Archive | A gauche du PS

14 août 2019 ~ 0 Commentaire

grève (publico.pt)

portugal

60H à transporter des matières dangereuses!

Portugal grève: ce que nous avons appris ces jours-ci

Le détournement de la raison, l’explosion des émotions de ceux qui ont des responsabilités, a été très sérieuse et marquera sûrement, pour le meilleur et pour le pire, un «avant» et un «après».

Le bon sens peut survivre à l’été, la grève peut être terminée rapidement, les syndicats et les entreprises peuvent reprendre les négociations, le « peuple socialiste » peut ne pas croire que le célèbre Pardal ( leader syndical) est l’homme de Steve Bannon en Europe pour détruire le Gouvernement de la « Gauche Unie ». Ou encore à une autre théorie du complot largement entendue ces jours-ci – M. Pardal serait une version portugaise et du 21è siècle de ceux qui ont renversé Salvador Allende en 1973 au Chili.

Nous ne savons pas quel sera le résultat final. Nous avons appris que notre système politique est encore très jeune et très fragile, que le plus grand parti d’opposition est mort, que le Parti Communiste Portugais n’accepte les grèves que tant qu’elles appartiennent à ses syndicats et qu’il accuse les autres grévistes – oui, les grévistes – d’être responsable que le gouvernement limite le droit de grève.

Nous avons appris que le Bloc de gauche hésitait, hésitait, disait une chose doucement et une autre à voix moyenne jusqu’à ce que Catarina Martins n’apparaisse hier en disant quelque chose de gauche, comme dans le célèbre film de Nanni Moretti.

Nous avons appris tellement de choses que nous préférerions ignorer – l’ignorance est parfois bénie et le royaume des cieux, le royaume du calme est aussi celui qui reste dans l’ignorance.

Nous avons appris que les conducteurs sont tenus de travailler plus de huit heures par jour. Hier, le ministre de l’Environnement a tenu à rappeler à tout le monde que les conducteurs ne pouvaient pas se permettre de travailler huit heures par jour et voulaient faire cette grève parce que leur contrat de travail leur impose 60 heures par semaine.

Nous avons également appris que ces « privilégiés », qui selon Internet gagnent 1 800 euros, font en fait des heures supplémentaires, des heures de travail que la plupart ne voudrait pas ou ne pourrait pas faire humainement.

Bon nombre de ces personnes – prétendument bonnes – sont les mêmes que celles qui se sont battues contre la semaine de 35 heures dans la fonction publique, que le gouvernement de gauche a très bien réussi à faire.

Nous avons atteint la folie collective lorsque la respectable Société portugaise des transport est venue se prononcer contre la grève des camionneurs, en défense du gouvernement contre Pardal, auteur d’une «action syndicale radicale» visant à «obtenir un gain politique problématique».

Il semble que tout le monde sauf Mr Pardal, a droit à un gain politique. Ce n’étaient pas de beaux jours. Espérons que les esprits se calmeront après l’appel lancé hier par le ministre Vieira da Silva à retourner à la table des négociations.

14 août 2019

https://www.publico.pt/

Commentaire:

Pardal est le leader de la grève et « tête de turc » des  médias bien pensants. Publico est un journal « libéral » qui rappelle que lutter pour ses droits ce n’est pas un complot et que les revendications sont légitimes: 900 euros minis et pas 1800! Huit heures par jours et pas 60H par semaine.

Les résultats d’une précédente grève ont été ignorés par le patronat (avec l’accord du gouvernement de gauche) d’où le choix de la période d’été qui touche le gouvernement au porte-feuille, vu l’importance du tourisme…

Comme en France sous les socialistes, le patronat a tout à gagner d’une gauche qui ose tout!

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13 août 2019 ~ 0 Commentaire

écosocialisme 1 (4è internationale)

ecosocialisme

LA DESTRUCTION CAPITALISTE DE L’ENVIRONNEMENT ET L’ALTERNATIVE ÉCOSOCIALISTE

A la mémoire de Berta Caceres, militante indigène, écologiste et féministe du Honduras, assassinée le 3 mars 2016 par les hommes de main des multinationales, ainsi que de tous les martyrs des luttes pour une justice environnementale ».

La pression que l’humanité exerce sur le Système Terre ne cesse de croître de plus en plus rapidement depuis les années 1950.

En ce début du 21e siècle, elle atteint un niveau extrêmement alarmant, et qui continue de croître dans presque tous les domaines. Des seuils critiques de dégradation sont d’ores et déjà franchis dans plusieurs domaines, tels que la concentration atmosphérique en gaz à effet de serre.

Le risque est dès maintenant réel et non négligeable que cette pression quantitative croissante, observable partout et dans la plupart des domaines, débouche à tout moment sur un bascule-ment qualitatif qui pourrait être brusque (quelques décennies) et largement irréversible.

Le Système Terre entrerait alors dans un nouveau régime d’équilibre dynamique, caractérisé par des conditions géophysiques et géochimiques très différentes, ainsi que par une diminution encore plus forte de sa richesse biologique.

Au minimum, outre les conséquences sur les autres êtres vivants, la transition vers ce nouveau régime mettrait en danger l’existence de centaines de millions d’êtres humains parmi les plus pauvres, en particulier des femmes, des enfants et des personnes âgées. Au maximum, un effondrement écologique de proportions globales pourrait entraîner l’effondrement de notre propre espèce.

Le danger augmente de jour en jour, mais la catastrophe peut être conjurée, ou au moins limitée et contenue.

En effet, ce n’est pas l’existence humaine en général qui est la cause déterminante de la menace mais bien le mode de production et de reproduction social de cette existence, qui comprend aussi son mode de distribution et de consommation, ainsi que des valeurs culturelles.

Le mode en vigueur depuis deux siècles environ -le capitalisme- est insoutenable parce que la concurrence pour le profit, qui en est le moteur, implique une tendance aveugle à la croissance quantitative sans limites, incompatible avec les flux et cycles limités de matière et d’énergie dans le système Terre.

Au cours du 20è siècle, les pays dudit « socialisme réel » ont été incapables d’offrir une   alternative à la destruction productiviste de l’environnement, à laquelle ils ont contribué de façon importante.

En ce début du 21e siècle, l’humanité est confrontée à l’obligation sans précédent de maîtriser son développement dans tous les domaines afin de le rendre compatible avec les limites et la bonne santé de l’environnement au sein duquel elle a pu se développer.

Aucun projet politique ne peut plus faire l’impasse sur cette conclusion des études scientifiques sur le « changement global ».

Tout projet politique doit au contraire être jugé en premier lieu sur la prise en compte du risque, les réponses systémiques qu’il y apporte, la conformité de ces réponses avec les exigences fondamentales de la dignité humaine, et leur articulation avec son programme dans les autres domaines, particulièrement dans le domaine social et économique. (Extrait voir lien)

mardi 11 juin 2019  Quatrième Internationale Inprecor, mars 2019

https://www.pressegauche.org/

Lire aussi:

Ecosocialisme 2 (4è internationale)

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13 août 2019 ~ 0 Commentaire

écosocialisme 2 (4è internationale)

npa agricol

LA DESTRUCTION CAPITALISTE DE L’ENVIRONNEMENT ET L’ALTERNATIVE ÉCOSOCIALISTE

Question agraire et écosocialisme

Dans le monde entier, les paysans, les paysans sans terre et les ouvriers agricoles constituent le secteur social le plus massivement engagé dans la lutte environnementale en général, climatique en particulier.

Ce rôle d’avant-garde est la riposte à l’agression brutale du capital qui veut transformer les paysan-e-s indépendant-e-s en chômeur-euse-s (afin de peser sur les salaires) ou en salarié-e-s ou quasi- salarié-e-s agricoles (afin de produire des marchandises médiocres à bon marché pour le marché mondial plutôt que des produits vivriers de qualité pour les populations locales).

Elle est le résultat aussi du travail d’organisation et de conscientisation mené par des syndicats paysans tels que Via Campesina, en particulier des occupations de terre par les paysan-ne-s sans terre

A la différence des salarié-e-s, les petits paysans ne sont pas incorporé-e-s au capital.

Quoique la production pour le marché tende à leur imposer des objectifs et des méthodes productivistes, ils/elles gardent aussi la mentalité de l’artisan soucieux de faire « de la belle ouvrage ». En dépit de la puissance de leur ennemi capitaliste, ils/elles se mobilisent pour garder ou reconquérir la propriété de leurs moyens de production.

Le rapport de force très inégal face à l’agrobusiness et à la grande distribution les pousse à chercher des alliances avec d’autres mouvements sociaux, notamment avec les salariés et avec le mouvement pour l’environnement.

Quant aux ouvriers agricoles, surtout les saisonniers sans papiers surexploités, ils/elles surtout n’ont aucune perspective de sortir des marges ultra-précaires du salariat. Malgré les intimida-tions et la répression fréquente par les employeurs, certains ont pu créer des syndicats et amé-liorer leurs salaires ainsi que leurs conditions de travail. Leur lutte est objectivement anticapitaliste.

L’importance de la question agraire ne doit pas être jugée uniquement à l’aune de la proportion d’agriculteurs/trices dans la population active, mais à partir de cinq faits objectifs :

Les modes de production agraires et la pêche sont au centre d’enjeux décisifs de santé humaine (obésité, maladies cardiaques, allergies, etc.) et de protection de l’environnement qui révèlent la force destructive du capital.

Les changements de comportements des consommateurs ne peuvent pas piloter la transition écologique, mais les choix en matière d’alimentation peuvent soutenir au niveau des filières des réorientations qui ont un impact écologique significatif.

La revendication de « souveraineté alimentaire » met en question la capacité des multinationales d’employer l’arme alimentaire contre les luttes des peuples. Elle permet d’unifier consommateurs et producteurs autour d’un combat et de pratiques générateurs de conscience anticapitaliste.

Le rôle important des femmes dans la production agricole.

Les femmes constituent 43% de la main-d’oeuvre agricole dans les pays dits « en développe-ment ». La discrimination patriarcale se traduit dans la taille plus petite de leurs exploitations et de leur cheptel, le niveau plus faible de mécanisation, une charge de travail plus lourde pour un rendement plus faible (par suite du poids des corvées non productives – notamment l’eau et le bois), et un accès moindre à la formation ainsi qu’au crédit (mais une part plus importante que les hommes dans le micro-crédit).

Les ouvrières agricoles ont de plus des statuts plus précaires que ceux des hommes. L’émanci-pation des agricultrices en tant que femmes est une des conditions déterminantes pour relever à la fois le défi de la souveraineté alimentaire et celui d’une agriculture écologique. C’est donc un enjeu écosocialiste en soi.

La filière agricole-forestière dans son est responsable de plus de 40% des émissions de gaz à effet de serre. L’agrobusiness est en outre un agent clé de l’empoisonnement chimique de la biosphère, tandis que la pêche industrielle et la pollution des eaux par l’agrobusiness sont des facteurs déterminants du déclin de la biodiversité dans les milieux aquatiques. En même temps, le réchauffement menace la productivité des terres et l’acidification due au réchauffement menace celle des écosystèmes aquatiques.

Le déclin de la biodiversité ne sera pas stoppé principalement par la création de réserves naturelles mais par le développement d’une agriculture écologique. Par ailleurs, réduire les émissions de gaz à effet de serre à zéro n’est plus suffisant pour enrayer le changement climatique.

Il faut dans les décennies qui viennent retirer du carbone de l’atmosphère. Dans sa logique de profit, le capital ne peut réagir que par les technologies d’apprenti-sorcier de la géo-ingénirie et une appropriation généralisée des « services écosystémiques ».

L’agriculture paysanne et une forestation rationnelle sont les seuls moyens de diminuer la concentration atmosphérique en carbone efficacement, sans dangers et dans la justice sociale. Ainsi, la protection de la biodiversité et celle du climat renforcent la nécessité de l’alternative écosocialiste et fondent matériellement la place décisive de l’alternative agroécologique dans cette alternative d’ensemble.

Le passage à une agriculture (et à une pêcherie, et à une sylviculture) écologiques constitue une condition majeure de construction d’une société écosocialiste, du même niveau d’importance que la démocratie des producteurs et l’utilisation d’une énergie 100 % renouvelable.

Or, cette agriculture est plus intensive en main-d’œuvre que l’agriculture industrielle. Le passage à une sylviculture soutenable et la restauration/protection des écosystèmes impliquent eux aussi une augmentation de la part de la population investie dans ces activités.

Relever ce défi requiert une politique de longue haleine de revalorisation des métiers agricoles, de formation des travailleurs et d’équipement des zones rurales en infrastructures et en services aux personnes, ainsi que le développement du maraîchage urbain. (Extrait voir lien)

mardi 11 juin 2019 Quatrième Internationale Inprecor, mars 2019

https://www.pressegauche.org/

Lire aussi:

Ecosocialisme 1 (4è internationale)

Ecosocialisme 3 (4è internationale)

Ecosocialisme 4 (4è internationale)

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13 août 2019 ~ 0 Commentaire

vicenzo (fr3)

Morbihan: un comité de soutien pour empêcher le renvoi de le militant italien

Depuis l’arrestation de Vincenzo Vecchi un groupe de quatre-vingts habitants du pays de Rochefort-en-terre se réunit pour discuter et échanger sur les actions possibles pour empêcher le renvoi du militant qui habitait dans ce coin de Bretagne depuis 8 ans.

Ils se retrouvent tous les jours en petits groupes ou en session plénière pour discuter et réfléchir aux actions à mener. « Ils » se sont des amis, des voisins ou de simples connaissances de Vincenzo qui le fréquentent pour certains depuis 8 ans, depuis qu’il avait posé ses valises dans ce coin du Morbihan. Ils ont donc décidé de créer un collectif de soutien pour empêcher le renvoi vers l’Italie de l’activiste.

Colère et détermination des soutiens de Vincenzo

« Après l’étonnement de découvrir le passé de Vincenzo nous sommes aujourd’hui dans la colère et la détermination » explique Jean-Pierre, un membre du collectif  « Soutien à Vincenzo ». Pour ce dernier il n’est pas question que Vincenzo soit renvoyer en Italie. « Le chef d’inculpation nous parait injuste et disproportionné ! Il a pris 13 ans pour avoir été au mauvais endroit au mauvais moment, cela nous révolte » s’indigne Jean-Pierre.  

Condamné grâce à une loi mise en place par Mussolini et réactivée par Berlusconi

Selon le collectif, Vincenzo Vecchi a été condamné en Italie pour « dévastation et saccage » au G8 de Gênes. « Cette condamnation a été rendue possible sur la base d’une loi adoptée en 1930  sous Mussolini et réactivée par Silvio Berlusconi » à l’occasion du sommet économique de 2001.

La justice italienne lui reproche aussi sa participation à une manifestation antifasciste, non autorisée, à Milan en mars 2006.

Pour le collectif morbihannais « il est impensable que la France renvoie cet homme vers l’Italie », pays qui a pour ministre de l’intérieur Salvini, un élu d’extrême droite. « Il va vouloir en faire un exemple » redoutent ses amis.

Ils rappellent aussi que « le G8 de Gênes a valu une lourde condamnation de l’Italie par la Cour européenne des droits de l’homme du fait des violences policières commises contre les manifestants, certaines ayant été assimilées à des « actes de torture », restait « une blessure ouverte en Italie ».

vicenzo

Appel au soutien devant le tribunal de Rennes Mercredi

Mercredi Vincenzo Vecchi doit passer devant la Chambre d’Instruction de Rennes. Les membres du collectif ont prévu de venir manifester leur soutien pacifiquement et espèrent que d’autres personnes se joindront à eux. Ils ne souhaitent cependant pas qu’il y ait le moindre débordement car cela pourrait pénaliser leur ami. Le collectif a fait appel à deux avocats afin d’avoir plus d’information sur le dossier et d’envisager une démarche en justice.

Maylen Villaverde 12/08/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Lire aussi:

Répression. En Italie, la vengeance d’État se mange froide (L’Humanité)

 

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13 août 2019 ~ 0 Commentaire

brest 1935 (bourrasque)

brest naval

Août 1935 Émeutes à Brest : Pourquoi en parler ? (1)

Il y a 80 ans Brest était le théâtre de plusieurs journées d’émeutes contre un ensemble de mesures que l’on qualifierait aujourd’hui « d’austérité » ; l’occasion de revenir sur un épisode méconnu de l’histoire de notre ville.

Une série d’articles sera donc publiée, revenant sur le contexte de ces émeutes, faisant une description de ces journées et tentant d’expliquer ce qui s’est déroulé à ce moment. Mais avant cela j’ai jugé nécessaire d’apporter quelques précisions quant à ma démarche, afin de mieux appréhender la lecture de ces articles, ne pas se méprendre sur leur but ou leur contenu.

Nous ne sommes pas historiens !

Ces articles ont été écrits en faisant des recherches assez complètes sur ces événements : journaux d’époques, mémoires de militants communistes, anarchistes et trotskistes relatant ces événements.

Ils sont donc issus de sources assez diverses et relativement fiables, et j’ai fais de mon mieux pour relater ce qui se rapproche le plus de la réalité, mais ma démarche n’est pas une démarche d’historien, cela ne veux pas dire que je déprécie mon travail, mais qu’il n’a pas vocation à être un point de référence pour une recherche historique, si vous recherchez ces références je ne peux que vous orienter vers les sources qui ont été utilisées pour l’écriture de ces articles.

Une démarche politique

Ma démarche historique est avant tout politique, partant du constat que l’histoire des luttes contre l’oppression est oubliée ou écrite par les oppresseurs. Celles et ceux qui luttent aujourd’hui, qui se reconnaissent dans les luttes d’hier, doivent faire le nécessaire pour se réapproprier cette histoire, qui est la leur, la nôtre.

En reprendre possession signifie ne pas en perdre le contenu, ne pas oublier les faits, mais aussi ne pas en oublier le sens : l’histoire n’est pas juste une suite d’événements et de dates, elle porte un sens politique.

Ces journées d’émeutes ne sont pas l’histoire d’une autre époque à commémorer tous les ans, c’est l’histoire d’un des nombreux combats contre l’oppression mené par les opprimés eux même, un combat émancipateur, pour une société plus juste, un combat qui est toujours d’actualité, et n’est pas une relique du passé.

13 août 2019

brest 1935 (bourrasque) dans A gauche du PS

Août 1935  Émeutes à Brest : Contexte politique et local (2/6)

   dans Brest et région

Août 1935  Émeutes à Brest : La mort de Joseph Baraër (3/6)

 dans Histoire

Août 1935 Émeutes à Brest : La journée du 7 août (4/6)

Août 1935 Émeutes à Brest : Funérailles, répression et vengeance (5/6)

Août 1935 Émeutes à Brest : Retour (6/6)

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13 août 2019 ~ 0 Commentaire

camioneurs portugal (csp-conlutas pùblico)

 portugal

CSP-Conlutas adresse son soutien aux camioneurs qui se battent au Portugal pour obtenir des droits

Les chauffeurs du Portugal mènent une lutte importante pour des salaires décents et le droit de grève. La mobilisation a largement montré les conditions de travail dégradantes auxquelles cette corporation est soumise.

L’Antram, l’association des employeurs a ignoré les accusations d’illégalité dans le respect des des augmentations de salaires, ainsi que des droits comme les indemnités en cas d’accident et de maladie des travailleurs.

Dans le but d’affaiblir la mobilisation, le gouvernement cherche à limiter le droit de grève via ce qu’il appelle des « services minimum »,  7/7 dans le cadre de mesures « visant à remédier à l’état d’urgence énergétique dans le pays ».

L’action débutera le 12 août. Les travailleurs ont besoin de l’aide pour préserver le droit de grève.

CSP-Conlutas exprime l’importance de la mobilisation, qui concerne non seulement les conducteurs, mais l’ensemble de la classe ouvrière, et soutient fermement la lutte.

« Ou un calendrier est établi pour des actions unifiées contre cette politique de bas salaires et d’anéantissement des droits des travailleurs, ou nous ne serons pas en mesure de faire échec à cette attaque frontale contre les droits des travailleurs ».

Tout le soutien pour les conducteurs de marchandises dangereuses!
Contre la pauvreté salariale et l’annulation du droit de grève!

08/09/2019

http://cspconlutas.org.br/

Commentaire:

CSP Con lutas est un syndicat brésilien

Ouest France:

La réquisition est « une grave attaque au droit à la grève », pour sa part dénoncé le porte-parole des chauffeurs en grève, Pedro Pardal Henriques, assurant que « les services minimums ont été respectés ». Les syndicats grévistes, qui réclament des hausses salariales, ont accusé les entreprises de transport d’avoir fait pression sur des chauffeurs pour qu’ils renoncent à leur mouvement. Lundi matin, des convois de camions-citernes ont commencé à quitter les princi-paux dépôts de carburant du pays sous escorte policière. Une partie des quelque 500 policiers et gendarmes préalablement formés à conduire des camions-citernes ont dû être mobilisés pour remplacer des grévistes. Une des dispositions de la réquisition permettra d’engager également des militaires, a précisé le gouvernement. Après une précédente grève des transporteurs de carburant, qui a provoqué d’importantes pénuries en avril, les chauffeurs de camions-citernes ont obtenu des augmentations de salaire qui entreront en vigueur à partir de janvier.

Syndicat appelants:

Sindicato Nacional dos Motoristas de Matérias Perigosas (SNMMP) / Sindicato Independente dos Motoristas de Mercadorias (SIMM) / Sindicato dos Trabalhadores de Transportes Rodoviários e Urbanos do Norte (STRUN).

Lire aussi:

BE em silêncio sobre estes serviços mínimos (Publico.pt)

Portugal moviliza a los militares para intervenir en la huelga de transportistas ante la escasez de combustible (Publico.es)

 

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12 août 2019 ~ 0 Commentaire

vincenzo (npa ucl)

vicenzo

Arrestation et extradition d’un militant anticapitaliste italien 

Liberté pour Vincenzo Vecchi

C’est une histoire qui en dit long sur l’état du monde: la France s’apprête à livrer au ministre de l’intérieur italien d’extrême droite Salvini un militant anticapitaliste et antifasciste pour des faits qui remontent à 18 ans.

Après Cesare Batisti, livré par le fasciste Bolsonaro, c’est au tour de Castaner et Le Drian de livrer un militant anticapitaliste au fasciste Salvini.

Vincenzo Vecchi avait été condamné par la justice italienne à 13 ans de prison pour sa participa-tion à une manifestation contre le sommet du G8 à Gènes en 2001.

Rappelons que lors de ces manifestation, un autre militant, Carlo Guliani avait lui été tué par balle par la police.

La cours européennes des « droits de l’homme » avait alors blanchi l’Italie de cet assassinat. Ces policiers, comme ceux de la « boucherie » du dortoir Diaz, sont aujourd’hui en liberté, il est hors de question que Vicenzo soit envoyé en prison pour des faits mineurs et une loi anticasseurs scélérates.

Un comité de soutien a vu le jours près de chez lui à Rochefort-en-Terre, le NPA Rennes le soutient bien évidemment et nous vous tiendrons informé.es de futures actions pour protester contre cette extradition intolérable. Mercredi Vincenzo Vecchi doit passer devant la Chambre d’Instruction de Rennes, le collectif a prévu de venir manifester pacifiquement .

Le NPA Rennes demande sa libération immédiate et l’arrêt de tout processus d’expulsion.

Dimanche 11 août 2019

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Un comité de soutien pour empêcher l’extradition de l’activiste italien (FR3)

Vincenzo Vecchi  Rassemblement Mercredi 14 Août  Rennes (Expansive)

Liberté pour Vincenzo (UCL)

 

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12 août 2019 ~ 0 Commentaire

vénézuela 1 (contretemps)

Chavez1

Qui dirige le Venezuela ?

Caste ou bolibourgeoisie ?

Les différentes fractions de la bourgeoisie en Amérique Latine et au Venezuela

La pénétration du capitalisme par la colonisation a créé une nouvelle classe dominante, la bourgeoisie, dont la fraction hégémonique est orientée vers le commerce avec les pays développés.

Cette fraction de la bourgeoisie, appelée la bourgeoisie comprador, s’est en quelque sorte spécialisée dans le commerce avec les multinationales. Puis commence à se développer une bourgeoisie « nationale », plus liée à la production endogène, industrielle ou agricole. Ces deux fractions de la bourgeoisie se sont souvent trouvées en concurrence ce qui s’est traduit par des conflits politiques.

Pour les pays dont l’essentiel de la production et du commerce est tiré par la rente, issue soit des hydrocarbures, soit des mines, la bourgeoisie orientée vers ce commerce international prend nettement le dessus[2].  Le capitalisme de rente a toujours été un système extrêmement corrompu. Phénomène qui ne peut que s’accentuer avec la libéralisation totale des marchés financiers, permettant ainsi toute latitude pour les opérations douteuses et frauduleuses.

Au Venezuela, l’industrie qui s’est développée hors secteur rentier est avant tout une industrie de montage (automobiles), et de traitement métallurgique (comme avec la SIDOR une des principales entreprises de sidérurgie du continent).

Mais le gros de la richesse produite et distribuée est concentré autour de la production d’hydro-carbures. La bourgeoisie qui en profite se construit grâce aux relations qu’elle noue avec les multinationales et les gouvernements étrangers.

Quand on sait que le gros de la production pétrolière alimentait directement les USA, on comprend mieux pourquoi le Venezuela est resté pendant toute la période post-révolution cubaine le pays le plus pro-américain du continent et surtout le seul à ne pas reconnaitre Cuba.

Car le gros de la bourgeoisie vénézuélienne est avant tout une bourgeoisie rentière adossée au marché mondial et qui s’enrichit soit en vendant à l’étranger, soit en transformant des produits importés.

Chávez est arrivé au pouvoir dans ce contexte particulier en pleine dérégulation néolibérale. Il a d’abord cherché à contrôler le pétrole, principale source de corruption, ce qui a expliqué la forte opposition de la bourgeoisie vénézuélienne.

C’est la source profonde de la violence de la réaction de la bourgeoisie, représentée par la droite et la Fedecamaras (fédération patronale vénézuélienne), mais aussi par celle de la CTV (centrale syndicale vénézuélienne) financée par la corruption, qui ont fomenté et réussi le coup d’État de 2002 avec l’aide des USA.

Le projet même de développement tel que l’exprimait Chávez dès le départ et notamment dans la Constitution [3], reposait sur une recherche d’alliance avec une bourgeoisie nationale. Malheureusement, dans une économie rentière, surtout dans le monde néolibéral actuel, la bourgeoisie des pays du Sud est totalement dépendante de la rente et du marché mondial.

Bien que Chávez n’ait jamais voulu remettre en cause le capitalisme, ses choix politiques, notamment le contrôle de la production d’hydrocarbures et la redistribution plus égalitaire de la rente, s’opposaient aux besoins de l’essentiel de la bourgeoisie comprador vénézuélienne toute orientée vers les USA et Miami.

Quel groupe social prend le pouvoir avec Chávez ?

Quand Hugo Chávez a été élu en 1998, c’est le personnage « atypique », on dirait antisystème de nos jours, qui a été choisi à l’encontre du pacte de non-agression des deux principaux partis qui se sont partagés le pouvoir depuis 1958, année de la chute de la dictature.

Il a profité de l’exaspération des couches populaires durement frappées par les mesures néolibérales des gouvernements précédents. Chávez a été largement soutenu par le peuple vénézuélien sur un programme anti-corruption, de rupture avec l’ordre constitutionnel et de meilleure répartition des richesses.

Mais en même temps son capital électoral ne se doublait pas d’une force politique ancrée au sein de la population, notamment chez les électeurs qu’il visait à convaincre. Le parti de Chávez, le  Movimiento Bolivariano Revolucionario 200 (MBR 200), est avant tout une organisation semi-clandestine, principalement composée de militaires (autour notamment de Raúl Isaías Baduel, Jesús Ernesto Urdaneta Hernández, Diosdado Cabello et Hugo Chávez). Sa création est aussi le résultat d’une stratégie menée par une fraction de la gauche révolutionnaire civile de s’implanter au sein des forces armées.

Le 21 octobre 1997, pour élargir sa base sociale en vue des élections présidentielles, le MBR-200 se transforme en MVR (Mouvement Cinquième république) et construit un regroupement de la gauche non social-démocrate, le Pôle Patriotique.

Hugo Chávez, candidat de ce rassemblement, est élu un an plus tard. Mais s’il conquiert le pouvoir politique, au sens qu’il investit l’ensemble des institutions et des administrations, et s’il s’inscrit clairement dans la gauche latino-américaine, de par son programme et ses alliances, le personnel politique qui occupe ce pouvoir est principalement issu de deux groupes.

Celui des militaires qui ont soutenu Chávez depuis la tentative ratée de coup d’état de 1992, et un regroupement des personnalités qui ont émergé au sein de la gauche révolutionnaire comme Alí Rodríguez Araque, Tarek William Saab Halabi, etc …

Le groupe social qui va diriger les affaires du pays est ainsi un regroupement composite, autour de la personnalité de Hugo Chávez, limité, mais il n’y a aucune organisation politique et sociale de masse, ni dans les quartiers populaires, ni dans les entreprises, ni dans les campagnes, qui puisse servir de point d’appui pour le nouveau pouvoir en gestation.

Le syndicalisme est totalement corrompu et inféodé à l’Action Démocratique, parti social-démo-crate qui partage le pouvoir depuis 1958 avec la droite représentée par le COPEI. Les organisa-tions populaires des quartiers pauvres et des bidonvilles ont été réprimées et décimées depuis le Caracazo de 1989. Quant au mouvement paysan il est d’une grande faiblesse, confronté à des propriétaires terriens qui règnent en maitre sur les terres cultivables du pays.

Cette originalité du chavisme, c’est d’avoir conquis le pouvoir sans appareil politique, en l’absen-ce d’armature organisée, à l’exclusion des forces armées qui l’ont soutenu. Cela explique en grande partie le poids déterminant de la personnalité de Chávez et le fait que l’orientation politi-que du régime, notamment ses virages successifs, ne font qu’une avec les intuitions politiques de Chávez.

Son arrivée au pouvoir implique un renouvellement du personnel politique, mais aussi la prise en main des entreprises publiques, ce qui nécessite des moyens humains. Le noyau originel est élargi et on retrouve quatre groupes visibles.

D’abord les anciens liés plus ou moins directement au précédent régime comme José Vicente Rangel (passé par l’URD[4], devenu candidat présidentiel indépendant, aux relations extérieures),  Álvaro José Silva Calderón (pétrole et mines), ou Maritza Izaguirre (économie et finances).

Puis quelques anciens militaires : outre Chávez lui-même, Luis Ramón Reyes Reyes (travaux publics et logement), puis Diosdado Cabello,  Raúl Isaías Baduel ou Jesse Chacón (défense)

Ensuite d’anciens dirigeants d’autres organisations politiques : Alfredo Antonio Peña (PCV, secrétariat de la présidence), Ali Rodriguez Araque (des FALN à la Causa R, pétrole et mines), Jorge Antonio Giordani Cordero (PCV, planification et développement), Gilberto Rodríguez Ochoa (AD puis MAS, santé), Luis Manuel Miquilena Hernández (justice, ancien de l’URD,), Julián Isaías Rodríguez (qui milita à l’AD puis au MEP, vice-président), ou Aristóbulo Istúriz Almeida (AD puis MEP, Causa R et PPT, éducation).

Enfin des personnalités diverses, dont le plus notable est Héctor Navarro (éducation)… Parmi ces collaborateurs de la première heure, nombreux sont ceux qui ont depuis rompu avec le chavisme, surtout après la victoire de Maduro, comme Hector Navarro,  Gustavo Márquez, etc  Quand d’autres ont été accusés de corruption après avoir critiqué Chávez, comme Raúl Isaías Baduel.

Ce panorama incomplet du début des gouvernements de Chávez correspond bien à un dosage complexe entre la volonté de s’entourer de « techniciens » comme Maritza Izaguirre, censée envoyer un signe favorable aux marchés financiers, Gilberto Rodríguez Ochoa, médecin et chercheur reconnu ou Álvaro José Silva Calderón, avocat ayant travaillé pour le régime précé-dent avec le ministère des mines et des hydrocarbures, et bien d’autres encore, mais aussi de militants qui l’ont soutenu, soit dans le cadre du Pôle Patriotique, soit pendant le coup d’État de 1992.

Autre caractéristique des gouvernements chavistes, dans les premières années, c’est la forte proportion de personnes issues des classes moyennes, notamment avocats, universitaires, ingénieurs, médecins. À la différence des gouvernements néo-libéraux, il y a une quasi absence de représentants du patronat, des milieux d’affaires ou de la finance.

Mais une campagne électorale cela demande des moyens. Et Chávez a bénéficié de soutiens au sein du patronat local comme Danilo Díaz Granado ou Umberto Petricca que nous retrouve-rons dans les arcanes du pouvoir, de même que plusieurs hommes d’affaires qui surgissent au début des années 2000 comme acheteurs des banques privées, avec Ricardo Fernández[5] (banques Confederado, Banpro et Bolívar), Torres Ciliberto dans les assurances ou Victor Vargas Irausquín, banquier vénézuélien qui a soutenu le gouvernement notamment dans sa recherche de fonds. Tous ces personnages amassent des fortunes considérables et sont des alliés du pouvoir chaviste.

Ce cinquième groupe de soutien au pouvoir en place amasse des fortunes grâce aux appuis que possèdent ses membres au sein des administrations. Économie rentière oblige, beaucoup font affaire dans le pétrole, soit en ayant la gestion directe de PDVSA (Petróleos de Venezuela S.A.), comme Rafael Ramírez, soit en obtenant des licences d’exploitation pétrolières comme Wilmer Ruperti.

Au départ, la consolidation de ce groupe social passe par l’obtention de licences d’exploitation ou d’importation, et la spéculation sur le bolivar et le dollar. Puis rapidement, surgissent les achats d’entreprises directement liées au marché financier international : banques, assurances, bourses locales. Ce groupe ne participe pas directement au pouvoir politique mais il s’associe avec lui pour réaliser des affaires.

Au fil des années, ce processus d’accumulation de richesses va être élargi aux personnalités liées directement au pouvoir politique. Cela va s’effectuer de deux manières : par la corruption, partie la plus visible du mécanisme d’enrichissement de la couche dirigeante car agrémentée de scandales périodiques, mais aussi par une législation qui va permettre à une partie du personnel politique chaviste d’accéder aux d’affaires et de créer leurs propres sociétés.

Mais à la différence de la république (1958-1998), cette nouvelle couche sociale qui regroupe aussi bien des bourgeois affairistes qui ont trouvé des opportunités à collaborer avec le régime chaviste, que de nouveaux entrepreneurs, directement issus des institutions, n’a pas de représentation politique clairement identifiée.

Le PSUV (Le parti « chaviste ») est devenu une machine électorale schizophrène, déchirée entre une direction peuplée de personnages qui profitent joyeusement du système, secoués régulière-ment par des cas de corruption, et une base qui proclame sa foi en la révolution et au socialisme.

L’absence de représentation politique de cette nouvelle couche sociale capable de réguler ses excès explique en partie l’abondance de règlements de compte qui traversent ce courant, ponctué d’accusation de corruption, de complot et de mises à l’écart. (Résumé voir lien)

Patrick Guillaudat  29 mai 201

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12 août 2019 ~ 0 Commentaire

vénézuela 2 (contretemps)

chavez

Trajectoire du chavisme au pouvoir

De l’occupation de l’État à son utilisation pour son propre compte

Les années qui suivent l’arrivée de Chávez au pouvoir sont celles des réformes sociales et économiques (avec notamment la loi sur les hydrocarbures). La bourgeoisie choisit de renverser le pouvoir en place avec le coup d’état de 2002, parce qu’elle se voit privée de ses ressources qui viennent principalement de la rente pétrolière, désormais essentiellement utilisée pour financer les politiques sociales.

Durant cette période, rien n’est joué et au sein du pouvoir, c’est la période des débats entre ceux qui veulent approfondir le processus de la révolution bolivarienne et ceux qui veulent tenter de pactiser avec l’opposition. Il ne s’agit pas seulement de débats politiques mais d’un début de cristallisation d’intérêts matériels.

Une partie du « bolivarisme » profite directement de la redistribution des cartes et notamment de leur place au sein des institutions et des entreprises publiques. Vers le milieu des années 2000, le débat commence à être lancé sur la question des privilèges accumulés grâce aux fonctions assumées au sein de l’appareil d’État. La question de savoir qui, de la « bolibourgeoisie » ou du courant des « bolivariens révolutionnaires », va gagner, devient centrale et cristallise l’apparition d’un chavisme de gauche, ou chavisme critique.

Si apparemment, rien n’est joué entre ces deux courants, la bascule aura lieu après deux évènements, l’échec du référendum constitutionnel de 2007 et la crise bancaire de 2008. Le premier va être interprété par Chávez comme un désaveu de sa politique et va accélérer sa volonté de concentrer le pouvoir au sein de l’exécutif.

Il n’aura de cesse de tenter de prendre le contrôle des organisations sociales, jusqu’à la scission organisée au sein de l’Unete (principale centrale syndicale, créée après le coup d’état de 2002 en soutien au retour de Chávez) pour créer une nouvelle confédération totalement inféodée au pouvoir, la CBST (Central Bolivariana Socialista de Trabajadores). Désormais, la radicalité de la phraséologie révolutionnaire est inversement proportionnelle à la réalité des politiques menées.

Le deuxième évènement est la crise bancaire de 2008. Alors que Chávez aurait pu choisir de profiter de cette crise pour imposer un système bancaire public, contrôlé par le pays, il a fait le choix de renflouer les banques en faillite et de laisser les autres continuer à spéculer. Désor-mais, la crise financière va s’aggraver, ouvrant la porte à une politique monétaire favorisant la spéculation avec la création de taux de change multiples.

Ces deux évènements constituent le point de bascule du régime. Entre 2009 et 2014, la plupart des dirigeants critiques, qui cherchent à alerter le gouvernement sur la corruption au sein du pouvoir ou proposent un changement de cap au niveau économique et social, sont écartés. Ces évènements ne sont pas réductibles à des problèmes de personne, mais ils traduisent la victoire du courant représentant la « bolibourgeoisie » ou la « caste corrompue » suivant les interprétations.

Quelle que soit la dénomination, cette victoire repose sur des intérêts matériels. Nous retrouvons le courant regroupé autour de Diosdado Cabello, ennemi juré de la gauche chaviste, qui s’appuie sur l’appareil militaire.

Nous avons aussi tous les dirigeants des entreprises publiques, qui se sont largement affrontés aux salariés, comme à la SIDOR, à CANTV (Compañía Anónima Nacional Teléfonos de Vene-zuela), à PDVSA ou à la Corporación Venezolana de Guayana. La corruption, marqueur fort des économies de rente, permet aussi à tout un personnel politique d’investir dans les secteurs les plus rentables : spéculation financière, mines, etc… Ce personnel politique a les mêmes intérêts que les quelques patrons qui soutiennent le régime depuis 1998, et participe directement au pillage de l’économie.

Signe de ce virage, le nouveau discours d’entrepreneurs très puissants qui se sont convertis en chavistes pragmatiques. C’est le cas par exemple de Gustavo Cisneros, magnat de la presse et une des principales fortunes du continent, qui après avoir soutenu le coup d’état de 2002, décida d’afficher sa nouvelle neutralité politique après 2007. Autre signe politique en direction du patro-nat, la constitution en février 2009 de la Confederación de Empresarios Socialistas de Venezue-la, qui est censée regrouper les patrons d’entreprises proches du pouvoir, bien que son importance soit restée très limitée.

Mais avec l’élection de Maduro, le phénomène de participation active des cercles du pouvoir dans l’économie va prendre une autre ampleur, en particulier quand le nouveau président décide d’accélérer la pénétration de l’économie vénézuélienne par les militaires. On est passé d’une stratégie de recherche de soutien au sein du patronat existant, qui est resté minoritaire, à celle de création ex-nihilo d’un nouveau patronat. (Résumé voir lien)

Patrick Guillaudat  29 mai 201

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09 août 2019 ~ 0 Commentaire

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socialistes

Parti socialiste : L’impossible renaissance

Après la débâcle du PS à la présidentielle et aux législatives, les projets de refondation pour une « nouvelle gauche » fleurissent.

C’est ainsi que Benoît Hamon, le candidat du PS à la présidentielle, battu à plates coutures dès le premier tour avec 6,3 % des suffrages exprimés, a lancé samedi son mouvement « du 1er  uillet » dont il entend faire « un initiateur, une des poutres, des états-généraux de la gauche ». Devant 11 000 personnes venues le soutenir sur la pelouse de Reuilly, à Paris, il a annoncé son départ du PS. « Je quitte un parti, a-t-il déclaré, mais je n’abdique pas l’idéal socialiste ».

Trois jours auparavant, le 27 juin, c’était Manuel Valls qui annonçait son départ, avec grandilo-quence : « Je quitte le PS, ou le PS me quitte ». Depuis son élection acquise d’extrême justesse, et contestée, dans la circonscription d’Évry, il cherchait un point de chute dans le groupe des élus macronistes, après avoir exploré la possibilité de créer le sien propre. Il aura finalement été accepté par LREM mais à condition de démissionner du PS et seulement en tant qu’apparenté.

Floraison de projets

« La déroute du Parti socialiste est sans appel. La gauche doit tout changer. La forme comme le fond. Ses idées comme ses organisations. Elle doit ouvrir un nouveau cycle », disait Cambadé-lis, le secrétaire général du PS, en démissionnant de son poste dès le lendemain des législati-ves.

Le Conseil national du 24 juin a voté très majoritairement une motion affirmant que le PS serait dans l’opposition par rapport à Macron : « Nous nous situons clairement dans l’opposition au gouvernement d’Edouard Philippe. Nous ne voterons pas la confiance à ce gouvernement. » Résolution démentie presque aussitôt par Olivier Faure, patron des 31 députés PS qui ont choisi de s’appeler la «Nouvelle gauche » : il faudra être « vigilant » mais aussi « constructif » par rapport au gouvernement.

Tandis que le Conseil national a décidé de la mise en place d’une direction collégiale qui devrait être désignée lors d’un prochain Conseil national, le 8 juillet, celles et ceux qui n’ont pas quitté le navire ont lancé plusieurs amorces de courants .

Arnaud Montebourg, avec « Inventons la gauche nouvelle », Najat Vallaud-Belkacem, avec « Réinventer la gauche de demain », enfin, Anne Hidalgo, Martine Aubry et Christiane Taubira ont lancé « Dès Demain », un « grand mouvement d’innovation pour une démocratie européenne, écologique et sociale ». Toutes et tous tournéEs vers l’avenir sans dire un seul mot et tirer les bilans du passé.

Le mirage du congrès d’Epinay

« Le parti socialiste a peut-être fait son temps. Il a eu des heures glorieuses. Ma conviction est qu’aujourd’hui il est temps de tourner une page pour nous inscrire dans un processus compa-rable à celui d’Épinay », déclarait Benoît Hamon samedi dernier.

En 1971, lors de ce congrès, Mitterrand réussissait son OPA sur un Parti Socialiste moribond, parce que responsable des sales guerres coloniales de l’État français, et se refaisait lui-même une virginité grâce à l’appui du Parti Communiste au sein de l’Union de la gauche. Dix ans plus tard, il était élu président de la République.

Le PS a pu renaître de ses cendres grâce à l’existence et l’appui du PCF, un parti fortement implanté dans la classe ouvrière, qui a mis ses militantEs et son crédit au service des ambitions de Mitterrand.

Celui-ci s’était juré de réduire son influence. Le PCF faisait 21 % des voix lors de la présiden-tielle de 1969 alors que Gaston Defferre, candidat socialiste, n’obtenait que 5 % des voix. Le PCF ressortira laminé de ses participations au premier gouvernement de l’Union de la gauche de 1981 à 1984, puis au gouvernement Jospin en 1997, perdant la plupart de ses militantEs, démoraliséEs par ses reniements, et son crédit dans la classe ouvrière.

Inutile de dire que La France insoumise d’un Jean-Luc Mélenchon, qui prétend vouloir remplacer le PS pour installer, comme il l’avait dit avant les législatives, une cohabitation avec le président Macron, serait bien incapable de s’écarter d’un iota de la politique que lui dicteraient alors les grands groupes financiers et industriels.

Pour toutes celles et ceux qui placent leurs espoirs de changement dans la renaissance d’une gauche, il n’y a d’avenir que dans la construction d’un parti des travailleurs, anti­capitaliste et révolutionnaire.

Galia Trépère Jeudi 6 juillet 2017

https://npa2009.org/

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