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24 août 2019 ~ 0 Commentaire

amazonie (pùblico)

 amazonie

Clés pour comprendre ce qui brûle en Amazonie

Et l’ampleur du drame environnemental

Cette forêt vierge comprend 25% du territoire sud-américain, partagé entre huit pays. Elle possède les plus grandes réserves d’eau douce de la planète et abrite des centaines de milliers d’espèces de plantes, d’animaux et d’insectes. Et 34 millions d’habitants et 420 tribus indigènes avec 86 langues différentes. 20% de ce territoire a déjà été rasé par l’homme.

Lorsqu’il est dit que l’Amazone brûle, nous sommes tous conscients que le problème est grave et qu’il a des répercussions mondiales, mais dans quelle mesure? Qu’est-ce qui brûle vraiment dans les incendies dans la jungle brésilienne et bolivienne? Les alarmes ont sonné dans le monde entier en raison de l’importance environnementale du plus grand poumon vert de la planète.

C’est la plus grande forêt tropicale du monde et représente un peu plus de la moitié de la forêt humide de la planète et avec les plantes marines, c’est la clé de la génération d’oxygène. Elle s’étend sur 7,4 millions de kilomètres carrés, ce qui équivaut à 5% de la superficie totale de la Terre et à près de 25% du continent américain. 60% de ce territoire est sur le sol brésilien.

L’Amazonie est partagée entre le Brésil, la Bolivie, la Colombie, l’Équateur, la Guyana, le Pérou, le Suriname et le Venezuela (et la Guyane françaisue?). Ces huit pays sont membres de l’Orga-nisation du traité de coopération amazonienne (ACTO), un organisme intergouvernemental créé en 1995 sur la base d’accords signés en 1978.

Bien qu’il promeuve divers plans de coopération et de protection de l’environnement, ACTO a perdu de sa vigueur au fil des ans et est inopérant face à des crises telles que celles déclenchées aujourd’hui par des incendies.

Les plus grandes réserves d’eau douce de la planète

La région contient près de 20% des réserves d’eau douce de la planète, une ressource qui, selon l’ONU, pourrait être à l’origine de « guerres » au 21è siècle. Selon l’Unesco, la planète pourrait enregistrer un déficit en eau de 40% en 2030 si le modèle actuel de consommation et de préservation ne change pas.

Une partie de cette richesse se trouve en Amazonie, fleuve déclaré en 2011 l’une des «mer-veilles naturelles» de la planète, la plus grande et la plus longue du monde, née dans les Andes péruviennes et se jette dans l’océan Atlantique après un périple de 7 000 kilomètres. Il transpor-te 220 000 mètres cubes par seconde et transporte plus d’eau que les fleuves Missouri-Mississippi, Nil et Yangtze réunis.

Son cycle hydrologique alimente un système complexe d’aquifères et d’eaux souterraines  couvrant près de quatre millions de kilomètres carrés entre le Brésil, la Bolivie, la Colombie, l’Équateur, le Pérou et le Venezuela, selon l’ACTO. Cependant, de nombreuses rivières de la région sont contaminées. L’ACTO estime qu’au cours des 50 dernières années, environ 1 300 tonnes de mercure ont été déversées sur le fleuve Amazone et ses affluents (que Bosonaro veut légaliser blog).

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Une biodiversité unique sur la planète

Le biotope amazonien contient environ 30 000 espèces de plantes, dont beaucoup présentent d’énormes qualités nutritionnelles et médicinales. Selon l’ACTO, il abrite également 2,5 millions d’espèces d’insectes, 2 500 espèces de poissons, plus de 1 500 espèces d’oiseaux, 550 espèces de reptiles et 500 espèces de mammifères et 34 millions d’habitants.

L’Amazonie est une région pratiquement dépeuplée, mais on compte 34 millions d’habitants, dont 60% sont concentrés dans les pôles urbains, comme la ville brésilienne de Manaus, qui compte deux millions d’habitants.

420 tribus indigènes et 86 langues

Selon les données d’ACTO, environ trois millions d’indigènes vivent en Amazonie, répartis dans 420 tribus parlant 86 langues et 650 dialectes. Au Brésil, les peuples autochtones occupent 600 réserves totalisant 109,6 millions d’hectares, soit 13% du territoire national.

Le gouvernement Bolsonaro a déclaré qu’il ne créerait pas de nouvelles terres indigènes, qui constituent principalement des réserves environnementales et dont les habitants ont dénoncé le sentiment d’être menacés par les politiques du chef de l’extrême droite.

Plus de 20% détruit par l’action de l’homme

Selon des calculs d’organisations environnementales, environ 20% de l’Amazonie aurait été détruite au cours des 50 dernières années par l’action prédatrice de l’homme, qui aurait franchi la jungle pour étendre ses frontières agricoles ou exploiter ses richesses minérales. Au Brésil, ce processus s’est accéléré depuis l’arrivée au pouvoir de Bolsonaro, qui est déterminé à ouvrir l’Amazonie aux sociétés privées des secteurs des mines, de l’agriculture et du tourisme, entre autres.

https://www.publico.es/

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23 août 2019 ~ 0 Commentaire

amazonie (people before profit)

brazil

L’Amazonie brûle: mettez fin au Mercosur

Le monde est sous le choc aujourd’hui à la vue des incendies qui se propagent dans la forêt amazonienne et envoient dans le ciel des panaches de fumée qui couvrent une zone de la taille de l’UE.

Cependant, contrairement aux incendies de forêt observés ces dernières semaines en Sibérie, les incendies en Amazonie ont été provoqués par des éleveurs de bétail et des bûcherons qui souhaitent défricher les terres.

Ils sont soutenus par le président d’extrême droite brésilien Jair Bolsonaro, qui a affirmé sans aucune preuve que les incendies avaient été allumés par des ONG. Bolsonaro a toujours soutenu les exploitants forestiers et l’agroalimentaire et a appelé à plusieurs reprises à ce que les peuples autochtones d’Amazonie soient expulsés de leurs terres.

La manière dont Bolsonaro traite les peuples autochtones au Brésil est odieuse, mais ce ne sont pas seulement ces personnes qui seront touchées par la destruction de l’Amazonie. La forêt pluviale est l’un des plus grands puits de carbone au monde et fournit environ 20% de l’oxygène du monde.

Les incendies libèrent d’énormes quantités de dioxyde de carbone dans l’atmosphère et nous rapprocheront encore d’un point critique qui pourrait enclencher un changement climatique irréversible.

Pourtant, alors que l’Amazonie brûle, l’UE, avec le soutien du gouvernement irlandais, continue de faire échec à l’accord Mercosur, qui prévoit d’importantes quantités de bœuf brésilien importées en Europe en échange de produits pharmaceutiques et de voitures allemandes.

Cet accord encourage activement Bolsonaro à poursuivre ses politiques destructrices, car les arbres défrichés laisseront la place au bétail en pâturage et augmenteront encore les émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le Mercosur n’est donc rien de plus qu’une voie directe vers l’écocide.

People Before Profit demandent que l’accord Mercosur soit immédiatement annulé. Bríd Smith député a appelé à une réunion urgente du comité sur le climat et a invité l’ambassadeur du Brésil à se présenter devant lui.

Une manifestation de solidarité avec les populations indigènes du Brésil a été convoquée par Extinction Rebellion à l’ambassade du Brésil à Dublin demain à 11 heures. People Before Profit apporte son soutien et encourage les gens à participer de manière solidaire.

22 août 2019

https://www.pbp.ie/

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23 août 2019 ~ 0 Commentaire

amazonie (france info)

bresil

Les incendies ne touchent pas que le Brésil

Quatre questions sur les incendies qui ravagent l’Amazonie

La déforestation de plus en plus intensive est la principale cause des feux qui dévastent la forêt amazonienne depuis plusieurs semaines.

L’été aura été ravageur pour la forêt amazonienne. En proie aux flammes depuis plusieurs semaines, l’Amazonie, dont 60% de la surface se trouve au Brésil, est au cœur de l’atten-tion. Le hashtag #PrayforAmazonia est d’ailleurs devenu viral sur les réseaux sociaux, mercredi 21 août. Franceinfo répond aux questions qui se posent sur ce gigantesque incendie.

Quelle superficie a été brûlée ? 

Il n’est pas possible, à l’heure actuelle, d’évaluer la superficie touchée par les feux de forêt en Amazonie. Le ministre de l’Environnement brésilien, Ricardo Salles, a assuré que « le gouverne-ment [avait] mobilisé tous les effectifs des secouristes et tous les avions » de lutte contre les incendies, « qui sont désormais à pied d’œuvre avec les gouvernements régionaux ».

Selon l’Institut national de recherche spatiale brésilien (INPE), les feux de forêt ont augmenté de 84% depuis le début de cette année au Brésil par rapport à la même période de 2018. L’institut ne précise toutefois pas quelle superficie cela représente. Il souligne que la hausse a été parti-culièrement significative dans les Etats occupés en totalité ou partiellement par la forêt amazo-nienne, comme celui du Mato Grosso, avec 13 682 départs de feu, soit une hausse de 87% par rapport à toute l’année 2018.

Quelles en sont les causes ?

Mercredi 21 août, le ministre de l’Environnement a affirmé dans un tweet que « la sécheresse, un temps sec et la chaleur ont provoqué une augmentation des incendies dans tout le pays ». Le lendemain, il a ajouté que les friches urbaines où les ordures sont incendiées, comme à Cuiabá, capitale de l’Etat amazonien du Mato Grosso, « perturbent grandement les villes ».

Mais la sécheresse n’est pas la cause principale de la hausse dramatique des feux de forêt, explique à l’AFP Paulo Moutinho, chercheur à l’Institut de recherche environnementale sur l’Amazonie. « La déforestation explique la majorité des incendies, assure-t-il. En 2019, la sécheresse n’est pas aussi sévère que lors des années précédentes, or il y a une hausse substantielle des incendies. Tout indique donc que la saison sèche n’est pas du tout le facteur prédominant. » 

Les feux en Amazonie sont notamment provoqués par les défrichements par brûlis utilisés pour transformer des aires forestières en zones de culture et d’élevage ou pour nettoyer des zones déjà déboisées, généralement pendant la saison sèche qui s’achève dans deux mois. Selon le système Deter (détection en temps réel de la déforestation) utilisé par l’INPE, la déforestation de la forêt amazonienne en juillet 2019 a été quasiment quatre fois plus importante qu’en juillet  2018. « Ce à quoi nous assistons est la conséquence de l’augmentation de la déforestation révélée par les chiffres récents », analyse Ricardo Mello, chef du programme Amazonie au WWF Brésil.

Pourquoi cela provoque-t-il une polémique politique ?

Après la publication par l’INPE des chiffres sur la déforestation, le président d’extrême droite brésilien, Jair Bolsonaro, féroce critique des politiques de protection de l’environnement, a limogé, début août, Ricardo Galvao, le président de l’institut, l’accusant de mentir et de nuire à l’image du Brésil.

L’incendie géant qui ravage l’Amazonie – associé à cet épisode polémique – a créé une nouvelle occasion pour Jair Bolsonaro d’être la cible d’une avalanche de critiques. Scientifiques, ONG de préservation de l’Amazonie et populations indigènes l’ont notamment blâmé pour son soutien au développement de l’agriculture et de l’exploitation minière dans des zones protégées.

En réponse, le chef d’Etat a préféré s’en prendre aux ONG, insinuant qu’elles pourraient avoir provoqué les incendies afin d’« attirer l’attention » sur la suspension par Brasilia des subventions à la préservation de l’Amazonie. Ces commentaires controversés interviennent alors que le Brésil organise et accueille, jusqu’au vendredi 23 août, un sommet sur le climat en Amérique latine à Salvador de Bahia, dans le nord du pays.

Quelles sont les réactions dans le monde ?

Les images impressionnantes des incendies ont provoqué, sur les réseaux sociaux, de multiples réactions révoltées. Le mot-dièse #PrayforAmazonia (« prions pour l’Amazonie ») a d’ailleurs été la première tendance mondiale sur Twitter mercredi. De nombreux internautes s’indignaient en postant des photos et vidéos montrant des pans entiers de forêt dévorés par des rideaux de flammes. Mais certaines de ces images n’avaient en réalité aucun rapport avec la situation actuelle, montrant par exemple des feux en Amazonie remontant à 1989 ou des incendies ayant eu lieu dans d’autres pays comme l’Inde ou les Etats-Unis, détaille l’AFP sur Twitter.

Les déclarations de Jair Bolsonaro sur le sujet ont elles aussi provoqué une levée de boucliers. Les deux contributeurs principaux du Fonds Amazonie, la Norvège et l’Allemagne, ont récemment suspendu leurs subventions à ce fonds qui permet de financer la préservation de la forêt, en raison des positions du président brésilien. Lundi, les gouverneurs des Etats amazo-niens ont critiqué les initiatives du gouvernement qui ont conduit à cette suspension et proposé de « dialoguer directement » avec les pays finançant le Fonds Amazonie.

23/08/2019

https://www.francetvinfo.fr/

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23 août 2019 ~ 0 Commentaire

frontières (afrique en lutte)

afrique

Externalisation des frontières

Oriol Piug raconte la frontière invisible en Afrique de l’Ouest

Les pays du Sahel font office de nouveaux murs de l’UE avec plus de contrôles frontaliers, augmentation des déportations et utilisation des fonds de coopération pour freiner les flux. L’externalisation de services européens vers des pays comme le Niger, le Mali et le Burkina Faso entraîne le détournement d’itinéraires, accroît la dangerosité de la route, le trafic informel et viole les droits de l’homme.

« On a récemment demandé à un ministre européen pourquoi il s’était rendu au Niger et il a répondu en assurant que « le Niger est notre voisin », symboliquement parlant ». C’est donc clair ». De cette manière voilée mais suggestive, le chef de mission de l’Organisation Interna-tionale pour les Migrations (OIM), Martin Wyss, admet l’externalisation des frontières européen-nes au Sahel. L’ambassadrice communautaire dans le pays, Denise-Elena Ionete, rejette le concept, mais reconnaît l’importance croissante du Niger dans la gestion de la question migratoire.

Le Niger est le gendarme de la migration irrégulière vers l’Europe et assume depuis 2015 les politiques européennes de confinement. C’est le produit de l’obsession de l’UE à freiner les flux d’entrée sur son territoire, malgré le fait que les mobilités à l’intérieur de l’Afrique sont supérieu-res – 70% – à celles dirigées vers l’Europe », d’après l’ONU.

La préservation des intérêts économiques dans la région, l’expansion du commerce de sécurité et « le refus atavique de l’Europe de former des sociétés mixtes », selon les termes de l’intellec-tuelle altermondialiste malienne Aminata DramaneTraoré, font avancer la stratégie de restriction de l’UE dans ce domaine. Il s’agit d’un mécanisme de contrôle fondé sur le renforcement des frontières, l’encouragement des déportations et des expulsions et l’utilisation des fonds de coopération souvent destinées au développement pour prévenir l’afflux de personnes.

Expulsions arbitraires et massives

Alex arrive au centre de transit de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) à Agadez. Il fait partie des plus de 40.000 personnes expulsées par l’Algérie vers la frontière nigérienne depuis 2014. Dans son cas, il se rendait au travail dans une carrière à Alger lorsque la police l’a arrêté soudainement et sans prévenir.

Ils ont réquisitionné tout ce qu’il portait, y compris son téléphone portable, et l’ont emmené à bord d’un autobus vers une destination inconnue. Après plusieurs jours de mauvais traitements physiques et d’humiliations, les forces de sécurité l’ont abandonné au milieu du désert du Sahara, avec des dizaines de citoyens subsahariens.

De là, ils ont marché une quinzaine de kilomètres jusqu’au sol nigérien, où l’OIM les attendait. Alex n’a jamais eu l’intention de continuer en Europe. Il était marié avec une femme algérienne depuis 8 ans et était à l’aise et bien installé dans le pays, malgré le racisme quotidien auquel il faisait face. « Ma femme m’attendait à la maison, mais à cette date, elle ne sait pas où je suis. J’ai insisté pour lui parler, mais ils ne m’ont pas laissé le faire. Elle est enceinte de deux mois et je veux juste lui dire que je suis vivant », dit-lui le cœur brisé.

OIM en question

Comme Alex, beaucoup d’autres ont été expulsés vers le Niger dans le cadre de l’accord de réadmission signé par Alger et Niamey en 2014 qui, théoriquement, ne concerne que les citoyens nigériens, mais dans la pratique, est appliqué à toutes les personnes subsahariennes.

Pour des associations militantes comme Alternative Espaces Citoyens, ces expulsions brutales sont une violation flagrante du droit international et des droits humains fondamentaux, puisqu’il s’agit de déportations massives et forcées, non communiquées à l’avance et, en outre, dans des conditions précaires et inhumaines.

L’OIM aide les victimes du côté nigérien de la frontière et les invite à participer à son programme de « retour volontaire » qui, pour une grande partie de la société civile et des experts, est « cynique » quand il se produit après une expulsion forcée, selon le chercheur burkinabé Idrissa Zidnaba.

L’organisme international préconise de ne travailler que dans des contextes « volontaires », mais évite de critiquer publiquement les actions de l’Algérie, car c’est « une question délicate entre deux pays souverains », d’après Martin Wyss. L’OIM, agence interétatique financée par des puissances internationales et liée à l’ONU, nie sa participation aux convois de déportation, mais assume le transport depuis la frontière vers les pays d’origine, par avion ou par voie terrestre.

Le Niger accueille plusieurs centres de transit de l’OIM et de plus en plus accepte la construction des « centres humanitaires des demandeurs d’asile » où il collabore avec le HCR pour identifier les demandeurs d’asile et/ou de réfugiés potentiels, en agissant selon la vision des hotspot proposée par le Président français, Emmanuel Macron, initialement rejetée par le gouvernement du Niger, mais finalement déployée.

Les installations, qui évacuent et protègent les migrants, jouent un rôle clé dans les politiques de confinement et se développent dans tout le Sahel. Pour certains militants et experts, cette orga-nisation remplit une double fonction, d’une part « caresse et de l’autre frappe », selon l’anthropo-logue et missionnaire Mauro Armanino. Pour le chercheur à l’Université de Bamako Bréma Dicko, « c’est l’exécuteur des politiques européennes », une sorte « d’agence de déportation » sous le parapluie de l’ONU.

Au Mali, par exemple, le rôle de l’agence est différent de celui du Niger, où tous les mécanismes de l’agence se sont installés sans difficultés majeures, donc l’importance de la diaspora malien-ne et de ses transferts de fonds ont empêché une mise en œuvre plus poussée.

Cependant, les deux Etats sont les bénéficiaires majoritaires de l’aide officielle européenne du Fonds fiduciaire d’urgence de l’Union européenne pour l’Afrique, le principal instrument pour tenter de « s’attaquer aux causes profondes de la migration », assure-t-il.

La société civile dénonce la conditionnalité de leurs dons, le détournement de fonds de l’éradica-tion de la pauvreté vers la sécurité, et l’inefficacité de la même aide due au syllogisme erroné entre migration et développement. En ce sens, il a été démontré que « le développement intensifie la mobilité » et non l’inverse, explique Harouna Mounkaila, directeur du groupe de recherche sur les migrations de l’Université de Niamey.

Inefficacité, dangers et clandestinité

Au Niger, la loi 2015/36, approuvée par le gouvernement, a criminalisé la traite et le trafic d’êtres humains selon la responsable de l’agence chargée de sa mise en œuvre, Gogé Maimouna Gazibo et a conduit à une « grande répression », en particulier pour la partie nord du pays, Selon les autorités locales, la persécution contre le soutien à la migration a démantelé des réseaux, emprisonné jusqu’à 200 personnes, confisqué des dizaines de véhicules et porté un dur coup à l’économie locale d’Agadez.

L’UE avait promis des subventions pour fournir des alternatives aux responsables de l’activité migratoire, mais celles-ci ne sont pas encore arrivées, sont insuffisantes et inefficaces.

« Ils nous demandent d’attendre, nous disant que le financement viendra, mais ils ne nous donnent que 1,5 million de FCFA pour démarrer une activité, alors que nous gagnions cela en une journée. C’est très peu », déclare Bachir Asma, un ancien passeur reconverti dans le cadre du programme de soutien aux acteurs de l’économie migratoire financé par l’UE.

Le mécontentement à l’égard des promesses non tenues augmente et la patience s’épuise. « Le blocage brusque des échanges commerciaux sans prise en compte des besoins de notre population a conduit au déploiement d’itinéraires alternatifs qui maintiennent le trafic de manière plus informelle », selon le maire adjoint d’Agadez, Ahmed Koussa.

Le trafic continue donc, mais d’une manière plus invisible. « La persécution de l’État pousse les gens à emprunter des routes plus compliquées, plus risquées et plus coûteuses », explique le responsable de Médecins Sans Frontières Francisco Otero.

« Sur les routes secondaires qui n’ont pas de points d’eau il y a des bandits armés, et une petite panne peut être fatale », dit Ahmed, un ancien chauffeur de la route vers la Libye. Les routes bifurquent vers le Tchad et surtout vers le Mali, où l’on a observé récemment une augmentation notable de la population qui se déplace dans la ville de Gao, passant de 7.000 en 2017 à 100.000 en 2018, selon les données de la Maison du Migrant.

Cela montre que la main de fer contre la migration au Niger « déplace le problème dans un autre pays sans le résoudre », selon Sadio Soukouna, chercheuse à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD).

Il y a donc une augmentation exponentielle de la traite informelle et des risques, qu’il s’agisse d’agression, de braquage, de viol ou d’enlèvement par des groupes armés ou des bandits. « Ils sont poussés dans l’illégalité », assure Otero.

« Ils interceptent leurs véhicules et leur disent qu’ils peuvent gagner de l’argent s’ils les suivent, et certains le font. D’autres, par contre, sont détournés contre leur gré et leur famille doit payer la rançon. L’année dernière, nous avons libéré 14 personnes », déclare le militant Eric Alain Kamdem.

La société civile considère également que le renforcement des frontières par des contrôles biométriques sophistiqués et le développement des points de surveillance sur les routes violent le protocole de libre circulation de la CEDEAO,

Au Burkina Faso, par exemple, Moussa Ouédraogo, responsable de l’ONG Grades, dénonce le fait que son pays est devenu une « pré-frontière, afin de bloquer la route au plus grand nombre de personnes possible » avant leur arrivée au Niger, et affirme que l’extension des contrôles sous prétexte de lutter contre le terrorisme ne cache pas que l’objectif est « l’intimidation des migrants ».

Le gouvernement nigérien se défend de l’accusation d’entrave à la liberté de circulation commu-nautaire et assure qu’il n’exige que les voyageurs soient munis de documents valides. En revan-che, il se félicite de la réduction des flux migratoires transitant par Agadez, un infléchissement de la courbe obtenu à la suite d’un impressionnant dispositif policier de quadrillage des routes et des points d’eau appuyé par des pays européens.

Des investissements financiers jetés par la fenêtre puisque de nombreux rapports d’ONG et de chercheurs indiquent que très peu des personnes évacuées du Maghreb restent dans leur pays, la plupart finissent par reprendre la route.

C’est le cas d’Ibrahim, ressortissant sénégalais, qui après un séjour en Libye, s’est retrouvé contre sa volonté en Algérie. « Je veux toujours aller en Europe, car je ne voulais pas rentrer dans mon pays. Dès que possible, je tenterai à nouveau la route marocaine, j’essaierai de sauter les clôtures : entrer ou mourir » a confessé l’intéressé.

10 août 2019 par Oriol Puig

http://www.afriquesenlutte.org/

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23 août 2019 ~ 0 Commentaire

gaza (afps pùblico)

Carte-de-Palestine-1946-2013-5-1

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Israël encourage l’émigration palestinienne de Gaza

Selon un haut responsable

Un député arabe israélien accuse le gouvernement de Benyamin Netanyahu de vouloir procéder à un « transfert de population » dans la bande de Gaza.

C’est une polémique qui secoue en ce moment tout le pays. En cause, la nouvelle politique que chercheraient à mettre en œuvre les autorités israéliennes dans l’enclave palestinienne, à savoir tout faire pour la vider de ses habitants, en s’efforçant de leur trouver différents pays d’accueil.

Les Israéliens seraient prêts à assumer les coûts liés à cette émigration, et seraient même disposés à permettre l’utilisation d’un aérodrome israélien situé près de Gaza pour permettre aux Palestiniens de s’envoler vers leur nouvelle destination. Le problème, à ce stade, est qu’Israël n’a trouvé aucun pays d’accueil.

Haut fonctionnaire anonyme

Cette information est reprise par l’ensemble des médias en Israël avec une même source, un haut fonctionnaire anonyme dans l’entourage du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu. Ce dernier est actuellement en déplacement en Ukraine. Toujours selon cette même source, il existerait une émigration spontanée de la bande de Gaza, avec des Palestiniens qui trouvent eux-mêmes des pays d’accueil.

Un « transfert de population »

Plus de 35 000 habitants de Gaza sur 2 millions ont quitté l’enclave palestinienne en 2018, affirme le haut fonctionnaire anonyme, la plupart en raison de la situation économique.

Un député arabe israélien a affirmé que cette politique n’était autre qu’une forme de « transfert de population ». Si les habitants de Gaza doivent émigrer, a renchéri un de ses collègues, c’est vers la Palestine.

RFI-Avec notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul

http://www.france-palestine.org/

Lire aussi:

Israel impulsa a la « emigración voluntaria » de los palestinos de Gaza (Pùblico)

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23 août 2019 ~ 0 Commentaire

décrocheurs (jdd)

macron-president-fric

« Décrocheurs de portraits »

Qui sont ces militants qui veulent manifester contre Macron pendant le G7?

Inutile de chercher Emmanuel Macron à Biarritz pendant le sommet du G7 : dimanche, il sera à Bayonne. Plus précisément, des portraits de lui défileront dans les rues de la vieille ville basque, portés par des militants écologistes.

En février, le mouvement Action non-violente COP 21 (ANV-COP21) a lancé #Décrochons Macron, un appel à décrocher des portraits du président de la République dans des bâtiments publics pour dénoncer l’inaction de l’Etat face aux changements climatiques.

Le 23 mai dernier, plus de 80 personnalités, dont la tête de liste France Insoumise aux euro-péennes Manon Aubry et le Gilet jaune François Boulo ont signé un appel à décrocher 125 portraits du chef de l’Etat. Comme le nombre de jours qu’il a fallu à la France pour dépasser son empreinte écologique en 2019.

Objectif dépassé puisqu’au final 127 portraits ont à ce jour été décrochés dans des mairies – illégalement, puisqu’il s’agit de vol. Une bonne partie devrait donc se retrouver à Bayonne dimanche matin. Parmi les manifestants se trouvera Anne-Sophie Trujillo Gauchez, consultante indépendante en humanitaire et développement et militante au sein d’ANV-COP21 depuis 2015. « On a voulu profiter de l’événement international qu’est le G7 pour montrer le décalage entre le discours de notre président à l’international et la réalité en France ».

Des portraits cachés en « lieu sûr »

Le 2 mars, elle a décroché le portrait d’Emmanuel Macron de la mairie de Jassans-Riottier (01). Mais elle ne sait pas si le cadre qu’elle a décroché fera le voyage vers Bayonne ; d’ailleurs, elle ne sait pas où il se trouve. Cela fait partie de la démarche définie par l’ANV-COP21 : une fois le cadre glissé dans une housse de protection, des membres de l’organisation cachent le portrait en « lieu sûr », à l’abri des regards indiscrets… et des autres membres du groupe.

En lieu et place des portraits présidentiels, on trouve désormais, dans une centaine de mairies de France, un mur nu. Pour Michel Piquand, charpentier en Haute-Savoie (74), « ce vide symbo-lise le vide de la politique actuelle du gouvernement face aux urgences climatiques et sociales ». Ce décrocheur habite dans la vallée de l’Arve, « la plus polluée de France ». Pour faire entendre son ras-le-bol, Michel Piquand a emmené l’un des quatre portraits qu’il a décrochés au pied des glaciers.

« On voulait montrer au président qu’il y a vraiment urgence. » Cette « sortie du portrait », comme d’autres ailleurs en France, s’inscrit dans la deuxième phase du mouvement #Décrochons Macron. Sur son site, ANV-COP21 explique vouloir « ‘sortir’ symboliquement le président Emma-nuel Macron pour lui faire voir le dérèglement climatique et l’extinction de la biodiversité en cours d’accélération et d’aggravation ».

Emmanuel Macron a assisté aux vendanges du futur

A Mardié, près d’Orléans, Franzeska Bindé a déplacé le portrait sur un chantier pour lui montrer « un projet de bétonisation inutile ». Dans le Beaujolais, Anne-Sophie Trujillo Gauchez a fait participer le président à un rassemblement contre l’utilisation des pesticides.

Avec d’autres militants, elle a également emporté le portrait sur le tournage d’un clip parodiant les vendanges de 2050, quand le réchauffement climatique aura avancé la récolte du raisin au mois de… juillet. Mais ces sorties symboliques et les vols qui les ont précédés ont un prix : Franzeska Bindé et Michel Piquand sont poursuivis en justice pour vol en réunion et encourent cinq ans d’emprisonnement et une amende pouvant aller jusqu’à 75.000 euros. Leurs procès auront lieu respectivement le 13 septembre et le 17 octobre.

Anne-Sophie Trujillo Gauchez, quant à elle, est poursuivie pour vol en réunion avec ruse et encourt une peine de 10 ans de prison et 150.000 euros d’amende. « Je rappelle qu’au moment du décrochage, la valeur du portrait était de 8,70 euros et début juillet, le prix du portrait est monté à 9,90 euros sur le site de l’Elysée. Tout cela est disproportionné, surtout compte tenu du fait que l’on a promis de rendre ces portraits », précise-t-elle. « Mais je suis sûre de ce que je fais, je sais que je suis du bon côté de la justice. »

On rendra les portraits quand la France mettra en œuvre des mesures à la hauteur de l’urgence climatique

Un sentiment partagé par Michel Piquand : « Je savais ce que je risquais avant de passer à l’action. Mais si je fais ça, c’est pour l’avenir, c’est pour mes enfants si j’en ai un jour… On est des lanceurs d’alerte, on n’est pas là pour embêter les gens. On a tous un métier, on a tous une vie, on a tous des besoins – mais dans la vallée de l’Arve, le besoin de respirer est vraiment primordial. » A ce jour, ANV-COP21 comptabilise 17 procès intentés contre ses militants et 900 heures cumulées de garde à vue depuis le début des décrochages.

Après la « marche des portraits » de dimanche, les cadres devraient retrouver leur cachette. « On rendra les portraits quand la France mettra en œuvre des mesures à la hauteur de l’urgence climatique », explique Franzeska Bindé. Cette échéance a fait réagir le président de la cour lors de l’audience d’Anne-Sophie Trujillo Gauchez. « Vous n’êtes pas près de les rendre », lui a-t-il glissé.

Les militants écologistes qui ont décroché les portraits d’Emmanuel Macron dans plus d’une centaine de mairies prévoient une « marche des portraits » dimanche à Bayonne, en marge du G7. Poursuivis en justice mais déterminés, trois « décrocheurs » ont expliqué leur démarche au Journal du Dimanche.

23 août 2019 Alice Bouleau

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22 août 2019 ~ 0 Commentaire

olivier besancenot (bfm)

 

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22 août 2019 ~ 0 Commentaire

boycott (le monde)

silence

Des ONG environnementales boycottent le G7

Pour dénoncer une atteinte à la liberté d’expression de la société civile

Le Réseau action climat fédère des associations aussi importantes que Alternatiba, France Nature Environnement, Greenpeace, la Ligue pour la Protection des Oiseaux, Oxfam France, le Secours Catholique ou encore le WWF

D’ordinaire, les organisations non gouvernementales (ONG) disposent d’une centaine d’accrédi-tations pour participer au sommet du G7. Mais cette année, alors que la réunion des plus grandes puissances mondiales: Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royau-me-Uni,  doit s’ouvrir ce week-end à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), les ONG n’ont reçu que vingt-cinq précieux sésames.

En réaction, le Réseau action climat (RAC) a annoncé, jeudi 22 août, que les trente-deux associations qu’il fédère boycotteront le sommet, dénonçant la décision de l’Elysée de « les garder à l’écart du sommet ».

« Un précédent dangereux »

« Non seulement, l’Elysée a maintenu à un niveau historiquement bas les accréditations pour la société civile mais les ONG n’auront accès ni au sommet, ni au centre de presse alors que c’est la pratique depuis plus de dix ans », a expliqué Lucile Dufour, responsable du RAC lors d’une conférence de presse à Paris.

« Cette décision crée un précédent dangereux que nous refusons d’accepter. (…) Elle est une atteinte à la liberté d’expression de la société civile que nous refusons pour ce sommet et pour les suivants. »

Le réseau fédère des associations aussi importantes que Alternatiba, France Nature Environne-ment, Greenpeace, la Ligue pour la protection des oiseaux, Oxfam France, le Secours Catholi-que, ou encore le World Wildlife Fund (WWF)… A divers niveaux, toutes sont impliquées dans la préparation du sommet depuis un an.

Le G7, qui se tiendra du 24 au 26 août, affiche comme ambition de « lutter contre les inégali-tés ». Dès vendredi, Emmanuel Macron recevra des représentants de la société civile, notam-ment d’ONG et d’entreprises, pour « recueillir leurs recommandations » à la veille de l’ouverture du sommet, malgré ce boycott de dernière minute.

Un contre-sommet a par ailleurs débuté mercredi à Irun (Espagne) et Hendaye (France) pour dénoncer un G7 que des ONG jugent « bunkerisé ». Les autorités françaises ont mobilisé plus de 13 000 membres des forces de l’ordre, appuyés par l’armée, et Madrid près de 3 000  policiers et gardes civils, pour assurer la sécurité du sommet, et de ses environs.

Le Monde

https://www.lemonde.fr/

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22 août 2019 ~ 0 Commentaire

amazonie (france-info le-monde)

fuego

Amazonie : le poumon vert de la planète est en feu

Les forêts brésiliennes sont ravagées par les incendies. La ville de Sao Paulo s’est même retrouvée dans le noir, en plein jour, en partie en raison des fumées.

La plus grande forêt du monde est en train de brûler. Il y a des milliers de départ de feu sur ces immenses territoires. Les pompiers tentent de ralentir la progression des flammes, en vain. Les épaisses fumées sont entrées en contact avec des masses d’air froid.

Elles ont provoqué à plusieurs milliers de kilomètres de là un phénomène météorologique : au Brésil, Sao Paulo s’est retrouvé dans le noir en plein jour.

Bolsonaro accuse les militants écologistes

Les incendies sont d’une ampleur exceptionnelle. Le président brésilien Jair Bolsonaro a accusé, sans preuve, les associations écologistes. « Il pourrait s’agir d’actions criminelles de ces ONG pour attirer l’attention contre ma personne« , explique-t-il. Le président brésilien est accusé par les scientifiques de détruire la forêt amazonienne. Selon eux, la déforestation et la sécheresse exceptionnelle depuis le début de l’année expliquent ce sinistre hors-norme.

22/08/2019

https://www.francetvinfo.fr/

amazonie

Feux de forêt en Amazonie.

Trois questions sur ces incendies qui détruisent le poumon vert de la planète

L’augmentation de 83 % du nombre de départs de feu enregistrés en Amazonie depuis le début de l’année, a provoqué des réactions en chaîne. Les internautes se sont emparés de cette infor-mation pour dénoncer la politique de Bolsonaro au Brésil qui, lui-même, s’est défendu en accu-sant les ONG, avant de finalement expliquer ce jeudi 22 août que son gouvernement n’a pas les moyens de lutter contre les incendies.

Depuis le début de l’été, les feux se sont encore multipliés dans la forêt amazonienne au Brésil. Rien que de janvier à août 2019, le pays a enregistré un peu plus de 72 000 départs de feux contre un peu moins de 40 000 pour toute l’année 2018, selon l’Institut national de recherche spatiale du Brésil, l’INPE. Mais les pays voisins ne sont pas épargnés. Le Venezuela en totalise 26 400 et la Bolivie 16 100.

Des chiffres qui donnent le vertige quand on sait à quel point cette région est indispensable au bon fonctionnement de l’ensemble de la planète. Petit tour d’horizon des questions qui se posent face à cette catastrophe environnementale.

Pourquoi l’Amazonie est-elle en train de brûler ?

Les raisons sont à la fois naturelles et humaines. Comme partout dans le monde, la sécheresse « crée des conditions favorables à l’utilisation et à la propagation d’incendies, mais les départs de feux sont d’origine humaine, que ce soit intentionnellement ou par accident », indique Alberto Setzer, chercheur à l’INPE. L’intentionnalité est liée à la technique de certains agriculteurs de défrichement par brûlis. Les terres ainsi libérées de leurs arbres peuvent accueillir des cultures.

Les principales causes de déforestation sont l’agriculture (soja), l’élevage, la construction de barrages hydroélectriques et d’infrastructures routières, l’industrie minière, les feux de forêt et le trafic de bois.

Selon Robert Muggah, directeur de recherche à l’Institut Igarape, groupe de réflexion et d’action basé au Brésil, « la réalité, c’est que le Brésil a fait des progrès incroyables dans la réduction de la déforestation et des incendies au cours des 50 dernières années ». Seulement, ce serait « vraiment au cours des quatre ou cinq dernières années que nous avons vu une croissance de la dégradation de la déforestation et surtout l’année dernière où nous avons vu une augmentation de 50 % de la déforestation par rapport à l’année précédente ».

bresil

Pourquoi faut-il sauver ce « poumon vert » ?

Avec une superficie de 5,5 millions de kilomètres carrés l’Amazonie est la plus vaste forêt tropi-cale de la planète. La biodiversité hébergée en Amazonie est tout à fait hors normes : « 40 000 espèces de plantes, 3 000 espèces de poissons d’eau douce et plus de 370 de reptiles, soit une espèce sur dix existantes sur Terre », indique le site du Fonds mondial pour la nature (WWF).

À cela s’ajoute « les 570 millions d’hectares de forêts denses, la moitié des forêts tropicales restantes de la planète, 6 600 km de rivières sinueuses… » Le lien entre la santé de l’Amazonie et celui de la planète n’est pas nouveau.

C’est justement ce qui alerte Robert Muggah, directeur de recherche à l’Institut Igarape, la défo-restation « affecte aussi l’évapo-transpiration qui est essentiellement la couverture nuageuse qui modère notre climat au Brésil et dans toute l’Amérique du Sud mais aussi dans les océans du monde. Donc, le fait que cela se produise actuellement au Brésil n’est pas seulement mauvais pour le Brésil et les villes du Brésil qui sont touchées par la pollution et les pénuries d’eau, c’est un problème pour le monde ».

Puits de carbone, la forêt absorbe davantage de CO2 qu’elle n’en rejette : elle emmagasine 90 à 140 milliards de tonnes de CO2, ce qui contribue à réguler le réchauffement climatique dans le monde, selon WWF. Les effets à long terme risque donc d’être catastrophiques.

En quoi les réseaux sociaux ont-ils permis d’alerter ?

L’annonce de l’Institut national de recherche spatiale (INPE) s’est rapidement propagée sur les réseaux sociaux, particulièrement sur Twitter. Les internautes ont créé deux hashtags : #PrayForAmazonia et #PrayForAmazonas.

Partout, c’est l’indignation et de nombreuses questions commencent à émerger. Certains internautes accusent la politique de Bolsonaro, lui reprochant de favoriser la technique du brûlis.

À son tour, mercredi le président du Brésil s’est défendu en accusant les ONG d’elles-mêmes provoquer ces feux pour destituer son gouvernement. Finalement, ce jeudi 22 août, il est revenu sur cette déclaration un peu hâtive dans une vidéo en direct sur son compte Facebook. Ce n’était pas une affirmation, a-t-il dit en précisant qu’il avait voulu faire part de ses « soupçons ». Il a aussi profité de l’occasion pour dire que son gouvernement n’avait pas les moyens de lutter contre les incendies dans la forêt amazonienne.

Les photographies qui circulent, montrent les moyens presque dérisoires des services de secours devant l’ampleur et l’étendue des incendies, même si le ministre en charge de l’environnement au Brésil, Ricardo Salles, indique qu’ils sont « à pied d’œuvre ».

Certains internautes ont rapidement attribué le fait que la ville de Sao Paulo ait été plongée dans le noir en pleine journée le lundi 19 août à ces incendies, alors que selon certains scientifiques, il s’agirait davantage d’un phénomène météorologique alliant nuages bas et front froid.

Faut-il que les pays unissent leurs efforts devant l’ampleur de ce phénomène, alors qu’elle se situe à plusieurs milliers de kilomètres des incendies responsables de cette situation ? Et, en plus des effets à long terme, quels sont les effets immédiats sur la santé des habitants ?

Ouest-France  22/08/2019

https://www.ouest-france.fr/

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22 août 2019 ~ 0 Commentaire

contre g7 (libération rdf)

contre g7

Au contre-G7, «des unions pour faire avancer nos idées»

Si la présence de représentants politiques au Pays basque a agacé certains militants, d’autres ont prôné la convergence.

Au milieu des militants associatifs et des responsables d’ONG rassemblés à Hendaye (Pyrénées-Atlantiques) et Irún, quelques élus de gauche ont pointé une tête à l’ouverture du contre-sommet du G7 mercredi.

Parmi eux, David Cormand, eurodéputé et secrétaire national d’Europe Ecologie-les Verts (EE-LV), et Eric Coquerel, député insoumis (LFI), sont venus se faire secouer en participant à une conférence organisée par Attac, autour des «voies de l’émancipation, de l’échelon municipal à l’international».

Un thème vite dépassé au moment des échanges avec le public, quand les interventions se sont concentrées sur le rôle des responsables politiques dans la transition vers cet «autre monde» que le contre-sommet appelle de ses vœux. «Il faut réussir à s’accorder entre forces de gauche. Mais le leadership des partis et leur système pyramidal, c’est terminé !» tonne une participante. «Vous vous en êtes pris plein la tête», résume un autre, avant de suggérer aux élus sur scène de démissionner pour laisser place à un système de tirage au sort.

«Prêcheurs de vérité»

Olivier Besancenot, toujours porte-parole du NPA et invité de dernière minute à la conférence, se dévoue pour répondre :

«Je ne suis plus candidat à rien, sinon à la révolution, mais je suis venu plaider de l’intérêt de la politique pour avancer sur les grands enjeux auxquels on est confrontés aujourd’hui. Et dans ce lieu, on a l’occasion de discuter vraiment, en s’extrayant de l’agenda minuté de la République.»

A la sortie de la salle de conférence, quelques militants fulminent. «Ils ont été secoués, et c’est tant mieux. Qu’est-ce que c’est que cette idée d’organiser leur université d’été [du 22 au 25 août pour LFI, et du 22 au 24 pour EE-LV] en même temps que le contre-G7, puis d’y venir pour prôner l’unité ?» s’agace Marie.

Bernard, venu d’Aix-en-Provence, ne trouve à l’inverse «aucun inconvénient» à leur présence. «Je pense qu’en tant que militant d’Attac depuis vingt ans, je fais de la politique. Et pour faire avancer nos idées, il faut des unions. Les événements de ce type sont des bonnes occasions de discuter ensemble.»

Plus loin, Pierre, la soixantaine, approuve la venue de quelques élus. Mais «à la condition qu’ils sachent apprendre des autres mouvements sociaux sans rester dans leur posture de prêcheurs de vérité, précise-t-il. Ils viennent de nous faire un exercice vertueux d’union mais je doute de sa pérennité».

Descendu de l’estrade, Eric Coquerel tient lui aussi à parler d’unité pour repousser des critiques qui ont visé LFI en premier lieu. «Même si la situation est un peu houleuse, c’est un début de convergence nécessaire, dit le député de Seine-Saint-Denis.

On est d’accord pour condamner le G7, mais regardez septembre : des journées de mobilisation sont prévues presque tous les jours. Ce n’est pas possible de continuer lutte par lutte, il faut plus d’union.» Cormand temporise et retient le positif. «Il y a quelques années, cela aurait été beau-coup plus raide. Je retiens surtout que les militants étaient là pour nous interpeller et non pour dire que nous n’avions pas notre place ici.»

Discuter et travailler avec des responsables politiques n’a pas toujours été une évidence pour le mouvement altermondialiste, qui a toujours œuvré à faire émerger des initiatives locales fonc-tionnant sur une autre logique que celle du libéralisme.

Mais «aujourd’hui ceux qui ne veulent pas entendre parler des élus sont bien plus minoritaires, souligne Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac et modératrice du débat. Les initiatives locales et concrètes, c’est formidable et indispensable.

Mais comment on les transforme en modèle dominant ? Sans pouvoir politique, je ne vois pas. Certaines urgences, notamment climatiques ou de réglementation de la finance, ne peuvent pas être réglées uniquement par le bas.»

«Voie claire et crédible»

Un point de vue partagé par Txetx Etcheverry, cofondateur de l’association Alternatiba qui s’échine pourtant à faire émerger des schémas locaux de réponse à la crise sociale et écologique.

«Aujourd’hui, les plus ardents promoteurs du libéralisme arrivent à se poser en alternative à leur propre système, en reprenant des éléments du discours des associations, analyse le Basque. Ce n’est donc vraiment pas le moment de tomber dans le sectarisme. Chacun doit remplir sa fonction, politiques compris, si nous voulons proposer une autre voie claire et crédible.»

Le contre-G7, avec ses 200 intervenants et 80 associations réunis jusqu’à dimanche soir, fait figure de bon point de départ pour en discuter. Mais tous n’en font pas le même usage. Des trois invités politiques du matin, seul Olivier Besancenot est resté dans l’après-midi pour écouter d’autres orateurs et d’autres débats.

Nelly Didelot, Envoyée spéciale à Irún et Hendaye 21 août 2019

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