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10 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Nouveaux traitements contre l’hépatite c: le profit avant tout (lo)

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Selon une récente étude de Médecins du monde, les nouveaux traitements récemment mis au point contre l’hépatite C pourraient guérir définitivement 90 % des 185 millions de personnes touchées par cette maladie dans le monde. À condition d’avoir accès à ces nouveaux médicaments ! Car un seul comprimé est vendu 1 000 dollars aux États-Unis… alors que son coût de production est au maximum de 136 dollars ! En France, le coût de ce traitement complet avoisine les 55 000 euros…

Pour que le progrès médical puisse bénéficier à la plus grande partie de l’humanité, cela nécessite un grand progrès social : la remise en cause des brevets qui n’ont qu’une seule et unique fonction, protéger les profits de l’industrie pharmaceutique !

http://www.lutte-ouvriere.org/notre-actualite/breves/#3

Hépatite C : la vie ne devrait pas avoir de prix

Les progrès de la recherche permettent des avancées thérapeutiques et c’est notamment le cas pour les traitements de l’hépatite C, maladie du foie qui touche près de 185 millions de personnes dans le monde. Causée par un virus, elle peut entraîner un cancer ou une cirrhose et 350 000 personnes en meurent chaque année. Selon les experts médicaux « un tournant majeur » dans la prise en charge de la maladie vient d’être pris avec une nouvelle classe de médicaments antiviraux. Les études cliniques démontrent leur efficacité à plus de 90 % en quelques semaines.

Mais si les progrès sont là, le prix faramineux de ces médicaments pose d’ores et déjà le problème de l’accès des malades à ces soins. Aux USA, le premier antiviral commercialisé coûte 1 000 dollars le comprimé et le traitement de 12 semaines revient à près de 84 000 dollars, soit 60 000 euros. En France, l’antiviral coûtera environ autant et son utilisation équivaudrait, d’après les calculs d’une ONG, au budget des hôpitaux publics parisiens.

Les laboratoires qui ne veulent pas être mis en cause comme dans l’affaire des brevets des thérapeutiques du sida, où ils avaient bataillé pour interdire la vente de médicaments génériques, annoncent qu’ils vont pratiquer des prix plus bas dans les pays pauvres. Ils annoncent 2 000 dollars pour trois mois de traitement en Indonésie, ce qui reste exorbitant car pour traiter 50 % des malades indonésiens atteints d’hépatite C, il faudrait consacrer la totalité du budget indonésien de la santé.

Les progrès thérapeutiques majeurs sont bien là, mais il manque un vaccin, contre un virus virulent, celui de la recherche du profit qui étouffe le droit aux soins. Cédric DUVAL

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2384&id=36

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08 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Etat espagnol, de l’indignation à la révolte

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A Madrid ce samedi 22 mars, des centaines de milliers de manifestants ont dénoncé les politiques d’austérité menées par le gouvernement de Mariano Rajoy (parti populaire, droite). Parmi les slogans, on pouvait entendre : « moins de corruption, plus d’éducation », « sauvons les personnes, pas les banques », « non au paiement de la dette », « non aux privatisations ». Non seulement le nombre mais la composition des cortèges marquaient un pas en avant par rapport à des mobilisations antérieures, avec une présence importante et organisée de travailleurs du privé et du public, de jeunes mais aussi de collectifs de femmes et d’immigrants.

La mobilisation marque l’aboutissement des six « marches de la dignité » parties, depuis près d’un mois pour certaines, de Catalogne, d’Andalousie, d’Estrémadure et d’ailleurs. Les « marées », ces plateformes de mobilisation thématiques contre la politique d’austérité, mêlant associations de quartier, relais syndicaux (base des grandes organisations ou syndicats minoritaires) et militants politiques, continuent de s’étendre. Et certaines gagnent des batailles, ainsi les professionnels de santé de la région de Madrid (la « marée blanche ») qui ont arraché le retrait d’un vaste projet de privatisation d’une partie des hôpitaux publics. Ces « marées » constituent à la fois une produit différé et de plus large ampleur sociale du mouvement des Indignés de 2011 et une forme de lutte alternative aux grandes journées syndicales sans lendemains et sans résultats.

Mais si la mobilisation s’étend par mille canaux, sans la participation des appareils confédéraux des syndicats, le pouvoir est aussi à l’offensive, malgré les affaires de corruption. La politique austéritaire continue avec les éloges de Bruxelles : la « sauvagerie sociale », pour reprendre l’expression d’un économiste français, a en effet des effets positifs sur les profits et le commerce extérieur. Pour souder sa clientèle réactionnaire, le PP s’attaque au droit à l’avortement. Enfin, un projet de« loi de sécurité citoyenne » vise à limiter le droit à manifester : il s’agit de se préparer à de futurs occupations de places comme les Indignés l’avaient fait à la Puerta del Sol (et comme ce fut le cas à Tahrir ou sur le Maidan).

Le Parti socialiste (PSOE) est le favori des sondages pour les européennes de mai. En fait, il se contente d’engranger les dividendes de l’impopularité du PP mais, question de l’avortement mise à part, il a mené fondamentalement la même politique quand il était au pouvoir (jusqu’en novembre 2011). Au stade actuel, il n’existe pas d’alternative politique à ce système bipartidaire, même si l’importance des mobilisations semble pousser à gauche la base de la Gauche unie (coalition structurée essentiellement par le PCE) et si a commencé à se construire l’initiative « Podemos ! » avec la participation de nos camarades d’Izquierda anticapitalista.

Après des années de recul, la puissance de la mobilisation du 22 mars semble montrer qu’une épreuve de force se prépare en Espagne. Il est cependant impossible d’en préjuger les modalités et l’échéance. D’autant que la situation est compliquée par les revendications indépendantistes catalanes et que, comme le souligne Javier Cordon, membre de l’Assemblée des travailleurs de la santé sur le site d’Izquierda anticapitalista, les élections se profilant, vont se multiplier les appels à résoudre les problèmes exclusivement par le vote.

Henri Wilno Revue L’Anticapitaliste n°53 (avril 2014)

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08 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Lettre aux organisations pcf, pg, lo, ensemble

Affiche " la crise est finie..."

CherEs camarades,

La situation politique au lendemain des élections municipales est marquée par une profonde dégradation du rapport de force au détriment du monde du travail et des classes populaires.

Le désaveu du gouvernement PS-Medef, le rejet des politiques d’austérité comme du pacte de responsabilité, l’inquiétude, voire le désespoir engendré par la continuelle aggravation du chômage et de la précarité nourrit, en l’absence d’une riposte des travailleurs, un terrain favorable à la montée des idées réactionnaires, de la droite et du FN.

Le remaniement ministériel opéré par Hollande ne change rien quant au fond. Ce nouveau gouvernement « de combat » dirigé par l’ex ministre de l’intérieur n’a d’autre objectif que de « garder le cap », de poursuivre la même politique entièrement dévouée aux intérêts du patronat, des banques et des classes privilégiées. Elle est un geste de plus à l’égard du patronat et de l’opinion réactionnaire.

La journée de manifestation du 12 avril représente une étape pour œuvrer à la construction de mobilisations d’ampleurs, d’un affrontement avec le gouvernement et le patronat pour inverser le cours des choses.

C’est dans ce contexte qu’interviennent les élections européennes. Lors de cette échéance, le NPA souhaiterait la constitution de listes unitaires avec toutes les forces politiques qui entendent se situer en opposition au gouvernement, à la droite et à l’extrême droite et rejettent toute forme de nationalisme ou de souverainisme.

Nous pensons qu’elles doivent être l’occasion d’avancer dans le même sens pour porter les exigences du monde du travail, se faire l’écho de ses luttes, résistances et aspirations pour faire entendre une politique clairement indépendante des partis de la majorité gouvernementale qu’ils participent ou non au gouvernement Valls. Elles peuvent être l’occasion d’avancer dans le sens de la construction d’une opposition de gauche, ouvrière et populaire, au gouvernement Valls-Hollande ; de faire entendre des voix en rupture avec les partis institutionnels, le PS et l’UMP, qui ont mis en place l’Europe du chômage et de l’austérité, l’Europe de la troïka, du TSCG initié par Sarkozy et mis en place par Hollande, des voix en rupture avec le monde des politiciens rejetés par l’abstention très souvent majoritaire dans les quartiers et les cités populaires, en rupture avec cette Europe qui menace les droits des femmes, flattent les préjugés racistes contre les Rroms et les immigrés.

Nous voulons rassembler celles et ceux qui refusent leur Europe forteresse qui  dresse des barbelés contre ceux qui fuient la misère et les guerres dont les grandes puissances occidentales, la France en particulier, portent une lourde responsabilité, pour défendre la régularisation de tous les sans-papiers et le retrait des troupes françaises d’Afrique.

Nous voulons rassembler celles et ceux qui combattent les forces d’extrême-droite qui prétendent que le repli national, le nationalisme, la xénophobie puissent être une solution à la crise de l’Union européenne des capitalistes.

Nous voulons rassembler celles et ceux qui s’opposent aux diktats de l’Union Européenne. Pour contrer la finance et les multinationales dont les Etats et les gouvernements défendent les privilèges.

La crise de l’Union Européenne est liée à la crise du capitalisme. Elle ne se résoudra pas dans le cadre du repli national.

Ce qui est à l’ordre du jour, c’est la convergence des luttes des peuples révoltés contre les politiques d’austérité, pour aboutir à un processus constituant permettant aux peuples de décider des modalités de leur coopération.

Cela suppose d’annuler la dette, cette rente scandaleuse que les Etats garantissent aux financiers en volant l’argent et les richesses produites par les salariés ; de créer un monopole public bancaire permettant de financer l’économie afin qu’elle permette de satisfaire les besoins matériels, écologiques, culturelles de la population ; d’en finir avec le chômage en partageant le travail existant entre toutes et tous ; de garantir un salaire et des pensions décentes.

Nous voulons nous rassembler contre les politiques d’austérité pour une autre Europe. Une Europe de la solidarité et de la coopération des travailleurs et des peuples. C’est la seule façon d’enrayer la régression sociale et politique provoquée par la politique de la gauche libérale en continuité de celle de la droite, c’est la seule façon de barrer la route à l’extrême-droite qui partout en Europe progresse et menace.

C’est pourquoi nous nous tournons à nouveau vers vous. Le NPA sera présent, en fonction de ces forces, dans cette bataille des élections européennes. Mais nous sommes disponibles à discuter des possibilités d’avancer ensemble. Le temps nous est compté, nous le savons, mais la gravité de la situation pour les travailleurs et les classes populaires exigent peut-être de nous que nous soyons en mesure de prendre ensemble des initiatives comme nous avons, pour la plupart d’entre nous, réussi à le faire pour la manifestation du 12 avril. 

Le Conseil Politique National du NPA Montreuil, le lundi 7 avril 2014

http://npa2009.org/content/lettre-aux-organisations-pc-pg-lo-ensemble

Lire aussi:

LIBERATION
http://www.liberation.fr/politiques/2014/04/07/europeennes-l-appel-du-pied-tardif-du-npa-a-l-opposition-de-gauche_993804

HUFFINGTON POST
http://www.huffingtonpost.fr/2014/04/07/europeennes-2014-front-commun-extreme-gauche_n_5103510.html?utm_hp_ref=france

EUROPE 1
http://lelab.europe1.fr/Europeennes-Olivier-Besancenot-s-invite-dans-les-negociations-entre-Jean-Luc-Melenchon-et-le-Parti-communiste-13894

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07 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Rwanda: les bailleurs de fonds de habyarimana et des génocidaires (cadtm)

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A partir du 7 avril 1994, en l’espace de moins de trois mois, près d’un million de Rwan- dais – le chiffre exact reste à déterminer – sont exterminés parce qu’ils sont Tutsis ou supposés tels.

Il faut y ajouter plusieurs dizaines de milliers de Hutus modérés. Il y a bien eu génocide, c’est-à-dire la destruction planifiée d’une collectivité entière par le meurtre de masse ayant pour but d’en empêcher la reproduction biologique et sociale.

Dans ce contexte, il est fondamental de s’interroger sur le rôle des bailleurs de fonds internationaux.

Tout laisse penser que les politiques imposées par les institutions financières internationales, prin- cipaux bailleurs de fonds du régime dictatorial du général Juvénal Habyarimana, ont accéléré le processus conduisant au génocide. Généralement, l’incidence négative de ces politiques n’est pas prise en considération pour expliquer le dénouement dramatique de la crise rwandaise. Seuls quel- ques auteurs mettent en évidence la responsabilité des institutions de Bretton Woods |1|, qui refusent toute critique à ce sujet.

Au début des années 1980, quand éclata la crise de la dette du Tiers-monde, le Rwanda (comme son voisin, le Burundi) était très peu endetté. Alors qu’ailleurs dans le monde, la Banque mondiale et le FMI abandonnaient leur politique active de prêts et prêchaient l’abstinence, ils adoptèrent une attitude différente envers le Rwanda : ces institutions se chargèrent de lui prêter largement.

La dette extérieure du Rwanda a été multipliée par vingt entre 1976 et 1994. En 1976, elle s’élevait à 49 millions de dollars ; en 1994, elle représentait près d’un milliard de dollars. La dette a surtout augmenté à partir de 1982. Les principaux créanciers sont la Banque mondiale, le FMI et les institutions qui y sont liées (nous les appellerons IFI, les institutions financières internationales). La BM et le FMI ont joué le rôle le plus actif dans l’endettement. En 1995, les IFI détenaient 84% de la dette extérieure rwandaise.

Le régime dictatorial en place depuis 1973 garantissait de ne pas verser dans une poli- tique de changements structurels progressistes. C’est pourquoi il était soutenu activement par des puissances occidentales : la Belgique, la France et la Suisse. En outre, il pouvait constituer un rempart par rapport à des Etats qui, dans la région, maintenaient encore des velléités d’indépen- dance et de changements progressistes (la Tanzanie du président progressiste Julius Nyerere, un des leaders africains du mouvement des non alignés, par exemple).

Durant la décennie 1980 jusqu’à 1994, le Rwanda reçut beaucoup de prêts et la dicta- ture d’Habyarimana s’en appropria une partie considérable. Les prêts accordés devaient servir à insérer plus fortement l’économie rwandaise dans l’économie mondiale en développant ses capacités d’exportation de café, de thé et d’étain (ses trois principaux produits d’exportation) au détriment des cultures destinées à la satisfaction des besoins locaux. Le modèle fonctionna jusqu’au milieu des années 1980, moment où les cours de l’étain d’abord, du café ensuite, et du thé enfin, s’effondrèrent. Le Rwanda, pour qui le café constituait la principale source de devises, fut touché de plein fouet par la rupture du cartel du café provoquée par les Etats-Unis au début des années 1990.

Utilisation des prêts internationaux pour préparer le génocide Quelques semaines avant le déclenchement de l’offensive du Front Patriotique Rwandais (FPR) en octobre 1990, les autorités rwandaises signent avec le FMI et la BM à Washington un accord pour mettre en œuvre un pro- gramme d’ajustement structurel (PAS).

Ce PAS est mis en application en novembre 1990: le franc rwandais est dévalué de 67%. En contrepartie, le FMI octroie des crédits en devises à décaissement rapide pour permettre au pays de maintenir le flux des importations. Les sommes ainsi prêtées permettent d’équilibrer la balance des paiements. Le prix des biens importés augmente de manière vertigineuse : par exemple, le prix de l’essence grimpe de 79%. Le produit de la vente sur le marché national des biens importés permettait à l’Etat de payer les soldes des militaires dont les effectifs montent en flèche.

Le PAS prévoyait une diminution des dépenses publiques: il y a bien eu gel des salaires et licenciements dans la fonction publique mais avec transfert d’une partie des dépenses au profit de l’armée. Alors que les prix des biens importés grimpent, le prix d’achat du café aux producteurs est gelé, comme exigé par le FMI. Conséquence : la ruine pour des centaines de milliers de petits pro- ducteurs de café |2|, qui, avec les couches les plus appauvries des villes, ont dès lors constitué un réservoir permanent de recrues pour les milices Interahamwe et pour l’armée.

Parmi les mesures imposées par la BM et le FMI au travers du PAS, il faut relever en outre: l’augmentation des impôts à la consommation et la baisse de l’impôt sur les sociétés, l’aug- mentation des impôts directs sur les familles populaires par la réduction des abattements fiscaux pour charge de famille nombreuse, la réduction des facilités de crédit aux paysans…

Pour justifier l’utilisation des prêts du couple BM/FMI, le Rwanda est autorisé par la BM à présenter d’anciennes factures couvrant l’achat de biens importés. Ce système a permis aux autorités rwandaises de financer l’achat massif des armes du génocide. Les dépenses militaires sont triplées entre 1990 et 1992 |3|. Pendant cette période, la BM et le FMI ont envoyé plusieurs missions d’experts qui ont souligné certains aspects positifs de la politique d’austérité appliquée par Habyarimana, mais ont néanmoins menacé de suspendre les paiements si les dépenses militaires continuaient à croître.

Les autorités rwandaises ont alors mis au point des artifices pour dissimuler des dépenses militaires : les camions achetés pour l’armée ont été imputés au budget du ministère des Transports, une partie importante de l’essence utilisée par les véhicules des milices et de l’armée était imputée au ministère de la Santé… Finalement, la BM et le FMI ont fermé le robinet de l’aide financière début 1993, mais n’ont pas dénoncé l’existence des comptes bancaires que les autorités rwandaises détenaient à l’étranger auprès de grandes banques et sur lesquelles des sommes importantes restaient disponibles pour l’achat d’armes.

On peut considérer qu’elles ont failli à leur devoir de contrôle sur l’utilisation des sommes prêtées. Elles auraient dû stopper leurs prêts dès début 1992 quand elles ont appris que l’argent était utilisé pour des achats d’armes. Elles auraient dû alerter l’ONU dès ce moment. En continuant à réaliser des prêts jusqu’au début 1993, elles ont aidé un régime qui préparait un géno- cide. Les organisations de défense des droits de l’homme avaient dénoncé dès 1991 les massacres préparatoires au génocide. La Banque mondiale et le FMI ont systématiquement aidé le régime dictatorial, allié des Etats-Unis, de la France et de la Belgique.

La montée des contradictions sociales Pour que le projet génocidaire soit mis à exécution, il fallait non seulement un régime pour le concevoir et se doter des instruments pour sa réalisation, mais aussi une masse appauvrie, prête à réaliser l’irréparable. Dans ce pays, 90% de la population vit à la campagne, 20% de la population paysanne dispose de moins d’un demi-hectare par famille. Entre 1982 et 1994, on a assisté à un processus massif d’appauvrissement de la majorité de la population rurale avec, à l’autre pôle de la société, un enrichissement impressionnant pour quelques-uns. Selon le professeur Jef Maton, en 1982, les 10% les plus riches de la population prélevaient 20% du revenu rural ; en 1992, ils en accaparaient 41% ; en 1993, 45% et au début 1994, 51% |4|.

L’impact social catastrophique des politiques dictées par le couple FMI/BM et de la chute des cours du café sur le marché mondial (chute à mettre en corrélation avec les politiques des institutions de Bretton Woods et des Etats-Unis qui ont réussi à faire sauter le cartel des producteurs de café à la même époque) joue un rôle clé dans la crise rwandaise. L’énorme mécontentement social a été canalisé par le régime Habyarimana vers la réalisation du génocide. 7 avril par Eric Toussaint

http://cadtm.org/Rwanda-les-bailleurs-de-fonds-de

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06 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Les marxistes révolutionnaires et l’europe

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Eléments d’histoire

La question de l’Europe est indissociable de l’histoire de la formation du mouvement ouvrier. Si la construction européenne est récente, la discussion sur la question de l’Europe a commencé dès le milieu du 19ème siècle, simultanément à l’émergence du mouvement ouvrier.

Dès 1848, Marx pense le combat démocratique et socialiste comme un combat euro- péen. Il travaille sur la dialectique des luttes des classes entre la France, l’Allemagne, l’Italie, l’An- gleterre. C’est cette analyse du cadre européen qui débouche sur la nécessité de combiner les « unifications nationales » – des Etats nations : l’unité de l’Allemagne, de l’Italie –, le soutien aux indépendances de la Pologne et de l’Irlande et, sur la base de la Révolution française, l’appro- fondissement des luttes de classes en France.

L’Europe, appuyée sur la formation ou la consolidation des Etats nations, est con- sidérée comme un cadre stratégique pour le développement des luttes de classes de l’époque. Marx pensera son projet communiste à l’échelle européenne, notamment en reprenant une citation qui allait parcourir nombre de proclamations internationalistes européennes : « un spectre hante l’Europe, le communisme ». Les premières discussions sur les formes politiques de l’unification de l’Europe ont lieu dans le mouvement ouvrier après le déclenchement de la Première Guerre mondiale.

Lénine est le premier à s’emparer de la question en avançant le mot d’ordre d’« Etats-unis républicains d’Europe  », tourné contre les monarchies allemande, autrichienne et russe, lié au renversement révolutionnaire des trois monarchies les plus réactionnaires d’Europe, la russe en tête, cela dans la perspective de révolutions politiques démocratiques. Il formule ainsi, dès le début de la guerre, les tâches politiques de la social-démocratie révolutionnaire : « propagande en faveur d’une république allemande, d’une république polonaise, d’une république russe et d’autres encore, et de la transformation de tous les Etats européens en Etats-unis républicains d’Europe ; tel doit être l’un des mots d’ordre les plus immédiats » 1.

Débat Lénine-Trotsky Pourtant, en 1915, tout en poursuivant sa réflexion sur le terrain européen Lénine va retirer ce mot d’ordre en argumentant ainsi : « Mais si le mot d’ordre des Etats-unis répu- blicains d’Europe formulé en connexion avec le renversement révolutionnaire des trois monarchies les plus réactionnaires d’Europe, la monarchie russe en tête, est absolument invulnérable comme mot d’ordre politique, du point de vue des conditions économiques, les Etats unis d’Europe en régime capitaliste sont ou bien impossibles (la concurrence) ou réactionnaires ». Lénine ajoute qu’une « Europe capitaliste peut servir à étouffer le socialisme »2.

Trotsky reste quant à lui sur la ligne des « Etats-unis républicains d’Europe ». Pierre Broué, dans son Trotsky, évoque le débat qui a opposé les deux révolutionnaires, en indiquant que pour Lénine le mot d’ordre de Trotsky est « opportuniste et générateur d’illusions  ». Il est difficile de démêler les ressorts de la position de Lénine sur cette question : l’attitude des dirigeants du mou- vement ouvrier, en particulier en Allemagne, face à la guerre et les conséquences de cette défaite historique le conduisent-il à se concentrer sur le renversement du tsarisme en relativisant les pers- pectives européennes ? Ce débat n’est-il pas un des effets de la violence des luttes fractionnelles dans la social-démocratie russe (Lénine considérait Trotsky comme un « centriste » entre les mencheviks et les bolcheviks) ? Mais au-delà des problèmes de formulation sur la perspective européenne, Lénine comme Trotsky, avec leurs positions respectives, vont rejoindre le camp de ceux qui dans le mouvement social-démocrate refuseront l’union sacrée avec leur propre bourgeoisie.

Ils insisteront l’un et l’autre, après la conquête du pouvoir par les révolutionnaires russes, pour penser la révolution dans sa dimension européenne, notamment dans les liens entre la jeune révolution russe et la montée de la révolution dans les années 1920, particulièrement en Allemagne. (…)

Pourquoi l’Europe ? Trotsky précise aussi «  face à ceux qui demandent, dogmatiquement, ‘‘pourquoi l’unification de l’Europe et non du monde tout entier ?’’ L’Europe n’est pas seulement une appellation géographique, mais une collectivité économique et de culture historique. La révolution européenne n’a pas à attendre la révolution en Asie et en Afrique, pas même en Amérique et en Australie  ». Si nous passons du cadre national au cadre mondial par l’Europe, c’est en fonction de l’existence d’un espace historique et politique. (…)

Trotsky reprendra cette bataille en 1923 contre les conséquences de la guerre, celles du traité de Versailles qui allait démembrer l’Allemagne et favoriser les conditions de la poussée nazie. Les Etats-unis d’Europe sont la solution pour un développement économique et social coordonné, à l’opposé de l’Europe déchirée, délabrée, se préparant à de nouvelles guerres. Il lie cette bataille à celle du gouvernement ouvrier et paysan, ou gouvernement ouvrier, la forme transitoire vers le socialisme que prend la lutte des travailleurs pour le pouvoir. Pour répondre à la nouvelle situation mondiale et peut-être aux objections de Lénine sur « le caractère réactionnaire d’une Europe impérialiste », Trotsky va relier, dans ses textes de 1923 4 ou dans sa brochure de 1926 « Europe et Amérique  », la question de l’Europe à la défense d’un programme de transition au socialisme. Cette façon de donner un contenu social et démocratique à la perspective européenne se traduira dans les formulations d’« Etats-unis socialistes d’Europe ».

François sabado Revue L’Anticapitaliste n°53 (avril 2014)

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04 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Allemagne: la situation sociale et politique à la veille des élections européennes (lcr.be)

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Et la place de la gauche anticapitaliste

La « Grande Coalition » des chrétiens-conservateurs de la CDU/CSU et du SPD social-démocrate sous la chancelière Angela Merkel gouverne en continuité avec l’ancien gouvernement de la CDU/CSU et du FDP libéral.

Avec le FDP et L’AdF (populiste de droite) échouant de justesse sous la barre des 5% aux dernières élections fédérales, à quoi s’ajoutent les scores des petits partis à faible base électorale, presque 15% des voix ne sont pas représenté au Bundestag (parlement fédéral).

L’orientation politique générale, par ailleurs partagée par les Verts, se traduisait déjà dans une grande coalition de fait avant l’arrivée au pouvoir de la « Grande Coalition »: le frein à l’endettement devenu constitutionnel, la discipline de fer pour les budgets publics, les cadeaux aux banques, aux grands trusts et aux riches, la politique des « memorandums » octroyée surtout aux populations des pays économiquement les plus faibles de l’Union Euroéennes (UE) appauvries systématiquement par une politique d’austérité brutale comme en Grèce, et une politique recherchant à éviter le conflit direct avec les directions syndicales.

C’est une division sociale profonde et la prospérité relative du capitalisme allemand qui, jusqu’à nouvel ordre, a permis d’éviter des mobilisations de masse contre la politique néo- libérale. Un enfant sur sept, en Allemagne, vit sous le seuil de la pauvreté. Un grand nombre de salariées et salariés sont en situation précaire. Un grand nombre de pensionnés, surtout de femmes, ne peuvent pas vivre de leurs pensions. Mais une grande partie du salariat, à la remorque des per- formances exportatrices de l’économie allemande, se sent plutôt sur le côté des gagnants en com- paraison avec tant d’autres au sein de l’UE, et reste donc passive. C’est seulement par branches qu’il y a des luttes plus ou moins routinières, comme actuellement du syndicat des services Ver.di qui fait de grèves d’avertissement pour 100 Euros pour toutes et tous et une augmentation salariale de 3,5%.

Mais qu’en est-il des promesses électorales du SPD, intégrées en partie dans les accords gouvernementaux de la « Grande Coalition » ? Il s’agit de concessions sociales très limitées qui profitent à des parties du salariat. Prenons l’exemple du « salaire minimum » de 8,50 Euro qui vient d’être concrétisé par le gouvernement. Tout d’abord, les 8,50 sont loin de prévenir les retraités concernés de la pauvreté. Deuxièmement, ce salaire minimum ne viendra qu’en 2017, à peu près 4 millions pourraient en profiter alors, mais les 8,50 ne représenteront plus le pouvoir d’achat d’au- jourd’hui. Troisièmement il y a beaucoup « d’exceptions » : les sans-emploi de longue durée qui pourrons gagner moins les premiers six mois de leur premier emploi (quitte se faire licencier avant), les jeunes en-dessous de 18 ans sans formation professionnelle, une partie des stagiaires).

En matière de politique extérieure, l’Allemagne se profile de plus en plus comme un acteur y compris militaire au sein des alliances de l’ouest. Seul le parti Die Linke (La Gauche) – maintenant premier parti d’opposition au Bundestag avec un peu plus de députés que les Verts – se prononce contre la participation de la Bundeswehr aux interventions guerrières et contre la politique au service du grand capital. Mais à l’occasion de son congrès de préparation des élections européennes, Die Linke a « purgé » son programme électoral de la caractérisation de l’UE comme « néolibérale, militariste et largement non-démocratique ».

Très clairement, la direction et la majorité du congrès voulaient signaler au SPD et aux Verts son « sérieux » pour pouvoir s’imposer comme partenaire junior d’une coalition du SPD et des Verts au niveau fédéral (ils co-gouvernent actuellement au niveau régional dans le Brandenburg). En pleines négociations pour la « Grande Coalition » avec la CDU/CSU, la direction du SPD avait signalé qu’il n’exclurait plus une telle possibilité, si le parti Die Linke était prêt à accepter les nécessités dans le domaine de la politique internationale… 3 avril 2014 par Manuel Kellner

http://www.lcr-lagauche.org/allemagne-la-situation-sociale-et-politique-et-la-place-de-la-gauche-anticapitaliste-a-la-veille-des-elections-europeennes/

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04 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Le cocktail clandestin du tout-état (arrêt sur image)

Hollande_et_Me_Alenchon Photo ancienne

 Où était Jean-Luc Mélenchon hier soir ? Avec Jean-Louis Debré. Et Debré ? Avec Pierre Laurent. Et Laurent ? Côte à côte avec Christian Jacob. Mais où était donc Jacob ? Avec Valls. Et Pécresse. Et Hollande.

Comment donc ? Hollande et Mélenchon ensemble ? Oui, et ils ont même parlé. Ils ont parlé, et les medias n’en ont rien dit ? Non, parce que l’AFP a tu l’événement. Que dites-vous ? L’AFP aurait ignoré un événement de cette importance ? Mais où donc s’est produit ce rassemblement clandestin ? Au Siècle ? A Bilderberg ? Dans les Montagnes Rocheuses ? Non. Au siège de l’AFP, à Paris. (1)Et plus précisément, au pot de départ de Sylvie Maligorne, chef du service politique de l’AFP, dont toutes les personnalités ci-dessus mentionnées ont loué le professionnalisme, l’impartialité, etc etc.

Rien à redire au fait que le Tout-Etat se presse au pot de départ d’une journaliste de l’agence de presse nationale. Plus troublant est le fait que cette agence n’en dise pas un mot sur ses fils. Comme si c’était un événement privé. Un événement privé, ce rassemblement transpartis (à l’exception de tout représentant du FN, tiens tiens) dans les locaux de l’agence ? Evidemment non. Mais traité comme tel. Avec une discrétion qui trahit la crainte que les exclus (suivez mon regard) aillent y dénoncer la connivence de l’agence avec « l’UMPS ». Et si bien protégé, donc, qu’à l’heure où furète le matinaute, rien ne transpire en ligne de la teneur des apartés, des plaisanteries, du « small talk » entre les uns et les autres. Malgré la densité de journalistes de la presse traditionnelle au mètre carré. Ou plutôt, à cause de cette densité.

Du travail des journalistes de l’agence, rien ne transparait jamais. Pas de scandale, pas d’expression publique. C’est l’éléphant invisible. Avec tous les journalistes de l’AFP qui, depuis la création de notre émission, ont décliné nos invitations, à arrêt sur images, on pourrait créer une rédaction mondiale. Qui, dans le public, connait Sylvie Maligorne, journaliste si bien informée que c’est elle que Hollande appelle directement, pour confirmer sa rupture avec Valérie Trierweiler ? A peine un clapotis dans une longue carrière quand le Premier ministre Jospin, en 2001, dans le vol Rio-Paris, passa à la journaliste un savon mémorable (et totalement injuste), lui reprochant d’avoir sous-estimé, dans ses dépêches, la dimension planétaire de son voyage au Brésil.

Et pourtant, le travail de l’AFP est tout sauf neutre. Que la rédaction en chef de l’agence décide, ou non, de diffuser telle ou telle déclaration, de traiter telle ou telle manif, et cette décla-ration, cette manif, existeront -ou non. Pire : que la rédaction en chef décide « d’urgenter » (ou non) telle ou telle dépêche, et elle tombera dans un trou noir d’indifférence, ou enflammera la pampa. Et ce seront pourtant la même dépêche, le même événement. Tout progresse : la rédaction vient de créer un blog de making of (2), souvent passionnant. Mais il ne concerne que le travail des jour- nalistes à l’étranger, et très rarement ceux du service de politique intérieure. Allez, encore un effort. Que se sont dit Hollande et Mélenchon ? On attend le billet de blog.

http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=17209

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04 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Elections municipales: la crise du front de gauche rebondit

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Ces élections municipales ont marqué une nouvelle étape dans la crise qui mine le Front de gauche depuis plusieurs mois.

Sur fond de reculs électoraux et de perte de villes, la question du rapport au PS travaille plus que jamais une coalition avant tout électorale. Une fois de plus, Mélenchon a tempêté, en particulier au lendemain du premier tour, contre les médias et les commentateurs politiques. En jeu, les résultats électoraux du Front de gauche, présenté par le PG et le PCF comme une véritable percée, supérieur même à ceux du Front national. Vraiment  ?

Le verre à moitié vide Dans cette curieuse polémique, le journal le Monde s’est invité et apporte quelques éclaircissements au lendemain du premier tour [1]. Comptabilisant 618 listes dans des villes de plus de 1 000 habitants, que ce soit sous l’appellation PCF, PG ou globalement Front de gauche, ces listes ont réalisé 10,71 %. Une moyenne pas si mauvaise, mais qui cache des disparités importantes selon le profil des listes.

Ainsi, alors que les listes du Front de gauche ont obtenu 9,32 % des suffrages, et celle du Parti de gauche 6,04 %, le PCF obtient en moyenne 24,97 % des suffrages dans les 160 villes de plus de 1 000 habitants où il se présentait. La preuve que les bastions électoraux du PCF sont encore la grande force électorale du Front de gauche.

Mais elles sont aussi sa faiblesse. Le Front de gauche dirigeait 28 villes de plus de 30 000 habitants, la quasi-totalité par le PCF,  … et seulement 21 à l’issue de ces élections. L’Humanité peut fanfaronner et mettre en avant ses prises de guerre, Aubervilliers, Montreuil ou Thiers. Tout cela n’efface pas les nombreuses pertes un peu partout en France. Le PCF perd 30 % de ses mairies de plus de 3 500 habitants et, de ce point de vue, un département emblématique du «  communisme muni- cipal  », la Seine-Saint-Denis, apparaît comme une zone sinistrée (perte de la préfecture Bobigny, Le Blanc-Mesnil – la ville de Buffet –, Saint-Ouen…). Roger Martelli, historien du PCF, parle même de «  l’autre Bérézina  » de ces élections [2]…

Combien de divisions  ? Au niveau politique, la bombe à retardement que constituait la parti- cipation dès le premier tour du PCF aux listes d’union de la gauche, en particulier à Paris (première ville du pays) et Toulouse (quatrième), n’a pas manqué d’exploser. Après des campagnes tendues où les militantEs du Front de gauche étaient sur des listes concurrentes, la recherche de fusions techni- ques à l’initiative des listes du «  Front de gauche maintenu  » au soir du premier tour s’est heurté à un refus catégorique des dirigeants socialistes. Cerise sur le gâteau, le PCF en a visiblement rajouté dans la surenchère, certainement soucieux de laisser le moins de place possible à leurs partenaires venus du Front de gauche. Des places si chèrement acquises…

En tout cas, deux éléments de bilan sont à tirer de ce «  petit meurtre entre amis  »… Le rapport au Parti socialiste, les accords passés avec lui ouvrant la voie à une gestion commune dans les exécutifs, restent bien des questions centrales. De plus, dans l’entre-deux-tours, le Front de gauche a pu faire l’expérience (en le refusant comme à Paris, ou en l’acceptant dans bien d’autres villes) que pour le Parti socialiste, il n’y a pas de fusion technique sans fusion politique, pas de liste commune au second tour sans engagement à participer à une future majorité et à voter le budget, donc pas de fusion possible pour le second tour sans renier ce que l’on a défendu au premier.

Vert sur Rouge, rien ne bouge… Et maintenant  ? Les plaies sont encore à vif au sein du Front de gauche. La stratégie (les stratégies  ?) est clairement en panne, et certains cherchent des solutions, voire de nouveaux partenaires. Confirmant une tendance de fond depuis maintenant plusieurs mois, le Parti de gauche drague lourdement EÉLV qui n’en demandait pas tant…

S’appuyant sur la victoire à Grenoble de la liste portée par EÉLV (beaucoup) et le PG (un peu), Éric Coquerel écrit ce dimanche 30 mars  : «  Ce succès (…) est historique  : il démontre qu’ensemble nous pouvons réellement être majoritaire à gauche. (…) Nous pouvons bâtir une majorité alternative dans l’année à venir et les échéances politiques que sont les européennes puis cantonales et régionales. Le Front de gauche doit en être le levier et Europe écologie les Verts, s’il accroît sa contestation de la politique gouvernementale, son premier allié.  » [3] Construire l’opposition de gauche avec un parti de la gauche gouvernementale, même sur le départ  ? Entre raccourci électoral, stratégie institutionnelle et contestation sociale et politique, il va bien falloir choisir.

Manu Bichindaritz 3 avril 2014 * Paru dans Hebdo L’Anticapitaliste – 236 (03/04/2014).

Notes:

[1] http://www.lemonde.fr/les-decodeurs… Une version sans la plupart des graphiques est disponible sur ESSF (article 31486), Elections municipales : le Front de gauche obtient-il de meilleurs résultats que le FN ?.

[2] Article paru sur Regards et disponible sur ESSF (article 31515), Elections municipales : PC, l’autre Bérézina.

[3] Voir sur ESSF (article 31477), le communiqué dans son entier : Grenoble et l’alliance EELV-Front de Gauche : « Ensemble nous pouvons diriger des villes, bientôt des régions et prochainement gouverner le pays ».

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03 avril 2014 ~ 0 Commentaire

PCF, Mélenchon: Hollande, sourd de l’oreille gauche…(lo)

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Une infirmité congénitale!

L’annonce de la nomination de Valls à Matignon a suscité des réactions critiques de la part de Mélenchon et des dirigeants du PCF pour regretter que « les électeurs de gauche n’aient pas été écoutés ».

Le dirigeant du Parti communiste, Pierre Laurent, a déclaré : « François Hollande n’entend que de l’oreille droite. » Mélenchon a, lui, expliqué que la nomination de Valls faisait « beaucoup de peine » et que « le chef de l’État aurait gagné à réfléchir au sens du vote » des Français aux élections municipales. Deux ans après leur appel à voter, « sans réserve », pour Hollande au second tour de l’élection présidentielle, ils maintiennent le fond de leur politique en expliquant que Hollande aurait fait un « mauvais choix », sous-entendant qu’il aurait pu en faire un autre.

Pourtant la politique que Hollande a choisi de mener était et est claire. Elle se situe dans la droite ligne de celle choisie par ses prédécesseurs socialistes : Mauroy, Bérégovoy, Fabius ou Jospin, qui ont siégé à Matignon dans les années quatre-vingt, y compris à certains moments avec des ministres communistes. Mélenchon a lui-même été ministre sous Jospin. Ni Mélenchon ni Laurent ne peuvent donc ignorer des épisodes auxquels ils ont été directement associés, ou que la direction de leur parti a assumés.

Quand Mélenchon conclut à la nécessité de « prendre à bras-le-corps le problème d’un gouver- nement de gauche qui fait une politique de droite », il propose en fait comme perspective la constitution d’une nouvelle « majorité de gauche », baptisée « nouveau front populaire écologiste », consistant en une alliance Front de gauche-Europe écologie-les Verts avec des socialistes dits de gauche… qui ont été des soutiens du gouvernement Ayrault !

En expliquant aujourd’hui aux travailleurs que leur sort dépend d’une « nouvelle perspective à gauche », c’est-à-dire d’une nouvelle combinaison politicienne, Mélenchon et le Parti communiste continuent à désarmer politiquement les travailleurs face aux attaques annoncées. Marc RÉMY

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2383&id=6

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02 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Pour en finir avec la « pédagogie » (regards)

Pour en finir avec la "pédagogie"

Si le PS s’est pris une claque historique aux municipales, c’est parce que le gou- vernement n’a « pas assez expliqué » son action.

Cela fait pourtant trente ans que les dirigeants et les médias font  de la pédagogie de  soumission à l’ordre économique.

Pourquoi donc les socialistes se sont-ils pris une telle raclée aux municipales ? Se pourrait-il que la politique austéritaire et récessionniste que mène le gouvernement y soit pour quelque chose ? Non, ça n’a rien à voir, assurent les dirigeants du parti.

Si de nombreux électeurs ont omis de glisser le bulletin PS dans l’urne, c’est parce qu’ils n’ont pas bien compris. Et s’ils n’ont pas bien compris, c’est parce que le gouvernement « n’a pas assez expliqué que l’action de redressement engagée depuis 2012 était essentielle pour notre pays », nous informe l’ex-Premier ministre Jean-Marc Ayrault. « Il faut plus de pédagogie et moins de couacs », confirme le premier secrétaire du PS, Harlem Désir.

Des Français obtus Même son de cloche dans les medias. Il ne faudrait surtout pas interpréter les résultats des élections comme une désapprobation rationnelle d’une politique nocive, cela risquerait de conduire à remettre en cause ladite politique.

Ivan Rioufol du Figaro met en garde contre une telle tentation : « L’erreur immédiate, pour François Hollande, serait de renoncer dans la panique à son pacte de responsabilité et à ses 50 milliards d’euros d’économies promis ». En effet, ce serait « renier sa parole internationale », renchérit Laurent Joffrin du Nouvel observateur, tandis que Le Monde déplore « l’absence d’une pédagogie capable de convaincre les Français de la pertinence du cap économique trop tardivement fixé ».

L’austérité du TSCG, la baisse des salaires de l’ANI et les cadeaux aux entreprises du Pacte de responsabilité, sont autant d’excellentes nouvelles pour les Français, trop obtus pour s’en apercevoir. Oui, le chômage augmente, mais c’est peu de choses comparé à la perspective enchantée de l’équilibre budgétaire et de la compétitivité restaurée. Simple question de com ! L’idée que le problème se trouverait forcément dans la forme, pas dans le fond, est symp- tomatique de la vision gestionnaire et technocratique qu’a le PS de l’économie. Les experts ont identifié la solution.

La solution, c’est la rigueur et la baisse du « coût du travail ». Nul besoin d’en débattre, il ne reste qu’à l’appliquer et à l’expliquer au peuple. « L’usage du terme de pédagogie est révélateur de la dimension anti-démocratique de nos élites », fustige ainsi sur Twitter l’économiste Jacques Sapir, qui souligne également que le terme renvoie à un « cadre maître-élèves, pas un rapport entre citoyens égaux ». La pédagogie «  c’est pour les enfants, les adultes sont des citoyens doués de libre arbitre », abonde Renaud Chenu, auteur de L’Antimanuel de guérilla politique.

Les électeurs n’ont pas compris L’argument de l’insuffisante pédagogique n’est pas nouveau, bien sûr. Il est ressorti par les responsables de gauche comme de droite, en France et en Europe, à chaque fois qu’une « réforme » est contestée ou que le peuple vote mal. Face à la colère des élus locaux devant la suppression de la taxe professionnelle en 2009, Jean-François Copé avait demandé au gouvernement de Sarkozy « plus de pédagogie ».

Lorsque les Français avaient osé dire « non » au TCE en 2005, le Premier ministre luxem- bourgeois Jean-Claude Juncker déplora que les électeurs n’avaient « pas compris que le texte du traité constitutionnel, la nature du traité constitutionnel visaient à répondre à leurs préoccupations. »

On ne peut pourtant pas dire que les dirigeants politiques et médiatiques aient négligé le volet pédagogique de leur mandat. Déjà en 1984, alors que le pouvoir socialiste venait de piloter le tournant de la rigueur, la mythique émission Vive la crise présentée par Yves Montand expliquait aux téléspectateurs qu’il allait falloir se serrer la ceinture, accepter l’austérité, renoncer aux « privilèges » de la protection sociale et en finir avec les « archaïsmes » de l’État providence. Cela fait donc trente ans qu’on explique aux Français que la rigueur sociale et salariale est faite pour leur bien. Curieusement, ils n’ont toujours pas compris.

Par Laura Raim| 1er avril 2014

http://www.regards.fr/web/la-gauche-unie-pour-la-marche-du,7624

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