Archive | Altermondialisme

15 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

omar slaouti (regards)

 

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15 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

co2 (lutte ouvrière)

mode

CO2 et particules fines

Déchets du profit

Dans le contexte de mécontentement dû à l’augmentation des taxes sur les carburants, le gouvernement a annoncé le doublement de la prime de conversion versée aux particuliers ou professionnels qui mettent à la casse un ancien véhicule pour en acheter un plus récent, censé être moins polluant.

Pendant des décennies, les travailleurs qui avaient les moyens les plus réduits et qui faisaient le plus de kilomètres, ont été incités à acheter des voitures diesel, pour le plus grand profit de groupes automobiles comme PSA. On les tient maintenant pour responsables de la pollution et leurs voitures se retrouvent interdites à Paris certains jours. Ils subissent de plein fouet l’aug-mentation des prix et des taxes et il faudrait qu’ils trouvent le moyen de se passer de leur vieille voiture ! Or, même augmentée, la prime de conversion ne concernera que la minorité qui aura les moyens de se racheter une voiture.

La prime, qu’on nous présente comme créée pour lutter contre la pollution, sert en réalité à aider les constructeurs.

Ainsi ses critères d’attribution sont liés à l’âge du véhicule et non à son caractère polluant. On peut donc l’utiliser pour acheter… un véhicule diesel ! Ou encore une voiture à moteur thermi-que, qui émet du CO2 dans des proportions deux fois et demie supérieures à ce que l’Union européenne veut interdire dès 2021.

L’État ne se contente pas de laisser les constructeurs produire des véhicules polluants, y compris en fermant les yeux quand ils trafiquent leurs moteurs pour les faire passer pour moins polluants, comme ça a été le cas au moment du Dieselgate. Il les aide à écouler leurs véhicules !

Une économie animée par le profit privé et qui repose sur le marché et la concurrence ne peut pas apporter de réponse aux questions écologiques. Gérer rationnellement les ressources et la production, en se donnant les moyens de trouver et de mettre en œuvre des solutions motivées par les besoins et le bien-être actuels et futurs de la population, nécessiterait de ne pas hésiter à imposer ces solutions contre les intérêts des capitalistes.

Nicolas CARL 14 Novembre 2018
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14 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

penser l’immigration (ballast)

migrants

Penser l’immigration

Olivier Besancenot et Danièle Obono

Qu’est-ce que vous attendez de cette rencontre ?Danièle Obono : Qu’on aille au-delà des caricatures. Qu’on pose les termes exacts du débat. Énormément de choses sont dites depuis la rentrée de septembre, mais elles ne relèvent pas d’une véritable discussion. On se fait traiter, à la France Insoumise, de « rouges-bruns » à demi-mot ; on nous prête des positions qui ne sont pas les nôtres ; on fait fi du travail qu’on fournit à l’Assemblée nationale et sur le terrain depuis plus d’un an. C’est insultant et extrême-ment violent. Il n’y a pas de « fracture » à gauche sur la question migratoire, il y a des diffé-rences, comme sur nombre d’autres sujets. Polémiquons au sens politique et positif du terme, c’est-à-dire sur des bases réelles.

Olivier Besancenot : Cette rencontre est une très bonne initiative. Auguste Blanqui disait que de la discussion peut toujours jaillir la lumière. J’attends de cet échange qu’il nous permette d’aborder les problématiques de fond qui peuvent faire désaccord entre nous. On ne peut plus se satisfaire de petites phrases savamment distillées. Assumons qu’il y a débat, et rendons-le lisible. On se respecte suffisamment pour tenter de le faire.

Un point de clarification, d’emblée, pour le lecteur. Vous parlez ici en votre nom propre ou au nom de vos organisations respectives ?

Danièle Obono : Je suis à la fois militante politique et députée de la France Insoumise. Je peux distinguer ce que je pense du mouvement, si distinction il y a, mais je parle publiquement comme responsable de la FI. J’ai d’ailleurs coordonné le livret L’Avenir en commun sur l’immigration.

Olivier Besancenot : Je ne suis pas mandaté en tant que tel pour cet entretien par le NPA, mais ce que je discute ici à titre individuel est en parfaite cohérence avec les positions défen-dues par notre parti. J’entends ce que tu dis, Danièle, mais j’ai peur de ne plus saisir les posi-tions de la FI. Je ne suis pas dans le « clash » mais on doit pouvoir se dire les choses sincère-ment. Notamment lorsque des sujets de dissension apparaissent. Et il y en a.

Quand je lis, par exemple, la députée allemande Sarah Wagenknecht, de l’organisation Aufstehen, prétendre pourfendre « la bonne conscience de gauche de l’accueil » ou Djordje Kuzmanovic, de la France Insoumise, qui suggère « d’assécher les flux migratoires », je me dis qu’une « fracture » politique voit le jour. Ferez-vous des alliances avec Aufstehen à échelle européenne ? La personne en question fera-t-elle partie de vos candidats aux élections européennes ?

Danièle Obono : Ça ne m’intéresse pas d’importer les débats allemands en France, comme ça a été fait sur ce sujet, de manière totalement biaisée et de mauvaise foi, sans même pren-dre la peine de traduire l’intégralité des positions réelles des uns et des autres. Leur situation n’est pas la même, leurs débats ne sont pas les nôtres, même si on partage bien sûr des valeurs communes.

Pas plus qu’on ne doit caricaturer les positions d’une personne, qui sont ce qu’elles sont, légitimes et discutables, mais qui ne sont pas pour autant celles du mouvement dans son ensemble. Djordje Kuzmanovic est un camarade : il n’est pas le « conseiller » de Jean-Luc Mélenchon sur les questions migratoires, comme ce dernier l’a publiquement fait savoir.

Je ne suis pas avec lui d’accord sur tout, mais il est très engagé dans le mouvement : il fait un gros travail, notamment sur les questions internationales ; je le respecte pour ça et partage avec lui l’essentiel, c’est-à-dire les idées et les propositions défendues dans notre programme « L’avenir en commun ». Je ne suis pas là pour parler de lui, pour lui, contre lui, à sa place, en sa défense, ou je ne sais quoi. Je suis là pour discuter de ce que je défends, moi, en tant que députée, de ce que notre groupe parlementaire, y compris Jean-Luc Mélenchon, qui en est le président, défend et par voie de conséquence de ce qui est la position de notre mouvement. Si on peut être clairs là-dessus dès le départ, ça permettrait de s’éviter de faux débats.

Olivier Besancenot : Jean Luc Mélenchon a déclaré qu’il n’était plus favorable à la liberté d’installation et de circulation…

Danièle Obono : Non : il a toujours été contre la liberté d’installation, en tout cas, depuis le Front de Gauche. Et il a toujours dit clairement que c’était sa position à lui. Nous fonctionnons au sein de la France Insoumise sur ce qui fait commun : comme cette question ne fait pas consensus, nous ne nous battons donc pas programmatiquement pour la liberté d’installation. Ce n’est donc pas nouveau ! Mais on est pour la liberté de circulation, on est favorables au fait de donner des papiers aux travailleurs vivant ici.

Olivier Besancenot : Mais comment peut-on être pour la liberté de circulation et contre celle de s’installer ? Si on admet le droit de pouvoir fuir son pays, et de traverser les frontières, alors il faut bien atterrir quelque part. Donc : en France, accueille-t-on ceux qui ont traversé la Méditerranée ? Quels sont alors les arguments qui s’opposent à la liberté d’installation ?

Danièle Obono : On a martelé, à commencer par Jean-Luc Mélenchon, qu’on doit accueillir les gens qui sont là. Qu’on ne doit jeter personne à la mer. Qu’on doit défendre le droit d’asile, on a même proposé de l’élargir. C’est écrit noir sur blanc. Mais la liberté d’installation, pour une partie de la FI, renvoie à l’imaginaire « no border », et la FI ne se positionne pas en faveur de l’abolition des frontières, ni de la suppression généralisée des visas.

