Archive | Altermondialisme

21 août 2017 ~ 0 Commentaire

usa (à l’encontre)

L’intervention d’un camarade de l’ISO

L’extrême droite suprémaciste relève la tête. Elle fait preuve de capacités organisationnelles inédites

Quelques 15 000 personnes – dans une chaleur humide étouffante – ont manifesté à Boston, le 19 août 2017, traduisant une forte solidarité avec tous ceux et toutes celles qui ont manifesté et manifesteront contre les initiatives de l’extrême droite.

Le défilé se rendit de Roxbury Crossing où se réunissaient les suprémacistes blancs; quelques douzaines d’entre eux avaient quitté les lieux, sous escorte de la police. Ce qui s’est passé à Charlottesville a convaincu des milliers de personnes de s’exprimer, sous une forme ou une autre, contre le «réveil», «les démonstrations» de l’extrême droite.

Cette manifestation a reçu le soutien de très nombreuses organisations syndicales – comme la Massachusetts Teachers Association, importante en nombre et par son type d’insertion sociale –, d’ONGs, de regroupements progressistes, d’organisations de la gauche. Les membres de Black Lives Matter ont joué un rôle important au plan organisationnel. C’est ce type de mobilisation, de présence publique active, qui doit et peut se répéter dans diverses villes des Etats-Unis, du nord au sud, de l’est à l’ouest.

Une femme rapportait au journaliste du site socialistworker.org: «Je suis ici parce que mes grands-parents japonais-américains ont été envoyés dans un camp d’internement pendant la Seconde Guerre mondiale», elle portait l’insigne Black Lives Matter. «L’autre partie de ma famille est d’origine mexicaine, et la campagne entière de Trump a été construite pour calom- nier les gens que j’adore. J’ai aussi eu l’impression de devoir sortir contre le président – en tant que femme et survivante d’une agression sexuelle. Après Charlottesville, assez c’est assez. Nous devons nous lever, et je veux construire un monde meilleur pour mes enfants.»

Trump a caractérisé les manifestant·e·s de Boston, le 19 août 2017, comme «des agitateurs anti-police»

Khury Petersen-Smith, membre de l’ISO, a enflammé les gens présents, au début de la mani- festation, en déclarant: «Maintenant qu’ils ont des amis à la Maison Blanche… ils sortent, ils sont publics et marchent avec des torches et des sourires sur leurs visages. Et la raison pour laquelle nous sommes ici, c’est que si vous venez à Boston, nous allons marcher jusqu’à Common et effacer ce sourire que vous étalez sur votre visage!» Il faut souligner que dans le cortège, un «tronc» commun important réunissait les membres et sympathisants de l’ISO et de la DSA (The Democratic Socialists of America). (Qui a quitté l’internationale socialiste pour ses politiques libérales Note du Blog)

DSANoKKKSignPREVIEW

Les manifestations de masse prévues les 26 et 27 août à San Francisco et à Berkeley vont certainement s’inspirer de l’exemple de Boston.

Ce qui indique la voie d’une riposte de masse possible face à cette extrême droite et à ses relais dans l’administration Trump. Ce type d’action indique une perspective qui est autre, et plus réaliste, que les «débats» sur les interdictions ou non de manifestation, avec la porte ouverte vers l’opération politico-policière des «responsabilités partagées» dans les actes de violence. Ce qui est reflété dans les articles ci-dessous. (Réd. A l’Encontre)

Lire la suite

http://alencontre.org/

Alencontre 21 août 2017

Commentaire:

L’ISO (International Socialist Organization) dont le journal est « Socialist Worker » est la plus grosse organisation révolutionnaires des USA et participe à la 4è Internationale. Le NPA a aussi des relations avec « Socialist Action » et « Solidarity »

Lire la suite

21 août 2017 ~ 0 Commentaire

la traversée (festival douarnenez)

“La Traversée”, trois extraits commentés par Elisabeth Leuvrey, réalisatrice

.

Au cours de “La Traversée”, Elisabeth Leuvrey a rencontré des passagers naviguant entre la France et l’Algérie. La documentariste revient sur trois de ces rencontres entre deux eaux. Sur le ferry qui relie la France à l’Algérie, Elisabeth Leuvrey réalise La Traversée, un très beau documentaire sur l’exil, l’immigration, l’identité, la vie et les émotions de ceux qui flottent entre deux mondes. Elle commente pour nous trois de ces rencontres.
.

Le vieux monsieur

.

« J’aime beaucoup cette séquence, parce qu’elle réunit trois générations. Mais j’avais surtout envie d’ouvrir le film avec ce vieux monsieur. Comme beaucoup d’hommes de son âge, il fait le voyage pour toucher sa pension. Je crois que la loi à changé, mais jusqu’à récemment, notre pays obligeait les vieux immigrés rentrés en Algérie à revenir régulièrement, sous peine de voir leur retraite radicalement diminuée, même après une vie entière à travailler et cotiser en France. Sur le bateau, j’ai vu beaucoup de ces personnes âgées, qui faisaient le trajet jusqu’au bout de leurs forces, en dormant sur des fauteuils. Le matin, très tôt, ils sont les premiers levés, parce qu’ils dorment mal. C’est très poignant de les voir là, accoudés au bastingage, regarder le soleil se lever.

.

Le vieux monsieur de cette scène incarne bien pour moi la figure du “hadj” l’ancêtre honorable, respectable, qui a fait la guerre d’Algérie, et qui a grandi avec une certaine idée de la culture (avec sa citation, qui, en fait, n’est pas du tout de Victor Hugo, mais qu’il livre avec tant de dignité !), une certaine idée de la république. Il représente vraiment ce passé commun, heurté, cette histoire post-coloniale entre la France et l’Algérie. »

.

Le quatuor

« Ces quatre jeunes hommes ne se connaissaient pas du tout. Le premier qu’on a interrogé se trouvait sur le bateau parce qu’il venait de se faire expulser du territoire français. Tout au long de l’été, au cours des vingt voyages que nous avons fait entre la France et l’Algérie, il y avait chaque fois des reconduits parmi les passagers. C’est terrible, pour eux. A l’arrivée ils sont privés de leur passeport, et c’est la honte absolue vis-à-vis des leurs, d’un quartier, d’une famille. Le sentiment d’échec, d’humiliation, peut conduire à des actes désespérés. Parfois, les ponts du bateau sont fermés au public, pour éviter les plongeons…

Ce soir là, il était une heure du matin, et ce jeune homme avait un immense besoin de parler.  Les trois autres sont venus se greffer à la conversation. Petit à petit, quand on a senti que ça prenait, que quelque chose était en train de se passer, la caméra s’est un peu retirée. Et tout à coup, celui qui porte le T-shirt “Brazil” se met à évoquer Rousseau, à nous expliquer la Répu- blique. Il maîtrise parfaitement les tenants et les aboutissants, il a tout compris. »

Ben

« Il s’appelle Ben, et sa présence est un cadeau, un miracle. On l’a rencontré lors de notre avant-dernière traversée, la dix-neuvième, dans le sens Marseille-Alger. C’est la première personne au volant de sa voiture, prête à embarquer, qu’on a abordée. Et on a passé toute la traversée avec lui. En tout cas, tous les moments qu’il a bien voulu nous accorder, parce qu’il avait aussi extrêmement besoin de solitude.

Il a accepté de nous parler, à condition de ne pas être mêlé aux autres. Jusqu’alors, on avait plutôt filmé des groupes, cherché à créer des espaces de parole. Mais Ben, c’était un peu particulier. A l’image, il s’adresse à Selma Hellal, avec laquelle j’ai réalisé tous mes entretiens. Elle parle arabe, elle vit à Alger, et c’est comme s’il parlait à une petite sœur qu’il aurait quittée. C’était très beau.

Là, sous-nos yeux, il devenait quasiment porte-parole, il exprimait tout haut le ressenti de beaucoup de gens. Des choses très fortes, sur la mort, les liens, l’identité. Des choses taboues aussi. Quand il parle de l’Algérie, c’est à la fois cruel et terriblement vrai pour qui connaît ce pays, les difficultés, la pesanteur familiale, politique. On est restés en lien, après. Il m’a dit : “Avec ce film, tu m’as offert le plus beau rôle de ma vie, le mien.” »

Cécile Mury 17/04/2013

http://www.telerama.fr/

.Ya Raya (Toi qui t’en vas)

Lire la suite

20 août 2017 ~ 0 Commentaire

sonneurs (fr3)

Lire la suite

20 août 2017 ~ 0 Commentaire

roullier timac (eaux et rivières)

