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19 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

jordi martí font (alternative libertaire + anti-k)

cata

Jordi Martí Font (CGT catalane) : « Ce mouvement peut fissurer le mur du pouvoir »

Jordi Martí Font est enseignant à Tarragone. Auteur de nombreux ouvrages sur le mouvement libertaire, il milite, en tant qu’antimilitariste et anarcho-syndicaliste, au sein de la CGT. Indépendantiste, il est membre de la CUP (parti de l’extrême gauche catalaniste). Il répond à nos questions sur les événement qui ont précédé le référendum d’autodétermination en Catalogne.

Alternative libertaire : Peux tu revenir sur le contexte de ces dernières années, qui a conduit à l’organisation du référendum du 1er octobre en Catalogne ?

Jordi Martí Font : Ces dernières années des millions de personnes sont descendues dans la rue, pour réclamer l’indépendance, chaque 11 septembre [1]. L’expression d’un mouvement indépendantiste, lié à la gauche sociale, existe depuis les années 1970. Il est postérieur au catalanisme, en tant que tel, qui date de la fin du 19è siècle. Néanmoins, cette expression de masse en faveur de l’indépendance est relativement récente. Il s’agit d’un mouvement, certes, interclassiste. Il recouvre cependant une véritable dimension sociale avec des propositions en profondeur, tant au niveau de la vie quotidienne qu’au niveau de la structure sociale de la Catalogne. C’est cette dimension sociale et alternative, et en partie anticapitaliste, qui fait que ce mouvement est aussi massif aujourd’hui avec de vraies racines au sein des classes populaires.

Ton syndicat, la CGT catalane, est une des organisations qui est à l’initiative de la grève générale du 3 octobre. Quel bilan dresses-tu de cette journée d’action ?

Jordi Martí Font : La grève a été très suivie. Elle était, en fait, la réponse naturelle des orga- nisations du mouvement social face à la répression perpétrée par le gouvernement de Madrid la semaine précédent le référendum. Une répression qui aura revêtu différentes formes : trans- fert sur place de 10.000 policiers venant de tout l’État espagnol ; détention de responsables du gouvernement catalan ; fermeture arbitraire de plus de 140 pages web pro-indépendantistes ; tentative d’intrusion des forces de police dans les locaux de la gauche radicale catalane, la CUP – une tentative avortée grâce à la mobilisation des gens qui firent bloc pour protéger le siège de la CUP.

Un élément a, aussi, particulièrement ému l’opinion publique : c’est l’extrême violence de la police nationale et de la Guardia civil (gendarmerie) à l’égard des personnes de tous âges présents dans les collèges où avaient lieu les votes le 1er octobre. En dépit de cette brutalité, qui a fait plus de 900 blessé.es, plus de 2 millions d’habitantes et d’habitants de Catalogne ont réussi à voter « oui » à l’instauration d’une « République catalane ».

La grève s’inscrit dans ce contexte et était appelée par la CGT, mais aussi par les syndicats indépendantistes (IAC et COS), des syndicats de branche (pompiers, agriculteurs et agricul- trices, dockers) ainsi que par nombre d’organisations du mouvement libertaire (CNT, Solida- ridad Obrera, Embat, entre autre).

Après les manifs de Barcelone et de Madrid, le dimanche 8 octobre, contre le processus d’indépendance, mais aussi les menaces gouvernement du Premier ministre, Mariano Rajoy, de mise sous tutelle de la Catalogne, comment penses-tu que la situation va évoluer ?

Jordi Martí Font : Si la pression de la rue demeure, il est évident que tous les espoirs sont permis. Si, par contre, celle-ci baisse, et que la colère populaire se fait détourner (comme ce fut le cas dans le passé) par le PDCAT, le parti de la droite libérale, dont est issu Carles Puigdemont, le président du gouvernement catalan, je suis moins optimiste.

La droite libérale nationaliste conclura alors, à n’en point douter, un accord avec le gouver- nement de Madrid, qui satisfera les élites espagnoles et catalanes. J’ose malgré tout espérer que c’est la première option qui prévaudra, tant la détermination du peuple paraît marquée par leur intransigeance. Le 1er octobre, alors que la Guardia civil attaquait les bureaux de vote, des milliers de personnes ont fait front avec leurs corps, appliquant les principes de non- violence.

On a reçu des coups de matraque, ils nous ont frappé à l’aveugle. Femmes, hommes, vieux, enfants ont été violentés. Mais personne n’a reculé. Dans mon bureau de vote, à Tarragone, avant l’assaut, nous avons prévenu les gens présents que les coups allaient pleuvoir. Nous avons conseillé aux plus vulnérables de se mettre en retrait pour se protéger. Refus catégorique des plus anciens : ils et elles voulaient rester là en première ligne.

Nous avons la conviction que ce mouvement peut fissurer le mur du pouvoir. Et nous pousse- rons jusqu’à ce qu’il cède. Ce type de situation où l’on a le sentiment que l’on peut changer le cours de l’Histoire, la vie, n’arrive qu’une fois tous les 100 ans. Aujourd’hui c’est en Catalogne que cela se passe et nous ne laisserons pas passer cette chance historique.

Vu de l’extérieur cela peut paraître étrange que des libertaires, anti-étatistes comme nous, puissent être au coude à coude avec des personnes qui se mobilisent pour une Catalogne indépendante. Je vous invite à venir mettre un pied sur notre terre, et vous comprendrez assurément la profondeur de notre combat. Un combat marqué du sceau de l’auto-organisation, de rues qui vivent et crient leur désir de liberté.

Propos reccueillis par Jérémie Berthuin (AL Gard) 18 octobre 2017

[1] Le 11 septembre est la journée nationale de la Catalogne, en mémoire de la chute de Barcelone devant l’armée des Bourbons, le 11 septembre 1714, durant la guerre de Succession d’Espagne.

http://alternativelibertaire.org/

Commentaire: La CGT « anarcho-syndicaliste » (issue de la CNT) est le syndicat où milite en général l’extrême gauche. Un peu comme Solidaires. L’équivalent de la CGT s’appelle Commissions Ouvrières (CCOO). La CNT est plus petite.

Lire aussi:

Catalogne: Droit à l’autodétermination et auto-organisation (Anti-k)

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18 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

vulnérables (libération)

dessin-famine-14

Insécurité alimentaire : quand les plus vulnérables ne font pas partie des négos

Alors qu’aujourd’hui est célébrée la Journée mondiale de l’alimentation, alors que les chiffres de la faim dans le monde augmentent, il est urgent de mettre en place des solutions politiques au problème de l’insécurité alimentaire.

«Ouvrir à tout prix les marchés des pays en développement à nos entreprises d’un côté, lutter contre la faim en saupoudrant de l’aide alimentaire de l’autre»: voilà comment sont traités les sujets «internationaux» dans les Etats Généraux de l’Alimentation. Pourtant, il est urgent de mettre en place des solutions politiques cohérentes et complètes au problème de l’insécurité alimentaire.

Les chiffres de la faim dans le monde augmentent

Nous célébrons aujourd’hui la Journée mondiale de l’alimentation, dix ans après les terribles émeutes de la faim et la crise alimentaire de 2007-2008. Et il y a quelques semaines à peine, les agences des Nations unies ont rappelé que la lutte contre la faim restait un enjeu d’actualité.

En effet, le nombre de personnes sous-alimentées a augmenté, culminant désormais à 815 millions. C’est un individu sur neuf qui souffre de la faim, soit 11% de la population mondiale. Et ce chiffre n’est que l’arbre qui cache la forêt de la malnutrition, puisque 2 milliards de personnes souffrent de carences liées à l’alimentation, alors que 1,4 milliard sont en surpoids ou obèses. Des tendances prévues pour augmenter en raison des changements climatiques.

Face à ce constat, la quasi-absence de ces enjeux au sein des Etats généraux de l’alimentation (EGA) est à déplorer. L’atelier 4 – «Conquérir de nouvelles parts de marchés sur les marchés européens et internationaux»- des EGA, le seul à mentionner explicitement l’international durant cette première phase des Etats généraux, a été le centre de débats autour de l’export et de la conquête de nouveaux marchés.

Hormis les membres de la Plateforme citoyenne pour une transition agricole et alimentaire, un collectif rassemblant plus de 50 organisations de la société civile, une majorité des parties prenantes semble soutenir l’idée que l’un des buts de la production agricole française est de conquérir les marchés internationaux et qu’il faut accompagner les entreprises françaises pour qu’elles s’implantent et investissent de par le monde.

Cette position fait totalement fi des nombreuses études montrant les impacts négatifs des politiques agricoles de nos pays sur les agricultures des pays en développement, et oublie que l’insécurité alimentaire est avant tout une question de pauvreté et non de simple production agricole.

L’historique est pourtant bien fourni: subventions aux exportations pour écouler nos surplus, et inondation des marchés africains par notre lait «hors quotas» et nos restes de poulets surge- lés, entraînant la destruction des filières locales et précipitant les agriculteurs déjà pauvres dans la faim.

Le niveau de sécurité alimentaire baisse

En outre, des investissements directs dans les pays du Sud, sous prétexte d’augmenter la production agricole pour la sécurité alimentaire, ont entraîné et entraînent encore aujourd’hui l’éviction de paysans et communautés locales de leurs terres, afin d’implanter des fermes de plusieurs milliers d’hectares, basées sur des modèles à fortes émissions de gaz à effet de serre et dédiées aux cultures d’exportation comme la banane, l’ananas, l’huile de palme, le jatropha ou le caoutchouc (hévéa).

Là où ces projets sont implantés, des cas d’accaparement des terres sont signalés et le niveau de sécurité alimentaire régresse. Ils sont pourtant encore promus et soutenus par la France, dans le cadre de l’initiative «Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition» du G8, par exemple.

En parallèle de ces stratégies commerciales et d’investissement offensives, la France et l’Union européenne se sont engagées pour d’ambitieux objectifs de développement, d’éradication de la faim et de la pauvreté. Ces deux dynamiques de l’action internationale sont incompatibles.

Ainsi, en fermant les yeux sur les impacts négatifs de ces stratégies d’internationalisation, les discussions du premier chantier des Etats généraux de l’alimentation font une nouvelle fois prévaloir les intérêts commerciaux sur les droits humains et les populations vulnérables des pays en développement.

Alors que s’ouvre le deuxième chantier des Etats généraux, nos organisations appellent l’Etat à plus de cohérence dans les politiques publiques. Cela signifie que les politiques commerciales, énergétiques, climatiques et plus largement agricoles et alimentaires doivent être alignées sur les objectifs de développement international et les politiques nationales afférentes, en particulier concernant la lutte contre la faim et la malnutrition.

Cela implique également de respecter les engagements internationaux pris par la France au sein des organisations des Nations unies telles que le Comité pour la sécurité alimentaire et la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique.

Nous demandons plus particulièrement qu’un poste de rapporteur à la Cohérence des politiques soit créé au sein de la commission «Affaires étrangères» de l’Assemblée nationale et qu’il procède à une révision systématique des politiques publiques pouvant impacter la sécurité alimentaire et la nutrition, au Nord comme au Sud. Ceci permettra de réorienter les politiques, notamment d’investissement, afin qu’elles ne puissent remettre en question les avancées réalisées par ailleurs.

Claire Offenbach, Directrice générale d’Oxfam France et Bernard Pinaud, Directeur général de CCFD-Terre Solidaire  16 octobre 2017

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17 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

catalunya (jdd + npa)

jordi

L’emprisonnement de deux indépendantistes ravive les tensions

Deux dirigeants indépendantistes catalans ont été inculpés pour sédition et emprisonnés. Une décision qui ravive les tensions. Une juge d’instruction a placé lundi soir en détention les deux dirigeants des principales associations indépendantistes de Catalogne, Jordi Sanchez et Jordi Cuixart, inculpés pour sédition par l’Audience nationale, un tribunal chargé notamment des affaires de sécurité nationale.

Ils ont été écroués à la prison de Soto del Real, non loin de Madrid, en début de soirée. Les deux hommes disposent d’une très forte capacité de mobilisation, ce qui risque d’envenimer encore la crise entre Madrid et la région. L’annonce de leur placement en déten- tion a entraîné dans toute la Catalogne des concerts de casseroles, en signe de protestation.

Jordi Cuixart et Jordi Sanchez sont soupçonnés d’avoir encouragé des centaines de personnes le 20 septembre à Barcelone à bloquer la sortie d’un bâtiment où des gardes civils menaient des perquisitions, en lien, justement, avec l’organisation du référendum. Ces gardes civils y étaient restés bloqués jusqu’au milieu de la nuit. Les associations de Jordi Cuixart et de Jordi Sanchez, Omnium Cultural et l’Assemblée nationale catalane (ANC), sont les fers de lance de l’indépendantisme en Catalogne, divisée presque à parts égales entre les partisans du maintien au sein de l’Espagne et ceux de la sécession.

Le retour des prisonniers politiques en Espagne

Le porte-parole du gouvernement séparatiste catalan a qualifié lundi soir de « provocation de l’Etat espagnol » le placement en détention des deux hommes inculpés pour « sédition », appelant cependant leurs sympathisants à rester pacifiques. « Nous avons à nouveau, tristement, des prisonniers politiques » en Espagne, a de son côté estimé le président indépendantiste catalan Carles Puigdemont dans un message posté en anglais sur son compte Twitter. « Liberté aux Jordis », lisait-on sur l’affiche d’un des manifestants, environ 400, massés sur une place du centre de Barcelone vers minuit.

Ces détentions interviennent alors que Madrid a donné lundi un ultime délai de trois jours au président séparatiste pour qu’il revienne à la légalité. Depuis une semaine, Carles Puigdemont laisse planer la possibilité d’une déclaration unilatérale d’indépendance, laissant entendre, sans le dire ouvertement, qu’il a « suspendu » cette déclaration en vue d’un dialogue avec Madrid. « Nous espérons que dans les heures qui viennent (…) vous répondrez avec la clarté que tous les citoyens exigent », a écrit le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy à Carles Puigdemont, soulignant qu’il n’avait plus que trois jours, jusqu’à jeudi 10h, pour revenir dans le droit chemin.

17 octobre 2017

http://www.lejdd.fr/

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17 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

salah hamouri (afps)

szla hamouri

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15 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

kanaky (révolution permanente)

kanak

Autodétermination des peuples: Référendum de 2018 en Nouvelle-Calédonie : comment la France veut exclure 23 000 Kanaks du scrutin

En 2018 aura lieu en Nouvelle-Calédonie le référendum d’autodétermination prévu par les accords de Nouméa. À quelques mois du vote les populations kanaks dénoncent les conditions d’inscriptions au vote qui excluent 23 000 personnes qui pourraient renverser la balance en faveur du « oui ».

De la colonisation à la volonté d’indépendance

La Nouvelle-Calédonie est une petite île située au milieu du Pacifique et qui représente un enjeu central pour la France. Pour mieux comprendre les enjeux du référendum d’autodéter- mination qui aura lieu en 2018, quelques éléments historiques sont indispensables. Dès le milieu du 18ème siècle, l’île est colonisée par la France qui pille les terres des autochtones, ces derniers sont en effets dépossédés de 80% de leurs terres ancestrales ; la France dissout les tribus, et impose sa langue.

Et surtout la France impose dès 1887 en Nouvelle-Calédonie, comme dans toutes ses colonies, le Code de l’Indigénat (1887), qui assujettisse les autochtones aux travaux forcés, à l’interdiction de circuler la nuit, aux réquisitions forcées, et à un ensemble d’autres mesures tout aussi répressives. En 1931, une centaine de kanaks sont « exposés » lors de l’exposition universelle au jardin d’acclimatation, dans ce qu’on pourrait qualifier de zoo humains, forcés à se comporter comme des « sauvages » pour maintenir le mythe fantasmé sur les populations autochtones. Le Code de l’Indigénat n’est aboli qu’en 1946, date à laquelle la Nouvelle-Calédonie change de nom sur le papier pour s’appeler « Territoire d’outre-mer ».

Peu à peu les revendications indépendantistes s’intensifient, notamment autour de la figure de Jean-Marie-Tjibaou. A partir de l’élection de François Mitterrand en 1981, les attentes des indépendantistes se font plus pressantes, et ceux-ci exigent un référendum d’autodétermination réservé aux seuls Kanaks. C’est notamment la naissance du FLNKS, rassemblement de partis politiques indépendantistes fondé en 1984 et dirigé par Jean-Marie Tjibaou qui met en place un gouvernement provisoire de Kanaky, choisit un drapeau, boycotte les élections territoriales de 1984, avec pour but de préparer l’indépendance kanake socialiste.

Fin 1984, un massacre a lieu près d’une tribu située dans le nord de l’ile, à Hien- ghène, dans laquelle 10 indépendantistes Kanaks sont tués, dont deux frères de Jean-Marie Tjibaou.

C’est le point de départ d’une véritable guerre entre opposants et partisans de l’indépen- dance ; le gouvernement instaure l’état d’urgence et le couvre-feu de janvier à juin 1985. Le point culminant des événements sera la prise d’otages de gendarmes par un groupe d’indé- pendantistes en avril-mai 1988, dans l’entre-deux tours des présidentielles. La situation est délicate pour le gouvernement Mitterrand, qui doit trouver une issue à cette situation de crise et désigne Michel Rocard pour s’occuper des négociations, ce qui va déboucher sur les accords de Matignon en juin 1988, prévoyant un scrutin d’autodétermination dix ans plus tard. Mais en 1998, les accords de Nouméa sont signés sous l’égide Lionel Jospin, prévoyant la tenue d’un référendum sur « le transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régalien- nes, l’accès à un statut international de pleine responsabilité et l’organisation de la citoyenneté en nationalité » qui n’aura lieu qu’entre 2014 et 2018.

Au coeur des intérêts français, le nickel, véritable mine d’or du Pacifique

Le sous-sol de l’île regorge d’un minerai extrêmement convoité : le nickel. En effet, l’île possède un quart des ressources mondiales de cette matière première indispensable à la fabrication de l’acier inoxydable, ce qui en fait une terre extrêmement intéressante pour la France. Tout au long de leur histoire, les kanaks ont été tenus à l’écart de l’exploitation du minerai, les européens ayant la main mise sur cette richesse bien que depuis quelques années cette tendance s’est atténuée avec la construction d’une nouvelle usine de nickel au nord de l’île, venant casser le monopole de la SLN, société historique du nickel calédonien qui exploite l’usine de Nouméa depuis 1910. La SLN appartient elle-même à Eramet, le géant des mines françaises, dont le chiffre d’affaire était de 2,9 milliards d’euros en 2016.

Cette mise à l’écart des kanaks des énormes bénéfices que produit le nickel n’a fait qu’accen- tuer tout au long du 20ème siècle la colère et la frustration. Les kanaks voient de plus dans l’exploitation du nickel la garantie d’une indépendance réussie. De son côté, la France, derriè- re des apparences de neutralité, n’a aucune intention de laisser prendre son indépendance ce petit territoire très rentable au milieu du Pacifique. Derrière une soi-disant politique de « déco- lonisation » et une politique de rééquilibrage suite aux accords de Nouméa, les écarts restent considérables entre le sud de l’île, peuplé par les caldoches, et la province ainsi que les îles et le nord de l’île, terres kanakes, où le chômage atteint 30%.

Référendum : l’enjeu crucial de la liste électoral

Le résultat du référendum prévu en 2018 dépend notamment de la composition corps électoral restreint qui sera autorisé à voter, dont les modalités ne seront définies que lors du rendez-vous entre les signataires de l’accord de Nouméa prévu dans quelques semaines. C’est Manuel Valls qui a été nommé le 3 octobre pour diriger la mission parlementaire sur l’avenir institutionnel de l’île, ce qui a provoqué des polémiques.

Le 4 octobre, à New York, devant l’ONU, les indépendantistes ont dénoncé la manipulation et l’instrumentalisation autour de la composition de la liste électorale, qui pourrait faire basculer le résultat du scrutin. Le président du FLNKS, Mickael Forrest, a exprimé des « doutes sur l’orga- nisation » du référendum et mis en cause la « sincérité du mécanisme français d’établissement de cette liste électorale  », demandant aux Nations unies d’envoyer une mission de visite  « avant, pendant et après le scrutin  ».

En effet, en Nouvelle-Calédonie il existe plusieurs types de listes électorales en fonction de critères permettant de participer à certaines élections.

Pour pouvoir voter au référendum, il faut faire partie de la liste référendaire, régie par l’article 218 de la loi organique de 1999. Tout personne au statut civil coutumier, qui est inscrite sur la liste générale, ou qui a été électeur en 1988 doit être automatiquement sur cette liste pour le référendum.

Mais voilà, selon la Direction de la gestion de la réglementation des affaires coutumières (DGRAC), 22 780 Kanaks qui devraient avoir leur nom inscrit sur cette liste n’y apparaissent pas. Plusieurs phénomènes expliquent cette absence qui pourrait faire peser la balance du côté du « non » : de nombreux kanaks ne sont pas inscrits sur la liste principale (condition obligatoire pour être sur la liste référendaire), car les indépendantistes ne se sentent historiquement pas concernés par les élections françaises, et ont souvent prôné le boycott. De même, certaines personnes inscrites sur la liste générale n’auraient pas été inscrites sur la liste référendaire, et de nombreux jeunes de 18 ans pour qui l’inscription est censée être automatique n’ont pas été inscrits.

Aucune aide d’inscription n’a été mise en place pour les personnes handicapées et âgées, et les procédures pour les personnes ayant perdu leurs droits civiques sont complètement méconnues. De plus, près de 2000 kanaks se sont vus refusée leur inscription car ils étaient dans l’incapacité de réunir tous les justificatifs de résidence continue pendant dix ans : « Ces exigences sont inadaptées au regard des habitudes des Kanaks. Conserver les papiers n’est pas dans leur culture. S’inscrire sur les listes relève du parcours du combattant  », indique Stéphanie Graff, docteure en anthropologie spécialiste des questions d’autodétermi- nation, de décolonisation et d’autochtonie en Nouvelle-Calédonie.

De plus, ce « choix » délivré par le référendum ne laissera pas aux population le choix d’un réel mouvement de libération nationale remettant en cause la domination coloniale française car même si la soi-disant « autonomie » était votée elle ne remet pas en cause le contrôle des élites politiques et des groupes industriels mis en place depuis des années.

Car au-delà de l’indépendance statutaire, il s’agit pour les Kanaks de se libérer totalement de l’impérialisme français, de sa domination politique qui perdurera si les anciennes élites gèrent l’île comme avant et si les grandes richesses de l’île, notamment le nickel, sont toujours gérées par les mêmes multinationales. C’est pourquoi l’émancipation du peuple Kanak, au-delà de l’indépendance de la France, devra se poser l’objectif de renverser l’ordre impérialiste, et donc l’ordre capitaliste, qui les maintient aujourd’hui dans un pays qui n’est autre qu’une colonie.

Enora Lorita vendredi 13 octobre

http://www.revolutionpermanente.fr/

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12 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

gwengamp

guin 3
La lutte contre l’extrême droite est une urgence !

L’attentat de Charlottesville, le bateau C-star chasseur de migrants, l’obscurantisme fasciste de Daech partout, la dictature d’Erdogan…

Partout dans le monde les fascistes gagnent du terrain, leurs militants et organisations multiplient les actions, démonstration de force et crimes.

A Lille, une série de meurtres homophobes et racistes, à Nantes, deux jeunes laissés pour morts… Les migrants trop souvent pris pour cibles: des attaques de centres d’accueil, comme à Nantes.

Cette liste ne sera jamais exhaustive, car ces groupes sont de plus en plus présents partout : génération identitaire, GUD, Adsav, Dissidence française, Action française …

La politique ultralibérale, dans laquelle s’inscrit trop bien Macron, augmente les inégalités sociales et crée un terreau propice à la montée des idées fascistes, comme celles du FN, de la
banalisation de ces discours à travers les réseaux sociaux, certains lieux (ex :Bro Gozh Pub à Guingamp)…

La lutte contre l’extrême droite est une urgence !
Nous appelons donc toutes celles et ceux qui partagent les valeurs de solidarités et de justice sociale, à nous rejoindre le

14 octobre 201 14H Place du Vally  Guingamp.

N’attendons pas d’être toujours en réaction: proclamons une Bretagne ouverte et solidaire !

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12 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

catalunya (a manca)

fachas

Le bateau coule, les fascistes sortent de leur trou

Dans le bras de fer qui l’oppose au peuple catalan, le gouvernement de Madrid vient de marquer un point.

La formidable pression exercée avec l’aide de ses complices apporte son premier effet : le président de la Generalitat de Catalunya en déclarant un gel du processus de déclaration de l’indépendance a opéré un recul qui fracture le camp des indépendantistes sans pour autant influer sur la position du pouvoir espagnol.

Mais c’est ce dernier qui devra assumer l’écrasante responsabilité des tensions qui s’annoncent.

Un chantage patent s’est exercé durant la semaine écoulée au détriment  des droits démocratiques des Catalans. Ce sont les milieux des banques et de la finance qui ont tiré la première salve en annonçant le départ de leurs sièges sociaux. Les représentants de l’Union européenne ont enfoncé le clou en réaffirmant deux points qui leur tiennent à coeur : d’abord leur soutien au gouvernement espagnol, afin disent-ils, de « sauvegarder l’intégrité de son territoire, de son économie et de ses acquis démocratiques… ».

Ils ont également repris le discours de Madrid en soulignant l’illégalité du scrutin organisé par le gouvernement autonome de Catalunya.

Le président de la République française n’a pas négligé non plus d’apporter son « indéfectible soutien au gouvernement espagnol ». Si Carles Puigdemont et ses amis de la bourgeoisie catalane entretiennent encore après cela l’illusion d’une Europe garantissant la liberté des peuples, c’est soit qu’ils sont atteints de surdité, soit qu’ils s’avèrent depuis longtemps disposés à se contenter de prérogatives étendues dans le cadre du statut d’autonomie, tout en restant toutefois sous la tutelle espagnole.

Il n’est pas impossible, loin s’en faut, que les représentants des petites et grandes bourgeoi- sies catalanes revoient leurs prétentions à la baisse pour peu qu’ils obtiennent de nouveaux avantages, principalement en matière de fiscalité.

Dans ce contexte trouble, la capacité d’intervention des classes populaires catalanes est décisive.

Les nationalistes de gauche qui apportaient jusqu’alors leur soutien (critique), au gouverne- ment actuel de la Catalunya semblent fermes sur leur position en exigeant une déclaration d’indépendance. Restent à venir les positions du champ syndical catalan et des organisations de jeunesses indépendantistes. Pour que toutes celles et ceux qui se refusent à abdiquer devant les prétentions du pouvoir espagnol puissent surmonter l’épreuve, plusieurs conditions doivent être réunies : le soutien massif des travailleurs et la solidarité internationale.

C’est sur ce dernier point que nous appelons la jeunesse et les travailleurs de notre pays à s’engager aux côtés du peuple catalan.

Ces soutiens doivent se concrétiser sans plus tarder en organisant la prise de parole des indépendantistes de Catalunya. L’étau médiatique mis en place par le pouvoir français (et, au-delà européen) doit être desserré. Depuis des semaines les radios et télévisions françaises se livrent à une propagande uniquement destinée à décrédibiliser le droit à l’indépendance des Catalans. Il nous faut donc contre- balancer cet état de chose en recherchant et en diffusant des informations et des analyses plus proches de la réalité et des volontés de ce peuple résistant de longue date. C’est-à-dire qu’il nous faut apporter un contre- point authentiquement démocratique à des propos de propagandistes qui se prétendent journalistes.

La victoire du peuple catalan peut ouvrir pour d’autres peuples des perspectives d’émancipa- tion. C’est là en Corse, comme en Sardaigne, en Euskadi et en Ecosse que le souffle de cette liberté est à même de se ressentir encore davantage.

 11 octobre 2017 a manca

http://a-manca.org/

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10 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

question nationale (médiapart)

breizxit

Attention, çà vaut pour tout pays sauf la France! Ouf!

Quelques réflexions nullement inactuelles sur la question nationale.

Ce billet est bien sûr lié à l’actualité. Après l’Ukraine notamment, les faits mondiaux du moment rappellent à quel point la question nationale n’est pas distincte des questions démocratiques mais en est un sommet incontournable.

Catalogne.

Le coup d’Etat contre le droit des Catalans à l’autodétermination entraîne une bataille, en Catalogne mais aussi dans toute l’Espagne : car le peuple espagnol est concerné au premier chef par cette agression.

Oui, il faut défendre le droit de voter sur l’autodétermination, sur l’indépendance : c’est un droit démocratique fondamental. Et beaucoup d’organisations font des communiqués – justes, qui s’en tiennent là : « ils ont le droit, ne laissons pas piétiner ce droit ». C’est d’ailleurs la position d’Ada Colau, maire de Barcelone, qui ajoute que ce n’est « plus l’indépendance », mais « la démocratie », la question maintenant. Elle a raison de défendre la démocratie, mais elle a tort de dissocier démocratie et indépendance.

Car en effet ce que montre directement l’intervention de la police militaire et de la Guardia civil, c’est qu’il ne saurait y avoir démocratie sans indépendance !

Beaucoup disent comme Ada Colau : « je ne suis pas pour l’indépendance catalane mais pour la démocratie et donc pour que le vote puisse avoir lieu ». Cette position les honore mais elle démontre une chose : que pour que la démocratie s’exerce, et la démocratie, c’est la souve- raineté, il faut être indépendant. Car l’indépendance, c’est cela : pouvoir voter sans flics qui viennent voler les urnes.

Pour pouvoir décider – quitte à décider de ne pas former un Etat distinct ou de s’associer librement avec d’autres peuples – il faut avoir le pouvoir.

Pour pouvoir décider, et même pour pouvoir le cas échéant voter librement Non à l’indépen- dance, il faut que la police militaire espagnole et la Guardia civil soient foutues dehors, et cela s’appelle l’indépendance. Le droit à l’autodétermination exige l’autodétermination !

Quand au refus de l’autodétermination, à la dénonciation des « nationalismes », des « régiona- lismes » et des « identités » … que ceux qui poussent ce type de cris regardent quand même ce que chantent les partisans de l’ « unité de l’Espagne » à Madrid ce 1° octobre : Cara a sol, l’hymne de la Phalange …

Constituantes.

C’est d’ailleurs la même question que celle de la souveraineté d’une constituante authentique. Une constituante authentique, exerçant sa souveraineté, telle la Convention de 1792 ou le congrès des soviets en octobre 1917 (qui en a fait office, ce qui ne signifie pas que des élec- tions directes devaient être proscrites, autre question), n’a pas de président, ni d’appareil d’Etat, ni de puissance étrangère, au dessus d’elle.

Ce n’est déjà pas la constituante de Chavez, encore moins celle de Maduro, et certainement pas le gadget à moitié tiré au sort, à moitié formé d’élus « vierges de toute élection », convoquée par le président et cantonnée à la rédaction d’un texte, que nous promettait le candidat J.L. Mélenchon. Une constituante souveraine est souveraine. Le pouvoir du peuple, comme l’indépendance, passe par dessus l’appareil d’Etat et les classes dominantes, et cet appareil doit donc être brisé pour que la souveraineté s’exerce. (…)

Résumé, d’autres pays sont évoqués, voir lien.
1 oct. 2017 Vincent Présumey

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08 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

catalunya (a manca)

a manca

Le jour d’après: Relents de franquisme à Madrid.

Le dimanche 1er octobre 2017 a vu tomber le masque de la droite espagnole. Malgré un quadrillage policier, qui n’est pas sans rappeler les heures sombres du franquisme, le peuple catalan s’est massivement mobilisé.

Il faut retenir de cet événement que la « raison d’Etat » a foulé aux pieds cette démocratie qu’elle prétend pourtant incarner et garantir. Ce n’est pas la première fois dans l’histoire qu’un déni de cet ordre est perpétré. Mais cette agression s’est déroulée au cœur de cette Europe qui s’auto-proclame la championne des droits de l’Homme.

Le gouvernement de Madrid, soutenu par Macron, a rejoint à cette occasion les gouverne- ments d’Ankara, de Bagdad et de Téhéran qui se refusent pour leur part, à reconnaître le droit à l’autodétermination du peuple kurde. En agissant de la sorte, le pouvoir espagnol a égale- ment tenté d’étouffer les débats. Il a reçu l’appui dans ses « œuvres » d’une commission et d’un parlement européens qui se sont abrités derrière un article de la Constitution.

Qu’en est-il du droit à l’autodétermination en Europe et dans le monde ?

Du point de vue du droit international, il existe une base juridique pour reconnaître ce droit fondamental notamment à travers certaines résolutions de l’ONU :

  • La résolution 1541 (XV) du 15 décembre 1960
  • Pacte sur les droits civils et politiques du 16 décembre 1966
  • La résolution 2625 (XXV) du 24 octobre 1970

On peut également citer l’article I.2 de la « Déclaration et du Programme d’action du congrès de Vienne » sur les droits de l’Homme, adoptés en 1993, qui précise que: «Tous les peuples ont le droit de disposer d’eux-mêmes. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et poursuivent librement leur développement économique, social et culturel.»

Le droit d’exercer librement sa souveraineté est donc reconnu à tout peuple constitué.

Ce droit à l’autodétermination s’oppose frontalement au principe d’intégrité territoriale des Etats constitués. C’est précisément en raison de cette opposition paradoxale que les notions de peuple et de reconnaissance du droit à l’autodétermination font l’objet depuis plus de cinquante ans de résolutions de l’ONU et d’arrêts de la Cour de justice Internationale. Ces résolutions et ces arrêts sont dans les faits contradictoires.

Chaque situation est donc étudiée au cas par cas.

Le 22 juillet 2010, la Cour Internationale de Justice a rendu un arrêt estimant que la déclaration d’indépendance du Kosovo ne violait pas le droit international. Certes, mais de nombreux Etats constitués, y compris en Europe, ne reconnaissent pas le statut de nation indépendante au Kosovo. Ce pays demeure concrètement dans une situation juridique ambiguë au niveau international, même si son peuple est désormais souverain.

Certaines directions des mouvements d’autodétermination en Europe (Ecosse, Catalogne et Corse notamment) vont un peu vite en besogne quand elles prétendent que l’Europe permet de dépasser la tutelle des Etats constitués pour faire reconnaître le droit à l’autodétermination.

Rappelons-le, la Constitution libérale européenne de 2005 revêt un caractère anti-démocratique.

Elle a été adoptée sans tenir compte du rejet exprimé par trois peuples, dont le peuple fran- çais. Le contenu idéologique de la Constitution libérale européenne est très clair concernant le droit des peuples et des Etats. L’article I-5 « Relations entre l’Union et les États Membres » précise : « L’Union respecte l’égalité des États membres devant la Constitution ainsi que leur identité nationale, inhérente à leurs structures fondamentales politiques et constitutionnelles, y compris en ce qui concerne l’autonomie locale et régionale. Elle respecte les fonctions essen- tielles de l’État, notamment celles qui ont pour objet d’assurer son intégrité territoriale, de maintenir l’ordre public et de sauvegarder la sécurité nationale. »

C’est précisément sur les notions d’identité nationale et d’intégrité territoriale que s’appuient les Etats constitués pour maintenir des peuples dominés sous leur tutelle.

Cet article représente une régression historique majeure par rapport aux principes de droit internationaux.  La seule interprétation qui vaille est que les Etats membres de l’Union europé- enne peuvent accorder des autonomies régionales s’ils le souhaitent. Le moins que l’on puisse dire est que cela s’avère très éloigné du droit à l’autodétermination.

Dans ce cadre, la Cour de Justice de l’UE peut s’appuyer sur le droit international pour reconnaître le droit à l’autodétermination du peuple Sarahoui (Arrêt de décembre 2016), mais certainement pas pour une minorité nationale présente sur le territoire d’un état membre de l’UE, car ce serait une violation de la Constitution européenne.

La France illustre parfaitement cette politique à géométrie variable concernant le droit des peuples à l’autodétermination. Si, en 1991, elle a nié par voie constitutionnelle l’existence du peuple corse, elle a, a contrario, reconnu l’existence du peuple kosovar en 2008. Les Etats   européens défendent avant toute chose leurs intérêts. C’est exactement ce qu’a fait Madrid en Catalogne. Rajoy ne s’est pas seulement appuyé sur la Constitution espagnole pour envoyer la guarda civil contre le peuple catalan, mais aussi sur la Constitution européenne, ne l’oublions pas.

La liberté n’est pas négociable.

C’est en la matière une leçon que doivent méditer, les nationalistes, qui en Corse comme en Ecosse, ont investi leurs espoirs en cette Europe qu’ils présentent abusivement comme un espace plus démocratique que ceux des Etats auxquels ils s’opposent. Il en va d’ailleurs de même pour la majorité en place au niveau du gouvernement catalan, laquelle à l’instar de ces derniers, s’est grandement fourvoyée en suivant un raisonnement qui n’a pas résisté à la réalité. Ce sont bel et bien les Etats et toujours eux qui restent les maîtres des politiques et exercent ainsi ce qu’ils estiment demeurer leurs droits régaliens.

À noter que le PNV, parti de la bourgeoisie d’Euskadi, permet, par sa présence dans la coalition gouvernementale de l’Etat espagnol, à la droite castillane de disposer d’une majorité.

L’heure n’est sûrement pas à discuter du droit à l’autodétermination du peuple catalan, pas plus pour lui que pour tous les peuples encore sous domination impérialiste. Cette revendi-cation relève du champ des droits démocratiques et ne peut aboutir que par l’intervention décisive des classes populaires, comme se propose de le faire la gauche catalane.

A la violence de l’appareil d’Etat espagnol, que cautionnent la majorité des gouvernements européens, il faut opposer l’unité sans faille du monde du travail.

2 octobre 2017  a manca

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06 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

felipe 6 (jdd)

catalogne a

Les Catalans ont-ils un problème avec la monarchie?

La déclaration ferme du roi d’Espagne Felipe VI à l’encontre des indépendantistes catalans met en lumière les tensions historiques entre la monarchie et la Catalogne.(…)

Le récit national catalan

Comme un symbole, la fête nationale catalane a lieu le 11 septembre. Date anniversaire de la prise de Barcelone en 1714 par le roi Felipe V, qui instaure alors une monarchie absolue et centralisée en Espagne et met fin à la principauté de Catalogne.

« Cette date fait partie des éléments de l’histoire que les indépendantistes utilisent pour établir un récit national catalan », explique au JDD Barbara Loyer, spécialiste de l’Espagne. Si la région retrouve de l’autonomie avec la Seconde République en 1932, elle est de nouveau réprimée sous Franco. A la mort du dictateur, le roi Juan Carlos Ier assure la transition vers la démocratie et la nouvelle Constitution qui accorde une certaine autonomie à la Catalogne. Il va même jusqu’à réaliser son premier déplacement officiel à Barcelone et finit son discours par quelques mots de catalan.

Pour autant, la relation particulière entre la région et la royauté perdure. En 1997, Barcelone accueille avec ferveur le mariage de l’Infante Cristina, sœur de Felipe VI, avant de lui retirer la médaille de la ville qu’elle lui avait octroyée suite à un scandale de détournement de fonds. Autre exemple, en 2015, Ada Colau, la nouvelle maire de Barcelone soutenue par le mouvement de gauche Podemos, décide de retirer le buste du roi Juan Carlos Ier de la salle du conseil municipal, provoquant une polémique.

L’indépendance liée à la République

Aujourd’hui, contrairement à l’Ecosse qui demandait son autonomie politique tout en restant sous la monarchie britannique (Pas tout à fait exact! NdB), la Catalogne lie son indépendance à l’instauration d’une République. L’un des slogans du parti indépendantiste d’extrême gauche CUP pendant la campagne du référendum était d’ailleurs de « balayer le capitalisme, la corrup- tion et la monarchie ». « Si les Catalans créent un Etat ce n’est pas pour nommer un roi de Catalogne. Déjà dans les années 30, les nationalistes étaient anti-monarchiques, rappelle Barbara Loyer. Il ne faut pas oublier non plus que c’est une ancienne terre d’anarchistes ».

En 2014, alors que Juan Carlos Ier décidait d’abdiquer pour laisser la place à son fils Felipe VI, le Parlement catalan votait déjà pour demander la tenue d’un référendum sur le choix entre la monarchie et la République.

« Tout ce qui représente l’Etat espagnol est entaché d’illégitimité pour les nationalistes », poursuit Barbara Loyer. Depuis, si le nouveau roi est venu pas moins de 23 fois en Catalogne pour des visites officielles, les relations ne se sont pas améliorées.

5 octobre 2017 Alexis Boisselier

http://www.lejdd.fr/

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