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06 juin 2019 ~ 0 Commentaire

populisme (regard anti-k of)

gauche arabe

Garrido Jadot : le populisme contre la gauche

Certains gagnent, d’autres perdent mais en ce moment, ils ont la même obsession : les écolos et les Insoumis s’en prennent à la gauche pour viser l’hégémonie. Une stratégie à risque. Les élections européennes passées, le débat stratégique à gauche redémarre sur les chapeaux de roues. C’est dire que ce scrutin n’a rien résolu de la crise à gauche.

Dans l’espace social-démocrate, Place publique a perdu son pari de rassembler autre chose que les restes du Parti socialiste. Quant au PCF, il n’est pas de retour. L’exploit de La France insoumise en 2017 semble loin. Une plus ample réaction de Jean-Luc Mélenchon est attendue, mais, à en entendre les députés La France insoumise Danièle Obono ou Eric Coquerel, rien à signaler, circulez, y’a rien à voir. Se remettre à travailler est la seule option envisagée après l’échec, avoué douloureusement.

Yannick Jadot, lui, est heureux de sa place sur le podium derrière l’infernal duo Marine Le Pen/Emmanuel Macron, et il se sent pousser des ailes, mais surtout des ambitions. Le choc des résultats s’estompe et sortent les premières réactions.

Aux premiers rangs : Raquel Garrido, l’insoumise devenue chroniqueuse télé, mais bien décidée à revenir dans l’arène, et ledit Yannick Jadot, tous deux dans les starting-blocks. En politique, mieux vaut jouer un coup d’avance quand l’horizon est trouble. Ces deux-là que tout semble opposer sur le fond, font pourtant un plaidoyer commun pour le « ni droite ni gauche ». L’une s’en sert pour tenter rassembler au-delà des frontières idéologiques, l’autre pour s’installer au centre mais les deux le font, de facto, contre la gauche.

L’hybris populiste

Raquel Garrido n’en démord pas. Après le succès de son passage dans la Midinale de Regards, elle enfonce à nouveau le clou dans Marianne. Le souverainisme et le dégagisme sont l’unique avenir de La France insoumise. Cette dernière se doit d’imposer sa « summa divisio » chère, si on la suit, à Ernesto Laclau. Abandonner la gauche pour un projet souverainiste qui mobiliserait largement en dehors des appartenances partisanes et des cohérences idéologiques qui ont fait la gauche et la droite des années durant.

Pour s’en convaincre, elle enchaîne alors les contre-vérités et les vœux pieux. Lorsqu’elle annonce par exemple que « La France insoumise, contrairement aux partis de gauche tradition-nels, a refusé le cadre de la 5è République », on ne peut que lui rappeler que la 6è République était revendiquée par le PS (et notamment par Arnaud Montebourg) dès 2002.

On la retrouvait aussi dans le programme de la communiste Marie-George Buffet, sans compter celui de Jean-Luc Mélenchon en 2012 avec le Front de Gauche, et même celui de Benoît Ha-mon en 2017. Plus loin, elle revient ensuite sur son obsession pour « les abstentionnistes, les votes blancs et nuls, les dégoûtés de la politique, les nostalgiques d’une droite classique chas-sée des seconds tours des scrutins » qui semblent, pour Raquel Garrido, représenter la solution à tous les problèmes.

Selon l’Insee pourtant, il est important de rappeler que l’abstention totale n’est que de 14%, si l’on s’en tient à l’année 2017. En effet, 86% des Français et des Françaises ont voté à au moins un des quatre tours de cette année-là (soit à l’un des deux tours de l’élection présidentielle et ou des élections législatives).

Bref, ils ne représentent ainsi qu’un faible vivier électoral. Mais qu’importe, ça fait toujours populaire de parler de ceux qui ne votent plus ! Et que dire du potentiel chez les électeurs de droite ? Ils représentaient, en 2017, de 2 à 4% chez les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, c’est-à-dire presque rien mais quand on ne veut pas voir… On nous rétorquera que la campagne n’était sans doute pas assez souverainiste !

Un bouc-émissaire : la gauche

Ce que Raquel Garrido ne veut en vérité pas voir, c’est que la candidature de Jean-Luc Mélen-chon a été portée par la déception du hollandisme et parce qu’il était le choix plébiscité par la gauche. Et d’ailleurs, si l’on pose la question « qui est Jean-Luc Mélenchon ? » en dehors des petits cénacles qui suivent de près la politique, qui peut honnêtement répondre autre chose que « un homme politique de gauche » ?

L’électorat de Jean-Luc Mélenchon était d’ailleurs, en 2017, majoritairement composé de personnes se positionnant à gauche : 72% des personnes se déclarant « très à gauche » l’ont choisi en 2017, ainsi que 53% de ceux et celles se présentant comme étant « à gauche » ou encore 30% de ceux et celles s’estimant « plutôt de gauche ». Chez les électeurs « sans sympathie partisane », la pénétration électorale de Jean-Luc Mélenchon est de 16,4% soit en dessous de sa moyenne dans l’électorat (19,6%). De même chez les « ni de droite ni de gauche », 16 et 19%, pas franchement saillant ! La droite et la gauche, un peu trop vieux monde ?

L’électorat de Jean-Luc Mélenchon est pourtant un de ce qui estime le moins que « le clivage gauche/droite n’est plus pertinent et doit être dépassé », avec 57% de réponses positives contre 66% dans la moyenne de l’électorat, 83% chez les électeurs de Macron, et 70% chez ceux de Marine Le Pen. Quant aux motivations du vote, aucune doute sur leur appartenance partisane, dans l’ordre : hausse des salaires et du pouvoir d’achat, lutte contre la précarité, santé, environ-nement et défense des services publics. Mais Raquel Garrido de dire en substance dans la Midinale de Regards que « La France insoumise pêche parce qu’elle a trop à dire déjà sur le social, l’environnement, le droit des animaux »

Le mythe de la composition de l’électorat de La France Insoumise

Finalement, Raquel Garrido fait deux erreurs majeures. Elle estime d’abord assez rapidement que, suite à l’érosion du socle de gauche de Macron, Jadot en fut le réceptacle naturel déclarant que « ces votes ne seraient pas venus à La France insoumise ».

Que dire alors des 21% d’électeurs de Macron qui ont hésité à voter Jean-Luc Mélenchon en 2017 ? Alors que Macron rodait sur les terres de la droite, au contraire, ces votes auraient pu se porter sur La France insoumise, si elle avait choisi d’endosser sa place à gauche. Déçus de la continuité des politiques néolibérales, ces électeurs et électrices ne pouvaient-ils pas être convaincus ? Trop CSP+ sans doute… Faut-il alors rappeler que ces mêmes CSP+ composaient 49,9% du vote Mélenchon en 2017 ? C’est comme si Raquel Garrido était à la recherche d’un électorat qui n’existait que dans ses rêves.

Encore plus loin dans la politique fiction, elle pense également que la social-démocratie est morte, enterrée avec le vieux monde, alors que sa proposition souverainiste est sans doute le plus grand risque pour la faire renaître.

L’extrême dispersion de l’électorat de Jean-Luc Mélenchon de 2017, notamment en faveur d’EELV (17%), montre en effet que, loin d’être acquis, ces électeurs de gauche peuvent repartir, ne pas adhérer au discours uniquement dégagiste entamé par Jean-Luc Mélenchon, décidé, du moins, pendant la séquence gilets jaunes, à se couper de la gauche. On ne fidélise pas ses électeurs en tournant le dos à leurs repères politiques et idéologiques. L’hybris populiste mal aidé par les presque 20% de 2017 s’engage donc dans un pari dangereux pour la suite du combat.

L’hybris que l’on n’avait pas venu venir

Quant à EELV, depuis le 26 mai la formation écologiste fait dans le triomphalisme : avec 12,6% aux élections européennes et quelque 3 millions de voix, Yannick Jadot se voit déjà à la tête de l’Etat : « Nous voulons conquérir et exercer le pouvoir ». Aux élections européennes de 2009, les écologistes avaient réalisé 16,28% des voix et près des 3 millions de voix, ce qui n’empêcha pas Eva Joly d’en faire 2 millions de moins à la présidentielle en 2012 avec ses 2,31%.

Yannick Jadot veut y croire. Son moment, c’est sans doute maintenant alors que son thème de prédilection domine la scène politique. Les écologistes ont souvent, par tradition et par culture, renâclé à l’idée de s’identifier à gauche. L’écologie devait tracer son chemin pour s’imposer et devenir centrale, sans se soucier du dualisme qui composait la scène politique. Marginalisée, vue comme un sujet secondaire, l’écologie ne le sera probablement jamais plus. Reste que la bataille sur son contenu est ouvert. Même les plus retardataires semblent s’y mettre, que ce soit du côté du Rassemblement national ou à droite. Quelle stratégie donc pour les écologistes ?

Dans son interview au Monde du 5 juin 2019, Yannick Jadot se rêve en leader « d’une nouvelle espérance ». Mais, surprise ! Jadot fait du mauvais Mélenchon. Son but : « sauver le climat et pas les vieux appareils » car « les jeunes ne nous ont pas donné mandat pour nous asseoir autour d’une table avec Olivier Faure, Benoît Hamon et Fabien Roussel ».

Encore quelques secondes et il aurait pu parler de « tambouilles ». On verra bien aux muni-cipales où les écologistes ont souvent survécu au moyen d’accords multiples, sans parler d’un passage au gouvernement sous Hollande ! Une chose est sûre, « je ne participerai pas à un rafistolage du paysage politique du 20è siècle », annonce celui à qui certains ont décerné la première place à gauche. Quelle responsabilité ! Mais voilà qu’après La France insoumise, les écolos ont chopé le virus de l’hégémonie !

La technique de la terre brûlée pour mieux rassembler

Et celui qui appelle à rassembler EELV, les animalistes et la liste Urgence écologie ne lésine pas sur ses mots : le rassemblement se fera autour de son projet, « que chacun fasse son aggiorna-mento ». L’hybris verte mâtiné de populisme se lance à toute vapeur dans les mêmes écueils que la galaxie insoumise. Pour Yannick Jadot, Génération.s et La France insoumise « ne sont pas des partis écologistes ». Les militants de Générations et les insoumis sont cependant les bienvenus pour rejoindre le mouvement. Ce message sectaire n’est cependant « ni de l’arro-gance ni du mépris ». C’est mal parti pour véritablement rassembler à terme les électeurs – de gauche comme d’ailleurs…

Yannick Jadot veut sans doute d’abord récupérer l’hémorragie du flanc gauche de Macron. Dont acte. Mais jouer du « ni droite ni gauche » macronien a aussi un coût. Il ne faut pas oublier que les jeunes (les 18-35 ans), dont il est si fier d’avoir suscité l’attention, avaient placé en tête de leur vote de 2017 un certain Jean-Luc Mélenchon. Le degré de radicalité observé chez les manifestants pour le climat pourrait d’ailleurs rentrer en conflit avec son ambiguïté réelle sur la question de la rupture avec le libéralisme – ou avec l’économie de marché.

Le député européen se dit pour le libre-échange à condition de ne pas abuser du dumping social et fiscal. Un peu ne fait pas de mal ? S’il n’a pas d’opposition avec l’économie de marché, il risque par contre d’avoir du mal à convaincre ceux et celles pour qui l’écologie politique rime avec une rupture profonde avec le système économique actuel. Existe-t-il donc un espace politique entre Macron et Mélenchon, pour un populisme vert ? Pour le moment, s’il peut échapper à un positionnement gauche/droite, il n’échappera pas à la nécessité de trancher sur son rapport au capitalisme.

En attendant, EELV doit son succès autant à la gauche qu’à l’hémorragie macroniste. Il rencontre en effet le succès chez 17% des anciens électeurs de Jean-Luc Mélenchon de 2017 qui ont voté aux européennes, chez 26% de ceux de Benoît Hamon, et 20 % des électeurs de Macron. Il existe d’autant plus un potentiel à gauche, que les premiers décrochages du bloc macroniste se sont fait chez les sympathisants de gauche. Difficile de savoir, si Yannick Jadot trouvera l’équilibre sur un temps plus long que la campagne européenne. D’autant que la temporalité du vote de son électorat n’a rien de rassurant pour lui, 16% de ses électeurs se sont décidés à voter pour sa liste seulement dans la dernière semaine et 15% le jour du vote !

La gauche est morte, vive le populisme ?

On l’aura compris, le concept à abattre, pour une partie de la France insoumise comme pour une partie d’EELV, c’est la gauche. L’énigme de 2017 reste entière et l’on ne saura jamais vraiment si c’est parce que Jean-Luc Mélenchon ne s’est pas revendiqué de gauche qu’il a réussi à attirer ses électeurs. Mais force est de constater que tirer à boulets rouges sur elle n’a pas marché pour La France Insoumise et risque de coûter cher à Jadot à l’avenir.

Le populisme revendiqué par Raquel Garrido ne rend d’ailleurs pas hommage à Ernesto Laclau ni à Chantal Mouffe. Il est finalement confondu avec l’imaginaire jacobin au travers de la volonté d’engager une révolution citoyenne comme moyen de la souveraineté du peuple. Les théoriciens du populisme mettaient en garde contre ce concept de révolution dans l’imaginaire de gauche qui « implique un caractère fondationnel de l’acte révolutionnaire, l’institution d’un point de concentration du pouvoir depuis lequel la société pourrait être « rationnellement » réorganisée. C’est là une perspective qui est incompatible avec la pluralité et l’ouverture qu’une démocratie radicale requiert. »

Ainsi, peut-être doit-on préférer la pluralité des réalités populaires à l’unilatéralisme souverainiste pour construire une alternative à la société marchande totale que propose le gouvernement. Et, si le souci des deux penseurs du populisme a toujours été de fédérer, à tort ou à raison, le peuple dont l’identité politique est nécessairement plurielle, jamais n’a-t-on vu, sous leurs plumes, d’invitation à considérer comme des ennemis politiques de potentiels alliés dans la conquête du pouvoir et l’avènement d’un projet émancipateur de gauche. Si Raquel Garrido et Yannick Jadot jouent contre la gauche finiront-ils par comprendre qu’ils jouent aussi contre leur camp ?

Pablo Pillaud-Vivien, Etienne Sandoz

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06 juin 2019 ~ 0 Commentaire

crise (regards)

Sabrina Ali Benali : « Si on ne fait rien, on va faire face à une crise sanitaire cet été »

 Sur l’état de la gauche 

« Ce qui est désespérant, c’est surtout le fait qu’on n’arrive pas à donner confiance aux gens dans ce qu’est la politique. » « Tout le monde paye 40 ans de mensonges et de trahisons. »
« On a assisté à un soulèvement populaire d’une immense ampleur. » « On a, dans le secteur de la santé, un mouvement de grève d’une ampleur inédite sous la Ve République. »
« Ne pas aller voter est aussi une forme d’insurrection civique. » « Il y a de la colère et de la résignation et c’est aux progressistes, féministes, humanistes de savoir comment faire naitre de cette colère, un espoir. »

 Sur la convergence des luttes 

« On est en train de monter un collectif qui va traverser tous les corps de soignants et les établissements de soins, avec les citoyens, pour créer une convergence globale. »
« Je crois toujours que la lutte est une longue histoire. Il y a eu beaucoup de stupeur et de sidération (…) : il y a une peur d’aller manifester. » « Il y a beaucoup de gens pour qui ça ne va pas et qui ne sont pas prêts à risquer de perdre un œil, une main ou d’avoir un arrête de travail suite à une blessure en manifestation. »
« Il est difficile de contester sous un pouvoir aussi autoritaire. »

 Sur la manifestation des médecins urgentistes 

« On va faire face à une crise sanitaire cet été si on ne fait rien. » « Le gouvernement ne va pas pouvoir gérer d’avoir 70 services d’urgences en arrêt maladie cet été. » « Il faut engager un rapport de force pour sortir de ces contraintes budgétaires qui nous étouffent. »

 Sur les propos d’Agnès Buzyn à propos des arrêts maladie des soignants 

« Agnès Buzyn cherche à diviser, à culpabiliser, comme si la culpabilité n’était déjà pas assez grande. » « On a été nombreux à être dans un état de sidération en entendant ses propos. »

 Sur la dégradation des conditions de travail des soignants 

« Ce qui est sûr, c’est que nous sommes la profession, au dessus de tous les autres services publics, la plus entamée psychologiquement par son travail. » « [A cause de la dégradation des conditions de travail, de l’attente des patients, etc.,] on fait dace à des agressions et des incivilités. »

 Sur l’organisation des urgences 

« Les urgences répondent bien à leurs missions. » « On fait croire au mythe que les gens viennent pour rien aux urgences ; or, la réalité, c’est que c’est extrêmement minoritaire. »
« Les gens ne viennent pas pour rien aux urgences, ils viennent à défaut d’avoir trouvé une autre solution. » « Les urgences sont devenues le premier recours de plein de gens donc ça engorge énormément (…). Mais le problème, c’est qu’on n’arrive pas à avoir suffisamment de lits disponibles pour ne pas engorger les urgences (…). On a fermé 100.000 lits en 10 ans. »

 Sur la privatisation de l’hôpital public 

« On va vers une médecine à deux vitesses. » « C’est l’ouverture au privé de structures et de start-ups qui offrent des services au sein même de l’hôpital (…) puisque l’administration et le personnel soignant n’ont plus le temps de faire ces missions premières et de prendre soin des patients. »

 Sur le moratoire des fermetures d’hôpitaux 

« Laisser la pancarte « hôpital » et le vider de l’intérieur, c’est sympa mais il faut arrêter de se moquer de nous. » « On continue à l’intérieur des hôpitaux les politiques de contraintes budgétaires. » « On est en train de tuer l’hôpital de l’intérieur. »

 Sur la prise de conscience de la dégradation du système de santé 

« Pour beaucoup de monde, la situation se porte uniquement sur la focale des urgences. »
« Il y a un dévouement du personnel hospitalier qui essaie de cacher les manquements. »
« Il n’y a pas de prise de conscience réelle de la gravité de la situation : aujourd’hui, on peut décéder en salle d’attente. La mortalité augmente avec les heures d’attentes et l’absence de lits à destination. Oui, aujourd’hui, nous, d’épuisement, on peut faire une erreur médicale. »
« On a du mal à alerter et à faire prendre conscience. Il faut que notre message soit plus entendu. Il y a un problème de relais médiatiques. » « Les médias dominants ne passent pas la réalité de notre message. »

Près de 70 services d’urgence sont en grève depuis plusieurs semaines. Une manifestation des médecins urgentistes a lieu aujourd’hui. Pour en parler, Sabrina Ali Benali, médecin, membre de l’association Permanence de Soins, sympathisante LFI et auteure de « La révolte d’une interne » (Cherche Midi), est l’invitée de #LaMidinale.

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06 juin 2019 ~ 0 Commentaire

guerre 2 (ernest mandel)

indes

Les britanniques contre les indiens

Cinq guerres

Tout d’abord, il y avait bien entendu une guerre inter-impérialiste, une guerre entre les impérialismes nazi, italien, et japonais d’une part, et les impérialismes Anglo-Américain-Français d’autre part. Cette guerre était de nature réactionnaire, une guerre entre différents groupes de puissances impérialistes. Nous n’avons rien eu à faire avec cette guerre, nous étions totalement contre elle.

En second lieu, il y avait une guerre juste de défense nationale menée par le peuple Chinois, un pays semi-colonial opprimé, à l’encontre de l’impérialisme japonais. Malgré l’alliance de Chiang Kai-Shek avec l’impérialisme américain, rien ne pouvait justifier que les révolutionnaires modi-fient leur jugement sur la nature de la guerre chinoise.

C’était une guerre de libération nationale contre une armée de pillards, les impérialistes japo-nais, qui ont voulu asservir les chinois. Trotsky était absolument clair et sans ambiguïtés sur cette quesiton. Cette guerre d’indépendance a commencé avant la Deuxième Guerre Mondiale, en 1937, et, d’une certaine manière, elle avait déjà commencé en 1931 avec l’occupation de la Mandchourie par les Japonais. Elle s’est ensuite entrelacée avec la Deuxième Guerre Mondiale, tout en restant un élément séparé et autonome de cette dernière.

Troisièmement, il y avait une guerre juste de défense nationale de l’Union Soviétique, un Etat ouvrier, même si bureaucratiquement dégénéré, contre une puissance impérialiste. Le fait que la direction soviétique s’est alliée, non seulement militairement – ce qui était absolument justifié – mais également politiquement avec les impérialismes occidentaux, n’a nullement modifié la nature juste de cette guerre.

La guerre des ouvriers, des paysans, des peuples et de l’Etat soviétiques pour défendre l’URSS contre l’impérialisme allemand était une guerre juste, de n’importe quel point de vue marxiste qu’on l’analyse. Dans cette guerre nous étions à cent pour cent pour la victoire du camp sovié-tique, sans aucune réserve. Nous étions pour la victoire totale des soviétiques contre les criminels nazis.

Quatrièmement, il y avait une guerre juste de libération nationale des peuples coloniaux oppri-més de l’Afrique et de l’Asie (en Amérique latine il n’y avait nulle part de tels mouvements), initiée par les masses contre l’impérialisme britannique et français, mais aussi contre l’impérialis-me japonais – et parfois en même temps ou successivement contre ces impérialismes, comme ce fut le cas en Indochine (Vietnam).

Il s’agissait là encore de guerres de libération nationale absolument justifiées et ce indépendam-ment du caractère particulier de la puissance impérialiste en question. Nous étions, avec justes-se, en faveur de la victoire du soulèvement Indien contre l’impérialisme britannique, ainsi qu’avec le début d’un tel soulèvement à Ceylan (Sri Lanka), nous étions en faveur de la victoire des guérilleros birmans, indochinois, et indonésiens contre l’impérialisme japonais, français, et hollandais qui ont successivement occupé et opprimé ces peuples. Aux Philippines la situation était encore plus complexe.

Je ne veux pas entrer dans tous les détails, mais le point de départ est que toutes ces guerres de libération nationale étaient des guerres justes, indépendamment de la nature de leur direction politique. Il n’est pas nécessaire de placer sa confiance politique ou de donner un appui politique aux chefs d’une lutte particulière de libération nationale avant d’évaluer la justesse de cette lutte. Quand une grève est menée par des bureaucrates syndicaux envers lesquels vous n’avez aucune confiance, cela ne vous empêche nullement de soutenir la grève proprement dite.

J’en arrive à présent à la cinquième guerre, qui est la plus complexe.

Je ne dirais pas qu’elle existait dans la totalité de l’Europe occupée par l’impérialisme nazi, mais elle fut particulièrement prononcée dans deux pays, la Yougoslavie et la Grèce, présente en grande partie en Pologne, et naissante en France et en Italie. C’était une guerre de libération menée par les ouvriers, les paysans, et la petite-bougeoisie urbaine opprimés contre les impérialistes nazis et leurs faire-valoir locaux.

Il est vrai que si la direction de cette résistance de masse demeurait entre les mains des nationalistes bourgeois, des staliniens ou des sociaux-démocrates, elle pouvait être par la suite trahie au profit des impérialismes occidentaux. Mais c’était justement le devoir des révolution-naires d’empêcher que cette trahison se produire en essayant de disputer la direction de la conduite du mouvement. Empêcher une telle trahison en s’abstenant de participer à la résistance était illusoire.

Nous devons comprendre que ce qui a commencé en Europe en 1941 était véritablement une nouvelle variante du processus de la révolution permanente, un processus dynamique qui pouvait transformer le mouvement de la résistance en révolution socialiste. Je dis, « pouvait », mais dans au moins un exemple, c’est exactement ce qui s’est réellement produit : en Yougos-lavie. Dans ce pays, un processus de révolution socialiste authentique a eu lieu et ce au-delà de toutes nos critiques sur la manière bureaucratique avec laquelle il a été mené à bien, les crimes qui ont été commis en son nom, ou les déviations politiques et idéologiques qui ont accompagné ce processus.

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06 juin 2019 ~ 0 Commentaire

guerre 1 (ernest mandel)

NegrosGuerraCivil-3

Seconde guerre mondiale

Les communistes ont été instruits dans le principe du rejet de « la défense nationale » ou de la « défense de la patrie ». Cette position a signifié un refus total de s’impliquer dans n’importe quelle guerre inter-impérialiste. Le mouvement trotskyste a été instruit dans le même esprit. C’était d’autant plus nécessaire qu’ avec le tournant droitier du Comintern et le pacte Laval-Staline de 1935, les staliniens des pays de l’Europe de l’ouest, et dans quelques pays coloniaux, se sont transformés en avocats du chauvinisme pro-impérialiste au nom de la « lutte anti-fasciste ».

En Inde, par exemple, ce tournant a mené les staliniens à la trahison désastreuse du soulève-ment national de 1942. Quand le soulèvement a éclaté, les colonialistes britanniques ont libéré les chefs du Parti communiste indien afin de les transformer en agitateurs contre la révolte et en propagandistes de la guerre impérialiste. Cette cruelle trahison a détourné les masses du socialis-me qui se sont alors tournées vers le parti nationaliste bourgeois du Congrès dont l’influence n’a cessé de croître au cours des années suivantes.

Dans les pays impérialistes, notre mouvement a été fortement inoculé contre le nationalisme, contre l’idée de soutenir les efforts de guerre impérialistes sous quelque forme que ce soit. Ce fut un bon enseignement, et je ne proposerai nullement de remettre en question cette tradition. Mais cette dernière a laissé hors de considération certains éléments de la position léniniste, beaucoup plus complexe qu’on ne le croit, sur la Première Guerre Mondiale.

Il n’est tout bonnement pas vrai que la position de Lénine puisse être réduite à la formule : « C’est une guerre impérialiste réactionnaire. Nous n’avons rien à faire avec elle ». La position de Lénine était beaucoup plus sophistiquée. Il a ainsi déclaré qu’ : »Il y a au moins deux guerres, et nous voulons représenter une troisième ». Cette « troisième guerre » étant la guerre civile révolutionnaire contre la bougeoisie, qui s’est effectivement déroulée en Russie.

Au sein du courant internationaliste qui n’a pas succombé au « social-patriotisme de la IIe Internationale », Lénine a mené une lutte déterminée contre une certaine forme de sectarisme qui ne voyait pas la distinction entre les deux guerres.

Il a notamment précisé : “Il y a une guerre inter-impérialiste. Avec cette guerre nous n’avons rien à faire. Mais il y a également des guerres de libération nationale menées par des nationalités opprimées. Le soulèvement irlandais est à cent pour cent justifié. Même si l’impérialisme alle-mand a essayé d’en profiter, même si les chefs du mouvement national ont maille à partie avec les Allemands, ceci ne change en rien la nature juste de la guerre irlandaise d’indépendance contre l’impérialisme britannique.

C’est la même chose avec la lutte de libération nationale dans les colonies et les semi-colonies, les mouvements nationaux indien, turc, persan”. Et d’ajouter : “C’est également valable pour les nationalités opprimées en Russie et en Austro-Hongrie. Le mouvement national polonais est un mouvement juste, le mouvement national tchèque est un mouvement juste. Un mouvement de libération mené par n’importe quelle nationalité opprimée contre l’oppresseur impérialiste est un mouvement de nature juste. Et le fait que les directions de ces mouvements pourraient les trahir en les associant politiquement et administrativement à l’impérialisme est une raison de dénoncer ses chefs, mais pas de condamner ces mouvements en tant que tels”.

Si nous regardons le problème posé par la Deuxième Guerre Mondiale d’une manière plus dialectique, à partir d’un point de vue léniniste plus correct, nous retrouvons une situation extrê-mement complexe. Je dirais, au risque de le souligner un peu trop fortement, que la Deuxième Guerre Mondiale était en réalité une combinaison de cinq guerres différentes. Cela peut sembler une analyse absurde à première vue, mais je pense qu’un examen plus approfondi le confirmera.

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06 juin 2019 ~ 0 Commentaire

québec solidaire 1 (essf)

La lutte pour la transformation sociale, la souveraineté et la démocratie

Makian Sondariee [2] a développé plus en profondeur l’importance de la solidarité internationale, particulièrement en termes de lutte contre la domination du nord sur les populations du sud.

Pour elle l’ennemi est le système mondialisé qui permet l’exploitation des terres. Elle comprend que le nationalisme relève d’un sentiment d’injustice, qui peut déboucher sur une unité politique et nationale et qu’il peut être vu comme un moyen de s’émanciper du système capitaliste. Mais selon elle, rien ne garantit que ce sera le cas, l’indépendance pourrait très bien mener à un gouvernement néolibéral ou conservateur. S’ils réalisent l’indépendance, la droite et la frange du PQ vont gérer de façon néolibérale.

Makian défend ainsi l’idée que dans un internationalisme solidaire on ne doit pas hiérarchiser le national avant l’International. Il faut développer une intersection des luttes de solidarité nord sud pas seulement dans une nation mais de manière structurelle pour redéfinir radicalement les relations de pouvoir.

Cela comprend la lutte contre l’accaparement des terres, la délocalisation des autochtones du sud, les luttes des femmes autochtones contre l’extractivisme. Reprendre du pouvoir au niveau national signifie dépasser cette situation, c’est annuler les dettes des pays du sud, recentrer la société pour comprendre dans une perspective féministe le travail des femmes du sud. Cette perspective ne passera pas nécessairement par le nationalisme. On se doit de penser un projet pour contrer la droite.

Mais pour contrer la droite il faut comprendre la dynamique des luttes avec le mouvement ouvrier et populaire du Reste du Canada et celle de la lutte de libération nationale au Québec. L’indépendance du Québec est un geste éminemment important et la population ne prendra jamais une telle décision si cela ne représente pas un projet qui changera les conditions de vie, la réappropriation de nos ressources, l’amélioration de nos conditions de travail. Pour qu’un tel projet se réalise il faut la mobilisation d’une population consciente des enjeux et prête à affronter l’adversité des dominants politiques et des financiers.

Penser que le projet d’indépendance du Québec peut être fait par la droite nationaliste et ainsi créer une société néolibérale, c’est ignorer la dynamique de lutte nécessaire pour y arriver. Ce n’est pas pour rien que le PQ a échoué, son projet n’est pas basé sur la création d’un rapport de force populaire contre les dominants. Il a refusé de favoriser ces mobilisations sur lesquelles il devait s’appuyer, au contraire il a systématiquement confronté et désorganisé le mouvement ouvrier. C’est ce qu’il a fait dès les premières heures avec René Lévesque lors les lois spéciales contre le secteur de la santé et de l’éducation en 1983.

La lutte de la population du Québec possède une dynamique spécifique, et un historique distinct. La classe dominante au Québec étant celle de l’État canadien, elle a imposé la langue anglaise dans la vie comme dans le travail en plus de contrôler l’économie.

Pour la population majoritairement francophone, le capital a ainsi été associé à quelque-chose d’étranger, imposé par le Canada, réalité symbolisée par la célèbre phrase d’Yvon Deschamps : « Au Québec tu travailles en anglais ou tu chômes en français. » On pourrait parler du Québec inc, mais il est en passe d’être intégré en grande partie aux multinationales sinon aux grandes corporations américaines.

Il ne faut pas faire l’erreur de confondre cette réalité avec le nationalisme identitaire mis de l’avant successivement par l’ADQ, le PQ et la CAQ et laisser ce terrain à la droite. La gauche doit se réapproprier la lutte pour l’indépendance comme moyen de se libérer du carcan capitaliste canadien. La dynamique des luttes ouvrières et populaires dans le Reste du Canada est différente, cependant nous avons des intérêts communs ; le contrôle par la population de notre territoire, de nos vies et de nos ressources.

Cette perspective faisait défaut de part et d’autre, d’un côté une promotion de l’indépendance mais sans perspective articulée pour construire des alliances contre l’impérialisme canadien. De l’autre une perspective de solidarité internationale mais avec une mauvaise compréhension de la dynamique de libération nationale au Québec et de son impact dans le cadre Canadien et international.

Pour réussir, nous devons comprendre les dynamiques différentes afin de conjuguer nos forces provenant de la lutte de libération nationale au Québec, des luttes pour la justice sociale et surtout présentement pour l’environnement dans le reste du Canada et au Québec, et la lutte de résistance et de conservation du territoire de la part des populations autochtones.

À cet effet Glen Coulthard [3] a expliqué que, pour les peuples autochtones, le territoire n’est pas une marchandise, c’est une relation. Lorsque les peuples autochtones parlent de leur relation à la terre, nous ne le faisons généralement pas dans un sens d’exclusion. Nos revendications territoriales et nos conceptions de nation ne sont pas fondées sur une compréhension de la terre qui doit être exploitée à l’exclusion des autres. La terre est une relation basée sur les obligations que nous avons envers les autres personnes et les relations avec notre environnement qui constitue la terre elle-même.

André Frappier, Catherine Dorion, Makian Sondariee, Pierre Beaudet

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06 juin 2019 ~ 0 Commentaire

québec solidaire 2 (essf)

La lutte pour la transformation sociale, la souveraineté et la démocratie

Lors de son introduction à l’atelier « Repenser le nationalisme et raviver l’internationalisme », Pierre Beaudet indiquait qu’on n’a pas vu suffisamment le projet d’indépendance lié avec le projet anticapitaliste et que les autochtones n’y occupaient pas beaucoup de place. Il cernait ainsi les éléments essentiels qui font que les politiques souverainistes, telles que mises de l’avant depuis les années ’70 par le courant péquiste, ont lamentablement échoué.

Mais ce constat étant fait, l’indépendance du Québec constitue toujours un enjeu plein de questions surtout à l’heure où le nationalisme prend des couleurs d’exclusion.

Pour Catherine Dorion [1], l’indépendance c’est aussi un projet de lutte, pour le climat, pour le territoire. « C’est » reformuler la société avec les luttes de libérations des autres peuples dans le monde, c’est aussi notre passé de lutte culturel. Pour elle la somme des projets qu’on fait ensemble, c’est ce qui fait évoluer notre identité : « Alors que le projet identitaire de la droite mise sur la division, on doit développer un projet antiraciste et inclusif pour réussir à développer une force collective. La vraie laïcité c’est la lutte contre le pouvoir de l’argent et pour la démocratie ».

Mais sa conception de la lutte pour l’indépendance se basait surtout sur la culture et la lutte anticoloniale. La perspective internationaliste et particulièrement la dynamique des luttes avec le reste du Canada étaient à toutes fins pratiques absentes.

À la question de Pierre Beaudet : « Qu’est-ce qu’on fait avec les canadiens ? » elle s’est limitée à répondre qu’on aura la même posture qu’avec les peuples des autres pays, c’est-à-dire développer des liens de solidarité, sans plus de perspectives. En fait l’indépendance est présentée comme une finalité. Même si Catherine l’associe à la lutte climatique, on ne sent nulle part quelle articulation cette lutte peut avoir avec les progressistes du Reste du Canada ni avec les nations autochtones.

Elle définit la lutte du Québec contre l’État pétrolier (Cacouna, Énergie est), mais n’explique pas comment l’indépendance arrivera à créer un État sans pétrole ni comment nous résisteront aux offensives de l’État canadien. Elle se limite à dire que ce qui se passe dans le Canada c’est grâce, en partie, à l’argent du Québec. Donc on rapatrie notre argent, de même que celui des paradis fiscaux, mais sans expliquer qu’un plan de mobilisation est essentiel pour y arriver.

mardi 4 juin 2019, BEAUDET Pierre, DORION Catherine, FRAPPIER André, SONDARIEE Makian

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06 juin 2019 ~ 0 Commentaire

québec solidaire 3 (essf)

Québec Solidaire est le « Podemos » du Québec. Comme en Espagne nos camarades y interviennent de manière critique.

Un gouvernement solidaire peut-il changer le Québec ?

L’intervention de Xavier Lafrance a été faite le 26 mai, dans l’atelier « Un gouvernement solidaire peut-il changer le Québec ? » Cet atelier s’est déroulé dans le cadre de la rencontre La Grande Transition, rencontre qui avait pour thème ORGANISER LA RÉSISTANCE. Nous reviendrons dans les prochaines semaines sur différentes interventions qui y ont été faites.

« Suite à une percée électorale substantielle en octobre 2018, la prise du pouvoir par Québec Solidaire à court ou moyen terme semble plus possible que jamais. Si Québec Solidaire remportait les prochaines élections, comment ce parti pourrait-il remplir ses promesses ? Jusqu’où et comment un gouvernement Solidaire pourrait-il transformer la société québécoise ? Est-ce que QS pourrait éviter ce qui est arrivé à Syriza, en Grèce, où le parti de gauche a continué les politiques d’austérité malgré ses promesses ? »

mardi 28 mai 2019, Collectif de la Grande transition, LAFRANCE Xavier

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05 juin 2019 ~ 0 Commentaire

anar brest (goater)

greve generale

Nous ferons la grève générale.

Jules Le Gall, les anarchistes et l’anarcho-syndicalisme à Brest et en Bretagne

Dans la Bretagne de la première moitié du 20è siècle, les Anarchistes ont pu créer à Brest et Lorient de véritables enclaves libertaires.

Jules Le Gall (1881-1944), militant ouvrier à l’arsenal de Brest, puis libraire, en devient la figure la plus connue. Il s’attire de violentes attaques de ses adversaires, qui le surnomment le « camelot » de l’Anarchie.

Fondant le groupe libertaire brestois, il veut créer une Maison du Peuple, qui saura allier la force de la revendication à la beauté de la culture. Le théâtre devient un moyen de divertir et d’édu-quer le peuple.

Après la guerre, pacifiste convaincu et militant internationaliste, il se bat pour le droit d’asile pour les anarchistes espagnols et italiens. Son grand combat sera la création d’un comité de défense des anarchistes américains, Sacco et Vanzetti. Il accueille également Nestor Makhno à Brest en 1927.
La guerre d’Espagne sera son dernier combat, le prélude à un conflit généralisé, qu’une seconde fois, les militants révolutionnaires n’auront pas pu empêcher.

Dénoncé en 1941 auprès des Allemands comme anarchiste et franc-maçon, il sera arrêté, et décède au camp de Buchenwald en juin 1944. « Oublié » dans l’euphorie de la victoire et effacé de la mémoire ouvrière.

Son histoire est une histoire de solidarité et d’amitié. Autour de lui, un cercle d’amis prend vie : Victor Pengam, le syndicaliste, promoteur du cinéma militant et des « pupilles » de la CGT, René Lochu, et ses amis de la Maison du Peuple.

Jean-Yves GUENGANT a publié des ouvrages et des articles consacrés aux mouvements utopistes en Bretagne. Son dernier ouvrage : « Pour un nouveau monde: les utopistes bretons au 19è siècle », Apogée, 2015. Il vit à Brest.

Le livre est fortement illustré de documents d’époque, d’affiches et de photographies.

Jean-Yves Guengant

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05 juin 2019 ~ 0 Commentaire

clémentine autain (regards essf)

Clémentine Autain : « Je ne veux pas d’un cartel électoral. Je veux fédérer dans la société »

 Sur la « ligne Autain » et les élections européennes 

« C’est une thèse surréaliste. » « Le résultat de la France insoumise est d’abord le résultat de deux années où nous avons envoyé des signaux, donné à voir un profil politique qui était très éloigné de ce qui avait fait la force de Jean-Luc Mélenchon en 2017 et qui avait réussi à fédérer le peuple de gauche. »

« Mélenchon avait réussi en 2017 à remplir le terme de gauche dans un discours de haut vol qui portait la colère mais qui portait aussi une forme d’espérance dans une transformation sociale et écologiste. Ce profil-là s’est progressivement estompé, amoindri, au profit d’un air du clash permanent. » « Au total, nous avons perdu des plumes dans ce changement politique. »

« J’avais soutenu la candidature de Manon Aubry (…) ; son profil était un bon choix. » « Ce  qui a fait la force en 2017, c’est un profil tel que je le plaide aujourd’hui. Mais ce qui nous a progressivement éloigné de cette dynamique et de cette réussite, c’est le fait d’avoir un profil moins rassembleur et trop clivant. »

 Sur l’autocritique de la France insoumise 

« Ce que j’ai fait est assez banal (…) : les leaders politiques sont amenés à s’exprimer et à donner des éléments d’explication du résultat et des éléments pour pouvoir se relancer. »
« J’avais déjà posé cette question dans Politis et ça m’avait valu une sacrée volée de bois vert. »

« Je continue de penser que ce qui rétrécit notre espace, c’est de ne pas avoir une culture du pluralisme suffisamment affirmée pour que tout le monde puisse se retrouver dans le grand espace commun que doit être la France insoumise. » « Il faut essayer de trouver des formes renouvelées mais on a perdu en capacité de délibérations collectives. »

« Je ne crois pas que ça soit les députés qui puissent diriger le mouvement politique de la France insoumise donc je pose la question : où est ce cadre [démocratique] ? »

 Sur les annonces de Jean-Luc Mélenchon le 6 juin 

« Je n’ai pas de leçon à donner à Jean-Luc Mélenchon ni lui dire ce qu’il doit faire. C’est un leader qui nous a hissé à haut niveau. » « Il y a une question d’orientation générale qui intéresse tout le monde dans le mouvement et le pire pour moi serait un repli. » « Il faut ouvrir les portes et les fenêtres sur la société et essayer de rebondir en ayant en tête ce qui a fait le succès de 2017 : pour moi, ça a été cette capacité de rassemblement. »

 Sur le mot gauche 

« J’ai vu dans ma circonscription à quel point le mot gauche était associé à l’ère Hollande et donc à un bilan catastrophique pour le monde populaire. » « Beaucoup de gens continuent de se référer au clivage droite/gauche. Si on retire ce clivage, je veux savoir avec quoi on rompt. Et c’est là où la question devient compliquée. » « J’assume être dans une cohérence, une tradition et une histoire politique qui s’inscrit bien dans l’histoire de la gauche. »

 Sur la tribune et le big bang 

« L’objectif de la tribune n’est pas de créer un nouveau parti. » « On est dans un moment où l’urgence est sous nos yeux avec, en face, des néolibéraux et des néofascistes. Le problème, c’est que l’on voudrait réduire le débat politique et ses issues politiques à ce couple infernal. »
« On est sorti de cette échéance [européenne] atomisés et pas en état de représenter une voie, un chemin. »

 Sur l’union de la gauche 

« Ça m’agace d’autant plus que ceux qui m’accusent de ça [c’est-à-dire de vouloir refaire l’union de la gauche] ont, pour certains, été au Parti socialiste ou participé à des majorité gouverne-mentales quand moi j’étais bien campée dans la gauche radicale. » « D’autres m’accusent de vouloir faire un truc gauchiste. Donc il faudrait savoir… »

« Moi, je veux rassembler dans les luttes et dans les urnes sur une gauche de transformation sociale et écologiste. » « Je ne veux pas du cartel électoral (…). Je ne suis pas pour l’effacement [des partis]. » « Ce qu’il faut unir, rassembler, fédérer, c’est dans la société. Beaucoup de gens luttent au quotidien et ne se retrouvent pas dans nos espaces politiques. »

« La colère est là : il y a bien des gens qui ne veulent ni des néolibéraux ni des néofachos mais, pour l’instant, ils sont à distance de la politique institutionnelle. C’est ce fossé-là qu’il faut combler. » « Quand nous disons qu’il faut fédérer, c’est tout ce monde-là : des syndicalistes, des militants d’ATTAC, des jeunes que j’ai rencontrés dans la manif pour le climat ou des intellectuels critiques. »

 Sur les stratégies à gauche 

« Ce qui compte, c’est qu’au bout d’un moment, ça converge. » « Les écologistes et Yannick Jadot se sont mis pour l’instant à distance de la gauche, même si tous leurs débats ne sont pas tranchés. » « Penser qu’on peut régler la question environnementale sans s’attaquer à la loi du marché et au capitalisme me parait dingue. »

« Si on prend le populisme à l’échelle internationale, on observe un déclin. On ne voit pas de grandes réussites de ce populisme de gauche. » « Il faut un profil rassembleur qui s’appuie sur des médiations et qui cherche à parler du côté de l’espérance davantage que par le clivage. »

« Je ne crois pas au “eux” et au “nous”. Autant évidement il y a une oligarchie face à laquelle il faut être très fort mais mettre toutes les élites dans le même sac, je ne suis pas d’accord. En 1789, ce qui a permis de changer de régime et ce qui a donné forme à 1789, c’est aussi que ça s’adossait à une pensée des Lumières. »

 Sur les désaccords de fonds 

« Tous les désaccords ne sont pas tous surmontables – et il va falloir vivre avec des désaccords. » « Qui peut penser qu’on aurait une force à vocation majoritaire dans laquelle tout le monde penserait la même chose sur tous les sujets ? » « Il faut trouver ce qui fait commun, ce qui fait moteur et qui permettent à chaque sensibilité de vivre. »

« Il faut bien sûr un minimum de cohérence mais une fois qu’il y a un bloc commun, une base commune sur des choses aussi substantielles que les questions de démocratie – une nouvelle République -, sur notre opposition à la domination du capital et à la loi du profit, sur la transition énergétique ou sur les droits et l’égalité. Rien qu’avec ces chantiers-là, vous avez une mine d’or pour faire vivre un projet politique qui nous rassemble. »

 Sur Autain 2022 

« L’appel est un appel collectif qu’on a impulsé avec Elsa Faucillon et qui est signé par de très nombreux citoyens donc cet appel appartient à tous. » « Pour 2022, pour moi la question aujourd’hui est d’abord du quoi : avant de savoir qui va incarner une candidature en 2022, il faut savoir d’abord de quel espace politique. Et quand on aura réglé la question de l’espace politique, se posera l’enjeu de savoir qui est le mieux ou la mieux placée pour l’incarner. »

« Je trouve dommage de toujours commencer par l’enjeu du leadership et ensuite d’essayer de remplir. Il faut d’abord construire le meilleur outil qui sera le plus propulsif. Et 2022, c’est à la fois demain matin et en même temps, c’est encore loin. »

2019-06-05

http://www.regards.fr/

Lire aussi:

Changer ? Une note interne à La France insoumise dénonce « un fonctionnement dangereux pour l’avenir du mouvement » (ESSF)

J-L Mélenchon pourrait se mettre un temps en retrait de la vie politique (ESSF)

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04 juin 2019 ~ 0 Commentaire

révolution (marxist.org)

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COMMENT SE FORME UNE SITUATION REVOLUTIONNAIRE ?

La prémisse économique de la révolution socialiste.

La première et la plus importante prémisse d’une situation révolutionnaire, c’est l’exacerbation intolérable des contradictions entre les forces productives et les formes de la propriété. La nation cesse d’aller de l’avant. L’arrêt dans le développement de la puissance économique et, encore plus, sa régression signifient que le système capitaliste de production s’est définitivement épuisé et doit céder la place au système socialiste.

La crise actuelle, qui embrasse tous les pays et rejette l’économie des dizaines d’années en arrière, a définitivement poussé le système bourgeois jusqu’à l’absurde. Si à l’aurore du capitalisme des ouvriers affamés et ignorants ont brisé les machines, maintenant ceux qui détruisent les machines et les usines ce sont les capitalistes eux-mêmes. Avec le maintien ultérieur de la propriété privée des moyens de production, l’humanité est menacée de barbarie et de dégénérescence.

La base de la société, c’est son économie. Cette base est mûre pour le socialisme dans un double sens : la technique moderne a atteint un tel degré qu’elle pourrait assurer un bien-être élevé au peuple et à toute l’humanité ; mais la propriété capitaliste, qui se survit, voue les peuples à une pauvreté et à des souffrances toujours plus grandes.

La prémisse fondamentale, économique, du socialisme existe depuis déjà longtemps. Mais le capitalisme ne disparaîtra pas de lui-même de la scène. Seule la classe ouvrière peut arracher les forces productives des mains des exploiteurs et des étrangleurs.

L’histoire pose avec acuité cette tâche devant nous. Si le prolétariat se trouve pour telle ou telle raison incapable de renverser la bourgeoisie et de prendre le pouvoir, s’il est, par exemple, paralysé par ses propres partis et ses propres syndicats, le déclin de l’économie et de la civilisation se poursuivra, les calamités s’accroîtront, le désespoir et la prostration s’empareront des masses, le capitalisme-décrépit, pourrissant, vermoulu, étranglera toujours plus fort les peuples, en les entraînant dans l’abîme de nouvelles guerres. Hors de la révolution socialiste, point de salut.

Est-ce la dernière crise du capitalisme ou non ?

L’Internationale communiste essaya d’abord d’expliquer que la crise commencée en 1929 était la dernière crise du capitalisme. Deux ans après, Staline déclara que la crise actuelle n’est « vrai-semblablement » pas encore la dernière. Nous rencontrons aussi dans le camp socialiste la même tentative de prophétie: la dernière crise ou non  ? « Il est imprudent d’affirmer, écrit Blum dans Le Populaire du 23 février, que la crise actuelle est comme un spasme suprême du capitalisme, le dernier sursaut avant l’agonie et la décomposition. »

C’est le même point de vue qu’a Grumbach, qui dit le 26 février, à Mulhouse : « D’aucuns affir-ment que cette crise est passagère; les autres y voient la crise finale du système capitaliste. Nous n’osons pas encore nous prononcer définitivement. »

Dans cette façon de poser la question, il y a deux erreurs cardinales : premièrement, on mêle ensemble la crise conjoncturelle et la crise historique de tout le système capitaliste; secondement, on admet qu’indépendamment de l’activité consciente des classes, une crise puisse d’elle-même être la « dernière » crise.

Sous la domination du capital industriel, à l’époque de la libre concurrence, les montées conjoncturelles dépassaient de loin les crises; les premières étaient la « règle », les secondes l’ »exception »; le capitalisme dans son ensemble était en montée. Depuis la guerre, avec la domination du capital financier monopolisateur, les crises conjoncturelles surpassent de loin les ranimations; on peut dire que les crises sont devenue la règle, les montées l’exception; le développement économique dans son ensemble va vers le bas, et non vers le haut.

Néanmoins, des oscillations conjoncturelles sont inévitables et avec le capitalisme malade elles se perpétueront tant qu’existera le capitalisme. Et le capitalisme se perpétuera tant que la révolution prolétarienne ne l’aura pas achevé. Telle est la seule réponse correcte.

Fatalisme et marxisme.

Le révolutionnaire prolétarien doit avant tout comprendre que le marxisme, seule théorie scientifique de la révolution prolétarienne, n’a rien de commun avec l’attente fataliste de la « dernière » crise. Le marxisme est par son essence même une direction pour l’action révolutionnaire. Le marxisme n’ignore pas la volonté et le courage, mais les aide à trouver la voie juste.

Il n’y a aucune crise qui d’elle-même puisse être « mortelle » pour le capitalisme. Les oscillations de la conjoncture créent seulement une situation dans laquelle il sera plus facile ou plus difficile au prolétariat de renverser le capitalisme.

Le passage de la société bourgeoise à la société socialiste présuppose l’activité de gens vivants, qui font leur propre histoire. Ils ne la font pas au hasard ni selon leur bon plaisir, mais sous l’influence de causes objectives déterminées. Cependant, leurs propres actions-leur initiative, leur audace, leur dévouement ou, au contraire, leur sottise et leur lâcheté-entrent comme des anneaux nécessaires dans la chaîne du développement historique.

Personne n’a numéroté les crises du capitalisme et n’a indiqué par avance laquelle d’entre elles serait la « dernière ». Mais toute notre époque et surtout la crise actuelle dictent impérieusement au prolétariat: Prends le pouvoir! Si, pourtant, le parti ouvrier, malgré des conditions favorables, se révèle incapable de mener le prolétariat à la conquête du pouvoir la vie de la société continuera nécessairement sur les bases capitalistes-jusqu’à une nouvelle crise ou une nouvelle guerre, peut-être jusqu’au complet effondrement de la civilisation européenne.

La « dernière » crise et la « dernière » guerre.

La guerre impérialiste de 1914-1918 représenta aussi une « crise » dans la marche du capitalisme, et bien la plus terrible de toutes les crises possibles. Dans aucun livre il ne fut prédit si cette guerre serait la dernière folie sanglante du capitalisme ou non.

L’expérience de la Russie a montré que la guerre pouvait être la fin du capitalisme. En Allemagne et en Autriche le sort de la société bourgeoise dépendit entièrement en 1918 de la social-démocratie, mais ce parti se révéla être le domestique du capital.

En Italie et en France, le prolétariat aurait pu à la fin de la guerre conquérir le pouvoir, mais il n’avait pas à sa tête un parti révolutionnaire. En un mot, si la II° Internationale n’avait pas trahi au moment de la guerre la cause du socialisme pour le patriotisme bourgeois, toute l’histoire de l’Europe et de l’humanité se présenterait maintenant tout autrement. Le passé, assurément, n’est pas réparable. Mais on peut et on doit apprendre les leçons du passé.

Le développement du fascisme est en soi le témoignage irréfutable du fait que la classe ouvrière a terriblement tardé à remplir la tâche posée depuis longtemps devant elle par le déclin du capitalisme.

La phrase: cette crise n’est pas encore la « dernière », ne peut avoir qu’un seul sens: malgré les leçons de la guerre et des convulsions de l’après-guerre, les partis ouvriers n’ont pas encore su préparer ni eux-mêmes, ni le prolétariat, à la prise du pouvoir; pis encore, les chefs de ces partis ne voient pas encore jusqu’à maintenant la tâche elle-même, en la faisant retomber d’eux-mêmes, du parti et de la classe sur le « développement historique ».

Le fatalisme est une trahison théorique envers le marxisme et la justification de la trahison politique envers le prolétariat, c’est-à-dire la préparation d’une nouvelle capitulation devant une nouvelle « dernière » guerre. L’Internationale communiste est passée sur les positions du fatalisme social-démocrate.

Le fatalisme de la social-démocratie est un héritage de l’avant-guerre, quand le capitalisme grandissait presque sans cesse, que s’accroissait le nombre des ouvriers, qu’augmentait le nombre des membres du parti, des voix aux élections et des mandats. De cette montée automatique naquit peu à peu l’illusion réformiste qu’il suffit de continuer dans l’ancienne voie (propagande, élections, organisation) et la victoire viendra d’elle-même. (Réduit)

https://www.marxists.org/

Léon Trotsky Encore une fois, où va la France? (fin mars 1935)

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