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16 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Ukraine et printemps arabe: le retour des révolutions (avanti.be)

Ukraine et printemps arabe: le retour des révolutions (avanti.be)  dans A gauche du PS

Comment pouvez-vous décrire le renversement du régime de Viktor Ianoukovitch en Ukraine avec les concepts de la théorie sociale matérialiste historique ?

Le processus révolutionnaire en Ukraine n’est pas encore terminé et, d’une certaine maniè- re, la façon dont nous définissons les « révolutions » dépend de leurs résultats finaux. Mais la notion de « révolution politique » semble être celle qui permet de décrire avec le plus de préci- sion le résultat probable à court terme. J’entends par là une révolution qui ne change pas fondamentalement la nature de la société, le mode de production.

En d’autres termes, ce n’est pas une « révolution sociale », mais elle fait changer le personnel et peut-être la nature même du régime. Une autre façon de voir les choses serait de dire que les révolutions politiques se produisent au sein de l’État plutôt que de transformer cet Etat. Ceci ne vise pas à minimiser le courage ou la créativité des masses dans Maidan ou dans des révolutions similaires – quelques-uns des plus grands événements du 20e siè- cle comme les révolutions mexicaines ou iraniennes ont été politiques dans ce sens. Il s’agit d’un débat sur les résultats et les conséquences, pas sur les processus.

Le processus en cours en Ukraine est-il semblable à cet égard à d’autres soulève- ments qui ont eu lieu au cours du Printemps arabe et qui ont abouti à des change- ments de régime ?

Très semblable! Tant par le potentiel que ces mouvements ont pour devenir des révolutions social(ist)es et par la manière dont – pour le moment du moins – ils sont contenus dans le cadre de révolutions politiques. Et encore, la révolution politique a été le meilleur résultat de ces processus, comme en Tunisie ; dans le cas de l’Egypte, il y a eu une contre-révolution réelle.

Dans les deux cas – en Ukraine comme dans le Printemps arabe – la difficulté a été la faiblesse du socialisme en tant que principe organisateur, ensemble d’idées et objectif – mais vous savez évidemment cela beaucoup mieux que moi. Jusqu’aux années 1980, tout mou- vement révolutionnaire était presque automatiquement « de gauche », à certains égards – même en Europe de l’Est, où les divers mouvements révolutionnaires, surtout en Hongrie en 1956, mais aussi en Pologne, se battaient essentiellement pour une sorte de socialisme authentique.

Cette absence de toute perspective socialiste est une faiblesse grave et montre que le simple fait que la classe travailleuse soit numériquement plus importante que jamais aupa- ravant dans l’Histoire n’est pas une réponse suffisante. La simple existence de l’exploitation ne produit pas automatiquement la conscience socialiste: elle ne fait que la rendre possible. L’intervention active de militants socialistes organisés est également nécessaire.

Le concept de « révolution bourgeoise-démocratique » est-il pertinent pour analyser les révolutions politiques de ce genre (et l’a-t-elle jamais été) ?

Je suis très méfiant vis-à-vis de cette notion. Elle avait un sens avant la révolution russe pour concevoir celle-ci comme étant à la fois une révolution bourgeoise (quoique devant être me- née par la classe ouvrière en alliance avec la paysannerie) et démocratique (dans le sens où elle créerait un régime parlementaire sur le modèle de l’Europe occidentale). Cette concep- tion n’a pas survécu à la révolution d’Octobre 1917 dans laquelle, comme Trotsky l’avait prédit dans sa théorie de la révolution permanente, le prolétariat est arrivé au pouvoir et est passé directement à la construction d’un Etat ouvrier basé sur des Conseils (de travailleurs et de paysans – Soviets, en russe – NdT) et pas d’une démocratie parlementaire.

Après l’écrasement de la révolution russe par la bureaucratie naissante – qui a eu lieu en 1928 au plus tard – la notion de révolution bourgeoise-démocratique a été utilisée par le régime stalinien et ses idéologues de deux façons pour tromper consciemment.

La première, en rapport à l’Histoire, c’était de faire valoir que toute révolution bourgeoise devait également être « démocratique » – si elle ne l’était pas, alors les soi-disant «tâches» de la révolution bourgeoise devaient encore être accomplies (je reviendrai plus en détail sur ces «tâches» un peu plus loin). Maintenant, la démocratie est évidemment souhai- table, notamment parce qu’elle améliore la capacité de la classe travailleuse à s’organiser et à participer à la vie politique, mais elle n’est en rien obligatoirement liée à la révolution bour- geoise.

L’autre manière trompeuse dont cette notion a été utilisée concerne la lutte de la classe travailleuse, du moins jusqu’à très récemment. Ici, c’est l’idée que chaque révolution en dehors de l’Occident avancé doit passer par une étape « bourgeois-démocratique » – c’est-à-dire une période de développement capitaliste de durée indéterminée dans le cadre d’un régime parlementaire bourgeois – avant que le socialisme soit à l’ordre du jour. Cela a eu pour effet de miner de l’intérieur des révolutions socialistes potentielles (comme en Espagne en 1936) ou a simplement servi de couverture aux tentatives des staliniens pour arriver au pouvoir (comme en Chine en 1949). L’importance historique de la théorie de la révolution permanente est qu’elle offre une alternative à cela. Maintenant, bien sûr, la majorité des an- ciens communistes ne croient plus qu’il existe une « étape » socialiste au-delà du capitalisme et, dès lors, tout ce qui reste possible à leurs yeux est de rendre ce système capitaliste plus « démocratique ».

A quel point la définition correcte de ces événements est-elle importante pour la stratégie politique de la gauche anticapitaliste dans ces divers pays ?

Elle est importante parce que les révolutionnaires doivent savoir quels résultats sont pos- sibles et, en conséquence, comment ils doivent argumenter et comment ils doivent s’orga- niser. L’ère des révolutions bourgeoises est terminée – Octobre 1917 a montré que, même là où n’existe qu’un Etat pré-capitaliste, il est possible de commencer le processus de renver-sement de celui-ci et d’avancée vers le socialisme sans passer par quelque stade « bour- geois » que ce soit. Cependant, la défaite de la révolution russe et les effets toxiques du stalinisme sur la classe travailleuse ont fait qu’aucun processus semblable n’a jamais été accompli avec succès ailleurs.

Les soi-disant révolutions « communistes » étaient en fait la forme contemporaine des révolutions bourgeoises, conduisant à la mise en place de régimes capitalistes d’Etat qui sont tombés en Europe de l’Est et de l’URSS entre 1989 et 1993. Il est important de com- prendre cela parce que si nous utilisons le terme de « révolution socialiste » et que les gens pensent que nous voulons recréer des régimes staliniens, ils sont peu susceptibles d’être convaincus que cela soit nécessaire.

http://www.avanti4.be/analyses/article/ukraine-et-printemps-arabe-le-retour-des

Les mouvements populaires de masse qui, ces dernières années, ont provoqué la chute des régimes établis dans plusieurs pays du monde arabe et en Ukraine relancent le débat sur de nombreuses questions théoriques. Peut-on parler de révolutions dans ces pays ? L’historien et sociologue marxiste écossais Neil Davidson a été interviewé récemment par une revue ukrainienne sur ces questions. (Avanti4.be)

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16 juin 2014 ~ 0 Commentaire

C’est la révolution et pas le changement climatique

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Qui tuera le capitalisme!

On peut dire que l’erreur la plus importante du mouvement révolutionnaire des années 60 et 70 a été de sous-­estimer la résilience du capitalisme. L’idée que le système allait s’effondrer par lui-même sous la pression de ses contradictions, le catastrophisme, comme on la dénommé souvent, le fait de penser que la bourgeoise produit ses propres « fossoyeurs » (selon la formule de Marx et d’Engels dans le Manifeste) a été démentie.

Quand le taux de profit a commencé à donner des signes de déclin dans la première moitié des années 70, il fut mis un terme aux politiques redistributives mises en œuvre après la Deuxième guerre mondiale et la révolution néolibérale a été déclenchée. La résilience du capitalisme a peu de choses à voir avec le fait que les classes dominantes soient particu- lièrement intelligentes ou prévoyantes. En fait, elles peuvent continuer à faire des erreurs, mais le capitalisme continue à prospérer. Pourquoi ?

Une capacité d’adaptation inégalée Un monde d’une grande complexité a été engendré, depuis ses origines, par le capitalisme. Mais, à la base de celui-ci, on trouve un ensemble de mécanismes simples qui s’adaptent facilement à l’adversité. C’est une espèce de « gram- maire générative » au sens de Chomsky : un jeu de règles fini, peut engendrer une infinité de résultats.

Le contexte actuel est très différent de celui des années 60 et 70. Mais la gauche à l’échelle mondiale risque de commettre la même erreur consistant à sous-estimer le capi- talisme encore une fois. Le catastrophisme, cette fois-ci s’investit dans un nouvel objet : le changement climatique et plus généralement la crise écologique.

Dans les cercles de gauche, il y a en effet une croyance, répandue de manière inquié-tante, selon laquelle le capitalisme ne survivra pas à la crise environnementale. Le système, selon cette théorie, aurait atteint ses limites absolues : sans ressources naturelles, parmi lesquelles le pétrole, il ne saurait fonctionner, et ces ressources s’épuisent rapidement; le nombre croissant de désastres écologiques ferait augmenter le coût du maintien des infras- tructures à un niveau insoutenable et l’impact du changement climatique sur les prix des aliments entrainerait des émeutes rendant les sociétés ingouvernables.

L’attrait du catastrophisme, aujourd’hui comme par le passé, c’est que si le système est en passe de s’effondrer sous le poids de ses contradictions, la faiblesse de la gauche cesse d’être un problème. La fin du capitalisme relèverait d’un suicide, plutôt que d’un meurtre. Ainsi l’absence d’un meurtrier, sous la forme d’un mouvement révolutionnaire organisé, n’aurait plus vraiment d’importance.

Financiarisation des catastrophes Mais la gauche ferait mieux d’apprendre de ses erreurs passées. Le capitalisme pourrait bien être capable non seulement de s’adapter au change- ment climatique, mais même d’en tirer profit. On entend que le capitalisme serait confronté à une double crise : la crise économique qui a commencé en 2008, et une crise écologique, rendant ainsi sa situation doublement périlleuse. Mais une crise peut parfois servir à en résoudre une autre.

Le capitalisme répond au défi de la crise avec deux de ses armes préférées : la finan- ciarisation et la militarisation. En temps de crise, par exemple, les marchés demandent simultanément que les salaires soient réduits et que les gens continuent à consommer. L’ou- verture des vannes du crédit autorise la conciliation de ces deux injonctions contradictoires, du moins jusqu’à la crise financière suivante.

Comme Costas Lapavitsas l’a récemment montré 1, la finance a pénétré le moindre re- coin de nos vies quotidiennes, logement, santé, éducation, même la nature. Les marchés du carbone, les produits dérivés liés à la météo ou à la biodiversité, appartiennent parmi d’au- tres à une nouvelle variété de produits de la «finance environnementale». Chacun de ceux-ci a sa propre manière de fonctionner, mais leur but général est d’alléger ou de répartir les coûts croissants du changement climatique et de la surexploitation de l’environnement.

Les « obligations catastrophe » ; dites obligations CAT; ne sont pas liées à de futurs inves- tissements, comme les obligations gouvernementales ou privées traditionnelles, mais à l’oc- currence possible d’une catastrophe, par exemple un tremblement de terre au Japon ou des inondations se poursuivant en Grande-­Bretagne, dont le coût pour le secteur des assuran- ces est estimé à 3 milliards de livres. Un gouvernement émet une obligation CAT pour en- granger des fonds. Il paye en échange un taux d’intérêt intéressant aux investisseurs. Si la catastrophe se produit le gouvernement garde l’argent pour reconstruire les infrastructures ou compenser les victimes. Si elle ne se produit pas, les investisseurs récupèrent à terme leur argent (et gardent les intérêts).

Militarisation et changement climatique Avec le nombre croissant de catastrophes natu- relles du fait du changement climatique, les sommes dépensées par les gouvernements pour la gestion des catastrophes ont atteint des niveaux sans précédents. Dans certaines régions, cela a mis les budgets publics en danger. La financiarisation des assurances-catas- trophe est sensée permettre d’équilibrer les budgets. Reste à voir si c’est une réponse sou- tenable à la menace en question. Mais, du point de vue du système, il est bien possible que s’en soit une.

Avec la financiarisation vient la deuxième réponse capitaliste à la crise écologique : la militarisation. Dès la deuxième moitié de la décennie précédente, toutes les grandes armées du monde ont publié des rapports détaillés sur les conséquences militaires du changement climatique. Parmi les différents secteurs des classes dominantes, ce sont les militaires qui prennent le changement climatique le plus au sérieux, l’environnement est en effet un para- mètre crucial pour faire la guerre. Dans son grand ouvrage De la guerre, Clausewitz  expli- que l’importance du «terrain». Ainsi, la question de savoir dans quelle mesure les para- mètres environnementaux commencent à changer préoccupe grandement les militaires.

Un rapport, publié aux USA en 2007, intitulé Sécurité nationale et menace de change- ment climatique, dont les auteurs comprennent 11 généraux et amiraux à trois ou quatre étoiles, définit le changement climatique comme un «multiplicateur» qui intensifiera les me- naces existantes. Par exemple, en affaiblissant encore les «Etats défaillants», cela permet- tra aux terroristes d’y trouver plus facilement refuge. Ou, en provocant des migrations clima- tiques, cela déstabilisera les régions qui voient arriver ces migrants et y exacerbera les con- flits ethniques. L’armée US conclut le rapport devrait adapter ses tactiques et son équipe- ment à un environnement qui change.

Un mouvement révolutionnaire indispensable Comme la financiarisation, la militarisation vise la réduction du risque et la création d’un environnement physique et social favorable à l’accumulation capitaliste. Ce sont des sortes d’«anticorps» secrétés par le système quand surgit une menace. Cela ne prend pas forcément la forme de chocs du type décrit par Nao- mi Klein dans son livre « La stratégie du choc«  : c’est un processus plus graduel, qui étend lentement son emprise sur tous les aspects de la vie sociale.

Rien dans la logique du système ne le fera disparaître. Un monde de désolation environ-nementale et de conflit permettra au capitalisme de fonctionner, aussi longtemps que les conditions pour l’investissement et le profit sont réunies. Et, dans ce sens, la bonne vieille finance, comme les militaires, sont prêts à servir. On ne peut donc pas se dispenser de construire un mouvement révolutionnaire capable de mettre fin à cette logique délirante. Par- ce que, si le système peut survivre, ça ne signifie pas que des vies qui vaillent la peine d’être vécues survivront. Par

Aussi longtemps que la possibilité de réaliser des investissements et des profits perdure, le système capitaliste s’adaptera. C’est pourquoi nous avons besoin d’une révolution et d’un mouvement révolutionnaire. C’est ce qu’explique Razmig Keucheyan dans le texte que nous publions ici. Source : solidaritéS 15 juin 2014

Article paru sur le site du quotidien britannique « The Guardian » le 6 mars 2014 sous le titre original « Not Even Climate Change Will Kill Off Capitalism ». Traduction, titre et intertitres de notre rédaction.

http://www.lcr-lagauche.org/cest-la-revolution-et-pas-le-changement-climatique-qui-tuera-le-capitalisme/

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14 juin 2014 ~ 0 Commentaire

La question de fond est qu’il y a un gouffre, qui est même générationnel, entre l’ancienne et la nouvelle gauche

Armee-Legion
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A l’heure de la Coupe du Monde : luttes sociales et alternative politique an Brésil –

João Machado Où en est-on aujourd’hui des mobilisations contre le coût du Mondial de football  ?

Fernando Silva Depuis les journées de juin 2013, lorsque des centaines de milliers ont manifesté dans plus de 500 villes, une nouvelle conjoncture s’est ouverte, avec la reprise des grandes luttes sociales. Il y a beaucoup plus de grèves pour des augmentations de sa- laires, plusieurs d’elles contre la volonté des dirigeants syndicaux bureaucratiques, des oc- cupations de terrains urbains et des blocages de routes par des mouvements qui luttent pour le logement, des grèves d’étudiants, des luttes contre la répression policière, des luttes des peuples autochtones touchés par l’expansion de l’agro-industrie.

Et, bien sûr, des mani- festations contre les dépenses et les crimes de la Coupe du monde de football. En ce moment, les plus importantes sont les grèves dans les secteurs des transports et de l’éducation, et la lutte populaire pour le logement. Ce sont des luttes très massives, des combats radicalisés, qui paralysent de grandes villes où le problème de la mobilité urbaine est très grave, et où une grève du métro ou des bus peut être suffisante pour poser des problèmes pour la production dans d’autres secteurs.

La Coupe du monde a été organisée presque entièrement avec l’argent public. La grande majorité de ces infrastructures ne sont pas terminées, ce qui montre qu’il a eu dé- tournement d’argent vers la corruption. Des milliards de Reals ont été dépensés pour les stades et on n’a pas avancé dans l’infrastructure et la mobilité urbaine. Et si l’on ajoute le fait que nous sommes dans un pays où la santé publique est au bord de l’effondrement, où les problèmes élémentaires de logement pour tous et d’assainissement de base ne sont pas résolus, les dépenses pour la Coupe du monde ont été considérées comme un luxe inutile, un gaspillage, un manque de respect pour la situation de la majorité de la population.

Les billets d’entrée sont aussi très chers, et la FIFA a imposé, avec la «loi générale de la Coupe», un vrai état d’exception. Le résultat est un surprenant esprit critique à l’égard de cette Coupe, compte tenu de la relation du Brésil avec le football. C’est très impressionnant dans un pays où le football fait partie de la culture nationale.

Comment le pouvoir actuel PT répond à ce mouvement  ?

Fondamentalement, de trois façons. Il a essayé d’intensifier sa politique de petites conces- sions pour les secteurs les plus pauvres de la classe ouvrière: un petit réajustement de la «Bourse famille» (les allocations familiales), du salaire minimum, en dessous de ce qui serait nécessaire, et des annonces d’augmentations partielles des investissements (pour l’éducation, la mobilité urbaine). Il a organisé un dispositif répressif monumental pour con- tenir les manifs pendant la Coupe du monde et une politique dure de criminalisation du point de vue juridique.

Pour avoir une idée, le gouvernement fédéral a dépensé 500 millions de Reals dans la sécurité pour la Coupe du monde (armes, haute technologie de contrôle et espionnage). L’armée sera dans les rues des villes lors de la Coupe. Il fait une large propagande natio- naliste et d’euphorie pro-Coupe pour essayer de convaincre les gens que le moment est venu pour le pays de faire une grande Coupe du monde, etc. La situation dans le pays est très contradictoire, car, même si la population suivra les jeux étant donné l’énorme intérêt pour le football au Brésil, il n’y a aucune euphorie. Un esprit très critique, et beaucoup de volonté de protester et revendiquer.

Comment la gauche radicale peut relayer la mobilisation des Brésiliens  ?

En rendant compte des luttes sociales du Brésil, et par la dénonciation de la répression qui se prépare à mettre en pratique un vrai état d’exception. Il faut profiter de ce mois de Coupe pour expliquer que les gouvernements sociaux-libéraux du PT ne sont pas des alliés des luttes de la classe ouvrière, car ce qu’ils font au Brésil, c’est gouverner en alliance avec le capital financier, les grands entrepreneurs de travaux publics et avec l’agrobusiness indus- triel. C’est très important de nous aider à expliquer qu’il n’y a pas une véritable gauche au pouvoir au Brésil, que le gouvernement du PT est identique aux gouvernements «socia- listes» en Europe.

Est-ce que cette radicalité sociale trouve des traductions politiques  ?

C’est une contradiction brutale du processus. Les journées de juin ont montré une énorme usure et une crise des représentations politiques traditionnelles, y compris des syndicats, qui sont parmi les institutions les plus usées. Mais pour le moment, il n’y a pas de processus de construction d’une direction nationale, de nouveaux instruments d’organisation de masse ou de références claires à un nouveau projet politique. Il y a des expressions partielles, com- me le MPL (pour le transport gratuit) qui a pris beaucoup d’importance en juin 2013, ainsi que le Mouvement des travailleurs sans toit. Mais ces mouvements sont sectoriels.

Dans la sphère politique, le PSOL est respecté par ces mouvements et, parmi les partis politiques radicaux, il est celui qui peut le mieux dialoguer avec les exigences de la rue. Mais il est encore très fragile. Il est déchiré par une contradiction interne entre deux visions de plus en plus incompatibles: un secteur, actuellement la majorité de la direction, de plus en plus ouvertement réformiste, avec les pratiques bureaucratiques de la vieille gauche, et face à lui, un bloc large de gauche qui regroupe diverses forces de la gauche révolutionnaire bré- silienne, soit la moitié du parti. Ces dernières sont généralement beaucoup plus ouvertes et liées aux demandes des rues. La preuve en est que ce sont les courants de jeunesse ani- més par des secteurs de gauche du PSOL qui sont le mieux insérés dans les nouveaux processus, malgré la méfiance et le profil «autonomiste» des manifs.

La question de fond est qu’il y a un gouffre, qui est même générationnel, entre l’ancienne et la nouvelle gauche. Les jeunes ont été l’axe des manifestations de juin 2013, et ce sont surtout eux qui alimentent les processus de mobilisation qui ont suivi. Cette génération est entrée dans l’arène politique par l’école de la rue, en voyant le PT au pouvoir. Aux yeux de cette jeunesse, la gauche est au pouvoir. Par conséquent, il y a un processus de négation très forte, beaucoup de méfiance des outils traditionnels tels que les partis, les syndicats, ou sur ce qu’est exactement le socialisme.

Nous sommes donc toujours au Brésil en début de reprise du mouvement, avec une rupture entre l’ancien et le nouveau, et de nombreuses incertitudes. C’est seulement le début d’un processus, et une bonne participation (non dogmatique, sans enjeu d’appareil) de la gauche radicale anticapitaliste peut donner forme à de nouveaux instruments et à une nouvelle direction capable de relancer un projet politique de rupture à une échelle de masse.

Quelle sont alors les perspectives de la gauche brésilienne, notamment avec les élections présidentielle en octobre  ?

C’est encore difficile à prévoir. L’espace à la gauche du PT est un espace ouvert, mais pas une grande avenue. Majoritairement, le PT est encore perçu comme le moindre mal, compte tenu du fait que les alternatives à sa droite ou «de centre» sont inoffensives ou catastro- phiques aux yeux de la plupart des gens. D’un autre côté, il y a de la méfiance, et un discré- dit des partis et les élections. C’est très fort chez les jeunes. Des enquêtes ont montré que les prochaines élections devraient connaître une augmentation importante de l’abstention (même si le vote est obligatoire au Brésil) et des bulletins de vote blancs et nuls.

De plus, il n’y aura pas un candidat unique des partis de la gauche radicale, et le PSOL risque de se présenter avec un profil de campagne très institutionnel si la ligne du candidat de la majorité actuelle ne changent pas. Mais même avec ces problèmes, le PSOL est en train de croître, y compris au plan électoral, depuis 2010. C’est lui qui peut tirer parti de cette nouvelle situation et de l’espace ouvert pour une critique de gauche dans la société. C’est plus important qu’il y a 4 ans, peut-être pas tellement au niveau national (l’élection présidentielle), mais plus dans les élections des états et pour les députéEs. Propos recueillis et traduit par João Machado

Fernando Silva a 55 ans. Journaliste, il est actuellement secrétaire général du PSOL (Parti du socialisme et de la liberté) et membre de la Coordination nationale de Insurgência (courant du PSOL).

* Publié sous le titre « Pour le moment, il n’y a pas de processus de construction de nouveaux instruments d’organisation de masse ou de références claires à un nouveau projet politique ». Paru dans l’Hebdo L’Anticapitaliste – 246 (12/06/2014). http://www.npa2009.org/

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13 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Europe, après le 25 mai: faire face à la vague brune (essf)

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L’élection du Parlement européen du 25 mai dernier a été marquée par une forte poussée de la droite europhobe et raciste, travaillée par des courants d’extrême-droite.

Ses meilleurs scores ont été réalisés par le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP) (27,5 %), par le Parti du peuple au Danemark (26,6 %), par le Front National en France (24,9 %) et par le Parti de la liberté en Autriche (19,7 %), sans oublier la récente percée de l’Alternative pour l’Allemagne (7 %). Le dirigeant du Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo (21,1 %) a aussi des affinités avec certains de ces courants. Quant aux partis ouver- tement fascistes de la périphérie européenne, comme Jobbik en Hongrie (15 %) ou Aube Dorée en Grèce (9,4 %), ils présentent des cas un peu différents.

Quels sont les dénominateurs communs de ces forces ? Tout d’abord, elles dénoncent l‘immigration comme principale cause de l’explosion du chômage, des dépenses sociales et de «l’insécurité ». Elles mettent aussi en cause la libre-circulation au sein de l’UE : c’est pourquoi elles ont salué avec une belle unanimité le succès de l’initiative de l’UDC «Contre l’immigration de masse» en Suisse, le 9 février dernier. En même temps, elles se reven-diquent d’un impérialisme décomplexé, qui met au goût du jour un discours raciste et joue sur l’islamophobie pour viser l’immigration extra-européenne. Les secteurs fascistes qui y ont fait leur nid n’hésitent pas non plus à développer une phraséologie antisémite par des canaux plus discrets ou sous des formes dissimulées.

Ces partis sont favorables à l’économie privée et à la libre entreprise. Ils plaident pour la libéralisation du marché du travail et l’allègement des charges des entreprises, en parti- culier des PME. Ils assurent qu’une sortie de l’euro et l’introduction de barrières douanières relanceraient l’économie domestique. Ils proposent des mesures démagogiques pour les bas salaires en excluant le relèvement du salaire minimum légal, qu’ils combattent, et affir- ment défendre la protection sociale des ressortissants du pays.

Ils soutiennent un productivisme national qui exclut toute préoccupation environne- mentale. Le FN met d’ailleurs en doute le réchauffement climatique et UKIP veut bannir ce sujet des écoles britanniques. Ils multiplient les déclarations en faveur de la famille, de la femme au foyer et de l’éducation traditionnelle. Partisans de «l’ordre moral», ils n’hésitent pas à flatter l’homophobie. Défenseurs de l’Etat pénal, ils plaident pour la peine de mort «contre les crimes les plus odieux».

Ils se disent contre le système, soit les partis gouvernementaux, conservateurs et so- ciaux-démocrates réunis. «Ce qui cimente les éléments disparates de UKIP, note Richard Seymour en Angleterre, c’est l’idéologie socialement paranoïde de la droite dure [pour qui] (…) l’UE est un complot socialiste conçu par des eurocrates vivant aux dépens de la petite entreprise, encourageant l’immigration, et donc l’Etat providence» (Red Pepper, sept. 2013).

Après la chute du Mur de Berlin, ils sont partis en croisade contre l’UE(RSS) et doivent leur succès à la capacité de conjuguer les cultures historiques de la droite – nationaliste, militariste, colonialiste, raciste, sexiste, homophobe, autoritaire, cléricale, conservatrice, libertarienne, anti-socialiste, etc.

Ils séduisent aujourd’hui un électorat de masse, issu de larges secteurs du salariat et des classes moyennes qui pour part déserte les partis sociaux-démocrates et de droite tra- ditionnelle. Ils contribuent par là à radicaliser plus à droite la colère suscitée par le déman- tèlement social en cours, dont les partis au pouvoir sont les accompagnateurs zélés.

En individualisant et en divisant le monde du travail entre étrangers et nationaux, de couleur et blanc, chômeurs et employés, retraités et actifs, femmes et hommes, etc., ils le détournent de toute réponse collective. Ceci peut s’avérer un atout important pour la bour- geoisie, notamment dans un pays comme la France, où la cure d’austérité programmée s’annonce extrêmement sévère.

Le fascisme des années 20–30 avait servi de bélier au capital pour conjurer les mena- ces révolutionnaires d’alors, détruire les organisations ouvrières et réduire durablement les coûts du travail. La droite nationale-­populiste d’aujourd’hui a-t-elle encore une utilité pour les dominants face à une gauche politique et syndicale en déroute  ? Peut-être bien, compte tenu de la portée des régressions sociales envisagées, dont la Grèce donne un avant-goût.

Il ne s’agit en effet de rien de moins que de priver un salariat numériquement plus fort que jamais – les fameux 99 % – de ses conquêtes du 20e siècle, qu’il considère à juste titre comme un élément de civilisation, ceci parce que le fameux 1 % les jugent encore beaucoup trop coûteuses, en dépit des sacrifices imposés durant ces 30 dernières années.

Pour combattre cet avatar du fascisme au 21e siècle, rien ne serait pire que de rejouer les partitions qui ont échoué dans les années 30. Il nous faut donc éviter deux écueils: d’abord, celui du «front républicain» avec des partisans du démantèlement social, qu’ils se disent «socialistes» ou «de centre-droit»; ensuite celui de la division des forces sociales de terrain, mais aussi de celle des listes électorales antilibérales qui résistent à ces politiques.

Un tel front unique contre l’austérité et la droite nationale-populiste n’implique en aucune mesure la négation de l’autonomie de chacun dans la définition de ses objectifs de lutte, de ses répertoires d’action et de ses orientations politiques. Jean Batou 5 juin 2014

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article32195

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13 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Etat espagnol, élections, abdication (essf)

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Nous vivons probablement un changement d’époque

Deux événements récents sont en train d’inaugurer une nouvelle période historique dont la portée n’est pas encore connue, mais qui marque probablement un changement d’époque.

Tout d’abord, les résultats des élections au Parlement européen ont confirmé le déclin irréversible du bipartisme, le renforcement du souverainisme catalan et, surtout, l’irruption de Podemos comme principal catalyseur de l’indignation citoyenne face à la «caste» corrom- pue et à sa soumission à la «dictature des marchés» [1]. Ensuite, l’abdication du roi est venue confirmer la crainte que ce qu’annoncent ces tendances sont une agonie, elle aussi irréversible, du régime. Il leur est urgent d’y trouver une solution.

Nous nous trouvons donc dans ce scénario nouveau, où «l’extension du champ des possibles» permet, enfin, d’ouvrir un horizon aux attentes d’un changement radical et de rupture démocratique,  ce qui était, jusqu’ici, bloqué. Il est possible que l’attitude dont a fait preuve CiU  [2] autant face à la révolte de Can Vies [3] comme devant la nouvelle de l’abdi- cation du roi, soit le révélateur du changement qui est en train de se produire au sein du panorama politique.

La première leçon c’est que le « Sí, se puede » [Oui, on peut !] de la désobéissance collec- tive s’est renforcé, y compris en faisant usage de la «violence» (comme cela s’était passé à Gamonal) [4] face à l’obligation d’obéissance aveugle à la légalité.

La seconde c’est la pression sur CIU du mouvement souverainiste-indépendantiste claire- ment républicain qui menace de déborder [lors des élections européennes, ERC, Esquerra Republicana de Catalunya, a obtenu plus de suffrages que CiU].

En revanche, le resserrement des rangs de la «grande coalition» déjà explicite du PP- PSOE, unis avec les grands entrepreneurs et ceux qui pratiquent l’évasion fiscale. Ces der- niers sont reconnaissants à Juan Carlos d’avoir rempli son rôle d’ambassadeur de la «mar- que espagnole» [le roi a été le représentant de commerce des grandes firmes d’Espagne]. L’attitude du PP- PSOE et des grandes firmes confirme leur préoccupation d’assurer la continuité du régime face au discrédit croissant dont souffre le roi [5].

Pour ce travail, ils font confiance à un successeur [le prince Felipe Juan Pablo Alfonso de Todos los Santos de Borbón y Grecia] qui, bien sûr, n’a pas tardé à proclamer sa ferme intention de défendre «notre chère Espagne: une nation, une communauté sociale et poli- tique unie et diverse qui plonge ses racines dans une histoire millénaire.» S’il prétend, avec de pareilles déclarations, fermer la porte à la convocation de la consultation catalane du 9 novembre 2014, il ne semble pas qu’il ait entre les mains la solution à la crise du bipartisme ni, surtout, des conséquences tant destructrices de «l’austéricide» brutal que continue de dicter la Troïka [BCE,UE,FMI] et Merkel.

Au-delà d’une image plus «moderne», il y a peu à attendre d’une personne qui, en outre, sera aussi intéressée que son père à faire «oublier» ses origines et, par conséquent, s’op- posera à l’exigence de «vérité, justice et réparation» des crimes du franquisme. (…)

Heureusement, ce n’est pas l’extrême droite «modernisée» et xénophobe qui, canalise l’indignation de la rue et qui a continué à occuper les places depuis le 15 mai 2011. C’est plutôt tout le contraire: c’est un mouvement profond de démocratisation de la politique, inclusif – y compris dans les formes – qui s’est frayé un chemin, avec le droit de décider comme axe des aspirations d’une majorité sociale, qui ne se résigne pas devant des dis- cours du type: «nous avons vécu au-dessus de nos moyens» et «il n’y a pas d’alternatives».

Il n’est donc pas surprenant que, face à l’abdication de Juan Carlos, l’exigence d’un réfé- rendum sur la forme de l’Etat se soit étendue actuellement aussi rapidement parmi des cou- ches de la société qui jusqu’ici se maintenaient éloignées de l’imaginaire républicain, démo- nisé par la droite et relégué dans l’oubli par un PSOE qui – c’est actuellement le cas –prend la voie d’une « pasokisation » croissante [7].

Simplement, les gens veulent décider sur la forme de l’Etat et n’acceptent plus des alibis, comme c’était le cas lors de la Transición [après la mort de Franco, entre 1975 et, formellement, 1978] ; ou encore des réponses aussi antidémocratiques comme celles du procureur général de l’Etat espagnol [Eduardo Torres-Dulce] lorsqu’il a déclaré que « ce qui n’est pas dans la Constitution n’existe pas ». [8] La mémoire de la «réforme exprès» de l’arti- cle 135 de la Constitution est trop proche pour oublier que le service de la dette comme «priorité absolue» n’était pas dans ce texte tant sacralisé et, en revanche, il a été imposé en plein mois d’août 2011, pour satisfaire les pouvoirs financiers.

Nous entrons ainsi, enfin, dans un changement d’époque dans lequel la légitimité du double récit de la Transición et du projet européen éclate en morceaux. Grâce au 15M, à la Plateforme contre les expulsions de logements (PAH), aux Mareas [terme qui désigne divers mouvements sociaux dans l’éducation, le secteur de santé… chacun s’identifiant par une couleur différente] et, déjà sur le plan institutionnel, à Podemos, l’espoir et le sentiment d’une récupération du pouvoir d’action de ceux et celles d’en bas se renforcent, chaque jour.

Maintenant, il faut véritablement « avancer ses pions », mettre en échec non seulement la monarchie, mais aussi tout un système corrompu. Cela en cherchant des formes d’articu- lations différentes de la «politique à l’ancienne» et qui pointent vers une rupture constituante et une démocratisation sur tous les plans de la politique, de l’économie et de la vie. Oui, de nouveaux temps arrivent dans lesquels ceux d’en haut, le 1%, ceux qui, vont enfin «vivre dangereusement». Jaime Pastor 6 juin 2014

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article32196

 

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10 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Elections municipales et européennes en irlande (avanti.be)

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Croissance de la gauche

Il y a eu un petit tremblement de terre dans la politique irlandaise aux élections municipales et européennes du 25 mai.

Sinn Fein (gauche nationaliste, membre du même groupe européen que le FDG) a fortement progressé, devenant l’une des principales forces politiques en Irlande du Sud. Il double presque son score, atteignant 17% à l’échelle nationale aux municipales, et plus de 20% aux européennes. Et cela parallèlement à une progression importante de la gauche alternative et des indépendants. Au total, le Sinn Fein a fait élire 150 conseillers et les partis de la gauche alternative en ont obtenus 40.

Aux européennes, Sinn Fein a été le parti ayant reçu le plus de voix à Dublin avec un candidat qui se présentait pour la première fois. La même chose dans la circonscription d’Irlande du sud avec un autre candidat. Et un troisième a été élu dans la circonscription restante. Ce triple succès consolide pour la première fois le Sinn Fein comme parti d’importance nationale et non plus seulement local.

Les partis bourgeois tentent de se consoler avec l’idée que les gens votent de manière différente aux européennes et aux municipales qu’aux législatives. Cependant, il est évident que Sinn Fein et la gauche alternative pourraient traduire une grande partie de leur succès en sièges dans le Dail (Parlement) et élargir leur influence politique. Un aspect intéressant des résultats du Sinn Fein est que la garde à vue récente de Gerry Adams (dirigeant histo- rique de ce parti lié à l’IRA) pour un assassinat en 1972 ne semble avoir eu aucun effet.

Au niveau national, le parti au pouvoir, Fine Gael (démocrate-chrétien) a perdu 8,4% de ses votes, tombant à 24%, tandis que le Parti Travailliste, partenaire mineur de la coalition gou- vernementale, a perdu la moitié de son électorat en obtenant environ 7% des voix. Le Parti Travailliste a été laminé dans toute l’Irlande; les travaillistes ont perdu tous leurs conseillers à Cork (la deuxième ville du pays) et ont été réduits à 8 à Dublin (une chute de 17%). Au niveau national, les travaillistes n’ont conservé que 50 conseillers, à comparer aux 157 gagnés par Sinn Fein.

A Dublin, Sinn Fein a obtenu presque le quart des suffrages, soit une progression de 12%, ce qui en fait le premier parti de la ville, avec 16 conseillers. Ces résultats coïncident avec le score de 23% obtenus à Dublin par son candidat aux européennes, Lynn Boylan.

A gauche de Sinn Fein Dans la gauche alternative, le Parti Socialiste et son Alliance Anti- Austérité (AAA) a gagné de manière impressionnante 14 conseillers. Il faut noter que l’AAA a obtenu trois conseillers à Limerick et trois autres à Cork, ce qui en fait un mouvement na- tional, non plus seulement centré sur Dublin. Le Parti Socialiste a également gagné une élection législative partielle à Dublin Ouest, ce qui fait qu’il dispose maintenant de deux des quatre sièges de cette circonscription. Cela le situe en bonne position pour garder le siège de Joe Higgins après la retraite prévue en 2016 de ce vétéran du parti.

Le Parti Socialiste des Travailleurs, SWP,  et son alliance électorale, People Before Profit Alliance (PBPA), a également obtenu de splendides résultats en faisant élire un total de14 conseillers. Le SWP a aussi obtenu un grand succès en Irlande du Nord en faisant élire un conseiller à la Municipalité de Belfast.

En dehors de ces deux principaux blocs, la Gauche Unie a gagné deux conseillers et le Parti des Travailleurs un à Cork. Le Groupe des Travailleurs et Sans-Emploi de Tipperary a lui aussi obtenu un conseiller. Un certain nombre de conseillers de gauche indépendants ont également été élus dans tout le pays et certains d’entre eux pourraient jouer un rôle clé pour le développement à venir d’une politique de gauche. (…)

Conclusion provisoire Le Parti Travailliste est en crise après la démission de son dirigeant Eamonn Gilmore après les élections. Les problèmes du Parti  sont néanmoins plus profonds qu’un simple changement de direction. Le parti n’a pas seulement abandonné sa base, il a paru également appliquer avec plaisir les mesures d’austérité néo-libérales contre les pauvres et les travailleurs. Il s’est complètement vidé de ses forces et il est probable qu’il va connaître une traversée du désert.

En général, la tendance des votes, en incluant Sinn Fein, s’est portée sur la gauche. Sinn Fein a défendu un programme ouvertement anti-austérité, et en particulier en opposition à l’augmentation du tarif de l’eau. Il est cependant fort probable que le Sinn Fein modère son programme après les élections, après avoir récemment renoncé par exemple à sa reven- dication d’un impôt sur la fortune. Il reste aussi à voir comment il va utiliser son succès dans les municipalités.

La gauche alternative a remporté un important succès électoral, mais elle reste tou- jours fragmentée. Lors de sa première apparition télévisée, Ruth Coppinger, la nouvelle députée du Parti Socialiste, a appelé à la constitution d’un nouveau mouvement politique. Il reste à voir quel sera l’écho de cet appel et comment il sera mené à bien. Henry Silke 9 juin

Henry Silke est doctorante en Communication à l’Université de Dublin.

Source : http://links.org.au/node/387

http://www.avanti4.be/analyses/article/elections-municipales-et-europeennes-en-irlande

Commentaire: « Socialiste » a en anglais le sens « d’anticapitaliste ».

 

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07 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Appel à dissoudre le parti dit «socialiste» (lm)

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Après avoir regardé toutes les chaînes de télévision le 25 mai de 19 heures à 21 heures, j’ai noté:

Quel étrange spectacle que de voir tous ces gens propres sur eux, bien maquillés, généreux et si ouverts à toutes les transformations du monde, à toute la « modernité », à toutes les réformes dites sociétales… De voir tous ces gens aisés et si à l’aise pour clamer leur tristesse, leur amertume au lendemain de ces élections… Pour clamer leur déception.

Mais qui les avait déçus? Le peuple bien sûr, au sens «la plèbe» évidemment. Mon Dieu, le peuple ne vote plus, ou alors il vote pour le Front national! Que peut-on faire? Le dissoudre comme disait Brecht ou plutôt dissoudre l’Assemblée comme le dit Marine Le Pen.

Moi, si je pouvais, je dissoudrais le Parti dit socialiste. Cela obligerait peut-être la centaine de députés râleurs, frondeurs, rebelles, bref la centaine de députés restés socialistes dans son cœur et son cerveau à créer un nouveau parti.

En quoi croient-ils encore ces députés ? En la synthèse dans laquelle ils trahissent leurs idées depuis trente ans ?

Ma vieille mère m’a téléphoné hier. Elle a fait ses comptes. Le conseil général diminue de 51 euros par mois l’aide qu’il lui octroie, alors qu’elle touche en tout 750 euros par mois. Je lui ai expliqué qu’elle devait participer à la diminution de la dette publique comme tous les smicards qui gagnent trop car ils sont si peu qualifiés, comme tous les chômeurs qui sont trop indemnisés car ils sont si fainéants…

ECŒUREMENT

Assez d’hypocrisie, je dis mon écœurement à tous ces spécialistes raisonnables qui con- tinuent d’appliquer le même dogme en France et en Europe qui échoue depuis trente ans, à toutes ces élites politiques, industrielles, médiatiques et artistiques qui ne font que se pro- téger, à tous ces lâches de droite et «de gauche» qui n’osent rien changer de peur que leur petit pouvoir vacille, à tous ces fossoyeurs de l’idée même de la politique comme activité la plus noble qui soit. Comment appelle t-on quelqu’un qui croit que la réalité a tort? Un fou, non?

Et je ne parle pas des affaires, que l’on devrait plutôt appeler des ordures, dont les prota- gonistes devraient être éliminés définitivement de la citoyenneté, plutôt que de réapparaître, après une courte absence, au grand jour.

Ma capacité au dégoût s’épuise depuis Cahuzac et Guéant, depuis Balkany et Strauss-  Kahn, depuis Copé et Guérini…

Une société a le peuple qu’elle mérite, le peuple qu’elle affame ou qu’elle rassasie, le peuple qu’elle éduque ou qu’elle réprime, le peuple qu’elle méprise ou qu’elle respecte !

J’écoute pour ma part le peuple lorsqu’il souffre, d’autant plus lorsque je pense qu’il s’égare, car c’est une question de morale de le comprendre… Et car c’est la seule manière de continuer, si c’est encore possible, à faire de la politique.

À tous les déçus par le peuple que j’ai vu hier soir, je veux dire avec Victor Hugo :

« Ils n’ont pas eu leur part de la cité

C’est votre aveuglement qui crée leur cécité. »

Robert Guediguian (Cinéaste)

Le Monde.fr | 06.06.2014 à 12h03 • Mis à jour le 06.06.2014 à 12h12 | Par Robert Guediguian (Cinéaste)

http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/06/06/appel-a-dissoudre-le-parti-dit-socialiste_4433443_3232.html?fb_action_ids=647916218618635&fb_action_types=og.recommends

Commentaire: Voilà, c’est dit, sans commentaire du Npa qui « chipotera » plus tard.

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05 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Le pacte de responsabilité: un vol à grande échelle (lo)

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Il est faux de croire que le gouvernement PS passe son temps uniquement à prendre des claques aux élections, à envoyer les gendarmes dans des camps roms et à se pourlécher de mille-feuille territorial.

Non, il travaille. La preuve, le ministère des Finances vient d’envoyer aux parlementaires le détail des baisses de cotisations patronales prévues par le pacte de responsabilité.

Ce sera donc 9 milliards d’euros de cadeaux en 2015, 16 milliards en 2016 et 18 milliards en 2017 et les années suivantes. Pour l’instant, le gouvernement n’a pas encore imaginé comment il compensera ces sommes dans les budgets sociaux. Il a simplement prévu de geler les retraites supérieures à 1 200 euros, les prestations familiales, les aides au logement et les pensions d’invalidité. Cela simplement pour bien marquer qu’il s’agit de prendre aux travailleurs pour donner au patronat, parce que cela ne suffira pas, et de loin, à compenser le manque à gagner.

Le pacte de responsabilité comprenait, on a tendance à l’oublier, des obligations du côté patronal, du moins en principe. Évidemment, les cadeaux aux patrons sont à effet immédiat et les compensations sont en cours de négociation. Cela ne va pas vite et même la CFDT, qui avait signé le pacte des deux mains et s’emploie depuis à « négocier », trouve que le patronat exagère, exige toujours plus et ne veut rien donner. Laurent Berger, son secrétaire général, va jusqu’à dire que, si les patrons ne commencent pas à discuter vraiment d’ici juillet, il demandera au gouvernement de revenir sur les cadeaux. Mais il n’y a pas là de quoi faire trembler le Medef.

En attendant, dans les dizaines de milliards de profits distribués par les entreprises à leurs actionnaires, une bonne partie viennent directement des cadeaux faits par l’État. Sans parler des salaires en baisse, des pensions bloquées, des retraites écorchées, des prestations diminuées, des chômeurs laissés sans ressources et de toutes les difficultés supplémentaires imposées au monde du travail. Paul GALOIS

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2392&id=49

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02 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Le roi s’en va: qu’ils s’en aillent tous ! (ia.es)

 Le roi s'en va: qu'ils s'en aillent tous ! (ia.es) dans A gauche du PS Capture+d%E2%80%99e%CC%81cran+2014-06-02+a%CC%80+14.19.25

 A bas le régime, ouvrons des processus constituants pour décider de tout i
 Le roi Juan Carlos s’en va. Le régime de 1978, le régime de la monarchie corrompue tente de se recycler, de placer à la tête de l’Etat un roi plus jeune, moins déconsidéré, mais représentant la même chose: le régime de la corruption, de la misère, du manque de démocratie.
Les élections européennes  du 25 mai dernier ont ouvert une fissure que la caste essaie de refermer. La peur a changé de camp mais ils n’opèrent que des changements de façade. C’est à nous qu’il revient de bâtir la démocratie depuis la base. Voilà pourquoi nous devons les renvoyer.
Le régime montre sa faiblesse, à nous de montrer notre force. Juan Carlos a été l’ami des patrons, le serviteur des puissants, il a couvert des comploteurs, défendu une constitution qui garantissait les bénéfices de quelques uns aux dépens de la majorité. Le prince Felipe tente d’assumer ce legs dans un moment difficile pour ceux qui ont gouverné tant d’années. C’est l’heure de passer à l’offensive.Appelons tous les citoyens à descendre dans la rue et à récupérer la démocratie.
Ils ne partiront pas seuls. Il faut que nous nous en débarrassions et que nous prenions les commandes.
 
Occupons les rues, les places, tous les coins et recoins du pays.
Ni Juan Carlos, ni Felipe, République et autodétermination des peuples de l’Etat espagnol
 
Tous dans les rues à 20 h, c’est l’heure !

Capture+d%E2%80%99e%CC%81cran+2014-06-02+a%CC%80+14.41.46 dans Europe
Izquierda Anticapitalista
Le 2 juin 2014

L’appel en espagnol

www.anticapitalistas.org

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02 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Echec et mat au régime! (esther vivas)

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Le régime s’effondre et dans sa lutte pour la survie, le roi a abdiqué.

Jamais le régime issu de la transition n’a été aussi contesté qu’aujourd’hui. Les piliers qui la soutiennent, la monarchie, le pouvoir judiciaire et le bipartisme sont fortement délégitimés depuis longtemps. Nous ne croyons plus aux mensonges de ceux qui tentent de soutenir un régime qui est en train de s’effondrer. Ce qui jusqu’à récemment semblait impossible, est maintenant une réalité. Poussons fort, ouvrons davantage la brèche que la crise écono- mique, sociale et politique ont rendu possible.

De la chasse aux éléphants de « Sa Majesté » au Botswana, en passant par l’inculpation de son beau fils Inaki Urdangarin dans l’affaire Noos, la participation de l’infante Cristina à l’intrigue, les multiples opérations de la hanche du monarque, facturées au Trésor public , la famille royale est devenue une caricature d’elle-même. L’un des principaux partisans de la «démocratie» est touché, très touché, mais pas coulé .

L’annonce de l’abdication royale est une dernière tentative désespérée de sauver la situation, une tentative de « compenser » pour re-légitimer non seulement la monarchie, mais son entourage de juges, de politiciens, d’experts… pendant de nombreuses années un trop grand nombre à vécu de cette fausse transition, essayant d’effacer ou de masquer notre passé collectif. Notre absence de mémoire était le socle de leur victoire, non seulement morale, mais politique et économique .

La crise économique s’est transformée en une crise sociale et politique profonde qui a aussi a mis en échec le roi comme le régime de 1978. Les gens ont dit «assez». Nous l’avons vu avec l’émergence du 15M, il y a trois ans, avec la désobéissance civile, l’occu- pation de logements vides détenus par les banques avec un large soutien populaire, en dépit de la criminalisation de la protestation. Avec plus de pauvreté, plus de douleur, mais grâce à cette mobilisation, la conscience de qui profite de cette situation, les banquiers, les politiciens et aussi de qui perd.

L’apparition du souverainisme en Catalogne place également le régime dans ​​les cordes. Il montre le caractère profondément antidémocratique d’une Constitution qui ne permet pas au peuple de décider. Maintenant, ce sont les élections européennes qui ont donnéle « coup de grâce » à un régime en décomposition. La perte de plus de cinq millions de votes par le PP et le PSOE. L’émergence avec cinq sièges, de « Podemos ». Le régime est nerveux , très nerveux.

L’abdication royale est leur dernière manœuvre. Mais rappelons nous que le système a  encore la capacité de manoeuvrer. L’abdication du roi montre juste la faiblesse des piliers du régime et la force populaire. Mais nous ne voulons ni de Juan Carlos ni de Felipe. C’est le moment de sortir dans la rue, de réclamer l’ouverture d’un processus constituant à travers tout l’état,  pour décider de l’avenir que nous voulons.

Passons à l’offensive: échec et mat à ce régime. Esther Vivas

* Article dans Público.es, 06/02/2014 .

http://esthervivas.com/2014/06/02/jaque-mate-al-regimen/

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