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04 août 2014 ~ 0 Commentaire

1914, le naufrage de l’internationalisme (cqfd)

1914, le naufrage de l’internationalisme (cqfd) dans A gauche du PS

On commémore le centenaire de la mort de Jaurès.

Une occasion pour les politiciens de tout bord de cannibaliser la mémoire du tri- bun du Tarn. Comparés à cet «athlète de l’idée», on se dit alors que Valls, qui s’inspire plus volontiers du briseur de grève Clemenceau, ou Sarkozy qui se sen- tait l’«héritier de Jaurès» en 2007, ou encore Marine Le Pen, qui ose affirmer que «Jaurès aurait voté Front national», font figures de cloportes de la gamelle.

Pourtant, la récupération de Jaurès n’est pas chose nouvelle: dès le 1er août 1914, au lendemain de son assassinat par un puceau nationaliste dénommé Villain Jaurès faisait l’unanimité autour de son cadavre. Tandis que L’Humanité célébrait le «martyr sublime de la paix», Le Temps ne faisait aucun doute sur le fait que «son éloquence allait devenir instrument de défense nationale» et qu’il allait incarner «le clairon de la patrie». Le communiqué de la présidence du conseil saluait même «celui qui a soutenu de son autorité l’action patriotique du gouver- nement».

Jaurès a eu le mérite et l’ultime avantage de mourir pacifiste, à la veille de la mobilisation générale et cinq jours avant le vote par les députés socialistes des crédits de guerre. Qu’aurait fait Jaurès lui-même ? Sans se livrer à un exercice périlleux d’histoire fiction, rappelons que les dix jours d’escalade vers la guerre – du 26 juillet, date de l’ultimatum autrichien, à ce fameux 4 août 1914, ont été ceux de tous les revirements.

Plusieurs livres nous éclairent sur ce moment qui solde l’échec du refus de la guerre et le naufrage de l’internationalisme. Jean-Claude Lamoureux nous livre une chronique de ces 10 derniers jours avec un livre au titre éponyme, sous-titré Du refus de la guerre à l’exaltation patriotique [1],où l’on suit de manière très vivante le girouettisme des meneurs syndicaux et socialistes à Paris comme à Berlin.

On peut aussi se reporter au classique sur le sujet de l’internationaliste Alfred Rosmer, Le Mouvement ouvrier pendant la guerre, dont le premier tome, De l’U- nion sacrée à Zimmerwald [2], paraissait en 1936. Acteur, témoin et historien de la période, Rosmer détaillait de l’intérieur les résistances au raz-de-marée guer- rier. Enfin dans un ouvrage à paraître en novembre, coédité par nos amis de Li- bertalia et de l’Insomniaque, intitulé Trop jeunes pour mourir; Ouvriers et révolu-tionnaires face à la guerre (1909-1914) [3], Guillaume Davranche revient sur cette période où l’opposition ouvrière à la guerre est rognée par des renoncements successifs et la montée en puissance du nationalisme.

L’exemple de La Guerre sociale est à ce titre édifiant. Partisan tapageur de l’insurrection et du «drapeau dans le fumier» jusqu’en 1912, Gustave Hervé, le rédacteur du journal, change son fusil d’épaule et devient le «réformiste des réfor- mistes» (Rosmer) puis un ultra-patriote. Son lieutenant, Miguel Almereyda, et père du cinéaste Jean Vigo, jouera un rôle assez trouble à la veille du conflit en négo- ciant avec le président du Conseil, René Viviani, la non-application du carnet B [4] «en échange» du calme des anarchistes individualistes.

Chez les vieux internationalistes, la rancune est tenace. James Guillaume, le vétéran de la Première Internationale, exclu avec Bakounine au congrès de La Haye en 1872, trouve dans la course à la guerre une occasion de vilipender le «socialisme allemand», en rappelant que durant la guerre de 1870, Marx avait sou- tenu l’Allemagne, en réalité et pour faire court, seulement jusqu’à la chute de Na- poléon III, et Bakounine la France, «patrie de la liberté universelle». Mais la lame de fond cocardière n’épargne pas non plus les vieux socialistes de parti, tel l’an- cien blanquiste Édouard Vaillant ou le marxiste Jules Guesde.

Chez les syndicalistes révolutionnaires français, les appels à la grève générale révolutionnaire et à la désertion laissent place à l’attentisme puis au renoncement, non sans conflit avec la base. Dans le même temps, leurs homologues allemands du journal Der Pioner, plus conséquents, s’opposent encore à la guerre et dénon- cent la trahison de la social-démocratie, ce qui leur vaut d’être pourchassés et interdits.

Pour revenir au cas de l’irréprochable Jaurès, ce dernier annonce la catas- trophe le 26 juillet, dans L’Humanité, Jaurès annonce qu’il verra le continent jeté dans «le plus terrible conflit qu’aient jamais vu les hommes». Le jeudi 30 juillet, sortant d’une entrevue avec Viviani, il se laisse convaincre que la crise europé- enne finirait dans les dix jours et persuade à son tour les cégétistes de reporter leur grande mobilisation populaire…

On a aussi beaucoup fait de suppositions sur l’article décisif, dénonçant le bellicisme des dirigeants européens, que comptait écrire Jaurès au soir de sa mort… Là encore, les socialistes vraiment exemplaires, comme Rosa Luxemburg ou Karl Liebknecht en Allemagne, furent l’exception. Sans doute, personne ne pouvait prévoir ni la durée ni l’effroyable coût humain de ce conflit entre cousins des grands empires et classes dominantes démocratiques, sauf peut-être à anti- ciper l’entrée en scène des industriels de la mort dont parlait Anatole France [5]. 1914 restera toutefois un moment emblématique dans la longue tradition de la social-trahison.

paru dans CQFD n°124 (juillet-aout-septembre 2014), rubrique , par Mathieu Léonard  mis en ligne le 31/07/2014

Erratum: Dans la version papier du CQFD n° 124, j’avais écrit que Jaurès «s’é- tait d’abord opposé au principe de grève générale contre la guerre au sein de l’Internationale ouvrière». (…) C’est bien Jules Guesde qui s’oppose à la grève générale lors du congrès du Parti socialiste unifié du 14-16 juillet à destination du prochain congrès international (qui n’aura pas le temps de se tenir), tandis que Jaurès, au contraire, pousse à la grève générale contre la guerre et à l’agitation populaire. Pour autant, il n’est pas faux que les socialistes de parti ont toujours eu les plus grandes réserves vis-à-vis de la grève générale. D’ailleurs, Jaurès lui- même, en 1901, mettait en garde la classe ouvrière contre cette «illusion funeste» et cette «obsession maladive» qui lui ferait prendre «ce qui ne peut être qu’une tactique de désespoir pour une méthode de révolution». Mais, dès 1907, il est déjà convaincu que les ouvriers seront amenés à «retenir le fusil dont les gouver- nements d’aventure auront armé le peuple et de s’en servir, non pas pour aller fusiller de l’autre côté de la frontière des ouvriers, mais pour abattre révolution- nairement le gouvernement de crime ».

http://cqfd-journal.org/1914-le-naufrage-de-l

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02 août 2014 ~ 0 Commentaire

Retours historiques sur le réformisme de gauche 1 (tc)

Retours historiques sur le réformisme de gauche 1 (tc) dans A gauche du PS PSPANCHO

Cet article très partiel revient sur deux épisodes de l’histoire politique fran- çaise, sous l’angle du discours économique du réformisme.

Cela permet de relever des éléments récurrents qui sont encore ceux que nous entendons aujourd’hui, de confronter ce discours à l’expérience de «la gauche» au pouvoir, et de nourrir la réflexion sur le réformisme.

1924 : Le cartel des gauches contre le mur de l’argent

A la suite de la Première guerre mondiale, l’État français est très endetté et en cri- se financière. Pour les intérêts de l’impérialisme français, il a eu recours pendant la guerre à des emprunts massifs et a fait tourner la planche à billets. Pour rétablir les finances, résorber la dette, ce sont alors des budgets de rigueur qui sont imposés, et qui, comme aujourd’hui, frappent plus durement la classe travailleuse.

Le Bloc national au pouvoir après la guerre se veut le continuateur de l’Union sacrée, mais celle-ci a de plus en plus de mal à passer. Dans le sillage de la révo- lution russe, les revendications ouvrières ont resurgi, poussant à gauche l’en- semble du spectre politique.

Un «cartel des gauches» voit alors le jour pour les élections législatives de 1924, entre les socialistes (Section française de l’internationale ouvrière, SFIO) et des forces de la gauche bourgeoise centrées autour du Parti radical. La SFIO n’ose pas participer au gouvernement Herriot: le «ministérialisme» n’est pas encore assumé totalement (malgré le précédent de Millerand, un socialiste qui a accepté un poste de ministre en 1899 avec le soutien de Jaurès), et il se justifie déjà face à la dénonciation de son opportunisme par le jeune parti communiste (Section française de l’Internationale communiste, SFIC). Ce cartel est néanmoins une prémisse de «front populaire» basé sur le dénominateur de «gauche» et de «progressisme».

Au delà de la trahison c’est aussi le début d’une propagande prétendant que le «progrès» est possible pour les exploités en s’alliant avec des forces pro-capi- talistes. Les radicaux étant naturellement peu enclins à empiéter sur la «propriété privée», ce sont les socialistes qui vont les pousser à des «réformes», visant à taxer le capital et notamment les profiteurs de guerre. Cela n’a pas débouché sur un programme économique commun à l’échelle nationale, mais par exemple en Île-de-France, le cartel déclare :

«Nous voulons l’assainissement des finances, la justice sociale par la prédo- minance de l’impôt direct frappant la richesse acquise, la répression impitoyable des fraudes et des spéculations illicites (…). Nous voulons garantir les commer- çants contre les abus du droit de propriété (…) le commerce et l’industrie hon- nêtes contre les mercantis, les classes moyennes contre les entreprises d’une ploutocratie sans vergogne».1

La prétention à défendre les petits patrons face aux gros, les entrepreneurs contre les spéculateurs, tout ça dans le cadre du système, est déjà là. Aussitôt le nouveau gouvernement mis en place, une panique bancaire se déclenche, ce qui aggrave la crise et la pénurie budgétaire.

C’est alors qu’Édouard Herriot emploie pour la première fois l’expression de «mur d’argent», pour dénoncer le sabotage des milieux bancaires et financiers, et notamment le rôle du conseil de régence de la Banque de France, un organisme semi-privé dirigé par le banquier Rothschild et le métallurgiste Wendel.

Toutefois, on ne peut réduire cette crise à un complot de la finance. La fuite des capitaux était réelle, tout comme la dépréciation du franc, la panique a gagné y compris les petits épargnants… C’est ce qu’explique l’historien Jean-Noël Jean- neney2, qui s’inscrit pourtant dans la pure lignée de cette gauche bourgeoise qui aboutit au PS d’aujourd’hui. Le gouvernement Herriot chute en avril 1925. Six gou- vernements du cartel lui succèdent et sont incapables de stabiliser la situation économique, ce qui conduit au retour de Poincaré (alliance de la droite et des radicaux) en juillet 1926.

Cet échec montre l’impossibilité pour un gouvernement bourgeois de «gau- che» de mettre en œuvre des mesures sociales significatives, et donc les limites du volontarisme dans le cadre capitaliste. Non pas simplement parce que les financiers n’en veulent pas, mais parce que ces mesures accroissent les dysfonc- tionnements du système capitaliste. Deux issues sont alors possibles : soit la logi- que du système s’impose et les mesures sont retirées, soit un gouvernement révo- lutionnaire (c’est à dire un gouvernement porté par la mobilisation des masses ou issu de cette dernière) prend des mesures radicales pour mettre hors d’état de nuire les capitalistes.

Il faut d’ailleurs noter que quelques mesures du cartel sont passées, celles qui n’étaient pas vraiment structurelles et donc «digérables» par le système3 : trans- fert des cendres de Jaurès au Panthéon, reconnaissance de l’URSS, une contre-offensive laïque timide… ou même l’autorisation pour les fonctionnaires de se syn- diquer, et des amnisties pour des arrestations d’ouvriers et de progressistes.

Quant aux intérêts colonialistes, ils étaient bien défendus (répression au Maroc, en Syrie, au Liban…) Par Julien  1 août 2014

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02 août 2014 ~ 0 Commentaire

Retours historiques sur le réformisme de gauche 2(tc)

Retours historiques sur le réformisme de gauche 2(tc) dans A gauche du PS Frontpopulaire

1936 : L’interventionnisme du Front populaire

Les partis conservateurs seront renforcés pour un temps par cet échec du «réfor- misme». L’application de strictes politiques de rigueur, appelées alors «politiques de déflation» et de stabilisation monétaire, le «franc Poincaré» sera fixé à l’or en 1928) reprendront alors de plus belle, et le mouvement ouvrier connaîtra un pro- fond recul.4 Mais après de nombreux sacrifices subis, au lieu d’une amélioration, c’est la crise mondiale qui vient frapper les exploités au début des années 1930.

Dans les milieux d’économistes, les politiques classiques, dites de «laissez faire», provoquent des remises en question en raison des conséquences sociales désastreuses qui menacent la survie même du système. Les thèses de Keynes ne sont pas vraiment connues en France (sa Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie sera publiée en français en 1942), ni même aux Etats- Unis (son ouvrage phare n’est publié qu’en 1936, trois ans après le lancement du New Deal), mais l’interventionnisme étatique est déjà tenté aux États-Unis par Roosevelt depuis 1933.

La «gauche» va épouser cette école économique, parce qu’elle était idéale pour justifier sa volonté opportuniste de s’intégrer à l’État capitaliste. La SFIO sera la plus créative dans l’élaboration d’un programme économique réformiste. Et cette fois, la SFIC (totalement stalinisée) ne freinera pas, mais sera au contraire moteur pour l’adoption d’un programme avec les radicaux.

Dans les discussions qui préparent le Front populaire5, Léon Blum constate entre les différentes composantes «une entente sur la lutte anti-crise par la refla- tion, par l’accroissement de la consommation générale». Et pour cela, la SFIO défend la relance plutôt que l’austérité: «Jusque-là, c’est de l’équilibre comptable rigoureux du budget qu’on espérait la renaissance économique. C’est, au con- traire, de la renaissance économique que nous attendons de bonnes finances. » Vincent Auriol

Mais les radicaux sont sceptiques, et ne veulent pas d’un budget en déficit. Léon Blum argumentera en disant que ces mesures sont de nature à limiter la crise, les nationalisations partielles permettraient de diminuer les coûts de pro- duction, le crédit pourrait être orienté vers l’achat de biens de consommation…). Mais tout en assurant son parti qu’il n’y avait là aucun révisionnisme: ces natio-nalisations partielles avec indemnisation des capitalistes, liées à «l’exercice du pouvoir» par le parti ne sont pas sur le même plan que les «socialisations» sans indemnisation, liées à la «conquête du pouvoir» par le prolétariat, plus tard !.

Il est d’ailleurs intéressant de noter qu’alors que la SFIO, dans laquelle existait un courant «planiste», pro-nationalisations, proposait sur le papier la «nationa-lisation du crédit, des assurances et des grandes industries monopolisées», le PC refusait en disant qu’il fallait «réunir le plus grand nombre d’organisations et de citoyens».

Le débat portait aussi sur la fiscalité. Les communistes mettaient en avant la «taxation du capital», considérée comme «revendication immédiate», alors que socialistes et radicaux voulaient au contraire une «détente fiscale» pour inciter les investissements. Pour autant, les communistes se souciaient de présenter leurs mesures comme compatibles avec le capitalisme. Ainsi ils précisaient que ce prélèvement était «exceptionnel» et que:«À un moment où les capitaux hésitent à s’investir, le prélèvement sur les grosses fortunes pour réaliser de grands tra- vaux, loin d’être une faute est une nécessité économique: il permet d’investir dans l’économie nationale des capitaux nouveaux. Loin d’augmenter le chômage, il crée du travail et tout un nouveau courant d’affaires.»

Finalement, le programme n’inclura que la nationalisation des industries de guerre ou encore la réglementation des milieux banquiers et la réorganisation de la Banque de France sans pour autant nationaliser le crédit. Cette mesure revient donc à peu près au «pôle public bancaire» que propose le Front de gauche aujourd’hui6.

Il est intéressant aussi de constater que le débat sur la dévaluation du franc ressemble assez à des débats actuels. Officiellement, les deux partis ouvriers avaient pour position «ni déflation, ni dévaluation», pour ne pas que les salaires réels soient rognés par la hausse des prix. Les économistes de la SFIO étaient cependant très tentés par l’inflation… si bien qu’il fut convenu lors d’une réunion secrète entre socialistes et radicaux d’en acter le principe, sans le mentionner dans le programme du Front populaire.

Le Front populaire était une manière pour le PCF (qui adopte à ce moment-là le F de français) et la SFIO de canaliser dans les institutions la mobilisation anti fasciste qui naissait au sein du mouvement ouvrier. Mais au grand dam des vain- queurs, la victoire électorale fait éclater la grande grève de juin 1936. Cette irrup- tion des travailleur-se-s aurait pu déboucher sur l’expropriation directe des gros capitalistes, et rendre ainsi obsolètes toutes ces lois économiques du système. C’en aurait été fini des contradictions reflation/déflation (politique de la demande / politique de l’offre dirait-on aujourd’hui). Au lieu de cela, les bureaucrates mirent toute leur énergie pour que ce formidable mouvement soit calmé en toute hâte par des concessions (congés payés, hausses de salaires, semaine des 40h…). 7

La stabilisation politique signifiait le retour à la soumission aux lois de ce système instable: l’augmentation des salaires fut absorbée par la hausse des prix dès septembre, les 40h ne furent jamais appliquées, de nombreux riches partaient en Suisse, Léon Blum annonça la «pause» des réformes sociales en 1937… La réaction fut incarnée de façon terrible par la guerre mondiale et le régime de Vichy.

Tirer les leçons du passé pour montrer l’impasse du réformisme antilibéral

Ces retours historiques permettent de faire des constats et d’en tirer les leçons, utiles dans le débat idéologique avec le réformisme d’aujourd’hui :

  • L’austérité, les coupes dans les dépenses publiques, les baisses d’impôts pour les patrons, la frilosité à remettre en cause la «liberté» des entreprises ne sont pas un simple choix que les politiques feraient parmi tant d’autres, mais une tendance structurelle sous le capitalisme car elles visent à maximiser le taux de profit. Cette même tendance est trop souvent présentée comme singulière sous le nom de «néolibéralisme»8.
  • La tentative d’élaborer des solutions à la crise dans le cadre du système est aussi une tendance récurrente, et les courants de type keynésiens sont assez naturellement l’expression principale de ces tentatives.
  • Ces tentatives de sortir des crises ou des marasmes capitalistes par des politiques de redistribution ont échoué partout, et ces échecs ont entraîné des reculs terribles pour le mouvement ouvrier.

L’économie politique fait partie intégrante du terrain idéologique, sur lequel le réformisme doit être combattu. Ceci est d’autant plus vrai si l’on prend du recul sur ce qu’est le réformisme aujourd’hui. Le vieux réformisme du mouvement ouvrier visait à justifier un «exercice du pouvoir» (bourgeois) tout en prétendant préparer le terrain à la révolution socialiste. Le réformisme du Front de Gauche n’a plus vraiment à se justifier devant un électorat ou une base militante ayant une cons- cience socialiste. La conscience de classe a connu de tels reculs que ce réfor- misme est très proche d’un réformisme bourgeois, comme celui de Roosevelt.

Quant au Parti socialiste de François Hollande, il n’a rien d’un parti réfor-miste, dans aucun sens que ce soit. Bien au contraire, il s’inscrit totalement dans la lignée des partis bourgeois ordinaires qui ne cherchent qu’à servir au mieux les intérêts des capitalistes. En conséquence, il n’est plus pertinent de se contenter de dénoncer le réformisme sous l’angle de la «trahison», il faudrait pour cela qu’il y ait des attentes socialistes, une mémoire de ce que faisaient les staliniens et les sociaux-démocrates, etc… Il faut simultanément élaborer un vrai programme révolutionnaire contre les capitalistes, et expliquer que les idéologies fondées sur des réformes sont impuissantes face à la crise du système. Pourtant, bien peu d’anticapitalistes se sont attelés à cette tâche.

http://tendanceclaire.npa.free.fr/article.php?id=634

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01 août 2014 ~ 0 Commentaire

Arte canonise jean jaurès (la riposte)

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A l’approche du centième anniversaire de l’assassinat de Jean Jaurès, le 31 juillet 1914, Arte diffuse un documentaire intitulé Jaurès est vivant !

Le travail sur les images d’archives est admirable. Mais pour le reste, il s’agit d’une interminable accumulation de distorsions du marxisme et de la pensée de Jaurès, sur fond de canonisation du «réformisme» et de «l’idéalisme» du grand dirigeant ouvrier.

On pense à ce qu’écrivait Lénine au début de L’Etat et la révolution: «Il arrive aujourd’hui à la doctrine de Marx ce qui est arrivé plus d’une fois dans l’histoire aux doctrines des penseurs révolutionnaires et des chefs des classes oppri- mées en lutte pour leur affranchissement. Du vivant des grands révolutionnaires, les classes d’oppresseurs les récompensent par d’incessantes persécutions; elles accueillent leur doctrine par la fureur la plus sauvage, par la haine la plus farouche, par les campagnes les plus forcenées de mensonges et de calomnies. Après leur mort, on essaie d’en faire des icônes inoffensives, de les canoniser pour ainsi dire, d’entourer leur nom d’une certaine auréole afin de « consoler » les classes opprimées et de les mystifier; ce faisant, on vide leur doctrine révo- lutionnaire de son contenu, on l’avilit et on en émousse le tranchant révo- lutionnaire. » (…)

Le casting du documentaire nous y préparait. Les commentaires sont notamment de: Vincent Peillon, renégat de la «gauche du PS» et récent ministre du gouvernement de François Hollande ; Ed- mond Maire, ex-secrétaire général de la CFDT, qui a piloté la dérive droitière de la confédération à partir de la fin des années 70; Mireille Delmas-Marty, universitaire bardée de titres honorifiques, qui noie Jaurès dans des commentaires creux et hors-sujet; enfin, cerise sur le gâteau, Henri Bentégeat, chef d’Etat-major des forces armées françaises entre 2002 et 2006, qui vante les mérites «jauressiens» de l’armée impérialiste française actuelle!

Les distorsions virent parfois à la caricature. Par exemple, la voix off affirme : «Jules Guesdes, l’autre leader majeur, est un marxiste efficace et sommaire. Il refuse le gradualisme dans les réformes, parce qu’à ses yeux toute amélioration partielle du sort des prolétaires risquerait d’affaiblir leur énergie de révoltés et la chance d’un grand soir, où le capitalisme serait d’un seul coup renversé.» Ceci n’a aucun rapport avec le marxisme, selon lequel la lutte pour des réformes est non seulement souhaitable, mais même indissociable de la perspective révolu- tionnaire. Loin d’«affaiblir leur énergie de révoltés», la lutte pour des réformes prépare les travailleurs à la révolution. C’est là le b-a ba du marxisme. Mais les auteurs du documentaire ont besoin de caricaturer le marxisme pour mieux faire ressortir la «modernité» d’un Jaurès qu’ils réduisent à l’«humanisme» et l’«universalisme» bourgeois les plus plats.

Il est vrai que sur bien des questions importantes, comme par exemple les colonies françaises, Jaurès se tenait sur la droite de la IIe Internationale. Lénine le critiquait sévèrement. Il n’a jamais réellement défendu le point de vue marxiste sur l’Etat, la nation et l’internationalisme prolétarien. Ses idées politiques étaient marquées par le développement du capitalisme d’avant-guerre, qui s’accompa- gnait de conquêtes sociales et d’une croissance rapide des organisations de la classe ouvrière. C’était l’âge d’or du réformisme, dont Jaurès fut l’un des repré- sentants les plus talentueux. Grâce à son énergie et l’audace de sa pensée, Jau- rès emportait l’enthousiasme, stimulait, mobilisait. Les premières grèves qu’il a défendues ont tissé un lien avec les travailleurs qui n’a cessé de se développer par la suite. C’est cela que la bourgeoisie haïssait en lui. Jaurès mort, elle cherche à le transformer en icône du réformisme.

On pouvait espérer que Patrick Le Hyaric, député européen PCF et directeur de L’Humanité, relèverait un peu le niveau du documentaire. Or il abonde dans le même sens. Il explique par exemple que «depuis les années 75-76, les commu- nistes sont jauressiens. […] On n’est plus au grand soir. On n’est plus à la dic- tature du prolétariat. On est plutôt du côté de ce qu’a repris Jaurès, c’est-à-dire de l’évolution révolutionnaire». On a vu où cette prétendue «évolution révolu- tionnaire » a mené le PCF, à force de reculs idéologiques, en particulier après la chute des régimes staliniens d’URSS et d’Europe de l’Est. Malgré le caractère parfois confus des idées de Jaurès, elles se tenaient très au-dessus de ce que la direction du PCF a produit, sur le plan théorique, depuis le milieu des années 70. Et le puissant tribun, l’adversaire honni de la réaction et l’infatigable militant font toujours de Jaurès, un siècle après sa mort, la figure la plus marquante de l’histoire du mouvement ouvrier français.

A nos lecteurs qui ne le connaissent pas, nous conseillons vivement l’article de Trotsky sur Jean Jaurès. C’est une excellente réponse aux distorsions du documentaire d’Arte.

http://www.lariposte.com/Arte-canonise-Jean-Jaures.html

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01 août 2014 ~ 0 Commentaire

Nous exigeons la relaxe d’alain pojolat!

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Non à la criminalisation de la solidarité avec la population de Gaza !

Nous exigeons la relaxe d’Alain Pojolat !

Alain Pojolat, porte-parole du NPA, est convoqué devant la justice, le 22 octobre prochain pour avoir appelé à manifester le 19 juillet en solidarité avec la population palestinienne de Gaza en dépit d’une interdiction gouvernementale. De telles interdictions ont été exceptionnelles depuis la fin de la guerre d’Algérie.

Le droit de manifester fait partie des libertés démocratiques. La France est le seul ou l’un des très rares pays où de telles manifestations ont été interdites ! Au moment où la population de Gaza subit un terrifiant déluge de bombes, qui a fait plus d’un millier de morts, des milliers de blessés, dans leur immense majorité civils, et une centaine de milliers de sans abri et déplacés, il est inacceptable que le gouvernement prétende nous refuser le droit de dénoncer ces massacres dans la rue.

Par cette interdiction provocatrice, il est le premier responsable des incidents. Incidents qui ont d’ailleurs été déformés et démesurément grossis pour tenter de justifier cette atteinte aux libertés élémentaires.

En criminalisant les actions de solidarité avec le peuple palestinien, le gouvernement prend de fait partie pour ceux qui le massacrent. Il cherche à nous dissuader de continuer à affirmer cette solidarité en s’en prenant à l’un des organisateurs.

Alain Pojolat a eu le courage d’affirmer qu’on a le devoir de braver une telle interdiction antidémocratique quand tous les jours des enfants innocents sont déchiquetés par les bombes d’une des plus grandes puissances militaires de la planète. Condamner Alain Pojolat serait un acte de complicité avec ceux qui lancent quotidiennement ces bombardements terroristes sur Gaza.

Nous exigeons que Alain Pojolat soit relaxé.

Premières signatures:

Gérard Delteil, écrivain

Serge Quadruppani, écrivain

Gilles Perrault, écrivain

Olivier Favier, Journaliste, auteur, traducteur

Yves Pagès, écrivain, éditeur

José Reynès, cinéaste

François Ruffin, journaliste

Florence Rigollet, comédienne

Pierre Carles, cinéaste

Frédéric Neyrat, philosophe

Jiho, dessinateur

Carali, dessinateur

Siné, dessinateur

Catherine Sinet, rédactrice en chef de Siné Mensuel

Olivier Landau, Directeur délégué à l’Anticipation et la Stratégie à Sofrecom

Hervé Le Bras, démographe

Gus Massiah, économiste

Robert Rousso, dessinateur de presse

Jeanne Folly, journaliste

Dr Marcel Francis Kahn

http://www.petitions24.net/nous

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29 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Les magistrats dénoncent la pénalisation systématique du mouvement social (reporterre)

gauche

*

La répression policière et judiciaire contre les mouvements sociaux est de plus en plus forte. Le Syndicat de la magistrature prend position: «Recourir à la pénalisation de ces luttes, c’est enfermer dans l’illégalité toute pensée contestataire et stigmatiser un mouve- ment social fait de lanceurs d’alerte, qui usent de la liberté de contester l’ordre établi.»

Faucheurs d’OGM, militants anti-pub, étudiants anti-CPE, «Contis» d’hier, syndicalistes de Roanne, militants de la confédération paysanne en lutte contre la ferme-usine des 1000 vaches, paysans et militants de la ZAD en résistance contre l’aéroport de Notre Dame des Landes d’aujourd’hui: triste continuité que celle de la répression du mouvement social!

Qu’ont en commun ces hommes et femmes? Ce sont tous des acteurs mobilisés au nom de l’intérêt général pour créer les conditions d’un débat public, des précurseurs dans le com- bat contre la destruction de l’environnement, la diffusion des OGM ou contre des choix politi- co-industriels dictés par la recherche illimitée du profit, au mépris des droits des travailleurs, paysans et habitants.

Arsenal sécuritaire et objectifs chiffrés Et surtout, aujourd’hui comme hier, leurs actions collectives, faites de colère spontanée et inspirées par la détresse pour certains, de dé- monstrations aussi pacifiques que symboliques pour d’autres, leur valent un traitement pénal hors norme, soumis à des objectifs chiffrés que devront valider des condamnations sévères.

Tandis que les moyens manquent à la justice et à la police pour lutter contre la délin- quance économique et financière, on déroule là une mobilisation policière sans précédent et, trop souvent, un traitement judiciaire en temps réel: garde-à-vue, fichage génétique, déferrement et comparution immédiate, cette justice expéditive génératrice d’emprisonnement.

L’arsenal sécuritaire, renforcé sous le précédent gouvernement et toujours en vigueur deux ans après l’alternance, s’est banalisé. Voilà que sont mobilisés pour contrer des luttes sociales: l’extension incontrôlée du fichage génétique qui, jadis réservé aux criminels «sex- uels» concerne aujourd’hui la moindre dégradation, la pénalisation aveugle du refus de prélè- vement ADN, le délit de participation à un attroupement armé, cette résurgence aggravée de la loi anti-casseurs, les procédures d’urgence désastreuses pour les droits de la défense mais si efficaces pour frapper par «exemplarité», sans recul…

Renoncer à donner une réponse politique Autant d’outils sécuritaires que le gouver- nement actuel, qui a déjà enterré le projet d’une loi d’amnistie sociale, est peu soucieux ou peu pressé d’abroger.

Recourir à la pénalisation, d’ailleurs trop souvent sélective, de ces luttes, c’est enfermer dans l’illégalité toute pensée contestataire et stigmatiser un mouvement social fait de lan- ceurs d’alerte, qui usent de la liberté de contester l’ordre établi. C’est renoncer à y donner une réponse politique.

Le Syndicat de la magistrature dénonce cette permanence de la pénalisation du mouvement social et la banalisation des outils sécuritaires qui en sont le moyen

.Source : Syndicat de la magistrature lundi 21 juillet 2014

Lire aussi : Contre les militants de Notre Dame des Landes, la justice devient folle

http://www.reporterre.net/spip.php?article6157

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26 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Lip et l’autogestion (tc)

Lip et l’autogestion (tc) dans A gauche du PS PasBesoinPatron

Il y avait déjà des films, des livres, une pièce de théâtre… et depuis mars 2014, on peut aussi (re)découvrir la lutte des travailleur-se-s de Lip en BD. Les auteurs se sont beaucoup documentés, et l’immersion dans cette usine de montres et les familles de travailleur-se-s qui en vivent fonctionne bien. Ce qui permet d’utiliser ce livre en exemple pour illustrer de nombreux enseignements de la lutte des classes.

Le début des « plans sociaux » Les raisons de se pencher sur cette lutte qui a marqué les années 1970 ne manquent pas. Tout d’abord parce qu’il s’agit d’une réaction à un plan massif de licenciements, comme nous en avons connu de nombreux depuis. Les similitudes sont parfois frappantes. Comme les syndicats de PSA Aulnay, les Lip découvrent les plans de la direction un peu par erreur, sous la forme de notes dans le sac d’un des administra- teurs: «allègement du personnel horlogerie», «480 à dégager »

« On fabrique, on vend, on se paie» Ce qui fait en revanche la particularité de Lip, c’est la présence localement d’une unité syndicale entre la CGT et une CFDT très radicale, et sur- tout d’une tradition de démocratie directe forgée depuis Mai 68.(1) Grâce à cette expérience précieuse, les Lip établissent directement une grève active, des discussions quotidiennes en assemblées générales, et libèrent une formidable énergie collective, débordant de loin le carcan de la légalité capitaliste. Et notamment la fameuse autogestion de la production de montres, qui a été emblématique et qui a popularisé la lutte bien au-delà de la région. De nombreux soutiens achetaient fièrement des «montres Lip autogérées», en plus de venir manifester avec eux.

Entre répression et émancipation Mais à travers ce récit, on peut tirer de nombreux autres enseignements. Par exemple, la répression: les CRS s’empressent de faire un com- mando pour libérer le patron séquestré… puis plus tard ils attaquent l’usine pour déloger les grévistes et récupérer le stock de montres. Les effets de cette répression ne sont pas auto- matiques, entre démoralisation et radicalisation. Beaucoup d’autres salarié-e-s en lutte ont depuis fait et refait cette expérience du vrai visage de l’État et de sa police.

Cette BD illustre aussi à quel point la solidarité ouvrière peut rapidement transformer la conscience de ceux et celles qui luttent. En termes de conscience de classe bien sûr, mais aussi plus largement. Les auteurs ont par exemple utilisé les deux personnages principaux – fictifs – pour décrire comment l’émancipation par la lutte peut aussi venir heurter la domi- nation masculine, jusque dans le couple. Ce qui est loin d’être anecdotique, dans une usine où les ouvrières spécialisées étaient majoritaires. (…)

La SCOP comme solution ? (..) l’autogestion n’est pas une formule magique qui se suffit à elle-même. Le PSU proposait que les salarié-e-s reprennent Lip en Société coopérative ou- vrière de production (SCOP), tandis que ceux-ci refusaient et voulaient un repreneur. Qui paie s’il faut réaliser de gros investissements pour rebondir, si l’entreprise est en concur- rence avec d’autres travailleurs sur-exploités? Si c’est la SCOP, ce sont les travailleur-se-s. Or justement, les entreprises dont les patrons ne veulent plus sont souvent en difficulté, même si certaines petites SCOP s’en sortent sur certains marchés de niche. La tyrannie du système s’impose à travers le pouvoir des grands groupes et des États à leur service, mais aussi partout à travers la concurrence sur le marché.

La SCOP en elle-même est une forme légale, inoffensive et impuissante. Les Lip, qui étaient méfiants dès le départ, en ont fait l’expérience: après 1976, ils se sont résignés à se se morceler en différentes petites SCOP. Souvent en gardant des objectifs subversifs, com- me l’édition du « Chomageopoly », mais chaque SCOP connaissant ses difficultés.(5)

Et depuis l’éclatement de la crise, les projets de SCOP refleurissent (Sea France, Fralib…), apparaissant souvent comme seule alternative aux licenciements quand aucun repreneur n’est en vue. Le mur du pouvoir des patrons est toujours là (comme le montre le refus du groupe Unilever de céder la marque Eléphant à la SCOP) comme la tyrannie du marché : «Dans un contexte de guerre économique, il va falloir que les salariés sociétaires relèvent sacrément leurs manches, prévient un responsable d’un fonds d’investissement dans l’économie sociale. Et qu’ils acceptent des sacrifices.» Il donne l’exemple d’une SCOP dont le chiffre d’affaires a baissé de 30 % depuis 2008. « Pour abaisser la masse salariale, s’est posé le choix de diminuer les salaires ou les effectifs. »(6)

On pourrait se dire que ce genre de choix est au moins décidé démocratiquement. Mais rien n’est moins garanti. Car dans la pénurie, l’élan émancipateur a vite fait de se briser, les fonctions (trésorier, cadre…) de perdurer, et les hiérarchies de se recréer. De nombreuses SCOP connaissent ces problèmes. Et lorsque les syndicats accèdent directement à la direction des nouvelles coopératives, le phénomène de bureaucratisation déjà présent dans l’entreprise privée ne fait que faciliter la rechute dans une forme plus classique d’entreprise.

Se battre pour une SCOP ou pour la nationalisation ? On ne reprochera bien sûr pas à des salarié-e-s acculés de se replier sur une SCOP. Si c’est la seule option disponible à un moment donné, elle peut être un point d’appui, bien meilleur qu’accepter la liquidation des emplois. Mais la meilleure stratégie est de se battre pour que l’État exproprie le capitaliste et nationalise l’entreprise sous contrôle des travailleurs/ses.(…)

Cet axe de mobilisation a aussi le mérite de constituer un pont vers la véritable solution que nous préconisons : l’expropriation des grands groupes capitalistes pour que les travailleurs puissent diriger la production en rupture avec la logique du profit. Si les expropriations par- tielles dans le cadre du capitalisme préparent le terrain, il faudra une révolution, c’est-à-dire le conquête du pouvoir politique par les travailleurs/ses, pour disposer des leviers pour transformer en profondeur les rapports de propriété et de production. (…)

Du temps des Lip, la CGT confédérale disait « c’est une lutte locale » (sous-entendu, qu’elle le reste surtout !) et la CFDT, malgré son soutien officiel et ses grandes phrases d’alors sur l’autogestion, ne faisait rien de concret pour que le conflit sorte de Besançon. Lors du congrès CFDT de 1973, le secrétaire général Edmond Maire s’inquiétait de la montée du « basisme » et du « gauchisme » dans le syndicat.

L’important pour nous est de pousser à la généralisation et à la coordination des luttes pour renverser le pouvoir économique et politique des capitalistes. Dans ce sens, il est important de combattre les idéologies coopérativistes et réformistes, et d’articuler le combat pour l’autogestion dans l’entreprise avec le combat pour le pouvoir des travailleurs/ses à l’échelle de la société. Par Julien (Comité Jeunes Travailleurs RP14 juillet 2014)

BD-Lip dans Histoire

http://tendanceclaire.npa.free.fr/article.php?id=628

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25 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Travailleurs français immigrés, mêmes patrons, même combat! (lo)

affiche-cnt-francais-immigres-meme-patron-meme-combat

Ce mercredi le gouvernement annonce vouloir modifier le droit des étrangers en France. Mais en réalité, il ne modifie fondamentalement rien à la politique répressive et d’expulsions en place depuis des années. Il vise même à imposer de nouvelles contraintes aux immigrés comme la désignation d’un lieu de résidence pour les demandeurs d’asile avec menace sur les allocations s’ils le quittent. Pour bénéficier du renouvellement de leur titre de séjour, les travailleurs étrangers devront prouver qu’après leurs journées de travail, ils ont assisté aux cours de français obligatoires, etc. !

Rien ne distingue cette soi-disant gauche de la droite, y compris sur ce terrain. À un tel point que le gouvernement espère sur ce texte recueillir les voix de l’UMP! 23 juillet 2014

http://www.lutte-ouvriere.org/notre-actualite/breves/#2

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24 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Budget militaire: 500 millions de rallonge (lo)

suppots de l'amour unanimes par Auguste Bouquet, années 1830

Au lendemain des fêtes patriotardes du 14 juillet, Hollande a annoncé le déblocage de 500 millions d’euros supplémentaires pour le budget de la Défense de 2014 et 2015. Il a manifestement été sensible à la grogne des grands patrons de l’armement et du sommet de l’armée, quatre chefs d’état-major étant même allés jusqu’à menacer de démissionner si le budget prévu pour les années à venir n’était pas revu !

Hollande a donc choisi d’activer une clause de la Loi pour la programmation militaire 2014-2017 (LPM), qui prévoit ces 500 millions supplémentaires pour « sécuriser les programmes d’équipement ». Ils viendront compenser en partie les coupes prévues dans le budget militaire… comme dans les budgets de tous les autres ministères.

Le ministère de la Défense devrait ainsi disposer de plus de 31 milliards d’euros par an pour 2014 et 2015, ce qui en fait le troisième poste budgétaire de l’État après le remboursement de la dette et l’Éducation nationale.

Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, a déjà prévu à quoi seront utilisés ces crédits supplémentaires : à acheter des drones, un quatrième sous-marin d’attaque, à développer un nouveau missile, etc. Toutes choses totalement inutiles à la population vivant en France et qui peuvent même devenir mortelles pour les peuples victimes des interventions militaires françaises, en Afrique et ailleurs. Valérie FONTAINE

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2399&id=9

 

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17 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Livret a: les banques peuvent dire merci (lo)

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Le ministère de l’Économie a annoncé jeudi 10 juillet que le taux d’intérêt du livret A passerait de 1,25 % à 1 % à partir du mois d’août.

Il atteint ainsi son niveau le plus bas depuis sa création en 1818.

Alors qu’avant 2003 le taux du livret A était directement fixé par le gouvernement, depuis cette date il est déterminé par une formule qui dépend notamment du taux officiel de l’inflation. De juin 2013 à juin 2014, les prix auraient augmenté en moyenne de 0,3 % si l’on en croit les chiffres officiels, ce qui devrait conduire à fixer le taux du livret A à 0,5 %. Le gouvernement aurait donc décidé de «limiter la baisse» en le ramenant à 1 %. Les petits épargnants, qui forment la grande majorité des 63 millions de détenteurs de livrets A, devraient donc s’estimer heureux !

Un banquier, interviewé dans le journal Le Monde, déclarait: «Il faudrait que les Fran- çais prennent enfin conscience que l’argent sans risque ne rapporte plus rien.» Les banques aimeraient bien mettre la main sur les 268 milliards d’euros et quelques déposés sur ces livrets, des sommes qui leur échappent en partie et qui servent entre autres à financer la construction de logement HLM.

En baissant le taux du livret A, le gouvernement favorise encore les solutions d’épargne gérées par les banques, qui mettent les dépôts directement à leur disposition pour spéculer. Une prime de vacances pour les banquiers, en quelque sorte. Jean FIELD

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2398&id=3

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