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24 mars 2017 ~ 0 Commentaire

citoyennisme (alternative libertaire)

socialo

Les initiatives électorales citoyennes

A la suite des articles de février 2017, nous examinons ici quelques initiatives que l’on va voir à l’œuvre au cours de prochains processus électoraux en France. Ces expériences de « démocratie radicale » peuvent-elles renverser ou même subvertir le système ?

Le citoyennisme est-il forcément à jeter ?

Les mouvements qui s’en réclament s’inscrivent souvent dans un cycle historique de contes- tation de l’oligarchie mondiale, qu’elle soit politique, financière ou industrielle. De l’altermon- dialisme aux mouvements de type Occupy et Indignés, en passant par les révolutions dites du « printemps arabe », la souveraineté des peuples est brandie comme objectif et comme moyen de faire basculer les rapports de force. Nous qualifions ces mouvements de citoyennistes, car nous parions que cette souveraineté ne peut pas être obtenue par la seule « démocratie radicale », mais par la destruction du capitalisme d’abord, sans quoi les peuples, qui ne détiennent pas les moyens de production, n’accéderons ni au pouvoir ni à l’autonomie.

Certains de ces mouvement visent non pas la prise du pouvoir, mais des formes plus ou moins radicales d’empowerment (développement du pouvoir des individus ou des groupes d’agir sur leurs conditions d’existence), comme par exemple – du moins officiellement et/ou jusqu’à ce que cela change – les Colibris, Alternatiba, le community organizing ou Nuit debout. D’autres se lancent dans la bataille électorale pour subvertir les règles politiques en vigueur. Voici les principaux.

Des candidats du peuple à toutes les élections

Pour l’élection présidentielle, LaPrimaire.org [1] annonce ne pas avoir de programme et n’être qu’un outil. 215 personnes ont candidaté sur le site, et c’est finalement Charlotte Marchandise qui, élue par les internautes, bénéficie du « kit présidentiable » lui permettant de faire campagne « d’égal.e à égal.e » avec les autres candidates et candidats.

Sans étiquette ni idéologie politique prédéfinie, Ma Voix s’est créé lors des législatives partielles à Strasbourg en avril 2016 [2] et vise à « hacker l’Assemblée nationale ». Pour les législatives 2017, un tirage au sort sera bientôt effectué parmi des volontaires préalablement formé.es, afin de déterminer qui sera le ou la candidate officielle. Si il ou elle est élue, son mandat sera impératif, et elle ne pourra voter que dans le sens qui lui sera donné par les internautes sur la plateforme dédiée.

Côté élections municipales, La Belle Démocratie veut accompagner la création d’assemblées locales (sur le modèle de Saillans). Il s’agit de se former à des « méthodes et à des outils pour prendre le pouvoir et le partager en-dehors des partis (…). L’horizon fonda-mental est la reprise en main citoyenne des pouvoirs locaux à l’échelle du bassin de vie au quotidien, en particulier à travers les municipales de 2020. » Début 2017, des dizaines de collectifs semblent en route pour les prochaines municipales (lire article en page suivante).

Des caractéristiques communes

On retrouve souvent dans ces mouvements les éléments suivants :

– Ni droite ni gauche : le vrai clivage se situe entre les oligarques et les « 99 % ». Ces mou- vements dénoncent la professionnalisation de la politique, la technocratisation de l’Europe et l’abandon d’une classe politique inféodée aux pouvoirs de l’argent (sauvetage des banques lors de la crise financière de 2008). Ce qui leur importe, c’est que les propositions viennent d’en bas, radicalisation de la démocratie qui constitue souvent l’essentiel de leur projet, par refus d’un programme préconçu, justement. Réticents à toute approche « militante » et aux héritages idéologiques classiques, ces mouvements affirment la nécessité de dialoguer entre personnes qui ne sont pas d’accord, et d’être dans la coconstruction entre toutes et tous, dans une alliance interclassiste.

– Pour une démocratie « réelle » et horizontale : ces mouvements dénoncent la démo- cratie représentative et le vote comme instrument ultime de la participation à la vie politique. Ils optent pour une démocratie directe, une participation concrète et approfondie, et en appellent à la responsabilité des citoyennes et citoyens. Ils dénoncent en ce sens les partis (et bien souvent aussi les syndicats), ainsi que tout ce qui fait préférer l’expertise (qui confisque le pouvoir) à la démocratie. Défendant la transparence du pouvoir ainsi que la liberté de la presse, ces mouvements peuvent s’appuyer sur une croyance dans les « civic techs », ces outils numériques censés profiter au rapport de force avec les institutions, et/ou rendre le gouvernement plus transparent et collaboratif. En interne, ces mouvements fonctionnent souvent au consensus et au consentement.

– Pas d’anticapitalisme, mais des modèles coopératifs : il est extrêmement rare que ces mouvements nomment le capitalisme sinon pour dénoncer sa « financiarisation », ou ses « erreurs de gouvernance ». Pour transformer la société et l’économie, ces mouvements parient sur les modèles coopératifs et le pair-à-pair : consommation (couchsurfing, covoitu-rage), modes de vie (coworking, colocation, habitat participatif), finance (crowdfunding, mon- naies locales), éducation et savoirs (Mooc ou formations ouvertes et participatives en ligne), alimentation (circuits courts, jardins partagés), production (fab labs)… Ils parlent d’autogestion et affirment la pratiquer. Les membres de ces mouvements mettent souvent en œuvre cette participation et ces alternatives dans leur mode de vie, de façon militante et/ou professionnelle (projets d’économie sociale et solidaire).

Quelle analyse de ces mouvements ?

Ces mouvements ont l’ambition d’être ouverts à toutes et tous et ne demandent pas d’adhésion préalable à un cadre idéologique commun autre que celui du pouvoir au peuple.

Cependant, l’absence de référence au capitalisme introduit un biais dans les analyses, qui fait croire d’une part qu’il est possible de « démocratiser la démocratie », et que d’autre part cela permettra la liberté et l’égalité. Faute d’entrer sur les questions économiques, ces mouvements sont condamnés à penser dans les cadres actuels, et ne projettent pas beaucoup plus que de réécrire une nouvelle constitution.

Par ailleurs, la croyance aveugle dans les vertus de la délibération collective, sans définition commune préalable de lignes idéologiques (autre que celle du pouvoir au peuple), et avec une faible proportion de membres ayant une formation politique leur permettant d’analy- ser les questions en jeu, rend ces mouvements relativement poreux au confusionnisme et à l’extrême droite. Néanmoins, il est plusieurs fois arrivé que des exclusions soient prononcées : des individus, démasqués le plus souvent parce qu’ils n’étaient pas dans une démarche de donner réellement le pouvoir au peuple, ont été exclus après un temps de débat et de décision collective.

Enfin, affirmant la supériorité de la démocratie sur l’expertise, ces mouvements refusent totalement les arguments d’autorité et les pressions extérieures. Si cela en fait peut-être, selon deux mots à la mode, des « insoumis ingouvernables », ils le sont autant vis-à-vis des politi- ques et technocrates que des militantes et militants classiques. Ainsi, à Nuit debout, les mem- bres d’organisations politiques ou de syndicats n’étaient pas toujours bien reçu.es. Autre illustration : à Saillans, il avait été question d’inviter Étienne Chouard pour une conférence. Des menaces parfois violentes issues du milieu antifa ont conduit à renoncer, mais cela a été vécu comme une atteinte grave à la liberté de débattre. Étienne Chouard n’a donc pas été reçu, mais l’incident n’a absolument pas construit de perspectives de compréhension et de collaboration.

La démocratie plutôt que la justice sociale ?

Le principal angle mort de ces mouvements est la lutte contre le capitalisme en tant que système économique producteur des inégalités contre lesquelles ils entendent se mobiliser. Difficile de penser que ces belles intentions pourront renverser un système qui n’est même pas nommé. Ces mouvements permettent l’entrée en politique d’un nombre croissant de personnes, principalement issues des classes moyennes.

Le risque est que la revendication de démocratie ne prenne le dessus sur celle de justice sociale en cas de grand bouleversement, comme cela a été le cas lors de la révolution tuni- sienne. Débutée le 17 décembre 2010 avec l’immolation de Mohammed Bouazizi, ces révoltes sociales ont rapidement été confisquées par une classe moyenne plus intéressée par la « liberté » et la démocratie que par les revendications sociales portées par les plus pauvres. Lorsque Ben Ali a quitté le pouvoir le 14 janvier 2011, la joie de la bourgeoisie libérale était plus grande que celle des travailleurs et travailleuses pauvres. Et si finalement tout est rapidement redevenu comme avant, c’est sans doute parce que démocratie et liberté ne sont que vaines espérances sans égalité et dépassement du capitalisme.

Adeline DL (AL Paris-Nord-Est) 23 mars 2017

http://alternativelibertaire.org/

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24 mars 2017 ~ 0 Commentaire

jean luc mélenchon (bfm)

mel job

Pourquoi il n’est pas surprenant que Mélenchon soit millionnaire

Le candidat de la France insoumise a déclaré un patrimoine de 1,13 million d’euros principalement constitué de biens immobiliers. Plus donc que François Fillon ou Emmanuel Macron. Explications.

Jean-Luc Mélenchon, le candidat qui s’oppose aux puissances de l’argent affiche un patrimoine plus élevé que celui d’Emmanuel Macron ou de François Fillon. Avec des biens estimés à 1,131 million d’euros et un endettement d’à peine 165.722 euros, son patrimoine net atteint 965.278 euros. Un seul autre candidat à la présidentielle affiche ainsi un patrimoine supérieur: Nicolas Dupont-Aignan.

De quoi se compose le patrimoine du chef de file de la France insoumise?

Principalement de biens immobiliers. Jean-Luc Mélenchon possède un appartement de 110 m² dans le 10ème arrondissement parisien dont il estime la valeur à 837.000 euros. Comme le candidat l’explique dans un billet de blog, il a acheté cet appartement en 2014 pour la somme de 800.000 euros. Une résidence financée en partie par la revente en 2013 de son précédent appartement et sur lequel il a semble-t-il effectué une belle plus-value puisqu’il l’avait payé 346.750 euros en 2006 selon une précédente déclaration de patrimoine.

Outre cette résidence principale, le député européen possède dans le Loiret une maison  « rurale » de 150 m² évaluée à 190.000 euros. Il est également le titulaire de trois comptes courants au Crédit Mutuel sur lesquels il disposait, au jour de sa déclaration, de 6.186 euros. À ces liquidités, s’ajoutent 40.000 euros placés sur un livret bleu, 10.000 euros sur un compte épargne logement et 47.000 sur un livret de développement durable.

Un train de sénateur

Bref, le candidat représentant la gauche de la gauche est un citoyen nettement plus aisé que la moyenne, mais pas au point de payer l’ISF. Et le patrimoine accumulé par cet ex-enseignant devenu un professionnel de la politique il y a plus de trente ans n’a rien d’extravagant. Conseil- ler général de l’Essonne en 1985, le mitterrandiste Jean-Luc Mélenchon devient aussi un an plus tard sénateur de l’Essonne.

Il n’a que 35 ans, ce qui en fait le benjamin du palais du Luxembourg. Il y siégera sans discon-tinuer de 1986 à 2000 puis de 2004 à 2010, soit une durée totale avoisinant les 20 ans. Or l’expression « train de vie de sénateur » n’est pas usurpée. Les élus de la chambre haute touchent 5.400 euros, rémunération à laquelle s’ajoutent 6.100 euros de frais de mandat (une somme qu’ils peuvent dépenser à leur guise), soit un total de plus de 11.500 par mois. Sur 20 ans, cela représente 2,76 millions d’euros.

À cette rémunération il faut ajouter celles qu’il a perçu au titre de son mandat de conseiller  général, fonction qu’il a occupée durant 13 ans. Un conseiller départemental dans un départe- ment comme l’Essonne touche entre 2.661 euros et 3.725 euros selon qu’il est conseiller de base ou vice-président. Depuis le 25 février 1992, une loi limite néanmoins le cumul des rému- nérations pour un parlementaire exerçant un mandat local. Au-delà de 2.800 euros, il ne peut garder sa rémunération locale pour lui. Mais Jean-Luc Mélenchon a aussi été ministre délégué à l’enseignement professionnel sous Jospin entre 2000 et 2002.

Un patrimoine de cadre supérieur ou de profession libérale

Aujourd’hui, le candidat de la France insoumise n’occupe plus de mandat national mais, depuis 2009, il est eurodéputé. Un mandat lui aussi très rémunérateur puisqu’un élu du Parlement de Strasbourg touche 12.800 euros brut par mois. Cela comprend le traitement mensuel de 8.500 euros brut plus les indemnités de frais généraux de 4.300 euros par mois.

Bref, cette carrière politique bien remplie a permis à Jean-Luc Mélenchon de cumuler un patri- moine de très bon cadre supérieur. Selon l’Insee en effet, le patrimoine médian d’un cadre supérieur ou d’une profession libérale à l’âge de la retraite (le candidat a 65 ans) est de 396.000 euros. Un patrimoine bien supérieur à Paris (lieu de résidence de Jean-Luc Mélen- chon) où le prix de immobilier est depuis toujours plus élevé que dans le reste de la France.

Frédéric BIANCHI 23/03/2017BFM Business

http://www.anti-k.org/

Nathalie Arthaud:

Patrimoine brut: 129.350 euros

Endettement: 3.501,24 euros

Nathalie Arthaud indique qu’elle possède un appartement de 48 m², acheté en 2009 en compagnie d’une autre personne, et dont la valeur est estimée à 248.700 euros. Elle possède également une Citroën C3 dont la valeur à l’Argus tend vers les 5.000 euros.

Philippe Poutou

Patrimoine: 31.663 euros

Pas d’endettement. 

Le candidat du NPA a un patrimoine on ne peut plus simple. Pas de bien immobilier, pas de dette. Philippe Poutou a juste une Peugeot 3008 acquise pour 20.000 euros qu’il estime aujourd’hui autour de 9.000 euros. Son compte courant au Crédit Mutuel est dans le vert à hauteur de 7.243 euros, il a un LDD de 5.213 euros, ainsi qu’un livret de 9.880 euros. Il a également un compte épargne logement de 328 euros.

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24 mars 2017 ~ 0 Commentaire

tests candidats (sortir du nucléaire)

sdn

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23 mars 2017 ~ 0 Commentaire

un double mensonge… (révolution permanente)

ouvrier

Le FN, le premier parti ouvrier de France ?

A cinq semaines du premier tour, dans un contexte où Marine Le Pen devrait arriver première au premier tour, les mythes continuent d’exister à propos d’un Front National « ouvrier », qui n’existe que dans la bouche des grands éditorialistes, car l’examen du programme du FN comme de son électorat prouve le contraire. 

Beaucoup le disent, le pensent ou véhiculent cette idée devenue structurante pour penser l’électorat français : le Front National serait monté sur les ruines du Parti Commu-niste, grâce à un fort vote ouvrier, en séduisant la classe ouvrière par un programme industriel qu’il comprenait. Cependant, les quelques études qui traitent de l’électorat FN montrent que les ouvriers votent finalement peu pour le parti des Le Pen ; et pour cause : quand on se penche sur son programme, on se demande comment celui-ci pourrait mobiliser des franges entières des ouvriers.

Un programme pro-patronal particulièrement avantageux pour les patrons des multinationales comme des PME

Dans ses 144 engagements présidentiels, Marine Le Pen propose un programme pour ce scrutin de 2017 peu différent du programme de 2012. Dans ses chapitres « Une France prospère », et « Une France juste », la candidate expose le gros de ses propositions en termes d’emplois et de précarité, qui sont actuellement parmi les questions les plus brûlantes pour cette classe ouvrière qui serait « frontiste ». Et force est de constater qu’à part l’abaissement de la retraite à 60 ans et le retrait de la loi Travail, qui sont évoqués très rapidement et sans explication, toutes les mesures sont avant tout pensées pour satisfaire les intérêts du patronat contre les salariés, que ce soit des grandes multinationales ou des petites et moyennes entreprises.

Un soutien actif au CAC 40

Ainsi, une des parties du programme porte particulièrement sur un Etat pensé comme un soutien aux grandes entreprises du CAC40 : « un plan de ré-industrialisation dans le cadre d’une coopération entre l’industrie et l’Etat-stratège » est évoqué, et Le Pen veut « instaurer un vrai patriotisme économique en réservant la commande publique aux entreprises françaises » et « créer un secrétariat d’Etat dédié aux mutations économiques afin d’anticiper les évolutions des formes de travail liées aux nouvelles technologies (ubérisation, robotisation, partage…) et établir une nouvelle régulation pour préserver une concurrence loyale) ».

En toile de fond de toutes ses propositions, Marine Le Pen souhaite instaurer un protectionnisme à la française comme le fait Donald Trump avec les conséquences que l’on voit poindre : si certaines entreprises ont décidé d’investir aux USA, les nouvelles normes de protection des salariés sont en train d’attaquer durement les conditions de travail. Car à un soutien actif de l’Etat au grand capital, comme l’avait déjà fait Hollande avec le Crédit d’impôt sur la compétitivité des entreprises (CICE), se couple de nouvelles attaques sur le plan social.

Couplé à de nouvelles attaques du droit du travail contre les salariés

Car si le Front National s’est toujours dit opposé à loi Travail, on ne peut que douter de son opposition qui est plus un positionnement opportuniste pour flatter des ouvriers que Le Pen aimerait voir dans son escarcelle qu’un positionnement politique de fond : qui a déjà vu le Front National manifester contre les loi anti-sociales du dernier gouvernement ?

Que ce soit la loi Macron, la loi Travail, le CICE, dans les faits, le FN a toujours soutenu tacitement ces lois. Une proposition pourtant enterrée par Hollande revient dans le programme des Le Pen : la défiscalisation des heures supplémentaires, mesure qui avait permis à Sarkozy de l’emporter en 2007 Aucune proposition concernant la précarité, les contrats courts, les licenciements, le partage du temps de travail, les augmentations de salaires ou de droits…

Dans ses propositions pour « Garantir la protection sociale », le FN ne propose que « mettre en œuvre une vraie politique nataliste » ainsi que «  renforcer la solidarité intergénérationnelle en permettant de transmettre sans taxation 100 000 euros à chaque enfants pour les cinq ans au lieu de quinze actuellement  » : autant de mesures que les chômeurs qui veulent des réponses à leur précarité entendront sûrement autrement qu’un moyen pour « garantir leur protection sociale ». Quant aux propositions de santé, la majorité d’entre elles ne proposent qu’un statu-quo, quand certaines sont totalement réactionnaires, comme supprimer l’Aide Médicale d’Etat, qui permet aux personnes en « situation irrégulière » de pouvoir se soigner.

Face aux grands patrons, les petits patrons ne sont pas en reste : un programme de soutien aux entrepreneurs

Ne nous méprenons pas : le centre du programme de Marine Le Pen vise à séduire les arti- sans, les petits entrepreneurs, les patrons de PME et de TPE ; en bref, la petite bourgeoisie française et les agriculteurs. Et les salariés des dites entreprises seront sûrement heureux d’apprendre ce que leur prépare celle qui devrait arriver en tête au premier tour ! « Alléger la complexité administration et fiscale pesant sur les TPE-PME » ; « réduire le nombre des obligations administratives liées au seuil social de 50 salariés » ; « abaisser les charges sociales des TPE-PME  » ou encore « maintenir le l’impôt à taux réduit à 15% pour les TPE et réduire le taux des PME de 33% à 24% ».

Autant de mesures qui ont toutes une même philosophie : réduire les coûts du travail, et l’imposition des entreprises. Pour notre camp social, il s’agit tout simplement de plus de travail, pour moins de rémunération et de protection, ainsi que moins d’impôts pour l’État.

Un parti ouvrier ? Le mythe d’un électorat frontiste ouvrier

A chaque élection, depuis quelques années, un petit refrain revient sur les plateaux de télé- vision : le FN serait devenu « le parti des classes populaires », le « parti de la classe ou- vrière ». Pourtant, toutes les études sociologiques viennent contredire cette assertion. En effet, si l’électorat FN est composé pour moitié d’ouvriers, de salariés et de retraités de ces classes sociales, cette portion, élevée, cache cependant une autre donnée : seul un ouvrier sur sept vote pour le FN.

Mais alors, quel est le premier parti de la classe ouvrière ? La réponse, souvent oubliée des classes dominantes plus intégrée, est tout simplement le parti de l’abstention et le parti du désintéressement vis à vis de la politique. De surcroît, comme l’a bien montré l’étude Les classes populaires et le FN, coordonnée par G. Mauger et W. Pelletier, le vote FN ouvrier est beaucoup plus volatile et moins « solide » que le vote FN des beaux quartiers traditionnels, de la Manif pour Tous et de la petite-bourgeoisie :

il y a une différence de niveau de conviction qui explique assez largement la dissonance entre un vote ouvrier et un programme frontiste par essence anti-ouvrier. Ainsi, pas étonnant que toutes les grandes organisations ouvrières, à l’instar de la CGT ou de FO, prennent ouvertement position contre le FN qui représente beaucoup de choses mais sûrement pas un parti des travailleurs.

George Waters vendredi 17 mars

http://www.revolutionpermanente.fr/

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23 mars 2017 ~ 0 Commentaire

mélenchon (npa)

melenchon marque jaune

Marcher jusqu’à République… et après ?

La marche de France insoumise concentre les critiques maintes fois formulées sur la campa- gne de Mélenchon : son nationalisme autour d’un « sauveur suprême » avançant des mots d’ordre justes mais minimalistes et l’impasse de cette campagne…

La manifestation a été massive (130 000 personnes revendiquées, en réalité beaucoup moins), mais le plus frappant, c’est l’interdiction des drapeaux autres que ces milliers de drapeaux bleu blanc rouge distribués aux manifestants. Utiliser le drapeau des Versaillais comme signe de ralliement le jour de l’anniversaire du début de la Commune, il fallait oser ! Que le PCF et Ensemble l’aient accepté donne la mesure de leur paralysie.

Mélenchon a une fois de plus multiplié les références nationalistes :

« La France tendra la main à tous les peuples qui refusent de s’aligner derrière tel ou tel empire », oubliant qu’elle est elle-même une puissance impérialiste de premier plan… Le dirigeant de France insoumise s’adresse à « chaque petite française, chaque petit français, surtout s’il vient de loin », et voit son « Assemblée constituante élue ou tirée au sort parmi les Français », oubliant au passage les millions d’habitantEs qui n’ont pas la nationalité française… et oubliant donc de revendiquer une citoyenneté de résidence.

De Gaulle à la rescousse !

Le point d’orgue du nationalisme visant à effacer les frontières de classes est sans doute la référence à De Gaulle et au rôle historique de la 5e République. Pour indiquer la nécessité d’en finir avec cette « monarchie présidentielle », il nous débite un étonnant discours : « Cette Constitution avait été taillée sur mesure pour un homme exceptionnel, dans des conditions exceptionnelles, pour faire face à un contexte exceptionnel ». Voici donc pratiquement réhabilités dans un même temps le coup d’État de 1958, De Gaulle et l’orientation de l’État français pendant la guerre d’Algérie…

Le One man show permet de faire accepter sans critique ce discours, ces drapeaux et la Marseillaise. On se croirait parfois devant un discours de Macron, lorsque sont acclamés « la règle verte », le « bouclier de Marianne, symbole de la paix », la « dignité animale », des points dont le flou est saisissant… On s’étonne de voir hurler « Résistance ! » à propos de la sortie de l’Otan, sans aucune critique de la politique impérialiste de la France ou de la Russie.

Quelques grammes de radicalité dans un monde pratiquement inchangé

Comme au débat télévisé du 20 mars, Mélenchon égrène diverses propositions élémentaires, mais dont la radicalité semble s’atténuer chaque jour. Pas un mot ce dimanche sur les licen-ciements ou sur les salaires, la « finance » est critiquée sans que le moindre mot d’ordre soit avancé pour l’empêcher de nuire, par exemple la réquisition des banques ou même un moratoire sur la dette. Aucune mesure de coercition contre le grand patronat n’est envisagée.

On retrouve la vieille idée qu’il suffit de voter pour changer les choses. Mélenchon fait hurler « Dégagez ! », défend une Constituante et la fin de la fonction présidentielle (tout en rappelant que « Notre patrie est le point d’appui pour les grands défis que l’humanité univer- selle doit relever. Pour la part qui me reviendrait, j’y suis préparé »…), des référendums… mais il n’a pas un mot pour les ­mobilisations sociales.

Pourtant, la transformation sociale n’est pas essentiellement une affaire d’échanges de points de vue, de votes, mais un affrontement entre les classes, des rapports de forces, une rupture avec l’État et la propriété privée des moyens de production. Esquiver ces ques- tions, cela revient à dénoncer une situation en refusant les moyens réels qu’a le monde du travail pour la bouleverser, dans une période où il y a pourtant urgence à le faire…

Antoine Larrache

https://npa2009.org/

https://www.anti-k.org/

Lire aussi:

Mélenchon : prise de la Bastille bis… et après ? (Lutte Ouvrière)

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23 mars 2017 ~ 0 Commentaire

mort d’emmanuelli (révolution permanente)

emmanuellimelenchon2

Histoire du PS:Il paraît qu’il était de gauche ?

C’est avec beaucoup de trémolos que les « camarades » du PS ont tenu à saluer la mémoire d’Emmanuelli, décédé le 21 mars. Un homme de gauche, paraît-il. Ça dépend du point de vue. 

Chez Edmond

Avant d’être socialiste, Emmanuelli était banquier. Pas au guichet. Au sommet. Le fait de pren- dre sa carte, dans le sillage du Congrès d’Epinay, ne l’a pas empêché, d’ailleurs, de continuer à exercer pour Edmond de Rothschild au service de qui il rentre en 1969. Jusqu’en 1977 il sera successivement attaché de direction à la Banque de l’Union parisienne puis directeur adjoint à la Compagnie Française de Crédit et de Banque. Pour un « adversaire du capital financiari- sé », ça se pose là.

Jeune loup

A l’époque, après 1971, la stratégie miterrandienne consiste à recruter de jeunes cadres pro- metteurs issus des meilleures écoles de la bourgeoisie pour secouer le vieil appareil moribond de la SFIO qui ne fait plus peur à personne, et, surtout, aller arracher à la droite des circon-scriptions. Il s’agit de la première étape de son grignotage progressif de la cartographie légis-lative qui culminera avec l’entrée de 285 députés socialistes au Palais Bourbon en juin 1981.

Mitterrand a très rapidement repéré Emmanuelli, dynamique et brillant. Il lui demande de retourner dans son Sud-Ouest natal pour reprendre au vieux chrétien-démocrates Jean- Marie Commenay la troisième circonscription des Landes. Pour cela, Mitterrand lui recom- mande de faire populo, de rappeler ses origines ouvrières et son père cégétiste pour mieux mettre hors-jeu les encombrants alliés du PCF de l’époque, et de faire bon usage de son franc-parler. Sa voix rocailleuse et sa gouaille font le reste. Il gagne les élections en 1978 alors qu’il n’a pas encore 33 ans. De là au premier gouvernement Mauroy, il n’y a qu’un pas.

Rigueur et austérité

Mitterrandien par fidélité autant que par conviction, Emmanuelli va rester au gouvernement jusqu’à ce que Chirac occupe Matignon lors de la première cohabitation, en 1986. Jusqu’à cette date, Emmanuelli aura été sous-ministre, d’abord des DOM-TOM puis secrétaire d’Etat chargé du Budget et de la Consommation, y compris après le tournant de la rigueur de 1983. A l’époque, les socialistes demandent aux travailleurs et aux classes populaires de se serrer la ceinture et, surtout, de ne pas moufter pendant la liquidation de pans entiers de l’industrie dans le Nord et dans l’Est. Emmanuelli souscrit des deux mains. Pour un « homme de gauche », ça se pose là.

Embuscades de Congrès

Emmanuelli continue, par la suite, d’évoluer au sein du PS, à coups de manœuvres et de volte- faces. Tour-à-tour opposé puis complice des fabiusiens, il s’allie à eux pour essayer de liquider Jospin, sans y réussir. Ce n’est qu’au cours de la seconde moitié des années 1990, après qu’on lui a donné le perchoir du Palais Bourbon, qu’il perd en 1993, qu’il se forge cette répu- tation de chef-de-file de la « gauche du PS » et de gardien du temple du mitterrandisme, caractéristique qu’il partage avec Jean-Luc Mélenchon, un autre allié de circonstance qui a salué sa mémoire. Le tournant social-libéral est déjà entamé par Jospin et Martine Aubry et il ne reste plus grand-chose à Emmanuelli pour se distinguer de ses adversaires.

Faux-amis

Hamon, qui a écrasé une larme en apprenant la nouvelle de son décès alors qu’il était en déplacement à Bruxelles, l’a qualifié de « grand frère ». Lorsqu’il était attaché d’Aubry, sous le premier gouvernement Jospin, en 1997, et plus encore lorsqu’il était à la tête du MJS, au début des années 1990 et qu’il réclamait, avec Régis Juanico, un « droit d’inventaire » du mitter- randisme (une façon, à l’époque, pour prendre un chemin de traverse, sur la droite), Hamon était loin d’être le « petit frère » d’Emannuelli. Ils étaient plutôt frères ennemis. Mais, au PS, surtout en phase de pré-Congrès (Grenoble en 2000, Le Mans en 2005, etc.), les passions sont changeantes.

Trafics d’influence

Epinglé, comme Juppé au RPR, dans le cadre des enquêtes sur le financement illégal du PS, Emmanuelli est condamné, en 1997 : deux ans de privation des droits civiques et à dix-huit mois de prison avec sursis. Ses petits camarades le font remplacer dans son fief électoral landais pour lui tenir la place au chaud. Pour quelqu’un ayant la carrure d’un « homme d’Etat », pour reprendre les termes d’Aubry dans son hommage, ça se pose là.

Rabiboché avec Hamon, qui, face au virage social-libéral assumé par le PS, ne pouvait pas exister s’il ne se positionnait pas, à son tour, « à gauche », Emmanuelli restait néanmoins un fervent partisan de Hollande qu’il avait supplié de se présenter à sa propre réélection en 2017. Sans doute avait-il à l’esprit, par fidélité encore une fois, les deux septennats de Mitterrand : catastrophiques pour le monde du travail et les classes populaires mais plutôt « globalement positifs » pour le CNPF, le Medef de l’époque qui était, déjà, présidé par un Gattaz.

Ses rejetons
Si l’on se penche sur les héritiers du personnage, la boucle est bouclée. Parmi les plus fidèles lieutenants d’Emmanuelli, il y avait Richard Ferrand, longtemps conseiller général et actuelle- ment député du Finistère. Ses camarades socialistes locaux le rappellent comme quelqu’un toujours prêt à faire la leçon à ceux qu’il ne considérait comme pas assez « à gauche ».

Ironie de l’histoire, Ferrand a été le premier socialiste à passer, avec armes et baga- ges, à En marche ! dont il est aujourd’hui le secrétaire général. En réalité, il n’a fait que faus- ser compagnie à un ancien de chez Rothschild pour aller dans les bras d’Emmanuel Macron. C’est aussi à ce que l’on laisse derrière soi qu’il est possible de juger ce que l’on a été.

Jean-Patrick Clech mardi 21 mars

http://www.revolutionpermanente.fr/

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22 mars 2017 ~ 0 Commentaire

sondages (tendance claire)

fdg

Mélenchon dépasse Hamon qui s’effondre

Un sondage Elabe sorti ce mardi soir indique que Mélenchon, pour la première fois depuis la primaire socialiste, dépasse Hamon.

Il recueillerait 13,5% alors que Hamon chute de 2 points (en quelques jours) à 11,5%. Après une séquence qui aurait du lui être favorable avec la présentation de son programme jeudi et le meeting de Bercy ce dimanche, Hamon continue à régresser.

Hamon est en train de nous faire une « Deferre », le candidat de la Sfio (ancêtre du PS) en 1969 qui a fini à 5% au premier tour de la présidentielle.

On notera également la différence de sociologie de l’électorat de Mélenchon et Hamon. L’électorat de Mélenchon est plus populaire : 16% chez les employés et 17% chez les ouvriers ; celui de Hamon est plus CSP+ ; il ne fait que 8% chez les employés et ouvriers.

A noter le tassement de Le Pen, et la forte progression de Dupont Aignan désormais à 5% (cela vaut le coup de claquer la porte du journal de TF1 !). Si on regarde finement le sondage par rapport au précédent, on devine que Dupont Aignan prend ses voix dans l’électorat aisé et retraité de Le Pen, alors que cette dernière consolide son électorat ouvrier.

L’intégralité de ce sondage est ici :

http://elabe.fr/intentions-de-vote-election-presidentielle-2017-6/

21 mars 2017

http://tendanceclaire.org/

Lire aussi:

Débat de la présidentielle: Mélenchon remporte le suffrage… de l’émotion (Europe1)

Pourquoi Mélenchon est le gagnant du débat (et Macron le perdant) (Le Huff’)

Hamon, Mélenchon. Pas un mot sur l’absence des six autres candidats au débat de TF1 ! (RP)

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22 mars 2017 ~ 0 Commentaire

fillon-le roux-moscovici (révolution permanente)

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Les nouvelles révélations du canard enchaîné

De nouvelles révélations du Canard enchaîné viennent un peu plus assombrir la campagne de François Fillon, mais aussi la carrière de Pierre Moscovici qui se trouve être lié – pour des affaires de costumes de luxe – au candidat LR. 

Ce mercredi 22 mars, dans son nouveau numéro le Canard enchaîné tape fort – une nouvelle fois. Et le programme est chargé : Fillon qui touche 50 000 euros pour une rencontre entre un homme d’affaires, le PDG de Total, et Poutine ; des soupçons qui pèsent sur les époux Fillon accusés d’avoir fabriqué des faux ; Pierre Moscovici qui s’est fait offrir des costumes de luxe dans la même boutique que Fillon.

Alors que le ministre de l’intérieur Bruno le Roux vient tout juste de démissionner pour avoir employé ses enfants en tant qu’assistants parlementaires pour leurs « boulots d’été », les éléments rapportés par le Canard montrent que l’affaire Fillon – alors que le candidat a choisi malgré [sa mise en examen le 14 mars de tenir « jusqu’au bout » – ne va pas sombrer dans l’oubli de sitôt. Au contraire, l’affaire Fillon se complexifie et s’enrichit !

Premier scandale : Fillon aurait touché 50 000 euros pour une rencontre entre un homme d’affaires, le PDG de Total et Vladimir Poutine

Ainsi, après l’affaire d’emploi présumé fictif de sa femme, puis celle de costards qui lui ont été offerts, des éléments prouveraient qu’il est aurait touché de l’argent pour présenter un indus- triel à Vladimir Poutine. Le 6 février, Fillon affirmait au sujet de sa société de conseil pour se défendre contre de mauvais procès : « Venons-en à ma société de conseil. J’ai exercé de2012 à 2016 cette activité en toute légalité. […] La liste de mes clients ne comprend aucune entre- prise russe, ni le gouvernement russe ni aucun organisme de ce pays et toutes les conférences que j’ai données en Russie l’ont été à titre gratuit ».

Pourtant, le Canard loin de s’en laisser conter, a découvert de nouvelles informations. Ainsi, selon l’hebdomadaire, le candidat a touché 50 000 euros pour le compte de sa société 2F Conseil pour avoir organisé en 2015 à Saint-Pétersbourg une rencontre entre son client Fouad Makhzoumi, qui détient une société d’infrastructures dans le domaine pétrolier, Patrick Pouyanné, le PDG de Total et… Vladimir Poutine. Si le gouvernement russe, comme le PDG de Total, ne sont pas les clients de 2F Conseil, François Fillon a bel et bien joué à l’entremetteur entre tous ses protagonistes. Les frontières entre le pouvoir, l’argent et les affaires sont décidément très poreuses.

Deuxième scandale : nouveau éléments sur l’enquête Fillon qui est élargie à des faits de « faux et usages de faux »

Les enquêtes des dernières semaines ont été fructueuses. Le Canard et le Monde nous ont donné des nouvelles de l’autre affaire majeure qui colle à la peau de Fillon, le Penelope Gate. En effet, les enquêteurs soupçonnent les époux d’avoir fabriqué des faux. Ils ont mis la main sur une déclaration certifiant que Penelope ne travaillait qu’une trentaine d’heures à la Revue des deux mondes. Laquelle a été embauchée pour effectuer 151 heures. Seul hic, comme assistante parlementaire, Penelope Fillon était déjà censée travailler 151 heures auprès de son époux. Les deux emplois auraient donc excédé le maximum autorisé par l’Assemblée (180 heures).

Par-dessus le tout, le Monde révèle que les deux époux sont désormais sous le coup d’une enquête pour faux et usages de faux et escroquerie aggravées. Selon le quotidien, outre la fausse déclaration dont fait mention Le Canard, les enquêteurs ont saisi des « feuilles, signées par Penelope Fillon, [qui] comportaient différents calculs d’heures travaillées ». Des documents qu’ils soupçonnent d’avoir été fabriqués par les deux époux a posteriori.

Autant de nouvelles révélations qui renforcent – ou donnent à nouveau – (l’) envie de rire (jaune) au souvenir de son intervention sur le plateau de TF1 lundi soir lorsqu’il a promis de « charger une commission de proposer de nouvelles règles de transparence » ou encore de son premier slogan de campagne « le courage de la vérité ».

Et un troisième scandale pour la route : Moscovici s’est fait offrir des costumes dans la même boutique que Fillon

Un goût pour les affaires crapuleuses et les costumes que François Fillon partage avec d’autres de nos politiciens dont Pierre Moscovici. Toujours selon le Canard enchaîné, le commissaire européen français s’est fait offrir des costumes de luxe par un ami chez le tailleur parisien habillant François Fillon.

Le même tailleur de luxe de Solférino chez qui l’avocat franco-libanais Robert Bourgi a récem- ment offert deux costumes à François Fillon. Des faits qui ont conduit le parquet national financier à accorder un réquisitoire supplétif contre X pour «trafic d’influence» dans l’enquête sur les emplois présumés fictifs dont aurait bénéficié la famille Fillon. Précision : les faits con- cernant M. Moscovici sont antérieurs à 2012, à une époque où les parlementaires n’avaient pas à déclarer de tels dons aux autorités.

Tout comme son compère Fillon, Moscovici se dit pas « du tout embarrassé » par cette affaire et se défend de « toute relation d’intérêt » avec le « vrai ami » qui lui aurait offert ces costumes.

Bruno Le Roux, François Fillon, Pierre Moscovici…

Autant de figures PS et LR qui trempent dans des scandales pointant l’ampleur de la crise qui ébranle les deux partis « traditionnels » français. Difficile de continuer à faire croire, malgré leurs efforts, que ce n’est pas l’ensemble de leur système qui est corrompu. Difficile sur les plateaux télé, à la radio, dans les médias, de défendre qu’il ne s’agit que de cas isolés, d’erreurs ponctuels, ou encore de continuer à distiller l’idée dans nos esprits que cela serait « normal ».

« Normal » d’employer fictivement femmes et enfants à des postes d’assistants parlementaires, « normal » de s’habiller pour des centaines de milliers d’euros par an, « normal » de détourner l’argent public. Mais les mensonges ne durent qu’un temps, l’impunité aussi, et ça tombe bien car, pour la majorité, ce cirque ne peut plus durer.

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21 mars 2017 ~ 0 Commentaire

débat sur tf1 (révolution permanente)

bagarre-gauloise-par-conrad

Pour Philippe Poutou: «Des gros candidats mais sans grandes idées»

Ce lundi, sur TF1, avait lieu le premier débat des présidentielles. Seuls cinq candidats étaient invités par TF1, sur un plateau réunissant Emmanuel Macron, François Fillon, Marine Le Pen, Benoit Hamon et Jean-Luc Mélenchon.

Les affaires grandes absentes du débat… mais un débat musclé !

À l’aune de la fin des parrainages, l’ensemble des onze candidats sont désormais connus. Ceux-ci n’ont pas tous eu la chance d’être invité sur TF1 où pour être invité il s’agissait d’être soit Marine Le Pen soit un ancien ministre. Pire, les règles du temps de parole ne s’appliquant qu’à partir de mardi 21 mars, le temps de parole ne leur sera pas décompté. Des règles des plus anti-démocratiques que les candidats prétendant représenter de la gauche de la gauche, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon, n’ont à aucun moment dénoncé.

Pas un mot sur les détournements de fonds publics

François Fillon, sur la défensive dans un premier temps, a joué la posture de la responsabilité, restant sur la ligne déjà érigée pendant les primaires de la droite et du centre. Comme à son habitude le candidat a tenu mais n’a pas rompu, faute notamment à ses concurrents, qui ont préféré le ménager pour ne pas apparaître comme son bourreau. Le coup de grâce n’est pas venu, lui laissant ainsi une bouffée d’oxygène notamment sur les questions internationales, du terrorisme. Il en a été de même pour Marine Le Pen que personne n’a questionnée sur ses emplois fictifs du parlement européen.

Marine Le Pen, le protectionnisme et la xénophobie en action

Bien qu’isolée pendant une bonne partie du débat, utilisée comme épouvantail, notamment par Macron pour incarner le vote utile, la candidate du Front National a laissé passer la tempête pour renverser la vapeur lors du dernier tiers du débat. Moyennant les aspects patriotes pour faire passer les autres pour des mondialistes, Marine Le Pen semble finalement sortir ren- forcée du débat, notamment après son intervention conclusive où elle affirmait une différence nette sur la question de la rupture avec l’Union Européenne. Une façon de s’affirmer jusqu’au bout comme la seule « anti-système ».

Fillon, l’ultra-libéral et conservateur, fléchit mais ne rompt pas

De fait, ils ont laissé François Fillon dont l’hypocrisie n’a pas de limite comme le « défenseur » de la démocratie: «Nous sommes onze candidats à l’élection présidentielle. On est cinq ici, ça pose un problème démocratique», a-t-il affirmé. Une bonne première intervention pour le candidat de droite, qui va s’éteindre pendant une grande partie du débat pour se ressaisir ensuite, ses concurrents, notamment Mélenchon et Hamon, ne lui ayant pas donné le coup de grâce quant à ses casseroles. Les autres candidats sont restés des plus discrets étant donné qu’ils sont aussi mouillés jusqu’à l’os.

Macron, le néo-libéral nouvelle génération

En position de force dans les sondages, Emmanuel Macron, le moins expérimenté, est sorti globalement renforcé du débat, malgré une fin de débat qui lui a notamment valu les railleries acerbes de Marine Le Pen. Au travers parfois de coup de barre à gauche puis à droite, s’ap- puyant tour à tour sur Fillon, sur Hamon et sur Mélenchon, Macron a joué le pragmatisme du candidat ni de droite ni de gauche, agglomérant des membres de la société civile hors des partis traditionnels, essayant ainsi d’incarner le renouveau de la politique. Ainsi parfois il a joué sur les grands écarts, en affichant tantôt « des mesures sociales » tantôt un discours extrêmement sécuritaire.

Mélenchon, la relance de l’économie dans le cadre du système

Avec 55 %, le candidat de la France Insoumise est sorti en tête du sondage du candidat le plus convainquant de ce premier débat télévisé. Une bonne prestation durant laquelle il a insisté sur l’instauration d’une 6è République pour en finir avec la « monarchie présidentielle » et la relance de l’économie en réponse au chômage de masse. L’objectif affiché : tenter de se délimiter de la gauche PS. « Le peuple doit reprendre sa part sur la finance », a-t-il affirmé, faisant allusion à Hollande, en forme de pied de nez à Hamon qui a fait applaudir l’ancien président ce dimanche au Bourget.

Mélenchon surclasse Hamon

Pourtant, malgré le verbiage en général très adroit de Mélenchon, la radicalité n’a pas été au rendez-vous. Pas un mot, quant au grand patronat du CAC 40, hormis sur Lafarge. L’oli- garchie, un concept pour le moins vague face au « peuple » d’en bas, est bien commode pour ne pas afficher les véritables adversaires à savoir le grand patronat du CAC 40. Pas un mot non plus, sur l’absence des six autres candidats. Hamon pour sa part, a tenté d’incarner la « gauche » responsable, en s’appuyant notamment sur le revenu universel. Une prestation correcte mais éclipsée par Mélenchon.

Qu’en est-il des exploiteurs, des voleurs et des politiciens véreux ?

Durant le débat, trois lignes claires sont apparues. Le protectionnisme xénophobe de Marine Le Pen, le néo-libéralisme en deux versions, conservatrice à la Fillon, new age à la Macron, ainsi que le keynésianisme dans le cadre du système, que Mélenchon a mieux défendu que Hamon, sortant renforcé. Plus de trois heures de débat sur la société, d’économie et de diplomatie, pourtant Mélenchon et Hamon sont restés discrets sur les « affaires ». « Bizarre, c’est comme s’il n’y avait pas de capitalistes exploiteurs et voleurs, pas de politiciens véreux. Faut que ça change ! » affirme même Philippe Poutou à la sortie du débat.

Un espace pour les anticapitalistes

La prestation de la gauche de la gauche illustre bien qu’un espace existe pour une gauche anticapitaliste, qui dénonce les attaques du patronat, les profits des grandes entreprises capitalistes, une gauche anti-impérialiste qui dénonce le racisme d’État et de son bras armé la police, qui exige la liberté de circulation et d’installation des migrants et des sans-papiers. Un espace pour populariser un programme à même d’offrir une issue progressiste pour le monde du travail et la jeunesse pour résoudre la question du chômage de masse et de la précarité, au moyen du partage du travail entre toutes et tous, sans baisse de salaire.

Loin d’offrir ces perspectives, Mélenchon, au travers sa révolution citoyenne et du seul horizon national pour une « France indépendante », a tout de même eu des coups d’éclat en citant notamment Lafarge comme un patron peu exemplaire. En citant ce seul patron, c’est une façon d’éluder une remise en cause profonde du système, de remettre sur la table l’ensemble des grosses entreprises du CAC 40, les capitalistes français.

Comme le dit Philippe Poutou : « Des gros candidats mais sans grandes idées. Pas de prise en compte de l’urgence sociale, incapables de changement radical. »

Damien Bernard Léonie Piscator mardi 21 mars

http://www.revolutionpermanente.fr/

Lire aussi:

Un programme révolutionnaire et anticapitaliste (NPA)

 

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21 mars 2017 ~ 0 Commentaire

sale con (le huff’)

sale con

« Vous avez vu ce sale con? »: Jean-Luc Mélenchon insulte un journaliste de « C à Vous ». « Jette moi ça dehors », a-t-il ensuite demandé à son équipe, qui l’accompagnait lors de sa marche « pour la 6è République ».

« Vous pensez pouvoir gagner sans Benoît Hamon? ». La question d’un journaliste de « C à Vous », posée à Jean-Luc Mélenchon le 18 mars pendant sa marche « pour la 6è République », a exaspéré le candidat de La France insoumise. Dans une séquence diffusée lundi 20 mars sur le plateau de l’émission de France 5, on peut entendre la réponse de Jean-Luc Mélenchon. Malgré les micros qui l’entouraient, il n’a pas retenu ses insultes et caché son agacement, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo ci-dessous.

« Votre question me saoule monsieur » a d’abord répondu le candidat au reporter de « C à Vous », avant de se tourner vers quelqu’un pour lancer un: « Vous avez vu ce sale con? ». Quelques secondes plus tard, il ordonne à son équipe: « Jette moi ça dehors ».

Le député européen, candidat à l’élection présidentielle, n’enterre pas la hache de guerre avec l’émission de France 5 présentée par Anne-Sophie Lapix. Au contraire. Quelques jours aupa- ravant, il s’était énervé sur le plateau à propos d’une remarque de la présentatrice sur sa « violence verbale » citant une petite phrase peu aimable de Manuel Valls, ennemi juré de Jean-Luc Mélenchon.

« C’est pas de la violence la loi El Khomri? C’est pas de la violence de faire passer avec six 49-3 une loi dont personne ne veut? », avait-il alors opposé, avec passion, en ironisant sur l’image « très agréable » que les journalistes de l’émission étaient en train de donner de lui. Après son passage chez Anne-Sophie Lapix, le candidat de la France Insoumise avant laissé éclater sa colère sur Twitter:

Mais cette fois-ci, place de la Bastille, difficile d’affirmer que Mélenchon a volontairement fustigé l’émission. Il n’a probablement pas réalisé que le reporter qui l’interrogeait travaillait pour Anne-Sophie Lapix. C’est en tout cas l’analyse qui a été faite sur le plateau de « C à Vous » après diffusion de la séquence, en présence de la journaliste invitée Élise Lucet. Pour la journaliste de « Cash Investigation », la question était pourtant « simple » et était « une question qui se pose aujourd’hui politiquement ».

Hortense de Montalivet Journaliste Vidéo, Le Huffington Post 21/03/2017

http://www.huffingtonpost.fr/

Commentaire: Critiquer le « journalisme de complaisance » et l’exiger pour soi-même!

Lire aussi:

Jean-Luc Mélenchon et la « France Insoumise » : Et si on parlait de la France qui soumet ? (RP)

La campagne Mélenchon : un projet de réorientation populiste de la gauche française ? (NPA)

Pourquoi je ne voterai pas Mélenchon (Anti-k)

Philippe Poutou répond aux partisans de Mélenchon fâchés (NPA)

 

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