Archive | Anticolonialisme

29 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

puerto rico (global-voices rs21)

puerto

Après deux semaines de manifestations, les Portoricains font démissionner le gouverneur

Porto Rico en fête, mais face à un futur incertain

Le gouverneur de Porto Rico, Ricardo Rosselló, a démissionné après deux semaines de manifestations massives et de troubles civils intergénérationnels. En l’absence d’un secrétaire d’État, la secrétaire de la justice Wanda Vázquez deviendra gouverneur. La démission de R. Rosselló entrera en vigueur le 2 août à 17h.

Ce mouvement national auto-organisé et en pleine croissance a éclaté à la suite d’une affaire de corruption complexe ainsi que de la fuite d’une conversation sur Telegram contenant à la fois un langage sexiste, misogyne, homophobe et humiliant, et une discussion sur la politique publique entre membres et non membres du cabinet de R. Rosselló.

Cette fuite a été précédée par des arrestations de membres éminents du gouvernement de R. Rosselló, dont l’ancienne secrétaire à l’éducation, Julia Keleher, accusée notamment de blanchiment d’argent et de fraude électronique.

Les quatorze jours consécutifs de manifestations ont inclus des manifestations quotidiennes au palais du gouverneur. Les manifestations se sont rapidement propagées à de nombreuses autres municipalités de Porto Rico. La plus grande a eu lieu le 22 juillet et aurait attiré jusqu’à 600 000 personnes rien que dans la capitale San Juan.

Fait amusant de cette marche à Porto Rico. Elle n’était programmée par aucune organisation. Tout s’est passé spontanément dans les réseaux sociaux des Portoricains qui voulaient protester contre Rosselló, exigeant sa démission.

Mais l’activité ne s’est pas limitée à Porto Rico. Plusieurs manifestations ont eu lieu dans d’autres pays où réside une importante communauté portoricaine, notamment en Espagne, en Argentine, en Slovénie, en France, aux Pays-Bas et aux États-Unis.

Les manifestations comprenaient également des interventions artistiques et culturelles. La journaliste Victoria Leandra a créé une discussion sur Twitter qui met en lumière certaines façons créatives que les Portoricains ont utilisées pour protester .

La police a été accusée d’avoir recours à une force abusive, violant ainsi les réformes de la police ordonnées par les tribunaux fédéraux. Il faut souligner que les manifestations à Porto Rico ont été exceptionnellement pacifiques, comme l’a signalé l’anthropologue culturelle et essayiste Rima Brusi sur Twitter :

500 000 manifestants et seulement cinq arrestations à la toute fin ? Je dirais que les manifestants n’étaient pas seulement pacifiques, ils étaient remarquablement disciplinés, créatifs et retenus.

Les manifestants sont revenus le jour suivant pour nettoyer les endroits où ils avaient manifesté :Ce qu’on ne vous montrera pas dans les médias parce qu’ils veulent que vous pensiez au pire :
1- Des personnes qui nettoient les dégâts de la nuit précédente
2- un peuple uni qui se serre les coudes

Mais quelques jours avant l’annonce de la démission de R. Rosselló, la chroniqueuse Xiomara Torres Rivera, rédactrice pour le projet de journalisme Todos, a rappelé aux lecteurs que le véritable travail commencerait une fois que le gouverneur aurait quitté ses fonctions:

Aujourd’hui, nous sommes au centre de l’attention parce que nous avons osé parler, transformer nos aversions en mobilité. Exiger la démission n’est que le début. Nous avons beaucoup de chemin à parcourir pour prendre d’autres décisions sans regarder en arrière. Oser exiger le pays que nous méritons.

Un audit citoyen, une annulation de la dette, une éducation prenant en compte l’égalité des sexes, un système de santé et un système de retraite décents et un gouvernement avec des personnes qui accordent la priorité aux besoins de la population.

Global Voices continuera de couvrir ce sujet.

29 Juillet 2019

https://fr.globalvoices.org/

Lire aussi:

Popular uprising and the fight for independence in Puerto Rico (RS21)

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29 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

chibanis (ujfp)

chibani

Accès aux soins des Chibani-a-s 

La désinformaion ça suffit!

Le 1 juillet 2019 est entré en vigueur un amendement adopté le 23 décembre 2018 concernant la prise en charge des soins des Chibani-a-s et leurs ayants droits lors de leurs séjours tempo-raires en France. Il s’en est suivi une campagne médiatique sans précédent, avec des slogans et des éléments de langage en complet décalage avec le contenu et la portée de cet amendement (« enfin libre », « Victoire des Chibanis », « la bataille des Chibanis » …).

Cette campagne visant en particulier les marocains frise l’indécence voir la désinformation.

L’amendement issu d’une initiative gouvernementale (pour des raisons techniques…) reprend un article -160 du Code de la sécurité sociale- et apporte des modifications à la marge (prise en charge des enfants…). Il introduit une nouvelle condition durée de cotisation (de 15 ans) qui n’existait pas auparavant. Cet article exclut de fait les plus précaires et les plus fragiles. L’amendement et les motivations du législateur demeurent flous et reposent sur un diagnostic approximatif voire inexistant (nombre de bénéficiaires, public concerné…).

