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26 février 2015 ~ 0 Commentaire

il faut stimuler les processus d’auto-organisation (al’e)

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Entretien avec Teresa Rodríguez

Pablo Elorduy: Pourquoi penses-tu que le changement soit nécessaire en Andalousie?

Teresa Rodríguez: La situation de vulnérabilité réside dans le fait que la crise et les effets de l’ajustement néolibéral ont eu en Andalousie des conséquences plus dures que dans d’autres régions. Actuellement l’Andalousie est la Communauté autonome qui a le plus de pauvre en Espagne, un million de personnes se trouvent en situation de pauvreté sévère. C’est la région qui a le chômage le plus élevé de l’Union européenne. Ce que nous vivons au cours de ces mois, c’est la possibilité imminente d’un changement réel. Cette fenêtre d’opportunité ne sera pas toujours ouverte. Les partis du régime (PSOE, PP) peuvent se reconfigurer, ils peuvent survivre à cette mauvaise grippe qu’ils traversent. Et ce qui serait le plus drama- tique: les gens pourraient s’accoutumer à cette situation. La population peut s’accommoder avec le fait qu’il faut payer pour aller voir le médecin, à ce que les centres publics soient négligés… Avant que cela se produise, avant que se ferme la crise de légitimité qui frappe ceux qui dirigent ce pays, il est indispensable de réaliser des changements.

Comment vos mesures les plus avancées seront-elles financées?

Le financement des communautés autonomes, en particulier l’Andalousie, ne dépend pas d’elles. Notre capacité de recouvrement (recettes fiscales) est assez limitée. Nous avançons dans ce cas un projet qui se situe également à l’échelle de l’Etat et qui est lié à une série de mesures concernant la dette. L’une d’entre elles touche à la question de la restructuration de la dette comprenant une restructu-ration, dans le sens d’une réduction de la dette et un audit. Cela de façon à ce que soit explicitée et que soit reconnue quelle partie correspond à une dette que l’on peut considérer comme étant illégitime, en raison de décisions erronées des gouvernements antérieurs, en raison d’une mauvaise gestion des fonds publics.

D’un autre côté, nous misons sur une réforme fiscale progressive visant ceux qui disposent des plus grandes fortunes. Ils doivent payer le plus d’impôts, dans un pays qui exerce la pression fiscale sur les grandes fortunes la plus basse de toute l’Union européenne. Aujourd’hui en Andalousie la dette publique occupe la troi- sième position dans les dépenses, ce qui a une conséquence directe sur les dépenses pour l’éducation, la santé, les services sociaux, les assurances, tout comme c’était le cas avec le licenciement pour un équivalent de 4502 places d’enseignant·e·s en 2012. Cette vision selon laquelle les coupes budgétaires auraient été plus douces en Andalousie, sous le gouvernement de coalition PP-PSOE, ne correspond pas à la réalité. Le budget par élève et par patient est le plus bas de tout l’Etat espagnol.

Suggérez-vous la réadmission du personnel licencié en raison des réductions budgétaires, comme l’a proposé SYRIZA?

Bien sûr que oui. Mais ce n’est pas suffisant car avant la crise le budget par patient et par élève était spécialement bas en Andalousie. Il est indispensable de revenir au moins à la situation qui prévalait avant les coupes et, dans cette dynamique, augmenter les parts du budget pour atteindre la moyenne européenne en termes d’investissement public.

Il est souvent question de l’industrie comme moyen de sortir de la crise. Les navires militaires qui sortent de Cadix, les mines de Río Tinto, mine de cui- vre à ciel ouvert, fermée depuis 1994, ou la réouverture de la mine d’Aznal- cóllar, mine de métaux fermée il y a 16 ans, après un des plus graves acci- dents écologique, et dont la réouverture a été annoncée en mars 2014, en misant sur la création de 1300 emplois, seraient inclus?

L’horizon doit être l’élaboration d’un nouveau modèle productif. Un modèle fondé sur les énergies sales et les carburants fossiles n’est pas seulement indésirable en termes de «soutenabilité» environnementale, mais il n’a pas d’avenir à moyen terme et il produit une situation de dépendance et d’endettement énorme. Le sous- développement industriel de l’Andalousie est historique, il s’agit d’une situation de dépendance et de marginalisation périphérique que l’on pourrait presque décrire comme étant coloniale. Mais on peut approcher aussi cette situation comme une possibilité de créer un modèle de développement basé sur les énergies renouve- lables, un secteur dans lequel l’Andalousie pourrait être pionnière, un modèle fondé sur l’innovation et la Recherche et Développement. Les classes dominantes veulent transformer l’Etat espagnol, et l’Andalousie en particulier, en une «Floride» de l’Europe. alors que l’on pourrait aspirer à ce qu’elle soit la «Californie» de l’Europe, où l’investissement est destiné à un secteur de recherche et dévelop- pement conçu depuis le secteur public, intégrant des critères sociaux et écolo- giques; un modèle orienté vers l’économie sociale, de proximité, un modèle où les produits de la terre sont transformés en Andalousie, une revendication formulée il y a déjà 37 ans, lors de la mobilisation du 4 décembre en faveur du statut d’autonomie, qui n’est toujours pas satisfaite.

Nous continuons à être producteurs de biens ayant très peu de valeur ajoutée: la plus grande partie du coton est produite ici, mais il n’y a pas d’industrie textile… Il n’y a pas d’industrie de transformation des produits agricoles ici… Cependant, faire cela au 21e siècle suppose être en mesure d’assumer les défis de l’écono- mie sociale, le coopérativisme, la petite entreprise, les circuits courts de produc- tion et de consommation. Il y a une série de possibilités pour mettre en place un modèle de développement qui ne tombe pas dans les mêmes erreurs que les modèles de développement industriel du siècle passé.

Qu’est-ce qui peut être entrepris depuis la Junta, le gouvernement auto- nome, pour améliorer la situation de la population des paysans et des zones rurales?

Avant tout, il faut qu’une chose soit bien claire: la Politique agricole commune (PAC) n’est pas un phénomène atmosphérique. Elle est le fruit d’un accord des grands partis au niveau européen. Nous devons nous battre contre ce modèle qui, outre le fait qu’il crée peu d’emploi, génère des bénéfices énormes pour les grands propriétaires terriens en Andalousie. Cette lutte, qui est en rapport avec le contexte européen, pourrait être conduite en Andalousie en mettant en place, par exemple, une banque des terres, qui est restée dans les tiroirs de la dernière législature, qui suppose l’achat de parcelles et la mise en exploitation y compris de terres publiques afin de les mettre à disposition des coopératives et de munici- palités. Cela afin que les chômeurs des villages puissent au moins cultiver la terre et développer le tissu économique, non seulement de la production agricole mais aussi écologique.

Quelle est votre principale proposition en matière de logement?

Dans la province de Cadiz, à Sanlúcar de Barrameda, il y a aujourd’hui 100 famil- les qui occupent des logements possédés par des fonds vautours. Il y a une expé- rience très récente en ville de Cadix, celle de la Corrala La Bahía où vivent environ 30 familles; la Corrala Utopía à Seville s’est achevé en partie par une victoire des locataires, qui sont parvenus à trouver une solution pour leur problème de logement…

Les changements législatifs sont liés à la mobilisation de ceux d’en bas. Il en a été ainsi historiquement et c’est ainsi que cela doit être. Ce n’est pas seulement un bon gouvernement, habilité politiquement et juridiquement, qui est en mesure de changer les choses. Il est indispensable que la corrélation de forces à partir d’en bas s’impose, de stimuler des processus d’auto-organisation et d’enpowerment des gens. Quoi qu’il en soit, ce que nous devrons faire à partir du gouvernement: passer une législation qui paralyse les expulsions des logements dès le lendemain, de l’arrivée à la tête de la Junta. Il y a une base légale pour le faire: le Tribunal de justice de l’Union européenne a conclu que les mécanismes judiciaires des expulsions de logement en Espagne ne respectent pas les garanties juridiques minimales des personnes sous hypothèque. A terme, il s’agit d’acquérir des logements publics et de les mettre à la disposition des gens sous loyer social. Il faut renverser le processus de réduction du logement public que l’on a connu en Andalousie pour que le logement possède la dimension sociale que lui attribue même la Constitution, il n’est pas nécessaire d’aller chercher plus loin.

(Traduction A l’Encontre, entretien paru dans le numéro 240, 19 février-4 mars 2015, du journal d’actualité critique Diagonal)

Depuis 2012, une coalition PSOE-Izquierda Unida (IU) est à la tête de la Junte de la Communauté d’Andalousie,le gouvernement, avec un Parlement autonome dont les sièges se répartissent ainsi: 47 pour le PSOE, 50 pour le PP (Parti Populaire) et 12 pour IU (Izquierda Unida). Le 25 janvier dernier, la présidente de la Junte, la «socialiste» Susana Díaz, appelait à des élections anticipées. Elles se dérouleront le 22 mars. La raison invoquée: les désaccords avec son partenaire de coalition, notamment un référendum interne de IU sur la poursuite ou non de l’accord de gouvernement.

Les sondages (intention de vote à au moment donné), début février 2015, indiquent que le PP et le PSOE réuniraient ensemble 64% des voix. Avec 35% des voix, le PSOE, présent au gouvernement de la Communauté autonome depuis la fin de la dictature, pourrait gouverner pour autant qu’il parvienne à un accord avec une autre formation. Podemos atteint 15% des intentions de vote.

Selon la dernière enquête sur la population active, le chômage atteint 34,2%, avec 1’395’700 chômeurs, soit le chiffre le plus élevé de l’Etat espagnol. Le sec- teur agricole, particulièrement important, l’Andalousie produit, par exemple, 40% de l’huile d’olive mondiale, est particulièrement touché, avec 40% de chômage. La concentration des terres est gigantesque: en 2010, le 2% des propriétaires pos- sède 50% des terres. La Politique agricole commune (PAC) a renforcé des pratiques latifundaires présentes depuis longtemps. On compte, parmi les plus importants propriétaires, des grands distributeurs comme Lidl et Carrefour. Nous publions un entretien avec Teresa Rodríguez, candidate de Podemos à la Junte. Pour rappel, le dirigeant du SAT (Syndicat Andalou des Travailleurs), Diego Cañamero Valle, en adhérent à la liste de Teresa Rodríguez peut renforcer la dynamique sociale de cette candidature. (Rédaction A l’Encontre)

Publié par Alencontre le 25 – février – 2015

http://alencontre.org/europe/espagne/etat-espagnol-il-faut-stimuler-les-processus-dauto-organisation.html

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26 février 2015 ~ 0 Commentaire

loi macron: huit mots contre deux siècles de luttes ouvrières (lo)

Mac-Ron-Sundae-délirius

Noyée au milieu des 106 articles de la loi Macron adoptée par défaut par le Parlement, trois pages après le début de l’article 83 de cette loi, dans la partie consacrée à la justice prud’homale, une ligne a été insérée où il est décrété à propos du Code civil : « Le second alinéa de l’article 2064 est supprimé. » Ce sont seulement huit mots, mais ils ouvrent la voie à la remise en cause de garanties issues d’une lutte qui remonte au début du capitalisme, qui avait obligé à considérer les travailleurs non comme des marchandises, mais comme des femmes et des hommes ayant des droits spécifiques.

Ce tour de passe-passe délibéré concerne la possibilité, qui existe dans le Code civil, de régler par des conventions spécifiques toutes les relations entre deux parties, dans tous les domaines de la vie de la société. Jusqu’ici, la seule exception concernait les contrats de travail, et en général l’emploi des salariés. Ceux-ci ne pouvaient être réglés que par les lois spécifiques du Code du travail et par les tribunaux spécialisés, les Prud’hommes.

Or la loi Macron a ainsi fait sauter l’alinéa qui décrétait : « Toutefois aucune convention ne peut être conclue à l’effet de résoudre les différends qui s’élèvent à l’occasion de tout contrat de travail soumis aux dispositions du Code du travail entre les employeurs, ou leurs représentants, et les salariés qu’ils emploient. » Le résultat ce n’est rien moins que la négation même de cette notion de contrat de travail.

Dorénavant, un employeur pourra en toute légalité imposer au salarié qui cherche un emploi, ou même à un de ses salariés déjà embauché, s’il veut rester, de signer une convention qui réglera les conditions de son emploi. Elle pourra être complètement en dehors des règles du Code du travail, avec la rémunération voulue par l’employeur, les horaires, les conditions de la suspension de ladite convention, etc. Les seules obligations de l’employeur seraient alors celles qui auraient été signées « d’un commun accord » entre lui et le salarié. Celui-ci serait donc « libre », c’est-à-dire libre de rester sans emploi. C’est une liberté le couteau sous la gorge dans le contexte de chômage de masse aujourd’hui.

Cela ouvre la voie, comme l’ont dit certains syndicalistes et un des critiques les plus déterminés de cette innovation, Gérard Filoche, à un retour au Code Napoléon de 1804 ou à la loi Le Chapelier de 1791. C’est-à-dire que les travail- leurs, face aux patrons, devraient marchander de gré à gré leur situation et leurs droits. En clair ils seraient soumis à la dictature patronale. C’est contre cette liberté-là que depuis près de deux siècles le mouvement ouvrier s’est battu. Il s’agissait d’imposer que les relations entre un salarié et son employeur ne soient pas considérées comme un marchandage commercial, mais comme impliquant des droits spécifiques et des garanties s’imposant à tous les employeurs, et valables pour tous les salariés quels qu’ils soient.

Cette disposition est le prolongement de toutes les remises en cause mises en œuvre par les gouvernements, dans un domaine où les dirigeants socialistes, alliés ou pas à d’autres, ont brillé. Bien sûr, l’application de ce formidable retour en arrière, même s’il est ouvert par la nouvelle loi, dépendra avant tout du rapport de force entre la classe ouvrière et le patronat. Mais on peut imaginer ce qu’il pourrait en être quand on voit comment, dans d’autres pays dits avancés, on a fait reculer les conditions de vie et d’emploi de millions de salariés. C’est le cas en Grande-Bretagne avec les contrats à zéro heure, ou en Italie avec des centaines de milliers d’ouvriers qui sont obligés de se transformer en autoentrepreneurs, en lieu et place de salariés.

Les travailleurs n’ont pas à se sentir liés par ces lois d’exception propa-tronales, même si jusqu’à ce jour les confédérations syndicales sont restées bien timides sur le sujet. Dans les luttes qui viendront, il faudra faire sauter ces mesures d’exception imposées dans la guerre que le patronat et ses sbires gouvernementaux mènent contre les travailleurs.

Paul SOREL  25 Février 2015

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25 février 2015 ~ 0 Commentaire

teresa rodriguez, l’autre visage de podemos (essf)

tere podem

On comprend mieux la profonde gravité qui habite Teresa Rodriguez lors- qu’on la voit se faire apostropher par une passante, au détour d’une venelle colorée de Séville, ce vendredi 13 février au petit matin. « C’est bien toi, Teresa ? demande la femme, l’air de ne pas en revenir. J’ai déjà voté pour Podemos aux européennes et je voterai pour toi aux élections en Andalousie.

Il n’y a que Podemos qui puisse nous sauver et changer ce pays. » Le regard sombre et soucieux de la jeune politicienne de 34 ans, un bref instant, s’éclaire. Elle étreint la passante en lui promettant de faire « tout [s]on possible » pour ne pas décevoir les attentes, puis reprend son chemin, solennelle. « Podemos a une responsabilité énorme », souffle-t-elle.

Inconnue jusqu’aux élections européennes de mai 2014, Teresa Rodriguez est devenue l’un des visages de Podemos, « Nous pouvons », lorsque le parti anti-  austérité a remporté quatre mois après son lancement, en janvier 2014, cinq sièges d’eurodéputé – dont le sien – et 1,2 million de voix, bouleversant l’échiquier politique en Espagne. Moins d’un an plus tard, c’est elle qui emmène la formation à son premier rendez-vous national : les élections régionales anticipées en Andalousie, le 22 mars, pour lesquelles elle brigue la présidence de la Junte, le gouvernement de la communauté autonome, face à la présidente socialiste sortante (PSOE), Susana Diaz.

Native de Rota, une ville de la province de Cadix, et « militante depuis tou- jours », la jeune femme aux cheveux noir de jais et à l’allure bohème avance avec le sentiment d’être poussée par les espoirs de huit millions d’Andalous, la région la plus peuplée d’Espagne. Et il lui est « inconcevable » de décevoir les siens. Elle aurait l’impression de « trahir » cette terre qui l’a vue naître et grandir. Cette terre de huertas et d’orangeraies, meurtrie par la pauvreté, 38,3% de la population andalouse risque de connaître la pauvreté ou l’exclusion, contre 27,3% à l’échelle nationale, la corruption et un chômage endémique, avec 34,2% de la population active et 59% des moins de 25 ans, l’Andalousie est la région de l’Union européenne la plus touchée par le chômage.

C’est à cette terre endolorie qu’elle veut « rendre sa dignité » en la sortant du « sous-développement économique ». Cette terre qui, de toutes les régions d’Espagne, est celle qui a vu germer, aussi, le plus grand nombre de « cercles » Podemos, ces assemblées citoyennes de quartier qui ont fait le succès du parti. « Si je ne suis pas à la hauteur, je ne sais pas quand se présentera la prochaine occasion d’un changement historique », lâche-t-elle en fronçant les sourcils.

Tête baissée dans la campagne Depuis que Susana Diaz (PSOE) a convoqué ces élections anticipées pour tenter de prendre de court Podemos dans ce bas- tion de gauche, l’Andalousie est l’une des deux seules régions, sur dix-sept, gou- vernées par le PSOE, tout s’est accéléré. Il a fallu organiser en urgence des primaires pour choisir les, réunir experts et militants pour établir un programme solide en un temps record, et multiplier les interventions médiatiques avant le début de la campagne, le 7 mars.

Podemos court contre la montre. Et Teresa Rodriguez est sur le qui-vive. La pression est d’autant plus grande que l’Andalousie ouvrira le bal d’une longue année électorale, municipales et régionales partielles en mai, législatives en novembre. « Il s’agira aussi de créer la dynamique », souligne la candidate. Car l’objectif ultime, la raison d’être du parti antilibéral depuis son lancement, est de « récupérer les institutions nationales »,  actuellement aux mains des conser- vateurs du Parti populaire (PP). Comme Syriza en Grèce, Podemos veut gouverner.

Alors que le parti anti-austérité caracole en tête des sondages en Espagne, les perspectives sont plus nuancées pour l’Andalousie : le parti fera 15,6%, soit pas plus de dix-neuf sièges sur les cent neuf que compte le Parlement. Une percée non négligeable, mais insuffisante pour remporter la majorité. Teresa Rodriguez hausse les épaules, convaincue que sa formation est capable, une fois encore, de créer la surprise: « Ici plus encore que dans le reste de l’Espagne, la nécessité de changement social est devenue une urgence. Et Podemos est la seule solution aux décennies d’immobilisme et de corruption du PSOE. »

Pour se consacrer entièrement à la préparation de la campagne, la candidate a prévu de démissionner de ses fonctions d’eurodéputée. Epaulée par une tren- taine d’économistes et par autant de citoyens, elle veut élaborer un programme anti-austérité « concret » et « solide », axé sur la transparence et l’emploi, les deux urgences de l’Andalousie. Elle sait qu’il sera scruté à la loupe, à l’heure où le parti est accusé par ses détracteurs de populisme et d’entretenir le flou sur ses intentions une fois arrivé au pouvoir. Fort des multiples campagnes qu’il a engran- gées en un an d’existence, « Podemos est largement préparé », assure la tête de liste. « Nous avons déjà démontré nos capacités. »

Camille Bordenet * Le Monde du 24 février 2015
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article34415

 

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24 février 2015 ~ 0 Commentaire

grèce alexis tsipras a lui aussi ses frondeurs (ci)

grèce alexis tsipras a lui aussi ses frondeurs (ci) dans A gauche du PS 3103349486_27aa188d3b

Les négociations du nouveau gouvernement grec avec la troïka à propos de la dette du pays fâchent une partie des soutiens de Syriza, qui reprochent au nouveau Premier ministre de brader ses engagements de campagne.

Le torchon brûle entre Alexis Tsipras et l’aile gauche de son parti. Les hostilités ont commencé hier soir [le 22 février] par une lettre aux Grecs signée de Manolis Glezos, figure emblématique de la gauche et de la résistance au régime nazi.

Dans son texte, le député européen « s’excuse d’avoir participé à cette illusion » d’avoir espéré changer les choses. Il somme le Premier ministre de respecter son programme électoral et lui reproche même de « ne rien avoir fait depuis son élection il y a un mois ». Il s’attriste enfin de voir le gouvernement suivre la même lignée que les précédents, parler des « institutions » de la troïka et qualifier le mémorandum d’ »accord » ; cela revient à « nommer poisson la viande » [équivalent grec de l'expression appeler un chat un chat].

« L’effet d’une bombe » S’il n’y a pas de journaux en kiosque en ce lundi férié, leurs sites reprennent intégralement la lettre du doyen de Syriza. C’est par exemple le cas de To Vima, qui titre : « Critique sévère de Manolis Glezos ». Cette intervention fait « l’effet d’une bombe » pour le parti au pouvoir, titre de son côté le site Newsit.gr, qui publie la réponse du gouvernement ; ce dernier estime que « le député était peut-être mal informé ».

Or la liste des « frondeurs » ne s’arrête pas là, explique le site d’information Aixmi.gr, qui rappelle qu’après Manolis Glezos, Yannis Milios, l’un des conseillers économique d’Alexis Tsipras, mais aussi Sofia Sakorafa, députée de Syriza, demandent au Premier ministre de respecter ses engagements. « Quand on promet d’annuler le mémorandum, on s’y tient », commente le site.

Le changement de rhétorique du gouvernement pour justifier un tournant politique est enfin souligné dans tous les journaux. Sur le site d’Iefimerda, Katerina Anesti résume les actions du Premier ministre par une phrase de Mario Cuomo, ancien gouverneur démocrate de l’Etat de New York : « Vous avez fait campagne avec de la poésie, mais vous gouvernez en prose. »

Courrier international 23 février 201

http://www.courrierinternational.com/article/2015/02/23/alexis-tsipras-a-lui-aussi-ses-frondeurs

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23 février 2015 ~ 0 Commentaire

contre l’union sacrée, pour une union antiraciste et populaire (ujfp)

tardi drapeau

Les attaques contre Charlie-Hebdo et un Hyper Cacher ont soulevé une immense émotion que nous partageons.

Mais elles ont été aussi le prétexte à une nouvelle offensive « sécuritaire » contre les populations des quartiers populaires, contre tous ceux qui refusent l’ordre dominant. Elles sont aussi l’occasion de restreindre les libertés, de justifier des opérations militaires à l’étranger.

Cette offensive menée au nom d’une mythique «unité nationale» est une machine à diviser ceux qui devraient être unis et à unir ceux qui devraient être divisés.

Réunir en seul camp les classes dominantes de France et les Français qu’elles exploitent pour les opposer aux populations issues de l’immigration, à celles qui se disent ou sont dites “musulmanes”, aux quartiers populaires : tel est l’objectif de l’unité nationale que l’on tente de nous imposer en instrumentalisant l’émotion.

Cette offensive nécessite une riposte unie de tous ceux qui sont non seulement attachés à la liberté d’expression mais refusent aussi l’ordre injuste, notamment le racisme d’État (anti Musulmans, Noirs et Rroms), l’antisémitisme, les intolérables inégalités sociales et les guerres.

Contre l’injonction binaire «si vous n’êtes pas solidaire de Charlie et des valeurs positives inhérentes au monde occidental, c’est que vous êtes solidaire des terroristes et des valeurs négatives inhérentes au monde musulman», si vous n’affirmez pas publiquement que vous êtes d’accord avec les autorités bien pensantes de ce pays c’est que vous êtes contre ce pays.

Contre la chasse ouverte au terroriste réputé sommeiller en tout musulman, voire en tout arabe, en tout noir, en tout métèque, avec son cortège d’agressions et de délations, y compris le fichage des élèves par les enseignants, et qui fait que nombre de musulmans et surtout de musulmanes ont peur dans la rue.

Contre la tentative de criminaliser ceux qui dénoncent l’islamophobie.

Contre les lois sécuritaires visant à museler ceux qui mettent en évidence et veulent déconstruire les racines structurelles, la construction politique, socio-économique et culturelle du racisme d’État.

Contre l’offensive libérale de grande ampleur qui se traduit en France par l’adoption de la loi Macron et l’accentuation des politiques d’austérité dont les premières victimes sont les couches populaires.

Contre la logique du « nous sommes en guerre » et contre les interventions militaires à l’étranger, notamment au Proche-Orient et en Afrique et la poursuite de l’oppression du peuple palestinien, qui alimentent la violence notamment contre les juifs associés abusivement au projet sioniste par les défenseurs d’Israël et par les antisémites.

Pour la liberté égalitaire de s’exprimer, de contester et de dénoncer tous les racismes, notamment le racisme d’État.

Pour la confrontation politique des idées et des analyses sur ces sujets qui fâchent – et où se combinent bien des préjugés et rapports de domination.

Pour le droit de condamner le crime sans pactiser avec ceux qui nous oppriment et veulent nous réduire à merci.

Pour que des femmes, des hommes, des enfants n’aient pas à raser les murs ou à accepter avec contrition une vindicte haineuse.

Pour pouvoir démonter, expliquer, déjouer le piège de la prétendue union sacrée.

Pour pouvoir construire ensemble une société où invoquer la liberté et l’égalité ne servirait pas qu’à camoufler la domination.

Les signataires appellent à construire une riposte collective en opposant l’Union antiraciste et populaire à l’Union sacrée et en s’efforçant de traduire leurs orientations dans les cités, les quartiers, les lieux d’éducation et de travail, les luttes contre les contrôles au faciès et le fichage des enfants “rétifs”, pour les droits sociaux et politiques égalitaires, en multipliant les formes d’auto-organisation des populations concernées.

Ils s’engagent à se mobiliser de manière convergente lors des prochaines semaines et prochains mois pour s’opposer à la division, au racisme d’État et aux guerres. dimanche 22 février 2015

Voir les signataires:

http://www.ujfp.org/spip.php?article3921

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21 février 2015 ~ 0 Commentaire

le scénario d’un syriza à la française est-il plausible ? (les inroks)

Clémentine-Autain-Jean-Luc-Mélenchon-Pierre-Laurent

Au Front de gauche comme chez EE-LV, la victoire de la coalition de la gauche radicale en Grèce en fait rêver plus d’un. Jusqu’à certains socialistes frondeurs… Mais le scénario d’un Syriza à la française est-il plausible?

Renouvellement, internationalisme et union de la gauche (…) La victoire de Syriza et la montée en puissance de Podemos en Espagne, parti issu des Indignés, donné gagnant aux législatives prévues en fin d’année, sont cependant de mauvais augure pour le Parti socialiste.

Elles s’accompagnent en effet d’un déclin des partis sociaux-démocrates tradi- tionnels. En Grèce, le Pasok a quasiment disparu du paysage politique en n’obte- nant que 4,68 % des voix le 25 janvier. “A 18 h, il n’y avait plus personne pour tenir son stand, qui était situé à 300 mètres de celui de Syriza, resté lui ouvert et bondé jusqu’à 2 h du matin”.(…)

“Hollandréou” L’arrivée au pouvoir de Syriza jette une lumière crue sur la situa- tion de la gauche française et sur les contradictions du PS. François Hollande a cessé d’incarner une alternative quand il a renoncé à renégocier le pacte budgé- taire européen. Depuis, les électeurs de gauche boudent les urnes, et alors que les écologistes ont quitté le gouvernement, la gauche est rarement apparue aussi divisée. “Comme le Pasok et le PSOE, équivalents du PS en Grèce et en Espa- gne, le PS est confronté à une question de crédibilité : contre quoi et pour quoi se bat-il ?”, convient le député socialiste frondeur Pouria Amirshahi. La victoire de Syriza annonce-t-elle pour autant l’effondrement du PS en France et son remplacement par une gauche de transformation sociale ?

C’est la menace implicite de la vanne adressée par Aléxis Tsípras à François Hollande peu après son élection, l’exhortant à tenir ses promesses de campagne sous peine de se transformer en “Hollandréou”, en référence à Geórgios Papan-dréou, ex-Premier ministre et fossoyeur du socialisme grec. Mais pour l’instant, rien ne semble confirmer cette hypothèse.

Les résultats électoraux du Front de gauche en témoignent : aux élections européennes de 2014, il a retrouvé son modeste score de 2009, date de sa créa- tion. “Le Front de gauche n’a pas été capable de poursuivre sa dynamique issue de la présidentielle ni de peser suffisamment sur la ligne de François Hollande, par conséquent l’électorat de la gauche de la gauche cesse de voter par dépit”, explique Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion et stratégies d’entreprise à l’Ifop.

“La droitisation du PS affaiblit toute la gauche” L’hypothèse du professeur de sciences politiques Rémi Lefebvre, auteur du livre Les Primaires socialistes, La fin du parti militant (Raisons d’agir, 2011), est autrement plus inquiétante: “Le PS est en train de tuer la gauche dans son ensemble. Il installe l’idée d’une impuis- sance généralisée, ce que j’appelle le social-défaitisme. Comme une partie des électeurs modérés ne se retrouve pas dans la radicalité de Jean-Luc Mélen- chon, la droitisation du PS affaiblit toute la gauche.” Le système électoral français ne joue pas non plus en faveur des challengers du PS, contrairement au système proportionnel grec, qui rend toute idée de “vote utile” caduque.

Malgré toutes ces entraves, auxquelles il faudrait ajouter la situation économique et sociale relativement épargnée de la France par rapport à la Grèce et le manque de mobilisations sociales, le PS ne cache pas ses craintes. Au lendemain de l’élection partielle du Doubs, son premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, affirmait dans un communiqué: “Entretenir le fantasme d’un ‘Syriza français’, en voulant affaiblir le Parti socialiste, ne provoquerait rien d’autre que la bérézina de la gauche française.”

EE-LV privilégie le Front de gauche au PS aux départementales Le patron du PS a raison de s’inquiéter : aux élections départementales qui auront lieu fin mars, 40 % des listes présentées par EE-LV sont des alliances conclues avec au moins une composante du Front de gauche, 33 % sont des listes écologistes autonomes, et 20 % des alliances avec le PS. “Cet indice fait complètement paniquer les dirigeants socialistes en ce moment, rapporte Rémi Lefebvre. Ils ont peur que le scénario de Grenoble se généralise.”

L’exemple de la capitale des Alpes, ravie aux socialistes lors des dernières municipales par une liste mêlant écologistes, Parti de gauche et diverses asso- ciations citoyennes, fait rêver les adeptes d’une recomposition de la gauche. “L’unité ne règle pas le problème de la gauche, nuance cependant Raquel Garri- do, secrétaire nationale du Parti de gauche. Nous faisons face à une grève civique : les nôtres ne votent plus !”

Sans doute sera-t-il trop tôt au soir des départementales pour juger d’un éventuel “effet Syriza”. Mais les régionales pourraient servir de premier étalon, alors que certains réclament déjà une primaire unitaire à la gauche du PS pour 2017. Julien Bayou, l’artisan de cette idée, a demandé conseil aux “vieux de la vieille de Syriza” le 25 janvier à Athènes: “Ils m’ont dit : ‘Patience, confiance, persévérance’. En gros, c’est pas gagné”, conclut-il.

http://www.lesinrocks.com/2015/02/19/actualite/le-scenario-dun-syriza-la-francaise-est-il-plausible-11563646/

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21 février 2015 ~ 0 Commentaire

plus que jamais avec le peuple grec et pour l’annulation de la dette (ccr)

TINTIN-en-GRECE--G20

Entre chantage de l’Eurogroupe et fuite des capitaux

La « Troika », formée par le FMI, l’UE et la BCE accentue ses pressions pour que le gouvernement grec accepte de poursuivre le plan d’ajustement de 2012, et qu’il utilise l’argent pour le paiement de la dette usuraire. La solidarité internationale avec les travailleurs et le peuple grec est plus nécessaire que jamais.

Lundi, le gouvernement grec a rejeté la continuité du plan d’ajustement exigé par l’Eurogroupe pour refinancer la dette. Le chantage a continué ce mardi. Jeroen Dijsselbloem, le ministre des finances hollandais et président de l’Eurogroupe, est resté ferme sur sa position selon laquelle Athènes doit chercher une extension du plan d’ajustement : «Cela dépend vraiment des Grecs. Nous ne pouvons pas les obliger ou le leur demander. Cela dépend d’eux. Nous sommes aussi prêts à travailler avec eux les deux jours à venir.» Pour Hans Joerg Schelling, le ministre des finances autrichien, «le gouvernement grec doit changer sa position.»

Le premier ministre grec, Alexis Tsipras, a repoussé l’ultimatum. Il a expliqué ce mardi (17 février) que l’exécutif grec n’est pas pressé de trouver un accord avec l’Eurozone si c’est pour abandonner sa promesse électorale de mettre fin à l’austérité, et a affirmé qu’il ne ferait pas de concessions : « Dernièrement, les gouvernements ont pris l’habitude d’agir d’une façon différente par rapport à ce qu’ils ont promis pendant leur campagne électorale. Je le répète, nous pensons bien mettre en œuvre nos promesses de changement. ».

Tsipras en a profité pour annoncer les premières mesures que son gouvernement présentera dès cette semaine : interdire les expulsions du logement principal, permettre l’étalement en 100 mensualités des remboursements de prêts bancaires pour les personnes les plus défavorisées, et plus généralement mettre en place des «mesures qui vont conforter les salariés, les chômeurs, les petites et moyennes entreprises et vont relancer l’économie.» (…)

Les marchés misent sur le succès de l’ultimatum, mais la fuite des capitaux continue (…)  Pendant ce temps, la fuite des capitaux, source d’énormes profits du capital financier, dont les capitalistes grecs, se poursuit et s’accentue. Pour le seul mois de décembre, on estime que 7,6 milliards ont été envoyé à l’étranger, soit 4% du PIB grec. Certaines estimations évaluent les fuites de la semaine dernière en moyenne entre 200 et 300 millions d’euros.

Plus que jamais avec le peuple grec et pour l’annulation de la dette Dans une situation où le chômage dépasse les 27% et atteint 50% pour les jeunes et les femmes, avec la moitié de la population vivant sous le seuil de pauvreté, la Troika entend, à travers ce chantage, poursuivre les mesures austéritaires et imposer encore plus de misère aux grecs. Il est impossible de sortir de cette situation catastrophique avec des réformes molles et en appelant à la bonne volonté de la Troika, qui a assez démontré qu’elle n’en avait aucune.

La dette usuraire qui atteint les 315 milliards d’euros et représente 175% du PIB a été générée par les capitalistes grecs et les banquiers européens. Tsipras et Varoufakis génèrent beaucoup d’illusions sur la Troika. Ce n’est pas la renégociation avec cette dernière, mais bien l’annulation pure et simple de la dette qui est l’unique solution pour que cela ne soit pas encore les travailleurs et le peuple grec qui payent la crise une fois de plus. Nous ne pensons donc pas qu’il faille appuyer le gouvernement dans sa position pour continuer à payer la dette créée par ceux qui se sont enrichis, et continuent de le faire, sur le dos de la majorité de la population.

Notre solidarité va aux travailleurs et au peuple grec qui ont démontré leur énorme combativité avec plus de 30 grèves générales, contre l’austérité de la Troika et les gouvernements capitalistes PASOK-Nouvelle Démocratie qui ont appliqué les mémorandums. Pour affronter la Troika, nous avons besoin de la plus grande solidarité internationale avec les travailleurs grecs. Si les prétentions colonialistes de la Troika étaient repoussées, cela serait un grand pas, au-delà de la Grèce, pour faire payer la crise aux capitalistes.

18/02/2014 Matías Maiello

http://www.ccr4.org/Entre-chantage-de-l-Eurogroupe-et

Commentaire: Le CCR est un courant minoritaire du Npa

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21 février 2015 ~ 0 Commentaire

loi macron: la motion de censure révèle les fractures du front de gauche (essf)

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Ce n’était certainement pas l’intention première de l’exécutif, mais le re- cours par le gouvernement à l’article 49-3 de la Constitution pour faire passer la loi Macron a réussi à diviser le Front de gauche.

Si ce dernier critique depuis des semaines d’une seule voix le projet de loi du ministre de l’économie, il n’en va pas de même à l’heure de se prononcer en faveur ou non de la motion de censure déposée par l’UMP, qui doit être examinée, jeudi 19 février, à l’Assemblée nationale.

Mardi soir, André Chassaigne, président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR), qui accueille les dix députés du Front de gauche, presque tous issus du Parti communiste, annonçait que ses troupes voteraient cette motion portée par la droite. «C’est notre seul moyen de dire que nous sommes contre le texte», justifiait alors le député du Puy-de-Dôme, gêné de joindre sa voix à celles de l’UMP, de l’UDI et du FN.

Déposer une motion de censure suppose de réunir au moins 10 % des députés, soit 58 élus. Or, les écologistes comme les frondeurs socialistes, bien qu’opposés, eux aussi, à la loi Macron, ont annoncé d’emblée leur refus de faire tomber le gouvernement. Compliqué, dès lors, de porter une motion de censure «de gauche».

Pas “entendable” de voter avec l’UMP, l’UDI et le FN Mercredi matin, Jean- Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à l’élection présidentielle de 2012, critique la décision de ses camarades communistes. «Je n’aurais pas procédé comme ça (…). Qu’est-ce qu’on va se fourrer avec la droite dans une aventure pareille?», s’interroge-t-il sur France Info. Selon lui, il convenait de mettre tout le monde autour de la table pour parvenir à réunir le nombre suffisant de parle- mentaires. «Personne ne m’a demandé mon avis, ni cette fois-ci ni les autres. Le groupe à l’Assemblée pense qu’il est normal de faire ce qu’il veut sans consulter personne», se plaint le député européen. «Jean-Luc Mélenchon n’a jamais admis l’autonomie de décision des groupes parlementaires», réplique André Chassaigne.

Mardi soir, dans un billet de blog, M. Mélenchon appelait pourtant, lui aussi, à «censurer le chantage». «La seule façon de bloquer la loi (…) c’est de voter la censure. Soit celle déposée par la droite (…) soit en en déposant une autre, de gauche», écrivait-il alors, dans une apparente contradiction avec ses propos du lendemain.

Sa sortie a en tout cas eu pour effet de pousser André Chassaigne à rédiger le texte d’une motion de censure «de gauche» et de partir à la recherche de 58 signatures. En vain. Certains élus communistes, tels Nicolas Sansu, député du Cher, ont de plus fait valoir qu’ils n’entendaient pas censurer le gouvernement. «Ce n’est pas “entendable” de voter avec l’UMP, l’UDI et le FN», explique ce dernier.

«Un cartel de partis sans ancrage» Pour simplifier les choses, des dissensions ont aussi vu jour au sein du Parti de gauche (PG) de Jean-Luc Mélenchon. La conseillère de Paris, Danielle Simonnet, juge ainsi qu’«il faut tout faire» pour «s’opposer à la loi Macron». «Il faut assumer», dit-elle à propos du vote de la censure. «Si j’étais à l’Assemblée nationale, j’essaierais de m’opposer jusqu’au bout», abonde Eric Coquerel, coordinateur du Parti de gauche. «Les attendus de la motion de l’UMP demandent encore plus de réformes libérales», rétorque de son côté Alexis Corbière, secrétaire national du PG, qui partage l’opinion de Jean-Luc Mélenchon sur le sujet.

Ces dernières semaines, les relations sont houleuses au sein du Front de gauche, ce «cartel de partis sans ancrage de masse ni volonté d’en avoir (…) sans organe représentatif, ni volonté d’en avoir» comme l’a défini récemment M. Mélenchon.

«Personne ne peut croire que le Front de gauche arrive à s’imposer», expli- quait ce dernier en privé, justifiant sa volonté de rapprochement avec Europe Eco- logie-Les Verts et l’émergence de son mouvement pour la 6e République. Des bravades qui agacent au sein du PCF, où l’on raille la volonté du député européen de devenir un Alexis Tsipras français. «Quand Tsipras parle, il a l’air sympa-thique. Quand c’est Mélenchon, on a l’impression de se faire engueuler », juge un élu communiste. Olivier Faye

LE MONDE | 19.02.2015 à 11h22  Mis à jour le 19.02.2015 à 11h26

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article34387

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19 février 2015 ~ 0 Commentaire

chômage: du mythe à la réalité (lo)

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D’après les calculs de l’Observatoire des inégalités, la moitié des chômeurs touchent moins de 500 euros par mois, et les trois quarts touchent moins du smic (1 100 euros). 6 % seulement perçoivent plus de 1 500 euros.

Il montre que les chiffres de l’Unedic, selon lequel les chômeurs recevraient en moyenne 1 100 euros par mois d’indemnité, sont trompeurs. Cette moyenne en effet ne prend en compte que les personnes indemnisées dans le cadre du régime général de l’assurance-chômage, et oublie une grande partie des demandeurs d’emploi.

Aux 2,1 millions de chômeurs indemnisés par l’Unedic, l’Observatoire a ajouté les 485 000 en fin de droits, qui touchent au mieux l’ASS (Allocation de solidarité spécifique, d’un montant mensuel maximum de 480 euros), ainsi que les chô- meurs qui ne touchent rien, comme les jeunes qui entrent sur le marché du travail sans en trouver.

Voilà de quoi clouer le bec aux politiciens et autres commentateurs qui voudraient faire croire que le chômage est une sinécure. Julie LEMÉE

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/lutte-ouvriere/2429/leur-societe/article/2015/02/18/36429-chomage-du-mythe-la-realite.html

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19 février 2015 ~ 0 Commentaire

la nostalgie du kaki (lo)

14-Juillet
Si, selon Le Drian, ministre de la Défense, le service militaire obligatoire « ne correspond plus aux besoins de l’armée française », d’autres politiciens réclament son retour, cherchant à jouer sur la corde nationaliste, dans la foulée de l’émotion née des attentats du mois dernier.

C’est le cas de François Baroin ou Xavier Bertrand à droite, de Marine Le Pen au Front national, mais aussi de Jean-Luc Mélenchon à gauche, qui regrette que « l’armée ne bénéficie plus comme avant de son ancrage populaire profond, comme elle l’avait avec la conscription ».

À l’appui de cette brillante idée, ils parent le service obligatoire de vertus largement imaginaires. Selon eux, il renforcerait l’apprentissage de la vie en société, la mixité sociale, le respect mutuel et les valeurs de la démocratie.

En fait ce service obligatoire, suspendu depuis 1997, pesait sur la jeunesse masculine qui devait donner une année, et plus dans d’autres périodes, à l’État et à un de ses piliers les plus réactionnaires : l’institution militaire. Or, comme dans toute armée bourgeoise, ce n’est pas les soldats issus des couches populaires qui y commandaient ou contrôlaient quoi que ce soit. La caste des officiers donnait les ordres, auxquels nul n’était supposé réfléchir et encore moins désobéir.

Dans les casernes où, en guise de mixité sociale, étaient entassés des jeunes qui n’avaient pas demandé à y séjourner, ce n’était pas le respect de l’individu qui dominait, mais la contrainte et même le dressage, sous la férule d’une hiérarchie rarement bienveillante. On n’y apprenait pas les « valeurs démocratiques », mais la soumission.

C’est cet embrigadement aux ordres de l’État des exploiteurs que le mouve- ment ouvrier doit combattre. Quant à l’apprentissage des armes, puisqu’il est nécessaire, il doit se faire sur le lieu de travail et sous la direction des travailleurs, seule garantie qu’elles ne seront pas utilisées contre eux. Lucien DÉTROIT

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