Archive | A gauche du PS

25 août 2019 ~ 0 Commentaire

amazonie (csp conlutas)

psol

L’Amazone brûle, nos coeurs brûlent

L’Amazone brûle, nos cœurs brûlent…  Et le gouvernement Bolsonaro (PSL) l’ignore.

Face à la négligence, dans un mouvement initié par Twitter, les utilisateurs des réseaux sociaux préparent des manifestations ce week-end pour la défense de l’Amazone. Les actions auront lieu dans plusieurs capitales du pays. Les mouvements et les ONG rejoignent l’initiative.

Le Brésil est confronté à la plus grande vague de feu de ces six dernières années, selon les données de INPE (Institut national de recherche spatiale). Il y a 67 000 départs de feux enre-gistrés jusqu’à cette semaine. Le feu avance et détruit des kilomètres de forêts et de bois. L’Amazonie est la région la plus touchée avec 51,9% des incendies.

bres

Ce n’est pas la sécheresse ! C’est une action humaine !

Selon les experts, cette période de l’année, marquée par un temps sec, est considérée comme propice à la survenue des feux. Mais il est entendu que dans la grande majorité des cas, les incendies sont le résultat d’actes humains. Et notamment, sous le gouvernement Bolsonaro, nous assistons à une croissance record.

Dans une interview avec UOL, Ane Alencar, directrice scientifique d’IPAM, a déclaré que l’augmentation des incendies ne pouvait s’expliquer que par l’augmentation de la déforestation, puisqu’aucun événement météorologique extrême ne justifiait pas cette situation.

« Cette année, nous n’avons pas eu de sécheresse extrême, comme en 2015 et 2016. En 2017 et 2018, nous avons eu une saison des pluies suffisante. En 2019, nous n’avons pas d’événe-ment météorologique affectant la sécheresse, comme El Niño. Le climat ne peut en aucun cas expliquer cette augmentation [des incendies] », a-t-elle déclaré.

Selon les données d’INPE, il y a eu une augmentation de 88% de la déforestation dans la forêt amazonienne en juin par rapport au même mois de l’année dernière.

La forêt produit 20% (pas sûr blog) de l’oxygène de la planète. Donc, l’inquiétude avec l’Amazone n’est pas seulement la nôtre. Des mouvements, des ONG promeuvent des actions en faveur de la défense de l’Amazonie et rejoignent la Grève mondiale pour le climat du 27 septembre prochain. Une grève en défense de l’environnement.

Dans 125 pays, se mobilisent des milliers d’organisations, de réseaux internationaux, de collectifs locaux et de groupes de citoyens indignés par le réchauffement climatique, la dévastation de la nature sur la planète au service du capitalisme.

La préparation de cette grève coïncide avec le moment tragique où nous vivons: la dévastation de nos richesses naturelles, de notre bio-diversité, de nos forêts brésiliennes.

Le Brésil a un rôle important à jouer lorsque l’Amazonie et d’autres régions sont dévastées par l’agroalimentaire, les mines, l’abattage illégal et les latifundistes.

Manifestons en défense de l’Amazonie comme une étape dans la préparation de la grève mondiale. Des actions seront également organisés dans les prochains jours en défense de l’Amazonie.

23 août 2019 CSP-Conlutas

psol1

http://www.laboursolidarity.org/

http://cspconlutas.org.br/

Lire la suite

24 août 2019 ~ 0 Commentaire

pc ps (psl.be)

elephnats

Retour sur l’échec du gouvernement de gauche PS-PCF sous la présidence de François Mitterrand

France, 1981-1984 : de l’espoir au ‘‘tournant de la rigueur’’

10 mai 1981. A Paris, 200 000 personnes se rassemblent à la Bastille et crient leur joie. Des scènes de liesse éclatent dans toutes les villes du pays. François Mitterrand vient de remporter le 2e tour du scrutin présidentiel avec 52% des voix. Pour la première fois de l’histoire de la 5è République (instaurée en 1958), c’est un président de gauche qui est élu. Exprimant l’effroi patronal, le quotidien de droite Le Figaro écrivait au lendemain des élections : “Le collectivisme d’inspiration marxiste est désormais à nos portes”. Et pourtant…

La conquête du pouvoir

François Mitterrand avait été ministre à 11 reprises sous la 4è république (1946-58), il n’avait rien d’un révolutionnaire, mais avait bien remarqué à quel point les événements de Mai 68 avaient profondément radicalisé les travailleurs. Lorsqu’il prend la tête du tout nouveau Parti Socialiste (PS) en 1971, il l’engage sur la voie d’une alliance électorale avec le Parti Communis-te Français (PCF) qui, en freinant les grèves de ’68, avait démontré qu’il savait rester dans les limites du système.

En 1972, l’Union de la Gauche est constituée autour d’un programme commun réunissant le PS, le PCF et le Mouvement des radicaux de gauche (MRG) et reposant sur des réformes sociales et la nationalisation de neufs grands groupes industriels ainsi que du crédit. Chez les patrons et les riches, on craint le pire, d’autant plus qu’éclate peu après la crise économique de 1973-74. Les fermetures d’usine et les licenciements massifs s’enchaînent, un nouveau phénomène fait son apparition : le chômage de masse. Entre 1974 et 1981, le nombre de chômeurs triple et atteint le million et demi.

Aux élections de 1976 et 1977, le PCF est devancé par le PS. Désireux de regagner sa position de première force de gauche, le parti quitte l’Union de la Gauche et justifie son départ en raison du nombre insuffisant de nationalisations prévues. Dans les rangs du mouvement ouvrier, où l’on aspire à un changement de politique, la politique de zigzags du PCF est mal perçue alors que le PS est considéré comme le parti unitaire à gauche.

1981-1982. Une politique de relance keynésienne et le sabotage des capitalistes

Le programme électoral de Mitterrand contient un programme de relance économique grâce aux investissements publics (création de 150 000 emplois dans les services publics, politique de grands travaux publics, construction de logement sociaux,…), à l’augmentation du pouvoir d’achat, à l’instauration de la semaine des 35 heures pour combattre le chômage et à la redistri-bution des richesses via l’introduction d’un impôt sur les fortunes des plus riches (ISF). Le PS de l’époque va même plus loin en défendant la nationalisation de neuf grands groupes industriels, du crédit et des assurances. Il n’est cependant pas question d’une transformation socialiste de la société.

Finalement, c’est la victoire au second tour de l’élection présidentielle et un gouvernement comprenant 4 ministres du PCF initie une batterie de réformes : embauche de 55 000 fonction-naires ; augmentation du salaire minimum de 10%, des allocations familiales et logement de 25%, de l’allocation pour les personnes handicapées de 20% ; abolition de la peine de mort; abrogation de la loi ‘‘anti-casseurs’’ ; régularisation de 130.000 sans-papiers ; création de l’impôt ISF; augmentation de 40% à 500% des budgets pour le logement, la culture, l’emploi et la recherche ; blocage des prix ; nationalisation des 36 premières banques de dépôt ainsi que de Paribas, de Suez et de 5 grands groupes industriels (CGE, PUK, Rhône-Poulenc, Saint-Gobain, Thomson) ; introduction de la semaine des 39 heures, de la 5e semaine de congés payés, de la pension à 60 ans et d’une nouvelle législation du travail ; encadrement et plafonnement des loyers ; abrogation du délit d’homosexualité.

Le gouvernement lance une politique de relance keynésienne – par la consommation et les investissements – mais l’exceptionnelle période de croissance économique prolongée d’après-guerre était terminée.

Depuis la moitié des années ’70, le capitalisme était en crise. Les États-Unis étaient entrés en récession et le ralentissement économique de l’Allemagne, avait un profond impact sur l’écono-mie française. Le pays était en pleine stagflation : une récession économique combinée à une inflation galopante.

Le gouvernement va alors tout faire pour convaincre le patronat du bienfondé de sa politique de relance afin de restructurer le capitalisme français et de renforcer sa position concurrentielle. Mais les capitalistes veulent écraser les espoirs des travailleurs et organisent donc le sabotage de la politique du gouvernement.

Le gouvernement ayant voulu respecter le cadre légal plutôt que s’appuyer sur l’action du mouvement ouvrier, la droite et les patrons saisissent le conseil constitutionnel, font valoir le droit de propriété privée et arrachent 39 milliards de francs de l’État en compensation pour l’ensemble des nationalisations. Certains patrons se frottent les mains : avec la crise, ce sont aussi des pertes qui ont été nationalisées à grands frais.

De nombreux riches franchissent la frontière suisse avec des valises ou des sacs poubelles remplis d’argent et de l’or planqué dans les roues de secours. Les capitaux étrangers quittent également le navire. Le contrôle de taux de change sera instauré ainsi qu’un renforcement des contrôles à la frontière, mais les transferts de fonds vers le Suisse se poursuivront.

Le ‘‘tournant de la rigueur’’

Très vite, le gouvernement PS-PCF recule. Un blocage salarial de 4 mois prend place en juin 1982, suivi de la suppression de l’indexation automatique des salaires. Le PCF dénonce, mais ses ministres ne remettent pas en cause leur soutien au gouvernement. Le patronat applaudit : la gauche vient de réussir sans la moindre résistance ce que la droite n’avait jamais pu qu’espérer.

Le 21 mars 1983, c’est le ‘‘tournant de la rigueur’’, c’est-à-dire l’abandon des politiques économi-ques keynésiennes pour embrasser le monétarisme néolibéral. PS et PCF décident que la France reste dans le Système monétaire européen (SME). Pour résorber les déficits, le ‘‘plan Delors’’ d’austérité est mis en place.

En mars 1984, les ministres du PCF participent à une dernière attaque d’envergure : la suppres-sion de 21 000 emplois dans la sidérurgie d’Etat, soit le même nombre que la droite en 1978. 150.000 travailleurs manifestent en Lorraine, mais la marche vers Paris organisée par les direc-tions syndicales prend des allures d’enterrement.

L’échec du gouvernement PS-PCF qui devait combattre le chômage et sauver la sidérurgie est total. Aux élections de juin 1984, le Front National obtient 11% et réalise sa première percée au niveau national. Le PS chute à 21% et le PCF à 11%. Le PCF quitte le gouvernement, mais jamais plus il ne regagnera ses bastions ouvriers perdus.

En 1986, Henri Emmanuelli (secrétaire d’État du gouvernement de 1981 à 1984) a résumé son avis sur le virage de mars 1983 en ces termes : ‘‘Les socialistes ont longtemps rêvé d’une troisième voie entre le socialisme et le capitalisme. À l’évidence, elle n’est plus possible. La solution, c’est de choisir clairement l’un des deux systèmes et d’en corriger les excès. Nous avons choisi l’économie de marché.’’  (Résumé voir lien)

22 août 2019 Boris

https://fr.socialisme.be/

Lire la suite

23 août 2019 ~ 0 Commentaire

décrocheurs (jdd)

macron-president-fric

« Décrocheurs de portraits »

Qui sont ces militants qui veulent manifester contre Macron pendant le G7?

Inutile de chercher Emmanuel Macron à Biarritz pendant le sommet du G7 : dimanche, il sera à Bayonne. Plus précisément, des portraits de lui défileront dans les rues de la vieille ville basque, portés par des militants écologistes.

En février, le mouvement Action non-violente COP 21 (ANV-COP21) a lancé #Décrochons Macron, un appel à décrocher des portraits du président de la République dans des bâtiments publics pour dénoncer l’inaction de l’Etat face aux changements climatiques.

Le 23 mai dernier, plus de 80 personnalités, dont la tête de liste France Insoumise aux euro-péennes Manon Aubry et le Gilet jaune François Boulo ont signé un appel à décrocher 125 portraits du chef de l’Etat. Comme le nombre de jours qu’il a fallu à la France pour dépasser son empreinte écologique en 2019.

Objectif dépassé puisqu’au final 127 portraits ont à ce jour été décrochés dans des mairies – illégalement, puisqu’il s’agit de vol. Une bonne partie devrait donc se retrouver à Bayonne dimanche matin. Parmi les manifestants se trouvera Anne-Sophie Trujillo Gauchez, consultante indépendante en humanitaire et développement et militante au sein d’ANV-COP21 depuis 2015. « On a voulu profiter de l’événement international qu’est le G7 pour montrer le décalage entre le discours de notre président à l’international et la réalité en France ».

Des portraits cachés en « lieu sûr »

Le 2 mars, elle a décroché le portrait d’Emmanuel Macron de la mairie de Jassans-Riottier (01). Mais elle ne sait pas si le cadre qu’elle a décroché fera le voyage vers Bayonne ; d’ailleurs, elle ne sait pas où il se trouve. Cela fait partie de la démarche définie par l’ANV-COP21 : une fois le cadre glissé dans une housse de protection, des membres de l’organisation cachent le portrait en « lieu sûr », à l’abri des regards indiscrets… et des autres membres du groupe.

En lieu et place des portraits présidentiels, on trouve désormais, dans une centaine de mairies de France, un mur nu. Pour Michel Piquand, charpentier en Haute-Savoie (74), « ce vide symbo-lise le vide de la politique actuelle du gouvernement face aux urgences climatiques et sociales ». Ce décrocheur habite dans la vallée de l’Arve, « la plus polluée de France ». Pour faire entendre son ras-le-bol, Michel Piquand a emmené l’un des quatre portraits qu’il a décrochés au pied des glaciers.

« On voulait montrer au président qu’il y a vraiment urgence. » Cette « sortie du portrait », comme d’autres ailleurs en France, s’inscrit dans la deuxième phase du mouvement #Décrochons Macron. Sur son site, ANV-COP21 explique vouloir « ‘sortir’ symboliquement le président Emma-nuel Macron pour lui faire voir le dérèglement climatique et l’extinction de la biodiversité en cours d’accélération et d’aggravation ».

Emmanuel Macron a assisté aux vendanges du futur

A Mardié, près d’Orléans, Franzeska Bindé a déplacé le portrait sur un chantier pour lui montrer « un projet de bétonisation inutile ». Dans le Beaujolais, Anne-Sophie Trujillo Gauchez a fait participer le président à un rassemblement contre l’utilisation des pesticides.

Avec d’autres militants, elle a également emporté le portrait sur le tournage d’un clip parodiant les vendanges de 2050, quand le réchauffement climatique aura avancé la récolte du raisin au mois de… juillet. Mais ces sorties symboliques et les vols qui les ont précédés ont un prix : Franzeska Bindé et Michel Piquand sont poursuivis en justice pour vol en réunion et encourent cinq ans d’emprisonnement et une amende pouvant aller jusqu’à 75.000 euros. Leurs procès auront lieu respectivement le 13 septembre et le 17 octobre.

Anne-Sophie Trujillo Gauchez, quant à elle, est poursuivie pour vol en réunion avec ruse et encourt une peine de 10 ans de prison et 150.000 euros d’amende. « Je rappelle qu’au moment du décrochage, la valeur du portrait était de 8,70 euros et début juillet, le prix du portrait est monté à 9,90 euros sur le site de l’Elysée. Tout cela est disproportionné, surtout compte tenu du fait que l’on a promis de rendre ces portraits », précise-t-elle. « Mais je suis sûre de ce que je fais, je sais que je suis du bon côté de la justice. »

On rendra les portraits quand la France mettra en œuvre des mesures à la hauteur de l’urgence climatique

Un sentiment partagé par Michel Piquand : « Je savais ce que je risquais avant de passer à l’action. Mais si je fais ça, c’est pour l’avenir, c’est pour mes enfants si j’en ai un jour… On est des lanceurs d’alerte, on n’est pas là pour embêter les gens. On a tous un métier, on a tous une vie, on a tous des besoins – mais dans la vallée de l’Arve, le besoin de respirer est vraiment primordial. » A ce jour, ANV-COP21 comptabilise 17 procès intentés contre ses militants et 900 heures cumulées de garde à vue depuis le début des décrochages.

Après la « marche des portraits » de dimanche, les cadres devraient retrouver leur cachette. « On rendra les portraits quand la France mettra en œuvre des mesures à la hauteur de l’urgence climatique », explique Franzeska Bindé. Cette échéance a fait réagir le président de la cour lors de l’audience d’Anne-Sophie Trujillo Gauchez. « Vous n’êtes pas près de les rendre », lui a-t-il glissé.

Les militants écologistes qui ont décroché les portraits d’Emmanuel Macron dans plus d’une centaine de mairies prévoient une « marche des portraits » dimanche à Bayonne, en marge du G7. Poursuivis en justice mais déterminés, trois « décrocheurs » ont expliqué leur démarche au Journal du Dimanche.

23 août 2019 Alice Bouleau

https://www.lejdd.fr/

Lire la suite

22 août 2019 ~ 0 Commentaire

contre g7 (libération rdf)

contre g7

Au contre-G7, «des unions pour faire avancer nos idées»

Si la présence de représentants politiques au Pays basque a agacé certains militants, d’autres ont prôné la convergence.

Au milieu des militants associatifs et des responsables d’ONG rassemblés à Hendaye (Pyrénées-Atlantiques) et Irún, quelques élus de gauche ont pointé une tête à l’ouverture du contre-sommet du G7 mercredi.

Parmi eux, David Cormand, eurodéputé et secrétaire national d’Europe Ecologie-les Verts (EE-LV), et Eric Coquerel, député insoumis (LFI), sont venus se faire secouer en participant à une conférence organisée par Attac, autour des «voies de l’émancipation, de l’échelon municipal à l’international».

Un thème vite dépassé au moment des échanges avec le public, quand les interventions se sont concentrées sur le rôle des responsables politiques dans la transition vers cet «autre monde» que le contre-sommet appelle de ses vœux. «Il faut réussir à s’accorder entre forces de gauche. Mais le leadership des partis et leur système pyramidal, c’est terminé !» tonne une participante. «Vous vous en êtes pris plein la tête», résume un autre, avant de suggérer aux élus sur scène de démissionner pour laisser place à un système de tirage au sort.

«Prêcheurs de vérité»

Olivier Besancenot, toujours porte-parole du NPA et invité de dernière minute à la conférence, se dévoue pour répondre :

«Je ne suis plus candidat à rien, sinon à la révolution, mais je suis venu plaider de l’intérêt de la politique pour avancer sur les grands enjeux auxquels on est confrontés aujourd’hui. Et dans ce lieu, on a l’occasion de discuter vraiment, en s’extrayant de l’agenda minuté de la République.»

A la sortie de la salle de conférence, quelques militants fulminent. «Ils ont été secoués, et c’est tant mieux. Qu’est-ce que c’est que cette idée d’organiser leur université d’été [du 22 au 25 août pour LFI, et du 22 au 24 pour EE-LV] en même temps que le contre-G7, puis d’y venir pour prôner l’unité ?» s’agace Marie.

Bernard, venu d’Aix-en-Provence, ne trouve à l’inverse «aucun inconvénient» à leur présence. «Je pense qu’en tant que militant d’Attac depuis vingt ans, je fais de la politique. Et pour faire avancer nos idées, il faut des unions. Les événements de ce type sont des bonnes occasions de discuter ensemble.»

Plus loin, Pierre, la soixantaine, approuve la venue de quelques élus. Mais «à la condition qu’ils sachent apprendre des autres mouvements sociaux sans rester dans leur posture de prêcheurs de vérité, précise-t-il. Ils viennent de nous faire un exercice vertueux d’union mais je doute de sa pérennité».

Descendu de l’estrade, Eric Coquerel tient lui aussi à parler d’unité pour repousser des critiques qui ont visé LFI en premier lieu. «Même si la situation est un peu houleuse, c’est un début de convergence nécessaire, dit le député de Seine-Saint-Denis.

On est d’accord pour condamner le G7, mais regardez septembre : des journées de mobilisation sont prévues presque tous les jours. Ce n’est pas possible de continuer lutte par lutte, il faut plus d’union.» Cormand temporise et retient le positif. «Il y a quelques années, cela aurait été beau-coup plus raide. Je retiens surtout que les militants étaient là pour nous interpeller et non pour dire que nous n’avions pas notre place ici.»

Discuter et travailler avec des responsables politiques n’a pas toujours été une évidence pour le mouvement altermondialiste, qui a toujours œuvré à faire émerger des initiatives locales fonc-tionnant sur une autre logique que celle du libéralisme.

Mais «aujourd’hui ceux qui ne veulent pas entendre parler des élus sont bien plus minoritaires, souligne Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac et modératrice du débat. Les initiatives locales et concrètes, c’est formidable et indispensable.

Mais comment on les transforme en modèle dominant ? Sans pouvoir politique, je ne vois pas. Certaines urgences, notamment climatiques ou de réglementation de la finance, ne peuvent pas être réglées uniquement par le bas.»

«Voie claire et crédible»

Un point de vue partagé par Txetx Etcheverry, cofondateur de l’association Alternatiba qui s’échine pourtant à faire émerger des schémas locaux de réponse à la crise sociale et écologique.

«Aujourd’hui, les plus ardents promoteurs du libéralisme arrivent à se poser en alternative à leur propre système, en reprenant des éléments du discours des associations, analyse le Basque. Ce n’est donc vraiment pas le moment de tomber dans le sectarisme. Chacun doit remplir sa fonction, politiques compris, si nous voulons proposer une autre voie claire et crédible.»

Le contre-G7, avec ses 200 intervenants et 80 associations réunis jusqu’à dimanche soir, fait figure de bon point de départ pour en discuter. Mais tous n’en font pas le même usage. Des trois invités politiques du matin, seul Olivier Besancenot est resté dans l’après-midi pour écouter d’autres orateurs et d’autres débats.

Nelly Didelot, Envoyée spéciale à Irún et Hendaye 21 août 2019

.
.
Lire aussi:
.

Lire la suite

22 août 2019 ~ 0 Commentaire

soudan (lutte-ouvrière à-l’encontre)

soud

Soudan : l’armée reste au pouvoir

Samedi 17 août, l’Alliance pour la liberté et le changement, au nom de l’opposition civile, et les généraux du Conseil militaire de transition ont signé à Khartoum une déclaration constitution-nelle censée organiser la transition politique pour les trois prochaines années.

Cette déclaration prévoit la mise en place d’un conseil de souveraineté composé de cinq militai-res et six civils. Cet organe, destiné à chapeauter la transition, devait confirmer la nomination du futur Premier ministre choisi par l’opposition, Abdallah Hamdok, économiste ayant travaillé pour l’ONU. Celui-ci devra former un gouvernement dont les postes clés de la Défense et de l’Intérieur sont d’ores et déjà réservés à des militaires.

Autant dire que les centaines de milliers de personnes qui ont manifesté depuis des mois pour que l’armée quitte complètement le pouvoir, ou encore les opposants qui ont survécu à la traque des militaires et des miliciens lâchés le 3 juin dans les rues de la capitale, peuvent se sentir trahis.

C’est d’ailleurs ce qu’ont exprimé certains partis ayant formé la coalition civile contre l’armée. Ainsi, pour le Parti Communiste soudanais, « Le futur gouvernement ne pourra répondre ni aux aspirations ni aux buts de la révolution ».

En réalité, cette transition négociée au sommet vise à assurer la perpétuation du pouvoir des militaires et de la minorité qui s’est enrichie sous la dictature d’al-Béchir.

Les militaires garderont la main sur le gouvernement, en plus de leurs multiples troupes de répression, qu’ils peuvent utiliser contre la population à tout moment. Ils garderont le contrôle sur les biens de l’ancien parti au pouvoir, qu’ils se sont appropriés, estimés à 28 milliards d’euros sous forme d’immeubles et de comptes en banque, et sur le puissant service de renseignement soudanais, le NISS, qui avait, sous al-Béchir, la mainmise sur des pans entiers de l’économie.

Si des politiciens sont prêts à brader les sacrifices consentis par les manifestants soudanais en échange de quelques miettes laissées par les militaires, rien n’assure que les exploités, les jeunes ou les femmes qui ont commencé à se révolter s’en satisferont.

21 Août 2019

https://journal.lutte-ouvriere.org/

Lire aussi:

La révolution soudanaise entre dans une nouvelle phase (A l’Encontre)

 

Lire la suite

22 août 2019 ~ 0 Commentaire

argentine (lutte-ouvrière à-l’encontre)

argentine 1

Défaite du président Macri dans les élections primaires

Les élections primaires argentines du 11 août sont devenues une répétition générale des élections réelles, dont le premier tour aura lieu le 27 octobre.

La campagne électorale a été polarisée par les deux principaux partis de la bourgeoisie : la droite de Macri, et l’opposition péroniste menée par l’ex-chef de gouvernement Alberto Fernandez et sa colistière, l’ex-présidente Cristina Fernandez de Kirchner.

Les élections ont été marquées par une nette défaite du président de droite, Mauricio Macri.

Avec 47 % de suffrages, les péronistes l’emportent avec 15 points d’avance, et parfois 17 dans des régions très peuplées. La défaite était attendue, mais pas d’une telle ampleur.

Macri paie d’avoir renoué avec la finance internationale, ce qui a ramené la baisse du cours du peso, l’hyperinflation, la hausse des prix et des plans d’austérité imposés aux classes populaires. Personne n’a oublié le krach de 2001 et l’explosion de la pauvreté qui l’avait accompagné. Or, depuis des mois et des mois, les classes populaires voient les prix s’envoler tandis que salaires et pensions perdent de leur pouvoir d’achat.

La défaite de Macri a fait chuter la Bourse. Et, rien que dans la semaine qui a suivi l’élection, selon des chiffres officiels, le pouvoir d’achat des salaires a baissé de 15 % du fait de la baisse de la valeur du peso. Les industriels de l’alimentation l’ont immédiatement répercutée sur leurs factures. La dévaluation stimule aussi les profits des exportateurs de soja et ceux des banquiers jouant sur les cours de change. Les perdants sont les classes populaires ; les gagnants, le patronat et la bourgeoisie.

Si les électeurs des classes populaires se sont servis de leur bulletin de vote pour dire tout le mal qu’ils pensaient de la politique d’austérité, ils ne doivent pas se faire d’illusions sur le retour des péronistes. Dans leurs dernières déclarations, il n’est question ni d’emploi ni d’augmentation des salaires et pensions, mais de la façon dont ils vont s’entendre avec le FMI.

Les travailleurs combatifs qui appelaient à manifester contre l’austérité le 22 août ont compris que la lutte dans les usines et dans la rue est le seul terrain où la population peut se défendre efficacement contre ses ennemis, le patronat et les politiciens à son service, macristes ou péronistes.

Jacques FONTENOY 21 Août 2019
.
.
Lire aussi:
.
Commentaire:
.
L’Argentine a un système de primaires obligatoires ouvertes à tous, ce mois-ci, avant les vraies élections du 31 octobre. Nos camarades ont donc dû éliminer une deux deux candidatures d’extrême-gauche. Les partis minoritaires de gauche ont formé la coalition FIT Unidad – formée par le Front de Gauche et des Travailleurs (FIT), le Parti Ouvrier, Gauche Socialiste et Mouvement Socialiste des Travailleurs – dont les candidats sont Nicolás del Caño et Romina del Plá. La seule femme candidate à la présidence est Manuela Castañeira, du Nuevo Movimiento al Socialismo (MAS)

Lire la suite

22 août 2019 ~ 0 Commentaire

aude (lutte ouvrière)

mines

Pollution dans l’Aude : le poison dans la vallée

En octobre 2018, au nord de Carcassonne, dans l’Aude, des inondations ont répandu des sédi-ments hors du lit de l’Orbiel et d’autres cours d’eau. Ceux-ci provenant des sites de stockage des déchets de l’ancienne mine d’or de Salsigne, la population, inquiète, a fait pression pour que des tests soient effectués.

Les résultats, rendus publics mi-août, sont accablants : sur 103 enfants testés, 38 ont des taux d’arsenic anormalement élevés.

Salsigne fut la principale mine d’or de France et la première mine d’arsenic du monde. Ce poison était utilisé en partie pour extraire l’or, mais aussi vendu pour les besoins de l’industrie ou utilisé pour la fabrication de gaz de combat pendant la Première Guerre mondiale.

Présent naturellement dans le sous-sol de la vallée de l’Orbiel, il s’y est répandu à cause de son exploitation industrielle pendant des décennies, sous forme de poussières, au travers desquelles les eaux de pluie ruissellent, avant de se jeter dans l’Orbiel et de tranquillement couler jusqu’à la Méditerranée.

Pendant près de 120 ans, la mine de Salsigne a couvert d’or les capitalistes qui en étaient propriétaires. Le dernier en date, un groupe minier australien, a fermé le site en 2004, non sans bénéficier de l’aide de l’État français, qui a pris en charge la dépollution du site, et même une partie des cotisations et des retraites des employés de la mine.

Depuis, plus de douze millions de tonnes de déchets en grande partie toxiques sont stockés sur deux sites aux abords de la mine. Avec le temps, et le manque de nouveaux investissements, les fuites se multiplient et, avec elles, les catastrophes sanitaires.

L’empoisonnement de la région est de notoriété publique, au point que, tout en minimisant son impact, l’Agence régionale de santé donne des recommandations pour ne pas manger les légumes cultivés en terre et que des scientifiques prévoient une pollution pour plusieurs millénaires.

L’État, lui, traîne des pieds pour prendre le minimum de mesures nécessaires à la protection de la population : même la signalisation de la dangerosité du site est presque inexistante. Quant aux capitalistes responsables de l’empoisonnement de la vallée et de plusieurs générations de mineurs avec leurs familles, ils peuvent continuer à sévir ailleurs pour accroître leur tas d’or.

Jacques Le Gall  21 Août 2019
.

Lire la suite

22 août 2019 ~ 0 Commentaire

g7 (lutte ouvrière)

g7 basque

G7 : festival international du mensonge

Le programme officiel de la réunion du G7, à Biarritz du 24 au 26 août, est la lutte contre les inégalités. Les auteurs, c’est-à-dire les services de communication de l’Élysée, précisent même la liste des inégalités les plus criantes, selon eux : entre les hommes et les femmes, devant l’accès aux soins et à l’éducation, devant le risque écologique et les menaces de guerre, et enfin devant les dérives de l’économie numérique et de l’intelligence artificielle. Rien que ça !

Ainsi ces gens, les chefs des États les plus puissants du monde, qui organisent chez eux la guerre sociale contre les travailleurs, parlent de lutter contre l’inégalité. Leurs avions bombardent et rasent des régions entières, de l’Irak à la Libye, et ils parlent de paix. Leurs industriels polluent les terres et les océans, et ils parlent d’écologie. Leurs géants du numérique et leurs polices espionnent le moindre de nos gestes, et ils parlent d’éthique. Leur monde est fondé sur l’exploitation du travail, et ils parlent de justice.

Le G7 réunit les pays qui représentaient, lors de sa création en 1974, 70 % de la richesse mondiale : les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, le Japon, l’Italie et le Canada. Ces sept-là, les pays impérialistes, patries des trusts géants et des banques interna-tionales qui exploitent la planète, ont des intérêts communs face au reste du monde. Les diri-geants des sept se sont donc revus annuellement depuis, intégrant un temps la Russie après l’explosion de l’URSS et conviant désormais un représentant de l’Union européenne.

Leur intérêt commun consiste en la pérennité, la continuité et, si possible, la stabilité de leur ordre social. Mais ils sont évidemment confrontés d’une part à la concurrence de leurs groupes capitalistes entre eux, chacun aidé par son État, et d’autre part à la stagnation, voire à la récession de l’économie mondiale, qui exacerbe encore la lutte de tous contre tous.

Dans ces conditions, le G7 est une réunion de brigands où chacun défend sa part de butin. Les rodomontades de Trump et ses menaces de guerre commerciale, par exemple, sont peu appréciées des six autres, qui y voient une entrave aux affaires de leurs propres capitalistes.

Bien loin de la lutte contre les inégalités, les véritables discussions entre représentants des puissants de ce monde, s’il y en a, auront lieu loin des oreilles du public. Il n’en sortira, comme à l’accoutumée, que des aménagements temporaires entre barons voleurs, dont les consé-quences inévitables seront de creuser encore les inégalités.

Ces gens sont bien incapables, quand bien même ils le voudraient, d’organiser leur propre économie et de protéger l’humanité des crises engendrées par la course au profit. Les quatre décennies de G7 annuel et leur absence complète de résultats sont là pour le prouver.

Paul GALOIS 21 Août 2019
.

Lire la suite

21 août 2019 ~ 0 Commentaire

michael lowy (brasil de fato)

brazil

Parmi les gouvernements de droite, Bolsonaro présente les traits les plus néo-fascistes (Michael Löwy)

Dans une interview avec le Brasil de Fato, un sociologue marxiste compare le capitaine à la retraite à « Mussolini des années 1920″.

Brasil de Fato : Comment caractérisez-vous le gouvernement de Jair Bolsonaro au Brésil?

Michael Löwy : Au Brésil, nous vivons aujourd’hui avec une dystopie. Le contraire de l’utopie. Pour nous, qui sommes de la gauche brésilienne et qui luttons depuis si longtemps pour faire avancer les idées, les luttes et les réalisations des travailleurs, le socialisme et le progrès, il est vraiment triste de voir que le Brésil a atteint le point d’avoir un tel gouvernement que j’aimerais au moins caractériser. comme semi-fasciste.

Il n’est pas entièrement fasciste, car il manque les aspects de l’État totalitaire, les gangs armés, tels que les « fascios » de [Benito] Mussolini. Mais il a vraiment beaucoup d’aspects du fascisme. Je pense que Jair Bolsonaro est très comparable à Mussolini des années 20.

Durant ces années, Mussolini a conservé certaines apparences d’une république parlementaire. Il y avait même une opposition au parlement, dont le chef principal était un démocrate, Matteotti. et Antonio Gramsci figurait parmi les députés. Tout cela dura jusqu’en 1926, date à laquelle il ferma le Parlement, arrêta Gramsci, qui resta en prison jusqu’à sa mort (1937), et ordonna l’assassinat de Matteotti. C’était la fin. J’espère que nous n’arriverons pas à cela ici au Brésil.

Je vois la figure de Jair Bolsonaro et une grande partie de son gouvernement avec des traces fascistes d’autoritarisme, avec cette idée qu’il faut « exterminer » l’ennemi. L’ennemi c’est pour lui la gauche, les féministes, les indigènes, le MST, etc. Cette haine du « communisme », qui le possède totalement, est une caractéristique du fascisme – de même que l’idée que la seule solution est la répression.

De nos jours, nous avons malheureusement dans le monde de nombreux gouvernements d’extrême droite, tels celui [Donald] Trump aux États-Unis, celui [Viktor] Orbán en Hongrie, de Modi en Inde. Mais ce qui a des traits plus semi-fascistes ou néofascistes, c’est celui de Jair Bolsonaro.

Heureusement, il n’a pas les pleins pouvoirs. Contrairement aux États totalitaires, à l’instar des Italiens, des Allemands et des Franquistes [en Espagne], il n’a pas les pleins pouvoirs. Il doit négocier avec le Parlement, le Sénat et même l’armée. Cette situation le distingue encore du fascisme classique des années 1930. L’histoire ne se répète évidemment pas, mais elle est très préoccupante.

Une autre différence avec le fascisme est que ce personnage a été élu démocratiquement par la population. Ce n’était pas un coup militaire, comme nous en avions tellement en Amérique latine dans les années 1960 et 1970. C’était une élection démocratique et c’est très triste.

D’autre part, nous voyons que les personnes qui sont tombées dans cette arnaque se réveillent. La popularité de Bolsonaro a chuté de manière spectaculaire, il y a déjà des mobilisations et de la résistance. L’une d’entre elles, pour moi, c’est la mobilisation syndicale contre la réforme de la sécurité sociale, une réforme ultra-réactionnaire.

De toute évidence, les classes dirigeantes en profitent. Il y a un consensus parmi les oligarchies, propriétaires fonciers, propriétaires terriens et banquiers qui pensent que Bolsonaro est une issue, car il construit un programme néolibéral, de la manière la plus brutale, comme le voulait depuis longtemps l’oligarchie brésilienne dominante.

Une autre résistance que je trouve très importante est celle des indigènes d’Amazonie, qui luttent pour la défense des forêts et des rivières. La forêt amazonienne est un bien du peuple brésilien et de l’humanité. Sans cela, le changement climatique va s’accélérer.

Dans le gouvernement Bolsonaro, il semble que les politiques sociales et environnementales aient perdu de leur importance. Depuis qu’il a pris ses fonctions, la libération de pesticides a été rapide et la déforestation de l’Amazone a augmenté de près de 90%, par exemple. Même le secteur progressiste a mis longtemps à comprendre l’importance de ce programme.

Comment voyez-vous ce thème aujourd’hui ?

Je suis convaincu que la question de l’environnement, de la nature ou de l’écologie occupera une place de plus en plus centrale au 21è siècle, au-delà de la défense de l’environnement, de nos forêts ou de nos espèces animales. C’est une question de survie de la vie sur la planète. Si le processus de changement climatique et de réchauffement de la planète dépasse un certain niveau, il deviendra irréversible.

À partir d’un certain point, la question se pose de savoir s’il existe encore des conditions pour la vie humaine sur cette planète. C’est vraiment une question de vie ou de mort. Par conséquent, il deviendra l’enjeu politique central de tout projet de changement social. Il est très important que la gauche, les mouvements sociaux, les travailleurs, les paysans, tous considèrent le problème environnemental et écologique comme un enjeu politique fondamental et une raison centrale pour lutter contre le capitalisme. C’est le capitalisme qui est responsable de cela.

Il est très important que les socialistes comprennent cela et considèrent cette lutte comme un élément central et non comme un détail d’une liste de 45 points du programme. C’est une bataille centrale pour l’avenir de l’humanité. C’est mon « message » : nous devons nous approprier la question écologique comme une arme dans la lutte contre le capitalisme.

Qu’est-ce qui est commun à la droite en Europe et en Amérique latine ?

La mondialisation libérale et la crise économique qu’elle a provoquées depuis 2008 ont créé un contexte favorable à cette montée spectaculaire non seulement de la droite classique néolibé-rale, mais également de l’extrême droite semi-fasciste, à caractère raciste, autoritaire dans de nombreux pays du monde. Cela va du Japon à l’Inde, à une grande partie de l’Europe, aux États-Unis et au Brésil.

Je n’ai aucune explication de la raison pour laquelle cela se produit. J’ai plusieurs éléments : la crise du néolibéralisme est un aspect, l’affaiblissement de la gauche en est un autre. Mais pour moi, la raison pour laquelle, précisément ces dernières années, nous observons ce phénomène, qui ne reproduit pas exactement ce qui s’est passé dans les années 1930, reste un mystère, car l’histoire ne se répète jamais, mais c’est la résurgence de formes néo-fascistes ou semi-fascistes.

De l’espoir, pour finir. Voyez-vous une issue ? Que serait-ce ?

La solution pour moi est le combat et la résistance. Ici en Amérique latine, en première ligne, il y a les indigènes et les paysans. Un autre élément qui nous donne de l’espoir est la jeunesse. Les jeunes du monde entier se mobilisent le 20 septembre pour une grève générale internationale majeure sur le changement contre les gouvernements qui ne prennent aucune mesure.

Nous savons que la jeunesse est l’avenir. Si les jeunes se mobilisent, agissent, prennent conscience et défendent le mot d’’ordre « Changeons le système, pas le climat », alors il y a de l’espoir.

Tiré du journal brésilien « Brasil de Fato », 19 août 2019

Michael Löwy travaille comme directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à Paris, France. Michael Löwy vit en France depuis plus de 40 ans.  Au fil des décennies, il a aujourd’hui 81 ans, Löwy est devenu une référence. Il est connu pour ses études sur la perspective écosocialiste, défendant l’urgence du débat écologique mené par le camp marxiste.  L’avancement de l’extrême droite au Brésil, les similitudes avec les gouverne-ments fascistes européens du 20è siècle, le démantèlement de la politique environnementale par Jair Bolsonaro étaient quelques-uns des thèmes. Face à un scénario qu’il a qualifié de « résurgence de formes néo-fascistes ou semi-fascistes », le sociologue affirme que l’espoir réside dans la jeunesse.

Lire la suite

21 août 2019 ~ 0 Commentaire

vicenzo (morlaix)

vicenzo
.
A l’attention des associations des droits humains, partis, syndicats et réseaux de solidarité du Pays de Morlaix
.
Comme vous devez le savoir un militant altermondialiste italien, Vincenzo Vecchi qui vit en France est menacé d’extradition suite à une demande de Matéo Salvini, ministre de l’intérieur d’extrême droite du gouvernement italien.
Son arrestation a eu lieu le 8 août et depuis, il est incarcéré à la prison de Rennes.
 
Condamné à 12 ans et six mois de prison en Italie en 2012 pour « dévastation et saccage » contre des biens lors du sommet du G8 à Gênes en 2001, et pour avoir participé à une manifestation anti-fasciste émaillée de violences et non autorisée à Milan en 2006, l’homme de 46 ans devenu peintre en bâtiment a été arrêté (18 ans plus tard !) en vertu de deux mandats d’arrêt européens. Il a été incarcéré dans l’attente de sa comparution mercredi devant la justice à Rennes en vue de son extradition. 
 
Cette condamnation par la justice italienne complètement disproportionnée par rapport aux faits qui lui sont reprochés l’a conduit à quitter son pays et, depuis 8 ans, il est installé et très bien intégré sur la commune de Rochefort-en-Terre où il compte beaucoup d’ami-es. 
Ce sont ces ami-es qui organisé-es en comité de soutien appellent à élargir un mouvement de solidarité partout en France et particulièrement en Bretagne pour empêcher l’extradition de Vincenzo vers l’Italie où il serait immédiatement emprisonné.
 
Sur Morlaix, suite à un premier rendez-vous par les réseaux sociaux, nous nous sommes retrouvés hier soir à une vingtaine de personnes à vouloir partager cette mobilisation le plus largement possible.
Nous avons passé un premier message dans la presse locale et décidé d’adresser un courrier aux élu-es pour qu’ils interviennent auprès du gouvernement dans ce sens. Nous avons choisi de nous adresser aux associations des droits humains, partis, syndicats et réseaux de solidarité pour vous inviter à nous rejoindre dans la création d’un comité de soutien à Vincenzo en Pays de Morlaix.
 
Nous proposons l’organisation d’un rassemblement le jeudi 22 août à 18h place des Otages.
 
C’est en effet, jeudi matin que doit être examinée la demande de mise en liberté conditionnelle de Vincenzo avant que le procureur ne se prononce sur la deman-de d’extradition du gouvernement italien le lendemain.
C’est la raison pour laquelle nous devons agir vite et que nous vous demandons votre soutien en commençant par la diffusion de ce message à vos adhérent-es, ami-es et connaissances.
Pour toute réponse vous pouvez utiliser l’adresse suivante:  soutienvincenzomorlaix@laposte.net
 
 
 
.
Lire aussi:
.

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin