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06 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

burkina faso, le bal des hypocrites (ci)

burkina faso, le bal des hypocrites (ci) dans Altermondialisme 1253-GLEZ

La France et les puissances internationales s’inquiètent de l’avenir du pays. Les Burkinabés n’ont pourtant pu compter sur l’aide de personne pour s’affranchir du régime Compaoré.

Pendant que le peuple burkinabé est en train de parachever sa révolution en voulant arracher le pouvoir des mains des militaires, l’Union africaine (UA) et la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) se mettent à donner de la voix. En effet, ces deux institutions disent être opposées à toute prise du pouvoir par des voies autres que les voies constitutionnelles et réclament un pouvoir civil.

Une position qui irrite, à juste titre, plus d’un Burkinabé. Il aura en effet fallu que le soulèvement populaire triomphe, et ce au prix de nombreux sacrifices, pour que ces deux organisations interviennent. Au lieu de faire de la prévention, elles ont joué les médecins après la mort. Venant de l’UA (Union Africaine), cette attitude est loin d’être étonnante car, comme on le sait, elle n’est rien d’autre qu’un club, voire un syndicat de chefs d’Etat.

Trop tard Par contre, l’attitude de la Cedeao peut paraître surprenante. En sa qualité d’organisation sous-régionale qui prône les valeurs de bonne gouvernance, d’alternance et de promotion de la démocratie, elle aurait dû faire de l’anticipation en rappelant à l’ordre l’ex-président burkinabé sur le respect de ses textes fonda- mentaux, notamment sa Charte sur la démocratie. N’est-ce pas elle qui a inspiré l’UA quant à l’adoption de la Charte africaine sur la démocratie ?

Heureusement que le siège de la Cedeao ne se trouve pas au Burkina, il aurait pu subir la furie incendiaire des manifestants. En vérité, ces deux instan- ces, par leur couardise et indolence maladives, ne rendent service ni à la démo- cratie ni aux pays africains, et encore moins aux peuples africains. Elles attendent toujours que les choses dégénèrent avant de réagir; et si elles ne changent pas de conduite, on peut être sûr que le triptyque paix, stabilité et développement attendra longtemps avant d’être une réalité sur le continent noir.

En tout cas, il y a fort à parier que si l’UA et la Cedeao font fi de la forte soif des peuples africains pour l’alternance dans leur gouvernance, les cinquante pro- chaines années ne seront qu’un gâchis. Si elles avaient pris la pleine mesure de la situation qui prévalait au Burkina, on aurait pu faire l’économie des lourdes pertes en vies humaines et des importants dégâts matériels enregistrés. Mais comme elles ont refusé de prendre leurs responsabilités, le peuple s’est vu obligé d’écrire tout seul son histoire en prenant en main son destin.

Et l’on peut dire qu’il se débrouille, jusqu’ici, plutôt bien. Si l’on peut con- damner l’attitude de l’UA et de la Cedeao, on ne peut non plus ignorer le rôle trouble joué par la France. Au lieu d’exprimer une position claire, le président français François Hollande a préféré adresser une lettre confidentielle, voire intime, à Blaise Compaoré, dont le contenu n’a été révélé à l’opinion nationale et internationale que lorsque les carottes étaient cramées pour Blaise Compaoré. Toutes choses qui auront desservi le peuple burkinabé.

Fort de son image de faiseur de paix, de médiateur devant l’Eternel, Blaise Com- paoré s’est certainement entêté parce qu’il était plus ou moins convaincu qu’il avait le soutien de l’Hexagone et que la France ne lui remonterait pas les bretelles, quoi qu’il fît. Cette démarche de la France, qui a consisté à agir dans l’ombre, est la preuve que le requiem de la Françafrique n’est pas pour demain. Heureusement que le peuple burkinabé a compris qu’il ne pouvait compter que sur lui-même pour s’affranchir du régime Compaoré.

