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11 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

armistice dossier (internationalism npa)

 tardi

11 novembre 1918: « Jamais plus de guerre »?

Un armistice pour sauver le capitalisme et préparer de nouvelles guerres

1. L’armistice : une pause pour préparer de nouvelles guerres

En novembre 1918, l’Europe était plongée dans un énorme chaos et des millions de personnes avaient été chassées de leurs maisons et de leurs régions et étaient à la recherche d’un endroit où poursuivre et reconstruire leur vie. Ainsi, un million de Belges s’étaient réfugiés en Hollande, et plus de 100.000 devaient toujours rentrer après l’armistice ; 300.000 réfugiés belges résidaient en France et devaient rentrer en 1918.

De plus, il y avait les centaines de milliers de militaires blessés, mutilés, invalides qui parcou-raient les régions d’Europe à la recherche de leur ville ou village. A cause du chaos de la guerre mondiale, des migrations massives qui l’accompagnaient et de l’épuisement des popu-lations, la grippe espagnole a pu faire de terribles ravages et causer en fin de compte plus de morts que la guerre mondiale elle-même.

Les idéologues bourgeois s’accordent sur le fait que les conditions, imposées par les alliés à l’Allemagne par le Traité de Versailles, ont posé les germes d’une nouvelle guerre vingt ans plus tard.

Le « traité de paix » a suscité le développement de sentiments de vengeance et de rétorsion qui se sont répandus dans de larges couches de la population allemande dans le courant des années 1920. Le commentaire du quotidien du SDAP (social-démocrate) en Hollande en 1919 en donne un avant-goût : « Cette paix pour tous est vue comme une amère désillusion, une déception ressentie comme une catastrophe. (…) Le traité de paix fixe le statut d’une Europe en décadence, de son recul à un niveau inférieur de civilisation. Le plus grand peuple du conti-nent est enchaîné et condamné aux travaux forcés (…) à l’humiliation et à l’amertume. La ran-cœur ici, la suffisance, la soif de puissance, la témérité là-bas, sont les nouveaux « traits de civilisation » générés par le traité de paix » (Het Volk, 21.06.1919).

Les bourgeoisies de divers pays étaient pleinement conscientes que cette paix était condam-née à l’échec. Il n’y avait pas seulement la politique envers l’Allemagne qui exacerbait les ran-cœurs, mais aussi, « la création de nouveaux états comme la Pologne, l’Autriche, la Hongrie et la Yougoslavie a mené à des conflits incessants à propos des nouvelles frontières de ces pays. Cela concernait en particulier la Hongrie qui perdait les deux tiers des territoires qu’elle occu-pait avant la guerre, (…). Bref, la paix était un échec » (Jay Winter, interview dans Le Monde, 12.11.2014).

L’armistice du 11 novembre 1918 était au fond une paix qui mettait fin à toute forme de paix !

La première guerre mondiale marquait l’entrée du capitalisme en décadence et la période qui s’ouvre alors menait à un état quasi permanent de guerre. Quelques exemples des deux décennies suivantes le démontrent.

Après la fin de la première guerre mondiale, la Grèce se voit attribuée une zone d’occupation en Turquie. Pendant l’été de 1920, les Grecs veulent étendre leur zone d’occupation. Ils se heurtent alors à une résistance exacerbée des Turcs. Ceci est le début de la guerre gréco-turque qui a duré jusqu’en 1922. Cette guerre a mené à des atrocités des deux côtés, comme par exemple le massacre de dizaines de milliers de Grecs et d’Arméniens par les Turcs.

En 1920, les tribus du Riff au Nord du Maroc s’unissent et déclenchent une guerre contre la domination espagnole. Lors de l’été de 1921, environ 19.000 soldats espagnols périssent. Cette guerre contre l’Espagne, plus tard épaulée par la France, durera jusqu’en 1926. Les Espagnols et les Français utiliseront pendant cette guerre des gaz asphyxiants, causant des milliers de morts.

En 1929, les Chinois occupent le chemin de fer de Mandchourie. Cela a mené à un conflit ouvert avec l’Union Soviétique. Lorsque les troupes soviétiques franchissent la frontière chinoise le 15 novembre, cela débouche sur des combats féroces, causant du côté chinois plus de 2.000 morts et 10.000 blessés.

L’incident de Mandchourie en 1931, un attentat à la bombe visant une voie ferrée, est exploité par le Japon pour déclencher la guerre et occuper la province chinoise. En 1937, la guerre est étendue par l’attaque de tout le sub-continent chinois, dont la plus grande partie est aussi occupée par le Japon. Pendant cette guerre, des centaines de milliers de Chinois seront tués, pour l’essentiel des civils et les troupes japonaises se rendront coupables de nombreux massacres.

Le 3 octobre 1935, l’Italie déclenche une guerre contre l’Ethiopie. Après 7 mois d’intenses com-bats, elle réussit à conquérir le pays. Dans leurs attaques contre la population civile, les Ita-liens ont utilisé à grande échelle le gaz moutarde. En plus des 25.000 militaires tués dans les combats, le conflit a coûté la vie à 250.000 civils.

En 1936, un certain nombre de généraux commencent une guerre contre la république espa-gnole, avec le soutien de l’Italie, l’Allemagne et le Portugal. De son côté, la république est soutenue par l’Union soviétique et le Mexique. Cette guerre, qui durera trois ans et qui se terminera par la victoire des généraux, se solde au total par plus d‘un demi-million de morts.

Le 12 mars 1938, les Allemands rentrent en Autriche et le 15 mars 1939, ils occupent la Tché-quie, tandis que des troupes hongroises occupent la Slovaquie. Ces conquêtes militaires constituaient les premières actions guerrières qui déboucheront sur l’éclatement de la seconde guerre mondiale.

L’armistice du 11 novembre 1918 n’a donc nullement ouvert une période de paix mais a conduit à une succession ininterrompue de conflits qui ont finalement débouché sur la seconde guerre mondiale.

2. L’armistice : une attaque contre la révolution prolétarienne en réaction à la guerre

L’armistice a permis à la bourgeoisie de déclarer la guerre au prolétariat:

(a) En divisant les ouvriers entre ceux des pays “vainqueurs” et ceux des pays “vaincus” et

(b) En retournant les armes contre la révolution.

En Russie, la contre-révolution s’était développée avec force. En Allemagne aussi, la bour-geoisie était prête à déclencher sa terreur contre-révolutionnaire. Nourrie d’une haine farouche contre la classe ouvrière, elle se préparait à écraser par la force et à exterminer les foyers de la révolution communiste.

Tardi-Vernet-copie

a) Diviser la classe ouvrière

La bourgeoisie était consciente du danger : « Toute l’Europe est pétrie de l’esprit de la révolu-tion. Il n’y a pas seulement un sentiment profond de mécontentement, mais également de colè-re et de révolte parmi les travailleurs (…). L’ensemble de l’ordre existant, aussi bien dans ses aspects politiques, sociaux et économiques est remis en question par les masses populaires d’un bout de l’Europe à l’autre » (Lloyd George, premier ministre britannique dans un mémo-randum secret adressé au premier ministre français Georges Clemenceau, mars 1919).

De par la signature de l’armistice, la classe ouvrière en Europe était divisée en deux parties 

D’un côté les ouvriers qui se trouvaient dans le camp des états-nations vaincus et de l’autre côté ceux qui vivaient dans les états capitalistes vainqueurs et qui étaient submergés par une vague de national-chauvinisme (surtout en France, en Grande-Bretagne, en Belgique et aux USA). De cette manière, la bourgeoisie réussit à limiter les mouvements révolutionnaires au premier groupe d’états (plus l’Italie).

La situation particulière qui a surgi à Bruxelles quelques jours avant le 11 novembre illustre parfaitement les conséquences de cette division. Les soldats allemands qui y étaient casernés, renforcés par des détachements de marins de la Kriegsmarine provenant d’Ostende, se révol-tent et élisent un conseil révolutionnaire de soldats. Ils manifestent dans les rues de Bruxelles avec des drapeaux allemands, belges et rouges et appellent à la solidarité des travailleurs belges et de leurs organisations.

Face à quelques fraternisations avec des membres des Jeunes Gardes Socialistes, les organi-sations syndicales ont rapidement appelé à ne pas bouger et, sous l’influence de la propagan-de chauvine, les ouvriers bruxellois ne se mobilisent pas mais attendent passivement l’entrée triomphale de l’armée belge victorieuse dans Bruxelles quelques jours plus tard.

b) Diriger les armes contre la révolution

« Les différentes bourgeoisies nationales avaient d’abord essayé de s’arracher mutuellement des territoires sur les champs de bataille de la guerre impérialiste au prix de 20 millions de morts et d’un nombre incalculable de blessés. Mais, confrontées à une classe ouvrière qui lutte sur son terrain de classe, elles sont d’emblée disposées à resserrer les rangs. Une fois de plus, ceci confirme que la classe dominante, de nature divisée, peut s’unir dans une situation révolutionnaire pour affronter la classe ouvrière ».

Lorsque les soviets prirent le pouvoir en octobre 1917, la réaction des forces impérialistes ne s’est pas fait attendre. Une bourgeoisie, unie sur le plan international, a affronté la jeune répu-blique soviétique avec des armées provenant de 21 pays. L’attaque contre-révolutionnaire a commencé en 1917 et a duré jusqu’en 1922.

Les « armées blanches » ont déclenché une terrible guerre civile. Les armées des états capita-listes d’Europe, des USA et du Japon ont causé par leurs attaques contre la classe ouvrière en Russie un nombre incalculable de victimes. Parmi les victimes de la guerre civile, il y avait envi-ron un million de soldats de l’armée rouge et plusieurs millions de personnes sont par ailleurs décédées à cause de conséquences indirectes de la guerre, comme la famine ou les épidé-mies. Le nombre de décès causés par la terreur des armées blanches se situe entre 300.000 et 1 million de personnes.

Le déclenchement de la révolution en Europe centrale: l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie, etc.  a nécessité de ne pas désarmer complètement l’armée allemande. « On partait de l’idée que l’armée allemande devait être suffisamment forte pour maintenir l’ordre intérieur et pour empê-cher une éventuelle prise du pouvoir par les Bolcheviks » (Lloyd George at War, George H. Cassar). C’est ainsi qu’on permit à l’état-major allemand, qui en demandait 30.000, de garder 5.000 mitrailleuses.

En Allemagne également, l’insurrection éclata à la fin de 1918.

Le 10 novembre 1918, le général Groener, le successeur de Ludendorf à la tête du quartier général de l’armée allemande, propose par téléphone un pacte au chef du gouvernement, le social-démocrate Friedrich Ebert. Le général propose une collaboration loyale pour mettre fin aussi vite que possible au « bolchevisme » et pour assurer une restauration « de la loi et de l’ordre ». « C’était un pacte contre la révolution.

« Ebert accepta ma proposition d’alliance », écrit Groener. « A partir de ce moment, nous discutions chaque soir au moyen d’une connexion secrète entre la chancellerie et l’état-major les indispensables mesures à prendre. L’alliance a bien fonctionné » » (Sebastian Haffner, La révolution trahie).

À cause de l’influence de la révolution, la bourgeoisie ne pouvait plus se fier à de larges parties de l’armée de terre et de la marine.

Dans la perspective de la guerre de classes, le social-démocrate Gustav Noske, qui avait rejoint en décembre 1918 le gouvernement de Ebert, avait reçu la mission de constituer des Corps-francs. Ceux-ci regroupaient des soldats de métiers fidèles, conservateurs et ultranatio-nalistes, qui voulaient défendre leur patrie contre le bolchevisme et qui se retrouvaient de par la fin de la guerre en marge de la société.

Ainsi, l’État allemand pouvait à nouveau disposer en janvier 1919 d’unités militaires loyales de quelques centaines de milliers de soldats, parmi lesquelles 38 Corps-francs. Dans la lutte contre la révolution, Le SPD n’a pas hésité à utiliser sans la moindre pudeur ces forces armées les plus réactionnaires. En affirmant que « quelqu’un doit être le chien sanglant » et en dénon-çant les ouvriers et soldats révoltés comme « les hyènes de la révolution », Noske envoie les corps-francs contre les ouvriers : la guerre contre la classe ouvrière allemande avait commencé.

À partir de la mi-janvier, débute l’attaque militaire contre les insurgés et les organisations révolu-tionnaires (partis, groupe, la presse, etc.). Des quartiers ouvriers entiers des grandes villes étaient attaqués les uns après les autres et partout étaient perpétrés de terribles massacres.

La guerre contre la classe ouvrière n’était pas seulement menée en Allemagne mais aussi dans d’autres pays. Un de ces pays était la Hongrie, où la révolte ouvrière avait aussi mené au pouvoir une direction révolutionnaire. La révolte y fut également écrasée dans le sang après quelques mois au moyen d’une invasion militaire des forces capitalistes.

Le 1er août 1919, la Roumanie envahit la Hongrie et renversa le gouvernement révolution-naire, ce qui mit fin à l’expérience communiste. Soutenue par la France, l’Angleterre et l’armée blanche, les troupes roumaines entrent le 1er août dans Budapest et installent un gouverne-ment syndical qui liquide les conseils ouvriers. Lorsque les syndicats ont terminé leur basse besogne, ils transmettent le pouvoir à l’Amiral Horty (plus tard un collaborateur des nazis) qui met en place un régime de terreur contre les travailleurs (8.000 exécutions, 100.000 déportations).

François Kupka

3. La paix n’existe pas au sein du capitalisme

Le capitalisme, c’est la violence, et la paix au sein du capitalisme est une illusion complète. L’histoire du 20e siècle démontre qu’un « armistice » est seulement conclu pour commencer une nouvelle guerre. Tandis que les armes ne se sont jamais tues entre la première et la deuxième guerre mondiale, cette tendance à la guerre permanente est devenue encore plus évidente après la seconde guerre mondiale.

Ainsi la période de « guerre froide » n’était pas, contrairement à ce qui est souvent suggéré, une période de « simple » paix armée, mais bien de dizaines de confrontations: Corée, Vietnam, Moyen Orient… sur l’ensemble de la planète avec des millions de victimes.

