Archive | Anticolonialisme

29 juin 2017 ~ 1 Commentaire

nigeria (amnesty)

Sans titre 2

Une femme contre Shell

Shell doit répondre devant la justice des atteintes aux droits humains perpétrées au Nigeria.

Esther Kiobel s’attaque à l’une des plus grosses entreprises pétrolières du monde, Shell, dans un ultime combat pour obtenir justice. Cela fait plus que 20 ans qu’elle les poursuit, accusant Shell de collusion dans l’exécution de son mari.

Dans sa quête de pétrole dans le delta du Niger, facilitée par le gouvernement nigérian, Shell a provoqué des décennies de pollution, détruisant les communautés locales. En réaction, l’une de ces communautés, le peuple Ogoni, a lancé un mouvement de contestation dans les années 1990, que les forces de sécurité du gouvernement ont systématiquement réprimé. Shell a exhorté le gouvernement à s’occuper de ces manifestations, même après avoir pris connaissance des graves violations des droits humains qui avaient lieu.

La répression a atteint son point culminant en 1995, lors du simulacre de procès et de la pendaison des responsables du mouvement Ogoni, ainsi que du mari d’Esther, Barinem Kiobel.

L’exécution des 9 Ogonis, comme ils ont par la suite été appelés, a provoqué une indignation mondiale. Amnesty International a appelé son vaste réseau de sympathisants à inonder les autorités nigérianes d’abord d’appels à la libération de ces hommes, puis de lettres d’indigna- tion. Cependant, c’est bien Esther qui a dû endurer toute une série d’épreuves dans son combat pour rétablir la réputation de son mari.

Dans une confrontation à l’image celle de David contre Goliath, Esther va enfin voir son affaire avec Shell jugée par un tribunal au mois de juin aux Pays-Bas. Son combat, qui dure depuis 22 ans, va-t-il enfin prendre fin ?

© Amnesty International

Lire le dossier:

https://www.amnesty.org/

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29 juin 2017 ~ 0 Commentaire

suzanne citron (libération)

roosbeefs

Une histoire de France dénationalisée

Trente ans avant «l’Histoire mondiale de la France» de Patrick Boucheron, Suzanne Citron bousculait déjà le «roman national» dans un ouvrage précurseur, réédité aujourd’hui.

Elle a eu raison avant les autres… En 1987, Suzanne Citron publie le Mythe National, une déconstruction alerte et érudite de la légende républicaine dispensée par l’école publique depuis le XIXe siècle.

Dans cette critique de l’histoire qu’on enseigne, elle se fonde notamment sur l’analyse d’un monument, le Petit Lavisse, célèbre manuel qui raconte dans une langue simple et imagée le «roman national» conçu par les pères de la République. Elle a ainsi permis de considérer avec plus de lucidité l’histoire de la France. Elle donne aujourd’hui une réédition de cet ouvrage précurseur, où l’on trouve déjà la plupart des questions polémiques qui vont ensuite émailler le débat français sur l’Histoire.

Au moment où une offensive conservatrice veut justement réhabiliter le roman national en se référant à une conception fixe, fermée et défensive de l’identité française, destinée à nourrir une forme plus ou moins virulente de nationalisme, sa lecture est tout bonnement indispen- sable, même si la radicalité des propositions avancées pose question.

Suzanne Citron n’est pas seulement une femme d’étude et d’enseignement. Fille d’une famille juive de Lorraine, les Grumbach, elle assiste au sortir de l’adolescence à l’effondrement de 1940. Hostile au régime instauré par le maréchal Pétain, elle entre dans la Résistance en  1942, lutte clandestinement contre Vichy et l’occupant, ce qui lui vaut une arrestation et un enfermement au camp de Drancy en 1944.

Elle échappe de peu à la déportation pour être libérée à l’arrivée des Alliés. Agrégée d’histoire et militante socialiste, elle enseigne longtemps au lycée tout en s’engageant dans la lutte anticoloniale. Républicaine, fille d’une famille patriote pleine de gratitude envers cette France qui a réhabilité Dreyfus, elle est horrifiée par les crimes commis pendant les guerres d’Indochine et d’Algérie, souvent sous le couvert des idéaux de cette même République.

C’est ainsi qu’elle jette un œil critique sur l’histoire qu’on enseigne, dont les bases n’ont guère changé depuis la diffusion du petit manuel Lavisse destiné à enraciner la foi patriotique et républicaine dans la conscience française. Depuis, nombre de spécialistes et d’essayistes ont complété ce travail (1). Mais tous doivent quelque chose à l’ouvrage de Suzanne Citron, aujourd’hui réédité avec une nouvelle préface.

La déconstruction des légendes a toujours quelque chose de réjouissant : la lecture du Mythe National est à la fois instructive et agréable.

On y apprend comment la République restaurée après la chute du Second Empire a construit à dessein le mythe finaliste d’une France immémoriale née du temps des Gaulois, portée par les dynasties successives jusqu’à la Révolution, qui aboutit à travers mille vicissitudes à la nation républicaine dispensatrice des idéaux de liberté et d’égalité.

Or la Gaule, ou plutôt les Gaules, ne sont pas la France, qui naît beaucoup plus tard, les «barbares» le sont moins qu’on ne croit, Clovis, roi franc au nom francisé après coup (il s’appelait Chlodowig), n’avait aucune idée de la future nation, pas plus que Charlemagne, empereur germanique (Karl der Grosse), qu’on annexe indument à l’histoire nationale. Quant aux capétiens, dont descendent en ligne très sinueuse les rois de France, c’est au fil incertain des batailles et des conquêtes qu’ils rassemblent sous une même couronne les territoires et les cultures disparates qui forment la nation française.

Rien de prédestiné, rien de nécessaire dans cette patiente construction étatique. Dans cette saga dont le sens fut défini rétrospectivement, les oublis et les occultations volon- taires sont légion. Les manuels traditionnels notent que la colonisation a aboli l’esclavage dans les territoires d’Afrique conquis manu militari (chose à moitié vraie). Mais nulle part dans les mêmes ouvrages il n’est question de la traite des Noirs entamée sous Louis XIII, ni de la fortune esclavagiste des villes portuaires comme Bordeaux ou Nantes.

L’apport des immigrations successives est ignoré, les exactions coloniales occul- tées, la culture des régions minorée, le rôle des protestants travesti. L’histoire traditionnelle se concentre sur la construction d’un Etat-Nation unifié et déprécie tout ce qui semble se mettre en travers de l’œuvre patriotique. Sur tous ces points, Suzanne Citron porte un regard acide et éclairant.(…)

Laurent Joffrin 27 juin 2017

(1) On lira l’essai réjouissant de François Reynaert, Nos ancêtres les Gaulois et autres fadaises, le Livre de poche.

SUZANNE CITRON LE MYTHE NATIONAL Ed. de l’Atelier, 370 pp, 15 €.

http://www.liberation.fr/

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27 juin 2017 ~ 0 Commentaire

guadeloupe (cgtg)

ba nane

Stop à l’esclavage des ouvriers agricoles en Guadeloupe !

Plus de 200 employés d’un groupement d’employeurs du secteur de la banane en Guadeloupe se battent et sont en grève reconductible depuis le 18 mai pour demander l’application des lois françaises, l’égalité des droits des salarié.es du secteur et contre les dispositions de la loi travail !

LES REVENDICATIONS
Soutenons leur lutte et exigeons des patrons et l’Etat Français le respect de la législation et la satisfaction de leurs revendications. Jugez vous-mêmes :

• L’application de la loi de mensualisation (normalement applicable depuis 1989…)
• Attribution de vêtements de travail (pantalons, vestes, tricots, gants, de coutelas, de tiers-pointe, d’imperméables et de bottes
• L’application du Smic
• Le rappel des salaires liés au maintien du salaire en cas de maladie
• Le rappel des salaires liés aux heures « d’absence » du fait le l’employeur
• Le respect de la période de prise de congé et de l’ordre de départ en congé
• L’attribution du 13e mois
• Le paiement des jours fériés légaux
• Le paiement de l’intégralité des heures supplémentaires et le repos compensateur
• Le paiement intégral de la prime de fin d’année
• L’attribution de la prime d’ancienneté
• L’attribution de la prime de transport
• La fin du travail à la tâche imposé
• La mise en place de la retraite complémentaire
• Le maintient de tous les emplois
• La tenue des réunions mensuelles des IRP
• L’augmentation uniforme des salaries de 100 euros pour tous

TÉMOIGNAGE DE FABRICE, OUVRIER AGRICOLE EN GRÈVE:
Facebook

LES ENTREPRISES PRATIQUANT CET ESCLAVAGE :
• SCEA Les hauts de Cambrefort
• SCEA Les hauts de Féfé
• EARL Franck AVRIL
• SCA Blondinière-Butel
• SCA Fonds-Cacao
• SCEA Saint-Denis
• SCEA Nara Bruno
• SCEA Nara Jean Louis
• MORAND Jean-Claude
• SCA La Digue
• Philippe Myrre

SOLIDARITÉ FINANCIÈRE

La Caisse de solidarité d’Info’Com-CGT initiée lors du mouvement social contre la loi Travail a remis un don de 15 000 euros lors d’une délégation du #FrontSocial en Guadeloupe fin mai. Vous aussi, aidez-les et apportons notre solidarité financière en envoyant votre don à (ordre : CGTG Banane) :

CGT Guadeloupe
Mouvement des ouvriers de la banane
4 cité artisanale de Bergevin
97 110 Pointe-à-Pitre

MERCI DE PARTAGER, DIFFUSER ET D’APPORTER VOTRE SOLIDARITÉ.

AVEC LE #FRONTSOCIAL S’UNIR POUR NE PLUS SUBIR !

22 juin 2017 Jean-marc B

Facebook Info’Com-CGT 

Facebook CGTG

https://blogs.mediapart.fr/

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21 juin 2017 ~ 0 Commentaire

famine afrique (npa)

Francafrique

La famine comme politique contre les peuples

Une politique agricole désastreuse

(…) Traditionnellement, les spécialistes considèrent qu’il y a trois phases concernant les pénuries de nourriture et d’eau potable. La crise alimentaire, l’urgence alimentaire et la famine, qui elle-même correspond à des critères adoptés par la FAO (l’organisation des Nations-Unis pour l’alimentation et l’agriculture) :

« Un certain nombre de facteurs doivent être réunis : notamment, plus de 30 % des enfants doivent être atteints de malnutrition aiguë, deux décès doivent être recensés chaque jour pour 10 000 habitants, une maladie  pandémique doit s’être déclarée ; chaque jour, les habitants doivent avoir accès à moins de quatre litres d’eau et leur nourriture doit leur apporter moins de 2 100 calories ; des déplacements de population à grande échelle doivent également être observés, ainsi que des conflits civils, et la perte totale des biens des habitants et de leurs sources de revenus. »

Selon la FAO, vingt-huit pays africains nécessitent aujourd’hui une assistance alimentaire. Au-delà des conflits, cette situation reflète l’absence d’une réelle politique de soutien réelle à l’agriculture, la pêche et l’élevage qui emploient en moyenne près de 60 % de la population active.

Sous l’impulsion des institutions financières de Bretton-Woods, les gouvernements africains enchaînés par la dette ont dû obtempérer aux dictats  économiques.

En matière agricole, il s’agissait de se réorienter massivement vers une culture d’exportation, certes capable de ramener des devises fortes nécessaires au paiement des intérêts de la dette, mais incapable de nourrir les populations. Dans le même temps les caisses d’équilibrage des productions agricoles ont été supprimées. Si ces caisses ont souvent été un moyen d’en- richissement des élites, elles avaient le mérite d’apporter une certaine stabilité des prix, néces- saire pour les petits agriculteurs.

On ne compte donc plus aujourd’hui les faillites provoquées par la volatilité des prix sur les denrées alimentaires, liée aux spéculations financières qui se jouent notamment à la bourse de Chicago. Les programmes d’ajustement structurels ont anéanti tous les moyens de stockage que possédaient les pays africains, les laissant sans aucune défense devant les exigences des grands groupes de l’agroalimentaire. Même les petites unités de stockage nécessaires aux périodes de soudure pour les petits paysans ont été démantelées.

Or plus la situation agricole est précaire, plus le risque de famine est important. Comme en témoigne la situation en Ethiopie : « depuis plusieurs années les paysans du Tigray (est et centre), du Wollo, du Wag Hamara et du l’Harargué connaissent des déficits alimen-taires réguliers qui les contraignent progressivement à liquider leur maigre capital. Engagés dans une spirale de paupérisation, ils deviennent structurellement dépendants d’une assistance alimentaire extérieure. »

Aujourd’hui en Afrique, ce sont avant tout les petits paysans qui sont les plus pauvres, et les aides des gouvernements locaux en soutien à leur paysannerie est déses- pérément faible en dépit des Accords de Maputo de 2003, qui prévoyaient de consacrer au moins 10 % des dépenses publiques en faveur du secteur primaire. Cette agriculture familiale a besoin d’aide, non seulement sur un plan financier mais aussi au niveau des infrastructures, des unités de stockage et de transformation des produits agricoles. Elle a aussi besoin de routes et de chemins de fer pour la distribution des denrées sur le territoire national ou au niveau régional. Il est « essentiel que les donateurs apportent un soutien accru aux program- mes de gestion des risques de catastrophes comme les systèmes d’alerte précoce, à la constitution de stocks de denrées alimentaires, de médicaments et autres réserves positionnées de manière stratégique, et aux programmes d’irrigation. »2 Actuellement, la résilience après une crise alimentaire est quasiment nulle, et l’exode des paysans de leurs terres en Afrique est souvent définitif.

La plupart des gouvernements africains tournent le dos à une politique d’aide à l’agriculture familiale, préférant, sous les conseils des structures financières internationales, vendre les terres à de grands groupes industriels de l’agroalimentaire pour promouvoir une agriculture d’exportation. Ainsi ce sont des milliers de paysans qui se trouvent du jour au lendemain expulsés de leurs terres et victimes d’une insécurité foncière qui est volontaire de la part des autorités locales. Comme l’indique le rapport de l’association Oakland Institute, qui a travaillé au Mali sur quatre investissements de terres arables : « la Banque Mondiale a orga- nisé l’environnement économique, fiscal, et juridique du Mali de manière à favoriser l’acquisition de vastes étendues de terres fertiles par une poignée d’intérêts privés au lieu d’apporter des solutions à la pauvreté et à la faim généralisées dans le pays ».3

Certes, après chaque grande famine on entend, de la part des dirigeants des pays riches, le rituel « plus jamais ça » accompagné de déclarations de soutien à l’agri- culture. C’est ainsi qu’un an après la famine de 2011 en Somalie, les pays du G8 se sont réunis à Camp David aux Etats-Unis pour lancer la « politique d’une nouvelle initiative de sécurité alimentaire et de la nutrition ». Au-delà des  mots, cette politique a permis d’ouvrir en grand les portes des marchés africains aux trusts de l’agroalimentaire, comme le souligne un rapport conjoint d’OXFAM, Action contre la faim et du CCFD-Terre Solidaire:

« Notre étude de la Nouvelle Alliance nous a montré que  le véritable objectif du G8 n’était pas de mettre fin à la pauvreté et à l’insécurité alimentaire en Afrique, mais de faire profiter leurs entreprises de perspectives de croissance et de profit.

Nous avons par exemple constaté que de nombreux pays africains parmi les plus gravement affectés par l’insécurité alimentaire et nutritionnelle sont laissés en dehors de cette initiative. Ce sont plutôt les pays qui offrent le plus de perspectives de croissance et de profits pour les multinationales et les gros investisseurs qui ont été ciblés en priorité. » Nous commençons à entendre le même discours, en parallèle de l’appel à la mobilisation contre la famine actuelle, de la part des groupes industriels de l’agroalimentaire, qui s’efforcent de dénigrer l’agriculture familiale parce qu’elle représente pour eux une jachère financière.

Il est indéniable que les conséquences du réchauffement climatique en Afrique fragilisent l’agriculture et l’élevage, notamment dans les zones sahéliennes, et concourent à produire des conflits notamment sur la question du foncier et de l’accès au point d’eau. La lutte contre le changement climatique doit impliquer la solidarité avec la paysannerie africaine, une des premières touchées. Ce travail de solidarité est d’autant plus possible que depuis deux décennies des organisations émergent et se sont coordonnées. Leur lutte pour la défen- se des terres et de l’agriculture familiale respectueuse de l’environnement a parfois rencontré des succès. Elle représente la solution contre l’insécurité alimentaire, qui passe aussi par la lutte contre les dictatures en Afrique.

Jeudi 29 juin 2017 Paul Martial

https://npa2009.org/

 

 

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20 juin 2017 ~ 0 Commentaire

brest palestine

brest

AmiEs bretonNEs, amiEs de Bretagne et du grand ouest, la prochaine tournée de De-Colonizer passe par chez vous!
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On vous attend nombreuxSES les 23 juin à Nantes, 24 juin à Rennes, 26 juin à Vannes et 27 juin à Brest!
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Kenavo emberr!
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28 mai 2017 ~ 0 Commentaire

brest palestine

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pal

Le rassemblement de soutient aux grévistes de la faim s’est transformé en célébration (vigilante) de leur victoire

 

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26 mai 2017 ~ 0 Commentaire

brest palestine (afps)

brest p

Grève de la faim des détenus palestiniens : solidarité !

Après avoir signé un contrat de 110 milliards de dollars avec le roi Salman d’Arabie saoudite, Donald Trump est arrivé en Israël…

Au-delà des problèmes de fermetures de nombreuses rues dans le but de créer des « zones stériles », ce qui poussent de nombreux habitants de Jérusalem à quitter la ville pour quarante- huit heures, il n’y a pas grand-chose à attendre de la visite du président étatsunien à Jérusa- lem et à Ramallah, ce dernier étant davantage préoccupé par l’enquête que dirige l’ancien chef du FBI, Rober Moller, sur les liens du président et de son environnement avec les dirigeants russes… Une odeur d’impeachment s’impose petit à petit autour de Trump, dont les frasques, les faux pas et les déclarations irresponsables le rendent de plus en plus insupportable à la classe politique étatsunienne.

Beaucoup plus importante que cette visite de Trump au Moyen-Orient est la grève de la faim des prisonniers politiques palestiniens qui, au moment où j’écris ces lignes, en est à son 35e jour. 850 détenus politiques refusent depuis plus d’un mois de se nourrir, et certains sont dans un état critique.

Cette grève risque de se terminer en catastrophe, cela pour deux raisons. La première est liée à la nature même du gouvernement israélien qui refuse de céder sur quoi que ce soit, et quelles qu’en soient les conséquences. Le ministre de la police vient de le répéter : il n’y a rien à négocier !

Pourtant, les revendications des prisonniers politiques palestiniens sont minima-listes : leur rendre des droits gagnés et repris par l’extrême droite au pouvoir, en termes de visite des familles, le droit de téléphoner (sous contrôle) à leurs familles, le droit de suivre des cours par correspondance, l’air conditionné dans des cellules qui sont de véritables fournaises, etc. Des droits chèrement obtenus au cours des années 1970 et 1980.

Soutien populaire

Même les services de renseignement israéliens reconnaissent que les revendications sont modestes et réalistes, et qu’il serait souhaitable que s’ouvrent des négociations avant qu’il n’y ait des morts et que l’ensemble des territoires occupés n’explosent. Mais c’est mal connaître les dirigeants israéliens actuels, en particulier le ministre de la police Gilad Erdan : on ne lâche rien…

Au contraire, tout est fait pour tenter de décrédibiliser le mouvement au sein même de la population palestinienne : un prétendu film qui montre Marwan Barghouti, le dirigeant de la grève, en train de manger un petit biscuit… miraculeusement arrivé dans sa cellule ; des rumeurs sur le fait que la grève n’est qu’un moyen pour Marwan pour se rendre populaire contre Mahmoud Abbas ; des interviews bidons de Palestiniens expliquant que leurs proches en prison seraient victimes de pression de la part du même Marwan. Mais ces manœuvres minables ont fait long feu : la grève a le soutien de l’ensemble de la population qui partout, en Cisjordanie et à Gaza, se mobilise en solidarité avec les détenus.

C’est ici que se joue ce qui pourrait être la seconde raison d’une explosion généra- lisée : l’absence évidente de soutien de la part de l’Autorité palestinienne, voire la répression des rassemblements des familles des détenus politiques, dans les villes palestiniennes et à proximité des checkpoints où se trouve l’armée d’occupation israélienne.

Au moment où ces lignes sont écrites, Trump n’est pas encore allé à Ramallah. Espérons qu’il y sera reçu comme il se doit, par des milliers de PalestinienEs exigeant que s’ouvrent immédiatement des négociations, avant – comme le met en garde l’éditorial du quotidien Haaretz il y a quelques jours – qu’il y ait des morts et que la confrontation se généralise et se termine en bain de sang.

De Jérusalem, Michel Warschawski jeudi 25 mai 2017

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23 mai 2017 ~ 0 Commentaire

rue navarin (brest)

brest

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20 mai 2017 ~ 0 Commentaire

brest palestine

 

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Rassemblement de soutien aux grévistes de la faim de Palestine

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18 mai 2017 ~ 0 Commentaire

macron et merkel (npa)

macron tank

Sont sur un bateau…

Dès le lendemain de sa prise de fonction, Macron était à Berlin pour rencontrer Merkel. Les nationalistes et « patriotes » de toutes nuances vont sans doute présenter cette visite comme celle d’un vassal à sa suzeraine. En fait, l’Europe à laquelle Macron a prêté allégeance est celle du capital. Quand Macron déclare à Berlin : « La première tâche sera de mettre en place un agenda de réformes. Non parce que l’Europe le demande mais parce que la France en a besoin », il ne ment pas, sauf que « sa » France, c’est celle de Bernard Arnault, de Bolloré, de Dassault, de la famille Peugeot, etc.

Les dirigeants européens ont un vrai souci face auquel, Allemands compris, ils savent qu’il n’y a pas de recettes miracles : l’Union européenne (UE) est en crise dans un environnement mondial de plus en plus instable, alors qu’à la tête du « juge de paix » du capital international se trouve désormais Trump, un président nationaliste et tout aussi instable. Dans ce contexte, même après le Brexit, capitalistes et gouvernants européens, malgré des diffé- rences de points de vue, pensent que mieux vaut une Europe brinquebalante qu’un éclatement qui ajouterait encore plus d’incertitude.

De cette rencontre à Berlin, il n’est sorti que des déclarations d’intention. Macron, avec beaucoup de prudence, a essayé de convaincre Merkel de progresser vers un budget de l’Eurozone pour financer des investissements et réduire l’impact des chocs provoqués par les politiques libérales (qui seraient poursuivies avec encore plus de ténacité). Cela pourrait nécessiter une modification des traités européens. Merkel n’a pas dit non… mais n’a pris aucun engagement.

Vu l’affaiblissement relatif du capitalisme français, Macron n’a que des arguments politi- ques pour essayer de convaincre, et une seule carte dans sa manche : une fois la Grande-Bretagne partie, la France demeure pour l’instant la seule puissance militaire de l’UE capable d’interventions extérieures. Depuis des années d’ailleurs, l’activisme militaire est utilisé par les dirigeants français pour compenser le déclin économique du capitalisme national. Le command-car avec lequel Macron a paradé sur les Champs-Élysées renvoie aussi à cette réalité.

Au-delà des combinaisons politiciennes, le cocktail macronien des mois à venir sera donc un mélange de réformes antisociales, d’avancées vers un budget militaire à 2 % du PIB, et de « maintien de l’ordre ». Tout cela avec la bénédiction d’Angela Merkel.

Mercredi 17 mai 2017 Henri Wilno

https://npa2009.org/

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