Archive | Anticolonialisme

04 avril 2017 ~ 0 Commentaire

gilbert et marie (le télégramme)


Quimper. Les CRS chargent les militants…

De tous les combats

83 ans moins deux dents. On ose le mot. Gilbert Nicolas a retrouvé son allant et presque son sourire. Le pasteur quimpérois, âgé de 83 ans, a perdu deux dents en février lors de la dispersion par les CRS, d’une manifestation contre une réunion d’extrême droite. Avec son épouse Marie, Gilbert a été de toutes les causes pour la paix et les droits de l’Homme.

Il est arrivé à la rédaction, le visage encore tuméfié, la lèvre coupée, un triste sourire sur ses dents cassées. Il a laissé quelques documents, un livre. « Au crépuscule de mes jours, il importe de faire le bilan. Les points positifs marquent notre volonté d’avoir toujours été fidèles à notre idéal et de n’avoir jamais trahi personne. Pour le reste, on a fait le peu qu’on a pu », a-t-il écrit sur une carte. Le coup pris dans une charge des CRS quelques jours avant, le 4 février, lors d’une manifestation contre une réunion d’extrême droite, aurait-il eu raison de la foi de Gilbert Nicolas en l’avenir ? L’heure du retrait serait-elle arrivée pour le pasteur quimpérois de 83 ans ?

Quelques jours plus tard, rendez-vous est pris pour tenter ce « bilan ». Gilbert et Marie, son épouse, arrivent à vélo. Le pas est alerte, le regard vif. « Nous n’avons pas beau- coup de temps, dit Gilbert. Marie doit partir à Tours dans l’après-midi, pour l’assemblée générale des Faucheurs Volontaires d’OGM ». Le temps aurait, de toute façon, manqué tant le parcours du couple est vertigineux. Sur un demi-siècle, il n’y a pas une cause des droits de l’Homme et de la paix dans le monde pour laquelle, ils n’ont pas donné leur temps, leur coeur, leur maison.

Gilbert et Marie sont indissociables. Ils se sont rencontrés en 1969 à Crozon. « Je participais, en service civil international, à la reconstruction du village de l’association Renou- veau », dit-elle. Marie est d’origine suisse. « Mes parents sont venus s’installer en France car ils trouvaient la Suisse étroite en pensée. Ma mère a beaucoup milité contre le nazisme. Elle était à Berlin en 1933. Elle me disait qu’il y a des choses que l’on ne peut accepter ».

Esprit de révolte

Gilbert, de treize ans son aîné, a déjà forgé son engagement. Il est loin le temps de l’orphelin en culotte courte sur les grèves de Carantec dans les années 1930. L’héritage des anciens qui ont vécu la Première Guerre mondiale, c’est « plus jamais ça ». Formé comme couvreur zin- gueur à Brest, Gilbert, se retrouve à Paris, chez un oncle protestant. Le catholique se conver- tit. « C’était une libération spirituelle, morale. Je n’étais plus asservi aux commandements de l’église mais à ma conscience selon la Bible ». Après un service militaire au Maroc de 1954 à 1956, il engage des études théologiques qui dureront des années, devient pasteur sans avoir été consacré. «Je voulais un ministère auprès des pêcheurs, un peu comme un prêtre-ouvrier», dit-il.

« Nous avons marché d’un même pas »

À la fin des années 1960, Gilbert est pêcheur à Carantec, puis c’est la rencontre avec Marie, décisive. « Nous avons marché d’un même pas, nous accompagnant l’un et l’autre dans les mêmes intuitions et les mêmes certitudes sans que l’on puisse dire, à cause de notre totale complicité, lequel précède l’autre », dira-t-il. « Mais je suis agnostique », dit-elle. De 1970 à 1972, le couple est à Marseille où Gilbert est docker. Il se consacre aux travailleurs immigrés, aux antimilitaristes, renvoie son livret militaire. En 1973, nouveau tournant. Gilbert s’embarque pour une des grandes affaires de sa vie : Mururoa. Il navigue pendant six mois comme équipier du Fri, voilier antinucléaire et pacifiste pour dénoncer les essais nucléaires français dans le Pacifique. L’odyssée réunira le général de Bollardière, Jean-Marie Muller, Jean Toulat, Brice Lalonde… L’événement est fondateur pour l’écologie politique.

À la fin de l’année, le couple s’installe à Quimper où Marie a été nommée professeur de biologie. Le deal se met en place : Marie apporte un salaire, Gilbert sera père au foyer (quatre enfants, dont deux adoptés) et très vite engagés sur tous les fronts. Il fonde le groupe Amnesty International à Quimper, soutient des prisonniers tahitiens, marche au Larzac, à Plogoff, à Creys-Malville contre Superphénix, à Flamanville. Dans les années 1980, il participe à la «Marche des Beurs », s’engage dans les Brigades de paix Internationales, contre la dictature au Guatemala d’où il sera expulsé.

« On ne lâche rien »

Aujourd’hui, Marie participe à des projets éducatifs, humanitaires, au Tchad, au Togo, mais aussi en Palestine. La biologiste est aussi devenue une faucheuse volontaire pour dénoncer l’accaparement du vivant par les firmes. Dernière action, en novembre dans la région de Dijon, contre un colza OGM. À Quimper, elle a été convoquée au commissariat et a refusé un prélè- vement d’ADN. « J’ai donné deux fois mon ADN avec mes enfants et plus de cent fois avec mon sang. Je refuserai de le faire dans ces conditions ». Le procès est prévu en septembre.

Le 4 février, Gilbert a été blessé au visage lors du dispersement d’une manifestation contre une réunion de l’extrême droite. Il a porté plainte. « Notre mot d’ordre était Bretagne ouverte, solidaire et fraternelle, dit Gilbert. On ne lâche rien ». Et ils sont repartis à vélo

http://www.letelegramme.fr/

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03 avril 2017 ~ 0 Commentaire

tibet (npa)

tibet

Notre soutien au droit d’autodétermination du peuple tibétain 

Réponse à la lettre de l’association Tibet Libre adressée à Philippe Poutou

Nous soutenons le droit à l’autodétermination du peuple tibétain, ce qui inclut évidemment le droit à l’indépendance. Plus précisément, nous soutenons le combat du peuple tibétain contre la colonisation en cours de son pays par le pouvoir chinois.

Dans le cadre du développement des luttes de libération dans le monde colonial et semi- colonial au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et de la victoire du PCC en 1949, la question s’est posée de ce qu’il allait advenir des relations entre Pékin et les nombreuses populations non-Han de la « périphérie ». Une « union libre » ou une (con)fédération étaient envisageables.

La réponse à cette question s’est avérée négative.

Le droit d’autodétermination reconnu dans la Constitution de 1931 (les « soviets » constitués par le PCC) a été effacé. L’autonomie promise aux minorités ethniques en 1984 a été vidée de tout contenu significatif et le gouvernement de la Région autonome du Tibet est resté une fiction. Aucune forme de fédéralisme n’a été mise en œuvre. Le chauvinisme grand’ Han a imposé sa loi. Le groupe communiste tibétain en a d’ailleurs payé le prix : son principal dirigeant, Phuntso Wangye, a été purgé en 1957, puis jeté en prison pendant 18 ans.

Nous jugeons en conséquence que le peuple tibétain est soumis à une sévère oppression nationale et religieuse.

Nous réclamant nous-mêmes des idéaux socialistes ou communistes, nous nous devons d’être particulièrement clairs à ce sujet. Il est aussi devenu l’otage des conflits géopolitiques, compte tenu en particulier la situation stratégique du haut plateau tibétain dans l’Himalaya. C’est particulièrement net dans les années 1950, à la suite de la guerre de Corée. Le PCC a brutalement inversé sa politique tibétaine, passant d’une alliance avec les élites à une réforme agraire menée de façon autoritaire, la décennie se concluant sur le soulèvement de 1959.

La Chine est maintenant une puissance capitaliste. L’intégration économique de la « périphérie » s’accroit. Le Tibet est devenu une terre de colonisation Han avec le développe- ment des infrastructures et la politique des nouvelles « routes de la soie ». Il nous paraît, dans ce contexte, particulièrement important de renouveler notre soutien au combat d’auto- détermination du peuple tibétain.

Le Dalaï-Lama porte sur le plan international la question tibétaine. Tant en matière religieuse que culturelle, la référence à l’identité bouddhiste du Tibet constitue certainement un ciment de résistance face aux politiques d’assimilation de Pékin. Nous souhaitons cependant soulever deux problèmes à nos yeux importants.

Le Dalaï-Lama est une autorité à la fois religieuse et étatique (gouvernement en exil) ; un statut ambivalent qui peut légitimer un pouvoir théocratique. Aucune société, pourtant, n’est homogène en matière de croyances (ou de non-croyance), pas plus que sur le plan ethnique. L’égalité citoyenne ne peut être pleinement reconnue là où il y a religion d’Etat – ou une définition ethnoreligieuse de l’Etat.

Le Dalaï-Lama est connu pour la prudence avec laquelle il cherche à négocier une solution à la « question tibétaine » avec le gouvernement chinois. Face à l’intransi- geance du PCC, le nationalisme tibétain peut se différentier. Des courants d’extrêmes droites peuvent se constituer. Des mouvements bouddhistes d’extrême droite existent d’ores et déjà en Birmanie et au Sri Lanka (voire en Thaïlande avec les ultra-royalistes).

Nous nous inquiétons de telles possibilités ; non pas pour modérer notre soutien au combat d’autodétermination du peuple tibétain, mais pour le renforcer. En Chine même, des personnalités ont condamné la politique de leur gouvernement au Tibet. Nous devons, en France et ailleurs, œuvrer à développer de telles solidarités – et nous vous remercions de contribuer par votre activité à maintenir présente, en France, cette question.

Philippe Poutou Nouveau Parti anticapitaliste (NPA)

dimanche 26 mars 2017

http://www.europe-solidaire.org/

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30 mars 2017 ~ 0 Commentaire

guyane (grs)

grs t

Nos camarades du Groupe Révolution Socialiste

Contact: revsoc.grs@gmail.com

Lire aussi:

Site officiel du collectif « Pou Lagwiyann Dékolé »

 

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29 mars 2017 ~ 0 Commentaire

guyane (npa + divers)

GuyaneManifEtatScelerat

La Guyane après les grandes manifestations du mardi 28 mars

La mobilisation à passé une vitesse supérieur aujourd’hui au second jour de grève générale. D’énormes manifestations ont eu lieu à Cayenne et Saint Laurent du Maroni.

Selon la Préfecture il s’agit des “manifestations les plus importantes qu’ai connu le territoire” 10 000 à Cayenne et 4 000 à Saint-Laurent selon la police.

Sur Cayenne, il n’y avait pas moins de 15 000 personnes, aucun militant ne s’attendait à une telle déferlante. Toute la population dans toute ses composantes culturelles était mobilisée. Les Amérindiens ouvraient cette énorme marche, de très nombreux jeunes étaient présent, toutes les couleurs et groupe « communautaires » étaient représentés (on a vu des drapeau brésiliens, haïtiens, dominicains, des centaines de drapeau guyanais, un drapeau français et même un drapeau kanak) (oui, en Guyane tout le monde aime montrer son drapeau!).

Au delà du drapeau, ce qui est intéressant c’est que pour la première fois toute la diversité culturelle a marché ensemble, faisant voler en éclats tous les préjugés qui gangrènent depuis un certains temps la Guyane.

Les revendications xénophobes initiales des 500 frères laissent place à une unité populaire sans précédent. Le discours des 500 frères à d’ailleurs largement changé car maintenant ils revendiquent que “nous sommes tous guyanais, brésiliens, surinamais, haïtiens… “Nou tout guyanais”. Selon de nombreux commentateurs une nation serait née aujourd’hui. Je ne suis pas devenu nationaliste, mais il faut bien comprendre que cet élément est essentiel pour la conscience collective (dans les colonies le rapport de classe et lié aux rapports de race) et cette conscience collective peut vraiment faciliter le travail d’émancipation politique!

Sinon, sur le plan économique, rien ne bouge, tout est bloqué, tout est fermé, tout le monde a fait ses réserve pour tenir un mois.

Le comité de convergence « Pou Lagwiyann dékolé » a plus ou moins réussi à maintenir son mot d’ordre de ne pas rencontrer la délégation interministérielle, vue ici comme un mépris car ne comprenant aucun ministre. L’arrivée de plusieurs ministres est annoncée pour la fin de semaine mais déjà certains syndicalistes refusent de rencontrer la ministre des Outres-Mer qualifiée de méprisante envers les guyanais! Bref “nou la, nou paré, nou ka tchembé réd, nou pa ka moli”. Adrien

colonies-dAmérique

Un point sur la situation après une marche de 20 000 personnes à Kayenn, de 10 000 à Saint Laurent du Maroni, on attend les chiffres des autres communes : en France c’est l’équivalent de 6 millions de personnes dans le rue ! 

- A la fin de la marche : prises de parole de tous les collectifs : il y en avait tellement que le meeting à duré plus de 2 heures…
- Le Collectif des collectifs « Pou Lagwiyan dékolé » est tellement débordé par les revendications, qu’ils ont dû revoir leur copie, il voulait au départ donner la plateforme au préfet, sans discussion ni négociation (ce qui est évidemment très bien !) ils ont été obligé d’y renoncer car beaucoup de collectifs n’ont pas eu le temps de remonter leurs revendications.
- La direction du mouvement est multiples, les 500 frères ont ouvert la marche, mais les cortèges de étudiants, et des guyanais étaient gigantesques ! Lila

Mardi 28 mars 2017

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29 mars 2017 ~ 0 Commentaire

brest palestine (afps)

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29 mars 2017 ~ 0 Commentaire

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28 mars 2017 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

GuyaneManifEtatScelerat

Nous sommes toutes et tous guyanais!

La campagne pour l’élection présidentielle est entrée dans sa phase officielle. Le pourrisse- ment des appareils des principaux partis politiques, les désespoirs nourris par le chômage, la détresse sociale et le racisme engendrent un climat nauséabond qui nourrit le désarroi, le repli sur soi, l’affaiblissement des ripostes collectives. La seule réponse du pouvoir est la répression tout azimut qui ne cesse de s’abattre sur celles et ceux qui combattent les régressions sociales.

Pas d’autre voie que les mobilisations

Il y a un an, débutait la lutte contre la Loi travail. Une mobilisation qui, pendant des mois, a montré que les exploitéEs étaient capables de se défendre contre les attaques patronales et gouvernementales. Des liens, des solidarités, des débats ont commencé à créer un autre climat social que celui de la rue abandonnée pendant des années à la droite et à l’extrême droite. On a retrouvé cet état d’esprit dans les manifestations contre la racisme, contre les grands projets inutiles, pour les droits des femmes, contre la répression.

En Guyane, depuis plusieurs jours, un large mouvement social dénonce des conditions de vie et de travail très précaires, les désastres en matière de santé, d’éducation, d’économie, de sécurité, d’accès au foncier ou au logement. Cette mobilisation nous rappelle la grande mobilisation de 2008-2009 menée par le Collectif contre l’exploitation (LKP) en Guadeloupe.

En Guyane, la mobilisation s’amplifie

La mobilisation s’organise avec des barrages bloquant des ronds-points stratégiques et l’entrée de Cayenne. Depuis lundi, elle se développe et s’ancre socialement avec l’appel à la grève générale lancé par l’Union des travailleurs guyanais (UTG). Cette grève était impérative face aux actions du Mouvement des 500 frères, une centaine d’activistes très influencés par l’extrême droite et qui dénonce l’immigration et dont le porte-parole a déclaré « Un voleur mort, c’est un voleur qui ne vole plus ». Le Pen, « n’excuse pas les blocages » et prend encore les étrangers comme boucs émissaires.

Mélenchon a voulu imiter le Mitterrand colonialiste des années 50, pour qui « l’Algérie c’est la France », en proclamant : « la Guyane c’est la France » ou « la réponse aux problèmes des Guyanais est dans l’avenir en commun ».

Non, la Guyane n’est pas la France, c’est une colonie française.

Un territoire stratégique pour l’impérialisme français dans le continent américain. Une colonie où près de 40% de la population adulte est illettrée, le taux de chômage de 22 %, et où une famille sur quatre et 40 % des enfants vivent sous le seuil de pauvreté. Lorsque l’État investit des milliards d’euros pour faire décoller des fusées, il n’y a pas d’argent pour construire des collèges et des lycées ce qui laissent chaque année plus de 2000 enfants déscolarisés. Alors que la situation sociale et économique du pays est désastreuse, la seule chose qui semble inquiéter les autorités françaises est la sécurité du centre spatial de Kourou et le lancement de la fusée Ariane 5.

Anticapitalistes tant qu’il le faudra

Cette volonté de se battre pour nos revendications est au cœur de la campagne de notre candidat Philippe Poutou. Dans cette campagne, nous défendons le droit pour les peuples de décider pour leur sort, donc le droit à l’autodétermination de la Guyane.

Nous défendons des revendications pour changer radicalement la vie des salariéEs, des oppriméEs. Ces revendications ont besoin de mobilisations, grèves, luttes, premières étapes d’une prise en main de nos affaires. Cela nécessitera d’arracher aux patrons, aux exploiteurs, les rênes de la société et des moyens de production, de s’attaquer à un appareil d’État répressif et véritable marécage dans lequel prolifèrent les partis politiques institutionnels.

http://www.anti-k.org/

colonies-dAmérique

Lire aussi:

Guyane : colonisation, référendums et lutte anticoloniale (RP)

Guyane comme ici, la force des ouvriers, ce sont les grèves et les manifestations (Anticapitalisme et Révolution)

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27 mars 2017 ~ 0 Commentaire

guyane (jdd + npa)

GuyaneManifEtatScelerat

Questions pour comprendre la situation

La Guyane vit au rythme de son premier jour de grève générale lundi. A la mi-journée, le Premier ministre, Bernard Cazeneuve, a de nouveau conditionné la venue d’une délégation ministérielle au « respect » et à « l’ordre républicain ». A moins d’un mois du scrutin, les candidats à la présidentielle s’emparent du dossier. Voici ce qu’il faut retenir de la situation sur place.

Comment la crise a-t-elle commencé?

« Collectif pou la Gwiyann Dekolé. » C’est sous cette bannière, « Pour que la Guyane décolle » en français, que le mouvement de protestation a débuté dans la région d’Outre-mer qui compte plus de 250.000 habitants. Le collectif, composé de citoyens, demandent un « plan Marshall » pour la Guyane : à savoir un « rattrapage structurel » dans tous les secteurs et un plan de développement économique. Ils demandent notamment d’être « enfin entendus » pour améliorer la prise en charge sanitaire, favoriser le tissu économique, la desserte en courant électrique, faire baisser le chômage et la déscolarisation qui touche les jeunes.

Depuis jeudi, des dizaines de barrages routiers ont paralysé la région, et les commerces ont été fermés. Ils ont partiellement été levés dimanche pour permettre aux Guyanais de se ravi- tailler. Mais les fermetures devaient reprendre lundi, à l’occasion de la grève générale. Air France a annulé ses vols vers Cayenne dimanche et lundi. Air Caraïbes a fait de même pour la journée de lundi.

La Guyane avait déjà été paralysée par un important mouvement social fin 2008, à l’appel d’un collectif d’associations de consommateurs et de socio-professionnels contre le prix élevé des carburants. Après onze jours de barrages routiers ayant entraîné la fermeture des écoles, de l’aéroport, et le report d’un tir de fusée Ariane, le prix à la pompe avait été réduit de 50 centimes par litre de carburant.

Qui a voté la grève générale?Samedi, 37 syndicats réunis au sein de l’Union des travailleurs guyanais (UTG) ont voté à la quasi-unanimité « la grève générale illimitée » à partir de lundi. Soutenus par la classe politique locale, les manifestants regroupent des groupes très disparates : représentants de profes- sions, collectif contre l’insécurité, collectif pour la santé, etc.

Outre « Les 500 frères » qui veulent lutter contre l’insécurité, il existe aussi un groupe appelé « Les Toukans », qui demande, lui, le gel de la vente de l’hôpital de Kourou par la Croix-Rouge à un opérateur privé et également des mesures contre l’insécurité. Les grévistes d’EDF, qui composent une bonne partie des troupes, demandent des recrutements et des investissements dans un territoire où les coupures sont fréquentes et où des milliers de personnes n’ont pas accès à l’électricité. Pour rappel, en Guyane, les financements publics extérieurs, l’État et les institutions publiques représentent près de 90% du PIB.

Qui est derrière le mouvement des « 500 frères »?

Dans les manifestations, est apparu un groupe baptisé « Les 500 frères ». Il a en fait été créé il y a deux mois par des citoyens après le meurtre d’un habitant d’un quartier populaire. Il serait en réalité composé d’une centaine de personnes. Ses membres, qui apparaissent toujours cagou- lés et vêtus de noir, disent vouloir lutter « contre l’insécurité en Guyane ». Le territoire ultra-marin détient le record de criminalité, avec 42 homicides en 2016 pour 252.000 habitants.

Depuis le début de la crise, les « 500 frères » ont mené des actions coup de poing, comme le 17 mars dernier quand une quarantaine d’entre eux sont entrés de force dans le bâtiment de la collectivité territoriale de Guyane (CTG) où se tenait la conférence des pays de la convention de Carthagène sur la protection des milieux marins, présidée par Ségolène Royal. Chahutée, la ministre de l’Ecologie avait été contrainte d’écourter son déplacement.

« Nous ne sommes pas une milice, nous manifestons sans arme, avec comme seul accessoire notre cagoule. La cagoule en plein état d’urgence, c’est juste pour attirer l’attention, faire quelque chose de différent », assure Zadkiel Saint-Orice, l’un des porte-parole du collectif, selon des propos rapportés par Le Monde.

Le collectif a dressé la liste des mesures, nécessaires selon lui, pour lutter contre l’insécurité : éradication des squats, maintien d’un escadron de gendarmes mobiles affecté en renfort, renvoi dans leur pays des détenus étrangers pour y purger leur peine (ils représentent plus de 50% des détenus en Guyane).

Que disent les candidats à la présidentielle?

Dimanche soir, Benoît Hamon a jugé dans un communiqué que la Guyane avait « le droit à l’égalité et à la sécurité ». Emmanuel Macron a quant à lui lancé « un appel au calme » depuis La Réunion où il était en déplacement, commettant au passage un lapsus en qualifiant la Guyane « d’île ». L’équipe du candidat a toutefois fait savoir qu’il parlait du blocage de l’aéroport Félix Eboué de Cayenne, ville qui fait partie de l’île de Cayenne, composée des trois commu- nes : Cayenne, Matoury et Remire-Montjoly.  »Bloquer les pistes d’un aéroport, bloquer les décollages, et parfois même bloquer le fonctionnement de l’île ne peut être une réponse apportée à la situation », a ajouté l’ancien ministre de l’Economie. (Résumé)

Philippe POUTOU et le NPA

Marianne Enault – leJDD.fr

http://www.lejdd.fr

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27 mars 2017 ~ 0 Commentaire

code minier (conseil citoyen)

extractivisme-1dbfb

Arrêter la relance minière en France et dans les Dom-Tom et subordonner le code minier au code de l’environnement

Le gouvernement socialiste a relancé avec vigueur la politique minière en France et dans les Dom-Tom (Guyane en particulier).
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Des dizaines de permis d’exploration puis d’exploitation ont été demandés et… tous ont été accordés par le ministre de l’Économie, Arnaud Montebourg puis Emmanuel Macron puis Michel Sapin, en toute discrétion.
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Or, l’exploitation minière, mais aussi l’exploration, ont des conséquences directes sur l’environnement, l’économie locale et la société:
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- Pollution de l’eau et de l’air aux métaux lourds,
- Destruction des biotopes et paysages,
- Conséquences directes sur les activités agricoles et touristiques,
- Surcharge sur les routes (à la charge des collectivités et de l’État),
- Perte de valeur immobilière,
..
Contrairement à ce qu’affirment les sociétés d’exploration et d’exploitation, il n’existe PAS de mine « verte ».
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Si la mine verte était possible ou faisable, pourquoi ces mêmes sociétés ne les font-ils pas ailleurs comme en Guyane ou en Afrique?
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De plus, les sociétés qui demandent aujourd’hui les permis sont, soit des sociétés Junior chargées de demander des permis d’exploration, portées par des capitaux étrangers (comme Variscan), soit des sociétés Majors d’exploitation, majoritairement étrangères. Sous couvert d’indépendance minière, l’État donne notre sous-sol à des sociétés privées qui ne cherchent qu’une chose, le profit. Elles mettent les métaux sur le marché mondial et les vendent au plus offrant…
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La Guyane est en train de devenir un véritable gruyère avec une déforestation sans précédent et des pollutions prévisibles énormes de la forêt et des cours d’eau et des territoires métropolitains sont désignés comme « territoires sacrifiés ».
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Oui, nous avons besoin de métaux. Mais, a t-on besoin de rouvrir des mines (1 tonne de sol pour obtenir 1g d’or par ex.)? Le tungstène sert surtout à faire des armes, l’or à faire des bijoux ou des lingots qui croupissent en banque…
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Oui, on a besoin d’emplois mais l’industrie minière d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier et nécessite surtout des emplois ultra-spécialisés. De plus l’exploitation minière dure le temps que durent les réserves… L’intérêt général utilisé comme argument pour relancer l’extraction minière fait avant tout le jeu d’intérêts particuliers…
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Propositions:
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- Donner de vrais moyens financiers et logistiques au recyclage des métaux (créateurs d’emplois durables)
- Taxer la surconsommation de métaux (capsules de café par ex.)
- Revoir le code minier pour le soumettre au code de l’environnement.
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Ce n’est absolument pas le cas dans la mouture votée à l’assemblée le mois dernier. Le lobby minier est très très influent au sein de l’assemblée nationale (cf. le récent projet d’ouverture des forêts de protection à l’exploration minière!) et des institutions (fonctionnaires issus de l’école des mines). Le gouvernement doit rester intègre face aux lobbies extractivistes.
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25 mars 2017 ~ 0 Commentaire

guyane (npa)

GuyaneManifEtatScelerat

Photo ancienne

Soutien à la lutte du peuple guyanais

Le NPA et Philippe Poutou tiennent à apporter tout leur soutien à la lutte du peuple guyanais.

Depuis deux semaines, divers acteurs de la société civile, des socioprofessionnels et des organisations syndicales se mobilisent.

Aujourd’hui, tous les axes routiers des villes du littoral (Cayenne, Kourou, Saint Laurent du Maroni), le Port de commerce, le Centre spatial guyanais, la Préfecture, la Collectivité territo- riale de Guyane sont bloqués par des barrages tenus par la population et les divers acteurs du mouvement social. Tous les établissements scolaires du littoral sont fermés, l’ensemble des commerces de la ville de Cayenne ont baissé leur rideau, les vols aériens sont annulés, la fusée qui devait décoller mardi dernier a été ajournée.

La centrale de l’Union des Travailleurs Guyanais, première centrale syndicale du pays vient de se joindre au mouvement.

Cette colère exprimée vient de loin, elle vient du mépris de l’État français pour la Guyane depuis des décennies. D’un côté, l’État est capable d’investir des milliards d’euros pour faire décoller des fusées tous les mois, de l’autre, il n’y a pas d’argent pour construire des collèges et des lycées, laissant chaque année plus de 2 000 enfants déscolarisés.

Il n’y a pas d’argent pour la santé, les hôpitaux sont en déficit aigu, les coupes budgétaires s’enchaînent, le Centre Médico-Chirurgical de Kourou est même prévu à la vente pour des investisseurs privés ; il n’ y a pas d’argent pour les services publics, pour les agriculteurs, pour les transporteurs, etc. Cet abandon de la Guyane conduit à un taux de chômage de plus de 20 %, à un taux de pauvreté estimé à plus de 60 %, à un taux de criminalité le plus important des territoires régis par la France…

Cette situation ne peut continuer, l’État français a failli.

Le NPA et Philippe Poutou réaffirment la volonté de voir tous les peuples colonisés aboutir à leur autodétermination.

Le peuple guyanais nous montre la voix de la mobilisation pour prendre en main son propre destin.

Il est important que le peuple guyanais ne se laisse pas diviser par ceux, comme le Front National, qui prennent les migrants pour éternels bouc-émissaires. Seule la mobilisation de l’ensemble de la société guyanaise dans la diversité culturelle de ses composantes permettra d’aboutir à la victoire.

Le NPA et Philippe Poutou saluent déjà les premières victoires des salariés d’Endel qui en bloquant la fusée Ariane ont obtenu satisfaction sur leurs revendications, avec, notamment, une augmentation de salaire.

Montreuil, le 23 mars 2017

https://npa2009.org/communique/sout

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