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18 juin 2018 ~ 0 Commentaire

pour la syrie (inprecor)

assad

Un meeting de grande importance sur la révolution syrienne

Un petit événement assez important vient d’avoir lieu en Grèce : un meeting de soutien à la révolution syrienne, co-organisé par une partie de la gauche radicale et anticapitaliste.

Son importance s’explique du fait que, ce qui domine en Grèce jusqu’ici ce sont deux tendances pas si opposées que cela sur le fond :

• D’un côté, le soutien affirmé du gouvernement Tsipras au gouvernement israélien,

• De l’autre un positionnement campiste bien ancré dans la plus grande partie de la gauche grecque, encore renforcé dans une logique simpliste par le soutien de Tsipras à Netanyahu et donc à ses alliés internationaux.

Il faut donc d’abord rappeler la politique pro-israélienne qu’appliquent désormais Tsipras et la direction de Syriza, comme on vient de le constater avec la rencontre des premiers ministres de Chypre, d’Israël et de Grèce, pour des accords économiques et industriels.

C’est la volonté (par ailleurs très peu écologique) que l’exploitation d’hydrocarbures dans la partie orientale de la Méditerranée soit aux mains exclusives de ces 3 pays et de l’Égypte. Certes, Tsipras a rappelé qu’il était partisan de la solution de l’État palestinien à côté de celui d’Israël, mais il a surtout insisté sur l’objectif commun : « que nous assurions la prospérité, la stabilité et la coopération entre nos pays mais aussi avec les pays voisins et les peuples de la région ».

Au moment où l’armée israélienne massacre des dizaines de palestiniens sur la frontière de Gaza, Tsipras a osé dire cela, tout en se réjouissant après cette quatrième rencontre tripartite des avancées de cette coopération… et cela pendant qu’en Grèce se tenaient des manifesta-tions pour protester contre les crimes de l’armée israélienne et la politique de pyromane régional de Netanyahu !

Assad ami des Grecs ?

Ce qui est sûr, c’est que la politique de Tsipras, avec d’un côté la poursuite des mémorandums et de l’autre le soutien de fait à Netanyahu, ne peut que renforcer la tendance campiste qui sévit gravement dans la gauche grecque, subissant quoi qu’elle dise l’influence du KKE (PC grec). Car au-delà du KKE, l’Unité Populaire (LAE) et même des organisations anarchistes (eh oui !) baignent dans un mélange d’idéologie nationaliste et campiste, où tout ce qui semble contrer l’impérialisme occidental prend une allure sympathique, même les pires dictatures.

Même la coalition anticapitaliste Antarsya n’ose pas prendre une position claire…

Le schéma est simple, et fonctionne : Trump et Netanyahu sont nos ennemis, leurs ennemis sont donc nos amis ! Et du coup, la position majoritaire à gauche en Grèce, c’est un soutien de fait ou assumé à Assad et à ses protecteurs russes et iraniens, ce qui s’est traduit récemment par plusieurs manifestations contre les seules agressions impérialistes de Trump et ses compli-ces contre le peuple syrien… Cerise sur le gâteau : le boucher syrien vient d’accorder un entretien à un journal connu de la droite grecque, Kathimerini. Assad y parle notamment de ses adversaires turc et français, arguments en béton pour renforcer un sentiment anti-impérialiste qui cache mal son fond nationaliste !

C’est dans ce contexte de confusion extrême, de danger du renforcement du racisme contre les réfugiés (pourquoi des Syriens devraient fuir la Syrie de « l’anti-impérialiste » Assad… ?), que s’est produit un événement fort bienvenu pour avancer des éléments de clarification à gauche par rapport au Proche Orient : un meeting sur la Syrie avec Joseph Daher.

Autour de ce meeting, notre camarade a eu aussi des entretiens, que ce soit pour un long article dans Efimerida ton Syntakton (Quotidien des Rédacteurs, un des principaux journaux grecs) ou un entretien dans Babylonia, revue en ligne (1).

Succès du meeting, révolution et contre-révolution en Syrie

Le 26 avril a donc eu lieu ce meeting autour d’une intervention sur l’histoire récente en Syrie faite par notre camarade de la 4è Internationale, Joseph Daher. Différentes organisations et associations ont coorganisé la réunion : Initiative anarcho-syndicaliste Rocinante, Mouvement Anti-autoritaire (AK), Réseau pour les Droits sociaux et politiques, Réseau pour la Gauche Radicale, Organisation de jeunesse de la gauche radicale (ONRA), site elaliberta.gr (2).

Le meeting, qui se tenait à la faculté d’économie (ASOEΕ), a été un beau succès en réunissant plus de 250 personnes et en se voulant comme initiative unitaire de soutien à la révolution syrienne engagée en 2011. Les organisations grecques s’intéressant particulièrement aux aspects suivants : les formes d’auto-organisation à la base et les comités locaux élus ou de coordination dans les zones libérées, les luttes des femmes et des minorités pour leurs droits et les libertés.

Et le meeting était placé sous le signe de la solidarité 

Aujourd’hui encore, un peuple révolutionnaire a besoin de notre solidarité, qui devrait être évidente face aux multiples répressions, celle d’Assad et de ses alliés, celle des États-Unis et de ses alliés, celle des forces djihadistes. Un point fort de la part des organisations, c’est leur refus de laisser croire que les évènements en Syrie ne seraient que le simple jeu entre diffé-rents impérialismes : l’élément central, c’est la lutte du peuple syrien ! Mais là aussi, il faut con-damner la position méprisante existant dans la gauche grecque selon laquelle c’est la lutte du peuple syrien qui permet l’intervention des États-Unis, contre laquelle il faut défendre Assad !

Dans son intervention, notre camarade Joseph Daher est revenu sur le pouvoir dictatorial d’Assad, sur la révolte populaire de 2011, sur Rojava. Il a aussi mis en avant plusieurs points clés :

• Souhait d’un appel des forces progressistes à la fin de la guerre, celle-ci ne faisant que servir les forces contre révolutionnaires de tout côté ;

• Rejet indispensable de toute tentative de légaliser le pouvoir d’Assad ;

• Droit au retour pour tous les réfugiés, droit à des dédommagements pour les biens anéantis ;

• Procès d’Assad et ses alliés pour leurs crimes, même chose pour les forces fondamentalistes et les différentes forces armées.

Il a enfin appelé à un Front Unique sur la base des principes de la révolution syrienne : démocratie, justice sociale, égalité, non au sectarisme et au racisme.

Un meeting qui en appelle d’autres

Ce meeting constitue un pas important pour renforcer la solidarité en Grèce avec la révolution syrienne, face à toute la confusion qui règne ici quant à la situation au Proche Orient. Il est donc tout à l’honneur des différentes organisations invitantes d’avoir coorganisé cet événe-ment, politiquement très pertinent. Les camarades de la minorité de OKDE-Spartakos (2) ont participé activement à la préparation et à l’organisation de cette initiative autour de notre camarade syrien. Le succès de ce meeting, on peut le mesurer, d’ailleurs, dans les paroles d’un camarade syrien –plusieurs réfugiés étaient présents – qui a salué cette soirée, en soulignant qu’il s’agissait du premier meeting en Grèce en soutien à la révolution syrienne.

Athènes,  Tassos Anastassiadis et Christos Ionas 15 mai 2018

* Tassos Anastassiadis, journaliste, et Christos Ionas, enseignant, sont militants de l’OKDE-Spartakos, section grecque de la Internationale.

http://inprecor.fr/

Lire aussi:

Mandat d’arrêt pour « crime contre l’humanité » : le régime syrien visé par la justice (Bastamag!)

Mélenchon et son déni du peuple syrien la première victime (ESSF)

Résolution sur la Syrie (Quatrième Internationale )

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18 juin 2018 ~ 0 Commentaire

mur de bretagne (vigil’oust)

mur

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Appel au rassemblement GEANT face à la l’enfumage de Bercy

APPEL a la Mobilisation le dimanche 24 juin

L’État nous enfume et suspend l’avenir de notre territoire au bon vouloir d’une société boursière!

L’État peut, jusqu’au 28 juin, refuser de transférer le PERM de Merléac et les autres à la société Appolo Minerals. Le ministre de l’économie vient d’annoncer à la région Bretagne qu’il n’en sera rien. Pour faire passer la pilule, il nous offre une hypothétique  » abrogation d’ici quelques mois » et ce, à la condition qu’Apollo confirme ses intentions vis a vis de la Bretagne.

C’est de l’enfumage !

Si Apollo ne souhaite pas reprendre les permis bretons, alors pourquoi l’État ne saisit-il pas l’occasion de refuser les transferts des PERMS bretons ? L’État laisse l’avenir de notre terri-toire suspendu au bon vouloir d’une société boursière sans lui donner de conditions , il le fait soit par manque de courage, soit par volonté de laisser possible la vente des permis miniers bretons dans les mois / années qui viennent !

L’association Vigil’Oust est scandalisée par la manipulation orchestrée par Bercy, et par le manque de clairvoyance de certains élus .

La mobilisation citoyenne centre bretonne est clairement négligée et la démocratie doit repren-dre la main. Nous appelons à une très large mobilisation le dimanche 24 juin prochain afin de faire savoir à l’État que nous sommes très nombreux à exiger le refus de transfert des PERM avant la date fatidique du 28 juin.

Retrouvons nous nombreux à 14H en bas de la côte de Menez-Hiez à Mûr de Bretagne. Venez avec vos t-shirts jaune et vos vélos, pancartes et de quoi faire du bruit. Un goûter partagé et une conférence de presse auront lieu en haut de la butte vers 15h30 !

·Organisé par Projet Minier Merléac

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18 juin 2018 ~ 0 Commentaire

loi agriculture (liberation)

monsanto-mort

Loi agriculture : «Les sénateurs n’ont pas compris le rôle primordial de l’abeille»

Pendant que les abeilles disparaissent, les sénateurs éliminent du projet de loi agriculture les timides mesures cherchant à réduire l’utilisation de pesticides. Gilles Lanio, président de l’Union nationale de l’apiculture française, lance un énième cri de détresse.

Gilles Lanio préside l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf). Il se dit scandalisé par les coups de rabot portés cette semaine par les sénateurs en commission des Affaires économi-ques au projet de loi agriculture et alimentation, pourtant déjà très timide sur les questions environnementales. Les mesures cherchant à limiter l’usage des pesticides ont disparu du texte ou été considérablement allégées.

En quoi les sénateurs ont-ils encore affaibli le projet de loi agriculture ?

Ils ont détricoté toutes les avancées environnementales, alors qu’il n’y en avait déjà pas plé-thore. C’est un camouflet pour ceux qui se soucient de l’environnement et de la santé des cito-yens. Ils ont supprimé l’article qui élargissait la définition des néonicotinoïdes [ou pesticides «tueurs d’abeilles», ndlr] aux molécules ayant le même mode d’action, comme le sulfoxaflor, un «néonic» qui ne dit pas son nom.

C’est gravissime, scandaleux.

C’est comme si les abeilles se portaient trop bien et qu’on pouvait encore se payer le luxe de mettre ces produits dans la nature. Si on veut protéger les abeilles, retirons du marché ou n’y mettons pas ce qui est connu pour être nocif pour elles. C’est juste un peu de bon sens, mais visiblement nos sénateurs n’en ont plus.

Ils ont aussi supprimé l’interdiction des rabais et promotions sur la vente de pesticides, c’est fou, c’est minable.

Idem pour la pulvérisation de pesticides par drones sur les vignobles en pente, dont le champ a été étendu. Et ils ont très nettement affaibli la séparation de la vente de pesticides et du con-seil agronomique [jusqu’ici, la même personne peut faire les deux, ce qui pousse à la consom-mation, ndlr]. Autre chose : on pourrait remplacer les pesticides de synthèse par des prépara-tions naturelles peu préoccupantes comme le purin d’orties. Mais là aussi, l’article a été vidé de son sens et on revient en arrière. Les sénateurs s’occupent plus de l’intérêt financier de quel-ques-uns que de la santé des citoyens et de l’environnement. On avait fait un petit pas dans le bon sens, mais non, c’était encore trop…

Et l’étiquetage sur l’origine des miels ?

L’étiquetage sur le miel a, lui, été repoussé d’un an, à 2020. Là aussi, c’est scandaleux : 80% des gens qui pensent acheter du miel français se font tromper sur les origines du produit. L’étiquetage n’est pas une mesure qui coûte à l’Etat, il s’agit juste de préciser certaines choses, pour que les citoyens puissent savoir ce qu’ils achètent.

L’objectif d’un minimum de 20% de bio dans les cantines a aussi été mis à mal…

Oui, cela devait en déranger encore certains. Les parlementaires, excusez-moi, mais ils décon-nent. Ils sont complètement déconnectés du terrain. Je ne sais pas sur quelle planète ils sont. J’espère que l’Assemblée nationale réparera ça.

Quelques sénateurs ont essayé de se battre, comme l’écologiste Joël Labbé…

Oui, c’est un homme de convictions, il est droit dans ses bottes, il essaye de faire avancer les choses, notamment sur les abeilles, mais il est assez isolé. Je ne comprends pas le comporte-ment de ces parlementaires qui n’ont pas un minimum de sensibilité à l’environnement. C’est triste. Il faut que l’équilibre de la vie demeure autour de nous, parce que nous en faisons partie. Ils n’ont pas compris le rôle primordial de l’abeille. Pourtant, ils savent que l’avenir de l’humanité est lié à celui des pollinisateurs.

C’est pour ça aussi que nous en appelons maintenant au président de la République et que nous devons rencontrer l’une de ses conseillères à l’Elysée la semaine prochaine. Il a tenu à mettre en place un plan oléoprotéagineux : dès le mois d’août, on va encourager les agricul-teurs à semer plus de colza [surtout destiné à produire des agrocarburants, ndlr] et l’année prochaine plus de tournesol. On va utiliser les abeilles pour améliorer les rendements en colza, mais au bout du bout, on va les sacrifier et le plan aura toutes les chances de capoter. Car on risque fort de semer le colza après du blé ou de l’orge, dont près de 90% sont traités aux néonicotinoïdes…

Le déclin des abeilles s’amplifie-t-il cette année ?

Oui, il a passé un palier supérieur. Cela ne m’étonne guère : à force de charger la barque, elle finit par couler. La nature et les abeilles n’en peuvent plus. On perd plus de 30% des cheptels en moyenne chaque année, peu d’agriculteurs accepteraient cela. Et dans certains secteurs, on atteint parfois 90% de pertes. Trop c’est trop. Un certain nombre d’apiculteurs qui subissent ces pertes considérables sont dégoûtés et arrêtent le métier. Or si les apiculteurs cessent leur activité, l’abeille périclitera encore plus vite, car elle est aujourd’hui maintenue sous perfusion par le travail des apiculteurs.

Ils doivent aussi désormais faire face à des vols de ruches…

Oui, c’était marginal, mais cela arrive de plus en plus régulièrement et prend des proportions inquiétantes. Dans le Morbihan, 200 à 300 ruches ont été volées cette année, alors qu’il y a plus de cinq ans, quand un apiculteur s’en faisait voler trois, c’était beaucoup. C’est sans doute le fait d’apiculteurs peu scrupuleux, de la même façon que les ostréiculteurs se font voler leurs huîtres par d’autres ostréiculteurs. L’abeille devenant une denrée rare, son prix croît et la demande est forte, donc cela attire des gens malhonnêtes. Nous sommes en train de nous organiser pour remédier à cela et tracer les ruches. C’est une anxiété de plus. Quand on arrive sur les ruchers en fin d’hiver, on se demande dans quel était on va les trouver, si les abeilles seront en vie ou non. Maintenant, on jette aussi un coup d’œil général pour voir s’il ne manque pas de ruches. On n’avait pas besoin de ça en plus…

Nicolas Hulot vous a fait une visite surprise la semaine dernière, quand vous manifestiez à Paris. Vous défend-il assez ?

Oui. Il a l’air d’essayer de faire. Mais c’est le fonctionnement de nos ministères qui pose problè-me. On dirait qu’il y a des cloisons étanches entre ministères. Le ministère de l’Environnement n’a pas son mot à dire sur l’agriculture, or on sait que le monde agricole utilise des pesticides qui nuisent à l’environnement. Il est dommage que le fonctionnement demeure vertical et ne soit pas horizontal sur de tels sujets. Il devrait même y avoir une implication forte du ministère de la Santé. On sait très bien aujourd’hui que bon nombre de pesticides nuisent aussi à la santé humaine. Le monde agricole utilise encore 23% de pesticides CMR (cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques), et on n’est pas capable de les interdire. Je ne comprends pas pourquoi le ministère de la Santé ne monte pas au créneau. C’est scandaleux. Ce ne sont plus nos gouvernants qui gouvernent, mais les lobbys.

Coralie Schaub 15 juin 2018

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17 juin 2018 ~ 0 Commentaire

bure stop! (reporterre)

serge

Manif de Bar-Le Duc la délégation brestoise!

Les manifestants de Bar-le-Duc contre les déchets nucléaires rejettent le débat public (Reporterre)

Plus de 2.500 personnes se sont retrouvées à Bar-le-Duc, dans la Meuse, pour manifester leur refus du projet de stockage de déchets nucléaires Cigéo. Les associations ont annoncé leur rejet du débat public prévu à l’automne et l’organisation de débats « autogérés ».

Samedi 16 juin, une manifestation était organisée à Bar-le-Duc, dans la Meuse, pour marquer la vivacité de l’opposition au projet de poubelle nucléaire de Cigéo, à Bure. De nombreux ate-liers et débats se sont tenus le matin, avant que la manifestation, rassemblant plus de 2.500 personnes, parcoure les rues et les quais de la cité de 15.000 habitants. Quelques dégrada-tions d’entreprises supposées liées à l’Andra ont été commises, entraînant quatre interpella-tions par les CRS et gendarmes.

Le Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs (CEDRA), les élus de l’Eodra, ou les Chouettes-Hiboux de Bure, organisateurs de la manifestation, ont décidé à la suite des discus-sions de boycotter le débat public qui sera lancé sur la gestion des matières et déchets radio-actifs à la rentrée. Un appel a été lancé à la mise en place de débats « autogérés ». Une semaine d’action est prévue à partir du 3 septembre.

18 juin 2018 Sébastien Bonetti

https://reporterre.net/

Lire aussi:

Déchets nucléaires : Bure à Bar, jusqu’à la victoire ! (NPA)

Sortie du nucléaire en 10 ans (NPA)

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17 juin 2018 ~ 0 Commentaire

landi (alternatiba)

Le samedi 23 JUIN à Landivisiau

En collaboration avec nos amis de Brest, notre association participe à l’étape BREST-NANTES du Tour étendu Alternatiba   qui rejoindra le Tour officiel Alternatiba pour son nouveau périple de 5800 km à vélo pour le climat.
 
L’urgence climatique et la promotion des alternatives concrètes permettant de freiner le dérèglement climatique sont les moteurs de ce bel élan citoyen !
Plus d’infos sur https://tour.alternatiba.eu/
Chacun peut participer selon ses disponibilités et ses compétences…

Pour ceux qui veulent pédaler, n’hésitez pas à compléter le formulaire de participation : alternatibreizh-2018
Nous vous proposons les points de rendez-vous suivants :
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1) pour les cyclistes « confirmés » :
  • Au centre ville de LANDERNEAU A 16 h devant la salle du « Family » (départ prévu vers 16h30). En chemin, Violaine nous fera découvrir son habitat alternatif à La Roche Maurice : une superbe Yourte moderne.
2) pour tous les cyclistes* volontaires « petits et grands » (ou autres engins à roulettes)  « LA VELORUTION »  partira de de la Vallée du Lapic à Landivisiau 
Rendez-vous à 18h30 au terrain de bicross,  arrivée prévue à 19h00 Place Lyautey à Landivisiau (derrière le cinéma).
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Pour ceux qui ne sont pas « fans de la Petite Reine »…
Vous pouvez participer au repas partagé du samedi 23 au soir à la salle Lyautey  :  
Apporter des plats, collations, gâteaux etc … que vous aurez préparés ou des dons que vous aurez collectés auprès des commerçants à l’occasion de cet événement (« chasse au gaspi », « zéro déchet »).
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Quelques points pratiques :
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    • Chacun apporte ses couverts !
    • Dès 15h. vous pourrez déposer vos plats salle Lyautey pour ceux qui veulent rejoindre le Tour.
    • Si certains cyclistes souhaitent faire acheminer leur vélo à Landerneau pour participer à l’étape vers landivisiau, merci de nous le faire savoir rapidement par retour de mail à alternatibalandi@gmail.com. (Le fourgon dispose de 9 places et une remorque pour les vélos).
Cette soirée, s’inscrit dans notre lutte contre le projet de centrale à gaz et, vous pourrez échanger et faire le point sur notre lutte.
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Ce sera aussi l’occasion de débattre autour d’alternatives locales concrètes telles que :   
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  • Le  »Buzuk » (la monnaie locale du Pays de Morlaix) : à 20h film (10mn) suivi d’un échange.
  • La sensibilsation Zéro Déchet Nord Finistère.
  • D’autres initiatives peuvent se greffer. Les animations musicales, artistiques sont également les bienvenues. N’hésitez pas à nous rejoindre !
Cet événement au delà de l’engagement par lequel il s’est construit sera un moment convivial, citoyen et porteur d’espoir.
 
Nous vous attendons nombreux !
 
Le lendemain, dimanche 24 juin, le Tour partira à 9h30 de Landivisiau pour rejoindre Locquénolé à 13h30 et Morlaix en fin d’après-midi….
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 alternatibalandi@gmail.com.
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15 juin 2018 ~ 0 Commentaire

inégalités (ocde)

wall sreet

Six générations pour qu’un enfant pauvre s’élève dans l’échelle sociale en France

Selon une étude de l’OCDE parue vendredi, il faut « 180 années » en France pour qu’un descendant de famille pauvre atteigne le revenu moyen.

« Il n’y a plus de mobilité sociale dans les pays de l’OCDE : les revenus, la profession, le niveau d’éducation se transmettent d’une génération à l’autre », selon l’OCDE. Il faudrait en France six générations, soit « 180 années », pour qu’un descendant de famille pauvre atteigne le revenu moyen, estime l’OCDE vendredi, constatant que l’ »ascenseur social » est en panne dans de nombreux autres pays industrialisés.

« Transmission » entre générations.

« Il n’y a plus de mobilité sociale dans les pays de l’OCDE : les revenus, la profession, le niveau d’éducation se transmettent d’une génération à l’autre », a résumé Gabriela Ramos, conseillère spéciale auprès du secrétaire général de l’OCDE, lors de la présentation du rapport à la presse.

La France, pire que la moyenne.

La France, où Emmanuel Macron doit annoncer en juillet une stratégie de lutte contre la pauvreté ambitionnant d’enrayer le « déterminisme social », fait moins bien que la moyenne. Comme en Allemagne et au Chili, il faudrait six générations, soit « 180 années » selon Gabriela Ramos, pour qu’un descendant d’une famille en bas de l’échelle des revenus (les 10% les plus bas) se hisse au niveau moyen de son pays. En moyenne dans 24 pays de l’OCDE, cinq générations seraient nécessaires. Encore pire, il faudrait neuf générations au Brésil et en Afrique du Sud, et onze en Colombie.

En Scandinavie, deux ou trois générations seulement.

En revanche, au Danemark et dans les autres pays nordiques (Norvège, Finlande, Suède), deux ou trois générations suffiraient, selon les estimations présentées dans le rapport. C’est en bas et en haut de l’échelle sociale qu’il y a le moins de mobilité. En moyenne dans 16 pays de l’OCDE, 17% seulement des enfants d’origine modeste réussissent à se hisser en haut de l’échelle des revenus une fois adultes, tandis que 42% des enfants de familles aisés réussis-sent à y rester. En France, les chiffres sont très proches de cette moyenne mais aux Etats-Unis ou en Allemagne, l’écart est encore plus important. En revanche, il est moins prononcé en Espagne, en Grèce et au Portugal, où beaucoup de progrès ont été faits dans l’accès à l’éducation, et au Danemark.

15 juin 2018

http://www.europe1.fr/

Lire aussi:
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15 juin 2018 ~ 0 Commentaire

police française (the guardian)

refug

La police française coupe la semelle des chaussures des enfants migrants, affirme Oxfam

L’ONG accuse les autorités de détenir des mineurs sans nourriture avant de les renvoyer illégalement en Italie. Les agents des frontières ont été accusés d’intimider des enfants dès l’âge de 12 ans.

La police des frontières française a été accusée de détenir des enfants de moins de 12 ans dans des cellules sans nourriture ni eau, de couper leurs semelles et de voler les cartes sim de leurs téléphones portables, avant de les renvoyer illégalement en Italie.

Un rapport publié vendredi par l’ONG Oxfam cite le cas d’une jeune fille érythréenne «très jeune», qui a été contrainte de retourner à Vintimille, ville frontière italienne, à pied, en portant son bébé de 40 jours . Les allégations proviennent de témoignages recueillis par des militants d’Oxfam et de ses organisations partenaires, deux mois après que la police française des frontières a été accusée de falsifier les dates de naissance des enfants migrants non accompagnés pour les renvoyer en Italie.

« Nous n’avons pas de preuve d’abus physique violent, mais beaucoup [d'enfants] ont raconté avoir été poussés, bousculés et s’être fait crier dessus dans une langue qu’ils ne comprennent pas », a déclaré Giulia Capitani, auteur du rapport, au Guardian. « Et par d’autres moyens la police des frontières les intimide – par exemple, en coupant les semelles de leurs chaussures, une façon de dire, ‘N’essayez pas de revenir’. » Daniela Zitarosa, de l’agence humanitaire italie- nne Intersos, a déclaré: «Les policiers leur crient dessus, se moquent d’eux et leur disent: «Vous ne traverserez jamais ici ».

« Certains enfants se font confisquer leur téléphone portable et retirer leur carte SIM. Ils perdent leurs données et leur répertoire. Ils ne peuvent même plus appeler leurs familles après.  » L’Ita- lie a accusé la France d’hypocrisie cette semaine pour ne pas avoir partagé le fardeau de la crise migratoire en cours. Le choc s’est développé lorsque le président français, Emmanuel Macron, a critiqué ce qu’il a appelé le «cynisme et l’irresponsabilité» de l’Italie en détournant un navire de sauvetage de migrants avec 629 personnes à son bord.

Matteo Salvini, le nouveau ministre italien de l’Intérieur, qui a empêché le navire de sauvetage Aquarius d’accoster en Sicile, a accusé la France de tourner le dos à 10.524 migrants à la frontière entre janvier et mai de cette année. Capitani a déclaré que des mineurs non accom-pagnés avaient été renvoyés en Italie par la police française, mais ce n’est qu’en mars qu’ils auraient commencé à falsifier les dates de naissance sur les documents de refus d’entrée – un mois après qu’un tribunal de Nice ait statué que des enfants ont été illégalement détenus et renvoyés  en Italie dans 20 cas.

En vertu du règlement de Dublin, les enfants migrants en France ne peuvent pas être renvoyés en Italie s’ils demandent l’asile.

La législation de l’UE stipule que les mineurs non accompagnés doivent être protégés et que ceux qui demandent l’asile dans un État membre ont le droit d’être transférés dans un autre où ils ont des membres de leur famille. Les ONG opérant à la frontière ont également visé l’Italie pour n’avoir pas mis en place des procédures adéquates de regroupement familial, laissant de nombreux enfants abandonnés et n’ayant d’autre choix que de tenter le voyage eux-mêmes. Selon le rapport d’Oxfam, le système bureaucratique de l’Italie laisse les migrants sous le radar dans des conditions dangereuses.

Capitani a déclaré que la police des frontières italienne avait récemment commencé à accom-pagner les mineurs rejetés par la France vers le pays voisin. La France a resserré les règles à sa frontière après que 84 personnes aient été tuées dans une attaque terroriste à Nice en juillet 2016. Vintimille est devenu un goulot d’étranglement pour les personnes qui tentent de passer de l’Italie à la France. Oxfam a indiqué qu’au moins 16 500 migrants, dont un quart d’enfants, ont traversé la ville au cours des neuf mois précédant le mois d’avril.

La plupart tentent de traverser la frontière en train (sur les voies? Note du blog) ou par un dangereux chemin de montagne connu sous le nom de «passage de la mort».

Les ONG estiment qu’au moins 12 personnes sont mortes l’année dernière alors qu’elles ten- taient de traverser la frontière en France, soit en empruntant la route de montagne, soit en étant heurtées par des véhicules le long d’une autoroute. Un Soudanais de 17 ans s’est noyé en juin 2017 alors qu’il essayait de récupérer une chaussure emportée par un fort courant dans la rivière Roia de Vintimille. Selon Oxfam, 17 337 enfants sont arrivés en Italie en 2017, dont 15 779 (91%) n’étaient pas accompagnés.
Les autorités françaises ont été contactées pour commentaires.

Angela Giuffrida à Rome Jeudi 14 juin 2018

https://www.theguardian.com/

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15 juin 2018 ~ 0 Commentaire

projets miniers (fr3)

didoull

Projets miniers en Centre-Bretagne: Bercy temporise

Ce mercredi, les élus bretons criaient victoire après une entrevue au cabinet de Bruno Le Maire. Pour eux, l’abandon des projets miniers en Centre-Bretagne était acté. Mais un courrier du ministère de l’économie adressé à la Région inquiète les associations. « C’est une victoire « . La réaction du député des Côtes d’Armor Marc Le Fur après une entrevue avec les collabo-rateurs du ministre de l’économie  ne laissait guerre de doute. La menace de projets miniers en Centre-Bretagne s’éloignait définitivement.

Depuis ce jeudi, les collectifs de citoyens mobilisés depuis six ans ne sont plus du tout rassurés.

En temoigne ce tweet posté par l’association Vigil ‘Oust qui ne constate aucune garantie, voire même, une nouvelle menace. Objet de cette colère: un courrier adressé par Bercy à la Région Bretagne . En clair, le ministre de l’économie Bruno Le Maire estime que l’abrogation des per-mis miniers n’est pas encore officiellement validée puisqu’elle sera conditionnée au feu vert du nouveau propriétaire de Variscan Mines, la compagnie australienne Apollo Minerals:  » Si ces intentions sont dûment confirmées, je pourrai procéder d’ici quelques mois à l’abrogation des trois permis exclusifs de recherches minières qui sont l’objet de vos préoccupations «  précise le ministre.

Pour les associations, les élus bretons sont donc allés un peu vite en besogne puisque la balle est désormais dans le camp d’Apollo Minerals.

La nouvelle stratégie de l’entreprise privilégie désormais un investissement dans une mine de l’Ariège mais les collectifs anti-mines veulent encore maintenir la pression dans les jours qui viennent. Le feuilleton continue.

14/06/2018

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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14 juin 2018 ~ 0 Commentaire

thierry morfoisse (le télégramme + sauvegarde du trégor + fr3 + le monde)

La justice reconnaît pour la première fois que les marées vertes tuent

Les marées vertes tuent aussi ! Ce n’est plus seulement le titre d’un livre écrit avec André Ollivro, c’est le jugement du TASS de Saint-Brieuc. 48 ans après le premier signalement de l’arrivée des marées vertes en Bretagne par le conseil municipal de Saint-Michel-en-Grève, pour la première fois une cour de justice reconnaît qu’un homme est mort en 2009 en transportant des algues vertes pourries qui dégagent de l’hydrogène sulfuré.

On se doute bien que s’il a fallu 48 ans pour que ce risque sanitaire soit reconnu par la justice, c’est bien parce que tout un appareil d’Etat relayé par une quirielle d’élus régionaux, départementaux et locaux a tout fait pour que rien ne se sache sur ces dangers mortels. On se souvient encore des déclarations péremptoires et injurieuses d’un procureur qualifiant Thierry Morfoisse de personne à l’hygiène de vie douteuse, sur le thème c’est la victime qui est responsable de son malheur et surtout pas les pollueurs empoisonneurs. Même chose pour les victimes des pesticides de Triskalia, accusées d’être responsables de leur empoisonnement ! Les causes sont les mêmes, la complicité sordide entre un groupe d’intérêts agro-industriels et les décideurs politiques.

Et comme la roue de l’histoire tourne brusquement, c’est le même jour qu’un autre tribunal condamne à Brest quatre membres de cette confrérie de l’agro-industrie qui se croyaient tout permis en brûlant l’Hôtel des Impôts à Morlaix en 2014. A eux de rembourser l’Etat à hauteur de 336 000 euros. Tout d’un coup, ils découvrent, eux habitués à tant d’impunité, que les casseurs doivent être les payeurs.

Que l’on ne s’y trompe pas. Tout cela n’est pas arrivé par hasard. Pour obtenir ce résultat, il a fallu d’abord la dignité et le courage des victimes et de leurs proches. Jamais Jeanne, Claude et Carolanne n’ont failli. Jamais ils ne se sont découragés, malgré toutes ces décisions de justice qui refusaient l’évidence de la mort de leur fils et de son père tué par l’hydrogène sulfuré des marées vertes. Toujours, ils se sont battus, comme se battent contre l’empoisonnement aux pesticides, Edith, Laurent, Stéphane et tous les autres.

Et ce qui a fait aussi la force de ces victimes, c’est la chaîne de solidarité qui s’est constituée autour d’elles. Des associations, un syndicat ont fédéré toutes ces indignations et ces énergies dispersées. Et au-delà, des citoyennes et des citoyens se sont battus pour que soient sanctionnée la casse des bâtiments publics par les mêmes qui cassent l’environnement et hypothèquent gravement la santé publique. A cela, il faut ajouter la haute compétence, le dévouement et l’engagement d’un avocat, François Lafforgue et de sa collaboratrice Hermine Baron.

Toutes et tous, victimes et leurs proches, bénévoles, simples citoyens, hommes de loi sont entrés en résistance contre les intérêts économiques et les forces politiques qui les soutiennent, contre tous les reniements, contre la résignation et l’indifférence.

La conclusion a été apportée par une institution judiciaire indépendante de toute pression avec des juges qui ont su juger en leur âme et conscience.

Voilà ce qui fait de ce 14 juin, un moment historique, un tournant décisif dans cette défense collective des victimes de l’agro-industrie et dans ce combat pour la reconquête d’un environnement de qualité. A toutes les Bretonnes et à tous les Bretons de saisir cette chance que nous avons su provoquer pour qu’enfin ils imaginent d’abord et choisissent ensuite un territoire enfin régi par l’intérêt commun et pour le bien-être de toutes et tous.

Halte Aux Marées Vertes et Sauvegarde du Trégor 06 12 74 34 56

algues

Algues vertes. Le décès de Thierry Morfoisse reconnu comme un accident du travail

Le décès du transporteur d’algues vertes Thierry Morfoisse en 2009 à Binic (22) a été reconnu, ce jeudi, comme un accident du travail.

Presque neuf ans après la mort du transporteur d’algues vertes Thierry Morfoisse, le Tribunal des affaires de sécurité sociale (Tass) de Saint-Brieuc a reconnu son décès comme un acci-dent du travail. Une première victoire après huit années de procédures judiciaires (d’abord au pénal, puis au civil) pour la fille et les parents du chauffeur, convaincus que les algues vertes en putréfaction que Thierry Morfoisse avait déchargées le jour de sa mort l’ont tué.

Le Tass de Saint-Brieuc a condamné la CPAM à verser 500 € aux consorts Morfoisse. La société Nicol, qui employait Thierry Morfoisse, a, elle, été mise hors de cause. Le 22 juillet 2009, à Binic, cet homme de 48 ans était mort au pied de son camion, après un infarctus, quelques minutes après avoir déversé trois bennes d’algues vertes au centre de traitement des déchets de Launay-Lantic.

Une décision « très satisfaisante »

« C’est la première fois que la justice reconnaît le lien entre l’exposition aux algues vertes et les déboires médicaux subis par une personne. Alors, forcément, cette décision est très satisfai-sante », a commenté François Lafforgue.

L’avocat de la famille doit désormais discuter avec ses clients de l’opportunité de lancer une nouvelle procédure devant le Tass, pour faire reconnaître la faute de l’employeur. « Ils n’ont pas mis en œuvre les moyens de protection, afin d’éviter que le drame arrive. Ils avaient pourtant conscience que les algues peuvent être dangereuses », considère le conseil des Morfoisse.

Soutien de la famille depuis des années, le militant anti-marées vertes André Ollivro s’est, lui, réjoui d’une « sacrée victoire. Cela fait neuf ans que ça dure. Nous espérons maintenant que cette décision va faire jurisprudence et redonner de la vigueur à tous ceux qui se battent contre les marées vertes ».

14 juin 2018

https://www.letelegramme.fr/

Lire aussi:

Algues vertes : le décès de Thierry Morfoisse reconnu comme accident du travail (FR3)

La mort d’un homme qui conduisait un camion d’algues vertes reconnue comme accident du travail (Le Monde)

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13 juin 2018 ~ 0 Commentaire

zad (les inrocks)

ZAD

Pourquoi la ZAD de Notre-Dame-des-Landes a-t-elle fait si peur à l’Etat?

Alors que les nuées de gaz lacrymogène qui ont étouffé la “zone à défendre” (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes au printemps dernier se sont à peine dissipées, une question taraude : qu’y avait-il de si dangereux dans le bocage landais pour justifier un tel déploiement de violence ?

Après avoir décidé d’abandonner le projet d’aéroport, concédant une victoire éclatante aux opposants qui luttaient depuis des années

Le gouvernement a en effet répliqué avec une force visiblement proportionnelle à son amertu-me: 2 500 gendarmes mobiles harnachés, des milliers de grenades (dont le modèle GLI F4, qui a coûté la main d’un zadiste, et que l’Etat a décidé de ne plus commander), des hélicoptères et autres blindés, pour déloger 300 occupants de la ZAD.

En ce sens, comme le formule l’écrivaine Nathalie Quintane (auteure d’Un œil en moins), “l’Etat reconnaît lui-même, et à quelle hauteur, le caractère historique de la ZAD, la nécessité de l’éradiquer et qu’il n’en reste rien”. Car c’est bien là le sens de cette intervention policière, à grand renfort de pelleteuses : il fallait effacer, physiquement et mentalement, cet îlot de résis- tance.

Faire oublier le camouflet subi.

Restaurer l’autorité de l’Etat. “Le rien, le néant, est l’une des obsessions lourdes du temps : ou vous êtes ‘important’, ou vous n’êtes rien, comme dirait Macron. Si la ZAD n’est pas rien, c’est qu’elle est importante. Or la ZAD ne doit avoir aucune importance, donc il faut qu’elle ne soit rien”, condense l’écrivaine.

Désobéissance

Cette affaire rappelle 1980 et la destruction en trois jours par des bulldozers du centre univer-sitaire de Vincennes, devenu le foyer du gauchisme après 1968, de toutes les utopies qu’il portait en lui. Il n’en reste aujourd’hui qu’une clairière vide et silencieuse. Pour empêcher un anéantissement similaire en 2018, seize personnalités intellectuelles, artistiques et littéraires prennent la plume dans « Eloge des mauvaises herbes », ouvrage coordonné par la journaliste à Mediapart spécialiste des questions environnementales Jade Lindgaard, qui sort le 13 juin.

On trouve parmi eux l’anthropologue anarchiste David Graeber, l’écrivaine Virginie Despentes, l’activiste et habitant de la ZAD John Jordan, l’activiste écologiste indienne Vandana Shiva, ou encore l’auteur de science fiction Alain Damasio. Leurs mots, écrits dans l’urgence de l’évacua-tion à marche forcée de la zone, offrent à leur modeste échelle un cocon mental protecteur à la ZAD et à ses 300 habitants. Certes, la plupart de ces auteurs ne parlent pas (ou peu) depuis leur expérience du terrain, mais leur solidarité avec les zadistes n’en vaut pas moins pour sa portée symbolique.

“Nous avons besoin de récits qui nous rappellent que la résistance n’est jamais futile, que nous sommes issus d’une longue histoire de luttes et que tout ce que nous prenons pour argent comptant dans ce monde a été obtenu grâce à la désobéissance”, écrit par exemple John Jordan, du Laboratoire d’imagination insurrectionnelle (que nous avions rencontré quelques semaines avant le début de la COP21).

C’est justement cette geste de la désobéissance civile, redynamisée par l’exemple de Notre-Dame-des-Landes, que l’Etat cherche à endiguer.

Car malgré toutes les tentatives de faire passer les occupants pour des irréguliers sans foi ni loi, une idée a essaimé dans une partie, même infime, de l’opinion publique : ce qui est illégal n’est pas nécessairement illégitime. “De simples actes de nos vies sont criminalisés, tandis que les crimes contre la nature et les personnes sont protégés par la force armée. C’est bien ce qui se passe sur la ZAD aujourd’hui”, affirme ainsi Vandana Shiva, qui avait commencé à écrire son texte depuis la ZAD au Sikkim.

“Il y a de quoi en effet affoler les producteurs de parpaings”

Voilà donc pourquoi la ZAD, ou les ZAD, tant qu’on y est, sont si dangereuses. Sur une surface de 16 km carrés, d’un seul tenant, ont coagulé tous les contestataires, rendant possibles des “formes de vie non marchandes et semi-marchandes”, selon la sociologue du travail Geneviève Pruvost, qui a participé depuis 2012 à des chantiers de cabanes sur la ZAD.

“Il y a de quoi en effet affoler les producteurs de parpaings, de plastique, de produits phyto-sanitaires, de salade en sachet et la cohorte d’investisseurs, de décideurs et d’experts qui ne voient pas d’autre organisation sociale possible que celle d’une division hi-tech du travail, avec son arsenal de normes, d’habilitations légales, sciemment inadaptées à l’espace-temps des actions humaines artisanales et locales”, assène-t-elle. Avec ce livre, ces auteurs clament haut et fort que les “utopistes” sont souvent meilleurs prophètes que les “réalistes” auto-proclamés.

12/06/18 Mathieu Dejean

zad (les inrocks) dans Altermondialisme livre_affiche_543-2

Seize personnalités intellectuelles, littéraires et artistiques prennent la défense de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes dans “Éloge des mauvaises herbes Ce que nous devons à la ZAD”. En filigrane, ils répondent à cette question : pourquoi l’Etat a-t-il peur du bocage landais ?

Eloge des mauvaises herbes – Ce que nous devons à la ZAD, collectif, coordonné par Jade Lindgaard, éd. Les Liens qui Libèrent, 180p., 14€

Lire aussi:

”Un œil en moins”, une relecture de la novlangue par Nathalie Quintane

Pourquoi les autorités détruisent bien plus que des cabanes à Notre-Dame-des-Landes

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