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29 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

millionnaires (rtbf)

eleveur

En 2016, c’était qui le président?

16,5 millions de millionnaires dans le monde: les grosses fortunes ont proliféré en 2016

Les grosses fortunes ont proliféré dans le monde en 2016. Le patrimoine cumulé a crû de 8,2% en rythme annuel, pour atteindre 63 500 milliards de dollars (près de 54.000 milliards d’euros). Le nombre de millionnaires atteint un nouveau record mondial.

La croissance du patrimoine s’est ainsi accélérée par rapport à l’année précédente, observe le cabinet de conseil Capgemini dans sa dernière étude sur la fortune mondiale publiée jeudi.

En 2015, la fortune cumulée avait progressé à un taux de 4% « seulement« .

Le nombre de millionnaires de par le monde a aussi augmenté plus rapidement, de 7,5% sur un an, après 4,9% en 2015. A la fin de l’année dernière, Capgemini dénombrait 16,5 millions d’individus.

Pour appartenir à ce club, il faut posséder un patrimoine supérieur à un million de dollars (environ 850 000 euros), mais les pièces de collection et autres produits de consommation de luxe ne comptent pas. Les trois grandes régions Asie/Pacifique, Amérique du Nord et Europe ont contribué de manière égale à la croissance du nombre de particuliers extrêmement fortunés (HNWI), relève Capgemini.

La croissance a toutefois quelque peu ralenti en Asie/Pacifique, alors que la dynamique de l’année précédente s’est poursuivie en Europe et en Amérique du Nord. Certains marchés, parmi lesquels la Russie et le Brésil, ont pu renforcer leur position parmi les 25 pays abritant le plus de millionnaires. Après un léger repli en 2015, la Russie a enregistré la plus forte croissance, avec une hausse d’environ 20% du nombre de HNWI et de leur fortune.

4,8 millions de millionnaires aux Etats-Unis

Dans le top 25, seul le Mexique a vu le nombre de ses millionnaires reculer sur un an (-2%). La Suède fait son entrée pour la première fois dans ce classement, tandis que la France dépasse le Royaume-Uni pour entrer dans le top 5. Les pays abritant le plus de millionnaires restent inchangés sur un an. Les Etats-Unis sont toujours largement en tête avec 4,8 millions de personnes, suivis par le Japon (2,9 millions), l’Allemagne (1,3 million) et la Chine (1,1 million).

Globalement, les ultra-riches, disposant d’une fortune de plus de 30 millions de dollars, ont fait encore mieux que les « simples » millionnaires. Leur nombre a augmenté de 8,3% à 157.200, alors que leur patrimoine a progressé encore plus fortement.

Représentant seulement 1% du total des HNWI, ils possèdent pourtant 34,5% de la fortune totale des millionnaires. Capgemini anticipe à l’avenir une croissance moyenne annuelle d’environ 5,9% du patrimoine des personnes très fortunées. Celui-ci devrait atteindre plus de 100 milliards de dollars d’ici à 2025.

RTBF jeudi 28 septembre 2017

https://www.rtbf.be/

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29 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

autodétermination (npa)

estelada

« Le droit à l’autodétermination signifie un défi au consensus de la transition issu de la fin du franquisme 

Entretien. Alors que le gouvernement central de l’État espagnol tente par tous les moyens d’empêcher la tenue du référendum d’autodétermination du 1er octobre en Catalogne, nous avons rencontré Laia Facet, militante d’Anticapitalistas Catalunya.

Comment expliques-tu l’attitude extrêmement répressive et brutale du gouvernement qui prend le risque d’un affrontement très incertain pour lui ?

L’État espagnol faisait face à un dilemme : s’il permettait un référendum d’autodétermination, cela créerait un précédent qui romprait avec le cadre constitutionnel et donnerait la possibilité d’ouvrir des débats au-delà du terrain national ; s’il ne le permettait pas, il devait assumer un tournant autoritaire alors que jusqu’à maintenant il s’était maintenu dans l’attentisme. Le dilemme a été tranché du côté autoritaire. La répression est menée par le Parti Populaire et son gouvernement, ses alliés de Ciudadanos et le silence complice du PSOE. La justice et la police collaborent et font le sale boulot, avec le soutien de toute la presse liée au régime qui relaie sa propagande.

Nous ne nous trouvons pas seulement face au gouvernement PP, mais face a l’ensemble du régime : dans l’État espagnol le droit à l’autodétermination signifie un défi au consensus de la transition issu de la fin du franquisme, que le régime cherche a préserver à tout prix. Le processus actuel en Catalogne a en réalité généré une brèche dans les fondements de l’État.

Jusqu’où le pouvoir est-il prêt à aller ?

Actuellement ils réquisitionnent tout le matériel officiel de la Generalitat de Catalogne : matériel de propagande du référendum, tracts, cartes de recensement, etc. Ils ont procédé à des arrestations de responsables du gouvernement et cité à comparaître plus de 700 maires. Ils ont fiché des milliers de personnes ayant participé et organisé des meetings, collages, etc. Ils ont perquisitionné des entreprises privées qui ont édité du matériel sur le référendum, et ils ont entrepris nombre d’autres actions qui mettent en cause les libertés publiques, la liberté d’expression et les droits démocratiques.

De facto, le 20 septembre, l’article 155 de la constitution s’est appliqué. Celui-ci permet de suspendre l’autonomie politique de la Catalogne et de contrôler les comptes de la Generalitat… Je ne sais pas s’ils pourront aller plus loin dans la répression, à part essayer d’empêcher l’ouverture de bureaux de vote le 1er octobre, ce qu’ils vont tenter de faire, et peut-être aussi prendre davantage de sanctions judiciaires contre le gouvernement de Catalogne.

Ce qui est impressionnant, c’est que face à cela les gens n’ont pas eu peur. Tous les jours on assiste à des mobilisations massives pendant des heures, des collages, des diffusions de tracts, des débats… et pourtant les gens savent qu’ils vont probablement être fichés par la police, tandis que des imprimeries prennent le risque d’être fermées. Le degré d’implication des gens augmente, et c’est extrêmement important pour défendre concrètement le droit à l’autodétermination, mais aussi pour reconstruire une conscience de classe aujourd’hui en crise.

Comment réagit la population dans l’État espagnol ?

Comme je disais précédemment le niveau d’implication des gens augmente en Catalogne et, chose importante, nous n’avons pas assisté à des manifestations significatives d’opposition de type réactionnaire ou espagnoliste. Dans le reste de l’État la dérive répressive du régime fait réfléchir les gens sur le référendum. Si de larges couches de la population sont en désaccord sur le cheminement suivi par la Catalogne, nous assistons ces jours-ci à des mobilisations de plus en plus importantes en solidarité et en soutien au référendum et à la Catalogne.

La manifestation très massive à Bilbao la semaine passée a été suivie dès le 20 septembre par d’autres dans des dizaines de villes, où les gens ont rempli les rues pour montrer leur solida- rité. La tentative d’interdiction des manifestations a en réalité amplifié le mouvement. Nous devons proposer des perspectives constituantes en nous appuyant sur la vague catalane, mais cela va être particulièrement difficile car le régime a resserré ses rangs et ils forment un bloc de pouvoir constitutionnaliste pro-régime, désespéré dans ses formes mais fort.

Dans ce contexte deux questions sont importantes : nous devons tisser des alliances avec toutes les personnes, tous les collectifs, syndicats, partis qui dénoncent la répression, incluant les soutiens internationaux ; nous devons tout faire pour que la dynamique de mobilisation soutenue et antirégime en Catalogne déborde au-delà de celle-ci.

Quelle peut être la suite après le référendum du 1er octobre ?

Il est très compliqué de prévoir des scénarios. Nous sommes dans un de ces moments où en un jour il se passe plus de choses qu’en plusieurs années. Actuellement une double lutte de légitimité-légalité est en cours, celle qui émane de la transition espagnole et celle surgie de la volonté d’une majorité en Catalogne de déborder cette transition, qui se concrétise dans un référendum d’autodétermination.

La confrontation à laquelle nous assistons ces jours-ci, dans la rue, les institutions, les lieux de travail et d’étude, va être longue, vient de loin et se cristallise ces dernières semaines. Ce qu’il se passera le 1er octobre sera décisif, ainsi que ce qu’il en sortira. Si le référendum donne une majorité substantielle au « oui », on devra défendre le résultat et favoriser l’ouverture d’un processus constituant en Catalogne. La tâche sera difficile. Si on nous empêche de voter, la dynamique de mobilisation peut s’amplifier

Dans cet affrontement, quelle politique défendez-vous pour la classe ouvrière en particulier face à un droit à l’autodétermination qui pourrait prendre la forme d’une union nationale ?

Nous avons un mouvement vivant, quelque peu imprévisible, et qui peut déborder les calculs du gouvernement catalan et des partis de la droite catalane à tout moment. Le mouvement, jusqu’ici, avait laissé l’initiative au gouvernement catalan.

Nous croyons qu’un référendum pourrait changer la dynamique, que cela impliquerait un défi réel au régime, loin de la rhétorique du gouvernement qui ne s’est jamais traduite dans des solutions concrètes. Actuellement, on vit dans les rues un mouvement ample et un défi sans précédent depuis la transition, qui peut changer les rapports de forces, y compris en Catalogne. Il y a aussi la perspective de l’ouverture d’un processus constituant.

vaga

Grève générale!

C’est pour cela que les mobilisations actuelles nous permettent d’accumuler des forces et des expériences pour mener cette bataille politico-programmatique où nous avons de fortes différences avec la droite catalane, une bataille qui jusqu’à ce jour paraissait une utopie. Les mobilisations étudiantes et les occupations de facs de cette semaine sont déterminantes pour envisager une lutte plus radicale

Pour terminer, il faut savoir que les deux principaux syndicats combatifs catalans IAC et CGT ont déposé un préavis de grève générale à partir du 1er octobre si le pouvoir empêche la tenue du référendum. Dans les mobilisations on entend de plus en plus souvent une musique qui dit « On a besoin maintenant d’une grève générale ».

Le fait d’introduire la grève dans le répertoire des actions du mouvement catalan est quelque chose d’important en soi, mais aussi pour que des secteurs de travailleurs puissent voir les organisations syndicales comme des outils leur permettant de s’impliquer dans la lutte. Cela pourrait s’avérer fondamental pour être en position de force du point de vue de la légitimité lorsque le moment viendra de déclencher la bataille constituante.

Propos recueillis par Miguel Ségui  Mardi 26 septembre 2017

Catalunya. Référendum interdit, la résistance s’organise dans la rue et les quartiers (NPA)

« En Catalogne, l’imagination est massivement dans la rue » (NPA)

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29 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

ceta (jdd + le canard)

ceta

Trois questions pour comprendre rapidement le CETA

L’accord de libre échange entre l’Union européenne et le Canada, qui est entré en vigueur jeudi, continue de donner des sueurs froides à certains secteurs, à commencer par le monde agricole.

Le CETA est entré jeudi en vigueur de façon provisoire. Mais cet accord commercial que l’Europe a signé avec le Canada divise : ses détracteurs craignent une concurrence accrue entre secteurs agricoles et un affaiblissement des normes sanitaires et environnementales, et demandent donc son retrait.

À quoi sert le CETA ?

Le CETA va permettre à partir de jeudi de faciliter les échanges commerciaux entre l’Europe et le Canada, grâce à la disparition de la quasi-totalité des droits de douane. Pour les Français, cet accord va notamment faciliter les exportations de fromages ou d’alcool.

Pourquoi cet accord divise-t-il autant ?

Mais ce qui marche dans un sens marche aussi dans l’autre. Les éleveurs de bovins français craignent par exemple un déferlement de bœuf canadien. Le contingent d’importation de bœuf canadien va ainsi passer du jour au lendemain de 7.600 tonnes annuelles à 65.000 tonnes, presque dix fois plus. Pour la France, premier producteur de viande bovine en Europe, la facture pourrait être salée. Les professionnels du monde agricole craignent aussi que les normes sanitaires soient moins drastiques concernant les produits venus d’outre-Atlantique. C’est un des points qui cristallise le plus de mécontentements.

En tout cas, dans certains secteurs comme les travaux publics, on se réjouit de cet accord ; les entreprises européennes vont avoir accès plus facilement aux marchés publics canadiens. Car le but de ce type d’accords est de doper le commerce entre deux zones.

Pourquoi son entrée en vigueur est-elle seulement provisoire ?

Le CETA qui créé la polémique a été âprement négocié, et ce n’est pas fini. Les opposants ont encore des espoirs, même si l’accord entre en vigueur jeudi, ils ne deviendra définitif qu’une fois une fois voté par les 38 assemblées nationales et régionales des pays membres de l’Union européenne, ce qui pourrait prendre des années. Le refus d’une seule assemblée pourrait tout faire basculer.

21 septembre 2017

http://www.europe1.fr/

Commentaire: A-t-on vraiment besoin de 50 000 tonnes de viande de boeuf sans les même normes que nous et pour cela augmenter la consommation de gaz pour les tranporter?

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29 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

référendum (jdd)

fugue cata

Les capitaux oui, les catalans non!

Avant le référendum, la Catalogne dans le trou noir

A l’approche du référendum d’indépendance interdit par Madrid, les Catalans redoutent que l’issue du bras de fer ne dégénère.

Il est 22 heures dans le quartier de Gràcia, à Barcelone, ce jeudi, et aux balcons les premières casseroles se mettent à chanter. Peu à peu, le brouhaha devient général. Dans la rue, un groupe d’indépendantistes, pot de colle et affiches en main, braille « Nous voterons! » devant le regard amusé de fêtards. Quelques heures plus tôt, ils étaient, drapeau catalan sur le dos, des milliers comme eux rassemblés devant la cour d’appel de Barcelone pour demander la ­libération de leurs leaders arrêtés la veille. Voilà l’étrange effervescence qui règne aujour- d’hui dans la capitale catalane où, pour couronner le tout, s’est ouverte vendredi la fête de la Mercè, la patronne de la ville.

Au cœur des passions, il y a ce référendum d’indépendance programmé pour diman- che prochain. Une consultation illégale, affirme ­Madrid, qui s’appuie sur une décision du Tribunal constitutionnel allant dans ce sens. Le gouvernement de Mariano Rajoy a d’ailleurs montré ses muscles ces derniers jours : arrestations de membres de l’exécutif régional ; saisie de millions de bulletins de vote ; renfort de 6.000 policiers de la Guardia civil. De quoi radica- liser un peu plus le camp séparatiste : « Je ne veux pas que mes enfants grandissent sous le joug fasciste de Madrid, assène Xana, une informaticienne de 40 ans croisée jeudi devant la cour d’appel. Notre révolution est en marche et rien ne pourra l’empêcher! »

Qui peut encore arrêter le train catalan? « J’ai bien peur qu’il ne soit trop tard, s’inquiète le politologue Silvio Falcón. Madrid est allé très loin cette semaine et le temps du dialogue est révolu. » Ce que confirme Albert Batalla, un député du Parlement régional de Junts Pel Si, la coalition séparatiste majoritaire : « Les gens ne descendent plus dans la rue pour défendre le référendum mais pour défendre la démocratie. »

Nul ne sait vraiment si le scrutin pourra avoir lieu, ni où ni comment. Reste que l’intran- sigeant patron de la Generalitat, Carles Puigdemont, semble décidé à aller au bout du « Cata- lanexit ». Les récents sondages le confortent dans cette idée : 60% des Catalans affirment vouloir voter et parmi eux 60% choisiraient l’indépendance. « Il n’y aura pas de référendum le 1er octobre, coupe le député régional du Parti populaire (PP) Juan Milián. Ils n’ont pas de scrutateurs, pas de listes électorales. » Pas de référendum? A voir…

L’aboutissement du combat d’une vie

A Begues, village de 7.000 âmes lové dans le parc naturel du Garraf, à une petite heure au sud de Barcelone, on attend, en tout cas, le jour J avec une gourmande impatience. Une banderole sur la petite place de l’église fait le décompte des jours avant le 1er octobre et la rue principale a été décorée de petites pancartes « Sí » et d’estelades, le drapeau séparatiste.

Dans son bureau, Mercè Esteve i Pi, la cordiale maire du Parti démocrate européen catalan (PDeCat), déroule l’argumentaire nationaliste : le siège de Barcelone en 1714 pendant la guerre de Succession ; la répression franquiste qui interdit l’usage du ­catalan ; le statut spécial accordé à la région en 2006 puis raboté en 2010 ; les taxes prélevées par Madrid, qui n’en reverse qu’une infime partie à la région.

« Si l’Espagne nous avait accordé un peu de considération ces trois cents dernières années, on n’en serait pas là », résume l’édile. Par un arrêté, elle a autorisé l’organisation du référendum à Begues, ce qui lui a valu une mise en garde de la justice. Elle vit sous la menace d’une arres- tation, comme 700 autres maires indépendantistes. « J’attends le coup de fil du bureau du procureur, dit-elle, bravache. Mais je crois davantage en la force du peuple qu’en celle d’une justice instrumentalisée par le gouvernement central! »

Moi, j’ai cessé de parler de ça en public. Avec eux, on ne peut pas discuter, c’est pire que sous le franquisme.

Chez elle, son « peuple », largement sécessionniste, ne la contredira pas trop. Tel Lluis Baro, patron d’une entreprise de grues, « indépendantiste depuis ses 14 ans ». Lui, dont l’entreprise se remet de la grave crise économique de 2008, voit dans un Etat catalan une formidable opportunité économique : « Il faudra de nouveaux bâtiments administratifs, et moi, j’ai des grues pour les construire! »

Pour Jordi Vicent Cruanyes, libraire et militant à l’association catalaniste Òmnium, le 1er  octobre sera plutôt l’aboutissement du combat d’une vie. Il s’est porté volontaire pour organiser le scrutin à Begues. Mais s’attend à une intervention des forces de l’ordre. « Déjà, l’autre jour, on avait dressé un stand pour soutenir le référendum. Quelqu’un nous a dénoncés et la police nous a fait déguerpir. Je crois connaître le délateur. »

Même ici, la question indépendantiste aurait donc créé des divisions? C’est ce que disent les rares anti-­indépendantistes qui osent s’exprimer. Josefina Redondo, conseillère municipale PP, et son amie Mercedes, réfugiées dans le bureau de l’élue, dénoncent ainsi la « dérive » des partis indépendantistes, « leur populisme », l’agressivité de leurs militants. « Moi, j’ai cessé de parler de ça en public, confie Mercedes. Avec eux, on ne peut pas discuter, c’est pire que sous le franquisme. » ( Ce qui est fort de café le PP étant issu du franquisme Note du blog) « Ceux qui s’installent ici, s’ils veulent s’intégrer, ils ont intérêt à se dire indépendantistes, ajoute Josefina Redondo. Et nous, on nous regarde comme des bêtes de foire. »

« Suppôt du gouvernement fasciste »

Les anti sont pourtant loin d’être isolés dans le canton du Baix Llobregat, auquel appartient Begues. Il suffit même d’emprunter la petite route qui plonge vers la Méditerranée et de s’arrê- ter 10 km plus loin, à ­Viladecáns, pour s’en rendre compte. Dans cette cité-dortoir au charme architectural incertain, quasiment pas d’affiches ou de drapeaux. Carles Ruiz Novella, le maire socialiste de cette ville de 60.000 habitants, refuse d’y organiser le référendum.

« Tout simplement parce qu’il n’est pas légal », justifie-t-il. Sa décision lui a valu, via Facebook, d’être qualifié de « traître » et de « suppôt du gouvernement fasciste ». Lui prône, à l’image de son parti qui pourrait tirer profit de cette crise, « le dialogue ». « Il faut que le statut de la Catalogne évolue, mais pas de cette façon », insiste-t-il. Dans les rues, l’argument semble partagé par des habitants qui, pour beaucoup, sont des Espagnols ayant migré en ­Catalogne dans les années  1970 pour trouver un emploi. « Moi, je respecte l’idée d’un référendum même si je ne suis pas indépendantiste, explique Antonio Ruiz, installé depuis trente-quatre ans à Viladecáns. Mais, là, leur vote n’aura pas de valeur. »

Dans les rangs nationalistes, il se murmure déjà que le Parlement catalan, si le vote est empêché, prononcera unilatéralement l’indépendance. « Je l’approuverais, affirme Jordi, le libraire. Ce serait le respect du droit à l’autodétermination. » Ce serait surtout une déclaration de guerre pour Madrid. Et l’entrée dans un dangereux trou noir politique.

26 septembre 2017 Antoine Malo

http://www.lejdd.fr/

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29 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

kurdistan (à l’encontre + npa)

 Achcar

«Le référendum au Kurdistan irakien dessert la cause kurde elle-même»

L’intellectuel de gauche libanais revient sur le référendum d’indépendance (remporté à 92,73% par le « oui ») au Kurdistan irakien, sa réception dans le monde arabe, et les questions qu’il pose à la gauche arabe ou encore au mouvement amazigh.

Le « oui » l’a emporté avec 92,73 % lors du référendum d’indépendance organisé le 25 septembre au Kurdistan irakien. Les gouvernements irakien, iranien et turc se sont montrés menaçants à l’égard du président de cette région déjà autonome, Massoud Barzani, à l’initiative de cette consultation. Ce dernier n’a en revanche pas reçu de manifestations de solidarité massives de la part d’autres mouvements kurdes de Turquie, de Syrie ou d’Iran. Gilbert Achcar, professeur de sciences politiques à la School of Oriental and African Studies (SOAS) de l’université de Londres, et intellectuel franco-libanais d’obédience marxiste, nous donne un point de vue original sur ce référendum. Alors que de très nombreux intellectuels arabes semblent hostiles à la création d’un ou de plusieurs états kurdes, lui n’est pas de cet avis.

Jeune Afrique: Quel est votre point de vue sur le référendum sur l’indépen- dance organisé au Kurdistan irakien ?

Gilbert Achcar : Avant toute chose, je veux préciser que je soutiens le droit des peuples à l’autodétermination et que je comprends la lutte des Kurdes. Maintenant, le référendum est présenté par ses organisateurs eux-mêmes comme purement indicatif. Et au fond, il ne faisait aucun doute que de très nombreux Kurdes soutiendraient les principes de l’autonomie ou de l’indépendance. En fait, il s’agit d’une opération politique de la part d’un leader, Massoud Barzani, qui fait face à une opposition toujours plus franche. Nous avons là un premier para- doxe, en apparence seulement: Barzani, qui incarne pour certains la lutte du peuple kurde, ressemble trait pour trait aux leaders arabes habitués à exploiter la fibre nationale pour faire taire leur opposition dans une sorte de geste démagogique.

L’opération de Barzani semble pourtant politiquement funeste, car même ses alliés le désa- vouent. La Turquie, qui le soutenait jusque-là, se montre agressive à son égard. Les États-Unis ne le suivent pas dans sa démarche. Les Nations-Unies, qui protègent pourtant le droit à l’autodétermination des peuples, ne semblent pas emballées. Ce référendum apparaît comme contraire aux intérêts des Kurdes, compris dans leur ensemble.

Pourquoi d’autres mouvements kurdes, comme ceux proches du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), se gardent-ils de se prononcer sur ce référendum ?

Il y a peu de temps encore, Barzani était un proche du pouvoir turc. Il suffit de faire un rapide tour dans le Kurdistan irakien pour voir à quel point le capital turc est présent. Les Kurdes qui s’opposent à Ankara sont donc forcément frileux. Barzani n’a pas, loin s’en faut, le monopole de la lutte kurde. Par le passé, en butte à Jalal Talabani (leader kurde et ex-président de la République d’Irak, ndlr), il a même conclu des ententes avec Saddam Hussein. Enfin, au vu des cadres de son parti, le Parti démocratique du Kurdistan, et plus généralement des forces dominantes dans le Kurdistan irakien par exemple, on ne peut pas parler d’un camp progres- siste. C’est au contraire une force archaïque et frappée par la corruption. Le PKK et ses alliés ou affidés, comme le Parti de l’union démocratique (PYD) en Syrie, représentent au contraire un pôle politique progressiste, voire très progressiste pour la région.

Le regard arabe sur ce référendum semble différent de celui qui existe en Occident. Comment le comprenez-vous ?

Le regard de l’opinion publique arabe serait long à décrypter mais on peut remarquer qu’il est en partie déterminé par le fait que le seul soutien visible au référendum soit celui d’Israël. On comprend, dès lors, que certains se montrent méfiants. Au Liban par exemple, dans les milieux favorables ou proches du Hezbollah, tout un chacun dénonce le référendum. On peut com- prendre que les Arabes soient effrayés par ce qu’ils perçoivent comme un affaiblissement de pays arabes eux-mêmes en proie à des formes de néo-colonialisme ou d’impérialisme.

Pourtant, il faut faire attention avec cette lecture. Les Kurdes déjà, ne sont pas responsables de l’affaiblissement des États arabes. Au contraire, ils sont souvent victimes des autocrates corrompus qui sont précisément des personnes qui affaiblissent les États qu’ils dirigent. Et à titre purement indicatif, je rappelle que la gauche kurde, même en Turquie, et malgré donc les barrières linguistiques, soutient la lutte du peuple palestinien.

Pour vous ce point de vue est donc une erreur ?

Aujourd’hui, les analystes arabes qui, à juste titre, rappellent la violence des accords Sykes-Picot pour expliquer la situation terrible de la région, ignorent ou feignent d’ignorer que les Kurdes eux aussi ont été victimes du jeu des impérialistes occidentaux, et que leur avis aussi a été ignoré et leur peuple morcelé. Un monde arabe fort, c’est un monde arabe uni, et cela le peuple kurde ne l’empêche pas. On peut concrètement appeler à l’unité d’un monde arabe fort mais respectueux des droits des minorités.

Pourquoi la gauche arabe ne soutient-elle pas le mouvement kurde, alors même que ce dernier est souvent très progressiste ?

Pour commencer, il ne faut pas se faire trop romantique : en Occident, certains décrivent le PKK ou le PYD comme de purs libertaires, ce qui est bien sûr d’une naïveté confondante. Maintenant, les mouvements de la gauche arabe, comme je le disais à propos des milieux proches du Hezbollah, basent souvent toute leur analyse politique sur la question israélienne. Au point de ne pas parvenir à l’articuler avec d’autres tendances lourdes.

Dans le même temps, ils se laissent gagner par une culture chauviniste. Mais on peut imaginer en effet des dialogues entre des mouvements progressistes. En Turquie, le Parti démocratique des peuples, de gauche et issu du mouvement kurde, a tracé une voie : il a tendu la main aux secteurs turcs les plus progressistes. Le pari est alors celui-là : militer pour une démocratisa- tion de la Turquie, ce qui permettrait de dégager une majorité disposée à parler avec sérénité de la question kurde. C’est un exemple intéressant à analyser dans le monde arabe.

On assiste à des formes de soutien ou de solidarité à ce référendum au Maghreb, dans le mouvement amazigh. Ces questions sont-elles liées ?

La situation est très différente dans le sens ou rares sont les forces politiques amazighes séparatistes qui appellent à des indépendances formelles, totales. En revanche, les questions kurdes et amazighes se rejoignent sur un point : elles soulèvent l’existence d’un chauvinisme arabe qui ne se montre pas respectueux des spécificités culturelles, linguistiques ou encore religieuses. Dans le monde arabe comme ailleurs, la démocratie est encore trop comprise au sens restrictif du droit au vote ou du non cumul et de la rotation des charges.

Alencontre  29  septembre  2017

Entretien avec Gilbert Achcar par Jules Crétois

 

http://alencontre.org/

Source

Lire aussi:

Oui à l’autodétermination des Kurdes d’Irak, mais… (NPA)

Gilbert Achcar (Wikipedia)

Gilbert Achcar : « Daesh, c’est la contre-révolution » (Jeune Afrique)

Gilbert Achcar «Le monde arabe est entré dans un processus révolutionnaire sur le long terme» (Libération)

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29 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

catalunya (the guardian + à l’encontre.ch)

Lire aussi:

Colm Tóibín: ‘Catalonia is a region in the process of reimagining itself’ (The Guardian)

Catalogne-Etat espagnol: «Le problème de l’Etat espagnol est qu’il ne sait ni gagner, ni perdre, seulement vaincre» (A l’Encontre)

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29 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

impossible? (europe 1)

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Catalogne, le référendum impossible ?

Depuis des semaines, Madrid tente d’empêcher le référendum voulu par les indépendantistes catalans. Peut-il encore avoir lieu ?

Le référendum pour l’indépendance de la Catalogne peut-il encore avoir lieu ? Pour le gouvernement espagnol, la réponse est non. Depuis des semaines, Madrid tente d’empêcher le vote avec des actions coup de poing comme des interventions de police et des poursuites en justice. Mais ce qui est certain, c’est que des centaines de milliers de Catalans ont bel et bien l’intention de voter dimanche. Petite précision tout de même, seuls les indépendantistes feront le déplacement jusqu’aux urnes puisque les autres ont décidé de boycotter le scrutin. Il n’y a donc pas de suspense, le oui va gagner !

Une centaine d’urnes saisies jeudi. Mais le scrutin reste très compliqué à organiser puisque l’Etat espagnol met tout en oeuvre pour que les 2.700 bureaux de vote restent fermés dimanche. Jeudi encore, un million de bulletins de vote et une centaine d’urnes ont été saisis par la Guardia Civil. Et il n’y a pas non plus de commission électorale pour veiller au bon déroulement du vote.

Les indépendantistes comptent ruser. Le seule solution qui reste aux indépendantistes est donc la ruse. La police a prévu de fermer toutes les écoles qui doivent servir de bureau de vote. Pour contrer cela, les directeurs d’établissements scolaires ont organisé, à la dernière minute, des kermesses et des activités ce week-end avec parents et enfants. Le but de la manœuvre est simple, occuper les écoles, les sanctuariser et empêcher ainsi la police d’y entrer. Dans les campagnes, toujours pour empêcher la police d’intervenir, des agriculteurs vont faire des blocages… en garant leur tracteur à l’entrée des villages. Il y a même des Catalans qui, la veille, dormiront sous la tente devant les bureaux de vote.

« On fera de la résistance pacifique s’il le faut. » Résultat, des débordements sont à craindre. « Ce sera compliqué, mais on doit essayer par tous les moyens de glisser le bulletin dans l’urne. On fera de la résistance pacifique s’il le faut, mais on votera ! », affirme Rosa, une électrice favorable à la sécession.

D’après les informations d’Europe 1, toutes les mairies ont reçu une feuille de route avec un plan B. Si les collèges électoraux restent fermés, les urnes seront installées dans la rue. Les indépendantistes pourront garder la face en disant que le référendum a bien eu lieu. Madrid dira que c’est de l’agitation.

Et après ? Si le vote a bien lieu, le oui l’emportera. Que se passera-t-il ensuite ? Première- ment, ni Bruxelles ni la communauté européenne ne reconnaîtront le résultat. Malgré cela, même avec une faible participation, les indépendantistes déclareront l’indépendance dans les 48 heures. C’est en tout cas ce qu’ils annoncent. S’ils le font, Madrid menace alors de suspendre l’autonomie dont bénéficie actuellement la Catalogne.

29 septembre 2017

http://www.europe1.fr/

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28 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

vaga general (médiapart)

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La Catalogne en grève générale le 3 octobre!

Sous la botte de Madrid, la démocratie est écrasée en Catalogne. Les organisations syndicales de lutte ont la ferme intention de ne pas laisser les libertés publiques être ainsi foulées aux pieds : les travailleuses et travailleurs de Catalogne sont appelé.es à la grève générale le 3 octobre prochain par plusieurs organisations dont la Confederació General del Treball, la CGT anarcho-syndicaliste.

Communiqué de la CGT de Catalogne : convocation à la grève générale le 3 octobre

La grève générale est convoquée dans tous les secteurs productifs.

Au cours des dernières années, les travailleuses et les travailleurs de Catalogne ont souffert d’une dégradation importante de leurs conditions d’existence. Nous avons été touchés par une baisse générale des salaires.

Nous avons vu comment les [contre-] réformes de la législation du travail de 2010 et de 2012 ont engendré une impuissance croissante face aux employeurs, laquelle s’est traduite par une précarité plus grande ainsi que par une aggravation générale de nos conditions de travail.

Dans le même temps, nous avons assisté à une hausse de la répression, des grévistes et des militants sociaux ont été trainé devant les tribunaux, des amendes ont été prononcé suite à l’adoption de la Loi-bâillon [promulguée en 2015, cette loi criminalise les mouvements sociaux], etc. Au cours de ces derniers jours et de ces dernières semaines, nous avons observé com- ment cette répression s’est étendue à d’autres secteurs de notre société, aboutissant en ce qui semble un processus général de suspension des droits civils par l’État.

Ces raisons ont motivé le Comité confédéral de la CGT de Catalogne [organisation anarcho-syndicaliste] réuni mardi soir avec une représentation de presque toutes ses fédérations territoriales et sectorielles, à convoquer une grève générale pour le 3 octobre prochain. Cette convocation à la grève entend, concrètement, mettre en avant trois points:

1° Mettre un terme à la suspension des droits civils imposée au cours des derniers jours (avec des perquisitions, la fermeture de sites internet, la violation du secret des correspondances, l’interdiction de rassemblements et de meetings, etc.). Ces droits civils avaient déjà été considérablement affaibli lors des dernières réformes du code pénal et l’adoption de la Loi-bâillon. Cette restriction des droits érode la capacité de défense de la classe laborieuse dans tous les domaines et, en particulier, sur les lieux de travail.

2° Le refus de la présence d’organes policiers et militaires dans de nombreux lieux de travail, comme cela a été le cas au cours des dernières semaines dans diverses imprimeries, écoles, entreprises de messagerie [l’État espagnol a interdit la diffusion de toute propagande ou matériel de vote par le biais des postes], etc.

3° L’abolition des [contre-] réformes du travail de 2010 et 2012.

Cette grève générale s’inscrit dans le cadre de l’appel unitaire, lancé par notre organisation et d’autres mouvements ainsi que des collectifs sociaux, adressé à toute la population en faveur de la défense des libertés publiques. En ce sens, elle vise à stimuler et à promouvoir une mobilisation sociale large.

Le secrétariat permanent du Comité confédéral de la CGT de Catalogne, 27 septembre 2017

Communiqué original sur le site de la CGT Catalunya, traduction par le site suisse  À L’Encontre.

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D’autres organisations appellent à la grève générale en Catalogne :

Intersindical Alternativa de Catalunya (IAC) et  Coordinadora Obrera Sindical (COS). Par contre l’UGT comme les CC-OO de Catalogne sont absentes de cet appel et en restent malheureusement pour l’heure au stade des déclarations.

La CGT est la troisième organisation syndicale de Catalogne, l’une des organisations membres du Réseau syndical international de solidarité et de lutte avec l’Union Syndicale Solidaires.

 28 sept. 2017 Théo ROUMIER

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28 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

montreuil (le monde)

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Montreuil : des parents d’élèves qui bloquaient « l’usine toxique » délogés

Une centaine de personnes réclamaient, mercredi, la fermeture d’une société utilisant un produit cancérogène à proximité d’une école.

Marie Pavlenko est encore « sous le choc ». Avec une centaine de parents d’élèves et de riverains, elle avait décidé, mercredi 27 septembre, d’« appliquer le principe de précaution » en bloquant « l’usine toxique » comme on l’appelle dans le quartier, située à une trentaine de mètres du groupe scolaire Jules-Ferry, à Montreuil (Seine-Saint-Denis).

L’« usine toxique », c’est un bâtiment vétuste qui abrite tant bien que mal la SNEM (Société nouvelle d’eugénisation des métaux), une installation classée pour la protection de l’environ- nement (ICPE). Spécialisé dans le traitement des pièces mécaniques d’avion, ce sous-traitant d’Airbus et Safran déclarait produire encore plus de 37 tonnes de « déchets dangereux » en  2015, selon les dernières données du Registre des émissions polluantes. Elle est devenue indésirable pour les riverains depuis qu’un cas de leucémie rare (s’ajoutant à deux autres cas en quinze ans dans la même rue, dont un mortel) a été déclaré chez un élève de CM2 avant l’été.

« Jetée à terre comme un sac-poubelle »

« On s’était regroupés devant l’entrée dans une ambiance bon enfant quand un des policiers est arrivé en nous disant : Nous allons faire usage de la force, témoigne Marie Pavlenko. Ils ont commencé à charger en nous écrasant avec leurs boucliers. J’ai eu peur, j’ai crié comme un putois. Un CRS m’a attrapée et jetée à terre comme un sac-poubelle. » Résultat : une fracture de la main droite et une incapacité totale de travail de dix-neuf jours pour la romancière, qui va porter plainte pour « coups et blessures ».

Nicolas Barrot, le président de l’association les Buttes à Morel, qui mène la fronde et alerte les pouvoirs publics sur l’état de la SNEM depuis douze ans, a fait le bilan : six blessés et deux parents menottés et emmenés au commissariat. Antoine Peugeot, le responsable local de la FCPE, ajoute que des émanations de gaz lacrymogène sont arrivées dans la cour d’école alors que les enfants étaient en récréation. Il demande « la libération immédiate et sans poursuites des deux parents d’élèves interpellés » et rappelle les trois mots d’ordre martelés depuis les premiers blocages lors de la rentrée : « Fermeture immédiate de l’usine, dépollution du site et reclassement des salariés. »

Le maire de Montreuil, Patrice Bessac, qui a reçu une délégation du collectif des riverains mercredi, demande également une « libération immédiate des gardés à vue » et que « l’ensem- ble des poursuites engagées soient abandonnées ». La municipalité précise qu’elle s’est enga- gée à exiger des services de l’Etat « une totale transparence en demandant la mise à disposition publique de l’intégralité des études réalisées depuis 2007 ».

Taux anormalement élevés de chrome VI

Nicolas Barrot, lui, s’adresse directement au préfet : « Jusqu’à quand allez-vous protéger cette usine ? » Contactée par Le Monde, la préfecture de Seine-Saint-Denis n’a pas répondu à nos sollicitations. Depuis la rentrée scolaire, elle multiplie les communiqués rassurants pour expli- quer aux parents et aux riverains que la SNEM ne représente pas de danger qui nécessiterait sa fermeture. Quelques heures après l’intervention des forces de l’ordre, un communiqué tout aussi musclé rappelle que « l’Etat ne peut accepter les tentatives de blocages ou d’intimidation organisées par un groupe de particuliers » et « confirme l’absence de risque pour les popula- tions avoisinantes » sur la base de prélèvements effectués cet été après l’enquête du Monde (daté du lundi 3 juillet).

Pourtant, des résultats d’analyses pratiquées par le laboratoire central de la préfecture de police auxquels Le Monde a eu accès montrent que des taux anormalement élevés de chrome VI ont été retrouvés dans l’usine, alors même que son activité était limitée.

Ainsi, une concentration de 3,6 µg/m3 a été mesurée dans l’air intérieur lors d’un prélèvement effectué le 1er août, soit plus de trois fois la limite autorisée.

Un dépassement qui n’a pas échappé à l’agence régionale de santé (ARS) qui relève que « concernant le chrome VI, l’attention de l’exploitant est attirée sur un possible dépassement de la VLEP [valeur limite d’exposition professionnelle] sur 8 heures fixée à 1 µg/m3. »

Particulièrement prisé dans l’aéronautique pour ses qualités anticorrosives, le chrome VI est classé cancérogène, mutagène et reprotoxique.

Le règlement européen Reach interdit définitivement son usage dans l’Union européenne depuis le 21 septembre. Mais Airbus et Safran ont obtenu une dérogation pour continuer à l’utiliser.

La SNEM, elle, placée en procédure de sauvegarde depuis le 3 août, est tout de même sous le coup d’une « mise en demeure » de la préfecture depuis le 8 août. Elle a jusqu’à la mi-novem- bre pour mettre en conformité son système d’aération. Mais le préfet a fait savoir le 27 septem- bre que « l’exploitant a déjà satisfait aux deux premières obligations relatives aux déchets ». Pas de quoi rassurer les parents d’élèves qui continuent de réclamer la fermeture de l’usine, malgré les ecchymoses.

LE MONDE | 27.09.2017 Stéphane Mandard

http://www.lemonde.fr/

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27 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

pigeons! (slate)

Lluis Llach chante « L’estaca » chanson contre le franquisme, hymne à l’unité d’action

Pourquoi ne pige-t-on rien à l’indépendantisme catalan?

Le camp des séparatistes a remporté les élections régionales anticipées de ce dimanche 27 septembre (2015), transformées en plébiscite pour l’indépen- dance. Comment expliquer un tel succès quand le débat en France a jusqu’ici suscité beaucoup d’indifférence? Décryptage.

Ce week-end, la Catalogne a connu une échéance électorale très tendue: des élections régionales anticipées, transformées pour l’occasion en plébiscite pour l’indépendance par le président sortant Artur Mas (Actuellement Puigdemont note du blog). Le camp indépendantiste, qui présentait pour l’occasion une candidature commune portée par la société civile (Junts Pel Si ) en plus de celle du parti de gauche radicale CUP, a remporté 47,8% des voix. Suffisant pour lui donner la majorité des sièges et enclencher sans doute dans les mois à venir un processus d’indépendance unilatéral.

Alors que nos voisins espagnols font face à l’un des plus gros défis territoriaux de leur histoire récente, il faut bien avouer que la question de l’indépendantisme catalan reste assez peu connue ou débattue de notre côté de la frontière. Une ignorance, voire un manque d’intérêt, qui ne manque pas d’agacer en Catalogne et fait le bonheur du camp unioniste sur Twitter.
(«Bon maintenant vous le savez, les indépendantistes. En France on en a rien à foutre de indépendance de la Catalogne» // « En France , ils n’ont rien à faire du sujet catalan et ils n’en n’ont pas peur car il ne se passera rien. Ils se préoccupent de Podemos. « French bashing mis à part,  pourquoi ne pige-t-on rien à l’indépendantisme catalan ?

1.Un indépendantisme ancré à gauche

Si les Français sont si souvent perdus face à la question du séparatisme «à la catalane», c’est que les indépendantistes ne correspondent pas du tout à l’idée que nous avons de ce type de mouvement. À commencer par leur positionnement politique. En France, la référence la plus connue, le séparatisme corse, est ancré idéologiquement à ses débuts dans la droite nationa- liste française. Or, le terreau idéologique de l’indépendantisme catalan trouve, lui, ses racines à gauche.

«Historiquement, la revendication récente de l’indépendance est d’abord venue d’un parti de gauche, Esquerra Republicana (ERC), qui fait désormais partie de la candidature commune qui se présente en faveur de l’indépendance aux côtés du président sortant», explique Cyril Trépier, chercheur en géopolitique et spécialiste de l’indépendance catalane.

Selon ce dernier, les indépendantistes catalans se revendiquent de gauche ou de centre-gauche afin de battre en brèche le reproche habituel de l’égoïsme de régions riches ne voulant plus payer pour des régions moins favorisées.

«Autrement dit, les indépendantistes catalans se veulent l’antithèse de la Ligue du Nord en Italie, qui envie l’audience médiatique dont ils bénéficient depuis fin 2012.» Mais, si peu de gens souhaitent encore aujourd’hui être considérés de droite en Catalogne, dans la réalité, les positions idéologiques ne sont pas toujours aussi tranchées. Depuis son grand succès de l’année 2012, le mouvement tend à se «transversaliser» dans la société. Surtout, la réalité des décisions politiques en Catalogne, dirigée par Convergencia (CIU s’appelle actuellement « Parti démocrate » NDB) , le parti du président Mas défini comme de centre-droit, tend à nuancer ce positionnement très à gauche.

On associe l’espagnolisme au franquisme et par syllogisme à la droite Lluis Orriols

Pour Lluis Orriols, docteur en science politique et co-auteur d’un ouvrage sur les comporte- ment électoraux en Espagne:  «Si l’on observe les préférences, surtout en terme de politique de dépense et de politique fiscale, la Catalogne est beaucoup moins de gauche que ce qu’elle affirme en réalité.» 

Pourquoi alors un tel tabou au moment de s’identifier politiquement? «C’est surtout à cause de la relation entre le nationalisme espagnol et la droite. Sans doute en raison d’un héritage du franquisme, on associe l’espagnolisme au franquisme et par syllogisme à la droite», explique ce spécialiste des questions électorales catalanes.

2. Ce n’est pas (seulement) un mouvement identitaire

Avec comme référence majeure l’indépendantisme corse ou le québecois, la France a le plus souvent tendance à associer le concept d’indépendantisme à celui d’identité de préférence voire de repli identitaire. Or, de ce côté-là aussi, nos voisins séparatistes aiment à nous em- brouiller. Si nous n’y pigeons rien, il semblerait que le leader de Podemos, Pablo Iglesias, non plus. Venu défendre la candidature de son parti aux élections catalanes, ce dernier a tenté un rapprochement hasardeux entre l’origine de certains catalans d’adoption et leur possible opposition à l’indépendance. Une intervention qui a déclenché un véritable tollé dans l’opinion publique catalane, obligeant Iglesias à nuancer rapidement ses propos.

 21% de la totalité des étrangers vivant en Espagne résident en Catalogne

L’incident souligne les relations complexes qu’entretiennent l’indépendantisme et l’identité catalane. Selon le dernier sondage publié par la Vanguardia, sondage qui donne la liste des indépendantistes en tête aux élections régionales avec 41% des intentions de vote, 39,6% des Catalans déclarent se sentir autant Catalans qu’Espagnols (contre 27,4% uniquement Cata- lans). Lluis Orriol nuance: «L’identité entre énormément en corrélation avec l’indépendantisme en Catalogne.» Le spécialiste concède toutefois qu’il existe un pourcentage d’électeurs, à l’identité mixte, majoritairement hispanophone qui appuient l’indépendance. «Pour eux, il ne s’agit pas seulement d’une question identitaire mais aussi d’une question de désaffection vis-à-vis de l’Espagne.»

Il n’est ainsi pas insensé de concéder aux indépendantistes catalans que l’identité n’est pas l’argument majeur sur lequel se construit le mouvement.

D’autant plus que ce dernier est né dans une région qui connaît de forts mouvements migra- toires: ainsi 21% de la totalité des étrangers vivant en Espagne résident en Catalogne. Conscient de ces chiffres et du métissage social, le camp indépendantiste a compris que l’identité catalane, si elle est essentielle pour une base de son électorat, ne devait pas être son seul argument au risque de l’isoler de tout un pan de la population catalane. D’où l’habileté avec laquelle Junts Pel Si a construit sa campagne, jouant sur les grands symboles comme la Diada (fête traditionnelle espagnole) tout en y associant un discours anticlivage, basé sur l’idée de construire un pays plus juste et neuf, un concept ouvert et qui parle à tous.

L’histoire de la construction nationale espagnole est celle d’un échec de l’émergence de l’État-nation Lluis Orriols

Patrick Roca Batista fait partie de l’Assemblée nationale Catalane, cette puissance organisa- tion de la société civile qui milite en faveur de la création d’un État catalan. Le militant franco-catalan reconnaît l’importance de l’identité dans le mouvement indépendantiste: «Mais c’est une notion d’identité ouverte et plurielle […], comme si la longue coexistence au quotidien de deux langues et de deux cultures, la catalane et l’espagnole, avait immunisé la société catalane contre le rejet de l’altérité.» Vision idéalisée d’une nation qui se démène pour exister? L’ADN de l’indépendantisme catalan se plaît à retourner les clichés: à gauche et pas à droite, identitaire mais ouverte à tous…

3. De profondes différences historiques avec la France

Si en France le phénomène peut avoir l’air d’un ovni politique et social, c’est aussi en raisons de profondes différences historiques. «Du fait de la force territoriale de Paris, de deux guerres mondiales contre l’Allemagne et peut-être d’autres épisodes comme la Révolution française, on a une adhésion beaucoup plus forte en France au modèle de la nation», analyse Patrick Roca Batista. «L’histoire de la construction nationale espagnole est celle d’un échec de l’émergence de l’État-nation. A contrario, l’Histoire de la France est un succès notable dans ce domaine», ajoute Lluis Orriols.

Ces différences historiques nous empêcheraient donc de percevoir la véritable dimension de l’indépendantisme catalan. «Alors que l’attention en France se concentre, de façon très imparfaite, sur les questions de l’identité et de l’économie, l’aspect le plus impor- tant et peut-être le plus intéressant de la question catalane passe souvent injustement au second plan: la dimension politique du processus. En décontextualisant l’indépendantisme catalan, on passe à côté de sa dimension principale: celle d’un problème de partage du pouvoir politique.» 

Par-dessus tout cela est arrivée la crise économique de 2009, se transformant ensuite en une crise de la dette Lluis Orriols

Cette lutte intestine entre le centre du pays et l’une de ses régions les plus riches n’est pas facile d’accès pour un public français. En marge du problème de la spoliation fiscale, les Catalans estiment que la lourde levée d’impôts à laquelle ils sont confrontés n’est pas justement réinvestie en termes d’équipements, d’infrastructures et d’investissements dans leur territoire, la posture verrouillée de Madrid concernant les négociations avec le «territoire rebelle» a exacerbé les tensions.

Ainsi, la «réforme du statut d’autonomie de la région», qui devait permettre aux Catalans de repenser les relations entre leur région et l’Espagne, a été enterré par la Cour Constitu- tionnelle espagnole en 2010. Une décision perçue comme profondément injuste par l’opinion publique et qui a fini d’envenimer les relations entre Madrid et Barcelone.

«Par-dessus tout cela est arrivée la crise économique de 2009, se transformant ensuite en une crise de la dette dans laquelle la Catalogne est devenue une sorte de petite Grèce, et a dû demander de l’argent à l’Espagne, comme la Grèce à la Troïka», détaille Lluis Orriols.

L’indépendantisme catalan est ainsi issu d’un cocktail explosif fait de frustrations, d’impossibilité à négocier dans un contexte de crise et un paysage institutionnel profondément moins unifié que le nôtre.

Il faut bien admettre que ces différentes strates ne le rende pas vraiment facile d’accès pour qui vit hors de Catalogne… Les programmes indépendantistes s’avèrent quant à eux beau- coup plus limpides. Pour convaincre la majorité des déçus de faire chambre à part avec l’Espagne, le programme tient en 4 mots: Faire un pays neuf.

«Ce qui rend le processus catalan passionnant à suivre et à vivre de l’intérieur, c’est qu’il est mis en œuvre par une société civile sans doute parmi les plus mobilisées au monde à l’heure actuelle, et qui présente un contraste saisissant avec une certaine apathie européenne am- biante. La création de l’État catalan est associée à l’idée de construire un pays non seulement neuf, mais surtout meilleur, et à le faire de façon participative, par le débat citoyen», s’enthousiasme Patrick Roca Batista.

Cela pose le problème de savoir qui est catalan et qui ne l’est pas et comment va-t-on le définir Benoît Pellistrandi

En effet, si l’on ne comprend pas toujours l’indépendantisme catalan en France, que pourrait- on bien avoir à craindre d’un mouvement qui se positionne comme ouvert aux autres commu- nautés et qui se plaît à s’imaginer en pays idyllique? Cet indépendantisme «aimable» comme l’appelle Benoît Pellistrandi, historien spécialiste de l’Espagne, ne présenterait-il pas certaines limites et dangers? «Cela pose quand même le problème de la citoyenneté, à savoir qui est catalan et qui ne l’est pas et comment va-t-on le définir. Et là, c’est quand même la boite de Pandore que l’on ouvre», avertit ce dernier.

Avis nuancé aussi du côté de Lluis Oriol: «Ce nationalisme civique, comme le discours sur l’identité, est un discours des élites. On ne peut pas être sûr que cela entre totalement en adéquation avec la réalité sociologique.»

Reste que le véritable danger semble plus se situer dans la division profonde qu’affronte aujourd’hui la Catalogne. Avec une déclaration unilatérale d’indépendance, le risque de se retrouver avec deux sociétés parallèles ne reconnaissant à aucun moment la légitimité l’une de l’autre est grand. Dans un tel scénario, la médiation européenne deviendra sans doute nécessaire. Mieux vaudra alors pour la France trouver une autre posture que l’ignorance ou l’indifférence.

Laura Guien  25.09.2015
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