lannion

                
PERMIS D’EXTRACTION DU SABLE EN BAIE DE LANNION.
Sable coquillier et personnel
.
La Compagnie Armoricaine de Navigation, filiale du grand groupe malouin Roullier, attributaire de la concession de sable coquillier en Baie de Lannion, s’apprêterait-il à licencier ou muter (encore) du personnel ?
.
Depuis l’été 2016 cet armateur a vendu l’un de ses deux sabliers, le Côte d’Armor, à la Crimée. Sous le nom d’Amur, il désormais basé à Sébastopol. C’est pour la CAN, contrairement à son deuxième sablier, le Côtes de Bretagne, le plus petit qui a donc été vendu l’an dernier.
.
Or, si le Côte d’Armor pouvait passer l’écluse de Pontrieux pour approvisionner directement la TIMAC en sable coquillier (Cf. aliments pour le bétail intégrant du calcaire venant de ce sable), le Côtes de Bretagne est lui trop grand et ne peut être déchargé qu’à Tréguier, ou sur le Légué-St Brieuc (outre Roscoff, St Malo, Quimper  …).
.
L’usine de fabrication ne peut plus être alimentée de la sorte, MAIS uniquement par la route désormais. Où sont passés là les beaux arguments du bilan carbone vantant les mérites du transport maritime ? Ceci, sachant que Pontrieux est, outre le siège de la CAN, une grosse usine de fabrication et un lieu de stockage important ?
.
Un bateau en moins permet des équipages de plus pour optimiser l’usage à la mer du sablier restant : bravo ! Mais, puisque nous suivons depuis plusieurs années les mouvements et temps d’extraction sur les diverses concessions de la CAN, nous mesurons bien qu’il n’en est rien ! Moins de sable coquillier notamment en ce 1er semestre 2017 et une inversion des matières extraites : 40% de sable coquillier et 60% désormais de granulats (dont une grosse partie de ce dernier fret vient des Chassirons (Nord de l’Ile d’Oléron) en Charente Maritime, pour très certainement le BTP.
.
Et si aujourd’hui, le personnel administratif de la CAN avait reçu sa lettre l’avertissant qu’il faudrait choisir entre rallier St Malo, ou alors être licencié ? Il est à prévoir que l’on ferait alors porter le chapeau à l’opposition à l’extraction en baie de Lannion !
.
En fait, l’agriculture et notamment l’élevage autonome (dont bovin) et les systèmes herbagers actuels (bonnes pratiques agricoles) limitent les cultures céréalières (ex : maïs), impliquent moins d’amendement et chaulage des sols. De ce fait la demande et les besoins en sable coquillier se réduisent. En outre, les stocks et concessions actuelles de sable coquillier de la CAN déjà renouvelées et confirmées (Duons, Cormorandière, Horaine) n’épuisent pas leurs quota vu la baisse avérée des besoins. On pourrait imaginer à terme la suppression du site de Pontrieux pour cause de difficulté à s’y rendre et aussi de rentabilité en regard d’une demande en baisse.
.
Donc si tel était le cas, apprêtons nous à ne pas tout mélanger dans ces conjonctures et pressions sur le gouvernement, par d’éventuels chantages à l’emploi ou fermeture program- mée. Le Groupe Roullier est un grand employeur à l’échelle internationale, qui pèse dans notre économie. Mais sachons aussi nous souvenir qu’il a notamment été condamné par l’Europe à 60 millions d’Euros d’amende pour une entente déloyale et concurrence illégale avec d’autres industriels de l’agro-business.
.
Les besoins en sable coquillier de nos agriculteurs bretons sont structurellement en baisse et les stocks (y compris en maërl) ainsi que les autres concessions, les couvrent largement. Donc ne nous laissons pas leurrer par d’éventuels effets d’annonce à venir.
.
EAUX ET RIVIERES de Bretagne
.
Commentaire: Le Groupe ROULLIER brandit des menaces sur l’emploi sur son site de Pontrieux pour faire pression contre les opposants au permis d’extraction, qui rappelons le a été signé par un ministre de l’économie du nom….. d’Emmanuel MACRON…..

Le comité NPA (Bégard Lannion Guingamp) évidemment s’associe aux associations qui luttes contre ce projet inutile et désastreux pour l’environnement. Mais nous nous associerons aussi à toutes les mobilisations pour conserver l’emploi des salariés de la TIMAC à Pontrieux. Forçons ROULLIER à remettre en service l’approvisionnement de l’usine par voie de cabotage maritime et non par voie routière.

Lire la suite

16 août 2017 ~ 0 Commentaire

rivières (sciences et avenir)

noahs-ark-climate-change

Le changement climatique modifie les crues des rivières en Europe

Le réchauffement climatique altère les crues des fleuves et des rivières à travers l’Europe, menaçant les activités agricoles et les infrastructures sur l’ensemble du continent.

PRÉCOCES. C’est une étude de grande ampleur qui a été publiée jeudi 10 août 2017 dans le magazine Science. Cette étude qui porte sur une cinquantaine d’années, montre que les crues se produisent désormais avec plusieurs semaines d’avance dans l’ouest et le nord-est du Vieux continent. En Suède, en Finlande et dans les pays Baltes, les crues interviennent souvent, un mois plus tôt que dans les années 1960 et 1970. Ceci s’explique par la fonte plus précoce des neiges en raison du réchauffement climatique.

L’équipe menée par Günter Blöschl, directeur de l’Institut d’ingénierie hydraulique et de gestion des ressources en eau de l’Université de Technologie de Vienne, en Autriche, a analysé les données recueillies dans plus de 4.200 stations hydrométriques dans 38 pays européens entre 1960 et 2010. Ils ont aussi comparé les précipitations, l’humidité des sols et les relevés de températures pour détecter les déclencheurs potentiels de ces changements dans les périodes de crues.

« Nous n’avons pas examiné l’amplitude des inondations pendant ces cinquante ans mais la période durant laquelle elles se produisent généralement dans l’année (…) et dans quelle mesure cela a changé entre 1960 et 2010« , a précisé le professeur Blöshl lors d’une conférence de presse téléphonique.  »Nos résultats mettent en évidence l’existence d’une signature claire du changement climatique dans les observations des crues à l’échelle européenne (…) Mais l’impact diffère selon les parties du continent« , a-t-il conclu. (…)

Les changements les plus importants se sont produits en Europe de l’ouest, le long de la côte atlantique entre le Portugal et l’Angleterre, où la moitié des stations hydro-métriques ont enregistré des crues avec au moins quinze jours d’avance. Cela s’expliquerait par une plus grande humidité du sol, alors que dans le nord-est de l’Europe, c’est la fonte des neiges qui se produit désormais au tout début du printemps.

  »Cette nouvelle étude suggère que la crue des rivières est sensible au climat à une large échelle dans le nord-ouest de l’Europe et procure de nouvelles informations sur ce changement dans la dynamique des inondations« , a pointé Jamie Hannaford, un scientifique du Centre for Ecology and Hydrology en Grande Bretagne, un des principaux co-auteurs de l’étude.  »Nous devons continuer à surveiller les périodes des crues et les pics ainsi que leur fréquence« , a-t-il poursuivi.

De tels changements dans la saisonnalité des crues peuvent profondément affecter les rendements agricoles, la sécurité des infrastructures et la production hydroélectrique ainsi que l’alimentation en eau, soulignent Louise Slater et Robert Wilby, respectivement géographe et professeur d’hydroclimatique à l’Université de Loughborough au Royaume-Uni, dans un éditorial dans Science.

 Les inondations de rivières en crue affectent un nombre plus important de person- nes dans le monde que tout autre désastre naturel, avec des pertes annuelles moyennes estimées à 104 milliards de dollars. Les coûts devraient continuer à augmenter à mesure que le changement climatique intensifie le cycle hydrologique et que la population augmente dans les plaines inondables. Le risque de crues dévastatrices pourrait être multiplié par vingt d’ici la fin du 21e siècle, rendant indispensable « une amélioration des données et des estimations du changement saisonnier des inondations« , préviennent ces deux scientifiques.

Sciences et Avenir  14.08.2017

https://www.sciencesetavenir.fr/

Lire la suite

16 août 2017 ~ 0 Commentaire

algues vertes (st)

nitrates

Les algues ont besoin de 5 milligrammes…

Yves-Marie Le Lay (Sauvegarde du Trégor) : « Il faut changer radicalement de modèle agricole »

La Bretagne subit cette année d’importantes proliférations d’algues vertes sur ses côtes. Yves- Marie Le Lay, fondateur et président de l’association Sauvegarde du Trégor nous explique les causes de cet épisode et les solutions qu’il défend pour lutter contre ce phénomène. A 67 ans, cet ancien professeur de philosophie fait des marées vertes sa lutte quotidienne aux côtés des partisans de son association Haltes aux marées vertes.

Tout d’abord, rappelez nous, comment se forment les algues vertes ?

Pour qu’il y ait des marées vertes, il faut deux facteurs conjoints : de la lumière et du nitrate. Mais ce nitrate ne tombe pas du ciel. Il vient directement des excédents d’azote de l’agriculture intensive et des élevages de notre territoire. Dans les eaux calmes, protégées par les contours rocheux du littoral, le nitrate est répandu dans les baies sans être dispersé dans les eaux profondes. Une fois que l’on a compris ce système quasi mécanique, il suffit de reporter ces deux éléments clés au contexte météorologique de l’année. On part toujours d’un stock hivernal d’algues qui s’accumulent à côté du rivage, dans une cuvette. Dès que la lumière du printemps apparaît, les algues se développent.

Pourquoi y en a-t-il autant cette année ?

Si la mer est agitée en hiver, comme ce fut le cas en 2014, il n’y a pas d’algues au printemps. Et ce, même s’il y a du nitrate et de la lumière. Les algues, dispersées par les mouvements de la mer, vont donc mettre beaucoup de temps pour reconstituer leur stock. Or, cette année, on est parti d’un stock automnal de 2016 important qui n’a pas été perturbé par les tempêtes et a connu une abondance de lumière. Cela explique l’explosion que l’on voit aujourd’hui. Et le réchauffement climatique ne fait qu’accélérer le phénomène. Si on continue comme ça, il y en aura de plus en plus. Le discours officiel accuse la météo. Dans ce cas, je conseille vivement de faire des danses de la pluie ou d’aller brûler des cierges pour que la météo soit plus clémente ! On ne peut pas intervenir sur la construction naturelle des côtes ni sur la météo. Agissons donc sur ce robinet à nitrate issu de l’agriculture productiviste.

Pourtant, des « plans algues vertes » sont engagés par l’État … Cela n’est pas suffisant selon vous ?

J’éclate de rire quand j’entends ça. C’est aberrant parce que les faits sont là. Il y a eu cinq ans de « plans algues vertes » et rien n’a changé. Il n’y en a même jamais eu autant ! Cela prouve bien que ce qui a été engagé ne fonctionne pas. Et cela veut dire qu’il y a encore trop de nitrate sur notre territoire. Ces 70 millions d’euros d’investissement pour leurs plans « algues vertes », c’est 70 millions d’euros jetés à l’eau pour rien du tout. On pourrait quand même faire autre chose avec une telle somme. Ces « plans algues vertes » ne sont pas efficaces du tout. Cela ne sert à rien de continuer sur le même modèle, ça ne marchera pas plus.

Dans ce cas, que conseillez-vous d’instaurer pour remédier au problème ?

Vous avez raison de poser cette question car l’art de la critique ne vaut rien sans propositions. Il faut savoir que, selon la commission européenne, le seuil de potabilité de l’eau ne doit pas dépasser 49 milligrammes de nitrate. En revanche, les algues se développent dès 5 milligram- mes. Tant qu’on aura des terrains d’exploitation ou d’élevages bovins à échelle industrielle, on aura des marées vertes. Il faut changer radicalement de culture ! Cette surface agricole « fabriquant des marées vertes » représente 7% de la totalité de la surface agricole en Bretagne. Est-ce si difficile de modifier ces 7% ? Il faudrait leur imposer le passage à une agriculture biologique pour que les bons élèves ne voient pas leur travail gâché par les mauvais. En produisant moins mais mieux, personne ne serait lésé puisque cela apporte une haute valeur ajoutée aux productions agricoles.

17/07/2017 Laurie Abadie

Plus d’infos :

http://www.alguesvertes.fr/

MARÉES VERTES, NON ! LA BRETAGNE NE SE SOIGNE PAS…

Lire la suite

16 août 2017 ~ 0 Commentaire

climat (jdd)

allegre

Réchauffement climatique : l’agriculture en alerte rouge

Les cultivateurs et éleveurs comptent toujours sur les bonnes années pour compenser les mauvaises. Ce modèle ne résistera pas au changement climatique à l’horizon 2050. L’intro-duction du sarrasin, le développement de la biomasse et la culture de soja peuvent offrir des solutions aux exploitants.

L’espace de quelques semaines, ­oublier la campagne catastrophique de 2016 avait semblé possible. La saison avait débuté dès la mi-mai, avec des abricots de Provence en avance sur le calendrier. Mais l’abricot espagnol est, lui, arrivé en retard et les deux produc- tions se sont télescopées. L’été se terminera par une nouvelle année noire pour une grande partie des vergers français. La suite s’annonce sombre. L’augmentation programmée des températures, des précipitations plus importantes en hiver (pas vue pour le moment NDB!) et la raréfaction de l’eau en été font redouter de prochaines récoltes difficiles.

Pour Christian Huyghe, directeur scientifique à l’Inra, les 450.000 agriculteurs ne peuvent plus continuer à subir le dérèglement climatique. Sans un changement de cap, la production française, déjà fragile, file vers la catastrophe. « Il faut changer de modèle et de politique publique, tranche-t-il. La Commission européenne fonctionne sur un schéma annuel. Ce n’est déjà plus le cas de l’administration américaine, qui prend en compte des cycles de production sur plusieurs années dans sa politique d’aides. » Dans toutes les filières, la mutation doit désormais s’organiser.

Les arbres fruitiers : quantité ou qualité

Face aux changements climatiques, les producteurs de fruits à noyau se veulent optimistes. L’arbre fruitier est une plante pérenne, capable de s’adapter. Elle respire et produit même de la vapeur d’eau par grosses chaleurs. « Ses feuilles peuvent rejeter l’équivalent de 10 à 30 mm d’eau par jour », se réjouit le porte-­parole de la Fédération nationale des producteurs de fruits.

Les dernières récoltes ont malgré tout soulevé quelques problèmes. La quantité et la qualité sont de moins en moins souvent au rendez-vous la même année, comme le rappelle la collecte de mirabelles qui vient de débuter en Lorraine. Les épisodes de forte pluie et le manque d’eau qui se généralisent exposent aussi les vergers à une multiplication des maladies et des parasites que les agriculteurs auront du mal à traiter si, dans le même temps, l’utilisation des pesticides est limitée, voire prohibée.

Comme pour l’ensemble des cultures, l’offre de pêches, de cerises ou d’abricots devrait se resserrer sur quelques variétés particulièrement résistantes. Les agri- culteurs doivent également se convertir à des techniques d’arrosage de haute technologie. Israël a ouvert la voie. Piloter un système de goutte à goutte à partir des ­besoins exacts de la plante est déjà possible. Des capteurs peuvent le définir en mesurant les ­microvariations de la taille des tiges. La plante va pouvoir déclencher elle-même son arrosage. La révolution technologique est en marche.

Les céréales : diversification en vue

Les producteurs de céréales ont déjà l’habitude d’être montrés du doigt quand l’eau se fait rare. La surface agricole qui a [[aujourd'hui]] besoin d’irrigation n’a pourtant rien de compa- rable avec celle qui nous est promise à l’horizon 2050. Plus de 2 millions d’hectares auront alors besoin d’un apport en eau. Une situation qui va accentuer les disparités régionales. Cette semaine, des agriculteurs de Côte-d’Or ont fait entendre leur voix. Ils se trouvent sur l’arc « maudit » de l’agriculture française, qui va des Deux-Sèvres à la Lorraine.

La culture de céréales y est compliquée, peu rentable, même si c’est dans le Sud qu’elle a baissé le plus fortement. « La récolte de blé sera bonne au niveau national, même si la remon- tée de l’euro tombe mal pour nous et a fait baisser les cours. Mais toutes les régions ne sont pas logées à la même enseigne », regrette Eric Thirouin, vice-­président de la FNSEA. Le responsable des questions environnementales au sein du puissant syndicat sait que pour les céréales aussi le choix des variétés résistantes aux aléas va être déterminant. Mais cela ne suffira pas à remplir les greniers.

Pour Christian Huyghe, de l’Inra, un nouveau modèle de production est possible. « La culture de blé occupe la terre huit mois par an. Si vous commencez à réfléchir sur une période de deux ans et non plus sur douze mois, vous voyez que vous pouvez positionner plusieurs cultures les unes après les autres », commence le chercheur en agronomie. Selon ses calculs, moissonner avec un mois d’avance permettrait de réaliser une deuxième culture, de sarrasin par exemple, après le blé. Une autre piste doit aussi être explorée par les céréaliers : la demande de biomasse est amenée à exploser. Cette matière organique d’origine végétale remplacera les ressources fossiles dans certaines industries comme la pétrochimie et le plastique. Le roseau de Chine ou la betterave sucrière pourraient receler un potentiel encore inexploité…

L’élevage : première victime de la chaleur

Les animaux n’aiment pas quand les températures grimpent. Pour les éleveurs, la perspective d’un réchauffement global est donc un scénario catastrophe. Les vaches laitières sont moins productives, les cochons en perte de poids, la chaleur diminue l’appétit d’une grande partie du cheptel, au point d’en ralentir la croissance. A ce manque à gagner s’additionnent des coûts supplémentaires en achat d’aliments ou en stockage de fourrage. Là encore, la recherche génétique tente de déterminer les races plus résistantes.

Des chercheurs ont déjà modélisé l’effet d’une augmentation de la température moyenne et de la fréquence des vagues de chaleur sur les performances du cheptel français. Leur préconisation est simple : il faudra refroidir les bâtiments qui abritent les élevages. Les Espagnols, champions du cochon, le font déjà. Les Tunisiens aussi pour leurs poulets. « Il faut aussi penser à augmenter la surface laissée aux animaux », rappelle Arnold Puech d’Alissac. Cet éleveur normand se félicite du développement des surfaces consacrées en France au soja, un aliment riche pour les bêtes en période de manque d’eau. « L’agriculture française a su se développer pour assurer l’autosuffisance alimentaire à notre pays. Mais rien n’est acquis, nous devons continuer à progresser », assure-t-il.

15 août 2017

Commentaire:

Pour l’étendue du problème OK, pour les solutions on verra quand on y sera….

Lire aussi:

Lire la suite

16 août 2017 ~ 0 Commentaire

pollution (jdd)

ozone

La pollution cause 50.000 morts chaque année en France

En France, la pollution à l’ozone et aux particules fines cause chaque année 50.000 morts. Ce bilan risque d’être alourdit à l’avenir par le réchauffement climatique.

À chaque coup de chaud, la France tousse. Au début du mois, la procédure d’alerte a été activée sur le bassin grenoblois, où les habitants devaient limiter les activités intenses et les sorties. En cause : la pollution à l’ozone liée aux conditions météo. À l’horizon 2050, l’Hexagone pourrait subir des épisodes plus graves et plus nombreux. Des concentrations en ozone ­noci- ves pour la santé (supérieures à 100 microgrammes par mètre cube d’air) pourraient survenir entre cinquante et cent jours par an en Europe, quand l’Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise de ne pas s’exposer plus de vingt-cinq jours par an à de telles valeurs.

« Si la qualité de l’air s’améliore actuellement en Europe, ailleurs les émissions continuent d’augmenter »

Ces projections sont le fruit de travaux publiés en juillet dans Nature ­Communications par une équipe internationale, dont des chercheurs français du CNRS, du CEA et de l’université Paris- Est Créteil. Ils se sont penchés sur la qualité de l’air en 2050, dans le cadre d’un scénario de réchauffement global de 3 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Soit l’hypothèse vers laquelle nous allons si les engagements de baisse d’émissions de gaz à effet de serre de l’accord de Paris sont respectés.

L’ozone est un gaz produit sous l’effet du rayonnement solaire à partir des activités humaines (industrie, trafic automobile, peintures…). « Ce n’est pas la seule hausse glo- bale de 3 °C qui influence la qualité de l’air, mais ses causes et ses conséquences : l’augmen- tation des émissions de polluants accompagnant celles de gaz à effet de serre qui vont créer de l’ozone, notamment les oxydes d’azote et le méthane », explique Robert ­ Vautard, directeur de recherche CNRS à l’Institut Pierre-Simon-Laplace, l’un des coauteurs de cette étude. « Or si la qualité de l’air s’améliore actuellement en Europe, ailleurs les émissions continuent d’augmenter. »

Des millions de morts en 2100 avec la chaleur

combinée à l’absence de vent et aux activités ­humaines, l’ozone se retrouve piégé au sol. Lorsqu’il est présent en trop grande quantité, ce gaz est toxique et irritant. Les plus vulnérables sont les personnes âgées, les enfants et les patients souffrant de maladies respiratoires et cardiovasculaires. En France, la pollution à l’ozone et aux particules fines cause déjà chaque année 50.000 morts.

Le réchauffement climatique accroîtra cette mortalité, avertit l’OMS. « Dans les années 2000, on estime que la pollution à l’ozone a entraîné 400.000 décès par an sur la planète. Selon les projections, avec le réchauffement climatique, ce seront plusieurs millions de morts en 2100″, résument Béatrice Josse et ­Virginie Marécal, chercheuses à Météo France et au CNRS. Si le réchauffement se limite à + 2 °C en 2050, la législation européenne permettra encore de contrer la hausse de concentration en ozone, estime Robert Vautard. « Mais à + 3 °C, ce ne sera plus possible. Du fait des émissions hors du continent, la concentration en méthane doublera et fera bondir la teneur en ozone. Les mesures européennes seront alors très insuffisantes. »

15 août 2017

http://www.lejdd.fr/

Lire aussi :

« Nous n’avons que trois ans pour agir » contre le réchauffement climatique, estime le climatologue Jean Jouzel

Lire la suite

16 août 2017 ~ 0 Commentaire

bure (ouest france)

bure

16 août 2017

bure

Lire la suite

15 août 2017 ~ 0 Commentaire

oeufs (jdd)

Oeufs contaminés : « Il faut repenser notre modèle d’élevage »

Pour Antoine Andremont, le chef du laboratoire de bactériologie de l’hôpital Bichat à Paris, l’affaire du friponil responsable des œufs contaminés met en avant les dérives de l’agroalimentaire.

C’est un homme inquiet. Le professeur Antoine Andremont, chef du laboratoire de bactério- logie de l’hôpital Bichat à Paris, tire la sonnette d’alarme sur les dérives de l’agroalimentaire. Auteur d’un ouvrage sur la question de l’antibiorésistance*, il estime que l’affaire du fipronil amène à repenser un système qui bombarde les animaux d’antibiotiques et favorise ainsi l’apparition de bactéries de plus en plus dangereuses. Le spécialiste souligne d’ailleurs que ces bactéries pourraient être « dramatiques » pour l’homme. « Nous ne parvenons plus à contrôler certaines infections bactériologiques », alarme-t-il notamment.

Que pensez-vous de la sécurité sanitaire de notre système agroalimentaire?

Ce système est fragile. Si ce scandale avait concerné une bactérie plus pathogène, avec nos modes de distribution à grande échelle, nous aurions pu nous retrouver face à un scénario beaucoup plus grave. Nous devons nous interroger sur les méthodes des grands groupes agroalimentaires. Même si le risque zéro n’existe pas, il n’est pas normal qu’un acte malveillant, comme c’est apparemment le cas dans l’affaire du fipronil, ébranle à lui seul le système. Il faut un débat national sur l’élevage intensif.

Sur la transparence et les moyens de contrôle sanitaire?

Pas seulement! Car cette affaire est symptomatique de l’état de l’agroalimentaire pour une autre raison, qui mérite qu’on élargisse la focale. Le fipronil, qui est un insecticide, a été utilisé pour lutter contre le pou rouge dans les poulaillers de poules pondeuses. La présence de ce parasite, courante dans les élevages où la densité élevée d’animaux favorise sa propagation, est un vecteur de maladie et de virus, comme la peste aviaire. Pour lutter contre ces infections, les gros producteurs ont également recours aux antibiotiques de manière quasi systématique. Aujourd’hui, dans certains élevages, on injecte même des doses d’antibiotiques in ovo, c’est-à-dire dès l’œuf, en prévention de maladies qui se développent dans ces batteries. Mais, du coup, ces animaux développent des bactéries de plus en plus résistantes pour lesquelles nous n’avons plus d’antibiotiques efficaces.

« Les conséquences peuvent être dramatiques » pour l’homme

Avec quel impact pour l’homme?

Les conséquences peuvent être ­dramatiques. Ces « superbactéries » se propagent dans la chaîne alimentaire et finissent par nous atteindre. Aujourd’hui, chez les personnes très vulnérables, des patients sous chimiothérapie ou en attente de greffe d’organe, par exemple, nous ne parvenons plus à contrôler certaines infections bactériologiques. A terme, c’est toute la médecine moderne qui risque d’être touchée.

Vous semblez nous parler du prochain scandale sanitaire à venir…

En réalité, il est déjà là, même si l’opinion publique n’en a pas conscience. Une étude, publiée en 2013 par quatre laboratoires**, montre que 1.500 décès par infection bactérienne pour- raient être imputés à la surconsommation d’antibiotiques dans la filière aviaire européenne. Si, à court terme, les industriels sont capables de garantir une sécurité alimentaire excellente, à long terme, les risques sont catastrophiques si rien ne change. Selon l’Organisation mondiale de la santé, la résistance aux antibiotiques constitue aujourd’hui, je cite, « l’une des plus graves menaces pesant sur la santé mondiale ».

« Le principal défi qui nous attend, c’est de réussir à réduire la part d’antibiotiques dans l’élevage »

Une meilleure sécurité alimentaire passe-t-elle par la fin du modèle d’élevage intensif?

Pas nécessairement. Les circuits courts permettent de garantir une meilleure qualité gustative aux consommateurs, mais les enjeux sanitaires n’y sont pas différents de ceux dans l’industrie. Paradoxalement, les Pays-Bas, d’où est parti le scandale du fipronil, comptent parmi les meil- leurs élèves européens en matière de réduction des antibiotiques et de traçabilité des pro- duits! Ce n’est pas pour rien que cet insecticide, présenté frauduleusement comme un traite- ment naturel, implique initialement une entreprise néerlandaise : la demande d’alternatives biologiques y est plus élevée que dans le reste de l’Europe. Avec comme conséquence certaines dérives… Mais, jusqu’à ce scandale, les Pays-Bas avaient diminué de plus de moitié leur part d’antibiotiques, tout en préservant un modèle industriel satisfaisant sur le plan économique. Simplement, ils ont augmenté les normes hygiéniques dans les élevages, mis fin aux injections systématiques, verbalisé les producteurs ­récalcitrants…

La France est-elle à la traîne?

Elle s’est lancée dans la réduction de la consommation d’antibiotiques, mais ne fait pas aussi bien. Globalement, elle fait mieux que ses voisins du Sud, mais reste loin derrière ceux du Nord. Le scandale du fipronil ne doit pas nous aveugler : le principal défi qui nous attend, c’est de réussir à réduire la part d’antibiotiques dans l’élevage. C’est une course contre la montre face aux bactéries. Nous sommes déjà à un seuil limite.

15 août 2017

http://www.lejdd.fr/

* Antibiotiques, le naufrage, notre santé en danger, Bayard.
** Emerging Infectious Diseases : Threats to Human Health and Global Stability.

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin