Archive | A gauche du PS

26 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Succès de « podemos » après 4 mois d’existence (publico.es)

CARTEL_ELECTORAL

L’aventure commencée par le professeur Pablo Iglesias, certains de ses collègues et amis le 17 Janvier, avec le dépôt de l’inscription de « Podemos » au « Teatro del Barrio Lavapiés » a atteint son premier objectif, dimanche : obtenir une représentation au Parlement européen.

Et ils l’ont fait par la grande porte, avec cinq députés. Iglesias lui-même, l’enseignante et militante de la marée verte de  Cadix, Teresa Rodriguez, (membre d’Izquierda Anticapitalista, organsation soeur du NPA NDT), l’ancien procureur en chef anti-corruption, Carlos Jiménez Villarejo, la diplômée de sciences politiques actuellement serveuse, Lola Sanchez et le chercheur avec un handicap de 88%, Pablo Echenique.

Derrière lui, probablement les quatre mois les plus longs de sa vie. Tout d’abord, il a présenté une initiative née sous les regards méfiants de beaucoup: certains y ont vu une manoeuvre de l’extrême gauche, à la gauche de IU, avec peu de possibilités, dans un moment de crise du camp progressiste dans lequel IU avait une chance de croissance importante; tandis que d’autres l’interprétaient comme l’aventure personnelle d’un professeur excentrique avide de médias après avoir imposé un visage familier à la télévision.
Iglesias, depuis le début, était convaincu que la crise politique en Espagne, entraînait désaffection et rejet de la politique traditionnelle, qu’un mécontentement croissant de la base de la gauche votant historiquement PSOE, offrait un terreau fertile pour une récolte:  « transformer l’indignation en changement politique. » (…)

Dès le début des militants de différents partis de gauche se sont joint au projet ainsi que ceux du 15M. Le mouvement manquant de bases, ils ont créé les « Cercles Podemos ». Ils se sont multipliés comme des champignons. Dispersés à travers tout le pays plus de 300 cercles se sont crées, où de nombreux militants ont convergé, venant des mouvements sociaux, jusqu’à des personnes viennent à la politique pour la première fois.. En outre, il y a également des « cercles sectoriels» comme le «cercle autonome» ou le cercle «Forces armées. »

Avec ce cocktail, Iglesias n’a pas préparé seul une liste électorale ou un programme politique, mais il a construit « une méthode au service du peuple. » C’est précisément cette «méthode» qui a été leur marque de fabrique au cours de ces mois, la principale différence qui les sépare des autres formations politiques. Ils ont convoqué des « primaires citoyennes », pour composer la liste aux élections européennes, avec plus de 33 000 personnes qui s’y sont exprimées. Comme prévu, Iglesias a été élu tête de la liste. La deuxième place est revenue à Teresa Rodriguez, une jeune syndicaliste enseignante de la Marée verte de Cadix, ensuite l’ancien procureur général anti-corruption Carlos Jimenez Villarejo et Lola Sanchez, une licenciée qui a dû quitter l’Espagne pour trouver un emploi et travaille maintenant comme serveuse dans un bar. (…) (et un camarade handicapé NDT)

Comme la Gauche unie, ils soutiennent la candidature de Alexis Tsipras à la présidence de la Commission. (…)

« C’était quand la dernière fois que vous avez voté avec enthousiasme? » était leur  le slogan de campagne (…)

Pablo Iglesias a rappelé « Qu’il ya quatre mois, les cyniques nous ont dit que nous n’allions pas pouvoir. Et aujourd’hui nous leur avons montré que c’est possible. »(Résumé)

SAN LUIS MIGUEL GIMÉNEZ Madrid 25/05/2014 20:55 Mise à jour: 26/05/2014 07:51

http://www.publico.es/politica/522971/podemos-triunfa-en-las-urnas-con-solo-cuatro-meses

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26 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Le ptb décroche ses premiers sièges wallons (rtbf)

Besencenot-LoachLa LCR belge et le NPA soutenaient le PTB

Wallonie: le PTB entre au Parlement, Ecolo en chute libre

Le PTB-Go, 5,48% – 2 sièges

Le Parti des Travailleurs de Belgique (PTB) décroche ses premiers sièges au Parlement wallon à l’occasion d’une percée historique au sud du pays -surtout à Liège- les tout premiers députés de son histoire près de quarante ans après la naissance de ce parti marxiste-léniniste. « Beaucoup de travailleurs ont vu qu’il n’y avait que le PTB à leurs côtés. Ils vont trouver avec le PTB un relais dans les Parlements« , s’est félicité Raoul Hedebouw en début de soirée sur le site de micro-blogging Twitter. Plus qu’au PS, c’est manifestement surtout à Ecolo que le PTB a pris le plus grand nombre d’électeurs.

Belgique | Mis à jour le lundi 26 mai 2014 à 9h05

http://www.rtbf.be/info/belgique/detail_quels-enjeux-pour-le-parlement-wallon?id=8275025

PTB-GO! : une victoire et un encouragement pour toute la gauche (lcr.be)

26 mai 2014 par Secrétariat de la LCR

Nous reviendrons plus tard sur le bilan d’ensemble des élections du 25 mai, en Belgique et en Europe, qui méritent une analyse détaillée. Dans l’immédiat, et bien que le dépouillement ne soit pas encore terminé, la LCR exprime sa grande joie face à la remarquable percée des listes PTB-GO! (Gauche d’Ouverture) en Wallonie et à Bruxelles. Avec deux élus à la Cham- bre (Raoul Hedebouw à Liège et Marco Van Hees dans le Hainaut), au moins un élu au Par- lement wallon (Frédéric Gillot à Liège : un ouvrier sidérurgiste au Parlement !) et quatre élu-e-s possibles au Parlement bruxellois, c’est en effet de percée qu’il faut parler !

Comme des milliers de militant-e-s qui se sont donné-e-s à fond pendant des semaines, les membres de la LCR sont fier-e-s d’avoir contribué à mettre au centre de la campagne les enjeux sociaux de l’emploi, de la pauvreté et de l’injustice en général, empêchant ainsi les partis traditionnels – particulièrement ceux qui se disent de gauche – de fuir leurs respon- sabilités et leur bilan. Comme des dizaines de milliers d’électrices et d’électeurs, les mem- bres de la LCR sont fier-e-s d’avoir ainsi contribué au retour dans les assemblées élues de représentant-e-s de gauche qui seront les porte-parole des luttes et des revendications.

Le 1er Mai 2012, la FGTB de Charleroi lançait son appel au rassemblement des forces afin de présenter une alternative anticapitaliste, à gauche du PS et d’Ecolo. Formées par le rassemblement autour du PTB du Parti Communiste et de la Ligue Communiste Révo- lutionnaire, soutenues par de nombreuses personnalités de gauche indépendantes, les listes PTB-GO! ont su avancer dans le sens tracé par la gauche syndicale. Celle-ci peut légiti- mement se réclamer de la victoire, de même que tous ceux et celles qui, par leur enga- gement, ont contribué à dépasser les vaines querelles afin de créer une dynamique de ras- semblement, porteuse d’espoir à gauche. La poursuite de cette dynamique sera le gage de nouveaux succès. La LCR est prête à s’y investir.

Malgré de très bons scores, une forte campagne et de nombreux soutiens dans la société civile, les listes PVDA+, en Flandres, ne débouchent malheureusement pas sur l’élection de représentant-e-s. A Anvers, le président du PTB, Peter Mertens, rate le siège de justesse, à quelque 2000 voix. Ce résultat est pour la plus grande partie imputable au contexte politique général au Nord du pays, fortement dominé par la droite. En même temps, le score de Groen!, la dégelée du Vlaams Belang et le fait que la somme des scores NVA+VB+LDD recule légèrement montre que l’électorat ne glisse pas unilatéralement vers la réaction.

En dépit de leurs faibles moyens, les candidat-e-s du SAP sur les listes PVDA+ en Flandre et les candidat-e-s de la LCR sur les listes PTB-GO! en Belgique francophone ont fait de bons, voire de très bons résultats. Ceux-ci témoignent de leur implantation dans la société, de la sympathie pour l’alternative anticapitaliste, féministe et écosocialiste portée par la LCR-SAP et de l’estime dont notre organisation jouit pour sa capacité à mettre les intérêts du mouvement ouvrier au-dessus de ses intérêts de chapelle. C’est dans cette voie que nous poursuivrons notre action.

Une nouvelle étape s’ouvre à présent. Une vague brune se renforce dans toute l’Europe. En Belgique, la formation d’un gouvernement sera une fois de plus fort difficile. Mais une chose est certaine : quelle que soit l’issue des négociations qui vont commencer, l’austérité conti- nuera de plus belle. Le mouvement syndical est placé devant un choix fondamental : soit il continue à s’inscrire dans la logique du « moindre mal », tout continuera d’aller de mal en pis, et la gangrène fasciste percera chez nous comme ailleurs ; soit il rompt avec cette logique, élabore une alternative anticapitaliste et mobilise les 99% pour l’imposer par la lutte. A son échelle, le succès des listes PTB-GO! montre que cette voie est praticable, et qu’il est possible de renverser la situation. Il est grand temps !

http://www.lcr-lagauche.org/ptb-go-une-victoire-et-un-encouragement-pour-toute-la-gauche/

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23 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Podemos et la possibilité de susciter une force effective contre l’austérité (al’e)

http://loquepodemoshacer.files.wordpress.com/2014/02/podemos-presentacic3b3n-cine-palafox.jpg?w=500&h=273

Quel genre de personnes participe à la campagne de PODEMOS?

Teresa Rodríguez. Il y a un mélange de profils politiques. Des gens provenant du 15M [15 mai 2011, date symbolique du «mouvement des indignés»], des différentes mareas [les marées sociales] ou qui ont une trajectoire militante plus ancienne ainsi que des personnes complètement nouvelles [à l’action politique]. Ce qui est positif c’est que les personnes qui ont plus d’ancienneté en politique se sont très bien adaptées au «profil» des nouvelles vagues d’activistes sociaux de la période qui a succédé au mouvement des indignés.  (…)

Ce qu’il y a de positif c’est qu’il n’y a jamais eu une telle fraction de la population indignée par le système et qui ne croit plus dans le régime (les institutions issues de la «Transition» de la dictature de Franco à la «démocratie», entre 1975 et 1978). Il y a énormément de personnes qui ne se sentent pas représentées et nous devons être audacieux afin de parvenir à organiser cette majorité sociale [2].

Le groupe à l’origine de PODEMOS est composé principalement des personnes du programme La Tuerka [programme télévisé de gauche] et de l’entourage de Pablo Iglesias [l’un des deux présentateurs phares, aux côtés de l’historien Juan Carlos Monedero] ainsi que d’Izquierda Anticapitalista. Comment fonctionne la relation entre ces deux composantes?

Nous nous entendons sur la direction à suivre, la marche. Je dis toujours que nous éla- borons le patron en même temps que nous le cousons. Des complications apparaissent, mais cela est normal lorsqu’il s’agit d’une polyphonie de voix et il est normal que cette diversité soit encore plus importante si nous rencontrons un succès le 25 mai 2014 [lors des élections européennes] et que quelque chose se poursuive sur cette lancée.

La protestation sociale depuis le 15M continue d’être composée majoritairement de personnes des «classes moyennes» paupérisées et d’universitaires précaires. Où se trouvent les autres secteurs populaires?

Il y a deux secteurs sociaux qui nous manquent depuis le 15M. D’un côté, les travailleuses et travailleurs des secteurs productifs traditionnels, comme l’industrie, et, de l’autre, les sec- teurs plus individualisés et désorganisés, comme les personnes au chômage et précaires. Atteindre ceux-ci est un éternel défi, mais le PAH [Plateforme qui lutte contre les expulsions de logements] ou les assemblées de chômeurs et chômeuses sont un exemple qui indique que peuvent se développer la conscientisation et l’organisation de secteurs sociaux qui, jusqu’ici, ont été majoritairement à la marge de la mobilisation. Nous avons une ample histoire de défaites derrière nous et la conséquence logique de cela est la résignation et la démobilisation de la majorité sociale.

Quelles seront les relations avec IU [Izquierda Unida, coalition de gauche dominée par le Parti communiste] et d’autres formations politiques? Y a-t-il à l’horizon la formation de quelque chose de semblable à SYRIZA?

En Grèce, SYRIZA a refusé de gouverner avec le PASOK [Parti socialiste panhellénique] parce que cela impliquait appliquer les politiques de la Troïka. Si IU est disposée à suivre ce chemin et à maintenir une politique anti-Troïka, de désobéissance, nous nous rencontrerons, mais opter pour reproduire dans d’autres communautés des accords comme en Andalousie, cela serait fermer une fenêtre d’opportunités [3]. Lorsque la gauche gouverne et qu’elle aussi opère des coupes budgétaires, il en ressort l’idée qu’il n’y a pas d’autres alternatives. Suivre cette voie implique entrer dans un cercle vicieux que nous connaissons déjà: les bases sociales de la gauche [en l’occurrence du PSOE] sont déçues, la droite gagne et ensuite on vote à nouveau en faveur du PSOE, comme autodéfense. Nous avons actuellement la possibilité de créer un grand espace commun en opposition à l’austérité et pour la rupture avec la Troïka, quelque chose qui soit plus qu’une simple addition de sigles, qui soit ouvert et participatif et qui intègre beaucoup plus de gens.

PODEMOS intègre beaucoup de personnes qui proviennent des mouvements sociaux. Comment éviter, ainsi que cela s’est produit au cours de la Transition, que ces mouvements perdent leur existence et que les personnes les composant cessent d’être des activistes sociaux, absorbés par la militance au sein de partis ou par le travail institutionnel?

Au cours de la Transition, ce processus eut lieu justement parce que l’objectif était préci-sément de démobiliser les gens. Ce que nous recherchons est exactement le contraire: forger une organisation qui se profile en termes d’économie du temps de l’engagement militant des personnes, de telle façon à ce que personne ne renonce à ses autres appar- tenances sociales, syndicales ou de parti pour être strictement membre de PODEMOS.

Nous sommes en faveur d’une politique dé-professionnalisée, dans laquelle les charges publiques soient exercées avec des rotations, pour un temps limité et pour un salaire qui soit identique à celui d’un travailleur normal. Un autre danger est que cette limitation des charges publiques puisse priver l’organisation, trop tôt, de certaines personnes très précieuses… C’est le problème auquel s’affronte en ce moment les CUP avec David Fernández [Can- didatura d'Unitat Popular, formation de la gauche radicale présente en Catalogne et au Pays valencien; elle compte trois représentants au Parlement].

Les CUP obligent à quitter la charge élective après une législature. C’est peut-être trop ra- pide car les relèves mettent aussi du temps pour se former. L’un des défis est que tout le monde dispose d’une formation et d’un bon niveau pour pouvoir représenter l’organisation à tout moment et d’éviter de recourir toujours au raccourci du leader. Une grande direction peut masquer une organisation faible. Quant au cas concret de David Fernández, le fait qu’il se retire du Parlement ne signifie pas qu’il va disparaître de la vie publique, sociale et politique catalane.

L’euro: oui ou non?

Il ne faut pas faire un fétiche ni de garder l’euro ou sortir de l’euro. Sortir de l’euro ne va pas résoudre tous nos problèmes et encore moins si nous le faisons d’une manière unilatérale, à la marge d’une alliance quelconque avec d’autres pays du sud et de la périphérie de l’Eu- rope. Actuellement, dans notre situation, la clé devrait surtout être de chercher des alliances avec d’autres Etats pour nous affronter au problème de la dette, qui est illégitime et impayable. (Traduction A l’Encontre; entretien publié dans Atlantica XXII)

Publié par Alencontre le 22 – mai – 2014 Entretien conduit par Diego Díaz

Entretien avec Teresa Rodríguez  candidate de PODEMOS aux élections européennes et militante d’Izquierda Anticapitalista. Le vent souffle en faveur de PODEMOS qui se profile comme la grande surprise électorale pour l’échéance des élections européennes qui se tiendront le dimanche 25 mai. La liste conduite par Pablo Iglesias a, selon tous les son- dages, une présence garantie au Parlement européen, oscillant entre un et trois eurodéputés selon différentes enquêtes. Habitante de Cadix (capitale de la province du même nom et partie de la Communauté d’Andalousie), Teresa Rodríguez, enseignante du secondaire, activiste de la Marea Verde [mouvement social s’opposant aux contre-réformes dans l’éducation] et militante d’Izquierda Anticapitalista (IA) figure en deuxième position sur la liste de PODEMOS. Ce fut l’une des surprises des élections primaires [processus interne de sélection des candidats réalisé au sein d’une formation très hétérogène]. Elle participait à un meeting à Langreo, invitée par le Cercle PODEMOS de bassin du Nalón (Asturies).

http://alencontre.org/europe/espagne/espagne-podemos-et-la-possibilite-de-susciter-une-force-effective-contre-lausterite.html

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22 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Grèce, encore une fois entre deux élections décisives (avanti.be)

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Le premier tour des élections locales et régionales du 18 mai en Grèce a signifié à nouveau un séisme politique.

Il s’agit de la deuxième restructuration radicale du paysage politique après les doubles élections nationales du 2012. La participation (61,5%) a diminué par rapport aux élections nationales de 2012, mais pas par rapport aux élections régionales de 2010 (60,9%). Beau- coup de commentateurs ont souligné le taux d’abstention élevé dans la municipalité d’Athè- nes (51,4%) mais, la dernière fois, il avait été encore plus important (57%).

L’affaiblissement des forces gouvernementales et pro-Troïka est énorme par rapport aux dernières élections régionales, mais il est moindre comparativement aux dernières élections nationales. Lors des dernières régionales, les candidats soutenus par la Nouvelle démocratie droite conservatrice) et le Pasok (social-démocratie) avaient obtenus 66,4%, alors que maintenant ils arrivent à peine à 26,3%. Οn pourrait également ajouter le score de la « Gauche démocratique » (4,4%), scission droitière de Syriza qui a participé au gouver- nement entre 2012 et 2013. Le Pasok – en pleine décomposition – n’a soutenu officiellement aucune liste, car cela lui ferait plus de mal que de bien.

L’Aube dorée (néonazis), qui ne s’était même pas présentée aux élections régionales en 2010, a maintenant 8,2% des voix et des élus dans 12 des 13 conseils régionaux du pays (elle fait d’ailleurs 16% dans la municipalité d’Athènes). Ainsi, cette organisation criminelle néonazie – clairement soutenue par des fractions des classes dirigeantes économiques et politiques – ne cesse de progresser malgré le fait que ses militants ont déjà été condamnés pour les meurtres d’un travailleur pakistanais et d’un militant de gauche grec et qu’ils continuent à commettre systématiquement des attaques violentes.

Syriza a quadruplé son score en passant de 4,4% (2010) à 18% aujourd’hui, mais elle est largement en dessous de sa performance aux deuxièmes élections nationales de 2012 où elle avait obtenu 26,89 %. Cette différence permet aux défenseurs de la politique de la Troïka de répéter dans les médias – où ils ont pratiquement le monopole de la parole – que « on a peut-être perdu, mais vous n’avez pas gagné non plus ». Syriza ne sera présent que dans 5 régions. La Nouvelle démocratie le sera dans 12 d’entre elles. Dans les 7 régions des candidats « indépendants » ont passé au deuxième tour. Il s’agit de cadres qui ont fait leur carrière avec le Pasok ou la Nouvelle démocratie et qui ont préféré jouer aux « politiquement neutres » uniquement concernés par « les problèmes de la région ». En réalité, il s’agit de politiques soutenus par des entrepreneurs qui promettent aux citoyens appauvris des emplois, même si très mal payés. (…)

En tous les cas, le vote en leur faveur n’est pas un signe d’émancipation populaire ou de « maturité politique » comme veulent le faire croire les serviteurs politiques de la Troïka. Comme l’a fait remarquer Stathis Kouvélakis, professeur de théorie politique et membre de Syriza, les relations de représentation politique traditionnelles et systémiques sont mieux ancrées dans la société civile – dans le sens gramscien du terme – au niveau local et régional que sur la scène politique centrale – nationale. Le médecin Panos Papa- nikolaou, élu conseilleur communal avec Antarsya, la coalition de la gauche anticapitaliste, dans la municipalité populaire de Péristeri, a également souligné qu’« au sein des milieux populaires coexistent une tendance à s’émanciper (des partis traditionnels) qui est plutôt timide et qu’on essaye de soutenir, et une tendance à la soumission, d’achat de vote du pauvre par le riche. Cela s’est exprimé ici avec la liste du maire Pachatouridis, étiqueté « indépendant », mais soutenu par tous les patrons et les forces politiques pro-mémorandum (plans d’austérité) et d’extrême droite ».

On a vu des cas où des équipes de football sont devenues un véhicule mieux adapté que les partis traditionnels pour fédérer les classes populaires autour d’un réseau d’entre-preneurs. C’est le cas des élections municipales à Vólos et au Pirée, où les listes avec les présidents de l’équipe de chaque ville (qui, dans le deux cas, s’appellent Olympiacos) sont arrivées en tête du scrutin. Au Pirée, le tout puissant armateur Marinàkis, président de l’Olympiacos, a été élu conseiller municipal dans une liste emmenée par l’un de ses hom- mes. Une alliance formée par les armateurs qui rêvent de transformer le front de mer du Pirée en une zone avec des bureaux, des hôtels et un port de plaisance, l’a soutenu contre des projets concurrents de l’entrepreneur Mélissanidis. Ce dernier est soutenu par la Nou- velle démocratie locale officielle, qui veut agrandir les raffineries avec la participation des Chinois de Cosco, qui veulent acheter une plus grande partie du port. Mis à part l’Olym-piacos, un autre soutien qui a beaucoup pesé en faveur de Marinakis a été celui de l’Arche- vêque du Pirée, qui a distribué des bulletins de vote avec la soupe populaire de l’église et a appelé à voter pour lui lors de la messe. Il s’agit là de réseaux mafieux où des clubs de supporteurs de foot, mais aussi des néonazis, sont impliqués dans des actes d’intimidation des adversaires politiques ou de ceux qui veulent apparaître comme neutres, et qui organise le système clientéliste.

Comme Kouvélakis l’explique également, tout cela ne peut être combattu qu’avec une organisation politique démocratique largement implantée dans la base populaire et qui interviendrait sur tous les aspects du quotidien, dans les lieux de travail et d’étude et dans les quartiers. L’absence d’un tel effort d’organisation dans la base de la part de Syriza après sa percée électorale de 2012 explique peut-être pourquoi sa croissance est plus limitée au niveau local et régional. Dans les élections syndicales, le KKE continue à avoir des forces plus importantes que Syriza et dans les élections étudiantes, les forces proches d’Antarsya, dépassent Syriza aussi.

Ainsi, si Syriza arrive en tête dans la région d’Attique, qui représente 1/3 des électeurs du pays, avec 385.500 voix, son pourcentage (23.8%) est largement inférieur au 30,61% de juin 2012. La Nouvelle démocratie n’est même pas au deuxième tour en Attique, comme pour la première fois, elle ne l’est pas non plus au deuxième tour pour la municipalité d’Athè- nes. Celui-ci va se jouer entre le candidat de Syriza, Sakellaridis, qui a fait de loin le meilleur score de la gauche dans l’histoire, et Kaminis, le maire « centre-gauche » sortant étiqueté « indépendant ». Là, la fraction locale de Syriza est implantée et impliquée dans les luttes locales, ce qui confirme que c’est à ce niveau là que les choses se jouent.

Le Parti communiste (KKE), avec 9% des voix, se renforce par rapport aux élections nationales de juin 2012 (4,5%) et dépasse un peu son score de mai 2012 (8,5%). Il est en faible recul par rapport au régionales de 2010 où il avait obtenu 10,5%.

Antarsya, la coalition de la gauche anticapitaliste, fait le meilleur score dans l’histoire de ce qu’on appelle en Grèce la « gauche extra-parlementaire ». Avec 128.154 voix dans 12 régions, 7 élus et un pourcentage national de 2,3%, elle peut espérer franchir la limite de 3% aux européennes et faire élire un député. Ces pourcentages ont été encore plus grands dans les 30 municipalités où elle s’est présentée. La poursuite de sa croissance aux européennes jouerait un rôle de catalyseur pour avoir une gauche plus combative en Grèce. (…)

Les résultats électoraux des forces politiques pro-mémorandum vont être sûrement encore  pires aux élections européennes. Leur enjeu principal est le rapport de forces entre celles-ci et les forces de la gauche radicale. Si les premières sortent très affaiblies, il sera très difficile de ne pas organiser de nouvelles élections législatives.

Mais l’absence d’une dynamique forte en faveur de Syriza montre que sa tactique de rapprochement du « centre » politique et des « classes moyennes » ne fonctionne pas. Et cela parce que, dans un pays ayant deux millions chômeurs sans aucun revenu et trois millions sans assurance-maladie, il ne reste plus beaucoup de « centristes », ni de classes moyennes. Les gens ont besoin d’un programme alternatif cohérent sur lequel ils peuvent s’appuyer avec confiance et avec lequel se battre. Les positions plaidant pour une « rené- gociation de la dette » avec Merkel, pour un programme d’austérité un peu plus « humain », pour « combattre l’extrême pauvreté d’abord et l’injustice sociale plus tard », pour des parte- nariats public–privé, pour « faire respecter la loi aux oligarques » mais sans les exproprier, pour exclure explicitement toute idée que la Grèce pourrait exister hors de l’OTAN, de l’Euro ou de l’UE, ne peuvent pas consister un tel programme de changement de cap, mais seulement celui d’une gestion dans le cadre néolibéral actuel de la sortie de la récession qui dure depuis 7 ans.

Avec la chute du gouvernement, le résultat électoral doit signaler le début d’une restruc-turation rapide de la gauche radicale et d’un nouveau rassemblement autour d’un program- me de rupture contre la Troïka et les oligarques et qui place les classes populaires en tête. Un tel mouvement politique pourrait inspirer toute l’Europe. Yiorgos Vassalos

Grèce, encore une fois entre deux élections décisives (avanti.be) dans A gauche du PS tableaugrece2-b56c7

Pourcentages des partis aux régionales de 2014, en comptant aussi les indépendants aux partis desquels ils proviennent

http://www.avanti4.be/analyses/article/la-grece-encore-une-fois-entre-deux-elections

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22 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Besancenot: la gauche radicale ne doit pas basculer dans le souverainisme

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Sa dernière candidature date des régionales de 2010. Olivier Besancenot, porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste, a choisi les européennes pour revenir au premier plan en étant tête de liste en Ile-de-France.

Pourquoi revenir aux élections européennes ?

Olivier Besancenot : J’ai délaissé la scène électorale comme candidat, pas comme mili- tant. Aux européennes, la spécificité est d’avoir des listes collectives qui n’ont pas les incon- vénients politiques que j’ai cherché à dénoncer. Ce qui m’a décidé, c’est aussi l’urgence sociale et politique : la crise de représentation, la percée de l’extrême droite. Et en même temps, les éléments d’espoir, comme la manif du 12 avril que nous avons co-organisée dans le cadre d’un collectif où, pour la première fois, il y avait une jonction entre une partie de la gauche sociale et la gauche non gouvernementale. La séquence n’est pas tout à fait la même qu’au début du quinquennat où l’ultra-droite, voire l’extrême droite fascisante, avait toute la visibilité du rapport de force.

Pourquoi avoir proposé un accord au Front de gauche et si tardivement ?

Nous dire que ça arrivait trop tard, c’est une bonne blagounette. LO n’a pas voulu en enten- dre parler. Et négocier avec le Front de gauche au moment des municipales, c’était impos- sible. A Paris, il fallait négocier avec qui ? Ceux qui se présentaient avec Anne Hidalgo ? Ou ceux qui se présentaient contre ? Le Front de gauche a préféré maintenir son unité interne. Avec un point commun entre la direction du PCF et du PG, à savoir la volonté de regarder davantage du côté de la gauche du PS et d’EELV que vers nous.

En quoi vous distinguez-vous d’autres listes ?

Nous ne sommes pas là pour faire de la figuration. Ce qui nous identifie, c’est d’être les plus à gauche contre le gouvernement et sur la question européenne de maintenir un cap antica- pitaliste et internationaliste. De refuser l’Europe libérale et tout ce qui ressemble à une tentative de repli nationaliste.

Qui est dans ce repli ?

La droite court après l’extrême droite et la gauche court après la droite. Raison pour laquelle la gauche radicale doit se prémunir de basculer dans le souverainisme dans lequel se niche le repli nationaliste. Au Front de gauche, les récentes déclarations sur l’euro font débat. Met- tre un doigt là-dedans, c’est renforcer un courant qui ne sera pas le nôtre. La campagne se résume à un faux débat pour ou contre l’euro, eurosceptiques contre eurofanatiques. C’est un débat dangereux. Il faut sortir des traités existants mais en gardant le meilleur de ce qu’il peut y avoir dans les droits sociaux et démocratiques pour chaque pays. L’échelle nationale ne reste pas la solution.

Comment expliquez-vous que ce soit le FN qui parvienne à occuper cet espace de mécontentement ?

Ce qu’on entend en permanence, c’est : « Cela ne peut pas être pire. » Le discours du FN constitue à dire depuis vingt-cinq ans : « L’UMP et le PS, c’est la même chose. » Qui peut dire le contraire aujourd’hui ? Ils se disent antisystèmes mais Marine Le Pen aspire à ce que son parti devienne le premier du système qu’elle dénonce soi-disant. On reste dans le discours de délégation. En période de crise, c’est plus facile de dire : « Votez pour moi, je vais régler tous vos problèmes. » Plutôt que de dire comme nous : « Il faut se représenter nous-mêmes. »

Le Grec Alexis Tsipras est-il votre candidat à la présidence de la Commission ?

Notre candidat est Anzoumane Sissoko, le président de la coordination des sans-papiers. Dans ce qu’on dénonce de l’Europe, il y a l’aspect Europe de Schengen, Europe-forteresse. On veut aussi dénoncer cette mise en scène ridicule autour de l’idée que l’UE serait en train de se démocratiser à mort, car ce serait le Parlement européen qui désignerait le président de la Commission. C’est une mascarade. Le Parlement européen reste l’assemblée la plus démocratiquement élue, mais celle qui a le moins de pouvoir.

Vous appelez à un vote sanction contre le gouvernement…

On est contre la droite, l’extrême droite et on pense qu’il faut un vote sanction du gouvernement PS-Medef.

Manuel Valls a annoncé des mesures fiscales pour les ménages les plus modestes…

C’est une enveloppe électorale à laquelle, j’espère, personne ne croit. On multiplie les effets d’annonce mais, la douloureuse, tout le monde va la payer. Avec ces 50 milliards d’euros d’économie, le PS agit dans le sens opposé historique à la gauche : ils prennent à la majorité de la population pour donner aux plus riches.

Propos recueillis par Raphaëlle Besse Desmoulières et Caroline Monnot

* LE MONDE | 21.05.2014 à 11h16 • Mis à jour le 21.05.2014 à 18h22

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article31965

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21 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Tenir la rue, montreuil le 30 mai (al)

jeune-garde-socialiste

Matthias Bouchenot présente son livre sur les groupes d’autodéfense antifascistes dans les années 1930.

Quand, dans les années 1930, les bandes fascistes cherchaient à terroriser et à faire taire les militantes et les militants ouvriers, certaines organisations ont mis sur pieds des groupes d’auto- défense, y compris le Parti socialiste — qui avait peu à voir avec le parti de droite actuel (qui a inexplicablement conservé le même nom).

Matthias Bouchenot, jeune historien orléanais, s’est penché sur deux groupes d’autodéfense : les Jeunes Gardes socialistes (JGS) et les Toujours prêts pour servir (TPPS). Ouverts aux tendances les plus à gauche du socialisme, ils ont parfois été plus que de simples « services d’ordre » à usage des meetings, et certains les voyaient comme un embryon de milices révolutionnaires. Quels enseignements tirer de leur existence ?

Matthias Bouchenot présentera son livre :

Tenir la rue, montreuil le 30 mai (al) dans A gauche du PS arton5867-84e14

Vendredi 30 mai, de 20h à 22h, à Montreuil, au Casa Poblano, 15, rue Lavoisier (métro Robespierre).

http://alternativelibertaire.org/?Tenir-la-rue-a-Orleans-le-17-mai-a

Commentaire: « Trotskiste » est un vilain gros mot pour les « anars », mais c’est bien sous l’influence de ceux-ci que les jeunes socialistes ce sont radicalisés!

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ligue_communiste_%28France%29

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20 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Le front de gauche a du mal à séduire les déçus de françois hollande

bagarre

 Pour en finir avec cette Europe. 

(…) Dans ces élections, le Front de gauche (FG) joue gros. En effet, pour la coalition née des suites de la campagne pour le « non » au référendum de 2005, il s’agit d’un scrutin fondateur. En 2009, le tout jeune rassemblement du Parti de gauche et du Parti communiste français (PCF) avait réussi à obtenir 6,05 % des voix et envoyé quatre parlementaires à Strasbourg.

Au lendemain de la présidentielle, M. Mélenchon avait clamé que son but était de passer devant le PS aux européennes de 2014. Depuis, il a été contraint de revoir ses ambitions à la baisse. « On aimerait doubler notre score, passer la barre des 10 % », déclarait-il récemment. Mais même cet objectif pourrait être difficile à atteindre. Car cinq ans après sa création, si le FG est toujours debout, il est bien mal en point. Dans les sondages, il est donné entre 7 % et 8 %. Le 14 mai, l’institut TNS-Sofres lui prédisait même 6 % des intentions de vote.

Jusqu’à présent, la coalition de la gauche radicale n’est pas parvenue à s’imposer comme une alternative crédible. Le soufflet de la présidentielle est retombé et la dynamique n’est pas au rendez-vous. En deuxième position derrière M. Mélenchon, Marie-Pierre Vieu a beau vanter les salles bien remplies de leurs meetings, la dirigeante communiste lâche cependant : « Encore faut-il qu’ils aillent voter. » D’où la nécessité de mobiliser les électeurs. « Les nôtres sont les grands blessés du scrutin européen, reconnaît Raquel Garrido, une proche de M. Mélenchon, en deuxième position en Ile-de-France. Il y a énormément de méfiance depuis la trahison de 2005. »

DÉBATS « COMPLIQUÉS »

Les municipales ont également laissé des traces. Pendant de long mois, PCF et PG se sont entredéchirés sur l’attitude à avoir vis-à-vis du PS. Les premiers, désireux de sauver leurs élus, ont adopté une stratégie à géométrie variable quand les seconds ont refusé toute alliance. Conséquence directe pour les européennes : l’accord entre les deux formations a été arraché dans la douleur.

Bien conscient des dégâts occasionnés, M. Mélenchon s’est posé, vendredi soir, en pacifica- teur. Sur l’estrade de Villenave-d’Ornon, devant un public très majoritairement communiste, il a débuté son discours par quelques mots d’apaisement. Reconnaissant que le Front de gau- che a été « rudement secoué », il a jugé que ces débats n’étaient pas « indignes » mais « compliqués ».

Reste que ces dernières semaines, le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, et M. Mélen- chon ne se sont guère affichés ensemble. Ils étaient à Nancy cette semaine et se retrouveront mardi à Toulouse. Chacun sait que le bilan de cette double séquence électorale devra être rapidement tiré. Le résultat qu’obtiendra le Front de gauche le 25 mai sera déterminant : en cas de bon score, les tensions passées seront plus faciles à dépasser. Dans le cas contraire, elles ressurgiront avec d’autant plus de force.

Certains n’ont pas attendu l’après-européennes pour régler leurs comptes. Mardi, André Chassaigne, président communiste du groupe de la Gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée nationale, ne s’est pas gêné pour critiquer « l’hyper-personnalisation de la poli- tique que porte », selon lui, M. Melenchon. Et de conclure : « Est-ce que la stratégie, c’est front contre front contre le Parti socialiste en considérant que, nous, on est la gauche vertueuse, la bonne gauche, et que le Parti socialiste est perdu pour toujours ou est-ce qu’on considère que l’on peut faire bouger l’ensemble de la gauche ? » A coup sûr, là non plus, les débats ne manqueront pas de piquant.

Raphaelle Besse Desmoulières (Villenave-d’Ornon, 17 mai 2014)

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article31944

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19 mai 2014 ~ 0 Commentaire

La gauche et l’oubli de la question démocratique

armen131

Essai 

Dans sa préface, Olivier Besancenot résume dans une formule percutante la situation actuelle : « cadenassée par les chaînes d’un État qui protège les accapareurs du capital, la démocratie finit vitrifiée  ». Le point de départ, volontiers provocateur, de l’auteur, c’est que nous ne vivons pas, en France et dans les sociétés bourgeoises en général, en démocratie, mais en oligarchie…

Celle-ci est une forme de pouvoir distincte aussi bien des dictatures totalitaires que d’une vraie démocratie. Il s’agit d’un système où le pouvoir est monopolisé par une petite clique de politiciens professionnels, une élite de prétendus « représentants du peuple » qui ne repré- sentent qu’eux-mêmes.

À cela il faut ajouter qu’un ensemble de questions primordiales – que produire ? com- ment sont réparties les richesses ? – échappe entièrement au pouvoir politique, les décisions étant prises par une clique d’exploiteurs et de privilégiés. Cette question, la transformation de la démocratie, dans le cadre du capitalisme – notamment néolibéral – en coquille vide, est essentielle. Contrairement à l’auteur, elle me semble plus importante que celle de la professionnalisation des élus…

« Droit à l’insurrection » Pour Cervera-Marzal, l’alternative est la démocratie directe, ce qui implique une relocalisation du pouvoir dans des lieux de vie, de travail ou d’étude, selon le principe de subsidiarité. Certes, des formes de délégation, à l’échelle nationale ou conti- nentale, sont inévitables, mais il faut éviter l’autonomisation des délégués par des procédures comme le tirage au sort, la rotation des charges, la révocabilité. L’exemple à suivre est celui de la Commune de Paris, de la Barcelone libertaire de 1935-37 et les zones auto-gérées du Chiapas zapatiste.

L’argument le plus intéressant de cette sympathique brochure me semble être celui qui insiste sur la dimension « insurgente », désobéissante, contestataire, d’une démocratie véri- table, reconnue, sous la forme de « droit à l’insurrection », par la Constitution de 1793.

Contrairement à une certaine gauche qui croit à la « fin de l’histoire », la révolte garde sa place aussi  « après la révolution ». La démocratie est par principe en excès sur elle-même, elle ne peut exister que dans une tension dialectique permanente entre révolte et Constitution. Comme le rappelait le grand historien américain Howard Zinn, « les événements les plus atro- ces de l’histoire – guerres, génocides et esclavage – doivent plus à l’obéissance aveugle qu’à la désobéissance ».

Impitoyable avec le Parti socialiste, devenu le fer de lance de la réaction néolibérale, l’auteur porte ses espérances sur la gauche radicale représentée par les libertaires, les marxistes révolutionnaires (NPA, LO) et les mouvement sociaux contestataires.

Michael Löwy Hebdo L’Anticapitaliste – 242 (16/05/2014)

De Manuel Cervera-Marzal, préfacé par Olivier Besancenot, Éditions d’ores et déjà, 2014, 6 euros.

 

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19 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Tremblay-sevran (93): étrange compromission politique

Gauche-droite

L’opportunisme électoral peut atteindre des degrés et des responsables politiques inattendus, et la course aux places semble exercer une force d’attraction irrésistible sur certains.

C’est le cas de François Asensi, député et récemment réélu maire Front de gauche de Tremblay. Au lendemain des municipales, il a obtenu sa réélection à la tête de la communauté d’agglomération « Terres de France » (regroupant Tremblay, Sevran et Villepinte) grâce à un accord FdG… et UMP, contre le candidat PS/EÉLV de Sevran. La première vice-présidente est donc Martine Valleton, maire UMP de Villepinte.

« L’objectif est de travailler avec tous dans le consensus et surtout dans l’intérêt des populations[...]au-delà des clivages partisans » avance Asensi comme justification. Un consensus politique avec l’UMP ? On voit là l’importance que peuvent accorder Asensi et ses amis du Front de gauche à leur propre programme, dont Clémentine Autain, candidate malheureuse à Sevran et aujourd’hui vice-présidente de cette communauté d’agglomération.

Rien ne peut justifier cette opération qui est, de fait, une alliance FdG/UMP, une compromission politique au mépris de celles et ceux qui ont voté pour le FdG, comme nous l’avons souligné dans une lettre interpellant le FdG et ses militantEs.

Hebdo L’Anticapitaliste – 242 (16/05/2014)

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17 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Front de gauche: la forme et le fond

fdg

On se souvient des tensions internes au Front de gauche pendant les municipales, notamment entre le PCF et le PG à propos des rapports avec le PS. Durant cette période, Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon ne se parlaient plus, à tel point qu’il nous fut impossible d’ouvrir un débat NPA-Front de gauche sur les européennes…

Puis, les municipales terminées, les deux principaux partenaires du Front se ren- contrèrent rapidement pendant plusieurs jours pour arriver à un accord sur les têtes de liste pour les Européennes : deux sortants pour le PCF plus une « sympathisante », trois pour le seul PG, une pour Ensemble. Un accord tellement laborieux qu’à notre demande de discussion, on nous répondit que « c’était trop tard »…

En fait, l’accord était fragile mais indispensable pour les deux partis qui s’inscrivent dans le cadre de la liste du Parti de gauche européenne. Ce regroupement international est dirigé par Pierre Laurent et Alexis Tsipras de Syriza. On y trouve aussi le parti allemand Die Linke… qui dirige des régions avec le SPD, comme à Berlin.

L’unité est un vrai combat ! L’accord signé pour les Européennes entre le PCF et le PG est jugé acceptable mais « non satisfaisant » par le PCF et Pierre Laurent qui regrette la place trop faible laissée au PCF. Et depuis, le débat a repris et s’est même envenimé… Furieuse d’avoir été évincé des « éligibles », la direction de Gauche unitaire hurle à l’exclusion : «Trop c’est trop!» s’indigne Christian Piquet dans une longue lettre adressée à ses partenaires du Front de gauche:   »Comme vous le savez, celles et ceux qui ont fondé Gauche unitaire ont rompu avec le NPA en 2009. Ce n’est pas pour reprendre à présent le discours de cette der- nière organisation et d’une extrême gauche se complaisant dans son impuissance» et d’an- noncer que la direction de la GU suspendait sa participation à la direction du FdG. Cela alors que sa minorité dirigée par Francis Sitel annonçait, elle, sa rupture avec la GU et son adhésion à Ensemble.

Effets de tribunes Du côté du PCF, le débat s’envenime. L’Humanité a notamment publié récemment trois tribunes, qui ont en commun de critiquer la direction actuelle du PCF et Mé- lenchon… mais sous des angles opposés. Le premier texte, signé par des économistes et par l’ex-proche de Georges Marchais, Nicolas Marchand, estime qu’il faut arrêter d’être « contre », être « pour » une alternative en positif, ce qui passe par un rassemblement… où le PCF joue un rôle central.

Le deuxième texte rassemble de nombreux dirigeant fédéraux dont celui de Paris, des dirigeants nationaux comme André Chassaigne, des syndicalistes comme l’ex-cheminot Didier Le Reste. Il s’oppose à l’« autonomie » prônée par Mélenchon et souhaite un large rassem- blement « à la base », sans forcément la médiation d’un Front de gauche mais avec un PCF « ouvert ».

Enfin un troisième texte est signé par le responsable à la culture du PCF, André Hayot, qui trouve que, « dans sa forme actuelle, le Front de gauche ne fait pas envie »… Historien de ce courant politique, ex-PCF et actuellement membre d’Ensemble, Roger Martelli en conclut : « Le Front de gauche a besoin de vivre et donc de bouger. Du côté « plus et mieux », pas du côté « moins  »…

Derrière les bagarres d’appareils Et pendant ce temps, Mélenchon se paye les journalistes du Monde et de Libération avec une violence et une virulence qui fait grincer des dents au sein du FdG… En fait, dans toute cette confusion, il y a d’abord des jeux d’appareil et des bagarres pour les postes, dont les petites formations se trouvent de fait exclues : ainsi, Piquet, même élu conseiller régional de Midi-Pyrénées en 2010 grâce au PCF, ne pèse rien avec ses quelques dizaines de militantEs.

Il y a ensuite un débat politique, plus ou moins caché, mais sur des questions de fond essentielles : quel rapport avec les institutions ? Avec le mouvement social ? Avec l’interna-tionalisme ? Par exemple, sur cette dernière question, il y a vraiment de quoi débattre, surtout quand on voit la tête de liste de l’Est, Gabriel Amard (PG), titrer un tract en vue d’une réunion publique à Besançon : « Non à l’Europe allemande » !

Avec le Front de gauche, le PCF avait réussi provisoirement à stopper son hémorragie électorale et militante, Mélenchon à se refaire une virginité après avoir quitté le PS, et des petits groupes, pour la plupart issus de la LCR ou du NPA, à faire semblant de jouer dans la cour des grands. Mais dans cette situation de crise exceptionnelle, l’heure des choix a sonné.

Alain Krivine Hebdo L’Anticapitaliste – 242 (16/05/2014)

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