Archive | A gauche du PS

20 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

carlos (à l’encontre.ch)

carlos ghosn

Carlos Ghosn:

La chute du patron qui vivait dans l’impunité… sociale

Les temps changent… Le PDG de l’alliance Renault-Nissan (Mitsubishi et Avtocaz) a été arrêté hier au Japon, sur la base de soupçons de fraude fiscale et d’abus de biens sociaux au titre de ses fonctions chez le constructeur nippon. Une déchéance brutale pour cette star mondiale du CAC 40 et de l’automobile.

L’homme qui valait 13 millions d’euros a finalement chuté.

Super-PDG cumulant les casquettes à la tête de Renault, Nissan, Mitsubishi et Avtovaz, survo-lant les fuseaux horaires, de l’Hexagone jusqu’au pays du Soleil-Levant (avec son avion privé), Carlos Ghosn a été arrêté hier au Japon sur la base de soupçons de fraude fiscale et d’abus de biens sociaux au titre de son mandat de président du conseil d’administration chez Nissan.

D’après le quotidien nippon The Asahi Shimbun, le magnat de l’automobile est accusé d’avoir sous-déclaré des éléments de son salaire à hauteur de 5 milliards de yens, soit près de 38,78 millions d’euros. Un autre dirigeant du groupe, Greg Kelly, est également mis en cause pour complicité dans cette affaire.

Ce serait une enquête interne menée par Nissan sur la base d’accusations formulées par un lanceur d’alerte qui aurait mis au jour des pratiques de malversation, a fait savoir le construc-teur automobile dans un communiqué.

Nissan affirme que, «pendant de nombreuses années», Carlos Ghosn et Greg Kelly ont déclaré au fisc japonais des montants de rémunération inférieurs au revenu réel du premier. «De nombreux actes irréguliers ont été découverts, comme l’utilisation des biens de la société à des fins personnelles», explique en outre le groupe japonais, dont l’actuel PDG, Hiroto Saikawa a proposé la démission de Carlos Ghosn.

Une déchéance aussi brutale que spectaculaire pour celui qui a joui du statut de sauveur de la marque nippone depuis la prise de contrôle de Nissan par Renault, en 1999, alors que cette première périclitait, lestée de 17 milliards d’euros de dettes. Ironiquement, c’est donc à Nissan que Carlos Ghosn doit sa chute. Une nouvelle preuve que, dans le monde du business, la reconnaissance n’est jamais éternelle.

Après avoir redressé l’entreprise au forceps en faisant le ménage dans les fournisseurs, mais aussi en fermant les usines les moins productives pour surcharger les autres, Carlos Ghosn, alors directeur général de Nissan, avait acquis une réputation de «cost killer» [le «tueur de coûts», autrement dit des salaires, avec accentuation de l’intensité du travail, un temps de travail fragmenté, une précarisation, la sous-traitance, délocalisation, etc.]

Des méthodes radicales qui l’avaient propulsé comme directeur général de Renault en 2005, pour reprendre le flambeau de Louis Schweitzer. Depuis, le PDG a décliné sa méthode Nissan de compression des coûts et des délais de production des véhicules chez Renault, quitte à faire plonger la qualité des véhicules. Et au prix d’une facture sociale pour le moins salée.

Un bilan humain dramatique avec des suicides dans les usines

La CGT Renault déplorait déjà plus de 23 500 suppressions d’emplois dans le groupe en 2015, faisant le bilan de dix ans de gestion Ghosn. «Intensification du travail, explosion des collectifs de travail, individualisation, mises en concurrence, turnover permanent, mise en incertitude économique…

Les dirigeants ont édifié un système managérial dramatique sur le plan humain et contre-productif sur le plan économique au long cours. Le bilan humain est dramatique, avec des suicides dans les usines (filiales comprises) et au technocentre, mais aussi l’explosion des maladies professionnelles», dénonçait en outre le syndicat. Gel des salaires, mutualisations et augmentation de la productivité sont alors les maîtres mots des deux accords de compétitivité que la direction de Renault met en place en 2013 et 2017.

Hier, dans un communiqué, la CGT rappelle en outre que la production de véhicules en France a chuté de 53 % du volume total de Renault dans le monde en 2004 à 17 % en 2017. Artisan et homme fort de l’alliance Renault-Nissan, un attelage capitalistique original avec prises de participations croisées entre les deux groupes, le grand patron a souvent été accusé de privi-légier le développement de la marque nippone au détriment de celle au losange (Renault).

Celui-ci plaidait notamment depuis des années pour une fusion capitalistique entre les deux groupes, quitte à faire perdre à Renault, et à l’Etat français actionnaire au sein de ce dernier, sa prééminence dans l’alliance. Le constructeur hexagonal détient en effet 43,4 % de Nissan, quand la marque japonaise ne détient que 15 % de Renault, la privant ainsi de droit de vote dans le groupe au losange.

Franco-libano-brésilien polyglotte, ce grand patron de choc, surnommé Seven-Eleven («sept-onze» en français) en raison de ses amplitudes horaires de travail, avait acquis au fil des années une stature de dirigeant en apparence intouchable.

Figurant systématiquement dans le haut du classement des dirigeants les mieux payés de France, Carlos Ghosn engrangeait chaque année sans embarras des salaires mirobolants, quitte à passer outre l’avis de ses propres actionnaires. Au premier rang desquels l’Etat, qui détient encore 15,01 % du constructeur.

En 2016, le conseil d’administration (CA) de la marque au losange a ainsi maintenu la rémunération de 7,2 millions d’euros versée à Carlos Ghosn, malgré son rejet par l’assemblée générale des actionnaires à 54,12 %, dont les représentants de l’Etat faisaient partie. Un événement inédit dans le monde feutré du CAC 40, peu propice à être choqué par le niveau de rémunération des PDG.

«Pour un grand patron comme Carlos Ghosn, il y a une forme d’impunité qui se construit à travers (la) sociabilité (des plus riches), dans les mêmes quartiers. Ils veulent aussi rester entre eux aux conseils d’administration?», analyse Monique Pinçon-Charlot. Et la sociologue de préciser que «chez Renault, les syndicalistes représentants les ouvriers au CA n’ont pas le droit de siéger dans le comité de rémunération, ce qui garantit des milliers d’euros de rémunération au PDG».

(Article publié le 20 novembre 2018 dans L’Humanité)

Alencontre 20  novembre  2018  Loan Nguyen

http://alencontre.org/

Lire aussi:

Le mikado fiscal s’est effondré (The Guardian)

 

Lire la suite

20 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

pcf (anti-k)

pcf laurent

PCF

Pierre Laurent prêt à laisser la place de numéro un à Fabien Roussel

Le secrétaire national du PCF Pierre Laurent propose lundi dans L’Humanité de « partager » avec Fabien Roussel la direction du PCF, manière selon son entourage de dire qu’il envisage désormais de lui abandonner la place de numéro un en échange d’une place éminente.

« Je fais une nouvelle proposition: que nous partagions la conduite de (la) liste » que la commission des candidatures doit établir mardi soir, en prévision du congrès de ce week-end, affirme-t-il. « Personnellement, j’accepterai le choix de la commission et du congrès sur la répartition proposée », poursuit-il.

Pierre Laurent pourrait laisser la place de numéro un à M. Roussel, à condition de se voir désigné président du conseil national, ou président du conseil exécutif du PCF, décrypte son entourage auprès de l’AFP. « Ce qu’il veut, c’est que la fonction et la tâche du numéro deux soient précisées, ce qui n’est habituellement pas le cas », précise cette source.

Fait inédit pour le Parti communiste, sa direction a été désavouée début octobre lors du vote des adhérents.

Le texte du secrétaire national Pierre Laurent a, avec 38% des voix, été battu par « le Mani-feste pour un PCF du 21è siècle » (42%), porté notamment par le patron des députés communistes André Chassaigne et Fabien Roussel.

Le PCF se réunit en congrès de vendredi à dimanche, le vote sur la future direction ayant lieu dimanche midi. La commission des candidatures du PCF doit se réunir mardi soir, et proposer une liste unique, la majorité des communistes souhaitant une solution consensuelle.

« Je sais que les communistes ne veulent ni de la division, ni de la victoire des uns sur les autres. J’ai consulté. J’ai beaucoup parlé avec Fabien Roussel. Tout le monde souhaite qu’une liste unique soit construite demain (mardi) par notre commission des candidatures », reconnaît Pierre Laurent.

Âgé de 49 ans, Fabien Roussel a été élu député de la 20e circonscription du Nord en juin. Il incarne au PCF une ligne « identitaire », affirmant haut et fort la volonté du PCF de sortir de l’ombre de la France Insoumise pour exister de manière autonome dans le débat public.

Lundi 19 Novembre 2018

https://www.anti-k.org/

Lire la suite

19 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

ferroviaire (révolution permanente)

sncf

La destruction du ferroviaire et le tout-routier

Un marché juteux pour le patronat

Le 17 novembre est un appel au blocage, initialement lancé contre la hausse du prix du carbu-rant et expression d’une colère légitime face au ras-le-bol fiscal. Si cette hausse pénalise tout le monde et notamment en milieu rural, il est maintenant évident que nous ne pouvons pas prolonger notre utilisation abusive des carburants fossiles sans mettre en péril l’ensemble de la société humaine mondiale, alors comment se positionner ?

Tout d’abord, les taxes sur les produits de consommation courante sont forcément pénalisantes pour les bas salaires.

La TVA est l’impôt le plus injuste. Le seul impôt réellement juste, qui permet en plus de redistribuer relativement efficacement les richesses, est l’impôt sur le revenu. C’est le plus progressif possible et sur TOUS types de revenus. C’est d’ailleurs l’impôt contre lequel les gouvernements successifs ont le plus lutté, et pas seulement en France. Celui dont on essaie de nous faire croire qu’il faut absolument faire baisser pour garder les riches sur le territoire français…

De plus, seuls 20% des revenus liés aux taxes sur les carburants seront affectés à des mesu-res écologiques, et pas au chemin de fer, seule vraie alternative à la voiture, puisque ce gouvernement a signé son arrêt de mort. Pour faire baisser la consommation d’un produit polluant comme le carburant (sous toutes ses formes, même les « bio-carburants »), le moyen n’est bien sûr pas la fiscalité, qui au contraire fait perdurer la pollution par les classes aisées…

TOUS les gouvernements ont favorisé la route, et pour plusieurs raisons :

L’industrie automobile est un des principaux moteurs de la croissance du PIB
L’envie de posséder une voiture nous pousse à nous endetter, même ceux qui ne sont que locataires de leur logement, et nos crédits nous musellent
Les lobbys pétroliers, travaux publics et automobile agissent dans ce sens…

Certains historiens estiment d’ailleurs que c’est l’industrie automobile améri-caine qui a poussé les ouvriers à s’acheter des voitures à crédit.

Notamment Ford au début du 20è siècle, car à cette époque les ouvriers qualifiés gagnent bien leur vie et il fallait un moyen pour les fidéliser aux entreprises : un crédit auto bien-sûr. D’une pierre, deux coups… Le capitalisme privilégie la route, qui est payée par nos impôts et qui permet des échanges de marchandises très juteux sur de longues distances.

Par exemple, en 2012, l’Etat permet la circulation des poids lourds de 44 tonnes avec des marchandises auparavant transportables seulement par le rail. A cette occasion, un rapport parlementaire de 2012 estimait que cette décision coûterait entre 14 et 20% d’augmentation de dépense pour l’entretien des routes.

En réalité, en moins de dix ans, nous sommes passés de 15 à 25 milliards, puisque les véhicu-les légers n’abîment quasiment pas les routes. Sans être ingénieur des Ponts et Chaussées, on peut supposer que nous commençons également à voir les effets de cette décision sur les ouvrages d’art, tous fragilisés si l’on en croit les récentes évaluations.

Mais personne dans la presse ne se pose la question de l’intensification du transport routier…

Pourtant ce n’est pas un frein, car le lobby des travaux publics se frotte les mains, ce sont nos impôts qui vont payer l’entretien de plus en plus coûteux et que les démagos vont demander à grands renforts de cris outragés « Regardez l’état de nos routes, on ne peut plus circuler dans de bonnes conditions ! » et nous entretiendrons, avec notre argent, les routes qui permettent au grand capital de continuer à s’enrichir toujours plus !

Ce qui est sûr, c’est que Macron fait le jeu lobby routier et de l’industrie automobile.

En effet, ce ne sont pas les gros transporteurs qui vont pâtir de la hausse du carburant, ce sont les petits et les particuliers. Macron a prévu une solution pour relancer l’industrie automo-bile : le renouvellement du parc de véhicules thermiques par des véhicules électriques ! Et subventionné par nos impôts ! Voilà comment l’industrie automobile va faire des profits énormes! Pas besoin de changer beaucoup de choses dans les chaînes de montage…

On va continuer à produire toujours plus de voitures !

En 1935, aux Etats-Unis, la loi anti-trust a eu des conséquences inattendues. Les gros produc-teurs d’énergie électrique (comme notamment General Electric), sont dans l’obligation de vendre leurs compagnies de tramways, très implantées dans de nombreuses villes, qui sont rachetées par General Motors, Standard Oil et Firestone qui les mettent en faillite et les ferment…

Donc les constructeurs automobiles, pétroliers et fabricants de pneus coulent les compagnies de tramways pour mieux vendre leurs produits : les bagnoles et tout ce qui va avec! Actuelle-ment, en France, pas besoin que Renault s’associe avec Total et Michelin pour mener le même type d’opération, Macron le fait pour eux !

Sa réforme du ferroviaire signe la mort du chemin de fer.

Sauf dans les grands axes qui restent rentables, et il faut bien que les riches (son électorat) partent en week-end dans le sud à grande vitesse, et nos impôts renflouent les caisses des constructeurs. Voilà comment la route et toutes les industries qui gravitent autour, aspirent notre argent. C’est juste un hold-up… Et Macron prouve encore avec son annonce récente du code de la route appris à l’école, qu’il est l’homme des lobbys et celui de l’automobile en premier lieu.

De nombreux travailleurs sont obligés de prendre la voiture pour aller travailler, et cela va se multiplier de plus en plus avec la casse du service public ferroviaire qui est en cours et la suppression de nombreuses petites lignes. Nous comprenons cela mais nous sommes égale-ment conscients que le véhicule individuel est la mort des écosystèmes…

En plus des gaz à effet de serre (environ 15% viennent des véhicules légers, mais 15% d’un chiffre global en augmentation constante), nous avons dépassé tous les seuils évalués par l’OMS comme supportables concernant les particules fines (aussi appelés les aérosols car leur faible poids leur permet de rester en suspension dans l’atmosphère) avec le diésel (voir en Inde actuellement). Par ailleurs, l’accès de tous à un véhicule rend difficile la gestion des dé-chets comme les huiles de vidanges qui polluent la nappe phréatique, et toutes les friches industrielles de stockage d’épaves ou des anciennes cuves enterrées de carburant dont personne ne connaît plus les emplacements…

Quand aux véhicules électriques, non seulement 80% de l’électricité mondiale vient des éner-gies fossiles (gaz, charbon pétrole) mais pour produire les 500kg de batterie nécessaire à une voiture électrique du même niveau qu’une voiture thermique, il faut des quantités énormes de « terres rares » dont la production est extrêmement polluante et ne permet pas d’envisager autant de véhicules que le parc actuel.

Donc, si nous luttons, c’est pour des services publics de proximité, des hôpitaux, des bureaux de poste à proximité pour créer des emplois durables, sur l’ensemble du territoire et éviter de nous déplacer sur de longues distances pour nos besoins.

Si la colère générée par les hausses du prix du carburant est légitime, il faut voir que la question des transports ne peut être posée que par la petite lorgnette du coût de l’essence. Face à la crise climatique qui menace la planète, les déplacements doivent être financés par de l’argent public avec les techniques les moins polluantes !

Luttons pour un service public ferroviaire de qualité pour tous et accessible à tous !

Pour des services publics qui prennent en charge le traitement des déchets liés aux transports! Luttons pour des vrais services publics de qualité ! Si pour financer cela il faut taxer quelqu’un, taxons alors les grandes fortunes, à commencer par Total qui fait des milliards. La question du pouvoir d’achat et du coût de la vie est une vraie problématique qui touche la plupart des travailleurs et des milieux populaires. Pour y répondre, commençons par exiger une augmentation généralisée des salaires !

Lire la suite

19 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

énergie éolienne (alternative libertaire)

Grenelle

Faut-il se passer de l’énergie éolienne ?

Depuis les années 1970, le courant communiste libertaire défend une politique énergétique favorisant les économies ­d’énergie, le solaire et les autres énergies renouvelables, dont l’éolien. Pourtant Alternative libertaire a publié des articles dénonçant certains projets d’éoliennes. Pour quelle raison  ? Remettons cette question dans son contexte économique et écologique global.

Le capitalisme pourrait-il faire mieux avec moins?

Dans les années 1970, des gens comme l’anarchiste Murray Bookchin (1921-2006) et l’écolo-giste Barry Commoner (1917-2012) ont montré qu’il en était incapable par nature. Le capitalis-me repose sur un principe fondamental  : les capitaux doivent aller vers les activités les plus lucratives. Protéger la planète supposerait au contraire de faire primer les rythmes biologiques sur les taux de profit.

Or, comme le montre le journa­liste Grégoire Souchay, l’éolien «  reste marqué, comme les autres industries, par un univers capitaliste prédateur et par une logique d’appropriation économique d’un espace commun pour servir des intérêts privés  »  [1].

Des projets qui ne sont pas au service des populations

Rappelons que les prélèvements sur les ressources naturelles ne cessent de croître : + 65 % entre 1980 et 2007. Ce qui n’est pas principalement dû au développement des pays pauvres. Les États occidentaux ont délocalisé une part des pollutions et de la consommation de ressour-ces. Aussi, en 2002, la superficie dont la population planétaire a besoin, pour produire les ressources qu’elle consomme et pour assimiler les déchets qu’elle rejette, s’établissait à 138 % de la surface bioproductive totale. Depuis le début des années 2010, elle dépasse 150 %.

«  En dépit de la multiplication des éoliennes et des panneaux photovoltaïques ces quinze dernières années, relevait Le Monde diplomatique de 2016, le capitalisme n’est donc pas plus vert que par le passé. […] Les énergies renouvelables ne font que s’ajouter aux modes de production polluants, plutôt que de s’y substituer  »  [2]. Les projets éoliens portés par le capitalisme ne contribuent en rien à une diminution de ce que l’on appelle l’empreinte écologique de l’humanité.

Parfois destinés exclusivement à l’exportation, ces projets se traduisent pas la destruction de terres agricoles et suscitent des oppositions locales conséquentes [3]. Les méthodes mises en œuvre pour les imposer bafouent toute forme de démocratie locale et recourent à une violence policière importante.

Le développement actuel de l’éolien ne s’intéresse à un « gisement éolien » que pour maximiser les profits. Le marché de l’éolien se transforme, du fait « de nombreuses innovations techniques permettant d’accroître la taille des pales, la hauteur des mâts et la puissance des turbines  »  [4]. La production peut être quatre fois plus importante qu’avec les générations précédentes d’éoliennes.

Des choix techniques discutables

De nombreux groupes industriels choisissent d’équiper leurs turbines d’éoliennes d’aimants dopés avec des métaux rares. Ce sont aussi ces derniers qui sont aussi utilisés dans les batte-ries, les pots catalytiques, les ampoules basse consommation, les composants des appareils électroniques, les photopiles… Les choix techniques effectués par le capitalisme font aujour-d’hui dépendre l’ensemble des «  technologies vertes  » de ces mêmes métaux.

L’extraction et le raffinage en sont extrêmement polluants.

Leur recyclage représente actuellement un coût supérieur à leur valeur… Ce qui conduit à ne pas recycler. Le dumping social et environnemental pratiqué par la Chine a permis à l’Occident de délocaliser sa pollution. «  Dissimuler en Chine l’origine douteuse des métaux a permis de décerner aux technologies vertes et numériques un certificat de bonne réputation. C’est certai-nement la plus fantastique opération de greenwashing de l’histoire  », écrit Guillaume Pitron [5].

Le collectif « Toutes nos énergies Occitanie », qui agrège un grand nombre d’associations locales anti-éoliennes a élaboré un scénario de transition sans éoliennes nommé Reposta. Mais « il ne s’agit pas d’un scénario 100 % énergies renouvelables, car Reposta intègre dans son mix une part de nucléaire et d’énergies fossiles »  [6].

L’association NégaWatt  [7] n’a pas la même position.

Paul Neau, qui a participé au volet éolien du scénario négaWatt rappelle: «L’éolien est la technologie la plus rentable et la moins chère pour produire de l’électricité renouvelable.» Même avis pour Benoît Praderie, gérant de la coopérative Soleil du Midi gérant le parc solaire citoyen de Luc-sur-Aude. Cette technologie est «la meilleure solution technique, mathématique et économique », estime-t-il: « L’éolien n’est pas l’homme à abattre. »

Mais nous restons partisans de l’énergie éolienne.

Guillaume Pitron fait un point sur l’immense potentiel en terres rares des mines françaises en sommeil depuis les années 1980 et souligne également l’incohérence des ONG écologistes qui dénoncent les conséquences, minières notamment, de la transition qu’elles promeuvent. Il se fait lui-même l’avocat d’une «  mine responsable chez nous  » qui vaudra toujours mieux qu’une «  mine irresponsable ailleurs  ».

Il ne faut pas se tromper de débat.

Les nuisances et pollutions potentielles liées aux énergies renouvelables, qu’il faut combattre, ne doivent pas conduire à s’accommoder de technologies encore plus destructrices. Notre combat s’inscrit dans une lutte contre la division internationale du travail et contre la propriété privée des moyens de production. Car là est le creuset des choix économiques et technolo-giques qui permettent de faire durer la logique destructrice du capitalisme.

Il est raisonnable de combattre certains projets éoliens.

Mais il est nécessaire, pour s’engager dans une véritable transition énergétique, de soutenir les projets éoliens portés localement et au service de la population. Les choix technologiques peuvent évoluer, d’autres méthodes d’extractions et de raffinage des métaux sont possible. Et oui, dans une société écologique nous aurons besoin d’énergie et celle apportée par l’éolien sera irremplaçable.

Jacques Dubart (AL Nantes) 19 novembre 2018

http://alternativelibertaire.org/

Lire la suite

18 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

poilus (le télégramme)

Tardi-Vernet-copie

Armistice. L’hommage de la jeunesse…

… La commémoration perturbée

Près de 1 500 élèves étaient réunis, vendredi, dans le centre-ville de Quimper, pour célébrer la fin de la Première Guerre mondiale. Une cérémonie qui a fait la part belle aux plus jeunes, désormais messagers de la mémoire.

C’était une cérémonie attendue. Initialement prévue le 9 novembre, la célébration du centenaire de l’Armistice avait dû être reportée à cause du mauvais temps. Mais, vendredi, écoliers, collégiens et lycéens, du public comme du privé, étaient bien présents place Saint-Corentin, sous un ciel chargé de lourds nuages gris. Un temps de circonstance pour rendre hommage aux Poilus, morts dans les affrontements durant la Grande Guerre.

La commémoration perturbée

Arrivé sur place vers 15 h, le défilé et l’organisation bien huilée ont pourtant été perturbés par la présence d’une vingtaine de protestataires. Ces derniers, représentant une quinzaine d’associations, syndicats et partis politiques locaux, ont accueilli les scolaires en scandant : « Non aux ventes d’armes, oui à l’accueil des réfugiés ». Ils entendaient protester contre le défilé des élèves qu’ils qualifiaient de « paramilitaire » et dénoncer « l’instrumentalisation des plus jeunes ». Évacués par les forces de l’ordre, les manifestants ont alors entonné « Le déserteur » de Boris Vian pour afficher leur antimilitarisme

À quelques mètres de là, la cérémonie se terminait par une minute d’applaudissements pour saluer les soldats morts durant le conflit.

L’hommage s’est conclu par la remise des prix du concours du soldat méconnu, remporté par l’école élémentaire Léonard-de Vinci de Saint-Evarzec. Les élèves devaient faire des recherches et réaliser un carnet de bord sur un Poilu et, ainsi, s’approprier l’histoire de la Grande Guerre.

https://www.letelegramme.fr/

Lire la suite

15 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

gilets/bonnets (fr3 rp)

 kper

Gilets jaunes et Bonnets rouges même combat ?

Réactions et analyse

Cinq ans après le mouvement spontané des Bonnets rouges c’est au tour des Gilets jaunes de manifester. Pour autant ces deux mouvements sont-ils comparables ? Qu’en disent les anciens Bonnets rouges ?

A Carhaix, le fief d’un des leaders des Bonnets rouges, des gilets jaunes sont bel et bien visibles. Mais pas plus qu’ailleurs. Christian Troadec, le maire régionaliste de la ville ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet. D’autres anciens Bonnets rouges ont, quant à eux, fait leur choix. Ils nous l’expliquent.

« J’attends de voir comment le mouvement évolue »

En 2013 Matthieu Guillemot avait porté le bonnet rouge. A quelques jours du 17 novembre il reste partagé sur le mouvement des « Gilets jaunes ». La seule revendication du prix du carburant lui paraît trop réductrice :

 » Aujourd’hui les gens n’en peuvent plus. On a jamais vu autant d’écart de classe sociale dans ce pays. On voit que les riches sont deux fois plus riches que les pauvres deviennent encore plus pauvres et donc c’est une goutte d’eau qui fait déborder le vase. Maintenant j’attends de ce mouvement là qu’il s’élargisse. Je ne condamne pas les Gilets jaunes. Je leur donne toute ma sympathie mais j’attends de voir comment ils évoluent ».
Matthieu ne sera donc pas dans la rue samedi.  Pour lui la grande différence entre les Gilets jaunes et les Bonnets rouges c’est que « nous [les Bonnets rouges] on avait eu l’intelligence de condamner de suite la tentative de récupération de l’extrême droite ».. Matthieu attend donc, avec impatience, que ce mouvement citoyen mettent dehors « cette graine fasciste qui veut pénétrer dans le mouvement ».

Maylen Villaverde  14/11/2018

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Commentaire: Matthieu Guillemot est conseiller municipal et communautaire NPA de Carhaix

Lire aussi:

Contre la hausse du carburant (entre autres) 17 novembre : qui sont les « gilets jaunes » ? (Révolution Permanente)

73% des Français soutiennent la mobilisation des gilets jaunes (BFM)

Lire la suite

15 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

appel 44 (17 novembre)

444 1

Chaque mois sont plus nombreux les salarié.e.s, retraité.e.s et privé.e.s d’emploi qui n’arrivent plus à boucler leur budget.

La hausse régulière et conséquente du carburant inquiète et fragilise celles et ceux qui n’ont d’autres choix que la voiture individuelle pour les actes de la vie courante. Et, alors que l’hiver s’annonce, la hausse des prix du gaz, de l’électricité, du fuel et des chauffages collectifs aggrave encore le quotidien.

Alors que les profits financiers et patronaux explosent, le gouvernement Macron-Philippe accentue sa politique de classe, au service des riches, et, pour la grande masse de la popu-lation, la réduction des droits sociaux et une politique fiscale particulièrement injuste et iné-galitaire. S’y ajoutent la fermeture de nombreux établissements publics et la suppression de milliers de postes de fonctionnaires accentuant encore le sentiment d’abandon pour toutes celles et ceux qui vivent loin des métropoles.

Ce vent de colère est légitime et salutaire.

Il met justement en cause la politique suivie par le Président de la République et son gouver-nement, notamment en matière fiscale. Les groupes capitalistes, patronat et banques, avec leurs profits exponentiels, sont les vrais responsables de ce désespoir social et de la crise climatique.

Pour Macron, comme pour ses prédécesseurs, le libéralisme est un dogme. Pour nous c’est un drame.

Car il explose les inégalités sociales, accroît la paupérisation de larges franges de la population et accentue les atteintes à l’environnement et le réchauffement climatique.

Le gouvernement tente de justifier ses choix politiques, les augmentations des taxes sur les carburants, par l’urgence écologique. C’est un mensonge.

Non seulement le pays ne réduit pas la production de gaz à effet de serre, mais il l’augmente, non seulement il ne réduit pas l’utilisation des pesticides, mais il l’augmente, non seulement il ne diminue pas l’artificialisation des sols, mais il la poursuit. La fermeture des services publics de proximité, des gares et voies ferrées secondaires, la concentration des emplois dans les métropoles ne font que renforcer la tragédie climatique en cours et accroître les difficultés quotidiennes de milliers d’habitant.e.s.

Le gouvernement est responsable de la crise en cours

Car la politique qu’il mène dans les transports comme dans les autres domaines n’est ni cohérente avec l’urgence climatique ni juste socialement. Aucune mesure ambitieuse n’a été prise pour financer les alternatives à la voiture et aider ceux qui n’ont pas les moyens de se déplacer autrement. Cette prétendue fiscalité écologique épargne les secteurs les plus pollu-ants et émetteurs de gaz à effet de serre, comme le trafic aérien ou le transport routier de marchandises.

L’urgence sociale et l’urgence écologique sont aujourd’hui totalement imbriquées.

La politique gouvernementale aggrave l’une et l’autre et espère diviser celles et ceux qui en sont les victimes. Et il est illusoire de prétendre répondre à l’une en tournant le dos à l’autre.

Des mesures d’urgences sociales et écologiques comme priorité :

• L’augmentation des salaires, des pensions, des indemnités chômage, et des allocations sociales et leurs indexations sur les prix pour permettre à tous/toutes de vivre dignement.

• L’arrêt des suppressions de postes et des fermetures des services publics, et la réouverture de services publics et sociaux de proximité pour permettre une organisation équilibrée des territoires.

• Mettre un terme à une politique centrée sur la voiture. Mettre un terme à la défiscalisation du kérosène dans le transport aérien, au profit du fret ferroviaire pour les transports de marchandise et les transports collectifs. Par la mise en place d’un réseau de transports en commun gratuit sur le département.

• La lutte contre l’étalement urbain et la diversification des modes de transport dans tous les territoires

• Le soutien à une agriculture paysanne privilégiant les circuits courts et les productions bios pour permettre à toutes et tous l’accès à une alimentation de qualité.

Associations, syndicats et partis politiques engagés dans le département pour la justice sociale et climatique, nous appelons ensemble à la mobilisation sociale, écologique et citoyenne contre la politique de Macron-Philippe, tout en refusant les boucs émissaires habituels des discours racistes, antisémites ou xénophobes.

Nous appelons au partage des richesses et à l’urgente nécessité de placer la transition écolo-gique et solidaire au cœur de toutes les décisions pour notre avenir et celui de la planète. Ce sont les mobilisations multiples dans les entreprises comme dans la rue, par la grève et par l’action, qui permettront de peser sur les décideurs publics ou privés pour que ces changements s’enclenchent.

ATTAC 44, Alternatiba Nantes, Ensemble 44, Gauche Démocratique et Sociale 44, GIGNV, NPA 44, PCF 44, Union Solidaires 44, Union Démocratique Bretonne, UNEF Nantes, Sortir du Nucléaire pays Nantais, Génération.S 44, EELV 44, CGT 44, France Insoumise 44.

http://alencontre.org/

macron

France. «Le vent de colère souffle sur notre département, le 44, comme dans tout le pays»

Emmanuel Macron, le président jupitérien, a choisi un porte-avions nucléaire, alternative au diesel,pour affronter une vague de colère populaire. Le Figaro premium, en date du 14 novembre 2018, écrit: «J’entends la colère, a assuré le chef de l’Etat. C’est un droit fonda-mental dans notre société de pouvoir l’exprimer. Mais moi je veux comprendre. Il y a beaucoup de partis politiques qui veulent récupérer ce mouvement […] Certains sont en train de s’oppo-ser à ce qu’ils avaient eux-mêmes voté. Bonjour tristesse et salut la cohérence! […] Il y a beau-coup de gens qui sont dans l’addition des colères, ça ne fait pas un projet pour le pays […] On est en train de vous mentir et de vous manipuler»…«Après avoir vaincu les oppositions syndi-cales à ses réformes de début de mandat, le président de la République veut éviter que la crise du carburant n’entrave la suite du quinquennat. «Les gilets jaunes captent l’irritation du pays. On a cette espèce de tension qui s’est installée entre les réformes structurelles et le quotidien des Français. Il est possible que l’on ait porté une attention trop vive aux premières et pas assez au second», reconnaît-on dans l’entourage d’Emmanuel Macron.»

Le Canard Enchaîné (14 novembre 2018) précise, outre «l’empressement de Wauquiez, Le Pen, Dupont-Aignan ou Mélenchon à se défendre de la moindre récupération tout en affirmant à toute pompe leur soutien au mouvement», qu’au «diesel ou au sans-plomb vient s’ajouter un fond d’exaspération diffus contre la politique du président toujours jugé comme celui «des riches» au détriment de ceux qui, en banlieue ou en région, vivent au quotidien les difficultés».

Dès lors, Emmanuel Macron, va porter «une attention accrue» (sic) sur «les questions de vie  quotidienne des Français» (Le Figaro, 14 novembre 2017). Mais d’ajouter de suite, selon la transcription d’un de ses proches: «Les réformes ne sont pas entravées. Ce que nous allons faire sur les retraites, le chômage et l’apprentissage… rien ne fait l’objet d’une contestation.» Lequel guette avec impatience les résultats de sa politique. Ils tardent à venir.

A tel point qu’Emmanuel Macron se dit même prêt à intensifier encore le rythme. «Le président veut que les réformes portent leurs fruits le plus rapidement possible. C’est sa priorité actuelle La machine doit accélérer. Il veut des effets concrets.» Quitte à subir encore la colère des Français. Seule concession à leur égard, Emmanuel Macron a reconnu qu’il n’avait pas réussi à «réconcilier les Français avec leurs dirigeants». L’éditorialiste des Echos.fr, Cécile Cornudet, conclut son billet de la sorte: «Quand on peine à désamorcer la grogne, on délégitime le mouvement. Règle éternelle, pour le coup.»

La volonté de délégitimer un mouvement réside, à coup  sûr, dans le fait que «ce vent de colère est légitime et salutaire…». Encore faut-il qu’il trouve une assise sur des «mesures d’urgence sociales et écologiques», comme l’explique et l’illustre ce texte unitaire de la gauche politique et syndicales adopté dans le département de la Loire Atlantique (le 44) que nous reproduisons ci-dessous. (Rédaction A l’Encontre)

http://alencontre.org/

macron-etat-de-grace-j

Lire aussi:

Mouvement du 17 novembre: des voix discordantes au NPA (Anti-K)

Mobilisations du 17 novembre : ce que proposent la gauche et les mouvements sociaux (Basta)

Lire la suite

15 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

co2 (lutte ouvrière)

mode

CO2 et particules fines

Déchets du profit

Dans le contexte de mécontentement dû à l’augmentation des taxes sur les carburants, le gouvernement a annoncé le doublement de la prime de conversion versée aux particuliers ou professionnels qui mettent à la casse un ancien véhicule pour en acheter un plus récent, censé être moins polluant.

Pendant des décennies, les travailleurs qui avaient les moyens les plus réduits et qui faisaient le plus de kilomètres, ont été incités à acheter des voitures diesel, pour le plus grand profit de groupes automobiles comme PSA. On les tient maintenant pour responsables de la pollution et leurs voitures se retrouvent interdites à Paris certains jours. Ils subissent de plein fouet l’aug-mentation des prix et des taxes et il faudrait qu’ils trouvent le moyen de se passer de leur vieille voiture ! Or, même augmentée, la prime de conversion ne concernera que la minorité qui aura les moyens de se racheter une voiture.

La prime, qu’on nous présente comme créée pour lutter contre la pollution, sert en réalité à aider les constructeurs.

Ainsi ses critères d’attribution sont liés à l’âge du véhicule et non à son caractère polluant. On peut donc l’utiliser pour acheter… un véhicule diesel ! Ou encore une voiture à moteur thermi-que, qui émet du CO2 dans des proportions deux fois et demie supérieures à ce que l’Union européenne veut interdire dès 2021.

L’État ne se contente pas de laisser les constructeurs produire des véhicules polluants, y compris en fermant les yeux quand ils trafiquent leurs moteurs pour les faire passer pour moins polluants, comme ça a été le cas au moment du Dieselgate. Il les aide à écouler leurs véhicules !

Une économie animée par le profit privé et qui repose sur le marché et la concurrence ne peut pas apporter de réponse aux questions écologiques. Gérer rationnellement les ressources et la production, en se donnant les moyens de trouver et de mettre en œuvre des solutions motivées par les besoins et le bien-être actuels et futurs de la population, nécessiterait de ne pas hésiter à imposer ces solutions contre les intérêts des capitalistes.

Nicolas CARL 14 Novembre 2018
.
.
Lire aussi:
.

Lire la suite

14 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

penser l’immigration (ballast)

migrants

Penser l’immigration

Olivier Besancenot et Danièle Obono

Qu’est-ce que vous attendez de cette rencontre ?Danièle Obono : Qu’on aille au-delà des caricatures. Qu’on pose les termes exacts du débat. Énormément de choses sont dites depuis la rentrée de septembre, mais elles ne relèvent pas d’une véritable discussion. On se fait traiter, à la France Insoumise, de « rouges-bruns » à demi-mot ; on nous prête des positions qui ne sont pas les nôtres ; on fait fi du travail qu’on fournit à l’Assemblée nationale et sur le terrain depuis plus d’un an. C’est insultant et extrême-ment violent. Il n’y a pas de « fracture » à gauche sur la question migratoire, il y a des diffé-rences, comme sur nombre d’autres sujets. Polémiquons au sens politique et positif du terme, c’est-à-dire sur des bases réelles.

Olivier Besancenot : Cette rencontre est une très bonne initiative. Auguste Blanqui disait que de la discussion peut toujours jaillir la lumière. J’attends de cet échange qu’il nous permette d’aborder les problématiques de fond qui peuvent faire désaccord entre nous. On ne peut plus se satisfaire de petites phrases savamment distillées. Assumons qu’il y a débat, et rendons-le lisible. On se respecte suffisamment pour tenter de le faire.

Un point de clarification, d’emblée, pour le lecteur. Vous parlez ici en votre nom propre ou au nom de vos organisations respectives ?

Danièle Obono : Je suis à la fois militante politique et députée de la France Insoumise. Je peux distinguer ce que je pense du mouvement, si distinction il y a, mais je parle publiquement comme responsable de la FI. J’ai d’ailleurs coordonné le livret L’Avenir en commun sur l’immigration.

Olivier Besancenot : Je ne suis pas mandaté en tant que tel pour cet entretien par le NPA, mais ce que je discute ici à titre individuel est en parfaite cohérence avec les positions défen-dues par notre parti. J’entends ce que tu dis, Danièle, mais j’ai peur de ne plus saisir les posi-tions de la FI. Je ne suis pas dans le « clash » mais on doit pouvoir se dire les choses sincère-ment. Notamment lorsque des sujets de dissension apparaissent. Et il y en a.

Quand je lis, par exemple, la députée allemande Sarah Wagenknecht, de l’organisation Aufstehen, prétendre pourfendre « la bonne conscience de gauche de l’accueil » ou Djordje Kuzmanovic, de la France Insoumise, qui suggère « d’assécher les flux migratoires », je me dis qu’une « fracture » politique voit le jour. Ferez-vous des alliances avec Aufstehen à échelle européenne ? La personne en question fera-t-elle partie de vos candidats aux élections européennes ?

Danièle Obono : Ça ne m’intéresse pas d’importer les débats allemands en France, comme ça a été fait sur ce sujet, de manière totalement biaisée et de mauvaise foi, sans même pren-dre la peine de traduire l’intégralité des positions réelles des uns et des autres. Leur situation n’est pas la même, leurs débats ne sont pas les nôtres, même si on partage bien sûr des valeurs communes.

Pas plus qu’on ne doit caricaturer les positions d’une personne, qui sont ce qu’elles sont, légitimes et discutables, mais qui ne sont pas pour autant celles du mouvement dans son ensemble. Djordje Kuzmanovic est un camarade : il n’est pas le « conseiller » de Jean-Luc Mélenchon sur les questions migratoires, comme ce dernier l’a publiquement fait savoir.

Je ne suis pas avec lui d’accord sur tout, mais il est très engagé dans le mouvement : il fait un gros travail, notamment sur les questions internationales ; je le respecte pour ça et partage avec lui l’essentiel, c’est-à-dire les idées et les propositions défendues dans notre programme « L’avenir en commun ». Je ne suis pas là pour parler de lui, pour lui, contre lui, à sa place, en sa défense, ou je ne sais quoi. Je suis là pour discuter de ce que je défends, moi, en tant que députée, de ce que notre groupe parlementaire, y compris Jean-Luc Mélenchon, qui en est le président, défend et par voie de conséquence de ce qui est la position de notre mouvement. Si on peut être clairs là-dessus dès le départ, ça permettrait de s’éviter de faux débats.

Olivier Besancenot : Jean Luc Mélenchon a déclaré qu’il n’était plus favorable à la liberté d’installation et de circulation…

Danièle Obono : Non : il a toujours été contre la liberté d’installation, en tout cas, depuis le Front de Gauche. Et il a toujours dit clairement que c’était sa position à lui. Nous fonctionnons au sein de la France Insoumise sur ce qui fait commun : comme cette question ne fait pas consensus, nous ne nous battons donc pas programmatiquement pour la liberté d’installation. Ce n’est donc pas nouveau ! Mais on est pour la liberté de circulation, on est favorables au fait de donner des papiers aux travailleurs vivant ici.

Olivier Besancenot : Mais comment peut-on être pour la liberté de circulation et contre celle de s’installer ? Si on admet le droit de pouvoir fuir son pays, et de traverser les frontières, alors il faut bien atterrir quelque part. Donc : en France, accueille-t-on ceux qui ont traversé la Méditerranée ? Quels sont alors les arguments qui s’opposent à la liberté d’installation ?

Danièle Obono : On a martelé, à commencer par Jean-Luc Mélenchon, qu’on doit accueillir les gens qui sont là. Qu’on ne doit jeter personne à la mer. Qu’on doit défendre le droit d’asile, on a même proposé de l’élargir. C’est écrit noir sur blanc. Mais la liberté d’installation, pour une partie de la FI, renvoie à l’imaginaire « no border », et la FI ne se positionne pas en faveur de l’abolition des frontières, ni de la suppression généralisée des visas.

Voilà pourquoi nous n’utilisons pas ce slogan. Mais, dans les faits, concrètement, nous donnons aux gens les moyens de vivre et de travailler. Personne ne semble avoir lu notre programme « L’avenir en commun » et le livret thématique n° 32, « Respecter les migrants, régler les causes des migrations », qui abordent tout ceci très concrètement ! Nous avons également élaboré une brochure de 40 pages, Pour une politique migratoire humaniste, solidaire, raisonnée et réaliste, qui présente nos propositions alternatives à l’infâme projet de loi macroniste sur l’asile et l’immigration, débattu et voté au printemps. À aucun moment nous n’accusons les migrants de faire baisser les salaires et les droits sociaux ; nous pointons seulement la responsabilité du patronat dans cette instrumentalisation. En quoi est-ce déshonorant ?

Olivier Besancenot : Dans un tweet, qui se faisait l’écho d’une déclaration de Jean-Luc Mélenchon, je m’étais autorisé à faire une simple piqûre de rappel marxiste : ce n’est pas l’immigration, même indirectement, qui fait pression sur les salaires, mais le Capital. L’équation que vous posez, et qui relie, même au titre de l’instrumentalisation, l’immigration à la baisse des salaires, est périlleuse. Je la rejette. Cette succession de déclarations m’inquiète : il existe des lignes rouges à ne pas dépasser.

Olivier, vous estimez qu’on ne peut pas mener ce débat « à bas bruit » car il va « reconfigurer l’avenir du mouvement ouvrier dans les prochaines années ». Pourquoi lui donner cette centralité ?

Olivier Besancenot : Nous nous orientons vers de profonds bouleversements politiques, en France comme ailleurs. Les espaces et les délimitations politiques risquent d’être durablement reconfigurés. La victoire de Bolsonaro, au Brésil, vient confirmer un tournant dans la période, marquée par une crise globale. Il y a le feu au lac.

Aux États-Unis, les élections se sont transformées en gigantesque référendum sur l’immigra-tion. L’air du temps est chargé de nuages noirs. Ce mouvement mondial prospère sur la crise sociale, écologique, économique et politique, qui s’enracine. Pour l’heure, il conduit principale-ment à l’émergence de courants populistes d’extrême droite, voire néofascistes. La question migratoire est au cœur de ce cyclone.

Quel degré d’importance lui accorder ? La traiter à la hauteur de son importance objective reviendrait-elle à faire de l’ombre à la question sociale ? Non, je continue de penser que les questions sociales et antiracistes sont complémentaires. On doit pouvoir parler fort, de manière décomplexée, sur ces deux enjeux. La stratégie gagnante des dominants est de trouver des boucs-émissaires sur le terrain de l’immigration : il nous faut penser contre notre temps. Et délimiter ensemble un espace politique clairement identifié auprès de l’opinion qui assume de dire que la liberté de circulation et d’installation sont des questions essentielles, pour aujourd’hui comme pour le projet de société qu’on imagine pour demain.

Danièle Obono : Qu’y a-t-il de nouveau dans les flux migratoires ? Une catastrophe climatique majeure va, dans l’avenir, peut-être imposer cette centralité. Mais, à la France Insoumise, nous refusons de placer la question migratoire au centre, c’est-à-dire d’épouser l’agenda des classes dominantes. On n’accepte pas les termes du débat, puisqu’ils sont biaisés. L’accueil des réfugiés politiques, économiques et climatiques, c’est une évidence, mais le traiter unique-ment par le biais de slogans comme « liberté d’installation » me paraît hors-sol.

Objectivement, la question migratoire ne fracture pas la société en deux. Elle n’oppose pas les migrants aux « vrais » Français. Pas plus qu’elle ne fracture la gauche ou le camp progressiste de manière fondamentale. L’immigration n’est pas un problème mais un des éléments politiques de notre époque : elle n’est pas centrale, fondamentale, structurelle, la centralité, c’est le partage des richesses et la crise écologique. C’est une analyse internationaliste que nous produisons. Qui, j’insiste, n’a à mes yeux rien de nouveau ni d’illégitime. C’est une probléma-tique et une ligne d’analyse qui fait par exemple partie, depuis toujours, des débats au sein du mouvement altermondialiste.

Olivier Besancenot : Affronter la réalité du monde, c’est affronter la réalité du monde capita-liste tel qu’il est, et tel qu’il développe sa propre crise. Les conflits militaires et les interventions impérialistes suscitent, par exemple, une partie des mouvements migratoires. Les libertés de circulation et d’installation ne sont pas des conceptions « hors-sol » : elles relèvent de droits vitaux liés à une urgence concrète.

Les peuples doivent être libres de vivre là où ils l’entendent, de rester ou de partir. Notre responsabilité, ici, consiste à lutter contre les politiques impérialistes menées par nos propres États et nos gouvernements guerriers. Bon nombre de migrants ne fuient pas pour le plaisir, c’est une évidence. Mais quand bien même aurions-nous réglé ces conflits, rien ne nous autorise à penser pouvoir figer les mouvements migratoires. Le principe essentiel qui subsiste reste, dès lors, le droit inaliénable, pour qui l’entend, de se déplacer, sans quoi, on s’arroge le droit de dire : « Toi, tu peux bouger, toi non. » Ce qui revient précisément à endosser la grille d’analyse de la classe dominante.

Le livret L’Avenir en commun consacré à l’immigration, et donc encadré par Danièle, pose trois points-clés. 1 : Arrêter les guerres ; 2 : Arrêter les accords commerciaux qui détruisent les économies locales ; 3 : Affronter le changement climatique. Olivier, avez-vous un désaccord sur ce triptyque ?

Olivier Besancenot : Bien sûr que non. Le débat est ailleurs. Le mouvement altermondialiste, qui a été évoqué tout à l’heure, n’a, par exemple, jamais revendiqué le fait de « lutter contre les causes » de l’immigration. Dans la confusion actuelle, celle de la percée de l’extrême droite et du racisme qui se distille partout, et tu l’as vécu dans ta chair, Danièle, on doit gagner en clarté politique. Quitte à être minoritaires, dans un premier temps. Je crois que ce mot d’ordre alimente la confusion politique.

Danièle Obono : La question que je pose, c’est celle de nos responsabilités, comme pays impérialiste dominant, pour agir dessus. En tant que puissance néolibérale, nous dévastons les économies et les agricultures des pays d’où viennent, en partie, les migrants. Nos grandes entreprises capitalistes déstabilisent les marchés africains.

Olivier Besancenot : Très bien, luttons sur ce terrain. Donc le budget de l’armée française. Mais c’est contradictoire avec la présence régulière d’une délégation de la France Insoumise au salon de l’armement du Bourget. Sans parler de votre critique de la baisse des budgets militaires ! On parle quand même de 300 milliards d’euros consacrés à loi de programmation militaire d’ici 2025. Un tiers du chiffre d’affaires de l’armement français passe par l’exportation des armes, nous plaçant au rang de troisième exportateur mondial.

Danièle Obono : C’est un autre débat.

Olivier Besancenot : C’est lié.

Danièle Obono : On peut, d’une part, critiquer les interventions impérialistes, y compris les ventes d’armes de la France, ce qu’on fait, et, d’autre part, sachant qu’on aspire à gouverner, assumer de nous intéresser à l’armée, aux objectifs et aux moyens qu’on lui donne. Car lors-que nous serons en responsabilités, nous devrons déterminer quoi faire ou ne pas faire. Les peuples doivent pouvoir disposer d’eux-mêmes, oui, mais cela signifie également, dans les conditions qui sont aujourd’hui les nôtres, d’avoir des frontières, des États, un territoire recon-nu et respecté, une protection. Autrement, c’est un slogan creux. Pourquoi les gens fuient-ils dans le pays voisin, pour passer dix ans dans des camps de réfugiés ? Car le leur, de pays, n’est pas stabilisé. Et les militants africains sont les premiers à le dire.

Olivier Besancenot : Le monde est tel qu’il est : 17 000 personnes ont crevé dans la Méditer-ranée depuis 2014 pour tenter de trouver refuge sur le sol européen. C’est donc un problème politique majeur. Je suis contre hiérarchiser les sujets de batailles politiques. La question nous est posée, donc nous devons y répondre sans bégayer, et sans feintes. Je n’ai jamais parlé d’effacer les réalités des territoires et des espaces portés par l’Histoire, dans toute leur complexité. Mais je ne crois pas aux identités assignées. Oui, ou non, ces 17 000 personnes avaient-elles le droit de trouver un lieu d’accueil ?

Danièle Obono : Là, on est d’accord, bien sûr ! On n’a jamais dit le contraire : c’est précisément ce qu’on défend depuis la campagne !

Olivier Besancenot : Mais que dit Jean-Luc Mélenchon ? Il faut accueillir, oui, mais se donner les moyens d’empêcher les gens de partir. Je ne suis pas d’accord. Qui l’autorise à penser ainsi le monde ? Imagine-t-il, lui, à contrario, qu’on puisse lui expliquer dans quel coin du monde il a le droit ou non de se rendre ? Le Nord qui contrôle les mouvements du Sud, c’est l’antienne de la pensée coloniale.

Qu’a dit Frantz Fanon à ce sujet ? L’Occident est une pure fabrication du tiers monde. Des décennies de pillage, d’esclavage et de colonialisme. Les richesses dont nous jouissons, si peu, ici, ont été extirpées là-bas. Nous, « Occidentaux », nous devrions nous protéger ? De qui, de quoi ? Tout en conservant, pour nous, le droit de circuler aux quatre coins du monde ; tout en restant persuadés que nos « ressortissants », eux, gardent la possibilité de s’installer partout. C’est toujours à sens unique. Je ne fais pas l’éloge de l’errance ou du nomadisme, pas plus que je ne fais celle de la sédentarisation.

Olivier, votre position implique-t-elle de remettre en cause les États-nations et les frontières que nous connaissons aujourd’hui ?

Olivier Besancenot : Frontière ou pas, les migrations ont lieu, à part peut-être en RDA, autrefois, mais ce n’est pas un modèle de société. Le démographe François Héran répond, lorsqu’on lui demande s’il est pour ou contre les migrations, que ça n’a pas plus de sens que d’être pour ou contre le vieillissement. D’un point de vue politique, des gens crèvent aujour-d’hui, donc, oui, je suis pour l’ouverture des frontières. Voilà comment la question se pose.

Plus généralement, l’État est quant à lui une structure de domination que je suis pour dépas-ser, en lui substituant un nouveau type de démocratie : l’expérience kurde doit nous interpeller. Durant des décennies, l’autodétermination du peuple kurde se traduisait essentiellement autour du mot d’ordre : un État avec des frontières. Depuis quelques années, le courant politi-que qui se construit autour du PKK formule ses revendications différemment : une solution fédérale pour l’ensemble des peuples de la région.

Danièle Obono : La majorité des peuples demande des États qui ne soient pas explosés. Les peuples aspirent à un territoire protégé.

Olivier Besancenot : Parce que l’État-nation constituerait une zone de protection ? En quoi est-il garant de stabilité ? J’opte volontiers pour la souveraineté populaire. Mais, personne ne peut pré-établir les espaces de cette souveraineté, encore moins vu d’en haut, et du Nord. L’échelle de cet espace peut être nationale, mais aussi régionale, locale, continentale ou internationale.

Frédéric Lordon a raison, sur ce point, de pointer un angle mort de notre pensée politique : nous sommes dans une séquence de régression politique collective liée aux expériences politi-ques du 20è siècle ; avant, le sujet de l’émancipation politique, la classe ouvrière, le prolétariat, se vivait plus volontiers par-delà les frontières du fait de son sentiment assumé d’appartenance de classe. Ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui. Nous sommes en effet en quête d’espaces de souveraineté « stables ». Car la politique a horreur du vide. Mais pour les confiner aux frontières ? Il n’y a pas plus instable, historiquement, que l’État-nation ! Rien n’est plus chao-tique que sa construction même. Les États-nations, dans le jeu d’opposition qu’ils suscitent, sont à l’origine des plus grands conflits planétaires et des guerres les plus sanguinaires.

Danièle Obono : Vouloir penser les causes des départs forcés, ce n’est pas assigner les peuples à résidence nationale mais leur permettre d’avoir un choix, un choix véritable, qui ne soit pas entre crever et crever un peu moins. Nous appelons à un Office mondial des migra-tions au niveau de l’ONU, où 197 États sont reconnus : nous n’avons pas à décider entre Euro-péens. D’autant que les flux migratoires ne concernent pas majoritairement les pays occiden-taux, mais bien ceux du Sud. Ce que défend la France Insoumise ne caresse pas l’air du temps dans le sens du poil. Au contraire. Nous sortons de nous-mêmes et pensons la migration à échelle planétaire.

« Je suis internationaliste. Pas mondialiste. Je crois au bon usage des frontières », écrivait cette année Jean-Luc Mélenchon. Que signifie pour vous cette opposition entre « internationalisme » et « mondialisme » ?

Olivier Besancenot : Je ne suis pas mondialiste, mais c’est là le vocable de l’extrême droite, en général… Je suis un internationaliste conséquent. C’est devenu une vanne, dans la gauche radicale, d’affirmer qu’on est favorable au brassage, au mélange. Je ne suis pas béni-oui-oui, je ne suis pas sponsorisé par Erasmus, je rappelle seulement nos fondamentaux politiques. Je crois à la reconnaissance des spécificités, mais dans leur relation à l’universel. Avec ce point d’équilibre, toujours. Je préfère les identités-rhizomes, dont parlait Glissant, aux identités closes. Je veux croire que nous naissons de plusieurs racines.

Danièle, je te propose que nous menions une campagne commune sur le thème « L’immigra-tion n’est pas un problème », tel que tu l’as énoncé tout à l’heure. Que toutes les forces le disent ensemble et donnent un maximum de visibilité à cette ligne face au public. Ne laissons pas planer de mauvais doutes. Car n’importe quelle personne assise dans son canapé, qui entend dire à la télévision, dans nos bouches, qu’il faut d’abord traiter « les causes » de l’immigration se dit machinalement que l’immigration est donc bel et bien un problème.

Danièle Obono : De quoi parle-t-on ici ? Pas de celles et ceux qui font le choix, par désir de voir du pays ou par choix de vie, d’aller vivre ailleurs, ayant à leur disposition les moyens pour faire et obtenir des visas, des titres de séjour… Tant mieux pour elles et eux ! Aujourd’hui, quand on aborde le sujet des migrations, extrême droite mise à part, qui est contre toutes les migrations, y compris légales, on parle bien des migrations « forcées », que ce soit par contrainte politique, économique, écologique…

On parle de gens qui n’ont en vérité pas le choix de rester ou de partir, et pour qui l’émigration est, dès le départ, un déchirement, une souffrance. Sans parler de toutes celles qu’elles et ils vont connaitre ensuite sur les chemins de l’exil… C’est à ces causes-là, les causes du malheur et du désespoir, que nous disons qu’il faut s’attaquer. En France, les migrants ne sont pas un problème, ils ne créent pas des inégalités, ils ne volent le pain de la bouche de personne, mais on ne peut pas occulter l’autre versant.

Dire uniquement que « l’immigration n’est pas un problème », c’est effacer la violence des départs. Le « Manifeste » [de Mediapart, Regards et Politis] se contente de dire que c’est comme ça, qu’on ne peut rien y faire. Je ne vois pas en quoi c’est contradictoire. Faisons donc une campagne qui aille au-delà : n’acceptons pas cet état de fait, n’acceptons pas que des gens risquent leur vie, ou la perdent, pour finir dans ces conditions porte de la Chapelle [à Paris].

Une enquête de l’Ifop, parue fin 2017, avance que 64 % des Français trouvent que le rythme de l’immigration est « trop élevé » et qu’une majorité se montre favorable à la fin du regroupement familial et à l’abolition de l’espace Schengen. La même année, Le Monde publiait une autre étude : « 77 % des ouvriers jugent qu’il y a trop d’étrangers en France. » Comment, en tant que révolutionnaires, donc en tant que porteurs de l’émancipation populaire, appréhender ce sentiment visiblement dominant au sein du peuple ?

Olivier Besancenot : Les idées ne sont jamais figées : c’est une bataille. À cet égard, la pensée d’Antonio Gramsci est souvent dénaturée : l’idée de l’hégémonie ne signifiait pas, pour lui, s’adapter au cours des choses, à ce qui est en vogue dans l’opinion. Il s’agissait de créer des espaces politiques, sociaux et culturels, clairement balisés, de les faire vivre, de les fortifier dans l’optique de rendre un certain nombre d’idées majoritaires dans la société. Afin de démontrer, ici et maintenant, au sein de cette société que nos positions sont viables. Il ne renonçait pas à la confrontation avec la pensée dominante pour autant.

Il n’est donc pas question de moduler son discours politique au sens commun du moment ?

Olivier Besancenot : Toutes les luttes d’émancipation ont été minoritaires dans un premier temps ! Le combat pour le droit des femmes, qui sont pourtant plus nombreuses que les hommes, a, lui-même, été minoritaire durant des décennies et des décennies. Je ne défends pas une politique qui nous minorise ; j’assume seulement la nécessité de résister à l’air du temps.

Quitte à perdre les élections ?

Olivier Besancenot : Quitte à perdre des voix, s’il le faut. Je l’ai entendu 10 000 fois : des gens me tapent sur l’épaule pour m’encourager et me féliciter pour ce que je dis sur les riches et les profits, tout en ajoutant qu’ils ne me suivent pas sur l’immigration. Mais il est important qu’ils continuent de savoir qu’avec nous, c’est un paquet cadeau. Il s’agit de créer un certain nombre de digues dans la société, de positions inébranlables.

Danièle, un « cadre » de la FI avait dit au Figaro que si votre mouvement assume pour mot d’ordre celui de l’ouverture des frontières, vous seriez « morts politiquement ». Il y a donc bien une réflexion stratégique.

Danièle Obono : Je ne sais pas de quel « cadre » il s’agit, qui aurait dit quoi exactement et je ne suis pas d’accord pour discuter sur la base des « on dit » médiatiques. Et, je le redis, la position d’une personne ne résume pas celle du mouvement. Notre position est celle de l’accueil et du sauvetage des migrants, mais, oui, pas celle de « l’ouverture des frontières ». Parce que ça ne veut rien dire, ou tout et n’importe quoi en même temps ! Et que nous croyons au bon usage des frontières.

On veut être majoritaires, oui, mais en convaincant les gens sur nos idées. Et pour ça, on cherche des moyens, des slogans, des revendications qui soient audibles, compréhensibles, qui permettent d’accrocher et de convaincre le plus grand nombre. Pourquoi est-ce que nous défendons la régularisation des travailleurs sans-papiers, en insistant sur la dimension de « travailleurs » ? Car ça dédramatise et ça parle aux gens qui peuvent comprendre et s’iden-tifier plus facilement aux sans-papiers qui bossent, comme n’importe qui, et qui devraient donc avoir des droits et des protections.

Les gens, au quotidien, comprennent et sont d’accord avec l’idée qu’on ne peut pas séparer les familles. Donc quand on demande la régularisation des parents d’enfants qui sont scolarisés, là aussi, ça leur parle. On a sans doute un désaccord tactique avec le NPA : avoir des mots d’ordre concrets aide à gagner des batailles. On doit créer des brèches. On ne dit pas qu’on va régulariser « tout le monde » comme ça, on ne défend pas l’« ouverture des frontières » parce que oui, ça braque, c’est contre-productif, ça renvoie encore une fois aux idéologies « no border »….

Bernie Sanders affirme que l’ouverture des frontières est une « proposition de droite ». Que la suppression des frontières nationales favorise la venue d’une main d’œuvre à bas coût et qu’elle fragilise, dès lors, les chômeurs afro-américains, blancs et hispaniques. Que répondre à ça ?

Olivier Besancenot : Que je ne suis pas d’accord. Cela ne correspond pas, en outre, à la réalité des mouvements migratoires. Il n’y a pas de règle mathématique ni de corrélation mécanique entre immigration et mise en péril des droits sociaux pour les résidents. Lorsqu’en France, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, durant les Trente Glorieuses, les classes dominantes ont été chercher, de force, des travailleurs étrangers pour effectuer des travaux que pas grand monde ne souhaitait faire, il n’y a pas eu pour autant de « pression salariale » particulière pour les autres travailleurs. C’est un argument dangereux et fallacieux, mais il est vrai qu’il n’est pas nouveau dans le mouvement ouvrier…

Paul Lafargue, du Parti Ouvrier, par exemple.

Olivier Besancenot : Oui ! Et c’est inassumable aujourd’hui. Certains opposent également à ma position des citations de Jaurès. Mais Jaurès n’a pas dit que ça, et a évolué sur la ques-tion ; à la fin de sa vie, il découvrait, par son humanisme, la réalité coloniale. On ne peut pas enjamber le siècle d’expériences politiques qui nous sépare de cette période. On ne peut pas faire fi de la Révolution russe, oublier le congrès de Bakou de 1920? qui a donné, pour la première fois, la parole aux peuples colonisés et rayer d’un trait de plume les luttes de libération nationale qui ont suivi.

Tout un tas de figures historiques du mouvement ouvrier, auxquelles nous nous référons pourtant, ont tenu des propos sur la question coloniale qu’on ne peut plus reprendre à notre compte, à commencer par Marx et Engels. Dans un autre registre, des pans entiers du syndi-calisme, y compris anarchistes ou syndicalistes révolutionnaires, affirmaient à la fin du 19è siècle que l’arrivée des femmes sur le marché du travail allait faire pression sur les salaires des hommes et mettre les travailleurs en concurrence entre eux. Qui, aujourd’hui, aurait à l’idée de proposer « d’assécher » le travail des femmes ?

Danièle Obono : Mais c’est un argument que le patronat utilise. « Si tu n’es pas content, on te remplacera. » C’est certainement un autre de nos désaccords. La classe dominante instrumen-talise les migrations, comme elle le fait aujourd’hui avec le chômage ou l’emploi des femmes. Les femmes ont davantage de temps partiels et de temps précaires. Systémiquement, le différentiel est de – 20 à – 25 %.

Le système capitaliste et patriarcal développe objectivement une stratégie d’opposition, il joue sur les uns et les autres, il surexploite, discrimine et met en concurrence sur le « marché du travail » les uns, les unes et les autres : actifs contre chômeuses et chômeurs, femmes contre hommes, blancs contre racisés, nationaux contre immigrés…. Pointer du doigt la responsabilité des capitalistes est légitime, et ça n’ouvre aucune boîte de Pandore nationaliste.

Olivier Besancenot : Eh bien nivelons par le haut ! Je n’entends pas le patronat avancer aujourd’hui l’argument que tu énonces. Le patronat pense d’abord en termes de gains de productivité, et y répond, le cas échéant, en délocalisant à l’étranger. Le patronat met désor-mais les travailleurs en concurrence à l’échelle de la planète ; il n’a pas eu besoin de l’immi-gration pour amputer le monde du travail, ces dernières années, de 10 % du PIB chaque année, au profit du Capital.

Danièle Obono : Dans le secteur du bâtiment, ils ne délocalisent pas : ils emploient des travailleurs arrivés récemment, parfois sans papiers.

Olivier Besancenot : Oui, des « délocalisations » sur place, en quelque sorte. Réglons le problème en posant ensemble la question du partage des richesses. Et on y arrivera. Mais quand tu additionnes « lutter contre les causes de l’immigration », « créer les conditions pour que les gens ne partent pas », et poser une équation, même instrumentalisée, entre migrants et baisse des salaires, avoue que ça donne à réfléchir !

Tout ceci amplifie ce que j’appelle « l’effet tunnel » du grand public vis-à-vis de l’immigration. Lorsqu’un individu se retrouve en situation de tension parce qu’il se sent agressé par un autre individu, il est prouvé que son champ de vision réduit de moitié ou des deux tiers. Il se focalise sur ce qu’il pense être un danger : la société est frappée par cet « effet tunnel », et une partie de la gauche radicale n’est pas loin d’y succomber à son tour. Incarnons tous ensemble le camp de ceux qui n’ont pas peur. Et cessons de mettre des notes de bas de page dans nos déclarations pour être compris.

En 2016, le cinéaste Ken Loach, soutien historique du NPA, déclarait que la gauche n’entend pas qu’il est « très troublant et déstabilisant » pour les gens de voir leur environnement « changer de façon drastique en l’espace même de dix ans ». Est-ce là une pente glissante ?

Olivier Besancenot : Parlons des questions identitaires s’il le faut. Discutons-les au sein de la gauche radicale. Moi-même je suis un Parisien, un con de Parisien !  Avec les contradictions footballistiques qui vont avec. Je peux être vraiment très parisien devant un match. Imaginons des espaces démocratiques à même de définir ou redéfinir des identités singulières et communes, ça ne me choque absolument pas : il n’y a pas de tabous.

La démocratie qui implique la majorité au titre d’acteurs politiques et non de sujets est le seul cadre qui puisse permettre de dénouer les crispations. Le populisme de gauche, tel qu’il est défini par Mouffe et d’autres, postule d’entrée que les questions de société, migration incluse, divisent le peuple à unifier autour de quelques questions sociales dédiées. Il y a eu des débats récurrents à ce sujet au sein de Podemos.

Il ne faut pas perdre de vue que les sujets majeurs de préoccupation, au sein de la population, c’est le prix de l’essence, le logement, le salaire. On doit donc construire des blocs sociaux et politiques, où les questions sociales et de société s’articulent dans leur complémentarité. Bien sûr que s’appuyer sur des revendications partielles peut faire avancer la cause. Quand la CGT et SUD appuyaient les mouvements de grève des travailleurs sans-papiers, nous les avons soutenus sans failles, mais nous poussions aussi, quitte à se dire quelques vérités, à ce que la convergence se noue avec les collectifs de sans-papiers qui n’avaient pas nécessairement d’emplois.

Danièle Obono : La question migratoire est sociale. Quel est le prêt-à-penser sur le sujet ? Qu’on n’a pas assez pour nous-mêmes, donc qu’on ne peut plus accueillir personne. C’est faux. On est la 6e puissance mondiale : on peut donner des droits. Jean-Luc [Mélenchon] ne le dirait pas avec ce mot, mais on assume d’être une société multiculturelle. On peut être afro-français — mieux, on est. Le débat culturel et identitaire est normal dans un monde qui se déconstruit. Reste à savoir ce qu’on reconstruit ensemble. Qu’est-ce qui fait commun ? Comment fait-on société ? La Constituante, proposée par la FI, est une réponse à ça.

Olivier Besancenot : Dans mon bureau de poste, il y a trois guichets. On est en sous-effectifs, donc on a généralement un guichet qui n’est pas ouvert. Avec la file d’attente que ça induit. Au bout d’un moment, un type finit forcément par péter un plomb et s’adresse générale-ment vertement au guichetier en lui demandant d’accélérer. Heureusement, tu as aussi celui ou celle qui a tout compris et dit : « Je ne comprends pas, il y a trois guichets, pourquoi il manque un guichetier ? »

Remettre au centre la question du partage des richesses revient à ça. En France, on a la possibilité d’avoir trois guichets et trois guichetiers. C’est pareil sur la question de l’immigration. Que disent le plus souvent ces 64 % de Français mécontents, en tout cas tous ceux que je croise ? Ils parlent du logement, bien avant l’emploi. Des toits qui manquent, des listes d’atten-te pour les logements sociaux, qu’ils mettent en opposition avec l’accueil des migrants.

Eh bien, rappelons les fondamentaux : on a 1,8 millions de personnes en attente d’un logement social et 2,6 millions de logements laissés vacants. Donc, Danièle, disons ensemble « L’immi-gration n’est pas un problème » et rajoutons ce que tu veux derrière, si ça permet qu’on avan-ce de manière unitaire. Il faut seulement que le plus grand nombre comprenne qu’il existe un camp décomplexé qui n’a pas envie de s’excuser pour dire qu’il est clairement antiraciste. Donnons-nous les moyens de créer un bloc pour leur dire : « Vous nous faites chier, à la télé, de nous poser toujours les mêmes questions en boucle. »

Danièle Obono : La question migratoire est un élément de la guerre sociale et économique. Ne la dissocions pas du reste. Parlons de « droits égaux » et tirons ce fil.

Pourquoi cette rencontre ? Parce que trois tweets. Le premier, signé Jean-Luc Mélenchon : « Nous disons : honte à ceux qui organisent l’immigration par les traités de libre-échange et qui l’utilisent ensuite pour faire pression sur les salaires et les acquis sociaux1 ! » Le second, quatre jours plus tard, en réponse au précédent et signé Olivier Besancenot : « Ce ne sont pas les immigrés qui font pression sur les salaires, mais le taux de profit que les capitalistes extirpent du travail des salariés, français ou immigrés, en France comme dans le monde entier. » Le troisième, enfin, signé Danièle Obono et invitant vivement Besancenot à relire le livre I du Capital de Marx et à s’unir contre Macron. Puisqu’il n’est d’échange que de vive voix et de débat qu’au prix du refus du « pour ou contre », nous avons convié l’ancien candidat NPA à la présidentielle, postier et auteur de 10 ouvrages, ainsi que la députée France Insoumise, ancienne bibliothécaire et préfacière d’un recueil de Trotsky, à s’entretenir — loin des réductions médiatiques — sur la question migratoire. Comment penser l’immigration à l’heure de la poussée nationaliste aux quatre coins du globe ?

Ballast 14 Novembre 2018

https://www.revue-ballast.fr/

Lire la suite

13 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

impopulaire (révolution permanente)

casque

Toujours plus impopulaire

Carburants : Macron à la manœuvre pour tenter d’apaiser la colère

Après un bref moment de répit, voilà à nouveau Macron dans la tourmente. Pendant quelques semaines, les projecteurs s’étaient détournés des affres du gouvernement, pour se braquer sur les perquisitions de Mélenchon, accordant un sursis à notre Jupiter en faillite. La pause aura été brève cependant. Avec l’annonce de la hausse des prix des carburants a commencé à gonfler une vague de colère dont le gouvernement a du mal aujourd’hui à estimer l’ampleur. 

Si de nombreux mouvements politiques tentent de mettre la main sur la mobilisation qui s’organise pour le 17 novembre, le caractère massif de la colère, légitime, qui s’exprime se confirme de jour en jour. « Parce qu’il est difficile d’en appréhender la portée, l’appel des « gilets jaunes » à bloquer les routes de France le 17 novembre inquiète l’Elysée » note Le Monde.

On y apprend aussi que La République en Marche, prenant la mesure de la contestation, a demandé à des envoyés sur place un état des lieux de la situation. D’ores et déjà, dans de nombreuses villes des réunions et rassemblements de plusieurs centaines de personnes se sont tenus en vue de préparer la journée de samedi. Plus de 400 villes devraient être bloquées le 17.

Lors de son itinérance mémorielle réalisée à l’occasion du centenaire de la Première Guerre Mondiale, Macron s’est heurté à des invectives au sujet de la hausse des prix des carburants. Alors que le but de ses célébrations d’une semaine était à la fois d’aller à la rencontre « du peuple », l’initiative, une fois encore, a tourné au fiasco.

Comme le note le Financial Times « malgré ses tentatives d’adopter solennité et ton martial, la tournée mémorielle de M. Macron a tourné à la débâcle en termes de relations publiques, confirmant sa propension à faire des gaffes tout en suscitant le mépris des classes populaires françaises ». Quand la commémoration patriotique de la grande guerre devait jouer un rôle unificateur et permettre à Macron de s’élever au dessus de la mêlée, elle a tourné au chemin de croix.

Lundi matin a eu lieu à l’Élysée une réunion d’urgence, pour tenter d’apaiser la crise.

Les mesures annoncées par le gouvernement sont pourtant loin de répondre au problème réel, posé par la baisse du pouvoir d’achat et la hausse des prix, que subissent de plein fouet des millions de personnes aujourd’hui. A l’issue de la réunion interministérielle qui a eu lieu à Matignon, a été annoncé un plan d’urgence à hauteur de 400 à 500 millions euros, consistant principalement à une extension de la prime de reconversion automobile (c’est-à-dire une prime pour encourager les automobilistes à remplacer leur véhicule par un nouvelle voiture consom-mant moins), ainsi qu’une potentielle extension du chèque énergie pour les foyers les plus modestes.

Des solutions qui visent à étouffer la gronde montante, mais ne vont en rien améliorer le pouvoir d’achat de millions de travailleurs, alors que dans le même temps, Macron est direc-tement responsable des difficultés financières croissantes de la majorité de la population, par ses politiques de destruction du service public, de réduction des aides sociales et de précarisation croissante du travail.

Comme à son habitude, pour éteindre l’incendie, le gouvernement agite la carotte mais aussi la matraque. Outre les annonces de ces quelques primes, il a déjà menacé lundi matin par l’intermédiaire du secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, les manifestants en perspective du 17 : « les manifestation doivent être déclarées et encadrées. Elles ne peuvent pas produire un blocage total ».

Léa Luca lundi 12 novembre

http://www.revolutionpermanente.fr

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin