Archive | A gauche du PS

23 avril 2015 ~ 0 Commentaire

quimper, rassemblement jeudi 23 avril

frontex

Naufrages des migrants en Méditerranée, ce n’est pas une fatalité !

Une hécatombe insupportable: Tous les jours, des migrants trouvent la mort en voulant fuir les pays dévastés par la guerre ou la pauvreté. La Méditerranée est devenue un immense cimetière :

- 800 migrants dans la nuit du samedi 18 au dimanche 19 avril dans le naufrage d’un cargo,

- 400 morts avaient déjà étaient décomptés la semaine dernière.

- Et combien d’autres dans les jours à venir ?

Des chiffres en augmentation constante. D’après le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), ce sont 3419 migrants qui ont perdu la vie en Méditerranée durant l’année 2014, près de 2000 ces premiers mois de 2015. Et chaque jour, ce sont entre 500 et 1000 femmes, hommes et enfants, rescapés d’une traversée aux risques mortels qui sont récupérés par les garde-côtes italiens.

Pourquoi? La raison principale est la fermeture des frontières aux person- nes alors que capitaux et marchandises circulent très librement. Cette fermeture est aussi très inégale et ne concerne que «les pauvres». Si un Français ou un Américain peut circuler très facilement de part le monde, ce n’est pas le cas pour un Syrien ou un Somalien.

Ces migrants prêts à remettre leur vie à des passeurs mafieux, de plus en plus violents et barbares qui les volent et les assassinent, fuient les pays dévastés par les guerres. Mais du Nigéria, à l’Erythrée, de la Syrie au Yémen en passant par la Palestine et le camp de Yarmouk, les dictatures, les bandes armées qui s’affron- tent résultent du chaos produit par les politiques impérialistes des USA et de l’Union Européenne à commencer par le chaos libyen, pays d’où partent les ba- teaux de la mort depuis que Khadafi et sa dictature ne sont plus là pour trans-former le sud de la Libye en immense camp de rétention contre financement de l’UE.

L’explosion du nombre de morts s’explique logiquement par l’explosion du nombre de candidats à l’émigration mais c’est aussi la responsabilité directe de l’UE: la fin de l’opération «Mare Nostrum» (menée par la marine italienne avec des activités de recherche et de sauvetage) et son remplacement par l’opération «Triton», placée sous l’égide de l’Agence de contrôle des frontières extérieures de l’Europe (Frontex). Et, «Triton» n’est pas, elle, une opération de recherche et de sauvetage mais une opération de bouclage des frontières.

Une autre politique est possible! C’est à partir de 1974, qu’a démarré en France, la mise en place d’une politique de contrôle sévère des flux migratoires. Même le directeur adjoint de Frontex,  Gil Arias, suggère aujourd’hui plus de sou- plesse quant aux directives relatives à l’immigration: «Ce qui aiderait, aussi, c’est d’ouvrir de nouvelles possibilités d’émigration légale surtout pour les personnes fuyant les guerres».

Il y aurait des solutions pour éviter ces morts inacceptables :

Mettre en place une intervention internationale dans le cadre de l’ONU en vue de mettre fin aux conflits et de rechercher une solution négociée

Utiliser le profit qu’engendre le pillage de leurs ressources naturelles pour servir en priorité le développement économique de ces pays.

Appliquer le droit d’asile à celles et ceux qui fuient les guerres et garantir à tous la liberté de circulation et d’installation dans les différents pays de l’UE.

Pour protester contre la politique migratoire de l’Union Européenne et de notre gouvernement, nous appelons à un:

Rassemblement à Quimper, place de la résistance à l’angle de la préfecture, jeudi 23 avril à 18h30.

Rassemblement appelé par :
AFPS Cornouaille, Droit d’Asile Quimper Cornouaille, Ensemble Cornouaille, Nouveau Parti Anticapitaliste, PCF

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22 avril 2015 ~ 0 Commentaire

hillary clinton, une candidature d’espoir? (ccr)

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Le dimanche 12 avril, Hillary Clinton a annoncé sa candidature à la nomination du Parti démocrate à l’élection présidentielle de 2016.

Elle a déjà été candidate à la primaire en 2008. Malgré son taux de popularité impressionnant à l’époque, la course à la nomination, longue et acharnée, s’est soldée par la victoire de son adversaire principal, Barack Obama, qui avait su susciter tant d’espoir chez les jeunes, les classes populaires et les minorités. Cette fois-ci, elle ne compte pas rater son «rendez-vous avec la Nation».

Hillary Clinton a annoncé sa deuxième candidature à l’élection présidentielle à la télévision et sur les réseaux sociaux à travers une vidéo mettant en scène les histoires des «Américains moyens». On entend des mères célibataires, des latino-américains, des Afro-Américains, des couples homosexuels, des jeunes, des retraités, des travailleurs raconter leurs vies, leurs projets d’avenir. Ils incarnent tous à leur manière le rêve américain dont Hillary Clinton se pose en fervent défenseur. Affirmant que «les Américains moyens ont besoin d’une championne et je veux être cette championne-là», elle annonce d’emblée la couleur de la campagne qu’elle compte mener.

Face à elle, pour l’instant, dans le camp d’en face, une douzaine de candidats ont annoncé leurs candidatures à la nomination du Parti républicain, parmi lesquels on retrouve bon nombre d’ultra-conservateurs comme Ted Cruz, Rand Paul, Scott Walker ou encore Marco Rubio. Ces «oiseaux cinglés de la droite» sont largement responsable du «shutdown» budgétaire de 2013, de l’écrasement des syndicats de fonctionnaires dans l’Etat du Wisconsin et prônent la suppression d’aides publiques et d’impôts sur les riches et remettent en cause le droit à l’avortement. A bon compte, Hillary Clinton en ressort gauchie.

Une candidate des «Américains moyens»? Ainsi, elle se présente comme une «Américaine moyenne» parmi d’autres, partageant les inquiétudes et les espoirs des millions de jeunes, de travailleurs et de minorités à travers le pays contre lesquels les dés sont toujours pipés. Contrairement à sa campagne de 2008, le ton de celle-ci s’annonce plus populiste, quoique de manière timorée. Face à des adversaires républicains très marqués à droite et dans la course des primaires démocrates, elle essaie de faire valoir un tel discours, plus proche des préoccupations des Américains, tout en se gardant bien de faire trop de promesses. Après une décennie de chômage important, de stagnation salariale, de reprise inégale et d’approfondissement des inégalités sur fond de crise économique mondiale, Hillary voudrait apparaître comme la candidate des Américains qui travaillent dur, capable d’améliorer leurs conditions de vie et de travail pour qu’ils puissent aller de l’avant.

Cependant, Hillary Clinton est loin d’être la candidate de celles et ceux qui ont souffert et continuent à souffrir de la crise et de l’économie capitaliste aux États-Unis. Au contraire, elle fait indubitablement partie des 1 %. Sa famille détient une énorme fortune et entretient des liens étroits et avérés avec Wall Street. Par ailleurs, c’est une figure emblématique de l’establishment politique états-unien depuis plus de 30 ans. Entre 1989 et 2009, les Clinton ont été l’une des grandes familles, avec les Bush, qui ont gouverné le pays en alternance et entre 2001 et 2013, Hillary Clinton a été sénatrice, puis Ministre des Affaires étrangères. Pendant ce temps, Hillary Clinton a clairement démontré à chaque étape pour quelle équipe elle joue.

Une défenseure des intérêts des riches et de l’impérialisme Dans l’arène internationale, elle défend les intérêts de l’impérialisme états-unien. Elle soutient activement les traités de libre-échange, comme l’Accord de libre-échange nord-américain qui a contribué à détruire la production agricole vivrière et familiale au Mexique, a fragilisé encore davantage les classes populaires mexicaines et servait en dernière instance à mieux assujettir le Mexique à l’emprise des États-Unis.

Dans les années 2000, elle a soutenu les interventions impérialistes en Afghanistan et Irak, lesquelles ont rendu possibles la mise en place de toute une série de mesures législatives liberticides au nom de la «lutte contre le terrorisme» comme le «Patriot Act» et d’un appareil d’espionnage massif. Elle se fait régulièrement le héraut des va-t-en-guerre, allant jusqu’à menacer d’effacer l’Iran de la carte en tant que Ministre des Affaires étrangères ou soutenir inconditionnellement les politiques racistes et guerrières de l’État d’Israël contre le peuple palestinien.

Si elle fait campagne aujourd’hui sur des positions plus modérées concernant l’interventionnisme militaire ou le soutien à l’État d’Israël, c’était loin d’être le cas quand le Parti démocrate était plus à droite et elle a pu se féliciter d’avoir conseillé à Bill Clinton de bombarder le Kosovo ou plus récemment encore, au cours de l’été 2014, alors qu’elle n’était plus en charge du Département d’État, dire que les Gazaouis ont bien cherché l’opération Bordure protectrice.

Sur le plan national, malgré son discours en apparence plus progressiste, Hillary Clinton n’est pas l’amie des classes populaires ni des jeunes. Entre 1986 et 1992, siégeant au Comité d’administration de Wal-Mart, elle est restée scandaleusement silencieuse devant la guerre que menait l’entreprise contre les syndicats cherchant à organiser et à représenter les salariés. Elle ne cesse par ailleurs d’affirmer sa volonté d’approfondir les politiques anti-sociales entamées déjà par Bill Clinton en 1996, notamment en matière de droit aux aides publiques dont elle voudrait rendre l’ouverture encore plus difficile. Elle n’hésite surtout pas à s’appuyer sur le discours dominant selon lequel il existerait des «pauvres méritants» et des «fainéants assistés» qui permet depuis deux décennies aux classes dominantes de diviser les classes populaires et de mieux faire passer leurs attaques.

L’émergence diffuse de nouveaux mouvements sociaux Loin d’être la cheffe de file de la gauche du Parti démocrate, Hillary Clinton se voit obligée de lancer sa campagne sur des bases plus à gauche car on a assisté à l’émergence de nouveaux mouvements sociaux et au début d’une recomposition du mouvement ouvrier dans les dernières années. Le Parti démocrate peut compter sur le soutien des bureaucraties syndicales et les leaders historiques de la communauté noire, leurs relais principaux parmi les travailleurs et les minorités. Or depuis quelques années, ces relais se révèlent de moins en moins capables de jouer leur rôle de cooptation et de contrôle.

Du côté du monde du travail, les syndicats connaissent une crise importante en raison de leur collaboration ouverte avec le pouvoir, et une lutte pour le salaire minimum, menée principalement par les secteurs les plus exploités et paupérisés de la classe ouvrière, a émergé malgré les bureaucraties syndicales.

Du côté du mouvement noir, les mobilisations contre le racisme, provoquées par l’assassinat de Mike Brown à Ferguson en août dernier et auxquelles les jeunes ont massivement participé, ont fait apparaître une rupture avec les figures traditionnelles comme Al Sharpton et Jesse Jackson, deux militants du mouvement pour les droits civiques des Noirs ayant bénéficié jusque-là d’une grande légitimité parmi la génération 1960-1970. Quant aux jeunes, le mouvement Occupy Wall Street a été en grande partie l’expression de leur rejet des inégalités sociales croissantes et de la caste des politiciens bourgeois dont fait partie Hillary Clinton.

Le défi pour le Parti démocrate est désormais de canaliser cette colère diffuse en se posant en défenseur des intérêts des travailleurs, des minorités et des jeunes. Il est d’autant plus nécessaire pour le Parti démocrate de relever ce défi qu’en 2013, les élections ont révélé, d’une part, une polarisation sur la droite dans certains Etats, mais également un virage à gauche à travers l’ensemble de l’échiquier politique états-unien, avec l’élection des figures modérées du Parti républicain ou des représentants de la gauche du Parti démocrate, voire d’une candidate ouvertement socialiste (anticapitaliste, note du blog) à Seattle.

Hillary Clinton incarne-t-elle réellement un espoir de changement pour les classes populaires et les jeunes, pour les Noires, les Hispaniques, les travailleuses et les jeunes Américaines ? Pas plus qu’Obama ne l’a été pour les minorités en général et les Noirs en particulier, ni pour les travailleurs et les jeunes. Deux mandats en attestent. Ivan Matewan 20/04/15

http://www.ccr4.org/Hillary-Clinton-une-candidature-d

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22 avril 2015 ~ 0 Commentaire

les créanciers de la grèce ont-ils peur de la vérité ? (cadtm)

Interview d’Eric Toussaint sur l’audit des dettes illégitimes et illégales, diffusée par la chaîne de TV du parlement grec le 19 avril 2015, quelques jours après le lancement officiel de la Commission de la Vérité sur la Dette Publique Grecque. Eric Toussaint est le coordinateur de cette Commission.

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21 avril 2015 ~ 0 Commentaire

pourquoi la comparaison fn “pcf des années 70″ n’a aucun sens (les inrocks)

filoche

François Hollande a déclaré que Marine Le Pen parlait “comme un tract du PCF des années 70″. Cette comparaison correspond-elle à une réalité ?

Joël Gombin Si on écoute bien les propos du président de la République, il apporte des nuances à cette comparaison. Il précise également ce qui, d’après lui, distingue ces deux partis. Je suis cependant un peu surpris par cette décla- ration du Président dans le sens où cela fait longtemps que d’un point de vue scientifique, un sort a été fait à l’idée d’un parallèle entre le PCF et le FN. C’est une idée qui revient régulièrement, qui a eu sa popularité à une époque, mais qui ne repose pas sur grand-chose d’un point de vue empirique. Ce parallèle n’est valide ni du point de vue de la géographie ou de la sociologie électorale, ni du point de vue de leurs orientations idéologiques, ni du point de vue de leur recru- tement et de leurs pratiques militantes. Il se trouve que dans l’émission, il commen- te un reportage qui porte sur le bassin minier. Effectivement c’est un fief commu- niste. Et il opère un rapprochement entre des formes de protectionnisme qui existent toujours au PC et que le FN reprend aujourd’hui. Mais au-delà de cet aspect anecdotique, la comparaison est assez courte.

D’où vient cette idée qui consiste à comparer l’échiquier politique à un fer à cheval, où les deux extrêmes se rejoignent ? 

C’est une idée qui revient régulièrement, que ce soit dans les travaux scientifique ou plus encore dans le débat public. En réalité dans la littérature scientifique il y a assez peu d’éléments pour soutenir une telle thèse, ne serait-ce que pour une rai- son simple: tout le monde s’accorde en science politique pour dire que l’espace politique n’est pas unidimensionnel. Il est pluridimensionnel. A partir de là, l’idée selon laquelle on pourrait projeter l’espace politique sur une bande qui se replierait à ses extrêmes ne fait aucun sens. Si vous prenez n’importe quel parti deux à deux, vous aurez toujours des points communs et des différences.

C’est une idée que l’on trouve dans les milieux libéraux au lendemain de la secon- de Guerre mondiale, chez Isaiah Berlin ou Karl Popper par exemple. On se situe à cette époque dans le cadre d’une réflexion sur le totalitarisme. Toute une généra- tion de philosophes et d’économistes libéraux ont tenté d’imposer l’idée qu’en dehors d’une certaine version de la démocratie libérale, inséparable du libéralisme économique le plus pur, il ne peut pas y avoir de salut. Et que tout le reste conduit forcément sur la pente du totalitarisme. C’est à partir de cette idée qu’il y a un juste milieu vertueux, qu’apparaît l’idée du fer à cheval. Dès lors que l’on s’en écarte par la gauche ou par la droite, on se trouve sur cette même pente du tota- litarisme. Il est frappant d’entendre le président adhérer à cette vision selon laquel- le dès que l’on prône le protectionnisme on se retrouve sur la voix du PCF stalinien.

