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24 avril 2018 ~ 0 Commentaire

rouen 1968 (npa)

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Rouen 1966-1968 : la JCR à la conquête de la jeunesse

En mai 1968, à Rouen, les militantEs de la « JCR » se trouvèrent portés à la tête de la révolte des étudiantEs et lycéenEs. Ce fut le résultat d’un travail militant entrepris dans les années qui précédèrent, dans une ville ou l’emprise du PCF et ses méthodes staliniennes pour contrôler le mouvement ouvrier étaient particulièrement fortes.

Provenant de l’Union des étudiants communistes pour les unEs, des Jeunesses socialistes unifiées (PSU) pour les autres, une quarantaine de militantEs participèrent en 1966 à la création de la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR), sous l’impulsion de la cellule du Parti communiste internationaliste (PCI, IVe Internationale). La JCR engagea toutes ses forces pour construire un véritable mouvement de masse contre l’intervention étatsunienne au Viêtnam, qui cristallisait à cette époque la confrontation mondiale entre la révolution et la contre–révolution.

Bien que Rouen ne fut à l’époque qu’une petite ville universitaire, le comité Viêtnam regroupa plus de 600 adhérentEs. Le couronnement de son action fut la réalisation de deux grands meetings (en 1967 et 1968) « 6 Heures pour le Viêtnam », auquel assistèrent à chaque fois plus de 1 000 personnes.

Cette influence grandissante fut combattue par l’extrême droite. Le 12 janvier 1967, un commando du groupe « Occident » venu de Paris, dont faisaient partie 3 futurs ministres de la République (Madelin, Longuet et Devedjian) attaqua à la barre de fer et dévasta le restaurant universitaire où le comité Viêtnam distribuait des tracts, faisant plusieurs blesséEs et suscitant une vive -émotion dans toute la ville.

Le PCF assistait impuissant et exaspéré à la montée en puissance de la JCR dans la jeunesse étudiante et lycéenne. Ainsi, lorsque la JCR décida, au lendemain de l’assassinat de Che Guevara, d’organiser, avec la participation d’Alain Krivine, un meeting en sa mémoire, les militants du PCF bloquèrent l’entrée de la petite salle avant le début du meeting ; empêchant la réunion de se tenir.

Quinze jours plus tard, le meeting se tenait dans l’une des plus grandes salles de la ville, bien remplie, avec le soutien d’associations et d’organisations de gauche et d’universitaires mobilisés pour défendre notre liberté d’expression.

La JCR développa son influence dans les facs ainsi que dans les lycées « classiques » et « techniques », où elle distribuait une feuille l’Étincelle, dans le but de gagner de futurs jeunes travailleurEs. Elle avait quelques militantEs dans la chimie, à la SNCF, chez Renault, ainsi qu’à l’hôpital psychiatrique.

L’activité internationaliste de la JCR à Rouen au cours des années 1966-1968 lui permit de se lier à la radicalisation de la jeunesse. Ainsi se forma l’équipe militante qui anima le comité de grève des étudiantEs en mai 1968.

Jean-Claude Laumonier

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24 avril 2018 ~ 0 Commentaire

municipales paris (jdd)

bagarre

Municipales à Paris : les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon espèrent jouer les arbitres

« Maintenant, je demande à tout le monde de m’appeler ‘Madame 12%’! » Danielle Simonnet est ravie du sondage Ifop-Fiducial publié par le JDD le 25 mars dernier. La patronne de La France insoumise (LFI) à Paris, testée comme chef de file en vue des prochaines élections municipales de 2020, obtient le score honorable de 11 ou 12% selon les scénarios – derrière Benjamin Griveaux (LREM) à 32%, Anne Hidalgo (PS-EELV-PCF-PRG) à 29% et Florence Berthout (LR) à 21%. C’est-à-dire au-dessus du seuil fatidique des 10% des suffrages exprimés qui permet à une liste de se maintenir au second tour.

En clair, les mélenchonistes seraient en mesure non seulement de gagner deux ou trois mairies d’arrondissement dans le Nord-Est parisien (18e, 19e, 20e) en 2020, mais surtout de jouer les arbitres lors du prochain scrutin. Voire de faire trébucher la maire socialiste sortante, dans la perspective de plusieurs triangulaires ou de quadrangulaires. Voilà pourquoi Danielle Simonnet a le sourire.

Un fort « pouvoir de nuisance » pour la majorité municipale

« A Paris comme ailleurs, analyse-t-elle, les dernières élections [présidentielle et législatives] ont réorganisé l’espace politique en trois forces : LREM, LR et LFI. Dans ce contexte, quelle stra- tégie Anne Hidalgo va-t-elle adopter? Pour l’instant, elle fait tout pour montrer qu’elle est Macron-compatible. » La seule conseillère de Paris LFI (élue du 20e), qui se dit « incontestée » dans son camp, s’évertue à enfoncer un coin entre la maire PS et ses alliés communistes, écologistes, hamonistes.

Hors de question toutefois d’imaginer une alliance avec les élus PCF, EELV ou Génération.s de Benoît Hamon.

« Par contre, les militants qui veulent rompre avec la politique libérale de la Ville sont les bien- venus », dit-elle, dédaignant toute « tambouille ». Et d’ironiser sur « le bal des hypocrites » : « Les Verts et les communistes vont continuer à hurler “ménagez-nous, sinon on fait un malheur!”, mais ils tenteront de sauver Anne Hidalgo. Le naufrage assuré! »

Lors des législatives de 2017, les Insoumis ont réussi à arracher la 17e circonscription (à cheval sur les 18e et 19e arrondissements), conquise par Danièle Obono (50,7%), seule députée LFI de Paris. Les législatives ont aussi permis aux mélenchonistes de mesurer plus globalement leur poids électoral. Ils ont fait le plein dans l’Est parisien. Dans la 6e circons- cription (11e-20e arrondissements), Pierre Person (LREM) ne l’a emporté que de 700 voix (50,9%) face à Danielle Simonnet. Quatre autres candidats LFI se sont qualifiés au second tour, dans les 13e et 20e arrondissements. Dans le 18e, il s’en est fallu de peu.

« Porter la colère des gens dans les quartiers »

Pour autant, à la présidentielle, « Jean-Luc Mélenchon n’a pas fait mieux à Paris [19,5%] que dans le reste de la France [19,9%], contrairement à d’autres grandes villes comme Lille 29,9%  ou Marseille 24,8% », décrypte Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop. Selon lui, l’enjeu pour les mélenchonistes à Paris en 2020 sera de « dépasser les simples critiques à l’encontre d’Anne Hidalgo ».

Pour l’heure, LFI à Paris représente surtout un fort « pouvoir de nuisance » pour la majorité municipale.

Ce qui agace Ian Brossat, adjoint communiste d’Anne Hidalgo chargé du logement : « Jean-Luc Mélenchon veut tuer tout ce qui existe entre Emmanuel Macron et lui, explique-t-il. Dès lors, la gauche parisienne le gêne. Veut-il la faire battre? » Même son de cloche chez Emmanuel Gré- goire, à la tête de la fédération socialiste de Paris : « Les mélenchonistes se sont enfermés dans l’opposition municipale et instrumentalisent la faiblesse de la gauche.

En 2020, ils ne nous feront pas de cadeaux. A nous de convaincre les Parisiens que toute voix LFI sera une voix perdue pour la gauche. » Dans l’équipe d’Anne Hidalgo, on mise sur un effet « vote utile » et on pronostique une « déperdition importante » des Insoumis aux municipales. Ian Brossat ajoute : « Où est le programme? Je doute que l’interdiction de la pêche dans la Seine [un combat de Danielle Simonnet] puisse faire office de projet municipal. »

De son côté, Danielle Simonnet entend se battre en particulier sur le logement, réclamant une « baisse des loyers », dénonçant l’ »insuffisance des logements réellement so- ciaux ». Elle prône également un « retour en régie directe de l’ensemble des services publics ». Favorable à la piétonnisation des voies sur berge, elle veut « aller plus loin » dans la lutte contre la pollution. Et elle souhaite « réinterroger le Grand Paris », trop tourné vers « la finance et la spéculation », à ses yeux.

La dernière réunion publique qu’elle a organisée, début avril, dans le 13e, a rassemblé une centaine de sympathisants. Elle s’intitulait : « Et si on parlait des sujets qui fâchent? » Les partici- pants devaient lister les thèmes qu’ils jugent prioritaires : contrôle de la verbalisation du stationnement par des entreprises privées, préservation des colonies de vacances, places en Ehpad, usine d’incinération d’Ivry, laïcité…  » Ma stratégie? Porter la colère des gens dans les quartiers », résume « Madame 12% ».

23 avril 2018

https://www.lejdd.fr/

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23 avril 2018 ~ 0 Commentaire

gauche (les inrocks)

caviar
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Comment la gauche s’est embourgeoisée: “Trump a de très bonnes chances d’être réélu en 2020”

Pour l’essayiste américain Thomas Frank, collaborateur régulier au Monde diplomatique, ce “déni” est caractéristique des “faiblesses du Parti Démocrate, dont l’incapacité à aborder la question sociale n’est pas accidentelle”, nous explique-t-il dans un café parisien. C’est l’objet de son livre aujourd’hui traduit en France, Pourquoi les riches votent à gauche (éd. Agone), qui analyse comment le “parti du peuple” a sciemment rompu ses liens avec les travailleurs pour devenir un deuxième parti “pro-business”, plébiscité par les professionnels blancs de la classe moyenne supérieure. “Le Parti Démocrate doit se demander qui il est, or pour l’instant il ne fait que dénoncer constamment la présidence Trump, et prétend que l’élection a été truquée, sans jamais se remettre en cause. Si bien que selon moi, malheureusement, Trump a de très bonnes chances d’être réélu en 2020”, déplore l’essayiste.

Qu’est-ce que le Parti démocrate aujourd’hui ? Hillary Clinton est celle qui l’a peut-être le mieux résumé, bien qu’involontairement, lors d’un voyage en Inde après la présidentielle : “Je l’ai emporté dans des endroits qui représentent deux tiers du produit intérieur brut américain”. C’est cet inversement de la base électorale du parti de Franklin Roosevelt, l’instigateur du New Deal, qui travaille Thomas Frank. “Les démocrates sont toujours un parti de classe. D’ailleurs, ils témoignent d’une sollicitude admirable pour les intérêts de la classe qu’ils représentent”, souligne-t-il avec une ironie mordante.

L’adieu au peuple de la gauche

L’origine de cet abandon de la lutte contre les inégalités économiques et sociales remonte selon lui aux années post-68. “Les démocrates ont cessé d’être le parti du peuple depuis les années 60 : ils ont cru que le futur reposait entre les mains des jeunes opposants à la guerre du Vietnam, les hippies sortis des grandes universités comme Bill Clinton, et ils ont viré les syndicats du parti. A partir de là, le Parti Démocrate est devenu le parti de la classe profes-sionnelle, dont le but est la redistribution de la richesse entre les 10% les plus riches de la population”, affirme l’auteur.

Pourquoi la gauche a gouverné si peu, et déçu si vite

Les démocrates ne se sont pas cachés de ce revirement idéologique, ils l’ont même théorisé ouvertement dans “Changing Sources of Power”, publié en 1971 par le stratège démocrate Frederick Dutton. La trahison des clercs démocrates trouve conjointement sa source dans un think-tank qui a fini par imposer sa ligne, le Democratic Leadership Council (DLC), dont sont issus notamment Bill Clinton et Al Gore.

Pour ce groupe, il convenait de négliger la classe ouvrière en déclin, au bénéfice d’“une classe de la connaissance émergente” vouée à peser de plus en plus démographiquement. Toute ressemblance avec le fameux rapport de Terra Nova (think-tank proche du PS) en 2011, signant définitivement le divorce entre la gauche social-démocrate et les catégories populaires, serait purement fortuite.

Technocratie et dégoût pour la politique partisane

Le Parti Démocrate devient donc celui de l’“establishment”, des professions indépendantes, blanches, aisées et libérales sur les questions sociales, et abandonne tout volontarisme dans le domaine de l’égalité salariale. En 2008 déjà, Barack Obama lève plus de fonds pour sa campagne à Wall Street que son adversaire républicain. Et pour cause : cette coalition de technocrates méprise le conflit, a fortiori la lutte des classes, tandis qu’elle célèbre les vertus de la mondialisation et de la méritocratie, cette doctrine qui “se soucie des vainqueurs et que chacun ait une chance de devenir un vainqueur” selon Thomas Frank.

Celui-ci dénigre cet entre soi élitiste, d’autant plus qu’“un statut social élevé n’est pas néces- sairement la preuve d’une pensée créative ou originale”. Il rejoint en cela le philosophe Alain Denaut, qui décrivait dans La Médiocratie la révolution silencieuse par laquelle une élite acquise au libre-échange a imposé son hégémonie culturelle.

On reconnaît aussi dans le livre de Thomas Frank un attachement au populisme de gauche, rooseveltien et égalitaire, qui n’est pas sans rappeler la théorie de la philosophe Chantal Mouffe, appelant à conflictualiser le débat pour sauver la démocratie, dans L’Illusion du consensus. Thomas Frank voit d’ailleurs en Bernie Sanders, qu’il a rencontré, un continuateur de “la tradition populiste” et “le symbole vivant de ce que les démocrates représentaient”. Il pourfend en contrepoint le “dégoût bien connu des professionnels pour la politique partisane, et leur foi en ce qu’ils considèrent comme des solutions apolitiques”.

“Masochisme politique”

C’est bien de cette maladie du centre mou, et du séparatisme social qui en découle, que la gauche se meurt selon lui et pas seulement aux Etats-Unis. En Europe, elle nourrit le “faux populisme” de droite, qui n’a plus qu’à récolter les fruits de cette incurie politique en donnant voix à la frustration économique des classes populaires. Voilà comment la gauche s’embour- geoise, tandis que la droite se prolétarise.

L’auteur en a fait l’amer bilan dans un précédent livre, Pourquoi les pauvres votent à droite, analysant le “masochisme politique” qui poussait les ouvriers de son Kansas natal (un des Etats les plus pauvres des Etats-Unis) à voter conservateurs.

Le Brexit s’inscrit dans la même logique. Dans le Yorkshire, qui est l’équivalent du Kan- sas, les gens ont voté pour le Brexit [à 58%, ndlr], non pas parce qu’ils sont riches, mais parce qu’ils sont pauvres !”, martèle-t-il. Là encore, les dirigeants de la social-démocratie europé- enne, qui avaient largement milité contre, ont eu du mal à comprendre cette manifestation de colère populaire. Comme l’écrit Serge Halimi, directeur du Monde diplomatique, dans sa préface, c’est ce qui arrive quand le progressisme politique n’est plus qu’une “disposition culturelle, un charabia compassionnel” : il “devient indexé au prix du mètre carré et il ne se soucie plus du tout de loyers à bon marché”.

Dans “Pourquoi les riches votent à gauche”, l’essayiste américain Thomas Frank analyse comment le Parti Démocrate a délaissé les classes populaires au profit de populations aisées et cultivées. Un réquisitoire qui pourrait aussi bien s’appliquer à la social-démocratie française. La défaite spectaculaire d’Hillary Clinton face à Donald Trump à la présidentielle américaine de 2016, conjuguée à la percée inopinée du challenger “socialiste” (le mot fait frémir les Yankees) Bernie Sanders à la primaire démocrate, auraient pu être l’occasion d’une autocritique radicale pour le Parti Démocrate. Au lieu de cela, elles n’ont suscité que les imprécations outrées de la candidate déchue contre les fake news russes (une plainte a d’ailleurs été déposée le 20 avril par le Comité national démocrate), la misogynie des hommes et les pulsions racistes du bas-peuple, ce “panier de gens pitoyables” (sic).

Mathieu Dejean 23/04/18 12h43
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Pourquoi les riches votent à gauche, de Thomas Frank, préface de Serge Halimi, éd. Agone, 456 p., 25€
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23 avril 2018 ~ 0 Commentaire

force ouvrière (le huff’+ le parisien + rdf )

jc mailly

Pascal Pavageau succède a Jean-Claude Mailly à Force Ouvrière: le nouveau caillou dans la chaussure gauche du gouvernement. Le syndicat s’apprête à tourner la page Jean-Claude Mailly, plutôt en phase avec l’exécutif, lors de son congrès qui s’ouvre ce lundi à Lille.

Sortie par la petite porte pour Jean-Claude Mailly. Secrétaire général de Force ouvrière depuis 14 ans, le dirigeant syndical et socialiste assumé, qui a connu et (parfois) bataillé avec quatre présidents de la République, tirera sa révérence à l’issue du congrès de FO qui s’ouvre ce lundi à Lille. Un pot de départ pas particulièrement festif au regard du bilan plus que contesté des dernières années de son mandat.

Une partie des troupes FO ont en effet jugé trop conciliantes les positions de leur numéro un sur les ordonnances Macron réformant le droit du travail, alors que FO avait défilé aux côtés de la CGT pour s’opposer à la loi El-Khomri un an plus tôt. Encore aujourd’hui, en plein bras de fer sur la réforme des retraites, Jean-Claude Mailly se montre beaucoup moins incisif que son homologue de la CGT et ne rate pas une occasion de dire du mal de Jean-Luc Mélenchon.

Pourquoi une telle complaisance?

Les mauvaises langues syndicales le soupçonnent de négocier en coulisses avec le gouverne- ment un parachutage à une fonction confortable. « Mystère », répond diplomatiquement celui qui a la lourde tâche de lui succéder. A 49 ans, Pascal Pavageau, adepte d’une ligne beaucoup plus dure, sera élu le 27 avril prochain à la tête de FO. Et s’il épargne son prédécesseur, il ne cache pas son souhait de faire le ménage.

Une ligne anti- »chacun pour soi »

S’affichant comme plus « direct » face à un exécutif qui est « une bête de com’ », Pascal Pavageau a déjà commencé à marquer le changement de cap. « Compte tenu des difficultés de position- nement et de ligne cette année, et c’est un euphémisme, les militants attendent clairement une ligne », assure cet ingénieur spécialisé dans l’environnement qui se présente en pacificateur, candidat « de la base » et « sans carte au PS », histoire de se démarquer un peu plus de son prédécesseur.

La ligne Pavageau qui se dessine, c’est celle du « combat collectif » contre la logique du « chacun pour soi » incarnée à ses yeux par le président de la République. « Il se fiche des syndicats! », taclant « Jupiter » qui ne « supporte pas les contrepoids » que sont les syndicats, la presse, ou les parlementaires…

Analyse qui n’annonce rien de bon pour l’exécutif, qui a pleinement bénéficié de la coopération de Jean-Claude Mailly. « C’est un grand leader syndical, et il a marqué le champ social en France, à la tête de FO, depuis 14 ans », a encore déclaré la ministre de Travail Muriel Pénicaud ce lundi sur Europe1. Celle-ci se montre en revanche beaucoup plus prudente sur son successeur: « Il va prendre ses marques, on attend un peu de voir les positions qu’il va prendre ».

Elle n’a pas tort. Le futur leader a qualifié d’ »autoritarisme primaire », « quasi dictatorial » le fait que pour la réforme de la formation professionnelle, l’exécutif n’ait pas pris en compte le refus unanime des syndicats de transformer l’unité de mesure du compte personnel de formation (CPF), en euros plutôt qu’en heures.

S’agissant du prochain chantier social, lui aussi explosif, Pascal Pavageau, fin connaisseur de la fonction publique dont il est issu, a qualifié les discussions en cours de « bla-bla », « de haut niveau café du commerce ». « Il faudra quand même qu’on nous explique comment on peut garder le principe collectif de répartition et de solidarité intergénérationnelle en passant à une retraite à points individuels », a-t-il dit, visiblement prêt à en découdre.

Réformer FO

De quoi faire émerger une ébauche de « convergence des luttes » syndicales? Aujourd’hui réfractaire, FO pourrait changer de ligne après son congrès. Pascal Pavageau se dit ouvert à une « unité d’action ». Mais avant cela, le nouveau patron de FO devra panser les plaies d’un syndicat qui peine à se renouveler. Force Ouvrière, qui a récemment fêté ses 70 ans, est le troisième syndicat en termes d’audience et a du chemin à rattraper concernant son implan- tation dans les entreprises. Il est en revanche premier dans la fonction publique d’État.

« Contrairement à ce que pense Jupiter le monde n’a pas démarré en 2017″, tranche Pascal Pavageau tout en promettant, lui aussi, de faire émerger un « nouveau monde » syndical. A ses côtés, une jeune garde, soit six nouvelles têtes sur 13, qui vont faire leur entrée au bureau confédéral. Il promet de rajeunir et de féminiser le syndicat, voulant même « faire sauter le plafond de verre » dans un paysage ultra-masculin. Il a aussi précisé qu’il « ne valide pas le chiffre de 500.000″ adhérents inchangé depuis 2011 et devrait faire les comptes pour annoncer un chiffre « au plus tard à la fin de l’année ».

23/04/2018  Geoffroy Clavel

https://www.huffingtonpost.fr

Lire aussi:

Force ouvrière : un congrès qui s’annonce houleux (rdf)

Congrès de FO à Lille : Jean-Claude Mailly hué (LP)

Commentaire: FO a un problème, pour nous, c’est qu’il syndique parfois (?) des secteurs réactionnaires. Son secteur prison, par exemple est sur les positions du FN. Une partie vote FI, mais beaucoup FN. La position anticommuniste traditionnelle s’adossait bien à une base réellement réac! La LCR refusait de s’y syndiquer, contrairement à Lutte Ouvrière et la Fédération Anarchiste. En Finistère ( dans toute la Bretagne?), nous bénéficions d’un FO de gauche, ce qui trouble la vision d’ensemble!

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23 avril 2018 ~ 0 Commentaire

argent magique (attac)

macron

« L’argent magique » de Macron, pour les riches seulement

Mis en difficulté par une infirmière qui l’interpellait au sujet du manque de moyens dans son hôpital, Emmanuel Macron a fini par répliquer qu’il n’y avait pas d’« argent magique ».

C’est doublement faux !

Dans le budget de 2018, le premier de sa présidence, Emmanuel Macron a su trouver 17 milliards d’euros d’argent public pour baisser les impôts des entreprises et 7 milliards pour les ménages les plus fortunés, dont la moitié en supprimant l’ISF.

Maintenant que cet argent a été distribué au plus riches et aux multinationales, Emmanuel Macron et son gouvernement se servent des habituels prétextes de la dette et des déficits pour réduire les dépenses publiques, dans les hôpitaux, les écoles, les universités, les Ehpad, les prisons, alors que les besoins en personnel et investissements sont criants.

Si les déficits et la dette ont flambé ces trente derrières années, c’est que les recettes publi- ques ont été progressivement érodées par les politiques libérales, les cadeaux fiscaux, l’éva- sion et la concurrence fiscales. Derrière le sempiternel besoin de « modernisation de l’écono- mie » Emmanuel Macron veut parachever le rêve des néolibéraux en cassant ce qu’il reste de la solidarité et des services publics pour tout soumettre à la loi de la rentabilité. Emmanuel Macron est en réalité le triste héritier de Ronald Reagan et de Margaret Thatcher dont les politiques désastreuses ont fini par nous apporter Trump et le Brexit.

Mobilisons-nous pour récupérer l’« argent magique » caché par Macron !

Attac a dressé une liste, non exhaustive, de l’« argent magique » [1] qu’Emmanuel Macron ignore délibérément :

  • Lutter efficacement contre l’évasion fiscale en allant bien plus loin que les timides mesures de la loi « petite fraude » qui oublie l’évasion fiscale des plus riches et des multinationales = jusqu’à 80 milliards d’euros par an ;
  • Taxer l’ensemble des transactions financières pour réduire la spéculation boursière = jusqu’à 36 milliards d’euros par an ;
  • Remettre en cause des cadeaux fiscaux aux plus riches et aux entreprises prévus par le budget Macron de 2018 = 24 milliards d’euros par an ;
  • Supprimer les niches fiscales les plus injustes et inefficaces, en particulier le Pacte de responsabilité et le CICE qui ont augmenté les profits des entreprises mais n’ont jamais créé le million d’emplois promis par le Medef = 50 milliards d’euros par an ;
  • Supprimer des subventions directes et indirectes aux énergies fossiles, indispensable pour réduire les émissions de CO2 = 10 milliards d’euros par an.

Ces mesures permettraient de sauvegarder nos services publics de plus en plus menacés et d’engager la nécessaire transition sociale et écologique de nos économies. Elles pourraient être mises en œuvre par un gouvernement volontariste, poussé par les citoyen.ne.s, associations, mouvements et syndicats.

Attac France, 18 avril 2018

Notes:

[1] Pour une analyse détaillée, lisez le Rapport « rendez l’argent »

argentmagiquemacron-attacavril2018.pdf

https://www.anti-k.org/

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23 avril 2018 ~ 0 Commentaire

quimper collectif (npa)

train chemin def

Des collectifs pour défendre les cheminotEs et les services publics

Depuis plus d’un mois maintenant, le NPA a entrepris une démarche unitaire vis-à-vis des organisations de gauche afin que, malgré nos désaccords, nous parlions d’une seule voix pour affirmer notre soutien aux luttes en cours, notamment à la SNCF, et que nous contribuions à la construction et au développement de la mobilisation.

Quimper : « On est tous le cheminot de quelqu’un » 

Jeudi 12 avril, à 17 h 30, le collectif « S’unir pour ne pas subir », composé d’une douzaine de syndicats, associations et partis politiques dont le NPA, tenait une conférence de presse devant la gare SNCF de Quimper, après avoir le lundi précédent rencontré les cheminotEs en assemblée générale.

Un tract a été distribué aux usagerEs, expliquant le mouvement des cheminotEs, la nécessité de la convergence des luttes et la réponse du gouvernement par la répression, dont celle que subit notre camarade Gaël Quirante. Cette initiative a été plutôt favorablement accueillie et bien relayée par la presse locale. Elle s’est prolongée pendant 1 h 30.

Le lendemain, une délégation du collectif a retrouvé les cheminotEs en grève, qui se sont rassemblés avec les autres dépôts du département à Châteaulin pour rencontrer le député et chef de LREM Richard Ferrand. Celui-ci avait décidé de partir à Brest, mais une délégation l’a rattrapé…

C’est une bonne centaine de cheminotEs qui ont défilé jusqu’à la gare déserte de Châteaulin en compagnie des divers soutiens du collectif, du NPA, d’Ensemble, de la FI.

Le tout dans une ambiance festive et très déterminée.

Correspondant

https://npa2009.org/

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20 avril 2018 ~ 0 Commentaire

convergences (solidarités.ch)

solidar

Deux France, deux mondes

«A-t-on le droit de bloquer la France? »

De BFMTV à France Inter, les éditorialistes à gages s’indignent au nom des «usagers pris en otages par les cheminots». Le Figaro, entre une interview d’Alain Finkielkraut et des nouvelles de l’héritage de Johnny Hallyday, prouve que le journalisme d’investigation n’est pas mort en énumérant les avantages du statut de cheminot, «monument historique» hérité du Front populaire. Quant au Temps (suisse), il exhorte Macron à user de son «talent de pédagogue» pour «convaincre les usagers des bienfaits de la concurrence» et mener à bien une «indispensable réforme».

Pour les chiens de garde du néolibéralisme, deux France s’opposent.

La France bosseuse travaille plus pour gagner plus et préfère un emploi sous-payé à l’assis- tanat. Elle connaît les dures réalités, ne se plaint pas et accepte son sort. La France pares- seuse, elle, re­chigne à la tâche et préfère toucher des allocations chômage ou manger des saucisses sur les piquets de grève. Cette France privilégiée, celle des nanti·e·s en tout genre, s’arc-boute sur ses acquis au mépris de l’intérêt général. Poussiéreuse, archaïque, elle contemple avec nostalgie un monde perdu.

Toutes les vieilles ficelles de la rhétorique réactionnaire y passent.

On brandit la valeur travail,  il manque la famille et la patrie, mais le ministère de l’Intérieur soigne la seconde avec sa loi sur l’immigration, comme l’a toujours fait une classe oisive dont l’existence dépend du labeur des masses. Mais on oublie de préciser que la part du travail dans le revenu n’en finit pas de baisser par rapport à celle du capital. Et on se garde d’insister sur le nombre de travailleurs et travailleuses pauvres: en Allemagne, modèle des réformes de Macron, le chômage baisse au rythme où croît la pauvreté.

On fustige des miettes d’acquis sociaux comme le statut des cheminots ou le régime de retraite des fonctionnaires.

Mais on jette un voile pudique sur les plus de deux millions d’euros de revenu moyen des patron·ne·s du CAC 40 et sur le régime de retraite des député·e·s. Comme l’UDC avec les migrant·e·s, la droite française accuse les cheminots ou le personnel soignant de tous les maux. Au nom de l’égalité de traitement, le nivellement par le bas sert de boussole, la rancœur et la jalousie de moteur.

On évoque, enfin, l’indispensable adaptation aux évolutions du monde.

On évite d’évoquer les dégâts causés par la «modernisation» des économies britannique, allemande ou suisse: transports publics hors de prix, périphéries désertées par les services de l’Etat, surcharge des hôpitaux. On abandonne au burn-out et au suicide les victimes du New Public Management d’EDF ou France Télécom. Et Macron l’écologiste ne s’émeut pas de la dégringolade du fret depuis la privatisation du rail.

Ce ne sont pas deux France qui s’opposent. Mais deux mondes.

D’un côté, la bourgeoisie et ses alliés tentent d’imposer l’agenda néolibéral et de livrer l’entier de la société à la logique du marché. Macron, pantin du patronat, peut s’appuyer sur un grou- pe de député·e·s dans lequel se bousculent cadres du privé et chef·fe·s d’entreprises. A leurs yeux, toute privatisation est synonyme de nouveau marché et de profit potentiel.

En face, cheminots, étudiant·e·s, mais aussi avocat·e·s ou électricien·ne·s s’opposent à la destruction des services publics et du principe d’égalité qui leur sert de fondement. Et contre cet autre monde, intolérable pour lui et les siens, Macron choisit la répression. Il envoie des centaines de gendarmes mobiles et des blindés (!) évacuer la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, à l’abri des regards des journalistes, tenus à l’écart. Le même jour, sa police tabasse et menotte des étudiant·e·s à Nanterre et à Lille. Mais le gouvernement a pris un risque en multipliant les annonces et peut maintenant craindre deux choses.

Premièrement, la convergence des luttes permettrait à la contestation de sortir pour de bon d’une logique sectorielle et de se fédérer autour de la défense d’une vision du monde commu- ne. Faut-il le rappeler, les cheminots se battent alors que la suppression de leur statut s’appliquera seulement aux nouvelles embauches.

Et la sélection à l’entrée de l’université ne concerne pas les étudiant·e·s, en lutte pour celles et ceux qui leur succéderont. Les accusations d’égoïsme et de corporatisme émanant du gouver-nement et des médias aux ordres manquent leur cible, et l’appel à un grand rassemblement le 5 mai offre une belle occasion de les décrédibiliser pour de bon, en montrant l’unité des combats en cours.

Deuxièmement, face à l’offensive tous azimuts de Macron, il ne s’agit plus de défendre un service public réduit à l’état de cendres par 30 ans de réformes. Il faut, avec le sociologue Bernard Friot, «en finir avec les luttes défensives» et redessiner les contours d’un monde plus juste et plus solidaire, en France comme en Suisse et ailleurs.

Manouk Borzakian 12/04/2018

http://www.solidarites.ch/

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20 avril 2018 ~ 0 Commentaire

anti-impérialisme (anti-k)

anti-imper

Le Maroc à la France, l’Egypte aux anglais

L’anti-impérialisme des imbéciles

Une fois encore le « mouvement anti-guerre » occidental se réveille afin de se mobiliser autour de la Syrie. C’est la troisième fois depuis 2011. La première mobilisation a eu lieu au moment où Obama envisageait de frapper les capacités militaires du régime (pour ne finalement rien faire) à la suite de l’attaque chimique de la Ghouta en 2013, considérée alors comme un franchissement de ligne rouge. La seconde s’est développée suite à la frappe ordonnée par Donald Trump sur une base militaire vide en réponse à l’attaque chimique de Khan Sheikhoun en 2017. Enfin, une troisième mobilisation émerge aujourd’hui alors que les États-Unis, l’Angleterre et la France mènent des actions militaires de faible envergure (frappes ciblant les équipements d’armes chimiques) suite à l’attaque chimique à Douma responsable au minimum de la mort de 34 personnes dont des enfants cherchant refuge dans les sous-sols.

Cette gauche affiche de profondes tendances autoritaires, notamment en plaçant les États eux-mêmes au centre de l’analyse politique.

Peu importe qu’il s’agisse de dictatures, la solidarité s’exprime ainsi en faveur d’États (perçus alors comme les acteurs principaux des luttes de libération) plutôt qu’envers les groupes opprimés d’une société donnée. Aveugle à la guerre sociale se jouant au sein de la Syrie elle-même, ce type de vision considère le peuple syrien, quand il est pris en compte, comme un pion négligeable dans une partie d’échec géopolitique.

Cette gauche répète ainsi « Assad est le dirigeant légitime d’un pays souverain » comme un mantra. Assad a pourtant hérité du pouvoir par son père et n’a jamais mené ni gagné d’élection libre et équitable. Face à des rebelles et des civils nées en Syrie, son «armée arabe syrienne» n’a pu regagner les territoires perdus qu’avec le soutien d’un ramassis de mercenaires extra-syriens appuyés par des bombes étrangères.

Combien parmi les sympathisants de cette gauche là, continueraient à considérer comme légitime leur gouvernement élu si celui-ci commençait à mettre en place des campagnes de viols de masse contre ses opposants ? Seule une déshumanisation complète des syriens peut rendre possible une telle position. Considérer les Syriens comme incapables d’obtenir et de mériter mieux qu’une des plus brutales dictatures de notre temps relève clairement du racisme. On remarque tout d’abord que ces trois mobilisations de la gauche occidentale « anti-guerre » n’ont que très peu à voir avec une volonté d’en finir avec la guerre.

Plus d’un demi million de Syriens ont été tués depuis 2011. L’immense majorité des victimes civiles provient de l’usage d’armes conventionnelles. 94 % de ces victimes furent tuées par l’alliance Syrie-Iran-Russie. Il n’y a pas une once d’indignation ou d’inquiétude feinte à propos de cette guerre elle-même qui a éclaté après la répression par le régime de manifestants pacifiques et pro-démocratie. Aucune indignation lorsque des barils d’explosifs, des bombes chimiques ou du napalm sont envoyés sur des communautés auto-organisées démocratiquement, des hôpitaux et des secouristes. Les civils sont mortels, pas les infrastructures militaires d’un régime fasciste génocidaire.

En vérité, le slogan « Pas touche à la Syrie » (Hands off Syria) signifie « Pas touche à Assad » et s’accompagne souvent d’un soutien à l’intervention militaire russe.

Cette orientation était flagrante à la manifestation de la coalition Stop the war UK du 13 avril 2018 où des drapeaux russes et syriens s’affichaient honteusement. Pour cette gauche autoritaire, le soutien à Assad se manifeste au nom de l’anti-impérialisme. Assad est perçu comme appartenant à l’«axe de la résistance» face à l’empire américain et au sionisme. Le fait que son régime ait soutenu la première guerre du Golfe semble ne pas compter, ni le fait qu’il ait participé au programme illégal d’extradition des États-Unis où des terroristes présumés ont été torturés pour le compte de la CIA. Le fait que le régime ait probablement massacré plus de palestiniens que l’État israélien est constamment négligé de même que le fait qu’il préfère user de sa force de frappe pour éliminer l’opposition interne plutôt que pour libérer le Golan occupé par Israël.

Cet «anti-impérialisme» des imbéciles est celui pour qui l’«impérialisme» équivaut uniquement à l’action des États-Unis. Ces derniers bombardent pourtant la Syrie depuis 2014. Lors de la campagne américaine visant à libérer Raqqa de l’emprise de Daesh, toutes les normes internationales de la guerre et les considérations de proportionnalité ont été bafouées. Plus de 1000 civils ont été tués et selon une estimation de l’ONU, 80 % de la ville se trouve maintenant inhabitable. Il n’y a eu aucune protestation organisée par le mouvement «anti-guerre» contre cette intervention, pas d’appels pour s’assurer que les civils et infrastructures civiles seraient protégés.

Cet anti-impérialisme là a préféré adopter le discours de la guerre au terrorisme autrefois promu par les néoconservateurs et repris maintenant par le régime qui qualifie de djihadiste et terroriste toute opposition à Assad. Il a fermé les yeux sur le fait qu’Assad envoyait dans ses goulags des milliers de manifestants laïques, pacifiques et pro-démocratie afin de les torturer à mort tandis qu’il sortait les militants islamistes de prison. De même, les manifestations qui se poursuivaient dans les zones libérées contre les groupes extrémistes et autoritaires tels que Daesh, al-Nosra et Ahrar al-Sham ont été ignorées. Les Syriens sont vus comme incapables d’adopter un large éventail de points de vue variés. Activistes de la société civile (dont des femmes incroyables), journalistes citoyens et travailleurs humanitaires sont insignifiants. Toute l’opposition est réduite à ses éléments les plus autoritaires ou perçue comme une émanation d’intérêts étrangers.

Cette gauche pro-fasciste semble aveugle à toute forme d’impérialisme qui ne serait pas d’origine occidentale.

Cela relève d’une combinaison de politique de l’identité et d’égoïsme. Tout événement est vu via un prisme occidental: seuls les mâles blancs ont le pouvoir d’écrire l’Histoire. Selon le Pentagone, il y a actuellement 2000 soldats américains en Syrie. Les États-Unis ont installé de nombreuses bases militaires dans les zones sous contrôle kurde du nord de la Syrie pour la première fois dans l’histoire du pays. Cette présence américaine devrait préoccuper quiconque se soucie de l’autodétermination du peuple syrien mais fait pâle figure au regard des dizaines de milliers de soldats iraniens et de milices chiites soutenues par l’Iran qui occupent le reste du pays ou des bombardements meurtriers de l’aviation russe en soutien à la dictature fasciste.

La Russie dispose dorénavant de bases permanentes dans le pays et a obtenu un droit exclusif sur les hydrocarbures syriens en échange de son soutien. Noam Chomsky a affirmé qu’on ne pouvait pas qualifier l’intervention russe d’impérialiste dans la mesure où elle répondrait à l’invitation du régime. Selon cette analyse, l’intervention américaine au Vietnam n’était donc pas non plus impérialiste puisque sollicitée par le gouvernement sud-vietnamien.

De nombreuses organisations anti-guerre ont justifié leur silence vis-à-vis des interventions russes et iraniennes en affirmant que « l’ennemi principal est à la maison ».

Cela les dispense d’effectuer une analyse sérieuse des rapports de force afin de déterminer les acteurs principaux engagés dans cette guerre. Pour les syriens, l’ennemi principal est effectivement à la maison. Assad mène ce que l’ONU a qualifié de « guerre d’extermination ». Sans avoir conscience de leurs propres contradictions, plusieurs de ces voix anti-impérialistes se sont exprimées à juste titre contre la répression israélienne lors de la marche pacifique à Gaza. Une des caractéristiques du fonctionnement de l’impérialisme consiste bien sûr à nier les voix indigènes. Dans la même veine, les organisations de la gauche anti-guerre tiennent des conférences sur la Syrie sans inviter d’orateurs syriens.

L’extrême-droite forme l’autre courant politique majeur faisant bloc derrière le régime d’Assad et dénonçant les frappes états-uniennes, britanniques et françaises en Syrie.

Aujourd’hui, les discours fascistes et ceux de cette gauche anti-impérialiste sont impossibles à distinguer. Aux États Unis, le suprémaciste blanc Richard Spencer, le podcaster d’extrême-droite Mike Enoch ainsi que la militante anti-immigration Ann Coulter s’opposent tous aux frappes. En Angleterre, l’ancien leader du BNP Nick Griffin et l’islamophobe Katie Hopkins se sont joints à l’appel. L’alt-right et l’alt-left convergent en relayant et en faisant la promotion de diverses théories conspirationnistes visant à absoudre le régime syrien de ses responsabilités.

Les militants de ces courants présentent les attaques chimiques comme des opérations sous faux drapeau et les travailleurs humanitaires comme des membres d’Al Qaeda, faisant d’eux des cibles légitimes des attaques. Ceux qui diffusent de telles informations ne sont pas sur place et s’avèrent incapables de vérifier indépendamment leurs allégations.

Ils dépendent en dernière instance souvent de la propagande d’État russe et syrienne parce qu’ils ne «croient pas les médias mainstream» ou les syriens directement concernés. Parfois la convergence entre ces bords apparemment opposés tourne carrément à la collaboration. La coalition ANSWER qui a organisé la plupart des manifestations contre les frappes anti-Assad aux États-unis constitue un bon exemple. Ces deux courants véhiculent fréquemment un récit antisémite ou islamophobe. Ils partagent les mêmes arguments et la même imagerie.

Il existe de nombreuses raisons valides pour s’opposer à une intervention militaire étrangère en Syrie qu’elle soit américaine, russe ou turque. Ni les États-Unis, la Russie ou la Turquie agissent dans l’intérêt du peuple syrien, de la démocratie et des droits humains. Ils n’opèrent que pour leur propre compte. L’intervention actuelle menée par les États-Unis, l’Angleterre et la France a peu à voir avec une volonté de protéger la population d’atrocités mais plus avec l’imposition de la norme du droit international rendant l’usage des armes chimiques inacceptable, de peur que celles-ci soient un jour utilisées sur les occidentaux eux-mêmes.(…)

Une chose est certaine, les frappes visant les infrastructures militaires et les centres de productions d’arme chimiques susceptibles d’offrir quelque répit aux syriens face à la mort quotidienne ne m’empêcheront pas de dormir. Et il ne sera plus jamais possible de considérer des gens qui préfèrent les grands discours aux réalités vécues, défendent des régimes brutaux dans des pays lointains, véhiculent racisme, théories du complot et négation d’atrocités comme des alliés.

Traduit de l’anglais par VLSB 35. Paru initialement sur Leila’s Blog le 14/04/2018

La Gauche Anti-capitaliste, 2018-04-19

https://www.anti-k.org/

Source

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19 avril 2018 ~ 0 Commentaire

pont de buis (le télégramme)

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Soutien à NDDL. La manifestation interdite

Un appel à manifester avait été lancé par les collectifs de soutien à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (NDDL) pour mettre en accusation la société NobelSport, qui fabrique grenades et projectiles pour les forces de l’ordre.

À leur arrivée au point de rendez-vous à la gare de Pont-de-Buis, les gendarmes ont présenté aux manifestants un arrêté du Préfet interdisant tout rassemblement dans la commune. La centaine de manifestants s’est alors installée sur le passage à niveau, bloquant la circulation sur la départementale alors qu’un hélicoptère survolait le cortège.

Une guirlande de quelques-uns des projectiles tirés par les forces de l’ordre à NDDL a été tendue en travers de la voie. De leur côté, les gendarmes se sont mis en position sur le passage à niveau pour empêcher que les manifestants, venus du sud, du nord et de l’ouest de la commune ne se rejoignent, tandis que la circulation automobile était déviée. À 20 h, la situation restait tendue entre manifestants et forces de l’ordre.

http://www.letelegramme.fr/

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18 avril 2018 ~ 0 Commentaire

mfpf (émancipation)

mlac

Le Planning Familial aujourd’hui

Dans ce dossier sur le Planning Familial, Émancipation a voulu recueillir la parole de Véronique Séhier, l’une des deux co-présidentes du Planning Familial, pour connaître les orientations et les problématiques actuelles du mouvement.

Émancipation : Le dernier congrès du MFPF s’est tenu à Grenoble en 2016 (congrès des 60 ans), peux-tu l’évoquer brièvement, et nous parler des orientations qui y ont été prises ?

Véronique Séhier : Nous avons réaffirmé notre positionnement sur deux points essentiels pour nous. D’abord réaffirmer que nous sommes un mouvement politique de transformation sociale, pour l’égalité des sexes et des sexualités, la liberté, le droit de choisir ; nous voulons déconstruire les rapports sociaux de genre, et lutter contre toutes les formes de discriminations et de violences liées au genre et à l’orientation sexuelle, en impliquant filles et garçons dès le plus jeune âge.

Nous avons également réaffirmé notre volonté d’agir pour défendre les droits des femmes migrantes, des personnes en situation de prostitution et des personnes en situation de handicap.

D’autre part, réaffirmer, à travers le slogan essentiel “mon corps m’appartient”, l’approche globale et l’approche par les droits que défend le Planning, dans le respect total des choix des personnes, notamment en matière d’avortement et de contraception. Il est nécessaire aussi de casser les tabous sur les contraceptions masculines, sur les contraceptions définitives… Rap- pelons que le dispositif Essure® est à ce jour supprimé du marché en France ; or c’est une méthode approuvée par de nombreuses femmes et avec moins d’effets secondaires que ce que la presse en a dit ; une récente étude dément un surcroît de complications médicales (allergies, dépression, maladies auto-immunes, etc.) liées à cette méthode. C’est en réalité une suppression pour raisons commerciales… Le Planning soutient que la meilleure contraception, c’est toujours celle que l’on choisit librement et en toute connaissance de cause ! Ce qui nécessite une véritable information, objective et sans jugement ni sanitaire, ni moral… Tout cela bien sûr en faisant vivre les valeurs de l’éducation populaire, une des clés du développement et de l’autonomie des personnes : faire“avec”, et non pas “à la place”.

É : Depuis 2016, le MFPF a une nouvelle organisation interne ; qu’elle est-elle et dans quel but a-t-elle été mise en place ?

V.S. : L’objectif est de construire un réseau fort et un mouvement plus inclusif, mieux adapté aux nouvelles formes d’engagement, et qui facilite un pilotage collectif. Le Planning est, depuis le dernier congrès, organisé en deux pôles. L’un travaille davantage sur la gouvernance et la vie associative, car il est très important de renforcer l’organisation en réseau (associations départementales, fédérations régionales et Confédération nationale), l’autre travaille sur les questions liées aux droits et aux sexualités. Le tout est complété par des chantiers auxquels peuvent davantage participer des membres du réseau. Le but est de renforcer la transversalité au sein du mouvement.

É : La fin de l’année 2017, a vu “les violences faites aux femmes” occuper la scène médiatique, pour le Planning c’est un axe d’intervention très important, peux-tu nous éclairer sur ses modalités d’actions vis à vis de la lutte contre ces violences ?

V.S. : Pour le Planning deux points sont essentiels. La prévention contre les violences sexistes, sexuelles, homophobes, lesbophobes, transphobes… passe prioritairement par une éducation à la sexualité dès le plus jeune âge pour construire une société égalitaire et sans violences. L’autre pilier est l’accompagnement des personnes victimes de violences avec les moyens mis pour cela : cela va du renforcement de la formation des professionnel.les (santé, police, gen- darmerie, services sociaux…) pour un réel accompagnement, à l’augmentation du nombre de places d’hébergement.

É: Le Planning est un mouvement féministe, les inégalités (au sens large) qui persistent en 2018 entre les femmes et les hommes ne peuvent le laisser indifférent ; que penser des mesures annoncées par le gouvernement en ce mois de mars pour les réduire ?

V.S. : Le Planning fait partie du Collectif “8 mars 15h40” pour défendre les droits des femmes et exiger des mesures contre les inégalités, contre les violences sexistes et sexuelles. Des mesures sont annoncées mais quels moyens seront mis pour les faire appliquer ? Il est nécessaire d’abord de se fixer des objectifs et de tout faire pour les atteindre, ce que nous avons constaté jusqu’à présent va rarement dans ce sens. Nous attendons une politique interministérielle ambitieuse en termes d’organisation, de financement et d’évaluation. Par ailleurs cette semaine, le gouvernement veut proposer de légiférer sur l’âge du consentement sexuel.

Il est dangereux à notre avis de fixer un seuil d’âge, et de stigmatiser la sexualité des jeunes, sans renforcer vraiment leur protection : toute personne victime de violences doit être proté- gée, à 14, 15, 16 ans ou plus.C’est pourquoi nous proposons d’inverser la charge de la preuve. Sous couvert de protection des jeunes, on va rendre plus difficile donc plus risquée leur vie sexuelle. Même si l’âge moyen du premier rapport chez les jeunes reste stable (autour de 17 ans), nous accueillons au Planning quelques très jeunes, moins de 15 ans, qui ont une vie sexuelle librement consentie et viennent par exemple chercher une contraception, comme la loi le leur permet. Le risque, c’est qu’ils ne viendront plus demander des contraceptifs ni de l’information !

Notre priorité ? C’est une éducation à la sexualité des jeunes pour travailler sur l’égalité, le consentement, et leur permettre de faire leur propre choix. Toute personne qui intervient en collège sur ce sujet sait bien que, pour ce qui est de la “la maturité”, la disparité est très grande. Un.e jeune de 14 ans 6 mois pourrait être considéré.e comme victime de viol, un.e autre de 15 ans 6 mois serait consentant.e..

É: Un projet du gouvernement concerne la future formation des médecins avec un “service sanitaire” obligatoire : les étudiant.es mèneraient des actions de prévention dans les collèges et lycées sur entre autres la santé sexuelle et affective. Qu’en pense le Planning, qui intervient là depuis longtemps ?

V.S. : En effet, dès la rentrée 2018, il a été annoncé que les étudiant.es en médecine effec- tueront un “service sanitaire” obligatoire pendant 60 demi-journées, qui vont comprendre formation, actions de prévention et restitution. Certain.es pourront donc intervenir devant des élèves sur les questions de sexualités.

Sur le principe l’intention est louable, à condition que les personnes soient volontaires, formées et accompagnées. Depuis plus de 20 ans, le Planning Familial – qui intervient milieu scolaire et hors scolaire – et l’Éducation nationale exigent une formation “éducation à la vie” de 160h et des stages pratiques pour garantir la qualité des interventions en éducation à la sexualité. Ces interventions sont des espaces de questionnement et d’échanges qui permettent aux jeunes de se construire par rapport à la dimension relationnelle de la sexualité, le rapport à l’autre, les questions d’égalité et de discrimination, les rôles sociaux, et qui leur permettent d’appréhender les risques et les prises de risque. Elles se font de préférence sur du temps long, en lien avec les acteurs de terrain et les lieux ressources. Nous avons des inquiétudes et serons donc très vigilant.es. Dans certaines associations départementales du Planning, des étudiant.es en médecine interviennent déjà, mais d’une manière volontaire ; de plus elles et ils sont formé.es et accompagné.es dans leurs interventions.

É : Depuis janvier 2017, le CCNE (comité consultatif national d’éthique) a mis en place les États généraux de la bioéthique ; quelle part le MFPF peut-il prendre à ces débats ? Sur la question de la PMA, y-a-t-il une position qui fait consensus au Planning ? Et sur la GPA ?

V.S. : Pour le Planning, l’ouverture de la PMA à toutes les femmes, quelle que soit leur situation (célibataire, en couple hétéro, en couple lesbien) est une question d’égalité et de justice. Ce n’est pas une question d’éthique. Elle s’inscrit dans un continuum de droits sexuels fonda- mentaux, qui permet aux femmes de décider librement si, quand, comment et avec qui avoir un enfant. C’est pourquoi le Planning encourage vivement ses adhérent.es à contribuer aux échanges lors des différents débats proposés dans les régions.

En présentant l’accès à la PMA pour les couples lesbiens et les femmes célibataires « à débattre », alors que ce droit est déjà acquis pour les couples hétérosexuels, l’Etat perpétue une fois de plus le contrôle exercé sur le corps des femmes et singulièrement sur les femmes qui échappent à la norme hétérosexiste (les femmes lesbiennes et toutes celles qui décident d’avoir un enfant seules). De plus on redonne ainsi la parole aux mouvements anti-choix qui sont très mobilisés sur ce sujet.

En tant que mouvement féministe mais aussi en tant que mouvement d’éducation populaire, le Planning réclame l’ouverture de la PMA entièrement remboursée à toutes les femmes dans l’immédiat et réaffirme avec force qu’il luttera tant qu’il le faudra pour que chaque personne puisse disposer librement de son corps. C’est le slogan que nous avons porté ce 8 mars dernier.

Quant à la GPA, nous sommes en période de réflexionet de débat au sein du mouvement ; il y a dix ans le Planning s’était positionné contre la GPA. Mais lors du congrès il nous est apparu nécessaire de ré-ouvrir le débat. Déjà pour les enfants nés de GPA, nous avons soutenu la circulaire Taubira : ce n’est pas aux enfants de subir les conséquences de leur mode de naissance. Ce sujet est complexe et ne peut se trancher par un pour ou contre la GPA. Nous avons une approche pragmatique de ces situations

É: On sait que partout dans le monde, les femmes subissent de plein fouet toutes sortes de discriminations, d’inégalités, en ce qui concerne l’accès à l’éducation, à la santé, à la contraception. Peux-tu nous parler de la dimension internationale des actions du mouvement ?

V.S. : Le Planning est membre de l’IPPF (International Planned Parenthood Federation) depuis 1960, ONG international qui lutte pour les droits sexuels et reproductifs de toutes les person- nes et pour l’égalité entre les sexes et les sexualités. Notre rôle à l’international est double. Nous faisons à la fois du plaidoyer pour défendre ces droits ici et dans le monde, et intervenons sur des projets à l’international.

Nous intervenons à travers un programme “Santé sexuelle, droits et genre”, avec des associations d’autres pays : nous sommes intervenus par exemple à Madagascar, dans un programme qui visait à améliorer la santé des femmes et des enfants, avec d’autres ONG et associations internationales. Nous sommes aussi partenaires avec des associations du Cameroun, du Burkina Faso, et intervenons au Tchad dans le cadre d’actions de formation auprès d’acteurs de prévention et de soins… Le second volet est de promouvoir les droits des femmes et les droits sexuels dans la politique internationale de la France, et lors de conférences internationales.

J’ai justement participé à New York, au nom du Planning, la semaine dernière à la 62e CSW, commission sur le statut de la femme, à l’ONU, issue de la conférence de Pékin. La situation est actuellement difficile depuis que le gouvernement de Trump a interdit, à travers la “Global Gag rule”, ou règle du bâillon, le financement d’ONG internationales qui soutiennent l’avortement. Cela a conduit à la fermeture de services de santé sexuelle, qui permettaient notamment l’accès à la contraception dans des pays où l’avortement est interdit, d’où des conséquences dramatiques pour les femmes.

En réponse, des pays comme la Suède, le Danemark, la Belgique… se sont mobilisés finan- cièrement par la campagne “she decides” pour le soutien mondial à l’IVG. Pour la France, M. Schiappa à la CSW de l’ONU a annoncé un don de 10 millions d’euros supplémentaires du budget de l’État, un geste positif, mais timide.

Le droit à l’avortement est actuellement fortement menacé aux États-Unis ; dans plusieurs pays d’Amérique Latine, dont certains sont pourtant en avance sur le mariage des homosexuel.les, l’avortement est pénalisé et sous la puissante influence de l’Église Catholique, les législations répressives sont difficiles à faire progresser.

Fortes inquiétudes aussi plus près de nous en Europe, où les anti-avortement sont à l’œuvre en Pologne, en Hongrie, en Irlande, à Malte… La plus grave menace est aujourd’hui en Pologne : cette semaine, le Parlement polonais débat d’un nouveau projet de loi intitulé “Stop à l’avortement”. Ce nouveau projet veut, suite à une demande des évêques, interdire l’avortement en cas de malformation foetale, ce qui représente 96 % des motifs aujourd’hui, et alors qu’il est déjà d’accès très limité, et considère que la vie de “l’enfant à naître” prévaut sur le choix et la santé des femmes. Un espoir du côté de l’Irlande où un referendum aura lieu fin mai, pour proposer de supprimer l’article de la constitution interdisant l’avortement.

La France a une parole forte à porter en Europe sur l’avortement, les droits des LGBT et l’éducation à la sexualité mais le rapport de forces est compliqué. Nous sommes très inquiet.es au Planning mais nous restons très mobilisé.es ! On luttera tant qu’il le faudra ! Le Planning continuera à s’opposer à toute forme de régression qui entrave la liberté des personnes, et à exiger de véritables politiques éducatives, préalables à l’exercice d’une citoyenneté sexuelle.

Rosine Charlut Joëlle Lavoute

mardi 17 avril 2018

http://www.emancipation.fr/

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