en grand appareil à Paris ».

Telles sont les fortes paroles prononcées par le candidat Hollande au Bourget le 22 janvier 2012. Lauréat du Grand prix de l’entubage, il a invité les 6 et 7 décembre, à Paris précisément, une qua- rantaine de chefs d’État africains à participer à un sommet intitulé « Paix et Sécurité en Afrique »…

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Parmi eux se trouvaient Idriss Déby qui, arrivé au pouvoir au Tchad il y a 23 ans, y règne par la terreur et aurait depuis longtemps dû céder la place sans le soutien constant de l’armée française (face, notamment, aux rébellions qui, en 2005-2006, manquent de peu de le chasser). Étaient aussi là le Congolais Denis Sassou Nguessou, figure emblématique de la corruption à grande échelle des dirigeants africains, en place de 1979 à 1992 et, à l’issue d’une guerre civile, à nouveau sans interruption depuis 1997…

Sans oublier Faure Gnassingbé et Ali Bongo, à qui un coup d’État dans le cas du président togolais et la fraude électorale pour l’actuel président gabonais, ont permis de succéder à leurs pères qui avaient régné respectivement 40 et 42 ans. Et enfin Blaise Compaoré, solidement installé depuis le meurtre de son compagnon Thomas Sankara, il y a 26 ans.

Une indécence qui atteint les sommets ! On pourrait sans peine allonger la liste. L’important est que, en les recevant sur le perron de l’Élysée, François Hollande ne se contente pas de se déjuger une fois de plus. Il témoigne avec éclat de la continuité de la Françafrique sur ses trois piliers : politique (soutien sans faille aux dictateurs amis), économique (prédation organisée des ressources de l’Afrique) et militaire (avec l’éternelle justification coloniale des bonnes causes que l’on prétend défendre).

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De tout cela, un tribunal citoyen a largement rendu compte, le 4 décembre avec l’audition de nombreux témoins. Une belle manifestation a été organisée le lendemain à l’initiative de l’association Survie. De nombreuses organisations africaines et françaises, dont le NPA, y ont appelé.

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Car le seul infléchissement perceptible depuis quelques années, c’est la pose de la feuille de vigne que représente la caution recherchée et obtenue sans peine des Nations unies et de l’Union européenne. Il est clair que, en Afrique comme ailleurs, le changement, ce n’est pas maintenant pour celui qui a conclu son allocution d’ouverture en déclarant : « Aujourd’hui, c’est Nelson Mandela qui préside les travaux de ce sommet »… atteignant ainsi un sommet d’impudence ! Jeudi 12 décembre 2013

Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 221 (12/12/2013)

François Brun

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11 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Nelson Mandela: le militant et les larmes de crocodile

zuma

L’héritier Zuma, qui s’est fait siffler…

C’est une unanimité nationale et internationale qui rend hommage aujourd’hui à Nelson Mandela.

Larmes de crocodile et larmes sincères se fondent dans un torrent de louanges pour admirer ce militant qui, libéré en 1990, aura passé 27 ans en prison et mené une lutte victorieuse contre l’apartheid en Afrique du Sud. Des tandems ô combien significatifs vont se rendre aux obsèques : Hollande-Sarkozy ou Obama-Bush. Sans parler de la tristesse de Philippot du FN… Des larmes de crocodile qui rendent nécessaire quelques rappels.
La France n’a arrêté ses livraisons d’armes à l’Afrique du Sud qu’en 1977, soit un an après les émeutes de Soweto et quatorze ans après deux votes de l’ONU interdisant la vente d’armes et de pétrole à ce pays qui pratiquait l’apartheid.

Il faut préciser que ce pays nous fournissait quand même environ un millier de tonnes d’uranium par an. Du coup, on comprend pourquoi cette politique était défendue par le groupe parlementaire d’ « Amitiés France – Afrique du Sud » présidé systématiquement par des députés gaullistes qui n’hésitaient pas à l’époque à traiter l’organisation de Mandela de « terroriste » et « communiste »…
C’est Chirac qui, en 1984, va bien résumer la situation : « De par la situation qu’elle occupe sur la route du pétrole, de par ses richesses minières, de par son opposition à la propagation de mouvements subversifs, l’Afrique du Sud mériterait qu’on la traite avec plus de considération ».
Faut-il rappeler les complicités de la droite et d’une partie de la gauche avec le régime sud-africain ? En dehors du PCF et de courants catholiques de gauche, qui a participé à la campagne du boycott ?

Abolir l’apartheid social Mandela fut un militant anti-apartheid exemplaire, un militant courageux qui mérite tout notre respect. Homme du pardon, Mandela n’était pourtant pas un pacifiste et n’avait pas hésité à créer en 1961 la « Lance de la Nation », branche armée de l’ANC, mais il ne s’est jamais défini comme un révolutionnaire voulant se débarrasser du capitalisme après la fin de l’apartheid. C’est ce qui explique aujourd’hui l’immense rassemblement hypocrite autour de sa dépouille.
Issue de la fin de l’apartheid, l’alliance gouvernementale actuelle ANC-PC et Cosatu dirige aujourd’hui un apartheid de classe : 55 % de chômeurs chez les jeunes noirs, 52 % de la population qui vit en dessous du seuil de pauvreté et 26 % qui ne mange pas à sa faim, et quant à la promesse de redistribuer 30 % des terres, seulement 5 % a été réalisé. Avec l’ANC, c’est le règne de la corruption, du chômage, du sida, de la pauvreté et même de la répression, comme on a pu le voir il y a peu de temps contre les mineurs de Marikana.
Nous sommes au côté du peuple sud-africain, au côté de celles et ceux qui pleurent un militant courageux, qui veulent prolonger le combat contre l’apartheid par un combat anticapitaliste contre les bourgeoisies noire et blanche qui aujourd’hui asservissent la population. Et pour cela, nous ne marcherons dans aucune union nationale.
Notre façon de continuer son combat pour l’égalité.

Alain Krivine Mercredi 11 décembre 2013

Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 221 (12/12/2013)

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11 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Centrafrique: néfaste continuité française

Couverture Valises Diplomatiques

L’annonce de l’intervention française vient de susciter de nouvelles flambées de violence.

Ainsi, à la fin de la semaine dernière, une attaque coordonnée a eu lieu dans la capitale centrafricaine Bangui, probablement menée par les anciens partisans du président déchu François Bozizé renversé par la Seleka.
La Seleka est l’alliance de différentes milices du nord du pays, composée majori- tairement par des Tchadiens et des Soudanais, qui a installé Michel Djotodia aux affaires. À défaut de reconquérir le pouvoir, les anciens partisans de Bozizé veulent au moins améliorer les rapports de forces avant l’arrivée des militaires français. En effet, la résolution, écrite par le Quai d’Orsay et adoptée par les quinze membres du conseil de sécurité de l’ONU, autorise l’intervention militaire française sous le chapitre 7 c’est-à-dire la possibilité d’utiliser les armes si nécessaire. Dans le même temps le contingent français vient d’augmenter sensiblement puisqu’il passe à 1 600 soldats.

Un Sommet pour quoi ? Le « Sommet Afrique France pour la paix et la sécurité » vient de se terminer. Rien de neuf dans sa déclaration finale : les mêmes recettes sont avancées, notamment la nécessité d’une force d’intervention africaine et la formation des soldats du continent à hauteur de 20 000 par an. L’idée n’est pas neuve et on voit mal la différence avec le dispositif existant Recamp (Renforcement des capacités africaines de maintien de la paix) qui date de 1994, dispositif censé répondre à la même problématique de la prise en charge par l’Afrique de sa sécurité… et qui n’a jamais fonctionné.
Il est illusoire de croire que l’armée pourrait être une sorte d’îlot d’efficacité dans des États déstructurés par des décennies de politique d’ajustement structurel. Les armées africaines sont à l’image du reste de leur pays, en crise et divisées par les différentes factions diri- geantes. De plus, demander aux États africains ce que l’Europe elle-même est incapable de réaliser, à savoir une force commune d’intervention rapide, relève de la gageure.  La Centrafrique en est un exemple puisque les troupes sud-africaines ont soutenu Bozizé, pendant que le Tchad aidait en sous-main la Seleka.

De Bokassa à la Seleka Ce sommet ne doit pas nous faire oublier les responsabilités des gou- vernements français successifs. Avec ou sans l’ONU, les interventions de la France en Centrafrique sont récurrentes. Elle a soutenu la dictature de Bokassa, qu’elle a renversé ensuite en 1979 avec l’opération Barracuda. Elle a mis au pouvoir Bozizé avec l’opération Boali en 2002, puis l’a défendu par une opération aérienne sur Birao contre la rébellion menée par Djotodia en 2006. Et aujourd’hui elle intervient avec l’opération dénommée Sangaris à l’appel de… Djotodia !
Évidemment la continuité de la politique impérialiste implique la continuité des arguments et des justifications. Ainsi l’intervention ne serait qu’un appui aux forces africaines déjà présentes sur le terrain et est motivée par des considérations humanitaires… Il est évident que la question humanitaire s’est dégradée de manière dramatique en Centrafrique mais hélas ces souffrances ne sont pas nouvelles. À l’époque de Bozizé, mis en place et soutenu par la France et par Deby, le dictateur tchadien, les populations étaient continuellement agressées par les différents groupes armés, dont les forces armées centrafricaines, encadrées par l’armée française étaient les pires. C’est ce qu’indiquait déjà en 2007 un rapport de l’organisation de défense des droits de l’homme Human rights watch (1).

Une histoire déjà écrite ? L’objectif officiel de l’intervention française est de sécuriser Bangui et les routes principales pour les accès humanitaires, le reste du pays où vivent les trois quarts de la population va être ignoré et il est probable que les miliciens de la Seleka abandonnent la capitale et pourront sévir dans les villes et villages du pays en toute impunité. L’histoire semble déjà écrite.

L’armée française va mettre en déroute la Seleka, sous les applaudissement de la presse nationale et les félicitations de la classe politique, confisquer aux population centrafricaines le débat politique sur l’avenir de leur pays et mettre en place avec des élections bâclées un protégé de la France et du Tchad qui dans quelques années sera renversé par une nouvelle rébellion, qui occa- sionnera une crise humanitaire poussant la France… à intervenir. À moins que les peuples des pays du nord et du sud mettent fin à ce sinistre bégaiement de l’histoire.

Paul Martial
1– Rapport de Human rights watch « État d’anarchie, rébellions et exactions contre la population civile »

Mercredi 11 décembre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 221 (12/12/2013)

Commentaire: N’oublions pas la protection de « nos » ressortissants!

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11 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Des livres pour les fêtes

jeneine

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10 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Guadeloupe: avant l’explosion sociale ?

GRS guad

Il y a quatre ans, la grande grève historique avait durant 44 jours, de janvier à mars 2009, paralysée cette vieille colonie de la France.

Une grève massive qui avait mise en branle des travailleurs, des jeunes, des femmes, des petits artisans, des chômeurs , des paysans contre toute forme d’exploitation (pwofitasyon) et d’oppression autour d’un cahier de 146 revendications.

De nouveau, neuf organisations ouvrières (ugtg-cgtg-cftc-fo-unsa-fsu-speg-sud pttgwa-solidaires finances) avaient appelé à une mobilisation le jeudi 5 décembre 2013. Succès de cette mobilisation : 5000 à 6000 travailleurs ont défilé dans les rues de Pointe à Pitre, en demandant le respect du protocole d’accord signé le 4 mars 2009, contre les centaines de licenciements, contre la répression syndicale…

Le jour même, deux militants de la CGTG devaient passer devant les juges pour propos diffamatoires pour avoir écrit dans un tract que la fortune d’un béké – propriétaire d’un centre commercial – trouvait son fondement dans la traite négriére. Face à cette mobilisation, le pouvoir colonial a préféré reculer et a renvoyé le procès de ces camarades au 10 Janvier 2014.

Sortir du cercle infernal Succès donc de cet appel à une journée d’action et de mobilisation, d’autant qu’il y a eu une campagne de certains journalistes aux ordres, d’organisations patronales, et d’un dirigeant de la CTU pour dénoncer cet appel à la grève.

Qu’importe, les travailleurs, les jeunes, les petits artisans et paysans, savent que pour sortir du cercle infernal des licenciements, de la cherté de la vie, de la violence patronale, de l’injustice sociale, des emplois précaires, il faut emprunter la voie de la lutte, de ne pas écouter les sirènes de la désespérance, du renoncement et de la division.

Ce 5 décembre 2013 n’était qu’un premier pas important pour mettre toutes celles et ceux qui souffrent, toutes celles et ceux qui sont victimes de l’exploitation capitaliste et de l’oppression coloniale sur le chemin de l’espoir… et de la lutte.

Dèmen ké pli bel pou zanfan péyi la!

«Demain sera plus beau pour les enfants de la Guadeloupe» !

De Guadeloupe, Jean-Michel Palin Samedi 7 décembre 2013

http://npa2009.org/node/40001

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09 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

L’Afrique perd Mandela mais garde Déby, Biya, Sassou et l’armée française (survie)

tintin

L’association Survie a déjà largement dénoncé la tenue à l’Élysée d’un Sommet pour la paix et la sécurité en Afrique organisé par une ex-puissance coloniale qui n’a jamais cessé son ingérence sur le continent, et en présence de dictateurs qui y ruinent tout espoir de paix.

Rien ne pouvait cependant laisser présager la tonalité de la cérémonie d’ouverture, marquée par l’annonce du décès de Nelson Mandela. L’hommage rendu à cette icône des résistances africaines par le Président français et des chefs d’Etat qui méprisent leur peuple laisse un goût particulièrement amer lorsque l’on s’intéresse aux autres symboles véhiculés par ce Sommet.

Alors que les émissions de télévision repassent en boucle des images de la libération du héros de la résistance contre l’apartheid, en 1990, il est intéressant de faire le compte du nombre de chefs d’États invités à l’Élysée par François Hollande qui étaient déjà au pouvoir à cette époque.

C’est le cas de Paul Biya (Cameroun, depuis 1982), Denis Sassou Nguesso (Congo-B, depuis 1979), Blaise Compaoré (Burkina Faso, depuis 1987), sans oublier les héritiers des régimes Bongo et Eyadéma au Gabon et au Togo.

C’est en cette même année 1990 que le président tchadien a accédé au pouvoir par un coup d’État soutenu par la France. La comparaison entre ce qu’est devenue l’Afrique du Sud et la situation économique et humanitaire de ces pays du « pré-carré », malgré le « soutien  » supposé apporté par la France, paraît bien cruelle. Et sur le plan politique, combien de militants inspirés par le combat de Nelson Mandela sont passés eux-aussi par les prisons de ces dictatures ?

C’est pourtant avec le régime tchadien, notoirement violent et corrompu, mais aussi avec les régimes camerounais, gabonais et congolais que la France intervient aujourd’hui en Centrafrique pour contribuer à éteindre un feu qu’elle a largement contribué à alimenter.

Il est ainsi paradoxal de constater l’absence à ce sommet de Jacob Zuma, Président sud-africain, alors que l’événement a justement pour objet de plaider pour la constitution d’une force inter-africaine, qu’à ce jour seuls les sud-africains seraient susceptibles de conduire.

Jacob Zuma aurait décidé de ne pas se rendre à Paris pour dénoncer le rôle de gen- darme de l’Afrique que s’est octroyé la France dans des conflits récents (Côte d’Ivoire, Libye, Mali, Centrafrique). Nelson Mandela n’avait pas participé non plus au Sommet France-Afrique du Louvre, en 1998, organisé sur le même thème de « la paix et de la sécurité », avec les résultats (ou plutôt l’absence de résultats) que l’on connaît.

Outre les 50 années d’ingérence militaire et de soutien à des dictatures, peut être que ces deux présidents ont gardé en mémoire les longues années de coopération économique et militaire de la France avec le régime de l’apartheid, quand malgré les sanctions internationales, les gouver- nements français successifs, y compris sous la présidence socialiste de François Mitterrand, fournissaient en armes l’État qui maintenait Nelson Mandela dans ses geôles, en utilisant les ports gabonais ou comoriens.

Le 29 mars 1988, c’est même avec la complicité supposée des services secrets français que la représentante de l’ANC Dulcie September était assassinée à Paris alors qu’elle enquêtait sur les ventes d’armes entre la France et l’Afrique du Sud.

Les Français et les Africains qui défendent la justice et la fraternité entre les peuples garderont longtemps en eux le souvenir de Nelson Mandela et de nombreux héros sacrifiés, souvent remplacés par des tyrans, en espérant pouvoir tourner rapidement la page sombre de la Françafrique et du néocolonialisme. 7 décembre 2013 par Survie

http://survie.org/francafrique/article/l-afrique-perd-mandela-mais-garde-4592

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06 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Saint Renan, mémoire contre oubli, Palestine,un état des lieux

 palestine-oppression
Invitation de la médiathèque de Saint Renan, pour parler de la situation en Palestine samedi 14 décembre.
La médiathèque de Saint-Renan serait heureuse de votre présence
Samedi 14 décembre, à 10h30 pour une rencontre dans le cadre de ses animations
Rencontre avec Claude Léostic,
présidente de l’Association France Palestine Solidarité
et
Erwan Lelièvre, instituteur,
de retour d’un séjour de deux ans à Bethléem
Médiathèque, rue Le Gonidec, 02.98.32.30.20 
ASSOCIATION FRANCE-PALESTINE SOLIDARITE
1 Rue de L’Harteloire
292OO BREST 
Permanence : 3ème samedi du mois 11h/12h30 , 
 

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04 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Le général Aussaresses, défenseur de la torture en Algérie, est mort à 95 ans (lt)

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Le général Paul Aussaresses, qui avait clairement assumé son comportement de tortionnaire durant la guerre d’Algérie, est décédé à l’âge de 95 ans, a annoncé ce mercredi sur son site l’association d’anciens parachutistes « Qui Ose gagne ». L’association n’a pas précisé la date du décès mais dit que le général Aussaresses était « hospitalisé depuis quelque temps ».  Le général Aussaresses avait été condamné en 2004 pour apologie de la torture et exclu de l’ordre de la Légion d’honneur.4 décembre 2013 à 09h40

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/france-monde/france/deces-le-general-aussaresses-defenseur-de-la-torture-en-algerie-est-mort-a-95-ans-04-12-2013-2326367.php

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