Archive | Anticolonialisme

05 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

les 5 révoltes des noirs qu’on ne vous enseignera jamais à l’école (slate afrique)

clr james

La lutte des esclaves pour se libérer du joug colonial est trop peu enseignée. Le site Atlantablackstar réhabilite des révoltes passées aux oubliettes.

La mémoire est parfois sélective. Et nous retenons de l’Histoire que ce qui nous arrange: les victoires des uns, les défaites des autres… Pour rappeler le combat des noirs contre les oppresseurs arabes puis européens, le site Atlantablackstar a listé les quinze révoltes dont les écoliers n’entendront jamais parler à l’école. Seulement, et malheureusement, les seules données dournies s’appuient sur celles que l’on peut trouver sur des encyclopédies en ligne, sans aucune mise en perspective. Merci Wikipédia.

1 – La rébellion des Zanj Des esclaves noirs se révoltent contre les esclavagistes arabes (869-883)

La rébellion des Zanj est une révolte d’esclaves noirs contre le pouvoir des Abbassides, entre 869 et 883, dans le sud de l’Irak, dans la région de Bassorah. La révolte prit une grande ampleur, avant d’être écrasée en 883 par le vizir al-Muwaffaq. Les Zandj ou Zinj étaient originaires d’Afrique orientale. Ils ont été négociés comme esclaves par les Arabes et ont été contraints de travailler dans les salines situées au sud de l’Irak moderne.

2 – La révolution de Stono Le soulèvement des esclaves noirs de caroline du Sud (1739)

Le 6 septembre 1739, une révolte d’esclaves éclate dans la colonie de Caroline du Sud. Le bilan est lourd: près de 60 esclaves tués. Grâce à cette énième bataille, certains esclaves ont pu s’échapper. La rébellion Stono est souvent considérée comme la plus grande révolte d’esclaves dans les colonies britanniques avant la révolution américaine.

3 – La colère des Maroons Bataille entre des esclaves jamaïcains et les Britanniques (1739)

Les «Maroons» jamaïcains ont été les premiers esclaves africains à arracher leur liberté aux maîtres européens. Un conflit larvé durait depuis des décennies: des rixes éclataient souvent entre les Britanniques et les Maroons.

4 – La révolte de Haïti Les esclaves haïtiens se soulèvent (1791)

Dutty Boukman, esclave jamaïcain, est vendu à un marchand d’esclaves français en Haïti. Instruit, l’homme réussit à organiser une révolte qui aura finalement raison des soldats britanniques et français. Pendant la guerre, qui a marqué ce pays qui deviendra le premier pays noir indépendant en 1804, 100.000 soldats français et britanniques ont été tués.

5 – La rébellion de Nat Turner Soulèvement mené par un esclave en Virginie (1831)

La rébellion de Nat Turner, appelée l’insurrection Southampton, est probablement le plus célèbre révolte des esclaves en Amérique du Nord. La révolte a été planifiée par un esclave, Nathaniel Turner (dit Nat Turner), au mois d’août de l’année 1831, à Southampton, en Virginie. Cette révolte très sanglante aboutit au durcissement des lois vis-à-vis des esclaves noirs dans les Etats du Sud.

http://www.slateafrique.com/394568/les-5-revoltes-noires-oublie

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31 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

l’onu rejette une résolution palestinienne, israël « satisfait » (jdd)

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Le Conseil de sécurité des Nations unies a rejeté la résolution palestinienne portant sur un accord de paix avec Israël par 8 voix pour, deux contre et cinq abstentions, alors que le texte devait réunir 9 voix pour être adopté.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a rejeté mardi une résolution pales- tinienne portant sur un accord de paix avec Israël, au sujet de laquelle les Etats- Unis avaient exprimé leur opposition bien avant le vote. La résolution a recueilli 8 voix pour, deux voix contre et cinq abstentions, alors qu’elle devait réunir 9 voix, sur les 15 du Conseil, pour être adoptée.

La France, la Chine et la Russie, tous trois membres permanents du Conseil, ont apporté leur soutien à la résolution. L’Australie et les Etats-Unis, proches alliés d’Israël, ont voté contre. Cinq pays, dont le Royaume-Uni, se sont abstenus. Devant le Conseil, l’ambassadeur français François Delattre a évoqué « l’urgence à agir ». « Nos efforts ne doivent pas s’arrêter là. Notre responsabilité est d’essayer encore. Avant qu’il ne soit trop tard », a-t-il ajouté. Le texte prévoyait notamment un accord de paix d’ici douze mois et le retrait israélien des Territoires occupés avant fin 2017.

L’opposition américaine

Les Palestiniens avaient apporté lundi des modifications à leur projet qui prévoit Jérusalem-Est, occupée et annexée, comme capitale d’un Etat palestinien, le règlement de la question des prisonniers palestiniens, l’arrêt de la colonisation israélienne et rappelle le caractère illégal du mur de séparation. « Cette résolution encourage les divisions et non un compromis », a déclaré l’ambassadrice amé- ricaine à l’ONU Samantha Power.

« Ce texte n’évoque les inquiétudes que d’une seule partie », a-t-elle ajouté. Elle a défendu la position américaine de favoriser des pourparlers directs, esti- mant que « la paix viendra de choix et de compromis difficiles atteints à une table de négociations ». Avant elle, lundi et mardi, Jeffrey Rathke, un porte-parole du département d’Etat, avait estimé que le calendrier fixé par le texte « posait des délais arbitraires » et souligné « l’inquiétude » des Etats-Unis au sujet de la sécurité d’Israël

Argentine, Tchad, Chili, Jordanie, Luxembourg y étaient favorables

Suite au vote du Conseil de sécurité de l’ONU, les Etats-Unis n’auront donc pas besoin d’exercer leur droit de veto, dont ils se sont souvent servis pour bloquer des résolutions défavorables à Israël. Parmi les dix membres élus par l’Assemblée générale pour un mandat de deux ans, l’Argentine, le Tchad, le Chili, la Jordanie, le Luxembourg ont rejoint la France, la Chine et la Russie en faveur de la réso- lution.  La Lituanie, la Corée du Sud et le Rwanda se sont abstenus, comme le Royaume-Uni. Le Nigeria, qui devait soutenir la résolution, a changé d’avis à la dernière minute et s’est abstenu, selon des sources diplomatiques. Ce rejet sou- ligne le besoin urgent d’une reprise des négociations par les deux parties, a estimé la chef de la diplomatie de l’Union européenne, Federica Mogherini.

« Les Palestiniens et le monde ne peuvent plus attendre »

Mercredi, Israël a exprimé sa satisfaction. « Tout Israélien qui souhaite une paix avec nos voisins ne peut être que satisfait des résultats de ce vote », a affirmé à la radio publique le vice-ministre des Affaires étrangères, Tzahi Hanegbi. A l’issue du vote, le représentant d’Israël s’était déjà adressé aux Palestiniens : « Vous ne pou- vez pas vous diriger vers un Etat en vous agitant et en provoquant … J’exhorte le Conseil à arrêter de se prêter au jeu des Palestiniens et à mettre fin à leur marche vers la folie. »

De son côté, le représentant palestinien à l’ONU, Riyad Mansour, a accusé le Conseil de n’avoir pas su prendre ses responsabilités et promis de chercher ail- leurs l’obtention d’une reconnaissance de la Palestine. « Les Palestiniens et le mon- de ne peuvent plus attendre. Ce message, en dépit de l’issue regrettable d’aujour-d’hui, est tout à fait clair », a-t-il déclaré devant le Conseil. Les responsables pales- tiniens se réuniront mercredi pour décider de la suite à donner au vote, a précisé Riyad Mansour. Ils avaient affirmé, qu’en cas de rejet de leur résolution, ils cher- cheraient notamment à rejoindre la Cour pénale internationale afin d’y mettre Israël en accusation pour crimes de guerre à Gaza.

Anne-Charlotte Dusseaulx (avec AFP) – leJDD.fr mercredi 31 décembre 2014

http://www.lejdd.fr/International/Proche-Orient/L-ONU-rejette-une-resolution-palestinienne-Israel-satisfait-709560

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23 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

le cadtm france demande l’annulation intégrale de la dette des pays touchés par ébola

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Par la voix de son secrétaire exécutif, la Commission Économique des Nations Unies pour l’Afrique a invité la communauté internationale à annuler la dette des trois pays de la région, qui ont été les plus frappés par l’Ebola, la Sierra Leone, le Liberia et la Guinée.

« Les donateurs ont été assez généreux en annonçant un allègement de la dette, mais il va falloir aller plus loin et annuler complètement cette dette », a déclaré Carlos Lopez, lundi 15 décembre 2014 à Addis Abeba (Éthiopie).

Le CADTM France (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde) rappelle que les dettes de l’ensemble des pays africains sont largement illégitimes voire odieuses et qu’elles ne doivent pas être remboursées. Ebola constitue une situation d’extrême urgence face à laquelle le paiement des créances est intolérable et contraire au droit des peuples.

Pour le CADTM-France, les ressources de ces trois pays touchés par Ebola doivent absolument être en priorité consacrées aujourd’hui à reconstruire le système de santé, à répondre aux besoins des populations en termes de logement, d’alimentation…, au lieu de servir à rembourser des dettes déjà largement remboursées.

Le FMI et les membres du Club de Paris (créanciers bilatéraux, pour ce qui concerne la Guinée) doivent annuler l’intégralité de leurs créances vis à vis de ces pays et leur fournir via des dons, l’aide nécessaire pour faire face à cette épi- démie. Rappelons que, pour une grande part, l’état de délabrement des services sociaux et de santé est dû à l’endettement de ces pays et au pillage de leurs ressources.

Au-delà des discours de François Hollande lors de son passage à Conakry, la France se doit d’annuler ses créances vis-à-vis de la Guinée, et de renoncer au contrat désendettement développement (C2D) en cours avec ce pays, cette mesure qui n’est qu’un moyen de garder l’accès aux richesses de ce pays et d’intervenir sur ses politiques.

Paris le 21 décembre 2014. 21 décembre par CADTM France

http://cadtm.org/Le-CADTM-France-demande-l

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21 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

pinar selek est acquittée! (akb)

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Lors de la énième audience d’un procès sans fin, le tribunal a, ce 19 décembre, acquitté Pinar Selek.

Tout avait commencé dans les années 90, alors que Pinar Selek, sociologue, écrivait sur la question kurde: elle tentait d’analyser le conflit qui opposait les militants kurdes à l’Etat turc.

Arrêtée en 1998, torturée, on ne lui a jamais pardonné d’avoir refusé de donner les noms des rebelles du PKK rencontrés dans le cadre de ses recherches. Con- damnée à la prison à vie pour des faits imaginaires (un attentat à la bombe qui n’a jamais eu lieu !), plusieurs fois acquittée, son acquittement prononcé par une juridiction était à chaque fois annulé par une autre juridiction.

Nous n’avons pas oublié Pinar Selek, venue à Rennes en novembre 2010 donner une conférence à la Maison internationale de Rennes et depuis nous avons soutenu son combat. André Métayer vendredi 19 décembre 2014
par  Amitiés kurdes de Bretagne

Communiqué du collectif de solidarité avec Pinar Selek

Après 16 années d’acharnement judiciaire, le procès de ce jour a permis aux avocats de Pinar Selek de plaider toute la journée pour montrer l’ab- surdité et l’arbitraire de la procédure. Ils ont pointé une à une les fausses preuves qui ont permis de construire une histoire d’attentat fictif pour faire taire Pinar Selek et l’empêcher de poursuivre ses travaux de sociologue engagée auprès des groupes sociaux opprimés. La solidarité internatio- nale n’est pas un vain mot ! La mobilisation de toutes et tous a été fondamentale !

 

http://www.akb.bzh/spip.php?article893

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20 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

un « jour noir » pour la diplomatie israélienne (ci)

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Ce 17 décembre s’annonce comme un « mercredi noir » pour la diplomatie israélienne, constate sur Al-Monitor l’éditorialiste israélien Ben Caspit.

« Le système judiciaire européen [a retiré] le Hamas de sa liste des orga- nisations terroristes ; les Etats membres de la Convention de Genève se réu- nissent à la demande de la Palestine pour convenir de plusieurs résolutions à l’encontre d’Israël ; le Parlement européen [s'est prononcé] sur une version adoucie d’une résolution de reconnaissance d’un Etat palestinien. Et, last but not least, le projet de résolution palestinien sera soumis au Conseil de sécurité. »

Soutenu par la Ligue arabe et déposé par la Jordanie – actuellement membre non permanent du Conseil de sécurité –, ce projet demande la fin de l’occupation israélienne sur les Territoires palestiniens dans un délai de deux ans. Bref, « il y avait longtemps qu’on n’avait pas vu une telle offensive diplomatique contre Israël », fait observer Ben Caspit.

Il explique que, si la résolution va indubitablement être bloquée, la pression qui pèse sur Israël pourrait finir par convaincre l’électorat, appelé aux urnes au mois de mars, que « maintenir [le Premier ministre] Nétanyahou en poste ne conduira qu’à un enfer diplomatique sans issue [...] et qu’il leur faut trouver un leader capable de récupérer le soutien américain, de mener des négociations avec les Européens et, surtout, de parler aux Palestiniens ».

http://www.courrierinternational.com/dessin/2014/12/17/un-jour-noir-pour-la-diplomatie-israelienne

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20 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

haïti: un modèle de développement anti-paysan (cetri)

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Depuis fin 2013, à l’Île-à-Vache, dans le sud-ouest du pays, les habitants se mobilisent contre le méga-projet « Destination touristique ».

Dans le Nord-Est, à la frontière avec la République dominicaine, ce sont les travailleuses et travailleurs de la zone franche de Caracol – certains organisés au sein du syndicat Batay ouvriye – et les associations paysannes dont les terres ont été accaparées, qui s’opposent à cette zone franche inaugurée le 22 octobre 2012, et implantée sur des terres agricoles fertiles.

Alors qu’ailleurs dans le pays, principalement dans les montagnes du Nord, les projets d’exploration miniers suscitent autant de réticences de la part des organisations sociales que de convoitise de la part de « l’élite » politique et économique haïtienne.

Quels liens existent-ils entre ces divers projets, d’un côté, et ces multiples résistances, de l’autre ? Les premiers dessinent les contours et la dynamique d’un mode de développement, mis en place par le gouvernement haïtien, et soutenu – voire téléguidé – par les institutions internationales et quelques grandes puissances mondiales – dont, au premier chef, les États-Unis.

Les mouvements sociaux haïtiens, en général, et les mouvements paysans, en particulier, s’opposent à de tels projets, en mettant en avant une autre vision de la société. Ainsi, aussi différents que soient ces méga-projets, ils participent d’une même logique, centrée sur des caractéristiques communes, convergeant vers un modèle de développement dont les paysans sont le rebut.

par Frédéric Thomas
(15 décembre 2014)
Télécharger

haïti: un modèle de développement anti-paysan (cetri) dans Anticolonialisme carre-nav Haïti : un modèle de développement anti-paysan (PDF – 1.5 Mo)
carre-nav dans Antiimpérialisme Texte complet de l’étude : Haïti : un modèle de développement anti-paysan (PDF – 722.6 ko)

http://www.cetri.be/spip.php?article3732&lang=fr

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12 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

indonésie, quatre adolescents tués (ci)

papous

Après une fusillade en Papouasie

A Enarotali, en Indonésie, une manifestation a dégénéré début décembre en affrontement entre les locaux – des Papous – et les forces de l’ordre. Des voix s’élèvent, accusant les autorités de toujours considérer les Papous comme des « sous-citoyens » indonésiens.
« Le président Jokowi doit nommer une équipe indépendante pour enquêter sur la fusillade qui s’est produite lors d’un affrontement entre les résidents locaux et les forces de l’ordre à Enarotali, dans le district de Paniai, en Papouasie, le 8 décembre », a déclaré au Jakarta Post le pasteur Neles Tebay, coordinateur du réseau pour la paix en Papouasie. La fusillade a fait 5 morts et 21 blessés.

Selon le quotidien Kompas, l’incident sanglant a commencé lorsque, dans la nuit du 7 décembre, un véhicule est entré tous feux éteints dans le district de Paniai. Une bande d’enfants a réprimandé les passagers du véhicule en leur demandant d’allumer les feux. Quelques minutes plus tard, les hommes du véhicule, dont on ignore encore l’identité, sont revenus vers la bande de jeunes Papous – âgés d’une douzaine d’années – et les ont agressés.

« C’est alors que les tirs sont partis » Le lendemain, les habitants ont manifesté à une cinquantaine de mètres du poste de police de Paniai. « La police est arrivée pour disperser la foule qui s’est mise à danser la waita, une danse locale, après avoir mis le feu à ce qui semble être le véhicule qui avait pénétré dans Paniai la veille. C’est alors que les tirs sont partis », a raconté le président de l’institut des peuples autochtones de Paniai, John Gobay.

Le pasteur Neles Tebay estime que cet événement montre une fois de plus que les forces de l’ordre ne traitent pas les citoyens papous comme des membres à part entière de la République indonésienne. « C’est comme si ces gens qui mani- festaient étaient des ennemis que l’Etat se devait d’anéantir », a ajouté le pasteur. Courrier international 12 Décembre 2014

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02 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

ferguson, les usa et la légitimité de la violence (anticapitaliste.ch)

Rioting erupts in Ferguson, Missouri after police involved shooting of an unarmed teen

« I don’t favor violence. If we could bring about recognition and respect of our people by peaceful means, well and good. Everybody would like to reach his objectives peacefully. But I’m also a realist. The only people in this country who are asked to be nonviolent are black people. (Malcom X) »

Le lundi 24 septembre au soir, Darren Wilson, officier de police de Ferguson, a été innocenté du meurtre de Michael Brown, jeune noir de 18 ans, abattu de six balles dans le corps alors qu’il n’était pas armé.

La population noire de Ferguson, ainsi que toutes les personnes supportant sa lutte s’attendaient à ce résultat, pourtant le pire que l’on pouvait imaginer. En effet, quelques semaines avant le jugement, les effectifs de police dans la ville ont fortement augmenté. La ville a vu venir, sentait l’injustice, une de plus, avant même que le résultat ne soit proclamé par le jury populaire : Darren Wilson est non coupable. Tirer à bout portant six balles sur un adolescent, ce n’est pas un crime pour un policier blanc. C’est un permis de tuer.

Dans la nuit de lundi à mardi, Ferguson est en feu. Des voitures de police brûlent, des tirs résonnent dans les rues, des magasins sont pillés. En face, la ville et l’Etat mobilisent plus de 2000 militaires, ainsi que d’importantes forces de police lourdement armées, gazant à souhait les rues pour défendre leur collègue. Des gens sont arrêtés par centaines partout aux Etats-Unis, où de nombreuses manifestations de soutien ont lieu dans les jours qui suivent.

En parallèle, des appels au calme se font entendre, le président, les officiel -les, tout le monde insiste sur le fait que le progrès ne s’atteint pas en brisant des vitres et que la population noire ne fait que se discréditer en agissant de la sorte.

Pourtant, est-ce vraiment elle qui est discréditée ? Qui  envenime les cho- ses ? Lorsqu’un groupe est systématiquement brimé (un adolescent noir a vingt fois plus de chance de se faire abattre par la police qu’un adolescent blanc, pour ne donner qu’un exemple), discriminé, marginalisé, est-ce vraiment à lui de ne pas  envenimer les choses ? Après s’être fait marcher dessus toute leur vie, devrait-il s’excuser de ne pas avoir la peau plus douce ?

La lutte violente n’est pas toujours justifiée. Mais elle le devient lorsqu’on est en face d’un système si inégalitaire qu’il n’est plus possible de réagir autrement. Que devraient-ils faire, les citoyennes et les citoyens de Ferguson et des autres villes des Etats-Unis qui participent aux manifestations ? Organiser des marches, chanter des slogans ? Ils l’ont fait, durant des années et des années. Ils l’ont fait, cet été après le meurtre de Michael Brown. Ils ont chanté, dansé, peint leur indignation.

Tout ça pour quoi ? Pour que Darren Wilson ne soit non pas condamné, mais récompensé pour avoir tiré sur l’adolescent (il est en congé payé depuis août et a reçu des donations de plusieurs milliers de dollars). Ou encore, déclarer forfait, se dire que Michael Brown n’était pas innocent, qu’il était bien assez dangereux pour que Wilson lui mette six balles dans le corps ? En effet, n’est-il pas suspecté d’avoir volé des cigarillos dans un magasin quelques minutes avant sa mort ? N’est-il pas soupçonné de ne pas immédiatement avoir obtempéré lorsque l’officier lui a dit de s’arrêter ? Tout cela n’est-il pas dans la déclaration écrite d’un témoin ? Ne devraient-illes pas accepter la loi, parce que c’est la loi ? Accepter la justice, parce que c’est la justice ? Cesser de faire honte à leur pays et  à leur couleur de peau ?

La lutte violente n’est pas toujours justifiée. Mais elle le devient lorsque plus de 2000 militaires sont envoyés dans une ville, afin de prévenir des émeutes, avant même qu’un jugement ne soit rendu. Elle le devient lorsqu’une injustice est si prévisible qu’il n’y a plus besoin d’attendre une décision pour prendre des mesu- res. Elle le devient lorsqu’une population vit dans la peur tous les jours, tous les instants de son existence, car elle sait que ce sera toujours sur elle que retom- beront les discriminations physiques, verbales et institutionnelles. Elle le devient lorsque le monopole de la violence appartient à celles et ceux qui détiennent le pouvoir et qu’il est employé pour protéger celles et ceux qui détiennent leur pou- voir. Elle le devient lorsqu’un système est fait pour les privilégiés par les privilégiés et qu’il n’y a de la place pour personne d’autre, à part peut-être dans les usines, les cimetières ou les prisons.

Il est inadmissible qu’un Etat soit seul titulaire d’un monopole de la violence et que cette violence soit exercée uniquement à l’encontre de celles et ceux qui sont déjà discriminé-es par l’ensemble des institutions politiques et économiques. Que les classes dominantes des Etats-Unis et du monde, qui baignent dans le respect, le luxe et le pouvoir, expliquent donc comment il faudrait réclamer des droits, qu’ils jouent les donneurs de leçon une fois de plus. Car ce discours ne fait que révéler la crainte sous-jacente d’une perte de contrôle. Et plus ils parleront, plus ils prouveront que leur système inégalitaire n’est pas infaillible, que si toutes les personnes opprimées et celles qui leur sont solidaires s’allient, elles créeront une vague assez grande pour les submerger définitivement. 1 décembre 2014

http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=1041

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21 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

le récit abominable de la cruauté et de la barbarie coloniale (ael)

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Impossible de sortir indemne de la rencontre avec Exterminez toutes ces brutes ! – Éditions Les arènes, mars 2014 de Sven Lindqvist, un auteur plutôt méconnu en France, dont l’audience assez confidentielle lui apporte en fait une certaine reconnaissance dans la dénonciation des crimes de la colonisation européenne.

Ce livre, qui porte en effet sur la colonisation européenne en Afrique propose une série de courts textes, des instantanés qui embarquent le lecteur dans une recherche à la fois géographique et intellectuelle. Le titre choc est la phrase prononcée par un des personnages de Conrad dans Au cœur des ténèbres. Sven Lindqvist énonce littéralement la violence de la conquête coloniale : l’anéan- tissement de personnes dont l’humanité est niée.

Bouleversé par cette phrase, Lindqvist se met à dérouler comme un fil rouge les faits ayant inspiré le roman de Conrad à partir des sources de l’époque. En contrepoint à une véritable recherche d’archiviste sur les racines des massacres coloniaux, il raconte son voyage sur les lieux des histoires réelles et des personnages à l’origine du livre de Conrad, tel ce capitaine belge au Congo qui plaçait les têtes d’Africains tués sur la clôture de sa maison.

Sous une forme narrative, c’est à une implacable démonstration, qu’assiste le lecteur. La puissance du livre est de mettre dans une lumière crue la légitimation idéologique qui permit aux Européens de perpétrer en Afrique des crimes contre l’humanité. C’est cette matrice raciste qui servit de substrat à la déshumanisation des « sauvages » confrontés aux «hommes blancs».

Un darwinisme social brutal les prétendait inaptes à «civilisation», il fallait donc les éliminer. Sven Lindqvist démontre magistralement que la seule supériorité européenne était d’ordre militaire et que la colonisation s’est opérée par la force et par le génocide de peuples entiers. L’idéologie raciste était en fait une justification de l’extermination par la force militaire. L’auteur relate des récits abominables de cruauté et de barbarie, qui ont été prononcés devant des sociétés savantes et des assemblées royales et princières, devant un public « civilisé », ne recevant que peu ou pas de critiques.

Il met totalement en évidence la généalogie européenne des théories racis- tes, ces mêmes élucubrations scientistes qui ont par la suite inspiré les nazis à échelle industrielle. Pour exemple, une des nombreuses citations qui émaillent le texte de Lindqvist : «Nulle philanthropie ou théorie raciale ne peut convaincre des gens raisonnables que la préservation d’une tribu de Cafres de l’Afrique du Sud… est plus importante pour l’avenir de l’humanité que l’expansion des grandes nations européennes et de la race blanche en général.» Exterminez toutes ces brutes ! est un livre qui procède du travail de mémoire, un livre nécessaire qui met à nu la culpabilité européenne, n’épargnant pas au passage le pays d’origine de l’auteur, la Suède, qui participa sans états d’âme au processus de pillage et d’exploitation.

Cinquième édition d’un livre régulièrement réimprimé, l’ouvrage ressort en 2014 avec une préface de Patrick de Saint-Exupéry, journaliste essentiel dans la dénonciation du génocide des Tutsi au Rwanda. Une écriture précise qui souligne la continuité des pratiques coloniales et le risque réel de voir encore une société ivre d’arrogance s’octroyer au nom du « progrès » le droit d’éradiquer celles et ceux qu’elle considère comme des barbares, des brutes.

Gisèle Felhendler 20 novembre 2014

- Titre : Exterminez toutes ces brutes ! (Edition 2014)
- Auteur : Sven Lindqvist
- Prix : 14,80 euros
- ISBN : 9782352043218

http://www.afriquesenlutte.org/communiques-luttes-et-debats/livres-etudes-debats/article/livre-le-recit-abominable-de-la

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11 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

le curieux «don » d’areva au niger (fan)

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URANIUM : à nouveau en procès le 19 novembre

Le versement par la société française AREVA de 35 millions d’euros au budget du Niger, dont 15 millions directement affectés à l’achat de l’avion présidentiel, reviendra sur le devant de la scène mercredi 19 novembre 2014. Ses pratiques dans les mines d’uranium de ce pays que certains opposants ont qualifié de mafieuses, en plus d’être polluantes et toxiques, seront forcément évoquées.

La Fédération anti-nucléaire Bretagne appelle à se rassembler la veille de ce procès, mardi 18 novembre devant les préfectures et sous-préfectures pour que cesse l’impunité d’AREVA.

Le procès qui oppose l’Observatoire du nucléaire et son directeur Stéphane Lhomme à la multinationale de l’atome AREVA se tiendra mercredi 19 vendredi 20 décembre 2013 à 13h30 au Tribunal de Grande Instance (TGI) de Paris à la 17ème chambre. Un rassemblement est prévu à partir de 13h devant le TGI de Paris, 4 bd du Palais, métro Cité.

Dans un communiqué du 11 décembre 2012, l’Observatoire du nucléaire dénonçait des manœuvres corruptives de la part d’AREVA envers le président du Niger suite à un «curieux don» de plusieurs dizaines de millions qui après avoir été nié dans un premier temps, puis reconnu, enfin bizarrement annulé quelques mois plus tard. Est-ce  suite à la mise au grand jour de la manœuvre par l’Observatoire du nucléaire?

Etrangement, en première instance, le TGI  n’a pas voulu retenir les preuves indiscutables présentées par l’Observatoire du nucléaire qui mettait en pièces l’accusation de diffamation portée par AREVA. Comme le craignait l’hebdomadaire Golias en janvier 2014, la raison d’Etat en matière de nucléaire a-t-elle été plus forte? Ce nouveau jugement échappera-t-il à cette pression   http://observ.nucleaire.free.fr/ .

A noter qu’un autre procès en appel  se déroulera au TGI de RIOM le mercredi 28 janvier 2015 Aurillac à 13h30. Il est intenté par 2 courageuses associations du Cantal, «Nos enfants et leur sécurité» et «Pour notre qualité de vie à Saint Pierre». Elles accusent AREVA de pollution des eaux et abandon de déchets radioactifs dans les anciennes mines d’uranium du Cantal.

La Bretagne rencontre une situation de pollution analogue dans ses anciennes mines d’uranium que ce soit dans les Côtes d’Armor, dans le Morbihan ou en Loire Atlantique et doit faire face à la même négligence de la part d’AREVA. Cet été, le Collectif Mines Uranium a rendu publique la situation d’un camping contaminé à Piriac près de la Baule (44) après que la CRIIRAD ait écrit aux autorités en leur demandant d’intervenir d’urgence – http://www.criirad.org/ .

L’extraction scandaleuse de l’uranium qui ne laisse qu’un héritage empoisonné aux générations actuelles et futures doit cesser. Aussi, la Fédération anti-nucléaire Bretagne salue les actions de l’Observatoire du nucléaire et des  2 associations du Cantal «Nos enfants et leur sécurité » et « Pour notre qualité de vie à Saint Pierre » et leur apporte son entier soutien.

La Fédération Anti-nucléaire Bretagne a été constituée le 27 octobre 2012 à Pontivy. Elle a pour but de structurer et d’amplifier l’action régionale du mouvement antinucléaire breton, et d’agir pour l’arrêt immédiat du nucléaire.

http://fan-bretagne.org/communique-du-08-novembre-2014-uranium-le-curieux-don-dareva-au-niger-a-nouveau-en-proces-le-19-novembre/

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