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20 juin 2024 ~ 0 Commentaire

Benoît Coquart ( Basta )

Portrait de Benoît Coquard
Benoît Coquard
est sociologue à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement à Dijon. Il est l’auteur de Ceux qui restent. Faire sa vie dans des campagnes en déclin (éditions La découverte, 2019).

Benoît Coquard : dans les milieux où on vote RN, « la gauche est invisible »

« Le fait qu’Emmanuel Macron ait présenté le RN comme unique parti d’opposition suscite un effet d’entrainement », alerte le sociologue Benoît Coquard, qui a enquêté dans des territoires désindustrialisés où les collectifs de travail n’existent plus.

Basta! : On a l’impression que la France rurale a voté massivement RN le 9 juin dernier. Or, vous dites que le fait d’habiter en milieu rural détermine peu le vote. Qu’en est-il ?

Benoît Coquard : Ce qui détermine le vote c’est avant tout la catégorie sociale, la génération, le niveau de diplôme et de revenu, ainsi que le genre. On ne vote donc pas RN seulement parce qu’on est ruraux [1]. Mais souvent on est rural parce qu’on est ouvrier, ou qu’on appartient à des catégories sociales qui votent plus massivement RN que les autres.

C’est pour ça qu’il y a aussi un effet de légitimation locale du vote et de l’affinité politique dominante, parce qu’autour de vous, dans votre entourage, les gens pensent comme vous. C’est tout bête, mais les personnes que vous fréquentez au quotidien et auxquelles vous faites confiance font en quelque sorte office de leader d’opinion. Quand eux votent RN, ils légitiment le vote RN à vos yeux. Les médias le font aussi, en légitimant pour une partie d’entre eux le vote RN.

Des manifestations en opposition à l’extrême droite ont été organisées dans toute la France les 15 et 16 juin, principalement dans les grandes villes. Dans le même temps vous dites que « la dissolution n’empêche pas les gens de dormir ». Assiste t-on à une polarisation encore plus forte de la société ?

La France de manière générale est très polarisée entre des villes qui ne votent pas ou peu extrême droite et la rejettent, et des bourgs et des petites villes où là, le vote RN est très fort. Quand on est d’une campagne comme la mienne, dans le Grand Est, personne ne se cache depuis le 9 juin pour dire qu’il a voté RN. Tout le monde semble d’accord. Il y a donc des effets de polarisation entre d’un côté les grandes villes, qui concentrent les catégories sociales les plus diplômées, et de l’autre côté les bourgs et petites villes où on a des métiers manuels, des catégories sociales moins diplômées, pas forcément les plus précaires mais qui se renforcent dans cette opposition là.

La question du travail apparait fondamentale. Le vote RN est très fort dans des zones sinistrées. Vous citez à plusieurs reprises dans votre ouvrage le rôle des collectifs de travail qui se sont dissous…

Je vous remercie pour cette question car on ne me la pose pas généralement, et c’est pourtant essentiel. La manière dont le marché du travail organise les concurrences et les solidarités entre les gens d’une même classe sociale est fondamentale dans l’explication des visions du monde. Moi je ne travaille pas directement sur le vote mais sur la manière dont les gens font groupe. J’essaie de comprendre qui est ami avec qui, donc comment se structure le monde social par les appartenances concrètes. Et il se trouve que tout cela est très lié à l’économie globale qui s’inscrit localement dans le marché de l’emploi, qui fait qu’il y a du boulot ou pas dans telle entreprise.

Couverture du livre Ceux qui restent
Ceux qui restent. Faire sa vie dans les campagnes en déclin, Benoît Coquard, La Découverte, 2019.

Il y a tout un discours du « c’était mieux avant » nostalgique qui est très caractéristique de tous les gens qui ont plutôt tendance à voter à droite – sans même parler de l’extrême droite. Mais aussi un discours sur le fait qu’on ne peut plus faire confiance à personne, qu’on se tire dans les pattes, qu’il n’y a plus de solidarité, plus d’entraide. Ce discours là a émergé dans les années où l’industrie locale périclitait, le chômage augmentait : « ceux qui ne travaillent pas », « qui ne valent rien » sont devenus une catégorie stigmatisée à mesure qu’il y avait moins de boulot et plus de chômeurs.

J’ai comparé des bourgs, des villages entre eux durant mon enquête. Il y a par exemple certains clubs de foot ou de sport, quand ils vont jouer dans un village plus riche ou moins sinistré, on les appelle les cas sociaux : tout leur territoire, là où ils vivent, est associé au chômage. On dit : « Là bas, c’est des gens qui bossent pas, y a trop de cassos ».

Quel a été le rôle du Rassemblement national ici ?

Tout cela a été récupéré par le discours du RN qui a toujours stigmatisé les plus précaires. Le RN a toujours proposé à ses électeurs de passer avant les catégories subalternes. Quand on s’est fait licencié mais qu’on est un français non issu de l’immigration, les électeurs RN que je côtoie entendent : « Vous inquiétez pas, on va avant tout cibler les immigrés ou leurs descendants, et vous assurer qu’il y aura une préférence donnée à certains ». J’ai aussi beaucoup entendu : « Marine est la seule à dire qu’on se tire dans les pattes, que ça pète de partout ».

Avant l’effondrement des grands collectifs de travail, il y avait l’impression d’être tous dans le même bateau. Les anciennes générations disent : « On pouvait dire merde à un patron, on retrouvait un boulot le lendemain ». Quand on commençait OS (ouvrier spécialisé), on finissait ouvrier dit « haute qualité », parfois contremaître ou avec des valorisations symboliques. Il y avait cette idée qu’il n’y avait pas besoin de s’opposer entre semblables pour s’en sortir, pour « vivre et travailler au pays ».

Puis il y a eu le choc pétrolier. Dans le Grand Est, on est sur de la petite et moyenne industrie. La crise de 2008 a été très importante dans les délocalisations et restructurations. Les bonnes places sur le marché du travail ne sont pas légion, on se fait concurrence pour y accéder. Dans mon enquête, je me suis surtout intéressé aux jeunes : quand on a 25-30 ans, que soi même on a été précaire, qu’on a pu être traité de « cassos », de fainéant ou d’assisté pour avoir été au chômage durant six mois, on a peur de cette étiquette là, d’être « parmi ceux qui ne valent rien ». Savoir qu’il y a une offre politique qui vous permet de rejeter ce stigmate sur d’autres, ça marche très fort.

Vous étudiez l’importance du « nous d’abord » dans ces territoires, qui renvoie avant tout au fait de privilégier son groupe, sa bande de potes, avant les autres. De se sentir solidaires de « ceux sur qui on peut compter ». La force du RN a t-elle été de reprendre à son compte le « nous d’abord » avec un fort ressort xénophobe ?

L’extrême droite appuie sur certains ressorts déjà présents dans les milieux populaires qui ressentent qu’on ne peut pas s’allier à un nombre plus grand de personnes, qu’on aime bien dire « déjà nous » et « nous d’abord » qui résonnent très facilement avec « les Français d’abord » de Le Pen. Le RN a effectivement une faculté à bâtir un « nous » en fonction du « eux » auxquels on s’oppose.

Le « nous » des ouvriers à l’époque où ils votaient plus largement à gauche, était davantage un « nous » d’honorabilité et de fierté. Il y avait cette perspective qu’en disant « nous les ouvriers » on serait plus forts vis à vis du patronat. Avec le vote RN, le « nous » est devenu un « contre eux ». On se définit de manière négative dans le sens où on se dit : « on n’est pas les plus bas », « on n’est pas les plus stigmatisés », « on n’est pas les immigrés ».

De la même manière, le « déjà nous » ou « nous d’abord » des bandes de potes et des proches familiaux se construit vis à vis des « cassos ». C’est une des constantes que la gauche a du mal à reprendre : comment créer un « nous » qui soit basé sur des motifs d’honneur, d’espoir, d’amélioration de sa condition ; qui ne soit pas basé sur un « eux » qu’on rejetterait.

Qu’en est-il du racisme dans le vote RN de ces catégories populaires ?

Les propos racistes, xénophobes, notamment islamophobes, je les ai entendus dans toutes les catégories sociales que j’aie croisées, et chez des gens qui votent de gauche à droite. Mais ils ne votent pas tous en fonction de cette xénophobie qui peut être exprimée. On peut lire aussi le sociologue Félicien Faury sur ces questions de captation de ces affects dans le vote extrême droite.

Les groupes que j’aie suivis sont souvent constitués en partie de personnes racisées qui font groupe avec des personnes non issues de l’immigration, qui vont voter RN. Il y a des stratégies d’entraide et des amitiés concrètes entre des gens qui peuvent exprimer au quotidien un rejet des étrangers, tout en étant amis avec des personnes racisées. Ce paradoxe existe vraiment.

Aussi, on en fait beaucoup sur le racisme ordinaire car il est très facile à saisir. Si je vous emmène sur mon terrain et plus encore avec la parole qui se libère avec cet avenir promis au RN en tant que parti de gouvernement, on ose encore plus en parler, c’est un vote encore plus hégémonique : le fait d’être du côté des vainqueurs libère la parole. C’est déjà ce qu’il s’était passé avec Trump aux États-Unis : on a eu une augmentation des actes racistes après son élection.

Aujourd’hui le rapport de forces fait du RN l’offre centrale autour de laquelle se structure le champ politique. C’est cette offre qui fait plier Macron : cette promesse qu’il y aura toujours plus bas que vous, qu’on ne fera pas passer d’autres avant vous. Beaucoup développent par ailleurs une conscience qu’on ne peut pas s’en sortir en donnant la main à tout le monde. Et ça c’est une constante des milieux populaires. Déjà au temps des communistes, on disait bien aux ouvriers que tout le monde ne s’en sortirait pas en même temps. Ils avaient le sentiment que la bourgeoisie n’était pas là pour eux. Simplement, ils orientaient leur vote d’une autre manière.

Comment la gauche est-elle perçue dans ces milieux ?

La gauche n’est pas tant critiquée qu’elle est très invisible là où j’enquête. Elle est réduite à peau de chagrin depuis plusieurs décennies. Non seulement on ne la voit pas localement – il n’y a pas de maillage militant ni de tissu associatif fort – mais les acquis de la gauche ne sont pas perceptibles.

Les chômeurs par exemple – catégorie sociale dont on pourrait se dire qu’elle se sent très ciblée par le RN qui joue sur la lutte contre les assistés – votent beaucoup RN. En plus, les médias qui sont consommés par les personnes auprès desquelles j’enquête (les chaines d’information continue, C8, influenceurs sur les réseaux sociaux…), ne parlent quasiment pas de la gauche ou alors en des termes calomnieux qui la discrédite d’emblée.

A l’inverse, il y a une surconsommation des médias où les personnalités RN sont surreprésentées. Ça converge avec la surreprésentation du RN et de ses idées dans les sociabilités locales. Les personnes qu’on fréquente votent RN. Ou alors elles ne votent pas mais vont plutôt se déclarer en affinité avec le RN même si elles sont abstentionnistes. Il y a une situation d’hégémonie à l’échelle locale. Quand on allume la télé ça dit du bien du RN, quand on sort de chez soi ça dit du bien du RN… Il n’y a rien qui vient contredire.

Quels sont les leviers de la gauche pour reconquérir ces territoires, sachant que les syndicats et milieux associatifs y sont laminés ?

Il y a un problème de représentativité des catégories populaires à gauche. J’ai été très marqué par le mouvement des gilets jaunes qui d’un seul coup a fait exploser la question sociale. Il y avait dans les premiers jours le sentiment d’être du bon côté de l’histoire, de porter quelque chose qui nous dépasse, qui mobilise largement les gens, qui donne l’espoir d’être un jour majoritaires et de ne pas être juste là en train de contester. La gauche a peu appuyé ces engagements de personnes précaires, ou alors s’y est engagée trop tardivement.

L’une des femmes que j’aie suivie, que j’aie entendue des dizaines de fois se dire « 100 % Le Pen » dans nos conversations, s’est retrouvée ensuite sur une liste locale. Toutes les mesures qui spontanément lui sont venues en tête sont des mesures de justice sociale : mettre en place un réseau d’autostop sécurisé uniquement pour les femmes, afin qu’elles puissent aller travailler dans la ville la plus proche même sans permis, rouvrir des crèches, proposer des licences sportives moins chères… Elle n’avait rien à dire contre les immigrés localement dans les politiques concrètes. Ce qui n’exclut pas qu’elle vote RN aujourd’hui et qu’elle reste hostile aux immigrés.

Dans le même temps, elle aspire à une meilleure répartition des richesses et elle pense que c’est le RN qui incarne ça. Quand on demande qui fait quelque chose pour le dit pouvoir d’achat, c’est le RN aujourd’hui. Elle ne sait même pas ce que la gauche propose, elle n’en entend jamais parler. Elle n’a pas de discours anti gauche. Elle s’en fiche. Simplement, elle a cette offre politique du RN qui lui semble résonner avec ses problèmes. Et le fait est qu’elle est séduite par la réponse xénophobe à ses problèmes économiques. Tout est mêlé.

Est-il trop simple pour vous de dire que le vote RN est un vote de colère ?

D’un côté on a la droite qui dit que ces gens là sont en insécurité culturelle et ont peur d’être « grand remplacés », tout en étant très loin socialement et spatialement des classes populaires. De l’autre, la gauche dit « ils votent RN car l’État les a abandonnés. Ils se sentent périphériques, invisibles… » On entend par exemple  : « Les gens se sentent abandonnés parce qu’on a fermé les lignes de train ». Je suis favorable en tant que citoyen à ces réouvertures, mais il n’y a pas de train qui va à l’usine ou qui va embarquer votre camionnette pour bosser dans le bâtiment ! On prend la départementale ou la 4 voies si ça existe.

Là où il y a une attente, c’est celle de gagner plus, d’être mieux payé. C’est d’avoir plus d’hôpitaux, de pouvoir accoucher sans avoir à faire plus d’une heure de route. C’est essentiel, ça c’était du « mieux avant ». Il faut reprendre pied dans ces milieux là. Ce sont des luttes de long terme.

Comment voyez vous la suite ?

Je vois plutôt une progression pour le RN. Le fait qu’Emmanuel Macron l’ait présenté et construit comme unique parti d’opposition, et là comme futur parti de gouvernement, suscite un effet d’entrainement, notamment dans les catégories où vous n’êtes pas sûrs de votre vote. C’est un effet d’entrainement de se sentir du côté des vainqueurs.

En même temps, Macron a pris le risque de restructurer une gauche globale, dans une situation où on se dit qu’il faut choisir entre deux blocs, avec d’un côté la droite qui est devenue l’extrême droite, de l’autre la gauche sous la bannière Front populaire. Ce bloc de gauche aussi peut agréger plus de gens, car il permet de se dire qu’on peut aussi être du côté des vainqueurs, et qu’on est pas seul face au RN. A la campagne, tout le monde n’est pas RN, loin de là. Mais l’hégémonie du RN les invisibilise, ou les empêche de s’exprimer. Le Front populaire peut de ce point de vue offrir une alternative qui semble en mesure de rivaliser.

Le problème de fond selon moi, c’est que sur le plan démographique et économique, tout est fait pour que les personnes originaires des campagnes, des bourgs, du périurbain, des petites villes, qui ont une trajectoire sociale qui les amènent à être davantage de gauche, soient amenées à quitter ces territoires là. Les personnes diplômées vont s’installer en ville ou dans une campagne où il y a déjà des diplômés qui votent à gauche.

Cette logique de concentration de gens qui se ressemblent rend plus difficile la démocratie par en bas. Cette démocratie réelle qui ferait que vous entendiez autour de vous différentes propositions politiques de manière incarnée et concrète : pas forcément des propositions électorales mais des propositions sur la manière dont on s’entraide, dont on fait groupe pour essayer de changer la vie, de l’améliorer. Pas de la détériorer. C’est ça aussi la vraie politique.

20 juin 2024 Sophie Chapelle

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19 juin 2024 ~ 0 Commentaire

Lait ( Reporterre)

Nutrition et santé : quels sont les avantages de l'allaitement maternel ? -  BBC News Afrique

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Dans 35 pays, des « polluants éternels » retrouvés dans le lait maternel

Des traces de polluants éternels sont retrouvées dans tous les recoins de la planète, jusque dans le lait maternel. À travers un rapport (en anglais) publié lundi 17 juin, le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) tire la sonnette d’alarme : les taux découverts dans les échantillons dépassent « de loin, les normes de l’Union européenne et des États-Unis ».

L’étude, réalisée dans des pays d’Afrique, d’Asie, du Pacifique et des Caraïbes, avait pour objectif d’élargir les connaissances concernant l’étendue des dommages. Les effets de ces polluants étaient jusque-là surtout surveillés aux États-Unis et en Europe.

« Des taux qui dépassent, de loin, les normes européennes »

Sur les trente-cinq pays où les chercheurs du PNUE ont effectué des prélèvements, tous sont concernés par la présence de « polluants organiques persistants » (POP). Parmi ces POP retrouvés dans le lait maternel, des Pfas ont été détectés aux côtés de la trentaine de substances pourtant interdites dans 150 pays depuis 2004.

Ces polluants sont qualifiés de « persistants » car leurs traces sont détectées là où ils ne devraient pas ou plus se trouver — et ce même après, pour certains, des décennies d’interdiction. En l’occurrence : l’eau, les sols, l’air voire le lait maternel. Or, des études scientifiques ont déjà prouvé que ces substances sont des perturbateurs endocriniens, soit des facteurs de cancers, de maladies chroniques, de fragilisation du système immunitaire ou encore de malformations dès la naissance.

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19 juin 2024 ~ 0 Commentaire

Guerre de l’eau (LVSL)

haddock eau

Les visages de la guerre de l’eau en Italie

L’accaparement de l’eau

L’accaparement de l’eau se définit comme l’ensemble des cas d’appropriation et d’épuisement des ressources hydriques au détriment des populations et des écosystèmes. Il existe sous des formes diverses : dans son ouvrage The Water Wars, Vandana Shiva donne un aperçu de l’ampleur du problème, donnant au concept un sens qui va bien au-delà de la simple « privatisation » de l’eau en tant que marchandise, mais qui s’étend également à sa déprédation par la déforestation, l’imperméabilisation des sols, le changement climatique et tous les facteurs de notre système de développement qui influencent négativement le cycle hydrologique.

En partant de cette définition « large » de l’accaparement de l’eau, il est utile d’analyser comment cette dynamique de dépossession combinée aux périodes de sécheresse de plus en plus fréquentes – causées par le changement climatique – conduit à des situations de pénurie d’eau toujours plus graves en Italie, compromettant la santé et le bien-être de la population et des écosystèmes sur notre territoire.

Les inondations – comme celles qui ont frappé la Romagne ces derniers jours – ne sont pas causées exclusivement par des pluies torrentielles, mais aussi et surtout par l’incapacité du sol à absorber l’eau de pluie. Cette incapacité est tout autant déterminée par le bétonnage et les canalisations artificielles des cours d’eau non durables, que par la destruction de l’humus qu’engendre l’utilisation excessive de pesticides et d’herbicides par l’agriculture industrielle. À long terme, ces pratiques exacerbent la stérilité des sols, empêchant l’eau de pénétrer dans le sous-sol et favorisant ainsi le processus de désertification.

