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Romantisme (PCR)
Au début du 19e siècle, un mouvement artistique a déferlé sur l’Europe dans le sillage des nombreux bouleversements économiques, politiques et sociaux : le romantisme. Deux siècles plus tard, il continue d’irriguer la culture et l’imagination de millions de personnes. Certains « grands textes » sont étudiés, chaque année, par des milliers d’élèves. Mais ce qui est moins connu, c’est la signification politique du romantisme, dont certains représentants ont su exprimer les aspirations révolutionnaires de leur temps.
« Tempête et Passion »
Le romantisme est un mouvement européen forgé dans les grandes transformations sociales de la fin du 18e siècle. Son nom renvoie directement aux « romans » de la littérature médiévale, avec ses chevaliers errants, ses cascades furieuses et ses châteaux en ruines. Au 18e siècle, ce qui est « romantique », c’est d’abord un paysage digne de ces romans du Moyen Âge : on est donc très loin du sens contemporain de ce mot, avec ses couchers de soleil ou ses bouquets de roses !
Le romantisme prend sa source dans le mouvement du « Sturm und Drang » (« Tempête et Passion ») de l’Allemagne des années 1770 : des artistes tels que Goethe, Schiller ou Haydn rompent avec le classicisme qui dominait la vie culturelle. Le nom de ce mouvement souligne l’importance des émotions, parfois tumultueuses et déchirantes, dans la vie psychique des personnages du « Sturm und Drang », puis du romantisme. Il est aussi le reflet des crises révolutionnaires qui marquent cette époque : d’abord la Révolution américaine de 1775-83, puis la Révolution française de 1789-1794. Quel évènement est-il plus riche en « tempêtes » et « passions » qu’une révolution ?
Ces grands bouleversements constituent l’une des sources du romantisme, mais d’une façon contradictoire. Le romantisme est un mouvement ambivalent : il est un produit de la philosophie des Lumières, des conquêtes de la Révolution et du triomphe de la Raison contre l’obscuran-tisme féodal ; mais dans le même temps, il se construit d’abord contre les Lumières, se connecte à toutes sortes de doctrines mystiques – et, en France, au royalisme. C’est dans cette contradiction que naît et se développe le romantisme.
Radicalisation
Cette ambivalence du mouvement romantique reflète les contradictions sociales d’une époque marquée par des révolutions et des contre-révolutions. L’exemple de la France est caractéristique : en quelques décennies, plusieurs régimes très différents se succèdent. La Révolution française dégénère en un régime réactionnaire, le Directoire (1795-1799), qui ouvre la voie à la dictature de Bonaparte, sous la forme du Consulat (1799-1804), puis de l’Empire (1804-1815). A partir de 1814, c’est la Restauration de la monarchie, puis la « monarchie de Juillet » après la révolution de 1830. Il faudra une deuxième révolution, en février 1848, pour rétablir un régime républicain bourgeois.
C’est sur cette toile de fond que se développe le romantisme. En France, à l’origine, il est majoritairement réactionnaire : Chateaubriand, puis Vigny, Lamartine et Hugo sont, au départ, de fervents royalistes et des nostalgiques de l’Ancien régime. Cependant, ils sont rapidement déçus par la monarchie au pouvoir, et certains – dont Lamartine et Hugo – évoluent vers la gauche : ils deviennent républicains.
Dans d’autres pays, en revanche, le romantisme est un mouvement spontanément radical. Alors que le capitalisme triomphe en Europe, la classe ouvrière se développe : les romantiques les plus radicaux se tournent vers les travailleurs, les ouvriers, les artisans, et traduisent leurs aspirations sous une forme artistique. Dans son poème « Les tisserands de Silésie », l’écrivain allemand Heine, ami de Karl Marx, évoque la colère de ces tisserands « sans larme dans les yeux, mais les crocs menaçants », et qui maudissent Dieu, le roi et la patrie, à mesure qu’ils tissent le linceul de la « vieille Allemagne ».
