Archive | Altermondialisme

14 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

rennes (le bocal)

lutter

Lutter ensemble

Pour de nouvelles complicités politiques

Le 22 janvier à 19h, présentation et lecture d’extraits du livre « Lutter ensemble » avec Juliette Rousseau. Suivi d’un temps pour se questionner sur nos modes d’organisation, sur comment imaginer ou renforcer des alliances entre différents collectifs à Rennes.

« De la ZAD à la Palestine, de la marche pour le climat de New York aux camps de réfugié·es de La Chapelle, Juliette Rousseau part à la rencontre de collectifs: féministes, antiracistes, LGBT, de justice climatique, etc., qui interrogent les différents rapports de domination liés à la classe, au genre, à la race ou encore à la condition physique et mentale, à l’œuvre dans la société mais aussi dans les espaces militants.

À partir de nombreux entretiens, ce livre invite à explorer les nouvelles formes d’organisation et de solidarité politique qui se nouent entre les personnes concernées par une même oppression et leurs allié·es ou complices ».

« Lutter ensemble, pour de nouvelles complicités politiques »           Le 22 janvier 2018, 19H,  Le Bocal, Rennes

Le local est situé au rez-de-chaussée du 2 allée de Finlande (Landrel, Blosne, ligne 12 arrêt Pologne).

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http://www.rennes-info.org/

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14 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

très riches (ouest france)

macron

Impôts, taxes, prélèvements…

Les gagnants et les perdants des budgets Macron

Les mesures prises par Emmanuel Macron depuis son accession au pouvoir favorisent un peu les classes moyennes et beaucoup les très riches, selon une étude d’économistes. Au détriment des ménages modestes et des retraités aisés.

Une bonne nouvelle pour Emmanuel Macron : une étude vient contredire l’image de « président des riches » qui le poursuit depuis 2017. Une mauvaise : la même étude risque de lui valoir une nouvelle étiquette, celle de « président des très riches ».

L’Institut des politiques publiques (IPP) a mouliné les mesures touchant les ressources des ménages dans les budgets 2018 et 2019. Il en ressort que les baisses de taxes et impôts compensent le recul des prestations sociales (1,2 milliard de gains dans le budget 2019), mais ce bénéfice est très inégalement réparti.

Les 20 % les plus pauvres voient leurs ressources disponibles diminuer de 0,5 % à 1 % en deux ans. Pour les 60 % de ménages « intermédiaires », les ressources augmentent de près de 1 %. Au-dessus, 19 % des Français perdent 1 %. Mais les 1 % les plus riches gagnent, eux, 6 % en deux ans.

L’ISF plus que la flat tax

L’IPP zoome un peu plus pour mettre en évidence que ce sont les 0,4 % les plus riches qui concentrent les gains : 28 363 € en moyenne et même 86 290 € pour les 0,1 % les plus riches (pour une personne seule).

« C’est l’effet de la suppression de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) qui a été remplacé par l’Impôt sur la fortune immobilière (IFI), analyse Brice Fabre, économiste à l’IPP. Bien plus que la flat tax sur les revenus des capitaux car elle s’accompagne d’une augmentation des prélèvements sociaux. »

Pour la plupart des Français, le gain le plus important est la baisse de la taxe d’habitation, dont sont exclus les 20 % les plus riches. D’autres en sont exclus: « Les 20 % les moins riches sont peu concernés car ils avaient déjà des dégrèvements, signale Brice Fabre. Il bénéficient peu, par ailleurs, de la baisse des cotisations sociales. »

En revanche, ils subissent sans contrepartie la hausse des taxes sur le carburant. La sous-revalorisation des prestations sociales les pénalise particulièrement. Quant aux allocations loge-ment, elles seront désormais calculées sur les revenus actuels et non plus sur ceux d’il y a deux ans. Ce qui revient à une baisse de près d’un milliard d’euros.

Les retraités perdent jusqu’à 3 % de revenu disponible (c’est le cas des 20 % les plus riches). Avec deux exceptions : les 1 % les plus riches qui profitent de la suppression de l’ISF et les retraités au minimum vieillesse, qui aura été augmenté à deux reprises. « Pour les retraités, il y a des pertes à tous les niveaux de revenus, constate Brice Fabre. Elles sont plus modérées au milieu grâce à la baisse de la taxe d’habitation. »

Even Vallerie 13/10/2018

https://www.ouest-france.fr/

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14 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

handicap (la salamandre)

salam
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Documentaire
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Defiant Lives est un documentaire qui retrace l’histoire, sur des décennies, d’activistes du handicap. Sarah Barton, elle-même activiste, met en scène leur lutte pour leurs droits et pour leur dignité. Elle revient sur la naissance du mouvement pour les droits des personnes handicapées aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en Australie.
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Le film entremêle des images d’archives inédites avec les histoires personnelles d’hommes et de femmes handicapés qui ont lutté pour leur indépendance et pour avoir le contrôle de leur vie parfois depuis les institutions où ils étaient enfermés.
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Ils se sont attaqués aux grandes organisations caritatives, se sont enchaînés aux transports publics partout dans le monde et ont exigé l’accès «pour aller audacieusement là où tout le monde est allé avant eux». Ils ont fait pression pour obtenir l’aide nécessaire afin de vivre une vie ordinaire, au sein de la société, avec la famille, les amant(e)s, les ami(e)s…
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Séance unique le mardi 15 janvier à 20h30, suivi d’une discussion avec le Collectif anti-capacitiste du Pays de Morlaix
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DEFANT LIVES
de Sarah Barton (Australie – 2018 – 1h30)
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14 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

élections (alternative libertaire)

FrontPopulaire

Fonction publique

Les élections professionnelles, miroir de l’action de terrain

Entre autres choses, les élections professionnelles sont un test d’audience. Syndicats d’accom-pagnement et syndicats de ­combat : elles permettent de mesurer qui pèse quoi, et où, dans l’esprit des salarié.es. Les élections du 6 décembre dans les trois fonctions publiques ont touché plus de 5 millions d’agents (titulaires ou contractuels). Retour sur leurs résultats et leurs enseignements.

Disons-le tout net

S’il y a une information à retenir de ce scrutin c’est que la CGT reste en tête sur l’ensemble des trois fonctions publiques (hospitalière, d’État et territoriale). Cela témoigne à la fois de son ancra-ge dans des milieux professionnels variés et de la possibilité d’y mener un syndicalisme offensif et revendicatif. À l’heure où les médias relaient avec une satisfaction à peine ­dissimulée la com-munication de la CFDT sur sa première place public/privé « historique », c’est important à rappeler.

Des milliers de scrutins différents

Mais s’il est toujours tentant d’analyser à la serpe le résultat d’un tel scrutin, il convient de bien prendre en compte son hétérogénéité. Car si plus de 5 millions d’agentes et d’agents votaient le même jour, ou presque, il y a bien eu plusieurs milliers de scrutin.

En effet, les travailleurs et travailleuses doivent voter à la fois:

Pour des comités techniques (qui s’occupent des questions générales d’organisation, de fonctionnement et d’emploi) et

Pour des commissions paritaires (qui s’occupent de la carrière des agents : promotions et mutations), et ce à la fois à l’échelon local et à l’échelon national.

Pour calculer la représentativité des organisations syndicales dans la fonction publique, on va regrouper les scores réalisés au niveau des différentes instances des ministères, des collec-tivités territoriales et des établissements hospitaliers. Avant de se livrer à de savantes analyses, il importe donc de bien prendre en compte que ce sont aussi (et parfois surtout) des scrutins de proximité lors desquels on vote, tout bêtement, pour le ou la collègue du service présent.e sur une liste.

Loin des enjeux nationaux

Les positionnements nationaux ne paraissent pas avoir été déterminants. Ni la distance syndi-cale vis-à-vis du mouvement des gilets jaunes, ni les scandales au sein de FO ne semblent avoir pesé sur le scrutin.

Ainsi, FO (18,1 %) baisse de 0,5 point par rapport à 2014 (mais gagne 1 point dans l’hospitalière et 0,1 point dans la fonction publique d’État) ;

La CGT (21,8 %) baisse de 1,3 ;

Solidaires (6,3 %) de 0,5 point.

Dans le même temps:

La FSU (8,7 %) ­progresse de 0,8 point tout en étant absente de l’hospitalière et en baissant légèrement dans ­l’Éducation nationale, sa principale implantation.

Du côté du syndicalisme d’accompagnement

La CFDT (19 %) qui crie victoire baisse de 0,3 point,

La CFTC (2,9 %) de 0,4 point tandis que

L’Unsa (11,2 %) gagne 0,8 point et

La CFE-CGC (3,4 %) 0,5 point.

Enfin, il faut noter que dans ces résultats globaux sont pris en compte des ministères à la culture syndicale singulière. Ainsi, au ministère de l’Intérieur, qui compte 184 000 inscrit.es, FO arrive en tête avec 34,4 % des voix (+ 2,41 points).

CGT, FO et Solidaires n’ont plus la majorité à eux seuls

Un changement notable tout de même, les trois syndicats: CGT, FO, Solidaires, qui s’étaient opposés à l’accord PPCR (pour « parcours professionnels, carrières et rémunérations ») ne pèsent plus la majorité des suffrages à eux trois. Passés sous la barre des 50 % ils ne peuvent plus bloquer d’accord sans le concours de la FSU [1].

Ainsi, alors que ces trois syndicats avaient réclamé un délai pour se positionner sur le protocole Égalité hommes-femmes qui avait recueilli la signature de CFDT, Unsa, FSU, FAFP, CGC et CFTC, les élections viennent d’offrir à ces organisations la majorité requise.

Une participation qui passe en dessous de 50 %

Difficile d’analyser ces élections sans parler du taux de participation, qui passe sous la barre des 50 % avec une baisse de 3 points depuis 2014. Et si l’on observe quelques exceptions comme à l’Intérieur, on note que plus le vote électronique se répand, plus la participation baisse.

On a pu observer également ce mouvement à la SNCF depuis plusieurs élections, ou à la RATP cette année. Dans l’Éducation nationale, qui l’utilise depuis 2011, la baisse spectaculaire ne se résorbe pas, même après trois scrutins. Mais le mode de scrutin et sa sous-médiatisation, la presse a beaucoup moins parlé de ces élections concernant plus de 5 millions de personnes que ­d’une législative partielle dans l’Essonne qui a mobilisé 12 634 votant.es, ne suffisent pas à expliquer cette baisse de participation. Elle doit interroger les syndicats sur la manière dont ils sont perçus par une partie des salarié.es.

Car plus que de grands enjeux nationaux, c’est l’implantation syndicale qui est mesurée par ce scrutin. Et ce n’est donc pas un hasard si la CGT, bien qu’en baisse, reste en tête, forte de son maillage professionnel et territorial, avec de nombreuses unions départementales investies dans la campagne. La force du syndicalisme, c’est sa proximité avec les salarié.es. Avoir des militan-tes et des militants dans les services, actifs toute l’année, et des adhérent.es en nombre, cela compte davantage qu’un discours idéologiquement pur mais jamais relayé.

Un enseignement à tirer

Ces résultats confirment donc la feuille de route des syndicalistes de combat : développer un outil syndical ancré dans l’interprofessionnel et sur les lieux de travail, présent toute l’année aussi bien sur les enjeux du quotidien que sur les grands enjeux de société. La crédibilité d’un syndicalisme de lutte se construit par la pratique auprès de nos collègues plus que par les dis-cours incantatoires. Et c’est bien dans les secteurs où l’implantation des syndicats combatifs est forte qu’ils réalisent leurs meilleurs scores.

Enfin, pour les communistes libertaires mais aussi pour de nombreuses et nombreux révolution-naires, la question de l’outil syndical est centrale mais doit être débattue loin des sectarismes d’appareil. Les élections passées, des débats ouverts mais sans tabous peuvent être menés dans nos structures sur la construction du meilleur outil pour mener des luttes. La question de la division syndicale y serait sûrement abordée.

Des syndicalistes et communistes libertaires

12 janvier 2019

la poste

SUD-PTT reste la 3e force à la Poste

Les élections professionnelles à la Poste se sont tenues du 3 au 6 décembre.

La CGT baisse légèrement à 24,80 % (– 1,74 point) et est talonnée par une

CFDT à 24,80 % (+ 2,25 points) qui a son bastion dans l’encadrement.

SUD baisse également à 18,84 % (– 1,33 point), talonné par

FO à 18,48 % (– 1,49 point).

Le pôle syndical de résistance (CGT-SUD) recule donc, mais reste à un niveau suffisant (43,64 %) pour organiser les luttes.

L’alliance CGC-CFTC a fait 6,68 % et

l’Unsa 4,84 %.

La CNT, qui s’est présentée en 2011 (1,65 %) et en 2014 (1,1 %) a recueilli 0,75 % des suffrages cette année.

http://alternativelibertaire.org/

[1] Même si en l’occurrence, sur PPCR, le Premier ministre Manuel Valls s’était affranchi des règles qu’il avait lui-même fixées en appliquant un accord minoritaire.

Lire aussi:

RATP : Le vote des cadres favorisé, les réformistes l’emportent (AL)

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14 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

pologne (à l’encontre.ch)

kuron

La Ligue Communiste ancêtre du NPA diffusait « La lettre au POUP »

Pologne. Karol Modzelewski

«On a connu une liberté vécue activement, combativement et collectivement»

Vous avez été élevé dans une famille pro-régime soviétique. Votre père adoptif, Zygmunt Modzelewski (1900-1954), a été, à l’issue de la guerre, le ministre des Affaires étrangères de ce qui deviendra la République populaire de Pologne. Comment s’est opéré le renversement qui va faire de vous l’un des principaux opposants polonais?

J’ai commencé mon parcours politique en découvrant la vérité sur le stalinisme. Personne ne parlait politique avec moi à la maison. Mais j’étais curieux, et j’ai commencé à entendre des choses. Et puis, en 1956, alors que j’étais étudiant, il y a eu le 20è congrès. Ç’a été un choc immense. Les gens ne savaient pas. On n’osait rien dire. Et, à ce moment-là, on voulait encore croire au communisme.

La conclusion, pour moi et ceux de ma génération, comme Jacek Kuron [1934-2004], mon ami le plus proche, a été que les idéaux étaient bons, mais que le système était absolument intolérable. Il fallait donc le renverser. Comment? Moyennant une révolution. C’est ce qu’on appelle, dans la pensée communiste, le révisionnisme, terme très proche de la notion religieuse d’hérésie: on conteste la version ecclésiastique de la foi au nom de la foi elle-même, de sa pureté. Nous avons créé, avec une centaine de jeunes cadres, un groupe révisionniste à l’université de Varsovie, où j’ai reçu ma première formation politique consciente.

Quelles ont été les conséquences du 20è congrès en Pologne ?

La révolution dont nous rêvions a été démontée, à peine amorcée, par Wladyslaw Gomulka [le premier secrétaire du POUP,  Le Monde], qui a conduit une libéralisation très limitée, avec pour effet de transformer la dictature totalitaire stalinienne en dictature communiste autoritaire. C’est une distinction qui est utile quand on est à Sciences Po. Mais elle est très pratique aussi lorsqu’ on y est confronté. Dans la dictature autoritaire, tant que vous ne contestez pas le régime, vous pouvez vivre en paix. On n’exige de votre part aucune orthodoxie idéologique. Résultat: la majorité choisit de pas contester. Le conformisme règne.

Avez-vous eu la tentation du conformisme? Vous auriez pu vous consacrer paisiblement au Moyen Age…

J’étais trop en colère. Le pouvoir avait tué dans l’œuf une révolution à laquelle je m’identifiais. Je me sentais opposant, sur tout. Il est vrai que, lorsque je suis devenu doctorant et maître assis-tant à l’université de Varsovie, je me suis dit que je pouvais abandonner un peu l’activité politi-que, pour me consacrer à la recherche. Mais, en 1961, j’ai obtenu une bourse d’un an pour aller étudier à Venise. Et là j’ai vu la liberté, une liberté qu’on pouvait toucher du doigt.

Je me souviens d’une grève, à l’université. Le recteur est sorti de son bureau, s’est assis au milieu des étudiants grévistes, et il s’est mis à discuter, cherchant un compromis sans dire aux étudiants qu’ils se livraient à une contre-révolution, un attentat contre le régime, etc. Je me suis senti jaloux. Quand je suis revenu, j’éprouvais plus que jamais le désir d’arracher le bâillon qu’on nous avait collé sur la bouche.

J’ai repris contact avec mon ami Jacek Kuron, et nous avons commencé à conspirer ensemble. C’est alors, en 1964, que nous avons rédigé, tous les deux, la Lettre ouverte au parti. (Une lettre ouverte qui fut diffusée à l’époque par le courant «trostkyste» : JCR et LC) Elle contenait toutes les critiques possibles du régime et dessinait le programme d’une démocratie ouvrière pluraliste, libre. Nous avons fini par être arrêtés. J’ai été condamné à trois ans et demi de prison, Jacek à trois ans.

Quel a été le destin de ce texte ?

Il a été porté en Occident, notamment à Paris, où il a été publié, en polonais, par les Editions de l’Institut littéraire de Paris, c’est-à-dire dans le milieu de l’intelligentsia polonaise critique envers le régime, et en français par François Maspero. J’ai su que les Jeunesses Communistes Révo-lutionnaires  le colportaient. Puis, il a été lu, en polonais, sur l’antenne de Radio Free Europe, ce qui a permis de le faire connaître dans les pays de l’Est. Ce qui m’a fait particulièrement plaisir, c’est qu’il a été traduit en tchèque et ouvertement publié en Tchécoslovaquie en 1968, pendant le «printemps de Prague», avec un gros tirage.

Quelle ligne politique y défendiez-vous?

En gros, nous prenions nos distances aussi bien avec la dictature communiste qu’avec la démo-cratie parlementaire à l’occidentale, au profit d’une démocratie de conseils ouvriers, fondée sur un agencement entre les niveaux locaux et le niveau national, avec éventuellement, en parallèle, un Parlement élu. Mais les conseils étant l’expression de la classe ouvrière organisée, c’étaient eux, et non le Parlement, qui devaient être importants. Voilà notre programme.

Vous vous en êtes progressivement éloigné…

Après notre libération, en 1967, nous nous sommes éloignés de beaucoup de choses. Concrè-tement, d’abord, puisque, en 1968, Jacek Kuron et moi avons été arrêtés pour la deuxième fois, nous resterons encore trois ans et demi en prison. Mais, surtout, la mésaventure de nos amis tchécoslovaques nous a fait changer notre manière de penser la situation internationale. Nous croyions innocemment que, étant internationale par nature, la révolution, une fois commencée quelque part dans l’empire soviétique, allait atteindre la Russie elle-même.

L’écrasement du «printemps de Prague» par l’intervention soviétique nous a appris que c’était une utopie. Il fallait donc procéder d’une autre manière, chercher plutôt des changements partiels, peut-être tolérables pour Moscou, et essayer d’avancer ainsi. La révolution, mais auto-limitée par les exigences du réalisme.

En 1980, la grande grève débute au chantier naval de Gdansk, et ce qui de-viendra le syndicat Solidarité commence à s’organiser. Avez-vous hésité à rejoindre le mouvement?

Non. C’était irrésistible. Il a fallu suivre. La liberté avait conduit le peuple aux barricades. Je devais suivre le peuple. Et m’intégrer au mouvement du peuple de manière à y apporter la dose nécessaire de raison.

Vous êtes donc allé à Gdansk…

Oui, mais à cause d’un malentendu. On m’avait dit que les conseillers du comité de grève, où l’on commençait à réfléchir à la création d’un syndicat libre, voulaient m’avoir auprès d’eux. Or j’étais connu comme un type qui voulait renverser le régime, ce qui faisait de moi un allié dangereux. De fait, lorsque je suis arrivé au chantier naval, Bronislaw Geremek [1932-2008] et Tadeusz Mazowiecki [1927-2013] m’ont tout de suite expliqué que ce n’était pas une bonne idée. Je comprenais parfaitement.

Je suis rentré à Wroclaw, où il y avait aussi une grève. Je n’y suis pas allé: j’avais compris la leçon. Mais, une fois la grève terminée, on m’a appelé au comité de grève, devenu comité de fondation du syndicat, et on m’a envoyé à Gdansk avec un projet de statuts. Là, j’ai vu avec horreur que nos amis, à rebours de ce que je venais proposer, ne prévoyaient que deux échelons syndicaux: celui de l’usine et celui de la région, avec rien au-dessus.

Cela signifiait qu’on préférait créer plusieurs syndicats régionaux plutôt qu’un grand syndicat national. J’ai essayé d’expliquer que c’était suicidaire. C’est à cette occasion que j’ai vu Lech Walesa pour la première fois. Il n’a pas voulu me répondre. Il disait qu’il avait un énorme mal de tête. Il était visible que les gars de Gdansk avaient peur de créer une trop grande force qui, inévitablement, aurait dû affronter une autre grande force: le parti qui dirigeait le pays.

Peu de temps après, Solidarité, qui ne s’appelle pas encore ainsi, organise une réunion nationale des représentants des comités régionaux. On est en septembre 1980. Quelle tendance l’emporte?

Au début, les jeux semblaient faits en faveur de la ligne de Gdansk. J’étais présent comme président de la délégation de Wroclaw. Il a fallu combattre. La majorité des délégués présents étaient de mon côté: ils voulaient un syndicat national. Ils savaient que, sans unité, ils seraient écrasés l’un après l’autre par les autorités. J’ai pris la parole. J’ai défendu l’unité nationale. Ma motion a été approuvée par acclamation.

Quelle a été la position de Walesa?

Il a été pour: il s’est retourné au dernier moment. Son mal de tête s’était dissipé lorsqu’il avait compris qu’il allait devenir le chef de ce syndicat national. Sa plus grande conviction jusqu’à aujourd’hui est celle de sa grandeur. S’il n’a jamais craqué, s’il ne s’est jamais laissé soumettre par les autorités, c’était parce que ça aurait été contraire à sa grandeur. Cette grandeur n’était d’ailleurs pas une invention. Il était destiné au rôle qu’il a joué.

Les foules d’ouvriers polonais, en très grande partie venus des campagnes, se reconnaissaient dans cet ancien paysan qui n’incarnait pas tellement la culture prolétarienne, mais plutôt la cultu-re paysanne traditionnelle polonaise. C’était quelque chose d’ahurissant. Il savait s’adapter à la foule. C’est ce qu’il a fait pendant cette réunion nationale. J’ai plusieurs fois été furieux contre lui, mais je savais que personne n’aurait pu prendre sa place. C’était impossible.

Quand, en janvier 1982, après le coup d’Etat militaire et la proclamation de la loi martiale, il s’est retrouvé en isolement dans une villa sécurisée près de Varsovie, il a complètement rejeté, mal-gré des pressions de toute nature, ce qu’on appelait au ministère de l’intérieur le «plan renais-sance», c’est-à-dire la renaissance de Solidarité comme fantoche à la main du parti. C’était le moment-clé. Après ça, pour dire qu’il a été complice du régime, il faut énormément aimer le mensonge.

C’est lors de la même réunion nationale, en 1980, que vous imposez le nom «Solidarité».

Dans le train du retour, après mon premier passage à Gdansk, j’avais vu, sur le mur d’une énorme usine, une grosse pancarte rouge avec des lettres blanches, le genre de pancartes sur lesquelles, d’habitude, on lisait : «Le programme du parti, c’est le programme du peuple.» Là, il y avait: «Solidarité». Cela voulait dire que leur grève était la même que celle de Gdansk, et qu’ils ne la finiraient que quand ils triompheraient tous. Ce mot m’avait impressionné. En 1980, la nuit qui a précédé la réunion nationale, j’y ai soudain repensé, en écrivant la motion que j’allais présenter. C’est là que j’ai décidé de proposer ce nom pour notre mouvement.

Le début de l’état de siège, le 13 décembre 1981, et votre arrestation à tous marquent la fin de ce que vous appelez « la grande Solidarité »…

L’intimidation, à partir de l’instauration de la loi martiale, a été très forte. Il y avait des chars dans les rues, des patrouilles partout, des affiches qui menaçaient de la cour martiale en cas de grève.  J’ai été marqué par ce que m’a raconté un ouvrier, plus tard. Son usine, comme quel-ques  autres, s’était quand même mise en grève. Un char de l’armée est alors venu, a fait un trou dans le mur de l’usine, à travers lequel quelque 700 hommes armés de fusils automatiques sont entrés dans la grande halle de production.

L’officier en chef a crié: «Sortez! » Silence. «Vous ne sortez pas?» Silence. Il a donné l’ordre aux soldats de charger leurs armes. Les ouvriers ont vu les canons des fusils se dresser vers eux. Au bout d’un moment, un ouvrier s’est levé, puis un autre, et tout le monde a fini par se laisser conduire à la porte de l’usine. Certains ont été arrêtés. La plupart ont été renvoyés chez eux, avec l’ordre de se présenter gentiment au boulot le lendemain matin.

Tous ces gens, qui s’étaient comportés avec un courage inouï, ont changé d’un coup leur vision d’eux-mêmes. Ils avaient cédé devant la force armée. Et ça, ça vous brise la colonne vertébrale. On peut dire que, en tant que mouvement ouvrier de masse, Solidarité, qui a compté jusqu’à 9,2 millions d’adhérents, a été détruit à ce moment-là. Il ne restait plus qu’une résistance clandesti-ne, qui comptait plus d’intellectuels que d’ouvriers. Un autre visage est apparu alors, et un autre langage: un langage d’anticommunisme dur, qui était absent auparavant.

Jusque-là, le mouvement était resté proche de votre rêve initial…

Oui. Solidarité était un enfant illégitime du parti communiste et de l’église catholique. Ce qu’il revendiquait, c’était: «Tenez enfin vos promesses!»

En croyant à ces promesses ?

Non, sans y croire, mais en exigeant quand même, avec force, qu’on les mette à exécution. Ensuite, c’est devenu une conspiration anticommuniste de cadres.

Dans quelle mesure?

Parce que Solidarité, c’était une action de masse, et que c’est cela qui avait disparu. On pouvait aller voter, après 1989, pour les candidats du comité civique de Solidarité. Mais c’était tout.

Y avait-il d’autres choix économiques possibles?

Je ne sais pas. Mais les gens qui conduisaient la transformation ne le savaient pas davantage, tout en affirmant le contraire. Le passage du système communiste au capitalisme contemporain s’est fait d’une manière particulièrement dure. Tous les gens qui se sont considérés comme les perdants de cette grande mutation systémique se sont peu à peu convaincus que la démocratie n’est qu’une construction mensongère qui couvre une dictature des élites. Ce qui est, aujour-d’hui, la phraséologie de Droit et Justice (PiS).

Comment jugez-vous son action?

C’est un parti qui, d’une manière très cohérente, construit un Etat policier. Ils font tout ce qu’il faut pour détruire la démocratie, en s’en prenant, en particulier, aux tribunaux. Pour avoir un Etat policier, il faut que les juges soient des marionnettes. Ils ont d’ailleurs fait la même chose avec les médias.

Est-il encore possible de les empêcher d’atteindre leur but?

Je pense que, aux prochaines élections législatives, ils gagneront sans avoir besoin de falsifier les bulletins de vote. Ce qu’ils ont fait pour leur base sociale, la Pologne populaire, que des années de politique ultralibérale ont paupérisée, le leur permettra. Par exemple, les «500 en plus»: chaque famille reçoit, pour le deuxième enfant et chaque suivant, 500 zlotys, 120 euros environ, ce qui représente beaucoup en Pologne.

Comment le gouvernement traite-t-il la mémoire de Solidarité?

Il cherche à la détruire. Il fait tout ce qu’il peut pour calomnier Walesa et monte de toutes pièces des accusations de corruption contre d’autres figures du mouvement. On ne crée pas un Etat policier en maintenant vivace le souvenir du temps où un peuple entier s’est redressé et a affronté la dictature.

Comment vous traitent-ils, vous?

Je ne sais pas. Je m’en fiche. Est-ce que le pouvoir peut faire quelque chose contre moi ? Qu’ils essayent! (Résumé voir lien)

Karol Modzelewski, né en 1937, est historien, spécialiste du Moyen Age. Mais c’est comme figure centrale de la dissidence polonaise au régime communiste, des années 1960 à la création du syndicat Solidarité («Solidarnosc», en polonais), qu’il s’est fait connaître du monde entier. La parution en français de ses Mémoires, Nous avons fait galoper l’histoire (publiés en Pologne en  2013), offre l’occasion de revenir avec lui sur les étapes de ce long combat pour la liberté, dont le souvenir, dans une Pologne désormais aux mains de nationalistes du parti Droit et Justice [Prawo i Sprawiedliwosc, PiS, des Kaczynskyi, créé en 2001], se révèle plus vital que jamais.

(Entretien publié dans le quotidien Le Monde, en date du 4 janvier 2019)

Alencontre 14 janvier 2019 Florent Georgesco

http://alencontre.org/

Lire aussi:

Jacek Kuron, rebelle polonais (Le Monde)

Le 20è congrès du Parti communiste de l’Union soviétique (Wikipédia)

Tchécoslovaquie. «Discours de Ludvik Vaculik au quatrième Congrès des Ecrivains tchécoslovaques» (A l’Encontre.ch)

Le rapport qui ébranla l’Union soviétique (Que Faire?)

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13 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

écrans (courrier international)

tablette

Aux USA, la déconnexion est réservée aux enfants riches

Alors que de plus en plus d’enfants riches bénéficient d’une éducation fondée sur l’interaction humaine et le jeu loin des nouvelles technologies, les enfants pauvres se retrouvent vissés devant des écrans, à l’école comme à la maison.

Les parents d’Overland Park, dans la banlieue de Kansas City, en avaient assez. Ils voulaient que leurs enfants décrochent des écrans, mais ils avaient besoin de s’unir pour se sentir plus forts. D’abord parce que personne ne souhaite que son gamin soit le seul jeune un peu bizarre à ne pas posséder de téléphone portable. Ensuite parce que priver un collégien de son smartphone est vraiment très, très dur.

“Nous avons commencé nos réunions en se disant : ‘C’est difficile, on est dans un monde nouveau, qui va nous aider ?’, raconte Krista Boan, qui dirige le programme Start, acronyme de Stand together and rethink technology [“S’unir pour repenser la technologie”]. “Dans ce cas précis, il ne servait à rien d’appeler nos mères à la rescousse.”

Depuis six mois en effet, environ 150 parents d’Overland Park se réunissent le soir dans les bibliothèques scolaires de la ville pour ne discuter que d’une chose : comment amener leurs enfants à décrocher des écrans.

Fossé numérique

Il n’y a pas si longtemps, on craignait qu’en ayant accès plus tôt à Internet, les jeunes des classes aisées n’acquièrent davantage de compétences techniques et qu’il n’en résulte un fossé numérique. De plus en plus d’établissements scolaires demandent aux élèves de faire leurs devoirs en ligne, alors que seulement deux tiers des Américains ont accès au haut débit.

Mais aujourd’hui, alors que les parents de la Silicon Valley craignent de plus en plus les effets des écrans sur leurs enfants et cherchent à les en éloigner, on redoute l’apparition d’un nouveau fossé numérique. Il est possible, en effet, que les enfants des classes moyennes et modestes grandissent au contact des écrans et que ceux de l’élite de la Silicon Valley reviennent aux jouets en bois et au luxe des relations humaines.

Ce mouvement est déjà amorcé.

Les écoles maternelles à l’ancienne, qui proposent un apprentissage par le jeu, sont en vogue dans les quartiers huppés, alors que l’Utah finance une école maternelle entièrement en ligne, à laquelle sont inscrits quelque 10 000 enfants. Les autorités ont annoncé que les écoles mater-nelles en ligne se multiplieraient en 2019 grâce à des subventions fédérales versées aux États du Wyoming, du Dakota du Nord et du Sud, de l’Idaho et du Montana.

Selon une étude de Common Sense Media, une organisation à but non lucratif qui surveille l’exposition aux réseaux sociaux, les jeunes issus de familles modestes passent une moyenne de huit heures et sept minutes par jour devant des écrans à des fins récréatives, alors que la durée est de cinq heures et quarante-deux minutes chez des jeunes plus aisés.

Cette étude a pris en compte chaque écran séparément, si bien qu’un enfant qui tchatte une heure sur son téléphone tout en regardant la télévision est considéré comme ayant passé deux heures devant des écrans.  Deux autres études montrent que les enfants blancs sont beaucoup moins exposés aux écrans que les enfants africains-américains et latino-américains.

Et, selon les parents, il existe un fossé numérique croissant entre les établissements publics et privés d’un même quartier. Alors que la Waldorf School of the Peninsula, une école privée prati-quant la pédagogie Waldorf très cotée chez les cadres de la Silicon Valley, interdit la plupart des écrans, l’établissement voisin, le collège public Hillview Middle School, met en avant son programme d’enseignement sur tablettes.

Des outils très addictifs

Le psychologue Richard Freed, qui a publié un ouvrage sur les dangers pour les enfants d’une trop longue exposition aux écrans et sur la manière de les reconnecter au monde réel, partage son temps entre ses conférences dans la Silicon Valley et sa pratique clinique auprès de familles modestes de l’est de San Francisco, où il est souvent le premier à apprendre aux parents qu’en limitant l’accès de leurs enfants aux écrans ils pourraient contribuer à résoudre leurs problèmes de concentration et de comportement.

Il s’inquiète tout particulièrement de la manière dont les psychologues qui travaillent pour les entreprises de la Silicon Valley rendent nombre d’applications et d’outils extrêmement addictifs, beaucoup d’entre eux étant particulièrement versés dans le design de la persuasion (ou comment influer sur le comportement humain via l’écran). Par exemple : la lecture automatique des vidéos sur YouTube, le plaisir, comparable à celui d’une machine à sous, de rafraîchir Instagram pour avoir plus de likes, ou les flammes de Snapchat.

“Auparavant, le fossé numérique reposait sur l’accès à la technologie, observe Chris Anderson l’ancien rédacteur en chef du magazine Wired. Maintenant que celle-ci est accessible à tout le monde, le nouveau fossé numérique repose sur le fait de limiter l’accès à la technologie.”

Dans tout le pays, des parents, des pédiatres et des enseignants s’insurgent.

“Ces entreprises ont menti aux écoles et elles mentent aux parents. On s’est tous fait avoir, déplore Natasha Burgert, une pédiatre de Kansas. On est en train de soumettre nos enfants, les miens compris, à l’une des plus vastes expériences sociales entreprises depuis longtemps. Qu’arrivera-t-il à ma fille si elle ne peut plus communiquer pendant le dîner, comment va-t-elle trouver un mari ? ou décrocher un entretien d’embauche ? poursuit-elle. Je connais des familles qui optent aujourd’hui pour l’abstinence totale.”

Une de ces familles, les Brownsberger, interdisait depuis longtemps les téléphones portables à ses enfants, mais, récemment, elle a également proscrit la télévision connectée à Internet. “On l’a coupée, on a décroché l’écran du mur et j’ai résilié l’abonnement au câble”, raconte Rachael Brownsberger, 34 ans, mère de deux garçons de 11 et 8 ans. “Si fou que ça en ait l’air !”

“Méchante mère”

Le couple, qui a une entreprise de béton décoratif, n’autorise pas à ses enfants l’usage du téléphone portable, mais il s’est aperçu que même une légère exposition aux écrans pouvait influer sur leur comportement. Le fils aîné, qui souffre d’un trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH), se mettait en colère lorsqu’ils éteignaient la télévision, ce qui inquiétait beaucoup Rachael. Sur sa liste de Noël, il n’y avait de la place que pour les consoles de jeux Wii, PlayStation et Nintendo, et pour un MacBook Pro et un iPhone. “Je lui ai dit : ‘Mon chéri, on ne va rien acheter de tout ça’, se souvient-elle. Oui, je suis une méchante mère.”

Un changement plus vaste lui a facilité la vie. Des habitants de son quartier, une zone rurale à la périphérie de Kansas City, ont commencé à adopter un comportement similaire. “Il faut que tout le quartier s’y mette. Comme je le disais l’autre soir à ma voisine, suis-je vraiment la plus mauvaise mère du coin?” observe-t-elle.

Krista Boan a formé trois groupes d’une quarantaine de parents chacun, qui étudient les meilleurs moyens d’amener leurs enfants à décrocher des téléphones et des écrans. La chambre de commerce d’Overland Park soutient son initiative et la municipalité s’efforce d’intégrer des éléments de santé numérique dans son nouveau plan stratégique. “Le service d’urbanisme et la chambre de commerce nous ont dit : ‘On a vu l’impact [du numérique] sur notre ville’, raconte la jeune femme. Nous voulons tous que nos enfants soient des utilisateurs autonomes et capables de se maîtriser, mais nous devons les y éduquer.”

Dans la Silicon Valley, certains s’inquiètent du fossé grandissant entre les classes sociales en ce que concerne le temps d’exposition. Kirstin Stecher et son mari, ingénieur chez Facebook, élè-vent leurs enfants loin des écrans. “Est-ce une question d’information, car on connaît pas mal de choses sur les effets de ces écrans ? Ou de privilège, étant donné que l’on n’en a pas si besoin que ça ?” s’interroge-t-elle.

“L’idée généralement admise est que, si votre enfant n’a pas d’écran, il va être handicapé et relégué dans une autre dimension”, explique Pierre Laurent, ancien dirigeant de Microsoft et d’Intel et actuellement membre du conseil d’administration de la Waldorf School of the Peninsula, dans la Silicon Valley. “Ce message n’a pas autant d’impact dans cette région.”

Et il poursuit : Les gens d’ici pensent que l’important est tout ce qui concerne le big data [les données numériques], l’intelligence artificielle, et que ce ne sont pas des domaines où vous allez être particulièrement bon parce que vous avez un téléphone portable à 9 ou 10 ans.”

Alors que des personnes impliquées dans le développement des outils numériques se font plus prudentes, l’offre faite aux enfants est en plein essor. Apple et Google se livrent une compétition féroce pour placer leurs produits dans les écoles et pour cibler les élèves au plus tôt, quand ils commencent à devenir fidèles aux marques.

Google a publié une étude sur sa collaboration avec le district scolaire de Hoover, en Alabama, dans laquelle on peut lire que la technologie permet aux élèves d’acquérir “les compétences de demain”. L’entreprise y conclut que ses [ordinateurs portables] Chromebooks et les outils Google transforment des vies : “Les responsables du district scolaire croient en la possibilité de préparer les élèves à la réussite en leur inculquant les compétences, les connaissances et les comporte-ments dont ils ont besoin pour devenir des citoyens responsables dans la communauté  mondiale.”

Le psychologue Richard Freed considère toutefois que les écoles fréquentées par des enfants de milieux défavorisés sont trop tributaires de ces outils. Il voit quotidiennement le fossé entre les classes sociales en rencontrant des élèves issus des classes moyennes et modestes qui sont accros au numérique. “Pour beaucoup d’enfants d’Antioch, les écoles n’ont pas les ressour-ces nécessaires pour financer des activités extrascolaires et les parents n’ont pas les moyens de payer une nounou”, dit-il. Selon lui, le danger de voir se créer un fossé des connaissances sur les dangers de la technologie est considérable.

Avec 200 autres psychologues, il a demandé en août à la Fédération américaine des psycho-logues de dénoncer formellement l’utilisation du “design persuasif” faite par certains de ses confrères pour des produits et applis conçus pour des enfants. “Une fois que le grappin est mis sur ces enfants, cela devient vraiment compliqué”, met-il en garde.

Nellie Bowles The New York Times Magazine  New York14/12/2018
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13 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

transports (l’arène nue)

Sans titre 1

Abandon du service public ferroviaire

Et moins-disant environnemental.

La question des transports est complexe, souvent technique. Qu’est-ce qui vous a conduit à traiter un tel sujet ?

Cela s’est fait un peu par hasard, pour être tout à fait franc. A la suite de mon doctorat en science politique en 2006, j’ai travaillé au service d’élus en charge des questions de transport. Je n’avais pas de compétence ni même d’appétence particulières sur le sujet, mais j’ai fini par acquérir une bonne vision d’ensemble des problématiques du secteur, quoiqu’à un niveau assez macro. J’ai par la suite travaillé pour le compte des CHSCT de la SNCF et j’ai pu y mesurer les incidences directes des politiques élaborées au niveau européen et national sur le travail et l’emploi des cheminotes et des cheminots.

C’est ce qui m’a conduit à écrire cette chronique de la libéralisation des transports. Ce qui se passe en effet dans ce secteur n’est jamais qu’une déclinaison de ce que les politiques néolibé-rales produisent globalement sur l’État social :

Désengagement de l’État, qu’il s’agisse de ses missions régaliennes d’aménagement du terri-toire par la fermeture programmée des petites lignes ferroviaires ; du manque d’investissement dans l’entretien du réseau ferré ; mise en place progressive de la concurrence ; transformation des entreprises publiques par le biais du new public management ; démantèlement des acquis sociaux par l’abandon du statut des cheminots et, enfin, transformation des usagers en «clients» par la marchandisation du service.

De fait, l’un des aspects majeurs de cette histoire, écrite le plus souvent à l’abri du débat citoyen, est la transformation néolibérale du « service public ». Il m’a semblé important de revenir sur cette notion, dans la mesure où elle a un sens particulier en France : historiquement, le « service public à la française », comme l’ont appelé les juristes, a émergé dès la fin du 19è siècle sous l’égide des premières municipalités socialistes et, plus tard, communistes ; ceci avant les gran-des nationalisations du Front Populaire et d’après-guerre, pour se substituer au marché défail-lant mais aussi pour faire contrepoids, au moins idéologiquement, au marché et à ses logiques. C’était le sens de la création de la SNCF le 1er janvier 1938 initiée par le Front Populaire.

Désormais, le service public ferroviaire est traité au prisme de l’efficience, de l’efficacité, de la performance économique. Il n’est plus le « service d’intérêt collectif qui fonde le lien social », selon la formule du juriste Léon Duguit, mais un service soumis à la logique de marché. Cette histoire est le fruit de la construction européenne, mais aussi de la transformation de la puis-sance publique, État comme collectivités, dont le rôle tend de plus en plus à se réduire à celui d’organisateur du marché.

Elle s’est également faite par la dépolitisation du sujet en le noyant sous des enjeux techniques et financiers très complexes qui sont autant d’obstacles à l’émergence d’un débat citoyen. C’est cette évolution profonde, inscrite dans une temporalité longue, la libéralisation des transports est inscrite dans le Traité de Rome, mais accélérée avec l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, que j’ai tenté de mettre au jour. D’où le titre provocateur de ce livre.

Vous expliquez que la SNCF est passé du statut d’entreprise publique à celui de « multinationale de la mobilité ». Qu’est-ce que cela signifie ? Que doit cette transformation à l’Union européenne ?

La grande transformation de la SNCF directement imputable aux politiques de l’UE est son découpage par activités. C’est tout le sens de la directive 91/440 que d’avoir séparé l’exploitation du service de la gestion de l’infrastructure. Les règles de la concurrence européennes ont poussé cette logique en découpant chaque activité de l’entreprise: TGV, trains Corail, trains régionaux, trains de fret, au nom de la sacro-sainte concurrence libre et non faussée interdisant tout mouvement financier interne. En clair, les bénéfices du TGV ne peuvent plus venir compenser l’activité fret, déficitaire.

Cette logique concurrentielle a précipité la transformation de l’entreprise publique, confortée également par la mise en œuvre du new public management (nouveau management public), c’est-à-dire l’importation de la logique du privé et de sa « gouvernance par les nombres », pour reprendre la formule bien sentie d’Alain Supiot. Cette transformation de type capitalistique a été facilitée par l’action de « patrons d’État » qu’analyse Pierre Bourdieu dans La Noblesse d’État, et dont la mission a consisté ici à mettre les valeurs du service public au service de la création de valeur, c’est-à-dire la recherche du profit.

Guillaume Pepy, pour ne citer que lui, a en effet toujours pris soin de présenter les évolutions managériales de l’entreprise en évitant le langage ordinaire du discours libéral. Il est parvenu depuis son accession à la présidence de la SNCF à achever de la transformer à grande vitesse en une multinationale de la « mobilité », en diversifiant les activités de l’entreprise : au-delà du ferroviaire, la SNCF est en effet particulièrement active dans le transport urbain, les cars Macron, le covoiturage, le transport routier, la gestion de parkings, le digital et l’international. La SNCF n’y réalisait que 12% de son chiffre d’affaires en 2006 ; d’ici quelques années, cette part devrait atteindre 50 %. Et en vingt ans, le nombre des filiales de droit privé est passé de 350 à plus de 1 000, dont plusieurs font directement concurrence aux activités historiques de l’entreprise et donc aux cheminots.

Vous expliquez que « les transports en commun ont longtemps été un support de l’organisation inégalitaire de la société et évoquez un actuel « retour à la troisième classe ». Qu’est-ce que cela signifie ?

Les inégalités sociales s’objectivent de mille et une façons, mais certaines sautent davantage aux yeux que d’autres. Aux premiers temps de la vapeur jusqu’à la construction de l’État social, le transport a été un moyen d’objectiver ces inégalités sociales, avec l’institution de la 3e classe, caractérisée par un confort rudimentaire et un allongement des temps de parcours. La consoli-dation de l’État social après 1945 va permettre d’introduire plus d’égalité dans l’accès aux trans-ports, notamment via la suppression de la 3e classe et celle de la 1ère classe dans le métro, avant qu’elle ne le soit progressivement supprimée dans les trains régionaux.

La libéralisation des transports, qui va faire son grand retour dès les années 1980 dans le transport aérien, nous renvoie directement aux problématiques héritées du 19è siècle. La 3e classe fait peau neuve, mais sans être jamais nommée de la sorte, les armes du marketing se sont affûtées depuis. Nommée par termes plus feutrés de « classe éco » ou encore de « low cost », elle n’en est pas moins une résurgence directe des pratiques d’autrefois.

À une différence notable près : le transport en 3e classe n’est plus désormais seulement affaire de confort ou de vitesse de déplacement : il se caractérise aussi par la dégradation simultanée de la qualité de service rendu aux usagers et des conditions de travail des salariés. Le cas le plus emblématique de ce phénomène est certainement la compagnie Ryanair, qui défraie régu-lièrement la chronique. Le retour de la 3e classe ne se limite plus désormais à l’aérien, il s’étend à d’autres secteurs du transport.

La SNCF engagée dans une logique concurrentielle ne pouvait en effet s’en désintéresser : c’est ainsi que sont apparus en 2013 les TGV low cost « Ouigo », qui offrent le confort d’un TER et qui desservent essentiellement les gares périphériques des grandes métropoles. Le transport libéralisé par autocar, les « cars Macron « , marque quant à lui l’allongement substantiel des temps de parcours par rapport au train. De sorte que le transport redevient à nouveau un moyen d’objectivation des différences de classe.

Que pensez-vous du processus en cours d’ouverture à la concurrence du secteur des transports ? Faut-il craindre une privatisation de la SNCF ?

Il faut déjà rappeler que les transformations néolibérales des grandes entreprises publiques (SNCF, la Poste, France Telecom, etc.) se font avec l’aval de l’État, qui organise le marché et ses logiques.

Dans le domaine des transports, on assiste du reste à une situation pour le moins ubuesque puisque l’État, via ses compagnies, en est réduit à faire exister un marché qui peinerait visible-ment à exister sans lui. Je prends l’exemple dans mon livre de la concurrence dans les trans-ports urbains, qui est vraiment frappante. Une bataille fait rage entre différents groupes publics : la RATP, via sa filiale RATP Dev, fait concurrence à Keolis, filiale de la SNCF, laquelle fait concurrence à Transdev, filiale de la Caisse des dépôts…

La conséquence « logique » de ce processus est de rendre au marché ce qui lui appartient, et donc d’organiser la privatisation de ces groupes. Les annonces récentes du gouvernement sur sa stratégie de privatisation de différents groupes publics, à l’instar d’Aéroports de Paris, de la Poste ou de la Française des Jeux, est là pour en témoigner. La transformation du groupe SNCF en société anonyme en constitue le premier jalon. Si le Gouvernement et sa majorité parlemen-taire jurent la main sur le cœur qu’il n’est pas question d’une privatisation, une simple modifica-tion législative permettrait de s’engager sur cette voie dans un futur proche.

Il n’y aurait rien de surprenant à voir cette question évoluer dans les années à venir, sauf à imaginer une autre majorité politique que celles qui se sont succédé ces dernières décennies.

Pour finir, alors que Nicolas Hulot vient de démissionner de ses fonctions de ministre de l’Écologie, que pouvez-vous nous dire des conséquences environnementales de l’actuelle politique de libéralisation des transports ?

Le moins que l’on puisse dire est qu’elles ne sont pas franchement vertueuses… On peut notamment imputer directement à la libéralisation des systèmes de transport la situation quasi hégémonique du transport routier, tout particulièrement dans le secteur des marchandises. La France a du reste été pionnière en la matière, en libéralisant le secteur dès 1986. La concurrence créée va rapidement doper le moins-disant social.

Les chauffeurs routiers, qui ont alors le plus souvent le statut d’artisans, vont progressivement être les sous-traitants des grands groupes, avec tout ce que cela emporte en termes de droit du travail et d’accidentologie. L’élargissement de l’UE va provoquer un second bouleversement du secteur avec le « cabotage », cette règle qui permet aux poids-lourds de charger et de déchar-ger dans un pays tiers dans les conditions sociales du pays d’origine. C’est l’organisation à grande échelle du dumping social. Et le nouveau paquet « Mobilité », actuellement en cours de discussion, n’est pas conçu pour enrayer cette logique.

De sorte que la part du routier dans le transport de marchandises représente aujourd’hui près de 90%, alors qu’elle n’était que de 30 % au début des années 1950 et de 45 % en 1978. Le fret ferroviaire, pourtant le plus écologique, est la grande victime de cette concurrence sauvage, subissant pour sa part des contraintes financières bien supérieures au mode routier. Au passage, sa libéralisation en 2006, présentée à l’époque comme le moyen de restaurer sa compétitivité, n’a en rien permis d’enrayer son déclin.

La concurrence entre le rail et la route a été ensuite instituée dans le transport de voyageurs. Les cars Macron feront ainsi leur apparition dès 2015, permettant des trajets de ville à ville d’un même pays, là où la législation ne permettait auparavant que des liaisons internationales. Ils viennent de fait concurrencer le train. Sur la question de l’impact environnemental de cette concurrence entre la route et le rail, un bilan gagnerait à être réalisé, sachant que, selon l’ADEME, un car émet 18 fois plus de CO2 qu’un TGV et consomme presque 7 fois plus de KEP (kg équivalent pétrole).

En France, le secteur le plus émetteur de gaz à effet de serre n’est autre que le secteur des transports, culminant avec 30% des émissions totales, loin devant l’industrie manufacturière et les déchets ou l’agriculture. Et cette tendance n’est pas à la baisse : la part de la pollution géné-rée par les transports a crû de près de 10 points depuis 1990. Ses émissions proviennent à 95% du transport routier. Le diesel est à lui seul source de 84 % de ces rejets polluants.

J’ai été frappé de constater que ce point n’a pratiquement pas été soulevé à la suite de la démission de Nicolas Hulot, en dépit de la forte mobilisation que l’on a observée pour inciter le gouvernement à changer de cap. J’insiste sur ce point : en matière de lutte contre la pollution, rien de sérieux ne peut se faire en France si l’on ne s’attaque pas vraiment au quasi-monopole du mode routier et si l’on ne remet pas le ferroviaire au cœur des problématiques de transport.

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Entretien avec Laurent Kestel, En Marche forcée. Une chronique de la libéralisation des transports : SNCF, cars Macron et quelques autres, Paris, Éditions Raisons d’agir, 2018.

Cet entretien est paru initialement sur le blog « L’arène nue ».

On pourra également lire un extrait du livre ici. 

Laurent Kestel 12 janvier 2019

http://www.contretemps.eu/

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12 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

criirad (sdn trégor)

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Abolissons le Traité EURATOM

Par le biais du Traité EURATOM, le lobby nucléaire fait passer des normes d’exposition des populations aux risques de radioactivité très laxistes. La CRIIRAD est entrée en lutte pour exiger l’abrogation de ce traité. Roland DESBORDES, son président que nous avons déjà reçu à Lannion, animera une réunion publique sur ce sujet:

euratom_barre

Mercredi 6 Février à 20H30 à l’Espace Sainte-Anne de Lannion.

http://www.criirad.org/

https://sdntregor.wordpress.com/

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12 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

lannion (sdn trégor)

fuk

Fukushima, le Couvercle du Soleil bientôt aux Baladins de Lannion

« Le 1 1 mars 201 1, l e Japon est secoué par un séisme, suivi d’un tsunami et de la triple catastrophe nucléaire de Fukushima. L’équipe du Premier ministre, Naoto Kan, tente de faire face à cette situation. Que s’est il passé réellement à la résidence du Premier Ministre au moment de la pire crise de l’histoire du pays ? La vérité a-t-elle été entièrement révélée ?… »

Cinéma LES BALADINS de LANNION Jeudi 21 MARS 2018 à 20H30.

https://sdntregor.wordpress.com/

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12 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

sauvage (l’échappée)

Le socialisme sauvage

Le Socialisme sauvage

Essai sur l’auto-organisation et la démocratie directe dans les luttes de 1789 à nos jours. Charles Reeve

Désastre généralisé et crise de la représentation nous incitent à penser au présent le vieux principe de la démocratie directe, qui prit forme en 1789, traversa les époques révolutionnaires, pour se trouver à nouveau dans les mouvements de contestation.

Le principe d’autogouvernement s’y est toujours heurté aux principes autoritaires de représentation permanente.

Les soviets des révolutions russes et les conseils de la révolution allemande des années 1920 ont été deux expressions puissantes de cette promesse pour l’avenir, et se trouvent au coeur des réflexions développées dans ce livre.

Car si le dénouement de la révolution russe a glacé pour un siècle le mouvement ouvrier, liant l’idée de socialisme à celle du totalitarisme de parti unique, l’expérience, courte mais riche, de la révolution allemande s’est révélée proche des mouvements contemporains, de Mai 68 au mouvement assembléiste du 15M en Espagne, en passant par Occupy aux États-Unis et par les Printemps arabes.

Les courants spontanés, autonomes et émancipateurs des mouvements sociaux ont toujours été rejetés par les chefs du socialisme avant-gardiste et qualifiés de « sauvages », car leur échappant.

Même s’il n’est pas stricto sensu une histoire du mouvement socialiste, ce livre en revisite de grands moments. Il les étudie et les discute à travers le prisme de conceptions hérétiques et « sauvages », et garde à l’esprit la perspective de l’émancipation, encore et toujours.

http://www.lechappee.org

Commentaire: recommandé par « Le Monde Diplomatique »

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