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06 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

Front de gauche: vers des lendemains qui déchantent? (marianne)

Front de gauche: vers des lendemains qui déchantent? (marianne) dans A gauche du PS 6
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Ce samedi, le Front de gauche fait sa rentrée des classes.

Après des mois de tensions entre communistes et mélenchonistes, les discus- sions risquent d’être âpres. Une rencontre à haut risque aussi puisqu’il sera question de l’avenir de la formation, avec deux options possibles à la clé. Un dépassement des conflits ou peut-être bien une implosion pure et simple de l’alliance.

«Ce sera une réunion importante pour le Front de gauche » estime un cadre communiste. Importante? Le mot est faible. Ce samedi, à Montreuil, les représen- tants des composantes du Front de Gauche, PCF, Parti de gauche, Ensemble (emmenée par Clémentine Autain) et la Gauche unitaire (de Christian Picquet) se retrouvent pour leur rentrée.

Et la réunion ne s’annonce pas simplement importante, mais cruciale pour la formation puisqu’il sera question de parler de son avenir. Car, si la présidentielle de 2012 a été une réussite avec une candidature portée par Jean-Luc Mélenchon et 11,1 % de suffrages recueillis, depuis le Front de gauche n’a pas su décoller. Pis, les tensions se sont accumulées entre communistes et direction du PG jus- qu’à s’étaler au grand jour.

D’un côté, les communistes n’apprécient guère les discours d’un Mélenchon de plus en plus intransigeant et même «outrancier» selon les mots d’un parlemen- taire communiste, et de l’autre, le PG reproche au PCF sa stratégie d’alliance avec le PS aux municipales «ce qui a abouti au score désastreux des européennes, car nous avons été assimilés au gouvernement socialiste», estime Eric Coque- rel, secrétaire national du PG. Une ambiance étouffante qui expliquerait le choix de Mélenchon de se mettre en retrait. «Jean-Luc a cristallisé sur sa personne toutes les critiques. Ce n’est pas la seule raison, mais un moment, il en a eu marre. Il avait besoin de souffler», nous confie un proche.

Va-t-on assister à une «réunion-bain-de-sang» ? Pas certains, aux dires des participants. Car tous s’accordent au moins sur une chose: la coalition de la gau- che de gauche ne peut plus rester en l’état. «Il faut véritablement que le Front de gauche se relance sur des objectifs nouveaux», estime Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF. Même constat pour Coquerel, qui s’occupe des relations unitaires mais aussi, depuis la réorganisation de la direction du PG, de la coordination poli- tique. «On y va avec l’idée de convaincre nos camarades», assure-t-il, mais tient à rajouter «ce ne sera pas une réunion ou on va taire nos divergences.»

La journée du 6 septembre se divisera en trois réunions. L’une portera sur l’analyse politique de la situation actuelle. «Il n’y aura pas beaucoup de désac- cords entre nous pour le coup», prévoit le porte-parole communiste. «On a à faire à une recomposition politique et une droitisation du gouvernement incarnée par Valls. C’est une guerre politique qui s’annonce et ils ont sorti la grosse artillerie pour passer en force», résume-t-il.

Constat que l’on partage au PG. Une autre réunion visera à réfléchir aux diffé- rentes initiatives à lancer, comme par exemple la question de l’élargissement du Front de gauche avec des adhésions directes sans avoir à être encarté auprès d’une des formations politiques le composant. La troisième risque d’être bien plus sportive puisqu’elle abordera la question de la stratégie d’alliance du Front de gauche. Elle ouvrira cette journée de rencontre et se tiendra à huit clos.

L’éternel question de l’autonomie vis-à-vis du PS Faut-il s’affranchir totalement du PS, c’est-à-dire refuser toute alliance aux élections et même abandonner l’idée d’un front commun avec les socialistes frondeurs du collectif « Vive la gauche ». C’est là que le bât blesse. «Rien ne viendra du PS en tant que tel, on ne peut pas dépendre de ça, d’attendre que les socialistes critiques se décident enfin. Tant qu’ils se disent dans la majorité, une alliance est impensable», estime Coquerel.

Le PG exige donc des communistes une «clarification» quant à la stratégie. Car comme nous l’écrivions, depuis des mois, Pierre Laurent ainsi que les parle- mentaires Front de gauche (en grande majorité communistes) multiplient les échanges et les initiatives en direction des écolos et des frondeurs. C’est dans cette optique que Laurent s’est rendu aux universités du PS, une première, pour un débat sur l’unité de la gauche.

Opération réussie puisqu’à l’applaudimètre, il rivalise aisément, et ça n’est pas rien, avec la toute nouvelle ministre de l’Education, Najat Vallaud- Belkacem, et la garde des sceaux, Christiane Taubira. «Ça fait surtout les affaires de Camba- délis qui arrive à donner l’image que, malgré les dissensions, la gauche continue à être une grande famille, avec un cousin communiste très critique», persifle, un proche de Mélenchon. Ambiance…

Clémentine Autain, la porte-parole du mouvement Ensemble semble soutenir la stratégie communiste. Dans une récente tribune, elle réaffirme la nécessité de «redynamiser» la formation en bâtissant des «des ponts avec celles et ceux qui, au PS, à EELV, à Nouvelle donne, au NPA». Même analyse pour Christian Pic- quet qui expliquait à Marianne, en juillet dernier, qu’«il y a là, les bases d’une convergence possible des forces de gauche autour d’une sorte de pacte anti- austérité. Il est envisageable de faire émerger une nouvelle majorité rose-verte- rouge ».

Le Front de Gauche un «outil» de conquête inadapté? Sauf que le PG ne l’en- tend pas de cette oreille. «La limite, c’est qu’on ne veut pas laisser penser que l’on travaille avec le PS. Oui, on doit parler à ce public socialiste, mais on doit englober cette discussion avec l’ensemble du peuple de gauche» estime par exemple Eric Coquerel. Au Parti de gauche, on semble regarder déjà vers 2017. Inspirée par Mélenchon, sa garde rapprochée considère que des liens trop étroits avec les socialistes, même critiques, risqueraient de miner une bonne fois pour toute tout espoir de conquête. Et sur ce point, il n’y aurait pas de négociations possibles comme nous le confirme indirectement un cadre du PG: «Si d’ici la fin de l’année les choses n’ont pas été clarifiées, la question se posera de savoir à quoi sert le Front de gauche. Le Front de gauche, ce n’est pas un parti, mais une stratégie».

Ces points de frictions sont-ils indépassables? Mais surtout, veut-on vraiment les dépasser? «Mélenchon va tous les avoir. Avec son rassemblement pour la 6e République, ce qu’il cherche c’est surtout à tuer le Front de gauche et même le PG, et se créer une structure de soutien dans la perspective 2017» nous glisse un socialiste qui connait bien le bonhomme. S’agit-il là d’une peau de banane d’un ancien camarade jetée sous les pas de «Méluche»? Pas sûr.

Car, chez les communistes, on commence aussi à s’inquiéter. «Mélenchon ne croit pas à la capacité du Front de gauche à rassembler la gauche. Et je crois qu’il considère que son parti est trop abimé aujourd’hui. Il ne pense plus au tra- vers du Front ou du PG. Il a une approche très césarienne. Il croit en la rencon- tre d’un homme avec le peuple. C’est pour ça qu’il s’est mis dans la roue d’Eva Joly lorsqu’elle a parlé de faire des primaires de la gauche», s’inquiète un élu communiste.

L’analyse sémantique des tribunes de l’ancien candidat à la présidentielle et de ses proches accrédite cette thèse. Le mot «outil» pour parler du Front de gau- che et du PG revient tout le temps, comme pour mieux préparer à l’idée que si besoin, l’outil devra être changé pour un nouveau.

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05 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

Front de gauche: dans tous ses états (npa)

ni dieu

«On est dans une période où l’on a besoin de se reposer. Parce qu’on vient de passer cinq ans terribles. Nous sommes en échec»,

déclarait fin juillet Jean-Luc Mélenchon… Depuis, le repos réparateur de l’été n’a pas arrangé les choses. L’échec frustre des ambitions qui cherchent de nouveaux horizons.

La crise entre le Parti de gauche et le Parti communiste a eu pour origine leur désaccord sur les municipales. Les uns voulaient des listes indépendantes du PS, du moins au premier tour, les autres cherchaient à sauver leurs éluEs par des accords avec le PS dès le premier tour. L’échec des municipales puis des euro- péennes, aujourd’hui la préparation des sénatoriales, ont abouti à ce que les inté- rêts divergents des deux forces motrices du Front de gauche s’expriment de plus en plus ouvertement sur fond d’une crise globale de la gauche.

Horizon 2017 Fini le moment «de bayer aux corneilles», «non, je ne pars pas à la retraite», s’exclamait Mélenchon lors de son discours de clôture de l’Université d’été du Parti de gauche. S’il quitte la coprésidence du PG, en se dégageant par là-même des responsabilités au sein du Front de gauche, c’est pour développer sa stratégie personnelle pour 2017.

Annonçant un «coup de balai», il tente de s’élever au-dessus des partis: «Notre projet n’est pas de rassembler notre famille politique, mais de fédérer le peuple. Ce n’est pas une affaire de partis». «Assemblée constituante», «écosocialisme», «révolution citoyenne», il rode son programme, habité par son ambition.

«2017 ne sera pas une élection, ce sera une insurrection»! Prudent, il ménage toutefois ses arrières, «Nous n’allons pas défaire le Front de gauche. C’est nous qui l’avons créé. [...]Pour beaucoup de gens, le Front de gauche est un repère, un espoir. On ne va pas leur dire: « tout ça, c’est fini »!» Et, dans la foulée, il lance l’idée d’un «mouvement pour la 6e République» qui «rassemblera tous ceux qui veulent cette république de progrès et de prise du pouvoir par les citoyens [...] Nous voulons un candidat en 2017 et ce candidat nous l’appelons par son nom, c’est la 6e République»… qu’il incarne bien entendu!

Union de la gauche, nouvelle mouture? De son côté, Pierre Laurent a fait le voyage à La Rochelle, soucieux de ménager le PS, son allié pour les sénatoriales, mais aussi d’afficher ses convergences avec les «frondeurs». Il les avait aupara- vant appelés «à ne pas accorder leur confiance au gouvernement Valls. Je ne vois pas comment les députés frondeurs pourraient voter la confiance à un gouverne- ment qui leur tourne ostensiblement le dos et qui même multiplie les provocations à leur égard».

Il dénonce le discours du Premier ministre lors de l’université d’été du Medef, «un discours qui tourne le dos à tout ce que sont depuis des décennies les combats de la gauche. [...] Le Premier ministre avait dit il y a quelques mois « la gauche peut mourir », on sait maintenant qui tient l’arme du crime. C’est le Premier ministre lui-même qui essaie de la tuer.»

À La Rochelle, il a voulu prendre date: «2012 avait été un contrat. Ce contrat, il vient d’être déchiré devant les Français. […] Il ne suffit pas de juxtaposer les critiques, il faut maintenant construire une alternative ensemble». La perspective d’une nouvelle mouture de l’union de la gauche trouve un écho dans une large fraction de l’appareil du PS en opposition à Valls, mais les mêmes qui disent s’op- poser à la politique du gouvernement ont bien du mal à assumer leur rupture au risque de le faire tomber.

Au jeu de l’unité, c’est le PCF qui reste prisonnier du PS au nom d’une alter- native, une nouvelle combinaison parlementaire, qui, si elle pouvait prendre forme, ne conduirait qu’à un nouvel échec. Que la stratégie personnelle de Mélenchon et celle de l’appareil du PCF trouvent ou non de nouvelles raisons de continuer à cohabiter au sein du Front de gauche, leur projet politique commun, d’une façon ou d’une autre une nouvelle mouture de l’union de la gauche, ne répond en rien aux besoins de la situation, aux besoins du monde du travail.

L’ensemble de la gauche gouvernementale s’est toujours retournée contre les travailleurs et la population. L’urgence est de construire la mobilisation pour mettre en échec l’offensive de Valls et du patronat, de tracer une autre perspec- tive, à travers les luttes et les débats: une perspective anticapitaliste et révolu- tionnaire pour les classes populaires et la jeunesse. Yvan Lemaitre

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05 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

Notre gauche a du mordant, sortons les crocs! (basta)

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«Sans Dents». Cette expression est devenue un fait politique, qu’elle ait été prononcée ou non en privé par François Hollande pour désigner les pauvres. Elle illustre la politique antisociale menée par le gouvernement ces derniers mois. Alors que l’extrême droite tente de s’accaparer cette notion et de créer toujours plus de confusion dans l’esprit des gens, Basta! a décidé de publier la tribune d’un collectif spontané ancré à gauche et dénommé «#NousLesSansDents».

A l’initiative de militants altermondialistes soucieux d’une véritable justice écono- mique et sociale, ce texte appelle à «reprendre la main» face à ce «gouvernement du renoncement».

Notre gauche a du mordant: sortons les crocs!

La rentrée est, pour François Hollande, celle de la clarification. Il n’est pas, et ne sera jamais, le président du changement, mais bien celui des renoncements. Son ministre du travail reprend le vieux refrain qui méprise et stigmatise les chômeurs, ces fainéants qu’il faudrait contrôler de près.

Les grands groupes versent des dividendes indécents à leurs actionnaires. Mais le «président normal» nomme un banquier ministre de l’économie! Un ministre qui veut s’attaquer aux 35 heures, au mépris d’une utopie fondatrice de la gauche : l’idée que l’émancipation passe par la libération du temps et le partage du travail.

Le Medef, le parti des grands patrons, ovationne un premier ministre qui lui décla- re son «amour» exclusif. Et en effet ce gouvernement n’a rien fait pour les jeunes ni pour les quartiers populaires. Il ne fait qu’aggraver le chômage et les inégalités. Il criminalise le mouvement social et interdit les mobilisations pour Gaza. Il engage des opérations militaires en Afrique pour préserver le pré carré post-colonial. Il poursuit les expulsions massives des locataires et des plus précaires d’entre nous: les migrants. Et il s’entête dans le refus d’une véritable transition écologique.

La seule mesure positive depuis 2012, le mariage pour tou⋅te⋅s, ne pèse pas lourd face à tous ces renoncements qui font le jeu de la droite extrême et des fascistes. Et voici qu’on apprend maintenant, au détour d’un livre aussi minable que cette présidence, tout ce mépris pour les pauvres.

Jusqu’à quand cela durera-t-il? Jusqu’à ce que notre patience s’épuise.

Soumis⋅e⋅s à la précarité, aux expulsions, au manque de soins, à la casse con- tinue des services publics, nous en prenons plein les dents et nous avons la rage. Tout baisse, sauf les bénéfices des multinationales et la rémunération des plus riches…

C’en est trop! Nous sommes la gauche, nous sommes le changement, et nous avons du mordant ! Partout en France, sortons les crocs, prenons ensemble des initiatives, résistons et construisons un autre futur.

Par #NousLesSansDents, collectif d’Enragé⋅e⋅s*

Twitter : @NousLesSansDent
Facebook : Nous Les Sans Dents
Nous vous invitons à proposer vos témoignages, sous forme de texte ou de photos sur le blog noussommeslessansdents.tumblr.com

* Lors de la Révolution française, les Enragés étaient un groupe de révolutionnaires radicaux revendiquant l’égalité civique et politique mais aussi sociale, préconisant la taxation des denrées, la réquisition des grains et des taxes sur les riches.

http://www.bastamag.net/Notre-gauche-a-du-mordant-sortons

Lire aussi:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Enrag%C3%A9s

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Roux_%28pr%C3%AAtre%29

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05 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

En échec, le front de gauche pense à l’avenir (jdd)

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Les différentes composantes du Front de gauche, dont le PCF de Pierre Laurent et le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, se réunissent samedi à Paris pour tenter de recoller les morceaux et évoquer l’avenir du mouvement, après plusieurs mois difficiles. .

Raquel Garrido, secrétaire nationale du Parti de gauche :

« Grand tabou de la 5e République, le départ silencieux du peuple loin du lieu de la délibération et du pouvoir a été soigneusement ignoré par des élu-e-s qui feignent d’être représentatifs même quand les chiffres le démentent. Quel est l’avenir du Front de gauche? Etre un instrument de la reconquête civique. Etre « élu-e » dans le cadre de la 5e République ne peut pas être un horizon unique et efficace pour les militant-e-s du FDG. En revanche, s’indigner que la classe ouvrière ait été minu- tieusement expulsée de la démocratie et aider à ce que soit renversé ce régime oligarchique afin que chacun exerce pleinement sa parcelle de souveraineté, voilà l’avenir! Le Front de gauche s’engagera dans la grande bataille pour une Assem- blée Constituante ou il vivotera gentiment pour un temps indéfini. »

Lire l’intégralité de la tribune de Raquel Garrido, intitulée  »Le PS, ce zombie qui pourchasse le Front de gauche », en cliquant ici.

Clémentine Autain, porte-parole du mouvement Ensemble :

« Le Front de Gauche s’est construit sur cette conviction: la nécessité d’une alter- native de gauche à ce choix gouvernemental, qui est l’aboutissement d’une lente mais bien réelle mutation du PS en parti démocrate à l’américaine. Après un sco- re remarquable à la présidentielle, 11% pour la candidature de Jean-Luc Mélen- chon, le Front de Gauche n’a pourtant pas réussi à polariser le champ politique. Les raisons et responsabilités en sont multiples, à la fois profondes et conjonc- turelles, sociales et liées à certains choix des uns et des autres. L’heure est venue de reprendre l’ouvrage: redynamiser le Front de Gauche pour le rendre plus utile, plus attractif, et le tourner vers ses partenaires potentiels en vue de bâtir une force plus large de transformation sociale et écologique. »

Lire l’intégralité de la tribune de Clémentine Autain, intitulée  »Le sursaut à gauche ou le chaos », en cliquant ici.

Olivier Dartigolles, porte-parole national du PCF :

« La relance du Front de gauche, à partir d’une nouvelle feuille de route et d’objec- tifs politiques à la hauteur des enjeux et des défis, du réel, des obstacles et des possibles, qui sont grands et à portée de main, est donc indispensable. Le Front de gauche est-il en échec? Il n’a pas atteint ses objectifs et s’est éloigné, peu à peu, de ce qui a fait le souffle et la force de son irruption dans la vie politique. Les gens qui se reconnaissent dans des valeurs de gauche et qui se désolent de la tournure prise par les événements, n’attendent pas de nous un travail d’introspec- tion, un séminaire de rancœurs et de rancune, mais des décisions, des actions, des initiatives, des mains tendues, des échanges, du travail en commun et du rassemblement autour de solutions pour le pays. »

Lire l’intégralité de la tribune d’Olivier Dartigolles, intitulée  »Valls conduit le convoi funéraire de la gauche », en cliquant ici.

Rédaction leJDD.fr vendredi 05 septembre 2014

http://www.lejdd.fr/Politique/En-echec-le-Front-de-gauche-pense-a-l-avenir-684884

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04 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

Directions syndicales: valls n’a rien à craindre (lo)

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Alors que le gouvernement multiplie les gestes démontrant encore et tou- jours sa volonté de servir les intérêts du patronat, les différents dirigeants syndicaux continuent à le soutenir d’une façon ou d’une autre.

Laurent Berger, secrétaire de la CFDT, a appuyé l’action du gouvernement dans une interview donnée au journal patronal Les Échos. Pour lui, «la négociation des plans sociaux dans les entreprises, instaurée grâce à l’accord de sécurisation de l’emploi, produit déjà des résultats».

De tels propos ont de quoi scandaliser les milliers de travailleurs qui ont per- du leur emploi ces derniers mois du fait des licenciements facilités par cette loi. Mais Laurent Berger se dit prêt à tout accepter du gouvernement, du travail du dimanche aux cadeaux au patronat, tant que le Premier ministre «reste à l’écoute des partenaires sociaux», c’est-à-dire comble tous ces dirigeants syndicaux en les invitant aux tables de négociations.

Ne reculant devant rien pour défendre Valls et Hollande, il récuse le terme d’austérité pour définir la politique du gouvernement. Il n’y a pas d’austérité en France, dit-il. La preuve: «Grâce à notre action le RSA vient d’augmenter de 2 % au 1er septembre, alors qu’il était question de le geler.»

On est habitué depuis longtemps à cette caution apportée par les dirigeants de la CFDT à la politique anti-ouvrière du gouvernement. Mais, de leur côté, les dirigeants de la CGT n’expriment pas une opposition plus déterminée. Si le ton est légèrement différent du côté de Lepaon, le fond ne l’est pas.

Certes, celui-ci clame que «la CGT ne négociera rien sur les seuils sociaux». Il oublie juste dire que personne n’a évoqué de négociation sur le sujet, ce qui rend plus aisé d’affirmer sa fermeté. Depuis plus de deux ans, Lepaon ne sait que se plaindre et dire que le gouvernement aurait trahi ses promesses électorales. «Dans l’histoire de France, c’est la première fois qu’un exécutif met autant d’éner- gie à gâcher la confiance que le peuple lui a accordée.» Mais qui a recommandé de leur faire confiance?

Non seulement ces dirigeants syndicaux n’ont absolument pas la volonté de mobiliser les travailleurs contre les coups qu’ils reçoivent, mais, par leur passivité et leur attitude vis-à-vis de ce gouvernement, ils contribuent à leur lier les mains. C’est par-dessus leur tête que les militants ouvriers et les travailleurs devront passer pour mener la contre-offensive indispensable au monde du travail.

Marion AJAR

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2405&id=15

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04 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

Pcf: l’impasse d’une politique (lo)

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Les déclarations ouvertement pro-patronales du nouveau gouvernement Valls n’ont pas empêché Pierre Laurent, le secrétaire national du Parti com- muniste, de se rendre à l’université d’été du Parti socialiste le 30 août.

Au moment où le gouvernement socialiste s’en prend aux travailleurs, Pierre Laurent continue imperturbablement de parler d’union avec le PS et s’écrie: «Aucun socialiste attaché aux valeurs et racines communes qui nous ont rassemblés ne peut laisser faire [Valls]».

Pierre Laurent constate bien que «les masques [des dirigeants socialistes au pouvoir] tombent», mais ne s’en étonne pas moins en demandant sur un ton faussement naïf: «Depuis quand la seule feuille de route de la gauche est celle du Medef (…)?» Comme si le PCF ignorait que cela date de décennies.

Tous les gouvernements de gauche auxquels le PCF a participé, sous Mitter- rand et sous Jospin sans remonter plus loin encore, ont mené une politique favo- rable au patronat et n’ont amené que des catastrophes pour le monde du travail, exactement comme celui de Hollande. Cela n’a pas empêché ses dirigeants de soutenir Hollande en 2012, en promettant qu’il apporterait le changement.

Une fois de plus, le PCF a donc contribué à tromper les travailleurs, au mê- me titre que le PS. Aujourd’hui il feint de s’étonner des déclarations d’amour de Valls au patronat et Pierre Laurent se tourne vers le PS sur le ton d’un amant qu’on a laissé tomber. On pourrait rire de cette comédie, qui ne vise qu’à se démarquer de Valls tout en tentant de sauvegarder les alliances électorales entre le PS et le PCF… si cette tromperie ne contribuait pas aussi à démoraliser les militants du PCF et une partie de la classe ouvrière.

Le «langage de vérité» de Pierre Laurent n’est qu’une tentative désespérée de sauver les illusions placées dans la gauche au pouvoir et surtout les futures combi-naisons électorales avec tout ou partie du PS. C’est persister à s’enfoncer dans l’impasse et à y enfoncer ses militants. Lucien DÉTROIT

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2405&id=14

Commentaire:

S’allier avec le PS, c’est pas beau! Sauf si c’est Lutte Ouvrière bien sûr!

http://tempsreel.nouvelobs.com/municipales-2008/20071116.OBS5131/lutte-ouvriere-n-exclut-pas-de-s-allier-avec-le-ps.html

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03 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

La campagne pour le non s’est calée sur la britishness la plus réactionnaire (al’e)

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Ecosse: référendum du 18 septembre

L’Ecosse a été un royaume indépendant depuis le Haut Moyen-Age, souvent en guerre contre l’Angleterre qui était, elle, une grande puissance européenne. En 1603, à la mort de la reine d’Angleterre Elisabeth Ière, le roi d’Ecosse Jacques VI Stuart a paisiblement hérité du trône d’Angleterre. Devenu ainsi Jacques Ier d’Angleterre, il s’est proclamé « roi de la Grande-Bretagne » mais les deux royaumes étaient reliés uniquement par la personne du roi.

En 1700, les parlements des deux royaumes ont entamé des négociations pour une union sous un seul parlement et un seul gouvernement. Le Traité d’Union, voté par les deux parlements, a fondé en 1707 le Royaume-Uni. L’Ecosse a conservé son Eglise d’Ecosse, calviniste presbytérienne, et son système de lois et de tri- bunaux. Depuis le XIXème siècle, le Royaume-Uni est une union de quatre na- tions: Angleterre, Pays de Galles, Ecosse, Irlande. L’Ecosse, avec une superficie de la moitié de celle de l’Angleterre, n’a que 5,3 millions d’habitants, contre 53 millions pour l’Angleterre, soit dix fois moins.

Revenus au pouvoir en 1996, les travaillistes du Labour Party ont tenu leur pro- messe faite aux Ecossais et le Parlement de Londres a accédé à la revendication des nationalistes écossais de convoquer un parlement écossais à Edinbourg. Après un référendum en Ecosse même, le parlement de Londres, par le Scotland Act de 1998, a dévolu plusieurs compétences de gouvernement régional au parlement écossais. C’est, dans le vieux français du droit anglo-saxon, la Dévolution.

A la différence de la Chambre des Communes à Londres élue au système stric-tement majoritaire, le parlement écossais a 73 membres élus dans les circons- criptions à la majorité, plus 56 élus au scrutin de liste, avec addition des restes et partage selon d’Hondt, pour que les 129 députés au total correspondent à une représentation proportionnelle des partis.(…) (Robert Lochhead)

A l’Encontre: Quelle est la situation économique de l’Ecosse après la Grande Récession de 2007 ?

(…)Le plus grand employeur, c’est le secteur public, celui du gouvernement écos- sais comme celui du gouvernement central de Londres. Rien que le Service natio- nal de la santé (NHS), c’est en Ecosse 150 000 salariés, infirmières et infirmiers, médecins, personnels administratifs, etc. L’économie écossaise n’est en général pas très différente de celle du reste du Royaume-Uni. L’Ecosse a probablement un PIB et un taux d’emploi plus élevé que la plupart des régions d’Angleterre, sauf la région de Londres. La récession de 2007 a été très dure en Ecosse comme ailleurs, sans différence significative avec l’Angleterre.(…)

En Ecosse il y a beaucoup de pauvreté, particulièrement à Glasgow. Dans cer- taines banlieues du Nord-Est de Glasgow il y a les plus hauts taux de mortalité, et de certaines pathologies, de toute l’Europe occidentale. L’espérance de vie des hommes n’y dépasse pas 62 ans, c’est pire qu’en Irak. (…) Aberdeen est diffé- rente, avec un bas taux de chômage. Beaucoup de régions d’Ecosse sont vrai- ment très riches et l’Ecosse, en termes généraux, est probablement une des régions les plus riches de la Grande Bretagne. Ce n’est pas une arrière-cour frappée de pauvreté comme l’est le Nord de l’Angleterre.

Et qu’en est-il des dépenses publiques ?

Il y a eu des coupes sévères dans le budget du Welfare, la Social Security (le terme anglais bien être désigne ce que nous appelons la sécurité sociale, l’assu- rance chômage, invalidité, l’aide sociale, l’aide aux orphelins, l’assurance maladie et accidents, etc.) Le Welfare échappe aux compétences du parlement écossais. La dévolution a confié au parlement écossais le Service national de la santé (National Health Service/NHS), la police, les routes, l’agriculture, la pêche, les forêts, la justice, et l’éducation. Mais pas la défense, la sécurité sociale, l’énergie, les télécommunications, ni la plupart des impôts qui sont gérés depuis Londres.

Le parlement écossais, avec les votes du SNP et du Labour, a voté des mesures pour neutraliser en Ecosse les mesures anti-sociales les plus dures décidées à Londres. En particulier la fameuse Bedroom Tax. 15 millions £ ont été destinés à dédommager les 76’000 foyers écossais, locataires de leurs appartements,  frappés par la Bedroom Tax.(…)

Du point de vue de la classe ouvrière, en quoi l’Ecosse est-elle différente de l’Angleterre ?

Pour commencer, le Parti conservateur est en Ecosse un parti minoritaire, environ 12% des voix, alors qu’il avait été majoritaire en 1950 avec 51%. Il n’y a aujourd’hui plus qu’un seul député conservateur dans le parlement écossais.

Cela affaiblit-il la mise en œuvre du néolibéralisme ?

Je ferais la distinction entre le néolibéralisme doctrinaire et radical à la Thatcher et le social-libéralisme. Aujourd’hui dans une certaine mesure tout le monde en Ecosse est social-libéral, c’est-à-dire principalement le SNP et le Labour. Favo- rables aux marchés en tout mais fortement antiraciste, anti-sexiste, pour les droits des homosexuels, pour les droits des immigrés.  C’est des différences notables avec la tonalité du gouvernement conservateur de Londres et en particulier de son discours anti-immigrés hystérique. Le gouvernement écossais du SNP a le mérite, il faut le reconnaître, de déclarer à tout propos que les immigrés sont bienvenus et de réaliser des choses positives pour leur intégration.(…)

Les écoles sont de la compétence du gouvernement écossais et l’Ecosse a été épargnée par la privatisation sauvage de l’enseignement qui a transformé les écoles anglaises en un désordre chaotique complet.(…)

Des milieux patronaux, ou la presse de Rupert Murdoch, n’ont-ils pas dénoncé l’Ecosse comme une exception communiste ?

Oui, il y a eu un peu de cela il y a quelques années mais il y a en Ecosse une forte tradition de communauté politique réunissant bourgeoisie et classe ouvrière. En Ecosse, la bourgeoisie est plus proche de la classe ouvrière. Mais pas plus en accord! En Ecosse, la lutte des classes a toujours été très dure, mais mélangés dans le même quartier, la même paroisse, la même petite ville, les mêmes asso- ciations, clubs sportifs et sociétés folkloriques. En Ecosse, la classe ouvrière représente un plus fort pourcentage de la population, et une grande partie de la bourgeoisie est liée au secteur public: administrateurs et médecins du NHS, professeurs d’Universités, pasteurs de l’Eglise d’Ecosse (…)

La rupture historique fut Margaret Thatcher qui a provoqué l’effondrement du Parti conservateur en Ecosse car elle a été perçue comme l’incarnation de la condes- cendance à l’égard du petit frère écossais, l’incarnation de l’ «anglitude»/ british- ness. Plus exactement de l’Angleterre des Middlands par opposition à Londres, le bastion historique du Labour, et la bête noire de la Thatcher

L’eau en Ecosse est toujours encore publique, alors qu’elle a été privatisée en Angleterre, l’élimination des déchets, pareil. Par contre, et comme en Angleterre, les chemins de fer et les transports par bus ont été privatisés par Thatcher et voient la concurrence entre plusieurs compagnies et c’est Virgin qui s’est appro- prié l’axe ferroviaire rapide Aberdeen-Londres. (…)

Comment la gauche écossaise est-elle organisée ?

La gauche écossaise est très fragmentée. Le Labour Party est probablement plus grand que le SNP en nombre de membres inscrits et il a ce lien organique avec les syndicats. (…) Le Labour peut tenir à l’occasion un discours de gauche. Il est très fort dans les collectivités locales mais le SNP n’a cessé d’y progresser. Le SNP a plus de sièges au parlement.(…) Le Labour est absolument contre l’indé- pendance. Pour le Labour, c’est le gouvernement de Londres qui a toujours été le foyer du changement qu’il promet à ses électeurs. La direction est absolument pour l’union des deux royaumes. Elle participe avec le parti conservateur et le parti libéral-démocrate dans la campagne Better Together (Mieux ensemble) qui s’oc- cupe d’effrayer les électeurs en leur martelant que l’Ecosse indépendante serait plus pauvre, qu’elle ne pourrait plus appartenir à l’Union européenne; campagne de peur appuyée par l’Union européenne et par Barack Obama. Environ un quart des travaillistes écossais sont pour l’indépendance et il y a une campagne Labour for Independence.

Il y a en Ecosse une forte influence d’une sorte de restes du Parti communiste. Le PC a été très fort en Ecosse, comme au Pays de Galles. En fait sa direction histo- rique était écossaise, de Glasgow plus précisément.(…) Il y a les Verts du Scot- tish Green Party, qui a eu jusqu’à 7 sièges entre 2003 et 2007. A Edinbourg les Verts sont assez à gauche.

Et qu’en est-il de la gauche anticapitaliste ?

Toute la gauche radicale a été réunie entre 2000 et 2006 dans le Scottish Socia- list Party. Il a eu jusqu’à 6 sièges en 2003, l’année des sommets du mouvement anti-guerre. (…) C’était une force sérieuse, elle avait des élus locaux, un journal, des apparitions à la TV.(…)

Y a-t-il une gauche pour le NON ?

Pas vraiment ! La gauche du Parti travailliste est pour le OUI. Les restes du PC sont très vivement pour le NON. L’apparition en 2012 de la Radical Independence Campaign en dehors de tous les partis et groupes organisés, avec 900 personnes à sa première conférence nationale, a surpris tout le monde. Elle a été fondée par des ex-membres du SSP, un dirigeant Vert et des étudiants à Glasgow. Elle réunit tout un arc depuis une gauche du SNP jusqu’à la gauche anticapitaliste en pas- sant par les Verts et le mouvement anti-guerre et anti-nucléaire. Nous en sommes tous membres à titre individuel. A sa conférence nationale de l’année passée, elle a réuni environ 1200 personnes. C’est énorme pour un petit pays.

La RIC a établi des sections locales partout, elle est allée faire campagne dans les quartiers ouvriers, elle mène une campagne de porte à porte pour que les gens s’inscrivent sur les listes électorales. Elle est organisée démocratiquement. En introduisant dans la campagne pour l’indépendance les intérêts de la classe ouvrière : emploi, welfare, NHS, elle a  déplacé à gauche les termes du débat et a galvanisé la gauche politique. C’est un phénomène de masse qui ne se compare qu’au mouvement anti-guerre de 2003 et au mouvement contre  l’impôt de capi- tation (Poll Tax) de Margaret Thatcher au début des années 1990.

(…) Il y a là une dynamique pour un nouveau parti à gauche. Non pas que la RIC puisse devenir ce nouveau parti. Elle est clairement constituée comme un front uni réunissant diverses composantes, comme la gauche du SNP et les Verts, et beaucoup de personnes non-organisées.

Allez-vous adhérer à un nouveau parti à gauche s’il s’en crée un ces prochaines années ?

En tant qu’organisation ? Bien sûr !

Qu’est-ce que la gauche du SNP ?

Le SNP est complètement un parti petit-bourgeois. Il a été fondé en 1928 par des médecins, des pasteurs de l’Eglise d’Ecosse, des petits entrepreneurs et commer- çants, tous très hostiles au mouvement ouvrier mais aussi très hostiles au grand capital identifié à Londres. Un des fondateurs du SNP en 1928, et une de ses figures de proue dans les années 1940-1950, fut le poète Hugh MacDiarmid 1892- 1978, à la fois nationaliste écossais et communiste. Diarmid a eu une trajectoire politique bizarre mais c’est un très grand poète moderniste, très aimé en Ecosse, qui écrivait aussi bien en anglais, en scot, le dialecte anglais écossais, qu’en gaélique, la langue celtique parlée dans les Hébrides.(…)

Dans la RIC, beaucoup de personnes pensent qu’elles peuvent transformer le SNP en le poussant à gauche. Je pense qu’elles se trompent. Il y a clairement une limi- te à gauche qu’un parti nationaliste petit-bourgeois comme le SNP ne peut pas franchir. Mais c’est possible d’avoir un dialogue avec les membres du SNP et d’agir à leur côté.(…)

Sur quel programme faites-vous campagne pour le OUI ?

(…) On nous reproche de nous allier au nationalisme écossais, mais on oublie qu’il y a un nationalisme britannique, un nationalisme de la grande puissance impériale, qui a été imposé aux ouvriers écossais le 5 août 1914; le nationalisme de celles de ceux qui se sont opposés à nous quand nous avons exigé, et obtenu, que les festivités en Ecosse du centenaire de l’éclatement de la Première Guerre mondiale n’honorent pas seulement ceux qui se sont portés volontaires, ceux qui sont morts ou sont revenus blessés et invalides, mais aussi ceux qui se sont portés objecteurs de conscience, ont fait grève, ont été mis en prison, ont déserté, se sont mutinés et ont été fusillés ; ceux qui à la Noël 1914 ont fraternisé pendant quelques heures avec les soldats allemands en reprenant à la cornemuse le Oh Douce Nuit venu des tranchées allemandes.

Il y a ensuite une raison anti-impérialiste très concrètement écossaise. Tout près de Glasgow, dans l’estuaire de la Clyde, dans Loch Gare et Loch Long, se trouve la principale base de sous-marins lance-missiles stratégiques nucléaires d’Euro- pe, la base de Faslane et Colport. Encore et encore, tant de fois depuis un demi- siècle, elle a été assiégée, et les sous-marins tachés de peinture, par les manifes- tants anti-nucléaires et anti-guerre qui s’affrontaient à la police.(…)

De 1960 à 1991, c’était une base de la US Navy.(…) Mais comme les sous-marins britanniques portent des missiles Trident II de Lockheed, fournis par les Etats- Unis, à 48 têtes nucléaires chacun, le Penta-gone garde un contrôle particulier sur ces navires britanniques, et pas seulement au travers des organes de l’OTAN. Dans le programme du SNP, il y a la dénucléarisation du territoire écossais. Face aux cris d’orfraie de Londres et de Washington, le SNP affirme vouloir être un membre non-nucléaire de l’OTAN, comme l’Irlande.(…)

La perte de la base de Faslane préoccupe réellement la classe dominante britan- nique qui se fait du souci pour une victoire du OUI. Déplacer la base nucléaire ailleurs est difficile, prendra du temps et coûtera cher. Où trouver ailleurs dans les Iles britanniques qu’en Ecosse un estuaire abrité mais en eau profonde? (…) Paradoxalement, c’est un secteur de l’armée qui fait entendre une voix discor- dante, signalant que les fusées Trident sont vieilles, ne correspondent plus aux réalités stratégiques d’aujourd’hui, échappent à «notre» contrôle, et coûtent un argent qui pourrait utilement être consacré à améliorer l’armée pour les interventions extérieures «d’aujourd’hui». Pensez-donc, depuis 1914, il ne s’est pas écoulé une année sans action de guerre britannique quelque part dans le monde ; aujourd’hui en Afghanistan, entre autres.

La troisième raison est plus difficile à expliquer. Elle est, disons, démocratique.

La Dévolution en 1997 n’a pas été seulement une concession faite aux électeurs écossais. Elle était alors soutenue par bien des néolibéraux, The Economist par exemple. Elle a fait partie de toute une vague de création d’assemblées démo- cratiques: la nouvelle municipalité de Londres, le Parlement européen aussi, cen- sées donner l’illusion de la démocratie alors que le néolibéralisme rétrécissait de plus en plus la marge de décision des élus. Soit que les institutions privatisées échappaient à leur compétence, soit que le vrai pouvoir était concentré dans des institutions centrales non-élues, la Commission européenne, le FMI, l’OMC,… La nouvelle citoyenneté permettait désormais aux citoyens de choisir quels services publics seraient supprimés en premier, si la santé publique ou l’école devait être privatisée d’abord.

Si le NON l’emporte de justesse, la variante de la DévoMax (Dévolution maximum) deviendra une bonne solution pour la classe dominante britannique: accorder encore plus de compétences au parlement écossais, voire un véritable fédéra- lisme, pourvu que l’intégrité essentielle de l’Etat britannique soit préservé dans la défense, la diplomatie, et les décisions économiques-clés. Aujourd’hui, le gou- vernement écossais peut mettre les décisions impopulaires sur le dos de Londres, et se déresponsabiliser de la politique néo-libérale qui fait mal.

Il n’y a guère d’illusions à se faire sur les possibilités d’une Ecosse indépendante d’échapper aux contraintes du capitalisme mondial. Mais c’est la lutte pour le OUI qui incarne la volonté d’une grande masse de salariés écossais de décider vrai- ment démocratiquement en élisant des gouvernants qui ne pourront pas s’excuser et disant que, hélas, c’est de la compétence de Londres. Dans les conditions actuelles, l’autogouvernement de l’Ecosse par les Ecossais ouvre un espace politique pour la gauche anticapitaliste.

Publié par Alencontre le 2 – septembre – 2014 Entretien avec Neil Davidson

Neil Davidson a reçu en 2003 à Londres le Prix Isaac et Tamara Deutscher pour son livre Discovering the Scottish Revolution, 1692-1746 (Pluto Press, London 2003) . Neil est un des animateurs des nombreux militants qui sont sortis en 2013 du SWP et ont fondé récemment revolutionary socialism21 et, en Ecosse, International Socialists Scotland www.isscotland.org

http://alencontre.org/europe/ecosse-referendum-du-18-septembre-la-campagne-pour-le-non-sest-calee-sur-la-britishness-la-plus-reactionnaire.html

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02 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

«Bon sens» : ooops (rue 89)

 bidochon

De la pure philosophie de Bidochon, quoi!

Macron vante le «chien de garde de la petite bourgeoisie»

«Il n’est pas interdit d’être de gauche et de bon sens», affirme Emmanuel Macron dans Ouest-France, qui a repris la phrase en titre de l’interview. Celui qui ne veut pas qu’on «l’enferme» dans le qualificatif de «libéral» (sans le rejeter pour autant) donne cette définition de la gauche:

«Etre de gauche, pour moi, c’est en effet être efficace, recréer les conditions pour investir, produire et innover. Etre de gauche, c’est être juste pour que les efforts comme les gains soient équitablement répartis.»

Le bon sens, donc… Si, pour sa première interview en tant que ministre de l’Economie, l’ancien conseiller de François Hollande voulait fournir des preuves de son attachement idéologique à la gauche, c’est raté. La valeur qu’il met en avant, le «bon sens», fait partie de l’arsenal classique de la droite: dès les années 50 les intellectuels de gauche l’ont fustigée et les leaders de gauche évitent depuis de s’en prévaloir. Il y a certes des exceptions dans les franges droitières du PS: Michel Sapin, par exemple, ne déteste pas l’expression.

«Les projections naïves du sens commun» C’est Roland Barthes qui a porté l’estocade à l’expression, dans une formule restée célèbre, reprise par la suite à l’envi par les marxistes: le bon sens, c’est le «chien de garde des équations peti- tes-bourgeoises». Aussi jeune soit-il, Macron ne peut pas l’ignorer. Ancien élève d’Etienne Balibar et assistant de Paul Ricœur, il connait les écrits de Roland Bar- thes qu’il ne confond pas, à la différence de Nicolas Sarkozy, avec Yann Barthès.

Dans les années 50, le «bon sens», celui des «petites gens», du «Français moyen», était dans toutes les bouches, d’Henri Queuille à Pierre Poujade. Ce der- nier en avait même fait, bien avant le Crédit agricole ou les candidats du FN, un slogan promotionnel.

C’est ce qui avait fait réagir Barthes, selon lequel le «bon sens», avec ses relents terriens, porte l’aspiration conservatrice à la finitude du monde, à l’immu- abilité des choses. Mais ce concept est vicieux car il empêche «d’imaginer l’au- tre». Il ferme le débat, il enferme l’interlocuteur, il bloque le rêve :

«Il bouche toutes les issues dialectiques, définit un monde homogène, où l’on est chez soi, à l’abri des troubles et des fuites du “rêve” (entendez d’une vision non comptable des choses). Les conduites humaines étant et ne devant être que pur talion, le bon sens est cette réaction sélective de l’esprit, qui réduit le monde idéal à des mécanismes directs de riposte.» ( «Quelques paroles de M. Poujade» in Mythologies, 1957)

Loin d’être, quoi qu’en dise Descartes, «la chose la mieux partagée», le «bon sens» serait donc une arme idéologique qu’il faut analyser et contrer. Pierre Bour- dieu lui-même se donnait comme priorité de «rompre avec le sens commun» et invitait les sociologues à forger de nouveaux mots pour se protéger des «pro- jections naïves» de ce dernier.

Depuis, les tentatives intellectuelles de réhabilitation du bon sens sont ra- res. L’historien Marc Crapez, défenseur du libéralisme, s’y est essayé dans un récent essai: «Défense du bon sens ou la controverse du sens commun», éd. du Rocher, 2004, mais sans parvenir à réveiller, dans le débat public, «le sourire du bon sens» vanté par Raymond Aron.

Pascal Riché Cofondateur Publié le 02/09/2014 à 08h50
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30 août 2014 ~ 0 Commentaire

Hollande met en pratique une version droitisée du blairisme (politis)

margaret-thatcher

Permettons aux riches de devenir plus riches!
Politis.fr: Dans quelle mesure François Hollande est-il, plus encore depuis ce week-end, le Tony Blair français ?

Philippe Marlière : Ce qui s’est passé le week-end dernier s’inscrit dans la conti- nuité de l’action de François Hollande depuis son arrivée au pouvoir en 2012, et plus encore de l’inflexion qui a eu lieu en janvier 2014 quand il a annoncé la mise en œuvre du pacte de responsabilité. Reste qu’en effet les déclarations d’Emma- nuel Macron, le nouveau ministre de l’Economie, qui parle d’augmenter la TVA et de toucher aux 35 heures, ont quelque chose d’extraordinaire!

Il est vrai qu’il y a du Tony Blair chez Hollande: il porte un discours duquel ont disparu les références aux conflits sociaux ou aux classes sociales. Il veut nous faire croire que, dans ce monde «globalisé» et «compétitif», il y aura une part de gâteau pour tout le monde. Sans parler de sa politique économique centrée sur l’offre.

Mais, en réalité, le compromis entre le capital et le travail, qui est au cœur de la social-démocratie et qu’on retrouvait en dose homéopathique dans le blairisme, est absent de la politique de François Hollande. Comme il n’a pas de marges de manœuvre du fait de la crise actuelle, le Président est condamné à mettre en pra- tique une version de droite du blairisme. Il n’a fait passer aucune mesure de pro- grès social pour le salariat en deux ans alors que, certes, contraint et forcé par les syndicats, Tony Blair avait, lui, mis en place le salaire minimum et investi dans les services publics.

Pris dans le piège de l’austérité, Hollande se retrouve donc incapable de donner un peu de grain à moudre à gauche. Autre différence importante: contrairement à Hollande, qui a menti et a trahi ses électeurs, Blair avait annoncé la couleur. L’ex- Premier ministre travailliste avait été élu sur un programme droitier qu’il a appliqué et qui avait été au préalable adoubé par la presse Murdoch mais aussi accepté par le parti travailliste. Celui-ci était désespéré de retourner au pouvoir après vingt années de gouvernement de droite dure.

Blair avait-il maltraité son parti comme le font Hollande et Valls ?

Oui, mais on perçoit une vraie jubilation chez Manuel Valls à, comme il dit, «briser les tabous» (une expression de droite), à mettre en pièce et à discréditer les va- leurs de gauche et le regard qu’elle porte sur la société, cette vision du monde qui repose sur la dénonciation de l’exploitation et de l’injustice sociale. On ne trouve nulle trace de cette philosophie de gauche chez Valls, ni chez Hollande d’ailleurs.

Valls utilise avec fierté les «mots et la grammaire» de la droite et du patronat, selon l’expression ravie de Denis Kessler, l’ex-numéro deux du Medef. Lors de son intervention devant l’université d’été du Medef, mardi dernier, il a fait consciem- ment un véritable bras d’honneur à son parti et à l’ensemble de la gauche. En cela, le Premier ministre ressemble au Tony Blair triomphant des années 1990, dont il reprend d’ailleurs la terminologie quand il parle de «vieille gauche» («old left») pour discréditer ses opposants.

Mais, autant François Hollande offre une version de droite du blairisme, au- tant Valls est au-delà du blairisme: c’est un néolibéral-conservateur. Sur le plan économique, il est thatchériste: il croit en la dérégulation du marché et du code du travail; sur le plan sociétal, il a traîné des pieds sur le mariage pour tous, refuse de donner le droit de vote aux étrangers, et sa scandaleuse sortie sur les Roms a piétiné plus de deux cents ans de tradition républicaine française. Parler de so- cial-libéralisme à son égard est un contresens, car ce courant philosophique né à la fin du 19e siècle en Grande-Bretagne était très critique envers un capitalisme sans entraves et promouvait des réformes sociales en faveur de la classe ouvrière paupérisée.

Quelle est la stratégie de Manuel Valls quand il fait ainsi de la provocation vis-à-vis de tout un pan de son parti ?

Manuel Valls a une stratégie claire en tête. Il triangule, comme l’avait fait Blair, ce qui avait permis au travailliste de repousser les conservateurs vers la droite et de remporter trois élections d’affilée. Le seul problème, c’est que le contexte en Fran- ce n’est pas celui du bipartisme britannique, un pays où il n’y a ni FN ni force importante à la gauche du parti travailliste. Du coup, le pari de Manuel Valls de droitiser un maximum son discours pour contraindre la droite à la surenchère risque surtout de faire le jeu du Front national en 2017.

La gauche française est-elle condamnée à se «blairiser»?

Le PS aurait certainement un, voire deux blairismes de retard! Les idées de la troisième voie sont apparues en 1995. Cela s’appelle faire du neuf avec du vieux ; un copié-collé d’un galimatias politique tourné en ridicule par les universitaires et les commentateurs britanniques depuis plus de dix ans! En Grande-Bretagne, le blairisme a mal fini: une droite dure est revenue au pouvoir et le parti travailliste a perdu la moitié de ses membres…

Aujourd’hui, il existe deux scénarios possibles en France. Soit le PS se trans- forme en parti post-social-démocrate sous les assauts de Valls et de Hollande, comme dans la situation italienne: c’est une option à ne pas exclure quand on observe la loyauté, le suivisme et le carriérisme de nombreux élus socialistes jus- qu’à présent.

Autre hypothèse: la démarche commando de Valls et de Hollande et la rupture totale avec les promesses et le programme de 2012 provoquent, in fine, une cou- pure dans le parti, avec des départs, comme il y en a eu au Pasok grec. Mais, dans le court terme, j’ai du mal à imaginer que les «rebelles» quitteront le PS en masse, ce qui permettrait la création d’une grande force à la gauche d’un PS en chute libre. C’est ce que j’appellerai «l’hypothèse Syriza». Il est vrai que certains frondeurs au PS sont d’authentiques sociaux-démocrates. Ils se trouvent donc pour le moment dans un entre-deux entre ce gouvernement blairiste et le Front de gauche. Le rapprochement avec les frondeurs peut être envisagé, mais pas avant que Valls ne soit allé jusqu’au bout de son action néolibérale-conservatrice, synonyme de déroutes électorales pour le PS.

Pour le politologue Philippe Marlière, le Parti socialiste a entamé sa mue «blairiste» sous les assauts de Hollande et de Valls.Alors que s’ouvre à La Rochelle l’université d’été du PS, Philippe Marlière, spécialiste de la «troisième voie», l’approche politique portée par Tony Blair en Grande-Bretagne, revient sur les événements politiques de ces derniers jours à la lumière de l’histoire politique britannique. Ce professeur de science politique à l’University College de Londres, cofondateur avec Liêm Hoang Ngoc du club des socialistes affligés, fait part également de ses hypothèses quant à l’avenir du PS.

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28 août 2014 ~ 0 Commentaire

Un banquier ministre de l’économie et de l’industrie (attac)

Un banquier ministre de l’économie et de l’industrie (attac) dans A gauche du PS tumblr_lz1aweDL9d1rng70do1_500

L’impudence de MM. Hollande et Valls

Pour reprendre en main Bercy, François Hollande et Manuel Valls ont choisi de nommer un banquier au ministère de l’économie. Cette nomination va permettre à l’État de servir encore mieux le secteur bancaire, ce fleuron de la compétitivité française.

Emmanuel Macron connaît intimement la finance. Gérant à la Banque Rot- schild, il a mené à bien en 2012 le rachat par Nestlé d’une filiale de Pfizer. Devenu ainsi millionnaire, il est entré quelques semaines plus tard à l’Elysée comme Secrétaire général.

Pour renforcer la compétitivité de son gouvernement, François Hollande pourrait aller plus loin. Pourquoi ne pas nommer des dirigeants du CAC 40 au gouvernement? A quand Michel Pébereau (BNP Paribas) au budget, De Margerie (Total) à l’écologie, Luc Oursel (Areva) au commerce extérieur et François Pinault (Kering) à la culture ?

La fusion entre les oligarchies politique et financière se donne en spectacle, au service des grandes multinationales bancaires et industrielles. Celles-ci pilotent aujourd’hui la négociation de l’accord transatlantique de libre-échange (TAFTA). Pour Attac, ces multinationales constituent désormais les vrais détenteurs du pou- voir politique.

Nous appelons les citoyens à participer massivement à la journée européenne pour renverser le pouvoir des multinationales prévue le 11 octobre et à multiplier les actions de harcèlement pacifique contre ces firmes arrogantes, dans le cadre de notre campagne contre les Requins (BNP Paribas, Société Générale) ainsi qu’à l’occasion de la préparation de la conférence climatique de 2015, pour laquelle nous définirons de nouvelles cibles.

mercredi 27 août 2014, par Attac France

https://france.attac.org/actus-et-medias/salle-de-presse/article/un-banquier-ministre-de-l-economie

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