S’il y a une institution dont la constance mérite d’être saluée, c’est bien l’Eglise catholique. Elle aura été la première à attirer l’attention de l’ex-dirigeant burkinabé sur le danger que son projet de révision constitutionnelle faisait courir au pays. Et on peut dire que l’Histoire lui a donné raison. Dabadi Zoumbara
Publié le 3 novembre 2014 dans Le Pays (extraits) Ouagadougou
Le Pays Dabadi ZOUMBAR 5 novembre 2014

http://www.courrierinternational.com/article/2014/11/05/le-bal-des-hypocrites

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02 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

de ben ali à compaoré: les élites françaises contre les peuples (afriques en lutte)

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Alors que le régime de Blaise Compaoré vacille sous la pression de centaines de milliers de burkinabè, la classe politique française ne se départit toujours pas clairement du soutien qu’elle apporte depuis 27 ans à l’autocrate. La France semble même tenter de s’opposer à un départ précipité de Compaoré revendiqué par le peuple du Burkina Faso.

On ne trouvera pas cette fois de Michèle Alliot-Marie pour proposer au régime de Compaoré le « savoir-faire de nos forces de sécurité », comme elle l’avait fait en janvier 2011 à propos de la Tunisie de Ben Ali: la coopération militaire et policière avec le Burkina est déjà en place depuis bien longtemps [1 ]. Les manifestants tués à Ouagadougou l’ont été par des forces qui ont déjà pu bénéficier de la formation et de l’équipement français.

C’est au regard de ce soutien historique qu’il faut lire les appels de la diplomatie française «à toutes les parties de faire preuve de retenue ». Nom- breuses sont les voix françaises qui appellent les manifestants, mis sur le même plan que les policiers et militaires, au calme et dénoncent indistinctement « les violences », renvoyant ainsi dos à dos l’explosion populaire et la répression d’un régime dictatorial [2 ].

Surtout, on trouve encore des voix pour défendre Compaoré et le bilan dont il aurait à se glorifier. Tel Claude Bartolone, qui aux dernières heures du règne de Ben Ali tentait de rappeler les progrès que le dictateur aurait apporté à la Tunisie, le socialiste François Loncle, au micro de plusieurs chaînes, tente encore de vendre l’image d’un Compaoré faiseur de paix et médiateur dans les crises régionales [3 ].

Ce député, président du groupe d’amitié parlementaire France-Burkina Faso, répète sur RFI ou BFMTV que faire pression pour le départ de Compaoré corres- pondrait aux ingérences de la Françafrique, en même temps qu’il défend ferme- ment l’idée que le président burkinabè doit se maintenir au pouvoir jusqu’à l’éché- ance de son mandat, contre l’avis massif et manifeste du peuple de ce pays.

Lui emboîtant le pas, Laurent Fabius, déclarait que «nous n’avons pas à faire ou à défaire un gouvernement. Ce que nous souhaitons, nous les Français, c’est que nos ressortissants soient protégés et que l’on aille vers l’apaisement». Mais ce que souhaite le peuple burkinabè, au cri de « Compaoré, dégage! », c’est claire- ment le départ d’un dictateur soutenu depuis toujours par la France.

Plus inquiétant, le chef de la diplomatie française a indiqué avoir « demandé à notre ambassadeur sur place d’être un facilitateur de cette solution d’apaisement». Ainsi, plusieurs témoignages font état de rencontres avec les différents protago- nistes (armée, opposition) où l’ambassadeur français aurait poussé à l’acceptation du plan de transition proposé par Blaise Compaoré.

Cette pression par la diplomatie française s’oppose clairement à la revendica- tion de démission immédiate de Compaoré formulée par les manifestant-e-s. L’association Survie conteste fermement le droit de l’ambassade de France à s’immiscer dans les décisions des opposants et du peuple burkinabè, et demande à l’exécutif français de rappeler ses coopérants militaires en poste au sein des forces burkinabè. 31 octobre 2014 par Survie

[1 ] Outre la dizaine de coopérants militaires français présents détachés dans les forces nationales, les cadres de la gendarmerie burkinabè sont par exemple coutumiers de programmes de formation de l’Ecole des Officiers de la Gendarmerie Nationale française

[2 ] Au lieu de condamner les manifestations, la classe politique française, qui avait unanimement rendu hommage à Nelson Mandela en décembre dernier, devrait se souvenir de ses propos: «C’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé qui détermine la forme de lutte. Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’aura pas d’autre choix que de répondre par la violence»

[3 ] Oubliant son soutien à des bélligérants de conflits sanglants au Libéria, Sierra Leone, Angola, Côte d’Ivoire ou Mali.

Survie 107 boulevard de Magenta 75010 Paris

Tél : (+33)1 44 61 03 25 contact@survie.org

http://www.afriquesenlutte.org/afrique-de-l-ouest/burkina-faso/article/de-ben-ali-a-compaore-les-elites

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02 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

la colonisation oubliée (arte)

Deux journalistes d’Arte qui enquêtaient là-bas, viennent d’être libérés de prison par l’Indonésie qui se livre à un véritable génocide….

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01 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

vive la jeunesse du burkina faso!

ouaga

Solidarité avec la révolte populaire au Burkina Faso

Le soulèvement du peuple et de la jeunesse du Burkina Faso aura eu raison du dictateur  Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans, qui prétendait transformer la Constitution pour briguer un cinquième mandat et perpétuer sa dictature.  Déjà en 2011, le pays avait connu une révolte en particulier dans la jeunesse.

Blaise Compaoré était venu au pouvoir en 1987 par le meurtre de Thomas Sankara et de douze  autres dirigeants qui avaient été ses compagnons au sein du Mouvement des jeunes officiers radicaux qui voulaient libérer leur pays de l’emprise de la vieille puissance coloniale, la France.

Il se fait alors l’homme de main de la France et du Front Monétaire et engage une politique de privatisation orchestrée par le Fonds Monétaire International (FMI) dans une pays qui, héritage de la domination coloniale française, est l’un des plus pauvres du monde où 70% de la population est analphabète. Lié  avec les régimes les plus réactionnaires et sanguinaires, Angola, Sierra Leone, Liberia,  participant au trafic de diamants et d’armes, Compaoré devient cependant un des piliers de la politique de la France dans cette région de l’Afrique où elle a charge de maintenir l’ordre pour le compte des multinationales.

A l’heure où la France déploie son armée au Mali, la chute de Compaoré inquiète le gouvernement comme la Maison blanche. L’armée qui a pris le pouvoir prétend vouloir «assurer la transition démocratique» mais elle ne postule qu’à maintenir l’ordre au service des grandes puissances. La chute du dictateur ne signifie pas la démocratie pour le peuple tant que se perpétue le pillage des richesses du pays par la Françafrique  et ses alliés. Montreuil, le 31 octobre 2014

http://npa2009.org/communique/solidarite-avec-la-revolte-populaire-au-burkina-faso

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28 octobre 2014 ~ 0 Commentaire

les gouvernements «progressistes» à bout de souffle 1 (npa)

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Caricatures de Pancho Villa, Madero, Carranza, Emilano Zapata (Mexique)

Les situations nationales sont différentes, comme l’ont été les processus politiques.

Certains se sont produits à froid, dans un strict cadre d’alternance électorale au sein d’une institutionnalité inchangée – même s’ils constituaient une réponse à une très grand crise nationale (Argentine) ou arrivaient comme effet différé d’une période d’affirmation du mouvement ouvrier et populaire (Brésil). D’autres, quoique toujours conclus sur le plan électoral, se sont développés dans le cadre de mobi- lisations massives, marquées parfois de traits insurrectionnels (Venezuela, Bolivie, Equateur).

Dans le second cas, des confrontations sérieuses ont eu lieu avec les forces soutenues par l’impérialisme états-unien, et des mouvements aux traits révolu- tionnaires ont conduit à des changements de régime – sans que la propriété privée capitaliste ne soit toutefois remise en cause, ni jamais sérieusement menacée.

Il reste que les mots «révolution» et «socialisme» ont fait leur retour sur le devant de la scène. Hugo Chávez est allé jusqu’à affirmer l’objectif d’un «socia- lisme du 21ème siècle» et l’on a vu le terme de «révolution citoyenne» rencontrer un écho au-delà des frontières de l’Equateur.

Une voie capitaliste indépendante? Quels que soient leurs caractéristiques et leurs politiques particulières, les gouvernements dits progressistes ont en commun une tentative de suivre une voie capitaliste indépendante, ou plus indépendante de l’impérialisme états-unien, en s’appuyant sur les organisations majoritaires de la classe ouvrière (en particulier syndicales) et des secteurs populaire (paysans, indigènes et autres).

