Archive | A gauche du PS

08 juin 2018 ~ 0 Commentaire

semaine à saint beauzely (émancipation)

semaine2018edt

Semaine Émancipation 2017 à Saint-Beauzely (Aveyron)

Nous allons, comme l’an dernier, nous retrouver à Saint-Beauzely en Aveyron (à 20 minutes de Millau sur le versant sud des Monts du Lévézou, sur la rive droite de La Muse) pour une semai-ne d’échange et d’élaboration. Nous pourrons tirer un premier bilan des luttes en cours (SNCF, universités, Fonction publique, Notre-Dame-des-Landes…).

Nous nous interrogerons sur les manières d’aller vers la convergence des luttes : quelles revendications ? comment coordonner ? quelle démocratie dans les luttes ? quelles alternatives syndicales, sociales et politiques ?..

Mais nous n’oublierons pas les autres débats qui traversent notre société : la précarité qui s’étend, les questions internationales et en particulier au Moyen-Orient (Syrie, Palestine), l’antifascisme, la répression des syndicalistes et des mouvements sociaux et les violences policières, l’immigration et le racisme d’État, les luttes contre les grands projets inutiles…

Nous consacrerons une journée aux luttes féministes et une autre à l’école : état de l’institution, des conditions de travail et des pratiques. Une autre journée sera consacrée au dévelop-pement de notre tendance intersyndicale, de notre revue et à l’avenir de notre local parisien.

Et nous penserons à préparer la rentrée ! Des débats publics animeront nos soirée autour du colonialisme, de la constitution d’une ZAD locale, de la Palestine avec Pierre Stambul et de mai 68 avec Ludivine Bantigny. Tous ces débats pourront se poursuivre dans la convivialité autour du bar autogéré !

emanc

Militant pour une unification du syndicalisme, Émancipation est une tendance intersyndicale regroupant, quelle que soit leur appartenance syndicale, les personnels de l’Éducation Natio-nale, les étudiantEs, les lycéenNEs qui interviennent sur leur lieu de travail, dans leurs orga-nisations syndicales comme dans les mouvements sociaux sur des bases anticapitalistes et qui refusent l’autoritarisme, la bureaucratie et le corporatisme.

http://www.emancipation.fr/

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07 juin 2018 ~ 0 Commentaire

labor usa (essf)

labour

Conférence de Labor Notes 2018: remettre le mouvement dans le mouvement ouvrier

Du 6 au 8 avril 2018 se tenait à Chicago la plus importante conférence de Labor Notes depuis sa création en 1979.

C’est plus de 3000[2] inscriptions provenant de 24 pays, dont une importante délégation canadienne et québécoise, qui ont participé à une centaine d’ateliers portant autant sur des méthodes d’organisation pointues tels que Choosing An Organizing Database que sur des enjeux de politique internationale comme Asian Unions vs. Militarism

Labor Notes ne puise pas son inspiration dans les ouvrages hermétiques produits dans les universités bourgeoises, mais dans les plus belles traditions du mouvement ouvrier.

Tout est fait pour former, autant au niveau pratique que politique, les militant.es syndicaux les plus combatifs. Le but n’est donc pas de regrouper des puristes de gauche dans une clique et d’appeler cela un « syndicat », mais d’intervenir le plus efficacement possible dans le mouve-ment ouvrier existant.

Solidarity, le groupe politique à l’origine de Labor Notes, considère que le meilleur moyen pour les militant.es socialistes de briser leur isolement est de créer des organisations et des mouve-ments de transition large orienté vers la classe ouvrière, et de l’accompagner dans ses luttes et ses besoins d’aujourd’hui [3]. Labor Notes démontre toute la pertinence de cette stratégie.

Labor Notes : une organisation de classe

Presque tous les syndicats américains y sont présents et ce, autant des secteurs publics que privés. La participation y est soit officielle, c’est-à-dire que les syndicats envoient formellement une délégation, ou informelle, les militant.es participent à la conférence sur une base volon-taire.

Une place importante est faite aux caucus d’opposition syndicale, tels que Teamsters for a Democratic Union (TDU ), le Railroad Workers United (RWU) ou le Caucus of Rank and File Educators (CORE).

Il y a également une part non négligeable de salarié.es du mouvement syndical qui participe aux activités de Labor Notes. Cela témoigne d’une fracture de plus en plus marquée à l’inté-rieur même des appareils entre les partisans d’un syndicalisme de transformation sociale et les responsables de la léthargie du mouvement syndical actuel.

Pour un syndicalisme « par en bas »

L’objectif de Labor Notes est de favoriser la construction d’un syndicalisme « par en bas ». Bien souvent, les directions syndicales ne font pas de mobilisation dans les syndicats locaux et ne forment pas les militant.es aux tâches pratiques de mobilisation et d’information. Les mili-tant.es de la base se retrouvent régulièrement seuls pour tout faire. Labor Notes est donc là pour offrir des outils de formation pour les aider à mobiliser et informer leurs milieux de travail.

Il suffit de feuilleter les deux manuels publiés par Labor Notes, soit le Troublemaker’s Handbook et le Secrets of a Successful Organizer pour constater le gouffre béant non comblé par les directions syndicales en terme de formation de base à ce sujet.

Par exemple, comment maintenir sa liste de membres à jour ? Comment recruter des militant.es ? Pourquoi les délégué.es sur le plancher (de base? NDB) sont importants ? Comment construire un plan d’action ? Etc.

À quoi peut bien nous servir tout cela ?

À l’appropriation par les membres de la base de leurs organisations respectives, prélude nécessaire à toute mobilisation de masse. Le syndicat n’est pas une compagnie d’assurances, mais un mouvement. Il faut donc que le plus de camarades possible en maîtrisent les rouages.

Les bureaucrates syndicaux parlent bien souvent de « solidarité », de « démocratie » ou de « renouveau syndical ». Labor Notes nous explique concrètement comment construire cette solidarité et cette démocratie.

Pour un Labor Notes au Québec ?

La création d’un espace d’organisation et de formation intersyndical pour les militant.es au Québec est nécessaire. Mais pour réussir, cela implique d’avoir des formateurs.trices ayant le style de Labor Notes, c’est-à-dire de prioriser les militant.es avant les spécialistes et se servir de témoignages de luttes plutôt que des exposés théoriques. L’implication financière régulière de syndicats locaux pour assurer de façon continue une base financière minimale ne doit pas être négligée.

Le groupe Lutte commune est déjà en excellente posture pour assumer ce rôle, tant et aussi longtemps qu’il va continuer à promouvoir et défendre, ici, l’« esprit » de Labor Notes, soit le syndicalisme « par en bas » (rank-and-file unionism) et le syndicalisme industriel dans le mouvement ouvrier existant.

La seule vraie condition pour permettre la pérennité de Lutte commune est que les syndicats locaux, ou d’autres instances syndicales intermédiaires, cessent de voir LC d’un œil méfiant, mais qu’elles y voient plutôt un espace pour continuer de donner vie au mouvement syndical.

mardi 8 mai 2018  Bruno-Pierre Guillette Bruno-Pierre Guillette est militant syndical au Syndicat des employé.es du CHUM et membre d’Alternative Socialiste

http://solidarity-us.org/

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07 juin 2018 ~ 0 Commentaire

ass (lutte ouvrière + jdd)

code

Projet de suppression de l’Allocation Spécifique de Solidarité: une menace contre le monde du travail

La presse a révélé l’existence d’un rapport, commandé par le gouvernement, qui recommande la suppression pure et simple de l’allocation spécifique de solidarité. Cette ASS est touchée aujourd’hui par 428 000 travailleurs privés d’emploi qui ont épuisé tous leurs droits à l’indemnisation du chômage.

Certes, on peut se demander s’il s’agit d’un ballon d’essai comme le gouvernement en a déjà lancé, histoire de voir les réactions que cela provoque, mais la menace est bien réelle. Si la mesure était adoptée, elle aurait des conséquences dramatiques sur le long terme. L’ASS se monte aujourd’hui à 16,48 euros par jour, soit 428 euros par mois. Elle est certes bien miséra-ble, mais outre cette petite somme, c’est la seule garantie de droits à la retraite et de droits sociaux pour les sans-emploi qui ont épuisé leurs droits à une indemnité de chômage.

Aujourd’hui, le chômeur qui touche l’ASS se voit attribuer des points gratuits pour sa retraite complémentaire, et ses droits à l’autre partie de la retraite sont validés comme s’il avait travaillé.

Par ailleurs, il est pris en charge au titre de la Sécurité sociale, sans aucune restriction. Et c’est cela que le gouvernement envisage de supprimer. Ses représentants ont même eu le culot de justifier cette mesure au nom de « l’amélioration de la situation du chômage », car pour eux, les près de six millions de chômeurs ne comptent visiblement pas.

Dire, comme les porte-parole du gouvernement, que l’ASS pourrait être remplacée par le RSA est une escroquerie et un mensonge.

Les conditions différentes d’attribution de l’ASS et du RSA sont telles que des centaines de milliers de titulaires de l’ASS n’auraient plus droit au RSA. De plus, ils perdraient immédiate-ment l’attribution de points gratuits pour leur retraite complémentaire. Quant à la retraite Sécu-rité sociale, privée de la validation pour la plupart des années passées dans ce système, elle serait encore réduite.

Tout cela aboutirait à enfoncer dans une misère encore plus noire, et pour toute leur vie, des travailleurs qui ont déjà été jetés à la rue par leur patron.

Il y en a 428 000 aujourd’hui, mais des centaines de milliers d’autres pourraient s’y ajouter du fait du maintien et du développement du chômage de masse et de longue durée. Ce n’est plus une double peine, mais une triple, une quadruple. Ce projet révoltant mérite d’être combattu avec la dernière énergie.

Paul SOREL 06 Juin 2018
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Lire aussi:
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06 juin 2018 ~ 0 Commentaire

loi elan (npa)

privileges-des-pauvres

Loi ELAN : le profit à tout prix

La loi ELAN est en cours de discussion à l’Assemblée nationale. Et le moins que l’on puisse dire est que les choses sont claires : pas de fioritures, pas de masques, ou si peu. Les capita-listes de l’immobilier qui sont aux commandes. Leur objectif : se dégager des contraintes qui limitent les profits.

Première offensive : contre la loi littoral, qui protège les côtes de l’urbanisation à outrance. Ce qui était non constructible entre deux bâtiments existants deviendrait une « dent creuse ». Une carie donc, un truc qu’il faut soigner. C’est sûr, le long d’une côte, un mur homogène de constructions c’est tellement mieux ! On en rêve…

Les protestations à ce sujet ont été nombreuses : associations écologistes, éluEs, usagerEs sont montés au créneau, et le gouvernement a dû faire marche arrière. À la marge toutefois, car la loi autorisera bien les constructions « à des fins exclusives d’amélioration de l’offre de logement et d’implantation de services publics ».

Deuxième offensive : contre les normes de construction jugées trop contraignantes, parti- culièrement celle qui imposait 100 % de logements neufs accessibles aux handicapéEs. Doré-navant seuls 10 % le seront, sous prétexte de surcoût inutile. Les autres logements pourront être « évolutifs », « adaptables ». Mais qui va décider de l’adaptation d’un logement (portes, couloirs, salle de bains, WC) et qui va payer? Le propriétaire? Le bailleur? Le locataire? Cette mesure renvoie les personnes handicapés au rez-de-chaussée des immeubles, à des loge-ments difficiles à louer, à l’exclusion qui en découle.

Troisième offensive, et pas des moindres : l’objectif fixé aux bailleurs sociaux de vendre chaque année au minimum 40 000 logements HLM, contre 7 000 aujourd’hui. Il s’agit clairement d’une attaque contre le logement social. Le gouvernement, après avoir tapé dans les caisses des bailleurs, veut les obliger à l’autofinancement. « Vous vendez vos logements, cela recons-titue la trésorerie, et vous pouvez reconstruire » : voilà le raisonnement primaire d’une politique libérale.

Conséquences à prévoir : une fragilisation des bailleurs qui seront contraints de vendre les logements les plus « rentables », une multiplication des copropriétés trop fragiles, la convoitise des marchands de sommeil ou des fonds de pensions, qui jusqu’à présent n’avaient pu mettre un pied dans ce secteur qui s’ouvre au marché.

Bien sûr, la question de la pénurie de logements pour les classes populaires n’est pas réglée. Mais où est le problème ? Le ruissellement va s’en occuper…

Jean-Marc Bourquin

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Logement : un projet de loi… édifiant (Lutte Ovrière)

 

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05 juin 2018 ~ 0 Commentaire

trudeau (presse gauche)

trudeau

Le gouvernement fédéral de Justin Trudeau utilise nos taxes pour détruire le climat !

Le 29 mai 2018, le gouvernement Trudeau offrait à la compagnie texane Kinder Morgan 4,5 milliards de dollars pour l’achat de son oléoduc Trans Mountain, oléoduc reliant l’Alberta à la côte ouest de la Colombie-Britannique. En raison des risques environnementaux reliés au projet d’expansion de cet oléoduc, de façon à y faire circuler davantage de pétrole provenant des sables bitumineux de l’Alberta (appelé pétrole sale) le gouvernement de Colombie-Britannique et certaines communautés autochtones étaient opposés à ce projet.

Qu’implique cette décision d’utiliser l’argent des contribuables canadiens pour nationaliser une énergie fossile ?

• Le gouvernement Trudeau choisit pour nous alors qu’il a été élu en 2015 en promettant de mettre un terme aux subventions au secteur pétrolier et gazier. Cette transaction est une trahison envers sa base électorale.

• Le gouvernement Trudeau prend les risques à la place de l’entreprise privée. En effet Kinder Morgan savait son projet intenable à cause de la grande opposition à celui-ci (d’ailleurs elle fait face à plus d’une douzaine de recours légaux). Ainsi, alors que de grands fonds d’investisse-ment tournent le dos aux énergies fossiles notre gouvernement parie des milliards d’argent public pour un projet qui risque de ne jamais voir le jour.

• Le gouvernement Trudeau achète un vieil oléoduc de 60 ans, mais il risque d’engloutir plusieurs autres milliards de dollars pour la construction du nouvel oléoduc nécessaire à l’exportation de plus de pétrole des sables bitumineux. Projet que Kinder Morgan avait évalué à 7,4 milliards de dollars.

• Le gouvernement Trudeau aura beaucoup moins d’argent disponible pour la transition vers les énergies renouvelables, les technologies propres et l’efficacité énergétique, secteurs qui créent plus d’emplois par dollar investi.

• Le gouvernement Trudeau reniera ses engagements pris au sommet de Paris (COP 21) car pour que son investissement soit rentable il faudra que beaucoup de pétrole des sables bitumineux coule dans ce nouvel oléoduc. On sait que l’atteinte des objectifs liés à l’Accord de Paris impose de laisser dans le sol la vaste majorité des réserves de pétrole des sables bitumineux.

• Le gouvernement Trudeau est loin d’être le « leader du climat » qu’il prétend être. Ils trompent les gens.

• Le gouvernement Trudeau retire le pouvoir aux provinces car une loi provinciale ne peut entraver les pouvoirs d’une société de la Couronne. Ainsi les mesures prises par la Colombie-Britannique pour protéger son environnement n’auront aucun effet.
Faites savoir au gouvernement Trudeau (justin.trudeau@parl.gc.ca) que nos taxes ne doivent pas servir à hypothéquer notre avenir et celle des générations futures et qu’il est plus que temps d’agir pour sauver notre planète !

mardi 5 juin 2018

http://www.pressegauche.org

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03 juin 2018 ~ 0 Commentaire

clément méric (le huffington post)

Pour Clément Méric et contre la loi asile, convergence des cortèges dans les rues de Paris

Les deux défilés passaient au même endroit.

Plus que les luttes, ce sont les cortèges qui ont convergé ce samedi après-midi dans les rues de Paris. Deux défilés se sont rejoints place de la République; quelques milliers de personnes ont ensuite fait la fin du chemin vers celle de la Bastille.

La première manifestation (avec près d’un millier de personnes) partie de la place Gambetta dans le nord de la capitale rendait hommage comme chaque année à Clément Méric, militant antifasciste tué il y a cinq ans lors d’une rixe avec une bande rivale. La seconde a rassemblé, selon la police, 2500 militants de gauche et des associatifs pour réclamer le projet de loi asile et immigration porté par Gérard Collomb.

Fumigènes et slogans antifascistes (« Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartier pour les fachos », « Siamo tutti antifascisti », « No pasaran »…), anti-violences policières (« On n’oublie pas, on pardonne pas », « Pas de justice, pas de paix »…) ou en soutien aux migrants (« Solidarité avec les sans-papiers ») ont rythmé le défilé, qui s’est déroulé sans incidents.

Mais alors que les militants espéraient terminer leur parcours au Sénat, ils en ont été empêché par les forces de l’ordre au lendemain de consignes passées par la préfecture de police. Résultat, un peu de tension en fin de cortège.

Alexandre Boudet 02/06/2018

https://www.huffingtonpost.fr/

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01 juin 2018 ~ 0 Commentaire

maternelle (émancipation)

antisocial

Des Assises en vue de casser l’école maternelle

Les Assises de l’école maternelle semblent nous rejouer la mélodie déjà entendue des rythmes scolaires basés sur la recherche scientifique. Les nouveaux rythmes se basaient sur la science de la chronobiologie. C’est sur cette base que l’État a fait de la commune, un partenaire privilé-gié de l’Éducation nationale. Le Projet Éducatif Territorial, généralisé sous Hollande, en est la concrétisation.

La science s’est invitée cette fois aux Assisses de la Maternelle pour y jouer, semble-t-il, une partition similaire. Encore une fois l’État va proposer des mesures à la commune. Et dans le contexte très particulier de 15 milliards d’économies sur cinq ans, une aide financière sera utilisée pour convaincre les acteurs territoriaux, comme pour les rythmes. Cette fois-ci, il s’agit de donner aux ATSEM (Agents Territoriaux Spécialisés des Écoles Maternelles) des acti- vités pédagogiques. Exit les programmes, pour laisser place au langage et à l’affect. La mater-nelle pourrait ne plus appartenir à l’Éducation nationale mais à un pôle petite enfance de zéro à six ans. Et l’État est pressé et veut prendre les mesures très vite, avant la réflexion des inté-ressés. L’urgence, avant de tout comprendre, pour empêcher la résistance à ces mesures, pour poursuivre la casse de l’Éducation nationale de la maternelle à l’université. Les ATSEM en feront les frais en tout premier.

Les Assises ont commencé par la conclusion

Normal, c’est le dialogue social façon gouvernement ! Dès l’ouverture des assises, Macron en personne, a annoncé sa réforme de la maternelle, montrant bien que l’objectif des Assises n’étaient aucunement, comme il l’a dit, d’orienter les décisions gouvernementales mais de les illustrer. Les Assises, c’était l’opération communication, sur fond de vérité, destinées à faire passer les mesures. Cela a été démontré de façon assez caricaturale quand, après deux jours de conférences, l’“organisateur” Boris Cyrulnik, a été prié d’abréger une conclusion à peine ébauchée. Inutile ! Il fallait laisser tout le temps à Jean Marc Huart, le chef de la Direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO), de répéter les annonces de Macron en d’autres termes.

L’annonce phare

L’école obligatoire à trois ans : une attaque du principe de laïcité mais pas que… Certains médias l’ont justement pointé, cette obligation n’affectera que 3 % environ des enfants de trois ans car la majorité des enfants est déjà scolarisée. Un effet d’annonce qui lui permet d’attaquer entre autres :

1) Le droit à la scolarité à deux ans ;

2) Le principe de laïcité, ce que le Comité de réflexion et d’Action Laïque (CREAL) dénonce au mieux quand il dit que “[…] cette disposition fait entrer en toute discrétion l’école maternelle dans la compétence de la loi Debré (aggravée par la loi Carle) qui ne fait obligation de finance-ment public que dans le cadre de […] l’obligation scolaire. Jusqu’à présent les municipalités n’étaient tenues au versement du forfait scolaire que pour les élèves des écoles élémentaires privées sous contrat. Cette obligation sera mécaniquement étendue à ceux des maternelles privées”.

Le coût supplémentaire estimé pour les collectivités locales, dans un contexte de diminution drastique des aides de l’État, serait de 1 milliard d’euros, alors que 3 milliards d’euros sont accordés au privé dans le budget de l’Éducation nationale (chiffres de 2015). Le CREAL pour-suit “[…] Nous comprenons mieux le silence du Président Macron à l’occasion de la Journée nationale de la laïcité ce 9 décembre [...] la mesure d’obligation scolaire à trois ans est dès lors une aubaine pour l’enseignement privé à 95% catholique qui de plus ne manquera pas de proposer ses services dans les secteurs abandonnés par le service public”.

On le voit, l’abrogation des lois Debré et Carle est plus que jamais d’actualité. D’autant plus que les dernières déclarations de Macron devant l’assemblée des Évêques confirme que la loi 1905 de séparation de l’Église et de l’État pourrait être sérieusement remise en cause par le gouvernement.

Une maternelle nouvelle formule qui garde le nom mais dont le contenu n’est plus le même : moins coûteux, moins exigeant. Et des mesures qui ouvrent la voie vers un pôle petite enfance.

L’absence des enseignants à ces Assises

Sans les enseignants, un nouveau décor a été planté lors de ces Assises. Celui d’une mater-nelle d’où l’Éducation nationale semble retirer ses billes, où l’enseignant serait de moins en moins l’acteur principal. Il s’agit d’une remise en cause du bien fondé de l’école maternelle et de ses objectifs pédagogiques sur la base d’économiser tout ce qu’il est possible d’économiser. Conséquence, une transition avec diminution du besoin en professeurs de maternelle, pour diminuer la masse salariale de l’Éducation nationale, le plus gros poste du budget de l’État, avec toujours l’objectif de baisser de trois points la part de la dépense publique dans le PIB. Des sacrifices supplémentaires en perspective pour les communes, mais aussi la lourde responsabilité d’hériter de la gestion de millions de jeunes enfants. Il s’agirait ici, comme le préconise l’AP22, du transfert de l’État vers le local, de la prise en charge des 3-6 ans.

Le statut des ATSEM

Il est remis en cause et voient leurs missions décuplées. Sur le plan diminution de la dépense de la Fonction publique, tout s’articule. Les ATSEM, payées par les communes, ont un salaire bien inférieur à celui des professeurs. Mais plus grave, le nouveau décret qui les concerne, publié avant les Assises va bien au-delà. Il liste les missions de toujours mais aussi les nouvelles missions qu’ “ils peuvent” faire (à noter le ils).

Voyons les missions “classiques” de toujours : “[l’] accueil et l’hygiène des enfants… [la] préparation et la mise en état de propreté des locaux et du matériel servant directement à ces enfants”. Elles sont d’ores et déjà à la base des revendications portées par le collectif des ATSEM. Celles-là mêmes qui ont été écartées de ces Assises. Elles seraient pourtant le premier gage de reconnaissance de leur travail. À savoir, une ATSEM par classe, revendication à laquelle l’Association des Maires de France s’oppose, un déroulement de carrière C et B, un salaire minimum de 1 800 euros, la titularisation des précaires, mais aussi un temps de travail journalier avec un cadrage national car les plages horaires, à rallonge, restent à la discrétion des mairies.

Et puis il y a les missions qu’ “ils peuvent” faire. Ici comme ailleurs, il ne s’agit pas d’une reconnaissance d’un travail non reconnu, d’une simple formalité. On connaît la musique. C’est demander plus pour le même salaire, en novlangue, c’est l’augmentation de la productivité. Et l’enfant devient source de profits. Et ces nouvelles missions listées ouvrent, large, la boîte de Pandore : “[…] participer à la mise en œuvre des activités pédagogiques prévues par les ensei-gnants et sous la responsabilité de ces derniers. […] assister les enseignants dans les classes ou établissements accueillant des enfants à besoins éducatifs particuliers [...] [surveiller] les enfants des classes maternelles ou enfantines dans les lieux de restauration scolaire [...] [participer à] l’animation dans le temps périscolaire ou lors des accueils de loisirs [...]”.

D’une part, le “ils peuvent” du décret se traduira bien vite par “ils doivent”. Car la managérisation de la gestion des personnels basée sur une pression XXL se met en place avec les nouvelles mesures macroniennes qui parachèvent les hollandiennes (PPCR, RIFSEEP, futur nouveau pacte social, les inspections-accompagnement, etc.). D’autre part, ces missions vont permettre à l’État de supprimer des AVS, des personnels spécialisés dans la scolarisation d’enfants handicapés, allophones, malades, etc. et d’étendre l’“inclusion”, (sur fond de fermetures d’établissements spécialisés). Mais elles vont aussi permettre aux commu-nes de les utiliser officiellement à la place des animateurs scolaires sur le temps périscolaire.

Les ATSEM vont donc bien voir reconnaître leur indispensabilité, mais pas pour amé-liorer leurs conditions de travail, bien au contraire. Quant au salaire, c’est celui au mérite que l’État leur concocte avec des possibilités de devenir chef rapidement. À la place du salaire qu’elles méritent, c’est le salaire au mérite que Macron leur offre.

Transfert des missions spécifiques d’enseignement

Et des postes qui valsent dans tous les sens ! Les classes maternelles actuelles surchargées sont incompatibles avec la maternelle des scientifiques invités aux Assises. Celle axée sur le langage et tenant compte de l’affect des enfants. S’ajoute à cela, le fait que les Assises se sont déroulées au moment de la carte scolaire 2018 et que l’évolution de la maternelle en dépend. Or les postes créés vont à l’encontre des vœux des scientifiques de diminuer les effectifs en maternelle.

Selon les chiffres officiels, 900 postes environ vont manquer pour mener à bien la scolarisation obligatoire dès trois ans. Et dans le même temps, 1 000 classes maternelles vont être supprimées partout à la rentrée 2018. Les postes libérés seront récupérés pour les besoins des CP et des CE1 à 12 en REP et REP+. C’est la mesure phare qui sert à cacher le reste.

Ces fermetures/ouvertures de postes partout, ressemblent à un grand jeu national de chaises musicales, en novlangue, la mobilité des personnels. L’école maternelle n’y échappe pas avec en plus, le transfert de missions pédagogiques des PE (d’État), aux ATSEM (de la Territoriale) sans la rémunération qui va avec. En clair, des maternelles qui fonctionne-raient en petits groupes avec des ATSEM, et qu’on destinerait à intégrer un nouveau pôle de la petite enfance de zéro à six ans sous un autre ministère pour lequel il y aurait un seul curriculum comme préconisé par l’OCDE en juin 2017.

On comprend l’intérêt du gouvernement à ces Assises de mettre à l’honneur les ATSEM, dont les missions vont décupler, et de laisser les professeurs dans l’ombre dont l’importance va diminuer voire disparaître. Et on comprend l’intérêt du gouvernement de remplacer opportunément le programme du cycle 1 des professeurs, par le langage et l’affect opportunément revendiqués par les Assises.

Les syndicats doivent se positionner : pour la nationalisation de l’école privée sans contrepartie ; pour toutes les revendications des ATSEM pour lesquelles elles ont massive-ment fait grève en 2016-2017, et avant tout pour un statut d’ATSEM fonctionnaire d’État de l’Éducation nationale ; pour le maintien d’un programme cycle 1 national, contre la gestion territoriale de la maternelle, et… pour le maintien dans l’Éducation nationale d’une maternelle que le monde entier nous envie… encore.

mardi 29 mai 2018

http://www.emancipation.fr/

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01 juin 2018 ~ 0 Commentaire

édito (cqfd)

brest guerin

RDV Place Guérin Brest le 9 juin

Tout pourri à l’Intérieur

Voila qu’avec son allure suintante de croque-mort, Gérard Collomb joue au maître-chanteur. « Ce qui est étonnant, c’est que des black blocs puissent intervenir au milieu d’une foule qui finalement ne réagit pas, a-t-il insinué face aux caméras de BFM. Si on veut garder demain le droit de manifester […], il faut que les personnes qui veulent exprimer leur opinion puissent s’opposer aux casseurs et ne pas, par leur passivité, être d’un certain point de vue complices de ce qui se passe. »

En gros, pour jouir encore du permis de défiler, les organisateurs devraient faire les flics eux-mêmes…

Le coup de grâce aux défilés à la papa a été porté lors de la journée d’action anti-loi Travail du 23 juin 2016. Avec son parcours en boucle imposé par le ministère, comme une humiliante mise en scène des impuissances syndicales. Le gouvernement des choses veut démontrer, de Sarkozy à Macron en passant par Hollande, que le passage en force est devenu son unique credo.

Il s’agit de mettre en déroute la population.

Psychologiquement et, au besoin, physiquement. Mais on se tromperait en traitant Collomb de fasciste. Il chuinte un message peut-être encore plus glaçant : celui d’un autoritarisme de marché qui avance en fredonnant sur l’air de l’Harley-Davidson qu’il n’a besoin de personne pour, quoi qu’il en coûte, poursuivre l’enrichissement sans fin des plus riches.

Au fond, ce que Collomb a dans le collimateur, c’est la dynamique du fameux cortège de tête.

Son indépendance et sa complicité avec les jeunes énervés. Mais aussi la sympathie croissante qu’il éveille parmi ceux et celles qui, révoltés par l’injustice radicale du système, savent que de nouvelles formes de résistance sont à inventer.

Prendre la rue, occuper l’espace sans demander la permission, c’est le dernier privilège des sans-privilèges.

C’est la troupe spontanée des lycéens bloqueurs qui sillonne le centre-ville et apporte son énergie au mouvement social. C’est la manif sauvage qui veut faire durer la fête. C’est l’occu-pation et /ou transformation d’un territoire en danger comme Notre-Dame-des-Landes ou Bure. Ce sont, aussi, des tentatives plus ou moins encadrées de dépassement, type Nuit Debout, Fête à Macron ou Marées populaires.

Quand la foule se referme sur quelqu’un qui court pour échapper aux matraques, c’est qu’elle s’est reconnue un ennemi commun. Ça s’appelle la solidarité. Une sorte d’« esprit de corps » diamétralement opposé à celui des possédants, qui lui se referme comme une huître pour protéger de bien tristes intérêts.

La rédaction

http://cqfd-journal.org/

Lire aussi:

Cqfd à Brest le 9 Juin

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31 mai 2018 ~ 0 Commentaire

mai 1968 (lutte ouvrière)

mai 1968

Le mouvement bradé par les appareils syndicaux

À partir du lundi 20 mai 1968, les dirigeants syndicaux de la CGT et du PCF, de peur d’être dépassés par les grèves qui avaient démarré spontanément comme ils l’avaient été par le mouvement étudiant, avaient ouvert les vannes. Ils avaient demandé à leurs militants de prendre l’initiative de mettre les entreprises en grève, mais aussi d’en garder le contrôle en renvoyant les travailleurs chez eux.

Le mouvement gréviste gagna tout le pays et toutes les corporations. Pour des millions de travailleurs, le moment était venu de poser la question des bas salaires, des conditions de travail très dures et de tout ce qu’imposait depuis des années un patronat comme toujours avide de profits.

En route pour Grenelle

Avant même que le mouvement gréviste ait atteint son sommet, avec dix millions de grévistes, les manœuvres se multiplièrent pour le détourner vers des impasses, y mettre fin et priver les travailleurs de ce que ce formidable rapport de force pouvait leur laisser espérer.

Le secrétaire de la CGT Georges Séguy, dans L’Humanité du 22 mai, donnait le ton sous le titre « La CGT, une grande force tranquille »

En déclarant : « L’opinion publique a été très favorablement impressionnée par la façon dont nous avons, avec fermeté, stoppé les provocations et les mots d’ordre aventuriers… Nous seuls avons ramené à la raison les étudiants prêts à envahir Renault… Cela n’aurait pas été possible si nos militants responsables, conformément à nos recommandations, n’avaient occupé, dès les premières heures, les lieux, ce qui leur permet en outre d’assurer la sécurité et l’entretien de tout ce qui est névralgique. Le gouvernement sait à quoi s’en tenir. »

La CGT, d’ailleurs, ne mettait en avant qu’un programme revendicatif extrêmement vague 

« Réduction de la durée du travail, augmentation des salaires, véritable politique de l’emploi », sans avancer aucun chiffre ! Pourtant, dans les usines, les bureaux, partout où avaient été adoptées des revendications, elles étaient très précises : c’était notamment pas de salaire infé- rieur à 1 000 francs, une augmentation de 200 francs pour tous (soit près de 25 % pour la majorité des ouvriers), l’échelle mobile des salaires (c’est à dire l’alignement sur l’inflation NDB) et le retour immédiat aux 40 heures.

Le 24 mai, avant l’ouverture des grandes manœuvres, De Gaulle tenta vainement de reprendre la main.

À 20 heures, il fit l’annonce d’un référendum sur la participation, promettant de se retirer s’il n’avait pas la majorité. Sa proposition fit un flop magistral, symbolisé par la réponse des 50 000 manifestants ouvriers et étudiants rassemblés ce jour-là à la gare de Lyon à Paris à l’appel de l’Unef, malgré le dénigrement de la CGT et du PC. « Adieu De Gaulle, adieu », fut leur réponse, avant qu’ils soient noyés sous un nuage de gaz lacrymogènes.

Grenelle et la trahison du mouvement

Depuis quelques jours déjà, dès le 22 mai en réalité, le jeune secrétaire d’État Jacques Chirac avait noué des liens directs et secrets avec la direction de la CGT pour préparer la liquidation de la grève. Et c’est le 25 mai à Grenelle, au ministère du Travail, que s’ouvrit la séance offi- cielle de négociation.

Toutes les confédérations syndicales étaient réunies avec l’ensemble du gouver-nement sous la présidence de Pompidou, et bien sûr les représentants du patronat.

Une véritable comédie se mit en place. Il fallait donner le spectacle d’une négociation longue, dure, où les syndicats se battaient pied à pied pour défendre des revendications très modestes en réalité. Du coup, cette négociation se poursuivit toute la nuit, pour aboutir à ce qu’on allait appeler les accords de Grenelle.

Il s’agissait d’une trahison des millions de grévistes du pays : seul le salaire minimum, le smig, augmentait de 35 %.

Mais il ne touchait qu’une infime partie des travailleurs, 5 %. Pour le reste, l’augmentation des salaires était limitée à 7 % tout de suite et 3 % en octobre, en incluant les augmentations déjà prévues. Avec une inflation frôlant les 5 %, c’était à peine plus que ce qui était déjà prévu dans la plupart des entreprises. Donc, il n’y avait rien sur les salaires, et quasiment rien sur la réduc-tion du temps de travail, « à négocier pour une diminution progressive ». Seuls les appareils syndicaux se voyaient renforcés dans les entreprises, en remerciement du bradage de la grève. Quant aux heures de grève, elles n’étaient pas payées mais devraient être récupérées.

Les confédérations syndicales bradaient ainsi une grève de dix millions de travailleurs.

Tout fier de lui, et pour précipiter la fin de la grève, Séguy alla présenter ce résultat aux travailleurs de l’usine Renault de Billancourt. Mal lui en prit car, dès qu’il eut fini d’énumérer les termes de son accord, ce qu’il appelait des « avancées », il fut accueilli par la formidable bronca de 15 000 ouvriers furieux qu’on ose leur présenter cela comme les conditions d’une fin de la grève.

Séguy dut immédiatement reculer, en déclarant qu’il appartenait aux travailleurs de décider. C’était un gros mensonge, car à aucun moment il ne demanda au gouvernement de renégocier quoi que ce soit. « On n’a jamais lancé un ordre de grève générale, aussi il appartient aux travailleurs dans chaque entreprise de voir ce qu’ils veulent », osa déclarer Séguy, façon de dire que désormais la CGT se lavait les mains du résultat du mouvement. En effet les confédérations allaient laisser les travailleurs isolés se débrouiller entreprise par entreprise, comme s’il n’y avait pas eu de mouvement général. Après le bide de Grenelle, la grève continua, mais comme s’il s’agissait d’une addition de conflits particuliers.

Manœuvres en tous genres

Ceux qui voulaient répondre à cette manœuvre se retrouvèrent à Paris au stade Charléty le 27 mai. Il y eut là 50 000 personnes, qui se sentaient en rupture avec la politique du PCF et de la CGT. Mais déjà les appareils politiques de la gauche se préparaient à l’éventualité de devoir assurer le pouvoir politique en cas d’un départ de De Gaulle.

Mendès France fit un tour à Charléty, mais renonça à y prendre la parole vu l’état d’esprit des manifestants, qui demandaient la continuation de la grève et « le pouvoir aux travailleurs ». Le lendemain, ce fut Mitterrand qui alla voir Mendès France et s’affirma « prêt à prendre ses responsabilités ». Le PCF et la CGT se décidèrent à manifester en nombre pour demander, non pas la satisfaction des revendications des grévistes, mais d’être associés à un gouvernement de gauche, si celui-ci voyait le jour.

De Gaulle calma ces appétits en réussissant à reprendre la main. Après une mise en scène de faux départ, il annonça le 30 mai : « Je ne me retirerai pas. (…) Je dissous aujour-d’hui l’Assemblée nationale » et décida de procéder à de nouvelles élections législatives, fin juin. Le tout s’accompagna d’une mobilisation à Paris sur les Champs-Élysées où, venus de tout le pays, quelques centaines de milliers de ses partisans, anti-grévistes et anti-commu-nistes, se rassemblèrent.

L’annonce de nouvelles élections législatives allait fournir à la CGT un prétexte pour lancer des appels de plus en plus pressants à la reprise du travail. Il s’agissait, disait-elle, de préparer la victoire de la gauche aux élections. Mais la résistance des travailleurs à ce bradage de la grève allait être beaucoup plus forte que les dirigeants syndicaux ne l’avaient cru.

Paul SOREL 30 Mai 2018

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31 mai 2018 ~ 0 Commentaire

26 mai (lutte ouvrière)

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26 mai : “Marée humaine” et politiciens en embuscade

Des dizaines de milliers de travailleurs de tous secteurs et des militants associatifs, politiques et syndicaux ont participé aux manifestations du samedi 26 mai, répondant à 60 organisations qui appelaient ce jour-là à une « marée humaine ».

Lutte Ouvrière a participé à ces manifestations, par solidarité avec ces dizaines de milliers de personnes en lutte contre un pan ou contre l’ensemble de la politique de Macron au service de la grande bourgeoisie, et conscientes d’avoir un combat commun à mener.

Cela ne doit cependant pas nous faire oublier le piège que représentent les calculs politiques d’un certain nombre des organisateurs, dirigeants de partis de gauche. Ils voudraient utiliser la contestation actuelle de la politique de Macron pour préparer le terrain d’une nouvelle mouture d’une vieille recette : celle de « l’union de la gauche », en vue des prochaines élections.

Le PS peine certes à se faire accepter dans les manifestations 

Son dirigeant Olivier Faure a dû en quitter deux ces dernières semaines, sous les huées de manifestants. Mais La France insoumise, le PCF ou le mouvement de Hamon ne proposent en fait rien de mieux aux travailleurs : « L’Unité de la gauche est en train de renaître », se réjouis-sait Hamon après la manifestation du 26 mai. Quant à Mélenchon, il appelait à une suite car « il n’existe pas de chemin plus efficace pour passer de l’étiage électoral actuel à un niveau majoritaire ».

Mélenchon a été ministre de Jospin, Hamon a été ministre de Hollande, mais chacun d’eux a pris ses distances à temps pour espérer ne pas être trop éclaboussé par le discrédit de la gauche au pouvoir. Aujourd’hui, ils veulent se faire passer pour « différents », « vraiment à gauche », convaincre à nouveau les travailleurs de leur accorder leur confiance et de mettre leurs espoirs dans un changement de gouvernement. Chacun espérant bien sûr que l’unité se fera derrière lui.

Les travailleurs doivent évidemment se donner des perspectives politiques.

Mais la seule que ces dirigeants de gauche leur offrent est de mettre les mobilisations sociales à la remorque de quelque chef autoproclamé en vue de sa victoire électorale. Or les travail-leurs ont pu faire l’expérience de l’impasse où les conduisent les gouvernements dits de gauche qui, au pouvoir, poursuivent et aggravent les politiques propatronales qu’ils ont précédemment dénoncées.

Les choses ne peuvent changer pour les travailleurs que s’ils prennent eux-mêmes leur sort en main en s’engageant dans la lutte avec leurs propres armes.

Leurs luttes sont précieuses quand elles leur permettent de faire progresser la conscience de leur force collective et de leur capacité de combattre eux-mêmes les exploiteurs, sans s’en remettre aux faiseurs de promesses. Car c’est avec cette force, et elle seule, qu’ils pourront vraiment changer la société.

Nicolas CARL 30 Mai 2018
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