Archive | A gauche du PS

22 juin 2017 ~ 0 Commentaire

ps2 (npa)

socialistes

Dans quel état erre aujourd’hui le PS ?

En menant cette politique illustrée par la loi Travail, faite sur mesure pour le patronat pour casser le code du travail, le PS s’est coupé d’une grande partie de sa base électorale historique.

Hollande et Valls ont très vite fait le choix d’une politique dite de l’offre, c’est-à-dire très pro-patronale au risque clairement assumé d’y perdre beaucoup de plumes, ce qui s’est en effet passé.

En 2012, le PS avait en mains tous les pouvoirs : la direction de la quasi totalité des régions, plus de la moitié des départements, les deux tiers des villes et même le Sénat, pour la première fois de son histoire. Deux ans plus tard, la dégringolade commençait. Le PS commen- çait à perdre toutes les élections, et le couple exécutif devenait l’un des plus impopulaires de tous les temps. Aux attaques contre le code du travail s’ajoutaient des tentatives honteuses de rallier des électeurs du Front national, comme lors du débat dégradant sur la déchéance de nationalité.

Hollande, trop déconsidéré, décidait alors de ne pas se présenter, avant que Valls ne soit sèchement battu aux primaires du PS.

Les sympathisants socialistes ont ainsi voulu exprimer leur rejet de sa politique libérale et lui ont fait payer son abandon total de ce qui pouvait représenter des valeurs de gauche. Des valeurs tellement foulées aux pieds qu’il était devenu sarko-compatible (en 2007, Sarkozy lui avait proposé d’entrer dans le gouvernement Fillon au titre de « l’ouverture », une proposition que l’intéressé avait alors décliné).

Dans les mois précédant la primaire de gauche, son passage en force à travers le 49-3, sur des sujets aussi importants que la loi Travail, avaient achevé de le discréditer auprès des sympathisants socialistes. Monsieur 49-3 a utilisé cet article trois fois pour imposer la loi Macron et trois fois pour faire passer la loi Travail ; avant de proposer lors de la primaire, sans vergogne aucune, de supprimer cette disposition constitutionnelle ! Ses coups de menton, ses côtés autoritaires et opportunistes ont créé les conditions d’une véritable détestation.

C’est alors que, jugeant la situation mûre, le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, a quitté le gouvernement et fondé son propre mouvement, ce que Valls avait toujours rêvé de faire sans jamais l’avoir osé. En bons opportunistes, une série de respon- sables socialistes, auxquels l’avenir de leur parti inspirait peu de confiance, ont rapidement rejoint l’enfant chéri des sondages. Les Ferrand, Collomb, Le Drian et bien d’autres (y compris Valls) ont finalement quitté le PS.

Aux primaires du PS, ou plutôt de « la belle alliance populaire » (dont tous les termes sont mensongers), c’est donc Benoît Hamon qui est sorti vainqueur surprise, en adoptant une posture plus à gauche avec sa promesse d’abroger la loi Travail et sa mesure phare de revenu universel, qu’il n’a d’ailleurs cessé d’édulcorer au fil des semaines. Il est vrai qu’il n’en fallait pas beaucoup pour apparaître « de gauche » vis-à-vis de Valls et Hollande. Hamon n’a pourtant pas séduit un électorat plus large, tant son passé d’homme d’appareil et de gouvernement lui collait à la peau, face à un Mélenchon qui, lui, avait déserté les couloirs gouvernementaux depuis assez longtemps pour qu’on l’oublie.

Hamon a parfois été comparé à Jeremy Corbyn, l’actuel leader du parti travailliste britan- nique. Leurs programmes n’ont cependant pas grand chose à voir. Corbyn est plutôt un social-démocrate de la vieille école, qui veut mettre en place une « économie mixte », en prenant un peu aux patrons pour redistribuer aux travailleurs. Sans parler du fait que face à l’homme d’appareil qu’est Hamon, Corbyn n’est pas seulement un élu de longue date mais aussi un militant qui s’engagé dans de nombreuses luttes contre l’austérité ou pour l’écologie.

Les deux partis sont également différents. Le PS se retrouve aujourd’hui à l’os, composé essentiellement d’élus après avoir vu ses adhérents fondre comme neige au soleil. Les illusions électorales dans ce qu’on appelle la gauche de gouvernement se sont déplacées vers la France Insoumise de Mélenchon. Le Labour britannique, toujours lié organiquement aux syndicats, a bénéficié d’une forte vague d’adhésions après avoir largement ouvert ses portes pour l’élection de son dirigeant et reste l’alternative électorale aux conservateurs.

Malgré la modération du programme de Hamon, l’appareil du PS lui a sérieusement savonné la planche, une majorité de ses dirigeants se ralliant de fait à Macron dès avant le premier tour. Depuis, bien sûr, des comptes se règlent et des rats quittent le navire. Le parti est aujourd’hui divisé entre trois grandes orientations : soutenir Macron ; retrouver l’opposition pour y faire une cure qui dans le passé avait toujours profité au PS ; entre les deux, la ligne du ni soutien ni opposition défendue par ce qui reste de l’appareil central autour du premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis.

Il y a bien longtemps que le PS ne représente plus les intérêts des classes popu- laires. Depuis le déclenchement de la Première Guerre mondiale, à laquelle il s’est rallié sans combattre, il a toujours défendu les intérêts de la bourgeoisie française. Il était utile à cette dernière en conservant des liens avec les classes populaires et le mouvement ouvrier organisé, ce qui lui permettait aussi de disposer d’une base sociale afin de négocier son accession aux affaires. Mais après les cinq années de gouvernements Hollande, ces liens, qui étaient déjà très distendus, n’existent plus.

Les partis et les gouvernements passent, se déconsidèrent à grande vitesse dans une situation où l’offensive de la bourgeoisie devient de plus en plus violente contre les salariés et les pauvres.

C’est dans ce contexte très instable que le PS d’Epinay va laisser la place à d’autres expressions politiques. Beaucoup de questions restent ouvertes : que va faire Hamon ? Quel est l’avenir du mouvement qu’il s’apprête à lancer cet été, tout en restant dans le PS ? Et plus généralement, que va-t-il advenir de la gauche de gouvernement ?

Nous verrons bien ce qui pourra sortir de ces ruines mais dans tous les cas, ce qui importe pour les salariés est de reprendre l’offensive et de s’atteler à la construction d’un parti qui défende leurs intérêts, loin de tous les appareils électoralistes qui ne cherchent qu’à les enrôler derrière eux.

Régine Vinon Lundi 19 juin 2017

https://npa2009.org/

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22 juin 2017 ~ 0 Commentaire

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France insoumise et PCF, la recomposition de la gauche radicale en marche ?

Les candidatEs du PCF et de La France insoumise s’en sortent, plutôt bien en réussissant à avoir 27 députéEs. Nous sommes loin de la majorité annoncée et espérée (?) il y a quelques semaines, mais les résultats de dimanche soir redonnent le sourire à La France Insoumise.

En effet, contre toute attente, 17 députéEs du mouvement vont entrer à l’Assemblée nationale. Et cerise sur le gâteau, La France insoumise n’a besoin de personne – et surtout pas des communistes – pour constituer un groupe parlementaire…. et les moyens qui vont avec. De quoi vraiment réjouir Mélenchon qui avait dû revoir à la baisse ses ambitions.

Certains de ces nouveaux députés, comme Alexis Corbière, Stéphane Peu, Bastien Lachaud ou Danièle Obono, s’emparent de sièges détenus alors par des « éléphants » du Parti Socialiste.

C’est sans aucun doute en Seine-Saint-Denis (93) que La France insoumise s’installe le plus solidement, avec cinq députéEs dont Éric Coquerel et Clémentine Autain. Au final, la FI parvient ainsi à concrétiser son implantation, cela sans oublier un succès symbolique, celui de François Ruffin qui l’emporte dans la première circonscription de la Somme, à Amiens, la propre ville de Macron, et celui de Mélenchon lui-même qui a réussi son parachutage à Marseille, en étant largement élu.

Le PCF pas encore mort

C’est sans doute l’une des grosses surprises de ce second tour, le PCF fait quasiment carton plein : il a 10 éluEs sur les 12 qui se présentaient officiellement sous son étiquette, améliorant ainsi son nombre d’éluEs par rapport à 2012.

Il sauve ainsi les meubles notamment dans plusieurs de ses bastions et a même réussi à reprendre des circonscriptions historiques, notamment dans le Nord et en Seine-Maritime. En région parisienne, le Parti Communiste remporte la 1re circonscription des Hauts-de-Seine, un bastion communiste historique perdu en 2012. De même, Stéphane Peu, membre du PCF mais présenté sous étiquette FI, s’est imposé dans la 2e circonscription de Seine-Saint-Denis, bastion historique du Parti Communiste ravi en 2012 par Mathieu Hanotin (PS) qui a été éliminé au premier tour.

Malgré tout cela, le PCF, contrairement à La France Insoumise, n’est pas en capacité de constituer seul son propre groupe parlementaire, sauf à s’allier comme en 2012 avec des députés ultramarins… ou avec celles et ceux de La France insoumise.

Combien de divisions ?

Dès dimanche soir, Mélenchon a posé les bases d’une future recomposition à gauche, dont il espère bien devenir le nouveau centre de gravité. Le futur groupe parlementaire France insoumise sera « discipliné, offensif », a-t-il promis, tout en ouvrant la porte à « tous ceux qui veulent le rejoindre » : les communistes, les écologistes et mêmes certains socialistes que Mélenchon veut toujours dynamiter. Mais à la condition d’une discipline de vote et du respect du programme… Des exigences qui avaient bloqué l’unité du PCF et de FI avant les légis- latives. Et à cette heure, ni La France insoumise ni le PCF n’ont annoncé qu’ils siége raient ensemble.

Pierre Laurent s’est félicité des résultats de son parti, avant d’éluder quant à la perspective d’un groupe commun : « On va regarder l’ensemble des résultats, regarder tout ça calmement demain matin et puis on va décider ». Et concernant la discipline de groupe, une voix discor- dante vient déjà de se faire entendre, celle de François Ruffin qui a déclaré sur RTL : « La discipline de groupe, ce n’est pas pour moi, mais on n’a pas besoin de discipline quand on est d’accord sur l’essentiel… » C’est donc loin d’être gagné, même si Marie-George Buffet ou Clémentine Autain ont déjà exprimé leur souhait de constituer un seul groupe. Mais les rancœurs et les choix stratégiques divergents des derniers mois restent dans toutes les têtes, et les négociations promettent d’être difficiles ces prochains jours.

C’est dans la rue qu’ça se passe !

Même si nous voyons positivement l’élection de ces députés France Insoumise et PCF, ce second tour clarifie globalement les choses : ce n’est vraiment pas à l’Assemblée nationale que peut s’organiser l’opposition au macronisme. Les institutions, faites pour dégager une large assise majoritaire au pouvoir présidentiel, ont de ce point de vue bien fonctionné…

C’est bien en construisant les résistances et les mobilisations au plus près de la population, que nous allons pouvoir nous opposer aux offensives antisociales, à commencer par les reculs sociaux historiques programmés sur la question du droit du travail. Il s’agit en particulier d’articuler des initiatives « par en haut » (en s’appuyant par exemple sur des journées de mobilisation nationale) et « par en bas » (avec la constitution de collectifs locaux ?).

L’urgence est donc à l’expression d’une opposition à ce gouvernement. Le NPA appelle toute la gauche sociale et politique à discuter et à se coordonner pour engager la mobilisation.

Jeudi 22 juin 2017 Sandra Demarcq

https://npa2009.org/

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Le PCF se fourvoie une fois de plus dans l’opportunisme (TC)

15 députés avaient signé la charte de la « France insoumise » :

- 12 membres du « parti de gauche » :  Ugo Bernalicis (59), Eric Coquerel (93), Alexis Corbière (93), Bastien Lachaud (93), Michel Larive (09), Jean-Luc Mélenchon (13), Dan Obono (75), Mathilde Panot (94), Loïc Prud’homme (33), Adrien Quatennens (59), Muriel Ressiguier (34), Sabine Rubin (93)

- 2 membres du PCF : Stéphane Peu (93), Bénédicte Taurine (09)

- 1 membre d’Ensemble : Caroline Fiat (54))

Par ailleurs, 9 autres députés avaient été élus sans candidat de France insoumise face à eux au premier tour :

- 6 membres du PCF : Alain Brunel (59), Marie-George Buffet (93), Jean-Paul Dufrègne (03), Sébastien Jumel (76), Fabien Roussel (59), Hubert Wilfranc (76)

- 1 membre d’Ensemble : Clémentine Autain (Ensemble) investie par la France insoumise

- François Ruffin (80) investi par la France insoumise

- Huguette Bello et Jean-Hugues Ratenon (La Réunion)

4 députés PCF ont été élus alors qu’ils avaient un candidat France insoumise face à eux au premier tour : André Chassaigne (63), Elsa Fauçillon (92), Jean-Paul Lecoq (76), Fabien Roussel (62)

Les 12 membres du parti de gauche, les 2 membres d’Ensemble, Bénédicte Taurine (PCF), Jean-Hugues Ratenon, et François Ruffin devraient constituer un groupe « France insoumise » de 17 membres.

En revanche, Stéphane Peu, signataire de la charte France insoumise (qui impliquait de siéger dans le groupe France insoumise), devrait siéger dans le nouveau groupe « PCF + ultra-marins », constitué par 11 députés PCF (Stéphane Peu + 6 députés PCF élus grâce au retrait de FI + 4 députés PCF élus face à FI) et 4 députés ultra-marins : Huguette Bello (Réunion), Bruno Nestor Azerot et Jean-Philippe Nilor (Martinique) et Gabriel Serville (Guyane).

Ces 4 députés ultra-marins siègent déjà actuellement dans le groupe GDR (Gauche démocrate et républicaine) à l’assemblée. Ils avaient voté contre le mariage pour tous, et 2 (Azérot et Serville) ont même voté la confiance à Valls en 2014 ! 

Le PCF est donc prêt à s’allier à n’importe qui pour ses intérêts boutiquiers, au prix d’une incohérence politique pitoyable. Le PCF ne cesse d’en payer le prix mais il continue sur la même voie.

http://tendanceclaire.org/

Lire aussi:

Recomposition à gauche: la France Insoumise et le PCF auront des groupes parlementaires séparés à l’Assemblée (Révolution Permanente)

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20 juin 2017 ~ 0 Commentaire

la gauche (npa)

la gauche

Un champ politique bouleversé et instable, des affrontements qui s’annoncent

cranes ps

Parti socialiste : « pasokisation » ou simple éclatement ?

D’abord souligner que le premier tour des législatives a confirmé la bérézina en cours. Alors que les projections pour le second tour ne créditent pas le PS de plus d’une trentaine de dépu- tés, l’élimination dès le premier tour de l’ancien candidat à la présidence, Benoit Hamon, et l’écrasement (9 % des voix !) du premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, dans la circonscription très à gauche de la capitale qu’il avait représentée à l’Assemblée nationale pendant 25 ans, sont hautement symboliques.

Du point de vue de l’appareil, les conséquences sont évidemment catastrophiques. Ce ne sont pas seulement près de 300 députés qui vont « perdre leur travail » mais, avec le plan de super-austérité qui va devoir être appliqué, des centaines voire milliers d’attachés parlementaires et de permanents. Le siège de Solférino serait d’ailleurs bientôt mis en vente. Or, s’il n’y a plus d’appareil, qu’est-ce qui pourrait pousser des socialistes aux positions sou- vent diamétralement opposées à demeurer ensemble ?

Et comment continuer avec un parti d’élus qui n’aurait plus d’élus ?

Dans cette situation, la question est de savoir si, comme dans le cas du PASOK en Grèce, il restera après l’effondrement un tronc commun plus ou moins large ou si le PS va simplement disparaître après avoir explosé en plusieurs morceaux. Les macronistes ou Macron-compa- tibles qui ne sont pas encore partis (il en reste un bon nombre) hésitent entre s’en aller rejoin- dre REM ou constituer une force d’appoint post-socialiste à la majorité présidentielle. « Les résultats des socialistes doivent être regardés avec lucidité et il faudra en tirer toutes les conclusions au lendemain du second tour, pour rebâtir la gauche de gouvernement sur des bases saines et rénovées », a déclaré l’un d’entre eux, l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve.

De leur côté, les hamonistes affirment vouloir maintenir et refonder un PS recentré sur ses « valeurs », donc débarrassé de ceux qui soutiennent ou soutiendront le gouvernement Macron-Philippe. Dans leur idée, une telle formation irait d’eux-mêmes jusqu’à Cambadélis en passant par Martine Aubry, Anne Hidalgo, Najat Vallaud-Belkacem… Resterait alors à entre- prendre une cure d’opposition, tout en espérant un essoufflement ou une crise du mouvement de Mélenchon, qui par définition, n’entend ni ne peut s’allier à quiconque au sein d’une même formation politique. La suite bientôt… avec dans tous les cas des jours agités.

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Les problèmes de Mélenchon

Au delà du projet et à la « philosophie politique » de Mélenchon et de sa France Insoumise, ce que l’ on peut ajouter sur la base des premiers enseignements des législatives, c’est peut-être une réflexion sur les contradictions qui les travaillent.

Jean-Luc Mélenchon a eu un premier gros problème au soir du 23 avril. Il s’y voyait déjà, s’y voyait tellement (après avoir poussé à l’extrême l’idée de « la gagne », inaugurée par les antilibéraux de l’avant-présidentielle de 2007 et reprise par le Front de Gauche en 2012) que son élimination, pourtant logique dans les conditions de rapports de forces électoraux qui prévalaient, a semblé le tétaniser en le rendant plus amer et agressif que jamais, là aussi, en sapant des efforts sinon de « dédiabolisation », du moins destinés à le faire apparaître sous un jour plus avenant.

Mélenchon et son équipe se sont cependant repris avant les législatives, mais ils se sont alors trouvés confrontés à un deuxième problème : la campagne présidentielle avait été si personnalisée (et personnaliste) que les candidats FI aux législatives, dans leur grande majo- rité, s’avéraient incapables de se hisser à la hauteur électorale du Chef. Résultat, la FI a beau- coup perdu par rapport à la présidentielle, près de huit points, tout comme le Front National. La France Insoumise aura des élus (dont probablement Mélenchon), peut-être même un groupe parlementaire avec le renfort de quelques députés PCF, mais beaucoup moins que ce qu’elle espérait au départ.

C’est toutefois maintenant, à l’issue de la séquence électorale et de l’enthousiasme qu’elle a suscitée dans une formation fondamentalement électoraliste, que la principale difficulté va se présenter.

La France Insoumise a été mise en place d’en haut comme un « mouvement » non ou anti- parti, tout dévoué à la vocation présidentielle du Chef, sans aucune structure d’élaboration et de débat démocratiques. Mais si elle veut se pérenniser, elle sera obligée de mettre en place un type d’organisation collective laissant aux militants des possibilités de s’exprimer.

Aucune formation, pas même le FN, ne peut fonctionner en suivant la seule parole du Chef. Même les partis staliniens organisaient des congrès, certes absolument contrôlés, totalement antidémocratiques, mais qui dans leur cas permettaient de mesurer à un moment donné des rapports de forces intra-bureaucratiques. En Espagne, Podemos a comme la FI une base idéologique populiste et des conceptions organisationnelles verticalistes, mais des opinions différentes peuvent s’y exprimer et son deuxième congrès a même donné lieu à la formation de trois tendances.

Rien de tel dans la France Insoumise. Ni congrès, ni orientation discutée et votée collectivement, ni même direction élue, le Chef nommant de sa propre autorité son équipe rapprochée. Or une forme politique pérenne ne peut être qu’une structure collective autorisant des débats, ayant des congrès avec des délégués et des dirigeants élus. Ce qui implique nécessairement d’accepter que puissent s’exprimer des opinions différentes voire dissidentes (même si au Parti de Gauche, prédécesseur de la FI et qui, lui, tenait des congrès, la direction avait l’habitude de couper toutes les têtes qui dépassaient). Cette question de la pérennité et donc de la structuration, démocratique ou non, est la grande question posée aujourd’hui à Mélenchon et à son équipe. S’ils ne parviennent pas à lui trouver une réponse un peu cohérente, leur « mouvement » risquera assez vite de s’évaporer.

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PCF, la descente aux enfers continue

Avant de conclure, quelques mots sur la situation du Parti Communiste Français. La tactique mélenchoniste du « casse-noix » a fonctionné avec le PS, qui s’est effectivement retrouvé broyé entre les deux mâchoires Mélenchon et Macron de la tenaille. Mais elle a également donné des résultats avec le PCF, incapable de définir une politique claire par rapport à la présidentielle, un vote serré de ses militants ayant décidé de soutenir le candidat de la FI, en désavouant la position majoritaire de la direction.

Les comparaisons avec 2012 sont difficiles (puisque les candidats PCF se présentaient alors sous l’étiquette Front de gauche), mais une certitude est que la dégringolade électorale de ce parti se poursuit. 6,91 % au premier tour de 2012 pour le Front de Gauche (avec une grande majorité de candidats communistes), et dix députés élus dont neuf membres du PCF, mais seulement 2,72 % pour les candidats du PCF en 2017 ; la future représentation parle- mentaire de ce parti, si importante à ses yeux, risquant d’être réduite de moitié, si ce n’est plus.

Contradictoirement, ce parti reste celui qui conserve le plus de militants dans les grandes entreprises ainsi que dans certains quartiers populaires, mais de plus en plus divisés et de moins en moins influents dans les organisations syndicales. Le déclin se poursuit irréversiblement et la question de la survie est, là aussi, posée.

Construire enfin un parti des travailleurs ?

L’extrême gauche (Lutte ouvrière au niveau national, ainsi que le POID dans 64 circons-criptions et le NPA dans 27) a fait nationalement aux législatives un score faible (0,77 %, contre 1,73 % à la présidentielle pour Philippe Poutou et Nathalie Artaud), mais qui traduit la persistance d’un courant de lutte de classe et révolutionnaire.

Alors que la vieille « gauche » est en train de s’étioler ou d’imploser, ou comme la France Insoumise de préparer les conditions d’une explosion future, alors que dans le même temps la mobilisation et la  radicalisation sociales s’accentuent et s’étendent, les révo- lutionnaires ont plus que jamais la responsabilité de proposer une alternative : un grand parti des exploités et des opprimés, indépendant et opposé à toutes les solutions de collaboration de classes, qui serve à la fois pour faire avancer nos luttes quotidiennes et pour développer une perspective de société alternative, fondée sur la socialisation, l’appropriation collective de l’économie et de la vie publique.

« Vaste programme », certes. Mais il n’y en a pas d’autre viable et c’est maintenant qu’il faut se mettre à la tâche.

Jean-Philippe Divès

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20 juin 2017 ~ 0 Commentaire

pcf (essf)

laurent

Législatives : le PCF retrouve quelques sièges historiques

Le Parti communiste progresse en nombre d’élus, mais pourrait perdre son groupe.

« Manifestement, on n’est pas encore mort », se félicitait un élu du Parti Communiste français (PCF), dimanche 18 juin, à l’issue du second des élections législatives. Mais le para- doxe est le suivant : alors que dans la précédente législature, le PCF avait réussi à former un groupe à partir de dix députés Front de Gauche, grâce au renfort de cinq élus ultramarins, il pourrait avoir plus de difficulté à constituer un groupe dans la nouvelle Assemblée. Pourtant, le PCF se targue de compter onze députés et d’« être le seul groupe parlementaire qui progresse ».

Ce résultat est l’exact reflet du délicat mano a mano de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, et du leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, un « je t’aime, moi non plus » qui n’en finit pas de s’éterniser.

De fait, les deux députés communistes réélus représentent les deux tendances qui cohabitent place du Colonel-Fabien. L’ancienne ministre Marie-George Buffet, qui conserve la 4e circons- cription de Seine-Saint-Denis, constitue la tête de pont des élus communistes « mélenchon-compatibles », alors qu’André Chassaigne, qui l’emporte avec 63,5 % dans le Puy-de-Dôme se situe à l’autre bout du spectre.

Mais pour l’instant, le PCF est essentiellement dans la satisfaction d’avoir une fois de plus sauvé les meubles dans plusieurs bastions communistes, et mieux, d’avoir repris quelques circonscriptions historiques. C’est notamment le cas dans le Nord, où il conserve deux circonscriptions, celle d’Alain Bocquet (Saint-Amand-les-Eaux), où lui succède Fabien Roussel, et celle de Jean-Jacques Candelier (Marchiennes), où Alain Bruneel prend le relais. En Seine-Maritime, le maire de Dieppe Sébastien Jumel est élu, Hubert Wulfranc, maire de Saint-Etienne-du-Rouvray, est aussi élu dans l’ancienne circonscription de Roland Leroy, ainsi que Jean-Paul Lecoq, qui retrouve son siège de député perdu en 2012.

En région parisienne, le Parti Communiste retrouve aussi des couleurs avec Elsa Faucillon, 35 ans, qui remporte la 1re circonscription des Hauts-de-Seine, un bastion communiste historique que le PS avait arraché en 2012, mais que le sortant Alexis Bachelay a perdu dès le premier tour. De même Stéphane Peu, 55 ans, s’est imposé dimanche dans la 2e circonscription de Seine-Saint-Denis, bastion historique du Parti Communiste, ravi en 2012 par Mathieu Hanotin (PS), lui aussi éliminé au premier tour.

Pierre Dharréville, 41 ans, patron du quotidien La Marseillaise, est l’unique député communiste de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Il succède à Gaby Charroux, qui ne se représentait pas, dans la circonscription qui comprend les zones industrielles de l’étang de Berre. Enfin Jean-Paul Dufrègne, président du conseil général de l’Allier de 1998 à 2015, est élu de la 1re circonscription de l’Allier avec 51,85 % des voix.

Fort de ses onze élus, le PCF a appelé aussitôt à « une riposte immédiate » avant « l’été des mauvais coups » sur la législation du travail. La « majorité écrasante » dont va disposer Emmanuel Macron « ne correspond à aucune majorité dans le pays, ni chez les salariés ni chez les jeunes et les privés d’emplois », juge-t-il.

Alain Beuve-Méry* LE MONDE | 19.06.2017

http://www.lemonde.fr/

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20 juin 2017 ~ 0 Commentaire

rennes (pétition)

rennes (pétition) dans A gauche du PS

Rennes, laboratoire de l’ordre en marche ?

A quelques jours d’intervalles, il s’est passé à Rennes deux événements d’une extrême gravité, qui ne devraient pas laisser indifférents tous ceux que préoccupe l’état des libertés publiques sur le territoire français.

Le 30 mai, à 6 H du matin, des dizaines de policiers cagoulés munis de fusils d’assaut, défon- cent des portes de logements à coups de bélier et procèdent à 6 perquisitions simultanées aux quatre coins de la ville. 7 personnes sont interpellées, dont deux mineurs. Cette opération fait suite à un curieux épisode où c’est pourtant le comportement policier qui mériterait une enquête.

Le 27 avril, au cours d’une manifestation de 2000 personnes sur le mot d’ordre « ni Le Pen ni Macron », un motard de la police nationale était descendu de sa moto pour braquer son pistolet sur les manifestants.

Captée par les journalistes, l’image était devenue virale sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, ce comportement dangereux et injustifiable d’un policier qui n’était nullement menacé, comme le montrent les vidéos, est devenu prétexte à une enquête contre de présumés manifestants pour… violence avec armes (un pommeau de douche dont on se serait servi pour intimider le motard), ce qui a justifié les perquisitions du 30 mai.

En outre, le modus operandi de cette opération policière, dès le départ si peu justifiée, corres- pond à celui d’une interpellation d’individus très dangereux supposés détenir un armement lourd : défonçage des portes, policiers suréquipés, armes braquées, plaquage et menottage au sol des interpellés. Or le choix des « cibles » montre qu’elles ont été choisies non pas en fonction de leur présence présumée sur les lieux de la manifestation (de fait certains on pu prouver qu’ils n’y étaient pas) mais sur leur appartenance supposée à une mouvance anticapitaliste.

Le 7 juin, toujours à Rennes, était jugé un participant à cette même manifestation du 27 avril, qui était accusé d’avoir jeté des pierres contre la police, ce qu’il a toujours nié. Deux jeunes femmes sont venues témoigner avoir vu des policiers glisser des pierres dans la poche du garçon. Le président du tribunal, Nicolas Léger, fait lourdement pression sur ces témoins en manifestant son incrédulité et en leur rappelant le danger du faux témoignage. Prophétie autoréalisatrice, événement à peu près jamais vu dans l’histoire de la justice, après que le jeune homme a été condamné à six mois de prison avec sursis, les deux jeunes femmes sont arrêtées et menottées sous l’accusation de faux témoignage, et conduites devant un juge d’instruction. Ce dernier, manifestement réticent à les mettre en examen dans ces conditions rocambolesques, les remet en liberté sous le statut intermédiaire de témoin assisté.

Ainsi donc, à deux reprises, des policiers et des magistrats ont manifesté une belle solidarité dans des opérations dont le seul objectif clair est d’empêcher de remettre en cause des pratiques policières et judiciaires de plus en plus affranchies du droit commun, face à certains des adversaires les plus résolus du gouvernement en place. S’il est désormais impossible d’apporter des témoignages contredisant la version policière, si de supposés dissidents de l’ordre libéral peuvent subir des opérations d’une telle brutalité, on n’est plus très loin de ce qui a été théorisé comme « le droit de l’ennemi » : à savoir, en réalité, la réduction à presque rien des droits des personnes décrétées comme telles.

D’un côté, on a une police qui, depuis ses manifestations de l’hiver dernier, ne cesse de pren- dre une forme d’autonomie de plus en plus inquiétante en se montrant notamment toujours plus intolérante à toute critique (comme l’a montrée la récente interpellation d’Amal Bentousi, qui ne faisait qu’exercer son droit de filmer la police), d’un autre un gouvernement qui, tout en préparant son offensive thatchérienne de l’été annonce vouloir faire entrer l’état d’urgence dans le droit commun.

Si l’on tient compte du fait que le chef de cabinet du président est l’ancien préfet de Bretagne connu pour sa gestion plus que musclée de l’ordre public, et qu’Amnesty International en est déjà à s’interroger sur la difficulté croissante de manifester en France, on peut dire que tout se met en place pour que Rennes soit une sorte de laboratoire pour des formes de répressions de plus en plus affranchies des garanties gagnées par des siècles de luttes sociales et politiques.

Raison de plus de ne pas laisser passer les abus des magistrats et policiers rennais. Nous exigeons la libération des interpelés du 30 mai et l’abandon des poursuites contre les témoins du 7 juin.

Serge Quadruppani, écrivain

Eric Hazan, éditeur et écrivain

Frédéric Lordon, économiste directeur de recherche au CNRS

Hugues Jallon, éditeur et écrivain

La Parisienne Libérée, chanteuse

Alain Damasio, écrivain

Pierre Alféri, écrivain

Nicolas Klotz, cinéaste

Elisabeth Perceval, scénariste

Ludivine Bantigny, historienne

Nathale Quintane, écrivain

Olivier Besancenot, porte-parole du NPA

Isabelle Bruno, MCF en science politique à Lille-2

Manuel Cervera-Marzal, docteur en science politique

Isabelle Garo, philosophe, professeur au lycée Chaptal

Marie Laure Geoffray, maître de conférences et directrice adjointe à l’IHEAL

Michael Löwy, sociologue, directeur de recherches émérite au CNRS,

Philippe Marlière, professeur de science politique à l’University College de Londres

Olivier Neveux, professeur d’études théâtrales à Lyon-2

Ugo Palheta, sociologue, maître de conférences à Lille-3

Christine Poupin, technicienne dans l’industrie, porte-parole du NPA

Julien Salingue, docteur en sciences politiques

Grégory Salle, chargé de recherche en science politique au CNRS

Catherine Samary, économiste, maître de conférences à l’université Paris-Dauphine

Rémy Toulouse, éditeur à la Découverte

Enzo Traverso, historien à Cornell University College of Arts and Sciences

Mathieu Bonzom, maître de conférences à l’université d’Orléans

Razmig Keucheyan, professeur des universités à l’université de Bordeaux

Une pétition à signer et à faire signer :

https://www.change.org/

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19 juin 2017 ~ 0 Commentaire

illusions 1 (npa)

jean-luc-melenchon

« Tu es la mort et le néant, fais passer »

Illusions électorales et colère sociale : les deux mamelles du succès de Mélenchon

« Je ne veux pas affaiblir le PS, je veux le remplacer. Nous allons tourner la page des gens qui nous ont trahis pendant cinq ans », a déclaré, jeudi 11 mai à Marseille, le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, venu officialiser sa candidature aux législatives dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, où il affrontera notamment le député socialiste sortant, Patrick Mennucci.

Surfant sur la vague de son succès électoral du 23 avril, Mélenchon prétend que son mouve- ment peut obtenir la majorité à l’Assemblée et se voit déjà en premier ministre de cohabitation. Macron à l’Elysée, Mélenchon à Matignon, voilà comment du côté de l’état-major de « la France Insoumise » on envisage la suite des opérations. Rien de moins… même si l’absence d’accord national de répartition des circonscriptions avec le Parti communiste risque de rendre le pari très difficile.

Que Mélenchon n’entende jouer que sur le terrain du rapport de forces électoral et ne compter que sur ses déclinaisons institutionnelles n’est pas une nouveauté. Membre du Parti socialiste pendant plus de 30 ans, ministre, sénateur, député européen, « l’insoumis » en chef n’a jamais choisi le terrain de la rue et des grèves, mais uniquement celui des appareils, des cabinets et des hémicycles. Par contre, ce qui est nouveau, c’est l’ampleur du succès électoral et militant rencontré par son mouvement qui exprime incontestablement la rupture assumée d’une frange significative des classes populaires avec le capitalisme et ses serviteurs les plus zélés. C’est sans doute un des effets différés de la colère sociale exprimée lors des mobilisation contre la loi Travail l’an dernier, mais que Mélenchon cherche à enfermer dans une logique institutionnelle, réformiste et chauvine.

Un vote populaire et contestataire

En obtenant plus de 7 millions de voix au premier tour de l’élection présidentielle (3 millions de voix supplémentaires par rapport à 2012) et 19,5 % des suffrages exprimés, alors que le candidat du PS officiel Benoît Hamon n’en obtenait que 2,2 millions (6,3 % des exprimés), Mélenchon a effectivement contribué à l’effondrement électoral du Parti socialiste. Il avait fait le buzz en janvier dernier avec sa formule disant que Macron et lui formaient les deux branches d’un casse-noix qui allait faire « de l’huile » avec le PS. La formule s’est avérée à la fois prémonitoire et révélatrice de la nature du positionnement politique du candidat de la « France Insoumise » : ré-insuffler un espoir électoral et institutionnel à la gauche d’un Parti socialiste totalement discrédité après cinq années de gouvernement Hollande entièrement au service des riches et des puissants.

Le score de Mélenchon est le plus élevé obtenu par un candidat à la gauche du parti socialiste depuis 1969. Le candidat de la «France insoumise» s’est placé en tête dans trois départe- ments métropolitains (Seine-Saint-Denis, Ariège et Dordogne), ainsi qu’à La Réunion, en Guyane, en Martinique et à Saint-Pierre-et-Miquelon. La géographie électorale laisse appa- raître un transfert de voix significatif en sa faveur dans les territoires votant traditionnellement pour le PS, notamment dans le centre, l’ouest et le sud-ouest.

Mais surtout, ses scores ont été particulièrement élevés dans les villes ouvrières historiquement acquises au vote communiste, notamment en banlieue parisienne, mais où ce vote s’était effondré de manière continue depuis trois décennies. Les banlieues «rouges»  ont voté Mélenchon alors qu’elles ne votaient plus pour le PCF. Et si on affine encore : parmi ces villes ou départements, c’est là où les cadres et l’appareil du PC se sont ralliés le plus clairement à la « France insoumise » que les scores de Mélenchon sont encore plus élevés : c’est net quand on regarde les écarts entre le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis. Il a fait aussi de très bons scores dans certains fiefs des oppositionnels communistes, comme à Vénissieux.

Enfin, le vote Mélenchon a confirmé une tendance lancée en 2012 : celui de s’implanter aussi dans le cœur des grandes zones métropolitaines, qui n’avaient jamais été ralliées au vote communiste, avec un électorat jeune, plus diplômé que la moyenne (les deux tiers des élec- teurs Mélenchon ont un niveau égal ou supérieur au baccalauréat). Sur les 614 communes dont le nombre d’inscrits est supérieur à 10 000, Mélenchon est en tête dans 124 d’entre elles et y obtient 31,5 %.

Sur ces 124 communes, les villes PCF ou apparentées ne sont qu’au nombre de 38 (mais donnent à Mélenchon un pourcentage de 36,2 %). Selon une étude d’opinion de l’institut BVA réalisée  le soir du premier tour, Mélenchon est arrivé en tête chez les 18-24 ans (27 %), devant Marine Le Pen, et était au coude à coude avec elle chez les employés (26 %) et les bas revenus (28 %). D’après un sondage réalisé par Ipsos, il est arrivé deuxième chez les ouvriers (24 %), certes assez loin derrière Marine Le Pen (37 %), mais l’électorat de la France insoumise est numéro un parmi les chômeurs (31 %).

C’est un fait majeur des résultats de ces élections : la représentation électorale des catégories populaires n’est plus l’apanage du FN. Un quart au moins des catégories intermé- diaires, des ouvriers et des employés se sont retrouvées dans un vote réaffirmé à gauche, en rupture avec la politique ultralibérale et pro-patronale du Parti socialiste et de ses avatars.

Illusions électorales envers un « vrai gouvernement de gauche », procuration donnée à un « sauveur suprême », espoirs sincères de changement radical de société, flirt prononcé avec pas mal d’idées nationalistes et chauvines, volonté de mettre une claque bien méritée au Parti Socialiste, c’est l’ensemble de ces paramètres qui expliquent le score recueilli par Mélenchon.

Marie-Hélène Duverger Lundi 19 juin 2017

https://npa2009.org/

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19 juin 2017 ~ 0 Commentaire

illusions 2 (npa)

melenchon marque jaune

Hors des élections, point de salut ?

Et paradoxalement, alors que le Mélenchon de 2017 a encore plus rompu qu’en 2012 les amarres avec le mouvement ouvrier (l’interdiction des drapeaux rouges dans ses rassem- blements, la déferlante des drapeaux tricolores, les références à la « patrie chérie », son projet d’un service civique obligatoire pour « reconstruire une défense indépendante, nationale et populaire », ses propos xénophobes au sujet des travailleurs détachés…) et qu’il a fait une campagne bien moins radicale programmatiquement, il a incarné davantage la rupture avec le système pour toute une frange de celles et ceux qui détestent le Parti Socialiste, la loi Travail et son monde

Les « groupes d’appuis » de la France Insoumise, dont la création avait été annoncée le même jour que la déclaration de la candidature de Mélenchon, le 10 février 2016, ont fleuri sur l’ensemble du territoire en quelques mois, rassemblant en majorité des personnes non encar- tées politiquement jusque-là (même si les cadres sont souvent issus du Parti de Gauche) mais avec généralement une expérience syndicale ou associative (Attac, LDH, mouvements féministes…).

« J’ai des activités syndicales, mais je n’ai jamais été encartée dans un parti », témoigne par exemple Marie Duret-Pujol, maitre de conférences en études théâtrale à l’université Bordeaux-Montaigne et candidate aux législatives dans la 6e circonscription de Gironde. « Le déclencheur, ça a été la loi Travail, et le fait d’avoir autant manifesté pour se voir ensuite imposer ce texte par 49-3. J’ai aussitôt rejoint un groupe local de la France insoumise. Le fait de se présenter aux législatives ne correspond pas à un plan de carrière, mais à la volonté d’avoir une parité réelle, car le vivier de notre circonscription manquait de femmes. J’ai fait ce choix en sentant le mouvement s’amplifier dès l’automne. Il y avait une quarantaine de militants quand j’ai été cooptée, on doit être aujourd’hui une soixantaine. »

L’adhésion au mouvement, en ligne (non soumise à un versement obligatoire de cotisation) par le biais d’une plate-forme numérique (conçue par NationBuilder, une entreprise américaine spécialisée et dont Trump a lui aussi utilisé les services lors de sa campagne en 2016), la possibilité d’être alors mis rapidement en contact avec d’autres « Insoumis » proches de son lieu d’habitation pour effectuer des activités militantes ou se réunir, ont séduit des centaines de milliers de personnes.

La France Insoumise revendiquait au début du mois de mai plus de 500 000 partici- pants à ses groupes d’appuis. Si l’on prend en compte les abonnés à la chaîne Youtube de Mélenchon, qui dépassent les 230 000, ceux qui le suivent sur Facebook (600 000) et les 900 000 qui le suivent sur Twitter, on mesure l’ampleur de l’audience politique acquise depuis un an.

Mais entre une audience médiatique et électorale et la constitution d’une force politique structurée et centralisée, il y a de nombreux pas… que Mélenchon ne veut pas faire franchir à ses soutiens, car il est fondamentalement dans la recherche de l’hégémonie à gauche dans les élections. Sa déclaration le soir du premier tour, ponctuée d’aucune manifes- tation de satisfaction malgré un score inédit, et au contraire pleine de rancœur, allant jusqu’à remettre en cause la fiabilité des résultats électoraux, a désarçonné  un nombre significatif de ses électeurs, ceux qui considéraient le vote pour Mélenchon comme un encouragement  pour les luttes futures et, avant tout, utile à faire se matérialiser un camp totalement opposé et à Macron et à la droite et à l’extrême droite, et pas uniquement comme un marchepied vers le pouvoir pour le candidat.

De quoi est faite « l’insoumission » façon Mélenchon

Mais pour celui qui s’est effectivement attribué le nouveau leadership de la gauche institution-nelle, qui a martelé les semaines précédant le premier tour qu’il était tout à fait capable de gouverner la France (et qu’il « n’était pas d’extrême gauche » !), la non-qualification pour le second tour de la présidentielle est un échec, et il n’a pas pu le cacher.

Quand on prétend réformer le système ou améliorer les conditions de vie de la population par la voie électorale, encore faut-il pouvoir remporter les élections. I

nterrogé par Jean-Jacques Bourdin, le 10 mai, Jean-Luc Mélenchon a reconnu que son absence du second tour avait été pour lui une réelle désillusion : « je ne vais pas vous raconter d’histoires. Comme je suis un homme méthodique (…) j’avais donc commencé à réfléchir à la façon avec laquelle je procéderais. Par conséquent, j’ai dû descendre de deux marches (…) Ecoutez, à 600 000 voix, le destin vous passe au ras des doigts ! Vous ne pouvez autrement que d’avoir de la déception. »

Mélenchon n’a pas « de pudeur de gazelle » quand il parle de son « destin »… le même que celui envisagé par bien d’autres politiciens bourgeois. Les élections législatives lui donnent une seconde chance sur ce terrain et du coup, pas question de la moindre entente au niveau national avec le PCF : la lutte pour les places remplace la lutte des classes. Au passage, tant pis pour celles et ceux qui défendaient la nécessité de candidatures unitaires de l’ensemble des forces qui avaient rallié la candidature Mélenchon (Ensemble, PG et PCF pour les plus importantes d’entre elles).

Si Mélenchon veut remplacer le PS, c’est normal qu’il veuille continuer le boulot d’éradication du PCF entamé par Mitterrand !

Il faudra étudier avec attention les scores de la France Insoumise les 11 et 18 juin, dont les candidats seront quasi systématiquement en lice contre des candidats du PC, ce qui sera une première pour la mouvance de Mélenchon… Lui le conçoit comme la marche vers le pouvoir, c’est loin d’être certain et plus dure pourrait être la chute.

Marie-Hélène Duverger

https://npa2009.org/

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19 juin 2017 ~ 0 Commentaire

corse (les échos)

corse

Législatives : la Corse envoie trois nationalistes à l’Assemblée

L’Ile de beauté est la seule région de France où il n’y aura aucun élu de La République en Marche.

Une fois de plus, la Corse électorale se singularise de la métropole. Si le niveau de l’abstention est équivalent, le résultat final des législatives est inédit à double titre. C’est la seule région de France où il n’y aura aucun élu de La République en Marche. Les arguments de campagne d’Emmanuel Macron sur le renouvellement politique n’a eu aucune prise dans l’île.

Ce sont les nationalistes, autonomistes et indépendantistes unis sous la bannière de Pè a Corsica (Pour la Corse) qui incarnent le renouveau aux yeux des Corses.

Pour la première fois dans l’histoire politique de l’île, mais aussi dans celle de la République française, trois nationalistes corses vont siéger à l’Assemblée nationale : Jean-Félix Acquaviva qui a battu le candidat macroniste Francis Giudici, Michel Castellani et Paul-André Colombani qui sortent les deux députés LR Sauveur Gandolfi-Scheit et Camille de Rocca-Serra, parlementaire depuis 2002. Seul le LR Jean-Jacques Ferrara sauve l’honneur dans la circonscription d’Ajaccio .

Lobbying pour la collectivité unique

Cette victoire est une réplique du tremblement de terre de 2015 où les nationalistes s’étaient emparés du pouvoir territorial. Longtemps, ils avaient refusé de participer à des scrutins nationaux. Au fil des années et des revers, ils ont compris que les décisions importantes se prenaient à Paris.

Les désormais députés nationalistes espèrent faire du lobbying pour la collectivité unique qui naîtra le 1er janvier 2018 de la fusion de l’actuelle collectivité territoriale et des deux conseils départementaux. Ils pousseront aussi l’officialisation du bilinguisme corse-fran- çais dans tous les actes de la vie publique, l’instauration d’un statut de résident pour endiguer la spéculation foncière, une loi d’amnistie en faveur des Corses détenus pour des actes liés à la politique.

Ils espèrent enfin faire inscrire la Corse dans la Constitution et ainsi obtenir un statut fiscal qui sacralise tous les régimes dérogatoires et le pouvoir d’adapter les lois. Même Emmanuel Macron a promis d’y réfléchir…

Jean-Marc Raffaelli  18/06

Lire aussi:

1er tour des législatives 2017 : La « Libération Sociale » aux abonnés absents… (A Manca)

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19 juin 2017 ~ 0 Commentaire

écosse (a manca)

scot

Élections Générales en Écosse : Les leçons d’un revers.

Les trois principaux faits à retenir du scrutin en Écosse sont :

1 Un effondrement des nationalistes du SNP (- 21 sièges) qui demeure cependant la première force politique du pays.

2 Une percée historique des conservateurs Tories, la Droite pro-Londres enregistrant son meilleur score depuis 1983.

3 Une remontée spectaculaire de la Gauche (Labour) dans les quartiers populaires.

Ruth Davidson, la chef de la Droite anglaise fanfaronne sur le thème « Le projet d’indépendance est mort ». C’est aller un peu vite en besogne et ne pas tenir compte de la nature des différents votes qui se sont exprimés.

Deux raisons majeures expliquent le poids du vote conservateur. D’une part, un vote populiste multiforme s’est exprimé massivement contre une Europe jugée laxiste face aux questions de sécurité, dont les immigrés sont rendus responsables. Ce syndrome de la citadelle assiégée a été boosté après les récents événements de Manchester et de Londres. Ce vote a aussi reçu un apport très important des retraités écossais qui ne sont toujours pas convaincus de la capacité des Nationalistes à maintenir leurs pensions en cas d’Indépendance. C’est donc le vote de toutes les peurs qui a profité à la Droite anglaise en Écosse. C’est ce qui explique qu’une star du Football local comme Douglas Ross ait pu ravir un siège de Député à Mr. Robertson, figure historique du nationalisme écossais.

Cependant, tous les Écossais qui n’ont pas voté pour le SNP ne sont pas mécaniquement hostiles à l’indépendance. C’est bien une partie de la base électorale du SNP qui s’est massivement reportée sur le vote Labour (6 sièges SNP sont passés au Labour). Il est important d’en déterminer les raisons.

Le phénomène ne doit pas être sous-estimé, la Gauche enregistrant une progression de 15 000 voix dans les quartiers populaires d’Édimbourg, mais plus encore dans la région de Glasgow. Là, de nombreux travailleurs et chômeurs qui avaient voté SNP en 2015 ont massivement voté pour le Labour. De nombreux députés SNP ont été talonnés par le Labour et ont conservé leurs sièges de peu. C’est le cas de la plus jeune député écossaise, Mhairi Black, dont l’écart de voix avec le Labour est passé de 6 000 à 2 500 hier soir. Comment expliquer ce transfert de voix massif du SNP vers le Labour ?

Il y a deux explications complémentaires. Comme cela a été le cas dans toute la Grande Bretagne, la ligne de Gauche anti-austérité incarnée par Jeremy Corbin a remobilisé l’électorat populaire en faveur du Parti Travailliste. Cette ligne clairement positionnée contre l’Europe libérale, la casse des services publics et pour la défense des droits sociaux a été plus lisible pour bons nombres de Nationaux Écossais. A contrario, le SNP, en alignant la défense de la souveraineté écossaise à l’allégeance au modèle européen actuel, a été perçu comme non-critique face aux politiques dévastatrices du Capitalisme Européen. Un des arguments de campagne du SNP était que le maintien dans le marché commun allait préserver 80 000 emplois en Écosse. Cette erreur de stratégie du SNP a été lourdement sanctionnée au profit du Labour.

C’est la principale leçon de ce scrutin. Les droits fondamentaux des individus ne sont pas solubles dans l’identité. Le Projet National écossais gagnera en crédibilité s‘il se positionne clairement sur la Question Sociale en ayant un programme clair sur les acquis sociaux, retraites, services publiques et donc, un positionnement sans ambiguïté contre les politiques d’austérité de Bruxelles. La Lutte de Libération Nationale est donc indissociablement liée à la Lutte de Libération Sociale, car si elle ne correspond plus aux intérêts populaires, elle est tôt ou tard sanctionnée.

A MANCA  10 juin 2017

http://www.a-manca.net/

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19 juin 2017 ~ 0 Commentaire

marseille (essf)

para

De Marseille, Jean-Luc Mélenchon obtient sa revanche sur la présidentielle

Confortablement élu à Marseille, le chef de file de La France insoumise entend, avec son groupe, incarner l’opposition de gauche à l’Assemblée nationale.

Jean-Luc Mélenchon vient de s’éloigner de l’estrade quand il fait marche arrière pour se saisir à nouveau du micro : « Il paraît que TF1 m’annonce élu à 60 % ! » Une clameur monte dans la salle des Docks des Suds, dimanche 18 juin à Marseille, où le chef de file de La France insou- mise (LFI) a réuni ses partisans. Ce dernier obtient 59,9 % des voix dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône face à son adversaire de La République en marche (LRM), Corinne Versini.

Pour le tout nouveau député, même s’il a dû revoir ses ambitions à la baisse, il s’agit d’une incontestable victoire, collective tout autant que personnelle. En 2012, M. Mélenchon avait essuyé une cuisante défaite face à Marine Le Pen dans le Pas-de-Calais. Mais la leçon a été retenue : cinq ans plus tard, l’ex-socialiste a renoncé à la stratégie du « front contre front » et préféré jouer la sécurité dans un territoire bien à gauche, détenu par son ancien camarade du PS, Patrick Mennucci, évincé dès le premier tour.

Quelques minutes auparavant, M. Mélenchon avait pris la parole pour commenter les premiers résultats.

« L’abstention écrasante qui s’est exprimée aujourd’hui a une signification politique offensive », se félicite le nouveau député LFI, jugeant que « notre peuple est entré dans une forme de grève générale civique ». Dans sa propre circonscription, cette dernière a atteint 64,2 %, près de sept points au-dessus de la moyenne nationale. Pour le tribun de la gauche radicale, la « majorité boursouflée » de la formation d’Emmanuel Macron n’a pas « la légitimité pour perpétrer le coup d’Etat social qui était en prévision ». Et d’appeler le président de la République à organiser un référendum sur sa réforme du droit du travail.

« Le peuple français (…) nous a désignés pour dorénavant porter devant le fanal du combat », a-t-il ajouté, en annonçant que sa formation serait en mesure de constituer un groupe à l’Assemblée nationale, ce qui nécessite la présence de quinze élus. Ce groupe aura vocation, selon lui, à constituer la tête de pont de l’opposition à gauche. Son jeune mouvement, lancé de toutes pièces il y a à peine plus d’un an, compte 13 députés strictement LFI. Parmi eux, des inconnus mais aussi plusieurs membres de la garde rapprochée de M. Mélenchon.

Circonscriptions historiques

En Seine-Saint-Denis, un département longtemps détenu par le PCF, c’est un carton plein. Alexis Corbière, son porte-parole, rafle l’ancienne circonscription du communiste Jean-Pierre Brard, enlevée par le PS en 2012, celle de Montreuil et Bagnolet. Eric Coquerel, coordinateur du Parti de gauche, s’impose dans celle de l’éphémère ministre de l’intérieur socialiste Bruno Le Roux, qui ne se représentait pas.

Bastien Lachaud, qui dirigeait la campagne législative, gagne celle de l’ex-ministre de la justice de Lionel Jospin, Elisabeth Guigou, défaite au premier tour. Sabine Rubin, elle, remporte l’ancien fief de Claude Bartolone qui ne se représentait pas. Quant à Mathilde Panot, qui coordonne les groupes d’appui de La France Insoumise, elle s’empare d’une circonscription historiquement communiste perdue en 2012 autour d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne).

Dans le Nord, Adrien Quatennens et Ugo Bernalicis, 27 ans, conquièrent deux des cinq circonscriptions lilloises, dont celle autrefois détenue par l’ancien premier ministre PS, Pierre Mauroy.

Idem dans l’Ariège, où Bénédicte Taurine et Michel Larive s’arrogent de justesse les deux circonscriptions du département. Reste le cas très tendu de Farida Amrani qui était opposée à l’ex-premier ministre Manuel Valls dans l’Essonne. Officiellement battue de 139 voix, la candidate LFI a dénoncé un « 49.3 électoral » et indiqué son intention de déposer un recours.

D’autres députés, comme le Réunionnais Jean-Hugues Ratenon, viendront leur prêter main-forte. Certains, élus avec l’étiquette de La France insoumise mais appartenant à des formations différentes, devront décider s’ils siègent avec Jean-Luc Mélenchon ou avec le PCF.

C’est le cas notamment du journaliste François Ruffin, qui a créé la surprise dans la Somme, du communiste Stéphane Peu en Seine-Saint-Denis, de Clémentine Autain, porte-parole d’Ensemble, dans ce même département, ou encore de Caroline Fiat, élue face au FN en Meurthe-et-Moselle, elle aussi membre d’Ensemble. « Je souhaite un groupe commun avec les élus communistes, indique Mme Autain qui entend bien mettre la pression à chacun de ses partenaires. On a la possibilité d’avoir un beau groupe, renouvelé, je ne vois pas pourquoi on ne le ferait pas. »

« Vider les abcès »

Même s’il en est en progression avec dix députés, le PCF n’est pas en mesure d’atteindre à lui seul l’objectif d’un groupe. S’ils parviennent à s’entendre, les deux ex- alliés du Front de Gauche pourront approcher les 40 élus, de quoi peser plus fortement. Mais la rupture a été consommée après le choix de La France Insoumise de présenter presque partout aux législatives des candidats partout face aux communistes. M. Mélenchon a reconnu qu’« une petite explication de gravure » serait nécessaire et qu’il faudrait « vider les abcès ».

Si tel devait être le cas, la cohabitation avec l’ex-président du groupe PCF, André Chassaigne, à qui les électeurs ont de nouveau fait confiance dimanche, pourrait s’avérer haute en cou- leurs tant les relations entre les deux hommes sont exécrables. La communiste Marie-George Buffet, réélue en Seine-Saint-Denis et très proche de M. Mélenchon, pourra-t-elle apaiser les tensions ?

Ce dernier, lui, n’écarte pas l’hypothèse de prendre la présidence du groupe. « C’est possible, le temps que les autres se fassent connaître », a-t-il glissé à des journalistes. L’an- cien sénateur de 65 ans entame désormais une nouvelle étape de sa vie politique. Dimanche soir, entre selfies et cacahuètes, il savourait sa victoire. « Je suis marseillais, je ne me rappelle pas avoir été autre chose. » Le voilà désormais pleinement habité par la cité phocéenne, lui qui confie chercher un logement ici tout en réaffirmant ne pas avoir de visées sur l’Hôtel de Ville.

Autant de déclarations qui faisaient rire jaune son adversaire LRM, Corinne Versini, dimanche soir. « J’ai joué, j’ai pris des risques, j’ai perdu, mais j’ai beaucoup appris car il fallait se les coltiner Mélenchon et Mennucci, les deux M & M’s, soulignait-elle. Jean-Claude Gaudin [le maire LR de la ville] a également contribué à ma défaite, tout comme le PRG local, parce qu’ils pensent que je pouvais les gêner pour la mairie en 2020. Tous ces gens pensent que Mélen- chon n’a aucune ambition municipale… Mais ils se mettent le doigt dans l’œil. Dans trois ans, Mélenchon sera sûrement candidat. »

Raphaëlle Besse Desmoulières et Gilles Rof lundi 19 juin 2017,

http://www.lemonde.fr

http://www.europe-solidaire.org/

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