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13 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Europe, après le 25 mai: faire face à la vague brune (essf)

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L’élection du Parlement européen du 25 mai dernier a été marquée par une forte poussée de la droite europhobe et raciste, travaillée par des courants d’extrême-droite.

Ses meilleurs scores ont été réalisés par le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP) (27,5 %), par le Parti du peuple au Danemark (26,6 %), par le Front National en France (24,9 %) et par le Parti de la liberté en Autriche (19,7 %), sans oublier la récente percée de l’Alternative pour l’Allemagne (7 %). Le dirigeant du Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo (21,1 %) a aussi des affinités avec certains de ces courants. Quant aux partis ouver- tement fascistes de la périphérie européenne, comme Jobbik en Hongrie (15 %) ou Aube Dorée en Grèce (9,4 %), ils présentent des cas un peu différents.

Quels sont les dénominateurs communs de ces forces ? Tout d’abord, elles dénoncent l‘immigration comme principale cause de l’explosion du chômage, des dépenses sociales et de «l’insécurité ». Elles mettent aussi en cause la libre-circulation au sein de l’UE : c’est pourquoi elles ont salué avec une belle unanimité le succès de l’initiative de l’UDC «Contre l’immigration de masse» en Suisse, le 9 février dernier. En même temps, elles se reven-diquent d’un impérialisme décomplexé, qui met au goût du jour un discours raciste et joue sur l’islamophobie pour viser l’immigration extra-européenne. Les secteurs fascistes qui y ont fait leur nid n’hésitent pas non plus à développer une phraséologie antisémite par des canaux plus discrets ou sous des formes dissimulées.

Ces partis sont favorables à l’économie privée et à la libre entreprise. Ils plaident pour la libéralisation du marché du travail et l’allègement des charges des entreprises, en parti- culier des PME. Ils assurent qu’une sortie de l’euro et l’introduction de barrières douanières relanceraient l’économie domestique. Ils proposent des mesures démagogiques pour les bas salaires en excluant le relèvement du salaire minimum légal, qu’ils combattent, et affir- ment défendre la protection sociale des ressortissants du pays.

Ils soutiennent un productivisme national qui exclut toute préoccupation environne- mentale. Le FN met d’ailleurs en doute le réchauffement climatique et UKIP veut bannir ce sujet des écoles britanniques. Ils multiplient les déclarations en faveur de la famille, de la femme au foyer et de l’éducation traditionnelle. Partisans de «l’ordre moral», ils n’hésitent pas à flatter l’homophobie. Défenseurs de l’Etat pénal, ils plaident pour la peine de mort «contre les crimes les plus odieux».

Ils se disent contre le système, soit les partis gouvernementaux, conservateurs et so- ciaux-démocrates réunis. «Ce qui cimente les éléments disparates de UKIP, note Richard Seymour en Angleterre, c’est l’idéologie socialement paranoïde de la droite dure [pour qui] (…) l’UE est un complot socialiste conçu par des eurocrates vivant aux dépens de la petite entreprise, encourageant l’immigration, et donc l’Etat providence» (Red Pepper, sept. 2013).

Après la chute du Mur de Berlin, ils sont partis en croisade contre l’UE(RSS) et doivent leur succès à la capacité de conjuguer les cultures historiques de la droite – nationaliste, militariste, colonialiste, raciste, sexiste, homophobe, autoritaire, cléricale, conservatrice, libertarienne, anti-socialiste, etc.

Ils séduisent aujourd’hui un électorat de masse, issu de larges secteurs du salariat et des classes moyennes qui pour part déserte les partis sociaux-démocrates et de droite tra- ditionnelle. Ils contribuent par là à radicaliser plus à droite la colère suscitée par le déman- tèlement social en cours, dont les partis au pouvoir sont les accompagnateurs zélés.

En individualisant et en divisant le monde du travail entre étrangers et nationaux, de couleur et blanc, chômeurs et employés, retraités et actifs, femmes et hommes, etc., ils le détournent de toute réponse collective. Ceci peut s’avérer un atout important pour la bour- geoisie, notamment dans un pays comme la France, où la cure d’austérité programmée s’annonce extrêmement sévère.

Le fascisme des années 20–30 avait servi de bélier au capital pour conjurer les mena- ces révolutionnaires d’alors, détruire les organisations ouvrières et réduire durablement les coûts du travail. La droite nationale-­populiste d’aujourd’hui a-t-elle encore une utilité pour les dominants face à une gauche politique et syndicale en déroute  ? Peut-être bien, compte tenu de la portée des régressions sociales envisagées, dont la Grèce donne un avant-goût.

Il ne s’agit en effet de rien de moins que de priver un salariat numériquement plus fort que jamais – les fameux 99 % – de ses conquêtes du 20e siècle, qu’il considère à juste titre comme un élément de civilisation, ceci parce que le fameux 1 % les jugent encore beaucoup trop coûteuses, en dépit des sacrifices imposés durant ces 30 dernières années.

Pour combattre cet avatar du fascisme au 21e siècle, rien ne serait pire que de rejouer les partitions qui ont échoué dans les années 30. Il nous faut donc éviter deux écueils: d’abord, celui du «front républicain» avec des partisans du démantèlement social, qu’ils se disent «socialistes» ou «de centre-droit»; ensuite celui de la division des forces sociales de terrain, mais aussi de celle des listes électorales antilibérales qui résistent à ces politiques.

Un tel front unique contre l’austérité et la droite nationale-populiste n’implique en aucune mesure la négation de l’autonomie de chacun dans la définition de ses objectifs de lutte, de ses répertoires d’action et de ses orientations politiques. Jean Batou 5 juin 2014

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article32195

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13 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Etat espagnol, élections, abdication (essf)

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Nous vivons probablement un changement d’époque

Deux événements récents sont en train d’inaugurer une nouvelle période historique dont la portée n’est pas encore connue, mais qui marque probablement un changement d’époque.

Tout d’abord, les résultats des élections au Parlement européen ont confirmé le déclin irréversible du bipartisme, le renforcement du souverainisme catalan et, surtout, l’irruption de Podemos comme principal catalyseur de l’indignation citoyenne face à la «caste» corrom- pue et à sa soumission à la «dictature des marchés» [1]. Ensuite, l’abdication du roi est venue confirmer la crainte que ce qu’annoncent ces tendances sont une agonie, elle aussi irréversible, du régime. Il leur est urgent d’y trouver une solution.

Nous nous trouvons donc dans ce scénario nouveau, où «l’extension du champ des possibles» permet, enfin, d’ouvrir un horizon aux attentes d’un changement radical et de rupture démocratique,  ce qui était, jusqu’ici, bloqué. Il est possible que l’attitude dont a fait preuve CiU  [2] autant face à la révolte de Can Vies [3] comme devant la nouvelle de l’abdi- cation du roi, soit le révélateur du changement qui est en train de se produire au sein du panorama politique.

La première leçon c’est que le « Sí, se puede » [Oui, on peut !] de la désobéissance collec- tive s’est renforcé, y compris en faisant usage de la «violence» (comme cela s’était passé à Gamonal) [4] face à l’obligation d’obéissance aveugle à la légalité.

La seconde c’est la pression sur CIU du mouvement souverainiste-indépendantiste claire- ment républicain qui menace de déborder [lors des élections européennes, ERC, Esquerra Republicana de Catalunya, a obtenu plus de suffrages que CiU].

En revanche, le resserrement des rangs de la «grande coalition» déjà explicite du PP- PSOE, unis avec les grands entrepreneurs et ceux qui pratiquent l’évasion fiscale. Ces der- niers sont reconnaissants à Juan Carlos d’avoir rempli son rôle d’ambassadeur de la «mar- que espagnole» [le roi a été le représentant de commerce des grandes firmes d’Espagne]. L’attitude du PP- PSOE et des grandes firmes confirme leur préoccupation d’assurer la continuité du régime face au discrédit croissant dont souffre le roi [5].

Pour ce travail, ils font confiance à un successeur [le prince Felipe Juan Pablo Alfonso de Todos los Santos de Borbón y Grecia] qui, bien sûr, n’a pas tardé à proclamer sa ferme intention de défendre «notre chère Espagne: une nation, une communauté sociale et poli- tique unie et diverse qui plonge ses racines dans une histoire millénaire.» S’il prétend, avec de pareilles déclarations, fermer la porte à la convocation de la consultation catalane du 9 novembre 2014, il ne semble pas qu’il ait entre les mains la solution à la crise du bipartisme ni, surtout, des conséquences tant destructrices de «l’austéricide» brutal que continue de dicter la Troïka [BCE,UE,FMI] et Merkel.

Au-delà d’une image plus «moderne», il y a peu à attendre d’une personne qui, en outre, sera aussi intéressée que son père à faire «oublier» ses origines et, par conséquent, s’op- posera à l’exigence de «vérité, justice et réparation» des crimes du franquisme. (…)

Heureusement, ce n’est pas l’extrême droite «modernisée» et xénophobe qui, canalise l’indignation de la rue et qui a continué à occuper les places depuis le 15 mai 2011. C’est plutôt tout le contraire: c’est un mouvement profond de démocratisation de la politique, inclusif – y compris dans les formes – qui s’est frayé un chemin, avec le droit de décider comme axe des aspirations d’une majorité sociale, qui ne se résigne pas devant des dis- cours du type: «nous avons vécu au-dessus de nos moyens» et «il n’y a pas d’alternatives».

Il n’est donc pas surprenant que, face à l’abdication de Juan Carlos, l’exigence d’un réfé- rendum sur la forme de l’Etat se soit étendue actuellement aussi rapidement parmi des cou- ches de la société qui jusqu’ici se maintenaient éloignées de l’imaginaire républicain, démo- nisé par la droite et relégué dans l’oubli par un PSOE qui – c’est actuellement le cas –prend la voie d’une « pasokisation » croissante [7].

Simplement, les gens veulent décider sur la forme de l’Etat et n’acceptent plus des alibis, comme c’était le cas lors de la Transición [après la mort de Franco, entre 1975 et, formellement, 1978] ; ou encore des réponses aussi antidémocratiques comme celles du procureur général de l’Etat espagnol [Eduardo Torres-Dulce] lorsqu’il a déclaré que « ce qui n’est pas dans la Constitution n’existe pas ». [8] La mémoire de la «réforme exprès» de l’arti- cle 135 de la Constitution est trop proche pour oublier que le service de la dette comme «priorité absolue» n’était pas dans ce texte tant sacralisé et, en revanche, il a été imposé en plein mois d’août 2011, pour satisfaire les pouvoirs financiers.

Nous entrons ainsi, enfin, dans un changement d’époque dans lequel la légitimité du double récit de la Transición et du projet européen éclate en morceaux. Grâce au 15M, à la Plateforme contre les expulsions de logements (PAH), aux Mareas [terme qui désigne divers mouvements sociaux dans l’éducation, le secteur de santé… chacun s’identifiant par une couleur différente] et, déjà sur le plan institutionnel, à Podemos, l’espoir et le sentiment d’une récupération du pouvoir d’action de ceux et celles d’en bas se renforcent, chaque jour.

Maintenant, il faut véritablement « avancer ses pions », mettre en échec non seulement la monarchie, mais aussi tout un système corrompu. Cela en cherchant des formes d’articu- lations différentes de la «politique à l’ancienne» et qui pointent vers une rupture constituante et une démocratisation sur tous les plans de la politique, de l’économie et de la vie. Oui, de nouveaux temps arrivent dans lesquels ceux d’en haut, le 1%, ceux qui, vont enfin «vivre dangereusement». Jaime Pastor 6 juin 2014

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article32196

 

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10 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Elections municipales et européennes en irlande (avanti.be)

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Croissance de la gauche

Il y a eu un petit tremblement de terre dans la politique irlandaise aux élections municipales et européennes du 25 mai.

Sinn Fein (gauche nationaliste, membre du même groupe européen que le FDG) a fortement progressé, devenant l’une des principales forces politiques en Irlande du Sud. Il double presque son score, atteignant 17% à l’échelle nationale aux municipales, et plus de 20% aux européennes. Et cela parallèlement à une progression importante de la gauche alternative et des indépendants. Au total, le Sinn Fein a fait élire 150 conseillers et les partis de la gauche alternative en ont obtenus 40.

Aux européennes, Sinn Fein a été le parti ayant reçu le plus de voix à Dublin avec un candidat qui se présentait pour la première fois. La même chose dans la circonscription d’Irlande du sud avec un autre candidat. Et un troisième a été élu dans la circonscription restante. Ce triple succès consolide pour la première fois le Sinn Fein comme parti d’importance nationale et non plus seulement local.

Les partis bourgeois tentent de se consoler avec l’idée que les gens votent de manière différente aux européennes et aux municipales qu’aux législatives. Cependant, il est évident que Sinn Fein et la gauche alternative pourraient traduire une grande partie de leur succès en sièges dans le Dail (Parlement) et élargir leur influence politique. Un aspect intéressant des résultats du Sinn Fein est que la garde à vue récente de Gerry Adams (dirigeant histo- rique de ce parti lié à l’IRA) pour un assassinat en 1972 ne semble avoir eu aucun effet.

Au niveau national, le parti au pouvoir, Fine Gael (démocrate-chrétien) a perdu 8,4% de ses votes, tombant à 24%, tandis que le Parti Travailliste, partenaire mineur de la coalition gou- vernementale, a perdu la moitié de son électorat en obtenant environ 7% des voix. Le Parti Travailliste a été laminé dans toute l’Irlande; les travaillistes ont perdu tous leurs conseillers à Cork (la deuxième ville du pays) et ont été réduits à 8 à Dublin (une chute de 17%). Au niveau national, les travaillistes n’ont conservé que 50 conseillers, à comparer aux 157 gagnés par Sinn Fein.

A Dublin, Sinn Fein a obtenu presque le quart des suffrages, soit une progression de 12%, ce qui en fait le premier parti de la ville, avec 16 conseillers. Ces résultats coïncident avec le score de 23% obtenus à Dublin par son candidat aux européennes, Lynn Boylan.

A gauche de Sinn Fein Dans la gauche alternative, le Parti Socialiste et son Alliance Anti- Austérité (AAA) a gagné de manière impressionnante 14 conseillers. Il faut noter que l’AAA a obtenu trois conseillers à Limerick et trois autres à Cork, ce qui en fait un mouvement na- tional, non plus seulement centré sur Dublin. Le Parti Socialiste a également gagné une élection législative partielle à Dublin Ouest, ce qui fait qu’il dispose maintenant de deux des quatre sièges de cette circonscription. Cela le situe en bonne position pour garder le siège de Joe Higgins après la retraite prévue en 2016 de ce vétéran du parti.

Le Parti Socialiste des Travailleurs, SWP,  et son alliance électorale, People Before Profit Alliance (PBPA), a également obtenu de splendides résultats en faisant élire un total de14 conseillers. Le SWP a aussi obtenu un grand succès en Irlande du Nord en faisant élire un conseiller à la Municipalité de Belfast.

En dehors de ces deux principaux blocs, la Gauche Unie a gagné deux conseillers et le Parti des Travailleurs un à Cork. Le Groupe des Travailleurs et Sans-Emploi de Tipperary a lui aussi obtenu un conseiller. Un certain nombre de conseillers de gauche indépendants ont également été élus dans tout le pays et certains d’entre eux pourraient jouer un rôle clé pour le développement à venir d’une politique de gauche. (…)

Conclusion provisoire Le Parti Travailliste est en crise après la démission de son dirigeant Eamonn Gilmore après les élections. Les problèmes du Parti  sont néanmoins plus profonds qu’un simple changement de direction. Le parti n’a pas seulement abandonné sa base, il a paru également appliquer avec plaisir les mesures d’austérité néo-libérales contre les pauvres et les travailleurs. Il s’est complètement vidé de ses forces et il est probable qu’il va connaître une traversée du désert.

En général, la tendance des votes, en incluant Sinn Fein, s’est portée sur la gauche. Sinn Fein a défendu un programme ouvertement anti-austérité, et en particulier en opposition à l’augmentation du tarif de l’eau. Il est cependant fort probable que le Sinn Fein modère son programme après les élections, après avoir récemment renoncé par exemple à sa reven- dication d’un impôt sur la fortune. Il reste aussi à voir comment il va utiliser son succès dans les municipalités.

La gauche alternative a remporté un important succès électoral, mais elle reste tou- jours fragmentée. Lors de sa première apparition télévisée, Ruth Coppinger, la nouvelle députée du Parti Socialiste, a appelé à la constitution d’un nouveau mouvement politique. Il reste à voir quel sera l’écho de cet appel et comment il sera mené à bien. Henry Silke 9 juin

Henry Silke est doctorante en Communication à l’Université de Dublin.

Source : http://links.org.au/node/387

http://www.avanti4.be/analyses/article/elections-municipales-et-europeennes-en-irlande

Commentaire: « Socialiste » a en anglais le sens « d’anticapitaliste ».

 

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07 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Appel à dissoudre le parti dit «socialiste» (lm)

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Après avoir regardé toutes les chaînes de télévision le 25 mai de 19 heures à 21 heures, j’ai noté:

Quel étrange spectacle que de voir tous ces gens propres sur eux, bien maquillés, généreux et si ouverts à toutes les transformations du monde, à toute la « modernité », à toutes les réformes dites sociétales… De voir tous ces gens aisés et si à l’aise pour clamer leur tristesse, leur amertume au lendemain de ces élections… Pour clamer leur déception.

Mais qui les avait déçus? Le peuple bien sûr, au sens «la plèbe» évidemment. Mon Dieu, le peuple ne vote plus, ou alors il vote pour le Front national! Que peut-on faire? Le dissoudre comme disait Brecht ou plutôt dissoudre l’Assemblée comme le dit Marine Le Pen.

Moi, si je pouvais, je dissoudrais le Parti dit socialiste. Cela obligerait peut-être la centaine de députés râleurs, frondeurs, rebelles, bref la centaine de députés restés socialistes dans son cœur et son cerveau à créer un nouveau parti.

En quoi croient-ils encore ces députés ? En la synthèse dans laquelle ils trahissent leurs idées depuis trente ans ?

Ma vieille mère m’a téléphoné hier. Elle a fait ses comptes. Le conseil général diminue de 51 euros par mois l’aide qu’il lui octroie, alors qu’elle touche en tout 750 euros par mois. Je lui ai expliqué qu’elle devait participer à la diminution de la dette publique comme tous les smicards qui gagnent trop car ils sont si peu qualifiés, comme tous les chômeurs qui sont trop indemnisés car ils sont si fainéants…

ECŒUREMENT

Assez d’hypocrisie, je dis mon écœurement à tous ces spécialistes raisonnables qui con- tinuent d’appliquer le même dogme en France et en Europe qui échoue depuis trente ans, à toutes ces élites politiques, industrielles, médiatiques et artistiques qui ne font que se pro- téger, à tous ces lâches de droite et «de gauche» qui n’osent rien changer de peur que leur petit pouvoir vacille, à tous ces fossoyeurs de l’idée même de la politique comme activité la plus noble qui soit. Comment appelle t-on quelqu’un qui croit que la réalité a tort? Un fou, non?

Et je ne parle pas des affaires, que l’on devrait plutôt appeler des ordures, dont les prota- gonistes devraient être éliminés définitivement de la citoyenneté, plutôt que de réapparaître, après une courte absence, au grand jour.

Ma capacité au dégoût s’épuise depuis Cahuzac et Guéant, depuis Balkany et Strauss-  Kahn, depuis Copé et Guérini…

Une société a le peuple qu’elle mérite, le peuple qu’elle affame ou qu’elle rassasie, le peuple qu’elle éduque ou qu’elle réprime, le peuple qu’elle méprise ou qu’elle respecte !

J’écoute pour ma part le peuple lorsqu’il souffre, d’autant plus lorsque je pense qu’il s’égare, car c’est une question de morale de le comprendre… Et car c’est la seule manière de continuer, si c’est encore possible, à faire de la politique.

À tous les déçus par le peuple que j’ai vu hier soir, je veux dire avec Victor Hugo :

« Ils n’ont pas eu leur part de la cité

C’est votre aveuglement qui crée leur cécité. »

Robert Guediguian (Cinéaste)

Le Monde.fr | 06.06.2014 à 12h03 • Mis à jour le 06.06.2014 à 12h12 | Par Robert Guediguian (Cinéaste)

http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/06/06/appel-a-dissoudre-le-parti-dit-socialiste_4433443_3232.html?fb_action_ids=647916218618635&fb_action_types=og.recommends

Commentaire: Voilà, c’est dit, sans commentaire du Npa qui « chipotera » plus tard.

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05 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Le pacte de responsabilité: un vol à grande échelle (lo)

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Il est faux de croire que le gouvernement PS passe son temps uniquement à prendre des claques aux élections, à envoyer les gendarmes dans des camps roms et à se pourlécher de mille-feuille territorial.

Non, il travaille. La preuve, le ministère des Finances vient d’envoyer aux parlementaires le détail des baisses de cotisations patronales prévues par le pacte de responsabilité.

Ce sera donc 9 milliards d’euros de cadeaux en 2015, 16 milliards en 2016 et 18 milliards en 2017 et les années suivantes. Pour l’instant, le gouvernement n’a pas encore imaginé comment il compensera ces sommes dans les budgets sociaux. Il a simplement prévu de geler les retraites supérieures à 1 200 euros, les prestations familiales, les aides au logement et les pensions d’invalidité. Cela simplement pour bien marquer qu’il s’agit de prendre aux travailleurs pour donner au patronat, parce que cela ne suffira pas, et de loin, à compenser le manque à gagner.

Le pacte de responsabilité comprenait, on a tendance à l’oublier, des obligations du côté patronal, du moins en principe. Évidemment, les cadeaux aux patrons sont à effet immédiat et les compensations sont en cours de négociation. Cela ne va pas vite et même la CFDT, qui avait signé le pacte des deux mains et s’emploie depuis à « négocier », trouve que le patronat exagère, exige toujours plus et ne veut rien donner. Laurent Berger, son secrétaire général, va jusqu’à dire que, si les patrons ne commencent pas à discuter vraiment d’ici juillet, il demandera au gouvernement de revenir sur les cadeaux. Mais il n’y a pas là de quoi faire trembler le Medef.

En attendant, dans les dizaines de milliards de profits distribués par les entreprises à leurs actionnaires, une bonne partie viennent directement des cadeaux faits par l’État. Sans parler des salaires en baisse, des pensions bloquées, des retraites écorchées, des prestations diminuées, des chômeurs laissés sans ressources et de toutes les difficultés supplémentaires imposées au monde du travail. Paul GALOIS

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2392&id=49

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02 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Le roi s’en va: qu’ils s’en aillent tous ! (ia.es)

 Le roi s'en va: qu'ils s'en aillent tous ! (ia.es) dans A gauche du PS Capture+d%E2%80%99e%CC%81cran+2014-06-02+a%CC%80+14.19.25

 A bas le régime, ouvrons des processus constituants pour décider de tout i
 Le roi Juan Carlos s’en va. Le régime de 1978, le régime de la monarchie corrompue tente de se recycler, de placer à la tête de l’Etat un roi plus jeune, moins déconsidéré, mais représentant la même chose: le régime de la corruption, de la misère, du manque de démocratie.
Les élections européennes  du 25 mai dernier ont ouvert une fissure que la caste essaie de refermer. La peur a changé de camp mais ils n’opèrent que des changements de façade. C’est à nous qu’il revient de bâtir la démocratie depuis la base. Voilà pourquoi nous devons les renvoyer.
Le régime montre sa faiblesse, à nous de montrer notre force. Juan Carlos a été l’ami des patrons, le serviteur des puissants, il a couvert des comploteurs, défendu une constitution qui garantissait les bénéfices de quelques uns aux dépens de la majorité. Le prince Felipe tente d’assumer ce legs dans un moment difficile pour ceux qui ont gouverné tant d’années. C’est l’heure de passer à l’offensive.Appelons tous les citoyens à descendre dans la rue et à récupérer la démocratie.
Ils ne partiront pas seuls. Il faut que nous nous en débarrassions et que nous prenions les commandes.
 
Occupons les rues, les places, tous les coins et recoins du pays.
Ni Juan Carlos, ni Felipe, République et autodétermination des peuples de l’Etat espagnol
 
Tous dans les rues à 20 h, c’est l’heure !

Capture+d%E2%80%99e%CC%81cran+2014-06-02+a%CC%80+14.41.46 dans Europe
Izquierda Anticapitalista
Le 2 juin 2014

L’appel en espagnol

www.anticapitalistas.org

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02 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Echec et mat au régime! (esther vivas)

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Le régime s’effondre et dans sa lutte pour la survie, le roi a abdiqué.

Jamais le régime issu de la transition n’a été aussi contesté qu’aujourd’hui. Les piliers qui la soutiennent, la monarchie, le pouvoir judiciaire et le bipartisme sont fortement délégitimés depuis longtemps. Nous ne croyons plus aux mensonges de ceux qui tentent de soutenir un régime qui est en train de s’effondrer. Ce qui jusqu’à récemment semblait impossible, est maintenant une réalité. Poussons fort, ouvrons davantage la brèche que la crise écono- mique, sociale et politique ont rendu possible.

De la chasse aux éléphants de « Sa Majesté » au Botswana, en passant par l’inculpation de son beau fils Inaki Urdangarin dans l’affaire Noos, la participation de l’infante Cristina à l’intrigue, les multiples opérations de la hanche du monarque, facturées au Trésor public , la famille royale est devenue une caricature d’elle-même. L’un des principaux partisans de la «démocratie» est touché, très touché, mais pas coulé .

L’annonce de l’abdication royale est une dernière tentative désespérée de sauver la situation, une tentative de « compenser » pour re-légitimer non seulement la monarchie, mais son entourage de juges, de politiciens, d’experts… pendant de nombreuses années un trop grand nombre à vécu de cette fausse transition, essayant d’effacer ou de masquer notre passé collectif. Notre absence de mémoire était le socle de leur victoire, non seulement morale, mais politique et économique .

La crise économique s’est transformée en une crise sociale et politique profonde qui a aussi a mis en échec le roi comme le régime de 1978. Les gens ont dit «assez». Nous l’avons vu avec l’émergence du 15M, il y a trois ans, avec la désobéissance civile, l’occu- pation de logements vides détenus par les banques avec un large soutien populaire, en dépit de la criminalisation de la protestation. Avec plus de pauvreté, plus de douleur, mais grâce à cette mobilisation, la conscience de qui profite de cette situation, les banquiers, les politiciens et aussi de qui perd.

L’apparition du souverainisme en Catalogne place également le régime dans ​​les cordes. Il montre le caractère profondément antidémocratique d’une Constitution qui ne permet pas au peuple de décider. Maintenant, ce sont les élections européennes qui ont donnéle « coup de grâce » à un régime en décomposition. La perte de plus de cinq millions de votes par le PP et le PSOE. L’émergence avec cinq sièges, de « Podemos ». Le régime est nerveux , très nerveux.

L’abdication royale est leur dernière manœuvre. Mais rappelons nous que le système a  encore la capacité de manoeuvrer. L’abdication du roi montre juste la faiblesse des piliers du régime et la force populaire. Mais nous ne voulons ni de Juan Carlos ni de Felipe. C’est le moment de sortir dans la rue, de réclamer l’ouverture d’un processus constituant à travers tout l’état,  pour décider de l’avenir que nous voulons.

Passons à l’offensive: échec et mat à ce régime. Esther Vivas

* Article dans Público.es, 06/02/2014 .

http://esthervivas.com/2014/06/02/jaque-mate-al-regimen/

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01 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Podemos, le parti qui redonne espoir à la gauche en espagne (les inrocks)

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Equipes jeunes issues des indignados, pas de langue de bois, revendication fermes : Podemos est devenu la quatrième force politique espagnole, remportant cinq sièges aux élections. “Depuis quand n’avez-vous pas voté avec enthousiasme ?” La com’ de campagne de Podemos (“Nous pouvons”) semble avoir fait mouche. Créé il y a environ trois mois, le tout nouveau parti gauche de la gauche espagnol a remporté cinq sièges au Parlement européen.

Des intellos dans l’arène Une ascension fulgurante portée par l’énergie inépuisable d’une équipe de campagne dont la moyenne d’âge est inférieure à 30 ans. Parmi les fondateurs, on recense surtout des professeurs et des cadres issus de la faculté de sciences politiques de l’université Complutense de Madrid, dont émergent certaines figures charismatiques comme Pablo Iglesias ou Juan Carlos Monedero.

Ces intellos “indignados”, anciens du mouvement du 15M, ont su retrousser leurs man- ches et abattre un travail de terrain intense, systématiquement relayé dans les réseaux so- ciaux. Le tout accompagné d’un discours politique extrêmement bien dosé, mêlant reven- dications fermes (audit de la dette publique, arrêt des coupes budgétaires, nouvelle loi hypo- thécaire pour le logement) et références aux luttes du peuple en Amérique latine, à la Répu- blique espagnole, aux petites victoires de la gauche en Espagne et à ses grandes défaites…

Accéder au pouvoir Véritable machine électorale, Podemos a su profiter de l’espace poli- tique laissé en jachère par un PSOE (Parti socialiste) qui n’a pas joué son rôle d’opposition au gouvernement de Rajoy mais aussi, et, bien qu’ils ne le disent pas ouvertement, par Iz- quierda Unida  (“Gauche unie”) qui peine à rallier le vote des jeunes, en raison de son idéo- logie à la fois dogmatique et ancrée dans le passé et de son fonctionnement hyper hiérar- chisé, qui éloigne les élus de la base militante et électorale.

Résultat, quatre mois après sa constitution en parti politique, Podemos est devenu hier la quatrième force politique espagnole, troisième dans de nombreuses régions dont notamment la communauté de Madrid, remportant presque 8 % des suffrages exprimés, soit en- viron un million de votes, et cinq sièges au Parlement européen (sur 54 au total pour l’Espagne).Porté par le dynamisme des mouvements issus du 15 M, Podemos, à la diffé- rence de nombre d’entre eux qui ne désirent pas avoir de “traduction politique” ni de “tête” visible, affiche clairement son ambition d’accéder au pouvoir. Le parti a très bien compris que l’Espagne, en crise, est désormais de gauche.

Un rapprochement avec le Grec Alexis Tsipras Organisé en “cercles” locaux ou théma-tiques (400 cercles à ce jour en Espagne), le jeune parti a néanmoins fonctionné de manière très pyramidale durant la campagne des européennes, les décisions ayant été prises quasi exclusivement par le cercle des dirigeants, élu au cours de primaires organisées sur Internet début avril dernier. Une solution d’urgence qui n’a pas vocation à être pérenne. Car le défi commence aujourd’hui pour cette formation politique qui doit désormais se tourner vers sa base et trouver un mode organisationnel démocratique et fonctionnel à la fois.

D’autant que des échéances de grande importance sont à venir: élections régionales et municipales au printemps 2015, législatives en novembre 2015. Acclamé hier devant le musée d’art contemporain Reina Sofía par une foule très jeune et très enthousiaste, Pablo Iglesias a affirmé avoir la main tendue vers d’autres formations et vouloir se rapprocher d’ores et déjà d’Alexis Tsipras et de son Syriza pour défendre l’Europe du Sud face à la Troika qui dirige l’Union européenne. Alice Heras et Sophie Courval Le 26 mai 2014 à 16h40

http://www.lesinrocks.com/2014/05/26/actualite/podemos-parti-redonne-espoir-gauche-en-espagne-11506821/

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31 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Front de gauche: résultats de crise

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Dimanche, la gauche réformiste n’a pas échappé au recul général, à la crise de la gauche institutionnelle exprimée par l’abstention ou le vote Front national. Au Front de gauche, la désillusion est à la mesure des espoirs qu’avaient suscités les scores de la présidentielle et des législatives et les meetings de Mélenchon, et cela malgré quelques déboires des municipales.

On se souvient des discours enflammés de Mélenchon prédisant la possibilité pour le Front de gauche de passer devant le PS aux européennes. Avec un score à peu près iden- tique à celui de 2009, un peu plus de 6 %, le leader du PG déclare aujourd’hui qu’il « a mal à [sa] patrie » et que son « cœur saigne en voyant dans quel état est [son] beau pays »…

En fin de compte, le Front de gauche s’en sort avec quatre élus, quatre sortants : Patrick Le Hyaric (PCF) en Île-de-France (6,4 %), Marie-Christine Vergiat (sans appar- tenance…) dans le Sud-Est avec 5,9 %, Jean-Luc Mélenchon (PG) dans le Sud-Ouest avec 8,5 % et Younous Omarjee (PC de la Réunion) avec 18,2 %. Mais avec 6,38 %, Jacky Hénin (PCF) perd son siège d’eurodéputé dans le Nord-Ouest. Les autres candidatEs retrouvent à peu près les scores des précédentes européennes, avec parfois une légère progression. C’est le cas de Myriam Martin (Ensemble) avec 5,1 % dans l’Ouest, de Gabriel Amard (PG) 5,2 % dans l’Est, et de Corinne Morel Darleux (PG) 7,4 % dans le Centre.

Ces résultats vont contribuer à accélérer la crise interne du Front de gauche, aussi bien entre le PCF et le PG qu’au sein d’Ensemble. En effet, le Front de gauche n’apparaît pas comme une alternative crédible à la politique du gouvernement, et il va être confronté à une série de pressions, en premier lieu du PS, en tout cas de sa « gauche », qui va en appeler à une nouvelle « Union de la gauche » pour faire barrage au Front national.

Construire quoi et avec qui ? Le PG et Ensemble ont réagi en attaquant légitimement la politique du gouvernement. Mais si on ne peut qu’approuver la volonté de rassembler dans l’action toutes les forces opposées à la politique d’austérité ou à l’Europe capitaliste, comme le propose le PG à l’occasion de la résistance au TAFTA (le traité transatlantique en cours de discussion), on s’étonne de voir mettre sur le même plan EÉLV et les forces de gauche opposées à la politique du gouvernement, comme le NPA ou LO.

En effet, si la majorité des Verts a été obligée par sa base de se retirer du gouver- nement, elle continue néanmoins de le soutenir et se refuse à être dans l’opposition. Il en est de même pour le moment de « l’opposition interne » du PS dont on attend avec impatience le vote de ses députés lors du débat parlementaire sur le budget.

Pour la direction du PCF, très critique vis-à-vis du PS, pas question de construire une opposition, mais la tâche de l’heure est, selon Pierre Laurent, de « reconstruire autre chose à gauche » et de lancer un appel « à l’ensemble des forces de gauche pour un processus de dialogue et de travail »…

La crise et les réponses gouvernementales du PS expliquent en grande partie la percée du Front national, d’où la nécessité de s’opposer frontalement à lui aux élections, comme dans les mobilisations.

Beaucoup partagent ce point de vue dans les rangs du Front de gauche. Voilà pour- quoi nous sommes prêts, sur le plan politique, au débat et, chaque fois que cela sera pos- sible, à l’action commune avec les composantes du Front de gauche qui y sont disposées, comme avec LO ou Alternative libertaire. La gauche anticapitaliste a montré sa force dans plusieurs pays d’Europe. Malgré le climat nauséabond que nous connaissons, elle est aussi à construire ici, sur des bases claires et unitaires.

Hebdo L’Anticapitaliste – 244 (29/05/2014) Alain Krivine

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31 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Tsunami politique dans l’état espagnol

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Au lendemain des élections européennes, l’Anticapitaliste ouvre ses colonnes à nos correspondants internationaux. Petit tour d’horizon de la situation sociale et politique dans différents pays emblématiques du vieux continent… Ici, l’Etat espagnol.

Et ce n’est qu’un début  ! Ces élections ont été un véritable tremblement de terre politique de plusieurs points de vue…

Elles ont d’abord confirmé l’effondrement du bipartisme, car le Parti populaire (PP, droite) a perdu plus de deux millions et demi de voix et le PSOE (Parti socialiste) presque trois millions…

Ensuite, parce que la percée de Podemos («  On peut  ») est spectaculaire, et que son score global (7,96 %) n’est pas loin de celui d’Izquierda Unida (9,99 %) et même supérieur à Madrid (11,2 %), en Aragon (9,5 %), dans les Asturies (13,67 %), dans les Baléares (10,3 %), en Cantabrie (9,2 %), des communautés où Podemos est donc devenu la troisième force politique. Pour résumer, Podemos, un mouvement politique né il y a quatre mois, qui compte plus de 400 comités de base, mais sans autres sources de financement que les collectes participatives et les souscriptions populaires, est devenu la quatrième force politique de l’État espagnol.

En Catalogne, c’est une victoire des forces qui soutiennent l’auto­détermination et le droit des peuples à décider de leur destin. Esquerra Republicana est en tête pour la pre- mière fois depuis la Deuxième République, et la droite nationaliste connaît un début de crise, et peut perdre son hégémonie politique et sociale à cause des politiques d’austérité menées depuis 2010. L’effondrement du PSOE est historique, à tel point que dans plusieurs régions et communautés, l’addition des voix Podemos-Izquierda Unida dépasse le PS…

Un 15M politique! Podemos apparaît comme le parti du mouvement 15M (IndignéEs), avec un discours anti-austérité décomplexé, contre la «caste politique», pour un audit de la dette publique, partisan d’un vrai processus constituant, et en lien avec Tsipras et Syriza au niveau européen. C’est la première fois depuis la fin de la dictature franquiste que les mouvements sociaux les plus radicaux ont trouvé un vrai débouché politique et un outil qui n’est peut être n’est pas ouvertement anticapitaliste, mais dans lequel la gauche anticapitaliste et révo- lutionnaire joue un rôle clé.

Les résultats électoraux ouvrent une brèche énorme dans la gauche de l’État espa- gnol sur trois points. Le monopole électoral à la gauche du PSOE, du PC, puis de Izquierda Unida est rompu. C’est la première fois que les marxistes révolutionnaires ont des éluEs et qu’ils jouent un rôle majeur dans un processus de recomposition de la gauche avec une influence de masse, même si Podemos reste très hétérogène et encore très ambigu sur beaucoup de questions stratégiques clés.

Le monopole de la gauche indépendantiste basque, comme seule force de masse anti-régime et ouvertement pour la rupture, même au delà du Pays Basque, est aussi rompu. Sous l’effet de la violence politique, ce courant avait galvanisé et polarisé beaucoup de militantEs radicaux de tous courants de gauche durant plusieurs décennies. Enfin, Podemos apparaît comme une force qui veut bouleverser toute la scène politique et lutter ouvertement pour devenir majoritaire, tout en défendant en même temps une démarche unitaire. Podemos veut être candidat au pouvoir en s’appuyant sur les mouvements de masse: un outil pour une rupture démocratique.

Enfin, résultat de l’effet Podemos, le populisme et l’extrême droite sont bloqués! Une donnée très positive est que, malgré la consolidation d’UPD (un parti réactionnaire, centra- liste et populiste) avec 4 élus, le score important de Podemos a bloqué jusqu’à un certain point la progression d’options populistes ou même d’extrême droite (Vox et autres). C’est très important dans ce contexte de décomposition de la base sociale des partis traditionnels, notamment du PSOE, et en particulier dans les quartiers populaires.

Tâches et problèmes des révolutionnaires Le terme qui résume assez bien la situation des camarades d’Izquierda Anticapitalista investis dans Podemos (une des nouvelles dépu- tés européennes en est membre) est celui de «débordement»: sur fond d’enthousiasme et de fatigue extrême, la situation grave nous oblige encore à assumer d’énormes respon- sabilités politiques, peut-être même les plus importantes depuis l’époque de la Révolution espagnole.

Il faut aujourd’hui participer à la construction de Podemos comme parti pluraliste, démocratique et militant implanté dans les luttes de masse, en préparant le Congrès d’au- tomne et en construisant une direction par en bas pour limiter les dangers bonapartistes et substitutistes de la direction actuelle. Il s’agit aussi d’encadrer des milliers de militantEs qui ont pris ou prennent contact et qui vont arriver dans les groupes de base dans les jours et semaines qui viennent. Nous devons essayer de réfléchir sur la façon dont la percée électorale de Podemos peut aussi aider à une recomposition et à un rassemblement de la gauche syndicale, sous l’impulsion aussi des «  Marches de la dignité  » de mars dernier.

Préparer nos propres rangs au tournant politique que nous sommes en train de vivre et nous organiser pour les prochaines échéances électorales font aussi partie de nos tâches. Enfin nous devons être capables d’avoir une activité politique propre à Izquierda Anticapitalista, à commencer cet été par notre cinquième université d’été, pour un renfor- cement significatif de nos propres rangs. De Barcelone, Andreu Coll

* Paru dans l’Hebdo L’Anticapitaliste – 244 (29/05/2014). http://www.npa2009.org/

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