Archive | A gauche du PS

17 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

élèves migrants (questions de classe)

Migrants

Apprendre, solidaire, aux côtés des élèves migrants

Le nouveau hors-série de la revue N’Autre école, « Apprendre, solidaire, aux côtés des élèves migrants » de Jean-Pierre Fournier est maintenant disponible en librairie et en commande sur notre site.

Comment je suis tombé dans le chaudron

En juin 2004, naît le Réseau éducation sans frontières : l’événement passe à peu près inaperçu, y compris dans les milieux militants. Je suis au courant parce que je connais Richard Moyon, l’initiateur du projet : militant trotskiste en rupture de chapelle, il anime un petit bulletin, Cinquième zone, à destination des jeunes et des enseignants de son lycée professionnel et technique de Châtenay-Malabry.

Il y traite des « questions vives » du quartier – et du monde – dans un style véhément et direct, loin du ton compassé des tracts. Il a découvert avec surprise l’impasse dans laquelle se trouvent certains de ses élèves, du fait de leur « situation irrégulière », et s’est engagé dans leur défense.

Au fil de ses combats, il rencontre un autre enseignant « du technique », Pablo Krasnopolsky, lui aussi syndiqué à la CGT éduc’action. Il y a également Pierre Cordelier, ancien instit de Vitruve, la célèbre école innovante du 20è arrondissement : c’est un chevronné de « l’action qui entraîne l’action », il a su faire rayonner le Comité Tlemcen, qui propage la mémoire des élèves juifs déportés « parce que nés juifs » dans les écoles de l’arrondissement et au-delà.

J’ai appris l’existence de ce Comité par un gamin du quartier, qui m’avait pris par la manche pour me dire : « Eh, tu sais que dans mon école on a tué des enfants seulement parce qu’ils étaient juifs ? » Des non-enseignants les rejoignent, comme Brigitte Wieser, militante de la FCPE au collège-lycée Voltaire, dans le 11è arrondissement de Paris. Leur point commun, outre une rare énergie, c’est la volonté de ne pas s’enfermer dans telle ou telle tendance d’extrême gauche, et surtout le pari sur les capacités de mobilisation de monsieur-madame-tout-le-monde, bien au-delà des cercles d’initiés.

Je ne découvre quant à moi le réseau que quelques semaines plus tard, en me rendant à une réunion où témoignent des jeunes. Leurs paroles sont émouvantes, j’entre à mon tour dans un monde que je ne connaissais pas et je rencontre aussi ces militants qui, au lieu de s’enfermer dans une secte ou de se décourager, veulent rebondir de façon créative et large.

L’un d’entre eux me dit qu’il va m’appeler. Quand il le fait, je suis désarçonné par ce qu’il me dit : « Dans ton collège, il y a deux pères d’élèves chinois qui risquent l’expulsion. » Il me donne les noms, et c’est à peu près tout, fin de l’échange… Le rythme des premières années du RESF est donné : on est dans l’urgence, on agit et c’est à chacun de faire, à chacun de mobiliser très largement, sans appui ni conseil ni mode d’emploi. On y va.

Dès le lendemain, j’informe mes collègues. D’abord l’enseignante du dispositif d’accueil pour les élèves primo-arrivants, puis je m’adresse à toutes et tous à la récréation. Je rédige, à destination de la préfecture, un texte annon­çant que « la communauté éducative sera vigilante… ».

Le lendemain, j’apprends par le camarade qui m’avait alerté que ça y est : l’un a déjà été expulsé et l’autre est « sur la passerelle » – ou tout comme. Je propose alors aux profs de débrayer une demi-heure après la récréation. Unanimité – c’est la première fois que je vois ça.

Je téléphone au commissariat : « Le collège est en grève, tout le monde va être informé. »
Rentré chez moi, une officier de police me rappelle : « Tranquillisez vos collègues, le père d’élève est rentré chez lui. » Victoire. Je suis immensément content – et surpris –, mes collègues aussi ! Gagné à ce combat, et pas prêt de m’en « décrocher ».

16 juillet 2019  Collectif Q2C

https://www.questionsdeclasses.org/

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08 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

syriza 2 (npa)

antarsya

La coalition « Antarsya »

Grèce : La défaite de Syriza se fait au profit de la droite

Les législatives du 7 juillet ont réservé une surprise, que n’ont pas comprise les médias français.

Certes, le parti de droite Nouvelle démocratie (ND) obtient une belle victoire (environ 2 250 000 voix et 39,85% (1 526 000 et 28,09% aux législatives de septembre 2015, 1 873 000 et 33,12% aux européennes de mai 2019).

Avec 158 sièges et en tête dans la plupart des régions, il peut former seul le nouveau gouvernement : c’était son objectif. Une belle réussite pour la droite, reposant sur un fort soutien des médias liés au grand patronat pour l’héritier de la dynastie Mitsotakis.

Défaite pour Syriza, mais…

C’est, bien sûr, une défaite pour Syriza, et tous les commentaires sur le « pari perdu du joueur Tsipras » ne peuvent pas cacher la cause fondamentale de la défaite : l’immense déception créée par le renoncement à une rupture avec la troïka, et le maintien, en dépit de quelques améliorations sociales, du chômage, des bas salaires et de la précarité.

Pourtant, après son mauvais score aux européennes (1 343 000 voix, 23,75% des suffrages, contre 1 926 000 voix et 35,46% en septembre 2015), et alors que plein d’ « experts » lui prédisaient une nouvelle chute, c’est l’inverse qui s’est produit.

Avec 1 781 000 voix et 31,53%, Syriza résiste assez fortement, d’où la hargne hier du Pasok (qui sous le nom de Kinal obtient 8,1, en léger progrès) et la mauvaise humeur du KKE (PC grec), qui avec 299 000 voix et 5,30%, continue à perdre et en pourcentages et en voix (en 2009, 517 000 voix et 7,54%).

Syriza arrive en tête dans de nombreux quartiers populaires, et dans plusieurs régions 

Toute la Crète, l’Achaïe (40% contre 32% à ND), les zones ouvrières de l’Attique. Il retrouve la tête dans des mairies perdues par la gauche : Haïdari, Egaleo, Kaisariani. On peut ainsi dire que la défiance populaire vis à vis de Syriza s’est exprimée avant tout par l’abstention, phénomène qui s’accroit.

42,1%, contre 36,1% en janvier 2015. Et surtout les chiffres de participation locale renforcent cette abstention de classe : souvent de 65, voire plus de 70% de participation dans les banlieues bourgeoises, contre 50-55% dans les banlieues ouvrières (à comparer aux 63 à 67% en janvier 2015 !).

Quelles perspectives ?

La ND a fait le plein des voix, siphonnant les groupes centristes et une partie de l’extrême droite: d’un côté Chryssi Avgi (Aube dorée) perd ses députés, mais un autre groupe fasciste, Elliniki Lyssi, fait son entrée (3,7%).

Même si le politicien Mitsotakis répète qu’il gouvernera pour l’union de tous les Grecs (mais les autres ?!), le programme ultra libéral que veut appliquer la ND risque de pousser le curseur très à droite, avec un discours sécuritaire révélateur du poids de l’extrême droite dans les cadres de la ND (plusieurs ont été élus).

Face à cela, la gauche doit en premier lieu faire ses bilans

En particulier la gauche anticapitaliste Antarsya, qui n’obtient que 23 000 voix et 0,41%, et est profondément divisée et la scission de Syriza LAE/Unité Populaire n’obtient que 0,28%…

Mais surtout, il faudra dépasser le paradoxe de voir toute la gauche anti-mémorandum s’affaiblir davantage pendant que de nombreux jeunes et travailleurEs disent leur espoir de résistance en continuant de voter Syriza malgré les politiques menées depuis 2015…

Ce qui est urgent c’est, d’une part, la relance de la construction d’une large gauche antica-pitaliste dépassant le seul cadre d’Antarsya.

D’autre part, mener la bataille, difficile vu le poids du sectarisme, pour lancer des fronts uniques de résistance, associant gauche radicale, gauche révolutionnaire, KKE et Syriza (et même Mera 25, de Varoufakis, qui entre au Parlement).

À Athènes, A.Sartzekis Lundi 8 juillet 2019

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Antarsya (Wikipédia)

Unité populaire (Wikipedia)

Commentaire:

Les partisans de la 4è Internationale dont le NPA est proche, se retrouvent dans Antarsya ou dans l’Unité Populaire

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08 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

syriza 1 (jdd)

grece

Alexis Tsipras subit une lourde défaite électorale, la droite prend le pouvoir

Le Premier ministre grec sortant Alexis Tsipras a reconnu sa défaite aux législatives dimanche, après la victoire sans appel de la droite de Kyriakos Mitsotakis, sur la promesse de relancer l’économie après la crise qu’a connue la Grèce.

Les Grecs ont infligé dimanche une sévère défaite au Premier ministre sortant de gauche Alexis Tsipras, dont le successeur de droite Kyriakos Mitsotakis a promis de « relever » le pays meurtri par une décennie de crise.

Arrivé en tête avec 39,8% des suffrages, son parti de droite Nouvelle Démocratie détiendra 158 des 300 sièges que compte la Vouli, le parlement grec, selon les résultats officiels portant sur 94% des bureaux de vote.

Pour ces premières élections législatives depuis que la Grèce a échappé à la faillite, Syriza, le parti de gauche d’Alexis Tsipras, qui a obtenu 31,5% des voix, ne conservera que 86 des 144 sièges qu’il avait dans dans l’assemblée sortante.

Pour les Grecs, le gouvernement sortant est coupable d’avoir « trahi » ses promesses et d’avoir imposé l’austérité.

Surgissant dans une Grèce en plein chaos, terrassée par la crise de la dette et la cure d’austérité imposée par ses créanciers, l’UE et le FMI, Alexis Tsipras avait suscité l’espoir, en janvier 2015, chez un peuple abasourdi par les faillites et les plans sociaux.

Mais ce jeune leader de gauche radicale avait ensuite fait volte-face, forcé d’accepter un plan de sauvetage assorti de sévères mesures pour empêcher la sortie de la zone euro, ce que les électeurs ne lui ont pas pardonné.

Le coup de poker raté d’Alexis Tsipras

Sonné par un échec cinglant aux élections européennes et locales, fin mai et début juin, Alexis Tsipras, dont le mandat s’achevait théoriquement en octobre, avait tenté un coup de poker risqué en convoquant lui-même ces élections anticipées, avec l’espoir d’inverser la vague de mécontentement. En vain.

Comme Kyriakos Mitsotakis, il avait battu le rappel des électeurs, craignant une forte abstention en ce début juillet, sous des températures étouffantes. Mais les Grecs ont préféré les urnes aux plages et ont voté à près de 58%.

Troisième parti dans le nouveau parlement, le KINAL, né sur les cendres du Pasok (socialiste), remporte 22 sièges,

Quatrième les communistes du KKE (15 sièges),

Puis le parti nationaliste de la Solution grecque (10 sièges) et

Le parti MeRa25 de l’ancien ministre des Finances de Tsipras Yanis Varoufakis (neuf sièges).

8 juillet 2019

https://www.lejdd.fr/International/

Commentaire:

Rappelons que Syriza est arrivée au pouvoir avec comme « feuille de route »: rejeter les mesures d’austérité que l’Europe voulait imposer au peuple. Cela suite au pillage et à la ruine organisés par le PASOK (PS) et la droite… qui reviennent!

Le KKE (PCG) ne profite pas de la crise. Plas plus que les dissidents de Syriza (Unite populaire) qui passent de 150 000 à 20 000 voix, comme nos camarades anticapitalistes  d’Antarsya.

La bonne nouvelle c’est que « Aube Dorée » néo-nazi perd la moitié de ses voix et n’a pas d’élu.

Lire aussi:

Unité populaire (Wikipedia)

Antarsya (Wikipedia)

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07 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

jean ziegler (thinkerview)

 

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07 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

john lennon (the red mole)

 john

Le journal de l’IMG (The Red Mole: la Taupe Rouge)

L’Interview perdue de John Lennon (1971)

Par Tariq Ali et Robin Blackburn

« On ne peut pas prendre le pouvoir sans lutter »

Tariq Ali : Ton dernier enregistrement, ainsi que tes déclarations publiques récentes — surtout l’interview que tu as donnée au magazine Rolling Stone — laissent penser que tes opinions politiques se radicalisent de plus en plus. Quand cela a-t-il commencé ?

John Lennon : Tu sais, je me suis toujours soucié de politique et j’ai toujours été contre le statut quo. C’est assez élémentaire lorsque tu as été élevé, comme moi, à haïr et à avoir peur de la police comme un ennemi naturel et de mépriser l’armée comme une chose qui emporte chaque personne et la laisse morte quelque part. Ce que je veux dire, c’est qu’il s’agit d’une chose naturelle dans la classe ouvrière, même si cela s’estompe lorsque tu vieillis, que tu fondes une famille et que tu es avalé par le système.

Mais, dans un sens, j’ai toujours été politisé. Dans les deux livres que j’ai écrits (même s’ils ont été écrits dans un charabia à la Joyce), je cogne pas mal sur la religion. Il y a aussi une scène entre un ouvrier et un capitaliste. Je fais la satire du système depuis mon enfance. J’avais l’habitude de rédiger des papiers à l’école et de les passer autour de moi.

J’étais très conscient de ma classe — certains diraient que j’étais amer — parce que je savais ce qui m’était arrivé et j’étais au courant de la répression de classe qui nous tombait dessus, c’était une putain de réalité, mais, avec l’ouragan que représentait le monde des Beatles, j’ai été épargné. Je me suis vraiment éloigné de la réalité pendant un bout de temps.

Tariq Ali : Selon toi, quelle fut la raison du succès de votre style musical ?

John Lennon : Et bien, à cette époque, on avait l’impression que les travailleurs avaient réussi à percer, mais rétrospectivement, je réalise que c’est le même contrat de dupe que celui qu’ils ont passé avec les Noirs : c’était juste comme s’ils avaient autorisé les Noirs à courir, à boxer ou à faire du spectacle. C’est le choix qu’ils vous permettent, à présent, le débouché est de devenir une pop-star et c’est ce que je dis dans mon album ‘Working Class Hero’. Ainsi que je l’ai déclaré à Rolling Stone, ce sont les mêmes qui sont au pouvoir et le système de classe n’a pas changé d’un iota.

Bien sûr, on voit plein de gens marcher dans la rue avec des cheveux longs et des gosses branchés de la classe moyenne dans de jolis vêtements. Mais rien n’a changé, à l’exception du fait que nous nous habillons tous un peu mieux, laissant les mêmes salopards tout diriger.

Robin Blackburn : Evidemment, la condition de classe est quelque chose à laquelle les groupes de rock américains ne se sont pas encore attaqués.

John Lennon : Parce que ce sont tous des bourgeois ou des membres de la classe moyenne et qu’ils ne veulent pas le montrer. Ils ont vraiment peur des ouvriers, parce qu’en Amérique, ces derniers se cramponnent à leurs biens et semblent vraiment très à droite. Mais si ces groupes de la classe moyenne réalisaient ce qui se passe (et ce que le système de classes a produit), il ne tiendrait qu’à eux de faire rapatrier les soldats et de sortir de toute cette merde bourgeoise.

Tariq Ali : Quand as-tu commencé à sortir du rôle que t’imposait le fait d’être l’un des Beatles ?

John Lennon : Même pendant l’âge d’or des Beatles, j’ai essayé, tout comme George, de m’y opposer. Nous sommes allés en Amérique plusieurs fois et Epstein essayait toujours de nous baratiner pour que nous ne parlions pas du Vietnam. Alors, arriva un moment où George et moi avons dit : ‘Ecoute, la prochaine fois qu’ils nous le demanderont, nous dirons que nous n’aimons pas cette guerre et que nous pensons qu’ils doivent se retirer’. Et c’est ce que nous avons fait. À ce moment-là, c’était une chose plutôt radicale à faire, surtout pour les ‘Fab Four’.

Mais tu dois garder en mémoire que je m’étais toujours senti refoulé. Nous avions tous une telle pression sur nous qu’il n’y avait pratiquement aucune chance pour que nous puissions nous exprimer. Surtout que nous travaillions à une telle cadence! Continuellement en tournée et toujours protégés dans un cocon fait de mythes et rêves.

C’est assez difficile lorsque tu es César et que tout le monde te dit que tu es merveilleux et qu’on te fait des tas de cadeaux et que tu peux avoir toutes les filles. Il est très difficile de s’en déta-cher, de dire : ‘Bon, je ne veux pas être le roi, je veux être réel’. Donc, d’une certaine façon, la deuxième chose politique que j’ai faite fut de dire ‘Les Beatles sont plus grands que Jésus’. Cela a vraiment fait scandale ; en Amérique, j’aurais pu me faire descendre pour ça. Ce fut un grand traumatisme pour tous les gosses qui nous suivaient. Jusqu’à cette époque, il y avait ce contrat tacite consistant à ne pas répondre aux questions embarrassantes. Pourtant, je lisais toujours les journaux. Tu sais, les articles politiques…

Etant conscient en permanence de ce qui se passait, je me sentais honteux de me taire. Je me suis emporté parce que je ne pouvais plus jouer à ce jeu. C’était trop pour moi. Bien sûr, aller en Amérique a fait monter la pression qui s’exerçait sur moi — surtout que ce pays était en guerre. Nous sommes devenus une sorte de cheval de Troie. Les ‘Fab Four’ se sont dirigés tout droit vers les sommets et puis ils ont chanté des chansons sur la drogue et le sexe et ensuite je me suis dirigé vers des trucs de plus en plus chargés et c’est à ce moment-là qu’on a commencé à nous laisser tomber.

Robin Blackburn : N’y avait-il pas là une double accusation sur ce que tu faisais depuis le tout début ?

John Lennon : Oui. En fait, la première chose que nous avons faite fut de proclamer au monde entier notre appartenance à Liverpool, et nous avons dit : ‘C’est très bien de venir de Liverpool et de parler de cette façon.’ Auparavant, tous ceux qui venaient de Liverpool et qui avaient réussi devaient perdre leur accent pour passer à la BBC. Ils n’étaient que des comédiens, mais c’est ce qui est sorti de Liverpool avant nous. Nous refusions de jouer à ce jeu-là. Après que les Beatles sont sortis au grand jour, tout le monde a commencé à prendre l’accent de Liverpool.

Tariq Ali : Dans un sens, pensais-tu même à la politique lorsque tu paraissais dénigrer la révolution ?

John Lennon : Ah! Oui ! ‘Revolution’ . Il y avait deux versions de cette chanson mais la gauche  ne garda que celle qui disait ‘ne comptez pas sur moi’ [‘count me out’]. La version originale qui clôturait le LP disait aussi ‘comptez sur moi’. J’y avais mis les deux parce que je n’étais pas sûr. Je pensais que je peignais en musique une image de la révolution, mais tu sais, je me suis trompé. Mon erreur : cela était anti-révolutionnaire !

Dans la version sortie en 45t, je disais ‘si vous parlez de destruction, ne comptez pas sur moi’. Je ne voulais pas me faire tuer. Je ne connaissais pas vraiment grand chose au sujet des maoïstes, mais je savais juste qu’ils semblaient être si peu nombreux. Tu sais, je pensais simplement que je n’étais pas subtil. Je pensais que les Communistes révolutionnaires originaux se coordonnaient un peu mieux et ne passaient pas leur temps à le clamer haut et fort à la ronde. Voilà ce que je ressentais, en réalité, je posais une question. En tant que personne issue de la classe ouvrière, la Russie et la Chine m’ont toujours intéressées, ainsi que tout ce qui rapportait à la classe ouvrière. Même si je jouais au jeu capitaliste.

À un moment j’étais tellement impliqué dans ces conneries religieuses que j’avais pris l’habitude de me promener en disant que j’étais un Communiste chrétien. Mais la religion est la légalisation de la folie. C’est la thérapie qui balaya tout cela et me fit ressentir ma propre souffrance.

Tariq Ali : Quel lien tout cela a-t-il avec ta musique ?

John Lennon : L’art n’est qu’un moyen d’exprimer la souffrance. Je veux dire que la raison qui pousse Yoko à faire des morceaux aussi barrés est que la souffrance qu’elle a endurée est d’une sorte aussi barrée.

Robin Blackburn : Beaucoup de chansons des Beatles parlaient de l’enfance…

John Lennon : Ouais ! Cela devait surtout être moi…

Robin Blackburn : Tu sais, même dans le passé, des gens prenaient des chansons des Beatles et changeaient leurs paroles. Par exemple, ‘Yellow Submarine’ avait un grand nombre de versions. Il y en avait une que les grévistes chantaient et qui commençait par : ‘We all live on bread and margarine’ [On n'a que du pain et de la margarine] ; à la LSE [London School of Economics], nous avions une version qui commençait pas ‘Nous vivons tous dans une LSE rouge’].

John Lennon : J’aime ça. Et j’aimais, au début, lorsque les foules dans les stades de foot chantaient ‘All together now’, en voilà une autre. Cela me fit aussi plaisir lorsque le mouvement américain reprit ‘Give peace a chance’ parce que je l’avais écrite avec vraiment cela dans la tête. J’espérais qu’au lieu de chanter ‘We shall overcome’, qui date de 1800 et des poussières, ils disposent d’une chanson contemporaine. Je ressentais comme une obligation, même alors, d’écrire une chanson que les gens chanteraient dans les pubs ou dans les manifs. Voilà pourquoi j’aimerais à présent composer des chansons pour la révolution …

Robin Blackburn : Nous n’avons que quelques chansons révolutionnaires et elles ont été composées au 19è siècle. Penses-tu qu’il y a quelque chose dans nos traditions musicales qui pourrait servir de support à des chansons révolutionnaires ?

John Lennon : Lorsque j’ai débuté, le rock’n'roll lui-même était une révolution essentielle pour les gens de ma génération et de ma condition. Nous avions besoin de quelque chose de bruyant et de clair pour échapper à toute l’insensibilité et à l’oppression qui nous étaient tombées dessus quand nous étions gosses.

Nous avions un peu conscience de commencer à être des américains artificiels. Mais nous avons étudié cette musique d’un peu plus près et nous avons découvert qu’elle était à moitié de la country blanche et à moitié du rhythm ‘n blues noir. La plupart des chansons venaient d’Europe et d’Afrique et à présent elles revenaient vers nous. Parmi les meilleures chansons de Bob Dylan, beaucoup d’entre elles venaient d’Ecosse, d’Irlande ou d’Angleterre. C’était une sorte d’échange culturel.

Pourtant, je dois admettre que pour moi les chansons les plus intéressantes étaient les chansons noires. Parce qu’elles étaient plus simples. Elles disaient en quelques sortes de vous bouger le cul, ou la bite, ce qui était vraiment une innovation. Et puis, il y a eu les chansons des paysans qui exprimaient surtout la souffrance dans laquelle ils se trouvaient. Comme ils ne pouvaient pas s’exprimer intellectuellement, ils devaient dire ce qui leur arrivait en très peu de mots. Et ensuite, il y a eu le blues de la ville qui parlait beaucoup de sexe et de bagarres.

Une grande partie de tout cela parlait d’eux-mêmes, mais c’est seulement ces dernières années qu’ils se sont exprimés totalement avec une ‘Puissance Black’ [Black Power], comme Edwin Starr qui faisait des disques guerriers. Avant cela, de nombreux chanteurs noirs continuaient d’être les victimes de ce problème de Dieu ; on entendait souvent ‘Dieu nous sauvera’. Mais les Noirs ont toujours chanté franchement et sur-le-champ leur souffrance et ils ont chanté aussi le sexe, ce qui fait que j’aime le rhythm ‘n blues.

Robin Blackburn : Tu dis que les musiques country et de la côte ouest sont dérivées de chansons populaires européennes. Mais ces chansons ne sont-elles pas plutôt épouvantables, parlant toutes de perdre et d’être vaincu ?

John Lennon : Lorsque nous étions gosses, nous étions tous contre ces chansons populaires parce qu’elles avaient tellement la teinte de la classe-moyenne. Ce n’étaient que les étudiants d’université avec leurs grandes écharpes et une pinte de bière à la main qui chantaient ces chansons populaires avec des voix prétentieuses: ‘J’ai travaillé dans une mine à Newcastle’ et toute cette merde.

Il y avait très peu de chanteurs folk, tu sais. Pourtant, j’aimais un peu Dominic Behan et il y avait quelques bons morceaux que l’on pouvait entendre à Liverpool. Vraiment à l’occasion, tu entendais à la radio ou la télé de très vieux enregistrements de véritables ouvriers d’Irlande ou d’ailleurs qui chantent ces chansons, et leur puissance est fantastique.

Mais la majeure partie de la musique folk, ce sont des gens avec des voix suaves qui essayent de maintenir en vie quelque chose de désuet et de mort. Tout cela est un peu gonflant, comme le ballet : un truc minoritaire qui est maintenu par un groupe minoritaire. La chanson populaire d’aujourd’hui est le rock’n'roll. Bien qu’il se trouve qu’il émane de l’Amérique, cela n’est pas très important en fin de compte parce que nous avons écrit notre propre musique et cela change tout. (…)

John Lennon : Il semble que toutes les révolutions se terminent dans le culte de la personnalité, même les Chinois semblent avoir besoin d’une figure paternelle. Je m’attends à ce que cela produise à Cuba, avec le Che et Fidel Castro.

Dans un communisme à l’occidentale, il nous faudrait créer une image quasi imaginaire des travailleurs eux-mêmes en tant que figure parentale. Mais ici, il y a un problème à ce sujet, tu sais. Toutes les révolutions se sont produites lorsqu’un Fidel ou un Marx ou un Lénine ou un autre, tous des intellectuels, ont été capables de convaincre les ouvriers.

Ils avaient réuni pas mal de monde et les ouvriers semblaient comprendre qu’ils vivaient dans un Etat répressif. Ici, ils ne se sont pas encore réveillés, ils croient toujours que la solution se trouve dans les voitures et les télés. On devrait essayer d’amener ces étudiants de gauche à parler avec les ouvriers, on devrait faire en sorte que les écoliers s’impliquent dans The Red Mole.

Tariq Ali : Le Parti Travailliste a introduit une politique d’immigration raciste, il a soutenu la guerre du Vietnam et il espérait introduire une nouvelle législation contre les syndicats.

John Lennon : Oui, j’ai pensé aussi à cela. Le fait de nous mettre au coin nous oblige à découvrir ce qui tombe sur la tête des autres personnes. Je n’arrête pas de lire le Morning Star [quotidien du PCGB] pour voir s’il y a de l’espoir, mais il semble qu’ils sont restés au 19è siècle. Ce journal semble être écrit pour des gauchistes marginaux d’âge mûr. Nous devrions essayer d’entrer en contact avec les jeunes travailleurs parce que c’est à cet âge-là que l’on est le plus idéaliste et que l’on a le moins peur.

D’une façon ou d’une autre les révolutionnaires doivent approcher les ouvriers car les ouvriers ne les approcheront pas. Mais il est difficile de savoir par où commencer ; nous essayons tous de fixer une rustine. Le problème, en ce qui me concerne, est que je suis devenu plus réel. Je me suis fortement éloigné de la classe-ouvrière — sais-tu qu’ils aiment Engelbert Humperdinck? À présent, ce sont les étudiants qui nous achètent, et c’est le problème. Aujourd’hui les Beatles sont quatre personnes séparées, nous n’avons pas l’impact que nous avions lorsque nous étions ensemble…

Robin Blackburn : À présent tu essaies de nager à contre-courant de la société bourgeoise, ce qui est beaucoup plus difficile.

John Lennon : Oui. Ils possèdent tous les journaux et ils contrôlent toute la distribution et la promotion. Lorsque nous sommes arrivés, il n’y avait que Decca, Philips et EMI qui pouvaient vraiment vous produire un disque. Tu devais te farcir tout l’administratif pour entrer dans le studio d’enregistrement. Tu étais dans une telle position d’humilité que tu ne disposais pas de plus de 12 heures pour enregistrer tout un album, et c’est ce que nous avons fait à nos débuts.

Même encore aujourd’hui, c’est la même chose. Si tu es un artiste inconnu, tu seras content d’obtenir une heure en studio, nous sommes dans une hiérarchie et si tu n’as pas de tubes, on ne t’enregistre plus. Et ils contrôlent la distribution. Nous avons essayé de changer cela avec Apple mais au final nous avons été vaincus. Ils contrôlent toujours tout. EMI a tué notre album ‘Two Virgins’ parce qu’ils ne l’aimaient pas. Avec le dernier album, ils ont censuré les paroles de nos chansons imprimées sur la pochette. Putain ! C’est ridicule et hypocrite, ils doivent me laisser chanter mais ils n’osent pas vous laisser lire les paroles. Pure folie !

La seule chose est donc de leur parler directement, surtout aux jeunes travailleurs. Nous devons commencer par eux parce qu’ils savent qu’ils y sont confrontés. C’est pourquoi je parle d’école sur mon album. J’aimerais inciter les gens à casser la structure, à être désobéissants à l’école, à tirer la langue, à insulter l’autorité en permanence.

John Lennon : Je pense qu’ici, cela ne serait pas trop difficile de faire en sorte que la jeunesse se mette en marche. Il faudrait leur donner carte blanche pour attaquer les conseils municipaux ou pour détruire l’autorité scolaire, comme les étudiants qui brisent la répression dans les universités. Cela se passe déjà, mais il faut que les gens soient un peu plus unis.

Et les femmes sont aussi très importantes. Nous ne pouvons pas faire une révolution qui n’implique pas les femmes et les libère. La manière dont on vous enseigne la supériorité masculine est si subtile !

Cela m’a pris pas mal de temps pour réaliser que ma masculinité réduisait une partie de l’espace pour Yoko. Elle est une ardente libertaire et elle m’a très vite montré où je me trompais, même s’il me semblait que j’agissais naturellement. Voilà pourquoi cela m’intéresse toujours de savoir comment ceux qui se prétendent radicaux traitent les femmes.

Robin Blackburn : Je travaillais à Cuba lorsque Sgt Pepper est sorti et c’est à ce moment-là qu’ils ont passé du rock à la radio.

John Lennon : Et bien, j’espère qu’ils se rendent compte que le rock’n'roll n’est pas la même chose que le Coca-Cola. Au fur et à mesure que nous dépassons ce rêve, cela devrait être plus facile : voilà pourquoi j’y mets maintenant plus de déclarations sérieuses et que j’essaye de me débarrasser de cette image de petit-minet. Je veux m’adresser aux bonnes personnes et je veux dire ce que j’ai à dire d’une manière simple et directe.

Tariq Ali : Comment penses-tu que nous pouvons détruire le capitalisme ici, en Grande-Bretagne, John ?

John Lennon : Je pense que ce n’est qu’en rendant les travailleurs conscients de la situation vraiment malheureuse dans laquelle ils se trouvent, en brisant le rêve qui les entoure. Ils croient vivre dans un pays merveilleux qui respecte la liberté d’expression. Ils ont des voitures et des télés et ils ne veulent pas penser qu’il y a autre chose dans la vie. Ils sont prêts à laisser leurs patrons les diriger, à voir leurs enfants foutus en l’air à l’école. Ils poursuivent le rêve de quelqu’un d’autre. Ce n’est même pas le leur. Ils devraient réaliser que les Noirs et les Irlandais sont harcelés et opprimés et que leur tour arrive.

Dès qu’ils commenceront à être conscients de tout cela, nous pourrons vraiment commencer quelque chose. Les travailleurs peuvent commencer à prendre le pouvoir. Comme Marx le dit : ‘À chacun selon ses besoins’. Je pense que cela marcherait bien ici. Mais il nous faudrait aussi infiltrer l’armée, parce qu’ils sont très bien entraînés à nous tuer tous. (Extraits voir lien)

Note de l’éditeur : Cela fait exactement 25 ans aujourd’hui que John Lennon a été assassiné devant le Dakota Building à Central Park (New York). La plupart des lecteurs de CounterPunch n’ont probablement pas lu l’interview de John Lennon qui suit et qui fut menée en 1971 par Tariq Ali et Robin Blackburn, tous deux collaborateurs de CounterPunch. Lennon raconte comment George Harrison et lui-même se sont opposés à leurs agents et se sont mis à enregistrer contre la guerre du Vietnam. Enfin, il rappelle qu’il a suggéré que les meilleures chansons de Dylan proviennent de ballades révolutionnaires irlandaises et écossaises et qu’il a disséqué ses trois versions de « Revolution ». Cette interview a paru dans The Red Mole, journal de la section britannique de la Quatrième Internationale. (IMG International Marxist Group dont Ali était membre )

CounterPunch 8 décembre 2005

Traduit de l’anglais par Jean-François Goulon

http://questionscritiques.free.fr/

https://www.counterpunch.org/

Wikipedia CounterPunch

Red Mole

Commentaire:

Illustration: A l’époque, (1972) la scission entre les 2 IRA venait d’arriver, peu de gens en pigeaient la raison et le journal ne choisit pas. L’IRA restait une référence « romantique » et les protecteurs des quartiers nationalistes contre les fanatiques unionistes et leur police. Lennon est plus « contre l’armée britannique » que « pour une des IRA ». Après les bombes sur le sol anglais, cette « Une » deviendra impossible…

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07 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

adp (référendum)

pcf

Contre la privatisation d’Aéroports de Paris

Gagnons le referendum !

La bataille contre la privatisation d’Aéroports de Paris est engagée et concerne la société toute entière. C’est une bataille pour la démocratie car il va revenir à toutes et tous de pouvoir décider si un référendum est organisé.

Mais c’est aussi une bataille contre les privatisations et pour la préservation et le développement des biens communs et pour les services publics.

C’est aussi un combat pour la sauvegarde de l’environnement et pour la transition écologique car rien ne serait pire que laisser les clefs du transport aérien aux intérêts privés.

Depuis des années la privatisation des biens publics se fait à marche forcée.

Des entreprises assurant des services publics sont vendues à des intérêts privés. Ignorant des objectifs sociaux et environnementaux de long terme, elles en profitent pour augmenter leurs prix, au détriment des usagers.

Elles les transforment en machines à produire des dividendes pour les actionnaires, privant les finances publiques, et donc les services publics, de sommes considérables. Le scandale de la privatisation des autoroutes, celle de l’aéroport de Toulouse-Blagnac, impulsée par l’actuel président de la République lorsqu’il était ministre, en sont de tristes exemples.

Mais cela ne leur suffit pas 

Outre les aéroports, la Française des Jeux, Engie, l’Office National de la Forêt, les barrages hydroélectriques, les ports, les routes nationales et d’autres sont les nouvelles cibles.

Pendant ce temps, les hôpitaux publics sont au bord de l’explosion, des services hospitaliers, des lignes ferroviaires et des bureaux de postes ferment, les services publics s’éloignent des usagers, le statut de la Fonction publique est démantelé, les administrations et les entreprises publiques sont de plus en plus gérées comme des entreprises privées avec pour seul critère la rentabilité financière, au détriment de la satisfaction des besoins sociaux de toute la population.

La bataille contre la privatisation d’ADP est commencée 

Après des luttes syndicales importantes, plus de 200 parlementaires ont été à l’initiative du processus de référendum d’initiative partagée. Des appels à signature se multiplient.

Compte tenu de l’impératif de la procédure institutionnelle, qui exige qu’il y ait 4,7 millions de signatures de citoyen.nes, et qui exclut toutes celles et ceux qui vivent ici et n’ont pas le droit de vote, donnons à cette campagne l’ampleur nécessaire et impulsons une dynamique de rassemblement.

Il s’agit d’en faire l’affaire de la société et des citoyen.nes.

C’est pourquoi nous lançons une coordination de mouvements et d’organisations syndicales, associatives et politiques contre la privatisation d’Aéroports de Paris et plus largement contre les privatisations, pour les services publics et les biens communs. Chaque membre de cette coordination conservera bien entendu la liberté de mener sa propre campagne.

Cette coordination nationale a l’ambition de réunir le plus largement possible, dans leur diversité, syndicats, associations et partis politiques, les élu.e.s, les mouvements sociaux, écologistes, féministes…

Des initiatives unitaires seront prises localement, avec la constitution de « bureaux de vote de rue », des conférences-débats publiques, des affiches, tracts, argumentaires divers, que nous mutualiserons au niveau national.

Nous voulons atteindre 4,7 millions de signatures, pour que puisse se tenir ensuite un référendum national. Si cet objectif est atteint, ce sera un grand coup d’arrêt au rouleau-compresseur d’Emmanuel Macron et de son gouvernement, qui projettent de privatiser un grand pan de l’économie et qui laminent ce qu’il reste de services publics.

Pour signer la demande de référendum sur la privatisation d’Aéroports de Paris :

https://www.referendum.interieur.gouv.fr/soutien/etape-1

Premiers signataires :

Alternatiba, ANV-COP21, ANECR, ATTAC, CGT

Convergences pour les services publics, Diem25, EELV

Ensemble!, Fakir, Femmes Egalité, Fête à Macron

Fondation Copernic, FSU,Gauche Démocratique et Sociale

Génération-s, Le Mouvement, Les Amis de la Terre

Les Objecteurs de Croissance, MJCF, Nouveau Parti Anticapitaliste

Parti de Gauche, POID, PCF, PCOF

Pour une écologie populaire et Sociale, République & Socialisme

Réseau Foi et Justice Afrique Europe, UEC, UNEF, SUD Solidaires

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06 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

bure (bure lesques)

Bonne nouvelle : côté Bure, toujours pas de déchets atomiques mais… un beau festival d’idées, d’infos et de créativité qui s’annonce !

Pile poil 20 ans après la création du pseudo-labo de recherches à Bure (Meuse/Haute-Marne), le constat est là : l’autorisation de construction de la mégapoubelle atomique Cigéo ne cesse d’être repoussée. Sera-t-elle accordée un jour ?

Le Festival Les Bure’lesques posera ses chapiteaux à Hévilliers dans la Meuse, à quelques kilomètres de Bure.

Il est ouvert à toutes et tous, familles, ami-es, habitant-es d’ici et d’ailleurs et proposera un temps d’échanges constructifs et sereins au coeur d’un territoire rural bien vivant.

Côté programme, il accueillera des artistes créatifs et engagés, des conférencier-es sur le nucléaire et ses déchets mais pas que, des réalisateurs-trices et leurs films, des faiseurs de bal et une belle surprise artistique visuelle et sonore.

Les cantines (prix libre) seront au top, légumes du coin et produits bio comme d’habitude et le camping un peu perché cette année.

bureaffiche_2019

Un petit complément d’infos

Les déchets nucléaires, on en fait quoi ?
Que ce soit à Bure -projet Cigéo- ou dans les autres pays nucléarisés, l’évidence terriblement angoissante, s’impose : répéter en boucle, depuis les années 80, que le stockage géologique des déchets atomiques produits par l’industrie nucléaire est la solution, c’était juste de la communication de marchands de rêves. Aujourd’hui, passer de la théorie -hasardeuse- à la pratique s’avère mission impossible.

Le nucléaire, franchement, on s’en sort quand ?

Des années d’autopersuasion et de déni laissent désormais un héritage empoisonné ingérable. Pire, notre pays envisage non seulement de continuer sur sa lancée mais de renouveler son parc électronucléaire. Le mirage scandaleux du nucléaire « propre, pas cher et sauveur du climat » a fait son temps. N’aggravons pas une situation déjà si préoccupante pour les générations à venir.

En France, le projet de mégapoubelle radioactive porté par l’Andra ne parvient pas à prouver que la sûreté du stockage sera assurée.

En Belgique, le projet MOL rencontre les mêmes difficultés sur son site argileux saturé d’eau.

Le gouvernement suédois vient quant à lui de reporter une seconde fois l’autorisation de lancer le chantier d’enfouissement en milieu granitique à Forsmark.

Que fera la Finlande qui a bâti son projet sur la même technologie, laquelle vise à emballer la radioactivité dans des conteneurs en cuivre qui se corroderont très vite ?

Les Etats-Unis ont testé grandeur nature les effets de l’explosion à 600m sous terre d’un colis de déchets nucléaires mal conditionné et il en coûtera 2 milliards de dollars pour couler une chape de béton sur les centaines de fûts déjà enfouis et que personne n’ira chercher.

Enfin, l’Allemagne a fait la désastreuse expérience de l’abandon des déchets atomiques dans une ancienne mine de sel à Asse : l’eau salée a rongé les conteneurs et emporte la radioactivité avec elle. Et personne ne sait que faire.

https://burefestival.org/

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06 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

enseignante gréviste (politis)

blanquer 1

Une enseignante gréviste répond à Jean-Michel Blanquer

Alors que les résultats seront proclamés aujourd’hui, je souhaiterais m’exprimer pour expliquer à vos lecteurs les raisons de mon engagement dans une action qui peut sembler difficilement compréhensible à beaucoup.

Faisant partie des enseignants grévistes traités d’irresponsables, je souhaiterais répondre à monsieur Blanquer qui a refusé de recevoir les membres des collectifs d’enseignants opposés à la réforme.

Pourquoi avons-nous décidé de conserver encore les copies alors que le Blanquer multiplie les mensonges et les illégalités ?

Les raisons de la rétention des notes sont connues : une école de la confiance qui propage la défiance en empêchant les enseignants de s’exprimer librement. Une réforme du bac qui n’est pas faite pour permettre à chacun de s’épanouir, car les élèves devront pas exemple supprimer une de leurs trois de leurs options en terminale par rapport à la première, sauf dans certains établissements privés, qui ont déjà annoncé qu’ils permettraient à leurs élèves de poursuivre les trois matières choisies, pour mieux être préparés à leurs études supérieures.

Dans ces conditions, il n’est pas difficile d’imaginer que bon nombre de parents qui en ont les moyens enverront leurs enfants dans les établissements qui offrent cette possibilité. Des économies de budget sont faites en dépit du bon sens : moins d’enseignants mais plus de tablettes, ce qui est mauvais pour le commerce extérieur, le climat, la santé des enfants et a un apport pédagogique peu évaluable.

Le service national universel va faire dépenser un argent fou alors que les classes seront surchargées par choix de faire des classes de 35/36 enfants au lycée, mais aussi en maternelle si rien ne change dans certaines écoles.

Et alors que la priorité devrait aller à l’encadrement humain de tous les élèves, le gouvernement fait le choix d’acheter encore des balles d’armes interdites en Europe pour la police, sans doute pour des classes qui se tiennent bien sages, comme à Mantes-la-Jolie en décembre dernier.

Ce n’est pas notre conception de l’Éducation nationale dans une République.

Si les syndicats lycéens ont soutenu une décision lourde à prendre, si les parents ont soutenus aussi cette rétention des notes qui va jusqu’à demander la démission du ministre, j’ai peur que l’on se retrouve dans la même situation que pour la privatisation de la SNCF, d’EDF, de la Poste, de la santé et même des prisons.

En serrant les budgets par idéologie néolibérale, et en le détournant vers d’autres fins :

Plus d’ISF, un CICE qui permet à de grands groupes pharmaceutiques de gagner plus d’argent tout en renvoyant des chercheurs, des aides à l’intelligence numérique qui détruisent plus d’emplois qu’elles n’en créent, ceux qui nous gouvernent étranglent les services publics pour pouvoir dire EN MÊME TEMPS qu’ils ne fonctionnent pas. Mais tout le monde a bien vu que depuis la privatisation de l’énergie les prix de l’électricité ont augmenté.

Pourquoi avoir rendu l’école obligatoire à trois ans, alors que cela va occasionner de grosses dépenses des mairies pour les écoles privées

Sans augmenter le nombre d’élèves scolarisés! L’Éducation nationale doit rester au service des enfants et des parents, non pas au service de l’idéologie de la révolution néolibérale (titre du livre du candidat Macron). Si le statut des fonctionnaires est traité de privilège par la droite classique et par les néolibéraux, c’est pour mieux « diviser pour régner ».

Alors que le service public est au service de la nation, le mouvement « en marche » fait croire qu’il la ruine, alors que l’on voit bien que depuis deux ans, les ordonnances sur le travail et toutes les décisions prises ne vont que dans le sens d’un enrichissement des plus riches au détriment de tous.

Nous ne devrions pas rendre les copies avant les feux d’artifice du 13 juillet si nous étions des citoyens responsables, mais nous ne sommes que des profs, et nous connaissons le stress de nos élèves. Les chiffres auxquels j’ai eu accès par les courriels échangés après les assemblées générales qui se sont tenues un peu partout en France donnaient 27% de notes non rentrées sur le logiciel à l’heure butoir mardi dernier.

Pourtant, bon nombre de collègues ont fini par céder sous la pression et le chantage exercé par le ministre d’une retenue de 15 jours de salaire. Nous nous battons pour nos élèves et nos enfants : ce que nos grands-parents avaient obtenu après la guerre 39-45 grâce au Conseil national de la Résistance disparaît peu à peu, comme si les prétendues Trente Glorieuses et l’économie qui gouverne le monde depuis quelques années étaient plus prédatrices que cette deuxième guerre mondiale.

Alors que beaucoup de Français sont dans des situations économiques précaires, cumulent de petits boulots sans s’en sortir, il est de notre devoir d’enseignants de préserver l’égalité d’instruction, de veiller à entretenir la justice et la fraternité entre des élèves qui viennent de tous les milieux.

Le fait que le président et notre ministre aient fait leurs études dans des établissements privés explique peut-être le peu de cas qu’ils se font du service public. Il s’agit bien d’une attaque dangereuse pour la cohésion nationale et l’égalité des élèves.

 Vendredi 5 juillet, jour des résultats du baccalauréat, une professeure des Yvelines explique le choix de retenir les copies pour s’opposer à la réforme « pour l’école de la confiance » et celle du baccalauréat.

Une professeure gréviste 5 juillet 2019

 

https://www.politis.fr/

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06 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

kurdes (orient 21)

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Fresque en l’honneur de Kendal Breizh à Carhaix

Internationaliste pour « construire une société nouvelle »

Dans Jusqu’à Raqqa. Avec les Kurdes contre Daech, un jeune Français de 27 ans, de retour de Syrie, fait le récit de ses mois passés aux côtés des Unités de défense du peuple (YPG).

D’emblée, André Hébert – un pseudonyme – joue cartes sur table : « Je m’exprime en tant qu’activiste révolutionnaire, internationaliste, marxiste, soutenant la cause kurde. » Bien sûr, il y a quelque chose du rite d’initiation dans son expérience guerrière.

Pour autant, André Hébert passe les épreuves avec lucidité, les yeux ouverts sur le courage et l’abnégation de ses camarades, comme sur les insuffisances d’une organisation proto-étatique qui peine à embrasser deux tâches prioritaires : venir à bout d’ennemis que l’auteur qualifie de « néofascistes » et construire une société nouvelle, débarrassée du fléau du patriarcat et basée sur l’égalité de tous.

Parti de France en n’ayant, comme il l’écrit, qu’une « vague idée de ce qu’était le mouvement de libération kurde », André Hébert découvre « un peuple et un parti engagé dans une lutte qui est un modèle de progrès pour l’humanité. »

Le volontaire va ainsi mesurer la place prépondérante que, suivant les théories émancipatrices d’Abdullah Öçalan, le leader du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) emprisonné à vie en Turquie, le PYD accorde aux femmes. Ce sont non seulement des combattantes à égalité avec les hommes, les 10 000 soldats qui se sont battus pour reprendre Rakka aux djihadistes étaient placés sous le commandement de Rodja Felat, une féministe de trente ans, mais elles sont les éléments déterminants de la transformation de la société kurde.

C’est près de Hol, ville stratégique sur la route reliant Rakka à Mossoul, qu’Hébert va subir un baptême du feu à grande échelle. Armés clandestinement par la Turquie, ayant récupéré du matériel militaire après la débâcle de l’armée syrienne, possédant les moyens financiers de se fournir auprès de trafiquants de tout poil, les membres de l’OEI (Etat Islamique) possèdent une puissance de feu bien supérieure à celle des YPG et des Unités de protection de la femme (YPJ). Seule l’aviation de la coalition menée par les États-Unis parvient à rétablir un fragile équilibre.

Au sujet de l’aide apportée par les puissances étrangères, Hébert adopte une position sans ambiguïté :

« J’ai entendu des voix déplorant le fait que les YPG acceptent l’appui militaire et diplomatique des Américains et des Russes. Ces critiques viennent de gens n’ayant aucun sens politique pratique, et peu de connaissance de la géopolitique du conflit syrien. Lorsque l’on est responsable de la vie de millions de personnes, les questions de pureté idéologique passent au second plan. »

La prise de Hol coïncide avec les attentats du 13 novembre 2015 du Bataclan et du Stade de France. Une information qui renforce la conviction du jeune combattant que, pour être efficace, il est au bon endroit au bon moment. Après un bref retour en France pour des raisons familiales, Hébert repart en Syrie pour prendre part à la prise de Rakka.

À cette occasion, il confirme que « les Kurdes étaient d’abord réticents à prendre Raqqa. Après la difficile bataille de Manbij, les généraux des YPG refusèrent de sacrifier davantage de cadres du Parti dans la lutte contre Daech. »

C’est donc « sous la pression de la coalition, et en échange d’un soutien militaire, financier et politique durable [que] les commandants des Forces Démocratiques Syriennes finirent par accepter début novembre 2016 de s’emparer de la ville. » Pour atteindre cet objectif, il a fallu sept mois de durs combats contre des djihadistes déterminés, bien armés et empreints d’une foi dévastatrice, assurés que leur lutte était juste et que, quelles qu’en soient les vicissitudes présentes, elle triompherait, emportant dans la tombe les « kouffar ».

Hébert considère que les lourds sacrifices consentis par les Kurdes et les combattants étrangers dont il garde un souvenir vivace, engagent les membres de la coalition, à commencer par les États-Unis, à respecter cet accord et à rendre possible la poursuite de l’expérience conduite au Rojava.

De plus, si la chute de Rakka a fini d’affaiblir l’OEI, elle n’a pas signifié que sa capacité de nuisance était pleinement éradiquée. Rakka a été détruite à 80 % ; d’autres villes syriennes l’ont été tout autant. Dès lors, pour ce témoin engagé, une conclusion s’impose : reconstruire Raqqa est donc « une tâche qui nous concerne tous si nous voulons éviter la résurgence du fondamentalisme islamique. »

Jean Michel Morel  6 juillet 2019

https://orientxxi.info/

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05 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

clemenceau (dissidences)

cgt 1907

Une analyse d’image

Pour le 1er mai 1907, le caricaturiste Jules Grandjouan (1875-1968) dessine cette couverture.

C’est dans  La Voix du peuple, le journal de la CGT ( Confédération générale du travail) , à l’époque syndicaliste-révolutionnaire, fondé en décembre 1900 et dirigé à ce moment-là par Émile Pouget (1860-1931) .

Entre 1904, date de son entrée au journal, et octobre 1910, Grandjouan y donne plus de 200 dessins, dont beaucoup en une.

Au premier plan de celui-ci, Clemenceau, président du Conseil (octobre 1906) et ministre de l’Intérieur (mars 1906), cherche à rattacher un masque représentant Marianne sur une énorme pieuvre jaune, marquée « capital », dont les tentacules écrasent, étranglent et étouffent des travailleurs, dont certains sont déjà réduits à l’état de squelettes.

Marianne est ceinte d’une couronne de laurier, avec le mot « patrie ».

Face à eux, une marée humaine, qui s’étend à perte de vue, brandissant des drapeaux rouges, est en passe de les submerger. Pour les militants syndicalistes révolutionnaires de l’époque, le capitalisme, même paré dans l’urgence et la panique des attributs républicains et patriotiques, censés calmer le peuple, ne peut plus masquer ce qu’il est : un système d’exploitation des travailleurs.

L’État, en la personne de Clemenceau, « Premier flic de France » selon ses propres termes, est dénoncé comme le garant de ce système.

En représentant le capitalisme sous les traits d’une pieuvre, animal mystérieux, dangereux, à l’affût de ses proies au fond des mers, Grandjouan convoque ici un classique de la symbolique animale dans la caricature politique révolutionnaire, qui ailleurs peut incarner l’État ou tout autre ennemi du genre humain.

Le jaune de cette pieuvre renvoie à une couleur péjorative au sein du mouvement ouvrier, depuis la création en 1899 au Creusot et à Montceau-les-Mines de syndicats anti-grévistes vite nommés « jaunes ».

A cette couleur honnie s’oppose bien entendu le rouge des drapeaux, qui forment aussi « 1er mai 1907 » au-dessus de la foule.

La Charte d’Amiens, votée à une écrasante majorité six mois auparavant (au congrès de la CGT en octobre 1906), consacre l’apogée du syndicalisme révolutionnaire – avec un syndicat conçu comme outil de lutte et de résistance, mais également comme base d’un « autre futur ».

La marée humaine représentée par Grandjouan illustre à merveille cet apogée. Pourtant, ce Grand Soir articulé autour de la grève générale, raconté dans un récit, qui se voulait prémonitoire, de Pataud et Pouget (Comment nous ferons la Révolution, 1909, réédité par Syllepse, 2017) se fait attendre, puis s’éloigne à l’horizon.

En 1914, Marianne et la patrie gagnent la partie.

https://dissidences.hypotheses.org/

Commentaire:

Clemenceau est un modèle cité par Valls et Macron

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