L’entrée en vigueur de cet amendement ne s’est pas accompagné d’instructions claires et transparentes (absence de notes de services, circulaires, règles ou toutes mesures écrites auprès des administrations concernées…). Il semblerait que la CNAREFE aurait donné des consignes aux administrations concernées (CPAM…), des consignes pour une problématique aussi importante témoignent encore une fois du manque d’intérêt à l’égard des Chibani-a-s et d’une certaine légèreté.

Des associations et collectifs d’accompagnement des Chibani-a-s, des professionnels, des militant-e-s, des spécialistes et des chercheurs ont exprimé leurs réserves sur cet amendement et déploré le manque d’ambition et l’absence de volonté réelle pour la dignité des Chibani-a-s, ils viennent de réitérer leurs insatisfaction et désapprobation.

Nous regrettons donc cette campagne parfois indécente et qui ne parle que des Chibanis marocains avec une mobilisation de médias et presse du Maroc frisant la propagande et la désinformation. Pour rappel, la convention bilatérale franco-marocaine (que nous contestons sur de nombreux aspects) prévoit déjà les dispositifs de cet amendement (sans la condition des 15 ans de cotisation).

Nous exigeons une politique publique juste et des mesures concrètes et concertées.

Justice et dignité pour les Chibani-a-s.

Le Bureau National de l’ATMF 26 juillet 2019

ATMF (Association des Travailleurs Maghrébins de France)

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27 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

crise alimentaire 5 (esther vivas)

goutzal

Agriculture industrielle et changement climatique

Le modèle actuel industrialisé de production agricole et d’élevage contribue à l’approfondissement de la crise écologique mondiale et a un impact direct sur la genèse du changement climatique.

Comme le signale le rapport Stern [36], l’agriculture industrialisée est une source majeure de production de gaz à effet de serre, dépassant même les secteurs de l’énergie et des transports.

Si l’on prend en compte l’impact de la déforestation (qui génère 18 % des gaz à effet de serre) et l’impact du modèle actuel de l’agriculture et de l’élevage (qui produit 14 % de ces gaz), les deux ensemble sont responsables de 32 % des gaz à effet de serre.

Un chiffre qui peut être attribué au modèle de l’agriculture intensive et industrielle, responsable en premier lieu du changement climatique mondial, bien devant le secteur de l’énergie (24 %) et celui des transports (14 %).

Ces données mettent en évidence le fort impact du modèle agricole actuel dans la destruction de l’environnement et sa contribution à la crise écologique. Nous ne pouvons oublier les éléments caractéristiques de ce système de production alimentaire : intensif, industriel, éloigné des consommateurs, dépendant du pétrole…

Regardons le plus en détail :

  • Intensif, il réalise une surexploitation des sols et des ressources naturelles qui finit par engendrer les gaz à effet de serre par les forêts, les champs de culture et les pâturages. En opposant la productivité à la protection de l’environnement et la régénération de la terre, il rompt l’équilibre permettant aux sols de contribuer à la stabilité climatique en capturant et stockant le carbone. Ainsi l’activité agricole intensive finit par générer elle même du CO2 [37].
  • Industriel, car il s’agit d’un modèle de production mécanisé, utilisant les produits agrochimiques, la monoculture, etc. L’emploi de tracteurs géants pour labourer la terre et transformer les aliments contribue à la libération du CO2. Les engrais chimiques, inévitables dans ce modèle d’agriculture et d’élevage, produisent une grande quantité d’azote (NO2), une des sources majeures d’émission des gaz à effet de serre. Ces engrais synthétiques répandus sur la terre réagissent chimiquement en libérant le NO2. En outre, la destruction des forêts et des jungles pour les convertir en pâturages ou en monoculture affecte gravement la biodiversité et contribue à la libération massive du carbone.
  • Éloigné des consommateurs et dépendant du pétrole, car il s’agit d’une production délocalisée à la recherche de la main-d’oeuvre la moins coûteuse et des législations environnementales les moins exigeantes. Les aliments que nous consommons parcourent des milliers de kilomètres avant d’arriver sur notre table avec l’impact sur l’environnement résultant des combustibles fossiles employés par les transports.
  • On estime qu’à l’heure actuelle la plus grande partie des aliments voyagent entre 2 500 et 4 000 kilomètres avant d’être consommés, soit 25 % de plus qu’en 1980. Nous nous trouvons dans une situation insoutenable : par exemple l’énergie employée pour envoyer quelques laitues d’Almería aux Pays-Bas est trois fois supérieure à celle utilisée pour leur culture [38].
  • Selon une étude britannique, un repas dominical typique en Grande-Bretagne, réalisé aves des fraises de Californie, les brocolis du Guatemala, les airelles de Nouvelle-Zélande, le boeuf australien, les pommes de terre importées d’Italie, les haricots thaïlandais et les carottes d’Afrique du Sud génère 650 fois plus d’émissions de carbone, du fait de leur transport, que si le même repas était réalisé avec des aliments produits localement [39]. Une pratique d’autant plus irrationnelle que bien des produits alimentaires importés sont produits localement.

Mais les aliments voyageurs ne se limitent pas à accroître la pollution de l’environnement, ils provoquent également une uniformisation et une standardisation de la production.

Par exemple, s’il y a encore quelques années dans certaines régions européennes existaient des centaines de variétés de pommes, aujourd’hui dans un supermarché on ne trouvera plus qu’une dizaine de variétés tout au cours de l’année.

Cela a conduit à négliger la culture des variétés locales au profit de celles dont la demande provenant de la grande distribution est plus forte en raison de leur couleur, de leur taille, etc. [40]. Une situation que l’on retrouve dans le cas de bien d’autres aliments, comme le maïs, les tomates, les pommes de terre…, où l’approche commerciale et productiviste a prévalu sur l’écologie et la soutenabilité.
Ce modèle d’alimentation « kilométrique et voyageuse », tout comme l’emploi démesuré de l’agrochimie et des dérivés du pétrole, entraîne une forte dépendance des combustibles fossiles. En conséquence, dans la mesure où le modèle productif de l’agriculture et de l’élevage est fortement dépendant du pétrole, la crise alimentaire et la crise énergétique sont étroitement liées et les causes qui ont conduit à la première sont aussi responsables de la seconde.

Esther Vivas, journaliste et sociologue, membre de la direction de Izquierda Anticapitalista (Gauche anticapitaliste, État espagnol), est militante de la IVe Internationale

https://www.preavis.org/

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27 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

crise alimentaire 3 (esther vivas)

faim

Les causes structurelles

Au-delà de ces causes conjoncturelles, il y a des raisons fondamentales qui expliquent la profonde crise alimentaire actuelle.

L’application aveugle de la politique néolibérale au cours des trente dernières années à l’échelle mondiale (la libéralisation du commerce à tout prix, le paiement de la dette extérieure des pays du Sud, la privatisation des services et des biens publics…) ainsi qu’un modèle de l’agriculture et de l’alimentation au service de la logique capitaliste sont principalement responsables de cette situation.

En fait, nous sommes confrontés à un problème systémique plus profond avec un modèle alimentaire mondial extrêmement vulnérable devant les crises économiques, écologiques et sociales. Comme le signale Eric Holt-Giménez [14], les politiques de « développement » économique impulsées par les pays du Nord depuis les années 1960 (la révolution verte, les programmes d’ajustement structurel, les traités régionaux de libre-échange, l’Organisation mondiale du commerce et les subventions agricoles dans le Nord) ont conduit à la destruction systématique des systèmes alimentaires.

Entre les années 1960 et les années 1990 nous avons assisté à ladite « révolution verte », promue par divers centres de recherche agricole et les institutions internationales avec l’objectif « théorique » de moderniser l’agriculture dans les pays non industrialisés.

Les premiers résultats au Mexique et, plus tard, dans le sud et le sud-est asiatique, ont été spectaculaires du point de vue de la production par hectare, mais cette augmentation du rendement de la terre n’a pas eu d’impact direct sur la diminution de la faim dans le monde.

Alors que la production agricole mondiale augmentait de 11 %, le nombre d’affamés augmentait également de 11 %, passant de 536 millions à 597 millions [15].

Comme le signalent Rosset, Collins et Moore Lappé [16], « l’augmentation de la production, coeur de la révolution verte, ne suffit pas à soulager la famine car elle ne modifie pas le modèle de concentration du pouvoir économique, de l’accès à la terre ou du pouvoir d’achat. [...] Le nombre de personnes qui souffrent de la faim peut être réduit seulement par la redistribution du pouvoir d’achat et des ressources au profit de ceux qui souffrent de la malnutrition. [...] ’Si les pauvres n’ont pas l’argent nécessaire pour l’achat de la nourriture, l’augmentation de la production ne leur sert à rien. »

La révolution verte a eu des conséquences collatérales néfastes pour un grand nombre de paysans pauvres et moyens et pour la sécurité alimentaire à long terme.

Plus précisément, ce processus a renforcé la domination des corporations de l’agrobusiness sur toute la chaîne de la production, a provoqué la perte de 90 % de la biodiversité et de la diversité agricole, a réduit massivement les nappes phréatiques, a accru la salinité et l’érosion des sols, a déplacé des millions d’agriculteurs de la campagne vers les bidonvilles, a démantelé les système agricoles traditionnels garants de la sécurité alimentaire.

Tout au long des années 1980 et 1990, l’application systématiques des Programmes d’ajustement structurel [17] a encore aggravé les conditions de vie déjà difficiles de la majorité de la population des pays du Sud. Le but principal des PAS était d’assujettir l’économie de ces pays au payement de la dette en y appliquant la maxime « exporter plus et gagner moins ».

Les mesures imposées par les PAS visaient à forcer les gouvernements du Sud :

  • A supprimer les subventions aux produits de première nécessitée, tels le pain, le riz, le lait, le sucre…
  • A imposer une réduction draconienne des dépenses publiques (éducation, santé, logement, infrastructures…)
  • De les contraindre à dévaluer leur monnaie, avec l’objectif avoué de baisser le prix des produits exportés, mais qui conduisait également à réduire le pouvoir d’achat des populations ;
  • D’augmenter les taux d’intérêt pour attirer les capitaux étrangers par une rémunération forte, créant une spirale spéculative…

Il s’agissait donc d’une série de mesures qui ont plongé dans la misère les peuples de ces pays [18].

Au niveau commercial, les PAS ont promu les exportations en vue d’obtenir davantage de devises, en augmentant les monocultures exportatrices et en réduisant l’agriculture destinée à l’alimentation locale avec l’impact consécutif sur la sécurité alimentaire et la dépendance envers les marchés internationaux.

Les barrières douanières ont été supprimées, facilitant la pénétration des produits agricoles états-uniens et européens hautement subventionnés et vendus en dessous de leur coût de production, à un prix inférieur à celui des produits locaux, ce qui à mené à la faillite la production de l’agriculture locale.

De la même manière les économies de ces pays se sont ouvertes aux investissements, aux produits et aux services des multinationales. Les privatisations massives des entreprises publiques, vendues souvent à des prix sous-estimés et dont les multinationales ont surtout bénéficié, ont été une pratique généralisée.

Ces politiques ont eu un impact direct sur la production agricole locale et la sécurité alimentaire, en soumettant ces pays au marché mondial, aux intérêts des corporations transnationales et des institutions internationales.

L’Organisation mondiale du commerce (OMC), établie en 1995, a consolidé les politiques d’ajustement structurel à travers les traités internationaux, en leur soumettant les législations nationales.

Les accords commerciaux administrés par l’OMC, tel l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), l’Accord général sur le commerce des services (AGCS) et l’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC)  ont encore renforcé le contrôle du Nord sur les économies du Sud.

L’OMC a forcé les pays en développement à supprimer leurs protections douanières, à éliminer la protection accordée aux petits producteurs locaux et les subventions qui leur étaient accordées et d’ouvrir de cette manière leurs frontières aux produits des corporations transnationales alors qu’en même temps les marchés du Nord restaient fortement protégés.

Dans la même veine, les traités régionaux tels, entre autres, l’Accord de libre-échange de l’Amérique du Nord (ALÉNA, entre les États-Unis, le Canada et le Mexique) et l’Accord de libre-échange entre l’Amérique centrale, la République dominicaine et les États-Unis (CAFTA) ont approfondi la libéralisation du commerce, mettant en faillite les agriculteurs du Sud et les rendant dépendants de l’importation des produits alimentaires du Nord.

Les subventions agricoles états-uniennes et européennes, dirigées principalement vers l’industrie agro-alimentaire, contournent les petits producteurs locaux.

Ce soutien à l’agro-industrie équivaut à un quart de la valeur de la production agricole aux États-Unis et à 40 % dans l’Union européenne [19]. Dans l’État espagnol les principaux bénéficiaires des aides de la politique agricole commune sont les exploitations les plus grandes : sept producteurs, parmi lesquels la duchesse d’Alba, 3,2 %.

Les plus grands agriculteurs espagnols reçoivent 40 % des aides directes [20], alors que les exploitations familiales, qui assurent l’existence des zones rurales en Europe et celle des millions de paysans dans le Sud, ne peuvent pratiquement pas compter sur les aides et souffrent de la concurrence déloyale des produits fortement subventionnés.

Esther Vivas, journaliste et sociologue, membre de la direction de Izquierda Anticapitalista (Gauche anticapitaliste, État espagnol), est militante de la IVe Internationale.

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27 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

crise alimentaire 1 (esther vivas)

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Crise alimentaire

La crise alimentaire qui est apparue tout au long des années 2007 et 2008, avec une forte augmentation du prix des aliments de base, met en évidence la vulnérabilité extrême du modèle agricole et alimentaire actuel.

Selon la FAO, cette crise alimentaire a réduit à la famine 925 millions de personnes. Comme l’a noté son directeur général, Jacques Diouf, « avant l’augmentation des prix des aliments en 2007, le nombre de personnes sous-alimentées était de 850 millions. Seulement au cours de cette année il s’est accru de 75 millions pour atteindre 925 millions » [2].

Un chiffre qui atteindra 1,2 milliard d’affamés en 2017, selon le Département de l’agriculture états-unien [3]. Mais en réalité la crise alimentaire actuelle a déjà une incidence directe ou indirecte sur la moitié de la population mondiale, c’est à dire plus de 3 milliards de personnes [4].
Car le prix des denrées alimentaires n’a pas cessé de grimper.

Selon l’indice des prix des denrées alimentaires de la FAO, ces derniers ont augmenté de 12 % entre 2005 et 2006, de 24 % en 2007 et de près de 50 % entre janvier et juillet 2008. Les données de la Banque mondiale confirment cette hausse : au cours des années 2006-2008 le prix des produits alimentaires s’est accru de 83 %.

Les céréales et les autres aliments de base, qui constituent la nourriture de larges secteurs de la population, en particulier dans les pays du Sud (blé, soja, huiles végétales, riz…), ont subi les augmentations les plus importantes.

Le coût du blé s’est accru de 130 %, celui du soja de 87 %, du riz de 74 % et du maïs de 31 % [5]. Malgré les prévisions favorables de la production des céréales, la FAO estime que les prix resteront élevés au cours des années à venir et qu’en conséquence la majorité des pays pauvres continueront à souffrir des effets de la crise alimentaire [6].

Compte tenu de ces données, il n’est pas surprenant qu’une vague d’émeutes de la faim ait traversé le Sud, car ce sont précisément les produits dont les pauvres se nourrissent qui ont connu la hausse la plus importante.

A Haïti, au Pakistan, au Mozambique, en Bolivie, au Mexique, au Maroc, au Sénégal, en Ouzbékistan, au Bangladesh, au Niger… les gens sont descendus dans les rues pour crier « Assez ! ».

Certaines de ces révoltes ont provoqué des dizaines de morts et de blessés.

Elles ne sont pas sans rappeler celles qui ont eu lieu dans les années 1980 et 1990 dans la Sud contre les politiques d’ajustement structurel imposées par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international.

Un fois de plus, la cause en est l’augmentation du prix des denrées alimentaires, du transport, des services publics… qui a aggravé les conditions de vie de la majorité de la population de ces pays et entravé leur lutte quotidienne pour la survie. L’histoire se répète et les politiques néolibérales laissent derrière elles des millions d’affamés.

Le problème aujourd’hui ce n’est pas le manque de nourriture, mais l’impossibilité de l’obtenir.

En fait, la production mondiale de céréales a triplé depuis les années 1960, alors que la popu-lation mondiale a seulement doublé [7]. Jamais dans l’histoire autant d’aliments n’avaient été produits. Mais pour les millions de personnes qui, dans les pays du Sud, dépensent entre 50 % et 60 % de leur revenu (et même 80 % dans les pays les plus pauvres, alors que dans les pays du Nord on estime ces dépenses entre 10 % et 20 %) pour acheter la nourriture, la hausse du prix des denrées alimentaire les a rendus inaccessibles.

Esther Vivas, journaliste et sociologue, membre de la direction de Izquierda Anticapitalista (Gauche anticapitaliste, État espagnol) est militante de la IVe Internationale.

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27 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

hong kong (global voices)

Une chanson de soutien aux manifestants anti-extradition à Hong Kong devient virale

 

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26 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

festivals féminisme (fr3)

sisters

Festival de Cornouaille : les artistes féminines sur les scènes bretonnes, la route est encore longue

Barba Loutig, Annie Ebrel, Nolùen Le Buhé, Marthe Vassalo, Nolwenn Korbell, Aziliz Manrow… Les fêtes de Cornouaille font la part belle aux artistes féminines dans leur programmation. Pourtant sur près de 300 musiciens invités cette année, 85 % sont des hommes.

Répondre à la question de la place des femmes sur la scène bretonne, quand on est une artiste féminine… c’est lassant. Pourtant, les chanteuses de Barba Loutig et du trio Ebrel-Le Buhé-Vassalo ont accepté de partager leurs expériences avec nous.

« On ne recherche pas cette visibilité-là », nous explique Lina Bellard du quatuor de chant polyphonique Barba Loutig. On peut les comprendre. Et nous préférerions d’ailleurs vous pour parler plus en longueur de leur spectacle « Saflikad » ou de « Paotred », présenté par Annie Ebrel, Nolùen Le Buhé et Marthe Vassalo.

Mais les chiffres sont éloquents et ne peuvent pas nous laisser indifférents.

Au festival de Cornouaille cette année, les femmes ne représentent que 15% des effectifs. Ce n’est pas nouveau et c’est le cas dans la plupart des festivals de musiques traditionnelles et actuelles. Avec le mouvement #Me Too, les médias et les programmateurs en prennent de plus en plus conscience. Les artistes que nous avons rencontrées, elles, le savent elles depuis bien longtemps.

« Quand on regarde les affiches de fest-noz et de concerts, il y a parfois des fois des groupes de chanteuses, mais il n’y a pas tant que ça de musiciennes. Et dans certains festivals, sur une trentaine de formations, il n’y a quasiment que des hommes », relate Enora de Parscau, de Barba Loutig. « Le fait que des festivals veuillent mettre les femmes en avant prouve qu’il y a un manque, c’est révélateur du fait que l’on n’est pas assez visibles », poursuit-elle.

Plus de professionnels que de professionnelles

Il ne s’agit pourtant pas de jeter la pierre aux organisateurs. Puisque de fait, si les plateaux sont en majorité masculins, c’est qu’il y a beaucoup plus de musiciens professionnels que de musi-ciennes professionnelles. Avec, il faut le noter, un peu plus de parité chez les chanteuses et chanteurs.

Igor Gardes, directeur du festival de Cornouaille, a conscience de ce phénomène. « Quand je suis arrivé dans l’équipe du festival en 2014, j’ai exposé ces interrogations-là », raconte-il. « A défaut de pouvoir faire une programmation paritaire, je voulais au moins marquer le coup sur un fest-noz paritaire, qui s’est tenu le vendredi soir pendant trois ou quatre ans ». Mais l’expérience n’a pas été renouvelée. « Avec mes collaborateurs, on s’est vite rendu compte qu’on n’y arrivait pas. Nous avions vite fait le tour des groupes un peu connus », explique le directeur.

Elsa Corre, des Barba Loutig, abonde dans ce sens : « Je participe à la programmation du fest-noz du festival du cinéma de Douarnenez et tous les ans je me retrouve face à la même problématique, il n’y a pas de femmes. On a des duos de chanteuses, et après ? »  Pour elle, le problème ne vient pas des programmateurs. Il faut sans doute aller chercher du côté de la formation des musiciennes et comprendre pourquoi elles sont bien moins nombreuses que les hommes à se professionnaliser.

Travailler sur la formation des musiciennes

« Dans la musique traditionnelle, il y a toujours le syndrome du mâle blanc », plaisante la chanteuse Nolùen Le Buhé. Ses deux acolytes, Annie Ebrel et Mathe Vassalo, acquiescent. « Nous animons des stages de chant aujourd’hui. Mais il y a eu une époque où seuls les hommes animaient ces stages. Et les hommes encourageaient les hommes. Ils voyaient chez un homme un futur professionnel mais ils ne voyaient pas une future professionnelle chez une femme ».

Marthe Vassalo va même plus loin.« La musique a un pouvoir sur les gens. Chanter et jouer c’est avoir du pouvoir sur les gens et on vit dans une société dans laquelle les hommes n’aiment pas tellement partager le pouvoir. Plus une femme est compétente et présente, plus ce qu’elle fait est impressionnant, plus elle sera dérangeante», détaille la chanteuse.

Les petites filles manquent aussi de modèles féminins auxquels s’identifier, les professionnels et les professeurs de musique étant des hommes dans la grande majorité. Et comme pour n’impor-te quelle activité, elles se tournent encore vers des instruments ou des disciplines à « connotation plus féminine », comme le chant par exemple.

Pourtant, des initiatives existent pour atténuer ces tendances. « Il y a des écoles de musique qui proposent des classes d’éveil où les petits peuvent tester tous les instruments, que ce soit la batterie, la basse… c’est un bon départ pour s’ouvrir à n’importe quelle discipline par la suite », constate Elsa Corre de Barba Loutig.

Vie d’artiste et vie de famille

Mais au-delà de la question de la formation, il y a la question de la vie de famille et des inégalités dans la répartition des tâches au quotidien. Et les sept artistes que nous avons rencontrées sont unanimes, c’est probablement le premier frein à la professionnalisation des musiciennes. Car vie d’artiste et vie de maman sont difficile à concilier. « On est amenées à bouger beaucoup, ou à partir sur des longues périodes, parfois à l’autre bout de la France », raconte Elsa Corre.

Comme les autres chanteuses de Barba Loutig, elle dit avoir vu sa vie d’artiste changer avec la naissance de son enfant : « Quand on devient maman, la réalité du métier change. Pour certains papas c’est aussi le cas, mais les musiciens masculins qu’on voit autour de nous viennent rarement avec leur bébé en résidence… « .

Les contraintes liées à la grossesse, l’allaitement font que la parentalité n’a pas le même impact sur la vie d’artistes des femmes et des hommes. « On a l’impression que pour les organisateurs d’événements, les femmes ont des gestations de mammouths », dit Nolùen Le Buhé. « Car entre le moment où un organisateur apprendre que vous êtes enceinte, que vous avez accouché, que vous êtes en train de vous occuper d’un enfant… il peut se passer deux ou trois ans avant qu’on vous rappelle ».

Pour Lina Bellard de Barba Loutig, certaines initiatives pourraient pourtant aider les artistes féminines : « Les festivals pourraient nous demander si on a besoin d’une ou d’un baby sitter, de la même manière qu’ils nous demandent si on a besoin d’un hébergement ». « Et ils pourraient le proposer aux artistes hommes qui ont des enfants également », ajoute Enora de Parscau.

Pour que les musiciennes se professionnalisent et que les scènes se féminisent, toutes s’accordent à dire que les habitudes et les mentalités doivent changer.

Bleuenn Le Borgne 26/07/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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26 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

hong kong (essf)

 hong

Dessin de 2014

Pékin va-t-il envoyer les chars à Hongkong ?

Un porte-parole du ministère de la Défense chinois a lancé un avertissement ce mercredi 24 juillet aux manifestants. Mais la décision de faire intervenir l’armée n’est pas encore prise. « Nous suivons de près la situation à Hongkong. L’article 14 de la loi sur la garnison de l’armée chinoise prévoit des dispositions très claires. »

La déclaration de Wu Qian, porte-parole du ministère de la Défense chinois, ce mercredi à Pékin, sonne comme un avertissement pour les manifestants hongkongais. C’est la première fois que Pékin envisage publiquement d’envoyer des troupes dans l’ancienne colonie britannique.

Comment en est-on arrivé là ?

Depuis deux mois, l’archipel de 7,4 millions d’habitants est secoué par d’intenses manifestations, qui ont réuni jusqu’à 2 millions de personnes. Les citoyens réclament l’annulation d’un projet de loi d’extradition vers la Chine continentale, qui mettrait fin à la semi-autonomie dont jouit le territoire depuis sa rétrocession en 1997.

Depuis l’invasion du Parlement par des jeunes le 1er juillet, les relations entre les protestataires et le gouvernement de Hongkong, prochinois, s’enveniment de jour en jour. Dimanche 21 au soir, à l’issue d’une nouvelle manifestation qui a réuni 440 000 personnes, des centaines de jeunes ont convergé vers le Bureau de liaison avec Pékin, lançant des œufs et de la peinture sur la façade avant d’être violemment dispersés. La presse officielle chinoise a qualifié ce nouvel acte de désobéissance civile de « violences intolérables », et appelé à « punir les coupables ».

L’armée chinoise peut-elle intervenir à Hongkong ?

Une garnison de l’Armée chinoise de libération du peuple (APL), forte de 4 000 à 5 000 hommes, stationne depuis 1997 dans le centre de Hongkong pour en assurer la défense. Les militaires n’ont pas le droit d’intervenir dans les affaires locales.

Mais l’article 14 stipule que « si nécessaire » « le gouvernement local peut demander l’aide de l’APL « pour maintenir l’ordre public ». « La cheffe de l’exécutif hongkongais, Carrie Lam, a déclaré ce matin qu’elle n’avait pas l’intention de faire appel à l’armée chinoise », explique Willy Lam, chercheur au Center of China Studies de l’Université chinoise de Hongkong.

« Mais en réalité, la décision ne dépend que d’une seule personne, le président chinois, Xi Jinping, qui est le chef des armées. » » Dans ce cas, les troupes basées en permanence à Shenzhen, tout près de la frontière hongkongaise, auraient elles aussi le droit d’entrer sur le territoire.

Qu’est-ce qui retient Pékin ?

Jusque-là, il semble que Xi Jinping refuse d’envisager d’utiliser la force. « Cela signifierait la fin de l’accord « Un pays, deux systèmes », reprend Willy Lam. « Hongkong deviendrait une ville chinoise comme les autres, sous la coupe de la police et de l’armée chinoise. Pour la Chine, et pour Xi Jinping lui-même, ce serait perdre la face et son prestige. »

Des milliers de multinationales sont installées dans le territoire qui fut longtemps la seule fenêtre sur la Chine communiste. L’apparition de blindés chinois au pied des buildings signifierait la fin de la liberté d’entreprise et d’expression, et mettrait Hongkongais et étrangers à la merci de la surveillance policière et d’une justice aux ordres du Parti Communiste.

« Les entreprises réduiraient leurs investissements, supprimeraient des emplois, les Hong-kongais les plus riches émigreraient vers l’Australie ou le Canada, les prix de l’immobilier baisseraient. Une grave crise économique pourrait se déclencher. Or, parmi les cadres haut placés dans le Parti et dans l’armée, beaucoup ont de la famille ou des intérêts à Hongkong », précise l’expert des politiques chinoises.

Comment la situation peut-elle évoluer ?

L’attaque de voyageurs dans le métro de Yuen Long, une zone rurale située à une vingtaine de kilomètres du centre-ville, à la fin d’une manifestation dimanche 21, a fait monter la tension d’un cran. Au moins 45 personnes ont été hospitalisées, dont 5 dans un état grave, après avoir été battues à coups de bâtons et de barres de fer par une centaine d’hommes de main appartenant à des triades.

Le fait que la police ne soit pas intervenue, et qu’un député prochinois ait même félicité les voyous, a choqué la population. Des organisations ont appelé à manifester ce week-end à Yuen Long, où les triades sont bien implantées. Les élus locaux ont déjà alerté sur les risques de troubles graves.

« La police a échoué dans son rôle de protection de la population, faisant monter la colère. Même si l’autorisation de manifester est refusée, les gens iront quand même, et nous assisterons à une intense confrontation entre la police et les manifestants », prédit Willy Lam.

Qui conclut : « Si les troubles continuent durant trois ou quatre semaines, Xi Jinping pourrait changer d’avis. C’est la première fois depuis 1997 que la situation est aussi grave. »

Laurence Defranoux mercredi 24 juillet 2019

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25 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

puerto rico (huffington-post essf)

Manifestation géante à Porto Rico pour exiger le départ d’un gouverneur accusé de corruption, après le traumatisme de l’ouragan Maria… (Essf)

International Declaration of Solidarity with the People of Puerto Rico (Essf)

 

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25 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

golfe (lutte ouvrière)

guerre lo

Faire face à la crise et aux dangers de guerre

La tension monte dans le golfe Arabo-Persique.

Depuis que les États-Unis ont interdit à l’Iran de vendre son pétrole, le détroit d’Ormuz, ce bras de mer large de quelques dizaines de kilomètres où circulent des milliers de pétroliers venant du monde entier, est devenu le point chaud du conflit.

Pour l’instant, il y a eu des drones abattus, des pétroliers attaqués ou arraisonnés et des déclarations menaçantes. Cela n’ira peut-être pas plus loin et, après coup, ces événements seront présentés comme une des nombreuses périodes de tension finalement retombées. Mais rien ne le garantit.

Trump a annoncé au mois de juin qu’il avait annulé un bombardement aérien sur l’Iran dix minutes avant que ses avions ne décollent. Il a osé se donner le rôle du pacifiste, lui qui, depuis qu’il est élu président des États-Unis, joue au va-t-en-guerre aux quatre coins de la planète.

Mais derrière la comédie, il y a la réalité des armes.

Les bombardiers B-52 sont bel et bien prêts à décoller. Des porte-avions et leur flotte croisent en mer d’Arabie et en Méditerranée, à portée d’intervention de l’Iran. Et 35 000 soldats sont stationnés dans les bases américaines des pays du Golfe.

L’Iran est acculé.

En gendarme du monde capitaliste, les États-Unis veulent soumettre le pouvoir iranien qui leur tient tête depuis quarante ans. Et les déclarations des dirigeants iraniens ou leurs actions militaires, comme cet arraisonnement d’un pétrolier anglais au prétexte qu’il était entré en collision avec un bateau de pêche, illustrent surtout leur impuissance face à ce que ce pays et sa population subissent, depuis qu’un blocus économique est imposé par les États-Unis.

Jusqu’où ira Trump ?

Plus de quinze ans après l’invasion de l’Irak, est-il en train de préparer une nouvelle guerre du Golfe, cette fois-ci contre l’Iran ? L’escalade actuelle est imprévisible et pourrait y mener, même au-delà des plans de la diplomatie américaine. Une telle guerre pourrait avoir des conséquences planétaires.

Déjà, le bras de fer entre les États-Unis et l’Iran a entraîné le positionnement de toutes les grandes puissances, des impérialismes européens au Japon et à la Russie, ainsi que celui de toutes les puissances régionales, de l’Arabie saoudite à Israël en passant par la Turquie.

Le monde est plongé dans un contexte de crise économique, de concurrence commerciale, d’excitations nationalistes et de course aux armements tel qu’une étincelle guerrière en un endroit pourrait se généraliser en incendie.

Le Proche-Orient, qui est déjà ravagé par la guerre depuis des années en Irak, en Syrie ou au Yémen, est loin d’être le seul endroit de tension dans le monde.

De l’Asie à l’Afrique en passant par l’Europe, toute la situation internationale est une gigantes-que poudrière. Ce sont de telles périodes de tension qui, dans le passé, ont mené aux deux conflits mondiaux.

« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage », avait dit le socialiste Jean Jaurès bien avant 1914.

Tant que les grands groupes industriels et financiers domineront l’économie, leurs guerres économiques mèneront toujours à des guerres militaires. Tant que ces grands groupes ne seront pas expropriés, collectivisés et pris en main par l’ensemble de la société, tant qu’ils resteront propriété privée d’une poignée d’actionnaires, le monde sera guidé par la seule règle que la bourgeoisie reconnaît dans sa recherche du profit maximum : « Après moi, le déluge. »

La classe ouvrière est la seule classe sociale capable d’offrir un autre avenir à l’humanité car, dans le combat contre le capitalisme, elle n’a rien d’autre à perdre que ses chaînes et elle seule peut proposer une organisation économique fondée sur la propriété collective des moyens de production et sur la planification de cette production en fonction des besoins de l’ensemble de l’humanité et de ses possibilités réelles.

La question de l’avenir de la société humaine est entre les mains des travailleurs.

Ils doivent retrouver le chemin de la lutte de classe et de l’organisation collective pour défendre leurs intérêts matériels et leur droit à une vie digne pour tous. Mais, au-delà, ils doivent se donner les moyens de renverser cet ordre social capitaliste qui mène toute la société à la barbarie. La question n’est pas seulement de se défendre, d’imposer des augmentations de salaire ou des retraites correctes.

L’avenir que la société capitaliste leur prépare, à eux et à leurs enfants, est peut-être d’aller au champ de bataille ou d’être écrasés sous les bombes, sur une planète rendue de plus en plus inhospitalière par les conséquences de la course au profit.

L’avenir dépend de la classe ouvrière, de sa capacité à prendre conscience de son rôle historique, qui est de changer cette société pour en faire une société humaine. Il dépend de la capacité des femmes et des hommes qui la composent de reconstruire, ici comme dans d’autres pays, des partis communistes révolutionnaires capables de concrétiser cette perspective.

24 Juillet 2019

https://journal.lutte-ouvriere.org/

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