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14 septembre 2021 ~ 0 Commentaire

climat (démocratie révolutionnaire)

australie

Réchauffement climatique, effondrement de la biodiversité, l’urgence d’en finir avec ce mode de production

Mégafeux en Amérique du Nord, en Sibérie, en Turquie, en Grèce et en Espagne ; pluies diluviennes en Allemagne, en Belgique, en Chine, en Inde et aux Etats-Unis, famine à Madagascar à cause de la sécheresse, la succession, cet été, de catastrophes directement liées au réchauffement climatique n’a fait que confirmer les avertissements de plus en plus alarmistes des scientifiques.

Publié début août, le dernier rapport du GIEC confirme bien, comme l’annonçaient les quelques fuites qui avaient provoqué en juin dernier un scandale hypocrite, que l’ampleur comme la rapidité du changement climatique actuel sont sans précédent.

Rédigée par 234 scientifiques de 66 nationalités, cette synthèse de plusieurs milliers d’articles récents est sans appel : « Chacune des quatre dernières décennies a été successivement plus chaude que toute décennie depuis 1850 », la dernière, 2010-2019 est la plus chaude depuis 2000 ans et le mois de juillet dernier est le plus chaud jamais enregistré par les scientifiques.

La conséquence de cet emballement est l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des événements climatiques extrêmes, vagues de chaleur et sécheresses comme pluies diluviennes et inondations. Comme le résume un de ses rédacteurs, Christophe Cassou, directeur de recherche au CNRS : « Nous sommes entrés dans le dur, et cet été n’est qu’un avant-goût de ce qui nous attend si nous n’agissons pas dès maintenant ».

Pourtant la prochaine COP sur le climat qui doit se tenir à Glasgow en novembre prochain, la 26ème depuis une trentaine d’années, ne sera comme les précédentes qu’un festival de discours lénifiants et moralisateurs, d’étalages de bons sentiments… et de mensonges cyniques.

Pas plus face à la pandémie que face au réchauffement climatique, les États ne sont capables de s’entendre pour prendre des décisions politiques à la hauteur des recommandations des scientifiques, car cela impliquerait de s’en prendre aux intérêts des multinationales qui dominent toute la vie sociale et économique et dont ils servent les intérêts.

Si les conférences internationales sur le climat ont échoué à diminuer les rejets de gaz à effet de serre, aujourd’hui supérieurs de 60 % à leur niveau de 1990, elles ont été la vitrine promotionnelle d’un capitalisme vert, permettant avec le plus parfait cynisme aux multinationales responsables de la situation d’empocher, au nom de la transition énergétique, des fonds publics tout en continuant à exploiter les populations, à piller les richesses naturelles et ravager l’environnement.

Congrès de la biodiversité, au service du greenwashing des multinationales et des États

Inauguré en grande pompe par l’autoproclamé « champion de la Terre » Macron, le Congrès mondial de la nature, organisé la semaine dernière à Marseille par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), est une nouvelle illustration des contradictions de la situation, du décalage insupportable entre les données scientifiques, les avertissements mêmes des organismes les plus officiels et l’incapacité des Etats à faire autre chose que se mettre au service des multinationales en couvrant leurs mensonges.

Plusieurs associations dont Extinction Rébellion ont tenu à dénoncer « l’opération de Greenwashing » de ce Congrès dont les sponsors privés officiels sont Nutella, multinationale de l’agroalimentaire et Véolia, multinationale de la gestion de l’eau, en organisant leur propre « congrès alternatif », les 2 et 3 septembre, intitulé « Notre terre, notre nature ».

En réalité l’UICN est une « ONG environnementale » bien particulière qui regroupe des associations, des réseaux d’experts mais aussi des États voire des multinationales et comme le fait justement remarquer une journaliste de Mediapart, son Congrès de la biodiversité a des allures de forum de Davos car s’y retrouvent des représentants des LVMH, Engie, Veolia, Total, et autres Microsoft, des représentants de la BCE et du Medef et toute une partie du gouvernement français avec son propre pool de « partenaires » économiques : JCDecaux, BNP Paribas, la SNCF, le groupe de transport maritime CMA CGM, le groupe de luxe Kering, etc.

Les associations du Congrès alternatif veulent mettre « en lumière l’opposition mondiale aux tentatives de gouvernements, de l’industrie de la conservation de la nature et de grandes ONG de transformer 30 % de la planète en “aires protégées” [et de donner] une valeur marchande à la nature ».

Car derrière ce qui pourrait apparaître comme un progrès, l’augmentation des « aires protégées », il y a souvent des opérations orchestrées par des multinationales qui cherchent à accaparer de nouvelles terres, de nouvelles ressources, au nom de « leur protection » et le plus souvent au détriment des populations qui y vivent.

Et cela ouvre aussi pour elles, de nouvelles possibilités de spéculation sur les droits de compensation et les droits à polluer, tout en faisant croire que le capitalisme vert, la finance verte, les lois du marché, permettront de sortir de la crise… Mais c’est bien la logique même de ce système et la fuite en avant des classes dominantes pour le prolonger qui ne cessent d’aggraver la crise écologique globale.

Sans surprise rien n’est sorti de ce congrès, à part la confirmation par les experts du caractère catastrophique de l’effondrement de la biodiversité, de belles paroles de politiciens et des promesses de contrats juteux pour les représentants du patronat… Pourtant cet effondrement est une réalité tout aussi inquiétante que le réchauffement climatique.

Les derniers rapports sur la biodiversité de l’IPBES, le réseau de scientifiques de l’ONU, font un constat terrible : 1 million d’espèces vivantes menacées d’extinction, 75 % de la surface des terres, 66% des milieux marins endommagés… et depuis plus d’un an et demi nous vivons une des conséquences annoncées de cet effondrement avec la pandémie du Covid19. Car comme le soulignent les scientifiques de l’IPBES, la déforestation qui s’intensifie, les élevages intensifs industriels, comme la multiplication des échanges internationaux préparent le terrain à de nouvelles zoonoses, à l’apparition de nouvelles maladies à partir de la faune sauvage… La crise écologique, l’effondrement de la biodiversité nous ont fait entrer dans « l’ère des pandémies » selon le titre de leur dernier rapport.

Des discours écologiques de façade… pour masquer les mêmes politiques !

Mais alors que son gouvernement a prolongé l’utilisation du glyphosate et réintroduit les néonicotinoïdes tueurs d’abeilles, Macron a eu le culot lors de l’inauguration de ce Congrès de prétendre vouloir « inscrire la nature au sommet des priorités internationales ». A neuf mois de l’élection présidentielle, il aimerait se donner une posture écologique, pourtant les faits sont têtus… toutes ses tentatives pour apparaître « écolo » se sont retournées contre lui.

Son « Haut Conseil pour le climat » ne peut que constater le retard de la France, la Convention citoyenne pour le climat qu’il espérait docile, lui a fait des propositions trop « radicales » qu’il n’a pu qu’écarter de sa loi climat, totalement insuffisante, et verdict final, le Tribunal administratif a confirmé la condamnation de l’État pour inaction climatique… Les grands discours sur le climat comme sur la biodiversité n’y changent rien, plus Macron prend la pose écologiste, plus se révèle sa soumission aux intérêts des multinationales et de la machine à profits.

Des associations ont d’ailleurs annoncé vouloir déposer une nouvelle plainte au Tribunal administratif contre le gouvernement pour dénoncer son inaction dans la protection de la biodiversité. D’autant que l’écart est béant entre les déclarations de Macron et la réalité des moyens mis en œuvre. Depuis 2011, selon la FSU, les effectifs des différents services publics concernés par la protection de la biodiversité sont en baisse, de 20 % pour les agences de l’eau, 3 % pour l’Office de la biodiversité, 18 % pour plusieurs parc nationaux…

Mais, il n’y a pas que Macron qui essaie d’utiliser l’écologie, comme un thème rassembleur et consensuel pour faire oublier son bilan et sa soumission aux intérêts privés… Dans la course qui s’engage pour la présidentielle, tous les partis veulent faire de l’écologie un thème central, en espérant profiter de la réelle inquiétude que la crise écologique entraîne mais en se gardant bien d’aller à la racine des choses et de relier les enjeux du changement climatique, de l’effondrement de la biodiversité à l’impasse dans laquelle la crise globale du capitalisme nous conduit.

Ainsi Yannick Jadot, dans le cadre de la primaire pour les écologistes, a annoncé la couleur : « Il n’y aura pas de transition écologique sans les entreprises. Beaucoup d’entre elles ont investi dans la sobriété et s’engagent dans des secteurs puissants comme les énergies renouvelables, la rénovation des bâtiments… » pour conclure face à ceux qui lui reprochent son manque de radicalité… « La radicalité de l’écologie, c’est de gagner la présidentielle. ». Au moins c’est clair !

Prendre le contrôle de la marche de la société pour planifier la production des biens utiles

Le changement climatique comme l’effondrement de la biodiversité sont une menace pour l’ensemble de l’humanité avec déjà des retombées cataclysmiques pour des centaines de millions d’humains. Mais cette crise écologique n’est pas un problème à part, déconnecté de l’évolution du capitalisme mondialisé. La crise écologique globale est avant tout la conséquence de l’aberration du système capitaliste, de ce mode de production qui ne repose que sur l’exploitation du travail humain et le pillage des ressources naturelles, et ne connaît d’autres limites que l’accumulation sans fin du Capital.

Cette irrationalité du capitalisme ne peut qu’entraîner des déséquilibres écologiques totalement incontrôlables dans le cadre d’un système où la course aux profits prend le pas sur tout tentative d’organiser rationnellement la production de biens utiles.

Comprendre les causes profondes de la crise écologique, c’est aussi prendre conscience que face aux catastrophes annoncées, mobiliser tous les moyens humains, scientifiques, techniques pour mettre en œuvre les solutions à la hauteur des enjeux implique d’affronter les intérêts sociaux et politiques des classes dominantes, d’une poignée de multinationales et de leurs actionnaires, de remettre en cause la propriété capitaliste.

Ce n’est qu’en rupture avec l’ordre social actuel, en prenant directement, collectivement le contrôle de la marche de la société pour imposer d’autres choix sociaux qui fassent passer la défense des intérêts du plus grand nombre et la préservation de l’environnement avant ceux d’une minorité, que l’ensemble de la production et des échanges pourra être réorganisé dans le cadre d’une planification démocratique au service de la satisfaction des besoins de tous.

Bruno Bajou 12 septembre 2021

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14 septembre 2021 ~ 0 Commentaire

jet skis (swp)

swp

Des « jet-skis » pour lutter contre les réfugiés dans la Manche

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13 septembre 2021 ~ 0 Commentaire

brezhoneg

komzit

Travailleurs et Travailleuses de la langue bretonne !

Prenez part aux journées d’action les 21 et 22 septembre !
La langue bretonne crée des emplois !

Brezhoneg = postoù-labour

En juin dernier à l’occasion de l’arrivée de la Redadeg, près de 15 000 bretons défilaient dans les rue de Guingamp pour s’opposer à la décision du Conseil Constitutionnel annulant en partie la loi Molac sur les langues dites régionales, et déclarant l’enseignement immersif anticonstitutionnel.

C’était le point culminant d’une série de mobilisations en faveur de l’enseignement en langue bretonne dans toutes les filières et pour une Convention Etat Région pour la transmission et l’usage des langues Bretagne ambitieuse et à la hauteur des attentes des bretons.

Le 10 juin dernier deux députés ( Y. Kerlogot et Ch. Euzet ) de la majorité présidentielle étaient
missionnés pour trouver une solution à cette situation et nous promettaient par voie de presse une rentrée sereine.

La rentrée est tout sauf sereine.

Dans l’enseignement bilingue public on dénombre de multiples difficultés : fermetures, projets
d’ouvertures non aboutis, difficultés de recrutement…

-Dans le secondaire aux lycées de Guingamp, Morlaix et dans les collèges de Callac, Plouha, Lanmeur, Ploemeur, St-Brieuc et dans le primaire à Cléder, Cleden-Poher, Morlaix, Ploezal-Runan, Montfort-Sur – Meu, Languidic

Dans les écoles Diwan les classes des collèges du Releg-Kerhuon et de Plesidy sont surchargées notamment par ce qu’y sont accueillis les élèves à qui l’Etat n’est pas capable d’offrir la continuité pédagogique dans la filière bilingue publique (jusqu’à 40 élèves par classe !!)

Certains aspects de la loi Molac n’ont pas été abrogés, notamment ceux indiquant que l’Education Nationale se devait de respecter la continuité pédagogique dans le secondaire pour le bilingue public.

Ce service public ne respecte donc pas la loi.
Pour Diwan, les mairies concernées doivent verser le forfait scolaire aux établissements Diwan
accueillant des enfants de leurs communes. Beaucoup s’en exonèrent. Le Conseil Régional de Bretagne a été élu en promettant « plus de Bretagne et moins de Paris » comme
l’indiquait sont président Loig Chesnais-Girard.

Tout le personnel politique désormais élu dans les majorités départementales et régionale est venu manifester à Guingamp et s’est engagé pour la langue bretonne. Le rapport de Yannick Kerlogot et Ch. Euzet ne résoud rien et ne nous garantit pas une rentrée sereine.

Pire nous venons d’apprendre l’existence, jusque là cachée d’un rapport rédigé en 2019 par deux inspecteurs généraux de l’éducation nationale ; Yves Bernabé et Sonia Dubourg Labrovv sur l’enseignement immersif en langue bretonne à Diwan.

Les conclusions du même rapport peuvent s’appliquer à l’enseignement immersif pratiqué dans n’importe quelle filière d’enseignement. Ce rapport, tout en reconnaissant la qualité et l’efficacité des écoles Diwan , ainsi que de la pédagogie par immersion, préconise de réduire le nombre d’heures dispensées en breton sur le temps scolaire et passer au crible de la légalité les contrats d’associations liant Diwan et l’Education Nationale.

Sous prétexte que Diwan est devenu un des symboles de la Bretagne ce rapport préconise depuis 2019 de liquider Diwan. Le conseil constitutionnel a déclaré en mai 2021 l’enseignement immersif « anticonstitutionnel ».

Si le rapport est mis en pratique c’est la mort de DIWAN et les pratiques immersives dans l’enseignement bilingue public seront mortes-nées.

Le Conseil Régional de Bretagne n’a pas dit un mot face à cette nouvelle attaque.
Les élus du Conseil Régional comptent-ils discuter avec l’Etat sur la nouvelle convention Etat-Région autour de la transmission des langues de Bretagne sans demander au préalable la mise à la corbeille de ce document ? Nous ne les avons pas entendus. Pas plus, ou trop peu, que sur les difficultés rencontrées à la rentrée.
C’est regrettable.

Travailleurs de langue bretonne , vous faites tournez la baraque avec peu de moyens. Rappelons aux élus leurs promesses.
La langue bretonne vivra, nos filières d’enseignement doivent se développer en toute sérénité et
non vivoter en subissant austérité budgétaire, incompétences et hostilité de l’Etat central.

Dans les écoles, collèges, lycées, avec les parents, élèves et collègues de toutes les filières,
personnels de radios, journalistes TV, salariés de Centres Culturels et ententes de pays, de
l’OPLB, des Centres de Formations Professionnelles, des cours du soirs, stagiaires, titulaires,
ATSEM et non-enseignants, et personnels administratifs, acteurs de la filière audiovisuelle et
cinematographique, compagnies de Théatres ….

Le 21 septembre prochain mobilisez-vous sur votre lieu de travail avec vos collègues en
organisant, un rassemblement, une conférence de presse, une action autour du mot d’ordre «
Brezhoneg = Postoù Labour » et publiez les photos sur les réseaux sociaux.

Le 22 septembre rendez-vous à Karaez à 16h devant château de Kerampuilh pour faire part de
notre colère et de nos revendications , (nous voulons etre reçus par Ch. Troadec Vice Président
en charge des langues de Bretagne ) :

- La continuité pédagogique dans le secondaire dans le public bilingue et la mise à disposition de personnel pour surmonter les difficultés listées dans le primaire.
- L’augmentation de la Dotation Globale Horaire pour les collèges Diwan de Plesidy et du Relecq- Kerhuon qui doivent pouvoir embaucher et dédoubler les classes.

- Le versement effectif du forfait scolaire par toutes les communes à Diwan ce qui permettra
d’améliorer les statuts des personnels non enseignants et les conditions de travail.
- L’augmentation du nombre de postes aux concours d’enseignants bilingues dans le privé, dans
le public et à Diwan. Dans le primaire comme dans le secondaire.
- Une offre accrue de matières enseignées en langue bretonne dans les filières bilingues au
collège comme au lycée.
- Une condamnation claire et sans équivoque par la Région Bretagne des préconisations du
« Rapport Yves Bernabé /Sonia Dubourg Labrovv » qui vise à liquider l’immersion et Diwan.
- Une communication par la Région Bretagne du contenu du projet de convention Etat/Region sur la politique linguistique qui n’a pas avancé depuis…février 2021.
- Une expression du Conseil Régional de Bretagne sur la piètre et décevante contribution de Y.
Kerlogot et Ch. Euzet qui envisagent l’Etat central comme seul organisateur de la compétence
d’enseignement bilingue.
- L’augmentation du nombre de matières pouvant être passer au DNB comme baccalauréat en
langue bretonne comme le réclame en autres les lycéens et les collégiens Diwan.
- Le droit de pouvoir pratiquer l’enseignement immersif en breton dans toutes les filières comme
cela est possible au Pays Basque nord où l’académie de Bordeaux vient de valider l’ouverture de quatre classes bilingues publiques immersives.
- Le retour de l’enseignement du breton à l’université de Nantes et la contractualisation de l’école Diwan de Saint Herblain qui aurait déjà du intervenir.
- L’augmentation significative du budget de la langue bretonne par le Conseil régional de
Bretagne. Cette augmentation est indispensable au développement des activités en breton
notamment par la création de postes.

La présence de la langue sur le terrain et les propositions
d’activités pour tous les publics est indispensable à une politique linguistique cohérente.
- L’engagement d’une communication ambitieuse sur l’image de la langue à l’échelle de la
Bretagne (pays Nantais inclus).

AVEC LE SOUTIEN  de CGT FERC 22, CGT EDUC PRIVE BZH, UL CGT GWENGAMP
SOLIDAIRES EDUC 22 , CFDT EP 29, SNUIPP 44 et 29

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13 septembre 2021 ~ 0 Commentaire

pénuries (le télégramme)

abolish 2

Au Royaume-Uni, les pénuries se voient aussi dans les supermarchés

Outre-Manche, de nombreux supermarchés peinent à garnir leurs rayons. La faute à une économie ralentie par les effets conjugués de la covid-19 et du Brexit. Des rayons clairsemés dans certains commerces, des étagères vides dans d’autres : les pénuries qui touchent les entreprises du Royaume-Uni se voient aussi dans les supermarchés, conséquences de la pandémie et du Brexit.

« Nous avions déjà décidé de réduire notre stock à cause de la covid mais, maintenant, nous avons du mal à nous fournir en certains produits parce qu’ils ne sont tout simplement pas disponibles », déplore Satyan Patel, gérant d’une supérette du centre de Londres. Derrière lui, sa petite échoppe aligne des rayons à moitié vides. « La semaine dernière, je n’avais plus de Coca-Cola. Je n’ai plus de grande bouteille d’Évian depuis trois semaines, énumère-t-il. Sans marchandises, il n’y a pas de commerce. Avec des étagères vides comme celles-ci, personne ne va venir dans le magasin. »

Problèmes d’approvisionnement

Les entreprises britanniques sont plombées, depuis plusieurs mois, par des problèmes d’approvisionnement qui pourraient peser sur la reprise. S’ils ne sont pas spécifiques au Royaume-Uni, alors que la pandémie a perturbé toutes les chaînes logistiques du monde, ils y sont exacerbés par le Brexit, qui complique l’entrée de travailleurs européens.

Nombre d’entre eux sont ainsi retournés dans leur pays d’origine lors de la pandémie, et certains ne sont pas revenus. Il manquerait, par exemple, 100 000 chauffeurs routiers, qui font cruellement défaut pour acheminer les marchandises.

« Comme de nombreux commerces de détail, nous sommes touchés par certaines perturbations, inégales, de nos livraisons (…) mais nous travaillons en étroite collaboration avec nos fournisseurs pour nous réapprovisionner rapidement », confirme la chaîne coopérative britannique de supermarchés Co-op, qui dit aussi recruter 3 000 collaborateurs temporaires pour faire fonctionner ses dépôts et livrer ses magasins.

Inquiétudes des clients

Non loin de la supérette de Satyan Patel, un supermarché semble mieux approvisionné. Mais les apparences sont trompeuses, car tout le stock est en rayon, selon Toma, une vendeuse de 22 ans. « Nous n’avons rien dans nos réserves, décrit-elle. Nous avons des manques ; parfois, nous ne recevons que des quantités limitées. Nous n’avons même plus d’eau ! »

Si ces pénuries ont commencé avec la pandémie, elles se sont aggravées depuis l’entrée en vigueur du Brexit, le 1er janvier dernier, selon elle. Et elle note une certaine inquiétude des clients qui commencent à interroger les vendeurs, « et nous reprochent » parfois les manques.

À quelques kilomètres de là, dans un hypermarché du sud-est de Londres, il n’y a presque plus d’eau minérale et les bouteilles de lait semblent avoir été dévalisées.

Selon la principale organisation patronale britannique, la Confederation of British industry (CBI), les niveaux de stock dans la vente de détail et la distribution ont chuté de plus de 20 % en août et atteint un niveau exceptionnellement bas. « Il faudrait au moins 18 mois pour former suffisamment de chauffeurs de poids lourds » pour mettre fin aux problèmes d’approvisionnement, selon l’organisation, qui appelle le gouvernement, dans l’intervalle, à plus de souplesse dans sa politique migratoire.

Le gouvernement sous pression

En attendant, les entreprises de transport routier rivalisent de primes ou de hausses de salaires pour attirer ou retenir les chauffeurs. « On en parle au bureau et on se dit que ces primes pour les chauffeurs routiers vont faire monter les prix », plaisante à moitié Ryan Koningen, chef de projet de 49 ans dans la City de Londres, qui dit avoir constaté, lui aussi, des manques dans les rayons, surtout « sur les produits du quotidien ».

Les problèmes d’approvisionnement ont aussi conduit, cet été, les usines automobiles à faire une pause dans leur production, faute de composants électroniques, et certaines entreprises de construction se sont retrouvées à court de matériaux. Des difficultés qui « vont probablement durer un certain temps et pourraient même s’intensifier davantage », estiment les analystes de Capital Economics.

Ces dernières semaines, les pénuries ont touché des entreprises emblématiques : McDonalds, les pubs Wetherspoon ou, très récemment, Coca-Cola et Ikea. Autant d’exemples qui mettent le gouvernement sous pression pour éviter de se retrouver avec des rayons vides, au moment des fêtes de fin d’année.

 08 septembre 2021

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13 septembre 2021 ~ 0 Commentaire

fermons les industries fossiles!

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13 septembre 2021 ~ 0 Commentaire

urgent (courrier inter)

climat

Climat : il est urgent de “laisser le pétrole, le gaz et le charbon dans le sol”

Une étude affirme que de vastes quantités de pétrole, de gaz naturel et de charbon devront demeurer inexploitées pour que le monde puisse avoir 50 % de chances de respecter l’accord de Paris sur le climat. Pour le Canada, quatrième producteur mondial d’or noir, la prescription est sévère.

“Pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris, le pic mondial de production de pétrole et de gaz naturel aurait dû se produire l’année dernière”, lance Axios. Le site américain fait référence à une étude réalisée par des scientifiques de l’University College de Londres, dont les conclusions frappantes ont été publiées dans la revue Nature.

Selon les chercheurs, pour que l’humanité se donne 50 % de chances de limiter le réchauffe-ment planétaire à 1,5 °C, il faudra que 58 % du pétrole de la planète, 59 % de son gaz et 89 % de son charbon, sur la base des réserves de 2018, [demeurent] non exploités en 2050”, rapporte The Hill.

Pour y parvenir, toutes les ressources pétrolières et gazières non exploitées de l’Arctique devraient être laissées intactes”, ajoute Axios. Cela implique, par exemple, que la production de pétrole aux États-Unis chute de façon constante jusqu’en 2050. L’étude met également en garde contre d’‘énormes risques de transition’ pour les pays dont les économies dépendent fortement de la production de pétrole et de gaz, comme Bahreïn, l’Arabie Saoudite et le Koweït.

Le Canada est invité à faire sa part, et elle est importante, signale le site : Au Canada, 83 % des réserves de pétrole ne seraient pas exploitables dans un scénario de 1,5 °C, incluant 84 % des 49 milliards de barils de réserves estimées dans la région des sables bitumineux”,

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Martin Gauthier  10/09/2021

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11 septembre 2021 ~ 0 Commentaire

11 septembre (à l’encontre)

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11 septembre: comment les Etats-Unis – et le Royaume-Uni – ont récolté ce qu’ils ont semé

Il y a vingt ans, dix-neuf hommes, remplis de haine envers les Etats-Unis et de foi dans la promesse du paradis, se faisaient exploser, tuant des milliers de personnes et provoquant l’un des plus grands chocs politiques de l’histoire mondiale. Ils étaient tous originaires du Moyen-Orient; quinze d’entre eux étaient des citoyens du plus ancien et plus proche allié de Washington dans cette région: le royaume saoudien. Les Etats-Unis récoltaient ainsi ce qu’ils avaient semé.

Pendant des décennies, le gouvernement américain a manigancé au Moyen-Orient, soutenant des régimes despotiques et encourageant l’intégrisme islamique comme antidote à tout ce qu’il pouvait considérer comme étant de gauche. En 1990, l’agonie de l’URSS sembla ouvrir la voie à un «nouvel ordre mondial» dominé par Washington–- ce qu’un chroniqueur américain appela judicieusement le «moment unipolaire».

L’empire étatsunien, qui était jusqu’alors encore sous le coup du «syndrome vietnamien», parvint à le surmonter – du moins c’est ce que crut Bush père – en lançant une attaque dévastatrice contre l’Irak en 1991. Bush père avait été incité par Margaret Thatcher à refouler les troupes irakiennes hors du Koweït voisin, qu’elles avaient envahi en août 1990. L’Irak fut ensuite étranglé par un embargo cruel qui a causé un excès de mortalité estimé à 90 000 par an par les Nations unies.

C’est la première fois que les Etats-Unis menaient une guerre de grande envergure au Moyen-Orient. Jusqu’alors, ils avaient mené des guerres par procuration, notamment par le biais de leur allié israélien. Les attentats du 11 septembre ont été le résultat direct de ce changement: une réponse «asymétrique» spectaculaire, sur le sol même des Etats-Unis, au déploiement massif de ces derniers au Moyen-Orient.

Et pourtant, plutôt que de prendre du recul et de reconsidérer une ingérence qui s’était retournée contre eux de façon si spectaculaire, George W. Bush et la horde sauvage de néoconservateurs qui peuplaient son administration virent dans le 11  septembre leur Pearl Harbor [7 décembre 1941, l’attaque japonaise qui entraîna la participation des Etats-Unis à la Deuxième Guerre mondiale]. C’était une nouvelle occasion de pousser plus loin l’expansionnisme des Etats-Unis dans ce qu’ils appelaient le Grand Moyen-Orient, une vaste zone s’étendant de l’Asie occidentale à l’Asie centrale et à l’«AfPak» (Afghanistan et Pakistan), sans autre caractéristique commune que l’Islam.

Bush fils et son équipe ont porté l’arrogance (hubris) des Etats-Unis de l’après-guerre froide à son paroxysme. Ils sont entrés en Afghanistan, avec l’OTAN et d’autres alliés, dans le but de transformer le pays en une plate-forme pour la pénétration étatsunienne dans une région stratégiquement située entre le cœur de la Russie et la Chine, les deux rivaux potentiels de l’hégémonie unipolaire de Washington.

Dix-huit mois plus tard, ils envahissaient l’Irak, leur prise la plus convoitée en raison de ses propres réserves de pétrole et de sa situation dans le Golfe, une région vitale pour des raisons stratégiques et économiques liées au pétrole. Cette expédition néocoloniale fut beaucoup plus contestée dans le monde que celle d’Afghanistan, malgré le soutien enthousiaste de Tony Blair et la participation peu glorieuse du Royaume-Uni.

L’invasion de l’Irak avait été le leitmotiv du Projet pour le Nouveau siècle américain (Project for the New American Century), le think tank dont le nom même incarnait l’arrogance des Etats-Unis. Les principaux personnages de l’administration de George W. Bush en avaient été membres. Ils avaient la conviction illusoire que les Etats-Unis pouvaient refaire l’Irak à leur image et que les Irakiens adhéreraient massivement à cette perspective.

Ils se faisaient beaucoup moins d’illusions sur l’Afghanistan, à en juger par les effectifs américains qui y furent déployées – bien moindres qu’en Irak. Mais là-bas aussi, ils s’engagèrent dans un projet irréfléchi d’édification d’Etat, après avoir réalisé qu’il y avait, en fait, plus de collaborateurs volontaires de l’occupation menée par les Etats-Unis en Afghanistan qu’en Irak même.

Ils dédaignèrent ainsi la leçon principale du Vietnam, à savoir qu’il ne faut jamais s’enliser dans une aventure militaire prolongée dont le succès est incertain. L’Irak se transforma rapidement en bourbier. En 2006, l’occupation avait clairement tourné au désastre. Alors que les troupes étatsuniennes étaient occupées à combattre une insurrection arabe sunnite dirigée par la même Al-Qaida que Washington avait extirpé d’Afghanistan, l’Iran s’assurait le contrôle de l’Irak par le biais de forces arabes chiites alliées, parvenues en position de force grâce à l’occupation américano-britannique elle-même.

La classe dirigeante des Etats-Unis tira la sonnette d’alarme et contraignit le principal architecte de l’occupation, le secrétaire à la défense Donald Rumsfeld, à démissionner. Une commission bipartisane du Congrès élabora une stratégie de sortie, impliquant une «montée en force» (surge) temporaire des troupes étatsuniennes et l’achat de l’allégeance de tribus arabes sunnites afin de vaincre l’insurrection. Bush conclut ensuite un accord avec le gouvernement de Bagdad, soutenu par l’Iran, pour le retrait des troupes avant la fin de 2011. Son successeur, Barack Obama, supervisa l’achèvement du retrait.

Obama essaya de répéter le «surge» en Afghanistan. Il échoua lamentablement, car les chefs de guerre corrompus alliés des Etats-Unis n’ont jamais été très crédibles (les Talibans avaient pris le pouvoir en 1996 après les avoir vaincus). Obama enclencha alors un programme de sortie, que son successeur Donald Trump suspendit pendant un temps pour tenter un nouveau «surge» – non plus contre les seuls Talibans, mais aussi contre le nouvel avatar d’Al-Qaida, l’Etat islamique (EI).

Ce dernier était passé d’Irak en Syrie en 2012. Il y avait reconstruit ses forces en profitant de la guerre civile, puis était repassé en Irak en envahissant les zones arabes sunnites à l’été 2014. Cela provoqua une débâcle infamante des forces gouvernementales irakiennes, mises en place, entraînées et armées par Washington.

Les Etats-Unis combattirent l’EI au moyen de bombardements massifs en soutien à des combattants locaux, agissant sur le terrain. Paradoxalement, ces derniers ont inclus des forces kurdes de gauche en Syrie et des milices pro-Iran en Irak. L’EI fut réduit derechef à l’état de guérilla clandestine, mais il avait déjà commencé à se propager dans le monde entier, notamment en Afrique et en Asie. Des dissidents extrémistes des Talibans ont même créé une branche locale de l’EI en Afghanistan. En se débarrassant d’Oussama ben Laden en 2011, Obama n’avait achevé de défaire Al-Qaida que pour assister peu après à l’émergence de son avatar, plus violent encore.

Trump finit par jeter l’éponge. Il réduisit le nombre de troupes étatsuniennes au strict minimum et conclut un accord avec les Talibans pour le retrait des troupes étrangères restantes en 2021. Joe Biden présida à la fin de ce retrait de la manière tragiquement bâclée dont le monde entier a été témoin au mois d’août. L’armée du gouvernement de Kaboul s’est effondrée dans une débâcle identique à celle des troupes du gouvernement de Bagdad. Comme dans la mythologie grecque, l’hubris (arrogance) des Etats-Unis (et du Royaume-Uni) a une fois de plus déclenché l’ire de la déesse Némésis et a été puni en conséquence.

Les défaites en Irak et en Afghanistan ont provoqué une rechute des Etats-Unis dans le «syndrome vietnamien». Cela ne signifie pas pour autant que Washington va dorénavant s’abstenir de toute agression impériale: cela signifie seulement qu’il ne s’engagera pas de sitôt dans des déploiements à long terme et à grande échelle dans d’autres pays en vue de reconstruire leur Etat.

Washington utilisera plutôt plus intensivement ses «capacités de frappe à distance», comme l’a promis Joe Biden dans son allocution du 31 août. Obama, qui s’était opposé au Sénat à l’invasion de l’Irak en 2003, a eu recours aux drones de manière beaucoup plus intensive que son prédécesseur. Cette pratique a été poursuivie par Trump, avec frappes de missiles en sus, et de même par Biden.

Elle va sans doute s’intensifier encore. Ces frappes sont de la guerre à petites doses, non moins mortelles à la longue que des injections massives occasionnelles, et plus pernicieuses en ce qu’elles échappent à l’examen public. Elles doivent être stoppées.

(Article publié sur le site Labour Hub le 10 septembre 2021; traduction rédaction A l’Encontre)

Gilbert Achcar est professeur d’études du développement et de relations internationales à la SOAS, Université de Londres.

11 septembre 2021 Gilbert Achcar

https://alencontre.org/

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11 septembre 2021 ~ 0 Commentaire

brésil (à l’encontre)

bres

Brésil. Apothéose fasciste

«La bourgeoisie décadente n’est pas capable de se maintenir au pouvoir par les méthodes et les moyens de l’Etat parlementaire qu’elle a construit… Mais la bourgeoisie bien établie n’aime pas la manière fasciste de résoudre ses problèmes, car les secousses, même dans les intérêts de la société bourgeoise, ne sont pas sans risques pour elle. D’où l’antagonisme entre le fascisme et les partis traditionnels de la bourgeoisie.» (Léon Trotsky, Œuvres, octobre 1932, «La seule voie»)

1 – Le cri de la Paulista [ce 7 septembre, sur la principale avenue de São Paulo], le jour du «cri de l’Ipiranga» [référence à la petite rivière de la ville de São Paulo sur les rives de laquelle a été prononcée l’indépendance du Brésil le 7 septembre 1822] était la victoire ou la mort [1]. En annonçant sa stratégie, Bolsonaro [qui a organisé lors de la fête nationale le rassemblement massif de ses partisans, ce 7 septembre] a clairement indiqué qu’il ne renoncera pas à la lutte acharnée pour le pouvoir, quel qu’en soit le prix. Il a opéré un moment d’accumulation de forces. Les deux objectifs tactiques immédiats de la mobilisation contre-révolutionnaire étaient un avertissement à l’opposition libérale qu’il mettra le pays à feu et à sang en cas de danger de destitution, et la polarisation contre les ministres du STF (Tribunal suprême fédérale) Alexandre de Moraes et Luis Roberto Barroso qui encerclent son réseau et sa famille par des enquêtes et des arrestations.

Mais c’est beaucoup plus grave. Il laisse planer dans l’air – à l’intention de la fraction de la classe dirigeante qui s’est déplacée vers l’opposition au cours des quarante derniers jours – la menace qu’il n’acceptera pas le résultat des élections [en octobre 2022] s’il perd. Il ne respectera pas les règles du régime libéral-démocratique. Il n’y aura pas de transmission pacifique de la bannière à Brasilia en janvier 2023 [début du mandat présidentiel]. Le chef des néo-fascistes cherche à se repositionner pour les élections de 2022. Mais il promet qu’il est prêt à tout, et mobilise donc sa base sociale, elle aussi, dans la perspective d’une possible rupture institutionnelle, intervenant à un moment donné. En d’autres termes, tout ou rien, ou une menace de guerre civile.

2 – La contre-offensive de Bolsonaro s’est déroulée dans le cadre d’un affaiblissement ininterrompu, depuis le mois de mai, avec le pic de la deuxième vague de la pandémie. Mais Bolsonaro a démontré qu’il n’est pas battu. La plus grande erreur de la gauche au cours des trois dernières années a été de sous-estimer le bolsonarisme. La position de Lula dans les sondages, à l’heure actuelle, n’est une garantie de rien du tout. Considérer uniquement les degrés d’approbation et de rejet révélés par les sondages est insuffisant pour évaluer le rapport des forces sociales et politiques. Devant des centaines de milliers de personnes très motivées, Bolsonaro s’est renforcé. C’était tout sauf un fiasco. Bolsonaro n’a toujours pas de liste électorale, mais il a prouvé qu’il contrôle un «parti de combat», c’est-à-dire l’organisation d’un mouvement contre-révolutionnaire qui possède une idéologie néo-fasciste, une stratégie politique, un pouvoir social, une capacité financière autosuffisante, une capacité d’initiative dans les rues et dans les réseaux sociaux, des relations internationales, une forte influence au sein des militaires et des policiers et un leadership avec un profil d’autorité messianique.

3 – La tactique de Bolsonaro pour l’instant est de gagner du temps. Il mord et souffle. Il occupe les centres-villes, mais n’autorise pas les blocages. Il encourage les barrages routiers des chauffeurs de camions, mais leur demande ensuite de se retirer. Il fait des menaces de coup d’Etat, mais publie une lettre d’apaisement. Ni la pression pour un contrôle militaire, ni Sergio Moro [ex-ministre de la Justice qui a démissionné en avril 2020, mais qui avait mené la campagne d’incrimination de Lula] ou Paulo Guedes [ministre de l’Economie et artisan des privatisations, lié au grand capital], ni l’accord avec le Centrão [coalition de partis qui vivent de leurs relations avec les institutions étatiques], et encore moins Michel Temer [ex-président qui a remplacé Dilma Rousseff en août 2016], un cadavre politique sans vie, ne pourront arrêter Bolsonaro.

Mais quelle est sa stratégie? Est-ce pour garantir un meilleur repositionnement en vue de l’échéance électorale, et assurer sa réélection? Oui, mais ce n’est pas tout. Le gouvernement d’extrême-droite dirigé par un néo-fasciste n’est pas un gouvernement «normal» avec un programme de contre-réformes néolibérales. La stratégie de Bolsonaro est une nouvelle réinsertion du capitalisme brésilien dans le monde, dans le contexte d’une alliance stratégique avec une fraction de l’impérialisme des Etats-Unis contre la Chine. Le plan qui a des traits de recolonisation repose sur l’espoir que les investissements impérialistes sont la clé de la reprise de la croissance économique. Mais pour cela, il est nécessaire d’imposer une défaite historique à la classe ouvrière, aux pauvres et aux opprimés. Un tel changement qualitatif dans les rapports des forces sociaux n’est possible qu’avec la subversion du régime afin qu’il puisse garantir la concentration maximale du pouvoir. Le projet est un coup d’Etat, bonapartiste, contre-révolutionnaire. Les formes, les moments, les conceptions des initiatives insurrectionnelles sont tactiques. Mais ils sont incontournables.

4 – La politique de l’opposition libérale a changé avec le virage, pour l’instant individuel, de João Doria [gouverneur de l’Etat de São Paulo depuis janvier 2019] et Gilberto Kassab [ancien ministre de Temer et ancien maire de São Paulo] pour la destitution de Bolsonaro. La classe dirigeante est divisée. Bolsonaro est, de plus en plus, dysfonctionnel et perturbateur. La fraction bourgeoise qu’il a poussée dans l’opposition est très puissante. Elle a tenté d’exercer une pression institutionnelle. Mais elle hésite à s’engager dans la voie de la destitution (impeachment). La droite libérale est beaucoup plus préoccupée par la position des Forces armées que par le Centrão. Et il y a une immense incertitude quant au rôle d’ex-général Hamilton Mourão, le vice-président.

En tout cas, face à ce nouveau moment dans la conjoncture, un changement de tactique s’impose à gauche. La tactique de l’unité d’action est devenue plus importante parce qu’un secteur de l’opposition libérale s’est finalement déclaré favorable à l’impeachment. Il est incertain et délicat, mais nécessaire de lutter, sérieusement, pour des mobilisations unitaires dans la perspective de «Fora Bolsonaro». Mais nous devons préparer ce type d’initiative en respectant les espaces construits du Front unique de gauche, et l’indépendance politique dans la défense des revendications des travailleurs.

5 – La décision du Frente Brasil Popular et de Povo sem Medo [Peuple sans peur], de la Coalizão Negra por direitos de maintenir l’objectif la Journée nationale de lutte du 7 septembre s’est avérée correcte. Les rassemblements n’étaient pas grands, mais ils étaient dignes. Et ils ont reçu les éloges, le même soir du 7 septembre, de regroupements à l’échelle nationale. Leur décision était correcte parce que le danger de division et par conséquent de démoralisation d’une partie de l’énergie militante de tous les mouvements et partis était réel. Il est nécessaire de préserver la fermeté, la capacité de calcul tactique et la lucidité stratégique. Cinq années de défaites accumulées ont laissé des blessures. Il y a de l’instabilité dans nos rangs. Les oscillations «bipolaires» dans l’évaluation de la situation, passant en quelques jours du découragement à l’euphorie, même dans les milieux sérieux de gauche, nous laissent perplexes. Il est absurde que pendant une semaine ait prévalu une vision apocalyptique du «danger réel et immédiat» d’un auto-golpe immédiat et, par la suite, d’émettre la conclusion que le bolsonarisme aurait «fait un flop» [le 7 septembre].

Nous sommes sous pression, dès lors nous devons nous mouvoir politiquement de manière responsable. Nous retournerons dans les rues et nous serons majoritaires, mais il est nécessaire de construire des mobilisations à un niveau plus solide et ample qu’en mai, juin et juillet. Ce ne sera pas facile, mais il est possible d’aller plus loin. L’impact des manifestations bolsonaristes ne doit pas diviser la gauche. Nous avons déjà vu que la fragmentation des positions lors de la journée du 7 septembre a été un désastre, et que les prises de position intempestives se sont désintégrées. Un changement de tactique ne doit pas diviser la gauche. La fragmentation est un réel danger. Le Front unique a été le plus grand pas en avant en 2021. La question centrale est que la capacité de la gauche à mettre en mouvement la base sociale où elle est implantée s’est révélée pour l’instant insuffisante pour ouvrir la voie à l’impeachment.

La tragédie sanitaire [en relation avec la pandémie], économique, sociale et politique n’a pas réussi à imposer l’amertume. Six cent mille morts, un chômage supérieur à 14 millions de personnes sans ressources, 20 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire, une inflation de 10%, le risque d’un black-out électrique, des incendies dans le Pantanal et en Amazonie, l’invasion des terres indigènes, la réduction de 30% des inscriptions à l’Enem, n’ont pas encore suffi. Le dilemme central de la stratégie de la gauche est que la tactique attentiste consistant à simplement accepter l’échéance des élections de 2022 est moralement, politiquement et stratégiquement mauvaise. Bolsonaro n’est pas l’ennemi idéal en 2022 [au sens où pourrait être «facilement battu»]. Il est temps de se battre actuellement pour l’impeachment et d’aller de l’avant. Le défi est de transformer la majorité sociale qui est dans l’opposition en une force sociale de choc pour renverser Bolsonaro.

(Article publié sur le site Esquerda Online, le 9 septembre 2021; traduction rédaction A l’Encontre)

11 septembre 2021  Valerio Arcary

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[1] Selon Le Monde du 8 septembre, «des dizaines de milliers de manifestants ont envahi les rues de Brasilia, Sao Paulo ou Rio, mardi 7 septembre, à l’appel de Jair Bolsonaro». La presse brésilienne, avec certaines nuances, souligne l’ampleur des manifestations. (Réd.)

Lire aussi:

Le Brésil après le 7 septembre et les défis de la gauche

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10 septembre 2021 ~ 0 Commentaire

c’est la fin (odn)

 sem11mie-Z3-tepco-nucleaire-japon
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Démantèlement : n’être ni pressé… ni  pauvre !
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Arrêter définitivement un réacteur nucléaire est une (bonne) chose, le démanteler en est une autre. On rira donc bien en lisant le titre de la dépêche AFP, qui semble s’essayer à l’humour : « le démantèlement de la centrale de Fessenheim est en bonne voie ». Pour un peu, on croirait que l’opération touche à sa fin alors que,  officiellement, selon EDF, l’arrivée est prévue pour 2040 ! Mais 2040 est déjà la date prévue pour la fin du démantèlement du réacteur de Brennilis, arrêté depuis… 1985 ! Si le timing est respecté, ce qui n’est jamais le cas dans le nucléaire, il aura donc fallu 55 ans pour démanteler ce tout petit réacteur (70MW de puissance).

A titre de comparaison, la centrale de Fessenheim, arrêtéee seulement depuis un an, comprend deux réacteurs de 900 MW chacun, c’est à dire des mastodontes par rapport à Brennilis : il ne serait pas étonnant qu’il faille à nouveau 50 ans ou plus à EDF pour arriver au bout de ce chantier. Alors quand on lit que l’opération est « en bonne voie »… Et encore, il faut faut aussi évoquer la question financière : dans un rapport paru en 2005, la Cour des comptes faisait état d’un coût de 482 millions d’euros pour le démantèlement de Brennilis, c’est à dire 20 fois plus qu’estimé en 1985. Ce coût serait maintenant estimé à 850 millions d’euros, soit 35 fois ce qu’annonçait EDF au départ !

Alors il y a de quoi être terrifié par le coût à venir du démantèlement des deux réacteurs de Fessenheim… et des 56 autres réacteurs encore en service ! Et ceci sans oublier la dizaine de réacteurs de première génération arrêtés de longue date (à Chinon, Saint-Laurent, Bugey, etc) et qui attendent leur tour. Le nucléaire est une énergie de lâches qui se gavent de leur vivant en léguant leurs excréments radioactifs (et les factures associées) aux générations suivantes…

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Un an après l’arrêt, le démantèlement de Fessenheim en bonne voie
AFP, 25 juin 2021 : https://cutt.ly/MQZHiZV
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Le démantèlement de la centrale de Brennilis sera achevé en 2040
France bleu, 15 juillet 2021 : https://cutt.ly/nQZEosI
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Brennilis. Le coût du démantèlement de la centrale revu à la hausse
France3, 16 juillet 2021 : https://cutt.ly/gQZEvoC

nuk
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Nucléaire : le début de la fin…
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Si nous affirmons depuis des années que l’industrie nucléaire est en déclin rapide et irréversible, ce n’est pas par engagement antinucléaire mais juste parce que… c’est la stricte vérité. En 2001, l’atome permettait de produire 17 % de l’électricité mondiale, aujourd’hui c’est tout juste 10 % : ce n’est pas une baisse mais un véritable effondrement. Cette part s’est stabilisée depuis environ 5 ans mais la chute va désormais reprendre avec les fermetures de plus en plus nombreuses de centrales : en grande majorité, les réacteurs en service sur Terre ont plus de 30 ans, voire 40, et ils vont fermer en masse dans les années à venir. Tant et si bien que même l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) est amenée à réviser ses prévisions à la baisse. Elle envisage ainsi deux scénarios : un premier qui verrait la consommation mondiale d’énergie baisser et, dans le même temps, de nombreux réacteurs nucléaires être construits : même dans ce cas totalement improbable, la part du nucléaire stagnerait aux alentours de 10 à 11 %.

L’AIEA, dans un moment de lucidité, a aussi publié un scenario bien plus réaliste, avec peu de réacteurs mis en services, qui verrait la part de l’atome tomber à 8,2 % en 2030, à 6,4 % en 2040, et à 5,7 % en 2050. Nous estimons d’ailleurs que c’est bien avant 2050 que l’atome descendra à 5 %, et même en dessous. Avant de se diriger enfin vers le zéro absolu.

Quoi que l’on pense de ces énergies, l’éolien et le solaire (cumulés) ont pour la première fois produit plus que le nucléaire pendant un semestre (début 2021) dans le monde entier : 10,53 % contre 10,05 %. Avec l’hydroélectricité et les autres sources, les renouvelables produisent déjà près de 30 % de l’électricité mondiale (part en augmentation continue) contre 10 % de l’atome (part en déclin irréversible). Les jeux sont faits…

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L’AIEA abaisse son estimation de la part du nucléaire dans la production électrique mondiale
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Publication chiffres AIEA, 23 juillet 2021 : https://cutt.ly/2QZRqNG

Production électrique mondiale : pour la première fois, l’éolien et le solaire dépassent le nucléaire
La Tribune, 26 août 2021 : https://cutt.ly/9Wpy7C4

nukleyaire
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C’est le changement climatique qui s’attaque au nucléaire, non l’inverse 

Cela fait plus de 20 ans que les nucléocrates tentent d’instrumentaliser la crise climatique pour essayer de sauver leur sale industrie et certainement pas le climat dont ils n’ont en réalité que faire. En son temps, c’est à dire avant de s’échapper en nous laissent des milliards d’euros de dettes, Mme Lauvergeon (Areva) inondait déjà les médias de publicités mensongères sur les prétendues vertus climatiques de l’atome.

Aujourd’hui, les atomistes (comme le saltimbanque Janvovici) tentent encore de tromper l’opinion sur le même thème, mais en réalité, il apparaît désormais clairement que c’est le changement climatique qui s’attaque au nucléaire et non l’inverse ! Même l’AFP, habituel relais discipliné des positions gouvernementales (et donc pronucléaires) , ne peut éviter de traiter le sujet : « Sécheresse, canicules, raz-de-marée… : les centrales nucléaires sont sur la ligne de front du changement climatique ». Mais elle se rattrape aussitôt en assurant que les centrales « doivent s’adapter pour continuer à fonctionner en toute sûreté dans des conditions extrêmes. » Bla bla bla…On sera bien mieux informé sur cette question brûlante en lisant les dossiers publiés par The Ecologist (en anglais) et par le toujours excellent Reporterre.

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Les centrales nucléaires face aux risques liés au changement climatique
AFP, 5 juillet 2021 : https://cutt.ly/ZQGSz5u
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Quand le changement climatique s’attaque au nucléaire
TheEcologist, 14 juillet 2021 : https://cutt.ly/uQGA1Hx
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L’accès à l’eau, un enjeu crucial pour le nucléaire
Reporterre, 6 août 2021 : https://cutt.ly/LQZNRRE


Observatoire du nucléaire

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10 septembre 2021 ~ 0 Commentaire

iter (odn)

iter-robot
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Les projets nucléaires stupides (pléonasme)
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Engagée dans un déclin irréversible (voir plus bas), l’industrie nucléaire n’en perd pas pour autant ses bons vieux réflexes, à savoir faire des effets d’annonce tonitruants. Ce sont assurément des milliers de nouveaux réacteurs qui ont été annoncés depuis des années un peu partout sur Terre, pour finalement quelques pauvres unités réellement mises en construction. Ce mois-ci, c’est un obscur nucléocrate de Bagdad qui évoque pas moins de 8 réacteurs à venir en Irak, pays aux finances exsangues et dont la stabilité interne et externe est pour le moins chancelante. Ces réacteurs ne verront jamais le jour mais il faut croire que cela reste toujours valorisant de faire de telles annonces. L’annulation fera l’objet d’un infime communiqué en bas de page dans quelques mois ou années, avant probablement d’autres effets d’annonce aussi ridicules…

Après d’autres médias (cf revue de presse précédente), c’est Le Monde qui s’aventure à annoncer l’avènement des « petits réacteurs modulables » (SMR), après avoir longtemps assuré que l’avenir était aux mastodontes comme l’EPR. De même, Le Monde se laisse aller à annoncer « une « avancée historique » réalisée par un laboratoire américain » vers la maîtrise de la fusion nucléaire.

Nous ne résistons donc pas au plaisir de rappeler au quotidien du soir que, le 12 novembre 1991, il annonçait « Les Européens franchissent un pas décisif dans la fusion thermonucléaire » et le 12 décembre 1993 « Les Américains effectuent une percée dans la fusion thermonucléaire ». 30 ans plus tard, toujours les mêmes annonces aussi ridicules que tonitruantes.

Pour ce qui est de faire du vrai journalisme et non du blabla, on se tournera vers Reporterre qui publie un remarquable dossier en trois temps sur Iter et la fusion nucléaire. Pour mémoire, si jamais il est terminé et arrive à fonctionner, Iter n’est pas prévu pour produire de l’électricité mais au contraire en consommer d’immenses quantités, dans le seul but de maintenir un plasma de fusion pendant 400 secondes. Et dire que c’est avec ça que nos « élites » veulent lutter contre le changement climatique…

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L’Irak veut construire huit réacteurs nucléaires d’ici 2030
AFP, 15 juin 2021 : https://cutt.ly/rQZbFVl
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La course aux petits réacteurs nucléaires est lancée
Le Monde, 10 août 2021 : https://cutt.ly/xQZ6jT8
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Fusion nucléaire : une « avancée historique » aux USA
Le Monde, 18 août 2021 : https://cutt.ly/eWpaP60
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Avec Iter, la fusion nucléaire pour « bientôt »…
Trois articles de Reporterre, 16/17/18 juin 2021 : https://cutt.ly/0QZm2gd
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