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04 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Stopper l’extension des politiques de libre-échange (attac)

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Une neuvième conférence ministérielle de l’OMC débute ce mardi 3 décembre à Bali (Indonésie), comme une énième tentative de faire aboutir le cycle de Doha, lancé au Qatar en 2001. Les importantes mobilisations de la société civile, notamment à Cancun en 2003, et les désaccords intervenus entre les pays membres, notamment sur l’agriculture, ont pour l’instant limité une nouvelle expansion des politiques de libre-échange et d’investissement au sein de l’OMC.

Le nouveau directeur général de l’OMC, le brésilien Roberto Azevedo, avait fixé pour objectif d’arriver à Bali avec une proposition d’accord clef en main que les ministres des 159 pays membres n’auraient eu qu’à signer. Après d’ultimes négociations à Genève la semaine dernière, il a du reconnaître qu’aucun accord n’avait été trouvé sur les dix textes en préparation, portant sur « la facilitation des échanges », « l’agriculture » et le « développement », et que c’était désormais aux ministres « de décider quel sera l’avenir de tous les problèmes mis sur la table, et aussi quel sera l’avenir de l’OMC ».

Après l’annonce de l’échec des négociations de Genève, les observateurs craignent que le directeur de l’OMC et les pays qui ont le plus à gagner d’un éventuel accord, adoptent à Bali une stratégie « à prendre ou à laisser », au détriment de ceux qui ont le plus à perdre. Les pays du Nord font valoir qu’un accord sur la facilitation des échanges, visant à simplifier les procédures douanières, pourrait diminuer de 10 % les coûts des échanges commerciaux. Comprenant des exigences de libéralisation et d’accès facilités aux marchés, les mesures de « facilitation des échanges » seraient extrêmement coûteuses à mettre en œuvre pour les « pays en voie de développement » et profiteraient surtout aux entreprises multinationales, sans que les pays industrialisés ne fournissent une assistance technique et financière pour leur mise en œuvre.

Par ailleurs, le point dur des négociations reste l’agriculture. Alors que les États-Unis et l’Union européenne soutiennent leur agriculture avec des subventions publiques d’un montant respectif de 130 milliards de dollars et de 79 milliards d’euros par an, ils refusent que des pays en développement, tels que l’Inde, puissent en faire de même dans la perspective d’assurer leur « sécurité alimentaire ». Ainsi, les pays du Nord s’opposent à une proposition provenant du G33, un groupe de 46 pays « en développement », visant à leur permettre de soutenir les paysans et leur agriculture, réduire les risques de famine et atteindre leurs objectifs du millénaire en termes d’alimentation.

Les négociations se sont déplacées autour d’une « clause de paix » qui engagerait les pays à ne pas se poursuivre devant l’Organisme des Règlements des Différends (ORD) de l’OMC sur ces questions. Pour les pays pauvres, un tel compromis serait acceptable si cette clause était valable le temps que les règles de l’OMC soient modifiées dans un sens qui leur soit plus favorable. Les pays du Nord et le directeur de l’OMC ne veulent pas en entendre parler et proposent que cette clause ne soit valable que quatre ans, d’une application restreinte et sans aucun engagement sur une modification permanente des règles de l’OMC.

Le réseau d’organisations de la société civile Our World Is Not For Sale (OWINFS), dont Attac France est membre, a publié une lettre exigeant des gouvernements qu’ils rejettent une « clause de paix » limitée dans le temps et qu’ils trouvent «  des solutions permanentes qui permettent aux pays pauvres de mettre en œuvre des politiques de sécurité alimentaire » [1]. Si de telles propositions, limitées mais légitimes et nécessaires, ne devaient pas voir le jour, cela démontrerait une fois de plus que l’OMC et le régime de libre-échange et d’investissement qu’elle a généré directement ou indirectement, à travers les dizaines accords bilatéraux signés ou en cours de négociations, sont au seul service des multinationales et d’un agenda néolibéral qui condamne les petits paysans, les économies vivrières et la survie des populations les plus pauvres.

Avec le réseau #EndWTO [2], et dans le cadre des multiples activités des mouvements sociaux et paysans qui vont avoir lieu à Bali et à travers le monde, nous appelons à stopper l’expansion des politiques de libre-échange et de libéralisation des investissements. Au contraire, par notre présence à Bali et notre mobilisation contre les accords de libre-échange signés, en cours de négociation (UE-États-Unis, UE-Canada etc.) et en cours de ratification (UE-Pérou-Colombie) nous appelons à renforcer le mouvement global exigeant que ces politiques soient démantelées au profit de règles commerciales justes et démocratiques, centrées sur les droits des êtres humains et de la nature.

Attac France, le 2 décembre 2013

[1] Voir sur ESSF (article 30514), Global civil society calls for a Permanent Solution to G 33 Food Security Proposal in WTO.

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29 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Agence internationale de l’énergie: le triste meilleur des mondes possibles (avanti.be)

Agence internationale de l’énergie: le triste meilleur des mondes possibles (avanti.be) dans Altermondialisme Polar-Bear-BBQ-Penguin
No future!

Comme chaque année à la même période, l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) publie son rapport « Prospective Energétique Mondiale » (World Energy Outlook) avec ses projections d’avenir (1).

Dans ce dernier rapport, l’horizon est situé sur l’année 2035.

Le rapport intègre de manière centrale toutes les mesures que les gouvernements du monde ont annoncées en matière d’énergie et de mesures face au changement climatique. Autrement dit, c’est selon lui le meilleur des mondes possibles dans le contexte de l’ordre économique actuel.

Dans ce monde à venir, le pétrole continuera à jaillir de manière croissante pour alimenter l’augmentation attendue de sa consommation, qui dépassera la barre des 100 millions de barils par jour en l’an 2035. La consommation de pétrole se concentrera sur deux secteurs : le transport et la pétrochimie et les principaux centres de la demande seront la Chine, l’Inde et le Moyen Orient.

Toute l’augmentation attendue de l’extraction de pétrole proviendra des gisements non con- ventionnels : le pétrole extra lourd, les sables bitumeux, les plateformes sous-marines, etc. Le pétrole conventionnel, qui a alimenté la croissance économique au cours du dernier siècle, poursuivra son déclin et n’offrira plus que 65 millions de barils par jour.

Le coût du pétrole à cet horizon se situera autour de 128 dollars le baril, ce qui rendra rentable l’exploitation de ces gisements non conventionnels. Le rapport n’écarte cependant pas la possibilité qu’un tel prix soit surtout rendu possible grâce aux fabuleux subsides que les gouvernements du monde entier consacrent afin de maintenir des bas prix et qui ont atteint la somme astronomique de 544 milliards de dollars en 2012.

Par contraste, les sources d’énergies renouvelables par contre n’ont reçu que 100 milliards de dollars en subsides en 2012 et ces derniers pourraient atteindre la somme 220 milliards de dollars en 2035, soit à peine plus de la moitié. Ceci démontre que le pétrole constitue toujours la source d’énergie privilégiée par les gouvernements et que les renouvelables ne jouissent pas du soutien et de la confiance nécessaires.

L’énergie éolienne et le solaire photovoltaïque augmenteront leur part dans la production d’élec- tricité, mais ils n’atteindront que 30% de celle-ci. L’énergie nucléaire quant à elle continuera éga- lement à croître dans certains pays – particulièrement en Chine, en Corée du Sud, en Inde et en Russie – en dépit des risques démontrés par la récente expérience de la centrale de Fukushima qui, près de trois ans après l’incident, continue encore à déverser des eaux radioactives dans l’océan.

La production d’électricité va croître de plus de deux tiers dans la période considérée et les combustibles fossiles constitueront toujours la plus grande source primaire pour l’alimenter. La technologie de capture et de stockage de CO2 représentera à peine 1% des nouveaux investissements énergétiques.

Les émissions de dioxyde de carbone liées à l’énergie vont croître de 20% vers 2035. Ce scénario énergétique signifiera une élévation de la température globale moyenne à long terme de 3,6 °C, autrement dit bien au dessus de l’objectif de 2°C adopté dans les accords internationaux.

Comme on peut le constater, le panorama tracé par le rapport réaffirme la durabilité de la con- sommation croissante d’énergie et cela en dépit du changement climatique et de ses autres impacts écologiques élevés.

Ce nouveau rapport a réduit également les préoccupations écologiques présentées dans les éditions antérieures où l’on tirait l’alarme sur l’impossibilité de consommer plus d’un tiers des réserves fossiles existantes si l’on veut maintenir un système climatique stable. Il ne fait plus également référence à son précédent « Scénario 450 » où il établissait une série de recommandations afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre à un niveau soutenable pour le climat.  27 novembre 2013

D’après Gerardo Honty, analyste au département Energie et Changement Climatique du CLAES (Centre Latinoaméricain d’Ecologie Sociale)

(1) www.worldenergyoutlook.org

Source : http://alainet.org/active/69084
Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera

http://www.avanti4.be/actualite/article/agence-internationale-de-l-energie-le-triste

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25 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Manif le 3 décembre à Genève pour aller devant l’OMC (a.ch)

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Pour les droits des peuples, contre le «libre» échange !
Manif mardi 3 décembre · 18h · départ : zone piétonne du Mont-Blanc, Genève

Quinze ans après l’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI), accord bloqué par une vague mondiale de protestations, des négociations secrètes en marge de l’OMC tentent à nouveau un véritable coup d’Etat mondial.

Négociés en secret, de nouveaux traités permettraient aux multinationales d’attaquer en justice tout Etat dont les décisions pourraient nuire à leurs profits. Des amendes se chiffrant par milliards – imposées par des tribunaux extrajudiciaires composés d’avocats d’affaires – obligeraient les Etats à privatiser leurs services publics, puniraient un droit du travail trop contraignant ou encore une législation environnementale trop cohérente.

OMC, TiSA, APT… Un traité peut en cacher un autre !

Le 3 décembre, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) se réunit à Bali. Les prétentions exorbitantes des multinationales ont bloqué les négociations depuis une douzaine d’années, d’où le recours à ces négociations parallèles et secrètes pour imposer un fait accompli :

  • L’Accord sur le Commerce des Services (TiSA) actuellement négocié à Genève entre 27 pays dont les Etats-Unis, l’UE et la Suisse, imposerait la dérégulation de tous les services (notamment financiers !) et la privatisation des services publics. En effet, les Etats devraient subventionner autant les écoles et les hôpitaux privés que ceux du public, au nom d’une soi-disant « neutralité concurrentielle » ! Nos impôts financeraient leurs bénéfices !
  • L’Accord de Partenariat Transatlantique (APT) entre l’Amérique du Nord et l’UE (et qui s’imposerait à la Suisse via les bilatérales) attaquerait la souveraineté des Etats et des citoyens dans tous les domaines, notamment l’agriculture et l’alimentation. Ceux-ci ne pourraient plus interdire les OGM (ni même les étiqueter !) ou les additifs alimentaires toxiques, ni garantir la protection des données sur Internet, ni réglementer la finance. Même une municipalité n’aurait plus le droit de choisir le type d’aliments pour ses cantines scolaires, car les Etats devraient veiller à la « mise en conformité de leurs lois, de leurs règlements et de leurs procédures » avec le traité.

Sous couvert de stimuler une économie en crise, il s’agit en réalité d’éliminer toute règle pouvant limiter les bénéfices des transnationales et de livrer au capital financier des biens communs fruits de tant de luttes et sacrifices. Il s’agit des immenses « marchés » mondiaux des services publics, tels que la santé ($ 6460 milliards) ou l’éducation ($ 2500 milliards).

De la politique fiction ? NON !

Déjà, une multinationale réclame des milliards à l’Allemagne pour sa sortie du nucléaire ; une autre un milliard à la France pour le retrait d’un permis pour les gaz de schiste ; une troisième attaque un Etat qui a relevé son salaire minimum ! L’OMC a même condamné les Etats-Unis pour des boîtes de thon labellisées « sans danger pour les dauphins » ! Les traités bilatéraux récemment signés entre la Suisse et la Chine, comme avec la Colombie, font fi des aspects sanitaires et environnementaux de production, comme des libertés syndicales…

Une fois adoptés, ces traités seraient imperméables aux alternances politiques et aux mobilisations populaires, car ils ne pourraient être amendés qu’avec le consentement unanime des pays signataires.

C’est la souveraineté populaire, le principe même d’un contrôle du politique (et des tribunaux) sur l’économie et la société qui est en jeu ! On comprend alors le secret qui entoure ces négociations. Alors que des centaines de multinationales y participent, rien ne doit filtrer aux journalistes et citoyens. Ils seront informés lorsqu’il sera trop tard.

Mais comme pour l’AMI, les peuples peuvent encore bloquer cette forfaiture des élites, s’ils sont informés ! De par la planète, les mouvements sociaux appellent à une journée mondiale d’action lors de l’ouverture de la conférence interministérielle de l’OMC le 3 décembre prochain. À Genève aussi, nous manifesterons.
Organisation : SSP · ATTAC · Communauté genevoise d’action syndicale · SIT · UNIA · CETIM · Coordination Climat et justice sociale · La Gauche · Gauche anticapitaliste · Forum social lémanique · Mouvement vers une révolution citoyenne · Parti socialiste genevois · Parti du travail · Présence latino-américaine · Solidarité Bosnie GE · solidaritéS · Uniterre · Les Verts

23 novembre 2013 http://www.gauche-anticapitaliste.ch/

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21 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Capitalisme ou démocratie (esther vivas)

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*

Le capitalisme est le meilleur garant de la démocratie.

C’est du moins ce qu’on nous a toujours dit. Mais la réalité, elle, contredit cette affirmation. La crise nous le démontre chaque jour.

Aujourd’hui, alors que les gens descendent dans la rue et manifestent face au Parlement (dans l’Etat espagnol, NdT) occupent des logements vides, chahutent les responsables politiques, se mettent en grève et cherchent à porter la démocratie jusqu’au bout, le discours du pouvoir déclare que ceux qui se lèvent en faveur de la justice sociale sont des anti-démocrates, des putschistes et des philo-fascistes. La démocratie actuelle est incapable d’assimiler les aspirations pleinement éman- cipatrices et démocratiques des gens. La disqualification et l’insulte est le recours de ceux qui ne convainquent déjà plus avec leurs tromperies. Ils ont menti au dessus de leurs moyens et leur crédit s’est épuisé.

Plus de capitalisme, c’est plus de marché et moins de démocratie. Nous avons ainsi pu le constater en novembre 2011 avec les coups d’Etat effectués par les marchés en Italie et en Grèce. En Italie, ce ne sont pas les citoyens qui ont eu « l’honneur » de se débarrasser du Premier ministre Silvio Berlusconi, ce furent les marchés qui l’ont expulsé du gouvernement et l’ont remplacé par Mario Monti, un ancien de Goldman Sachs. En Grèce, Yorgos Papandréou a été remplacé en un tour de main par Lucas Papademos, ex vice-président de la Banque Centrale Européenne. Des hommes de Goldman Sachs occupent des postes clés dans toute l’Union Européenne. Des banquiers déguisés en politiciens toujours disposés à nous faire payer la facture de leur crise.

Avant de perdre son poste, Papandréou, comme tout politicien professionnel qui se respecte, a tenté par tous les moyens de se maintenir, allant même jusqu’à prévoir un référendum sur les mesures d’ajustement (à la bonne heure !). Mais le mot référendum a rendu très nerveux les marchés and co. (Il suffit de relire les titres des journaux de cette période) : « Qu’est-ce que c’est que ces Grecs qui veulent donner leur avis sur les mesures de la Troïka ! » Finalement, la consultation n’a pas eu lieu.

Pour reprendre une analogie : quand les marchés entrent par la porte, la démocratie s’enfuit par la fenêtre. Le capitalisme veut une démocratie de salon, une démocratie à exhiber les jours de fête, une démocratie décorative qu’elle place sous une vitre. La démocratie, cependant, est prise de conscience, mobilisation, rue, protestation, désobéissance. Rien à voir avec la « loi et l’ordre » que veut le capital. La démocratie réelle est aux antipodes du capitalisme réel.

Ils nous disaient également que le capitalisme est le meilleur garant de la justice. Mais les prisons sont pleines de pauvres. L’Etat pénal avance à chaque millimètre que recule l’Etat social. Et la minorité qui occupe le pouvoir politique et économique a transformé la judicature en une marionnette à son service. La justice pour ceux d’en haut n’a rien à voir avec celle de ceux d’en bas. Les exemples sont nombreux, et nous en avons vu plusieurs cas ces derniers jours : du naufrage du Prestige, qui n’a aucun responsable, à une infante royale qu’il est impossible d’inculper jusqu’à une gifle considérée comme un attentat contre l’autorité et pour laquelle le procureur demande cinq ans de prison. Il est vrai que les baffes font mal, surtout pour l’image.

Capitalisme ou démocratie, that is the question. Opter pour la démocratie et la justice implique de s’opposer au capitalisme. Les droits de la majorité ne seront seulement effectifs qu’en abolissant les privilèges de quelques uns. La crise, au moins, permet de voir les choses telles qu’elles sont. Les mesures d’austérité minent la légitimité du système politique et de la politique représentative. Chaque jour, il y a de moins en moins de gens qui croient au conte de fées avec lequel ils nous ont endormis pendant des années. Leurs mensonges mis à nu, il reste désormais à accomplir la tâche de nous convaincre que ce monde injuste peut changer. De savoir que oui, nous pouvons le faire.

Source :
http://blogs.publico.es/esther-vivas/2013/11/19/capitalismo-o-democracia/
Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera

http://www.avanti4.be/actualite/article/capitalisme-ou-democratie

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18 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Pologne: liberté immédiate pour Piotr Ikonowicz !

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Emprisonné le 30 octobre pour 3 mois, Piotr Ikonowicz a été condamné parce qu’il organise un mouvement contre les expulsions des locataires.

Précisons qu’en Pologne, on estime le nombre de SDF entre 43 000 et 300 000. L’hiver dernier, au moins 178 d’entre eux sont morts de froid…

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Piotr Ikonowicz anime l’Association pour la justice sociale (KSS). Il a connu la prison sous la dictature du général Jaruzelski. En 2000, alors qu’il était député, avec 70 autres militantEs il avait blo- qué l’expulsion d’un couple de retraités, dont un invalide de 80 ans. La loi, adopté à l’initiative de l’Alliance de la gauche démocratique (SLD, successeur de l’ancien parti stalinien et membre de l’In- ternationale socialiste), autorisait les expulsions sans relogement.

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Le propriétaire de l’immeuble a porté plainte pour « coups et blessures ». L’affaire n’a été jugée qu’en 2006, et de manière controversée : le juge responsable s’est désisté et c’est un assesseur qui, sans qu’un seul témoignage ne confirme l’accusation, a condamné Ikonowicz en son absence. Ce dernier ne l’a appris qu’après le dépassement du délai d’appel ! De plus, le Tribunal constitutionnel venait d’annuler partiellement cette loi…

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Le président Komorowski refuse de gracier Ikonowicz, alors qu’il a déjà gracié 219 personnes condamnées pour maltraitance, recel et escroquerie. Le choix d’emprisonner Piotr Ikonowicz est un choix politique de la Plateforme civique actuellement au pouvoir : il s’agit de criminaliser les mouvements sociaux.

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« C’est un scandale qu’on ne lutte pas contre la pauvreté, mais contre ceux qui la com- battent », a réagit Elzbieta Fornalczyk, vice-présidente du syndicat Août 80. La vice-présidente du Parlement et militante féministe de gauche, Wanda Nowicka, le député Janusz Paliko, des dirigeants historiques de l’opposition de gauche antistalinienne — entre autres Karol Modzelewski et Jozef Pinior — ont eux aussi exigé la libération d’Ikonowicz. Ce dernier a commencé une grève de la faim en prison, soutenu par les grèves de la faim de son épouse, Agata Nosal-Ikonowicz et du député Jacek Kwiatkowski.

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Pour la première fois depuis 1989, le vent se lève contre la répression politique.

Solidarité ! Jan Malewski

Lundi 18 novembre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 217 (14/11/2013)
Pour plus d’informations, article de Stefan Bekier : http ://www.inprecor.fr/article-inprecor  Crédit Photo: DR

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17 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

La paix en Afrique ne doit pas se décider à l’Elysée avec des dictateurs! (survie)

La paix en Afrique ne doit pas se décider à l’Elysée avec des dictateurs! (survie) dans Altermondialisme francafrique

A l’initiative de François Hollande, un Sommet de l’Elysée sur la paix et la sécurité en Afrique aura lieu à Paris les 6-7 décembre.

Il s’agit du premier Sommet France-Afrique organisé sous François Hollande, qui, a convoqué lui même ce sommet, choisi son thème et décidé de l’organiser à Paris, dans un lieu aussi symbolique que l’Elysée. Comme ses prédécesseurs, le Président français parait ainsi considérer le continent africain comme une zone qui ne doit pas échapper à l’influence de la France.

Dans la tradition des Sommets France-Afrique, la plupart des dictateurs africains du « pré-carré » francophone seront présents. Parmi eux, le tchadien Idriss Déby, au pouvoir depuis 1990, Paul Biya (Cameroun, depuis 1982), Denis Sassou Nguesso (Congo-B, depuis 1979), Blaise Com- paoré (Burkina Faso, depuis 1987), sans oublier les héritiers des régime Bongo et Eyadéma au Gabon et au Togo et le président djiboutien Oumar Guelleh.

Tous ont en commun de bénéficier du soutien diplomatique, économique (via l’aide publique) et militaire ou policier de la France. Tous ont été reçus au moins une fois à l’Elysée depuis l’élection de François Hollande. Tous soutiennent la France dans ses nombreuses interventions militaires menées sur le continent africain, où elle dispose toujours de bases militaires et de forces pré- positionnées. En échange du soutien à ces interventions, comme celle menée récemment au Mali, c’est le silence de la France sur les exactions commises qui est attendu. Les démocrates tchadiens, togolais et djiboutiens ont ainsi subi dans leur chair en 2013 les conséquences diplomatiques du soutien de leurs chefs d’Etat à l’opération Serval .

Les dictateurs de la Françafrique sont auteurs de nombreuses violations des droits de l’Homme documentés par un grand nombre de rapports émanant d’ONG et organisations inter- nationales. Le soutien de la France à des dictateurs, les ventes d’armes et les nombreuses interventions militaires menées par la France sur le continent africain pour les soutenir (comme au Tchad en 2008) n’ont en rien amélioré la sécurité et les conditions de vie de leurs populations.

La situation actuelle en Centrafrique, où la France a installé et/soutenu tous les dictateurs qui se sont succédés est une des illustrations des conséquences de cette funeste politique. Et lorsque la France prétend intervenir au nom des droits de l’Homme et dans un cadre multilatéral, comme elle l’a fait en Côte d’Ivoire, en Libye ou au Mali, c’est toujours avec des motivations ambiguës, liées à ses intérêts géostratégiques.

Considérant qu’un sommet sur la paix et la sécurité en Afrique ne doit pas se tenir à l’initiative et sur le sol d’une ex-puissance coloniale caractérisée par son ingérence sur le continent et en présence de dictateurs qui y ruinent tout espoir de paix, nous, associations et citoyen-ne-s français-e-s et africain-e-s réclamons :

  • L’annulation de ce sommet
  • La fin du soutien diplomatique, économique, militaire, policier et des ventes d’armes aux régimes répressifs
  • La suppression des bases militaires françaises en Afrique

Premiers signataires : Survie, Afriques en lutte, La Fédération des Congolais de la Diaspora (FCD), Sortir du Colonialisme…

Signez la pétition Dictateurs à l’Elysée ! Dites non au Sommet de la honte !

Pour dénoncer cette hypocrisie et dresser un bilan citoyen de l’interventionnisme militaire français en Afrique, nous proposons deux autres mobilisations en plus de la pétition

 1 Le tribunal citoyen de la Françafrique : le mercredi 4 décembre, de 18h à 22h, au Grand Parquet à Paris. Le tribunal citoyen de la Françafrique visera à dresser le bilan de 50 ans de França- frique et d’interventions françaises sur le sol africain, à travers la mis en accusation de la Françafrique.

Un jury de citoyen-nes, un juge et des avocats seront en charge de mener à bien les interrogatoires de témoins – chercheurs, militant-e-s d’associations, personnalités africaines sur des questions ayant trait à la Françafrique – afin de faire apparaître les causes et les responsabilités en particulier sur les questions ayant trait à la sécurité/ insécurité et à la paix/guerre en Afrique, depuis les 15 dernières années (depuis le Sommet France-Afrique du Louvre). Des personnalités venues de différents horizons viendront témoigner sur les réalités qu’ils connaissent, à travers des témoignages courts d’une dizaine de minutes, afin d’édifier le jury.

Venez écouter ces témoignages sur les réalités de la Françafrique de ces 15 dernières années ou en savoir plus sur la réalité de la présence française en Afrique et de ce que cachent les discours sur la paix et la sécurité mis en avant au Sommet officiel de l’Elysée.

2. Un rassemblement inter-organisations, le jeudi 5 décembre à 18h place de la Répu- blique à Paris Un rassemblement est organisé à l’initiative de nombreuses organisations françaises et africaines Place de la République sous le mot d’ordre unitaire suivant :

  • annulation du sommet
  • fin du soutien diplomatique, économique, militaire, policier et des ventes d’armes aux régimes répressifs
  • suppression des bases militaires françaises en Afrique

14 novembre 2013 par Survie

http://survie.org/francafrique/article/la-paix-en-afrique-ne-doit-pas-se-4577

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14 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Édito: colère et solidarité pour les Philippines

Édito: colère et solidarité pour les Philippines dans Altermondialisme 3510610_5_7af5_trajet-du-typhon-haiyan-qui-a-touche-les_930715070f9c5823ea056c62347bb356-300x227

Le super typhon Haiyan vient de dévaster le centre de l’archipel philippin alors que s’ouvre à Varsovie la 19e conférence internationale sur le climat.

L’an dernier, un autre cyclone meurtrier avait endeuillé les Philippines alors que ladite conférence se tenait à Doha. Les délégués gouvernementaux avaient salué la mémoire des victimes, avant de conclure qu’il était urgent de ne rien faire. Gageons que cette année, il en sera de même… Haiyan est le plus puissant typhon ayant touché terre jamais enregistré dans le monde.

Pour son malheur, l’archipel philippin subit de plein fouet les phénomènes météorologiques exceptionnels qui se forment dans l’océan Pacifique. Les typhons se multiplient, leurs trajectoires se modifient. Le « message » d’Haiyan est clair : voici ce que signifie pour les populations victimes un chaos climatique. La ville portuaire de Tacloban a été littéralement rasée et on craint qu’en ce seul lieu le nombre de morts se monte à dix mille. Les survivants errent dans les ruines pour trouver de l’eau, de la nourriture… et le président Benigno Aquino dénonce les « pillages », se donnant pour objectif de « rétablir l’ordre » !
Impossible de ne pas être en colère face à une telle situation, mais l’heure est à la soli- darité. L’aide internationale commence à affluer, tant mieux. L’expérience montre cependant ses limites et les effets pervers (voir la situation en Haïti). Pour y remédier, secours d’urgence, réha- bilitation et reconstruction doivent faciliter l’auto-organisation des populations sinistrées afin qu’elles soient à même de défendre leurs intérêts en un moment de grande faiblesse et de grand désarroi. Sinon, elles risquent d’être deux fois victimes : de la catastrophe naturelle, puis d’une reconstruction inégalitaire au profit des plus puissants.
C’est dans cet esprit que l’association Europe solidaire sans frontières a lancé un appel à la solidarité financière, pour aider nos partenaires philippins à secourir des victimes là où le gros de l’aide internationale n’ira pas et pour les accompagner dans toutes les étapes allant du secours d’urgence à la reconstruction. Mercredi 13 novembre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 217 (14/11/2013)

Pierre Rousset Appel sur : http ://www.europe-solidaire.org/spip.php ?article30296

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12 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Nouvel esclavage, l’incroyable histoire des ouvriers népalais de Flextronics et de l’iPhone 5 (dndf)

Nouvel esclavage, l’incroyable histoire des ouvriers népalais de Flextronics et de l’iPhone 5 (dndf) dans Altermondialisme 1211024703-esclave

Les sous-traitants asiatiques d’Apple sont souvent pointés du doigt pour les conditions de travail dans leurs usines, et les conditions de vie et de sécurité de leurs employés.

Et si Apple tente de faire bonne figure dans ce domaine, conduisant des audits annuels d’une partie de ses fabricants et rédigeant un rapport sur les conditions de travail dans les usines, certaines consé-quences des exigences de l’entreprise font froid dans le dos. Certes, cette histoire est celle de la mondia-lisation économique, et les griefs à faire à la Pomme sont souvent opposables à nombre de ses con- currents, mais l’ampleur des lancements des nouveaux produits Apple rendent le cas de l’entreprise presque unique. Quand Apple lance un nouveau produit, c’est une véritable migration qui se déroule dans de nombreux pays d’Asie, pour alimenter des chaines de production qui ont besoin de centaines de milliers de salariés.

Bloomberg publie un reportage absolument édifiant qui permet de mesurer ce qu’implique « l’optimisation des chaines d’approvisionnement », domaine où Tim Cook, le patron d’Apple excelle. L’idée est toujours la même : parvenir, le plus tard possible, à lancer des productions aussi massives que possible pour disposer d’assez d’iPhone, ou d’iPad, pour la mise en vente, tout en préservant au maximum le secret industriel, effectivement éventé dès que les produits commer- cialisables sont assemblés.

Pour parvenir à un niveau de production aussi élevé sur un temps aussi court, les fabri- cants asiatiques procèdent à des recrutements massifs, cet adjectif recoupant une réalité que nous avons, en Europe, du mal à nous figurer. Songez plutôt, Foxconn, le principal partenaire d’Apple, pos- sède plusieurs usines gigantesques, employant jusqu’à 300 000 salariés, plus qu’un ville moyenne française. Lors des semaines précédant les phases de lancement, les recrutements s’opèrent, dans ces unités, à des rythmes de l’ordre de 10 000 employés par semaine.

Derrière ces chiffres, un peu abscons, il y a les réalités humaines. Les recruteurs de Foxconn vont chercher des salariés dans les provinces les plus reculées du pays, et dans certains cas sollicitent même les écoles, pour que des classes entières viennent « faire des stages » dans les unités de pro- duction…

Par sa taille, Foxconn est l’arbre qui cache la forêt. Des dizaines d’autres fabricants sont mo- bilisés pour fabriquer les iPhone. Flextronics International, fabricant installé à Singapour, s’est, par exemple, occupé de la partie optique de l’iPhone 5. L’entreprise opère sur 4 continents, où elle possède 2,6 millions de m2 d’unités de production, une bonne partie étant localisée en Malaisie, dans la région de Kuala Lumpur. Et pour fabriquer ces blocs optiques, l’entreprise a recruté dans toute l’Asie, y com- pris au Népal – les ouvriers népalais sont actuellement parmi les ouvriers les moins payés au monde, et ils travaillent jusque dans les pays du moyen orient. C’est là, à Kathmandu, à plus de 4000 km de Kuala Lumpur, que Flextronics va faire recruter 1 500 ouvriers pour s’occuper d’une partie de cette pro- duction.

Parmi eux, Bibek Dhong, un jeune népalais de 27 ans, marié et père d’une petite fille. Il vivote avec sa famille, enchainant les petits boulots, gagnant moins de 100 $ par mois. L’homme est recruté par un intermédiaire, qui, en échange de 250 $, lui a promis de lui trouver un bon boulot à l’étranger. Cet intermédiaire travaille lui-même pour un « broker », chargé de dénicher des masses d’ouvriers pour Flextronics, lui aussi rémunéré par les futurs employés. Dhong doit s’acquitter de près de 1000 $ auprès de 3 intermédiaires, près de 10 mois de ses revenus au Népal. Simplement pour aller travailler. Dhong emprunte, 350 $, et s’endette aussi sur ses salaires à venir. À peine pris en charge par le réseau de recruteurs, il se fait confisquer son passeport.

Le nouvel esclavage. Les recruteurs ont d’ailleurs les coudées franches : c’est sous la pression de certains d’entre-deux que le gouvernement népalais fait diligence pour donner les passeports aux ouvriers en partance pour la Malaisie. Le 15 octobre, après avoir pris l’avion pour la première fois de son existence, Dhong arrive à Kuala Lumpur, où il est rapidement envoyé sur le site de production de Flextronics. Il rejoint l’une des lignes de production des optiques, lignes désignées sur place par des noms d’États américains. Là, il travaille 12 heures par jour à tester les blocs optiques sur un système informatisé. Il examine 4 optiques à la minute, et reçoit 178 $ par mois, le minimum exigé par le gouvernement népalais pour ses nationaux expatriés.

En novembre, le taux de succès des lignes d’assemblage se dégrade. Le 19 décembre, Flex- tronics indique à ses cadres qu’Apple rejette 7 blocs optiques sur 10 que lui envoie l’usine. Les chaines de fabrication sont arrêtées. Dhong et ses collègues sont renvoyés dans leur l’hôtel où ils sont hébergés. Il n’entendent plus parler de Flextronics pendant 20 jours, avant qu’un cadre vienne leur expliquer qu’en raison « de la mauvaise situation économique » leur boulot a été supprimé et qu’ils vont être renvoyés chez eux.

Pendant des semaines, rien ne se passe, les employés restent dans leurs chambres, d’autant que leur titre de séjour ayant, pour certains, expiré, ils sont désormais des illégaux sur le territoire malaisien. Début février, les anciens employés, toujours bloqués dans leur hôtel, arrivent à la fin de leur argent, et de leur nourriture. L’ambiance est digne de « vol au dessus d’un nid de coucou » dans les chambrées, où certaines personnes, affamées, perdent à moitié la raison. À la fin de la première semaine de février, les ouvriers népalais se rebellent, cassent des vitres de l’hôtel, jettent des téléviseurs par la fenêtre. La police appelée sur place, découvre le spectacle de ces dizaines de personnes affamées, é- chouées, bloquées. Au lieu de réprimer les mouvements des népalais, les policiers exigent que Flex- tronics leur envoie… à manger.

Ce qu’elle fait, s’occupant enfin de rapatrier les employés népalais. Dhong quitte la Malaisie le 21 février, un peu plus de 4 mois après être arrivé, deux mois après avoir cessé de travailler pour Flextronics. Il doit toujours de l’argent pour ses deux mois de travail. Et acceptera à nouveau de s’endetter pour trouver un boulot à l’étranger, mieux payé qu’au Népal.

09/11/2013 http://dndf.org/?p=12919

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07 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Industrie chimique, sociétés de biotechnologies et géants du trading contrôlent la chaîne alimentaire mondiale (basta)

Industrie chimique, sociétés de biotechnologies et géants du trading contrôlent la chaîne alimentaire mondiale (basta) dans Altermondialisme

Des champs aux hypermarchés, en passant par l’élevage, quelques géants de l’agrobusiness se partagent le marché alimentaire mondial.

Les semences sont la propriété de quelques grands groupes de l’industrie chimique. Une poignée d’entreprises de biotechnologies conçoivent la grande majorité des volailles et poissons d’élevage. D’autres, parfois les mêmes, maîtrisent le commerce international de céréales… Une concentration sans précédent.

En cas de faillite, les filières alimentaires risquent-elles de s’effondrer comme les marchés financiers ? Certes, vous êtes libres d’acheter le produit que vous souhaitez, généralement dans un supermarché. Mais savez-vous vraiment qui élabore vos menus ? Que le poulet en train de rôtir a toutes les chances d’avoir été conçu par le groupe franco-néerlandais Hendrix Genetics ou la firme allemande EW Gruppe ? Que le pain qui servira à accompagner le fromage a été pétri avec de la farine appartenant très probablement à l’une des dix firmes qui contrôlent le marché des céréales ? Et que le blé a été négocié par le groupe français Louis Dreyfus ou l’états-unien Cargill ?

Commençons par les semences, source de toute agriculture, qu’elle soit destinée à l’alimen-tation humaine ou animale. 75 % du marché mondial de semences est contrôlé par seulement… dix multinationales ! Leurs noms ? Monsanto (États-Unis, 26 % du marché mondial), DuPont (États-Unis, 18 %), Syngenta (Suisse, 9 %), Limagrain (France, 5 %), suivis d’une poignée d’autres firmes allemandes, états-uniennes ou japonaises.

Paradoxe de l’actuel modèle agricole : ce sont de grosses firmes de l’industrie chimique qui possèdent, de fait, une grande partie des semences échangées sur la planète ! Tels Monsanto, Syngenta, BASF, Bayer, DuPont et Dow Chemical. Ces six entreprises se partagent aussi les trois quarts du marché mondial de pesticides, estimé à 44 milliards de dollars en 2011. Car il faut bien accompagner la vente des semences de blé, de maïs, de riz ou de soja par des herbicides, insecticides et autres fongicides adaptés.

Les semences aux mains de l’industrie chimique Cet oligopole de six entreprises agrochimiques possèdent également 75 % des budgets privés de recherche sur les croisements végétaux et… 100 % du marché des semences transgéniques, les OGM. « Avec leur entrée dans l’industrie des semences, les géants de la chimie ont commencé à produire des graines qui dépendent des produits chimiques », rappelle l’organisation indépendante britannique Econexus, qui regroupe des scientifiques et des citoyens [1]. D’un côté les semences, synonymes dans les esprits de biodiversité, de terroirs et de multiples variétés. De l’autre, une concentration sans précédent aux mains d’une poignée de firmes !

Car ces semences ne sont pas libres. Bien au contraire. En Europe, cinq de ces firmes – Monsanto, DuPont, Syngenta, BASF et Bayer – détiennent la moitié des brevets sur les plantes, rapporte Econexus. Et désormais, la production et la vente des semences sont interdites sans l’accord de leur propriétaire (lire nos précédents articles). Ce qui entraîne une perte énorme de biodiversité cultivée. Et pas seulement en Europe. 3 000 variétés de riz étaient cultivées aux Philippines dans les années 1960. Il n’en reste plus que deux, sur 98 % de la superficie totale plantée ! Même la FAO (l’Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation) s’en est inquiété : les trois-quarts de la biodiversité cultivée auraient disparu au cours du 20e siècle, alertait-elle [2].

Quatre « traders » détiennent les clés du placard à provisions planétaire Voilà pour les semences, dont une partie sert à nourrir les animaux d’élevage. Car produire un kilogramme de viande nécessite trois kg de céréales et de soja. Dans l’alimentation animale, la concentration semble un peu moins marquée. Les dix plus gros fabricants de denrées pour bestiaux – dont le thaïlandais Charoen Pokphand suivi de l’états-unien Cargill – contrôlent 16 % du marché mondial. Mais tout dépend du type d’élevage. 90 % de la nourriture donnée au saumon (99 % du saumon consommé provient de l’élevage) est par exemple produite par seulement trois sociétés [3]

Il faut bien que céréales et soja voyagent sur les océans, que le blé européen alimente l’Amé- rique ou que le riz asiatique atteigne l’Afrique. Et là, une petite oligopole de quatre compagnies de « trading » se partagent 75 % du négoce mondial de céréales : les états-uniens Cargill, ADM (Archer Daniels Midland) et Bunge ainsi que le groupe français Louis Dreyfus, spécialisé dans le riz, le coton, le blé, le maïs, le sucre et le jus d’orange. En 2004, ces quatre sociétés ont ainsi acheté 80 % de la récolte mondiale de soja, les trois quarts de la récolte de maïs, 62 % du blé… Elles détiennent de fait les clés du placard à provisions planétaire.

Une poignée de géants influence la génétique animale Une fois les animaux bien engraissés, il faut bien qu’ils se reproduisent, avant d’être emmenés à l’abattoir. Une autre industrie a vu le jour, celle de « la génétique de l’élevage ». Après avoir développé un maïs hybride qui oblige l’agriculteur à racheter chaque année sa semence, la société américaine Pioneer s’est ainsi lancée dans le « poulet hybride » dès 1942. Des lignées de poulets sont développées, et les plus performantes sont croisées. Objectif : produire des poules pondeuses qui donnent beaucoup d’œufs ou des poulets à rôtir qui grossissent rapidement… L’éleveur devient dépendant de ces productives lignées de volailles. Pour chaque nouvelle génération de poulets ou de dindes, il doit s’approvisionner chez le sélectionneur.

Il ne reste aujourd’hui que quatre sélectionneurs dans le secteur du poulet, alors qu’ils étaient onze il y a vingt ans. Le groupe allemand Eric Wesjohann (EW Gruppe) est le leader mondial de la génétique dans le domaine des pondeuses, des poulets et des dindes avec le franco-néerlandais Hendrix Genetics (dont Sofipotréol, le groupe dirigé par Xavier Beulin, président de la FNSEA, est actionnaire). Un autre groupe français, Grimaud, s’est engouffré dans le secteur et est aujourd’hui le deuxième sélectionneur de poulets et le premier en canard. Après vingt ans de rachat des plus petites firmes par les moyennes puis des moyennes par les plus grosses, en matière de génétique animale, la concen-tration est sans précédent : deux entreprises dans le secteur des poules pondeuses, quatre dans les poulets et trois dans les dindes ont la mainmise sur l’offre mondiale de volailles hybrides.

Qui contrôle les usines agroalimentaires ? Autre problème : avec la concentration des entreprises de sélection, la variété des lignes d’élevage s’est considérablement réduite. Les animaux sont de plus en plus semblables génétiquement. Chez les bovins, il n’existe pas encore de lignées hybrides mais l’insémination artificielle, introduite dans les années 40, est très utilisée. Selon l’organisation non gouvernementale ETC Group, un seul taureau d’élevage peut ainsi avoir jusqu’à un million de descendants ! La génétique animale a également attiré Monsanto qui possède une licence sur le génome porcin et a déposé de nombreuses demandes de brevets sur une méthode de sélection porcine assistée par marqueurs. En 2009, sa tentative de breveter des gènes d’une race allemande de porcs, lui permettant de toucher des royalties lors de toute utilisation de cette espèce dans des croisements, avait provoqué un tollé.

A l’autre bout de la filière, la transformation des viandes et céréales en produits de consommation. Ils seront ensuite distribués en grande surface. Le contrôle des usines agroalimentaires est un peu plus diversifié. Dix entreprises se partagent 30 % du marché mondial. On retrouve le suisse Nestlé, les états-unien PepsiCo ou Kraft, le néerlandais Unilever et… Cargill, déjà présent dans l’alimentation animale et le négoce de céréales. Enfin, dans la grande distribution, Walmart et Carrefour se disputent le leadership mondial. Mais les dix premières enseignes de supermarchés ne détiennent « que » 10 % du marché mondial, estimé cependant à 7 180 milliards de dollars, presque trois fois le PIB de la France.

Les petits paysans, plus efficaces que l’agrobusiness Des semences aux hypermarchés, quelques géants de la bouffe imposent, de fait, leur loi sur l’alimentation mondiale. Avec le risque, comme pour les concentrations des marchés financiers aux mains d’une trentaine de banque « systémiques », que le secteur agro-alimentaire s’écroule en cas de faillite ou de krach ? Ces multinationales, et leurs stratégies de privatisation du vivant (OGM, animaux hybrides, productivité basée sur la chimie…), sont-elles vraiment indispensables pour nourrir le monde ?« L’argument« trop gros pour faire faillite » repose sur un mythe puissant : l’idée que, si on n’intensifie pas la production de semences génétiquement mo- difiées, de pesticides ou d’engrais de synthèse, la population mondiale n’aura rien à manger », pointe Kathy Jo Wetter d’ETC Group. Mais ce n’est qu’un mythe : les quelque 3 milliards de producteurs et paysans locaux nourrissent la majorité des habitants de la planète, rappelle ETC Group [4].

Au contraire, la chaîne alimentaire industrielle, tout en utilisant environ 70 % des ressources agricoles mondiales, produit seulement 30 % de l’approvisionnement alimentaire mon- dial… Malgré leurs gigantismes, les leaders du marché sont donc loin d’être incontournables. D’autant que leur impact négatif est considérable : la filière alimentaire industrielle, est gourmande en énergie fossile et en eau. Et implique la déforestation de 13 millions d’hectares chaque année. Un modèle pas vraiment efficace. « Si nous voulons survivre aux changements climatiques, nous devons adopter des politiques qui permettront aux fermiers de diversifier les variétés végétales et animales qui se retrouvent sur nos menus », souligne Pat Mooney d’ETC Group.

Un changement fondamental dans les mécanismes de régulation se révèle nécessaire… et urgent! Selon la FAO, seules douze espèces végétales et quatorze espèces animales assurent désormais l’essentiel de l’alimentation de la planète. par Ivan du Roy, Sophie Chapelle 7 novembre 2013

http://www.bastamag.net/article3488.html

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05 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Mali: un combat déterminé et solidaire contre l’accaparement des terres et les injustices (essf)

Mali: un combat déterminé et solidaire contre l’accaparement des terres et les injustices (essf) dans Altermondialisme thomas-sankara

Fanny Métrat Comment est gérée la terre au Mali ?

Massa Koné Au Mali, 80% de la population est paysanne et, même si le gouvernement refuse de la prendre en compte, l’agriculture paysanne représente 45% du PIB* et nourrit à 65% le pays. Aujour- d’hui, la terre est à 85 % administrée par le droit coutumier, via les chefs de terre et de village. Plus une famille est grande, plus elle a de terres. La surface correspond aux besoins et à la capacité de la famille à l’exploiter. La terre n’est pas un moyen de spéculation : il est impossible de la vendre ou de la louer. Dans un fonctionnement traditionnel, tout le monde y a normalement accès. Son usage est collectif, partagé entre l’agriculteur qui la cultive pendant les cinq à six mois de la saison des pluies, l’éleveur qui vient ensuite avec son troupeau manger les tiges et fumer le sol, et les femmes du village qui récoltent pendant la saison sèche les fruits des arbres, noix de karité ou autres.

Comment est-il possible alors que les paysans se fassent expulser de leurs terres ?

Il faut revenir à l’histoire du pays. Le droit coutumier perdure dans le temps mais n’a pas été matéria- lisé. Il a été respecté par l’administration coloniale, alors même qu’elle avait apporté et imposé son droit moderne et sa conception de la propriété privée. A l’indépendance, le régime communiste a banni la propriété privée et mis en place une législation domaniale, qui, tout en reconnaissant le droit coutu- mier, a rendu l’État seul « propriétaire » du foncier. A l’époque, nos parents ont applaudi, parce qu’ils pensaient encore que l’État, c’était le peuple.

Mais en 1968, le régime a été renversé. Quand, dans les années 80, il y a eu de grandes sécheresses, le Mali s’est engouffré dans la politique néolibérale imposée par la Banque mondiale et le FMI à travers son programme d’ajustement structurel. Nous sommes alors devenus ultra-dépendants, les entreprises d’État ont été bradées et ça a été le début de la montée d’une « petite bourgeoisie » [1].

Après les grèves et la révolution de 1991, la 3e République a mis en place la décentralisation, avec la création des communes et le développement des territoires. Des nouvelles lois sont apparues, favo- risant l’entreprenariat. Les maires ont créé des agences immobilières avec l’instauration de titres fonciers. En s’octroyant ou vendant des titres, ils volaient la terre aux paysans, transformée en hypothèques auprès des banques afin que les nouveaux « petits bourgeois » puissent emprunter. En 2002, un décret donnant la possibilité aux maires d’expulser des paysans a même été voté pour ratifier le phénomène. Et ceci, malgré une loi toujours en vigueur qui reconnaît le droit coutumier. C’est dans ce contexte de contradictions terribles et d’urbanisation galopante que les « déguerpissements » (expulsions) ont commencé, en particulier en périphérie des villes.

Aujourd’hui, on parle de plus de 800 000 hectares accaparés au Mali par des investisseurs. Comment a évolué le phénomène et quelles ont été les conséquences pour les paysans ?

Une zone immense de terres fertiles et irrigables existe dans le delta du Niger. Datant de la colonisation, le barrage de Markala permet d’irriguer deux millions d’hectares. A l’indépendance, ces terres ont été nationalisées et l’Office du Niger a été créé, véritable « grenier à riz » du pays. Or, dans les années 2000, sous l’incitation de la Banque Mondiale, le Mali a sauté sur cette l’occasion pour mettre les terres de l’Office du Niger sur le marché international.

En signant des baux emphytéotiques auprès du gouvernement malien, des gouvernements ou multi- nationales déguisés en opérateurs économiques investissent les terres maliennes pour mettre en place des cultures d’exportations : agrocarburant, blé, pomme de terre….

Du jour au lendemain, les terres sont bornées et on vient dire aux paysans qu’ils n’ont plus accès à leurs champs. Des engins débarquent et commencent à aménager la zone, détruisant les maisons et villages qui gênent… Et à part quelques rares cas, il n’y a ni relogement, ni dédommagement, ni rétribution de terres.

Comment les paysans se sont-ils organisés pour faire face ?

Les paysans n’ont pas renoncé. Pour eux, la terre, c’est leur identité, leur vie et la survie de leurs enfants. Mais faire face aux investisseurs, c’est aussi faire face aux forces de l’ordre. On a vécu des moments extrêmes. Des hommes ont été battus à mort, des femmes ont avorté sous les coups des gendarmes, et des centaines de paysans ont été emprisonnés. Ces événements n’étant pas médiatisés, nous avions l’impression d’être isolés dans notre détresse. Nos premières actions ont été de saboter les machines, ça nous donnait l’impression d’agir concrètement et nous aidait à décharger notre colère. Mais très vite, on a compris qu’il fallait s’organiser et monter manifester au cœur de la capitale, parce que les décisions sont prises à Bamako. Les paysans des campagnes se sont constitués en groupements et ont convergé vers les associations de victimes d’expulsion des zones urbaines et péri-urbaines. Nous avons alors créé l’Union pour amplifier la lutte.

Nous avons organisé des forums pour connaître les problèmes de chacun, construit des revendications communes et organisé des grandes marches à Bamako pour montrer la force de notre résistance. Le gouvernement a vite compris qu’il fallait négocier avec nous. Sous la pression, il a mis en place une commission interministérielle spécifique au foncier, et l’Union a soumis un mémorandum dressant l’inventaire de tous les litiges rencontrés. Plus tard, avec des associations de la société civile et des organisations paysannes, nous avons lancé la Convergence malienne contre les accaparements de terre, afin de peser plus fort encore. Fin 2011, avec les menaces qui s’accentuaient au Nord, ne pouvant pas se permettre de laisser éclater une révolution issue des paysans, le gouvernement a commencé à régler certains de nos problèmes, ce qui a fait fuir des multinationales chinoises et sud africaines. Certaines ont même porté plainte contre l’État.

Gonflés d’espoir par ces victoires, nous sommes les derniers à avoir manifesté à Bamako avant le coup d’état de mars 2013. Ces événements sont venus bouleverser notre combat, mais quel que soit le gouvernement en place, la stratégie est la même et on continue de leur mettre la pression en créant un vrai rapport de force.

Comment faites-vous face aux emprisonnements, aux procès, à la justice ?

Actuellement, au sein de l’Union, nous avons plus de 150 dossiers en justice ! On a bien été obligés d’être confrontés aux tribunaux, comment faire autrement ? La lutte politique s’accompagne forcément de la lutte juridique. Bien sûr, ça n’a pas été facile, surtout dans un milieu traditionnel et majoritairement analphabète, où la tradition orale pèse fort. On s’est formés au droit sur le terrain de la lutte, il a fallu apprendre à ne plus avoir peur des « papiers », à les conserver et à les utiliser comme preuves. Apprendre aussi à démystifier l’appareil judiciaire. Nous sommes obligés aussi de se défendre par nous-mêmes parce que nous n’avons pas les moyens de payer les services des avocats et juristes. Un avocat proche de notre cause nous aide bénévolement, mais aujourd’hui, il est submergé par nos demandes.

Quels sont les objectifs et les projets de l’Union ?

Les objectifs sont de récupérer les terres accaparées, de se faire dédommager des préjudices subis, et de faire en sorte que nos terres soient immatriculées tout en continuant à être régies par le droit coutumier. Parce qu’on sait maintenant qu’il ne faut pas se laisser leurrer par le piège que constitue la propriété privée.

Grâce aux amis paysans de la Conf’, j’ai entrepris des études de droit pour devenir juriste, parce que nous devons être capables de nous défendre sur tous les fronts. La découverte du Comité d’action juridique en Ardèche a aussi été décisive [2]. Au sein de l’Union, nous souhaitons mettre en place un CAJ parce que son fonctionnement et l’esprit dans lequel il a été pensé correspondent à nos besoins et attentes. Nous ne pouvons pas laisser nos droits aux seules mains des universitaires qui ne connaissent pas nos réalités, ni cautionner le fait que les plus démunis deviennent victimes à cause de leur ignorance. Nous devons les former, les accompagner à revendiquer leurs droits et à en acquérir de nouveaux. Et pour cela, nous devons réveiller les consciences. Propos recueillis par Fanny Métrat, paysanne en Ardèche 31 octobre 2013

L’Union des associations et coordinations d’associations pour le développement et la défense des droits des démunis au Mali

Plus communément appelée « l’Union », l’organisation représente à ce jour le plus grand mouvement de lutte du pays, elle est membre du réseau international No Vox, les Sans Voix.

Depuis notre rencontre en novembre 2011 à Nyéléni lors du forum organisé par la Via campesina pour dire non aux accaparements de terres, nous sommes restés en lien. Nous avons organisé sa venue cet été en France afin de faire connaître son combat, de lui faire découvrir le nôtre et de réfléchir ensemble à la construction de projets communs. Massa a participé aux journées d’été des Amis de la Conf’ sur le Larzac, au festival Africajarc dans le Lot et à diverses rencontres en Ardèche avec les paysans de la Confédération paysanne et les représentants du Comité d’action juridique.

Massa Koné est un des responsables de l’Union, organisation luttant au Mali pour la convergence, la reconnaissance et la défense des droits des victimes d’injustices, dont de nombreux paysans expulsés de leurs terres (cf. encadré). De passage dans le Sud de la France cet été, il a témoigné de son combat.

Notes

[1] dixit Thomas Sankara, président du Burkina Faso, assassiné en 1987.

[2] Un Comité d’action juridique est une association de bénévoles et de permanents qui apporte un appui juridique et humain aux ruraux dans une démarche participative et militante – Cf dossier CS n° 237 – www.comite-action-juridique.fr

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article30234

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