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18 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

mizrahim (ujfp)

langue arabe

Les mizrahim ont été spoliés de la langue arabe

Une pétition exceptionnelle a été déposée mardi 1er janvier 2018 devant la Cour suprême d’Israel, contre la loi sur l’État-nation 

Environ cinquante Juives et Juifs [israélien.nes] issu.es du monde arabo-musulman exigent le retrait de cette loi, non seulement parce qu’elle est « fondamentalement irrecevable, domma-geable, humiliante et raciste, anti-démocratique et négatrice du statut de la minorité arabo-palestinienne en tant que minorité nationale en Israël, ou parce qu’elle instaure une hiérarchie et une inégalité sociales ».

Mais aussi – et en cela réside la singularité de cette pétition – parce qu’il s’agit « d’une loi anti-juive, qui rejette l’histoire et la culture arabe, rabbinique et populaire contemporaine des Juifs issus des pays arabo-musulmans, qu’elle accroît l’infériorisation de la culture judéo-arabe dans l’espace public de l’État d’Israël et qu’elle défend au niveau constitutionnel la carte d’identité de l’État d’Israël comme État anti-arabe ».

Le texte de la pétition est suivi d’une série d’avis de personnalités universitaires de premier plan dans leurs domaines respectifs, et qui non seulement interrogent les fondements sur lesquels les législateurs ont voulu établir la loi, mais portent également un éclairage sur l’atteinte que constitue cette loi pour la collectivité mizrahie en Israël.

Ainsi, le linguiste et spécialiste de la langue hébraïque Elitzur Bar-Asher déclare que contraire-ment à ce que soutient le législateur, l’hébreu ne se trouve pas en situation de faiblesse et que la crainte d’une « perte d’identité » est absolument infondée. « L’hébreu n’est pas en danger, ni d’un point de vue linguistique, ni du point de vue de sa valorisation », déclare Bar Asher. « L’objectif de la loi n’est donc pas d’améliorer le statut de l’hébreu, mais d’affaiblir celui de sa compagne arabe » ainsi que, comme il s’ensuit, le statut des locuteurs de la langue arabe et avec lui celui des juifs orientaux.

Cette série d’avis a pour but de prouver que non seulement l’arabe a historiquement joué un rôle central dans l’élaboration de la culture juive orientale, mais aussi que les communautés orien-tales en Israël s’efforcent aujourd’hui encore manifestement d’entretenir leur lien spécifique avec la langue arabe, malgré la politique de relégation et d’effacement coutumière de l’État d’Israël à l’encontre de tout indicateur d’identité et de langue arabe dans l’espace public.

Le professeur Moshé Behar montre comment l’arabe faisait partie de manière significative et indissociable du monde des érudits juifs au Moyen-Orient pendant les périodes ottomane et mandataire ; ils considéraient même la connaissance de la langue arabe comme une obligation pour tous les juifs de la région.

Dans leurs avis, les universitaires Zvi Ben-Dor Benite, Almog Behar, Nabih Bashir, Yuval Ivri et Vered Madar soulignent que la langue arabe fut adoptée comme langue quotidienne, langue de commerce, langue de pensée et de création au point de constituer la troisième langue juive utilisée de manière continue, après l’hébreu et l’araméen ; la langue arabe est restée l’une des principales langues juives jusqu’au milieu du vingtième siècle, époque à laquelle elle comptait environ un million de locuteurs juifs, et elle est rapidement devenue l’une des principales langue de création rabbinique (dans le domaine des idées) au Moyen-Âge.

Shira Ohayon, chercheuse en études culturelles décrit, dans sa contribution, l’influence de la langue arabe et du lien ininterrompu entre cette langue et le renouveau de l’hébreu, de la poésie religieuse et profane ainsi que la manière dont l’histoire rabbinique et religieuse juive est liée de façon complexe et singulière à la langue arabe.

Le chercheur et réalisateur Eyal Sagui Bizawe souligne quant à lui la manière dont les juifs qui ont vécu dans des pays arabes ont participé activement et de manière significative au dévelop-pement culturel arabe, expliquant que la culture arabe représente leur héritage et celui des communautés dans lesquels ils se sont épanouis.

Spécialiste de sociologie linguistique et d’arabe, Yoni Mendel montre de son côté que l’arabe a persisté comme langue de création et comme principale langue du quotidien pour les juifs qui vivaient au Moyen-Orient ; selon lui, l’arabe fait partie du répertoire linguistique des juifs vivant en Israël, constituant une langue qui relie les juifs à la fois entre eux et avec les communautés musulmanes et chrétiennes arabes vivant dans le pays et dans la région.

Un autre aspect intéressant de la contribution de Mendel est celui qui porte sur la « sécurisation et l’ashkénazisation (juifs européens blog) » de la langue arabe dans le contexte israélien : le fait de dépouiller la langue de sa légitimité en tant que porteuse d’une charge identitaire et culturelle a conduit à en priver les juifs orientaux qui cherchaient à se dissocier des connotations négati-ves qui lui étaient attachées.

Parallèlement, l’arabe a acquis une légitimité dans le contexte sécuritaire qui lui était attaché – c’est-à-dire dans tout ce qui était lié à la « sécurité nationale », à savoir le travail de renseigne-ment, de hasbara [propagande], etc., bien souvent exécuté par des juifs d’origine ashkénaze. Dans le même contexte, la psychologue Iris Hefetz décrit la tension qui existe entre la langue arabe considérée comme langue de l’ennemi et le monde émotionnel de ceux qui sont originai-res du monde arabo-musulman en Israël. Malgré tout, comme le montrent les avis et les décla-rations individuelles jointes à la pétition, de nombreux mizrahim – y compris de deuxième ou de troisième génération – considèrent toujours l’arabe comme un espace culturel et identitaire pertinent pour eux, et avec lequel ils entretiennent une multitude de liens.

Le texte de la pétition insiste surtout sur l’article 4 de la loi sur l’État-nation et sur le tort fait au statut de la langue arabe en Israël du point de vue mizrahi. Mais il porte aussi sur un autre article de cette loi qui vise à encourager la colonisation juive.

Le texte affirme ainsi que chaque fois que l’État prend sur lui l’« ingénierie » démographique de l’espace, cette politique porte atteinte non seulement aux citoyens arabes, mais aussi aux mizrahim, essentiellement de deux manières : d’une part par leur « périphérisation », c’est-à-dire en les incitant à s’installer dans les marges géographiques, et d’autre part en leur fermant l’accès à un marché immobilier plus « désirable », par l’institution de commissions d’admission réputées pour leur exclusivisme.

Dans sa contribution, le professeur Erez Tzfadia insiste sur ce projet politique de dispersion de la population depuis les années cinquante jusqu’à la « mode » des colonies communautaires aux fins d’une domination spatio-démographique [dans les territoires palestiniens occupés NdT].

Parmi les signataires, on trouve des femmes et des hommes, religieux, laïcs ou traditionalistes, certains se disant sionistes et d’autres non. Ce qui leur est commun à toutes et tous, c’est la reconnaissance de la langue arabe et de l’arabité elle-même comme part intégrante de l’identité collective mizrahie en Israël, et l’indignation devant la tentative de porter atteinte à cette compo-sante de l’identité, au profit d’une version contemporaine de la politique du creuset, avec la volonté de s’en prendre au statut des citoyens palestiniens.

Il y a plus de soixante ans, devant l’arrivée [en Israël] des juifs en provenance de pays d’Orient, Abba Eban déclarait : « L’une des grandes inquiétudes que suscite l’examen de notre situation culturelle, est que la multiplication de ceux qui immigrent chez nous des pays d’Orient ne cause un nivellement culturel d’Israël avec les pays voisins.

Ne considérons pas ces immigrés orientaux comme un pont destiné à nous inscrire dans le monde arabophone ; il nous incombe de leur insuffler l’esprit occidental, sans leur permettre de nous entraîner vers une orientalité contre-nature. »

Pendant quelque soixante-dix ans, cette approche a façonné, dans une large mesure, le rapport entretenu par les institutions aux mizrahim. Fidèle à la conception de la « villa dans la jungle », l’establishment a exigé des Juifs orientaux qu’ils se débarrassent du noyau arabe constitutif de leur identité, en approfondissant de manière constante à la fois l’abîme qui les séparait de leur héritage historique, culturel et linguistique et leur éloignement par rapport à la population arabe non-juive.

http://www.ujfp.org/

Lire aussi:

Juifs Mizrahim (Wikipédia)

mozarabe

Et chez les chrétiens d’Espagne?

Les « mozarabes », des chrétiens arabisés

Bien que la culture mozarabe se définisse comme latine, elle n’en est pas moins profondément arabisée. La racine même du mot l’indique : l’arabe mustarib désigne: « un groupe (qawm) de populations non-arabes (ajam) qui firent leur entrée parmi les Arabes (daalü f l-arab), se mirent à parler leur langue et imitèrent leur apparence (hay’âtihim).

L’arabisation linguistique des mozarabes ne fait pas de doute. La pénétration de l’arabe se fit progressivement, mais l’étape fondatrice fut son adoption écrite pour la traduction de textes bibliques. Or on peut dater cette étape de la seconde moitié du 9è siècle, c’est-à-dire au moment même où fleurit la littérature arabo-chrétienne en Orient. Le premier ouvrage chrétien en arabes fut écrit un évêque de Séville qui favorisait l’apprentissage de l’arabe dans son école. Le premier témoignage conservé est une traduction des Psaumes, témoignant de l’acquisition d’un lexique théologique en langue arabe, influencé par les écrits chrétiens orientaux. La pénétration de l’arabe se fit grâce au Psautier, qui constituait la base de l’apprentissage de la lecture chez les chrétiens. Nous en connaissons l’auteur, un certain af Ibn Albar al-Qûtî. Sa traduction des Psaumes a été en usage parmi les auteurs juifs arabisés. L’auteur semble en effet avoir les yeux rivés sur l’Orient, comme d’ailleurs tous les lettrés de sa génération.

De plus, il s’agit d’un véritable plaidoyer pour l’usage de l’arabe dans l’Eglise d’al-Andalus. Le thème pentecôtiste de l’effusion des langues sert de justification au changement linguistique, car le christianisme s’adresse à la communauté des hommes tout entière : il est universel et ignore les frontières de la langue. Son relativisme linguistique militait pour l’adoption de la nouvelle langue d’empire.

http://cle.ens-lyon.fr/arabe/civilisation/maghreb/

Lire aussi:

Mozarabe (Wikipédia)

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11 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

quimper (afps)

kper

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09 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

congo plouégad guérand (la dérive)

congo

Concert de Martial Pa’nucci

Et échange sur la situation au Congo-Brazzaville

Martial Pa’nucci vient du Congo Brazzaville. Rappeur, artiste et activiste, il est un des membres fondateurs du mouvement citoyen congolais « Ras-le-bol ». Il vit en exil au Burkina Faso depuis 2 ans. Son Hip-hop militant mêle les sonorités du rap à celles des musiques traditionnelles africaines, le tout accompagné de textes puissants aux thématiques variées.

Au programme, un repas, un temps de discussion autour de la situation au Congo-Brazzaville et des luttes sociales, le concert de Martial Pa’nucci et un open mic pour finir.

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Samedi 12 janvier à la Dérive  Pont Menou 29620  à partir de 19H

Faîtes passer l’info !

https://bourrasque-info.org

Lire aussi:

Le collectif La Dérive s’enracine à Pont-Menou (OF)

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07 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

voeux (afps brest)

brest

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03 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

plogoff le pellerin (le peuple breton)

fem mes de plog

Du Pellerin à Plogoff

L’unité bretonne dans la résistance au nucléaire

En avril dernier [2011], Édouard Hamon disparaissait à la veille de ses 91 ans. Ce fut l’une des grandes figures des luttes antinucléaires dans l’estuaire de la Loire. Ayant des terres au cœur du périmètre du projet de la centrale nucléaire du Carnet, ce paysan refusa jusqu’au bout de les vendre à EDF. Comme le rappelle ses amis, sa résistance opiniâtre lui valut beaucoup de pressions et de menaces.

Interrogé par le journaliste Marc Le Duc sa fille, Hélène Hamon, rapporte que « ce fut une lutte longue et dure » et que la victoire sur EDF en 1997 « était la fierté de mon père d’avoir gagné ». Dans l’estuaire, le combat antinucléaire dura plus de vingt ans, ponctué d’affron-tements, d’actions en justice, de manifestations et rassemblements festifs géants.

À l’occasion du 30e anniversaire de l’abandon du projet de centrale nucléaire à Plogoff, la plupart des médias font l’impasse sur la place dans le combat antinucléaire breton victorieux des luttes développées dans l’estuaire de la Loire.

On ne peut comprendre Plogoff sans connaître l’histoire des luttes développées dans le sud de la Bretagne

Erdeven en 1974-75 et dans son sillage à Corsept et au Pellerin, dans l’estuaire de la Loire. Comme pour Plogoff, deux ans plus tard, la lutte du Pellerin entre dans l’actualité au moment de l’enquête d’utilité publique.

En janvier 1977, les paysans du site créent un groupement foncier agricole pour retarder l’achat des terrains par EDF. Le 8 mai, 10 000 personnes participent à la première fête anti-nucléaire sur le site. Le préfet de Loire-Atlantique donne des consignes aux douze maires des communes situées autour du Pellerin pour la procédure de l’enquête d’utilité publique. Sept maires refusent de rentrer dans le jeu. L’affichage qui est fait par les autorités à la place des maires rebelles pour annoncer le début de l’enquête est déchiré et brûlé.

Au Pellerin, l’accès de la mairie est barré par des engins agricoles et le sous-préfet se fait copieusement arroser de lisier. Les manifestants vont obliger le préfet à trouver une parade au blocage des mairies où peuvent être consultés les registres d’enquête. Le pouvoir inaugure la pratique des camionnettes gardées par les forces de l’ordre et baptisées « mairies annexes ». Le 2 juin à Couëron, la mairie est envahie par des manifestants qui neutralisent deux gendarmes pour s’emparer des registres qui finissent en feu de joie.

Les autorités réagissent brutalement en arrêtant à leur domicile quatre agriculteurs et une agricultrice. Un conseil municipal extraordinaire apporte son soutien aux inculpés. La force de ce mouvement populaire est sa non violence. Craignant une contagion le procureur maintient le mandat de dépôts jusqu’au procès en arguant qu’on est devant un « acte de guérilla ». Le 9 juin, veille du procès, 1 500 personnes se réunissent à Nantes. Devant le tribunal, le leader paysan Bernard Lambert approuve le mode d’action non violent.

Le jugement est brutal 

8 mois de prison dont 6 avec sursis. Devant le palais de justice la stupeur du millier de mani-festants se mue en combativité du coté de Saint-Jean-de-Boiseau où une quarantaine de manifestants déchirent le dossier d’enquête.

La riposte brutale des gardes mobiles préfigure la politique répressive de l’État français à Plogoff.

La colère ne retombe pas avec 2000 manifestants à Nantes le 14 juin et des affrontements violents à Cheix-en-Retz. Le 11 juillet, l’enquête est close dans la confusion. Le 18 octobre 78, les conseils municipaux du Pellerin et de Cheix-en-Retz démissionnent suite à l’avis favorable du Conseil d’Etat à EDF.

La dernière délibération des deux conseils sera un jumelage avec Plogoff.

Plus rien ne sera comme avant dans les luttes antinucléaires bretonnes. La solidarité et la communauté d’action ira en se renforçant entre l’estuaire de la Loire et Cap Sizun. Le 20 avril 79, les autorités demandent des études complémentaires concernant le site du Pellerin en raison de la proximité de Nantes. Manière d’enterrer le projet sans montrer que le pouvoir a reculé devant ces irréductibles Bretons.

La leçon est retenue par les habitants de Plogoff qui prennent le relais en reprenant le mode de lutte inauguré au Pellerin.

Les gens du Cap vont l’adapter à leur terrain en apportant leur touche personnelle. Le pouvoir qui allait aussi reculer en 1981 à Plogoff ne va pas pardonner aux Bretons cette humiliation en voulant installer sa « centrale baladeuse » plus près de l’entrée de l’estuaire, au Carnet.

En 1983, la brutalité des forces de l’ordre lors des premiers mouvements de contestations sur le site du Carnet est particulièrement significative d’un pouvoir qui veut faire plier les Bretons. On entendra même de la bouche du ministre socialiste Edmond Hervé (maire de Renne blog) chargé de l’énergie nucléaire que l’intérêt de la France prime avant celui de la Bretagne.

14 ans plus tard, des femmes et des hommes comme Edouard Hamon ont à nouveau fait échouer l’État français dans sa tentatives d’implantation de centrales nucléaires en Bretagne.

Hubert Chémereau 1 janvier 2019

Article publié dans l’édition papier du Peuple breton de juin 2011

http://lepeuplebreton.bzh/

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03 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

bayonne (ujfp)

bayonne

Maintenant les prisonniers

Toutes et tous à la manifestation du 12 janvier à Bayonne

Nous serons des milliers à nous rassembler à Bilbao et à Bayonne le 12 janvier, pour dire à Madrid et à Paris que les conditions d’une paix juste et durable ne sont pas encore réunies.

Nous allons leur dire que le processus de paix n’est pas seulement la fin de la lutte armée. Après la remise des armes et la dissolution de l’ETA, le Pays Basque, dans sa diversité, revendique haut et fort que maintenant, le temps est venu de traiter la situation des prisonnier.e.s. Nous dirons à Bilbao et à Bayonne, que sur ce chemin de la paix, nous sommes tous impliqués : la société dans sa diversité, les associations, les institutions, les états.

C’est le devoir de tous ces acteurs, mais seuls les états détiennent les clés qui ouvrent les portes !

C’est MAINTENANT que le processus doit passer à la vitesse supérieure et pour cela, il est grand temps de résoudre le problème des prisonnier.e.s. Nous exigeons la fin des mesures d’exception ! Nous exigeons l’application des droits de l’Homme, indispensable pour construire une paix solide et durable ! Et demain, il nous faudra un nouveau cadre juridique qui soit adapté au processus de paix.

Les démarches unilatérales entreprises jusqu’à présent nécessitent une réponse qui permettra d’alimenter la dynamique de paix. Ne pas franchir les étapes qui sont aujourd’hui nécessaires serait aussi diminuer la valeur de celles entreprises hier. Il est indispensable de dire, de confirmer que ce qui a été fait jusqu’à présent était nécessaire, était bon pour la paix. C’est celui-là, le chemin ! Et c’est ainsi que nous tracerons le sillon qui conduit du passé vers l’avenir.

Nous devons tracer cette route sans rien oublier ni omettre du passé. A toutes les victimes de toutes les violences, nous devons la vérité, le respect et la reconnaissance. Notre dette envers elles est de ne pas renouveler les erreurs du passé et c’est avec cet objectif commun que nous devons travailler, quelles que soient par ailleurs, les différences de points de vue.

Cette cohabitation démocratique qui n’a pas été possible pendant de longues années est enfin envisageable au Pays Basque. Ce sera notre exercice collectif : celui de celles et ceux qui n’ont pas pu s’unir jusqu’à présent.

Avec cette obligation, cette espérance, cette exigence, nous construirons une paix profitable à tous. Chaque jour compte. L’implication de chacun compte.

Puisque nous sommes tous gagnants avec la paix : faisons une paix où nous serons tous gagnants.

jeudi 3 janvier 2019

http://www.ujfp.org/

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30 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

soudan (essf orient21)

soud

Le soulèvement au Soudan

Le spectre de la révolution terrifie les tyrans arabes

29 ans de régime militaire. 29 ans de chambres secrètes et de caves de torture. 29 ans de terreur des citoyens et des opposants à des milices qui enlèvent, brûlent, tuent et violent … 29 ans de médias aux ordres, qui qualifient à la une tout mouvement de jeunes comme des « manifestations de gays et de prostituées ».

Aujourd’hui, le dictateur soudanais Omar al-Bashir est aux proies avec le souffle la révolution, dans un contexte économique déséquilibré, et acculé à un isolement international qu’il a tenté à plusieurs reprises de briser en vain : en envoyant des milliers de soldats dans la coalition d’agression contre le Yémen, ou en se rapprochant de la Turquie et ou encore de Bashar Assad en Syrie.

L’étincelle du soulèvement soudanais actuel a été la manifestation des enfants des écoles d’Atbara qui protestaient contre la cherté du coût de la vie, manifestations réprimées sauvage-ment. Mais les manifestations se sont propagées à travers les États jusqu’à atteindre la capitale.

Avec un courage sans précédent, les Soudanais ont fait face aux forces de sécurité souda-naises et aux milices d’ Al-Bashir, qui ont utilisé du gaz lacrymogène, des balles réelles et des mitraillettes lourdes « Douchka » pour disperser les manifestations, Le directeur des services de renseignement soudanais a déclaré que le Mossad israélien était derrière les manifesta-tions et le régime a bloqué les médias sociaux et les messagerie, dans le cadre d’une campa-gne de descentes et d’arrestations dans les rangs de manifestants et de militants.

Et selon des estimations, variables en raison du blocus médiatique, le nombre des martyrs s’élèverait de 15 à 30.

Mais les manifestations ne se sont pas pour autant calmées et les Soudanais poursuivent leur révolution. Les médecins ont annoncé une grève générale à l’exception des urgences, et on peut s’attendre à ce que d’autres secteurs professionnels fassent grève d’ici peu. Des mani-festants dans plusieurs villes ont incendié les sièges du parti au pouvoir et la sécurité de l’État, dans des scènes rappelant le vendredi de la colère en Egypte, le 28 janvier 2011.

Le Soudan entre en éruption en plein blocus médiatique régional.

Au-delà de leurs différents politiques, les dirigeants arabes ne veulent la révolution dans aucun autre pays de la région dont le destin pourrait être influencé par un effet de dominos. Sur Inter-net, a commencé une offensive de groupes saoudiens et égyptiens contre le mouvement soudanais assorties d’avertissements sur la ruine du printemps arabe.

Le spectre de la révolution les terrifie encore.

En revanche, le mouvement soudanais est chaleureusement accueilli par les Égyptiens et les autres peuples défaits de la région, dans l’espoir que le mouvement soudanais parviendra à changer la donne en faveur d’un changement politique une nouvelle fois.

Comme lors de chaque révolution, les opportunistes tentent de la chevaucher et de la kidnap-per. Sadiq al-Mahdi est de retour dans le pays après son exil volontaire. D’autres tentent de promouvoir le rôle de l’armée soudanaise dans les rangs des manifestants, comme si l’armée ne dirigeait pas le Soudan, comme si elle permettait la présence d’éléments d’opposition ou de non-corrompus chez les gradés.

Certes, les rebelles soudanais peuvent avoir des alliés chez les soldats et les officiers subalternes, mais l’armée soudanaise est profondément corrompue et ses dirigeants sont la force de frappe de Bashir mais dans le cas d’une recrudescence du soulèvement, ils peuvent choisir de sacrifier ce dernier pour sauver le régime, à l’instar de ce qu’ont fait leurs pairs du conseil militaire égyptien en Egypte le 11 février 2011.

Toute la solidarité et le soutien au peuple soudanais.

Gloire aux martyrs.

Le pouvoir et la richesse au peuple

Socialistes révolutionnaires 22 décembre 2018 Traduction de l’arabe : Luiza Toscane.

Commentaire : les SR sont un parti égyptien

http://www.europe-solidaire.org/

revolutionary_socialists_logo_english

Lire aussi:

Dozens have been killed by the regime. But Sudan’s protesters march on (The Guardian)

Soulèvement du Soudan contre les politiques d’appauvrissement : le FMI est passé par ici ! (Essf)

Les « émeutes du pain » : au Soudan, la rue défie le pouvoir d’Omar Al-Bachir (Essf)

Les espoirs d’une troisième révolution au Soudan (Orient 21)

Soudan : La grève générale est l’arme la plus puissante (ESSF)

Soudan : Déclaration de la Liberté et du Changement (ESSF)

Soudan : « Ce qui est au cœur du débat politique, c’est la chute immédiate du régime » (NPA)

Informer le reste du monde : La « révolution » à distance des exilés soudanais à Paris (ESSF)

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29 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

duroc maroc (umt)

mar 1

Appel à la solidarité (Maroc) :

Les ouvrier-ères agricoles dans la région d’Agadir luttent contre l’offensive de l’agrobusiness sur le droit syndical (ESSF)

duroc

Marche régionale de solidarité Jeudi 3 Janvier 2019.

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27 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

madagascar (courrier international)

madagascar

Madagascar.

Une catastrophe écologique à venir

L’élection d’Andry Rajoelina à la présidence a été confirmée le 27 décembre. Entre les deux tours, William Laurance, professeur australien spécialiste de l’environnement, disait redouter le pire si ce candidat était élu, en particulier pour les forêts de la Grande Île.

Quels sont les points communs du Brésil et de Madagascar ? Les deux pays ont prêté leur nom à des films fantaisistes. Tous deux sont connus dans le monde entier pour la richesse de leur biodiversité. Et tous deux doivent composer avec un autocrate déterminé à détruire l’environnement pour en tirer profit à court terme.

Malheureusement pour le Brésil, Jair Bolsonaro a déjà été élu, et il prendra ses fonctions le 1er janvier. Pendant sa campagne électorale, il n’a pas caché son intention de piller l’Ama-zonie : il prévoit d’abolir les protections et réglementations environnementales pour encourager l’exploitation minière et l’agriculture à grande échelle.

Un complot du “marxisme culturel”

C’est désastreux pour la forêt amazonienne, mais aussi pour la planète tout entière, car la forêt transforme le dioxyde de carbone en oxygène – un rôle qui lui (article payant)

William Laurance 27/12/2018
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22 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

michèle sibony (ujfp)

Michèle Sibony 

« Conte et légende d’un lobby sioniste »

Un journal en ligne le JNS (Jewish News Syndicate) publie le 16 décembre 2018 un article signé par Yossi Lempkowicz intitulé « manifestations d’antisémitisme dans le contexte des manifesta-tions des gilets jaunes en France ».

Cet article à diffusion virale aux États-Unis, nous a été transmis par un jeune chercheur d’une université californienne, pour vérifier sa véracité. Il raconte une histoire digne des meilleurs conteurs : un pic d’antisémitisme en France menace les juifs avec et depuis les manifestations des gilets jaunes.

N’hésitant pas à inventer des situations jamais vues ou entendues, lors des dernières semai-nes, il serait plutôt matière à sourire s’il ne faisait en réalité partie d’une campagne de lobbying acharnée pour imposer une définition de l’antisémitisme suivie d’exemples qui incluent l’antisio-nisme : c’est la définition de l’IHRA (International Holocaust Remembrance Alliance) augmentée de ses exemples.

Nous n’entrerons pas ici dans les détails de cette affaire, mais il faut savoir que l’IHRA qui elle-même avait été victime de ce lobbying avait cependant voté une définition qui n’incluait pas d’exemples. Les exemples imposés par le lobbying ont été ajoutés à la définition votée, et tout l’enjeu est aujourd’hui de faire voter en force, État par État, la définition augmentée de ces exemples mentionnant l’antisionisme comme antisémite.

Déjà l’introduction du conte identifie au point de les confondre deux personnages 

Commission Européenne et Agence des droits fondamentaux. Si l’on cherche le sondage cité dans la Commission Européenne il n’apparaît que sous la publication de l’une de ses agences la FRA, Agence pour les droits fondamentaux. Il y a donc une volonté d’assimilation d’une agence d’experts au service de l’UE avec la Commission Européenne elle-même. Or cette confusion volontaire a déjà des précédents.

L’UE est depuis des années maintenant, la cible principale du lobbying d’Israël

Ce lobbying s’est au cours des années introduit dans tous les organismes « d’experts » travaillant à la périphérie de l’UE. C’est ainsi par exemple qu’il avait utilisé le site de l’EUMC (Observatoire Européen des Phénomènes Racistes et Xénophobes) lui-même intégré au site internet général de l’UE, pour y placer un texte sur la définition de l’antisémitisme faisant donc passer ce texte pour un texte officiel de l’Union Européenne aux yeux d’un observateur non averti.

Lorsque cet organisme, l’EUMC, fut remplacé par la FRA, cette dernière retira la définition de son site, s’attirant les foudres du lobby, mais elle souligna que ce texte qui n’avait été voté par personne n’était pas un texte officiel de l’UE. Pour que les choses soient encore plus claires voici la présentation officielle de la FRA :

« Créée en 2007 par l’Union européenne, la FRA fournit des conseils indépendants fondés sur des éléments de preuve en matière de droits fondamentaux. Les 90 membres du personnel de la FRA comptent, notamment, des experts juridiques, des experts en sciences sociales et politi-ques, des statisticiens et des experts en communication et de mise en réseaux. »

Le conseil d’administration de la FRA se compose d’experts indépendants des droits de l’homme issus de chacun des 27 États membres, de deux représentants de la Commission et d’un expert indépendant nommé par le Conseil de l’Europe. »

Un passage rapide sur le site de la FRA permet de voir que son activité est aujourd’hui entiè-rement orientée sur l’antisémitisme, pourtant ce ne sont pas les violations des droits fonda-mentaux qui manquent.

Mais il faut bien alimenter la bataille en cours 

imposer à l’UE et à chacun de ses membres le vote de la définition de l’IHRA incluant des exemples d’antisionisme présentés comme antisémites. L’article-conte fait partie de cette opération de lobbying, il participe de la diffusion de la peur antisémite, moteur du vote des États, et si la France est ciblée, la raison en est fournie par le texte lui-même : première communauté juive d’Europe, 500.000 membres.

Mais par exemple le Guardian a aussi diffusé cette peur, et ce message en Grande Bretagne où la bataille fait aussi rage : theguardian. Il s’agit pour ce lobby israélo-étasunien de faire feu de tout bois pour placer les « éléments de langage » nécessaires à la bataille en cours, et ils sont lâchés assez platement il faut le reconnaître, mais il fallait sans doute respecter la consi-gne : « Le mouvement des gilets jaunes attire des antisémites qui essaient d’insuffler des théories selon lesquelles les juifs, les sionistes sont les élites, les financiers… » ?

L’article s’appuie à la fois sur des mensonges en rafale qui viendra les contester en Californie? Et comme si en France les actes antisémites passaient inaperçus de nos jours… et sur des déclarations du Dilcrah. Pas un mot pourtant sur les réels, et rares, incidents racistes recensés sur le terrain par des témoins et des médias, contre une femme voilée, contre les migrants. Hors sujet, même pour le Dilcrah ! Qui s’en étonnerait, cet organisme s’étant lui-même déjà distingué pour son orientation sioniste affirmée, et il faut bien le dire ses silences sur l’islamo-phobie et les autres formes de racisme.

Diffuser la peur de l’antisémitisme est équivalent dans ses effets, à l’antisémitisme lui-même.

Et la solution est abondamment traitée en faisant apparaître les structures états-uniennes, européennes et israéliennes de ce sionisme imposé : l’aliyah, l’immigration vers Israël dont le bassin français reste une source majeure d’approvisionnement. Pourtant tous les articles récents publiés dans la presse israélienne révèlent l’arrêt ou le fort ralentissement de l’émi-gration des juifs de France vers Israël et même le retour en France de nombreuses familles.

Les ravages de ce lobbying et de cette littérature, sont incommensurables si une contre infor-mation sérieuse et argumentée n’est pas apportée rapidement et systématiquement. Les media susceptibles de réagir et motivés sont encore bien trop rares. Nous sommes loin du compte.

vendredi 21 décembre 2018  Michèle Sibony

http://www.ujfp.org/

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