Archive | A gauche du PS

16 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

attac (le huffington post + fr3)

Attac « célèbre » les 10 ans de la chute de Lehman Brothers sur les Champs-Élysées

L’association altermondialiste avait donné rendez-vous à ses militants dans le monde entier

« Pas avec notre argent », le mot d’ordre de la soixantaine de militants d’Attac s’adressait à la banque HSBC des Champs-Élysées devant laquelle ils étaient réunis, et à travers elle à tout le système bancaire. Aspergeant de peinture la devanture de l’établissement, étendus au sol ou haranguant la foule, ils ont célébré à leur manière les dix ans de la chute de la banque d’affaires Lehman Brothers, le 15 septembre 2008.

Un événement qui avait été le point de départ d’un vaste crise mondiale, provoquée par des actifs toxiques dont l’organisation juge qu’ils sont, encore aujourd’hui, au cœur de l’industrie bancaire. « Nassés » par la police après quelques minutes, les militants ont, comme vous pouvez le voir ans la vidéo en tête d’article, eu le temps de faire forte impression sur la foule des touristes venus se presser sur la plus grande avenue du monde.

La veille, cinq militants d’Attac et trois d’EELV avaient été interpellés, avant d’écoper un rappel à la loi: c’était cette fois une agence parisienne de la Société Générale qui faisait les frais d’une action destinée, une fois encore, à rappeler les dangers de la finance.

Matthieu Balu  15 09 2018

https://www.huffingtonpost.fr/

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14 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

joint français (iut lannion)

breton

Source (pour agrandir)

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14 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

debout? (npa + rp + le monde)

aufstehen

Aufstehen, un premier pas dans la mauvaise direction

Le mouvement «Aufstehen» en Allemagne: Debout… pour quoi faire ?

Le 4 septembre, Sahra Wagenknecht, co-présidente du groupe parlementaire de Die Linke au Bundestag (la chambre des députéEs), a présenté à la presse le nouveau mouvement Aufstehen / Debout , qu’elle a initié avec son mari Oskar Lafontaine. 

En présentant ce « mouvement », Wagenknecht était accompagnée d’un membre des Grünen (les Verts), d’une membre du SPD et d’un conseiller, représentant 40 personnalités très connues. L’objectif était ainsi de présenter Aufstehen comme un mouvement qui serait en mesure de dépasser les limites des partis existants, et de réunir la gauche.

Un « mouvement » autoproclamé 

La réalité est beaucoup plus prosaïque. Aufstehen n’est pas à même de jouer un rôle dans les luttes et encore moins dans la clarification et le développement des positions de la gauche, même réformiste.

Même si plus de 100 000 intéresséEs se sont inscrits sur la plateforme internet, le mouvement est en réalité autoproclamé.

Wagenknecht est inspirée par La France insoumise et n’a pas proposé son projet dans Die Linke, mais l’a préparé d’une façon quasi clandestine avec un petit cercle de fidèles (Team Sahra). De cette façon, Wagenknecht détermine et contrôle absolument tout dans ce projet qui est à 100 % « top-down » :

Il n’y a pas de comités préparatoires qui pourraient élaborer quoi que ce soit, et le mouvement n’est en aucune façon un rassemblement des forces qui sont actives dans les divers mouve-ments réels tel que  Aufstehen gegen Rassismus / Debout contre le racisme, Seebrücke/ Embarcadère  mouvement qui lutte pour le sauvetage des réfugiés en Méditerranée, les mouvements antimilitaristes Abrüsten Jetzt et Rüstungsexport Stoppen, les comités de soutien aux luttes syndicales, contre les loyers exorbitants, etc.

Après les émeutes racistes à Chemnitz, nombre d’initiatives ont été prises, et nombre d’intellectuels se sont engagés dans les mobilisations antiracistes, ce qui a permis un concert de solidarité avec plus de 65 000 personnes dans les rues de Chemnitz. Cela a démontré la force toujours importante et peut-être grandissante du mouvement antiraciste. Mais aucune personne de Aufstehen n’avait appelé à participer, et aucunE des protagonistes du prétendu mouvement de Rassemblement n’y était présent.

Un programme plus qu’ambigu

Wagenknecht, très médiatisée, explique clairement son objectif : elle veut récupérer les électeurEs qui souffrent d’un sentiment d’abandon. L’AfD (le parti populiste de droite avec une forte aile d’extrême droite) est forte, parce que « les gens se sentent défavorisés » et parce « nous ne leur parlons plus », dit-elle. Donc pour contrer l’AfD, elle veut capter les voix des «déçus» en défendant les services publics, en taxant les riches et en tenant… un discours anti-migrants qui va sur le même terrain que l’AfD.

Un des éléments centraux du profil d’Aufstehen est son programme anti-migrants

Totalement contradictoire avec une riposte progressiste au drame des réfugiéEs qui est, depuis 2015, la question-clé d’une politique non seulement humanitaire mais répondant aux intérêts des travailleurEs. Pour Wagenknecht (comme pour les partis bourgeois), l’immigration est un « problème », et il faut donc limiter le nombre des migrantEs qui sont autorisés à entrer en Allemagne, prétendant que « nos capacités sont limitées ».

Pour Wagenknecht, ce n’est pas le capitalisme qui est le problème mais ce sont les réfugiéEs

Même si elle ajoute qu’il faut combattre les raisons de la fuite des migrantEs de leur pays. Elle s’est adaptée aux « populistes » de droite et, ce faisant, leur a donné gain de cause. Aufstehen est avant tout un événement médiatique, malgré les 110 000 inscritEs. Ces dernierEs espèrent, comme Wagenknecht et Lafontaine, qu’un nouveau mouvement de gauche en coalition avec le SPD et les Verts pourra remplacer le gouvernement CDU-CSU-SPD.

En fin de compte, ce « mouvement » n’a d’autre raison d’être que de préparer la fondation d’un nouveau parti pour les élections en 2021. 

Avec son programme extrêmement opportuniste, flirtant avec la droite et avec le soutien de l’aile droite de Die Linke, cette manœuvre risque de discréditer Die Linke, déjà très compromis par sa participation aux gouvernements de trois Bundesländer (États fédéraux), dont Berlin, en y mettant en œuvre une politique néolibérale.

Jakob Schäfer, membre de l’ISO (Organisation socialiste internationale)

Vendredi 14 septembre 2018

https://npa2009.org/

Lire aussi:

L’accueil des réfugiés, cette question qui met l’Europe (forteresse) en crise (Révolution Permanente)

Mélenchon désavoue son porte-parole, et ses propos sur l’immigration (Le Monde)

Asile et migrations: lettre à un ami du PTB (Le Vif.be)

France Insoumise: une crise à la croisée des chemins bruns (Anti-K)

Ian Brossat répond aux Insoumis : Je suis affligé de voir certains flancher sur la question de l’immigration (JDD)

Entre Insoumis et communistes, les querelles sur l’immigration s’invitent à la Fête de l’Huma (JDD)

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13 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

jeux dangereux (politis)

Bretagnen Antifasciste

Jeux dangereux

Nous devrions être vaccinés contre cette mortelle illusion qui consiste à emprunter tout ou partie du discours de l’extrême droite pour la combattre.

On a beau se dire que ces gens sont ultra minoritaires et que c’est pire en Grèce avec Aube dorée ; on a beau se répéter que l’Allemagne en 2018, ce n’est pas ça, on n’échappe pas aux douloureuses résonances de l’histoire. Ces vociférations néo-nazies dans les rues de villes allemandes font un bruit assourdissant. Comment en est-on arrivé là dans un pays qui a pour-tant accompli mieux que la France ce qu’on appelle, avec parfois une certaine emphase, un « devoir de mémoire » ? La vraie question n’est pas de l’existence de ces groupuscules, qui n’ont jamais disparu, mais de leur arrogance aujourd’hui publique.

À Köthen, comme à Chemnitz, ils se sont livrés à ce qui ressemble à des débuts de pogroms, appliquant cette « loi » effroyable du bouc émissaire quand toute une population est tenue pour responsable du crime d’un seul. Des migrants ont été traqués et frappés en raison de leur apparence. Pour trouver une explication, ce n’est pas tant le passé qu’il faut interroger que l’état actuel d’une Europe désespérante d’inégalités. Si ces gens osent aujourd’hui passer à l’acte et invoquer les mânes d’Hitler, c’est aussi que s’est formée à partir de cet embryon de folie une chaîne de complaisances, et de complicités, jusqu’aux plus hauts sommets de l’État. Un continuum qui va du mouvement d’extrême droite AfD, les amis de Madame Le Pen, jusqu’au ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, lui-même.

Certes, ce dirigeant de la CSU, pièce maîtresse de la coalition d’Angela Merkel, n’est pas un néo-nazi, mais en approuvant les manifestations, il légitime ces mouvements.

En affirmant que « l’immigration est la mère de tous les problèmes », il prétend hypocritement « contenir » la percée de l’AfD. En vérité, il espère transférer les peurs et les frustrations socia-les sur le terrain de la xénophobie, et dissimuler les causes profondes du malaise : le chômage et la détresse sociale. Ce n’est plus le résultat de la politique de la coalition dont il est un pilier, mais la faute des migrants. Mais laissons là Seehofer.

Car l’idée selon laquelle il faudrait aller sur les thématiques de l’extrême droite pour « contenir » ses avancées se répand, hélas, jusqu’à la gauche radicale.

Avec d’autres motivations, bien sûr, c’est le calcul inquiétant de l’une des figures de proue de Die Linke, Sahra Wagenknecht, qui vient de fonder un mouvement antimigrants en dénonçant « la bonne conscience » de la gauche.

En France, l’étrange conseiller de Jean-Luc Mélenchon, Djordje Kuzmanovic, a défendu sur le site de L’Obs une thèse similaire, en tentant, gauche oblige, de la couvrir d’un vernis «marxiste». Il a d’ailleurs reçu, et sans doute mérité, l’hommage de Valeurs actuelles. Pour lui, l’immigration massive répondrait aux vœux d’un patronat avide de posséder une main-d’œuvre à vil prix. Mélenchon lui-même s’était hasardé quelques jours auparavant dans cette voie qui relève de la vulgate marxiste. On ne sache pas que le Medef, et ses amis politiques, Macron et Wauquiez, soient d’ardents partisans de l’immigration… Pas davantage qu’avant eux Manuel Valls ou François Fillon.

Ce sont aujourd’hui les délocalisations

Et la sous-traitance dans les pays à faible niveau social qui permettent aux patrons d’exacerber la concurrence aux dépens des travailleurs français. Mais, à ce débat, l’historien Roger Martelli a apporté une réponse convaincante, remplaçant la vulgate marxiste par le marxisme lui-même. Plus largement, la question qui transparaît ici est celle de la stratégie électorale. Ce sont des jeux dangereux. Nous devrions être vaccinés contre cette mortelle illusion qui consiste à emprunter tout ou partie du discours de l’extrême droite pour la combattre. C’est au contraire un terrible facteur de confusion et de désarroi. Tenir le discours de l’adversaire pour capter son électorat, on connaît. C’est ce même raisonnement qui a conduit la social-démocratie, au nom du réalisme, à reprendre à son compte les dogmes budgétaires de la droite.

Dans son dernier ouvrage, Pierre Rosanvallon tire un juste et sévère bilan de ce froid « réalisme » (lire l’article d’Olivier Doubre, ici). La gauche a opéré le tournant de l’orthodoxie budgétaire en 1982-83 pour convaincre la droite qu’elle savait « gérer » aussi bien qu’elle. En 1997, elle a pris le tournant sécuritaire avec le même alibi. C’est ainsi que de petits pas en petits pas, elle a laissé son âme. Nous avons encore, à gauche, quelques mouvements qui ont une âme. Elle est précieuse. Sauvons-là !

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13 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

causeur (médiapart)

militarisme1

L’école d’antan servait surtout à former de futurs soldats!

La présidente du CSP fait sa rentrée à l’extrême-droite

C’est à Causeur que Souad Ayada a choisi de confier sa philosophie sur la réforme du lycée et plus généralement sur l’état de l’école en France, son « rêve », dit-elle. Face aux questions décomplexées de Causeur, les réponses de la présidente du CSP (Conseil supérieur des programmes) sont tout autant décomplexées et le rêve tourne au cauchemar.

Une parenthèse autobiographique, une réussite qui a permis « d’échapper aux déterminismes sociaux », lui donne l’occasion de désigner l’adversaire : « les politiques cyniques et les élites intellectuelles gagnées à la déconstruction dans ce processus d’épuisement de notre modèle scolaire ».

Car la chose est entendue : en écho au porte-parole du gouvernement qui assimile les ensei-gnants à des « criminels », Souad Ayada désigne également les coupables, ses coupables : avec une hargne toute brighellienne, elle s’emporte contre « l’influence considérable des constructivistes, de ceux qui défendent l’idée que l’élève construit ses savoirs et que le maître n’est donc pas le tenant d’un savoir qu’il transmet ».

Docteure en philosophie et inspectrice générale de l’EN, son éloignement manifeste des salles de classe et sa méconnaissance des réalités du terrain lui permettent d’aligner les poncifs comme des perles ; ainsi sur « l’inflation des métadiscours, par exemple ceux qui affirment la nécessité d’apprendre à apprendre, de comprendre et de critiquer avant d’apprendre quoi que ce soit. »

Dit autrement, pour la présidente du CSP, apprendre sans comprendre est la finalité première de l’école.

Nullement déconcertée, encore moins choquée par les questions scabreuses et caricaturales posées par les intervieweurs (les « discours pédago-youplaboum »…) Souad Ayada affiche clairement sa vision profondément réactionnaire de l’école, de l’éducation, de la société (dont « l’affaissement intellectuel et culturel » l’afflige) et sa nostalgie pour l’époque où, dit-elle, les professeurs de lycée parisiens « pouvaient vivre boulevard Raspail »… époque bénie, certes, où les études secondaires, payantes, étaient réservées aux seuls milieux favorisés par la naissance.

Mais chez Causeur, les fondamentaux font rapidement surface

La critique de l’école est surtout l’occasion de relancer la question identitaire, une question qui ne déstabilise nullement la présidente du CSP, aventurée dans des terres qui outrepassent sérieusement le cadre de sa fonction. Comme la chose était prévisible, c’est l’enseignement de l’histoire qui lance le signal du dérapage : pour Ayada, « l’enseignement de l’histoire doit aujourd’hui, plus que jamais, promouvoir le sentiment d’appartenir à la nation. »

Un enseignement, précise-t-elle basée sur « les dates et les acteurs de l’histoire », qu’elle confond d’ailleurs avec les repères chronologiques. Dérivant vers une conception mystique et biologique de la vie en société, elle dénonce la « haine de la France » perceptible dans « une partie des élites et des médias », une société qui ne peut se construire sans « relation charnelle à un pays et à une histoire ».

Relation charnelle ?

Cette représentation quasi religieuse et bien peu rationnelle de la citoyenneté prend sens dans la finalité ultime attribuée à l’école qui, pour Ayada doit « redevenir un lieu désintéressé et rétif aux pressions sociales de tous ordres », autrement dit une école à l’écart du monde, de la contestation, des conflits, une école où chacun apprend à rester à une place définie à l’avance par un ordre politique et social jamais remis en cause ni même interrogé.  Ou par la divine providence…

Pas davantage sur ce point que sur les autres, la présidente du CSP ne sera en conflit avec son ministre de tutelle, rejoignant les « évidences » plusieurs fois exprimées par ce dernier sur l’enseignement de l’histoire : « La question de l’amour de notre pays est absolument fonda-mentale. Elle est à la base de tout […] Il faut aimer son pays comme on doit aimer sa famille, ses camarades. Il faut, surtout quand on est petit, avoir un récit chronologique permettant de se repérer. Ça paraît une évidence » (Blanquer, 19/05/2017).

Souad Ayada peut bien mettre en avant la recherche de la « vérité historique », l’exigence de rigueur scientifique

En réalité, chez elle comme chez Blanquer, comme chez tous les tenants du roman national, la rationalité s’arrête à la porte de l’enseignement de l’histoire, un enseignement réduit à une fonction étroitement normative : assigner dès l’enfance à chaque individu une identité arbitrai-re, complètement artificielle, censée conditionner son comportement futur.

De cette assignation nationale forcée au rejet de l’autre, il n’y a qu’un pas, que Souad Ayada franchit sans état d’âme dans une charge virulente contre l’immigration, dénonçant « l’éloge béat de la différence » et le « mépris de soi quand on n’exige pas le respect, la connaissance et la reconnaissance des principes et des valeurs qui font la nation française. »

Dans cet entretien à Causeur, Souad Ayada reprend à son compte tous les éléments de la dialectique caractéristique de l’extrême-droite 

Une lecture raciste/racialiste de la question scolaire conduit de la détestation de la pédagogie au refus de l’immigration par l’intermédiaire d’une obsession identitaire ouvertement revendi-quée. Or, c’est à Souad Ayada, en tant que présidente du CSP, que la loi d’orientation (2013) a confié la charge de présenter au ministre de l’EN des avis et des propositions sur « la concep-tion générale des enseignements dispensés aux élèves », autrement dit d’inspirer la politique éducative de la France pour les prochaines années.

Ce n’est pas un hasard, mais le choix délibéré d’un ministre, qui a conduit Souad Ayada à la tête d’un organisme qu’elle met « au service du ministère et articulé à une volonté politique. » Et ce n’est pas non plus un hasard si cette volonté politique fait régulièrement l’objet des commentaires les plus flatteurs venus de la mouvance d’extrême-droite : « Jean-Michel Blanquer reprend à son compte nos idées sur l’école. Je ne peux que m’en féliciter. C’est une victoire idéologique pour nous, et une défaite des pédagogistes, qui ont fait tant de mal au pays ! » (Marine Le Pen dans le cadre du forum Ecole et Nation, 08/12/2017)

10 sept. 2018 B. Girard

https://blogs.mediapart.fr/

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13 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

oxfam (regards)

Manon Aubry : « Le gouvernement ne s’attaque pas du tout aux paradis fiscaux »

Loi PACTE, évasion fiscale, géants du numérique (les GAFAN), pauvreté, inégalités. On fait le point avec Manon Aubry, porte-parole d’Oxfam France, qui était l’invitée de La Midinale.

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13 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

suède (à l’encontre)

sweden

Jeunes du Parti de Gauche

Suède. Deux revers d’importance

Le résultat des élections législatives suédoises du 9 septembre 2018 confirme une tendance européenne générale: un populisme de droite en hausse et une social-démocratie affaiblie.

L’image traditionnelle de la Suède en tant que patrie d’un Etat-providence social-démocrate progressiste s’est estompée depuis plusieurs décennies. Au moins depuis les crises profondes de l’économie suédoise au début des années 1990, le parti social-démocrate [1] a accepté les grandes lignes d’une politique économique néolibérale incluant des dérégulations et des privatisations du secteur public.

Dans le même temps, l’organisation du parti, autrefois si impressionnante, a été fortement affaiblie.

Le SAP a perdu 2/3 de ses membres au cours des deux dernières décennies et la Confédé-ration syndicale des ouvriers (LO), étroitement affiliée au parti, a vu ses effectifs réduits de ¼ au cours des dix dernières années. Le parti, qui, au cours de 85 ans, n’avait été absent du pouvoir que durant neuf ans, a perdu le pouvoir au profit d’un gouvernement de droite en 2006. Au cours des huit années qui ont suivi, ce gouvernement de droite a accéléré le démantèlement du secteur public en multipliant les privatisations et les réductions d’impôt.

Lorsque les sociaux-démocrates sont revenus au pouvoir en 2014, ils l’ont fait à partir d’une position extrêmement affaiblie.

Le parti, qui remporta pendant longtemps environ 45% des voix, vient alors d’atteindre le seuil de 31%. Au pouvoir avec son parti allié, le Parti Vert [qui obtint 6,89% des suffrages] et avec le soutien parlementaire du Parti de gauche [qui rassembla 5,72% des voix], le gouvernement était encore minoritaire. Et il n’avait ni l’ambition ni le pouvoir de changer fondamentalement la politique du gouvernement sortant.

Le résultat le plus spectaculaire des élections de 2014 a été la montée des Démocrates de Suède, les populistes de droite.

Ils ont réussi à plus que doubler leurs voix, en atteignant 12,86% [par rapport aux 5,7% de 2010], ce qui impliquait qu’aucun des blocs politiques traditionnels n’a été en mesure de former une majorité.

• Contrairement à ses partis jumeaux au Danemark [Dansk Folkeparti – Parti populaire danois] et en Norvège [Parti du Progrès], le parti des Démocrates de Suède plonge ses racines dans des organisations ouvertement racistes et pro-nazies. Depuis la fin des années 1990, une nouvelle génération de jeunes dirigeants a réussi à mettre sur pied une organisation partisane efficace, à partir de quelques bastions locaux dans le sud de la Suède. La xénophobie et l’orientation anti-immigration furent la principale plate-forme idéologique du parti et la principale raison pour laquelle il a pu gagner des électeurs.

Avec une influence parlementaire croissante, ce parti s’est efforcé de minimiser sa rhétorique la plus ouvertement raciste, expulsant même certains de ses représentants les plus zélés. Récemment, le parti a aussi essayé de mettre l’accent sur ses traits nationaux-conservateurs, s’approchant de courants similaires en Pologne et en Hongrie. Leur politique économique et sociale est proche de celle du parti conservateur [qui porte le nom de Modérés].

Pendant longtemps, il y a eu un accord de facto entre les partis traditionnels au parlement afin d’essayer d’isoler les Démocrates de Suède et de s’abstenir de négocier avec eux. C’est la raison pour laquelle les partis de droite ont accepté la coalition rouge-verte en 2014.

• L’énorme vague de réfugié·e·s en 2014 et 2015 – respectivement 80 000 et 160 000 sont arrivés en Suède – a changé la situation politique presque en une nuit. Jusqu’en octobre 2015, il y avait un large consensus sur le fait que les Suédois étaient prêts à «ouvrir leur cœur», pour citer l’ancien chef du parti conservateur Fredrik Reinfeldt.

Au départ, seuls les Démocrates de Suède ont critiqué l’immigration massive.

Lorsque le parti a commencé à se développer et que les lacunes dans l’organisation de l’accueil des réfugié·e·s sont devenues évidentes, la plupart des principaux partis, y compris la social-démocratie, ont accepté de mettre un point d’arrêt à cette pratique et d’adapter la politi-que suédoise d’immigration aux critères minimums de l’UE. Ce changement n’était pas seule-ment une adaptation formelle, il s’accompagnait d’une montée des sentiments anti-immigrés, d’une agitation anti-musulmane et d’exigences pour une législation plus sévère dirigée contre ce qui était prétendu être des crimes liés aux immigrants, y compris de la part des partis traditionnels, dont les sociaux-démocrates au gouvernement.

Il est évident que l’une des raisons de cette évolution réside dans la manière dont ont réagi les sociaux-démocrates et les conservateurs face aux Démo-crates de Suède.

Comme on pouvait s’y attendre de l’expérience d’autres pays, leur revirement de tactique n’a pas fonctionné. Les Démocrates de Suède ont continué à se développer aux dépens de ces deux partis, en particulier.

• Le résultat de l’élection de septembre 2018 confirme cette conclusion.

Les sociaux-démocrates sont tombés à 28,4% [moins 2,8%], leur résultat le plus bas depuis leur victoire électorale obtenue en 1921 [avec 36,2% des suffrages]. Les conservateurs [Modérés] ont perdu encore plus, soit 3,5%. Et les Démocrates de Suède ont gagné près de 5%, atteignant les 17,5%.

Un autre résultat intéressant de ces élections réside dans le résultat obtenu par le Parti de gauche qui a gagné 2,2% pour obtenir 7,9%.

Ce parti a fait une bonne campagne et a réussi à mobiliser un nombre impressionnant de jeunes. Les Verts, en revanche, ont payé un lourd tribut pour leur coalition avec les sociaux-démocrates. Ils ont perdu un tiers de leurs voix par rapport à 2014. Ils étaient proches, avec 4,3%, de ne pas atteindre le quorum fixé à 4% pour disposer d’une représentation parlementaire.

Cette tendance a été encore plus forte dans les grandes villes; les élections nationales régionales et locales ont lieu en même temps en Suède. Avant les élections, l’alliance rouge-verte détenait la majorité à Stockholm, Göteborg et Malmö. Les gains du Parti de Gauche n’ont pas pu compenser les grosses pertes des Verts.

Même si les Démocrates de Suède sont nettement plus faibles à Stockholm et à Göteborg en particulier – avec seulement 8% des voix – ils peuvent empêcher une majorité du bloc de gauche et du bloc de droite.  Dans une perspective européenne, le résultat des élections n’est peut-être pas étonnant. La Suède s’adapte à une tendance internationale.

• Cependant, dans le contexte suédois, il s’agit d’une situation nouvelle et le résultat est un sérieux revers à plusieurs égards.

Deux d’entre eux méritent d’être mentionnés ici. Le premier réside dans la menace d’une réelle influence des Démocrates de Suède sur la politique quotidienne du gouvernement. Il y a actuellement une impasse entre les deux blocs politiques traditionnels et les Démocrates de Suède pourraient décider de qui sera le prochain Premier ministre.

La ligne de démarcation qui existait jusqu’à présent entre les partis politiques traditionnels et le populisme xénophobe de droite extrême n’existe plus. Il est évident que les conservateurs sont prêts à entamer des négociations formelles ou informelles avec les Démocrates de Suède afin de pouvoir former un gouvernement de droite. L’expérience danoise démontre à quel point les conséquences peuvent être désastreuses dès lors que de telles formations peuvent fixer l’agenda politique.

Le second est lié à la gauche et à la classe ouvrière.

Il est vrai que le Parti de gauche – les anciens communistes (PC) – a obtenu des gains substantiels – de 5,7 à 7,9% – et surtout a pu mener une campagne électorale étonnante auprès des jeunes. Cependant, la gauche n’a jamais été aussi faible qu’aujourd’hui, en réunis-sant 35% environ de l’électorat. Et la majorité de la classe ouvrière ne vote plus à gauche. Il y a 30 ans, 80% de la classe ouvrière votaient pour les sociaux-démocrates (et 10% pour les communistes). En 2014, 50% des membres de LO ont encore voté pour les sociaux-démo-crates. En 2018, seuls 37% d’entre eux ont voté ces derniers (et 10% pour le Parti de gauche).

Il est évident que la principale raison pour laquelle les sociaux-démocrates ont perdu leur forte position au sein de la classe ouvrière est qu’ils ont abdiqué face à ce qui était autrefois leur principale force: la défense d’un Etat-providence fondé sur l’égalité et la solidarité.

Rien n’indique qu’ils ont tiré un enseignement quelconque de cette leçon.

La principale ambition de la direction du parti pour résoudre la conjoncture politique présente est d’essayer de former une coalition avec les partis bourgeois, ce qui supposerait un nouvel affaiblissement de l’Etat-providence et des attaques renouvelées contre les droits de la classe ouvrière. (Article reçu de l’auteur le 12 septembre 2018; traduction A l’Encontre)

Kjell Östberg est professeur d’histoire contemporaine à l’Université Södertörn, à Stockholm. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur la vie sociale et le mouvement ouvrier en Suède, entre autres deux ouvrages consacrés à Olof Palme dont on pourrait traduire le titre ainsi, pour le premier: En syntonie avec son temps: Olof Palme (1927-1969),  et pour le deuxième: Quand le vent a tourné: Olof Palme (1969-1986), publiés par les éditions Léopard förlag, en 2008 et en 2010

[1] Parti socialdémocrate suédois des travailleurs; en suédois: Sveriges Socialdemokratiska Arbetareparti, SAP.

12 septembre  2018 Kjell Östberg

http://alencontre.org/

Lire aussi:

Suède : l’échec de la social-démocratie et l’absence d’alternative sont responsables de la montée de l’extrême-droite (Tendance Claire)

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13 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

9 octobre (lutte ouvrière + npa)

greve g

9 octobre : dans la rue contre la politique des patrons !

En représentant dévoué du patronat, le gouvernement Macron multiplie les attaques contre le monde du travail.

Les dizaines de milliers de suppressions de postes de fonctionnaires annoncées s’ajoutent à la suppression des contrats aidés. Elles pèsent sur la situation dans les quartiers populaires, où des services utiles sont contraints de réduire ou de cesser leur activité et où le poids du chômage pèse d’autant plus lourd.

Le blocage des augmentations des pensions fait encore reculer le niveau de vie des retraités. Celui des allocations familiales et des aides au logement diminue le budget des familles.

Et le gouvernement, en multipliant les propos sur les chômeurs qu’il « faut inciter à l’emploi », sur les arrêts maladie qui coûtent trop cher et les économies à faire sur les budgets de l’État, annonce les prochains coups.

Avec la réforme du Code du travail, le gouvernement Macron a augmenté les possibilités du patronat d’imposer encore plus facilement ses conditions aux travailleurs.

Parallèlement, en continuant de faire les poches des classes populaires, il récupère des milliards pour remplir celles des riches.

Le gouvernement mène la charge sur tous les fronts pour le compte de la classe riche. Face à cela les travailleurs n’ont pas d’autre choix que de riposter à la hauteur de l’attaque, le plus nombreux possible, actifs ou chômeurs, jeunes ou retraités.

greve-interpro-9octobre2018-et-manif-lille

À l’appel d’organisations syndicales de salariés:

CGT, UD FO, SUD, les syndicats étudiants et lycéens UNEF et UNL, une journée interpro-fessionnelle de grève et de manifestations est organisée mardi 9 octobre.

Il faut qu’elle soit l’occasion d’exprimer le plus fort possible la colère du monde du travail.

Nadia CANTALE 12 Septembre 2018
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Lire aussi:
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13 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

gauche (lutte ouvrière + regards + libération + le parisien + jdd + anti-k)

 union

Recomposition à gauche ? Merci, on a déjà donné

Des représentants de presque toutes les chapelles de la gauche gouverne-mentale se sont retrouvés à Marseille, dimanche 9 septembre.

L’occasion leur en était donnée par l’un d’entre eux, Emmanuel Maurel, frondeur resté au PS après les débâcles électorales de 2017.

Constatant que la reconstruction du PS serait une tâche digne de Sisyphe, Maurel tente d’élargir son audience et invite largement.

Chacun y est donc allé de son couplet sur « l’unité nécessaire ». Jean-Luc Mélenchon a fait un appel direct à la gauche du PS qui n’y a pas été insensible, semble-t-il. L’Humanité, le quotidien du PCF, note avec satisfaction que « la recomposition va bon train ».

Mais, si les mots ont un sens, cette recomposition ne pourrait être qu’une nouvelle mouture de l’union de la gauche, telle qu’elle a gouverné sous Mitterrand ou sous Jospin.

Bien entendu, les uns et les autres préfèrent oublier l’épisode Hollande, qu’ils ont pourtant tous porté sur les fonts baptismaux. Mais en quoi les travailleurs auraient-ils intérêt à repartir pour une expérience de ce genre, dans laquelle les promesses des politiciens de gauche ont débouché sur une politique semblable à celle des gouvernements de droite ?

Les différents partis de gauche ne proposent même pas, ce qui serait pourtant un minimum, de revenir sur les réformes anti-ouvrières de Macron, pas plus d’ailleurs que sur celles de Hollande.

Ils se contentent de discours creux sur la République, les services publics, la répartition des richesses, la transition écologique, mille fois entendus et jamais suivis d’effets lorsque les orateurs deviennent ministres.

Arrivés au gouvernement, leurs prédécesseurs à la tête de la gauche se sont inclinés et ont fait la politique exigée par le grand patronat.

Cela a entraîné une démoralisation des travailleurs, une hémorragie de militants, un affaiblis-sement des organisations ouvrières. En quoi la « recomposition » en cours, si elle se confirme, devrait-elle être différente ? La volonté de ses dirigeants de gérer les affaires des capitalistes ne peut qu’entraîner la trahison des intérêts ouvriers.

Pire encore, alors que l’extrême droite nationaliste et xénophobe se sent le vent en poupe, des politiciens de gauche reprennent une partie de son répertoire.

Et de se gargariser des frontières, du protectionnisme, du drapeau, des missions de l’armée et de son budget. C’est autour de bien d’autres idées que les travailleurs peuvent retrouver des perspectives.

Face au capitalisme en crise ils doivent reprendre confiance dans leurs propres forces, dans leurs luttes, dans leur capacité à changer cette société.

Paul GALOIS 12 Septembre 2018
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12 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

lutte ouvrière (npa)

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Élections européennes : la discussion avec Lutte ouvrière sera longue

Cette année, Lutte ouvrière a enfin accepté de débattre à notre université d’été.

Le NPA a proposé des listes communes aux élections européennes de 2019 à LO, ainsi qu’aux militantEs que nous avons rencontrés dans les luttes ces derniers mois. La discussion s’annonce difficile…

Nous sommes intervenus sur diverses thématiques :

Les enjeux de cette élection par rapport à la lutte contre le gouvernement, les axes que nous voulons aborder, en particulier la défense des migrantEs, la nécessité d’une rupture internatio-naliste avec les institutions européennes et la construction d’un parti des exploitéEs. Les cama-rades de LO ont répondu essentiellement sur le positionnement par rapport à l’Europe et sur la question des migrantEs.

Rompre avec le capitalisme mais pas avec l’UE ?

Concernant l’Union européenne, les camarades nous ont accusés de nous positionner pour « trouver l’oreille de tous ceux qui nagent dans le courant protectionniste ». Pour eux, le problè-me est le capitalisme, au sein duquel s’expriment des contradictions que l’on peut identifier mais sur lesquelles on ne pourrait pas peser. Les camarades ont certes abandonné la formule selon laquelle l’UE ne serait qu’une « diversion » et sont d’accord pour dénoncer l’Europe capitaliste mais, de fait, ils en font une question très secondaire dans la campagne.

Ce faisant, nous estimons qu’ils ne comprennent pas les points clés :

Les puissances dominantes que sont la France et l’Allemagne utilisent l’UE comme une machine de guerre à l’intérieur comme à l’extérieur de leurs frontières. Dès lors, notre devoir est de faire tomber cet outil de notre impérialisme pour construire une Europe des travailleurEs et des peuples, avant que l’extrême droite ne le fasse au profit de régimes ultra autoritaires.

MigrantEs : pas qu’une question de solidarité !

Nous avons été choqués par les propos des camarades de LO sur les migrantEs. Ils ont défendu la liberté de circulation et d’installation, dénoncé la politique du gouvernement, mais ont aussi sérieusement ripé en nous expliquant qu’on ne pouvait pas défendre ces positions devant des salariéEs en lutte pour leur emploi : « Qu’est-ce que vous dites à une caissière de supermarché qui va se faire licencier ? Que dans le camp de migrantEs les gens vivent mal ? » Cette fois, ce sont bien les camarades de LO qui prêtent l’oreille aux préjugés racistes.

On a encore entendu : « Par rapport au problème des migrants, qu’est-ce que vous pouvez faire d’autre qu’exprimer votre solidarité tant qu’on n’aura pas foutu en l’air cette société. Je préfère passer mon temps à discuter avec tous les travailleurs [de la foutre en l’air] » Cette fois, on est face à deux problèmes : le refus de mettre au premier plan des revendications immé-diates ou transitoires pour les migrantEs… et un découpage incroyable entre les migrantEs et les travailleurEs… alors que les migrantEs font partie intégrante de la classe ouvrière !

Pour nous, cette question est capitale car c’est un élément clé de la crise européenne globale. Elle déstabilise les États nationaux. Nous pouvons aussi y voir la réalité de la politique de Macron et de certaines organisations de « gauche ».

Listes communes ?

Nous sommes favorables à des listes communes de nos organisations, mais à condition que le contenu défendu par ces listes réponde aux enjeux de la période, contre Macron, l’UE et pour les migrantEs. D’autant que deux problèmes supplémentaires se posent : devrions-nous réali-ser une campagne propagandiste pour le communisme ou faut-il, comme nous le pensons, partir de préoccupations concrètes pour amener à une remise en cause du capitalisme ? Et nous ne savons pas, à l’heure actuelle, si LO envisage la possibilité de listes communes ou si elle ne fait actuellement que polémiquer sans en faire une possibilité réelle.

Les discussions s’annoncent donc difficiles, même si nous venons de relancer LO pour les poursuivre rapidement au mois de septembre.

Antoine Larrache et Joséphine Simplon  Lundi 10 septembre 2018

https://npa2009.org/

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