Archive | A gauche du PS

17 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Bolivie: le travail des enfants autorisé dès 10 ans (lo)

Bolivie: le travail des enfants autorisé dès 10 ans (lo) dans A gauche du PS Cartel-El-trabajo-Mollegt

L’âge légal du travail va tomber à 10 ans en Bolivie.

La mesure en dit long sur la réalité sociale d’un des pays les plus pauvres d’Amérique latine. En effet, selon une convention des Nations-unies, le travail des enfants est aujourd’hui interdit en dessous de 14 ans. La Bolivie serait donc le premier pays au monde à l’autoriser à partir de 10 ans.

Pour se justifier, le gouvernement bolivien prétend tout à la fois légaliser ce qui est une situa- tion de fait, et faire reculer l’extrême pauvreté d’ici 2025. La loi est censée encadrer le travail de ces enfants : il ne faut pas qu’il nuise à leur scolarisation, le travail ne doit pas être dan- gereux, et les enfants doivent être consentants et fournir une autorisation de leurs parents.

Mais elle est d’abord l’aveu que le gouvernement Morales est impuissant à combattre le travail des enfants. Et comment ces règles légales pourraient-elles être contrôlées et donc appliquées alors qu’aujourd’hui le travail des enfants est généralisé en dehors de toute légalité ?

Quoi qu’il en soit, le principal problème reste l’extrême pauvreté d’une grande majorité de la population bolivienne. Aujourd’hui, 35 % des Boliviens vivent avec moins de 2 dollars par jour, et le revenu national brut annuel par habitant de 2 550 dollars classe le pays parmi les plus pauvres d’Amérique latine. Selon l’Unicef, 850 000 enfants de 7 à 15 ans travaille- raient d’ores et déjà dans des conditions précaires. Légaliser ce travail ne changera pas la situation, ni le fait que les parents aient besoin du travail de leurs enfants pour pouvoir survivre.

Or la Bolivie est un pays qui a des richesses. L’exploitation des mines d’argent de Potosi a fait la fortune de l’aristocratie espagnols au moment de la conquête grâce à l’esclavage de la population indienne. Depuis cette époque, le pays n’a jamais cessé d’être saigné à blanc : gaz naturel, mines de cuivre, forêts de bois précieux… autant de ces richesses qui n’ont jamais profité aux travailleurs boliviens. Alors que cette région était l’une des plus peuplées d’Amérique latine, la Bolivie est aujourd’hui le pays le plus pauvre et le moins peuplé, avec 10,5 millions d’habitants pour une superficie de deux fois celle de la France.

Certains de ces enfants travailleurs se sont réjouis de cette loi qui revient à les recon- naître. «Nous ne sommes pas des voleurs, nous sommes des travailleurs et devons avoir les mêmes droits que les autres», a déclaré la sœur de l’un d’entre eux. Mais le droit des enfants, ce serait d’abord de bénéficier d’une éducation et d’une vraie jeunesse. C. P.

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/

Commentaire: Encore un fois: à Cuba les enfants vont à l’école, c’est possible!

Lire la suite

16 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Brésil, l’extrême gauche brise les tabous de la campagne présidentielle (lm)

alim

Le Parti socialisme et liberté (PSOL) tente de se faire une place à gauche de la gauche de gouvernement.

Depuis l’arrivée au pouvoir du Parti des travailleurs (PT), avec l’ancien président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), ancien dirigeant du syndicat de la métallurgie, l’extrême gauche rencontre des difficultés pour percer. Pendant un quart de siècle, elle a vécu à l’ombre du PT, abritée par le jeu de tendances qui pouvaient s’exprimer librement à l’intérieur du parti.

L’épreuve du pouvoir a brisé ce modus vivendi et a produit les premières scissions. Né il y a dix ans, le PSOL est justement le produit de l’une de ces ruptures, provoquées à la fois par les alliances opportunistes du PT pour disposer d’une majorité parlementaire et par son renoncement aux réformes. Il partage l’espace réduit de l’extrême gauche avec le Parti socialiste des travailleurs unifié (PSTU) et des groupes moins consistants. La fronde sociale de juin 2013 a donné des ailes à cette frange critique à l’égard de Lula et de sa dauphine, la présidente Dilma Rousseff, qui briguera un second mandat le 5 octobre.

Le PSOL espère élargir son audience au cours de la campagne électorale qui s’ouvre après la défaite du Brésil au Mondial. Sa candidate à la présidence de la République, l’an- cienne députée Luciana Genro, 43 ans, veut se faire l’écho des revendications des mani- festants pour de meilleurs transports publics, une éducation de qualité et une santé publique performante. Les gouvernants brésiliens n’ont pas satisfait ces demandes, assure-t-elle.

Luciana Genro veut aussi bousculer la campagne en défendant des sujets polémiques, évités par la gauche de gouvernement par crainte de perdre des voix d’électeurs conser- vateurs. Il s’agit de la légalisation de l’avortement, de la dépénalisation du cannabis, des droits LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels) et de l’impôt sur les grandes fortunes.

Marihuana et avortement : l’hypocrisie de la gauche de gouvernement « Il y a une gran- de hypocrisie électorale, affirme Luciana Genro, dans une interview accordée à l’hebdo- madaire Carta Capital. Depuis quelque temps, l’ancien président Fernando Henrique Cardo- so défend la dépénalisation de la marihuana, mais le candidat de son Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB), Aécio Neves, dit le contraire. Le PT a toujours été favorable à l’avortement, mais Dilma Rousseff évite le débat, même en sachant que des milliers de femmes meurent à la suite d’avortements clandestins, sans assistance médicale. »

Le PSOL propose un audit de la dette publique, qui grève le budget fédéral. Son projet de réforme fiscale s’accompagne d’un impôt de 5 % sur les fortunes supérieures à 50 millions de reais (16,6 millions d’euros). Selon une étude, les 5 000 familles les plus riches du Brésil concentrent 42 % du produit intérieur brut. (…)

http://america-latina.blog.lemonde.fr/2014/07/15/au-bresil-lextreme-gauche-brise-les-tabous-de-la-campagne-presidentielle/

Lire la suite

13 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Grève des cheminots: un vent nouveau? (npa)

cheminot

La grève des cheminots représente un événement majeur dans le quinquennat de Hollande.

Non pas, hélas, parce qu’elle a changé le rapport de forces entre les classes : il s’agit d’une défaite importante, un saut dans la casse du service public ferroviaire et du statut des che- minots. Mais parce qu’elle est le premier signe de l’émergence d’une révolte contre le gou- vernement du côté du mouvement ouvrier.

Les deux premières années de Hollande ont été marquées par la passivité ou des luttes dispersées, en raison notamment de la collaboration quasi complète des directions syndicales avec le PS. L’opposition au gouvernement a été dirigée par les réactionnaires, de la «Manif pour tous» au Front national.

Le gouvernement a relevé le défi que représentait la mobilisation des cheminots, a mis tous les moyens pour obtenir sa victoire. Il a déployé l’arsenal patronal habituel, en intégrant les syndicats, en mobilisant les médias et dix mille cadres de l’entreprise pour faire rouler quelques trains et décourager les grévistes. La nomination de Valls était d’ailleurs en elle- même un signe politique pour montrer que Hollande était prêt à aller jusqu’au bout de l’affron- tement. Sa victoire lui a permis de faire voter, dans les jours qui ont suivi, un nouveau budget d’austérité et une nouvelle étape du «pacte de responsabilité».

Des leçons pour les luttes

Mais la grève a accumulé des expériences fondamentales pour les prochaines luttes. En effet, la brutalité du gouvernement a modifié les méthodes de mobilisation des salariés. Tout d’abord, les directions syndicales ont dû aller plus loin qu’elles ne le souhaitaient elles- mêmes; presque deux semaines de grève reconductible là où elles en prévoyaient seule- ment quelques jours…

Les équipes syndicales locales se sont partiellement détachées des confédérations et du Front de gauche: de nombreux militants du PCF et de la CGT ont été poussés à critiquer frontalement l’attitude de leur syndicat et à reconnaître que les amendements au projet de loi présentés par Chassaigne représentaient de «l’enfumage». Ces militants se sont souvent tournés vers les révolutionnaires, en leur demandant: «et vous, qu’est-ce que vous proposez pour lutter?»

Une nouvelle génération de cheminots, qui n’a pas connu les mobilisations de 1986 ou 1995, mais qui a participé à celle contre le CPE, a poussé pour des actions combatives, contraignant les syndicats à organiser des rassemblements près de l’Assemblée puis trans- formant ces rassemblements en manifestations et occupations de voies. Les assemblées générales ont été organisées de manière intersyndicale et inter-services dans de nom- breuses gares, et une «AG des AG», embryon d’auto-organisation, s’est mise en place à Paris.

Une nouvelle période politique

La mobilisation confirme que nous sommes entrés dans une nouvelle phase de la crise. Dans cette phase, une fraction du  mouvement ouvrier prend lentement son autonomie par rapport au gouvernement. Ses organisations sont traversées par des contradictions impor- tantes, entre une base qui aspire à se révolter et des directions qui restent largement inféo- dées, directement ou indirectement, au PS.

La tâche fondamentale des révolutionnaires est de s’appuyer sur les éléments com- batifs, de les encourager, les aider. Les tentatives de «convergence des luttes», même si elles ont nécessairement eu un caractère limité du fait des grandes différences entre les mobilisations des intermittents, des cheminots et des postiers de la région parisienne, repré- sentent un élément positif.

De ce point de vue, la mobilisation révèle aussi nos faiblesses: les collectifs de soutien à la grève ont été limités, il n’y a pas eu de caisse de grève, il n’existe pas encore d’oppo- sition organisée dans les syndicats pour contribuer à organiser les luttes. Et, surtout, l’ex- trême droite est plus que jamais en position de force. En effet, même s’il a bien sûr critiqué l’utilisation de la grève, qui est le seul outil efficace pour les travailleurs, le FN s’est payé le luxe de soutenir la mobilisation au nom du service public national.

De plus, dans les manifestations, on a pu voir des militants combatifs effectuer des «que- nelles» et chanter la Marseillaise. Quelques semaines après la mobilisation, le déluge raciste du FN et de l’UMP contre les supporters de l’équipe algérienne de football montre que l’extrême droite a toujours le vent en poupe.

Force est donc de constater que les difficultés restent très importantes, mais que les cheminots ont ouvert une voie: la possibilité pour les travailleurs de reconquérir leur auto- nomie, de prendre leurs affaire en mains pour s’opposer au gouvernement, par leurs moyens de lutte traditionnels que sont la grève, le blocage de la production, l’auto-organisation et l’unité de classe.  Revue L’Anticapitaliste n°56 (été 2014)

Lire la suite

12 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Le rêve de sarkozy (npa)

sarkopauvrefrancecv0

Un “retour aux privilèges d’Ancien Régime

Sarkozy mis en examen, un tournant dans la vie politique de la droite?

Un journaliste ne doit jamais se risquer à prédire l’avenir. Déchiffrer le présent suffit déjà bien à son métier. Nous sommes face à un énième épisode du feuilleton des affaires qui cernent Nicolas Sarkozy et son clan. Et ce qu’il en adviendra dépend du jeu des différents acteurs, sans qu’il y ait un seul scénario possible. De Karachi à Kadhafi en passant par Bettencourt et Bygmalion, les trois campagnes présidentielles auxquelles il a directement participé (1995 pour Édouard Balladur, 2007 et 2012 pour lui-même) sont suspectées, de façon documen- tée, de financements illicites, venant notamment de rétro-commissions sur des ventes d’ar- mes, de millions récupérés auprès de la dictature libyenne et, dans la dernière affaire qui commence à peine, de fausses factures pour détourner l’argent public versé à l’UMP.

Les faits sont énormes, par leur ampleur et leur répétition, surtout quand l’on sait que, de- puis plus de vingt ans, existe un financement public des partis politiques et des campa- gnes électorales. Ils jettent un immense discrédit sur le personnel politique concerné, sur son avi- dité, sur son impunité. Dès lors, la droite est au pied du mur : soit elle coule avec Sarkozy, l’accompagnant dans cette perdition ; soit elle se réveille et se rebelle pour se réinventer un chemin sans lui. L’attitude des principaux dirigeants de l’UMP depuis 2007 permet de douter de leur courage et de leur détermination. D’autant qu’ils ont tous été associés, peu ou prou, à l’extrémisation de la droite sous Sarkozy, cette levée de la barrière qui, hier, la distinguait de l’extrême droite.

Sarkozy se pose en victime du pouvoir judiciaire. Peut-on parler de Berlusconisation de la vie politique française ?

Nicolas Sarkozy fera tout pour éviter d’avoir à rendre compte des affaires, en utilisant le ter- rain politique comme un bouclier face aux juges d’instruction. Il va se battre à la manière de Berlusconi, avec toutes les armes de la procédure sur le terrain judiciaire, ce qui est normal et avec toutes les armes de la démagogie sur le terrain partisan, ce qui se discute.

Le sarkoberlusconisme n’est pas nouveau : il sévit depuis 2002, dans la marche con- sulaire de Sarkozy vers la présidentielle de 2007, puis durant son exercice du pouvoir. Sa caractéristique est de profiter de l’état de dépendance du système médiatique français, no- tamment ses liens avec l’oligarchie économique, de Bouygues à Lagardère. C’est d’ailleurs sur TF1 et sur ­Europe1 que Sarkozy a pu mettre en scène sa riposte médiatique, dans un spectacle hallucinant : celui de journalistes asservis pour calomnier des juges.

Sur le fond de l’affaire, le trafic d’influence et la corruption active qui lui sont repro- chés ne sont-ils pas la marque de fabrique d’un système marqué par une très grande personnalisation des pouvoirs ?

Dans sa grossièreté et sa vulgarité, où la caricature semble sa vérité, le sarkozysme est le symbole de la dégénérescence des institutions de la Cinquième République qui, en rédui- sant la souveraineté populaire au pouvoir d’un seul, dévitalisent la démocratie. Cette dégéné- rescence ne signifie aucunement leur fin automatique : tout dépend des forces qui sauront s’emparer de cette crise. C’est là qu’il y a tout lieu de s’inquiéter : la dynamique politique ac- tuelle n’est pas dans un sursaut progressiste, d’exigence démocratique et sociale, mais plutôt du côté de l’extrême droite qui espère pouvoir récupérer ces institutions à son profit, à la manière d’un fruit mûr.

Pour se défendre, Sarkozy attaque Claire Thépaut, une juge d’instruction membre du Syndicat de la magistrature. Qu’est-ce que cela t’inspire?

C’est un nouvel exemple des régressions démocratiques et sociales qu’incarne le sarko- zysme. Les fonctionnaires, les enseignants, les magistrats, les policiers, etc., ont conquis depuis longtemps le droit de se syndiquer, de défendre leurs intérêts, d’assumer des conflits internes à leurs institutions. Et c’est un droit fondamental, reconnu par la Constitution.

La juge d’instruction en question s’était contentée de déclarer à ­Mediapart, au lendemain de l’élection de François Hollande en 2012, qu’elle en attendait tout simplement de pouvoir travailler dans le calme, le respect et la sérénité. Elle demandait aussi qu’on arrête de traiter en juges rouges les magistrats qui ne font simplement qu’appliquer la loi, le même code pénal pour tous, sans privilège social. Ce dont rêvent Sarkozy et les siens, c’est en quelque sorte d’un retour aux privilèges d’Ancien Régime où les puissants sont inatteignables et intouchables, toujours impunis.

La garde à vue puis la mise en examen ont donné lieu à une surenchère verbale de la part des amis et défenseurs de Sarkozy (référence à Vichy, etc.). Une réaction ?

Cela ne le mérite pas, tant ces excès disqualifient ceux qui les expriment. Le sarkozysme a toujours fonctionné comme cela, introduisant une violence dans le débat public qui, jusqu’ alors, était le registre de la seule extrême droite ou des franges extrémistes de la droite. Il a ouvert les vannes de l’insulte, de l’injure et de la calomnie, et, en ce sens, il a brutalisé la Ré- publique, hystérisé la politique et créé un climat dont, hélas, profitent aujourd’hui toutes les haines et toutes les peurs. Faut-il rappeler que Mediapart fut qualifié sous la présidence de Nicolas Sarkozy d’officine aux méthodes fascistes ?

Hollande, le pouvoir ne sont-ils pas eux-mêmes déconsidérés par une ambiance délétère qui participe d’une crise politique globale ?

La crise politique est évidemment globale et atteint toutes les familles politiques. Tandis que l’extrême droite est installée à demeure, se prenant à rêver de conquérir le pouvoir, la droite est disqualifiée moralement et la gauche est divisée comme jamais.

Bien sûr que le pouvoir socialiste a une immense responsabilité, dans le non-respect de ses propres promesses électorales et dans son alignement sur les exigences du patronat. Mais je ne suis pas certain, au vu des résultats des dernières élections municipales et euro- péennes, que les autres forces de gauche, dans leur diversité, plus ou moins réformistes, plus ou moins radicales, puissent se contenter de condamner ces renoncements sans s’interroger elles-mêmes sur ce qu’elles en font.

En tant que journaliste et citoyen, assumant un engagement démocratique et social dans ma pratique professionnelle, je n’ai cessé d’alerter sur cet état de division des forces, cette absence de sursaut rassembleur et unitaire qui puisse redonner du courage à tous pour éviter le pire.

Edwy Plenel est journaliste, président et cofondateur de Mediapart. Affaires, crise politique… Nous l’avons interrogé au lendemain de la mise en examen de Nicolas Sarkozy.

Propos recueillis par Alain Krivine Hebdo L’Anticapitaliste – 250 (10/07/2014)

Lire la suite

08 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Traffic d’influence… une affaire sarkozy de plus (ccr)

Iznogoud

… est-ce que ce sera l’affaire de trop ?

L’interview de Sarkozy au «20h» de TF1, le soir même de sa sortie de garde à vue, la reprise de ses propos sur quasiment toutes les chaînes TV, les commentaires tous azimuths finissent par totaliser un score époustouflant d’heures d’antenne et d’espace médiatique.

Après la campagne virulente et mensongère des medias contre la grève des cheminots, l’interview de Sarko vient opportunément tourner la page. La flambée de colère est étouffée et le projecteur se rallume sur la bonne vieille politique bourgeoise au quotidien. Rappelons que c’est à la demande de Sarko lui-même que cette interview a lieu et qu’Elkabbach, à qui il répond «les yeux dans les yeux», est un Sarkozyste notoire. Sarkozy, avec toutes ses casseroles, se berluscosnise de plus en plus. Pêle-mêle, il attaque les «juges rouges», la gauche, et se fait passer pour une victime. Comme avec Berlusconi, il y a ceux, à droite, dont le sort est lié à la personne de l’ex-président qui le défendent bec-et-ongles; ceux, à l’UMP, qui rêvent de s’en débarrasser; ceux, «à gauche», à commencer par Hollande, qui espèrent qu’en ayant maille à partir avec la justice, mais sans condamnation, Sarkozy candidat aux présidentielles de 2017, fera office de repoussoir au bénéfice de l’actuel président. Derrière les effets de manche, quel enjeu politique?

Une affaire? La belle affaire! De Cahuzac à Sarkozy en passant par Woerth, Tapie,Copé et plusieurs autres, les affaires se suivent et se ressemblent au moins sur un point: même si elles continuent à scandaliser les «honnêtes gens» et surtout la classe ouvrière consciente, elles tendent à se banaliser, sous l’effet de l’entreprise idéologique de la bourgeoisie. Les «coups» politiques, financiers ou juridiques ne sont que le corollaire du jeu capitaliste où les patrons trichent, les banques aussi, les états renflouent et font rendre gorge aux travailleurs en pillant les fonds publics et en puisant dans les poches des plus pauvres. Et que dire d’un Juppé qui après avoir été condamné à dix ans d’inéligibilité dans l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris, fait aujourd’hui figure de présidentiable. Décidément, une chose est sûre : «leur morale n’est pas la nôtre

Des chefs d’accusation qui n’ont rien de « grotesque » La dernière «affaire Sarkozy» qui vaut à un ancien président de la république une mise en examen pour « trafic d’influence actif », « corruption active » et « recel de violation du secret professionnel » est une situation inédite dans les annales judiciaires. Sarkozy est en effet soupçonné d’avoir promis un poste prestigieux à un haut magistrat en échange d’informations sur l’avancée de l’enquête Bettencourt. Cette affaire s’était d’ailleurs soldée pour Sarkozy par un non-lieu.(prescrit! NdB)

C’est une autre affaire, celle d’un possible financement libyen de sa campagne électorale en 2007 qui est à l’origine de l’apparition de ces nouveaux chefs d’accusation : en tirant le fil de leurs investigations, autour de cette dernière affaire, les juges ont été amenés à placer Sarkozy sur écoutes. Ils interceptent alors des conversations avec son avocat, Me Thierry Herzog, qui nourrissent leurs soupçons à propos du comportement de Sarkozy durant l’instruction de l’affaire Bettencourt et entraînent sa mise en examen, ainsi que celles de son avocat et de l’un des deux magistrats concernés. Au 20h de TF1, Sarkozy réfute en bloc les trois chefs d’accusation cités en les qualifiant de « grotesques ». Mais ils sont, bien entendu, gravissimes, y compris du point de vue des institutions bourgeoises.

Un système de défense qui fait pschitt ! En acrobate consommé du sport politique, Sarko tente de retourner la situation à son avantage via l’interview sur TF1. Il y adopte un système de défense éculé dont il a déjà lui-même usé et abusé:je botte en touche et j’attaque, tout en jouant les victimes. Sa «contre-attaque» est dirigée non pas contre les trois chefs d’accusation, mais contre les deux magistrates chargées de l’instruction qui l’ont placé en garde à vue: il incrimine « une volonté d’humilier » et « l’instrumentalisation politique d’une partie de la justice aujourd’hui ». Dommage pour lui, les principaux arguments qu’il avance ne tiennent pas la route, ni aux yeux de l’institution judiciaire, ni aux yeux des travailleurs :

«Est-il normal que je sois placé en garde à vue pendant 15 heures»?dit-il. Des milliers de gens sont tous les jours placés en garde à vue, et quoi que l’on puisse critiquer des procédures de la justice bourgeoise, elles ne sont pas réservées spécialement à Sarkozy mais frappent bien plus souvent et plus lourdement les jeunes des banlieues par exemple ou les postiers grévistes du 92.

«Ces deux dames, juges d’instruction (…), m’ont signifié, sans même me poser une question, trois motifs de mise en examen». C’est l’argument que lui ont soufflé ses avocats. Il vise la juge Claire Thépaud dont il prétend qu’elle veut sa «destruction». En tout état de cause, serait-il plus normal que les magistrats doivent rendre compte de leur appartenance syndicale pour être en droit d’exercer leur fonction? Ou, comme le suggère Nadine Morano, qu’il n’aient plus le droit de se syndiquer?

«Ces deux dames, juges d’instruction (…), m’ont signifié, sans même me poser une question, trois motifs de mise en examen». Présentée pour justifier le caractère« grotesque» des trois chefs d’accusation, cette pratique relève en fait de la procédure légale et de l’exercice des «droits du prévenu» : le juge d’instruction constate l’identité de la personne et lui fait connaître expressément, en précisant leur qualification juridique, chacun des faits dont il est saisi et pour lesquels la mise en examen est envisagée. Sarkozy n’est donc victime d’aucun acharnement particulier et ce qui «est grotesque» c’est sa propension à se poser en victime, lui dont les méfaits contre la classe ouvrière ne se comptent plus.

La route vers 2017, une voie royale ou un chemin de croix ? Sarkozy, rasé de près selon un code signifiant son «retour», a donc voulu pendant 20 minutes s’adresser «aux Français». Le message était clair, «On m’en veut; je n’ai rien à me reprocher, et surtout, je ne renonce pas à mon projet politique».

«Les Français» sont-ils prêts à l’entendre? Selon un sondage publié au lendemain de l’interview, 63% des personnes interrogées considèrent que l’ancien chef de l’Etat est « traité comme n’importe quel justiciable ». Par ailleurs, 52% des français n’ont pas été convaincus par ses explications, (selon un sondage Harris Interactive pour LCP-Assemblée). Dans son propre camp, on estime à peu près à 85% le soutien de l’UMP, mais les ténors présidentiables ou non, les Juppé, Fillon, Raffarin & Co. le soutiennent du bout des lèvres en affirmant une confiance absolue dans la capacité de la justice à «faire son travail ». Si des fois elle pouvait l’éliminer définitivement du terrain politique…

Quant à Hollande, il a mis trois jours à réagir et se cantonne dans des énoncés de principe très généraux: «séparation des pouvoirs», «respect des droits de la défense», «présomption d’innocence»… D’indépendance syndicale, d’écoutes, d’implication présidentielle, de soutien à la juge Thépaud ou à Christiane Taubira… il ne souffle pas mot. On comprend pourquoi. A l’instar du centre-gauche italien qui a tout fait, pendant près de quinze ans, pour que son «meilleur ennemi» Berlusconi ne soit jamais condamné, malgré la kyrielle d’affaires qui lui pendait aux basques, Hollande souhaite simplement que Sarkozy soit écorné par la justice sans que pour autant sa possibilité de se présenter en 2017 en pâtisse; iI servirait alors de repoussoir et lui permettrait de sortir gagnant des élections. Le président devrait pourtant tirer les leçons de l’expérience italienne et se rappeler que le calcul du centre-gauche s’est avéré perdant.

Tout cela est-il de nature à changer la donne politique dans la perspective des prési- dentielles? Ces joutes médiatiques peuvent-elles entamer encore un peu plus l’image déli- quescente du président et du PS? Cette dernière affaire sera-t-elle l’affaire de trop qui discré- ditera Sarkozy ? Il faut attendre les prochains déploiements juridiques et politiques pour for- muler des hypothèses. Pour l’instant il semble que le plaidoyer de Sarkozy ne l’ait pas véri- tablement remis en selle. Pour le monde du travail, les classes populaires, la jeunesse, c’est réjouissant d’apprendre de bon matin que Sarkozy se trouve en garde-à-vue. Mais ce qui nous permettra réellement d’en finir avec toute cette caste de politiciens bourgeois, véreux ou complices de véreux, c’est un mouvement d’ensemble, en défense de nos intérêts, con- tre le système qu’ils défendent et qu’ils servent, et certainement pas l’avancée de tel ou tel dossier dans le bureau d’un juge. 06/07/14 Claire Manor

http://www.ccr4.org/Une-affaire-Sarkozy-de-plus-est-ce-que-ce-sera-l-affaire-de-trop

Lire la suite

07 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

La bolivie autorise le travail des enfants dès 10 ans (le monde)

La bolivie autorise le travail des enfants dès 10 ans (le monde) dans A gauche du PS ob_f7526c_19-2

Travailler dès l’âge de 10 ans sera désormais autorisé en Bolivie.

Après le Sénat, le Parlement bolivien a approuvé, mercredi 2 juillet, le nouveau code de l’enfant et de l’adolescent qui prévoit de baisser, dans certains cas, l’âge minimum légal en deçà des 14 ans requis pour travailler. « Exceptionnellement, les services de défense de l’enfance « Ensorias de la Ninez » pourront autoriser les enfants et adolescents de 10 à 14 ans à travailler à leur compte et les adolescents de 12 à 14 ans à travailler pour une tierce personne, à la condition que cette activité ne nuise pas à leur droit à l’éducation et qu’elle ne soit pas dangereuse », indique le texte de loi adopté par les parlementaires, au grand dam des nombreuses institutions opposées au travail des enfants.

Dans une lettre ouverte adressée au chef de l’Etat bolivien, Evo Morales, des ONG dont Anti-Slavery International (contre l’esclavage) et Human Rights Watch ont ainsi averti, fin janvier, des dangers que représente à leurs yeux la baisse de l’âge légal du travail. « Si les enfants de 10 ou 12 ans sont autorisés à travailler, ils vont manquer l’école et entreront sans s’en rendre compte dans le cercle vicieux de la pauvreté et de l’analphabétisme auquel il n’est pas facile de mettre fin », estiment ces organisations, qui rappellent que la Bolivie est signataire depuis 1997 de la Convention 138 de l’Organisation internationale du travail, qui fixe l’âge minimal pour travailler à 14 ans, « exceptionnellement » pour les pays en développement (15 ans sinon).

« ON NE DEVRAIT PAS LIMITER L’ÂGE DES ENFANTS TRAVAILLEURS »

(…) La version initiale du nouveau code de l’enfant était en effet bien différente. « La première version suivait de près les traités internationaux en maintenant de manière stricte l’âge minimum de 14 ans », explique le psychologue social de la Fondation La Paz, Jorge Domic, qui agit auprès des enfants travailleurs depuis plus de trente-cinq ans.

Insatisfaits, les jeunes de l’Unatsbo ont alors entamé en décembre 2013 un grand mouve- ment de contestation. Durement réprimé, celui-ci a toutefois attiré l’attention du président Morales, qui a reçu une délégation. « Cela a été un moment très important car, pour la pre- mière fois dans l’histoire du pays, ces enfants qui vivent un processus d’exclusion sociale et de marginalisation permanente ont pu être écoutés au plus haut niveau de l’Etat », salue Jorge Domic.

« CE CODE CONSTITUE UNE GRANDE AVANCÉE » 

Un nouveau texte de loi a depuis été élaboré de manière consensuelle, avec la participation de l’Unatsbo. « Ce code constitue une grande avancée », juge M. Domic, pour qui la loi doit s’adapter aux réalités nationales. En Bolivie, selon des données officielles datant de 2012, plus de 850 000 enfants travaillent, soit 17,5 % des 7 à 17 ans, la majorité (72 %) en zone rurale. (…)  « Ils veulent nous protéger mais, s’ils ne nous laissent pas travailler, comment va-t-on faire pour survivre ? », s’interroge-t-elle.

« Ces gens ne connaissent pas notre réalité. Qu’ils viennent et voient les conditions dans lesquelles on vit », s’énerve Rodrigo Medrano. Le nouveau code lui redonne cependant le sourire. « Il reconnaît notre existence », salue le jeune délégué de l’Unatsbo, qui réclame le droit des enfants à travailler dans la dignité et exige que la loi protège les plus jeunes de toute exploitation. Un dernier souci qu’il partage avec l’Organisation internationale du travail.

Chrystelle Barbier (Lima, correspondance) LE MONDE | 05.07.2014 à 10h11 • Mis à jour le 07.07.2014 à 08h20 |

http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/07/05/la-bolivie-autorise-le-travail-des-enfants-des-10-ans_4451592_3244.html

Commentaire: Et qui oserait empêcher ces braves enfants de vendre librement leurs organes si çà peut aider leurs familles?

Lire la suite

06 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Oui il peut! (the guardian)

spain culpa

« L’indignado » espagnol Pablo Iglesias vise à utiliser la vague de protestations pour  construire «un pays décent».

Podemos venu de nulle part pour gagner 1,2 million de voix.  Pablo Iglesias et ses espoirs pour le jeune parti de gauche

À travers l’Espagne, tout le monde a une opinion sur Pablo Iglesias. La simple mention du chef des indignés à la queue de cheval (coleta) du parti Podemos (Nous pouvons), qui a seulement 35 ans, suscite une avalanche de qualificatifs qui vont d’honnête  à  dangereux.

Il y a cette femme de Barcelone qui affirme qu ‘«il ressemble à une personne honnête», pour expliquer pourquoi elle avait donné son premier vote en une dizaine d’années à Podemos. Ou l’inquiétude de ce monarchiste de San Sebastián qui a passé des heures à attendre un matin ensoleillé à Madrid pour attraper une image de Felipe VI lors de son premier jour en tant que nouveau roi d’Espagne. « Iglesias veut transformer l’Espagne en Venezuela. »

En seulement un mois, Iglesias est passé de politologue bien connu à membre du Parlement européen et l’une des personnalités les plus clivantes d’Espagne. La voix douce et calme, Iglesias attire l’attention. «Je suis une personne normale », dit-il. Actif en politique à gauche depuis ses14 ans, il se décrit comme «un gars qui a travaillé à l’université depuis de nombreuses années, en tant que chercheur, puis comme professeur ». (…)

Le sommeil est long à venir ces temps-ci, dit-il d’une voix teintée d’épuisement, au milieu d’un tourbillon de conférences de presse, de réunions du parti, de voyages aller et retour à Bru- xelles pour son nouveau rôle et d’apparitions dans les médias. « Très intense » voilà comment Iglesias décrit le mois dernier. « La vérité c’est que, depuis les élections, nous avons été submergés par l’attention des médias, l’espoir du peuple, mais nous avons bon espoir parce que nous pensons que nous allons contribuer à quelque chose d’historique: le changement politique dans notre pays. »

Il y a un mois Podemos venu apparemment de nulle part a reçu 1,2 million de voix et cinq sièges aux élections européennes. Enregistré en Mars de cette année, avec l’intention de transformer la colère des indignés de l’Espagne en un changement politique réel, Podemos est devenu la troisième force politique dans de nombreuses régions d’Espagne, dont Madrid.

La liste de la partie anti-austérité des promesses électorales comprend: salaire mini- mum plus élevé, suppression des paradis fiscaux et des contrôles aux frontières de l’UE, la nationalisation des services publics et des banques qui ont été sauvées par des fonds publics, l’établissement d’un revenu minimum garanti et l’abaissement de l’âge de la retraite à 60 ans.

Alors que les élections ont vu de nombreux pays se tourner vers les partis euroscep- tiques, de nombreux électeurs espagnols ont fortement viré à gauche, rejetant les partis dominants du pays à la suite de la crise économique et des années de scandales de corrup- tion. Le parti populaire au pouvoir et les socialistes ont reçu moins de la moitié des voix,loin des 81% de 2009.

Le lendemain de l’élection, le leader socialiste Alfredo Pérez Rubalcaba a déclaré qu’il se retirait. Une semaine plus tard le roi Juan Carlos a annoncé qu’il abdiquait en faveur de son fils, Felipe. Ces deux abdications, selon les analystes, sont dues à la demande claire de changement exprimée par les électeurs lors des élections européennes.

Pour Iglesias, c’est le début de la fin pour le régime qui a gouverné l’Espagne depuis 1978.  «À certains égards, c’est leurs institutions qui sont en crise: une monarchie qui est de plus en plus identifiée avec l’impunité et la corruption ainsi que la caste des politiciens. Le but de Podemos est de transformer la majorité sociale en majorité politique, en permettant aux citoyens ordinaires de faire de la politique. «Si les gens ne font pas de politique, d’autres le feront pour eux. Et quand d’autres agissent pour vous, ils peuvent vous voler vos droits, votre démocratie et votre porte-monnaie. »

Les solutions pour le pays, insiste-t- il à plusieurs reprises, ne viendront pas de l’adhésion à l’idéologie de gauche ou de droite, mais plutôt du mouvement contre une élite privilégiéedont les priorités sont en décalage avec ce qui est bon pour la plupart des Espagnols.

Le succès du parti est arrivé plus tôt que prévu,  la direction Podemos doit formaliser le mouvement et prouver qu’il est plus qu’un phénomène alimenté par des votes de protes- tation. Faute de listes de membres, le leadership se doit d’informer des décisions au jour le jour et établir un système pour contrôler ses députés. Podemos est maintenant en recher- che  d’un équilibre entre un mouvement populaire réseau lâche de centaines de groupes de travail à travers le pays et un parti politique qui fonctionne.

L’affrontement entre les deux priorités a explosé le mois dernier après qu’Iglesias ait annoncé qu’il nommait de 25 personnes pour organiser une assemblée générale à l’automne et a donné six jours pour présenter des listes concurrentes. Certains membres de la base ont critiqué ce qu’ils considèrent comme un affront à la structure ouverte de Podemos.

Ce n’est pas encore clair comment le parti va travailler. La plupart des réponses, a déclaré Iglesias, viendront en Octobre lors d’une assemblée générale où l’accent sera mis sur la conception d’outils qui ont permis au parti de respecter son style et son engagement envers la démocratie directe participative. Des critiques suggèrent que l’accent mis sur la participation pourrait être le talon d’Achille du parti, en ce qu’elle validerait des idées qui, bien que populaire, pourraient ne pas être réalisables. D’autres s’interrogent sur la capacité de l’économie fragile de l’Espagne à résister aux changements profonds après une longue récession.

Iglesias écarte ces soucis. « Vous ne pouvez pas avoir peur de la démocratie. Cet argu- ment que la participation peut être contradictoire avec l’efficacité est contraire à l’idée même de démocratie. » Il l’a comparé aux critiques du suffrage universel qui ont fait valoir qu’il serait provoquer le chaos si tout le monde était en mesure de voter. « Nous avons vu que ce n’est pas vrai. »

Dans un pays où une personne sur quatre est au chômage et plus de 150 000 familles ont été expulsées de leur logement au cours des cinq dernières années, Iglesias affirme que que le pragmatisme est relatif. « Il n’est pas réaliste que nous ayons six millions de chômeurs et que vous pouvez être pauvre, même si vous avez un emploi,» dit-il. « Nos mesures ne sont pas très radicales. Ce sont des mesures très prudentes, les grandes lignes d’un projet pour sauver le pays de la crise. »

Dans les sondages, le parti gagne du terrain, montrant qu’il pourrait gagner entre 30 et 58 sièges au parlement espagnol et 15% des voix, presque le double du pourcentage qu’il a obtenu aux élections européennes.

Mais en même temps que Podemos monte dans les sondages, Iglesias fait la une. Il a été comparé à Adolf Hitler et Fidel Castro et a été appelé monstre et extrémiste. D’autres ont pris pour cible ses paroles – il a été accusé de justifier le terrorisme de l’ETA, après avoirdit que la violence du groupe « avait des explications politiques » qui doivent être comprises afin de trouver des solutions démocratiques.

Parfois, ces attaques ont été amusantes, dit-il, pointant ceux qui s’en sont pris au fait qu’il achète ses vêtements dans un supermarché à bas prix. «Je n’aurais jamais pensé que que cela  deviendrait un sujet d’intérêt et que cela générerait autant de controverses,» dit-il en souriant.

Ces attaques ni surprennent ni peinent Iglesias. Pour lui, il s’agit de la démonstration que Podemos rend nerveux les gens au pouvoir. «C’est pourquoi ils nous insultent, nous diffament, hurlent. C’est signe qu’ils sont inquiets. »

Maintenant, la pression est mise sur l’un des politiciens les plus polémiques d’Espagne pour transformer cette inquiétude en réel changement politique. Alors qu’il refuse d’évoquer l’éventuelle direction du pays un jour, il déclare que son objectif était en ce moment ​​la contribution politique.

« Nous voulons un pays plus décent. Un pays avec des services publics, un pays où personne n’est jeté hors de sa maison, un pays avec des hôpitaux publics, des pensions publiques, un pays dans lequel, si vous avez du travail, vous pouvez remplir le frigo et acheter des fournitures pour que vos enfants aillent à l’école « . Il hausse les épaules,comme et  ajoute: «Juste des choses simples. »  (…)

Ashifa Kassam  the Observer, Samedi 5 Juillet 2014 18.15

http://www.theguardian.com/world/2014/jul/06/pablo-iglesias-indignado-podemos-spain

Lire la suite

06 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Cice: françois hollande vient de me faire cadeau de 50 000 euros (rue 89)

cavana-reiser-wolin

François Hollande est sympa, il vient de me donner 49 017 euros ou plutôt il m’a permis de déduire cette coquette somme de mes impôts. Je ne comptais pas dessus. Mes affaires marchent très bien, merci. Je paye déjà mes salariés bien au-dessus de la moyenne de mon secteur. J’ai refait mes banquettes, mon chauffage… Je ne fais pas d’export et ne compte pas en faire. Je paiera 591 153 euros d’impôts à titre personnel cette année. Bref, je n’en avais pas besoin, mais un petit billet de 50 000 c’est toujours bienvenu. Franchement merci, François Hollande.

C’est donc aussi ça, le fameux crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE)? Un gros cadeau qui ne se voit pas donné à des gens qui n’en ont pas forcément besoin ? Combien d’entreprises, comme la mienne ou encore plus rentables, ont touché le pactole ? Qu’en ont-elles fait ?

Le coût du CICE risque d’exploser Cette histoire a d’ailleurs pour moi un goût déjà vu. Entre 2009 et 2012, la fabuleuse baisse de la TVA dans la restauration [PDF] m’avait permis d’empocher quelques centaines de milliers d’euros avec lesquels j’avais d’ailleurs produit le film « République de la Malbouffe » dans lequel je dénonçais les incohérences d’une des mesures les plus emblématiques du sarkozysme.

Faudra certainement que je ponde quelque chose sur cette mesure phare du hollan- disme. Si au final la mesure bling-bling de l’ancien Président des riches a coûté une dizaine de milliards aux deniers de l’Etat pour des résultats médiocres voir contraires aux objectifs fixés, le coût global du CICE sauce Hollande risque d’exploser au-delà de 50 milliards s’il est maintenu dans les conditions actuelles jusqu’à la fin du quinquennat.

Sans contreparties ciblées comme je le réclamais déjà dans une lettre adressée au Président en janvier 2014, ce nouveau cadeau aura des résultats assez similaires à ce qui s’est passé dans la restauration avec la baisse de la TVA. Peu d’emplois et peu d’activité, beaucoup d’effets d’aubaine et pas mal de dividendes. Et surtout, des miettes pour les TPE, des lichettes pour les PME et des grosses parts de gâteau pour les grandes entreprises.

Du fric empoché discrètement Après avoir amélioré ses marges de 190 millions d’euros par an grâce à la baisse de la TVA pendant trois ans, combien une entreprise comme McDo- nald’s va-t-elle déduire de ses impôts ? McDo qui emploie massivement des salariés au smic et s’arrangerait depuis 2009 pour payer le minimum d’impôts en France va donc récla- mer un très gros chèque auprès des services de Bercy.

La France est décidément un eldorado inépuisable pour la marque du clown. D’ail- leurs, le Président habitera-t-il encore à l’Elysée lorsque la publication des datas sur cette mesure, entreprise par entreprise, permettra d’en faire le vrai bilan ?

Certes, des petites et moyennes entreprises profitent certainement de cette mesure pour renflouer leur trésorerie, investir ou embaucher mais était-il nécessaire de sortir le ca- non à eau pour bien arroser quelques spécimens? A moins que l’on me prouve que le dou- blement des bénéfices de la Poste grâce aux 297 millions d’euros de son CICE ait permis à cette entreprise d’investir, d’embaucher ou d’innover plus qu’à l’accoutumée, il n’y aura que les actionnaires et les boites largement arrosées pour croire aux vertus de ce dispositif.

L’angoisse réelle ou feinte du patronat avant la conférence sociale ne servirait-elle pas à occulter ce joli paquet de fric que les entreprises empochent discrètement avec la mise en œuvre du CICE ?

Le nouveau Président des grands patrons En remettant à mes salariés les bulletins de paye du mois de juin que j’ai agrémenté d’une «prime exceptionnelle de CICE» corres- pondant à un mois de salaire de base sous certaines conditions d’ancienneté, je me suis rendu compte qu’aucun d’entre eux comme la grande majorité des salariés de ce pays ne savait ce que recouvrait le CICE.

Je leur avais pourtant bien écrit : « Suite à la réunion du début de l’année avec 75% des salariés de l’entreprise, suite à la réalisation du bilan 2013, suite au dépôt de ma déclaration d’impôts 2013 et après consultation de la déléguée du personnel, j’ai décidé d’attribuer l’en- semble du montant du CICE à l’amélioration de votre pouvoir d’achat bien écorné par des hausses d’impôts successifs et la fin (brutale et maladroite) du dispositif sur les heures supplémentaires.»

Alors qu’il serait temps d’atténuer les tensions sociales et de réduire les inégalités, d’inciter massivement à l’investissement productif et à la formation des salariés dans les TPE et PME, le gouvernement n’a pas eu le courage d’imposer des contreparties aux orga- nisations patronales. A la fin de son mandat, le nouveau Président des grands patrons met- tra certainement en avant le fait que les petits chefs d’entreprises à l’agonie n’auraient pas survécu sans ce dispositif. Une rhétorique déjà entendue et qui cette fois-ci risque de ne pas passer comme une lettre à la poste. Xavier Denamur | Restaurateur

http://rue89.nouvelobs.com/2014/07/05/cice-hollande-vient-faire-cadeau-50-000-euros-253467

Lire la suite

04 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Ken loach (1)

affiche-hidden-agenda

Un militant

Il est connu et reconnu pour ses films et leur contenu social, mais pas seulement : Ken Loach fait des films militants et milite, ignorant totalement le qu’en-dira-t-on des milieux médiatiques.

À 78 ans, il est encore un des éléments dominants de la gauche anti­capitaliste en Grande-­Bretagne. Récemment, il n’a pas hésité, à travers plusieurs interviews, à lancer un appel pour la création d’une nouvelle formation rassemblant la gauche anticapitaliste. Le 25 mars 2013, il signe une tribune dans le Guardian avec Kate Hudson, dirigeante de la Campagne antinucléaire, et Gilbert Achcar, universitaire, reprenant cet appel. La Left Unity est née, avec rapidement 7 000 signatures, dont celles d’organisations comme Socialist Resistance (membre de la IVe Internationale) ou de deux organisations venant de rompre avec le SWP.

Ken avait déjà participé à une première initiative de ce genre en 2004, en se retrou- vant à la direction de la coalition Respect, avec le député exclu du parti travailliste George Galloway. Une coalition qui allait rapidement disparaître suite à de nombreuses divisions en son sein.

Engagements internationaux Sur le plan international, Ken s’est entouré d’un groupe d’amiEs qui le conseille pour soutenir telle ou telle cause, telle ou telle pétition… Ce fut le cas pour la campagne Boycott – Désinvestissement – Sanctions (BDS) en faveur des droits du peuple palestinien.

En France, après avoir soutenu Arlette Laguiller à la présidentielle de 1995, Ken a soutenu les candidatures d’Olivier Besancenot, puis celle de Philippe Poutou. On se sou- vient aussi du clip où il appelait au soutien financier du NPA, puis il y a quelques semaines du clip de campagne officielle des européennes dans lequel il est apparu.

Ken Loach n’a jamais caché sa sympathie pour le NPA, mais la réciproque n’est pas toujours facile. Il sort très peu de son pays, et quand il vient en France, c’est toujours entouré par une masse de journalistes et de photographes…. Mais, comme il reste un militant, il arrive toujours à imposer un peu de temps libre dans son planning chargé pour discuter avec nous, non pas de son dernier film, mais de la situation des anticapitalistes en France et dans son pays.
Décidément, Ken n’est pas comme les autres ! Alain Krivine

http://npa2009.org/idees/ken-loach

Lire la suite

03 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Chambre d’agriculture du finistère, la confédération paysanne réunie (of)

lait

La Confédération paysanne avait donné rendez-vous devant la Chambre d’agriculture du Finistère.

Le but ? Interpeller sur le cas de la Ferme des 1 000 vaches et sur l’avenir.

Ils étaient une vingtaine de consommateurs, paysans et militants politiques, présents, ce midi, à la Chambre d’agriculture du Finistère. Ils ont souhaité mettre en avant le cas de la Ferme géante, celle des 1 000 vaches en cours de réalisation dans la Somme, mais aussi interpeller sur l’avenir de la production laitière.

Les deux élus de la Confédération paysanne ont profité de cette session à la Cham- bre d’agriculture du Finistère pour présenter une motion. «Le bureau a refusé qu’on la vote», regrette un des membres actifs de la Confédération paysanne. Dans leur motion, ils deman- daient aux élus de la Chambre :

«De s’opposer à la mise en place de telles unités parce qu’elles menacent l’existence même de l’agriculture; bradent les productions animales et risquent à terme de déstabiliser le mar- ché laitier; génèrent obligatoirement une réduction de l’emploi des actifs familiaux et/ou de l’emploi salarié, 2 500 fermes de cette taille produiraient le volume actuel de la « ferme France », les surfaces agricoles doivent être prioritairement affectées à la production alimentaire, finalité première de l’agriculture. » Quimper – 01 Juillet

http://www.ouest-france.fr/chambre-dagriculture-du-finistere-la-confederation-paysanne-reunie-2665925

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin