Archive | Anticolonialisme

19 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

barcelone (ouest-france npa)

fugue cata

Plus de 500 000 manifestants à Barcelone, des violences en soirée

La manifestation monstre des indépendantistes catalans, en réaction à la condamnation de leurs anciens dirigeants par la justice espagnole, a rassemblé plus d’un demi-million de personnes, vendredi, dans les rues de Barcelone.

Dans la soirée, la situation s’est tendue avec des affrontements entre militants et forces de l’ordre, provoquant des scènes de chaos dans le centre de la ville. De violents affrontements entre militants indépendantistes radicaux et forces de l’ordre ont provoqué des scènes de chaos vendredi soir dans le centre de à Barcelone (Catalogne) après une manifestation pacifique monstre contre la condamnation des dirigeants indépendantistes.

Après des heures de guerre de positions près du commissariat central entre radicaux lançant des pierres ou des objets métalliques et forces de l’ordre répondant par tirs de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogènes, les troubles se sont ensuite étendus au reste du centre-ville, ont constaté des journalistes de l’AFP.

De nombreux feux ont été allumés, notamment sur la Place de Catalogne en haut des célèbres Ramblas, et des barricades élevées dans de nombreuses rues par des centaines de manifestants masqués ou casqués, criant « les rues seront toujours à nous ». La police a aussi utilisé un canon à eau à leur encontre.

Des heurts ont opposé forces de l’ordre et militants radicaux, en marge de la manifestation de ce vendredi 18 octobre.

Dans cette ville très prisée des touristes internationaux, la police régionale a conseillé en anglais sur son compte Twitter de « ne pas approcher » des zones du centre-ville en raison d’« actes violents et de sérieux incidents ».

128 personnes interpellées depuis lundi

Vers 23 h 00 GMT, la situation « paraissait plus calme », selon un porte-parole de la police régionale, dans la ville dont se dégageait une forte odeur de fumée. Après des heurts lors du blocage de l’aéroport par plus de 10 000 personnes lundi, Barcelone avait déjà vécu des scènes de guérilla urbaine de mardi à jeudi, d’une magnitude moins importante que vendredi soir.

Nées de la frustration d’une partie de la base indépendantiste, deux ans après l’échec de la tentative de sécession de 2017, ces violences ont marqué un tournant pour le mouvement séparatiste qui s’est toujours targué d’être non-violent.

Selon un bilan du ministre de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska, avant que les violences ne s’exacerbent dans la soirée, 128 personnes ont été interpellées depuis le début de la mobilisation indépendantiste lundi tandis que 207 policiers ont été blessés.

Au total, selon les services d’urgence, près de 500 personnes ont été blessées depuis le début de la semaine dans la région dont 60 vendredi soir à Barcelone.

525 000 manifestants

Avant que ces troubles n’éclatent, une manifestation monstre avait réuni 525.000 personnes, selon la police municipale, dans une ambiance festive, point d’orgue de la mobilisation entamée lundi contre la condamnation par la justice espagnole de neuf dirigeants indépendantistes à des peines de neuf à 13 ans de prison pour la tentative de sécession de 2017.

Avec pour mot d’ordre « Liberté », des colonnes de dizaines de milliers de séparatistes étaient parties mercredi de cinq villes de la région pour rejoindre Barcelone. « Cela fait des années que nous revendiquons (l’indépendance) avec beaucoup de patience et nous espérons que (cette mobilisation) sera le détonateur pour que la situation change », a déclaré David Blanco, un agent commercial de 56 ans.

Les indépendantistes ont aussi organisé une grève générale dont les effets étaient manifestes dans cette riche région pesant un cinquième du PIB espagnol. A Barcelone, la célèbre basilique de la Sagrada Familia a dû fermer ses portes tandis que l’opéra du Liceu a annulé sa représen-tation vendredi. La majeure partie des stands du marché de la Boqueria, très prisé par les touristes, et de nombreux commerces étaient fermés.

Barça-Real Madrid reporté

Le constructeur automobile Seat avait mis à l’arrêt son usine de Martorell près de Barcelone qui emploie plus de 6 500 personnes. Les troubles en Catalogne ont aussi entraîné le report par la fédération de football du « Clasico » du 26 octobre entre Barça et Real Madrid, une des rencontres les plus visionnées sur la planète.

À moins d’un mois des quatrièmes élections législatives en quatre ans en Espagne, ces troubles ont mis le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez sous pression de la droite qui réclame des mesures exceptionnelles pour rétablir l’ordre.

De Bruxelles, M. Sanchez a répondu que l’Etat ne pouvait « pas se laisser entraîner à une réaction excessive », tout en assurant qu’il n’y aurait « aucune impunité face aux actes de vandalisme ». En Catalogne, la question de l’indépendance divise la population en deux. D’après un sondage rendu public en juillet par le gouvernement régional, 44% de la population y est favorable et 48,3% opposée.

18/10/2019  23h20

https://www.ouest-france.fr/

Lire aussi:

Catalogne. Plein succès pour la journée de grève générale de ce vendredi 18 octobre. Pour quelle suite? (NPA)

Lire la suite

17 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

loyalistes (huffington post)

gorilla

Qu’est-ce que le DUP, ce parti irlandais qui a les clés du Brexit ?

Farouchement conservateur et anticatholique. Le parti nord-irlandais DUP a infligé un nouveau sérieux revers au gouvernement britannique dans le cadre du Brexit.

C’est une petite formation au poids considérable pour le sort du Brexit. Encore une fois, l’ultra-conservateur Parti Unioniste Démocrate (DUP) ébranle les chances d’un accord avec son intransigeance et inflige ce jeudi 17 octobre la formation un sérieux revers à Boris Johnson auquel il est allié.

Depuis toujours eurosceptique, le DUP a voté pour le Brexit, contrairement à la population nord-irlandaise qui s’est exprimée à 56% contre. Avec seulement dix députés, ce parti et son inflexible patronne Arlene Foster ont montré qu’ils détenaient les clefs de la sortie de l’Union européenne.

En mars, c’est lui qui a conduit à l’enterrement de l’accord qu’avait négocié Theresa May et au départ de cette dernière. Malgré la menace d’un divorce sans accord dans deux semaines seulement, c’est encore non. Ce jeudi le DUP a refusé de soutenir le compromis qui semblait prendre forme à Bruxelles, rendant très hypothétique une adoption par le Parlement.

En cause à chaque fois, les mesures proposées pour éviter un retour d’une frontière physique entre la province britannique du Nord et la République d’Irlande, membre de l’UE.

Techniques (concernant le régime de TVA notamment), elles risquaient pour la formation unioniste, créée en 1971 par le pasteur fondamentaliste Ian Paisley, d’aboutir à un traitement différent de l’Irlande du Nord par rapport au reste du Royaume-Uni, voire à une réunification de l’Irlande, le cauchemar des unionistes.

Boris Johnson n’avait pas ménagé ses efforts pour les convaincre, promettant un “New deal” économique pour l’Irlande du Nord et recevant quotidiennement les représentants du parti cette semaine.

Leur soutien est indispensable, d’autant que le Premier ministre a perdu sa majorité à Westmin-ster et doit se battre pour chaque voix. Surtout, leur feu vert devrait convaincre la cinquantaine de “Brexiters” les plus durs du parti conservateur, réunis dans le groupe ERG.

Avortement et mariage gay

Violemment anticatholique avant le tournant des années 2000, le DUP avait refusé toutes les discussions proposées pour sortir du conflit dans les années 1970, 1980 et 1990. Il s’était égale-ment opposé aux Accords du Vendredi saint, adoptés largement par référendum en 1998, qui ont mis fin aux Troubles, liés au conflit entre catholiques nationalistes et protestants unionistes, ayant fait plus de 3 500 morts en trente ans.

C’est pourtant en vertu de ces accords qu’il partage le pouvoir pour gouverner la province avec son ennemi juré, le parti républicain Sinn Féin.

Au plan sociétal, le DUP est ultra-conservateur: il refuse le moindre assouplissement de la législation sur l’avortement, interdit en Irlande du Nord sauf en cas de danger de mort pour la mère.

En 1977, il n’avait pas hésité à lancer une campagne baptisée “Sauver l’Ulster de la sodomie” pour combattre la dépénalisation de l’homosexualité. Et il s’est évidemment opposé au mariage pour tous, autorisé partout ailleurs au Royaume-Uni ainsi qu’en République d’Irlande. Des élus ou ex-élus du DUP, adeptes de courants créationnistes comme la Caleb Foundation, se sont aussi prononcés pour la peine de mort et ont mis en doute le changement climatique.

Premier parti d’Irlande du Nord même s’il a perdu du terrain aux élections de 2017, le DUP est dirigé par Arlene Foster, dont le père, un policier, avait reçu une balle dans la tête pendant les Troubles, cible des paramilitaires de l’Armée républicaine irlandaise (IRA), attaque à laquelle il avait survécu.

Un scandale a provoqué l’éclatement du gouvernement nord-irlandais en janvier 2017. Depuis, le DUP et le Sinn Féin n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur une nouvelle coalition et les affaires courantes sont gérées par Londres.

17/10/2019

https://www.huffingtonpost.fr/

Commentaire:

En Irlande du Nord, il n’y a ni Labour ni Conservateurs. La gauche vote Sinn Fein ou SDLP et la droite autrefois pour les Unionistes modérés de l’UUP. Celui-ci ayant fait faillite, c’est le DUP qui le remplace. Or le DUP est proche des milices « loyalistes » qui terrorisaient les civils catholiques pendant les « troubles ». Il n’est pas « unioniste » ordinaire comme les « orangistes » qui paradent dans les quartiers catholiques.

Lire aussi:

Parti Unioniste d’Ulster (Wikipedia)

Unionisme en Irlande (Wikipedia)

Loyalisme d’Ulster (Wikipedia)

Parti Unioniste Démocrate (Wikipedia)

Le Processus de Paix

 

Lire la suite

17 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

barcelone (arte)

Lire la suite

17 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

turquie (lutte ouvrière)

erdogan

Turquie : en perte de vitesse

Erdogan a besoin d’une guerre

L’intervention de l’armée turque en Syrie, décidée par le président Erdogan, n’est pas une surprise. En effet l’usure considérable de sa clique, au pouvoir depuis dix-sept ans, se manifeste depuis plus d’un an et c’est pour lui une habitude de tenter de sortir de ses difficultés en déclenchant une guerre.

Le pays s’enfonce de plus en plus dans la crise, et les scandales liés à la corruption ne passent plus.

Sur 82 millions d’habitants, plus de vingt millions ont du mal à joindre les deux bouts et 3,4 millions ont été traînés devant les tribunaux pour non-remboursement de dette. Les chômeurs sont plus de huit millions, parmi lesquels 25 % de jeunes.

L’AKP, le parti d’Erdogan, n’est plus que l’ombre de lui-même. Un sondage de septembre estime à 60 % le nombre de ceux qui refusent le système d’hyper-présidence taillé spécialement par et pour Erdogan.

Autre mesure de l’usure du pouvoir : lors des élections municipales de mars dernier, l’AKP a perdu quasiment toutes les villes importantes, notamment Istanbul, centre économique du pays avec ses 16 millions d’habitants, et la capitale Ankara.

Ces résultats indiquaient clairement que la population urbaine, qui jusqu’à une date récente soutenait le régime d’Erdogan, ne vote plus pour lui. Au sein du parti AKP même la crise s’aggrave : un certain nombre de ténors, comme l’ancien président de la République Gül, l’ancien Premier ministre Davutoglu ou l’ancien ministre des Finances Babacan, ont non seulement démissionné mais déclaré qu’ils allaient se constituer en opposition.

Pour tenter de durer, Erdogan et sa clique ont une fois de plus tenté de jouer sur un sentiment nationaliste et antikurde en lançant une opération militaire.

La ficelle n’est pas neuve. Avant les élections municipales de mars, Erdogan avait déjà à deux reprises préparé une intervention des forces armées turques à la frontière syrienne. À chaque fois, l’état-major s’était heurté au veto des États-Unis. Cette fois également, Erdogan a dû différer d’un jour ou deux l’intervention militaire, dans l’attente du feu vert du commandement aérien américain.

Pour l’instant, la manœu­vre présidentielle a fait derrière elle l’unité des partis politiques.

À part le parti prokurde HDP, les partis d’opposition tels que le Parti social-démocrate CHP (très nationaliste blog) ou le Bon parti, qui critiquent Erdogan, ont approuvé l’intervention lors d’un vote au Parlement. Mais la population ne semble pas totalement dupe du procédé, alors qu’elle est soumise au battage nationaliste par des médias presque entièrement aux ordres, assourdie en permanence de marches militaires ottomanes, et abreuvée de dénonciations des prétendus terroristes kurdes.

La preuve en est que le pouvoir, qui craint la diffusion de messages hostiles à sa politique, a décidé de contrôler ou même bloquer les réseaux sociaux, une source comme Wikipedia étant depuis longtemps hors d’accès. Au demeurant, Erdogan se vante d’avoir déjà fait mettre en garde à vue au moins 129 personnes ayant diffusé un avis négatif sur l’intervention.

Erdogan et son gouvernement abattent peut-être un de leurs derniers atouts, mais rien ne dit que la population, lasse de l’inflation, des retombées de la crise économique et des coups de menton de l’hyperprésident, marchera longtemps dans son jeu.

Julien SILVA 16 Octobre 2019
.

Lire la suite

16 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

catalogne (le-huffington-post npa)

.

.

Barcelone brûle-t-il ?

« Arde Barcelona ? » Oui, et pas seulement, les coupures de rues et de places ont lieu dans toutes les grandes villes de Catalogne (Sabadell, Tarragona, Lerida…). La police charge partout.

Après l’occupation massive de l’aéroport du Prat à Barcelone lundi, ce sont les rues des villes qui, ce mardi, ont été l’objectif des mobilisations de protestation contre les sentences au procès des indépendantistes. Les grandes avenues de Barcelone (paseo de gracia par exemple) sont coupées par 4 ou 5 barrages de feu.

La police (les « Mozos » – police catalane- en tête, nous y reviendrons) charge très violemment y compris en envoyant des fourgons charger droit dans la foule. Pour l’instant la grande majorité des manifestants reste sur l’attitude « pacifique », mains agitées en l’air, etc, mais de plus en plus de jeunes plus radicaux ripostent. Dans toute la Catalogne les places se sont remplies de manifestants, dans la journée de nombreuses routes ont été coupées. Chaque jour des objectifs nouveaux sont annoncés. Demain (mercredi 16) on annonce 5 grandes « marchas » partant de cinq points du « grand Barcelone » pour converger au centre, cela pendant trois jours. Si c’est effectif cela provoquerait un « colapso » sur toutes les voies d’accès à Barcelone.

Les réactions politiques

La réaction du  PSOE au gouvernement a été immédiate : « les sentences seront appliquées dans leur totalité », bien sûr le PP, Ciudadanos et Vox, relayés par la quasi-totalité des media espagnols, en rajoutent sur la violence des extrémistes, l’appel à la répression, à la caractérisation des organisations indépendantistes comme « terroristes »…

Chez les  indépendantistes majoritaires il y a un double jeu qui commence à être dénoncé par les manifestants eux-mêmes. D’un côté, bien sûr ils appellent aux mobilisations « pacifiques » pour dénoncer la sentence, mais, de l’autre, en tant qu’autorité autonomique ils envoient les « mozos » réprimer – et très violemment – les manifestants.

Ce sont d’ailleurs les « Mozos » qui coordonnent les opérations du maintien de l’ordre et déci-dent d’appeler ou non la police nationale ou la garde civile en renfort. Cela se voit et s’entend dans les manifs « Dehors les forces d’occupation » ! mais aussi « les Mozos aussi sont des forces d’occupation » !

Torra, le président de la « generalitat » a eu cette formule d’un jésuitisme achevé : « Les mozos interviennent pour éviter aux manifestants d’être poursuivis pour sédition ». En fait, PdCat et Esquerra suivent la même ligne qu’il y a deux ans : mettre tout leur espoir sur une réaction favorable à l’échelle européenne.

Mais la radicalité du mouvement de protestation a d’autres conséquences. Les appels les plus déterminés, ceux des CDR ou de plateformes comme le « Tsunami démocratique » par exemple,  sont suivis. Il ne semble pas y avoir pour l’instant de phénomènes d’auto organisation massive comme on avait pu la connaître au plus fort de la crise il y a deux ans. Les CDR ont un crédit de convocation mais ne fonctionnent pas en assemblées.

À noter deux faits significatifs : l’ANC, l’association liée au PdCat se radicalise nettement au niveau du discours. Plus important sans doute, comme au tout début de la bataille du référendum les gens « de gauche » et non indépendantistes, indignés et inquiets des sentences, semblent se mobiliser. Traduction politique, cette fois, sur le terrain de la dénonciation et de l’appel à la mobilisation, Podem et les « Comunes » sont clairement avec les manifestants.

Dans le reste de l’État Espagnol matraquage et manipulations médiatiques habituels. Quelques petites manifestations de dénonciation des sentences au pays basque et à Madrid. Mais l’espoir est qu’une partie importante des militants du mouvement ouvrier et associatif comprenne la sentence comme ce qu’elle est : une menace claire pour tous ceux qui se mobilisent. L’accusation de sédition et la menace de prison pour quiconque défend ses droits dans la rue

L’interprétation de la sentence

Au-delà de son caractère scandaleusement inique, antidémocratique et menaçant, on peut en faire plusieurs lectures :

D’abord, par rapport aux peines encourues on peut dire qu’ils en sont restés « à mi-chemin » : 12 ans au lieu des 20 ans maxi. L’accusation a été « requalifiée » :  de « rébellion » elle est passée à « sédition ». Et ce changement est valable pour Puigdemont.

Certes ce changement de chef d’accusation pourrait permettre plus facilement une extradition de Puigdemont de la part des autorités européennes. Mais en cas de décision inverse, cela pourrait aussi lui permettre de siéger au parlement européen où il a été élu…

Pour les emprisonnés, cette sentence de « troisième degré » pourrait leur permettre des « permis de sortie provisoire »  quotidiennes ou de fin de semaine à partir du mois de janvier. Ce qui a évidemment un sens, d’autant que les prisonniers indépendantistes sont maintenant en prison à… Barcelone.

Bien sûr cela fait partie des calculs politiques à moyen terme et de notre côté l’essentiel reste la dénonciation absolue de ces sentences. Une illustration : Pour  les coupables de la tentative de coup d’état du 23F 81 (Tejero), il n’y a eu que trois d’entre eux qui ont eu des peines supérieures à celles infligées aux leaders indépendantistes. Phrase entendue : « C’est plus grave de sortir des urnes dans la rue que d’y envoyer des tanks ?!»

La situation

La principale question est : combien de temps la mobilisation actuelle va pouvoir tenir ? Il n’y a pas de solution « insurrectionnelle ». Sans parler des forces armées, la détermination qui consisterait à proclamer de nouveau la « République catalane » et à appeler à effectivement expulser de toutes les villes les « forces d’occupation » (« mozos » compris !) fait défaut non seulement bien sûr aux indépendantistes majoritaires, mais même aux plus radicaux. Tout réside sur la capacité de résistance des dizaines de milliers qui se mobilisent ces jours-ci. Et des perspectives qu’ils pourront se donner.

Au niveau politique, à l’heure actuelle les camarades que j’ai interrogés ne voient pas d’issue à la crise. D’ici aux élections générales (10 novembre), le PSOE ne bougera pas de sa position « les sentences seront appliquées ». Or toute « négociation » sérieuse impliquerait forcément que les leaders emprisonnés y participent. Et le PSOE ne prendra pas le risque de plus de surenchère espagnoliste du côté du PP avant les élections. Ni même après. C’est pourquoi une hypothèse commence à être formulée : un éventuel « gouvernement d’union nationale PSOE-PP »  après les élections.

Les sondages actuels indiquent que le PSOE pourrait rester premier en tête mais avec une marge bien moins grande face au PP qui doublerait ses sièges. Ciudadanos s’effondrerait au bénéfice du PP et de Vox (qui lui passerait devant). Podemos et toutes les configurations à gauche du PSOE baisseraient. Résultat aucune majorité possible à droite ou à gauche. Les voix des députés nationalistes en Catalogne (sans doute 20 députés) et au Pays Basque seraient déterminantes pour obtenir une majorité.

A part ça au niveau social le fait marquant sont les « marches des retraités ». Partis du pays basque et d’Andalousie, elles convergent aujourd’hui à Madrid et bénéficient d’un fort soutien populaire. Sur le plan international, nombreuses  manifestations en faveur des Kurdes de Syrie, numériquement faibles, dans beaucoup de villes d’Espagne. Les anars, CNT en tête, en pointe dans ces mobilisations.

Fabrice Thomas

https://npa2009.org

Lire la suite

16 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

rené vautier (trignac)

vauquier rene

Deux jours d’hommage à travers conférences et concerts.

Projection de documents iconographiques et filmés qui parcourent l’époque dure mais très riche et très vivante où René Vautier témoignait par ses films des guerres coloniales, des luttes sociales, de l’impressionnant réveil culturel breton, sans oublier les côtés festifs et créatifs des années 1960-1980.

Programme :

Vendredi 8, Trignac :

Salle des Fêtes René Vautier
- Inauguration et Conférence-débat Inauguration de la salle des fêtes René Vautier  18h.
- Conférence-débat à partir du film « Quand tu disais Valéry » Table ronde en présence Guy Jaques, Nicole Le Garrec, Jean-Louis Le Corre, François Arvor à 20h.

Samedi 9, Trignac :

Salle des Fêtes René Vautier
- Projection du documentaire « Afrique 50 » et  « La Folle de Toujane » 10h.
- Conférence sur l’œuvre de René Vautier, à travers ses luttes anticolonialistes et son combat en Bretagne. Avec Olivier Caillebot, J.Monnier et Hubert Chémereau  15h.
- Concert de Gilles Servat à 18h.

Renseignements : Centre Culturel Lucie Aubrac – 02 40 90 32 48 – centre-culturel@mairie-trignac.fr – www.mairie-trignac.fr

En partenariat avec la Cinémathèque de Bretagne, l’ Agence Culturelle Bretonne ACB44, le CCP, le CREDIB, la Mairie De Trignac et le Département de Loire-Atlantique

https://acb44.wordpress.com

Lire la suite

16 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

équateur (the guardian)

3500

Equateur: la victoire douce-amère des manifestants autochtones 

Huit personnes ont été tuées au cours des 12 jours de manifestations qui ont pris fin après la conclusion d’un accord avec le président de l’Équateur visant à rétablir les subventions au carburant.

Quelques heures à peine après la signature d’un accord mettant fin à la plus grande agitation politique de l’Équateur, des milliers d’autochtones, accompagnés d’étudiants volontaires et de résidents locaux, sont descendus dans les rues de Quito pour nettoyer la ville. Les équipes ont traversé le parc El Arbolito, encore jonché de pneus enflammés et de dalles de pavage qui avaient servi de barricades.

Au cours de 12 jours de manifestations souvent violentes, le parc a été l’un des points de ralliement de milliers d’équatoriens autochtones qui ont convergé vers Quito depuis les Andes et l’Amazone.

Les manifestations ont pris fin dimanche soir lorsque le président de l’Équateur, Lenín Moreno, a accepté de rétablir les subventions sur les carburants et de révoquer un programme d’austérité controversé soutenu par le FMI. Cet accord a mis fin à près de deux semaines de bouleverse-ments au cours desquelles violences, pillages et vandalisme ont eu lieu, ainsi qu’une lourde intervention policière qui a fait huit morts, plus de 1 300 blessés et près de 1 200 personnes arrêtées, selon le bureau du défenseur des droits humains du pays.

L’image des peuples andins et amazoniens – pour la plupart vêtus de leurs vêtements traditionnels – célébrant l’accord était un puissant exemple de la force du mouvement indigène en Équateur – et rappelait qu’il a contribué à renverser à maintes reprises les présidents du pays.

Mais la mort de huit manifestants, dont le dirigeant indigène Inocencio Tucumbi, a rendu le triomphe doux-amer pour beaucoup. «Je crois que la paix a triomphé», a déclaré Patricia Gualinga, de la communauté amazonienne Kichwa de Sarayaku. «Mais je me sens un nœud dans la gorge avec la mort de frères autochtones. Il y a beaucoup de douleur à guérir et le gouvernement devrait en être conscient », a-t-elle déclaré.

Il y a quelques jours à peine, le centre-ville de Quito ressemblait à une zone de guerre: des gaz lacrymogènes dans les airs, des combats acharnés entre la police anti-émeute et les manifes-tants se déroulaient au milieu de barrages routiers en flammes tandis que des explosions résonnaient dans la ville.

Certains manifestants étaient encapuchonnés et armés de bâtons et de lance-pierres, d’autres étaient des femmes autochtones vêtues de jupes, tous indignées par la décision de Moreno de mettre fin aux subventions au carburant.

Cette décision a entraîné une hausse d’un tiers du prix de l’essence et de plus du double du prix du diesel, ce qui a entraîné une hausse des coûts de la nourriture et des transports dans l’économie dollarisée du pays.

« Le mouvement autochtone est un acteur puissant en Équateur depuis les années 1990″, a déclaré Mario Melo, avocat au centre des droits de l’homme de l’université catholique de Quito.
Les manifestations indigènes ont joué un rôle central dans le renversement de plusieurs présidents équatoriens, notamment Abdalá Bucaram en 1997, Jamil Mahuad en 2000 et Lucio Gutiérrez en 2005.

«C’est le seul mouvement capable de paralyser le pays – et le courage de faire face à ces mesures économiques», a-t-il déclaré, qui a touché les plus pauvres.  Jaime Vargas, dirigeant de la confédération indigène de l’Équateur Conaie,  dissocie ses partisans des hommes masqués qui ont attaqué deux chaînes de télévision et le principal journal El Comercio, ainsi que des journalistes couvrant les manifestations. Les incendiaires ont également visé le bâtiment du ministère de la justice.

« C’est extrêmement curieux de constater que c’est le seul bâtiment de l’état totalement détruit par le feu », a déclaré le ministre José Valencia, contenant des archives concernant des accusations de corruption à l’encontre de l’ex-président Rafael Correa.

Moreno a accusé « des forces obscures » dirigées par son prédécesseur, l’ancien président Rafael Correa, et le chef du Venezuela, Nicolas Maduro, ainsi que « des trafiquants de drogue et des gangs de citoyens étrangers violents ». La ministre de l’Intérieur, María Paula Romo, a annoncé mardi l’arrestation de 57 étrangers. pendant les troubles.

Correa, qui a gouverné l’Équateur entre 2007 et 2017 et vit maintenant à Bruxelles, a nié être à l’origine des troubles, bien qu’il ait appelé Moreno à se retirer et envisagé la possibilité de se porter candidat lors de nouvelles élections.

Mais le mouvement indigène a peu d’affection pour Correa qui, au cours de sa décennie au pouvoir, a interdit les manifestations, emprisonné les dirigeants indigènes et réprimé les manifestations contre le forage pétrolier et l’exploitation minière sur le territoire ancestral des autochtones.

Santiago Basabe, politologue à l’Institut latino-américain de sciences sociales à Quito, a déclaré que le mouvement indigène avait considérablement renforcé son capital politique. Mais il a noté qu’il avait été « absolument intransigeant », ne laissant aucune alternative au gouvernement pour restructurer des dettes énormes, principalement envers la Chine.

Les nationalités autochtones de l’Équateur ne représentent qu’un dixième de la population de l’Équateur (16 millions d’habitants), mais elles ont montré qu’elles constituaient une force politique trop puissante pour être ignorée. Mais leur triomphe, a déclaré Gualinga, «a été payé avec des vies autochtones. Comme dans toute notre histoire.  »

Mer 16 oct 2019 Dan Collyns in Quito

https://www.theguardian.com/

Lire aussi:

Was this indigenous leader killed because he fought to save Ecuador’s land? (The Guardian)

Lire la suite

16 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

solidarité kurdes (a et r)

YPG

Solidarité avec le peuple kurde !

Troupes impérialistes, troupes turques, hors du Kurdistan !

Le 9 octobre, la Turquie a lancé une offensive contre le Kurdistan syrien. Cette offensive est sans précédent par sa brutalité et sa massivité. Depuis mercredi, plus de 160 000 civils ont été déplacés ou ont fui les zones de combat.

Selon l’OSDH, près de 200 kurdes, dont 69 civils, seraient morts dans les bombardements turcs. Dans les combats, des centaines de prisonniers de Daesh auraient réussi à s’enfuir, ce qui laisse craindre une réapparition de cette organisation islamiste dans la région. Face à l’offensive turque, les forces kurdes des YPG (Unités de Protection du Peuple) ont annoncé avoir conclu une nouvelle alliance avec l’armée syrienne de Bashar El-Assad.

Aucune confiance dans les impérialistes !

L’offensive turque fait suite à la décision de Donald Trump de retirer les troupes américaines qui se trouvaient sur le territoire du Kurdistan syrien. Cette décision est immédiatement apparue aux yeux de tous comme un feu vert laissé à Tayip Erdogan pour lancer son offensive contre les forces kurdes.

En effet, les YPG s’étaient dans les faits alliés aux forces américaines pour lutter contre Daesh et pour pouvoir établir leur autonomie. La décision de Donald Trump montre bien une chose : on ne peut aucunement faire confiance aux impérialistes !

Macron, lui, verse des larmes de crocodile sur le peuple kurde.

Mais c’est pourtant bien la France qui, jusqu’à il y a 3 jours, vendait des armes à la Turquie d’Erdogan! La France d’ailleurs, depuis 2011, a signé avec la Turquie un « accord de coopération en matière de sécurité intérieure », au nom duquel les services de renseignement français collaborent avec le MIT, le renseignement turc, responsable de la répression contre les kurdes, notamment le meurtre de trois militantes kurdes à Paris.

Quant aux autres pays européens, ils font mine de s’inquiéter du sort du peuple kurde, alors qu’ils maintiennent le PKK, la principale organisation kurde, sur la liste des organisations terroristes.

Quoi d’étonnant d’ailleurs que ces Etats entretiennent de si bonnes relations avec le régime turc, puisque les capitalistes européens, et notamment français, font de belles affaires en Turquie. Ainsi, ce sont plus de 400 entreprises françaises, dont Renault, Sanofi, Groupama ou Axa, qui sont présentes dans ce pays !

Une intervention étrangère pour « protéger les Kurdes » ? 

L’annonce du carnage opéré par l’armée turque dans le Kurdistan syrien a soulevé une légitime indignation dans le pays, bien au-delà des seuls Kurdes. 20 000 personnes ont défilé samedi, à Paris, contre les bombardements turcs.

Devant cette légitime indignation, certains politiciens y sont allés de leurs déclarations. Manon Aubry, députée France Insoumise, a appelé à mettre en place des sanctions contre la Turquie, sanctions qui, inévitablement, retomberont sur la population turque.

Le PCF lui, a exigé de « placer les Kurdes sous protection internationale », ce qui revient à demander que les troupes françaises, américaines et autres qui se trouvaient déjà sur place… y restent.

Quant à Mélenchon, il a osé déclarer que l’annonce que l’armée syrienne interviendrait au Kurdistan contre la Turquie serait une « excellente nouvelle ». Comme si l’armée de Bashar El-Assad, qui massacre son peuple depuis des années, pouvait apporter une quelconque protection au peuple kurde !

Contre les ingérences étrangères, pour le droit à l’autodétermination du peuple kurde !

En réalité, le revirement américain montre que la solution pour les peuples de la région ne viendra certainement pas d’une intervention étrangère. Au contraire, pour les pays impérialistes, les peuples de cette région ne constituent que des pions sur lesquels s’appuyer ou pas pour pouvoir étendre leurs zones d’influence respectives.

Lutter pour l’arrêt contre l’offensive turque au Kurdistan, c’est participer aux manifestations et rassemblements de soutien au peuple kurde, pour l’arrêt immédiat des bombardements et de toutes les opérations militaires, contre la complicité du gouvernement français avec le régime turc. 

Contre les régimes oppresseurs, pour le droit des peuples à l’autodétermination, la solution ne pourra passer que par l’indépendance politique de notre camp social contre les capitalistes et les impérialistes de tout bord.

https://anticapitalisme-et-revolution

Commentaire:

A&R est un courant du NPA

Lire aussi:

Unités de protection du peuple (Wikipédia)

Lire la suite

15 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

catalogne (npa)

fugue cata

Les capitaux oui, les catalans non!

Liberté pour les prisonniers politiques catalans !

Hier, de lourdes condamnations ont été prononcées à l’encontre des leaders indépendantistes catalans : des accusés condamnés à 100 ans de prison et 90 ans d’inéligibilité cumulés !

Un verdict honteux digne du franquisme…

Leur « crime » ? Prôner et organiser la sédition avec l’État espagnol. Pourtant, la revendication en faveur de l’autodétermination d’un peuple et la désobéissance civile pacifique face à des injustices font partie des droits démocratiques élémentaires.

Le NPA condamne cette prétendue « justice », et dénonce également le soutien complice que l’Union Européenne – tout particulièrement le gouvernement français – apporte depuis le début au gouvernement de Madrid.

Nous avons toujours défendu les droits du peuple catalan bafoués par le régime héritier du franquisme, et voulons à nouveau exprimer notre totale solidarité. Nous exigeons la libération des prisonniers politiques catalans et l’amnistie des condamnés.

De puissantes mobilisations sont en cours en Catalogne Sud pour réclamer la « liberté pour les prisonniers politiques », avec une grève générale annoncée pour vendredi.

Cette lutte du peuple catalan, contre la répression et les dérives autoritaires, est la nôtre !

Montreuil et Perpignan le mardi 15 octobre 2019

https://npa2009.org/

Lire la suite

14 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

verdict pour la catalogne (la-vanguardia anticapitalistas courrier-inter)

erc

Pour avoir organisé une élection!

Oriol Junqueras (Wikipedia)

catal

Les prisonniers politiques indépendantistes catalans condamnés à des peines de 9 à 13 ans de prison

Aujourd’hui nous avons appris les peines prises contre les prisonniers politiques indépendan-tistes catalans. Après deux années en prison, Jordi Cuixart, Carme Forcadell, Dolors Bassa, Oriol Junqueras, Jordi Sanchez, Joaquim Forn, Raul Romeva, Jordi Turull et Josep Rull ont été condamnés à diverses peines, entre 9 et 13 ans pour sédition et malversation.

En premier lieu, nous voulons adresser une forte accolade aux prisonniers et à leurs familles. Une condamnation si manifestement injuste cherche à briser le moral de ceux qui ont voulu appliquer leurs convictions. Nous sommes certains qu’ils ne ressentiront pas le poids de la solitude : nous essaierons, pour notre part, que notre solidarité se voie et serve à contrecarrer la dureté de la situation actuelle.

En second lieu, nous attirons l’attention sur le fait que le débat juridique sur la caractérisation des condamnations, tout en étant important en termes de stratégies de défense, ne doit pas masquer le fond politique du sujet. L’autodétermination d’un peuple est un droit.

La désobéissance civile pacifique est l’arme de lutte des classes populaires face à des situations injustes. Face à un système politique héritier du franquisme, bâti pour restreindre les droits collectifs au lieu de les amplifier. Nous Anticapitalistas, nous revendiquons le droit légitime d’appliquer les droits civiques au-delà des limites que leur impose l’Etat

En troisième lieu, nous sommes conscients du fait que la tentative d’écraser le mouvement indépendantiste catalan est un « à bon entendeur » : Quiconque désobéira pour exercer un droit sera poursuivi, que ce soit lors d’une grève, en s’opposant à une expulsion ou lors de n’importe quelle action de protestation sociale.

En ce sens la lutte commune est au dessus des sentiments nationaux : l’internationalisme conséquent est celui qui se solidarise avec l’autre et cherche à créer des liens au travers des droits partagés.

En quatrième lieu, nous appelons à la mobilisation et demandons amnistie, liberté et autodétermination. La seule solution possible est que le peuple catalan exerce son droit à décider en paix et en liberté.

Communiqué d’Anticapitalistas, section espagnole de la IVe Internationale.
  14/10/2019

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Blocages et heurts en Catalogne après le verdict contre les dirigeants séparatistes (CI)

Espagne : lourdes peines contre les dirigeants séparatistes catalans (La Vanguardia)

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin