Archive | Anticolonialisme

01 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

grève en palestine (courrier international)

strike palestine

Grève des Palestiniens contre la loi israélienne sur « l’Etat-nation juif »

Les Palestiniens ont observé lundi une grève générale en opposition à une loi israélienne très controversée votée en juillet, définissant Israël comme « l’Etat-nation du peuple juif ».

En Cisjordanie occupée, à Gaza et à Jérusalem-Est, la partie palestinienne de la ville annexée et occupée par Israël, écoles et commerces sont restés pour la plupart fermés, ont constaté des journalistes de l’AFP. Des manifestations sont prévues dans la journée à Ramallah, en Cisjordanie, et à Jatt, dans le nord d’Israël, où vivent des Arabes israéliens, les descendants des Palestiniens restés sur leurs terres à la création d’Israël et qui constituent aujourd’hui 17,5% de la population israélienne.

La grève est dirigée « contre la politique appliquée par Israël pour éliminer le nationalisme palestinien et l’expulsion de citoyens de leurs terres », a déclaré Khaled Abou Ayouch, un habitant de Ramallah. La loi votée par le Parlement israélien le 19 juillet, avec le soutien du Premier ministre Benjamin Netanyahu, confère aux juifs le droit « unique » à l’autodétermination en Israël et proclame que l’hébreu est la seule langue officielle d’Israël, l’arabe n’ayant qu’un statut « spécial » qui n’a pas été défini.

Aucun article ne mentionne l’égalité entre les citoyens ou le caractère démocratique du pays, faisant craindre que le caractère juif d’Israël ne prime sur les autres principes. Outre la protestation contre cette loi, que les minorités arabes dénoncent comme un texte faisant d’eux des citoyens de seconde zone, la grève vise aussi à montrer la solidarité des Palestiniens avec les habitants de Khan al-Ahmar, en Cisjordanie, selon Hanane Achraoui, une haute responsable de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Ce village bédouin d’environ 200 personnes est voué à être détruit par Israël qui le juge illégal, malgré les appels de plusieurs Etats à épargner cette localité devenue emblématique de l’opposition de communautés confrontées à l’occupation et à la colonisation israélienne en Cisjordanie. Les Arabes israéliens commémorent aussi le 1er octobre la mort de 13 des leurs lors de manifestations de solidarité avec les Palestiniens en 2000, au tout début de la Seconde Intifada.

Jérusalem était particulièrement calme lundi, la plupart des commerces de la Vieille ville, située à Jérusalem-Est, étant fermés. Les juifs observent par ailleurs le dernier jour de Souccot, la fête des Tabernacles. Mahmoud Hamed était l’un des rares à avoir gardé son échoppe ouverte, à l’extérieur des remparts de la Vieille ville. « Nous tenons une boulangerie », a-t-il justifié. « Pendant les guerres ou les grèves, les gens ont besoin d’une pause ».

La loi sur « l’Etat-nation du peuple juif » inquiète d’autant plus les minorités que le document fait partie des lois fondamentales qui font office de Constitution, inexistante en Israël. Des recours ont été déposés devant la Cour suprême et des manifestations contre le texte ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes en Israël cet été.

Jérusalem  01.10.2018 

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01 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

bundisme et sionisme (ujfp)

Chanson anarchiste en yiddish

Juifs européens opposés au mouvement sioniste naissant : une histoire oubliée ?

L’idée sioniste est plus ancienne que le mot, qui fut employé en public pour la première fois par Nathan Birnbaum au cours d’une réunion qui se tint à Vienne dans la soirée du 23 janvier 1892.

L’ironie veut que cet homme deviendra par la suite, pour des raisons religieuses, un antisio-niste acharné. C’est aussi dans les dernières années du 19è siècle qu’eurent lieu les deux événements fondateurs du sionisme politique : la tenue du premier congrès sioniste mondial à Bâle en 1897 précédée, un an plus tôt, par la publication du Judenstaat (L’Etat des Juifs) de Theodor Herzl, œuvre fondatrice du sionisme politique.

Pourtant, « l’opposition au sionisme est aussi ancienne que le sionisme même [1] ». En raison de son caractère colonial, l’entreprise sioniste n’a pu que provoquer, dès le départ, une vive hostilité de la part des populations arabes, spécialement de Palestine [2]. Mais au sein même des communautés juives d’Europe, les critiques furent nombreuses et provenaient principal-ement de trois milieux : les assimilationnistes, les religieux orthodoxes et les révolutionnaires de gauche.

Les assimilationnistes

Tout en reconnaissant la gravité de l’antisémitisme, les assimilationnistes critiquaient le carac-tère éternel que lui attribuaient les sionistes ; ils ne voyaient dans cet antisémitisme que des manifestations de croyances héritées des temps anciens, amenées naturellement à dispa-raître. Pour eux, l’assimilation était partout en marche en Europe et il serait vain, voire même dangereux, de s’y opposer :

Certes, autrefois, l’émancipation des Juifs dépendait du bon vouloir du prince et ce qui avait été donné pouvait toujours être repris.

Certes encore, l’antisémitisme moderne pouvait rendre l’assimilation plus difficile en fermant, par exemple, certaines professions aux Juifs. Il pouvait la freiner mais il ne pouvait pas l’empê-cher. Car l’émancipation des Juifs n’était plus fondée sur des facteurs subjectifs mais sur les tendances économiques et sociales de l’histoire du monde et sur le progrès irrésistible de la civilisation.

Bien entendu, cette critique libérale était beaucoup plus répandue en Europe occidentale et centrale et aux Etats-Unis, la majorité des juifs de ces pays se sentant enracinée dans son pays respectif, qu’en Europe orientale où la situation sociale des juifs était beaucoup plus précaire. De même que cette critique libérale et assimilationniste au sionisme n’était pas dépourvue d’arrières pensées racistes. L’argument de la laïcité, ou devrions-nous plutôt dire du sécularisme, était ici brandi contre l’appartenance juive. L’opposition au sionisme pouvait ainsi aller de pair avec la négation de soi en tant que juif.

Les religieux orthodoxes

De nombreux religieux juifs critiquèrent très tôt le projet de création d’un foyer national juif en Palestine en raison de sa contradiction avec la promesse messianique de la Bible et des autres sources du judaïsme, qui conditionnaient le retour en eretz israel (littéralement terre d’Israël) à l’avènement du messie et non aux actions humaines. Ces critiques expliquent pourquoi les diri-geants de la communauté juive de Munich s’étaient opposés à la tenue dans leur ville du premier congrès sioniste mondial, qui s’est finalement ouvert à Bâle le 29 août 1897.

Ces critiques des juifs orthodoxes à l’égard du sionisme rejoignaient parfois celles des milieux libéraux sur la question spécifique de l’attachement des populations juives à leur patrie, le sionisme ne pouvant que créer une double allégeance néfaste, qui entraînerait un regain d’antisémitisme. C’est ce que déclarait, par exemple, le rabbin américain Isaac Wise peu après le premier congrès sioniste mondial : « Nous dénonçons toute cette affaire d’un Etat juif comme étrangère à l’esprit du Juif moderne de ce pays, qui considère l’Amérique comme sa Palestine et dont les intérêts sont situés ici ».

Certains juifs orthodoxes voyaient en outre d’un très mauvais œil le caractère séculier de l’idéologie nationaliste sioniste naissante, qui ne manquerait pas d’entrainer une perte d’influence de ces autorités religieuses au sein des populations juives :

Les théoriciens de l’aile ultra-orthodoxe, comme Isaac Breuer, considéraient les Juifs comme une nation religieuse, c’est-à-dire comme une nation différente de toutes les autres en ce que la religion était son seul contenu.

Le sionisme voulait laisser la religion en dehors de la renaissance nationale, ce qui faisait que la nation deviendrait une coquille vide.

Sans religion, en effet, toute l’histoire juive pendant des milliers d’années n’avait aucun but. La nation juive avait refusé de périr parce qu’elle voulait sauver sa religion ; inversement, la reli-gion avait sauvé la nation juive. Après avoir tant souffert pendant deux mille ans, n’était-ce pas une folie de faire des Juifs une nation comme toutes les autres, de les politiser, de créer un Etat qui serait neutre en matière de religion ? Selon cette doctrine, le sionisme dépouillait la nation juive de son véritable contenu culturel en empruntant à l’Europe occidentale le nationa-lisme moderne. Il s’était ainsi lancé dans la pire sorte d’assimilation.

Pourtant, après une lutte acharnée, sur les détails de laquelle il n’est pas possible de revenir ici,  la majorité des orthodoxes (spécialement ceux de l’« Agoudat Israël ») se ralliait à l’Etat d’Israël au moment de sa création, au prix d’une certaine réinterprétation de la réalité : « A leurs yeux, Israël n’avait pas vu le jour comme résultat des efforts des sionistes mais comme un don du ciel ».

Les milieux révolutionnaires de gauche

Enfin, si le sionisme ne manqua pas d’attirer sur lui les critiques des milieux révolutionnaires de gauche, les différences étaient là aussi très grandes selon que l’on provenait d’Europe centra-le et occidentale ou d’Europe orientale.

On pourrait synthétiser la situation des Juifs de l’Est européen dans les termes suivants:

Une structure sociale formée essentiellement par un prolétariat d’origine artisanale et par une petite bourgeoisie appauvrie, un processus d’assimilation très faible ou inexistant, la conserva-tion du yiddish en tant que langue nationale, un attachement important à la tradition religieuse et une identité ethnique influencée par un contexte largement imprégné d’antisémitisme.

Le judaïsme d’Europe centrale présentait des caractères différents 

Une prédominance des classes moyennes et bourgeoises, un très haut niveau d’urbanisation, un processus d’assimilation linguistique et culturelle complètement achevé et, enfin, l’abandon du yiddish et de l’orthodoxie religieuse [3]. Et c’est précisément en Europe centrale et orientale que « s’esquissaient les traits d’une nouvelle question juive fondée sur la dialectique nationali-té-assimilation [4] » et à propos de laquelle s’affrontaient les conceptions bundistes et marxistes :

Le Bund (Union générale des ouvriers juifs de Pologne, Russie et Lituanie)

Fondé en 1897 (soit l’année même du premier congrès sioniste mondial), se situe « au carre-four du socialisme et de la judéité [5] ». S’il a largement contribué à fonder le POSDR Parti ouvrier social-démocrate de Russie (des bolchéviques et menchéviques note du blog), il n’en a pas moins revendiqué une certaine autonomie vis-à-vis de ce dernier.

Recrutant principalement dans les milieux artisanaux et les petites entreprises, le Bund s’est nettement opposé au sionisme lors de son quatrième congrès de 1901, en adoptant une réso-lution visant l’autonomie culturelle extraterritoriale, qui s’articulerait autour de ces trois revendications :

  • La transformation de l’empire russe multinational en une fédération de peuples ;
  • Le droit à l’autonomie nationale pour chacun de ces peuples, indépendamment du territoire d’implantation
  • L’attribution aux Juifs du statut de nation à part entière [6].

L’originalité des bundistes tenait donc à « leur tentative de penser différem-ment la nation » 

L’autonomie juive n’était pas pensée comme territoriale mais comme nationale-culturelle, et le yiddish, véritable langue nationale, y tenait une place très importante.

Pour ce qui est des marxistes, leurs positions à l’endroit de la question juive restaient somme toute prisonnières du prisme de l’assimilation, considérée unanimement comme un progrès de l’histoire, ce qui les conduisit à critiquer le sionisme dans des termes parfois très proches de ceux, des intellectuels juifs libéraux.

Sans revenir sur l’ensemble des positions des marxistes au sujet des questions juive et nationale [7], il sera simplement question ici des écrits de celui qui a su le mieux, parmi les socialistes, théoriser la question nationale [8] et qui, même s’il n’était pas juif, a exercé une influence importante parmi certains socialistes juifs d’Europe sur les questions du sionisme et du Bund : Vladimir Lénine.

Pourtant, la position que défendit Lénine a souvent été mal comprise et surtout critiquée comme ayant conduit à opposer marxisme et nationa-lisme [9].

Or, la réflexion de Lénine sur ces sujets a toujours été empreinte de pragmatisme et a donc évolué au fur et à mesure que la situation politique évoluait elle-même. Aux premières inter-ventions polémiques à l’endroit des conceptions sionistes et de celles défendues par le Bund surtout après la scission entre ce dernier et le POSDR, ont laissé place des publications au ton plus mesuré, dans lesquelles Lénine reconnaissait l’existence du concept de nation juive.

En fait, pour comprendre ce qui peut être apparaître comme des hésitations de sa part, il est utile de rappeler la double approche dans laquelle s’inscrivait constamment ses réflexions sur la question nationale et sur la question juive.

D’une part, il défendit vigoureusement le principe du droit à l’auto-détermi-nation des peuples opprimés (s’opposant sur ce point précis à Rosa Luxemburg).

A l’appui de ce principe, Lénine affirmait que cela aidait à la prise de conscience politique des travailleurs, qui se rendaient compte qu’ils avaient la même nationalité que ceux qui dirigeaient l’Etat oppresseur (mais pas les mêmes intérêts). En agissant ainsi, les socialistes de l’Etat oppresseur encourageaient l’internationalisme aussi bien au sein de leur propre classe ouvrière que dans celle de la nation opprimée [10]. Lénine fondait donc sa position sur le principe de la lutte contre les idées réactionnaires au sein de la classe ouvrière de la nation dominante.

D’autre part, Lénine rejeta la conception de Bauer d’une « autonomie nationale culturelle »

en raison des concessions qu’elle faisait au nationalisme bourgeois. C’est donc dans cette perspective que s’inscrit son opposition aux conceptions bundistes, opposition davantage fondée sur des considérations de stratégie révolutionnaire et de tactique plutôt que sur des principes généraux. Car la critique de Lénine fut élaborée dans le contexte particulier du mouvement révolutionnaire socialiste russe (plus précisément à la suite du 2è congrès du POSDR de 1903 et la scission intervenue avec le Bund). Lénine reprenait ainsi des critiques émises par des socialistes russes juifs comme Martov et Trotsky à l’encontre du Bund : on reprochait à ce dernier son séparatisme qui affaiblissait le mouvement socialiste russe dans son ensemble.

Pour Lénine, il s’agissait de faire une distinction claire entre, d’une part, la lutte contre chaque élément de discrimination à l’encontre de tout groupe sur la base de sa langue ou de sa culture, et l’exaltation, d’autre part, de cultures nationales particulières.

lundi 1er octobre 2018  Rafik Chekkat

http://www.ujfp.org/

Lire aussi:

Union générale des travailleurs juifs (Wikipedia)

Commentaire:  Question nationale sans forcément une réponse nationaliste « fermée », autodétermination avec ou sans séparation, ces questions sont toujours d’actualité, que ce soit dans l’Etat Espagnol, au Royaume Uni ou chez les Kurdes.

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30 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

salah libéré! (courrier-international libération)

hammouri

Israël libère un avocat franco-palestinien après plus d’un an de détention

Salah Hamouri, un avocat franco-palestinien, libéré par Israël après plus d’un an de détention, rejoint sa mère Denise au domicile familial à Jérusalem-Est, le 30 septembre 2018 . Un avocat franco-palestinien a été libéré de prison dimanche après plus d’un an de détention administra-tive en Israël et a rejoint le domicile familial à Jérusalem-Est, a indiqué son avocat à l’AFP.

Salah Hamouri, 33 ans, avait été arrêté à Jérusalem le 23 août 2017. Il a passé la quasi-totalité de sa détention dans une prison du Néguev dans le sud d’Israël. Les accusations portées contre lui sont restées confidentielles comme c’est généralement le cas pour les détentions administratives. Le régime de détention administrative, très critiqué par les défenseurs des droits de l’Homme, permet à Israël de priver de liberté des personnes pendant plusieurs mois renouvelables indéfiniment sans leur en notifier les raisons.

Salah Hamouri ne doit participer à « aucune célébration (notamment de sa libération) pendant 30 jours », a précisé à l’AFP son avocat, Me Mahmoud Hassan. Il lui est également interdit de prendre part à des activités militantes pendant cette période, a ajouté Me Hassan en précisant que son client avait payé une caution de 3.000 shekels (709 euros). Contacté par l’AFP, le service de sécurité intérieure, le Shin Beth, n’a pas encore réagi aux raisons de sa détention.

Le président français Emmanuel Macron avait évoqué à plusieurs reprises le cas de Salah Hamouri avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, selon le Quai d’Orsay, demandant que ses droits soient respectés et qu’il puisse voir son fils et son épouse, cette dernière ayant été empêchée d’entrer en Israël.

Né à Jérusalem de mère française et de père palestinien, Salah Hamouri, a déjà été emprison-né à plusieurs reprises, dont une longue incarcération entre 2005 et 2011 après avoir été reconnu coupable par un tribunal israélien de projet d’assassinat du rabbin Ovadia Yossef, le dirigeant spirituel et fondateur du parti ultra-orthodoxe Shass, décédé en 2013. Il avait été libéré en décembre 2011 dans le cadre d’un échange de prisonniers et avait toujours clamé son innocence.

Selon l’ONG palestinienne Addameer, plus de 5.500 Palestiniens sont actuellement détenus dans les prisons israéliennes, dont environ 450 en détention administrative.

30.09.2018

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Lire aussi:

Israël libère l’avocat franco-palestinien, Salah Hamouri, après plus d’un an de détention (Libération)

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28 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

razan ( ujfp bds afps)

razan4

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Razan (Wikipédia)

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27 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

kurdistan d’irak (courrier international orient21 npa)

Kurdistan-map

L’écartèlement des kurdes, héritage des découpages des grandes puissances

Irak: le Kurdistan élit ses députés un an après la facture salée du référendum

Le Kurdistan irakien, divisé et en proie à une crise économique, élit dimanche son nouveau Parlement, un an après le fiasco de son référendum d’indépen-dance conclu par la perte des zones pétrolifères qu’il disputait à Bagdad.

Cette consultation, tenue il y a pile un an et marquée par un « oui » massif, a été « une initiative malheureuse sur une décision hasardeuse de Massoud Barzani », alors président du Kurdistan, dit Karim Pakzad, chercheur à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris).

Le référendum, qui s’est déroulé contre l’avis de Bagdad et de la communauté internationale, a « ramené le Kurdistan 10 ans en arrière », poursuit-il. « Les sanctions des autorités irakiennes, ainsi que les fermetures temporaires de poste-frontières avec la Turquie et l’Iran « ont eu des conséquences catastrophiques sur le plan économique », note encore M. Pakzad.

Un an plus tard, quelque 673 candidats émanant de 29 mouvements politiques briguent les 111 sièges du Parlement de la région, autonome depuis 1991, elle est la seule d’Irak à disposer d’une assemblée et d’un gouvernement. Si le Kurdistan a gagné ces prérogatives politiques après la chute en 2003 du dictateur Saddam Hussein, il avait surtout gagné en territoires et pétrole dans le chaos créé en 2014 par la percée du groupe Etat islamique (EI) dans le nord.

Espoir ruiné

Toutes ces zones où les forces kurdes s’étaient déployées aux dépens de forces fédérales en pleine débandade ont toutefois été reprises en quelques jours à l’automne dernier par Bagdad, en représailles au référendum d’indépendance. Par la même, Bagdad a repris les champs pétroliers de Kirkouk et ruiné tout espoir d’un Etat indépendant. Loin de leurs 550.000 barils exportés par jour il y a encore un an, les Kurdes ont donc perdu cette province disputée et la moitié de leur or noir. En conséquence, souligne Karim Pakzad, « le manque d’argent pour payer les salaires (des fonctionnaires) a été durement ressenti ».

« Les Kurdes ont beaucoup perdu avec ce référendum », confirme Omar Karim, 62 ans, installé dans son magasin de chaussures à Souleimaniyeh. « Et ces élections ne nous redonneront pas ce que nous avons perdu », déplore cet habitant de la deuxième ville du Kurdistan, bastion traditionnel de l’Union Patriotique du Kurdistan (UPK) du défunt président irakien Jalal Talabani. Selon lui, les dirigeants kurdes « n’apprennent pas de leurs erreurs ».

A Erbil, plus au nord, Ahmed Ali, journalier de 44 ans, pense, lui, ne pas aller voter dimanche. « De toute façon, les élections ne changent jamais rien », affirme-t-il. Le Parlement régional actuel est dominé, comme le gouvernement local, par le grand rival de l’UPK, le Parti Démo-cratique du Kurdistan (PDK) de Massoud Barzani, qui a quitté fin 2017 la présidence de la région.

Nouvelles forces?

Le PDK dispose actuellement de 38 sièges, contre 18 à l’UPK. Le parti Goran (changement, en kurde) est la principale force d’opposition avec 24 sièges. La seule nouvelle force est le mou-vement « Nouvelle Génération », formé en 2018 et qui a emporté quatre sièges au Parlement central à Bagdad aux législatives de mai. « Mais tout changement démocratique par des forces politiques nouvelles se heurte à la dure réalité de la société kurde », où plus de la moitié de la population active travaille dans la fonction publique, prévient M. Pakzad.

« Les grands postes gouvernementaux et les leviers économiques sont détenus par les différen-tes personnalités issues du PDK et de l’UPK et il y a peu de place pour que des partis réforma-teurs se développent d’une manière durable », poursuit-il. Salar Mohammed, fonctionnaire de 31 ans à Erbil, ira d’ailleurs une nouvelle fois mettre dimanche un bulletin PDK dans l’urne. « L’opposition n’a pas été bonne ces dernières années et ce sont les grands partis qui resteront majoritaires au gouvernement et au Parlement », assure-t-il à l’AFP.

Le statu quo qui maintenait la balance entre les deux poids lourds de la politique kurde a récemment volé en éclats avec la fin de la présidence Barzani. Le leader historique n’a pas été remplacé et ses pouvoirs ont été temporairement attribués au Parlement et au gouvernement local. Or, jusqu’ici les deux partis avaient un accord tacite: le PDK emportait la présidence du Kurdistan tandis que l’UPK présentait seul des candidats pour la présidence de l’Irak réservée à un Kurde depuis 2003.

Cette année, des délégations de l’UPK et du PDK ont visité différents leaders politiques à Bagdad pour avancer leurs pions sur l’échiquier fédéral. Car le grand rendez-vous pour les Kurdes se joue également dans la capitale irakienne, où l’échéance de l’élection du président de la République par le Parlement fédéral coïncide presque avec le scrutin de dimanche.

Erbil (Irak)  27.09.2018

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Lire aussi:

Kurdes (Wikipédia)

Un vote au Kurdistan qui pèsera sur l’avenir de l’Irak (Orient 21)

Kurdistan d’Irak : Après le référendum pour l’indépendance, tout reste à faire…(NPA)

Oui à l’autodétermination des Kurdes d’Irak, mais… (NPA)

Combattantes kurdes : héritage de décennies de résistance des femmes (NPA)

Une Commune au Rojava ? (NPA)

Où vivent les kurdes?

Drapeau de la Turquie Turquie 12-15 000 000
Drapeau de l'Iran Iran 6-9 200 000
Drapeau de l'Irak Irak 5-7 000 000
Drapeau de la Syrie Syrie 2 800 000
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 1 000 000
Drapeau de la France France 150 000
Drapeau de la Suède Suède 83 600
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 70 000
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 50 000
Drapeau de l'Arménie Arménie 37 500
Drapeau de la Géorgie Géorgie 13 861

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26 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

fort de france (grs)

martinik 2

Tournée de Macron aux Antilles : «Nous sommes des laissés pour compte» (Le Parisien)

Des syndicats et des associations appellent à la mobilisation pour la venue d’Emmanuel Macron (Caraïbe Orange)

Groupe Révolution Socialiste (Wikipédia)

“Nous avons à inventer une décolonisation du 21e siècle” (GRS)

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23 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

fine gael (rebel)

fine-gael

Les sombres origines de Fine Gael

Les nouveaux dirigeants de Fine Gael ont beaucoup travaillé pour se fabriquer une image libérale.

Le calcul de Leo Varadkar et de son équipe de spin-doctors bien rémunérés, est de montrer que Fine Gael maintenant se présente comme un parti moderne et compatissant, afin de s’adapter à l’évolution des opinions dans la société irlandaise, en particulier chez les jeunes. Cette évolution a été très évidente lors du référendum sur l’avortement et  Varadkar a proposé d’apporter de nouvelles modifications à la constitution. Fine Gael court après les manifesta-tions de masse découvrant soudain le libéralisme,  lui qui a fait obstruction pendant des années aux droits des femmes.

En un sens, cela devrait être considéré comme une victoire pour la gauche et les mouvements sociaux. Le fait que nous ayons forcé le parti historique du conservatisme irlandais à adopter ces positions témoigne sans aucun doute du potentiel de l’action populaire dans la transforma-tion de ce pays. Mais il faut aussi être attentif à un autre danger; en se repositionnant, Fine Gael tente de jeter les bases d’un établishment irlandais qui garantit que les architectes de l’inégalité et du capitalisme gangster en auront encore pour quelques décennies au pouvoir.

Le parti de Varadkar n’a pas abandonné sa politique de base.

Ce que nous avons, c’est du vieux vin dans de nouvelles bouteilles: un libéralisme profond. Derrière ce nouveau look se cache une histoire profondément troublante, un Fine Gael qu’on préférerait que vous oubliiez. Récemment, par exemple, ils ont produit une vidéo époustou-flante «célébrant» les 85 ans d’histoire de leur parti, et l’ont diffusée sur les réseaux sociaux. La vidéo réussit à éviter les origines louches de Fine Gael: lié à des organisations d’extrême droite, inspiré des mouvements fascistes européens  et n’a pas montré leur président saluant comme les nazis, Eoin O’Duffy. Fine Gael souhaite blanchir leur horrible histoire. pour analyser leur trajectoire actuelle, il convient donc de revenir sur les ancêtres de Leo Varadkar.

Contre-révolutionnaire

Les racines de Fine Gael commencent dans l’Irlande post-révolutionnaire des années 1930. De 1918 à 1922, a eu lieu une énorme vague de mobilisations populaires impliquant des grèves, des occupations d’usines et des saisies de terres, ainsi qu’une lutte armée entre les forces britanniques et l’IRA. Des centaines de milliers de personnes ont été directement impli-quées dans les divers éléments de la révolution. la bataille pour la libération nationale et les aspirations sociales ont finalement été vaincues.

Après la défaite, une contre-révolution suivit dans la société irlandaise, cristallisée dans le traité anglo-irlandais et la guerre civile qui a suivi. La contre-révolution a été menée par des groupes qui tentaient de casser les revendications sociales de la révolution. C’est de ces forces contre-révolutionnaires qu’émergera finalement le Fine Gael.

Le traité anglo-irlandais, signé en décembre 1921, divise le mouvement indépendantiste en deux camps. Les contre-révolutionnaires favorables aux traités ont formé Cumann na nGaedheal et utilisé les armes fournies par les Britanniques pour écraser l’opposition républi-caine anti-traité. Cette guerre civile qui a duré un an. En décembre 1922, l’État libre d’Irlande est créé et avec lui la partition et un nouveau statu quo. Cumann na nGaedheal représente une classe dirigeante catholique en plein essor, liée au pouvoir de l’Église.

Les personnalités clés à la tête de l’État étaient W.T. Cosgrave et Kevin O’Higgins. O’Higgins, comme beaucoup de la classe dirigeante catholique émergente, a fait ses études au Clongowes Wood College, une école privée d’élite. En 1926, les anciens de Clongowes étaient plus nombreux que les anciens combattants de 1916 au gouvernement.

Au cours de la révolution, cette élite a remarqué que les grèves rurales et les occupations de terres envahissaient les campagnes et que les travailleurs des villes occupaient les lieux de travail et établissaient des «soviets». Pour briser ce militantisme, le gouvernement contre-révolutionnaire a utilisé la nouvelle Armée de l’Etat libre pour briser les grèves et exécuter soixante-dix-sept républicains lors de la répression violente. Les éléments conservateurs de la société irlandaise avaient gagné et la contre-révolution a été approfondie de 1922 à 1932, quand Cumann na nGaedheal a régné sans opposition.

Réaction

La Grande Dépression de 1929 et les années de famine qui suivront auront un impact profond sur la politique irlandaise. À l’instar d’autres pays européens, cela entraînera l’émergence d’un radicalisme et d’une réaction des deux côtés du spectre politique, y compris l’émergence d’organisations ouvertement d’extrême droite. En 1932, cette instabilité politique conduira à un nouveau parti de gouvernement, le Fianna Fáil d’Eamon de Valera qui remporta une majorité.

Fianna Fáil a été créée en 1927 après avoir abandonné la politique d’abstentionnisme ( des républicains proche de l’Ira vaincue note du blog) dans l’espoir d’attirer des soutiens. Cumann na nGaedheal craignait que cela ne déstabilise leur État conservateur. Quelques années auparavant seulment, Cumann na nGaedheal exécutait et emprisonnait des membres de l’IRA, dont certains éléments étaient désormais au pouvoir. Leurs craintes n’ont fait que s’aggraver lorsque Fianna Fáil, au deuxième mois de son mandat, a levé l’interdiction de l’IRA et libéré les prisonniers.

Pour une partie de Cumann na nGaedheal, la menace était trop grave pour rester inactifs.

Des personnalités de haut rang ont formé une organisation appelée l’Association des camara-des de l’armée, initialement composée d’anciens combattants de l’armée de l’Etat Libre qui se sont engagés à protéger Cumann naGaedheal contre la violence de l’Etat et de l’IRA. L’ACA a atteint son apogée sous la direction d’Eoin O’Duffy; un ancien chef de la guérilla de l’IRA pendant la guerre d’indépendance, puis général de la guerre civile du côté des pro-traités. Il devint plus tard commissaire de police en 1922.

Il fut relâché par de Valera après qu’il eut exhorté Cosgrave d’organiser un coup d’État après les élections de 1932. Il est rapidement devenu le symbole de la résistance à la « révolution » de Fianna Fáil. Sous son commandement, le groupe fut renommé « garde nationale », adopta la chemise bleue pour se reconnaître lors des émeutes, le salut nazi et une politique corporatiste. Les adhésions atteignirent des dizaines de milliers, d’immenses rassemblements eurent lieu et le groupe fut mieux mieux connu sous le nom de «The Blueshirts».

Chemises de blues

Les Blueshirts étaient les fondamentalistes de la contre-révolution, ils attiraient ceux qui avaient le plus à perdre d’un réveil des aspirations sociales de la révolution. Ned Cronin, un fondateur des Blueshirts et plus tard membre de Fine Gael, a promis que «si une dictature est nécessaire pour le peuple irlandais, nous en aurons une. Ce sera mieux que le soi-disant gouvernement démocratique que nous avons, dirigé par des étrangers et des juifs ».

Les Blueshirts ont dénoncé « un complot de Valera », un «agent juif étranger». De Valera a même ressenti le besoin de confirmer dans le Dáil qu ‘«il n’y a pas une goutte de sang juif dans mes veines, je suis un descendant de catholiques des deux côtés… je ne veux pas parler d’une attaque contre les Juifs, mais seulement énoncer les faits.  »

O’Duffy a limité l’adhésion aux Blueshirt à « des irlandais ou à ceux de foi chrétienne», car il affirmait que «les juifs sont les instigateurs du communisme». Les dirigeants de Cumann na nGaedheal, notamment Ernest Blythe, ont lutté contre un gouvernement Fianna Fáil et  l’influence grandissante de l’IRA « communiste ». Le souvenir de la révolution irlandaise, la réalité de l’Union soviétique en pleine croissance et le discours de Fianna Fáil sur la distribution des terres et l’extension du bien-être ont conduit les élites politiques, les gros agriculteurs et la classe moyenne vers les Blueshirts.

Thomas F. O’Higgins – un autre fondateur des Blueshirts et plus tard le leader parlementaire du Fine Gael – a décrit Fianna Fáil comme «l’avant-garde de la politique communiste» en Irlande et de Valera comme un «agent communiste». O’Duffy a mené une violente résistance contre la politique du gouvernement visant à saisir les bovins invendus et à distribuer la viande aux pauvres. De graves affrontements et des affrontements entre les Blueshirts et les militants républicains et socialistes eurent lieu dans tout le pays, entraînant des morts des deux côtés.

En 1933, les Blueshirts ont frôlé la confrontation avec l’État Fianna Fáil. Un défilé de masse était prévu à Dublin pour commémorer Arthur Griffith, Michael Collins et Kevin O’Higgins, les héros de la contre-révolution. Le défilé planifié rappelait la marche de Mussolini sur Rome et l’IRA, et les socialistes envisageaient d’y faire face.

Craignant un coup d’État, de Valera a interdit la marche, admettant plus tard qu’il n’était pas certain que l’armée obéirait. Le test ne s’est pas concrétisé car O’Duffy a reculé et a organisé des parades provinciales plus petites. Ce fut un moment majeur pour les Blueshirts; il est apparu clairement que les dirigeants n’avaient pas confiance en leurs forces extraparle-mentaires. Les conservateurs les plus modérés des Blueshirts étaient partis, rebutés par les longues batailles de rue avec l’opposition de gauche.

Au lieu de tenter de renverser l’État, les Blueshirts se sont tournés vers une stratégie électo-rale en collaboration avec leurs partenaires conservateurs. Les politiciens démoralisés de Cumann na nGaedheal étaient impressionnés par la capacité d’O’Duffy à mobiliser un nombre important de personnes et à oublier sa politique fasciste. Ainsi, en 1933, les Blueshirts ont fusionné avec Cumann na nGaedheal pour former le Fine Gael.

Une droite unie

Fine Gael a unifié l’opposition avec Eoin O’Duffy comme premier président et W. T. Cosgrave comme vice-président. Le premier test est venu aux élections locales de 1934. Fianna Fáil a été le grand gagnant avec une performance très décevante pour de Fine Gael.

La base des Blueshirts a commencé à décliner alors qu’ils faisaient face à une résistance sur le terrain. Il est également apparu rapidement que de Valera n’était pas un radical de gauche, comme le craignaient les agriculteurs et les chefs d’entreprise.

Alors que le flirt de Fine Gael avec le fascisme prenait fin, ils ont essayé de freiner la politique d’O’Duffy et il a démissionné. Le premier président du Fine Gael a ensuite créé le parti national fasciste, mais après avoir échoué à organiser quoi que ce soit de significatif, il a envoyé une brigade irlandaise se battre pour Franco dans la guerre civile espagnole.

Fine Gael s’est développé à partir des éléments les plus réactionnaires de la contre-révolution irlandaise.

L’élite irlandaise méprisait les revendications de la classe ouvrière du début des années 1920 et craignait que la vague révolutionnaire ne traverse l’Europe. Pour eux, la fin de l’impérialisme britannique était un moyen d’installer une nouvelle classe dirigeante locale et non la fin du système d’exploitation. Comme l’a écrit John M. Regan, «Le nouveau parti a achevé la consolidation de la droite irlandaise amorcée par Kevin O’Higgins une décennie auparavant».

Fine Gael représente toujours ces mêmes intérêts aujourd’huiI

Ils sont de loin le parti le plus riche avec leurs 50 députés ayant une richesse combinée de 80 millions d’euros. Confrontés à une crise du logement, ils protégeront les propriétaires fonciers et subventionneront les promoteurs. En période de crise économique, ils vont aider leur propre classe et infliger l’austérité aux familles monoparentales, aux travailleurs et aux plus vulnéra-bles. pendant les années 1930, ils étaient prêts à flirter avec le fascisme pour défendre leur classe. Aujourd’hui, ils adoptent le visage du libéralisme pour garder le pouvoir. La leçon de l’histoire ombragée du Fine Gael est simple; ne jamais leur faire confiance.

Leo Varadkar veut représenter Fine Gael comme le visage du libéralisme dans la politique irlandaise. Mais comme l’explique Barney Doherty, il préférerait que vous ne sachiez pas les origines de son parti à l’extrême droite du spectre politique.

Barney Doherty 25 juin 2018

http://www.rebelnews.ie/

Commentaire:

Leo Varadkar est le Taoiseach, premier ministre irlandais

La politique irlandaise ressemble assez à la France: le parti gaulliste de De Gaulle avec son passé de libérateur,  serait représenté par le populaire Fianna Fail de De Valera. Le PCF pas vraiment opposé sur bien des points à De Gaulle serait l’IRA et les républicains. La droite « libérale » avec des tentations extrêmes vers le RN serait le Fine Gael. En Irlande le Labour a longtemps été allié au Fine Gael.

L’embrouille est considérable: les 3 Partis (Fianna Fail, Fine Gael, même une partie de Sinn Fein mais pas le Labour marginal), ont surfé sur ce qu’ils croyaient être une hégémonie totale de l’église catholique et n’ont pas osé défendre l’avortement. Mais c’est le Fine Gael qui passe pour libéral!

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20 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

orpaillage (national geographic)

non a la m

Guyanes : les conséquences écologiques désastreuses de la ruée vers l’or

Pratique illégale, l’orpaillage est l’une des plus grandes menaces sur le Plateau des Guyanes, aussi bien pour la nature que pour ses habitants.

Près de 100 ans après le chef-d’œuvre de Chaplin, comment la ruée vers l’or peut-elle encore être d’actualité ? Il suffit de se rendre sur le Plateau des Guyanes, en Amazonie, pour réaliser l’expansion de l’orpaillage, aux graves conséquences environnementales, sanitaires et écono-miques. Le parc amazonien révèle que la région a fait face à une augmentation de 78 % du nombre de sites clandestins destinés à l’activité aurifère seulement sur ces 6 derniers mois.

L’ORPAILLAGE, UN ENJEU INTERNATIONAL

La première préoccupation à laquelle font face les défenseurs de l’environnement lorsqu’il s’agit d’orpaillage est la déforestation massive. Plus de 17 000 hectares de la forêt amazo-nienne ont été rasés au cours de la seule année 2015. En plus de détruire l’écosystème et les ressources naturelles indispensables, on estime que ce phénomène conduit chaque année à la libération d’environ 200 000 tonnes de carbone dans l’atmosphère. L’autre problème majeur de cette pratique est à la fois sanitaire et environnementale, et implique le mercure.

Dans la pratique, le mercure est ajouté à la matière aurifère extraite.

L’ensemble est chauffé, ce qui permet d’évacuer le mercure et de ne laisser que l’or brut dans la batée. Ainsi, le mercure se transforme en vapeur nocive relâchée directement dans l’atmos-phère. Et lorsque l’on sait que pour obtenir 1 kilo d’or, il faut utiliser 1,3kg de mercure, le compteur s’affole. Mais le mercure ne pollue pas que l’air que nous respirons.

Lors de l’extraction de l’or, les garimpeiros (chercheurs d’or) creusent le sol à l’aide de jets à très haute pression. La pression exercée provoque une forte érosion des sols qui relâchent le mercure naturellement présent. Cette propagation dans l’eau crée une réaction biologique qui transforme le mercure en Méthylmercure, fort neurotoxique. Ce dernier va contaminer la chaî-ne alimentaire des plantes aquatiques jusqu’à l’homme, fortement dépendant des poissons d’eaux vives pour son alimentation.

Dans ces régions aurifères, la contamination des adultes est 1,5 fois supérieure au seuil jugé tolérable par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Les cours d’eau doivent également faire face au phénomène de turbidité, c’est-à-dire l’augmentation de la teneur en eau de matières qui la troublent. Cette turbidité défavorise l’oxygénation des plantes et entraîne la destruction de la vie aquatique par asphyxie.

L’AGGRAVATION DE LA SITUATION GUYANAISE

Une étude coordonnée par la WWF et l’ONF International, en collaboration avec les institutions forestières et environnementales guyanaises, vient de révéler que 157 000 hectares avaient été détruits entre 2001 et 2015 dans le cadre de l’exploitation aurifère. Environ 72 % de cette disparition a eu lieu entre 2008 et 2015, ce qui est symptomatique d’une forte accélération du phénomène.

Si on assiste à une amélioration de la situation en Guyane française, ce n’est pas pour autant bon signe.

Il s’agit juste d’un déplacement de l’activité illégale puisque, toujours entre 2008 et 2015, 95 % de la déforestation liée à l’orpaillage avait lieu au Guyana et au Suriname, des régions fronta-lières. En Guyane, c’est environ 500 hectares de forêt qui sont rasés chaque année pour assouvir la soif des chercheurs d’or ; c’est le premier facteur de déforestation du territoire.

Ce rapport alarme également sur la condition des anciens cours d’eau devenus des bassins boueux suite à l’extraction intensive.

Résultat ? Plus de 5 840 km de cours d’eau détruits, sans compter l’ensemble des eaux contaminées en aval des sites d’orpaillage. À ce jour, il n’existe presque plus de cours d’eau sain en Guyane. Cette grave faute environnementale devient une grave situation sanitaire. Les eaux stagnantes favorisent fortement le développement du paludisme dans la région et les camps de garimpeiros, premiers exposés, contribuent à sa propagation en faisant office de souche virale.

Aucun des pays concernés ne bénéficient d’une contrepartie à sa destruction, même pas économique, puisque l’or est systématique exfiltré du territoire.

Les autorités ont énormément de mal à modérer ces activités illégales, en particulier sur l’Oyapock et le Maroni, fleuves principaux pour la circulation du trafic. Les habitants et les insti-tutions environnementales attendent avec impatience la création d’une coopération transfron-talière entre les autorités guyaniennes, surinamaises, brésiliennes et françaises pour mettre en place des mesures judiciaires, inexistantes à ce jour.

 Juliette Heuzebroc

https://www.nationalgeographic.fr/

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Site « Or de Question »

« Montagne d’or» : Hulot s’en va, la Jeunesse autochtone de Guyane réagit! (Blog TDG)

La mine de la Montagne d’or oppose les deux candidats (Reporterre)

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19 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

décolonisation (npa)

GRS guad

« On veut faire croire aujourd’hui que la décolonisation française est définitivement achevée »

Le premier atelier a abordé la lutte contre la politique française dans les années entourant Mai 1968, en revenant sur les luttes populaires et anticoloniales, de 1958 à 1974, en Guadeloupe, Guyane et Martinique.

Dans ces trois territoires et aussi à la Réunion, les luttes furent confrontées à une politique systématique de répression, avec entre autres des interventions meurtrières de l’armée, à plusieurs reprises, dans chacun de ces quatre pays.

On doit rappeler Fort-de-France en décembre 1959 (3 morts), le Lamentin en mars 1961 (3 morts), les nuits de Cayenne en juin 1962, les émeutes à la Réunion en 1962, les paysans de Danjoie en Guadeloupe en 1965, le terrible massacre de mai 1967 à Pointe-à-Pitre et les 2 morts de Chalvet, en Martinique, en 1974.

Ces pays étaient des terres d’arbitraire, reposant sur des lois d’exception, dont l’ordonnance du 15 octobre 1960 sur la déportation des opposants et l’interdiction de séjour de militants.

On y pratiqua la criminalisation de la revendication d’autonomie et d’indépendance, en multi-pliant, contre les activistes politiques et syndicalistes, les procès devant la Cour de sûreté de l’État. L’État colonial s’opposait à la lutte pour la langue créole, pratiquait la mise à l’écart de l’histoire des pays et de leurs littératures. Pour ces territoires, la volonté décolonisatrice s’est affirmée dans le souffle des années 1960 et du mouvement mondial de Mai 1968.

Guerres coloniales

Le deuxième atelier est revenu sur l’anticolonialisme contemporain, avec un rappel historique sur les 70 dernières années. Aujourd’hui, on veut faire croire que la décolonisation française est définitivement achevée. Et certains utilisent malicieusement le terme universitaire de post-colonialisme pour répandre l’idée qu’une page civilisationnelle aurait été tournée.

Or, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, alors que s’élargit le phénomène de la décoloni-sation,  la France et ses gouvernements issus de la Résistance refusent celle-ci à la plupart des colonies qui avaient aidé à la défaite du nazisme et du fascisme, sauf dans le cas des pays sous mandat comme le Liban et la Syrie. Les constituants de 1946 créent l’Union française avec la fiction de départements d’outre-mer (DOM) et de territoires d’outre-mer (TOM).

La Quatrième République engage les terribles guerres coloniales d’Indochine, puis d’Algérie.

Elle tente la timide et restrictive loi Defferre de 1956 pour les ensembles d’Afrique noire. Elle ne peut éviter l’incontournable engagement international de la liberté des protectorats du Maroc et de la Tunisie. Par contre, elle participe à la méprisable affaire du blocus du canal de Suez.

En 1958, De Gaulle promeut l’idée d’une communauté française, et punit la Guinée pour son « non » à cette communauté lors du référendum de 1958. Or, nous sommes, notamment depuis 1955, avec la conférence de Bandoeng, dans un moment d’extension des mouvements d’émancipation décolonisatrice, avec le défi cubain de 1959 dans une Caraïbe en révolte, avec le surgissement des non-alignés, et la grande année de l’Afrique en 1960, qui fait voler en éclat la « communauté française ». La tragédie, en 1961, de l’assassinat de Lumumba, avec l’indépendance du Congo, soulève la solidarité anticolonialiste mondiale.

Dans ce contexte, l’armée française ne peut empêcher l’indépendance de l’Algérie en 1962.

Dans les DOM (Antilles, Guyane et La Réunion), les mobilisations se maintinrent sous les gouvernements gaullistes, contre les répressions de luttes populaires et anticoloniales, contre le règne de l’arbitraire et des lois d’exception, contre la Cour de sureté de l’État… On y crimi-nalisait la revendication d’autonomie, d’indépendance, et la lutte culturelle.

On procéda sous Giscard, en 1974-1975, à la division du petit archipel des Comores et à l’organisation du drame tant de Mayotte que du reste des Comores. Après bien des tergiver-sations, on arriva à l’indépendance de Djibouti en 1977.

Plus tard, en 1981, avec la victoire de la gauche en France, le mépris des revendications des peuples colonisés fut plus voilé et plus habile, quand bien même la violence des années précédentes s’atténua et fut décriée officiellement. Il y eut tout de même la Kanaky, avec le rôle de Mitterrand dans la disparition de Machoro. Il y eut Rocard et les nocifs accords de Matignon après le drame d’Ouvéa sous la responsabilité de Chirac (Premier ministre de cohabitation).

Actualités de l’anticolonialisme

Pour ce qui restait au début du 21è siècle de colonies françaises, la tactique des gouvernants tant de droite que de gauche a été d’assouplir leur approche. Dans les vieilles colonies, en prenant en compte l’implantation électorale de partis autonomistes et indépendantistes et le fameux accord de Basse-Terre de 1998 (entre présidents de région soit indépendantiste, soit autonomiste, soit intégrationniste), Chirac, réélu président en 2002, fit une ouverture avec proposition de modification institutionnelle et promesse de statuts différenciés. Cela donnera les fameux référendums de 2003 et 2010 aux Antilles et en Guyane.

On n’y parle pas de décolonisation mais de décentralisation, de collectivités territoriales nouvelles se référant aux articles 73 ou 74 de la Constitution française, avec la possibilité de procédures d’expérimentation (énergie, transports, coopérations avec les pays de la région).

On ne parle plus que de territoires français rattachés à leur métropole.

Le risque est de faire croire que le droit des peuples à se diriger eux-mêmes n’existe pas pour ces territoires, que l’on voudrait présenter comme des prolongements de France sur d’autres continents. C’est le danger qui ne doit pas atteindre les militantEs du courant révolutionnaire français et du mouvement ouvrier. Leur devoir est de s’impliquer dans la lutte anticolonialiste, non seulement pour le soutien actif, mais aussi et surtout pour l’intégrer aux luttes contre la Françafrique, contre les engagements militaires, pour la solidarité avec les migrantEs et pour dénoncer les restes de l’empire colonial français.

P.S : Dans les ateliers, il y eut une éclairante contribution sur la lutte du peuple kanak à la veille du référendum manipulé qui aura lieu dans quelques semaines, ainsi qu’une longue interven-tion sur le problème de la « Montagne d’or » en Guyane. Quelques questions ont abordé les crimes d’État coloniaux impunis aux Antilles-Guyane, le Franc CFA, les arrangements militaires…

Lors de la dernière université d’été du NPA, deux ateliers animés par le militant anticapitaliste et anticolonial martiniquais Gilbert Pago ont traité de la question coloniale française à travers le prisme de la situation en Guadeloupe, Guyane et Martinique. Gilbert Pago nous a fait parvenir un texte résumant ces interventions, et nous l’en remercions.

Mardi 18 septembre 2018 Gilbert Pago

https://npa2009.org/

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18 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

tests osseux (libération + le télégramme)

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Ce matin 2 jeunes de Quimper devaient venir passer des « test osseux » à l’hôpital de Brest, test auxquels le conseil d’éthique de l’hôpital (ainsi que Jacques Toubon, défenseur des droits)  est opposé! L’asso « Le Temps Partagé » avait appelé à un rassemblement.

Mineurs étrangers isolés : des tests osseux controversés

Ils font depuis des années polémique, le Défenseur des droits confirme aujourd’hui «son opposition aux examens d’âge osseux qu’il estime inadaptés, inefficaces et indignes». Lors-qu’une personne étrangère se présente comme mineure, les autorités lui font passer un entre-tien pour essayer de déterminer son âge. En cas de doute, on lui fait passer une radio de la main et du poignet gauches, qu’on compare ensuite, à vue de nez, à un atlas de référence dit de Greulich et Pyle, du nom des deux médecins américains qui l’ont conçu dans les années 50.

Au départ, il s’agissait de détecter les troubles de la croissance chez les enfants et les ados. Or cette comparaison reste subjective : les adolescents d’aujourd’hui ne sont morphologique-ment pas les mêmes que ceux des années 50, et tous ne grandissent pas au même rythme. En 2015, le Haut Conseil de la santé publique l’avait rappelé : «La maturation d’un individu diffère suivant son sexe, son origine ethnique ou géographique.» Même l’ordre des médecins considère que les conclusions de ces tests doivent être «prudentes et nuancées».

Les associations de défense des droits des étrangers s’opposent donc régulièrement à cette méthode qu’elles jugent arbitraire.

Depuis mars 2016 et la loi relative à la protection de l’enfance, il est nécessaire d’établir le «caractère indispensable» de ces tests pour les pratiquer mais, selon le Défenseur des droits, ils ont tout de même cours «dans de nombreux départements», sans qu’aucune véritable nécessité ne soit établie… «Les pouvoirs publics tendant à faire primer d’autres considérations, notamment migratoires, sur l’intérêt supérieur de l’enfant», regrette Jacques Toubon.

Kim Hullot-Guiot 10 avril 2018

black spiderman
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Tests osseux. Des associations réclament leur suppression

Une dizaine de personnes venues de tout le Finistère ont protesté, ce mardi matin, devant les urgences de Brest, à la Cavale-Blanche, contre les tests osseux.

Depuis deux ou trois ans, les autorités sont de plus en plus confrontées à la présence, sur le territoire national, de mineurs isolés. Régulièrement, des tests osseux sont pratiqués pour déterminer si certains sont mineurs ou pas : leur situation vis-à-vis des diverses administrations n’est pas la même dans un cas ou dans l’autre.

Une dizaine de manifestants, membres d’associations diverses du Finistère (Le Temps Partagé à Quimper, Digemer à Brest, Pays de Morlaix Solidarité Migrants, Fraternité Quimper) mais aussi d’un syndicat (FSU) et d’un parti politique (NPA) se sont rassemblés avant 9 h, ce mardi, devant les urgences de la Cavale-Blanche, à Brest, seul endroit dans le département où ces tests sont effectués, à la demande du parquet de Quimper. Quatre étaient prévus dans la matinée, il semble qu’ils aient été repoussés.

« Le doute devrait bénéficier à la personne »

Ces militants jugent « scandaleux » ces tests et demandent leur suppression. « Ils datent de 1935, ils ont une marge d’erreur de deux ou trois ans, et même davantage à ces âges-là. C’est ce que confirmait le comité d’éthique de cet hôpital, en mars dernier. Le doute devrait bénéfi-cier à la personne », estiment-ils. Ils indiquent que ces mineurs ont souvent avec eux un passeport ou une carte d’identité attestant de leur âge, mais que les autorités françaises jugent ces documents souvent peu fiables.

Selon les militants, il conviendrait que les médecins précisent à chaque examen qu’il existe une marge d’erreur. Actuellement, il s’agit d’un pourcentage d’erreur, mais d’aucuns pensent qu’il vaudrait mieux préciser que la personne a entre tel et tel âge. Les manifestants estiment aussi que les autorités françaises font tout pour dissuader des étrangers de venir en France, « avec cette fameuse théorie de l’appel d’air ». « Ces mineurs sont mieux hébergés et scolarisés que livrés à eux-mêmes », concluent-ils.

18 septembre 2018  David Cormier

https://www.letelegramme.fr/

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