Archive | Altermondialisme

01 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

santiago maldonaldo (rfi)

Nos camarades du MST dans la manif

Argentine: où est Santiago Maldonado, disparu depuis près d’un mois?

 «Où est donc Santiago Maldonado ?», ce sera le mot d’ordre de la manifestation du 1er septembre 2017 organisée pour le 1er mois de la disparition du jeune homme, après avoir pris part à une manifestation de Mapuches dans le sud de l’Argentine, est sur tous les réseaux sociaux argentins. Pourquoi une telle mobilisation sur les réseaux, rappel des faits.

Santiago Maldonado est un artisan de 28 ans, originaire de Buenos Aires, installé en Patagonie depuis quelques mois.

Le 1er août 2017 il a pris part à une manifestation de représentants de la communauté indigène Mapuche qui coupaient une route de la région. On ne l’a plus vu depuis. Selon deux témoins, il aurait été tabassé puis embarqué dans une camionnette par les gendarmes venus dégager la route, ce que nie la gendarmerie. Dans un premier temps, sa famille et des organisations des droits humains se sont adressés à la justice pour réclamer qu’il soit localisé et libéré, sans que l’affaire ne fasse beaucoup de bruit.

Mais, devant les lenteurs de l’enquête judiciaire et les explications embarrassées de la ministre de la Sécurité, Patricia Bullrich, l’opinion s’est mobilisée à travers les réseaux sociaux. Ces derniers jours, le hashtag # Maldonado a été repris un demi million de fois sur plus de 100.000 comptes Twitter. Sur ce réseau, ainsi que sur Facebook (avec plusieurs pages dédiées), une campagne a été lancée pour réclamer sa réapparition, la formule la plus usitée étant : «  Je suis Untel et je vais bien. Mais je me demande où est Santiago Maldonado  ».

Des artistes et dessinateurs y ajoutent des illustrations, que l’on retrouve aussitôt sur les comptes de leurs followers. Des célébrités s’y mettent aussi, donnant plus d’écho à la campagne comme Adolfo Perez Esquivel, prix Nobel de la paix, le rocker Ricardo Mollo ou encore des équipes de football.

Le spectre de la dictature militaire

Au début, la mobilisation a été spontanée. Mais, depuis quelques jours, l’extrême gauche et l’opposition kirchnériste se sont engouffrés dans la brèche. Au-delà de la préoccupation pour le sort de Maldonado et des soupçons concernant la Gendarmerie, ils mettent en cause le gouvernement du président Mauricio Macri, accusé d’être responsable d’une disparition comparable à celles de la dictature militaire des années 70. Rien à voir en réalité, puisqu’à l’époque il y a eu un plan systématique d’élimination d’opposants décidé au plus haut niveau de l’État (le plan Condor), ce qui n’est évidemment pas le cas aujourd’hui. Mais l’utilisation du terme « disparu » porte encore en Argentine.

Qu’est donc devenu Santiago Maldonado ? On n’en sait rien. L’hypothèse la plus probable est celle d’une bavure des gendarmes que la hiérarchie voudrait cacher. Si c’est le cas, la vérité devrait éclater bientôt. Mais il est sûr que ce vendredi 1er septembre, des dizaines de milliers d’argentins participeront à la manifestation organisée pour marquer le premier mois de sa disparition.

Que nos digan donde está (Qu’on nous dise où il est)

Jean-Louis Buchet 30-08-2017

http://www.rfi.fr/

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01 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

ue (la france agricole)

bio diversite

Une perte de biodiversité alarmante selon le Cese

Par manque de volonté politique, l’érosion de la biodiversité menace le futur de l’existence humaine, selon le Cese (conseil économique, social et environnemental européen).

Malgré les « nombreux défis » auxquels est confrontée l’Union européenne, « nous ne devons pas oublier que la biodiversité conditionne notre existence même et que la poursuite du pillage de notre nature nous prive de nos conditions de subsistance », alerte Lutz Ribbe, membre allemand du Comité économique et social européen.

Cet organe consultatif, réunissant 350 membres venus de toute l’Europe et nommés par le Conseil, vient de rendre un avis sur la politique de l’UE en matière de biodiversité.

Selon lui, la perte de biodiversité est alarmante. Il note qu’en 2017, la quasi-totalité des sites Natura 2000 est désignée mais tous ne disposent pas encore d’une protection juridique permanente et seuls la moitié d’entre eux en Europe disposent de plans de gestion. L’une des raisons est le manque de financements alloués au réseau Natura 2000, ceux-ci entrant en conflit avec d’autres mesures financées par les mêmes fonds européens. Le Cese avance le chiffre de dix milliards d’euros par an nécessaire afin d’indemniser les pertes de terrain pour les propriétaires ou de rémunérer des services spéciaux.

Manque de volonté politique

Parce que « les conditions mêmes de l’existence humaine sont en jeu », la question doit être « transversale » et prise en compte notamment par la Pac, insiste le Cese. Il souligne que ce ne sont pas les lois, les discours ni les recommandations qui manquent mais bien la volonté politique : « Aussi longtemps qu’il ne se traduit pas en actions concrètes, tout ce cadre juridique ne vaut pas le prix du papier sur lequel on l’imprime », conclut M. Ribbe.

http://www.lafranceagricole.fr/

Commentaire: Larmes de crocodile? La même UE promeut en même temps un type d’agriculture industrielle qui ne subventionne que les gros, lutte pour les pesticides, dénature les labels « bios »…

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31 août 2017 ~ 0 Commentaire

crise (reporterre)

double vitrage

Il n’y a pas de solution technologique à la crise écologique

Devant l’ampleur de la crise écologique, l’innovation technologique serait la panacée.

L’auteur de cette tribune ne souscrit pas à cette croyance. Selon lui, au contraire du salut escompté, c’est même à une aggravation de la situation que conduit la frénésie high-tech. Robotique, objets connectés, bio et nanotechnologies, chimie de synthèse… Parce que l’innovation est le principal moteur de la croissance qui dévore la planète, Reporterre publie une série de tribunes visant à démythifier le progrès et faire de la recherche scientifique un terrain de controverse et de luttes.

