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12 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

10 septembre : une mobilisation qui doit continuer (LO)

10 septembre : une mobilisation qui doit continuer (LO) dans A gauche du PS linternationale

Les manifestations organisées dans tout le pays, le 10 septembre, contre la réforme des retraites ont rassemblé bon nombre de travailleurs qui avaient toutes les raisons de dénoncer la politique du gouvernement Hollande.

Dans les grandes villes les manifestations ont regroupé 15 000 personnes à Paris, 6 000 personnes à Lyon et à Marseille, 4 000 personnes à Lille par exemple. Mais il y a eu des manifestations aussi dans de nombreuses villes plus petites : 800 personnes à Dieppe, 700 à Compiègne, 500 à Montargis par exemple et bien d’autres encore.

Ainsi, dans de nombreux endroits, les militants et au-delà une fraction des travailleurs se sont retrouvés plus nombreux qu’ils ne le craignaient, dans des manifestations qui avaient de l’allure. À Rouen, les travailleurs et les drapeaux des différentes entreprises se mélangeaient dans le cortège. Les ex-salariés de Pétroplus se sont retrouvés avec ceux de ­Revima qui refusent le chantage de leur patron. À Compiègne, des tapissiers du Château côtoyaient des syndiqués de petites entreprises.

Cette mobilisation ne représente pas un raz-de-marée comme s’est empressée de le souligner la presse, mais elle n’a pas été négligeable, loin de là. Elle montre que bien des travailleurs conscients pensent qu’il est grand temps de réagir face aux attaques du gouver-nement et du patronat, qu’il s’agisse de la réforme des retraites ou des autres. Alors cette mobilisation réussie ne doit être qu’un début pour tous ceux qui veulent préparer une riposte d’ensemble du monde du travail. Marion AJAR

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2354&id=2

Commentaire: C’est aussi notre avis!

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11 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Municipales : la tambouille parisienne des communistes (Jdd)

Municipales : la tambouille parisienne des communistes (Jdd) dans A gauche du PS tumblr_m6lg1tRXdJ1qmz42ho1_250

L’élu du 18e arrondissement, Ian Brossat, a été nommé lundi tête de liste du Parti communiste pour les élections municipales. Mais le jeune conseiller de Paris voudrait en fait s’allier au Parti de gauche ou au Parti socialiste. Un ralliement sous couvert d’âpres négociations.

Le processus peut décontenancer. Le président du groupe PCF-PG au Conseil de Paris Ian Brossat a été désigné lundi chef de file des communistes à Paris pour les élections municipales de mars 2014. Mais ne sait pas encore s’il sera tête de liste au moment du scrutin. Avec seulement 6% d’intentions de vote, selon le dernier sondage paru dans le JDD, l’issue de sa course à la mairie de Paris semble connue d’avance. A 33 ans, Ian Brossat, pourrait s’offrir une autre alternative : rallier le Parti de gauche ou faire alliance avec le Parti socialiste, avant même le premier tour des élections. La deuxième option semble bien plus avantageuse au regard du nombre de conseillers de Paris que pourrait lui offrir la candidate du PS, Anne Hidalgo.

Alors, les négociations en coulisses vont bon train. « En fonction des réponses que nous aurons, nous définirons le périmètre du rassemblement », explique au JDD.fr Ian Brossat, qui a déjà posé ses conditions aux socialistes. Il souhaite notamment voir la capitale construire 30% de logements sociaux d’ici à 2030. Une condition sine qua non, dit-il. Il demande aussi à Anne Hidalgo de s’opposer à la politique d’austérité du gouvernement. Mais sur ce point, ce sera non. « Anne Hidalgo est solidaire de la politique du gouvernement », tranche le porte-parole de la candidate, Bruno Julliard, contacté par leJDD.fr.

Le Parti de gauche « choqué » Au-delà du projet, se jouent surtout en coulisses d’âpres négociations sur le nombre d’élus. Le PC compte huit conseillers de Paris et aimerait au moins doubler la mise. « Nous sommes prêts à accorder une augmentation très significative du nombre d’élus communistes », répond Bruno Julliard, qui se refuse toutefois à avancer un chiffre. Ian Brossat tient, lui, à répéter autant que possible, qu’il n’est « pas marchand de tapis », que « le projet compte avant toute chose ».

Des négociations qui laissent un goût amer au Parti de gauche. « On est assez choqués », confie au JDD.fr sa candidate, Danielle Simonet. La conseillère de Paris déplore que Ian Brossat « participe à des discussions avec le Parti socialiste en se prévalant du score du Front de gauche pour organiser des marchandages concernant leur nombre d’élus. » Le parti de Jean-Luc Mélenchon(*) avait obtenu 11% des voix à Paris à la présidentielle de 2012, et compte bien mettre en avant ce chiffre pour faire valoir son poids électoral. « Il y aura beaucoup plus d’élus Front de gauche dans des listes autonomes que si le PC ne négocie pour sa chapelle », prévient la secrétaire nationale du Parti de gauche. Agacée, Danielle Simonnet veut quand même rester confiante quant au vote des militants communistes, au nom, dit-elle, de la cohérence politique : « Ils ne vont pas manifester mardi contre le Premier ministre et la casse des retraites et un autre soir de la semaine, se rallier aux amis de ce même Premier ministre. » Ce sont les militants communistes qui choisiront la stratégie à adopter les 17,18 et 19 octobre, lors d’un vote. Ian Brossat affirme qu’il se ralliera au verdict des adhérents parisiens. Non sans leur avoir présenté au préalable l’option qui lui semble la plus pertinente. Caroline Vigoureux – leJDD.fr mardi 10 septembre 2013

http://www.lejdd.fr/Politique/Municipales-la-tambouille-parisienne-des-communistes-628290

Commentaire:  * Le Parti de JLM c’est tout le Front de gauche ou seulement le Parti de gauche?  Ces fameux 11% magiques dont on ne doit parler qu’avec des sanglots, faudrait les déposer une bonne fois pour qu’on sache à qui ils sont!

 

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09 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Allemagne: deux semaines avant les élections fédérales (lcr.be)

Allemagne: deux semaines avant les élections fédérales (lcr.be) dans A gauche du PS panzer Die Linke se moque du panzer solaire des Verts

Les campagnes électorales des partis établis comme la CDU/CSU (chrétien-conservateur), le SPD (social-democrate), les Verts et le FDP (libéral) reprennent en partie à leur façon, des thèmes pris de l’arsenal de Die Linke (La Gauche).

Die Linke, constitué comme nouveau parti par la fusion de la Linkspartei et du WASG (Alternative Electorale pour la Justice Sociale) en 2007, était entré au Bundestag (le parlement fédéral de l’Allemagne) avec 11,9% en l’an 2009. C’était un succès indéniable, la faiblesse traditionelle de la Linkspartei/PDS dans les „vieux Länder“ à l’ouest de l’Allemagne avait commencé à se relativiser. Et le thème le plus entendu, c’était la justice sociale en général et à plus forte raison encore l’argumentation pour un salaire minimum.

Avec cette revendication, en 2009, Die Linke faisait cavalier seul. Aujour’hui, le SPD et les Verts se font champion du salaire minimum, bien qu’ils parlent seulement de 8,50 Euro par heure. Il est vrais que cela donnerait un progrès réel pour un nombre important de salariés très mal payé. Il y des secteurs, où l’on ne gagne que de 4 à 6  Euros. Mais même la revendication de Die Linke, qui n’a pas changé le montant du salaire minimum revendiqué par elle depuis 2009, c’est-à dire 10 Euro, est insuffisante pour protéger le salarié concerné contre la pauvreté qui l’attend à l’age de la pension.

CDU/CSU et FDP ne polémiquent ouvertement, ni contre la revendication du salaire minimum, ni contre l’agitation pour l’amélioration des pensions et des minimas sociaux. Ils disent, que ce n’est pas l’Etat qui  devrait fixer un salaire minimum, qu’il faut continuer à régler cela par branches, et qu’en dernière analyse – c’est le FDP qui souligne – c’est l’affaire des “partenaires sociaux” (organisations patronales et syndi- cats). Mais les syndicats du DGB, eux, font campagne pour un salaire minimum général de 8,50 tout comme le SPD et les Verts…

La politique néolibérale féroce du SPD et des Verts sous le chancelier Gerhard Schröder avait eu des conséquences très négatives pour les rapports traditionnellement symbiotiques de la direction du SPD avec celle des syndicats du DGB.  La Gauche avait pu renforcer sa présence acceptée au sein des syndicats. Certes, nous ne sommes pas revenu à la situation d’avant Schröder, mais quand-même, les appareils social-democrates politiques et syndicaux on recommencé à mieux s’entendre. Et Die Linke peut se vanter d’avoir influencé l’évolution des positions des autres partis, mais au prix de s’affaiblir du point de vue électoral. Entretemps, elle est tombée jusqu’à 6% dans les sondages d’opinion (en printemps 2012). Dans les récents sondages, elle est quand-même regrimpée à 9% pour l’institut Emnid (un institut lui avait même donné 10% la semaine dernière, d’autres lui accordent entre 8 et 9%).

A la CDU/CSU, qui n’avait obtenu que 33,8% en 2009, les instituts accordent entre 39 et 41% maintenant. Ceci, et la  popularité inébranlée de la chancelière Angela Merkel, montrent bien la force d’une politique ressentie comme favorable  à un bien-être relatif allemand, au détriment des populations des pays  plus faibles au sein de l’UE. Le facteur d’incertitude, c’est le FDP, qui avait obtenu 14,6% en 2009 et qui tourne maintenant autour des 5%, ce qui met en danger la continuité de la coalition conservatrice/libérale.

Le SPD, lui, se trouve à 25% dans les sondages, et les Verts à 11% (leur envolée après Fukushima, c’est du passé). Le candidat à la chancellerie du SPD, Peer Steinbrück, un type froidement technocrate, est peu crédible pour les thèmes sociaux. Et il refuse une coalition  Die Linke-SPD, pour remplacer le gouvernement conservateur-libéral. Une nouvelle “grande coalition” CDU/SPD pourrait doncsortir de ces  élections.

Pour compléter le tableau, la percée des Pirates semble terminée , ils piétinent à 3%, tout comme le AfD  (Alternative pour l’Allemagne), qui veut la sortie de la zone Euro pour ne plus « payer pour les plus pauvres ». Par Manuel Kellner le Dimanche, 08 Septembre 2013

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=3006:allemagne–deux-semaines-avant-les-elections-federales-&option=com_content&Itemid=53

 

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07 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Front de Gauche : mauvais coups et manœuvres électorales

Front de Gauche : mauvais coups et manœuvres électorales dans A gauche du PS tumblr_lzra53ZMSc1qzhnmco1_500

Le temps des universités d’été des différentes composantes du Front de gauche, les médias ont fait leurs choux gras du psychodrame qui a suivi la polémique entre Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent. En jeu, leurs relations avec le PS, avec en toile de fond les tractations autour des municipales… Des rivalités et polémiques qui évitent les vraies questions.

