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08 août 2015 ~ 0 Commentaire

ce que manger veut dire (lmd)

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3 euros par kilo

● En 2013, la planète a produit 308,5 millions de tonnes de viande (67,7 tonnes de bœuf, 107 tonnes de volaille, 114 tonnes de porc…). Un Français consomme en moyenne 66 kilos de viande par an.

● 40 % de la production agricole est destinée à la production de viande, et l’élevage serait responsable de 15 % des émissions annuelles de gaz à effet de serre.

● 15 000 litres d’eau sont nécessaires à la production d’un kilo de bœuf.

● Chaque année, un Français consomme en moyenne 42 steaks hachés. En 2009, 242 000 tonnes de steaks hachés ont été vendues dans l’Hexagone (dont 156 000 tonnes en surgelé), pour un chiffre d’affaires global de 1,6 milliard d’euros.

● D’après la réglementation européenne, un steak industriel n’a pas besoin de contenir plus de 50% de viande pour obtenir le label «préparation de viande hachée». Le reste du mélange peut être composé de collagène provenant des tissus qui entourent les muscles, de peau, de gras, de viscères ou encore de tendons.

● Dans le jargon de l’agroalimentaire, la matière première qui sert à la confection des steaks hachés industriels est appelé « minerai de viande ». Il s’agit, selon la définition du ministère français de l’agriculture, d’un «produit intermédiaire constitué de muscles et de graisse, issu de la découpe des carcasses et du désossage». Broyés, recomposés, compactés sous vide en blocs de 5 à 10 kilos puis surgelés, ces bas morceaux du bœuf sont également utilisés pour fabriquer des plats cuisinés (lasagnes, hachis parmentier, etc.). Il existe égale- ment des minerais de poulet (pour fabriquer des nuggets [croquettes de poulets]), de porc (pour les saucisses industrielles) ou même de poisson.

● Si les industriels restent très discrets sur l’utilisation du minerai de bœuf, celui-ci représen- terait 10 à 15 % de la production bovine française. En France, son prix est d’environ 3 euros par kilo, soit cinq fois moins que les morceaux dits nobles. Il est également possible de l’importer, depuis la Roumanie par exemple, où le minerai se négocie autour de 1 euro le kilo.  août 2015

http://www.monde-diplomatique.fr/mav/142/A/53380

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07 août 2015 ~ 0 Commentaire

sommes-nous vraiment plus malins que les dinosaures? (anti-k)

extinction

Ou comment ne pas devenir prématurément une espèce fossile…

Pendant 165 millions d’années, les dinosaures ont largement dominé la Vie sur Terre : pas un territoire n’échappait à leur emprise. Il y a 65 millions d’années, dans une conjonction d’événements encore l’objet de discussion entre les scientifiques, ils disparurent pour la plupart, laissant les ancêtres des oiseaux actuels comme seuls descendants. Nous n’avons aujourd’hui connaissance de leur existence que via les empreintes qu’ils ont laissées dans la roche : les fossiles. Mais qu’y a-t-il de commun entre les dinosaures et nous ?

Pour un nombre croissant de scientifiques, et sur la base des mesures et modèles disponibles, le risque que l’espèce humaine disparaisse peut aujourd’hui être examiné comme un scénario plausible à un terme plus rapproché qu’imaginé auparavant.[1] Pour un nombre croissant de philosophes, de moralistes, mais aussi de simples citoyens qui les lisent, ce risque DOIT absolument être examiné, c’est une question de principe.[2] Mais pour un nombre malheureusement majoritaire d’hommes politiques, ce risque, s’il est seulement parvenu à leur conscience, est toujours en attente d’être exprimé dans l’espace public en direction des citoyens…[3] À en juger par la rareté de l’évocation par des mandataires politiques en exercice du risque d’effondrement et de disparition de l’espèce, il faut croire que nos dirigeants estiment encore que nous, simples citoyens, ne sommes pas prêts à considérer ce genre de chose, ou que, même informés, nous préférons rester confortablement dans le déni.

Mais voulons-nous vraiment ignorer les risques encourus par nos enfants, nos petits-enfants et nos descendants plus lointains ?

On pense souvent que notre espèce est à l’abri de ce genre de considération. Comme on estime que l’Homme est « bien plus qu’un animal », on en déduit qu’il ne serait pas soumis aux mêmes lois de la nature que le reste du Vivant. Nous avons beaucoup de mal à imaginer la disparition de notre propre espèce, encore plus à terme rapproché. Pourtant, ironique- ment, n’avons-nous pas plus d’imagination que les dinosaures ?

Certains experts optimistes pointent notre longue capacité de survie en des milieux hostiles très divers, notre extension à tous les biotopes de la planète, et notre créativité intrinsèque, comme motifs de confiance en notre survie. Ils estiment que, même en cas d’effondrement généralisé, de pandémie, de guerre nucléaire totale, il resterait suffisamment de territoires éloignés et épargnés, pour permettre aux individus survivants d’y survivre et d’y perpétuer l’espèce. On pourrait, pour appuyer cette hypothèse, citer la longue histoire nomade de l’espèce, qui a traversé des périodes glaciaires et des territoires arides et a, selon certains paléontologues, failli disparaître à de multiples reprises.[4] On pourrait penser: «on s’en est toujours tiré, on s’en tirera encore!». Même dans un monde dévasté « à la Mad Max », des cinéastes nous montrent qu’on survivrait encore, au pire comme des charognards [5], l’équivalent humain des renards ou des corneilles opportunistes, qui ramasseraient les restes de l’ancienne civilisation, et vivraient de chasse, de cueillette et de petite agriculture en parallèle.

Mais n’est-ce pas aller un peu vite en besogne ? Il ne faut pas oublier que la place de l’Homme dans le Vivant a toujours été fragile. Et davantage aujourd’hui, car il est devenu, au fil du temps, un « super-superprédateur ». Au sommet de la chaîne alimentaire mondiale, il est hautement dépendant des organismes autotrophes (par la cueillette et l’agriculture) et hétérotrophes (par la chasse, la pêche et l’élevage).

Et pas n’importe lesquels : souvent il s’agit d’espèces domestiquées qui ont coévolué avec nous, comme les céréales et le bétail. Ces espèces seraient-elles capables de survi- vre à la vie sauvage pour bénéficier à des nomades si nulle civilisation sédentaire ne sub- siste pour les maintenir en domestication ? En réalité, le risque de notre disparition s’est, selon de nombreux scientifiques, notablement accru depuis 3 siècles. Serions-nous assis au sommet d’un château de carte biologique et technologique ?

Comparons calmement notre situation actuelle à celle qui prévalait il n’y a pas si longtemps que ça.

Auparavant, quand la majeure partie de l’Humanité vivait à la manière des peuples premiers et plus tard, au temps des premiers agriculteurs :

  • Les écosystèmes étaient riches et variés, en grande partie intacts, depuis plus de 10.000 ans et après la sortie d’une ère glaciaire, à l’exception de quelques zones dévastées par des empires sédentaires.
  • Il régnait une importante diversité des cultures et des systèmes sociotechniques, comme en témoigne notamment le nombre de langues locales et la diversité des usages dans l’élevage et la culture agricole, qu’ont constatés les archéologues et les anthropologues.
  • En cas de coup dur au niveau local, il y avait toujours la possibilité permanente d’aller « ailleurs ». Une sorte de rotation était en théorie possible entre différentes territoires d’accueil des groupes humains, certains étant hospitaliers le temps que d’autres se rétablissent, d’un incendie ou d’une inondation par exemple.
  • Les groupes humains possédaient de nombreuses techniques de survie et de vie, même dans des milieux jugés hostiles aujourd’hui, bénéficiant d’un savoir, d’une culture adaptée au fil des siècles à un environnement particulier, comme les Indiens d’Amazonie ou les Bédouins d’Afrique et du Moyen-Orient.
  • Les individus possédaient davantage chacun séparément les moyens de leur propre survie. Dès le plus jeune âge, ils apprenaient les techniques de chasse, pêche, élevage, cueillette, construction d’habitat, confection de vêtements, médecine des plantes, etc.
  • Nos ancêtres bénéficiaient d’une résilience implicite et inconsciente, par l’effet de la colonisation d’habitats très éloignés et très divers sur une grande partie de la surface du globe, sans qu’aucune connexion capable de transmettre des chocs locaux à l’ensemble de l’Humanité n’existe comme aujourd’hui. Pour reprendre une métaphore financière, une réelle diversification du risque existait ; le portefeuille « espèce humaine » était extrêmement solide aux aléas sur un de ses composants.

Aujourd’hui, depuis l’avènement des civilisations sédentaires, urbaines et agricoles, et davantage depuis 3 siècles et le début de l’ère industrielle :

  • La plupart des écosystèmes sont dégradés et/ou en voie de dégradation rapide.[6]
  • On ne peut que constater une uniformisation constante des cultures et des systèmes sociotechniques à l’échelle du monde entier.[7]
  • Il existe une tendance lourde à aller vers un seul système global sociotechnique.
  • Il n’existe plus d’ «ailleurs» dans lesquels un groupe humain pourrait se réfugier, tous les écosystèmes sont colonisés et en dégradation, partout.
  • Les groupes humains sont devenus, vu l’uniformisation des conditions de vie et les interconnexions systémiques entre toutes les parties du monde, un groupe humain mondial unique, qui voit sa survie reposer sur une pyramide sociotechnique extrêmement fragile car éminemment complexe et dépendante d’un apport massif d’énergie et de matière. Cette configuration rend l’émergence de risques systémiques globaux plus fréquent et plus probable, comme par exemple la crise financière, de l’énergie et des céréales de 2008.[8]
  • Les individus ne possèdent plus séparément les moyens de leur propre survie, le savoir est compartimenté et spécialisé, hautement déterminé par l’outil technique duquel il dépend complètement pour sa valeur, chasser, cueillir, élever, construire, se vêtir sont des savoirs hautement dépendants de la disponibilité de machines et d’énergie (fossile) adéquates.[9]

Mais, en outre, on peut penser que mêmes les peuples premiers qui subsistent aujourd’hui, plus ou moins proches de leur style de vie ancestral, ne sont plus mieux lotis que les individus des civilisations dites «avancées». En effet, leur survie est fortement liée à la connaissance intime d’un milieu, dont la stabilité ou du moins le caractère cyclique est parfaitement maîtrisé, toute leur culture étant orientée en fonction de ce rapport à leur environnement. Or aujourd’hui, la plupart des milieux de vie de ces peuples premiers ne sont plus dans leur état initial et sont en dégradation rapide.

En outre, ces peuples premiers sont en disparition rapide eux-mêmes, leur langue, leur culture et leur savoir compris, notamment parce que leur milieu lui-même est détruit, mais aussi parce qu’ils sont irrésistiblement assimilés à la culture mondiale dominante.

En résumé, à cause de l’homogénéisation du monde et des interconnexions systémiques, l’espèce met progressivement « tous ses œufs dans le même panier ». Notre portefeuille spécifique tend à ne contenir que des actifs peu diversifiés et toxiques. Le risque de faillite est réel. (…)

Posted on 5 août 2015 par Cédric Chevalie – Blog Paul Jorion

http://www.anti-k.org/2015/08/05/sommes-nous-vraiment-plus-malins-que-les-dinosaures/

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07 août 2015 ~ 0 Commentaire

production: industrie contre écologie? (al)

Utopia

« L’utopie c’est la réalité de demain » … Victor Hugo

La montée de la crise écologique appelle à une remise en cause de la place de l’indus- trie. La rupture nécessaire à l’endiguement de cette crise conduira-t-elle pour autant à l’élimination de toute forme de production industrielle et à la renaissance d’une société fondée sur l’artisanat ?

L’industrialisation de la production se caractérise par une productivité élevée, l’usa- ge de machines, l’organisation centralisée de la production et parfois du travail à la chaîne. Elle utilise des techniques résultant du développement de la recherche et de la science, mais parmi elles ne sont choisies que celles qui servent les intérêts des capitalistes.

Elle incarne une économie du gaspillage et de la destruction du vivant. Elle ne fournit même pas les moyens de subvenir aux besoins élémentaires de chacun et la production est souvent de mauvaise qualité. Les conditions de vie au travail sont destructrices pour la santé des travailleurs, l’organisation du travail est déshumanisée, et la dichotomie producteur/ consommateur est un des moteurs de l’aliénation.

Vivre et travailler autrement Face aux «dégâts du progrès», plus qu’à une alternative entre industrialisme aveugle et abandon de toute forme d’industrialisation et de science, nous sommes confrontés à deux questions posées depuis l’émergence du capitalisme: Que produire? Comment produire? Combien produire? Pour éviter la saturation des marchés, les produits sont programmés pour tomber rapidement en panne; il en résulte un gaspillage et une production de mauvaise qualité. L’explosion de l’industrie de luxe se réalise au détriment des besoins élémentaires de tous, ce qui n’est qu’une manifestation du mépris de classe. Les pollutions sont la conjugaison du choix des techniques mises en œuvres et des économies réalisées au détriment de la sécurité industrielle.

En bref, les «décideurs», la classe capitaliste, imposent leurs choix pour éviter la chute des profits et maintenir leur position dominante. La pression à la rentabilité exercée par la concurrence bride la science, la technique et l’industrie, rendues incapables de mettre en œuvre les solutions nécessaires. Un abandon des processus industriels n’apporterait aucu- ne réponse réelle à ces questions. Au contraire d’autres problèmes émergeraient : régres- sions sur le plan matériel, social et sanitaire; gâchis de travail humain, de ressources natu- relles et d’énergie; difficultés techniques dans le contrôle des pollutions; impossibilité technique de fabriquer des biens complexes, pourtant nécessaires socialement, etc.

Autolimiter démocratiquement les besoins de consommation

Des pistes existent pour s’attaquer à la crise écologique :
- remettre en cause l’organisation mondialisée de la production et en relocaliser la plus grande part, avec l’utilisation de ressources locales et la fabrication de produits adaptées aux conditions naturelles et sociales;
- choisir les productions nécessaires aux besoins des populations au détriment des produits de luxe réservés à la bourgeoisie;
- fabriquer des biens d’équipement durables, facilement réparables et conçus pour être recyclés; donner la priorité aux équipements collectifs; réduire drastiquement, voire aban- donner certains secteurs productifs: emballage, usage unique, publicité, armements, maté- riaux non durables, industrie automobile etc.  mettre en œuvre des économies d’énergie et de matières premières et un recyclage généralisé etc.
- autolimiter démocratiquement les besoins de consommation pour maintenir l’activité humaine en deçà du seuil de soutenabilité etc.

Des secteurs industriels comme l’agroalimentaire seraient sans doute appelés à très fortement régresser au profit d’une multitude de petits établissements productifs locaux, tandis que d’autres industries seraient appelées à se développer: celles qui représenteront un avantage en terme de gain de travail humain, de qualité des produits, de nécessité tech- nique, de limitation des dépenses énergétiques et de matières premières et/ou de contrôle des pollutions à l’environnement.

Bien sûr il est possible d’agir dès aujourd’hui en convainquant des franges de la popu- lation de vivre et de travailler autrement, voire en popularisant les recherches sur l’écologie industrielle  [1], c’est-à-dire l’ensemble des pratiques destinées à réduire la pollution indus- trielle. Mais une solution globale est incompatible avec le maintien d’une économie de mar- ché. Elle nécessitera d’attaquer le capitalisme au cœur, de remettre en cause les modalités de production de la valeur et des rapports d’échanges, d’abolir la propriété privée des moyens de production et d’instaurer une égalité économique entre toutes et tous.

Participation collective, solidaire, égalitaire Et comment produire? L’autoritarisme, la hiérarchisation, la séparation entre commandement et exécution, entre production et consommation font aujourd’hui partie intégrante de ce qu’est l’industrie. Mais ces phéno- mènes sociaux sont antérieurs à l’industrialisation, la société industrielle n’a fait que les amplifier.

Imaginer une société où l’industrie serait remplacée par une multitude d’ateliers arti- sanaux n’apporterait aucune solution aux conditions sanitaires et à l’insatisfaction dans le travail qui prévalent dans la société d’aujourd’hui. Face à la concurrence, l’artisan propriétaire qui ne pousserait pas à l’intensification du travail serait menacé de faillite et ses salariés n’y seraient pas moins aliénés que dans l’industrie. Notre dénonciation de la forme d’organi- sation sociale où le sujet n’est plus acteur de sa production sociale, et n’a plus de prise sur le monde qui l’entoure, nous renvoie là encore à la société de classes.

Dès les premiers jours de la révolution, l’organisation du travail pourra être métamor- phosée. Personne ne doit plus être en situation d’être un simple exécutant. Tous se verront confier pour partie des tâches d’exécution, pour partie des fonctions de responsabilité. La spécialisation au travail sera réduite ne serait-ce que parce qu’il sera indispensable que toutes et tous soient formé-e-s pour participer aux grandes décisions de l’entreprise.

La possibilité d’une autre société industrielle Le contrôle des travailleurs sur les condi- tions de travail changera la vie dans l’entreprise. La participation à l’autogestion généralisée de la société, dans la cité pour décider des besoins, dans «l’atelier» pour gérer les condi- tions de travail, fera disparaître les mécanismes d’aliénation à l’œuvre aujourd’hui.

La fin du capitalisme ouvrira la possibilité d’une autre société industrielle: la produc- tion serait organisée à partir des besoins de tous et non pour permettre l’accumulation capitaliste; le gaspillage matériel et énergétique sera abandonné.

Une telle société sera fondée sur une participation collective, solidaire, égalitaire. Elle sera une véritable démocratie permettant aux hommes et aux femmes de gérer la contra- diction entre diminution nécessaire de l’empreinte écologique de l’humanité et satisfaction des besoins de tous les humains, permettant également de privilégier la dimension collective des besoins et de respecter les aspirations de chacun. La solidarité retrouvée créera une société conviviale, débarrassée du consumérisme, et où il fera bon vivre.

Jacques Dubart (AL Agen) 5 août 2015

http://alternativelibertaire.org/?Production-Industrie-contre

Commentaire: Ces idées sont un apport à nos débats sur « Quelle société voulons nous? »

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06 août 2015 ~ 0 Commentaire

vive le prêt sans intérêt (anti-k)

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Le prêt avec intérêts, l’abandon de l’or comme contrepartie de la monnaie émise et l’abandon de la création monétaire aux banques privées sont les causes majeures des principaux problèmes actuels de notre civilisation.

La doctrine «faire travailler son argent», est vraiment le plus grand tour d’illusion jamais inventé! Le chômage augmente, il n’y a plus de travail, mais nous faisons «travail- ler» notre argent sans se rendre compte que c’est ce «travail» qui détruit nos emplois! L’ar- gent travaille à nous appauvrir, à nous détruire, à faire de nous les esclaves de cet argent que l’on croit faire travailler!

Si un de vos ancêtres avait emprunté 1 gramme d’or à la naissance de Jésus Christ, vous devriez rembourser aujourd’hui aux descendants une masse d’or équivalente à trois fois le poids de la terre! Voyez l’aberration! Avec ce système, l’enrichissement se fait auto- matiquement et uniquement en fonction du temps qui passe. En donnant suffisamment de temps au «système», l’accumulation de richesse entre les mains de ceux qui ont le pouvoir d’émettre de la monnaie devient telle qu’il arrive un moment où la situation se trouve totalement déséquilibrée.

C’est le jackpot! Thomas Jefferson l’avait bien compris lorsqu’il disait «celui qui contrôle l’argent de la nation contrôle la nation» et les présidents américains James Madison et Abraham Lincoln qui avaient remis en question la création monétaire privée ont d’ailleurs été assassinés.

L’abandon de l’or comme réserve d’échange représente l’autre facette de la même pièce du problème: il ne serait pas possible de prendre le contrôle de toute l’économie mondiale s’il n’existait pas cette possibilité d’émettre de la monnaie en quantité quasi illimitée (et donc, de générer les intérêts qui vont avec). En abandonnant l’or, et en permettant que la grande majorité de l’argent existe seulement sous forme de chiffres virtuels dans des comptes bancaires, il devient possible de créer un système où les déséquilibres s’accentuent inexo- rablement avec le temps, pour finalement entrainer l’accumulation de toutes les richesses mondiales entre les mêmes mains.

Lorsque vous contractez un prêt, vous ne payez les premières années pratiquement que les intérêts ; donc si vous voulez rembourser votre prêt au bout de quelques années, il vous faut presque rembourser l’intégralité du prêt, puisqu’au début vous n’aviez remboursé que les intérêts! Si ce n’est pas de l’escroquerie ce n’en est pas loin!

Avec ce système basé sur les intérêts, en quelques années, à l’échelle mondiale, cela veut dire qu’il faut rembourser plus que l’argent mis en circulation. Au final, les intérêts à payer sont supérieurs au capital emprunté. Il faut donc s’endetter sans cesse, et il n’est pas besoin d’être économiste pour comprendre que ce système est sans fin! La dette des Etats en est un exemple flagrant; en France par exemple, rien que les intérêts de la dette repré- sentent 50 milliards d’euro annuels. Ce système permet aux rentiers de s’enrichir sur le dos de ceux qui travaillent, ils peuvent ainsi léguer à leurs descendants des revenus substantiels, tandis que les autres hériteront des dettes et devront continuer à travailler pour… rembourser !

Tant que le prêt avec intérêts continuera à exister, et tant que les banques pourront créer de l’argent pratiquement sans limite, aucune amélioration ne peut être attendue de la part de ce «système». Pour éviter toute dérive et tentation, il faut donc que le système de banques et de crédit soit mis sous contrôle de la population, l’expropriation et la socialisation des établissements existants est un acte de salut public !

A. CAPUCIN pour Conscience Citoyenne Responsable Posted on 6 août 2015 by Ludovic

lire également : A PROPOS DE LA DETTE

  »L’argent et les marchandises circulent librement dans un monde où les frontières séparent les hommes. » A.NONYME

http://www.anti-k.org/2015/08/06/vive-le-pret-sans-interet-2/

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06 août 2015 ~ 0 Commentaire

brésil, à tout juste un an des jo de rio (amnesty)

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Les victimes de la police militaire se comptent par centaines

La police militaire de Rio de Janeiro, dont la stratégie semble être de «tirer d’abord, et poser des questions ensuite», contribue à la forte augmentation du taux d’homicides mais fait rarement l’objet d’enquêtes et de poursuites judiciaires, écrit Amnesty International à l’occasion de la publication de statistiques et d’analyses exclusives, tout juste un an avant l’ouverture des Jeux olympiques de Rio en 2016.

Intitulé “You killed my son”: Killings by military police in Rio de Janeiro, le nouveau rapport de l’organisation révèle qu’au moins 16 % des homicides enregistrés dans la ville ces cinq dernières années sont imputables à des policiers en service – soit 1 519 au total. Dans la seule favela d’Acari, dans le nord de la ville, Amnesty International a recueilli des éléments qui tendent fortement à prouver que, dans au moins neuf cas sur 10, les homicides commis par la police militaire en 2014 étaient des exécutions extrajudiciaires.

«Rio de Janeiro est une ville au double visage: d’un côté, le faste et le glamour desti- nés à impressionner le monde, et de l’autre des interventions policières répressives qui déciment considérablement une génération de jeunes hommes noirs et pauvres », a déclaré Atila Roque, directeur d’Amnesty International Brésil.

«La stratégie brésilienne qui consiste à mener une « guerre contre la drogue» afin de remédier au problème bien réel de l’insécurité publique produit des effets contraires à ceux attendus, semant derrière elle souffrance et dévastation. La violence et le manque de moyens de la police, les populations si pauvres et si marginalisées qu’elles en deviennent presque invisibles, et l’incapacité systématique du système judiciaire à rendre justice et à offrir des réparations pour les violations des droits humains forment un cocktail explosif qui cause la perte d’un bien trop grand nombre de vies.»

Les recherches d’Amnesty International montrent que la police militaire a régulière- ment recours à une force injustifiée et excessive lors d’opérations de sécurité dans les favelas (bidonvilles) de Rio de Janeiro. Dans la majorité des homicides commis par la police enregistrés entre 2010 et 2013, les victimes étaient des jeunes hommes noirs âgés de 15 à 29 ans.

Ces homicides ne font pratiquement jamais l’objet d’une enquête. Quand une personne est tuée lors d’une intervention policière, un membre de la police civile établit un rapport administratif pour déterminer s’il s’agissait d’un cas de légitime défense ou s’il convient d’engager des poursuites pénales. Dans la pratique, la plupart des cas sont classés dans la catégorie « résistance suivie de mort », qui empêche toute enquête indépendante et protège les auteurs de toute poursuite devant les tribunaux civils.

En répertoriant ces homicides comme la conséquence d’une confrontation – même si en réalité aucune confrontation n’a eu lieu –, les autorités rejettent de fait sur les victimes la responsabilité de leur mort. C’est souvent un moyen de dissimuler des exécutions extrajudiciaires. Lorsque la police accuse la victime de liens avec des bandes criminelles, l’enquête cherche généralement à accréditer la thèse de la légitime défense avancée par les policiers plutôt qu’à déterminer les circonstances exactes de l’homicide.

Amnesty International a aussi découvert que les scènes de crime étaient souvent modifiées – les policiers enlevant le cadavre sans prendre les précautions requises et plaçant des armes ou d’autres « preuves » à proximité du corps. Dans les cas où la victime est soupçonnée d’être impliquée dans le trafic de stupéfiants, l’enquête se concentre généralement sur son profil criminel afin de légitimer l’homicide.

Eduardo de Jesus (10 ans) a été tué par des membres de la police militaire alors qu’il était assis devant chez lui, dans une favela du Complexo do Alemão, le 2 avril 2015. Selon sa mère, Terezinha Maria de Jesus, 40 ans, tout est allé très vite. « J’ai juste entendu un coup de feu et un cri […] Je suis sortie en courant et j’ai vu le spectacle horrible de mon fils tombé à terre », a-t-elle raconté. Alors qu’elle faisait face à une rangée de policiers militaires postés devant le cadavre de son fils, l’un d’eux a pointé son arme sur elle et lui a dit : « Je pourrais te tuer comme j’ai tué ton fils, car j’ai tué un fils de bandit. » Je pourrais te tuer comme j’ai tué ton fils, car j’ai tué un fils de bandit.

Selon Terezinha, la scène du crime a été immédiatement nettoyée par les policiers. Ils ont essayé demporter le corps d’Eduardo, mais les habitants les en ont empêchés. L’un des policiers a tenté de placer une arme à feu à côté du corps pour pouvoir accuser le jeune garçon. Le lendemain de la mort d’Eduardo, les policiers responsables du coup de feu mortel ont été suspendus de leurs fonctions et leurs armes ont été saisies pour analyses médicolégales. L’enquête est menée par l’unité de la police chargée des homicides. Mais le fait est que la plupart des affaires de ce genre ne font pas l’objet d’une enquête en bonne et due forme et que les responsables sont rarement traduits en justice. Depuis la mort d’Eduardo, sa famille a reçu des menaces et a dû déménager par crainte des représailles.

« La stratégie de la peur appliquée par la police militaire dans le cadre de ses opérations dans les favelas, marquée notamment par des manœuvres de harcèlement contre les habitants et des menaces à l’encontre des militants, ne résoudra pas les problèmes de sécurité dans la ville. Le seul moyen d’y parvenir est de mettre en œuvre une stratégie concertée de réduction du nombre d’homicides et de faire en sorte que des enquêtes exhaustives soient menées sur toutes les violations des droits humains et que les responsables présumés soient traduits en justice », a déclaré Atila Roque. 3 août 2015

Repères

  • Le Brésil est l’un des pays au monde où le nombre d’homicides est le plus élevé : 56 000 victimes ont été dénombrées pour la seule année 2012.
  • En 2012, plus de 50 % des victimes d’homicides avaient entre 15 et 29 ans, et 77 % étaient noires.
  • 8 471 homicides commis par des policiers en service ont été enregistrés dans l’État de Rio de Janeiro, dont 5 132 dans la ville même de Rio, entre 2005 et 2014.
  • Près de 16 % des homicides perpétrés dans la ville de Rio de Janeiro ces cinq dernières années étaient des homicides commis par des policiers en service et classés dans la catégorie « résistance suivie de mort ».
  • En examinant les 220 enquêtes sur des homicides commis par la police ouvertes en 2011 dans la ville de Rio de Janeiro, Amnesty International a constaté que, quatre ans plus tard, une seule affaire avait conduit à l’inculpation d’un policier. En avril 2015, 183 de ces enquêtes étaient toujours ouvertes.

https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2015/08/brazil-trigger-happy-military-police-kill-hundreds-as-rio-prepares-for-olympic-countdown/

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05 août 2015 ~ 0 Commentaire

hiroshima-nagasaki: le début de l’équilibre de la terreur nucléaire (npa)

hiroshima-nagasaki: le début de l’équilibre de la terreur nucléaire (npa) dans Altermondialisme 156007

Les 6 et 9 août 1945, les USA larguaient deux bombes atomiques, « Little Boy » sur Hiroshima, et « Fatman » sur Nagasaki.

La défaite japonaise était alors déjà certaine. Il s’agissait de prouver aux yeux de la planète que l’armée de la première puissance mondiale maîtrisait une arme nouvelle, parti- culièrement puissante et meurtrière, dans le but de terroriser et de couper court à toutes les révoltes.

Le monde entrait dans l’âge atomique et avec lui dans l’ère de sa possible destruc- tion. La terreur nucléaire, la question lancinante de la possibilité de l’extermination de masse à une échelle jamais atteinte, devenait un des déterminants essentiels des relations interna- tionales. Depuis l’arsenal nucléaire est devenu bien plus important, malgré les efforts des USA et de l’URSS pour empêcher d’autres États d’accéder à l’arme nucléaire avec le traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

Au début de l’année 2015, neuf États – États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine, Inde, Pakistan, Israël et la République populaire démocratique de Corée (Corée du Nord) – détenaient environ 15 850 armes nucléaires, dont 4 300 déployées avec des forces opéra- tionnelles, selon le centre de recherche suédois Sipri (Stockholm international peace research institute).

Certes, le nombre total d’ogives nucléaires dans le monde est en baisse du fait des accords entre les États-Unis et la Russie, mais c’est une pure hypocrisie puisque l’un com- me l’autre consacrent des milliards au renouvellement et à la modernisation de leurs arse- naux. Les arsenaux des autres États dotés de l’arme nucléaire sont beaucoup plus petits, mais tous développent ou déploient de nouveaux systèmes ou se proposent de le faire.

Il y a une légère hausse de l’arsenal nucléaire militaire de la Chine qui, elle aussi, modernise ses forces avec de nouveaux missiles à têtes multiples, dits «mirvés»: de l’anglais Mirv pour Multiple independently targeted reentry vehicle, équipés de plusieurs têtes, nucléaires ou conventionnelles, qui suivent chacune leur trajectoire lors de leur entrée dans l’atmosphère. L’Inde possède 90 à 110 têtes nucléaires et le Pakistan 100 à 120, tandis que la Corée du Nord posséderait 6 à 8 bombes atomiques.

Les puissances destructrices accumulées ont été décuplées. Le principe de cette course aux armements nucléaires est celui de la Mutual assured destruction (Mad), la «destruction mutuelle assurée» qui prétend dissuader l’adversaire par l’équilibre de la terreur, la certitude qu’il sera lui aussi détruit.

Un concentré de la folie capitaliste, la course aux armements… pour prétendument faire la paix !

Yvan Lemaitre

http://npa2009.org/idees/hiroshima-nagasaki-le-debut-de-lequilibre-de-la-terreur-nucleaire

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05 août 2015 ~ 0 Commentaire

une rappeuse indienne contre la pollution d’unilever (obs)

Sofia Ashraf, une jeune rappeuse indienne, détourne un tube de Nicki Minaj pour attirer l’attention sur l’incurie de la firme Unilever.

Dans la région de Kodaicanal, au sud de l’Inde, une usine d’Unilever a gravement pollué la forêt environnante en y déposant des déchets de mercure toxique. Suite au scandale, Unile- ver a fermé le site mais n’a pas entièrement nettoyé le mercure, qui continue d’empoisonner les terres et l’eau de Kodaicanal. Plusieurs anciens travailleurs de l’usine souffrent de graves problèmes de santé qu’ils imputent à leur exposition au mercure. 28 de ces travailleurs sont morts, tandis que plusieurs enfants sont nés avec des malformations. Unilever continue de maintenir que l’entreprise n’est pas responsable et refuse toute compensation.

La chanson « Unilever won’t » fait partie d’une campagne plus large sur les réseaux sociaux, pour attirer l’attention des actionnaires d’Unilever. Devenue virale, cette vidéo a certainement attiré nettement plus d’attention que les pétitions qui ont déjà circulé sur le sujet. On attend la réaction d’Unilever.

Publié le : 03/08/2015 à 13h06

http://rue89.nouvelobs.com/zapnet/2015/08/03/rappeuse-indienne-contre-pollution-dunilever-260571

 

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05 août 2015 ~ 0 Commentaire

le pouvoir des multinationales et leur impunité (cadtm)

ViaCampesina2

OMC, (Organisation Mondiale du Commerce) hors de l’agriculture!

Etouffent la voix des peuples

Non aux multinationales !

La Via Campesina dénonce le fait que les processus législatifs et de politiques internationaux qui devraient être vus comme des décisions démocratiques et citoyennes, sont de plus en plus dominés par les intérêts des grandes multinationales et cela avec la complicité des classes gouvernantes |1|. De plus, on constate une forte tendance à criminaliser les popu- lations qui luttent pour leurs droits, ainsi qu’une impunité structurelle pour les crimes commis par ces mêmes multinationales.

Au niveau international, régional, national et local, nous observons que de plus en plus, les cadres législatifs se conçoivent, s’interprètent et se mettent en œuvre en fonction des inté- rêts des grandes entreprises et des multinationales, malgré la résistance des mouvements et des organisations qui défendent d’autres voies et l’intérêt général. A cela s’ajoute un manque de transparence vis-à-vis de la société civile.

Il est évident que les accords commerciaux internationaux avec des mécanismes de protection des investissements, la dérégulation du commerce et de la production et l’aban- don de critères sociaux et sanitaires comme on peut le voir de façon flagrante dans les accords comme le TTIP, TPP, CETA, TISA et les APEs répondent aux demandes pressan- tes des multinationales et non pas aux intérêts des populations.

On crée aussi une confusion permanente du rôle des organisations qui représentent la société civile et l’intérêt public et des entités qui défendent les intérêts du secteur privé. Les multinationales sont traitées de la même façon que les organisations de la société civile alors qu’en fait, elles ne représentent personne et ne cherchent qu’à défendre les intérêts de leurs actionnaires. Ceci réduit l’espace public de manière considérable.

On crée et on appuie davantage des entités mixtes, des tables rondes ou des plate-formes regroupant différents acteurs comme les instances gouvernementales, les organis- mes de recherche, les bailleurs, les ONGs et les organisations de la société civile alors que l’autonomie des mouvements sociaux n’est pas garantie et encore moins soutenue. Ces espaces poussent à des positions diluées et occultent les réalités du terrain. Un exemple clair est celui de l’ILC (International Land Coalition – Coalition internationale pour la terre) qui est une organisation qui compte sur des fonds de plus en plus importants ces dernières années et qui se présente, de façon opportuniste, à la fois comme un organisme de recher- che, un bailleur et un représentant de la société civile. Or, le travail de ILC sert principa-lement à mitiger les effets négatifs de l’accaparement des terres plutôt que d’arrêter les accaparements eux-mêmes.

Comme mouvement social de paysans, de travailleurs agricoles, de paysans sans terre et de peuples indigènes nous sommes confrontés à une vision du monde réductrice et complètement capitaliste, basée sur un paradigme de croissance à tout prix, sur un mar- ché qui dirige et résout tout et sur un modèle occidental imposé. Ce modèle comprend la privatisation et la marchandisation des biens communs et des droits de base comme l’eau et l’alimentation.

Il inclut aussi le mépris pour les mouvements sociaux et un culte à l’entreprise comme l’unique acteur « utile » de la société. La chasse au bénéfice privé est l’élément dominant dans la prise de décision et dans la vision du monde. C’est une vision patriarcale, capitaliste, individualiste et occidentale du bien-être qui est promue et qui mène à une uniformité sur un marché mondialisé. Dans cette vision, le rôle et la responsabilité des Etats sont de plus en plus limités et superflus. Ceci réduit de manière considérable la capacité d’influence et d’incidence démocratique des acteurs de base.

De nouveaux marchés sont créés pour soi-disant résoudre les problèmes que ce marché a créés. C’est ce que l’on voit dans l’exemple des marchés carbones (REDD) qui ont généré de la spéculation foncière, des évictions de communautés et une plus grande contamination en lieu et place de la réduction des émissions carbones recherchée. On propose des solutions technologiques comme les transgéniques et des fertilisants sans prendre en compte une analyse du pouvoir et des intérêts actifs et sans vision à long terme. Le marché d’un cadastre social pour les populations affectées par les barrages montre que les problèmes sociaux sont aussi gérés comme un marché.

Nous mentionnons également les partenariats public-privé (PPP) où les entreprises remplacent les Etats dans des constructions obscures qui ne profitent qu’aux entreprises. La terre, l’eau, les semences et nos terroirs, biens communs gérés par les communautés, deviennent des marchandises sous le diktat du titre foncier, du brevetage du vivant via des lois foncières et semencières diligentées, dépossédant les peuples de leurs droits, qui sont les garants de l’avenir de la planète et de l’humanité.

Des initiatives sous prétexte de « lutter contre la faim dans le monde » se mettent en place avec la complicité des Etats occidentaux et des pressions sur de nombreux Etats comme la Nouvelle Alliance pour la Sécurité Alimentaire et la Nutrition (NASAN) soutenue par le G8 ou l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) qui s’inscrivent insidieuse- ment dans les programmes de développement agricole nationaux et sous-régionaux pour imposer un modèle agricole occidentale et introduire des OGMs et des produits prohibés dans les pays et s’accaparer de leurs ressources naturelles comme la terre et l’eau.

Il existe un manque permanent de solutions structurelles et durables, à cause de la pression pour maintenir un statu quo et par crainte de limiter les bénéfices de quelques uns.

Nous vivons une augmentation de la criminalisation des syndicalistes, des activistes de l’environnement et des paysan(ne)s qui luttent pour leurs droits ou pour le droit de la nature. Rien qu’au Honduras, il y a des centaines de paysans et de paysannes en procès pour défendre leurs droits. Les violences contre les défenseurs de l’environnement ont augmenté de manière exponentielle ces dernières années |2|. Nous soulignons l’importance d’ouvrir aux organisations de base les espaces où les normes internationales sont discutées et adoptées et de développer des mécanismes de consultation transparente, d’information et de divulgation conduits par les mouvements eux-mêmes.

Nous mentionnons ici la Déclaration des Droits des paysans et des travailleurs ruraux qui se développe au sein du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies comme un exemple positif |3|. Nous avons besoin de nouveaux processus de démocratie participative, transparente qui partent de la base (national, régional et mondial) pour appliquer la souverai- neté des peuples dans le monde d’aujourd’hui et non pas leur oppression.

Nous avons besoin de mécanismes régionaux et internationaux contraignants pour arrêter les crimes contre l’humanité commis par les multinationales. Dans ce sens, nous accueillons positivement l’initiative du Conseil de Droits de l’Homme qui s’est fixé comme objectif un Traité contraignant pour punir les crimes des multinationales et nous soutenons la campagne pour le Démantèlement du pouvoir du secteur privé |4|. Nous reconnaissons que le rôle de l’État est de représenter les intérêts des peuples. Donc, l’État a le devoir de s’op- poser à tout politique ou traité international qui mine les droits humain ou sa propre souverai- neté. Il est essentiel de soutenir la souveraineté et la responsabilité des Etats au lieu de les saper au niveau international.

La Via Campesina défend la souveraineté alimentaire comme une utopie rebelle à ce système exploiteur. Nous construisons nos alternatives dans la solidarité, chaque jour, depuis la base. Harare, 9 juillet 2015 publié le 4 août par La Vía Campesina

Source : La Via Campesina

http://cadtm.org/Le-pouvoir-des-multinationales-et

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01 août 2015 ~ 0 Commentaire

l’indigestion qui vient (lmd)

cochon

Une carcasse artificielle tombe sur la chaîne de production d’une usine aseptisée. Recouverte par une épaisse pâte blanche sortie d’un bras métallique, elle passe ensuite par une machine qui lui donne l’aspect d’un poulet bien en chair auquel on aurait coupé la tête et les pattes. Quelques pulvérisations de colorant plus tard, la volaille est empaquetée, prête à être vendue. Extraites de L’Aile ou la Cuisse, un film populaire dans lequel Louis de Funès interprète un critique gastronomique en guerre contre un géant de la restauration collective, ces images présentaient en 1976 un caractère saugrenu, propre à susciter l’hilarité.

Quarante ans plus tard, la réalité a dépassé la fiction et le rire a viré jaune. De la nourriture fade et vite expédiée a remplacé les mets savoureux sur les tables des foyers et des restaurants. Des produits qui n’ont plus rien de naturel ont envahi les étals des super- marchés: des tomates et des fraises sans goût, produites hiver comme été dans des serres surchauffées, à coups d’engrais et de fongicides; des plats préparés avec du «minerai de bœuf», un mélange de viande, de peau, de gras et de viscères dans lequel se nichent par- fois des bouts de cheval; des pizzas garnies au «fromage analogue», qui a toute l’apparence du vrai fromage mais ne contient pas une goutte de lait.

Et même des petites croquettes de poulet baptisées « nuggets », dont la méthode de fabrication paraît tout droit sortie du film de Claude Zidi: il s’agit en fait d’une pâte de volaille recomposée, enduite de panure puis passée à la friteuse.

Tous ces produits sont arrivés dans les assiettes sans rencontrer de résistance majeure. Non pas que les consommateurs soient particulièrement friands de denrées chimiques; mais parce qu’ils y ont trouvé un avantage économique et qu’on leur a beaucoup répété, là aussi, qu’il n’y avait pas d’alternative.

Selon une idée largement entretenue par les multinationales de l’agroalimentaire, mais contredite par de nombreuses études (1), il serait en effet impossible de nourrir toute la pla- nète avec des produits frais, sains et à des prix raisonnables. Il faudrait donc s’accommoder de l’intensification de l’élevage et de l’agriculture, de l’usage des pesticides et des farines animales, de la standardisation des denrées, et n’y voir que des inconvénients nécessaires à la démocratisation de l’alimentation. D’ailleurs, renchérissent les thuriféraires de la malbouffe cet ingénieux mode de production n’a-t-il pas fait chuter la part de budget qu’un ménage français consacre à se nourrir de 40,8 % en 1958 à 20,4 % en 2013 (2) ?

L’alimentation bon marché a pourtant un coût: social, sanitaire, environnemental, d’au- tant plus visible que les habitudes de consommation des pays occidentaux se diffusent à travers le monde. Pour proposer des produits à bas prix, le complexe agro-industriel écrase les salaires et précarise des dizaines de millions de travailleurs: les fruits et légumes vendus par la grande distribution, où s’effectuent 75 % des dépenses alimentaires en France sont récoltés par des saisonniers ou des immigrés clandestins sous-payés, transportés par des chauffeurs routiers qui ne comptent plus leurs heures, vendus par des caissières embauchées au tarif minimum.

En outre, les denrées industrielles, riches en gras saturés, en sucre et en sel, sont particulièrement caloriques. Consommées en quantité importante, comme la publicité y invite, elles favorisent le surpoids et l’obésité, et donc la diffusion de maladies comme le cholestérol, le diabète, l’hypertension. Deux cent mille Américains meurent chaque année d’une affection liée à leur tour de taille. A l’échelle mondiale, le nombre de personnes en surpoids (environ un milliard et demi) excède celui des malnutris (environ huit cents millions). Un second «fardeau de la nutrition» est ainsi venu se greffer au mal de la faim.

Déforestation, pollution des nappes phréatiques, appauvrissement des sols et destruc- tion de la biodiversité: le productivisme alimentaire a enfin des conséquences funestes sur l’environnement. A elle seule, l’industrie de la viande accapare 78 % des terres agricoles de la planète; elle est responsable de 80 % de la déforestation de l’Amazonie et de 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre causées par l’homme. Sachant qu’il faut quinze mille litres d’eau et sept kilos de céréales pour produire un kilo de bœuf, et que, par exemple, trois mille kilos de bœuf sont consommés chaque minute en France, il suffit ensuite de faire le calcul…

Pour parer au carambolage écologique, certains envisagent d’accélérer la fuite en avant scientifique. Des biologistes et des généticiens ont ainsi mis au point le «steak syn- thétique», entièrement fabriqué en laboratoire, et l’œuf artificiel, conçu sans poule. Mais d’autres, toujours plus nombreux, prônent le retour à une agriculture locale, respectueuse de l’environnement et affranchie des chaînes de la grande distribution.

Cette solution demeure cependant circonscrite à la minorité de la population qui peut s’offrir le luxe de se nourrir correctement sans trop amputer d’autres dépenses essentielles. Les classes populaires, elles, demeurent largement captives des produits de l’agro-busi- ness. Ainsi, le combat pour l’alimentation est également politique et social: permettre à chacun de disposer des moyens d’accéder à une nourriture de qualité.

Benoît Bréville Par Benoît Bréville, août 2015

http://www.monde-diplomatique.fr/mav/142/BREVILLE/53396

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28 juillet 2015 ~ 0 Commentaire

“hija de la laguna”: le combat d’une péruvienne exalte le pays (ci)

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Plus de 3,4 millions de vues en un mois pour la bande-annonce d’un documentaire, c’est du jamais-vu, note le site du quotidien péruvien El Tiempo.

Le record était jusque-là détenu par la comédie Asu Mare ! “Le documentaire La Hija de la laguna, réalisé par Ernesto “Tito” Cabellos, raconte l’histoire de Nélida, une femme de la montagne qui communique avec les esprits de l’eau. Mais la découverte d’un gisement d’or menace la lagune, que Nélida considère comme sa mère”, précise El Tiempo.

Nélida va s’associer au combat des paysans qui s’inquiètent de l’épuisement des res- sources naturelles. “Le documentaire a déjà reçu le soutien de personnalités comme [le réalisateur argentin] Ricardo Darín ou [le philosophe] Noam Chomsky”, annonce El Tiempo.

Produit avec le concours d’un collectif de documentaristes péruviens, Guarango, le film a été récompensé à deux reprises par le ministère de la Culture péruvien. La sortie de Hija de la laguna est programmée le 27 août sur les écrans péruviens. Publié le 27/07/2015 – 11:07

http://www.courrierinternational.com/video/documentaire-hija-de-la-laguna-le-combat-dune-peruvienne-exalte-le-pays

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