Archive | Anticolonialisme

26 octobre 2014 ~ 0 Commentaire

le nouveau président d’areva attendu au tribunal de paris le 19 novembre (odn)

odn k Rassemblement à Paris le 19

Corruption ou diffamation? Le tribunal devra se pencher sur le fameux « Don d’Areva », directement affecté à l’achat d’un avion pour le Président du Niger… au moment où Areva et le Niger renégociaient le prix d’achat de l’uranium.

Une des premières missions de Philippe Knoche, le nouveau Président (par intérim) d’Areva, va être de remplacer son prédécesseur Luc Oursel lors du procès du 19 novembre, à 13h30 à la Cour d’appel de Paris, concernant le sulfureux « don d’Areva » au Niger: une somme de 35 millions d’euros directement affectée à l’achat d’un avion pour le Président Issoufou… lui-même ex-cadre d’Areva !

Le 11 décembre 2012, révélant l’existence de ce versement au moment même où le Niger tentait d’obtenir d’Areva une augmentation du prix de vente de l’uranium, l’Observatoire du nucléaire dénonçait « une manoeuvre de corruption, probable- ment sur le plan légal et assurément sur le plan moral, par Areva qui entend ainsi perpétuer sa mainmise sur les réserves d’uranium du Niger« .

Interrogée par l’AFP (dépêche du 12/12/12 : http://bit.ly/1tDANdn), Areva niait dans un premier temps l’existence de ce versement et décidait d’attaquer l’Obser- vatoire du nucléaire en justice – ainsi que son directeur Stéphane Lhomme, pour- suivi à titre personnel – pour une prétendue « diffamation », réclamant plus de 25 000 euros de pénalités dans le but évident d’obtenir la disparition de l’association, modeste mais néanmoins probablement un peu trop dérangeante.

Mais, le 14 janvier 2013, l’Observatoire du nucléaire publie le compte-rendu d’une réunion secrète, entre le directeur de cabinet du président nigérien et trois hauts dirigeants d’Areva, qui a eu lieu le 9 novembre 2012 et au cours de laquelle Areva s’est effectivement engagée à verser 35 millions d’euros au budget du Niger.

Le jour même, à nouveau interrogée par l’AFP (cf : http://bit.ly/REeuFE), Areva était bien obligée de reconnaître l’existence du fameux versement mais sans parvenir à le justifier. Ce n’est qu’après l’intervention militaire française au Mali que, le 9 mars 2013 (cf AFP : http://bit.ly/1jk54uE), Areva propose a posteriori une « explication » pour le versement de 35 millions : il s’agirait d’aider le Niger à « sécuriser les mines d’uranium ».

Une explication objectivement mensongère puisque le versement n’aura finalement jamais lieu: la « sécurisation » en question n’était donc qu’un faux alibi. Il faut dire que, entre temps, l’Observatoire du nucléaire a publié plusieurs documents accablants pour Areva, et en particulier :

- un document papier officiel de la République du Niger où apparaît noir sur blanc le versement d’Areva… et sa pré-affectation à l’achat d’un avion pour le Président

 

- un enregistrement audio de la séance du Parlement du Niger au cours de laquelle le ministre des finances de l’époque, M; Gilles Baillet, annonce l’arrivée du versement d’Areva et précise qu’ « il y a déjà une première inscription pour l’avion présidentiel dans le budget 2013« 

Bien que confrontée à ces éléments explosifs et édifiants, Areva a maintenu sa plainte pour « diffamation », peut-être assurée de pouvoir compter sur la « compré- hension » des juges de première instance: c’est en effet par un jugement stupéfiant (cf http://bit.ly/1fp6wLn ) que ces derniers ont donné raison à Areva, en usant de méthode proprement plus que curieuses :

- les accusations de « manœuvre probablement illégale » et de « pré-affectation de la somme« , portées explicitement à l’encontre du ministre des finances du Niger, ont été considérées comme de la diffamation… à l’encontre d’Areva !

- la phrase « une manoeuvre de corruption, probablement sur le plan légal et assurément sur le plan moral » a été grossièrement tronquée par les magistrats dans leur jugement, la coupant net après le mot corruption.

Or la fin de la phrase change totalement le sens de l’accusation portée par l’Obser- vatoire du nucléaire qui n’a jamais évoqué dans cette affaire – contrairement par exemple à l’affaire Uramin – des histoires de valises de billets échangées sous la table: il s’agit en l’occurrence d’un versement parfaitement officiel… et néanmoins totalement injustifiable.

Il sera intéressant, lors du procès du 19 novembre prochain de voir si le nouveau Président d’Areva (par intérim), Philippe Knoche, reprend à son compte les explications abracadabrantesques d’Areva, et si les juges de la Cour d’appel sont aussi complaisants avec Areva que ceux de première instance…

 

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20 octobre 2014 ~ 0 Commentaire

éric zemmour, le tea party à l’eau de vichy (al’e)

Bourreau-de-Bethune

Dans sa longue complainte sur le déclin de la France, Eric Zemmour laisse percer un mince rayon de lumière: au moins la France de Vichy parvint-elle à sauver 75 % des juifs de France du monstre nazi…

Il est difficile de croire qu’il a véritablement lu les statuts de Vichy concer- nant les juifs. Aucune «préférence nationale» n’y apparaît. Toutes les mesures de Vichy concernant les juifs visaient autant les citoyens français que les immi- grés, mise à part celle du 4 octobre 1940 ordonnant l’internement des «ressor- tissants étrangers de race juive». Certaines dispositions, il est vrai, furent prises afin d’exempter les vétérans de guerre et les juifs qui avaient rendu à la France des services particuliers, qui n’étaient pas nécessairement citoyens français, ainsi que des familles installées dans l’Hexagone depuis cinq générations. Dans les faits, toutefois, peu de personnes bénéficièrent de ces exemptions, et il arriva que certaines d’entre elles finissent par être déportées.

Le régime de Vichy appliqua ses mesures de restriction aux juifs avec zèle. Des chercheurs français établirent le chiffre précis de ceux qui furent exclus de la fonction publique et interdits d’exercer leur profession. La commission Mattéoli a déterminé très exactement combien d’entre eux furent victimes de spoliations. Les juifs français, davantage intégrés que les immigrés, ont particulièrement souffert de ces mesures. Lorsque les déportations débutèrent, ils étaient déjà extrêmement fragilisés par la perte de leurs professions et de leurs biens.

Antisémitisme culturel français Les juifs assimilés comme Léon Blum [président du Conseil des ministres français entre juin 1936 et juin 1937, et président du Gouvernement provisoire de la République française entre le 16 décembre 1946 et 16 janvier 1947, furent les cibles d’un opprobre tout particulier.

Xavier Vallat, le premier commissaire général aux questions juives, brouillait la différence existant prétendument entre l’antisémitisme culturel français et l’anti- sémitisme racial allemand. Vallat était convaincu que des juifs comme Blum, bien que nés français, étaient fondamentalement incapables de devenir d’authentiques Français.

Tous les historiens ayant travaillé sérieusement sur la France de Vichy détectent un changement à l’été 1942. Lorsque la «solution finale» commença à être mise en œuvre en France, avec les arrestations de masse, et la séparation des mères de leurs enfants. Même ceux qui s’étaient récemment plaints du nom- bre trop élevé à leurs yeux d’immigrés montrèrent de la répulsion.

Cinq évêques dénoncèrent ces arrestations. Pierre Laval, le chef du gouver- nement, n’obtint qu’un report de l’arrestation des juifs français. Les Allemands acceptèrent de déporter en priorité les juifs étrangers, pourvu que la police fran- çaise assure un nombre suffisant pour remplir les trains. Ils dirent toujours très clairement à Laval qu’ils finiraient par s’occuper des juifs français aussi. Il n’y eut jamais aucun accord, ni écrit ni oral, sur cette question.

En fin de compte, les Allemands s’emparèrent de tous ceux qu’ils purent, français ou non. Un tiers des 76 000 juifs déportés était des citoyens français, dont, il est vrai, des enfants nés en France de parents immigrés. L’extermination de 25 % des juifs de France ne fut pas un résultat positif. En effet, la France avait bien plus de possibilités de dissimuler les juifs que la Belgique et les Pays-Bas, où la présence allemande était plus forte.

L’exemple de l’Italie permet d’établir une meilleure comparaison. L’occupation allemande y débuta plus tard, mais se termina plus tard aussi, en mai 1945. Ne pouvant compter ni sur l’aide de l’Etat italien ni sur celui de sa police, les nazis ne furent en mesure de mettre la main que sur 16 % des juifs d’Italie. Si en France la police de Vichy participa activement aux arrestations, elle le fit avec de moins en moins de zèle à partir du début de l’année 1943.

Plus stupéfiant encore, le régime de Vichy envoya spontanément 10 000 juifs étrangers de la zone libre de l’autre côté de la ligne de démarcation pour les livrer à une mort certaine. Une telle mesure n’eut pas d’équivalent en Europe de l’Ouest, et n’en eut que peu en Europe de l’Est. On peut tenter d’expliquer ce zèle en l’interprétant comme une réaction à l’avalanche de réfugiés dans les années 1930. La France en accueillit proportionnellement plus que les Etats-Unis, mais pas davantage en nombre absolu, comme le prétend M. Zemmour. Après 1940, Vichy tenta de convaincre l’Allemagne de «reprendre» ses réfugiés. Au printemps 1942, Berlin obtempéra et put compter sur le plein concours de Vichy.

Des gens de bien Bien comprendre la situation allemande permet de saisir l’im- portance pour eux de la collaboration policière française. Une constante pénurie de main-d’œuvre sévissait en Allemagne. Engagée dans des combats de grande ampleur sur le front de l’Est, elle comptait en France sur Vichy et sa police pour combler ce manque. Ce fait n’est pas de mon invention, contrairement à ce qu’in- sinue M. Zemmour; il ressort avec évidence des archives allemandes. «Etant donné que Berlin ne peut pas détacher du personnel», écrivit le 7 juillet 1943 Heinz Röthke, l’officiel chargé de diriger les actions allemandes contre les juifs, l’action [d’arrestation de juifs] devra être exécutée presque exclusivement avec des forces de la police française».

Il existe, dans cette lamentable histoire, quelque chose dont il est permis de se féliciter. Je pense ici aux efforts que menèrent de nombreux Français pour venir en aide aux juifs, particulièrement aux enfants. Michael R. Marrus et moi-même leur avons dédié notre ouvrage paru en 1981, Vichy et les Juifs (Calmann-Lévy), car nous ne concevions pas que la critique de Vichy puisse équivaloir à une cri- tique de la France et des Français (comme le pense Zemmour). L’aide huma- nitaire apportée aux juifs ne fut pas une spécificité française, mais elle joua un rôle important reconnu par Vichy qui traqua et arrêta parfois ces gens de bien.

Le livre d’Eric Zemmour rencontre le succès parce qu’il exploite avec ha- bileté la peur du déclin. Le lecteur est porté par sa verve, son talent pour l’in- vective, son don de conteur et son goût de la provocation. Mais tout ce qui est abordé dans ce livre l’est au travers des verres déformants. Sa nostalgie de l’au- torité masculine ne fait guère de proposition constructive pour surmonter les pro- blèmes du moment. Je ne crois pas qu’ils seront nombreux à vouloir sérieusement revenir à l’époque d’avant 1965 alors que les femmes ne pouvaient ouvrir un com- pte en banque sans l’autorisation de leurs maris, un changement que Zemmour semble regretter. Une fois que l’énergie criarde de ce livre aura fait son petit effet, l’engouement du moment disparaîtra.

Vues de l’étranger, les idées noires exploitées par Zemmour ne semblent pas si exceptionnelles. Jadis puissance militaire et culturelle, la France en est venue à occuper une position certes honorable mais moyenne. Aucun Etat n’échappe au relâchement des liens nationaux et sociaux, au commerce mondialisé et à l’indivi- dualisme débridé.

Aux Etats-Unis aussi, on redoute la déchéance. Le Tea Party est parvenu à bloquer le gouvernement fédéral. Le système électoral américain est archaïque. Le président n’est pas apprécié par la population. Un mouvement «néoconfédéré» vigoureux s’enorgueillit de la cause sudiste telle qu’elle fut défendue au cours de la guerre civile des années 1861-1865. Ce mouvement accuse les historiens qui critiquent la société esclavagiste d’être quelque peu antiaméricains. Eric Zemmour se sentirait chez lui en leur compagnie. (Traduit de l’anglais par Frédéric Joly, publié dans Le Monde du 19-20 octobre 2014, page 15)

Robert O. Paxton, professeur émérite d’histoire Columbia University (New York). Il a publié, entre autres: La France de Vichy, 1940-1944, (Ed. Seuil, poche en 1999); Le Fascisme en action (Ed. Points histoire); Michael R. Marus et Robert O. Paxton, Vichy et les Juifs (Calmann-Lévy 2013). (…)

Publié par Alencontre le 20 – octobre – 2014
Pour l’ensemble des notes:

 

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19 octobre 2014 ~ 0 Commentaire

israël: la colonisation est « le cancer de la paix » (i-télé)

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11 octobre 2014 ~ 0 Commentaire

ébola : qui sont les artisans de la mort et comment les combattre? (essf)

ébola : qui sont les artisans de la mort et comment les combattre? (essf) dans Altermondialisme Black+women+colorful

Selon les derniers pronostics du Centers for Desease Control and Prevention (CDC) des Etats-Unis, si la pandémie d’Ebola continue à progresser au rythme actuel, elle pourrait toucher 1,4 million de personnes au Liberia et en Sierra Leone d’ici janvier 2015, ce qui conduirait à l’anéantissement de 700 000 d’entre elles en un an, faisant ainsi d’Ebola la troisième cause de décès de maladie infectieuse en Afrique, après le sida et les affections des voies respiratoires.

Pour les deux pays les plus durement touchés, cela pourrait conduire à la disparition de près de 10% de leur population en une année, si l’on tient compte aussi des effets induits d’une telle catastrophe sur l’alimentation et la santé glo- bales des populations concernées. Il est donc urgent d’en comprendre les causes pour tenter d’éviter le pire et de prévenir des tragédies semblables dans d’autres régions du Sud.

Notons tout d’abord que la progression de la maladie semble maîtrisée au Nigéria et au Sénégal, et qu’elle a sensiblement ralenti en Guinée. En République démocratique du Congo (RDC), où une épidémie parallèle a démarré à la fin août, elle paraît actuellement aussi sous contrôle ; il faut dire que ce pays a l’expérience de cette maladie depuis 1976.

Comment expliquer dès lors la gravité particulière de la pandémie au Libéria, qui concentre la majorité absolue des nouveaux cas déclarés depuis la mi-août, suivi en deuxième position par la Sierra Leone ? Si la Guinée s’en sort appa- remment mieux, c’est que l’épidémie a démarré dans ses districts forestiers du sud, largement coupés d’une économie qui repose essentiellement sur l’exploi- tation de la bauxite (1ère réserve au monde) au nord. En réalité, le sud du pays regarde vers le Libéria et la Sierra Leone, qui lui offrent aussi ses plus proches débouchés maritimes.

Pour comprendre la gravité de la situation au Libéria, en Sierra Leone et au sud de la Guinée, il faut donc s’intéresser de plus près aux particularités de cette sous-région.

J’en citerai quatre, qui constituent ensemble un cocktail explosif :

1. Depuis la fin des années 1980, le Libéria, la Sierra Leone et le sud de la Guinée sont au cœur de conflits armés pour le contrôle des ressources naturelles.

2. Après le rétablissement d’une paix relative, dans la première moitié des années 2000, la montée en flèche des investissements étrangers dans l’accaparement de terres et le secteur minier poursuit l’expropriation d’une petite paysannerie déjà fragilisée par la guerre.

3. La destruction accélérée de la forêt met en péril ses espèces animales et pousse leurs parasites microbiens à chercher de nouveaux hôtes aux marges de leur écosystème traditionnel.

4. L’effondrement des institutions étatiques issues des indépendances a transféré leurs tâches essentielles à des acteurs extérieurs privés, à des ONG, voire aux grandes puissances occidentales.

C’est le cumul de ces quatre caractéristiques qui fait de ces pays un terrain idéal pour la diffusion du virus Ebola.(…)

Pour contribuer à la sortie de cette barbarie, il faut dès lors dénoncer les mystifications de ceux qui ne cessent d’annoncer le décollage de l’Afrique, dé- ,guisent les multinationales en agences de développement, font passer MSF pour l’OMS, et confondent AFRICOM avec l’Armée du salut. En même temps, notre solidarité doit aller avant tout aux mouvements sociaux africains qui combattent le pillage des ressources naturelles, l’expropriation des paysans, la super-exploitation des salarié-e-s, la ruine des services publics ou la répression des libertés démocratiques.

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BATOU Jean 10 octobre 2014

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21 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

Francafrique, la famille recomposée (survie)

survie

Diplomatie, armée, entreprises

L’expression «Françafrique» est popularisée par l’association Survie dès les années 1990 sous la plume de François-Xavier Verschave pour dénoncer les pratiques néocoloniales de l’État français.

Alors que le terme, parfois vidé de son sens, s’est imposé dans le débat public, comment la Françafrique s’est-elle recomposée ces dernières années, notamment sous une présidence socialiste qui clame sa disparition?

Une politique prétendument «normalisée» vis à vis de l’Afrique est-elle com- patible avec le soutien toujours apporté par l’exécutif français à des régimes dic- tatoriaux, sur fond de préservation d’intérêts jugés stratégiques?

Quel sens donner au «retour à l’Afrique» qui semble s’imposer au plan politi- que, économique et surtout militaire, comme l’illustrent l’interventionnisme au Mali, en Centrafrique et le repositionnement de l’armée française dans plusieurs pays ?

Quelle est la réalité de la concurrence internationale pour «nos entreprises», comment se sont-elles adaptées à la mondialisation et aux différentes évolutions de la relation franco-africaine dans un contexte où la diplomatie économique s’affiche de manière totalement décomplexée?

En s’intéressant successivement aux trois principaux pouvoirs (politique, militaire et économique) qui déterminent la politique africaine de la France, les contributions rassemblées dans cet ouvrage proposent des réponses à ces ques- tions et offrent ainsi une analyse actualisée de ce que continue d’être la Françafrique aujourd’hui. 3 septembre 2014 par Ophélie Latil

Editions Syllepse, 224 p., 12 euros. Les contributeurs de cet ouvrage sont des militants, chercheurs, écrivains mobilisés dans le combat contre la Françafrique de l’association Survie.

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14 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

Le capitalisme porte toujours en lui la guerre… (npa)

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51 jours de guerre et de massacres perpétrés par l’armée israélienne contre les Palestiniens de la bande de Gaza, 2 000 morts, 11 500 blessés, 475 000 déplacés.

L’ensemble du Moyen-Orient déstabilisé par la guerre en Syrie qui trouve une dramatique et barbare répercussion dans le chaos en Irak et aussi au Liban; la Libye en voie de tomber sous la coupe des intégristes; le Nigeria, l’Afrique du Sahel eux aussi cadres d’une offensive djihadiste alors que l’épidémie d’Ebola fait des ravages; la guerre aux portes de l’Europe, en Ukraine; les conflits militaires, les tensions internationales s’exacerbent de façon dramatique et inquiétante…

Cette montée des militarismes est directement la conséquence de l’offensive que mènent les grandes puissances contre les travailleurs et les peuples.

Les fruits pourris des impérialismes Les atrocités commises par l’État islamique en Irak et en Syrie, la mise en scène sur les médias du monde entier de deux décapitations de journalistes américains, soulèvent l’indignation et révoltent.

Mais d’où viennent ces forces réactionnaires, cette barbarie ? Comment expli- quer que les troupes djihadistes puissent trouver des appuis dans une partie de la population si ce n’est par la politique menée par les USA et leurs alliés qui, par deux guerres et des années d’occupation, ont mis l’Irak à feu et à sang, ont dressé les communautés religieuses les unes contre les autres

D’où vient aussi le chaos de toute une région qui détient d’énormes richesses si ce n’est de la politique de ces mêmes grandes puissances, et en particulier la France, qui depuis des décennies divisent les peuples, les dressent les uns contre les autres pour s’assurer la mainmise sur le pétrole?

Obama et des États membres de l’Otan qui se réunissaient le week-end dernier ont appelé à une coalition internationale pour liquider l’État islamique. Des frappes aériennes ont lieu, mais la guerre ne fera qu’engendrer la guerre, le désespoir de populations condamnées à la misère, aux souffrances, au désespoir. L’issue ne peut venir que du soulèvement du peuple kurde et des populations.

Israël et le maintien de l’ordre occidental La guerre ignoble menée par Israël contre le peuple palestinien spolié de ses terres, sans droit, sans État, humilié, est l’illustration de cette logique militariste dévastatrice et absurde. Israël n’aurait pas pu agir ainsi qu’il le fait depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, s’il n’avait pas eu le soutien des grandes puissances occidentales qui en ont fait leur place forte contre les peuples de la région.

La guerre contre le peuple palestinien, c’est la guerre contre l’ensemble des peuples du Moyen-Orient pour maintenir l’ordre au profit des grandes compagnies pétrolières. Pendant les 51 jours où Israël a bombardé la population de Gaza, Obama a justifié et légitimé le massacre comme le fit piteusement Hollande.

Tensions entre grandes puissances Les grandes puissances sont aussi rivales pour défendre leur zone d’influence, leur droit à opprimer et à piller les peuples qu’elles ont soumis. C’est ce qu’illustre la guerre qui a lieu en Ukraine. Poutine et Obama avec le soutien de l’Europe se disputent l’Ukraine, divisent et dressent les populations les unes contre les autres.

Les pays de l’Otan invoquent la ­démocratie mais on voit ce que vaut leur démocratie dans les guerres d’Irak, celle d’Afghanistan où l’occupation du pays n’a fait que renforcer les talibans, en Libye ou en Afrique subsaharienne. L’Otan n’est rien d’autre que le bras armé des puissances occidentales sous la houlette des USA pour défendre leur domination de plus en plus contestée sur le monde.

Le capitalisme, c’est la guerre Il y a quelques années, les chantres de la mon- dialisation libérale nous expliquaient que le libre-échange, c’était la paix et la démocratie. C’est l’inverse qui a lieu. Avec l’exacerbation de la concurrence mon- diale, les tensions internationales s’accentuent, la lutte pour le contrôle des riches- ses, des sources d’approvisionnement en matières premières, des voies de com- merce, débouchent sur la montée du militarisme, la multiplication des conflits armés.

Un siècle après le déchaînement de la barbarie impérialiste de la guerre de 14- 18, le capitalisme porte toujours en lui la guerre comme l’avait alors dénoncé, au prix de sa vie, Jaurès. Le combat pour la paix, c’est le combat pour en finir avec le capitalisme et construire un monde fondé sur la coopération des travailleurs et des peuples, le socialisme.Hebdo L’Anticapitaliste – 255 (11/09/2014)

Mercredi 10 Septembre 2014 Yvan Lemaitre

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12 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

Israël ne fait pas mieux que la russie (slate)

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Israël utilise les mêmes arguments retors que la Russie pour s’arroger des territoires en Cisjordanie. Or, ce que nous fustigeons en Ukraine, nous le tolérons en Palestine. (…)

Les Etats-Unis défendent ce principe en Ukraine et en Irak: nul n’a le droit d’utiliser la force pour s’approprier des territoires ou modifier les frontières. Mais Israël, allié des Etats-Unis, continue d’enfreindre la règle. Fin août, le pays s’est encore arrogé une parcelle de territoire palestinien: 400 hectares, sa plus grande saisie territoriale en trente ans.

Il s’agit bien d’une offensive Ces territoires ne sont pas situés à Gaza, d’où le Hamas lance des roquettes et où il creuse des tunnels. Ils se trouvent en Cisjor- danie, où le président palestinien Mahmoud Abbas prône la non-violence et tente de négocier un accord de paix. Israël contrôle plus de 40% de la Cisjordanie, et utilise son armée pour faciliter l’occupation de ce territoire par des colons juifs. Aucun accord n’a jamais octroyé ces terres à Israël. C’est du vol.

Le 31 août, tandis que l’attention du monde entier était distraite par Poutine et l’Etat Islamique (EI), Israël s’est emparé d’un nouveau bout de terre. Son armée a annoncé que 400 hectares près de Bethléem —dont une grande partie, selon des responsables palestiniens, est couverte d’oliveraies et appartient à des familles palestiniennes— faisaient désormais partie du territoire israélien. (…) Et cela décrédibilise Abbas, en envoyant à tous les Palestiniens le message que les négociations, c’est pour les gogos.

Comment responsables et colons israéliens justifient-ils cette confiscation? Ils affirment que les Palestiniens n’utilisent pas ces territoires. Ils disent que les Palestiniens qui y vivent ne peuvent pas prouver qu’ils en sont les propriétaires. Ils avancent qu’Israël en a besoin pour loger une population en pleine croissance, argument que l’on pourrait baptiser Liebermansraum, en l’honneur du ministre israélien pro-colonisation des Affaires étrangères. Israël estime aussi que cet accaparement de terres ne fait pas grande différence dans la mesure où elles font partie du territoire qu’Israël envisage de conserver dans le cadre d’un quelconque accord permanent avec les Palestinien. Dans la mesure où vous estimez qu’un jour ou l’autre il vous reviendra, alors ce n’est pas vraiment du vol.

Les points communs avec la Russie de Poutine Le plus dérangeant du point de vue des normes internationales, c’est l’étroite ressemblance entre les justifications d’Israël et celles de la Russie. Les Israéliens soulignent que des centaines de mil- liers de juifs vivent en Cisjordanie et à Jérusalem Est. Les Russes invoquent la même raison pour protéger les russophones d’Ukraine.

Les Israéliens affirment que cette nouvelle parcelle de territoire leur est néces- saire pour relier leurs avant-postes cisjordaniens à Israël. Les Russes utilisent la même logique pour justifier la réalisation d’un pont terrestre vers la Crimée. Les Israéliens clament s’être emparés de la Cisjordanie dans les règles lors d’une guerre ancienne déclenchée par le camp adverse.

La Russie pourrait en dire autant de sa récupération de l’Ukraine après la Seconde Guerre mondiale. Israël affirme vouloir encore négocier la paix; les colo- nisations en cours ne font que lui donner un peu plus de poids. C’est exactement le point de vue des responsables russes sur les brutalités auxquelles ils se livrent en Ukraine. Israël a brouillé la limite entre civil et militaire, entre installation et agression

Du côté d’Israël, le plus insidieux est le fait de se servir de civils comme des armes. Les dirigeants israéliens ont à maintes reprises imposé des colonies pour punir les affronts palestiniens. C’est un message qu’ils ont envoyé au mois de mai dernier, lorsqu’Abbas a formé un gouvernement d’unité avec le Hamas, ainsi qu’en juin après l’assassinat de trois adolescents israéliens par des terroristes.

Les principaux ministres israéliens ont choisi à dessein cette parcelle de territoire, celle qu’ils ont revendiquée le 31 août, pour sa proximité avec la yeshiva où étudiaient les jeunes gens. Le 1er septembre, le ministre israélien de l’Econo- mie, Naftali Bennett, s’est rendu dans la yeshiva et y a salué la nouvelle confis- cation en proclamant: «La construction est notre réponse aux meurtres.» Aux étudiants il a confié: «Vous en êtes le fer de lance

Lorsque des dirigeants israéliens se conduisent et parlent ainsi, comment s’étonner que les Palestiniens se mettent à considérer les colons comme des cibles militaires? Israël a fait de la colonisation un instrument de punition collective et un moyen d’en faire la publicité. Il a brouillé la limite entre civil et militaire, entre installation et agression.

Les colons israéliens s’inquiètent à l’idée que les confiscations et les cons- tructions ne s’arrêtent. Ils craignent, selon les termes du site pro-colonisation Arutz Sheva, qu’un gel des constructions ne devienne le statu quo, et que toute nouvelle colonisation ne soit considérée comme «une déviation de la norme».

En bref, ils ont peur que le principe que nous défendons en Ukraine et en Irak, selon lequel vous n’êtes pas autorisé à vous emparer de territoires juste parce que vous en avez les moyens, ne s’applique aussi en Palestine. J’espère bien qu’ils ont raison.William Saletan

Traduit par Bérengère Viennot 10.09.2014 – 14 h 32

http://www.slate.fr/story/91861/israel-russie-annexion-territoire

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27 août 2014 ~ 0 Commentaire

Le coup d’état permanent de l’armée (survie)

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L’armée française en Afrique

Sans surprise, le Gouvernement français a mis fin, dès le premier haussement de sourcils de l’état-major des armées, à ses timides tentatives d’économie sur le colossal budget de la défense française. Éducation et recherche, aménagement du territoire, logement, justice, santé, sécurité publique: tout sera sacrifié au moloch militaire.

Les hauts gradés défendent d’abord les rentes que l’État français leur assu- re. En effet, si l’engagé de base est envoyé au feu sans disposer de l’équipement minimal, la Cour des comptes observe que «le nombre d’officiers généraux est resté à peu près constant en dépit de la réduction du format des armées. L’ar- mée de terre compte ainsi 176 généraux pour seulement 15 brigades à comman- der. Pour les 3468 officiers ayant un grade équivalent à celui de colonel, les commandements disponibles de régiments, de bâtiments de la marine et de bases aériennes sont au nombre de 150.»

Ce budget considérable sert aussi à enrichir des sociétés privées dont les productions inutiles et coûteuses sont invendables sur les marchés extérieurs. Comment s’étonner dès lors qu’une industrie de la défense artificiellement dopée par la subvention automatique soit de moins en moins compétitive?

On comprend que ces lobbies communient dans l’idéologie impériale. Les chefs d’état-major n’ont pas manqué de souligner que des coupes budgétaires mettraient en péril la «capacité de projection» de nos armées. Il semble aller de soi que la France doit rester la troisième puissance militaire [1] et le deuxième pays au monde, après les USA, en nombre de soldats déployés hors du territoire national, forces concentrées quasi exclusivement en Afrique francophone.

L’exception militaire française est si invétérée qu’elle s’impose comme un objet sacré, au-dessus de tout examen officiel. Les guerres d’Indochine et d’Algérie, défaites militaires, échecs politiques et désastres humains, se sont prolongés en un long cycle d’errements aux conséquences délétères. Ainsi la guerre cruelle menée contre le mouvement nationaliste camerounais, de 1956 à 1963, vit se perpétrer maints Oradour, dans le seul but d’installer un régime qui a conduit le pays à la ruine.

Quant à l’action militaire de la France au Rwanda, la nécessité de tirer le bilan de ce qui a conduit la France à tremper dans ce génocide se heurte à un bloc de dénégation inexpugnable. L’évaluation des dix ans de l’opération Licorne en Côte d’Ivoire n’est pas davantage à l’ordre du jour. Tous les rouages gouvernementaux, parlementaires, judiciaires de l’État français sont mobilisés pour maintenir l’opacité sur les épisodes de Bouaké, de l’hôtel Ivoire ou de l’affaire Mahé.

Pourquoi l’opération Epervier au Tchad dure-t-elle depuis 1986, pour quel résultat sinon pour le maintien du pays sous la coupe d’un pouvoir tyrannique et sanguinaire ? Etc.

Les interventions en cours au Mali et en Centrafrique n’ont permis aucune évolution favorable des maux qu’elles prétendaient guérir. Serval a conforté les antagonismes maliens au lieu de les résoudre. Sangaris a attisé l’incendie qui consume le pays. L’enlisement d’une pauvre France qui n’en peut mais dans ces opérations absurdes est probable. Le seul espoir est qu’il permette à notre pays, comme le désastre angolais l’a permis au Portugal, d’échapper enfin au vampiris- me des fanatiques des guerres d’Afrique.  Par Odile Tobner

Source : www.survie.org

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21 août 2014 ~ 0 Commentaire

Fête de la solidarité, châteaubriand palestine

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L’association Echanges et Solidarité 44 organise chaque année à la fin du mois d’août une fête de la solidarité sur le site de l’étang de Gruellau à Treffieux au coeur du Pays de Châteaubriant.

Ce rendez-vous annuel militant et populaire rassemble une trentaine d’associations de solidarité internationale dans une ambiance festive et conviviale.

En 2014, l’association Chateaubriant Palestine invite l’UJFP. André Rosevègue y sera donc le samedi 23 et le dimanche 24 août au stand de cette association et participera à un forum sur la Palestine le dimanche.

http://www.ujfp.org/spip.php?article3473

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21 août 2014 ~ 0 Commentaire

James connolly, août 1914: socialiste fidèle à l’internationalisme (lo)

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À l’été 1914, alors que le monde sombrait dans la barbarie de la guerre mondiale, les militants ouvriers fidèles à l’internationalisme étaient peu nombreux. Nous publions un article de l’un d’entre eux, le dirigeant socialiste irlandais James Connolly.

Connolly était né en 1868, à Édimbourg, dans une famille d’ouvriers immigrés irlandais. Apprenti, soldat, déserteur, il devint socialiste et milita en Écosse, puis en Irlande, aux États-Unis et à nouveau en Irlande à partir de 1911.

En 1913, ce fut, selon l’expression de Lénine, « la guerre de classes à Dublin ». Dans cette ville, capitale de l’Irlande sous domination anglaise, vingt mille familles de travailleurs vivaient alors dans une seule pièce. Leurs enfants mendiaient pieds nus dans la rue. La police britannique alliée au patronat irlandais faisait la chasse aux syndicalistes. Mais ces derniers, soutenus par des dizaines de milliers de travailleurs et emmenés par le syndicaliste Jim Larkin et le socialiste James Connolly, se défendirent pied à pied, des mois durant. Lénine espérait que ce combat, qui mobilisait les travailleurs non qualifiés et les femmes, c’est-à-dire les plus exploités des exploités, ferait sortir de son réformisme le mouvement ouvrier britannique, qui organisait essentiellement les ouvriers qualifiés.

En Irlande, pays dominé par l’impérialisme anglais depuis des siècles, les travailleurs étaient en butte à une double oppression, sociale et nationale. Le mouvement ouvrier, dont Connolly était le dirigeant le plus notable, avait donc à exprimer une double révolte, tout en se délimitant en permanence du mouvement nationaliste irlandais. Ses paragraphes sur le patriotisme sont ceux d’un militant ouvrier de pays dominé, qui prend bien soin de distinguer le patriotisme du travailleur de celui du bourgeois.

À la déclaration de guerre, le mouvement ouvrier officiel se rallia à l’Union sacrée derrière la bourgeoisie anglaise. Une grande partie du mouvement nationaliste irlandais accepta de se transformer en recruteur pour l’armée britannique. Connolly et ses camarades tinrent bon. Outre son internationalisme intransigeant et sa dénonciation de la guerre qui, à cent ans de distance, frappent encore le lecteur au plus profond, Connolly trouvait le chemin le plus radical, c’est-à-dire le plus réaliste, celui de l’insurrection.

En 1916, il fut l’un des chefs de l’insurrection de Pâques, à Dublin. Les organisations se battant pour l’émancipation nationale tentèrent alors de profiter de la guerre pour se soulever contre le joug de l’impérialisme anglais. Les insurgés furent battus, au prix de plusieurs centaines de morts et de milliers de blessés. Les chefs, dont Connolly, furent exécutés.

Loin des pacifistes criant à la tentative de putsch, Lénine salua la courageuse tentative de James Connolly et de ses camarades : « Le malheur des Irlandais est qu’ils se sont insurgés alors que l’insurrection du prolétariat européen n’était pas encore mûre. » Et, reliant le mouvement de Dublin à d’autres, en Indochine « française », au Cameroun « allemand », il affirmait : « Ce n’est que par l’expérience acquise au cours de mouvements révolutionnaires isolés (…) que les masses s’instruiront et prépareront l’offensive générale. » Paul GALOIS

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2403&id=11

Ci-dessous la traduction d’un article que James Connolly rédigea pour le journal socialiste écossais Forward, au tout début de la guerre, le 15 août 1914.

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2403&id=12

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