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27 juin 2020 ~ 0 Commentaire

france insoumise (lvsl)

melenchon marque jaune

La France insoumise a-t-elle cherché à enjamber les élections municipales ?

Dans la plupart des grandes villes, la France insoumise a choisi de ne pas présenter de candidature propre à l’élection municipale. Dès le premier tour, elle a apporté son soutien à des initiatives « citoyennes » ou encore à des têtes de liste communistes ou écologistes. Cette tactique de mise en retrait de l’organisation et de son label ne s’explique pas seulement par la dégradation du rapport de force électoral au profit d’autres formations de gauche, en particulier depuis le succès d’EELV aux européennes de 2019.

Une raison plus profonde et moins conjoncturelle permet de l’expliquer : la participation aux scrutins locaux est avant tout perçue par Jean-Luc Mélenchon comme une menace pour l’originalité du modèle organisationnel du « mouvement gazeux ». Elle risque de faire émerger des « chefferies locales » d’élus qui remettraient en cause la vocation première du mouvement : constituer une écurie lors du seul scrutin véritablement décisif de la 5è République, à savoir l’élection présidentielle qui doit servir de point de départ à une révolution citoyenne.

Martine Vassal, candidate LR à la succession de Jean-Claude Gaudin est un brin tendue depuis la mise en cause de plusieurs de ses colistiers, soupçonnés d’avoir eu recours à des procurations frauduleuses au premier tour des élections municipales ; c’est pourquoi la présidente du conseil général des Bouches-du-Rhône et de la métropole Aix-Marseille-Provence a la riposte lourde et caricaturale : « L’ultra-gauche est en passe de prendre Marseille. Les équipes de Mélenchon sont aux portes de la ville ». À la tête du Printemps marseillais, l’écologiste Michèle Rubirola ne serait que le « pantin de M. Mélenchon » et de son « putsch à la cubaine ou à la vénézuélienne1 ».

Si on laisse de côté le fait que Jean-Luc Mélenchon n’est pas d’ultra-gauche et que les événements historiques auxquels se réfère la candidate sont des révolutions et non des putschs, Martine Vassal a-t-elle au moins raison sur le fait que le leader insoumis exerce en sous-main une influence sur le Printemps marseillais ? Encore raté, c’est un nouveau contresens et une complète erreur d’analyse : quand bien même les chars soviétiques devaient débarquer après une victoire insoumise – ce qui renvoie à une manière d’argumenter plutôt datée et assez douteuse –, rien dans la stratégie de Jean-Luc Mélenchon ne laisse penser que cela passerait un tant soit peu par une élection municipale. Tout semble montrer au contraire un désintérêt de la direction de la France Insoumise pour ce scrutin et même un souci actif de ne pas le laisser s’imposer à leur agenda en y prenant trop de place et d’importance.

Ce fait n’est pourtant pas passé inaperçu et Martine Vassal aurait pu le découvrir dans de nombreux titres de presse. Dans un entretien paru dans le Journal du dimanche, la question est posée de manière directe à Jean-Luc Mélenchon : « Le retrait de la réforme [des retraites] est-il plus important que les municipales pour La France insoumise ?2 » Pour cause, l’activité parlementaire déployée pour combattre cette réforme a été particulièrement remarquée3, et ce jusqu’à la veille du scrutin municipal4. De sorte que l’« accusation » s’est répétée : « Les insoumis esquivent les municipales » pouvait-on lire le 14 mars dans Libération5 ; le mouvement « joue la stratégie de l’effacement », nous prévenait-on dans L’Express6.

De fait, le constat est suffisamment clair pour avoir été relevé à plusieurs reprises : dans la plupart des grandes villes, en dehors de Paris, le mouvement populiste s’est rangé soit derrière des têtes de liste issues d’autres partis politiques de gauche (notamment radicale)7, soit derrière des « candidatures citoyennes »8. Même si le constat mériterait certaines nuances, cette politique a de quoi surprendre si l’on tient compte de la ligne dite « dégagiste » qui a longtemps été mise en avant par les dirigeants de l’organisation ; la France insoumise (LFI) étant conçue comme un mouvement ayant pour fonction de renverser la table et le « vieux monde » et de prendre la place des anciens partis déchus.

La politique de retrait de la France insoumise vis-à-vis de l’élection municipale

Pour mesurer l’ampleur du retrait de la France insoumise, il est extrêmement révélateur d’observer les interventions de Jean-Luc Mélenchon sur la question spécifique des municipales… ou plutôt de constater la grande rareté voire la quasi-absence de ces interventions. Entre la rentrée politique de septembre 2019 et le premier tour des élections municipales, le député a écrit 95 articles et notes de blog. Parmi eux, seulement deux portaient sur les municipales9 et encore, d’une manière qu’il nous paraît intéressant d’analyser. Le dirigeant insoumis admet et justifie son relatif retrait personnel vis-à-vis de la question des municipales (et on sait quelle importance politique revêt un tel retrait dans une entreprise aussi incarnée que celle de LFI) semblant dénier à ce scrutin toute importance politique propre.

L’enjeu des municipales est essentiellement décrit dans ces articles comme une « étape » en vue du « choc » de 202210. Et encore faut-il préciser que cette étape n’est jamais envisagée comme l’occasion de gagner des positions institutionnelles, de prendre des grandes villes ou de bâtir des bastions locaux pour préparer la prochaine élection présidentielle.

À aucun moment Jean-Luc Mélenchon n’a envisagé ni fait imaginer (ce qui est une de ses qualités de tribun) ce que pourrait être un municipalisme insoumis à Marseille, Toulouse, Lille, Grenoble ou dans certaines grandes villes de Seine-Saint-Denis – autant de villes où il est arrivé en tête au premier tour du scrutin présidentiel de 2017.

La mise en retrait est rendue évidente par le fait qu’aucune des figures notables et médiatisées du mouvement ne s’est présentée elle-même à ce scrutin (en tête de liste) ; aucun des dix-sept députés insoumis, qui sont devenus des porte-parole médiatisés et placés au cœur du mouvement par la centralité que celui-ci attache à l’activité parlementaire, n’a cherché à convertir ce capital en conquête municipale visant à construire l’organisation par l’échelon local.

L’une des clés pour expliquer ce positionnement tient bien sûr au changement radical de contexte politique. Le rapport de force a considérablement été modifié au sein de la gauche au détriment de LFI, ce qui peut être mesuré par la forte baisse de la cote de popularité de son leader dès le lendemain de la présidentielle11 ; mais surtout par le mauvais résultat aux élections européennes de 2019 : LFI obtient 6,3 % des suffrages, moins de la moitié du score écologiste et ne peut plus prétendre, dans ce contexte, constituer la force politique hégémonique de la gauche lors du scrutin municipal, celle autour de laquelle s’articuleraient les alliances, derrière laquelle se rangeraient écologistes, communistes et citoyens engagés.

La participation au scrutin municipal, une opportunité ou une menace pour le modèle organisationnel insoumis ?

Cependant, cette dégradation du rapport de force pré-électoral ne nous paraît pas constituer la seule ni même la principale explication du positionnement de LFI lors du scrutin municipal. Au contraire, on peut observer certaines constantes dans l’argumentation du dirigeant, au-delà des conjonctures particulières de l’opinion. Dès le lendemain des législatives et alors que LFI pouvait être considérée comme la principale force de gauche, Jean-Luc Mélenchon semblait déjà voir dans la participation aux municipales, et dans de potentielles victoires, avant tout une menace pour l’avenir de son mouvement, et en particulier pour son caractère mouvementiste.

Ce modèle repose sur une adhésion par un simple clic et sur la liberté assurée à chaque militant d’initier ses propres actions de terrain, à la seule condition qu’elles respectent l’esprit général du programme L’Avenir en commun. Cette capacité d’initiative, au principe de ce que Jean-Luc Mélenchon définira comme un mouvement « gazeux »12, est voulue affranchie du contrôle politique qui est exercé, dans les partis politiques « traditionnels », par les militants qui sont dominants politiquement et/ou qui sont les plus expérimentés.

Ces cadres locaux sont stigmatisés par Jean-Luc Mélenchon comme autant de « chefferies locales ». Or, le principal danger représenté par la participation insoumise aux scrutins locaux est précisément d’asseoir ces « féodalités locales » et leur prise de contrôle sur le mouvement13, au détriment de tous les autres adhérents – mais aussi de fait au détriment du leader national.

En effet, lutter contre les « chefferies », c’est indissociablement préserver la liberté d’action de terrain des adhérents, mais aussi protéger le monopole exercé par le leader sur l’orientation, souvent contre ces mêmes cadres locaux qui exigent davantage de démocratie interne. Une victoire aux municipales compromettrait alors l’équilibre de l’édifice du parti-mouvement qui repose, dans cette perspective, sur un double rapport d’égalité entre les adhérents : un rapport horizontal d’égale liberté d’initiative dans l’action de terrain, et un commun rapport de dépendance verticale vis-à-vis d’un chef charismatique qui monopolise les choix d’orientation stratégique et qui incarne la cause.

Le modèle de l’organisation insoumise a été élaboré dans un objectif clairement défini : réunir les soutiens du candidat à l’élection présidentielle de 2017. Cette priorité donnée au scrutin présidentiel repose sur la thèse d’un « moment populiste », ainsi que sur une analyse se voulant réaliste des règles du jeu institutionnel de la 5è République. Cela permet d’expliquer le retrait électoral de l’organisation lors des scrutins intermédiaires qui sont considérés comme secondaires voire négligeables ; c’est ce que tend à confirmer le soutien insoumis au Parti communiste français dans des villes gagnables de banlieue parisienne14.

Ce n’est pas la première fois que Jean-Luc Mélenchon cherche à enjamber des scrutins intermédiaires : cette démarche avait déjà été adoptée dans la période précédant la présidentielle de 2017. C’est cette préoccupation qui explique en partie que la rupture définitive avec le Front de Gauche n’ait pas eu lieu avant cette échéance. Maintenir l’accord en vertu duquel l’échelon local était une prérogative du PCF qui permettait au dirigeant du Parti de gauche de conserver une posture d’extériorité vis-à-vis des scrutins intermédiaires.

De la sorte, Jean-Luc Mélenchon cherchait à maximiser l’effet de rupture avec la « vieille gauche » au moment de sa candidature présidentielle et de la dimension outsider de cette candidature. Une participation en son nom propre aux régionales de 2015 a donc été exclue. Jean-Luc Mélenchon cherche ainsi à ne pas engager sa respectabilité ni à être tenu pour comptable des résultats aux régionales. La conseillère municipale de Paris Danielle Simonnet confirme cette analyse et explicite le risque encouru lors de ce scrutin : « Si on avait présenté des listes citoyennes, on se serait vautrés et on aurait plombé la candidature de Jean-Luc »16.

Le flou stratégique comme moyen du consensus et de la cohésion militante

La base militante insoumise se caractérise par une grande diversité politique entre anciens socialistes, écologistes, communistes, trotskistes ou libertaires. Au cours de l’offensive présidentielle, ces différentes sensibilités étaient tenues ensemble par un même leadership charismatique qui les mettait en mouvement. Une fois cette phase refermée, les divergences entre des traditions historiques profondément enracinées font leur retour, laissant apparaître la fragilité de l’identité politique de l’insoumission. La mise en retrait du mouvement par rapport aux municipales accentue cette tendance : les militants n’ont plus en commun ni le leader, ni le label France insoumise, ni une orientation commune fondant leur action : plus rien ne s’oppose aux forces centrifuges.

Le flou de l’orientation a alors pour fonction de faire avec cette hétérogénéité et de ne pas prendre le risque de l’explosion et de la scission. L’une des interventions les plus notables de Jean-Luc Mélenchon dans la campagne a été l’entrevue donnée à Libération un mois avant les élections européennes, appelant à une stratégie municipale de construction d’une « fédération populaire »17.

Dans le contexte de rareté de ses prises de position, cette intervention a rapidement acquis le statut de ligne politique officielle du mouvement, et ce jusqu’au scrutin un an plus tard. Son caractère particulièrement vague présentait l’intérêt de permettre une multiplicité d’appropriations au sein de l’organisation, de sorte que des orientations politiques différentes, voire opposées, ont pu se prévaloir de l’autorité du leader. Les défenseurs d’une union large des forces de la gauche appelaient ce projet « fédération populaire », alors que les tenant d’une ligne plus dégagiste voyaient dans la même formule la confirmation qu’il fallait construire des listes délimitées aux citoyens mobilisés et à leurs collectifs.

La politique de retrait s’est également manifestée par le fait que la question des municipales n’a été inscrite que très tardivement à l’agenda national du mouvement. Il a fallu attendre l’Assemblée représentative des 22 et 23 juin 2019 à Paris, c’est-à-dire en pratique la rentrée de septembre 2019, pour que les militants accèdent à la « Boîte à outils programmatique pour les élections municipales »18. Et il s’en est fallu de beaucoup que cette assemblée ait tranché les divergences d’orientation d’une façon claire. Ce calendrier a conduit, pendant de longs mois, à priver les militants locaux d’une ligne politique à défendre, réduisant leurs capacités à jouer des rôles clé dans les dynamiques d’alliance. À la rentrée 2019, de nombreuses campagnes étaient déjà lancées, elles reposaient sur des alliances déjà scellées, instaurant des rapports de force de manière largement irréversible, et plaçant les militants insoumis dans une position défavorable et dépendante.

L’exemple marseillais : l’éclatement des militants insoumis entre différentes listes municipales

À titre d’exemple, on peut présenter quelques éléments du contexte marseillais. À partir de mai 2019, en l’absence de ligne émanant de la direction nationale du mouvement, la base militante s’est déchirée entre deux orientations municipales ; chacune revendiquant son inscription légitime dans le cadre de la stratégie de « fédération populaire » proposée par Jean-Luc Mélenchon, et déniant cette légitimité à l’autre. L’une d’elles s’est structurée autour de Sophie Camard (ancienne élue locale EELV, devenue députée-suppléante de Jean-Luc Mélenchon en 2017) et a participé à la coalition de partis de gauche et de « citoyens » du Printemps marseillais.

L’autre orientation, structurée autour de Mohamed Bensaada (cheville ouvrière d’un écosystème de collectifs d’habitants et de citoyens de différents quartiers populaires du nord de Marseille) a adhéré à la démarche du Pacte démocratique. La première orientation a défendu une coalition relativement large des forces de gauche (y compris avec des segments importants du PS soutenus par leur direction nationale), en se donnant pour priorité de prendre la ville à la droite. La seconde, plus plébéienne (donnant la priorité aux quartiers populaires) plus radicale et « identitaire », a cherché à s’opposer frontalement au règne des réseaux clientélistes dans une orientation plus globalement dégagiste, y compris à l’encontre de certaines forces de gauche (le PS faisant office de ligne rouge).

Cette divergence renvoie en partie à des clivages socio-spatiaux assez nettement identifiables : les classes supérieures intellectuelles du centre-ville ont tendance à soutenir la démarche unitaire d’alliance avec les autres partis de gauche dans le Printemps marseillais.

Les classes populaires et moyennes habitant les quartiers nord de Marseille, et qui accordent une plus grande priorité au combat antiraciste, défendent plus souvent la ligne dégagiste anticlientéliste centrée sur les quartiers populaires. Ainsi renaît le grand casse-tête de la base sociale d’une organisation que l’on souhaite de gauche et majoritaire : « Le pire de la situation présente est dans la difficulté de rassembler dans un même projet les classes moyennes et les secteurs populaires les plus abandonnés »19.

Quand tout espoir de faire converger l’ensemble des militants insoumis dans une même démarche municipale a dû être définitivement abandonné, il ne restait plus à Jean-Luc Mélenchon, député de Marseille, qu’à chercher à maintenir une relative neutralité à l’égard des différentes orientations, comme lors du discours où il a présenté ses vœux, à Marseille, le 24 janvier 2020 : « Quant à moi, je me dois de vous respecter tous dans votre diversité et celle de vos choix car, dans le paysage [électoral de la gauche marseillaise] que je vois, chaque fois que je parle avec tel ou tel groupement, je ne trouve que des gens qui ont voté avec moi à l’élection de 2017. Si bien que vous devez comprendre que mon rôle est de respecter tout le monde, que mon rôle est de rester le porte-parole de tout le monde.20 »

Cette attitude de relative neutralité s’est finalement articulée à une préférence « personnelle » exprimée par Jean-Luc Mélenchon pour l’orientation la plus « radicale », minoritaire et plébéienne. Le lieu choisi pour la présentation de ses vœux – un restaurant McDonald’s des quartiers nord occupé par les salariés grévistes – est en soi révélateur.

Ce lieu emblématique d’un combat syndical des quartiers populaires est le symbole de l’orientation populaire et dégagiste coalisée autour de Mohamed Bensaada. Sa candidature en tête de la liste UNIR ! dans le 7e secteur est d’ailleurs la seule qui ait finalement obtenu le soutien du comité électoral21. Cette préférence plébéienne du leader s’inscrit dans une conception populiste selon laquelle le « peuple constituant » sera avant tout fondé sur l’irruption politique de la plebs, c’est-à-dire les pauvres et les exclus qui représentent un intérêt « universel » à renverser la table ; c’est autour de cette dynamique que doivent s’agréger les autres groupes sociaux.

En attendant, le leader conserve une attitude de relative neutralité, inhérente à la position césariste du leader populiste, afin de réduire le risque que les forces centrifuges ne fassent exploser les premiers acquis de cette convergence. Le mouvement doit avant tout servir de socle au lancement de la campagne présidentielle de 2022.

25 juin 2020 Valentin Soubise Doctorant en science politique à l’Université Paris 1

https://lvsl.fr

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26 juin 2020 ~ 0 Commentaire

armée (lutte ouvrière)

Tardi-Vernet-copie

Armée : l’État-major prépare la guerre

Le général Thierry Burkhard, chef d’état-major de l’armée de terre, est venu réclamer à l’Assemblée nationale une pluie d’argent public pour doter son armée de drones, de canons, de chars bourrés de technologie.

S’il est dans le rôle traditionnel d’un officier supérieur de réclamer toujours plus d’engins de mort, l’objectif affiché est clairement d’être fin prêt pour une éventuelle énième intervention impérialiste dans une ancienne colonie, mais aussi pour une guerre entre grandes puissances.

Jusqu’à présent, l’armée française était engagée dans des conflits dits asymétriques, contre des guérillas ou des bandes plus ou moins bien armées comme au Sahel et en Afghanistan, mais le général s’attend à de nouveaux conflits symétriques et entre États.

Dès maintenant, il s’agit donc selon lui « d’endurcir l’armée de terre pour qu’elle soit prête d’emblée à des engagements plus difficiles et des chocs ».

Si, devant l’Assemblée nationale, le militaire n’a pas désigné l’ennemi, le journal Le Monde relevait que plusieurs généraux font mention des multiples points de friction avec la Chine à propos des prétentions coloniales de la France dans l’océan Indien et le Pacifique.

Le même article citait un dirigeant de l’OTAN déclarant il y a quelques mois : « Le combat futur avec la Russie ne procédera pas d’une invasion, mais peut-être d’une erreur de calcul qui nous entraînera .»

Le général Burkhard affirme : « Le monde est dangereux, la crise contribue à cette dangerosité et un conflit majeur n’est pas improbable on voit en Libye quelque chose qui s’en approche. » Décidément en verve, il ajoute : « Face à une crise majeure, il faut être prêts d’emblée, et il faut être résilients, savoir encaisser les chocs, sinon nous serons balayés. […] Nous imaginions une situation en 2035… Mais en 2020 un certain nombre de cases sont déjà cochées. »

Sans doute afin de finir de jeter l’effroi parmi les députés pour les inciter à ne pas lésiner sur les crédits, le général a ajouté devant l’Assemblée : « Il est certain que notre armée n’a pas assez d’épaisseur pour faire face à un conflit majeur doublé d’une crise intérieure d’ampleur », autrement dit une crise sociale.

Jaurès, avant d’être assassiné au déclenchement de la guerre de 14-18, expliquait que « le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage ». Faute d’avoir renversé le capitalisme, la possibilité d’un orage guerrier reste entière.

Christian BERNAC 24 Juin 2020

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26 juin 2020 ~ 0 Commentaire

cgt (lutte ouvrière)

super cgt

Les propositions de la CGT : comment “travailler moins pour travailler tous ?”

Mardi 23 juin, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, était interviewé sur France Inter, où il a pu développer le point de vue de sa confédération à propos de l’actualité sociale, à la veille de la rencontre entre gouvernement, patronat et syndicats.

Le secrétaire de la CGT a tenu à répondre à la provocation de Macron qui, alors que le nombre de suppressions d’emplois, de licenciements et de fermetures d’usines explose, avait osé lancer : « Il faut travailler plus et produire plus ». Avec le slogan « Il faut travailler moins pour travailler tous », Philippe Martinez a défendu la baisse du temps de travail sans perte de salaire, pour offrir un emploi à ceux qui en sont privés. Malheureusement, il n’en reste pas là.

Le leader de la CGT, comme souvent, s’est transformé en donneur de leçons pour bien gérer le système capitaliste.

« Il faut un vaste plan d’investissement pour développer l’emploi et ne pas le supprimer… Ce serait une erreur de continuer à vendre nos bijoux de famille à des entreprises qui cherchent d’abord à récupérer un marché plutôt qu’avoir un plan stratégique. C’est valable pour Nokia, mais c’est valable pour des tas d’entreprises en France ».

Les dirigeants syndicaux appellent cela « être une force de proposition », mais c’est une posture et un jeu de dupes. Car il est certain que les grands groupes capitalistes ont une stratégie, très bien définie, exposée et défendue sans relâche. Il s’agit d’augmenter, par tous les moyens, leurs profits et les dividendes versés à leurs actionnaires, et de faire remonter le cours de leurs actions. Pour cela, il leur faut diminuer de façon drastique la part revenant à leurs salariés. Licenciements, fermetures d’usines, aggravation des conditions de travail et baisse des salaires sont leurs outils et leur plan dans celles qui ne ferment pas. Les patrons n’ont pas d’autre plan que d’étrangler les travailleurs, ils ne veulent ni ne peuvent en avoir d’autre.

Pour imposer la juste revendication « Travailler moins pour travailler tous », il faut d’abord que les travailleurs soient conscients que la question n’est pas de convaincre les gouvernants et les capitalistes, mais de les contraindre. La classe ouvrière a la force de le faire, si elle sait se mobiliser.

Paul SOREL 24 Juin 2020

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25 juin 2020 ~ 0 Commentaire

niet (fr24 msr)

vlad

Les Russes appelés aux urnes pour le référendum constitutionnel voulu par Vladimir Poutine

La Russie vote à partir de jeudi et jusqu’au 1er juillet pour un référendum devant permettre à Vladimir Poutine de se maintenir au pouvoir jusqu’en 2036. La réforme autorise le président en exercice à briguer deux mandats de plus après 2024.

Les électeurs russes sont appelés aux urnes à partir de jeudi et jusqu’au 1er juillet pour s’exprimer par référendum sur une réforme constitutionnelle. Cette dernière devrait permettre au président Vladimir Poutine de se maintenir au pouvoir jusqu’en 2036 et de marquer de son empreinte la Constitution.

La date formelle de la consultation populaire est le 1er juillet, mais les autorités ont ouvert les bureaux de vote dès le 25 juin, afin d’éviter une trop forte affluence, en raison de la pandémie de coronavirus. Masques et gels désinfectant sont mis à disposition des quelque 110 millions d’électeurs répartis sur les 11 fuseaux horaires que compte la Russie, de Petropavlovsk-Kamtchatsk (GMT+12) à Kaliningrad (GMT+2).

Le vote était initialement prévu le 22 avril mais a été repoussé à cause du Covid-19. Cette première réforme de la Constitution de 1993 a été initiée par Vladimir Poutine en janvier.

Alors que le texte a déjà été adopté par le Parlement, le président russe a tenu à organiser un tel plébiscite, arguant de l’importance du sujet.

Poutine à vie ?

Pour l’opposant numéro un au Kremlin, Alexeï Navalny, ce vote relève d’une démarche populiste dont le seul but est de « remettre le compteur des mandats de Poutine à zéro, lui donner droit à une présidence à vie ».  « C’est une violation de la Constitution, un coup d’État », a-t-il lancé en juin sur les réseaux sociaux.

Concrètement la réforme autorise le président en exercice de rester au Kremlin deux mandats de plus, jusqu’en 2036, l’année de ses 84 ans. En l’état du droit, Vladimir Poutine aurait dû se retirer de la présidence en 2024.

«  Il faut travailler et pas chercher des successeurs » 

Du fait de l’épidémie et de l’absence d’accès des voix discordantes aux médias, la campagne contre la réforme n’a cependant jamais décollé. Les rassemblements prévus en avril à Moscou n’ont pu avoir lieu du fait du confinement. Le site « Niet » qui collectait les signatures de Russes opposés aux réformes a lui été bloqué par la justice, le forçant à se relancer sous un autre nom de domaine.

De hauts responsables politiques ont dans l’intervalle insisté sur l’importance de donner à Vladimir Poutine la possibilité de rester aux commandes du pays. Pour le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, la réforme est nécessaire pour « garantir la stabilité, lever une incertitude ».

Dimanche, à la télévision russe, Vladimir Poutine a dit ne pas avoir encore décidé s’il resterait au Kremlin après 2024, mais que lui en donner la possibilité était essentiel.

« Autrement, je sais que dans deux ans au lieu de travailler normalement à tous les niveaux de l’État, tous les regards se mettront en quête de successeurs potentiels. Il faut travailler et pas chercher des successeurs », a-t-il martelé.

Si la validation  de la réforme est quasi acquise — la constitution révisée est déjà en vente dans les librairies —, elle intervient néanmoins à l’heure où la popularité du président a souffert d’une réforme décriée des retraites et de la crise du coronavirus.

Valeurs traditionnelles

De mai 2018 à mai 2020, son taux d’approbation mesuré par l’institut indépendant Levada est passé de 79 % à 59 %. Outre la question des mandats, le président renforce avec ce  référendum certaines prérogatives, comme les nominations et limogeages de juges.

À cela s’ajoute une indexation des retraites, la « foi en Dieu » inscrite dans la Constitution et le mariage comme institution hétérosexuelle. Ces principes, censés fédérer les Russes, sont au cœur du système de valeurs patriotiques conservatrices du chef de l’État russe.

Dans les rues de Moscou, la campagne d’affichage sur la réforme insiste sur les thématiques sociétales comme cette enfant embrassant sa grand-mère sous le slogan « pour une retraite garantie », ou cette famille modèle qui veut « sauvegarder les valeurs familiales ».

25/06/2020

https://www.france24.com/fr/

msr

Nos camarades du MSR (Mouvement Socialiste Russe)

Résistance !

Un vote sur les amendements constitutionnels est prévu pour le 1er juillet.

Des « amendements sociaux » pathétiques, tels que l’abaissement artificiel du coût de la vie ou l’indexation annuelle des pensions deux ans après la scandaleuse réforme des retraites, ne sont que des paroles en l’air et une duplication des lois existantes. Le principal amendement auquel tout cela était destiné était de réduire à zéro les mandats du président sortant et de renforcer le pouvoir personnel de Poutine et de ses proches collaborateurs.

Le Kremlin souhaite un vote le plus rapidement possible, quelle que soit la situation épidémiolo-gique dans le pays et dans le monde. La seule raison en est la fonte du soutien de la société aux autorités et l’aggravation des contradictions sociales, y compris de classe.

À l’heure où des millions de personnes se retrouvent sans emploi, sans moyens de subsistance et sans aucune aide de l’État, nous devons dire clairement « NON » à ce spectacle coûteux.

S’attendant à une saison de calme politique, le Kremlin estime que seuls des fonctionnaires loyaux du gouvernement se rendront dans les bureaux de vote, et que toutes les falsifications et injections passeront inaperçues. Décevons ces marionnettistes !

Le débat sur les tactiques de vote qui a maintenant divisé l’opposition n’a aucun sens. Toute scission en signe de protestation fait le jeu des autorités. Nous pensons qu’il est maintenant nécessaire d’utiliser tous les moyens de lutte et de parler d’une seule voix. Nous soutenons tous ceux qui sont prêts à résister.

Nous sommes avec ceux qui sont prêts à dire « NON » dans les bureaux de vote et avec ceux qui sont prêts à dire « NON » dans les rues et sur les places.

Nous vous encourageons à voter, à dire non aux amendements et à soutenir d’autres formes de protestation !

Dites « NON » à la dictature des voleurs et des oligarques !

http://anticapitalist.ru/

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24 juin 2020 ~ 0 Commentaire

édito (a et r)

 anticap

Regroupons-nous! 

Le 16 juin dernier, les soignants et les soignantes ont fait une belle démonstration de force en étant des milliers à manifester à travers tout le pays.

Preuve s’il en est du déconfinement total du monde d’avant qui revient au galop, c’est avec une violence inouïe qu’une infirmière a été mise en garde-à-vue. Tout ça pour avoir lancé des cailloux sur des policiers suréquipés et surprotégés !

Et 4 jours après, ce sont de nouveau les sans-papiers qui après avoir défié l’interdiction de manifester du 30 mai, ont réitéré ce samedi. 50 000 manifestant.e.s annoncé.e.s à Paris et des centaines dans toutes la France avec pour point commun une détermination intacte !

Autrement dit, la semaine écoulée vient confirmer le ras-le-bol qui existe dans notre camp social et que la jeunesse, les sans-papier et les soignant.e.s ont été les premiers à exprimer dès le déconfinement. Ils ont non seulement bravé les interdictions mais aussi la police et à Paris, à Lille, l’extrême droite : elle s’est permis de déployer une banderole et de défendre une statue incarnant la colonisation et l’esclavage et se sent comme un poisson dans l’eau dans cet état d’urgence où la police vit en totale impunité.

Ne laissons pas passer les possibilités d’en finir avec ce monde !

Bien sûr que ce débordement de colère et de détermination donne un énorme espoir après ces semaines de confinement et l’arrêt brutal de la mobilisation contre la casse des retraites.

Mais dans le même temps, il ne peut échapper à personne que ce gouvernement de bourgeois n’en finit pas d’avancer dans la défense des intérêts des patrons et qu’à ce jour, rien ni personne ne l’arrête.

Il est haï et surtout largement démasqué : il est bien le président d’une classe sociale et n’est en rien un rempart à l’extrême droite.

Mais sa puissance il ne la tient pas que de son pouvoir mais aussi de l’abandon des organisa-tions syndicales, politiques et associatives à engager le bras de fer et empêcher que le monde du travail et la jeunesse ne payent le prix fort de la crise des capitalistes.

Déjà, nous savons que le 30 juin une partie de la Santé sera de nouveau dans la rue, le 14 juillet commence à trotter dans les têtes et d’ores et déjà le 18 juillet à Beaumont sur Oise, se tiendra un nouveau rassemblement pour la vérité et la justice.

Il serait quand même bien utile qu’à cette occasion, les travailleurs et la jeunesse puissent compter sur autre chose que des longs textes nous expliquant à quel point ce monde nous mène dans le mur mais sans donner les armes pour en sortir.

Des organisations traditionnelles aux coordinations nationales de secteurs et interpro, il dépend de nous que nos vies ne soient plus entre les mains de ces parasites qui dépensent sans compter les milliards que notre seule force de travail permet de générer !

Il est temps que nous décidions d’une première journée de grève et de regroupement de toutes les colères, toutes et tous ensemble, des boîtes, des quartiers, des lieux d’études pour exprimer ensemble notre refus de nous voir sacrifier sur l’autel des profits !

Nous faisons tout, alors nous voulons tout !

Note:

A&R Anticapitalisme et Révolution est un courant du NPA

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24 juin 2020 ~ 0 Commentaire

maurice rajfus (npa)

raj

Les communistes juifs dans la Résistance

Entretien avec Maurice Rajsfus

Dans ton livre, tu as mis en lumière le destin tragique des militants juifs communistes.

Ils se sont retrouvés coincés dans une ambiguïté épouvantable. Pour la plupart, ils sont nés aux alentours de 1910, et se sont engagés politiquement au moment où l’étoile stalinienne était à son zénith. Ils sont devenus staliniens en ayant l’impres-sion de devenir révolutionnaires. Une des activités de la sous-section juive du PC était la chasse aux opposants, dont les trotskystes.

D’après des documents de police, elle aurait été créée en 1927 et fut dissoute dix ans après. Elle, comme la Main-d’œuvre étrangère – devenue par la suite Main-d’œuvre immigrée (MOI) – se donnait pour but l’encadrement et le contrôle par le PC de tous les militants étrangers qui arrivaient de l’Est. C’est un des aspects à démythifier.

Les militants communistes juifs emboîtèrent le pas au chauvinisme du PC en lançant dans leur presse en 1937, aux futurs migrants : « Ici, c’est complet ! » Peu d’entre eux ont rompu à cette époque.

L’un des facteurs déterminants fut les procès de Moscou, où les principaux accusés étaient juifs. Bien que Trotsky soit juif, les attaques contre lui n’avaient pas eu le même effet. Quant au pacte germano-soviétique, de vieux communistes juifs en parlent encore comme du « coup de poker génial » de Staline. Mais dans l’ensemble du milieu juif, comme dans les rangs du PC, pour beaucoup ce fut Je désarroi et l’atomisation.

De quand peut-on dater les débuts de la Résistance ?

De juillet 1941, après l’attaque d’Hitler contre l’Union soviétique. Cependant, si les communistes juifs ont attendu comme le PC, ils étaient prêts les premiers. Depuis 1940, on savait ce qui se passait à Varsovie, et avant cela les juifs immigrés avaient connu les persécutions, d’où un réflexe d’auto-défense.

A partir de là, le PC veut se faire pardonner le Pacte. Beaucoup de militants ont été arrêtés lors de sa réapparition au grand jour en août 1940. Beaucoup vont tomber à partir de 1942 dans les actions « pour le communiqué», qui permettaient au PC de se refaire une image.

Comment s’est développée sa politique militaire?

Elle est essentiellement le produit de la transformation de nature de l’OS, l’Organi-sation spéciale. Au départ, il s’agissait d’un service d’ordre, chargé notamment de la protection rapprochée des dirigeants et de l’exécution de « traîtres ». Fin 1941, elle regroupe de nombreux militants de la MOI, pour beaucoup anciens d’Espagne.

C’est au début 1942 qu’elle se transformera en groupes de Francs-tireurs et partisans (FTP). La saignée sera effroyable pour ces militants courageux, mais disposant de peu de moyens.

En 1943, il ne restera plus dans les grandes villes comme Paris, Lyon, Marseille ou Toulouse que des groupes FTP-MOI, en majorité composés de juifs immigrés. Il y a eu une politique consciente d’expédier dans les maquis, où les pertes étaient moindres, les militants français plus « présentables » que ces immigrés, parlant mal le français, même s’ils étaient rebaptisés « patriotes ».

Le cours chauvin du PC, à ce moment, n’a pas que des explications   nationales ?

En juillet 1943, l’Internationale communiste est dissoute. C’est un événement d’importance pour le PC qui cherche à entrer au gouvernement mis en place à Alger. Le PC va peu à peu prendre par ses sous-marins, la tête du Front National et suivre un cours ultra-nationaliste. En même temps, il a besoin d’actions spectaculaires.

A l’automne 1943, les groupes de la MOI seront laminés. Il ne restait plus sur Paris que les rescapés des quatre détachements MOI dirigés depuis le mois de septem-bre par Manouchian. Ces militants, traqués par la police et décimés par la répres-sion, demandèrent l’autorisation de se replier. A. Rayski ne l’obtint pour les dirigeants du groupe juif qu’en juillet 1943. Manouchian ne l’obtiendra pas.

Une affirmation tenace du PC veut que le groupe dirigé par Manouchian n’ait été composé que de militants communistes. Qu’en est-il ?

C’est une contre-vérité. A côté de militants communistes se trouvaient des combat-tants d’une autre sensibilité. L’un d’entre eux, Tarov, ancien officier de l’Armée rouge, avait été trotskyste. Tomas Elek n’était pas communiste. Il y avait aussi des anarchistes espagnols. Il est établi qu’il y a eu un lâchage politique de ces militants qui se savaient filés et menacés d’une arrestation imminente.

Ils sont tombés au moment où le PC se préparait à entrer au Comité de la France libre d’Alger et était persuadé qu’un débarquement allié était sur le point de se produire sur les côtes du Pas-de-Calais.

L’exemple du lâchage s’est reproduit à Toulouse où l’unité de la MOI, la 35e brigade, avait le « tort » de ne pas s’en prendre qu’aux « boches », mais d’abattre aussi des notables français qui collaboraient. Évidemment, cela s’intégrait mal dans la perspective de l’union nationale.

Lorsque l’information d’un coup de filet contre cette unité est parvenue à la direction des FTP, « on » a oublié de prévenir les combattants concernés. Pour l’union nationale, il fallait pouvoir chanter la Marseillaise sans accent. Il faut rappeler le mot d’André Marty en 1945: « Chassez moi tout ces « sky » des directions du Parti. »

Arrive la Libération. Que firent les militants rescapés ?

Beaucoup d’entre eux souhaitaient poursuivre le combat politique sur place, mais la direction du PC invita les principaux responsables à aller construire le socialisme dans leurs pays d’origine … Si cela ne posait pas de problèmes majeurs aux communistes italiens dont le parti s’était replié en France, il n’en allait pas de même pour les juifs des pays de l’Est. Pourtant un certain nombre partiront.

En 1949, quand commencent les premiers procès dans les démocraties populaires, c’est aussi le procès des anciens des Brigades internationales et de la MOI. L’un des exemples les plus connus est celui d’Arthur London, qui l’a raconté dans L’Aveu. II y a une continuité entre le lâchage de l’équipe de Manouchian et les procès des démocraties populaires.

Malgré tout cela, ton livre n’est pas désespéré.

Non ! Il faut en tirer une morale sur le stalinisme, pas sur le militantisme des communistes juifs. Je dirai qu’il faut jeter le bébé stalinien avec l’eau du bain !

Propos recueillis par Jean Lantier et Jean-Jacques Laredo

Nous republions une interview de Maurice Rajsfus parue dans l’hebdomadaire de la LCR, Rouge n° 1163 du 7 juin 1985, et mis en ligne sur le site de RaDAR. Maurice Rajsfus, auteur du livre     « Des Juifs dans la collaboration » (Editions EDI), vient de publier « L’An prochain, la révolution» dont le sous-titre est explicite : « Les communistes juifs immigrés dans la tourmente stalinienne 1930-1945 » ( Éditions Mazarine, 95 F). Nous l’avons rencontré pour discuter de l’histoire de ces militants.

Mardi 23 juin 2020

https://npa2009.org/

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24 juin 2020 ~ 0 Commentaire

philippe poutou (npa)

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20 juin 2020 ~ 0 Commentaire

édito (a et r)

anticap

Annonces de Macron : rien de neuf dans le « monde d’après » !

Dimanche soir, Macron a comme toujours étalé son auto-satisfaction pour faire passer son seul et unique message : il faut sauver le capitalisme français.

« L’indépendance » des capitalistes français n’apporte rien aux travailleurs et aux travailleuses

Macron n’avait presque qu’un mot à la bouche : « l’indépendance ». S’agit-il d’assurer à la santé ou à l’éducation un fonctionnement pérenne, indépendant des fluctuations de l’économie ? Non ! Pour les services publics, Macron préconise plus d’autonomie : que chaque hôpital ou université se débrouille avec ses moyens propres… Et tant pis pour les moins dotés !

La priorité de Macron, c’est que les entreprises françaises, c’est-à-dire le patronat français, maintiennent leurs profits. Ces profits issus du travail de ceux et celles qui produisent les richesses, extraient les matières premières, transforment, transportent, vendent les produits… et touchent des salaires qui n’ont rien à voir avec la valeur de leur travail.

Et Macron nous demande, au nom de « l’indépendance » et du « patriotisme républicain », de travailler davantage, donc de nous faire encore plus exploiter ! Aurions-nous donc le moindre intérêt commun avec nos exploiteurs ?

Unir ceux et celles qui devraient se diviser, diviser celles et ceux qui devraient s’unir

Macron vante les « négociations » pour éviter qu’il y ait trop de licenciements. Dans les entreprises, ces « négociations » se réduisent à une alternative simple : accepter de travailler plus en gagnant moins… ou perdre son boulot ! Du pur et simple chantage.

Là encore, le président des patrons nous vend sa politique au nom de la concurrence avec la Chine et les États-Unis. Là encore, comme si nous avions le moindre intérêt commun avec le patronat français, ou européen, et comme si nous n’avions pas une même appartenance avec les travailleurs et les travailleuses du monde entier !

Nous n’avons certes pas les mêmes langues, les mêmes cultures, parfois pas du tout les mêmes modes et niveaux de vie… Mais nous subissons le même système d’exploitation, nous travaillons souvent d’un bout à l’autre d’une même chaîne mondiale de production. Plus qu’une patrie abstraite, c’est notre classe sociale qui nous unit par-delà les frontières !

Aucun soutien à l’État français et à son impérialisme !

Au nom de cette unité patriotique illusoire, Macron perdure dans le déni. Il se dit « intraitable » face au racisme, mais refuse de dénoncer les crimes passés et actuels de la France, ce pays dont l’armée est déployée dans tous les océans et sur tous les continents afin de garantir «l’indépendance» de la France, c’est-à-dire le pillage des richesses dans ses anciennes colonies.

Comment affirmer qu’il n’y a pas de racisme d’État quand les travailleurs et travailleuses immigrés qui fuient la misère et la guerre engendrés par l’impérialisme français, sont traités comme des moins que rien ? Quand la police les expulse par milliers ? Quand leurs enfants et petits-enfants, nés en France, sont toujours harcelés par les contrôles policiers, discriminés à l’embauche et au logement, relégués en marge de la société ?

Comment parler de justice quand des dizaines de milliers de manifestants et manifestantes antiracistes sont empêchés de défiler… mais qu’une poignée de flics d’extrême droite se promène en cortège sur les grandes avenues de Paris et même devant l’Élysée ?

Il aura suffit que les syndicats policiers froncent les sourcils pour que Castaner range ses timides annonces et que la direction de la police ré-autorise la clé d’étranglement. On aimerait bien avoir la même écoute quand on défile pour nos emplois, nos salaires et nos retraites !

La différence entre les flics et nous, c’est que nous faisons tourner la société au quotidien en nous faisant exploiter, et qu’eux sont chargés de défendre notre exploitation. Ils sont le seul rempart face à la colère des opprimés et des exploités. Mais ce rempart s’affaiblit. Notre camp social n’aura jamais aucun intérêt à le défendre !

https://anticapitalisme-et-revolution.blogspot.com/

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A &R Anticapitalisme et Révolution est un courant du NPA

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18 juin 2020 ~ 0 Commentaire

marine (lutte ouvrière)

president_macron

Marine marchande : exploités sans trêve ni repos

Suite aux mesures prises pour lutter contre la pandémie, il y aurait, selon l’assureur britannique Lloyds, 300 000 marins du commerce en attente de relève de par le monde,

La fermeture des ports et l’interruption des voyages aériens ont d’abord fait que des centaines de milliers de travailleurs ont dû attendre, à bord et au mouillage, que les armateurs daignent organiser leur rapatriement. En effet, soit leur embarquement était arrivé à son terme et ils devaient être relevés, soit l’immobilisation du navire rendait leur présence inutile.

D’autre part, des centaines de milliers de marins ont continué de travailler sans être relevés. Les équipages sont internationaux, les trois quarts des marins viennent de divers pays d’Asie, bon nombre d’officiers sont d’Europe de l’Est. Ils embarquent quelque part le long du parcours de leur navire. Avec l’épidémie, les relèves n’ont pu arriver, faute de transport aérien. Le même équipage est donc resté.

Aujourd’hui, avec le recul de l’épidémie et la volonté du patronat de faire repartir l’économie, le trafic maritime reprend, mais pas encore le trafic aérien et il n’y a toujours pas de relève. Il y a donc sur les mers des équipages ayant travaillé depuis des mois, parfois plus d’un an, par roulement sept jours sur sept, et dont on imagine l’état d’épuisement nerveux. Et cela sur les bâtiments les plus modernes, les plus gros et aussi les plus fragiles, pétroliers, méthaniers, chimiquiers, etc.

Les États ont certes signé un accord stipulant l’obligation de rapatrier les équipages à la fin de leur contrat, mais elle ne s’applique pas, ou pas complètement. La CGT des officiers de la marine marchande souligne par exemple que les compagnies françaises n’ont pas rapatrié leurs marins étrangers, alors que la loi les y oblige.

Mais, après tout, profiter de l’épidémie pour dégrader les conditions de travail et maintenir plus longtemps les ouvriers au poste de travail est une politique générale du patronat. En mer, c’est juste plus glaçant.

Paul GALOIS 17 Juin 2020
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15 juin 2020 ~ 0 Commentaire

espagne (mediapart)

felipe

Espagne. Les socialistes rattrapés par la séquence noire de leur histoire

La déclassification par la CIA de documents sur l’affaire des GAL chargés, dans les années 80, par les hautes sphères du gouvernement socialiste, d’éliminer les dirigeants de l’ETA, ne devrait pas manquer de créer une commotion politique d’envergure dans une situation (post) pandémique de grande fragilité gouvernementale mais aussi de l’ensemble du champ politique institutionnel.

La CIA vient de lâcher une bombe dans le champ politique et médiatique espagnol en déclassifiant des documents qui désignent l’ancien président du Gouvernement, le socialiste Felipe González, comme ayant donné son accord pour que soit créé le GAL (Groupe Antiterroriste de Libération), ce groupe terroriste composé de truands et de fascistes, afin qu’il assassine les dirigeants de l’ETA.

Cette organisation sévit entre 1983 et 1984 et tua 27 personnes dont certaines n’avaient rien à voir avec l’ETA.

Pour saisir dans toute son ampleur ce que fut cet épisode de guerre sale menée par l’Etat espagnol, il faut rappeler que ces assassinats eurent lieu, pour l’essentiel, au Pays Basque français.

Il s’agissait de trouver une solution à l’incapacité des forces répressives espagnoles, pourtant peu avares de méthodes type tortures et exécutions sommaires de militant.e.s etarras ou simplement suspecté.e.s d’en être, à en finir avec le groupe armé basque.

Celui-ci  conservait encore une partie de l’appui qu’il s’était gagné dans la population d’Euskadi pour sa lutte contre la dictature (il avait précipité la crise de celle-ci en exécutant, en 1973, l’amiral Carrero Blanco, celui qui, le dictateur s’approchant du terminus de sa vie, devait assurer la … transition sans heurts vers un franquisme sans Franco).

Par ailleurs, malgré toutes les tentatives du gouvernement socialiste et d’une partie de l’appareil judiciaire de faire obstacle à l’enquête du juge en charge de l’enquête, suite aux révélations produites par des journalistes, le Ministre de l’intérieur, le secrétaire d’Etat à la Sécurité et un général de la Garde Civile furent reconnus coupables, ainsi que huit autres responsables politiques ou des forces de police ou de la Garde Civile, d’avoir mis en place cette structure composée de tueurs.

Il fut cependant impossible de remonter jusqu’au commanditaire de ces opérations que la presse désignait par Monsieur X et que certains des condamnés disaient être Felipe González, ce qu’aujourd’hui les documents de la CIA confirmeraient.

Pour finir de dessiner le tableau de cette stupéfiante affaire politico-criminelle, rappelons que Felipe González et la direction du PSOE n’ont eu de cesse de demander la libération des deux membres de leur gouvernement condamnés. Jusqu’à l’obtenir de José María Aznar qui, justement grâce à l’onde choc de cette affaire, avait réussi à battre Felipe González en 1996 permettant au Parti Populaire d’accéder pour la première fois au Gouvernement.

Si les documents américains déclassifiés confirmaient de façon probante l’implication de l’ancien chef du gouvernement socialiste qui, rappelons-le, a gouverné le pays pendant 14 ans de façon ininterrompue, l’impact politique serait énorme.

Il serait en effet plus évident que jamais, malgré la propension à l’amnésie qui joue un rôle majeur dans l’histoire de la démocratie espagnole, que les socialistes espagnols ont bien eu, dans ce moment décisif de l’histoire que fut la sortie du franquisme, un rôle pour que s’installe un Etat capable, tout démocratique qu’il était, de déroger à sa propre légalité, en héritage direct de ce que fut la dictature franquiste.

Le PSOE, il fallait être aveugle pour ne pas le voir avant ces révélations, s’est moulé dans des institutions représentatives qui, la preuve déjà par les condamnations prononcées, ont autorisé des membres d’un gouvernement à jouer de tout ce que, parmi les logiques arbitraires de l’Etat antérieur, la mécanique de la Transition laissait à leur disposition.

C’est tout un mythe, déjà bien mal en point, qui risque de s’effondrer définitivement : celui de la démocratie modèle qu’aurait été l’Espagne au sortir du franquisme, à un moment où la figure emblématique qui était au coeur de la propagande martelant cette idée, l’ancien roi Juan Carlos, est rattrapé par ses affaires de corruption et, par là-même, fait chanceler l’ensemble de la Maison Royale.

Pedro Sánchez lui-même ne devrait pas échapper aux retombées de cette affaire car c’est la légitimité de son parti qui s’en trouverait affectée et pas qu’un peu. Disons-le, nous risquons d’assister à un retour des plus virulents du refoulé d’une Transition que tant de gens, à gauche compris, à l’international comme à l’intérieur de l’Etat espagnol, ont cautionnée en abandonnant tout esprit critique.

Comment ne pas voir, entre autres choses, qu’à la lumière de ces révélations, le comportement antidémocratique et violent de l’Etat espagnol emmené par la droite mais soutenu par le PSOE, par Sánchez en personne, contre le processus d’autodétermination de la Catalogne, porte tous les signes de cette capacité terroriste de l’Etat démocratique espagnol ayant renoncé à se défranquiser radicalement.

Par où l’histoire s’énonce au présent, le passé se rappelle littéralement  et cruellement au souvenir du présent, avec une puissance qui risque d’être d’autant plus dévastatrice qu’ils auront été si longtemps contenus.

Le fil rouge, en fait le fil noir, qui a relié les fascistes du GAL à la rose socialiste des années 80, en se resserrant aujourd’hui autour de la figure tutélaire du PSOE qu’est Felipe González, ne pourra qu’enserrer les actuels dirigeants de ce parti et du gouvernement qu’il dirige et les prendre à revers dans leur incantatoire et mystificatrice proclamation qu’ils sont les fiers héritiers d’un parti exemplaire, d’une gauche immaculée.

Mais ils ne devraient pas être les seuls à subir les méchants contrecoups qui s’annoncent : gageons que le PP et l’extrême droite seront tentés d’en profiter pour pousser plus avant leur actuelle logique du « putschisme institutionnel » contre le Gouvernement.

Il serait pourtant assez facile de leur renvoyer que cette face sombre du « socialisme » des années de Transition et de post-Transition a structurellement à voir avec leur propre participation à ce consensus qui les a amenés à assumer, eux aussi, ce franquisme souterrainement continué qui fournit, de première main, l’outillage des GAL aux « démocrates » du moment.

Le PP, quand il s’appelait encore Alianza Popular, et les partisans de la dictature sont les pères et les mères dont se revendique aujourd’hui ouvertement Vox, encourageaient l’Etat à recourir à tous les moyens, je dis bien tous les moyens, pour écraser l’ETA. Les socialistes n’ont eu, pour ainsi dire, qu’à surfer sur ces incitations à sortir de l’Etat de droit !

J’ai employé le conditionnel « Il serait facile… » de neutraliser les velléités des droites d’attaquer, sur ce terrain des GAL, le « gouvernement progressiste » s’il avait existé aujourd’hui un parti en capacité de porter l’estocade depuis la gauche, depuis une gauche immunisée contre toute contamination systémique, c’est-à-dire jouissant d’une indépendance politique lui permettant de porter le fer, contre ce consensus de gauche et de droite dans le scandale d’Etat que fut et qu’est l’affaire des GAL.

Mais il n’y a pas ce parti dans le champ politique espagnol depuis que Podemos a décidé de gouverner avec le parti de Felipe González et de Pedro Sánchez. Depuis qu’Iglesias a décidé de relayer la mystification que le PSOE serait un parti de gauche (peut-on, étant de gauche, avoir créé une organisation d’assassins et ne jamais avoir opéré d’autocritique sur le sujet ?).

Et cela dans l’oubli opportuniste par le même Iglesias de ce qui l’amenait à dire, à ses tout débuts, que ce parti était, à l’égal du PP, « un parti de la caste », formule poliçant déjà l’abrupt « la même merde que le PP » des Indigné.e.s de 2011.

Qu’il est loin, politiquement loin, le Pablo Iglesias qui, en 2016 encore, avait le verbe haut, en pleine séance du Congrès des Député.e.s, même s’il l’employait pour convaincre Pedro Sánchez de faire gouvernement avec lui, quand il lui asséna « votre problème c’est que l’on vous a interdit de faire un pacte avec nous.

Felipe González, celui dont le passé est taché de chaux vive, l’a dit « . Allusion, ayant provoqué un tonitruant tapage des député.e. socialistes et une violente riposte de Pedro Sánchez, à l’un des crimes les plus odieux des GAL qui, après avoir assassiné deux etarras, avaient essayé de faire disparaître les corps sous de la chaux vive !

Mais ce Pablo Iglesias et ce Podemos sont rentrés dans le rang et se trouvent dans l’obligation de faire le constat qu’il serait suicidaire… de sortir de la fuite en avant de la solidarité gouver-nementale dans laquelle ils sont désormais engagés.

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Antoine 15 juin 2020 Antoine (Montpellier)

https://blogs.mediapart.fr/

Note : il est dit erronément dans l’article de El Nacional que José Luis Corcuera (et non José Corcuera) fut condamné dans l’affaire des GAL, or ce dirigeant socialiste, non seulement ne fut pas condamné, mais succéda au Ministère de l’Intérieur, en 1988, à José Barrionuevo qui, lui, impliqué dans cette affaire, fut condamné et emprisonné. Mais vite dispensé de peine car le PP sait se montrer conciliant avec la gauche dont il partage le soutien aux fondamentaux du régime né en 1978 dans les conditions dont nul ne devrait plus ignorer ce qu’elles furent ni les effets qu’elles ont sur le présent.

bzh euskadi

Lire aussi:

Felipe Gonzalez à l’origine de la création des GAL (Mediabask)

Des documents déclassifiés de l’Agence centrale d’intelligence (CIA) confirment que l’ancien premier ministre socialiste espagnol Felipe Gonzalez a approuvé la création des Groupes Antiterroristes de Libération (GAL). Ce groupe actif entre 1983 et 1987 est responsable d’une trentaine de morts en Pays Basque Nord.

« Felipe Gonzalez a accordé la création d’un groupe de mercenaires pour combattre illégalement les terroristes ». Cette phrase apparaît dans les documents déclassés de l’Agence centrale d’intelligence (CIA). Cette dernière a étudié la création des GAL dans les années 80, comme l’explique le quotidien La Razón qui vient de publier des documents de l’agence nord-américaine sur le sujet.

Ces documents déclassifiés contiennent des passages censurés. Malgré cela, ils confirment des aspects significatifs. La CIA souligne que le Gouvernement espagnol « se montre déterminé à adopter une stratégie peu orthodoxe face à ETA ». Suite à une phrase censurée qui pourrait indiquer le nom de la source, l’agence dit que « Gonzalez a approuvé la création d’un groupe de mercenaires contrôlés par l’Etat, pour combattre illégalement les terroristes ».

Après une autre phrase censurée, l’agence ajoute que « les mercenaires ne seront pas nécessairement espagnols et auront comme objectif d’assassiner les leaders d’ETA, en Espagne et en France ».

Un autre document cité par le journal indique que ce ne serait pas la première fois que l’Etat espagnol lutte contre ETA de manière illégale. Des sigles comme Anti Terrorismo ETA (ATE), la Alianza Apostólica Anticomunista (Triple A) et le Batallón Vasco Español apparaissent dans un dossier.

Concernant les passages encore cachés par la CIA, il semble indéniable que certains dossiers évoquant la guerre contre ETA contiennent les identités et CV des mercenaires.

Mediabask|15/06/2020

https://www.mediabask.eus/

 

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