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09 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Manifestations et blocage dans les plantations africaines (AeL)

Manifestations et blocage dans les plantations africaines (AeL) dans Altermondialisme affiche2_ugothh-274x300

Vincent Bolloré reçoit les revendications à Paris

Dans trois pays d’Afrique, les riverains des plantations contrôlées par le groupe Bolloré ont organisé des actions de blocage et perturbation simultanées le jour de l’AG des actionnaires. A Paris, Vincent Bolloré a reçu en mains propres la lettre de revendications portée par des ressortissants des pays concernés. Blocages et occupations. Ce mercredi 5 juin, plusieurs centaines de villageois libériens occupent les terrains de la plantation SRC, des paysans et chefs traditionnels camerounais se sont rassemblés devant le siège de la Socapalm à Douala. Une manifestation de riverains a été bloquée par les FSI (Forces de Sécurité Intérieures) en Côte d’Ivoire alors qu’ils marchaient vers l’usine centrale. La manifestation a été annulée en Sierra Leone pour raisons de sécurité. Ces différentes entreprises appartiennent à la holding luxembourgeoise Socfin, qui est contrôlée par le groupe Bolloré. Pour se hisser à l’échelle de la multinationale, ils ont décidé de coordonner leurs luttes.

Vincent Bolloré « s’engage » pour les populations riveraines

A Paris, Vincent Bolloré est sorti personnellement de l’AG pour recevoir les revendications. « Notre groupe prend au sérieux sa responsabilité sociale. Je m’engage à faire le nécessaire pour répondre au mieux aux demandes des populations locales » a-t-il affirmé aux Camerounais, Ivoiriens et Congolais venus avec le ReACT (Réseau d’Action Concertée Transnationale), l’AFASPA (Association française d’amitié et de solidarité avec les peuples d’Afrique) etc. au siège du groupe. Les revendications sont similaires du Cameroun au Sierra Leone. La première : protection de l’espace vital de 250 ha de terres cultivables autour des villages riverains pour les paysans locaux. Les surfaces plantées des sociétés africaines de la Socfin sont en effet passées de 87 303 à 99 683 ha en 2 ans. La seconde : compenser cette privation de terres par des services sociaux tels que les y engagent les conventions et baux concédés par les Etats africains. L’interdiction d’accès des riverains aux centres de santé de la Socapalm au Cameroun avait par exemple été un motif de soulèvements réguliers.

Une négociation transnationale à venir ?

« Cette première action internationale n’est que le début. Nous sommes déterminés à faire respecter nos droits et M. Bolloré devra finir par l’entendre », affirme Emmanuel Elong, porte-parole du Synaparcam, le syndicat des paysans riverains de la Socapalm au Cameroun. « M. Bolloré nous a reçu, main- tenant nous demandons que soit organisée une négociation transnationale, avec des représentants des riverains de tous les pays concernés », explique David Ngangang, membre de la délégation parisienne intervenue au siège de Bolloré lors de l’AG des actionnaires.

illus_bollre-c9d70-291x300 dans Luttes paysannes et alimentation

Contacts en Afrique :

Cameroun, Emmanuel Elong, porte-parole Synaparcam : 00 237 74529387

Porte-Parole en France : David Ngangang 06 33 02 46 52 6 juin 2013 par AFASPA

http://www.afriquesenlutte.org/communiques-luttes-et-debats/comptes-rendus-des-luttes/article/manifestations-et-blocage-dans-les

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07 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Grève générale en Bolivie

Grève générale en Bolivie dans Altermondialisme image011-300x225 Les mineurs boliviens ont des traditions

Jeudi 23 mai, la Bolivie en était à son 19e jour de grève générale.

Le mouvement a commencé à l’initiative des syndicats de mineurs, soutenus par la COB (Centrale ouvrière bolivienne, confédération syndicale qui réunit deux millions de travailleurs). Leur principale exigence est que le montant des retraites soit porté à 100 % du dernier salaire, au lieu de 70 % actuellement. L’espérance de vie du mineur bolivien est particulièrement faible. Les militaires et les responsables de la police perçoivent déjà une pension de retraite à 100 %. Le 22 mai, les députés ont quant à eux augmenté leur salaire de 20 %.

Les mineurs ont entraîné avec eux d’autres secteurs du salariat, les plus nombreux, organisés et combatifs :

enseignants, personnels de santé et ouvriers de l’industrie. Les manifestations, blocages de routes, occupations, affrontements avec la police sont quotidiens. Plus de 500 grévistes ont été emprisonnés et on a relevé chez eux le premier mort. Les mineurs répliquent à la violence policière avec l’outil de travail qui est aussi leur arme historique : le bâton de dynamite. Non seulement le gouvernement d’Evo Morales refuse toujours d’accéder aux reven- dications – ce qui impliquerait de sa part d’augmenter les cotisations patronales , mais il s’est livré à une attaque vicieuse contre les grévistes. Le 16 mai, Morales déclarait ainsi que « certains dirigeants de la COB frappent aux portes de l’état-major [des armées] en vue de fomenter un coup d’Etat ; ils ré- clament maintenant à cor et à cris que la police se mutine pour qu’il y ait un coup d’Etat ; ce n’est plus une revendication, c’est une action politique ; c’est pourquoi j’appelle tous les camarades à défendre d’abord la démocratie et à défendre ce processus de changement. » Et d’appeler ses partisans, en par- ticulier les organisations paysannes qui le soutiennent encore, à descendre à leur tour dans la rue, contre la COB et les travailleurs en lutte.

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Il y aura un avant et un après cette grève. Dès à présent, deux grands enseignements peuvent en être tirés.

Le premier est que la classe ouvrière bolivienne est de retour. Les grandes mobilisations populaires et les mouvements semi-insurrectionnels du début des années 2000, dont le débouché institutionnel fut l’élection de Morales à la présidence, étaient fondamentalement le fait des paysans (dont les cocaleros, producteurs de feuilles de coca) et de secteurs urbains marginalisés. Le mouvement ouvrier, avec toujours à son avant-garde les mineurs, reprend au- jourd’hui le fil d’une geste révolutionnaire qui est incomparable dans l’histoire des luttes du continent. Le second est que le projet de ce « capitalisme andin » , plus ou moins indépendant de l’impérialisme et plus ou moins démarqué du néolibéralisme, théorisé par le vice-président Garcia Linera, rencontre désor- mais ses limites. Plus généralement, si l’on considère aussi la crise du régime chaviste consécutive à la mort de son fondateur, ou le discrédit croissant qui frappe le régime Kirchner en Argentine, la question est posée de savoir si l’on n’est pas en train d’assister au début de la fin du « progressisme » latino-américain. Si c’était le cas, les responsabilités du mouvement ouvrier n’en seraient que plus écrasantes. Sa capacité ou non à offrir une alternative, en re- groupant autour de lui tous les secteurs exploités et opprimés, sera décisive. De ce point de vue, il convient de suivre de près – et naturellement de sou- tenir – le processus que la COB vient d’engager vers la formation d’un Parti des travailleurs. 

Par Jean-Philippe Divès Mardi 4 juin 2013 Publié dans : Revue Tout est à nous ! 44 (juin 2013)

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07 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Hollande couronné à l’Unesco : la Françafrique célèbre la paix en répandant la guerre (Essf)

Hollande couronné à l’Unesco : la Françafrique célèbre la paix en répandant la guerre (Essf) dans Altermondialisme affiche-guerr-mali_0.preview_0-206x300

François Hollande recevra mercredi le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix.

A travers ce prix de l’UNESCO, c’est un triple hommage qui est rendu par la Françafrique à son parrain feu- le président kleptocrate ivoirien, à la guerre comme résolution des conflits, et aux dictateurs « [amis de la France » qui entoureront le Président français. Pour l’association Survie, la remise de ce prix au Président français est révoltante à plusieurs titres.

En premier lieu, l’intitulé de ce prix, décerné chaque année par l’UNESCO, et l’hommage ainsi rendu à Houphouët-Boigny apparaissent tout à fait scandaleux si l’on se réfère au rôle joué par cet ancien président ivoirien dans le sabotage des projets indépendantistes et souverainistes en Afrique, la multiplication des conflits, la longévité des dictatures et dans le pillage des ressources de son propre pays, dirigé d’une main de fer pendant 30 ans.

En second lieu, la remise de ce prix au Président français, dans le contexte que connaissent le Mali et le Sahel sonne comme un étrange hommage à la guerre. Le Président français est en effet le chef militaire d’une opération massive, mobilisant un véritable arsenal offensif, lancée sans véritable mandat international, au bilan humain (victimes, prisonniers) à ce jour inconnu et dont les répercussions dans la sous-région (Niger, Algérie) et au-delà (Cameroun, Nigeria, Libye, Tchad) s’avèrent fort préoccupantes. Est-il possible à ce stade d’imaginer que cette guerre au Mali, instrumentalisée en « guerre contre le terrorisme » pour dissimuler des ambitions de puissance de la France en Afrique soit porteuse de valeurs de paix et de stabilité susceptibles d’être célébrées à l’UNESCO ?

Enfin, au moment de recevoir ce prix, François Hollande sera entouré de nombreuses personnalités africaines contestables, parmi lesquelles l’ancien président ivoirien Konan Bédié, chantre de l’ivoirité et le sénégalais Abdou Diouf, ex-garant de l’influence française au Sénégal et désormais dans tout l’espace francophone. Il sera surtout entouré par plusieurs chefs d’Etat en exercice dont la politique est marquée par la violence : Blaise Compaoré, dictateur du Burkina Faso, indirectement impliqué dans les conflits les plus sanglants d’Afrique de l’Ouest ; Alassane Ouattara, président de la Côte d’Ivoire, imposé par les armes françaises ; Mohamed Ould Abdel Aziz, président putschiste de la Mauritanie ; Idriss Déby Itno, dictateur du Tchad, qui voit là une nouvelle marque de reconnaissance suite à son intervention au Mali aux côtés des forces françaises, malgré la nature de plus en plus répressive de son régime . Devant ces chefs d’Etat « amis », François Hollande doit prononcer un discours annoncé comme « important » qui s’apparentera à un tour de chauffe, en prévision du Sommet sur la sécurité qui se tiendra à Paris en décembre. Le premier sommet « France-Afrique » d’un Président français qui a pris ses aises dans le décorum de la Françafrique.

Survie demande à l’UNESCO, de supprimer le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, dont l’appellation est une insulte aux démocrates et pacifistes africains, et à François Hollande, peu digne de recevoir une décoration vu son passif en matière de politique africaine depuis son élection [1], de décliner ce prix.

TCHAD : La France Déby trice !

Le dictateur tchadien Idriss Déby 1er doit se frotter les mains car il a réussi un coup de maître ! En envoyant 2000 soldats tchadiens soutenir le maître français, Idriss 1er avait bien flairé le coup. Le 13 mai, les soldats tchadiens rentrés au pays ont défilé sous les acclamations de la foule. Il fallait bien capitaliser cette participation des FATIM (forces armées tchadiennes en intervention au Mali ). Désormais et c’est là le coup de maître, Idriss Déby 1er peut continuer à tuer les opposants, falsifier les votes et continuer son règne…La France a une dette à son égard. Chapeau bas Monsieur le dictateur mais les forces anti-impérialistes elles ne vous donneront jamais un chèque en blanc…A bon entendeur.  Moulzo 7 juin 2013

http://www.afriquesenlutte.org/afrique-centrale/tchad/article/tchad-la-france-deby-trice

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03 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Le monde produit plus d’automobiles que de pétrole pour les faire rouler (Reporterre)

Le monde produit plus d’automobiles que de pétrole pour les faire rouler (Reporterre) dans Altermondialisme essence

Plus de voitures produites que de pétrole : pour l’instant, cela passe, parce que, dans les pays du sud, elles roulent relativement peu. Mais la crise d’approvisionnement est programmée. Durant les dix dernières années, la production mondiale d’automobiles est passée de 41 millions d’unités à 63 en 2012, soit une augmentation de 52 %. Presque deux tiers de cette augmentation est le fait de la Chine. Mais durant la même période, les combustibles liquides n’ont vu leur production s’élever que de 16 % : il y a un décalage évident. Sur le graphique, on constate qu’en 2005, la production automobile mondiale a commencé à croitre plus vite que les combustibles disponibles. Incidemment, cette date correspond au début du pic de pétrole. La crise financière de 2007-2008, induite par la coïncidence de prix du pétrole élevés et de la dette accumulée, a interrompu la croissance, mais pas dans les pays du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du sud).

Comment expliquer ce fossé entre la production d’automobiles et celle de pétrole ?

Dans les pays du BRICS, le nombre de voitures produites était avant 2005 inférieure au volume de consommation de pétrole de ces pays. Cela a changé après 2005. La situation est supportable parce que les voitures des BRICS roulent moins que dans les pays du nord, et consomment moins. Mais si cela changeait, cela conduirait à un fossé de production de pétrole de plus de 25 millions de barils par jour, soit un quart de la production mondiale de ce liquide… Le conflit est programmé.

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Les statistiques sont ici

Source : Camille Martin pour Reporterre, traduit de Crude oil peak. lundi 3 juin 2013 - Traduction de l’article « World car production grows 3 times faster than global oil supplies » par Matt Mushalik, paru dans Crude oil peak 

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03 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Turquie : OccupyGezi

Turquie : OccupyGezi dans Altermondialisme turkiec

Rassemblement de soutien aux campeurs du Parc de Gezi à Taksim

Nous appelons à exprimer votre solidarité en participant au rassemblement le mardi 4 juin à de 19h à la Fontaine des Innocents. Nous condamnons le recours excessif à la force contre des manifestants pacifiques à Taksim en Turquie. Nous sommes préoccupés par l’usage excessif de la force, y compris spray de gaz poivré contre des manifestants pacifiques dans un parc au centre d’Istanbul.

Gezi Park à Taksim, Istanbul, est confronté à la démolition pour donner place à la construction d’un centre commercial. Des milliers de manifestants opposés à ce projet campent dans le parc depuis plusieurs jours. Depuis le début de l’occupation du parc, plusieurs milliers de personnes sont venues témoigner de leur soutien : des associations culturelles, des syndicats, des groupes d’artistes, d’étudiants, des défenseurs de la nature, des anticapitalistes…

Le vendredi 31 mai à l’aube, la police est intervenue pour détruire leurs tentes, et a utilisé du gaz poivré pour disperser les manifestants. Plus de 23 manifestants ont été grièvement blessés. Les droits fondamentaux internationaux exigent que lors des dispersions, les policiers évitent l’utilisation de la force. Nous appelons l’ouverture d’une enquête rapide, indépendante et impartiale sur les allégations d’excès et l’utilisation inutile de la force, et de veiller à ce que les fonctionnaires de la police responsable d’usage arbitraire ou abusif de la force soient poursuivis. Nous exprimons notre solidarité avec ce mouvement et appelons à un rassemblement de soutien aux campeurs de Gezi Park à Taksim.

Le rassemblement de ce mardi à 19h se veut une manifestation de soutien à la lutte pour la sauvegarde de Gezi park et contre les violences faites par la police. Par conséquent, l’objectif est d’informer l’opinion publique française et de sensibiliser la société française (syndicats, partis politique, citoyen,…) pour que de tels comportements policiers ne se produisent plus ni en Turquie ni dans d’autres pays. Il ne s’agit pas d’une lutte « nationale » mais bien d’une lutte internationale pour un autre monde. Aussi, nous ne permettrons pas les banderoles des organisations politique turque, ni la présence des drapeaux, ni le portrait de qui que ce soit. Tout les nationalistes de tous bords sont priés de ne pas venir déranger notre manifestation. Nous essayons d’organiser une prise de paroles des organisations et des partis politiques français pour soutenir notre lutte. Parce ce qu’un autre monde, sans drapeau, sans étiquette, international et de solidarités entre les peuples est possible.

Les premiers signataires:

  • L’ACORT -L’Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie
  • Ligue des droits de l’Homme – LDH
  • Assemblée européenne des citoyens (AEC-HCA France)
  • CEDETIM – Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale
  • Réseau IPAM – Initiatives pour un autre monde
  • FTCR- Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rive
  • ATMF- Association des Travailleurs Maghrébins de France
  • Comité pour le Respect des libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie
  • FASE (Fédération pour une Alternative Sociale et écologique)

Lien : http://www.demosphere.eu/rv/26715
Source : https://www.facebook.com/events/1265593742168
Source : message reçu le 2 juin 20h

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02 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Manifestations européennes du 1er juin : Unis contre la Troïka (Esther Vivas)

Manifestations européennes du 1er juin : Unis contre la Troïka (Esther Vivas) dans Altermondialisme 20120417_portugal-troika

Qu’est-ce que la Troïka ? Il y a à peine un an, bien peu de monde pouvait répondre à cette question (dans l’Etat espagnol, NdT). On connaissait sa réputation, en rien flatteuse, pour ses agissements en Grèce.

La Troïka était synonyme d’austérité, d’ajustements et de coupes ou, ce qui revient au même, de pénurie, de faim et de chômage. Mais ce n’est pas avant son arrivée avec le « sauvetage » tellement nié de juin 2012 que les « hommes en noir » et la « Troïka » nous sont devenus familiers. Aujourd’hui, un an après, les gens, excédés, sortent dans les rues pour dire haut et fort : « Troïka, go home ! ». L’histoire se répète. De la même manière que dans de nombreux pays du Sud dans les années 1990 et 2000 nous avions pu voir des manifestations massives contre le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale, accusés par ces peuples de les condamner à la misère, aujourd’hui les gens manifestent chez nous contre la Troïka : FMI, Commission européenne et Banque centrale européenne. On a simplement échangé une banque contre une autre de la même espèce.

La logique, elle, est toujours la même. Les rapports centre-périphérie qui se développaient avant au niveau mondial se reproduisent aujourd’hui au sein de l’Union européenne. Nos pays de la périphérie du continent sont devenus de nouvelles colonies, ou des sources de profit, du capital financier. Si, dans les pays du Sud, on appliquait les dénommés « Plans d’Ajustement Structurels » qui se voulaient rendre plus « soutenable » la dette – comme si la misère et la pauvreté auxquelles on soumettait les peuples pouvait être « soutenable » - ; on nous parle aujourd’hui ici « d’aides » et de « sauvetages » qui nous plongent également dans la misère.

La dette constitue toujours le joug qu’on impose aux pauvres. Un mécanisme de contrôle et de soumission des peuples. Un instrument infaillible de transfert des richesses ou, pour être plus précis, de spoliation, du Sud au Nord, que ce soit à l’échelle mondiale ou européenne. Et un prétexte pour réduire les droits sociaux de la majorité et générer plus de profit pour le capital en coupant dans les services publics et en les privatisant. Le rembourse- ment qu’ils nous imposent d’une qui n’est pas la nôtre est l’excuse parfaite pour appliquer un plan longuement planifié. De cette manière, l’escroquerie s’habille en crise et le vol en dette. C’est à marche forcée que nous avons appris la signification du mot « Troïka » mais aussi d’autres concepts comme « indignation », « rébellion » et « désobéissance ». Et nous nous dressons aujourd’hui, dans plus de 100 villes de toute l’Europe, en tant que « Peuples unis contre la Troïka ». Parce que nous le pouvons.

Source :
http://esthervivas.com/2013/06/01/unidos-contra-la-troika/
Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera

Plus d’infos sur les mobilisations de ce week-end :
http://queselixeatroika15setembro.blogspot.pt
http://www.blockupy-frankfurt.org/en/

http://www.avanti4.be/actualite/article/manifestations-europeennes-du-1er-juin-unis

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29 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Deux millions de manifestants contre Monsanto (Rue 89)

Deux millions de manifestants contre Monsanto (Rue 89) dans Altermondialisme evil-corporations-copy

Vous le saviez, vous ? A l’appel d’organisations écologistes, ils étaient « deux millions » (selon les organisateurs, la police n’a pas compté) à défiler aux quatre coins du monde contre les agissements de la firme Monsanto le samedi 25 mai 2013.

Oui, oui, la veille même des « un million » de  « manifestants pour tous » (mais anti-mariage pour certains). Ah, je sais, les chiffres, les chiffres ! Rions en passant sur le million de « manifestants pour tous » contenus sur une esplanade des Invalides de 133 925 m2, ce qui aurait signifié un entassement de 7,47 corps frémissants par m2, chose évidemment impossible, sauf à les voir tous couchés de manière inconcevable les uns sur les autres. Mais revenons à nos moutons, enragés ou culs-bénits, quel qu’en soit le nombre exact. Si la « manif pour tous » fut un incontestable succès, celles contre les agissements de Monsanto ne le furent pas moins au niveau planétaire. Or rien sur ces dernières dans nos médias, quand leurs unes débordaient des exploits de la première. Blackout médiatique presque aussi complet, il faut le reconnaître, sur les récentes manœuvres des « partenaires » empressés de la firme américaine.

La Commission européenne à la manœuvre

Je veux parler de nos braves technocrates de la Commission européenne qui se sont montrés fort actifs depuis le début de cette année :

  • autorisation de la reprise de l’utilisation des farines animales (produites par qui ?) dans la nourriture de nos bestiaux aquatiques de consommation courante ;
  • limitation drastique du nombre de semences autorisées (produites par qui ?) et interdiction pénale de toutes les autres ;
  • pressions en tout genre pour faire légaliser l’exploitation et la commercialisation des OGM (produits par qui ?) dans l’Union européenne.

Sans doute y ont-ils même laissé toutes leurs forces tant ils montrent peu de zèle à faire appliquer leurs quelques rares et timides décisions un tant soit peu contraires aux intérêts de ces grandes firmes, comme celles prohibant (en principe) l’utilisation des pesticides tueurs d’abeilles. Et ce n’est pas ce pauvre Parlement européen (avec ou sans Bové) qui risque de faire opposition. Privés du pouvoir de faire des lois, nos chers « représentants des peuples » ne peuvent qu’y émettre de vagues résolutions.

Les moutons enragés dans la rue

Bref, à part la rue et sa désobéissance civile, plus grand monde pour s’opposer aux méfaits de pieuvres genre Monsanto et de leurs affidés politiques ou technocrates. Ce que firent deux mil… un certain très grand nombre de personnes dans 436 villes de 52 pays (de ça, on est au moins sûr). Réclamant sinon l’interdiction des lois protégeant outrageusement les intérêts de la firme américaine, du moins l’indication de la présence de ses produits dans la composition figurant sur les étiquettes. Mais même ça, tu parles, Charles ! Oh bien sûr, ils n’étaient que quelques centaines sur la place du Trocadéro à Paris ou encore à Strasbourg, mais des centaines de milliers aux Etats-Unis ou dans les villes d’une Amérique latine particulièrement concernée. Bon vous me direz, protégé par la coalition des technocrates vendus, des politiques corrompus et des médias aux ordres (je pèse l’emploi de tous ces qualificatifs), Mon- santo se fout totalement de ces doléances et garde son œil exorbité sur la seule courbe avantageuse de son action boursière. Mais voilà, il faut de tout pour faire un monde et des sujets de chroniques. Quitte à choisir entre la meute des moutons enragés écologistes s’inquiétant du contenu de leurs assiettes et le troupeau des âmes ulcérées s’occupant de culs qui ne sont pas les leurs, y a pas photo, comme on dit.

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27 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Contre l’agrobusiness, quelle agriculture paysanne?

Contre l’agrobusiness, quelle agriculture paysanne?  dans Altermondialisme usa-afrique

Pourquoi s’intéresser à l’agriculture et l’alimentation ?

Parce-que tout simplement, sans cultiver la terre et sans manger, un autre monde n’est pas possible. N’oublions pas que dans les pays en crise, se nourrir redevient une priorité absolue. Parce-que cette thématique est à cheval entre travail et nature (on produit depuis la nature avec elle), elle se situe donc entre social et écologique, elle combine revendications immédiates et projet émancipateur (demander de plafonner les aides de la PAC, c’est privilégier les modes de production plus respectueux de l’environnement par exemple).  C’est une bataille globale mais se décline aussi en expériences locales (paniers de légumes, coopératives alimentaires…). Enfin elle est sectorielle (puisque il s’agit d’un combat syndical dans la paysannerie) et en même temps concerne l’ensemble de la population quand il s’agit d’alimentation. La question agricole n’est donc pas uniquement une question écologique, elle touche des travailleurs, certes plus si nombreux dans le Nord, mais très majoritaires dans le Sud. Je vais essayer de développer en quoi on peut tirer un bilan très négatif de l’industrialisation du travail agricole en termes d’exploitation et d’aliénation, et les implications de ce constat pour notre projet éco-socialiste. Aussi je m’attarderais sur les aspects, les innovations dans le monde agricole qui questionnent ce même projet : démocratie, propriété privée, relocalisation de la production, l’agriculture est un laboratoire plein de richesses !

  1. Industrialisation du travail agricole :

Depuis les années cinquante, après guerre on assiste à l’industrialisation du travail agricole, ce qui a des conséquences désastreuses.

  • une fracture de classe au sein de la paysannerie apparaît clairement: disparition des petites fermes et énormes disparités entre petites et grandes exploitations et pauvreté dans les populations paysannes du Sud (ce sont les paysans ou anciens paysans dans le Sud qui sont les plus pauvres).

En France par exemple on assiste à une chute vertigineuse du nombre d’exploitations : de 2 millions en 1955 on est  passés à moins de 300000 aujourd’hui. Ce phénomène s’accompagne d’une concentration des terres et du capital : moins de fermes signifie nécessairement que celles qui restent tendent à être plus grandes : En 1955, 80% des exploitations comptaient moins de 20 hectares de superficie agricole utilisée (SAU) et 0.8% seulement occupaient plus de 100 hectares. En 2000, 12% des exploitations dépassent 100 hectares et occupent 46% de la SAU. 30% d’exploitations comptent moins de 5 hectares mais représentent 1.5% de la SAU totale. Les disparités sont donc de plus en plus marquées, entre les grandes et les petites fermes, il s’agit de deux mondes qui se côtoient mais n’ont absolument pas les mêmes intérêts. Entre une exploitation de montagne, qui dégage un très petit revenu, et les céréaliers businessmen des plaines céréalières, il n’y a que le mythe de l’unité du monde agricole qui peut les rapprocher.

Et pendant que le monde agricole subit un plan social plus brutal que celui du monde industriel, le nombre de salariés agricoles augmente, ainsi que les formes sociétaires d’exploitations agricoles. Ce-ci signifie que le modèle de la petite paysannerie laisse la place à un modèle capitalistique de l’exploitation agricole, où le paysan devient chef d’exploitation, patron de salariés agricoles. Sa ferme devient une société complexe. La division de classe est également visible dans le monde agricole en fonction des revenus : les disparités sont très importantes. Pendant que le quart des agriculteurs a une revenu inférieur à 12 000 euros par an, le revenu moyen par actif non salarié a augmenté de 88%, étant entendu que la part des subventions dans la formation du revenu est considérable puisqu’elle atteint plus de 80% du revenu en 2004. Mais pourquoi donc ? La Politique Agricole Commune est un véritable levier de classe, puisque les subventions accordées dépendent des hectares possédés… Plus t’en a, plus tu touches. Dans ce contexte d’accroissements des disparités, la salarisation du travail agricole est inéluctable. Elle s’accompagne de précarisation, due à la difficulté d’organisation dans ses secteurs et à l’augmentation du travail saisonnier (causée aussi aux exonérations fiscales). En somme l’abandon du modèle de la ferme familiale, donne la place à des exploitations agricoles de taille importante, qui emploient une main d’œuvre extérieure dans des conditions de plus en plus difficiles. Par exemple, le risque de percevoir un bas salaire dans l’agroalimentaire est 2.5 fois plus élevé que dans l’industrie.

Ces données de base permettent de comprendre les mécanismes fondamentaux déterminant les conditions du travail paysan. La pression économique étrangle littéralement en permanence une partie de la paysannerie. Elle conditionne la surexploitation de ceux qui surnagent avec peine. La concurrence acharnée pèse aussi sur le niveau de rémunération du salariat agricole et à privilégier les salariés précaires. Au début des années 2000, 26.4% des ménages sont pauvres chez les agriculteurs et les salariés agricoles contre 14% dans l’ensemble de la population. La surexploitation économique de la petite paysannerie et du salariat agricole est donc un trait caractéristique de l’agriculture sous domination capitaliste. La phase de mondialisation du capital l’a puissamment accentuée.

  • souffrance physique et psychique au travail dans l’agriculture et l’industrie agro-alimentaire

Cette surexploitation économique induit une surexploitation physique et psychique tant des petits paysans que des ouvriers agricoles. Le paysan pour survivre va devoir dépenser sa force de travail sans compter et sans souci de sa préservation. Se met ainsi en place un mécanisme d’autoexploitation. Qui peut conduire à la maladie professionnelle (travail agri pénible et difficile, produits dangereux…) En 2005, le taux de suicide des ouvriers agricoles de 25-54 ans est de 69/100 000, plus élevé que celui de 42/100 000 des agriculteurs exploitants, à comparer au taux de 33/100 000 dans la population générale. Quelles sont les spécificités du monde agricole qui aboutissent à cette situation : isolement social, misère affective et sexuelle, l’activité paysanne est une affaire de plusieurs générations, ce qui amplifie le sentiment d’échec. Un autre élément très important est la transformation du travail d’élevage en production animale est une source de souffrance pour les éleveurs et les travailleurs. La dépendance économique de nombreux éleveurs aux grands groupes agroalimentaires a pour effet de transformer le travail de l’éleveur en faux travail indépendant.

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Intervention de Roxanne Mitralias à l’école anticapitaliste le 17/03/2013 Par Roxanne Mitralias le Dimanche, 26 Mai 2013

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27 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Du Bangladesh à l’Indonésie. «Ce que nous pouvons faire pour les vivants» (Al’E)

Du Bangladesh à l’Indonésie. «Ce que nous pouvons faire pour les vivants» (Al'E) dans Altermondialisme bangladesh

«Prie pour les morts et bats-toi férocement pour les vivants!»
Mother Jones (1837-1930)

Alors que le nombre de morts parmi les travailleuses du textile dans l’effondrement d’un bâtiment au Bangladesh a atteint plus de 1100 personnes, il est temps de commencer à protéger les vivants de prochains «accidents» ainsi que de la pauvreté écrasante de salaires de famine. Déjà, alors que j’écrivais cet article, au moins deux travailleurs ont été tués au Cambodge à la suite de l’effondrement du toit d’une usine de baskets. Lorsque des entreprises transnationales sont prises dans un désastre aussi terrible pour leurs «relations publiques» que la mort des travailleuses au Bangladesh, la réponse classique consiste à annoncer qu’elles vont signer un code de conduite afin d’assurer que cela ne surviendra jamais plus. Ces codes de conduite possèdent généralement deux choses en commun: ils sont inefficaces et n’apportent pas grand-chose si ce n’est rien dans la capacité des travailleuses à se défendre elles-mêmes. Dans les semaines qui ont suivi le désastre du Bangladesh, un groupe d’entreprises transnationales – comprenant Calvin Klein, Tommy Hilfiger et Izod – ont bien entendu annoncé soutenir un nouveau code de conduite dont elles affirment qu’il encouragera des normes de construction sûres en mettant en place des inspections d’usine indépendantes. Elles ne prétendent même pas «allouer» des salaires décents, des conditions de travail sûres ni même le droit d’organiser des syndicats.

Ainsi que deux journalistes du New York Times, Steven Greenhouse et Jim Yardley, l’écrivent la réalité est que «non seulement les salaires sont les plus bas au monde, mais aussi que les syndicats, qui font face à des obstacles à leur organisation, sont largement absents des usines textiles. Certaines travailleuses qui ont tenté d’organiser des syndicats ont été licenciées ou harcelées.»  Mais même ce nouveau code inefficace a pourtant été considéré comme allant trop loin par des entreprises comme Gap et Traget, ainsi que pour Wal-Mart et J.C. Penny, qui vendent des jeans fabriqués dans l’édifice qui s’est effondré. Gap a déclaré qu’elle craignait que des entreprises américaines soient poursuivies en justice si des travailleuses mouraient dans un incendie d’usine ou dans son effondrement.

Il existe des dizaines de ces codes de conduite. Dans son ouvrage Monitoring Sweatshops [littéralement «surveiller les ateliers de sueur»; Ed. Temple University, 2004], Jill Eshenshade cite Enriqueta Soto, une travailleuse du vêtement qui a travaillé dans une entreprise de Los Angeles «soumise» à ces codes: «J’ai travaillé pendant 17 ans dans l’industrie textile. Mon expérience dans cette industrie était vraiment difficile. Dans la plupart des ateliers aucun salaire minimum n’est garanti. Le travail supplémentaire n’est pas payé. Les vacances ne sont pas payées. Il n’y a pas de congés payés. Nous n’avons pas d’assurance-maladie. Selon mon expérience, là où existe un système de contrôle les conditions sont identiques. Nous ne pouvions pas nous plaindre auprès des personnes qui faisaient ces contrôles. Lorsque l’une de mes collègues a décidé de parler aux fabricants, lorsqu’elle a décidé d’élever la voix, ils ont simplement décidé de nous punir, ils nous ont donc retiré le travail. Ainsi 400 d’entre nous avons perdu notre emploi. Ils ont fermé l’usine.»   

La Fair Labor Association (FLA – Association pour le travail juste) soutient le code de contrats d’entreprise le plus connu. Ce code se présente avec un pedigree d’entreprise impeccable puisqu’il a été créé par des entreprises transnationales du vêtement en accord avec le président d’alors, Bill Clinton. La FLA est financée par les mêmes entreprises qu’elle est censée contrôler parmi lesquelles Nike, Reebok et Adidas. Aussitôt que les entreprises signent le code FLA, elles peuvent coudre un label sur leurs vêtements certifiant qu’ils ont été produits dans de justes conditions. Il ne s’agit pas seulement de bonne publicité, mais il y a très peu de risques qu’elles soient attrapées violant le code. Seules 10% des usines d’une entreprise sont inspectées chaque année et les entreprises peuvent sélectionner leurs propres contrôleurs. Dès lors qu’une entreprise sait à l’avance quelles sont les usines qui seront contrôlées, il faudrait être incroyablement idiot ou paresseux pour être attrapé. Bien que le code de conduite comprenne la «reconnaissance des droits des travailleurs à la liberté d’association et à la négociation collective», le FLA protège avec constance les entreprises contre les travailleurs:

• L’entreprise Primo, au Salvador, qui a signé sa participation à la FLA, Eddie Bauer, a licencié et placé sur liste noire les membres syndiqués de son usine de telle sorte qu’aucune autre entreprise ne les emploie.

• Les travailleurs de l’usine mexicaine Kukdong, qui fabrique des chaussures pour Nike, furent battus par la police antiémeute alors qu’ils revendiquaient leurs droits. Nike a fait mention de Kukdong comme d’une usine modèle.

• Des centaines de travailleurs de l’usine PT Victoria, en Indonésie, ont perdu leur emploi après avoir travaillé plusieurs tours de 24 heures afin de terminer des commandes passées par Eddie Bauer. La FLA a accrédité les standards de travail d’Eddie Bauer malgré le fait qu’elle devait plus d’un million de dollars aux travailleurs.

• Gildan Acrivewwear, un autre adhérant de la FLA, a licencié illégalement plusieurs dizaines de travailleurs qui tentèrent d’organiser un syndicat. Cela n’a pas empêché la FLA de garder Gildan comme membre de plein droit.

 La United Students Against Sweatshops (USAS – Etudiants unis contre les «ateliers de sueur») a développé le Workers Rights Consortium (WRC – consortium des droits des travailleurs) comme alternative à ces codes de conduite pro-entreprise. L’USAS a apporté le dynamisme des mouvements étudiants dans les campagnes pour la responsabilité sociale [des entreprises] par des sit-in, des débats publics et des manifestations ainsi qu’en faisant parler dans les universités de véritables travailleurs de sweatshop. Le WRC exige des entreprises qui fabriquent des vêtements pour les collèges et les universités de respecter un code qui comprend des salaires décents, la protection des droits des femmes, une information publique, des contrôles indépendants ainsi que – ce qui est peut-être le plus important de tout – le droit d’organiser des syndicats. Les universités parties achètent des vêtements provenant uniquement des fabricants qui adhèrent à ce code. Les entreprises qui violent le code peuvent perdre leur accord de licence ainsi que, avec elle, l’accès au business lucratif que constitue la vente de vêtements portant le nom et le logo d’universités.

A la différence de la FLA, le WRC contrôle 30% de toutes les usines couvertes par le code et toutes les usines dans un pays dans lequel les droits élémentaires des travailleurs sont inexistants. Les syndicats locaux, des associations des droits humains ainsi que des groupes religieux, et non les entreprises, décident quelles sont les usines à inspecter. Lorsqu’ils discutent avec des travailleurs cela se passe dans des localités éloignées des usines, dans un endroit choisi par les travailleurs eux-mêmes. C’est là une garantie à ce que les employeurs n’interfèrent pas dans les contrôles. L’importance de l’USAS et du WRC va au-delà du nombre de travailleurs couverts par leur code, fabriquant des vêtements pour le relativement petit marché des collèges et universités. Ces groupes font la démonstration que les entreprises peuvent être contraintes à payer des salaires décents et à fournir des conditions de travail sûres plutôt qu’œuvrer dans des ateliers de sueur. Par-dessus tout, en insistant sur le droit d’organiser des syndicats, ils permettent aux travailleurs et travailleuses d’être eux-mêmes en capacité de gagner les changements dont ils ont besoin.

Les travailleurs et travailleuses n’ont pas besoin de contrôleurs indépendants pour identifier les problèmes dans leurs ateliers. Les travailleurs et travailleuses du vêtement qui sont morts dans le bâtiment qui s’est effondré au Bangladesh savaient que la structure était dangereuse: ils-elles ne sont entrés qu’une fois que les employeurs les menacèrent de baisser leurs salaires ou de les licencier. Les travailleurs n’ont pas besoin de statisticiens pour évaluer le montant d’un salaire décent: ils connaissent la réalité quotidienne qui est celle de tenter de nourrir leurs familles. Tout ce dont les travailleurs et travailleuses ont besoin c’est de la capacité de réaliser des changements qui leur soient favorables, des changements qu’ils maîtrisent, au cours de conflits. Cela débute par la reconnaissance des syndicats et la négociation collective, qui est le résultat d’une bataille, un moment de «paix» dans une lutte de longue durée. Les étudiant·e·s du monde et les syndicats ensemble peuvent aider fortement les travailleurs à améliorer leurs conditions de vie en combattant pour les droits des travailleurs autour de la planète. C’est ce qui fait de la United Students Against Sweatshops et du Workers Rights Consortium un espoir pour l’avenir.

Publié par Alencontre le 27 – mai – 2013 Par Sandy Boyer (Traduction A l’encontre;  article publié le 21 mai 2013 dans SocialistWorker.org)

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24 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Les transgéniques : 20 ans à alimenter ou à leurrer la planète? (Lcr.be)

Les transgéniques : 20 ans à alimenter ou à leurrer la planète? (Lcr.be) dans Altermondialisme moutonnoir

Généreusement entretenus par l’industrie des OGM, les mythes sur les soi-disant bénéfices des cultures transgéniques persistent.

On peut résumer à cinq les mensonges que cette industrie répand : que les transgéniques alimentent la planète, qu’ils sont plus productifs, qu’ils per- mettront d’éliminer l’utilisation des produits agrochimiques, qu’ils coexistent harmonieusement avec les autres cultures et qu’ils sont parfaitement inoffensifs pour l’environnement et la santé. C’est facile de dévoiler ces mensonges; il suffit de porter un regard calme et objectif sur ce qui se passe vraiment sur le terrain, en se basant sur les données de l’industrie elle-même. La conclusion, après vingt ans de plantations transgéniques commerciales, est claire : aucune des promesses ne s’est réalisée, bien au contraire. Examinons les cinq points un par un. Un article de GRAIN, publié dans le numéro 13 de la revue Soberanía Alimentaria.

PREMIER MYTHE. Les cultures transgéniques élimineront la faim dans le monde.

C’est probablement l’argument préféré de ceux qui font la promotion de cette technologie. Ils le répètent sur toutes les scènes « sans les OGM, nous ne pourrons alimenter une planète qui compte chaque jour plus d’habitants. » Mais trois constatations remettent les choses à leur place :

  • Les données de la FAO montrent clairement, année après année, qu’au niveau mondial, la production d’aliments est plus que suffisante pour nourrir tout le monde. La faim n’est pas simplement une question de productivité, c’est aussi une question d’accès à la terre et aux autres ressources nécessaires pour produire les aliments. En fin de compte, la faim est une conséquence de la pauvreté et de l’exclusion!
  • Les cultures transgéniques produites commercialement aujourd’hui n’ont pas été conçues pour combattre la faim dans les pays du Sud. Il ne s’agit pas de céréales destinées directement à l’alimentation des personnes. Au contraire, aujourd’hui, quatre cultures, le soja, le maïs, le colza et le coton, s’accaparent presque toute la superficie des cultures transgéniques sur la planète. Les trois premières sont destinées presque exclusivement à la production d’aliments pour les animaux aux États-Unis et en Europe, de combustibles pour les véhicules et d’huiles industrielles, alors que la dernière est utilisée pour la fabrication de vêtements.
  • En revanche, il existe une très douloureuse corrélation directe entre la croissance des cultures transgéniques et celle de la faim dans le monde rural. Dans des pays comme le Brésil et l’Argentine, les gigantesques plantations de maïs et de soja transgéniques – baptisées déserts verts – expulsent les habitants de leurs terres et les privent – les volent – de leurs moyens de subsistance. Et effectivement, la faim, la misère et les empoisonnements sont les conséquences pour beaucoup de gens de la campagne. Les cultures transgéniques occupent des millions d’hectares de terres agricoles fertiles que l’on pourrait utiliser pour produire des aliments! L’année où l’on a planté pour la première fois des cultures commerciales d’OGM, environ 800 millions de personnes souffraient de la faim dans le monde; maintenant, avec des millions d’hectares de cultures OGM, on en compte plus de 1 000 millions. Pourquoi?

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