S’il est un élément de notre mythologie moderne qui, face à la crise écologique, entretient la confiance collective et légitime l’action des uns et unes et surtout l’inaction des autres, c’est bien la croyance largement partagée et régulièrement entretenue que le salut viendra des avancées scientifiques et de l’innovation technologique : « Citoyens, ne changeons rien ; high-techs, green-techs, smart-techs, biotechnologies, nanotechnologies, etc., règleront nos soucis. »

L’hypothèse d’un tel deus ex machina venant dénouer le drame environnemental semble pourtant improbable. Mais comme les technologies de pointe fascinent d’autant plus que leurs prouesses et leurs produits échappent par leur complexité à la compréhension commune, la fuite en avant technologique ne manque pas de zélateurs.

Comment ne pas questionner la pertinence d’une stratégie qui entend résoudre par un surcroît d’innovation technique les problèmes posés par les développements techniques passés ? L’histoire montre que les « solutions technologiques » aux problèmes d’ordre sociétal condui- sent souvent davantage à une transposition ou à une mutation des problèmes initiaux qu’à leur disparition : on défait le nœud ici, mais il se reconstitue là-bas. On opère ainsi ce que les Anglo-saxons appellent un cost shifting, c’est-à-dire un déplacement des coûts et des impacts dans le temps ou dans l’espace, leur report d’un secteur d’activité à un autre, et/ou un changement du type et de la nature de ces impacts.

Ce que nous offrent les « solutions » high-tech, c’est une diversification de l’éventail des nuisances

Si on prend l’exemple du changement climatique, les « solutions » high-tech proposées pour le secteur des transports [1] dans l’espoir de grignoter à la marge quelques points de rendement impliquent une complexification toujours plus poussée des moteurs thermiques, une informa- tisation des véhicules [2], ou encore le passage à des véhicules hybrides et électriques.

Or si, dans le périmètre étroit « du réservoir à la roue », certains impacts environnementaux (émissions polluantes et gaz à effet de serre [GES]) s’en trouvent améliorés, ceux liés à la phase de production en amont sont accentués (notamment les impacts des industries extractives, du fait du recours croissant à des minerais et terres rares pour les composants électroniques, au lithium pour les batteries, etc.). En aval, le processus de recyclage est compromis par la complexité accrue des composants et des matières (alliages), qui empêche d’identifier, de séparer et de récupérer facilement les matières premières. Si bien que le bilan global et systémique, celui qui importe véritablement, de ces innovations est loin d’être évident [3].

Dans le cas des véhicules électriques, les impacts liés à la phase d’utilisation sont par ailleurs « transférés » au secteur de la production d’électricité, auquel on demande de faire face à une demande supplémentaire tout en réduisant si possible ses propres impacts sectoriels. Or dans ce secteur de la production d’électricité, les « solutions » technologiques consistent là encore à substituer aux émissions de gaz à effet de serre des impacts, des risques et des problèmes de nature différente : déchets radioactifs et risques nucléaires ; occupation des sols, modification des paysages et fiabilité réduite du réseau électrique pour les énergies renouvelables intermittentes, etc.

L’analyse peut être répliquée pour presque tous les secteurs : en fin de compte, ce que nous offrent les « solutions » high-tech, c’est surtout une diversification, un élargissement de l’éventail des nuisances, des risques et des impacts environnementaux – entre lesquels l’arbitrage devient chaque jour plus délicat, à mesure que se renforce le caractère multidimensionnel, global et systémique de la crise écologique [4].

Il est aujourd’hui nécessaire et urgent de s’extraire du fétichisme de l’innovation technologique 

Mais les discours rationnels ont rarement prise sur les croyances, qui relèvent moins du domaine de la conviction que de la conversion. L’escalade technologique s’annonce pourtant de plus en plus laborieuse et de moins en moins profitable : en tous domaines, les «solutions» déjà apportées étant généralement celles qui étaient les plus efficaces et accessibles (techniquement et économiquement), il reste à se tourner vers celles qui sont plus complexes, moins rentables, moins évidentes à mettre en œuvre.

Les gisements d’amélioration s’amenuisent et, hormis dans de rares cas où survien- draient des ruptures technologiques, il faut s’attendre à des gains marginaux de plus en plus faibles et de plus en plus coûteux, lesquels, en l’absence d’une remise en question de notre imaginaire social et de nos systèmes de besoins, risquent toujours d’être grignotés voire annulés par des effets rebonds.

Aussi, il est aujourd’hui nécessaire et urgent de s’extraire du fétichisme de l’inno- vation technologique, laquelle sert essentiellement la logique croissanciste d’un système économique dysfonctionnel et moribond. Face aux défis de notre époque, l’imagination et l’inventivité demeurent indispensables ; mais plus que de les mettre au service d’un dévelop- pement de nos potentialités techniques dont on oublie d’interroger le sens et la finalité, c’est autour d’une refondation de l’activité politique et de l’organisation socioéconomique, autour de l’expérimentation de nouvelles formes de vivre-ensemble, qu’il s’agit de les déployer.

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30 août 2017 / François Briens ingénieur-chercheur, spécialisé en prospective économie-énergie.

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30 août 2017 ~ 0 Commentaire

le capitalisme (l’humanité)

hieronymus-bosch

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Le capitalisme est incompatible avec la survie de la planète

Alors que les études se succèdent pour démontrer la gravité et l’étendue des atteintes à l’en- vironnement, peut-on faire confiance au capitalisme pour réparer ce qu’il a produit ? Non, répondent des scientifiques, militants environnementaux et eurodéputés réunis à Bruxelles par la Gauche Unitaire Européenne (1).
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Ils proposent d’autres alternatives.
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Les mauvaises nouvelles sur le réchauffement climatique et la dégradation de l’environnement s’accumulent à un rythme alarmant depuis le début de l’été sous forme d’une avalanche d’étu- des scientifiques qui aboutissent toutes au même diagnostic : si des mesures drastiques ne sont pas prises très vite à l’échelle mondiale, une partie de la planète risque de devenir invivable dans un délai assez bref. Certaines études concluent même qu’il est déjà trop tard pour redresser la barre.
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Florilège non exhaustif de ces chroniques estivales d’une catastrophe planétaire annoncée :
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- Dans la revue Nature, le climatologue français Jean Jouzel et un groupe de scientifiques, prévoient que si d’ici 3 ans les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas stabilisées, la planète passera dans un autre type climat aux conséquences « catastrophiques » :
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Recrudescence des décès dus à la chaleur ( certaines régions de France connaitraient des températures supérieures à 50° ), des incendies, accroissement des réfugiés climatiques venant de régions particulièrement touchées comme la Corne de l’Afrique, le Moyen-Orient, le Pakistan ou l’Iran ( on compte déjà actuellement 65 millions de réfugiés climatiques sur la planète ), baisse des rendements agricoles, etc…
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- Un rapport établi par plus de 500 scientifiques dans plus de 60 pays, (2) montre que 2016 aura été l’année de tous les records en matière de températures, d’émissions de gaz à effet de serre, de montée des océans et de terres soumises à la sécheresse.
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- Selon le climatologue américain Michael Oppenheimer, avec le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris, les chances de réussir à le mettre en œuvre ne dépassent pas 10% ( d’autres chercheurs parlent de 5% de chances.)
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- Selon une étude réalisées par les chercheurs du Massachusets Institut of Technology ( MIT ) et de l’Université Loyola Marymount, la chaleur risque de rendre l’Asie du Sud-Est invivable d’ici 2100.
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- Une évaluation scientifique effectuée en avril dernier par l’Unesco conclut que si les émis- sions de gaz à effet de serre ne sont pas réduites très rapidement, les 24 sites coralliens classés au patrimoine mondial  auront disparu d’ici à 2100. C’est déjà le cas pour 20% d’entre eux.
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- Début juillet, une étude menée par des chercheurs américains et mexicains (3) montre que les espèces de vertébrés reculent de manière massive sur terre, à un rythme inégalé depuis la disparition des dinosaures il y a plus de 60 millions d’années. Les chercheurs parlent de « sixième extinction de masse des animaux » et analysent les conséquences « catastrophiques » de cette « défaunation » aussi bien sur les écosystèmes que sur l’économie et la société en général.
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- Selon article de la revue Science Advances, la fonte des glaces du Groenland, région qui se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète, va s’accélérer dans les prochaines années. Selon l’un des auteurs de cette étude, Bernd Kulessa ( Collège des sciences de l’université britannique de Swansea ), si les glaces devaient disparaître complètement, le niveau des océans monterait de 7 mètres.
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Comme pour le confirmer, il y a quelques jours, un méthanier de 300 mètres battant pavillon du groupe Total, franchit le passage du Nord-Est habituellement obstrué par la banquise, sans l’aide d’un brise-glace. Ce rêve de relier l’Atlantique au Pacifique par le Détroit de Bering que caressaient depuis longtemps les pétroliers, mais aussi des états comme la Russie, est désormais une réalité.
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- Pour couronner le tout, un institut de recherche international  travaillant sur les données fournies par l’ONU (4), nous apprend que depuis la fin du mois de juillet, la planète vit « à crédit », c’est-à-dire que l’humanité a consommé en 7 mois, toutes les ressources que la terre peut produire en une année. Circonstance aggravante : cette date fatidique arrive désormais de plus en plus tôt.
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En prime, toujours au chapitre de la consommation, une autre étude nous indique que si tous les habitants du monde voulaient vivre comme un Français, il faudrait trois planètes terre pour assurer leurs besoins.
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Le capitalisme responsable
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Si toutes ces études se recoupent et se complètent sur les constats, elles s’accordent égale- ment sur leurs causes : c’est bien le développement explosif de la production et l’exploitation sans limite des ressources de la planète depuis le début de « l’ère industrielle », qui est la cause de la catastrophe en cours.
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Le fait que la situation se soit dégradée à très grande vitesse au cours des dernières décennies en est une preuve supplémentaire. Cette accélération est liée directement au développement du capitalisme dans les pays émergents, et plus généralement à l’extension hégémonique de ce mode de production à l’ensemble de la planète. Rappelons que la Chine, premier pays émergent, est aussi le premier pays émetteur de gaz à effet de serre, juste devant les Etats-Unis, première puissance capitaliste mondiale.
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« La logique de la croissance va vers l’autodestruction du système, voilà ce qui se passe quand on confie la gestion des ressources de l’humanité à des privés », juge le député européen espagnol Xabier Benito ( GUE-GVN .)
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C’est également l’avis de Daniel Tanuro qui rappelle que le but du système capitaliste étant de produire de la survaleur, il n’y a pas d’autre solution que de remplacer le travail vivant par du travail mort pour lutter contre la baisse du taux de profit, donc « d’accroître de plus en plus vite la masse des marchandises, ce qui amène à consommer de plus en plus de ressources et d’énergie. » Et l’éco-socialiste le répète : « la croissance capitaliste est la cause de la crise écologique, dont le chômage massif permanent est l’autre aspect.» C’est pourquoi, pour Daniel Tanuro, il est indispensable de  lier les combats sociaux et environnementaux.
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Pas d’illusion non plus à se faire du côté du « capitalisme vert » promu notamment par l’Union européenne au niveau international. Pour Daniel Tanuro qui y a consacré un livre, « capitalisme vert est un oxymore. » Ce que l’on constate aujourd’hui dans les destruc- tions qu’il opère partout sur la planète, c’est bien au contraire sa violence, dit Eleonera Foren- za, qui explique par exemple comment le sud de l’Italie est ainsi devenu la décharge du Nord.
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Quelles alternatives ?
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Une fois reconnu que la voie préconisant la « modernisation » du capitalisme, son «verdis- sement», est une impasse ( de même que la promotion des valeurs « post-matérialistes » ou « post-classes » qui l’accompagnent ), il faut poser clairement, analyse l’historienne Stefania Barca, que « le capitalisme est le problème, » et pensez la politique a partir de cet axiome, dans des termes nouveaux par rapport à ceux du 20è me siècle.
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« Où est-ce qu’on peut bloquer le capitalisme ? » devient une question politique centrale, explique Dorothée Haussermann, de Ende Gelände, un vaste collectif d’organisations environ- nementales et de groupes politiques qui concentre ses actions sur le blocage des mines de lignite et de charbon en Allemagne. « Le charbon fait partie du problème du réchauffement climatique, on doit en empêcher la production. Il faut commencer quelque part, c’est à nous de prendre les choses en mains, » explique Dorothée Haussermann.
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En matière de changement climatique, ce n’est pas l’information qui nous manque, fait remarquer Rikard Warlenhus ( Left Party, Suède ), mais on a l’impression que changer les choses est au delà de nos possibilités. C’est, pour les raisons que l’on vient de voir, parce qu’au fond, remarque l’eurodéputé Ernest Cornelia ( GUE / Die Linke ), « imaginer la fin du capitalisme est impossible. »
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Pour lui, la question devient donc : « comment passer du stade actuel à l’étape suivante ? » Cette question est d’autant plus centrale que, comme l’explique Rikard Warlen- hus, « les dossiers climatiques ont tendance à nous diviser. » Par exemple, explique Dorothée Häussermann, « le mouvement environnemental peut être conçu comme une menace à l’emploi.» C’est la raison pour laquelle une partie du mouvement syndical est converti au « capitalisme vert », bien qu’il soit évident que le chômage continue à augmenter, ou que de nombreux syndicats soutiennent les énergies fossiles.
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« Une difficulté à mettre sur le compte de 3 décennies de déclin du mouvement ouvrier », analyse l’historienne Stefana Barca, dont il faut être conscient qu’elle provoque des divisions. C’est pourquoi, ajoute-t-elle, il faut concevoir le combat pour l’environnement comme « une forme de lutte des classes au niveau planétaire entre forces du travail et capital. »
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Constatant la vitalité des combats pour l’environnement menés partout dans le monde sous des formes et par des acteurs très différents, les intervenants insistent tous sur la nécessité de promouvoir des articulations entre tous ces mouvements et des acteurs institutionnels quand ils existent ( des villes, des régions, par exemple ), ou des syndicats, des partis, et ce, au niveau mondial. L’objectif est de se situer « à la même échelle d’action que notre adversaire », explique Rikard Warlenhus « parce que le capital dépasse la structure de l’Etat national. »
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Le rôle crucial des femmes
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De nombreux analystes soulignent également comme un point central, le rôle des femmes dans le combat écologique et social. Il ne s’agit pas de dire qu’il est bien que les femmes y partici- pent à égalité avec les hommes ( l’égalité homme-femme est un leitmotiv  consensuel de nos sociétés, en général jamais respecté ), mais bien de repérer l’apport spécifique, déterminant et innovateur des femmes, en tant que femmes, dans les nouvelles formes de combat.
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La députée italienne Eleonora Forenza ( GUE-GVN ) voit dans les mobilisations qui ont suivi la catastrophe de Seveso en juillet 1976, l’événement fondateur de cet éco- féminisme. « Ce sont les femmes qui ont joué un rôle essentiel en exigeant que soient menées des études médicales, car les femmes enceintes risquaient de donner naissance à des enfants malformés. Ce sont également elles qui ont lancé les premiers appels pour l’IVG en Italie. » ( L’IVG a été légalisé en 1978, mais il est toujours très difficile de la faire appliquer, ndlr.)
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Cet apport des femmes au combat écologique est également majeur pour Daniel Tanuro qui explique que « la place que le patriarcat donne aux femmes, leur procure une conscience particulière. » Il rappelle que 90% de la production vivrière dans les pays du Sud est assurée par des femmes, faisant d’elles le fer de lance de tous les combats actuels liés à l’agriculture, à la propriété de la terre, aux pollutions ou au climat.
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(1) Colloque au Parlement européen, 27 mars 2017, Bruxelles publiées dans les Proceedings of the Natural Academy of Science ( PNAS )
(3) publié en juillet par l’Agence américaine océanique et atmosphérique ( NOAA ) et L’American Meteorological Society ( AMS ),
(4) Le Global Foodprint Network, Oakland ( Californie )
(5) Daniel Tanuro, « L’impossible capitalisme vert », La Découverte.
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Lundi, 28 Août, 2017
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Commentaire: D’une part le nucléaire n’est pas évoqué, produit d’un assemblage d’uranium bien français issu de divers pays (sans retour pour les peuples) et nous laissant des déchets immortels dont on ne sait que faire..
Détail: Daniel Tanuro, référence reconnue sur le dossier, est membre de la LCR Belgique organisation soeur du NPA..

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30 août 2017 ~ 0 Commentaire

eaux et rivières

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29 août 2017 ~ 0 Commentaire

bio (france info)

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Fruits et légumes bio : quand la grande distribution se goinfre de surmarges

Les marges réalisées sur les fruits et légumes bio par la grande distribution peuvent être jusqu’à près de trois fois plus élevées que sur celles des fruits et légumes conventionnels. C’est l’un des résultats de l’enquête que dévoile aujourd’hui UFC-Que Choisir.

Si en 2003, 46% des consommateurs français déclaraient ne jamais consommer de produits bio, en 2016, la tendance s’est totalement inversée, 89% disaient en avoir consommé au moins une fois dans l’année, 69% au moins une fois par mois. En 10 ans, le marché du bio s’est fortement développé, de l’ordre de 10 % par an, avec une nette accélération en 2016 (+21%).

L’engouement du consommateur pour les produits issus de l’agriculture biologique n’est donc plus à prouver. Sensibles aux bénéfices environnementaux et sanitaires, 73 % d’entre eux demandent pourtant à ce que ceux-ci soient plus présents dans les rayons des grandes et moyennes surfaces (Baromètre 2012 de consommation et de perception des produits biologique en France – Agence Bio), 77 % persistent à dire que le premier frein au développement du bio étant le prix (Baromètre consommation Agence Bio / CSA Research janvier 2017).

La grande distribution : premier acteur du bio devant les magasins spécialisés

La grande distribution l’a bien compris elle qui depuis 2016 est devenu leader dans la distribu- tion de produits bio. Avec une part de marché de 42% (en progression de 4 points en un an), elle devance désormais les magasins spécialisés (35% en 2016 contre 41% en 2015), les autres modes de distribution (marché, vente directe, AMAP) représentant 23 % des ventes (21% en 2015). Mais dans le même temps, l’UFC-Que Choisir constate que les promesses de certaines enseignes, leur communication en terme de prix et de disponibilité de produits bio ne sont pas toujours tenues.

Fruits et légumes bio : l’enquête de UFC-Que Choisir

S’agissant des prix, l’association de consommateurs a suivi l’évolution du coût d’un panier de 24 fruits et légumes représentant 88 % de la consommation globale de fruits et légumes en France, depuis leur expédition, jusqu’à leur mise en rayon. Pour cela, elle s’est appuyée sur des relevés réalisés chaque semaine par le RNM (Réseau des Nouvelles des Marchés sous tutelle du Ministère de l’Agriculture) dans les rayons fruits et légumes de 150 grandes et moyennes surfaces réparties partout en France.

Jusqu’à 191 % de marge brute !

Dans cette étude, il apparaît que la marge brute que réalise la grande distribution (différence entre le prix de vente en rayon et le prix auquel le magasin a acheté le produit) est quasiment deux fois plus élevée pour un panier bio que pour un panier conventionnel (+ 96 % en moyen- ne). Le record revenant au poireau avec une surmarge de 191 % ! (1,07 €/kg pour le poireau conventionnel, 3,13 €/kg pour le bio). Un écart qui ne peut s’expliquer par le fait que le poireau est un produit plus périssable et plus sensible que les autres fruits et légumes, argument souvent mis en avant pour expliquer les différences de marges entre différents fruits et légumes.

Une politique triplement perdante

Sans aller jusqu’à demander à la grande distribution d’appliquer aux produits bio la même marge qu’aux produits conventionnels, UFC-Que Choisir estime qu’une réduction permettrait de sortir d’une politique qu’elle juge « triplement perdante : pour les consommateurs empêchés de profiter des bénéfices du bio, pour les agriculteurs de bio privés d’une augmentation de leurs productions, et même pour la grande distribution qui se prive de ventes potentielles sur un marché porteur ! »

Eric Nedjar 29/08/2017

http://france3-regions.francetvinfo.fr/

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29 août 2017 ~ 0 Commentaire

eaux (les échos)

eau air

 

eau

Commentaire: Le dernier paragraphe est de trop: pas question de laisser le « marché » faire le tri! L’eau doit rester ou redevenir un service public. Les premiers mètre cubes doivent être gratuits selon les revenus.

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29 août 2017 ~ 0 Commentaire

rennes (un toit c’est un droit)

rennes

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29 août 2017 ~ 0 Commentaire

agriculture (gérard florenson)

npa agricol

Au carrefour de l’alimentation, de la santé et de l’environnement

L’agriculture n’est pas n’importe quel secteur. Au carrefour des grands défis de l’alimentation, de la santé, l’écologie et de l’occupation du territoire, elle mérite davantage qu’un salon annuel et des discours de circonstance.

L’agriculture est une activité fondamentale dans l’histoire de l’humanité. Elle fournit d’abord des denrées alimentaires, mais aussi des plantes textiles (1), des plantes ornementales et à parfum (2), sans oublier le bois de chauffage, de construction et d’ameublement. Quels que soient le nombre d’actifs et l’organisation de la production elle est indispensable à la vie humaine qui exige de se nourrir et si possible de se bien nourrir.

L’agriculture a un impact sur la santé publique au niveau alimentaire et environ-nemental. La qualité et la diversité des produits de base sont mises à mal par l’obsession du rendement et les exigences de la conservation et du transport : disparition de variétés locales et de races animales. L’abandon de variétés adaptées aux différents terroirs s’accompagne de multiples intrants censés lutter contre les maladies et les ravageurs. Les animaux d’élevage sont traités par de nombreux médicaments qui se retrouvent dans la chaîne alimentaire et parfois par des hormones augmentant leur poids et accélérant leur croissance, en dépit d’une réglementation souvent contournée.

L’abus des engrais et des pesticides provoque des maladies dont les agriculteurs sont souvent les premières victimes, avec les salariés des usines qui les produisent mais aussi les populations du voisinage. Le productivisme concentre les nuisances et les pollutions (élevages porcins et avicoles dans l’ouest, bassins céréaliers aux terres détruites par l’intensification et la monoculture).

L’agriculture modèle les paysages et participe de l’aménagement du territoire. La concentration des exploitations sur quelques bassins de production est désastreuse car elle désertifie et voue aux friches certaines zones rurales quand elles ne sont pas renvoyées à une prétendue vocation touristique. La perte d’emplois dans l’agriculture entraîne la disparition d’autres emplois liés, diminue la population des villages et facilite la suppression des services publics de proximité.

L’emploi L’agriculture occupe beaucoup moins de main d’œuvre que par le passé, dans toutes les régions du monde, même si la paysannerie reste la catégorie sociale la plus nombreuse sur notre planète.

Dans les pays développés la chute a été vertigineuse tout au long du XX° siècle : 3% de la population active aujourd’hui en France et les exploitations disparaissent au rythme de 2,5% par an. Depuis plus de 50 ans on est passé d’une paysannerie encore marquée par l’autosubsistance à un modèle marqué par la commercialisation de l’essentiel voire de la totalité de la production ; ce n’est pas d’aujourd’hui que les campagnes nourrissent les villes, mais il revient à un nombre de plus en plus restreint de producteurs d’assurer l’alimentation de l’ensemble de la société.

Moins de fermes, mais la production agricole n’a pas baissé, bien au contraire elle s’est accrue. Les gains de productivité ont été considérables et si les moyens mis en œuvre méritent d’être questionnés du fait de leurs multiples impacts cela devrait permettre à chaque être humain de bénéficier d’une alimentation suffisante et de qualité tout en permettant aux producteurs de vivre de leur travail. Ce n’est pas le cas. A l’exception de quelques milliers d’agrariens qui trustent les subventions et peuvent supporter la baisse des prix la plupart des paysans travaille de plus en plus dur pour un revenu de misère.

Le métier n’est guère attractif, les repreneurs ne se bousculent pas et les enfants choisissent d’autres professions. L’installation de jeunes issus d’autres milieux est entra- vée par le coût du matériel et du foncier et parmi ceux qui se lancent quand même beaucoup déchantent et doivent abandonner. Le nombre de faillites et de cessations d’activité augmente. Le paysan, souvent dépossédé de toute autonomie pour devenir un simple rouage de l’agro- alimentaire (3), est prolétarisé dans les pires conditions puis qu’aucune règle ne fixe son temps de travail ni son salaire (4). Si on ne pose pas ce constat pour se donner les moyens d’y remédier tous les discours sur la revitalisation de nos campagnes et le gisement d’emplois en agriculture sont vains, voire mensongers.

Le droit de vivre de son travail L’existence de quelques centaines d’agrariens millionnaires accaparant les subventions ne doit pas cacher le sort de la majorité. Les manifestations d’éle- veurs puis la publication du rapport annuel montrant l’effondrement du revenu des agriculteurs en 2016 ont révélé une situation catastrophique. Sommés de s’adapter et d’investir dans une vaine course productiviste censée compenser une baisse des prix sur lesquels ils n’ont plus aucune maîtrise, beaucoup sont écrasés de dettes, ne peuvent plus faire face aux échéances ni payer leurs cotisations sociales. Ils ne tirent plus de revenus de l’exploitation qui souvent ne survit que par le salaire du conjoint… quand elle survit car les cessations d’activité se multiplient, tout comme les dépressions et les suicides.

Pourtant exercer son métier dans de bonnes conditions et en tirer des moyens d’existence est l’aspiration de tous les travailleurs et ceux des champs ne font pas exception à la règle. Pendant des décennies les paysans ont envié la condition des ouvriers et des employés avec leur salaire régulier, le repos dominical et les congés payés, tout en com- prenant les inconvénients d’un lien de subordination à un employeur et en voulant rester leur propre patron. Ce souhait était d’ailleurs repris dans les objectifs du premier Marché Commun agricole qui préconisait de rapprocher le revenu des travailleurs de la terre de celui des travailleurs des villes.

Objectif à l’évidence non atteint malgré les progrès réalisés lors des Trente Glorieu- ses, période qui n’a pas été exemptes de crises agricoles, en matière de conditions de vie et de travail ; malgré aussi la détérioration de la situation des salariés exploités. Les agriculteurs travaillent dur, « ne comptent pas leurs heures » surtout dans le secteur de l’élevage. Beau- coup ont un niveau de qualification élevé, de technicien ou plus, mais leur rémunération horaire réelle est dérisoire, généralement inférieure au SMIC et pour certains c’est le RSA qui leur permet de ne pas crever.

Le modèle entrepreneurial, celui qui voit dans l’agriculteur un chef d’entreprise même s’il travaille seul ou en famille a fait faillite : le capital investi ne rapporte rien sinon le droit de travailler, et le travail est sous payé !

Notre exigence : un revenu garanti pour chaque actif agricole, qui ne soit pas inférieur au SMIC, celui que nous revendiquons et non la misère actuelle, pour 35 heures de travail hebdomadaire. Et cela indépendamment des prix de marché, de plus en plus volatils avec la mondialisation capitaliste. Nous défendons également le droit à une retraite décente pour les chefs d’exploitation, pour les conjoints et enfants longtemps considérés comme « aides familiaux », ainsi que pour les salariés permanents et saisonniers.

Nous n’oublions pas les salariés agricoles qui, avec ceux de l’agroalimentaire, ont une des conventions collectives les moins avantageuses. Comme leurs employeurs ils sont affiliés à la MSA, avec des retraites inférieures à celles du régime général. Quant aux saisonniers régulièrement éclatent des scandales à propos des heures non payées ou du logement. Les relations avec les employeurs, y compris les petits paysans, sont d’autant plus difficiles qu’au-delà de ce qui procède généralement des liens de subordination les patrons ont du mal à accepter que leurs salariés les plus mal lotis aient au moins un salaire assuré. Nous ne devons pas renoncer pour autant aux revendications salariales et à celles touchant les conditions de travail de salariés qui n’ont aucune responsabilité dans la crise.

Changer le système actuel d’aides et subventions Les aides et subventions constituent une bonne partie du « salaire » de l’agriculteur quand l’argent des ventes peine à couvrir les charges d’exploitation. Mais outre qu’elles sont inégalement réparties, profitant avant tout aux plus gros, ces aides retombent au final dans les poches des semenciers et autres marchands d’intrants (interdiction des semences de ferme).

Souvent elles sont captées au passage par la banque ou les fournisseurs pour éponger les dettes. De plus elles servent à justifier la baisse des prix des produits, qui ne sont plus qu’un élément du revenu, au bénéfice des transformateurs et des grandes surfaces, un peu comme la « prime à l’emploi » cautionne les bas salaires. Au départ on parlait d’ailleurs d’aides compensatoires pour les céréales.

Les subventions d’investissement privilégient les gros outils et favorisent la con- centration. On a vu ainsi les gouvernements successifs réagir à chaque crise liée à la mon- dialisation des échanges en encourageant agrandissements, fusions et restructurations « pour améliorer la compétitivité ». Dans le même temps la disparition des petites structures de pro- ximité (abattoirs, caves, moulins…) multiplie les transports et rend plus difficile la constitution des filières courtes, qu’on prétend encourager, loin encore des discours sur l’agro écologie.

Il ne s’agit pas de supprimer les aides aux producteurs (5) mais de les orienter vers un complément au revenu tiré de la vente, un « salaire social » permettant le maintien d’acti- vités agricoles sur l’ensemble du territoire, y compris les zones difficiles (6), et favorisant la transition vers des modes de production non polluants même si au départ ils paraissent moins rentables selon les critères du marché capitaliste. Il en est de même des subventions qui ne doivent plus aller aux mégaprojets mais à la revitalisation du tissu rural en privilégiant les inves- tissements collectifs et décentralisés contrôlés par les paysans eux-mêmes (7). L’intervention publique doit inciter, sans bien sûr contraindre, à aller vers des pratiques plus collectives de travail (8). Elle doit aussi faciliter l’accès au foncier.

Ejecter les capitalistes de l’agriculture Depuis quelques années des groupes capitalistes s’intéressent directement à la production, l’exemple emblématique étant la « ferme des mille vaches » qui devrait, entre la vente de lait et les produits annexes dont ceux issus de la méthanisation, enrichir des actionnaires selon le mode classique d’exploitation des salariés. Ce modèle qui n’a plus besoin de paysans est la conséquence logique de la concentration et de l’industrialisation qui exigent un niveau d’investissement que les exploitations familiales, quel que soit leur orientation, ne sont plus capables d’assumer (9).

Rejeter cette industrialisation ça n’est évidemment pas s’opposer à la mécanisation qui diminue la pénibilité du travail ; il s’agit de refuser l’application à l’agriculture d’un système qui a si l’on peut dire fait ses preuves, celui de l’entreprise industrielle capitaliste qui écrase les salariés et se soucie comme d’une guigne de l’environnement et de la santé. Pour l’élevage on peut ajouter le mépris du bien être animal, les aliments composés en fonction de leur seul coût et l’usage massif d’antibiotiques pour limiter les pertes (10). C’est pourquoi le NPA participe pleinement à la lutte contre la ferme des mille vaches et autres projets similaires.

Mais avant même de prétendre monter leurs propres fermes-usines les capitalistes étaient bel et bien présents dans le circuit, extorquant une grande part du travail paysan. En ciblant l’agro-industrie et la grande distribution, vrais groupes privés et fausses coopératives réunis, les éleveurs ont dénoncé leur responsabilité dans la crise et ont rencontré la sympathie de la population.

Il faut ajouter les marchands d’intrants qui poussent à la consommation en prétendant apporter une solution chimique à toutes les difficultés, y compris celles qui proviennent du productivisme lui-même. Exproprier et socialiser les entreprises capitalistes de l’aval et de l’amont, revenir à des coopératives à dimension humaine, gérées  au bénéfice de la collectivité sous le contrôle des agriculteurs et des salariés ça n’est pas une utopie mais le seul moyen d’en sortir. L’exemple des salariés de FRALIB et de PILPA, reprenant l’outil de travail et tissant d’autres relations avec les agriculteurs, montrent que c’est possible.

Il faut bien sûr ajouter les banques à ce panorama. Quand les agriculteurs sont étranglés par les dettes il ne suffit pas d’étaler les remboursements : il faut auditer, alléger voire supprimer totalement les dettes quand les banquiers, y compris le Crédit prétendu Agricole, se sont déjà bien gavés (11). Cela fait beaucoup de profiteurs à dégager. Certes, et ça ne concerne pas que l’agriculture. Dans le même temps que nous défendons des mesures immédiates nous expliquons qu’aucune solution durable n’est possible sans exproprier et socialiser les banques, les principaux groupes industriels, l’énergie, les transports et la grande distribution.

Régulation et protectionnisme, des solutions ? La suppression des quotas laitiers, qui adaptaient l’offre à la demande, a provoqué une baisse des prix en dessous des coûts de production, d’où la colère des éleveurs. Cette crise a réhabilité les mécanismes de régulation des marchés face à une dérive libérale voulue par les industriels et la grande distribution. De ce fait certains syndicats et partis politiques ont défendu, sous diverses formes, l’idée d’un retour à la PAC des origines avec l’intervention publique (retrait et stockage des excédents, subventions aux exportations) et la « préférence communautaire » privilégiant les échanges au sein de l’Union Européenne en défendant une « exception agricole » dans les marchés mondialisés. (12).

Mais c’est l’Europe capitaliste qui a elle-même battu en brèche les protections éta- blies par le Marché Commun, ouvrant la voie à la lutte de tous contre tous y compris au sein de l’Union. C’est d’Allemagne et d’Espagne que proviennent les importations de porc (viandes et charcuterie) dénoncées par les éleveurs. Et au-delà des échanges communautaires c’est à propos des exportations sur le marché mondial que la concurrence est rude entre les pays producteurs de vin et de céréales. La France, un des principaux exportateurs pour ces productions et avec une balance commerciale agricole largement bénéficiaire (13), peut difficilement fermer ses frontières aux autres produits sans risquer des rétorsions.

Par ailleurs il ne faut pas idéaliser le passé : les quotas n’ont pas empêché la disparition de nombreuses exploitations laitières ni entravé la course aux investissements dispendieux, et les mécanismes d’intervention se sont parfaitement combinés avec l’agriculture industrielle et les dégâts écologiques. L’indispensable régulation, combinée avec une relocalisation des productions et une orientation privilégiant la qualité est incompatible avec la défense d’une prétendue vocation exportatrice, et donc avec le capitalisme qui porte le productivisme et la guerre économique dans ses gènes.

(Article proposé lors du Salon de l’Agriculture)

Notes:

(1) Dont le chanvre, le lin et surtout le coton qui occupe d’importantes surfaces dans certains pays.

(2 )Certaines sont vendues en l’état, d’autres comme la lavande sont utilisées par l’industrie. On peut ajouter le tabac aux productions agricoles non alimentaires.

(3) Le cas extrême est celui des élevages en intégration : l’entreprise fournit les aliments, les produits vétérinaires, et elle achète les animaux, fixant les prix à tous les niveaux. Le paysan, responsable de l’outil de production pour lequel il s’est endetté, est aussi dépendant qu’un auto-entrepreneur de chez Uber.

(4) D’où une certaine jalousie envers les salariés agricoles, théoriquement protégés par le code du travail.

(5) Supprimer les aides du jour au lendemain provoquerait des milliers de faillites ; le comprendre n’implique pas l’adhésion au système mais une période de transition est indispensable.

(6) Cela signifie des prix différenciés compensant les écarts structurels de rendements, dans le but de maintenir une diversité de cultures sur tout le territoire.

(7) On peut parfaitement concilier l’agriculture biologique avec un bon niveau de production, dans le cadre de fermes en polyculture élevage qui ont de multiples avantages : tracer les produits, diminuer les coûts en limitant les achats extérieurs, étaler les travaux au fil des saisons et lisser les risques liés aux monocultures (la vente d’une bonne production de lait peut compenser la baisse de revenu liée à une mauvaise récolte de blé). Plusieurs producteurs associés dans une exploitation collective bien équipée pourraient obtenir d’excellents résultats, rémunérer leur travail tout en limitant la journée de travail et en s’accordant des congés. L’exploitation collective permet de dégager du temps pour la transformation des produits, laquelle permet de rendre de la valeur ajoutée à l’agriculture.

(8) On objecte généralement l’individualisme des paysans, leur attachement à la propriété individuelle et leur souci d’indépendance. Mais la situation s’est beaucoup modifiée en quel- ques décennies : les aides publiques constituent le vrai salaire qui n’est plus assuré par des prix de vente déterminés par les industriels et la grande distribution, la majorité des terres exploitées est en location et non plus en propriété, les investissements entraînent d’énormes annuités de remboursement qui font planer la menace de la faillite et de l’expropriation. Alors, même si les mentalités n’évoluent pas vite, le système capitaliste se charge de démontrer aux agriculteurs qui, employant ou non des salariés, se considèrent comme des chefs d’entreprise, qu’ils ne sont que des prolétaires inavoués, sans convention collective et avec très peu de protection sociale. De ce fait un discours « collectiviste » aurait aujourd’hui moins de chance d’être rejeté sans être écouté, à condition de préciser que nous ne préconisons pas l’adhésion obligatoire au kolkhoze. Une bonne raison pour travailler notre programme dans ce sens plutôt que de coller aux défenseurs de la propriété paysanne privée. Malgré la brièveté de leur existence (mais plus longue que celle de la Commune) l’expérience des collectivités agricoles pendant la révolution espagnole vaut d’être étudiée.

(9) Là encore il y a trop de confusions. Le modèle largement dominant de l’exploitation familiale individuelle ou sociétaire ne se différencie de l’agriculture capitaliste que par le fait que les capitaux investis ou hérités (foncier, bâtiments, matériel) sont la propriété de la famille et pas d’actionnaires non agriculteurs (ce qui n’exclue pas les emprunts). Mais la ferme familiale n’est en rien un modèle idéal : elle peut pratiquer l’élevage industriel, abuser des pesticides, exploiter des salariés et y compris des membres de la famille.

(10) Le concept d’agriculture industrielle est employé à tort et à travers par les courants qui voient dans l’industrie le mal absolu jusqu’à rejeter la mécanisation (pourtant le désherbage mécanique évite les désherbants chimiques sans les contraintes du désherbage manuel). Dans certains pays un grand nombre de paysans ne dispose même pas d’animaux de trait : ce n’est pas un paradis perdu ! Pour autant une des caractéristiques de l’industrie, la standardisation des produits, n’améliore pas le goût de ce qui arrive dans nos assiettes ; la production artisanale conserve des avantages dans ce domaine.

(11) La Commune n’avait pas hésité à abolir certaines dettes particulières. Annuler au moins la partie des dettes des agriculteurs provoquées par des taux d’intérêts excessifs serait un pas vers le « crédit à bon marché » en faveur des paysans comme des artisans.

(12) C’est le cas de la Confédération Paysanne, du MODEF, de la Coordination Rurale mais aussi dans une certaine mesure du CNJA et de la FNSEA. Même les partis les plus libéraux n’osent pas revendiquer la dérèglementation complète des échanges agricoles.

(13) Cela concerne presque toutes les productions brutes, animales et végétales, à l’exception des agrumes et fruits exotiques, du café, du cacao et du tabac qui pèse lourd dans les importations. Le bilan est plus nuancé pour les produits transformés. Ainsi la France est excédentaire en viande de porc mais déficitaire en charcuterie.

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28 août 2017 ~ 0 Commentaire

cancer (rtbf)

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Les travailleurs du secteur du ménage ont deux fois plus de risques de contracter un cancer

Les femmes et les hommes de ménages auraient deux fois plus de risques de contracter des cancers, des emphysèmes ou des bronchite chroniques, ce sont les conclusions d’une étude menée par deux chercheurs de la VUB, repérée par nos confrères de Het Nieuwsblad.

Ils ont analysé la causes de maladies et de mortalité sur la population belge de 30 à 60 ans sur une période de 20 ans. Avec ce chiffre interpellant : leur taux de mortalité est deux fois plus important que le reste de la population. L’étude met en cause les produits chimiques nettoyants mais aussi la poussière, les vernis chimiques ou le champignons.

Des formations existent déjà

Les professionnels du secteur sont inquiets mais aussi surpris, car ce ne sont pas les maladies les plus fréquentes qu’ils rencontrent. Katty Wilmot, responsable d’une agence namuroise gère une soixantaine d’aides ménagères. Elle est surtout confrontée à des accidents musculaires et des maux de dos. Elle explique que des formations sont prévues pour informer les aides ménagères sur les dangers des produits nettoyants.

« Dès l’engagement, elles ont une brochure d’accueil sur les risques qu’elles peuvent encourir, en tant que responsable, on a une formation en conseiller prévention niveau 3, donc on est aussi sensibilisé. On se rend chez le client, on fait le tour de la maison avec lui, on voit déjà les produits qu’ils utilisent. D’emblée, si l’on voit de l’eau de javel ou de l’ammoniaque, on précise que les aides-ménagères ont l’interdiction de les utiliser. »

Des effets à long-terme moins bien connus

Même si la plupart des aides ménagères ne travaillent qu’à temps partiel, sur la durée, on mesure mal les effets à long terme de certains produits de nettoyage, pourtant en vente dans le commerce. Mais les syndicats prennent cette étude très au sérieux et affirme vouloir prendre des mesures rapidement.

« C’est une enquête qui est assez alarmante, qui fait peur, reconnaît Philippe Yerna, secrétaire général de la CSC services. On ne peut pas laisser 140 000 personnes si l’on se rend compte qu’il y a des risques de cancer, il faut trouver des solutions. Au niveau du fond social on a débloqué des sommes d’argent pour permettre aux travailleur.euse.s de suivre des formations. Mettre en place ces formations n’est pas toujours évident, car il faut avoir l’accord des entre- prises mais sur le contenu, il y a déjà toute une réflexion qui se fait par rapport à la manière de tordre un torchon, de mettre un produit adéquat. A partir de ces conclusions, nous allons prendre des mesures au niveau du secteur. »

samedi 26 août 2017

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