Mélenchon a déclenché la polémique par ses propos contre le gouvernement et en particulier contre Valls, accusé de «   reprendre les mots les plus infâmes de l’adversaire pour dire que le problème, c’est l’immigré, alors que l’immigré, ce n’est pas le problème, le problème, c’est le financier  » et qui «  insulte les citoyens de confession musulmane  ». Pour Mélenchon, «  le premier pourvoyeur de voix pour le Front national, il est installé à l’Élysée  » et «  sans l’ombre d’un doute, la politique qui est menée est une politique de droite  ». Il est difficile de le contester mais ces accusations entrent cependant en contradiction avec la politique du Front de gauche qui refuse de se situer dans l’opposition au gouvernement.

C’est ce que n’a pas manqué de relever Pierre Laurent dans un entretien à Libération, reprochant à Mélenchon de «  confondre la colère et la radicalité nécessaire avec la provocation et l’invective  », se faisant ainsi l’écho de la réprobation venant du PS. La réplique est venue le lendemain à l’occasion du meeting de clôture des universités d’été du Parti de gauche  : «  On ne gagne rien au rôle de tireur dans le dos  » a lancé Mélenchon à l’adresse de son camarade…

Être ou ne pas être dans l’opposition L’échange ne touche pas au débat de fond, se définir ou pas comme un parti d’opposition. Il exprime les rivalités et intérêts divergents du Parti de gauche et du PC pour les municipales. Mélenchon défend une politique indépendante au premier tour pour tenter de renforcer ses positions, alors que Pierre Laurent veut favoriser des listes d’union, soucieux de sauvegarder ses élus, quasiment tous acquis grâce au PS. Le désaccord aboutit à des ruptures lorsque le PG envisage de se présenter contre une liste d’alliance PCF-PS. Mais au final, le PC comme le PG convergent. «  L’objectif doit rester de faire élire des majorités de gauche en rassemblant communistes, Front de gauche, écologistes, socialistes et forces citoyennes  » affirme Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon le rejoint en demandant «  des listes distinctes au premier tour et des discussions de fond au deuxième  » avant de rassurer  : «  nous ferons des choix de gauche au premier et au deuxième tour  ».

Et dans cette logique Jean-Luc Mélenchon fait du pied aux Verts en déclarant sur France 2  : «  Je pense que nous pouvons dès le premier tour faire des listes avec des écologistes dans de très nombreuses villes  ». Il prétend ainsi «  commencer à construire cette majorité alternative que j’appelle de mes vœux  »… une alternative qui participe aujourd’hui à la majorité présidentielle  !

La navire n’a pas fini de tanguer sous l’effet de ses contradictions, mais la même volonté d’accéder au pouvoir dans le cadre d’une majorité de la gauche parlementaire continuera de souder l’équipage. Une politique qui tourne le dos à la seule perspective répondant aux besoins des travailleurs et de la population, des militantes et militants du Front de Gauche  : construire une opposition de gauche à ce gouvernement. LEMAITRE Yvan 5 septembre 2013 * Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 207 (05/09/2013). http://www.npa2009.org/

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07 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

“C’est à Mélenchon de dire s’il est dans l’opposition ou dans la majorité”

image Il nous faut 1 million! Merci!

Olivier Besancenot présente la stratégie du NPA pour faire apparaître une opposition unitaire à la gauche du gouvernement. Après un été chargé en lectures militantes et en polars, Olivier Besancenot repart au combat. Conférence de presse unitaire de la gauche de la gauche sur la réforme des retraites, souscription du NPA, candidature aux européennes, il répond aux questions des Inrocks sur la stratégie du NPA pour la rentrée sociale et bien sûr sur la Syrie, sur le gouvernement et sur la réforme du droit de vote des étrangers. Il réfléchit aussi à la place de l’engagement militant aujourd’hui dans la société.

Quatre ans après sa création, le NPA est-il encore viable, encore une signature qui compte ?

Olivier Besancenot – L’enjeu d’une signature se décline en fonction de l’actualité, du moment et de la période. Je pense que le NPA compte toujours. Après des moments difficiles, nous connaissons une nouvelle situation notamment depuis que Hollande est arrivé. Il y a, de nouveau, un petit courant de sympathie qui se tourne vers nous, un milieu social qui, sans partager toutes nos solutions, pense qu’on est utile pour les combats du quotidien, peut-être parce qu’on est les plus indépendants du gouvernement.

Mais, en même temps, il y a le Poutouthon… Ce n’est pas nous qui l’avons appelé comme ça, mais peu importe. Cette souscription n’est pas faite pour combler les caisses du NPA, mais pour nous permettre de nous présenter sur l’ensemble des circonscriptions aux élections européennes. Il y a sept circonscriptions et le coût est de 1 million d’euros. Chaque année, nous organisons des souscriptions. On récolte de 200 000 à 300 000 euros. Cette fois, il en faut trois fois plus. Même si c’est trop tôt pour faire un état des lieux, nous partons confiants. De la réussite de la souscription dépendra l’envergure de notre présence au moment des élections européennes.

Dans quelle mesure allez-vous continuer à vous impliquer au NPA ? Serez-vous candidat aux européennes ? Il ne faut pas aller plus vite que la musique et on n’a pas encore discuté de cela. Il faut d’abord régler les moyens de se financer. Et à ce moment-là on verra qui se présente. C’est encore assez loin, mine de rien. C’est la rentrée. Nous verrons fin décembre. On prend les choses au fur et à mesure. On est d’abord sur la bataille des retraites, avec un fil rouge qui consiste à essayer de rassembler, de façon unitaire, une opposition radicale à la gauche du gouvernement en donnant un contre-poids efficace et concret à la politique du pouvoir et du patronat. Avant les manifestations du 10 septembre, nous cherchons à remettre en place le dispositif unitaire qui existait au moment de la réforme de 2010.

Dès ce mercredi 4 septembre, se tiendra une conférence de presse unitaire puis il y aura des meetings communs dans les tuyaux, auxquels le NPA prendra part. C’est toujours compliqué à organiser car, derrière ce combat, se niche le dilemme de la gauche radicale et de la gauche non gouvernementale : une certaine forme de culpabilité sur laquelle le PS compte beaucoup. C’est l’idée qu’on ne pourrait quand même pas leur faire la même chose qu’à la droite. Pourtant, eux ne se gênent pas pour mener une politique de droite. Nous ne sommes pas là pour nous contenter de faire le constat perpétuel de l’inaction ou des trahisons du gouvernement ; on n’en attendait de toute façon rien. Nous voyons les choses en mouvement et l’enjeu est bien de faire qu’ici et maintenant on impose un maximum de victoires par le rapport de force et à grands coups de pied dans le derrière. C’est le meilleur moyen de faire apparaître une alternative anticapitaliste crédible à la gauche du gouvernement. Tant qu’elle n’existera pas, c’est vers la droite et l’extrême droite que les désabusés se dirigeront.

Vous parlez d’une conférence de presse unitaire. Le Front de gauche sera-t-il présent ? Oui. On sait que les militants notamment ont envie de ça. C’est aux dirigeants du Parti communiste, du Parti de gauche de se prononcer. Faut remouiller la chemise comme en 2010. Pour l’instant, cela paraît plus compliqué. Plutôt que de continuer à lorgner sur la gauche du gouvernement, le Front de gauche aurait tout à gagner à participer à la construction d’une opposition à la gauche du gouvernement qui soit décomplexée et assumée.

Vous les sentez plus hésitants ? Il y a plus que des hésitations ! Il y a une stratégie aux municipales qui comporte des accords à géométrie variable incompréhensibles. C’est un manque de cohérence que de tenir des propos aussi forts parfois contre le gouvernement Ayrault et de se présenter tout de même avec la majorité présidentielle aux municipales dans certaines villes, et non des moindres. Il faut s’assumer. La balle est dans le camp de Mélenchon. C’est à lui de dire s’il est dans l’opposition ou dans la majorité.

Pour en revenir aux européennes, même si ce n’est pas tranché, est-ce que vous avez envie d’y aller ? Cela ne se passe pas comme ça chez nous : nous ne sommes pas des candidats professionnels et on décide collectivement, en temps et en heure, de ce qu’on fait. Et puis là, ce n’est vraiment pas l’heure. Je n’entretiens aucun vrai-faux suspense sur quoi que ce soit, mais ça ne se discute vraiment pas en ces termes-là dans nos rangs.

Votre exemple ne montre-t-il pas que l’engagement militant passe aujourd’hui plus par un engagement citoyen que politique ? C’est un engagement militant. J’adore cette citation de Paul Valéry : “La politique est l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde.” On est dans une société qui pousse une écrasante part de la population à se sentir illégitime face à des politiciens qui vivent en vase clos et partagent les mêmes codes. Nous, on doit se faire violence pour y aller. Peut-être qu’on bégayera, qu’on se plantera mais au moins on aura tenté. Nous cherchons à démontrer qu’on peut faire de la politique sans courir après les postes et sans avoir une vision seulement électorale. C’est vraiment notre marque de fabrique. Car, le temps du suffrage électoral est un temps de citoyenneté extrêmement bref en réalité, le temps de glisser une enveloppe dans une urne. La démocratie réelle, c’est l’espérance qu’on a ou non d’une autre société. La gauche radicale crève de son manque d’imagination, de son inaptitude à sortir le nez du guidon, à quitter l’urgence des temps électoraux pour cogiter et imaginer ce que pourrait être une nouvelle société où la démocratie serait un mélange de suffrage universel et de démocratie directe. D’où l’idée qu’on a un engagement militant constant qui ne surgisse pas uniquement au moment des élections.

Est-ce que l’affaire Snowden justement traduit pour vous ce nouvel engagement militant ? Qu’est-ce que vous pensez de cette affaire ? C’est complètement lié. L’affaire Snowden, comme d’autres affaires, est une illustration supplémentaire du pendant antidémocratique de la mondialisation capitaliste en crise. C’est kafkaïen. C’est 1984. L’autre revers de la médaille capitaliste avec celui des politiques antisociales impopulaires. C’est l’étouffement de la voix politique, de l’expression.

Internet a-t-il bousculé l’engagement militant ? Internet n’est qu’un support. Il n’y a pas de valeur intrinsèque à un moyen de communication. Cela peut être un extraordinaire moyen de communication et de partage, ou un extraordinaire moyen d’aliénation. Le problème c’est l’utilisation individuelle et collective qu’on décide d’en faire. Nous, on l’utilise à plein tube pour mobiliser. Pour la confrontation politique, j’ai tendance à croire qu’il vaut quand même mieux avoir la personne en face.

La France doit-elle s’engager en Syrie ? Nous sommes opposés aux interventions militaires occidentales. D’abord, c’est inefficace : face à des frappes présentées comme punitives, le régime syrien pourra parfaitement augmenter son degré de violence contre les révolutionnaires syriens et il pourra même souder une partie de la population sur le thème “il s’agit d’une intervention étrangère”. Et puis c’est dangereux parce que toute forme de substitutisme à un processus révolutionnaire en cours ne règle rien et aggrave la situation. L’Occident est particulièrement hypocrite dans cette affaire. Depuis des mois, la dictature d’Assad est armée, les djihadistes aussi, seuls les révolutionnaires syriens ne le sont pas.

Que pensez-vous des ministres Verts au gouvernement ? Doivent-ils partir, rester après leurs critiques cet été ? Qu’auriez- vous fait ? Je ne suis plus là pour distribuer les bons ou les mauvais points. D’autant plus que le gouvernement, lui, sait distribuer les rôles en son sein, entre “flics gentils” et “flics méchants”. Le problème, c’est de prendre le gouvernement dans son ensemble et dans sa cohérence. Face à l’aspect le plus polémique de la rentrée, c’est-à-dire Valls, qui est une cible politique tentante quand on a le cœur à gauche, tout ce qu’il fait – le démantèlement d’un camp de Roms, l’expulsion d’un sans-papier – se fait toujours avec l’aval et l’autorisation d’Ayrault et de Hollande, et donc avec la complicité de l’ensemble des ministres. Au bout d’un moment, il faut se demander à qui profitent les petites musiques particulières qu’on entend dans le gouvernement, même si je ne doute pas de la sincérité d’un certain nombre de déclarations, je pense à Christiane Taubira. Mais quand il y a une décision de Valls – je ne parle même pas de ses propos – qui est prise, elle se réalise, de facto, avec la complicité de tous ceux qui sont à l’intérieur du gouvernement. Cela renvoie à la déclaration de Chevènement : “Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne.” Tous ceux qui croient changer le système de l’intérieur se trompent, cela ne marche pas. Tout au plus, cela engendre de la résignation politique, sur le thème “ tous les mêmes !”

François Hollande pourrait retourner à Florange, est-ce que vous en attendez quelque chose ? Florange, c’est acté : c’est une trahison politique. Au-delà de la gesticulation médiatique, les grands actes sur la question de l’emploi et du maintien de l’emploi industriel, pour Florange, ou pour PSA, c’est du bluff. L’attente de bon nombre de salariés c’était de dégager Mittal pour que la production continue.

Croyez-vous toujours au droit de vote pour les étrangers aux élections locales ? C’est toujours l’objet de batailles et on ne renonce pas, par le biais du rapport de force, à se dire qu’on peut être en capacité de l’imposer. Mais tout semble stoppé depuis que lors de sa conférence de presse, Hollande a expliqué qu’il n’avait pas les trois cinquièmes au Parlement et que bien entendu il ne ferait pas un référendum. Après tout, même dans le climat nauséabond actuel, il semble qu’il y ait toujours une majorité favorable au droit de vote. Il n’y a pas la volonté de mettre le poids politique du gouvernement dans la balance pour dire : “On a été élu sur cette proposition, on va le faire.”

Regardez-vous des séries ? Oui, je suis assez séries. Je suis en plein dans Game of Thrones.

Qu’avez-vous lu, cet été ? J’ai fait mes “devoirs de vacances”. Pour ma propre réflexion et pour des sujets sur lesquels je travaille, j’ai lu des livres militants. J’ai relu Marx l’intempestif, de Daniel Bensaïd. Et Crack Capitalism de John Holloway. J’ai relu les Pinçon-Charlot, aussi, beaucoup. Et puis, des polars. A la fin d’un jour ennuyeux de Massimo Carlotto. C’est délirant, ça part en vrille complet avec de grandes scènes de dinguerie. C’est une perle. Ensuite, Le Dernier Lapon, d’Olivier Truc, qui est génial ! C’est un autre rythme, plutôt diesel au début mais c’est vraiment très bien.

* Les Inrocks, 4/09/2013.  BESANCENOT Olivier 4 septembre 2013 http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article29677

 

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05 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

La gauche de la gauche contre « le massacre des retraites » (Jdd)

La gauche de la gauche contre

Jean-Luc Mélenchon, Olivier Besancenot, Pierre Laurent et d’autres ont battu, mercredi, le rappel des troupes avant la manifestation du 10 septembre contre la réforme des retraites.

En bas des Champs-Élysées, Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent, Olivier Besancenot et d’autres se relaient micro à la main. Ce mercredi, à un peu moins d’une semaine de la manifestation contre la réforme des retraites, ils battent le rappel des troupes dans une sorte de conférence de presse en plein air, à quelques encablures du Palais présidentiel. L’écolo Karima Delli devait être là, absente , elle a fait lire son texte alors que Gérard Filoche était l’unique représentant du PS dans ce rassemblement à l’initiative du collectif « Pour nos retraites, on lutte ». Ici, personne ne se risque à donner des chiffres pour la prochaine mobilisation. La gauche de la gauche, celle qui s’oppose à François Hollande, en a fait le grand rendez-vous de sa rentrée. L’enjeu de mardi prochain est donc élevé. « Tout est fait pour décourager, pour démobiliser », regrette Mélenchon dans un discours sans envolées et particulièrement concis. Le voilà qui dénonce le « massacre des retraites » et l’empilement de mesures contenues dans la réforme : « une arme d’enfumage massive », selon lui. Son message est clair : « La règle, c’est qu’un gouvernement qui se dit de gauche ne remet pas en cause les acquis sociaux. »

En marge, Olivier Besancenot confie : « On fait tout pour rassembler mais quand le PS arrive [au gouvernement], ce n’est jamais évident. On va foutre le paquet, avec une tournée de meetings comme en 2010. »  La feuille de route est simple : « Il faut mener la bagarre.

C’est une réforme de droite, il faut la battre et la combattre. Sans une once de complexe », tranche l’ancien candidat du NPA à la présidentielle. Après avoir très furtivement serré la main de Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent s’élance à son tour contre « cette réforme qui sacrifie les jeunes générations ». « C’est la vision du Medef qui continue d’avancer », regrette le leader du PCF. Pour lui, comme pour les autres, le 10 septembre n’est que la première « étape » d’une longue lutte. « Ce qui est important, c’est d’installer cette lutte dans le temps. Il faut élargir le spectre de la parole dissidente car on estime que sur ce sujet, on est majoritaire à gauche », abonde Eric Coquerel, l’un des dirigeant du PG. Après, le 10, cette gauche là a de nouveau rendez-vous à la Fête de l’Humanité. Ensuite des meetings unitaires (regroupant a priori Attac, Copernic, PCF, NPA, PG,…) auront lieu. Le premier se tiendra à Rennes, le 20 septembre et celui de Paris aura lieu le 4 octobre.

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29 août 2013 ~ 0 Commentaire

Retraites : c’est reparti pour un tour! (AL)

Retraites : c’est reparti pour un tour! (AL) dans A gauche du PS Les-syndicats-ne-desarment-pas-contre-la-reforme-des-retraites

Le projet du gouvernement pour une nouvelle réforme des retraites a été annoncé le 27 août au soir.

Issu des préconisations du rapport Moreau, il se situe dans la continuité des réformes libérales précédentes (2003, 2010) : le projet est toujours d’augmenter la durée de cotisation progressivement (jusqu’à 43 ans) et de faire payer les travailleuses et les travailleurs encore davantage.

La conséquence, dans un contexte de chômage massif et de précarité croissante, ce sera une baisse de fait des pensions.

Le gouvernement espère faire passer en douceur cette réforme. Il a donc promis quelques « contreparties » : prise en compte de la pénibilité au travail, augmentation très limitée des pensions les plus faibles et augmentation de la durée de cotisation « seulement » à partir de 2020… Ces contreparties ont déjà convaincu la CFDT (qui n’est, il est vrai, pas très difficile à convaincre…) mais elles ne sont rien à côté de la destruction du système de retraite qui continue.

D’un autre côté le gouvernement promet de nouveaux cadeaux fiscaux aux patrons, ce qui n’empêche pas ces derniers, par la voix du Medef, de se plaindre que la réforme ne va pas assez loin et que le « coût du travail » étouffe la création de richesses par les « entrepreneurs ».

Pourtant, le problème, ce n’est pas le coût du travail, mais le coût du capital, qui ponctionne une part toujours plus grande des richesses produites sur le dos de ceux et celles qui triment.

Le 10 septembre a lieu une première journée de mobilisation à l’appel de quatre syndicats (Solidaires, FSU, FO et CGT). De la réussite de cette journée dépendra les suites d’un éventuel mouvement. C’est à nous toutes et tous, travailleuses, travailleurs, étudiants, chômeurs, précaires, avec nos syndicats et nos organisations de lutte, de nous mobiliser pour ne pas rater ce rendez-vous. Alternative libertaire sera là !

Alternative libertaire, le 28 août 2013

http://alternativelibertaire.org/spip.php?article5434

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29 août 2013 ~ 0 Commentaire

Non aux bombardements impérialistes en Syrie!

Non aux bombardements impérialistes en Syrie!  dans A gauche du PS lcrdec

Soutien au peuple syrien en lutte pour ses droits sociaux et démocratiques!

Bachar dégage !

La LCR-SAP s’oppose catégoriquement à toute intervention militaire impérialiste en Syrie, que ce soit dans le cadre de l’ONU ou à l’initiative des Etats-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne et d’autres Etats.

Le peuple syrien n’a pas besoin de plus de bombes, et encore moins d’une intervention militaire au sol. Ses représentants ont toujours rejeté l’idée d’une « opération militaire étrangère libératrice ».  Il ne souffre que trop de la guerre qui lui est livrée par l’armée du régime et les milices du Hezbollah, avec le soutien sans failles de l’Iran, de la Russie et de la Chine.

Le peuple syrien a besoin d’un soutien internationaliste aux revendications démocratiques et sociales légitimes pour lesquelles il s’est soulevé pacifiquement et en masse il y a plus de deux ans, et contre lesquelles le régime a déclenché une répression féroce, puis une guerre totale, qui se solde déjà par plus de cent mille morts.

Le peuple syrien a besoin que des armes soient livrées aux forces de la rébellion qui soutiennent ces revendications et luttent sur une base non-confessionnelle, afin de se défendre contre l’aviation, les missiles Scuds, les tanks et les armes chimiques avec lesquels le régime tente de se sauver. Il a besoin de médicaments et de vivres qui commencent à manquer gravement.

Les gouvernements impérialistes ont laissé Israël employer des armes chimiques (phosphore blanc) contre la population de Gaza, et le laissent étrangler le peuple palestinien. Ils ont inventé de toutes pièces un prétexte – les armes de destruction massive-  pour s’emparer de l’Irak au prix d’un massacre. Ils ont soutenu et soutiennent encore tous les dictateurs au pouvoir dans la région. En Syrie, cela fait plus de deux ans qu’ils laissent Bachar-al-Assad massacrer impunément son propre peuple.

Le massacre au gaz qui a fait le 21 août des centaines de victimes civiles dans la Ghouta, faubourg de Damas tenu par l’opposition, a plus que probablement été perpétré par les forces du régime d’Al-Assad. La LCR-SAP partage le sentiment d’horreur et l’indignation face à ce crime. Elle accuse les gouvernements impérialistes hypocrites de l’utiliser cyniquement comme prétexte pour un exercice de musculation qui vise uniquement la défense de leurs propres intérêts. Au risque de donner du crédit à la propagande du régime et de ses alliés, qui fait passer Al-Assad pour un « résistant anti-impérialiste », et de renforcer ce dernier.

Barak Obama et les autres dirigeants occidentaux prétendent lutter pour la démocratie. Mais un de leurs alliés le plus proche dans la région est l’Arabie Saoudite, qui a récemment écrasé le mouvement démocratique au Bahrein. En réalité, l’impérialisme oeuvre en faveur d’une solution « à la yéménite », préservant l’essentiel du régime et de son appareil sécuritaire, tout en détournant l’attention de sa politique d’austérité contre le monde du travail.

Le refus des bombardements impérialistes et le rappel des mensonges américains qui ont servi à justifier la guerre en Irak ne suffisent pas à tracer une orientation de gauche face au conflit en  Syrie.  C’est ce que montre la prise de position du Front National en France contre l’intervention, par exemple.

La LCR-SAP appelle la gauche à soutenir le peuple syrien contre ses ennemis directs – la dictature d’Al Assad et ses alliés – et indirects – l’impérialisme, qui ne vise que ses intérêts propres, ainsi que le Qatar et l’Arabie Saoudite qui, à la suite du régime, veulent détourner la révolution en guerre sectaire confessionnelle.

La lutte héroïque du peuple syrien, comme celle d’autres peuples, s’inscrit dans le cadre du processus révolutionnaire en cours dans le monde arabo-musulman. Elle est à la fois civile – ce qui est trop souvent occulté dans les médias – et, par nécessité de survie, militaire. Par-delà leurs rivalités, l’impérialisme, ses alliés, la dictature de Bachar et ceux qui le soutiennent ont un objectif commun : éteindre ce feu révolutionnaire allumé dans une zone stratégique.

La lutte des peuples contre l’injustice, l’inégalité et la dictature fait trembler tous les pouvoirs établis et menace les politiques néolibérales, dans la région et au-delà. C’est cette lutte, et pas un des « camps » gouvernementaux en présence, que la gauche doit soutenir de toutes ses forces. Si elle faillit à cette tâche, elle laissera le champ libre à la réaction intégriste. Le peuple syrien résiste à cette dynamique suicidaire, mais chaque jour qui passe rajoute une couche de violence et de haine qui augmente le risque.

Pour la victoire du peuple syrien dans sa révolution pour la liberté, la dignité et la justice sociale !

Bachar dégage ! Puissances étrangères, bas les pattes !

Le Secrétariat National de la LCR-SAP le Mercredi, 28 Août 2013

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=2993%3Anon-aux-bombardements-imperialistes-en-syrie-soutien-au-peuple-syrien-en-lutte-pour-ses-droits-sociaux-et-democratiques-bachar-degage–&option=com_content&Itemid=53

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28 août 2013 ~ 0 Commentaire

Municipales: PS-Front de Gauche, les hostilités démarrent à Saint-Denis (Rue 89)

Municipales: PS-Front de Gauche, les hostilités démarrent à Saint-Denis (Rue 89) dans A gauche du PS communism

En une phrase, un député socialiste de 35 ans vient de balayer les odes à l’unité chantées pendant trois jours à La Rochelle pendant les Universités d’été du PS.

A sept mois des élections municipales, Jean-Marc Ayrault avait fait valoir, dimanche, que « communistes, radicaux, écologistes » et « socia- listes » étaient « pour l’essentiel, d’accord » au niveau local. Un « impératif d’unité » pour « faire barrage » au FN devait donc s’imposer. Lundi soir, le socialiste Mathieu Hanotin a annoncé sa candidature à la mairie de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), un des plus gros bastions communistes. Ce n’est pas la première fois qu’un socialiste affronte un communiste à Saint-Denis. Mais l’exercice relevait jusqu’ici du jeu de rôles, tant la bienveillance de Georges Sali (d’ailleurs exclu du PS cette année) à l’égard du PC était manifeste.

Bébé Bartolone Avec Mathieu Hanotin, l’ambiance est différente. Ce bébé Bartolone a déjà été élu conseiller général (en 2008) en battant un sortant communiste et député (en 2012) en battant le sortant Front de Gauche ; pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? « Les violons sur l’unité, à d’autres », a aussitôt « tweeté » Clémentine Autain, animatrice de la Fase (Front de Gauche).Martine Billard, la coprésidente du Parti de Gauche, a quant à elle dénoncé « l’hypocrisie » du PS. Autain, Billard et Mélenchon devraient pourtant se réjouir.

Fraternité de façade Le Front de Gauche reste en effet divisé sur la stratégie à adopter pour les municipales :

  • les communistes emmenés par Pierre Laurent défendent des alliances au premier tour avec les socialistes en espérant conserver ainsi un maximum d’élus ;
  • les amis de Jean-Luc Mélenchon veulent présenter des listes autonomes dans toutes les communes au nom de la cohérence politique ; ils considèrent qu’ils ne peuvent pas passer leur temps à critiquer la politique du gouvernement tout en nouant des alliances avec le PS.

La candidature de Mathieu Hanotin, en brisant la fraternité de façade entre partis de gauche, donne plutôt raison aux partisans de cette seconde option.27/08/2013 à 11h34 Mathieu Deslandes | Rédacteur en chef adjoint

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26 août 2013 ~ 0 Commentaire

Nadia De Mond: « Dans la libération des femmes, la première étape est la conscience de soi » (lcr.be)

Nadia De Mond:

Qu’apporte le féminisme au discours marxiste classique sur l’oppression des femmes?

Tout d’abord, le féminisme signifie prendre conscience de la place des femmes dans une société patriarcale. Le patriarcat existe toujours en lien avec divers modes de reproduction économique et sociale. A notre époque, dans ce siècle,  le patriarcat continue d’exister imbriqué avec le capitalisme néolibéral. Deuxièmement, le féminisme signifie la libération des femmes, la libération de la moitié du genre humain, et la moitié de la classe ouvrière. C’est donc un outil indispensable dans la lutte pour la libération de l’humanité toute entière. En fait, contrairement à la façon dont c’est normalement perçu dans l’idéologie dominante, le féminisme est un outil pour unir et renforcer les luttes de libération en général.

Le capitalisme, en fait, utilise l’oppression des femmes pour diviser la classe ouvrière. Il profite du patriarcat, structure sous-jacente et préexistante de domination, pour faire du profit grâce au travail non-rémunéré des femmes: le travail domestique. Si cela devait être payé, cela représenterait un énorme fardeau économique. Le capitalisme utilise donc le patriarcat pour maintenir le taux de profit du capital. L’imbrication du capital avec le patriarcat est également utilisée pour diviser la classe ouvrière au niveau idéologique. Les femmes ont tendance à être moins bien payées que les hommes, et donc la moitié de la main-d’œuvre est soumise à une exploitation accrue. C’est cette oppression et l’idéologie du sexisme qui créent une division politique entre les hommes et les femmes, ce qui est bénéfique au capital. Il faut dire clairement que le féminisme doit aussi être un but en lui-même. Le patriarcat, la domination masculine, le machisme, etc., sont beaucoup plus anciens que le capitalisme. Depuis le début de l’Histoire écrite, c’est à dire depuis près de 10.000 ans, il y a eu des relations patriarcales entre les hommes et les femmes: dans la famille, dans la société, dans l’espace public. Tenter d’abolir cette oppression, la domination et la dévalorisation des femmes, qui constituent la moitié de la société humaine, est un long et dur combat.

Depuis la vague féministe qui a commencé dans les années 1960, on peut dire qu’il y a eu un divorce entre les mouvements féministes et marxistes. Quelles sont les conséquences du divorce, selon toi, et proposes-tu une réunification de ces mouvements?

Oui, c’est ce que je propose, d’une part, mais il faut aussi un mouvement autonome des femmes. On en a grand besoin. Mais il doit y avoir une alliance, c’est certain. Il n’y a pas qu’un seul féminisme; il existe diverses théories et aussi diverses pratiques féministes. Mais, de manière générale, le féminisme de la deuxième vague des années 1960 et 1970 s’est développé dans le contexte d’une révolte générale contre la société dans laquelle nous vivons. La deuxième vague féministe est née d’une période de radicalisation politique et était donc très étroitement liée à «la gauche», disons, en général.

Il y a eu opposition,  parce que très souvent, le féminisme a été vu par les mouvements de classe comme une divergence avec ce qu’ils considéraient la contradiction primaire dans la société capitaliste, c’est à dire la contradiction de classe. Seules les féministes socialistes ont réussi à faire le lien entre l’oppression de classe et l’oppression sexuelle. Une partie du mouvement féministe en avait tellement marre d’être reléguée à une question secondaire qu’elle a rompu avec la gauche, en disant: «Ok, la gauche et la droite c’est pareil» et «Le patriarcat est partout», ce qui n’est pas tout à fait faux, mais ce n’est pas pareil partout (c.-à-d. dans la gauche radicale, à droite, etc.) et cette partie du mouvement féministe a choisi de rompre avec la gauche et de poursuivre son propre chemin.

Donc il y a eu  scission, mais il est important de savoir qu’il y a toujours eu une partie du mouvement féministe qui a essayé d’actualiser le marxisme et de l’intégrer dans les hypothèses théoriques du mouvement féministe, et vice versa. Ce n’est pas impossible, puisque Marx et Engels ont eu beaucoup d’intuition sur le rôle des femmes dans la société. Ils n’étaient pas féministes avant la lettre, bien entendu – cela aurait été très difficile. Mais ils n’étaient pas aveugles sur la question de l’oppression des femmes, comme le pensent certains. Nous pouvons donc nous appuyer sur quelques concepts marxistes, tels que l’oppression sociale en tant que question matérialiste, l’existence d’une division injuste du travail, l’espace économique pour les femmes dans la société et la famille, et ainsi de suite. Ces concepts sont toujours très valables.

Nous devons nous baser sur ces connaissances pour développer une compréhension plus intime et plus intériorisée ou subjective de l’oppression des femmes, ce que nous appelons aujourd’hui les questions politiques « de genre », comment les gens sont socialisés dans différents rôles de genre, et sur la question de la norme hétérosexuelle. Ces élaborations sont apparues au XXe siècle et ne pouvaient pas faire partie de l’œuvre de Marx et Engels.

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