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19 juin 2019 ~ 0 Commentaire

profs polonais (courrier inter)

pologne

Sous-payés, les profs polonais désertent l’école

Découragés par le manque de considération des pouvoirs publics et d’une part importante des parents d’élèves, de nombreux enseignants polonais ne reprendront pas le chemin de l’école en septembre et se tournent vers des métiers qui pourront leur assurer un revenu décent.

En Pologne, pour de nombreux enseignants, ce mois de juin ne marque pas seulement la fin de l’année scolaire, mais leur divorce définitif avec l’école publique. “La liste des causes de leur découragement est longue”, explique le quotidien Gazeta Wyborcza : “chaos consécutif à la réforme de l’éducation, changements permanents, fatigue liée à la nécessité de courir entre plusieurs établissements et, dernièrement, la grève qui n’a pas apporté d’augmentation.”

En avril, malgré un débrayage de trois semaines suivi par plusieurs centaines de milliers d’enseignants et la moitié des écoles du pays, le gouvernement avait refusé d’accorder la revalorisation salariale de 30 % demandée par deux des trois syndicats de la profession, et, à l’usure, il avait convaincu les grévistes de reprendre le travail.

Cette victoire politique a toutefois pour conséquence de pousser à la démission des enseignants désormais convaincus de l’impossibilité d’améliorer la condition de la profession. D’après les témoignages recueillis par le journal, certains optent donc pour l’émigration, notamment vers le Royaume-Uni, quand d’autres partent en retraite anticipée ou changent de métier, comme Agata. Enseignante d’anglais en lycée depuis douze ans, elle ne reprendra pas les cours en septembre et cherche un nouvel emploi, même peu qualifié.

J’ai travaillé au prix de ma santé et de ma famille pour 2 000 zlotys nets [470 euros par mois, soit 60 euros de plus que le SMIC polonais]. J’étais engagée dans la grève, mais les réactions du gouvernement, de la société et de la direction ont été insupportables. Je dois penser à moi-même”, confie-t-elle.

Gazeta souligne que “dans les grandes villes, le salaire d’un enseignant débutant suffit à peine à payer un loyer, c’est pourquoi les candidats manquent. […] À Varsovie, la capitale, 3 000 postes pourraient être vacants, le plus souvent en école maternelle ou bien pour l’enseignement des mathématiques, de l’anglais et de l’informatique.

En réponse à ce déficit, la mairie a déjà introduit des compléments de salaire versés de son propre budget et vient d’inaugurer un programme de formations gratuites pour les aspirants enseignants.

19/06/2019

https://www.courrierinternational.com/

Lire aussi

Mobilisation. En Pologne, grève massive et illimitée des enseignants (CI)

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19 juin 2019 ~ 0 Commentaire

coquillages (cnrs)

coquilles

Coquillages, les sentinelles des océans

La quête d’indices sur le réchauffement climatique conduit les chercheurs jusqu’aux eaux froides du Groenland. Pollution, température de l’eau, concentration en oxygène… Coquilles Saint-Jacques et autres bivalves constituent de précieuses archives sur l’environnement et le climat. Des chercheurs bretons, à l’origine de cette découverte, parcourent les mers pour les étudier. À partir du 22 juin, rendez-vous à Brest pour découvrir leurs travaux aux pôles présentés lors de l’exposition Arctic Blues.

Brest, à la pointe ouest de la Bretagne. Tout commence dans le Finistère.

Depuis ce bout du monde avancé dans l’océan Atlantique, les chercheurs du Laboratoire international associé Benthic Biodiversity Ecology, Sciences and Technologies (LIA BeBest)1 partent régulièrement explorer les mers du globe, de l’île ­d’Ouessant au Maroc, de la Nouvelle-Calédonie à ­l’Antarctique en passant par la Mauritanie. Leur quête est surprenante : ils sont à la recherche de mollusques bivalves de la famille des pectinidés. Notamment, les célèbres coquilles Saint-Jacques (Pecten maximus) et leurs cousins, les pétoncles.

Non par gourmandise, mais par soif de connaissances. Car depuis plus de vingt ans, ils ont découvert et démontré qu’il était possible d’utiliser ces animaux comme des archives environne-mentales. Température et salinité de l’eau, concentrations en oxygène ou en contaminants, état du phytoplancton dans leur environnement naturel…

« Leur squelette externe, c’est-à-dire leur coquille, enregistre toutes sortes d’informations écolo-giques très utiles à la compréhension des éco­systèmes côtiers », explique Laurent Chauvaud, directeur de recherche au Laboratoire des sciences de l’environnement marin2 et coordinateur de BeBest qui est issu de ce Laboratoire. À la clé, des quantités de données très utiles pour reconstituer les climats du passé, suivre le réchauffement actuel mais aussi les épisodes de pollution. Avec un sens du détail inédit : aujourd’hui, les bivalves nous renseignent sur l’environnement marin avec plus de précision temporelle que les cernes annuels de croissance d’un arbre sur terre, ou que les strates d’une carotte de glace pour les pôles !

Chaque jour, par exemple, Pecten maximus enregistre la température de l’eau de mer, à 0,5 °C près, à l’instar d’un thermomètre médical. Mieux encore : les chercheurs, dont le jeune docteur Pierre Poitevin de l’Université de Bretagne occidentale, ont réussi à faire parler le pétoncle géant de l’archipel Saint-Pierre-et-Miquelon, dans l’Atlantique. L’analyse de sa coquille livre des informations détaillées et précises, au quart d’heure près, sur son environnement !

Pour en arriver là, Laurent Chauvaud et son équipe ont appris année après année à décoder les informations archivées par les coquillages. Ils ont observé et mesuré les distances entre les microstries présentes à la surface des coquilles. Et sous la loupe binoculaire, ils ont enchaîné les découvertes : chaque distance séparant ces micro­stries est le résultat de la croissance journalière de la coquille observée et la diminution de ces distances est liée aux facteurs d’altération de cette croissance. Par exemple, un refroidissement de l’eau de mer.

Eau mitigée et nourriture équilibrée

La mise en évidence de cet impact de la température de l’eau remonte à l’an 2000, lors d’une plongée à Bergen, en Norvège. Plus pauvre en nitrates et autres sels nutritifs que les baies bretonnes, ce littoral nordique leur a permis d’établir une corrélation entre les ralentissements de croissance et les jours précis d’upwelling (­remontées brutales d’eau froide), le temps d’une journée d’été, sous l’effet de forts vents de nord-est, ­parallèles à la côte3.

« Les coquilles norvégiennes présentaient, ces jours-là, des accidents de croissance, se souvient le chercheur. Comme tétanisées par l’eau froide, elles n’avaient grandi que de l’équivalent d’une strie d’hiver en plein mois de juillet ! » Une nouvelle approche était née : l’étude des stries des Saint-Jacques.

Nos Champollion des océans ont découvert un autre facteur jouant sur la distance entre les stries : une dégradation brutale de la nourriture des mollusques. En effet, quand survient une efflorescence (un bloom) d’algues toxiques ou, comme souvent en Bretagne, un excès de phytoplancton (dû aux nitrates des effluents agricoles), pourtant le plat préféré des Saint-Jacques, leur coquille croît moins vite, voire plus du tout.

Étude de la composition chimique

Ce sont les travaux du biogéochimiste et écologue Julien Thébault, en Nouvelle-Calédonie, qui ont permis cette avancée. Sur place, les chercheurs voulaient savoir si l’exploitation de la réserve de nickel avait contaminé l’un des plus beaux lagons du monde, abritant 25 espèces de pectinidés.

Rapidement, les chercheurs prennent conscience des précieuses archives qui leur tendent les bras. Car ces coquillages sont présents, à foison, du Maroc à la Norvège, jusqu’à 500 mètres de profondeur, et depuis 25 millions ­d’années ! De quoi les aider dans leurs « enquêtes » sur le réchauffement climatique ou l’histoire des éco­systèmes de la planète.

L’indic qui venait du froid

Mais les précieuses informations que fournit la coquille Saint-Jacques ne suffisent plus à satis-faire l’appétit de connaissances des chercheurs du LIA BeBest. En cause ? Sa courte durée de vie : de quatre à cinq ans.

À la recherche d’archives contenant des périodes de temps longues, qui permettront de statuer sur l’impact de changements globaux, comme l’actuel réchauffement climatique, les scientifiques convoitent des bivalves longévives : la Laternula d’Antarctique, quadragénaire ; l’amande de mer Glycimeris glycimeris de la rade de Brest, dont la durée de vie est comprise entre 70 et 80 ans ; la mye Mya truncata de l’Arctique, l’Astarte ou le pitot Cyrtodaria siliqua, de fringants cente-naires ; et, surtout, la palourde noire de Saint-Pierre-et-Miquelon, Arctica islandica : 500 ans de durée de vie !

« Arctica islandica est un véritable parchemin !, s’enthousiasme Laurent Chauvaud. Depuis plusieurs siècles, cet animal endogé (qui vit dans le sédiment, NDLR), filtreur et immobile, enregistre, dans le carbonate de calcium de sa coquille, et au rythme d’une strie annuelle, des informations qui vont permettre de décrire l’environnement des eaux de la façade ouest de l’Atlantique nord. »

Révélateurs de pollution

Si les mollusques recèlent de précieuses données climatiques, ils peuvent aussi être diserts sur les pollutions qui touchent leur environnement. C’est d’ailleurs le point de départ des travaux de nos scientifiques.

Au début des années 1980, confrontés à la raréfaction des populations de Saint-Jacques, les pêcheurs de la rade de Brest alertent les enseignants-chercheurs de ­l’Université de Bretagne occidentale et les chercheurs du Centre national d’exploitation des océans (Cnexo, futur Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer, ou Ifremer), afin de comprendre pourquoi cette espèce a disparu d’un écosystème pourtant si ­favorable à l’origine. Les chercheurs identifient les causes : rejets en excès de nitrates et efflorescences d’algues toxiques.

Depuis ces premiers pas, les cas d’étude se sont multipliés, souvent à la demande des professionnels et des élus locaux. Les scientifiques ont par exemple étudié les coquillages de Belle-Île-en-Mer, dans le Morbihan, ayant vécu au début du XXIe siècle, pour en apprendre davantage sur la pollution sous-marine consécutive au naufrage du pétrolier Erika, en décembre 1999.

Pour Laurent Chauvaud, cela ne fait aucun doute : mollusques et coquilles constituent un trésor scientifique dont il faut prendre soin. En témoigne la « pectothèque » comme l’appelle le chercheur, bien à l’abri dans les caves de l’Université. « Trente années de coquilles ­Saint-Jacques y sont aujourd’hui archivées. Autant d’indicateurs fiables, et ­journaliers, de leur croissance, de la ­température de l’eau, de la variation du phytoplancton ! » Leur archivage pourrait aussi ouvrir de nouvelles voies.

