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30 juin 2014 ~ 0 Commentaire

L’exploitation des gaz de couche ouvre la porte à celle des gaz de schiste

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Si les gaz de couche étaient exploités en France, cela ouvrirait la porte à l’expéri-mentation sur la fracturation hydraulique et donc aussi à l’exploitation des gaz de schiste

En quoi ces gaz sont si différents  ?Les gaz de couche sont contenus dans les veines de charbon qui n’ont pas été exploitées. Le gaz de couche est absorbé à la surface du charbon et de ses porosités. Sans fractu-ration de la roche, on aura un débit qui suffit à estimer la ressource, et les entreprises obtien- nent donc des permis de forage pour l’exploration. Par contre, lorsqu’il s’agira de passer à l’exploitation rentable de ces gaz, on ne connaît pas pour l’instant de technique autre que la fracturation hydraulique. La société EGL tente de mettre en place une technique de forage dévié – une «fracturation light» – mais pour l’instant les essais en Lorraine sont des fiascos. Si les gaz de couche étaient exploités en France, cela ouvrirait la porte à l’expérimentation sur la fracturation hydraulique et donc aussi à l’exploitation des gaz de schiste.

Gaz de couche ou gaz de schiste, il s’agit de méthane, des gaz à effet de serre bien plus puissant que le CO2. Or, on voit aux États-Unis que 4 % à 8 % des gaz qui sortent des puits se retrouvent dans l’atmosphère. Ces déperditions sont inévitables puisque les molécules de méthane sont cinq mille fois plus petites que les porosités créées par les tubages en ciment. De plus, les forages créent des séismes et nul ciment n’y résiste, ce qui fait craindre le pire à long terme quant aux pertes de méthane dans l’atmosphère.

Comment réagissent les populations concernées  ?

Ces projets de forage ayant été mis en place sans aucune information à la population, quand les intéresséEs les découvrent dans nos réunions, la première réaction est souvent l’indi-gnation contre ce déni de démocratie. Constater cette union d’une partie de la population autour de la défense de leur territoire, face à un projet destructeur de l’environnement, est porteur d’espoir. Une telle lutte amène toujours une réflexion collective: pourquoi de tels projets? C’est une remise en cause du système capitaliste et productiviste. Cela prend du temps.

Et les emplois  ?

De l’aveu même du président de EGL, la société qui réaliserait le forage, on crée un à deux emplois par puits, ce qui correspond à la réalité des chiffres aux États-Unis. Agir sur les économies d’énergie : isolation des bâtiments, relocalisation des productions agricoles et industrielles…permettrait de créer bien plus d’emplois, tout en préservant l’environnement.

Et les essais envisagés en Algérie  ?

Des entreprises françaises comme Total ou GDF-Suez par exemple ont abandonné l’idée de pouvoir faire de l’expérimentation sur de nouvelles techniques en France, au vu de la réac- tion des populations, poussées par les collectifs en lutte contre les gaz de schiste et des lois de protection de l’environnement. Aller jouer à l’apprenti sorcier dans le sud algérien et met- tre en jeu une nappe phréatique albienne qui couvre plusieurs pays et alimente des centai- nes de milliers de personnes est tout à fait scandaleux (énorme consommation d’eau et pol- lution possible de la nappe). Des collectifs algériens se mettent en action pour le dénoncer et interroger leurs gouvernants sur la politique énergétique de l’Algérie: pourquoi ces entre-prises, dont les pratiques s’apparentent à de la néo-colonisation, n’opèrent-elles pas dans leur propre pays  ?

Quels convergences ici et à l’international ?

La lutte contre ces projets est globale: elle doit s’appuyer sur une volonté des populations locales d’en préserver tous les territoires. Les convergences à construire sont de deux or- dres. D’abord une convergence de toutes les luttes en France: nous ne luttons pas ici contre un projet de gaz de couche et là-bas contre 60 km d’une nouvelle ligne THT ou contre une usine à mille vaches; nous luttons contre une politique globale, basée sur la recherche d’une croissance illusoire, laissant la main aux multinationales et aux grandes entreprises à la recherche de profits au mépris des dégâts sociaux et environnementaux. Ensuite, il faut construire des solidarités internationales: nous ne voulons des gaz de schiste ni ici ni ail- leurs, ni aujourd’hui ni demain. Un réseau euro-­maghrébin est en cours de construction depuis février dernier. Une solidarité est née entre les luttes de différents pays et les col- lectifs ont par exemple interpellé François Hollande au sujet de la situation en Algérie ou dénoncé la violence contre les opposants en Angleterre ou en Pologne.

POILLY Christine Propos recueillis par Alain Jacques

Dans le Nord, un collectif de citoyens lutte contre l’exploi- tation des gaz de couche. Nous avons rencontré Christine Poilly, militante de l’asso- ciation «Houille-ouille-ouille 59/62».

http  ://houille-ouille-ouille-5962.com

* Paru dans l’Hebdo L’Anticapitaliste – 248 (26/06/2014). http://www.npa2009.org

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27 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Solidarité brésil!

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27 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Afrique du sud, dans les mines, la lutte a fini par payer (ci)

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Après six mois de grève, les miniers du platine ont signé un accord, le 23 juin, avec les trois principales entreprises d’extraction sud-africaines. C’est la fin d’un mouvement social sans précédent.

 

Un accord a été trouvé entre l’Association des mineurs et de la construction (le syndicat Amcu) et les trois principaux exploitants des gisements de platine sud-africains, les sociétés Lonmin, Impala Platinum et Anglo-American Platinum. En grève depuis le 23 janvier, les mi- neurs réclamaient des augmentations de salaire. L’accord prévoit des revenus majorés de 1 000 rands (70 euros) par mois, en particulier à destination des mineurs gagnant au-dessous du salaire minimum, établi à 12 500 rands (865 euros).

Le leader du syndicat déclare dans le Financial Times que ”c’est la plus forte augmentation de salaire acquise par des travailleurs en Afrique du Sud », avant de préciser que « la grève a coûté plus de 2 milliards de dollars aux producteurs, et a réduit l’offre mondiale de platine de 40 % ».

« Cette grève prend racine dans la politique actuelle, les inégalités, l’apartheid et le massacre de Marikana [34 mineurs ont été abattus par la police en août 2012]« , écrit The Guardian. Saluant « la première victoire d’une organisation noire autre que le Congrès natio- nal africain (ANC, parti au pouvoir) », le quotidien déclare qu’il est souvent dit que « l’apartheid est fini, mais pas pour ces mineurs. Eux, le vivent tous les jours. »

Le webzine sud-africain Daily Maverick tempère cet enthousiasme. Le journal rapporte que le leader du syndicat minier a dit aux mineurs que le travail n’était pas fini et il les a appe- lés à « défendre leur syndicat et leurs acquis, car la lutte continue ». En effet, les hausses de salaire ne concernent que les travailleurs syndiqués du secteur du platine.

Quant au quotidien économique sud-africain Business Day, il rappelle d’abord que « l’accord signé avec l’Acmu s’étend sur trois ans. Les négociations recommenceront. Les produc- teurs risquent de restructurer, avec comme conséquence des pertes d’emplois et d’autres grèves. » Après avoir listé les détails de l’accord, le journal écrit que la fin de la grève a réjoui la présidence, le corps religieux, les associations d’affaires et les organisations du travail. Mais, au-delà, « des voix se font entendre pour changer la législation du travail afin d’empê- cher des grèves si dommageables ».

A Marikana, la grève des mineurs continue

La colère, toujours, sur la mine de platine. La semaine dernière, l’inculpation des mineurs grévistes pour le meurtre de leurs 34 camarades, qui avaient été abattus par la police, a ravi- vé la tension. Lundi 3 septembre, la justice sud-africaine a relâché 162 des 270 grévistes arrêtés le 16 août, après la suspension de leur inculpation. Les 108 autres devaient être remis en liberté le jeudi 5 septembre, sous réserve qu’ils n’aient pas été impliqués dans des violences antérieures à la fusillade du 16 août.

En grève depuis le 10 août, les 3 000 mineurs réclament au groupe britannique Lonmin le triplement de leur salaire mensuel de 450 euros. Les négociations continuent. Le secteur minier emploie plus de 1 million de personnes dans le pays et représente près de 20 % du PIB sud-africain. Courrier international  Lionel Pelisson 26 juin 2014

http://www.courrierinternational.com/article/2014/06/26/dans-les-mines-la-lutte-a-fini-par-payer

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26 juin 2014 ~ 0 Commentaire

La chine est proche (lo)

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L’époque où les bas salaires faisaient de la Chine l’atelier textile du monde semble révolue.

Le salaire minimum légal y atteint maintenant 175 euros, quand il est de 71 euros en Moldavie, de 80 euros en Ukraine et guère supérieur en Bulgarie, Macédoine ou Roumanie. Et parfois il faut accumuler des heures supplémentaires pour atteindre ce salaire misérable, en travaillant dans des conditions abominables.

Les grands groupes de la confection, les H&M, Zara, Hugo Boss, Benetton et autres, rapa- trient donc de plus en plus leurs commandes en Europe de l’Est et en Turquie. Et s’ils parviennent à rendre les salariés d’Europe de l’Ouest assez flexibles, ils relocaliseront leurs usines en Italie ou en Angleterre.

À ces conditions, ils seraient même d’accord pour «produire français», comme les en supplient certains politiciens et syndicalistes. Vincent GELAS

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2395&id=16

 

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24 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Mais qu’est-ce que c’est la fifa ?

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Pendant tout un mois, le monde entier devrait être sous l’emprise de la Coupe, propulsé par les médias en un véritable état de «suspension de réalité».

Cependant, au Brésil, une partie importante et diversifiée de la population manifeste depuis un an contre la Fédération internationale des associations de football (FIFA) et son occu- pation de l’espace public. Mais qu’est-ce que c’est que cette FIFA qui prétend depuis son siège de Zurich gouverner le monde et qui gouverne sûrement celui du football?

Installée en Suisse, dont elle apprécie tout autant de l’air frais que des facilités fis- cales, la FIFA, fondée en 1904, y bénéficie aussi de l’enviable statut d’association à but non lucratif, un statut qui la met à l’abri d’une fiscalité déjà en soi pas très pénalisante. C’est elle qui organise tous les quatre ans la «Fifa World Cup», en choisissant le pays hôte selon des critères de pure rentabilité. A en croire la vulgate médiatique, la FIFA ferait œuvre de bien- faisance en attribuant l’organisation de la coupe à tel ou tel pays. C’est comme si, en lui octroyant le droit d’organiser l’événement, elle bénissait le pays, contribuant au bien-être de sa population grâce au ballon et aux investissements privés.

Une mafia Malheureusement, la réalité est bien différente: c’est à une colonisation à temps limité que la FIFA procède dès qu’elle attribue l’organisation de la coupe à tel ou tel autre pays. C’est elle qui lui impose les règles à appliquer, l’adoption ou la modification de lois qui lui sont nécessaires, occupant ainsi son espace public. Au gouvernement local par la suite, conscient de l’immense privilège d’avoir été choisi, d’obéir aux ordres, le plus souvent contre l’intérêt de ses propres citoyens.

Durant cette suspension de la démocratie, la FIFA fait donc bâtir un cirque gigantesque, opulent, qui ne sert à rien sinon à héberger luxueusement une petite caravane de passage, que la masse peut seulement admirer et envier à la télé, et qui, une fois la fête finie, repart sans rien laisser… sauf d’immenses dettes publiques. Les seuls locaux qui s’enrichissent ce sont les grandes entreprises de la construction, qui dépassent régulièrement leurs bud- gets et qui souvent réalisent des éléphants blancs, en opérant dans l’opacité la plus totale, garantie par la fédération internationale et par le gouvernement local, otage et complice au même temps.

Au service des grandes multinationales Mais les meilleurs amis de la FIFA ce sont sans doute les grandes sociétés commerciales partenaires, ces sponsors comme Coca-Cola, Visa ou McDonald’s qui paient la FIFA pour avoir un retour commercial inestimable et qui sont les vrais bénéficiaires de cette occupation mégalomane de tous les espaces, réels et symboliques.

Mais alors, qu’est-ce que la FIFA, en somme? C’est la plateforme opaque qui, sous la façade de garante du spectacle-football, permet, préside et justifie la création d’un moment d’enrichissement sauvage et colossal pour une minorité de multinationales dont elle est l’employée. Tout en utilisant son rôle pour véhiculer des concepts et des valeurs qui sont celles du capitalisme le plus agressif – la réussite, la performance, les taux d’audience –, celui qui prétend régenter la population mondiale en asservissant les 99% à la minorité infime des détenteurs de capitaux.

Il s’agit alors du déploiement de ce qu’on appelle «impérialisme symbolique», dont la FIFA, tout comme le Comité international olympique, – qui suit la même logique et exerce les mêmes activités dans le cadre des JO – est actuellement le plus puissant vecteur, vam- pirisant la passion populaire pour le football, afin d’instaurer dans le sport une culture du succès monétaire et de l’opulence inaccessible à la majorité, qui ne peut qu’en acheter les fétiches (les marchandises de masse).

Les Brésiliens déjà champions du monde… En réponse à cette attaque néocolonialiste, au Brésil, il est arrivé quelque chose d’inattendu, et de beau: pour la première fois dans l’his- toire de la coupe du monde de football, soit depuis 1930, une large partie des citoyens est descendue dans les rues pour manifester contre l’occupation du pays par la FIFA, et contre le déroulement même de cette coupe du Monde.

On peut en être certains: Michel Platini, président de l’UEFA, et Sepp Blatter, président de la FIFA, ne s’attendaient pas à une contestation d’une telle ampleur de la part du peuple pour lequel le football devrait être une «religion». Or, depuis plus d’un an, les Brésiliennes et les Brésiliens manifestent pour réclamer, tout simplement, une amélioration des écoles, des transports et des hôpitaux, dont l’état contraste singulièrement avec les milliards dépensés pour la construction des stades. A titre d’exemple, celui construit à Manaus et qui a coûté 260 millions n’accueillera que quatre matches, pour ensuite rester vraisemblablement inutilisé.

…de la contestation sociale Dans la rue, les mouvements sociaux – que la droite bré- silienne essaie de récupérer à des fins politiciennes contre le PT au pouvoir – exigent une utilisation autre de l’argent public, qui devrait donc être investi pour l’amélioration de la vie quotidienne du peuple et pas pour être détourné au profit des plus riches. D’ailleurs, l’inci- tation adressée par Dilma Roussef, la présidente du Brésil, aux prochains organisateurs de la coupe du monde à bien lire et dans les moindres détails les contrats signés avec la FIFA pour éviter les mauvaises surprises, laisse supposer que le gouvernement brésilien s’est bien fait rouler dans la farine par les loups de Zurich…

Ces mouvements anti-FIFA, qui, au Brésil, mettent profondément en cause la fête du foot- ball commercial, sont une très bonne nouvelle. Ils sont la preuve vivante de l’existence d’une conscience populaire critique de ce circuit inaltérable et inaccessible du sport d’élite, et ceci dans un pays qui devrait être «fou» de ballon.

C’est une leçon de maturité que le peuple brésilien offre au monde. En Suisse aussi il est fondamental de faire connaître ses mobilisations, d’autant plus que nous sommes dans le pays qui accueille la FIFA et les autres instances de domination du sport international. Car, prendre conscience de la place que ce pays occupe dans l’asservissement d’une partie de la planète aux intérêts des multinationales domiciliées chez nous est une qualité tout aussi importante que l’air frais et la légendaire politesse discrète du peuple suisse… Déposé par VB dans 16 juin 2014

http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=12143

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24 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Thaïlande, des sous-traitants de carrefour accusés de recourir au travail esclave (basta)

Thaïlande, des sous-traitants de carrefour accusés de recourir au travail esclave (basta) dans Altermondialisme slavery1

Des centaines de milliers de migrants, d’origine cambodgienne ou birmane, sont recrutés de force sur des bateaux en Thaïlande.

Ces bateaux industriels pêchent les poissons qui seront transformés en farine pour nourrir les crevettes élevées par l’entreprise Chaoren Pokphand Foods (CP Foods). Leader du sec- teur, celle-ci produit 10% des 500 000 tonnes de crevettes bon marché exportées chaque année par la Thaïlande pour alimenter la demande galopante des consommateurs occi- dentaux. Parmi ses clients, les géants mondiaux de la grande distribution: Carrefour, mais aussi Walmart, Aldi et Tesco. C’est ce que révèle une enquête du Guardian (à lire ici [1]), qui se base sur des centaines d’entretiens avec différents acteurs de la chaîne d’approvision- nement. Les problèmes constatés chez les fournisseurs de CP Foods concerneraient aussi les autres entreprises du secteur en Thaïlande.

Selon les témoignages recueillis par le Guardian, ces migrants sont soumis à des con- ditions de travail et de vie d’une violence extrême: journées de 20 heures, tortures et assas- sinats sommaires, ouvriers enchaînés pour les empêcher de s’évader, absence de paie pendant des mois, fourniture d’amphétamines pour «tenir le coup». La Thaïlande est de plus en plus montrée du doigt sur ce sujet: on estime à près de 500 000 le nombre d’esclaves dans le pays, pour la plupart des immigrés issus des pays voisins. Le secteur de la pêche à lui seul emploie environ 300 000 personnes, dont 90% de migrants. Les rescapés de ces «bateaux de la mort» interrogés par le Guardian ont été capturés ou escroqués par des intermédiaires, qui les ont ensuite «vendus» aux capitaines des bateaux de pêche.

Les grandes marques n’assument pas Comment réagit Carrefour face à ces révélations ? La réponse de l’entreprise est malheureusement révélatrice de l’irresponsabilité des grandes marques qui utilisent ces longues chaînes d’approvisionnement internationales. D’un côté, l’entreprise déclare avoir réalisé un «audit social» en juillet 2013 dans l’usine de CP Foods où elle se fournit, sans rien constater d’anormal. Rappelons que les faits incriminés par le Guardian ne concernent pas l’usine de CP Foods elle-même, mais les conditions de travail dans les bateaux qui fournissent cette usine. Et Carrefour a admis qu’elle ne procédait pas à des vérifications sociales jusqu’au bout de chaînes d’approvisionnement complexes. De l’autre côté, suite aux révélations du quotidien britannique, Carrefour s’est empressée d’an- noncer [2] qu’elle suspendait unilatéralement toutes relations commerciales avec CP Foods. Sans s’interroger sur le rôle objectif des multinationales de la grande distribution – à travers leurs pratiques commerciales, notamment la pression sur les coûts – dans l’émergence de telles pratiques en bout de chaîne.

Une attitude qui rappelle celle adoptée par Carrefour et Auchan concernant la filière textile, suite à la catastrophe du Rana Plaza au Bangladesh [3]. Les enseignes de grande distribution contactées par le Guardian déclarent toutes leur opposition au travail esclave. Il semble que certaines d’entre elles étaient pourtant parfaitement conscientes des conditions de travail sur les bateaux des fournisseurs de CP Foods, et de l’industrie de la crevette thaï- landaise en général. L’Organisation internationale du travail (OIT) et plusieurs ONG ont déjà émis des alertes à ce sujet ces dernières années. Mais les grandes marques ont continué à se concentrer sur leur chaîne d’approvisionnement directe, plus facile à gérer, sans remon- ter plus en amont. Le porte-parole de CP Foods au Royaume-Uni, de son côté, reconnaît les problèmes, mais explique qu’il est impossible pour son entreprise de savoir exactement ce qui se passe dans sa chaîne d’approvisionnement. Espérons que l’enquête du Guardian contribuera à accélérer les modestes efforts pour améliorer les conditions de travail et de vie tout au bout de la chaîne. Olivier Petitjean 24 juin 2014

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20 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Brésil: la coupe des troupes 

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Dans toutes les villes où se déroule actuellement le Mondial, il y a tous les jours des manifestations contre celui-ci: contre les dépenses gigantesques, son caractère d’ex- clusion des populations, avec des centaines jusqu’à quelques milliers de manifestantEs. Pour une bonne part, la dureté de la répression explique la participation limitée à ces mobilisations…

D’après Valor Econômico du vendredi 13 juin, un bon exemple de la presse patro- nale, «le début de la Coupe du monde a donné l’impression que la politique du gouver-nement est de ne laisser aucune place au développement de manifestations susceptibles de perturber les accès aux stades et aux zones «Fan Fest» de la FIFA. Même les petits actes ont été réprimés (…). Ainsi, les groupes qui ont tenté de faire des actions critiques contre la Coupe n’ont pas pu manifester longtemps en raison de la forte répression policière»

Pour ne pas «perturber les accès», d’impressionnants dispositifs policiers visent donc à empêcher les manifestations. Le nombre de policiers est bien souvent plus élevé que celui des manifestantEs. La police militaire justifie la répression des manifestantEs en disant qu’elle empêche des «dégradations du patrimoine»… mais ce qui se passe le plus souvent, c’est que c’est la police elle-même qui déclenche les affrontements: bombes lacrymogènes, tirs de balles en caoutchouc… Dans plusieurs manifestations, il y a eu des dizaines de bles- séEs. Beaucoup de manifestants sont fouillés, et placés en détention, certains pendant plus d’une journée, tandis que d’autres sont cités à comparaître pour être interrogés dans les postes de police.

Le cas de répression qui a eu le plus d’impact a été celui d’une journaliste de Media Ninja, un réseau qui depuis 2013 fait des émissions en direct, des reportages et publie des photos des manifestations sur Internet et les réseaux sociaux. À Belo Horizonte (dans l’État de Minas Gerais), Karinny Magalhães, 19 ans, a été arrêtée, harcelée, battue (y compris à coups de matraque) jusqu’à s’évanouir. Elle a été mise en détention, puis conduite à l’hô- pital… pour enfin être mise en prison. Elle a été libérée après l’intervention des avocats.

Les manifestations résistent La dureté accrue de la répression contribue largement à décourager les manifestantEs depuis le début du Mondial. La Coupe du monde, qui avait été surnommé «la Coupe des Coupes» par la propagande officielle a été renommée «la Coupe des troupes» par les manifestantEs. Mais malgré cette répression, les manifestations con- tinuent. Celles-ci ne sont bien entendu pas de la même importance que par exemple lors des journées de juin 2013. Mais rien n’indique qu’elles vont s’arrêter ces prochains jours.

Dans ce climat de protestation, plusieurs grèves se déroulent, parfois courtes, comme les chauffeurs de bus de Natal, dans l’État du Rio Grande do Norte, parfois longues, comme celle des enseignantEs et du personnel administratif des universités de l’État de São Paulo, ou du personnel administratif des universités fédérales, des grèves qui durent depuis plusieurs semaines.

Enfin, signalons qu’il y a aussi beaucoup de BrésilienEs qui bien entendu célèbrent la Coupe du monde. Très probablement, la majorité de la population regarde les jeux à la télé- vision, en dehors du petit nombre qui a pu acheter des billets et aller dans les stades… Mais jusqu’à présent, l’ambiance est mitigée. Elle peut devenir plus festive, surtout si l’équipe brésilienne est victorieuse. Mais, quoi qu’il en soit, on est loin du climat dans lequel se déroule habituellement la Coupe du monde de football.

Décidément, le Brésil a bien changé  !

De São Paulo, João Machado Hebdo L’Anticapitaliste 19/06/2014 http://www.npa2009.org/

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19 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Les petits paysans seraient plus productifs que l’agriculture industrielle (basta)

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Les petites paysannes, oui!

Ce n’est pas l’industrie agro-alimentaire qui nourrit le monde, mais les petits produc-teurs. Ceux-ci produisent jusqu’à 80 % de l’alimentation des pays non industrialisés, rappelle l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) [1].

« Mais combien d’entre nous se rendent compte qu’ils le font avec moins d’un quart de la superficie agricole mondiale, et que cette part, déjà maigre, se réduit comme peau de cha- grin ? », interpelle l’ONG Grain, dans un rapport rendu public le 18 juin. Ces petits produc- teurs disposeraient de seulement 17,2 % de la superficie agricole mondiale, si l’on exclut la Chine et l’Inde du calcul.

Selon Grain, plus de 90 % des exploitations agricoles dans le monde ont une super- ficie moyenne de 2,2 hectares. Mais celles-ci ne cessent de rétrécir. En cause, la nouvelle vague d’accaparement de terres (nos articles sur le sujet). Les phénomènes de concen- tration et d’accaparement des terres ne concernent pas que l’Afrique ou l’Asie. La moitié des terres en Europe est ainsi contrôlée par 3 % des plus gros propriétaires. Alors que la résis- tance s’organise, le rapport souligne la criminalisation des paysans, «trainés en justice, voire éliminés, quand ils luttent pour la terre».

«Si rien n’est fait pour renverser cette tendance, le monde perdra sa capacité à subvenir à ses propres besoins alimentaires», indique Henk Hobbelink, coordinateur de Grain. Le rapport montre que les petites fermes sont plus productives que les grandes. S’appuyant sur des données d’Eurostat, Grain énonce que 20 pays de l’Union européenne enregistrent un taux de production à l’hectare plus élevé dans les petites fermes que dans les grandes [2]. « Dans les 7 pays [3] où les grandes exploitations ont une productivité plus élevée, celle-ci n’est que légèrement supérieure à celle des petites fermes », précise Grain.

Les auteurs du rapport appellent à de véritables programmes de réforme agraire qui rendent les terres aux paysans et aux petits producteurs. Elizabeth Mpofu, coordinatrice générale de La Via Campesina, s’appuie sur l’exemple du Zimbabwe: «La taille moyenne des petites fermes a augmenté suite au programme de réforme agraire et elles produisent main- tenant plus de 90% des cultures vivrières agricoles, contre 60 à 70% avant la redistribution foncière ». De quoi renforcer l’idée de développer des micro-fermes en France. par Sophie Chapelle 19 juin 2014

Télécharger le rapport de Grain en cliquant ici.

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17 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Arrêtez la guerre en ukraine!

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Appel des forces de gauche de Russie, d’Ukraine et de Biélorussie contre la guerre

Nous, les participants à la réunion organisée par des organisations, des groupes de gauche et marxistes de Biélorussie, de Russie et d’Ukraine, considérons que notre tâche principale est de mettre fin à la guerre civile en Ukraine.

Ce conflit militaire qui a suivi la victoire des forces néolibérales et nationalistes de l’«Euro- maidan» de Kiev a emporté des centaines de vies et a contribué à une montée sans précé- dent du chauvinisme et de la xénophobie dans les sociétés ukrainienne et russe.

Cette guerre permet à la classe dirigeante de rassembler la société ukrainienne autour de son régime, de distraire les travailleurs de l’ouest et de l’est du pays de la lutte pour leurs droits sociaux et politiques, les opposant les uns aux autres dans l’intérêt de la grande bour- geoisie. Les gouvernements de Russie, de l’Union européenne et des Etats-Unis exploitent cette guerre civile en Ukraine pour le même but; les personnes qui meurent au Donbass sont des pions dans un affrontement qui les oppose les uns aux autres.

Nous exprimons notre solidarité avec tous les participant·e·s des mouvements ukrai- niens de gauche qui luttent contre la guerre, contre le nationalisme et contre la xénophobie, et nous considérons qu’il faut leur fournir toute l’information, tout l’appui politique et matériel possible. Nous nous opposons à la pression et à la répression de la part des parties au conflit. Nous nous opposons aux pogroms, à la torture et aux enlèvements dont les victimes sont des militants de gauche anti-fascistes et tout autre citoyen ukrainien, indépendamment des opinions politiques.

Nous nous opposons également à la persécution politique en Crimée. Arrêter la guer- re est la tâche principale de tous les mouvements de la gauche démocratique, indépen- damment de leurs différends sur d’autres questions politiques à l’ordre du jour. A cette fin, nous croyons qu’il est nécessaire de coordonner les efforts de tous les opposants à la guerre en Ukraine et de former un puissant mouvement anti-guerre de masse.

Nos revendications sont:

• Nous exigeons du gouvernement ukrainien qu’il mette fin immédiatement à la dite «opé- ration anti-terroriste», qu’il retire ses troupes du territoire des régions de Donetsk et Lugansk et qu’il conclue un cessez-le-feu avec la milice et des Républiques populaires de Donestk et de Lugansk.

• Nous exigeons que les parties liées au conflit signent une entente de paix pour la cessation complète des hostilités, la libération de tous les prisonniers politiques et de guerre et le démantèlement des groupes armés.

• Nous exigeons que le gouvernement ukrainien libère les soldats qui ont été mobilisés par contrainte et dont les familles organisent maintenant des manifestations dans différentes régions d’Ukraine pour demander leur libération du service militaire.

• Nous exigeons de la Russie, de l’UE et des Etats-Unis de cesser complètement leur ingérence dans le conflit ukrainien et de cesser tout soutien aux parties liées au conflit.

• Nous exigeons la fin des campagnes chauvines menées par les médias russes et ukrai- niens, qui, en utilisant le langage de la haine, sont parmi les principaux instigateurs de la guerre.

• Nous demandons l’adoption d’une nouvelle Constitution pour l’Ukraine, de nouvelles élec- tions aux institutions gouvernementales des régions de Donetsk et Lugansk, un véritable droit à l’autodétermination et à l’autonomie du Donbass et de toutes les régions d’Ukraine.

Nous croyons qu’une condition importante pour la formation du mouvement anti-guerre est la consolidation tant au niveau de l’information que de l’organisation des groupes de gauche dans l’ancien espace soviétique. A cette fin, nous allons lancer des initiatives conjointes – sous le nom de «Croix-Rouge» – pour aider les militants de gauche et les objecteurs de conscience au service militaire qui ont souffert, ainsi qu’un réseau d’information des groupes de gauche et marxistes du Bélarus, de Russie et d’Ukraine. Publié par Alencontre le 16 – juin

Les 7-8 juin, une conférence des forces anti-guerre de la gauche de Russie, d’Ukraine et du Belarus a eu lieu près de Minsk. Son but était de renforcer l’unité des internationalistes des trois pays dans la lutte contre la violence endémique, contre l’hystérie nationaliste et la répression des deux côtés de la frontière russo-ukrainienne. Ci- dessous le texte de la déclaration de la conférence. Cet appel a été traduit du russe par David Mandel. Le texte en langue française a été publié par le site québécois Presse-toi à gauche, le 15 juin 2014. (Réd. A l’Encontre)

http://alencontre.org/europe/ukraine/arretez-la-guerre-en-ukraine.html

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14 juin 2014 ~ 0 Commentaire

La question de fond est qu’il y a un gouffre, qui est même générationnel, entre l’ancienne et la nouvelle gauche

Armee-Legion
*
A l’heure de la Coupe du Monde : luttes sociales et alternative politique an Brésil –

João Machado Où en est-on aujourd’hui des mobilisations contre le coût du Mondial de football  ?

Fernando Silva Depuis les journées de juin 2013, lorsque des centaines de milliers ont manifesté dans plus de 500 villes, une nouvelle conjoncture s’est ouverte, avec la reprise des grandes luttes sociales. Il y a beaucoup plus de grèves pour des augmentations de sa- laires, plusieurs d’elles contre la volonté des dirigeants syndicaux bureaucratiques, des oc- cupations de terrains urbains et des blocages de routes par des mouvements qui luttent pour le logement, des grèves d’étudiants, des luttes contre la répression policière, des luttes des peuples autochtones touchés par l’expansion de l’agro-industrie.

Et, bien sûr, des mani- festations contre les dépenses et les crimes de la Coupe du monde de football. En ce moment, les plus importantes sont les grèves dans les secteurs des transports et de l’éducation, et la lutte populaire pour le logement. Ce sont des luttes très massives, des combats radicalisés, qui paralysent de grandes villes où le problème de la mobilité urbaine est très grave, et où une grève du métro ou des bus peut être suffisante pour poser des problèmes pour la production dans d’autres secteurs.

La Coupe du monde a été organisée presque entièrement avec l’argent public. La grande majorité de ces infrastructures ne sont pas terminées, ce qui montre qu’il a eu dé- tournement d’argent vers la corruption. Des milliards de Reals ont été dépensés pour les stades et on n’a pas avancé dans l’infrastructure et la mobilité urbaine. Et si l’on ajoute le fait que nous sommes dans un pays où la santé publique est au bord de l’effondrement, où les problèmes élémentaires de logement pour tous et d’assainissement de base ne sont pas résolus, les dépenses pour la Coupe du monde ont été considérées comme un luxe inutile, un gaspillage, un manque de respect pour la situation de la majorité de la population.

Les billets d’entrée sont aussi très chers, et la FIFA a imposé, avec la «loi générale de la Coupe», un vrai état d’exception. Le résultat est un surprenant esprit critique à l’égard de cette Coupe, compte tenu de la relation du Brésil avec le football. C’est très impressionnant dans un pays où le football fait partie de la culture nationale.

Comment le pouvoir actuel PT répond à ce mouvement  ?

Fondamentalement, de trois façons. Il a essayé d’intensifier sa politique de petites conces- sions pour les secteurs les plus pauvres de la classe ouvrière: un petit réajustement de la «Bourse famille» (les allocations familiales), du salaire minimum, en dessous de ce qui serait nécessaire, et des annonces d’augmentations partielles des investissements (pour l’éducation, la mobilité urbaine). Il a organisé un dispositif répressif monumental pour con- tenir les manifs pendant la Coupe du monde et une politique dure de criminalisation du point de vue juridique.

Pour avoir une idée, le gouvernement fédéral a dépensé 500 millions de Reals dans la sécurité pour la Coupe du monde (armes, haute technologie de contrôle et espionnage). L’armée sera dans les rues des villes lors de la Coupe. Il fait une large propagande natio- naliste et d’euphorie pro-Coupe pour essayer de convaincre les gens que le moment est venu pour le pays de faire une grande Coupe du monde, etc. La situation dans le pays est très contradictoire, car, même si la population suivra les jeux étant donné l’énorme intérêt pour le football au Brésil, il n’y a aucune euphorie. Un esprit très critique, et beaucoup de volonté de protester et revendiquer.

Comment la gauche radicale peut relayer la mobilisation des Brésiliens  ?

En rendant compte des luttes sociales du Brésil, et par la dénonciation de la répression qui se prépare à mettre en pratique un vrai état d’exception. Il faut profiter de ce mois de Coupe pour expliquer que les gouvernements sociaux-libéraux du PT ne sont pas des alliés des luttes de la classe ouvrière, car ce qu’ils font au Brésil, c’est gouverner en alliance avec le capital financier, les grands entrepreneurs de travaux publics et avec l’agrobusiness indus- triel. C’est très important de nous aider à expliquer qu’il n’y a pas une véritable gauche au pouvoir au Brésil, que le gouvernement du PT est identique aux gouvernements «socia- listes» en Europe.

Est-ce que cette radicalité sociale trouve des traductions politiques  ?

C’est une contradiction brutale du processus. Les journées de juin ont montré une énorme usure et une crise des représentations politiques traditionnelles, y compris des syndicats, qui sont parmi les institutions les plus usées. Mais pour le moment, il n’y a pas de processus de construction d’une direction nationale, de nouveaux instruments d’organisation de masse ou de références claires à un nouveau projet politique. Il y a des expressions partielles, com- me le MPL (pour le transport gratuit) qui a pris beaucoup d’importance en juin 2013, ainsi que le Mouvement des travailleurs sans toit. Mais ces mouvements sont sectoriels.

Dans la sphère politique, le PSOL est respecté par ces mouvements et, parmi les partis politiques radicaux, il est celui qui peut le mieux dialoguer avec les exigences de la rue. Mais il est encore très fragile. Il est déchiré par une contradiction interne entre deux visions de plus en plus incompatibles: un secteur, actuellement la majorité de la direction, de plus en plus ouvertement réformiste, avec les pratiques bureaucratiques de la vieille gauche, et face à lui, un bloc large de gauche qui regroupe diverses forces de la gauche révolutionnaire bré- silienne, soit la moitié du parti. Ces dernières sont généralement beaucoup plus ouvertes et liées aux demandes des rues. La preuve en est que ce sont les courants de jeunesse ani- més par des secteurs de gauche du PSOL qui sont le mieux insérés dans les nouveaux processus, malgré la méfiance et le profil «autonomiste» des manifs.

La question de fond est qu’il y a un gouffre, qui est même générationnel, entre l’ancienne et la nouvelle gauche. Les jeunes ont été l’axe des manifestations de juin 2013, et ce sont surtout eux qui alimentent les processus de mobilisation qui ont suivi. Cette génération est entrée dans l’arène politique par l’école de la rue, en voyant le PT au pouvoir. Aux yeux de cette jeunesse, la gauche est au pouvoir. Par conséquent, il y a un processus de négation très forte, beaucoup de méfiance des outils traditionnels tels que les partis, les syndicats, ou sur ce qu’est exactement le socialisme.

Nous sommes donc toujours au Brésil en début de reprise du mouvement, avec une rupture entre l’ancien et le nouveau, et de nombreuses incertitudes. C’est seulement le début d’un processus, et une bonne participation (non dogmatique, sans enjeu d’appareil) de la gauche radicale anticapitaliste peut donner forme à de nouveaux instruments et à une nouvelle direction capable de relancer un projet politique de rupture à une échelle de masse.

Quelle sont alors les perspectives de la gauche brésilienne, notamment avec les élections présidentielle en octobre  ?

C’est encore difficile à prévoir. L’espace à la gauche du PT est un espace ouvert, mais pas une grande avenue. Majoritairement, le PT est encore perçu comme le moindre mal, compte tenu du fait que les alternatives à sa droite ou «de centre» sont inoffensives ou catastro- phiques aux yeux de la plupart des gens. D’un autre côté, il y a de la méfiance, et un discré- dit des partis et les élections. C’est très fort chez les jeunes. Des enquêtes ont montré que les prochaines élections devraient connaître une augmentation importante de l’abstention (même si le vote est obligatoire au Brésil) et des bulletins de vote blancs et nuls.

De plus, il n’y aura pas un candidat unique des partis de la gauche radicale, et le PSOL risque de se présenter avec un profil de campagne très institutionnel si la ligne du candidat de la majorité actuelle ne changent pas. Mais même avec ces problèmes, le PSOL est en train de croître, y compris au plan électoral, depuis 2010. C’est lui qui peut tirer parti de cette nouvelle situation et de l’espace ouvert pour une critique de gauche dans la société. C’est plus important qu’il y a 4 ans, peut-être pas tellement au niveau national (l’élection présidentielle), mais plus dans les élections des états et pour les députéEs. Propos recueillis et traduit par João Machado

Fernando Silva a 55 ans. Journaliste, il est actuellement secrétaire général du PSOL (Parti du socialisme et de la liberté) et membre de la Coordination nationale de Insurgência (courant du PSOL).

* Publié sous le titre « Pour le moment, il n’y a pas de processus de construction de nouveaux instruments d’organisation de masse ou de références claires à un nouveau projet politique ». Paru dans l’Hebdo L’Anticapitaliste – 246 (12/06/2014). http://www.npa2009.org/

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