Pour cela, tous ont fait des concessions, débouchant sur des améliorations pour au moins certaines catégories de la population exploitée. Le PT de Lula et Dilma Roussef, dont l’orthodoxie néolibérale sur le plan économique peut diffi- cilement être niée, a ainsi permis à des millions de Brésiliens les plus pauvres de pouvoir simplement manger; du social-libéralisme avec du social, en quelque sorte, au contraire des  «socialistes» européens.

Mener de telles politiques sans toucher aux structures de l’économie et de la société n’a cependant été possible que parce que la période s’y prêtait, avec le boom mondial des matières premières, la demande d’un pétrole qui se raréfie, les immenses besoins de la Chine. Pour y répondre, les gouvernements ont renforcé les logiques extractivistes, d’exportation de produits de base; ce qui, à l’inverse de leurs objectifs affirmés, a conforté les situations de capitalisme dépendant.

Une phase nouvelle Mais la crise économique mondiale a fini par toucher aussi l’Amérique latine. A quoi s’ajoutent les contradictions propres aux «modèles» mis en place, ainsi que l’impatience croissante des travailleurs et des secteurs popu- laires devant des changements promis qui tardent à se matérialiser.

C’est dans ce contexte que les vieux problèmes, en particulier l’inflation et la dette, reviennent, et que de grandes mobilisations se développent à nouveau mais, cette fois, en s’affrontant de plus en plus directement aux gouvernements en place.

Cela se produit dans une région du monde qui a une longue tradition de lutte, où une classe ouvrière forte et nombreuse existe, notamment dans les deux pays centraux, Brésil et Argentine, et où interviennent des courants et organi- sations révolutionnaires (en l’occurrence trotskystes) qui regroupent des milliers de militants et ont une influence dans des secteurs de masse… Raison de plus de s’en préoccuper. Par Jean-Philippe Divès

http://npa2009.org/idees/les-gouvernements-progressistes-bout-de-souffle

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26 octobre 2014 ~ 0 Commentaire

le nouveau président d’areva attendu au tribunal de paris le 19 novembre (odn)

odn k Rassemblement à Paris le 19

Corruption ou diffamation? Le tribunal devra se pencher sur le fameux « Don d’Areva », directement affecté à l’achat d’un avion pour le Président du Niger… au moment où Areva et le Niger renégociaient le prix d’achat de l’uranium.

Une des premières missions de Philippe Knoche, le nouveau Président (par intérim) d’Areva, va être de remplacer son prédécesseur Luc Oursel lors du procès du 19 novembre, à 13h30 à la Cour d’appel de Paris, concernant le sulfureux « don d’Areva » au Niger: une somme de 35 millions d’euros directement affectée à l’achat d’un avion pour le Président Issoufou… lui-même ex-cadre d’Areva !

Le 11 décembre 2012, révélant l’existence de ce versement au moment même où le Niger tentait d’obtenir d’Areva une augmentation du prix de vente de l’uranium, l’Observatoire du nucléaire dénonçait « une manoeuvre de corruption, probable- ment sur le plan légal et assurément sur le plan moral, par Areva qui entend ainsi perpétuer sa mainmise sur les réserves d’uranium du Niger« .

Interrogée par l’AFP (dépêche du 12/12/12 : http://bit.ly/1tDANdn), Areva niait dans un premier temps l’existence de ce versement et décidait d’attaquer l’Obser- vatoire du nucléaire en justice – ainsi que son directeur Stéphane Lhomme, pour- suivi à titre personnel – pour une prétendue « diffamation », réclamant plus de 25 000 euros de pénalités dans le but évident d’obtenir la disparition de l’association, modeste mais néanmoins probablement un peu trop dérangeante.

Mais, le 14 janvier 2013, l’Observatoire du nucléaire publie le compte-rendu d’une réunion secrète, entre le directeur de cabinet du président nigérien et trois hauts dirigeants d’Areva, qui a eu lieu le 9 novembre 2012 et au cours de laquelle Areva s’est effectivement engagée à verser 35 millions d’euros au budget du Niger.

Le jour même, à nouveau interrogée par l’AFP (cf : http://bit.ly/REeuFE), Areva était bien obligée de reconnaître l’existence du fameux versement mais sans parvenir à le justifier. Ce n’est qu’après l’intervention militaire française au Mali que, le 9 mars 2013 (cf AFP : http://bit.ly/1jk54uE), Areva propose a posteriori une « explication » pour le versement de 35 millions : il s’agirait d’aider le Niger à « sécuriser les mines d’uranium ».

Une explication objectivement mensongère puisque le versement n’aura finalement jamais lieu: la « sécurisation » en question n’était donc qu’un faux alibi. Il faut dire que, entre temps, l’Observatoire du nucléaire a publié plusieurs documents accablants pour Areva, et en particulier :

- un document papier officiel de la République du Niger où apparaît noir sur blanc le versement d’Areva… et sa pré-affectation à l’achat d’un avion pour le Président

 

- un enregistrement audio de la séance du Parlement du Niger au cours de laquelle le ministre des finances de l’époque, M; Gilles Baillet, annonce l’arrivée du versement d’Areva et précise qu’ « il y a déjà une première inscription pour l’avion présidentiel dans le budget 2013« 

Bien que confrontée à ces éléments explosifs et édifiants, Areva a maintenu sa plainte pour « diffamation », peut-être assurée de pouvoir compter sur la « compré- hension » des juges de première instance: c’est en effet par un jugement stupéfiant (cf http://bit.ly/1fp6wLn ) que ces derniers ont donné raison à Areva, en usant de méthode proprement plus que curieuses :

- les accusations de « manœuvre probablement illégale » et de « pré-affectation de la somme« , portées explicitement à l’encontre du ministre des finances du Niger, ont été considérées comme de la diffamation… à l’encontre d’Areva !

- la phrase « une manoeuvre de corruption, probablement sur le plan légal et assurément sur le plan moral » a été grossièrement tronquée par les magistrats dans leur jugement, la coupant net après le mot corruption.

Or la fin de la phrase change totalement le sens de l’accusation portée par l’Obser- vatoire du nucléaire qui n’a jamais évoqué dans cette affaire – contrairement par exemple à l’affaire Uramin – des histoires de valises de billets échangées sous la table: il s’agit en l’occurrence d’un versement parfaitement officiel… et néanmoins totalement injustifiable.

Il sera intéressant, lors du procès du 19 novembre prochain de voir si le nouveau Président d’Areva (par intérim), Philippe Knoche, reprend à son compte les explications abracadabrantesques d’Areva, et si les juges de la Cour d’appel sont aussi complaisants avec Areva que ceux de première instance…

 

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20 octobre 2014 ~ 0 Commentaire

éric zemmour, le tea party à l’eau de vichy (al’e)

Bourreau-de-Bethune

Dans sa longue complainte sur le déclin de la France, Eric Zemmour laisse percer un mince rayon de lumière: au moins la France de Vichy parvint-elle à sauver 75 % des juifs de France du monstre nazi…

Il est difficile de croire qu’il a véritablement lu les statuts de Vichy concer- nant les juifs. Aucune «préférence nationale» n’y apparaît. Toutes les mesures de Vichy concernant les juifs visaient autant les citoyens français que les immi- grés, mise à part celle du 4 octobre 1940 ordonnant l’internement des «ressor- tissants étrangers de race juive». Certaines dispositions, il est vrai, furent prises afin d’exempter les vétérans de guerre et les juifs qui avaient rendu à la France des services particuliers, qui n’étaient pas nécessairement citoyens français, ainsi que des familles installées dans l’Hexagone depuis cinq générations. Dans les faits, toutefois, peu de personnes bénéficièrent de ces exemptions, et il arriva que certaines d’entre elles finissent par être déportées.

Le régime de Vichy appliqua ses mesures de restriction aux juifs avec zèle. Des chercheurs français établirent le chiffre précis de ceux qui furent exclus de la fonction publique et interdits d’exercer leur profession. La commission Mattéoli a déterminé très exactement combien d’entre eux furent victimes de spoliations. Les juifs français, davantage intégrés que les immigrés, ont particulièrement souffert de ces mesures. Lorsque les déportations débutèrent, ils étaient déjà extrêmement fragilisés par la perte de leurs professions et de leurs biens.

Antisémitisme culturel français Les juifs assimilés comme Léon Blum [président du Conseil des ministres français entre juin 1936 et juin 1937, et président du Gouvernement provisoire de la République française entre le 16 décembre 1946 et 16 janvier 1947, furent les cibles d’un opprobre tout particulier.

Xavier Vallat, le premier commissaire général aux questions juives, brouillait la différence existant prétendument entre l’antisémitisme culturel français et l’anti- sémitisme racial allemand. Vallat était convaincu que des juifs comme Blum, bien que nés français, étaient fondamentalement incapables de devenir d’authentiques Français.

Tous les historiens ayant travaillé sérieusement sur la France de Vichy détectent un changement à l’été 1942. Lorsque la «solution finale» commença à être mise en œuvre en France, avec les arrestations de masse, et la séparation des mères de leurs enfants. Même ceux qui s’étaient récemment plaints du nom- bre trop élevé à leurs yeux d’immigrés montrèrent de la répulsion.

Cinq évêques dénoncèrent ces arrestations. Pierre Laval, le chef du gouver- nement, n’obtint qu’un report de l’arrestation des juifs français. Les Allemands acceptèrent de déporter en priorité les juifs étrangers, pourvu que la police fran- çaise assure un nombre suffisant pour remplir les trains. Ils dirent toujours très clairement à Laval qu’ils finiraient par s’occuper des juifs français aussi. Il n’y eut jamais aucun accord, ni écrit ni oral, sur cette question.

En fin de compte, les Allemands s’emparèrent de tous ceux qu’ils purent, français ou non. Un tiers des 76 000 juifs déportés était des citoyens français, dont, il est vrai, des enfants nés en France de parents immigrés. L’extermination de 25 % des juifs de France ne fut pas un résultat positif. En effet, la France avait bien plus de possibilités de dissimuler les juifs que la Belgique et les Pays-Bas, où la présence allemande était plus forte.

L’exemple de l’Italie permet d’établir une meilleure comparaison. L’occupation allemande y débuta plus tard, mais se termina plus tard aussi, en mai 1945. Ne pouvant compter ni sur l’aide de l’Etat italien ni sur celui de sa police, les nazis ne furent en mesure de mettre la main que sur 16 % des juifs d’Italie. Si en France la police de Vichy participa activement aux arrestations, elle le fit avec de moins en moins de zèle à partir du début de l’année 1943.

Plus stupéfiant encore, le régime de Vichy envoya spontanément 10 000 juifs étrangers de la zone libre de l’autre côté de la ligne de démarcation pour les livrer à une mort certaine. Une telle mesure n’eut pas d’équivalent en Europe de l’Ouest, et n’en eut que peu en Europe de l’Est. On peut tenter d’expliquer ce zèle en l’interprétant comme une réaction à l’avalanche de réfugiés dans les années 1930. La France en accueillit proportionnellement plus que les Etats-Unis, mais pas davantage en nombre absolu, comme le prétend M. Zemmour. Après 1940, Vichy tenta de convaincre l’Allemagne de «reprendre» ses réfugiés. Au printemps 1942, Berlin obtempéra et put compter sur le plein concours de Vichy.

Des gens de bien Bien comprendre la situation allemande permet de saisir l’im- portance pour eux de la collaboration policière française. Une constante pénurie de main-d’œuvre sévissait en Allemagne. Engagée dans des combats de grande ampleur sur le front de l’Est, elle comptait en France sur Vichy et sa police pour combler ce manque. Ce fait n’est pas de mon invention, contrairement à ce qu’in- sinue M. Zemmour; il ressort avec évidence des archives allemandes. «Etant donné que Berlin ne peut pas détacher du personnel», écrivit le 7 juillet 1943 Heinz Röthke, l’officiel chargé de diriger les actions allemandes contre les juifs, l’action [d’arrestation de juifs] devra être exécutée presque exclusivement avec des forces de la police française».

Il existe, dans cette lamentable histoire, quelque chose dont il est permis de se féliciter. Je pense ici aux efforts que menèrent de nombreux Français pour venir en aide aux juifs, particulièrement aux enfants. Michael R. Marrus et moi-même leur avons dédié notre ouvrage paru en 1981, Vichy et les Juifs (Calmann-Lévy), car nous ne concevions pas que la critique de Vichy puisse équivaloir à une cri- tique de la France et des Français (comme le pense Zemmour). L’aide huma- nitaire apportée aux juifs ne fut pas une spécificité française, mais elle joua un rôle important reconnu par Vichy qui traqua et arrêta parfois ces gens de bien.

Le livre d’Eric Zemmour rencontre le succès parce qu’il exploite avec ha- bileté la peur du déclin. Le lecteur est porté par sa verve, son talent pour l’in- vective, son don de conteur et son goût de la provocation. Mais tout ce qui est abordé dans ce livre l’est au travers des verres déformants. Sa nostalgie de l’au- torité masculine ne fait guère de proposition constructive pour surmonter les pro- blèmes du moment. Je ne crois pas qu’ils seront nombreux à vouloir sérieusement revenir à l’époque d’avant 1965 alors que les femmes ne pouvaient ouvrir un com- pte en banque sans l’autorisation de leurs maris, un changement que Zemmour semble regretter. Une fois que l’énergie criarde de ce livre aura fait son petit effet, l’engouement du moment disparaîtra.

Vues de l’étranger, les idées noires exploitées par Zemmour ne semblent pas si exceptionnelles. Jadis puissance militaire et culturelle, la France en est venue à occuper une position certes honorable mais moyenne. Aucun Etat n’échappe au relâchement des liens nationaux et sociaux, au commerce mondialisé et à l’indivi- dualisme débridé.

Aux Etats-Unis aussi, on redoute la déchéance. Le Tea Party est parvenu à bloquer le gouvernement fédéral. Le système électoral américain est archaïque. Le président n’est pas apprécié par la population. Un mouvement «néoconfédéré» vigoureux s’enorgueillit de la cause sudiste telle qu’elle fut défendue au cours de la guerre civile des années 1861-1865. Ce mouvement accuse les historiens qui critiquent la société esclavagiste d’être quelque peu antiaméricains. Eric Zemmour se sentirait chez lui en leur compagnie. (Traduit de l’anglais par Frédéric Joly, publié dans Le Monde du 19-20 octobre 2014, page 15)

Robert O. Paxton, professeur émérite d’histoire Columbia University (New York). Il a publié, entre autres: La France de Vichy, 1940-1944, (Ed. Seuil, poche en 1999); Le Fascisme en action (Ed. Points histoire); Michael R. Marus et Robert O. Paxton, Vichy et les Juifs (Calmann-Lévy 2013). (…)

Publié par Alencontre le 20 – octobre – 2014
Pour l’ensemble des notes:

 

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19 octobre 2014 ~ 0 Commentaire

israël: la colonisation est « le cancer de la paix » (i-télé)

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11 octobre 2014 ~ 0 Commentaire

ébola : qui sont les artisans de la mort et comment les combattre? (essf)

ébola : qui sont les artisans de la mort et comment les combattre? (essf) dans Altermondialisme Black+women+colorful

Selon les derniers pronostics du Centers for Desease Control and Prevention (CDC) des Etats-Unis, si la pandémie d’Ebola continue à progresser au rythme actuel, elle pourrait toucher 1,4 million de personnes au Liberia et en Sierra Leone d’ici janvier 2015, ce qui conduirait à l’anéantissement de 700 000 d’entre elles en un an, faisant ainsi d’Ebola la troisième cause de décès de maladie infectieuse en Afrique, après le sida et les affections des voies respiratoires.

Pour les deux pays les plus durement touchés, cela pourrait conduire à la disparition de près de 10% de leur population en une année, si l’on tient compte aussi des effets induits d’une telle catastrophe sur l’alimentation et la santé glo- bales des populations concernées. Il est donc urgent d’en comprendre les causes pour tenter d’éviter le pire et de prévenir des tragédies semblables dans d’autres régions du Sud.

Notons tout d’abord que la progression de la maladie semble maîtrisée au Nigéria et au Sénégal, et qu’elle a sensiblement ralenti en Guinée. En République démocratique du Congo (RDC), où une épidémie parallèle a démarré à la fin août, elle paraît actuellement aussi sous contrôle ; il faut dire que ce pays a l’expérience de cette maladie depuis 1976.

Comment expliquer dès lors la gravité particulière de la pandémie au Libéria, qui concentre la majorité absolue des nouveaux cas déclarés depuis la mi-août, suivi en deuxième position par la Sierra Leone ? Si la Guinée s’en sort appa- remment mieux, c’est que l’épidémie a démarré dans ses districts forestiers du sud, largement coupés d’une économie qui repose essentiellement sur l’exploi- tation de la bauxite (1ère réserve au monde) au nord. En réalité, le sud du pays regarde vers le Libéria et la Sierra Leone, qui lui offrent aussi ses plus proches débouchés maritimes.

Pour comprendre la gravité de la situation au Libéria, en Sierra Leone et au sud de la Guinée, il faut donc s’intéresser de plus près aux particularités de cette sous-région.

J’en citerai quatre, qui constituent ensemble un cocktail explosif :

1. Depuis la fin des années 1980, le Libéria, la Sierra Leone et le sud de la Guinée sont au cœur de conflits armés pour le contrôle des ressources naturelles.

2. Après le rétablissement d’une paix relative, dans la première moitié des années 2000, la montée en flèche des investissements étrangers dans l’accaparement de terres et le secteur minier poursuit l’expropriation d’une petite paysannerie déjà fragilisée par la guerre.

3. La destruction accélérée de la forêt met en péril ses espèces animales et pousse leurs parasites microbiens à chercher de nouveaux hôtes aux marges de leur écosystème traditionnel.

4. L’effondrement des institutions étatiques issues des indépendances a transféré leurs tâches essentielles à des acteurs extérieurs privés, à des ONG, voire aux grandes puissances occidentales.

C’est le cumul de ces quatre caractéristiques qui fait de ces pays un terrain idéal pour la diffusion du virus Ebola.(…)

Pour contribuer à la sortie de cette barbarie, il faut dès lors dénoncer les mystifications de ceux qui ne cessent d’annoncer le décollage de l’Afrique, dé- ,guisent les multinationales en agences de développement, font passer MSF pour l’OMS, et confondent AFRICOM avec l’Armée du salut. En même temps, notre solidarité doit aller avant tout aux mouvements sociaux africains qui combattent le pillage des ressources naturelles, l’expropriation des paysans, la super-exploitation des salarié-e-s, la ruine des services publics ou la répression des libertés démocratiques.

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BATOU Jean 10 octobre 2014

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21 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

Francafrique, la famille recomposée (survie)

survie

Diplomatie, armée, entreprises

L’expression «Françafrique» est popularisée par l’association Survie dès les années 1990 sous la plume de François-Xavier Verschave pour dénoncer les pratiques néocoloniales de l’État français.

Alors que le terme, parfois vidé de son sens, s’est imposé dans le débat public, comment la Françafrique s’est-elle recomposée ces dernières années, notamment sous une présidence socialiste qui clame sa disparition?

Une politique prétendument «normalisée» vis à vis de l’Afrique est-elle com- patible avec le soutien toujours apporté par l’exécutif français à des régimes dic- tatoriaux, sur fond de préservation d’intérêts jugés stratégiques?

Quel sens donner au «retour à l’Afrique» qui semble s’imposer au plan politi- que, économique et surtout militaire, comme l’illustrent l’interventionnisme au Mali, en Centrafrique et le repositionnement de l’armée française dans plusieurs pays ?

Quelle est la réalité de la concurrence internationale pour «nos entreprises», comment se sont-elles adaptées à la mondialisation et aux différentes évolutions de la relation franco-africaine dans un contexte où la diplomatie économique s’affiche de manière totalement décomplexée?

En s’intéressant successivement aux trois principaux pouvoirs (politique, militaire et économique) qui déterminent la politique africaine de la France, les contributions rassemblées dans cet ouvrage proposent des réponses à ces ques- tions et offrent ainsi une analyse actualisée de ce que continue d’être la Françafrique aujourd’hui. 3 septembre 2014 par Ophélie Latil

Editions Syllepse, 224 p., 12 euros. Les contributeurs de cet ouvrage sont des militants, chercheurs, écrivains mobilisés dans le combat contre la Françafrique de l’association Survie.

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