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15 février 2019 ~ 0 Commentaire

hongrie (à l’encontre)

budap

Hongrie.

«Une éthique ouvrière», en 1956

C’est une courte lettre qui date de plus de 60 ans. Jean Duprat, mon grand-oncle, y informe un «camarade», sans doute un responsable, qu’il quitte la CGT. Nous sommes en 1956. Et c’est le «silence complice» de son organisation face à la répression de l’insurrection hongroise qui motive cette décision.

• C’est une courte lettre qui date de plus de 60 ans. Elle est reproduite à la fin de ce billet. Jean Duprat, mon grand-oncle, y informe un «camarade», sans doute un responsable, qu’il quitte la CGT. Nous sommes en 1956. Et c’est le «silence complice» de son organisation face à la répression de l’insurrection hongroise qui motive cette décision.

Au 13 novembre, date de la lettre, cela fait dix jours que les chars soviétiques sont entrés en Hongrie pour mettre un terme sanglant à la Commune de Budapest débutée quant à elle le 23 octobre.

Dès le départ, cette insurrection n’est pour le Parti communiste qu’un des avatars du complot mondial visant à affaiblir le camp du «socialisme réel». L’Humanité [comme le quotidien Voix Ouvrière du Parti du travail en Suisse: voir l’article publié, par Charles-André Udry, le 22 juin 2006, sur la «révolution hongroise», sa chronologie, et la presse de «gauche» en Suisse] dénonce férocement les insurgé·e·s, «fascistes et féodaux», et loue l’intervention de «l’armée des ouvriers et des paysans de l’URSS».

Pour une partie des «compagnons de route» du PCF, troublés par le récent rapport Khrouch-tchev, ça ne passe pas. Le 7 novembre, Le Monde publie un manifeste signé notamment par Sartre, Claude Roy, Roger Vailland ou encore Jacques Prévert. On peut y lire «que le Socialisme pas plus que la Liberté ne s’apporte à la pointe des baïonnettes».

Des fédérations de la CGT, le Livre notamment, dénoncent l’intervention soviétique. Et le 13 novembre 1956, précisément le jour où est rédigée cette courte lettre, le bureau confédéral adopte une déclaration rendue publique qui «tient à préciser que rien dans les statuts de la CGT n’interdit à une organisation confédérée d’avoir, sur un point particulier, une opinion propre alors qu’une autre organisation a le même droit d’émettre une opinion contraire», un pluralisme qui interdirait une position franche de la CGT sur la Hongrie (1).

C’est ce «silence» que dénonce Jean Duprat.

Il vient tout juste d’avoir 34 ans et il est postier, comme son frère jumeau, Pierre, mon grand-père. Agent d’exploitation («AEX») au centre de tri de Gare de l’Est, sur la ligne ambulante de Paris à Strasbourg, il est inséré dans une sociabilité ouvrière forte. Aux PTT, la CGT rassemble un peu plus de 40 % des voix aux élections professionnelles. Elle y est fortement concurrencée par FO.

Militer à la CGT c’est s’exposer mais aussi y consacrer un investissement personnel important: «Le local syndical, ça n’existe pas. Les réunions se tiennent à la Bourse du travail ou dans une arrière-salle de café. (…) La reconnaissance du militant est fréquemment contestée par l’autorité. La direction du syndicat se réunit souvent le soir après le service, mais la multiplicité des horaires de travail, de jour et de nuit, ne facilite pas le travail d’équipe et démocratique! Les autorisations spéciales d’absence, les dispenses de services, cela n’existe pas non plus.» (2)

Membre de la Commission exécutive de son syndicat, Jean Duprat est un militant, même si on ne trouve pas trace de lui dans le célèbre dictionnaire du mouvement ouvrier «Le Maitron». Et s’il quitte la CGT cette année 1956 c’est parce que la « douleur » de l’abandon à leur sort des «ouvriers et du peuple hongrois», lui, le militant, il ne peut l’accepter.

Est-ce parce qu’il a eu écho des conseils ouvriers qui ont éclos durant l’insurrection?  Manifestation, comme dans tant d’autres épisodes historiques, d’un authentique «socialisme spontané» des travailleurs et des travailleuses.

Et s’il conclut sa lettre en adressant, malgré tout, ses «amitiés ouvrières» à ses ex-camarades, c’est justement parce qu’il continue de se revendiquer de ce mouvement ouvrier, de son éthique originelle, éprise de liberté et rétive à toutes les dominations.

Jean Duprat ne cessera d’ailleurs pas de militer. Il rejoint par la suite la Fédération Anarchiste, au sein du Groupe Fresnes-Antony, mais aussi la CNT, petite centrale anarcho-syndicaliste.

Après tout peut-être s’agit-il d’un choix longuement mûri. Peut-être a-t-il fait partie, plus jeune, des lecteurs et lectrices du Libertaire, ce journal dont il s’écoulait 50 000 exemplaires en 1945.

Peut-être même qu’il a suivi, un peu moins de dix ans auparavant, les débats autour de la scission CGT/CGT-FO de 1947 dans les colonnes de ce même journal. Le Libertaire, comme la FA, voyait alors en la jeune CNT la meilleure alternative syndicale à la CGT de Frachon, inféodée à l’URSS, et à la CGT-FO de Jouhaux, sous emprise des USA. (3)

Lui qui avait milité durant tant d’années à la CGT ne pouvait pas, quoi qu’il en soit, rejoindre une organisation adverse, FO. Et peut-être que la CNT, malgré son audience confidentielle, offrait du coup un cadre acceptable.

Mais ce que j’aime surtout retenir de ce bref courrier (comme de l’engagement qui l’a poursuivi), c’est qu’on peut y voir une certaine sincérité et une intégrité, la volonté aussi d’accorder les moyens employés aux fins recherchées. Et que nos désirs d’émancipation et de liberté ne soient pas étouffés par les logiques froides et désincarnées d’appareils.

Alencontre 15 février 2019 Théo Roumier

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Cher camarade,

Comme beaucoup d’entre nous, j’ai ressenti douloureusement les évènements qui viennent d’ensanglanter la Hongrie. Comme beaucoup, j’ai longtemps espéré que la CGT à laquelle j’étais fier d’appartenir aurait protesté à l’encontre de l’agression perpétrée contre les ouvriers et le peuple hongrois. Devant le silence, signe de complicité, de l’organisation qui fut la mienne, j’ai le regret de t’informer de ma démission, et d’adhérent et de membre de la Commission Exécutive syndicale. Je verrais dès que possible le camarade Laforgue pour lui remettre comptes et documents en ma possession. Reçois, cher camarade, mes amitiés ouvrières.

Duprat, le 13 novembre 1956 »

Notes

  1. André Narritsens, « 1956, la CGT et la Hongrie », Cahiers d’histoire sociale n° 98, juin 2006
  2. Pierre Lhomme, « Les droits et les moyens syndicaux dans les PTT », dans La CGT dans les années 1950, Presses universitaires de Rennes, 2005
  3. Guillaume Davranche, « Les anarchistes rejoignent à regret la CGT-FO », dans Alternative libertaire n° 172, avril 2008

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13 février 2019 ~ 0 Commentaire

ps (regards)

ps cons

Parti socialiste

La maison des destins croisés

Après Hollande, avec Macron, les socialistes ont complètement perdu le Nord. C’est comme si plus personne dans la maison PS n’était capable de trancher sur la ligne à adopter : la social-démocratie ou le libéralisme ?

Le Parti Socialiste, (re)fondé en 1971 par François Mitterrand, allié à la droite et à la gauche de ce parti, contre un centre qui lui résistait en vain, a porté au pouvoir avec le présidence Hollande des idées en phase avec le consensus doctrinal de l’Union européenne et un personnel politique davantage soucieux de plaire aux milieux dirigeants de l’économie globalisée qu’à la base électorale historique de la gauche.

Au cœur de ce personnel, Emmanuel Macron, considéré comme un jeune prodige de la techno-structure sociale et ardent défenseur de réformes structurelles censées rassurer « Bruxelles » et les marchés. En un sens, le PS est la fabrique du macronisme.

Victime du rejet puis de la défection du Président Hollande, le PS est aujourd’hui la première victime (avec l’UMP-LR) de la tripolarisation de la vie politique, telle que l’a décrite Pierre Martin. De fait, comme dans d’autres occasions historique bien plus douloureuses pour le pays, pour reprendre les mots de Léon Blum, « le parti a choisi de ne pas choisir ». Il a choisi de ne pas choisir entre Macron – sa politique, ses soutiens, la logique qui le guide – et une alliance « à gauche », pour le changement.

Le changement, c’est jamais maintenant

Certes, l’inventaire d’Olivier Faure est un pas en avant. Il fait opportunément l’impasse sur la question de l’intégration européenne et, tout particulièrement d’abord de « l’intégration néga-tive » (Fritz Scharpf) enclenchée au cours des années 1980 (déréglementation, dérégulation, libéralisation des marchés) et de la politique choisie par François Hollande, lorsqu’il opta pour la non-renégociation du TSCG – dit « traité Merkozy » – signifiant ainsi que l’Europe – comme mythe et comme programme – demeurait bien le projet de substitution au socialisme auquel adhèrent les socialistes français.

Au fond, rien n’a fondamentalement changé dans la « vieille maison » depuis 1983 et le Congrès de Bourg-en-Bresse, entérinant la « parenthèse libérale » et surtout depuis le Congrès de l’Arche, entérinant la fin du PS d’Epinay, au profit d’une résignation libérale et d’un « atlantisme à la charentaise » (Didier Motchane, rédacteur de la motion de synthèse d’Epinay).

Semaine après semaine, un face-à-face se dessine entre Olivier Faure, Premier secrétaire du PS et Julien Dray, un cacique du parti, longtemps stratège des mouvements de jeunesse, apprécié de François Mitterrand, inventeur et inspirateur de SOS Racisme comme des grèves de 86, blessé en plein vol par une affaire « de montres » qui ne prouva rien sinon une passion moins coûteuse qu’une grosse cylindré de député des Vosges ou de la Dordogne.

Faure ne jure que par la constitution d’un attelage large aux européennes, afin de diluer la responsabilité du PS – et la sienne – dans ce qui s’annonce être une épreuve douloureuse. Dray ne pense qu’à une chose : faire prendre position au PS dans l’affaire des gilets jaunes.

Chaque samedi, il s’en va discuter avec le « peuple des ronds-points » et part du principe que ce mouvement ressuscite une frontière de classe et sans doute une frontière politique. Le PS de Faure fuit le sujet. Dray plonge dedans.

C’est sans doute cela la politique, la vraie, celle qui a fait plonger Mitterrand dans le bouillonne-ment post-68 (à défaut d’avoir su profiter de l’événement au temps T) et qui devrait faire plonger le PS dans le « Moment Gilets Jaunes », à savoir se mettre au service, via son tissu d’élus locaux, d’un mouvement encore plastique et protéiforme, et surtout, à défaut d’en devenir le porte-parole naturel (ce qui est difficile) porter la critique radicale des atteintes aux libertés fondamentales et des violences manifestes des forces de l’ordre.

Or, rien. Qu’Olivier Faure soit lié amicalement à Christophe Castaner semble avéré. Que les groupes socialistes du Palais du Luxembourg ou du Palais Bourbon ne disent mot de l’usage des armes mutilatrices employées depuis des semaines par les forces de l’ordre semble plus curieux.

Un parti isolé, hors-sol

Le PS est entre deux mondes. C’est là sa fragilité. Localement, à chaque déplacement du Président, il découvre, médusé, l’ampleur de ce qui, en son sein, constitue un véritable fractionnisme macroniste. Politiquement, nationalement, il ne parvient à se situer entre un espace contestataire écolo-démocratico-social et un grand centre libéral et européen autant tenté aujourd’hui par l’exercice de la contrainte qu’il le fut hier par celui de la fabrique d’un consentement, édifié sur les bases du désarroi civique devant la crise de régime.

C’est au fond cet entre-deux qui oblige le PS à discuter avec un collectif – Place Publique, présidé par Raphaël Glucksmann – afin de noyer (semble-t-il) son désarroi politique dans une alliance de circonstance avec CAP 21 de Corinne Lepage, le PRG résiduel, les quelques amis français de Yanis Varoufakis et la très confidentielle UDE.

On l’a compris, le cœur du problème est politique. Le PS doit retrouver une analyse du monde (quid de l’atlantisme et du tropisme néocons des années passées), un dialogue avec la société, qu’il doit mobiliser – c’est-à-dire pour parler à l’ancienne – le « mouvement réel des masses » – et prendre position de façon à faire clivage face au gouvernement, c’est-à-dire en critiquant sa politique de maintien de l’ordre désormais aussi dépassée que dangereuse.

Ces clés pour l’action sont-elles à la portée du PS ? Rien n’est moins sûr. Il restait au moins au PS de 1969 une idéologie, un dialogue « idéologique » avec le PC, un personnel estimable – Mollet, Savary, Quillot – une opposition internet – le CERES, Chevènement, Motchane, Sarre – et un François Mitterrand attendant habilement dans le vestibule de la Cité Malesherbes.

Rien d’équivalent ne permet d’espérer. Au fond, le PS est confronté au même défi que le jeune héros de « l’Histoire sans fin », film fantastique des années 80, il doit lutter pour que Le Néant ne l’emporte pas… De primes abords, c’est mal engagé.

Gaël Brustier  13 février 2019

http://www.regards.fr/

Commentaire:

Curieux article! En tout cas l’option « sociale-démocrate » n’existe pas (plus)! Historiquement c’est le processus qui a permis aux ouvriers de se doter, d’abord des syndicats,  bases de partis qui  représentent les syndicats en politique. Pour défendre les intérêts populaires, pas ceux « de la nation ». En Allemagne du début du 20è c’était devenu un « état dans l’état » qui n’attendait que la victoire ultime aux élections. La sociale démocratie a tout de suite été aspirée par l’état. La Charte d’Amiens est une réponse à cela.

Nous n’oublions pas que la chouette « sociale-démocratie » a commis des crimes pour  défendre le capitalisme. Et aujourd’hui la sociale démocratie n’a plus « de grain à moudre ». Elle ne peut plus servir aux patrons pour avoir la « paix sociale ». Elle a même offert aux patrons leur « revanche » sur ses propres réformes!  Il ne leur reste que les réformes sociétales. Finies réformes de structures, enrichissez-vous!

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13 février 2019 ~ 0 Commentaire

tricolore (a et r)

tardi drapeau

On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels. (Anatole France)

Drapeaux dans les salles de classes

Aberration et arrogance d’une classe dominante en free-style

Repeindre l’école en bleu-blanc-rouge : voilà la nouvelle cosmétique d’un patriotisme imposé par un amendement soumis en pleine nuit par le député LR Eric Ciotti, bien connu pour ses amitiés avec l’extrême droite. La mesure qui vise à mettre dans chaque classe des drapeaux français et européen, accompagnés de paroles de la Marseillaise a été adoptée… et Blanquer s’en félicite !
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Une mesure qui vise à imposer les valeurs de la sacro-sainte nation partout mais surtout à des territoires qui sont abandonnés depuis des années. Clairement, les drapeaux ne sont pas pour les beaux quartiers mais pour les autres, ceux qu’ils appellent « la périphérie » pour rappeler que c’est la République qui décide et impose ses lois : on doit l’aimer, la reconnaître ou être sanctionné dans un contexte où le système est de plus en plus décrié. Pourtant c’est cette république qui rejette des millions de personnes, en les empêchant d’accéder aux services publics, en fermant les bureaux de postes, en supprimant des écoles, en imposant sa terreur policière dans de nombreux quartiers.
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Penser qu’imposer un drapeau fera oublier tout cela c’est se leurrer.
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Mais, cette mesure qui peut paraître finalement cosmétique montre bien le vrai visage et l’arro-gance de notre classe dominante. Aujourd’hui c’est ferme ta gueule, pense comme nous ou on t’écrase ! Peu importe que ta vie, ton travail… soient dégradés par eux, détruits par eux. Tu dois accepter que tout cela se fasse au nom de valeurs communes.
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Arrogance mais aussi aberration.
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Aujourd’hui on imposerait des drapeaux dans toutes les salles de cours alors qu’on supprime des postes, des écoles, des matières… plus que jamais le service public est menacé et de moins en moins accessible. Dans ce contexte ils veulent payer des drapeaux dans chaque salle de classe des 63 600 établissements scolaires.
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Aberration car souvent ces classes sont délabrées : trous dans le mur, certains sont en train de s’effondrer, parfois il n’y a même pas de papier-toilettes pour les élèves, sans parler d’infirmiers, d’assistants social…
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Commentaire: A&R est un courant du NPA

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13 février 2019 ~ 0 Commentaire

problème? (alternative libertaire)

fachos milice

Migrations

La création du «  problème  » de l’immigration

Sous l’impulsion en 1978 de François Duprat, alors numéro deux, le FN s’empare de la théma-tique immigration: « 1 million de chômeurs, c’est 1 million d’immigrés de trop ! La France et les Français d’abord ! ».

Duprat estimait qu’avec ce slogan, martelé ensuite pendant plus de dix ans, «nous allons ga-gner des voix populaires. Les voix populaires, dans le contexte du risque que la gauche gagne, la droite les voudra pour elle. Elle n’aura donc pas d’autre choix que de valider nos thèses, que de les reprendre en partie, d’ailleurs, l’immigration est officiellement stoppée depuis 1974. A partir de là, si on entend valider une partie de nos thèses dans l’opinion publique, nous ne se-rons plus les horribles fascistes, nous ne serons plus les méchants anciens de l’OAS, nous ne serons plus les nazis, les collaborateurs, etc., nous serons une droite, une droite musclée, mais une droite qui aura sa place dans le champ politique et une droite pour laquelle on pourra voter.»

L’idée est de diviser la classe ouvrière et de distiller le poison raciste dans un contexte de massi-fication du chômage. Le FN va donc participer activement à la création du « problème » de l’immigration, celle-ci ayant jusque-là été considérée plutôt comme une « solution » économique par la classe dirigeante.

Dans le même temps, les idéologues du Grece, autour d’Alain de Benoist, théorisent la stratégie du « gramscisme de droite » pour tenter d’influencer la sphère politique et brouiller les repères en attirant des intellectuels de droite et de gauche dans la revue Éléments. Ils vont notamment théoriser le passage d’un racisme d’essence biologique à un racisme euphémisé «différen-tialiste » mais qui sous-entend également l’inégalité des « races » et la défense de «  l’identité  » indo-européenne.

En réaction aux grèves des ouvriers immigrés dans les usines automobiles entre 1981 et 1984 et aux marches contre le racisme et pour l’égalité des droits de 1983 et 1984, le FN alimente les fantasmes xénophobes et sécuritaires.

Sa percée aux élections européennes de 1984 marque le début de son ascension électorale. La porosité entre droite et extrême droite s’illustre alors par l’arrivée de politiciens de droite au FN. Parmi eux, l’énarque Jean-Yves Le Gallou, alors membre de l’UDF issu du Grece et cofondateur du Club de L’Horloge, qui publie en 1985 aux éditions Albin Michel le livre La Préférence natio-nale : Réponse à l’immigration. Avec Patrick Buisson, alors rédacteur en chef de Minute, ils encouragent le haut fonctionnaire Bruno Mégret à rejoindre le Front. Celui-ci devient rapidement numéro deux et fait de la préférence nationale le cœur programmatique du FN.

La bataille des idées

Le reste du programme, notamment le volet économique et social, devient modifiable à souhait dans l’optique de la conquête du pouvoir. Mégret est un stratège qui théorise la «  bataille du vocabulaire  » pour contourner la législation antiraciste et percer notamment le plafond de verre électoral. Cela va leur permettre de gagner plusieurs villes en 1995, l’année même des crimes racistes contre Ibrahim Ali et Brahim Bouarram. Cependant, la crise interne de 1998 va marquer un coup d’arrêt provisoire de l’ascension du FN.

Les attentats du 11 septembre 2001 marquent un changement de paradigme au niveau interna-tional. La France, avec les lois d’exception au prétexte de la lutte contre le terrorisme, bascule dans la spirale sécuritaire.

On assiste à la montée en puissance des logiques de bouc-émissaire dans les discours politico-médiatiques qui amalgament immigration, insécurité et «menace islamique » et qui se traduisent par un arsenal sécuritaire qui ne cesse de s’amplifier depuis. Les émeutes de 2005 ont ainsi été l’occasion pour le pouvoir de réactiver l’état d’urgence qui datait de la guerre d’Algérie, état d’ur-gence depuis réenclenché suite aux attentats de novembre 2015. Les gouvernements succes-sifs de gauche et de droite ont forgé dans cette période un consensus sécuritaire tandis que l’extrême droite jette régulièrement de l’huile sur le feu.

Sur ces terrains labourés depuis des décennies par l’extrême droite, le FN récolte : c’est l’élec-trochoc des présidentielles de 2002. Mais ce n’est pas encore assez et, sous la direction de Marine Le Pen à partir de 2011, le FN s’engage dans un tournant pseudo-social et une stratégie de dédiabolisation-banalisation. En sous-traitant l’antisémitisme aux «  idiots utiles  » Soral et Dieudonné, l’islamophobie à Zemmour et à Riposte Laïque et les violences politiques aux grou-puscules néo-fascistes, le FN peut enfin paraître respectable et glaner des voix. Mais la menace n’est pas que française et émerge partout en Europe.

Surfant sur les discours complotistes véhiculés sur Internet par les médias de «  réinformation  » et confusionnistes ainsi que par les réseaux sociaux, les thèses de «  submersion migratoire  » et de «  grand remplacement  » de l’écrivain Renaud Camus alimentent les fantasmes racistes sur les menaces pesant sur une illusoire «  identité nationale  ».

Un racisme décomplexé

Passant à l’action, les groupes identitaires créent le buzz médiatique à l’été 2017 avec leur opération Defend Europ puis avec leur opération antimigrant-es au Col de l’Échelle en avril 2018 et lors de l’attaque des locaux de l’Aquarius en octobre 2018. Le 16 décembre 2018, à l’appel de plusieurs organisations flamandes principalement d’extrême droite, des milliers de manifestantes et manifestants défilent à Bruxelles contre le pacte de Marrakech.

Steve Bannon, ancien conseiller de Donald Trump, déclare en tant qu’invité vedette du 16è congrès du FN en mars 2018: « Laissez-les vous appeler racistes, xénophobes, islamophobes… Portez-le comme un badge d’honneur parce que chaque jour qui passe nous devenons plus forts, et eux s’affaiblissent. » Le FN, rebaptisé en juin 2018 Rassemblement national, espère profiter à son tour en mai 2019 de l’arrivée au pouvoir en Autriche et en Italie de ses alliés (respectivement FPÖ et ex-Ligue du Nord) et plus largement de la poussée électorale des partis politiques d’extrême droite dans le monde.

Face aux politiques gouvernementales et à la menace fasciste, il faut renforcer et amplifier la mobilisation antiraciste et antifasciste  !

À quelques mois des élections européennes de mai 2019 qui seront dominées notamment par la question migratoire et la «crise des migrantes et migrants » et dans un contexte où se libèrent les discours ouvertement racistes et xénophobes, il est nécessaire de revenir sur l’évolution des batailles idéologiques autour de cette question en France et d’analyser l’influence déterminante de l’extrême droite. La fondation du Front national (FN) en 1972, impulsé par les jeunes loups du groupuscule Ordre nouveau pour fédérer les résidus de l’extrême droite autour de la personne de Jean-Marie Le Pen, marque la volonté de sortir de la marginalité politique à laquelle elle est confinée depuis la Libération. En réaction aux grèves des ouvriers spécialisés immigrés dans les usines automobiles entre 1981 et 1984 et aux marches pour l’égalité des droits de 1983 et 1984, le FN alimente les fantasmes xénophobes et sécuritaires.

Gabriel L. (AL Paris Nord-Est) 11 février 2019

http://alternativelibertaire.org/

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11 février 2019 ~ 0 Commentaire

maxine roussillon (regards)

 Sur le projet de loi de l’école de confiance 

« La confiance pour Jean-Michel Blanquer, c’est la débrouille. Chacun se débrouille tout seul pour choisir sa formation. »
« Ce gouvernement a une vision libérale de l’école comme on en a depuis un bout de temps et qui part de l’idée que tous les enfants ne sont pas faits pour réussir à l’école. Du coup, il faut sélectionner le plus tôt possible. »
« L’école d’aujourd’hui est une école qui n’est pas faite pour faire réussir tous les enfants. C’est pas faute de bonne volonté du côté des enseignants et des familles mais on est dans un système qui date de la IIIème République, qui est un système sélectif. »

 Sur ce qu’il faudrait faire pour l’école 

« L’axe fondateur ça serait de refonder l’école pour qu’elle soit construite sur le modèle de l’enfant qui n’a que l’école pour réussir et qui ne peut pas s’appuyer ni sur une culture familiale, ni sur des cours privés. »
« Il faut faire confiance aux enseignants en leur donnant les moyens de réussir, en changeant leurs conditions de travail, en abaissant les effectifs, en revalorisant les salaires et en construisant une formation de haut niveau pour les enseignants. »

 Sur les points principaux du projet de loi 

« Cette histoire de niveau [qui consiste à dire que le niveau des élèves baisse] est une façon de ne pas parler du vrai problème de l’école qui est celui des inégalités. »
« Nos très bons élèves sont plutôt meilleurs aujourd’hui qu’il y a dix ou vingt ans. Le problème c’est que les inégalités s’accroissent. »
« Il y a bien une démocratisation scolaire, le niveau global monte plutôt dans la société mais la différence entre les plus démunis et ceux qui réussissent le mieux est de plus en plus grande. Et évidemment l’école produit du tri social. »

 Sur la scolarisation dès 3 ans 

« Blanquer est connu depuis très longtemps pour être un grand copain des écoles privées. »
« Rendre l’instruction obligatoire dès trois ans, c’est obliger les communes à financer les écoles maternelles privées. »
« C’est un énorme marché qui s’ouvre à l’éducation privée d’autant que Blanquer favorise toutes les pédagogies alternatives marchandes. »
« Vu l’état actuel des finances des communes, on ne voit pas comment elles peuvent tout payer. »

 Sur l’attractivité du métier d’enseignant 

« On va permettre à des gens de faire le métier d’enseignant en étant payés deux fois moins et sans la formation. »
« Il faut rendre l’attractivité au métier de l’enseignement mais pour ça il faut mettre en place un vrai pré-recrutement sous statut de la fonction publique avec un vrai salaire. »

 Sur la mobilisation des enseignants 

« Le monde enseignant est déjà mobilisé, la question c’est celle des moyens d’actions. »
« Le monde enseignant est peu en manif, peu en grève. Il est très largement opposé à ce projet de loi. Et il cherche les moyens de se faire entendre après des années où il n’a pas réussi à se faire entendre. »
« Ça fait dix ans que l’éducation se prend des réformes dans la tête, à un rythme très élevé qui fait que d’une part il y a de l’usure, d’autre part les nouvelles générations d’enseignants qui arrivent ont beaucoup moins de culture du métier parce qu’ils ont beaucoup moins eu accès à une formation, ils sont plus précaires, ils sont plus noyés sur les heures supplémentaires et c’est beaucoup plus difficile de se mobiliser dans ces conditions-là. »

 Sur les stylos rouges 

« C’est très important ce qu’il se passe avec les stylos rouges. »
« Il y a beaucoup de syndiqués dans les stylos rouges, ça n’est pas un mouvement anti-syndical. » « On cherche des moyens efficaces de se mobiliser. »
« C’est une mobilisation qui se développe dans les endroits où ça se mobilisait peu avant : dans des lycées privés, dans des écoles rurales. Et maintenant, il fait qu’elle trouve ses moyens d’actions pour se faire entendre. »

 Sur l’échec de la gauche en matière d’éducation 

« Je pense que si on veut reconstruire une gauche de combat, ça passe par un projet pour l’école. » « Le projet on l’a mais ça fait plus de dix ans qu’on a perdu la bataille idéologique. De plus en plus de gens sont convaincus qu’il y a des enfants qui ne sont pas faits pour l’école alors que le fond du problème c’est que l’école n’est pas faite pour tous les enfants. Et il faut la transformer dans ce sens là. »

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11 février 2019 ~ 0 Commentaire

les riches (npa)

patron

« Les riches ont sans cesse besoin de légitimer leur fortune, l’arbitraire de leurs richesses et de leur pouvoir »

Par Monique Pinçon-Charlot

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Qu’est-ce qu’un riche, en France, aujourd’hui ? 

Monique Pinçon-Charlot : Près de 10 millions de Français vivent aujourd’hui en-dessous du seuil de pauvreté. Celui-ci est défini très précisément. Mais il n’existe pas de « seuil de riches-se ». C’est très relatif, chacun peut trouver que son voisin est riche. Et pour être dans les 10 % les plus riches en France, il suffit que dans un couple chacun gagne 3 000 euros.

Nous nous sommes intéressés aux plus riches parmi les riches. Sociologiquement, le terme « riche » est un amalgame. Il mélange des milieux très différents, et regroupe ceux qui sont au top de tous les univers économiques et sociaux : grands patrons, financiers, hommes politiques, propriétaires de journaux, gens de lettres… Mais nous utilisons délibérément ce terme. Car mal-gré son hétérogénéité, ces « riches » sont une « classe », mobilisée pour la défense de ses inté-rêts. Et nous voulons aujourd’hui contribuer à créer une contre-offensive dans cette guerre des classes que mènent les riches et qu’ils veulent gagner.

Pourquoi est-il si difficile de définir cette classe ? 

La richesse est multidimensionnelle. Bourdieu parlait très justement de capital – économique, culturel, symbolique –, c’est ce qui donne du pouvoir sur les autres. A côté de la richesse économique, il y a la richesse culturelle : c’est le monde des musées, des ventes aux enchères, des collectionneurs, des premières d’opéra… Jean-Jacques Aillagon, président du comité des Arts décoratifs, vient d’être remplacé par un associé-gérant de la banque Lazard. Dans l’asso-ciation des amis de l’Opéra, on retrouve Maryvonne Pinault (épouse de François Pinault, 6e fortune de France), Ernest-Antoine Seillière (ancien président du Medef, 37è fortune de France avec sa famille)…

À cela s’ajoute la richesse sociale, le « portefeuille » de relations sociales que l’on peut mobiliser. C’est ce qui se passe dans les cercles, les clubs, les rallyes pour les jeunes. Cette sociabilité mondaine est une sociabilité de tous les instants : déjeuners, cocktails, vernissages, premières d’opéra. C’est un véritable travail social, qui explique la solidarité de classe. La quatrième forme est la richesse symbolique, qui vient symboliser toutes les autres. Cela peut être le patronyme familial : si vous vous appelez Rothschild, vous n’avez pas besoin d’en dire davantage… Cela peut être aussi votre château classé monument historique, ou votre élégance de classe.

Il existe aussi une grande disparité entre les très riches…

Bernard Arnault, propriétaire du groupe de luxe LVMH, est en tête du palmarès des grandes fortunes professionnelles de France, publié chaque année par la revue Challenges. Il possède 370 fois la fortune du 500e de ce classement. Et le 501ème est encore très riche ! Comparez : le SMIC à 1 120 euros, le revenu médian à 1 600 euros, les bons salaires autour de 3 000 euros, et même si on inclut les salaires allant jusque 10 000 euros, on est toujours dans un rapport de 1 à 10 entre ces bas et hauts salaires. Par comparaison, la fortune des plus riches est un puits sans fond, un iceberg dont on ne peut pas imaginer l’étendue.

Malgré l’hétérogénéité de cette classe sociale, les « riches » forment, selon vous, un cercle très restreint.

On trouve partout les mêmes personnes dans une consanguinité tout à fait extraordinaire. Le CAC 40 est plus qu’un indice boursier, c’est un espace social. Seules 445 personnes font partie des conseils d’administration des entreprises du CAC 40. Et 98 d’entre elles détiennent au total 43 % des droits de vote2 ! Dans le conseil d’administration de GDF Suez, dont l’État français possède 36 % du capital, il y a des représentants des salariés. Ceux-ci peuvent être présents dans divers comités ou commissions, sauf dans le comité des rémunérations. Cela leur est interdit. Qui décide des rémunérations de Gérard Mestrallet, le PDG ? Jean-Louis Beffa, président de Saint-Gobain, notamment. C’est l’entre-soi oligarchique.

Cela semble si éloigné qu’on peut avoir l’impression que ces riches vivent dans un monde parallèle, sans impact sur notre vie quotidienne. Vous parlez à propos des riches de « vrais casseurs ». Quel impact ont-ils sur nos vies ? 

Avec la financiarisation de l’économie, les entreprises sont devenues des marchandises qui peuvent se vendre, s’acheter, avec des actionnaires qui exigent toujours plus de dividendes. Selon l’Insee, les entreprises industrielles (non financières) ont versé 196 milliards d’euros de dividendes en 2007 contre 40 milliards en 1993.

Vous imaginez à quel niveau nous devons être sept ans plus tard ! Notre livre la Violence des riches s’ouvre sur une région particulièrement fracassée des Ardennes, avec l’histoire d’une entreprise de métallurgie, qui était le numéro un mondial des pôles d’alternateur pour auto-mobiles (les usines Thomé-Génot). Une petite entreprise familiale avec 400 salariés, à qui les banques ont arrêté de prêter de l’argent, du jour au lendemain, et demandé des rembourse-ments, parce que cette PME refusait de s’ouvrir à des fonds d’investissement.

L’entreprise a été placée en redressement judiciaire. Un fonds de pension l’a récupérée pour un euro symbolique, et, en deux ans, a pillé tous les savoir-faire, tous les actifs immobiliers, puis fermé le site. 400 ouvriers se sont retrouvés au chômage. C’est un exemple parmi tant d’autres ! Si vous vous promenez dans les Ardennes aujourd’hui, c’est un décor de mort. Il n’y a que des friches industrielles, qui disent chaque jour aux ouvriers : « Vous êtes hors-jeu, vous n’êtes plus rien. On ne va même pas prendre la peine de démolir vos usines, pour faire des parcs de loisirs pour vos enfants, ou pour planter des arbres, pour que vous ayez une fin de vie heureuse. Vous allez crever. »

Comment s’exerce aujourd’hui ce que vous nommez « la violence des riches » ? 

C’est une violence inouïe. Qui brise des vies, qui atteint les gens au plus profond de leur corps, de leur estime, de leur fierté du travail. Être premier dans les pôles d’alternateur pour automo-biles, c’est faire un travail de précision, c’est participer à la construction des TGV, à l’une des fiertés françaises. Casser cela est une violence objective, qui n’est ni sournoise ni cachée, mais qui n’est pas relayée comme telle par les politiques, par les médias, par ces chiens de garde qui instillent le néolibéralisme dans les cerveaux des Français. Pour que ceux-ci acceptent que les intérêts spécifiques des oligarques, des dominants, des riches, deviennent l’intérêt général.

Comment cette violence objective se transforme-t-elle en assujettissement ?

C’est une forme d’esclavage dans la liberté. Chacun est persuadé qu’il est libre d’organiser son destin, d’acheter tel téléphone portable, d’emprunter à la banque pendant 30 ans pour s’acheter un petit appartement, de regarder n’importe quelle émission stupide à la télévision.

Nous essayons de montrer à quel système totalitaire cette violence aboutit. Un système totalitaire qui n’apparaît pas comme tel, qui se renouvelle chaque jour sous le masque de la démocratie et des droits de l’homme.

Il est extraordinaire que cette classe, notamment les spéculateurs, ait réussi à faire passer la crise financière de 2008 – une crise financière à l’état pur – pour une crise globale. Leur crise, est devenue la crise. Ce n’est pas une crise, mais une phase de la guerre des classes sans merci qui est menée actuellement par les riches. Et ils demandent au peuple français, par l’intermédiaire de la gauche libérale, de payer. Et quand on dit aux gens : « Ce n’est quand même pas à nous de payer ! », ils répondent : « Ah, mais c’est la crise »…

Pourquoi et comment les classes populaires ont-elles intégré cette domination ? 

C’est une domination dans les têtes : les gens sont travaillés en profondeur dans leurs représentations du monde. Cela rend le changement difficile, parce qu’on se construit en intériorisant le social. Ce que vous êtes, ce que je suis, est le résultat de multiples intério-risations, qui fait que je sais que j’occupe cette place-là dans la société.

Cette intériorisation entraîne une servitude involontaire, aggravée par la phase que nous vivons. Avec le néolibéralisme, une manipulation des esprits, des cerveaux, se met en place via la publicité, via les médias, dont les plus importants appartiennent tous à des patrons du CAC 40.

Sommes-nous prêts à tout accepter ? Jusqu’où peut aller cette domination ?

Dans une chocolaterie qu’il possède en Italie, le groupe Nestlé a proposé aux salariés de plus de cinquante ans de diminuer leur temps de travail3, en échange de l’embauche d’un de leurs enfants dans cette même entreprise. C’est une position perverse, cruelle. Une incarnation de ce management néolibéral, qui est basé sur le harcèlement, la culpabilisation, la destruction.

Les riches entretiennent une fiction de « surhommes » sans qui il n’y aurait pas travail en France, estimez-vous. Menacer les riches signifie-t-il menacer l’emploi ?

Cette menace est complètement fallacieuse. Dans la guerre des classes, il y a une guerre psychologique, dont fait partie ce chantage. Mais que les riches s’en aillent ! Ils ne partiront pas avec les bâtiments, les entreprises, les autoroutes, les aéroports… Quand ils disent que l’argent partira avec eux, c’est pareil. L’argent est déjà parti : il est dans les paradis fiscaux ! Cette fiction des surhommes fonctionne à cause de cet assujettissement, totalitaire. Quand on voit le niveau des journaux télévisés, comme celui de David Pujadas, il n’y a pas de réflexion possible. En 10 ans, les faits divers dans les JT ont augmenté de 73 % !

Certains se plaignent d’une stigmatisation des « élites productives ». Les riches ont-ils eux aussi intériorisé ce discours, cette représentation ?

Notre livre s’ouvre sur une citation extraordinaire de Paul Nizan4 : « Travaillant pour elle seule, exploitant pour elle seule, massacrant pour elle seule, il est nécessaire [à la bourgeoisie] de faire croire qu’elle travaille, qu’elle exploite, qu’elle massacre pour le bien final de l’humanité. Elle doit faire croire qu’elle est juste. Et elle-même doit le croire. M. Michelin doit faire croire qu’il ne fabrique des pneus que pour donner du travail à des ouvriers qui mourraient sans lui ».

C’est pour cela que cette classe est tout le temps mobilisée : les riches ont sans cesse besoin de légitimer leur fortune, l’arbitraire de leurs richesses et de leur pouvoir. Ce n’est pas de tout repos ! Ils sont obligés de se construire en martyrs. Un pervers narcissique, un manipulateur, passe en permanence du statut de bourreau à celui de victime, et y croit lui-même. C’est ce que fait l’oligarchie aujourd’hui, par un renversement du discours économique : les riches seraient menacés par l’avidité d’un peuple dont les coûts (salaires, cotisations…) deviennent insuppor-tables. On stigmatise le peuple, alors que les déficits et la dette sont liés à la baisse des impôts et à l’optimisation fiscale.

Nous publions de larges extraits d’un entretien que la sociologue Monique Pinçon-Charlot avait accordé au magazine Bastamag en 20131. Ce texte est d’une actualité brûlante dans un moment où l’on ne parle que de la « violence » des manifestantEs, des Gilets jaunes, des lycéenEs. La sociologue met en lumière ce que représente la violence des riches, celle qui ne se voit pas, qui est feutrée, mais qui marque durablement des générations d’exploités, précarisés, méprisés, licenciés, celles et ceux qui manifestent ou soutiennent les manifestations des Gilets jaunes aujourd’hui.

Lundi 11 février 2019

https://npa2009.org/

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09 février 2019 ~ 0 Commentaire

kendal breizh

lyon kend

Pour commémorer

Un an de la mort de Kendal Breizh

Quelques mots sur Olivier Le Clainche aussi appelé Kendal Breizh, militant morbihannais mort le 10 février 2018. Je souhaiterais évoquer sa mémoire en évoquant deux questions qui traversent le mouvement social actuellement. Celle de la violence et celle des raisons pour lesquelles on s’engage.

Kendal Breizh avait choisi de partir combattre auprès des YPG, l’armée du Kurdistan syrien, contre DAESH puis l’armée de Erdogan. Il a finalement été tué par un bombardement de l’armée turque. Même si vous pensez comme moi que la violence est une impasse stratégique dans la grande majorité des cas, il y a parfois des situations qui posent question et où les choix doivent être respectés.

Kendal Breizh défendait par son engagement le processus de démocratisation au Kurdistan syrien. Ce processus de démocratisation entend mettre en place des formes de prises de décision à la base avec le même pouvoir pour les femmes et pour les hommes.

Le meilleur hommage est d’aller se renseigner sur son combat en toute connaissance de cause. »

Serge

ken

Lire aussi:

Un hommage rendu à Kendal Breizh, le combattant breton tué en Syrie (20 mn)

Hommage à Kendal Breizh (TC)

Du Chiapas au Rojava : l’autogestion est possible (TC)

Les Kurdes rendent hommage à « Kendal Breizh », Breton mort en Syrie en combattant Daech avec eux (Le Huffington Post)

Hommage à Kendal Breizh (Rebellyon)

Bloaz ’zo e oa aet Olivier Le Clainche d’ar bed all (Le Peuple Breton)

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08 février 2019 ~ 0 Commentaire

vénézuéla (pùblico)

manuel vene

Une partie de la gauche

Continue d’identifier Maduro avec le socialisme.

Dans une note publiée dans New Society, j’explique ce problème en détail, mais en résumé, je dirais que je crois que les gouvernements de gauche et le progressisme international tentent de se placer dans la voie opposée à Duque, Bolsonaro et Trump, qui attaquent très frontalement Maduro et le Gouvernement Chavez.

Lorsqu’ils essaient de s’opposer, ils ne font pas la critique que pourrait faire la gauche sérieuse. Parce que vous pouvez faire des critiques différentes de celles qu’ils font, cela vous place aux côtés de ceux qui devraient bénéficier de cette solidarité, qui ne sont pas Maduro et sa clique, mais la classe ouvrière vénézuélienne et étrangère qui vit ici. C’est la classe ouvrière qui subit les iniquités d’un gouvernement qui élabore des politiques qui le poussent à la misère. Au lieu de faire preuve de solidarité avec la classe ouvrière, ils sont solidaires avec ceux qui ont les ressources.

Le Venezuela a été extrêmement généreux avec la gauche latino-américaine et internationale, leur a donné des voyages, des livres publiés, des tournées dans le pays, les frais de déplace-ment, le prix Libertador pour la pensée critique, avec entre 100 000 et 150 000 dollars aux personnages ayant écrit des livres de gauche en Amérique latine. .

D’autres prix, prébendes, réunions ont été développés. Ces privilèges accordés à cette gauche microscopique – qui ne fait rien dans leur pays mais rencontre au Venezuela les présidents, les ministres et passe à la télévision – lui ont valu une réputation que ses représentants ne veulent pas perdre. Ils entretiennent des contacts étroits avec l’ambassade du Venezuela, où se dérou-lent des événements au cours desquels les ambassades disposent de ressources et se sentent importantes.

Chávez commence à parler de socialisme environ sept ans après son entrée en fonction

Ils ne veulent pas non plus perdre leur crédibilité en niant ce qu’ils ont dit auparavant. Cette contradiction les frappe et ensuite ils s’arrêtent pour dire ce qui se passe au Venezuela, une chose à laquelle tout le monde se rend compte: qu’il n’y a pas d’argent, que le monde souterrain agit de manière totalement illimitée, qu’ils tuent des gens par téléphone portable, que les prisons sont dominées par les prisonniers eux-mêmes, où ils effectuent des exécutions, des coupures, des têtes, des mains et que le pays est complètement anarchisé et détruit.

Ils profitent également des bestialités de Trump, des éventuels coups d’État et des menaces de l’extrême droite pour défendre le gouvernement, sans analyser pourquoi le gouvernement est parvenu à cette situation.

Parce que nous pouvons tous être contre l’invasion militaire, comme je le suis – je suis contre toute effusion de sang et toute tentative sanglante de posséder un gouvernement dans le monde – mais je ne peux pas applaudir un gouvernement qui a provoqué un désastre économique, qu’il administre l’économie comme un boxeur junkie de 19 ans qui, après avoir gagné 200 millions de dollars dans sa jeunesse, est maintenant ruiné et vit de la charité de l’État.

Cette administration ne peut pas se défendre, ici les choses ont été mal faites, terriblement mal, et le Venezuela a des exemples historiques de tout ce qui ne devrait pas être fait, de tout ce qui ne devrait pas être tenté dans les domaines économique, productif, industriel et agricole. La gauche doit beaucoup repenser et réfléchir à cette terrible attitude de s’éloigner de la vérité et de la véritable lutte de la classe ouvrière.

Je voudrais préciser que ce processus n’a rien à voir avec le socialisme ou une révolution. Ici, ni le socialisme, ni la révolution, ni un projet émancipateur n’ont échoué. Chávez commence à parler de socialisme environ sept ans après son arrivée au pouvoir. Qu’il ait parlé de socialisme ne signifie pas qu’une révolution ou un changement réellement à gauche a été opéré.

Au plus fort de Chavez, en 2007-2008, près de 70% du PIB était encore privé et les expro-priations étaient de grands cadeaux pour des entreprises telles que Banco Santander, vendues à la Banque du Venezuela pour 1,5 milliard de dollars, après avoir été achetées. à 300 millions de dollars.

Ce n’est pas un échec du socialisme, pas d’une révolution, mais d’un gouvernement militariste qui a développé un populisme lumpen clientéliste, qui n’a rien à voir avec le développement des forces productives, du potentiel industriel, de la subjectivité productive des travailleurs.

De plus, Marx n’a rien à voir avec un gouvernement qui divise le capital et l’assigne à des caciques, fondant la Banco del Pueblo, celle des Forces armées, la travailleuse. Et cela n’a rien à voir avec des projets vraiment émancipateurs. À l’heure actuelle, le gouvernement privatise à la manière de l’ancien président russe Boris Eltsine: il vend d’importants actifs de l’État à des mafias, à des porte-documents, d’une manière sombre et probablement corrompue, à des prix dérisoires. C’est complètement indéfendable.

Manuel Sutherland / Economista marxista / Jorge Angeloni (Brecha) 6 de Febrero de 2019

https://ctxt.es/es

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06 février 2019 ~ 0 Commentaire

déchets nucléaires gb (reporterre)

majesty

Déchets nucléaires

Le gouvernement britannique cherche désespérément une solution

La Grande-Bretagne a repoussé pendant des années la question du devenir de ses déchets radioactifs. Pour y remédier, le gouvernement actuel a lancé une opération de séduction des communes rurales pour les inciter à accueillir le site de la future poubelle nucléaire.

L’époque est révolue où les Britanniques réglaient la question des déchets nucléaires en les jetant dans la Manche.

Pourtant, aucune solution à long terme n’est venue remplacer cette méthode expéditive. Les déchets radioactifs accumulés depuis des décennies traînent dans les centrales, en majorité dans celle de Sellafield, dans le nord-ouest de l’Angleterre. Ils y sont stockés de façon précaire dans des bouteilles en plastique ou dans des bennes disposées au fond de cuves d’eau au béton dégradé et exposées aux intempéries. C’est ce qu’a révélé un documentaire de la BBC en 2016.

« Cette émission a montré une image négative de notre sûreté, dans laquelle nous ne nous reconnaissons pas », avait annoncé un représentant de la centrale à l’époque. Un des lanceurs d’alertes à avoir parlé à la BBC, un ancien cadre supérieur de Sellafield, disait alors qu’il s’inquiétait « chaque jour » pour l’état du centre.

Autant dire que trouver un lieu de stockage permanent pour cet héritage empoisonné devient urgent. Et quel héritage ! Quelque 155.000 m3 de déchets contre près de 138.000 m3 en France. Le seul site de Sellafield abrite le plus grand stock de plutonium civil au monde, 112 tonnes, une quantité astronomique lorsqu’on sait que pour faire une arme nucléaire, il suffit de 5 à 10 kilogrammes.

C’est un défi qui menace depuis des décennies, sans qu’aucun gouvernement ne se soit décidé à le relever. « Il est toujours plus rentable de remettre le problème aux gouvernements suivants, car créer un site de stockage est une politique très impopulaire, dit Stephen Thomas, chercheur en politique énergétique à l’université de Greenwich. Ne rien faire fera toujours perdre moins de points au gouvernement. Donc, c’est ce qu’ils ont fait depuis trente ans. »

« Trouver une collectivité qui accepte de devenir une décharge nucléaire » 

On pourrait croire que le gouvernement de Theresa May, engagé dans les négociations chaoti-ques du Brexit, n’aurait pas envie de s’ajouter d’autres sujets de controverse. Pourtant, en décembre dernier, Londres a annoncé qu’il recommencerait la recherche d’un lieu d’enfouisse-ment des déchets. « Nous avons besoin d’une solution permanente, et puisque c’est nous qui avons profité des retombées de la technologie nucléaire, c’est notre responsabilité d’en gérer les déchets », annonce Richard Harrington, le sous-secrétaire d’État chargé du nucléaire. Il évoque un « service public responsable pour les générations futures ».

Le site de Sellafield stocke 112 tonnes de plutonium.

Depuis une dizaine d’années, il y a consensus au sein du gouvernement britannique sur la manière de stocker les déchets : l’Angleterre optera pour le stockage en couche géologique profonde. Une méthode qui fait penser à une « poupée russe », explique Neil Hyatt, professeur de chimie de la matière nucléaire à l’université de Sheffield. « La première poupée s’insère dans une plus grande, qui s’insère dans une encore plus grande, et cetera. C’est comme ça que nous cherchons à contenir les déchets radioactifs. »

Les déchets seraient empaquetés dans des conteneurs résistants à la corrosion, qui seraient ensuite placés dans une cavité de stockage à 500 mètres de profondeur, que l’on remplira d’argile ou de ciment. Une succession de barrières naturelles et artificielles qui « permet de s’assurer qu’aucune quantité nocive de radioactivité n’atteindra jamais la surface », assure le site web du gouvernement.

Trouver un lieu d’enfouissement présente d’abord un enjeu géologique : il faut un sous-sol adapté, une formation géologique stable depuis des millions d’années et susceptible de le rester pendant les centaines de milliers d’années que mettront les déchets à perdre leur radioactivité.

Mais la géologie n’est pas le défi principal, puisqu’une « bonne partie du sous-sol du Royaume-Uni est adaptée », explique Ann McCall, chargée de la recherche de lieu et de l’engagement communautaire au sein du Radioactive Waste Management, l’organisation publique chargée des déchets nucléaires, au quotidien The Guardian. Le plus gros du travail consiste à trouver une collectivité qui accepte de devenir une décharge nucléaire. « Nous devons rentrer en contact avec les collectivités, expliquer notre projet en profondeur, sensibiliser la population, afin d’attirer une commune qui accepterait d’abriter un tel site », dit Ann McCall.

Dans un contexte d’austérité, certaines collectivités risquent d’être tentées

Les communes volontaires risquent d’être rares : lors de la dernière tentative pour trouver un lieu d’enfouissement en 2013, une seule s’était proposée, Allerdale, dans le Cumbria, avant d’y renoncer face à l’opposition populaire.

« C’est un conseiller municipal qui a proposé notre commune, de façon très mesquine, puisqu’on ne l’a découvert que plusieurs années plus tard, explique Geoff Betsworth, habitant d’Allerdale et président de l’association Cumbria Trust. Par la suite, nous avions découvert qu’il s’était fait invi-ter à des dîners, à des soirées, aux frais des industriels du nucléaire. » En effet, le comté de Cumbria est une cible de première ligne pour l’industrie. L’une des zones les moins densément peuplées du Royaume-Uni, on pouvait espérer y trouver une faible opposition de la population, surtout que celle-ci est bien accoutumée au nucléaire. C’est dans le Cumbria qu’est située l’immense centrale de Sellafield.

Pourtant, de nombreuses personnes se sont mobilisées contre le projet, et les opposants et opposantes ont fondé le Cumbria Trust, qui a fait venir des experts pour examiner le terrain.

« Ils ont montré que le terrain n’est pas du tout adapté, dit Geoff. Il y a des montagnes, des cours d’eau au débit rapide… Ici, lorsqu’on enterre quelque chose, ça a tendance à remonter à la surface. » Ces découvertes ont poussé Geoff à composer une chanson de protestation, intitulée The Wrong Rock (mauvaise roche). « Là où la géologie se prête le mieux, c’est sous Londres. Leur sous-sol est en argile. On devrait mettre ça sous Westminster ! » rigole-t-il.

En 2013, le Cumbria Trust a réussi à faire pression sur les politiques, et le conseil régional a retiré la candidature d’Allerdale en 2013. Aujourd’hui, Londres voudrait éviter l’obstacle de la gouvernance locale. Dans son nouveau plan, le gouvernement a supprimé le droit de veto des conseils régionaux, et la décision finale sur le lieu d’enfouissement pourrait être déterminée par un référendum local, selon The Guardian.

Pour soudoyer la population, jusqu’à 2,5 millions de livres (2,8 millions d’euros) par an seront proposés à la commune qui accepterait les déchets. De l’argent qui pourrait servir à améliorer les routes, mettre en place des programmes d’apprentissage ou venir en aide aux plus démunis … Dans un contexte d’austérité, certaines collectivités risquent d’être tentées. De plus, le gouvernement insiste sur la création d’emplois liés au centre de stockage : 1.000 postes pendant la construction du site, et 600 par la suite.

Le sujet des déchets nucléaires est très peu présent dans le débat public en Angleterre 

« Ce n’est pas une région très riche, et je pense que les gens risquent d’être manipulés. On leur tend la carotte, et ils vont vouloir le saisir », dit Geoff. Il explique que certains habitants de sa ville le « foudroient du regard » à cause de son rôle dans le mouvement de contestation. « Certains travaillent à Sellafield, et verraient d’un bon œil l’arrivée de nouveaux emplois dans le secteur », dit-il.

Sauf qu’en réalité, les retombées sociales du projet risquent d’être modérées, puisque l’écono-mie du Cumbria repose beaucoup sur le tourisme au sein du parc naturel du Lake District. Le secteur « pourrait être mis à mal si l’on commence à faire des trous de forage dans le sol », dit Geoff. Surtout que le gouvernement n’a pas écarté la possibilité de construire la base de stockage sous le parc naturel lui-même.

À Allerdale, le mouvement d’opposition se prépare à renaître face au nouveau plan du gouvernement. « Pour le moment, on attend, on garde les yeux ouverts. On sait que l’on arrivera à mobiliser du monde dès qu’il le faudra », dit Geoff, qui a d’ores et déjà commencé à composer une nouvelle chanson de protestation.

Malgré les poches de résistance locales, le sujet des déchets nucléaires est très peu présent dans le débat public en Angleterre.

« Les Britanniques sont connus pour leur désintérêt envers l’industrie nucléaire. C’est très difficile de faire s’intéresser les gens à ce sujet, explique Stephen Thomas. Les plus grandes ONG environnementales n’ont même pas de campagne en cours sur les déchets radioactifs en Angleterre. » En effet, contactée par Reporterre, la branche britannique des Amis de la Terre n’a pas voulu commenter : « Nous ne menons actuellement aucune action à ce sujet. »

Un silence bien pratique pour l’industrie nucléaire, explique Adam Vaughan, journaliste du Guardian spécialiste des questions énergétiques, dans un podcast. « C’est un scandale que nous en parlions aussi peu, et c’est très avantageux pour l’industrie nucléaire, surtout au moment où nous débattons du futur de l’énergie. »

Le silence autour du nucléaire permet au gouvernement anglais d’avancer ses ambitions nucléaires – et d’esquiver la question qui doit être au cœur de tout débat autour des déchets, selon David Elliott, auteur du livre Nucléaire ou pas Nucléaire L’énergie nucléaire a-t-elle sa place dans un avenir durable .

« Ces déchets-là n’auraient jamais dû être produits, dit-il. Ça doit être cela, le point de départ de toute discussion. »

6 février 2019 / Eloise Stark (Reporterre) Londres (Grande-Bretagne), correspondance

https://reporterre.net/

Commentaire: C’est pas loin! Moins que Paris!

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06 février 2019 ~ 0 Commentaire

médiapart (brut)

Affaire Benalla : Edwy Plenel et Fabrice Arfi après la tentative de perquisition chez Mediapart

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