Archive | A gauche du PS

29 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

bébés (lutte ouvrière)

hoptiam

Nourrissons : mortalité en hausse

Santé publique France vient de publier un rapport qui montre une augmentation de la mortalité des nourrissons sur une décennie.

Le taux de mortalité néonatale (le nombre de décès avant l’âge d’un mois pour 1 000 naissances) est passé en France de 1,6 en 2010 à 2 en 2019, soit une augmentation de 25 %.

L’évolution de cet indicateur de santé publique est en grande partie le reflet de l’accroissement de la pauvreté. Ainsi, en Outremer, il est le double de celui de la Métropole.

Même en France la situation se dégrade. En région Auvergne-Rhône-Alpes, la proportion de femmes ayant bénéficié d’au moins trois échographies durant leur grossesse a baissé, passant de 96 % à 89 % entre 2010 et 2017. En Île-de-France la proportion de femmes sans abri parmi les accouchements a été multipliée par quatre de 2015 à 2019.

Les progrès indéniables de la médecine de pointe ne peuvent pas cacher que les inégalités de santé progressent, débouchant sur des drames de grossesses malheureuses de plus en plus fréquents.

Lucien DÉTROIT 28 Septembre 2022

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29 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

gb (l’étincelle)

labour

Royaume-Uni : à droite toute au Parti travailliste

À la conférence nationale travailliste, qui se tient jusqu’à ce mercredi à Liverpool, le leader du parti, Keir Starmer, a tenu à réaffirmer que sa formation était un parti gouvernement, ancré résolument au centre et qui ne cautionnait en aucune manière les récentes grèves lancées par les syndicats autour des revendications salariales et des conditions de travail.

Il a demandé à nouveau aux responsables du parti et aux parlementaires de ne pas rejoindre les piquets de grève, ce que certains avaient fait en signe de solidarité. C’est pourquoi il avait récemment mis à pied l’un d’entre eux qui avait outrepassé ses ordres.

Bref, avant même de revenir au pouvoir et à la mangeoire gouvernementale, le Parti travailliste, qui devance les conservateurs dans les sondages d’opinion, maintient la barre résolument à droite en tentant de concurrencer les tories sur leur propre terrain. Les travailleurs britanniques n’ont vraiment rien à attendre de ces gens-là.

28 septembre 2022

https://www.convergencesrevolutionnaires.org

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28 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

hindous (socialist worker)

cpi inde

Qui est responsable de la violence de l’Hindutva en GB?

Les nationalistes hindous de droite ont longtemps terrorisé les musulmans en Inde, et aujourd’hui, leur politique empoisonnée se manifeste dans les rues de Grande-Bretagne. Mais, écrit Yuri Prasad, cela n’aurait pas pu se produire sans l’encouragement du gouvernement tory et la complicité de la droite travailliste.

Comment la politique chauvine de l’Hindutva est-elle apparue dans les rues de Leicester ?

Un nouveau poison est entré dans le sang de certains des centres-villes les plus multiculturels de Grande-Bretagne. Il peut provoquer la haine et la division – et peut même tuer. Nous l’avons vu à l’œuvre lors de troubles récents à Leicester et dans la banlieue de Birmingham.

Il porte de nombreux noms, mais en Inde, d’où il est originaire, il est connu sous le nom d’Hindutva. Il s’agit d’une forme de nationalisme qui proclame la supériorité des hindous sur tous les autres en Inde.

Les adeptes de l’Hindutva insistent sur le fait que l’Inde est aujourd’hui, et a toujours été, une nation exclusivement hindoue. Mais, disent-ils, ce rêve a été continuellement frustré par les envahisseurs et les interférences étrangères.

Le champion de cette idéologie est aujourd’hui le premier ministre indien de droite dure, Narendra Modi, et son parti, le BJP. Dans l’ombre, on trouve des groupes fascistes tels que le RSS, une organisation paramilitaire de rue.

Modi et ses nombreux partisans voient des ennemis de l’Inde partout, de ceux qui s’élèvent contre l’oppression des castes aux femmes qui demandent justice pour les victimes de crimes sexuels. Mais pour ceux qui sont infectés par l’Hindutva, il n’y a pas de pire ennemi que les musulmans.

Historiquement, les musulmans sont accusés d’avoir envahi et occupé l’Inde sous l’empire moghol qui s’est étendu du 16e au 19e siècle. Aujourd’hui, on dit d’eux qu’ils sont « l’ennemi intérieur » et qu’ils travaillent à saper la nation sur l’ordre de l’ennemi juré de l’Inde, le Pakistan.

Cette idée empoisonnée s’est récemment rendue en Grande-Bretagne grâce à la technologie moderne. La télévision indienne par satellite bombarde les téléspectateurs du monde entier de bile chauvine.

Et même de nombreux groupes familiaux indiens sur Whatsapp sont contaminés par des histoires abjectes sur les méchants musulmans et les gloires des défenseurs hindous de l’Inde. Mais cela n’aurait pas suffi pour que l’Hindutva s’implante ici.

Elle a été aidée par l’État britannique et sa politique ouverte d’islamophobie – et par l’assentiment des partis conservateur et travailliste. L’Hindutva en Grande-Bretagne est une mutation qui mélange la politique réactionnaire indienne avec la haine anti-musulmane propre à la Grande-Bretagne.

Riaz Khan est un éducateur et un activiste communautaire de Leicester. Célèbre comme l’auteur de Memoirs of an Asian Football Casual, il connaît bien la ville et ses habitants.

Il a expliqué au Socialist Worker comment les hindous de droite étaient à l’origine des troubles récents dans la ville des East Midlands.  « Les tensions entre les jeunes hindous et musulmans de Leicester durent depuis environ quatre mois », a-t-il déclaré.

« Mais elle a atteint un tournant au début du mois lorsqu’une bande d’environ 25 personnes a attaqué un jeune musulman et l’a battu. Avant cela, il y avait eu toutes sortes d’événements – des personnes intimidant des foyers musulmans et refusant de se disperser. Pendant tout ce temps, la police n’a pratiquement rien fait ».

Riaz affirme que, malgré la montée de la colère, lui et d’autres personnes ont réussi à calmer les jeunes musulmans qui voulaient réagir aux provocations.  « Mais il y a ensuite eu la marche des hindous de droite de la semaine dernière », dit-il.

« Ils étaient quelques centaines à défiler de Loughborough Road à Green Lane Road. Au moment où ils sont arrivés à North Evington, ils étaient masqués et scandaient des slogans anti-musulmans.

« Et pendant toute la durée de cette marche de 3,5 km, qui était totalement illégale, la police n’a rien fait. Six officiers marchaient aux côtés des marcheurs, mais plus tard, des officiers de police de haut rang ont affirmé qu’ils n’étaient au courant de rien.

« Si cela avait été des supporters de l’équipe nationale qui défilaient lors d’un match de football à Leicester, la police aurait été présente par centaines. Au lieu de cela, les policiers ont laissé la marche se poursuivre. »

Lorsqu’il est arrivé dans le quartier à majorité musulmane de North Evington, Riaz raconte qu’une quarantaine d’hommes, principalement musulmans, sont descendus dans la rue pour protéger leur localité. Un petit nombre d’hindous locaux les ont rejoints, affirmant que les marcheurs ne les représentaient pas.

« Nous devons nous demander pourquoi cela se produit maintenant », a déclaré Riaz. « Lorsque la mosquée Babri en Inde a été détruite par des foules hindoues en 1992, rien ne s’est passé à Leicester. Lorsque les émeutes anti-musulmanes du Gujarat ont eu lieu en 2002, rien ne s’est produit à Leicester.

« Mais en 2022, la droite hindoue en Grande-Bretagne s’est sentie enhardie. C’est parce qu’ils ont maintenant des partisans, notamment les politiciens conservateurs Priti Patel et Rishi Sunak, de leur côté. »

Le parti conservateur a joué un rôle crucial pour l’Hindutva en Grande-Bretagne. En tant que premier ministre, Boris Johnson a invité cette année Modi en Grande-Bretagne pour une visite d’État.

Modi avait jusqu’en 2012 été interdit pour son rôle dans les émeutes du Gujarat. L’ancienne ministre de l’intérieur Priti Patel appelle Modi « notre cher ami » et déclare que les Tories et le BJP sont des « partis frères ».

Mais les dirigeants du parti laissent le travail vraiment sale de diffusion de l’Hindutva à des députés d’arrière-ban comme Bob Blackman. En 2017, il a invité le défunt et très emprisonné Tapan Ghosh à s’exprimer au Parlement.

Activiste vicieusement anti-musulman du Bengale occidental, Ghosh et son groupe ont été impliqués dans des attaques physiques contre des opposants. Les réactionnaires britanniques de l’Hindutva n’étaient que trop heureux de leur rendre la pareille.

Lors des élections générales de 2019, l’association Overseas Friends of the BJP UK a affirmé avoir mené une campagne de vote Tory dans 48 sièges marginaux à fort électorat hindou. « Nous avons une équipe dans chaque circonscription qui fait le tour avec le candidat conservateur pour distribuer des tracts, parler aux gens et les persuader de voter conservateur », a déclaré Kuldeep Singh Shekhawat au journal Times of India.

Un certain nombre de temples hindous sont allés plus loin, invitant des orateurs racistes, dont parfois le nazi britannique Tommy Robinson, à s’adresser aux fidèles. Le prix de cette agitation est déjà payé à Leicester et Smethwick, mais pourrait bientôt se propager plus loin.

Néanmoins, Riaz a bon espoir que les connexions organiques entre jeunes hindous et musul-mans puissent faire tomber les tensions. « Le problème ne sera pas résolu par les « anciens de la communauté » qui, en ce moment, sont assis autour d’un thé et de biscuits entre eux », a-t-il déclaré.

« Mais la solution pourrait venir des jeunes eux-mêmes. Les enfants hindous, musulmans et sikhs grandissent ensemble ici. Ils vont à l’école et au collège ensemble et se rendent les uns chez les autres.

« Pour l’instant, beaucoup de gens ont trop peur pour s’exprimer, mais nous devons trouver un moyen de faire passer la communication. Personnellement, je veux simplement que les choses redeviennent ce qu’elles étaient. Je préfère de loin l’époque où nous nous sommes tous unis pour combattre les fascistes du Front national dans les rues à ce qui se passe maintenant. »

Au sein du parti travailliste de Leicester, si vous contestez la politique d’un conseiller hindou, vous êtes accusé de racisme  » – Un membre du parti travailliste de la ville.

Ce n’est pas seulement au sein du parti Tory que les chauvins hindous contribuent à définir l’agenda. Ils sont également profondément ancrés dans le parti travailliste, et nulle part ailleurs autant qu’à Leicester.

Tirant les leçons de la façon dont les partisans de droite d’Israël se sont mobilisés contre le leadership de Jeremy Corbyn, ils prétendent que toute réaction négative au gouvernement indien est un racisme anti-hindou. À la veille de l’élection générale de 2019, six conseillers travaillistes ont publié une lettre adressée au leader de l’époque. Ils y affirmaient que le parti avait traité la communauté hindoue britannique avec « dédain et manque de respect ».

Ils y dénonçaient la conférence du Labour qui avait adopté une motion sur le Cachemire. Cette motion condamne le gouvernement indien pour sa répression dans le territoire contesté et demande que des observateurs internationaux soient autorisés à surveiller la situation.

Lorsqu’il est devenu évident que la droite travailliste et les nationalistes hindous se mobilisaient tous deux autour de cette question, Corbyn a fait marche arrière à tort, et le Labour a changé de position.

Désormais, le parti a déclaré que le Cachemire était une « question interne » pour les gouvernements indien et pakistanais. Mais, tout comme pour l’antisémitisme, ce repli n’a fait qu’alimenter l’appétit des chauvins.

Beaucoup d’affaires sales sont conclues derrière des portes fermées. Les dirigeants locaux veulent faire en sorte que les différentes communautés religieuses s’équilibrent.

Alan est un membre travailliste de gauche de longue date dans la circonscription de Leicester East. Il a déclaré au Socialist Worker que le parti est un « nid de vipères ».

« L’abandon de la position sur le Cachemire était terrible, et cela vient de moi en tant que partisan de Corbyn », a-t-il déclaré. « Cela a donné à la droite ici la chance qu’elle recherchait.

« Les conseillers qui ont signé cette lettre sont des partisans ouverts de Modi et du BJP. Certains d’entre eux ont même soutenu Trump et l’interprétation la plus droitière du Brexit. Comment ils sont autorisés dans le parti, et encore moins à des postes d’autorité, je ne le sais tout simplement pas. »

La logique du parti est imprégnée de communautarisme, a déclaré Alan. « Beaucoup d’affaires sales se font derrière des portes closes. Les dirigeants locaux veulent faire en sorte que les différentes communautés religieuses s’équilibrent », dit-il.

« Ils permettent aux zones musulmanes d’élire des conseillers musulmans, et de même pour les zones hindoues. C’est censé apaiser tout le monde.

« Mais cela permet à des travaillistes médiocres et de droite, issus d’un groupe ethnique particulier, de remporter des postes importants, ce qui légitime ensuite leur politique. C’est ainsi que les partisans de droite du BJP ont construit leur base ici. »

Alan affirme qu’une main de fer sur les réunions du parti signifie qu’il y a peu de place pour la dissidence, et que les plaintes auprès de la machine du parti sont inutiles.  « Si vous contestez la politique d’un conseiller hindou, vous êtes accusé de racisme », dit Alan.

« Cela signifie que le communalisme n’est pas remis en question, malgré la menace qu’il représente pour le parti et le mouvement syndical. » La tragédie, selon Alan, est qu’aucune des divisions religieuses actuelles n’est inévitable.

« Beaucoup de gens ici, issus de milieux différents – hindous, musulmans et blancs – se connaissent depuis longtemps. La plupart des Asiatiques qui sont venus d’Ouganda à Leicester en 1972, et ceux qui ont suivi, ont grandi ici ensemble. Ils ont dû affronter les mêmes batailles ensemble.

« Mais ce calme a été brisé par la politique indienne. Dans le passé, la plupart des hindous d’ici auraient soutenu le Parti du Congrès indien avec sa politique apparemment laïque.

« Aujourd’hui, ils pensent que Modi est bon et qu’il a fait de l’Inde une superpuissance. Cela doit changer la nature de leur relation avec leurs voisins musulmans, n’est-ce pas ? ».

Comme Riaz, Alan pense qu’il peut y avoir une solution, mais qu’elle doit venir d’en bas.  « Le conseil municipal ne peut rien faire car il est enfermé dans ce système sectaire », dit-il. « Mais j’espère que les batailles sur les salaires et le coût de la vie vont rapprocher les gens.

« Nous avons besoin d’unité dans l’action pour nos moyens de subsistance. Mais nous devons prendre les divisions qui existent à bras le corps sans éluder la question de la droite hindoue, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Labour ».

Yuri Prasad Saturday 24 September 2022

https://socialistworker.co.uk/

Lire aussi:

Leicester: the global spread of the Indian far right

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27 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

échelle mobile (psl)

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Retour sur une conquête historique du mouvement ouvrier : l’indexation automatique

La Belgique est un des seuls pays au monde à connaître un système d’indexation automatique des salaires et des allocations sociales. Ce système implique que les salaires de la majeure partie des travailleurs du secteur privé, ainsi que les salaires des agents de la fonction publique, les allocations et les pensions s’adaptent d’une certaine manière à l’évolution des prix à la consommation. Une conquête qui a fêté ses 100 ans en 2020 et qui n’a cessé d’être dans le collimateur du patronat et de ses alliés. Comprendre comment cet acquis a été arraché, c’est se préparer à le défendre de la façon la plus efficace possible.

Guerre et flambée des prix… déjà

Aux massacres de la grande boucherie que fut la Première Guerre mondiale s’est ajoutée une phénoménale explosion des prix. En 1917, les prix de l’alimentation avaient augmenté de 100 à 300% par rapport à 1914 concernant les produits fournis par les magasins communaux de ravitaillement.

Mais la pénurie a également nourri le marché noir, où les prix étaient 1.500 % plus élevés. Une fois la guerre terminée, les prix sont restés nettement plus élevés. Ainsi, l’indice des prix de détail à Bruxelles (les prix de l’année 1914 instituant l’indice 100) s’établissait en moyenne à 350 en 1919, à 450 en 1920 et à 400 en 1921. Au sein des luttes du mouvement ouvrier, la revendication d’une hausse des salaires proportionnelle à la hausse du coût de la vie s’est faite plus pressante et s’est imposée à côté du combat pour la journée des 8 heures (obtenue en 1921).

On entend parfois dire que l’indexation et l’inscription dans la loi de la journée de travail de 8 heures sont, à l’instar du suffrage universel (universel masculin, 1919), en quelque sorte des ‘‘cadeaux’’ octroyés par la bourgeoisie pour remercier les travailleurs de leurs efforts durant la Grande Guerre. C’est faux. Le patronat n’a jamais rien cédé par bonté de cœur.

La guerre, accoucheuse de la révolution

Karl Marx faisait déjà remarquer à son époque que la guerre peut agir comme « accoucheuse de la révolution ». Le constat ne s’est pas démenti avec la Première Guerre mondiale, qui a été arrêtée par la révolution en Allemagne en 1918 à la suite de la Révolution russe de 1917 qui avait renversé la dictature tsariste puis instauré le premier état ouvrier au monde, la République des soviets (conseils).

Une vague de révolte et d’agitation – une véritable poussée révolutionnaire – a déferlé de pays en pays, grèves et soulèvements alimentés par le rejet des horreurs de la guerre et par l’inspiration de la victoire bolchevique en Russie. La bourgeoisie n’avait pas le choix : lâcher du lest ou bien risquer de tout perdre.

Imaginez qu’en 1919, pas moins de 733 grèves ont été comptabilisées par l’inspection du travail en Belgique ! Les revendications se concentraient sur une augmentation salariale de 100 %, la journée de travail des huit heures, l’instauration d’un salaire minimum et la reconnaissance des syndicats. Mais le pire n’était même pas là : les travailleurs gagnaient en confiance.

Cette année-là furent organisées les premières élections sous le principe « un homme, une voix » (à l’exception des veuves de guerre, les femmes devront attendre 1947 pour pouvoir voter). Pour la première fois depuis 1884, les catholiques perdirent leur majorité absolue. L’ancêtre du PS, le Parti ouvrier belge (POB), doubla ses scores électoraux et devint la seconde force politique du pays avec 24%. En Wallonie et à Bruxelles, il obtint même 36% des voix et devint la première force politique sur le plan électoral.

Mais le soutien de la direction du POB aux grèves fut fort timide. Celle-ci était effrayée par la tournure des événements. Elle avait décidé d’entrer dans un gouvernement bourgeois en 1916 et son président, Émile Vandervelde, s’était même rendu en Russie pour convaincre les soldats russes affamés de continuer le massacre des tranchées ! Pour la bourgeoisie, attirer le POB dans l’union nationale ouvrait la possibilité d’exercer un certain contrôle sur les troubles sociaux.

Le rapport de force, le rapport de force, encore et toujours le rapport de force

Les luttes ouvrières qui ont suivi la Première Guerre mondiale ont établi le caractère de masse des syndicats en Belgique. Cette lutte a conduit à des victoires telles que le suffrage universel masculin, la journée de travail des huit heures et la reconnaissance des syndicats. Une Commission de la vie chère fut aussi finalement créée. Ne disposant d’aucune donnée précise sur les différents postes du budget des ménages, la commission élabora un indice des prix de détail de type monétaire. Cet indice des prix de détail fut immédiatement saisi par le mouvement ouvrier dans plusieurs secteurs pour gagner une évolution salariale correspondante à cet indice.

En juillet 1920, les mineurs ont obtenu la première convention collective sectorielle pour lier les salaires à l’évolution de l’indice. Vers la fin de l’année, environ 13% des Conventions collectives de Travail prévoyaient un système d’indexation automatique des salaires. En 1924, à peine 4 ans plus tard, elles étaient déjà 73%. À partir de 1935, l’indice est également utilisé pour faire évoluer les allocations familiales et les pensions (pas encore les indemnités de chômage). L’augmentation du pouvoir d’achat des travailleurs en Belgique continua jusqu’à la grande dépression de 1929.

L’établissement de Conventions collectives de travail a établi de facto la reconnaissance syndicale en entreprise. Ce fut la porte ouverte pour une autre série de victoires autour de la Journée des 8 heures et de la semaine de 48 heures dans les mines, la métallurgie et les carrières, élargies à tous les secteurs en 1921.

C’est la création d’un rapport de force sur le terrain reposant sur la lutte qui a été déterminant et fondamental pour arracher tant l’indexation que la réduction collective du temps de travail.

Aujourd’hui, face à l’inflation galopante et face à la charge de travail intenable, ces reven-dications brillent d’un nouvel éclat. Inspirons-nous du combat héroïque mené il y a tout juste plus d’un siècle pour un mécanisme d’indexation qui traduise réellement – et directement – l’augmentation véritable du coût de la vie et pour garantir un travail acceptable à toutes et tous !

vendredi 23/09/22 Nicolas Croes

https://fr.socialisme.be/

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27 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

nucléaire (cqfd)

futur nukl
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Le nucléaire à l’agonie… mais à l’offensive
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La moitié des réacteurs français ont passé l’été à l’arrêt mais le gouvernement voit toujours l’atome comme une filière d’avenir. Vanté comme une solution miracle au dérèglement climatique, le nucléaire y est surtout très vulnérable.

Sale temps pour le nucléaire civil français. Plombée par d’indispensables opérations de maintenance et un problème de corrosion sur plusieurs de ses centrales les plus récentes, EDF a dû mettre plus de la moitié de ses 56 réacteurs en pause forcée.

Le 25 août, 32 étaient toujours à l’arrêt. La baisse de production a été telle que l’Hexagone, habituellement exportateur, a dû acheter de l’électricité à ses voisins pour subvenir à ses besoins. Sur fond de pénurie de gaz russe, l’hiver s’annonce incertain pour le réseau électrique européen.

Y aura-t-il de l’électricité à Noël ?

Figure de proue du secteur, EDF traîne une dette qui dépassera bientôt les 50 milliards d’euros. Et, symbole des errances de la filière, le tout nouveau réacteur pressurisé européen (EPR) de Flamanville (Manche) ne rentrera en production que fin 2023 au mieux – avec onze ans de retard et un surcoût de près 16 milliards d’euros selon la Cour des comptes (19,1 milliards contre 3,3 prévus initialement).

C’est pourtant sur cette filière à l’agonie que le gouvernement parie pour assurer, aux côtés des énergies renouvelables, l’essentiel de la production électrique du siècle à venir. Le 10 février dernier, Emmanuel Macron a annoncé la mise en chantier prochaine de six nouveaux EPR et le lancement des études préparatoires pour huit autres.

Un milliard d’euros vont par ailleurs être investis dans le développement d’un nouveau type de réacteurs, moins puissants mais en principe plus aisés à construire et gérer : les petits réacteurs modulaires (SMR).

L’argument du bilan carbone

Pour justifier ce retour en arrière (aucune centrale n’a été mise en service depuis 2002), le président a eu recours à un classique du storytelling atomique français : l’« indépendance énergétique » du pays – alors même que l’uranium qui fait tourner les centrales est intégralement importé. Mais il a surtout vanté le faible bilan carbone du nucléaire.

Depuis que le dérèglement climatique fait la une des journaux, tout ce que le secteur atomique compte de communicants et de lobbyistes reprend cet argument ad nauseam. Ça a fini par payer : au sein même des familles de pensée écologistes et décroissantes, la doctrine pronucléaire se répand peu à peu, sous l’influence notamment de l’ingénieur Jean-Marc Jancovici.

Mêlant un discours convaincant sur l’urgence climatique et les limites de la croissance à un solutionnisme nucléaire aveugle, cette « star du climat » a l’oreille des puissants comme du grand public.

Avec ses vidéos qui font un tabac sur internet et sa bande dessinée Le Monde sans fin (Dargaud, 2021) qui s’est déjà vendue à plus de 300 000 exemplaires, Jean-Marc Jancovici a sensibilisé des foules entières au risque d’effondrement qui guette nos sociétés.

Or, « prendre conscience de l’urgence climatique, c’est très déstabilisant émotionnellement. Pour amortir le choc, on a besoin d’une solution. Avec le nucléaire, Jancovici en apporte une sur un plateau », analyse Charlotte Mijeon, porte-parole du réseau Sortir du nucléaire.

Au sein même des familles de pensée écologistes et décroissantes, la doctrine pronucléaire se répand peu à peu, sous l’influence notamment de l’ingénieur Jean-Marc Jancovici.

Aux yeux de cette militante, l’atome est surtout « une fausse solution qui empêche de voir les problèmes en face ». Une option « ni efficace pour les décennies à venir, ni résiliente dans un monde marqué par le réchauffement climatique », mais qui va capter des centaines de milliards d’euros, au détriment des énergies renouvelables et des efforts de sobriété énergétique.

Des centrales déjà touchées par la sécheresse

Parlons efficacité à moyen terme : quand les centrales actuelles auront fini par fermer, les nouvelles seront-elles prêtes ? Au vu du fiasco de Flamanville, il est permis d’en douter. Alors que les deux premiers des six nouveaux EPR annoncés par Emmanuel Macron sont censés être mis en service « à l’horizon 2035 », cette échéance est jugée illusoire… par l’État lui-même.

Dans une version de travail d’un rapport gouvernemental dénichée par le média Contexte 1, on apprend que l’administration vise plutôt une mise en service en 2040. En cas de « scénario fortement dégradé », le démarrage serait même repoussé au-delà de 2045…

Le comble, c’est qu’alors que le nucléaire se pose en solution miracle au dérèglement climatique, il y est lui-même extrêmement vulnérable. Ces dernières années, les réacteurs français commencent déjà à souffrir de la sécheresse.

En août 2018, les centrales du Bugey (Ain) et de Saint-Alban (Isère) ont dû être partiellement arrêtées afin de préserver la faune et la flore du Rhône : recrachée dans la nature, l’eau réchauffée par le refroidissement des centrales aurait dangereusement augmenté la température du fleuve, déjà impactée par une vague de chaleur.

Cette année, c’est dès le mois de mai que le problème s’est posé à la centrale du Blayais (Gironde). Pire : durant l’été, cinq centrales ont été autorisées à rejeter leurs eaux chaudes dans les rivières pour cause de risque de pénurie électrique, en dépit des potentiels dégâts sur la biodiversité aquatique.

« Le comble, c’est qu’alors que le nucléaire se pose en solution miracle au dérèglement climatique, il y est lui-même extrêmement vulnérable. »

À long terme, ce sont surtout des enjeux de sûreté qui vont se poser. Conséquence du réchauffement global, les paysages vont se modifier durablement (montée des eaux marines, par exemple) et les catastrophes climatiques (séismes, tsunamis, inondations, sécheresses, tempêtes, etc.) risquent de se multiplier au cours des prochaines décennies.

Les centrales ont donc des chances de se retrouver confrontées à des situations extrêmes non anticipées au moment de leur conception 2. « Le nucléaire est une industrie dangereuse et complexe, qui nécessite une prévisibilité très forte », pointe Charlotte Mijeon, du réseau Sortir du nucléaire. Or, le réchauffement climatique, c’est l’inconnu…

Et les déchets ?

Reste la sempiternelle question des déchets, que Jean-Marc Jancovici balaye d’un revers de la main, arguant sur le site d’Orano (ex-Areva) qu’ils « n’ont jamais fait un seul mort ». Les plus dangereux de ces déchets resteront tout de même radioactifs pendant près d’un million d’années…

Sur ce front-là aussi, l’État avance. Début juillet, la future poubelle nucléaire de Bure (Meuse) a été déclarée d’utilité publique. Une étape importante : si le recours que les opposants au projet s’apprêtent à déposer n’aboutit pas, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) pourra recourir à l’expropriation pour récupérer le foncier qui lui manque encore.

« Rien ne doit arrêter la relance du nucléaire en France », grimace Charlotte Mijeon, qui dénonce entre autres un projet « pas mûr » technologiquement. Sur place, la résistance continue de s’organiser.

Clair Rivière 16.09.2022

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27 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

l’anticapitaliste (sommaire)

International

Politique

Éducation

Écologie

Entreprises

Antiracisme

Culture

Santé

Féminisme

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27 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

16 octobre

marche

marche 2

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26 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

chine (lutte ouvrière)

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L’État chinois et la bourgeoisie chinoise aujourd’hui

Aujourd’hui, alors que l’importance du marché s’est considérablement accrue, l’État a conservé une très forte participation dans l’économie, en contrôlant les plus grandes entreprises, notamment les 117 dites stratégiques de la SASAC, (l’agence chargée de la supervision des entreprises publiques), en contrôlant les banques et les marchés financiers, en pilotant la montée en puissance des nouveaux secteurs comme l’aéronautique.

De ce point de vue, il ne se distingue pas des États occidentaux. Comme eux, il défend les intérêts généraux de sa classe dominante. C’est ainsi l’État chinois qui a relancé l’économie chinoise et mondiale en 2008, en investissant dans les infrastructures et l’immobilier. C’est lui qui garantit aujourd’hui que la crise immobilière ne se transforme pas en déroute complète.

L’État chinois protège aussi la classe dominante des réactions des travailleurs, dont l’exploitation s’est bien aggravée en 30 ans, et des paysans, régulièrement spoliés de leurs terres que les autorités locales revendent aux promoteurs immobiliers.

Enfin, tout en se faisant l’intermédiaire des capitalistes occidentaux, l’État chinois protège de l’impérialisme les intérêts de sa classe dominante.

Ainsi, c’est l’État qui cherche des marchés à l’exportation, comme les « nouvelles routes de la soie », pour tenter de sortir l’économie chinoise de ses limites internes.

C’est l’État qui pilote les entreprises sur les Bourses occidentales afin que les plus grandes ou les plus précieuses ne lui échappent pas. Mais depuis que les capitalistes occidentaux ont choisi dans les années 1990 et 2000 d’investir en Chine, c’est aussi l’État chinois qui leur garantit leurs profits en leur permettant d’exploiter une classe ouvrière faite maintenant de centaines de millions de travailleurs qu’il faut tenir en respect.

Les capitalistes chinois profitent eux aussi de ces investissements occidentaux, en se plaçant comme sous-traitants ou fournisseurs, ou en acquérant des compétences et des technologies nouvelles.

La classe dominante chinoise doit donc tout à l’État. Elle en est consciente et, si elle l’oubliait, les dirigeants comme Xi Jinping se chargent de le lui rappeler régulièrement. C’est pourquoi les clans au pouvoir peuvent se permettre de mettre un Jack Ma ou une Whitney Duan sous séquestre, de sacrifier de temps en temps un Bo Xilai au nom de la lutte contre la corruption, ou d’imposer une politique particulière à telle ou telle entreprise, à tel ou tel secteur.

L’État chinois est un État bourgeois qui a réussi à développer une économie et une bourgeoisie chinoises dans un environnement impérialiste.

Une telle réussite ne se comprend que parce que l’État s’est mis au service de l’impérialisme, en lui offrant une partie de son marché et de ses travailleurs, et parce que l’État a lui-même dirigé l’économie à une époque où le capitalisme occidental était, et demeure, embourbé dans une crise sans fin et où les bas salaires chinois étaient une opportunité.

Les tensions permanentes mais grandissantes entre la Chine et les États-Unis sont là pour rappeler les limites de ce que tolère l’impérialisme dans l’émergence d’une puissance concurrente.

Quant au développement de la Chine, il reste tout relatif.

Il ne concerne que les zones côtières et les grandes villes, excluant les campagnes où des centaines de millions de personnes vivent toujours dans des conditions arriérées.

Il est aussi relatif si on adopte un point de vue global.

Le retour de la bourgeoisie des pays impérialistes en Chine pour exploiter une main-d’œuvre sous-payée, et qui a pris le relais des investissements de la diaspora chinoise au début des années 2000, s’est fait au détriment des économies occidentales.

Leurs capitaux se sont localisés là où c’était le plus profitable, accélérant le ralentissement des vieilles économies capitalistes.

Reste de ce processus l’émergence d’une classe ouvrière maintenant forte de plusieurs centaines de millions de membres, une classe ouvrière qui n’aura pas d’autre choix que de se battre pour ses propres intérêts et de renouer avec les idées révolutionnaires.

 23 juin 2022

https://mensuel.lutte-ouvriere.org/

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26 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

gasteiz 1976 (ballast)

espagne

Les drapeaux des nationalités pendant la guerre

Se souvenir du massacre de Vitoria-Gazteiz

En Espagne, si l’année 1975 est marquée par la mort du dictateur Franco, le régime autoritaire et répressif franquiste ne s’éteint pas avec lui. Jusqu’aux premières élections législatives, en 1977, les manifestations se multiplient dans le pays.
L’une d’elles se tient le 3 mars 1976 à Vitoria-Gasteiz, au Pays Basque. L’intervention de la police conduit à un massacre : cinq manifestants sont tués par balle, une centaine blessés. Depuis, le souvenir de l’événement fait l’objet d’un combat permanent. L’auteur du présent texte revient sur l’histoire récente d’un processus mémoriel qui, dans l’Espagne contemporaine, doit composer avec le déni des crimes perpétrés sous le régime franquiste.  Par Arnaud Dolidier

3 mars 1976. 18 000 personnes sont en grève à Vitoria-Gasteiz au Pays Basque. 80 usines sont fermées ou occupées par les travailleurs. Après la tenue de plusieurs assemblées dans ces dernières, des manifestations partent de façon simultanée des différents quartiers ouvriers de la ville. 12 000 personnes arrivent devant l’église San Francisco où une assemblée est prévue à 17 heures.

Parmi elles, 5 000 parviennent à rentrer dans l’édifice tandis que les 7 000 autres restent aux alentours, bloquées par la police qui encercle l’église. Elle procède à son évacuation en jetant des gaz lacrymogènes à l’intérieur, ce qui provoque la panique des grévistes qui se ruent hors du bâtiment. La police, comme en témoigne les enregistrements de leurs communications radio1 se sent acculée et menacée.

Au moment où les grévistes sortent de l’édifice, elle tire à balles réelles, provoquant une centaine de blessés, dont vingt graves, et la mort de cinq personnes. Deux jours plus tard, environ 70 000 travailleurs assistent aux funérailles des ouvriers tués. Puis le lundi 8 mars, une grève générale réunit 600 000 personnes dans la rue pour exiger la dissolution des corps de police armée et un procès pour les responsables du massacre du 3 mars. Ce jours-là, deux autres personnes meurent sous les balles.

1er juin 2021. Le roi d’Espagne Felipe VI et le chef du gouvernement Pedro Sánchez inaugurent à Vitoria-Gasteiz le Centre-mémorial des victimes du terrorisme. Il s’agit d’un musée dont l’accès est gratuit, où le public peut s’informer et rendre hommage aux 1 453 victimes du terrorisme comptabilisées depuis 1960, date de l’assassinat d’une enfant, Begoña Uñoz, par le DRIL2 jusqu’aux deux reporters espagnols David Beriain et Roberto Fraile, exécutés par Al-Qaeda en avril dernier. Si le mémorial englobe l’ensemble des actions terroristes des dernières décennies — de l’attentat de l’Hypercor par l’ETA le 19 juin 1987 en passant par celui de la gare d’Atocha de Madrid le 11 mars 2004 — il n’intègre pas les victimes de la répression franquiste et notamment celles du franquisme tardif, c’est-à-dire celles situées entre le 20 novembre 1975, date de la mort du dictateur, et juin 1977, moment des premières élections législatives depuis 1936. Bien qu’un nouveau régime mémoriel se soit consolidé durant les années 2000, accompagné de nouveaux termes comme « violations des droits de l’homme », « impunité », « crimes contre l’humanité », pour caractériser le passé franquiste, ce dernier n’est pas considéré comme un régime politique dont l’appareil répressif pourrait être qualifié de terrorisme d’État. Les victimes de la violence d’État franquiste, et notamment du second franquisme (1960–1977), ne sont donc pas reconnues officiellement comme telles.

Le pacte de silence érigé pendant la période dite de transition démocratique — un pacte d’oubli autant que d’amnésie —, scellé par la loi d’amnistie d’octobre 19773, a permis la libération des prisonniers politiques, mais a également garanti l’impunité aux criminels franquistes4.

La légitimité de cette loi a été remise en question par le mouvement citoyen de « récupération de la mémoire historique » qui a abouti en 2007 à la loi dite de « mémoire historique ». Cependant, le texte comporte de nombreux écueils. Si la loi de 2007 condamne officiellement le franquisme et déclare illégitimes les sentences prononcées par la dictature franquiste, elle ne les annule pas et n’affirme pas l’illégalité des tribunaux franquistes5.

Faisant face à ces manquements, les associations mémorielles se sont tournées vers la justice internationale pour les combattre. Elles ont aussi construit des instruments de lutte au service de la vérité, de la justice et de la réparation6.

Dans leur sillage, d’autres acteurs, comme l’association des victimes du massacre du 3 mars 1976, ont également entrepris des recours devant les tribunaux tout en déployant d’autres ressources afin d’être reconnus par l’État comme victimes du terrorisme et demander justice. Cette mobilisation s’articule à la volonté de combattre l’oubli de l’événement, un oubli qui s’explique en partie parce que la transition apparait, aujourd’hui encore, comme une période mythifiée, fondée sur un imaginaire politique où le processus de démocratisation aurait été pacifique et modérée. Pourtant, les travaux scientifiques de ces dernières années ont montré qu’après la mort du dictateur, le régime a employé la violence et la terreur pour mettre un terme aux mobilisations populaires d’une ampleur inédite, comme cela fut le cas à Vitoria7

(Extrait)

21 septembre 2022
Note:
Gasteiz est la capitale de l’Alava, une communauté basque avec le Guipuzcoa (San Sebastian-Donosti), la Biskaia (Bilbao). La Navarre ( Pampelune-Iruña) est à part.

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26 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

dauphin (jdd)

fi

« Il est cassé » : à La France insoumise, la chute du dauphin Quatennens

La fulgurante ascension du député Adrien Quatennens, auteur de violences conjugales, connaît un brutal coup d’arrêt. Protégé de Jean-Luc Mélenchon, il figurait parmi ses possibles successeurs.

Bien sûr qu’ils n’ont pas tourné la page. Mais ils aimeraient tellement… Posez une question à un Insoumis sur l’avenir d’Adrien Quatennens, et la réponse oscillera entre un épais silence, un refus poli, ou encore un doigt pointé vers la marche du 16 octobre contre la vie chère organisée par le mouvement, qui, espèrent-ils, devrait leur permettre d’enfin reprendre une bouffée d’oxygène. Mais tous les membres de La France insoumise (LFI) en sont conscients : si l’ascension du député de 32 ans a été fulgurante, la chute qui se dessine l’est plus encore. « Il est cassé », confirme un de ses interlocuteurs récents.

L’absent que l’on remarque

Mardi dernier, lors de la conférence de presse de rentrée du groupe LFI à l’Assemblée nationale, le grand roux à la coiffure en brosse a été l’absent que l’on remarque. Jeudi et vendredi, le député du Nord se faisait à nouveau porter pâle lors des journées parlementaires du mouvement. Le voilà désormais « en retrait » de son poste de coordinateur du parti, et de son mandat de député, après avoir reconnu, entre autres, avoir giflé sa femme.

Mélenchon ne comprend pas que c’est une question de société

« Adrien décide de tout prendre sur lui, avait alors tweeté Jean-Luc Mélenchon. Je salue sa dignité et son courage. Je lui dis ma confiance et mon affection. » De quoi s’attirer les foudres des féministes et, chose rare, d’une partie de son camp. « Mélenchon ne comprend pas que c’est une question de société, regrette la députée ­écologiste ­Sandrine Rousseau. Il est comme un animal acculé, il devient agressif. »

Comme une petite poignée d’autres, Quatennens figurait en bonne place sur la liste des successeurs possibles au tribun Insoumis. « Jean-Luc Mélenchon a permis de former une très bonne deuxième ligne, souligne le député Manuel Bompard. Adrien Quatennens en faisait partie, c’est une évidence. » Même si un autre député LFI relativise : « Il est interprète, il répète la ligne, mais on ne voit pas ­l’originalité de sa parole. »

La définition de son « retrait » reste floue

Il y a dix jours, au moment des révélations du Canard enchaîné sur le dépôt d’une main courante par la compagne de Quatennens, un député de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), interdit, relayait le sentiment général : « Nous sommes tous tombés de notre chaise, même si nous avions vu à nos journées d’été qu’il n’était pas bien. Ça va le mettre à plat moralement. » Et de déceler, sur ces questions, une forme de dualité chez les Insoumis : « Nous avons une culture un peu viriliste, avec un vieux fond lambertiste [un courant trotskiste dont est issu Mélenchon], et une vraie culture féministe. »

Mercredi, lors de la réunion de l’intergroupe de la Nupes, les partenaires des Insoumis ont bien sûr abordé le sujet. Interrogeant leurs alliés sur la signification exacte du terme « retrait », ils n’en ont obtenu qu’une définition floue, et une durée indéfinie. « À ce stade, nous n’avons pas d’éléments précis sur Adrien Quatennens ni sur la suite », relève un participant.

Aujourd’hui, de nombreuses féministes, comme l’élue écologiste de Paris Raphaëlle Rémy-Leleu, demandent plus : sa démission. Ses camarades Insoumis, eux, ne l’exigent pas.« Il n’est pas interdit d’hémicycle », relève la députée LFI Danièle Obono. « En tant que femme politique, féministe, de gauche, j’ai toujours souhaité des sanctions politiques à la mesure des actes commis, pointe l’eurodéputée Manon Aubry.

Son retrait était nécessaire. Maintenant, nul ne sait ce qui va advenir de l’information judiciaire » ouverte par le parquet de Lille. Rousseau, qui a eu Quatennens au téléphone, aimerait « que son suppléant le remplace le temps de l’instruction », mais il faudrait pour cela changer la loi.

Pour l’heure, nul ne sait s’il sera présent à la reprise des travaux au Palais-Bourbon, le 3 octobre.​ Mélenchon, lui, a déclaré samedi soir sur France 2 dans l’émission Quelle époque ! souhaiter que son protégé revienne dans le combat politique une fois cette affaire apurée.

Ascension éclair

Jusqu’ici, son parcours politique avait ressemblé à un sans-faute. En juin 2018, dans une interview à Libération consacrée à son jeune poulain, Jean-Luc Mélenchon multipliait les éloges : « Il représente beaucoup pour moi […] Il m’inspire une confiance totale. À 28 ans, il est plus fort que tous ces poulets d’élevage. »

Un an plus tard, Quatennens était bombardé « coordinateur » de LFI, prenant de vitesse toute une génération arrimée à Mélenchon depuis des années, et qui guignait sa ­succession. « À un moment où tout le monde voyait arriver l’affrontement entre Clémentine Autain, Éric Coquerel et Alexis Corbière, Jean-Luc leur a coupé l’herbe sous le pied : nommer Quatennens, c’était le moyen d’éviter ça », note François Cocq, qui fut longtemps, lui aussi, un compagnon de route.

Rien ne promettait au Lillois une telle trajectoire. « Je ne me souviens pas avoir assisté à la moindre discussion politique à la maison », confessait-il en 2021 dans son livre Génération Mélenchon (Seuil), évoquant des parents électeurs de droite.

Jeune, il étanche sa soif de politique en passant des heures à lire des argumentaires sur le site Internet de la Ligue communiste révolutionnaire, avant de rejoindre l’association altermondialiste Attac. Il décroche à la fac, s’inscrit en BTS commercial, en alternance chez EDF. Au printemps 2012, il se rend à un meeting de Mélenchon, qui semble le transporter, et adhère peu après au Parti de gauche, l’ancêtre de LFI. « ­Militant bénévole, j’y consacrais autant d’heures que si j’avais été permanent du parti », écrit dans son livre l’ancien conseiller clientèle chez EDF. C’est le début de l’ascension de celui que les siens décrivent comme « humble » et « gros ­bosseur ».

De la course à la succession à la quête de la rédemption

En 2017, à moins de 30 ans, il conquiert son premier mandat à l’Assemblée nationale. L’arène aurait pu se révéler intimidante : il n’en est rien. Il aime le spectacle, la mise en scène et le public. Petit, n’avait-il pas passé, « pour le plaisir, le casting de Graines de star sur la plage de [s]on lieu de vacances avec une reprise a cappella de Vivre pour le meilleur, de Johnny Hallyday », comme il le raconte dans son livre.

Tout juste élu, le député se porte volontaire pour croiser le fer avec la ministre du Travail d’alors, Muriel Pénicaud, qui veut réformer le droit du travail par ordonnances. Il peaufine son intervention tout un week-end, transformant la table à repasser en pupitre pour mieux répéter la scène dans son salon.

À la tribune, Quatennens dénonce un « meurtre avec préméditation du Code du travail » et lance aux macronistes : « Voulez-vous que l’Histoire retienne que votre marche est d’abord un piétinement d’un siècle de lutte sociale ? » Son aisance et ses formules, sa capacité à débattre lui assurent un décollage fulgurant.

Aujourd’hui écarté des lumières, il passe de la course à la succession à la quête de la rédemption. Non sans dommages collatéraux : pour avoir déclaré qu’« une gifle n’est jamais acceptable, mais elle n’est pas égale à un homme qui bat sa femme tous les jours », semblant ainsi minimiser le geste de son camarade, c’est au tour de Manuel ­Bompard, autre dauphin potentiel de Mélenchon, de subir les répliques du séisme Quatennens.

26 septembre 2022

  • Anne-Charlotte Dusseaulx Arthur Nazaret

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