Archive | Altermondialisme

17 juillet 2024 ~ 0 Commentaire

Canicule (Reporterre)

tintin

La France échappe (pour l’instant) à la surchauffe, pas le reste de l’Europe

Les vagues de chaleurs écrasantes qui touchent l’Europe de l’Est et du Sud sont dopées par le réchauffement climatique. Elles devraient s’intensifier dans les années à venir.

Si la France échappe pour l’instant, cet été, aux chaleurs extrêmes, nombre de nos voisins d’Europe de l’Est et du Sud sont écrasés depuis début juillet par des températures caniculaires. Plus de 37 °C le 12 juillet en Croatie, plus de 40 °C relevés la veille en Bosnie et frôlés à Rome, en Grèce ou en Albanie.

Dans les Balkans et l’Europe de l’Est, les prochains jours pourraient même être encore plus chauds avec des pics attendus à 42 ou 44 °C, soit plus de 10 °C au-dessus des températures moyennes pour cette saison. Les nuits pourraient également être « tropicales » dans ces régions, c’est-à-dire ne pas redescendre sous les 20 °C, selon les prévisions.

Dans les zones fortement urbanisées, comme Athènes, la température nocturne pourrait rester bloquée au-dessus des 30 °C. À Kiev, en Ukraine, on pourrait également dépasser les 40 °C cette semaine et atteindre des niveaux records, mettant sous tension le système électrique déjà malmené par la guerre, souligne le média The Kyiv Independent.

« L’Europe de l’Est subit sa troisième vague de chaleur de l’année avec des conséquences sur la santé physique et mentale et des effets irréversibles pour les écosystèmes. Toute vague de chaleur est dopée par nos émissions de gaz à effet de serre. Toute ! » a rappelé sur X le climatologue Christophe Cassou.

Le dérèglement climatique, un facteur aggravant

Les mouvements des masses d’air, à l’échelle continentale et océanique, président au destin de nos thermomètres. Une masse d’air froid, de basse pression, venue de l’Atlantique, campe en ce moment au-dessus de l’Europe de l’Ouest, tandis qu’un anticyclone à l’est protège l’Europe orientale de cette masse froide et l’accable sous la chaleur.

« Les vagues de chaleur en Europe centrale et de l’Est sont principalement causées par des systèmes de haute pression persistants, appelés anticyclones, qui bloquent la circulation des masses d’air. Ces systèmes créent des conditions stables où l’air chaud s’accumule et stagne, explique Davide Faranda, chercheur au CNRS à l’Institut Pierre-Simon Laplace et spécialiste du lien entre les événements extrêmes et le changement climatique. Les courants-jets, des flux d’air rapides situés en haute altitude, jouent aussi un rôle clé. Lorsqu’ils deviennent ondulants ou bloqués, ils peuvent piéger des systèmes de haute pression au-dessus de certaines régions, accentuant la durée et l’intensité des vagues de chaleur. »

Au-delà de ces interactions météorologiques complexes entre masses d’air, peut-on pointer la responsabilité du changement climatique dans les chaleurs écrasantes actuelles en Europe ? C’est trop tôt pour le dire. Le dernier rapport du Giec [1] souligne que la fréquence des vagues de chaleur devrait s’accentuer au XXIe siècle dans toute l’Europe, et ce quel que soit le scénario envisagé. Ce type d’évènement va donc être de plus en plus fréquent et intense. Mais évaluer si un évènement extrême, pris isolément, aurait pu advenir en l’absence de réchauffement climatique est une autre paire de manches.

Il y a urgence : l’Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale.

C’est ce que tentent de déterminer les climatologues via la science de l’attribution, encore jeune. Plusieurs laboratoires s’attellent à calculer à quel point un évènement extrême peut avoir été influencé par des phénomènes uniquement naturels ou avoir été rendu plus probable et intense à cause du changement climatique provoqué par les activités humaines.

ClimaMeter, développé par Davide Faranda et ses collègues, est l’une de ces méthodes d’attribution. Elle a ainsi jugé que la vague de chaleur extrême Cerberus, qui a touché le sud de l’Europe il y a pile un an, a été fortement renforcée par le changement climatique. « Cette vague de chaleur ressemblait beaucoup à la vague actuelle d’Europe de l’Est », note simplement Davide Faranda, sans pouvoir se prononcer sur l’attribution du présent phénomène.

Une prudence qui n’affaiblit en rien la dynamique générale, solidement établie par la science : « Les vagues de chaleur battent toujours plus de records, ce qui est une conséquence directe du réchauffement rapide de la planète », rappelle le World Weather Attribution, un autre réseau de chercheurs en science de l’attribution.

L’Europe particulièrement touchée à l’avenir

L’Europe, quoi qu’il en soit, est particulièrement affectée par le changement climatique. Le continent se réchauffe en effet deux fois plus vite que la moyenne mondiale, d’après l’Organisation météorologique mondiale.

Un ensemble de facteurs qui se superposent les uns aux autres explique ce phénomène. D’abord, les continents se réchauffent plus rapidement que les océans, qui peuvent enfouir la chaleur dans leurs profondeurs. Ensuite, les hautes latitudes se réchauffent plus vite que les tropiques. Notamment à cause des boucles de rétroactions liées à la fonte des neiges et des glaces : plus le réchauffement les fait fondre, moins elles réfléchissent la lumière, plus le réchauffement augmente, etc. C’est l’une des hypothèses avancées pour expliquer pourquoi l’Arctique se réchauffe quatre fois plus vite que le reste du globe ; de même, dans une moindre mesure, l’Europe du Nord et de l’Est sont de moins en moins enneigées.

Les scientifiques avancent encore d’autres hypothèses pour expliquer pourquoi l’Europe est particulièrement sujette au réchauffement : le fait, par exemple, que l’assèchement des sols et la baisse de l’humidité en Méditerranée y accentuent le réchauffement de l’atmosphère. Ou encore, paradoxalement, que les politiques de lutte plus efficaces qu’ailleurs contre la pollution de l’air diminuent l’émission de particules issues des transports et de l’industrie, toxiques pour la santé, mais ont des effets refroidissants sur le climat.

Enfin, la topographie et la position géographique de l’Europe contribuent à favoriser les vagues de chaleur. « La proximité de l’océan Atlantique, de la mer Méditerranée et du désert du Sahara influence les conditions météorologiques, et les chaînes de montagnes comme les Alpes et les Carpates peuvent agir comme barrières, modifiant les flux d’air et contribuant à la persistance des conditions de chaleur intense dans certaines régions », détaille Davide Faranda.

Aujourd’hui, 62 % de la population française est « exposée de manière forte ou très forte aux risques climatiques » et « plus de la moitié des droits humains est menacée en France » faute de politique d’adaptation suffisante au changement climatique, selon un rapport d’Oxfam France publié le 12 juillet. Les vagues de chaleur qui écrasent l’Europe viennent nous rappeler l’urgence de cette adaptation, malgré la relative et très éphémère fraîcheur qui plane sur la France.

https://reporterre.net/

Lire la suite

16 juillet 2024 ~ 0 Commentaire

Risotto (LRLP)

npa agricol

Agriculture : l’Italie en voie de tropicalisation

Les pluies sont de plus en plus rares, les épisodes de plus en plus intenses. En 2023, l’Italie a connu 118 épisodes d’inondations.

Le réchauffement climatique menace une partie importante, et non des moindres, de nos patrimoines : la gastronomie et les produits agricoles nationaux. Le sud de l’Europe, et notamment l’Italie, est particulièrement touché par le phénomène.

« Extrémisation climatique »

Les plantations d’agrumes, de raisins et d’oliviers, pierres angulaires de la cuisine italienne, façonnent les paysages calabrais, sardes ou siciliens depuis des centaines d’années. Des cultures qui font partie de l’identité de ces régions. Pourtant, face aux sècheresses successives, aux feux de forêts et aux difficultés d’irrigation, de plus en plus d’agriculteurs les délaissent au profit d’espèces plus adaptées à ce nouveau climat.

Avocats, mangues, papayes et bananes fleurissent dans le sud de l’Italie. Les collines arborées sont un laboratoire pour le devenir du bassin européano-méditéranéen. Les conditions météorologiques tropicalisent la région.

Les pluies sont de plus en plus rares, les épisodes de plus en plus intenses. En 2023, l’Italie a connu 118 épisodes d’inondations. Et ces épisodes ont un coût. Au mois de mai de cette même année, les inondations en Émilie-Romagne et Toscane ont provoqué des dégâts estimés à 10 milliards d’euros.

Les températures augmentent ! Durant l’été 2023, les 45 degrés ont été dépassés en Sicile et en Sardaigne. A Messine (nord-ouest de la Sicile), les températures moyennes ont augmenté de 2 degrés en 50 ans. Cumulées au manque d’eau ou aux inondations, quelles cultures y résistent ?

Symbole de cette tropicalisation du climat, les étés s’allongent, pour durer de mai à septembre. Il n’y a plus 3, mais 6 mois d’été. Dans ce contexte, le syndicat agricole Coldiretti expliquait, en 2021, que les terrains consacrés à la culture de l’orange ont diminué de 31 % en 15 ans. Des variétés qui s’adaptent mal aux évènements climatiques extrêmes.

Le risotto menacé ?

Le nord de l’Italie est aussi touché par le changement climatique. Le bassin du Pô, dont les affluents proviennent des Alpes suisses, françaises et italiennes, et qui se jette dans la Méditerranée via la Mer Adriatique à l’Est, abrite le cœur de la production de riz à risotto.

Les agriculteurs du bassin font face à une réduction drastique de leurs rendements. Depuis 2022, la pire sècheresse depuis 200 ans les frappe. 26 000 hectares de terres produisant du risotto ont été perdus, soit 30 % des capacités de la région. La fonte des neiges alpines accentue fortement le phénomène. L’irrigation devient de plus en plus difficile.

Pour conserver les cultures ancestrales de blé, les universités siciliennes multiplient les tests de variétés potentiellement résistantes au réchauffement climatique et aux évènements climatiques extrêmes. Nous sommes à l’aube d’un changement écologique, culinaire et culturel important. L’Italie en est le laboratoire.

Florian Grenon

Lire la suite

15 juillet 2024 ~ 0 Commentaire

Gambie (MGF)

A anti Female Genital Mutilation protester holds a placard outside the National Assembly in Banjul on march 18, 2024, during the debate between lawmakers on a highly controversial bill seeking to lift the ban on FGM.

© MUHAMADOU BITTAYE/AFP via Getty Images

 Le maintien de l’interdiction des MGF est une bonne nouvelle, mais les autorités doivent s’attaquer en urgence à ses causes profondes

En réaction au rejet par le Parlement gambien, le 15 juillet, d’un projet de loi visant à abroger la loi de 2015 sur les femmes (amendement) interdisant les mutilations génitales féminines (MGF), Samira Daoud, Directrice régionale d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, a déclaré :

« C’est avec un grand soulagement que nous accueillons le rejet du projet de loi visant à abroger l’interdiction des mutilations génitales féminines en Gambie. En 2015, l’adoption de la loi sur les femmes (amendement), qui érige en infraction pénale les mutilations génitales féminines et prévoit des sanctions pour l’exécution, le soutien et l’encouragement de cette pratique, a représenté une étape importante dans les efforts déployés par le pays pour garantir les droits des filles et des femmes. Il est essentiel que ces progrès soient protégés.

Cette tentative d’abrogation de la loi est un signal d’alarme. Samira Daoud, Directrice régionale d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale

« Cependant, depuis l’interdiction de cette pratique en 2015, seuls deux cas ont fait l’objet de poursuites et la première condamnation pour avoir pratiqué des MGF n’a été prononcée qu’en août 2023. De plus, cette tentative d’abrogation de la loi est un signal d’alarme démontrant que des mesures doivent être prises pour sensibiliser la population aux droits des filles et femmes et à la nécessité d’éradiquer ces pratiques néfastes. Le devoir de diligence exige une prévention, une protection et une réparation efficaces, et pas seulement la criminalisation.

« Outre l’interdiction des mutilations génitales féminines, les autorités gambiennes doivent faire davantage pour faire appliquer la loi. Nous appelons également à l’adoption d’une approche holistique qui s’attaque aux causes profondes de ce problème pour changer les attitudes et les normes afin d’autonomiser les filles et les femmes. »

Contexte

Environ 76 % des filles et des femmes de 15 à 49 ans ont subi des mutilations génitales féminines en Gambie d’après l’UNICEF et 3 filles sur 4 en ont fait l’expérience avant l’âge de 6 ans.

La Gambie est signataire de conventions internationales qui défendent et protègent les droits des filles et des femmes, notamment la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et la Convention relative aux droits de l’enfant.

La Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant stipule spécifiquement que les gouvernements doivent prendre toutes les mesures appropriées pour éliminer les pratiques sociales et culturelles néfastes, y compris les mutilations génitales féminines.

Juillet 15, 2024

https://www.amnesty.org/fr/

Lire la suite

12 juillet 2024 ~ 0 Commentaire

IRAN ( A L’Encontre)

IRAN ( A L'Encontre) dans Altermondialisme SharifehMohammadi

L’association Solidarité Socialiste avec les Travailleurs en Iran (SSTI France) dénonce avec force la condamnation à mort de la militante syndicale kurde Sharifeh Mohammadi.

Iran. «La vie de la militante syndicale kurde Shariféh Mohammadi est en danger, il faut la sauver!»

Condamnée pour rébellion dans une parodie de justice, Sharifeh Mohammadi n’a commis aucun crime. Mais sous la République Islamique, qui n’est rien d’autre qu’une dictature capitaliste et théocratique, résister à la violence sociale et politique du pouvoir suffisent pour finir en détention, subir la torture et la peine de mort.

La République Islamique doit renoncer à l’exécution de Sharifeh Mohammadi. Il est urgent que s’engage une campagne de solidarité internationale pour obtenir sa libération immédiate et sans condition.

Nous demandons à l’ensemble des organisations de défense des droits de l’Homme, aux organisations syndicales, organisations politiques de gauche, à l’ensemble des forces démocratiques de protester vivement contre la détention et la condamnation de Sharifeh Mohammadi et des militant.es ouvriers et d’opinion en Iran.

Exigeons la libération de l’ensemble des détenu.es d’opinion et l’abolition de la peine de mort. (6 juillet 2024)

*****

Syndicat des travailleurs/euses des autobus de Téhéran et sa banlieue (VAHED)

Vahed dans International

Nous condamnons la manipulation judiciaire et la condamnation à la peine de mort de la militante ouvrière Sharifeh MohammadI accusée de «Rébellion»!

Sharifeh Mohammadi, militante ouvrière de la ville Rasht, fait face à l’accusation complètement fallacieuse de Rébellion et de Corruption. Il ne fait aucun doute que cette accusation est purement mensongère et honteuse. Une militante ouvrière indépendante reconnue et défenseuse des droits civils est confrontée à une accusation grave avec une impudence totale, alors que les autorités du régime savent eux-mêmes qu’il n’y a pas un grain de vérité là-dedans.

Sharifeh Mohammadi a été arrêtée le 5 décembre 2023 et maintenue en cellule d’isolement pendant plusieurs mois. Selon les rapports disponibles, y compris ceux publiés sur le canal telegram du Comité de coordination pour l’aide à la création de syndicats ouvriers, suite à son arrestation, elle a été soumise à de fortes pressions physiques et psychologiques pendant une longue période et ce afin d’obtenir des aveux contre elle-même. Elle a été privée de visites de sa famille, notamment de son jeune enfant, et n’a pas été autorisée à passer des appels téléphoniques à sa famille pendant une longue période. D’autre part, les pressions physiques et les mauvais traitements répétés infligés à Sharifeh par les agents du ministère des Renseignements étaient tels que, par crainte pour sa vie, les responsables de la prison ont protesté contre les coups et blessures qu’elle recevait. Après la protestation des responsables de la prison contre les actes de tortures subis par Sharifeh, elle a pu déposer une plainte. Il a maintenant été établi qu’elle a été gravement torturée au moins deux fois durant cette période.

Le syndicat des travailleurs Vahed condamne fermement le mauvais traitement dont est victime Sharifeh. Il condamne également les scénarios fallacieux du régime contre elle, le même genre de scénarios qui ont été utilisés à plusieurs reprises contre les membres du syndicat sous différents prétextes. Le syndicat des travailleurs Vahed exige la libération immédiate et inconditionnelle de la travailleuse emprisonnée.

On doit agir avec force comme nous l’avons fait pour Toumaj l’artiste rebelle.
Shariféh Mohammadi, l’ouvrière emprisonnée, doit être libéré!
Non aux manipulations!
L’unité et l’organisation sont les seules solutions pour les travailleurs! (2 juillet 2024)

Lire aussi:

En Iran, la syndicaliste kurde Sharifeh Mohammadi condamnée à mort

Lire la suite

09 juillet 2024 ~ 0 Commentaire

Lithium (FNE)

mines

Lithium et sobriété – Comprendre le lithium, sa production, son usage, pour aller vers la sobriété  – Juin 2024

Comprendre le lithium, sa production, son usage, pour aller vers la sobriété.

Le lithium est une ressource critique suscitant l’intérêt de tous les États.

Métal indispensable dans le contexte technologique actuel pour les batteries et la transition
écologique, la demande en lithium s’envole en Europe.

En France, un projet de mine de lithium dans l’Allier a été annoncée en octobre 2022 et plusieurs permis de recherche exclusif ont été délivrés.

Le lithium, comme tous les autres métaux stratégiques, est une ressource limitée dans une planète aux stocks finis, confrontée à des besoins à tendance exponentielle.

Mieux saisir les enjeux du lithium permet de mieux appréhender les limites
de la course à l’extraction minière et la nécessité de défendre un modèle de société
fondamentalement sobre et respectueux de l’environnement.

https://fne.asso.fr/

Lire la suite

07 juillet 2024 ~ 0 Commentaire

Scrutin (Libération)

Scrutin (Libération) dans Altermondialisme IFKC2C2AVNH27JAJURNC37HBNE
Un électeur sort d’un isoloir dans un bureau de vote à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, le 6 juillet 2024. (Carla Bernhardt/AFP)

Législatives 2024 : les premiers résultats en outre-mer donnent la gauche victorieuse

 Second tour des législatives 2024 : fermeture de la plupart des bureaux de vote, sauf dans les grandes villes

Après une campagne d’entre-deux-tours sous tension, les électeurs sont appelés aux urnes ce dimanche 7 juillet pour élire 501 députés. A midi, la participation s’élevait à 26,63%, au plus haut depuis 1981.
Hors de métropole, le Rassemblement national n’a pas réussi à faire élire de député, tandis que la gauche se renforce dans l’arc Antilles-Guyane. En Nouvelle-Calédonie, les électeurs ont envoyé un indépendantiste à l’Assemblée, une première depuis 1986.

A peine les bureaux de vote métropolitains avaient ouvert leurs isoloirs ce matin que certains résultats se font connaître. Dans les territoires d’outre-mer où les votes ont eu lieu hier, les dépouillements sont terminés. Bien que ces premiers scores locaux ne présagent en rien de la tendance nationale, la gauche y arrive en tête comme au premier tour. De quoi redonner le sourire à quelques heures des résultats.

En Martinique, le Nouveau Front populaire rafle la mise

Béatrice Bellay, candidate PS-NFP, crée la surprise dans la 3e circonscription de l’île, celle de Fort-de-France, en battant le député sortant du Parti progressiste martiniquais (PPM), Johnny Hajjar. Fondé par Aimé Césaire, le PPM détenait la Martinique quasiment sans interruption depuis 66 ans et l’a perdu au profit Béatrice Bellay, une figure locale du Parti socialiste qui, à 49 ans, est la deuxième femme seulement députée de ce territoire antillais.

Née à Villepinte (Seine-Saint-Denis), en banlieue parisienne, cette Martiniquaise, cadre territoriale, milite depuis l’âge de 16 ans. Tout au long de la campagne de ces législatives, elle a notamment mis en avant ses engagements féministes et ceux en faveur des services publics. Elle l’emporte avec 54,5 % des voix face à son adversaire du PPM, qui totalise 45,5 % des suffrages. Avant elle, Josette Manin, élue en 2017 et qui a siégé à l’Assemblée nationale comme apparentée socialiste jusqu’en 2022, avait été la première femme envoyée par la Martinique à l’Assemblée nationale.

Les trois autres députés sortants sont réélus. Dans les 1re et 2e circonscriptions, les sortants Jiovanny William (81,97 %) et Marcellin Nadeau (65,68 %) sont arrivés confortablement en tête sous la bannière du NFP. Enfin, dans la 4e circonscription, le député sortant Jean-Philippe Nilor, également NFP a écrasé son adversaire RN, Grégory Roy-Larentry, en récoltant 86,58 % des voix. Sur l’île, la participation a atteint 32,44 %.

Le RN battu en brèche en Guadeloupe

Respectivement qualifiés au premier tour dans la deuxième et la troisième circonscription de l’île antillaise, les candidats RN Laurent Petit et Rody Tolassy ont finalement été mis en déroute. Le premier s’est incliné face au candidat NFP Christian Baptiste qui a été réélu avec 72,38 % des suffrages. Le second a perdu face au député sortant affilié au groupe LIOT, Max Mathiasin, réélu avec 69,15 % des voix.

Le député LIOT en sortant Olivier Serva, candidat divers gauche, l’a emporté avec 77,59 % des voix dans la 1re circonscription et Élie Califer (PS) avec 71,09 % dans la 4e. Pour le second tour, la participation finale s’élève à 34,67 %, en légère hausse par rapport au 1er tour où elle atteignait 33,56 % et en forte hausse par rapport à 2022 où il avait atteint les 28 %.

A Saint-Martin et Saint-Barthélemy, dans la circonscription des îles du Nord, Frantz Gumbs est élu avec 55 % des voix et Alexandra Questel battue avec 45 % des voix.

En Guyane, les deux députés sortants soutenus par le NFP retrouvent leurs sièges au Palais-Bourbon

Sortis en tête la semaine dernière, les candidats ont conforté leur avance, malgré une participation faible qui a atteint les 24,98 %. Dans la 1re circonscription, le régionaliste Jean-Victor Castor (soutenu par le NFP) l’a emporté en récoltant 75,9 % des suffrages exprimés face à un candidat sans étiquette, Boris Chong-Sit. Score notable, Davy Rimane a totalisé 100 % des suffrages dans la seconde circonscription. Le président sortant de la délégation aux outre-mer à l’Assemblée nationale a été réélu alors qu’il était seul en lice après le désistement de la candidate sans étiquette arrivée en deuxième position, Sophie Charles.

En Nouvelle-Calédonie, un indépendantiste envoyé à l’Assemblée nationale

Elu avec 57,01 % des suffrages exprimés dans la deuxième circonscription de Nouvelle-Calédonie, Emmanuel Tjibaou va faire une entrée remarquée dans l’hémicycle. Fils de l’emblématique leader kanak, Jean-Marie Tjibaou, assassiné en 1989, il devient le premier député indépendantiste élu, depuis 1986.

Cette élection est majeure dans une Nouvelle-Calédonie secouée par des violences depuis la mi-mai et le projet de révision constitutionnelle modifiant le corps électoral en Nouvelle-Calédonie. Novice en politique, Emmanuel Tjibaou a conforté son avance du premier tour dans la seconde circonscription et l’emporte finalement sur Alcide Ponga, loyaliste.

Au Palais-Bourbon, Emmanuel Tjibaou, 48 ans, devrait siéger avec les députés soutenus par le Nouveau Front populaire (NFP). La participation a de nouveau été très forte, avec 71,35 % sur l’ensemble de l’archipel du Pacifique Sud, contre seulement 45,15 % au second tour en 2022. Cette élection intervient moins d’un an après l’accession au Sénat de Robert Xowie, premier indépendantiste kanak à y siéger.

Dans la première circonscription comportant Nouméa, Nicolas Metzdorf remporte le second tour. Le député loyaliste sortant (auparavant député de la 2e circonscription) et rapporteur du projet de révision constitutionnelle a rassemblé 52,41 % des suffrages.

St Pierre et Miquelon: Dans l’archipel de l’Atlantique Nord, le député sortant Stéphane Lenormand, de la liste Archipel Demain, l’emporte avec 61,72 % des voix sur son adversaire du PS investi par le NFP, Frédéric Beaumont. Ce dernier comptabilise 38,28 % des suffrages. Au premier tour, Stéphane Lenormand était arrivé largement en tête à l’issue du premier tour, avec 43,09 % des voix. Frédéric Beaumont en avait recueilli 16,89 %.

Dans les territoires d’outre-mer, trois candidats avaient déjà été élus au premier tour. Estelle Youssouffa, députée sortante divers droite, avait rassemblé suffisamment de voix dans la 1re circonscription de Mayotte. En Polynésie, Moerani Frebault, divers droite, s’est fait élire d’office et dans la circonscription unique de Wallis-et-Futuna, Mikaele Seo, députée sortante de la majorité présidentielle, avait réussi à garder son siège.

Les résultats de Mayotte et de la Réunion, où l’on vote ce dimanche, sont respectivement attendus à partir de 19 heures (heure de Paris) et la Réunion à partir de 20 heures.

https://www.liberation.fr/

Lire la suite

06 juillet 2024 ~ 0 Commentaire

Mines (Eaux et Rivières)

webinaire_mines

« Il n’y a pas de mines propres », mise en garde de l’association Eau et Rivières de Bretagne pour un projet minier dans le Morbihan

Une consultation publique concernant une demande de permis de recherches minières vient d’être ouverte pour quatre communes du Morbihan. L’association Eau et Rivières de Bretagne met en garde contre les impacts de ces exploitations minières sur l’environnement et la santé publique.

Une consultation publique a été ouverte le 24 juin dernier par le ministère de l’Économie et doit se poursuivre jusqu’au 22 juillet prochain. Elle concerne, dans le Morbihan, les communes de Nostang, Kervignac, Languidic et Hennebont, près de Lorient, soit environ 51 km².

Il s’agit d’un permis de recherches minières (PERM) sollicité par la société Breizh Ressources, basée à Lorient, pour des mines d’antimoine, argent, bismuth, cobalt, cuivre, étain, germanium, indium, lithium, molybdène, niobium, or, tantale, tungstène, platine, métaux de la mine du platine, plomb, zinc, terbium et autres.

Le porteur de projet, un Canadien, qui exploite des mines dans une vingtaine de pays, fonde beaucoup d’espoirs dans le sous-sol breton, qui pourrait abriter de l’or et des métaux rares. Il est venu présenter son projet aux élus de la région en avril dernier.

« Impact sur les bassins versants »

Selon Eau et Rivières de Bretagne, si les élus des communes d’Hennebont, de Kervignac et de Nostang se sont opposés au projet de permis de recherche minière sur leur territoire, ceux de Languidic se sont déclarés favorables. L’association environnementale indique que « ce projet concerne un secteur, où la ressource en eau est déjà fragilisée. »

« C’est une artificialisation déguisée, avec des paysages le plus souvent dévastés, déplore Pierre Loisel, délégué Eau et Rivières de Bretagne pour le Morbihan, et nous savons parfaitement qu’il n’y a jamais de compensation. » « Quand on modifie le paysage, poursuit le défenseur de l’environnement, il y a un impact sur les bassins versants, sur les talus, sans même parler des pollutions engendrées, avec des rejets d’eau polluée non négligeables. »

« Un passage en force »

L’association bretonne dénonce encore « le passage en force de cette consultation qui engage l’avenir de nos territoires ». Une consultation lancée « en catimini » en pleine période estivale, plutôt annoncée pour l’automne à l’origine. Et puis, « le fait que ce soit piloté en direct par Bercy, nous inquiète, s’alarme Pierre Loisel, on sent qu’ils veulent avancer plus vite que prévu, pour développer l’exploitation minière, des projets qui rentrent dans le cadre de la politique énergétique de la France. »

Deux autres projets dans l’ouest

Des consultations ont également été ouvertes pour deux autres projets de recherches minières dans l’ouest, beaucoup plus vastes, l’un sur une vingtaine de communes entre l’Ille-et-Vilaine, le Morbihan et la Loire-Atlantique, l’autre entre Maine-et-Loire et Loire-Atlantique.

L’association de défense de l’environnement propose une réunion publique sur le sujet ce mercredi 10 juillet de 18h30 à 20h en visioconférence.

Krystel Veillard  06/07/2024

finistere@eau-et-rivieres.org

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Lire la suite

04 juillet 2024 ~ 0 Commentaire

Agriculture (Basta)

paysans

Morts au travail dans l’agriculture : pourquoi tant de drames

C’est l’un des secteurs qui comptabilise le plus de morts au travail. Pour quelles raisons les salarié·s agricoles et chef·es d’exploitation meurent-ils plus sur leur lieu de travail que d’autres catégories socioprofessionnelles ?

Ils s’appelaient Tom, Arthur, Anthony. Ils avaient respectivement 18, 14 et 41 ans. Ils étaient stagiaires ou salariés dans des entreprises du secteur agricole et agroalimentaire et sont morts sur leur lieu de travail. 51 salariés de ce domaine ont été victimes d’un accident du travail mortel en 2022.

Du côté des agricultrices et agriculteurs chefs d’exploitation, la Mutualité sociale agricole relève une « augmentation du nombre et de la fréquence des accidents du travail » avec 101 accidents du travail mortel en 2022 contre 78 en 2013. « C’est un niveau très élevé, confirme un inspecteur du travail, joint par Basta!. L’agriculture figure parmi les activités les plus accidentogènes. »

Le gouvernement l’a reconnu lui même, lors d’une campagne sur les accidents du travail lancée en septembre 2023 : « Certains secteurs d’activité sont plus touchés par les accidents du travail graves et mortels, dont le secteur de la construction, de l’industrie ou encore de l’agriculture », pointait le dossier de presse de l’ancien ministre du Travail.

Les suicides représentent près d’un accident mortel sur quatre dans le secteur agricole, sachant que de nombreux suicides ne sont pas reconnus en accident du travail. Par ailleurs, les machines, tracteurs, matériels et outils motorisés sont les principaux éléments à l’origine des lésions mortelles.

Particulièrement dangereux pour les jeunes

Le secteur agricole est particulièrement dangereux pour les enfants et les jeunes travailleurs. Le nombre des accidents de travail graves chez les apprentis agricoles a presque augmenté d’un tiers entre 2012 et 2016, comptabilisant 88 cas au total. 22 accidents mortels chez les apprentis agricoles ont par ailleurs été recensés sur cette période. « Certaines catégories de travailleurs sont plus exposées au risque d’accidents du travail graves et mortels, par exemple, les travailleurs temporaires, les travailleurs détachés et les jeunes travailleurs (apprentis, stagiaires, nouveaux embauchés) » rappelait le gouvernement dans son plan de 2023.

« C’est un environnement avec de nombreux risques, dont les jeunes n’ont pas toujours conscience, Idéalement, ces risques devraient être maîtrisés en établissant une grille des tâches à effectuer » relève un inspecteur du travail. Ce n’est évidemment pas toujours le cas…. Ce qui est arrivé au jeune Arthur, stagiaire dans une exploitation agricole, mort au travail en 2017 à l’âge de 14 ans, est à ce titre éloquente.

« Les travailleurs agricoles sont souvent plus exposés à des risques tels que les accidents de la route, les contacts avec des machines et des équipements, et les chutes de hauteur », souligne le gouvernement. 9 % des accidents de travail mortel sont ainsi en lien avec un tracteur pour des raisons de retournement ou d’écrasement.

S’il faut avoir au moins 16 ans pour conduire un tracteur sur la route – équipé de ceinture de sécurité et d’une cabine –, aucun permis de conduire n’est requis pour ces véhicules. « C’est aussi dangereux qu’un poids lourd, s’insurge un inspecteur du travail. Le permis ne résoudrait pas tout mais ce serait un premier pas. Sauf que ça bloque en France, notamment de la part du syndicat majoritaire », la FNSEA. Interrogée à ce sujet, la FNSEA n’a pas donné suite à nos demandes.

Un accident grave sur cinq lié à des machines

« En agriculture on se blesse beaucoup avec les machines, parfois défectueuses », confirme Marie-Pierre Maupoint, inspectrice du travail dans l’Ain et membre de la section syndicale régionale Sud Travail affaires sociales en Auvergne Rhône-Alpes. On voit notamment des accidents du travail graves dans l’industrie laitière ou le bucheronnage. » Selon la MSA, un accident grave sur cinq est lié à des machines.

Le Code du travail dresse une liste des travaux interdits pour les mineurs, comme le fait de retirer de l’amiante par exemple ou d’être exposé à des agents chimiques dangereux. La « conduite d’équipements de travail mobiles automoteurs et servant au levage », mise ne cause dans la mort de Tom Duault, mort en 2021 écrasé dans un abattoir alors qu’il venait d’avoir 18 ans, fait partie des sources de risques identifiés.

Des travaux interdits aux mineurs peuvent, sous conditions, bénéficier d’une dérogation. Ils deviennent alors des « travaux réglementés », notamment lors de formation diplômante comme le CAP. « Avant 2015, l’inspection du travail devait donner une autorisation. Depuis cette date, seule une dérogation de l’employeur envoyée à l’inspection du travail suffit, précise l’inspectrice du travail Marie-Pierre Maupoint. Depuis, il y a beaucoup moins de contrôles de l’inspection du travail. »

Un secteur moins contrôlé

« On sait limiter le risque mais pas le supprimer complètement. Cela justifie que ce secteur soit d’autant plus contrôlé, qu’on soit vigilant sur la formation, et sur le contrôle du travail des mineurs qui est très insuffisant », note un autre inspecteur. Alors que la France compte environ 26 millions de salarié·es, le nombre d’agents de contrôle oscille entre 1600 et 1800 agents de contrôle. « Les effectifs dans l’inspection du travail ont régressé partout », s’inquiète un agent, et le secteur agricole est lui aussi impacté.

Depuis la crise agricole de l’hiver, ce secteur est moins tenu de respecter le droit. Dans un mail interne écrit en février, que Basta! a pu consulter, la Direction générale du travail (DGT) demande à privilégier les contrôles programmés avec les exploitations agricoles, plutôt que les contrôles inopinés. Contactée, la DGT n’a pas donné suite à nos demandes. « Ce n’est pas parce que les exploitants agricoles sont soumis à des difficultés qu’ils ne doivent plus être soumis à des contrôles, estime Marie-Pierre Maupoint. Les premières victimes, ce sont les salariés agricoles. » Et les exploitants agricoles eux mêmes.

Sophie Chapelle et Nolwenn Weiler

https://basta.media/

Lire la suite

04 juillet 2024 ~ 0 Commentaire

logements ( conversation)

dal

Préférence nationale dans l’attribution de logements sociaux : pourquoi cette proposition du RN est inapplicable

Baisse de la TVA sur l’ensemble des produits énergétiques, double frontière ou encore préférence nationale à l’égard de l’attribution de logements sociaux, alors que le Rassemblement national pourrait gouverner la France après le second tour des élections législatives, de nombreuses propositions du parti d’extrême droite semblent difficilement applicables.

Durant la précédente législature, de 2022 jusqu’à la dissolution de l’Assemblée nationale, le Rassemblement national a déposé pas moins de neuf propositions de loi concernant le logement. Des mesures notamment destinées aux propriétaires de logements par exemple la proposition de loi visant à mieux indemniser les propriétaires de maisons fissurées par des épisodes de sécheresse au titre de catastrophes naturelles ou celle visant à établir une réduction de la taxe foncière au bénéfice des propriétaires procédant au débroussaillement dans les zones à risques d’incendies de forêt.

Mais dans la liste de ces différentes propositions de loi, quatre d’entre elles concernent spécifiquement le logement social : la proposition de loi relative à l’attribution et à l’occupation de logements sociaux par des personnes propriétaires d’un logement, celle visant à mettre en adéquation l’article 55 de la loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbains avec les enjeux actuels, celle portant sur la suspension de l’obligation de construction de logements sociaux dans les territoires durablement fragilisés par les restrictions en eau potable, et enfin la proposition de loi visant à instaurer la priorité nationale dans l’attribution des logements sociaux.

Cette dernière vise ainsi à modifier le Code de la construction et de l’habitation afin d’attribuer prioritairement aux Français des logements sociaux par le biais du critère de priorité nationale ce qui nous conduit à nous poser deux questions : en l’état actuel du droit, peut-on restreindre l’attribution des logements sociaux aux personnes de nationalité étrangère ? Une loi relative à la préférence nationale en matière d’attribution de logements sociaux pourrait-elle entrer en vigueur ?

Dans le droit actuel, les bénéficiaires de logements sociaux sont soit des personnes de nationalité française, soit des personnes qui sont admises à séjourner régulièrement sur le territoire, sous réserve que les ressources de l’ensemble des personnes du foyer n’excèdent pas des plafonds fixés par arrêtés.

La liste limitative des titres de séjour est fixée par l’arrêté du 20 avril 2022 qui est venu modifier la liste des titres de séjour nécessaires pour l’accès au logement social et au régime du droit au logement opposable (DALO). Cet arrêté a été pris afin de faciliter l’accueil des personnes déplacées d’Ukraine qui bénéficient d’une protection temporaire et prendre en compte les modifications apportées au code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

L’intervention des pouvoirs publics dans le domaine du logement social est, selon une jurisprudence constante, qualifiée d’activité de service public et en présence d’un service public, le principe d’égalité des usagers s’oppose, a priori, à la mise en place de critères limitatifs d’accès dont notamment les critères relatifs à la nationalité.

Le 6 février 1984, un juge administratif a annulé la décision du conseil municipal de Montréal-la-Cluse (01) qui avait restreint l’attribution des logements communaux aux personnes de nationalité étrangère. Le préfet avait effectué un recours pour violation du principe général de droit, dont s’inspire l’article 225-1 du code pénal de non-discrimination « en raison de l’appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une Nation, une prétendue race ou une religion déterminée ».

Par ailleurs, en 1988, la Cour de justice de l’Union européenne a jugé qu’un État membre manquait à ses obligations européennes et violait le Traité de Rome lorsqu’il fait le choix de réserver à ses seuls ressortissants, par diverses dispositions de sa législation, l’accès à la propriété et à la location de logements construits ou restaurés à l’aide de fonds publics.

En l’état actuel du droit, la « préférence nationale » ne peut donc pas s’appliquer à l’attribution de logements sociaux.

La primauté du droit de l’Union européenne

En cherchant à modifier l’article L. 441 du code de la construction et de l’habitation afin qu’il puisse être rédigé de la sorte : « L’attribution des logements locatifs sociaux participe à la mise en œuvre du droit au logement, afin de satisfaire les besoins des personnes de ressources modestes et des personnes défavorisées en privilégiant les foyers composés d’au moins une personne de nationalité française » la proposition de loi du Rassemblement national est donc contraire au Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne.

Par conséquent étant donné que l’article 55 de la Constitution française dispose clairement que les traités sont supérieurs aux lois françaises, les lois votées par le Parlement français doivent de soumettre « aux traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés ».

[Déjà plus de 120 000 abonnements aux newsletters The Conversation. Et vous ? Abonnez-vous aujourd’hui pour mieux comprendre les grands enjeux du monde.]

La primauté du droit de l’Union européenne sur les lois votées par le Parlement national a d’ailleurs été révélée par la Cour de justice en 1964 mais aussi par la suite par la Cour de cassation en 1975 et le Conseil d’État en 1989.

En d’autres termes, si cette proposition de loi était votée en l’état, le juge national serait dans l’obligation de l’écarter pour faire prévaloir le Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne après avoir opéré un contrôle appelé de conventionnalité.

En outre, en cas de vote de cette disposition législative, le Conseil constitutionnel n’hésiterait pas à censurer ce texte en estimant qu’il est contraire au principe d’égalité.

On l’aura compris cette proposition de loi ne pourrait entrer en vigueur en permettant d’instaurer une priorité nationale dans l’attribution des logements sociaux, elle ne contient qu’un seul et unique objectif leurrer une partie du corps électoral. Seule une modification de la Constitution ou la sortie des traités pourraient permettre de faire voter une telle loi.

3 juillet 2024, François Benchendikh Maître de conférences Habilité à diriger des recherches en droit public, Sciences Po Lille

https://theconversation.com/

Lire la suite

02 juillet 2024 ~ 0 Commentaire

Beaj Kafe (BREST)

Beaj Kafe (BREST) dans Altermondialisme

Réunion Publique Village de l’eau

Réunion publique d’information pour le Village de l’eau

Du 16 au 21 juillet se tiendra le Village de l’eau, rassemblement festif international pour lutter contre les mega-bassines et l’accaparement de l’eau.
Pour avoir des infos sur cet événement (convois, covoit, manif’actions…),
RDV jeudi 04 juillet à 19h au Beaj Kafe, 51 rue Branda, Brest. (repas et boissons sur place)
Alors que le RN est quasiment au pouvoir, ce rassemblement de l’eau sera aussi résolument antifasciste.
Retrouvons-nous jeudi 04 au soir pour en discuter, et du 16 au 21 juillet dans le Poitou pour nous organiser collectivement !

https://bourrasque-info.org/

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin