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16 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

lfi ( jdd )

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La France insoumise planche sur une nouvelle marche contre la vie chère et la réforme des retraites

Un mois après sa « marche contre la vie chère », La France insoumise consulte ses partenaires pour une nouvelle mobilisation en janvier.

Après les résultats mitigés de sa première marche contre la vie chère fin novembre, La France insoumise en avait bien envisagé une seconde. Mais devant le peu d’enthousiasme dans les rangs de la Nupes et la méfiance du monde syndical, le mouvement mélenchoniste avait rangé son idée dans les cartons .

Le contexte de cette fin d’année et surtout, les réformes annoncées pour le début de la suivante la poussent à remettre l’ouvrage sur le métier. Un cadre de LFI énumère les facteurs qui pourraient créer l’étincelle : fin de la ristourne sur les carburants, augmentation de 15 % des prix du gaz en janvier et de l’électricité en février, sans compter la réforme des retraites dont l’atterrissage en Conseil des ministres est prévue en tout début d’année.

Un point d’étape en début de semaine prochaine

« Il faut une initiative en janvier. Et il faut très vite que l’on installe cette échéance », détaille le député Insoumis Manuel Bompard, qui gère officieusement la boutique depuis la mise en retrait de l’ancien coordinateur du mouvement Adrien Quatennens.

Encore faut-il définir les modalités et les participants à une seconde marche au mot d’ordre plus large – mais plus consensuel – que la première. Selon nos informations, des réunions auront lieu dans les prochains jours pour jauger les troupes prêtes à repartir dans la rue.

Jeudi, les organisateurs de la première marche (LFI, PS, EELV mais aussi le NPA et plusieurs associations et syndicats) prendront la température du côté des confédérations syndicales. Le noyau de l’organisation de la première édition refera un point en début de semaine prochaine. Avec un objectif : une annonce avant les fêtes de Noël pour faire monter la pression sur le gouvernement.

 Juliette Droz 16/11/2022

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16 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

israël (l’étincelle-courrier)

Palestinian_refugees

La naqba, la fuite devant l’armée israëlienne

Élections législatives en Israël : quasi-disparition de la gauche, renforcement de l’extrême droite

Deux traits saillants ont marqué les élections législatives israéliennes qui se sont déroulées au début de ce mois.

D’abord, la quasi-disparition de l’échiquier politique de la gauche sioniste qui n’a plus que quatre sièges au Parlement, la Knesset, sur un total de 120. Ensuite, la forte poussée d’une extrême droite religieuse, raciste à l’égard des Arabes et des non-juifs, homophobe et expansionniste, dont le leader, Itamar Ben Gvir, rêve de débarrasser la Palestine de tous les Arabes qui seraient envoyés en Jordanie. Les deux phénomènes sont d’ailleurs étroitement liés.

La gauche sioniste, creuset de l’État sioniste

Il faut d’abord rappeler que la gauche israélienne – sous ses variantes travailliste et socialiste – a toujours proclamé son sionisme à tout crin, c’est-à-dire son nationalisme juif. Avant même la proclamation officielle de l’État d’Israël, en 1948, elle avait mis en place pas à pas une structure étatique avec une force armée, la Haganah, et ses commandos d’élite, le Palmach, des coopératives ouvrières, des colonies collectivistes (kibboutz), des villages coopératifs (moshav), une centrale syndicale (la Histadrout), une sécurité sociale, des organisations culturelles et sportives, etc.

De plus elle contrôlait l’essentiel des municipalités juives. Ce qui incita dans les années 1950 et 1960 une partie de la gauche européenne et nord-américaine à parler à ce propos, et un peu vite, de « socialisme israélien ». Et lorsque l’État sioniste est né, les travaillistes se sont retrouvés naturellement aux postes clés du pouvoir, depuis les dirigeants du gouvernement (Ben Gourion, Golda Meir) jusqu’à ceux de l’armée (Moshe Dayan, Itzhak Rabin), en passant par la police, la justice, voire régulièrement la présidence de l’État (Ben-Zvi, Shazar, Herzog), etc.

Mais dès l’origine, le ver était dans le fruit. En s’affirmant sioniste, cette gauche désignait peu ou prou comme adversaire la population arabe, supposée occuper indûment la terre de ses ancêtres. Et nombre de kibboutz et de moshavs furent érigés sur des terres d’où avaient été chassés les fellahs palestiniens. De même il fallut une lutte de longue haleine pour faire accepter les travailleurs palestiniens au sein de la Histadrout, réservée à l’origine aux seuls travailleurs juifs et qui interdisait aux entreprises dirigées par des juifs d’employer des salariés arabes.

C’est cette même gauche sioniste qui était à la tête du pays lors des différentes guerres israélo-arabes et de l’occupation de la Cisjordanie, de Gaza et de Jérusalem-Est en 1967. Et là encore, elle continua la même politique nationaliste et expansionniste, toujours au nom de la préser-vation de « la Terre d’Israël ». Tout comme elle couvrit toutes les exactions de l’armée, qu’elle présentait comme « la plus morale » au monde, et accusait « d’antisémitisme » et de « négation de l’Holocauste » ceux qui critiquaient sur sa gauche cette politique colonialiste.

Le tournant des années 1970

Mais peu à peu s’est développée dans le pays une bourgeoisie qui a trouvé de plus en plus pesante la tutelle des travaillistes qui lui avaient pourtant mis le pied à l’étrier. Elle ne cachait pas son admiration pour les politiques économiques ultra-libérales de Reagan et de Thatcher.

Après quelques tâtonnements, elle fit sienne l’idéologie du « sionisme révisionniste », une tendance qui, avant la Seconde Guerre mondiale, flirtait avec Mussolini et les régimes dictatoriaux du genre de l’Espagne franquiste, mettait en avant son goût marqué pour des actions terroristes contre la population arabe et son opposition viscérale à tous ceux qui, de près ou de loin, se réclamaient de la gauche et du socialisme.

Elle s’opposait à tout étatisme économique et jugeait la gauche trop molle à l’égard des Pales-tiniens. Elle trouva une oreille attentive parmi certains Juifs orientaux, c’est-à-dire ceux originai-res du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, généralement très conservateurs, qui s’estimaient lésés par les « élites » travaillistes, en général venues d’Europe, qui occupaient le haut du panier.

C’est en s’appuyant principalement sur eux que fut fondé le Likoud, parti dirigé d’abord par Menahem Begin, puis plus tard par Benyamin Netanyahou, le type même du politicien affairiste impliqué dans nombre de scandales financiers. Begin, dont le parti avant remporté les élections, fut Premier ministre de juin 1977 à octobre 1983. C’est lui qui, en 1978, signa les accords de paix avec le président égyptien Anouar el-Sadate.

Une alternance qui penche de plus en plus à droite

À partir de ce moment, gauche et droite sionistes vont alterner au gouvernement. Le dernier grand succès des travaillistes date de 1992, lorsque qu’avec le petit parti socialiste Meretz ils totalisèrent plus de 44 % des voix. Une victoire qui n’eut pas de suite et qui fut marquée par l’assassinat du Premier ministre, Yitzhak Rabin, en 1995, par un extrémiste juif mécontent des accords d’Oslo qui avaient été signés avec l’Autorité palestinienne.

Depuis lors, la droite et l’extrême droite n’ont cessé de se renforcer. Même le dernier gouverne-ment israélien, celui de Yaïr Lapid, qualifié de « centriste » par les observateurs, faisait une large place dans ses rangs à des formations de droite, certaines proches des colons.

Formé sous la bannière de « tout sauf Netanyahou », ce gouvernement a continué une répres-sion féroce contre les Palestiniens, fait évacuer des villages entiers pour laisser la place à des colons juifs ou à l’armée et multiplié les assassinats ciblés. Aujourd’hui il est remplacé par une bande de politiciens véreux, de fanatiques religieux et de fascistes juifs qui veulent encore aller plus loin dans cette voie et affirment pouvoir faire mieux que lui.

La fin des « deux États » ?

Beaucoup de commentateurs se sont lamentés sur le fait que le résultat de ces élections signifiait dans les faits la fin du concept des « deux États », l’un juif, l’autre arabe, vivant côte à côte en bonne harmonie. Mais ce concept a surtout servi aux différents gouvernements israéliens, de gauche comme de droite, à gagner du temps pour repousser les négociations aux calendes grecques tout en continuant sans vergogne la colonisation et les expropriations.

Il a aussi été utilisé comme cache sexe par les « amis d’Israël », au sein de l’Union européenne et aux États-Unis, pour ne jamais condamner clairement l’occupation israélienne sous prétexte de préserver l’avenir d’hypothétiques négociations.

Construire une gauche révolutionnaire et internationaliste

Aujourd’hui la gauche israélienne n’existe pratiquement plus. La plupart des militants sincère-ment pacifistes et anti-occupation ont déserté la sphère politique pour demeurer actifs au sein des organisations non gouvernementales d’aide et de soutien aux Palestiniens. Des ONG qui sont parfois devenues la bête noire des autorités.

Pourtant, un jour ou l’autre, il faudra bien construire une gauche nouvelle, profondément anti-raciste, internationaliste et révolutionnaire, non seulement opposée à l’occupation et au statut de seconde zone dans lequel sont cantonnés les Arabes israéliens, mais soutenant pleinement le droit des Palestiniens à disposer d’eux-mêmes et le droit au retour des réfugiés chassés de leurs terres au cours des différents conflits.

Jean Liévin 14 novembre 2022

https://www.convergencesrevolutionnaires.org/

Lire aussi:

La perte des kibboutz précipite la chute de la gauche israélienne

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16 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

20n (biblio)

cartel astrurias

La répression des Asturies c’était déjà Franco

20 novembre : le rendez-vous des nostalgiques du fascisme en Espagne

Commémorée par l’extrême droite espagnole, la journée du 20-N, pour 20 novembre, est l’anniversaires du décès de deux personnages controversés de l’histoire du pays, José Antonio Primo de Rivera et Francisco Franco.

Le premier, fils de l’ex-dictateur Miguel Primo de Rivera, est le fondateur du parti fasciste la Phalange espagnole. Il a été fusillé le 20 novembre 1936 à Alicante après avoir été jugé par un tribunal de la deuxième république espagnole pour complot et rébellion.

La guerre civile espagnole avait déjà commencé, suite au coup de force du général Franco, figure de l’extrême droite. Celui-là même qui imposera son pouvoir autoritaire à l’issue de la guerre d’Espagne, avec l’aide de la phalange et des nazis. Sa dictature ne se terminera que le 20 novembre 1975, jour de son décès. La date était déjà célébrée sous le régime franciste, comme le “Jour de la douleur”. On se demande si l’annonce du décès de Franco dont l’agonie a duré des semaines, n’a pas été repoussée de quelques heures pour coïncider avec cette date déjà mythique pour le monde fasciste.

Chaque 20 novembre, parfois la veille ou le lendemain, tout ce qui reste de nostalgiques du régime du général Franco ou de la phalange espagnole manifeste dans diverses villes du pays, en particulier à Alicante et à Madrid.

Cette année, dans la capitale, c’est dimanche à 12h, place d’Orient que les franquistes se rassembleront. Chaque année, des militants de gauche se mobilisent pour protester contre ces manifestations hors la loi. Longtemps ces manifestations ont été tolérées par les autorités, aujourd’hui, elles tombent sous le coup des lois mémorielles qui interdisent toute promotion du fascisme et du franquisme, sa variante locale.

Ce qui n’a pas dissuadé un certain nombre d’églises partout en Espagne, et même en France, d’annoncer des messes à la mémoire de ces deux héros de l’extrême droite espagnole. La Conférence des évêques espagnols est totalement muette sur le sujet, car divisée.

On se souvient que l’Église catholique, avec l’armée, a été un des principaux soutiens du régime franquiste et une partie du clergé n’a toujours pas renié cet engagement en dépit d’une levée des tabous sur les crimes du franquisme et l’ouverture des fosses communes où reposent plus de 100 000 victimes.

Chaque année, le Mouvement catholique espagnol (MCE) appelle à un pèlerinage à la Vallée des morts (la Valle de los Caídos) d’où la dépouille de Franco a été retirée en 2019 mais où repose toujours José Antonio Primo de Rivera. Chaque 20 novembre, la Phalange organise sa traditionnelle Marche bleue en l’honneur de son héros.

Le bleu en référence à la division des volontaires espagnols, mieux connue sous le nom  de Division bleue, qui était la contribution de  l’Espagne de Franco  à  l’ armée allemande d’ Hitler  pendant la  Seconde Guerre mondiale .

La date du 20 novembre demeure une date symbole pour l’extrême droite espagnole. Est-ce un hasard si le nationaliste basque Santiago Brouard a été assassiné le 20 novembre 1984, puis à nouveau cinq ans plus tard, Jusu Muguruza, à nouveau un 20 novembre.

En 1992, c’est une fusillade contre un groupe d’immigrés qui cause la mort de la dominicai-ne Lucrecia Pérez, encore un 20 novembre… Chaque année se rejoue ce jour-là les affrontements politiques qui ont ensanglantés l’Espagne, il y a plus de 80 ans.

Longtemps, les nostalgiques du fascisme sont restés discrets et très minoritaires. Depuis peu tout a changé, les tabous sont tombés aussi bien du côté des républicains qui osent évoquer les victimes et demander réparation, que du côté de l’extrême droite, aujourd’hui représenté par Vox, un parti qui en quatre années s’est imposé comme la quatrième force politique du pays.

https://www.bibliomonde.fr/

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15 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

mégabassines (basta)

eau air

La répression, les menaces et intimidations s’accentuent contre les opposants aux mégabassines

Violente et frontale, la répression qui a frappé les opposant.es aux mégabassines à Sainte-Soline fin octobre s’inscrit dans la continuité des pressions et menaces qu’ils subissent déjà depuis plusieurs mois et qu’ils racontent en détail à Basta!.

Gérald Darmanin les a qualifiés d’« écoterroristes », la secrétaire d’État chargée de la Citoyenneté, Sonia Backès, de « séparatistes » [1]… La répression des activistes contre les bassines dans le Marais poitevin est montée d’un cran lors de la manifestation du week-end du 29 et 30 octobre à Sainte-Soline (Deux-Sèvres), sur le terrain comme dans les discours.

Après l’usage de grenades et de lanceurs de balles de défense (LBD) sur les manifestants et les verbalisations pour participation à une manifestation interdite, ce 14 novembre, cinq militants ont reçu la visite des gendarmes venus leur remettre une convocation à la gendarmerie de Niort et de Parthenay, selon un communiqué du collectif Bassines non merci. Les opposants aux mégabassines font face à diverses formes de pression, de surveillance voire de répression depuis le début du mouvement.

« Pour nous, cela a débuté bien avant Sainte-Soline », se rappelle un retraité de Charente, voulant garder l’anonymat. Après son témoignage lors d’un reportage sur TF1 à propos de la sécheresse, le 12 août 2019, l’homme, familier du monde paysan et lui-même chasseur, a reçu une mauvaise surprise. « La séquence portait sur les rivières à sec en Vendée et montrait bien l’impact des bassines sur l’environnement, avec des champs de maïs autour. Le lendemain, nous avons trouvé un ragondin mort chez nous avec une bague siglée TF1. »

Choqués de trouver le cadavre de l’animal chez lui à la vue de ses petites-filles, le retraité et sa femme interpellent le maire du village afin qu’il intervienne. « L’élu m’a répondu qu’il n’y pouvait rien si ce ragondin était venu crever dans ma cour », s’étonne encore le retraité. « Nous le tenions à la disposition de la gendarmerie pour qu’elle fasse éventuellement une enquête, mais aucun agent ne s’est déplacé. »

Le couple affirme aussi avoir subi des menaces de mort et avoir déposé ensuite une main courante à la gendarmerie. « Une fois, j’étais seul à la chasse avec mon fils et on est venu me voir pour me dire qu’il allait m’arriver prochainement quelque chose », rapporte-t-il.

La police fouille des poulaillers

La médiatisation de la lutte contre les mégabassines a réellement pris de l’ampleur il y a un an, lors de l’invasion du chantier de Mauzé-sur-le-Mignon (Deux-Sèvres) le 22 septembre 2021, et le retour de bâton judiciaire a suivi peu après. « Parmi les quatre personnes mises en garde à vue à la suite de leur interpellation, un agriculteur de la Conf’ était convoqué à la gendarmerie et s’y est normalement rendu », se souvient Benoît Jaunet, porte-parole de la Confédération paysanne des Deux-Sèvres. « En revanche, ils sont allés chercher sa femme sur son lieu de travail, à la fromagerie, pour ensuite aller fouiller toute sa maison, de la chambre des enfants au poulailler ! »

Parmi les autres gardés à vue, se trouve évidemment la figure publique des contestataires, Julien Le Guet. « Les forces de l’ordre sont venues me chercher chez moi à 6 h 30 du matin en présence de mes trois filles », confirme le porte-parole du collectif Bassines Non Merci. « On me reprochait notamment ma prise de parole publique à Mauzé-sur-le-Mignon : j’avais prévenu l’État que pour une bassine construite il y en aurait trois de détruites. »

Cette phrase prononcée lors de la manifestation fut interprétée comme une « provocation publique et directe non suivie d’effet à commettre un délit » par le procureur de la République de Niort. Toutefois, Julien Le Guet reconnaît avoir été mieux traité que certains de ces camarades, probablement du fait de sa médiatisation. « Les gendarmes ce jour-là ont été corrects dans la manière de m’interpeller », reconnaît-il. « C’était mon téléphone et mon ordinateur qui les intéressaient. Quand je les ai donnés, j’ai obtenu qu’ils ne rentrent pas dans les chambres de mes filles. »

40 000 euros de matériel d’espionnage

Avec le printemps suivant vient le temps des nouvelles actions pour les opposants aux bassines, qui vont d’abord avoir une (grosse) surprise. Le 18 mars 2022, ils découvrent à Sevreau (79), caché sous un filet de camouflage et des feuilles, du matériel militaire d’écoute habituellement utilisé par la gendarmerie ou l’armée… « C’était placé à côté de chez mon père, les renseignements ont su que l’on y organisait des réunions », détaille Julien Le Guet.

Composé d’une caméra orientable à distance, d’un kit de batterie au lithium, d’un traceur et d’un système de transmission, le tout a été évalué pour une valeur d’environ 40 000 euros !

« Notre conviction est que ce matériel appartenait à la cellule Déméter », juge le porte-parole de Bassines Non Merci. Mise en place en 2019 par le ministère de l’Intérieur, en partenariat avec la FNSEA, le principal syndicat agricole, la cellule Déméter visait au départ « des actions de nature idéologique » consistant en « de simples actions symboliques de dénigrement du milieu agricole ». Suite à une saisine du tribunal par des associations environnementales, cette cellule se concentre aujourd’hui sur la lutte contre tout ce qui relève d’« infractions pénales (vols, dégradations, cambriolages, violations de domicile, occupations illégales de terrains) ».

« À la suite de la révélation de nos découvertes dans la presse, il y a eu un jeu ridicule des services préfectoraux qui ont d’abord affirmé découvrir l’existence de ce matériel par voie de presse et quelques jours après, la préfète a finalement avoué que le matériel leur appartenait bien et qu’il était là de manière préventive. »

Si le matériel se voulait discret, il fera au final grand bruit dans le Marais poitevin et aura, selon les membres du collectif, détourné plusieurs personnes engagées pour les bassines, outrées devant un tel déploiement de matériel d’espionnage. Quelques jours plus tard a lieu le printemps maraîchin autour du 25 mars, pour une manifestation joyeuse qui a réuni, à La Rochénard (Deux-Sèvres), près de 6 000 anti-bassines.

Une incitation d’un cadre des Jeunes Agriculteurs à brûler une ferme

C’est lors de cet événement que Benoît Jaunet, porte-parole de la Confédération paysanne des Deux-Sèvres, est alerté par sa femme d’un message menaçant sur les réseaux sociaux. Le statut Facebook, que nous avons retrouvé, dit « S’il y en a qui sont chauds pour une journée festive à la Ferme (de Benoît Jaunet) je suis chaud de night », le tout agrémenté d’une image d’un hangar en feu. L’auteur n’est pas moins que le président des Jeunes Agriculteurs des Deux-Sèvres, section syndicale « jeunesse » de la FNSEA.

« Dès le soir même, le message a été supprimé, sans doute après une prise de conscience », se remémore Benoît Jaunet. « Nous avons eu vraiment très peur, car j’ai déjà été victime d’un tel acte il y a 8 ans : un feu d’origine criminelle et non élucidé. Avec ma femme et mes enfants à la maison, je n’en menais pas large. » L’agriculteur, installé en polyculture-élevage, qui avait déjà reçu des appels anonymes et des menaces, rédige alors une lettre ouverte notamment à l’adresse de la direction de la FNSEA et des services de l’État pour qu’ils prennent position. « Personne ne m’a répondu », regrette-t-il.

« Mes plaintes déposées sont toujours en cours d’instruction et pis encore, un gradé de la gendarmerie est tout de même venu me voir pour me dire qu’il n’avait pas assez de gendarmes pour protéger toutes les fermes et que je l’avais bien cherché. »

Benoît Jaunet, qui siège aussi à la chambre d’agriculture, déplore ces vives tensions entre agriculteurs, qui l’ont poussé à quatre mois d’arrêt, délivré pour surmenage par son médecin. « Face à toutes ces menaces, ma collègue qui était aussi porte-parole a préféré se mettre en retrait de ses fonctions ; nous frôlions tous les deux le burn-out  », continue-t-il. Les mégabassines, en plus d’enflammer l’opinion, semblent creuser le fossé qui sépare deux conceptions de l’agriculture. « J’ai l’impression qu’ici le climat est plus violent entre agriculteurs qu’ailleurs », confirme Nicolas Girod, porte-parole national de la Confédération paysanne.

Des sanctions encore à venir

Chacun des temps forts de la lutte contre les bassines ayant vu son lot de sanctions judiciaires tomber, difficile d’imaginer que le week-end de Sainte-Soline sera sans conséquences. « Avec la prise d’identité de nombreuses personnes durant le week-end, il est fort probable que des manifestants reçoivent dans les semaines à venir des contraventions », prévient Alexis Baudelin, avocat au barreau de Paris, codéfenseur de cinq personnes dont le procès est fixé au 28 novembre, à Niort, à la suite du « regroupement interdit » de Sainte-Soline.

« On sent bien que le gouvernement a voulu mettre au pas ce mouvement qui prend de l’ampleur », constate Alexis Baudelin. « Le procureur a dit que c’était pour l’exemple, il n’y a absolument rien contre eux. Ces personnes ont été « punies » de 24 heures de garde à vue et déférées en comparution immédiate, ce qui est une procédure assez violente alors qu’elles ne faisaient que manifester. »

Bien que manifester soit un droit fondamental, la préfète des Deux-Sèvres avait interdit l’événement et dans les textes, cela exposait les 7 000 manifestants présents à 135 euros d’amende chacun. Ainsi, la maire écologiste de Poitiers, Léonore Moncond’Huy a été verbalisée… Mais le week-end fut surtout marqué par une violence nouvelle de la part des forces de l’ordre, évidemment traitée différemment selon les médias.

« On peut s’attendre à des milliers d’euros d’amendes, voire davantage. Taper dans le portefeuille des opposants de cette manière a pour effet de les dissuader de manifester, c’est comme ça depuis le mouvement des Gilets jaunes. » Pas de quoi visiblement ralentir le mouvement qui s’organise au fil des mois pour contrer la construction des bassines sur tout le territoire. « Plus ce mouvement collectif est réprimé, plus notre détermination en sort renforcée », prévient Julien Le Guet. Dans les campagnes, la guerre de l’eau risque d’être rude.

Guy Pichard 15 novembre 2022

https://basta.media/

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15 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

black panther (socialist worker)

black pp

Gloria Abernathy vendant un journal des Black Panthers lors du boycott des supermarchés de Mayfair. (1971)

Comrade Sisters-Women of the Black Panther Party

Un nouveau livre, Comrade Sisters, met en lumière le rôle crucial joué par les femmes dans la lutte, écrit Carol Thompson.
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Ce livre magnifiquement réalisé est un témoignage visuel et écrit de la contribution des femmes du Black Panther Party (BPP). Dans la préface, Stephen Shames écrit qu’il a photographié le BPP de 1967 à 1973 et qu’il a été « témoin du pouvoir positif des femmes au service du peuple ».

Les femmes représentaient au moins les deux tiers des membres du BPP. Dans une préface, Angela Davis affirme que le rôle non reconnu des femmes a modifié les « prémisses masculinistes qui tendent à définir l’organisation radicale noire la plus connue des années 1960″.

Ericka Huggins écrit que ces femmes « ne sont pas spéciales d’une manière qui les sépare des autres. » « Ce sont simplement des femmes qui, à l’âge de 12, 14, 16, 18 ou 21 ans, ont décidé qu’il devait y avoir ‘un moyen de sortir de l’impasse’ pour les Noirs et les pauvres », écrit-elle.

Outre des images étonnantes, le livre rassemble des dizaines de témoignages de femmes sur leur activité au sein du BPP. Ces témoignages mettent en évidence le rôle crucial joué par les femmes dans la lutte et la puissance de l’idée de résistance militante.

Par exemple, Carol Granison, de la section BPP d’Oakland, en Californie, écrit : « Ce qui m’a attirée au Black Panther Party, c’est que le parti avait un programme très clair. Nous avons besoin de nourriture. Nous avons besoin d’un abri. Nous avons besoin qu’ils cessent de nous arrêter sans raison. Qu’on arrête de tuer les Noirs ! Ça me plaisait intellectuellement. Enfin, quelqu’un avait dit quelque chose qui avait du sens. »

La camarade Cheryl Dawson a exprimé clairement cet appel à l’action : « J’ai rejoint le Black Panther Party parce que mon âme était en feu ».

Il existe de nombreux témoignages de femmes impliquées dans les programmes autour de la drépanocytose, des écoles et de l’initiative du petit-déjeuner gratuit pour les enfants. Cela pourrait être considéré comme le « rôle des femmes » dans la lutte. Mais il y a aussi des témoignages de femmes en première ligne pour développer des idées politiques.

Malkia Mac Devich-Cyril se souvient de sa mère Janet Cyril qui « contribuait régulièrement au journal du parti ». Elle a été « attirée par l’idée de Fred Hampton d’une alliance transraciale selon des critères de classe. Elle a appris la relation entre la lutte des Noirs et la lutte de classe de la classe ouvrière blanche. »

Et elle poursuit en montrant la façon dont la lutte contre une forme d’oppression a ouvert le mouvement pour s’attaquer à d’autres façons dont les gens sont rabaissés et divisés.

« Elle a également estimé que le Black Panther Party était l’une des organisations noires les plus explicitement féministes auxquelles elle a participé », a déclaré Devich-Cyril. « C’est la raison pour laquelle elle pouvait me soutenir ouvertement en tant que personne homosexuelle, en faisant mon coming out à l’âge de 12 ans.

« Le parti était la seule organisation noire du pays à l’époque qui s’engageait à traiter et à travailler avec des personnes homosexuelles. »

Presque inévitablement, les femmes ont été confrontées au sexisme à certains moments de l’organisation, mais elles l’ont combattu et ont mené en même temps la bataille antiraciste et anti-système. Je vous garantis que ce livre vous donnera un nouveau respect pour une génération de femmes militantes.

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    Camarades Sœurs : Women of the Black Panther Party par Stephen Shames et Ericka Higgins, ACC Art Books, 35 £.

https://socialistworker.co.uk/

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15 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

usa (cadtm)

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États-Unis : Victoires écrasantes des radicaux et socialistes aux élections de mi-mandat !

Les grands titres de la presse internationale sur l’issue des élections de mi-mandat américaines ne se trompent pas : Oui, le tsunami républicain tant attendu ne s’est pas matérialisé. Et les Démocrates ont résisté bien mieux qu’ils espéraient.

Le pourquoi de toutes ces surprises de taille commence à apparaître : Les jeunes, rompant avec une tradition de plusieurs décennies, se sont rendus en masse aux urnes. Et en plus ils ont voté en masse pour les Démocrates. Mais, attention : pour les Démocrates et pas pour Biden dont la popularité continue à s’effondrer selon toutes les enquêtes, et même selon les sondages à la sortie des urnes.

Les tout jeunes de 18 à 29 ans ont fait la différence, donnant aux Démocrates un avantage de … 28 points !

En réalité, les exit-polls révèlent que s’il n’y avait pas le vote des jeunes américains de 18 à 30 ans, le résultat des élections aurait pleinement confirmé les pronostics qui annonçaient une « vague républicaine ». Et voila le pourquoi et le comment selon un exit-poll du CNN :

Les électeurs de plus de 65 ans ont donné aux Républicains une avance de 13 points. Ceux de la tranche d’âge 45-64 ans, ont aussi donné aux Républicains un avantage de 11 points. Ceux de 30-44 ans ont, par contre, donné un tout léger avantage de 2 points aux Démocrates. Mais, les tout jeunes de 18 à 29 ans ont fait la différence, donnant aux Démocrates un avantage de … 28 points ! En somme, la « Génération Z », c’est-à-dire les jeunes né.es grosso modo de 1997 au début des années 2010, ont fait une entrée fracassante dans la vie politique du pays !

Alors, il n’est pas surprenant que les premiers à profiter du vote de ces jeunes ont été les Démocrates les plus à gauche. Et surtout celles et ceux qui composent « the Squad » (L’Escouade), le groupe des député.es radicaux et socialistes, qui ont fait leur apparition à la suite de la première campagne présidentielle du sénateur Bernie Sanders. Ils et elles ont été ré-élu.es en remportant des victoires écrasantes. La plus connue d’entre elles, Alexandria Ocasio-Cortez de New York a été ré-élue avec 70,6 % des voix. Rashida Tlaib, d’origine palestinienne, a fait mieux au Michigan avec 73,7 %. La très radicale Ilhan Omar, d’origine somalienne, dans le Minnesota avec 75,2 %. L’afro-américain Jamaal Bowman avec 65,4 à New York. La nurse afro-américaine Cori Bush avec 72,8 % au Missouri. L’afro-américaine Ayanna Pressley avec … 84,5 % au Massachusetts !

A l’heure où on écrit ces lignes, seulement quelques heures après la fermeture des urnes, il n’est pas possible d’avoir une idée définitive des autres succès électoraux des candidat·es radicaux apparentés au Parti Démocrate.

Toutefois, on peut citer le cas de l’Afro-américaine Summer Lee, qui a créé la surprise en Pennsylvanie, en battant le député sortant Républicain avec 55,7 %. des voix. Il est à noter que le (tristement) célèbre et très droitier lobby AIPAC ( American Israel Public Affairs Committee) a fait sensation en soutenant, selon la Jewish Telegraphic Agency, avec plus de 1 million de dollars la campagne de l’adversaire Républicain de Summer Lee.

L’AIPAC a justifié son geste avec ces mots : « Nous nous opposons à Summer Lee en raison de ses points de vue dangereux concernant l’alliance USA-Israel ». Selon des médias américains, Summer Lee va adhérer à « l’Escouade »…

mardi 15 novembre 2022  Yorgos Mitralias

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15 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

jeunes (npa 92)

 
jeunes

Féministe et anticapitaliste tant qu’il le faudra ! Dans la rue le 19 novembre !

Aujourd’hui, que ce soit d’un point de vue écologique, économique, géopolitique, le capitalisme vit une de ses pires crises. Cette crise touche tout le monde à différentes échelles et à différents niveaux. Mais partout dans le monde les exemples ne manquent pas pour montrer que les victimes du capitalisme relèvent la tête et lutte contre ce dernier. Trop couvertes ou pas assez, c’est aux femmes de décider !

En Iran, la révolte qui a explosé le 14 septembre dernier est toujours en train de battre le pavé et se confronte encore à la répression de la dictature des ayatollahs.  La révolte continue avec notamment en première ligne, la jeunesse et en particulier les jeunes femmes. Celles-ci continuent de défier le régime et sa police que ce ne soit en ne portant pas le voile, en s’attaquant à la police des mœurs et celles-ci affirment leur détermination en brandissant des banderoles disant « Nous n’avons plus peur de vous, et nous allons vous combattre. »

En France, nous voyons depuis la rentrée que les lycéennes sont de plus en plus contrôlées sur leurs habits. D’un côté, de plus en plus de lycées ont une politique clairement islamophobe visant à interdire tout vêtement qui peut ressembler à un habit religieux. Cela vise spécifiquement les lycéennes musulmanes ou supposées comme telles qui se font réprimander lorsqu’elles portent le voile ou des robes jugées “trop longues”. De l’autre côté, on flique les lycéennes qui porteraient des vêtements prétendument “trop courts” comme au moment de la polémique autour des « crop tops »”. Il y en assez ! C’est aux femmes de décider comment elles souhaitent s’habiller !

Contre le patriarcat et le sexisme, des révoltes partout dans le monde 

Toutes ces conditions font que les travailleuses se trouvent dans une position qui les placent dans cette avant-garde. Cette place d’avant-garde qu’ont les femmes iraniennes est partagée par toutes les femmes de notre classe sociale dans tous les pays capitalistes. On aurait pu citer les femmes en Amérique du Sud qui ont arraché le droit à l’avortement. Mais ces avancées ne seront jamais garanties tant que nous serons toujours sous le joug du capitalisme.

Cela se voit notamment aux Etats-Unis, un des pays les plus avancés sur l’échelle des capitalistes et qui a vu le droit fondamental à l’avortement être remis en question dans plusieurs états de ce pays. Cet exemple nous montre bien que tant que le pouvoir sera toujours dans les mêmes mains de ceux qui nous exploitent tous les jours !

Et c’est bien le système capitaliste qu’il faudra abattre !

Ceux qui exploitent les femmes, ce sont les mêmes qui exploitent les travailleurs, les mêmes qui exploitent et discriminent les personnes LGBTI etc. La lutte pour les droits des femmes est intrinsèquement liée à la lutte anticapitaliste et révolutionnaire.

Soyons un maximum dans la rue, le 19 novembre, date nationale contre les violences sexistes et sexuelles pour continuer la lutte. Mais comme dit plus tôt, cette lutte ne sera complète que si celle-ci tend à renverser avec le reste de notre camp social ce système pourri qu’est le capitalisme. Il faut que dans les usines, dans les lycées, dans les facs, tous et toutes nous nous unissons pour mettre un terme aux lois réactionnaires, pour avoir plus de liberté mais surtout pour renverser le capitalisme.

Barth, comité jeunes 92

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14 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

meeting (jdd)

Jean-Luc-Melenchon-une-liberation

Meeting de La France insoumise contre la vie chère : pourquoi Jean-Luc Mélenchon repart de l’avant

Pour sortir de la séquence Quatennens et pour réaffirmer le leadership sur son camp, à l’heure où les ambitions individuelles s’affichent, Jean-Luc Mélenchon revient sur le devant de la scène avec un meeting ce lundi.

« L’annonce de ma mort est très exagérée ». Pour résumer sa situation politique, Jean-Luc Mélenchon pourrait tout à fait faire sienne cette saillie attribuée à l’écrivain Mark Twain.

Le triple candidat à la présidentielle est en retrait et certains l’enverraient bien à la retraite. Pourtant c’est bien sur une estrade qu’il sera demain (lundi), à Clermont-Ferrand pour débuter la campagne des Insoumis contre la vie chère. Ces derniers temps, ceux qui le croisent ont vite compris que le tribun n’a renoncé à rien. Ni au combat politique, ni à la présidentielle de 2027. « Il trépigne un peu par moment », pointe un de ses lieutenants. « Jean-Luc Mélenchon se conjugue au présent, souffle le député Insoumis Eric Coquerel. Pour 2027, je n’exclus pas que notre candidat, ce soit lui. »

Dans le groupe Insoumis, certains briguent presque ouvertement sa succession. D’un côté Clémentine Autain qui assure qu’on lui « pose de plus en plus régulièrement la question » de ce qu’elle fera en 2027 . De l’autre François Ruffin qui, en Une de l’Obs cette semaine, campe ainsi son rôle pour les prochaines années : « Je veux faire gagner les gens ». « Il faut qu’on fasse moins peur au centre gauche que Marine Le Pen ne fait peur au centre droit », lance Ruffin recadrant son camp et délaissant les mots « ruptures » et « radicalité ».

Objectif dissolution

Ainsi s’accumulent les pierres dans le jardin de Mélenchon. Au sein de la Nouvelle union populaire écologique et solidaire, plusieurs dirigeants estiment que sa mauvaise gestion du cas Quatennens a précipité sa chute. Une idée que Mélenchon ne compte pas laisser prospérer et qui explique ses mouvements actuels. « Il reprend l’offensive pour dire : en dehors de moi point de salut », analyse l’ancien premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis , qui le connaît bien pour avoir partagé avec lui des années au PS et une formation lambertiste (une branche du trotskysme).

Pour l’heure, afin de se remettre en selle, Mélenchon a un objectif en tête. Hâter une dissolution en mettant la pression aussi bien à l’Assemblée où les siens multiplient les motions de censure que dans la rue. Après la marche orchestrée par la Nupes le 16 octobre dernier, les Insoumis planchent déjà sur une réplique. « Nous y réfléchissons, confirme un député Insoumis. Avec la réforme des retraites qui approchent, cela va être nécessaire ».

La parole de Mélenchon n’est plus sacrée

En cas de dissolution , Mélenchon se voit repartir devant et briguer une nouvelle fois le poste de Premier ministre. « C’est la gourmandise du combattant », sourit un compagnon de route. Les partenaires de la Nupes ne le voient pas de cet œil mais n’osent pas encore le dire à voix haute. Et puis auront-ils le choix ?

« S’il y a dissolution, qui comme candidat à part Jean-Luc ? Personne, lance un de ses proches. Le jour où il y a une dissolution, il faut que Jean-Luc remonte sur le cheval tout de suite ». Un communiste, proche du secrétaire national Fabien Roussel étrille cette idée : « Son objectif est la dissolution mais toutes les autres forces de gauche ne se fixent pas cet objectif. Croit-il sérieusement que s’il y a dissolution, la gauche va gagner ? Il va dans le pays ?! Il faut être habité pour penser cela ».

Cette obsession pour de nouvelles élections agace. « Plutôt que de nous concentrer sur une hypothétique dissolution, nous mettons notre énergie à faire avancer nos propositions », tranche Cyrielle Châtelain, la présidente du groupe écolo à l’Assemblée. Une réponse qui souligne, s’il en était besoin, que la parole de Jean-Luc Mélenchon n’a plus rien de sacrée.

Arthur Nazaret 14/11/2022

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14 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

bonnet phrygien (jdd lo)

bonedou

Le Balp tenant le « Code Paysan » avec les Bonnets Rouges de 1675

C’est quoi un bonnet phrygien ?

Les mascottes pour les Jeux olympiques et paralympiques de Paris sont des bonnets phrygiens. Mais que représente ce couvre-chef ?

Les deux mascottes des Jeux olympiques et paralympiques de Paris en 2024 ont été dévoilées : ce sont deux bonnets phrygiens en forme de personnage de dessin animé. Le bonnet phrygien a été choisi car c’est un symbole de la Révolution française et qu’il coiffe Marianne, l’allégorie de la République. Mais les révolutionnaires n’ont pas inventé cette coiffe. Si on parle de bonnet phrygien, c’est qu’on pense qu’il est originaire de Phrygie, un ancien pays de la période antique, situé au cœur de l’Anatolie, la partie asiatique de la Turquie actuelle.

Parîs, fils du roi Priam dans l’Iliade d’Homère, est souvent représenté avec ce bonnet. Désormais, on sait que différents peuples indo-européens le portaient, comme les Thraces, les Scythes, etc.

Si le bonnet phrygien est devenu un symbole de liberté au 18è siècle, c’est parce qu’il faisait penser au pileus, un bonnet de même style, en feutre, que les esclaves affranchis portaient dans la Rome antique. Après la mort de César, Brutus avait fait battre une monnaie avec son buste et au revers un pileus entouré de deux dagues. Une manière d’affirmer la liberté retrouvée après l’assassinat du tyran César.

Un symbole repris aux États-Unis

Le symbole est repris dans les jeunes États-Unis, après l’indépendance. On peut encore le voir sur le drapeau de l’État de New York. Les révolutionnaires français s’en emparent dès 1790. Deux ans plus tard, il est tellement dans l’usage courant que les Parisiens qui ont pris les Tuileries ont forcé le roi Louis 16 à le porter pour montrer son attachement au mouvement.

Il perd de sa popularité sous Napoléon, puis revient à la mode après. Dans son célèbre tableau La Liberté guidant le peuple, Eugène Delacroix coiffe Marianne d’un bonnet phrygien. Pendant la 3è République, les bustes de Marianne dans les mairies portent souvent l’emblème, même si certains maires préfèrent lui mettre une couronne, car le bonnet phrygien était jugé trop séditieux.

Vivien Vergnaud 14/11/2022

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Paris 2024 : ça phryge le ridicule

Le 15 novembre, les organisateurs des Jeux olympiques de Paris, en 2024, ont présenté leur dernière trouvaille : Phryge.

C’est la mascotte officielle des Jeux, sorte de bonnet phrygien muni d’yeux, d’une paire de pattes de poulet et de chaussures, de sport évidemment. Il y en a certainement pour cher de jus de cerveau créatif, mais personne ne s’est encore dénoncé.

« Officielle » est là pour signifier que seules les deux sociétés choisies pour l’occasion et les organisateurs auront le droit de se partager les quelques dizaines d’euros que coûtera l’objet. Il a toutes les qualités requises. Il est laid et cocardier à souhait, immédiatement reconnaissable, dupliqué pour avoir une peluche olympique et une paralympique, déjà arrivé dans les magasins et prochainement sur tous les plateaux de télévision, qui en feront gratuitement la promotion. On en verra partout d’ici la fin des Jeux. Puis Phryge connaîtra le destin des mascottes olympiques : derrière le bar dans les bistrots et dans les chambres d’enfants, puis au grenier et sur les étals des braderies, de moins en moins cher sur Internet et, enfin, à la déchetterie avec le reste.

Les deux millions d’exemplaires seront ou ont été en grande partie fabriqués en Chine. L’organisation a beau dire que c’est le cas de toutes les peluches, le gouvernement a émis une protestation et la gent politique a sorti le bonnet phrygien, le vrai croient-ils, pour défendre la peluche made in France et s’opposer à la stupidité de faire traverser les océans à des objets inutiles.

La bêtise, d’accord, mais bien de chez nous s’il vous plaît.

P. G 16 Novembre 2022

https://journal.lutte-ouvriere.org/

 

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11 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

philippe poutou (npa)

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