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15 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Hezbollah (Joseph Daher)

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Le Hezbollah

Un fondamentalisme religieux à l’épreuve du néolibéralisme 

Au Moyen-Orient, le Hezbollah libanais apparaît comme un acteur politique et militaire incontournable tant sur la scène libanaise que régionale.
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Au Liban, il est, depuis plusieurs années, de tous les gouvernements et a acquis des fortes positions de pouvoir.
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En Irak et surtout en Syrie, ses détachements armés en lutte contre l’État islamique et en soutien au régime d’Assad ont acquis un poids militaire digne d’une véritable armée.
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Né au début des années 1980 comme l’expression politique des couches chiites libanaises les plus pauvres et marginalisées, victimes d’un système politique confessionnel discriminant, le Hezbollah s’est imposé comme le principal (avec aussi le mouvement « Amal ») représentant d’une communauté chiite en expansion qui a connu depuis de profondes transformations sociales avec l’apparition d’une couche bourgeoise qui s’est développée notamment dans la diaspora libanaise dans les pays du Golfe et en Afrique.
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Ces évolutions sociales n’ont pas été sans conséquences sur la physionomie du mouvement islamique qui s’est adapté au système dominant libanais et accompagne désormais activement les politiques néolibérales en cours au Liban, au risque de fortes contradictions avec sa base sociale d’origine.
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Parmi l’ensemble des organisations islamiques prépondérantes sur les différentes scènes de la région, le ­Hezbollah­ présente de nombreux attributs qui sont communs à ces nouveaux acteurs politiques. Son étude permet donc, au-delà de son cas spécifique, de mieux appréhender la nature particulière des mouvements islamiques.
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L’auteur se refuse à réduire ces mouvements à leur nature religieuse ou de céder à un orientalisme hasardeux. Dans le cas du Hezbollah, il nous propose d’appréhender son développement dans le cadre des transformations sociales et économiques du Liban, notamment de celles de la communauté chiite libanaise.
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Aussi successivement, l’ouvrage, après une courte introduction à l’histoire du Liban, analyse l’émergence du Hezbollah dans le cadre du système confessionnel libanais et sa mutation sociale et politique.
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Il examine ensuite les relations du mouvement islamique à la société civile libanaise et plus particulièrement son opposition aux mouvements sociaux et au mouvement syndical.
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Enfin, il traite du développement de son appareil militaire et de sa politique étrangère, notamment à l’égard des printemps arabes et du soulèvement syrien.
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Au terme d’un séjour d’un an au Liban où il a rencontré les principaux acteurs politiques et sociaux du pays, l’auteur nous propose une étude documentée et sans concession. Son ouvrage est issu de son doctorat sur le Hezbollah de la «School of Oriental and African Studies» (SOAS) de l’Université de Londres…
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Joseph Daher est universitaire et militant anticapitaliste internationaliste. Il enseigne à l’Université de Lausanne et à l’Université de Gand. Il est l’auteur de Le Hezbollah. Un fondamentalisme religieux à l’épreuve du néolibéralisme (Syllepse, 2019) ; Syrie : le martyre d’une révolution (Syllepse, 2022) ; La question palestinienne et le marxisme (La Brèche, 2024). Il est le fondateur du blog Syria Freedom Forever.
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Joseph Daher
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Note:
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Joseph Daher est un camarade syrien vivant en Suisse.
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Gaza : un génocide en cours

Gaza : un génocide en cours

Syrie : le martyre d'une révolution

Syrie : le martyre d’une révolution

Le Monde Diplomatique:

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Joseph Daher se démarque des analyses fondées sur l’idéologie des « mouvements politiques islamiques » en adoptant une grille de compréhension « matérialiste et historique ». il montre comment le Hezbollah est traversé par de multiples contradictions liées à son intégration dans le système politique confessionnel libanais. Derrière les « objectifs déclarés de justice sociale », le parti chiite soutient, à travers ses participations gouvernementales, des « mesures néolibérales telles que la dérégulation, les privatisations et le développement du secteur privé ». Son ambivalence au sujet de la justice sociale apparaît aussi dans sa position envers le principal syndicat, dont il a neutralisé les revendications trans-confessionnelles, ou dans le changement du profil sociologique de ses cadres, désormais issus des classes supérieures. Contradiction, encore, l’hostilité qu’il a montrée, dès la fin 2013, à l’égard des soulèvements populaires dans la région.

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Nicolas Appelt

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14 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Morlaix/Rennes

morzz

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13 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Grenade 1983 (Red Planeta/Left Voice / Jacobin)

Combat Soldiers Arrest Prisoners

Ce jour là en 1979

Le Mouvement New Jewel (Nouvelle Initiative Conjointe pour le Bien-être, l’Éducation et la Libération), dirigé par Maurice Bishop, a renversé le régime d’Éric Gairy à Grenade et a déclenché la révolution grenadienne.

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L’île caribéenne de Grenade était une colonie du Royaume-Uni depuis le traité de Paris de 1783, date à laquelle la France l’avait cédée aux Britanniques. Ce n’est qu’en 1974 que Grenade a accédé à l’indépendance et s’est proclamée État souverain, avec Éric Gairy, du Parti travailliste, à sa tête.

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L’indépendance de Grenade a plongé le pays dans une période d’instabilité politique que le Parti travailliste n’a pas réussi à apaiser ni à neutraliser. Face au manque de soutien des bureaucrates travaillistes, les Grenadiens se tournèrent vers les idées socialistes de l’avocat grenadien Maurice Bishop.

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Dès 1973, Bishop s’efforça d’organiser les masses laborieuses de Grenade au sein du mouvement New Jewel, un mouvement marxiste-léniniste proche du Black Panther Party américain. Déçus par les promesses illusoires du leader travailliste Eric Gairy, les citoyens grenadiens, organisés par New Jewel et menés par Bishop, profitèrent du départ de Gairy à l’étranger pour déclencher une révolution à Grenade.

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Les militants de New Jewel parvinrent à prendre le pouvoir et entamèrent la construction du socialisme grenadien. Maurice Bishop devint ainsi Premier ministre de Grenade et prit ses distances avec l’influence capitaliste américaine, se rapprochant du socialisme cubain. L’aspiration du peuple grenadien à la paix et au socialisme s’évanouit sous l’effet de l’ingérence américaine. Craignant l’émergence d’une autre Cuba dans les Caraïbes, les Américains lancèrent l’« Opération Fureur Urgente » pour prendre le contrôle de l’île et anéantir les rêves d’émancipation des Grenadiens.

Red Planeta

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Wikipedia

Grenade 1983

Left Voice

Jacobin

 

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13 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Crozon (OF)

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Une conférence sur les Kabyles détenus à Quélern

Marcel Burel va retracer une page de l’histoire de la commune de Roscanvel, celle de la détention des chefs kabyles dans le réduit de Quélern. En 1871, en l’absence des troupes rappelées à Paris pour écraser la commune, les tribus kabyles se révoltent, notamment pour protester contre la spoliation de leurs terres.

Après quelques succès, elles sont défaites et leurs chefs jugés et condamnés par le tribunal de Constantine. Marcel Burel va préciser qui étaient ces tribus kabyles, leurs conditions de détention, leur comportement et comment ils vécurent l’éloignement avec leurs pays.

La conférence se terminera par un film de cinq minutes consacré à leur histoire, tourné à Roscanvel. Entrée libre, participation au chapeau. Causeries suivies d’un pot de l’amitié.

Vendredi et samedi 20 h 30

Maison des trois métiers 13, rue Alsace-Lorraine.

https://quimper.maville.com/

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13 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Connolly Brigade

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Les volontaires irlandais qui ont combattu Franco
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Lorsque la guerre civile espagnole éclata en 1936, elle prit rapidement une dimension bien plus large que le seul conflit espagnol.
Partout en Europe, on considérait qu’elle symbolisait une lutte plus vaste entre le fascisme et la démocratie.
Parmi ceux qui se rendirent en Espagne figuraient environ 250 volontaires irlandais qui rejoignirent les Brigades Internationales
pour combattre les forces de Francisco Franco.
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Nombre de ces hommes étaient des syndicalistes, des républicains et des militants politiques convaincus que le fascisme se
propageait à travers l’Europe.
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Ils voyaient dans la guerre d’Espagne un avertissement de ce qui pourrait se produire ailleurs si l’on ne résistait pas.
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L’un des volontaires irlandais les plus connus était Frank Ryan. Ryan et ses camarades étaient persuadés de se battre non seulement pour l’Espagne, mais aussi pour l’avenir de l’Europe. Les risques étaient énormes. Les volontaires irlandais durent affronter des conditions brutales sur le champ de bataille, un équipement rudimentaire et des combats acharnés. Certains furent tués lors de batailles majeures comme Jarama et Brunete, tandis que d’autres furent faits prisonniers ou contraints de fuir lors de l’effondrement des forces républicaines.
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À la fin de la guerre, nombre de ceux qui rentrèrent en Irlande ne furent guère reconnus pour leurs actes. Leur rôle dans le conflit demeura
controversé pendant des décennies. Pourtant, leur histoire soulève une question importante sur le courage, l’idéologie et la solidarité internationale.
o duffy
Commentaire:
Des « fachos » irlandais iront aussi en Espagne, les « Chemises Bleues » de O’Duffy:

« En dépit de la déclaration du gouvernement irlandais que la participation dans cette guerre est illégale, sept cents hommes s’y rendent.Mené par O’Duffy et des officiers irlandais, le contingent irlandais refuse de lutter contre l’Eusko Gudarostea basque, les galiciens ou les séparatistes catalans, voyant un parallèle avec leur récente lutte. Ils considèrent qu’ils vont combattre le communisme, plutôt que défendre l’intégrité territoriale de l’Espagne. Les hommes d’O'Duffy décident de retourner en Irlande après s’être fait accidentellement tirer dessus par une autre unité militaire nationaliste.En réaction à l’action des fascistes irlandais, environ deux cent cinquante irlandais partent à leur tour lutter dans le camp adverse aux côtés des républicains. Ce contingent est appelé la colonne Connolly.

Dans la guerre entre le Mexique et les USA:

San Patrick Battalion

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13 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Dépendance (Basta)

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La guerre rappelle

La fragilité du modèle agricole dominant

La France importe plus de 80 % de ses engrais, dont les prix s’envolent. La fermeture du détroit d’Ormuz souligne l’urgence à sortir d’un modèle agricole accro aux énergies fossiles. D’autres voies existent, à rebours des orientations du gouvernement.

Certaines régions agricoles sont plus dépendantes aux engrais de synthèse, particulièrement celles en grandes cultures, comme les Hauts de France. Or, la France importe plus de 80 % de ses engrais.

Ces hausses brutales des prix du gazole agricole ont été observées un peu partout dans l’Hexagone ces derniers jours. L’inquiétude gagne le monde agricole car le gazole représente entre 5 à 10 % des charges des exploitations. Les regards sont aussi rivés sur les engrais, dont les prix s’envolent, alors qu’ils constituent de 10 à 20 % des charges.

La cause de ces hausses ? La fermeture par l’Iran du détroit d’Ormuz depuis le 28 février, en réponse aux attaques des États-Unis et d’Israël. C’est par ce détroit, situé au large de la côte sud de l’Iran, que circulent bon nombre de marchandises, ainsi qu’un cinquième du pétrole brut et du gaz transportés dans le monde par voie maritime. La guerre au Moyen-Orient vient ainsi rappeler les fragilités du système alimentaire mondial, dépendant des énergies fossiles.

Dépendance au pétrole et au gaz

Les engrais de synthèse constituent une préoccupation majeure. Entre un quart et un tiers du commerce mondial des matières premières utilisées dans la fabrication des engrais transite par ce détroit, souligne le quotidien britannique The Guardian. C’est notamment le cas de l’ammoniac et de l’azote, deux composants essentiels de nombreux engrais de synthèse.

Le gaz fossile représente également entre 60 % et 80 % du coût de production des engrais azotés. Or, plusieurs usines dans le golfe Persique ont été fermées ces derniers jours. Le Qatar a ainsi fermé Ras Laffan, le plus grand centre industriel de production de GNL (gaz naturel liquéfié) après une attaque de drones.

Le conflit actuel pourrait aussi avoir un impact énorme sur la production d’urée – l’un des engrais les plus plébiscités au monde – qui se fait avant tout à l’aide de gaz naturel, abondant dans les pays du Golfe. L’Iran est le quatrième exportateur mondial d’urée. Et, comme plus d’un tiers (35 %) des exportations mondiales d’urée transitent par le détroit d’Ormuz, le prix de ces engrais est passé de 505 à 580 euros la tonne depuis fin février.

Sortir de la dépendance aux engrais chimiques

Le modèle agricole dominant est un colosse aux pieds d’argile. Environ la moitié de la production alimentaire mondiale dépend de l’azote synthétique. Sans ces engrais, les rendements chuteraient fortement, souligne The Guardian. « Les pénuries qui en résulteraient feraient grimper les prix des produits de base, tels que le pain, les pâtes et les pommes de terre, et rendraient l’alimentation animale plus coûteuse », ajoute le quotidien britannique.

La sécurité alimentaire de la France est « à la merci des aléas mondiaux », alertait déjà l’organisation Les Amis de la Terre, dans un document publié en novembre 2023. La France importe plus de 80 % de ses engrais, constate aussi le gouvernement dans un rapport publié en mars 2024.

Une large part de ces engrais provient de pays hors de l’Union européenne. Cela crée une double dépendance, à la fois aux pays tiers et aux énergies fossiles, qui servent à fabriquer les engrais de synthèse. Le rapport du gouvernement observe également que certaines régions agricoles sont plus dépendantes aux engrais de synthèse, particulièrement celles en grandes cultures, comme les Hauts-de-France, où l’élevage tend à disparaître.

Cette situation met en lumière « l’intérêt agronomique de la présence de l’élevage sur un territoire », ajoute ce rapport. Les déjections animales fournissent en effet de la matière organique, sous forme de fumier par exemple, qui constituent une ressource alternative aux engrais de synthèse. Or, ce sont les fermes d’élevage qui peinent le plus à trouver des repreneurs en France.

D’autres pratiques agricoles possibles

Bonne nouvelle : sortir l’agriculture de la dépendance aux engrais de synthèse est possible. L’agriculture biologique parvient précisément à se passer complètement des engrais chimiques – c’est d’ailleurs l’un de ses fondements.

De nombreuses études montrent qu’il est possible de nourrir l’Europe en quantité suffisante sans recours aux engrais chimiques, comme cet article de la revue scientifique Nature en 2017, le scénario « Ten Years For Agroecology in Europe » (Dix ans pour l’agroécologie en Europe) de l’Institut du développement durable et des relations internationales en 2018, ou bien encore ces études du CNRS en 2021 et en 2022.

Il s’agit donc, à la fois, de soutenir financièrement l’agriculture biologique (comme c’est déjà le cas pour l’agriculture conventionnelle dépendante des milliards d’euros publics) et, plus largement, les pratiques agricoles qui produisent sans engrais de synthèse, d’accompagner les transitions et de donner envie de s’installer. Car relever le défi d’une véritable souveraineté alimentaire ne pourra se faire dans un contexte de précarité économique et sociale des agricultrices et agriculteurs.

Sophie Chapelle  12 mars 2026

https://basta.media/

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12 mars 2026 ~ 0 Commentaire

ONU (LO)

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PS, PCF, LFI, Ecolos

Une gauche à la rescousse de Macron

À propos de la guerre contre l’Iran, « la gauche arrive à se retrouver sur des positions communes », se félicitait le journal L’Humanité du 4 mars. Sans dire que cette position commune consiste à soutenir la guerre tout en faisant croire qu’on la critique.

Le Parti socialiste a bien critiqué les bombardements américains sur l’Iran, de même que le PCF et LFI. Ces derniers ont même osé dénoncer Trump qui cherche « à prendre la main sur le pétrole pour en priver la Chine » (Roussel), à « couper la route qui alimente en pétrole, notamment la Chine » (Mélenchon).

Mais une fois cela dit – ce qui ne coûte pas cher tant qu’il ne s’agit pas des intérêts impérialistes français – ils ont repris leurs habits de politiciens responsables. La seule véritable critique consiste à dire, comme Mélenchon, que cette guerre est « illégale ». C’est en substance reprocher à Trump et Netanyahou de ne pas l’avoir décidée dans le cadre de l’ONU. Placer la critique sur ce terrain, c’est s’en remettre à un droit international qui protègerait les peuples. On est très loin de la dénonciation de la domination des grandes puissances !

L’ONU, présentée à gauche comme l’incarnation du droit international, a été créée par les grandes puissances elles- mêmes, et a servi à justifier bien des interventions contre les peuples. Quand ses résolutions pouvaient leur être un peu favorables, comme concernant la Palestine, elles n’ont jamais été respectées et cela n’a gêné le sommeil d’aucun dirigeant des pays impérialistes.

L’existence de l’ONU, depuis 1945, n’a jamais empêché les grandes puissances de massacrer comme bon leur semblait, avec ou sans sa bénédiction. Les gouvernants français, y compris de gauche, qui ont mené les guerres coloniales à Madagascar, en Indochine, en Algérie, au Cameroun, l’ont fait sans l’autorisation de l’ONU, qui s’est bien gardée de le leur reprocher trop sérieusement.

Concernant les menées militaires de la France, les partis de droite approuvent bien sûr. Mais les partis de gauche passent souvent au soutien ouvert, comme cela a été le cas pour l’envoi du porte-avions Charles- de-Gaulle en Méditerranée. Le Parti socialiste a déclaré que « la protection de nos compatriotes, de nos alliés, le respect de nos engagements vis-à-vis de Chypre, l’intégrité territoriale du Liban ami, doivent être soutenus ».

Quant à LFI, sa représentante Mathilde Panot a réagi à ces mêmes actions militaires en affirmant : « La France a raison d’honorer ses engagements ». Mais derrière ces « engagements », il y a bien la participation à la guerre de Trump. 650 soldats français sont stationnés dans une base militaire française aux Émirats arabes unis et les représentants de cet État se sont réjouis de l’aide française pour l’utilisation des Rafale.

L’impérialisme français intervient au Moyen-Orient car il ne veut pas abandonner ses positions et tient à participer à la curée pour le contrôle des richesses. Du PS et des Écologistes au PCF et à LFI, les partis de gauche le savent très bien, et savent abandonner les fausses critiques pour se montrer comme de possibles gouvernants, responsables à l’égard de bourgeoisie.

Il est vrai que, dans une lettre adressée à Macron, le secrétaire du PS Olivier Faure lui a demandé « de réunir les chefs des partis politiques et des groupes parlementaires ». Il exprime là la véritable préoccupation des représentants de cette gauche : être associés à des décisions militaires que sur le fond ils approuvent.

Jean Sanday 12/03/2026
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12 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Liban (CC)

liban

Liban

D’une guerre coloniale à l’autre et du droit de résister

Dans la nuit du 1er au 2 mars 2026, après quinze mois d’arrêt de ses activités militaires, le Hezbollah a pris la décision de tirer une salve de roquettes vers la Galilée. Aussitôt, l’État israélien est monté en escalade en bombardant le sud du pays ainsi que la banlieue sud de Beyrouth.

Le Hezbollah : un mouvement anticolonial libanais

Sans doute faut-il commencer par établir d’emblée que le Hezbollah n’est pas une « extension de l’Iran », ni un « proxy de l’Iran », de même qu’il ne place pas les « intérêts de l’Iran au-dessus de ceux du Liban ».

Cette idée martelée aussi bien par des journalistes que des politistes et autres commentateurs est non seulement erronée mais elle a une fonction politique spécifique. Au Liban, elle est brandie par les adversaires du Hezbollah, des partis d’extrême droite qu’ils aient ou non tentés de se racheter une légitimité sous les habits du libéralisme, tels que les Forces libanaises de Samir Geagea ou encore le Parti phalangiste des Gemayel, au Courant du futur des Hariri, néolibéraux pro-occidentaux et amis de l’Arabie saoudite, en passant par nombre d’organisations, de figures et de médias pro-occidentaux.

Pour ces courants politiques, le but de ce refrain est simple : il s’agit de délégitimer le Hezbollah en le décrivant comme une formation politique exogène, obéissant à la main de l’étranger et hostile aux intérêts du Liban.

Or, si le Hezbollah a des liens étroits avec la République islamique d’Iran, aussi bien les raisons de son émergence que son agenda politique constant et sa sociologie interne sont ancrés au Liban et tournés vers le Liban, ainsi qu’une littérature l’a amplement documenté[1].

C’est en effet dans le creuset de la lutte contre l’occupation israélienne du Liban en 1982 (qui avait commencé au Sud Liban en 1978) que le Hezbollah trouve ses racines. Des groupes et individus de sensibilités diverses – certains issus d’une scission avec le mouvement chiite Amal, d’autres de la région de la Bekaa majoritairement chiite – s’engagent spontanément dans la résistance à l’invasion israélienne. À cette époque, la résistance a pour acteur moteur la gauche libanaise qui avait fondé le Front de la résistance nationale libanaise (dont l’acronyme en arabe est Jammoul) au moment de l’invasion israélienne de Beyrouth.

Mais Jammoul ne constitue pas un front compact et coordonné ; chacune des formations le composant fonctionne de manière assez autonome avec ses propres ressources et soutiens mis au service de la lutte contre l’occupation.

Aussi bien l’Irak que la Libye et l’Union soviétique, entre autres, fournissaient alors armes et/ou moyens logistiques et financiers aux diverses organisations de gauche. Dans la Bekaa, ces groupes et individus chiites font ainsi appel à l’aide des Gardiens de la révolution arrivés au pouvoir en Iran depuis trois ans.

Ce sont donc des Libanais qui demandent le soutien aux Iraniens pour mener la lutte contre l’invasion israélienne. Leur lien se tisse dans ce sens-là, et dans un objectif clair – libérer le Liban de l’occupation –, loin donc de la fable qui ferait du Hezbollah une création de l’Iran et/ou pour l’Iran. De même que les liens d’alors du Parti communiste libanais (PCL) avec l’Union soviétique ne faisaient pas du PCL un « proxy » au service des intérêts russes, ceux du Hezbollah avec l’Iran n’ont jamais été de type à ôter ou réduire l’agentivité du mouvement chiite libanais.

En 1982, la Résistance islamique au Liban (RIL) voit ainsi le jour. Il s’agit de l’aile militaire de ce qui deviendra le Hezbollah en 1985. Ce point est important : le parti politique arrive après la fondation de la RIL, et son objectif principal est de soutenir et consolider la lutte armée du mouvement contre l’occupation israélienne.

En 1990, à l’issue de l’accord de Taëf, le Liban sort de quinze années de guerre civile. Parce que la Syrie a rejoint la coalition étatsunienne lors de la première guerre du Golfe, une stabilité précaire se dessine au Liban entre tutelle politique syrienne, occupation coloniale israélienne du Sud, résistance à cette occupation et influence économique de l’Arabie saoudite[2].

Dans un contexte mondial transformé, la gauche libanaise est affaiblie ; la droite chrétienne pro-israélienne est quant à elle très diminuée. L’État libanais de la deuxième République proche de la Syrie des Assad se développe en consacrant, d’un côté, une nouvelle ère néolibérale incarnée par l’homme d’affaires Rafik Hariri et, d’un autre côté, en laissant le champ libre au Hezbollah pour mener la lutte anticoloniale dans le Sud. Al-Janoub (le Sud) est alors occupé par l’armée israélienne depuis 1978, et le sera pendant 22 ans.

Tout au long des années 1990, le Hezbollah est officiellement reconnu comme un mouvement de résistance anticoloniale par l’État libanais. S’il n’y a pas de coopération formelle entre l’armée libanaise et la RIL – le Liban ne pouvant assumer d’être en guerre contre Israël en raison de sa faiblesse militaire et de l’équilibre de ses alliances régionales et internationales –, dans les faits, l’armée libanaise, sous le commandement du général Émile Lahoud, est dans un rapport non seulement de cohabitation mais aussi de protection de la Résistance[3].

Du côté du Hezbollah, à la suite de l’assassinat par Israël de son secrétaire général Abbas al-Moussaoui en 1992, Hassan Nasrallah est élu à ce poste. Au fil des années, l’organisation s’accroît et évolue. Le Hezbollah s’impose comme un mouvement anticolonial, nationaliste et islamiste. Son objectif est anticolonial et national, il s’agit d’œuvrer à la libération des terres libanaises occupées ; son cadre idéologique est tout aussi bien islamique – l’islam chiite est un référentiel majeur dans lequel il puise la philosophie et les ressources spirituelles pour la lutte contre l’occupation – qu’adossé à la tradition anticoloniale du 20ème siècle[4].

Très tôt, le Hezbollah clarifie son rapport politique à l’islam : il ne vise pas à bâtir un État islamique au Liban, et il se montre soucieux d’entretenir des rapports amicaux avec toutes les communautés du pays, notamment chrétiennes.

C’est ainsi que la décennie 1990 voit la RIL mener une lutte asymétrique au Sud contre l’armée israélienne. Le Hezbollah ne se mêle alors pas de la vie politique libanaise ; il se consacre entièrement au terrain de la résistance armée. En 2000, l’armée israélienne se retire du Sud, usée par une occupation impossible à tenir du fait de la guérilla menée par le Hezbollah. C’est la Libération. Elle est célébrée comme telle au Liban.

Des milliers de Libanais reprennent alors le chemin du Sud et retrouvent leurs terres, leurs villes et villages. À une époque marquée par l’hégémonie impérialiste étatsunienne, le Hezbollah a montré que la lutte anticoloniale armée est non seulement un droit légitime mais une stratégie pertinente et impérative face à la domination et l’expansionnisme israéliens.

Avec le PCL et quelques autres formations de gauche au Liban, le Hezbollah est ainsi l’une des rares organisations encore actives à avoir concrètement œuvré à la libération du Liban et à la défense de sa souveraineté. Les analyses interrogeant sa « libanité » ou sa « libanisation » sont à cet égard ineptes. Entre le Hezbollah et la République islamique d’Iran prime un rapport de coopération, entretenu par le Hezbollah dans le cadre de son agenda propre au Liban, et certainement pas de subordination du premier au second. (…)

Lire la suiteGhassan Khoury

https://www.contretemps.eu/

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12 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Fukushima (SDN)

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À la veille des 15 ans de la catastrophe de Fukushima

Un pas de plus vers l’indécence avec le sommet mondial sur l’énergie nucléaire

Indécence de la date choisie d’abord : un sommet sur le nucléaire civil la veille de la commémoration de la catastrophe de Fukushima, deuxième accident nucléaire le plus grave après Chornobyl, il fallait y penser.

Indécence à parler de nucléaire « sûr » ensuite. Le sommet qui a lieu aujourd’hui promeut « la vision d’un nucléaire civil de confiance, sûr et pacifique ». Un comble au vu des impacts des catastrophes nucléaires sur tout le vivant.

Les parcs nucléaires sont vieillissants donc de plus en plus dangereux. Il est indécent et irresponsable de parler de nucléaire sûr ou d’énergie d’avenir au vu des catastrophes du passé, des incidents à répétition et de la vulnérabilité face au changement climatique toujours sous estimée (comme à Gravelines où la centrale risque de se retrouver les fondations dans l’eau).

En faisant référence à une énergie « pacifique » dans un contexte où la relance de l’atome civil concorde avec la relance de l’atome militaire, les communicants du gouvernement se livrent à un tour de passe-passe extrêmement malhonnête. Le nucléaire civil et le nucléaire militaire n’ont jamais été décorrélés.

Indécence à faire référence aux « usages pacifiques de l’atome » dans le contexte de guerre internationale et de relance du nucléaire militaire.

Les installations nucléaires ne sont pas à l’abri des dangers que font peser sur les citoyens les guerres et les bombardements : à Zaporijia, la centrale nucléaire est occupée illégalement depuis 4 ans et le début de l’invasion globale du pays par la Russie. Les attaques sur l’Iran font craindre qu’une situation semblable se répète. Tandis qu’en France la relance du nucléaire par le E. Macron questionne, « Pour être libre, il faut être craint » assure le Président.

Or, les ogives françaises qui équipent les sous-marins « de la dissuasion » sont environ 30 fois plus puissantes que les bombes qui ont été utilisées à Hiroshima et Nagasaki. Des bombes d’une telle puissance ne peuvent vraisemblablement viser que des cibles civiles. De qui veut donc être craint E. Macron ?

A l’heure où des centaines de familles pleurent encore leurs disparu.es d’il y a 15 ans au Japon, où des pays entiers vivent sous la menace de frappes nucléaires depuis des mois, le World Nuclear Summit est indécent et anachronique.

Promouvoir une énergie aussi chère, militarisée, centralisée, capitaliste et dangereuse est un scandale alors qu’il existe des solutions durables, locales et sûres. Arrêtons de jouer aux seigneurs de la guerre et stoppons le développement des arsenaux nucléaires qui finiront tôt ou tard par décimer des populations civiles.

Pour un avenir durable, (vraiment) sûr et pacifique pour tous les peuples et toutes les générations misons sur les énergies renouvelables !

10 mars 2026

https://www.sortirdunucleaire.org/

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12 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Fukushima (ODN)

nucleaire

Fukushima

Les français trompés et conditionnés à accepter l’hypothèse d’un accident nucléaire

Lors des commémorations du second « anniversaire » du début de la catastrophe de Fukushima, de nombreuses voix se sont élevées pour évaluer (plus ou moins bien) les conséquences financières d’un accident nucléaire, prétendre que des « enseignements » avaient été tirés pour « améliorer » la supposée sûreté des réacteurs, et surtout affirmer qu’il fallait « se préparer » à une telle catastrophe.

En résumé, les français sont conditionnés à accepter, comme s’il s’agissait d’une fatalité, la continuation de l’activité des centrales nucléaires. Et à accepter, comme s’il s’agissait d’un risque « naturel », l’hypothèse d’une catastrophe nucléaire.

Pourtant, il existe une autre option, qui consiste à se donner l’assurance absolue de ne pas connaître un Fukushima français : arrêter, au plus vite et définitivement, les installations nucléaires. A titre d’exemple, avant de remettre hélas en service les deux réacteurs de Ohi, le Japon a fermé en un an la totalité de ses 54 réacteurs. Un parfait exemple pour la France qui en compte 58, c’est-à-dire pratiquement le même nombre.

On nous rétorque qu’avant Fukushima, le nucléaire ne produisait « que » 35% de l’électricité du Japon, alors que c’est 75% en France. Certes, mais si 130 millions de Japonais peuvent vivre sans nucléaire, que l’on ne nous dise pas que c’est impossible pour les Français… qui sont deux fois moins nombreux (65 millions).

On nous rétorque que seul le nucléaire peut produire massivement de l’électricité « décarbonée » alors que, sur la planète, les énergies renouvelables produisent deux fois plus d’électricité : 20% – dont 17% d’hydroélectricité – contre à peine 10% pour le nucléaire, selon les chiffres officiels de l’Agence internationale de l’énergie [1].

En effet, après avoir atteint son maximum en 2001 avec 17% de l’électricité mondiale, ce qui était déjà assez modeste, la part de l’atome n’a cessé de décroître depuis, et ce bien avant Fukushima. Aujourd’hui, avec l’arrêt des réacteurs japonais, de 8 vieux réacteurs allemands, et de quelques autres comme les réacteurs belges aux cuves fissurées, le nucléaire représente moins de 10% de l’électricité mondiale. Ce qui correspond à moins de 2% de la consommation totale d’énergie sur la planète.

De fait, contrairement à ce qui nous est affirmé continuellement, la contribution de l’atome à la marche de l’économie mondiale, mais aussi à la lutte contre les émissions de co2, est parfaitement marginale. Il est donc parfaitement ridicule de prétendre que c’est « le nucléaire ou le réchauffement climatique ».

S’il existe une chance de réduire les émissions de co2, c’est par les économies d’énergie et les énergies renouvelables, mais certainement pas avec ce pauvre nucléaire dont la part est faible et en déclin mais qui, paradoxalement, est tout de même capable… de contaminer un continent entier.

Ce n’est qu’avec une propagande forcenée, en particulier avec d’incessantes campagnes de publicité de la part d’EDF et d’Areva, que le lobby de l’atome arrive à faire croire à la population que le nucléaire est une énergie « massive » dont « on ne peut pas se passer ». Et, de fait, qu’il faut accepter la continuation de l’activité des centrales et l’hypothèse d’une catastrophe.

Les mêmes mensonges sont de mise concernant l’emploi – à investissement égal, les alternatives créent 10 fois plus d’emplois que l’atome ! – ou le tarif de l’électricité : pour construire des réacteurs en Grande-Bretagne, EDF est actuellement en train d’exiger de Londres des garanties exorbitantes, à savoir le remboursement des pertes financières pendant 35 ans ! Aujourd’hui comme hier, le nucléaire n’est « rentable » que s’il est massivement subventionné par l’argent public.

Trop cher, peu créateur d’emploi, excessivement dangereux, trop marginal pour réduire les émissions de co2, le nucléaire cumule les tares les plus graves. Mais, tant que la propagande parviendra à le faire passer pour « incontournable », un nouveau Fukushima sera de plus en plus probable, en particulier en France.

lundi 11 mars 2013, par Ana Duarte Stéphane Lhomme
Directeur de l’Observatoire du nucléaire

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http://www.observatoire-du-nucleaire.org

Fukushima : le PCF aurait mieux fait de s’abstenir (ODN)

Arrêter d’urgence le nucléaire avant un Fukushima en France (ODN)

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