Archive | Anticolonialisme

08 avril 2020 ~ 0 Commentaire

labour ou socialisme? (socialist worker)

La stratégie de «rester et se battre» au sein du parti n’est pas un moyen pour un véritable changement socialiste

Les militants de gauche du parti travaillistent se demandent maintenant s’il faut quitter le parti ou «rester et se battre».

Beaucoup de ceux qui veulent rester citent Tony Benn, le député travailliste qui a autrefois mené un mouvement pour contrôler le parti. « Il n’y a pas de victoire finale, pas de défaite finale », selon la citation. «Il y a toujours la même bataille à mener. Alors endurcissez-vous! ». L’idée qu’il s’agit d’une guerre sans fin est une perspective assez sombre.

Toute l’histoire du parti travailliste a impliqué une lutte constante entre la gauche et la droite. Cela prenait généralement la forme de tensions entre ses membres, en majorité à gauche et ses députés pour la plupart à droite.

C’est le résultat d’une contradiction fondamentale au sein du parti travailliste.

Le Labour reflète les aspirations des travailleurs pour une amélioration réelle de leur vie. Mais il essaie de canaliser cela à travers le fonctionnement du Parlement, de l’État britannique et du système capitaliste, ces espoirs sont limités, retenus et méprisés. Il y a donc une tension permanente entre les militants du parti et les députés.

Socialisme

Les militants considèrent le Labour comme un vecteur de changement et même de socialisme. Les députés au Parlement, sont plus soucieux de se montrer suffisamment «responsables» pour pouvoir gouverner.

Dès 1907 – sept ans seulement après la fondation du parti – les députés travaillistes se sont donné le droit d’ignorer les décisions des membres. ( En 1905 la CGT adoptait la « Charte d’Amiens » en défiance envers le PS français blog)

Et chaque fois que la gauche s’approche de la direction, la droite utilise les pressions pour «l’unité» et de «l’électorabilité» pour les mettre au pas. Benn lui-même a été vaincu par cela. Après avoir presque remporté l’élection pour devenir chef adjoint, il a été convaincu par la droite de cesser de faire campagne dans l’intérêt de l’unité.

Son conseiller – qui a ensuite fondé Momentum ( association proche de Corbyn blog) – a pensé que c’était une bonne idée. Une longue dérive vers la droite et une purge des militants de gauche a suivi. Il semble maintenant que cela va se reproduire.

Benn avait raison – la gauche travailliste est condamnée à faire continuellement la guerre à la droite au sein du parti. C’est une guerre dans laquelle la droite a d’énormes avantages. Et même si la gauche gagne un contrôle temporaire, elle est limitée par le système.

Le moyen de l’éviter c’est de refuser d’être prisonnier de la droite – en construisant un parti axé sur l’activité par le bas et respectant les principes socialistes.

https://socialistworker.co.uk/

scotland

Scottish Labour barre à droite

L’aile droite de Jackie Ballie a remporté l’élection du chef adjoint du Parti Travailliste écossais. Sa victoire montre non seulement un mouvement vers la droite comme avec Keir Starmer, mais annonce un autre  désastre pour le parti en Écosse. Tout comme Starmer, Baillie prétend représenter le «changement».

Elle veut dire par là que les travaillistes auraient dû faire campagne encore plus ardemment contre le Brexit et contre un deuxième référendum sur l’indépendance.

Scottish labour s’oppose farouchement à un deuxième référendum sur l’indépendance.

Elle a été directrice de la campagne  « Better Together » qui a réuni le Parti Travailliste et la coalition Tory-LibDem lors du référendum de 2014. Baillie a battu le candidat de gauche, Matt Kerr, par 10 300 voix contre 7 500 voix.

Les socialistes d’Écosse qui veulent mener la lutte contre les conservateurs et condamner le Parti National écossais, co-responsable de l’austérité doivent regarder à l’extérieur du Parti Travailliste.

Hector Sierra

https://socialistworker.co.uk

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07 avril 2020 ~ 0 Commentaire

état espagnol (le peuple breton)

espagne

Les socialistes ont réveillé l’Espagne profonde

L’Espagne recentralise et fait défiler les militaires au lieu de sauver des vies

La crise épidémique qui a frappé de plein fouet les Pays Catalans, Madrid et, en différé, le reste de l’Espagne, en même temps que le reste du monde, a permis de montrer aux yeux du monde, aux yeux avertis du moins, l’incurie des autorités espagnoles en même temps que leur obses-sion pour profiter de toutes les occasions, mêmes les plus tragiques, pour faire rentrer dans le rang les Catalans, Basques et autres « sujets » aux velléités trop souverainistes.

Au terme de 3 semaines de confinement, le bilan est lourd en Catalogne et dans les Pays Catalans.

Quelques 35 000 personnes infectées (détectées) et plus de 3 300 décès, dont 2 760 en Catalogne Sud, 613 en Pays Valencien et 75 aux Îles Baléares.

Dans l’ensemble de l’Espagne, l’épidémie a frappé en premier lieu Madrid (5 000 morts). Au total pour tout le territoire quelques 12 500 morts (avoués). Les hôpitaux sont largement dépassés, les cadavres s’accumulent dans les maisons de retraite et les morgues improvisées, les person-nels médicaux largement contaminés, les moyens scandaleusement insuffisants. Devant cette situation catastrophique, les mesures décrétées sont improvisées, changeantes et dignes de pays sous-développés.

Incantations patriotiques et militaires dans les rues

Les incantations patriotiques quotidiennes et les militaires qui comparaissent tous les jours pour faire le point de la situation ne sont pas les seules images surprenantes et inquiétantes. Les soldats patrouillant à grand renfort d’hymne national à fond dans les rues, ou envoyés « désin-fecter » l’aéroport de Barcelone scandalisent les médias catalans. De même que le refus de confiner les régions les plus touchées comme Madrid et la Catalogne (les habitants de la zone la plus infectée se déplacent ainsi en week-end sur la côte valencienne).

