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24 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

mexique, l’enquête sur la disparition forcée de 43 étudiants est loin d’être concluante (amnesty)

APTOPIX Mexico Violence

Le procureur général du Mexique n’a pas enquêté comme il se doit sur toutes les pistes concernant les allégations de complicité des forces armées et des autorités dans la disparition forcée de 43 étudiants de l’école normale d’Ayotzinapa, a déclaré Amnesty International jeudi 22 janvier après avoir rencontré des proches des disparus.

Lors d’une conférence de presse organisée par Amnesty International jeudi 22 janvier à Mexico, des experts détailleront les investigations défaillantes supervisées par le procureur général du Mexique, Jesus Murillo Karam, et exposeront les demandes des familles des 43 étudiants. Le bureau du procureur a déclaré que toutes les pistes avaient désormais été explorées.

« Nous avons dressé une liste des préoccupations quant à la tenue de l’enquête et craignons que l’ensemble des crimes commis, notamment la disparition forcée et l’homicide de six personnes lors de l’attaque initiale contre les étudiants, n’ait pas été totalement examiné, a déclaré Erika Guevara Rosas, directrice du programme Amériques d’Amnesty International.

« Sur fond de préoccupations concernant l’éventuelle complicité des autorités gouvernementales locales et de l’armée, il est d’autant plus important que toutes les pistes soient dûment explorées et que tout soit mis en œuvre pour faire éclater la vérité. »

Amnesty International lance cet appel alors que les experts médicolégaux autrichiens qui travaillent sur l’affaire ont annoncé qu’ils n’avaient pas pu identifier l’ADN sur les dépouilles calcinées retrouvées dans une fosse commune. De nouveaux tests sur ces échantillons pourraient prendre des mois.

La disparition forcée des étudiants a mis en lumière le bilan désastreux du Mexique en termes de droits humains. Selon des chiffres officiels, plus de 100 000 personnes ont été tuées depuis que la «guerre contre la drogue» a débuté en 2006 et au moins 23 000 sont portées disparues. Des milliers de communautés ont été déplacées par la montée de la violence. Amnesty International continue de recevoir des informations faisant état d’atteintes aux droits humains commises par les forces de sécurité et de police, notamment des détentions arbitraires, des actes de torture et des disparitions forcées.

« La disparition de ces étudiants est un crime qui a choqué le monde entier, et a modifié la vision déformée selon laquelle la situation des droits humains s’amé- liore au Mexique depuis l’arrivée au pouvoir du président Peña Nieto. Des milliers d’autres affaires ont à peine fait l’objet d’enquêtes au Mexique, et on ne peut plus les passer sous silence, a déclaré Erika Guevara Rosas.

« Il faut monter au créneau pour enquêter sur les affaires d’atteintes aux droits humains qui présentent des signes de collusion de la part des autorités et des forces de sécurité, comme l’exécution collective de civils à Tlatlaya et les massacres de migrants. Hélas, l’impunité pour ces crimes terribles demeure la norme. Les institutions fédérales et étatiques ne s’acquittent pas de leurs obligations, laissant croire que ces violations des droits humains sont en fait tolérées », a déclaré Erika Guevara Rosas.

http://www.amnesty.org/fr/for-media/press-releases/mexico-investigation-enforced-disappearance-43-students-far-conclusive-2015

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23 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

pourquoi le débat sur le réchauffement climatique fait fausse route (cadtm)

climate

 

Alors que les signes d’un réchauffement global se multiplient, les débats sur le sujet sont légion et, pour beaucoup, passent complètement à côté des questions centrales, à savoir celles du monde de production, de la libéralisation à outrance ou encore des rapports de domination entre individus et régions du monde.

La majorité des intervenants « spécialistes » de la question restent pour la plupart cloisonnés dans un certain cadre, celui du capitalisme libéral. Or, force est de constater que jusqu’à maintenant, toutes les solutions envisagées au sein de ce système restent sans succès. S’il faut évidemment se méfier d’un modèle clé en main, il est nécessaire de remettre en cause un certain nombre d’idées reçues si on veut faire avancer le débat et envisager une possible sortie de l’impasse.

« Nous sommes tous dans le même bateau » Cette phrase, notamment pronon- cée par Jean Pascal Van |1|, illustre un état d’esprit largement partagé par un grand nombre de chercheurs s’intéressant à la question et pourtant passe com- plètement à côté du problème. S’il est indéniable que nous habitons tous la même planète, nous ne l’habitons pas tous de la même façon : par conséquent, nous ne sommes pas tous responsables du réchauffement global de la même manière et nous ne subirons pas tous ses conséquences de la même façon.

Pour rester dans l’analogie maritime, le syndrome du Titanic, idée chère à Nicolas Hulot |2|, ne doit pas nous faire oublier qu’existaient dans ce navire diffé- rentes classes pour qui le naufrage n’aura pas les mêmes conséquences |3|. Bien que sur du long terme, l’ensemble de l’humanité sera vraisemblablement touchée par les impacts d’un réchauffement global, il est clair que ce sont avant tout les plus pauvres qui en subiront les effets les plus rapides et les plus dramatiques.

Cela se produit déjà puisque de nombreux pays du tiers monde, de par leur climat tropical et leurs faibles moyens financiers, connaissent déjà de plus en plus d’événements climatiques extrêmes et assistent impuissants à la fonte des glaciers continentaux et à la dilatation des eaux océaniques. Une comparaison entre les Pays-Bas et le Bangladesh est éloquente puisque pour une situation semblable (tous deux en partie sous le niveau de la mer), le premier est en train de cons- truire une digue de plusieurs milliards d’euros pour faire face à une montée des eaux tandis que le second, incapable de faire de même, ne peut qu’attendre le déluge en regardant son voisin indien renforcer des murs à la frontière pour empêcher l’arrivée des millions de migrants climatiques à venir |4| .

Cette situation dépasse la fameuse grille de lecture caricaturale Nord-Sud puisque même au sein des pays riches, les populations les plus précaires figurent fréquemment parmi les plus vulnérables |5|. L’exemple de la Nouvelle Orléans est là pour nous le rappeler |6|.

Une question avant tout économique À de rares exceptions |7|, les solutions au réchauffement climatique envisagées ne remettent jamais en cause l’idéologie dominante du marché, du libre-échange et de la Croissance : on nous parle de développement des énergies renouvelables et des transports en commun, d’un soutien aux producteurs locaux et d’agroécologie, de normes et de labels sur les produits que nous achetons, d’une meilleure éducation à la consommation…

Ces éléments ne sont évidemment pas contestables en soi mais imaginer que ces mesures se développeront et se suffiront à elles-mêmes relève au mieux de la naïveté, au pire de l’hypocrisie. En effet, si tout cela n’est pas développé comme on le voudrait, c’est surtout parce que de nombreux acteurs qui détiennent un pouvoir considérable n’y ont tout simplement pas intérêt.

Parmi ces derniers figurent notamment les compagnies pétrolières, pour qui le mode de vie à l’américaine (banlieues résidentielles, voiture individuelle, sépa- ration des lieux d’activité…) constitue une partie significative de leurs profits ou encore les multinationales de l’agrobusiness accaparant des ressources considé- rables destinées à une production intensive. N’en déplaise à Pierre Rabhi, pro- mouvoir une agriculture en symbiose avec son milieu quand une majorité de pay- sans à travers le monde sont dépossédés de leur terre risque fort de rester lettre morte si on ne revendique pas en parallèle une réforme agraire et une plus juste redistribution des terres.

Dans le même ordre d’idées, la relocalisation des activités économiques ne pourra se faire tant que la libéralisation des capitaux et des marchés permettra aux grandes multinationales en tout genre d’empocher toujours plus de bénéfices en délocalisant leur production à l’autre bout de la planète, multipliant par là les trans- ports de marchandises |8| .

Plus généralement, si la surconsommation est (à juste titre) régulièrement pointée du doigt, combattre ce problème passe sans doute davantage par des mesures radicales telles que l’interdiction de la publicité dans l’espace public et médiatique ainsi que la fabrication d’objets plus solides et plus durables plutôt que par la culpabilisation de tout un chacun quant à leur mode de consommation. C’est probablement cette culpabilisation qui permet de comprendre le désintérêt pour les questions environnementales de nombreuses personnes.

Par ailleurs, il est nécessaire de questionner les politiques économiques mises en œuvre si l’on veut parvenir rapidement à une « transition énergétique ». Alors que de nombreux mouvements écologistes prônent l’abandon de la voiture individuelle, peu parmi ces derniers s’insurgent et luttent contre le démantèlement des services publics, en particulier des transports en commun; alors que de nom- breuses voix s’élèvent pour que l’Etat investisse dans des économies d’énergie et dans les énergies renouvelables, peu protestent contre le remboursement de la dette publique illégitime, en grande partie à destination du monde bancaire. On le voit bien, une posture écologiste cohérente ne pourra se faire sans s’attaquer à la racine du mal, à savoir la recherche d’un profit sans limite par des acteurs définis dans un contexte d’économie de marché libéralisée à outrance.

Reconnaître et mettre fin à la dette écologique En outre, la configuration du monde actuel empêchera clairement tout accord contraignant entre les différents pays de l’ONU. L’impasse peut-être résumée de la façon suivante : les pays pauvres aspirent légitimement au « développement » |9| mais les limites de la planète le leur refusent, tout comme les discours culpabilisants de nombreux dirigeants occidentaux (pointant la Chine comme le principal responsable). Or, ces pays rappellent, à juste titre, qu’historiquement, l’augmentation des gaz à effet de serre est en grande partie causée par l’industrialisation de l’Europe, de l’Amérique du Nord et du Japon (le fait que la Chine a récemment atteint le peloton de tête ne change fondamentalement rien à ce constat) |10|.

Par conséquent combiner la lutte contre le réchauffement climatique à ces aspirations légitimes implique de reconnaître une dette écologique |11| du Nord vis-à-vis du Sud et surtout traduire cela dans les faits, à savoir annuler purement et simplement la dette financière du tiers monde ; transférer les technologies pro- pres vers les pays qui en sont dépourvus ; envisager des réparations et des fonds pour permettre à ces pays de faire face aux conséquences du réchauffement (fonds prélevés non sur les budgets des Etats mais sur les bénéfices des multi- nationales principales responsables du désastre) ; remettre en cause les règles de libre-échange de façon à permettre de renforcer une autonomie alimentaire et économique au détriment des politiques privilégiant l’exportation…

Tout cela devra inévitablement passer par d’importantes mobilisations, nationales et transversales au Nord et au Sud, afin de trouver des convergences de lutte entre les populations victimes d’un modèle économique à la fois destruc- teur pour la nature mais également socialement inacceptable. Le système éco- nomique montre ses contradictions et nous devons en profiter pour faire converg- er les luttes écologistes et syndicales.

Si les syndicats doivent urgemment tenir compte des limites de la planète et questionner les concepts de Croissance et de pouvoir d’achat, les mouvements écologistes doivent impérativement envisager la transition énergétique en remettant en cause les rapports d’exploitation et de domination entre régions du monde et entre classes sociales. Dans le cas contraire, aucun accord international sérieux n’est envisageable et pire encore, les idées écologistes resteront des beaux prin- cipes réservés à une classe moyenne aisée, souvent urbaine et déconnectée de la réalité des classes populaires. 23 janvier par Renaud Duterme

http://cadtm.org/Pourquoi-le-debat-sur-le

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22 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

areva accusé de corruption: l’observatoire du nucléaire relaxé (odn)

index

La cour d’appel de Paris a relaxé mercredi le président de l’Observatoire du nucléaire, Stéphane Lhomme, qui était poursuivi en diffamation par Areva qu’il avait accusé de corruption au Niger.

En première instance, le tribunal correctionnel de Paris l’avait condamné à 1.000 euros d’amende avec sursis et lui avait ordonné le retrait des propos litigieux ainsi que la publication d’un communiqué judiciaire sur le site internet de l’Observatoire du nucléaire.

Le 11 décembre 2012, dans un communiqué, l’association avait fait état d’une contribution d’Areva au budget national nigérien d’environ 26 millions d’euros, dont 15 millions auraient été directement affectés à l’acquisition d’un avion pour le président du Niger, Mahamadou Issoufou.

Il s’agit donc clairement d’une manoeuvre de corruption, probablement sur le plan légal et assurément sur le plan moral, par Areva, avait accusé l’Observatoire.

Le lendemain, Zakari Oumarou, président du groupe parlementaire du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNSD, au pouvoir), avait confirmé à l’AFP qu’Areva avait accordé au Niger une aide budgétaire de 26 millions d’euros, dont une partie a été affectée pour l’achat d’un avion présidentiel. Areva, qui conteste cette accusation de corruption, avait assigné en justice.

Le 7 février 2014, les juges de la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris avait estimé que l’utilisation du terme corruption ne faisait manifestement preuve d’aucune prudence. Les documents produits par M. Lhomme ne lui permettaient nullement de conclure à la corruption alléguée, ni au fait qu’Areva aurait acheté un avion au président du Niger, avait alors estimé le tribunal.

L’Observatoire du nucléaire avait alors annoncé qu’il ferait appel de ce jugement affligeant mettant gravement en cause la liberté d’expression et le droit de contester les méfaits des entreprises du lobby nucléaire. AFP

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16 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

la commission balaye l’avis de 150 000 citoyens (attac)

tafyta

Consultation publique TAFTA

Faisant face à une vive opposition à l’inclusion de droits spécifiques pour les investisseurs dans le traité EU-États-Unis (TAFTA), la Commission européenne a conduit une consultation publique sur le sujet durant l’été 2014.

Presque 150 000 personnes y ont contribué — le nombre le plus élevé de réponses jamais reçu lors d’une consultation publique de l’UE. Une écrasante majorité (plus de 97 %) a rejeté la perspective d’un mécanisme de règlement des différends dans l’accord transatlantique comme dans ceux déjà conclus, tels que l’accord UE-Canada.

Publiée ce 13 janvier, la réponse de la Commission à cette consultation suggère que ces voix seront ignorées et que de nouvelles consultations se tiendront jusqu’au printemps, avant reprise des négociations.

Le collectif Stop TAFTA dénonce le mépris de la Commission face à la mobi- lisation des populations européennes pour dénoncer les privilèges accordés aux investisseurs dans le projet d’accord UE-États-Unis. Censée répondre à leurs inquiétudes, la consultation n’aura finalement été qu’une parodie supplémentaire de démocratie visant à dérouler le tapis rouge aux multinationales et à légitimer leurs demandes.

Exprimant un rejet clair des droits démesurés qu’accorderont TAFTA et CETA aux investisseurs, via notamment des mécanismes d’arbitrage, les citoyens auraient « mal compris les enjeux de cette consultation » selon la Commission… Cette dernière a une conception bien étrange de la démocratie, qui se limite donc à recueillir les avis des cabinets juridiques et des lobbies et à ignorer les voix des citoyen⋅ne⋅s.

Sa réponse laisse également entendre qu’elle considère le plan de réformes développé dans l’accord EU-Canada (CETA) comme une réponse satisfaisante. Or celui-ci ne répond en rien aux failles fondamentales du système de règlement des différends Investisseur-État, irréformable. C’est un rejet clair que les populations attendent : le gouvernement français, qui avait reporté sa décision jusqu’à la publication des résultats de la consultation par la DG Commerce, devra maintenant se prononcer sur ce mécanisme injuste et dangereux pour la démocratie, l’environnement et les droits sociaux.

Le collectif Stop TAFTA appelle les citoyen⋅ne⋅s à accroitre leur pression sur le gouvernement français, les élus locaux, la Commission européenne et le Parlement européen, afin que l’arbitrage d’investissement soit enterré une bonne fois pour toutes.

Nos mobilisations se poursuivront dans les mois à venir, notamment à l’occasion du prochain cycle de négociations, du 2 au 6 février à Bruxelles. mercredi 14 janvier 2015, par Collectif Stop TAFTA

https://france.attac.org/se-mobiliser/le-grand-marche-transatlantique/article/consultation-publique-tafta-la

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15 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

traité commercial tafta (basta)

 stop tafa

Bruxelles consulte mais n’écoute pas

C’est une consultation au succès inespéré. Mais son résultat est qualifié aujour- d’hui de « parodie de la démocratie » par les opposants au Tafta, l’accord com- mercial en cours de négociations entre les États Unis et l’Europe (notre dossier). Entre mars et juillet dernier, la Commission européenne avait ouvert une consul- tation, accessible aux citoyens, sur le « mécanisme de règlement des différends investisseurs – États », « ISDS » pour l’acronyme anglais, prévu dans le traité de libre-échange. Le dispositif ISDS permet aux entreprises de porter plainte contre un État ou une collectivité territoriale, dès lors qu’une loi ou une réglementation jugée trop contraignante entrave leurs investissements, y compris leurs prévisions de bénéfices futurs (voir notamment comment s’en sert l’industrie du tabac).

Dans un rapport publié le 13 janvier, la Commission européenne rend compte des premiers résultats de la consultation publique sur le volet Investissement du projet transatlantique [1]. Sur les 150 000 personnes qui y ont participé, la Com- mission reconnaît qu’une grande majorité – au moins 97 % – fait part de leur préoccupation ou de leur opposition à l’ISDS, ou au traité Tafta de manière plus générale. Avant de préciser que cette avalanche de réponses critiques serait liée aux organisations de la société civile qui ont donné au grand public, via des modules électroniques pré-remplis, la possibilité de participer au processus consultatif.

Une contestation minorée Si la Commission reconnait que « la consultation montre clairement l’existence d’un énorme scepticisme par rapport à l’instru- ment ISDS », elle classe néanmoins les réponses en différentes catégories. Selon Les Echos, « seules les réponses de 3 000 citoyens individuels et celles des organisations professionnelles, des syndicats et des cabinet d’avocats (450) ont été utiles au débat », le reste étant « hors sujet ».

Ignorer ces voix constitue une bien étrange conception de la démocratie... Pour justifier cette discrimination, la Commission européenne a rappelé lors de sa conférence de presse que les États membres lui ont demandé à l’unanimité de négocier un tel mécanisme. A l’issue de cette consultation, elle projette donc de travailler sur l’instauration d’un mécanisme d’appel de ces décisions d’arbitrage, et la manière d’éviter les recours abusifs de certaines entreprises.

Pour le réseau Seattle to Brussels (S2B), spécialiste des questions commer- ciales, cette consultation est une « parodie de la démocratie ». « La Commission européenne fait preuve d’un mépris total pour la voix des peuples qui se sont mobilisés en masse pour exprimer leur opposition au traitement VIP des investisseurs dans les négociations UE-EU », affirme Paul de Clerck des Amis de la Terre Europe, membre de S2B. En France, le collectif Stop Tafta rappelle que « c’est un rejet que les populations attendent ». Les organisations du collectif appellent les citoyens à accroitre leur pression sur le gouvernement français qui doit se prononcer sur ce mécanisme, ainsi que sur la Commission et le Parlement européens, « afin que l’arbitrage d’investissement soit enterré une bonne fois pour toutes ». Des mobilisations sont prévues à Bruxelles, à l’occasion du prochain cycle de négociations du 2 au 6 février.

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11 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

la tuerie de charlie hebdo, deux poids deux mesures dans la dénonciation du fanatisme (essf)

Nato-favors

On se rassemble à Paris, à Montréal et ailleurs pour dénoncer l’attentat terroriste contre Charlie Hebdo et contre l’épicerie casher.

Mais on le fait si peu contre le terrorisme quotidien qui prévaut en Syrie, en Irak, en Afghanistan, à Gaza, en Cisjordanie. L’a-t-on fait contre les millions de tués dans la guerre des Grands lacs africains, contre les milliers de femmes qui y ont été violées, guerre et viols qui continuent. Ne regarde-t-on pas à la télévision et sur Internet, avec la fausse pitié de l’Occidental dit civilisé, hier les très meurtrières guerres civiles du Liberia et du Sierra Leone et aujourd’hui celles de l’Afrique sahélienne et saharienne.

Chapeau à cette poignée qui, à contre-courant, se mobilise dans la rue, par- ticulièrement nos concitoyennes arabo-musulmanes et noires ; chapeau à ces quelques infirmières et médecins qui risquent leur vie pour contrecarrer l’épidémie d’ébola, lugubre conséquence d’économies dévastées par la guerre et de politi- ques néolibérales imposées par l’impérialisme ; chapeau aussi à ces travailleuses humanitaires qui le font par solidarité sans arrogance et sans chercher hauts salaires et belles carrières.

Mais sus, sauf exception, aux partis de gauche et aux centrales syndicales — quant aux partis de droite et aux organisations patronales on en parle même pas — qui se taisent ou au mieux se contentent de dénoncer du bout des lèvres sans jamais mobiliser.

Les bien-pensants de la civilisation occidentale se disculperont en blâmant les régimes et les organisations fondamentalistes du monde arabo-musulman et les dictatures et pseudo démocraties africaines, tous plus répressifs et corrompus les uns que les autres. Sans oublier leur « cinquième colonne » dans nos pays impérialistes qu’il faudra avoir à l’œil et, au besoin, emprisonner sans ména- gement procédurier !

Que nous sommes… blancs… comme neige ! Bien sûr, il n’y a aucun rapport entre les grandes et petites puissances impérialistes d’une part et ces régimes et pays faillis d’autre part ! Israël, l’Arabie saoudite, l’Égypte, la Turquie ne sont pas des alliés stratégiques des ÉU et tutti quanti ! Le barbare régime syrien n’a jamais sous-traité la torture étasunienne et canadienne ! Les pays exsangues de l’Afrique noire, livrés au pillage brut et brutale de leurs ressources naturelles, ne sont pas quasi clientélistes du vieil et du nouvel impérialismes !

Mais voilà, nous nous sommes habitués depuis des générations à cette abo- minable hiérarchie. Il y a eu le Vietnam, l’Algérie, la Corée, Hiroshima, l’Holo-causte, Dresde et Hambourg, les champs de massacre de la Première guerre, les « génocides tropicaux » (Mike Davis), la traite esclavagiste, le génocide amé- rindien.

Comme le disait Aimé Césaire en 1955 dans son Discours sur le colonialisme : Ce que le « très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXe siècle [...] ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’hom- me, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique. »

On se rassemblera donc derrière les chefs de file du fanatisme ou leurs représentants, ceux de l’impérialisme néolibéral, pour blâmer le fanatisme. Quelle insupportable contradiction.

Marc Bonhomme, 10 janvier 2015
www.marcbonhomme.com ; bonmarc@videotron.ca

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article34058

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10 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

la situation en papouasie occupée par l’indonésie

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08 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

taxe sur les transactions financières: des paroles et pas d’actes (lo)

mendiant

Hollande, en panne d’annonces pouvant plaire à l’électorat de gauche, a ressorti sur France Inter le 5 janvier l’idée d’une taxe sur les transactions financières (TTF).

C’est pratique puisque, comme le gouvernement, à genoux devant le patronat et « l’entreprise », n’a pas la moindre intention de contraindre les capitalistes à quoi que ce soit, sa mise en œuvre est sans cesse repoussée. Ainsi ces politiciens peuvent en parler régulièrement. Cela avait déjà été le cas sous Jospin, en 2001, quand son principe, et seulement son principe, avait été adopté par l’Assemblée. Quatorze ans plus tard, on en est au même point…

L’idée d’une telle taxe a d’abord germé il y a quarante ans chez l’économiste américain Tobin, qui était loin d’être un anticapitaliste. Il s’agissait pour lui de décourager un peu les capitaux de se précipiter dans la spéculation en taxant, de façon très modérée, chaque transaction financière. En France, l’association ATTAC a repris cette idée depuis une quinzaine d’années, se contentant de réclamer aux États et aux institutions internationales l’instauration une telle taxe, au faible taux de 0,1 %.

Depuis quelques années, face au problème insoluble de leur endettement, des États européens se sont mis à considérer la perspective d’une telle TTF pour renflouer un peu leurs caisses. C’est le cas de la France, de l’Allemagne, et de neuf autres pays européens. Mais ces États sont tellement aux petits soins avec les « marchés » financiers, c’est-à-dire avec la bourgeoisie, qu’ils ne font rien d’autre que d’en parler.

En revanche ils ne perdent jamais de temps quand il s’agit d’augmenter les taxes qui pèsent sur la population, comme la TVA, dont le taux de 20 % est loin d’être marginal. Les ministres français sont passés maîtres dans l’art de parler surtout des difficultés de la mise en place de la TTF, pour se justifier de ne rien faire.

De toute façon le président français ne parle que d’un taux de taxation « faible, pour qu’il n’y ait pas de désorganisation des marchés », et pas avant 2016 ou 2017. En fait, synthétisant le peu de volonté des onze États européens qui bavar- dent de cette TTF sans rien décider, la Commission européenne a organisé des réunions autour du taux de taxation ridicule de 0,01 % pour les produits dérivés, tout en prévoyant des exceptions.

Même une telle TTF aussi indolore pour les capitalistes n’a pas vu le jour et, de toute évidence, n’existera dans les années à venir que dans les discours. On peut donc prévoir que Hollande continuera régulièrement à tenter de redorer son blason de gauche en resservant ce même plat de plus en plus fade. Lucien Détroit

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2423&id=5

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05 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

afrique: la chute du prix des matières premières peut déboucher sur une nouvelle crise de la dette (cadtm)

dette

Euphorie de la dette

En 2014, le Rwanda et l’Éthiopie qui figurent parmi les pays les plus pauvres de la planète ont vendu des titres de leurs dettes publiques sur les marchés financiers des pays les plus industrialisés.

Du jamais vu au cours des 30 dernières années. La Côte d’Ivoire, sortie il y a peu d’une situation de guerre civile et d’une suspension du remboursement de la dette il y a à peine trois ans, a réussi également à trouver sans difficulté des prêteurs privés pour acheter des titres. Le Kenya |1| et la Zambie ont aussi émis des titres de la dette.

Cela témoigne d’une situation internationale tout à fait particulière: les inves- tisseurs financiers du Nord disposent d’énormément de liquidités et face à des taux d’intérêt très bas dans leur région, ils sont à l’affût de rendements intéres-sants. Le Sénégal, la Zambie et le Rwanda promettent un rendement de 6 à 8 % sur leurs titres ; du coup, ils attirent des sociétés financières qui cherchent à pla- cer provisoirement leurs liquidités même si les risques sont élevés. Les États de l’Afrique subsaharienne ont réussi à vendre sur les marchés financiers inter-nationaux des titres de dette publique pour 7 milliards de dollars en 2014 |2|. C’est un record.

Les gouvernements des pays subsahariens deviennent euphoriques et tentent de faire croire à leur population que le bonheur est au coin de la rue alors que la situation peut dramatiquement se retourner. Ces gouvernants sont en train d’ac- cumuler des dettes de manière tout à fait exagérée, et quand la situation se détériorera, ils présenteront la facture à leur peuple. Une grande partie des impôts sert à rembourser la dette au lieu d’être utilisée pour améliorer les conditions de vie des citoyens et citoyennes

De toute manière, il faut souligner que, dès aujourd’hui, une grande partie des impôts que les pouvoirs publics font payer au peuple (via la TVA et les impôts sur les revenus) sert à rembourser la dette au lieu d’être utilisée pour améliorer les conditions de vie des citoyens et citoyennes. Dans l’écrasante majorité des pays, les dépenses publiques effectuées pour rembourser les dettes contractées par les gouvernants sont supérieures au budget de l’éducation ou de la santé. C’est un scandale.

De plus, les titres de dette que les gouvernants vendent sur les marchés financiers internationaux sont liés à des contrats dont les clauses peuvent cons- tituer de véritables bombes à retardement. Par exemple, de plus en plus de con- trats contiennent une clause d’accélération des paiements. Qu’est-ce que cela veut dire ? Si un pays entre en difficulté économique, les détenteurs des titres de la dette peuvent exiger des autorités du pays un remboursement anticipé, ce qui ne peut qu’aggraver la situation du pays. De plus, tous les contrats prévoient qu’en cas de litige, ce n’est pas la justice du pays endetté qui est compétente mais celle de pays comme les États-Unis ou le Royaume-Uni. Cette situation doit convaincre un maximum de personnes et d’associations qu’il faut se battre pour obtenir que le contenu des contrats soit rendu public par les autorités.

La situation de la dette commence à se détériorer Parmi les pays subsa- hariens qui ont émis le plus de dettes sur les marchés internationaux, les pays exportateurs de pétrole, à commencer par le Nigeria, sont confrontés à une chute de près de 50 % du prix du pétrole qu’ils exportent. Or plus de 70 % des revenus de l’État provient de la vente du pétrole.

Cela diminue leur capacité de remboursement présent et futur. Dès lors, les prêteurs (banques privées du Nord, fonds de placement, le 1 % le plus riche en Afrique, etc.) deviennent nerveux et commencent à revendre les titres qu’ils détiennent sur le marché secondaire de la dette, le marché d’occasion de la dette. Ils bradent les titres, du coup ceux qui les achètent à rabais le font pour avoir un meilleur rendement. De leur côté les autorités du pays doivent rémunérer à un prix plus élevé les nouveaux emprunts sous peine de ne pas trouver de prêteurs.

Prenons le cas du Nigeria, ses revenus ont fortement baissé en 2014 à cau- se de la chute du prix de pétrole entre juin et décembre 2014. La monnaie locale, la naira, a perdu 15 % de sa valeur face au dollar en 2014. Les réserves de chan- ge de la banque centrale du Nigeria ont baissé nettement |3|. En décembre 2014, la banque centrale a émis des titres de dette publique venant à échéance 10 ans plus tard en proposant une rémunération de 16 % |4|.

Il n’est pas compliqué d’imaginer ce que cela signifie : une portion de plus en plus considérable des revenus du Nigeria devra être destinée au remboursement de la dette dans un contexte de chute de ses revenus. Du coup, les mesures d’austérité vont s’aggraver. 4 janvier par Eric Toussaint

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03 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

en 2015, sur basta!, on va s’occuper de la finance, du climat et des biens communs (bastamag)

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Quels seront les grands chantiers de Basta ! en 2015 ? Continuer à enrichir la carte des alternatives que nous vous avons offerte avant le Nouvel An et nous attaquer à quelques gros dossiers, avec un livre à la clé. Bonne année 2015 !

Nous avons assisté à un incroyable tour de passe-passe. Souvenez-vous : en 2008, avec la crise financière, l’attention se focalise sur les banques, les marchés financiers et leur folie spéculative. Et puis… plus rien, ou presque. La question de la régulation financière a quasiment disparu des radars médiatiques et politiques. Remplacée par la focalisation sur les dettes publiques ou par un débat sur le coût du travail ou des dépenses de santé, qui seraient devenus soudainement insupportables. Pourquoi, à peine sept ans après la crise financière, les grandes promesses d’encadrement de la finance sont-elles passées aux oubliettes ?

Un livre-enquête sur les banques françaises

Les banques constituent toujours une véritable et dangereuse bombe à retardement, et coûtent très cher à la société. Nous avons voulu évaluer le prix exorbitant, mais passé sous silence, de leurs activités. En février 2015, Basta !, avec l’association Attac, publiera un ouvrage sur les banques françaises, Le livre noir des banques, pour tenter de comprendre comment la finance, et notamment les principales banques françaises, organise une gigantesque captation de richesse, d’une ampleur inégalée.

Pourquoi les responsables politiques ont-ils accepté, sans exception, de maintenir un système qui privatise les profits et socialise les pertes ? Pourquoi les réformes annoncées ont-elles été réduites a minima ? Nous avons retracé l’histoire de conflits d’intérêts et de collusions incroyables. L’histoire de renoncements, d’aveuglements et de complicités, de responsables politiques et administratifs sous influence. En 2015, nous vous proposons d’entrer avec nous dans le monde des banques françaises. Là où la finance a un visage.

Paris accueille la Conférence internationale sur le climat

2015, c’est aussi l’année de la Conférence internationale sur le changement climatique à Paris (au Bourget). François Hollande veut en faire le « plus grand événement diplomatique » de sa présidence et laisser une « trace » dans l’histoire. Nous assurerons, comme ces dernières années, un suivi attentif des négociations et rapports de force en jeu. Nous veillerons aussi à décrypter le double-discours d’un gouvernement qui d’un côté prétend faire du climat un nouveau front de lutte, et de l’autre n’a pas renoncé à encourager l’extraction d’hydrocarbures, de ressources naturelles et de promouvoir des grands projets d’un autre âge.

Notre rédaction plongera également au cœur des mouvements sociaux et écologistes qui appellent à des réponses globales et planétaires. Nous irons aussi à la rencontre de ceux qui se mobilisent localement contre des projets inutiles et imposés, et en faveur de la transition écologique et sociale. Basta ! continuera de suivre ces dynamiques à l’œuvre sur tout le territoire national, esquisses d’un « autre monde » qui se construit par en bas, dans les coopératives, les ateliers de recyclage, les initiatives de productions locales, la multitude d’expérimentations agricoles. Un monde dont vous pouvez découvrir un aperçu sur notre carte des alternatives.

Quel avenir pour les services publics et les biens communs ?

En 2015, Basta ! et son Observatoire des multinationales continueront à enquêter sur la libéralisation et la privatisation des services publics, et leurs conséquences pour les travailleurs, les usagers et l’environnement. Nous nous pencherons aussi sur le devenir des entreprises publiques et le rôle de l’État actionnaire. La libéralisation du secteur de l’énergie n’a-t-elle pas privé les gouvernements des moyens de conduire une politique de transition énergétique, en les rendant dépendant de grandes entreprises privées ou fonctionnant selon un modèle privé ? La Poste et la SNCF vont-elles suivre le chemin de France Télécom / Orange en termes de restructuration et de dégradation des conditions de travail ? Le mouvement de « remunicipalisation de l’eau » ne montre-t-il pas qu’élus et citoyens peuvent reprendre le contrôle de leurs services publics locaux ? Ce levier démocratique est-il transposable à d’autres secteurs, à d’autres biens communs ?

En plus de ces grands enjeux, Basta ! continuera bien évidemment de vous informer sur l’actualité écologique, sociale et économique. En attendant, toute l’équipe de Basta ! et de l’Observatoire des multinationales vous souhaite une excellente année 2015 !

Pour faire un don et soutenir la réalisation de ces enquêtes, cliquez ici

L’équipe de Basta ! par Rédaction 30 décembre 2014

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