Dans le ventre de la bête
C’est en Angleterre que le romantisme a le mieux exprimé sa flamme révolutionnaire. La Grande-Bretagne est alors le cœur battant du capitalisme. La révolution industrielle y débute dans les années 1760. Le textile et la sidérurgie s’y développent si rapidement qu’au début du XIXe siècle elle est la première puissance industrielle et l’« atelier du monde ».
C’est ce nouveau paysage industriel que le poète William Blake décrit, en 1804, lorsqu’il évoque de « sombres usines sataniques ». Dans ce contexte se développe également un puissant mouvement ouvrier, qui ne tarde pas à se révolter contre l’exploitation capitaliste et la domination politique de la bourgeoisie. En 1819, des dizaines de milliers de personnes se rassemblent à Manchester pour exiger une réforme parlementaire, mais ne reçoivent que la répression : c’est le massacre de Peterloo. Moins de vingt ans plus tard, le premier parti politique ouvrier voit le jour : le chartisme. Le romantisme anglais accompagne chaque pas de cette jeune classe ouvrière.
Enthousiasmés par les révolutions américaine et française, de nombreux penseurs britanniques veulent, eux aussi, transformer la société. Dans son long poème autobiographique Le Prélude, William Wordsworth écrit qu’à cette époque, « c’était un bonheur que de vivre, / Mais être jeune était le ciel même. » 1 Des théories audacieuses émergent, sous la plume de Thomas Paine, Mary Wollstonecraft ou encore Robert Owen, un industriel gallois gagné au socialisme.
Owen tente même d’organiser des colonies communistes en Amérique et en Angleterre. 2 Son projet échoue, car il est impossible de maintenir des îlots de communisme au milieu du capitalisme ; mais il faut souligner que l’idée de ces communautés utopiques a d’abord émergé chez les romantiques anglais : dès 1794, les poètes Coleridge et Southey rêvaient d’une société égalitaire, la « pantisocratie » (littéralement : le « gouvernement par tous »).
Il est vrai que, par la suite, cette première génération de romantiques anglais s’est assagie, rejetant les excès et la radicalité de sa jeunesse. Cela s’explique par la dégénérescence de la Révolution française, qui a transformé l’enthousiasme de ces artistes en dégoût et suspicion. Mais sur leurs épaules s’est élevée une nouvelle génération de poètes romantiques, plus flamboyante encore que ses prédécesseurs.
Byron et Shelley
Deux noms se distinguent et sont souvent associés : ceux de Lord Byron et de Percy Shelley. Tous deux étaient des libres penseurs ; tous deux moururent jeunes : Byron à 36 ans, en Grèce, alors qu’il soutenait la lutte contre la domination ottomane ; Shelley à 29 ans, perdu en mer. Ils écrivirent une œuvre imprégnée de l’esprit révolutionnaire de l’époque. Cependant, il y avait une différence de tempérament entre les deux poètes, que Marx résumait ainsi : s’ils avaient vécu plus longtemps, Byron serait devenu un bourgeois réactionnaire, tandis que Shelley aurait défendu jusqu’au bout la cause de la révolution socialiste.
Byron est mort en combattant héroïquement, mais sa radicalité avait quelque chose de superficiel. Après sa mort, sa poésie a rapidement été absorbée par la bourgeoisie, qui y voyait le miroir déformant de ses origines révolutionnaires : dans les pages de Byron, elle pouvait s’admirer telle qu’elle voulait se voir.
A l’inverse, Shelley est resté un paria : la bonne société a appris sa mort dans un soulagement moqueur, et ne lui a rendu aucun hommage. La bourgeoisie savait qu’un adversaire sérieux venait de disparaître. A l’inverse, les opprimés de Grande-Bretagne ont continué de lire ce grand poète qui avait toujours joint sa voix à la leur.
Shelley était un démocrate athée et socialiste, dont les aspirations politiques transparaissent dans toute son œuvre. Son nom n’a jamais disparu, puisque le monde entier connaît sa femme, Mary Shelley, pionnière de la science-fiction et autrice – à vingt ans – du célèbre roman Frankenstein, ou le Prométhée moderne.
De nos jours, les convictions révolutionnaires du couple Shelley sont généralement passées sous silence. Contre cela, réclamons haut et fort l’héritage du romantisme révolutionnaire, en méditant les derniers vers de The Masque of Anarchy (« Le Carnaval de l’Anarchie »), où Shelley s’adresse à la classe ouvrière, après Peterloo :
« Dressez-vous comme des Lions hors du somme,
Une foule invincible, faite de millions d’hommes
Secouez vos fers comme on chasse la rosée
Qui sur vous, dans la nuit, s’était déposée –
Car vous êtes multitude, et eux, poignée. » 3
Dorian I. 9 Mars 2026
Le romantisme en littérature (Larousse)
Gavroche, à droite sur le tableau, est « mort » en 1832 lors de l’insurrection républicaine de 1830
Romantisme et révolution (LMD)

Parti Communiste Breton (Wikipedia)
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Parti communiste breton |
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Le Parti communiste breton (PCB), en breton Strollad komunour Breizh (SKB), est un parti politique breton d’extrême gauche, fondé en 1971.
Issu du mouvement nationaliste et révolutionnaire breton des années 1960-1970, il se réclame du marxisme-léninisme et prône la libération nationale et sociale de la Bretagne, qu’il considère comme une nation opprimée par l’impérialisme français et le capitalisme international. Le PCB participe aux luttes sociales et aux mouvements de soutien aux indépendantistes bretons, avant de fusionner en 1976 dans une organisation plus large (L‘OCT) et de disparaître en 1978.
Origines et fondation
Le Parti communiste breton émerge au sein du mouvement breton dans les années 1960, marquées par les contestations sociales de Mai 1968 et les actions du Front de libération de la Bretagne (FLB)
Ses racines remontent au Comité révolutionnaire breton (CRB), fondé au début de 1969 par un groupe d’individus nationalistes et d’anciens militants staliniens ou révolutionnaires, déçus par l’Union démocratique bretonne (UDB) et le Mouvement pour l’organisation de la Bretagne (MOB). Le CRB déclare « révolutionner » le mouvement breton en le reliant aux luttes prolétariennes, influencé par les attentats du FLB et le mouvement d’aide aux détenus politiques bretons (Skoazell Vreizh).
En avril 1969, le CRB lance le journal, Bretagne Révolutionnaire (Breizh Dispac’h), qui sert de plateforme pour diffuser ses idées. Le groupe tente de créer un Front de libération de la Bretagne légal (FLB II ou FLB légal), inauguré en grande pompe à la Mutualité de Paris en 1969, mais cette initiative échoue rapidement, perçue comme une récupération opportuniste du sigle FLB sans actions concrètes. Le CRB se concentre alors sur une structuration idéologique, rejetant le nationalisme bourgeois et prônant un socialisme révolutionnaire adapté à la « colonie intérieure » bretonne.
Les 30 et 31 janvier 1971, le CRB se transforme officiellement en Parti communiste breton lors d’un congrès fondateur[Monde. Parmi les fondateurs figurent Jean-Pierre Vigier, Gwenc’hlan Le Scouëzec, Padrig Montauzier, Yann-Morvan Gefflot, Youenn Drezen (fils) et Mériadec de Gouyon-Matignon.
Développement et activités (1971-1975)
Dans les années 1970, le PCB s’implante principalement à Nantes, Rennes, Brest, Saint-Brieuc et Lorient, avec une cellule à Paris. Ses militants, souvent issus d’environnements intellectuels ou étudiants, participent aux luttes sociales bretonnes, en lien avec les mouvements révolutionnaires hexagonaux.
Le parti s’investit dans les comités de soutien aux détenus du FLB, notamment lors du procès d’octobre 1972 devant la Cour de sûreté de l’État, où il témoigne en faveur des accusés et manifeste sa solidarité avec d’autres mouvements nationalitaires (alsacien, occitan, basque, catalan, corse). En 1972, il soutient la grève du Joint français à Saint-Brieuc, la présentant comme une lutte à la fois sociale et nationale contre le « colonialisme capitaliste français. Le PCB y voit un symbole de la radicalité bretonne, associant la dimension régionale à une solidarité ouvrière, et fait fleurir des drapeaux bretons modifiés (Gwenn ha Du avec une étoile rouge à la place du champ d’hermines) lors des manifestations.
En 1973, le PCB clarifie ses positions en adoptant une orientation autogestionnaire, prônant une « République Bretonne des Conseils » basée sur la démocratie directe et anti-stalinienne Il organise une rencontre « Bretagne et autogestion » à Mûr-de-Bretagne en juin 1973, réunissant des militants révolutionnaires divers (du Parti Socialiste Unifié (PSU) à Héol Rouz, en passant par des Paysans-Travailleurs). Le parti proteste contre la répression policière, comme lors des interpellations de militants bretons en janvier 1975 après des attentats du FLB-ARB, et dénonce les méthodes d’intimidation arbitraires[Mon. La même année Kristian Hamon s’encarte au parti.
Le PCB participe également à des actions de solidarité interrégionale et internationale. En 1972, il signe un communiqué avec d’autres mouvements nationalitaires (occitan, corse, basque, catalan) pour condamner l’assassinat du militant maoïste Pierre Overney et soutenir les funérailles. Il appuie la lutte contre l’extension du camp militaire du Larzac, voyant dans cette politique une confirmation de la « colonisation intérieure » des régions périphériques par l’État français (liquidation agricole, exode, pillage des ressources, oppression culturelle. En Bretagne, il critique les projets de remembrement, de tourisme de luxe et d’implantation militaire, appelant à une bretonnisation des emplois et à la gestion populaire des ressources naturelles.
Sur le plan syndical, le PCB propose un « syndicalisme breton révolutionnaire » indépendant des centrales françaises réformistes, visant à unir ouvriers, paysans, marins et étudiants. Il soutient des grèves locales, comme celles de Logeais-Jamin, des Batignolles, de la CTB de Pont-de-Buis, de Laurenan, des abattoirs Doux, ou des marins-pêcheurs, les reliant à l’exploitation coloniale (sous-industrialisation, exode, désertification). Le parti rejette les élections parlementaires et le Programme commun de la gauche (PCF-PS), les considérant comme des illusions réformistes renforçant le centralisme.
Fusion et disparition (1976-1978)
À la fin de 1974, le PCB entre en sommeil, cessant de publier Bretagne Révolutionnaire (dernier numéro en septembre 1974. Il entame un processus d’unification avec d’autres groupes révolutionnaires bretons ( hexagonaux! blog): la Gauche ouvrière et populaire (GOP), Révolution ! et le Groupe 75 (de Brest). Les 7 et 8 février 1976, une réunion à Mûr-de-Bretagne donne naissance au collectif Bretagne Révolutionnaire, qui publie deux numéros d’une revue éponyme.
Ce collectif participe à la fusion nationale de l’Organisation communiste GOP et de l’Organisation communiste Révolution !, rejoignant une partie de l’Union Marxiste de Nantes (UMN). En décembre 1976, Bretagne Révolutionnaire se fond dans l’Organisation communiste des travailleurs (OCT), devenant sa fédération bretonne avec pour organe Bonnets Rouges. Les pôles principaux sont Brest et Nantes, avec des groupes à Rennes et Saint-Brieuc, et des contacts dans d’autres villes bretonnes.
La vie de l’OCT en Bretagne est éphémère, minée par des divergences idéologiques (mouvementisme vs. dogmatisme, aspirations variées des militants). Début 1978, la majeure partie des militants quitte l’organisation, ne laissant qu’un petit groupe à Nantes. Le PCB disparaît de facto, absorbé dans ces évolutions, sans renaissance ultérieure.
Idéologie et programme
Le Parti communiste breton adopte une idéologie floue et fluctuante, qualifiée de maoïste, conseilliste, spontanéiste, anti-stalinienne, libertaire et guévariste, tout en intégrant un nationalisme breton compatible avec l’internationalisme prolétarien. Il se réclame des principes marxistes-léninistes, mais rejette le dogmatisme et le centralisme du PCF, qu’il accuse de social-impérialisme.
Ce parti se dote d’un manifeste qui définit ses objectifs : unir le peuple breton contre l’oppression capitaliste française, démontrer l’inséparabilité de la conscience de classe et de la conscience ethnique, et soutenir un front de libération bretonne pour élargir la lutte populaire[.
Le PCB se distingue du Parti communiste français (PCF), qu’il accuse de centralisme et de nationalisme français oppressif.
La Bretagne est vue comme une « minorité nationale doublement prolétaire », opprimée par l’impérialisme français (colonisation intérieure) et le capitalisme international (pillage des ressources, surexploitation, exode rural, destruction culturelle). Le PCB lie la conscience de classe à la conscience ethnique, prônant une lutte de libération nationale intégrée aux luttes de classes mondiales. Il soutient la violence révolutionnaire comme réponse légitime à l’oppression, mais subordonne les actions militaires (comme celles du FLB) à une organisation politique de masse.
Son programme, exposé dans le manifeste de 1971 et les numéros de Bretagne Révolutionnaire, inclut :
- L’unité du peuple breton contre le grand capital français, via une bataille de classe et une réforme agraire collectiviste.
- La promotion de la langue et de la culture bretonnes sur une base prolétarienne, contre le « génocide culturel » français.
- L’établissement d’une démocratie populaire autogestionnaire, gérée par des conseils ouvriers et paysans, expropriant les industries étrangères et collectivisant l’économie
- La solidarité avec les peuples opprimés (Irlandais, Basques, Occitans, Corses, Palestiniens, Vietnamiens), et le refus de l’union de la gauche réformiste.
- Le rejet du parlementarisme, des syndicats réformistes (CGT, FNSEA) et des divisions sectaires au sein du mouvement breton (critiques envers l’UDB pour son réformisme et son alignement sur le PCF).
Le PCB se dote de statuts démocratiques et décentralisés, avec des cellules autonomes, un comité central révocable et un financement par cotisations militantes. Il encourage la critique et l’autocritique, tout en maintenant une structure partisane pour éviter l’anarchie.
Symbole et organe de presse
Le symbole du PCB est une variante du Gwenn ha Du, le drapeau breton traditionnel, où le canton d’hermines est remplacé par une étoile rouge à cinq branches sur fond blanc, symbolisant la fusion du nationalisme breton et du communisme révolutionnaire.
Son organe principal est Bretagne Révolutionnaire, publié irrégulièrement de 1969 à 1974. La revue analyse les luttes bretonnes (grèves, attentats FLB), propose des perspectives théoriques (autogestion, syndicalisme breton) et relaie des appels à l’action unitaire.
Critiques et perception
Dans le mouvement breton, le PCB est perçu comme une excroissance marginale, concurrente de l’UDB et de Strollad ar Vro (SAV), mais participant à l’inflation du discours régionaliste révolutionnaire des années 1970. Les renseignements généraux et la DST le surveillent étroitement, le considérant comme un vecteur potentiel de subversion, influencé par des courants maoïstes et proche d’une scission d’extrême gauche du FLB (le FLB-LNS « Lutte Nationale et Socialisme » accusé d’être infiltré, voire créé par la police Blog). Des infiltrations et écoutes par la DST sont rapportées, notamment à Rennes en 1973.
Dirigeants et membres notables
- Yann-Morvan Gefflot : Figure centrale, animateur du CRB et du PCB.[2],[4]
- Jean-Pierre Vigier : Physicien, ancien cadre du PCF et du Comité Vietnam National, apporte une légitimité intellectuelle.
- Kristian Hamon : Militant impliqué dans les luttes sociales.
- Autres : Gwenc’hlan Le Scouëzec, Padrig Montauzier (futur membre du FLB), Jean-Yves Gaultier (imprimeur impliqué dans des actions violentes).
Héritage
Le PCB disparaît sans laisser de successeur direct, mais ses idées influencent les courants autonomistes et révolutionnaires bretons des années 1970-1980, comme le Front Socialiste Autogestionnaire breton (FSAB, devenu FASAB en 1975), auquel il participe initialement. Il contribue à la visibilité des minorités nationales opprimées en France, dans un contexte de contestation du centralisme jacobin.
Volailles (LO)
De mars 2017 à septembre 2020, une quinzaine de travailleurs sans papiers originaires de Côte d’Ivoire et de l’île Maurice, ont été exploités dans le ramassage de volailles par le couple à la tête de l’entreprise Prestavic (Saint-Thégonnec, 29400 Saint-Sauveur), aidé par un comparse.
Les travailleurs étaient logés dans des conditions indignes avec des excréments de rongeurs au sol, de l’humidité, un chauffage obsolète.
Le travail consiste à ramasser à terre, dans les vastes hangars où ils sont élevés, des milliers de poulets. Le travail se fait de nuit, lorsque les animaux sont censés dormir. On attrape les poulets par les pattes et on les jette dans des caisses, chargées sur des camions et direction l’abattoir.
La présidente de la cour d’appel a dénoncé des cadences infernales, des nuits de travail sans pause et sans repas, des heures non payées. Condamnés le 6 juillet 2023, ces exploiteurs sans scrupule avaient fait appel. Lors d’un second procès, le 14 janvier dernier, le gérant a été condamné à quatre ans de prison dont deux ferme, sa compagne à dix-huit mois dont six mois ferme, le logeur à vingt-quatre mois dont douze ferme. Ils effectueront leur peine à domicile sous bracelet électronique.
Cette condamnation n’est pas cher payée pour ces esclavagistes modernes, mais, au moins, elle lève un peu le voile sur les conditions dans ce secteur, qui n’ont pas changé depuis 2020.
Fascisme (Editions La Découverte )
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« Comment le fascisme gagne la France • De Macron à Le Pen » est disponible en librairie
https://www.editionsladecouverte.fr/comment_le_fascisme…
Hezbollah (Joseph Daher)
Syrie : le martyre d’une révolution
Le Monde Diplomatique:
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Joseph Daher se démarque des analyses fondées sur l’idéologie des « mouvements politiques islamiques » en adoptant une grille de compréhension « matérialiste et historique ». il montre comment le Hezbollah est traversé par de multiples contradictions liées à son intégration dans le système politique confessionnel libanais. Derrière les « objectifs déclarés de justice sociale », le parti chiite soutient, à travers ses participations gouvernementales, des « mesures néolibérales telles que la dérégulation, les privatisations et le développement du secteur privé ». Son ambivalence au sujet de la justice sociale apparaît aussi dans sa position envers le principal syndicat, dont il a neutralisé les revendications trans-confessionnelles, ou dans le changement du profil sociologique de ses cadres, désormais issus des classes supérieures. Contradiction, encore, l’hostilité qu’il a montrée, dès la fin 2013, à l’égard des soulèvements populaires dans la région.
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Nicolas Appelt
Municipales en Bretagne
Résultats:
22
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Guingamp Liste soutenue par Philippe Poutou
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Gaël Roblin 12,14 %
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29
Douarnenez
Françoise Pencalet 39,10 %,
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Brest
Cécile Beaudouin (LFI), est en troisième position avec 15,39 %
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Quimper
Marie Lauwers (Union populaire et solidaire pour Quimper) 10,09 % (Avec le NPA)
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Rennes
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Mesmeur LFI 18,1%
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.44
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Nantes
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William Aucant 12 %
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56
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Lorient
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Vincent LE TERTRE LFI – Lorient autrement! Ecologique et populaire |
5,16 % |
|---|
et aussi:
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Paris
Sophia Chikirou obtient 11,81 %
Saint-Denis
est devenue dimanche la plus grande ville contrôlée par La France Insoumise. La liste LFI-PCF, menée par Bally Bagayoko, s’est imposée avec 50,77% des voix dans ce bastion historique du communisme face au maire socialiste sortant, Mathieu Hanotin (33%).
Elsa Marcel, la candidate de Révolution Permanente (extrême gauche), a quant à elle obtenu environ 7,1%.
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Toulouse
François Piquemal (LFI) 23 %.
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Montpellier
Nathalie Oziol, 16 %
PS (Regards/Essf)
Les municipales ne sauveront pas le Parti socialiste
Les élections municipales de 2026 revêtent un double enjeu pour les socialistes : conserver voire conforter leurs forces locales et s’affranchir de LFI en rompant avec elle. Ils rêvent que ces élections les replacent au centre de la gauche pour 2027. Pas gagné!
Depuis 2012, les socialistes ont perdu presque toutes les batailles. Les élections présidentielles, bien sûr. Les législatives souvent. Mais le PS a quand même réussi à conserver un réseau de maires, de grandes et de plus petites villes. Ce réseau d’élus locaux lui assure également un groupe substantiel au Sénat. Le premier enjeu des municipales est donc bien sûr de consolider cet ancrage. Les élections municipales de 2008, qui furent l’apogée de ses scores, n’ont-elles pas préparé la victoire de 2012 et l’élection de François Hollande à l’Élysée ?
Le terrain municipal reste un atout indéniable pour un parti qui s’est largement municipalisé. Dans une étude parue dans La vie des idées [1], Pierre-Nicolas Baudot et Rémi Lefebvre soulignent la part considérable des maires (plus de 1 200), conseillers municipaux et collaborateurs divers dans un parti réduit à 20 000 adhérents. Il est incontestable que l’ancrage municipal est une école efficace d’apprentissage des responsabilités, un vivier pour ses futurs cadres. Mais la municipalisation du parti a son revers : elle met en place une machine à homogénéiser et professionnaliser les profils militants, dont on sait depuis longtemps qu’elle contredit la vocation populaire de l’organisation.
Le PS compte jouer de la désynchronisation classique des élections nationales et locales. En 2020, trois ans après la débâcle présidentielle de Benoît Hamon, le PS a récupéré une partie de ses pertes de 2014 et même conquis des grandes villes : Montpellier, Nancy, Saint-Denis, Périgueux ou Bourges. Mais, en sens inverse, la candidature de la maire de Paris en 2022 n’a pas empêché le résultat désastreux : Anne Hidalgo a obtenu 1,7% des voix à la présidentielle ; seuls 2,2% des Parisiens ont voté pour elle à cette même élection.
En 2026, les dirigeants socialistes font le pari que les municipales peuvent les réinstaller au rang de force centrale à gauche, face à une gauche radicale puissante nationalement mais beaucoup moins implantée dans les territoires.
De fait, le choix des listes séparées de LFI leur donne un espace incontestable dans des configurations d’alliances à gauche fréquentes et souvent très larges. Mais les tensions violentes entre les insoumis et le reste de la gauche fragilisent l’issue du second tour.
De plus, rien ne dit que, même en cas de succès municipal, la désynchronisation ne fonctionnera pas à nouveau, et à leur détriment, à l’élection stratégique de 2027. Les ruptures fracassantes avec LFI pourraient n’être qu’une poudre de perlimpinpin pour surmonter ce cruel constat : même quand il est fort localement, le PS disparaît nationalement.
Oui, l’implantation locale reste un terrain privilégié pour prendre le pouls d’une population et expérimenter des solutions concrètes pour transformer le quotidien. Mais encore faut-il que cette présence s’appuie sur un projet capable de mobiliser les catégories populaires, un projet cohérent et porteur d’innovations. Or, lors de ces élections municipales, le pragmatisme l’a emporté, sans effort collectif pour repenser ce que pourrait être une pratique municipale socialiste.
Le constat est tout aussi sévère si on regarde le niveau national, voire international. Où est le projet socialiste déclinable de façon cohérente à toutes les échelles de l’action politique ? À l’époque de l’État-providence, la gestion municipale de la gauche prolongeait la dynamique nationale d’extension des politiques sociales, culturelles et de services publics. La fin de ce cycle a profondément modifié les conditions d’action des collectivités.
Privées de cet appui structurel, les municipalités socialistes ont vu leur pratique se banaliser, inscrites dans une gestion contrainte. Dès lors, ces élections ne permettront toujours pas de trancher le débat essentiel : comment redevenir une force d’impulsion à gauche si les comptes du hollandisme et de l’option social-libérale ne sont toujours soldés ?
Catherine Tricot
Lucien Matron
La dernière question de Catherine Tricot est essentielle. Le PS n’a pas soldé les comptes de la période Hollande-Ayraut-Valls social-libérale tout comme le PCF n’avait pas soldé sa période d’alignement pro-soviétique. Dans les deux cas,, principalement, mais pas seulement, l’absence d’analyse de fond sur leur bilan, s’est traduit à l’échelon national par des résultats catastrophiques lors des présidentielles : pour le PCF , Georges Marchais ( 15% en 1981), Robert Hue ( 8,64% en 1995), Marie-Georges Buffet ( 1,93% en 2007) , pour le PS, François Hollande ( 28, 6% % en 2012), Benoît Hamon ( 6,36 % en 2017) , Anne Hidalgo ( 1,75% en 2022). Les chiffres sont là et tendent à démontrer que lorsque les bilans ne sont pas clairement établis politiquement, le déclin est inéluctable et…hélas pour longtemps !
jeudi 12 mars 2026 TRICOT Catherine
Solidaires (Syllepse)
Ce numéro s’adresse autant aux lectrices et lecteurs intéressés par les mouvements sociaux qu’aux personnes souhaitant comprendre les enjeux contemporains de l’antiracisme, de l’anticolonialisme, du syndicalisme et des luttes pour l’autodétermination.
Grenade 1983 (Red Planeta/Left Voice / Jacobin)
Ce jour là en 1979
Le Mouvement New Jewel (Nouvelle Initiative Conjointe pour le Bien-être, l’Éducation et la Libération), dirigé par Maurice Bishop, a renversé le régime d’Éric Gairy à Grenade et a déclenché la révolution grenadienne.
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L’île caribéenne de Grenade était une colonie du Royaume-Uni depuis le traité de Paris de 1783, date à laquelle la France l’avait cédée aux Britanniques. Ce n’est qu’en 1974 que Grenade a accédé à l’indépendance et s’est proclamée État souverain, avec Éric Gairy, du Parti travailliste, à sa tête.
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L’indépendance de Grenade a plongé le pays dans une période d’instabilité politique que le Parti travailliste n’a pas réussi à apaiser ni à neutraliser. Face au manque de soutien des bureaucrates travaillistes, les Grenadiens se tournèrent vers les idées socialistes de l’avocat grenadien Maurice Bishop.
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Dès 1973, Bishop s’efforça d’organiser les masses laborieuses de Grenade au sein du mouvement New Jewel, un mouvement marxiste-léniniste proche du Black Panther Party américain. Déçus par les promesses illusoires du leader travailliste Eric Gairy, les citoyens grenadiens, organisés par New Jewel et menés par Bishop, profitèrent du départ de Gairy à l’étranger pour déclencher une révolution à Grenade.
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Les militants de New Jewel parvinrent à prendre le pouvoir et entamèrent la construction du socialisme grenadien. Maurice Bishop devint ainsi Premier ministre de Grenade et prit ses distances avec l’influence capitaliste américaine, se rapprochant du socialisme cubain. L’aspiration du peuple grenadien à la paix et au socialisme s’évanouit sous l’effet de l’ingérence américaine. Craignant l’émergence d’une autre Cuba dans les Caraïbes, les Américains lancèrent l’« Opération Fureur Urgente » pour prendre le contrôle de l’île et anéantir les rêves d’émancipation des Grenadiens.
Red Planeta
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