À la croisée des regards

Mais pour Laurent Chauvaud, le travail du scientifique ne doit pas s’arrêter là. Sa mission est bien sûr de transmettre mais aussi d’alerter les citoyens des changements et des risques en cours. Le déclic se fait durant une plongée polaire où il est saisi d’effroi. « L’effroi devant la certitude de la catastrophe », précise-t-il. Comment, pour un scientifique qui n’en a pas l’habitude, trouver les mots, dépasser son inconfort émotionnel, raconter sa stupeur devant l’énormité d’un changement climatique ?

 À Brest, à partir de juin, une exposition permettra au grand public de découvrir ces recherches grâce aux images, aux installations et aux créations sonores de ces artistes. Et de changer notre regard sur ces précieux témoins qui peuplent les littoraux et les fonds marins du monde entier. ♦

Arctic Blues : les pôles s’exposent à Brest

À partir du 22 juin, les Ateliers des Capucins à Brest accueillent l’exposition Arctic Blues, construite autour des missions aux pôles de l’équipe du LIA BeBest. Ce projet est réalisé en collaboration avec La Carène, scène des musiques actuelles de Brest. Le CNRS, aux côtés des Ateliers des Capucins, de Brest Métropole et d’autres institutions, est partenaire de cet événe-ment, dont le commissariat est assuré par Emmanuelle Hascoët. L’exposition Arctic Blues s’inscrit dans un ensemble de manifestations organisées cet été dans les espaces culturels brestois et rassemblées par la métropole sous le label : Bleu comme Brest. Une odyssée entre science et culture. (Résumé voir lien)

14.06.2019 Gaël Hautemulle

https://lejournal.cnrs.fr/

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19 juin 2019 ~ 0 Commentaire

commana (fr3)

vacharan

Un projet de ferme-usine à Commana inquiète les écologistes

Le projet d’extension d’un élevage laitier du Finistère, qui passerait de 140 à 400 vaches, constitue « une menace sans précédent » pour un lac et une rivière alimentant en eau potable le tiers de la population du département, selon l’association Eau et Rivières de Bretagne.

Le Gaec Tourmel à Commana, au coeur du site naturel des Monts d’Arrée, souhaite augmenter son cheptel de 140 à 400 bovins, dont 320 vaches laitières. « Ce projet constitue une menace sans précédent pour le lac du Drennec et l’Elorn », assure l’association de protection de l’environnement dans un communiqué, rappelant que ce lac et ce fleuve qui se jette dans la rade de Brest, contribuent à l’alimentation en eau potable de plus de 300 000 consommateurs.

Au coeur du parc naturel régional d’Armorique, en zone Natura 2000, ce projet fait l’objet d’une consultation publique. Close le 14 juin, ses résultats ne sont pas encore connus.

Les écologistes d’EELV de Bretagne regrettent également ce projet, qualifié de « déraisonnable » dans un communiqué. « EELV s’oppose depuis toujours aux FERMES USINES au coeur du site naturel des Monts d’Arrée, château d’eau du Finistère », notent-ils.

Ils considèrent ce projet d’extension « en totale contradiction avec les exigences du climat et du simple principe de précaution qui voudrait que cette zone sensible reste le lieu d’une agriculture diversifiée et respectueuse des hommes et des milieux ».

19/06/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr

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19 juin 2019 ~ 0 Commentaire

charbon (bastamag)

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Des milliers de personnes attendues en Allemagne pour bloquer les mines de charbon

Le campement a déjà commencé, près de Düsseldorf. Dans les jours qui viennent, des milliers d’activistes de toute l’Europe sont attendus dans l’ouest de l’Allemagne pour occuper et bloquer les gigantesques mines de charbon à ciel ouvert qui sont encore en fonction dans le bassin rhénan. L’Allemagne extrait toujours chaque année plus de 170 millions de tonnes de lignite, un type de charbon très polluant, et les brûle dans des centrales à qui émettent massivement des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

En février dernier, une commission nationale a, enfin, acté d’une date de sortie du charbon pour l’Allemagne, mais pour 2038 seulement, soit dans presque 20 ans. « C’est maintenant qu’il faut agir. La crise climatique est déjà une réalité destructrice dans le monder entier, en particulier dans le sud. Et on devrait encore brûler du charbon pendant 20 ans ?, dénonce le mouvement Ende Gelände dans son appel à l’action de cette semaine. L’industrie du charbon du bassin rhénan est le plus gros émetteur de CO2 d’Europe et détruit l’avenir de l’humanité dans le monde entier », poursuit l’appel.

Le mouvement Ende Gelände organise des occupations des mines allemandes depuis 2015. L’année dernière, il avait mobilisé pour préserver la forêt de Hambach, menacée par l’extension d’une mine. Suite à des semaines de manifestations et d’occupations, et aux conclusions de la commission sur le charbon, la forêt de Hambach est pour l’instant hors de danger.

Cette année, le mouvement veut bloquer « l’infrastructure du charbon », dit l’appel. « Voilà notre mesure immédiate pour la justice climatique. Nous avons besoin d’une sortie du charbon, mais aussi d’une transformation sociale radicale », poursuit le texte. L’occupation est prévue pour durer jusqu’au 25 juin.

19 juin 2019

https://www.bastamag.net/

https://www.ende-gelaende.org/fr/

Lire aussi:

Occuper une mine, exemple de « désobéissance civile climatique » (TV5 Monde)

La « génération climat » converge vers la Ruhr allemande pour une action anti-charbon (Courrier de l’Ouest)

Désobéissance civile climatique : en quoi consiste cette forme de militantisme ? (Sud Ouest)

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19 juin 2019 ~ 0 Commentaire

solaire (bastamag)

ecologie-conflits-energie

Artificialisation des sols, spéculation foncière

Quelles alternatives aux dérives du solaire industriel ?

2000 hectares de terres agricoles et de forêts bientôt recouverts de panneaux solaires en Lot-et-Garonne, 400 hectares de causses dans l’Hérault… Des citoyens alertent sur les dérives de ces méga-centrales, et appellent à recouvrir en priorité les toits et surfaces déjà artificialisées plutôt que de s’en prendre au vivant. L’utilisation de sites déjà bétonnés comme les parkings ou les entrepôts permettrait déjà de multiplier par cinq la puissance solaire actuelle. Sur le terrain, des habitants et des collectivités multiplient la création de centrales photovoltaïques coopératives. Développer les renouvelables tout en limitant les conflits d’usage, c’est possible !

Dans le sud du Larzac, la colère gronde. 30 000 panneaux photovoltaïques pourraient recouvrir 400 hectares de causses, de maquis, et de prairies arides, soit l’équivalent de 570 stades de foot ! La société française Arkolia Énergies envisage d’implanter cette immense centrale sur un terrain privé, le domaine de Calmels, réservé jusqu’ici à la chasse. « Pour le moment, c’est un lieu hostile à toute écologie, soutient Alain Viala, le maire de la commune du Cros. C’est un secteur de chasse où au moins trois fois par semaine, on tire 2000 cartouches par jour ! »

Ce n’est pas l’avis de Dominique Voillaume, une éleveuse d’ovins. « Ce qui semble à certains un désert de cailloux, représente en réalité une richesse pour le pastoralisme », explique t-elle. Sur les causses, le pâturage constitue en effet l’essentiel de la nourriture des troupeaux. Et façonne un paysage plus ouvert qui favoriserait une plus grande diversité animale et végétale [1].

Sophie Chapelle 19 juin 2019

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18 juin 2019 ~ 0 Commentaire

surpêche (reporterre)

espece pro

En dépit de ses engagements, la France encourage la surpêche

En soutenant la réintroduction de subventions européennes à la pêche, jugées « nocives » par les chercheurs et les ONG, le gouvernement français prend le risque de favoriser la surexploitation des stocks de poissons.

Les 28 ministres européens de l’Agriculture et de la Pêche se réunissent ce mardi 18 juin en Conseil des ministres, à Luxembourg, pour discuter des futures orientations partielles données à la pêche en Europe.

Et cela passe inévitablement par la question du financement. Comme l’agriculture, le secteur de la pêche est généreusement subventionné par l’argent de l’Union européenne, notamment via le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP).

Doté de 6,4 milliards d’euros sur 7 ans (pour 2014-2020), ce fonds a toujours été présenté comme ayant pour mission principale d’aider les pêcheurs à mettre en place des pratiques plus durables. La réunion du jour a pour but de définir comment seront utilisées les subventions pour la période à venir, 2021-2027. Et les enjeux pourraient être plus grands qu’ils n’y paraissent.

Il y a quelques semaines, les trois pays qui bénéficient le plus des subventions à la pêche — l’Espagne, la France et l’Italie — se sont mis d’accord pour demander des changements de règles de répartition et d’attribution. Parmi ceux-ci figure notamment l’appui à la construction navale et à la modernisation des flottes, demandées par les représentants des pêcheurs européens.

« Des aides déguisées à la construction pour construire des chalutiers jusqu’à 24 mètres » 

Or, pour certains spécialistes, le danger caché derrière ce type d’aides est l’encouragement à la mise à l’eau de bateaux plus performants, plus gros et plus nombreux. « Jusqu’à la fin des années 1990, on a massivement subventionné la construction de bateaux, ce qui a entraîné une surcapacité des flottilles.

L’Europe était devenue un très mauvais élève, où près de 90 % des stocks de poissons étaient surexploités, explique Didier Gascuel, professeur en écologie marine à AgroCampus Ouest. Puis, on a subventionné la casse de navires, et arrêté complètement en 2005 de financer les nouvelles constructions, pour arriver aujourd’hui à un équilibre avec moins de bateaux, pour plus de poissons, puisque les stocks sont remontés légèrement ces dernières années. Renverser la tendance est une grave erreur. »

D’autant plus que, soulignent les chercheurs et les ONG, ces subventions jugées « nocives » vont aussi à l’encontre des engagements pris par les pays membres de l’UE et sont donc une contradiction politique. En 2015, les Nations unies ont inscrit dans leur programme d’objectifs de développement durable (ODD), l’élimination des subventions encourageant la surpêche et la surcapacité des flottes, d’ici 2020. Mais, en 2021, avec la position défendue par les trois pays, les subventions nuisibles à la durabilité de la pêche vont-elles alors faire leur retour au sein de l’espace communautaire ?

L’ONG Bloom est montée au front depuis que le Parlement européen a validé en avril une première orientation pour, notamment, élargir les aides à de plus gros bateaux de pêche.

« On a observé un détournement de l’objectif initial du FEAMP, qui voulait au départ aider les petits patrons, jeunes, à acquérir un bateau d’occasion, en des aides déguisées à la construction pour construire des chalutiers jusqu’à 24 mètres [contre 12 aujourd’hui] », réagit Mathieu Colléter, responsable science et relations institutionnelles, chez Bloom.

Alors que les subventions de ce fonds sont à l’origine destinées à aider les « pêcheurs-artisans », les nouvelles règles pourraient, d’après lui, faire rentrer comme bénéficiaires les pêcheries de type industriel et mettre à l’eau un plus grand nombre de bateaux, ce qui produirait de nouveau la surcapacité des flottes.

Ce n’est pas l’interprétation du Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM), un syndicat interprofessionnel du secteur, pour qui la priorité actuelle n’est pas la construction de nouveaux bateaux — qui sont par ailleurs, selon Didier Gascuel, déjà commandés et financés aujourd’hui sans passer par les subventions publiques.

Émilie Gélard, du Comité national des pêches, voudrait tempérer : « Premièrement, ce n’est pas parce qu’il y a une porte ouverte par le Parlement que cela va nécessairement aboutir dans les faits au retour des subventions à la construction. Rien n’est encore décidé. Et, même si cela se produit, cela ne va pas tout changer.

Ce n’est pas un chèque en blanc pour pêcher plus, il y a toujours des règles et des quotas. » Ce à quoi répond Didier Gascuel que, « certes, il y a des quotas, mais pas partout et pas sur toutes les espèces. En Méditerranée, par exemple, il n’y a que le thon rouge qui est sous quotas ».

« Il faut être prudent avec les subventions publiques » 

Les ONG craignent ainsi que la pression n’augmente à nouveau sur les populations de poissons qui commençaient justement pour certaines à mieux se porter et qu’on débute un « retour en arrière », alors que des efforts pour préserver la durabilité de l’exploitation des ressources halieutiques ne sont toujours pas satisfaisants.

Aujourd’hui, 69 % des stocks de poissons européens restent en moyenne surexploités. En Méditerranée, ce serait même 96 % des stocks de poissons qui seraient en situation de surpêche. Quelques jours après le discours de politique générale prononcé par le Premier ministre, Édouard Philippe, qui invoquait des intentions d’« accélération écologique », les spécialistes s’étonnent que la France cherche à user de son influence diplomatique pour aller à l’encontre de ses engagements.

« Jamais, nous n’avions assisté à un tel recul environnemental. Jamais, le hiatus ne fut plus grand entre les discours et les actes d’un Président. Jamais, l’équipe de Bloom n’avait atteint un tel niveau de désespoir et d’impuissance », écrit l’ONG, qui a adressé une lettre ouverte la semaine dernière au Président Macron.

L’organisation mène d’ailleurs un combat pour demander plus de transparence sur l’utilisation et les conséquences des financements publics accordés au secteur. La Cour des comptes souligne elle aussi une gestion peu claire et complexe des fonds d’aides européens.

« Il faut être prudent avec les subventions publiques, qui peuvent être parfois un cadeau empoisonné aux pêcheurs, dit Didier Gascuel. Normalement, lorsque les stocks sont bien gérés et les pêcheries sont rentables, il ne devrait pas y avoir besoin de subventions. C’est un gâchis d’argent public.

Le fonds pour la pêche finance par ailleurs des mesures de protection de l’environnement et d’enrichissement des connaissances scientifiques, les investissements pour la sécurité à bord et pour l’efficacité énergétique. C’est une bonne chose. Mais, tous les spécialistes le disent, il ne faut pas encourager l’augmentation des capacités de pêche, même d’un point de vue d’efficacité économique, ce n’est pas bon pour la filière. »

18 juin 2019 / Mathilde Dorcadie

https://reporterre.net

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18 juin 2019 ~ 0 Commentaire

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Guingamp : la maternité obtient un répit jusqu’en juillet 2020

Face à la forte mobilisation des Guingampais pour sauver leur maternité, sa fermeture prévue a été annulée. En juillet 2020, le débat reviendra sur la table mais pour l’instant, la maternité continue de fonctionner, surtout que le nombre de naissances est correct.

On ne peut pas la rater. Sur le fronton de la médiathèque de Guingamp, une grande fresque affiche les visages des derniers nés dans la maternité de Guingamp. Ils ont tous moins de trois mois sur leurs photos.

L’établissement menace de fermer, comme bon nombres de maternités en France, par manque de naissances. Pourtant, 485 bébés sont nés à Guingamp. Il en faut 500 pour qu’elle soit maintenue.

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Pour s’opposer à la décision de l’Agence Régionale de Santé de fermer la maternité le 1er février 2019, les habitants de la ville avaient créé une page Facebook pour se fédérer contre ce projet. Ils avaient multiplié les actions et courriers adressés aux instances en charge de la procédure.

Le projet le plus important est donc la réalisation de cette fresque, inaugurée le 17 juin en fin d’après-midi. Elle représente les visages des 507 derniers nés dans la maternité. Une manière d’humaniser les personnes dépendantes de son existence, et d’affirmer le côté collectif des revendications.

Avec le soutien de Philippe Le Goff, maire de Guingamp, les opposants à la fermeture ont pu montrer leur travail au plus grand nombre en l’installant sur la médiathèque. La municipalité s’est mobilisée pour sauvegarder ce service public. Si elle ferme, les maternités les plus proches sont celles de Lannion et Saint-Brieuc, voire Morlaix et Carhaix-Plouguer.

Corentin Bélard 18/06/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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18 juin 2019 ~ 0 Commentaire

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Hongkong-débat. «Xi Jinping affaibli par la crise à Hongkong»

Avec de tels amis, le président chinois, Xi Jinping, n’a plus besoin d’ennemis. En pleine guerre froide technologique et commerciale avec Washington, Pékin vient de se tirer une balle dans le pied de la façon la plus inattendue qui soit.

Pour avoir voulu faire adopter en urgence un projet de loi sur l’extradition, notamment vers la Chine continentale, puis pour y avoir renoncé sous la pression populaire, Carrie Lam, chef de l’exécutif de Hongkong, vient de perdre sur toute la ligne et, par ricochet, d’affaiblir son mentor, Xi Jinping.

Pire, dans cette région administrative spéciale rétrocédée par le Royaume-Uni à la Chine le 1er juillet 1997, elle a provoqué, dimanche 16 juin, la plus grande manifestation jamais organisée contre Pékin sur ce territoire. Deux millions de personnes, sur 7,4 millions d’habitants.

Grâce à Carrie Lam, que le gouvernement chinois a affirmé, lundi, soutenir « fermement », Hongkong vient spectaculairement de rappeler au monde entier qu’une grande partie des habitants de cette ville prospère, qui continue de jouir de libertés impensables dans le reste de la Chine, n’entendent nullement se faire absorber par le régime communiste. Un revers de taille pour le président chinois.

Celui-ci veut en effet faire de l’intégration de cette ville un modèle qu’il entend reproduire – voire imposer – à Taïwan. Le 2 janvier, dans un discours au ton martial prononcé au Palais du peuple, à Pékin, Xi Jinping a déclaré que cette île de 23 millions d’habitants, indépendante de facto mais que Pékin considère toujours comme une province chinoise, devait à son tour être régie par la formule « un pays, deux systèmes » en vigueur à Hongkong.

Premier revers

Dimanche, les Hongkongais ont signifié qu’à leurs yeux Pékin ne tenait pas ses engagements. En 1997, la Chine avait accepté que Hongkong devienne une démocratie pleine et entière. Une vingtaine d’années plus tard, les Hongkongais s’aperçoivent qu’au contraire la Chine communis-te veut les absorber, sans même attendre 2047, fin de son engagement à respecter la célèbre formule.

Hongkong devait être un modèle pour les Taïwanais : elle devient un repoussoir.

Tous les sondages montrent que la présidente taïwanaise, Tsai Ing-wen, chef de file du Parti indépendantiste, profite indirectement de la crise de Hongkong. A sept mois de la prochaine élection présidentielle, cette femme, bête noire de Pékin, ne pouvait rêver meilleur argument électoral.

Qui plus est, cette nouvelle révolte des Hongkongais survient alors que Pékin s’apprête à célébrer en grande pompe les 70 ans de l’arrivée des communistes au pouvoir, le 1er octobre 1949. Elle montre qu’il existe en Chine même des millions de personnes pour qui la « nouvelle ère » promise par Xi Jinping est un leurre.

Ce revers sur le front intérieur est le premier subi par M. Xi depuis son arrivée au pouvoir, à la fin de 2012.

A dix jours du sommet du G20 à Osaka (Japon), il met le dirigeant chinois en difficulté face au président américain, Donald Trump. Dimanche, le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, s’est fait un plaisir d’annoncer sur Fox News que le locataire de la Maison Blanche, « farouche défenseur des droits humains », évoquerait Hongkong au sommet.

Plus grave : des élus démocrates et républicains américains avaient annoncé, vendredi, que si la région administrative spéciale qu’est Hongkong cessait d’être gouvernée par l’Etat de droit, Washington pourrait remettre en cause les accords économiques qui lient les Etats-Unis à cette île et dont Pékin bénéficie indirectement. Bref, M. Trump dispose désormais d’une carte supplémentaire dans son jeu.

Le pire pour Xi Jinping est peut-être que Pékin n’est pas pour grand-chose dans le fiasco de Carrie Lam. Ces derniers jours, la chef de l’exécutif hongkongais a pris sur elle la responsabilité de présenter aux députés ce texte facilitant les extraditions, répondant ainsi à une demande de la communauté internationale.

Jusqu’ici, la plupart des organismes internationaux, comme la Banque mondiale ou le Forum économique mondial, classaient cette place financière parmi les bons élèves en matière de gouvernance. A leurs yeux, celle-ci n’avait qu’un point faible : son absence d’accords d’extra-dition avec le reste du monde, qui l’empêchait de participer pleinement à la lutte contre le crime organisé et le blanchiment d’argent.

Impasse

C’est pour remédier à cette lacune que l’administration de Hongkong aurait commencé à travailler sur un nouveau dispositif législatif. Mais en mars, un Taïwanais, désormais à Hongkong, reconnaît avoir commis un meurtre dans son île. Or, en l’absence d’accord, impossible de l’extrader. Carrie Lam a alors décidé de faire adopter en urgence un texte qui concerne les crimes économiques mais également toute une batterie d’autres crimes.

La défiance envers Pékin est telle à Hongkong – surtout depuis que la police chinoise enlève, à l’étranger et à Hongkong, des opposants au régime – que, très vite, les juristes puis les citoyens se sont méfiés de ce texte, rédigé en catimini, qui incluait la Chine continentale et listait plus d’une quarantaine de motifs d’extradition. Au départ, Pékin, dit-on, n’aurait pas attaché plus d’importance que cela à ce projet, même si le pouvoir voyait d’un bon œil ce dispositif qui lui permettait de rapatrier les auteurs de sorties illégales de capitaux.

Aujourd’hui, la Chine est dans une impasse. Soit elle accède à la demande des Hongkongais, reconnaissant la victoire de la mobilisation, et provoque la chute de Carrie Lam, ce qui serait une première. Soit celle-ci garde son poste et les pro-Pékin risquent de perdre les prochaines élections. Dans tous les cas, Xi Jinping a perdu une manche. Même si nul n’imagine que les Hongkongais ont gagné définitivement la partie.

(Publié par Le Monde, le 17 juin 2019, à 10h32)

Alencontre 17 juin  2019 Fredéric Lemaître

Le militant Joshua Wong libéré de prison s’est de suite adressé à la foule demandant que le mouvement mette en échec Carrie Lam

http://alencontre.org/

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18 juin 2019 ~ 0 Commentaire

cash (nouvel obs)

tomate

« Cash Investigation » 

Comment les multinationales font leur beurre sur nos fruits et légumes

Dans cette enquête fouillée, Elise Lucet et l’équipe de « Cash Investigation » révèlent pourquoi en 50 ans, nos tomates ont perdu la moitié de leurs vitamines.

Plongée dans le monde de la semence industrielle mondialisée et de ceux qui lui résistent. Elle est bien ronde, bien rouge, bien lisse et sans défaut. Elle doit même résister aux crash-tests pour être adoubée par la grande distribution qui en inonde le marché sous les marques Savéol, Prince de Bretagne ou autre Océane.

Aucun de leurs représentants n’a d’ailleurs accepté de répondre aux questions des journalistes. Cette tomate ne pourrit qu’au bout de plusieurs semaines alors que sa grande sœur, la « paysanne », ne tient pas plus de trois jours sur la table de la cuisine sans se flétrir.

Elle pousse hors sol dans des serres chauffées et n’a souvent jamais vu le soleil directement. C’est la plus grosse vente des rayons primeurs en France bien avant les haricots verts. On la connaît tous, cette tomate insipide vendue été comme hiver dans les rayons des hypermarchés ou sur l’étal des primeurs. Ce qu’on sait moins, c’est qu’en quelques décennies, elle a perdu sa saveur mais aussi, 60 % de sa teneur en vitamine C et la moitié de son taux de lycopène, ce caroténoïde réputé pour son pouvoir antioxydant.

« Le sujet OGM a éclipsé celui des semences hybrides »

Comment est-on passé de la tomate goûteuse et nutritive qu’on cueillait gorgée de soleil dans le potager de nos grands-parents à cet ersatz farineux et sans goût ? « Depuis vingt ans, on s’est focalisé sur les OGM, or, tout ce qu’on trouve dans nos assiettes est issu de semences hybrides. On enquête sur les légumes, les pesticides, éventuellement les méthodes de culture mais on se pose rarement la question de la semence.

Ce sujet est resté totalement sous le radar. Il nous a donc semblé très intéressant de faire émerger cette problématique » remarquait Linda Bendali, le jour de la présentation du film à la presse. Avant le fruit ou le légume, il y a la graine. Pendant un an, la journaliste a mené pour « Cash Investigation » une longue enquête sur le travail des semenciers. Du désert du Neguev aux serres high-tech du Centre technique interprofessionnel des fruits et des légumes (CTIFL) à Carquefou en Bretagne, en passant par les fermes de l’état indien du Karnataka, elle a questionné les acteurs de cette industrie discrète qui obéit au même business model mondialisé que celle des produits manufacturés.

Tomate « longue durée »

Aujourd’hui, 98 % des variétés de tomates mises sur le marché sont issues de semences hybrides. Ce ne sont pas des OGM : on ne modifie pas les gènes, on les croise. On croise par exemple, une variété de tomates à la belle couleur vermillon avec une autre dont la chair est plus résistante, pour donner in fine, une tomate calibrée et standardisée.

Une tomate industrielle, longue durée, capable de résister au transport et dont la durée de vie commerciale est passée en quelques dizaines d’années de trois jours à trois semaines. En France, toutes les semences hybrides, fruits de multiples croisements, sont inscrites au « Cata-logue Officiel français des espèces et variétés de plantes cultivées » qui seul, autorise la vente et dont certaines sont la propriété des géants mondiaux de l’industrie phytosanitaire (Bayer-Monsanto, Syngenta, DowDuPont ou Limagrain), également producteurs de pesticides pour la plupart d’entre eux.

Limagrain à la peine

Avant d’être revendues en Europe et notamment en France, les semences du français Limagrain, numéro deux mondial de la graine de tomate auquel « Cash Investigation » s’est particulièrement intéressé, sont développées en Israël et produites en Inde.

Basée dans le Puy-de-Dôme, la société réalise un chiffre d’affaires de 2,5 milliards d’euros avec des marques familières du grand public comme Vilmorin ou Jacquet (les pains de mie). Il  aura fallu à l’équipe de « Cash Investigation » pas moins de quatre mois de discussions intenses pour convaincre la direction de Limagrain d’accepter de parler face à la caméra.

Selon la réalisatrice, l’entreprise auvergnate qui fait vivre un gros réseau d’agriculteurs locaux, plus rompue à la communication avec la presse locale qu’à l’exercice télévisé, a, une fois son accord donné, demandé quatre semaines de délai afin de préparer l’entretien.

Quelle surprise alors pour le téléspectateur d’entendre Jean-Christophe Gouache, directeur des affaires internationales, se défausser à plusieurs reprises d’un « je m’inscris en faux » peu convaincant face aux questions ou aux affirmations étayées d’Elise Lucet ! Notamment, au sujet du travail des enfants dans les fermes sous-traitantes de Limagrain en Inde ou sur la vente de « semences réservées » aux agriculteurs français non inscrites au catalogue.

Tomates sous perfusion

Dans les serres bretonnes du CTIFL, l’agriculture se montre sous un jour high-tech futuriste et plutôt flippant. Interrogé in situ par Linda Bendali, Ludovic Guinard, directeur-général délégué, commente avec beaucoup de conviction le système complètement artificiel utilisé sur place : les plants de tomates poussent sur de la laine de roche neutre et sont alimentés par d’innombrables tuyaux qui les abreuvent en solution nutritive (azote, phosphore, calcium, magnésium…).

C’est tellement mieux que la pleine terre, nous dit en substance Ludovic Guinard, puisqu’on maîtrise totalement le sol et que les pesticides sont de fait, superflus. Des plans de tomates sous perfusion dans une serre-hôpital qui produisent rapidement et presque toute l’année, de fin mars à mi-novembre, qui dit mieux ? « Le standard n’effraie plus les gens, ça rassure les consom-mateurs » assène Ludovic Guinard avec certitude. A l’heure du bio et de la prise de conscience écolo, pas si sûr que les Français soient d’accord pour croquer dans des tomates nourries par intraveineuse. Que reste-t-il du « vivant » dans ce dispositif ?

Les semences paysannes résistent

L’enquête de « Cash Investigation » donne également la parole à ceux qui ne s’inscrivent pas dans ce modèle industriel pour exister. Ceux qui alertent sur la perte de l’agro-biodiversité et sur les conséquences du travail multiple effectué par les semenciers sur le vivant en termes de santé des consommateurs.

Dans le village mondial de la rentabilité et du profit, certains résistent à leur échelle. Comme Jean-Luc Brault, agriculteur « repenti du hors-sol » qui cultive aujourd’hui ses tomates en pleine terre où grouillent vers et micro-organismes qui contribuent à la qualité gustative et nutritive des fruits. Ou Olivier Roellinger, le célèbre chef de Cancale qui n’utilise pour son potager que des semences paysannes, hors catalogue officiel.

Ou encore, Ananda Guillet, directeur de Kokopelli. Créée en 1999, l’association dénonce radicalement les principes du système semencier industriel qu’elle juge mortifère pour l’agriculture et la santé humaine. En commercialisant et distribuant des semences libres de droits en toute illégalité et en clamant le droit de semer librement sans restriction, l’association s’est retrouvée depuis quinze ans sous le feu des procès intentés par les multinationales qui se revendiquent propriétaire d’un bien commun que la nature a donné à tous.

Arrêter d’acheter des tomates en hiver et attendre patiemment la belle saison pour retrouver le goût savoureux du fruit… c’est aussi aux consommateurs de résister. Après le visionnage de ce « Cash Investigation », c’est sûr, personne ne regardera sa salade de tomates du même œil.

 Anne Sogno 18 juin 2019

https://www.nouvelobs.com/

Cash Investigation:

Mardi 18 juin à 21h sur France 2. « Cash Investigation » présenté par Elise Lucet.
« Multinationales : hold-up sur nos fruits et légumes » Enquête réalisée par Linda Bendali. 2h20. (Disponible en replay sur france.tv)

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17 juin 2019 ~ 0 Commentaire

quimper (gilets jeunes)

gilets

« LA SANTE PUBLIQUE EST EN DANGER DE MORT »

Depuis des années les suppressions de lits,les fermetures de maternités,de services d’hôpitaux,la diminution des personnels, mettent à mal l’accueil et le soin des patientEs en milieu hospitalier.

Des déserts sanitaires s’installent !

Depuis des années, les franchises (consultations,médicaments), les dépassements d’hono-raires,la multiplication des frais annexes font que la santé coûte de plus en plus cher pour toutes et tous.

La survie de nos anciens et la qualité des prises en charge sont menacées dans des EHPAD qui manquent cruellement de moyens !

Les services d’urgence dans les hôpitaux sont arrivés à un point de rupture et les professionnels sont en grande souffrance.

En réduisant les recettes de la sécurité sociale par la baisse des cotisations sociales sans contrepartie,le gouvernement Macron poursuit l’étranglement financier de l’hôpital public et dégrade l’accés aux soins pour mieux rentabiliser et privatiser ce secteur essentiel à la vie de toutes et tous.

A ces dégradations, à cette souffrance, à ce chaos qui vient Macron et Agnès Buzin répondent une fois de plus par le mépris,voire des mesures de réquisition !

Aujourd’hui défendre la santé et l’accès à des soins de qualité doit être l’affaire de toutes et tous, personnels, usagers, patients ou futurs patients…

Parce que la SANTE EST UN DROIT, PAS UNE MARCHANDISE,

SOUTIEN AUX PERSONNELS EN LUTTE DE LA SANTE ET DU SOCIAL.

Venez nous rencontrer au rond-point de Troyalac’h

Les mercredis soirs à 20h en A.G à l’ancien tribunal desprud’hommes

87 avenue Léon Blum 29000 Quimper

Les samedis à partir de 14h Place de la Résistance au café des Gilets Jaunes

Communiqué n° 9 de l’assemblée Gilet Jaune de Quimper

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