Voilà pourquoi nous n’utilisons pas ce slogan. Mais, dans les faits, concrètement, nous donnons aux gens les moyens de vivre et de travailler. Personne ne semble avoir lu notre programme « L’avenir en commun » et le livret thématique n° 32, « Respecter les migrants, régler les causes des migrations », qui abordent tout ceci très concrètement ! Nous avons également élaboré une brochure de 40 pages, Pour une politique migratoire humaniste, solidaire, raisonnée et réaliste, qui présente nos propositions alternatives à l’infâme projet de loi macroniste sur l’asile et l’immigration, débattu et voté au printemps. À aucun moment nous n’accusons les migrants de faire baisser les salaires et les droits sociaux ; nous pointons seulement la responsabilité du patronat dans cette instrumentalisation. En quoi est-ce déshonorant ?

Olivier Besancenot : Dans un tweet, qui se faisait l’écho d’une déclaration de Jean-Luc Mélenchon, je m’étais autorisé à faire une simple piqûre de rappel marxiste : ce n’est pas l’immigration, même indirectement, qui fait pression sur les salaires, mais le Capital. L’équation que vous posez, et qui relie, même au titre de l’instrumentalisation, l’immigration à la baisse des salaires, est périlleuse. Je la rejette. Cette succession de déclarations m’inquiète : il existe des lignes rouges à ne pas dépasser.

Olivier, vous estimez qu’on ne peut pas mener ce débat « à bas bruit » car il va « reconfigurer l’avenir du mouvement ouvrier dans les prochaines années ». Pourquoi lui donner cette centralité ?

Olivier Besancenot : Nous nous orientons vers de profonds bouleversements politiques, en France comme ailleurs. Les espaces et les délimitations politiques risquent d’être durablement reconfigurés. La victoire de Bolsonaro, au Brésil, vient confirmer un tournant dans la période, marquée par une crise globale. Il y a le feu au lac.

Aux États-Unis, les élections se sont transformées en gigantesque référendum sur l’immigra-tion. L’air du temps est chargé de nuages noirs. Ce mouvement mondial prospère sur la crise sociale, écologique, économique et politique, qui s’enracine. Pour l’heure, il conduit principale-ment à l’émergence de courants populistes d’extrême droite, voire néofascistes. La question migratoire est au cœur de ce cyclone.

Quel degré d’importance lui accorder ? La traiter à la hauteur de son importance objective reviendrait-elle à faire de l’ombre à la question sociale ? Non, je continue de penser que les questions sociales et antiracistes sont complémentaires. On doit pouvoir parler fort, de manière décomplexée, sur ces deux enjeux. La stratégie gagnante des dominants est de trouver des boucs-émissaires sur le terrain de l’immigration : il nous faut penser contre notre temps. Et délimiter ensemble un espace politique clairement identifié auprès de l’opinion qui assume de dire que la liberté de circulation et d’installation sont des questions essentielles, pour aujourd’hui comme pour le projet de société qu’on imagine pour demain.

Danièle Obono : Qu’y a-t-il de nouveau dans les flux migratoires ? Une catastrophe climatique majeure va, dans l’avenir, peut-être imposer cette centralité. Mais, à la France Insoumise, nous refusons de placer la question migratoire au centre, c’est-à-dire d’épouser l’agenda des classes dominantes. On n’accepte pas les termes du débat, puisqu’ils sont biaisés. L’accueil des réfugiés politiques, économiques et climatiques, c’est une évidence, mais le traiter unique-ment par le biais de slogans comme « liberté d’installation » me paraît hors-sol.

Objectivement, la question migratoire ne fracture pas la société en deux. Elle n’oppose pas les migrants aux « vrais » Français. Pas plus qu’elle ne fracture la gauche ou le camp progressiste de manière fondamentale. L’immigration n’est pas un problème mais un des éléments politiques de notre époque : elle n’est pas centrale, fondamentale, structurelle, la centralité, c’est le partage des richesses et la crise écologique. C’est une analyse internationaliste que nous produisons. Qui, j’insiste, n’a à mes yeux rien de nouveau ni d’illégitime. C’est une probléma-tique et une ligne d’analyse qui fait par exemple partie, depuis toujours, des débats au sein du mouvement altermondialiste.

Olivier Besancenot : Affronter la réalité du monde, c’est affronter la réalité du monde capita-liste tel qu’il est, et tel qu’il développe sa propre crise. Les conflits militaires et les interventions impérialistes suscitent, par exemple, une partie des mouvements migratoires. Les libertés de circulation et d’installation ne sont pas des conceptions « hors-sol » : elles relèvent de droits vitaux liés à une urgence concrète.

Les peuples doivent être libres de vivre là où ils l’entendent, de rester ou de partir. Notre responsabilité, ici, consiste à lutter contre les politiques impérialistes menées par nos propres États et nos gouvernements guerriers. Bon nombre de migrants ne fuient pas pour le plaisir, c’est une évidence. Mais quand bien même aurions-nous réglé ces conflits, rien ne nous autorise à penser pouvoir figer les mouvements migratoires. Le principe essentiel qui subsiste reste, dès lors, le droit inaliénable, pour qui l’entend, de se déplacer, sans quoi, on s’arroge le droit de dire : « Toi, tu peux bouger, toi non. » Ce qui revient précisément à endosser la grille d’analyse de la classe dominante.

Le livret L’Avenir en commun consacré à l’immigration, et donc encadré par Danièle, pose trois points-clés. 1 : Arrêter les guerres ; 2 : Arrêter les accords commerciaux qui détruisent les économies locales ; 3 : Affronter le changement climatique. Olivier, avez-vous un désaccord sur ce triptyque ?

Olivier Besancenot : Bien sûr que non. Le débat est ailleurs. Le mouvement altermondialiste, qui a été évoqué tout à l’heure, n’a, par exemple, jamais revendiqué le fait de « lutter contre les causes » de l’immigration. Dans la confusion actuelle, celle de la percée de l’extrême droite et du racisme qui se distille partout, et tu l’as vécu dans ta chair, Danièle, on doit gagner en clarté politique. Quitte à être minoritaires, dans un premier temps. Je crois que ce mot d’ordre alimente la confusion politique.

Danièle Obono : La question que je pose, c’est celle de nos responsabilités, comme pays impérialiste dominant, pour agir dessus. En tant que puissance néolibérale, nous dévastons les économies et les agricultures des pays d’où viennent, en partie, les migrants. Nos grandes entreprises capitalistes déstabilisent les marchés africains.

Olivier Besancenot : Très bien, luttons sur ce terrain. Donc le budget de l’armée française. Mais c’est contradictoire avec la présence régulière d’une délégation de la France Insoumise au salon de l’armement du Bourget. Sans parler de votre critique de la baisse des budgets militaires ! On parle quand même de 300 milliards d’euros consacrés à loi de programmation militaire d’ici 2025. Un tiers du chiffre d’affaires de l’armement français passe par l’exportation des armes, nous plaçant au rang de troisième exportateur mondial.

Danièle Obono : C’est un autre débat.

Olivier Besancenot : C’est lié.

Danièle Obono : On peut, d’une part, critiquer les interventions impérialistes, y compris les ventes d’armes de la France, ce qu’on fait, et, d’autre part, sachant qu’on aspire à gouverner, assumer de nous intéresser à l’armée, aux objectifs et aux moyens qu’on lui donne. Car lors-que nous serons en responsabilités, nous devrons déterminer quoi faire ou ne pas faire. Les peuples doivent pouvoir disposer d’eux-mêmes, oui, mais cela signifie également, dans les conditions qui sont aujourd’hui les nôtres, d’avoir des frontières, des États, un territoire recon-nu et respecté, une protection. Autrement, c’est un slogan creux. Pourquoi les gens fuient-ils dans le pays voisin, pour passer dix ans dans des camps de réfugiés ? Car le leur, de pays, n’est pas stabilisé. Et les militants africains sont les premiers à le dire.

Olivier Besancenot : Le monde est tel qu’il est : 17 000 personnes ont crevé dans la Méditer-ranée depuis 2014 pour tenter de trouver refuge sur le sol européen. C’est donc un problème politique majeur. Je suis contre hiérarchiser les sujets de batailles politiques. La question nous est posée, donc nous devons y répondre sans bégayer, et sans feintes. Je n’ai jamais parlé d’effacer les réalités des territoires et des espaces portés par l’Histoire, dans toute leur complexité. Mais je ne crois pas aux identités assignées. Oui, ou non, ces 17 000 personnes avaient-elles le droit de trouver un lieu d’accueil ?

Danièle Obono : Là, on est d’accord, bien sûr ! On n’a jamais dit le contraire : c’est précisément ce qu’on défend depuis la campagne !

Olivier Besancenot : Mais que dit Jean-Luc Mélenchon ? Il faut accueillir, oui, mais se donner les moyens d’empêcher les gens de partir. Je ne suis pas d’accord. Qui l’autorise à penser ainsi le monde ? Imagine-t-il, lui, à contrario, qu’on puisse lui expliquer dans quel coin du monde il a le droit ou non de se rendre ? Le Nord qui contrôle les mouvements du Sud, c’est l’antienne de la pensée coloniale.

Qu’a dit Frantz Fanon à ce sujet ? L’Occident est une pure fabrication du tiers monde. Des décennies de pillage, d’esclavage et de colonialisme. Les richesses dont nous jouissons, si peu, ici, ont été extirpées là-bas. Nous, « Occidentaux », nous devrions nous protéger ? De qui, de quoi ? Tout en conservant, pour nous, le droit de circuler aux quatre coins du monde ; tout en restant persuadés que nos « ressortissants », eux, gardent la possibilité de s’installer partout. C’est toujours à sens unique. Je ne fais pas l’éloge de l’errance ou du nomadisme, pas plus que je ne fais celle de la sédentarisation.

Olivier, votre position implique-t-elle de remettre en cause les États-nations et les frontières que nous connaissons aujourd’hui ?

Olivier Besancenot : Frontière ou pas, les migrations ont lieu, à part peut-être en RDA, autrefois, mais ce n’est pas un modèle de société. Le démographe François Héran répond, lorsqu’on lui demande s’il est pour ou contre les migrations, que ça n’a pas plus de sens que d’être pour ou contre le vieillissement. D’un point de vue politique, des gens crèvent aujour-d’hui, donc, oui, je suis pour l’ouverture des frontières. Voilà comment la question se pose.

Plus généralement, l’État est quant à lui une structure de domination que je suis pour dépas-ser, en lui substituant un nouveau type de démocratie : l’expérience kurde doit nous interpeller. Durant des décennies, l’autodétermination du peuple kurde se traduisait essentiellement autour du mot d’ordre : un État avec des frontières. Depuis quelques années, le courant politi-que qui se construit autour du PKK formule ses revendications différemment : une solution fédérale pour l’ensemble des peuples de la région.

Danièle Obono : La majorité des peuples demande des États qui ne soient pas explosés. Les peuples aspirent à un territoire protégé.

Olivier Besancenot : Parce que l’État-nation constituerait une zone de protection ? En quoi est-il garant de stabilité ? J’opte volontiers pour la souveraineté populaire. Mais, personne ne peut pré-établir les espaces de cette souveraineté, encore moins vu d’en haut, et du Nord. L’échelle de cet espace peut être nationale, mais aussi régionale, locale, continentale ou internationale.

Frédéric Lordon a raison, sur ce point, de pointer un angle mort de notre pensée politique : nous sommes dans une séquence de régression politique collective liée aux expériences politi-ques du 20è siècle ; avant, le sujet de l’émancipation politique, la classe ouvrière, le prolétariat, se vivait plus volontiers par-delà les frontières du fait de son sentiment assumé d’appartenance de classe. Ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui. Nous sommes en effet en quête d’espaces de souveraineté « stables ». Car la politique a horreur du vide. Mais pour les confiner aux frontières ? Il n’y a pas plus instable, historiquement, que l’État-nation ! Rien n’est plus chao-tique que sa construction même. Les États-nations, dans le jeu d’opposition qu’ils suscitent, sont à l’origine des plus grands conflits planétaires et des guerres les plus sanguinaires.

Danièle Obono : Vouloir penser les causes des départs forcés, ce n’est pas assigner les peuples à résidence nationale mais leur permettre d’avoir un choix, un choix véritable, qui ne soit pas entre crever et crever un peu moins. Nous appelons à un Office mondial des migra-tions au niveau de l’ONU, où 197 États sont reconnus : nous n’avons pas à décider entre Euro-péens. D’autant que les flux migratoires ne concernent pas majoritairement les pays occiden-taux, mais bien ceux du Sud. Ce que défend la France Insoumise ne caresse pas l’air du temps dans le sens du poil. Au contraire. Nous sortons de nous-mêmes et pensons la migration à échelle planétaire.

« Je suis internationaliste. Pas mondialiste. Je crois au bon usage des frontières », écrivait cette année Jean-Luc Mélenchon. Que signifie pour vous cette opposition entre « internationalisme » et « mondialisme » ?

Olivier Besancenot : Je ne suis pas mondialiste, mais c’est là le vocable de l’extrême droite, en général… Je suis un internationaliste conséquent. C’est devenu une vanne, dans la gauche radicale, d’affirmer qu’on est favorable au brassage, au mélange. Je ne suis pas béni-oui-oui, je ne suis pas sponsorisé par Erasmus, je rappelle seulement nos fondamentaux politiques. Je crois à la reconnaissance des spécificités, mais dans leur relation à l’universel. Avec ce point d’équilibre, toujours. Je préfère les identités-rhizomes, dont parlait Glissant, aux identités closes. Je veux croire que nous naissons de plusieurs racines.

Danièle, je te propose que nous menions une campagne commune sur le thème « L’immigra-tion n’est pas un problème », tel que tu l’as énoncé tout à l’heure. Que toutes les forces le disent ensemble et donnent un maximum de visibilité à cette ligne face au public. Ne laissons pas planer de mauvais doutes. Car n’importe quelle personne assise dans son canapé, qui entend dire à la télévision, dans nos bouches, qu’il faut d’abord traiter « les causes » de l’immigration se dit machinalement que l’immigration est donc bel et bien un problème.

Danièle Obono : De quoi parle-t-on ici ? Pas de celles et ceux qui font le choix, par désir de voir du pays ou par choix de vie, d’aller vivre ailleurs, ayant à leur disposition les moyens pour faire et obtenir des visas, des titres de séjour… Tant mieux pour elles et eux ! Aujourd’hui, quand on aborde le sujet des migrations, extrême droite mise à part, qui est contre toutes les migrations, y compris légales, on parle bien des migrations « forcées », que ce soit par contrainte politique, économique, écologique…

On parle de gens qui n’ont en vérité pas le choix de rester ou de partir, et pour qui l’émigration est, dès le départ, un déchirement, une souffrance. Sans parler de toutes celles qu’elles et ils vont connaitre ensuite sur les chemins de l’exil… C’est à ces causes-là, les causes du malheur et du désespoir, que nous disons qu’il faut s’attaquer. En France, les migrants ne sont pas un problème, ils ne créent pas des inégalités, ils ne volent le pain de la bouche de personne, mais on ne peut pas occulter l’autre versant.

Dire uniquement que « l’immigration n’est pas un problème », c’est effacer la violence des départs. Le « Manifeste » [de Mediapart, Regards et Politis] se contente de dire que c’est comme ça, qu’on ne peut rien y faire. Je ne vois pas en quoi c’est contradictoire. Faisons donc une campagne qui aille au-delà : n’acceptons pas cet état de fait, n’acceptons pas que des gens risquent leur vie, ou la perdent, pour finir dans ces conditions porte de la Chapelle [à Paris].

Une enquête de l’Ifop, parue fin 2017, avance que 64 % des Français trouvent que le rythme de l’immigration est « trop élevé » et qu’une majorité se montre favorable à la fin du regroupement familial et à l’abolition de l’espace Schengen. La même année, Le Monde publiait une autre étude : « 77 % des ouvriers jugent qu’il y a trop d’étrangers en France. » Comment, en tant que révolutionnaires, donc en tant que porteurs de l’émancipation populaire, appréhender ce sentiment visiblement dominant au sein du peuple ?

Olivier Besancenot : Les idées ne sont jamais figées : c’est une bataille. À cet égard, la pensée d’Antonio Gramsci est souvent dénaturée : l’idée de l’hégémonie ne signifiait pas, pour lui, s’adapter au cours des choses, à ce qui est en vogue dans l’opinion. Il s’agissait de créer des espaces politiques, sociaux et culturels, clairement balisés, de les faire vivre, de les fortifier dans l’optique de rendre un certain nombre d’idées majoritaires dans la société. Afin de démontrer, ici et maintenant, au sein de cette société que nos positions sont viables. Il ne renonçait pas à la confrontation avec la pensée dominante pour autant.

Il n’est donc pas question de moduler son discours politique au sens commun du moment ?

Olivier Besancenot : Toutes les luttes d’émancipation ont été minoritaires dans un premier temps ! Le combat pour le droit des femmes, qui sont pourtant plus nombreuses que les hommes, a, lui-même, été minoritaire durant des décennies et des décennies. Je ne défends pas une politique qui nous minorise ; j’assume seulement la nécessité de résister à l’air du temps.

Quitte à perdre les élections ?

Olivier Besancenot : Quitte à perdre des voix, s’il le faut. Je l’ai entendu 10 000 fois : des gens me tapent sur l’épaule pour m’encourager et me féliciter pour ce que je dis sur les riches et les profits, tout en ajoutant qu’ils ne me suivent pas sur l’immigration. Mais il est important qu’ils continuent de savoir qu’avec nous, c’est un paquet cadeau. Il s’agit de créer un certain nombre de digues dans la société, de positions inébranlables.

Danièle, un « cadre » de la FI avait dit au Figaro que si votre mouvement assume pour mot d’ordre celui de l’ouverture des frontières, vous seriez « morts politiquement ». Il y a donc bien une réflexion stratégique.

Danièle Obono : Je ne sais pas de quel « cadre » il s’agit, qui aurait dit quoi exactement et je ne suis pas d’accord pour discuter sur la base des « on dit » médiatiques. Et, je le redis, la position d’une personne ne résume pas celle du mouvement. Notre position est celle de l’accueil et du sauvetage des migrants, mais, oui, pas celle de « l’ouverture des frontières ». Parce que ça ne veut rien dire, ou tout et n’importe quoi en même temps ! Et que nous croyons au bon usage des frontières.

On veut être majoritaires, oui, mais en convaincant les gens sur nos idées. Et pour ça, on cherche des moyens, des slogans, des revendications qui soient audibles, compréhensibles, qui permettent d’accrocher et de convaincre le plus grand nombre. Pourquoi est-ce que nous défendons la régularisation des travailleurs sans-papiers, en insistant sur la dimension de « travailleurs » ? Car ça dédramatise et ça parle aux gens qui peuvent comprendre et s’iden-tifier plus facilement aux sans-papiers qui bossent, comme n’importe qui, et qui devraient donc avoir des droits et des protections.

Les gens, au quotidien, comprennent et sont d’accord avec l’idée qu’on ne peut pas séparer les familles. Donc quand on demande la régularisation des parents d’enfants qui sont scolarisés, là aussi, ça leur parle. On a sans doute un désaccord tactique avec le NPA : avoir des mots d’ordre concrets aide à gagner des batailles. On doit créer des brèches. On ne dit pas qu’on va régulariser « tout le monde » comme ça, on ne défend pas l’« ouverture des frontières » parce que oui, ça braque, c’est contre-productif, ça renvoie encore une fois aux idéologies « no border »….

Bernie Sanders affirme que l’ouverture des frontières est une « proposition de droite ». Que la suppression des frontières nationales favorise la venue d’une main d’œuvre à bas coût et qu’elle fragilise, dès lors, les chômeurs afro-américains, blancs et hispaniques. Que répondre à ça ?

Olivier Besancenot : Que je ne suis pas d’accord. Cela ne correspond pas, en outre, à la réalité des mouvements migratoires. Il n’y a pas de règle mathématique ni de corrélation mécanique entre immigration et mise en péril des droits sociaux pour les résidents. Lorsqu’en France, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, durant les Trente Glorieuses, les classes dominantes ont été chercher, de force, des travailleurs étrangers pour effectuer des travaux que pas grand monde ne souhaitait faire, il n’y a pas eu pour autant de « pression salariale » particulière pour les autres travailleurs. C’est un argument dangereux et fallacieux, mais il est vrai qu’il n’est pas nouveau dans le mouvement ouvrier…

Paul Lafargue, du Parti Ouvrier, par exemple.

Olivier Besancenot : Oui ! Et c’est inassumable aujourd’hui. Certains opposent également à ma position des citations de Jaurès. Mais Jaurès n’a pas dit que ça, et a évolué sur la ques-tion ; à la fin de sa vie, il découvrait, par son humanisme, la réalité coloniale. On ne peut pas enjamber le siècle d’expériences politiques qui nous sépare de cette période. On ne peut pas faire fi de la Révolution russe, oublier le congrès de Bakou de 1920? qui a donné, pour la première fois, la parole aux peuples colonisés et rayer d’un trait de plume les luttes de libération nationale qui ont suivi.

Tout un tas de figures historiques du mouvement ouvrier, auxquelles nous nous référons pourtant, ont tenu des propos sur la question coloniale qu’on ne peut plus reprendre à notre compte, à commencer par Marx et Engels. Dans un autre registre, des pans entiers du syndi-calisme, y compris anarchistes ou syndicalistes révolutionnaires, affirmaient à la fin du 19è siècle que l’arrivée des femmes sur le marché du travail allait faire pression sur les salaires des hommes et mettre les travailleurs en concurrence entre eux. Qui, aujourd’hui, aurait à l’idée de proposer « d’assécher » le travail des femmes ?

Danièle Obono : Mais c’est un argument que le patronat utilise. « Si tu n’es pas content, on te remplacera. » C’est certainement un autre de nos désaccords. La classe dominante instrumen-talise les migrations, comme elle le fait aujourd’hui avec le chômage ou l’emploi des femmes. Les femmes ont davantage de temps partiels et de temps précaires. Systémiquement, le différentiel est de – 20 à – 25 %.

Le système capitaliste et patriarcal développe objectivement une stratégie d’opposition, il joue sur les uns et les autres, il surexploite, discrimine et met en concurrence sur le « marché du travail » les uns, les unes et les autres : actifs contre chômeuses et chômeurs, femmes contre hommes, blancs contre racisés, nationaux contre immigrés…. Pointer du doigt la responsabilité des capitalistes est légitime, et ça n’ouvre aucune boîte de Pandore nationaliste.

Olivier Besancenot : Eh bien nivelons par le haut ! Je n’entends pas le patronat avancer aujourd’hui l’argument que tu énonces. Le patronat pense d’abord en termes de gains de productivité, et y répond, le cas échéant, en délocalisant à l’étranger. Le patronat met désor-mais les travailleurs en concurrence à l’échelle de la planète ; il n’a pas eu besoin de l’immi-gration pour amputer le monde du travail, ces dernières années, de 10 % du PIB chaque année, au profit du Capital.

Danièle Obono : Dans le secteur du bâtiment, ils ne délocalisent pas : ils emploient des travailleurs arrivés récemment, parfois sans papiers.

Olivier Besancenot : Oui, des « délocalisations » sur place, en quelque sorte. Réglons le problème en posant ensemble la question du partage des richesses. Et on y arrivera. Mais quand tu additionnes « lutter contre les causes de l’immigration », « créer les conditions pour que les gens ne partent pas », et poser une équation, même instrumentalisée, entre migrants et baisse des salaires, avoue que ça donne à réfléchir !

Tout ceci amplifie ce que j’appelle « l’effet tunnel » du grand public vis-à-vis de l’immigration. Lorsqu’un individu se retrouve en situation de tension parce qu’il se sent agressé par un autre individu, il est prouvé que son champ de vision réduit de moitié ou des deux tiers. Il se focalise sur ce qu’il pense être un danger : la société est frappée par cet « effet tunnel », et une partie de la gauche radicale n’est pas loin d’y succomber à son tour. Incarnons tous ensemble le camp de ceux qui n’ont pas peur. Et cessons de mettre des notes de bas de page dans nos déclarations pour être compris.

En 2016, le cinéaste Ken Loach, soutien historique du NPA, déclarait que la gauche n’entend pas qu’il est « très troublant et déstabilisant » pour les gens de voir leur environnement « changer de façon drastique en l’espace même de dix ans ». Est-ce là une pente glissante ?

Olivier Besancenot : Parlons des questions identitaires s’il le faut. Discutons-les au sein de la gauche radicale. Moi-même je suis un Parisien, un con de Parisien !  Avec les contradictions footballistiques qui vont avec. Je peux être vraiment très parisien devant un match. Imaginons des espaces démocratiques à même de définir ou redéfinir des identités singulières et communes, ça ne me choque absolument pas : il n’y a pas de tabous.

La démocratie qui implique la majorité au titre d’acteurs politiques et non de sujets est le seul cadre qui puisse permettre de dénouer les crispations. Le populisme de gauche, tel qu’il est défini par Mouffe et d’autres, postule d’entrée que les questions de société, migration incluse, divisent le peuple à unifier autour de quelques questions sociales dédiées. Il y a eu des débats récurrents à ce sujet au sein de Podemos.

Il ne faut pas perdre de vue que les sujets majeurs de préoccupation, au sein de la population, c’est le prix de l’essence, le logement, le salaire. On doit donc construire des blocs sociaux et politiques, où les questions sociales et de société s’articulent dans leur complémentarité. Bien sûr que s’appuyer sur des revendications partielles peut faire avancer la cause. Quand la CGT et SUD appuyaient les mouvements de grève des travailleurs sans-papiers, nous les avons soutenus sans failles, mais nous poussions aussi, quitte à se dire quelques vérités, à ce que la convergence se noue avec les collectifs de sans-papiers qui n’avaient pas nécessairement d’emplois.

Danièle Obono : La question migratoire est sociale. Quel est le prêt-à-penser sur le sujet ? Qu’on n’a pas assez pour nous-mêmes, donc qu’on ne peut plus accueillir personne. C’est faux. On est la 6e puissance mondiale : on peut donner des droits. Jean-Luc [Mélenchon] ne le dirait pas avec ce mot, mais on assume d’être une société multiculturelle. On peut être afro-français — mieux, on est. Le débat culturel et identitaire est normal dans un monde qui se déconstruit. Reste à savoir ce qu’on reconstruit ensemble. Qu’est-ce qui fait commun ? Comment fait-on société ? La Constituante, proposée par la FI, est une réponse à ça.

Olivier Besancenot : Dans mon bureau de poste, il y a trois guichets. On est en sous-effectifs, donc on a généralement un guichet qui n’est pas ouvert. Avec la file d’attente que ça induit. Au bout d’un moment, un type finit forcément par péter un plomb et s’adresse générale-ment vertement au guichetier en lui demandant d’accélérer. Heureusement, tu as aussi celui ou celle qui a tout compris et dit : « Je ne comprends pas, il y a trois guichets, pourquoi il manque un guichetier ? »

Remettre au centre la question du partage des richesses revient à ça. En France, on a la possibilité d’avoir trois guichets et trois guichetiers. C’est pareil sur la question de l’immigration. Que disent le plus souvent ces 64 % de Français mécontents, en tout cas tous ceux que je croise ? Ils parlent du logement, bien avant l’emploi. Des toits qui manquent, des listes d’atten-te pour les logements sociaux, qu’ils mettent en opposition avec l’accueil des migrants.

Eh bien, rappelons les fondamentaux : on a 1,8 millions de personnes en attente d’un logement social et 2,6 millions de logements laissés vacants. Donc, Danièle, disons ensemble « L’immi-gration n’est pas un problème » et rajoutons ce que tu veux derrière, si ça permet qu’on avan-ce de manière unitaire. Il faut seulement que le plus grand nombre comprenne qu’il existe un camp décomplexé qui n’a pas envie de s’excuser pour dire qu’il est clairement antiraciste. Donnons-nous les moyens de créer un bloc pour leur dire : « Vous nous faites chier, à la télé, de nous poser toujours les mêmes questions en boucle. »

Danièle Obono : La question migratoire est un élément de la guerre sociale et économique. Ne la dissocions pas du reste. Parlons de « droits égaux » et tirons ce fil.

Pourquoi cette rencontre ? Parce que trois tweets. Le premier, signé Jean-Luc Mélenchon : « Nous disons : honte à ceux qui organisent l’immigration par les traités de libre-échange et qui l’utilisent ensuite pour faire pression sur les salaires et les acquis sociaux1 ! » Le second, quatre jours plus tard, en réponse au précédent et signé Olivier Besancenot : « Ce ne sont pas les immigrés qui font pression sur les salaires, mais le taux de profit que les capitalistes extirpent du travail des salariés, français ou immigrés, en France comme dans le monde entier. » Le troisième, enfin, signé Danièle Obono et invitant vivement Besancenot à relire le livre I du Capital de Marx et à s’unir contre Macron. Puisqu’il n’est d’échange que de vive voix et de débat qu’au prix du refus du « pour ou contre », nous avons convié l’ancien candidat NPA à la présidentielle, postier et auteur de 10 ouvrages, ainsi que la députée France Insoumise, ancienne bibliothécaire et préfacière d’un recueil de Trotsky, à s’entretenir — loin des réductions médiatiques — sur la question migratoire. Comment penser l’immigration à l’heure de la poussée nationaliste aux quatre coins du globe ?

Ballast 14 Novembre 2018

https://www.revue-ballast.fr/

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14 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

carburant et taxes (npa)

ecologie-conflits-energie

Éléments de la Commission Nationale Ecologie sur la mobilisation du 17 novembre

Son propos n’est pas de dire ce que doit, ou ne doit pas, faire le NPA, mais d’apporter quelques éléments qui lui semblent incontournables dans l’expression du NPA. En effet, cette mobilisation part du refus de l’augmentation des tarifs des carburants présentée comme écologique par le gouvernement, elle parle de fiscalité et d’automobile.

La CNE tient à rappeler que les taxes sur les carburants sont à la fois  inefficaces sur le plan écologique et injustes socialement.

Les taxes sur les carburants sont inefficaces pour l’écologie car ce qui contraint les travail-leurs.euses à utiliser leurs voitures individuelles est bien supérieur aux incitations fiscales à ne pas les utiliser :

C’est le coût du logement dans les villes qui oblige les plus pauvres à habiter loin de leurs lieux de travail.

L’augmentation des taxes va s’ajouter au prix des loyers ou du foncier sans réduire la consommation de carburant.

C’est la disparition des services publics en campagne qui contraint la population à par-courir des kilomètres pour trouver un bureau de poste, un médecin ou l’agence Pôle Emploi… voire une école. L’augmentation des taxes ne va pas les faire revenir, et ce n’est pas à la population de payer pour un aménagement du territoire absurde.

C’est la disparition volontaire des trains de proximité, la fermeture de km de « petites» lignes et de gares qui contraignent à utiliser une voiture individuelle. Taxer les carburants ne va pas les faire revenir.

Oui ! il faut en finir avec le « tout voiture ».

La part des émissions de CO2 imputable aux transports motorisés est de 30 % au niveau mon-dial et dans cette part, l’usage de la voiture entre pour moitié. Le parc automobile mondial a dépassé 1 milliard en 2017, les constructeurs comptent bien atteindre le 2ème milliard en 2030. Le parc auto français est de 32 millions.

Mais le « tout voiture », imposé par le capitalisme structure le temps et le territoire.

Ce n’est pas en taxant les carburants qu’on limitera leur consommation, leur pollution et le bouleversement climatique, c’est en permettant à la population de se déplacer autrement qu’en voiture individuelle. Cela suppose un tout autre aménagement du territoire, un autre rapport entre les villes et les campagnes…

Mais il est possible d’agir immédiatement et d’améliorer nos conditions de vie

  • En permettant aux salarié.e.s, aux chomeurs.euses, aux retraité.e.s, aux jeunes… de se déplacer massivement en bus, tramway/métro dans les villes, en car ou train dans les départements,
  • En augmentant massivement l’offre de transports collectifs, en les adaptant aux besoins (mode, maillage, fréquence…), et les rendant gratuits.

  • En favorisant l’usage du vélo : des trajets sûrs avec des réseaux de pistes cyclables suffi-santes, embarquement des vélos dans les transports collectifs, garages à vélo… , prêt de vélo public et gratuit…

Les gouvernants ont incité durant des années au diesel.

La campagne actuelle contre le diesel est aussi un moyen de masquer la pollution due à l’essence. Et nous avons désormais les preuves que les Volkwagen, Renault et PSA ont triché sur les émissions polluantes. Ce n’est pas aux usager.e.s de payer pour les choix des industriels du pétrole et de l’automobile.

La primes à la conversion pour encourager l’achat d’un véhicule électrique est une imposture

Elle ne résout pas les problème des plus pauvres et surtout parce que la voiture électrique  n’est pas la solution miracle qu’on nous dit. Tout au long de son cycle de vie, extraction des matières premières pour les batteries, production d’électricité, construction des voitures, circulation et traitements des déchets, la voiture électrique engendre autant d’émissions de CO2 que la voiture essence.

Les gouvernements ont incité et contraint à utiliser des voitures individuelles et voudraient maintenant pénaliser sur une population prisonnière de la voiture !

Ce n’est pas aux exploité.e.s et aux opprimé.e.es de payer pour une pollution: les particules fines,  et le changement climatique dont ils.elles sont les premières victimes et dont les seuls responsables sont les constructeurs automobiles, l’industrie pétrolière et leurs complices au gouvernement.

Celles et ceux qui doivent faire de longs trajets pour aller travailler ne doivent pas subir une double peine (en temps et en argent) c’est aux entreprises de payer le déplacement de leurs salarié.e.s.

Les taxes sont particulièrement injustes socialement :

  • Nous ne confondons pas l’impôt et les taxes. Nous défendons un impôt fortement pro- gressif sur le patrimoine, les revenus, les entreprises…, les taxes (ou impôts indirects) aggravent les inégalités.

  • Nous défendons la suppression de la TVA à commencer par les produits de première nécessité. Elle reviennent à faire payer massivement les moins riches d’entre nous, qui sont sont aussi les plus nombreux : pour un vieux tacot, un.e pauvre (salarié.e.s ou chômeur.euse) paie autant que ceux qui roulent en voiture de luxe !

  • Nous défendons que l’argent public (celui des impôts) soit effectivement utilisé pour développer les services publics écologiques partout sur le territoire et non pour des projets inutiles et destructeurs (comme des projets autoroutiers qui ne résoudront pas les problèmes d’embouteillages mais augmenteront encore le nombre des camions)

  • Nous défendons une politique de prix à la fois sociale et écologique : la gratuité pour les besoins de base (les premiers m3 d’eau, kw/h d’électricité…) et des prix très élevés, dissuasifs pour les mésusages gaspilleurs…

  • La qualité de l’air et le bouleversement climatique sont des prétextes pour ce gouverne-ment, qui n’a qu’une idée: remplir ses caisses au fur et à mesure qu’il les vide par des cadeaux fiscaux au patronat et aux plus riches.

https://npa2009.org

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13 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

morlaix précarité (ouest france)

cgt r

À Morlaix, l’expo photo donne de l’espace aux laissés-pour-compte

Plusieurs clichés témoignent d’un destin. D’autres cherchent la lueur d’espoir dans chaque regard. L’exposition Suspendu en précarité est à voir jusqu’au 15 décembre, au 67, rue du Mur, à Morlaix.

C’est après avoir travaillé dix ans dans l’humanitaire que Gwenaëlle Ragot a eu envie de croiser trois regards artistiques qui n’en finissent pas d’interroger sur la pauvreté.

« Nous avons réuni des photographes très différents d’un point de vue esthétique »

indique Gwenaëlle à l’initiative, avec Laurent Premel, de cette exposition de photos autour de la précarité à Morlaix (Finistère), qui sont à découvrir jusqu’au 15 décembre, dans les locaux de l’association Arzur, rue du Mur. Ces regards captés montrent toute la confiance donnée au photographe et la relation intime nouée avec les modèles.

Humaniste

Plutôt habitué des festivals – il a photographié Keziah Jones, Camille, Calypso Rose, Imany, ou encore Agnès Jaoui – Jef Kerneis livre ici des photos de Morlaisiens en difficulté qui témoignent d’un destin et d’une émotion prise sur le vif.

« Certaines expriment l’inquiétude du lendemain, d’autres ont un regard plus rêveur, raconte le photographe roscovite. J’ai été heureux et fier de cette proposition. J’ai connu le milieu de la précarité de très près, étant passé par cet état à un moment de ma vie, qui n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. La précarité est pour moi un sujet aussi fort que le documentaire sur Norah Jones que je suis en train de réaliser à Londres pour la BBC. » Une œuvre magnifique par son côté humaniste.

Dans leur appartement

Regard humaniste encore pour Zizounaï. La photographe plougonvenoise est connue pour ses photos naturalistes. « Cela m’a obligée à sortir de ma zone de confort. Ce qui n’était pas évident pour moi. »

Ces photos pleines de sensibilité sont des histoires de rencontres, avec Habib et Marie-Christine, chez eux dans leur appartement dans un des quartiers de la ville mais également avec Jonathan et P’tit Nono et leurs chiens croisés en train de faire la manche dans les rues de Morlaix. « Une fois le contact établi, tout s’est passé dans la douceur. Ils m’ont confié leur histoire. »

La démarche de Pierre Quentel est transcendante. Le peintre de Locquénolé a imaginé ses photos comme des tableaux. « J’ai pris des photos d’une danseuse et d’une femme en pleine méditation dans les ateliers de la Manu et du côté du port, que j’ai transposées ensuite au cœur d’une manifestation ou sous la pluie au milieu d’un campement de réfugiés. Des choses qui permettent de dépasser la précarité. »

Exposition jusqu’au 15 décembre

au 67, rue du Mur. Ouvert le mercredi et le vendredi, de 14 h à 18 h, et le samedi, de 10 h à 12 h et de 15 h à 19 h. Le produit de la vente des photos sera reversé, tout ou en partie, aux Restos du cœur, aux Blouses Roses et à l’école alternative du Cloître.

https://quimper.maville.com/

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13 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

planguenoual (rennes infos)

pesticiides

Les pesticides sont partout et il faut dire un grand NON !

L’objectif de notre réunion est simple : réfléchir aux conséquences de l’utilisation de pesticides l’environnement mais aussi sur notre santé.

Les pesticides sont partout dans notre alimentation et même dans les aliments ou on ne les attend pas. Les aliments bio, réputés sans risque par exemple ne sont pas épargnés ! C’est ainsi que le thé par exemple, pourtant symbole d’une alimentation saine, bonne pour le corps, se trouve être contaminé par 17 sortes de pesticides. Quoi penser ? Que faire ? Comment s’insurger ? Toutes ces questions méritent d’être posées et doivent générer des échanges.

Venez répondre à notre appel pour vous réunir avec nous Place de la Mairie à Planguenoual le vendredi 7 décembre 2018 (18h).

C’est dans une ambiance festive que 80 personnes s’étaient réunies le mois dernier pour échanger autour de boissons chaudes. Préparez vous donc à participer au prochain rassemblement et à débattre autour du sujet de l’utilisation des pesticides sur notre environnement.

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Place de la Mairie à Planguenoual, 22400
Vendredi 7 décembre 2018

Contact : astrucq@gmail.com

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mardi 13 novembre 2018

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http://www.rennes-info.org/

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13 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

jeunes (via campesina)

La-Via-Campesina

La Déclaration pour les droits des paysans

Un instrument indispensable pour donner un avenir aux jeunes ruraux d’Afrique

Aujourd’hui le problème de la jeunesse en milieu rural est un problème extrêmement crucial et dangereux qui est en train de compromettre la stabilité même de notre région. De l’Afrique de l’Ouest jusqu’au Soudan , tous les pays sont en guerre ou dans une situation de conflit ouvert ou larvé.

On se rend compte que ce sont des enfants de paysans, ce sont des ruraux qui constituent la majeure partie des gens qui prennent les armes aujourd’hui parce que tout simplement, les politiques qui ont été mises en œuvre depuis les indépendances n’ont pas créé d’opportunités réelles pour que le secteur agricole se développe.

Toutes les ressources sont restées concentrées dans les villes ce qui fait que le secteur agri-cole reste dans une situation ou il n’y a pas d’infrastructures, il n’y a pas d’accompagnement dans la formation, il n’y a pas d’accompagnement dans la production, dans l’accès au marché et il n’y a pas de revenus décents pour le secteur agricole, ce qui fait que les jeunes ruraux ne croient plus en l’agriculture, parce que l’agriculture est le symbole même de la pauvreté, puis-qu’ils ont vu leurs parents dans les problèmes depuis qu’ils sont nés, et on leur demande de continuer ça , ils n’en veulent pas.

Aujourd’hui c’est que la donne a changé, ils commencent à être recrutés par des groupes extrémistes qui ont envahi l’Afrique un peu partout, et la situation devient incontrôlable et très dangereuse. Parce que personne, vous savez, n’aime être déconsidéré, tout le monde aime être valorisé, et quelqu’un qui a une arme, c’est mieux que quelqu’un qui s’assoie pour mourir de faim.

La déclaration des droits des paysans est un instrument qui rassemble , qui cristallise sur la question des droits tous les problèmes que vivent les ruraux.

On ne peut plus régler ces problèmes là qu’en les mettant sur l’angle des droits. Parce que les êtres humains ont des droits humains, il y a la déclaration universelle , plein de déclarations, de conventions mais qui sont éparpillées très mal connues et inutilisables par des paysans. Il faut un instrument qui soit accessible pour les paysans , et qui soit utilisable par les organisa-tions qui représentent les paysans pour négocier avec les gouvernement les bonnes politi-ques.

Donc cette déclaration est un instrument qui va permettre de créer une base de dialogue avec les gouvernements pour les convaincre que maintenant, le monde entier regarde que la solution à la paix a la stabilité du monde passe par des paysans qui vivent dignement , et qui ont des perspectives d’avenir du boulot du travail et qui veulent rester dans leur pays et contribuer à l’essor de leur propre pays.

Les gouvernements européens font une grave erreur en ne soutenant pas cette déclaration.

D’abord ils sont responsables en grande partie de ces politiques agricoles internationales qu’ils imposent aux pays du Sud, qui n’apportent rien et au contraire rendent dangereux le monde.
Ils ont une occasion unique avec la déclaration des droits des paysans de changer leur façon de voir.

En menant cette question sur l’angle des droits, ça peut accélérer la mise en œuvre de politi-ques favorables au secteur agricole et surtout pour les petits paysans et ces jeunes révoltés aujourd’hui, ces jeunes qui rejoignent les groupes armés soi-disant religieux qui déstabilisent, qui tuent et se font tuer tous les jours, ces jeunes qui partent et dont l’Europe ne veut pas , qui sont récoltés par l’Aquarius et d’autres bateaux dans la méditerranée, si on veut arrêter tout ça ,la seule solution c’est l’agriculture. Il n’y a pas un autre secteur qui peut créer du travail en Afrique .

L’Europe devrait comprendre qu’elle gagnerait mieux à laisser l’Afrique se nourrir

développer son auto-suffisance alimentaire, on ne parle pas d’autarcie , mais l’Afrique pourrait produire la majeure partie de ce qu’elle mange, et que la richesse circule en Afrique et ne soit pas envoyée systématiquement ailleurs pour payer la facture alimentaire. Un continent dont la richesse part toujours ne peut pas régler ses problèmes, et c’est ça qui se passe aujourd’hui parce que toutes les ressources partent de nos pays .

Ce n’est pas comme ça que les jeunes vont rester, il faut leur laisser des perspectives , alors que les productions qui sont importées et qui sont la plupart du temps subventionnées que ce soit de façon ouverte ou cachée viennent tuer la compétitivité.

Il y a le cas du lait en poudre ; tout le monde sait que c’est largement subventionné même s’il n’y a pas de subvention à l’export, mais aujourd’hui, on ne peut pas faire une filière laitière viable en Afrique en face de ça. Il y a eu le scandale des découpes de volaille qui venait d’Eu-rope, tout ça il faut arrêter. L’Afrique peut produire ses volailles de très bonne qualité, les poulets bicyclettes, il y a plein d’autres choses que l’Afrique peut faire .

Toutes les conditions sont là pour produire des fruits des légumes des céréales, de la viande de toute sorte, mais encore faudrait-il qu’il y ait des bonnes politiques et qu’il y ait des finan-cements pour ça, mais c’est ça qui n’existe pas. Il faudrait qu’on donne de la sécurité foncière aux exploitations familiales, qu’on fasse une reforme agraire, qu’on donne aux jeunes les moyens d’avoir de la terre pour s’installer , faire des activités qui leur rapporte des revenus et qu’on les accompagne par la formation, par les chaînes de valeurs, et l’accès au marché. Parce que les consommateurs sont là, ils attendent, ils ont besoin de ces produits là.

Les jeunes n’ont pas besoin de sommes importantes pour créer leur travail.

Nous avons fait des expériences pilotes, avec moins de 1 000 euros on installe un jeune avec un petit élevage de volaille ou du maraîchage avec une petite motopompe, le jeune arrive à faire des légumes qu’il vend sur le marché local et à avoir un revenu.

L’agroécologie est vraiment une des solutions les plus fonctionnelle

car c’est une agriculture qui met l’accent sur l’autonomie des paysans, sur sa capacité à gérer ses propres intrants, sa capacité à faire sa production avec les moyens dont il dispose , et aussi bien sûr à produire une alimentation qui est plus saine plus nutritive et diversifiée.

Les efforts sont faits par nous, mouvements paysans pour développer la transition agro-écologique des exploitations agricoles familiales , nous avons une position du Roppa là dessus, et nous travaillons avec les politiques au niveau régional, au niveau de la CDAO

Notamment pour qu’ils comprennent qu’il y a une urgence à faire la transition agroécologique, non seulement pour diminuer la facture des intrants qui est insupportable pour nos pays mais plus encore pour donner des produits sains qui vont permettre la santé des sols, la santé de l’eau la santé des humains dans nos régions, et ça c’est extrêmement important aujourd’hui pour avancer.

Entretien avec Ibrahima Coulibali, Président de la Coordination Nationale des Organisations paysannes du Mali, membre de LVC, et vice-président du ROPPA  (propos recueillis à Rome par Geneviève Savigny – Confédération paysanne, le 11 octobre 2018)

13 novembre 2018

https://viacampesina.org/

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12 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

ghost hunting (studios brest)

Le réalisateur palestinien Raed Andoni a organisé un casting de comédiens et de professionnels du bâtiment.

Tous, comme lui, sont passés par La Moskobiya, le principal centre d’interrogatoire israélien. Ensemble, ils reconstituent ce lieu de détention dans lequel les anciens prisonniers vont (re)jouer les interrogatoires et la séquestration. Cette entreprise de re-enactment va conduire les uns et les autres à jouer tantôt les bourreaux, tantôt les victimes dans une démarche cathartique à la fois troublante et émouvante.

AfficheGH

Dans le cadre du Festival des solidarités, le vendredi 23 novembre à 20 h au cinéma Les Studios : projection du film Ghost hunting (la chasse aux fantômes), de Raed Antoni, suivie d’un débat.

Au fur et à mesure que les parois des cellules s’élèvent et que la reconstitution s’élabore, les langues se délient et les émotions se relâchent.

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11 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

primelin (npa)

primelin

Rassemblement pacifiste, antimilitariste et internationaliste à Primelin.
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Le soleil brillait ce Dimanche 11 Novembre sur la petite commune de Primelin en Finistère, prés de Plogoff, haut lieu du refus nucléaire. Il brillait aussi sur le regroupement pacifiste, antimilitariste  et internationaliste contre la guerre, les guerres et le militarisme.
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Devant un monument en hommage à tous les morts de toutes les guerres et non à une quelconque victoire, plusieurs dizaines de personnes se sont retrouvées avec la libre pensée 29, le Mouvement de la Paix, l »Université Européenne pour la Paix, la LDH, les anciens combattants d’Algérie contre la guerre, la CNT mais aussi le POID , le NPA et d’autres..
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Si plusieurs interventions ont dénoncé la boucherie impérialiste de 14/18 et exigé la réha-bilitation « des fusillés pour l’exemple », il fut aussi évoqué la militarisation actuelle et le marché des armes dont la France est un des leader comme  les retrouvailles à Paris de tous les grands guerriers de ce,monde, Trump en tête.
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Ce fut aussi l’occasion de refuser les tentatives d’embrigadement de la jeunesse par l’armée qui, avec l’assentiment de l’éducation nationale est entrée dans les établissements scolaires de Quimper pour organiser un défilé commémoratif.
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Enfin ce rassemblement fut ponctué par la chanson de Craonne puis celle de la Butte Rouge avant que nous entonnions le 5ème couplet antimilitariste de l’Internationale, trop souvent occulté. »
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Correspondant NPA

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11 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

socialistes usa (regards)

DSA-and-Karl-Marx1

Etats-Unis : les socialistes sortent renforcés des midterms

Si l’appareil démocrate s’accroche à une ligne centriste vouée à perdre face à Trump, l’aile gauche du Parti s’est montrée capable de renforcer le mouvement amorcé il y a deux ans par Bernie Sanders.

C’est la bonne nouvelle des élections américaines.

Les socialistes poursuivent avec succès la consolidation d’une force politique radicale, amor-cée il y a deux ans par la campagne de Bernie Sanders aux primaires démocrates. Les candi-dats appuyés par les Democratic Socialists of America (DSA), l’organisation socialiste qui est passée de 5 000 à 50 000 adhérents en deux ans, ont raflé des sièges aussi bien au niveau national que local.

Jeune star de cette gauche décomplexée, Alexandria Ocasio-Cortez, 29 ans, a remporté le siège de l’Etat de New-York à la Chambre des représentants (avec 78%!). L’ancienne serveuse d’origine portoricaine siégera aux côtés de l’avocate musulmane américano-palestinienne Rachida Tlaib, qui a remporté le siège de l’Etat du Michigan.

La progression la plus importante s’observe dans les Chambres de représentants des Etats, où le nombre d’élus estampillés DSA est passé de 4 à 11, parmi lesquelles la jeune Julia Salazar, élue au Sénat de l’Etat de New-York.

À l’échelle locale, les candidats DSA ont également remporté une trentaine de victoires. Il est donc possible pour un petit groupe de militants engagés de gagner, même sans le soutien financier des Super PAC et des milliardaires.

Grâce au système des initiatives populaires, qui permet, au-delà d’un certain nombre de signatures recueillies, d’obtenir l’organisation d’un référendum, ces élections ont également consacré la victoire de certaines mesures de gauche, parfois même dans des districts Répu-blicains.

En Floride par exemple, où Andrew Gillum, le maire noir de Tallahassee appuyé par Bernie Sanders a raté d’un poil le poste de gouverneur face au républicain Ron DeSantis, 64% des électeurs ont voté pour accorder de nouveau le droit de vote à tout citoyen ayant été condam-né pour « felony », des crimes qui incluent la conduite malgré un retrait de permis et ayant purgé sa peine.

Une petite révolution qui devrait permettre à 1,5 million d’électeurs de participer aux élections présidentielles de 2020 et peut être de faire basculer la Floride dans le camp démocrate. Trois Etats rouges (républicains)  l’Idaho, le Nebraska et le Utah, ont étendu le programme de sécu-rité sociale Medicaid, tandis que le Missouri et le l’Arkansas ont augmenté leur salaire mini-mum. Le Michigan, l’Utah, le Missouri et le Colorado ont quant à eux voté pour des lois contre le gerrymandering, le charcutage électoral que pratique le parti Républicain afin de dominer les assemblées même lorsqu’il est minoritaire en nombre de voix.

Arrêter les compromis avec les Républicains

Et maintenant ? Les difficultés ne font que commencer pour l’aile gauche du Parti. Les derniers mois de campagne l’ont amplement illustré : les Démocrates sont prêts à tout pour l’écraser. Les millions de dollars qu’ils ont levés, avec l’aide de Républicains, pour faire gagner leur candidate centriste contre la socialiste Jovanka Beckles dans un district californien en dit long sur l’obstination de l’appareil du Parti à s’accrocher à l’agenda néolibéral de leurs grands donateurs.

La manière dont Nancy Pelosi, la cheffe de file des démocrates à la Chambre des repré-sentants, s’est empressée d’assurer que le Congrès fonctionnerait comme un « marché des idées bipartisan » et travaillerait à « des solutions qui nous rassemblent », laisse peu d’espoir quant à la vigueur de la « résistance » qu’elle entend mener.

Plutôt que de profiter de leur nouvelle majorité dans la Chambre pour tenter de contrecarrer les projets de Donald Trump et proposer des lois sur l’extension de l’assurance-maladie, la rénovation des infrastructures, le contrôle des armes à feu, la protection de l’environnement et l’annulation des baisses d’impôts pour les grandes fortunes, il est à prévoir que les Démo-crates continuent, comme ils le font depuis plus de trente ans, à se féliciter de maîtriser l’art du compromis avec les Républicains.

S’il ne sera pas aisé pour la poignée de socialistes élus de contrer cette stratégie suicidaire, ils ont d’ores et déjà réussi à tirer le centre de gravité de la discussion politique vers la gauche, et de reposer les termes du débat, ce qui est au moins aussi important que d’empêcher les Répu-blicains de constituer des majorités. Comme le rappelle la journaliste Meagan Day dans Jacobin :

« Les élections représentent une opportunité unique de parler aux gens à une grande échelle des principes et valeurs qui devraient structurer une société. Les candidats ont l’occasion de dire ce qu’ils veulent à des milliers et parfois des millions de personnes. »

De ce point de vue, les socialistes n’ont pas failli à leur devoir 

Sans craindre de paraître utopistes, irréalistes ou extrémistes, ils ont clairement dénoncé les inégalités et se sont prononcés pour une sécurité sociale universelle, des universités publiques gratuites, un salaire minimum horaire de 15 dollars, la réforme du système judiciaire et carcéral et l’abolition de l’agence fédérale de contrôle aux frontières.

Résultat, certains démocrates « modérés » se sont sentis obligés d’intégrer des mesures sociales dans leurs promesses de campagne.

Selon le syndicat d’infirmiers National Nurses United, dans 52% des courses du Congrès, les candidats démocrates ont soutenu le principe de Medicare pour tous ou d’une Sécurité sociale unique pour tous, alors qu’il y a encore deux ans Hillary Clinton affirmait qu’un tel système était impensable.

Si Sanders a finalement perdu la primaire, ses idées ont fait leur chemin 

Le soutien populaire pour la Sécurité sociale est passé de 21% en 2014 à 70% cette année et le soutien pour l’université publique gratuite atteint 60%. Dans ces conditions, même les candi-datures malheureuses d’une Stacey Abrams au poste de gouverneur en Géorgie, de Beto O’Rourke face à Ted Cruz au Texas ou encore de Andrew Gillum en Floride ont joué leur rôle pour renforcer une alternative radicale capable de battre Trump en 2020.

Laura Raim 10 novembre 2018

http://www.regards.fr/

Commentaire:

« Socialist » chez les anglo-saxons signifie « gauchiste ou communiste », socialiste se dit « labour ».

Nos camarades anticapitalistes américains ont deux types de réactions face à la croissance des « socialistes »:

Les uns y adhèrent (avec double appartenance) comme « Solidarity » ou « Socialist Alernative » ou collaborent comme ISO (International Socialist Organisation)

D’autre refusent ce « Podemos USA » comme « Socialist Action » ou  les camarades de « Lutte Ouvrière » et se présentent en « solo ». La raison est d’un côté « Pourquoi se priver d’expliquer nos idées à des millions de gens de gauche »? De l’autre: « Ce que vous appelez « gauche » ne sont que des petits bourgeois volatiles, nous nous adressons directement à la classe ouvrière sur ses lieux de travail.

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