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13 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

nddl zad (bastamag)

nddl argent

L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes deux fois plus cher que moderniser celui de Nantes

« Réhabiliter Nantes-Atlantique coûterait deux fois moins cher que construire Notre-Dame-des-Landes. »

C’est l’une des premières conclusions tirées du rapport des médiateurs sur le projet de Notre-Dame-des-Landes, et livrées par le quotidien Ouest-France.

Remis au premier ministre ce mercredi 13 décembre, le rapport a été coordonné par trois médiateurs nommés en juin dernier par le gouvernement. Leur mission ? Synthétiser les avan- tages et inconvénients de chacune des options – construire un nouvel aéroport à Notre-Dame -des-Landes ou aménager celui de Nantes Atlantique – et formuler des recommandations.

Près de 200 personnes – essentiellement des hommes – représentant les élus, le monde des entreprises, le monde agricole, les associations favorables ou hostiles au projet de NDDL, ont été auditionnées.

« L’objet des auditions était d’écouter les points de vue exprimés par les personnes audition- nées, pour comprendre les arguments avancés par chacun dans les débats en cours. » En plus de ces auditions, les médiateurs ont pris en compte les nombreux travaux et rapport exis- tants sur le sujet. Ainsi que les conclusions des nouvelles expertises qu’ils ont commandées : les impacts environnementaux d’un éventuel aménagement de l’actuel aéroport sur la réserve naturelle de Grand Lieu, située à quelques kilomètres au sud des pistes, les besoins de réfection de la piste de Nantes-Atlantique, et l’évaluation du bilan carbone des différentes options.

Ces expertises complémentaires ont amené les médiateurs à conclure à un coût global deux fois plus élevé pour la construction d’un nouvel aéroport.

Pourquoi une telle différence avec les estimations passées ? Le coût indirect de la fermeture de la piste de Nantes-Atlantique pendant le temps des travaux était évalué par l’étude de 2013 de la direction générale de l’aviation civile (DGAC) à 85 millions d’euros, avec trois à six mois de fermeture. L’expertise commandée par les médiateurs, qui sera rendue publique ce mercredi 13 décembre, retient 35 millions d’euros, pour neuf semaines de fermeture environ.

Au total, réaménager Nantes Atlantique en vue d’accueillir 9 millions de passagers en 2040 coûterait de 415 à 545 millions d’euros ; contre 992 millions d’euros pour le projet prévu par l’État à Notre-Dame-des-Landes. Un nouvel aéroport serait donc deux fois plus cher qu’une modernisation de l’existant.

Nolwenn Weiler 12 décembre 2017

https://www.bastamag.net/

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13 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

brennilis (fr3)

an ankou a

La centrale de Brennilis ne sera complètement démantelée qu’après 2030

Le démantèlement de la centrale nucléaire de Brennilis (Finistère) ne devrait être complète- ment achevé qu’après 2030, soit plus de 45 ans après sa mise à l’arrêt, a indiqué mardi le directeur de la centrale Jean Cucciniello, en déclarant « L’horizon, c’est dans les années 2030″.

Le démantèlement de ce réacteur à eau lourde, unique en son genre en France, a commencé en 1997, soit douze ans après l’arrêt de la production d’électricité. Interrompus en 2007, les travaux ont repris en 2011. Le démantèlement de la dalle de béton de la station de traitement des effluents devrait s’achever en fin d’année.

Trois années d’instruction du dossier 

Ensuite, EDF a jusqu’à la fin juillet 2018 pour soumettre un dossier de démantèlement complet à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).  »On compte environ trois ans d’instruction (du dossier par l’ASN, ndlr) et une dizaine d’années de démantèlement », a précisé Jean Cucciniello. La dernière phase du démantèlement doit s’attaquer au bâtiment réacteur, avant la réhabilitation du site, qui pourra alors être affecté à un autre usage industriel.

30 années de travaux pour le démantèlement

Hors interruptions, le démantèlement de la centrale aura demandé près de 30 ans de travaux. Ce chantier, « est une première », a expliqué le directeur du site. « Non seulement c’est un prototype mais en plus c’est une filière complexe et spécifique sur laquelle on n’a pas de retour d’expérience ou de durée éprouvée des cadences ».

Coût du démantèlement estimé à 480 millions d’euros

Le responsable n’a pas voulu donner de coûts du démantèlement. « Ce que nous impose la loi, c’est d’avoir des provisions, des capacités financières pour le démantèlement. On se conforme à la loi », a t-il ajouté. En 2005, la Cour des comptes avait estimé le coût du démantèlement de Brennilis à 482 millions d’euros, soit 20 fois plus qu’estimé en 1985. Une des plus vieilles centrales nucléaires françaises, la petite unité des Monts d’Arrée a définitivement arrêté de produire le 31 juillet 1985.

12/12/2017

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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13 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

salah hamouri (france inter)

salal

Qui se soucie de Salah Hamouri?

Christophe Ayad revient sur l’affaire Salah Hamouri. Agé de 32 ans, il a déjà passé plus de six ans en prison, entre 2005 et fin 2011. Il est à nouveau en prison depuis le mois d’août dernier. Interrogé par la police, il n’a été, à ce jour, ni déféré devant un juge, ni inculpé.

Un Hierosolymitain comme on dit en langage savant, bref un habitant de Jérusalem.

Il s’appelle Salah Hamouri. C’est un jeune Franco-Palestinien de 32 ans. Mère française, père palestinien. Il est étudiant en droit. Un peu âgé pour un étudiant, mais c’est parce qu’il a déjà passé plus de six ans en prison, entre 2005 et fin 2011. Ce qui a quelque peu retardé sa scolarité.

Il est à nouveau en prison depuis le mois d’août dernier.

Le 23 août précisément, les forces de sécurité israéliennes sont venues l’interpeller chez lui. Interrogé par la police, il n’a été, à ce jour, ni déféré devant un juge, ni inculpé. Il est détenu en vertu d’une loi qui remonte au mandat britannique et autorise la détention administrative. Israël s’en sert abondamment. Au 1er novembre, ils étaient 450 Palestiniens détenus en vertu de la détention administrative, dont un certain nombre sont même des mineurs. C’est un régime d’un autre âge et qui n’est pas digne d’une démocratie moderne.

La situation de Salah Hamouri est d’autant plus cruelle que son épouse française, Elsa Lefort, est interdite d’entrer en Israël depuis début 2016. Autre cruauté, trois jours avant son arres- tation, Salah Hamouri venait de passer le concours du barreau palestinien, pour devenir avocat, le métier dont il rêvait.

Qu’est-ce que les autorités israéliennes reprochent à Salah Hamouri ?

C’est bien le problème. Il ne sait pas, ses proches ne savent pas. On dispose, tout au plus d’une déclaration anonyme de la police qui le soupçonne de s’être engagé dans des activités politiques illégales. En fait, il est un membre actif d’Addameer, une ONG qui défend les droits des prisonniers palestiniens.

Salah Hamouri en connaît un rayon sur la question, puisqu’il a passé, comme je l’ai dit tout à l’heure, 6 ans dans une prison israélienne, dont trois en détention administrative. Accusé d’avoir projeté d’assassiner le rabbin séfarade ultra-orthodoxe Ovadia Yossef et d’appartenir au FPLP, un groupuscule palestinien de gauche, il a été condamné à 7 années de prison en 2008. Son procès s’était tenu devant un tribunal militaire. Le procureur n’avait pas pu produire de preuve matérielle. Mais le jeune homme avait accepté de plaider coupable pour obtenir une peine réduite de moitié, sept ans tout de même.

Finalement, il a été libéré fin 2011, six mois seulement avant la fin de sa peine. Israël l’avait inclus dans l’échange de prisonniers avec le Gilad Shalit, un jeune soldat franco-israélien otage du Hamas. Cette nouvelle arrestation ressemble donc à une forme d’acharnement.

Que fait la France pour Salah Hamouri ?

A l’époque de sa première incarcération, les autorités françaises avaient fini par se mobiliser pour obtenir sa libération. Emmanuel Macron, lui, a choisi la discrétion. Si le sort de Salah Hamouri a été évoqué durant le tête-à-tête qu’il a eu dimanche à l’Elysée avec Benyamin Nétanyahou, son nom n’a pas été prononcé lors de la conférence de presse qui a suivi.

https://www.franceinter.fr

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13 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

une

Trump, Netanyahou : Jérusalem n’est pas à vous !

Donald Trump a décidé de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’État d’Israël, et d’y déménager l’ambassade des États-Unis, jusqu’alors située à Tel Aviv. Une décision hautement symbolique, un encouragement adressé à Israël et à sa politique coloniale.

Rupture symbolique avec Clinton et Obama ?

Volonté de satisfaire la très sioniste droite chrétienne évangélique ? Contre-feu allumé suite à l’inculpation de Michael Flynn, son ancien conseiller à la sécurité nationale, dans « l’affaire russe » ? Il y a du vrai dans chacune de ces explications. Mais c’est aussi la vision du monde selon Trump : ­indépendamment des conséquences, il décide tout seul, y compris contre ses alliés et ses conseillers. Une vision mystique de la politique qui se double de son habitude de golden boy et de sa posture anti-establishment, d’un mépris pour le réalisme qui prédominait dans la diplomatie US, qu’il assimile à de l’indécision et donc à de la lâcheté.

Jérusalem occupée, Jérusalem colonisée 

La décision de Trump ne va pas bouleverser la situation sur le terrain. Jérusalem est en effet déjà occupée par Israël n’a jamais respecté le droit international. En 1968, soit un an après la conquête de la partie orientale de la ville, la résolution 252 de l’ONU exigeait d’Israël de «s’abs- tenir immédiatement de toutes nouvelles actions qui tendent à modifier le statut de Jérusalem». En 1980, suite à l’annexion « officielle » de Jérusalem-Est, la résolution 476, de cette même ONU, évoquait « une violation du droit international ».

Cela n’a pas empêché Israël de mettre en œuvre sa politique coloniale. Les colonies se sont développées à grande vitesse (plus de 200 000 colons aujourd’hui) tandis que les Palesti- nienEs recevaient les permis de construire au compte-gouttes. Plus de 80 000 d’entre eux (sur 300 000) vivent aujourd’hui dans des logements qu’Israël juge « illégaux » et sont sous la menace d’un ordre de démolition.

Un encouragement pour Israël

Les discours sur la « mort du processus de paix » sont hypocrites, car il n’y a jamais eu de processus de paix ! Mais la satisfaction cynique des responsables israéliens et de leurs sou- tiens montre qu’ils se sentent confortés dans leur impunité, à l’instar de ceux qui demandent à Macron de suivre Trump… comme le Crif, une organisation pro-Israël qui, s’est cru une fois de plus autorisée à parler « au nom des juifs de France ». Un Macron dont les pathétiques décla- rations, lorsqu’il a reçu Netanyahou le 10 décembre, « invitant » le Premier ministre israélien à faire « des gestes courageux envers les Palestiniens », ne risquent pas de changer quoi que ce soit.

Rompre l’isolement des PalestinienEs

Israël va accentuer encore un peu plus son emprise sur Jérusalem et les autres territoires palestiniens. Les PalestinienEs ont conscience de la dégradation du rapport de forces et qu’ils ne peuvent compter sur un soutien de la part des États arabes qui privilégient un rapprochement avec Israël et les États-Unis.

Les PalestinienEs sont isolés 

L’urgence est donc à la solidarité, à la construction de la campagne de boycott, désinves-tissement et sanctions (BDS) contre Israël. Il faut aussi revendiquer la libération de Salah Hamouri, militant franco-palestinien emprisonné pour ses activités politiques.

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12 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

crozon saint hernot

crozon

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12 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

non una di meno (essf)

feminsite

Italie : l’envol du jeune mouvement féministe, radical et intersectionnel:  » Non Una di Meno »

Une année est écoulée depuis l’émergence sur la scène politique Italienne d’un nouvel acteur politique. Il ne s’agit pas d’une organisation ni d’autant moins d’un parti. Cependant il opère dans la société à tout champ pour la transformer radicalement et de long en large. Il est conformé par des dizaines de milliers de jeunes qui deviennent des activistes, souvent pour la première fois dans leur vie. C’est le (nouveau-né ou re-né) mouvement des femmes* [1] NON UNA DI MENO (N1DM).

Surgi l’année passée en réponse à l’appel de nos sœurs argentines de Ni Una Menos, à se mobiliser le 25 novembre, la journée internationale contre les violences faites aux femmes , N1DM a pris toute suite une ampleur inattendue. Le samedi 26 novembre 2016 150.000 femmes* [2] ont inondé les rues de Rome en criant leur indignation face à toutes formes de violences : sexuelle et de genre, domestique, sociale, économique, idéologique, raciale, patriarcale et hétéronormative… dont elles sont l’objet.

Une nouvelle génération de lycéennes, étudiantes, jeunes précaires s’est déclarée – dans les pratiques outre que dans les mots – féministe, radicale et intersectionnelle c.à.d. qui n’est préte à accepter aucune forme d’injustice ou d’oppression sociale et culturelle, qu’elle soit de nature raciale, de classe, de genre, d’origine ou de quelconque type.

Les organisatrices du mouvement, dont le noyau initiale était composé par la coordination des collectifs féministes romains Io Decido et la coordination des centres (refuges)antiviolences DIRE, ont dès le début inscrit le mouvement dans la durée en convoquant le lendemain de la manif une assemblée générale (participée par 1.500 femmes*) qui s’est donné comme objectif d’élaborer un Plan Féministe de base contre les violences faites aux femmes.

Plus que d’un simple plan qui devait contraster le Plan que le gouvernement était en train d’émaner, N1DM a produit, à travers 9 commissions thématiques et 5 assemblées nationales un véritable Manifeste politique qui concerne tous les aspects de la vie des femmes* et qui analyse les mécanismes de l’oppression structurelle dont la violence physique n’est que le sommet visible de l’iceberg.

Le Plan comprend soit une vision d’ensemble soit des mesures concrètes concernant par exemple les lois sécuritaires qui empèchent une insertion digne et légale des immigrées ou les récentes mesures qui précarisent de plus en plus le marché du travail (Jobs Act) et aggravent l’exploitation.

A la suite de l’énorme succès de la manif du 26 novembre 2016, des assemblées N1DM se sont constituées dans des dizaines de villes, en reprenant les grands thèmes des commissions de travail et en les articulant dans des actions locales spécifiques. Sur la question de l’objec- tion de « conscience » des médecins anti-avortement, de la discrimination des femmes travailleuses ou le harcèlement dans les lieux de travail, l’éducation androgène dans les écoles, le sexisme dans les médias, etc…

Un nouveau défi a été vaincu avec la prise en charge de la journée du 8 mars par N1DM qui a bouleversé la routine, faite de paroles vides et de mimosas. De nouveau N1DM a répondu à l’appel international à la GREVE des femmes. Une grève à pratiquer dans les entreprises mais aussi par rapport au travail – non rétribué et invisibilisé – reproductif (domestique et de soin), et par rapport aux impositions liées aux genres. Le logo, les slogans et les vidéos qui expliquaient les raisons et les modalités de la grève ont inondé les medias sociaux. Cela a été un succès en Italie et au niveau international.

Pendant ce temps les travaux pour l’écriture – collective et d’en bas – du manifeste ont procédé et ont culminé finalement dans le Plan (un livret de 56 pages) que nous avons présenté à l’occasion de ce 25 novembre, quand N1DM est descendu de nouveau dans les rues de la capitale.

Tout en étant un mouvement très politisé – qui présente une alternative globale de société, solidaire, écologique, internationaliste, anticapitaliste et antipatriarcale – N1DM sauvegarde soigneusement son autonomie par rapport au scénario politique traditionnel. Aucun des outils politiques réellement existants – partis, syndicats, … — sont considérés comme utilisables pour la réalisation de notre Plan. Au contraire N1DM se méfie beaucoup de l’instrumentalisation du discours féministe de la part de ces organisations pour leur propre compte.

Le mouvement préfère donc créer ces propres moments de mobilisation, à partir de son propre programme, avec ses modes d’expression et d’organisation, incluants mais subordonnés à personne. Et en même temps il pratique des formes d’auto-organisation, souvent désobéissantes par rapport aux lois injustes, pour répondre aux exigences immédiates des femmes, en matière de contraception et IVG, refuges, logement, création de revenu, défense des conditions de travail, etc…

Notre prochaine échéance, nationale et internationale, sera le 8 mars 2018 où nous répèterons, en l’élargissant l’expérience, la grève des femmes, en répondant de nouveau « presente » à l’appel des femmes argentines.

Lundi 11 Décembre 2017 Nadia de Mond  Périodique suisse Solidarités.

* Nadia De Mond, (Italo-Belge), féministe marxiste, membre du réseau Communia et activiste du mouvement Non Una di Meno

http://www.europe-solidaire.org/

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12 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

écolopportuniste (libération)

Emmanuel_Macron_elephants_PS

Emmanuel Macron, écolopportuniste

Sensibilisé pendant la campagne après avoir été pro-carbone sous Hollande, le chef de l’Etat s’est saisi des enjeux climatiques après le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris.

Problème : les actes ne suivent pas toujours les beaux discours.

Ses proches le reconnaissent sans hésiter : la question écologique n’était pas la priorité du candidat Macron, pas plus qu’elle n’était celle du conseiller puis du ministre de François Hollande qu’il fut pendant quatre années. Avant de se construire, par opposition à la furie climato-sceptique de Donald Trump, une stature de protecteur de la planète, il a plutôt été «un relais efficace pour combattre l’écologie», témoigne Delphine Batho. L’ex-ministre se souvient par exemple des coups de fils de l’ancien conseiller du chef de l’Etat l’enjoignant de signer des permis d’exploration d’hydrocarbures.

Pendant sa campagne, le candidat a tout de même pris soin d’échanger avec certaines figures de l’écologie politique, comme Pascal Canfin, directeur général du WWF France, ou l’ex-minis- tre Corinne Lepage. Au cœur de la macronie, certains auront à cœur de le «sensibiliser». Ce fut le cas du futur numéro 1 de La République en marche, Christophe Castaner, maire PS et néanmoins écolo de Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence), qui a été l’un des premiers à bannir les panneaux publicitaires aux portes de sa ville. L’ex-députée Corinne Erhel, bruta- lement décédée au début de la campagne pour les législatives, fut un autre aiguillon écolo. Pionnière de la «grande marche», cette élue bretonne était bien placée pour savoir que la partie était loin d’être gagnée : elle fut l’une des principales animatrices du combat contre le décret signé Macron autorisant l’extraction de sable coquillier sur la côte de Granit rose…

«En matière d’écologie, son programme n’avait rien de révolutionnaire, c’était pour moi la ligne de flottaison, on ne pouvait pas descendre en dessous, mais il était honnête, réaliste, se souvient Corinne Lepage. Quand il est venu me voir en juin 2016, j’ai d’abord dit « non, je ne peux pas soutenir quelqu’un qui veut du diesel, du nucléaire, et adore les pesticides ». Mais il m’a recontactée et j’ai accepté de travailler sur son projet, je me suis notamment battue pour qu’il y maintienne le cap de 50 % de nucléaire dans la production d’électricité d’ici à 2025, inscrit dans la loi de 2015.»

«Bon à prendre»

Pour le député LREM Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, ses anciens amis écolos font un mauvais procès au chef de l’Etat quand ils doutent de la sincérité d’une conversion jugée trop tardive pour être honnête. S’il a peu été question d’écologie dans cette campagne pré- sidentielle, «comme hélas dans toutes les campagnes», Orphelin rappelle que le candidat s’était prononcé «dès février» pour la hausse du prix du diesel. Ce qui était en fait déjà engagé par Hollande… «Dès le début, les marqueurs étaient là : il a parlé de fiscalité écologique et d’investissement dans la transition écologique», ajoute le député.

Le compte n’y était manifestement pas pour Hulot. Quelques jours avant le premier tour de la présidentielle, il faisait au fondateur d’En marche le reproche de n’avoir «pas compris que c’est bien un modèle ultralibéral qui est à l’origine de la crise écolo». Entre les deux tours, il s’était ensuite fendu dans le Monde d’une tribune intitulée «Un vote de raison, pas d’adhésion».

«Vous ne pouvez pas prétendre devenir un président responsable et ignorer […] les 26 % du corps électoral qui ont choisi, au premier tour, la vision plus intégrale de l’écologie et des solidarités défendue par Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon», écrivait Hulot, demandant au finaliste de la présidentielle d’avoir «le courage» de s’engager «à renégocier ou à défaut rejeter ces accords de libre-échange de nouvelle génération, et en priorité celui noué avec le Canada (Ceta), qui sont l’expression la plus aboutie d’une mondialisation sauvage et déré- gulée». Message reçu ? Dès le lendemain, Macron assurait avoir entendu «les doutes et les incertitudes». Et s’engageait à nommer «une commission d’experts et de scientifiques irréprochables» chargée de dire «ce qu’il en est exactement des conséquences environnementales sur la santé de cet accord».

Si l’authenticité de son adhésion à l’urgence écologique reste à démontrer, le chef de l’Etat réussit à s’imposer, sur la scène internationale, comme une sorte de lanceur d’alerte. Le refus de l’accord de Paris par Trump aura été une aubaine. Avec son «Make our planet great again» lancé au monde dans la nuit du 2 juin, Macron saisissait l’opportunité inespérée d’instaurer un leadership français. «Cela a une vocation diplomatique plus qu’écologique. N’empêche que c’est bon à prendre», dit Lepage. «Depuis ce 2 juin, il est question d’écologie à tous les Conseils des ministres… Même quand Hulot n’est pas là !» confie-t-on dans l’entourage d’un ministre.

Le ministre de la Transition écologique et solidaire le confirme dans les médias. «Ce n’est pas pour me faire plaisir qu’Emmanuel Macron a organisé le sommet [sur le climat de ce mardi], qu’il fait voter une loi sur les hydrocarbures [actant une fin des forages en France en 2040], qu’il dit aux industriels « maintenant, c’est fini, on ne vendra plus de véhicules thermiques en 2040″, assure Nicolas Hulot dans un entretien accordé dimanche à 20 Minutes. […] Il le fait spontanément, ça prouve que sa conversion est très rapide. C’est le propre des hommes intelligents de ne pas s’obstiner, d’être capables à un moment donné de se mettre en phase avec les contraintes de l’époque.»

Le ministre écolo, très isolé au sein de l’exécutif, se démène pour convaincre au plus haut niveau de l’Etat. Hulot inspire-t-il vraiment Macron ou sera-t-il aspiré, pour reprendre sa formule ? Depuis cet été, il lui est arrivé de confier ses doutes en privé, avant de se donner un an pour évaluer si sa présence au gouvernement aura permis d’engager «un changement profond, une dynamique irréversible». Loin d’être naïf, il sait qu’il sert en partie de caution verte et que la tête de l’exécutif peut être rattrapée par les vieux démons du conservatisme, des lobbys, du court-termisme…

Hulot, qui a demandé début novembre à EDF un plan stratégique pour développer les énergies renouvelables, semble déjà avoir eu gain de cause sur ce point auprès de Macron. Lundi, à la veille du sommet de Paris, le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, a annoncé la construction de 30 gigawatts de capacités de production photovoltaïques en France entre 2020 et 2035, contre 1,8 actuellement. Un grand «plan solaire» qui n’a rien d’anecdotique et représentera 25 milliards d’euros d’investissements. «Le potentiel de développement de l’énergie solaire est extraordinaire en France», a commenté Hulot, confirmant sa volonté de «changer d’échelle dans ce domaine».

«On nage dans les contradictions»

Jusqu’ici, pourtant, nombre de spécialistes de l’environnement fustigent un contraste entre les paroles du chef de l’Etat, son aura écolo à l’international, et ses actes en France. «On nage dans les contradictions, le bilan des six premiers mois est très mitigé», tacle Lepage. L’ex-mi- nistre ne parvient pas à avaler le report des 50 % de nucléaire à 2030 ou 2035, annoncé par Hulot début novembre : «C’est un signal terrible. Comme si on disait qu’on abandonne l’objectif de 2°C de réchauffement maximum : on abandonne le cap qui permet de donner une direction à la politique.»

Celle qui dit ne plus avoir de contacts avec Macron depuis le 30 mai «parce qu’il n’en veut pas» déplore aussi d’autres choix «incroyables», telles la suppression de certaines aides à l’agriculture biologique ou la ponction d’une partie du budget des Agences de l’eau pour financer l’Office national de la chasse. Et pointe l’ambiguïté de la position présidentielle sur le glyphosate : Macron promet le 27 novembre dans un tweet son interdiction d’ici trois ans au plus tard, mais laisse déjà entendre que ce sera uniquement le cas si des alternatives sont trouvées… alors qu’elles existent déjà, comme l’a rappelé un rapport de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) la semaine dernière.

A la COP 23 de Bonn, début novembre, «c’était la première fois qu’un président français faisait un discours de promotion du nucléaire dans le cadre d’une conférence onusienne sur le climat», remarque aussi Delphine Batho. Pour elle, «il y a un hiatus entre l’engagement pour le climat de Macron et le fait d’être favorable à la destruction de la forêt amazonienne pour faire la mégamine « Montagne d’or » en Guyane, ou de reporter la taxe européenne sur les transactions financières pour accueillir à Paris la City» de Londres effrayée par le Brexit.

«Cette TTF permettrait de récolter 22 milliards d’euros par an au niveau européen, qui pourraient être en grande partie affectés à la solidarité internationale et à la lutte contre le changement climatique», insiste l’ONG Oxfam France. Les associations citent aussi la mise en application provisoire du Ceta, l’accord de libre-échange avec le Canada, alors que la commis- sion d’experts promise par le candidat Macron a rendu début septembre des conclusions mitigées. Elle avertissait que cet accord «ne donne pas la priorité aux préoccupations liées à la protection de l’environnement» sur lequel il aura un impact «défavorable».

Les ONG regrettent en outre le refus de supprimer dans le budget 2018 les niches fiscales favorables aux énergies fossiles, comme le kérosène pour les avions. Autre motif d’irritation et d’inquiétude : pour construire des logements neufs de façon «massive», Macron a dit en septembre vouloir «réduire les exigences des normes environnementales et sociales», opposant écologie et économie au lieu de les relier.

«Concréto-concret»

Or, pour Batho, «sur l’écologie, compte tenu de l’accélération très grave du changement climatique et de la destruction de la biodiversité, le « en même temps » d’Emmanuel Macron n’est plus possible». Lepage réclame, elle, autre chose que des lois symboliques, comme celle sur la fin des hydrocarbures : «On a besoin de concréto-concret.» Remarquant au passage que «la part laissée à Nicolas Hulot est très congrue».

«Emmanuel Macron sera écolo le jour où il acceptera de mettre une carte aussi incroyable- ment bonne que celle de Nicolas Hulot au centre de son dispositif, de faire de l’écologie non pas une simple branche de sa politique publique, mais une racine, estime l’avocat en droit de l’environnement Arnaud Gossement. Cela a même un nom en droit, le « principe d’intégration » : intégrer dans toutes les décisions publiques une évaluation de leur incidence sur l’environ- nement, les peser au trébuchet de l’écologie.» Et de plaider pour que le ministre de l’Ecologie devienne un véritable vice-Premier ministre, comme Hulot le préconise depuis des années. Ce qui permettrait de «cesser de fractionner les sujets et de véritablement changer de paradigme en attribuant à l’écologie davantage qu’un ministère parmi d’autres, qui aujourd’hui se heurte souvent au travail de sape d’autres administrations».

Pour l’instant, Macron reste, aux yeux de la plupart des militants écolos, dans la droite ligne de Hollande.

Ni écolo ni anti-écolo, juste «a-écologique». «Les élites ont intégré la question du climat, mais pas encore la compréhension globale et systémique de l’anthropocène [nouvelle ère géolo- gique caractérisée par l’influence majeure de l’homme sur le milieu terrestre] : les enjeux de biodiversité ou de raréfaction des ressources ne sont pas suffisamment pris en considération», constate Delphine Batho. Mais l’ex-ministre ne va pas jusqu’à en conclure que la situation serait désespérée. Puisque l’écologie est devenue «culturellement majoritaire», elle n’exclut pas que le chef de l’Etat puisse en tirer les conséquences en s’engageant pour de bon dans cette bataille qui «au départ n’était pas la sienne».

Alain Auffray Coralie Schaub 11 décembre 2017

http://www.liberation.fr/

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exilés nantes (ouest france)

le peril jeune

Foule dense en soutien aux jeunes exilés, à Nantes

Depuis 15 h, ce samedi 9 décembre 2017, de très nombreux manifestants défilent aux côtés des mineurs isolés étrangers, à Nantes. Jamais un rassemblement de ce type n’avait autant fédéré dans la ville.

C’est depuis la faculté nantaise occupée que la manifestation a été organisée. « Jeunes exilé.e.s à la rue. Plus jamais ! Manif de soutien aux occupations » , martelait le mot d’ordre.

Visiblement, le message est passé, comme jamais à Nantes. Bien des manifestations ont pourtant été organisées par les ados migrants et leurs soutiens, depuis deux ans. Mais elles ne fédéraient jusque-là qu’une centaine de personnes. Cette fois, le cortège des manifestants, parti de la place du Bouffay via la préfecture pour se retrouver devant le tribunal administratif, était infiniment plus long et fourni que d’ordinaire.

Les forces de l’ordre aussi sont de la partie. Avec l’hélicoptère de la gendarmerie, en faction au-dessus de la ville. Les policiers ont bloqué les abords du tribunal administratif. Mardi, le juge avait autorisé l’évacuation du Château du Tertre et le bâtiment Censive, sur le terrain de l’université, ces deux lieux occupés depuis fin novembre pour loger les ados migrants sans toit.

09/12/2017  Agnès CLERMONT.

https://www.ouest-france.fr/

Lire aussi:

Nantes. Une manifestation de soutien aux migrants (Ouest France)

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sdn trégor (1)

titianis

sdn

https://sdntregor.wordpress.com/

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11 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

sdn trégor (2)

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sdn

https://sdntregor.wordpress.com/

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