Pourquoi François Hollande fait-il cette comparaison, la même que Nicolas Sarkozy en 2014 lorsqu’il déclarait que Marine Le Pen avait le programme de Jean-Luc Mélenchon ?

J’avoue que cela me surprend beaucoup. Je ne sais pas l’expliquer. Politiquement on ne voit pas très bien quel est l’intérêt que François Hollande pourrait en tirer, car il se met à dos le PCF, qui reste tout de même un de ses alliés. Je comprends l’intérêt de Nicolas Sarkozy à le faire par rapport à son électorat, mais pour François Hollande, c’est plus énigmatique.

Dans les années 70 l’union de la gauche était en marche. Le programme du PS ne devait donc pas être très éloigné de celui du PCF ?

En effet, c’est pour cela que c’est très curieux. D’un certain point de vue c’est symptomatique de la rupture du Parti socialiste et de l’exécutif en particulier avec toute une partie de son histoire. Aujourd’hui il tourne le dos à l’union de la gauche et opère plutôt un recentrage libéral, avec éventuellement des alliés au centre. Avoir une parole aussi provocatrice, à la fois à l’égard de son propre parti et de sa base électorale potentielle, c’est assez surprenant.

On entend souvent dire que les gens qui votaient autrefois PCF votent désormais FN. Est-ce un mythe ?

Il n’y a jamais eu d’éléments empiriques qui laissent penser qu’il y a eu de tels transferts de manière massive. Evidemment qu’ils peuvent exister de manière individuelle, mais au niveau global ce n’est pas significatif. Ce qui est vrai c’est qu’il y a des régions dans lesquelles le PCF était autrefois puissant, et où par la suite le FN a obtenu de bonnes audiences, mais ça n’a rien de systématique. Dans des régions comme le Pas-de-Calais ou les Bouches du Rhône c’est vrai, mais ça l’est moins autour d’un communisme plus rural comme dans l’Allier.

Ce passage se fait surtout au travers du renouvellement des générations: les nou- velles générations ne bénéficient pas d’une transmission satisfaisante du référen- tiel identitaire communiste. Cela laisse la place à un vote FN qui sociologiquement s’appuie en partie sur des groupes sociaux comparables. Quand je dis “compa-rables”, il faut préciser que le groupe ouvrier dans le bassin minier par exemple n’a rien à voir avec le groupe ouvrier tel qu’il était il y a trente ou quarante ans.

Ce qui est intéressant dans le reportage de Canal +, c’est que tous les électeurs que l’on voit, qui votaient à gauche avant et qui votent FN aujourd’hui, votaient socialiste. Aucun d’entre eux ne dit qu’il votait communiste. Il est facile de l’expli- quer: les électeurs communistes sont généralement ceux dont l’identification par- tisane est la plus forte, ceux pour lesquels il est le plus difficile de les détacher de leur vote antérieur. Par contre ce qui est attesté dans les travaux de Sylvain Cré- pon par exemple, c’est que dans un territoire comme le bassin minier, il y a des enfants et des petits-enfants de communistes qui votent ou qui militent au FN. C’est la problématique de la transmission générationnelle qui est posée dans ces cas là.

Peut-on dire que le FN occupe aujourd’hui une fonction tribunitienne autrefois dévolue au PCF ? 

Oui et non. Effectivement cette notion a été élaborée dans le cas du PCF pour rendre compte d’un mécanisme dialectique assez complexe par lequel il permettait à un groupe exclu des positions dominantes de la société, d’exprimer une forme de rejet du système, tout en intégrant objectivement dans le système. Cette fonc- tion d’intégration passait notamment par l’articulation d’un discours de classe. Or le FN ne le fait pas, quoi qu’il en dise.

D’autre part, pour opérer cette intégration des exclus, le PCF avait déployé toute une gamme d’actions et de formations destinées à la classe ouvrière, que le FN n’assure pas du tout. En particulier toute la fonction de formation intellectuelle et idéologique que le PCF assurait via les écoles du parti, et la fonction de contre-société qu’il assurait. Tout cela n’existe pas, ou alors à un état très embryonnaire, au Front national. Il me semble que l’analogie, même si elle peut être tentante, atteint très vite ses limites.

Propos recueillis par Mathieu Dejean

Dans un entretien au “Supplément” de Canal +, François Hollande a déclaré que Marine Le Pen parle “comme un tract du Parti communiste des années 1970″. Selon le politologue Joël Gombin, cette comparaison est à la fois étonnante de sa part, et invalide empiriquement.

Madame Le Pen parle comme un tract du Parti communiste des années 1970. En pensant qu’on peut fermer les frontières, qu’on peut nationaliser les indus- tries, qu’on peut sortir un certain nombre de capitaux de notre pays sans ris- que. Sauf que le Parti communiste il ne demandait pas qu’on chasse les étran- gers, qu’on fasse la chasse aux pauvres…“. Cette déclaration de François Hollande au Supplément de Canal + a suscité beaucoup de commentaires, et a scandalisé les dirigeants du PCF. Pierre Laurent, le secrétaire national du parti, a demandé des excuses publiques au président. Pourquoi cette provocation, et est-elle fondée empiriquement ? Nous avons interrogé le politologue Joël Gombin, membre de l’Observatoire des radicalités politiques (ORAP) de la Fondation Jean-Jaurès.

http://www.lesinrocks.com/2015/04/20/actualite/pourquoi-la-comparaison-fn-pcf-des-annees-70-na-aucun-sens-11743090/

Commentaire: Et si on se débarrassait des derniers liens avec la gauche pour devenir des démocrates?

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16 avril 2015 ~ 0 Commentaire

tafta, tisa, ceta (al)

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Rêve des capitalistes, cauchemar des peuples !

Le 18 avril, c’est la journée internationale d’action contre les accords de libre-échange en cours de négociation (Tafta, Tisa, Ceta). Ces accords, destinés à servir les intérêts des entreprises multinationales, sont une menace majeure pour l’ensemble des droits sociaux (droit du travail, droit à la santé) et pour l’environnement.

Deux accords sont négociés dans le plus grand secret par la Commission européenne : le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement ou Tafta, négocié avec États-Unis, et le Ceta, négocié avec le Canada. A cela s’ajou- te le traité Tisa, qui touche 50 pays à travers le monde et a pour but de vendre les services publics.

L’objectif affiché de ces traités est de supprimer progressivement toutes les barrières douanières mais aussi toutes les règles qui empêchent les capitalistes de faire encore plus de profit. En clair, cela revient à faire sauter les normes de protection de la santé: les règlements sanitaires sur les OGM ou sur les poulets traités au chlore, les normes de qualité AOC, bio ou les normes environnementales sur l’exploitation des gaz de schiste notamment.

Les mesures ultralibérales que tentent d’imposer ces textes ne sont pas nou- velles: de nombreux pays d’Amérique latine ou d’ailleurs subissent déjà des ac- cords commerciaux aussi dramatiques. La nouveauté de ces accords, c’est qu’ils tentent de s’attaquer à tout en même temps. Si les capitalistes tentent aujourd’hui d’imposer des accords aussi désastreux pour les peuples, c’est parce qu’ils sen- tent que la résistance n’est pas à la hauteur et qu’ils ont pour l’instant les mains libres. Si nous voulons les empêcher de nuire, à nous de montrer que nous avons encore la capacité de résister!

Une arme de guerre pour les multinationales Avec les traités en cours de né- gociation, tout ce qui peut être considéré comme un frein au commerce pourra être attaqué. Les services publics, qui échappent encore à la loi du marché, sont directement visés et les multinationales espèrent bien forcer les États à privatiser sans limite. Parmi les services en ligne de mire: l’éducation, mais aussi la santé, la sécurité sociale, la distribution de gaz ou d’électricité, la distribution de l’eau, etc.

Ces traités tentent également d’imposer un système de règlement des conflits entre les multinationales et les États qui échappe totalement à la justice classique. Lorsque les entreprises jugeront qu’une règle porte atteinte à leurs intérêts, elles pourront attaquer l’État et demander des dommages et intérêts colossaux. Et ce n’est même pas une cour de justice mais un groupe d’arbitres qui tranchera, sans possibilité de faire appel. Ce système a déjà été imposé dans d’autres pays où les multinationales ont par exemple fait condamner des États pour avoir augmenté le SMIC, ou interdit les gaz de schiste…

Organiser la résistance Pour l’instant, les gouvernements n’affichent aucune réaction face à ces traités qui risquent de modifier complètement les règles du jeu capitaliste à l’échelle mondiale. Les parlements nationaux, comme l’Assemblée nationale en France ou le Parlement européen restent muets alors qu’ils auront la possibilité de rejeter les projets d’accord. Pour empêcher les grandes firmes multinationales de se croire tout permis, nous appelons donc à participer à la campagne internationale contre le CETA et à rejoindre les collectifs «Stop Tafta» qui se multiplient.

Nous ne voulons pas de ce Partenariat négocié par des élites économiques et politiques, loin du regard des peuples.

Nous ne voulons pas de ce grand marché transatlantique destiné à maintenir en bonne santé le système capitaliste et à contenter la voracité des investisseurs européens et américains.

Nous ne voulons plus de ce système où seule compte la loi implacable du profit.

15 avril 2015

http://alternativelibertaire.org/?Tafta-Tisa-Ceta-reve-des

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15 avril 2015 ~ 0 Commentaire

14 avril 1931, la 2è république espagnole (trotsky)

Trotsky:

Bien des similitudes entre le régime de février 1917 en Russie et le régime républicain actuel en Espagne sautent aux yeux.

Mais on aperçoit aussi des différences profondes:

a) L’Espagne n’est pas en guerre et vous n’avez pas à lancer un mot d’ordre efficace de lutte pour la paix;

b) Vous n’avez pas encore de soviets ouvriers, ni – faut-il le dire? – de soviets de soldats; dans la presse, je ne vois même pas que ce mot d’ordre ait été proposé aux masses;

c) Le gouvernement républicain exerce depuis le début la répression contre l’aile gauche du prolétariat, ce qui ne s’est pas produit chez nous en février, car les baïonnettes étaient à la disposition des soviets d’ouvriers et de soldats, et non pas entre les mains du gouvernement libéral.

Ce dernier point est d’une importance énorme pour notre agitation. Le régime de Février réalisait du premier coup, dans le domaine politique, une démocratie complète et, en son genre, quasi-absolue. La bourgeoisie ne se maintenait que par son crédit dans les masses ouvrières et dans l’armée.

Chez vous, la bourgeoisie s’appuie non seulement sur la confiance mais sur la violence organisée qu’elle a reprise de l’ancien régime. Vous n’avez pas la liberté pleine et entière des réunions, de la parole, de la presse, etc. Les bases électorales de vos nouvelles municipalités sont fort loin de l’esprit démocratique. Or, dans une époque révolutionnaire, les masses sont particulièrement sensibles à toute inégalité de droit, et aux mesures policières de quelque genre qu’elles soient. En d’autres termes, il est indispensable aux communistes, pour l’instant, de se manifester comme le parti démocratique le plus conséquent, le plus résolu et le plus intransigeant.

D’autre part, il faut immédiatement s’occuper de constituer des soviets ouvriers. A cet égard, la lutte pour la démocratie est un excellent point de départ. Ils ont, eux, leur municipalité; nous avons besoin, nous autres ouvriers, de notre junte locale pour défendre nos droits et nos intérêts.

https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/revperm/rp16.html

https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1931/05/lt19310528.htm

http://npa29.unblog.fr/2014/04/13/le-14-avril-1931-1/

http://www.socialisme.be/fr/2953/revesp3

http://blogs.mediapart.fr/blog/npa-charles-heisser/221214/espagne-1931-1937-le-front-populaire-contre-la-revolution-proletarienne

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14 avril 2015 ~ 0 Commentaire

éduardo galeano et la gauche latino-américaine (libération)

éduardo galeano et la gauche latino-américaine (libération) dans A gauche du PS eduardo-galeano

Auteur des «Veines ouvertes de l’Amérique latine», l’écrivain et journaliste uruguayen est mort à 74 ans.

En avril 2009, à l’occasion du cinquième sommet des Amériques tenu à Trinidad-et-Tobago, le président vénézuélien Hugo Chávez avait offert un livre à son homologue américain Barack Obama: les Veines ouvertes de l’Amérique latine, de l’Uruguayen Eduardo Galeano. Cette publicité soudaine faisait s’envoler les ventes de l’ouvrage, classé dès le lendemain numéro 2 sur le site Amazon aux Etats-Unis.

Paru en 1971, ce virulent essai, qui décrit le pillage des richesses matérielles et humaines de l’Amérique par les vagues successives de pays colonisateurs, de l’Espagne aux Etats-Unis, est un best-seller du XXe siècle, et une lecture obligée pour quiconque s’intéresse à l’Amérique latine. Traduit en vingt langues, il a été constamment réédité et a été redécouvert par la génération des altermondialistes.

Journaliste proche des idées communistes, Galeano, qui décrivait les vieux cafés de Montevideo comme son «université», avait dirigé dans les années 60 Marcha et Epoca, deux magazines de gauche dans une presse uruguayenne qui, à l’époque, était un modèle pour tout le sous-continent. Emprisonné lors du coup d’Etat militaire de 1973, il trouve refuge en Argentine, puis en Espagne. Il ne retrouvera ses chers vieux cafés qu’en 1985, avec le retour de la démocratie.

Passionné de football et adepte d’une lecture politique des affaires du ballon rond, il avait réuni ses articles sur le sujet dans le Football, ombre et lumière, qui connaîtra le succès en France. Suivant de près le soulèvement au Chiapas, on le verra au côté du sous-commandant Marcos, et dans des actes de solidarité avec les Indiens du sud du Mexique.

En 1999, dans le cadre d’une série sur le passage au nouveau millénaire, Eduardo Galeano publiait dans Libération un texte intitulé «Le droit de rêver», exercice de prédiction utopiste, où il écrivait: «Une femme noire sera présidente du Brésil, et une autre femme noire sera présidente des Etats-Unis ; une femme indienne gouvernera le Guatemala, et une autre le Pérou»…

François-Xavier GOMEZ 13 avril 2015 à 17:45
Eduardo Galeano dans « Le Monde Diplomatique »
Critiques de ses livres dans le journal du Npa:

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13 avril 2015 ~ 0 Commentaire

françois maspero, l’éditeur et écrivain est mort (of + acrimed + npa + lo)

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Étendard de la culture contestataire dans les années 1960 et 1970, très engagé à gauche, l’éditeur et écrivain François Maspero est décédé samedi à l’âge de 83 ans.

François Maspero, également journaliste et traducteur de nombreux auteurs espa- gnols, avait créé sa propre maison d’édition en 1959, cédée pour devenir La Découverte. Selon l’un de ses proches, Marcel-Francis Kahn, s’exprimant sur le site de Mediapart, l’intellectuel est «mort chez lui» samedi et a été «découvert dimanche mort dans sa baignoire».

Petit-fils de l’égyptologue Gaston Maspero et fils du sinologue Henri Maspero, professeur au Collège de France, François Maspero naît à Paris le 19 janvier 1932. Sa jeunesse est marquée par la guerre: en 1944, son père décède à Buchenwald, dont on célébrait ce samedi le 70e anniversaire de la libération, et son frère aîné est tué en France par les Allemands.

Les éditions Maspero En 1955, sans diplôme, il devient libraire dans le Quartier latin. Quatre ans plus tard, il crée les éditions Maspero, publiant des textes sur la guerre d’Algérie, la contestation du stalinisme, le sous-développement ou le néoco- lonialisme. Des auteurs comme Frantz Fanon, Louis Althusser, John Berger, Jean- Pierre Vernant, Pierre Vidal-Naquet, Yves Lacoste, Yannis Ritsos, Tahar Ben Jelloun, Nazim Hikmet, ont écrit chez Maspero qui a publié le best-seller «Libres Enfants de Summerhill» (1970), d’Alexander Sutherland Neill.

Certaines publications sont interdites et valent à celui qui était alors une figure importante de la vie intellectuelle française de nombreux ennuis judiciaires : fortes amendes, prison et suppression de ses droits civiques. Il est contraint de vendre la librairie en 1974. En revanche, la maison d’édition est conservée grâce à la mobilisation (notamment financière) d’auteurs et de lecteurs.

Écrivain, journaliste, traducteur…  Mais, en 1982, épuisé, il cède ses parts à François Gèze et quitte sa maison qui prend le nom de La Découverte. À 50 ans, il se retrouve sans rien. Sa vie manque de basculer: accident de moto, tentative de suicide. François Maspero va se mettre à écrire. Au total, une quinzaine de livres (romans, récits de voyages surtout) à partir de 1984 «Le Sourire du chat», «Balkans-Transit», «Un voyage au long cours» (sur la ligne B du RER parisien), sur l’Algérie, Gaza etc. Parallèlement, il fait des reportages pour Radio France et Le Monde et traduit des auteurs comme John Reed, Francesco Biamonti, Alvaro Mutis, Arturo Perez Reverte, Carlos Ruiz Zafon et Joseph Conrad. 11h31

http://www.ouest-france.fr/francois-maspero-lediteur-et-ecrivain-francais-est-mort-83-ans-3331025

http://www.ouest-france.fr/francois-maspero-linternationaliste-212947

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Maspero

http://www.acrimed.org/article4636.html

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/2015/04/15/francois-maspero-editeur-contre-le-colonialisme_36862.html

200px-Ligue_communiste La « ligue » chez Maspéro

Commentaire: Il a aussi été l’éditeur de la Lcr, ancêtre du Npa.

http://npa2009.org/communique/disparition-de-francois-maspero-0

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article34779

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13 avril 2015 ~ 0 Commentaire

Rassembler autour d’une politique alternative anticapitaliste (npa)

Rassembler autour d’une politique alternative anticapitaliste (npa) dans A gauche du PS
Crédit Photo: DR
Jean-Pierre Roux et Anne-Marie Borda, du PCF au NPA.

Entretien. Après avoir longtemps milité au PCF, Anne-Marie Borda et Jean- Pierre Roux viennent d’intégrer le NPA Pays basque. Ils reviennent ici sur les raisons de leur départ.

Vous avez décidé de quitter le PCF. Pourquoi ?
A-M.B.  : Pas facile de quitter la famille, il faut faire abstraction de l’affectif. Jean- Pierre a adhéré au PC en 1968 et a commencé à militer activement en 1970. Membre du comité départemental pendant 30 ans, il a aussi été élu municipal durant quatre mandats.

En ce qui me concerne, j’ai pris ma carte en 1980 pour «changer la vie» et j’ai été membre de la direction départementale pendant une dizaine d’années. Élue muni- cipale durant 13 ans, j’ai aussi été adjointe chargée de la culture de la ville d’Anglet.

Nous avons décidé de quitter ensemble le PC à cause d’un désaccord sur sa stratégie. Progressivement, le PC a privilégié les alliances d’appareils politiques, ce qui désarme, écarte les citoyenEs des pouvoirs de décision et dilue les idées communistes. Résolument communistes, nous pensons que ce qui est déterminant pour résoudre les problèmes de la population laborieuse, c’est de rassembler autour d’une politique alternative anticapitaliste débarrassée de l’hégémonie des grands groupes financiers, de l’Europe libérale et du FMI.

Aux dernières élections municipales, pour quelles raisons aviez-vous parti- cipé à «Anglet à gauche toute», liste de rassemblement anticapitaliste soute- nue par des militantEs du Front de gauche et du NPA ?
J-P.R. : Nous ne pouvions accepter à Anglet de figurer sur une liste avec le PS et des candidats se réclamant publiquement de la droite. Depuis son accession au pouvoir, le PS a changé de camp au plan national comme international. Sa politi- que a d’ailleurs été condamnée lors des élections municipales, des européennes, des sénatoriales et des dernières départementales. Ce PS hégémonique devient un boulet pour les forces de changement. Il salit la politique. Il ternit l’horizon. Il bouche l’espoir, l’avenir. Ce qui affaiblit la gauche en général et fait le jeu de la droite extrême. Le peuple de gauche se réfugie dans l’abstention. Avec quelques camarades du PC, nous avons été suspenduEs pour avoir participé à la liste «Anglet à gauche toute».

Pourquoi avez-vous décidé d’adhérer au NPA ?
A-M.B.  : C’est pour sa stratégie. Ce qui est déterminant aujourd’hui, c’est de don- ner la primauté à l’accumulation de forces contre l’austérité organisée par le gou- vernement Hollande-Valls, fondé de pouvoir du Medef, de l’Europe du capital, du FMI. Il est indispensable de ne faire aucune concession sur le plan des idées révolutionnaires pour rassembler efficacement les citoyenEs.

C’est donc refuser l’exploitation capitaliste. En clair, bien montrer que, pour vivre mieux, il faut s’en prendre aux profits. Les résultats électoraux ne seront bons que quand les luttes seront associées à un haut niveau de conscience de la popu- lation. Aujourd’hui il nous semble que cette stratégie est portée par le NPA.

Samedi 11 Avril 2015 Propos recueillis par le comité NPA Pays basque

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08 avril 2015 ~ 0 Commentaire

la crise de représentation des classes populaires (essf)

duflot

L’impuissance du Front de Gauche

De loin, on peut penser que le Front de gauche, qui n’est pas dans le gouvernement, pourrait occuper une place du même type que celle de Syriza.

Ce n’est pas le cas, même si ici et là, les résultats de ses candidats lors de ces élections sont tout à fait corrects. Car pour offrir une réponse à la hauteur de la situation, il ne suffit pas d’être en dehors du gouvernement. Il faut être en oppo- sition partout au PS et à sa politique, être la force qui partout se bat contre les mesures scélérates et qui propose une perspective politique alternative.

Le Front de Gauche est constitué de trois partis de force inégale, le PCF est dominant, devant le Parti de Gauche de Jean Luc Mélenchon [10], et enfin du groupe Ensemble! qui regroupe avec des anciens du NPA, ce qui reste des oppositions du PCF et des courants alternatifs.

Le PCF est un parti en régression régulière. Lors de ces élections il a perdu un des deux départements qu’il dirigeait, et la même proportion d’élus que le PS. Il revendiquait en 2013 avoir 130 000 adhérents, mais moins de 40 000 ont voté lors du dernier congrès. Il est aujourd’hui entièrement tourné vers la politique électo- rale.

Sa direction, ses cadres intermédiaires, son financement sont entièrement liés aux places occupées dans diverses institutions, notamment les mairies. La contri- bution des élus représente 46,4 % des ressources totales du parti, contre 26 % du Parti socialiste, 28,4% chez les verts et 13 % au Parti de gauche. Finie la distinc- tion entre les responsables d’appareil et les élus, qui ont leurs propres préoccupations.

Du fait de la technicisation croissante de l’action locale, ils s’entourent de ca- dres de la gestion publique, délaissent les relais militants ou associatifs au profit de professionnels qui leur ressemblent socialement. L’univers social des élus com- munistes se détache de celui de leurs administrés.

L’interview d’une perdante PCF aux dernières élections au Havre est signifi- cative, elle se place d’elle même dans un autre espace que les électeurs-trices : «C’est dur à avaler. Un canton historiquement à gauche que j’avais gagné en le sillonnant en large et en travers. Je pense avoir fait beaucoup pour ces quar- tiers… Je suis sensible… Je passe ma vie à aider ces gens et ils ne sont pas au rendez-vous… Voir le FN en tête ça me fait mal. Je ne sais pas où je vais trouver la force de continuer à me battre pour eux.»

Or les résultats électoraux sont directement liés aux accords conclus loca- lement avec le PS tant dans les municipalités, les départements et les régions où le PCF gère très souvent en commun avec le PS et en retire tous les avantages matériels qui en découlent. Il est donc très largement identifié à la gauche avec le PS.  Si la stratégie du Front de gauche a freiné son déclin électoral , cela ne va pas pour le moment jusqu’à en faire un opposant de gauche au gouvernement PS, il y a trop d’enjeux pour lui à cette rupture.

La politique du PG est différente, car elle n’est pas dépendante d’alliances avec le PS. Sa direction a compris la nécessité d’avoir une indépendance nette vis-à-vis du PS et une politique s’opposant plus frontalement au gouvernement. Cela se traduit peu dans les faits, mais au plan politique par une campagne pour la 6e république. Mais elle perd toute crédibilité, tant les questions essentielles de démocratie s’effacent derrière la volonté de Jean luc Mélenchon d’être un recours lors des élections présidentielles.

Dès lors qu’elle apparaît, non comme une politique pour un objectif, mais une politique pour une place, des places, elle ne peut être une perspective de masse. Ces divergences entre le PCF et le PG se sont matérialisées lors de ces dernières élections au second tour, le PC appelant à voter PS contre la droite, voire même en retirant ses candidats pour permettre l’élection du PS, le PG ne donnant pas de consigne de vote.

Elles rendent l’existence du Front de Gauche très limitée. Ce n’est plus au- jourd’hui qu’une étiquette électorale et même à ce niveau elle est bancale. Quant à Ensemble, son avenir politique est tellement lié à l’existence du Front de Gauche, que sa politique actuelle est centrée autour du maintien de ce front.

Lors des dernières élections, le FdG a essayé de constituer un axe avec les Verts, un petit courant issu du PS, Nouvelle Donne, et a des contacts avec les «frondeurs» du PS. Rien qui soit une alternative radicale à la politique actuelle. Leur opposition est une opposition institutionnelle qui cherche à gagner une majo- rité pour diriger le gouvernement, mais pas une opposition au système capitaliste lui-même. Cette culture de gouvernement, du réalisme imprègne toute leur activité, et les rend incapables d’offrir une perspective à même de construire un nouvelle représentation politique des classes populaires, des exploité-e-s et des opprimé-e-s.

Ce sont les mêmes divergences qui divisent les Verts, entre ceux qui souhai- tent retourner au gouvernement et ceux qui ont fait alliance avec le Front de Gauche. On peut même s’interroger jusqu’à quand cette organisation peut éviter l’éclatement avec un tel niveau d’affrontement.

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article34665

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