Archive | Altermondialisme

24 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

porc (anti-k)

porcs

Le porc sur paille, l’autre modèle pour la Bretagne

Un nouveau mode d’élevage porcin a été mis en place, pour des raisons environnementales et économiques.

Réveillés de leur sieste par des visiteurs inhabituels, les cochons de Pascal Pérot, éleveur à Saint-Donan, dans les Côtes-d’Armor, n’ont sans doute pas conscience d’être des privilégiés. Dans cette ferme de 54 hectares, ils grandissent dans des bâtiments ouverts sur l’extérieur, sur de la paille. Cela permet de transformer leurs excréments en fumier. « Je ne voulais pas être montré du doigt comme pollueur et j’étais sensible à la notion de bien-être animal« , confie le maître des lieux, qui a repris la ferme en 2000.

En France, 95 % des porcs sont au contraire élevés sur caillebotis, un sol ajouré, en béton ou en plastique, qui permet l’évacuation rapide de leurs déjections, le lisier. Epandu sur les terres de culture pour les fertiliser, ce dernier nourrit depuis longtemps la critique du modèle d’élevage breton. La région concentre 57 % du cheptel français. Mais les cochons, parqués dans des bâtiments, sont invisibles. En revanche, cet élevage intensif est à l’origine de la pollution des eaux et des marées d’algues vertes, bien visibles, qui affectent le littoral. En cause, les nitrates dérivés de l’azote du lisier (des porcs, des bovins et des volailles), qui contaminent les cours d’eau et les nappes phréatiques.

Entre le conventionnel et le bio

Polluant, ce modèle met aussi régulièrement des éleveurs dans la rue, lorsque le prix du porc ne leur permet plus de vivre de leur travail. C’est ce qui a conduit l’association bretonne Cohérence à réfléchir à un modèle alternatif. Cofondée en 1997 par Jean-Claude Pierre (le créateur de l’association Eau et rivières de Bretagne, qu’il a quittée depuis) et des paysans du Réseau agriculture durable (aujourd’hui réseau Centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural, Civam), elle regroupe défenseurs de l’environnement, agriculteurs, syndicats, entreprises et particuliers. Au début des années 2000, ce réseau développe un cahier des charges pour un élevage de porcs durable.
« Je ne voulais pas être montré du doigt comme pollueur et j’étais sensible à la notion de bien-être animal » Pascal Pérot

Ses piliers : des cochons élevés sur de la paille, bénéficiant d’une surface minimale de 1,5 mètre carré par tête, soit le double du minimum réglementaire pour les porcs de moins de 110 kilos. Le cahier des charges n’impose en revanche pas l’accès des porcs à l’extérieur, obliga- toire dans le cadre des labels « porcs fermiers » élevés en plein air Label rouge et pour l’éle- vage biologique, qui peut se faire en plein air ou avec des bâtiments prévoyant une aire d’exercice en extérieur. Leur alimentation doit être sans organismes génétiquement modifiés (OGM). Les traitements antibiotiques préventifs sont interdits.

Enfin, lors de l’épandage du fumier (composé de la paille et du lisier), les éleveurs doivent respecter un apport d’azote plafonné à 80 % du seuil réglementaire (140 unités d’azote par hectare, contre 170 sinon). Utile au bien-être des cochons, pour lesquels fouiller et jouer sont des activités naturelles, la paille présente l’avantage de résorber une partie de l’azote présent dans leurs déjections en les compostant. L’utilisation de cet engrais solide, plutôt que le lisier, limite de plus les risques de ruissellement.

Le cahier des charges intègre en outre une cinquantaine de critères sur lesquels les éleveurs s’engagent à progresser. L’utilisation d’une alimentation produite à la ferme est ainsi conseillée sans être impérative, ce qui est le cas en élevage biologique. L’objectif ? « Proposer une alternative durable, accessible au plus grand nombre« , justifie Jean-Bernard Fraboulet, chargé de mission porc durable chez Cohérence. La filière porcine française étant très industrialisée, les conversions d’exploitations conventionnelles vers le bio sont difficiles.

« Les ateliers sont trop gros, trop hors-sol, alors que le bio suppose une alimentation produite sur la ferme et un accès à l’extérieur que les bâtiments conventionnels ne permettent pas. Pour développer le bio, on mise plutôt sur de nouvelles installations », explique Stéphanie Pageot, présidente de la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab). En 2016, les élevages biologiques ne représentaient que 0,94 % des exploitations porcines, selon la plate-forme Agence Bio. Quant au label rouge, il concernait 3,3 % seulement de la production nationale en 2014, dont 83 % des élevages en bâtiment, selon l’Institut français du porc (Ifip).

Onze exploitations certifiées

Sur leur ferme de 48 hectares, près de Dinan, Pascal et Sylvie L’Hermitte cultivent colza, céré- ales et légumineuses pour nourrir les 1 100 porcs qu’ils produisent chaque année. Pour proté- ger leurs cultures, ils misent sur des techniques naturelles, tout en gardant la possibilité de les traiter si besoin. A terme, le couple vise les 1 500 porcs par an, pas plus. Cohérence, qui défend un élevage familial, limite d’ailleurs la production selon le nombre d’actifs par ferme. Les exploitations spécialisées dans l’engraissement comptaient en moyenne 875 places en 2010, selon l’Ifip, contre 500 places occupées chez les L’Hermitte. Les producteurs adhérents sont certifiés tous les deux ans, dans le cadre d’audits participatifs réalisés lors de journées portes ouvertes dans les fermes.

Aujourd’hui, onze exploitations sont certifiées, surtout dans les Côtes-d’Armor. Produire de cette façon génère du travail supplémentaire pour pailler les enclos et les nettoyer. Cela a aussi un coût. La chambre régionale d’agriculture de Bretagne a chiffré le surcoût de l’élevage sur paille à 0,16 euros par kilo de carcasse produit, soit environ 10 % en plus par rapport au porc sur caillebotis. « Cela s’explique par le coût de l’achat de paille, et parce que les porcs dépensent plus d’énergie et ont une croissance un peu moins rapide« , explique Brigitte Landrain, cheffe du service Elevage à la chambre régionale. Chez les éleveurs Cohé- rence, les porcs partent ainsi à l’abattoir quand ils ont entre 190 à 210 jours, contre 180 en conventionnel. Le gage selon eux d’un cochon en bonne santé et d’une viande de meilleure qualité.

Circuit court

Pour assurer la viabilité économique de ce modèle, l’association a cherché de nouveaux débouchés pour ses producteurs, dont une majorité propose sa viande en vente directe. Les boucheries-charcuteries locales sont particulièrement ciblées. En 2012, Cohérence dépose donc la marque « Porc authentique élevé sur paille », dédiée à la vente chez ces artisans. Ils sont quatre éleveurs aujourd’hui à travailler sous cette marque et à fournir une trentaine de boucheries (les autres éleveurs font de la vente directe). C’est aux éleveurs de se constituer une clientèle directe. « Je produis ce que je peux vendre. Alors que dans le modèle conven- tionnel, on est toujours incités à produire plus, sans garantie de débouchés. Résultat : les prix s’effondrent« , argumente l’éleveur Pascal Pérot.

« La viande se conserve bien, tient mieux à la cuisson et les consommateurs voient la différence sur le plan gustatif », assure Guillaume Corduan

La paie des producteurs de la filière porcs sur paille n’est, elle, pas soumise aux aléas du marché. Ils travaillent avec un prix fixe négocié chaque année avec les bouchers partenaires. Ces derniers aussi y trouvent leur compte. « La viande se conserve bien, tient mieux à la cuisson et les consommateurs voient la différence sur le plan gustatif, assure Guillaume Corduan, gérant de la boucherie-charcuterie-traiteur éponyme, à Hillion, au bord de la baie de Saint-Brieuc. Bien sûr, je paie le porc 2,70 euros le kilo et, pendant la crise en 2015, il devait bien avoir 70 à 80 centimes de différence avec une viande même labellisée, mais au moins l’éleveur peut vivre de son travail.

Dans la campagne française, les éleveurs porcins reprennent leur souffle. Depuis juin 2016, les cours du porc évoluent de nouveau au-delà de 1,40 euros le kilo, leur seuil de rentabilité. Fin 2015, ils étaient descendus sous la barre d’1,20 euros le kilo. C’est à la Chine que l’on doit ce sursaut. Le pays a augmenté ses importations depuis l’Europe (+ 110 % sur un an en 2016), alors que sa propre filière porcine connaît une restructuration. Le marché du porc est en effet globalisé et le prix payé aux éleveurs est fonction de l’offre et de la demande mondiales. Ainsi, c’est l’embargo russe, en 2014, qui a précipité la crise de 2015.

Mais leurs difficultés sont surtout structurelles. Les éleveurs français sont en concur- rence avec leurs voisins européens. Avec 2 millions de tonnes de carcasses de porcs char- cutiers produites en 2016, la France est le 3e producteur européen, derrière l’Allemagne (5,5 millions) et l’Espagne (4 millions). Or, la filière française a connu une crise de croissance et d’investissement après l’instauration, en 1998, de règles européennes destinées à réduire l’impact environnemental des élevages. Au même moment, les élevages et les abattoirs alle- mands se sont modernisés et concentrés, baissant leurs prix de production. Ils ont également recours aux travailleurs détachés, une main-d’oeuvre moins coûteuse venue des pays de l’Est, et profitaient jusqu’en 2014 d’une absence de salaire minimum.

Le coût de la main-d’oeuvre est aussi moindre en Espagne et les éleveurs plus protégés. Ils travaillent en majorité sous contrat avec des entreprises agroalimentaires qui leur assurent un prix fixe. En France, le prix payé aux éleveurs évolue au gré des semaines, en fonction de la cotation au Marché du porc breton.

Avec des bâtiments d’élevage vieux de vingt ans en moyenne et de petits abattoirs, comparés à leurs concurrents européens, la filière française est donc désavantagée avec un marché du porc peu segmenté. « Pendant longtemps sa stratégie exclusive a été d’offrir une production standard, au prix le plus bas, même si des tentatives de différenciation existent aujourd’hui« , explique Michel Rieu, économiste à l’Institut du porc (Ifip). Si quelques initiatives ont vu le jour, comme des contrats tripartites entre distributeurs, abatteurs-transformateurs et producteurs, l’amélioration de la situation des éleveurs français reste soumise aux évolutions de la demande internationale.

Dans sa boutique, le porc sur paille est aujourd’hui environ 15 % plus cher que celui qu’il propose lorsque son stock est écoulé. Pourtant, des consommateurs viennent ici spécifiquement pour cette viande produite localement, que Pascal Pérot livre lui-même. Après quatre ans à travailler ainsi, il dresse un constat positif. « Si j’étais resté dans le modèle stan- dard, avec la dernière crise, je disparaissais. Grâce au prix fixe, j’ai pu recommencer à faire des projets et la banque m’a fait confiance pour investir dans le camion frigorifique et la bétaillère nécessaires pour transporter mes porcs », détaille-t-il. Pascal et Sylvie L’Hermitte écoulent 40 % de leur production en boucherie, le reste étant proposé aux particuliers à la ferme et sous forme de colis, ou servi dans des cantines du secteur. A deux, ils s’en sortent avec un résultat avant impôt de l’ordre de 30 000 euros par an. En 2015, année de crise, ce résultat était en moyenne de 13 000 euros par actif dans les exploitations porcines françaises, une filière aux résultats très fluctuants.

A l’avenir, l’association aimerait développer la filière sur l’ensemble de la Bretagne. Si de nouveaux éleveurs sont intéressés, intégrer la filière reste un pas à franchir. « Tous ne sont pas prêts à tourner le dos au fonctionnement des groupements », constate Jean-Bernard Fraboulet. L’année dernière, 1 700 carcasses ont été vendues dans le cadre de la filière porc sur paille. Cette production reste donc très marginale au regard des quelque 13 millions de porcs (soit 1,1 million de tonnes équivalent carcasse) abattus en Bretagne. Mais pour les éleveurs, faire vivre une filière alternative locale est déjà une victoire. « Notre modèle n’est pas reproductible à tout le monde, estime Pascal L’Hermitte. Mais la production dans son ensemble doit évoluer et nous sommes des locomotives. »

Alternatives économiques – Marion Perrier –  20/07/2017

http://www.anti-k.org

Lire la suite

24 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

plougonver (ouest france)

mine-uranium

Plougonver. Festival des luttes : « Festif, informatif et résistant »

Au Dibar de Plougonver, pendant trois jours les festivaliers ont dansé, milité et débattu. La pluie et la boue n’ont pas entamé la détermination des visiteurs d’empêcher le projet minier.

« Glao [pluie] glao glao ! » entend-on s’exclamer en breton. « Dans la vie il faut savoir se mouiller ! », reprend un autre festivalier avec philosophie. D’averse en crachin, c’est effecti- vement sous des cieux peu cléments que le deuxième Festival des luttes s’est déroulé, du vendredi 21 au dimanche 23 juillet, au Dibar.

Occuper le terrain et informer

Mais la météo n’a pas entamé la volonté des visiteurs d’empêcher le projet minier porté loca- lement par l’entreprise Variscan mines. Cette filiale française d’un groupe australien a obtenu en 2015, de l’État, un permis exclusif de recherches minières (Perm), dit « de Loc-Envel ».

Environ 1 300 personnes sont passées sur le site, pour la plupart habitant le coin, mais venues parfois de plus loin : des membres des collectifs contre les autres projets miniers en cours en Bretagne, Creuse ou Guyane ont également répondu à l’appel, ainsi que des habitants luttant contre les grands projets jugés inutiles et imposés, comme le tunnel de Tende (dans le Sud-Est, à la frontière italienne). « Nous sommes là pour informer, et l’information est bien passée ; en ce sens, le festival a joué son rôle », rapporte Goulven Le Gac, du collectif Douar Didoull, organisateur de l’événement.

« Nous voulons aussi montrer que nous sommes toujours mobilisés sur le terrain. Le Festival des luttes existe car le permis de recherches minières existe. Nous n’oublions pas que c’est Emmanuel Macron qui l’a signé. Tant qu’il ne sera pas annulé ou abrogé, nous serons sur le terrain, et même si le gouvernement veut faire durer les choses, nous ne sommes pas prêts à lâcher. »

Convergence des luttes

La mobilisation ne faiblit donc pas, et la participation de nombreux bénévoles, dont des jeunes, en témoigne. À côté de Douar Didoull, des militants locaux ont tenu des stands d’information : le Front Social, Attac 22… pour d’autres combats d’actualité comme la réforme du Code du travail ou les traités de libre-échange entre l’Europe et l’Amérique du Nord.

Mais si l’aspect militant primait, à travers des conférences, projections et débats, la fête a également été fédératrice.En soirée et le dimanche, fest-noz et concerts ont trouvé leur public, enfants comme adultes. « Festif, informatif, et résistant : voilà ce que le Festival des luttes veut être. »

24/07/2017

http://www.ouest-france.fr/

Lire aussi:

Un festival contre les projets miniers, ici et ailleurs (OF)

En Bretagne, un festival contre les projets miniers (Politis)

Lire la suite

21 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

douarnenez (festival)

clown

Bande Annonce du 40ème Festival de Cinéma de Douarnenez
Petit avant-goût de ce qui vous attend du 18 au 26 août à Douarnenez…

aff

FACEBOOK

Lire la suite

21 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

pe (npa)

hulotalondres

Perturbateurs endocriniens: L’UE à l’écoute des industriels de la chimie

« Toute substance active utilisée dans les pesticides identifiée comme perturbateur endocrinien pour les personnes ou les animaux pourra être évaluée et retirée du marché. » Après des années de tergiversations, les membres du comité technique de l’Union européenne veulent nous faire croire à une victoire. Et pourtant…

Les perturbateurs endocriniens (PE) sont des substances chimiques capables d’agir sur le système hormonal et de provoquer des dysfonctionnements comme l’obésité ou l’infertilité, des malformations congénitales ou des retards de développement. Ils se nichent dans les pestici- des, mais aussi dans des produits de la vie quotidienne, comme les cosmétiques, les produits alimentaires, voire même les jouets.

Retour sur un échec pour la santé et l’environnement

Pour réussir à les identifier, des études les classent en trois catégories selon le risque : « sus- pecté », « présumé » ou « avéré ». Or le texte adopté mardi 4 juillet par l’UE n’a retenu dans sa définition que les produits pour lesquels le risque est « présumé » ou « avéré ». Exit donc les produits simplement « suspectés ».

En outre, pour certaines substances, comme les pesticides, seul un effet sur des insectes a été constaté et non sur d’autres animaux. Donc, sous la pression des puissants fabricants de pesticides (Bayer et BASF), l’Allemagne a introduit une clause excluant de la réglementation les perturbateurs endocriniens où le risque n’a été constaté que pour les insectes.

Le texte est contraire au principe de précaution

Pour les scientifiques et les ONG (dont la Fondation Hulot !), le texte est trop laxiste et contredit le principe de précaution. « Les critères votés aujourd’hui (…) requièrent un niveau tellement élevé de preuve (de la toxicité des substances chimiques) qu’ils ne protègeront ni les humains ni la nature », a ainsi déclaré Genon K. Jensen, représentant de EDC-Free Europe (coalition de plus de 70 organisations).

« Nous regrettons que la Commission n’ait pas écouté la grande inquiétude du Danemark, de la Suède et d’autres, soulignant que les critères proposés exigent, pour pouvoir identifier un perturbateur endocrinien, un niveau de preuve jamais exigé jusqu’à présent pour d’autres substances problématiques comme les cancérogènes, les mutagènes et les reprotoxiques » précise de son côté la ministre suédoise de l’Environnement.

L’UE accouche d’une souris, Hulot applaudit !

La France, qui avait jugé insuffisant le même texte en mai dernier, a finalement voté pour, abandonnant la Suède, le Danemark et six autres États, dans le combat mené depuis des années contre les critères proposés par l’UE. Revirement spectaculaire !

Le ministre Hulot prétend qu’il pourra toujours interdire unilatéralement certaines substances sur le territoire par des mesures « complémentaires ». Lesquelles ? Comment ? Mystère ! Si Hulot l’enfumeur est en marche arrière, le NPA ira de l’avant dans les luttes pour défendre nos vies et notre environnement.

Commission nationale écologie 21 juillet 2017

http://sante-secu-social.npa2009.org/

Lire la suite

21 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

paysans (le monde)

En cinquante ans, l’endettement des agriculteurs français a été multiplié par trois et le nombre d’exploitations agricoles a été divisé par deux. En 2015, selon la Mutualité sociale agricole, un agriculteur français sur trois touchait moins de 350 euros par mois.

Commentaire: Un gigantesque plan social dans les campagnes, avec son cortège de suicides. Mais c’est pour la bonne cause: concentrer pour que les gros puissent gagner toujours plus! En Finistère, les personnes payant l’Impôt sur la fortune sont souvent producteurs de ??? Porcs! Gagné!

Lire la suite

21 juillet 2017 ~ 1 Commentaire

brest (libération)

projet

Une ferme bio grignotée par un écoquartier

Tout près du centre-ville, l’exploitation Traon Bihan pratique une agriculture parée de toutes les vertus, tout en étant économiquement viable. Problème : la ville a besoin d’une partie de ses terres pour y construire des logements…

Curieuse situation. Philippe Nicol et Valérie Lazennec, couple d’agriculteurs, exploitent à Brest ce qu’on peut qualifier de ferme modèle : une production en bio, diffusée en circuit court, avec un équilibre économique sain. Autre rareté, la ferme de Traon Bihan («la petite vallée» en breton) est sur le territoire de Brest, dans le quartier de Saint-Pierre, à 5 kilomètres du centre de la sous-préfecture finistérienne. Autrement dit, en ville. Mais à cause de cette géographie justement, la ferme va voir une partie de son terrain grignotée par… un écoquartier. La ZAC (zone d’aménagement concerté) Fontaine Margot va, en 2021, priver l’exploitation d’une «vingtaine d’hectares», selon Philippe Nicol. «Seize», selon Thierry Fayret, conseiller municipal brestois et vice-président de la métropole chargé de l’urbanisme.

Quelle que soit la superficie urbanisée à l’arrivée, l’élu reconnaît que l’affaire n’est pas évidente : «Nous avons parfaitement conscience du paradoxe que peut constituer le fait de priver une ferme urbaine de terres pour y installer un écoquartier.» Mais pour lui, ce cas de figure n’est pas non plus extraordinaire : «C’est ce qui arrive tout le temps dans les politiques publiques : il y a un conflit d’usage entre des enjeux environnementaux liés à l’urbanisation et les intérêts de particuliers.»

«Equilibre subtil»

A cela près que là, les «particuliers» sont, de fait, partie prenante de l’engagement environ-nemental de leurs élus. «Il y a une dizaine d’années, raconte Valérie Lazennec, l’épouse de Philippe Nicol, la ville avait engagé une grosse réflexion sur l’introduction de produits bio dans les menus des cantines. Actuellement, la collectivité de Brest est à 30 % de bio dans la restauration en maternelle et primaire. Nous nous inscrivons parfaitement dans cette dynamique.»

En plus de fournir aux écoles leurs desserts, la ferme de Traon Bihan, avec ses poules, ses la- pins ou ses chèvres accueille un millier d’écoliers chaque année pour des animations péda- gogiques. «Nous voulons montrer et partager notre métier, de la visite de l’exploitation et des champs jusqu’à la traite», défend Valérie Lazennec. Pour parfaire ce tableau idyllique de l’agri- culture urbaine et des circuits courts, vantés par l’époque, l’exploitation vend en direct la moitié de ses produits laitiers transformés. Pourquoi alors, venir perturber cet équilibre subtil entre ville et agriculture ?

Thierry Fayret explique que la métropole brestoise ne prend pas les terres de Traon Bihan de gaieté de cœur. «Pour ne pas perdre de population, nous avons la nécessité de créer de la surface supplémentaire d’habitation. Car depuis quarante ans, cela ne s’est pas fait sur Brest, affirme-t-il. Entre 2000 et 2010, nous avons pris conscience que l’on était en train de perdre des habitants faute d’offre de logements qui correspondent aux besoins actuels, avec le desserrement des ménages ou le vieillissement de la population.»

L’élu précise qu’en quarante ans, 2 000 habitations ont été créées dans le pays de Brest. «Les gens sont sortis de la ville pour aller vivre à 10 ou 20 kilomètres, avec les problèmes de trans- port que cela entraîne. Bouchons comme pollution. Il faut tenter d’y remédier.» D’où la ZAC. Thierry Fayret détaille les parcelles figurant dans l’opération de la Fontaine Margot. Les 60  hectares accueilleront 3 000 à 4 000 habitants dans 1 200 à 1 500 maisons et petits immeu- bles. Et, insiste-t-il au sujet du couple d’agriculteurs, «ni eux ni nous ne découvrons la situation».

L’agriculteur le reconnaît. «Ce projet d’urbanisation date de plus de quarante ans, et celui d’un écoquartier d’une bonne dizaine d’années. Quand mes parents se sont installés, il leur avait été dit qu’il y avait un fort risque qu’ils ne puissent pas finir leur carrière ici.» Ce qui n’était alors qu’une évocation s’est mué au fil des années en possibilité, avant de devenir, bientôt, réalité.

«Autonomie complète»

Philippe Nicol entend les arguments des élus. Cela ne l’empêche pas de se gratter la tête. «Pour pouvoir poursuivre notre activité dans des conditions correctes, il faut que l’on puisse garder entre 50 et 55 hectares de champs pour faire paître les vaches, avance l’éleveur. En dessous, ça sera très compliqué. Cela mettra très clairement à mal notre modèle d’autonomie, qui est le maître mot du bio. Nous ne voulons pas devoir acheter de la nourriture pour nos bêtes. La tonne de foin bio coûte 400 euros ; celle de concentré bio de soja, de féverole et de blé entre 700 et 1 000 euros. Ce n’est financièrement pas envisageable.»

En réponse, la métropole brestoise se fait fort de proposer des hectares de rempla- cement à la ferme de Traon Bihan. Problème : ces derniers ne sont pas bio, et la conver- sion des terres dure jusqu’à trois ans. Au total, ce sont cinq années qui sont nécessaires pour obtenir la certification. Autre souci pour Valérie Lazennec et Philippe Nicol : les parcelles de substitution proposées par la métropole sont situées loin de l’exploitation. Le vice-président chargé de l’urbanisme se veut pourtant rassurant. «Nous avons toujours soutenu le dévelop- pement de cette ferme, ses vertus de circuit court, son orientation bio, son travail avec les écoles.» Thierry Fayret l’assure: «Traon Bihan n’est pas en danger. L’exploitation ne va pas disparaître. On va s’en donner les moyens.»

L’enjeu est de taille. Car cette exploitation est aux antipodes de l’agriculture intensive et endettée dont on lit partout la chronique. De la verdure en veux-tu en voilà. Si l’on excepte les bruits de la circulation routière sur la rocade, portés par les vents, impossible de se rendre compte que nous sommes dans une zone urbaine. Les alentours sont brodés de champs, de talus, d’arbres…

A la retraite de ses parents, en 1997, Philippe Nicol, 46 ans aujourd’hui, a repris l’exploitation et l’a convertie en agriculture biologique. Aujourd’hui, son cheptel compte, selon les périodes de l’année, entre 40 et 45 vaches laitières, qui, en guise de repas quotidien, broutent les 67 hectares de prairies sises à 800 mètres maximum autour de la ferme, dont 28 jouxtent la maison. Valérie Lazennec et Philippe Nicol sont propriétaires de leurs bâtiments et de 7 hectares de champs. Ils louent les autres terres qu’ils exploitent. «Les bêtes sortent tous les jours, sauf quand il neige, c’est-à-dire tous les vingt-cinq ans ici, plaisante l’éleveur. En cultivant parallèlement 2 hectares de céréales et 2 hectares de betteraves, nous n’avons jamais acheté de nourriture pour nos vaches. Nous sommes en autonomie complète.» Certification bio assurée. Et fierté assumée.

«Tout sauf du fromage»

Sur le versant économique, la ferme de Traon Bihan vend chaque année à une coopérative 170 000 litres de lait bio, à un prix à faire saliver les producteurs «conventionnels» : 450 euros la tonne, contre 280 à 310 euros d’ordinaire. En 2010, Valérie Lazennec, animatrice socio-culturelle de profession, a décidé de rejoindre son mari sur l’exploitation. Après une formation et 200 000 euros d’investissements, camion frigorifique pour les livraisons inclus, la dynamique et bavarde Brestoise a créé in situ un atelier de transformation du lait issu de l’exploitation en yaourts, fromage blanc, riz au lait… «Tout sauf du fromage et du beurre», précise la désormais agricultrice de 47 ans. 35 000 litres de matière première sont ainsi transformés chaque année en produits laitiers.

«En raison des vacances scolaires, on ne peut livrer nos produits que pendant 36 semaines par an aux écoles, explique-t-elle. Donc, pendant les coupures, on a dû s’adapter. Mais on ne veut pas vendre en grande surface. C’est un choix éthique.» Pour le moment, la vie de la ferme de Traon Bihan continue comme avant. Pour longtemps ?

Philippe Brochen, envoyé spécial à Brest 20 juillet 2017

http://www.liberation.fr/

Lire la suite

21 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

guipry-messac (fr3)

stop-au-beton-dans-la-Crau

Le parc Avalonys, un projet qui fait polémique

C’est un projet de parc d’attraction sur le thème du roi Arthur, Avalonys, qui devrait voir le jour en 2020. Il suscite une dynamique, mais aussi des inquiétudes avec la perte de surfaces agricoles.

Le parc Avalonys, sur le thème du roi Arthur et des légendes celtes, sera axé sur l’innovations technologiques, avec des visites virtuelles et des applications pour smartphone, mais aussi manèges classiques. Ce qui n’est encore qu’un projet suscite une dynamique, mais aussi des inquiétudes.

Les uns avancent des chiffres positifs pour l’emploi, une cinquantaine, renforcés par 150 saisonniers, alors que d’autres y voient un grignotage des terres agricoles. Les 80 hectares concernés appartiennent à la société Butagaz. Ils sont  exploités par une dizaine d’agriculteurs qui pointent le manque de concertation. « Il faut que les porteurs de projets, les associations, pour ou contre, se mettent autour de la table » estime Thierry Beaujouan, le maire de Guipry-Messac.

Stéphane Grammont 20/07/2017

http://france3-regions.francetvinfo.fr/

Commentaire: Bétonnage: Au rythme actuel on perdrait 1 département de bonnes terres tous les 7 ans contre 1 tous les 10 ans avant 2000!

Lire la suite

20 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

métaux (les échos)

tintin

Métaux : les besoins colossaux de la transition énergétique

Les technologies requises pour limiter le réchauffement du climat feront grimper la demande de ressources naturelles. C’est, selon la Banque mondiale, un risque majeur pour l’environnement.

Un avenir bas carbone ne se construira pas sans minerais ni métaux. Loin s’en faut. Pour contenir le réchauffement planétaire sous les 2 °C, comme ambitionné par plus de 170 pays signataires de l’Accord de Paris fin 2015, il faudra en fait en extraire d’énormes quantités, avance la Banque mondiale dans un rapport sur le rôle primordial que jouera le secteur dans une telle économie « verte ».

Le constat paraît sans appel. « Le rapport montre clairement que la composition des techno-logies supposées alimenter le passage à une énergie propre - éolien, solaire, hydrogène et systèmes électriques - nécessite en fait significativement PLUS [sic] de ressources que les ­systèmes d’alimentation en énergie traditionnels », écrivent les auteurs qui se sont penchés sur trois grandes technologies renouvelables : l’éolien, le solaire et les batteries de stockage d’énergie.

Les besoins futurs ne seront absolument pas les mêmes selon que le réchauffement de la ­planète est limité à 2 °C, ou qu’il atteigne 4 °C voire 6 °C, les trois scénarios envisagés par l’organisation. Sans surprise, le premier scénario se révèle le plus « ressourçovore ». La demande de métaux pourrait doubler avec le boom des technologies éoliennes et solaires, dit la Banque mondiale. Mais c’est dans les accumulateurs électriques que l’exemple est le plus frappant : leur développement pourrait entraîner un bond de 1.000 % de la demande de lithium, si le monde prend les mesures requises pour contenir l’élévation de la tempé­rature ­nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels.

Choix politiques

La Banque mondiale a listé les ­ressources clefs de la transition énergétique, à l’instar du cuivre, de l’argent, de l’aluminium (bauxite), du nickel, du zinc et, probablement, du platine. Des marchés qui devraient donc bénéficier d’un virage vert. Elle cite aussi les terres rares, neodymium et indium.

Evidemment, beaucoup dépendra du nombre de turbines, de panneaux solaires ou encore de véhicules fabriqués - et donc des choix politiques des gouvernements. Le type de technologies déployées dans chacun de ces segments sera également déterminant. « Les technologies renouvelables qui émergeront comme les plus adaptées et les plus avantageuses seront essentielles pour définir le marché des matières premières sur les cinquante prochaines années », estiment les auteurs.

En se fiant aux tendances actuelles, le Chili, le Pérou et, potentiel­lement, la Bolivie auront un rôle majeur à jouer en fournissant du cuivre et du lithium ; le Brésil avec la bauxite et le fer ; l’Inde pour le fer, l’acier, le titane ; l’Afrique australe et la Guinée seront « incontournables » pour répondre aux besoins grandissants en platine, manganèse, bauxite et chrome ; et la Chine pour à peu près tous les produits. La Banque mondiale cite en outre la Nouvelle-Calé- donie et ses « réserves massives de nickel », matière première utilisée aujourd’hui dans les batteries pour voitures électriques.

Jusqu’à présent, peu d’analyses du genre ont été faites sur les implications matérielles d’un adieu aux systèmes fondés sur les combustibles fossiles. Avec ce rapport, la Banque mondiale met en garde sur l’impact que peut avoir une économie bas carbone sur l’environnement.

Compléter et non pas concurrencer

« Si elle n’est pas correctement gérée, cette croissance de la demande de minerais et métaux pourrait aller à l’encontre des efforts et des politiques des pays riches en ressources pour atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés en matière de changement climatique », préviennent les auteurs. Une attention particulière devra également être ­portée pour que l’eau utilisée par les communautés locales et les écosystèmes ne soit pas trop ­fortement touchée.

Le directeur du pôle mondial d’expertise en énergie et industries extractives du Groupe de la Banque mondiale, Riccardo Puliti, plaide pour l’ouverture d’un « dialogue entre les groupes d’intérêt sur le climat, l’énergie verte et les industries extractives ». Pour cela, les pays ­doivent intégrer que « le développement d’une ressource naturelle vient compléter et non pas concurrencer un avenir plus vert et plus durable ».

Muryel Jacque, Les Echos 20/07

https://www.lesechos.fr/

Commentaire: Un exemple de contradiction où nous mène le capitalisme de croissance illimitée sur une planète limitée: pour moins polluer il faut plus polluer. Pour économiser, il faut gaspiller! Sans parler de l’épuisement de nouvelles ressources (les terres rares) dont on ne mesure pas encore l’utilité et qui vont être consommées pour fournir 4 portables et deux bagnoles électriques aux habitants des pays riches!

Lire la suite

18 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

nddl (npa)

npa

Notre-Dame-des-Landes : sous le soleil d’un autre monde possible

Ces 8 et 9 juillet 2017, près de 20 000 personnes venues de toute la France se sont rassem- blées à Notre-Dame-des-Landes. Cette dix-septième édition du rassemblement estival a vu converger toutes les luttes pour un autre monde.

Loin de la pression de l’année 2016, quand le Premier ministre Valls promettait une expulsion à l’automne… Le contexte politique s’est modifié. Le PS et la droite traditionnelle ont été évincés du pouvoir, laissant la place à un gouvernement qui n’entend pas payer les errements des précédents. Un optimisme dubitatif s’est installé : la nomination de « médiateurs » par le gouvernement laisse espérer la nouvelle étude du projet d’aéroport que les opposantEs réclament depuis tant d’années.

Comme un parfum de victoire

C’est pourquoi cette édition s’interrogeait déjà sur l’avenir : que faire de la Zad après l’abandon possible du projet d’aéroport? «Travailler avec les jeunes à construire de nouveaux modèles pour une agriculture différente», répond Sylvain Fresneau, agriculteur militant. C’est que, depuis 2009, la rencontre improbable de jeunes révoltéEs et de paysanEs militants s’est faite. Les projets d’installation agricole et l’expérimentation d’un mode de vie différent, aussi à l’abri que possible du monde capitaliste, ne sont pas qu’une utopie. Des solidarités concrètes sont à l’œuvre.

Des solidarités qui ravivent la mémoire locale. Car en Loire–Atlantique, l’alliance des militantEs ouvriers et des paysans est un héritage historique : de 1968 au mouvement des paysans-travailleurs ou à la lutte contre la centrale nucléaire du Pellerin, cette alliance a été porteuses de victoires ancrées dans les mémoires. Des victoires qui ont permis les solidarités avec celles de Plogoff ou du Larzac, des victoires réciproques en somme. À NDDL, la conver- gence des luttes traverse le temps. C’est sur ce terroir qu’a mûri la lutte contre le projet d’aéroport à NDDL, comme un bon vin aux arôme riches et complexes. Jusqu’à faire converger toutes les luttes actuelles.

Une cité politique

D’année en année, les débats à NDDL se font plus politiques. Non seulement parce que les demandes d’intervention sont si nombreuses qu’il faut bien que les organisateurs les regrou- pent dans des thèmes plus généraux, mais surtout parce que la solidarité est contagieuse. Des projets miniers à Europacity, les luttes locales se répondent. De la répression à la solidarité avec les migrantEs et au racisme policier, les luttes globales se discutent. NDDL est devenue une véritable cité politique.

C’est pourquoi le NPA s’est efforcé d’associer autant que possible les syndicalistes aux débats de cette année. Presque absents les années précédentes, ceux de Solidaires et de la CGT (sur les transports, l’emploi, l’écologie ou l’exploitation des marins) ont répondu présents. Il y a quelques années, nombre d’habitantEs de la Zad, d’inspiration « autonome », ne voulaient même pas entendre parler des syndicats ouvriers, assimilés à l’institution étatique. Depuis, les solidarités de la lutte contre la loi travail ont porté leurs fruits.

Le débat sur la loi travail et les ordonnances Macron, avec notre camarade Simon, a rassem- blé près de 450 personnes sous le grand chapiteau. Celui sur les transports gratuits associait notre camarade Patrick Le Moal et un cheminot de Sud-Rail ; un syndicaliste du groupe Vinci (constructeur possible de l’aéroport) et un postier de Solidaires ont débattu du lien entre luttes écologiques, luttes sociales et capitalisme avec notre porte-parole Christine Poupin…

Si la lutte de Notre-Dame-des-Landes n’a pas encore gagné l’abandon du projet d’aéroport, elle a déjà gagné, par les convergences qu’elle a permises, la certitude que l’unité des luttes est possible.

Bertrand Achel et Sandra Cormier Jeudi 13 juillet 2017

https://npa2009.org/ 

http://www.anti-k.org/

Lire la suite

17 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

sionisme (médiapart)

antisem

Exemple d’antisémitisme de Plantu dans « Le Monde »

Antisionisme = antisémitisme ? Une erreur historique, une faute politique

« Nous ne céderons rien à l’antisionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme. » Cette phrase finale est venue gâcher le discours salutaire d’Emmanuel Macron lors de la commémoration du 75e anniversaire de la rafle du Vél d’Hiv, devant Benyamin Netanyahou. Une erreur historique, une faute politique.

La présence inédite et scandaleuse du Premier ministre le plus belliciste de l’histoire d’Israël à cette cérémonie n’est sans doute pas pour rien dans la faute politique commise par le nouveau président. Car celle-ci résulte d’un alignement sur son hôte, incroyablement qualifié de « cher Bibi » celui-ci l’a-t-il appelé « Manu » ?  et par la même occasion sur le Conseil représentatif de institutions juives de France (CRIF).

L’histoire du conflit central du Proche-Orient, faut-il le rappeler à Emmanuel Macron? , ne commence pas le 14 mai 1948, lorsque naît l’État d’Israël.

C’est en 1897 que l’Organisation sioniste voit le jour, avec pour but la création d’un Foyer national juif en Palestine. Entériné par la déclaration Balfour en 1917, puis par le mandat que la Société des Nations confie au Royaume-Uni en 1922, cet objectif ne rallie pas la majorité des Juifs, loin de là : l’immense majorité y est hostile, communistes et bundistes, mais aussi religieux. Antisionistes, tous ces Juifs étaient-ils antisémites ?

Bien sûr que non ! A vrai dire, le sionisme est une idéologie parmi d’autres. Imagine-t-on les communistes interdire la critique du communisme ? Les gaullistes interdire la critique du gaullisme ? C’est pourtant la prétention des tenants les plus extrémistes du sionisme. Présenter l’antisionisme comme une forme d’antisémitisme reviendrait à leur donner raison.

Il faudra la Seconde Guerre mondiale et le génocide nazi pour que des millions de Juifs – et d’abord les survivants refusés par les États-Unis – gagnent la Palestine, puis l’État d’Israël créé le 14 mai 1948. Mais, ne l’oublions pas, le second État prévu par les Nations unies disparaît, et les quatre cinquièmes des Palestiniens qui y vivaient seront expulsés. Dix-neuf ans plus tard, Israël s’empare du reste de la Palestine : Jérusalem-Est, qu’il annexe, et la Cisjordanie ainsi que la bande de Gaza qu’il occupe et colonise. Cinquante ans après, en 2017, plus de 700  000 colons ont fait leur les territoires occupés, empêchant la naissance de l’État de Palestine pourtant admis aux Nations unies.

Entre-temps, 45 % des Juifs du monde, 6 millions sur près de 14 millions, vivent en Israël. À supposer que les statistiques israéliennes soient fiables. Or, selon les démographes, plusieurs centaines de milliers de citoyens recensés par les autorités d’Israël n’y résident plus. Bref, la majorité des Juifs n’a pas éprouvé le désir de s’installer dans l’« État juif ». Autrement dit, ils ne sont pas suffisamment sionistes – à moins de s’en tenir à la définition qui veut qu’un bon sioniste est celui qui envoie ses amis en Israël, mais reste en France… Et si, dans l’opinion israélienne, la droite et l’extrême droite comptent sur un large soutien, il n’en va pas de même à l’étranger : un grand nombre de Juifs n’appuient pas leur politique anti-palestinienne – ils réprouvent, en particulier, la colonisation.

(Ajoutons que, sur les milliers de Français qui, ces dernières années, ont réagi aux violences antisémites en faisant leur « aliya », un tiers, voire la moitié, sont revenus[i]. Leur sionisme n’a pas résisté à la difficulté de la vie dans le meilleur élève de la classe néo-libérale, avec son cortège de pauvreté, de précarité et d’inégalités, mais aussi l’atmosphère étouffante d’un conflit omniprésent au quotidien…)

Indéfendable historiquement comme idéologiquement, l’assimilation de l’antisio- nisme à l’antisémitisme constitue surtout une faute grave : elle permet en effet à la droite et à l’extrême droite israéliennes de tenter d’étouffer la voix de tous leurs opposants, à l’intérieur comme à l’extérieur. Et ce « cadeau » arrive à point nommé, alors que la violation permanente du droit international et des droits humains a isolé Israël comme jamais au sein de la communauté internationale.

Marginalisé diplomatiquement, le gouvernement Netanyahou s’inquiète en outre de l’hostilité de l’opinion, avec notamment la montée de la campagne Boycott-Désinvestis- sement-Sanctions – je pense au BDS militant, mais aussi au BDS institutionnel, qui voit de puissants fonds de pension, de grandes entreprises et de grosses banques se retirer des territoires occupés, voire d’Israël. On imagine sans mal comment les autorités israéliennes utiliseront la petite phrase d’Emmanuel Macron pour criminaliser les pressions internationales qui s’exercent sur elles.

Il y a de la schizophrénie dans la démarche de notre nouveau président. Il prétend relancer la négociation et, condamnant la colonisation, se fixe pour objectif la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël, les deux États ayant leur capitale à Jérusalem. Mais la diplomatie française ne saurait l’ignorer : des tractations israélo-palestiniennes ne sauraient suffire seules pour atteindre cet objectif. Même François Hollande, malgré son « chant d’amour pour Israël et pour ses dirigeants », l’avait compris, en acceptant le projet de conférence internationale proposé, en son temps, par Laurent Fabius.

Si Emmanuel Macron veut vraiment contribuer à une paix juste et durable, il faut qu’il accepte le principe de sanctions contre Israël, dès lors que celui-ci refusera de se plier au droit international. Commencer par museler l’opinion en présentant la critique d’Israël comme antisémite n’est pas un bon début.

[i] Il n’existe pas de statistiques officielles.

17 juil. 2017 dominique vidal

https://blogs.mediapart.fr/

Lire aussi:

Antisionisme / antisémitisme ? Les scandaleux amalgames de Macron (NPA)

VÉl d’hiv’: Netanyahou n’a rien à faire aux commémorations! (NPA)

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin