Archive | Anticolonialisme

16 avril 2026 ~ 0 Commentaire

Liban (Inprecor)

israel

Colonisation du Liban

À l’été 2024, Maya Rosen, rédactrice adjointe de Jewish Currents, avait publié une enquête visionnaire sur Uri Tzafon, le mouvement d’extrême droite qui pousse à la colonisation juive du sud du Liban. Aujourd’hui, alors que les forces israéliennes sont profondément engagées au Liban et que l’état-major affirme son intention d’en occuper des parties indéfiniment, la rédaction de Jewish Currents a demandé à Maya de faire le point sur Uri Tzafon. Lire le reportage original de Maya datant d’août 2024 ici.

La vision d’Uri Tzafon, celle d’établir des colonies israéliennes au Liban, a considérablement progressé au cours des dernières semaines.

Ce qui était encore considéré comme une curiosité marginale en 2024 est en train de devenir la nouvelle doxa israélienne – portée par un mouvement organisé qui bénéficie d’un large soutien de la part des politiques et des médias. Même si des négociations pourraient contraindre Israël à mettre un terme à ses bombardements du Liban, la prochaine fois qu’Israël attaquera, Uri Tzafon sera un pas plus près de bâtir des colonies civiles sur les ruines de villages libanais.

La devise informelle et souvent répétée d’Uri Tzafon est « occupation, expulsion, colonisation ». Le mouvement défend l’idée qu’Israël doit déplacer sa frontière nord jusqu’au fleuve Litani – qui traverse le Liban en son milieu, à environ 25 kilomètres au nord de la frontière israélienne actuelle – et occuper un sud du Liban préalablement vidé de sa population, soit environ 10 % du territoire libanais total.

Cette idée constitue désormais un « consensus large et inquiétant » en Israël, comme l’a écrit le journaliste Moshe Gilad dans Haaretz le 9 avril. Début mars, peu après que le Hezbollah a lancé des attaques contre Israël en réponse à la guerre menée conjointement par les États-Unis et Israël contre l’Iran, des personnalités publiques israéliennes ont commencé à réclamer l’occupation et le dépeuplement du sud du Liban – une position reprise encore et encore par des personnalités médiatiques du courant dominant. Des militaires à la retraite et des politiques ont également apporté leur soutien, et des membres de la Knesset ont bientôt rejoint l’appel à l’occupation.

Le 7 avril, 20 membres de la Knesset ont écrit au gouvernement israélien pour plaider en faveur de « l’occupation et du contrôle total » du sud du Liban, assortis du « déplacement complet de la population ». Un sondage indique que 62 % des Israélien·nes soutiennent désormais l’idée d’occuper l’ensemble du Liban au sud du Litani.

Ces aspirations se traduisent en politique concrète : le 24 mars, le ministre de la Défense Israel Katz a annoncé que l’armée contrôlerait le sud du Liban jusqu’au Litani et empêcherait le retour de centaines de milliers d’habitant·es. Une semaine plus tard, il a déclaré que toutes les maisons situées près de la frontière seraient détruites, « comme à Rafah et Beit Hanoun », afin « d’éliminer définitivement les menaces aux abords de la frontière ». Israël a désormais émis des ordres d’évacuation pour environ 15 % du territoire libanais, dans le cadre de sa campagne de nettoyage ethnique visant le sud du pays, et plus particulièrement les Chiites (le Hezbollah est une organisation chiite.)

« Chaque maison dans le sud du Liban, les maisons chiites, sont des centres de commandement, elles abritent des stocks d’armes, elles ont des tunnels creusés en dessous », a récemment déclaré le porte-parole militaire israélien Doron Spielman, dans des propos qui rappellent de façon glaçante la justification avancée par Israël pour la destruction de Gaza. Plus d’un million de personnes ont déjà été déplacées du sud du Liban, et plus de 2 000 personnes ont été tuées, tandis que près de 6 000 ont été blessées.

Cela prépare le terrain pour l’horizon final d’Uri Tzafon – les colonies civiles –, une idée qui gagne également du terrain. Des rabbins, des familles de soldats tombés au combat et des éditorialistes ont appelé à la colonisation du Liban au cours des dernières semaines. En 2024, le seul membre de la Knesset ayant exprimé son soutien à des colonies civiles dans le sud du Liban était Avigdor Lieberman, le chef du parti nationaliste conservateur Yisrael Beitenu. Aujourd’hui, cela est en train de changer. Le député du Sionisme religieux Ohad Tal a publié un message en faveur de « l’annexion et de la colonisation israélienne » du sud du Liban, tandis que le député de Pouvoir juif Yitzhak Kroizer a déclaré que « la souveraineté et la colonisation sont les clés de la paix et de la sécurité ». Le député du Likoud Ariel Kallner s’est joint à Uri Tzafon pour mener une visite de la frontière nord en mars, et le 9 avril, le ministre des Finances et député du Sionisme religieux Bezalel Smotrich a appelé à la colonisation du Liban lors d’un événement inaugurant la colonie illégale de Maoz Tzur en Cisjordanie, déclarant : « Il y aura une étape politique au Liban qui repoussera nos frontières ».

Le 8 avril, quelques heures après que les États-Unis et l’Iran ont annoncé un cessez-le-feu fragile, Israël a lancé l’attaque la plus meurtrière au Liban depuis des décennies. Cette offensive, que l’armée a baptisée « Opération Obscurité éternelle », a eu recours à des bombes de 500 kilogrammes pour frapper des quartiers résidentiels densément peuplés de Beyrouth, tuant plus de 350 personnes et faisant au moins 1 165 blessé·es en dix minutes. Le message semblait être : notre travail ici n’est pas terminé. Dans un sondage réalisé le lendemain, 82 % des Israélien·nes ont déclaré vouloir que la guerre contre le Liban se poursuive.

En 2024, j’avais hésité à consacrer un reportage à Uri Tzafon. Je craignais qu’écrire sur eux ne leur offre une tribune alors qu’ils étaient un groupe si marginal qu’ils ne comptaient tout simplement pas. Mais comme me l’avait dit à l’époque Natasha Roth-Rowland, chercheuse spécialisée dans l’extrême droite israélienne : « Il existe un bilan assez bien établi, même pour les factions les plus marginales du mouvement des colons israéliens, qui finissent par ne plus l’être du tout, en l’espace de quelques décennies ou même de quelques années. » Roth-Rowland semblait anticiper le moment présent en soulignant que le mouvement des colons a « réalisé des gains politiques au cours des dernières décennies en débordant le gouvernement par la droite ». C’est cette perspective qui m’a convaincue de rédiger cet article.

Entre-temps, cette dynamique où la droite surenchérit se poursuit, certains des dirigeants du mouvement ayant commencé à viser encore plus loin au nord. The Hottest Place in Hell, un site d’information israélien, a rapporté ce mois-ci qu’Amos Azaria, l’un des co-fondateurs d’Uri Tzafon, a déclaré lors d’un récent appel Zoom que, l’armée ayant poursuivi ses opérations dans le sud du Liban, Uri Tzafon a décidé « de commencer à parler un peu plus du Zaharani, et pas seulement du Litani », en référence à un fleuve situé une douzaine de kilomètres plus profondément dans le Liban. Il n’y a là rien de surprenant. « C’est ainsi qu’a démarré le mouvement des colons, m’avait dit en 2024 Akiva Eldar, historien spécialiste de la colonisation israélienne. Ils ont planté des graines, qui ont donné des arbres, qui ont donné une jungle. » Dans notre réalité politique actuelle, rien ne peut contenir cette jungle, qui engloutit tout sur son passage.

16 avril 2026  Maya Rosen

Publié le 14 avril 2026 par Jewish Currents

https://inprecor.fr/

Lire la suite

12 avril 2026 ~ 0 Commentaire

Morlaix (AFPS)

mor

Lire la suite

10 avril 2026 ~ 0 Commentaire

Esclavage (AEL)

morts

Résolution de l’ONU sur l’esclavage africain 

Des élus des Antilles et de Guyane dénoncent l’abstention de la France

L’Assemblée générale des Nations unies a qualifié la traite transatlantique des esclaves africains de  » crime le plus grave contre l’humanité « , une décision saluée par les défenseurs de cette cause comme un pas vers la guérison et d’éventuelles réparations.

L’abstention de la France lors du vote à l’ONU le 25 mars d’une résolution qualifiant l’esclavage et la traite transatlantique de « plus grave crime contre l’humanité » suscite une vive polémique. Des élus de Guadeloupe, de Martinique et de Guyane dénoncent un choix jugé incompréhensible et en rupture avec l’histoire mémorielle française.

« Un signal profondément incompréhensible » : plusieurs parlementaires des territoires français d’outre-mer de Guadeloupe, de Martinique et de Guyane ont critiqué vendredi 27 mars l’abstention de la France lors du vote aux Nations unies, mercredi, d’une résolution reconnaissant l’esclavage et la traite transatlantique comme « le plus grave crime contre l’humanité ».

La France a envoyé « un signal profondément incompréhensible » en contradiction avec « son histoire législative », a dénoncé dans un communiqué Béatrice Bellay, députée socialiste de la Martinique, rappelant que la France avait été pourtant « le premier » pays à faire un pas vers cette reconnaissance, par la loi Taubira du 21 mai 2001.

Le texte adopté mercredi ne crée pas d’obligation juridique contraignante mais constitue « un acte politique et mémoriel majeur » qui permettra d’ »ouvrir un dialogue international sur [les] conséquences durables » de l’esclavage, a de son côté estimé le député apparenté socialiste guadeloupéen Christian Baptiste, qualifiant de « recul » la position française.

« Faute morale »

La France « a encore affaibli sa crédibilité auprès des peuples des dits outre-mer », a pour sa part fustigé son homologue martiniquais Marcellin Nadeau (GDR, gauche), dénonçant « un nouveau refus de reconnaissance pleine et entière » à l’égard des Ultramarins.

Dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron jeudi, le sénateur guadeloupéen et ex-ministre des Outre-mer Victorin Lurel avait déploré « une faute morale, historique, diplomatique et politique » contribuant à « ternir un peu plus » l’image de la France et à « fragiliser » les efforts de réconciliation mémorielle entre les pays occidentaux et leurs anciennes colonies.

Le Mouvement de décolonisation et d’émancipation sociale de Guyane, auquel appartient le député Jean-Victor Castor, a lui aussi dénoncé l’abstention de la France, ajoutant que « l’esclavage n’est pas seulement un crime du passé » car « ses conséquences structurent encore les inégalités actuelles ».

Le parti a par ailleurs appelé l’ONU à « permettre à la Guyane de réintégrer la liste des territoires non autonomes et forcer la puissance administrante à accepter un plan de décolonisation ».

« Mettre en concurrence des tragédies historiques »

La résolution, soutenue par l’Union africaine et présentée par le Ghana, a été adoptée mercredi par 123 voix pour, 3 contre (États-Unis, Israël, Argentine) et 52 abstentions (dont le Royaume-Uni et les États membres de l’Union européenne).

Elle déclare « la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé des Africains » comme « les plus graves crimes contre l’humanité », condamnant cette « injustice la plus inhumaine et la plus persistante commise contre l’humanité ».

https://www.afriquesenlutte.org/

Lire la suite

10 avril 2026 ~ 0 Commentaire

Gilbert Achcar (ESSF)

israel

Expansionnisme israélien au Liban

Le Hezbollah comme prétexte

Le Hezbollah libanais entre répudiation majoritaire pour sa subordination à l’Iran et regain de légitimité face à une nouvelle occupation du Sud-Liban, manifestement prévue pour le long terme.

Jamais une initiative militaire du Hezbollah libanais (littéralement, Parti de Dieu) n’avait été aussi répudiée au Liban que sa décision, le 2 mars, de lancer des roquettes par-dessus la frontière sud du pays avec l’État israélien, en représailles au meurtre du Guide suprême iranien Ali Khamenei. Cette salve d’ouverture fut immédiatement saisie par l’État sioniste comme prétexte pour lancer une invasion longtemps préméditée du Sud-Liban.

Le peuple libanais a toutes les raisons d’être massivement en colère contre ce qu’il a perçu comme l’implication de son pays dans une confrontation dépassant ses capacités, à travers une décision unilatérale prise par une organisation militaire opérant pour le compte d’un État étranger, en parallèle aux institutions officielles du pays. Cela est particulièrement compré-hensible du fait que la légitimité de ces institutions du point de vue de la démocratie électorale est indiscutable, surtout comparée au contexte politique régional.

Ce qui a exacerbé la colère publique, c’est que la cause pour laquelle le Hezbollah a ravivé la guerre avec l’État sioniste n’est pas une cause sur laquelle une grande partie de la population pourrait s’accorder – contrairement à la solidarité avec le peuple palestinien en général, et avec le peuple de Gaza en particulier, face à la guerre génocidaire qu’ils ont endurée.

En effet, la cause pour laquelle le Hezbollah est entré dans la mêlée cette fois-ci n’est même pas un objet de consensus parmi les chiites libanais eux-mêmes, la base sociale religieuse confessionnelle autour de laquelle le parti a construit sa base. L’initiative du parti de lancer des missiles sur Israël était ostensiblement en représailles à l’assassinat du chef de l’État iranien, le Juriste-Théologien tutélaire (Vali-ye Faqih en farsi), selon la constitution théocratique du pays.

Le Hezbollah n’a jamais caché son affiliation à l’État iranien. Son défunt Secrétaire général, Hassan Nasrallah – lui-même un clerc selon la règle théocratique qui préside à l’organisation du parti en vertu du modèle iranien – a un jour fameusement déclaré : « Nous sommes le Parti de la Tutelle du Juriste-Théologien » (Wilayat al-Faqih en arabe).

Il s’agit d’une doctrine théocratique intégriste élaborée par le père fondateur de la République islamique d’Iran, Rouhollah Khomeini, Grand Ayatollah (Grand Signe de Dieu), l’un des plus hauts dignitaires du chiisme duodécimain (la branche dominante du chiisme) et l’un des millions de prétendus descendants du Prophète de l’Islam, reconnaissables parmi les clercs – comme son successeur Khamenei, ou Nasrallah lui-même par ailleurs – par le turban noir qu’ils portent, qui les distingue du reste des clercs portant un turban blanc, et par le titre de Sayyid (maître ou seigneur).

La doctrine de Khomeini n’a jamais été consensuelle parmi les clercs chiites. Son interprétation politique intégriste s’écartait considérablement de la compréhension strictement religieuse originale des attributs du Juriste-Théologien tutélaire. Cela devint encore plus évident lorsque le même poste, à la mort de Khomeini en 1989 et à la suite de manœuvres politiques au sein du nouveau régime, fut confié à Ali Khamenei, qui n’avait atteint que le rang inférieur de Hodjatoleslam (Argument de l’Islam).

Cette mesure nécessita un changement constitutionnel, supprimant l’exigence du titre théologique suprême pour le Juriste-Théologien tutélaire, élu par l’Assemblée des Experts – une assemblée composée de 88 clercs élus après sélection par les douze membres du Conseil des Gardiens, dont la moitié sont nommés par le Juriste-Théologien tutélaire lui-même.

Le même type de nomination d’un clerc de rang inférieur à la fonction suprême s’est répété avec le fils de Khamenei, Mojtaba, qui, comme son père au moment de son accession au pouvoir, n’a pas dépassé le rang de Hodjatoleslam. Ainsi, la Tutelle du Juriste-Théologien, telle qu’inter-prétée en République islamique d’Iran, est devenue une simple façade idéologique pour un régime théocratique dans sa forme, mais dépourvu des exigences spirituelles et reposant plutôt sur des institutions et intérêts très temporels.

Au cœur de ces institutions se trouve le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), qui constitue la principale composante idéologique des forces armées iraniennes et contrôle un empire économique – un complexe militaro-industriel-social financé par les revenus pétroliers de l’Iran.

Le Hezbollah libanais a été fondé en pleine résistance contre l’occupation israélienne de la moitié du Liban en 1982, avec une implication iranienne directe. Il combinait ainsi les caractéristiques d’une organisation de résistance à l’occupation avec celles d’un bras armé local du régime iranien.

Cette dualité est devenue particulièrement évidente lorsque le parti est intervenu massivement dans la guerre civile syrienne à partir de 2013, pour soutenir un régime qui n’avait aucun lien avec l’idéologie khomeiniste, mais se revendiquait plutôt d’une idéologie opposée à celle-ci (nationalisme arabe et « socialisme »). Cette intervention a constitué l’élément principal du soutien iranien au régime baasiste syrien des Assad, un soutien guidé par les intérêts de l’État iranien et qui n’a pris fin qu’avec l’effondrement du régime à la fin de 2024.

Dans cette optique, l’initiative du Hezbollah visant à déclencher une nouvelle guerre contre l’État sioniste, dans le cadre de la stratégie du régime iranien visant à étendre régionalement sa résistance à l’agression américano-israélienne lancée le 28 février, constitue le deuxième acte majeur qui a confirmé, aux yeux de la plupart des Libanais, la priorité accordée par le parti aux intérêts du régime iranien au détriment de ceux de son propre pays et de son peuple, y compris les intérêts de sa propre base populaire déjà épuisée par la guerre de deux ans que le parti a menée en solidarité avec Gaza depuis octobre 2023 – plus précisément en soutien au Hamas, un autre allié de Téhéran, mais qui est aussi une force engagée dans le combat antisioniste, contrairement au régime des Assad.

Cependant, il existe un dénominateur commun évident entre l’offensive sioniste en cours au Liban et l’offensive à Gaza après l’opération Déluge d’Al-Aqsa d’il y a deux ans et demi. Comme pour cette dernière opération, le lancement par le Hezbollah de ses roquettes a été saisi comme prétexte par le gouvernement sioniste actuel – le gouvernement le plus à l’extrême droite de l’histoire de l’État d’Israël – pour poursuivre des ambitions expansionnistes de longue date, qui sont au cœur de l’idéologie sioniste originelle et sont farouchement revendiquées par l’extrême droite israélienne, dominante dans le cabinet israélien actuel. En effet, le parallèle est frappant entre la manière dont Israël a envahi la bande de Gaza, ordonnant un déplacement progressif de sa population du nord au sud, et ce qu’il fait actuellement au Sud-Liban.

Et comme pour Gaza, les membres les plus extrémistes du cabinet sioniste révèlent le véritable objectif que poursuit leur gouvernement. Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a déclaré le 24 mars que « le fleuve Litani doit être notre nouvelle frontière » avec le Liban (le Litani coule 15 à 30 km au nord de la frontière actuelle, délimitant une région qui constitue plus de 10 % de la surface du Liban). Smotrich a plaidé pour la mainmise permanente de l’État israélien sur cette partie du Liban, tout comme il occupe une partie de la bande de Gaza dans l’intention d’en perpétuer l’occupation et de l’annexer plus tard. Le même jour, le ministre de la guerre Israel Katz, membre du parti Likoud de Netanyahou, a déclaré que la région convoitée constitue la « zone de sécurité » d’Israël.

Dans ces guerres, le gouvernement israélien exploite la présence à la Maison-Blanche d’un président qui est certainement le plus indulgent envers les ambitions sionistes de tous les présidents américains, un Donald Trump qui, lors de son premier mandat, avait déjà été le premier président américain à reconnaître l’annexion de Jérusalem-Est et du plateau du Golan syrien, occupés par Israël depuis 1967.

Il était également prêt à soutenir l’annexion de la majeure partie de la Cisjordanie, n’avait-ce été le veto des monarchies du Golfe, y compris la « ligne rouge » fixée par la plus proche de Trump parmi elles, les dirigeants des Émirats arabes unis. Benyamin Netanyahou et son cabinet espèrent que le président américain fermera les yeux sur leur invasion du Sud-Liban, voire la soutiendra ouvertement. Ils ont conservé le contrôle de plus de la moitié de la bande de Gaza, dans l’espoir que Trump, ou l’échec de son « plan de paix », leur permettrait de prolonger l’occupation en vue d’annexer plus tard la majeure partie de l’enclave. Ils envisagent également d’annexer la majeure partie de la Cisjordanie, qui subit une appropriation progressive et un déplacement de population violents de la part de colons juifs avec le soutien du gouvernement.

Le gouvernement sioniste d’extrême droite espère reproduire cette situation dans le sud du Liban, dont il est actuellement en train d’occuper le territoire après l’avoir vidé de la plupart de ses habitants. Tout comme il utilise la persistance du Hamas et la menace qu’il représente pour l’État d’Israël comme prétexte à la perpétuation de son occupation de Gaza, il entend utiliser l’existence du Hezbollah et la menace qu’il représente pour son État comme prétexte à une occupation à long terme du Sud-Liban. Dans cette optique, la résistance du Hezbollah à l’occupation, tout comme celle du Hamas, devient un argument pour la mise en œuvre et la perpétuation de l’occupation.

Mais une occupation israélienne renouvelée du Sud-Liban ne peut que renforcer la légitimité nationale de la résistance menée par le Hezbollah. Elle confère un regain de justice à sa lutte contre l’occupation, dans l’espoir que son harcèlement de l’armée israélienne puisse finalement forcer le retrait de celle-ci, tout comme la résistance menée par le Hezbollah dans les années 1990 y était parvenue en 2000. Certes, ce retrait fut mené par un gouvernement dirigé par les travaillistes sionistes, et il est peu probable que le gouvernement israélien actuel le répète. Mais le gouvernement israélien pourrait changer de mains dans un avenir proche.

Dans ces circonstances, le mieux que le gouvernement libanais puisse faire est de démarcher énergiquement les États arabes, en particulier ceux qui ont la plus grande influence sur la Maison-Blanche, c’est-à-dire les monarchies du Golfe, afin qu’ils exercent des pressions sur Trump pour empêcher une occupation prolongée du Sud-Liban.

Ces monarchies comprennent sûrement que l’occupation israélienne d’une partie du Liban durant les deux dernières décennies du 20e siècle a conduit à la montée du Hezbollah et à l’expansion régionale de l’influence iranienne. Elles ont donc un intérêt direct à empêcher une répétition de ce scénario. C’est sur cela que le gouvernement libanais devrait concentrer ses efforts face à l’agression israélienne – et non sur le désarmement du Hezbollah sous pression des États-Unis, une tâche qui dépasse ses capacités.

Pire encore, le gouvernement libanais a clairement constaté que, malgré le retrait des forces du Hezbollah de la région au sud du fleuve Litani et le déploiement des troupes gouvernementales des Forces armées libanaises (FAL) sur place, conformément à l’accord de cessez-le-feu du 27 novembre 2024, Israël n’a pas cessé ses frappes aériennes et ses incursions dans cette région. Et pourtant, la réaction du gouvernement libanais à cette nouvelle invasion israélienne a été de retirer ses troupes du sud et d’élever la voix contre le Hezbollah, déclarant son action militaire illégale au moment le plus inapproprié.

Les intérêts supérieurs du pays exigent de viser à un accord pacifique pour l’intégration des forces armées du Hezbollah au sein des FAL – une mesure qui ne deviendra possible que lorsque l’équation régionale connaîtra un changement fondamental. Toute tentative de désarmer le Hezbollah par la force n’est qu’une recette pour une reprise de la guerre civile dans un pays déjà dévasté par quinze ans de pareil conflit, entre 1975 et 1990.

Gilbert Achcar jeudi 9 avril 2026,


• Gilbert Achcar. Billet de blog 9 avril 2026
https://blogs.mediapart.fr/
Professeur émérite, SOAS, Université de Londres
Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

* Dernier ouvrage paru Gaza, génocide annoncé. Un tournant dans l’histoire mondiale (La Dispute, 2025).

Lire la suite

10 avril 2026 ~ 0 Commentaire

Rima Hassan (Regards/Essf)

droit

Députée européenne de la France insoumise, Rima Hassan harcelée

La députée européenne insoumise fait l’objet de poursuites répétées par la police française, au mépris de son immunité parlementaire. Ce harcèlement doit s’arrêter.

Rima Hassan, la députée européenne insoumise, est ressortie dans la soirée après une garde à vue. Elle s’est toujours rendue aux convocations de la police qui l’avait déjà entendue en audition libre en avril 2024 et en avril 2025 pour « apologie du terrorisme ». Or, alors même qu’elle est protégée par son immunité de parlementaire européenne, cette convocation était cette fois-ci une garde à vue. Le flagrant délit a été invoqué pour passer outre cette immunité. Le délit : un tweet du 26 mars 2026, depuis effacé.

Cette affaire pose au moins trois questions.

La première est celle du respect fondamental de la liberté d’expression des parlementaires. L’immunité qui leur est accordée ne les autorise pas à détourner des fonds publics, comme certains procès en cours le rappellent.

En revanche, elle protège leur expression politique. Revenir sur ce point est un pas dans une direction délétère pour la démocratie. Se prévaloir du flagrant délit pour un tweet effacé relève d’une torsion des principes. Comment la police française, sous le contrôle du pouvoir français, a-t-elle pu se le permettre ? Que font le Parlement européen et la Commission européenne pour défendre ce droit ? On attend.

La seconde question est celle de la fake news, relayée partout, de présence de drogues dans le sac à main de la députée.

Rima Hassan est une militante responsable et il était très surprenant qu’elle ait pu se rendre à une audition de police en ayant sur elle des substances illicites. Le doute était premier. On sait désormais qu’il s’agissait de substances achetées légalement dans un magasin de CBD. Pourtant elle est à nouveau convoquée ce matin par la police. Cela confine à de l’acharnement. On se demandera comment de telles « infos », aussi sensibles, ont pu être divulguées immédiatement aux médias ?

Comment se fait-il que, sur les plateaux, personne n’ait émis un doute sérieux [1] sur le fait que Rima Hassan se rende à un commissariat avec des drogues interdites ? Qui a interrogé les sources de cette info ? Le fil direct entre police/justice et médias est devenu hautement problématique. Ici, c’est la réputation et la crédibilité politique d’une parlementaire qui est mise à mal. Le ministre doit y mettre bon ordre. À l’entendre ce matin, il semble plutôt vouloir poursuivre.

Enfin, on pourra discuter de l’opportunité d’un tweet valorisant l’action d’un homme ayant massacré 26 personnes à l’aéroport de Tel Aviv il y a 55 ans. Dans son tweet, Rima Hassan ne valorisait pas cette action, mais l’engagement de cet homme en faveur du combat des Palestiniens. Il disait : « J’ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir ».

La députée a supprimé ce tweet, sans bien sûr renier son soutien à la résistance palestinienne, même armée. Elle se réfère au droit de résistance reconnu par l’ONU. Faut-il pour autant valoriser cette action terroriste ?

On peut franchement en douter. Tweeter moins souvent et moins vite serait sûrement une bonne idée. S’attacher à faire comprendre l’action criminelle du pouvoir israélien et faire connaître la condition des Palestiniens et les luttes qu’ils mènent, voilà qui serait un moyen plus efficace de réunir largement autour de ce combat. Rima Hassan est une femme courageuse et engagée pour son peuple, mais cette lutte doit faire l’objet d’une réflexion politique collective élargie.

Catherine Tricot vendredi 3 avril 2026, 


Lire la suite

09 avril 2026 ~ 0 Commentaire

Notre hebdo (NPA)

une

Lire la suite

09 avril 2026 ~ 0 Commentaire

Loi Yaldan (Le Tél / Mediapart)

droit

Pourquoi la proposition de loi Yadan fait polémique

Une proposition de loi vise à lutter contre l’antisémitisme en France, mais suscite la polémique. Objet d’une pétition qui a atteint ce mardi les 500 000 signatures, elle est accusée d’amalgame entre critique d’Israël et haine des Juifs et soulève un vif débat sur la liberté d’expression.

Que dit cette proposition de loi ?

Va-t-il devenir interdit de critiquer l’État Hébreu en France ? C’est la question brûlante que pose la proposition de loi « visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme », déposée le 19 novembre 2024 par la députée des Français de l’étranger, Caroline Yadan.

Pourquoi ? Car ce texte prévoit d’élargir le délit d’apologie du terrorisme, y compris à des propos jugés « implicites », et de créer une nouvelle infraction : l’appel à la destruction d’un État, en l’occurrence celui d’Israël.

Pour justifier ces mesures qui seront débattues le 16 et 17 avril prochains à l’Assemblée, Caroline Yadan s’appuie sur la hausse des actes antisémites en France depuis le 7 octobre 2023. Toutefois, la démarche risque d’instaurer une hiérarchisation entre les différentes formes d’atteintes religieuses. (…)

Pierre Coudurier  07 avril 2026

La loi Yadan ou la criminalisation de la pensée critique

Présentée comme une loi contre l’antisémitisme, la PPL 575 de la députée Caroline Yadan est en réalité un instrument de censure : elle criminalise la critique d’Israël, assimile l’antisionisme à la haine raciale et menace quiconque ose nommer l’oppression. Derrière le vernis républicain, c’est l’ordre des puissants qui légifère et la Palestine qui en paye le prix.

Collectif marseillais militant et citoyen de soutien au peuple palestinien

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La loi Yadan ou la criminalisation de la pensée critique

Il arrive que les lois révèlent cruellement, mieux que n’importe quel discours, ce qu’un pouvoir redoute vraiment. La proposition de loi n°575 déposée par la députée Renaissance Caroline Yadan, officiellement intitulée « visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme » et soumise au vote de l’Assemblée nationale le 16 avril 2026, fait partie de ces lois qui démontrent la violence d’institutions qui ne servent plus vraiment le peuple. Son titre est un mensonge pieux, son contenu en revanche est une attaque inacceptable contre la pensée libre, contre la solidarité internationale, contre le droit élémentaire de nommer l’oppression pour ce qu’elle est.

Un texte bâti sur un amalgame insidieux

Le projet de loi Yadan prétend lutter contre de nouvelles formes d’antisémitisme. Mais lorsqu’on en lit l’exposé des motifs, on découvre un amalgame délibéré entre l’antisémitisme et la critique d’Israël : l’antisionisme. On peut y lire, noir sur blanc : « Cette haine de l’État d’Israël est aujourd’hui consubstantielle à la haine des Juifs ». En d’autres termes, s’opposer à la politique d’un État, un État auteur d’un génocide documenté par les plus hautes instances juridiques internationales, deviendrait en France un acte punissable par la loi.

Un tribunal correctionnel avait pourtant énoncé en 2025, en relaxant une personne poursuivie pour soutien à la cause palestinienne, que « la référence à Israël ou au sionisme ne peut, à elle seule, être interprétée comme visant la communauté juive dans son ensemble ». La loi Yadan entend précisément renverser cette jurisprudence et avec elle, les fondements mêmes de l’État de droit.

En assimilant très largement l’antisionisme à l’antisémitisme, cette définition sert depuis des années d’outil politique pour réprimer la solidarité avec la Palestine, disqualifier les critiques de l’État d’Israël et exercer des pressions sur le monde académique, culturel et militant. En l’intégrant dans le droit positif, la loi Yadan franchit un seuil supplémentaire et transforme une définition idéologique contestée en norme pénale contraignante.

Les conséquences concrètes sont vertigineuses. La députée Caroline Yadan elle-même ne s’en cache pas : elle a déclaré sans équivoque vouloir utiliser cette loi pour interdire les slogans des manifestations de solidarité avec la Palestine. Scander dans la rue « liberté pour la Palestine » pourrait désormais s’apparenter, en cas d’adoption de ce texte, à un acte antisémite. Voilà où nous en sommes. L’expression d’une solidarité élémentaire avec un peuple martyrisé, chassé de ses terres depuis 1948, soumis depuis plus de deux ans et demi à une campagne de destruction systématique qualifiée de génocide par la Cour internationale de justice, cette expression deviendrait un délit.

Une police de la pensée au service des puissants

Mais la loi Yadan n’est pas seulement un outil de répression pro-israélienne. Elle est aussi, et peut-être surtout, la manifestation d’un ordre social dans lequel certains ont tous les droits y compris celui de définir ce que les autres ont le droit de penser et de dire. Ce projet de loi prévoit d’élargir le champ du délit d’apologie du terrorisme en incriminant au-delà de la provocation directe, pour viser aussi des discours jugés « implicites », une notion suffisamment floue pour inclure un vaste éventail d’interprétations liberticides, incluant des propos qui se contenteraient de contextualiser des actes qualifiés de terroristes. En d’autres termes, expliquer pourquoi des peuples opprimés résistent deviendrait, demain, passible de poursuites.

La loi Yadan ajoute aussi les critères de « minoration » et « banalisation » au délit d’apologie du terrorisme, ce qui risque de criminaliser des discours universitaires ou militants visant à expliquer les processus sociaux et historiques ayant mené à la commission d’actes violents, par exemple, la contextualisation des attaques du 7 octobre dans des décennies d’oppression, d’apartheid et de colonisation. Autrement dit, l’histoire serait confisquée. Le contexte serait interdit. Seule subsisterait la version des vainqueurs.

C’est là que la loi Yadan révèle sa nature profonde : elle n’est pas une loi contre le racisme, elle est une loi pour l’impunité des dominants. Elle cristallise un rapport de force mondial dans lequel les États puissants, Israël et ses alliés occidentaux, s’arrogent le droit de définir ce qui est dicible, légitime, autorisé. Le peuple palestinien, lui, n’aurait même plus le droit à un avocat des mots. Dans les sociétés occidentales, cette dynamique s’inscrit dans un mouvement plus large de criminalisation des opinions dissidentes, de mise hors-jeu des voix qui refusent le récit officiel. La Palestine, en ce sens, n’est pas qu’une question géographique : elle est un révélateur. Là où d’autres causes progressistes trouvent droit de cité dans les médias dominants et les cercles institutionnels, la solidarité palestinienne se heurte à un mur. Parce qu’elle touche aux intérêts réels des puissants (économiques, stratégiques, idéologiques).

Le double standard permanent

La Ligue des droits de l’Homme souligne que ce projet est « liberticide, sécuritaire et identitaire au plus mauvais sens du terme » et qu’il s’organise autour d’une confusion entre « les Juifs », « Israël » et « Sionisme » : un amalgame tout sauf innocent. Et en effet, l’hypocrisie est totale. La France qui se drape dans les valeurs universelles de 1789, liberté, égalité, fraternité, est la même qui vend des armes à l’armée israélienne, qui interdit des manifestations pro-palestinien-nes, qui place en garde à vue des élus comme Rima Hassan pour des propos jugés inconve-nants. Il est indigne de manipuler la lutte contre l’antisémitisme pour tenter de museler les critiques qui s’expriment contre l’État d’Israël. Il est dangereux de séparer la lutte nécessaire contre l’antisémitisme du combat général contre le racisme sous toutes ses formes, et de l’assimiler ainsi de facto à la défense de l’État d’Israël et de ses crimes.

Ce double standard saute aux yeux dès qu’on sort du cadre palestinien. Personne ne propose de loi pour criminaliser le soutien aux Kurdes, aux Ouïghours, aux Tibétains, aux peuples sahraouis. Personne ne poursuit en justice ceux qui dénoncent le régime de Pékin, de Riyad ou d’Ankara. Mais que l’on s’en prenne à la politique d’Israël, seul État au monde à avoir fait du colonialisme un projet constitutionnel assumé, et aussitôt se lèvent les gardiens de l’ordre moral. L’universalité des droits humains n’est décidément applicable que lorsqu’elle ne dérange pas ceux qui la proclament.

La résistance est légitime

Par l’assignation identitaire à Israël des Français juifs et des Françaises juives, cette proposition de loi les expose alors qu’elle prétend les protéger. C’est là l’une de ses perversités les plus profondes : en faisant d’Israël le représentant naturel de tous les Juifs du monde, elle nourrit précisément les logiques qu’elle prétend combattre. Des organisations juives comme Tsedek! et l’Union juive française pour la paix l’ont compris, elles ont clairement appelé les députés à rejeter un texte qu’elles considèrent comme une menace pour les libertés publiques.

La Palestine cristallise tous les enjeux de notre époque : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes contre la realpolitik des États, la liberté d’expression contre la police de la pensée, la mémoire historique contre le révisionnisme institutionnel. La loi Yadan est le produit logique d’un système qui, pour se maintenir, doit interdire qu’on le nomme. Notre réponse, en tant que militants, citoyens, intellectuels et humanistes, est simple : nommer quand même, résister quand même, et rappeler inlassablement que la liberté d’expression n’a de sens que si elle protège les plus faibles pas les plus puissants.

Le vote du 16 avril ne sera pas anodin. Ce qui se joue ce jour-là, c’est la question de savoir si la France choisit encore, réellement, le camp des droits humains ou celui de l’impunité des génocidaires.

.
Pétition à signer : https://petitions.assemblee-nationale.fr

7 avril 2026

https://blogs.mediapart.fr/

.

Loi Yadan : les député·es ne doivent pas la laisser passer

.

Loi Yaldan (Le Tél / Mediapart) dans Altermondialisme
CGT
https://www.cgt.fr › proche-orient › legislation › loi-ya…
 dans Anticolonialisme
RSF.org
https://rsf.org › france-la-proposition-de-loi-yadan-fait-…

Lire la suite

06 avril 2026 ~ 0 Commentaire

Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP)

 

fplp

Front populaire de libération de la Palestine (FPLP)

Le Front populaire de libération de la Palestine FPLP, est une organisation palestinienne d’idéologie marxiste-léniniste fondée en 1967 par Georges Habache.

Issu du Mouvement nationaliste arabe, le FPLP adopte officiellement le marxisme en 1969. Cette évolution idéologique entraîne la scission d’un groupe dirigé par Ahmed Jibril, qui fonde le Front populaire de libération de la Palestine – Commandement général.

Membre de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), le FPLP constitue dans les années 1970 la deuxième organisation palestinienne la plus importante après le Fatah. Historiquement plus radical que ce dernier, il s’oppose notamment aux accords d’Oslo et rejette la reconnaissance de l’État d’Israël ainsi que tout compromis territorial. Le mouvement défend l’établissement d’un État binational sur l’ensemble de la Palestine historique, présenté comme une « Palestine démocratique et populaire » où Arabes et Juifs vivraient sans discrimination. Il s’oppose par ailleurs aux régimes arabes conservateurs et prône la révolution socialiste.

Le FPLP prône la lutte armée pour la libération de la Palestine, incluant le territoire de l’actuel État d’Israël. Sa branche armée, initialement connue sous le nom de Brigades des Aigles rouges, renommée Brigades Abou Ali Moustapha en 2001, est responsable de plusieurs détournements d’avions à partir de 1968, pratique à laquelle l’organisation renonce en 1972.

Il est désigné comme organisation terroriste par plusieurs États occidentaux, dont les États-Unis, l’Union européenne et Israël.

Doctrine

La doctrine du FPLP s’exprime principalement par le rejet du sionisme et par la promotion du nationalisme palestinien, dans une perspective socialiste révolutionnaire,  marxiste-léniniste et le nationaliste arabe. Le FPLP se décrit comme anti-impérialiste et s’oppose au capitalisme et aux classes exploitantes arabes.

Ce groupe rejoint l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) en 1968 et devient, dans l’organisation, le deuxième groupe par son importance après le Fatah de Yasser Arafat. Le FPLP est considéré comme représentant la ligne dure du militantisme nationaliste palestinien, s’opposant à la position plus modérée du Fatah. Le mouvement milite pour une résolution du conflit israélo-palestinien fondée sur un seul État qui rassemblerait Arabes et Juifs sans considérations religieuses ou ethniques.

Le Front populaire de libération de la Palestine est fondé à Beyrouth en 1967. Il réunit le Mouvement nationaliste arabe dirigé par Georges Habache et trois plus petites organisations : le Front de libération de la Palestine d’Ahmed Jibril, les Jeunesses de la vengeance de Nayef Hawatmeh et les Héros du retour. Le mouvement se présente comme marxiste et reconnait la lutte armée comme un moyen essentiel de libération de la Palestine. Il développe un discours socialiste prônant la révolution de la société tout entière, en commençant par les camps de réfugiés, les populations arabes et même la société israélienne.

Le FPLP a connu plusieurs scissions depuis sa création :

  • en 1968, Ahmed Jibril forme un groupe indépendant, le Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général soutenu par la Syrie ;
  • en 1969, Nayef Hawatmeh forme le Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP), idéologiquement plus proche des maoïstes.

Le FPLP s’oppose au régime jordanien du roi Hussein et aurait tenté d’assassiner celui-ci. Le début de l’année 1970 est marqué par une radicalisation de l’action des fedayin proches du FPLP en Jordanie, ce qui entraîne l’arrêt du financement de l’OLP par certains États arabes.

Le 30 mai 1972, le massacre de l’aéroport de Lod, en Israël, est perpétrée par l’Armée rouge japonaise alliée au FPLP. Il est le premier attentat-suicide au Moyen-Orient.

Mohamed Boudia, coordinateur du FPLP en Europe, est assassiné le 28 juin 1973 à Paris lors de l’opération Colère de Dieu menée par le Mossad, puis remplacé par le Libanais Michel Moukharbal.

La chute de l’Union soviétique, la poussée des mouvements palestiniens islamistes et les attaques ciblées israéliennes contre les dirigeants du FPLP ont fait perdre de son influence à cette organisation.

Le FPLP s’oppose à la signature des accords d’Oslo en 1993, estimant que ceux-ci marginalisent les réfugiés palestiniens et que la paix ne saurait être durable qu’avec la création d’un État binational. Il demeure néanmoins au sein de l’OLP, afin de peser dans la prise de décision, mais Georges Habache en quitte la direction.

Ahmad Saadat succède à Abou Ali Mustafa en 2001, après son assassinat à Ramallah par l’armée israélienne. Le mouvement via les brigades d’Abou Ali Moustapha, revendique, en octobre 2001, l’assassinat du ministre israélien du tourisme, Rehavam Zeevi. Saadat se réfugie dans la Mouqata’a auprès de Yasser Arafat, qui refuse alors de le remettre à Israël.

Après des négociations avec les États-Unis et le Royaume-Uni, un accord est conclu entre Israël et l’Autorité palestinienne. Saadat est arrêté et jugé devant un tribunal militaire. Il est emprisonné dans la prison palestinienne de Jéricho, et la responsabilité de sa surveillance est confiée aux Américains et aux Britanniques.

La cour suprême palestinienne déclare cette condamnation anticonstitutionnelle et ordonne sa libération, mais l’Autorité palestinienne s’y refuse. Début mars 2006, les gardiens américains et britanniques décident de quitter leur poste, rompant de facto l’engagement de Londres et de Washington d’assurer la surveillance de la prison de Jéricho.

L’Autorité palestinienne en ressort affaiblie dans la bande de Gaza ; les étrangers fuient le territoire alors que le Hamas tarde à constituer son cabinet après sa victoire aux élections législatives palestiniennes de 2006.

Le 14 mars 2006, l’armée israélienne lance un assaut contre la prison de Jéricho. Après une journée de siège, elle obtient la reddition de Saadat. Cet assaut fait deux morts et 20 blessés, tous Palestiniens (gardiens et prisonniers), et déclenche une série d’enlèvements d’Occidentaux dans la bande de Gaza.

Lors des élections municipales de 2005, la candidate du FPLP, Janette Khoury, est élue maire de Ramallah, grâce aux voix du Hamas, contre le candidat du Fatah. Elle est la première femme à être élue maire d’une grande ville palestinienne.

Le FPLP a participé aux élections législatives palestiniennes de 2006 sous le nom de « liste du Martyr Abu Ali Mustafa ». Il a obtenu 4,2 % des suffrages et trois sièges sur 132 dans le Conseil législatif palestinien. Ses députés sont Ahmed Saadat, Jamil Majdalawi et Khalida Jarrar. Le FPLP a obtenu ses meilleurs scores à Bethléem (9,4 %), Ramallah (6,6 %) et à Gaza Nord (6,5 %).

Le 25 décembre 2008, le secrétaire général du FPLP, Ahmad Saadat, est condamné à trente ans d’emprisonnement par le tribunal militaire d’Ofer (Israël). Il avait été capturé en janvier 2002 par les Israéliens. Des manifestations ont eu lieu à Bethléem pour fustiger cette condamnation d’un membre du Conseil législatif palestinien élu en janvier 2006.

Le FPLP semble avoir perdu de son influence depuis les années 1990. « Le dépérissement des idéaux de gauche » semble expliquer le faible impact électoral du mouvement dans les territoires palestiniens. Néanmoins, selon la politologue Aude Signoles, la personne et le mouvement de Georges Habache « ont grandement contribué au débat d’idées au sein de l’OLP ».

En octobre 2020, le Pôle démocratique progressiste, bras étudiant du FPLP, est déclaré « organisation terroriste » par le gouvernement israélien. En octobre 2021, le gouvernement israélien interdit six ONG palestiniennes, dont les organisations de défense des droits humains al-Haq et Addameer, les accusant d’être des « organisations terroristes » liées au FPLP. L’ONG israélienne B’Tselem, Amnesty International et Human Rights Watch ont condamné une décision « épouvantable » contre certaines des plus « importantes ONG palestiniennes ».

Le mouvement mène une guérilla contre les troupes israéliennes dans la bande de Gaza durant la guerre de Gaza.

Attitude à l’égard du processus de paix

Lors de sa création à la fin des années 1960, le FPLP soutenait la ligne établie de la plupart des fronts de guérilla palestiniens et excluait tout règlement négocié avec Israël qui aboutirait à la création de deux États. Au lieu de cela, Georges Habache en particulier, et divers autres dirigeants en général, ont préconisé un État doté d’une identité arabe dans lequel les Juifs auraient le droit de vivre avec les mêmes droits que n’importe quelle minorité. Le FPLP a déclaré que son objectif était de « créer une Palestine démocratique et populaire, où les Arabes et les Juifs vivraient sans discrimination, un État sans classes ni oppression nationale, un État qui permette aux Arabes et aux Juifs de développer leur culture nationale ».

Le programme du FPLP n’a jamais fait de compromis sur des points clés tels que le renverse-ment des États arabes conservateurs ou monarchistes comme le Maroc et la Jordanie, le droit au retour de tous les réfugiés palestiniens dans leurs foyers dans la Palestine d’avant 1948, ou l’utilisation de la libération de la Palestine comme d’un argument et d’un conseil de lancement pour réaliser l’unité arabe – reflétant ses débuts dans le Mouvement nationaliste arabe.

Il s’est opposé aux accords d’Oslo et a longtemps été opposé à l’idée d’une Solution à deux États au conflit israélo-palestinien, mais en 1999 il est parvenu à un accord avec les dirigeants de l’OLP concernant les négociations avec le gouvernement israélien. Cependant, en mai 2010, le secrétaire général du FPLP, Ahmad Saadat, a appelé à la fin des négociations entre l’OLP et Israël, affirmant que seule une solution à un seul État en forme d’État binational était possible.

En janvier 2011, le FPLP a déclaré que les Accords de Camp David étaient synonymes de « soumission, dictature et silence » et a appelé à une révolution sociale et politique en Égypte.

Relations avec les autres partis palestiniens

En décembre 2013, le FPLP a déclaré : « Le Hamas est un élément essentiel du mouvement national palestinien, et telle est la position du FPLP. » Malgré les différences idéologiques – sur la question sociale, le caractère non-confessionnel de l’État palestinien souhaité ou le rôle des femmes dans le mouvement national –, le Hamas et le FPLP participent à des exercices militaires communs et défendent une solution à un seul État. Il est aussi allié au Hezbollah au Liban.

Le FPLP est fortement critique à l’égard de l’Autorité palestinienne et du président Mahmoud Abbas. Il signe en mars 2024 un communiqué avec le Hamas, le Mouvement du Jihad islamique en Palestine et l’Initiative nationale palestinienne appelant à la création d’un gouvernement sur la base du « consensus », comme préalable à des « élections libres ».

L’historien Nicolas Dot-Pouillard, chercheur à l’Institut français du Proche-Orient, note au sujet des relations entre la gauche palestinienne et les mouvements islamo-nationalistes que ce n’est pas l’opposition entre religieux et laïcs qui structure les clivages du champ politique palestinien, mais bien la question nationale et coloniale, laquelle détermine en grande partie les positionne-ments des différents acteurs. La gauche palestinienne doit ainsi être appréhendée dans un contexte distinct de celui des pays d’Europe occidentale, où les rapports entre droite et gauche sont rendus plus complexes par un engagement anticolonial qui ne relève pas exclusivement de la gauche.

Relations internationales

Le FPLP avait des liens dans les années 1980 avec la Chine, les pays du pacte de Varsovie et des pays arabes comme la Syrie, l’Irak, la Libye, et le Yémen du Sud, seul État communiste ayant existé dans le monde arabe. Lorsque ce soutien cessa ou diminua à la fin des années 1980 et dans les années 1990, le FPLP a cherché de nouveaux alliés et développé des contacts avec des mouvements chiites liés à l’Iran, malgré la forte adhésion du FPLP à la laïcité et son opposition à l’idéologie du Velayat-e faqih, anticommuniste.

La relation entre le FPLP et la République islamique d’Iran a fluctué – elle s’est renforcée à la suite du départ du Hamas de l’Iran en raison de positions divergentes sur la guerre civile syrienne. Le FPLP prône une politique de neutralité dans le conflit syrien et reçoit dès lors un soutien accentué de l’Iran pour contrebalancer les mouvements palestiniens islamistes. Il s’est toutefois engagé militairement contre l’organisation État islamique pour défendre les camps de réfugiés palestiniens de Syrie sans pour autant appeler à s’allier aux troupes du gouvernement.

L’organisation est sur la liste officielle des organisations terroristes d’Israël, des États-Unis, du Canada, de l’Australie, des pays de l’Union européenne et du Japon.

Attentats

Des années 1960 jusqu’à la fin des années 2000, le mouvement a commis surtout des détournements d’avions et des attaques contre des avions pas forcément israéliens. Ces détournements d’avions répondent à deux objectifs : faire connaître la « cause » palestinienne à l’extérieur ; négocier auprès d’Israël des libérations de prisonniers politiques.

En 1972, le mouvement décide d’arrêter ses « actions extérieures » et décide de concentrer ses actions contre les Israéliens.

Participation du FPLP à l’assaut du 7 octobre 2023

Le FPLP a participé via sa branche armée (les Brigades d’Abou Ali Mustafa), à l’attaque du 7 octobre 2023 en Israël. Si le Hamas était l’organisateur principal, plusieurs groupes armés palestiniens ont participé à l’opération baptisé « Déluge d’Al-Aqsa », notamment le Jihad islamique palestinien, et le Front démocratique pour la libération de la Palestine.

Note:

Nous avons appelé cette action: « La pire erreur jamais commise par le Hamas »

https://fr.wikipedia.org/

Voir aussi:

Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP)

Lire la suite

03 avril 2026 ~ 0 Commentaire

SWP (Wikipedia)

islam

Parti socialiste des travailleur (UK)

Le Parti socialiste des travailleurs (SWP — Socialist Workers Party en anglais) est un parti politique britannique d’extrême gauche, d’inspiration trotskiste.
.
Le SWP se réclame du socialisme révolutionnaire, et plus précisément du trotskisme dont il développe diverses critiques des évolutions depuis les années 1940, l’amenant à se différencier des partis et groupes trotskistes « orthodoxes ». Il fait partie de la Tendance Socialiste Internationale. Le fondateur du parti, Tony Cliff, a développé une analyse de l’URSS comme un régime « capitaliste bureaucratique d’État », le SWP adoptant ensuite le slogan « Ni Washington, ni Moscou, le socialisme international ! » .
.
Pendant la guerre froide, qui marque son refus de choisir entre deux impérialismes. Le SWP ne participe pas en tant que tel aux élections, mais à travers des alliances ou coalitions, dont RESPECT qui a réussi à faire élire un député au parlement britannique (George Galloway) et plusieurs conseillers municipaux, et participant en 2010 à la TUSC (Trade Union and Socialist Coalition avec le Parti socialiste, Solidarité et Socialist Resistance (la TUSC obtient en moyenne 1 % des voix là où elle participe aux élections).
.
En Écosse, le SWP forme une plateforme du Parti socialiste écossais (SSP) jusqu’en septembre 2006, date à laquelle celui-ci a scissionné. Les militants écossais de la plateforme Socialist Worker militent à présent dans un nouveau parti, Solidarité .
.
Le SWP a une commission industrielle qui coordonne le travail entre le parti, le mouvement ouvrier et la section étudiante. Ses membres jouent un rôle important localement, et parfois nationalement, dans divers syndicats.
.
Le parti s’est également impliqué dans la construction du mouvement contre la guerre en Irak — notamment à travers la Coalition Stop the War — et contre l’islamophobie. Il existe en France, ou ont existé dans la période récente, trois petites organisations se réclamant des idées du SWP : Socialisme par en bas (SPEB — qui entretient un rapport plus ou moins direct avec la direction du SWP), Socialisme international (SI — dont SPEB est une scission de 1997) et l’association Marxistes Unitaires.
.
Les deux premières organisations se sont constituées séparément en courants au sein de la LCR (Ligue communiste révolutionnaire) et la dernière, si elle comprenait des militants de la LCR, se définit d’abord comme une association œuvrant au rapprochement de la gauche antilibérale et anticapitaliste. Le groupe politique Autonomie de Classe (A2C), dont « une partie des membres a milité au Nouveau Parti anticapitaliste » français, entretient des relations avec le SWP.
.
En 2013, 700 membres du SWP démissionnent après le scandale du traitement des femmes et les allégations de viol contre la direction du parti. A la même époque, la section grecque, dans Syriza explosa et l’organisation des USA, ISO, disparut.
.
.
Sa section irlandaise:
.
.
Commentaire:
.
Les SWP est connu pour avoir « apporté » en France la problématique des « filles voilées » qui ne posaient pas problème avec la culture britannique. Il en était tout autrement avec « notre » tradition laïque ou « laïcarde ». C’est étonnant de voir comment des gens issus de la droite se prennent à défendre la laïcité quand elle touche les musulman(e)s! On doit aussi à ce courant la banalisation du terme « islamophobe ». Il a aussi apporté la théorie de Chris Harman sur l’Islam: Le prophète et le prolétariat
.
Les amis du NPA sont dans :
.

Lire la suite

29 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Kurdes (Wikipedia)

kurdes

Kurdes

Les Kurdes sont un groupe ethnique et tribal diversifié, principalement concentré dans la région du Kurdistan située dans les monts Zagros et l’est des monts Taurus, qui font aujourd’hui partie du nord-ouest de l’Iran, du sud-est de la Turquie et du nord de l’Irak. Ils parlent le kurde et ses variantes, qui appartiennent à la famille des langues indo-européennes. Sur le plan historique et linguistique, les Kurdes font partie du groupe des peuples iraniens.

Depuis un siècle, certains Kurdes luttent pour leur autodétermination, afin d’avoir leur propre patrie, le Kurdistan. Tous les États qui abritent une communauté non négligeable de Kurdes s’opposent activement à la création d’un État kurde et craignent de devoir abandonner une partie de leur territoire national.

Au 20è siècle, après avoir activement participé à l’extermination des Arméniens autour du lac de Van, les Kurdes ont été persécutés à leur tour par les États dans lesquels se trouvent les principales populations de Kurdes. Le Kurdistan est divisé entre la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie. La partition de l’Empire ottoman après la Première Guerre mondiale a provoqué la division du Kurdistan ottoman entre l’Irak, la Syrie et la Turquie. La création de ces États-nations impliquait l’assimilation culturelle forcée et l’assimilation linguistique des Kurdes dans les cultures et les langues des Arabes, des Turcs ou des Persans. Une émigration récente a entraîné l’apparition d’une diaspora kurde qui est présente dans tous les pays de l’Europe occidentale, aux États-Unis et en Australie.

Sous l’empire safavide, les Kurdes ont été déportés en masse à Khorassan. L’ancienne communauté qui vivait près de Kaboul a quitté le pays pendant la guerre d’Afghanistan à la fin des années 1970. Dans le Caucase, l’Union des républiques socialistes soviétiques déporta de nombreux Kurdes vers l’Asie centrale, et la plupart des Kurdes quittèrent leurs anciennes terres d’Arménie et du Haut-Karabagh lors de la première guerre du Haut-Karabagh.

Les Kurdes parlent des dialectes proches les uns des autres, tous issus du kurde, une langue iranienne. La langue kurde utilise des alphabets différents (arabe et latin) et plusieurs variantes : le sorani au Kurdistan du Sud et de l’est, le kurmandji dans les quatre parties, le zazaki au Kurdistan du Nord. D’autres dialectes sont parlés dans les différentes régions du Kurdistan tels que le lori, le laki, le gorani, etc.

L’origine exacte du mot « kurde » est incertaine. Il y a des points de vue divergents, dont ceux qui ne voient l’origine dans les Cyrtes (Cyrtæi), une tribu mède de Perse. L’ethnonyme « Kurde » pourrait être dérivé d’un terme pour signifier « nomades, habitants de tentes » et qui pouvait aussi être appliqué à n’importe quelle tribu iranienne. Ce terme a acquis un caractère d’ethnonyme après la conquête musulmane de la Perse, ayant été adopté en arabe et progressivement associé à un regroupement de tribus et groupes iraniens et iranisés de la région.

Culture

La culture kurde est un mélange des rites et coutumes des divers peuples anciens, ancêtres des Kurdes actuels et de leur société. Comme beaucoup d’autres populations du Moyen-Orient, une grande influence s’est exercée entre les Kurdes et les peuples voisins. En effet, dans la culture kurde, des éléments originaires d’autres cultures sont observés et vice-versa. Cependant, en général, elle est plus proche de celle des peuples indo-iraniens, en particulier de ceux qui sont géographiquement proches du Kurdistan, comme les Perses ou les Lors. Les Kurdes, par exemple, célèbrent aussi Norouz (21 mars) comme fête du Nouvel An.

Place des femmes

Les femmes et les hommes kurdes participent à des danses mixtes pendant les fêtes, les mariages et d’autres événements festifs. Le major Soane, officier de l’Empire colonial britan-nique pendant la Première Guerre mondiale, notait que ceci était inhabituel en comparaison des autres peuples musulmans de la région et montra que, au regard de ce respect homme-femme, les Kurdes étaient plus proches des occidentaux de l’époque que des autres peuples de la région.

Dans l’histoire kurde, les femmes tiennent traditionnellement le même rang que les hommes dans l’accomplissement des travaux agricoles sous le climat rude et aride des montagnes du Kurdistan.

Il n’était pas possible qu’une personne sur deux fût active dans la tenue du foyer et l’éducation des enfants. De cette façon, toutes les tâches, à l’exception de la maternité, incombaient aux deux sexes. La contribution de tous au travail explique l’entraide des Kurdes, leur solidarité, et leurs idées progressistes. L’une des conséquences de ces mœurs a limité les famines. Lorsqu’un groupe manquait de blé à cause d’une sécheresse, un autre lui en fournissait. Cependant, la même quantité de blé devrait être retournée l’année suivante. Tribal au départ, ce système a évolué vers un caractère communautaire et sociétal.

Bien que les rôles des hommes et femmes soient interchangeables chez les Kurdes, un étranger accueilli dans un village doit se tenir à l’écart des femmes lorsque les hommes font paître leurs troupeaux. Évidemment, l’accueil des étrangers varie d’un hameau à l’autre ; certains sont plus conservateurs, tandis que d’autres plus libéraux. Ces tendances s’observent également à l’échelle régionale. Elles sont très remarquables entre les villages kurdes de Turquie et d’Iran.

Dans la lutte contre Daech, l’État islamique, les femmes combattent en nombre dans les forces armées kurdes. En 2004, la branche féminine du YPG est fondée. Nommée Unités de protection de la femme, elle rassemble aujourd’hui entre 7 000 et 24 000 combattantes.

Musique et chant

Comme les autres musiques populaires du Proche-Orient, la musique populaire du Kurdistan est monodique (instrument et voix y sont à l’unisson). Écrite comme une œuvre purement vocale, les instruments ont un simple rôle d’accompagnement et servent à sa diffusion par les dengbêj (auteurs-compositeurs-interprètes) lors des déplacements de village en village. Les deux grandes cultures ont chacune leurs particularités : les montagnards (d’origine nomade) utilisent principalement des instruments à vent telle la dûdûk, alors que les sédentaires de la plaine jouent d’instruments à cordes comme le tenbûr luth kurde à six cordes.

Folklore et mythologie

Les Kurdes possèdent un folklore très riche qui, jusqu’à des temps récents, s’est surtout transmis par les chants, les contes ou les récits oraux, d’une génération à une autre. Même si quelques histoires de grands auteurs kurdes furent célèbres à travers tout le Kurdistan, la plupart des histoires récitées et chantées furent seulement écrites au 20e et 21è siècles. Beaucoup de celles-ci sont cependant, selon la tradition, vieilles de plusieurs siècles.

Très varié, le folklore kurde dénote une grande diversité d’histoires sur la nature, les animaux anthropomorphiques, les chimères, l’amour, les héros et les méchants, les créatures mythologiques et la vie de tous les jours. Une partie de ces figures mythologiques peut être retrouvée dans d’autres cultures, comme le simurgh, le kaveh de la mythologie iranienne, et les histoires de Shahmeran de l’Anatolie. De plus, certaines histoires peuvent avoir pour seule visée un enseignement éducatif ou religieux.

L’élément le plus récurrent du folklore kurde est le renard qui, par sa ruse et sa perspicacité, triomphe des espèces moins intelligentes, même s’il lui arrive de perdre à son propre jeu. Un autre thème récurrent est l’origine d’une tribu.

Les conteurs officiaient en face de leur public, qui rassemblait parfois un village entier. Des gens venaient de loin pour les écouter, et les conteurs eux-mêmes visitaient plusieurs villages pour partager leurs histoires. Ils étaient particulièrement appréciés pendant l’hiver, ou les divertissements étaient rares et les jours courts.

Illustrant l’hétérogénéité des groupes kurdes, certaines histoires sont retrouvées et connues partout au Kurdistan, tandis que d’autres sont seulement spécifiques à une région donnée, en fonction du dialecte ou de la religion. Les Juifs kurdes de Sakho (aujourd’hui disparus) étaient certainement le meilleur exemple de cette diversité : leurs conteurs, comblés de présents, sont connus pour avoir été très respectés dans toute la région, grâce à une tradition orale unique. Un autre exemple est la mythologie des Yézidis, et l’histoire des Kurdes dersims, Turcs de tradition arménienne.

Religion

En majorité musulmans sunnites, les Kurdes forment, d’un point de vue religieux, l’un des groupes les plus diversifiés du Moyen-Orient et un peuple relativement tolérant des diversités religieuses. On retrouve parmi les nombreux courants religieux le yârsânisme, le yézidisme, le zoroastrisme, l’alévisme, mais aussi de petites minorités juives et chrétiennes.

Dans un passé lointain, il y eut des populations significatives de Juifs kurdes (environ 25 000 personnes) installés depuis l’Antiquité dans quelque 200 localités, parlant l’araméen et les langues locales (disparus autour des années 1950) et également des Kurdes chrétiens.

Les quelques particularités des rites chrétiens ont perduré bien que la plupart des chrétiens contemporains proviennent de conversions relativement récentes. Le christianisme est une religion aujourd’hui très minoritaire, mais elle a eu une grande influence historiquement sur les autres religions pratiquées par les Kurdes.

Organisation politique

En Syrie, à la suite du début de la guerre civile, s’est formée depuis 2012 une région autonome de facto dans le nord du pays, que l’on appelle le Rojava, ou sous son nom autoproclamé la Fédération Démocratique du Nord de la Syrie. Cette entité a été créée par le Parti de l’Union Démocratique (PYD), le principal parti kurde syrien. La région est organisée selon un système politique de confédéralisme démocratique , théorisé depuis le début des années 2000 par Abdullah Öcalan, le fondateur du PKK. Lui-même avait été très influencé par l’Américain Murray Bookchin, militant et intellectuel anarchiste, qui avait théorisé le municipalisme libertaire. De grandes avancées y ont été faites, notamment pour les droits des femmes et l’écologie.

Drapeau Nom complet Pays Territoire
Kurdes (Wikipedia) dans Altermondialisme 250px-Flag_of_Rojava.svg
Drapeau de la Fédération Démocratique du Nord de la Syrie
Fédération démocratique du Nord de la Syrie Syrie
250px-Claimed_and_de_facto_territory_of_Rojava dans Anticolonialisme
Territoire du Rojava (en vert) et territoires du Rojava occupés par la Turquie (en rouge).

Forces armées

Drapeau Création Effectifs Description
120px-Flag_of_Kurdistan.svg dans Antiimpérialisme 1920 350 000 Le gouvernement régional kurde dispose d’une force armée connue sous le nom de Kurdish Regional Guards (Gardes régionaux kurdes), aussi appelés Peshmerga. Ils sont plus de 350 000 actifs dont, selon une estimation française de décembre, 145 000 combattant l’État islamique en 2015,Supportés par la coalition internationale, ils reçoivent, entre autres donations, de l’équipement dont de l’armement léger et antichar ainsi qu’une formation militaire de la part de plusieurs pays européens depuis

2014.

 Implanté en Turquie, le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) est considéré comme étant une organisation terroriste par de nombreuses instances, dont le Conseil de l’Europe.Leurs effectifs étaient estimés à 5000 en 2013
YPG Unités de protection du peuple
YPG
2011 35 000 à 60 000 Initialement nommés « Unités de défense populaire », les YPG sont considérés comme proches du PKK. Il s’agit de milices opérant en Syrie. Leur nombre est estimé à 50 000. Selon une estimation française, en décembre 2015, 7 000 combattent l’État islamique.Connaissant de nombreux succès face aux terroristes, ils ont libéré une grande partie du Kurdistan syrien depuis le retrait de l’armée syrienne dans cette zone. Ils constituent la principale faction armée sécurisant le Kurdistan syrien.
YPG Parti pour une vie libre au Kurdistan
PJAK
2004 Inconnus Le PJAK (Parti pour une vie libre au Kurdistan) est une organisation politique et armée qui lutte contre le régime iranien.
YPG Unités de protection de la femme
YPJ
2004 7 000 à 24 000 Les Unités de protection de la femme ou Unités de défense de la femme est une organisation militaire kurde composée exclusivement de femmes mise en place en 2013 à titre de brigade féminine des milices des Unités de protection du peuple (Yekîneyên Parastina Gel, YPG) et est devenue indépendante en 2016[47].
Total 400 000 à 440 000

Époque moderne

Entre-deux-guerres

C’est à la conférence de la paix de Paris en 1919 que se décida le sort des Kurdes. En 1920, le traité de Sèvres prévoit la division de l’Empire ottoman et évoque notamment la possible autonomie des provinces kurdes, avec à terme la création d’un État kurde indépendant. La révolte de Koçgiri de 1921 demande alors l’application de ce traité. Mais en 1923, le traité de Lausanne, signé après le rejet du précédent traité par Mustafa Kemal, revient sur cette autonomie.

Iran

En janvier 1946, les Kurdes d’Iran proclament à Mahabad la république de Mahabad, mais l’année suivante, celle-ci est écrasée par le régime du dernier chah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi. Encore en 2017, la répression de toute contestation kurde en Iran donne couramment lieu à arrestations et à condamnations, voire à tortures et à exécutions.

Irak

À la tête d’une insurrection armée, Mustapha Barzani, chef historique du mouvement national kurde d’Irak, obtient en 1970, à travers un traité avec le régime de Saddam Hussein, la reconnaissance de l’autonomie des Kurdes. Mais ce traité ne sera jamais respecté par l’Irak.

De février à septembre 1988, le gouvernement irakien mène une campagne de génocide contre les Kurdes. L’épisode le plus connu de cette opération est le massacre des habitants de la ville de Halabja (au nord de l’Irak dans la province d’As-Sulaymaniya) par l’emploi d’armes chimiques en mars 1988.

À la suite de la Guerre du Golfe de 1990, les Kurdes ont pu établir une zone autonome au nord de l’Irak. En 2003, les Kurdes ont soutenu l’intervention américaine en Irak. La nouvelle constitution irakienne adoptée par référendum en 2005 reconnaît une très large autonomie au Kurdistan. Depuis 2014, les Kurdes d’Irak combattent les djihadistes de Daech dans le Nord du pays.

Turquie

La construction de la Turquie kémaliste se fait dès 1923 sur le déni du fait d’une importante minorité kurde en son territoire (à l’instar du déni du génocide arménien). Les Kurdes n’ont alors d’autre droit que de se fondre dans la nation turque. Ils sont souvent fortement réprimés, comme en 1921-22 (révolte de Koçgiri) ou en 1937-38 (massacre de Dersim). Les Kurdes sont confrontés à différents types de discriminations, subissant les brimades de la police ou le renvoi des hôpitaux s’ils ne peuvent s’exprimer en turc.

Dans les années 1980, la guerre qui oppose l’armée turque et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) fait plusieurs morts chaque semaine. La région du Kurdistan est placée sous état d’urgence, quadrillée par les forces armées et les groupes paramilitaires turcs. C’est la période de la terreur : les disparitions, les arrestations, la torture, les exécutions extra-judiciaires de Kurdes se multiplient.

Lors des élections législatives de 2007, l’AKP, premier parti du pays, obtient un score de 41 % à Diyarbakır, ce qui le place deuxième derrière les 47 % des partis kurdes regroupés sous une étiquette d’indépendants (et non indépendantistes).

Depuis la création de la République turque, les Kurdes sont victimes d’une discrimination sévère et permanente, qui a longtemps été formellement niée par les autorités turques malgré les témoignages de victimes ou d’ONG. Cependant, le 27 juillet 2009, le président turc Abdullah Gül reconnaît dans un entretien que les Kurdes n’avaient pas les mêmes droits que le reste de la population, rompant ainsi avec plus de 85 ans de déni. L’actuel président Recep Tayyip Erdoğan continue dans la même voie que ses prédécesseurs.

Syrie

Représentant près de 12 % de la population syrienne, les Kurdes comptent environ 2,5 millions de personnes en Syrie. Cela fait d’eux la minorité la plus importante de ce pays. La population kurde est concentrée principalement au nord-est et au nord mais il y a aussi des populations significatives à Alep et à Damas. Les activistes kurdes des droits de l’homme sont souvent maltraités et persécutés.

Selon Khaled Issa, représentant du PYD en France, entre 1921 et 1929, les Kurdes manifestèrent en masse auprès de la puissance mandataire française le souhait que leurs territoires soient intégrés au sein de la Syrie plutôt qu’annexés à la Turquie, contrairement à certaines populations arabophones.

Plusieurs techniques sont utilisées par l’État syrien pour minorer l’identité kurde en Syrie : différentes lois interdisent l’utilisation de la langue kurde, peuvent interdire la reconnaissance des enfants sous des noms d’origine kurde, les noms de lieux géographiques en langue kurde sont remplacés par des noms arabes, de même certaines entreprises doivent être renommées avec des noms arabes, et enfin les écoles privées kurdes et certains livres sont interdits.

Depuis le début de la guerre civile syrienne, les Kurdes s’opposent à l’armée gouvernementale ainsi qu’aux djihadistes de Daech. Ils constituent des enclaves au nord de la Syrie : canton d’Afrine à l’ouest et une large zone autonome à l’est, le Rojava.

Lors des attaques des djihadistes de Daech sur Kobané en 2014, contre toute attente les Kurdes de Syrie résistent victorieusement en une bataille qui a été surnommée le « petit Stalingrad du Moyen-Orient », puis ils contre-attaquent et récupèrent plus de 40 % du territoire contrôlé par les djihadistes. En 2016 et 2017, avec l’aide de groupes sunnites, des États-Unis et d’autres membres de la coalition occidentale, les forces syriennes kurdes conduisent l’effort victorieux principal contre Daech : prise de Manbij puis de Raqqa, puis attaque sur Deir ez-Zor et jusqu’à la frontière avec l’Irak.

En dépit de leur contribution majeure dans les opérations victorieuses contre Daech, les pays de la coalition n’interviennent pas lorsque entre janvier et mars 2018 la Turquie envahit une partie de la Syrie, l’Afrine, et que les populations kurdes et yézidies, qui y sont majoritaires, doivent s’enfuir et quitter le canton d’Afrine en abandonnant leurs habitations, sous les attaques des supplétifs recrutés par l’armée turque au sein de l’Armée syrienne libre notoirement dominés par des éléments salafistes.

Idée d’un « grand Kurdistan »

À l’exception de l’éphémère République kurde de Mahabad (1946), en Iran, le rêve d’un grand Kurdistan s’est peu à peu émoussé. Seul le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a ranimé en Turquie, dans les années 1980, la flamme d’un « grand Kurdistan libre et démocratique ». Ailleurs, les partis politiques kurdes ont tous opté pour un objectif plus modeste : l’autonomie de chaque minorité kurde dans le cadre des États existants. La stratégie s’est révélée payante en Irak : depuis 1991, les Kurdes gèrent de façon autonome leur région. Exemplaire pour tous les Kurdes, cette victoire historique pose une nouvelle fois la question d’un « grand Kurdistan ».

Israël

Installés dans différentes régions de l’actuel Kurdistan depuis l’Antiquité, les Juifs formaient une population de 25 000 personnes réparties dans plus de 200 villes et villages de la zone et nombre d’entre eux y parlaient encore l’araméen (ainsi que les langues locales).

Dans les années 1950, un grand nombre de Kurdes de confession juive sont expulsés du Nord de l’Irak et immigrent en Israël. Durant cette même décennie, les Juifs kurdes d’Iran quittent en masse le Kurdistan iranien également pour Israël,  notamment lors de l’opération Ezra et Néhémie. Selon The Times of Israel, environ 200 000 Juifs kurdes vivent actuellement en Israël, dont la moitié habite à Jérusalem.

Allemagne

Il y a environ un million de Kurdes en Allemagne, représentant la plus grande communauté kurde en Europe.

France

On estime qu’il y a environ 300 000 Kurdes en France. Depuis plus de 30 ans la langue, la littérature et l’histoire kurdes ainsi que la géographie du Kurdistan sont enseignés à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Langues O) à Paris. Des militants de l’AKP et du MHP sont responsables d’actions d’intimidation visant la communauté kurde. L’Institut kurde de Paris dispense actuellement l’étude de la langue kurde (kurmandji, sorani).

Plusieurs associations kurdes existent dans les grandes villes de l’Hexagone, notamment le Centre culturel kurde Ahmet-Kaya de Paris qui organise plusieurs activités culturelles et sportives. Le siège de la fédération des associations kurdes de France (FEYKA) se trouve aussi à Paris. Celle-ci entretient des relations avec les divers partenaires sociaux français.

Belgique

La diaspora kurde de Belgique dispose d’une télévision en langue kurde : Stêrk TV.

Dans les médias

Les Kurdes sont un « peuple sacrifié par l’Histoire ». Pourtant, ni les fausses promesses ni les répressions sanglantes n’ont entamé le désir d’indépendance de cette minorité morcelée.

https://fr.wikipedia.org/

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin