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16 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

après les goodyear… (rp)

arton2715-0136e

Valls toujours plus fort !

Deux responsables d’ATTAC Marseille en garde-à-vue

Le gouvernement tape dur, et il ne s’en cache pas. Dernier exemple en date, l’interpellation puis la garde à vue pendant toute la journée de vendredi de deux responsables d’Attac Bouches-du-Rhône.

Leur crime ? Avoir volé des chaises… Vendredi matin des policiers viennent arrêter à leur domicile Antoine Richard, militant d’Attac Marseille, et Matthieu Laurentin, président d’Attac Marseille, pour les placer en garde à vue. Les agents de la sûreté urbaine viennent chercher les deux militants qui auraient pu tout simplement être convoqués au commissariat à la suite d’une plainte déposée par BNP Paribas.

La banque, en effet, regrette amèrement le vol de… treize chaises à la suite de deux actions de « réquisition citoyenne » qui ont eu lieu dans des agences BNP Paribas de Mar- seille en novembre dernier. Les militants d’Attac-13 avaient répondu à l’appel à réquisitionner 196 chaises avant la COP21, dans les agences des banques les plus implantées dans les paradis fiscaux.

Ils ont finalement été libérés huit heures après le début de leur garde à vue. Trois chefs d’accusation ont été retenus contre les deux camarades : vols en réunion le 13 octo- bre et le 6 novembre et apologie de crime et délit. Si la situation n’était pas aussi dramatique, une telle mascarade ferait rire… Matthieu Laurentin a pour sa part refusé les tests ADN ne « comprenant pas pourquoi la police ficherait des gens », ce qui, aux yeux de la « justice », pourrait aggraver son cas.

Après le jugement et les neuf mois de prison ferme requis contre les Goodyear, cette nouvelle rafle est une tentative d’intimidation du mouvement social visant à bâillonner toutes les voix dissidentes. Dans le cadre d’un début de mouvement contre la répression des équi- pes syndicales combatives, contre l’état d’urgence et les guerres que mène la France, il nous faut exiger, pour Matthieu et Antoine ainsi que pour tous les « faucheurs de chaise », la fin des poursuites à leur encontre. Publié le 15 janvier 2016 Corine Rozen

http://www.revolutionpermanente.fr/ATTAC-Marseille-places-en-garde-a-vue

Petite info sur les chaises:

http://www.bastamag.net/requisition-de-chaises-chez-BNP-Paribas-pour-denoncer-l-evasion

http://anv-cop21.org/wp-content/uploads/2015/10/Fiche-action-requisition-chaises

https://france.attac.org/se-mobiliser/toutes-et-tous-faucheurs-de-chaises/

https://france.attac.org/appel-international-a-la-requisition-citoyenne-de-chaises

https://alternatiba.eu/leman/2015/11/28/fauchage-de-chaises-dans-les-banques/

 

 

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13 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

cauchemar, l’amérique défavorisée (basta)

no frack

Proie de l’industrie des gaz de schiste, de ses pollutions et de ses escroqueries

Enquête à Youngstown, dans l’Ohio, l’une des zones les plus pauvres de l’Amérique. Des petits propriétaires floués, des grandes multinationales abusées par la promesse de profits mirobolants, des habitants qui subissent les pollutions et le bruit assourdissant des puits de forage à l’orée de leurs jardins, une faune qui s’exile, des séismes qui se multi- plient… Telle est la réalité de l’industrie des gaz de schiste dans le Midwest états-unien.

C’est l’une des régions les plus pauvres des États-Unis. La ville de Youngstown, dans l’Ohio, à mi chemin entre Pittsburgh et Cleveland, a été frappée de plein fouet par la désindustri- alisation, et peine aujourd’hui encore à se relever de ce traumatisme. Sa population a chuté de presque 170 000 habitants dans les années 1960 à un peu plus de 60 000 à l’heure actuelle, dont près de la moitié est noire. La population blanche a fui vers les banlieues ou vers des cieux moins défavorisés. C’est l’une des villes les plus pauvres des États-Unis [1].

La région est aussi l’une des principales lignes de front de l’expansion du gaz de schiste, dans la formation dite d’Utica. Youngstown et ses environs sont le théâtre d’opéra- tions industrielles utilisant la technologie controversée de la fracturation hydraulique, interdite en France.

Ils abritent aussi des opérations de réinjection dans le sous-sol des eaux usées issues du « fracking », une pratique dont on parle très peu en Europe mais qui comporte les mêmes risques que la fracturation hydraulique elle-même, sinon davantage. Dès 2011, Youngstown était frappée par un séisme de magnitude 4 sur l’échelle de Richter – le premier de toute l’histoire de la ville – directement lié à un puits d’injection. En février 2014, on en dénombrait déjà plus de 500. À quoi s’ajoutent plusieurs cas de pollution accidentelle ou délibérée.  Olivier Petitjean 13 janvier 2016

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12 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

la gauche devant le colonialisme 1 (essf)

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Retour sur une longue histoire

«La bourgeoisie, en tant que classe, est condamnée à prendre en charge toute la barbarie de l’histoire, les tortures du Moyen-âge, l’inquisition, la raison d’état comme le bellicisme, le racisme comme l’esclavagisme.» Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme [2]

Le monumental ouvrage coordonné par Marc Ferro, Le livre noir du colonialisme [3], est une référence incontournable pour tous ceux et celles qui veulent comprendre notre planète chaotique. Ferro et ses collègues racontent ce qu’on essaie toujours de cacher, à savoir comment le capitalisme, l’impérialisme, le colonialisme, le racisme forment en fin de compte un dispositif du pouvoir qui constitue le fondement du monde contemporain.

Devant tout cela, les mouvements anticapitalistes sont interpellés. À la fois acteurs, complices, victime, ils cherchent à élaborer un projet à travers tout cela, mais la plupart du temps, il faut constater qu’ils échouent à confronter l’impérialisme de «leurs» nations. Les classes populaires dans leur hétérogénéité sont «fracturées» par le capitalisme: ruraux contre urbains, précaires contre ouvriers, hommes contre femmes, immigrants contre tous les autres. Dans les réseaux organisés se distillent des idéologies réactionnaires et racistes, prônant le racisme, l’ethnisme, le nationalisme de droite. C’est là qu’entre en jeu le projet de l’émancipation. Avec Marx, avec la révolution des soviets, avec l’irruption des mouvements de libération nationale, les mouvements populaires se réinventent, forgeant une nouvelle identité internationaliste. Les deux voies, celle de la fragmentation et celle de l’émancipation, restent ouvertes, jusqu’à aujourd’hui. C’est pourquoi l’œuvre de Ferro et d’autres penseurs et mouvements que nous évoquerons ici vaut le détour.

Conquérir, exterminer, mettre en esclavage, piller Au tournant du seizième siècle, l’Eu- rope sort de la profonde somnolence dans laquelle elle est plongée pendant 1000 ans. Des villes expérimentent la financiarisation et la marchandisation de la production. Ces mar- chands se glissent entre les mailles des systèmes féodaux. Avec les nouvelles techniques de navigation, cette Europe presque capitaliste se disperse dans le monde. Elle «découvre» l’Amérique, que les pêcheurs et les pirates connaissent depuis longtemps, mais qui devient un vaste territoire à conquérir.

De là l’Europe procède à une systématique extermination des peuples autochtones. Dans l’ile d’Hispaniola (Haïti et la République Dominicaine aujourd’hui), le massacre fait pas- ser la population d’un million à 60 000 en 10 ans. Les enconiemdas (grandes concessions accordées aux chefs des expéditions) deviennent des camps de la mort où le travail forcé combiné à l’utilisation massive de la torture enferme les populations dans un cycle de mort.

Les profits gigantesques extraits de ces opérations alimentent l’essor du capitalisme et renforcent les marchands qui deviennent peu à peu des bourgeois [4]. La population des Amériques pratiquement éliminée, le capitalisme européen passe à une deuxième étape qui passe par la mise en esclavage de millions d’Africains. De 10 à 15 millions de personnes sont capturées et envoyées dans les plantations des Amériques.

Le capitalisme des plantations, très «rationnel» du point de vue économique, expéri- mente également l’organisation «scientifique» du travail sur une main d’œuvre totalement dépossédée et menée comme dans les futurs camps de concentration nazis [5]. En Angle- terre, où le passage au capitalisme est plus rapide, l’esclavage permet l’approvisionnement des matières premières transformées par les industries où sont concentrées les masses prolétariennes. Après l’Afrique et les Amériques, l’Europe capitaliste se tourne vers l’Asie. En Inde, un immense territoire économiquement développé mais politique fragmenté, l’Empire britannique détruit la production locale et transforme la population en une masse corvéable à volonté, entassés dans les ateliers de misère de Bombay et Calcutta [6].

L’ère des massacres Au tournant du 19è siècle, l’Afrique acquiert une nouvelle importance alors que s’accélère la course aux ressources entre les rivaux impérialistes traditionnels (France et Angleterre) et «émergents» (Allemagne, Japon, États-Unis) [7]. Réunis à Berlin en 1885, les Européens découpent le continent en zones d’influence pour mettre la main sur les riches ressources minières et agricoles. Le pouvoir colonial procède à de massives expro- priations. Les Africains sont soumis à une prédation de nature terroriste, comme au Congo, où la Belgique affame et conduit à la mort des millions de personnes.

C’est selon Elikia M’Boholo, «le temps des massacres» [8]. On observe comment le capitalisme avec ses nouveaux moyens expérimente de nouvelles techniques de prédation. Des génocides sont perpétrés un peu partout, comme en Afrique du Sud, en Namibie, au Cameroun, en Angola, à Madagascar. L’esclavage est délaissé pour être remplacé par un système de travail forcé. Alimentant les clivages ethniques, le capitalisme colonialiste recru- te des supplétifs locaux qui commettent des atrocités. Dans les colonies de peuplement où arrivent des milliers de colons, le pillage prend la forme du vol des terres, comme en Algérie [9].

À travers le bain de sang, les États impérialistes agissent à la fois par la coercition et l’hégémonie. L’hégémonie, c’est pour inculquer, non seulement les «bonnes manières», mais l’idée que la domination et le pillage sont légitimes. Ainsi en Europe sont ressuscités les mythes ancrés dans la tradition sur l’infériorité des Noirs. Sous l’égide des Lumières comme l’explique Catherine Coquery-Vidrovitch, le discours colonial insiste sur la nécessité de civiliser les sauvages, quitte à les dominer pour «sauver leurs âmes» [10].

Plus tard, le virage «scientifique» impulsé par Darwin avance l’idée qu’il «existe des races inaptes au progrès» [11]. Dans son Essai sur l’inégalité des races humaines, le comte de Gobineau (l’inspirateur d’Hitler) défend la subjugation. Ernest Renan, dont l’influence est énorme sur les débats intellectuels en France, explique que l’Europe domine parce qu’elle est supérieure sur le plan économique. Il est donc normal, affirme-t-il que les pays de race étrangère deviennent des «pays de serfs, de journaliers agricoles ou de travailleurs indus- triels. Il ne s’agit pas de supprimer les inégalités parmi les hommes, mais de les ampli- fier» [12]. Se construit alors une conscience racialisée au sein des populations europé- ennes, y compris parmi les couches populaires [13].

À la recherche d’une stratégie Ces pratiques prédatrices deviennent systématiques au moment où le capitalisme s’internationalise. En même temps, c’est l’époque où surgissent des mouvements anticapitalistes. Comment expliquer alors le fait que les mouvements en question s’engagent très peu sur le terrain de la lutte anti-coloniale? En réalité, il sévit dans ces mouvements une conscience tronquée, basée sur le fait que le capitalisme représente un «progrès inévitable», une sorte de «marche irrésistible de l’histoire».

Le capitalisme selon Marx confronte la «barbarie» des régions non-européennes. Il crée dans les centres du capitalisme mondial une classe moderne qui pourra éventuel- lement renverser le système et le remplacer par le socialisme. En attendant, malgré les énormes destructions commises par les capitalistes européens en Inde et en Afrique, le colonialisme contribue à provoquer les transformations sociales qui sont nécessaires pour que le capitalisme prenne son essor et pour que le socialisme, marchant sur ses traces, puisse s’imposer à l’humanité.

En attendant explique le collaborateur de Marx, Friedrich Engels, «des peuples qui n’ont jamais eu leur propre histoire, qui passent sous la domination étrangère à partir du moment où ils accèdent au stade le plus primitif et le plus barbare de la civilisation, ou qui ne parviennent à ce premier stade que contraints et forcés par un joug étranger, n’ont aucune viabilité» [14]. C’est le cas avec le Mexique, où la brutale invasion par les États-Unis est une «bonne chose», selon Engels: «Est-ce un malheur que la splendide Californie soit arrachée aux Mexicains paresseux qui ne savaient qu’en faire? Est-ce un malheur que les énergiques Yankees, en exploitant rapidement les mines d’or qu’elle recèle augmentent les moyens monétaires, qu’ils concentrent en peu d’années sur cette rive éloignée de l’Océan Pacifique une population dense et un commerce étendu, qu’ils fondent de grandes villes, qu’ils créent de nouvelles liaisons maritimes (…) qu’ils ouvrent vraiment pour la première fois l’Océan Pacifique à la civilisation ? » [15]

L’écrasement de la révolte en Algérie, affirme le même Engels, est une chose positive, puisque les Bédouins sont une «nation de voleurs». Le colonialisme français apportera le capitalisme, donc la civilisation [16]. De la même manière, la colonisation de l’Inde par l’An- gleterre impériale est certes une tragédie, mais en imposant le capitalisme à une société barbare, la colonisation est un « instrument inconscient de l’Histoire ». Un texte de Marx, longtemps commenté et critiqué, reflète cette pensée binaire :

« […] aussi triste qu’il soit du point de vue des sentiments humains de voir ces myria- des d’organisations sociales patriarcales, inoffensives et laborieuses se dissoudre (…) et leurs membres perdre en même temps leur ancienne forme de civilisation et leurs moyens de subsistance traditionnels, nous ne devons pas oublier que ces communautés villageoi- ses idylliques, malgré leur aspect inoffensif, ont toujours été une fondation solide du despo- tisme oriental (…) en en faisant un instrument docile de la superstition et l’esclave de règles admises, en la dépouillant de toute grandeur et de toute force historique (…) Il est vrai que l’Angleterre, en provoquant une révolution sociale en Hindustan, était guidée par les intérêts les plus abjects (…). Mais la question n’est pas là. Il s’agit de savoir si l’humanité peut accomplir sa destinée sans une révolution fondamentale dans l’état social de l’Asie [17]. »

 Basculement du monde Plus tard, Marx nuancera ses positions, en se détachant de la vision simpliste d’une marche irrésistible de l’histoire. Il devient partisan des luttes d’indépen- dance de la Pologne et surtout de l’Irlande, en qui il voit des ferments d’une lutte à finir contre le capitalisme. Néanmoins, le mal est fait, dans un sens. Les partis socialistes européens comme en Allemagne, en France, en Angleterre ne s’opposent pas à l’avancée du colonia- lisme dont ils déplorent par ailleurs les impacts négatifs.

Sous l’égide de la Deuxième Internationale, les socialistes collaborent à «civiliser» les nations barbares. En Namibie en 1904, le premier génocide du siècle est commis par l’ar- mée allemande contre les populations Hereros. La puissance social-démocratie s’émeut du caractère inhumain de l’opération, mais leur théoricien Édouard Bernstein déclare: «Les colonies sont là pour rester. Les peuples civilisés doivent guider les peuples non civilisés. Notre vie économique repose sur des produits qui viennent des colonies que les indigènes ne peuvent pas utiliser» [18]. En France, Jean Jaurès propose d’humaniser le colonialisme : « Là enfin où la France est établie, on l’aime, là où elle n’a fait que passer, on la regrette ; partout où sa lumière resplendit, elle est bienfaisante [19] ».

Pendant que les socialistes s’enfoncent dans le nationalisme qui les mène à renoncer à leurs principes fondamentaux en 1914, les peuples subjugués n’attendent pas la permis- sion pour se révolter. L’Inde connait un immense soulèvement en 1857 qui met l’Empire britannique à mal. En Chine, une véritable guerre éclate contre les impérialistes qui veulent obliger la vente de l’opium, une énorme source de profits et en même temps une calamité pour ce pays. Au Mexique, les insurrections paysannes débouchent sur une révolution nationale et démocratique (1910-11). Novembre 2015, BEAUDET Pierre

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article36927

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12 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

la gauche devant le colonialisme (2) essf

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Avec la révolution des soviets en 1917, le monde bascule.

La nouvelle Union soviétique renonce à tous les traités coloniaux établis par l’ancien régime. Des liens sont créés avec les mouvements de libération en Asie. À Bakou se tient en 1920 le « Premier Congrès des peuples de l’Orient » où sont présents 2500 délégués venus de Chine, de l’Inde, de Turquie, de Perse.

Soucieux d’étendre la révolution vers l’est (devant l’échec de révolutions européennes en Italie, en Hongrie, en Allemagne), le pouvoir des soviets veut changer la donne [20]. Quel- ques temps avant, le deuxième congrès de la nouvelle Internationale communiste (Troisième Internationale) fait le constat que l’impérialisme depuis la catastrophe de la Première Guerre mondiale est en crise. Il ne suffit plus de compatir avec les souffrances des peuples coloni- sés, mais, selon Lénine de « faire une politique tendant à réaliser l’union la plus étroite de tous les mouvements de libération nationale et coloniale avec la Russie des Soviets » [21].

Dans son allocution finale, Lénine insiste sur le fait que la révolution mondiale se déplace vers les pays où réside la grande majorité de la population mondiale, opprimée sous le joug de l’impérialisme. Cet impérialisme colonialiste, estime le communiste indien M. N. Roy, maintient le capitalisme en vie: «Il y a longtemps que le système capitaliste en Angleterre se serait écroulé sous son propre poids sans les vastes possessions coloniales que ce pays a acquises pour l’écoulement de ses marchandises et pour servir de source de matières pre- mières pour ses industries sans cesse croissantes. En réduisant en esclavage les centai- nes de millions d’habitants de l’Asie et de l’Afrique, l’impérialisme anglais est arrivé à main- tenir jusqu’à présent le prolétariat britannique sous la domination de la bourgeoisie. » [22] Il est impératif que la gauche change de cap, selon la déclaration du Congrès de Bakou :

« Le socialiste qui, directement ou indirectement, défend la situation privilégiée de certaines nations au détriment des autres, qui s’accommode de l’esclavage colonial, qui admet des droits entre les hommes de race et de couleur différentes ; qui aide la bourgeoisie de la métropole à maintenir sa domination sur les colonies au lieu de favoriser l’insurrection armée de ces colonies, ce «socialiste», loin de pouvoir prétendre au mandat et à la confian- ce du prolétariat, mérite sinon des balles, au moins la marque de l’opprobre . » [23]

En tournant des années 1920, l’IC accentue sa campagne antiimpérialiste au moment où les puissances acceptent du bout des lèvres le droit à l’autodétermination, ce qu’elles renient en perpétuant les pratiques coloniales. De nouveaux massacres sont perpétrés au Maroc, au Vietnam, au Nicaragua. Le congrès de fondation de la Ligue anti-impérialiste est convoqué à Bruxelles en 1927 par l’IC et des mouvements de libération de cinq continents.

Les «nations obscures» prennent leur élan et bientôt, se détachent de l’Internationale qu’ils trouvent trop inféodé à la politique soviétique [24]. Des dissidents comme Sultan Ga- liev, un tatar qui participe à la révolution soviétique, trouvent que l’Internationale reste trop européocentrique, ce qui laisse penser que l’influence d’une certaine gauche coloniale reste vivante [25]. Cette thématique sera reprise sous des formes diverses par des mouvements et des penseurs importants tel Mao Tsétoung, Ho Chi Min, Amilcar Cabral, etc.

Le rebond de l’histoire Après la Deuxième guerre mondiale, l’irruption du tiers-monde emporte les vieux empires coloniaux en Afrique et en Asie. La révolution chinoise, à la fois anti-impérialiste et anti-féodale, inaugure un cycle des grands mouvements d’émancipation sociale et nationale. Réunis à Bandung (Indonésie) en 1955, des États indépendants et des mouvements de libération nationale s’érigent en troisième pôle dans une géopolitique mon- diale dominée par l’affrontement entre les États-Unis et l’Union soviétique [26]. La plupart des pays africains arrachent leur indépendance, sauf dans les régions où sévit le colonialisme de peuplement (Afrique du Sud, Angola, Mozambique, Algérie). Au tournant des années 1960, ces mouvements se radicalisent et définissent un agenda de transformation radicale.

Les pays impérialistes alors, États-Unis en tête, réorganisent leur stratégie. Ils concè- dent l’indépendance là où des relais locaux sont prêts à perpétuer les pratiques coloniales sans le statut colonial : c’est le «néocolonialisme». Ce projet est rejeté par plusieurs mouve-ments, notamment au Vietnam, où le Front National de Libération continue d’affronter les États-Unis et leurs fantoches après le départ des colonialistes français. Aux États-Unis et dans plusieurs pays capitalistes, un grand mouvement de solidarité internationale se met en place en soutien à la lutte du peuple vietnamien. Ce renouvellement de l’internationalisme bouscule les partis de gauche et mobilise des secteurs importants de la jeunesse.

En Amérique du Sud, cette insurrection contre le contrôle impérialiste connait un rebond imprévu à Cuba (1959). Les révolutionnaires cubains lancent un grand mouvement latino-américain pour accentuer la résistance. Dans son « Message à la Tricontinentale » (une organisation fondée à Cuba pour coordonner les luttes), Che Guevara déclare qu’il faut se battre: «Le rôle qui nous revient à nous, exploités et sous-développés du monde, c’est d’éliminer les bases de subsistance de l’impérialisme: nos pays opprimés, d’où ils tirent des capitaux, des matières premières, des techniciens et des ouvriers à bon marché et où ils exportent de nouveaux capitaux (des instruments de domination) des armes et toutes sortes d’articles, nous soumettant à une dépendance absolue» [27].

Ce cri du cœur du Che s’ajoute à d’autres interventions qui viennent secouer le confort d’une certaine gauche institutionnalisée qui fonctionne à travers les partis de gauche dans les pays capitalistes, et qui est globalement alignée sur l’Union soviétique. C’est le cas notamment de Frantz Fanon. Dans les années 1970, le mouvement anti-impérialiste et anticolonialiste continue d’avancer à travers les victoires marquées en Angola, au Mozam- bique, au Nicaragua. Le dispositif impérialiste est menacé de dislocation devant la montée des résistances. Les États du tiers-monde constituent des alliances qui reprennent le drapeau de Bandung et mettent de l’avant un « Nouvel ordre économique international ».

Après une période d’instabilité, les États-Unis se remettent sur un mode offensif dans les années 1980. Ils contribuent à l’enlisement de l’Union soviétique qui commet une erreur stratégique en envahissant l’Afghanistan (1980). Plusieurs États du tiers-monde entrent dans une crise prolongée provoquée par les nouvelles politiques macro-économiques imposées par Washington via la Banque mondiale et le FMI. Quand l’URSS implose en 1989, les États- Unis et leurs alliés subalternes estiment qu’ils peuvent consolider leur emprise en déployant leurs forces militaires dans toutes les régions du monde. De conflit en conflit, cette tension permanente débouche sur les évènements de 2001 et subséquemment, sur le déclenche- ment de la «guerre sans fin» de George W. Bush.

Le colonialisme et l’anticolonialisme aujourd’hui Une guerre de position (selon la formule de Gramsci) est en cours et déterminera les contours de la géopolitique et de la géo-éco- nomie mondiales. Dans le sillon de la guerre sans fin se déploie une véritable entreprise de reconquête d’un vaste « arc des crises » qui traverse l’Asie jusqu’à l’Afrique en passant par le Moyen-Orient. Au début, les États-Unis pensaient occuper militairement cette zone et procéder à une « réingénierie » politique, sociale, économique.

C’était sans compter sur les résistances qui ont empêché ce plan de se réaliser, notam- ment en Irak, en Afghanistan, en Syrie, en Palestine. Ces résistances anticoloniales s’expri- ment davantage sous la forme de mouvements nationalistes utilisant la religion comme référence et sur la base d’un projet relativement non-défini où les accents réactionnaires (contre les droits des femmes et des minorités par exemple) occupent une place importante.

Pour autant, la confrontation avec l’impérialisme prend d’autres formes, notamment en Amérique latine où la vague progressiste remet en question des mécanismes du contrôle exercé par les États-Unis et ses alliés-subalternes du G7. Devant tant de points de blocage, les dominants ressortent un certain nombre de vieilles recettes. Le regain d’un néo-natio- nalisme de droite couplé à l’hostilité entretenue face aux Arabes et aux Musulmans s’ajoute à une remonté du racisme anti-immigrant.

L’idéologie derrière cela est de présenter la «menace» d’un ennemi à la fois «intérieur » et «extérieur», antinomique avec les «valeurs» du capitalisme et de la démocratie libérale où les zones sans droit de Gaza, Bagdad, Kaboul se combinent aux quartiers immigrants ghettoïsés dans les grandes villes capitalistes. On en vient à une autre facette de la «guerre sans fin» dans le domaine de la culture et des médias. Les lubies du politicologue conser- vateur Samuel Huntingdon reviennent à la mode, dans le sens d’une «guerre de civilisations» où le camp «occidental» doit se défendre dans une confrontation sans fin et sans merci.

Dans cette évolution, le racisme occupe toute sa place, mais un racisme «modernisé: «La hiérarchie raciale se présente plus comme une pyramide que comme une opposition entre deux pôles homogènes. Elle est à la fois bipolaire, opposant Blancs et non-Blancs, et pyramidale : face aux Blancs ou plutôt en dessous des Blancs s’empilent les différents groupes raciaux opprimés, par strates de couleur ou de culture, chacune selon son rang dans l’humanité ou la civilisation [28]. »

La gauche contemporaine saura-t-elle éviter cette dérive ? Les enjeux sont multiples, car on y trouve à la fois de profondes régressions sur le plan des droits ainsi que l’extension de la militarisation et des confrontations, non seulement contre des mouvements de résis- tance, mais contre des États perçus comme des adversaires (les « émergents »).

Des secteurs de la social-démocratie, convertis au social-libéralisme, semblent tout à fait disposés à s’engager dans cette «guerre sans fin». Il reste aux secteurs toujours dé- voués à la cause de l’émancipation d’y faire échec et de repenser luttes et stratégies au prisme de la « décolonialité » politique et théorique, qui « met en évidence la dimension raciste et culturellement infériorisante de la domination coloniale et s’ouvre à des modes de vie et de pensée disqualifiés depuis le début de la modernité capitaliste/coloniale » [29].

Pierre Beaudet

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article36927

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11 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

fouesnant (lpb)

fouen

Oui à lʼaccueil des réfugiés

Le mardi 5 janvier, sur décision du Préfet du Finistère, 27 migrants partis la veille de la «jun- gle de Calais» sont arrivés à Fouesnant afin dʼy être logés a priori pour 3 mois.

La préfecture a pour cela réquisitionné un centre de vacances de la commune du sud-Finistère. Ces migrants sont des Kurdes Irakiens.

Le jour même, quelques militants identitaires bretons dʼADSAV manifestaient devant la mairie pour protester «contre l’arrivée à Fouesnant de dizaines d’immigrés clandestins afro- musulmans» (sic). Pour ne pas leur faire une publicité inutile, la presse locale en a très peu parlé.

Ce qui nʼa pas été le cas le jeudi, quand a débarqué à Fouesnant une délégation du FN conduite par certains de ses conseillers régionaux pour protester eux aussi contre lʼarrivée des migrants. Eux ont eu le droit à des articles dans la presse et à un passage avec inter- view sur France 3. Cʼest ce qui a amené la réaction par communiqué de la Fédération UDB Finistère/Penn ar Bed :

« Cette semaine, 27 migrants dont 3 familles ont été accueillis à Fouesnant. Jeudi, le FN, conduit par Gilles Pennelle, président du groupe FN au Conseil régional de Bretagne, qui avait fait le déplacement depuis Fougères, est venu manifester contre leur arrivée. Ce même Gilles Pennelle qui avait pendant la campagne électorale demandé à la population de dénon- cer les maires et les municipalités qui accueillent des réfugiés.

Ce comportement est affligeant. Où est la solidarité avec les victimes de la guerre au Proche-Orient ? Il faut quand même rappeler que les migrants de Fouesnant appartiennent au peuple kurde qui est déchiré principalement entre la Turquie, lʼIran, lʼIrak et la Syrie. Les kurdes sont parmi les 1ères victimes de Daesh, et quand ils passent par exemple en Tur- quie, ils sont victimes du régime dʼErdogan ! LʼUnion Démocratique Bretonne sʼélève vive- ment contre lʼaction du FN qui voudrait peut-être quʼon remette les migrants dans un bateau en face de la point du Raz ? » ( Résumé)

Christian Pierre 11 janvier 2016

Lire en entier:

http://lepeuplebreton.bzh/oui-a-accueil-des-refugies-a-fouesnant/

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11 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

mobilisation massive à nantes (basta + al)

pont

Contre l’expulsion des habitants de Notre-Dame-des-Landes

20 000 personnes, un millier de vélos et 400 tracteurs ont occupé une partie du périphérique nantais ce samedi 9 janvier.

Leur revendication ? La suspension immédiate des procédures d’expulsions des habitants de la zone réquisitionnée pour la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Les organisateurs souhaitaient «une ambiance enthousiaste, conviviale et sereine». Le pari est réussi avec une manifestation inter-générationnelle, joyeuse, bigarrée et très calme. Le gou- vernement n’a cependant pas répondu à leurs demandes. Les occupants qui refusaient de quitter le périphérique ont été sommés de le faire, au milieu de la nuit, à coup de lacrymos…

Lire le Reportage sur Basta

Myriam Thiebaut, Nolwenn Weiler 11 janvier 2016

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Lire aussi:

http://alternativelibertaire.org/?Notre-Dame-des-Landes-maree

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09 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

je lutte donc je suis

Version longue:

https://www.youtube.com/watch?v=97HTxo20c-E

Prochaines projections en Bretagne:

10/01 ST-OMER-DE-BLAIN (44)
17h00 bistrot culturel Le Nez Dehors
12/01 ST-NAZAIRE (44)
20h30 salle Jacques Tati

Tous les détails:
http://jeluttedoncjesuis.net/

Contact distribution-programmation (ou à transmettre à votre cinéma partenaire) :

Tél. 06 18 26 84 95 ou maud@jeluttedoncjesuis.net

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06 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

l’agonie d’un système (révolution)

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L’année 2015 a été marquée par un déchaînement de guerres et de terrorisme.

Des dizaines de conflits armés sèment la mort et la désolation en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie. Ils ont tué, blessé ou forcé à l’exil des millions de personnes. Aux frontières de l’Europe, l’Ukraine s’est enfoncée dans une guerre civile qui, d’après l’ONU, a tué près de 10 000 personnes et en a blessé plus de 20 000. La liste des pays frappés par le terrorisme n’a cessé de s’allonger. La barbarie dont Paris a été victime peut, demain, ensanglanter Londres, Bruxelles ou d’autres villes d’Europe.

Les grands médias français passent sous silence la plupart des conflits en cours. Par exemple, ils n’évoquent presque jamais la guerre que le gouvernement d’Erdogan a déclarée aux Kurdes et aux militants de gauche, en Turquie, ou encore le bombardement du Yémen par l’armée saoudienne. Ces silences ne sont pas le fruit du hasard ou de l’indifférence ; ils sont délibérés, complices. Malgré leurs dissensions croissantes avec les impérialistes occidentaux, les criminels qui dirigent l’Arabie Saoudite et la Turquie sont toujours leurs « alliés ».

Les informations que diffusent les grands médias sont taillées dans le mensonge et l’hypocrisie. A les entendre, les guerres et le terrorisme seraient des affrontements entre des systèmes de « valeurs ». Lorsque l’aviation française frappe la Syrie et l’Irak, ce ne sont pas des bombes qui tombent du ciel, mais «la liberté, l’égalité et la fraternité». Le premier devoir du mouvement ouvrier français est de réfuter cette propagande écœurante, en rappelant, par exemple, le rôle du gouvernement français dans le financement et l’armement des fondamentalistes en Syrie, il y a peu.

Crise économique et morale En dernière analyse, l’épidémie de violence qui ravage la planète est une expression de l’agonie du système capitaliste. Il a complètement épuisé son potentiel progressiste, mais refuse de mourir. Ce n’est pas étonnant. Jamais les classes dirigeantes n’ont abandonné leur pouvoir et leurs privilèges sans se battre, même si cela implique d’aggraver les souffrances du reste de l’humanité. En outre, les bourgeois sont convaincus qu’ils sont les seuls à être capables de diriger la société, malgré le chaos qui en résulte.

L’impasse du capitalisme se manifeste d’abord sur le plan économique. Huit ans après l’éclatement de la crise, l’économie mondiale n’a toujours pas renoué avec une croissance digne de ce nom. Et les problèmes continuent de s’accumuler, dont le ralentissement de la Chine. De nombreux économistes évoquent désormais le risque d’une nouvelle récession mondiale. Quoi qu’il en soit, les contre-réformes et les mesures d’austérité vont s’intensifier, partout. Récession ou pas, cette politique est la seule possible du point de vue de la bour- geoisie. Des millions de jeunes, travailleurs et retraités en feront les frais, à commencer par les plus fragiles.

Mais la crise organique du capitalisme n’est pas réductible à sa seule dimension écono- mique, même si celle-ci en forme la base. Un sentiment de malaise se développe à une vaste échelle, y compris dans les classes moyennes, face à la putréfaction morale du sys- tème, au sens large de ce terme. Les «élites» politiques et économiques sont largement déconnectées des problèmes auxquels sont confrontés les gens ordinaires. Habituées à l’atmosphère corrompue de leurs petits cercles, à leurs passe-droits et privilèges, elles finissent par oublier l’homme de la rue qui gagne sa vie honnêtement, mais toujours plus difficilement – et qui les observe avec un dégoût croissant.

L’opulence des plus riches atteint des degrés inouïs que rien ne peut justifier, sinon la folie d’un système décadent. Dans Le Figaro du 30 décembre dernier, on apprend que Jeff Bezos, le patron d’Amazon, a plus que doublé sa fortune personnelle en 2015. Ce simple mortel « pesait » 28,6 milliards de dollars fin 2014 ; il en pèse 59,3 milliards aujourd’hui. Il prend ainsi la quatrième place du palmarès des parasites géants, derrière Bill Gates (83,6  milliards), Amancio Ortega (73,2 milliards) et Warren Buffet (62,5 milliards). Ce dernier a perdu 11,3 milliards de dollars en 2015, soit environ le PIB du Nicaragua. Le Figaro précise : cette perte n’est pas « de nature à bouleverser (son) mode de vie ». On s’en serait douté. Pendant ce temps, 2,8 milliards de personnes vivent avec moins de deux dollars par jour.

Crise politique La politique du gouvernement Hollande est entièrement subordonnée aux intérêts des gros parasites français, les Bettencourt (33,3 milliards), Arnault (32,2 milliards) et compagnie. Or du fait de la situation économique, ces derniers exigent des coupes dras- tiques dans les dépenses publiques, la mise à sac du Code du travail, la destruction des services publics et des «allègements de charges» pour eux-mêmes. Les dirigeants «socia- listes» ayant juré fidélité au capitalisme, à ses lois et ses maîtres, ils s’exécutent avec enthousiasme.

Hollande a poursuivi la politique de Sarkozy, en pire. Une profonde crise politique en a forcément découlé ; elle s’est amplifiée lors des élections régionales de décembre. En chute libre dans l’opinion, le gouvernement a cyniquement profité des attentats du 13 novembre pour désamorcer la gronde sociale en imposant l’«état d’urgence», avec le soutien scan- daleux des députés du PCF. L’état d’urgence n’est pas dirigé contre les terroristes potentiels, dont il ne peut empêcher l’action. Il est dirigé contre nos droits démocratiques, comme on l’a très vite constaté. Le mouvement ouvrier doit exiger sa levée immédiate – et lutter pour l’obtenir.

La politique intérieure et extérieure du gouvernement Hollande ne diminue pas mais, au contraire, accroît la probabilité de nouveaux attentats en France. Le bombardement de la Syrie et de l’Irak fait le jeu de la réaction fondamentaliste, au final, quel qu’en soit l’impact militaire immédiat et les victimes civiles inévitables. Quant à la proposition relative à la «dé- chéance de la nationalité», elle n’a rien à voir avec la «protection des Français», bien sûr. L’objectif est de détourner l’attention des travailleurs des véritables responsables de la misère et du chômage qui ne cessent d’augmenter, dans le pays. Le Front National en sera le principal bénéficiaire, une fois de plus.

Un monde qui lutte pour naître Les attentats, les élections régionales et les manœuvres réactionnaires du gouvernement ont créé un climat qui pèse sur le moral de nombreux mili- tants de gauche. Mais le terrorisme, le Front National et la faillite des dirigeants «socialistes » ne sont, au fond, que différentes expressions d’un système à l’agonie. Ne perdons pas de vue la société nouvelle qui s’efforce de naître, une société juste, digne des hommes et des femmes qui la composent. C’est l’espoir de ce monde nouveau qu’incarnent les grandes mobilisations politiques autour de Podemos, en Espagne, ou de Jeremy Corbyn en Grande-Bretagne.

La même colère et les mêmes aspirations existent en France. Elles finiront par trouver une expression massive dans la jeunesse et le mouvement ouvrier, non dans 10 ou 20 ans, mais bien avant. Nous devons contribuer à faire émerger ce mouvement d’opposition de gauche aux politiques d’austérité et au système qui les réclame. Mais nous devons aussi tirer les leçons de l’échec de Syriza, en Grèce, qui avait incarné les mêmes espoirs et qui les a déçus, malgré le soutien et l’enthousiasme de millions de Grecs.

Alexis Tsipras a refusé de s’attaquer à la grande propriété capitaliste. Dès lors, il a dû renoncer à son programme sous la pression de la troïka. L’échec de cette politique réfor- miste sonne comme un avertissement à Jeremy Corbyn, aux dirigeants de Podemos et à l’ensemble du mouvement ouvrier international.

La naissance d’un monde nouveau, débarrassé des injustices et de l’oppression, ne pourra pas faire l’économie d’une rupture avec le système actuel, qui repose sur la propriété privée des banques et des grands moyens de production. On ne pourra pas venir à bout des politiques d’austérité, des inégalités et du chômage sans venir à bout du capitalisme lui- même. Le monde nouveau sera socialiste, au sens marxiste du terme, ou ne sera pas.

4 janvier 2016

http://www.marxiste.org/l-agonie-d-un-systeme

Comentaire: Un courant « trotskiste » militant au sein du PCF

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05 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

locquémeau (brest médias libres)

La bataille de l'Eau

Projection de « La bataille de l’Eau Noire »

Projection du documentaire de Benjamin Hennot au café Théodore à Locquémeau (entre Morlaix et Lannion) Le collectif « Un grain de sable dans la machine » contre l’extraction de sable en baie de Lannion vous invite au café Théodore à Locquémeau (22) le jeudi 7 janvier à 20h30 pour regarder ensemble :

« La bataille de l’Eau Noire », documentaire de Benjamin Hennot, 2015, 1h13

« Belgique, 1978. Le Ministre des Travaux publics projette un immense barrage dans la vallée de l’Eau Noire, en amont de la petite ville de Couvin. Mais les habitants se transfor- ment en de fiers Irréductibles et livrent une flamboyante guérilla… Un film choral qui com- munique la joie et la force d’un mouvement populaire en tous points exemplaire. »

(Pour plus d’informations sur le film : www.labatailledeleaunoire.com)

http://brest.mediaslibres.org/spip.php?article226

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05 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

le dernier continent en bretagne

continent

 

★ Muzillac 56: Cinéma Jeanne d’Arc : jeudi 14 janvier à 20h

★ Brest : Cinéma Les studios : samedi 16 janvier, 20h, en présence de Vincent Lapize

★ Rennes 35: Ciné-TNB : dimanche 17 janvier à 18h, en présence de Vincent Lapize et de Colette Quesson, productrice

★ Saint-Renan : Cinéma Le Bretagne  : lundi 18 janvier à 20h30, en présence de Vincent Lapize

★ Callac 22 : Cinéma l’Argoat : lundi 18 janvier à 20h30, en présence de Colette Quesson, productrice

★ Douarnenez : Cinéma Le Club  : mardi 19 janvier à 20h45, en présence de Vincent Lapize

★ Morlaix : Cinéma La salamandre : mercredi 20 janvier à 20h30, en présence de Vincent Lapize

Saint Malo de Gyersac 44 : Ciné Malouine : vendredi 22 janvier à 20h30, en présence de Vincent Lapize

http://lederniercontinent.tumblr.com/lefilm

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