Archive | Anticolonialisme

24 avril 2019 ~ 0 Commentaire

gilbert achcar (essf)

soudan

Dans la région beaucoup va dépendre de ce qui va se passer en Algérie et au Soudan

En Algérie et au Soudan, l’armée s’est affichée en arbitre dans les révolutions en cours. Pour quelles raisons?

Ce sont des institutions militaires dont tout le monde sait qu’elles sont la véritable ossature du régime dans des pays comme l’Algérie, le Soudan ou l’Égypte. Voyant l’ampleur du méconten-tement populaire, ils ont décidé d’agir en un coup d’État conservateur, qui sacrifie la tête du régime afin de préserver le reste. Nous avons vu ça avec Hosni Moubarak en Égypte et l’on assiste à la même chose avec Abdelaziz Bouteflika et Omar el-Bechir. Dans les trois pays, c’est l’armée qui est au cœur du régime. C’est elle qui se débarrasse d’un président devenu plus un embarras qu’un avantage afin de préserver le régime.

Autant il y a pu y avoir, en Égypte, dans une grande partie de la population en 2011, des illusions sur le rôle de l’armée, qui ont été très activement entretenues par les Frères musulmans à l’époque, on voit bien en Algérie comme au Soudan que les gens ne se font pas d’illusions et continuent d’exiger un gouvernement civil, ce que le mouvement égyptien n’a pas su faire en 2011.

Comment expliquer que certains éléments du corps militaire ont pu se joindre à ces mouvements?

On voit, dans les deux pays, les armées lâcher une tête après l’autre les jetant en pâture à la population pour l’amadouer. Mais ça ne marche pas car les manifestants comprennent. La diffé-rence est que la direction du mouvement soudanais est mieux organisée et la plus avancée politiquement de ce qu’on a vu depuis 2011 dans le monde arabe.

Autre avantage des Soudanais, c’est les dissensions dans l’armée.

Le fait que des soldats et officiers se soient ouvertement déclarés en faveur des manifestants et qu’ils les aient rejoints pour les protéger des forces de sécurité, ce qui a abouti à leur emprison-nement, ce fait-là témoigne d’une situation qui limite la possibilité pour la hiérarchie militaire d’utiliser la troupe contre le mouvement populaire. Les soldats, ainsi que des officiers de rangs intermédiaires ou inférieurs, ont montré une volonté de fraternisation avec le mouvement popu-laire qui indique que toute tentative d’utiliser l’armée à des fins répressives risquerait de se retourner contre la hiérarchie.

Dans le monde arabe, l’armée semble être une cheville essentielle du pouvoir. Comment cela se traduit?

Tout le monde sait que l’institution militaro-sécuritaire est au cœur du régime, même s’il peut y avoir des tensions entre les forces de sécurité et les militaires. En Algérie comme au Soudan, le complexe militaro-sécuritaire constitue l’ossature principale du régime. La différence entre ces pays-là et d’autres réside dans la place qu’occupe l’armée dans le régime.

La Tunisie est un pays où l’appareil étatique, au sens plus large que les seules forces armées, était séparable de la famille du président. Et il s’en est débarrassé en 2011. Dans cette catégorie de pays, les chefs d’États peuvent sauter comme des fusibles.

Il y a une autre catégorie de pays dans le monde arabe, qui comprend toutes les monarchies ainsi que de prétendues républiques, comme la Libye de Kadhafi, la Syrie de Assad ou jadis l’Irak de Saddam Hussein, qui sont organisées comme des monarchies. Dans ces pays, les familles régnantes possèdent l’Etat et ont bâti le complexe militaro-sécuritaire de manière à ce qu’il leur soit organiquement lié à la façon d’une garde privée qui peut s’appeler royale ou républicaine selon les pays. Les situations deviennent équivalentes si l’on considère le régime comme allant au-delà du président et de sa famille.

Si l’on entend le régime au sens plus large, avec le complexe militaro-sécuritaire comme colonne vertébrale de l’Etat-régime, on voit que le seul moyen de parvenir à un changement démocratique radical sans guerre civile c’est que le mouvement populaire parvienne à gagner la sympathie de la grande majorité des forces armées, les soldats en particulier. À moins de cela, les guerres civiles deviennent quasiment inévitables.

Au Soudan, on parle de signes de tensions ces dernières années, entre l’armée régulière et le service de renseignement, le Niss. Ces derniers auraient pris le dessus sur l’armée régulière. De quoi vexer cette dernière, ce qui expliquerait qu’elle s’est jointe aux manifestations?

Il ne faut pas oublier que les soldats de base de l’armée régulière sont des fils du peuple. Il y a une forte probabilité que leurs proches figurent parmi les manifestants et manifestantes dans un mouvement de cette ampleur.

Le degré de mécontentement des troupes dépend aussi des conditions matérielles, et il est probablement fort élevé dans un pays comme le Soudan vu ses difficultés économiques. Le Soudan a perdu les moyens d’offrir à ses forces armées une situation privilégiée comme ce qui peut être le cas dans des pays pétroliers tels que l’Algérie ou l’Arabie saoudite, du moins pour la caste des officiers.

Le mécontentement des troupes, me semble être un élément essentiel du fait que les hiérar-chies militaires obtempèrent en face du mouvement. La situation est probablement meilleure au Soudan qu’en Algérie parce que le mouvement soudanais a une direction beaucoup plus homo-gène politiquement, organisée depuis le début de l’année. Ce qui n’est pas le cas en Algérie où l’on ne voit pas émerger une direction légitime du soulèvement, au-delà des réunions de partis d’opposition.

Le mouvement au Soudan est un mouvement où les Frères musulmans n’ont pas participé pour la bonne raison qu’ils étaient liés au régime. J’ai décrit Omar el-Bechir comme un «Morsisi», c’est-à-dire une combinaison entre le maréchal Al-Sissi et Morsi, le président Frère musulman que Sissi a renversé, le régime d’El-Bechir était une dictature militaire liée aux Frères musulmans. Ceux-ci ont joué un rôle fort néfaste dans l’orientation des différents soulèvements dans la région en 2011. Ils ont pris le train en marche partout, parce que nulle part ils n’ont été à l’origine des soulèvements. Ayant pris le train en marche et vu les moyens organisationnels, financiers et autres dont ils disposaient, ils ont joué un rôle déterminant dans l’orientation politique des événements.

Comment s’était manifesté le rôle des Frères musulmans dans le soulèvement en Egypte?

Dans le cas de l’Egypte, ils ont joué un rôle clé dans la propagation des illusions sur l’armée au début, avant qu’eux-mêmes n’en viennent à rompre les ponts avec les militaires. Dans la période qui a immédiatement suivi la chute de Moubarak, ils étaient en alliance ouverte avec les militaires. Le premier référendum constitutionnel a opposé les militaires, en alliance avec les Frères musulmans et les salafistes contre les forces progressistes qui allaient de la gauche jusqu’aux forces libérales laïques ou musulmanes modérées.

Que penser du cas libyen où l’on assiste à un maréchal rebelle, Khalifa Haftar, qui se présente comme seul garant de stabilité, au travers notamment de la lutte contre le terrorisme?

Ce qui se déroule en Libye, c’est le même scénario qu’ailleurs tel qu’il s’est imposé à partir de 2013. On est rentré alors dans une deuxième phase du processus enclenché en 2011, une phase réactionnaire au cours de laquelle la situation va être dominée par la marginalisation des forces progressistes qui ont été à l’origine de ce qu’on a appelé le Printemps arabe, et l’affronte-ment entre les deux autres pôles du triangle: l’ancien régime et les Frères musulmans.

Deux camps qui ont chacun leur soutien dans le Golfe. Pour l’ancien régime, ce sont les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite. Les Frères musulmans, quant à eux, bénéficient de l’appui du Qatar. La Libye constitue une autre illustration de cette même situation. Haftar est soutenu par les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, l’Égypte, ainsi que la Russie. Et la France lui a également apporté un soutien. De l’autre côté, il y a le gouvernement reconnu par les Nations unies, que les Frères musulmans et le Qatar soutiennent. 

Pensez-vous que ces manifestations viennent remettre en cause la place de l’armée au cœur des systèmes de gouvernance dans la région?  

Il ne faut pas oublier qu’à la base de ces mouvements, il y a une profonde crise socio-écono-mique. Elle se traduit par un chômage massif, les plus hauts taux de chômage au monde, notamment en ce qui concerne les jeunes. C’est la raison de base de l’explosion en cours depuis 2011. Le blocage socio-économique s’est traduit par des taux de croissance beaucoup plus lents que ce qu’il faudrait pour sortir les pays de la région de leur sous-développement. Ces raisons ont alimenté un mécontentement politique fort contre les régimes en place, qui sont tous des systèmes despotiques, ou du moins autoritaires, sans souveraineté populaire. La revendication de cette souveraineté est aujourd’hui au centre de l’explosion.

Dans les années post-indépendance, les monarchies ont été renversées dans une série de pays dans le monde arabe. Depuis, les leçons ont été apprises et les Etats ont été refaçonnés avec des gardes prétoriennes, formées afin de garantir la pérennité des régimes et leur contrôle du complexe militaro-sécuritaire du pays. Certains régimes l’ont fait en plaçant les leurs, les membres de leur famille au sens large, leur clan, leur tribu, voire leur province… tout ce qui était possible pour garantir l’allégeance d’une caste militaro-sécuritaire au régime.

Peut-on parler de nouveau printemps arabe, qui a pris en compte les échecs des premiers mouvements en 2011? Peut-on anticiper de nouveaux soulèvements?

En 2011, l’expression «printemps arabe» a été utilisée avec beaucoup d’illusions. Elle indiquait l’espoir d’un changement rapide, pacifique, qui se limiterait à un changement constitutionnel et des élections libres. On a vu par la suite que la crise est beaucoup plus profonde et nécessite bien plus qu’un simple ajustement politique. Ce qui est en cause, au-delà de la question démocratique, c’est la question socio-économique. On peut le voir dans la Tunisie qui est le seul pays où il y a eu un changement démocratique durable, dont les acquis ont été préservés jusqu’à aujourd’hui. Ce pays connaît lui aussi et sans cesse des explosions sociales régionales. Même en Syrie, on voit dans les régions contrôlées par le régime un retour de la contestation sociale. Il y a partout effervescence.

Ce qui a commencé en 2011, c’est ce que j’ai appelé un processus révolutionnaire de longue durée. La région est entrée dans une longue phase d’ébullition qui va connaître des phases de montée révolutionnaire et d’autres de reflux contre-révolutionnaire. Si l’on veut parler de «printemps», il faut le comprendre comme une saison transitoire dans une succession de saisons. Depuis le tournant de 2013, nous sommes entrés dans un hiver particulièrement dur.

Assistons-nous aujourd’hui à un nouveau printemps?

Oui en partie, car la situation est contradictoire. En Syrie, on assiste à une consolidation de l’ancien régime. Un autre ancien régime, en Egypte, s’offre une prolongation au moyen de changements constitutionnels. Il y a une série d’éléments dans la région qui appartiennent encore à la phase contre-révolutionnaire.

Et puis, on a les nouveaux soulèvements en Algérie et au Soudan, de même ampleur que ceux de 2011. Ce n’est pas encore un nouveau printemps généralisé dans la région, mais un moment de transition. Tout va dépendre de ce qui va se passer en Algérie et au Soudan. Si cela finit mal, les régimes pourraient en ressortir renforcés. Si, par contre, ces mouvements débouchent sur des acquis forts, cela va redonner partout du courage au mouvement populaire.

(Entretien publié le 22 avril 2019 dans la publication marocaine Tel quel).

 Alencontre le 23 – avril – 2019

Entretien avec Gilbert Achcar par Mehdi Mahmoud

http://alencontre.org

Lire la suite

23 avril 2019 ~ 0 Commentaire

lyra mckee (socialist resistance)

Lyra-McKee-journalist-e1555832654180

Lyra McKee, journaliste, militante LGBT

Le meurtre de Lyra McKee

Lorsque Gerry Adams était commandant de l’IRA à Ballymurphy, Belfast, il a utilisé les émeutes menées par les jeunes pour défendre leur région contre l’armée britannique comme une occasion de repérer de futures recrues pour son unité, écrit Barney Cassidy. Il est évident que les dirigeants du New IRA à Derry agissaient de la même manière lorsqu’ils ont autorisé au moins un de leurs membres à ouvrir le feu sur la police lors de l’affrontement au cours duquel ils ont abattu une journaliste, syndicaliste et activiste lesbienne âgée de vingt-neuf ans. Lyra McKee.

Saoradh, l’organisation liée à la New IRA, a rapidement publié une déclaration dans laquelle elle affirmait que sa mort était un accident et tenait à exprimer sa sympathie à sa famille. Ils n’ont fait aucun commentaire sur l’opportunité militaire de tirer aveuglément avec un pistolet dans la direction de la cible visée,  l’incompétence technique de l’organisation n’a d’égal que sa stupidité politique.