Le rôle de l’agro-industrie

Un point important qu’il est intéressant d’analyser est celui de la production alimentaire : chaque année, 33 milliards de mètres cubes d’eau sont prélevés sur le territoire national italien, dont 22 % sont gaspillés avant d’être consommés, en raison des carences du réseau hydrique. Des 26 milliards de mètres cubes restants et consommés, environ 55 % de la demande provient du secteur agricole et de l’élevage. L’utilisation de l’eau pour l’irrigation se concentre au nord, avec en tête la Lombardie (42 %) suivie du Piémont (16,6 %) et de l’Émilie-Romagne (6,8 %).

Au-delà de l’eau provenant du territoire, afin d’obtenir une estimation précise de l’empreinte hydrique de l’Italie, il faut également considérer la consommation en termes « d’eau virtuelle », c’est-à-dire celle utilisée pour produire les aliments, les biens de consommation et les services que nous utilisons au quotidien. Marta Antonelli et Francesca Greco nous éclairent dans leur essai L’eau que nous mangeons : l’Italie est le troisième importateur mondial d’eau virtuelle, après le Japon et le Mexique, avec ses 62 milliards de mètres cubes par an, souvent soustraits aux pays les plus pauvres.

La plupart de l’eau importée est destinée à la zootechnie : selon le Water Footprint Network, 15 000 litres d’eau sont nécessaires pour produire un kilo de bœuf.

L’agro-industrie occasionne une raréfaction des ressources hydriques, non seulement par sa consommation, mais également par sa contamination découlant du ruissellement des engrais azotés et des pesticides. Un rapport de l’ISPRA (Istituto Superiore per la Protezione e la Ricerca Ambientale) de 2021 nous apprend que 114 000 tonnes de pesticides sont utilisées chaque année en Italie, représentant environ 400 substances différentes. En 2019, les concentrations de pesticides mesurées dépassaient les limites réglementaires sur 25 % des sites de surveillance des eaux de surface. De nombreux groupes et associations comme l’Ari (Association rurale italienne) dénoncent depuis des années les pratiques agricoles adoptées par les grandes entreprises du secteur, promouvant à l’inverse un modèle d’agriculture écologique non prédateur.

Les effets de la militarisation

Le vol d’eau lié à la militarisation des territoires peut également être considéré comme une forme d’accaparement. La guerre en Ukraine a favorisé une course au réarmement chez tous les États membres de l’Alliance atlantique, ainsi dans la péninsule italienne de grands entraînements ont lieu en Sardaigne au polygone de Teulada et de nouveaux projets d’infrastructures militaires à fort impact environnemental sont prévus en Toscane et en Sicile. Le 2 juin 2022, un imposant cortège a traversé les rues et les champs de Coltano, une petite commune de Toscane, pour protester contre le projet de construction d’une immense base militaire dans la région, d’une superficie de 73 hectares et prévoyant 440 000 mètres cubes de bâti.

Récemment, on a également appris qu’une nouvelle base d’entraînement était programmée en Sicile. Le projet comprend la construction d’un pôle militaire de plus de 33 kilomètres carrés qui devrait être construit entre les municipalités de Gangi, Sperlinga et Nicosie. Il comprend la création d’un dépôt d’armes, de véhicules et de munitions dans la zone artisanale abandonnée de Sperlinga, et la transformation de certains bâtiments municipaux en casernes pour loger les militaires. D’où l’opposition des habitants qui, sous le sigle du « comité identité et développement », sont contre ce projet qui, comme nous l’explique Tiziana Albanese, « est totalement incompatible avec la vocation écologique, agricole et touristique de la zone ».

La Sicile étant la région la plus sujette au processus de désertification, dans ce contexte, les bases militaires ne contaminent pas seulement le sol et les aquifères avec des substances toxiques (dont les PFAS) et des déchets de guerre, comme c’est le cas dans les bases militaires de Niscemi et Sigonella, mais elles consomment également des quantités d’eau exorbitantes.

Comme nous l’explique Antonio Mazzeo dans un livre édité par Daniele Padoan, un rapport du Public Works Department du Pentagone indique que la consommation hebdomadaire moyenne de Sigonella est de 1 900 000 litres d’eau par jour, ce qui rapporté aux 5 000 soldats américains présents sur la base, équivaut à une consommation de 380 litres par personne. Si l’on compare les données sur la consommation d’eau journalière par habitant des villes de Palerme (168 litres), Caltanisetta (130), Agrigente (130) et Enna (118), on se rend compte que l’accaparement de l’eau par les bases militaires en Sicile provoque une dégradation environnementale, sociale et économique pour toute l’île, intensifiant le processus de désertification.

Le poids des infrastructures

« Une décision historique attendue depuis plus de cinquante ans », a exulté le ministre des Infrastructures Matteo Salvini après l’approbation au Sénat du DL (Decreto Legge) Ponte, qui lancera le processus de construction du pont sur le détroit de Messine, le énième grand ouvrage inutile et nocif pour l’environnement. Du nord au sud, l’Italie est parsemée d’infrastructures qui n’ont favorisé que l’industrie du béton, sans impact positif tangible pour la population. Au contraire, bien souvent ces infrastructures ont contribué à la dégradation des ressources hydriques.

L’un des cas les plus frappants est celui du TAV (Treno Alta Velocità, équivalent du TGV, ndlr), parmi les itinéraires les plus critiques figurent le Bologne-Florence et le Turin-Lyon. Dans le premier cas, la construction de 73 kilomètres de tunnels sous la vallée du Mugello a provoqué le tarissement de quatre-vingt-un cours d’eau, trente-sept sources, une trentaine de puits et cinq aqueducs. Il y a aussi la pollution du territoire due aux dépôts de terres excavées contaminées aux hydrocarbures. Pour ce désastre environnemental, 19 condamnations ont été prononcées en 2014 contre les dirigeants d’Impregilo (principal groupe italien de bâtiment et travaux publics, devenu Webuild SpA en 2020, ndlr), elles ont ensuite été annulées par la Cour de cassation, en conclusion, personne n’a payé pour ces dommages.

Concernant le tronçon Turin-Lyon, suite à une enquête des comités liés au mouvement No Tav (les opposants No Tav se battent contre la construction de cette ligne, ndlr), il ressort des données fournies par Telt (l’entreprise italo-française chargée de réaliser les travaux) que le seul tunnel d’exploration construit entre 2013 et 2017 a conduit à 245 fuites d’eau avec un débit de 102,6 litres par seconde. Sur une base annuelle, le volume d’eau perdu équivaut aux besoins d’une communauté de 40 000 personnes. Si les travaux étaient menés à leur terme, chaque année les pertes seraient si importantes qu’elles couvriraient les besoins de 600 000 personnes. On peut affirmer que la lutte des No Tav est aussi une lutte contre le gaspillage et pour la protection des ressources hydriques, qui profite non seulement au val de Suse, mais à une grande partie du bassin du Pô.

Les Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026

Parmi les cas d’accaparement de l’eau en Italie, les Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026 représentent certainement l’exemple le plus emblématique. Comme nous l’avons vu ces dernières années, les chutes de neige dans les Alpes ont drastiquement diminué, avec 63 % de neige en moins par rapport à la moyenne des années précédentes. Un rapport de Legambiente (association environnementale italienne, ndlr) rassemble diverses données pour décrire le caractère dramatique de la situation du tourisme alpin et de la consommation d’eau : « Sachant qu’en Italie 90 % des pistes sont équipées de systèmes d’enneigement artificiel, la consommation annuelle d’eau pourrait déjà atteindre 96 840 000 mètres cubes, ce qui équivaut à la consommation annuelle d’eau d’une ville d’un million d’habitants. »

Les Jeux olympiques d’hiver de Pékin ont été les premiers de l’Histoire à se dérouler sur des pistes composées à 100 % de neige artificielle. Environ 222,8 millions de litres d’eau ont été transformés en neige pour faire tourner les installations. Imaginer que l’on va utiliser une quantité d’eau similaire pour les prochains Jeux olympiques de Milan-Cortina nous donne la mesure de l’injustice climatique à laquelle nous sommes confrontés.

La réalisation de cette éco-catastrophe passe par la construction de mégabassines artificielles, d’infrastructures routières et immobilières, dont beaucoup sont déjà en activité, qui dévasteront le fragile écosystème alpin.

Lutter à hauteur des territoires

L’étude des altérations du cycle de l’eau est un bon point d’observation pour mieux comprendre les contradictions du modèle de développement actuel, et l’Italie est – et sera – un point chaud en ce qui concerne les effets les plus graves du changement climatique. Comme le montre une étude récente, la Méditerranée fait partie des régions de la planète qui se réchauffent le plus rapidement et le plus intensément, ce qui entraînera des bouleversements sociaux et économiques considérables dans un avenir proche.

Comme l’écrit le géographe Jean Labasse, le combat se mène sur deux fronts : une bataille pour une eau de meilleure qualité pour tous et une bataille contre l’eau pour se défendre de sa violence. Ricardo Antunes dans son livre Capitalisme Viral (2022) soutient que la pandémie a rendu plus évident le désert produit par le système économique néolibéral dans nos sociétés, il me semble que l’on peut dire de même aujourd’hui au sujet de la crise de l’eau. C’est un schéma qui se répète, dans lequel on passe d’un « état d’urgence » à l’autre et où l’urgence devient une opportunité de spéculer sur le désastre.

Cette gouvernance se heurte à l’opposition des nombreux comités, associations et collectifs qui, ces derniers temps, ont été les protagonistes d’une grande action de solidarité dans les zones inondées. Une bonne partie d’entre eux animent la galaxie de l’activisme climatique et ont appelé à la marche des « 10 000 bottes vers la Région » à Bologne le 17 juin 2023 (le cortège a traversé la ville jusqu’au siège de la région Émilie-Romagne, devant lequel ont été déversés un camion rempli de boue et 10 000 bottes, celles utilisées par les volontaires pendant les inondations, pour revendiquer et dénoncer la crise climatique et non des intempéries occasionnelles, ndlr).

Les luttes sociales contre l’accaparement de l’eau – qui, en Inde et dans d’autres États du monde, constituent depuis des années un thème majeur dans l’agenda des mouvements écologistes – sont en train d’acquérir une place plus centrale sous nos latitudes. Dans un futur proche, il sera nécessaire d’approfondir les recherches sur le rapport eau-énergie-alimentation, afin de formuler une stratégie politique pour une transition écologique qui tienne compte des inégalités sociales.

18 juin 2024 Federico Scirchio, traduit par Letizia Freitas

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18 juin 2024 ~ 0 Commentaire

Météo (Reporterre)

Météo du futur : les nuages au cœur du changement climatique

Météo du futur : les nuages au cœur du changement climatique

Les nuages vont jouer un rôle déterminant dans l’évolution du climat. Mais leur variété et leur complexité fait de leur intégration aux modèles climatiques un véritable défi pour les scientifiques.

Elle est décrite comme « la mission de recherche la plus complexe » de l’Agence spatiale européenne (ESA) à ce jour. Lancé en orbite le 29 mai dernier, le satellite EarthCARE de l’ESA, conçu en collaboration avec l’agence spatiale japonaise, embarque quatre instruments de pointe. Pendant au moins trois ans, ils seront braqués vers l’atmosphère terrestre afin d’y scruter l’un des plus importants et mystérieux acteurs du climat : les nuages.

« Plusieurs satellites ont déjà étudié les nuages par le passé, mais, pour la première fois, grâce à la combinaison de nos instruments, nous allons mesurer toutes leurs caractéristiques physiques en même temps. C’est ce qui intéresse les chercheurs, explique Dominique Gillieron, responsable des projets d’observation de la Terre à l’ESA, ils ont besoin d’améliorer leurs modélisations et de tester leurs modèles actuels. »

Car les nuages jouent un rôle crucial dans le système climatique de la Terre. Ils couvrent à peu près les deux tiers du globe, créant un « effet parasol » géant : en réfléchissant une partie du rayonnement solaire vers l’espace, ils nous protègent de son énergie et refroidissent le climat. Si tous les nuages disparaissaient, la Terre pourrait être plus chaude de 5 °C, selon le Programme mondial de recherche sur le climat.

Le chiffre est ancien et à prendre avec des pincettes tant la compréhension de la physique des nuages est difficile. Mais il donne un ordre de grandeur de leur influence décisive sur la température globale. Pour être plus précis, les chercheurs estiment l’énergie que l’on reçoit du soleil en calculant la puissance de rayonnement reçu, en watts, pour chaque mètre carré de surface terrestre (noté W/m2). Les nuages refroidissent ainsi la Terre d’environ 20 W/m2. À comparer aux 4,5 W/m2, qui sera le surplus (déjà énorme) emmagasiné à cause des gaz à effet de serre d’ici à 2100, dans le scénario de réchauffement médian à 3 °C.

Incertitudes climatiques

Le rôle refroidissant des nuages est donc capital. Problème : ils sont eux-mêmes perturbés par le changement climatique. Plus le climat se réchauffe, moins les nuages le refroidissent. Les chercheurs savent maintenant avec un haut degré de certitude, selon le dernier rapport du Giec, que cette boucle de rétroaction amplifie le réchauffement d’origine humaine.

Dans quelles proportions les nuages vont-ils aggraver la situation ? Cela reste l’une des principales sources d’incertitude concernant l’évolution du climat. Il est « probable » que l’effet global des nuages ajoute 0,12 W/m2 à 0,72 W/m2 pour chaque degré de réchauffement, selon le Giec, mais certains phénomènes bénéficient d’un faible degré de confiance. « La diversité des nuages, leur taille, leur épaisseur optique, leur altitude… tout cela contribue à générer de l’incertitude », explique Étienne Vignon, chargé de recherche CNRS au Laboratoire de météorologie dynamique.

Pour comprendre les défis qu’affrontent les climatologues, il faut plonger un instant la tête dans les nuages. L’atmosphère contient en permanence de l’eau sous forme de gaz, en proportions variables. Mais sa capacité à en contenir est limitée : lorsqu’elle arrive à saturation, le surplus d’eau se condense, il se change en petites gouttelettes liquides, voire en cristaux de glaces, notamment selon les conditions de pression et de température. Ces gouttelettes et cristaux forment les nuages.

Effet parasol contre effet de serre

Simple ? Sauf que ces nuages ne se contentent pas de jouer un effet parasol. Ils contribuent également à l’effet de serre, c’est-à-dire à réchauffer la Terre en absorbant et émettant des rayonnements infrarouges (voir le graphique ci-dessous). Effet parasol refroidissant d’un côté, effet de serre réchauffant de l’autre, lequel des deux effets domine ? Cela dépend des nuages.

Ils peuvent notamment contenir une proportion variable de gouttelettes liquides et de cristaux de glace, ce qui a une influence importante aux latitudes tempérées car les gouttelettes ont un plus grand pouvoir réfléchissant. La taille des gouttelettes et la forme des cristaux joue également.

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© Stéphane Jungers / Reporterre

Dans les cumulus, nuages chauds et bas à maximum 2 ou 3 km d’altitude, souvent très épais, l’effet parasol refroidissant domine. A l’inverse, les cirrus, qui flottent bien plus haut dans la troposphère, jusqu’à 14 km, sont très fins, bloquent beaucoup moins les rayons du soleil et l’effet de serre y est dominant, leur influence climatique est donc réchauffante.

Boucles de rétroactions climatiques

Le changement climatique bouleverse ces équilibres dans tous les sens. La hausse des températures va faire monter les cirrus en altitude, ce qui va renforcer leurs caractéristiques réchauffantes. D’autres processus peuvent avoir des effets contraires. « Avec le réchauffement, on s’attend à avoir moins de glace et une proportion de plus en plus importante de gouttelettes dans les nuages dans les régions de moyennes latitudes, donc une hausse de l’effet parasol et un effet refroidissant », souligne Étienne Vignon.

À l’inverse, le chercheur travaille également sur la modélisation des nuages dans l’océan Arctique et, là-bas, la boucle de rétroaction pourrait aggraver le réchauffement. « À l’automne, la banquise se réduit de plus en plus, ce qui entraîne plus d’évaporation de l’océan et donc plus de formation de nuages à basse altitude. Ceux-ci provoquent beaucoup d’effet de serre », dit-il. Comme il y a peu de soleil dans cette région à l’automne, l’effet parasol ne joue pas beaucoup. L’effet de serre, au contraire, accélère la fonte de la banquise, accélérant encore le réchauffement dans une boucle de rétroaction délétère.

Ces deux effets contradictoires restent mal compris et difficiles à quantifier. Surtout, ils ne représentent qu’une petite partie des interactions climatiques impliquant les nuages. Il faudrait y ajouter l’évolution globale de la couverture nuageuse (à chaque degré de réchauffement, l’atmosphère peut contenir 7 % d’eau en plus), la répartition des nuages (l’effet parasol couvre plus de surface avec des nuages très éparpillés que s’ils sont très concentrés), la vitesse à laquelle ces nuages se changent en pluies et disparaissent, la difficulté à anticiper la présence de ces nuages de jour ou de nuit (en l’absence de soleil, l’effet parasol est absent et l’effet de serre domine la nuit), etc.

« En Antarctique, l’effet parasol ne joue pas puisque la surface glacée blanche réfléchit déjà très bien le soleil. Mais si la glace fond et révèle un sol plus sombre, l’effet parasol des nuages devient beaucoup plus important, explique Christoph Kittel, chercheur en climatologie à l’université Grenoble Alpes. Selon la part de glace et d’eau liquide dans le nuage, les conséquences changent aussi complètement. Selon le modèle de nuage que l’on utilise, l’avenir de la fonte globale en Antarctique varie de 50 % dans le pire scénario. Des points de bascule sont possibles mais encore très mal compris. »

Les défis de la modélisation

C’est l’autre difficulté que rencontrent les chercheurs : au-delà de la complexité des nuages, se trouve celle de les modéliser dans leurs ordinateurs. « Nos modèles fonctionnent très bien et on a de bonnes indications sur l’évolution moyenne du climat. Mais il reste de fortes disparités entre modèles, notamment sur les nombreuses incertitudes liées aux nuages et il reste beaucoup de travail scientifique à faire sur la paramétrisation », note Étienne Vignon.

D’où l’intérêt de poursuivre et affiner les observations, comme le fait le satellite EarthCARE. En plus de s’intéresser à la physique des nuages et à leur rayonnement thermique, les instruments de l’ESA vont se concentrer sur les « précurseurs des nuages ». Car si l’eau se condense lorsque l’atmosphère est saturée, la formation de nuage est favorisée par la présence de poussières, sels marins, combustibles fossiles, pollens ou autres particules autour desquelles gouttelettes et cristaux vont s’agglomérer.

Or, la présence de ces aérosols dans l’air est elle-même bouleversée par le changement climatique et ajoute une couche de complexité à la compréhension de l’évolution du climat. « L’évolution des tempêtes dans le Sahara peut par exemple soulever plus de sable, l’évolution de la végétation ou les floraisons précoces liées au réchauffement peuvent changer la distribution du pollen, les tempêtes marines plus fréquentes apporter des sels dans l’atmosphère, sans parler des polluants industriels et des combustibles fossiles », énumère Dominique Gilliéron.

« Ces changements d’aérosols vont-ils favoriser la formation de cirrus qui augmentent l’effet de serre ou de cumulus à l’effet rafraîchissant ? » questionne-t-il. Les modèles auront peut-être affiné leur réponse d’ici trois ou quatre ans, lorsque le satellite aura fini sa mission. D’ici là, il reste une certitude que les climatologues rabâchent inlassablement : plus nous émettons de gaz à effet de serre, plus nous nous enfonçons dans les brumes de dérèglements catastrophiques.

Vincent Lucchese 18 juin 2024

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18 juin 2024 ~ 0 Commentaire

action citoyenne ( eau île de France)

action citoyenne ( eau île de France) dans Altermondialisme

L’extrême-droite, une menace pour l’action associative et citoyenne

Dans un texte publié le 16 juin dans La Tribune Dimanche, à l’initiative du Mouvement associatif, les acteurs associatifs et leurs partenaires alertent sur la menace que représente l’extrême-droite pour l’action associative et citoyenne, et donc pour l’ensemble des habitants et habitantes. Au 18 juin, plus de 650 organisations ont signé la tribune (voir ici tous les signataires). La Coordination EAU IDF est signataire de cet appel.

Les élections européennes du 9 juin dernier ont entériné une progression sans précédent de l’extrême-droite. Face à ce constat, le Président de la République a fait le choix de dissoudre l’Assemblée nationale, convoquant brusquement des élections législatives les 30 juin et 7 juillet prochains. Le risque qui s’annonce pour notre démocratie, pour notre République et les valeurs qui la fondent ne peut pas être ignoré.

Nous avons la chance dans notre pays de pouvoir compter sur une dynamique associative particulièrement forte qui nous accompagne au quotidien. Ce sont nos associations, d’abord, qui permettent de proposer à nos enfants de pratiquer une activité sportive. Ce sont elles, encore, qui viennent en soutien des plus démunis, leur proposant un repas ou un toit. Ce sont elles, toujours, qui permettent d’animer nos bourgs et nos quartiers, proposant des activités culturelles accessibles à tous et toutes. Ce sont également elles qui préservent la nature… Nous pourrions poursuivre cette liste à l’infini tant les actions menées par les associations sont diverses et au plus près des besoins des habitantes et habitants.

Ce qui nous réunit aujourd’hui au sein de nos associations, c’est un socle de valeurs et de principes partagés qui est incompatible avec l’extrême-droite. Là où elle prospère sur le sentiment d’abandon et la peur du déclassement, les associations rassemblent et soutiennent les citoyennes et citoyens.

Partout où les forces autoritaires ont accédé au pouvoir, elles n’ont eu de cesse de s’en prendre à la vie associative et celles et ceux qui font association. C’est le cas en Hongrie où le gouvernement de Viktor Orban a été condamné par la Cour de Justice de l’Union Européenne pour ses restrictions imposées au financement des organisations civiles. Mais c’est aussi le cas en France dans les communes administrées par le Rassemblement National. Ainsi, à Hayange (57) en 2016, le maire a mis à la porte le Secours populaire de ses locaux et lui a coupé le chauffage du fait de son caractère “politisé et pro-migrants” alors que l’association comptait près de 1000 bénéficiaires. À ce titre, comment ne pas s’inquiéter de l’utilisation d’un outil déjà largement dévoyé tel que le Contrat d’Engagement Républicain entre les mains d’un tel pouvoir ?

Car ces exemples trahissent une vérité simple : si l’extrême-droite s’en prend aux associations, c’est surtout parce qu’elles agissent au service de tous et toutes, sans discrimination, car les droits sont universels, aucune préférence nationale ne s’y appliquant ; et c’est parce qu’elles sont le réceptacle de la parole citoyenne, du débat contradictoire et d’un pluralisme indispensable à notre vie démocratique.

Parce que les associations portent la parole des citoyennes et citoyens là où l’extrême-droite voudrait la contenir. Parce que les associations prônent le dialogue là où l’extrême-droite se construit sur l’éviction des divergences. Parce que les associations prônent l’ouverture et la tolérance là où l’extrême-droite revendique le repli sur soi. Parce que les associations sont des écoles de la démocratie là où l’extrême-droite en est le fossoyeur. Les valeurs associatives sont incompatibles avec l’extrême-droite.

Nous appelons chacune et chacun d’entre nous à défendre nos valeurs républicaines lors des prochaines élections. Dans la continuité du Pacte du Pouvoir de Vivre qui rendra visible les débats, rassemblements ou les initiatives portées par la société civile (www.pactedupouvoirdevivre.fr), nous appelons toutes les associations à se mobiliser. Nous portons toutes et tous une responsabilité. Il s’agit d’investir pleinement ce combat !

https://eau-iledefrance.fr/

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17 juin 2024 ~ 0 Commentaire

Mini Méga Bassines (LPO)

 

Mini Méga Bassines (LPO) dans Altermondialisme iStock-1150731633
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Et maintenant les «mini méga-bassines» !

Le Gouvernement multiplie les mesures en faveur de la création de retenues de substitution destinées à l’irrigation, souvent au détriment de zones naturelles. La LPO dénonce une régression écologique irresponsable visant à maintenir sous perfusion un modèle agricole obsolète et délétère, et appelle les citoyens à se mobiliser.

Jusqu’au 19 juin 2024, le ministère de la Transition Écologique et de la Cohésion des Territoires soumet à la consultation publique obligatoire un projet de modification de l’arrêté du 9 juin 2021 encadrant l’aménagement et l’exploitation de plans d’eau au niveau national, conformément à la rubrique 3.2.3.0 de la nomenclature annexée à l’article R. 214-1 du code de l’environnement.

La LPO demande le retrait de ce projet d’arrêté et encourage les Français à s’y opposer lors de la consultation publique en donnant un avis défavorable avant le 19 juin.

Je participe à la consultation publique

La modification envisagée consiste à soustraire de l’application de l’article 4 dudit arrêté les zones humides dont la superficie est inférieure à 1 hectare, qui représentent environ la moitié de la surface nationale estimée à 3 millions d’hectares. Selon cet article 4, l’implantation d’un plan d’eau en zone humide ne peut intervenir que s’il participe à l’opération de restauration de cette dernière, ou s’il respecte une série de conditions strictes :

  • Existence d’un intérêt général majeur ;
  • Absence d’autre solution alternative ;
  • Efficacité des mesures de réduction et de compensation de l’impact écologique.

Si l’arrêté est adopté, les plans d’eau inférieurs à 1 hectare seront désormais exonérés de toutes ces conditions, avec comme conséquence l’implantation facilitée de bassins d’irrigation artificiels de taille moyenne (des « mini méga-bassines ») en lieu et place d’habitats naturels pour la biodiversité.

Cette mesure fait suite à l’adoption en première lecture par les députés le 26 mai dernier de la Loi d’orientation agricole qui, entre autres reculs environnementaux, limite les procédures de recours suspensif contre les méga-bassines afin de faciliter leur installation.

Il est estimé qu’environ la moitié des zones humides françaises ont disparu entre 1960 et 1990, victimes du remembrement agricole et de l’urbanisation et que 41 % des milieux humides français ont continué de se dégrader entre 2010 et 2020 selon une étude des services de l’Etat.

Dans un contexte de réchauffement climatique et d’effondrement du vivant, il est irresponsable de faire disparaitre des écosystèmes qui sont essentiels pour préserver la biodiversité, réguler le cycle de l’eau et absorber du carbone. L’accaparement des ressources en eau au profit d’une poignée d’agroindustriels accentue en outre l’assèchement des bassins versants et les inégalités au sein du monde agricole.

10 juin 2024 LPO France

https://www.lpo.fr/

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16 juin 2024 ~ 0 Commentaire

Front Ecolo (Reporterre)

Front populaire : les assos écolos entrent dans la danse.

Front populaire : les assos écolos entrent dans la danse

Les associations environnementales fourmillent d’activité depuis la dissolution de l’Assemblée nationale. De réunion en réunion, elles se posent la question : faut-il ouvertement appeler à voter pour le Nouveau Front populaire ?

Tandis que les paroles défilent, on entend à travers le téléphone le bruit du clavier qui s’agite. Chloé Gerbier envoie des messages en tout sens. La militante de Terres de luttes, une association qui soutient les citoyens opposés aux autoroutes, fermes usines et autres mégaprojets, tente de recenser les actions des collectifs locaux sur une carte. « Ça se mobilise partout », dit-elle. Depuis le 9 juin au soir, et l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron, tout le réseau écolo a suspendu les affaires en cours et s’est mis en action.

« Dès le lundi matin, nous avons réfléchi à comment s’organiser pour participer à un mouvement qui fasse en sorte que l’extrême droite n’arrive pas au pouvoir », raconte Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace France. « On n’avait jamais vu une émulation pareille », constate Youlie Yamamoto, porte-parole d’Attac, qui a abandonné ses campagnes en cours pour mettre toutes ses forces dans la bataille contre l’extrême-droite. « On a un pic de dons, on n’arrive pas à gérer le nombre de demandes. »

« Ce qui détruit la biodiversité, c’est un système économique »

L’urgence est vitale. Les militants écologistes subissent déjà en France une répression policière plus dure qu’ailleurs en Europe, selon un rapporteur de l’ONU. Avec un RN dominant l’Assemblée nationale et le gouvernement, « ce serait encore pire », craint Chloé Gerbier, qui ajoute : « L’élargissement de l’arsenal pénal contre les militants s’est fait avec les voix du RN. »

Sans compter que « les analyses de son programme montrent que la politique du RN va aggraver les problèmes environnementaux », souligne Arnaud Schwartz, vice-président de France Nature Environnement (FNE), fédération de plus de 6 000 associations environnementales aux 900 000 adhérents sur le territoire. « Ce qui détruit la biodiversité, c’est un système économique. »

« Tout ce à quoi Greenpeace aspire pour la société — plus de justice sociale, de solidarité, d’ouverture sur le monde et sur les autres, des valeurs de tolérance et de respect d’autrui — serait balayé du revers de la main », alerte aussi Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France.

« On a participé à une réunion où plus de 110 organisations étaient connectées »

L’envie d’agir est donc bien là, mais beaucoup tâtonnent encore sur la méthode à suivre. Les idées fusent dans tous les sens. « On en est à quatorze propositions de tribunes collectives », compte Antoine Gatet, président de FNE. « Il y a plusieurs propositions de cartographie des événements », constate Youlie Yamamoto.

Une boucle Telegram créée par Extinction Rebellion (XR) tente de regrouper les initiatives : un kit pour convaincre autour de soi, au marché, au boulot, un site pour faciliter les procurations, des fils « action » pour Lille, Nancy, Metz, le Limousin, Toulouse, Montpellier… Affiches, visuels et actions de collage fleurissent aussi de partout.

La coordination pour ne pas disperser les forces est un défi. « On a participé à une réunion où plus de 110 organisations étaient connectées », témoigne Youlie Yamamoto. Les alliances sont déjà nombreuses et sont un socle sur lesquelles beaucoup comptent s’appuyer, comme l’Alliance écologique et sociale, qui réunit syndicats et organisations écologistes. « On a déjà créé des liens lors de la défense des retraites, les révoltes des quartiers, la mobilisation des agriculteurs », observe Émile de XR. « Là, ça discute encore plus. »

Des appels au vote inédits

Mais que faire concrètement ? Toutes les organisations contactées relayent les appels à rassemblement et manifestation contre l’extrême-droite et plaident pour l’union de la gauche. Mais au-delà ? Pour répondre à cette question, chaque organisation doit trancher en interne.

Attac, pour la première fois, a ainsi décidé de franchir une « ligne rouge », c’est-à-dire appeler à voter pour l’union de la gauche, le Front Populaire. D’habitude, l’organisation se contente d’appeler à voter tout court. « Il ne s’agit pas de faire seulement barrage au RN, mais aussi de ne laisser aucune chance à Macron qui est le marchepied du RN », justifie Youlie Yamamoto.

Le mouvement Riposte Alimentaire a lancé le même appel au vote pour la gauche. Idem du côté de la Voie est libre, le collectif qui lutte contre l’A69 : « Nous dénonçons le cynisme du chef de l’État, qui a servi de marchepied aux idées fascistes qui menacent le pays, avant de les accompagner aux portes du pouvoir, peut-on lire dans leur communiqué. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour soutenir le Nouveau Front Populaire pour qu’enfin la justice sociale et environnementale soit portée au premier plan de la politique du pays ».

Mouiller la chemise

Greenpeace se dit aussi prêt à discuter avec le Front populaire de la façon dont les organisations de la société civile peuvent s’y intégrer. « Il n’y a pas eu une seconde d’hésitation sur le fait qu’il fallait mouiller notre chemise », dit Jean-François Julliard.

FNE doit se décider ce samedi mais déjà, Arnaud Schwartz constate que sa fédération « lors des européennes, avait pris un parti beaucoup plus neutre ». Là, la présidence de FNE a déjà signé des tribunes appelant à l’union de la gauche.

La Confédération paysanne, pour l’instant, appelle à rejoindre les rassemblements intersyndicaux et ne donne pas de consigne de vote. Les Amis de la Terre non plus, en tout pas clairement. « On appelle à voter en général pour défendre le climat et la justice sociale. C’est notre position historique. Mais notre rôle n’est pas de dire aux gens pour qui ils doivent voter en termes de partis », explique à Reporterre Marie Cohuet, coprésidente de l’organisation.

Chaque organisation qui s’engage, ce sont des forces militantes susceptibles de tracter, afficher, faire du porte à porte, manifester, convaincre… Dans un contexte où les partis politiques sont affaiblis. Mobiliser de façon joyeuse et créative est l’un des points forts d’Attac. L’organisation est déjà en train de préparer des tracts, kits de mobilisation, des affiches, des autocollants, « et une nouvelle chanson de soutien au Front populaire », liste Youlie Yamamoto.

« On peut créer des territoires en résistance plutôt que d’aller vers le fascisme »

Riposte Alimentaire assume de « se mettre en retrait », nous explique Till, et met ses forces vives au service de la cause commune, pour du tractage par exemple. Même analyse chez XR. « On va se rapprocher des organisations déjà implantées dans les milieux ruraux et les quartiers populaires, car ce n’est pas nous qui allons inventer les argumentaires pour expliquer que le RN n’est pas la solution pour les classes populaires. »

Les luttes locales ont un rôle particulier à jouer, rappelle Chloé Gerbier. « Car le constat est clair : ce n’est pas dans les métropoles, qui ne votent pas pour le RN, que ce scrutin va se jouer, mais dans les territoires », analyse la militante de Terres de Luttes. Pour elle, « le déni de démocratie est un moteur vers le RN. C’est aussi un sentiment que les collectifs en lutte expérimentent à chaque projet imposé mais ils ont su le transformer en alternative politique, en construction collective. Ils montrent que l’on peut créer des territoires en résistance plutôt que d’aller vers le fascisme. »

Le réseau des écolos des campagnes s’est donc lui aussi mis en branle. La Confédération paysanne entend « s’adresser aux agriculteurs, monter que l’extrême droite est globalement favorable aux accords de libre-échange », dit sa porte-parole Laurence Marandola. « Il y a un vrai enjeu à mobiliser en milieu rural », estime Romane, du collectif Résistance aux fermes usines. « Je vis en centre Bretagne, en milieu très rural, autour de chez nous ça vote RN à fond. On a fait le choix d’essayer de mobiliser principalement les personnes qui ne votent pas, car en trois semaines on n’a pas le temps d’aller chercher ceux qui votent RN. »

Cibler les abstentionnistes

Cette stratégie de cibler les abstentionnistes est aussi celle qu’a choisi Riposte Alimentaire. « On est en train de cartographier les zones les plus pertinentes, il y a des territoires avec 70 % d’abstention », rapporte Till.

D’autres entendent mener la bataille des idées. « Dans un scénario du meilleur, si la gauche l’emporte, on pourrait enfin obtenir un moratoire sur les mégabassines », dit Julien Le Guet, porte-parole du mouvement Bassines non-merci. Il va pousser pour que la mesure soit reprise par les candidats du Front populaire.

La Déroute des routes, qui elle rassemble les collectifs luttant contre des projets routiers, compte aussi peser sur les programmes, explique sa porte-parole Énora. « On veut montrer que les infrastructures routières soutiennent plus l’économie de marché que les territoires. Treize millions de personnes sont dans une situation de précarité vis-à-vis de la mobilité, cela nourrit un sentiment d’abandon qui profite au RN », explique-t-elle.

Opposer un horizon désirable

À cet abattement, il faut donc opposer un horizon désirable. Des discussions sont aussi en cours pour lancer une liste de propositions pour « changer la vie des gens », dit Youlie Yamamoto. En trois semaines, le monde militant se retrouve à devoir mener une bataille qu’il imaginait pour dans trois ans.

Julien Le Guet est inquiet. « Mardi soir, à Niort, nous étions un millier de manifestants contre l’extrême-droite devant la préfecture, et il y avait autant de gens dehors en terrasse qui nous regardaient », déplore-t-il. Youlie Yamamoto, elle, préfère partir « l’esprit combatif et optimiste. La gauche peut gagner », insiste-t-elle.

Émilie Massemin, Marie Astier 15 juin 2024

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16 juin 2024 ~ 0 Commentaire

Elevages Intensifs (Reporterre)

Un nouveau décret facilite la vie aux élevages intensifs

Un nouveau décret facilite la vie aux élevages intensifs

Pendant que le pays repart précipitamment en campagne, le gouvernement continue d’expédier les affaires courantes. Notamment le ministère de l’Agriculture. Ainsi le 10 juin dernier a bien été publié un décret, promis lors de la crise agricole, qui facilite la vie aux élevages intensifs.

Sa principale mesure relève les seuils à partir desquels une installation est obligée de passer par une évaluation environnementale. Celle-ci prévoit notamment un rapport sur les conséquences écologiques du projet et une consultation du public.

Auparavant, le seuil pour les élevages de volailles était à 40 000 animaux. Il est plus que doublé, à 85 000 poulets.

La limite passe de 2 000 à 3 000 pour les porcs et de 750 à 900 pour les truies.

En dessous de ces chiffres, les élevages seront soumis au « cas par cas » : c’est le préfet qui décidera si l’élevage doit être soumis à la procédure d’autorisation environnementale, ou pas. « Il ne la demande quasiment jamais, affirmait déjà à Reporterre Romain Écorchard, juriste à France Nature environnement (FNE), en mars dernier. L’augmentation est énorme, les seuils étaient déjà pourtant très hauts. »

La vie est aussi facilitée aux projets de stockage de CO2 et aux aménagements fonciers agricoles et forestiers (en pratique, ce sont les regroupements de parcelles, autrefois appelés remembrement).

Le décret avait pourtant reçu, lors de la consultation publique en ligne, 14 861 avis défavorables (99,87 %) contre seulement 20 favorables. Sur cette base, le Commissariat général au développement durable avait émis un avis défavorable.

« Rehausser les seuils signifie faciliter l’agrandissement en supprimant les dispositifs de contrôle démocratique et scientifique », déplore l’association Agir pour l’Environnement.

Pour elle, le gouvernement « choisit d’accélérer dans le mur en poursuivant l’industrialisation de l’élevage français au détriment de la paysannerie, de l’aménagement du territoire, des milieux aquatiques, du climat, de la santé animale et de la qualité de l’air ».

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15 juin 2024 ~ 0 Commentaire

ANC (A l’Encontre)

ANC (A l'Encontre) dans Altermondialisme AdSparlement24

Le déclin électoral du «glorieux» ANC et le gouvernement d’«unité nationale»

Par Gunnett Kaaf

L’Afrique du Sud traverse une profonde crise politique et sociale. La défaite retentissante du Congrès national africain (ANC) lors des élections générales du 29 mai – où l’ancien parti de Nelson Mandela n’a obtenu que 40% des voix et a perdu 17 points par rapport à 2019 – a reflété le fort rejet par les électeurs et les électrices de la formation politique qui a dominé le pays depuis la chute de l’apartheid et l’appel aux premières élections multiraciales en 1994.

Au cours de son mandat, l’ANC a promu un modèle de développement économique néolibéral qui s’est traduit par des taux de chômage élevés, une pauvreté de masse, des inégalités massives de revenus et de richesses, un sous-développement rural et urbain et une mauvaise qualité et administration des services publics de base par l’Etat.

Cette situation a été aggravée par une corruption généralisée de l’Etat qui a entraîné une perte de confiance dans les institutions publiques. Cependant, l’ANC a conservé de fortes majorités électorales, ce qui a maintenant changé. Pour les élections de 2024, il était envisagé que l’ANC tomberait au-dessous de la barre des 50%. Il y a là un trait dominant révélé par ces élections, car leur résultat implique une rupture par rapport aux 30 ans de domination de l’ANC dans le domaine de la politique électorale, ce depuis la fin officielle de l’apartheid en 1994.

La plupart des sondages donnaient à l’ANC un score de 45%, donc en baisse. Cependant, on s’attendait généralement à ce que l’ANC obtienne entre 45% et 50%, un chiffre qui lui permettrait de former un gouvernement de coalition en forgeant des alliances avec des partis plus petits [de droite et de gauche]. Mais cela ne s’est finalement pas produit et le système politique sud-africain s’est dès lors engagé sur une voie incertaine.

Une autre grande surprise de ces élections a été le résultat spectaculaire du parti uMkhonto weSizwe [Lance de la nation] (MK), dirigé par l’ancien président Jacob Zuma, six mois seulement après sa création. MK a obtenu 14,58% des voix au niveau national et 45% dans la deuxième province du pays, le Kwazulu-Natal, qui abrite 20% de la population sud-africaine.

L’ascension de MK s’est faite aux dépens de l’ANC, les deux partis partageant la même base électorale. MK est, à proprement parler, une scission de l’ANC. Son chef, Jacob Zuma, qui a présidé l’Afrique du Sud de 2009 à 2018 et l’ANC lui-même, jouit toujours d’une grande popularité auprès de nombreux membres et partisans de son ancienne force politique (l’ANC), malgré ses positions conservatrices et ses scandales de corruption.

La domination incontestée de l’ANC

Les premières élections démocratiques, organisées en avril 1994, ont marqué la victoire de la lutte de libération nationale sur le régime d’apartheid. Dirigé par Nelson Mandela, l’ANC a triomphé lors des élections avec un score écrasant de 62% des voix et a obtenu le mandat de conduire le peuple vers la «terre promise» d’une Afrique du Sud véritablement libérée, avec «une vie meilleure pour tous». L’ANC a été perçu et a revendiqué pour lui-même le rôle de parti exclusif dans la lutte pour la libération nationale de la majorité noire, car les autres organisations qui ont combattu l’apartheid ont été gravement affaiblies [entre autres, par la répression] et n’ont jamais réussi à se rétablir.

Des années 1980 au début des années 1990, l’ANC a réussi à s’insérer et à s’allier aux principaux mouvements de masse du bloc historique anti-apartheid, alors organisé autour du Front démocratique uni [United Democratic Front, 1983-1991, ayant initialement une base syndicale dès le début des années 1970 et une base dans les quartiers comme Soweto dès 1976] qui comprenait des dizaines de mouvements de résistance et de la société civile (jeunesse, étudiants, civiques, syndicaux, féminins, ecclésiastiques, sportifs, etc.) Pendant 15 à 20 ans, l’ANC a bénéficié d’un soutien important, issu de la légitimité de la lutte anti-apartheid. Cela a rendu difficile toute forme d’opposition extérieure au parti.

Les mouvements de masse alliés à l’ANC étaient autonomes et contestaient souvent la direction du parti. Par exemple, le Congrès des syndicats sud-africains [Congress of South African Trade Unions-COSATU, créé en 1965] a vivement contesté la stratégie macroéconomique connue sous le nom de GEAR (Growth, Employment and Redistribution), qui a consolidé la restructuration néolibérale à partir de 1994.

Après les cinq premières années de gouvernement, l’ANC a réussi à coopter un nombre considérable de dirigeants des mouvements de masse pour leur confier des postes au sein du gouvernement et des entreprises d’Etat, par le biais de programmes de discrimination positive et de la politique connue sous le nom de «black political empowerment» (autonomisation / responsabilisation politique des Noirs).

Les mouvements civiques et sociaux, regroupés au sein de la South African National Civic Organisation (SANCO), ont cessé d’être indépendants et ont rejoint l’alliance dirigée par l’ANC avec le Parti communiste et le Congrès des syndicats sud-africains. Une fois que les dirigeants des mouvements de masse ont été cooptés par l’ANC et ont perdu leur autonomie, ils ont fini par tomber dans le giron du parti au pouvoir, ce qui a conduit à la dissolution du bloc historique anti-apartheid au début des années 2000.

La légitimité de l’ANC a commencé à s’éroder sérieusement à mesure que la crise néolibérale, qui associait des résultats médiocres en matière de développement à une corruption généralisée au sein de l’Etat, atteignait sa maturité. Au début des années 2000, la transformation de l’ANC d’un mouvement de libération nationale de gauche en un parti néolibéral centriste, de facto, était déjà clairement visible.

A partir de 2009, lorsque Jacob Zuma a accédé à la présidence, le déclin électoral de l’ANC a commencé à être irréversible, bien que Zuma ait conservé un soutien important dans certains milieux. Le parti est passé de 69,69% des voix en 2004 à 65,90% en 2009. Et de 62,10% en 2014 à 57,50% en 2019. Un déclin lent mais constant, jusqu’en 2024, où cette baisse a été de 17 points de pourcentage, ce qui a remis en question les images d’autosatisfaction de l’ANC en tant que «glorieux mouvement» de libération nationale.

Un renouveau cosmétique

Depuis le départ anticipé de Jacob Zuma de la présidence début 2018, empêtré dans diverses affaires de corruption, le parti a annoncé qu’il développerait un processus de renouvellement. Ce processus, qui devait consister dans la lutte contre la corruption et un nouveau modèle économique – incluant la restructuration de la banque centrale, la réforme agraire et la redistribution des richesses et des revenus au profit de la majorité noire pauvre – ne s’est jamais concrétisé.

Face à la réticence du parti à développer un véritable renouveau, son discrédit n’a cessé de croître. Sans Zuma comme bouc émissaire, la corruption est devenue de plus en plus injustifiable et les faits ont commencé à être révélés sans relâche.

Le ministre des Sports et de la Culture [Zizi Kodwa] a été arrêté le 5 juin, une semaine seulement après les dernières élections, accusé d’avoir reçu des pots-de-vin d’une valeur de 1,6 million de rands (89 000 dollars) de la part d’un homme d’affaires ayant reçu des contrats gouvernementaux d’une valeur de 400 millions de rands (22 millions de dollars). Pour ne rien arranger, l’actuel président, Cyril Ramaphosa, dont l’accession au pouvoir s’est appuyée sur une campagne de lutte contre la corruption, fait l’objet de graves soupçons de malversations après qu’il a été découvert qu’il avait dissimulé un vol de plus d’un demi-million de dollars dans sa ferme de Phala Phala. L’origine réelle de l’argent reste inexpliquée.

En novembre 2022, l’ANC a utilisé sa majorité au parlement pour bloquer l’enquête sur l’origine de l’argent volé dans la ferme du président. L’enquête, menée par un groupe indépendant composé de deux juges à la retraite et d’un avocat chevronné, a été interrompue après que la majorité parlementaire de l’ANC a rejeté le rapport compilé par les experts.

Le parti des Combattants pour la liberté économique [Economic Freedom Fighters], associé à la gauche politique, a porté l’affaire devant la Cour constitutionnelle. Si la Cour constitu-tionnelle juge que le Parlement a mal agi dans l’affaire Phala Phala et demande une nouvelle enquête parlementaire, l’actuel gouvernement d’unité nationale pourrait être déstabilisé.

A cela s’ajoute un autre événement extrêmement grave: l’arrestation de la présidente du Parlement et membre éminente de l’ANC, Nosiviwe Mapisa-Nqakula [ministre de la Défense de 2012 à 2021 et présidente de l’Assemblée nationale d’août 2021 au 3 avril 2024], qui fait l’objet d’une enquête dans le cadre d’un scandale de corruption dans lequel elle aurait reçu des pots-de-vin d’un montant total de 25 000 dollars.

Le chômage, les faibles taux de croissance, les faibles niveaux d’investissement, les inégalités, la pauvreté, le fonctionnement désastreux des services publics tels que la santé, l’éducation et le logement, ainsi que la détérioration des infrastructures publiques [eau, électricité…] se sont aggravés depuis l’arrivée au pouvoir de Ramaphosa. Bien qu’il ait promis une transformation économique radicale axée sur l’amélioration des conditions de vie de la population noire, dont la grande majorité vit dans la pauvreté, aucun programme de ce type n’a été mis en place. La politique anti-corruption proclamée et le programme économique transformateur promis, les deux piliers du renouveau de l’ANC, brillent par leur absence.

Crise et montée des forces de droite

La faible participation électorale est l’un des symptômes de l’apathie politique de la population. Traditionnellement, elle se situait autour de 70% – le pic a été de 89% en 1999 – mais en 2019 elle est tombée à 66% et lors des dernières élections à 58%. L’ANC est suivi par l’Alliance démocratique, un parti libéral, avec près de 22% [depuis 2009, la Democratic Alliance gouverne un des neuf Etats, le Western Cape, le troisième en termes de population].

Dans ce contexte, paradoxalement, le parti de l’ancien président Zuma, qui a gagné le soutien de nombreux électeurs de l’ANC, a progressé. La MK tend à être plus forte dans le KwaZulu-Natal [deuxième province la plus peuplée] ainsi que dans le Gauteng [la plus peuplée bien que de superficie réduite] et le Mpumalanga [ancien Eastern Transvaal, ], deux provinces importantes dans lesquelles prédomine l’ethnie zouloue.

Cette situation s’explique par la forte prévalence de l’identité, du symbolisme et du nationalisme zoulous dans le discours de Zuma. Toutefois, le facteur décisif du résultat électoral specta-culaire de MK est la popularité de Zuma lui-même parmi une partie de la base électorale de l’ANC. Ainsi, la chute de l’ANC de 54% à 16,99% au KwaZulu-Natal ne peut être attribuée qu’à l’ascension spectaculaire de MK, qui a obtenu 45% dans la même province.

Bien que le MK se présente comme un parti de gauche, il déclare ouvertement dans son manifeste son soutien aux idées conservatrices. Celles-ci consistent notamment à donner plus de pouvoir constitutionnel aux chefs traditionnels (largement reconnus comme n’ayant pas de comptes à rendre) et même à subordonner les dirigeants politiques à ces chefs ethniques.

Dans le même temps, le MK affirme qu’il abolira les freins et contrepoids de l’ordre constitutionnel actuel et le remplacera par un ordre non contrôlé de suprématie parlementaire dans lequel «la majorité» gouvernera sans retenue. Il a également préconisé le rétablissement de l’appel militaire de l’époque de l’apartheid pour «inculquer la discipline» aux jeunes.

Un autre parti en pleine ascension, l’Alliance patriotique [Patriotic Alliance créé en 2013 par des hommes d’affaires plus que douteux], a remporté 9 sièges à l’Assemblée nationale. L’AP est dirigée par deux anciens détenus qui mobilisent les communautés métisses (représentant 8,2% de la population) avec une idéologie communautariste racialisée combinée à un ferment brut de xénophobie qui appelle ouvertement à l’expulsion de tous les étrangers [issus des pays africains voisins], quel que soit leur statut légal.

Vers un gouvernement d’«unité nationale»

Maintenant que l’ANC n’a obtenu que 40% des voix, sa capacité à former un gouvernement est remise en cause. Avec 45%, il aurait pu former un gouvernement rapidement, avec le soutien des petits partis, mais les résultats obligent l’ANC à entamer des négociations avec les autres grands partis.

Les trois organisations les plus importantes du pays, outre l’ANC, sont l’Alliance démocratique libérale, les Combattants pour la liberté économique, issus de l’ANC et associés à la gauche anticapitaliste et au nationalisme noir radical, et le MK de Jacob Zuma. Le fait que les idéologies de ces partis soient si différentes les unes des autres complique les négociations en vue de la formation éventuelle d’un gouvernement de coalition [voir note 1].

L’Alliance démocratique, l’un des partis avec lesquels l’ANC doit discuter, est un parti qui promeut l’austérité budgétaire et monétaire ainsi qu’une vaste politique de privatisation et rejette des politiques telles que la discrimination positive.

La base sociale de l’Alliance démocratique, dirigée par John Steenhuisen, est très majoritairement blanche, un secteur qui ne représente que 7,3% de la population mais qui, trente ans après la chute officielle de l’apartheid, reste le groupe racial le plus privilégié et le plus puissant économiquement et socialement, en raison de l’absence de mise en œuvre de mesures de transformation sociale visant à corriger les déséquilibres du passé.

L’option d’une coalition avec ce parti a été rejetée par la base et l’aile gauche de l’ANC, ainsi que par le Parti communiste [influent dans l’ANC] et le Congrès des syndicats sud-africains (COSATU). Cependant, c’est l’option préférée de l’establishment de l’ANC. Un accord pour former un gouvernement d’unité nationale avec l’Alliance démocratique et les petits partis a déjà été annoncé au moment où nous écrivons [1].

(Article publié par NUSO, juin 2024; traduction rédaction A l’Encontre)

https://alencontre.org/

Gunnett Kaaf a fait des études d’économie politique et d’histoire. Il réside à Bloemfontein. Est coauteur de Destroying Democracy. Neoliberal capitalism and the rise of authoritarian politics, 2021.

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13 juin 2024 ~ 0 Commentaire

Gaza-Brest (FR 3)

Le Handala, navire humanitaire, à destination de Gaza, en escale à Brest.
Le Handala, navire humanitaire, à destination de Gaza, en escale à Brest. • © France Télévisions

« Spécialement dédié aux enfants », escale à Brest pour un navire humanitaire en route pour Gaza

Un des navires de la « Flottille de la liberté pour Gaza », une ONG humanitaire internationale transportant de l’aide à destination de l’enclave palestinienne, est en escale à Brest. Ce bateau, le Handala, entend obtenir un cessez-le-feu et mettre fin au blocus à Gaza.

« Nous espérons que dans quelques semaines, les bateaux en Turquie seront prêts à partir et à nous rejoindre en Méditerranée, et que nous nous dirigerons tous ensemble vers Gaza, explique Fellipe Lopes, coordinateur média sur le Handala. Nous sommes convaincus que nous réussirons à ébranler le blocus illégal de Gaza, et que nous briserons le siège de Gaza. » Le navire, un ancien bateau de pêche d’une vingtaine de mètres, qui bat pavillon norvégien, fait partie de la Flottille pour la liberté à Gaza et avec trois navires humanitaires coincés en Turquie depuis le mois d’avril, il espère rejoindre la Palestine d’ici à quelques semaines.

Accueilli par un collectif brestois de soutien à la Palestine

Le bateau, le Handala, qui porte le nom d’un célèbre dessin palestinien, a fait son entrée dans le port du château à Brest, accueilli par un collectif de soutien à La Palestine. Collectif, dont fait partie Jean-Paul Hellequin, représentant des marins (CGT Marins), qui a tout de suite sympathisé avec l’un des équipiers : « Pour moi, aujourd’hui, c’est une très belle rencontre, parce que c’est quelqu’un de courageux, sourit-il. D’abord, c’est un marin comme moi, et puis il faut s’imaginer tout ce qu’ils vont affronter pour aller jusqu’à Gaza. Ce n’est pas facile le périple qu’ils ont choisi donc voilà, nous sommes devenus potes en quelques secondes. »

Appel au Cessez-le-feu

Le navire humanitaire transporte des vêtements, des médicaments et de la nourriture, ainsi qu’une douzaine de membres d’équipages de sept nationalités. « Ce bateau a pour rôle, partout où il s’arrête, de dire non, on ne veut plus ça !, indique Claude Léostic, Présidente de France-Palestine Solidarité à Brest, Citoyens du monde, on veut que le droit soit rétabli, que la justice soit enfin donnée aux Palestiniens, et donc on navigue, on traverse les mers pour faire savoir à la fois notre mécontentement, mais notre engagement pour la liberté. » Un navire, dont l’objectif est donc surtout d’appeler au cessez-le-feu à Gaza et de dénoncer le bain de sang en cours.

« Ce bateau est spécialement dédié aux enfants de Gaza »

« Ce bateau est spécialement dédié aux enfants de Gaza », fait valoir Aoife Ní Mhurchu, matelot et infirmière irlandaise, âgée de 48 ans, qui a jugé « inconcevable » la situation du peuple palestinien « privé d’accès aux soins médicaux » en plein conflit. « J’ai travaillé dans de nombreuses zones de guerre différentes au fil des ans, avec Médecins sans frontières (MSF), et, même au plus fort de ces conflits, les gens avaient accès aux soins médicaux », a-t-elle ajouté. En Irlande, « nous ressentons un fort sentiment de solidarité avec le peuple palestinien », a-t-elle poursuivi, car « nous avons l’expérience très personnelle d’avoir été occupés, colonisés et opprimés pendant 800 ans ».

Une arrivée à Gaza annoncée au mois d’août

Le Handala a quitté la Norvège début mai, puis fait escale à Malmö (Suède) durant le concours de l’Eurovision, avant de s’arrêter au Danemark, en Allemagne, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Irlande. « L’accueil a été incroyable », a assuré Fellipe Lopes, selon lequel dans chaque pays, il s’agit pour eux de « sensibiliser » à propos de la situation en Palestine. Après une escale à La Rochelle (Charente-Maritime), le navire doit encore s’arrêter en Espagne, au Portugal, en Italie et à Malte, avant de se diriger vers Gaza au mois d’août.

Pendant son séjour à Brest, le bateau accueillera plusieurs manifestations dont ce jeudi soir une conférence donnée par un médecin humanitaire de retour de Gaza.

(Avec Manon Le Charpentier) Écrit par Krystel Veillard 13/06/2024

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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