Archive | Anticolonialisme

01 août 2013 ~ 0 Commentaire

Mali : élection en trompe-l’œil

Mali : élection en trompe-l’œil dans Anticolonialisme tintin

Du fait des délais imposés par la France pour tenir les élections présidentielles, les Maliens ont eu droit à des élections bâclées, avec un débat a minima sur les orientations politiques pour reconstruire le pays pourtant victime de la plus grave crise de son existence.
Les élections se sont tenues dans des conditions difficiles : des Maliens inscrits, mais sans leur carte d’électeur Nina (numéro d’identification nationale), d’autres avec carte, mais sans être inscrits, et enfin des jeunes qui n’ont pu se faire enregistrer… La situation a été des plus chao- tiques dans les camps de réfugiés. Au Burkina Faso, sur les 50 000 réfugiés, seulement 3 500 étaient inscrits, avec au final seulement 50 per- sonnes qui ont pu voter. Dans la région parisienne, peu de monde, dans cette nombreuse communauté malienne, a pu voter. Seuls les res- ponsables politiques occidentaux qui ont exigé ces élections dans un temps si court ont exprimé leur satisfaction. À croire que pour eux, les standards de la démocratie ne sont pas les mêmes en Europe qu’en Afrique.

La « gauchafrique » Malgré les conditions difficiles, il apparaît que les Maliens se sont rendus massivement aux urnes à l’exception de la région de Kidal au nord du Mali, démontrant leur volonté de s’emparer du futur de leur pays. Les premiers résultats, mais il faut être prudent, montrent un succès pour Ibrahim Boubacar Keita (dit IKB), un politicien bien connu au Mali puisqu’il a été pendant six ans Premier ministre du régime Alpha Omar Konaré, mais aussi président de l’Assemblée nationale. Lors de la crise, il s’est tenu soigneusement à mi-chemin entre les putschistes et les partisans de l’ordre ancien. Ainsi, cela lui a permis de ne pas apparaître aux yeux des Maliens comme le représentant direct de l’ancien pouvoir déchu d’Amadou Toumani Touré. Il a bénéficié aussi du soutien officieux de l’Imam Mahmoud Dicko, président du conseil islamique du Mali. Et pour parfaire ce profil hétéroclite, il est vice-président de l’Internationale socialiste… Après ces élections, le futur président malien deviendra donc légitime, l’ingérence française légale, la corruption florissante, bref le retour à la normale de la Françafrique… jusqu’à la prochaine crise !

Paul Martial Mercredi 31 juillet 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 206 (01/08/13)

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30 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Anticolonialisme : à propos de la disparition d’Henri Alleg

Anticolonialisme : à propos de la disparition d’Henri Alleg dans Anticolonialisme arton633-300x155

Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur Henri Alleg décédé la semaine dernière.

Souvent beaucoup de mensonges et pas mal d’hypocrisie de la part des personnalités politiques de gauche qui lui ont rendu hommage. Henri Alleg, militant du PCA torturé par les paras de Massu, est un des symboles de la lutte anticolonialiste. Il restera dans l’histoire, tout comme les communistes Raymonde Dien qui se coucha sur le rails pour empêcher un train de munitions de partir pour la guerre en Indochine, le marin Henri Martin qui refusa d’y servir ou le soldat Alban Liechti qui fera de même pendant la guerre d’Algérie.
Mais en matière d’hypocrisie, commençons par les larmes de crocodiles des dirigeants PS pleurant la disparition d’Henri Alleg, alors qu’il suffit de rappeler que l’insurrection algérienne a commencé en 1954 et que l’essentiel de la guerre répressive a été menée par un gouvernement socialiste sous la houlette des Guy Mollet, Lacoste ou Mitterrand. Ce dernier qui proclamait que « l’Algérie était française » a été ministre de la justice jusqu’en mai 57 et c’est lui qui a refusé de gracier 45 condamnés à mort qui seront guillotinés, comme le communiste Fernand Yveton ou un autre membre du PCA, l’aspirant Maillot qui avait déserté en 1956 et sera arrêté, puis assassiné.

Les opposants tardifs à la guerre Le PCF, qui joue aujourd’hui sur ses « martyrs », oublie de dire qu’en 1954, comme le PCA, il avait con- damné le début de l’insurrection armée, puis voté en 1956 au Parlement les « pouvoirs spéciaux » qui ont permis au gouvernement dirigé par Guy Mollet d’envoyer le contingent en Algérie.

Par la suite, le PCF, partisan de la « paix en Algérie » et non de l’indépendance, s’est opposé à celles et ceux qui se sont engagés dans les réseaux de soutien au FLN (réseaux Jeanson, Curiel, ou à Jeune résistance, organisation agissant dans l’armée, bloquant les trains de sol- dats partant pour Marseille, aidant les déserteurs). Beaucoup de militants communistes furent exclus du parti pour avoir milité dans ces structures, souvent au coté de chrétiens comme ceux qui éditaient la revue Témoignages et Documents.
Le PCA ne ralliera le FLN qu’en 1956 après avoir créé ses propres groupes armés, et ça n’est qu’à la fin de la guerre que le PCF demandera à une vingtaine de ses militants (presque tous fils de dirigeants) de refuser de partir à l’armée et donc de se faire arrêter. Il n’est  pas question ici d’ignorer le rôle du PCF dans cette bataille anticolonialiste mais de rétablir quelques vérités, y compris pour comprendre l’origine des exclusions et le rôle de la guerre d’Algérie pour la génération de 68 et d’après.
Signalons enfin qu’Alleg était devenu un opposant organisé à la direction actuelle du PCF, lui reprochant ses « capitu- lations ». Membre du Pôle de renaissance communiste en France, ce nostalgique de l’URSS était aussi membre du Comité Honecker de solidarité internationaliste (du nom de l’ancien dirigeant d’Allemagne de l’Est…).

Alain Krivine Vendredi 26 juillet 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 205 (25/07/13)

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29 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Après l’échec annoncé des pourparlers de paix (Afps)

Après l’échec annoncé des pourparlers de paix (Afps) dans Anticolonialisme colonie+isra%C3%A9lienne

Une géné­ration pales­ti­nienne est arrivée à maturité, qui n’est pas pressée de par­venir à un accord avec les Israé­liens, parce que les Israé­liens ne sont pas prêts à un accord équitable.

Ne vous inquiétez pas, dans cette série de pour­parlers avec les Pales­ti­niens, Israël va à nouveau manquer l’occasion de changer et d’être changé – tout comme le gou­ver­nement Rabin-​​Peres et le gou­ver­nement Barak ont manqué cette occasion. Les dis­cus­sions sur le réfé­rendum laissent de côté l’essentiel : tout avenir digne d’être vécu pour la com­mu­nauté juive dans cette partie du Moyen-​​Orient dépend de la capacité et de la volonté de cette com­mu­nauté de se libérer de l’ethnocratie (« la démo­cratie pour les Juifs seulement ») qu’elle a construite ici depuis près de sept décennies.

Pour cela nous avons déses­pé­rément besoin les Pales­ti­niens. Mais la supé­riorité mili­taire et écono­mique nous aveugle. Nous som- mes convaincus qu’ils ont besoin de nous et que nous les avons poussés dans une telle position de fai­blesse que nous pouvons extorquer un oui de leur part sur tout ce qu’ils ont refusé depuis 20 ans, c’est-à-dire bien moins que les fron­tières de 1967. Les négo­cia­tions qui sont main­tenant attendues, avec la par­ti­ci­pation, très loin d’être neutre, des Amé­ri­cains (et sous réserve qu’elles aient lieu après la phase de pré-​​négociation), ne conduiront pas à l’indépendance pour les Pales­ti­niens.

Mais ce n’est pas le Premier ministre Ben­jamin Neta­nyahu et ses pro­blèmes de coa­lition qui doivent être rendus res­pon­sables de cela. Ce sont les Israé­liens, qui ne sont pas encore prêts à exiger que leurs diri­geants tra­vaillent dans le sens d’un accord de paix, parce qu’ils pro­fitent encore trop de l’occupation. Ce n’est pas pour rien que nous avons été gra­tifiés, avec nos 6.800 expor­ta­teurs d’armes, du titre du sixième plus grand expor­tateur d’armes du monde, avec la pre­mière ou la deuxième place parmi les pays qui vendent des avions sans pilote (drônes), qui ont été per­fec­tionnés par des essais sur les Libanais et surtout les Gazaouis. Même s’il n’y a qu’une petite partie de notre popu­lation qui est impliquée dans la fabri­cation et l’exportation d’armes et dans l’industrie de la défense en général, c’est une minorité qui a une grande influence et beaucoup de pouvoir écono­mique, et qui façonne la poli­tique par son idéo­logie mes­sia­nique et tech­no­cra­tique.

Les direc­tives de l’Union euro­péenne sur la non-​​coopération avec les colonies et les entre­prises qui leur sont liées sont arrivées avec au moins 15 ans de retard. Dès les années 1990, il était clair pour l’Europe que la colo­ni­sation de la Cis­jor­danie et de Gaza contre­disait son inter­pré­tation des accords d’Oslo, mais cela ne l’a pas empêchée de combler Israël d’accords com­mer­ciaux favo­rables. Ni ces accords, ni le soutien massif à l’Autorité pales­ti­nienne (qui revient en fait à com­penser les dom­mages causés par la domi­nation israé­lienne et les res­tric­tions à la cir­cu­lation qui lui sont liées), n’ont offert à l’Europe de réelle influence poli­tique aux yeux d’Israël ni dans les cou­loirs des négo­cia­tions. Et puis, un premier pas mené avec déter­mi­nation par l’Europe a rétabli sa position poli­tique. Les Pales­ti­niens ont clai­rement indiqué que si les Euro­péens reviennent en arrière sur ces direc­tives, comme Israël l’a exigé et comme les États-​​Unis le veulent, ils arrê­teront les pour­parlers (si jamais ils com­mencent). Mais l’impact prin­ci­pa­lement psy­cho­lo­gique de ces direc­tives se dis­sipera si elles ne sont pas mises en œuvre rapi­dement. Quand elles seront appli­quées, et si elles le sont, les résultats ne se feront pas sentir immé­dia­tement en Israël, et même alors, ils ne se feront sentir que pro­gres­si­vement.

Autrement dit, il faudra du temps avant que de plus en plus d’Israéliens ne se rendent compte que l’occupation n’en vaut pas la peine. Et pendant tout ce temps, nous conti­nuerons à nous sentir plus forts que les Pales­ti­niens. Mais c’est une illusion d’optique, celle des arro­gants, que de croire que nous pouvons lier notre sort à la fai­blesse des Pales­ti­niens. Certes, la direction de l’OLP est fos­si­lisée et con- trôlée par un seul homme, qui consulte rarement et ne prend que rarement en compte les opi­nions de son peuple. Mais même lui ne peut pas accepter ce que le gou­ver­nement Netanyahu-​​Bennett-​​Lapid prévoit d’offrir.

Il est vrai que la société pales­ti­nienne est plus frac­turée géo­gra­phi­quement et poli­ti­quement qu’il y a 20 ans, mais elle a beaucoup d’endu-rance, ce dont manquent les Israé­liens. L’Autorité pales­ti­nienne et le gou­ver­nement Hamas gémissent sous les far­deaux finan­ciers de leurs économies en état de siège. Les cli­vages sociaux et écono­miques se sont appro­fondis et une atmo­sphère de dépo­li­ti­sation a pris le dessus. Mais sous la surface, il y a de nou­veaux déve­lop­pe­ments. Des ini­tia­tives sont en cours pour que le peuple pales­tinien – en Cis­jor­danie, dans la bande de Gaza et dans la dia­spora – se dote d’un organe de décision unique.

Des idées sont sérieu­sement dis­cutées pour des méthodes de lutte en dehors des négo­cia­tions. Une géné­ration est arrivée à maturité qui n’est pas pressée de par­venir à un accord avec les Israé­liens, parce que les Israé­liens ne sont pas prêts à un accord équi­table. Et quand nous, les Israé­liens, nous nous réveillerons et sup­plierons d’arriver à un accord, il sera peut-​​être trop tard. Amira Hass - Haaretz, dimanche 28 juillet 2013 Voir en ligne : http://www.haaretz.com/opinion/.pre…

http://www.france-palestine.org/Apres-l-echec-annonce-des

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23 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Un guide pour ceux qui se posent des ques­tions sur les nou­velles lignes direc­trices de l’Union euro­pénne sur les colonies (Afps)

Un guide pour ceux qui se posent des ques­tions sur les nou­velles lignes direc­trices de l’Union euro­pénne sur les colonies (Afps) dans Anticolonialisme humour-israel

Le texte que nous vous pro­posons ici, publié par Haaretz, s’adresse aux Israé­liens qui com­mencent à se poser des ques­tions après la publi­cation des nou­velles « lignes direc­trices » de l’Union Euro­péenne. C’est aussi un bon argu­men­taire en réponse à nos adver­saires qui jus­ti­fient la poli­tique israé­lienne d’occupation et de colo­ni­sation des ter­ri­toires pales­ti­niens et même, à l’occasion, pour nos élus qui sont pro­ba­blement régu­liè­rement abreuvés de leurs argumentaires

Vous trou­verez ici toutes les réponses à vos ques­tions sur les nou­velles lignes direc­trices de l’Union euro­péenne sur les colonies. Pourquoi l’Union euro­péenne refuse que ses sub­ven­tions soient uti­lisées pour des projets situés au-​​delà la Ligne verte ? L’Union euro­péenne, comme la plupart des Etats dans le monde, ne reconnaît pas la sou­ve­raineté israé­lienne sur les ter­ri­toires au-​​delà de la Ligne verte et ne les considère pas comme faisant partie de l’Etat d’Israël. L’UE, comme la plupart des Etats dans le monde, ne considère pas les acti­vités des citoyens israé­liens au-​​delà la Ligne verte comme légales, car en vertu du droit inter­na­tional, un pays ne peut pas ins­taller ses citoyens dans un ter­ri­toire occupé, il peut seulement gérer tem­po­rai­rement ce ter­ri­toire au nom de la popu­lation locale.

Pourquoi cette décision de l’UE s’applique aussi à Jéru­salem Est et au Plateau du Golan, alors que dans ces zones c’est la loi israé­lienne qui s’applique ? Bien qu’Israël ait mis en place son droit civil, ses tri­bunaux et son admi­nis­tration à Jérusalem-​​Est et sur le plateau du Golan, les annexant ainsi de fait à son ter­ri­toire, la com­mu­nauté inter­na­tionale ne considère pas que ces actes ont changé le statut de ces ter­ri­toires. L’annexion uni­la­térale d’un ter­ri­toire par un pays pendant ou après une guerre n’est pas considéré comme légal au regard du droit inter­na­tional. Aujourd’hui, le droit inter­na­tional interdit l’acquisition de ter­ri­toire par la force. Du point de vue de la com­mu­nauté inter­na­tionale, ce sont des ter­ri­toires occupés, tout autant que la Cis­jor­danie (et que Gaza aussi, qu’une partie impor­tante du monde considère tou­jours comme étant occupé par Israël).

Quelle est la position d’Israël sur le statut de ces territoires ? Israël n’a pas appliqué la loi civile israé­lienne dans les ter­ri­toires con- quis en 1967, à l’exception de Jérusalem-​​Est et du plateau du Golan. Ainsi, même du point de vue de la loi israé­lienne, le reste de ces ter­ri­toires est considéré comme hors des fron­tières sou­ve­raines d’Israël. La reven­di­cation d’Israël à l’égard de la Cis­jor­danie, c’est qu’elle a été conquise sur la Jor­danie, un pays dont la sou­ve­raineté n’était pas non plus reconnue sur la Cis­jor­danie ; la Convention de Genève, s’appliquant aux ter­ri­toires conquis par un État sur un autre État, ne s’appliquerait donc pas à la Cis­jor­danie. Une reven­di­cation simi­laire est for­mulée à l’égard de la bande de Gaza, qui était pré­cé­demment contrôlée par l’Egypte. C’est pour cette raison que l’on entend parfois des per­son­na­lités israé­liennes désigner ces ter­ri­toires comme « contestés », et non comme occupée. En ce qui concerne ses colonies, Israël prétend que la Convention de Genève interdit aux États de trans­férer de force ses citoyens dans un ter­ri­toire occupé, mais que des citoyens peuvent aller s’installer de manière volon­taire dans un ter­ri­toire occupé.

Alors quel est le pro­blème avec la reven­di­cation d’Israël sur ce qu’il appelle la Judée et la Samarie, et que la plupart des pays du monde appellent la Cisjordanie ? Presque per­sonne n’accepte les pré­ten­tions d’Israël selon les­quelles la Convention de Genève ne s’appliquerait pas aux ter­ri­toires conquis en 1967 parce qu’ils n’appartenaient pas aupa­ravant à un pays, ou parce que ses citoyens au- raient choisi volon­tai­rement d’aller s’installer dans le ter­ri­toire occupé. La Cour inter­na­tionale de Justice de La Haye a également rejeté ces allé­ga­tions lorsqu’en 2004 elle a statué sur la bar­rière de sépa­ration entre Israël et la Cis­jor­danie. Il est clair que, du fait que les colonies ont été établies par décret gou­ver­ne­mental et avec un montant élevé de fonds alloués par le budget de l’Etat, leur mise en place relève de la défi­nition d’un transfert de popu­lation en vio­lation de la Convention de Genève. Israël essaie d’avoir le beurre et l’argent du beurre. D’une part, il n’a pas annexé la Cis­jor­danie à l’intérieur de ses fron­tières sou­ve­raines, ni appliqué le droit civil israélien ou son admi­nis­tration dans ce ter­ri­toire. Les rési­dents pales­ti­niens de la Cis­jor­danie n’ont pas obtenu la citoyenneté israé­lienne.

Israël a pro­mulgué un régime mili­taire en Cis­jor­danie et c’est sous cette autorité qu’il opère. Lorsque, par exemple, Israël confisque des terres pour des raisons de sécurité, il le fait en vertu des lois inter­na­tio­nales d’occupation (qui se trouvent dans les Conven­tions de La Haye) qui confèrent des pou­voirs spé­ci­fiques aux com­man­dants mili­taires dans les ter­ri­toires occupés. D’autre part, Israël prétend que la Convention de Genève ne s’applique pas à la Cis­jor­danie, de sorte que les res­tric­tions contenues dans la Convention de Genève ne s’appli- quent pas. Le résultat est qu’Israël agit parfois dans les ter­ri­toires comme s’ils fai­saient partie de son ter­ri­toire sou­verain : il établit des villes israé­liennes, des com­mu­nautés et des usines, et applique la loi israé­lienne aux citoyens israé­liens vivant dans ce ter­ri­toire. Tou­tefois, Israël traite simul­ta­nément la Cis­jor­danie comme un ter­ri­toire occupé, en plaçant sous admi­nis­tration mili­taire les habi­tants ori­ginaux du ter­ri­toire occupé, les Pales­ti­niens, à qui il ne donne pas le même statut qu’aux citoyens israé­liens. Et dans le même temps habi­tants pales­ti­niens ne béné­fi­cient pas plei­nement de leurs droits de rési­dents d’un ter­ri­toire occupé, qui com­prennent la dis­po­sition empê­chant la puis­sance occu­pante de les expulser en faveur de ses propres citoyens. Les Euro­péens ne sont pas prêts à laisser les sub­ven­tions qu’ils accordent à Israël financer cette politique.

Pourquoi consi­dérer ces ter­ri­toires comme occupés, alors qu’ils n’ont pas été réel­lement pris à un Etat auquel ils auraient appartenu ? Les civils vivant en Cis­jor­danie peuvent être consi­dérés comme occupés, parce qu’ils vivent sous un régime mili­taire imposé par un Etat dont ils ne sont pas citoyens, et le fait que la Cis­jor­danie n’était pas un Etat pales­tinien avant son statut actuel ne change rien. Il ne fait aucun doute que la Cis­jor­danie se situe au-​​delà des fron­tières reconnues d’Israël, et est sous un régime mili­taire, et en raison de ces faits, la popu­lation civile qui y vit peut être consi­dérée comme occupée. Dans de nom­breux cas à travers le monde, des ter­ri­toires ont été conquis sur des États qui n’étaient pas légi­times pour les gou­verner : le Maroc a conquis le Sahara occi­dental sur l’Espagne, l’Indonésie a  conquis Timor oriental sur le Por­tugal. Cela ne rend pas ces ter­ri­toires moins « occupés ». De plus, ces deux pays ont également annexé uni­la­té­ra­lement les ter­ri­toires en question, et cela aussi ne les rend pas moins occupés. Le Timor oriental s’est fina­lement fait accorder l’indé-pendance, et le Sahara occi­dental est considéré comme occupé jusqu’à ce jour. Le fait qu’Israël ait conquis la Cis­jor­danie sur la Jor­danie et Gaza sur l’Egypte, pays aux­quels elles n’appartenaient pas, n’a pas d’importance. Ce qui importe, c’est qu’il y a une popu­lation vivant au-​​delà des fron­tières d’un Etat, popu­lation qui vit sous un régime mili­taire et se voit refuser le droit fon­da­mental à l’autonomie et à l’auto-détermination.

Est-​​ce qu’il y a d’autres territoires dans une situation similaire ? Les ter­ri­toires consi­dérés comme occupés le sont presque tou­jours dans un envi­ron­nement de contro­verses, et les Etats occu­pants nient souvent que les ter­ri­toires soient en effet occupés. La Cour inter­na­tio- nale de La Haye a récemment discuté de l’occupation par l’Ouganda de cer­taines parties du Congo. L’occupation la plus contro­versée de l’histoire récente a été l’incursion des Etats-​​Unis et de la Grande-​​Bretagne en Irak, mais cette affaire diffère de l’occupation israé­lienne de la Cis­jor­danie, du fait que l’occupation menée par Israël est à long terme, et com­prend des colonies et une popu­lation civile de l’Etat conquérant. Deux situa­tions simi­laires qui se démarquent sont Chypre du Nord, qui a déclaré son indé­pen­dance, mais que la plupart du monde consi­dèrent tou­jours comme un ter­ri­toire sous occu­pation turque, plutôt que comme un Etat indé­pendant. La Cour euro­péenne des droits de l’homme a souvent qua­lifié Chypre du Nord comme occupé et condamné la Turquie pour les vio­la­tions des droits humains envers les Chy­priotes et les Grecs, du fait qu’elle ne leur per­mettait pas d’accéder à leurs terres. Le Sahara occi­dental est tou­jours considéré comme un ter­ri­toire occupé par le Maroc. Dès 1975, la Cour inter­na­tionale de La Haye a décidé qu’il convien­drait d’accorder à la popu­lation de ce ter­ri­toire, les Saharaouis,  le droit de décider de manière indé­pen­dante leur propre avenir, ce qui leur per­met­trait de réa­liser leur droit à l’autodétermina- tion. Un réfé­rendum devait avoir lieu au Sahara occi­dental, mais à ce jour il n’a pas eu lieu. Le Timor oriental est un autre cas simi­laire, mais il a obtenu son indé­pen­dance en 2002 à la suite d’un référendum.

Pourquoi le droit inter­na­tional interdit aux nations de s’installer dans les ter­ri­toires occupés ? Il est assez clair que si un Etat conquérant com­mence à ins­taller sa popu­lation dans le ter­ri­toire occupé, une situation sera créée dans laquelle l’État aura un rapport dif­férent à la popu­lation du ter­ri­toire occupé et à ses propres citoyens, ce qui conduira pro­ba­blement à une dis­cri­mi­nation contre la popu­lation occupée. Cette situation est simi­laire à la colo­ni­sation, ou l’apartheid, ce que le droit inter­na­tional moderne cherche à empêcher. La poli­tique de colo­ni­sation d’Israël a pré­ci­sément eu pour résultat la situation que le droit inter­na­tional cherche à prévenir.

Alors, la com­mu­nauté inter­na­tionale ne fait pas de dis­tinction entre les colonies et les « avant-​​postes » ? Non, effec­ti­vement. La plupart des pays du monde voient la Cis­jor­danie comme un ter­ri­toire occupé, à laquelle la Convention de Genève est appli­cable, ce qui interdit à une nation occu­pante d’y ins­taller sa popu­lation civile.

Que dire des « blocs de colonies » ? Selon le droit inter­na­tional, il n’y a pas de dif­fé­rence. Il semble qu’un futur accord entre Israël et les Pales­ti­niens laissera des blocs de colonies dans les mains israé­liennes, mais pour l’instant, il n’y a aucune dif­fé­rence. De toute évidence, ce n’était pas de la com­pé­tence du pré­sident de l’époque George W. Bush de changer cette réalité, comme il l’a fait dans sa fameuse lettre au Premier ministre Ariel Sharon, dans laquelle il écrivait qu’il était irréa­liste de s’attendre à ce qu’Israël retourne au fron­tières de 1949, sur la base des faits sur le terrain.

Mais dans le passé, des Etats ont conquis des ter­ri­toires et se les sont appropriés  Le droit inter­na­tional moderne com­prend de nom­breuses règles qui inter­disent l’utilisation de la force, et l’acquisition de ter­ri­toires par la force, ainsi que des règles qui sou­tiennent l’autodétermination. Le droit inter­na­tional cherche à faire dis­pa­raître l’ancien colo­nia­lisme. Aujourd’hui, un État ne peut pas prendre pos­session d’un ter­ri­toire sim­plement parce qu’il l’a conquis par la force. En outre, les États qui prennent pos­session de ter­ri­toires par la force annexent en général ces ter­ri­toires, et accordent la citoyenneté à leurs habi­tants (ne parlons pas des périodes plus sombres du passé, où géné­ra­lement la plupart de ces popu­la­tions civiles étaient détruites). Même si l’annexion uni­la­térale est interdite par le droit inter­na­tional moderne, l’annexion doit théo­ri­quement conduire à l’égalité des citoyens et à la sta­bilité. La pré­sence d’Israël en Cis­jor­danie est loin de cela, car il s’agit d’une occu­pation pro­longée illé­gitime d’une popu­lation conquise à laquelle n’a pas été accordée la citoyenneté.

Mais Israël a promis de res­tituer des terres aux Pales­ti­niens et « il n’y a per­sonne avec qui négocier » ? Cette affir­mation est com­plè­tement hors de propos. Peu importe qui doit être tenu pour res­pon­sable du fait qu’il n’y a tou­jours pas d’accord, ou du fait que les négo­cia­tions sont au point mort, la situation juri­dique des colonies reste inchangée. Israël ne remplit pas ses obli­ga­tions en Cis­jor­danie en tant qu’Etat occupant et c’est une question dis­tincte de celle du pro­cessus de paix et des négo­cia­tions. Tant qu’Israël occupe la Cis­jor­danie, il est supposé agir selon les lois qui régissent les ter­ri­toires occupés, lois qui inter­disent la colo­ni­sation, et qui sti­pulent que la nation occu­pante ne doit gou­verner le ter­ri­toire occupé que tem­po­rai­rement, et pour le bénéfice de la popu­lation occupée. L’armée occu­pante doit garantir la sécurité dans le ter­ri­toire occupé, mais ne doit pas être uti­lisée pour établir des popu­la­tions. Il est important de sou­ligner que les accords d’Oslo, tout en accordant cer­tains pou­voirs aux Pales­ti­niens, n’ont pas modifié le fait que la Cis­jor­danie est sous occu­pation israé­lienne, ni la situation juri­dique des colonies.

Aeyal Gross - Haaretz, dimanche 21 juillet 2013

Com­mu­niqué de la CECP sur les lignes direc­trices de l’Union euro­péenne excluant les colonies des projets qu’elle finance

Pour la Com­mission euro­péenne, les ter­ri­toires occupés, ce n’est pas Israël – Com­mu­niqué de l’AFPS

Lignes direc­trices rela­tives à l’éligibilité des entités israé­liennes établies dans les ter­ri­toires occupés par Israël

http://www.france-palestine.org/Un-guide-pour-ceux-qui-se-posent

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20 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Mali : élection bidon, profit béton

Mali : élection bidon, profit béton dans Anticolonialisme neocolonilaisme

28, c’est le nombre de candidats qui se présentent aux élections présidentielles du Mali qui doivent se tenir fin juillet.

Des élections qui restent largement contestées au regard de l’impréparation à quelques semaines des échéances. L’accord de paix signé à Ouagadougou, qui permet l’entrée de l’armée malienne dans la région de Kidal par le cantonnement des miliciens du MNLA, reste des plus précaires. Des incidents quotidiens surviennent, avec parfois des blessés graves entre partisans du MNLA et les soldats de la Minusa. De plus, l’insécurité reste importante dans la région du Nord. L’administration est défaillante et parfois totalement absente, les listes électorales ne sont pas fiables et la distribution des cartes électorales reste hasardeuse, d’autant qu’il y aurait, selon le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR),  353 455 déplacéEs à l’intérieur du pays et 174 394 réfugiéEs dans les pays limitrophes [1].

Des élections pour écarter les populations Plusieurs candidats à la magistrature suprême, dont Tiébilé Dramé, l’ancien négociateur pour Bamako des accords de Ouagadougou, appellent à un report des élections. Mais Dioncounta Traoré, président par intérim, refuse parce que François Hollande reste intransigeant sur la date. Comme souvent, le calendrier des occupants est rarement en phase avec les échéances des occupés. En effet, pour les puissances occidentales, le Mali doit retrouver sa normalité constitutionnelle. Peu importe que ce soit totalement factice, cela permettra de légitimer les opérations de l’ONU et de formaliser la coopération des États-Unis avec les nouvelles autorités.

La question du report des élections n’est pas seulement motivée par les difficultés techniques, elle est aussi politique car ce pays a vécu l’une de ses plus graves crises depuis son existence. Cette crise a mis en lumière la faillite de l’État, la corruption et l’incurie des dirigeants. Elle a aussi permis que les djihadistes et les trafiquants prennent le contrôle des trois quart du territoire. Elle a également provoqué de profondes divisions entre les communautés, allant parfois même jusqu’aux affrontements. Il est révélateur que les populations réfugiées refusent toujours de revenir chez elles.

Les tensions exacerbées, le discrédit des dirigeants du pays parmi les populations, devraient pousser à un profond processus de rénovation politique. Le premier impératif serait que les populations puissent s’exprimer, se retrouver à l’échelon du quartier ou du village, pour définir quelles devraient être les priorités de l’État et définir un nouveau mode de gouvernance. C’est précisément ce que ne veulent ni la France, ni le pouvoir en place, au risque de retomber dans les mêmes travers, avec une élection présidentielle bâclée qui apparaîtra comme illégitime aux yeux de bon nombre de Maliens et Maliennes.

Les affaires continuent Alors, pour prévenir toute contestation ultérieure des élections, lorsqu’il a reçu les 28 candidats, Dioncounta Traoré a déclaré que «  tous les candidats sont à égalité sur les insuffisances et les imperfections relevées ici et là  » [2]. Pas si sûr, car les carences dans le processus électoral facilitent grandement les fraudes électorales du pouvoir en place qui est loin d’être novice en la matière. Le ministre chargé des élections, le général Kafougouna Koné, est celui qui avait organisé le dernier scrutin électoral, entaché de multiples fraudes, permettant de porter au pouvoir Amadou Toumani Touré qui sera par la suite renversé par le coup d’État du 22 mars 2012.

D’autant que le dernier remaniement ministériel, à en croire une note confidentielle du FMI [3] qui a fuité, a pour seul but de faire profiter les dirigeants durant ce dernier mois de pouvoir, afin qu’ils s’enrichissent à l’occasion d’investissements importants de l’État… Et dans le même temps, Michel Roussin (un ex des services secrets et ancien ministre de la Coopération de Chirac) a conduit pour le Medef une délégation d’une trentaine de chefs d’entreprise, afin de participer à la reconstruction du Mali, dont le financement est à hauteur de trois milliards de dollars par les bailleurs de fonds. Comme quoi le hasard fait bien les choses  !

MARTIAL Paul 18 juillet 2013
Notes

[1] http  ://reliefweb.int/report/mali/mali-urgence-complexe-rapport-de-situation-no-36-05-juillet-2013.

[2] http  ://maliactu.net/polemique-autour-de-la-tenue-de-la-presidentielle-ce-que-dioncounda-a-dit-aux-candidats

[3] www.maliweb.net/news/economi…, 155780.html

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18 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Mort d’Henri Alleg, qui dénonça la torture pendant la guerre d’Algérie (Rue 89)

Mort d’Henri Alleg, qui dénonça la torture pendant la guerre d’Algérie (Rue 89) dans Anticolonialisme inculpez-massu-ej5bi-300x300

Henri Alleg, le journaliste communiste qui a joué un rôle-clé pour révéler aux Français l’usage de la torture pendant la guerre d’Algérie, est mort mercredi, à l’age de 92 ans.

Il était l’auteur du livre « La Question », sorti en 1958 aux éditions de Minuit, aussitôt interdit et republié en Suisse. En 2003, il racontait son arrestation et la torture dans un documentaire de Jean-Pierre Lledo « Un rêve algérien ». Son livre « La Question », qui reste aujourd’hui encore le document de référence sur la torture par les paras français pendant la guerre d’Algérie, a été adapté au cinéma en 1977 par Laurent Heynemann. Henri Alleg, né à Londres de parents juifs, s’était installé à Alger en 1939, et s’était engagé auprès du Parti communiste algérien. En 1951, il était directeur du quotidien Alger républicain, auquel collaborait également Albert Camus. Je me trouvais il y a quelques semaines à Alger, et un journaliste algérien m’avait montré la façade de l’ancien siège d’Alger républicain au centre de la capitale, regrettant que la mé- moire sélective algérienne d’aujourd’hui n’ait même pas honoré d’une plaque ce journal engagé en faveur des droits des Algériens…

Après le déclenchement de la lutte armée, le 1er novembre 1954, Henri Alleg est entré dans la clandestinité lorsque son journal est interdit par les autorités coloniales françaises, à une époque où le Parti communiste français était loin d’être aussi clair dans son positionnement. Henri Alleg fut arrêté le 12 juin 1957 chez son ami Maurice Audin, un mathématicien alors âgé de 25 ans, qui, lui-même capturé la veille, mourra sous la torture. François Hollande a rendu hommage à Maurice Audin lors de sa visite officielle en Algérie l’an dernier. Le journaliste fut torturé à plusieurs reprises au cours de sa détention, et ce sont ces séances de « gégène » qui constituent le point de départ du livre « La Question ».

Un « traître »

Pour l’establishment français de l’époque, Henri Alleg était un « traître ». Il fut jugé pour « atteinte à la sûreté extérieure de l’Etat » et « recon- stitution de ligue dissoute », et condamné à dix ans de prison. Il parvint à s’échapper, et rejoignit la Tchécoslovaquie alors communiste. Il ne put revenir en France qu’après l’amnistie des Accords d’Evian qui accordèrent l’indépendance à l’Algérie en 1962. Henri Alleg a incontes- tablement joué un grand rôle dans la prise de conscience, lente et progressive, de l’opinion française face aux crimes commis en son nom en Algérie. Il restera communiste jusqu’au bout, et même orthodoxe puisqu’il défendit l’ex-dirigeant de la RDA Erich Honecker, et reprocha à la direction du PCF sa « dérive social-démocrate ». Pierre Haski | Cofondateur

http://www.rue89.com/2013/07/18/mort-dhenri-alleg-denoncat-torture-pendant-guerre-dalgerie-244351

Henri Alleg, le combat et le courage contre les crimes de l’État français (NPA)

Henri Alleg est mort. Journaliste, militant, communiste, il était et restera le symbole du courage et de la force intellectuelle face à la barbarie de la guerre coloniale, le déchaînement de violence visant à briser le soulèvement de tout un peuple pour perpétrer une oppression et une exploitation coloniales insupportables. Directeur du Journal L’Alger républicain, il est arrêté et torturé en 1957 lors de la sinistre « bataille d’Alger » dirigée par le tortionnaire Massu. Il fera le récit des tortures qu’il a subies dans son livre, « La Question », saisi au lendemain de sa parution. Il était l’ami de Maurice Audin, professeur à l’université d’Alger, lui aussi militant communiste, torturé et assassiné par les sbires de Massu.

Le NPA salue la mémoire de celui qui restera le symbole même de la lutte anticoloniale et anti-impérialiste, du courage, de la force de caractère, de la ténacité dans la lutte pour en finir avec l’oppression et l’exploitation.

Montreuil, le 18 juillet 2013

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18 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Les bull­dozers israé­liens démo­lissent le village d’Al-​​Araqib suc­ces­si­vement pour la 53ème fois (Afps)

Les bull­dozers israé­liens démo­lissent le village d'Al-​​Araqib suc­ces­si­vement pour la 53ème fois (Afps) dans Anticolonialisme caterpilarman-200x300

Les bull­dozers de la soi-​​disant « Autorité fon­cière israé­lienne », ren­forcés par d’importantes forces de police, ont démoli mardi matin, des dizaines de maisons du village d’al-Araqib dans le Néguev.

Le Sheikh, Sayah Abu-​​Mdighem, Sheikh d’al-Araqib qui est revenu sur ses terres il y a trois ans a déclaré : « Cette fois-​​ci c’est la 53ème fois depuis Juillet 2010 que les bull­dozers israé­liens détruisent les abris et les habi­ta­tions que nous avons construits pour y habiter, nous pro­téger et pro­téger nos terres contre cette poli­tique gou­ver­ne­mentale injuste et oppressive ».Il a précisé que la famille a recons­truit cinq maisons jusqu’ici, sou­li­gnant que les mili­tants de la paix juifs et arabes sont sur leur chemin vers le village afin d’achever la recons­truction des maisons qui abritent 25 familles.Il est à noter que le Néguev est exposé au pro­cessus de démo­lition de ses vil­lages bédouins et de chasser ses occu­pants confor­mément au plan Prawer. Hier les Pales­ti­niens de 48 ont pro­testé contre ce projet et la grève générale a été suivie dans la plupart des villes et vil­lages arabes.

Ma’an News, mercredi 17 juillet 2013 Beer­sheba Maan news  Traduit pour l’AFPS par Moncef Chahed

http://www.france-palestine.org/Les-bulldozers-israeliens

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17 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Le célèbre journaliste israélien, Gideon Levy, appelle au boycott d’Israël

Le célèbre journaliste israélien, Gideon Levy, appelle au boycott d’Israël dans Anticolonialisme gideon_Levy_autre-686e2

Dans un article que vient de publier le quotidien Haaretz, Gideon Levy écrit : « Quiconque s’inquiète réellement de l’avenir du pays doit maintenant être en faveur du boycott économique ».

« Le refuge ultime du patriote israélien : le boycott

Quiconque s’inquiète réellement de l’avenir du pays doit maintenant être en faveur du boycott économique. Une contradiction dans les termes ? On a examiné les alternatives. Le boycott est le moindre mal et il pourrait avoir des effets bénéfiques de portée historique. C’est l’option la moins violente et celle qui a le moins de chances d’aboutir à un bain de sang. Elle serait douloureuse, comme les autres, mais les autres seraient pires. Avec l’entrée d’Israël dans une nouvelle série d’inertie diplomatique, l’appel au boycott économique devient une exigence patriotique.

Si l’on convient que le statu quo actuel ne peut durer toujours, c’est l’option la plus raisonnable pour convaincre Israël de changer. Son efficacité a déjà été prouvée. De plus en plus d’Israéliens ont pris conscience récemment de la menace que représente le boycott. Lorsque la ministre de la justice, Tzipi Livni alerte sur son développement et appelle, en conséquence, à sortir de l’impasse diplo-matique, elle apporte une preuve de la nécessité du boycott. Elle et d’autres rejoignent ainsi le mouvement boycott, désinvestissement, sanctions. Bienvenue au club !

Le changement ne viendra pas de l’intérieur. C’est clair depuis longtemps. Tant que les Israéliens ne paient pas le prix de l’occupation, ou tout du moins ne font pas le lien entre la cause et l’effet, ils n’ont aucune raison d’y mettre fin. Et pourquoi le résidant lambda de Tel Aviv devrait-il se soucier de ce qui arrive dans la ville de Jénine en Cisjordanie ou dans la bande de Gaza ? Ces endroits sont très éloignés et pas particulièrement intéressants. Tant que l’arrogance et l’auto-victimisation continuent au sein du Peuple Elu, le plus élu du monde, toujours la seule victime, la situation réelle du monde n’y changera rien.

Nous disons que c’est de l’antisémitisme. Le monde entier est contre nous, sans que nous ne soyons responsables de son attitude à notre égard. Et par dessus le marché, en dépit de tout, le chanteur anglais Cliff Richard est venu se produire ici. L’opinion publique israélienne est pour l’essentiel coupée de la réalité – la réalité dans les territoires et à l’étranger. Et il y a ceux qui veillent à ce que cette déconnection dange- reuse se maintienne. Parallèlement à la déshumanisation et à la diabolisation des Palestiniens et des Arabes, les gens ici sont trop soumis à un lavage de cerveau nationaliste pour retrouver leurs esprits.

Le changement ne viendra que de l’extérieur. Personne – y compris bien sûr l’auteur de ces lignes- ne souhaite un nouveau cycle sanguinaire. Un soulèvement palestinien non-violent est une possibilité mais il est peu probable à court terme. Ensuite, il y a la pression diplo-matique américaine et le boycott économique européen. Mais les Etats Unis ne vont faire aucune pression. Si l’administration Obama n’en a pas fait, aucune autre Administration n‘en fera. Et puis l’Europe. La ministre de la justice Tzipi Livni dit que le discours en Europe est devenu idéologique. Elle sait de quoi elle parle. Elle a aussi dit qu’un boycott européen ne s’arrêterait pas aux produits des colonies de Cisjordanie.

Il n’y a aucune raison qu’il s’y arrête. La distinction entre les produits de l’occupation et des produits israéliens est une création arti-n ficielle. Ce ne sont pas les colons qui sont les principaux coupables, mais plutôt ceux qui cultivent leur existence. Tout Israël est immergé dans l’entreprise de colonisation, alors tout Israël doit en assumer la responsabilité et payer le prix pour cela. Tout le monde est impliqué dans l’occupation, y compris ceux qui ont envie de regarder ailleurs. Nous sommes tous des colons.

Le boycott économique a prouvé son efficacité en Afrique du Sud. Quand les milieux d’affaires du régime d’apartheid ont interpellé les dirigeants du pays en leur disant que la situation ne pouvait pas continuer comme cela, le sort en a été jeté. Le soulèvement, la stature de leaders tels Nelson Mandela et Frédérik de Klerk, le boycott des sportifs sud-africains et l’isolement diplomatique du pays ont bien sûr contribué à la chute de l’odieux régime. Mais le ton a été donné par les milieux d’affaires.

Et cela peut arriver ici aussi. L’économie israélienne ne résistera pas au boycott. Il est vrai qu’au début cela va accroître le sentiment de victimisation, d’isolement et le nationalisme, mais ce ne sera pas le cas à long terme. Le boycott pourrait donner lieu à un changement majeur d’attitude. Lorsque les milieux d’affaires s’adresseront au gouvernement, le gouvernement écoutera et peut-être agira. Quand la détérioration touchera le porte-monnaie de chaque citoyen, davantage d’Israéliens se demanderont, peut-être pour la première fois, de quoi il s’agit et pourquoi cela arrive.

Il est difficile et douloureux, presque impossible pour un Israélien qui a passé toute sa vie ici, qui n’a pas boycotté le pays, qui n’a jamais envisagé d’émigrer et qui se sent de tout son être attaché à son pays, d’appeler à un tel boycott. Je ne l’ai jamais fait. J’ai compris ce qui motive le boycott et j’ai pu y trouver des justifications. Mais je n’ai jamais appelé d’autres à faire ce pas. Néanmoins, Israël s’engageant dans une nouvelle phase de paralysie profonde tant diplomatique qu’idéologique, l’appel au boycott est une exigence, dernier refuge d’un patriote. »

(Traduction Sonia Fayman) lundi 15 juillet 2013 Source : http://www.haaretz.com/opinion/the-…

http://www.europalestine.com/spip.php?article8470

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16 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Ce que dit l’arrestation d’un enfant de cinq ans (Afps)

Ce que dit l’arrestation d’un enfant de cinq ans (Afps) dans Anticolonialisme Palestine-Soldat-Israelien-1-2

Arres­ta­tions, déten­tions arbi­traires, vio­lences, torture à l’encontre des enfants : des constantes qui forment une politique.

Les images publiées par l’ONG Israé­lienne « B’Tselem » en disent long sur le trai­tement des enfants mineurs en Palestine occupée. On a donc pu voir, le 11 juillet, des soldats israé­liens arrêter un enfant, Wadia Karam Meswada, âgé de moins de six ans, cou­pable d’avoir lancé une pierre ! Il a été détenu pendant deux heures.

Comment com­prendre le com­por­tement de ces soldats israé­liens ? On ne trouve évidemment pas d’explication ration­nelle qui pourrait être liée par exemple à des impé­ratifs de sécurité. La seule expli­cation est que ces soldats se consi­dèrent tota­lement et, par défi­nition, dans leur bon droit. Les enfants pales­ti­niens, comme leurs aînés, ne font pas partie de la même humanité qu’eux. La convention des Nations Unies sur les droits de l’enfant ne les concerne donc pas. Rien ne peut passer au-​​dessus de leur mission : garantir le bien-​​être des colons d’Hébron… qui se sont eux-​​mêmes donné pour but de « pourrir la vie » des habi­tants de la vieille ville.

On touche au cœur même de la phi­lo­sophie de la colo­ni­sation qui amène à dis­tinguer entre ceux qui auraient tous les droits (divins) pour eux et ceux qui consti­tue­raient une véri­table sous-​​humanité. C’est tota­lement inac­cep­table. Ce n’est mal­heu­reu­sement pas nouveau. En 2012, un rapport publié par le ministère des affaires étran­gères bri­tan­nique après une enquête menée par une délé­gation de 9 avocats faisait état d’une situation inac­cep­table et émettait une série de demandes. Sans effet.

Le rapport de l’Unicef publié le 6 mars 2013 estimait à 700 le nombre d’enfants pales­ti­niens arrêtés, inter­rogés et détenus tous les ans en Cis­jor­danie par l’armée, la police et les agents de la sécurité israé­liens. Dans son rapport, l’Unicef dit avoir iden­tifié des trai­te­ments jugés « cruels, inhu­mains ou dégra­dants par la Convention des droits de l’enfant et par la Convention contre la torture ».

Yigal Palmor, porte-​​parole du ministère israélien des Affaires étran­gères a alors déclaré que les auto­rités civiles et mili­taires col­la­bo­raient avec l’Unicef sur ce rapport, dans le but d’améliorer le trai­tement des mineurs pales­ti­niens en détention.

Aujourd’hui nous voyons qu’il n’en est rien. En l’absence de réelles pres­sions inter­na­tio­nales, rien ne sera fait par les auto­rités israé­liennes pour arrêter ces crimes contre les enfants de Palestine car ces agis­se­ments sont au cœur même de leur poli­tique. C’est dire, une fois encore, la res­pon­sa­bilité de la com­mu­nauté inter­na­tionale. Et au-​​delà de toutes les orga­ni­sa­tions et citoyens attachés à la défense des droits humains.

Pour notre part, nous demandons au gou­ver­nement français de ne pas s’en tenir à des pro­tes­ta­tions de principe, mais de sanc­tionner cette poli­tique inhu­maine et por­teuse de chaos. Nous estimons que notre gou­ver­nement en a les moyens ; il suffit de la volonté poli­tique pour le faire. Bureau National de l’AFPS, mardi 16 juillet 2013

http://www.france-palestine.org/Ce-que-dit-l-arrestation-d-un

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