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23 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

fine gael (rebel)

fine-gael

Les sombres origines de Fine Gael

Les nouveaux dirigeants de Fine Gael ont beaucoup travaillé pour se fabriquer une image libérale.

Le calcul de Leo Varadkar et de son équipe de spin-doctors bien rémunérés, est de montrer que Fine Gael maintenant se présente comme un parti moderne et compatissant, afin de s’adapter à l’évolution des opinions dans la société irlandaise, en particulier chez les jeunes. Cette évolution a été très évidente lors du référendum sur l’avortement et  Varadkar a proposé d’apporter de nouvelles modifications à la constitution. Fine Gael court après les manifesta-tions de masse découvrant soudain le libéralisme,  lui qui a fait obstruction pendant des années aux droits des femmes.

En un sens, cela devrait être considéré comme une victoire pour la gauche et les mouvements sociaux. Le fait que nous ayons forcé le parti historique du conservatisme irlandais à adopter ces positions témoigne sans aucun doute du potentiel de l’action populaire dans la transforma-tion de ce pays. Mais il faut aussi être attentif à un autre danger; en se repositionnant, Fine Gael tente de jeter les bases d’un établishment irlandais qui garantit que les architectes de l’inégalité et du capitalisme gangster en auront encore pour quelques décennies au pouvoir.

Le parti de Varadkar n’a pas abandonné sa politique de base.

Ce que nous avons, c’est du vieux vin dans de nouvelles bouteilles: un libéralisme profond. Derrière ce nouveau look se cache une histoire profondément troublante, un Fine Gael qu’on préférerait que vous oubliiez. Récemment, par exemple, ils ont produit une vidéo époustou-flante «célébrant» les 85 ans d’histoire de leur parti, et l’ont diffusée sur les réseaux sociaux. La vidéo réussit à éviter les origines louches de Fine Gael: lié à des organisations d’extrême droite, inspiré des mouvements fascistes européens  et n’a pas montré leur président saluant comme les nazis, Eoin O’Duffy. Fine Gael souhaite blanchir leur horrible histoire. pour analyser leur trajectoire actuelle, il convient donc de revenir sur les ancêtres de Leo Varadkar.

Contre-révolutionnaire

Les racines de Fine Gael commencent dans l’Irlande post-révolutionnaire des années 1930. De 1918 à 1922, a eu lieu une énorme vague de mobilisations populaires impliquant des grèves, des occupations d’usines et des saisies de terres, ainsi qu’une lutte armée entre les forces britanniques et l’IRA. Des centaines de milliers de personnes ont été directement impli-quées dans les divers éléments de la révolution. la bataille pour la libération nationale et les aspirations sociales ont finalement été vaincues.

Après la défaite, une contre-révolution suivit dans la société irlandaise, cristallisée dans le traité anglo-irlandais et la guerre civile qui a suivi. La contre-révolution a été menée par des groupes qui tentaient de casser les revendications sociales de la révolution. C’est de ces forces contre-révolutionnaires qu’émergera finalement le Fine Gael.

Le traité anglo-irlandais, signé en décembre 1921, divise le mouvement indépendantiste en deux camps. Les contre-révolutionnaires favorables aux traités ont formé Cumann na nGaedheal et utilisé les armes fournies par les Britanniques pour écraser l’opposition républi-caine anti-traité. Cette guerre civile qui a duré un an. En décembre 1922, l’État libre d’Irlande est créé et avec lui la partition et un nouveau statu quo. Cumann na nGaedheal représente une classe dirigeante catholique en plein essor, liée au pouvoir de l’Église.

Les personnalités clés à la tête de l’État étaient W.T. Cosgrave et Kevin O’Higgins. O’Higgins, comme beaucoup de la classe dirigeante catholique émergente, a fait ses études au Clongowes Wood College, une école privée d’élite. En 1926, les anciens de Clongowes étaient plus nombreux que les anciens combattants de 1916 au gouvernement.

Au cours de la révolution, cette élite a remarqué que les grèves rurales et les occupations de terres envahissaient les campagnes et que les travailleurs des villes occupaient les lieux de travail et établissaient des «soviets». Pour briser ce militantisme, le gouvernement contre-révolutionnaire a utilisé la nouvelle Armée de l’Etat libre pour briser les grèves et exécuter soixante-dix-sept républicains lors de la répression violente. Les éléments conservateurs de la société irlandaise avaient gagné et la contre-révolution a été approfondie de 1922 à 1932, quand Cumann na nGaedheal a régné sans opposition.

Réaction

La Grande Dépression de 1929 et les années de famine qui suivront auront un impact profond sur la politique irlandaise. À l’instar d’autres pays européens, cela entraînera l’émergence d’un radicalisme et d’une réaction des deux côtés du spectre politique, y compris l’émergence d’organisations ouvertement d’extrême droite. En 1932, cette instabilité politique conduira à un nouveau parti de gouvernement, le Fianna Fáil d’Eamon de Valera qui remporta une majorité.

Fianna Fáil a été créée en 1927 après avoir abandonné la politique d’abstentionnisme ( des républicains proche de l’Ira vaincue note du blog) dans l’espoir d’attirer des soutiens. Cumann na nGaedheal craignait que cela ne déstabilise leur État conservateur. Quelques années auparavant seulment, Cumann na nGaedheal exécutait et emprisonnait des membres de l’IRA, dont certains éléments étaient désormais au pouvoir. Leurs craintes n’ont fait que s’aggraver lorsque Fianna Fáil, au deuxième mois de son mandat, a levé l’interdiction de l’IRA et libéré les prisonniers.

Pour une partie de Cumann na nGaedheal, la menace était trop grave pour rester inactifs.

Des personnalités de haut rang ont formé une organisation appelée l’Association des camara-des de l’armée, initialement composée d’anciens combattants de l’armée de l’Etat Libre qui se sont engagés à protéger Cumann naGaedheal contre la violence de l’Etat et de l’IRA. L’ACA a atteint son apogée sous la direction d’Eoin O’Duffy; un ancien chef de la guérilla de l’IRA pendant la guerre d’indépendance, puis général de la guerre civile du côté des pro-traités. Il devint plus tard commissaire de police en 1922.

Il fut relâché par de Valera après qu’il eut exhorté Cosgrave d’organiser un coup d’État après les élections de 1932. Il est rapidement devenu le symbole de la résistance à la « révolution » de Fianna Fáil. Sous son commandement, le groupe fut renommé « garde nationale », adopta la chemise bleue pour se reconnaître lors des émeutes, le salut nazi et une politique corporatiste. Les adhésions atteignirent des dizaines de milliers, d’immenses rassemblements eurent lieu et le groupe fut mieux mieux connu sous le nom de «The Blueshirts».

Chemises de blues

Les Blueshirts étaient les fondamentalistes de la contre-révolution, ils attiraient ceux qui avaient le plus à perdre d’un réveil des aspirations sociales de la révolution. Ned Cronin, un fondateur des Blueshirts et plus tard membre de Fine Gael, a promis que «si une dictature est nécessaire pour le peuple irlandais, nous en aurons une. Ce sera mieux que le soi-disant gouvernement démocratique que nous avons, dirigé par des étrangers et des juifs ».

Les Blueshirts ont dénoncé « un complot de Valera », un «agent juif étranger». De Valera a même ressenti le besoin de confirmer dans le Dáil qu ‘«il n’y a pas une goutte de sang juif dans mes veines, je suis un descendant de catholiques des deux côtés… je ne veux pas parler d’une attaque contre les Juifs, mais seulement énoncer les faits.  »

O’Duffy a limité l’adhésion aux Blueshirt à « des irlandais ou à ceux de foi chrétienne», car il affirmait que «les juifs sont les instigateurs du communisme». Les dirigeants de Cumann na nGaedheal, notamment Ernest Blythe, ont lutté contre un gouvernement Fianna Fáil et  l’influence grandissante de l’IRA « communiste ». Le souvenir de la révolution irlandaise, la réalité de l’Union soviétique en pleine croissance et le discours de Fianna Fáil sur la distribution des terres et l’extension du bien-être ont conduit les élites politiques, les gros agriculteurs et la classe moyenne vers les Blueshirts.

Thomas F. O’Higgins – un autre fondateur des Blueshirts et plus tard le leader parlementaire du Fine Gael – a décrit Fianna Fáil comme «l’avant-garde de la politique communiste» en Irlande et de Valera comme un «agent communiste». O’Duffy a mené une violente résistance contre la politique du gouvernement visant à saisir les bovins invendus et à distribuer la viande aux pauvres. De graves affrontements et des affrontements entre les Blueshirts et les militants républicains et socialistes eurent lieu dans tout le pays, entraînant des morts des deux côtés.

En 1933, les Blueshirts ont frôlé la confrontation avec l’État Fianna Fáil. Un défilé de masse était prévu à Dublin pour commémorer Arthur Griffith, Michael Collins et Kevin O’Higgins, les héros de la contre-révolution. Le défilé planifié rappelait la marche de Mussolini sur Rome et l’IRA, et les socialistes envisageaient d’y faire face.

Craignant un coup d’État, de Valera a interdit la marche, admettant plus tard qu’il n’était pas certain que l’armée obéirait. Le test ne s’est pas concrétisé car O’Duffy a reculé et a organisé des parades provinciales plus petites. Ce fut un moment majeur pour les Blueshirts; il est apparu clairement que les dirigeants n’avaient pas confiance en leurs forces extraparle-mentaires. Les conservateurs les plus modérés des Blueshirts étaient partis, rebutés par les longues batailles de rue avec l’opposition de gauche.

Au lieu de tenter de renverser l’État, les Blueshirts se sont tournés vers une stratégie électo-rale en collaboration avec leurs partenaires conservateurs. Les politiciens démoralisés de Cumann na nGaedheal étaient impressionnés par la capacité d’O’Duffy à mobiliser un nombre important de personnes et à oublier sa politique fasciste. Ainsi, en 1933, les Blueshirts ont fusionné avec Cumann na nGaedheal pour former le Fine Gael.

Une droite unie

Fine Gael a unifié l’opposition avec Eoin O’Duffy comme premier président et W. T. Cosgrave comme vice-président. Le premier test est venu aux élections locales de 1934. Fianna Fáil a été le grand gagnant avec une performance très décevante pour de Fine Gael.

La base des Blueshirts a commencé à décliner alors qu’ils faisaient face à une résistance sur le terrain. Il est également apparu rapidement que de Valera n’était pas un radical de gauche, comme le craignaient les agriculteurs et les chefs d’entreprise.

Alors que le flirt de Fine Gael avec le fascisme prenait fin, ils ont essayé de freiner la politique d’O’Duffy et il a démissionné. Le premier président du Fine Gael a ensuite créé le parti national fasciste, mais après avoir échoué à organiser quoi que ce soit de significatif, il a envoyé une brigade irlandaise se battre pour Franco dans la guerre civile espagnole.

Fine Gael s’est développé à partir des éléments les plus réactionnaires de la contre-révolution irlandaise.

L’élite irlandaise méprisait les revendications de la classe ouvrière du début des années 1920 et craignait que la vague révolutionnaire ne traverse l’Europe. Pour eux, la fin de l’impérialisme britannique était un moyen d’installer une nouvelle classe dirigeante locale et non la fin du système d’exploitation. Comme l’a écrit John M. Regan, «Le nouveau parti a achevé la consolidation de la droite irlandaise amorcée par Kevin O’Higgins une décennie auparavant».

Fine Gael représente toujours ces mêmes intérêts aujourd’huiI

Ils sont de loin le parti le plus riche avec leurs 50 députés ayant une richesse combinée de 80 millions d’euros. Confrontés à une crise du logement, ils protégeront les propriétaires fonciers et subventionneront les promoteurs. En période de crise économique, ils vont aider leur propre classe et infliger l’austérité aux familles monoparentales, aux travailleurs et aux plus vulnéra-bles. pendant les années 1930, ils étaient prêts à flirter avec le fascisme pour défendre leur classe. Aujourd’hui, ils adoptent le visage du libéralisme pour garder le pouvoir. La leçon de l’histoire ombragée du Fine Gael est simple; ne jamais leur faire confiance.

Leo Varadkar veut représenter Fine Gael comme le visage du libéralisme dans la politique irlandaise. Mais comme l’explique Barney Doherty, il préférerait que vous ne sachiez pas les origines de son parti à l’extrême droite du spectre politique.

Barney Doherty 25 juin 2018

http://www.rebelnews.ie/

Commentaire:

Leo Varadkar est le Taoiseach, premier ministre irlandais

La politique irlandaise ressemble assez à la France: le parti gaulliste de De Gaulle avec son passé de libérateur,  serait représenté par le populaire Fianna Fail de De Valera. Le PCF pas vraiment opposé sur bien des points à De Gaulle serait l’IRA et les républicains. La droite « libérale » avec des tentations extrêmes vers le RN serait le Fine Gael. En Irlande le Labour a longtemps été allié au Fine Gael.

L’embrouille est considérable: les 3 Partis (Fianna Fail, Fine Gael, même une partie de Sinn Fein mais pas le Labour marginal), ont surfé sur ce qu’ils croyaient être une hégémonie totale de l’église catholique et n’ont pas osé défendre l’avortement. Mais c’est le Fine Gael qui passe pour libéral!

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20 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

orpaillage (national geographic)

non a la m

Guyanes : les conséquences écologiques désastreuses de la ruée vers l’or

Pratique illégale, l’orpaillage est l’une des plus grandes menaces sur le Plateau des Guyanes, aussi bien pour la nature que pour ses habitants.

Près de 100 ans après le chef-d’œuvre de Chaplin, comment la ruée vers l’or peut-elle encore être d’actualité ? Il suffit de se rendre sur le Plateau des Guyanes, en Amazonie, pour réaliser l’expansion de l’orpaillage, aux graves conséquences environnementales, sanitaires et écono-miques. Le parc amazonien révèle que la région a fait face à une augmentation de 78 % du nombre de sites clandestins destinés à l’activité aurifère seulement sur ces 6 derniers mois.

L’ORPAILLAGE, UN ENJEU INTERNATIONAL

La première préoccupation à laquelle font face les défenseurs de l’environnement lorsqu’il s’agit d’orpaillage est la déforestation massive. Plus de 17 000 hectares de la forêt amazo-nienne ont été rasés au cours de la seule année 2015. En plus de détruire l’écosystème et les ressources naturelles indispensables, on estime que ce phénomène conduit chaque année à la libération d’environ 200 000 tonnes de carbone dans l’atmosphère. L’autre problème majeur de cette pratique est à la fois sanitaire et environnementale, et implique le mercure.

Dans la pratique, le mercure est ajouté à la matière aurifère extraite.

L’ensemble est chauffé, ce qui permet d’évacuer le mercure et de ne laisser que l’or brut dans la batée. Ainsi, le mercure se transforme en vapeur nocive relâchée directement dans l’atmos-phère. Et lorsque l’on sait que pour obtenir 1 kilo d’or, il faut utiliser 1,3kg de mercure, le compteur s’affole. Mais le mercure ne pollue pas que l’air que nous respirons.

Lors de l’extraction de l’or, les garimpeiros (chercheurs d’or) creusent le sol à l’aide de jets à très haute pression. La pression exercée provoque une forte érosion des sols qui relâchent le mercure naturellement présent. Cette propagation dans l’eau crée une réaction biologique qui transforme le mercure en Méthylmercure, fort neurotoxique. Ce dernier va contaminer la chaî-ne alimentaire des plantes aquatiques jusqu’à l’homme, fortement dépendant des poissons d’eaux vives pour son alimentation.

Dans ces régions aurifères, la contamination des adultes est 1,5 fois supérieure au seuil jugé tolérable par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Les cours d’eau doivent également faire face au phénomène de turbidité, c’est-à-dire l’augmentation de la teneur en eau de matières qui la troublent. Cette turbidité défavorise l’oxygénation des plantes et entraîne la destruction de la vie aquatique par asphyxie.

L’AGGRAVATION DE LA SITUATION GUYANAISE

Une étude coordonnée par la WWF et l’ONF International, en collaboration avec les institutions forestières et environnementales guyanaises, vient de révéler que 157 000 hectares avaient été détruits entre 2001 et 2015 dans le cadre de l’exploitation aurifère. Environ 72 % de cette disparition a eu lieu entre 2008 et 2015, ce qui est symptomatique d’une forte accélération du phénomène.

Si on assiste à une amélioration de la situation en Guyane française, ce n’est pas pour autant bon signe.

Il s’agit juste d’un déplacement de l’activité illégale puisque, toujours entre 2008 et 2015, 95 % de la déforestation liée à l’orpaillage avait lieu au Guyana et au Suriname, des régions fronta-lières. En Guyane, c’est environ 500 hectares de forêt qui sont rasés chaque année pour assouvir la soif des chercheurs d’or ; c’est le premier facteur de déforestation du territoire.

Ce rapport alarme également sur la condition des anciens cours d’eau devenus des bassins boueux suite à l’extraction intensive.

Résultat ? Plus de 5 840 km de cours d’eau détruits, sans compter l’ensemble des eaux contaminées en aval des sites d’orpaillage. À ce jour, il n’existe presque plus de cours d’eau sain en Guyane. Cette grave faute environnementale devient une grave situation sanitaire. Les eaux stagnantes favorisent fortement le développement du paludisme dans la région et les camps de garimpeiros, premiers exposés, contribuent à sa propagation en faisant office de souche virale.

Aucun des pays concernés ne bénéficient d’une contrepartie à sa destruction, même pas économique, puisque l’or est systématique exfiltré du territoire.

Les autorités ont énormément de mal à modérer ces activités illégales, en particulier sur l’Oyapock et le Maroni, fleuves principaux pour la circulation du trafic. Les habitants et les insti-tutions environnementales attendent avec impatience la création d’une coopération transfron-talière entre les autorités guyaniennes, surinamaises, brésiliennes et françaises pour mettre en place des mesures judiciaires, inexistantes à ce jour.

 Juliette Heuzebroc

https://www.nationalgeographic.fr/

Facebook Jeunesse Autochtone

Site « Or de Question »

« Montagne d’or» : Hulot s’en va, la Jeunesse autochtone de Guyane réagit! (Blog TDG)

La mine de la Montagne d’or oppose les deux candidats (Reporterre)

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19 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

décolonisation (npa)

GRS guad

« On veut faire croire aujourd’hui que la décolonisation française est définitivement achevée »

Le premier atelier a abordé la lutte contre la politique française dans les années entourant Mai 1968, en revenant sur les luttes populaires et anticoloniales, de 1958 à 1974, en Guadeloupe, Guyane et Martinique.

Dans ces trois territoires et aussi à la Réunion, les luttes furent confrontées à une politique systématique de répression, avec entre autres des interventions meurtrières de l’armée, à plusieurs reprises, dans chacun de ces quatre pays.

On doit rappeler Fort-de-France en décembre 1959 (3 morts), le Lamentin en mars 1961 (3 morts), les nuits de Cayenne en juin 1962, les émeutes à la Réunion en 1962, les paysans de Danjoie en Guadeloupe en 1965, le terrible massacre de mai 1967 à Pointe-à-Pitre et les 2 morts de Chalvet, en Martinique, en 1974.

Ces pays étaient des terres d’arbitraire, reposant sur des lois d’exception, dont l’ordonnance du 15 octobre 1960 sur la déportation des opposants et l’interdiction de séjour de militants.

On y pratiqua la criminalisation de la revendication d’autonomie et d’indépendance, en multi-pliant, contre les activistes politiques et syndicalistes, les procès devant la Cour de sûreté de l’État. L’État colonial s’opposait à la lutte pour la langue créole, pratiquait la mise à l’écart de l’histoire des pays et de leurs littératures. Pour ces territoires, la volonté décolonisatrice s’est affirmée dans le souffle des années 1960 et du mouvement mondial de Mai 1968.

Guerres coloniales

Le deuxième atelier est revenu sur l’anticolonialisme contemporain, avec un rappel historique sur les 70 dernières années. Aujourd’hui, on veut faire croire que la décolonisation française est définitivement achevée. Et certains utilisent malicieusement le terme universitaire de post-colonialisme pour répandre l’idée qu’une page civilisationnelle aurait été tournée.

Or, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, alors que s’élargit le phénomène de la décoloni-sation,  la France et ses gouvernements issus de la Résistance refusent celle-ci à la plupart des colonies qui avaient aidé à la défaite du nazisme et du fascisme, sauf dans le cas des pays sous mandat comme le Liban et la Syrie. Les constituants de 1946 créent l’Union française avec la fiction de départements d’outre-mer (DOM) et de territoires d’outre-mer (TOM).

La Quatrième République engage les terribles guerres coloniales d’Indochine, puis d’Algérie.

Elle tente la timide et restrictive loi Defferre de 1956 pour les ensembles d’Afrique noire. Elle ne peut éviter l’incontournable engagement international de la liberté des protectorats du Maroc et de la Tunisie. Par contre, elle participe à la méprisable affaire du blocus du canal de Suez.

En 1958, De Gaulle promeut l’idée d’une communauté française, et punit la Guinée pour son « non » à cette communauté lors du référendum de 1958. Or, nous sommes, notamment depuis 1955, avec la conférence de Bandoeng, dans un moment d’extension des mouvements d’émancipation décolonisatrice, avec le défi cubain de 1959 dans une Caraïbe en révolte, avec le surgissement des non-alignés, et la grande année de l’Afrique en 1960, qui fait voler en éclat la « communauté française ». La tragédie, en 1961, de l’assassinat de Lumumba, avec l’indépendance du Congo, soulève la solidarité anticolonialiste mondiale.

Dans ce contexte, l’armée française ne peut empêcher l’indépendance de l’Algérie en 1962.

Dans les DOM (Antilles, Guyane et La Réunion), les mobilisations se maintinrent sous les gouvernements gaullistes, contre les répressions de luttes populaires et anticoloniales, contre le règne de l’arbitraire et des lois d’exception, contre la Cour de sureté de l’État… On y crimi-nalisait la revendication d’autonomie, d’indépendance, et la lutte culturelle.

On procéda sous Giscard, en 1974-1975, à la division du petit archipel des Comores et à l’organisation du drame tant de Mayotte que du reste des Comores. Après bien des tergiver-sations, on arriva à l’indépendance de Djibouti en 1977.

Plus tard, en 1981, avec la victoire de la gauche en France, le mépris des revendications des peuples colonisés fut plus voilé et plus habile, quand bien même la violence des années précédentes s’atténua et fut décriée officiellement. Il y eut tout de même la Kanaky, avec le rôle de Mitterrand dans la disparition de Machoro. Il y eut Rocard et les nocifs accords de Matignon après le drame d’Ouvéa sous la responsabilité de Chirac (Premier ministre de cohabitation).

Actualités de l’anticolonialisme

Pour ce qui restait au début du 21è siècle de colonies françaises, la tactique des gouvernants tant de droite que de gauche a été d’assouplir leur approche. Dans les vieilles colonies, en prenant en compte l’implantation électorale de partis autonomistes et indépendantistes et le fameux accord de Basse-Terre de 1998 (entre présidents de région soit indépendantiste, soit autonomiste, soit intégrationniste), Chirac, réélu président en 2002, fit une ouverture avec proposition de modification institutionnelle et promesse de statuts différenciés. Cela donnera les fameux référendums de 2003 et 2010 aux Antilles et en Guyane.

On n’y parle pas de décolonisation mais de décentralisation, de collectivités territoriales nouvelles se référant aux articles 73 ou 74 de la Constitution française, avec la possibilité de procédures d’expérimentation (énergie, transports, coopérations avec les pays de la région).

On ne parle plus que de territoires français rattachés à leur métropole.

Le risque est de faire croire que le droit des peuples à se diriger eux-mêmes n’existe pas pour ces territoires, que l’on voudrait présenter comme des prolongements de France sur d’autres continents. C’est le danger qui ne doit pas atteindre les militantEs du courant révolutionnaire français et du mouvement ouvrier. Leur devoir est de s’impliquer dans la lutte anticolonialiste, non seulement pour le soutien actif, mais aussi et surtout pour l’intégrer aux luttes contre la Françafrique, contre les engagements militaires, pour la solidarité avec les migrantEs et pour dénoncer les restes de l’empire colonial français.

P.S : Dans les ateliers, il y eut une éclairante contribution sur la lutte du peuple kanak à la veille du référendum manipulé qui aura lieu dans quelques semaines, ainsi qu’une longue interven-tion sur le problème de la « Montagne d’or » en Guyane. Quelques questions ont abordé les crimes d’État coloniaux impunis aux Antilles-Guyane, le Franc CFA, les arrangements militaires…

Lors de la dernière université d’été du NPA, deux ateliers animés par le militant anticapitaliste et anticolonial martiniquais Gilbert Pago ont traité de la question coloniale française à travers le prisme de la situation en Guadeloupe, Guyane et Martinique. Gilbert Pago nous a fait parvenir un texte résumant ces interventions, et nous l’en remercions.

Mardi 18 septembre 2018 Gilbert Pago

https://npa2009.org/

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18 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

tests osseux (libération + le télégramme)

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Ce matin 2 jeunes de Quimper devaient venir passer des « test osseux » à l’hôpital de Brest, test auxquels le conseil d’éthique de l’hôpital (ainsi que Jacques Toubon, défenseur des droits)  est opposé! L’asso « Le Temps Partagé » avait appelé à un rassemblement.

Mineurs étrangers isolés : des tests osseux controversés

Ils font depuis des années polémique, le Défenseur des droits confirme aujourd’hui «son opposition aux examens d’âge osseux qu’il estime inadaptés, inefficaces et indignes». Lors-qu’une personne étrangère se présente comme mineure, les autorités lui font passer un entre-tien pour essayer de déterminer son âge. En cas de doute, on lui fait passer une radio de la main et du poignet gauches, qu’on compare ensuite, à vue de nez, à un atlas de référence dit de Greulich et Pyle, du nom des deux médecins américains qui l’ont conçu dans les années 50.

Au départ, il s’agissait de détecter les troubles de la croissance chez les enfants et les ados. Or cette comparaison reste subjective : les adolescents d’aujourd’hui ne sont morphologique-ment pas les mêmes que ceux des années 50, et tous ne grandissent pas au même rythme. En 2015, le Haut Conseil de la santé publique l’avait rappelé : «La maturation d’un individu diffère suivant son sexe, son origine ethnique ou géographique.» Même l’ordre des médecins considère que les conclusions de ces tests doivent être «prudentes et nuancées».

Les associations de défense des droits des étrangers s’opposent donc régulièrement à cette méthode qu’elles jugent arbitraire.

Depuis mars 2016 et la loi relative à la protection de l’enfance, il est nécessaire d’établir le «caractère indispensable» de ces tests pour les pratiquer mais, selon le Défenseur des droits, ils ont tout de même cours «dans de nombreux départements», sans qu’aucune véritable nécessité ne soit établie… «Les pouvoirs publics tendant à faire primer d’autres considérations, notamment migratoires, sur l’intérêt supérieur de l’enfant», regrette Jacques Toubon.

Kim Hullot-Guiot 10 avril 2018

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Tests osseux. Des associations réclament leur suppression

Une dizaine de personnes venues de tout le Finistère ont protesté, ce mardi matin, devant les urgences de Brest, à la Cavale-Blanche, contre les tests osseux.

Depuis deux ou trois ans, les autorités sont de plus en plus confrontées à la présence, sur le territoire national, de mineurs isolés. Régulièrement, des tests osseux sont pratiqués pour déterminer si certains sont mineurs ou pas : leur situation vis-à-vis des diverses administrations n’est pas la même dans un cas ou dans l’autre.

Une dizaine de manifestants, membres d’associations diverses du Finistère (Le Temps Partagé à Quimper, Digemer à Brest, Pays de Morlaix Solidarité Migrants, Fraternité Quimper) mais aussi d’un syndicat (FSU) et d’un parti politique (NPA) se sont rassemblés avant 9 h, ce mardi, devant les urgences de la Cavale-Blanche, à Brest, seul endroit dans le département où ces tests sont effectués, à la demande du parquet de Quimper. Quatre étaient prévus dans la matinée, il semble qu’ils aient été repoussés.

« Le doute devrait bénéficier à la personne »

Ces militants jugent « scandaleux » ces tests et demandent leur suppression. « Ils datent de 1935, ils ont une marge d’erreur de deux ou trois ans, et même davantage à ces âges-là. C’est ce que confirmait le comité d’éthique de cet hôpital, en mars dernier. Le doute devrait bénéfi-cier à la personne », estiment-ils. Ils indiquent que ces mineurs ont souvent avec eux un passeport ou une carte d’identité attestant de leur âge, mais que les autorités françaises jugent ces documents souvent peu fiables.

Selon les militants, il conviendrait que les médecins précisent à chaque examen qu’il existe une marge d’erreur. Actuellement, il s’agit d’un pourcentage d’erreur, mais d’aucuns pensent qu’il vaudrait mieux préciser que la personne a entre tel et tel âge. Les manifestants estiment aussi que les autorités françaises font tout pour dissuader des étrangers de venir en France, « avec cette fameuse théorie de l’appel d’air ». « Ces mineurs sont mieux hébergés et scolarisés que livrés à eux-mêmes », concluent-ils.

18 septembre 2018  David Cormier

https://www.letelegramme.fr/

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17 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

catalans (le peuple breton)

republica-catalana

Un million de Catalans pour relancer la construction de la République

La Diada nacional de Catalogne le mardi 11 septembre, avec plus d’un million de manifestants dans les rues de Barcelone pour la 7ème année consécutive, a relancé le processus de concrétisation de la république.

La mobilisation massive des Catalans et des associations civiques, l’Assemblea Nacional de Catalunya et Òmnium cultural, a réclamé aux gouvernants et aux politiques d’avancer pour respecter le mandat du peuple exprimé lors du référendum sur l’indépendance du 1er octobre 2017 et confirmé lors des élections du Parlement le 21 décembre.

Après des mois d’incertitude (qui doivent faire les institutions catalanes retrouvées après six mois de suspension de l’autonomie et l’emprisonnement et l’exil de l’ancien gouvernement démis de Carles Puigdemont ?), la société et les indépendantistes semblent reprendre l’initiative face à la répression espagnole et au refus des socialistes de dialoguer.

La manifestation de la Diada nacional, avec le slogan « Fem república », remet sur le devant de la scène la détermination pacifique, sereine et civique (aucun incident pendant la manifestation de la Fête nationale) du peuple catalan pour obtenir la reconnaissance de la république proclamée, en poussant les politiques à sortir de l’impasse où la Catalogne a été acculée par les autorités espagnoles.

Le président de la Catalogne, Quim Torra a déclaré après la manifestation qu’il approuvait ces réclamations et que le gouvernement allait bientôt lancer le processus constitutionnel et qu’avant le 1er octobre le Conseil de la République en Belgique, dirigée par Carles Puigdemont serait en fonctionnement.

Le président catalan a également lancé un appel vendredi 14 septembre un « ne pas avoir peur et à aller jusqu’au bout pour rendre effective la république de tous », « pour défendre les droits civils, sociaux et nationaux de la Catalogne » en référence aux prisonniers politiques et aux exilés catalans et aux plus de 1 000 indépendantistes catalans poursuivis par les tribunaux. Il a dénoncé à nouveau « qu’il est incompréhensible au milieu du 21è siècle qu’il y ait des prisonniers politiques et des exilés pour le crime d’avoir donné la parole au peuple. C’est totalement inacceptable. Voter n’est pas un crime ; organiser un référendum n’est pas un crime ; vouloir vivre librement n’est pas un crime.

Les espagnolistes ridiculisés

De leur côté, les espagnolistes qui, avec Ciudadanos, avaient organisé une manifestation à Barcelone pour dénoncer la « manipulation indépendantiste » de la fête nationale, se sont ridiculisés en ne rassemblant qu’une vingtaine de manifestants sur la plaça Reial devant quelques élus. Une autre manifestation unioniste quelques jours avant avait rassemblé quelque 2 000 personnes qui se sont distingués par des cris et des salutations fascistes, l’ostentation de symboles nazis et franquistes et par l’agression d’indépendantistes (6 blessés) à la fin de la manifestation.

Malgré plus d’un million de manifestants dans la rue de Barcelone pour la Diada, les médias espagnols, notamment la télévision publique, se sont illustrés par leur silence sur l’événement. La droite et les socialistes espagnols tentent toujours de faire croire que le mouvement catalan provoque agressivité et fracture de la société catalane et que les indépendantistes ne sont pas majoritaires (aux élections les indépendantistes ont totalisé plus de 47 % des voix contre 37 % pour les anti-indépendantistes).

Incident diplomatique à Perpignan

Cette semaine, la politique sud-catalane à de nouveau été d’actualité en Catalogne Nord, avec un incident diplomatique inhabituel provoqué par l’ambassadeur d’Espagne en France, Fernando Carderera qui a reproché par lettre au maire de Perpignan d’avoir reçu officiellement Quim Torra, « un président inconstitutionnel » (sic).

Jean-Marc Pujol a répondu qu’il était « très surpris et choqué » par une telle ingérence, le président catalan ayant été « démocratiquement élu » et a demandé « depuis quand un ambassadeur d’Espagne se permet de demander à un élu français de se justifier ». Le diplomate a continué la controverse vendredi 14 septembre en critiquant que le maire ait reçu Torra avec le symbole du ruban jaune « qui divise, qui ne représente pas la majorité des Catalans et remet en question le caractère démocratique de l’Espagne ».

Les autorités espagnoles semblent accroître la pression sur la France contre les Catalans du Nord pour leur solidarité avec leurs compatriotes du Sud. Plusieurs personnes ont fait état de pressions sur des fonctionnaires, en particulier des enseignants, qui portent le symbole du ruban jaune pour exiger la libération des prisonniers politiques, et que certains qualifient de signe partisan incompatible avec l’obligation de réserve et de neutralité des fonctionnaires. De même, les milieux catalans à Perpignan commencent à s’interroger sur la coïncidence entre la solidarité exprimée avec les Catalans du Sud et le refus de l’État de créer l’Office de la langue catalane publique.

Au chapitre judiciaire, les avocats des prisonniers et exilés catalans ont dénoncé cette semaine les manœuvres du Tribunal constitutionnel espagnol, qui, contrairement à son habitude, accepte tous les recours des indépendantistes (sans les examiner) pour retarder leur possibilité de recours en dernière instance devant les tribunaux européens.

De plus, la salle n° 13 du tribunal de Barcelone a demandé a Tribunal suprême d’ouvrir une procédure contre le vice-président du gouvernement catalan, Pere Aragonès pour « désobéissance » au motif qu’il n’aurait rien fait pour empêcher un référendum considéré comme illégal. Et le tribunal a entamé une procédure judiciaire contre la ville de Vic pour avoir diffusé chaque jour jusqu’au 11 septembre un message via les haut-parleurs municipaux réclamant la liberté des prisonniers politiques. Le procureur étudie s’il peut s’agir d’un délit et s’il peut être considéré comme un détournement de fonds publics (18 des 21 conseillers municipaux de Vic sont indépendantistes). De leur côté, 400 avocats catalans ont demandé la protection pour Gonzalo Boye, l’avocat de Puigdemont devant le refus du barreau espagnol d’assurer sa protection devant les menaces dont il est l’objet.

Écrire aux prisonniers pour leur 11ème mois de détention provisoire

En ce qui concerne la campagne de soutien aux prisonniers politiques, l’ANC, Assemblea nacional catalana et Òmnium Cultural lancent un appel pour écrire aux prisonniers qui totalisent ces jours-ci 11 mois de détention (les présidents respectifs des associations, Jordi Sanchez et Jordi Cuixart) en organisant des ateliers d’écriture.

Les courriers peuvent aussi être envoyés via le site https://catalansalmon.com/campanyes/llibertat/.

Alà Baylac Ferrer 17 septembre 2018

http://lepeuplebreton.bzh/

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17 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

ahed tamimi (france 24)

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16 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

attac (le huffington post + fr3)

Attac « célèbre » les 10 ans de la chute de Lehman Brothers sur les Champs-Élysées

L’association altermondialiste avait donné rendez-vous à ses militants dans le monde entier

« Pas avec notre argent », le mot d’ordre de la soixantaine de militants d’Attac s’adressait à la banque HSBC des Champs-Élysées devant laquelle ils étaient réunis, et à travers elle à tout le système bancaire. Aspergeant de peinture la devanture de l’établissement, étendus au sol ou haranguant la foule, ils ont célébré à leur manière les dix ans de la chute de la banque d’affaires Lehman Brothers, le 15 septembre 2008.

Un événement qui avait été le point de départ d’un vaste crise mondiale, provoquée par des actifs toxiques dont l’organisation juge qu’ils sont, encore aujourd’hui, au cœur de l’industrie bancaire. « Nassés » par la police après quelques minutes, les militants ont, comme vous pouvez le voir ans la vidéo en tête d’article, eu le temps de faire forte impression sur la foule des touristes venus se presser sur la plus grande avenue du monde.

La veille, cinq militants d’Attac et trois d’EELV avaient été interpellés, avant d’écoper un rappel à la loi: c’était cette fois une agence parisienne de la Société Générale qui faisait les frais d’une action destinée, une fois encore, à rappeler les dangers de la finance.

Matthieu Balu  15 09 2018

https://www.huffingtonpost.fr/

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16 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

maurice audin (le huffington post + le monde + rp)

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Lire aussi:

Maurice Audin : La torture, l’Algérie et la République : la vérité, enfin (Edwy Plenel)

Macron veut-il vraiment rompre avec la France coloniale qui a tué Maurice Audin ? (Révolution Permanente)

A propos de la prise de position sur l’Affaire Audin (Benjamin Stora)

Maurice Audin: Le crime d’Etat enfin reconnu (L’Humanité)

Mort de Maurice Audin, si longtemps après : « La reconnaissance des responsabilités de l’Etat, enfin ! » (Le Monde)

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16 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

australie (courrier international)

australia

Fête nationale: fête de l’invasion, qu’est-ce qu’il y a à célébrer?

Australie. Une petite fille de 9 ans proteste contre l’hymne national, qu’elle juge raciste

Harper Nielsen a refusé de se lever pendant l’hymne pour dénoncer son mépris de l’existence des Aborigènes. Un geste qui a provoqué la colère de la droite conservatrice.

Ce n’est pas un caprice d’enfant, mais bien un geste militant. Alors que tous ses camarades se sont levés pour interpréter l’hymne national (Advance Australia Fair), Harper Nielsen est restée assise. Le motif de cette rébellion : Advance Australia Fair (“Avance, belle et juste Australie”) nierait l’existence de la population indigène du pays.

“Nielsen a expliqué aux médias austra-liens que l’hymne national marginalisait un pan entier de la population”, rapporte le quotidien britannique The Guardian. “À l’origine, quand l’hymne a été écrit, ça voulait dire ‘faire avancer les Blancs d’Australie’. Aussi, quand l’hymne dit ‘Nous sommes jeunes’, il méprise totalement les Aborigènes”, a expliqué la fillette, dont les propos ont été repris par The Guardian.

L’hymne a été écrit en 1878, pendant l’ère coloniale. Comme le souligne The New York Times, de nombreux indigènes considèrent que “qualifier le pays de nouveau, ou de jeune, réduit l’histoire de leurs ancêtres, qui ont habité sur le continent pendant des dizaines de milliers d’années”.

Colère des conservateurs

Si l’école a sanctionné Harper Nielsen d’une heure de colle, des réactions plus violentes se sont fait entendre du côté des politiques. Pauline Hanson, leader du parti d’extrême droite One Nation, a publié une vidéo où elle qualifie l’enfant de “sale morveuse”. Selon The Guardian, des propos similaires ont été tenus par Jarrod Bleijie, membre du Liberal National Party, de centre droit. “Il a affirmé que les parents de Harper Nielsen l’utilisaient comme pion politique, et a qualifié la protestation [de la fillette] de débile”, rapporte le journal, avant de reprendre un de ses tweets : Refuser de se lever pendant l’hymne est un manque de respect envers notre pays et ses vétérans. Elle devrait être virée de l’école si elle continue de se comporter comme une sale gosse.”

Geste “courageux”

Dans un édito pour The Guardian, la romancière australienne Van Badham prend le parti de la fillette et s’insurge contre les réactions de la droite conservatrice : “Harper est en train d’apprendre que rester fidèle à ses principes, défendre son point de vue, dénoncer des faits et faire un geste symbolique de résistance peut provoquer le courroux et la condamnation de ceux dont l’autorité dépend d’une obéissance stupide à de vieux rituels.”

Pour Van Badham, Harper Nielsen a permis de relancer le débat sur l’hymne national et son manque de considération envers les Aborigènes : “Revenir sur cette question nous rappelle que notre identité nationale exige une interrogation permanente des symboles que nous utilisons pour nous définir.”

Les parents de la petite fille ont quant à eux félicité son geste “courageux”. Selon The Guardian, “sa protestation a été comparée à celle du sportif américain Colin Kaepernick, qui a posé le genou à terre pendant l’hymne américain pour mettre en lumière les injustices sociales et raciales qui perdurent aux États-Unis”.

13/09/2018

https://www.courrierinternational.com/

Nos camarades australiens:

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15 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

raï (le monde diplomatique)

Le raï, de l’euphorie au désenchantement

Né à Oran, ville fêtarde et transgressive, le raï, qui concentre toute la vitalité réprimée de la jeunesse algérienne

Il franchit pour de bon la Méditerranée et conquiert toute la planète au début des années  1990. Mais, entre la montée de l’extrême droite en France et la « décennie sanglante » que connaît l’Algérie, l’enthousiasme sera de courte durée…

Dominée à l’ouest par la montagne pelée de l’Aïdour, avec un pied dans une baie magnifique et un autre dans le profond ravin d’un oued depuis longtemps desséché et recouvert par des immeubles, Oran est certainement la ville la plus européenne d’Algérie.

Et cela, en dépit de sa casbah, de son sanctuaire édifié en 1793 et dédié à Sidi El-Houari, saint patron de la ville, souvent louangé dans la chanson raï, et de sa mosquée du Pacha, bâtie au 18è  siècle à la mémoire des expulsés d’Espagne en 1492. C’est bien le moins quand on sait que la cité, anciennement connue sous le nom berbère d’Ifri (« la caverne »), a été fondée en 903 sous le nom de Wahrane (« les lions », en berbère) par des marins andalous.

Mais ce qui saute le plus aux yeux, ce sont les sites chrétiens, dont beaucoup ont été légués par les Espagnols qui, dès le début du 17è siècle, occupent la cité et y demeurent durant deux siècles. Citons l’église Saint-Louis, la cathédrale du Sacré-Cœur ou la chapelle de la Vierge. Bref, la ville est riche d’influences hispaniques, andalouses, turques, arabo-berbères et françaises.

Ce cosmopolitisme a forgé son caractère le plus souvent enjoué.

A Oran, on a toujours eu l’habitude de veiller, et cela continue encore et encore. Les prome-nades sur le boulevard de l’ALN (ex-Front de mer) sont interminables et ne lassent pas, les yeux braqués sur le port. Plus tard, certains se dirigent vers le Théâtre de verdure, rebaptisé Cheb-Hasni, du nom du créateur du raï love, assassiné le 29 septembre 1994. D’autres inves-tissent les restaurants, avant d’aller se défouler sur la piste de danse d’un des nombreux clubs ayant pignon sur corniche. Les plus fameux ont pour nom Le Florida et Le Dauphin, et leur nombre a augmenté ces dernières années, bien qu’Oran ait été, à un moment, touchée à son tour par des actes de violence. Les cabarets, où ont débuté Khaled, Cheb Mami, Fadela et Sahraoui, demeurent l’habitat naturel du raï et constituent un incroyable vivier de talents.

Il ne faut pas croire qu’Oran n’a pas souffert de sa réputation frivole et du mépris affiché à son égard par le reste de l’Algérie.

Mais ses habitants se rassurent en se moquant de tous ces Algérois ou Constantinois qui débarquent le week-end pour draguer les « petitates », ces filles dites faciles, souvent en quête d’un beggar (littéralement : « vacher », nouveau riche frimant dans les boîtes avec son portable et ses grosses liasses de billets). Quelques-uns viennent aussi pour approcher une de ces mariquitas folles » outrageusement maquillées), célébrées par le raï gay de Cheb Abdou, qui hantent le front de mer. Le berceau du raï, où en 1966 Johnny Hallyday (avant lui, il y eut Louis Armstrong et Joséphine Baker) avait donné un concert au Casino, a toujours été un lieu d’encanaillement à portée de toutes les bourses.

Avant de devenir un phénomène musical internationalisé, le raï a d’abord été une façon d’être.

Présumé né en 1920 dans les plaines de l’Oranie, le mouvement a pris de l’ampleur dans les années 1940-1950, marquées par l’apparition des cheikhate (pluriel féminin de cheikha, équi-valant au masculin cheikh), dont la regrettée Rimitti (1923-2006) fut la figure emblématique, qui vaporiseront des airs bourrés d’allusions fines et coquines dans les bordels, les bastringues de seconde zone et les soirées privées. Le genre sera modernisé, dans les années 1960 et 1970, par des artistes comme Blaoui Houari, Ahmed Wahby, Messaoud Bellemou, Bouteldja ou Ahmed Saber.

Mais c’est au cours des années 1980 que le raï éclate véritablement et déferle, tel un impressionnant raz-de-marée, sur les consciences.

Le détonateur : une armada de chanteurs, baptisés « cheb » (« jeune »), qui vont bouleverser l’échiquier musical et ébranler sérieusement le pouvoir de la vieille aristocratie culturelle, dont l’une des tâches les plus redoutables a été de dévaloriser ou d’essayer d’interdire les modes d’expression populaire. Ils vont aussi dynamiter les bases instrumentales traditionnelles par l’utilisation de la basse, des synthétiseurs et de la boîte à rythmes, et rajeunir des mélodies poussiéreuses qui ne demandaient qu’à revivre. Comme ils ne manquent pas de piller l’arsenal folklorique pour enrichir leurs compositions et d’insister davantage, thématiquement, sur les délices du vin et du whisky, sur la célébration des rondeurs féminines et la détresse sexuelle.

« Vivre et laisser vivre », leur credo impatient, véhiculé par des centaines de milliers de cassettes, produites dans des conditions où l’à-peu-près côtoie souvent le pire, a fait plus que séduire : il a conquis toute une jeunesse, majoritaire numériquement mais exclue socialement, coincée entre le désœuvrement, le chauvinisme des stades, le jargon patriotique des médias, le bar, la mosquée et un marché des loisirs pratiquement inexistant.

Le succès du raï a été si foudroyant qu’en 1985 (présence au Festival de la jeunesse à Alger et tenue d’un premier festival raï à Oran), le pouvoir algérien s’empresse de le « nationaliser », tout en appelant à sa « normalisation » (entendez « aseptisation »).

Près d’un an plus tard, le raï fait son entrée en France à travers deux festivals, l’un à Bobigny et l’autre à La Villette

qui rassemblent tous ses grands noms, anciens comme nouveaux, et attirent principalement un public de « blédards » (immigrés nostalgiques). Pendant quelque temps, en France, le raï ne suscitera pas d’engouement autre que médiatique (ou sociologique), même si quelques labels français osent s’investir dans la reconnaissance de cette musique porteuse d’un nouvel élan.

L’année de la maturation sera 1990, marquée par l’abandon progressif du support cassette et l’intérêt de plus en plus vif des maisons de disques.

Cheb Mami, premier chanteur raï à s’être produit aux Etats-Unis, réalise Let Me Raï, album-tournant produit par Hilton Rosenthal (Johnny Clegg…) à Los Angeles. Sa diffusion aura un impact incroyable et parviendra à capter la sympathie du public beur. L’un des morceaux les plus prisés par l’auditoire, Haoulou, sera même repris par Haim Moshe, le plus populaire des chanteurs israéliens. Tout change à ce moment-là. Bien des opus raï se mettent à gagner en technicité et en arrangements plus soignés tout en essayant de respecter les lignes mélodi-ques originelles.

En 1992, l’Algérie sombre dans la spirale de la violence meurtrière.

En France, Khaled revient en force avec Didi, arrangé par Don Was, qui en fera le premier Maghrébin à entrer au Top 50, en plus de porter la voix du raï très loin (Inde, Ceylan où il existe une version en tamoul, Ethiopie, Japon, Egypte, pays du Golfe…). Mais si Didi donne le signal en France et dans le monde, l’Algérie — la jeune — braque toujours ses oreilles vers Cheb Hasni, leader d’un mouvement, le raï love, dont le grand inspirateur est le Méditerranéen Julio Iglesias, et vers de nouvelles valeurs sûres locales.

Toujours est-il que le raï s’est définitivement affirmé comme un courant à part entière, au même titre que le reggae, le blues ou le rock, ce que tentera de démontrer la grand-messe de la consécration au Palais omnisports parisien de Bercy. Le 26 septembre 1998, le concert « 1, 2, 3… Soleils » rassemble, sur les noms de Khaled, Rachid Taha et Faudel, plus de seize mille personnes. Certes, il s’agit là d’une opération fleurant bon le marketing négligé-étudié, mais jamais les musiques algériennes n’avaient eu droit à tant d’honneur. La presse salue avec de touchantes envolées un événement qui a surtout valeur de symbole (l’émotion est plutôt dans la salle sous forme de drapeaux frappés du croissant et de l’étoile).

L’ode au groove algérien serait-elle la bonne nouvelle venant amplifier l’écho favorable (aux bienfaits de l’immigration) né des deux coups de tête victorieux de Zinedine Zidane, un certain soir de juillet ? Voire. Car si, en France, le couscous-merguez a été jugé intégrable même par les militants du Front National, cela n’a pas été le cas des musiques issues des mêmes pays.

Sous la colonisation, les mélodies algériennes étaient perçues au mieux comme un folklore mineur, au pire comme un son bruyant et braillard s’échappant par bouffées des cafés maures ou des bordels. En 1917, un vocaliste populaire des Aurès, Aissa El-Djermouni, foule les planches de l’Olympia, un cinéma à l’époque, pour soutenir le moral de ses frères de sang désignés comme chair à canon.

En 1936, en guise de suite musicale à Pépé le Moko, on a droit à des morceaux du genre Qui veut mes tapis  ?

Les années 1950 voient quelques chanteurs « exotiques » comme Bob Azzam amuser la galerie avec les mêmes clichés fantasmatiques (Fais-moi du couscous, chérie et autres « fatmasseries »). La décennie suivante sera marquée par une véritable révolution musicale algérienne, forgée dans l’exil et la douleur, et gravée sur vinyle par de grosses compagnies. Mais des artistes comme Slimane Azem, premier disque d’or maghrébin et auteur de nombreux succès comme La Carte de résidence, adapté par l’Orchestre national de Barbès, Akli Yahiatene, repris par le groupe espagnol Radio Tarifa, ou Dahmane El-Harrachi, à qui l’on doit le Ya Rayah qui a remis en selle Rachid Taha, ne parviennent pas à se faire entendre en dehors des cafés maghrébins.

On a cru un moment, au milieu des années 1970, à un début de reconnaissan-ce du patrimoine chanté algérien.

Dans la foulée de mai 1968, des bardes français, à l’image de François Béranger et de Maxime Le Forestier, fraternisent avec leurs homologues algériens. Le Kabyle Idir, auteur du tube A Vava Inouva, bien positionné dans le hit-parade de RTL et d’Europe 1, et Djamel Allam, épaulé par des organisations de gauche, se produisent enfin sur de vraies scènes.

En 1982, alors que le raï, à travers le Cinq ou six valises de Ray El-Houari, effectue, dans l’indifférence générale, son entrée dans les charts barbésiens, un groupe de rock, Carte de séjour, avec un certain Rachid Taha qui revendique ses racines arabes, tente une percée au-delà du cercle communautaire, mais se heurte aux murs des préjugés des radios, des télévisi-ons et des grandes surfaces soucieuses de ne pas effaroucher leur clientèle. Dans une France obsédée par le thème de l’immigration, diabolisée jusqu’à l’écœurement, seuls Alain Manneval sur Europe 1 et Michel Polac, dans « Droit de réponse », sur TF1, lui accordent courageusement l’asile poétique.

Les idées extrémistes évoluent dans les esprits et dans les urnes et, en réplique, les Beurs (appellation d’origine non contrôlée des rejetons de la génération Peugeot-Citroën) entrepren-nent une Marche pour l’égalité. Ce qui permet à Carte de séjour de revenir en deuxième semaine et de mettre les pieds dans le PAF (paysage audiovisuel français) par le biais d’une reprise du Douce France de Charles Trénet, brièvement classée au Top 50.

Arrivent le raï et ses charmes transgressifs, ostentatoirement encouragés par une frange dite « libérale » du régime algérien.

Le style oranais est précédé d’une réputation sulfureuse qui fera les délices de quelques journaux et magazines. Ces derniers se borneront à appuyer là où ça peut titiller l’imaginaire hexagonal : l’alcool et le message « cul ». Mais le phénomène n’intéressera que quelques branchés et n’affole pas les Beurs. Sa diffusion est limitée aux radios communautaires, à l’exception de Radio Nova qui fournit les play-lists disponibles dans le « souk-business » de Barbès.

Il faut attendre 1988 et les émeutes d’Alger pour réveiller à nouveau des médias qui n’hésiteront pas à donner au raï le beau rôle d’arme fatale contre l’intégrisme.

Cela n’empêche pas les radios et les télévisions de s’enfermer dans un étrange silence, daignant à peine murmurer que les albums ne correspondent pas à leur esthétique sonore. En 1992, le raï s’internationalise sous l’effet du Didi de Khaled, pris en main par une major, mais le titre, figurant en bonne place au Top 50, n’ouvre toutefois pas à son auteur les portes des grosses radios comme NRJ et des émissions aux heures de grande écoute : Barclay doit ache-ter quelques secondes de publicité pour qu’on puisse l’entendre sur leurs antennes.

Sans doute de guerre lasse, le raï a fini par skier sur les pentes glissantes de la variété gnangnan.

Cheb Bilal, l’homme fort du raï en Algérie et dans la communauté maghrébine, s’en inquiétait  : « J’ai peur que du raï, il ne subsiste que le nom, comme c’est le cas précisément pour Khaled. Ceux qui, aujourd’hui, prennent en charge le raï en France veulent en faire une chanson française. Moi, je voudrais que le public français écoute le raï tel qu’on le ressent, tel qu’on le fait  (1). »

La suite lui a donné raison.

En France, le raï a retrouvé le public communautaire de ses débuts et les chefs historiques, dont les tentatives discographiques, parrainées par les majors, se sont soldées par des échecs, ont plus fréquenté la rubrique des faits divers que les pages musicales. Khaled, résidant au Luxembourg, un temps miné par ses ennuis fiscaux et de reconnaissance de paternité, a bien essayé de refaire surface avec le magnifique Liberté, renouant avec le raï d’antan, mais le public n’a pas suivi. Cheb Mami se morfond dans une cellule du quartier VIP de la prison de la Santé pour séquestration et tentative d’avortement forcé sur une ancienne compagne. Quant à Faudel, boudé en raison de son soutien à Nicolas Sarkozy, il attend beaucoup de son nouvel opus, Bled Memory.

Au final, les meilleurs représentants de la chanson algérienne restent Idir, Rachid Taha, l’Orchestre national de Barbès ou Amazigh Kateb

des artistes qui ne se situent pas dans le courant raï, lequel ne trouve son salut qu’à travers un mariage de raison avec le hip-hop et le R’N’B. Fort heureusement, il y a le raï qui continue à se forger dans les cabarets de la corniche oranaise, et que l’on entend dans les fêtes de mariage, les hammams et certains bars d’Oran, Alger, Oujda ou Tunis, mais aussi à Paris et à Marseille. Il introduit un groove particulier et des sonorités empruntant autant à la tradition algérienne qu’aux envolées R’N’B, funk ou hip-hop captées à la télévision.

Ce raï-là est l’œuvre des tenants d’une « génération parabole », nourrie de M6, MCM et MTV, tout en étant bercée par les vocalises de Rimitti ou de Hasni, qui ont démarré leur carrière au moment où la violence, sur leur sol natal, redoublait d’intensité. Cela explique une thématique éloignée de celle des aînés comme Khaled, et plus proche d’un réel tragique que l’on tente de conjurer à coups de mots tendres et désespérés à la fois. S’ils n’oublient pas les enseigne-ments des « anciens », leurs voix, aux intonations parfois désabusées, traduisent crûment le malaise qui ronge la jeunesse algérienne.

Rabah Mezouane: Critique musical à Vibrations et à Nova, chargé de programmation à l’Institut du monde arabe (IMA), Paris

https://www.monde-diplomatique.fr/

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