Les émeutes de l’ère Adams, début des années 1970, s’inscrivaient dans le cadre d’une défense communautaire de masse contre ce qui était universellement perçu comme une armée d’occupation hostile. Ils bénéficiaient d’un fort soutien populaire. L’émeute de Derry était l’exact opposé.

C’était une démonstration du manque de soutien et de l’isolement politique de New IRA. La nouvelle IRA a pour stratégie de lancer une lutte armée pour une Irlande unie dans une nouvelle version de celle qui a pris fin en 1994. Ce qui sera différent cette fois-ci, c’est qu’elle sera menée sans niveau important de soutien de masse, avec des activistes moins nombreux et moins qualifiés, un armement de fortune et une infiltration presque complète de l’État.

En revanche, les bandes de meurtriers loyalistes sont impliqués dans l’extorsion de fonds, la vente de drogue et la prostitution dans le nord de l’Irlande et opèrent dans une impunité relative. Le fait qu’ils fassent partie de la machine de campagne électorale du DUP leur offre une protection politique importante.

Ils fondent leurs espoirs sur un Brexit dur.

«Le Brexit a le potentiel de briser l’Etat britannique… l’inévitable frontière dure imminente, va faire comprendre au peuple irlandais la partition de notre pays… et comme l’histoire nous l’enseigne, cela attisera inévitablement la résistance à la domination britannique en Irlande.  »

C’est un plan absurde. L’assassinat de Lyra leur a coûté leur soutien dans les communautés dans lesquelles ils sont actifs et bon nombre de leurs membres plus jeunes doivent maintenant se demander s’ils veulent vraiment passer vingt ans en prison à la suite d’un pari stupide.

Néanmoins, la nouvelle IRA puise dans des réserves de frustration et de désespoir. L’un des articles les plus importants de Lyra portait sur le fléau du suicide chez les jeunes dans le nord de l’Irlande.

Elle a noté que plus de personnes s’étaient suicidées au cours des seize années qui ont suivi l’Accord du vendredi saint (1998) que de personnes tuées au cours des vingt-neuf années de conflit armé.

Creggan, le quartier dans lequel Lyra est morte, est l’un des quartiers les plus pauvres de l’État britannique ou de l’Irlande. L’accord du vendredi saint a créé des emplois pour les proches du Sinn Fein et du DUP, mais les jeunes chômeurs de Derry n’ont rien eu eux!

Quelques jours avant l’assassinat, la dirigeante du DUP, Arlene Foster, avait appelé à un solide vote protestant lors des prochaines élections. Les émeutes sont un hurlement inarticulé de rage contre la société dans laquelle ils/elles vivent et il est inévitable que certain(e)s d’entre ils/ elles soient séduit(e)s par la rhétorique du retour à la lutte armée.

La mort de Lyra a été une tragédie pour sa famille et ceux qui l’aimaient.

De nombreuses marques de sympathies lui ont été exprimées en Irlande. Pour les observateurs, il est évident qu’aucun désir de reprise de la lutte armée qui a échoué la dernière fois et échouera de nouveau, ne se manifeste.

La nouvelle IRA fait reculer la cause de l’unité irlandaise et renforce la position pro-partition. Le changement révolutionnaire se produit lorsque des dizaines de milliers de citoyens ordinaires s’impliquent dans la politique. Le meurtre d’une jeune femme innocente par des machos militaristes mimant un passé révolu, l’empêche de se produire.

21 avril 2019

http://socialistresistance.org/

Commentaire:

La partition est une  » spécialisté anglaise »: Chypre, Palestine, Irlande. Favoriser une minorité contre une autre et encourager à la différenciation. La partition irlandaise de 1922 , suite à la guerre d’indépendance, a entraîné une guerre civile, non pas avec les protestants, mais entre nationalistes du Sud anti et pro traité (ceux-ci armés par Londres ont gagné). L’Angleterre a arbitrairement démembré une des 4 provinces, l’Ulster aux 9 comtés. Elle en a conservé 6: l’Ulster pour les médias, le « nord de l’Irlande » (Northern Ireland) pour ceux qui rejettent cette frontière et 3 autres comtés en Irlande, comme le Donegal.

Lire aussi:

Le Processus de Paix en Irlande (Socialist Democracy)

 

 

Lire la suite

19 avril 2019 ~ 0 Commentaire

algérie dossier (npa)

Manifestations d'etudiants a Alger contre le 5eme mandat d'Abdelaziz Bouteflika, le 5 mars 2019, Algerie

.

Algérie : le soulèvement populaire continue et s’organise !

Algérie : le soulèvement populaire continue et s’organise ! Les grandes manifestations du vendredi 12 avril ont été une réponse claire à la décision d’installer le président du Sénat comme président par intérim. Le peuple dit : on ne veut pas de vos réformes, on ne veut pas de votre gouvernement de transition, on veut une assemblée constituante.

Avec l’élection de Bensallah, on est entré dans une nouvelle phase, où le pouvoir tente de faire passer en force son replâtrage du régime, l’élection présidentielle du 4 juillet. L’organisation du boycott de l’élection par des magistrats et des assemblées populaires communales (APC) est aussi un élément important. De plus, malgré la répression et l’annonce de la présidentielle, la mobilisation reste intacte. Elle progresse même, par la mise en place d’un processus d’auto-organisation.

De plus, la dynamique de réappropriation de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) commence à prendre forme, avec la perspective de faire partir le secrétaire général Sidi Saïd et d’installer un secrétariat provisoire. C’est une question stratégique, pour la réappropriation de l’UGTA, une UGTA démocratique, autonome, combative, au service des travailleurEs. La bureaucratie n’existe pas seulement au niveau de la centrale syndicale mais de toute la hiérarchie. On essaie de pousser pour qu’il y ait des AG, de nouveaux déléguéEs, une restructuration complète de cet organe de lutte.

La dynamique de mobilisation se renforce partout, avec les grèves, les piquets de grève, les manifestations. Cela permet aux travailleurEs de parler entre eux, de parler du syndicat, mais aussi des revendications salariales, les conditions de travail, etc. Cela commence à émerger. La dynamique est variable selon les régions, mais clairement la mobilisation ne se déroule plus seulement le vendredi. Tous les jours il y a des actions, de la part des étudiantEs, des avocatEs, des magistratEs, le monde du travail, les services publics… Dans les universités, toute la communauté universitaire marche, les étudiantEs comme les enseignantEs. Il y a aussi les retraitéEs. La mobilisation s’organise de façons diverses, dans la centrale syndicale et avec les syndicats autonomes, notamment dans l’intersyndicale de l’éducation et de la santé.

Algérie : de la contestation dans l’UGTA et les grèves

algérie dossier (npa) dans A gauche du PS

Le mouvement de protestation dans l’UGTA est né des travailleurEs et des syndicalistes de base refusant de voir leur organisation syndicale jouer le rôle de comité de soutien pour le candidat Bouteflika à un cinquième mandat.

Lire la suite

19 avril 2019 ~ 0 Commentaire

émile masson (dispac’h)

emile masson

Dans le journal anarchiste Les Temps nouveaux, le breton Émile Masson met fin à une polémique de plusieurs mois

A propos de la langue et de la question bretonne.

Après avoir demandé un soutien de la part du mouvement révolutionnaire français pour lancer une action anarchiste spécifiquement bretonne, de nombreuses critiques lui sont adressées pour expliquer que le breton est une langue de réactionnaires, que la question bretonne n’a pas lieu d’être dans le monde international.

Voila un extrait des réponses de Masson

« En vérité, pour un peu vous m’accuseriez d’inventer la Bretagne, et la conscience nationale des Bretons ! Eh bien, à votre aise. Moi, sentinelle avancée, dans ce pays-ci, mon devoir est de vous dire ce que je vois. Après ça, je m’en lave les mains.

Or je vois que ce pays-ci constitue une nation distincte, qu’il est acquis d’avance précisément à ceux qui ont la sagesse de le reconnaître comme tel, et qui flattent et exploitent à leur profit sa conscience nationale : aux réactionnaires !

Je vois et je dis que c’est l’unique secret de leur toute-puissance ici ! Et je déclare une dernière fois aux camarades que, s’ils veulent, eux aussi, flatter et exploiter pour nos idées ce sentiment-là, en une génération, ils feront de ce refuge de la réaction l’avant-garde révolutionnaire, car les Bretons sont essentiellement libertaires, et ils tiennent par-dessus tout à leur indépendance morale et économique.

Je vois et je déclare que, si ce pays est le refuge de la réaction, c’est la faute même des révolutionnaires, qui n’ont pas su le gagner à eux, et qui même font tout ce qu’ils peuvent pour anéantir en tant que peuple, un peuple essentiellement révolutionnaire, par le seul fait qu’ils lui refusent le droit de parler sa langue. »

29 mars 1913

https://expansive.info/

Émile Masson (Wikipedia)

Commentaire:

Sans le vouloir, il participe aussi à « la Bretagne pays réactionnaire ». En fait dans l’Ouest (sauf le Léon) on était bien plus républicain, radical-socialiste, socialiste, puis communiste qu’on ne le croît. Lui aussi idéalise quelque peu!

Lire la suite

17 avril 2019 ~ 0 Commentaire

antisionisme (émancipation mee)

antisem

De “l’État juif” à l’apartheid décomplexé

Les sionistes disent qu’Israël est un État juif et démocratique. Et que c’est la seule démocratie du Proche-Orient.

État juif et démocratique, c’est un oxymore. Dans un État juif, la terre est juive. Les Juifs/Juives en possédaient 8 % à la veille de la guerre de 1948, ils en auront 92 % après et 97 % aujourd’hui (dans les frontières d’avant 1967). Sur la carte d’identité, pour les non Juifs/Juives, est apposée la mention “musulman”, “chrétien”, “druze”, “bédouin” mais surtout pas palestinien. L’ancienne dirigeante Golda Meir avait expliqué que les Palestinien(ne)s, ça n’existe pas.

C’est la définition religieuse qui sera adoptée pour savoir qui est juif/ve. On est juif/ve parce qu’on a une ascendance juive du côté de la mère, ou parce qu’on s’est converti. Une application très souple permettra à des centaines de milliers de soviétiques qui n’ont pas grand-chose à voir avec le judaïsme de partir et parfois de devenir colons.

Les non Juifs/Juives qu’il serait plus exact d’appeler les Palestinien·ne·s de 1948 subissent le plus légalement du monde toute une série de discriminations à l’emploi (la plupart des métiers de l’énergie, de la sécurité, des transports et en général de la Fonction publique leur sont interdits) et au logement. Alors que le taux de pauvreté est de l’ordre de 10-15 % chez les Juifs/Juives israélien·ne·s, il dépasse largement les 50 % chez les Palestinien·ne·s d’Israël. En 1976, une révolte générale a éclaté contre le vol des terres en Galilée. Cet événement est commémoré par la journée de la terre.

Quant à la “seule démocratiedu Proche-Orient”, on se retrouve depuis 1967 dans la situation suivante. Entre Méditerranée et Jourdain, il y a 50 % de Juifs/Juives israélien·ne·s et 50 % de Palestinien·ne·s. Ce qui permet la domination absolue des premiers sur les seconds, c’est la fragmentation voulue de la Palestine : Cisjordanie, elle-même balkanisée en trois zones aux statuts différents et mangée par la colonisation, Jérusalem-Est où les Palestinien·ne·s ont un sous-statut de “résident” qu’on essaie de leur enlever, Gaza, véritable cage où deux millions de personnes sont retirées du monde.

Il faudrait ajouter à tout cela les prisonnier·e·s (40 % de la population masculine a connu la prison depuis 1967) et les réfugié·e·s. S’il y avait démocratie avec droit de vote pour tou.te.s, ce système de colonisation et d’apartheid serait impossible.

Quand on critique radicalement l’idéologie sioniste, on entend souvent l’objection suivante : le sionisme a créé l’État d’Israël. Maintenant qu’il existe, c’est de l’histoire ancienne. Erreur absolue. On ne comprend pas le rouleau compresseur colonial actuel, le racisme débridé, le développement des idées suprémacistes et le rapprochement avec l’extrême droite si on ne comprend pas que le projet sioniste est plus que jamais à l’œuvre.

Deux grands courants du sionisme se sont partagé le travail depuis 1948.

Les travaillistes étaient aux commandes lors de la Nakba, de l’arrivée des Juifs/Juives orientaux/ales ou de l’expédition impérialiste de 1956. Le travail des historien·ne·s a modifié ce qu’on sait sur la guerre de 1967.

Israël n’était pas menacé d’anéantissement. Le projet israélien de conquête de toute la Palestine historique existait depuis des années, Ben Gourion avait dit dès 1948 qu’il “faudrait finir le travail”. Sitôt cette conquête réalisée, c’est un ministre travailliste, Yigal Allon qui a conçu les plans de colonisation et annexé Jérusalem-Est.

Comme les travaillistes ne disposaient pas de militant·e·s prêt·e·s à partir coloniser la Cisjor-danie, ils se sont adressés au seul courant religieux sioniste (minoritaire chez les religieux à l’époque), les disciples du rabbin Kook. Le ralliement des religieux à la colonisation a été un point de départ de la fascisation du pays, en tout cas du fait que les droits et même la vie des nouveaux et nouvelles dominé·e·s n’avaient aucune importance. Puisque Dieu a donné cette terre au peuple juif, puisqu’on refait ce qui est décrit dans le livre de Josué, pourquoi se gêner ?

Les descendants idéologiques de Jabotinsky (Begin puis Shamir) qui arrivent au pouvoir en 1977 sont déjà idéologiquement majoritaires. Ils ont l’appui des religieux et des Juifs/Juives orientaux/ales qui pensent se venger ainsi des discriminations qu’ils/elles subissent.

Au moment de Sabra et Chatila (1982), les milliers de manifestant·e·s qui ont protesté en Israël ont donné le mince espoir qu’Israël devienne un État normal, acceptant de vivre avec ses voisins. La société israélienne hésitera: la répression féroce de la première Intifada puis signature des accords d’Oslo.

Certain·e·s ont voulu croire à cette époque qu’il existait un sionisme à visage humain incarné par Rabin. Quand on examine de près les accords d’Oslo, la seule chose réelle qui a été signée, c’est l’obligation pour l’occupé d’assurer la “coopération sécuritaire” au profit de l’occupant. Dans les 26 mois qui séparent Oslo de l’assassinat de Rabin, celui-ci installe 60 000 nouveaux colons. De quelle paix s’agissait-il ?

25 ans se sont écoulés. Plus personne ne peut ignorer l’apartheid. Pour ceux qui doutent de ce mot, je conseille une visite à Hébron, où tous les jours, quelques centaines de colons fous de Dieu caillassent les enfants palestinien·ne·s qui vont à l’école et déversent leurs ordures dans la rue palestinienne sous la protection de 2 000 soldats. Le projet initial du sionisme, transformer les Palestinien·ne·s, comme cela s’est fait pour les Amérindien·ne·s ou les Aborigènes, en population enfermée dans sa réserve, rendue incapable de réclamer ses droits, est à l’œuvre.

L’instrumentalisation de l’antisémitisme ou comment faire accepter l’ethnocide en cours

On est donc aujourd’hui dans une situation absurde, où un État raciste veut faire taire les critiques au nom de l’anti-racisme. Le sionisme a installé au Proche-Orient un morceau d’Occident qui concentre, même s’il n’en a pas le monopole, le racisme, l’apartheid, le militarisme, le suprémacisme et les technologies de pointe de répression.

Comment empêcher que cela ne soulève partout dans le monde une vague de protestation, à l’image de celle qui a fini par se déclencher comme les tenants de l’apartheid en Afrique du Sud ? Ils ont trouvé sans peine. Comme le dit sans honte Macron, “l’antisionisme est l’une des formes modernes de l’antisémitisme”. C’est le dirigeant du CRIF, ancien membre du Betar (une milice violente d’extrême droite), qui lui a soufflé cette idée lumineuse.

Il faut dire qu’une telle affirmation est une obscénité. La mémoire des révolutionnaires juifs et juives, des résistant·e·s, du ghetto de Varsovie, d’Abraham Serfaty et de bien d’autres est confisquée par des racistes d’extrême droite qui poussent jusqu’à la caricature la ressemblance idéologique avec les bourreaux d’hier. L’Europe se débarrasse de sa responsabilité dans l’antisémitisme et le génocide nazi en adoubant des suprémacistes.

Bien sûr, l’antisémitisme demeure. En France, il a tué. Merah, l’hypermarché casher,… Il n’est pas la seule forme de racisme meurtrier. Les Arabes, les Roms, les Noir·e·s subissent régulièrement discriminations, humiliations, assassinats et violences policières. Les médias s’en préoccupent moins. Finkielkraut peut reprendre les pires stéréotypes antisémites contre les Noir·e·s et les habitant·e·s des quartiers (“ils n’aiment pas la France”), les médias ne parleront que d’antisémitisme quand il est insulté. De lui on dira juste qu’il est “controversé”.

Pour l’antisémitisme, s’est ajoutée à la traditionnelle détestation du Juif, de la Juive par l’extrême droite, la confusion systématique et voulue entre juif et sioniste. Les antisémites qui s’en prennent aux Juifs en prétendant défendre la Palestine, ne sont pas seulement “immoraux”, ils rendent le plus grand service à ce qu’ils prétendent combattre.

Plus que jamais, combattre le sionisme qui est une idéologie criminelle contre les Palestinien·ne·s et suicidaire pour les Juifs/Juives, est une nécessité. Être antisémite a été, est et sera toujours un crime. (Résumé voir lien)

Pierre Stambul  Lundi 15 Avril 2019

http://www.emancipation.fr/

Lire aussi:

De l’antisémitisme en France (MEE)

Lire la suite

16 avril 2019 ~ 0 Commentaire

morlaix (afps)

logo

mor 1wardi

Du cinéma, une rencontre sur la résistance culturelle en Palestine occupée et de la poésie, voilà en substance ce que vous propose l’AFPS du Pays de Morlaix le Jeudi 18, le Samedi 20 et le Dimanche 21 avril.

Des rendez-vous en solidarité avec la résistance du peuple palestinien préparés en collaboration avec les équipes du cinéma La Salamandre, du bar des 2 Rivières et du Festival d’Arts et de Poésie Les Possible(s).

Au programme :

Le film WARDI de Mats Grorud  Jeudi 18 Avril à 20h 30 à La Salamandre suivi d’un débat sur les réfugiés palestiniens

Une rencontre sur le thème de la résistance culturelle face à l’occupation avec le poète palestinien TARIK HAMDAN – Samedi 20 Avril à 18 h au bar des 2 rivières

Une participation au Festival Les Possible(s) à Berrien autour de la poésie arabe – dimanche 21 avril à partir de 11h au café-librairie L’Autre Rive.

Facebook Pays De Morlaix Afps

afps.jv pg

 

Lire la suite

16 avril 2019 ~ 0 Commentaire

algérie (cqfd)

alger

De la décennie noire à la révolution des sourires

La jeunesse algérienne a transformé notre cynisme en espoir

Avec 1994 (Rivages, 2018), Adlène Meddi exhumait le souvenir de la décennie noire dans un thriller sentant le vécu. C’est dire si le journaliste et romancier algérien a saisi combien le spectre des violences des années 1990 hante encore la mémoire collective du pays. Un traumatisme qui explique la nature inédite du mouvement en cours contre le régime. Entretien à Alger, au lendemain de la manifestation du vendredi 15 mars.

Quel est ton regard sur les manifestations actuelles ?

« Pour tout avouer, je pensais qu’à la première marche du 22 février il n’y aurait pas beaucoup de monde. Les Algériens n’étaient pas sortis en 2014 après la quatrième élection de Bouteflika. La répression et l’achat de la paix sociale avaient complètement neutralisé la société. Aussi, le gouvernement jouait sur la peur en agitant le trauma de la décennie noire et, pour celles et ceux qui n’ont pas connu ces années-là, les syndromes libyen et syrien.

J’avais sous-estimé toute une nouvelle dynamique d’autonomie et de désobéissance civile, qui s’est exprimée avec le mouvement des chômeurs dans le Sud en 2013 ou encore lors les manifestations contre les gaz de schiste à Ouargla en 2015. Une sorte d’archipel extérieur aux structures de l’opposition classique – c’est-à-dire la presse privée, les partis et les syndicats.

Cette autonomisation vis-à-vis de l’État se traduit par des faits : des parents se saignent pour mettre leurs enfants dans le privé, des mosquées refusent les prêches officiels du gouverne-ment, des maisons d’édition osent sortir des livres qui peuvent être considérés comme “dangereux”…

Il faut aussi évoquer les anciens militants communistes et trotskystes qui continuent à former des jeunes et à faire un travail de base. Sans parler des mouvements des femmes et des militants LGBT.

CQFD n°175 (avril 2019)

Margaux Wartelle, Mickael Correia,  14/04/2019

Lire la suite dans CQFD

Lire la suite

14 avril 2019 ~ 0 Commentaire

israel (essf)

pc israel

Manif du PC

Michel Warschawski. En Israël, l’élection de tous les dangers

Six points à retenir suite aux élections en Israël

La victoire de Netanyahu

Non seulement Netanyahu a remporté les élections, mais son parti a augmenté le nombre de ses membres dans la nouvelle Knesset de 30 à 36, soit un de plus que la liste du chefs d’état-major des FDI (liste bleue-blanche).

Son grand succès a été rendu possible en attirant les votes d’autres partis d’extrême droite 

La liste de son ancien ministre de l’Education, Naftali Benett, et de son ancien ministre de la Justice, Ayelet Shaked (La nouvelle droite) n’a même pas obtenu le minimum pour entrer à la Knesset. La campagne personnalisée de Netanyahu (« moi ou la gauche ») était le bon choix. Le bloc de droite, c’est-à-dire les partis qui ont déjà indiqué tout au long de la campagne qu’ils feraient partie de la coalition de Netanyahu, représentent 65 membres de la Knesset sur 120, soit une nette majorité avant même la négociation.

Israël est vraiment à droite

On ne peut plus le nier : une nette majorité de la communauté juive israélienne partage les valeurs de droite, chauvines et racistes. Leur vote pour le Likoud n’est plus un « vote de protestation » mais un choix politique et idéologique. Le fait que le chef de la droite soit soupçonné de plusieurs chefs de corruption n’a pas nui à son soutien massif.

Parti Travailliste : la fin

Avec ses 6 députés élus, le Parti Travailliste poursuit sa chute jusqu’à sa fin programmée. Le parti qui a créé l’État d’Israël et qui l’a dirigé jusqu’en 1977 n’est que l’ombre de lui même. Aux dernières élections, il comptait toujours 24 députés et pouvait prétendre être une alternative au Likoud. Plus maintenant, et le déclin semble être irréversible.

Un bon score pour la liste des « chefs d’état-major »

En quelques mois, les anciens chefs d’état-major de l’armée israélienne, sous la direction du général Beny Gantz, ont créé une nouvelle liste. Leur seul programme était de se débarrasser du régime corrompu de Netanyahu.

Cependant, ils s’abstiennent de l’attaquer, peut-être pour laisser la porte ouverte à une future participation à la coalition du Likoud. La liste des généraux, alliée à l’ancien ministre des Finances Yair Lapid, compte 35 députés, soit un de moins que le Likoud. C’est un succès, certes, mais inutile : la plupart des partis de centre-gauche (comme le Parti Travailliste) ont perdu leurs électeurs au profit de la droite. Par conséquent, contrairement à Netanyahu, Gantz n’a pas d’alliés potentiels pour la constitution d’une éventuelle coalition alternative.

La montée des partis ultra-religieux

Les deux partis ultra-religieux – Le drapeau de la Tora et le Shas – ont réuni 15 députés (contre 13 lors des dernières élections) et pourraient accroître leurs tentatives d’accroître le poids de la religion dans l’espace public. Netanyahu semble prêt à céder, au moins à une partie de leurs demandes (fermeture de magasins et réduction des transports en commun le samedi).

Abstention massive de la minorité palestinienne

Gantz et ses partisans du centre-gauche accusent les électeurs arabes d’avoir contribué à la victoire de Netanyahu grâce à leur abstention massive (environ 50%). Comme c’est typique ! Gantz a refusé de dénoncer sans équivoque la loi constitutionnelle d ‘« Israël en tant qu’État-nation du peuple juif » qui énonçait formellement la discrimination à l’égard des citoyens palestiniens d’Israël. Pourquoi la minorité palestinienne devrait-elle se mobiliser pour soutenir la copie de Netanyahu ?

De plus, les partis palestiniens ont décidé de briser leur unité qui, lors des précédentes élections, leur avait permis de devenir une voix politique claire d’opposition au racisme et à la discrimination.

Cette décision, initiée par le député Ahmad Tibi – un opportuniste bien connu – a été adoptée par le chef du Parti Communiste Aiman ​​Odeh. C’était se tirer une balle dans le pied : l’alliance Tibi-Communistes n’a obtenu que 6 députés.  Le bloc national-islamiste, l’autre coalition, quatre.

Les députés arabes israéliens ont été ramenés de 13 à 10. La moitié des électeurs palestiniens a décidé de s’abstenir, à la fois en protestation à la nouvelle loi et aussi par déception de l’abandon de l’unité nationale.

samedi 13 avril 2019 WARSCHAWSKI Michel

http://www.europe-solidaire.org/

Source: Plateforme altermondialiste Québec

http://alter.quebec/5910-2/

Lire la suite

13 avril 2019 ~ 0 Commentaire

icebergs (à l’encontre)

algggre

Et celle des soudanais!

«Bouteflika et El-Béchir ne sont que le sommet de l’iceberg»

 Le professeur de relations internationales et politiques Gilbert Achcar redoute des transitions difficiles au Soudan et en Algérie au vu des expériences passées, en Libye ou en Egypte notamment.

Peut-on parler d’un nouveau printemps arabe?

Il y a effectivement une nouvelle poussée révolutionnaire en Algérie et au Soudan. Il ne faut pas non plus oublier qu’il y a depuis l’année dernière des épisodes de révolte sociale en Tunisie, au Maroc et en Jordanie. On voit donc les signes d’une nouvelle montée révolutionnaire. Mais depuis 2013, nous sommes aussi dans une phase contre-révolutionnaire. La situation en Libye ne s’améliore pas avec l’offensive de Khalifa Haftar contre Tripoli, qui marque en un sens un retour de l’ancien régime. Elle ne s’améliore pas non plus en Syrie et au Yémen, qui sont en guerre civile, et en Egypte. Nous sommes dans un moment contradictoire. Il y a les éléments d’un nouveau printemps mais il s’agit plutôt d’une phase de transition.

Quels sont les points communs entre les soulèvements algérien et soudanais?

Il y a deux grandes catégories de pays dans le monde arabe. La première rassemble les Etats que l’on peut qualifier de patrimoniaux, avec des familles régnantes qui possèdent l’appareil d’Etat. Elles considèrent l’Etat comme leur propriété privée.

C’est le cas des huit monarchies du monde arabe, où le souverain est le roi, pas le peuple, mais aussi de républiques, comme la Syrie, ou naguère l’Irak de Saddam Hussein, où des familles ont pris possession de l’Etat. Dans ces cas-là, on ne peut pas imaginer un renversement de la famille régnante par les forces armées. Et si d’aventure une partie d’entre elles se joint au soulèvement, comme en Syrie ou en Libye, alors une guerre civile devient pratiquement inévitable.

L’autre catégorie d’Etats est celle des néo-patrimoniaux, dont les institutions disposent d’une relative autonomie par rapport aux dirigeants. C’est le cas de l’Algérie et de l’Egypte. L’armée y est l’institution principale et elle exerce un contrôle direct sur le pouvoir politique qui en émane. C’est elle qui fait et défait les présidents.

Le Soudan est dans une catégorie intermédiaire. Omar el-Béchir, qui a pris le pouvoir avec un coup d’Etat militaire, avait tenté de remodeler l’armée pour pouvoir la contrôler directement, comme l’avait fait Hafez al-Assad en Syrie ou Muammar al-Kadhafi en Libye, sans finalement pouvoir le faire totalement. L’armée a pu le renverser.

Redoutez-vous des transitions difficiles?

Oui, sans aucun doute. Quand le peuple veut renverser un régime, c’est en réalité toute la façon de fonctionner de l’Etat qu’il veut changer, pas uniquement son Président. Bouteflika et El-Béchir ne sont que le sommet de l’iceberg si l’on peut dire, la grande masse reste en dessous de la surface.

Leurs deux régimes ont comme modèles l’Egypte d’Abdel Fatah al-Sissi et veulent présenter l’armée comme le sauveur de la nation et asseoir encore un peu plus son pouvoir. Cela peut éventuellement fonctionner au Soudan mais ce sera plus compliqué en Algérie, où la population n’a pas d’illusion sur le fait que ce sont les militaires qui contrôlent le pouvoir.

Il ne faut pas non plus oublier que ce qui a explosé en 2011, c’est un processus révolutionnaire historique et long, qui durera des décennies. Il se heurte à un blocage culturel, social et économique, qui produit les taux de chômage les plus élevés du monde, surtout chez les jeunes. Pour le contourner, il faudrait des changements radicaux des politiques économiques qu’on ne voit nulle part, y compris en Tunisie, où la politique économique est dans la continuité de l’ancien régime.

Et on continue avec les recettes du Fonds monétaire international, ses politiques d’austérité et de retrait de l’investissement économique qui sont absurdes. L’idée que l’investissement privé va devenir moteur est illusoire. Dans cette partie du monde où l’arbitraire, l’instabilité et le népotisme règnent, les fonds privés vont dans l’argent facile et la spéculation foncière.

L’autre difficulté est que, pour faire advenir ce changement radical, il faut des forces politiques qui le représentent et qui portent les aspirations démocratiques et progressistes de la population, et surtout de sa jeunesse. Le problème est qu’on ne les voit pas, elles manquent cruellement dans toute la région.

Anticipez-vous d’autres soulèvements?

Hormis le Qatar et les Emirats arabes unis, où 90 % de la population est étrangère, aucun pays n’est à l’abri d’une explosion, y compris ceux du printemps 2011. La situation économique est insupportable en Egypte.

Les gens ne descendent pas dans la rue parce qu’ils sont échaudés par les résultats obtenus depuis 2011. Ils sont revenus à la case départ, voire pire. Mais quand ils voient ce qui se passe à côté, au Soudan et en Algérie, cela leur redonne courage. Tôt ou tard, le mouvement repartira. Le ras-le-bol est général.

Alencontre le 12 – avril – 2019 Entretien avec Gilbert Achcar conduit par Luc Mathieu

(Entretien publié dans le quotidien français Libération, en date du 11 avril 2019)

Originaire du Liban, Gilbert Achcar est professeur de relations internationales et politiques à la School of Oriental and African Studies à Londres. Il est l’auteur de Le Peuple veut (Actes Sud, 2013) et Symptômes morbides (Actes Sud, 2017).

http://alencontre.org/

Lire la suite

11 avril 2019 ~ 0 Commentaire

«thawra», révolution ! (révolution-permanente npa mee regards)

soudan

Soudan : le président Omar el-Béchir évincé du pouvoir par l’armée (MEE)

« La révolution continue »

L’armée a mis fin aux trente ans de règne du président soudanais après des mois de manifestations populaires, mais les meneurs de la contestation rejettent le « coup d’État du régime ».
.

Les meneurs de la contestation ont quant à eux rejeté le « coup d’État du régime ».

« Déclaration importante : la révolution continue. » Telle a été la réaction concise du Comité des médecins soudanais suite à l’annonce que l’armée planifiait de prendre le contrôle du pays pour les deux prochaines années.

L’Association des professionnels soudanais, fer de lance de la contestation, a également annoncé qu’elle rejetait le « coup d’État » et appelé à la poursuite des manifestations jusqu’à ce que le pouvoir soit transféré à « un gouvernement civil de transition représentant les forces de la révolution. »

« Le régime a mené un coup d’État militaire en présentant encore les mêmes visages et les mêmes institutions que ceux qui ont provoqué la colère de notre grande nation. Ceux qui ont détruit le pays et tué son peuple cherchent à voler chaque goutte de sang et de sueur répandue par la nation soudanaise pour secouer son trône », a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Les activistes avaient averti depuis le matin, dans l’attente de l’annonce de l’armée, qu’ils accepteraient seulement que le pouvoir passe à un gouvernement civil, et beaucoup ont réagi avec colère à la déclaration télévisée du ministre de la Défense.

Certains manifestants se sont moqués de l’annonce et ont insisté pour que leurs manifestations se poursuivent. (…)

https://www.middleeasteye.net/fr/

soudan

Les soudanaises en première ligne contre le régime, Révolution! (RP)

L’image a fait le tour du monde : cette femme vêtue de blanc le doigt tendu vers le ciel haranguant la foule de manifestants au cri de « Thawra », Révolution ! Un symbole qui en dit long sur ce soulèvement populaire où les Soudanaises sont en première ligne. 

Si la gronde dans le pays résonne depuis plus de 4 mois, c’est depuis le 6 avril que le Soudan est secoué d’une vague massive de contestation contre le régime autoritaire d’Omar el-Béchir, qui la réprime dans le sang.

Ce sont 9 manifestants qui ont été tués depuis le 6 avril.

Une situation de précarité et de misère extrême dévore le pays, et c’est à l’annonce d’une hausse de trois fois le prix du pain, à côté d’une hausse de 30 % des prix du carburant, avec une inflation délirante, que la population a commencé les manifestations. Les manifestations ont connu un immense regain de mobilisation le 6 avril, date anniversaire du 6 avril 1985 qui avait marqué le renversement du régime du président Jaafar Nimeyri.

Pour donner un aperçu de la situation dramatique pour les classes populaires, comme le précise Mediapart : « Un Soudanais sur cinq vit au-dessous du seuil de pauvreté et le Soudan est, selon l’ONU l’un des huit pays les plus touchés par la malnutrition. Alors que 7 % seulement du budget national sont consacrés à la santé, et 75 % à la défense, à la sécurité et à la rémunération des principaux dirigeants, la crédibilité du chef de l’État est au plus bas et sa marge de manœuvre paraît dérisoire. Avec la division du pays, le Soudan a perdu 75 % de ses ressources en pétrole, c’est-à-dire 90 % de ses exportations et la moitié de ses recettes budgétaires. »

Dans ce contexte, ce sont encore les femmes qui sont les plus touchées par la misère sociale et l’autoritarisme du régime islamique.

D’un côté, elles subissent le chômage, en plus de devoir supporter le travail domestique et l’entretien de la famille dans des conditions d’extrême précarité. De l’autre, ce sont des lois discriminantes et sexistes qui président. Ayant pris le pouvoir par un coup d’État en 1989, le président islamique el-Béchir n’a fait que pérenniser la charia (loi islamique) qui avait été instaurée en 1983, en plus de lois gouvernementales tentant de restreindre le plus possible l’accès du marché du travail aux femmes, les contraignant à rester au foyer.

Une professeure à l’université de Bahri déclarait à l’AFP : « Car depuis le premier jour, ce gou-vernement a fait des lois contre les femmes. Ne portez pas de pantalon, couvrez vos cheveux, ne parlez pas fort… ».

Une loi qui se matérialise par la condamnation à la flagellation de 15.000 femmes en 2016, par la multiplication des viols et violences sexuelles, pour lesquels, jusqu’en 2015, elles pouvaient être jugées pour adultères. En 2017, Noura Hussein, figure tragique des lois misogynes était condamnée à mort pour s’être défendue face à son violeur, en l’occurrence l’homme auquel, selon la loi soudanaise, son père avait pu la marier de force.

Des conditions de vie effroyables pour les femmes rompues par le chômage, la surexploitation, et l’oppression systématique dont elles sont victimes. Mais ce sont elles qui aujourd’hui, sont sur le devant de la scène du combat contre ce régime mortifère, à l’image de cette femme dont la vidéo est devenue virale appelant la foule de manifestants à reprendre le mot d’ordre « Thawra », Révolution.

France 24 relate : « D’après Hind Makki […] la femme « porte une robe blanche comme en portaient nos mères et grand-mères dans les années 60, 70 et 80, lors des grandes manifes-tations contre les précédentes dictatures militaires ». Cet habit de coton blanc était en effet porté par les femmes lors des mouvements populaires de 1964 et 1985, au Soudan. »

La répression qui s’abat sur les femmes est tout aussi violente. Lors du 8 mars ayant été une date de mobilisation importante dans ce contexte, Eilman, une jeune manifestante déclarait à RFI Afrique concernant les arrestations arbitraires du régime : « Je pense qu’il y a une volonté d’humilier les femmes. Certaines étudiantes ont eu leur foulard qu’elles portent sur la tête arraché par les forces de l’ordre ; on a également coupé les cheveux de certaines qui étaient en détention. Tout ça c’est une façon d’humilier les femmes de ce pays, de leur faire peur et de dire aux hommes, on a violenté vos femmes »

La moitié des manifestants sont des manifestantes, faisant suite à cette histoire de lutte et de combat, et dans un moment où les femmes, internationalement sont à l’avant-garde des luttes contre les régimes autoritaires.

La situation ne devient que plus explosive avec, en ce début de semaine, la division de l’armée. Loin d’être du côté de la population, les forces militaires se posent néanmoins en opposition au régime d’El-Béchir, faisant office d’arbitre du conflit qu’elle cherche avant tout à canaliser pour reprendre la main. Nul doute que le projet politique qu’elle porte ne soit pas beaucoup plus progressiste que celui d’El Bechir.

Iris Serant mercredi 10 avril

https://www.revolutionpermanente.fr/

soudan

Lire aussi:

Solidarité avec le soulèvement au Soudan ! (NPA)

Soudan, une révolution au goût amer (Regards)

Les raisons économiques de la colère des Soudanais (Essf)

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin