Archive | A gauche du PS

09 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

janzé (lutte ouvrière)

greve-poste-privatisation

Centre Tri courrier Janzé : un exemple à suivre

Prétextant protéger les facteurs contre le Covid-19, la direction de La Poste de Janzé, en Ille-et-Vilaine, a imposé en mai de nouveaux horaires plus contraignants et créé deux équipes, l’une commençant à 7 heures et l’autre à 10 heures.

La canicule des 25 et 26 juin a encore détérioré les conditions de travail, déjà très dégradées. Le vendredi 27 juin, 80 % des facteurs ont fait valoir leur droit de retrait, se mettant de facto en grève. Le directeur, qui se veut un homme à poigne et dit ne pas vouloir entendre parler de grève, a commencé par ignorer le mouvement.

Mais, face à la détermination du groupe, très soudé, il a dû en rabattre. Et le mercredi 1er juillet, une visio-conférence s’est tenue avec trois facteurs, le médecin du travail et le directeur, prudemment resté dans son bureau à Fougères.

La direction a accepté l’ensemble des revendications, l’embauche se fera à 6 h 46 pour la grande majorité et à 9 h 00 pour celles et ceux ayant des obligations familiales. Même la prime dite de « collation », disparue depuis quelques années, a été rétablie !

C’est sur cette victoire que le travail a repris le 2 juillet, dans une ambiance joyeuse, tous fiers d’avoir su se faire respecter d’une direction qui, jusqu’ici, se croyait toute puissante.

Correspondant LO 08 Juillet 2020
.

Lire la suite

08 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

campagnes rouges (skol vreizh)

skol vreiz

En Bretagne, le communisme a su gagner le cœur des paysans du Trégor et de haute Cornouaille.

Le fait peut paraître surprenant car les campagnes bretonnes ont – à tort – la réputation d’être conservatrices.

Il n’y a pourtant nul paradoxe à cette vigueur mais un faisceau de causes profondes qui s’inscrivent dans la longue durée. Trois siècles de conflits entre la paysannerie et la noblesse ou l’Église ont préparé le terrain. Puis des « semeurs d’idées » parcourent le pays pendant des décennies. Enfin, le rôle actif des communistes dans la Résistance permet l’épanouissement du parti dans un terroir où il bénéficie d’un véritable transfert de foi.

Lors des dernières élections législatives en juin 2002, dans un bloc compact d’une centaine de communes situées à l’ouest de la Bretagne, le parti communiste a obtenu en moyenne 15,43 % des suffrages exprimés, soit plus de trois fois la moyenne française (4,91 %). Trente-six d’entre elles sont même allées jusqu’à lui accorder de 20 % à 31,30 % des suffrages exprimés, soit quatre à six fois la moyenne française.

Une telle fidélité au parti de Lénine en pleine période d’effondrement du vote communiste peut surprendre s’agissant du fin fond de cette Bretagne que des observateurs superficiels affublent volontiers et sans nuance de la livrée des chouans. Si, par endroits, « ce pays est le refuge de la réaction, c’est la faute des révolutionnaires, qui n’ont pas su le gagner à eux »1, écrit, en 1913, le révolutionnaire Émile Masson (1869-1923), qui ajoute que « avec le breton, on peut faire un cantique ou chanter L’Internationale »2.

Ce que confirme le témoignage d’un étudiant de BTS agricole des Côtes- d’Armor : « Chez nous, on est différent : on est communiste et on parle breton ! Pareil, Patrick aussi est très fier de parler breton. C’est un peu dans la façon d’être rouge. On n’est pas pareil que vous. Vous, vous êtes des chouans : vous parlez le français. Nous, par chez nous, on parle le breton et on est rouge. Dans ces patelins-là, c’est lié au terroir. »3

Autre façon de dire que « le bastion communiste chevauche toutes les divisions de Bretagne, anciennes ou récentes, administratives, sociologiques ou ecclésiastiques. Il ne présente d’homogénéité qu’aux points de vue linguistique, puisqu’il se situe à 99 % en pays bretonnant, et géographique, puisqu’il est à 73 % montagneux (au sens breton du terme) et qu’il est dans une très large proportion rural et paysan » [Le Coadic 1991].

Plus précisément, 98 des 99 communes qui forment le « bastion » communiste breton4 se situent non seulement en Basse-Bretagne5 mais, en outre, en plein cœur de la région où la langue bretonne est la plus pratiquée aujourd’hui. Tous ces éléments, qui peuvent à tort paraître paradoxaux, offrent l’une des matrices d’intelligibilité du communisme paysan bas-breton.

Contre les stéréotypes d’une Bretagne archaïque et conservatrice, on voudrait montrer que le communisme a trouvé en Basse-Bretagne un terrain propice où de solides fondations ont été construites au fil du temps, avant de constituer le bastion actuel, qui menace certes de s’écrouler sous l’effet du déclin généralisé du parti mais qui tient encore debout.

Un terrain propice au communisme agraire

La genèse du « bastion rouge » s’inscrit dans la longue durée. L’un des plus anciens éléments qui ont pesé sur les conditions d’implantation du communisme dans cette zone aux confins des Côtes-d’Armor, du Morbihan et du Finistère est sûrement la quévaise. C’est « une coutume née de conditions destinées à attirer des défricheurs, puis à les transformer en agriculteurs », explique Jeanne Laurent [1972]. La quévaise s’est perpétuée jusqu’à la Révolution mais est restée prégnante au-delà, tant dans la mémoire collective que dans les pratiques d’organisation et d’exploitation des terres.

Les ordres religieux, cisterciens d’abord puis templiers, à l’origine des quévaises, se sont implantés en Basse-Bretagne durant la première moitié du 12è siècle. La quévaise est une « hostise », institution qui, pour le défrichement, attire des « hôtes » nés sur d’autres terres. Ce sont souvent des personnes en rupture de ban avec la société, car sur les terres des Templiers et des Hospitaliers est accordé le privilège du droit d’asile.

À son arrivée, chaque hôte reçoit un lopin de terre dont il a la jouissance illimitée sans jamais en être propriétaire. En échange, il doit payer une rente annuelle. Les lopins sont tous exactement de même taille et il est interdit de bâtir des clôtures sur les terres communes. La quévaise se caractérise par une véritable vie communautaire dans un habitat groupé, rare en Bretagne.

Ce mode de vie singulier, qui a fonctionné pendant sept siècles, est susceptible d’avoir façonné les représentations des générations qui l’ont vécu mais également celles des générations ultérieures, en favorisant une attitude positive à l’égard du collectivisme et de l’égalitarisme. En effet, la coïncidence entre la carte des communes et des paroisses à quévaises, sises dans les monts d’Arrée ou en Trégor intérieur (région de Bégard et Guingamp), et la carte de la partie septentrionale du territoire de l’actuel bastion communiste ne laisse pas d’être source d’interrogations.

Toutefois, les particularités de la quévaise, parfaitement adaptées au cadre originel du défrichement et de la vie communautaire, deviennent insupportables à mesure qu’évolue la société bretonne. La guerre de la Succession de Bretagne (1341-1381) provoque la désertion des campagnes. Dans des villages aux trois quarts abandonnés, ceux qui restent s’entendent pour réserver les abords de chaque quévaise à leurs tenanciers.

Ils bâtissent des talus sur ces parties de terres communes proches de leurs lopins. Les moines les leur refusent, arguant d’un droit qui, d’oral et évolutif, s’est progressivement figé en droit écrit. Les tenanciers engagent donc de nombreux procès contre leurs seigneurs, qu’ils perdent régulièrement. La situation devient explosive et génère des siècles de haine à l’encontre des moines ainsi que de nombreuses révoltes et violences. C’est une première source d’hostilité envers l’Église, alimentée par d’autres événements.

Selon Georges Minois, de 1500 à 1620, la piété populaire est à son apogée en Trégor : « pardons, pèlerinages, foires, offrandes, fondations pieuses connaissent un essor extraor-dinaire » [1987 ]. Quant au clergé, « les statuts synodaux de Guy Campion, entre 1620 et 1624, dépeignent les chanoines comme des vauriens, qui ne portent même plus l’habit ecclésiastique dans la cathédrale, qui passent leur temps à la taverne, mangent et boivent pendant les offices qui se déroulent d’ailleurs dans la plus épouvantable confusion ». Les fidèles, cependant, n’en veulent pas à leurs prêtres, qui sont au sein de la population trégorroise comme autant de poissons dans l’eau, du moins jusqu’à la contre-réforme tridentine visant à remettre en vigueur la séparation du sacré et du profane.

Les paysans trégorrois n’éprouvent pas le besoin de réformer leur foi ni leurs pratiques. La réforme vient de l’épiscopat, et les prêtres chargés d’en diffuser le message d’austérité ne peuvent guère prêcher par l’exemple. De surcroît, elle vient de l’est francophone, et « le Trégor est d’autant plus méfiant vis-à-vis de ces innovations qu’elles sont issues d’une culture étrangère suffisamment proche et présente pour être menaçante » .

Enfin, la paysannerie doute d’une réforme qui a séduit la noblesse par son aspect intellectuel et élitiste. Il s’ensuit que la contre-réforme aboutit à un échec : le nouveau clergé est ressenti par la population comme étranger et, de ce fait, il est isolé. Les fidèles se détachent de la religion, continuant, certes, à fréquenter la messe jusqu’au 19è siècle mais, avant tout, par conformisme et par peur de l’enfer.

La baisse de l’emprise du clergé sur la population et la chute de la ferveur religieuse, si elles n’ont pas mécaniquement favorisé l’apparition de courants revendicatifs en Trégor et en Cornouaille, ne leur ont pas été non plus étrangères, en sorte qu’a pu émerger une forte tradition de luttes agraires égalitaristes.

Au fil des siècles, une succession de révoltes agraires met les paysans bretons aux prises avec la noblesse et les villes. C’est le cas, dès 1490, en pleine guerre franco-bretonne, puis, en 1589-1590, lors des guerres de la Ligue. En 1675, sous le règne de Louis 14, la célèbre révolte des « Bonnets rouges » embrase la région, contestant l’ordre féodal dans son ensemble.

Or, il faut le souligner, ce sont toujours les mêmes zones qui se soulèvent : le Trégor et la Cornouaille, qui prendront ultérieurement le parti de la Révolution, puis celui de la République. Elles constituent ce que Pierre Flatrès [1986] a appelé la « diagonale contestataire », dont l’actuel bastion communiste est le cœur. Mais comment expliquer ce choix continu pour la contestation, alors que la Haute-Bretagne, le Léon et le Vannetais prennent toujours, eux, le parti de l’ordre ?

En premier lieu, les paysans insurgés agissent en vertu de motifs égalitaristes, dotés d’une sorte de conscience de classe les opposant tant à la noblesse qu’aux villes. « Sous le “bruit et la fureur de la populace furieuse et enragée” se dégage d’abord, en 1590 comme en 1675, la revendication de l’égalité. […] Or, la ville comme la noblesse mettent en cause cette égalité. » [Meyer et Dupuy 1975]

En deuxième lieu, la fronde est la plus forte là où le sentiment d’injustice est le plus grand, c’est-à-dire en pays de domaine congéable6, et là où les rapports avec la noblesse sont les plus difficiles.

Ainsi constate-t-on une remarquable concentration sur un même espace de trois facteurs décisifs qui ont préparé les esprits, comme on prépare un sol : la mémoire longue de la quévaise, une sécularisation de la vie quotidienne et un esprit égalitariste, propice à la révolte. Cette triple confrontation de ces populations bretonnes à leur histoire a pu offrir un terrain favorable à l’implantation des idées de gauche, dans leur version communiste. Cette généalogie ne peut pourtant jouer à elle seule ; elle vient s’articuler à des facteurs conjoncturels et structurels qui vont donner au communisme de robustes assises.

Parmi les mécanismes propices à l’apparition d’un vote de gauche, André Siegfried a souligné l’importance de la « circulation des idées ». Avant l’émergence du communisme, deux groupes complètement différents concourent à diffuser des « idées nouvelles » dans la zone concernée. D’une part, les pilhaouerien (les « chiffonniers ») – marchands ambulants qui parcourent la région à la recherche de chiffons vendus aux moulins à papier – introduisent très tôt des idées républicaines dans les monts d’Arrée, par les contacts réguliers qu’ils entretiennent avec les villes.

D’autre part, des protestants s’installent en Basse-Bretagne à partir du début du 19è siècle, à l’initiative de missionnaires gallois. Ils s’implantent dans la diagonale contestataire, sans doute parce que l’Église catholique y est déjà affaiblie. En butte à l’hostilité générale, ils doivent lutter, non seulement contre le clergé catholique mais contre toutes les autorités. Par la suite, certains intellectuels ou certains convertis n’hésitent pas à établir une continuité entre protestantisme et communisme.

La puissance électorale du PC est encore plus grande dans certains secteurs dénommés « petites Russies ». À Plufur, Saint-Nidodème, Coatascorn, son influence est considérable, et ces communes acquièrent ainsi une solide réputation. Trémel, Lanvellec, Plounévez, Louargat, Saint-Laurent, Coadout, Kergrist, Saint-Nicolas-du-Pélem, Berrien, Scrignac, Huelgoat, Motreff, Spézet, Landeleau et Leuhan marient communisme rural et municipal, rayonnent d’un rouge vif, déteignent sur les communes voisines, inscrivant l’emprise communiste dans l’espace et la durée. Les réalisations des élus et l’activisme des militants servent d’exemple et alimentent le discours dominant.

De la Libération à nos jours, le parti communiste, qui se présente explicitement comme l’héritier des Bonnets rouges, revendique la lutte en faveur des déshérités. En prônant une lutte de classes entre « petits » et « gros » agriculteurs, il se pose en défenseur du petit et moyen exploitant. (Extrait voir lien)

Ronan Le Coadic

https://journals.openedition.org

Lire la suite

08 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

pcf (npa)

CVT_Le-couteau-entre-les-dents--70-ans-daffiches-com_8914

Où va le Parti communiste français ?

« Le PCF va rester une force incontournable par le nombre de ses élus locaux sur tout le territoire » déclarait Fabien Roussel à l’heure des comptes de la séquence des municipales.

Cette tonalité réjouie qu’il promenait sur les plateaux de la soirée électorale, relève pour le moins de l’auto-persuasion. Elle est, en tout cas, bien loin de répondre aux interrogations de nombre de militantEs du PCF.

Le nombre de conseillerEs élus dans les municipalités ne suffit pas à masquer le recul politique global. De même, les dirigeants de LREM ne trompent personne en se félicitant de l’augmenta-tion du nombre de conseillers enregistrée par le parti gouvernemental, car le problème se résume principalement aux démonstrations politiques que l’on peut faire.

Or la force du PCF, qui lui a permis de résister, depuis 40 ans, au pari de Mitterrand d’en finir avec la particularité d’un Parti Communiste hégémonique sur la gauche, était de diriger des municipalités importantes dans les zones ouvrières.

C’est aussi ce qui lui a permis d’exister dans le bras de fer avec Mélenchon dans le Front de Gauche et la campagne 2012. Les reculs encaissés aux municipales 2014 ont pesé dans le rapport de forces, ainsi que l’enterrement du Front de Gauche face à l’émergence des Insoumis, alors même que ce sont les élus PCF qui avaient assuré la possibilité de la candidature Mélenchon 2017. D’où le sentiment d’enregistrer une défaite qui fragilise davantage le PCF et met en cause les formes d’existence militante.

La fin du « communisme municipal »

Un des bilans des élections 2020, c’est que le « communisme municipal » a subi le dégagisme dans les villes perdues (Saint-Denis, Aubervilliers, Ville­taneuse, Champigny, Choisy-le-Roi, Villeneuve Saint-Georges, Gardanne, Saint-Pierre-des-Corps…), alors que les villes gagnées, sans même parler des conseillerE élus sur des listes d’union dirigées par des écologistes ne l’ont pas été autour d’un programme de « communisme municipal ».

Dans les communes gérées, souvent sans discontinuité depuis 1944 (parfois avant) par le PCF, le filet de sauvetage social que constituent les centres municipaux de santé, le maillage associatif (sportif, culturel…), le soutien à un parc de logement social important, s’est amenuisé. Par-delà des évolutions sociologiques indéniables, la désindustrialisation, et la précarisation généralisée des salariéEs et du prolétariat ubérisé, les phénomènes de gentrification de certaines ex-banlieues ouvrières, il y a aussi la question politique de l’austérité budgétaire.

En effet, les maires PCF ont géré leurs municipalités incapables de résister autrement que symboliquement (« les Plumés de l’austérité » dans le 93) aux politiques de gouvernements auxquels le PCF a parfois participé ou qu’il a soutenus de manière critique.

Politiques qui ont abouti à restreindre de plus en plus l’autonomie politique des municipalités à travers deux leviers : suppression des ressources des taxes professionnelles, d’habitation… remplacées par des dotations gouvernementales, et transmission aux intercommunalités de nombreuses compétences municipales.

Prises dans l’étau, les municipalités communistes ont arbitré des choix de « sacrifices » à coups de délégations de services publics. Processus accompagné de concessions idéologiques sur le terrain de politiques sécuritaires (mise en place de polices municipales, vidéosurveillance…) et de renoncement aux politiques de solidarité avec les mal-logéEs, les réfugiéEs…

Dans le cadre du capitalisme en crise, il n’y aura pas de retour en arrière.

Pour les militantEs, l’enjeu des bilans à tirer est de savoir s’il s’agit d’accompagner la longue agonie du PCF ou de se tourner vers les jeunes et les travailleurEs qui se politisent à travers les expériences actuelles, vers les militantEs anti­capitalistes, pour construire dans les luttes un projet politique qui redonne son actualité révolutionnaire au mot « communisme ».

Mercredi 8 juillet 2020 Cathy Billard

https://npa2009.org/

Lire la suite

08 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

édito (a et r)

anticap

Remaniement ministériel :

le personnel change… la politique reste la même !

Ce lundi 6 juillet, le nouveau gouvernement a donc été formé. Edouard Philippe, parti rejoindre sa mairie au Havre, a été remplacé par Jean Castex, le « M. Déconfinement » de Macron, ancien soutien de la candidature de François Fillon en 2017… Derrière des changements cosmétiques, comme le départ de Castaner ou de Belloubet, l’essentiel du gouvernement reste en place.

Un gouvernement de combat

Les ministres ayant le bilan le plus lourd en termes d’attaques contre les jeunes et les salariés restent en place ou prennent du galon. Ainsi, Blanquer conserve le ministère de l’Education nationale, après déjà 3 ans passé à enchaîner les lois attaquant l’école publique.

De même Frédérique Vidal, qui a mis en place la sélection à l’entre de l’université, reste ministre de l’enseignement supérieur. Bruno Le Maire, qui en pleine épidémie de coronavirus avait déclaré « il est essentiel que le pays ne soit pas à l’arrêt », s’en prenant notamment aux milliers de postiers et postières qui avaient fait valoir leur droit de retrait pour protéger leur santé, est nommé ministre des finances et de l’économie.

Jean-Baptiste Djebbari, rapporteur du projet de réforme ferroviaire, conserve son portefeuille aux transports, qu’il occupait déjà lors de la grève de décembre-janvier. Tous ces gens-là sont donc récompensés pour leurs bons et loyaux services.

Quant au nouveau ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, il est visé par une plainte pour viol : voilà qui laisse imaginer le cas que compte faire ce gouvernement des droits des femmes !

Au service des capitalistes !

Dès sa nomination, Jean Castex a annoncé vouloir rapidement appliquer la réforme des retraites : « il faut a minima fixer un nouvel agenda social ». Il s’agirait donc, après la « pause » que Macron a dû concéder pendant la période de confinement, mais surtout suite à l’énorme mobilisation de décembre et janvier derniers, de reprendre ce projet qui prévoit de détricoter totalement le système de retraites par répartition et d’abaisser encore  considérablement le montant de pensions.

Dans le même temps, les plans sociaux s’amoncellent dans tous les secteurs : dans l’aéronautique, après Derichebourg, le groupe Airbus a annoncé 15000 suppressions de postes dans le monde, dont près de 5000 en France. Des milliers d’emplois sont également supprimés chez Renault. Nokia a annoncé la fermeture de l’usine de Lannion, menaçant plus de 400 emplois. Ce sont également les centaines d’emplois menacés à BFM TV, à TUI France…

C’est pour imposer ces plans sociaux de redressement de l’économie capitaliste que le nouveau gouvernement a été nommé. Un gouvernement de combat au service des capitalistes, contre les travailleurs et la jeunesse.

Le 14 juillet : dans la rue pour montrer que nous ne nous laisserons pas faire !

Les 16 et 30 juin derniers, les personnels de la santé, avec à leur côté des salariés d’autres secteurs, sont descendus dans la rue pour dénoncer la situation catastrophique à l’hôpital public et ailleurs. Ce sont également les manifestations contre les licenciements qui ont lieu, comme dernièrement à Lannion. Enfin, ce sont évidemment les énormes manifestations contre le racisme et les violences policières. Nous serons présent.e.s évidemment le samedi 18 juillet à Beaumont-sur-Oise au rassemblement pour la vérité et la justice à l’appel du comité Adama.

Le 14 juillet prochain, les personnels de la santé et les unions syndicales d’Île-de-France appellent à manifester sur les Champs-Elysées. En lieu et place du traditionnel défilé militaire nationaliste, une manifestation de travailleurs et de jeunes serait en effet une belle occasion de montrer à gouvernement pas si nouveau que nous ne nous laisserons pas faire ! 

Commentaire:

A&R « Anticapitalisme et Révolution » est un courant du NPA

Lire la suite

07 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

unité alliances (contretemps)

égalité

Unité, alliances et alternatives : quelles perspectives pour les mouvements sociaux ?

Contretemps : Au sein de cette coalition, plusieurs organisations ont particulièrement œuvré à des rapprochements et à un travail commun qui sont antérieurs à la crise du Covid-19. Pouvez-vous nous expliquer quelle a été la genèse de tels rapprochements et en quoi cela constitue une expérience relativement inédite ?

Julien Rivoire et Aurélie Trouvé : Le croisement des questions écologiques et sociales était en germe bien avant 2020 et s’est traduit notamment au moment de la COP21 en 2015 avec la formation d’une coalition syndicalo-associative en vue de préparer les mobilisations parallèles à la COP, même si à ce moment-là on avait du mal à incarner clairement une perspective écologique et sociale.

Depuis la fin des années 2000, Attac s’inscrivait par ailleurs dans les mouvements pour la justice climatique qui existent dans différents pays, et du travail collectif avait été abattu sur l’articulation des questions écologiques et sociales.

Après 2015, cela s’est traduit par un travail commun entre syndicats et association autour d’une plate-forme et d’un rapport Un million d’emplois pour le climat en France, à l’image de ce qui existait déjà dans les pays anglo-saxons. Mais même si à l’époque, il y a eu des volontés, les mobilisations sociales et les mobilisations environnementales restaient chacune dans leurs couloirs.

Il y a eu ensuite des accélérations avec l’approfondissement de la crise climatique et la massification du mouvement pour le climat qui interpellent fortement les syndicats, et puis le mouvement des Gilets Jaunes, qui touche à la fois les syndicats et les mouvements environnementaux ; Greenpeace par exemple multiplie des prises de positions en faveur des questions sociales, et assume le fait qu’il n’y aura pas d’avancée sur la question climatique sans prise en compte des enjeux sociaux.

Donc avant tout, c’est l’impact des mouvements d’ampleur dans la société qui percutent les organisations. Il y a aussi des effets liés à des directions d’organisation, des équipes militantes, voire des personnes, des configurations internes qui ont permis cette accélération, d’où parfois une difficulté à inclure dans cette volonté l’entièreté des organisations respectives, même si des dynamiques locales existaient déjà également. C’est ainsi que 8 organisations ont commencé à se rencontrer fin 2019, marquant une volonté de travail en commun au moment de Davos.

La crise du Covid-19 a ensuite bouleversé l’agenda et a conduit l’alliance initiale de 8 organisa-tions (quatre syndicats, FSU, CGT, Solidaires, et Confédération Paysanne, et quatre associa-tions Attac, Greenpeace, Oxfam, et Les Amis de la Terre) à s’élargir pour publier une tribune le 27 mars et lancer un appel « à toutes les forces progressistes et humanistes […] pour recons-truire ensemble un futur, écologique, féministe et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et le désordre néolibéral ».

A la suite de cette prise de position, une pétition pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme a été initiée, et atteint aujourd’hui près de 200 000 signatures. C’est dans la foulée, que le collectif Plus jamais ça ! a publié le 26 mai dernier un plan de sortie de crise, 34 mesures pour engager une bifurcation écologique et sociale.

Comment passe-t-on maintenant de cette volonté de responsables d’organisations à une prise en charge par l’ensemble des militant-e-s, et au-delà par la population ? C’est l’enjeu pour la dynamique Plus jamais ça ! dans les prochains mois, de savoir amplifier les initiatives locales en germe, puisque nous recensons une trentaine de collectifs locaux actuellement.

Ce n’est cependant pas la seule ni la première initiative en ce sens. Dans le mouvement associatif et syndical, déjà des tentatives de convergences sont apparues, avec d’autres orientations. Comment cela a-t-il été perçu ?

En effet, il y a eu avant Plus Jamais ça !, par exemple, ce qu’on appelle le pacte Hulot-Berger, ou pacte du pouvoir de vivre, initié par la CFDT et la Fondation Nicolas Hulot (FNH), rassemblant le pôle réformiste du syndicalisme et toute une série d’associations qui ne se limitent aux environnementalistes.

Si les associations environnementales avec lesquelles on travaille ont fait le choix de Plus jamais ça !, c’est que le mouvement des Gilets Jaunes a arbitré en interne des débats qu’elles avaient sur le rapport au changement systémique. Ça les a percutés et a consolidé l’idée qu’on n’y arrivera pas dans le cadre du système et avec des solutions marchandes.

Très concrètement, la taxe carbone et les solutions de marché sont apparues comme un risque de nourrir un sentiment populaire anti-écologiste, parce que ce sont les plus pauvres qui payent, et donc qu’il faut construire d’autres solutions.

Il y a aussi eu des évolutions dans la CGT, notamment lors du dernier congrès fédéral, préexis-tant à Plus jamais ça !, avec des débats sur les enjeux environnementaux et la création, pour la première fois dans l’histoire de ce syndicat, d’une commission écologie.

Le pacte Berge-Hulot, d’une certaine façon, a aussi été un déclic supplémentaire, parce qu’il nous a poussés à faire des propositions à nos partenaires sur le changement de système. Et un dernier élément important, notamment dans Attac, c’est la façon dont les choses se passent dans d’autres pays, à la fois du côté des coalitions écologico-sociales, notamment autour de la création des emplois verts, et à propos des débats sur le Green New Deal aux États-Unis.

Ces avancées ne sont-elles pas aussi une réponse à la crise que les organisations – notamment syndicales – connaissent, et qui appelle un besoin de se réinventer face à un épuisement de l’action syndicale telle qu’elle a longtemps existé ?

En effet, et cette ouverture, on ne la ressent pas seulement dans le cadre de Plus jamais ça ! Elle a aussi été présente dans les mobilisations sur les retraites, avec une ouverture sur les mouvements sociaux, des actions communes, des recherches d’alliances nouvelles, ce qui avait été déjà symboliquement marqué en 2016 lorsque Philippe Martinez était venu à Nuit Debout.

Ce qui a rendu visible, au moins médiatiquement, ce cadre d’alliances, c’est la publication d’un plan d’urgence de 34 mesures. Ce n’est pas la première fois qu’existe un catalogue de revendications.

Un des points de départ de ce plan de sortie de crise, c’est la volonté de ne pas se cantonner au commentaire ni être fixé sur l’agenda du gouvernement. Il fallait donc qu’on arrive à dire quelles mesures on veut porter sur des dimensions sanitaires, sociales, écologiques et de financement. Il fallait donc développer une démarche politique à partir de nos analyses et nos revendications, avec des organisations qui n’ont pas nécessairement l’habitude de cette démarche.

Cela permet d’incarner plus concrètement des éléments de rupture avec le système, même s’ils sont incomplets : rupture avec les logiques libérales de financement par le marché ; rupture avec le productivisme sur quelques éléments…

On a essayé d’aller au-delà des mots d’ordre et des slogans, avec un élément important clari-fiant les lignes politiques, c’est le rapport aux modes de financement des politiques publiques. Parce que la fiscalité est un des enjeux majeurs, qui trace des lignes de démarcation, ce qui explique que parmi les discussions qu’on ait eues, celle sur la taxe sur les transactions financières a été un peu difficile, alors qu’on aurait pu attendre des débats plus compliqués sur d’autres questions.

L’évidence pour tout le monde qu’il fallait faire ce travail programmatique est aussi liée à l’incurie de la gauche politique et à son incapacité à avoir un discours fort du fait de sa fragmentation, chacun restant dans son entre soi. Il y avait donc la volonté dans les mouvements sociaux de ne pas attendre ad vitam aeternam que ça avance. Donc on prend nos responsabilités pour montrer la possibilité d’un chemin différent, même si ces 34 mesures ne font pas forcément rêver, ça permet de montrer qu’il y a une alternative entre l’extrême-droite et le néolibéralisme de Macron.

Greenpeace ou les Amis de la Terre reconnaissent cette contradiction entre le capitalisme et la défense des écosystèmes, ce qui n’est pas le cas d’autres organisations environnementales, et on arrive à se retrouver parce qu’on est d’accord sur l’analyse de ces contradictions avec d’un côté le vivant et le travail, et de l’autre le capital. On part donc d’un même logiciel.

Et pourtant, les problématiques écologistes sont aussi très institutionnalisées, comme on le voit avec la Convention Citoyenne pour le Climat ou avec l’Affaire du siècle avec les usages du droit ; il y a des organisations qui ne sont pas déconnectées des pratiques institutionnelles…

En effet, c’est quelque chose qui avait été pointé notamment par la Ligue des Droits de l’Homme, la nécessité de retravailler sur les questions institutionnelles, sur la notion de droits, sur l’architecture du droit international… Mais cette faiblesse collective est liée à la nature des organisations les plus investies dans Plus jamais ça !, qui traitent peu de ces enjeux.

On voit aussi que de nombreuses organisations ne sont pas forcément à l’aise avec la revendication de référendum d’initiative citoyenne portée par les Gilets Jaunes, avec peut-être deux raisons : l’une est liée à l’histoire de la gauche anticapitaliste traditionnelle, qui pense les questions de droits et les problèmes institutionnels comme secondaires par rapport à la contradiction capital-travail ; et la seconde liée à la séparation entre le politique et le social.

À l’international, des mouvements évangélistes ou de l’islam politique, opposées aux nôtres par leurs valeurs et objectifs, montrent que des stratégies de conquêtes adossées à des pratiques sociales d’entraide, de prise en charge des besoins de la population face aux défaillances des États peuvent être gagnantes. Cela devrait nous interpeller si nous ne voulons pas que les mouvements de la gauche sociale et politique ne décrochent encore davantage au sein des classes populaires, d’autant que l’État néolibéral se traduit par la destruction des systèmes de protection sociale. (Extrait voir lien)

A l’occasion de la crise de la covid-19 s’est affirmé un rapprochement entre organisations syndicales et associatives, qui s’est traduit par la publication d’une tribune, d’une pétition puis d’un plan d’urgence intitulé  « Plus jamais ça ! 34 mesures pour un plan de sortie de crise » signé par ActionAid, Alternatiba, les Amis de la Terre, Action non violente COP21, Attac, la CGT, la Confédération Paysanne, la Convergences nationale pour les services publics, la Fondation Copernic, Droit Au Logement, la Fédération Syndicale Unitaire, Greenpeace, Notre Affaire à tous, Oxfam France, Reclaim Finance, l’Union syndicale Solidaires, l’UNF, l’UNL, Youth for Climate, 350.org. Animateur·rices d’Attac France, Julien Rivoire et Aurélie Trouvé représentent leur association au sein de cette coalition. Ils reviennent pour Contretemps sur cette dynamique unitaire « Plus jamais ça ! », ses enjeux, ses limites et ses liens avec le champ politique. Il et elle parlent ici en leur nom propre.

Aurélie Trouvé et Julien Rivoire7 juillet 2020

https://www.contretemps.eu/

Lire la suite

05 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

pcf (essf arc)

faucille marteau

Second tour des municipales en France : le « noyau historique » des bastions communistes est atteint

Si le choc n’est pas aussi fort qu’en 2014, les communistes perdent des bastions comme Saint-Denis, Saint-Pierre-des-Corps, Champigny-sur-Marne, Givors ou encore Arles. Cent ans après sa création, le PCF voit son implantation locale s’éroder encore.

« Nous avons réussi ! Notre ville prend ce soir un grand bol d’air. » En ce dimanche 28 juin au soir, Abdel Sadi (PCF) jubile : sa liste est confortablement arrivée en tête à Bobigny, au second tour des élections municipales. La victoire met fin à une campagne éreintante et à six ans de gestion UDI entachée par des scandales à répétition.

Mais la reconquête de la ville préfecture de la Seine-Saint-Denis ne saurait faire oublier la perte de gros bastions communistes tels que Saint-Denis ou Aubervilliers. Dans le Val-de-Marne, dernier département dirigé par le PCF, les dommages sont lourds : Champigny-sur-Marne et Choisy-le-Roi, la ville de Georges Marchais, tombent aux mains de la droite, malgré un fort héritage communiste. Villeneuve-Saint-Georges leur échappe aussi .

Tout aussi symbolique, Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire) voit la fin de 100 ans de communisme. Tout comme Bezons (Val-d’Oise), communiste depuis 1920, ou Givors, dans la métropole lyonnaise, après 67 ans de règne ininterrompu, ou encore Arles dans les Bouches-du-Rhône. Dans la fédération du Nord, le PCF « perd quelques grosses villes comme Seclin et Waziers », indique la responsable départementale à la communication, Soizic Lozachmeur.

Dans ses premiers calculs, l’historien Roger Martelli dénombre une baisse significative du nombre d’administrés gérés par des maires communistes, passant de 2,7 millions en 2014 à 2,3 millions pour les six ans qui viennent.

« Montreuil [Seine-Saint-Denis] est la dernière ville de plus de 100 000 habitants (en France métropolitaine), note-t-il aussi. En Île-de-France, le PCF contrôlait 147 communes en 1977, il n’en contrôle plus que 34 aujourd’hui. » Ce qu’on a appelé la banlieue rouge est aujourd’hui remplacé par « un archipel communiste ».

Ancien membre du PCF et directeur de la publication à Regards, Roger Martelli souligne aussi la portée symbolique de certaines défaites [1] : « Le noyau historique est affecté. Dans la liste des pertes, un certain nombre de villes faisaient partie de ce qu’on a appelé le communisme municipal. »

Pourtant, rappelle-t-il, les résultats du premier tour étaient plutôt encourageants pour le PCF. « Le PCF devait bénéficier de la prime aux sortants. Au premier tour, ils avaient récupéré trois quarts des communes de plus de 1 000 habitants qui avaient été gagnées en 2014. A priori, ça devait leur permettre de rester au niveau mais les résultats sont plus sévères que prévu. »

Le PCF perd 62 villes de plus de 1 000 habitants, passant de 380 communes en 2014 à 318 cette année.

Place du Colonel-Fabien, on se rassure comme on peut : si le nombre de mairies détenues par le parti diminue, le nombre d’élus municipaux devrait rester stable, voire augmenter légèrement, estime le secrétaire national du PCF Fabien Roussel.

« Il y a des grandes villes où les communistes seront présents dans les majorités, c’est un grand retour dans des villes comme Nancy et Strasbourg », explique celui qui est à la tête du parti depuis le congrès de 2018 [2]. Il se satisfait que le candidat communiste au Havre, Jean-Paul Lecoq, « a[it] fait trembler le premier ministre » (qui a quand même largement gagné).

« Paradoxalement, on gagne quelques élus », avance aussi la nordiste Soizic Lozachmeur. Quatre communistes entrent ainsi au conseil municipal de Lille après l’accord avec Martine Aubry. « Malgré des pertes, on arrive à se maintenir et il y a une nouvelle génération qui est mobilisée », affirme-t-elle aussi.

Mais Fabien Roussel est bien obligé de le reconnaître : « Nous perdons de grandes villes symboliques et il nous faut analyser les causes de ces défaites. Parfois, il y a eu des désunions entre communistes, parfois avec des forces de gauche et parfois on a été trop sûrs de nous. »

Saint-Denis, ville de 110 000 habitants, est l’emblème de ces désunions à gauche. Là-bas, la défaite a été précipitée par une crise entre le PCF et La France Insoumise (LFI), pourtant partis pour s’unir face au socialiste Mathieu Hanotin . Pour le secrétaire national du PCF, qui se garde de critiquer la stratégie de Laurent Russier, le maire PCF sortant, « le problème de fond » est l’absence d’alliance au 1er tour.

Mais à Ivry (Val-de-Marne), les divisions profondes de la gauche n’ont pas remis en cause les 100 ans de domination communiste : grâce à un accord avec son opposante EELV pour le second tour, le maire sortant a été réélu. Au prix, toutefois, de tensions très vives avec les socialistes et les Insoumis de la ville.

« À Ivry, l’anticommunisme a renforcé l’identité du maire et sa légitimité historique. Cette ville est emblématique d’un passage de témoin réussi entre les maires successifs », explique Emmanuel Bellanger, chercheur au Cnrs et auteur de Ivry, banlieue rouge : capitale du communisme français, XXe siècle.

Le sénateur de la Seine-Saint-Denis, Fabien Gay, pointe aussi le contexte exceptionnel de ces élections, d’une longueur inédite entre le premier tour du 15 mars et le second, trois mois et demi plus tard, et l’abstention record, notamment dans les quartiers populaires. « Ce n’est pas uniquement à cause du Covid, il y a une crise démocratique profonde », rappelle-t-il.

Dans son département, Fabien Gay parle d’un bilan contrasté : « On perd Aubervilliers, Saint-Denis et Villetaneuse, face à la gauche ; il y a aussi des reconquêtes et, à Romainville, on participe à la gagne, mais faut pas qu’on se mente, c’est difficile. »

Il y a aussi des réalités locales différentes. Certains maires sortants souffraient d’une image dégradée. Mais au-delà des particularités dans tel ou tel département, c’est bien une défaite d’ampleur nationale qu’a subie le PCF. Et une défaite qui vient de loin.

« Ce scrutin confirme les scrutins passés depuis 1983 où le PCF connaît un reflux », observe David Gouard, maître de conférences en science politique. Le mouvement devrait d’ailleurs se poursuivre lors des prochains scrutins : « Dans le Val-de-Marne, la menace est très importante : il y a un risque que la droite l’emporte dans un an, aux élections départementales. »

Le département a jusque-là résisté au déclin historique des communistes grâce à des unions avec le PS et à de faibles dissensions internes (contrairement à la Seine-Saint-Denis).

Mais aujourd’hui, indique Emmanuel Bellanger, chercheur au Cnrs, « l’assise départementale des communistes dans le Val-de-Marne est fragilisée par l’érosion des implantations munici-pales. Le choc avait déjà eu lieu aux législatives avec la victoire de Mathilde Panot (LFI) ». Même si la France insoumise a par ailleurs échoué à démontrer lors de ces municipales qu’elle pouvait constituer une force politique locale.

Si chaque ville connaît ses spécificités, les causes de la défaite sont disséquées depuis des années, voire des décennies, et ne varient pas considérablement.

« La force du communisme municipal, c’est que le parti avait promu des ouvriers, il avait renversé le stigmate social et territorial en promouvant des ouvriers. Ce qui faisait la force du communisme, c’est qu’ils avaient des élus qui ressemblaient à la population mais les communis-tes, comme le PS, ont raté le rendez-vous avec les jeunes issus de l’immigration post-coloniale », explique Emmanuel Bellanger rappelant parallèlement la déstructuration du tissu social engendrée par la désindustrialisation.

À la marge, un des enseignements de ces résultats se lit dans les reconquêtes de villes telles que Bobigny ou Villejuif, où la droite n’aura tenu qu’une mandature. Dans ces deux villes, les équipes communistes ont annoncé ne pas vouloir revenir sur l’instauration de la police municipale et de la vidéosurveillance par la droite. Des sujets qui représentent pourtant l’un des rares clivages nets au niveau local entre la gauche et la droite.

Justifiant cette position, les communistes balbyniens promettaient par exemple de redéfinir les missions de cette police pour lutter contre le harcèlement de rue. Toujours à Bobigny, la question des campements de Roms n’a pas été abordée par les communistes, conscients que le sujet avait été utilisé contre eux en 2014.

Héléna Berkaoui vendredi 3 juillet 2020

https://www.europe-solidaire.org/

Lire aussi:

Incroyable scénario à Vitry sur Seine: le maire sortant PCF n’est pas réélu

Lire la suite

02 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

municipales (le-figaro arc)

Libro rojo

Municipales: Mélenchon admet que sa stratégie n’a «pas fonctionné»

Le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a reconnu mercredi que son «choix d’appuyer partout des listes citoyennes» aux élections municipales «n’a pas fonctionné», sans pour autant trouver urgence à discuter avec les Verts.

Les écologistes ont remporté plusieurs grandes villes dimanche, dont Lyon, Bordeaux ou Strasbourg, tandis que LFI s’est cantonnée à faire l’appoint de coalitions ou des scores modestes au sein de collectifs citoyens – même si elle a aussi revendiqué 35 maires dans de petites et moyennes communes.

«Mon choix, qui n’a pas fonctionné, c’était d’appuyer partout des listes citoyennes en dehors des cadres classiques des partis, parce que je pensais que c’était ce qui allait faire voter les quartiers populaires», a expliqué Jean-Luc Mélenchon sur LCI.

«C’est frustrant pour moi, ça m’interroge, pourquoi plus personne ne veut bouger dans ces secteurs-là?», a-t-il confié. Dimanche soir, son discours s’était aussi concentré sur l’abstention historiquement haute (près de 60%), une «insurrection froide».

Concernant le succès des Verts, le patron des députés Insoumis a estimé que «c’était plutôt bon signe que les électeurs des villes aient voté écolo, ça centralise l’écologie, donc la question des biens communs».

Compte-t-il dialoguer avec eux en vue de la présidentielle de 2022? «D’abord laissons-les se mettre en place, régler leurs problèmes entre eux. Il y aura des discussions, des rencontres. Mais ce qui ne serait pas normal, c’est que tout le monde se précipite en-dessous de l’arbre de Noël en disant  »et moi, et moi? »».

«Une candidature commune, on verra», a poursuivi le député des Bouches-du-Rhône. «Il faut d’abord qu’eux-mêmes intègrent leur dimension nouvelle.

Ils sont d’une grande férocité, à Lyon ils ne nous ont pas laissé une seule mairie d’arrondisse-ment alors que nous en avions», s’est-il plaint à propos de leur accord de second tour. Mélenchon a aussi pointé des divergences de fond:

«Quand David Cormand, l’un des plus respectés dans l’écologie politique, dit  »Vive l’Europe des régions » ou d’autres  »A bas l’Etat jacobin », on va avoir du mal à discuter».

«Et on peut pas parler de la planification écologique, ils n’aiment pas le plan, ça leur rappelle l’Union soviétique», a-t-il ironisé. Mais «ce qui nous différencie, ce n’est pas l’écologie, c’est le social», a estimé le tribun.

1er juillet 2020

https://www.lefigaro.fr/

Commentaire:

On peut aussi l’interpréter comme une volonté de ne pas laisser se créer des « chefferies locales » qui affaibliraient son autorité avant le but ultime: la présidentielle de 2022. C’est aussi l’avis d’Iglesias de « Podemos ». Tout doit descendre de Paris ou de Madrid.

Lire aussi:

France Insoumise (lvsl)

SONDAGE 2022 : Mélenchon en tête de la gauche et devant LR

Lire la suite

02 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

état (npa)

macron ecolo

La crise marque-t-elle le retour de l’État ?

Souveraineté de l’État…

(…) Non seulement les États ont interrompu les circulations internationales, les interactions sociales et donc de larges pans de l’activité économique, mais ils ont presque immédiatement pris des mesures massives de soutien à l’économie.

En France, le chômage partiel concernait 8,6 millions de salariés en avril : un tiers des salariéEs du privé étaient payéEs par l’État ! Aux États-Unis, Trump et le Congrès sont rapidement parvenus à un accord de 2 200 milliards de dollars (12 % du PIB), comprenant l’envoi à la plupart des américains (les non citoyens étant exclus du dispositif) d’un chèque de 1 200 dollars, sur lesquels était inscrit le nom de Trump, tel un souverain battant monnaie.

L’action économique de l’État se poursuit d’ailleurs, et le fait que Merkel et Macron utilisent le niveau supranational comme relai de leurs politiques3 ne remet pas en cause la centralité des États dans la gestion de la crise.

ll serait pourtant erroné de penser la situation comme une reconquête par les États de leur souveraineté économique, que ce soit contre les institutions internationales, les banques centra-les ou les règles limitant les déficits. Les interventions massives des États, pour interrompre comme pour relancer l’activité, n’ont pas été décidées par un acte de souveraineté faisant « passer la santé devant l’économie » comme l’a dit Macron dans son discours du 14 juin, et ne marquent pas la fin du néolibéralisme4. Elles ont simplement été prises car la reproduction du capitalisme était défaillante.

…ou reproduction du capitalisme

Marx écrit dans le Manifeste du parti communiste (1847), que « le gouvernement moderne n’est qu’un comité qui gère les affaires communes de la classe bourgeoise tout entière ». Et Engels dit dans l’Anti-Dühring (1878) qu’il est « l’organisation que la société bourgeoise se donne pour maintenir les conditions extérieures générales du mode de production capitaliste. […] Il est le capitaliste collectif en idée ».

Les États capitalistes se définissent par leur fonction, qui est de permettre la reproduction du système capitaliste et de favoriser l’accumulation du capital. Au cours de la crise, c’est cette fonction que les États capitalistes ont continué à remplir (avec plus ou moins d’efficacité selon les pays).

L’État peut remplir cette fonction en intervenant dans au moins trois domaines.

D’abord, il a un pouvoir coercitif, et peut réprimer ce qui menace la domination de classe en vigueur (un tel pouvoir est au cœur de l’État dans toute société de classe). Ce rôle correspond largement à ce que Pierre Bourdieu appelle la « main droite » de l’État (armée, police, justice, prisons, etc.).

En second lieu, l’État prend en charge une partie (plus ou moins importante selon les époques) de la reproduction de la force de travail : sa « main gauche » est ainsi constituée de tous les services publics qui forment les futurs travailleurs (éducation), maintiennent en vie la population (santé) ou assurent certains moyens de subsistance pour les périodes de non-emploi (sécurité sociale), etc.

Enfin, l’État joue un rôle directement économique de régulation et de stabilisation relative du système capitaliste, toujours menacé par le chaos du marché.

En temps normal, hors période de crise, l’État néolibéral cherche à intensifier l’accumulation du capital en limitant son « poids » économique, et en maximisant les sources possibles de profit (privatisations, partenariats public-privé, etc.).

Il affaiblit donc les services publics, ce qui implique que la reproduction de la force de travail sera assurée dans une plus grande proportion soit par le secteur marchand (cliniques privées ou EPHAD dans la santé, par exemple), soit par les femmes au sein des foyers5.

Tout cela sert l’accumulation du capital mais rend la société plus vulnérable à la crise sanitaire et accélère l’advenue de la crise économique. Mais cela ne signifie pas qu’un tel État soit faible. Il agit (« réforme ») au contraire frénétiquement, il diffuse l’idéologie néolibérale (qui, en faisant de l’entreprise et du marché les valeurs suprêmes, nie pourtant l’importance de l’État), et il conserve un rôle économique fondamental, bien que diffus et discret.

Lorsqu’une crise advient, l’État capitaliste (néolibéral ou non) intervient d’une manière plus directe et visible, précisément parce que le système dont il doit garantir la reproduction est grippé, voire menacé.

Lors d’une crise économique (en 2008, ou cette année) il pourra adopter des politiques de relance voire des nationalisations provisoires. Lors d’une crise socio-politique (comme en 1945 ou 1968), il pourra négocier, céder du terrain ou accorder de nouveaux droits politiques et sociaux, afin de retrouver une certaine stabilité et garantir la pérennité du capitalisme. Et, lors de la crise sanitaire inédite que nous vivons, il a été contraint d’interrompre les activités sociales et économiques en confinant la population.

Dans ce cas, cela a impliqué des coûts économiques pour les capitalistes (une minorité de secteurs, comme l’économie numérique, en tirant toutefois profit), malgré les efforts de l’État pour les limiter au maximum en faisant travailler la population autant que possible durant le confinement et en faisant reprendre l’activité à tous au plus tôt.

Mais si les dirigeants des États capitalistes ont accepté ces coûts économiques, c’est parce qu’à leurs yeux il n’y avait pas d’alternative à la fois pour maintenir leur propre position de pouvoir et pour éviter que le système capitaliste soit bouleversé.

Les risques d’un non-confinement (et donc de la mort de dizaines ou centaines de milliers de personnes en France) étaient vraisemblablement trop grands : scandale politique, surtout si les dirigeants des pays voisins avaient choisi de confiner ; instabilité et troubles sociaux d’une ampleur difficile à anticiper ; avec, de toutes façons, une crise économique importante.

Il est révélateur que les dirigeants qui ont pris le moins de mesures gênant l’activité économique (à court terme) soient ceux qui, comme Bolsonaro et Trump, craignent le moins le scandale et la polarisation de l’opinion, puisque ce sont leurs éléments naturels.

Au Brésil et aux États-Unis, du reste, de nombreuses mesures de type confinement ont été prises au niveau régional, et il en a découlé une crise politique au sein de l’appareil d’État, entre le niveau fédéral et le niveau régional (crise symbolisée par les insultes publiques de Bolsonaro aux gouverneurs des provinces de Rio de Janeiro et São Paulo) ; il s’agissait au fond d’un désaccord sur la meilleure manière pour l’État de remplir sa fonction de reproduction du capitalisme (désaccord qui recoupe des styles politiques différents).

Si l’aspect sanitaire de la crise est inédit, son aspect économique est plus simple à analyser, puisque l’on a encore en mémoire la crise de 2008. Le rôle de garantie en dernier ressort du système capitaliste par l’État est dans ce domaine parfaitement clair.

Il s’agit de remplir cette fonction en prenant des mesures d’exception (Romaric Godin a employé l’expression suggestive de « flash keynésien »), mais en s’efforçant de revenir dès que possible à la norme néolibérale et à un État plus discret (même si cela peut s’avérer de plus en plus difficile, comme le montre par exemple la nécessité pour la BCE de mener continûment depuis 2015 des opérations de Quantitative easing, c’est-à-dire de rachat de dettes à des acteurs financiers).

Le discours néolibéral essaiera donc bien vite de faire oublier le supposé retour de l’État, et les dirigeants invoqueront à nouveau de prétendues contraintes insurmontables (l’économie, la nécessité de réformer, les traités européens, etc.) entravant son action. (…)

Le gouvernement français a pris soin (par calcul délibéré ou par blocage idéologique, peu importe) de ne prendre aucune mesure qui créerait un précédent sur lesquels les classes populaires pourraient prendre appui.

Ainsi, l’interdiction des licenciements durant le confinement, un temps évoquée dans les médias (et que l’État espagnol a adoptée le 27 mars, évidemment à titre de « parenthèse »), a rapidement été écartée par E. Philippe.

De même, aucune nationalisation n’a eu lieu, même celles des entreprises pouvant produire des masques, des tests ou des appareils respiratoires, alors que cela aurait permis non seulement de sauver des vies mais aussi, vraisemblablement, de déconfiner plus tôt et donc de limiter les pertes des capitalistes.

Alors que le pouvoir macroniste avait mis les réformes de l’assurance chômage, des retraites et de l’enseignement supérieur et de la recherche (LPPR) en pause afin d’élargir sa base sociale (ou du moins de neutraliser partiellement les oppositions par une pseudo-union nationale) durant la phase la plus périlleuse de la crise, il repart à la charge à la première accalmie.

Enfin, si l’État néolibéral a injecté de l’argent dans l’économie, il ne l’a fait qu’au profit direct ou indirect des entreprises, même dans le cas des mesures qui étaient en apparence destinées aux salariés, comme le chômage partiel (les fraudes des entreprises ont été massives puisqu’il est estimé que 24 % des salariéEs payés au chômage partiel auraient en réalité travaillé6).

Si des mesures peuvent constituer un précédent, ce sont celles qui reviennent sur des conquêtes sociales. Le 25 mars, le gouvernement, habilité par la loi d’urgence sanitaire à légiférer par ordonnance (ce qui est en soi une procédure antidémocratique, renforçant le pouvoir accru de l’exécutif dans le sens d’un « étatisme autoritaire », pour reprendre une expression de Nikos Poulantzas) a ainsi donné aux entreprises de certains secteurs (là encore par décret) le droit d’augmenter les durées horaires maximales du travail, d’augmenter la durée maximale de travail quotidien des travailleurs de nuit, de faire travailler le dimanche sans autorisation administrative, etc7.

Cette ordonnance est, en l’état actuel, en vigueur jusqu’à la fin de l’année8. Macron a du reste annoncé à la population le 14 juin qu’il allait falloir travailler et produire plus pour entamer la « reconstruction » économique, c’est-à-dire pour payer la crise, sans donner plus de détails sinon qu’il n’y aurait pas d’augmentations d’impôts.

Si l’on se penche sur les autres domaines d’action de l’État, et que l’on reprend la métaphore des deux mains de Bourdieu, on peut dire que l’État capitaliste est intrinsèquement droitier. Il peut être contraint, par des mobilisations de masse et un rapport de force plus favorable aux subalternes, comme entre 1945 et les années 1970, de renforcer également sa main gauche.

À l’inverse, c’est à une atrophie volontaire de cette dernière que l’époque néolibérale correspond. Et il faut remarquer, sans que cela implique de contester l’utilité sanitaire du confinement, que c’est bien sa main droite que l’État a utilisée pour empêcher les personnes de circuler et de se réunir (notamment car les services publics de santé avaient été trop affaiblis pour pouvoir prendre en charge à eux seuls la crise sanitaire).

Et il l’a fait d’une manière particulièrement brutale, la police ayant provoqué la mort de 12 personnes pendant le confinement. L’État s’est du reste donné des moyens de muscler encore sa main droite à l’avenir, créant là aussi des précédents (en France et ailleurs) : drones de surveillance, traçage numérique des populations, capteurs de température, autorisation de sortie, etc9.

Le gouvernement a même tenté de prolonger l’interdiction des manifestations (interdiction finalement suspendue par le Conseil d’État, les luttes passées ayant permis de faire reconnaître dans le droit comme une « liberté fondamentale » le fait de manifester).

La crise actuelle intensifie donc les tendances autoritaires de l’État néolibéral.

La révolte internationale en réaction à l’assassinat de George Floyd, et en France à celui d’Adama Traoré, révolte dirigée contre le racisme et l’oppression policière (subie avec une intensité particulière pendant le confinement) est cependant en mesure de s’opposer à ces tendances.

La main gauche de l’État a évidemment joué un rôle décisif dans la crise sanitaire, grâce au courage et à l’abnégation des soignantEs. Malgré les proclamations du pouvoir (Ségur de la santé), il ne souhaite vraisemblablement rien faire pour la renforcer, à l’exception de quelques décisions peu coûteuses comme le renouvellement des stocks de masques (qui avait été abandonné depuis 2013), et d’une reconnaissance symbolique (applaudissements, médailles, etc.).

Notre camp peut cependant contraindre l’État à prendre de véritables mesures en établissant un puissant rapport de forces, à partir des grèves et manifestations des soignantEs dont la lutte, qui ne s’est pas interrompue depuis plus d’un an, a trouvé une intensité nouvelle après le confinement.

Plus encore que celle de 2008, la crise actuelle démontre que, malgré toutes ses défaillances, si l’État ne peut pas tout, il peut beaucoup, mais que sa puissance est au service du système capitaliste. Elle révèle donc ce qu’ont de faux les deux idéologies dominantes symétriques : le discours néolibéral qui veut faire oublier le rôle de l’État ; le discours étatiste-souverainiste qui veut laisser penser que l’État est parfaitement autonome.

Si dans la situation actuelle le pouvoir cherchera à renforcer encore les tendances néolibérale et autoritaire de l’État, les deux principaux mouvements post-confinement, le mouvement des soignantEs et le mouvement antiraciste (contre les violences policières et pour les sans-papiers) constituent déjà une résistance puissante et déterminée contre ces deux tendances. (Résumé)

Mardi 30 juin 2020 Yohann Emmanuel

https://npa2009.org/

Lire la suite

02 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

onet nantes (lutte ouvrière)

nantes

Onet CHU de Nantes : huit jours de grève font céder le patron !

Avant, pendant ou après le Covid, les 150 travailleuses et travailleurs du groupe Onet chargés de tâches de désinfection et de nettoyage au CHU de Nantes doivent se battre pour défendre leur santé.

Le 16 mars déjà, le personnel du nettoyage avait dû faire grève, en pleine crise du Covid, pour obtenir des produits nettoyants désinfectants et du matériel de protection : du gel hydroalcoolique et des gants.

À la suite de la manifestation des personnels hospitaliers du 16 juin, les salariées – les équipes d’Onet sont composées de femmes pour l’essentiel – se sont de nouveau mises en grève pour obtenir des augmentations de salaire, une prime Covid, une prime trimestrielle et le paiement des jours de grève.

La grève a duré huit jours. Très suivie, elle a obligé une partie de l’encadrement d’Onet à faire le ménage, une performance qui n’a pas convaincu le personnel hospitalier ! Finalement, le 25 juin, face à la détermination des salariées en lutte, la direction d’Onet a été contrainte d’accorder des requalifications, donnant lieu à des augmentations de salaire pour 70 % du personnel, et une prime trimestrielle de 100 euros brut pour tous. Le patron, qui se disait inébranlable, a bien dû céder !

C’est un exemple à suivre, et une première victoire qui appelle d’autres batailles car l’annonce par la direction nationale d’Onet d’une prime Covid d’un montant, unanimement jugé honteux, de 150 euros brut maximum au prorata des jours travaillés, a ravivé une colère qui était loin d’être éteinte.

Mardi 30 juin, le personnel d’Onet du CHU de Nantes s’est donc à nouveau mis en grève, comme celui de Valenciennes ou de Montpellier, pour une prime Covid de 800 euros minimum pour tous, une augmentation de 10 % des salaires, la reconnaissance de la qualification de travail en milieu sensible et un treizième mois.

Onet, « Onet mal’Onet » comme le scandent les grévistes, prétend être sur la paille mais c’est un mensonge ; preuve en est la fortune de la famille d’Elisabeth Coquet-Reinier, à la tête du groupe, estimée à 550 millions d’euros, la 172e de France. Onet et ses actionnaires peuvent payer. Par leurs revendications, les grévistes ne réclament qu’une partie de ce que leur patron leur a volé !

Correspondant LO 01 Juillet 2020

Lire la suite

02 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

gauche (lutte ouvrière)

union

Gauche : de vieilles recettes avec un peu de vert

Le succès, dans plusieurs grandes villes du pays, de listes municipales conduites par Europe écologie – Les Verts (EELV) a suscité de nouvelles conversions à l’écologie à gauche.

Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste, s’est revendiqué de la vague verte, expliquant s’être battu depuis deux ans pour « l’union des partis de gauche et des écologistes ». Il s’est ensuite empressé de se dire prêt, pour la présidentielle de 2020, à se ranger derrière le candidat qui incarnerait « le bloc social- écologiste ».

Il est vrai que le Parti socialiste, laminé lors des précédentes élections, peut d’autant plus proclamer d’avance son ralliement à une candidature verte, qu’il ne peut guère prétendre à la première place dans l’attelage tirant le char de la gauche.

Ce ne sont pas Les Verts qui lui donneront tort ! L’eurodéputé EELV Yannick Jadot a ainsi déclaré : « Il y aura clairement un avant et un après municipales 2020. » Dans son monde d’après, « c’est plus que l’union des gauches qui est possible. C’est une recomposition du paysage politique, autour de l’écologie. » Voilà le cadre des futures tractations entre les partis de gauche posé.

Du côté des dirigeants du Parti communiste, qui ont encore moins que le PS les moyens de peser, on se félicite de toutes les situations où « l’union des forces de gauche locales a permis la victoire ».

Et Ian Brossat affirme : « Il faut continuer à construire des convergences à l’échelle nationale. Nous avons montré que la condition de la victoire, c’est le rassemblement. »

Voilà un langage déjà entendu, qui a d’ailleurs déjà mené la gauche au gouvernement avec Hollande par exemple, avec le résultat que l’on connaît. Alors, se rassembler pour gagner quoi, et derrière quel programme ?

Si celui-ci est désormais habillé de vert, jamais il n’est question de remettre en cause la domination de la bourgeoisie sur l’économie et la société. Jamais il n’est question d’expliquer aux travailleurs qu’il faudra arracher son pouvoir de nuisance à la classe capitaliste dominante.

La classe ouvrière a effectivement besoin d’unir et de rassembler toutes ses forces dans la guerre que lui mènent les capitalistes. Mais ce n’est pas une énième variante de coalition de gauche, ne proposant rien pour lutter contre les responsables de la crise économique, sociale et écologique qui menace l’humanité, qui le lui permettra.

Nadia CANTALE 01 Juillet 2020
.
.
Lire aussi:
.

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin