Archive | Altermondialisme

02 mars 2017 ~ 0 Commentaire

aquaculture (lutte ouvrière)

aquac

Petit poison deviendra grand

L’aquaculture représente évidemment un progrès. On aurait pu se dire que cette technique permettrait de nourrir l’humanité correctement, sans les risques de la pêche au large, danger pour les marins depuis toujours et menace pour la ressource en poissons sauvages depuis l’industrialisation de la pêche.

Mais l’aquaculture a grandi avec les possibilités de son époque : les saumons sont encore plus tassés que les poulets en batterie et encore plus gavés d’antibiotiques que les veaux élevés sous la seringue. L’industrie est concentrée au point que le seul Marine Harvest produit et commercialise 30 % des saumons et des truites de la planète. Les géants de l’élevage mettent désormais en service des cages de 250 000 mètres cubes, contenant 10 000 tonnes de saumons, et des bateaux-fermes enfermant deux millions de poissons vivants. Les rejets de ces fermes marines géantes, déjections, nourriture, médicaments, pesticides, sont emportés par les flots. Le nettoyage est certes automatique et peu coûteux, mais la pollution est assurée. Il suffit d’observer quelques jours un aquarium d’appartement sans le nettoyer pour avoir une idée de ce que produisent 10 000 saumons vivant les uns sur les autres.

En 2016, au Chili, deuxième producteur aquacole mondial, une maladie s’est développée dans un élevage. 100 000 tonnes de saumons morts, bourrés de médicaments, ont été jetées à la mer. Cela a généré une pollution décimant les espèces sauvages et ruinant des milliers de pêcheurs et de ramasseurs de coquillages de la région.

De plus, une étude récente vient de démontrer que nombre de ces poissons d’élevage sont nourris avec de la farine de poisson… sauvage. D’énormes bateaux chalutent et des usines transforment en farine un quart de tout le poisson pêché dans l’océan. 90 % de cette pêche pourrait nourrir directement des êtres humains. Ainsi, au large des côtes d’Amérique du Sud, on pêche trois fois plus pour engraisser les saumons de Marine Harvest et des autres que pour les besoins de la population. En outre, la surpêche de petits poissons, sardines, harengs, anchois, pour les transformer en farine, détruit un maillon de la chaîne alimentaire, menaçant ainsi les espèces suivantes.

Les océans sont vidés et pollués, les consommateurs risquent l’empoisonnement, les pêcheurs côtiers sont ruinés, les populations les plus pauvres sont privées de poisson. Sous l’aiguillon de la course au profit, la promesse de l’aquaculture se transforme en malédiction.

Paul GALOIS 01 Mars 2017
Commentaire: D’abord, bienvenue à LO chez les petits bourgeois écolos altermondialistes! D’autre part l’aquaculture, n’est pas une découverte de l’industrie du saumon, mais une technique millénaire dans certaines régions (Chine) où des mares étaient creusées volontairement.

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28 février 2017 ~ 0 Commentaire

corée du nord (npa)

kim coree d n

La Corée du Nord et l’escalade des tensions en Extrême-Orient

Le régime nord-coréen veut accéder au rang de puissance nucléaire. Dans une région déjà soumise à de très fortes tensions, chaque nouveau tir de missile a de lourdes conséquences géopolitiques.

Le 12 février dernier, la Corée du Nord a effectué un nouveau tir de missile de moyenne portée, l’engin terminant son vol au large du Japon. L’objectif semble clairement de tester la réaction de l’administration Trump, tout en en profitant de la crise politique qui paralyse actuellement le gouvernement sud-coréen et de l’acuité des tensions entre Pékin et Washington.

Le régime nord-coréen est convaincu que son avenir dépend de sa capacité à construire un arsenal nucléaire opérationnel.

D’octobre 2006 à septembre 2006, il a effectué cinq essais de bombes atomiques et développe un programme de missiles balistiques – préparant ostensiblement la mise au point d’engins intercontinentaux susceptibles d’atteindre les Etats-Unis. Pas de quoi inquiéter sérieusement le Pentagone vu les moyens d’interception déployés par les USA. En revanche, la politique «provocatrice» de Pyongyang a des effets de plus en plus déstabilisateurs en Extrême-Orient.

Au nom du danger nord-coréen, Washington implante en Corée du Sud une base de missiles d’interception Thaad.

Or, vu leur portée, ils seront susceptibles d’intervenir sur une grande partie du territoire chi- nois. Pékin considère donc que la Chine est en fait visée et que sa propre capacité de dissua-  sion nucléaire sera remise en question. La direction chinoise apprécie de moins en moins l’interventionnisme incontrôlable du président nord-coréen Kim Jong-un, alors que la situation régionale est explosive.

Ainsi, le Conseil de sécurité de l’ONU a condamné à l’unanimité le dernier tir nord- coréen, avec cette fois l’accord de la Chine.

Pékin a accepté d’appliquer des sanctions : les importations de charbon en provenance de Corée du Nord sont suspendues pour le restant de l’année. Un coup très rude pour l’économie du pays que l’agence de presse de Pyongyang dénonce violemment, y voyant l’acte d’un Etat ennemi « dansant sur la musique des USA » [1].

Pékin n’a aucune affinité politique ou idéologique avec le régime nord-coréen, bien au contraire.

Elle ne le soutient que dans la mesure où, s’il s’effondrait, la péninsule traverserait une crise qui pourrait profiter à Washington – ou plonger la région dans le chaos. Pas question pour la direction chinoise que Pyongyang n’achève son programme nucléaire et augmente d’autan son pouvoir de nuisance.

Les conséquences géopolitiques déstabilisatrices du « facteur nord-coréen » se font déjà pratiquement sentir. Face à la menace que représente le « bouclier antimissile » Thaad, Pékin a décidé l’an dernier de déployer ses sous-marins dans les océans pour mieux protéger une partie de son arsenal nucléaire.

Cette décision est plus facile à prendre qu’à mettre en œuvre : elle se heure à de nombreuses difficultés techniques, financières, politiques ; mais elle signifie que dorénavant, la direction chinoise juge que pour maintenir une force de dissuasion crédible, il lui faut constituer une capacité de seconde frappe (en réponse à une attaque dévastatrice de première frappe).

En Extrême-Orient, l’escalade militaire et la course aux armements entre puissances prennent aujourd’hui une dimension nucléaire.

Pierre Rousset lundi 27 février 2017,

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28 février 2017 ~ 0 Commentaire

janze 4 mars (la conf’)

conf

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    samedi à 19:00
    du 4 mars à 19:00 au 5 mars à 0:00
  • n
     salle le Gentieg, Janzé
VENEZ SOUTENIR UNE AGRICULTURE PAYSANNE ET FAIRE LA FÊTE AVEC LES PAYSANS DE LA CONFÉDÉRATION PAYSANNELa Confédération paysanne est un syndicat agricole qui défend l’agriculture paysanne. Une agriculture qui soit rémunératrice, créatrice d’emploi et qui fasse vivre son territoire. Dans un contexte de crises agricoles successives, il nous semble indispensable de créer des temps pour se retrouver autour d’un moment festif, pour parler de l’agriculture autrement et faire découvrir notre métier et les produits de nos fermes.

Retrouvez nous donc le 4 mars à Janzé, pour une soirée concert regroupant trois groupes mêlant rock festif, musique du monde et chanson engagée.

Infos pratiques: tarif unique 12 euros.

Places en vente : Cour des miracles, rue de Penhoët, Rennes/ Librairie « Au détour d’une page », Janzé/ Bureau de la Confédération paysanne d’Ille et Vilaine, 17 rue de Brest, Rennes.
Réservations au 02-99-50-45-27 ou par mail au 35@confederationpaysanne.fr.
Soirée concert organisée par la Confédération paysanne d’Ille et Vilaine

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28 février 2017 ~ 0 Commentaire

linky (ouest france + le tél)

link

OUEST-FRANCE du Mardi 28/02/2017 
STop-Linky. Les opposants poursuivent leur campagne
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Une quarantaine de personnes sont venues s’informer.
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Créé dans la presqu’île de Crozon, le Collectif stop-Linky s’est étendu au Porzay, Châteaulin et Pleyben ; il revendique aujourd’hui 300 adhérents.
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Le collectif organisait, vendredi, une réunion à la salle Ar Galon. Une quarantaine de person- nes de la commune et des environs sont venues chercher des informations. Michel Billon a présenté le collectif avant de s’attacher à apporter des éléments techniques et juridiques, avec trois axes de réflexion : « Les conséquences sur la santé, la diffusion des données personnelles et les droits du citoyen ».
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Après un bref historique, Michel Billon a mis l’accent sur les techniques utilisées : le CPL, courant porteur en ligne, les concentrateurs et les antennes. Il a mis en avant « les dangers des champs électromagnétiques ». Il a également dénoncé « l’utilisation des données personnelles recueillies par les compteurs Linky et l’intrusion dans la vie privée ». La situation dans les autres pays a également été abordée.
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Il a ensuite indiqué que les particuliers pouvaient « refuser l’installation du compteur Linky par lettre recommandée à Enedis, à l’installateur et au maire de la commune ». Des craintes exprimées Marie-Anne Garrec, docteur en pharmacie, est intervenue ensuite sur le volet santé et sur les risques liés aux ondes électromagnétiques. Elle a évoqué « l’hypersensibilité », en détaillant « les différents symptômes ressentis et les risques de maladie ».
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28 février 2017
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27 février 2017 ~ 0 Commentaire

linky carhaix (ouest france)

 compteurs linky

Un débat incessant autour des compteurs Linky

Plus d’une centaine de personnes ont participé, vendredi soir, à une réunion pour prévenir des risques que pourraient susciter les compteurs « commu- nicants » d’Enedis. Au cours de cette réunion, des diapositives et des documentaires ont été projetés.

Les collectifs Stop Linky de Spézet, Stop Linky du Poher et Stop Linky Kreiz-Breizh se sont rassemblés, vendredi soir, aux halles de Carhaix. Le but de leur démarche : prévenir des risques que pourraient susciter les compteurs « communicants » d’Enedis.

Autour d’eux, plus d’une centaine de personnes ont pris part au rendez-vous, quelques jours après la manifestation organisée dans le centre-ville de Carhaix. « Nous continuons le combat pour réclamer la suspension de l’installation de ces compteurs », explique Bernadette Larroque, porte-parole de Stop Linky du Poher.

Des stands d’information sur place

Sur place, des stands étaient installés pour renseigner les nombreux curieux venus assister à la réunion. « Il est nécessaire qu’ils sachent comment déclarer un incident et comment s’y opposer, mais aussi qu’ils connaissent les moyens mis à leur disposition, ainsi que les interlocuteurs à qui ils peuvent s’adresser. »

Selon une étude indépendante menée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), un compteur Linky n’émettrait toutefois pas plus qu’une plaque de cuisson.

Alexandre HOGUIN.   Ouest-France

http://www.quimper.maville.com/

Lire aussi:

http://refus.linky.gazpar.free.fr/

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27 février 2017 ~ 0 Commentaire

trump 1 (essf)

 donald's penguin donald duck gif

Quelles peuvent être les implications internationales de l’élection de Donald Trump ?

L’accession de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis représente très probablement un point d’inflexion dans le désordre géopolitique et l’instabilité mondiale. Il est cependant trop tôt pour mesurer ses conséquences. Trump lui-même et une grande partie de son équipe n’ont aucun passé politique de gouvernants, qui offriraient un point de référence fiable. Le pouvoir présidentiel est encadré aux USA (beaucoup plus qu’en France !), par les pouvoirs du Con- grès, de la justice et des Etats, comme en témoignent les bras de fer engagés après le décret interdisant l’accès du territoire aux ressortissants de sept pays musulmans (même à celles et ceux qui possédaient un permis de séjour ou étaient résidents) décret dont l’application a été suspendue par des juges.

On ne peut donc pas fonder un jugement sur les seuls Tweets vengeurs, les coups de téléphone ou les déclarations péremptoires dont Trump a la spécialité – ni sur les multiples correctifs apportés parfois dans la précipitation : sur Taïwan et la politique « Une seule Chine », sur la Russie en Europe oriental (…)

Trump et… l’instabilité. L’élection de Donald Trump est en elle-même un nouveau facteur d’instabilité internationale. En effet elle n’était ni prévue ni souhaitée par les secteurs domi- nants de la bourgeoisie des Etats-Unis : le contrôle du processus électoral leur a échappé. Que cela ait pu se produire dans le principal pays impérialiste est un sujet de grande inquié- tude pour les gouvernants dans le reste du monde. Comment prévoir quand la gouvernance US devient si aléatoire ?

Les premières mesures de Trump ont accru ce sentiment d’inquiétude : retrait de l’Accord de partenariat transpacifique (TPP), critiques de l’OTAN. Les cadres de concertation entre Etats et bourgeoisies semblent menacés par une administration qui s’affiche unilaté- raliste. Le sens donné au slogan « America First » deviendrait alors « America Alone ». La multiplication des accords bilatéraux – où chaque fois les USA se retrouvent en position de force par rapport à leur interlocuteur – prendrait la place des accords multilatéraux.

Il y a bien évidemment de la continuité entre les politiques annoncées par Donald Trump et celles des précédentes administrations, y compris d’Obama ; mais il y a aussi de possibles points de rupture, une inflexion générale et une escalade au moins verbale. Les Etats-Unis se présentaient hier comme le chef de file de diverses alliances (sans pouvoir nécessairement assumer réellement cette fonction) ; Trump menace de faire cavalier seul. Il a ainsi permis au président chinois Li Xiping de postuler à la relève lors de son discours de Davos : ne vous inquiétez pas du repli US, nous Chine sommes prêts à assurer la poursuite du processus de mondialisation capitaliste !

Trump et… la crise écologique globale. Donald Trump est élu alors qu’en termes de réchauffement atmosphérique, en particulier, nous sommes déjà sur le fil du rasoir. Or, un climatosceptique se retrouve à la tête de l’Agence pour l’Environnement des Etats-Unis. Le nouveau président se fait le porte-voix des industries extractives et rejette les conclusions des études scientifiques en ce domaine. L’ampleur de la crise écologique multiforme à laquelle nous devons faire face et l’extrême gravité de ses conséquences sont ignorées, niées.

Les engagements pris par les gouvernements à l’occasion de la COP21 étaient très insuffisants et les politiques préconisées (géo-ingénierie…) dangereuses : ils ne permettent pas de contenir à 1,5% le réchauffement. Le limiter à 2% (un niveau déjà bien trop élevé) semble en l’état très difficile. Cela devient inatteignable en cas de replis US, s’il se confirme.

Les grands accords intergouvernementaux récents sur le climat ont été « cadrés » par des négociations préalables bilatérales à Washington et Pékin. Certes, la Chine et autres «grands» Etats promettent aujourd’hui de maintenir leurs objectifs en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre – mais le pas en arrière amorcé par Trump servira de prétexte aux autres pays. Chaque gouvernement va s’attaquer à des problèmes nationaux majeurs (comme les pollutions en Chine…) ou développer des secteurs industriels qu’il juge porteurs sur le plan international, mais la somme de ces égotismes ne fondera pas une politique d’ensemble.

Trump et… les femmes. Donald Trump a décidé de couper tous financements à des ONG qui évoqueraient la question de l’avortement (et pas seulement à celles qui en pratiqueraient). Les présidents républicains l’ont fait plus d’une fois dans le passé. Les conséquences en sont très graves sur le plan international, beaucoup des associations concernées n’ayant pas les moy- ens financiers de poursuivre leurs activités d’aides aux femmes une fois que ces fonds leur sont retirés.

Le prix à payer pour la politique de Trump risque d’être aujourd’hui particulièrement élevé, car l’extrême droite réactionnaire (notamment à référence religieuse) se renforce. Les Eglises sont bien souvent elles-mêmes à l’offensive contre les droits des femmes : on assiste en fait à une régression dramatique de la condition féminine dans une grande partie du mon- de. Le rôle de l’administration Trump peut, dans cette situation, être particulièrement néfaste – ce qui explique certainement pour une part le répondant international aux Marches de femmes aux Etats-Unis lors de l’intronisation du nouveau président et l’annonce d’autres journées mondiales.

Trump et… la réaction idéologique. Donald Trump « suinte » littéralement la réaction. Ce qui est vrai pour les femmes le sera probablement pour les LGBTI, pour le racisme, pour les obscurantismes.

Trump n’est pas contre « la » science. Il est contre la recherche scientifique là où elle peut créer des problèmes aux intérêts économiques qu’il défend, il devient alors négationniste. Comme Harper avant lui au Canada (qui voulait détruire les bases de données permettant de retracer l’histoire du climat), il veut contrôler la recherche et museler les cher- cheurs. Il a pris pour ce faire des mesures d’isolement et de censure des climatologues et des agences de l’Environnement d’une brutalité exceptionnelle – provoquant l’organisation d’une grande marche des scientifiques sur Washington en avril prochain.

Même « ciblée » sur les questions environnementales, climatiques, la dénonciation par Trump de la démarche scientifique a des conséquences générales : légitimer les obscurantismes à l’heure où le créationnisme (y compris sa version « dessin intelligent ») poursuit son offensive, menant en particulier une bataille de longue haleine sur les programmes scolaires en de nombreux pays.

Trump et… les extrêmes droites. Pour les mouvements d’extrême droite en Europe, la vic- toire de Donald Trump apparaît tout d’abord comme une très bonne nouvelle. Rompre par la droite avec le « mondialisme » est possible, la preuve ! Rejeter par la droite les « élites » aussi.

Cependant, il n’est pas évident que les extrêmes droites occidentales souhaitent s’identifier trop étroitement à Donald Trump. Le nationalisme de grande puissance « America First » est une menace – et nul ne sait si son administration va réussir à se stabiliser. Le ridicule peut finir par tuer. Donnée pour l’heure gagnante du premier tour de la présidentielle en France, Marine Le Pen ne s’est pas mise à parler « à la Trump ».

Les extrêmes droites islamistes, fondamentalistes, saluent pour leur part l’élection de Trump comme un don du ciel. C’était déjà le cas en France après que Manuel Valls, Premier ministre, a soutenu des décrets illégaux adoptés par quelques municipalités contre le port du Burkini – écartant d’un revers de main l’avis du Conseil d’Etat (il a ainsi fait du Trump avant la lettre : « le Conseil d’Etat dit le droit, moi je fais de la politique »  un Premier ministre peut donc s’asseoir sur le droit ?).

Valls, c’était encore de la petite histoire (sauf pour nous, en France) qui a bien fait rire à l’étranger. On ne rit plus avec le « Muslim Ban » de Trump interdisant l’accès des Etats-Unis aux ressortissants de sept pays musulmans. Les mobilisations spontanées aux USA, aux aéroports, pour permettre l’entrée de résidents étrangers bloqués, et la suspension par des juges du décret signé par Trump ont une portée internationale très importante. Ils brisent la bipolarisation extrême souhaitée tant par Trump que par les extrêmes droites fondamentalistes.

http://www.anti-k.org/

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27 février 2017 ~ 0 Commentaire

trump 2 (essf)

the force awakens donald duck gif

Impacts sur les équilibres entre puissances

Trump et… l’Amérique latine. La morgue impériale n’a pas étouffé Donald Trump concernant l’Amérique latine, « chasse gardée ». Les chefs d’Etat de cette région n’ont pas dû apprécier la brutalité avec laquelle il a humilié, de façon répétée, le président mexicain à force de Tweets plus lapidaires les uns que les autres. La gauche militante en Amérique latine va devoir se mobiliser contre les nouveaux diktats impérialistes, sans pour autant défendre l’ordre présent et l’agenda néolibéral [2].

Le Mexique est le pays de la « ligne de front » avec les Etats-Unis en ce qui concerne, notamment, les implications internationales de la xénophobie et du racisme anti-immigré, anti-latinos, de l’administration Trump, symbolisée par une politique d’expulsion massive, à marche forcée, et de construction du mur frontalier. Toute l’immigration latino est concernée ! Les musulmans sont loin d’être les seuls concernés, tant s’en faut.

Trump et… le Moyen-Orient. Donald Trump a tapé du poing pour dénoncer l’échec d’Obama et de l’OTAN au Moyen-Orient ; il a annoncé un désengagement du théâtre irako-syrien au profit de la Russie ; il a promis de déplacer l’ambassade US de Tel-Aviv à Jérusalem (ce qui reviendrait à la reconnaître comme capitale d’Israël – mais il ne le fera pas) ; il a rompu avec la politique des deux Etats (palestinen et israélien), base des négociations de paix ; il cible en priorité l’Iran et l’accord nucléaire passé avec Téhéran, tout s’ouvrant à l’Arabie saoudite et aux monarchies du Golfe ; il prône une alliance militaire régionale incluant ces Etats et Israël pour « contenir » l’Iran…

Trump et… la Russie. Dans le domaine diplomatique, une chose semblait claire : parmi ses priorités, Donald Trump voulait un rapprochement avec la Russie et Moscou tablait là-dessus. Depuis, les cartes se sont un peu brouillées. Dans le monde de Trump où la géopolitique de puissance sert très directement à faire des affaires, ce choix (si confirmé) a du sens : A la différence de la Chine, la Russie n’est pas un concurrent mondial. L’industrie extractiviste (pétrolière) qu’il veut incarner a tissé des liens étroits en Russie. Il peut y avoir convergence au Moyen-Orient. Un axe Whashington-Moscou isolerait Pékin, l’ennemi principal… Si ce schéma se confirme, la position de la Russie sortirait consolidée sur le théâtre d’opérations syro-irakien et en Europe orientale, aux dépens de l’UE.

Trump et… l’Union européenne. Une collaboration russo-américaine aurait beaucoup d’implications pour l’Union européenne, dont Donald Trump a dit tout le mal qu’il pensait. Malgré les envolées sur l’Europe Puissance, elle n’a pas pu, pas su, pas voulu se constituer en puissance géopolitique mondiale. La nouvelle présidence US a menacé de réduire son engagement dans l’OTAN, refusant de payer ad vitam æternam pour sa défense. L’UE est placée sous-pression, alors qu’elle est en crise : Brexit, hétérogénéité croissante, impopularité…

La question de l’armement réel de l’Allemagne se pose de façon de plus en plus pressante pour les milieux dirigeants européens. Il n’y a pas d’armée européenne. Les armées britanni- ques et françaises ne comblaient cette absence que très partiellement, étant surtout mobilisées dans le cadre de choix nationaux. Elles ont dû faire face à des exigences contradictoires : réduire les coûts au nom des politiques austéritaires tout en accroissant leurs engagements sur les théâtres extérieurs ou aussi intérieurs (France). Le matériel et le personnel militaire sont usés au risque du « burn out », ce qui serait déjà le cas en Grande-Bretagne, alors que ce « décrochage brutal » s’annoncerait pour bientôt en France [4].

L’incertitude ne vient pas seulement d’outre-Atlantique. Rien de sérieux ne peut se discuter dans l’UE avant le résultat des prochaines élections françaises et allemandes. La construction européenne est en crise structurelle. L’Union est incapable de jouer le rôle qui devrait être le sien sur le plan international, dans le maintien d’un ordre impérialiste. Qui que soit le président des Etats-Unis, Washington ne sait qu’espérer des Européens.

Trump et… la Chine. Comment la confrontation USA-Chine va-t-elle évoluer sous Trump ? C’est bien l’une des plus graves questions à suivre dans la période qui vient. Un nombre croissant de commentateurs évoque même la possibilité d’une nouvelle guerre mondiale (sous quelle forme ?) que la situation en Asie orientale préfigurerait.

Sans s’aventurer dans le débat sur « la guerre qui vient », notons que Trump est confronté à un problème auquel Obama n’a pas pu répondre : comment reprendre la main en Asie orientale après avoir laissé trop longtemps l’initiative à la Chine ? D’autant plus que ces derniers temps, Pékin a consolidé sa mainmise régionale. Son emprise économique s’est accrue dans la région, ainsi que son poids politique et diplomatique.

La militarisation à son bénéfice de la mer de Chine du Sud est maintenant un fait quasi accompli. La construction d’îles artificielles est suffisamment avancée pour en faire un réseau de défense opérationnel : pistes d’aviation, implantation en cours de nombreux lances missiles sol-air, etc. La flotte chinoise navigue ainsi dans son environnement. Un seuil qualitatif est franchi. Aucune pression ne forcera Pékin à replier bagage. Les enjeux sont trop impor- tants : le contrôle des accès aux océans, l’influence dominante dans la région (USA ou Chine), le nationalisme de puissance (ciment idéologique du régime)…

La barre est placée très haut. La VIIe Flotte US peut certes cingler en mer de Chine, mais elle ne peut pas refouler l’armée chinoise – sans du moins s’engager dans un conflit actif dont nul ne peut mesurer les conséquences.

Les sous-marins chinois sont encore « bruyants » (facilement détectable), la portée de leurs missiles balistiques est trop faible, il leur faut produire plus d’armes à têtes multiples technologiquement fiables, la mise en place d’une chaine de commandement capable d’agir en temps de crise est problématique – et tout cela coûte très cher…

L’escalade militaire en Asie du Nord-Est prend néanmoins aujourd’hui une dimension nucléaire. Les puissances « mineures » doivent alors montrer qu’elles ont une capacité sérieuse de seconde frappe, au cas où la Russie d’un côté, les Etats-Unis de l’autre tenteraient de détruire d’un coup leurs sites de lancement. La France, la Grande-Bretagne, la Chine ne le peuvent pas. La question reste toute théorique en Europe. Pékin s’inquiète maintenant de sa vulnérabilité, comme son programme de déploiement de sous-marins nucléaires semble l’attester.

La Chine et la Russie

La Chine s’impose comme une « puissance mondiale » (avec son parc d’armes nucléaires notamment), mais à « zone d’influence régionale ». La Chine est une puissance mondiale au profil militaire beaucoup plus discret, bien qu’en progression permanente. Cependant, sa zone d’influence économique et diplomatique est déjà quasi universelle. C’est l’aboutissement d’une politique d’expansion mise systématiquement en œuvre depuis près de 30 ans – et du rapport entre établit entre enjeux nationaux et déploiement international.

Pays capitaliste, la Chine connaît et connaîtra la crise. Il y a aujourd’hui de fortes surca-pacités de production, la crise immobilière, l’endettement, de très mauvaises créances, les tensions sur le marché du travail, la fuite de capitaux… Le déploiement international répond pour une part à ces facteurs « internes » de crise. Il doit garantir l’approvisionnement régulier de l’économie en matières premières; achat de terres, de mines, de compagnies de transports, de ports….

Dans divers pays, ces investissements (financés par des banques chinoises) sont politique- ment à risque. Un Etat endetté peut facilement mobiliser la population contre « les Chinois » pour s’en débarrasser, une fois les travaux réalisés, mais pour l’heure l’expansion chinoise garde son dynamisme. Jusqu’à quand ? Grande question.

Parce qu’elle est la première puissance mondiale, les Etats-Unis ont perdu l’initiative straté- gique : ne pouvant assumer toutes ses responsabilités, ne pouvant espérer grand-chose des Européens, elle a laissé la main aux Russes en Syrie et aux Chinois sur le plan international.

Parce qu’il semble ne rien connaître de la complexité des rapports de forces mon- diaux et des combinaisons géopolitiques régionales, Trump a commencé par demander à l’Union européenne et au Japon « qu’ils paient plus » (rendez-moi mon argent !), et aux institutions comme l’OTAN qu’elles se plient aux priorités définies unilatéralement par son administration. La réalité ne va pas se plier à son imaginaire. Comment va-t-il tenter de contrer la Chine, en provoquant quelles réactions en chaine ? On peut s’en inquiéter.

Nous sommes entrés dans une nouvelle époque. J’ai parlé d’une période contre-révolu- tionnaire, ce qui a suscité bien des réticences ou incompréhensions. A cause du mot « pério- de » qui semblerait trop « long », trop « sombre » ? Contre-révolutionnaire ne signifie pas que la contre-révolution l’a emporté – mais que c’est à cela que nous sommes confrontés, que ce soit de façon ouverte comme dans une grande partie du monde musulman, ou que ce soit de façon plus insidieuse comme souvent en Occident.

Dans une partie du monde, la violence des attaques provoque en riposte des mobilisations parfois spectaculaires, comme aux Etats-Unis après l’élection de Trump : marches des femmes, soutien aux victimes du « Muslim Ban », marche pour la journée de la terre et des scienti- fiques… C’est une vague de protestation d’une ampleur rare. La « droitisation » des gouver- nants suscite aussi l’émergence de processus politique à gauche, comme avec Corbyn en Grande-Bretagne. Voilà qui offre de très nombreuses opportunités d’action pour nos organisations.

La répression sans limites annonce l’expansion des tâches de solidarité.

Nous sommes actuellement surtout confrontés à des tâches de solidarité « collective » : envers les populations victimes de catastrophes humanitaires d’origines diverses : envers les migra- tions et déplacements forcés (plus amples aujourd’hui qu’à la fin de la Seconde Guerre mon- diale) ; envers les peuples agressés ; ou sinon envers les militantes et militants détenus dans leurs pays…

Nous allons devoir accueillir des exilé.e.s, personnellement menacées, avec une particularité : en exile, ils continueront peut-être de se voir pourchassés. C’est déjà le cas de journalistes et d’intellectuels du monde arabe contre qui des fatwas sont lancées. C’est aussi le cas de Thaïlandaises et Thaïlandais, « coupables » de lèse-majesté et obligés de se cacher parce qu’ils sont dénoncés par des réseaux ultra-royalistes opérant en France. C’est déjà ou cela sera le cas de Kurdes et de Turcs, que les services d’Erdogan ont été ou seront prêts à assassiner. Nous devrons, nous devons non seulement les accueillir, mais aussi les protéger.

Tout cela exige la reconstitution d’une « culture collective de la solidarité » dans les milieux progressistes. La solidarité (sous de multiples formes humanitaires, politiques et financières [11]) doit être intégrée aux tâches « courantes » des organisations populaires (associations, partis, syndicats…). Collectivisée, la solidarité concrète est l’un des piliers sur lesquels peut se fonder le nouvel internationalisme dont nous avons besoin [12].

Europe Solidaire Sans Frontières  26/02/2017 Pierre Rousset

http://www.anti-k.org/

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25 février 2017 ~ 0 Commentaire

podemos (essf)

republica

Crise de régime et Podemos

(…) Le déclin du bipartisme [PP-PSOE] reste donc une tendance dominante, cela encore plus alors que le parti le plus touché est un PSOE sans perspectives de remontée électorale et qui, à la différence du passé, devra s’allier avec Podemos pour pouvoir être une alternative de gouvernement face au PP. Une chose qu’avait bien comprise Sánchez. (Leader du PSOE victime d’un « putch » note du blog)

Il n’est pas non plus possible de limiter le cas Bankia [Bankia est issue de la fusion de sept Caisses hypothécaires régionales en détresse, puis de sa cotation en Bourse] à une simple affaire de corruption : bien plus que cela est en jeu, dans la mesure où il s’agit d’une des manifestations les plus claires du capitalisme déchaîné qui s’est développé pendant des années dans le cadre de l’implémentation du système euro et de « l’effet de richesse » qu’il avait provoqué.

Il n’y a donc aucune raison de considérer que la crise du régime est terminée, pas même la crise de gouvernabilité, ce qui est encore plus vrai au milieu des turbulences de la zone euro, dont l’avenir est incertain. Il s’agit d’une crise de l’Etat social et démocratique de droit proclamé constitutionnellement mais aussi et particulièrement de l’Etat des Communautés autonomes.

Si le déroulement d’un référendum en Catalogne, auquel participe une majorité de la société catalane, sera très difficile tant qu’il n’y a pas de reconnaissance légale ou interna- tionale de celui-ci, il est aussi vrai que le refus de son organisation continuera à engendrer une désaffection croissante envers l’Etat espagnol, y compris son institution monarchique, ainsi que le montre l’adhésion croissante à l’aspiration républicaine au sein de cette communauté. Les tentatives récentes de « dialogue » sont non seulement tardives, mais elles ne parviennent déjà plus à provoquer des fractures au sein du parti qui, historiquement, a été le soutien du bipartisme étatique en Catalogne.

Suite à l’Assemblée citoyenne de Vistalegre 2 [10-12 février], la responsabilité de Podemos dans cette nouvelle phase, indépendamment de ce qu’en disent les augures, demeure décisive.

Il faut toutefois reconnaître qu’autant lors du processus de préparation que lors de la rencontre elle-même la participation de la majorité des militant·e·s à l’élaboration des documents a été faible. De même, le débat sur les points de convergences et de divergences entre les diffé- rentes positions en présence n’a pas été clarifié.

Un déficit dont la résolution ne semble pas être possible avec le modèle organisa- tionnel approuvé car persistent, malgré la prétention à dépasser le modèle de la « machine de guerre électorale », les traits de concentration des pouvoirs et d’une démocratie plébis- citaire dont les effets négatifs ont été suffisamment vérifiés au cours des trois ans d’existence de cette formation.

A cela s’ajoute quelque chose de plus préoccupant : malgré la volonté de la nouvelle direction de se transformer en un mouvement populaire qui impulse des contre-pouvoirs sociaux, il semble que cette aspiration soit subordonnée à la construction d’un « Podemos pour gouverner »…, avec un programme qui se limiterait à exiger le retour au « contrat social » néokeynésien antérieur à la crise systémique, ignorant autant ses limitations passées que son existence impossible en cette nouvelle étape historique.

Cette absence d’un récit alternatif et qui dépasse le vieil imaginaire social – ce qui impliquerait d’entrer en conflit avec la detto-cratie actuelle, mais aussi avec le fétiche de la croissance économique ainsi qu’avec le modèle de consommation dominant pour pouvoir placer au centre la soutenabilité de l’existence – est plus patente du fait de la crainte de tirer les leçons de l’expérience grecque ainsi qu’alertait « Podemos En Movimiento » [l’un des trois courants principaux de Podemos, qui a le moins de poids au sein des instances, animé par Anticapitalistas].

Assumer un tel débat actuellement et y convier des forces semblables en Europe, ainsi que le propose un manifeste qui a été récemment rendu public [4], est un point fondamental pour aborder cette nouvelle phase.

Sans cela, nous courrons le risque d’une fermeture hâtive du « non-débat » de Vistalegre au moyen d’une recomposition de la coalition entre les deux fractions majoritaires [Iglesias et Errejon] autour d’un projet axé sur la formation d’un gouvernement qui, à nouveau, reléguerait les Cercles de Podemos au simple rôle de comités de campagne… préélectorale. Une hypothèse qui ne doit pas être écartée au vu des premiers messages du Secrétariat général [Pablo Iglesias] dont la poursuite d’un discours « gagnant » ne correspond ni aux rapports de forces existant dans la société, ni aux tâches nécessaires dans la phase actuelle pour mettre en déroute le projet de restauration de la « grande coalition ».

Le retour du conflit social en prêtant maintenant attention à la solidarité nécessaire avec:

- La lutte des dockers contre la libéralisation et la précarisation du secteur imposée par l’UE et le gouvernement .

-L’appel du mouvement féministe à une journée internationale de lutte le 8 mars prochain

-Les initiatives qui sont mises en avant par un syndicalisme social qui suit l’exemple des PAH [mouvement qui s’oppose aux expulsions de logement en raison du non-paiement des hypothèques] et

- Les Marées [les divers mouvements sociaux, chacun avec une couleur propre, dans les soins, l’éducation, etc.]

Contribuent à la recherche d’une voie permettant de changer ce rapport de forces et qui mette à son service la présence institutionnelle d’Unidos (Avec le PCE et son FGD note du blog)  Podemos, y compris avec ses propositions.

Parmi ces dernières figure également la revendication de la reconnaissance par l’Etat espagnol du droit à convoquer un référendum en Catalogne avec toutes les garanties sur son avenir et le rejet de toute forme de répression qui pourrait être prise contre cette juste revendication de la majorité de la société catalane. (Résumé)

Jaime Pastor mardi 21 février 2017

Article publié le 21 février sur le site VientoSur.info

http://alencontre.org/

http://www.europe-solidaire.org/

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25 février 2017 ~ 0 Commentaire

fessenheim

fess

Rassemblement anti-nucléaire les 11 et 12 mars 2017
Strasbourg Fessenheim Alsace

Samedi 11 mars Dimanche 12 mars 2017

Strasbourg le 11 mars à 14h : Maison de la Région Grand Est (Place Adrien Zeller)

Fessenheim le 12 mars à 10h30 : Rassemblement devant la centrale nucléaire

Toutes et tous contre la nucléarisation du Grand Est et pour la fermeture de Fessenheim !

Six ans après l’accident de Fukushima, le gouvernement français n’a toujours pas enclenché la transition énergétique qu’il promettait. Celle-ci devait commencer par la fermeture de Fessenheim, la doyenne des centrales nucléaires françaises, qui menace toute une région européenne. Pourtant, cette promesse de campagne de François Hollande n’a pas été tenue et la fermeture est loin d’être acquise, le gouvernement ayant refusé de tenir tête à EDF !

En parallèle, l’industrie nucléaire, telle une pieuvre, a étendu ses tentacules sur la région Grand Est. Aux sites de stockage de déchets déjà construits se rajoutent de nombreux projets, dont le projet Cigéo d’enfouissement en profondeur des déchets les plus radioactifs, à Bure dans la Meuse.

Qu’allons nous laisser à nos enfants ? De la radioactivité en héritage ?

stopfessenheim@gmail.com

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25 février 2017 ~ 0 Commentaire

être docker (bastamag)

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A l’heure de la mondialisation des produits toxiques

Ils sont les premiers à décharger les milliers de tonnes de marchandises qui arrivent chaque jour par bateau. Ils sont aussi les premiers à respirer l’air des cales : céréales aspergées de pesticides, pétrole, ciment… Et ils en paient le prix : sur les docks, on meurt dix ans plus tôt. A Nantes et Saint-Nazaire, las de voir tomber leurs collègues, les dockers sont à l’initiative d’un programme de recherche pour améliorer leurs conditions de travail et préserver leur santé. Un enjeu crucial pour l’avenir de leur métier. Reportage.

Ce matin de janvier, le crachin s’entête sur les quais du port de Montoir-de-Bretagne, à quelques encablures de Saint-Nazaire.

Un navire de 40 000 tonnes de soja brésilien vient d’accoster. Mais le déchargement atten- dra. « Il y a trop de gaz dans les cales », expliquent les dockers. Réfugiés dans le petit bâtiment qui fait office de foyer, ils attendent « qu’il n’y ait plus de danger ». D’ici quelques heures, quand l’aspirateur géant et métallique – appelé la « vis sans fin » – aura terminé d’avaler les tonnes de soja, pour les expédier vers les zones de stockage situées à l’arrière des quais, les dockers descendront dans les cales. « Avec des échelles de cordes quand il y en a, ou en passant par derrière le stock, en bas des tas de marchandise. Parfois, les murs de soja que la vis sans fin repousse contre les parois des cales s’écroulent. Dans ce cas, on en a partout ! », détaille Karl Montagne, docker depuis 30 ans.

Arrosé de pesticides avant la traversée de l’Atlantique, pour décourager champignons, rongeurs et insectes, le soja débarqué ce jour-là et l’atmosphère qui règne dans la cale ne sont pas très respirables. C’est la seule chose que savent les dockers. «  A un moment, on nous dit, c’est bon, vous pouvez y aller. Mais nous ne savons rien des produits qui ont été utilisés. Et respirer des doses réputées sans danger, pendant un jour, d’accord. Mais tous les jours ou presque, pendant 20 ans, qu’est-ce que cela donne ? », s’interroge Karl Montagne. « Et le simple fait que ce soit OGM, ça fait quoi ? Parce que 90 % du soja qu’on décharge est OGM ! », poursuit son collègue Christopher Le Canderf.

Cancers en vrac

Ces inquiétudes, et discussions, à propos des menaces sanitaires qui planent sur les travailleurs portuaires sont apparues il y a quelques années, sur les quais de l’estuaire de la Loire, de Nantes à Saint-Nazaire. Fin 2007, Jean-Luc Chagnolleau, docker pendant 30 ans, se découvre un cancer du rein. « Il avait toujours eu une vie très saine », précise son ami Serge Doussin, métallo et ancien secrétaire départemental CGT. « Quand il a su qu’il était malade, il a tout de suite pensé à son boulot », ajoute Gilles Rialland, travailleur portuaire, également syndiqué CGT. L’enquête que Jean-Luc Chagnolleau entreprend alors auprès de ses collègues prend des airs de série noire. Sur 140 dockers contactés, en grande majorité partis à la retraite, 87 déclarent être malades, dont 61 sont atteints de cancers, et 35 sont décédés. L’espérance de vie de ces travailleurs se révèle d’une dizaine d’années inférieure à celle de leurs aînés !

Sonné, Jean-Luc Chagnolleau décide, avec ses copains syndicalistes, d’en parler à des médecins cancérologues, qui les encouragent à poursuivre leurs recherches. En février 2010, l’Association pour la protection de la santé au travail dans les métiers portuaires (APPSTMP) est créée. Objectif : « Faire éclater publiquement la vérité sur le dossier des maladies professionnelles, et leur bilan qui se révèle être un véritable drame humain ! » 18 mois plus tard, en septembre 2011, Jean-Luc Chagnolleau tire sa révérence. Ses amis décident de poursuivre le combat. Habitués aux luttes collectives, et sûrs de leurs forces, les dockers de Nantes et Saint-Nazaire prennent tous, ou presque, leur carte à l’association. « Il y a chez eux une vraie unité, et une solidarité très vivante », juge Serge Doussin, président de l’association depuis le décès de Jean-Luc.

« Nous sommes fatigués de voir les copains partir trop vite », soupire Karl Montagne, dont le grand-père charriait déjà des marchandises sur les quais de Nantes. Deux de ses fils sont dockers. « Avant, pour décharger les troncs d’arbres, il fallait les escalader. On risquait à chaque fois ou presque d’en voir un nous rouler dessus. Maintenant, c’est mécanisé. Le nombre d’accidents physiques a beaucoup diminué. Mais les bois sont bourrés de produits! Comme tout le reste. », témoigne Christian Zimmer, petit-fils de docker. « Avec l’entrée de la chimie de manière intensive dans la production et dans toutes les marchandises qui passent sur les navires, le nombre de cancers a augmenté », observe Gilles Rialland.

Respirer pesticides et ciments

Les dockers de Montoir déchargent et nettoient chaque année une centaine de cargos de vrac (dont la cargaison est à même la cale), plus des pétroliers et des porte-conteneurs. « Nous ne contrôlons pas chaque bateau. Si l’on a un soupçon de produit pouvant porter atteinte à la santé des salariés, on fait appel à un expert extérieur à l’entreprise, pour qu’il prenne des mesures », assure Ilyasse Aksil, président du Groupement des opérateurs portuaires, qui réunit les sociétés qui emploient les dockers. « Les cales sont ventilées. Nous ne faisons pas travailler nos salariés dans des atmosphères qui les mettent en danger. Dans la mesure des connaissances que l’on a des produits utilisés. »

Outre les pesticides, parmi les polluants que renferment les cargos, se trouve notamment la silice, contenue dans le ciment. Elle peut provoquer silicose, bronchite chronique et cancer. Pour vider un cimentier, doté de cales d’une dizaine de mètres de haut, les dockers poussent la marchandise au bulldozer. Et curent les parois à la pelle, à la raclette et au balais. Équipés de combinaisons blanches, ils s’activent dans des nuages de poussière et de gaz d’échappements, munis en guise de protection respiratoire de simples museaux. « C’est mieux que rien », assurent-ils. « De toute façon, on s’est entendu dire que le ciment était bon pour la santé », s’esclaffe le contremaître.

« Le coke de pétrole, c’est vraiment dégueulasse »

« Le pire, reprend Karl Montagne, c’est le coke de pétrole. Ça c’est vraiment dégueulasse. On ne peut pas faire plus d’une finition de cales (opération de vidage des cales et nettoyage complet, ndlr) de coke par jour. Mais cela dure entre trois et quatre heures. Ce qu’on souhaite, c’est ne pas être plus d’une heure par jour au contact de ces cochonneries. » Sous-produit du raffinage du pétrole, le coke se présente sous forme solide et noire. Composé en grande partie de carbone, il contient d’importantes quantités de polluants tels que le soufre, ou encore les métaux lourds. Il sert de combustible à l’industrie du ciment et de la chaux, et est utilisé comme source de carbone dans la fabrication de l’aluminium et de l’acier.

« Pour que les salariés soient mieux protégés, il faudrait que le législateur impose des obligations. Pour les marchandises qui arrivent au port, les taux de radioactivité sont définis précisément. Il faudrait faire de même pour tous les produits chimiques. Si c’est laissé au bon vouloir des entreprises, les contrôles ne seront jamais systématiques et il y aura des distorsions de concurrence », plaide de son côté Ilyasse Aksil.

Une étude sur l’exposition aux produits dangereux

Pour démontrer que la dégradation de la santé des dockers est liée à ces expositions aux produits dangereux, une recherche-action, le programme Escales, a été lancée à l’automne. Financé par le Conseil régional de Loire-Atlantique et soutenu par la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte), ce projet devrait permettre de retracer les parcours professionnels de dockers atteints de pathologies graves [1].

Des sociologues, des médecins du travail ou des spécialistes sont associés à cette recherche qui entend « produire des connaissances qui mettent en évidence que le travail est en cause dans la maladie ». Pour reconstituer les parcours des dockers, l’équipe de recherche peut notamment s’appuyer sur un outil étonnant, propre à ce corps de métier : les carnets de travail. « Les gars ont longtemps été payés à la semaine, explique Serge Doussin. Du coup, ils notaient tout, pour être sûrs que leur paie correspondait au travail effectué. » Christian Zimmer confirme : « J’ai été docker pendant 30 ans, j’ai tout noté. Le noms des bateaux, les noms des équipes, les marchandises, les horaires. »

« Mais le plus simple pour nous, c’est la parole des salariés », précise Christophe Coutan- ceau, chercheur en sociologie, chargé des entretiens avec les travailleurs. Quels outils étaient utilisés ? Quelle était l’ambiance respirée ? Comment le travail était-il organisé ? « Nous avons aussi des recherches bibliographiques à mener, concernant le caractère cancérogène des produits utilisés. Et il faut recenser les flux de marchandises qui ont transité sur les quais de Nantes et Saint-Nazaire ces quarante dernières années. » Pour cette étape de recensement, la collaboration des autorités portuaires et des employeurs des dockers seront précieuses. Si les douanes disposent de données sur les conteneurs, ce sont les entreprises, qui opèrent sur les docks pour décharger tel ou tel navire, qui possèdent leurs propres statistiques. Car les dockers travaillent pour une multitude d’employeurs. Ceux-ci accepteront-ils de collaborer au projet ?

Quid des intérimaires et des équipages ?

« Dans les perspectives dessinées par Escales, il y également l’aide et le soutien aux travailleurs qui gravitent autour du port et dans les hangars », notent Serge Doussin et Gilles Rialland. « Il y a beaucoup d’intérimaires, qui n’osent rien dire, ni rien demander », enchaîne Karl Montagne. Sans oublier les capitaines de bateaux et leurs équipages. Venus d’Asie du sud-est et parfois de Russie, les marins maîtrisent un peu l’anglais. Ils ignorent les dangers des marchandises transportées. Pour ouvrir les cales de soja traité aux pesticides, ils placent un simple foulard serré devant la bouche…

« Nous avons réussi à négocier des équipements de protection individuels », précise Christopher Le Canderf, qui siège au Comité d’hygiène et de sécurité des conditions de travail (CHSCT) de son entreprise, Montoir vrac service. « Mais c’est impossible de respirer avec ces machins quand on fait un effort. Il faudrait investir dans des équipements plus perfectionnés. » Protéger les travailleurs contre les molécules chimiques qui transitent sur les navires de marchandises est un vrai casse-tête. Les douaniers du Havre, qui se sont élevés dès 2010 contre les taux élevés de pesticides dans les conteneurs qu’ils inspectent, ont étudié le problème de près.

« Nous ignorons la durée de vie des cartouches de charbon qui peuvent filtrer les produits, et qui équipent certains masques » , se désole Sébastien Géhan, délégué CGT. « Les seuls équipements garantis sont ceux que revêtent les pompiers en cas d’intervention d’urgence. Mais ce n’est pas utilisable au quotidien, c’est beaucoup trop encombrant. » A Nantes et Saint-Nazaire, les travailleurs attendent impatiemment les conclusions d’Escales, pour pouvoir faire des propositions en matière de prévention.

« Combien de temps il nous reste ? »

« Derrière tout ça, il y a des intérêts économiques, c’est évident », dit Serge Dousssin. « Mais pour nous, il n’y a pas d’opposition entre la santé au travail et la pérennité de l’activité portuaire. Au contraire ! Pour que le métier continue d’exister, il faut conserver les compétences et pouvoir assurer leur transmission. » Pour Jean-Luc Chagnolleau, qui a initié cette prise de conscience des risques sanitaires du métier, et pour les gars qui l’ont accompagné dans son combat, il y avait la volonté d’assurer une vraie suite au savoir-faire des dockers. Et la crainte de voir les plus jeunes s’en détourner.

« On l’aime notre métier, répètent-ils souvent. Mais on veut pouvoir l’exercer en toute sécurité. » Passés la colère, les coups de gueule et la détermination à défendre le droit à la santé au travail, reste la peur. On n’en parle pas si facilement chez les dockers – « qui restent des machos », glisse l’un d’entre eux. Mais quand même. « On dit ça en se marrant, mais des fois on se demande combien de temps il nous reste. Pas à travailler, mais à vivre ».

NOLWENN WEILER 18 FÉVRIER 2013

http://www.bastamag.net

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