Un vœux pieu de paix n’empêche pas la guerre, même s’il est soutenu par des manifestations massives. Ainsi, le 25 juillet 1914, le SPD appela à une manifestation de masse contre la guerre. L’appel fut massivement suivi : les 29 et 30 juillet, 750.000 personnes participent aux protestations dans toute l’Allemagne. Cela n’a pas amené la bourgeoisie à arrêter sa course vers la guerre. Bien au contraire, ce même SPD social-démocrate décida quelques jours plus tard de trahir les masses ouvrières et de soutenir la bourgeoisie dans sa ferveur guerrière.

Une manifestation de masse peut être un moment dans la résistance contre la guerre mais elle doit alors avoir lieu, dans le cadre d’une révolte ouvrière généralisée, dans une dynamique d’attaque contre l’Etat bourgeois, comme cela a eu lieu en 1917 en Russie. Et même en Alle-magne en 1918, la révolte visait seulement en première instance la fin de la guerre. Et la guerre fut effectivement arrêtée parce qu’il existait une menace réelle que les travailleurs pren-nent le pouvoir. De fait, seuls un renversement révolutionnaire et la prise du pouvoir par la classe révolutionnaire peuvent mettre fin à toute forme de guerre.

« Ou bien le gouvernement bourgeois fait la paix, comme il a fait la guerre, et alors l’impéria-lisme continuera, comme après chaque guerre, à dominer et la guerre sera suivie d’un nouvel réarmement, de nouvelles guerres, de destruction, de réaction et de barbarie. Ou bien, vous devez réunir vos forces pour une insurrection révolutionnaire, vous battre pour acquérir le pouvoir politique qui vous permettra d’imposer la paix, à l’intérieur du pays comme autre part » (Rosa Luxemburg, Spartakus, avril 1917).

Intro: Le 11 novembre 2018, cela fait exactement cent ans que la Grande Guerre s’est arrêtée. Les médias y consacrent une large attention. Faut-il effectivement saluer l’armistice du 11 novembre 1918 ? Avait-il pour but de déposer définitivement les armes et de bannir à jamais tout acte de guerre dans le futur ? Eliminait-il les causes réelles qui avaient mené à l’éclate-ment de la première guerre mondiale ? A-t-il effectivement ouvert pour les Etats européens une période de « jamais plus de guerre » ?

Dennis  10 novembre, 2018

http://fr.internationalism.org/

militarisme1

Lire aussi:

100 ans après la fin de la Première Guerre mondiale (NPA)

Le 11 Novembre 1918, l’armistice était signé à Retondes, mettant officiellement un terme à la Première Guerre mondiale.

100 ans plus tard, les commémorations vont bon train, avec notamment un Emmanuel Macron qui se met en scène au cours d’une « itinérance mémorielle », et la perspective d’un grand raout le 11 Novembre. Nous avons décidé, pour notre part, de revenir sur la fin de la Première Guerre mondiale en insistant sur certains aspects de cette grande boucherie capitaliste qui ne seront probablement pas mis en avant dans les commémorations officielles.

Les femmes dans et après la Première Guerre mondiale

 dans Anticolonialisme

Il est généralement admis que la « grande guerre » permit à l’émancipation des femmes de faire un grand pas en avant notamment au travers de l’accès aux emplois occupés majoritairement par les hommes avant guerre.

tardi drapeau

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L’Orient dans la guerre 1914-1918 (Orient 21)

La commémoration, opium du peuple (Révolution Permanente)

Le 11 novembre n’est pas notre armistice ! (Révolution Permanente)

Pétain, collabo et bourreau de 1917 : « un grand soldat » selon Macron (Révolution Permanente)

Commémorations du 11 novembre : l’impuissance de Macron et son multilatéralisme (RP)

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08 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

primelin (ouest france lo)

Primelin

Quimper. Un rassemblement pour un « autre regard sur la guerre »

Les représentants organisent leur propre rassemblement annuel le 11 novembre 2018, à Primelin

Un rassemblement sera organisé au monument aux morts pacifiste de Primelin, le 11 novembre. Une initiative de l’association Libre pensée 29 et de nombreux partenaires associatifs.

La Libre pensée 29, accompagnée par d’autres associations, organise un rassemblement pacifiste, le 11 novembre 2018, à 11 h 45, devant le monument aux morts de Primelin.

« Pour le centenaire et le 21e anniversaire de cet événement, nous allons faire un rassemble-ment exceptionnel devant le monument aux morts pacifiste », explique Claude Le Moguen, de Libre pensée 29.

« Défendre la paix »

Les organisateurs souhaitent faire de ce rassemblement un appel à la paix. « Nous voulons actualiser les paroles des poilus : « plus jamais ça », déclare Gérard Mas du NPA. Nous soute-nons des valeurs de justices et antimilitaristes. À travers ce rassemblement, nous voulons donner un autre regard à la guerre et défendre la paix. » Les associations souhaitent également rappeler le sort de 639 soldats, fusillés. Parmi eux, sept Finistériens. « Pour l’exemple ». « Nous voulons que ces personnes soient réhabilitées. »

« L’éducation à la citoyenneté ne se fait pas dans le cadre militaire »

Ils dénoncent également le défilé des jeunes écoliers, collégiens et lycéens quimpérois. Cet événement est une initiative proposée par un groupe de travail composé de la délégation militaire départementale, la préfecture, la ville de Quimper, l’académie, l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre ainsi que le Souvenir français.

« Nous trouvons cela inquiétant que les élèves soit mobilisés dans des établissements scolai-res par une organisation composée de militaires, explique Martine Subtil, présidente de Libre pensée 29. Nous avons tenté de rencontrer les représentants de l’Éducation nationale au niveau départementale mais le rendez-vous a été annulé. »

« On aurait pu imaginer un débat sur cette guerre sous forme de forum, ici, c’est unilatéral, ajoute Gérard Mas.  L’éducation à la citoyenneté ne se fait pas dans le cadre militaire. »

07/11/2018

https://www.ouest-france.fr/

Commentaire:

Le monument aux morts de Primelin est un des rares monuments aux morts d’inspiration pacifiste du Finistère. Œuvre de Véronique Millour et Philippe Meffroy, il représen-te un enfant qui repousse et ébranle une pile de quatre blocs symbolisant les guerres du passé ; un cinquième bloc vierge, à terre, invite à ne pas reconstruire le mur et à ne jamais y poser le dernier bloc. Il fut inauguré le 11 novembre 1994.

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Lire aussi:

Centenaire de 1918 : si tu veux la paix, prépare la révolution (Lutte Ouvrière)

Novembre 1918 : la fin d’une guerre qui en annonçait d’autres (LO)

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07 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

pétain (basta rp lo)

tardi drapeau

Ode à l’extrême-droite

Pétain, collabo et bourreau de 1917 : « un grand soldat » selon Macron

« Un grand soldat » que Pétain : bourreau des soldats mutinés de 1917, chef du régime de Vichy, collaborateur du régime nazi et de l’extermination des juifs. De quoi ravir les rangs de l’extrême-droite. 

A peine une semaine après les dénégations de Florence Parly, ministre des Armées, face à Jean-Jacques Bourdin, sur le plateau de RMC, Emmanuel Macron confirme la volonté du gou-vernement de rendre hommage, lors de la cérémonie du 11 novembre, au Maréchal Pétain.

Derrière le couac et le rétropédalage, il y a la concession du président au programme de l’Etat major des Armées, en charge de l’organisation de la cérémonie de commémoration du cente-naire de la fin de la guerre 14-18, prévoyant de rendre hommage, aux Invalides, aux huit maréchaux de la Grande Guerre, dont Pétain.

Cet hommage rendu à la mémoire du chef du régime fasciste de Vichy, qui collabora au régime nazi et à l’extermination de 10 millions de personnes (tzigane, homosexuels, communistes, opposants politiques…) en Europe, dont 6 millions de juifs, marque un recul incroyable dans la reconnaissance des responsabilités de l’Etat français lors des génocides de la Seconde Guerre mondiale. Du jamais vu depuis 1995 et la cérémonie du 54ème anniversaire de la rafle du Vél’ d’Hiv, où Jacques Chirac avait reconnu la participation de la France aux crimes nazis.

Mais le « grand soldat de la Première Guerre mondiale », en 1940, n’en était pas à ses premiers faits d’armes. Contrairement à ce que voudrait faire entendre Emmanuel Macron, le maréchal Pétain s’est, dès la première guerre mondiale, forgé cette expérience de bourreau dont on connait les suites. En 1941, c’est ce même Pétain qui, lors de son « discours du mauvais vent » contre la Résistance, rappelle ses exactions commises : « En 1917, j’ai mis fin aux mutineries » avait-il alors lancé.

En effet, en avril 1917, avec l’échec de l’offensive du général Nivelle sur le Chemin des Dames, la boucherie de 200 000 soldats français tués, la colère gronde dans les tranchées. Au prin-temps et à l’été 1917, se multiplient les actes de mutineries de soldats qui, selon l’historien André Loez, expriment « un refus de la guerre massif et multiforme ».

Le maréchal Pétain, succède à Nivelle. Il a la charge de mettre fin à l’opposition à la guerre et de fraternisation avec « l’ennemi » qu’expriment alors les soldats français. Pétain les réprimera dans le sang : la plupart des soldats mutinés sont fusillés sans plus de procès ; 600 sont condamnés à mort par des conseils de guerre à la justice expéditive. Autant de soldats refusant la guerre assassinés sous les ordres de Pétain.

Macron, en honorant Pétain, honore le bourreau de 1917 et le symbole de la collaboration française.

En réhabilitant la mémoire du plus illustre fasciste français, Macron participe à la banalisation et à la diffusion des idées de l’extrême-droite. De quoi nourrir ce « climat années 30 » qu’il dénonçait hypocritement il y a à peine quelques jours…

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04 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

yémen (politis à-l’encontre ci basta npa)

yemen

Yémen : briser le silence et faire cesser les livraisons d’armes

La guerre civile au Yémen est devenue depuis 2015 une guerre internationale

Avec notamment l’intervention des forces armées de la coalition menée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, dans les airs, sur terre et sur mer.

Plus que les combats, ce sont les attaques aériennes en particulier contre les civils et les infrastructures vitales, les hôpitaux, les marchés, les écoles, qui font des victimes par milliers. La misère gagne, la malnutrition progresse, les secours essentiels destinés à ces populations ne leur parviennent qu’insuffisamment et irrégulièrement, malgré les exhortations des Nations unies pour des « corridors humanitaires ». Les enfants sont les premières victimes de cette situation.

La France, comme d’autres pays, est un important fournisseur d’armes et de munitions qui sont utilisées dans la région, notamment par l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis.

De telles exportations d’armes sont régies par le Traité international sur le commerce des armes (TCA) qui a force de loi dans notre pays depuis sa ratification par le Parlement français le 2 avril 2014. Il précise que de telles exportations d’armes ne peuvent avoir lieu si celles-ci servent à commettre des crimes de guerre, actes graves de violence contre les femmes et les enfants, ou à en faciliter la commission (article 7 du traité).

La situation au Yémen a provoqué, dans de nombreux pays exportateurs d’armes vers les belligérants des débats et enquêtes, parlementaires notamment, sur les conditions d’expor-tation et d’utilisation de ces armes, en Suède, aux Pays-Bas, en Belgique, au Royaume-Uni, en Allemagne… ainsi qu’aux États-Unis (non signataires du TCA). Le Parlement européen a voté une résolution dès novembre 2017 et s’est prononcé récemment pour la fin des transferts d’armement vers l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

Un tel débat doit aussi avoir lieu en France. De nombreuses organisations non gouverne-mentales, dont les sections françaises d’Amnesty International, de Human Rights Watch et de Handicap International, la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), Action contre la faim, etc., ont réclamé une commission d’enquête sur le respect des engagements internationaux de la France dans le cadre de ses exportations d’armes aux belligérants du conflit au Yémen.

Une telle commission a été demandée par des dizaines de parlementaires de toutes opinions depuis avril 2018 (résolution 856). Il n’a jusqu’à présent, pas été fait droit à leur demande, si ce n’est sous la forme très limitée d’une mission d’enquête.

Le groupe d’expert mandaté par l’ONU sur la violation des droits de l’homme au Yémen a rendu un rapport en septembre 2018 évoquant des crimes de guerre. Au terme de l’article 7-7 du TCA, la France se doit de réexaminer ses autorisations d’exportations d’armes et de munitions qui pourraient contribuer à ces crimes, en particulier aux Émirats arabes unis et à l’Arabie saoudite. Qu’en est-il ?

Nous dénonçons le silence complice du gouvernement français. Nous demandons que la France conformément au dernier vote du Parlement Européen et au TCA, en toute indépendance, cesse toute livraison d’armes aux belligérants, de même que toute maintenance des chars, avions et autres matériels livrés à ces pays par la France.

Nous exigeons qu’une enquête parlementaire soit ouverte quant à l’implication possible de soldats français dans le conflit.

Contre l’application par les belligérants d’une stratégie de la famine, nous demandons au gouvernement français de faire pression sur les belligérants pour qu’ils respectent les résolutions de l’ONU quant à l’accès des secours humanitaires aux populations concernées, pour qu’ils cessent les combats et ouvrent des négociations immédiates.

yemen

Organisations signataires :

ACDA – AFD international – ATMF -AIDL – Attac – Cedetim – Collectif ni Guerre ni état de guerre – EELV –Ensemble – Femmes plurielles – Fondation Frantz Fanon – Forum Palestine Citoyenneté – FTCR – GDS – Génération.s – IPAM – Médecins du monde – MRAP – Nouvelle donne – NPA- Observatoire des armements – PCF- PCOF – PIR – PRCF- PG – Salam for Yémen – Solidaires – SumOf US – Survie – UJFP

Collectif Solidarité Yémen  29 octobre 2018

Tribune. Des associations et des personnalités dénoncent le silence complice du gouvernement français dans le conflit qui touche le Yémen depuis quatre ans.

https://www.politis.fr/

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Yémen-Arabie saoudite: «Le Yémen n’existe plus.» Sa population se meurt (Al’Encontre)

Tous ceux qui veulent que la guerre au Yémen continue (Orient 21)

Yémen. La guerre s’intensifie malgré les appels à un arrêt des combats (Courrier International)

En savoir plus sur les ventes d’armes de la France à l’Arabie Saoudite : mission impossible, même pour les députés ? (Bastamag)

Yémen. Des enfants marqués au fer rouge comme « remède » au traumatisme de la guerre (Révolution Permanente)

Yémen : Urgence face à une sale guerre et aux complicités françaises (NPA)

Un appel de députés européens pour arrêter le massacre au Yémen (Bastamag)

Yémen : vrais vainqueurs, les capitalistes de l’armement (LO)

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01 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

samouni road (quimper)

 Le 5 novembre à Quimper au Cinéma Quai Dupleix, soirée débat avec le critique Nicolas Thevenin, en partenariat avec le CCFD

Samouni Road est un documentaire italien réalisé en 2018 par Stefano Savona. Il a été sélectionné pour figurer dans la section Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes 2018 et a remporté le prix Œil d’or du meilleur documentaire. L’UJFP est partenaire

samouni road (quimper) dans Altermondialisme

SYNOPSIS

Dans la périphérie rurale de la ville de Gaza, la famille Samouni s’apprête à célébrer un mariage. C’est la première fête depuis la dernière guerre. Amal, Fouad, leurs frères et leurs cousins ont perdu leurs parents, leurs maisons et leurs oliviers.

Le quartier où ils habitent est en reconstruction. Ils replantent des arbres et labourent les champs, mais une tâche plus difficile encore incombe à ces jeunes survivants : reconstruire leur propre mémoire. Au fil de leurs souvenirs, Samouni Road dresse un portrait de cette famille avant, pendant et après l’événement qui a changé leur vie à jamais.

http://www.ujfp.org/

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30 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

européennes (révolution permanente)

francais-immigre_

Elections européennes

« Immigration : maîtriser ou subir ? » : la campagne xénophobe du gouvernement pour les européennes

Sur les réseaux sociaux, le gouvernement Macron lance la campagne des européennes. Alors que le « président des riches » a bâti son image sur l’opposition entre progressistes et nationa-listes, on entrevoit déjà une campagne aux relents bien xénophobes, qui n’a pas grand-chose à envier aux discours les plus réactionnaires au sein de l’Union Européenne.

La vidéo a été publiée sur Twitter le 26 octobre. Durant seulement 30 secon-des, le premier axe de la vidéo est centré sur l’immigration.

Des images, accompagnées d’une musique anxiogène, montrent des réfugiés. Quelques secondes plus tard, un message apparaît, alors que la vidéo montre des enfants dans ce qui ressemble à une salle de classe : « Immigration : maîtriser ou subir ? ».

On aura compris le message :

Celui d’une immigration décrite comme massive et invasive, qui menacerait les Français et qu’il s’agirait de contrôler. Mais aussi d’une opposition entre les bons et les mauvais migrants, que l’Etat serait prêt à accueillir de manière « contrôlée ». Ce clip de campagne, ce n’est pas celui de Salvini ou de Orban, il a été posté par le compte Twitter du gouvernement français.

Un message particulièrement odieux quand on sait que plus de 1600 migrants sont déjà morts pour la seule zone de la mer Méditerranée.

Et que derrière ces chiffres, il y a tous ceux qui sont morts dans d’autres endroits, qui ont été faits esclaves en Lybie, traqués par la police, etc. Une situation dont sont largement respon-sables l’Etat français et le gouvernement Macron, qui n’a fait que renforcer les mesures les plus xénophobes, par exemple en durcissant les normes d’accueil et en refusant à plusieurs reprises le débarquement de l’Aquarius dans les ports français.

Selon Eurostat, en 2017, 40 575 personnes ont obtenu une régularisation en France, soit 0,061% de la population du pays. On est donc bien loin d’une quelconque invasion de réfugiés.

Une chose est sûre : loin du vernis progressiste qu’il revendique face aux extrêmes-droite européennes le gouvernement n’hésite pas à se saisir de la rhétorique anti-migrants la plus réactionnaires pour tenter de limiter la casse lors des prochaines élections européennes.

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29 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

faure (révolution-permanente le-parisien)

LeCommandantMarchand

Back to basics! (Retour aux sources!)

Applaudi par l’extrême droite…

Olivier Faure parle de colonisation inversée et révèle (encore) la vraie nature du PS

Invité sur France Inter jeudi 25 octobre, Olivier Faure, secrétaire du parti socialiste depuis mars 2018, a déclaré : « il y a des endroits où il y a des regroupements qui se sont faits génération après génération, et qui donnent le sentiment que l’on est dans une forme de colonisation à l’envers ». 

A travers ces déclarations, Olivier Faure répondait là à un auditeur habitant de Villiers-Le-Bel (95) qui disait y avoir vécu la « discrimination anti-blanche ». S’il a ensuite cru nuancer en liant la « crise identitaire » aux problèmes sociaux, à la politique du logement et aux « ghettos où la mixité ethnique n’existe plus », cette rhétorique n’en reste pas moins applaudie par l’extrême-droite, Marine Le Pen et Louis Alliot se félicitant de cette « étincelle de lucidité ».

Parler comme le fait Olivier Faure, d’une « forme de colonisation à l’envers » pour désigner les travailleurs immigrés et leurs enfants qui habitent Villiers-le-Bel, c’est donc à la fois nier la réalité du fait colonial, qui a largement été accompagné voire piloté par le PS et son ancêtre la SFIO , et relativiser le passé de la France ainsi que son actualité impérialiste et néo-coloniale.

Les colons français en Algérie n’allaient pas vivre dans des cités HLM, barres d’immeubles surpeuplées et isolées, contrairement aux habitants de Villiers-le-Bel.

Les colons français en Algérie n’allaient pas vivre dans les quartiers où le taux de chômage était plus élevé que dans le reste du pays, contrairement aux habitants de Villiers-le-Bel où en 2015 le taux de chômage atteignait 21,8% de la population active et 37,8% des jeunes, contre une moyenne de 11% dans toute la France d’après l’INSEE.

De même, les colons qui s’installaient en Algérie profitaient des meilleurs emplois et avaient des rémunérations bien supérieures aux indigènes algériens contrairement aux habitants de Villiers-le-Bel où la moyenne des revenus mensuels des ménages était de 1 363€ /mois en 2015 contre 2 159€ /mois pour la moyenne nationale, plaçant Villiers-le-Bel parmi les 100 communes de plus de 50 ménages les plus pauvres en métropole.

On ne voit donc pas bien ce qui, à Villiers-le-Bel, ressemble à de la colonisation par les travailleurs immigrés et leurs enfants. Par contre ce que l’on peut voir dans cette histoire, c’est un Parti Socialiste mort-vivant qui, après toutes ses trahisons, cherche à reconstruire son électorat, quitte à employer un argumentaire raciste.

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22 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

kanaky (france-info npa émanciption )

kanak

Nouvelle-Calédonie 

A deux semaines du référendum, une partie de l’électorat Kanak s’interroge

A deux semaines du référendum sur la souveraineté en Nouvelle-Calédonie, les sondages donnent le «Non» à l’indépendance largement en tête. La campagne officielle débute ce lundi. Reportage à Yaté et Ouvéa, deux fiefs indépendantistes.

Sur la route de Yaté, à l’extrême sud de la Nouvelle-Calédonie, le drapeau du FLNKS est partout. Dans cette commune qui vote traditionnellement pour les formations indépendantistes, le drapeau-symbole est accroché sur les arbres, les poteaux, devant les maisons. Mais à deux semaines du référendum sur la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie, le 4 novembre prochain, chez les Kanak de Yaté, certains confient leur indécision.
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Pour eux, le vote « Oui » n’est pas une certitude.
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Une jeune femme kanak relativise l’omniprésence des drapeaux indépendantistes qui ornent la commune. « C’est une manière de revendiquer notre identité, c’est un symbole. Mais je ne sais pas encore si je vais voter « Oui » le 4 novembre. Et nous sommes nombreux dans ce cas ». Elle raconte que dans les tribus les gens parlent énormément de ce référendum et s’interrogent sur les conséquences du vote pour l’indépendance :  L’indépendance c’est quoi ? Quelles seront les conséquences ? Moi, je ne sais pas et je suis inquiète.
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« Prendre notre destin en main »

A 40 minutes d’avion de la grande terre, sur l’île d’Ouvéa, où l’électorat indépendantiste est traditionnellement très nombreux, Hipveto Boucko, estime qu’au contraire, le FLNKS a mis en place un projet très précis pour l’après-référendum, en cas de victoire du « Oui ». «Les non-indépendantistes, eux, ne proposent rien de concret  pour l’après-référendum. Le FLNKS est en avance. Il est temps de prendre notre destin en main », explique Hipveto. « Quoi qu’il arrive, tous les habitants de ce pays sont condamnés à vivre ensemble. On parle beaucoup de « destin commun », mais il faut donner un sens à ce terme. »

Le Vanuatu, épouvantail ou modèle ?

Ces derniers mois, à l’approche de l’échéance référendaire, le cas du Vanuatu, archipel situé à 630 kilomètres au nord de la Nouvelle-Calédonie, a fait irruption dans la campagne. Indépen-dant depuis 1980, cet ex-condominium franco-britannique, à l’époque appelé « Nouvelles Hébrides », est cité comme contre-exemple par les partisans du maintien de la Nouvelle-Calé-donie dans la France sur le thème : «Si on devient indépendant, nous serons aussi pauvres qu’au Vanuatu ».

En 2015, l’Etat a consacré 1,28 milliard d’euros (153 milliards de Francs Pacifique)  à la Nouvelle-Calédonie. Si la Nouvelle-Calédonie accédait à l’indépendance, la fin de « l’argent de la France » est une inquiétude, pas seulement chez les défenseurs du maintien de la Calédonie dans la France.

A Ouvéa, Hipveto Boucko estime qu’au contraire, le Vanuatu est un modèle de développement à suivre pour la Nouvelle-Calédonie : Au Vanuatu, l’identité océanienne est une réalité : il y a davantage d’égalité, la terre est demeurée une valeur importante. La tradition qui veut que les Océaniens cultivent la terre est essentielle là-bas.Nous, les Kanak, nous ne donnons pas au terme « richesse » le même sens qu’en France. La richesse n’est pas une valeur financière,  elle est avant-tout  culturelle, identitaire : c’est le respect des traditions. Dans ce domaine, le Vanuatu est un exemple à suivre. Hipveto Boucko

A Yaté, Honoré est lui aussi convaincu. Le 4 novembre, il votera « Oui » à l’indépendance.
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Ce militant du Palika estime que « Tous les Kanak doivent voter, et mettre un seul bulletin dans l’urne, le « oui »». Pour Honoré, qui a vécu et participé aux affrontements des années 80, ce 4 novembre est un symbole : « C’est la première fois que la question nous est posée. Tout commence aujourd’hui. Le destin commun n’est possible que dans une Calédonie indépendante.»
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L’abstention
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Mais chez les électeurs kanak, pour diverses raisons, certains ont prévu de s’abstenir. L’une des formations indépendantistes, le Parti Travailliste, a appelé à la non-participation au scrutin. Dans le nord d’Ouvéa, des appels,sont également lancés pour ne pas participer au vote : « Je ne participe pas au référendum bidon. Voter, c’est accepter la minorisation du peuple Kanak en Kanaky », peut-on lire sur fond de drapeau indépendantiste.Il y a également ceux, comme Pierre, natif d’Ouvéa, qui n’en ont tout simplement rien à faire.  Le référendum, je m’en fous. Je ne voterai pas. L’important c’est qu’on vive tous ensemble. La terre ne nous appartient pas. Nous appartenons à la terre.
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Pierre, natif d’OuvéaDu côté de Yaté, chez les anciens, ceux qui ont participé aux affronte-ments des années 80, le doute est parfois perceptible. C’est le cas de ce sexagénaire, militant indépendantiste depuis toujours, qui confie qu’il a lui aussi choisi de ne pas voter  le 4 novembre. Il explique : Les hommes politiques calédoniens de cette génération ne sont pas mûrs pour préparer l’avenir. Ils sont de la génération qui a connu les événements, les affrontements entre Kanak et Loyalistes. Ils ont toujours les mêmes réflexes, les mêmes postures. Pour l’instant c’est trop fragile. Ce sont les enfants d’aujourd’hui qui sauront construire l’avenir, les enfants des accords
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David Ponchelet 21/10/2018
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22 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

gauche et réfugiés (npa)

Migrants Ital

La gauche et les réfugiés 

Capitulation en rase campagne

Il y a bien longtemps que la gauche gouvernementale a déserté ce qui constituait ses racines dans le domaine des frontières et de la solidarité internationale. L’ouverture, l’accueil des populations réfugiées, l’aide aux plus démunis, l’internationalisme, ont été jetés par dessus bord au fur et à mesure de l’alignement sur le système capitaliste.

Il n’y a plus grand monde actuellement pour s’opposer aux idées xénophobes, nationalistes, en vogue actuellement dans toute l’Europe. La gauche a déposé les armes idéologiques. Et même si cette attitude timorée ne date pas d’aujourd’hui, elle est encore plus flagrante à l’heure où des milliers de réfugiéEs fuient des pays en guerre, des dictatures, ou les désastres dus au réchauffement climatique. Et où nombre d’entre eux meurent en Méditerranée. Ces morts suscitent l’émoi, et des politiciens comme Benoît Hamon en ce moment, jouent sur la corde sensible, mais l’essentiel est ailleurs, avec la capitulation de l’ensemble de la gauche sur le thème de prédilection de la droite et de l’extrême droite : l’immigration.

La gauche a déposé les armes face à l’extrême droite

En 1991, Michel Rocard, ministre socialiste, laissa sa triste empreinte en affirmant que la France ne pouvait pas accueillir « toute la misère du monde », une expression qui a fait florès depuis. Cette antienne nous est dès lors resservie ad nauseam. Les pays occidentaux auraient atteint les limites de leurs capacités d’accueil. On entend des arguments hypocrites du type : comment accueillir dignement des réfugiéEs alors que le chômage frappe la population ? Ou alors : on ne peut pas en accueillir certains pour ne pas créer un « appel d’air ». Alors que 86 % des réfugiéEs sont accueillis par des pays limitrophes de zones de conflit, des pays beaucoup moins développés que nos vieux pays européens.

La réalité est beaucoup plus prosaïque

La gauche gouvernementale a choisi de défendre la société actuelle, elle s’est positionnée du côté des puissants, dans leur guerre contre la population. On le voit parfaitement dans sa politique économique au service des patrons. C’est sous un gouvernement de gauche que le code du travail a été le plus ouvertement attaqué, avec les lois El Khomri. La gauche livre les salariéEs pieds et poings liés aux grosses entreprises. Dans ce cadre, elle ne peut certaine-ment pas dire que le chômage est dû à l’avidité des capitalistes. Alors, elle va jusqu’à laisser entendre que la faute en incomberait aux immigréEs en général et aux réfugiéEs en particulier.

La gauche n’a pas hésité à présenter l’immigration comme un « problème ».

Fabius, sous Mitterrand, n’avait-il pas déclaré que sur l’immigration, l’extrême droite posait les bonnes questions mais apportait de mauvaises réponses ? Comme si les immigréEs étaient un fardeau, alors que leur travail enrichit ce pays depuis des lustres ! Les gouvernements de gauche successifs n’ont changé aucune des lois prises auparavant contre les immigréEs, mais les ont au contraire mises en œuvre.

Hollande a exclu toute régularisation collective, et, comme tous ses prédécesseurs, a mis allègrement à la poubelle la promesse de donner le droit de vote aux étrangerEs installés sur le territoire. Alors, si un parti comme le Front national en France, et tant d’autres en Europe, peuvent apparaître aux yeux d’une fraction des salariéEs comme un parti susceptible de défendre leurs intérêts, c’est d’abord parce que le passage des différents gouvernements de gauche ont démoralisé leurs électeurs populaires.

Mais c’est aussi parce que les esprits ont été préparés par les dirigeants de gauche, PS et PC confondus, qui se placent sur le terrain de la défense de la nation et des « Français d’abord ». En témoigne cette intervention de Georges Marchais en janvier 1981 : « En raison de la présence en France de près de quatre millions et demi de travailleurs immigrés et de membres de leurs familles, la poursuite de l’immigration pose aujourd’hui de graves problèmes. Il faut stopper l’immigration officielle et clandestine ».

Et le slogan du PCF était à l’époque « Produisons français ! », slogan qu’on peut rapprocher de la défense de l’industrie française, souvent mise en avant actuellement par les syndicats. Cela n’a guère de sens à l’heure de la mondialisation, car les monopoles français, bien de « chez nous », Renault, EDF, Orange, Veolia, Saint-Gobain, Carrefour, Alstom, Bolloré, Areva, Total, SFR, etc., sont tous largement implantés sur toute la planète. Mais de « fabriquons français » à « fabriquons français avec des Français », il n’y a qu’un pas, allègrement franchi par le FN.

L’argument le plus souvent utilisé pour ne pas s’opposer à la xénophobie ambiante, est  de ne pas faire monter l’extrême droite en se rendant sur son terrain de prédilection. Conséquence : la gauche ne développe aucun programme, aucun argumentaire sur la nécessité d’accueillir les réfugiéEs qui fuient leur pays. Et pourtant, cette politique de lâcheté devant les coups de la droite et de l’extrême droite contre les plus démunis, qui dure depuis quarante ans, a abouti sur le résultat que l’on connaît : l’extrême droite se porte comme un charme dans toute l’Europe. La stratégie visant à opposer les plus pauvres entre eux est parvenue à faire de l’immigration une question décisive pour nombre de FrançaisEs : une aubaine pour la droite et l’extrême droite, un sujet de honte à gauche.

Mélenchon, des relents nationalistes

Dans ce contexte, la crainte de se mettre à dos l’électorat populaire à cause d’un programme qui paraîtrait trop favorable à l’immigration a également gagné Jean-Luc Mélenchon. Considéré comme le plus à gauche de tous les « grands candidats » lors de la dernière présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, au lieu de défendre fermement les convictions internationalistes, et d’expliquer les causes réelles des problèmes de la population, a édulcoré son discours ces dernières années.

En 2012, il avait une tonalité pro-immigrés : liberté d’installation, rétablissement de la carte unique de dix ans, abrogation de toutes les lois votées depuis 2002, régularisation des sans-papiers, fermeture des centres de rétention entre autres. Il empruntait des accents lyriques: «L’immigration n’est pas un problème. La haine des étrangers, la chasse aux immigrés défigu-rent notre République : il faut en finir, affirmait son programme L’Humain d’abord. Les flux migratoires se développent dans le monde, ils mêlent des motivations diverses. La France ne doit pas les craindre, elle ne doit pas mépriser [leur] immense apport humain et matériel. »

À la dernière élection présidentielle, changement de ton 

Il insiste sur le fait d’aider les réfugiés à rester chez eux, en arrêtant les guerres notamment – certainement avec une baguette magique ? « Je n’ai jamais été pour la liberté d’installation, je ne vais pas commencer aujourd’hui », expliquait-il en 2016. Et depuis, il met en cause les migrations économiques : « Pour l’instant, il n’y a pas moyen d’occuper tout le monde, alors je préfère le dire », a-t-il déclaré sur France 2 en 2017.

Mélenchon accrédite l’idée d’un lien entre immigration économique et chômage, ce que l’histoire et les comparaisons internationales invalident, selon les termes du spécialiste des migrations, François Gemenne, « au début des années 1930, la France a pratiqué l’expulsion massive des étrangers, sans remédier en rien au manque d’emplois ; des pays comme le Canada comptent de nombreux immigrés économiques, mais très peu de chômeurs. De plus, régulariser uniquement les clandestins titulaires d’un contrat de travail risque de s’avérer périlleux, puisque la condition de sans-papiers contraint justement à travailler au noir ».

Les seuls étrangers, les patrons

Et pourtant, touTEs les militantEs et sympathisantEs de gauche savent que ce ne sont en aucun cas les « étrangers » qui sont la cause de la misère, mais bien les grandes sociétés capitalistes, d’origine française ou non. Ce sont elles qui, dans la période d’après-guerre, avaient besoin de travailleurEs pour la reconstruction, allant jusqu’à organiser des réseaux pour faire venir de la main-d’œuvre à bon marché en provenance du Maghreb et d’Afrique subsaharienne. Et aujourd’hui, alors que cette main-d’œuvre non qualifiée n’est plus aussi nécessaire dans nos pays, pour cause de délocalisation des centres de production industrielle dans des pays à bas coût, les politiciens au service de la bourgeoisie prétendent que les étrangerEs viennent manger le pain des Français.

C’est comme cela à chaque crise économique.

Ce qui change, c’est le discours de la gauche. Par exemple, à la fin du 19èsiècle, lors de la grande dépression, la gauche affichait un discours cohérent sur l’immigration, en prônant la nécessaire alliance entre travailleurs français et immigrés contre le patronat : « Les ouvrier sétrangers (Belges, Allemands, Italiens, Espagnols) chassés de leurs pays par la misère, dominés et souvent exploités par des chefs de bande, ne connaissent ni la langue, ni les prix, ni les habitudes du pays, sont condamnés à passer par les conditions du patron et à travailler pour des salaires que refusent les ouvriers de la localité », écrivaient par exemple les socialistes Jules Guesde et Paul Lafargue en 1883.

Cette ligne fut celle des principaux partis de gauche pendant les décennies de croissance du 20è siècle, puis pendant ce qu’on a appelé les « Trente glorieuses » d’après-guerre. Les fractures sont apparues pendant les périodes de crise : dans les années 1930, alors que le chômage explose à la suite de la crise de 1929, des pétitions circulent pour demander l’expul-sion des étrangers. Le socialiste Ramadier présente un texte prévoyant de stopper l’immigra-tion. Quarante ans plus tard, la crise des années 1970 va de nouveau voir les socialistes et les communistes se renier.

Or, les travailleurs immigrés ne font pas seulement partie intégrante du prolétariat.

C’est le prolétariat dans son ensemble, dans toutes les métropoles industrielles du monde, qui s’est formé par l’immigration. Par vagues successives, au gré des cycles économiques, au gré des relations de subordinations établies entre les différents pays du monde, le capitalisme a apporté de la main-d’œuvre là où il en avait besoin. Il a contraint des générations de prolétai-res, venus des campagnes, à s’installer dans les villes, ou d’autres, venus d’anciens pays colonisés, à trimer dans les nouveaux centres de productions. Et c’est bien grâce à eux, à leur travail, que nos pays ont pu devenir des pays riches.

Heureusement, que ce soit à l’initiative de l’extrême gauche, d’ONG, de simples citoyens ou de municipalités, partout en Europe, des initiatives d’accueil se multiplient.

Depuis les sauvetages en Méditerranée jusqu’à la vallée de la Roya ou au camp de Grande-Synthe, en passant par les militants syndicaux qui soutiennent les luttes sur la régularisation des sans-papiers, est donnée à voir une autre réponse que celle défendue comme la seule possible par tous les gouvernements, droite et gauche confondues.

Régine Vinon Vendredi 19 octobre 2018

https://npa2009.org/

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De l’air, ouvrez les frontières ! (NPA)

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22 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

natation gaza (courrier international)

gaza

Nageurs et nageuses gazaouis s’entraînent en eaux troubles

De jeunes Palestiniennes membres d’un club de natation à Gaza s’entraînent malgré la pollution de la mer dans ce territoire enclavé, en rêvant de Jeux olympiques.

Tête la première, une trentaine de filles et garçons palestiniens plongent dans la mer, davan-tage préoccupés de gloire olympique que de la saleté de l’eau. Ils forment sans doute le seul club mixte de natation à Gaza. Les conditions sont tout sauf idéales pour ces jeunes âgés de 11 à 16 ans, eux torse nu et short blanc et rouge au-dessus du genou, elles en haut coloré à manches longues et legging jusqu’à la cheville, les cheveux découverts quand elles n’ont pas de bonnet de bain.

En ce début d’automne la mer Méditerranée, agitée sous le ciel d’azur, ne se prête guère à l’entraînement. Le matériel de natation manque et les détritus jonchent la plage. Ici, à Beit Lahia, comme le long des 40 kilomètres de côtes bordant la bande de Gaza, il faut du courage pour braver la saleté des flots, pollués par des eaux usées. Mais en l’absence de piscines publiques gratuites dans ce territoire palestinien enclavé entre la Méditerranée, Israël et l’Egypte, les jeunes nageurs n’ont guère le choix, explique leur entraîneur, Amjad Tantish, portant chemise à carreaux et chapeau « trilby ».

« Nous manquons des équipements les plus basiques, masques de plongée, palmes ou maillots de bain. Nous n’avons aucun financement », dit-il, interrompant la séance au cours de laquelle ses protégés travaillent leurs abdominaux sur le sable et répètent à vide les mouvements de nage avant de pratiquer dans l’eau. Le club est un instantané de la situation d’un territoire qui paie un lourd tribut au conflit israélo-palestinien. Le mouvement islamiste Hamas qui dirige l’enclave, ses alliés et Israël se sont livré trois guerres depuis 2008. Israël soumet Gaza à un rigoureux blocus.

Déjà éprouvés par les guerres, les pénuries et la pauvreté, les Gazaouis doivent aussi vivre dans un environnement dégradé et dangereux.

En raison du rationnement de l’électricité et du manque d’infrastructures d’assainissement, 100 millions de litres d’eaux usées non ou à peine traitées se déversent quotidiennement dans la mer, selon l’ONU. Aux pires endroits, dans un paysage marin qui pourrait être idyllique, l’eau a une couleur marron repoussante.

Plus de 95% de l’eau du robinet est polluée. La consommation d’eau non potable constitue la première cause de morbidité infantile, selon l’Organisation mondiale de la santé. L’ONU a estimé récemment que Gaza est « en train d’imploser ».

Rêves olympiques

Israël justifie le blocus par la nécessité de contenir le Hamas, une organisation qu’il qualifie de « terroriste » et qu’il accuse de détourner l’aide internationale pour acheter des armes. Israël, qui contrôle toutes les frontières de Gaza sauf celle avec l’Egypte au sud, a saisi des dizaines de combinaisons et d’autres équipements de plongée à destination du territoire. L’armée avait déjoué lors de la guerre de 2014 une attaque de Palestiniens arrivés armés par la mer.

Pour les Gazaouis qui veulent malgré tout pratiquer la natation, la mer au large de Beit Lahia est la moins polluée, selon les experts. C’est donc là que l’équipe d’Amjad Tantish s’entraîne plusieurs fois par semaine. Ses nageurs rêvent de participer aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2020. L’entraîneur ne se fait guère d’illusion. Obtenir d’Israël la permission de sortir de Gaza est des plus improbables. Voyager éventuellement par l’Egypte reste très aléatoire.

Théoriquement, « les occasions sont nombreuses de participer à des stages d’entraînement ou des compétitions dans des pays arabes, mais voyager constitue un obstacle majeur », déplore-t-il. Le Comité olympique palestinien a bien envoyé six athlètes, dont deux nageurs, aux Jeux de 2016, même s’ils ne satisfaisaient pas aux minima requis. Aucun n’était originaire de Gaza. L’un des nageurs gazaouis, Abdel Rahmane, 15 ans, espère quand même devenir « un héros et finir premier lors de compétitions internationales ».

Davantage de nageuses

Les activités mixtes sont rares dans cette enclave conservatrice, surtout dans le sport. Amjad Tantish, 42 ans, dit que jusqu’à récemment l’idée n’était « pas acceptable ». ,Mais les comportements ont changé, ajoute-t-il. « Les familles laissent plus facilement les filles pratiquer la natation si bien que le pourcentage de femmes atteint les 30% », selon lui.

Rania, une Palestinienne de 32 ans se promenant le long de la plage avec son mari s’arrête pour regarder les nageurs: « Je ne pense pas que pratiquer leur religion empêche nos filles de faire comme les autres et d’avoir cette belle ambition ». Ruqiya, 14 ans, adore l’atmosphère du club. « J’ai commencé à apprendre à nager il y trois ans, et j’ai rejoint l’équipe récemment. Ma famille me soutient », dit-elle. Elle rêve de passer professionnelle et lance: « Nous voulons une grande piscine pour nous entraîner pour les Jeux olympiques! »

Beit Lahia (Territoires palestiniens)  22.10.2018

https://www.courrierinternational.com/

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