Archive | Anticolonialisme

03 février 2018 ~ 0 Commentaire

daniel guérin (émancipation)

congo

Un combat anti-colonialiste

C’est le sous-titre du livre de Daniel Guérin, Algérie 1954-1965, que les éditions Spartacus viennent de publier. Il s’agit en fait de textes réunis et ordonnés, dont la plupart avaient été publiés en 1979, dans « Quand l’Algérie s’insurgeai »t, aux éditions La pensée sauvage.

Alors que l’histoire des relations franco-algériennes pendant la période coloniale, la guerre d’indépendance puis la période post-coloniale, continue de diviser les opinions dans les deux pays, cette réédition, complétée d’autres écrits, constitue un apport précieux dans la bibliographie déjà abondante consacrée aux diverses facettes du conflit algérien.

Daniel Guérin, militant révolutionnaire

Par son œuvre et son parcours politique, Daniel Guérin (1904-1988) figure parmi les intellectuelLEs et témoins les plus importantEs de la gauche révolutionnaire française. Dès les années 30, il s’engage dans la tendance “Gauche Révolutionnaire” de la SFIO, animée par Marceau Pivert. Un voyage en Allemagne l’amène à publier son premier texte marquant, La peste brune , en 1933, qu’il complétera avec Fascisme et grand capital en 1936, deux livres qui font encore aujourd’hui référence.

Durant la guerre civile espagnole puis la Seconde guerre mondiale, il se rapproche des groupes trotskystes. À la fin des années 1950, son parcours politique le conduit dans les rangs des organisations libertaires et, s’affranchissant de tout sectarisme, il travaille à une tentative de synthèse entre anarchisme et marxisme. S’ouvre alors la période la plus féconde de son œuvre, avec de nombreux ouvrages qui ont fait date, comme La lutte des classes sous la Première République , en 1946, réédité en 1968, L’Anarchisme (1965, réédité plusieurs fois), ou encore Pour un marxisme libertaire , en 1969.

L’anticolonialisme a toujours été l’un des moteurs principaux de l’engagement de Daniel Guérin. Dès 1930, à la suite d’un voyage en Syrie et en Indochine, il se révolte contre les réalités coloniales. L’anticolonialisme occupe une place non négligeable dans sa longue bibliographie : il publie notamment Au service des colonisés en 1954, aux Éditions de Minuit, puis Les Antilles décolonisées en 1956.

Daniel Guérin et la guerre d’Algérie

C’est donc en intellectuel et militant, marxiste mais résolument anti-stalinien et donc très critique à l’égard des partis communistes, que Daniel Guérin suit de près les évolutions et composantes du mouvement nationaliste algérien. Cette réédition des textes réunis pour la plupart dans Quand l’Algérie s’insurgeait , complétée par d’autres de ses écrits pour en élargir la perspective, nous livre ainsi un témoignage précieux sur des faits et des acteurs de premier plan de l’insurrection algérienne, et aussi du mouvement anticolonialiste français de l’époque.

Nous suivons ainsi les débats et les errements du Comité France-Maghreb, animé par François Mauriac et Pierre Mendes-France, la tentative de la Fédération Communiste Libertaire et du Parti Communiste Internationaliste (ancêtre de la LCR note du blog)  pour impulser la constitution du comité de lutte contre la répression colonialiste, les efforts du Comité d’action des intellectuels, les constitutions de comités de soutien aux victimes de la répression, les divisions qui obèrent toute perspective d’unification efficace des forces anticolonialistes.

De nombreux textes nous font suivre aussi ses rencontres et ses échanges avec Mohammed Harbi et surtout Messali Hadj, dont il contribue à réhabiliter l’action. On ne s’étonnera donc pas d’y lire de nombreuses et virulentes critiques à l’encontre du FLN, du Parti Communiste Algérien, et aussi de la politique du Parti Communiste Français, qu’il juge déphasé. Nous voyons ainsi presque de l’intérieur se creuser le fossé qui sépare le MNA et le FLN, conduisant à des luttes fratricides.

Au-delà du conflit algérien

Les écrits réunis par les éditions Spartacus débordent largement du cadre chronologique du conflit algérien. Le corpus aborde d’abord la période 1930-1954, qui voit la gestation du mouvement national algérien. Viennent ensuite les textes qui éclairent le conflit proprement dit, où l’on peut distinguer les années 1954-1958, puis les années 1958-1962. Le livre se termine sur les premières années de l’indépendance algérienne et la construction du nouvel État. Daniel Guérin y développe une analyse très critique du régime qui se met en place avec Ben Bella, notamment dans la série d’articles publiés dans le journal Combat en 1964.

Avec ce livre, les éditions Spartacus nous proposent non seulement un témoignage précieux pour celles et ceux qui s’intéressent à l’histoire de l’Algérie, mais aussi une contribution utile à l’histoire du mouvement anticolonialiste français. Dans son apport à la réhabilitation de Messali Hadj, il pourra être complété par la lecture des ouvrages de Jacques Simon.

Raymond Jousmet mercredi 31 janvier 2018

  • Daniel Guérin, Algérie 1954-1965. Un combat anticolonialiste , éditions Spartacus, Paris, novembre 2017, 250 p., 14 e.

À commander à l’EDMP (8, impasse Crozatier, Paris 12e, didier.mainchin@gmail.com 14 €)

http://www.emancipation.fr/

Lire aussi:

Daniel Guérin (Wikipédia)

Portrait d’un anarchiste : Daniel Guérin (Socialisme Libertaire)

Daniel Guérin, Bourgeois et bras-nus.

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03 février 2018 ~ 0 Commentaire

manif d’ajaccio (a manca)

a manca 1

APPEL A LA MOBILISATION

C’est sans réserve aucune que nous apportons notre soutien à l’appel à manifester lancé par les présidents de l’exécutif et de l’assemblée de Corse.

En décembre 2017 des dizaines de milliers de femmes et d’hommes de notre pays ont fait le choix de confier un mandat à la majorité Femu a Corsica et Corsica Libera. Cette expression est bafouée par le gouvernement et le président de la République Française.

Sous les aspects trompeurs du « modernisme » ce sont les vieux démons coloniaux qui animent le premier ministre et le président de ce pays. Leurs attitudes sont des provocations auxquelles nous devons collectivement résister.

Notre réponse doit être ferme et nous sommes certains que la mobilisation sera massive et à la hauteur des enjeux. Notre pays a besoin de paix et si d’aucuns spéculent sur des fractures dans le mouvement national, alors sachons leur opposer un front démocratique commun dans la diversité de nos sensibilités.

En décembre 2017 des milliers d’électrices et d’électeurs ont été abusés par d’autres formations politiques qui aujourd’hui se révèlent pour ce qu’elles sont, des machines électoralistes totalement éloignées des intérêts du peuple Corse. C’est à ces femmes et ces hommes , qui constatent aujourd’hui la réalité des discours de ces néo-clanistes, que nous lançons également un appel afin qu’en toute conscience ils se joignent à la défense d’un cadre démocratique en Corse. C’est d’un avenir commun dont il s’agit et toutes les basses manœuvres échoueront face à la volonté du peuple.

 24 janvier 2018

http://a-manca.org/

a manca

Pour le peuple et par le peuple

Le samedi 27 janvier dernier, les représentants d’a Manca étaient présents à la réunion de toutes les organisations du mouvement national.

Un collectif réunissant les premiers signataires d’un appel à manifester s’est créé à cette occasion, collectif intitulé « Demucrazia è rispettu pè u populu corsu ». Il lui appartient de finaliser les modalités organisationnelles de la mobilisation populaire dont la date est fixée au samedi 3 février à 14h30 à Ajaccio. D’ores et déjà, les mots d’ordre sont arrêtés. En outre, a été également acté le fait qu’il n’y aurait pas de prise de parole centrale à l’issue de la manifestation. Sur proposition du Président de l’Exécutif, les participants seront invités à entonner collectivement le Diu vi salve Regina.

A Manca renouvelle son appel à manifester et ce, sur la base de la plateforme présentée par Femu a Corsica et Corsica Libera lors des dernières élections, à savoir :

La co-officialité linguistique, le statut fiscal, le statut de résident, l’amnistie des prisonniers politiques et l’inscription de la spécificité de la Corse dans la constitution actuelle.

Cette même plateforme que Macron et son gouvernement rejettent encore pour l’heure cons- titue un socle minimal en -deçà duquel les dizaines de milliers de corses qui se sont prononcés pour l’actuelle majorité régionale, n’acceptent pas d’aller. C’est ce principe démocratique que nous défendons. C’est ce même principe qui est aujourd’hui bafoué par ce gouvernement. Celui-ci serait bien inspiré de changer de posture en accédant aux légitimes revendications qui lui sont présentées par les élus de la majorité de l’Assemblée de Corse.

La manifestation du 3 février semble mobiliser et s’annonce de ce fait comme un succès. Seuls quelques irresponsables en négligent encore le sens et la portée. A moins de vouloir plonger notre pays dans le chaos, il ne peut en être autrement. Il nous faut collectivement faire la démonstration de notre détermination et de notre sens des responsabilités.

Démonstration est faite que les urnes ne suffisent pas à elles seules à garantir un cadre démocratique. Ce n’est et cela ne peut être que sur le terrain des luttes publiques que se garantissent dans tous les domaines les volontés populaires.

La manifestation du 3 février 2017 marque le début d’une démarche qui mise sur la mobilisation des énergies, des forces vives de notre société. Notre histoire ne peut en aucune manière s’écrire sans le peuple. C’est lui et lui seul qui a le devoir d’exercer tous ses droits. Tel est le chemin de la démocratie.

A Manca

http://a-manca.org/

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02 février 2018 ~ 0 Commentaire

brest palestine (ouest france)

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Brest. Un médecin engagé pour la paix en Palestine

Depuis 2002, le professeur Dominique Le Nen, chirurgien (orthopédiste Note du blog) au CHRU de Brest, a effectué vingt-quatre missions en Palestine. Dominique Le Nen s’y rend deux fois par an pour opérer et former. Une expérience forte dont il témoigne dans un livre. « L’envie d’aider cette population ne me quitte pas. »

Rencontre

« Imaginez un jeune Palestinien âgé de dix ans. Depuis sa naissance, il a connu trois guerres. Il n’a vécu que dans un pays occupé, entouré de murs. Sans liberté de mouvements. Quelle vie pour cet enfant ? Et quel avenir pour la jeunesse palestinienne ? » Le professeur Dominique Le Nen, chirurgien orthopédiste au CHRU de Brest, spécialiste de la main, est très investi dans l’humanitaire, en Palestine. Depuis 2002, il s’y rend deux fois par an pour opérer ou former des soignants. Soit vingt-quatre missions en quinze ans.

Un conflit « sans fin »

Une expérience relatée dans un livre poignant et touchant, « De Gaza à Jénine », dont la troisième édition vient de sortir. « J’ai ajouté un chapitre sur la guerre de septembre 2014 et sur ma dernière mission en septembre 2017. » « Je dénonce les aberrations d’un conflit qui semble sans fin ! Mais c’est aussi un appel à la paix. » Le médecin s’engage contre la guerre et la violence. « Pour moi qui aime écrire, ce témoignage était une obligation car on ne revient pas indemne de là-bas. »Mais sans « faire de politique »…

Le chirurgien rêve de deux États en paix. D’abord, « il faut qu’Israël cesse la colonisation en Cisjordanie, une annexion de terres en opposition à ce qui a été décrété à l’ONU ». Et aussi que Jérusalem, revendiquée conjointement comme capitale par Israël et la Palestine, devien- nent une cité internationale. « Tant que ces deux problèmes ne seront pas résolus, il n’y aura pas de paix. »

La situation actuelle est plus calme qu’au début des années 2000. Notamment à Jénine, où le médecin se rend le plus souvent. « Mais cette impression est trompeuse. Depuis décembre et les déclarations de Trump sur Jérusalem, il y a des arrestations tous les jours. Des barrages, des checkpoints… Un État occupé est un État en guerre. »

Un « besoin de dignité »

Au niveau sanitaire, la situation s’est améliorée. « Les Palestiniens bénéficient d’une importan- te aide internationale. Actuellement, c’est davantage de la coopération que de l’humanitaire. Au début, j’opérais beaucoup pour des séquelles de plaie par balles. Aujourd’hui, j’opère surtout des malformations congénitales, des paralysies du bras de l’enfant à la naissance. »

Dominique Le Nen a fait beaucoup de belles rencontres. « L’envie d’aider cette population ne me quitte pas. Leur quotidien est celui d’hommes, de femmes, d’enfants qui veulent tout simplement vivre et pouvoir voyager librement, ce qui leur est interdit. » Un mot résume le mieux la situation. « Le besoin de dignité humaine ! Ce manque de reconnaissance est difficile à vivre. Et c’est humiliant aussi. »

Il en appelle à tous les « autres gens ». À la société civile. « Si on est suffisamment nombreux, on pourra peser sur nos gouvernants. »

Laurence Guilmo.  01/02/2018

De Gaza à Jénine. Tant que la guerre durera, aux éditions L’Harmattan, 22,50 €. Préface d’Alain Gresh, Postface d’Irène Frachon. Les bénéfices sont reversés à Amani, association franco-palestinienne pour l’aide et la formation médicale.

https://www.ouest-france.fr/

Lire aussi:

La troisième édition du livre de Gaza à Jénine d’un chirurgien brestois (Le Télégramme)

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29 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

république (médiapart)

Couv-MarianneS

Les dévôts de la République

L’idolâtrie républicaine gagne la France comme autrefois la vérole, lorsqu’elle s’abattait sur le bas-clergé qui n’en pouvait mais. Pour être différent, assurément, ce premier mal n’en est pas moins grave au regard de ses conséquences sur les individus atteints et sur ceux qui tentent de le combattre. Fort divers, venus d’horizons politiques distincts, parfois adversaires résolus qui n’ont pas de mots assez durs pour s’opposer les uns aux autres, ces nouveaux zélotes de la République forment aujourd’hui une coalition hétéroclite et souvent hargneuse dont les membres se prosternent devant leur Déesse : Marianne.

A leurs yeux, elle est grande, belle, généreuse, libre, égale et fraternelle, bien sûr. En un mot, sublime, forcément sublime.

A l’instar de tous ceux qui adorent un ou plusieurs êtres imaginaires, dont l’existence est pour- tant improbable, ils lui trouvent des qualités et des vertus extraordinaires. A les entendre, elle guide de ses pas fermes et de son bras vigoureux le peuple et la nation vers un avenir radieux. Un éternel printemps républicain, prétendent certains qui ont juré de la servir et de la défendre toujours. Que dis-je, il est déjà possible d’observer les effets de ses pouvoirs augustes ; l’His- toire et le présent portent les marques de ses exploits multiples et tous se souviennent des batailles remportées contre des ennemis, quelquefois aidés par la main odieuse de l’étranger.

« Aux armes citoyens ! »

De l’exceptionnelle révolution qui l’a vue naître, grandir et prospérer jusqu’à nos jours, en dépit d’épreuves nombreuses, qu’elle a toujours surmontées avec courage et ténacité, Marianne n’a eu de cesse de veiller sur ses enfants. Elle les couvre de soins maternels afin que tous puis- sent s’épanouir et vivre dignement, librement et fraternellement dans ce pays à nul autre pareil qui se nomme la France ; celle-là même où elle s’est établie pour le plus grand bonheur de ses habitants et de l’humanité toute entière.

Marianne, en effet, étend ses bienfaits au-delà des frontières de l’Hexagone harmonieux, patiemment façonné par les mains d’un peuple fier, vaillant et laborieux.

La République est universelle, et l’humanité souffrante a toujours bénéficié de ses lumières, de sa culture immense, de ses sciences triomphantes, de son amour dispensé sur tous les cont- inents, et, enfin, de sa fidélité constante aux principes qui la guident depuis qu’elle a vu le jour au milieu des fracas de l’Histoire. Gloire à toi, oh Marianne qui, debout sur la barricade dressée contre la tyrannie, fièrement coiffée de ton bonnet phrygien, bravant la mitraille, tous les dangers et toutes les morts promises, a défait les despotes pour défendre ce peuple que tu aimes comme il t’aime !

Aux dires unanimes des spécialistes es-prophètes, divinités et mystères, il en est un qui fit reculer la mer pour libérer ses ouailles d’une impitoyable oppression, un autre qui, sous les yeux attendris de sa mère toujours vierge, marcha sur les eaux tumultueuses à la rencontre de ses disciples.

N’oublions pas celui qui, par une chaude et claire nuit d’Arabie, a fendu la lune devant des mecquois médusés. Certains sont dotés de quatre bras, d’autres encore ont les oreilles allon- gées, une protubérance sur le crâne, qui dit leur sagesse infinie, et un troisième œil au milieu du front.

Marianne a n’a point de ces fantaisies fantastiques mais la puissance de ses pou- voirs ne laisse pas de surprendre et ses miracles sont aussi nombreux que fameux.

Comme les alchimistes qui changeaient le vil plomb en or, elle transforme les guerres de conquête en aventures glorieuses au service de la liberté, d’impitoyables généraux, qui ont sacrifié des milliers d’hommes sur l’autel de leurs ambitions, en héros pensionnés, couverts de médailles et d’honneurs.

Quant à la brutale colonisation, elle se mue en une paisible et admirable civilisation, et l’écrasement impitoyable des classes pauvres en triomphe de la paix civile, du progrès et du droit. Jamais Marianne n’attaque, toujours elle se défend et son hospitalité légendaire a fait de la France une douce terre d’accueil. Sur tous les continents, le nom de cette République résonne comme la promesse d’une aube nouvelle offerte aux miséreux et aux persécutés qu’elle étreint de ses bras généreux.

Admirable ! Français, soyez fiers ! Immarcescibles beautés du passé qu’il faut aimer, admi- rer et conter afin que nul n’ignore la marche triomphale de Marianne, tant de fois abattue mais jamais vaincue. Depuis longtemps établie, elle continue d’avancer et de prospérer vaillamment pour le plus grand bonheur des citoyens. Fort nombreux, ses admirateurs transis narrent avec docilité sa gloire et ses victoires en croyant, pas ces récits pompeux, livrer une nouvelle his- toire. Jusqu’à la rue du quai de Conti, dans la française académie, on applaudit à ces mièvres écrits.

Ces dévôts ont aussi leurs lieux de culte, leurs cérémonies et leur signe de ralliement :

Un drapeau bleu, blanc, rouge qu’ils adorent et protègent des outrages qui pourraient le souiller. Gare à celui qui s’en rit, en mésuse ou, pire encore, le brûle. « Odieux blasphème » tonnent alors ceux qui prétendent se réjouir de la disparition de ce crime attaché à l’Ancien régime abattu en 1789. Ces fétichistes républicains, dont les ancêtres se gaussaient des “noirs sauvages” d’Afrique et de l’adoration aveugle qu’ils portaient à d’étranges créatures et objets, deviennent féroces lorsque cet étendard est attaqué.

Mise au ban de la société, scandale et condamnation, telles sont les peines promises à ceux qui osent flétrir cette bannière devant laquelle ses pieux adorateurs s’inclinent comme d’autres s’agenouillent au pied de leur divinité. Sainte relique de la République. Parfois certains baisent ce drapeau avant de l’élever majestueux vers les cieux dans un silence religieux. Plus singulier encore, les mêmes parfois adorent un fier gallinacé à la crête rouge et dentelée ; le coq est leur emblème et il décore, monnaies, insignes, monuments et palais.

Que de coutumes étranges !

Pour mieux se retrouver, communier et dire d’une même voix la passion qu’ils vouent à la sublime Marianne, ces dévôts ont un chant de ralliement, martial et mâle. De droite ou de gauche, quels que soient leur obédience, les clans et les sociétés diverses auxquels ils appartiennent, tous l’entonnent en maintes occasions. Cet hymne, chacun doit le connaître et, lors de cérémonies solennelles, l’entonner à tue-tête, en public et en chœur sauf à passer pour un traitre. Que la honte s’abatte sur celui qui l’ignore.

« La République est la République, et Marianne est sa déesse » ; telle est profession de foi de ces sectateurs zélés qui se poussent du col pour dire, plus fort et mieux que les autres, leur amour de Marianne. Ils rivalisent de déclarations enflammées en clamant urbi et orbi leur volonté de la servir et de combattre ses adversaires qui, dangereusement, vitupèrent et prospèrent. N’osez aucune critique, le courroux et l’indignation de ces dévôts braillards sont à la mesure de leur aveuglante passion ; tous deux sont terribles, de même leurs collectives accusations. « Ennemis, traitres, collaborateurs, islamo-gauchistes, communautaristes, droits-de-l’hommistes, etc., ». Sinistre mais féconde est leur imagination qui appelle de nouvelles proscriptions.

Divin marquis, réveille-toi, ils sont devenus fous. Je t’abandonne la plume. « Tenons donc aujourd’hui dans le même mépris et le dieu vain que des imposteurs ont prêché, et toutes les subtilités religieuses qui découlent de sa ridicule adoption ; ce n’est plus avec ce hochet qu’on peut amuser des hommes libres. (…) Ne nous contentons pas de briser les sceptres ; pulvérisons à jamais les idoles ! »

6 déc. 2017 Olivier Le Cour Grandmaison

  1. Le Cour Grandmaison, universitaire. Dernier ouvrage paru : L’Empire des hygiénistes. Vivre aux colonies, Fayard, 2014. https://www.academia.edu/

https://blogs.mediapart.fr/

Commentaire: Les révolutionnaires se réclament des débuts de la Révolution (où nos ancêtres les  » enragés » se firent massacrer par Robespierre), du peuple massacré en 1848 par le bleu blanc rouge et de la commune de Paris. La République elle est l’outil de la bourgeoisie pour maintenir l’exploitation.

Lire aussi:

Conjuration des Égaux (Wikipédia)

Gracchus Babeuf (Wikipédia)

Gracchus Babeuf (Wikirouge)

1797 : Babeuf, premier révolutionnaire communiste ? (AL)

Jacques Roux (1752-1794) (Wikipédia)

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26 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

nazim khalfa (afps kreiz breiz)

nazim

SALUT A NAZIM KHALFA.

Nos ami-es du groupe France-Palestine Solidarité-Centre Bretagne ont la grande tristesse de nous annoncer le décès de son président honoraire Nazim KHALFA

C’est toute l’AFPS, de Bretagne et d’ailleurs qui vient de perdre un ami avec qui nous parta- gions de longue date un engagement commun dans le mouvement de solidarité avec le peuple palestinien. C’est cet engagement qui le plus souvent nous faisait croiser Nazim à Carhaix ou ailleurs, en tous cas, là où il fallait être pour soutenir la résistance palestinienne et dénoncer l’occupation.

C’est aussi cet engagement commun qui nous faisait apprécier l’homme, son humour, sa révolte, sa constance et sa ténacité à organiser avec tous ses ami-es du Groupe local de Carhaix les rencontres, les réunions publiques, les concerts pour la Palestine…

La dernière fois que nous avons rencontré Nazim, c’était le 13 novembre dernier lors d’une délégation de nos groupes locaux auprès du député Richard Ferrand pour la libération de Salah Hamouri. Il luttait déjà contre la maladie, fatigué par le déplacement et l’entretien, mais toujours là malgré tout…

Aujourd’hui, les adhérent-es et les ami-es de l’AFPS du Pays de Morlaix partagent l’immense tristesse et le chagrin de sa femme Colette et de ses filles à qui nous exprimons tout notre soutien et notre amitié.

Cette tristesse, nous la partageons aussi avec Jean-Pierre Jeudy et tous les ami-es de l’AFPS Centre Bretagne, mais aussi, avec ceux des groupes de Brest et de Quimper pour avoir perdu un compagnon de lutte contre l’injustice faite au peuple palestinien. Jean-Pierre a mille fois raison d’écrire que le meilleur hommage que nous puissions rendre à Nazim, c’est de continuer avec plus de force et de détermination les actions qu’il avait engagées avec nous.

La Palestine résistante vient de perdre l’un de ses plus fidèles amis et nous aussi…

La cérémonie d’hommage à Nazim se tiendra
vendredi 26 janvier 2018
à 14 heures à la salle du crématorium à Carhaix.

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25 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

suzanne citron (le peuple breton)

kerguidu 2

Un exemple de Roman National breton: républicains contre chouans  à  Tréflaouénan le 24 mars 1793, contre la conscription.

Hommage à Suzanne Citron, celle qui voulait démythifier l’histoire de France

Une grande dame vient de nous quitter. Suzanne Citron, l’historienne et pédagogue qui voulait démythifier l’histoire de France, s’en est allée le 22 janvier, à Paris où elle habitait en alternance avec le petit village de Montjustin, dans les Alpes-de-Haute-Provence, d’où était originaire son mari, Pierre, un musicologue et spécialiste de l’oeuvre de l’écrivain provençal Jean Giono. Suzanne avait 95 ans.

L’histoire n’est pas un sujet réservé à des spécialistes. Elle concerne tout à chacun car, aujourd’hui comme hier, elle influence en profondeur le discours politique. Par conséquent, la qualité d’une démocratie se mesure à l’honnêteté du propos historique que ses institutions véhiculent. Tel est, en substance, le message que Suzanne Citron s’est efforcée de diffuser tout au long de sa vie de citoyenne et de professeure dans l’enseignement secondaire et supérieur. Nous voulons saluer la mémoire de cette femme brillante et pour tout dire unique qui, pour être mieux reconnue pour sa valeur et ses mérites, n’eut que le tort de naître dans un pays, la France, qui trop souvent préfère le « roman national » et ses fadaises à une approche scientifique et humaniste de l’histoire.

Née en Moselle dans une famille du nom de Grumbach, juive non pratiquante, de gauche et très attachée aux valeurs de la IIIème république, Suzanne Citron avait réchappé à la Déportation.

Arrêtée à Lyon par la Gestapo en juin 1944, internée à Drancy, elle évite les convois de la mort grâce à une carte d’identité falsifiée qui la présente comme « demi-juive »… Les tourments de sa propre histoire familiale (deux de ses cousins ont péri dans les camps d’extermination nazis) l’ayant instruite sur les conséquences du dévoiement de l’histoire par une idéologie, elle s’engage dès les années 1950 dans les luttes de décolonisation, s’opposant en cela à une gauche française qui avait voté les pleins pouvoirs à Guy Mollet pour intervenir en Algérie.

Par la suite, elle n’a eu de cesse, tout au long de sa carrière d’enseignante et longtemps après, de dénoncer en France comme ailleurs la confusion savamment et cyniquement entre- tenue par une certaine élite entre le récit historique et le « roman national ». Un « roman natio- nal » qui, tirant en France une trame transcendante pour ne pas dire mystique de Vercingé- torix à de Gaulle en passant par Clovis, Jeanne d’Arc et Bonaparte, est à la matière historique ce que la prestidigitation est à la science, autrement dit un leurre.

Un leurre dont l’extrême droite a su faire ses choux gras.

Quand vous savez que vous êtes en présence d’un leurre, ce n’est pas grave, vous avez les armes de l’esprit pour contourner l’obstacle. Mais quand vous n’avez pas reçu les codes pour démasquer le leurre, vous êtes à la merci des aventuriers de la politique assoiffés de pouvoir et de leurs délires mégalomaniaques.

Ces codes, Suzanne Citron nous les a fournis en publiant plusieurs ouvrages éclairants qui n’ont pas d’équivalent dans la production historiographique en France.

On peut citer L’école bloquée, Enseigner l’histoire aujourd’hui : l’école perdue et retrouvée, Le Bicentenaire et ces îles que l’on dit françaises, L’histoire des hommes et bien sûr L’histoire de France autrement puis Le mythe national, l’Histoire de France revisitée, deux livres qui l’ont fait connaître auprès d’un public plus large.

Dans ces ouvrages Suzanne Citron conçoit l’enseignement de l’histoire, en particulier auprès des publics scolaires, comme un va-et-vient permanent entre l’ici et l’ailleurs, le local et l’univer- sel, un enseignement qui permettrait de reconnaître officiellement en France l’apport séculaire et structurant des langues et des cultures des minorités à la langue et à la culture françaises, que ces minorités soient le fait de régions périphériques annexées par le pouvoir central ou de populations issues de l’immigration. Car qui sait les multiples emprunts de vocabulaire du français au breton et à l’occitan… aussi bien qu’à l’arabe et au persan ?

« Une France des diversités et des multiples racines reste à inventer »

Interviewée par le quotidien L’Humanité en 2014, Suzanne Citron expliquait son cheminement intellectuel : « Le livre interdit de Francis et Colette Jeanson, L’Algérie hors la loi, publié en 1955, révèle les enfumades du général Bugeaud à la professeure agrégée que j’étais. On m’a donc menti sur l’histoire de France. Je comprends bientôt que les pouvoirs spéciaux accordés au gouvernement Guy Mollet le 12 mars 1956 par la gauche tout entière, communistes compris, sont le paravent d’un système de torture rappelant la Gestapo.

La guerre d’Algérie, c’est donc la République qui torture au nom de la France une et indivisible de Dunkerque à Tamanrasset. Mon image de la République, préservée par la Résistance, s’effondre. » Et elle ajoutait en forme de conclusion : « Une France des diversités et des multiples racines reste à inventer. » Lire et relire Suzanne Citron élève assurément l’esprit. Sous la plume notamment de l’historien Jean-Jacques Monnier, le journal Le Peuple Breton s’est fait à plusieurs reprises l’écho des livres de Suzanne, à l’occasion de leur première sortie ou de rééditions.

Personnellement, après avoir découvert les travaux de Suzanne Citron lors de mes études à la faculté des Lettres de Nantes au début des années 1980, grâce à deux de mes professeurs d’histoire, Claude Geslin et Serge Daget, aujourd’hui disparus, j’avais eu la chance de croiser la route de cette immense intellectuelle, dont l’étendue des connaissances n’avait d’égale que sa simplicité. Avançant dans la vie, je mesure aujourd’hui combien cette rencontre a façonné mon approche des relations interculturelles. Suzanne Citron a ouvert mon esprit à la richesse de la culture juive ashkénaze, une des plus européennes et universelles qui soit, une culture qui n’est pas sans parenté d’ailleurs avec la culture bretonne, au plan musical tout particulière- ment (le répertoire de bien des musiciens bretons de festoù-noz a emprunté à la musique klezmer).

Suzanne Citron était une femme entière, d’une franchise qui forçait le respect, ses colères face aux injustices et à l’impunité des puissants n’étaient jamais feintes. Elle m’avait fait l’honneur d’accepter de participer au comité d’organisation du colloque « Histoire de France, mythes et réalités – quelle place pour les peuples et les minorités ? quelle place pour l’Europe ? », que nous avions coordonné ensemble aux côtés du juriste Yves Plasseraud et qui s’était tenu à Nantes les 5 et 6 février 1994. Les actes de cette manifestation citoyenne, que nous avions voulu ouverte au grand public, ont paru aux éditions Erès.

Se garder de répliquer chez soi le modèle qu’on prétend combattre

Aujourd’hui qu’elle nous a quittés, l’exigence intellectuelle que Suzanne Citron mettait au service de son enseignement et de ses engagements publics doit continuer à nous guider, nous qui sommes attaché.e.s à notre identité de Bretonnes et de Bretons. Car, en réaction au rouleau-compresseur de l’État jacobin qui puise ses racines dans la monarchie absolue des rois capétiens comme le régime de Poutine puise les siennes dans la Russie des tsars autant que dans l’URSS de Staline, il peut être tentant d’opposer à la confusion savamment entre- tenue entre histoire et mythologie dans la construction d’un « roman national » français, une autre fabrique de mythes, « à la mode de Bretagne ».

Mais combattre une contre-vérité par une autre contre-vérité n’a jamais permis de révéler ce qui est juste, moins encore de bâtir un projet de société démocratique par et pour des femmes et des hommes libres. Et c’est l’honneur des progressistes bretons de ne pas chercher à construire une anti-France qui ne serait, en définitive, qu’une exacte et pitoyable réplique du modèle étatique français.

Nous nous voulons lucides devant l’Histoire. Si aucun peuple n’a jamais été conquis par les armes, jamais martyrisé, colonisé, assimilé au nom de la grandeur de la Bretagne – et c’est l’honneur des Bretons – , nous savons aussi que notre histoire collective n’est ni linéaire, ni pré-déterminée, ni exempte de pages sombres telles que la participation à la traite des escla- ves, qui a contribué à l’enrichissement de certains de nos ports maritimes, ou la collaboration de certains « soldats perdus » de l’Emsav avec le 3ème Reich et la France de Vichy. C’est en assumant toutes les pages de notre histoire que nous pourrons tirer les enseignements qui nous permettront de construire une Bretagne démocratique au service d’un peuple breton vraiment émancipé.

L’amitié intellectuelle de Suzanne Citron nous a aidés à comprendre que la première victime du « roman national » français est la France elle-même, celle qui, de Condorcet et Olympe de Gouges à Cornelius Castoriadis et Aimé Césaire en passant par Louise Michel et son amie brestoise Nathalie Le Mel, cherche depuis plus de deux siècles à traduire dans les faits la devise Liberté, égalité, fraternité. La voix de Suzanne Citron va beaucoup manquer à la France des démocrates et des humanistes. Que son esprit vive longtemps encore parmi nous pour inspirer des générations de femmes et d’hommes libres.

Merci, Madame, d’avoir éclairé notre chemin vers une société plus tolérante et fraternelle, une société qui saura faire de la diversité culturelle et linguistique une source d’innovation jamais tarie et une force démocratique indestructible.

Christian Guyonvarc’h 24 janvier 2018

http://lepeuplebreton.bzh/

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25 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

pont l’abbé afps (le télégramme)

palestine-oppression

France Palestine Solidarité. Visite du président de la coopérative As Sanabel

Mercredi, Raed Abuyussef, président de la coopérative As Sanabel (Cisjorda- nie) a été reçu à Pont-l’Abbé. Le partenariat tissé avec la Ville et les associa- tions de solidarité internationale ont permis de soutenir toute une région.

L’association Pasi (Pont-l’Abbé Solidarité Internationale) et l’AFPS Cornouaille (Association France-Palestine Solidarité) ont reçu mercredi la visite de Raed Abuyussef, président de la coopérative As Sanabel, à Halhul, près d’Hébron en Cisjordanie, en présence de Stéphane Le Doaré, maire. La coopérative fabrique du jus de raisin. Elle a bénéficié de l’aide de la Ville de Pont-l’Abbé dans le cadre de la subvention accordée à Pasi pour des actions de solidarité internationale.

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« La coopérative est née en 2006 pour aider les paysans à cultiver leur raisin et à commer- cialiser leur récolte. Les difficultés de vendre le raisin frais, inhérentes à la situation israélo-palestinienne, ont amené l’idée de fabriquer du jus de raisin. La coopérative a un rôle écono-mique, social et politique. Elle permet à la fois de maintenir la jeunesse pour cultiver les terres, faire revenir des jeunes qui avaient dû trouver d’autres emplois en Israël et conserver les terres », a expliqué Raed Abuyussef.
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1 600 paysans aidés

« Avant 1994, 7 000 ha de vignes étaient cultivés, puis la superficie cultivée est descendue à 3.500 ha. Aujourd’hui, grâce à la création de la coopérative, elle est remontée à 5.000 ha et nous prévoyons 10.000 ha en 2021. La coopérative compte 365 adhérents et a aidé 1.600 paysans de la région.

En 2017, 5 000 t de raisins ont été pressées. C’est grâce à cette solida- rité que nous pourrons retrouver la paix et notre indépendance », a-t-il rappelé lors de son intervention, après avoir remercié la municipalité pour l’aide qui lui a été apportée et à tous ceux qui sou- tiennent ce projet en France. Un plan triennal a été établi par la coopérative pour permettre de financer la construction d’un atelier et les équipements complémentaires nécessaires pour poursuivre le développement de la coopérative. « L’aide que nous vous apportons, à notre petite échelle, s’inscrit dans un schéma global. Nous espérons que d’autres collègues emboîteront le pas. Nous sommes fiers d’apporter notre pierre à l’édifice dans ce projet », a indiqué
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Stéphane Le Doaré 19 janvier 2018
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24 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

corse (jdd + a manca)

a manca

Corse : Gilles Simeoni, en « désaccord total » avec Matignon et le Sénat, appelle à la mobilisation

Le président nationaliste du conseil exécutif corse, Gilles Simeoni, a fait état mardi soir de sa déception face à l’attitude de l’Etat, appelant à la tenue « dans les prochains jours d’une grande manifestation populaire », sur son compte Twitter.

Lundi soir, Gilles Simeoni, le président du conseil exécutif corse, avait d’abord temporisé après sa rencontre avec le Premier ministre Edouard Philippe. Mais, vingt-quatre heures tard et après avoir rencontré le président LR du Sénat Gérard Larcher, l’élu nationaliste est sorti de ses gonds.

« Cette discussion [entre les élus corses et l'Etat français] n’en est pas une, il n’y a pas lieu de la continuer, a-t-il déclaré à la caméra de Public Sénat dans la cour du Palais du Luxem- bourg. Nous sommes ici pour parler de l’existence d’un peuple, de son droit à la vie, de son combat, de la reconnaissance de ses droits. Et on nous parle de technique, d’alignement sur le droit commun. Donc je crois que manifestement il y a un désaccord qui est profond, qui est total. »

Gilles Simeoni, accompagné dans son séjour parisien par Jean-Guy Talamoni, le président indépendantiste de l’Assemblée de Corse, a ensuite rejoint le plateau de Canal+.  »Aujourd’hui on est dans une situation d’impasse », a-t-il déclaré face à Yves Calvi, affirmant que « le seul qui peut débloquer cette situation c’est le président de la République ». Il a cependant réitéré son attachement au dialogue : « Nous resterons sur ce chemin. »

Les élus corses attendent désormais la position de Macron

Mardi, le président du Sénat Gérard Larcher a réaffirmé son opposition au statut de résident et à la co-officialité de la langue corse et assuré que le Sénat serait « à la fois garant de l’unité nationale et initiateur de libertés nouvelles accordées à nos territoires ». Lundi soir, après l’entretien avec Edouard Philippe, Gilles Simeoni avait affiché « une forme de déception » car « le gouvernement n’est pas allé plus loin dans la prise en compte de nos demandes et reven- dications », même si « le dialogue qui a été initié ce soir doit se poursuivre dans les prochains jours ».

Et d’exprimer son souhait que le président Macron donne « ‘le la’ sur ce que sera la position non seulement du gouvernement mais de l’Etat concernant le rapport à la Corse ». Le président de la République doit se rendre le 6 février en Corse. Lui seul semble pouvoir dénouer ce qui s’annonce comme une nouvelle crise politique entre la France et son île.

23 janvier 2018

http://www.lejdd.fr/

a manca

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POUR UN FRONT DÉMOCRATIQUE LARGE.

Vieux de plusieurs siècles, l’État Français, en dépit des changements de régime a toujours privilégié ses intérêts fondamentaux et tenté de maintenir sa cohésion. Ce qui le caractérise particulièrement est une vision hyper centraliste et une concentration permanente des pouvoirs qui lui paraissent essentiels.

De la monarchie à l’Empire en passant par le jacobinisme, ce sont ces conceptions qui prédominent, jusqu’à nos jours y compris.

L’appareil d’État peut ainsi répondre aux projets du politique comme il peut jouer sa propre partition s’il estime que le politique met en danger les fondements du pouvoir. L’ère Macron n’échappe pas à cette complexité. Dans le cadre des négociations avec l’actuelle majorité régionale, le gouvernement oscille entre des positions tranchées et des positions plus nuancées tout en entretenant un flou sur ses véritables intentions finales.

Ce qui apparaît en sus de cette méthode, tient à l’attitude de l’appareil d’État qui lui poursuit immuablement ses objectifs.

La convocation par la justice anti-terroriste de Cathy Bartoli, présidente de l’Association Sulidarità en est la démonstration, et si rien ne vient gripper cette machine d’autres manœuvres de ce genre sont à prévoir. Cette convocation poursuit un but principal : Il s’agit dans les faits d’une provocation destinée à ouvrir une crise politique afin de fragiliser les équilibres politiques au sein de la majorité régionale et si possible également de tendre les relations entre toutes les sensibilités du mouvement national.

Cette action de basse politique n’a rien de très nouveau, et notre pays sait quel a été le prix a payer lorsque cet appareil d’État est parvenu à ses fins. C’est de cette histoire encore récente dont nous devons absolument tenir compte sans rien renier de nos sensibilités, mais en sachant tout autant faire preuve de lucidité et de pragmatisme.

Face aux atermoiements du pouvoir politique français et aux menées de son appareil d’État nous devons collégialement répondre publiquement et avec la plus grande fermeté.

Nul ne peut ignorer nos positions critiques quant à bien des points du programme politique de la nouvelle majorité régionale, pour autant nous nous refusons de céder à des pulsions sectaires et irresponsables. A plusieurs reprises, des États et leurs gouvernements ont bafoué la démocratie. Le traité de Lisbonne a invalidé les résultats du vote sur la constitution européenne. Les résultats du référendum en Catalogne ont été invalidé par le gouvernement Espagnol. Alors qui sont vraiment les défenseurs de la démocratie ?

Notre société a besoin de changements profonds. Comme nous ne cessons de l’affirmer, sans les mobilisations de terrain ces changements vitaux n’interviendront pas. A un exercice de la démocratie par délégation, il nous faut substituer les bases d’une démocratie directe. Toutes celles et ceux qui ont privilégié les seules urnes et qui sont aujourd’hui très majoritaires ne pourraient comprendre que le mouvement national dans son ensemble ne fasse pas respecter leurs expressions.

Le message fort que nous devons donc envoyer à ce gouvernement et à l’appareil d’État doit être sans ambiguïté.

Il n’y aura pas de retour en arrière et nous mettrons en échec toutes les tentatives de déstabilisation. C’est pourquoi nous réitérons ce jour notre appel à toutes les organisations du mouvement national afin qu’une manifestation publique soit organisée très rapidement. Nous devons exiger dans l’unité :

Une loi d’amnistie.
Le rapprochement des emprisonnés et la cessation de toutes les poursuites.
La co-officialité et la reconnaissance du peuple Corse.

Cette base minimale peut aisément réunir les autonomistes, les indépendantistes et les partisans du droit à l’autodétermination. Elle peut également inviter les véritables démocrates qui n’ont pas fait le choix du nationalisme à se joindre librement à une vaste mobilisation populaire.

14 janvier 2018

http://a-manca.org/

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24 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

efrin (cdkf + npa + al + yeniyol)

kurd

Depuis samedi 20 janvier, les avions de guerre turcs bombardent sans discontinuer la région d’Efrîn, au Rojava, dans le nord de la Syrie.

Au moins 20 civils ont été tués et 3 combattants kurdes des YPG/YPJ (un homme et deux femmes) sont tombés dans les bombardements de l’aviation turque. On compte par ailleurs de nombreux blessés.

Les Kurdes de Syrie (avec leurs forces armées, les YPG) et leurs alliés arabes (avec lesquels ils ont formé les FDS, Forces Démocratiques de Syrie) ont été le fer de lance de la résistance et de la reconquête contre Daesh, mondialement salués.

Ils ne demandent maintenant qu’à vivre en paix. Le système confédéral qu’ils ont choisi de mettre en place au Kurdistan syrien (dont – contrairement aux informations erronées ou malveillantes parfois distillées- ils ne demandent pas l’indépendance) ne peut que contribuer au développement de la démocratie et à l’instauration d’une paix durable au Moyen-Orient.

Depuis plusieurs mois, l’armée turque préparait ouvertement une offensive contre le canton d’Efrîn.

Le dictateur Erdogan ne s’en cachait pas et tout le monde le savait lors de sa récente venue en France ! Elle occupe déjà, en toute illégalité, un pan de territoire au nord-ouest de la Syrie, le long de sa frontière, où elle a renforcé le déploiement de ses forces et de son artillerie.

La région d’Efrîn était jusqu’à présent l’une des zones les plus sûres de Syrie, ce qui explique qu’elle abrite autant de réfugiés que le nombre de ses habitants, avec parmi ces réfugiés, des centaines de Yezidis qui avaient fui le massacre perpétré contre eux par Daesh et de nombreu- ses familles de la région d’Idleb qui ont fui la terreur imposée par les milices djihadistes armées et financées par la Turquie.

La Turquie n’a rien à faire en Syrie. Son intervention constitue une ingérence inadmissible contre laquelle nous appelons la communauté internationale à prendre des mesures d’urgence. Partout en France, il faut faire savoir au Sultan Erdogan que nous n’acceptons pas sa politique criminelle.

Nous exigeons du Président Macron et de son gouvernement une condamnation claire de l’agression turque, beaucoup plus nette que l’appel « à la retenue » du ministre Le Drian.

Partout, nous appelons à interpeler nos député-e-s pour qu’ils/elles prennent position et demandent une condamnation par la France.  L’Europe doit enfin réagir contre le régime liberticide et dictatorial d’Erdogan et prendre de véritables sanctions économiques et politiques contre lui.

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21 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

nantes kurdes (cdkf)

nantes

Appel à manifester

L’État turc, avec son armée, viens d’envahir le nord de la Syrie. Pour protester contre ces agissements de l’État turc, le CDKF (Conseil démocratique Kurde en France) appelle à une manifestation de soutien  lundi 22 janvier à 13h place du COMMERCE à Nantes.

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