État d’urgence et recentralisation

La crise sanitaire est en tous cas l’occasion pour le gouvernement espagnol de gagner un nouveau round dans son combat contre les indépendantistes et les autonomies. Sous prétexte d’efficacité – quelle ironie ! – le gouvernement de Sanchez a immédiatement pris le contrôle de toutes les compétences normalement échues aux autonomies, sous couvert d’état d’urgence reconductible.

La santé, la police, les politiques économiques et sociales, ont été accaparées sans aucune concertation, ni avis préalable par le gouvernement espagnol. Ce qui lui permet d’imposer ses décisions ineptes et chaotiques face à une situation qui le dépasse. Mais quel que soit le nombre de victimes, l’État est d’ores et déjà gagnant face à des autonomies muselées et réduites au silence, et tout spécialement vis à vis de la Catalogne et de la Generalitat.

Acharnement contre les prisonniers politiques catalans

La voix des indépendantistes et la crise catalane sont largement passées au second plan, mais la répression et l’acharnement contre les prisonniers politiques catalans ne faiblit pas pour autant. Devant la pression croissante dans les prisons et comme mesure pour éviter l’extension de l’épidémie, le gouvernement espagnol a décidé de libérer un certain nombre de prisonniers.

Immédiatement le Tribunal Suprême a menacé les fonctionnaires qui permettraient le confine-ment des prisonniers politiques à leur domicile de poursuites judiciaires. Une intervention aussi surprenante, que grossière et bien peu légale. Les neufs condamnés catalans sont donc toujours reclus après deux ans et demi d’emprisonnement, sans mesures de protections, certains ayant été testés positifs au covid-19.

Impuissance et soumission du gouvernement indépendantiste

Ce contexte et cette situation d’exception ont démontré l’impuissance du gouvernement catalan et du président Quim Torra, relégués à des rôles subalternes et de simples figurants. Ils en sont réduits à appliquer les décisions erratiques et inefficaces du gouvernement espagnol:

Confinement tardif, pas de contrôle des déplacements, pas de distribution de tests ou de maté-riel de protection à la Catalogne, mesures socio-économiques contradictoires et insuffisantes…, à réclamer et à se plaindre à chaque réunion des présidents des autonomies « convoquée » en vidéoconférence par Pedro Sanchez.

La Generalitat fait la preuve de sa totale soumission au cadre administratif, de son impuissance – et absence de volonté ? – de prendre des décisions unilatérales de protection de la population catalane et de ses dirigeants emprisonnés qui pourraient déplaire aux autorités espagnoles. Le silence d’ERC dont dépend toujours la majorité du gouvernement de Sanchez pose problème.

Alà Baylac Ferrer 6 avril 2020

Alà Baylac Ferrer est le directeur de l’IFCT, Université de Perpinyà.
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Commentaire:
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La désorganisation de système de santé espagnol, due comme ici aux « économies-cadeaux aux riches » n’est pas due seulement au PP et au PSOE à Madrid. Les gouvernements locaux ERC ou PdCat de Puigdemont aussi ont appliqué l’austérité.

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04 avril 2020 ~ 0 Commentaire

dossier palestine (pùblico afps à-l’e)

  map pal
Le virus à Gaza et en Cisjordanie
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D’une part, le ministère israélien de la Santé tarde à publier un guide en arabe, deuxième langue du pays et de 17% des médecins et personnels de santé, pour les informer de la pandémie.
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Le ministère de la Défense annonce lui le blocus total de Cisjordanie et de la bande de Gaza, annulant 107 000 permis de travail pour les Palestiniens et ferme le poste frontière de Shuafat à Jérusalem-Est, privant 80 000 Palestiniens israéliens des services de santé.
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L’instance d’opérations conjointe mise en place entre l’Autorité palestinienne (AP) et l’armée israélienne pour coordonner la lutte contre le virus ne résout pas les problèmes des Palestiniens, qui ont environ 60 respirateurs et seulement 200 kits de test pour une population de deux millions d’habitants.Israël, en tant que force occupante, doit garantir la sécurité et le bien-être des Palestiniens, mais n’a pas levé le siège dévastateur de Gaza et empêche ses habitants de consulter un médecin en dehors de la bande de Gaza.
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Après avoir détecté une soixantaine de cas d’infection et l’augmentation du nombre de colons qui se sont révélés positifs dans les territoires occupés, l’Autorité Palestinienne a imposé un confinement à la population, sauf pour sortir acheter de la nourriture et des médicaments. Il ne lui sera pas facile de l’obtenir des milliers de journaliers palestiniens dont la seule source de revenu est le travail qu’ils font.À Gaza, l’un des territoires les plus densément peuplés du monde, où 1 800 000 personnes sont enfermées sur 365 kilomètres carrés et subissent un blocus économique brutal de la part d’Israël depuis 13 ans, l’agent pathogène risque de faire des ravages.
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Le chômage et l’extrême pauvreté peuvent provoquer des révoltes, qui pourraient devenir une nouvelle Intifada au cas où certains prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes venaient à perdre la vie à cause de l’épidémie…
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Le Comité International de la Croix-Rouge a demandé à Tel-Aviv de réduire le nombre de ces prisonniers qui ont menacé de faire la grève de la faim, après avoir vu suspendre les visites de leurs avocats et qui ne voient venir aucun moyen pour se protéger. À Gaza, le système de santé s’est effondré en raison du blocus et des bombardements continus. Les 2 900 lits d’hôpitaux des établissements délabrés ne résoudront pas la tragédie à venir.
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afps
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AFPS: France Plastine Solidarité
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Chères amies, l’épidémie fait des dizaines de cas en Cisjordanie, une douzaine à Gaza où on redoute qu’elle ne se répande vite. A cause du blocus israélien et des nombreuses attaques militaires contre Gaza les infrastructures médicales sont déficientes et dans l’impossibilité de faire face à une épidémie de cet ordre. Pas ou très peu de matériel et médicaments, une soixantaine de lits de réanimation pour 2 millions d’habitants, impossibilité de faire les gestes de distanciation/protection…. Pendant ce temps, les exactions israéliennes se poursuivent: bombardements de Gaza, raids militaires  dans les villes et villages de Cisjordanie, arrestations, attaques des colons. Dans les prisons, 5 000 Palestinien-ne-s entassés ne sont pas libérés  malgré des demandes répétées, au moins les enfants.
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L’AFPS, comme d’autres associations, se propose d’envoyer de l’argent à nos partenaires sur place, des ONG médicales avec qui nous travaillons depuis longtemps:
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Lire aussi:
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03 avril 2020 ~ 0 Commentaire

étrangers (courrier inter)

refugies

Aux patates!

