Archive | Anticolonialisme

18 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

poilus (le télégramme)

Tardi-Vernet-copie

Armistice. L’hommage de la jeunesse…

… La commémoration perturbée

Près de 1 500 élèves étaient réunis, vendredi, dans le centre-ville de Quimper, pour célébrer la fin de la Première Guerre mondiale. Une cérémonie qui a fait la part belle aux plus jeunes, désormais messagers de la mémoire.

C’était une cérémonie attendue. Initialement prévue le 9 novembre, la célébration du centenaire de l’Armistice avait dû être reportée à cause du mauvais temps. Mais, vendredi, écoliers, collégiens et lycéens, du public comme du privé, étaient bien présents place Saint-Corentin, sous un ciel chargé de lourds nuages gris. Un temps de circonstance pour rendre hommage aux Poilus, morts dans les affrontements durant la Grande Guerre.

La commémoration perturbée

Arrivé sur place vers 15 h, le défilé et l’organisation bien huilée ont pourtant été perturbés par la présence d’une vingtaine de protestataires. Ces derniers, représentant une quinzaine d’associations, syndicats et partis politiques locaux, ont accueilli les scolaires en scandant : « Non aux ventes d’armes, oui à l’accueil des réfugiés ». Ils entendaient protester contre le défilé des élèves qu’ils qualifiaient de « paramilitaire » et dénoncer « l’instrumentalisation des plus jeunes ». Évacués par les forces de l’ordre, les manifestants ont alors entonné « Le déserteur » de Boris Vian pour afficher leur antimilitarisme

À quelques mètres de là, la cérémonie se terminait par une minute d’applaudissements pour saluer les soldats morts durant le conflit.

L’hommage s’est conclu par la remise des prix du concours du soldat méconnu, remporté par l’école élémentaire Léonard-de Vinci de Saint-Evarzec. Les élèves devaient faire des recherches et réaliser un carnet de bord sur un Poilu et, ainsi, s’approprier l’histoire de la Grande Guerre.

https://www.letelegramme.fr/

Lire la suite

14 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

penser l’immigration (ballast)

migrants

Penser l’immigration

Olivier Besancenot et Danièle Obono

Qu’est-ce que vous attendez de cette rencontre ?Danièle Obono : Qu’on aille au-delà des caricatures. Qu’on pose les termes exacts du débat. Énormément de choses sont dites depuis la rentrée de septembre, mais elles ne relèvent pas d’une véritable discussion. On se fait traiter, à la France Insoumise, de « rouges-bruns » à demi-mot ; on nous prête des positions qui ne sont pas les nôtres ; on fait fi du travail qu’on fournit à l’Assemblée nationale et sur le terrain depuis plus d’un an. C’est insultant et extrême-ment violent. Il n’y a pas de « fracture » à gauche sur la question migratoire, il y a des diffé-rences, comme sur nombre d’autres sujets. Polémiquons au sens politique et positif du terme, c’est-à-dire sur des bases réelles.

Olivier Besancenot : Cette rencontre est une très bonne initiative. Auguste Blanqui disait que de la discussion peut toujours jaillir la lumière. J’attends de cet échange qu’il nous permette d’aborder les problématiques de fond qui peuvent faire désaccord entre nous. On ne peut plus se satisfaire de petites phrases savamment distillées. Assumons qu’il y a débat, et rendons-le lisible. On se respecte suffisamment pour tenter de le faire.

Un point de clarification, d’emblée, pour le lecteur. Vous parlez ici en votre nom propre ou au nom de vos organisations respectives ?

Danièle Obono : Je suis à la fois militante politique et députée de la France Insoumise. Je peux distinguer ce que je pense du mouvement, si distinction il y a, mais je parle publiquement comme responsable de la FI. J’ai d’ailleurs coordonné le livret L’Avenir en commun sur l’immigration.

Olivier Besancenot : Je ne suis pas mandaté en tant que tel pour cet entretien par le NPA, mais ce que je discute ici à titre individuel est en parfaite cohérence avec les positions défen-dues par notre parti. J’entends ce que tu dis, Danièle, mais j’ai peur de ne plus saisir les posi-tions de la FI. Je ne suis pas dans le « clash » mais on doit pouvoir se dire les choses sincère-ment. Notamment lorsque des sujets de dissension apparaissent. Et il y en a.

Quand je lis, par exemple, la députée allemande Sarah Wagenknecht, de l’organisation Aufstehen, prétendre pourfendre « la bonne conscience de gauche de l’accueil » ou Djordje Kuzmanovic, de la France Insoumise, qui suggère « d’assécher les flux migratoires », je me dis qu’une « fracture » politique voit le jour. Ferez-vous des alliances avec Aufstehen à échelle européenne ? La personne en question fera-t-elle partie de vos candidats aux élections européennes ?

Danièle Obono : Ça ne m’intéresse pas d’importer les débats allemands en France, comme ça a été fait sur ce sujet, de manière totalement biaisée et de mauvaise foi, sans même pren-dre la peine de traduire l’intégralité des positions réelles des uns et des autres. Leur situation n’est pas la même, leurs débats ne sont pas les nôtres, même si on partage bien sûr des valeurs communes.

Pas plus qu’on ne doit caricaturer les positions d’une personne, qui sont ce qu’elles sont, légitimes et discutables, mais qui ne sont pas pour autant celles du mouvement dans son ensemble. Djordje Kuzmanovic est un camarade : il n’est pas le « conseiller » de Jean-Luc Mélenchon sur les questions migratoires, comme ce dernier l’a publiquement fait savoir.

Je ne suis pas avec lui d’accord sur tout, mais il est très engagé dans le mouvement : il fait un gros travail, notamment sur les questions internationales ; je le respecte pour ça et partage avec lui l’essentiel, c’est-à-dire les idées et les propositions défendues dans notre programme « L’avenir en commun ». Je ne suis pas là pour parler de lui, pour lui, contre lui, à sa place, en sa défense, ou je ne sais quoi. Je suis là pour discuter de ce que je défends, moi, en tant que députée, de ce que notre groupe parlementaire, y compris Jean-Luc Mélenchon, qui en est le président, défend et par voie de conséquence de ce qui est la position de notre mouvement. Si on peut être clairs là-dessus dès le départ, ça permettrait de s’éviter de faux débats.

Olivier Besancenot : Jean Luc Mélenchon a déclaré qu’il n’était plus favorable à la liberté d’installation et de circulation…

Danièle Obono : Non : il a toujours été contre la liberté d’installation, en tout cas, depuis le Front de Gauche. Et il a toujours dit clairement que c’était sa position à lui. Nous fonctionnons au sein de la France Insoumise sur ce qui fait commun : comme cette question ne fait pas consensus, nous ne nous battons donc pas programmatiquement pour la liberté d’installation. Ce n’est donc pas nouveau ! Mais on est pour la liberté de circulation, on est favorables au fait de donner des papiers aux travailleurs vivant ici.

Olivier Besancenot : Mais comment peut-on être pour la liberté de circulation et contre celle de s’installer ? Si on admet le droit de pouvoir fuir son pays, et de traverser les frontières, alors il faut bien atterrir quelque part. Donc : en France, accueille-t-on ceux qui ont traversé la Méditerranée ? Quels sont alors les arguments qui s’opposent à la liberté d’installation ?

Danièle Obono : On a martelé, à commencer par Jean-Luc Mélenchon, qu’on doit accueillir les gens qui sont là. Qu’on ne doit jeter personne à la mer. Qu’on doit défendre le droit d’asile, on a même proposé de l’élargir. C’est écrit noir sur blanc. Mais la liberté d’installation, pour une partie de la FI, renvoie à l’imaginaire « no border », et la FI ne se positionne pas en faveur de l’abolition des frontières, ni de la suppression généralisée des visas.

Voilà pourquoi nous n’utilisons pas ce slogan. Mais, dans les faits, concrètement, nous donnons aux gens les moyens de vivre et de travailler. Personne ne semble avoir lu notre programme « L’avenir en commun » et le livret thématique n° 32, « Respecter les migrants, régler les causes des migrations », qui abordent tout ceci très concrètement ! Nous avons également élaboré une brochure de 40 pages, Pour une politique migratoire humaniste, solidaire, raisonnée et réaliste, qui présente nos propositions alternatives à l’infâme projet de loi macroniste sur l’asile et l’immigration, débattu et voté au printemps. À aucun moment nous n’accusons les migrants de faire baisser les salaires et les droits sociaux ; nous pointons seulement la responsabilité du patronat dans cette instrumentalisation. En quoi est-ce déshonorant ?

Olivier Besancenot : Dans un tweet, qui se faisait l’écho d’une déclaration de Jean-Luc Mélenchon, je m’étais autorisé à faire une simple piqûre de rappel marxiste : ce n’est pas l’immigration, même indirectement, qui fait pression sur les salaires, mais le Capital. L’équation que vous posez, et qui relie, même au titre de l’instrumentalisation, l’immigration à la baisse des salaires, est périlleuse. Je la rejette. Cette succession de déclarations m’inquiète : il existe des lignes rouges à ne pas dépasser.

Olivier, vous estimez qu’on ne peut pas mener ce débat « à bas bruit » car il va « reconfigurer l’avenir du mouvement ouvrier dans les prochaines années ». Pourquoi lui donner cette centralité ?

Olivier Besancenot : Nous nous orientons vers de profonds bouleversements politiques, en France comme ailleurs. Les espaces et les délimitations politiques risquent d’être durablement reconfigurés. La victoire de Bolsonaro, au Brésil, vient confirmer un tournant dans la période, marquée par une crise globale. Il y a le feu au lac.

Aux États-Unis, les élections se sont transformées en gigantesque référendum sur l’immigra-tion. L’air du temps est chargé de nuages noirs. Ce mouvement mondial prospère sur la crise sociale, écologique, économique et politique, qui s’enracine. Pour l’heure, il conduit principale-ment à l’émergence de courants populistes d’extrême droite, voire néofascistes. La question migratoire est au cœur de ce cyclone.

Quel degré d’importance lui accorder ? La traiter à la hauteur de son importance objective reviendrait-elle à faire de l’ombre à la question sociale ? Non, je continue de penser que les questions sociales et antiracistes sont complémentaires. On doit pouvoir parler fort, de manière décomplexée, sur ces deux enjeux. La stratégie gagnante des dominants est de trouver des boucs-émissaires sur le terrain de l’immigration : il nous faut penser contre notre temps. Et délimiter ensemble un espace politique clairement identifié auprès de l’opinion qui assume de dire que la liberté de circulation et d’installation sont des questions essentielles, pour aujourd’hui comme pour le projet de société qu’on imagine pour demain.

Danièle Obono : Qu’y a-t-il de nouveau dans les flux migratoires ? Une catastrophe climatique majeure va, dans l’avenir, peut-être imposer cette centralité. Mais, à la France Insoumise, nous refusons de placer la question migratoire au centre, c’est-à-dire d’épouser l’agenda des classes dominantes. On n’accepte pas les termes du débat, puisqu’ils sont biaisés. L’accueil des réfugiés politiques, économiques et climatiques, c’est une évidence, mais le traiter unique-ment par le biais de slogans comme « liberté d’installation » me paraît hors-sol.

Objectivement, la question migratoire ne fracture pas la société en deux. Elle n’oppose pas les migrants aux « vrais » Français. Pas plus qu’elle ne fracture la gauche ou le camp progressiste de manière fondamentale. L’immigration n’est pas un problème mais un des éléments politiques de notre époque : elle n’est pas centrale, fondamentale, structurelle, la centralité, c’est le partage des richesses et la crise écologique. C’est une analyse internationaliste que nous produisons. Qui, j’insiste, n’a à mes yeux rien de nouveau ni d’illégitime. C’est une probléma-tique et une ligne d’analyse qui fait par exemple partie, depuis toujours, des débats au sein du mouvement altermondialiste.

Olivier Besancenot : Affronter la réalité du monde, c’est affronter la réalité du monde capita-liste tel qu’il est, et tel qu’il développe sa propre crise. Les conflits militaires et les interventions impérialistes suscitent, par exemple, une partie des mouvements migratoires. Les libertés de circulation et d’installation ne sont pas des conceptions « hors-sol » : elles relèvent de droits vitaux liés à une urgence concrète.

Les peuples doivent être libres de vivre là où ils l’entendent, de rester ou de partir. Notre responsabilité, ici, consiste à lutter contre les politiques impérialistes menées par nos propres États et nos gouvernements guerriers. Bon nombre de migrants ne fuient pas pour le plaisir, c’est une évidence. Mais quand bien même aurions-nous réglé ces conflits, rien ne nous autorise à penser pouvoir figer les mouvements migratoires. Le principe essentiel qui subsiste reste, dès lors, le droit inaliénable, pour qui l’entend, de se déplacer, sans quoi, on s’arroge le droit de dire : « Toi, tu peux bouger, toi non. » Ce qui revient précisément à endosser la grille d’analyse de la classe dominante.

Le livret L’Avenir en commun consacré à l’immigration, et donc encadré par Danièle, pose trois points-clés. 1 : Arrêter les guerres ; 2 : Arrêter les accords commerciaux qui détruisent les économies locales ; 3 : Affronter le changement climatique. Olivier, avez-vous un désaccord sur ce triptyque ?

Olivier Besancenot : Bien sûr que non. Le débat est ailleurs. Le mouvement altermondialiste, qui a été évoqué tout à l’heure, n’a, par exemple, jamais revendiqué le fait de « lutter contre les causes » de l’immigration. Dans la confusion actuelle, celle de la percée de l’extrême droite et du racisme qui se distille partout, et tu l’as vécu dans ta chair, Danièle, on doit gagner en clarté politique. Quitte à être minoritaires, dans un premier temps. Je crois que ce mot d’ordre alimente la confusion politique.

Danièle Obono : La question que je pose, c’est celle de nos responsabilités, comme pays impérialiste dominant, pour agir dessus. En tant que puissance néolibérale, nous dévastons les économies et les agricultures des pays d’où viennent, en partie, les migrants. Nos grandes entreprises capitalistes déstabilisent les marchés africains.

Olivier Besancenot : Très bien, luttons sur ce terrain. Donc le budget de l’armée française. Mais c’est contradictoire avec la présence régulière d’une délégation de la France Insoumise au salon de l’armement du Bourget. Sans parler de votre critique de la baisse des budgets militaires ! On parle quand même de 300 milliards d’euros consacrés à loi de programmation militaire d’ici 2025. Un tiers du chiffre d’affaires de l’armement français passe par l’exportation des armes, nous plaçant au rang de troisième exportateur mondial.

Danièle Obono : C’est un autre débat.

Olivier Besancenot : C’est lié.

Danièle Obono : On peut, d’une part, critiquer les interventions impérialistes, y compris les ventes d’armes de la France, ce qu’on fait, et, d’autre part, sachant qu’on aspire à gouverner, assumer de nous intéresser à l’armée, aux objectifs et aux moyens qu’on lui donne. Car lors-que nous serons en responsabilités, nous devrons déterminer quoi faire ou ne pas faire. Les peuples doivent pouvoir disposer d’eux-mêmes, oui, mais cela signifie également, dans les conditions qui sont aujourd’hui les nôtres, d’avoir des frontières, des États, un territoire recon-nu et respecté, une protection. Autrement, c’est un slogan creux. Pourquoi les gens fuient-ils dans le pays voisin, pour passer dix ans dans des camps de réfugiés ? Car le leur, de pays, n’est pas stabilisé. Et les militants africains sont les premiers à le dire.

Olivier Besancenot : Le monde est tel qu’il est : 17 000 personnes ont crevé dans la Méditer-ranée depuis 2014 pour tenter de trouver refuge sur le sol européen. C’est donc un problème politique majeur. Je suis contre hiérarchiser les sujets de batailles politiques. La question nous est posée, donc nous devons y répondre sans bégayer, et sans feintes. Je n’ai jamais parlé d’effacer les réalités des territoires et des espaces portés par l’Histoire, dans toute leur complexité. Mais je ne crois pas aux identités assignées. Oui, ou non, ces 17 000 personnes avaient-elles le droit de trouver un lieu d’accueil ?

Danièle Obono : Là, on est d’accord, bien sûr ! On n’a jamais dit le contraire : c’est précisément ce qu’on défend depuis la campagne !

Olivier Besancenot : Mais que dit Jean-Luc Mélenchon ? Il faut accueillir, oui, mais se donner les moyens d’empêcher les gens de partir. Je ne suis pas d’accord. Qui l’autorise à penser ainsi le monde ? Imagine-t-il, lui, à contrario, qu’on puisse lui expliquer dans quel coin du monde il a le droit ou non de se rendre ? Le Nord qui contrôle les mouvements du Sud, c’est l’antienne de la pensée coloniale.

Qu’a dit Frantz Fanon à ce sujet ? L’Occident est une pure fabrication du tiers monde. Des décennies de pillage, d’esclavage et de colonialisme. Les richesses dont nous jouissons, si peu, ici, ont été extirpées là-bas. Nous, « Occidentaux », nous devrions nous protéger ? De qui, de quoi ? Tout en conservant, pour nous, le droit de circuler aux quatre coins du monde ; tout en restant persuadés que nos « ressortissants », eux, gardent la possibilité de s’installer partout. C’est toujours à sens unique. Je ne fais pas l’éloge de l’errance ou du nomadisme, pas plus que je ne fais celle de la sédentarisation.

Olivier, votre position implique-t-elle de remettre en cause les États-nations et les frontières que nous connaissons aujourd’hui ?

Olivier Besancenot : Frontière ou pas, les migrations ont lieu, à part peut-être en RDA, autrefois, mais ce n’est pas un modèle de société. Le démographe François Héran répond, lorsqu’on lui demande s’il est pour ou contre les migrations, que ça n’a pas plus de sens que d’être pour ou contre le vieillissement. D’un point de vue politique, des gens crèvent aujour-d’hui, donc, oui, je suis pour l’ouverture des frontières. Voilà comment la question se pose.

Plus généralement, l’État est quant à lui une structure de domination que je suis pour dépas-ser, en lui substituant un nouveau type de démocratie : l’expérience kurde doit nous interpeller. Durant des décennies, l’autodétermination du peuple kurde se traduisait essentiellement autour du mot d’ordre : un État avec des frontières. Depuis quelques années, le courant politi-que qui se construit autour du PKK formule ses revendications différemment : une solution fédérale pour l’ensemble des peuples de la région.

Danièle Obono : La majorité des peuples demande des États qui ne soient pas explosés. Les peuples aspirent à un territoire protégé.

Olivier Besancenot : Parce que l’État-nation constituerait une zone de protection ? En quoi est-il garant de stabilité ? J’opte volontiers pour la souveraineté populaire. Mais, personne ne peut pré-établir les espaces de cette souveraineté, encore moins vu d’en haut, et du Nord. L’échelle de cet espace peut être nationale, mais aussi régionale, locale, continentale ou internationale.

Frédéric Lordon a raison, sur ce point, de pointer un angle mort de notre pensée politique : nous sommes dans une séquence de régression politique collective liée aux expériences politi-ques du 20è siècle ; avant, le sujet de l’émancipation politique, la classe ouvrière, le prolétariat, se vivait plus volontiers par-delà les frontières du fait de son sentiment assumé d’appartenance de classe. Ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui. Nous sommes en effet en quête d’espaces de souveraineté « stables ». Car la politique a horreur du vide. Mais pour les confiner aux frontières ? Il n’y a pas plus instable, historiquement, que l’État-nation ! Rien n’est plus chao-tique que sa construction même. Les États-nations, dans le jeu d’opposition qu’ils suscitent, sont à l’origine des plus grands conflits planétaires et des guerres les plus sanguinaires.

Danièle Obono : Vouloir penser les causes des départs forcés, ce n’est pas assigner les peuples à résidence nationale mais leur permettre d’avoir un choix, un choix véritable, qui ne soit pas entre crever et crever un peu moins. Nous appelons à un Office mondial des migra-tions au niveau de l’ONU, où 197 États sont reconnus : nous n’avons pas à décider entre Euro-péens. D’autant que les flux migratoires ne concernent pas majoritairement les pays occiden-taux, mais bien ceux du Sud. Ce que défend la France Insoumise ne caresse pas l’air du temps dans le sens du poil. Au contraire. Nous sortons de nous-mêmes et pensons la migration à échelle planétaire.

« Je suis internationaliste. Pas mondialiste. Je crois au bon usage des frontières », écrivait cette année Jean-Luc Mélenchon. Que signifie pour vous cette opposition entre « internationalisme » et « mondialisme » ?

Olivier Besancenot : Je ne suis pas mondialiste, mais c’est là le vocable de l’extrême droite, en général… Je suis un internationaliste conséquent. C’est devenu une vanne, dans la gauche radicale, d’affirmer qu’on est favorable au brassage, au mélange. Je ne suis pas béni-oui-oui, je ne suis pas sponsorisé par Erasmus, je rappelle seulement nos fondamentaux politiques. Je crois à la reconnaissance des spécificités, mais dans leur relation à l’universel. Avec ce point d’équilibre, toujours. Je préfère les identités-rhizomes, dont parlait Glissant, aux identités closes. Je veux croire que nous naissons de plusieurs racines.

Danièle, je te propose que nous menions une campagne commune sur le thème « L’immigra-tion n’est pas un problème », tel que tu l’as énoncé tout à l’heure. Que toutes les forces le disent ensemble et donnent un maximum de visibilité à cette ligne face au public. Ne laissons pas planer de mauvais doutes. Car n’importe quelle personne assise dans son canapé, qui entend dire à la télévision, dans nos bouches, qu’il faut d’abord traiter « les causes » de l’immigration se dit machinalement que l’immigration est donc bel et bien un problème.

Danièle Obono : De quoi parle-t-on ici ? Pas de celles et ceux qui font le choix, par désir de voir du pays ou par choix de vie, d’aller vivre ailleurs, ayant à leur disposition les moyens pour faire et obtenir des visas, des titres de séjour… Tant mieux pour elles et eux ! Aujourd’hui, quand on aborde le sujet des migrations, extrême droite mise à part, qui est contre toutes les migrations, y compris légales, on parle bien des migrations « forcées », que ce soit par contrainte politique, économique, écologique…

On parle de gens qui n’ont en vérité pas le choix de rester ou de partir, et pour qui l’émigration est, dès le départ, un déchirement, une souffrance. Sans parler de toutes celles qu’elles et ils vont connaitre ensuite sur les chemins de l’exil… C’est à ces causes-là, les causes du malheur et du désespoir, que nous disons qu’il faut s’attaquer. En France, les migrants ne sont pas un problème, ils ne créent pas des inégalités, ils ne volent le pain de la bouche de personne, mais on ne peut pas occulter l’autre versant.

Dire uniquement que « l’immigration n’est pas un problème », c’est effacer la violence des départs. Le « Manifeste » [de Mediapart, Regards et Politis] se contente de dire que c’est comme ça, qu’on ne peut rien y faire. Je ne vois pas en quoi c’est contradictoire. Faisons donc une campagne qui aille au-delà : n’acceptons pas cet état de fait, n’acceptons pas que des gens risquent leur vie, ou la perdent, pour finir dans ces conditions porte de la Chapelle [à Paris].

Une enquête de l’Ifop, parue fin 2017, avance que 64 % des Français trouvent que le rythme de l’immigration est « trop élevé » et qu’une majorité se montre favorable à la fin du regroupement familial et à l’abolition de l’espace Schengen. La même année, Le Monde publiait une autre étude : « 77 % des ouvriers jugent qu’il y a trop d’étrangers en France. » Comment, en tant que révolutionnaires, donc en tant que porteurs de l’émancipation populaire, appréhender ce sentiment visiblement dominant au sein du peuple ?

Olivier Besancenot : Les idées ne sont jamais figées : c’est une bataille. À cet égard, la pensée d’Antonio Gramsci est souvent dénaturée : l’idée de l’hégémonie ne signifiait pas, pour lui, s’adapter au cours des choses, à ce qui est en vogue dans l’opinion. Il s’agissait de créer des espaces politiques, sociaux et culturels, clairement balisés, de les faire vivre, de les fortifier dans l’optique de rendre un certain nombre d’idées majoritaires dans la société. Afin de démontrer, ici et maintenant, au sein de cette société que nos positions sont viables. Il ne renonçait pas à la confrontation avec la pensée dominante pour autant.

Il n’est donc pas question de moduler son discours politique au sens commun du moment ?

Olivier Besancenot : Toutes les luttes d’émancipation ont été minoritaires dans un premier temps ! Le combat pour le droit des femmes, qui sont pourtant plus nombreuses que les hommes, a, lui-même, été minoritaire durant des décennies et des décennies. Je ne défends pas une politique qui nous minorise ; j’assume seulement la nécessité de résister à l’air du temps.

Quitte à perdre les élections ?

Olivier Besancenot : Quitte à perdre des voix, s’il le faut. Je l’ai entendu 10 000 fois : des gens me tapent sur l’épaule pour m’encourager et me féliciter pour ce que je dis sur les riches et les profits, tout en ajoutant qu’ils ne me suivent pas sur l’immigration. Mais il est important qu’ils continuent de savoir qu’avec nous, c’est un paquet cadeau. Il s’agit de créer un certain nombre de digues dans la société, de positions inébranlables.

Danièle, un « cadre » de la FI avait dit au Figaro que si votre mouvement assume pour mot d’ordre celui de l’ouverture des frontières, vous seriez « morts politiquement ». Il y a donc bien une réflexion stratégique.

Danièle Obono : Je ne sais pas de quel « cadre » il s’agit, qui aurait dit quoi exactement et je ne suis pas d’accord pour discuter sur la base des « on dit » médiatiques. Et, je le redis, la position d’une personne ne résume pas celle du mouvement. Notre position est celle de l’accueil et du sauvetage des migrants, mais, oui, pas celle de « l’ouverture des frontières ». Parce que ça ne veut rien dire, ou tout et n’importe quoi en même temps ! Et que nous croyons au bon usage des frontières.

On veut être majoritaires, oui, mais en convaincant les gens sur nos idées. Et pour ça, on cherche des moyens, des slogans, des revendications qui soient audibles, compréhensibles, qui permettent d’accrocher et de convaincre le plus grand nombre. Pourquoi est-ce que nous défendons la régularisation des travailleurs sans-papiers, en insistant sur la dimension de « travailleurs » ? Car ça dédramatise et ça parle aux gens qui peuvent comprendre et s’iden-tifier plus facilement aux sans-papiers qui bossent, comme n’importe qui, et qui devraient donc avoir des droits et des protections.

Les gens, au quotidien, comprennent et sont d’accord avec l’idée qu’on ne peut pas séparer les familles. Donc quand on demande la régularisation des parents d’enfants qui sont scolarisés, là aussi, ça leur parle. On a sans doute un désaccord tactique avec le NPA : avoir des mots d’ordre concrets aide à gagner des batailles. On doit créer des brèches. On ne dit pas qu’on va régulariser « tout le monde » comme ça, on ne défend pas l’« ouverture des frontières » parce que oui, ça braque, c’est contre-productif, ça renvoie encore une fois aux idéologies « no border »….

Bernie Sanders affirme que l’ouverture des frontières est une « proposition de droite ». Que la suppression des frontières nationales favorise la venue d’une main d’œuvre à bas coût et qu’elle fragilise, dès lors, les chômeurs afro-américains, blancs et hispaniques. Que répondre à ça ?

Olivier Besancenot : Que je ne suis pas d’accord. Cela ne correspond pas, en outre, à la réalité des mouvements migratoires. Il n’y a pas de règle mathématique ni de corrélation mécanique entre immigration et mise en péril des droits sociaux pour les résidents. Lorsqu’en France, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, durant les Trente Glorieuses, les classes dominantes ont été chercher, de force, des travailleurs étrangers pour effectuer des travaux que pas grand monde ne souhaitait faire, il n’y a pas eu pour autant de « pression salariale » particulière pour les autres travailleurs. C’est un argument dangereux et fallacieux, mais il est vrai qu’il n’est pas nouveau dans le mouvement ouvrier…

Paul Lafargue, du Parti Ouvrier, par exemple.

Olivier Besancenot : Oui ! Et c’est inassumable aujourd’hui. Certains opposent également à ma position des citations de Jaurès. Mais Jaurès n’a pas dit que ça, et a évolué sur la ques-tion ; à la fin de sa vie, il découvrait, par son humanisme, la réalité coloniale. On ne peut pas enjamber le siècle d’expériences politiques qui nous sépare de cette période. On ne peut pas faire fi de la Révolution russe, oublier le congrès de Bakou de 1920? qui a donné, pour la première fois, la parole aux peuples colonisés et rayer d’un trait de plume les luttes de libération nationale qui ont suivi.

Tout un tas de figures historiques du mouvement ouvrier, auxquelles nous nous référons pourtant, ont tenu des propos sur la question coloniale qu’on ne peut plus reprendre à notre compte, à commencer par Marx et Engels. Dans un autre registre, des pans entiers du syndi-calisme, y compris anarchistes ou syndicalistes révolutionnaires, affirmaient à la fin du 19è siècle que l’arrivée des femmes sur le marché du travail allait faire pression sur les salaires des hommes et mettre les travailleurs en concurrence entre eux. Qui, aujourd’hui, aurait à l’idée de proposer « d’assécher » le travail des femmes ?

Danièle Obono : Mais c’est un argument que le patronat utilise. « Si tu n’es pas content, on te remplacera. » C’est certainement un autre de nos désaccords. La classe dominante instrumen-talise les migrations, comme elle le fait aujourd’hui avec le chômage ou l’emploi des femmes. Les femmes ont davantage de temps partiels et de temps précaires. Systémiquement, le différentiel est de – 20 à – 25 %.

Le système capitaliste et patriarcal développe objectivement une stratégie d’opposition, il joue sur les uns et les autres, il surexploite, discrimine et met en concurrence sur le « marché du travail » les uns, les unes et les autres : actifs contre chômeuses et chômeurs, femmes contre hommes, blancs contre racisés, nationaux contre immigrés…. Pointer du doigt la responsabilité des capitalistes est légitime, et ça n’ouvre aucune boîte de Pandore nationaliste.

Olivier Besancenot : Eh bien nivelons par le haut ! Je n’entends pas le patronat avancer aujourd’hui l’argument que tu énonces. Le patronat pense d’abord en termes de gains de productivité, et y répond, le cas échéant, en délocalisant à l’étranger. Le patronat met désor-mais les travailleurs en concurrence à l’échelle de la planète ; il n’a pas eu besoin de l’immi-gration pour amputer le monde du travail, ces dernières années, de 10 % du PIB chaque année, au profit du Capital.

Danièle Obono : Dans le secteur du bâtiment, ils ne délocalisent pas : ils emploient des travailleurs arrivés récemment, parfois sans papiers.

Olivier Besancenot : Oui, des « délocalisations » sur place, en quelque sorte. Réglons le problème en posant ensemble la question du partage des richesses. Et on y arrivera. Mais quand tu additionnes « lutter contre les causes de l’immigration », « créer les conditions pour que les gens ne partent pas », et poser une équation, même instrumentalisée, entre migrants et baisse des salaires, avoue que ça donne à réfléchir !

Tout ceci amplifie ce que j’appelle « l’effet tunnel » du grand public vis-à-vis de l’immigration. Lorsqu’un individu se retrouve en situation de tension parce qu’il se sent agressé par un autre individu, il est prouvé que son champ de vision réduit de moitié ou des deux tiers. Il se focalise sur ce qu’il pense être un danger : la société est frappée par cet « effet tunnel », et une partie de la gauche radicale n’est pas loin d’y succomber à son tour. Incarnons tous ensemble le camp de ceux qui n’ont pas peur. Et cessons de mettre des notes de bas de page dans nos déclarations pour être compris.

En 2016, le cinéaste Ken Loach, soutien historique du NPA, déclarait que la gauche n’entend pas qu’il est « très troublant et déstabilisant » pour les gens de voir leur environnement « changer de façon drastique en l’espace même de dix ans ». Est-ce là une pente glissante ?

Olivier Besancenot : Parlons des questions identitaires s’il le faut. Discutons-les au sein de la gauche radicale. Moi-même je suis un Parisien, un con de Parisien !  Avec les contradictions footballistiques qui vont avec. Je peux être vraiment très parisien devant un match. Imaginons des espaces démocratiques à même de définir ou redéfinir des identités singulières et communes, ça ne me choque absolument pas : il n’y a pas de tabous.

La démocratie qui implique la majorité au titre d’acteurs politiques et non de sujets est le seul cadre qui puisse permettre de dénouer les crispations. Le populisme de gauche, tel qu’il est défini par Mouffe et d’autres, postule d’entrée que les questions de société, migration incluse, divisent le peuple à unifier autour de quelques questions sociales dédiées. Il y a eu des débats récurrents à ce sujet au sein de Podemos.

Il ne faut pas perdre de vue que les sujets majeurs de préoccupation, au sein de la population, c’est le prix de l’essence, le logement, le salaire. On doit donc construire des blocs sociaux et politiques, où les questions sociales et de société s’articulent dans leur complémentarité. Bien sûr que s’appuyer sur des revendications partielles peut faire avancer la cause. Quand la CGT et SUD appuyaient les mouvements de grève des travailleurs sans-papiers, nous les avons soutenus sans failles, mais nous poussions aussi, quitte à se dire quelques vérités, à ce que la convergence se noue avec les collectifs de sans-papiers qui n’avaient pas nécessairement d’emplois.

Danièle Obono : La question migratoire est sociale. Quel est le prêt-à-penser sur le sujet ? Qu’on n’a pas assez pour nous-mêmes, donc qu’on ne peut plus accueillir personne. C’est faux. On est la 6e puissance mondiale : on peut donner des droits. Jean-Luc [Mélenchon] ne le dirait pas avec ce mot, mais on assume d’être une société multiculturelle. On peut être afro-français — mieux, on est. Le débat culturel et identitaire est normal dans un monde qui se déconstruit. Reste à savoir ce qu’on reconstruit ensemble. Qu’est-ce qui fait commun ? Comment fait-on société ? La Constituante, proposée par la FI, est une réponse à ça.

Olivier Besancenot : Dans mon bureau de poste, il y a trois guichets. On est en sous-effectifs, donc on a généralement un guichet qui n’est pas ouvert. Avec la file d’attente que ça induit. Au bout d’un moment, un type finit forcément par péter un plomb et s’adresse générale-ment vertement au guichetier en lui demandant d’accélérer. Heureusement, tu as aussi celui ou celle qui a tout compris et dit : « Je ne comprends pas, il y a trois guichets, pourquoi il manque un guichetier ? »

Remettre au centre la question du partage des richesses revient à ça. En France, on a la possibilité d’avoir trois guichets et trois guichetiers. C’est pareil sur la question de l’immigration. Que disent le plus souvent ces 64 % de Français mécontents, en tout cas tous ceux que je croise ? Ils parlent du logement, bien avant l’emploi. Des toits qui manquent, des listes d’atten-te pour les logements sociaux, qu’ils mettent en opposition avec l’accueil des migrants.

Eh bien, rappelons les fondamentaux : on a 1,8 millions de personnes en attente d’un logement social et 2,6 millions de logements laissés vacants. Donc, Danièle, disons ensemble « L’immi-gration n’est pas un problème » et rajoutons ce que tu veux derrière, si ça permet qu’on avan-ce de manière unitaire. Il faut seulement que le plus grand nombre comprenne qu’il existe un camp décomplexé qui n’a pas envie de s’excuser pour dire qu’il est clairement antiraciste. Donnons-nous les moyens de créer un bloc pour leur dire : « Vous nous faites chier, à la télé, de nous poser toujours les mêmes questions en boucle. »

Danièle Obono : La question migratoire est un élément de la guerre sociale et économique. Ne la dissocions pas du reste. Parlons de « droits égaux » et tirons ce fil.

Pourquoi cette rencontre ? Parce que trois tweets. Le premier, signé Jean-Luc Mélenchon : « Nous disons : honte à ceux qui organisent l’immigration par les traités de libre-échange et qui l’utilisent ensuite pour faire pression sur les salaires et les acquis sociaux1 ! » Le second, quatre jours plus tard, en réponse au précédent et signé Olivier Besancenot : « Ce ne sont pas les immigrés qui font pression sur les salaires, mais le taux de profit que les capitalistes extirpent du travail des salariés, français ou immigrés, en France comme dans le monde entier. » Le troisième, enfin, signé Danièle Obono et invitant vivement Besancenot à relire le livre I du Capital de Marx et à s’unir contre Macron. Puisqu’il n’est d’échange que de vive voix et de débat qu’au prix du refus du « pour ou contre », nous avons convié l’ancien candidat NPA à la présidentielle, postier et auteur de 10 ouvrages, ainsi que la députée France Insoumise, ancienne bibliothécaire et préfacière d’un recueil de Trotsky, à s’entretenir — loin des réductions médiatiques — sur la question migratoire. Comment penser l’immigration à l’heure de la poussée nationaliste aux quatre coins du globe ?

Ballast 14 Novembre 2018

https://www.revue-ballast.fr/

Lire la suite

13 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

jeunes (via campesina)

La-Via-Campesina

La Déclaration pour les droits des paysans

Un instrument indispensable pour donner un avenir aux jeunes ruraux d’Afrique

Aujourd’hui le problème de la jeunesse en milieu rural est un problème extrêmement crucial et dangereux qui est en train de compromettre la stabilité même de notre région. De l’Afrique de l’Ouest jusqu’au Soudan , tous les pays sont en guerre ou dans une situation de conflit ouvert ou larvé.

On se rend compte que ce sont des enfants de paysans, ce sont des ruraux qui constituent la majeure partie des gens qui prennent les armes aujourd’hui parce que tout simplement, les politiques qui ont été mises en œuvre depuis les indépendances n’ont pas créé d’opportunités réelles pour que le secteur agricole se développe.

Toutes les ressources sont restées concentrées dans les villes ce qui fait que le secteur agri-cole reste dans une situation ou il n’y a pas d’infrastructures, il n’y a pas d’accompagnement dans la formation, il n’y a pas d’accompagnement dans la production, dans l’accès au marché et il n’y a pas de revenus décents pour le secteur agricole, ce qui fait que les jeunes ruraux ne croient plus en l’agriculture, parce que l’agriculture est le symbole même de la pauvreté, puis-qu’ils ont vu leurs parents dans les problèmes depuis qu’ils sont nés, et on leur demande de continuer ça , ils n’en veulent pas.

Aujourd’hui c’est que la donne a changé, ils commencent à être recrutés par des groupes extrémistes qui ont envahi l’Afrique un peu partout, et la situation devient incontrôlable et très dangereuse. Parce que personne, vous savez, n’aime être déconsidéré, tout le monde aime être valorisé, et quelqu’un qui a une arme, c’est mieux que quelqu’un qui s’assoie pour mourir de faim.

La déclaration des droits des paysans est un instrument qui rassemble , qui cristallise sur la question des droits tous les problèmes que vivent les ruraux.

On ne peut plus régler ces problèmes là qu’en les mettant sur l’angle des droits. Parce que les êtres humains ont des droits humains, il y a la déclaration universelle , plein de déclarations, de conventions mais qui sont éparpillées très mal connues et inutilisables par des paysans. Il faut un instrument qui soit accessible pour les paysans , et qui soit utilisable par les organisa-tions qui représentent les paysans pour négocier avec les gouvernement les bonnes politi-ques.

Donc cette déclaration est un instrument qui va permettre de créer une base de dialogue avec les gouvernements pour les convaincre que maintenant, le monde entier regarde que la solution à la paix a la stabilité du monde passe par des paysans qui vivent dignement , et qui ont des perspectives d’avenir du boulot du travail et qui veulent rester dans leur pays et contribuer à l’essor de leur propre pays.

Les gouvernements européens font une grave erreur en ne soutenant pas cette déclaration.

D’abord ils sont responsables en grande partie de ces politiques agricoles internationales qu’ils imposent aux pays du Sud, qui n’apportent rien et au contraire rendent dangereux le monde.
Ils ont une occasion unique avec la déclaration des droits des paysans de changer leur façon de voir.

En menant cette question sur l’angle des droits, ça peut accélérer la mise en œuvre de politi-ques favorables au secteur agricole et surtout pour les petits paysans et ces jeunes révoltés aujourd’hui, ces jeunes qui rejoignent les groupes armés soi-disant religieux qui déstabilisent, qui tuent et se font tuer tous les jours, ces jeunes qui partent et dont l’Europe ne veut pas , qui sont récoltés par l’Aquarius et d’autres bateaux dans la méditerranée, si on veut arrêter tout ça ,la seule solution c’est l’agriculture. Il n’y a pas un autre secteur qui peut créer du travail en Afrique .

L’Europe devrait comprendre qu’elle gagnerait mieux à laisser l’Afrique se nourrir

développer son auto-suffisance alimentaire, on ne parle pas d’autarcie , mais l’Afrique pourrait produire la majeure partie de ce qu’elle mange, et que la richesse circule en Afrique et ne soit pas envoyée systématiquement ailleurs pour payer la facture alimentaire. Un continent dont la richesse part toujours ne peut pas régler ses problèmes, et c’est ça qui se passe aujourd’hui parce que toutes les ressources partent de nos pays .

Ce n’est pas comme ça que les jeunes vont rester, il faut leur laisser des perspectives , alors que les productions qui sont importées et qui sont la plupart du temps subventionnées que ce soit de façon ouverte ou cachée viennent tuer la compétitivité.

Il y a le cas du lait en poudre ; tout le monde sait que c’est largement subventionné même s’il n’y a pas de subvention à l’export, mais aujourd’hui, on ne peut pas faire une filière laitière viable en Afrique en face de ça. Il y a eu le scandale des découpes de volaille qui venait d’Eu-rope, tout ça il faut arrêter. L’Afrique peut produire ses volailles de très bonne qualité, les poulets bicyclettes, il y a plein d’autres choses que l’Afrique peut faire .

Toutes les conditions sont là pour produire des fruits des légumes des céréales, de la viande de toute sorte, mais encore faudrait-il qu’il y ait des bonnes politiques et qu’il y ait des finan-cements pour ça, mais c’est ça qui n’existe pas. Il faudrait qu’on donne de la sécurité foncière aux exploitations familiales, qu’on fasse une reforme agraire, qu’on donne aux jeunes les moyens d’avoir de la terre pour s’installer , faire des activités qui leur rapporte des revenus et qu’on les accompagne par la formation, par les chaînes de valeurs, et l’accès au marché. Parce que les consommateurs sont là, ils attendent, ils ont besoin de ces produits là.

Les jeunes n’ont pas besoin de sommes importantes pour créer leur travail.

Nous avons fait des expériences pilotes, avec moins de 1 000 euros on installe un jeune avec un petit élevage de volaille ou du maraîchage avec une petite motopompe, le jeune arrive à faire des légumes qu’il vend sur le marché local et à avoir un revenu.

L’agroécologie est vraiment une des solutions les plus fonctionnelle

car c’est une agriculture qui met l’accent sur l’autonomie des paysans, sur sa capacité à gérer ses propres intrants, sa capacité à faire sa production avec les moyens dont il dispose , et aussi bien sûr à produire une alimentation qui est plus saine plus nutritive et diversifiée.

Les efforts sont faits par nous, mouvements paysans pour développer la transition agro-écologique des exploitations agricoles familiales , nous avons une position du Roppa là dessus, et nous travaillons avec les politiques au niveau régional, au niveau de la CDAO

Notamment pour qu’ils comprennent qu’il y a une urgence à faire la transition agroécologique, non seulement pour diminuer la facture des intrants qui est insupportable pour nos pays mais plus encore pour donner des produits sains qui vont permettre la santé des sols, la santé de l’eau la santé des humains dans nos régions, et ça c’est extrêmement important aujourd’hui pour avancer.

Entretien avec Ibrahima Coulibali, Président de la Coordination Nationale des Organisations paysannes du Mali, membre de LVC, et vice-président du ROPPA  (propos recueillis à Rome par Geneviève Savigny – Confédération paysanne, le 11 octobre 2018)

13 novembre 2018

https://viacampesina.org/

Lire la suite

12 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

ghost hunting (studios brest)

Le réalisateur palestinien Raed Andoni a organisé un casting de comédiens et de professionnels du bâtiment.

Tous, comme lui, sont passés par La Moskobiya, le principal centre d’interrogatoire israélien. Ensemble, ils reconstituent ce lieu de détention dans lequel les anciens prisonniers vont (re)jouer les interrogatoires et la séquestration. Cette entreprise de re-enactment va conduire les uns et les autres à jouer tantôt les bourreaux, tantôt les victimes dans une démarche cathartique à la fois troublante et émouvante.

AfficheGH

Dans le cadre du Festival des solidarités, le vendredi 23 novembre à 20 h au cinéma Les Studios : projection du film Ghost hunting (la chasse aux fantômes), de Raed Antoni, suivie d’un débat.

Au fur et à mesure que les parois des cellules s’élèvent et que la reconstitution s’élabore, les langues se délient et les émotions se relâchent.

Lire la suite

11 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

primelin (npa)

primelin

Rassemblement pacifiste, antimilitariste et internationaliste à Primelin.
.
Le soleil brillait ce Dimanche 11 Novembre sur la petite commune de Primelin en Finistère, prés de Plogoff, haut lieu du refus nucléaire. Il brillait aussi sur le regroupement pacifiste, antimilitariste  et internationaliste contre la guerre, les guerres et le militarisme.
.
Devant un monument en hommage à tous les morts de toutes les guerres et non à une quelconque victoire, plusieurs dizaines de personnes se sont retrouvées avec la libre pensée 29, le Mouvement de la Paix, l »Université Européenne pour la Paix, la LDH, les anciens combattants d’Algérie contre la guerre, la CNT mais aussi le POID , le NPA et d’autres..
.
Si plusieurs interventions ont dénoncé la boucherie impérialiste de 14/18 et exigé la réha-bilitation « des fusillés pour l’exemple », il fut aussi évoqué la militarisation actuelle et le marché des armes dont la France est un des leader comme  les retrouvailles à Paris de tous les grands guerriers de ce,monde, Trump en tête.
.
Ce fut aussi l’occasion de refuser les tentatives d’embrigadement de la jeunesse par l’armée qui, avec l’assentiment de l’éducation nationale est entrée dans les établissements scolaires de Quimper pour organiser un défilé commémoratif.
.
Enfin ce rassemblement fut ponctué par la chanson de Craonne puis celle de la Butte Rouge avant que nous entonnions le 5ème couplet antimilitariste de l’Internationale, trop souvent occulté. »
.
Correspondant NPA

Lire la suite

11 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

armistice dossier (internationalism npa)

 tardi

11 novembre 1918: « Jamais plus de guerre »?

Un armistice pour sauver le capitalisme et préparer de nouvelles guerres

1. L’armistice : une pause pour préparer de nouvelles guerres

En novembre 1918, l’Europe était plongée dans un énorme chaos et des millions de personnes avaient été chassées de leurs maisons et de leurs régions et étaient à la recherche d’un endroit où poursuivre et reconstruire leur vie. Ainsi, un million de Belges s’étaient réfugiés en Hollande, et plus de 100.000 devaient toujours rentrer après l’armistice ; 300.000 réfugiés belges résidaient en France et devaient rentrer en 1918.

De plus, il y avait les centaines de milliers de militaires blessés, mutilés, invalides qui parcou-raient les régions d’Europe à la recherche de leur ville ou village. A cause du chaos de la guerre mondiale, des migrations massives qui l’accompagnaient et de l’épuisement des popu-lations, la grippe espagnole a pu faire de terribles ravages et causer en fin de compte plus de morts que la guerre mondiale elle-même.

Les idéologues bourgeois s’accordent sur le fait que les conditions, imposées par les alliés à l’Allemagne par le Traité de Versailles, ont posé les germes d’une nouvelle guerre vingt ans plus tard.

Le « traité de paix » a suscité le développement de sentiments de vengeance et de rétorsion qui se sont répandus dans de larges couches de la population allemande dans le courant des années 1920. Le commentaire du quotidien du SDAP (social-démocrate) en Hollande en 1919 en donne un avant-goût : « Cette paix pour tous est vue comme une amère désillusion, une déception ressentie comme une catastrophe. (…) Le traité de paix fixe le statut d’une Europe en décadence, de son recul à un niveau inférieur de civilisation. Le plus grand peuple du conti-nent est enchaîné et condamné aux travaux forcés (…) à l’humiliation et à l’amertume. La ran-cœur ici, la suffisance, la soif de puissance, la témérité là-bas, sont les nouveaux « traits de civilisation » générés par le traité de paix » (Het Volk, 21.06.1919).

Les bourgeoisies de divers pays étaient pleinement conscientes que cette paix était condam-née à l’échec. Il n’y avait pas seulement la politique envers l’Allemagne qui exacerbait les ran-cœurs, mais aussi, « la création de nouveaux états comme la Pologne, l’Autriche, la Hongrie et la Yougoslavie a mené à des conflits incessants à propos des nouvelles frontières de ces pays. Cela concernait en particulier la Hongrie qui perdait les deux tiers des territoires qu’elle occu-pait avant la guerre, (…). Bref, la paix était un échec » (Jay Winter, interview dans Le Monde, 12.11.2014).

L’armistice du 11 novembre 1918 était au fond une paix qui mettait fin à toute forme de paix !

La première guerre mondiale marquait l’entrée du capitalisme en décadence et la période qui s’ouvre alors menait à un état quasi permanent de guerre. Quelques exemples des deux décennies suivantes le démontrent.

Après la fin de la première guerre mondiale, la Grèce se voit attribuée une zone d’occupation en Turquie. Pendant l’été de 1920, les Grecs veulent étendre leur zone d’occupation. Ils se heurtent alors à une résistance exacerbée des Turcs. Ceci est le début de la guerre gréco-turque qui a duré jusqu’en 1922. Cette guerre a mené à des atrocités des deux côtés, comme par exemple le massacre de dizaines de milliers de Grecs et d’Arméniens par les Turcs.

En 1920, les tribus du Riff au Nord du Maroc s’unissent et déclenchent une guerre contre la domination espagnole. Lors de l’été de 1921, environ 19.000 soldats espagnols périssent. Cette guerre contre l’Espagne, plus tard épaulée par la France, durera jusqu’en 1926. Les Espagnols et les Français utiliseront pendant cette guerre des gaz asphyxiants, causant des milliers de morts.

En 1929, les Chinois occupent le chemin de fer de Mandchourie. Cela a mené à un conflit ouvert avec l’Union Soviétique. Lorsque les troupes soviétiques franchissent la frontière chinoise le 15 novembre, cela débouche sur des combats féroces, causant du côté chinois plus de 2.000 morts et 10.000 blessés.

L’incident de Mandchourie en 1931, un attentat à la bombe visant une voie ferrée, est exploité par le Japon pour déclencher la guerre et occuper la province chinoise. En 1937, la guerre est étendue par l’attaque de tout le sub-continent chinois, dont la plus grande partie est aussi occupée par le Japon. Pendant cette guerre, des centaines de milliers de Chinois seront tués, pour l’essentiel des civils et les troupes japonaises se rendront coupables de nombreux massacres.

Le 3 octobre 1935, l’Italie déclenche une guerre contre l’Ethiopie. Après 7 mois d’intenses com-bats, elle réussit à conquérir le pays. Dans leurs attaques contre la population civile, les Ita-liens ont utilisé à grande échelle le gaz moutarde. En plus des 25.000 militaires tués dans les combats, le conflit a coûté la vie à 250.000 civils.

En 1936, un certain nombre de généraux commencent une guerre contre la république espa-gnole, avec le soutien de l’Italie, l’Allemagne et le Portugal. De son côté, la république est soutenue par l’Union soviétique et le Mexique. Cette guerre, qui durera trois ans et qui se terminera par la victoire des généraux, se solde au total par plus d‘un demi-million de morts.

Le 12 mars 1938, les Allemands rentrent en Autriche et le 15 mars 1939, ils occupent la Tché-quie, tandis que des troupes hongroises occupent la Slovaquie. Ces conquêtes militaires constituaient les premières actions guerrières qui déboucheront sur l’éclatement de la seconde guerre mondiale.

L’armistice du 11 novembre 1918 n’a donc nullement ouvert une période de paix mais a conduit à une succession ininterrompue de conflits qui ont finalement débouché sur la seconde guerre mondiale.

2. L’armistice : une attaque contre la révolution prolétarienne en réaction à la guerre

L’armistice a permis à la bourgeoisie de déclarer la guerre au prolétariat:

(a) En divisant les ouvriers entre ceux des pays “vainqueurs” et ceux des pays “vaincus” et

(b) En retournant les armes contre la révolution.

En Russie, la contre-révolution s’était développée avec force. En Allemagne aussi, la bour-geoisie était prête à déclencher sa terreur contre-révolutionnaire. Nourrie d’une haine farouche contre la classe ouvrière, elle se préparait à écraser par la force et à exterminer les foyers de la révolution communiste.

Tardi-Vernet-copie

a) Diviser la classe ouvrière

La bourgeoisie était consciente du danger : « Toute l’Europe est pétrie de l’esprit de la révolu-tion. Il n’y a pas seulement un sentiment profond de mécontentement, mais également de colè-re et de révolte parmi les travailleurs (…). L’ensemble de l’ordre existant, aussi bien dans ses aspects politiques, sociaux et économiques est remis en question par les masses populaires d’un bout de l’Europe à l’autre » (Lloyd George, premier ministre britannique dans un mémo-randum secret adressé au premier ministre français Georges Clemenceau, mars 1919).

De par la signature de l’armistice, la classe ouvrière en Europe était divisée en deux parties 

D’un côté les ouvriers qui se trouvaient dans le camp des états-nations vaincus et de l’autre côté ceux qui vivaient dans les états capitalistes vainqueurs et qui étaient submergés par une vague de national-chauvinisme (surtout en France, en Grande-Bretagne, en Belgique et aux USA). De cette manière, la bourgeoisie réussit à limiter les mouvements révolutionnaires au premier groupe d’états (plus l’Italie).

La situation particulière qui a surgi à Bruxelles quelques jours avant le 11 novembre illustre parfaitement les conséquences de cette division. Les soldats allemands qui y étaient casernés, renforcés par des détachements de marins de la Kriegsmarine provenant d’Ostende, se révol-tent et élisent un conseil révolutionnaire de soldats. Ils manifestent dans les rues de Bruxelles avec des drapeaux allemands, belges et rouges et appellent à la solidarité des travailleurs belges et de leurs organisations.

Face à quelques fraternisations avec des membres des Jeunes Gardes Socialistes, les organi-sations syndicales ont rapidement appelé à ne pas bouger et, sous l’influence de la propagan-de chauvine, les ouvriers bruxellois ne se mobilisent pas mais attendent passivement l’entrée triomphale de l’armée belge victorieuse dans Bruxelles quelques jours plus tard.

b) Diriger les armes contre la révolution

« Les différentes bourgeoisies nationales avaient d’abord essayé de s’arracher mutuellement des territoires sur les champs de bataille de la guerre impérialiste au prix de 20 millions de morts et d’un nombre incalculable de blessés. Mais, confrontées à une classe ouvrière qui lutte sur son terrain de classe, elles sont d’emblée disposées à resserrer les rangs. Une fois de plus, ceci confirme que la classe dominante, de nature divisée, peut s’unir dans une situation révolutionnaire pour affronter la classe ouvrière ».

Lorsque les soviets prirent le pouvoir en octobre 1917, la réaction des forces impérialistes ne s’est pas fait attendre. Une bourgeoisie, unie sur le plan international, a affronté la jeune répu-blique soviétique avec des armées provenant de 21 pays. L’attaque contre-révolutionnaire a commencé en 1917 et a duré jusqu’en 1922.

Les « armées blanches » ont déclenché une terrible guerre civile. Les armées des états capita-listes d’Europe, des USA et du Japon ont causé par leurs attaques contre la classe ouvrière en Russie un nombre incalculable de victimes. Parmi les victimes de la guerre civile, il y avait envi-ron un million de soldats de l’armée rouge et plusieurs millions de personnes sont par ailleurs décédées à cause de conséquences indirectes de la guerre, comme la famine ou les épidé-mies. Le nombre de décès causés par la terreur des armées blanches se situe entre 300.000 et 1 million de personnes.

Le déclenchement de la révolution en Europe centrale: l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie, etc.  a nécessité de ne pas désarmer complètement l’armée allemande. « On partait de l’idée que l’armée allemande devait être suffisamment forte pour maintenir l’ordre intérieur et pour empê-cher une éventuelle prise du pouvoir par les Bolcheviks » (Lloyd George at War, George H. Cassar). C’est ainsi qu’on permit à l’état-major allemand, qui en demandait 30.000, de garder 5.000 mitrailleuses.

En Allemagne également, l’insurrection éclata à la fin de 1918.

Le 10 novembre 1918, le général Groener, le successeur de Ludendorf à la tête du quartier général de l’armée allemande, propose par téléphone un pacte au chef du gouvernement, le social-démocrate Friedrich Ebert. Le général propose une collaboration loyale pour mettre fin aussi vite que possible au « bolchevisme » et pour assurer une restauration « de la loi et de l’ordre ». « C’était un pacte contre la révolution.

« Ebert accepta ma proposition d’alliance », écrit Groener. « A partir de ce moment, nous discutions chaque soir au moyen d’une connexion secrète entre la chancellerie et l’état-major les indispensables mesures à prendre. L’alliance a bien fonctionné » » (Sebastian Haffner, La révolution trahie).

À cause de l’influence de la révolution, la bourgeoisie ne pouvait plus se fier à de larges parties de l’armée de terre et de la marine.

Dans la perspective de la guerre de classes, le social-démocrate Gustav Noske, qui avait rejoint en décembre 1918 le gouvernement de Ebert, avait reçu la mission de constituer des Corps-francs. Ceux-ci regroupaient des soldats de métiers fidèles, conservateurs et ultranatio-nalistes, qui voulaient défendre leur patrie contre le bolchevisme et qui se retrouvaient de par la fin de la guerre en marge de la société.

Ainsi, l’État allemand pouvait à nouveau disposer en janvier 1919 d’unités militaires loyales de quelques centaines de milliers de soldats, parmi lesquelles 38 Corps-francs. Dans la lutte contre la révolution, Le SPD n’a pas hésité à utiliser sans la moindre pudeur ces forces armées les plus réactionnaires. En affirmant que « quelqu’un doit être le chien sanglant » et en dénon-çant les ouvriers et soldats révoltés comme « les hyènes de la révolution », Noske envoie les corps-francs contre les ouvriers : la guerre contre la classe ouvrière allemande avait commencé.

À partir de la mi-janvier, débute l’attaque militaire contre les insurgés et les organisations révolu-tionnaires (partis, groupe, la presse, etc.). Des quartiers ouvriers entiers des grandes villes étaient attaqués les uns après les autres et partout étaient perpétrés de terribles massacres.

La guerre contre la classe ouvrière n’était pas seulement menée en Allemagne mais aussi dans d’autres pays. Un de ces pays était la Hongrie, où la révolte ouvrière avait aussi mené au pouvoir une direction révolutionnaire. La révolte y fut également écrasée dans le sang après quelques mois au moyen d’une invasion militaire des forces capitalistes.

Le 1er août 1919, la Roumanie envahit la Hongrie et renversa le gouvernement révolution-naire, ce qui mit fin à l’expérience communiste. Soutenue par la France, l’Angleterre et l’armée blanche, les troupes roumaines entrent le 1er août dans Budapest et installent un gouverne-ment syndical qui liquide les conseils ouvriers. Lorsque les syndicats ont terminé leur basse besogne, ils transmettent le pouvoir à l’Amiral Horty (plus tard un collaborateur des nazis) qui met en place un régime de terreur contre les travailleurs (8.000 exécutions, 100.000 déportations).

François Kupka

3. La paix n’existe pas au sein du capitalisme

Le capitalisme, c’est la violence, et la paix au sein du capitalisme est une illusion complète. L’histoire du 20e siècle démontre qu’un « armistice » est seulement conclu pour commencer une nouvelle guerre. Tandis que les armes ne se sont jamais tues entre la première et la deuxième guerre mondiale, cette tendance à la guerre permanente est devenue encore plus évidente après la seconde guerre mondiale.

Ainsi la période de « guerre froide » n’était pas, contrairement à ce qui est souvent suggéré, une période de « simple » paix armée, mais bien de dizaines de confrontations: Corée, Vietnam, Moyen Orient… sur l’ensemble de la planète avec des millions de victimes.

Un vœux pieu de paix n’empêche pas la guerre, même s’il est soutenu par des manifestations massives. Ainsi, le 25 juillet 1914, le SPD appela à une manifestation de masse contre la guerre. L’appel fut massivement suivi : les 29 et 30 juillet, 750.000 personnes participent aux protestations dans toute l’Allemagne. Cela n’a pas amené la bourgeoisie à arrêter sa course vers la guerre. Bien au contraire, ce même SPD social-démocrate décida quelques jours plus tard de trahir les masses ouvrières et de soutenir la bourgeoisie dans sa ferveur guerrière.

Une manifestation de masse peut être un moment dans la résistance contre la guerre mais elle doit alors avoir lieu, dans le cadre d’une révolte ouvrière généralisée, dans une dynamique d’attaque contre l’Etat bourgeois, comme cela a eu lieu en 1917 en Russie. Et même en Alle-magne en 1918, la révolte visait seulement en première instance la fin de la guerre. Et la guerre fut effectivement arrêtée parce qu’il existait une menace réelle que les travailleurs pren-nent le pouvoir. De fait, seuls un renversement révolutionnaire et la prise du pouvoir par la classe révolutionnaire peuvent mettre fin à toute forme de guerre.

« Ou bien le gouvernement bourgeois fait la paix, comme il a fait la guerre, et alors l’impéria-lisme continuera, comme après chaque guerre, à dominer et la guerre sera suivie d’un nouvel réarmement, de nouvelles guerres, de destruction, de réaction et de barbarie. Ou bien, vous devez réunir vos forces pour une insurrection révolutionnaire, vous battre pour acquérir le pouvoir politique qui vous permettra d’imposer la paix, à l’intérieur du pays comme autre part » (Rosa Luxemburg, Spartakus, avril 1917).

Intro: Le 11 novembre 2018, cela fait exactement cent ans que la Grande Guerre s’est arrêtée. Les médias y consacrent une large attention. Faut-il effectivement saluer l’armistice du 11 novembre 1918 ? Avait-il pour but de déposer définitivement les armes et de bannir à jamais tout acte de guerre dans le futur ? Eliminait-il les causes réelles qui avaient mené à l’éclate-ment de la première guerre mondiale ? A-t-il effectivement ouvert pour les Etats européens une période de « jamais plus de guerre » ?

Dennis  10 novembre, 2018

http://fr.internationalism.org/

militarisme1

Lire aussi:

100 ans après la fin de la Première Guerre mondiale (NPA)

Le 11 Novembre 1918, l’armistice était signé à Retondes, mettant officiellement un terme à la Première Guerre mondiale.

100 ans plus tard, les commémorations vont bon train, avec notamment un Emmanuel Macron qui se met en scène au cours d’une « itinérance mémorielle », et la perspective d’un grand raout le 11 Novembre. Nous avons décidé, pour notre part, de revenir sur la fin de la Première Guerre mondiale en insistant sur certains aspects de cette grande boucherie capitaliste qui ne seront probablement pas mis en avant dans les commémorations officielles.

Les femmes dans et après la Première Guerre mondiale

 dans Anticolonialisme

Il est généralement admis que la « grande guerre » permit à l’émancipation des femmes de faire un grand pas en avant notamment au travers de l’accès aux emplois occupés majoritairement par les hommes avant guerre.

tardi drapeau

Lire aussi:

L’Orient dans la guerre 1914-1918 (Orient 21)

La commémoration, opium du peuple (Révolution Permanente)

Le 11 novembre n’est pas notre armistice ! (Révolution Permanente)

Pétain, collabo et bourreau de 1917 : « un grand soldat » selon Macron (Révolution Permanente)

Commémorations du 11 novembre : l’impuissance de Macron et son multilatéralisme (RP)

Lire la suite

08 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

primelin (ouest france lo)

Primelin

Quimper. Un rassemblement pour un « autre regard sur la guerre »

Les représentants organisent leur propre rassemblement annuel le 11 novembre 2018, à Primelin

Un rassemblement sera organisé au monument aux morts pacifiste de Primelin, le 11 novembre. Une initiative de l’association Libre pensée 29 et de nombreux partenaires associatifs.

La Libre pensée 29, accompagnée par d’autres associations, organise un rassemblement pacifiste, le 11 novembre 2018, à 11 h 45, devant le monument aux morts de Primelin.

« Pour le centenaire et le 21e anniversaire de cet événement, nous allons faire un rassemble-ment exceptionnel devant le monument aux morts pacifiste », explique Claude Le Moguen, de Libre pensée 29.

« Défendre la paix »

Les organisateurs souhaitent faire de ce rassemblement un appel à la paix. « Nous voulons actualiser les paroles des poilus : « plus jamais ça », déclare Gérard Mas du NPA. Nous soute-nons des valeurs de justices et antimilitaristes. À travers ce rassemblement, nous voulons donner un autre regard à la guerre et défendre la paix. » Les associations souhaitent également rappeler le sort de 639 soldats, fusillés. Parmi eux, sept Finistériens. « Pour l’exemple ». « Nous voulons que ces personnes soient réhabilitées. »

« L’éducation à la citoyenneté ne se fait pas dans le cadre militaire »

Ils dénoncent également le défilé des jeunes écoliers, collégiens et lycéens quimpérois. Cet événement est une initiative proposée par un groupe de travail composé de la délégation militaire départementale, la préfecture, la ville de Quimper, l’académie, l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre ainsi que le Souvenir français.

« Nous trouvons cela inquiétant que les élèves soit mobilisés dans des établissements scolai-res par une organisation composée de militaires, explique Martine Subtil, présidente de Libre pensée 29. Nous avons tenté de rencontrer les représentants de l’Éducation nationale au niveau départementale mais le rendez-vous a été annulé. »

« On aurait pu imaginer un débat sur cette guerre sous forme de forum, ici, c’est unilatéral, ajoute Gérard Mas.  L’éducation à la citoyenneté ne se fait pas dans le cadre militaire. »

07/11/2018

https://www.ouest-france.fr/

Commentaire:

Le monument aux morts de Primelin est un des rares monuments aux morts d’inspiration pacifiste du Finistère. Œuvre de Véronique Millour et Philippe Meffroy, il représen-te un enfant qui repousse et ébranle une pile de quatre blocs symbolisant les guerres du passé ; un cinquième bloc vierge, à terre, invite à ne pas reconstruire le mur et à ne jamais y poser le dernier bloc. Il fut inauguré le 11 novembre 1994.

-11-

Lire aussi:

Centenaire de 1918 : si tu veux la paix, prépare la révolution (Lutte Ouvrière)

Novembre 1918 : la fin d’une guerre qui en annonçait d’autres (LO)

Lire la suite

07 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

pétain (basta rp lo)

tardi drapeau

Ode à l’extrême-droite

Pétain, collabo et bourreau de 1917 : « un grand soldat » selon Macron

« Un grand soldat » que Pétain : bourreau des soldats mutinés de 1917, chef du régime de Vichy, collaborateur du régime nazi et de l’extermination des juifs. De quoi ravir les rangs de l’extrême-droite. 

A peine une semaine après les dénégations de Florence Parly, ministre des Armées, face à Jean-Jacques Bourdin, sur le plateau de RMC, Emmanuel Macron confirme la volonté du gou-vernement de rendre hommage, lors de la cérémonie du 11 novembre, au Maréchal Pétain.

Derrière le couac et le rétropédalage, il y a la concession du président au programme de l’Etat major des Armées, en charge de l’organisation de la cérémonie de commémoration du cente-naire de la fin de la guerre 14-18, prévoyant de rendre hommage, aux Invalides, aux huit maréchaux de la Grande Guerre, dont Pétain.

Cet hommage rendu à la mémoire du chef du régime fasciste de Vichy, qui collabora au régime nazi et à l’extermination de 10 millions de personnes (tzigane, homosexuels, communistes, opposants politiques…) en Europe, dont 6 millions de juifs, marque un recul incroyable dans la reconnaissance des responsabilités de l’Etat français lors des génocides de la Seconde Guerre mondiale. Du jamais vu depuis 1995 et la cérémonie du 54ème anniversaire de la rafle du Vél’ d’Hiv, où Jacques Chirac avait reconnu la participation de la France aux crimes nazis.

Mais le « grand soldat de la Première Guerre mondiale », en 1940, n’en était pas à ses premiers faits d’armes. Contrairement à ce que voudrait faire entendre Emmanuel Macron, le maréchal Pétain s’est, dès la première guerre mondiale, forgé cette expérience de bourreau dont on connait les suites. En 1941, c’est ce même Pétain qui, lors de son « discours du mauvais vent » contre la Résistance, rappelle ses exactions commises : « En 1917, j’ai mis fin aux mutineries » avait-il alors lancé.

En effet, en avril 1917, avec l’échec de l’offensive du général Nivelle sur le Chemin des Dames, la boucherie de 200 000 soldats français tués, la colère gronde dans les tranchées. Au prin-temps et à l’été 1917, se multiplient les actes de mutineries de soldats qui, selon l’historien André Loez, expriment « un refus de la guerre massif et multiforme ».

Le maréchal Pétain, succède à Nivelle. Il a la charge de mettre fin à l’opposition à la guerre et de fraternisation avec « l’ennemi » qu’expriment alors les soldats français. Pétain les réprimera dans le sang : la plupart des soldats mutinés sont fusillés sans plus de procès ; 600 sont condamnés à mort par des conseils de guerre à la justice expéditive. Autant de soldats refusant la guerre assassinés sous les ordres de Pétain.

Macron, en honorant Pétain, honore le bourreau de 1917 et le symbole de la collaboration française.

En réhabilitant la mémoire du plus illustre fasciste français, Macron participe à la banalisation et à la diffusion des idées de l’extrême-droite. De quoi nourrir ce « climat années 30 » qu’il dénonçait hypocritement il y a à peine quelques jours…

Lire la suite

04 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

yémen (politis à-l’encontre ci basta npa)

yemen

Yémen : briser le silence et faire cesser les livraisons d’armes

La guerre civile au Yémen est devenue depuis 2015 une guerre internationale

Avec notamment l’intervention des forces armées de la coalition menée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, dans les airs, sur terre et sur mer.

Plus que les combats, ce sont les attaques aériennes en particulier contre les civils et les infrastructures vitales, les hôpitaux, les marchés, les écoles, qui font des victimes par milliers. La misère gagne, la malnutrition progresse, les secours essentiels destinés à ces populations ne leur parviennent qu’insuffisamment et irrégulièrement, malgré les exhortations des Nations unies pour des « corridors humanitaires ». Les enfants sont les premières victimes de cette situation.

La France, comme d’autres pays, est un important fournisseur d’armes et de munitions qui sont utilisées dans la région, notamment par l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis.

De telles exportations d’armes sont régies par le Traité international sur le commerce des armes (TCA) qui a force de loi dans notre pays depuis sa ratification par le Parlement français le 2 avril 2014. Il précise que de telles exportations d’armes ne peuvent avoir lieu si celles-ci servent à commettre des crimes de guerre, actes graves de violence contre les femmes et les enfants, ou à en faciliter la commission (article 7 du traité).

La situation au Yémen a provoqué, dans de nombreux pays exportateurs d’armes vers les belligérants des débats et enquêtes, parlementaires notamment, sur les conditions d’expor-tation et d’utilisation de ces armes, en Suède, aux Pays-Bas, en Belgique, au Royaume-Uni, en Allemagne… ainsi qu’aux États-Unis (non signataires du TCA). Le Parlement européen a voté une résolution dès novembre 2017 et s’est prononcé récemment pour la fin des transferts d’armement vers l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

Un tel débat doit aussi avoir lieu en France. De nombreuses organisations non gouverne-mentales, dont les sections françaises d’Amnesty International, de Human Rights Watch et de Handicap International, la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), Action contre la faim, etc., ont réclamé une commission d’enquête sur le respect des engagements internationaux de la France dans le cadre de ses exportations d’armes aux belligérants du conflit au Yémen.

Une telle commission a été demandée par des dizaines de parlementaires de toutes opinions depuis avril 2018 (résolution 856). Il n’a jusqu’à présent, pas été fait droit à leur demande, si ce n’est sous la forme très limitée d’une mission d’enquête.

Le groupe d’expert mandaté par l’ONU sur la violation des droits de l’homme au Yémen a rendu un rapport en septembre 2018 évoquant des crimes de guerre. Au terme de l’article 7-7 du TCA, la France se doit de réexaminer ses autorisations d’exportations d’armes et de munitions qui pourraient contribuer à ces crimes, en particulier aux Émirats arabes unis et à l’Arabie saoudite. Qu’en est-il ?

Nous dénonçons le silence complice du gouvernement français. Nous demandons que la France conformément au dernier vote du Parlement Européen et au TCA, en toute indépendance, cesse toute livraison d’armes aux belligérants, de même que toute maintenance des chars, avions et autres matériels livrés à ces pays par la France.

Nous exigeons qu’une enquête parlementaire soit ouverte quant à l’implication possible de soldats français dans le conflit.

Contre l’application par les belligérants d’une stratégie de la famine, nous demandons au gouvernement français de faire pression sur les belligérants pour qu’ils respectent les résolutions de l’ONU quant à l’accès des secours humanitaires aux populations concernées, pour qu’ils cessent les combats et ouvrent des négociations immédiates.

yemen

Organisations signataires :

ACDA – AFD international – ATMF -AIDL – Attac – Cedetim – Collectif ni Guerre ni état de guerre – EELV –Ensemble – Femmes plurielles – Fondation Frantz Fanon – Forum Palestine Citoyenneté – FTCR – GDS – Génération.s – IPAM – Médecins du monde – MRAP – Nouvelle donne – NPA- Observatoire des armements – PCF- PCOF – PIR – PRCF- PG – Salam for Yémen – Solidaires – SumOf US – Survie – UJFP

Collectif Solidarité Yémen  29 octobre 2018

Tribune. Des associations et des personnalités dénoncent le silence complice du gouvernement français dans le conflit qui touche le Yémen depuis quatre ans.

https://www.politis.fr/

Lire aussi:

Yémen-Arabie saoudite: «Le Yémen n’existe plus.» Sa population se meurt (Al’Encontre)

Tous ceux qui veulent que la guerre au Yémen continue (Orient 21)

Yémen. La guerre s’intensifie malgré les appels à un arrêt des combats (Courrier International)

En savoir plus sur les ventes d’armes de la France à l’Arabie Saoudite : mission impossible, même pour les députés ? (Bastamag)

Yémen. Des enfants marqués au fer rouge comme « remède » au traumatisme de la guerre (Révolution Permanente)

Yémen : Urgence face à une sale guerre et aux complicités françaises (NPA)

Un appel de députés européens pour arrêter le massacre au Yémen (Bastamag)

Yémen : vrais vainqueurs, les capitalistes de l’armement (LO)

Lire la suite

01 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

samouni road (quimper)

 Le 5 novembre à Quimper au Cinéma Quai Dupleix, soirée débat avec le critique Nicolas Thevenin, en partenariat avec le CCFD

Samouni Road est un documentaire italien réalisé en 2018 par Stefano Savona. Il a été sélectionné pour figurer dans la section Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes 2018 et a remporté le prix Œil d’or du meilleur documentaire. L’UJFP est partenaire

samouni road (quimper) dans Altermondialisme

SYNOPSIS

Dans la périphérie rurale de la ville de Gaza, la famille Samouni s’apprête à célébrer un mariage. C’est la première fête depuis la dernière guerre. Amal, Fouad, leurs frères et leurs cousins ont perdu leurs parents, leurs maisons et leurs oliviers.

Le quartier où ils habitent est en reconstruction. Ils replantent des arbres et labourent les champs, mais une tâche plus difficile encore incombe à ces jeunes survivants : reconstruire leur propre mémoire. Au fil de leurs souvenirs, Samouni Road dresse un portrait de cette famille avant, pendant et après l’événement qui a changé leur vie à jamais.

http://www.ujfp.org/

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin