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10 janvier 2015 ~ 1 Commentaire

les citoyens sont invités à prendre le gratin en marche (politis)

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La grande marche convoquée pour défendre les « valeurs républicaines » a subitement pris, vendredi soir, une toute autre tournure. Celle d’une très mauvaise blague faite aux « anars » de Charlie hebdo qui brocardaient tous les pouvoirs et tous les obscurantismes.

L’atterrante controverse politicienne autour de la présence ou non du Front national, et la mainmise des partis politiques sur l’organisation de ce rassemble- ment avait déjà confisqué l’émotion et le sursaut citoyen qui s’étaient manifestés à travers le pays sitôt connu le raid meurtrier des frères Kouachi. Comme si cela ne suffisait pas, après le dénouement des deux prises d’otages de Damartin-en-Goële et Paris, plusieurs chefs de gouvernement européens et dirigeants de l’Union européenne se sont invités dans le cortège. Avant que François Hollande confirme qu’il en serait.

Marcheront donc autour de François Hollande et Manuel Valls, entre République et Nation, dimanche :

  • la chancelière allemande Angela Merkel,
  • le premier ministre britannique David Cameron,
  • le président du conseil italien Matteo Renzi,
  • le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy,
  • le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker,
  • le président du Parlement européen, Martin Schulz,
  • le président du Conseil européen Donald Tusk,
  • le chef du gouvernement danois Helle Thorning-Schmidt,
  • le chef du gouvernement belge Charles Michel,
  • le chef du gouvernement néerlandais Mark Rutt,
  • le président ukrainien Petro Porochenko…

L’Afrique sera représentée à cette Garden party par les présidents malien Ibrahim Boubacar Keïta et nigérien Mahamadou Issoufou, l’Amérique du Nord par le ministre américain de la Justice Eric Holder et le ministre canadien de la Sécurité publique Steven Blaney. Plusieurs dirigeants d’institutions internationales (Orga- nisation internationale de la Francophonie, Bureau international du Travail, Ligue arabe) ont également annoncé leur présence.

Cerise sur le gâteau, il y aura même le secrétaire général de… l’Otan Jens Stoltenberg. Sans doute pour mieux nous faire comprendre que « nous sommes en guerre », comme l’a martelé Manuel Valls.

Eux devant, le bon peuple derrière. Le gouvernement invite les citoyens à prendre le gratin en marche.

Avec un tel aréopage et ses mots d’ordre guerriers, l’unité nationale à laquelle nous appelait mercredi soir le président de la République ressemble furieusement à l’union sacrée qui précède les grands engagements martiaux. L’année Jaurès n’est plus qu’un souvenir.

« On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui. » Le mot bien connu de Desproges trouve, avec cet épilogue de l’effroyable attentat qui a frappé Charlie hebdo, une nouvelle déclinaison. Il nous faut dire aujourd’hui qu’on peut pleurer, manifester son émotion, mais pas avec n’importe qui.

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09 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

charlie hebdo, la tristesse et la colère (al)

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Le massacre perpétré dans les locaux de Charlie Hebdo, aujourd’hui en fin de matinée, est un acte ignoble, à condamner sans réserve. Le choc émotionnel est immense, et nous pensons en premier lieu aux proches des victimes.

Si ce carnage s’avère être l’œuvre de fascistes religieux, il faudra, une nou- velle fois, dénoncer les illusions mortifères des fanatiques qui rêvent d’assujettir la société à la religion. Nous continuerons à combattre tous les fascismes, qu’ils se drapent dans les religions juive, chrétienne, musulmane ou autres. Et, par avance, nous condamnons tout acte de violence islamophobe qui serait commis au titre de « représailles ».

La tristesse et la colère sont d’autant plus fortes que nous savons à qui va profiter ce crime. Cet événement effroyable va alourdir le climat raciste dans lequel baigne déjà la société française. Il apporte de l’eau au moulin des réactionnaires, politiciens ou littérateurs, qui dissertent sans fin sur le prétendu « choc des civilisations », et vomissent quotidiennement leur haine des musulman-es et des étranger-es.

Certes, Alternative libertaire est engagée dans la lutte contre toutes les forces rétrogrades. Mais cette lutte ne peut être menée dans le cadre d’une « unité nationale » factice, avec des responsables politiques qui, à droite comme à gauche, ont attisé la haine et sont en partie responsables du chaos actuel :
-  parce qu’ils ont soutenu le développement de forces islamistes armées pour divers motifs géostratégiques depuis les années 1980 ;
-  parce qu’ils ont mené ou soutenu des interventions militaires désastreuses en Afrique et au Moyen-Orient, pour des motifs impérialistes ;
-  parce qu’ils ferment les frontières à celles et ceux qui tentaient de fuir l’enfer en traversant la Méditerranée ;
-  parce qu’ils entretiennent la stigmatisation des travailleurs immigrés et de leurs enfants, en particulier lorsqu’ils sont supposés musulmans ;
-  parce qu’ils vont, profitant de l’émotion légitime dans la population, et sous couvert d’antiterrorisme, aggraver les lois liberticides.

Alternative libertaire, le 7 janvier 2015

http://www.alternativelibertaire.org/?Charlie-Hebdo-la-tristesse-et-la

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08 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

sécurité sociale: les patrons en première ligne des fraudeurs (lo)

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La fraude aux organismes de Sécurité sociale aurait atteint un chiffre record de 636 millions d’euros en 2013, selon un bilan officiel des services de Bercy. Ce chiffre, qui correspond à la fraude détectée, et non à une estimation de la fraude effective, est en augmentation de 13 % sur l’année précédente.

Sur les raisons qui provoqueraient cette hausse, qui pourrait être due à une meilleure performance des services antifraude, ou au contraire, à des fraudeurs plus performants et plus nombreux, personne ne s’avance.

Mais c’est le détail, la répartition de la fraude par « catégories » de fraudeurs qui est édifiant, car il va à contre-courant de tout ce qui est dit pour mettre en cause les salariés. Les chiffres montrent clairement que ce sont les entreprises et les professions libérales qui escroquent la Sécurité sociale.

Tout d’abord, près de la moitié du montant total des fraudes, 48,5 % exactement, est due au non-versement de cotisations sociales par des entreprises « indélicates », pour ne pas dire voleuses.

Par ailleurs, pour la seule Assurance-maladie, le rapport fait lui-même le rapprochement: il y aurait 174 millions d’euros de fraude en 2013 pour 174 milliards d’euros de dépenses la même année, soit mille fois moins, ce qui relativise largement leur importance.

Mais la plus grande partie de la fraude à l’Assurance-maladie, 154 millions d’euros, vient des professionnels de santé : les établissements privés de santé sont en bonne place, pour 66 millions d’euros, mais les infirmiers, les ambulanciers et taxis, les médecins et dentistes, tous ceux qui peuvent se faire rembourser des prestations surfacturées, ou carrément fictives, en ont largement profité.

Évidemment, le rapport cite également les fraudes des assurés sociaux, mais elles sont relativement minimes, et ne sont responsables qu’à hauteur de moins de 20 millions d’euros, notamment pour le versement d’indemnités jour- nalières ou de pensions d’invalidité indues. Enfin, les irrégularités aux prestations familiales, RSA et aides au logement, ne concernent que 21 000 « fraudeurs » pour 11,7 millions d’allocataires, soit 0,18 % du total.

Alors, qui sont les vrais fraudeurs qui mettent en péril l’équilibre de la Sécurité sociale ? Bertrand Gordes

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2423&id=10

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08 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

taxe sur les transactions financières: des paroles et pas d’actes (lo)

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Hollande, en panne d’annonces pouvant plaire à l’électorat de gauche, a ressorti sur France Inter le 5 janvier l’idée d’une taxe sur les transactions financières (TTF).

C’est pratique puisque, comme le gouvernement, à genoux devant le patronat et « l’entreprise », n’a pas la moindre intention de contraindre les capitalistes à quoi que ce soit, sa mise en œuvre est sans cesse repoussée. Ainsi ces politiciens peuvent en parler régulièrement. Cela avait déjà été le cas sous Jospin, en 2001, quand son principe, et seulement son principe, avait été adopté par l’Assemblée. Quatorze ans plus tard, on en est au même point…

L’idée d’une telle taxe a d’abord germé il y a quarante ans chez l’économiste américain Tobin, qui était loin d’être un anticapitaliste. Il s’agissait pour lui de décourager un peu les capitaux de se précipiter dans la spéculation en taxant, de façon très modérée, chaque transaction financière. En France, l’association ATTAC a repris cette idée depuis une quinzaine d’années, se contentant de réclamer aux États et aux institutions internationales l’instauration une telle taxe, au faible taux de 0,1 %.

Depuis quelques années, face au problème insoluble de leur endettement, des États européens se sont mis à considérer la perspective d’une telle TTF pour renflouer un peu leurs caisses. C’est le cas de la France, de l’Allemagne, et de neuf autres pays européens. Mais ces États sont tellement aux petits soins avec les « marchés » financiers, c’est-à-dire avec la bourgeoisie, qu’ils ne font rien d’autre que d’en parler.

En revanche ils ne perdent jamais de temps quand il s’agit d’augmenter les taxes qui pèsent sur la population, comme la TVA, dont le taux de 20 % est loin d’être marginal. Les ministres français sont passés maîtres dans l’art de parler surtout des difficultés de la mise en place de la TTF, pour se justifier de ne rien faire.

De toute façon le président français ne parle que d’un taux de taxation « faible, pour qu’il n’y ait pas de désorganisation des marchés », et pas avant 2016 ou 2017. En fait, synthétisant le peu de volonté des onze États européens qui bavar- dent de cette TTF sans rien décider, la Commission européenne a organisé des réunions autour du taux de taxation ridicule de 0,01 % pour les produits dérivés, tout en prévoyant des exceptions.

Même une telle TTF aussi indolore pour les capitalistes n’a pas vu le jour et, de toute évidence, n’existera dans les années à venir que dans les discours. On peut donc prévoir que Hollande continuera régulièrement à tenter de redorer son blason de gauche en resservant ce même plat de plus en plus fade. Lucien Détroit

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2423&id=5

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08 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

communiqué lcr.belgique

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La LCR/SAP est profondément choquée par l’attaque terroriste perpétrée aujourd’hui contre Charlie Hebdo.

Nous pensons d’abord aux victimes et à leurs proches.

Nous pensons également à celles et ceux qui vont servir une fois encore de boucs émissaires.

A qui le crime profite ? A ceux et celles, de part et d’autre, qui font leur business sur la haine et les préjugés. Qui veulent construire un ennemi intérieur, « l’Islam ». Le climat politique et social déjà délétère en France va encore s’aggraver à court terme.

La plus haute vigilance antiraciste et antifasciste est nécessaire. Refusons toute injonction de choisir entre le tout-sécuritaire et raciste et les délires fana- tiques réactionnaires.

De même, la solidarité avec les victimes de cet acte barbare n’est pas nécessairement synonyme de ralliement au type de positions que cet hebdo défendait ces dernières années.

Battons-nous plus que jamais pour la solidarité d’en bas, entre tou.te.s les exploité.e.s et opprimé.e.s.  LCR-web

http://www.lcr-lagauche.org/une-folie-barbare-et-reactionnaire/

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06 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

les chemins de podemos (npa)

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Héritier politique du Mouvement des Indignés, Podemos connaît une augmentation massive de la participation à ses cercles.

Il constitue, de loin, la meilleure initiative de gauche radicale depuis des années dans l’État espagnol. Après débats, sa direction cherche à le convertir en un parti politique centralisé et hiérarchisé centré sur la préparation élections législatives de 2015 avec le leadership charismatique de Pablo Iglesias.

Sur fond d’une vaste et sévère crise économique et sociale et d’une succession ininterrompue d’affaires de corruption affectant presque toutes les forces politiques ayant une représentation institutionnelle, est apparu en mars 2011 le mouvement des « indignés », suivi par des manifestations massives dans des dizaines de villes de l’État espagnol. La mobilisation sociale a mis en lumière la perte de crédibilité des principaux partis, exprimée par le slogan « ils ne nous représentent pas » et la crise de légitimité du système politique hérité de la transition post-dictature, le dit « système de la réforme » qui a abouti à la Constitution de 1978, fruit du pacte des socialistes et des communistes avec la droite issue du franquisme.

Dans l’État espagnol on est en pleine situation d’urgence sociale. L’inégalité et la pauvreté ont crû de manière alarmante. L’Organisation internationale du travail (OIT) estime que la perte d’emploi et la baisse des salaires sont les causes fondamentales de cette situation, dont le résultat concret est que le pouvoir d’achat des familles a chuté en moyenne de 17 %, perte qui va jusqu’à 43 % pour le tiers de la population qui gagne le moins.

En dépit des importantes mobilisations telles que celles de la grève générale du 29 mars 2012, les 100 000 personnes rassemblées à Madrid le 11 juillet 2012 en solidarité avec les mineurs, des « marées » blanche et verte contre la privatisation de l’enseignement et de l’éducation, des actions contre les expulsions de l’Asso-ciation des victimes des hypothèques, du million et demi de signatures visant à obtenir que le Parlement débatte d’une initiative législative populaire pour un logement digne, ou de l’impressionnante mobilisation réussie des Marches pour la Dignité du 22 mars 2014, le gouvernement du Parti Populaire (PP) n’a pas cédé sur le fond.

Et cela, malgré quelques victoires partielles comme celle des travailleurs des parcs et jardins et du nettoiement de la ville de Madrid contre les licenciements, le coup d’arrêt à la privatisation du système de santé dans la région de Madrid ou la victoire des associations de voisins de Gamonal, un quartier de Burgos, contre les décisions spéculatives dans leur quartier.  Une seule victoire claire et nette sur un thème central a été remportée à l’échelle de l’État : le PP a dû retirer son projet réactionnaire contre le droit des femmes à décider sur l’avortement, ce qui a provoqué la démission du ministre de la Justice. Aux yeux d’une grande partie des activistes, la lutte sociale n’atteignait pas ses objectifs parce qu’il était nécessaire de la combiner avec la lutte politico-électorale.

Dans ce contexte, où se combinent la désaffection vis-à-vis des partis institutionnels et l’incapacité de la mobilisation sociale à faire basculer la situation politique, Podemos est apparu comme un outil pour le changement aux yeux de beaucoup d’activistes sociaux et de larges secteurs de la population. Ce qui s’est confirmé aux élections européennes, aussi bien par les résultats (1 200 000 voix, soit 7,8 % des suffrages exprimés et 5 députés) que par le dynamisme dans la création de cercles et la participation aux meetings. Mais, par-dessus tout, par l’arrivée massive, à partir de ce moment, de militants de gauche et de personnes non militantes, y compris sans expérience politique, dans les cercles de Podemos.

Trois facteurs expliquent le succès de Podemos. 

●  En premier lieu un discours clair de dénonciation radicale des vieilles pratiques politiques antidémocratiques avec laquelle il veut rompre et un message direct et simple : il est possible d’impulser une politique alternative aux diktats de la Troïka. Des messages accompagnés par la dénonciation de la soumission à la Troïka d’une « caste » politique corrompue installée dans les rouages de l’État, cause des politiques d’austérité et de la prolongation de la crise elle-même.

●  En second lieu le fait d’avoir mis sur pied une structure ouverte (et donc proche) aux citoyens permettant leur participation aux décisions de Podemos : à l’élection de ses candidats et candidates aux élections, à la définition de sa ligne politique et à l’élection des composantes de ses organes de direction, synonyme de transparence, d’horizontalité et de proximité. C’est-à-dire, donner la parole aux citoyens, au-delà des structures partidaires.

●  Et en troisième lieu d’avoir travaillé et obtenu un grand écho médiatique, aussi bien dans les grands moyens de communication audiovisuelle que parmi les réseaux sociaux.

Un séisme politique

De ce fait « l’effet Podemos » a déstabilisé le panorama politique et le système de partis. Il affecte en particulier le Partido Socialista Obrero Español (PSOE) tout comme Izquierda Unida (IU). Le premier essaie de recomposer sa direction, mais en même temps il se voit contraint de montrer sa volonté d’aboutir à des pactes d’État avec le PP pour contrer la menace «rupturiste». IU, de son côté, actuelle-; ment la plus touchée selon les sondages par l’ascension de Podemos, est en plein processus de rénovation de son équipe dirigeante, avec la volonté de converger avec Podemos, mais sans pour autant mettre en question certains aspects de sa politique institutionnelle comme sa participation au gouvernement régional andalou avec le PSOE ou son attitude tolérante vis-à-vis du gouvernement du PP en Extremadura.

À l’heure actuelle, les sondages concernant les élections générales prévues pour fin 2015, mettent en évidence des intentions de vote pour Podemos entre 18 % et 22 %, avec la possibilité de se retrouver en tête, ce qui équivaudrait à des résultats électoraux entre 25 % et 27,7 %. Podemos deviendrait ainsi la deuxième force et Pablo Iglesias est un des leaders les mieux considérés par la population.

L’hypothèse que Podemos arrive à obtenir une majorité suffisante pour arriver au gouvernement tend à devenir un cauchemar pour les « pouvoirs de fait » dans et au dehors de l’UE. L’irruption potentielle d’une force susceptible de briser l’alternance entre la droite et la social-démocratie, au pouvoir depuis ces trente dernières années, qui aspire à balayer « la caste » et à prendre un nouveau cap suffit à montrer comment la peur a changé de camp.

L’éventualité d’un accès au gouvernement de Podemos, comme de Syriza en Grèce, est une anomalie historique absolue dans les systèmes bipartites euro- péens ; un point de rupture électoral qui reflète la grave crise politique de l’État espagnol et de l‘État grec. Mais bien qu’il s’agisse d’un point de rupture électoral, il ne faut pas oublier, en paraphrasant Marx, qu’à l’occasion, des processus de rupture sociale commencent en s’exprimant d’abord à travers des ruptures politiques, disons ici la rupture avec la caste, et qu’il ne faut pas les traiter à la légère. Dans la crise systémique que nous vivons, il est fondamental de le comprendre, parce que cela nous met face à des perspectives politiques et sociales absentes depuis des décennies.

C’est pourquoi, au-delà des limites et des contradictions que nous pouvons voir actuellement dans Podemos, ce serait une grave erreur de ne pas comprendre les dynamiques de fond et l’importance historique de son essor.

Voir la suite dans Inprecor.

http://npa2009.org/idees/les-chemins-de-podemos

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03 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

debout-payé ou la condition du vigile (ccr)

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Un premier roman sur les revers de l’impérialisme français : l’exploitation des travailleurs africains en France comme en Afrique

«Debout-payé» a fait parler de lui, il a reçu des critiques d’autant plus positives qu’il s’agit d’un premier roman pour son auteur: GauZ. Ce dernier est à l’image de son écrit, il en possède autant de facettes : longtemps étudiant sans-papiers, il est photographe, documentariste, scénariste, directeur d’un magazine en ligne et militant.

Car au-delà du style direct, sans circonvolutions, c’est surtout le propos très critique et très instructif qui nous semble intéressant. Le métier de vigile et de tous ces travailleurs « debout-payé » donne son titre au livre qui est également un récit sur l’histoire contemporaine de l’Afrique de l’Ouest et l’impact de l’impérialisme français.

A travers l’histoire de deux cousins ivoiriens travaillant en France, des années 1960 jusqu’à aujourd’hui, on suit les évolutions des sociétés françaises et africaines, du microcosme des étudiants africains à Paris, des bataillons de travailleurs africains employés aux métiers «invisibles» qui leur sont réservés.

Travailleurs invisibilisés, parce qu’assignés aux métiers que l’on connait : balayeurs, éboueurs, travailleurs de force dans le bâtiment et enfin vigiles. Les travailleurs africains en France ne sont dupes de rien, c’est ce que le roman énonce si bien. Un regard à la fois interne et externe qui permet de démonter plus crûment les lieux d’une société soumise au capital: cité dortoir, Séphora des Champs Elysées, Grands Moulins de Bercy attendant la réhabilitation, magasin de vêtements pas chers.

Tout cela est aussi bien passé à la moulinette que la sous-traitance, le fétichisme de la marchandise, le racisme instrumentalisé, la reconduite à la frontière, le slogan publicitaire dérivé de mai 68, la double-peine, le boubou vêtement «traditionnel» inventé par les Blancs, et autres résultats des mécanismes de divisions et d’exploitations.

C’est un roman profond qui varie entre l’anecdote éloquente et l’analyse sociologique, qui mêle politique africaine et folie du capital et de ses fétiches, dans un habile tableau de notre réalité, des sociétés africaines et françaises, deux miroirs placés face à face. Ces variations mêmes lui donnent un dynamisme peu commun dans la production littéraire contemporaine.

C’est qu’il s’agit bien d’un retour à la réalité, meilleur des instruments face aux clichés racistes et sexistes qui inondent nos quotidiens. Face à la racialisation ambiante, à l’idéologie de l’identité qui permet d’inférioriser, ce roman rappelle que chacun des individus, confronté à l’exil, trace sa propre voie face aux usages du capital, face à la Françafrique.

Attaché à décrire l’Histoire et les évolutions, ce livre décrit, entre autres, l’invention de la nouvelle race des «sans-papiers», le mot giscardien de la «préférence nationale». Il sait faire mouche et dévoile un humour consacré à un monde féroce. Car il s’agit bien d’une réflexion et d’une critique plus profonde que certains passages du livre pourraient laisser supposer ; non pas l’accumulation d’une suite d’anecdotes sur les mœurs comparés des consommateurs de magasins, mais bien quelque chose de l’aliénation liée au capitalisme.

C’est d’ailleurs, à défaut d’être un livre revendiquant bêtement son côté «engagé», un livre particulièrement et finement militant. Pour ceux qui en douteraient, on croise rarement dans un roman un sous-titre de paragraphe comme «grand capital aveugle et apatride», pas très éloigné d’un autre intitulé «police partout». Les chiens particulièrement méchants des romans se nomment rarement Joseph en l’honneur de Staline, Mobutu et Kabila. C’est bien la lutte des classes qui se manifeste à chaque page de l’histoire de ces hommes, qui en fait une histoire avec tant d’échos. Leo Serge

Gauz, Debout-payé, éditions Le nouvel Attila, Paris, 2014. 27/12/2014.

http://www.ccr4.org/Debout-paye-ou-la-condition-du-vigile

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31 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

soirée «on nous cache tout», le 12 janvier à paris (acrimed)

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« De l’air à France Inter » :

Dans le cadre de la campagne « De l’air à France inter », présentée ici même et détaillée sur son site

Présentation offerte par les gentils organisateurs  :

Le TAFTA, la ferme des Mille Vaches, les accidentés du travail, l’utilisation du CICE : les sujets qu’on n’évoque pas, ou qu’on oublie d’évoquer dans les médias sont nombreux. Alors « De l’air à France Inter » vous invite pour une grande soirée révélation, le 12 janvier à 19h à la Bourse du travail, 3 rue du château d’eau, Paris, métro République.

« France Inter, la vigilance », expliquait il n’y pas si longtemps une campagne publicitaire de la station.

En auditeurs attentifs et vigilants, le collectif « De l’air à France Inter » organise donc sa soirée « On nous cache tout » pour révéler tout ce que l’actualité nous cache. Tour à tour, Frédéric Lordon, Gérard Filoche, Gérard Mordillat, Serge Halimi, Danielle Simonnet (PG), Aurélie Trouvé (ATTAC), Julien Salingue (Acrimed) mais aussi des travailleurs, exposeront ce qui, à leur avis, n’a pas – ou pas assez – été abordé dans leur média : le TAFTA, la ferme des Mille Vaches, les accidentés du travail, l’utilisation du CICE, etc.

http://www.acrimed.org/

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30 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

Le plus beau sourire pour clore 2014 (ccr)

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Sincère, sarcastique, cynique ou sot ?

Edito de fin d’année

2014 tire à sa fin et tout le monde sourit : ceux à qui 2014 a porté chance comme ceux pour qui 2014 a été catastrophique et qui pensent pouvoir bientôt tourner la page. Hollande a retrouvé le sourire, lui aussi.

Depuis quelques semaines, on le voit un peu partout afficher un optimisme béat. D’un côté, il dit que le plus gros des contre-réformes est passé, les plus difficiles du moins, selon lui. De l’autre, il tient à faire savoir qu’il est persuadé que le moment de la reprise économique approche. Il est vrai que le jour où les politiciens cesseront d’être optimistes, il n’y aura plus besoin de politique (bourgeoise). Toute la question consiste à savoir jusqu’à quel point ils sont sincères (ou non).

« La vie en rose ». C’est le titre de l’édito du Figaro de vendredi dernier. Pour Paul-Henri Du Limbert, c’est l’occasion, bien entendu, de brocarder le gouvernement. «François Hollande, écrit l’éditorialiste, a préféré leurrer les Français en leur expliquant qu’il suffisait d’attendre des jours meilleurs [mais] les économistes ne voient rien qui soit susceptible de modifier profondément la donne ». Côté sourire, nous avons droit, ici, à la grimace sarcastique de celui qui est content que la situation aille de mal en pis et qui espère que la droite, qu’elle soit sarkozyste ou juppéiste, en tirera profit.

Les Echos affichent davantage de confiance en l’avenir: «Oui, le chômage peut baisser en 2015», dit le quotidien du MEDEF. Mais les patrons, on le sait, en demandent toujours plus. «Les décisions prises depuis un an, poursuit Les Echos, peuvent décoincer l’économie, mais il manque encore un déclic».

Le déclic en question, pour les amis de Pierre Gattaz, impliquerait une simplification du marché du travail, pour aller vers un contrat de travail unique (ce qu’est en train d’orchestrer le gouvernement de centre-gauche en Italie, ou, encore, s’attaquer à ce que Les Echos appellent le «sous-travail» dans le secteur public. Le sourire des Echos est sincère, certes, mais surtout parfaitement cynique. Tout ira pour le mieux l’an prochain, du moins pour la bourgeoisie, à condition que les travailleurs soient mis au pas.

Libération a choisi de finir l’année par une joffrinade: «Quand on voit tout en noir, on ne voit rien». Le sourire de Libé, c’est le sourire de l’ingénu, pour ne pas dire du sot. C’est le sourire de celui qui est plus hollandiste que Hollande et qui a fait le choix d’appuyer, coûte que coûte, le gouvernement. Faire étalage d’optimisme, voilà la ligne.

Selon Laurent Joffrin, la France peut se prévaloir de plusieurs points forts qu’il faut mettre en avant :

1) L’Hexagone est le troisième pays européen en termes de croissance depuis 2008 et se situe « devant la Grande-Bretagne, l’Espagne ou l’Italie ». Se satisfaire du fait qu’on se situe devant des pays qui se trouvent enferrés dans mille contradictions, voilà qui prouve l’esprit patriotard mais surtout bien borné et peu imaginatif de nos intellectuels de centre-gauche.

2) La France est l’une des principales économies européennes. On notera que les intellectuels en question n’hésitent pas à se répéter ni à répéter les mêmes âneries, pour se conforter.

3) La dette de la France est l’une des plus basses du continent…, sachant que le poids de la dette écrase tous les pays d’Europe, on voit, là encore, une preuve supplémentaire du sourire ingénu du sot.

Pour finir l’année, Le Parisien n’a pas hésité à allonger la sauce et à sortir un édito plus long que de coutume. « Vivement l’année prochaine », peut-on lire dans l’édition du 27 décembre. Le problème, selon Jean-Marie Montali, ce n’est ni le chômage, ni la crise, ni les contre-réformes, ni le manque de contre-réformes. Le problème, ce sont les « affaires » qui ont émaillé toute l’année 2014 et qui « ont contribué aussi à piétiner l’image de la politique ».

Avec un sourire plein d’espoir, cette fois-ci, Montali dit « attendre 2015 et le retour à la politique. La vraie ». Pour les classes populaires, la jeunesse et les salariés, qu’elle soit « classique » ou « moderne », « vraie » ou brinquebalante, la politique bourgeoise n’a jamais rien de bon…

Il serait temps que le sourire de tous ces éditorialistes et leurs amis de droite comme de gauche fasse place à une mine un peu plus préoccupée, comme celle qu’ils arborent lorsqu’ils constatent avec inquiétude que le climat social est atone, à première vue, mais fondamentalement instable. Voilà tout ce que l’on pourrait leur souhaiter, pour 2015. Que cette instabilité se réalise et que le sourire change de camp ! 28/12/14 Martín Noda

http://www.ccr4.org/Le-plus-beau-sourire-pour-clore-2014-sincere-sarcastique-cynique-ou-sot

Commentaire: CCR est une composante du NPA

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26 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

loi macron: la posture ou la lutte? (npa)

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Le projet de loi « pour la croissance et l’activité » de Macron serait, selon le Premier ministre, « une loi de progrès et de liberté ».

Progrès et liberté bien capitalistes : la liberté pour le plus fort d’exploiter le plus faible, le progrès pour les profits…

«Libérer », « investir » et « travailler » est le triptyque de la loi « pour libérer le potentiel inexploité de croissance et d’activité ». Il ne s’agit pas de donner du travail aux 5 millions de chômeurs ni de s’attaquer à la précarité… Non, pour les capitalistes, le chômage, la précarité sont les moteurs de leur croissance, celle des profits. Cette loi fourre-tout n’obéit qu’à une seule logique : liquider les acquis des salariéEs qui font obstacle à la liberté patronale.

Patrons et journalistes économiques à leur solde se permettent de dénoncer, au nom de la langue de bois libérale, les insuffisances d’une loi qui n’irait pas assez loin. Une façon pour eux de donner le change tout en poussant l’avantage pour demander la libéralisation totale du marché du travail. Combattre cette loi est d’abord et avant tout engager une campagne contre ces prétendues évidences libérales qui sont de vrais mensonges.

S’opposer, qui ? Et c’est bien là où les « frondeurs » ou EéLV sont paralysés par leur propre capitulation devant les dogmes de l’économie de marché et de la con- currence. Le radicalisme des « frondeurs » ne va pas plus loin que la critique du travail du dimanche. Martine Aubry dénonce une « régression sociale ». Pour Hamon, la « société de consommation s’est immiscée partout dans nos vies. La tâche de la gauche au pouvoir n’est pas de considérer que les Français ne sont que des consommateurs. Le dimanche est un jour pour faire société, pour faire famille, je suis attaché à ce moment-là. […] Donc, si les choses devaient rester en l’état, je voterai contre les dispositions sur le travail dominical et, évidem- ment, je ne pourrai pas approuver cette loi. » Avant même d’engager la bataille, il recule !

Même son de cloche du côté d’Europe Écologie-les Verts. Jean-Vincent Placé est même favorable à ce « qu’on trouve des compromis » sur le nombre de diman- ches où le travail serait autorisé. « Entre 5 et 12, il y a des marges de débat », a lancé Valls. Un débat pour laisser croire que le gouvernement discute avec ses prétendus opposants…

S’opposer, comment ? « L’ensemble des articles visent à la déréglementation sociale » dit à juste titre Pierre Laurent pour proposer « une bataille essentielle que nous devons mener de façon commune ». Commune avec qui ? Les « fron- deurs » ou EéLV qui ne veulent pas se battre contre le gouvernement ? « Il faut tracer une ligne d’arrêt sur laquelle nous pourrions remporter une victoire contre le libéralisme. Ce point d’arrêt, c’est le point Macron », défend Jean-Luc Mélenchon.

« Ce serait aux syndicats de porter cette mobilisation. […] On a vu comment un cadre collectif comme le « 3A » [Alternative à l’austérité] qui a convoqué la manifestation du 15 novembre contre l’austérité, a prouvé une plus grande capacité de mobilisation que les syndicats. Il réunit des associations, des syndicats et des partis. C’est la bonne alchimie pour le succès. » Faudrait-il encore que toutes et tous s’y investissent réellement. Une manifestation aussi réussie soit-elle ne peut suffire, c’est bien un affrontement avec le gouvernement qu’il faut préparer, aller dans le même sens qu’en Belgique ou en Italie, une grève générale qui se fixe l’objectif de faire céder le gouvernement.

S’opposer, quand ? L’intersyndicale du commerce de Paris, Clic-P, a appelé à une première manifestation le 16 décembre contre le travail du dimanche mais aussi pour réclamer le « retrait sans condition » du projet de loi Macron. Une nouvelle manifestation du commerce est appelée le 26 janvier, jour de l’ouverture des débats à l’Assemblée nationale. Le collectif 3A la soutient. C’est une première étape, mais c’est bien l’ensemble du projet qu’il faut mettre en échec.

Syndicats, partis politiques, associations doivent s’engager dans la mobili- sation pour mener une campagne de dénonciation du projet de loi qui ouvre notamment le terrain à la remise en cause du CDI revendiquée par le patronat. C’est bien une véritable campagne militante qui est à l’ordre du jour pour que les travailleurEs, les jeunes, puissent prendre la mobilisation en main.

Macron prétend « remettre la France en mouvement », nous avons l’occasion de lui donner raison : en mouvement pour faire échec à son projet !

Yvan Lemaitre

Voir aussi notre dossier consacré à la présentation du projet de loi Macron en pages 6-7 et notre article sur la mobilisation dans le commerce en pages 8-9.

Vendredi 26 Décembre 2014

 

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