En Europe, l’absence de main-d’œuvre étrangère pour les récoltes embarrasse les agriculteurs

Les gouvernements européens assurent veiller au bon approvisionnement alimentaire du continent. Mais, alors que les récoltes approchent, la fermeture des frontières pour cause de pandémie empêche les travailleurs d’Europe de l’Est de rejoindre les champs de l’Ouest, laissant de nombreux agriculteurs sans solution, explique le New York Times.

Quand l’Europe a fermé ses frontières pour contenir la propagation du Covid-19, les plus gros exploitants agricoles en France ont tiré la sonnette d’alarme : les ouvriers originaires d’autres pays sur lesquels ils comptaient pour récolter une grande partie des produits qui alimentent la nation ne pourraient plus venir.

Il s’agit là d’une inquiétude très répandue. Au Royaume-Uni, les agriculteurs ont du mal à trouver du monde pour récolter les framboises et les pommes de terre, tandis qu’une partie de la récolte d’asperges blanches, tant prisées en Allemagne, risque de pourrir sur place. En Italie, plus d’un quart des fraises, haricots et laitues, prêts à être cueillis dans les prochains mois, pourraient ne pas l’être faute de ramasseurs.

Les gouvernements européens ont chacun affirmé que l’approvisionnement alimentaire était une question de sécurité nationale, à l’heure où des millions de personnes affluent dans les super-marchés pour se préparer à un confinement prolongé à domicile.

Mais les fermetures de frontières ont immobilisé des légions entières de saisonniers d’Europe de l’Est, habitués à trimer dans les champs de l’Espagne à la Suède. Cela oblige à repenser rapidement la manière de fournir de la main-d’œuvre à ces exploitations.

La nécessaire main-d’œuvre mobile à bas coût

Le ministre français de l’Agriculture a fait grand bruit en appelant de façon surréaliste les coiffeurs, serveurs, fleuristes et autres personnes dans l’incapacité temporaire d’exercer leur cœur de métier à se rendre dans les champs pour assurer les récoltes.

L’Europe n’est pourtant pas près de manquer de nourriture. Des camions remplis de pâtes, de tomates et d’autres marchandises continuent de traverser le continent, avec des goulets d’étranglement à certaines frontières.

Mais le vibrant appel élargi lancé aux citoyens souligne néanmoins une fâcheuse réalité : sans la main-d’œuvre mobile à bas coût en provenance d’Europe de l’Est, les greniers à blé des économies les plus riches d’Europe risquent de perdre leur récolte. (Payant)

03/04/2020

https://www.courrierinternational.com/

Commentaire:

Les fraises et les tomates d’Espagne sont récoltées par des marocain(e)s et des réfugiés vivant dans des conditions épouvantables, les femmes harcelées sexuellement. Les tomates italiennes par des réfugiés dans de mauvaises conditions également. L’Allemagne vient d’adopter un SMIC, cela concerne-t-il les gens des pays de l’est? Les volontaires français auront-ils des conditions et une paie décentes? Bon appétit!

 

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02 avril 2020 ~ 0 Commentaire

colonisation (réseau-inter essf)

Colonisation

Coronavirus : le colonialisme aussi aggrave la situation

L’existence du virus n’est pas de la responsabilité du capitalisme ; sa propagation à l’échelle planétaire et l’incurie de nombre de mesures gouvernementales, en revanche, oui.

Et, de même que la situation de crise a des conséquences plus dramatiques pour les femmes à cause du patriarcat ou pour les personnes migrantes à cause de la xénophobie, le colonialisme aggrave aussi les choses.

Les populations des pays encore colonisés subissent une peine supplémentaire. Dans ces régions du monde, toute l’économie est tournée vers les besoins des pays colonisateurs. Cela a des conséquences dramatiques dans la crise que nous connaissons : infrastructure, habitat, centres de soins, alimentation, structures sociales, etc., tout est largement en-dessous des besoins ! Se laver les mains souvent est difficile quand il n’y a pas de point d’eau.

Une grande partie de la population de ces pays vit « ordinairement » dans des conditions effroyables ; l’état sanitaire de beaucoup accentuera les conséquences dramatiques de la pandémie.

Les gouvernements, les patrons et les riches des pays colonisateurs méprisent la population locale. Cela se traduit aussi en ces temps de crise sanitaire mondiale : le matériel de protection y est insuffisant (ou composé de matériel hors d’état), les consignes coloniales ne tiennent aucun compte des réalités locales. Alors que la population y est, globalement, en moins bonne santé, c’est là que sont affectés moins de moyens…

Et pourquoi faire appel à l’armée, à l’exemple de la France qui envoie deux navires porte-hélicoptères, un vers La Réunion, l’autre vers la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane ? Deux navires militaires mais non médicalisés…

Avec la pandémie, la situation est encore plus dramatique pour les populations où la situation est déjà insupportable en temps « normal », à l’exemple des territoires occupés comme la Palestine et de toutes les zones de guerre.

Le syndicalisme prône l’autodétermination des peuples, l’égalité sociale, l’antiracisme.

Les systèmes coloniaux, sous quelques formes et noms que ce soit, sont à l’inverse de cela. C’est pourquoi, les organisations syndicales membres du Réseau syndical international de solidarité et de luttes réaffirment leur volonté de lutter contre le colonialisme, leur solidarité avec les peuples de ces pays, leur exigence de liberté pour ceux-ci et, dans l’immédiat, la mise à disposition de tous les moyens de protection nécessaires (masques, produits hydro-alcoolique, tests de dépistage, etc.) et des mesures d’urgence spécifiques liées à l’état sanitaire local.

1er avril 2020

http://www.laboursolidarity.org/

Des organisations membres du Réseau syndical international de solidarité:

Central Sindical e PopularConlutas (CSP-Conlutas) -Brésil

Confederación General del Trabajo(CGT) -Etat espagnol.

Union syndicale Solidaires (Solidaires) -France.

Confederación STES (Intersindical) -Etat espagnol.

Confédération Nationale des Travailleurs -Solidarité Ouvrière (CNT SO) -France.

Confédération Nationale du Travail (CNT-f) -France.

Ezker Sindikalaren Konbergentzia (ESK) -Pays basque.

Ogólnopolski Związek Zawodowy Inicjatywa Pracownicza (OZZ IP) -Pologne

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Mayotte : une situation inquiétante

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30 mars 2020 ~ 0 Commentaire

dossier: comores guyane réunion kanaky guadeloupe

comores

Des Bretons alertent sur la situation dans l’archipel des Comores

Dans une vidéo publiée les réseaux sociaux, une Finistérienne interpelle le gouvernement français sur le manque de moyens à Mayotte, pour faire face à l’épidémie. Deux Brestois originaires des Comores ont rejoint un groupe solidaire, qui informe la population de l’archipel sur le virus.

Ces Bretons ont décidé d’apporter leur soutien à l’archipel des Comores, dans l’Océan indien.
L’archipel englobe l’île de Mayotte, 101e département français, et les trois îles de l’Union des Comores, une ex-colonie française désormais indépendante.

« Relayer le message d’un département oublié »

Depuis Landerneau (Finistère), Annie Le Merrer lance un « cri d’alerte au gouvernement français sur l’absence alarmante de moyens adaptés » à Mayotte, face à l’épidémie de coronavirus qui touche désormais 74 personnes sur l’île.

Dans le 101e département français, la population vit « entassée dans des bidonvilles en tôle, sans eau ni commodités vitales« , déclare Annie Le Merrer dans une vidéo postée sur Facebook. « A ce jour, 59% des résidences principales de Mahorais ne sont pas non plus équipées en installations sanitaires de base. Mayotte a aussi un système de santé sous-équipé. »

Bien qu’elle ne soit jamais allée sur l’île, elle a rencontré de par son métier de nombreux Mahorais à Brest, avec qui elle est restée très proche. « Les Mahorais m’ont fait part de leur sentiment d’abandon, voire de mépris, ils ont peur de mourir. C’est un département français et ils n’ont pas les mêmes droits. Ils n’ont rien« , dénonce la Landernéenne par téléphone. « Je ne pouvais pas ne rien faire. »

Le gouvernement demande à ce qu’on soit solidaire, on doit l’être aussi avec Mayotte. L’île de 256 000 habitants, sans compter la population étrangère arrivée des Comores, ne possède actuellement que 16 lits de réanimation.

Depuis Brest, ils font de la prévention aux Comores

Les îles voisines de l’Union des Comores ne recensent à ce jour aucun cas, mais une contami-nation est redoutée. Le pays n’a pas suffisamment de moyens face à l’ampleur la crise sanitaire.

A Brest, Abdoulanzize Ahmed Koudra, ancien communicant, et sa fille Hidaya, étudiante à la faculté de médecine, ont voulu faire preuve de solidarité. Ils ont rejoint le réseau « Solidarité anti-Covid-19″, créé par des personnels soignants français originaires, comme eux, des Comores. Le groupe relaie des messages de prévention sur l’archipel en langue française, arabe et mahoraise et informe via une radio en ligne, Hayba FM.

« Nous sommes en contact avec le président de l’Union des Comores pour mettre en place de la prévention« , raconte Abdoulanzize Ahmed Koudra, en précisant que la démarche est apolitique.

Le gouvernement des Comores a pris quelques mesures : fermer les mosquées, raccourcir les heures de marchés par exemple. Mais dans l’archipel, « des mesures de confinement total sont impossibles à mettre en place : les gens vont au marché tous les jours pour se nourrir et n’ont pas facilement accès à l’eau« , rappelle le Brestois. « D’où l’importance de relayer des messages de prévention. »

J. Jeunemaître 30/03/2020

https://france3-regions.francetvinfo.fr

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Mayotte : une situation inquiétante (LO)

À Mayotte, le coronavirus s’installe dans un département sinistré (Reporterre)

« La gestion coloniale de cette pandémie saute aux yeux ! » Entretien avec Elie Domota (Révolution Permanente)

 

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27 mars 2020 ~ 0 Commentaire

maduro (el-diario pùblico)

 maduro
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Les États-Unis accusent Maduro de trafic de drogue
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Ils offrent de 15 millions de dollars à quiconque facilite son arrestation
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Le ministère américain de la Justice offre 15 millions de dollars pour toute information menant à l’arrestation du président vénézuélien et 10 millions de dollars pour Diosdado Cabello et 10 autres pour trois autres accusations importantesLes États-Unis ont annoncé jeudi des accusations criminelles contre le président du Venezuela, Nicolás Maduro, pour trafic de drogue, selon le sénateur Marco Rubio et confirmé par le secrétaire d’État, Mike Pompeo.Le gouvernement américain a offert 15 millions de dollars pour toute information menant à l’arrestation du président vénézuélien, Nicolás Maduro, et 10 millions de dollars pour Diosdado Cabellole président de l’Assemblée nationale constituante (ANC) et l’un des hommes forts du chavisme.En outre, l’exécutif américain offre 10 millions pour trois autres personnalités vénézuéliennes importantes: le vice-président, Tareck El Aissami; l’ancien général Hugo Carvajal et l’ancien chef militaire Cliver Alcalá Cordones.

Selon l’agence américaine Associated Press (AP), les charges comprennent le blanchiment d’argent et le trafic de drogue.

Accusations contre des anciens des FARC

L’administration Trump a également déposé des accusations contre l’ancien négociateur de la paix de l’ancienne guérilla des FARC, Luciano Marín, alias « Iván Márquez », et Seuxis Paucias Hernández, alias « Jesús Santrich », pour avoir collaboré avec le président vénézuélien dans le trafic de cocaïne.

Lors de la conférence de presse au cours de laquelle les charges contre Maduro ont été officialisées, le procureur général américain, William Barr, a assuré que les anciens chefs de la guérilla qui sont revenus aux armes et « ont obtenu le soutien du régime de Maduro » pour opérer à la frontière. entre la Colombie et le Venezuela dans le but d’envoyer des tonnes de cocaïne aux États-Unis.

« Les États-Unis et de la Colombie, fomentent un complot et ils ont donné l’ordre de répandre la violence au Venezuela. En tant que chef de l’État, je suis obligé de défendre la paix et la stabilité de la patrie, en toutes circonstances qui se présentent à nous. Ils n’ont pas pu ils ne pourront pas non plus! « , a répondu Maduro sur les réseaux sociaux.

Il y a quatre ans, la justice américaine a déjà accusé et condamné les proches de Maduro pour trafic de drogue. En novembre 2016, un jury new-yorkais a condamné Efraín Antonio Campo Flores et Francisco Flores de Freitas, neveux de la première dame du Venezuela et la sénatrice Cilia Flores, pour trafic de drogue.

Le filleul et le neveu du président vénézuélien ont été condamnés à 18 ans de prison pour avoir tenté d’exporter environ 800 kilos de cocaïne aux États-Unis depuis le Venezuela, via le Honduras.

eldiario.es – Agences 26/03/2020
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Lire aussi:
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Trinta anos depois de Noriega, EUA põem a cabeça de Maduro a prémio (Pùblico)

Commentaire:

L’exemple de Noriega. C’est la première fois depuis décembre 1989 que les États-Unis offrent une récompense pour la capture d’un chef d’État. Cette année-là, le chef d’état du Panama et ancien agent de la CIA, Manuel Noriega, a été renversé par une invasion nord-américaine qui a fait entre 500 et 3 000 morts, selon les chiffres des Nations Unies et des organisations de défense des deux directions humaines. dans la région. Comme Maduro, Noriega avait été accusé de trafic de drogue.

 

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25 mars 2020 ~ 0 Commentaire

liban (orient-21 npa)

liban

Sur les traces des communistes du Liban

Farouchement anti-impérialiste, le Parti communiste libanais est le plus grand parti du pays à la fin des années 1960, avant de décliner.Chiites pour la plupart, les communistes ont eu des relations difficiles avec le Hezbollah : unis dans la résistance à Israël, mais rivaux sur le plan politique. Ses militants cherchent un nouveau souffle avec le soulèvement populaire au Liban.

Sur la route qui mène au Sud-Liban le trafic est fluide ce matin-là, le temps radieux. Direction Deir Ez-Zahrani, à 75 kilomètres au sud de Beyrouth. Dans la voiture qui roule à vive allure le long d’une Méditerranée bleu azur, Maro, membre du Parti communiste libanais (PCL) et qui sera ma guide raconte ses souvenirs de jeune militante, engagée à 14 ans, formée au russe à Moscou, aux frais de l’Union soviétique. Elle y rencontrera son mari, Abdallah. Nostalgique et souriante, elle porte sa main à la poitrine et murmure pudiquement : « La Russie est ma deuxième patrie ».

Des racines au Sud-Liban

C’est au sud du pays, historiquement pauvre et à majorité chiite que le communisme libanais plonge ses racines. Dès les années 1930, la lutte contre les invasions à répétition de colons juifs façonne le combat des communistes libanais, dans une région déjà paupérisée par 400 ans de domination ottomane.

Au fil de notre périple, nous remontons jusqu’en 1936, lorsque tombe le premier « martyr » du Parti, Assaf Al-Sabbagh, originaire d’Ibl El-Saqih, face aux gangs de la Haganah, organisation paramilitaire sioniste chargée de défendre les communautés juives en Palestine mandataire.

Un peu plus tard sera créée au Liban la Garde populaire, premier noyau de résistants commu-nistes, afin de lutter contre les attaques sionistes sur les villages du sud. Le 16 septembre 1982, alors que l’armée israélienne pénètre dans Beyrouth, le PCL allié avec deux autres organisa-tions de gauche, l’Organisation d’action communiste au Liban (OACL) et le Parti d’action socialiste arabe créent le Front de la résistance nationale libanaise,  FRNL ou Jammoul selon l’acronyme arabe.

Abou Fayad est l’un de ceux-là. Autour d’un café au parfum de cardamome, l’homme de 72 ans à la silhouette élancée raconte, intarissable. Son père avant lui a affronté les Israéliens. Abou Fayad combat dès l’âge de douze ans, poussé par la perte douloureuse d’un oncle dans les combats.

Il participe aux débuts de la Garde populaire dans son village de Kfarkila qu’il protège la nuit avec cinq personnes et deux mitraillettes de fortune. Par la suite, des Palestiniens réfugiés en Syrie et en Jordanie leur procureront des armes.

Le regard vif l’homme, dont chaque ride du visage raconte les souvenirs d’une vie intense, se souvient : « Je faisais passer les armes par le mont Hermon et la région de Shebaa. Je devais repérer les positions des Israéliens en amont, c’était très dangereux ».

Cigarette aux lèvres, sous l’œil bienveillant de son épouse et d’une photo du Che, Abou Fayad explique qu’il est devenu chef de son groupe grâce à un entraînement de cinq mois avec l’armée libanaise, dans le but de se défendre contre les colons. Aguerri, il adhère l’année suivante au PCL et combattra jusqu’en 2006, lors de la guerre des 33 jours qui oppose le Liban à Israël.

À la prison d’Al-Khiyam, torture et humiliation

À Nabatiyeh, Nahida Homayed nous reçoit dans son salon réaménagé en atelier de couture. Dans la pénombre, l’unique fenêtre laisse filtrer un mince rayon de soleil. Entre deux gorgées de limonade maison, elle raconte avoir entendu le mot « communiste » pour la première fois à 11 ans lors d’une dispute entre deux voisines à Beyrouth. « Vous savez, au Liban c’est honteux d’être communiste », sourit-elle, un brin espiègle.

À 14 ans, la jeune fille adhère au PCL et distribue son journal quotidien Al-Nidaa. Puis vient le temps des combats. Nahida prend la route du sud, d’où elle planifie secrètement des opérations depuis sa maison. C’est là qu’elle est enlevée tôt un matin, devant chez elle, par des soldats de l’Armée du Liban Sud (ALS) :

« Trois voitures sont arrivées et des soldats m’ont embarquée, sac sur la tête. Ils ne m’ont pas dit où ils m’emmenaient et je n’avais pas le droit de poser de questions. Je n’avais pas peur de mourir. Nous les communistes nous sommes prêts à ça psychologiquement ».

Après un court silence, Nahida reprend son récit. Son corps raidi et sa posture soudainement fermée trahissent son traumatisme. Destination : la prison d’Al-Khiyam, tristement célèbre pour les atrocités qui y sont commises. S’en suit une véritable descente aux enfers : interrogatoires de 72 h, intimidations, torture, tabassage jusqu’à perdre connaissance…

Nahida se réveille dans une cellule avec neuf autres femmes. Tapotant nerveusement sa cigarette sur une étagère, elle ajoute, le ton grave : « J’avais entendu parler de cette prison, mais lorsque je suis arrivée sur place, ça a été un choc. C’était inimaginable. Nous n’avions même pas de quoi nous protéger pendant nos règles, nos vêtements étaient tachés de sang ».

Deux ans après son incarcération, Nahida est libérée après un échange de prisonniers. De cette période, elle affirme garder une grande fierté et reste déterminée : « S’ils viennent, je les attends ! » lance-t-elle dans un éclat de rire.

Un souvenir douloureux hante toujours les communistes libanais : celui des corps de disparus. Selon le PCL, ils sont 9 à ne jamais avoir été restitués à leurs familles. Tous sont morts dans des combats contre l’armée israélienne, et leurs familles n’ont de cesse de réclamer un fils, un frère ou un mari depuis plus de 30 ans.

C’est le cas de Wissam Fouani, dentiste formée en Union soviétique et originaire de Kfar Remen, surnommé autrefois « Kfar Moscou » (« la banlieue de Moscou »), du fait de l’importante présence de combattants fidèles à l’URSS.

Elle nous reçoit chez elle, où des portraits de ses frères et sœurs trônent sur une table basse et côtoient un drapeau miniature du Parti et une photo du Che. Parmi les photos, celle de son frère, Faralajah Fouani, tué à 23 ans dans un affrontement avec l’ASL alors qu’il tentait de secourir l’un des siens. Sous la puissance de feu israélienne, impossible de récupérer son corps resté entre les mains de la milice libanaise dissoute en 2000 lors du retrait israélien du Liban.

Rupture mortelle avec le Hezbollah

Unis par la résistance contre Israël et ses invasions récurrentes dans le sud, le PCL et le Hezbollah comptent toutefois de sérieuses divergences. Sur la route qui nous mène à la prison d’Al-Khiyam, l’ancien chef de la résistance du Sud-Liban (dont je tais le nom) nous rejoint.

Lançant de temps à autre un regard furtif dans le rétroviseur, il revient sur les débuts difficiles entre les deux formations, sur fond de guerre civile : « Au départ, nous nous rencontrions dans des opérations, mais il n’y avait pas de coopération car nous, communistes, agissions dans le plus grand secret ».

Après une entente manquée avec le Hezbollah, ce dernier noue finalement une alliance avec son ancien rival d’Amal ou Mouvement des déshérités créé par l’imam chiite libano-iranien Moussa Sadr.

Il poursuit : « S’en est suivi une série d’assassinats d’intellectuels, tous membres du PCL comme Khalil Nahous, Souheil Tawilé, Nour Toukan, Hussein Mroueh, Mahdi Amel. Ils souhaitaient avoir le monopole de la résistance ; de plus nous étions communistes, et donc athées. Eux, c’est comme s’ils vivaient pour Dieu ».

Pour l’ancien chef de la résistance, emprisonné un an dans les geôles du mouvement chiite, il ne fait aucun doute qu’Amal était derrière ces assassinats ciblés. Mais le Hezbollah lui, en était le donneur d’ordre.

Assise sur le siège passager, Maro opine du chef. Elle aussi a été prisonnière du mouvement chiite pendant 40 jours. À partir de là, les communistes rompent tous leurs liens avec les deux mouvances chiites. « Aujourd’hui, seule la résistance nous lie. Nous sommes contre l’interven-tionnisme du Hezbollah en Syrie ou ailleurs. La résistance c’est au Liban, pas dans un pays qui n’est pas le nôtre », insistent-ils.

Les jeunes boudent le PCL

Interrogé sur les nombreux ralliements de communistes au parti chiite, l’ancien leader expli-que :« Beaucoup d’entre eux ont été influencés par leur communauté, surtout les jeunes qui ont des pressions des familles ou de leur entourage. En revanche d’autres sont seulement intéressés par la position et le travail que leur procure le mouvement ».

Interrogé à Beyrouth, Walid Charara, éditorialiste au journal Al-Akhbar et membre du Conseil consultatif pour les études et la recherche insiste lui sur le volet religieux :

« L’islam a un potentiel important de résistance contre les occupations militaires et les oppres-sions, comme les expériences historiques l’ont démontré. L’islam est capable d’entraîner les masses dans la lutte. Dans un rapport de forces inégales, la partie la plus faible a besoin de mobiliser des ressources spirituelles et symboliques. Le Hezbollah a prouvé qu’il en était capable. »

Selon l’éditorialiste libanais, la révolution iranienne de 1979 a eu un impact déterminant. « Le régime du Shah était l’un des régimes les plus despotiques et autoritaires de la région. Que ce même régime soit renversé par une révolte populaire, la première du Proche-Orient qui réussit à renverser un régime aussi puissant, a fait l’effet d’un tremblement de terre. L’islam révolution-naire permet de parler un langage que les masses populaires comprennent. »

Le temps de la reconquête

Sur le trajet embouteillé qui mène au siège du PCL, à Beyrouth, les stigmates des manifesta-tions ornent les murs des bâtiments et le mobilier urbain. Parmi ces graffitis, le logo du Parti est fréquent et laisse deviner un regain de faveur pour la mouvance communiste, longtemps aux oubliettes de la politique libanaise.

Dans le soulèvement qui dure depuis octobre 2019 contre l’ensemble du personnel politique, le PCL entend jouer sa meilleure partition. Assis dans son bureau aux murs couverts de photos d’anciens leaders ou de théoriciens marxistes, son secrétaire général Hannah Gharib dresse le bilan des dernières semaines.

« La gauche doit se renouveler, car elle est désormais en contact direct avec ces milliers de personnes, en particulier les jeunes qui viennent de tous les horizons. Le PCL est l’épine dorsale de la gauche libanaise, elle ne pourrait pas exister sans lui. Cela implique donc de grandes responsabilités, notamment pour le rassemblement de la gauche ».

Entre deux rassemblements populaires, le secrétaire général expose son plan de reconquête : arriver à un État démocratique et laïc, revendication phare des manifestants. Le PCL préconise l’adoption d’une nouvelle loi pour les élections législatives, de passer d’une économie rentière à un modèle productif, de promouvoir la protection sociale… la liste est longue.

Les ingérences extérieures sont également dans la ligne de mire d’Hanna Gharib : « Il y a une pression financière et économique américaine qui vise à mettre en œuvre « l’accord du siècle » et à piller nos richesses pétrolières et gazières au profit de l’ennemi israélien. Ce plan vise aussi à maintenir les Syriens déplacés sur le territoire libanais », faisant référence au plan Trump ainsi qu’aux récents travaux d’exploration et de forage qui doivent permettre de confirmer ou non le potentiel du Liban en termes d’hydrocarbures exploitables.

Le nouveau gouvernement du premier ministre Hassan Diab n’est pas épargné. Peu importe qu’il se revendique apolitique et technocrate :

« Hassan Diab a adopté le budget approuvé par son prédécesseur Saad Hariri, qui est une continuation des politiques économiques et financières qui ont ruiné le pays ». Il poursuit : « Aujourd’hui 1 % de la population détient la moitié de la richesse nationale.

L’écart de classe et les inégalités se sont creusés : les pauvres se sont appauvris, les services publics se sont détériorés, comme la santé, l’éducation, l’électricité, l’eau, les transports publics, les routes, les communications… jusqu’à atteindre des niveaux humiliants ».

Interrogé sur la perte d’influence du PCL au Liban ces dernières années, Hannah Gharib se justifie : « Au milieu des années 1980, le pays se trouvait dans une phase de grande confusion intellectuelle et politique. Parmi ces développements, il y a eu les assassinats semi-collectifs de chefs de parti et de cadres. Puis sont venues la confiscation et la perte d’indépendance du mouvement syndical à partir du milieu des années 1990, ainsi que la chute de l’Union soviétique ».

Aujourd’hui le secrétaire général se veut confiant, comptant sur l’engouement nouveau que les ralliements populaires du PCL suscitent. D’un ton serein, il affirme : « Notre parti a une histoire ancienne. Il a été fondé il y a 95 ans et était l’expression de la maturité révolutionnaire du Liban. À travers cet héritage et dans notre lutte quotidienne, nous construisons un avenir prometteur pour le parti ».

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23 mars 2020 ~ 0 Commentaire

vladimir (jdd)

poutine

Coronavirus en Russie

Que cache Vladimir Poutine?

En Russie, le Kremlin affirme maîtriser le risque sanitaire lié au coronavirus mais l’opposition craint que l’opinion soit manipulée.

Fini l’insouciance. Lundi matin, toutes les écoles et universités du pays resteront fermées jusqu’au 12 avril. S’y ajoute la construction d’un hôpital de campagne de 500 lits dans la ­banlieue de Moscou.

« L’état d’alerte a en outre été déclenché dans toutes les régions, souligne Arnaud Dubien, directeur de ­l’Observatoire franco-russe. On commence à ­préparer les esprits à des scénarios plus durs car il n’y a pas de raison que la Russie échappe à la vague du coronavirus. »  »Tout est sous contrôle », disait pourtant encore Vladimir Poutine en début de semaine. Les chiffres officiels de la contamination, à peine 300 pour 145 millions d’habitants, sont ­ridiculement bas.

Jeudi, les ­autorités annonçaient le premier décès lié au coronavirus avant de se rétracter, affirmant que la patiente de 79 ans avait finalement succombé à un AVC. Peu d’infectés, pas de morts. Pour justifier ce bilan troublant, le Kremlin a vanté sa ­vitesse de réaction.

« Il est vrai que, dès le 1er février, un peu à la surprise générale, la frontière avec la Chine a été fermée », explique Arnaud ­Dubien. Depuis, des Russes sont revenus malades de leurs vacances à Milan ou Innsbruck. « Sans doute y a-t-il comme partout ailleurs une sous-estimation des cas », poursuit le chercheur français.

En Russie, « on court au désastre »

Le gouvernement, tout à son déni, prétend avoir mené plus de 100 000 tests. Mais c’est une entreprise et une seule, basée en ­Sibérie, qui les centralise. « Et elle ne travaille qu’avec 15 laboratoires, ce qui est ridicule à l’échelle du pays, dénonce Anastasia Vassilieva, ­présidente de l’Alliance des médecins de ­Russie. Mes collègues me disent que les résultats de certains tests ne leur reviennent jamais. Le système n’est pas fiable. » Pour cette proche de l’opposant Alexeï Navalny, les autorités mentent. « Il y a actuellement une explosion des cas de pneumonie, mais le gouvernement refuse de dire pourquoi », accuse-t-elle.

Poutine pourrait cesser d’être le maître des horloges

La Russie est-elle en mesure d’absorber le choc? « On court au désastre, affirme Vassilieva. Cela fait vingt ans que le pouvoir coupe dans les budgets. À Moscou, il y a dix ans, il y avait dix hôpitaux dédiés aux maladies infectieuses. Il n’en reste que deux. » La praticienne se plaint aussi du manque de masques pour le personnel soignant. « Poutine répète depuis vingt ans que le pays se porte bien, ajoute-t-elle. Le virus leur montrera que ce n’est pas vrai. »

Cette crise tombe mal pour le président russe, qui, pour se maintenir au pouvoir après 2024, a entrepris une réforme constitutionnelle d’ampleur. Cette semaine, il a annoncé la tenue d’un référendum le 22 avril sur la question.

« À cause du virus, le référendum pourrait ne pas avoir lieu, explique Arnaud Dubien. S’ajoutent l’effondrement du prix du pétrole, la chute du rouble. En raison de tout cela, la séquence politique de ­Poutine est contrariée et il pourrait cesser d’être le maître des horloges. »

22 mars 2020 Antoine Malo

https://www.lejdd.fr/

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22 mars 2020 ~ 0 Commentaire

après confinement (combat ouvrier)

GRS guad
Préparons les luttes de l’après confinement !

Depuis le 17 mars, toute la population est confinée à domicile sous peine d’amende.

Et ces décisions face à la pandémie sont justes et compréhensibles. Ce qui l’est moins c’est l’état des hôpitaux et le manque de matériel, alors que depuis des années, et encore plus ces derniers mois, les personnels des hôpitaux manifestent contre une telle situation.

Macron a déclaré : « la santé n’a pas de prix ». Tout à fait d’accord avec lui. Mais où est le plan massif d’urgence immédiate qui devrait être annoncé sans compter en cette période de pandé-mie, et prolongé après ? Nos camarades des hôpitaux n’ont que faire des flatteries hypocrites de Macron sur les « héros en blouse blanche ».

Dans la société capitaliste il y a une seule loi, c’est la loi du profit.

Qu’importent les risques pour la santé des travailleurs qui doivent travailler encore dans les secteurs dits non vitaux. Heureusement, dans certains secteurs, des travailleurs ont fait jouer leur droit de retrait.

Les usines automobiles ferment sous la pression des travailleurs. Sur certaines plantations de banane aux Antilles les travailleurs protestent avec raison. Et cela doit s’élargir. Il n’y a aucune raison que le confinement joue pour les cadres et non pour les ouvriers.

En ce qui concerne l’indemnisation du chômage partiel, dans ce cas, les travailleurs non smicards ne perçoivent que 84 % de leur salaire. Il y aura donc bel et bien une perte de salaire alors que les patrons eux seront totalement aidés par l’État. Ce dernier s’engage aussi à leur payer les impôts, les charges sociales, et même les factures d’eau et d’électricité… et encore plus !

Pour les salariés, les primes aussi risquent d’être supprimées. Mais l’État s’apprête à déverser 300 milliards d’euros pour l’instant dans les caisses des entreprises.

La banque centrale européenne vient de lancer un plan de 750 milliards pour les banques et les entreprises. Elle vient d’annoncer qu’il n’y aura aucune limite. Comme en 2008 les États absorbent l’hémorragie. Ils volent au secours de la finance et du grand capital. Mais les travailleurs et les couches populaires devront payer cette crise de mille et une manières alors même qu’ils continuent de payer les précédentes au quotidien. Notamment la crise financière de 2008 !

En Guadeloupe le manque d’eau pour des milliers d’usagers, en pleine crise sanitaire, montre bien que la crise nous la payons encore plus durement au moment où le geste de sauvegarde principal c’est de se laver les mains.

Macron a expliqué qu’il ne peut pas interdire les licenciements. Cela c’est le rappel de la guerre sociale menée par la bourgeoisie contre les travailleurs. Rappel lancé par un ennemi, bien visible celui-là, alors même que Macron explique à la population que « nous sommes en guerre » contre le virus.

Dans les grandes entreprises, malgré toutes les aides de l’État, des licenciements massifs sont annoncés : par exemple, 2 000 dans le groupe Air France – KLM. Au besoin l’État rachètera les entreprises par des nationalisations pour les remettre au grand capital quand elles marcheront mieux. En tout cas l’État les rassure au maximum.

Dans toute crise, c’est le grand capital qui sort toujours gagnant.

Celle du coronavirus ne fera pas exception.

Alors, camarades, préparons déjà l’après confinement en réfléchissant à nos luttes collectives à venir : contre les licenciements, pour des augmentations de salaire substantielles, pour l’abandon de la réforme du chômage et celle des retraites.

Profitons de cette période pour discuter entre nous, même par téléphone et réseaux sociaux, et envisager la riposte. Nous ne nous laisserons pas écraser au profit du grand capital !

http://www.combat-ouvrier.net/

Commentaire:

Combat Ouvrier c’est « Lutte Ouvrière » aux Antilles

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