Archive | Altermondialisme

26 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

brésil (amnesty)

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 Une manifestation pacifique est violemment dispersée à São Paulo

À São Paulo, la police militaire à a une nouvelle fois réprimé avec violence une manifestation pacifique qui s’est déroulée dans la ville le 21 janvier, dans le cadre de ce qui constitue une menace pour les garanties constitutionnelles relatives à la liberté d’expression à l’approche des Jeux olympiques prévus cet été, a déclaré Amnesty International.

Les policiers militaires ont dispersé les manifestants avec violence, tirant de nombreuses salves de gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes, et faisant un nombre inconnu de blessés. Selon les organisateurs de la manifestation, au moins trois personnes ont été grièvement blessées. Selon certaines informations, quatre manifestants ont été arrêtés.

« La police militaire a encerclé le rassemblement et attaqué les manifestants, comme on peut le voir sur des images vidéos prises par les médias et les organisateurs. Cette répression violente et la dispersion des manifestations pacifiques bafouent la Constitution du Brésil, a déclaré Atila Roque, directeur d’Amnesty International Brésil.

La police militaire a encerclé le rassemblement et attaqué les manifestants, comme on peut le voir sur des images vidéos prises par les médias et les organisateurs. Cette répression violente et la dispersion des manifestations pacifiques bafouent la Constitution du Brésil.
Atila Roque, directeur d’Amnesty International Brésil.

« Hélas, au lieu de promouvoir un débat politique sur la question des transports publics en réponse aux manifestations, l’État a lancé une offensive violente contre le droit de manifester pacifiquement. »

Organisé par Movimento Passe Livre (mouvement pour la gratuité des transports en commun) et des mouvements de jeunes de São Paulo, ce rassemblement était le cinquième d’une série de protestations organisées en janvier contre la hausse des prix des transports dans la ville.

Les manifestants, rassemblés devant la gare routière centrale de la ville, ont tenté de marcher jusqu’à l’Assemblée législative, mais une forte présence policière les en a empêchés, en violation flagrante de la liberté de réunion.

Lorsqu’ils ont levé les mains en l’air et tenté d’avancer en scandant « Pas de violence », la police a réagi en tirant des dizaines de cartouches de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes, ainsi que des balles en caoutchouc. Les policiers ont également utilisé leurs boucliers et leurs matraques pour frapper les manifestants.

Sur une vidéo prise à la Praça da República, où se trouvait la plus forte présence policière, on peut voir les policiers tirer 30 grenades assourdissantes en 15 secondes pour disperser les manifestants.

https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2016/01/brazil-police-repression-mars-peaceful-protest-in-sao-paulo/

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22 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

sur la géopolitique (révolution)

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De Jean-Luc Mélenchon

Depuis l’éclatement de la crise en 2008, les relations internationales sont de plus en plus tendues et les crises majeures se succèdent – en Ukraine, en Afrique et surtout au Moyen-Orient. Confrontées à la contraction de leurs marchés, les puissances impérialistes se livrent à une lutte toujours plus féroce pour le contrôle des débouchés économiques et des « points d’appui » stratégiques. Dans ce contexte, tous ceux qui luttent contre le capitalisme doivent s’intéresser à ces questions, d’autant qu’un grand nombre de positions très confuses, voire erronées, circulent dans le mouvement ouvrier.

Un autre ordre international ? C’est le cas, notamment, des conceptions avancées régu- lièrement par Jean-Luc Mélenchon. Autant Mélenchon peut prendre de bonnes positions sur des questions de politique intérieure, comme sur le conflit chez Air France, autant il est souvent confus sur les questions internationales.

Il insiste sur la nécessité d’un « nouvel indépendantisme » français et d’un réalignement des alliances au niveau international. C’est ce qu’il a exprimé très clairement plusieurs fois et notamment en septembre dernier, lors de l’annulation, par la France, de la vente de navires militaires Mistral à la Russie : « En s’alignant ainsi [sur l’OTAN], la France se coupe des tentatives de constructions d’un autre ordre international dans le cadre d’une Organisation des Nations Unies refondée et en lien avec les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). »

Si l’on suit Mélenchon, la France devrait s’allier avec les pays qui auraient un intérêt à construire un ordre mondial différent de l’actuel, qui est dominé par les Etats-Unis. Mais cela ne réglerait rien. Ces pays n’agissent pas «contre les Etats-Unis» par amour du «droit interna-tional» ou pour aider la démocratie et le progrès humain. Ce sont des Etats capitalistes dont la politique étrangère est dictée par les intérêts de leurs bourgeoisies.

En s’opposant aux Etats-Unis en Ukraine ou en Syrie, Poutine défend avant tout les inté- rêts des oligarques russes, les mêmes intérêts qui ont présidé à l’écrasement de la Tchétchè- nie (avec le soutien des Etats-Unis). Quant à l’Afrique du Sud, sa volonté d’être une «puis- sance régionale » en Afrique subsaharienne est conforme aux intérêts de sa classe dirigeante. Il suffit de regarder comment sont traités les travailleurs sud-africains, parfois assassinés quand ils se mettent en grève. Si l’« autre ordre international » dont parle Mélenchon se concrétisait, il serait en fait le même que l’ancien, sous de nouveaux drapeaux et avec de nouveaux maîtres exploitant les mêmes esclaves.

Utopie réformiste L’impérialisme est indissociable du capitalisme arrivé à maturité. Vouloir organiser le monde de façon harmonieuse et respectueuse des « souverainetés nationales » sans toucher au capitalisme est une utopie. Celle-ci découle du réformisme, qui ne s’attaque pas à la clé de voûte du système capitaliste : la propriété privée des grandes entreprises.

Si le capitalisme français reste en place, il lui faut des débouchés et des « zones d’influ- ence ». La politique internationale proposée par Mélenchon revient en fait à proposer à la bourgeoisie française d’abandonner ses vieux « alliés » pour de nouveaux, notamment sur la question de la Syrie et de l’Irak. Non seulement cette politique ne serait pas plus favorable aux travailleurs du tiers-monde, toujours victimes d’arrangements passés sur leur dos par des grandes puissances, mais elle ne changera rien à la situation des travailleurs en France. Car la domination impérialiste est un des piliers sur lesquels s’appuie le capitalisme français pour maintenir son pouvoir et l’exploitation des salariés en métropole.

La seule véritable solution pour les travailleurs des pays « riches » comme des pays « pauvres » se trouve dans leur solidarité et dans leur lutte contre leur ennemi commun, le système capitaliste. Les travailleurs français ne doivent pas se tourner vers la Russie de Poutine pour combattre les Etats-Unis d’Obama, mais s’allier avec les travailleurs russes et américains contre Poutine, Obama et les classes dirigeantes dont ils défendent les intérêts.

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18 janvier 2016 Jules Legendre

http://www.marxiste.org/sur-la-geopolitique-de-jean-luc-melenchon
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Commentaire: Un groupe membre du PCF

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19 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

le cobalt des smartphones (basta)

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Et des voitures électriques extrait par des enfants

Composant essentiel des batteries de nos smartphones, tablettes et voitures électriques, le cobalt provient en grande partie des mines situées au sud de la République démocratique du Congo (RDC).

Selon les estimations, le quart du cobalt exporté provient de mines artisanales, dans lesquelles les mineurs utilisent des outils très rudimentaires pour creuser et extraire le précieux métal. Ils travaillent sans aucune protection, exposant leurs peau et leurs poumons aux pous- sières très irritantes du cobalt.

Creusés à mains nues, sans matériel adéquat et sans précautions, les puits et galeries s’écroulent régulièrement, ensevelissant les travailleurs. Des dizaines de morts sont signalées chaque année. « Les mineurs ont tellement peur que nombre d’entre eux s’alcoolisent pour se donner du courage », souligne un rapport sur la filière cobalt publié ce 19 janvier par Amnesty international et l’Observatoire africain des ressources naturelles (Afrewatch).

Nolwenn Weiler 19 janvier 2016

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18 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

sené: forum social

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Depuis plusieurs années, de nombreuses associations et organisations morbihannaises organisent le Forum Social Local du Morbihan le dernier week-end de janvier.
Elles seront présentes et tiendront un stand le samedi.
Certaines proposent des animations et des solutions concrètes pour agir dans notre quotidien et notre environnement proche.
Des films, spectacles, conférences et débats sont proposés.

Cette année les 3 axes :
* Alternatives au capitalisme
* Solidarité Fraternité
* Extractivisme / Bien Commun

Bienvenue à ceux qui nous rejoindront !

Merci de bien vouloir diffuser notre invitation

Le collectif du FSL56. Programme complet sur le site:

http://www.fsl56.org/2016/programme_detaille

Téléchargez :
http://fsl56.org/_media/2016/fsl-2016-affiche.pdf : L’affiche
http://fsl56.org/_media/2016/fsl-2016-programme-a4.pdf : Le programme

Commentaire: Il y a un film dans le programme qui a entraîné le retrait des anarchistes:

http://confusionnisme.info/gauche-du-morbihan-va-faire-de-la-pub-pour-etienne-chouard

http://lahorde.samizdat.net/chouard-nest-pas-le-bienvenu-en-lorraine/

https://fr.wikipedia.org/Etienne_Chouard

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16 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

après les goodyear… (rp)

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Valls toujours plus fort !

Deux responsables d’ATTAC Marseille en garde-à-vue

Le gouvernement tape dur, et il ne s’en cache pas. Dernier exemple en date, l’interpellation puis la garde à vue pendant toute la journée de vendredi de deux responsables d’Attac Bouches-du-Rhône.

Leur crime ? Avoir volé des chaises… Vendredi matin des policiers viennent arrêter à leur domicile Antoine Richard, militant d’Attac Marseille, et Matthieu Laurentin, président d’Attac Marseille, pour les placer en garde à vue. Les agents de la sûreté urbaine viennent chercher les deux militants qui auraient pu tout simplement être convoqués au commissariat à la suite d’une plainte déposée par BNP Paribas.

La banque, en effet, regrette amèrement le vol de… treize chaises à la suite de deux actions de « réquisition citoyenne » qui ont eu lieu dans des agences BNP Paribas de Mar- seille en novembre dernier. Les militants d’Attac-13 avaient répondu à l’appel à réquisitionner 196 chaises avant la COP21, dans les agences des banques les plus implantées dans les paradis fiscaux.

Ils ont finalement été libérés huit heures après le début de leur garde à vue. Trois chefs d’accusation ont été retenus contre les deux camarades : vols en réunion le 13 octo- bre et le 6 novembre et apologie de crime et délit. Si la situation n’était pas aussi dramatique, une telle mascarade ferait rire… Matthieu Laurentin a pour sa part refusé les tests ADN ne « comprenant pas pourquoi la police ficherait des gens », ce qui, aux yeux de la « justice », pourrait aggraver son cas.

Après le jugement et les neuf mois de prison ferme requis contre les Goodyear, cette nouvelle rafle est une tentative d’intimidation du mouvement social visant à bâillonner toutes les voix dissidentes. Dans le cadre d’un début de mouvement contre la répression des équi- pes syndicales combatives, contre l’état d’urgence et les guerres que mène la France, il nous faut exiger, pour Matthieu et Antoine ainsi que pour tous les « faucheurs de chaise », la fin des poursuites à leur encontre. Publié le 15 janvier 2016 Corine Rozen

http://www.revolutionpermanente.fr/ATTAC-Marseille-places-en-garde-a-vue

Petite info sur les chaises:

http://www.bastamag.net/requisition-de-chaises-chez-BNP-Paribas-pour-denoncer-l-evasion

http://anv-cop21.org/wp-content/uploads/2015/10/Fiche-action-requisition-chaises

https://france.attac.org/se-mobiliser/toutes-et-tous-faucheurs-de-chaises/

https://france.attac.org/appel-international-a-la-requisition-citoyenne-de-chaises

https://alternatiba.eu/leman/2015/11/28/fauchage-de-chaises-dans-les-banques/

 

 

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13 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

cauchemar, l’amérique défavorisée (basta)

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Proie de l’industrie des gaz de schiste, de ses pollutions et de ses escroqueries

Enquête à Youngstown, dans l’Ohio, l’une des zones les plus pauvres de l’Amérique. Des petits propriétaires floués, des grandes multinationales abusées par la promesse de profits mirobolants, des habitants qui subissent les pollutions et le bruit assourdissant des puits de forage à l’orée de leurs jardins, une faune qui s’exile, des séismes qui se multi- plient… Telle est la réalité de l’industrie des gaz de schiste dans le Midwest états-unien.

C’est l’une des régions les plus pauvres des États-Unis. La ville de Youngstown, dans l’Ohio, à mi chemin entre Pittsburgh et Cleveland, a été frappée de plein fouet par la désindustri- alisation, et peine aujourd’hui encore à se relever de ce traumatisme. Sa population a chuté de presque 170 000 habitants dans les années 1960 à un peu plus de 60 000 à l’heure actuelle, dont près de la moitié est noire. La population blanche a fui vers les banlieues ou vers des cieux moins défavorisés. C’est l’une des villes les plus pauvres des États-Unis [1].

La région est aussi l’une des principales lignes de front de l’expansion du gaz de schiste, dans la formation dite d’Utica. Youngstown et ses environs sont le théâtre d’opéra- tions industrielles utilisant la technologie controversée de la fracturation hydraulique, interdite en France.

Ils abritent aussi des opérations de réinjection dans le sous-sol des eaux usées issues du « fracking », une pratique dont on parle très peu en Europe mais qui comporte les mêmes risques que la fracturation hydraulique elle-même, sinon davantage. Dès 2011, Youngstown était frappée par un séisme de magnitude 4 sur l’échelle de Richter – le premier de toute l’histoire de la ville – directement lié à un puits d’injection. En février 2014, on en dénombrait déjà plus de 500. À quoi s’ajoutent plusieurs cas de pollution accidentelle ou délibérée.  Olivier Petitjean 13 janvier 2016

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12 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

la gauche devant le colonialisme 1 (essf)

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Retour sur une longue histoire

«La bourgeoisie, en tant que classe, est condamnée à prendre en charge toute la barbarie de l’histoire, les tortures du Moyen-âge, l’inquisition, la raison d’état comme le bellicisme, le racisme comme l’esclavagisme.» Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme [2]

Le monumental ouvrage coordonné par Marc Ferro, Le livre noir du colonialisme [3], est une référence incontournable pour tous ceux et celles qui veulent comprendre notre planète chaotique. Ferro et ses collègues racontent ce qu’on essaie toujours de cacher, à savoir comment le capitalisme, l’impérialisme, le colonialisme, le racisme forment en fin de compte un dispositif du pouvoir qui constitue le fondement du monde contemporain.

Devant tout cela, les mouvements anticapitalistes sont interpellés. À la fois acteurs, complices, victime, ils cherchent à élaborer un projet à travers tout cela, mais la plupart du temps, il faut constater qu’ils échouent à confronter l’impérialisme de «leurs» nations. Les classes populaires dans leur hétérogénéité sont «fracturées» par le capitalisme: ruraux contre urbains, précaires contre ouvriers, hommes contre femmes, immigrants contre tous les autres. Dans les réseaux organisés se distillent des idéologies réactionnaires et racistes, prônant le racisme, l’ethnisme, le nationalisme de droite. C’est là qu’entre en jeu le projet de l’émancipation. Avec Marx, avec la révolution des soviets, avec l’irruption des mouvements de libération nationale, les mouvements populaires se réinventent, forgeant une nouvelle identité internationaliste. Les deux voies, celle de la fragmentation et celle de l’émancipation, restent ouvertes, jusqu’à aujourd’hui. C’est pourquoi l’œuvre de Ferro et d’autres penseurs et mouvements que nous évoquerons ici vaut le détour.

Conquérir, exterminer, mettre en esclavage, piller Au tournant du seizième siècle, l’Eu- rope sort de la profonde somnolence dans laquelle elle est plongée pendant 1000 ans. Des villes expérimentent la financiarisation et la marchandisation de la production. Ces mar- chands se glissent entre les mailles des systèmes féodaux. Avec les nouvelles techniques de navigation, cette Europe presque capitaliste se disperse dans le monde. Elle «découvre» l’Amérique, que les pêcheurs et les pirates connaissent depuis longtemps, mais qui devient un vaste territoire à conquérir.

De là l’Europe procède à une systématique extermination des peuples autochtones. Dans l’ile d’Hispaniola (Haïti et la République Dominicaine aujourd’hui), le massacre fait pas- ser la population d’un million à 60 000 en 10 ans. Les enconiemdas (grandes concessions accordées aux chefs des expéditions) deviennent des camps de la mort où le travail forcé combiné à l’utilisation massive de la torture enferme les populations dans un cycle de mort.

Les profits gigantesques extraits de ces opérations alimentent l’essor du capitalisme et renforcent les marchands qui deviennent peu à peu des bourgeois [4]. La population des Amériques pratiquement éliminée, le capitalisme européen passe à une deuxième étape qui passe par la mise en esclavage de millions d’Africains. De 10 à 15 millions de personnes sont capturées et envoyées dans les plantations des Amériques.

Le capitalisme des plantations, très «rationnel» du point de vue économique, expéri- mente également l’organisation «scientifique» du travail sur une main d’œuvre totalement dépossédée et menée comme dans les futurs camps de concentration nazis [5]. En Angle- terre, où le passage au capitalisme est plus rapide, l’esclavage permet l’approvisionnement des matières premières transformées par les industries où sont concentrées les masses prolétariennes. Après l’Afrique et les Amériques, l’Europe capitaliste se tourne vers l’Asie. En Inde, un immense territoire économiquement développé mais politique fragmenté, l’Empire britannique détruit la production locale et transforme la population en une masse corvéable à volonté, entassés dans les ateliers de misère de Bombay et Calcutta [6].

L’ère des massacres Au tournant du 19è siècle, l’Afrique acquiert une nouvelle importance alors que s’accélère la course aux ressources entre les rivaux impérialistes traditionnels (France et Angleterre) et «émergents» (Allemagne, Japon, États-Unis) [7]. Réunis à Berlin en 1885, les Européens découpent le continent en zones d’influence pour mettre la main sur les riches ressources minières et agricoles. Le pouvoir colonial procède à de massives expro- priations. Les Africains sont soumis à une prédation de nature terroriste, comme au Congo, où la Belgique affame et conduit à la mort des millions de personnes.

C’est selon Elikia M’Boholo, «le temps des massacres» [8]. On observe comment le capitalisme avec ses nouveaux moyens expérimente de nouvelles techniques de prédation. Des génocides sont perpétrés un peu partout, comme en Afrique du Sud, en Namibie, au Cameroun, en Angola, à Madagascar. L’esclavage est délaissé pour être remplacé par un système de travail forcé. Alimentant les clivages ethniques, le capitalisme colonialiste recru- te des supplétifs locaux qui commettent des atrocités. Dans les colonies de peuplement où arrivent des milliers de colons, le pillage prend la forme du vol des terres, comme en Algérie [9].

À travers le bain de sang, les États impérialistes agissent à la fois par la coercition et l’hégémonie. L’hégémonie, c’est pour inculquer, non seulement les «bonnes manières», mais l’idée que la domination et le pillage sont légitimes. Ainsi en Europe sont ressuscités les mythes ancrés dans la tradition sur l’infériorité des Noirs. Sous l’égide des Lumières comme l’explique Catherine Coquery-Vidrovitch, le discours colonial insiste sur la nécessité de civiliser les sauvages, quitte à les dominer pour «sauver leurs âmes» [10].

Plus tard, le virage «scientifique» impulsé par Darwin avance l’idée qu’il «existe des races inaptes au progrès» [11]. Dans son Essai sur l’inégalité des races humaines, le comte de Gobineau (l’inspirateur d’Hitler) défend la subjugation. Ernest Renan, dont l’influence est énorme sur les débats intellectuels en France, explique que l’Europe domine parce qu’elle est supérieure sur le plan économique. Il est donc normal, affirme-t-il que les pays de race étrangère deviennent des «pays de serfs, de journaliers agricoles ou de travailleurs indus- triels. Il ne s’agit pas de supprimer les inégalités parmi les hommes, mais de les ampli- fier» [12]. Se construit alors une conscience racialisée au sein des populations europé- ennes, y compris parmi les couches populaires [13].

À la recherche d’une stratégie Ces pratiques prédatrices deviennent systématiques au moment où le capitalisme s’internationalise. En même temps, c’est l’époque où surgissent des mouvements anticapitalistes. Comment expliquer alors le fait que les mouvements en question s’engagent très peu sur le terrain de la lutte anti-coloniale? En réalité, il sévit dans ces mouvements une conscience tronquée, basée sur le fait que le capitalisme représente un «progrès inévitable», une sorte de «marche irrésistible de l’histoire».

Le capitalisme selon Marx confronte la «barbarie» des régions non-européennes. Il crée dans les centres du capitalisme mondial une classe moderne qui pourra éventuel- lement renverser le système et le remplacer par le socialisme. En attendant, malgré les énormes destructions commises par les capitalistes européens en Inde et en Afrique, le colonialisme contribue à provoquer les transformations sociales qui sont nécessaires pour que le capitalisme prenne son essor et pour que le socialisme, marchant sur ses traces, puisse s’imposer à l’humanité.

En attendant explique le collaborateur de Marx, Friedrich Engels, «des peuples qui n’ont jamais eu leur propre histoire, qui passent sous la domination étrangère à partir du moment où ils accèdent au stade le plus primitif et le plus barbare de la civilisation, ou qui ne parviennent à ce premier stade que contraints et forcés par un joug étranger, n’ont aucune viabilité» [14]. C’est le cas avec le Mexique, où la brutale invasion par les États-Unis est une «bonne chose», selon Engels: «Est-ce un malheur que la splendide Californie soit arrachée aux Mexicains paresseux qui ne savaient qu’en faire? Est-ce un malheur que les énergiques Yankees, en exploitant rapidement les mines d’or qu’elle recèle augmentent les moyens monétaires, qu’ils concentrent en peu d’années sur cette rive éloignée de l’Océan Pacifique une population dense et un commerce étendu, qu’ils fondent de grandes villes, qu’ils créent de nouvelles liaisons maritimes (…) qu’ils ouvrent vraiment pour la première fois l’Océan Pacifique à la civilisation ? » [15]

L’écrasement de la révolte en Algérie, affirme le même Engels, est une chose positive, puisque les Bédouins sont une «nation de voleurs». Le colonialisme français apportera le capitalisme, donc la civilisation [16]. De la même manière, la colonisation de l’Inde par l’An- gleterre impériale est certes une tragédie, mais en imposant le capitalisme à une société barbare, la colonisation est un « instrument inconscient de l’Histoire ». Un texte de Marx, longtemps commenté et critiqué, reflète cette pensée binaire :

« […] aussi triste qu’il soit du point de vue des sentiments humains de voir ces myria- des d’organisations sociales patriarcales, inoffensives et laborieuses se dissoudre (…) et leurs membres perdre en même temps leur ancienne forme de civilisation et leurs moyens de subsistance traditionnels, nous ne devons pas oublier que ces communautés villageoi- ses idylliques, malgré leur aspect inoffensif, ont toujours été une fondation solide du despo- tisme oriental (…) en en faisant un instrument docile de la superstition et l’esclave de règles admises, en la dépouillant de toute grandeur et de toute force historique (…) Il est vrai que l’Angleterre, en provoquant une révolution sociale en Hindustan, était guidée par les intérêts les plus abjects (…). Mais la question n’est pas là. Il s’agit de savoir si l’humanité peut accomplir sa destinée sans une révolution fondamentale dans l’état social de l’Asie [17]. »

 Basculement du monde Plus tard, Marx nuancera ses positions, en se détachant de la vision simpliste d’une marche irrésistible de l’histoire. Il devient partisan des luttes d’indépen- dance de la Pologne et surtout de l’Irlande, en qui il voit des ferments d’une lutte à finir contre le capitalisme. Néanmoins, le mal est fait, dans un sens. Les partis socialistes européens comme en Allemagne, en France, en Angleterre ne s’opposent pas à l’avancée du colonia- lisme dont ils déplorent par ailleurs les impacts négatifs.

Sous l’égide de la Deuxième Internationale, les socialistes collaborent à «civiliser» les nations barbares. En Namibie en 1904, le premier génocide du siècle est commis par l’ar- mée allemande contre les populations Hereros. La puissance social-démocratie s’émeut du caractère inhumain de l’opération, mais leur théoricien Édouard Bernstein déclare: «Les colonies sont là pour rester. Les peuples civilisés doivent guider les peuples non civilisés. Notre vie économique repose sur des produits qui viennent des colonies que les indigènes ne peuvent pas utiliser» [18]. En France, Jean Jaurès propose d’humaniser le colonialisme : « Là enfin où la France est établie, on l’aime, là où elle n’a fait que passer, on la regrette ; partout où sa lumière resplendit, elle est bienfaisante [19] ».

Pendant que les socialistes s’enfoncent dans le nationalisme qui les mène à renoncer à leurs principes fondamentaux en 1914, les peuples subjugués n’attendent pas la permis- sion pour se révolter. L’Inde connait un immense soulèvement en 1857 qui met l’Empire britannique à mal. En Chine, une véritable guerre éclate contre les impérialistes qui veulent obliger la vente de l’opium, une énorme source de profits et en même temps une calamité pour ce pays. Au Mexique, les insurrections paysannes débouchent sur une révolution nationale et démocratique (1910-11). Novembre 2015, BEAUDET Pierre

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article36927

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12 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

la gauche devant le colonialisme (2) essf

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Avec la révolution des soviets en 1917, le monde bascule.

La nouvelle Union soviétique renonce à tous les traités coloniaux établis par l’ancien régime. Des liens sont créés avec les mouvements de libération en Asie. À Bakou se tient en 1920 le « Premier Congrès des peuples de l’Orient » où sont présents 2500 délégués venus de Chine, de l’Inde, de Turquie, de Perse.

Soucieux d’étendre la révolution vers l’est (devant l’échec de révolutions européennes en Italie, en Hongrie, en Allemagne), le pouvoir des soviets veut changer la donne [20]. Quel- ques temps avant, le deuxième congrès de la nouvelle Internationale communiste (Troisième Internationale) fait le constat que l’impérialisme depuis la catastrophe de la Première Guerre mondiale est en crise. Il ne suffit plus de compatir avec les souffrances des peuples coloni- sés, mais, selon Lénine de « faire une politique tendant à réaliser l’union la plus étroite de tous les mouvements de libération nationale et coloniale avec la Russie des Soviets » [21].

Dans son allocution finale, Lénine insiste sur le fait que la révolution mondiale se déplace vers les pays où réside la grande majorité de la population mondiale, opprimée sous le joug de l’impérialisme. Cet impérialisme colonialiste, estime le communiste indien M. N. Roy, maintient le capitalisme en vie: «Il y a longtemps que le système capitaliste en Angleterre se serait écroulé sous son propre poids sans les vastes possessions coloniales que ce pays a acquises pour l’écoulement de ses marchandises et pour servir de source de matières pre- mières pour ses industries sans cesse croissantes. En réduisant en esclavage les centai- nes de millions d’habitants de l’Asie et de l’Afrique, l’impérialisme anglais est arrivé à main- tenir jusqu’à présent le prolétariat britannique sous la domination de la bourgeoisie. » [22] Il est impératif que la gauche change de cap, selon la déclaration du Congrès de Bakou :

« Le socialiste qui, directement ou indirectement, défend la situation privilégiée de certaines nations au détriment des autres, qui s’accommode de l’esclavage colonial, qui admet des droits entre les hommes de race et de couleur différentes ; qui aide la bourgeoisie de la métropole à maintenir sa domination sur les colonies au lieu de favoriser l’insurrection armée de ces colonies, ce «socialiste», loin de pouvoir prétendre au mandat et à la confian- ce du prolétariat, mérite sinon des balles, au moins la marque de l’opprobre . » [23]

En tournant des années 1920, l’IC accentue sa campagne antiimpérialiste au moment où les puissances acceptent du bout des lèvres le droit à l’autodétermination, ce qu’elles renient en perpétuant les pratiques coloniales. De nouveaux massacres sont perpétrés au Maroc, au Vietnam, au Nicaragua. Le congrès de fondation de la Ligue anti-impérialiste est convoqué à Bruxelles en 1927 par l’IC et des mouvements de libération de cinq continents.

Les «nations obscures» prennent leur élan et bientôt, se détachent de l’Internationale qu’ils trouvent trop inféodé à la politique soviétique [24]. Des dissidents comme Sultan Ga- liev, un tatar qui participe à la révolution soviétique, trouvent que l’Internationale reste trop européocentrique, ce qui laisse penser que l’influence d’une certaine gauche coloniale reste vivante [25]. Cette thématique sera reprise sous des formes diverses par des mouvements et des penseurs importants tel Mao Tsétoung, Ho Chi Min, Amilcar Cabral, etc.

Le rebond de l’histoire Après la Deuxième guerre mondiale, l’irruption du tiers-monde emporte les vieux empires coloniaux en Afrique et en Asie. La révolution chinoise, à la fois anti-impérialiste et anti-féodale, inaugure un cycle des grands mouvements d’émancipation sociale et nationale. Réunis à Bandung (Indonésie) en 1955, des États indépendants et des mouvements de libération nationale s’érigent en troisième pôle dans une géopolitique mon- diale dominée par l’affrontement entre les États-Unis et l’Union soviétique [26]. La plupart des pays africains arrachent leur indépendance, sauf dans les régions où sévit le colonialisme de peuplement (Afrique du Sud, Angola, Mozambique, Algérie). Au tournant des années 1960, ces mouvements se radicalisent et définissent un agenda de transformation radicale.

Les pays impérialistes alors, États-Unis en tête, réorganisent leur stratégie. Ils concè- dent l’indépendance là où des relais locaux sont prêts à perpétuer les pratiques coloniales sans le statut colonial : c’est le «néocolonialisme». Ce projet est rejeté par plusieurs mouve-ments, notamment au Vietnam, où le Front National de Libération continue d’affronter les États-Unis et leurs fantoches après le départ des colonialistes français. Aux États-Unis et dans plusieurs pays capitalistes, un grand mouvement de solidarité internationale se met en place en soutien à la lutte du peuple vietnamien. Ce renouvellement de l’internationalisme bouscule les partis de gauche et mobilise des secteurs importants de la jeunesse.

En Amérique du Sud, cette insurrection contre le contrôle impérialiste connait un rebond imprévu à Cuba (1959). Les révolutionnaires cubains lancent un grand mouvement latino-américain pour accentuer la résistance. Dans son « Message à la Tricontinentale » (une organisation fondée à Cuba pour coordonner les luttes), Che Guevara déclare qu’il faut se battre: «Le rôle qui nous revient à nous, exploités et sous-développés du monde, c’est d’éliminer les bases de subsistance de l’impérialisme: nos pays opprimés, d’où ils tirent des capitaux, des matières premières, des techniciens et des ouvriers à bon marché et où ils exportent de nouveaux capitaux (des instruments de domination) des armes et toutes sortes d’articles, nous soumettant à une dépendance absolue» [27].

Ce cri du cœur du Che s’ajoute à d’autres interventions qui viennent secouer le confort d’une certaine gauche institutionnalisée qui fonctionne à travers les partis de gauche dans les pays capitalistes, et qui est globalement alignée sur l’Union soviétique. C’est le cas notamment de Frantz Fanon. Dans les années 1970, le mouvement anti-impérialiste et anticolonialiste continue d’avancer à travers les victoires marquées en Angola, au Mozam- bique, au Nicaragua. Le dispositif impérialiste est menacé de dislocation devant la montée des résistances. Les États du tiers-monde constituent des alliances qui reprennent le drapeau de Bandung et mettent de l’avant un « Nouvel ordre économique international ».

Après une période d’instabilité, les États-Unis se remettent sur un mode offensif dans les années 1980. Ils contribuent à l’enlisement de l’Union soviétique qui commet une erreur stratégique en envahissant l’Afghanistan (1980). Plusieurs États du tiers-monde entrent dans une crise prolongée provoquée par les nouvelles politiques macro-économiques imposées par Washington via la Banque mondiale et le FMI. Quand l’URSS implose en 1989, les États- Unis et leurs alliés subalternes estiment qu’ils peuvent consolider leur emprise en déployant leurs forces militaires dans toutes les régions du monde. De conflit en conflit, cette tension permanente débouche sur les évènements de 2001 et subséquemment, sur le déclenche- ment de la «guerre sans fin» de George W. Bush.

Le colonialisme et l’anticolonialisme aujourd’hui Une guerre de position (selon la formule de Gramsci) est en cours et déterminera les contours de la géopolitique et de la géo-éco- nomie mondiales. Dans le sillon de la guerre sans fin se déploie une véritable entreprise de reconquête d’un vaste « arc des crises » qui traverse l’Asie jusqu’à l’Afrique en passant par le Moyen-Orient. Au début, les États-Unis pensaient occuper militairement cette zone et procéder à une « réingénierie » politique, sociale, économique.

C’était sans compter sur les résistances qui ont empêché ce plan de se réaliser, notam- ment en Irak, en Afghanistan, en Syrie, en Palestine. Ces résistances anticoloniales s’expri- ment davantage sous la forme de mouvements nationalistes utilisant la religion comme référence et sur la base d’un projet relativement non-défini où les accents réactionnaires (contre les droits des femmes et des minorités par exemple) occupent une place importante.

Pour autant, la confrontation avec l’impérialisme prend d’autres formes, notamment en Amérique latine où la vague progressiste remet en question des mécanismes du contrôle exercé par les États-Unis et ses alliés-subalternes du G7. Devant tant de points de blocage, les dominants ressortent un certain nombre de vieilles recettes. Le regain d’un néo-natio- nalisme de droite couplé à l’hostilité entretenue face aux Arabes et aux Musulmans s’ajoute à une remonté du racisme anti-immigrant.

L’idéologie derrière cela est de présenter la «menace» d’un ennemi à la fois «intérieur » et «extérieur», antinomique avec les «valeurs» du capitalisme et de la démocratie libérale où les zones sans droit de Gaza, Bagdad, Kaboul se combinent aux quartiers immigrants ghettoïsés dans les grandes villes capitalistes. On en vient à une autre facette de la «guerre sans fin» dans le domaine de la culture et des médias. Les lubies du politicologue conser- vateur Samuel Huntingdon reviennent à la mode, dans le sens d’une «guerre de civilisations» où le camp «occidental» doit se défendre dans une confrontation sans fin et sans merci.

Dans cette évolution, le racisme occupe toute sa place, mais un racisme «modernisé: «La hiérarchie raciale se présente plus comme une pyramide que comme une opposition entre deux pôles homogènes. Elle est à la fois bipolaire, opposant Blancs et non-Blancs, et pyramidale : face aux Blancs ou plutôt en dessous des Blancs s’empilent les différents groupes raciaux opprimés, par strates de couleur ou de culture, chacune selon son rang dans l’humanité ou la civilisation [28]. »

La gauche contemporaine saura-t-elle éviter cette dérive ? Les enjeux sont multiples, car on y trouve à la fois de profondes régressions sur le plan des droits ainsi que l’extension de la militarisation et des confrontations, non seulement contre des mouvements de résis- tance, mais contre des États perçus comme des adversaires (les « émergents »).

Des secteurs de la social-démocratie, convertis au social-libéralisme, semblent tout à fait disposés à s’engager dans cette «guerre sans fin». Il reste aux secteurs toujours dé- voués à la cause de l’émancipation d’y faire échec et de repenser luttes et stratégies au prisme de la « décolonialité » politique et théorique, qui « met en évidence la dimension raciste et culturellement infériorisante de la domination coloniale et s’ouvre à des modes de vie et de pensée disqualifiés depuis le début de la modernité capitaliste/coloniale » [29].

Pierre Beaudet

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article36927

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11 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

fouesnant (lpb)

fouen

Oui à lʼaccueil des réfugiés

Le mardi 5 janvier, sur décision du Préfet du Finistère, 27 migrants partis la veille de la «jun- gle de Calais» sont arrivés à Fouesnant afin dʼy être logés a priori pour 3 mois.

La préfecture a pour cela réquisitionné un centre de vacances de la commune du sud-Finistère. Ces migrants sont des Kurdes Irakiens.

Le jour même, quelques militants identitaires bretons dʼADSAV manifestaient devant la mairie pour protester «contre l’arrivée à Fouesnant de dizaines d’immigrés clandestins afro- musulmans» (sic). Pour ne pas leur faire une publicité inutile, la presse locale en a très peu parlé.

Ce qui nʼa pas été le cas le jeudi, quand a débarqué à Fouesnant une délégation du FN conduite par certains de ses conseillers régionaux pour protester eux aussi contre lʼarrivée des migrants. Eux ont eu le droit à des articles dans la presse et à un passage avec inter- view sur France 3. Cʼest ce qui a amené la réaction par communiqué de la Fédération UDB Finistère/Penn ar Bed :

« Cette semaine, 27 migrants dont 3 familles ont été accueillis à Fouesnant. Jeudi, le FN, conduit par Gilles Pennelle, président du groupe FN au Conseil régional de Bretagne, qui avait fait le déplacement depuis Fougères, est venu manifester contre leur arrivée. Ce même Gilles Pennelle qui avait pendant la campagne électorale demandé à la population de dénon- cer les maires et les municipalités qui accueillent des réfugiés.

Ce comportement est affligeant. Où est la solidarité avec les victimes de la guerre au Proche-Orient ? Il faut quand même rappeler que les migrants de Fouesnant appartiennent au peuple kurde qui est déchiré principalement entre la Turquie, lʼIran, lʼIrak et la Syrie. Les kurdes sont parmi les 1ères victimes de Daesh, et quand ils passent par exemple en Tur- quie, ils sont victimes du régime dʼErdogan ! LʼUnion Démocratique Bretonne sʼélève vive- ment contre lʼaction du FN qui voudrait peut-être quʼon remette les migrants dans un bateau en face de la point du Raz ? » ( Résumé)

Christian Pierre 11 janvier 2016

Lire en entier:

http://lepeuplebreton.bzh/oui-a-accueil-des-refugies-a-fouesnant/

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11 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

mobilisation massive à nantes (basta + al)

pont

Contre l’expulsion des habitants de Notre-Dame-des-Landes

20 000 personnes, un millier de vélos et 400 tracteurs ont occupé une partie du périphérique nantais ce samedi 9 janvier.

Leur revendication ? La suspension immédiate des procédures d’expulsions des habitants de la zone réquisitionnée pour la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Les organisateurs souhaitaient «une ambiance enthousiaste, conviviale et sereine». Le pari est réussi avec une manifestation inter-générationnelle, joyeuse, bigarrée et très calme. Le gou- vernement n’a cependant pas répondu à leurs demandes. Les occupants qui refusaient de quitter le périphérique ont été sommés de le faire, au milieu de la nuit, à coup de lacrymos…

Lire le Reportage sur Basta

Myriam Thiebaut, Nolwenn Weiler 11 janvier 2016

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Lire aussi:

http://alternativelibertaire.org/?Notre-Dame-des-Landes-maree

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