Archive | Altermondialisme

18 avril 2019 ~ 0 Commentaire

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18 avril 2019 ~ 0 Commentaire

finlande (tc)

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Progression de la gauche antilibérale en Finlande

Après quatre années d’austérité, les finlandais.es ont mis un terme à l’action du gouvernement de droite lors des élections législatives. A l’issue des ces élections, les sociaux-démocrates ont une majorité relative – article et traduction Nico Maury

Le Parti social-démocrate (SDP) et les Vrais Finlandais (extrême droite) sont a coude-à-coude ce dimanche soir lors des législatives finlandaises, et c’est bien les sociaux-démocrates qui prennent le leadership lors de ce scrutin.

Avec 17,7% des voix, le SDP obtient 40 sièges (+6) à l’Eduskunta (parlement composé de 200 sièges). Malgré cela, l’extrême-droite (qui a participé au pouvoir jusqu’en 2017) arrive en seconde position avec 17,5% des voix et 39 sièges (+1).

Les partis de droite, qui dirigeaient la Finlande subissent de lourdes défaites.

Le parti de la droite finlandaise, « Kokoomus » (Coalition), arrive en troisième position avec 17% des voix (-1,2) et remporte 38 sièges (+1). Le Centre finlandais (du même groupe que LREM: ALDE), qui dirigeait le pays, tombe à 13,8% (-7,3) et ne conserve que 31 sièges (-18).

Le parti populaire suédois de Finlande (droite) remporte 4,5% des voix et conserve ses 9 sièges. Enfin, les Démocrates-chrétiens de Finlande (droite) restent stables à 3,9% et conservent leurs 5 sièges.  Les partis de droite et de centre-droite ne disposent pas de majorité et 83 sièges sur 200.

Les véritables vainqueurs de ces élections sont Les Verts et l’Alliance de gauche 

Les Verts (Vihreä liitto) plutôt orientés vers le centre-gauche remportent 20 sièges (+5) et 11,5% des voix. Même situation pour l’Alliance de la gauche (Vasemmistoliitto). Ce parti (membre du PGE / Gauche Unie Européenne) né de la fusion de la Ligue Démocratique du peuple finlandais (communiste) et du Parti Communiste en 1990 remporte 8,2% des voix et 16 sièges (+4).

Le Vasemmistoliitto réalise ses meilleurs scores dans 4 circonscriptions : 11,1% dans la circonscription de Helsinki, 12,8 dans la circonscription du Sud-Ouest, 13% dans la circons-cription d’Oulu et 14,1% en Laponie. Le Vasemmistoliitto a mené sa campagne sur la justice sociale et climatique. Traditionnellement, l’Alliance de gauche est implantée dans le nord et le centre du pays.

Malgré ces résultats, le centre-gauche ne dispose pas de majorité pour gouverner. Avec 76 sièges, il manque 24 sièges pour obtenir une majorité parlementaire.

Les autres formations reportent 2 sièges. Ni le Parti Communiste de Finlande (0,1%), ni le Parti ouvrier communiste – Pour la paix et le socialisme (0%) n’obtiennent d’élu.

16 avril 2019

https://www.editoweb.eu/

Source

Lire aussi:

Alliance de Gauche (Finlande) Wikipedia

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18 avril 2019 ~ 0 Commentaire

inégalités (ouest france)

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Les différences de revenus choquent de plus en plus les Français

Dans un contexte social crispé, les inégalités de revenus sont celles que les Français jugent le moins acceptables en 2018, selon le baromètre annuel de la Drees. Plus de 90 % des Français réclament notamment une augmentation du Smic.

Les Français sont plus sensibles aux inégalités de revenus :

Pour la première fois depuis 2000, les écarts de revenus sont jugés les moins acceptables devant les inégalités d’accès aux soins, selon le baromètre du service statistique des ministères du Travail et de la Santé publié mercredi.

En 2018, les inégalités de revenus sont jugées les plus répandues par 40 % des Français et sont pour la première fois citées comme les moins acceptables par 22 % des personnes interrogées, devant les inégalités de soin (20 %) et celles liées à l’origine ethnique (16 %), indique le baromètre annuel de la Drees (direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques).

Augmenter les salaires

Pour 92 % des Français, il faudrait augmenter le Smic, une proportion en hausse par rapport à 2017 (88 %). La moitié pense en outre que les ouvriers non qualifiés devraient gagner 25 % de plus et les PDG des grandes entreprises françaises 40 % de moins.

Les Français sont également favorables à l’augmentation des salaires des instituteurs, qui devraient gagner 13 % de plus en moyenne selon eux.

Les ouvriers et les retraités perçoivent de manière plus négative en 2018 leur situation person-nelle. Les ouvriers sont plus pessimistes (58 %, en hausse de 13 points) sur leur situation personnelle. Le pessimisme des retraités atteint 55 %, en progression de 12 points.

Des baisses d’allocations qui ne passent pas

L’image du système de sécurité sociale se dégrade. 62 % estiment qu’il fournit un niveau de protection suffisant, en recul de 11 points par rapport à 2017.

88 % des Français s’opposent à la baisse des retraites, 86 % à celle des aides aux handicapés et aux personnes âgées dépendantes, 78 % aux baisses des allocations logement, soit des proportions en hausse de 5 à 7 points en un an.

Le baromètre d’opinion de la Drees aborde les mêmes thèmes (situation personnelle, protection sociale, inégalités et cohésion sociale) depuis 2000 (sauf 2003).

Il a été réalisé par questionnaire en face-à-face auprès de 3 037 personnes à leur domicile entre le 15 octobre et le 1er décembre 2018 (échantillon représentatif d’au moins 18 ans résidant en France selon la méthode des quotas)

17/04/2019

https://www.ouest-france.fr/

 

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17 avril 2019 ~ 0 Commentaire

antisionisme (émancipation mee)

antisem

De “l’État juif” à l’apartheid décomplexé

Les sionistes disent qu’Israël est un État juif et démocratique. Et que c’est la seule démocratie du Proche-Orient.

État juif et démocratique, c’est un oxymore. Dans un État juif, la terre est juive. Les Juifs/Juives en possédaient 8 % à la veille de la guerre de 1948, ils en auront 92 % après et 97 % aujourd’hui (dans les frontières d’avant 1967). Sur la carte d’identité, pour les non Juifs/Juives, est apposée la mention “musulman”, “chrétien”, “druze”, “bédouin” mais surtout pas palestinien. L’ancienne dirigeante Golda Meir avait expliqué que les Palestinien(ne)s, ça n’existe pas.

C’est la définition religieuse qui sera adoptée pour savoir qui est juif/ve. On est juif/ve parce qu’on a une ascendance juive du côté de la mère, ou parce qu’on s’est converti. Une application très souple permettra à des centaines de milliers de soviétiques qui n’ont pas grand-chose à voir avec le judaïsme de partir et parfois de devenir colons.

Les non Juifs/Juives qu’il serait plus exact d’appeler les Palestinien·ne·s de 1948 subissent le plus légalement du monde toute une série de discriminations à l’emploi (la plupart des métiers de l’énergie, de la sécurité, des transports et en général de la Fonction publique leur sont interdits) et au logement. Alors que le taux de pauvreté est de l’ordre de 10-15 % chez les Juifs/Juives israélien·ne·s, il dépasse largement les 50 % chez les Palestinien·ne·s d’Israël. En 1976, une révolte générale a éclaté contre le vol des terres en Galilée. Cet événement est commémoré par la journée de la terre.

Quant à la “seule démocratiedu Proche-Orient”, on se retrouve depuis 1967 dans la situation suivante. Entre Méditerranée et Jourdain, il y a 50 % de Juifs/Juives israélien·ne·s et 50 % de Palestinien·ne·s. Ce qui permet la domination absolue des premiers sur les seconds, c’est la fragmentation voulue de la Palestine : Cisjordanie, elle-même balkanisée en trois zones aux statuts différents et mangée par la colonisation, Jérusalem-Est où les Palestinien·ne·s ont un sous-statut de “résident” qu’on essaie de leur enlever, Gaza, véritable cage où deux millions de personnes sont retirées du monde.

Il faudrait ajouter à tout cela les prisonnier·e·s (40 % de la population masculine a connu la prison depuis 1967) et les réfugié·e·s. S’il y avait démocratie avec droit de vote pour tou.te.s, ce système de colonisation et d’apartheid serait impossible.

Quand on critique radicalement l’idéologie sioniste, on entend souvent l’objection suivante : le sionisme a créé l’État d’Israël. Maintenant qu’il existe, c’est de l’histoire ancienne. Erreur absolue. On ne comprend pas le rouleau compresseur colonial actuel, le racisme débridé, le développement des idées suprémacistes et le rapprochement avec l’extrême droite si on ne comprend pas que le projet sioniste est plus que jamais à l’œuvre.

Deux grands courants du sionisme se sont partagé le travail depuis 1948.

Les travaillistes étaient aux commandes lors de la Nakba, de l’arrivée des Juifs/Juives orientaux/ales ou de l’expédition impérialiste de 1956. Le travail des historien·ne·s a modifié ce qu’on sait sur la guerre de 1967.

Israël n’était pas menacé d’anéantissement. Le projet israélien de conquête de toute la Palestine historique existait depuis des années, Ben Gourion avait dit dès 1948 qu’il “faudrait finir le travail”. Sitôt cette conquête réalisée, c’est un ministre travailliste, Yigal Allon qui a conçu les plans de colonisation et annexé Jérusalem-Est.

Comme les travaillistes ne disposaient pas de militant·e·s prêt·e·s à partir coloniser la Cisjor-danie, ils se sont adressés au seul courant religieux sioniste (minoritaire chez les religieux à l’époque), les disciples du rabbin Kook. Le ralliement des religieux à la colonisation a été un point de départ de la fascisation du pays, en tout cas du fait que les droits et même la vie des nouveaux et nouvelles dominé·e·s n’avaient aucune importance. Puisque Dieu a donné cette terre au peuple juif, puisqu’on refait ce qui est décrit dans le livre de Josué, pourquoi se gêner ?

Les descendants idéologiques de Jabotinsky (Begin puis Shamir) qui arrivent au pouvoir en 1977 sont déjà idéologiquement majoritaires. Ils ont l’appui des religieux et des Juifs/Juives orientaux/ales qui pensent se venger ainsi des discriminations qu’ils/elles subissent.

Au moment de Sabra et Chatila (1982), les milliers de manifestant·e·s qui ont protesté en Israël ont donné le mince espoir qu’Israël devienne un État normal, acceptant de vivre avec ses voisins. La société israélienne hésitera: la répression féroce de la première Intifada puis signature des accords d’Oslo.

Certain·e·s ont voulu croire à cette époque qu’il existait un sionisme à visage humain incarné par Rabin. Quand on examine de près les accords d’Oslo, la seule chose réelle qui a été signée, c’est l’obligation pour l’occupé d’assurer la “coopération sécuritaire” au profit de l’occupant. Dans les 26 mois qui séparent Oslo de l’assassinat de Rabin, celui-ci installe 60 000 nouveaux colons. De quelle paix s’agissait-il ?

25 ans se sont écoulés. Plus personne ne peut ignorer l’apartheid. Pour ceux qui doutent de ce mot, je conseille une visite à Hébron, où tous les jours, quelques centaines de colons fous de Dieu caillassent les enfants palestinien·ne·s qui vont à l’école et déversent leurs ordures dans la rue palestinienne sous la protection de 2 000 soldats. Le projet initial du sionisme, transformer les Palestinien·ne·s, comme cela s’est fait pour les Amérindien·ne·s ou les Aborigènes, en population enfermée dans sa réserve, rendue incapable de réclamer ses droits, est à l’œuvre.

L’instrumentalisation de l’antisémitisme ou comment faire accepter l’ethnocide en cours

On est donc aujourd’hui dans une situation absurde, où un État raciste veut faire taire les critiques au nom de l’anti-racisme. Le sionisme a installé au Proche-Orient un morceau d’Occident qui concentre, même s’il n’en a pas le monopole, le racisme, l’apartheid, le militarisme, le suprémacisme et les technologies de pointe de répression.

Comment empêcher que cela ne soulève partout dans le monde une vague de protestation, à l’image de celle qui a fini par se déclencher comme les tenants de l’apartheid en Afrique du Sud ? Ils ont trouvé sans peine. Comme le dit sans honte Macron, “l’antisionisme est l’une des formes modernes de l’antisémitisme”. C’est le dirigeant du CRIF, ancien membre du Betar (une milice violente d’extrême droite), qui lui a soufflé cette idée lumineuse.

Il faut dire qu’une telle affirmation est une obscénité. La mémoire des révolutionnaires juifs et juives, des résistant·e·s, du ghetto de Varsovie, d’Abraham Serfaty et de bien d’autres est confisquée par des racistes d’extrême droite qui poussent jusqu’à la caricature la ressemblance idéologique avec les bourreaux d’hier. L’Europe se débarrasse de sa responsabilité dans l’antisémitisme et le génocide nazi en adoubant des suprémacistes.

Bien sûr, l’antisémitisme demeure. En France, il a tué. Merah, l’hypermarché casher,… Il n’est pas la seule forme de racisme meurtrier. Les Arabes, les Roms, les Noir·e·s subissent régulièrement discriminations, humiliations, assassinats et violences policières. Les médias s’en préoccupent moins. Finkielkraut peut reprendre les pires stéréotypes antisémites contre les Noir·e·s et les habitant·e·s des quartiers (“ils n’aiment pas la France”), les médias ne parleront que d’antisémitisme quand il est insulté. De lui on dira juste qu’il est “controversé”.

Pour l’antisémitisme, s’est ajoutée à la traditionnelle détestation du Juif, de la Juive par l’extrême droite, la confusion systématique et voulue entre juif et sioniste. Les antisémites qui s’en prennent aux Juifs en prétendant défendre la Palestine, ne sont pas seulement “immoraux”, ils rendent le plus grand service à ce qu’ils prétendent combattre.

Plus que jamais, combattre le sionisme qui est une idéologie criminelle contre les Palestinien·ne·s et suicidaire pour les Juifs/Juives, est une nécessité. Être antisémite a été, est et sera toujours un crime. (Résumé voir lien)

Pierre Stambul  Lundi 15 Avril 2019

http://www.emancipation.fr/

Lire aussi:

De l’antisémitisme en France (MEE)

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17 avril 2019 ~ 0 Commentaire

poissons (eitb)

Pêche minotière

Les poissons accumulent médicaments et filtres solaires, ce qui génère des effets secondaires

Une chercheuse du département de chimie analytique parvient à détecter et à quantifier les antidépresseurs, les antibiotiques et les filtres ultraviolets accumulés chez les poissons dans plusieurs estuaires de Biscaye.

Haizea Ziarrusta du département de chimie analytique de l’UPV / EHU, a détecté  que certains médicaments et écrans solaires contaminent l’eau et s’accumulent dans les poissons. Il a également analysé les effets secondaires de ces polluants sur leur métabolisme.

Dans un travail de recherche, publié aujourd’hui par l’université basque, Ziarrusta a voulu analyser « en profondeur la manière dont les médicaments et les produits de soins personnels s’accumulent, se distribuent, se métabolisent et s’éliminent les sécrétions biologiques « .

Ziarrusta a détecté que l’antidépresseur amitriptyline, l’antibiotique ciprofloxacine et le filtre ultraviolet, l’oxybenzone, peuvent s’accumuler dans les poissons et que ces polluants « produisent des effets indésirables sur le plasma, le cerveau et le foie, du fait de leur interférence dans leur métabolisme, et peut même les affecter au niveau de l’organisme « .

Pour tirer ces conclusions, l’équipe de recherche a confirmé l’existence de ces polluants dans divers estuaires et poissons de Biscaye, puis a examiné « leurs effets sur les poissons, en analysant les modifications de leur métabolisme », explique Ziarrusta.

Ainsi, ils ont mené des expériences d’exposition sur les daurades dans la station marine de Plentzia, où ils ont évalué la bioaccumulation de l’amitriptyline, de la ciprofloxacine et de l’oxybenzone et leur répartition dans les tissus de ces animaux.

« En outre, nous avons étudié la bio-transformation de ces polluants et caractérisé leurs produits de dégradation, enfin, nous avons étudié les changements que ces polluants provoquent au niveau moléculaire, en analysant le métabolisme du poisson », ajoute-t-il. Ils ont procédé à l’analyse des polluants séparément.

En ce sens, le chercheur affirme qu’il reste encore beaucoup à fair

« La concentration de ce type de polluant est inquiétante, car la consommation augmente et dans les stations d’épuration, nous ne pouvons pas les éliminer, elles atteignent les poissons et modifient leur métabolisme.

Le problème pourrait atteindre toute la population. À mesure que nous polluons la mer, à mesure que les polluants augmentent, la situation s’aggrave, et il est nécessaire de savoir s’il existe un risque. Les polluants que les poissons accumulent atteignent les humains.  »

EITB.EUS 17/04/2019

https://www.eitb.eus/

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17 avril 2019 ~ 0 Commentaire

extrême droite (courrier international)

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Le terrorisme d’extrême droite, une menace mondiale sous-estimée

Souvent minimisées, les violences commises par les nationalistes extrémistes se multiplient dans de nombreux pays. Et les groupes fascistes, identitaires et suprémacistes sont de plus en plus liés entre eux.

C’était apparemment un loup solitaire.

D’après la police, l’homme qui a massacré 50 fidèles musulmans et en a grièvement blessé neuf autres dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, le 15 mars, ne faisait partie d’aucune organisation. Cet Australien de 28 ans, Brenton Tarrant, dit s’être forgé des convictions extrémistes en surfant sur Internet et en visitant l’Europe. Il a acheté ses armes seul, et son projet de massacre était resté secret.

Pourtant, son action s’inscrit dans un projet plus vaste.

Les noms et les slogans inscrits sur ses armes résonnent familièrement aux oreilles des nationalistes blancs du monde entier. Son manifeste publié sur Internet, intitulé “Le Grand Remplacement”, reprenait une des théories du complot les plus prisées de l’extrême droite, qui affirme que les immigrés non blancs et musulmans dans les pays occidentaux sont des envahis-seurs, poussés par des élites manipulatrices afin de remplacer les populations européennes d’origine. Ces idées autrefois marginales sont devenues monnaie courante, pas seulement dans les posts de cinglés anonymes sur les réseaux sociaux, mais également dans les discours de politiques élus, aussi bien en Hongrie que dans l’État de l’Iowa.

Une meute

Ce qui signifie que ce loup solitaire faisait quand même partie d’une meute. Les attentats commis par des néonazis, des suprémacistes blancs et autres fanatiques d’extrême droite sont de plus en plus fréquents. Aux États-Unis leur nombre dépasse ceux perpétrés par des islamis-tes. Entre 2010 et 2017, sur 263 actes de terrorisme, 92 ont été le fait d’assaillants d’extrême droite, contre 38 perpétrés par des djihadistes, selon le Washington Post. En Europe, les tueries des djihadistes continuent d’être majoritaires, mais le nombre de morts liés au terrorisme d’extrême droite a fortement augmenté depuis 2010.

Ces six derniers mois ont été marqués par une multiplication du nombre d’actes terroristes d’extrême droite.

À l’automne dernier un nationaliste blanc a tué 11 personnes dans une synagogue à Pittsburgh. La France a déjoué un complot d’ultradroite destiné à supprimer Emmanuel Macron et l’Espagne a arrêté un fasciste qui voulait assassiner le Premier ministre, Pedro Sánchez. L’Allemagne a découvert une cellule extrémiste dans son armée, cellule qui comptait éliminer des ministres, notamment celui des Affaires étrangères. En février, le FBI a arrêté un officier des gardes-côtes américains qui possédait tout un arsenal et une liste d’élus démocrates à éliminer.

Si, dans le monde, le terrorisme des nationalistes blancs est bien moins meurtrier que sa variante djihadiste, il est plus fréquent que ne le reconnaissent les autorités, explique Jacob Aasland Ravndal, du Centre de recherche sur l’extrémisme, établi en Norvège.

La définition légale du terrorisme veut qu’une attaque ait été planifiée.

Or la violence d’extrême droite peut avoir un caractère « spontané ». Ainsi, l’incendie d’un centre de réfugiés est considéré comme un acte de haine et non comme du terrorisme. Europol, l’agence européenne de police criminelle, a attribué 3 % seulement des attaques terroristes en 2017 à l’extrême droite. Mais la base de données de Ravndal sur les incidents violents motivés par une idéologie montre que, en Europe de l’Ouest, si les djihadistes tuent plus de gens, l’extrême droite est à l’initiative de plus d’attaques.

Si la menace des nationalistes blancs est sous-estimée, c’est en partie parce qu’ils communiquent peu.

Brenton Tarrant et son héros, Anders Breivik, qui a tué 77 personnes en Norvège en 2011, sont des exceptions. Ils ont écrit des manifestes et essayé de médiatiser leur cas au maximum. Le tueur de Christchurch était même proche des djihadistes dans la cruauté affichée de son massacre et sa volonté de diviser… (Payant)

17/04/2019

https://www.courrierinternational.com/

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17 avril 2019 ~ 0 Commentaire

pompiers 56 (fr3)

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Morbihan : les pompiers réclament des renforts, ils sont menacés de sanctions

Les pompiers du Morbihan demandent des moyens humains supplémentaires. Pour se faire entendre ils avaient affiché des messages écrits sur les bâtiments et les véhicules. Une vingtaine d’entre eux vient de recevoir un courrier de convocation en vue d’éventuelles sanctions.

C’est un courrier qui ne risque pas de faire descendre la pression.

Mardi 16 avril après-midi, vingt pompiers professionnels du centre de secours de Vannes ont reçu une lettre de convocation préalable à d’éventuelles sanctions pour refus d’ordre. Il leur est reproché de ne pas avoir retiré les banderoles et les inscriptions affichées des véhicules et des bâtiments dimanche 12 avril comme leur hiérarchie leur en avait donné l’ordre. Seuls ces vingt pompiers de Vannes ont reçu ce courrier alors que le centre de secours de Lorient n’avait pas non plus retiré les messages revendicatifs ce week-end .

Incompréhension 

Les représentants du personnel ne cachent pas leur incompréhension d’autant que le contrôleur général et directeur du SDIS 56 (Service Départemental d’Incendie et de Secours), en visite le mardi matin au centre de Vannes, a demandé le retrait des banderoles afin que la réunion de négociation prévue ce mercredi à 14h se passe dans de bonnes conditions. Un représentant du personnel s’étonne : Entre un directeur qui semble vouloir apaiser la situation et une présidence qui demande des sanctions, on ne comprend pas la logique de gestion des ressources humaines du SDIS 56

Une réunion de négociation mal engagée ?

Ce mercredi 17 avril doit en effet se tenir une réunion de négociation entre les trois organisations syndicales représentants les personnels et la direction du SDIS. Cette rencontre a été organisée afin de trouver une issue au mouvement de contestation qui dure depuis plus d’un mois dans les centres de secours du département. Ce mercredi matin certains représentants des pompiers ne cachaient pas leur septicisme quant à l’issue de cette réunion. « A notre connaissance il n’y a aucun élu présent, ni Gilles Dufeigneux, Président, ni Christine Penhouët, 1ère vice-présidente du conseil d’administration du SDIS du Morbihan » . De quoi s’interroger sur la  réelle volonté de négociation de la présidence du SDIS 56.

Il manque 50 personnes dans les centres de secours du Morbihan

Les pompiers et les personnels administratifs du Service Départemental d’Incendie et de Secours du Morbihan demandent des moyens humains supplémentaires. Ils estiment qu’il manque 40 pompiers professionnels sur le département mais aussi 10 personnes dans les services administratifs pour pouvoir fonctionner à peu près normalement.

A leurs revendications la direction et la présidence ont répondu qu’ils envisageaient la création de 5 postes et proposent également de réévaluer les moyens en 2020. Largement insuffisant estiment les personnels qui ont décidé de maintenir leur mouvement. Yann Hillion, représentant du personnel des pompiers du Morbihan : En début d’année un rapport régional de la Cour des Comptes indiquait qu’il y avait 4,5 millions d’euros dans les caisses du SDIS 56. Ils rappellent aussi qu’en 2016 le Comité technique et le Conseil d’Administration du SDIS avaient prévu une révision des effectifs en 2019.

S’ils n’obtiennent pas de proposition satisfaisante les pompiers envisagent de saisir le Préfet du Morbihan et d’organiser une manifestation pour interpeller la population et les élus. Le   Morbihan  compte 65 centres de secours et 370 pompiers professionnels.

Le rapport de la Cour des Comptes de Bretagne paru en décembre 2018 est consultable ici.

Maylen Villaverde 17/04/2019

https://france3-regions.francetvinfo.frl

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17 avril 2019 ~ 1 Commentaire

notre-dame 2 (npa)

Quasimodo

Les conséquences tragiques d’une politique incendiaire

Les choix en matière de culture et de patrimoine sont des choix de société

Nous sommes bien évidemment plus que dubitatifs quant à la volonté et les moyens que va débloquer l’État pour la reconstruction. Sur l’ensemble des travaux des grands monuments nationaux (a fortiori de ceux de moindre postérité), celui-ci a systématiquement choisi les solutions les « moins coûteuses » mais aussi les moins déontologiques et respectueuses des matériaux et constructions originales.

Nous ne pouvons dès lors que nous interroger sur la reconstruction à venir… « Pour Notre-Dame, ce sera pareil. On ne retrouvera jamais la charpente et la flèche en bois. Ce fut pourtant le défi du Second Empire que de reconstruire, en 1860, la flèche qui avait été abattue un peu avant la Révolution parce qu’elle menaçait ruine. Ce fut un véritable tour de force néo-médiéval. Cette fois je suis pessimiste », témoigne  ainsi Jean-Michel Liénaud

Ne pas se tromper de priorités

On ne peut que comprendre les réactions de celles et ceux qui pointent le mépris et le silence des autorités et des grandes entreprises, pourtant tous aujourd’hui au garde-à-vous, lorsqu’en novembre dernier 8 habitantEs trouvaient la mort dans l’effondrement de leur immeuble insalu-bre et des centaines d’autres locataires se retrouvaient évacués sans solutions de relogement, à Marseille.

Le déballage de dons actuel nous prouve que lorsqu’ils y trouvent leurs intérêts (essentiellement symboliques et financiers) les entreprises peuvent trouver l’argent et débloquer des sommes considérables en un rien de temps ! Il en va de même pour le gouvernement, lorsqu’ils décident d’offrir des cadeaux à ces derniers… Dans cette balance, la vie des classes populaires ne compte que si elle correspond à une ligne de crédit d’impôt ! Ces enjeux sont pourtant évidemment incomparables.

Quel intérêt à financer les vieilles pierres ?

Certain s’interrogent souvent sur la pertinence d’investir de telles sommes d’argent dans la culture ou la préservation du patrimoine (avec de moins en moins d’argent public par ailleurs…), comme cela peut-être parfois également le cas pour la recherche scientifique abstraite. Mais ce serait une erreur d’opposer tout enjeu social à de tels investissements. L’argent ne manque pas, pour peu qu’on aille le chercher au bon endroit. Le patrimoine fait partie d’une propriété collecti-ve inestimable. Sa mise en valeur et son accessibilité à toutes et tous est un enjeu de l’épanouissement des individus et de nos sociétés.

Écrire une autre histoire 

Notre-Dame, comme d’autres monuments, fait partie de notre histoire et de notre inconscient collectif. Il est important de refuser de laisser son symbole aux nationalistes de tous poils. A travers le temps, elle a certes symbolisé les rapports de pouvoir entre l’Église catholique et le pouvoir étatique.

Mais elle est également un symbole éblouissant de l’évolution de l’architecture religieuse. Enfin elle est aussi un monument séculier de l’histoire de Paris, et Victor Hugo à travers son œuvre éponyme l’avait ainsi liée à ce que Paris avait de plus vivant, grouillant et populaire. Durant la Révolution Française, puis durant la Commune de Paris, elle fut réinvestie comme lieu de collec-tivité et de réunions politiques, tandis que la Marseillaise et autres chants révolutionnaires résonnaient dans les tuyaux des grandes orgues. Elle est aussi un enjeu de réappropriation culturelle et collective de notre classe sociale.

Cette fois-ci il n’y avait heureusement pas de vies humaines directement en jeu face aux intérêts financiers ;  mais nous y avons malgré tout perdu l’un de nos biens patrimoniaux collectifs les plus précieux… Encore une fois sacrifié par ce gouvernement et ses précédents pour des économies de bouts de chandelles…

Manon Boltansky  Mercredi 17 avril 2019

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Famille Pinault : la provocation de Philippe Poutou sur Notre-Dame (Anti-k)

Notre-Dame : pourquoi la générosité des milliardaires et des multinationales pose question (Bastamag)

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17 avril 2019 ~ 1 Commentaire

notre dame (les-alternatifs anti-k)

miserables

Notre Dame de Paris

Les milliardaires font des dons avec votre argent !

Les cendres encore fumantes de la cathédrale Notre Dame de Paris n’étaient pas éteintes que déjà les vautours capitalistes flairaient le bon coup. Le bon coup financier, le bon coup de pub’, le bon coup fiscal et le bon coup politique.

C’est ainsi que les milliardaires et leurs multinationales avides d’échapper à l’impôt ont annoncé faire l’aumône de quelques miettes de leurs fortunes considérables amassées sur le dos des travailleurs. 10 millions pour Bouygues, 100 millions pour Pinault, 200 millions pour LVMH et la famille Lagardère… Total, Apple et Cie de suivre le mouvement. Un bon coup politique évident pour redorer l’image de ces multinationales dont les peuples ont bien compris combien elles leur coûtent !

Et aussi une façon d’effacer l’image fumante de la cathédrale qui avait passé les siècles et qui est bien celle de l’échec d’un régime capitaliste lancé dans la fuite en avant du profit et incapable de maintenir le patrimoine malgré les formidables progrès techniques.

Et on pourra noter que l’appel à une souscription lancée par Macron est bien un nouveau coup fumant de l’ex banquier locataire de l’Elysée qui entend bien faire payer la facture la catastrophe aux travailleurs du pays et non pas à ses amis les riches. Oui la cathédrale devra être réparée, la patrimoine restauré et préservé. Mais il n’y a aucune raison que ce soient toujours les travailleurs qui payent.

Le bon coup de pub et le bon coup financier !

Avec ces annonces, les milliardaires profitent de la sidération devant une catastrophe qui émeut l’opinion pour apparaitre comme des bienfaiteurs de la collectivité. Sans honte et ce alors qu’à coup d’optimisation fiscale, de niches fiscales, de montages financiers et avec l’aide de leurs représentants politiques dont Macron n’est que le dernier avatar, ces derniers n’ont de cesse que de payer le moins possible d’impôts.

Le manque à gagner fiscal est de plusieurs dizaines de milliards d’euros, sans doute plus de 100 milliards d’euros par an pour les caisses de l’Etat. Et in fine pour les services publics, dont les services d’incendies et de secours qui ces dernières années ont payé un très lourd tribu au dogme de la “réduction de la dépense publique” imposée par l’Union Européenne.

Qui plus est ces “dons” permettent un coup de publicité à bon compte, bien plus rapide et bien moins cher que l’équivalent en spots et pages publicitaires. Un don rentable qui le sera d’autant plus que les mécènes ne manqueront pas d’en profiter pour apposer leurs griffes sur le monument le plus visité d’Europe.

Et le coup sera également à n’en pas douter financier. Car les groupes de luxe et de la construc-tion ne manquent pas d’identifier ce qui est un juteux marché à plusieurs centaines de millions voire à milliards d’euros que sera la reconstruction de la cathédrale. A condition d’amorcer la pompe pour drainer avec une souscription l’argent du petit peuple qui viendra ensuite appro-visionner les marchés. Quand Bouygues annonce verser 10 millions d’euros, combien la multinationale espère-t’elle ensuite gagner dans le chantier de la cathédrale ?

Dans tous les cas, les travailleurs pourront constater que ces milliardaires, ces multinationales qui prétendent ne pas avoir le moindre euro pour augmenter les salaires, pour faire face à leurs responsabilités environnementales, auront su trouver en un claquement de doigts des centaines de millions d’euros…

Le bon coup fiscal : c’est vous qui allez payer les 2/3 des centaines de millions “offerts” par les milliardaires !

Le cynisme et l’hypocrisie poussée à son comble, c’est que les milliardaires qui annoncent débourser des centaines de millions d’euros vont en réalité puiser la majeur partie de ces sommes… dans votre poche. En effet, ces dons” relèvent de la niche fiscale du mécénat, ouvrant droit à une niche fiscale de 60%. C’est donc la collectivité publique qui prendra en charge l’essentiel de la défense. Si Lagardère et Arnault annoncent payer 300 millions d’euros, en réalité, ils n’en débourseront que 120, les 180 restants seront payés par l’impôt des Français!

Et ce pourrait être bien plus. L’ex ministre de la culture de Rafarin, JJ Aillagon, devenu entre temps directeur général de la collection Pinault, a demandé alors que l’incendie n’était pas encore éteint que l’état décrète la cathédrale Notre Dame de Paris “trésor national”. Ce qui permettrait de porter la déduction fiscale à 90%. Le coup de pub, le coup financier et le coup fiscal serait alors monumental !

En clair si cela se confirme, sur les 300 millions “donnés” par les deux milliardaires, c’est dans votre poche qu’il viendrait chercher en réalité 270 millions d’euros, eux ne payant plus que 30 millions d’euros. Moins de 1% du budget annuel de près de 5 milliards de la publicité dépensée par LVMH !

En réalité, si on veut vraiment faire contribuer les milliardaires, ce n’est pas de dons dont la France à besoin, mais de commencer par leur faire payer les impôts. Actuellement, la niche fiscale sur le mécénat coûte plus de 900 millions d’euros par an à l’Etat. Un chiffre multiplié par 10 en 15 ans.

Au moment où l’Élysée, reportant ses annonces visant à faire travailler plus les Français pour gagner moins (augmentation du temps de travail, allongement de la durée du travail avant la retraite…), se précipite pour définir au lendemain de la catastrophe le régime fiscal de la souscription nationale, la première des mobilisations populaires utile doit sans doute être de revendiquer que c’est d’abord aux milliardaires de payer.

Pas aux travailleurs. On ne le sait que trop, les vautours cherchent immédiatement à profiter des catastrophes, il est urgent de s’en méfier.

Source

https://lesalternatifs.info/

Lire aussi:

Famille Pinault : la provocation de Philippe Poutou sur Notre-Dame (Anti-k)

Notre-Dame : pourquoi la générosité des milliardaires et des multinationales pose question (Bastamag)

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17 avril 2019 ~ 0 Commentaire

heure du choix (pùblico)

 heure du choix

La crise climatique: un conflit de stratégies contradictoires

L’enjeu est de savoir qui supportera le poids du changement climatique et comment cet ajustement sera opéré: par le contrôle, la répression et la ségrégation ou selon des critères de justice climatique.

Le changement climatique est enfin au centre des débats politiques.

Le discours de la jeune membre du Congrès américain Alexandria Ocasio-Cortez et de son Green New Deal a non seulement été au centre de ses préoccupations, mais elle mobilise également des milliers de groupes de citoyens à travers le monde et se présente comme la principale préoccupation des citoyens à l’échelle mondiale, comme le montre une récente étude Pew Research menée dans 26 pays et chez plus de 27 000 personnes.

L’appel urgent à l’action du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) dans son rapport sur le 1,5 ° C n’est pas sans lien avec ces faits. Et, bien qu’ils ne l’expriment pas publiquement, les élites manifestent également leur préoccupation face à la crise climatique lors de leurs réunions privées, comme le montre le dernier rapport du Forum de Davos de janvier 2019 pour la troisième année consécutive.

La déstabilisation du climat est l’une des manifestations les plus claires des énormes inégalités présentes dans le monde aujourd’hui et un cas manifeste d’injustice environnementale. Le phénomène et la gestion qui en est faite montre clairement les mécanismes d’inégalité qui opèrent aujourd’hui dans notre société, que ce soit en termes de fossé territorial, de classe, ethnique, de genre ou d’âge.

Le fossé territorial ressort d’un simple rapport Oxfam:

50% des émissions de CO2 en 2015 ont été produites par 10% de la population mondiale, soit environ 700 millions d’habitants de pays riches et d’élites de pays émergents, alors que 50% de la population mondiale, soit environ 3,5 milliards de personnes, ont généré environ 10% des émissions totales.

Par ailleurs, certaines des dernières catastrophes survenues aux États-Unis – où les catastro-phes se déroulent dans le contexte d’un pays riche et avec une capacité d’analyse – ont illustré la manière dont se manifestent ces écarts de classe, d’ethnie, de sexe et d’âge, que ce soit la vague de la chaleur à Chicago en 1995 ou en Europe de 2003, la gestion désastreuse de Katrina à la Nouvelle-Orléans en 2005 ou l’ouragan Sandy qui a dévasté New York en 2012. S’il n’y a pas de changements sociaux importants, il est prévisible que l’impact climatique et sans réponses des élites, de leurs effets inégaux soient étendus.

Ses caractéristiques configurent de plus en plus le changement climatique en termes de conflit entre certains – les puissants – qui accordent la priorité à leur propre sécurité et sous-estiment le bien-être des autres, et les autres – la majorité – qui lutte pour influencer les élites autant que possible, en rassemblant leurs forces pour prendre soin les uns des autres en commun.

Dans ce conflit, des stratégies très différentes se manifestent d’un côté et de l’autre.

Négationnisme, marchandisation et titrisation

Les stratégies déployées par les élites autour du réchauffement climatique sont structurées autour de trois pôles.

Négationnisme Les positions négationnistes sont une constante qui accompagne la crise climatique depuis que celle-ci a commencé à être identifiée, pendant un demi-siècle et qui ont prospéré à l’aide de puissantes entreprises pétrolières et automobiles. Ils ont contesté sur la scène publique l’existence même du changement climatique, ou que, s’il existait, il n’était pas associé aux combustibles fossiles. Cela a son explication  (pas une justification): une économie à faibles émissions de carbone réduirait le marché des carburants fossiles et l’industrie automobile à un dixième du marché actuel, ce qui entraînerait leur mort.

Mercantilisation. L’objectif de la société est de poursuivre ses activités comme d’habitude le plus longtemps possible, avec des « solutions » dominées par un optimisme technologique illimité, soit par des incitations de marché, telles que les marchés de carbone, favorisant des solutions individuelles. Elles constituent une infime partie des mesures structurelles nécessaires et ouvrent de nouveaux créneaux pour tirer profit de la crise.

L’agriculture – par le biais de « l’agriculture raisonnée », l’eau – avec les privatisations, l’énergie – avec les carburants non conventionnels et les agrocarburants – sont à l’honneur, de même que la géo-ingénierie. Mais d’autres secteurs cherchent également à tirer profit de la déstabilisation du climat.

La Géo-ingénierie est un des secteurs favoris comme fausse solution au changement climatique. Cette technologie, compte réduire la concentration des gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère sur une grande échelle peut entraîner des risques importants au point que l’ONU – grâce la Convention sur la diversité biologique, mise en place en 2010  contient un moratoire sur la géo-ingénierie du climat. Un autre secteur en vogue est la construction de méga-infrastructures et de murs côtiers, où des milliards de dollars d’investissement dans les villes qui veulent s’adapter aux risques posés.

Les entreprises néerlandaises exportent leur savoir-faire dans les mégapoles d’Asie du Sud comme Jakarta, Manille, Ho Chi Minh ou Bangkok. Bien qu’en principe, ces installations pourraient être positives, « l’adaptation » entraîne une reconstruction de l’espace urbain et l’expulsion de la ville centrale de dizaines de milliers de personnes pauvres (125.000 ménages  à Manille), avec l’argument de les mettre en sécurité loin des zones à risque. Vidage d’un côté mais des gratte-ciel et appartements de luxe de l’autre. Pendant ce temps, les familles qui gagnent leur vie dans les centres villes seront relogés à plusieurs heures, trop loin pour poursuivre leurs activités.

Avec l’augmentation des événements extrêmes, tels que les grands incendies ou les inonda-tions, augmenteront aussi les dégâts et les destruction des maisons. Le secteur de l’assurance évalue déjà ces dépenses, compte tenu que les pertes pour ces événements sont à la hausse depuis 1985. Aux USA, alors que les ménages aisés peuvent espérer récupérer les coûts de la catastrophe par leur assurance, les foyers et les communautés pauvres ont une assurance partielle qui ne couvre pas les dommages, et risquent donc passer les prochaines décennies sans surmonter les effets de la catastrophe et de la pauvreté. La plus forte incidence des phénomènes météorologiques fera augmenter le prix des assurances, ce qui en fera des produits prohibitifs pour les couches modestes.

Un autre secteur classique autour des catastrophes est la sécurité.

Avec la sécurité des entreprises traditionnelles est en train d’émerger une nouvelle génération d’entreprises qui couvrent ce large spectre: surveillance et contrôle des frontières, construction et gestion de prisons privées, prévention du terrorisme, logistique, formation à la sécurité. Depuis 2008, l’industrie de la sécurité se développe de près de 8% par an. Le seul marché de la sécurité des frontières en Europe en 2015 représentait environ 15 milliards d’euros et devrait presque doubler (jusqu’à 29 en 2022).

Titrisation. Les classes dominantes sont préoccupées par la crise climatique. Ils craignent que le chaos économique éclate et que leurs investissements soient menacés. Ils redoutent l’anarchie et le chaos social, ils aiment faire allusion à d’éventuelles révoltes populaires contre leurs entreprises. Cette idéolologie a commencé à émerger il y a une dizaine d’années, quand on a commencé à publier des rapports d’institutions internationales et d’agences de sécurité à encadrement américain et britannique, elles voyaient le réchauffement de la planète, principa-lement comme une  « question de sécurité » et un « multiplicateur de menace », qui mène inexorablement à un monde instable. Ces tensions pointent comme « coupables » les pauvres en général et ceux du Sud en particulier, pour détourner l’attention des responsabilités réelles du monde riche.

Le changement climatique étant vécu comme une menace, la réponse des élites est militarisée: place aux armées et aux agences de sécurité, aux mesures musclées, à l’utilisation de la force aux frontières ou au coeur des pays riches, pour montrer que « tout est sous contrôle », pour apaiser l’élite qui craint une perte de contrôle.

Activisme de la société civile 

Nous assistons à une véritable explosion des groupes concernés sur le changement climatique. Ils sont fatigués d’attendre des réponses et mettent en place une véritable résistance contre l’inaction. Cet activisme climatique est composé de divers groupes: écoliers et jeunes en grève et mères en raison du climat, activistes en rébellion et ceux qui le considèrent comme l’enjeu du siècle. Certains de ces groupes font des vendredis pour l’avenir; Extintion Rebelion; L’Affaire du Siecle en France; et dans l’État espagnol, Youth for Climate et Against the Deluge.

Dans leur diversité, ces groupes partagent certaines caractéristiques communes, telles que le sentiment d’urgence de leur action en faveur de la vie; l’utilisation de la rhétorique de la rébellion contre l’inaction; l’identification du système capitaliste lui-même en tant qu’origine du problème; le lien qu’ils établissent entre le changement climatique et les questions d’équité et de justice et l’absence d’acteurs politiques organisés à leur tête.

Parallèlement au nouveau mouvement pour la justice climatique, des réseaux de quartiers et des organisations communautaires émergent, mettant en œuvre leurs propres capacités et leur autonomie pour faire face aux défis du réchauffement climatique et aux injustices historiques, telles que la pauvreté ou l’exclusion. Le résultat est un activisme climatique beaucoup plus transversal lié à l’idée de justice.

Un combat qu’on ne peut pas perdre

Comme nous assure le journaliste Mattia Salvia, un nouveau chapitre de la lutte de classe entre les puissants et tous les autres, ou du capital contre la vie, se déroule autour du changement climatique. Le capitalisme – et les puissants – sont entrés en « mode de survie » et se préparent à une catastrophe environnementale grâce à de nouveaux modèles de gestion avec des hommes forts au pouvoir.

Il existe déjà un axe d’extrême droite composé de Trump aux États-Unis, de Bolsonaro au Brésil, de Duterte aux Philippines, de Morrison en Australie, des populistes polonais et de l’extrême droite hongroise, allemande et italienne. Face à ces tendances, il y a un risque réel que les puissants fassent payer les pauvres la crise climatique et même que des guerres éclatent entre eux.

Les élites se mettent déjà en sécurité, que ce soit sur cette planète – à l’instar de deux entrepreneurs de la Silicon Valley qui ont acheté de grandes étendues de terres en Nouvelle-Zélande , s’enfermant dans des bunkers protégés par des forces de sécurité ou envisagent de migrer vers d’autres planètes.

Aussi exagérés que puissent être ces propos, il est utile de rappeler la thèse de Kevin MacKay, qui a étudié les facteurs d’effondrement des civilisations et qui affirme que la cause la plus importante de ces effondrement est l’existence d’une oligarchie qui se protége au lieu d’adopter les décisions nécessaires au bien commun. Le problème, dit MacKay, est que les élites béné- ficient du système et abandonnent toute solution pertinente. Ce professeur ajoute que toutes les sociétés soumises aux intérêts d’une élite oligarchique se sont effondrées. Donc, tant que nous resterons les otages d’une oligarchie, nous serons en retard pour éviter les effets écologiques (et sociaux) de la crise climatique.

Il s’agit maintenant de savoir qui devra supporter le poids du changement climatique

Et comment l’ajustement sera fait, que ce soit par le contrôle, la répression et la ségrégation, ou par des critères de justice climatique Si un modèle de sécurité et d’entreprise se présente, nous pouvons facilement glisser dans des scénarios de fascisme (écolo) ou dans un monde de ghettos.

Dans ce combat nous jouons tout. La rébellion populaire contre le changement climatique offre de l’espoir dans la bonne direction: il est nécessaire que les citoyens prennent les rênes de cette question vitale afin de construire des réponses justes qui ne laissent personne de côté. Pour cela, il est essentiel de coordonner la lutte pour le climat avec d’autres luttes, autour de la crise environnementale dans son ensemble et celles liées à la justice sociale et aux féminismes, car il s’agit de la même lutte.

16 de Abril de 2019 Nuria del Viso

Nuria del Viso est titulaire d’une maîtrise en anthropologie et d’un diplôme en journalisme de l’Université Complutense de Madrid. Chercheuse de la zone d’écosystème de Fuhem. Elle est membre du comité de rédaction de la revue Papeles de relationes écologicas mondiales.

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