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12 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Chili : Les leçons d’une tragédie (lcr.be)

Chili : Les leçons d’une tragédie (lcr.be) dans A gauche du PS filloninochet Coincidence il appelle a voter FN!

Le 11 septembre 1973, l’armée chilienne commandée par le général Augusto Pinochet renversait le gouvernement de l’Unité Populaire, assassinait le président élu Salvador Allende et écrasait le mouvement ouvrier le plus puissant d’Amérique latine. Quarante ans après, « La Gauche » (journal de la Lcr.be, NDB)  veut non seulement faire oeuvre de mémoire mais surtout mettre en lumière deux aspects très actuels de cette tragédie.

On dit souvent  que le tournant néolibéral remonte à 1982, avec l’arrivée au pouvoir de Reagan et de Thatcher. C’est exact pour ce qui concerne les pays du « centre » et la politique des institutions internationales. Mais le coup d’envoi de la « stratégie du choc » néo- libérale (Naomi Klein) avait été donné près de dix ans plus tôt, au Chili. Beaucoup de dictatures combinaient tyrannie politique et dirigisme économique, voire étatisme. Pinochet a innové. Il a brisé le mouvement ouvrier, non pour aider la bourgeoisie locale à se développer en uti- lisant son Etat comme rempart contre la concurrence internationale, mais pour imposer le programme néolibéral de l’économiste Milton Friedman : offrir aux multinationales tout ce qu’elles souhaitaient en termes de privatisation, de dérégulation, de flexibilisation tous azimuts.

Cette spécificité contribue à expliquer la longévité politique de Pinochet. Dès 1982, certains admirateurs du « miracle chilien » comparaient ses crimes au cassage des œufs nécessaire à la cuisson de l’omelette. Cette banalisation du putsch s’accrut quelques années plus tard, quand les recettes de Friedman furent appliquées à l’ex-Union soviétique.  Le soutien de Thatcher à Pinochet avait donc une signification politique profonde : le néolibéralisme porte en lui la suppression des droits démocratiques et syndicaux « comme la nuée l’orage ».

Le coup d’Etat de septembre 1973 est l’acte de naissance de l’ère néolibérale que nous subissons toujours. Le capital n’hésitera pas à repasser par ce point de départ si les résistances sociales l’empêchent de poursuivre son travail de destruction. Dans l’UE, la démocratie parlementaire classique n’est déjà plus qu’un souvenir et la Grèce montre bien que la menace d’un Etat fort ne doit pas être sous-estimée.

Comment y faire face ? Par la mobilisation sociale la plus large des exploité-e-s et des opprimé-e-s, par la lutte intransigeante pour leurs revendications de classe, par l’auto-organisation démocratique de ces luttes. Toute illusion sur le rôle de l’Etat, sur la neutralité de ses appa- reils et sur la loyauté de ses chefs doit être bannie car elle peut se révéler mortelle. C’est la deuxième leçon du Chili, et elle garde toute son actualité.

Un peu partout en Europe, la dégénérescence de la social-démocratie libère un espace politique qui tend à être occupé par des forces de gauche nouvelles : Syriza en Grèce, le Front de Gauche et le Parti de Gauche en France, Die Linke en Allemagne, le SP aux Pays-Bas…  La crise des partis traditionnels est à ce point profonde que certaines de ces forces  pourraient arriver au pouvoir, seules ou en coalition, sur base d’un programme antinéolibéral plus ou moins radical. Le PG français va même jusqu’à plaider pour une « révolution citoyenne » avec « appro- priation sociale des moyens de production ».

En supposant que ces programmes ne soient pas édulcorés par leurs propres auteurs, il s’agit de voir la réalité en face: la classe dominante ne cèdera jamais le pouvoir démocratiquement. Elle devra en être chassée par une mobilisation de masse extra-parle- mentaire qui ne pourra  vaincre qu’en brisant l’appareil d’Etat capitaliste, en particulier l’armée, la police, la magistrature, le corps des hauts fonctionnaires. Quelques jours avant le coup de Pinochet, des milliers de travailleurs et de travailleuses réclamaient des armes pour contrer le putsch dont la menace était perceptible. Allende refusa de les leur donner.  Qu’un tel aveuglement serve de leçon, et les victimes de Pinochet ne seront pas tombées tout à fait en vain.

Par La Gauche le Mercredi, 11 Septembre 2013

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=3009:chili–les-lecons-dune-tragedie&option=com_content&Itemid=53

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12 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

« Ras-le-bol fiscal » : le grand matraquage (Acrimed)

« Ras-le-bol fiscal » : le grand matraquage (Acrimed) dans A gauche du PS tumblr_mfumsnxGsD1ribnwko1_500

Une fièvre nouvelle se serait emparée de la France en cette fin d’été : le « ras-le-bol fiscal » des Français face à l’augmentation prétendument déraisonnable des prélèvements obligatoires. Quoi qu’on pense du niveau de ces prélèvements, un constat s’impose : la mise à l’agenda du « ras-le-bol fiscal » dans le débat public a très largement relevé d’une construction médiatique.

Tout commence par une interview du ministre de l’économie le 20 aout sur France Inter : « Je suis très sensible à ce ras-le-bol fiscal que je ressens de la part de nos concitoyens » explique Pierre Moscovici. Ses sources ? Lors de ses deux semaines de vacances, ses proches « ne lui ont parlé que de ça du petit déjeuner au dîner » explique très sérieusement Le Monde en citant l’entourage de Pierre Moscovici.

On assiste dès lors à un phénomène médiatique singulier : le « ressenti » du ministre devient un fait social avéré. Au len- demain de l’interview sur France Inter, Le Monde publie ainsi un article qui titre «  Les contribuables constatent déjà les hausses d’impôt décidées en 2012 », et décrypte le « ras-le-bol » auquel Moscovici s’est déclaré sensible… Il aura donc simplement fallu qu’un ministre fasse part de son impression et de celle de ses amis pour que des journalistes bien intentionnés s’appliquent à démontrer qu’il s’agit d’une réalité tangible.

Libération, qui ne compte pas se laisser distancer par Le Monde lorsqu’il s’agit de relayer les résultats des investigations estivales des ministres, apporte de nouveaux éléments décisifs pour confirmer le « sentiment » de Moscovici : « Beaucoup de ministres et députés ont constaté sur leurs lieux de vacances la confirmation de ce que répète l’opposition depuis des semaines : un début de trop-plein fiscal ». Décidément, les vacances portent conseil… Et si le gouvernement a renoncé à financer la réforme des retraites en augmentant les impôts, le quotidien croit savoir que c’est pour ne pas « alimenter le ras-le-bol fiscal des Français » [1]. Un « ras-le-bol » présenté ici encore, sans distance, comme une préoccupation « des Français » – alors qu’il constitue avant tout un enjeu de lutte politique entre la majorité et l’opposition…

On pouvait s’y attendre, Le Figaro, qui en matière de fiscalité a toujours confondu les intérêts de son lectorat avec ceux des Français, se contente quant à lui de prendre note de ce que le ministre se soit rendu à l’évidence : « Pierre Moscovici a reconnu qu’il y a, en France, un problème avec le niveau des impôts ». Cette évidence est partagée par Olli Rehn, le commissaire européen aux affaires écono- miques et monétaires, qui explique dans un entretien au JDD du 25 août que les impôts ont atteint un « seuil fatidique » en France, et précise notamment que « la fiscalité de l’épargne et l’impôt sur les sociétés ont aussi atteint des seuils trop élevés », ou que la rigueur « doit passer par une baisse des dépenses publiques et non par de nouveaux impôts  ».

Ses propos, qui suggèrent qu’il vaut mieux couper dans les dépenses sociales que de taxer les plus riches ou les entreprises seront largement repris… Elle est aussi partagée par Jean-Louis Borloo, qui lance le 27 août une pétition nationale pour un moratoire fiscal. Cette initiative connait un certain succès médiatique puisqu’elle sera au moins reprise par TF1, RTL, Europe 1, Le Figaro, Le Parisien, L’Express, Le Télégramme, etc. En toute logique d’ailleurs : après avoir décrété que les Français (dans leur ensemble) étaient excédés par le « matraquage fiscal », diffuser un tel appel revenait à faire œuvre de salut public…

Pour se convaincre que le thème du « ras-le-bol fiscal » est largement une construction médiatique, il suffit de constater qu’il efface du débat public un autre ras-le bol, au moins aussi crédible : le « ras-le-bol » de la stagnation ou de la régression du pouvoir d’achat… Au lieu de souscrire à l’emballement médiatique, le rôle d’un journalisme exigeant aurait été de s’interroger sur ce que les « ressentis » et les « on dit » de vacances, fussent-ils ministériels, recouvrent de réalité [2].

Quand bien même « ras-le-bol » il y aurait, concerne-t-il tous les Français et revêt-il le même sens pour chacune des catégories socio- professionnelles ? Les cris d’orfraie du MEDEF et le mécontentement des couches populaires, frappées de plein fouet par l’augmentation des impôts non progressifs (et notamment des impôts sur la consommation), et donc par la stagnation ou la baisse de leur pouvoir d’achat, sont-elles à placer sur le même plan ? C’est plus d’une dizaine de jours après l’irruption fracassante du « ras-le-bol fiscal » sur la scène médiatique que l’on voit apparaître dans les grands titres de presse des dossiers sur ce qu’était au juste censé recouvrir ce phénomène de « ras-le-bol fiscal ». Mieux vaut tard que jamais ? Voire. Car il s’agit plus souvent de justifier plutôt que d’expliquer.

« Sarkozy-Hollande : 84 nouveaux impôts en deux ans » titre Le Monde le mercredi 4 septembre. Le quotidien dresse ainsi l’inventaire des hausses et créations d’impôts réalisées depuis trois ans, avec un constat : «  ceux-ci atteindront un record absolu en 2013, avec un taux de prélèvements obligatoires de 46,3 % du produit intérieur brut. » ; « Pluie d’impôts sur la France » titre quant à lui l’article qui résume cette enquête dans le magazine du Monde. Le ras-le-bol fiscal existe-t-il ? En tout cas, pour Le Monde, il a toutes les raisons d’exister – et s’ils se fient à la nouvelle marotte de leur quotidien, ses lecteurs seront bientôt convaincus qu’ils sont spoliés par une fiscalité confiscatoire…

Autre enquête, celle de Rue 89, qui a le mérite de donner la parole au rédacteur en chef d’Alternatives économiques, qui relativise la « pression fiscale » dénoncée par le MEDEF (et en creux, par Le Monde) : « Les mesures supplémentaires prises pour 2013 n’ont probablement eu pour effet que de ramener la fiscalité des revenus et du capital des ménages à peu près au niveau qui était le sien en 2000 avant la débauche des baisses d’impôts pour les plus riches et les entreprises [3]. » Une prise de distance qui est pourtant relativisée par un article intitulé « Avec notre « fiscomètre », surveillez la pression fiscale », qui raille l’« impressionnante créativité fiscale » en récapitulant les nouveaux impôts et taxes mis en place par François Hollande, participant ainsi à la fabrication de l’image et de l’idée du contribuable excédé.

À ce stade, on s’étonne qu’il n’ait pas été fait mention de sondage. C’est La Tribune qui s’y colle, avec la difficile tâche de donner a posteriori réalité (du moins celle, très artificielle, que construisent les sondages) à un phénomène dont la réalité médiatique n’est plus à démontrer. Le seul sondage sur la question a donc été réalisé pendant l’été par le controversé Opinion Way, spécialiste des sondages par internet. Résultats : pour 34% des sondés la diminution des impôts est « tout à fait prioritaire », pour 41% « plutôt prioritaire », ce qui permet à La Tribune de conclure que oui, le ras-le-bol fiscal existe puisque pour 74% la baisse des impôts est prioritaire. Outre les biais sémantiques (une mesure « plutôt prioritaire » est-elle prioritaire ?), outre ceux liés à la méthodologie du sondage (par internet) et à la période (le mois d’août), cette enquête d’opinion pose au moins deux problèmes.

Le premier, c’est que la baisse d’impôt est présentée comme un choix dans l’absolu, alors que comme le souligne Olli Rehn, si l’on n’augmente pas ou si l’on baisse les impôts, il faut tailler dans les dépenses dont une écrasante majorité relève de dépenses sociales. Détacher la question du montant de l’impôt de celle de ses usages par les pouvoirs publics revient à la dépolitiser et donc à lui ôter toute signification ! Qui plus est, formuler le problème sous cet angle permet de s’assurer à peu près à coup sûr une large majorité de répondants se déclarant favorables à une telle mesure – il est rare qu’une personne déclare spontanément s’opposer à une hausse de ses revenus…

Le second problème, c’est que de parler d’impôts tout court n’a pas de sens non plus. Les catégories populaires dont une bonne partie ne paie pas l’impôt sur le revenu se contrefichent de son barème, qui obsède les plus aisés ; à l’inverse les impôts sur la consommation comme la TVA sont une préoccupation constante pour les premiers alors que les seconds n’y prêtent pas ou peu attention. Additionner leurs réponses pour créer de toute pièce « l’opinion des Français » sur la question revient donc à additionner des carottes et des choux fleurs. Mais peu importe, si cela permet de donner un vernis scientifique à l’emballement médiatique du « ras-le-bol fiscal »…

Enquêtes, contre-enquêtes, sondages… Libération fait, quant à lui, appel à une experte pour nous éclairer sur la pression fiscale. Tout droit venue de l’université de Chicago, Ioana Marinescu nous offre une petite démonstration de pédagogie néolibérale selon laquelle « il y a relativement peu à gagner en augmentant les impôts ». Et de conclure : « étant donné les minces gains économiques, Pierre Moscovici n’a donc peut-être pas tort de s’inquiéter des retombées politiques du « ras-le-bol fiscal » des Français.  » Un contrepoint aurait été bienvenu…

Dans l’éditorial de Libération daté du 25 août, « Complexés », Sylvain Bourmeau nous livre une interprétation intéressante de cette séquence du « ras-le-bol fiscal » : «  Le PS donne étrangement le sentiment perpétuel de subir les assauts idéologiques de la droite. Comment comprendre autrement les propos défensifs et même complexés […] sur le niveau décrété “ insupportable ” des prélèvements obligatoires ou l’acceptation du dogme idiot selon lequel on ne saurait créer une nouvelle taxe ? » On s’étonne que cette réflexion critique sur le « ras-le-bol fiscal » n’ait pas été davantage développée dans les colonnes de Libération… Dommage que les journalistes des grands quotidiens soient parfois si « complexés » quant à leur vocation à informer, et non à enfumer, leurs lecteurs.  par Frédéric Lemaire, le 12 septembre 2013

http://www.acrimed.org/article4133.html

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12 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Adieu Albert, tu vas nous manquer!

Adieu Albert, tu vas nous manquer! dans A gauche du PS affiche-a3-jacquard-couleur

Agé de 87 ans, ce polytechnicien et militant de gauche a succombé mercredi soir à une leucémie.

Le généticien et militant de gauche Albert Jacquard est décédé mercredi soir à son domicile parisien (VIe arrondissement) à l’âge de 87 ans, a annoncé jeudi son fils à l’AFP. Ce polytechnicien, né le 23 décembre 1925, qui était président d’honneur de l’association Droit au logement (DAL), a été emporté par une forme de leucémie, a-t-il précisé.

Issu d’une famille de la bonne société lyonnaise, Albert Jacquard est reçu à Polytechnique 20 ans plus tard et entre en 1951 à la Seita (société nationale qui fabrique tabac et allumettes) pour y travailler à la mise en place d’un des premiers systèmes informatiques. Après un bref pas- sage au ministère de la Santé publique, il rejoint l’Institut national d’études démographiques (Ined) en 1962. Mais il approche de la quaran- taine et «s’aperçoit qu’on n’est pas éternel et qu’on ne veut pas gâcher sa vie à des choses dérisoires». Albert Jacquard part donc étudier la génétique des populations dans la prestigieuse université américaine de Stanford, puis revient à l’Ined et passe deux doctorats en génétique et biologie humaine dans la foulée.

Parallèlement à l’enseignement et son travail d’expert à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), il n’aura alors de cesse de démonter les arguments prétendument scientifiques des théories racistes et sera même témoin en 1987 au procès du nazi Klaus Barbie pour crimes contre l’humanité.

Ses premiers livres, comme Eloge de la différence : la génétique et l’homme (1978) rencontrent un grand succès qui ne se démentira pas, même quand il dérivera vers la philosophie, la vulgarisation scientifique ou l’humanisme anti-libéral. Car le Pr Jacquard n’aime pas le libéralisme et il sera d’ailleurs candidat aux législatives à Paris en 1986 sur une liste soutenue par divers mouvements de la gauche alternative, puis en 1999 sur la liste écologiste conduite par Daniel Cohn-Bendit (en 84e position).

Dans les années 1990, Albert Jacquard va mettre sa verve médiatique au service d’une autre cause : les mal-logés et les sans-papiers. Occupation d’un immeuble rue du Dragon en 1994, de l’Eglise Saint-Bernard en 1996… son visage de vieux faune grec devient vite aussi familier que celui de l’Abbé Pierre, Mgr Gaillot ou Emmanuelle Béart, ses compagnons de lutte. L’âge aidant, le président d’honneur du DAL s’était fait plus discret tout en continuant à soutenir les démunis et à pousser des coups de gueule, comme dans sa chronique quoti- dienne sur France Culture de 2001 à 2010. En mai dernier, l’AFP l’avait croisé à Cannes pour le «festival de silence», organisé en marge des cérémonies de la Croisette. «Ces moments nous rappellent la grande vertu du silence. Cela permet d’abord de prendre de la distance sur le côté artificiel d’un festival de cinéma. La réalité humaine se regarde mieux depuis l’île de Saint-Honorat que depuis la Croisette», avait lancé Albert Jacquard, à l’issue d’un déjeuner silencieux avec les moines de l’abbaye de Lérins. AFP

Albert Jacquard, bon homme de cheminPar Laure Noualhat

A lire aussi  Le portrait d’Albert Jacquard paru en 2006 dans Libération

http://www.liberation.fr/societe/2013/09/12/deces-du-geneticien-albert-jacquard_931341

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12 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Chili, 11 septembre 1973, le coup d’État de Pinochet et l’écrasement du mouvement ouvrier (LO)

Chili, 11 septembre 1973, le coup d'État de Pinochet et l'écrasement du mouvement ouvrier (LO) dans A gauche du PS allende1ultimafoto_allende

(…) FACE À UN COUP D’ÉTAT ANNONCÉ, LA CLASSE OUVRIÈRE DÉSARMÉE

L’extrême droite et les militaires intervenaient de plus en plus contre la population dans les campagnes et les quartiers populaires. Mais les travailleurs de leur côté s’organisaient et faisaient face, se défendant contre les nervis d’extrême droite et se mobilisant pour combattre le marché noir et assurer le ravitaillement dans les quartiers. Alors que, du côté des militaires, il devenait de plus en plus évident qu’un putsch se préparait, la classe ouvrière se montrait prête à réagir si on le lui demandait.

Mais Allende demanda aux classes populaires de la sagesse et… des efforts pour augmenter la production afin de combattre le fascisme. Quant au Parti communiste, il lança une campagne de pétitions pour dire « Non à la guerre civile ». En fait, les dirigeants du gouvernement d’Unité populaire démobilisaient la classe ouvrière.

Une première tentative de coup d’État militaire échoua le 29 juin 1973. Allende chercha à se concilier les militaires et, le 9 août, il les appela au gouvernement, nommant Pinochet commandant en chef des armées. L’armée, relayée par l’extrême droite, commença à prendre le contrôle de régions entières.

Face à cette situation, les classes populaires attendaient des chefs de l’Unité populaire des consignes et des armes. Allende leur répondit le 9 septembre en proposant l’organisation d’un référendum !

Le 11 septembre, le coup d’État militaire, au cours duquel Pinochet fit bombarder le palais présidentiel, ne fut pas une surprise. Mais tous ceux qui, dans les villes, les campagnes, les quartiers populaires, se préparaient à faire face aux militaires, attendirent en vain les consignes et les armes que les dirigeants du Parti socialiste et du Parti communiste leur avaient promises.

Rien ne vint. L’armée ne se cassa pas en deux comme l’avaient laissé espérer les dirigeants du gouvernement d’Unité populaire. Les cara- biniers, hostiles à Pinochet, se rangèrent du côté de l’état-­major après avoir attendu en vain des ordres du gouvernement qui ne vinrent pas. Tous ceux qui refusèrent d’obéir furent exécutés. En quelques jours, des dizaines de milliers de personnes, travailleurs, paysans, militants et suspects furent arrêtés, parqués dans des stades, des terrains vagues. Beaucoup furent torturés, des milliers furent exécutés. La mort d’Allen- de, dont on apprit plus tard qu’il s’agissait d’un suicide, fut annoncée.

Il s’agissait de briser par la terreur toute velléité de résistance des classes populaires. La gauche et le mouvement ouvrier chiliens étaient écrasés. Le peuple chilien entrait dans les ténèbres d’une dictature qui allait durer dix-sept ans.

Salvador Allende est aujourd’hui célébré à gauche comme un martyr victime de la réaction et des violences militaires, mais c’est une partie de la réalité. La politique réformiste d’Allende et des partis de l’Unité populaire se voulait respectueuse de la bourgeoisie, de la propriété capitaliste, mais aussi de l’armée, des institutions et de l’ordre bourgeois. Face à la réaction militaire, appuyée par la bourgeoisie chilienne et par l’impérialisme américain, ils excluaient de faire appel à une mobilisation populaire qui serait alors devenue révolutionnaire. Ce faisant, ils conduisaient consciemment les travailleurs à l’abattoir. Le suicide d’Allende, préférant se donner la mort plutôt que d’organiser la lutte du peuple qui l’avait soutenu, reste aussi le symbole de l’impasse du réformisme. Henriette MAUTHEY

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2354&id=43

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12 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

10 septembre : une mobilisation qui doit continuer (LO)

10 septembre : une mobilisation qui doit continuer (LO) dans A gauche du PS linternationale

Les manifestations organisées dans tout le pays, le 10 septembre, contre la réforme des retraites ont rassemblé bon nombre de travailleurs qui avaient toutes les raisons de dénoncer la politique du gouvernement Hollande.

Dans les grandes villes les manifestations ont regroupé 15 000 personnes à Paris, 6 000 personnes à Lyon et à Marseille, 4 000 personnes à Lille par exemple. Mais il y a eu des manifestations aussi dans de nombreuses villes plus petites : 800 personnes à Dieppe, 700 à Compiègne, 500 à Montargis par exemple et bien d’autres encore.

Ainsi, dans de nombreux endroits, les militants et au-delà une fraction des travailleurs se sont retrouvés plus nombreux qu’ils ne le craignaient, dans des manifestations qui avaient de l’allure. À Rouen, les travailleurs et les drapeaux des différentes entreprises se mélangeaient dans le cortège. Les ex-salariés de Pétroplus se sont retrouvés avec ceux de ­Revima qui refusent le chantage de leur patron. À Compiègne, des tapissiers du Château côtoyaient des syndiqués de petites entreprises.

Cette mobilisation ne représente pas un raz-de-marée comme s’est empressée de le souligner la presse, mais elle n’a pas été négligeable, loin de là. Elle montre que bien des travailleurs conscients pensent qu’il est grand temps de réagir face aux attaques du gouver-nement et du patronat, qu’il s’agisse de la réforme des retraites ou des autres. Alors cette mobilisation réussie ne doit être qu’un début pour tous ceux qui veulent préparer une riposte d’ensemble du monde du travail. Marion AJAR

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2354&id=2

Commentaire: C’est aussi notre avis!

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11 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Municipales : la tambouille parisienne des communistes (Jdd)

Municipales : la tambouille parisienne des communistes (Jdd) dans A gauche du PS tumblr_m6lg1tRXdJ1qmz42ho1_250

L’élu du 18e arrondissement, Ian Brossat, a été nommé lundi tête de liste du Parti communiste pour les élections municipales. Mais le jeune conseiller de Paris voudrait en fait s’allier au Parti de gauche ou au Parti socialiste. Un ralliement sous couvert d’âpres négociations.

Le processus peut décontenancer. Le président du groupe PCF-PG au Conseil de Paris Ian Brossat a été désigné lundi chef de file des communistes à Paris pour les élections municipales de mars 2014. Mais ne sait pas encore s’il sera tête de liste au moment du scrutin. Avec seulement 6% d’intentions de vote, selon le dernier sondage paru dans le JDD, l’issue de sa course à la mairie de Paris semble connue d’avance. A 33 ans, Ian Brossat, pourrait s’offrir une autre alternative : rallier le Parti de gauche ou faire alliance avec le Parti socialiste, avant même le premier tour des élections. La deuxième option semble bien plus avantageuse au regard du nombre de conseillers de Paris que pourrait lui offrir la candidate du PS, Anne Hidalgo.

Alors, les négociations en coulisses vont bon train. « En fonction des réponses que nous aurons, nous définirons le périmètre du rassemblement », explique au JDD.fr Ian Brossat, qui a déjà posé ses conditions aux socialistes. Il souhaite notamment voir la capitale construire 30% de logements sociaux d’ici à 2030. Une condition sine qua non, dit-il. Il demande aussi à Anne Hidalgo de s’opposer à la politique d’austérité du gouvernement. Mais sur ce point, ce sera non. « Anne Hidalgo est solidaire de la politique du gouvernement », tranche le porte-parole de la candidate, Bruno Julliard, contacté par leJDD.fr.

Le Parti de gauche « choqué » Au-delà du projet, se jouent surtout en coulisses d’âpres négociations sur le nombre d’élus. Le PC compte huit conseillers de Paris et aimerait au moins doubler la mise. « Nous sommes prêts à accorder une augmentation très significative du nombre d’élus communistes », répond Bruno Julliard, qui se refuse toutefois à avancer un chiffre. Ian Brossat tient, lui, à répéter autant que possible, qu’il n’est « pas marchand de tapis », que « le projet compte avant toute chose ».

Des négociations qui laissent un goût amer au Parti de gauche. « On est assez choqués », confie au JDD.fr sa candidate, Danielle Simonet. La conseillère de Paris déplore que Ian Brossat « participe à des discussions avec le Parti socialiste en se prévalant du score du Front de gauche pour organiser des marchandages concernant leur nombre d’élus. » Le parti de Jean-Luc Mélenchon(*) avait obtenu 11% des voix à Paris à la présidentielle de 2012, et compte bien mettre en avant ce chiffre pour faire valoir son poids électoral. « Il y aura beaucoup plus d’élus Front de gauche dans des listes autonomes que si le PC ne négocie pour sa chapelle », prévient la secrétaire nationale du Parti de gauche. Agacée, Danielle Simonnet veut quand même rester confiante quant au vote des militants communistes, au nom, dit-elle, de la cohérence politique : « Ils ne vont pas manifester mardi contre le Premier ministre et la casse des retraites et un autre soir de la semaine, se rallier aux amis de ce même Premier ministre. » Ce sont les militants communistes qui choisiront la stratégie à adopter les 17,18 et 19 octobre, lors d’un vote. Ian Brossat affirme qu’il se ralliera au verdict des adhérents parisiens. Non sans leur avoir présenté au préalable l’option qui lui semble la plus pertinente. Caroline Vigoureux – leJDD.fr mardi 10 septembre 2013

http://www.lejdd.fr/Politique/Municipales-la-tambouille-parisienne-des-communistes-628290

Commentaire:  * Le Parti de JLM c’est tout le Front de gauche ou seulement le Parti de gauche?  Ces fameux 11% magiques dont on ne doit parler qu’avec des sanglots, faudrait les déposer une bonne fois pour qu’on sache à qui ils sont!

 

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09 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Allemagne: deux semaines avant les élections fédérales (lcr.be)

Allemagne: deux semaines avant les élections fédérales (lcr.be) dans A gauche du PS panzer Die Linke se moque du panzer solaire des Verts

Les campagnes électorales des partis établis comme la CDU/CSU (chrétien-conservateur), le SPD (social-democrate), les Verts et le FDP (libéral) reprennent en partie à leur façon, des thèmes pris de l’arsenal de Die Linke (La Gauche).

Die Linke, constitué comme nouveau parti par la fusion de la Linkspartei et du WASG (Alternative Electorale pour la Justice Sociale) en 2007, était entré au Bundestag (le parlement fédéral de l’Allemagne) avec 11,9% en l’an 2009. C’était un succès indéniable, la faiblesse traditionelle de la Linkspartei/PDS dans les „vieux Länder“ à l’ouest de l’Allemagne avait commencé à se relativiser. Et le thème le plus entendu, c’était la justice sociale en général et à plus forte raison encore l’argumentation pour un salaire minimum.

Avec cette revendication, en 2009, Die Linke faisait cavalier seul. Aujour’hui, le SPD et les Verts se font champion du salaire minimum, bien qu’ils parlent seulement de 8,50 Euro par heure. Il est vrais que cela donnerait un progrès réel pour un nombre important de salariés très mal payé. Il y des secteurs, où l’on ne gagne que de 4 à 6  Euros. Mais même la revendication de Die Linke, qui n’a pas changé le montant du salaire minimum revendiqué par elle depuis 2009, c’est-à dire 10 Euro, est insuffisante pour protéger le salarié concerné contre la pauvreté qui l’attend à l’age de la pension.

CDU/CSU et FDP ne polémiquent ouvertement, ni contre la revendication du salaire minimum, ni contre l’agitation pour l’amélioration des pensions et des minimas sociaux. Ils disent, que ce n’est pas l’Etat qui  devrait fixer un salaire minimum, qu’il faut continuer à régler cela par branches, et qu’en dernière analyse – c’est le FDP qui souligne – c’est l’affaire des “partenaires sociaux” (organisations patronales et syndi- cats). Mais les syndicats du DGB, eux, font campagne pour un salaire minimum général de 8,50 tout comme le SPD et les Verts…

La politique néolibérale féroce du SPD et des Verts sous le chancelier Gerhard Schröder avait eu des conséquences très négatives pour les rapports traditionnellement symbiotiques de la direction du SPD avec celle des syndicats du DGB.  La Gauche avait pu renforcer sa présence acceptée au sein des syndicats. Certes, nous ne sommes pas revenu à la situation d’avant Schröder, mais quand-même, les appareils social-democrates politiques et syndicaux on recommencé à mieux s’entendre. Et Die Linke peut se vanter d’avoir influencé l’évolution des positions des autres partis, mais au prix de s’affaiblir du point de vue électoral. Entretemps, elle est tombée jusqu’à 6% dans les sondages d’opinion (en printemps 2012). Dans les récents sondages, elle est quand-même regrimpée à 9% pour l’institut Emnid (un institut lui avait même donné 10% la semaine dernière, d’autres lui accordent entre 8 et 9%).

A la CDU/CSU, qui n’avait obtenu que 33,8% en 2009, les instituts accordent entre 39 et 41% maintenant. Ceci, et la  popularité inébranlée de la chancelière Angela Merkel, montrent bien la force d’une politique ressentie comme favorable  à un bien-être relatif allemand, au détriment des populations des pays  plus faibles au sein de l’UE. Le facteur d’incertitude, c’est le FDP, qui avait obtenu 14,6% en 2009 et qui tourne maintenant autour des 5%, ce qui met en danger la continuité de la coalition conservatrice/libérale.

Le SPD, lui, se trouve à 25% dans les sondages, et les Verts à 11% (leur envolée après Fukushima, c’est du passé). Le candidat à la chancellerie du SPD, Peer Steinbrück, un type froidement technocrate, est peu crédible pour les thèmes sociaux. Et il refuse une coalition  Die Linke-SPD, pour remplacer le gouvernement conservateur-libéral. Une nouvelle “grande coalition” CDU/SPD pourrait doncsortir de ces  élections.

Pour compléter le tableau, la percée des Pirates semble terminée , ils piétinent à 3%, tout comme le AfD  (Alternative pour l’Allemagne), qui veut la sortie de la zone Euro pour ne plus « payer pour les plus pauvres ». Par Manuel Kellner le Dimanche, 08 Septembre 2013

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=3006:allemagne–deux-semaines-avant-les-elections-federales-&option=com_content&Itemid=53

 

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07 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Front de Gauche : mauvais coups et manœuvres électorales

Front de Gauche : mauvais coups et manœuvres électorales dans A gauche du PS tumblr_lzra53ZMSc1qzhnmco1_500

Le temps des universités d’été des différentes composantes du Front de gauche, les médias ont fait leurs choux gras du psychodrame qui a suivi la polémique entre Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent. En jeu, leurs relations avec le PS, avec en toile de fond les tractations autour des municipales… Des rivalités et polémiques qui évitent les vraies questions.

Mélenchon a déclenché la polémique par ses propos contre le gouvernement et en particulier contre Valls, accusé de «   reprendre les mots les plus infâmes de l’adversaire pour dire que le problème, c’est l’immigré, alors que l’immigré, ce n’est pas le problème, le problème, c’est le financier  » et qui «  insulte les citoyens de confession musulmane  ». Pour Mélenchon, «  le premier pourvoyeur de voix pour le Front national, il est installé à l’Élysée  » et «  sans l’ombre d’un doute, la politique qui est menée est une politique de droite  ». Il est difficile de le contester mais ces accusations entrent cependant en contradiction avec la politique du Front de gauche qui refuse de se situer dans l’opposition au gouvernement.

C’est ce que n’a pas manqué de relever Pierre Laurent dans un entretien à Libération, reprochant à Mélenchon de «  confondre la colère et la radicalité nécessaire avec la provocation et l’invective  », se faisant ainsi l’écho de la réprobation venant du PS. La réplique est venue le lendemain à l’occasion du meeting de clôture des universités d’été du Parti de gauche  : «  On ne gagne rien au rôle de tireur dans le dos  » a lancé Mélenchon à l’adresse de son camarade…

Être ou ne pas être dans l’opposition L’échange ne touche pas au débat de fond, se définir ou pas comme un parti d’opposition. Il exprime les rivalités et intérêts divergents du Parti de gauche et du PC pour les municipales. Mélenchon défend une politique indépendante au premier tour pour tenter de renforcer ses positions, alors que Pierre Laurent veut favoriser des listes d’union, soucieux de sauvegarder ses élus, quasiment tous acquis grâce au PS. Le désaccord aboutit à des ruptures lorsque le PG envisage de se présenter contre une liste d’alliance PCF-PS. Mais au final, le PC comme le PG convergent. «  L’objectif doit rester de faire élire des majorités de gauche en rassemblant communistes, Front de gauche, écologistes, socialistes et forces citoyennes  » affirme Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon le rejoint en demandant «  des listes distinctes au premier tour et des discussions de fond au deuxième  » avant de rassurer  : «  nous ferons des choix de gauche au premier et au deuxième tour  ».

Et dans cette logique Jean-Luc Mélenchon fait du pied aux Verts en déclarant sur France 2  : «  Je pense que nous pouvons dès le premier tour faire des listes avec des écologistes dans de très nombreuses villes  ». Il prétend ainsi «  commencer à construire cette majorité alternative que j’appelle de mes vœux  »… une alternative qui participe aujourd’hui à la majorité présidentielle  !

La navire n’a pas fini de tanguer sous l’effet de ses contradictions, mais la même volonté d’accéder au pouvoir dans le cadre d’une majorité de la gauche parlementaire continuera de souder l’équipage. Une politique qui tourne le dos à la seule perspective répondant aux besoins des travailleurs et de la population, des militantes et militants du Front de Gauche  : construire une opposition de gauche à ce gouvernement. LEMAITRE Yvan 5 septembre 2013 * Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 207 (05/09/2013). http://www.npa2009.org/

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07 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

“C’est à Mélenchon de dire s’il est dans l’opposition ou dans la majorité”

image Il nous faut 1 million! Merci!

Olivier Besancenot présente la stratégie du NPA pour faire apparaître une opposition unitaire à la gauche du gouvernement. Après un été chargé en lectures militantes et en polars, Olivier Besancenot repart au combat. Conférence de presse unitaire de la gauche de la gauche sur la réforme des retraites, souscription du NPA, candidature aux européennes, il répond aux questions des Inrocks sur la stratégie du NPA pour la rentrée sociale et bien sûr sur la Syrie, sur le gouvernement et sur la réforme du droit de vote des étrangers. Il réfléchit aussi à la place de l’engagement militant aujourd’hui dans la société.

Quatre ans après sa création, le NPA est-il encore viable, encore une signature qui compte ?

Olivier Besancenot – L’enjeu d’une signature se décline en fonction de l’actualité, du moment et de la période. Je pense que le NPA compte toujours. Après des moments difficiles, nous connaissons une nouvelle situation notamment depuis que Hollande est arrivé. Il y a, de nouveau, un petit courant de sympathie qui se tourne vers nous, un milieu social qui, sans partager toutes nos solutions, pense qu’on est utile pour les combats du quotidien, peut-être parce qu’on est les plus indépendants du gouvernement.

Mais, en même temps, il y a le Poutouthon… Ce n’est pas nous qui l’avons appelé comme ça, mais peu importe. Cette souscription n’est pas faite pour combler les caisses du NPA, mais pour nous permettre de nous présenter sur l’ensemble des circonscriptions aux élections européennes. Il y a sept circonscriptions et le coût est de 1 million d’euros. Chaque année, nous organisons des souscriptions. On récolte de 200 000 à 300 000 euros. Cette fois, il en faut trois fois plus. Même si c’est trop tôt pour faire un état des lieux, nous partons confiants. De la réussite de la souscription dépendra l’envergure de notre présence au moment des élections européennes.

Dans quelle mesure allez-vous continuer à vous impliquer au NPA ? Serez-vous candidat aux européennes ? Il ne faut pas aller plus vite que la musique et on n’a pas encore discuté de cela. Il faut d’abord régler les moyens de se financer. Et à ce moment-là on verra qui se présente. C’est encore assez loin, mine de rien. C’est la rentrée. Nous verrons fin décembre. On prend les choses au fur et à mesure. On est d’abord sur la bataille des retraites, avec un fil rouge qui consiste à essayer de rassembler, de façon unitaire, une opposition radicale à la gauche du gouvernement en donnant un contre-poids efficace et concret à la politique du pouvoir et du patronat. Avant les manifestations du 10 septembre, nous cherchons à remettre en place le dispositif unitaire qui existait au moment de la réforme de 2010.

Dès ce mercredi 4 septembre, se tiendra une conférence de presse unitaire puis il y aura des meetings communs dans les tuyaux, auxquels le NPA prendra part. C’est toujours compliqué à organiser car, derrière ce combat, se niche le dilemme de la gauche radicale et de la gauche non gouvernementale : une certaine forme de culpabilité sur laquelle le PS compte beaucoup. C’est l’idée qu’on ne pourrait quand même pas leur faire la même chose qu’à la droite. Pourtant, eux ne se gênent pas pour mener une politique de droite. Nous ne sommes pas là pour nous contenter de faire le constat perpétuel de l’inaction ou des trahisons du gouvernement ; on n’en attendait de toute façon rien. Nous voyons les choses en mouvement et l’enjeu est bien de faire qu’ici et maintenant on impose un maximum de victoires par le rapport de force et à grands coups de pied dans le derrière. C’est le meilleur moyen de faire apparaître une alternative anticapitaliste crédible à la gauche du gouvernement. Tant qu’elle n’existera pas, c’est vers la droite et l’extrême droite que les désabusés se dirigeront.

Vous parlez d’une conférence de presse unitaire. Le Front de gauche sera-t-il présent ? Oui. On sait que les militants notamment ont envie de ça. C’est aux dirigeants du Parti communiste, du Parti de gauche de se prononcer. Faut remouiller la chemise comme en 2010. Pour l’instant, cela paraît plus compliqué. Plutôt que de continuer à lorgner sur la gauche du gouvernement, le Front de gauche aurait tout à gagner à participer à la construction d’une opposition à la gauche du gouvernement qui soit décomplexée et assumée.

Vous les sentez plus hésitants ? Il y a plus que des hésitations ! Il y a une stratégie aux municipales qui comporte des accords à géométrie variable incompréhensibles. C’est un manque de cohérence que de tenir des propos aussi forts parfois contre le gouvernement Ayrault et de se présenter tout de même avec la majorité présidentielle aux municipales dans certaines villes, et non des moindres. Il faut s’assumer. La balle est dans le camp de Mélenchon. C’est à lui de dire s’il est dans l’opposition ou dans la majorité.

Pour en revenir aux européennes, même si ce n’est pas tranché, est-ce que vous avez envie d’y aller ? Cela ne se passe pas comme ça chez nous : nous ne sommes pas des candidats professionnels et on décide collectivement, en temps et en heure, de ce qu’on fait. Et puis là, ce n’est vraiment pas l’heure. Je n’entretiens aucun vrai-faux suspense sur quoi que ce soit, mais ça ne se discute vraiment pas en ces termes-là dans nos rangs.

Votre exemple ne montre-t-il pas que l’engagement militant passe aujourd’hui plus par un engagement citoyen que politique ? C’est un engagement militant. J’adore cette citation de Paul Valéry : “La politique est l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde.” On est dans une société qui pousse une écrasante part de la population à se sentir illégitime face à des politiciens qui vivent en vase clos et partagent les mêmes codes. Nous, on doit se faire violence pour y aller. Peut-être qu’on bégayera, qu’on se plantera mais au moins on aura tenté. Nous cherchons à démontrer qu’on peut faire de la politique sans courir après les postes et sans avoir une vision seulement électorale. C’est vraiment notre marque de fabrique. Car, le temps du suffrage électoral est un temps de citoyenneté extrêmement bref en réalité, le temps de glisser une enveloppe dans une urne. La démocratie réelle, c’est l’espérance qu’on a ou non d’une autre société. La gauche radicale crève de son manque d’imagination, de son inaptitude à sortir le nez du guidon, à quitter l’urgence des temps électoraux pour cogiter et imaginer ce que pourrait être une nouvelle société où la démocratie serait un mélange de suffrage universel et de démocratie directe. D’où l’idée qu’on a un engagement militant constant qui ne surgisse pas uniquement au moment des élections.

Est-ce que l’affaire Snowden justement traduit pour vous ce nouvel engagement militant ? Qu’est-ce que vous pensez de cette affaire ? C’est complètement lié. L’affaire Snowden, comme d’autres affaires, est une illustration supplémentaire du pendant antidémocratique de la mondialisation capitaliste en crise. C’est kafkaïen. C’est 1984. L’autre revers de la médaille capitaliste avec celui des politiques antisociales impopulaires. C’est l’étouffement de la voix politique, de l’expression.

Internet a-t-il bousculé l’engagement militant ? Internet n’est qu’un support. Il n’y a pas de valeur intrinsèque à un moyen de communication. Cela peut être un extraordinaire moyen de communication et de partage, ou un extraordinaire moyen d’aliénation. Le problème c’est l’utilisation individuelle et collective qu’on décide d’en faire. Nous, on l’utilise à plein tube pour mobiliser. Pour la confrontation politique, j’ai tendance à croire qu’il vaut quand même mieux avoir la personne en face.

La France doit-elle s’engager en Syrie ? Nous sommes opposés aux interventions militaires occidentales. D’abord, c’est inefficace : face à des frappes présentées comme punitives, le régime syrien pourra parfaitement augmenter son degré de violence contre les révolutionnaires syriens et il pourra même souder une partie de la population sur le thème “il s’agit d’une intervention étrangère”. Et puis c’est dangereux parce que toute forme de substitutisme à un processus révolutionnaire en cours ne règle rien et aggrave la situation. L’Occident est particulièrement hypocrite dans cette affaire. Depuis des mois, la dictature d’Assad est armée, les djihadistes aussi, seuls les révolutionnaires syriens ne le sont pas.

Que pensez-vous des ministres Verts au gouvernement ? Doivent-ils partir, rester après leurs critiques cet été ? Qu’auriez- vous fait ? Je ne suis plus là pour distribuer les bons ou les mauvais points. D’autant plus que le gouvernement, lui, sait distribuer les rôles en son sein, entre “flics gentils” et “flics méchants”. Le problème, c’est de prendre le gouvernement dans son ensemble et dans sa cohérence. Face à l’aspect le plus polémique de la rentrée, c’est-à-dire Valls, qui est une cible politique tentante quand on a le cœur à gauche, tout ce qu’il fait – le démantèlement d’un camp de Roms, l’expulsion d’un sans-papier – se fait toujours avec l’aval et l’autorisation d’Ayrault et de Hollande, et donc avec la complicité de l’ensemble des ministres. Au bout d’un moment, il faut se demander à qui profitent les petites musiques particulières qu’on entend dans le gouvernement, même si je ne doute pas de la sincérité d’un certain nombre de déclarations, je pense à Christiane Taubira. Mais quand il y a une décision de Valls – je ne parle même pas de ses propos – qui est prise, elle se réalise, de facto, avec la complicité de tous ceux qui sont à l’intérieur du gouvernement. Cela renvoie à la déclaration de Chevènement : “Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne.” Tous ceux qui croient changer le système de l’intérieur se trompent, cela ne marche pas. Tout au plus, cela engendre de la résignation politique, sur le thème “ tous les mêmes !”

François Hollande pourrait retourner à Florange, est-ce que vous en attendez quelque chose ? Florange, c’est acté : c’est une trahison politique. Au-delà de la gesticulation médiatique, les grands actes sur la question de l’emploi et du maintien de l’emploi industriel, pour Florange, ou pour PSA, c’est du bluff. L’attente de bon nombre de salariés c’était de dégager Mittal pour que la production continue.

Croyez-vous toujours au droit de vote pour les étrangers aux élections locales ? C’est toujours l’objet de batailles et on ne renonce pas, par le biais du rapport de force, à se dire qu’on peut être en capacité de l’imposer. Mais tout semble stoppé depuis que lors de sa conférence de presse, Hollande a expliqué qu’il n’avait pas les trois cinquièmes au Parlement et que bien entendu il ne ferait pas un référendum. Après tout, même dans le climat nauséabond actuel, il semble qu’il y ait toujours une majorité favorable au droit de vote. Il n’y a pas la volonté de mettre le poids politique du gouvernement dans la balance pour dire : “On a été élu sur cette proposition, on va le faire.”

Regardez-vous des séries ? Oui, je suis assez séries. Je suis en plein dans Game of Thrones.

Qu’avez-vous lu, cet été ? J’ai fait mes “devoirs de vacances”. Pour ma propre réflexion et pour des sujets sur lesquels je travaille, j’ai lu des livres militants. J’ai relu Marx l’intempestif, de Daniel Bensaïd. Et Crack Capitalism de John Holloway. J’ai relu les Pinçon-Charlot, aussi, beaucoup. Et puis, des polars. A la fin d’un jour ennuyeux de Massimo Carlotto. C’est délirant, ça part en vrille complet avec de grandes scènes de dinguerie. C’est une perle. Ensuite, Le Dernier Lapon, d’Olivier Truc, qui est génial ! C’est un autre rythme, plutôt diesel au début mais c’est vraiment très bien.

* Les Inrocks, 4/09/2013.  BESANCENOT Olivier 4 septembre 2013 http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article29677

 

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05 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

La gauche de la gauche contre « le massacre des retraites » (Jdd)

La gauche de la gauche contre

Jean-Luc Mélenchon, Olivier Besancenot, Pierre Laurent et d’autres ont battu, mercredi, le rappel des troupes avant la manifestation du 10 septembre contre la réforme des retraites.

En bas des Champs-Élysées, Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent, Olivier Besancenot et d’autres se relaient micro à la main. Ce mercredi, à un peu moins d’une semaine de la manifestation contre la réforme des retraites, ils battent le rappel des troupes dans une sorte de conférence de presse en plein air, à quelques encablures du Palais présidentiel. L’écolo Karima Delli devait être là, absente , elle a fait lire son texte alors que Gérard Filoche était l’unique représentant du PS dans ce rassemblement à l’initiative du collectif « Pour nos retraites, on lutte ». Ici, personne ne se risque à donner des chiffres pour la prochaine mobilisation. La gauche de la gauche, celle qui s’oppose à François Hollande, en a fait le grand rendez-vous de sa rentrée. L’enjeu de mardi prochain est donc élevé. « Tout est fait pour décourager, pour démobiliser », regrette Mélenchon dans un discours sans envolées et particulièrement concis. Le voilà qui dénonce le « massacre des retraites » et l’empilement de mesures contenues dans la réforme : « une arme d’enfumage massive », selon lui. Son message est clair : « La règle, c’est qu’un gouvernement qui se dit de gauche ne remet pas en cause les acquis sociaux. »

En marge, Olivier Besancenot confie : « On fait tout pour rassembler mais quand le PS arrive [au gouvernement], ce n’est jamais évident. On va foutre le paquet, avec une tournée de meetings comme en 2010. »  La feuille de route est simple : « Il faut mener la bagarre.

C’est une réforme de droite, il faut la battre et la combattre. Sans une once de complexe », tranche l’ancien candidat du NPA à la présidentielle. Après avoir très furtivement serré la main de Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent s’élance à son tour contre « cette réforme qui sacrifie les jeunes générations ». « C’est la vision du Medef qui continue d’avancer », regrette le leader du PCF. Pour lui, comme pour les autres, le 10 septembre n’est que la première « étape » d’une longue lutte. « Ce qui est important, c’est d’installer cette lutte dans le temps. Il faut élargir le spectre de la parole dissidente car on estime que sur ce sujet, on est majoritaire à gauche », abonde Eric Coquerel, l’un des dirigeant du PG. Après, le 10, cette gauche là a de nouveau rendez-vous à la Fête de l’Humanité. Ensuite des meetings unitaires (regroupant a priori Attac, Copernic, PCF, NPA, PG,…) auront lieu. Le premier se tiendra à Rennes, le 20 septembre et celui de Paris aura lieu le 4 octobre.

blank dans Retraites

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