Archive | A gauche du PS

22 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

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21 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

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LVSL : Les historiens marxistes mettent l’accent sur une autre forme de continuité : la continuité économique et sociale qui existe entre l’ordre pré-nazi et le 3ème Reich, c’est-à-dire la perpétuation de la domination d’une classe de financiers et d’indus-triels sur celle des travailleurs. Que pensez-vous de la thèse marxiste classique, qui analyse le fascisme et le nazisme comme « expressions politiques du capitalisme monopolistique » ?

C’est la thèse officielle du Komintern à partir de 1935. Les membres du Komintern se sentent fautifs, car jusqu’alors c’est la stratégie « classe contre classe » qui a prévalu ; elle a abouti à ce que les communistes combattent les sociaux-démocrates davantage que les nazis. L’arrivée d’Hitler au pouvoir a constitué un vrai choc pour eux. D’où l’abandon de la stratégie « classe contre classe » au profit de la tactique du « Front Populaire ».

Les communistes allemands ont été traumatisés par la disparition de la gauche la plus puissan- te d’Europe, la gauche allemande. Pour penser ce traumatisme, ils ont élaboré cette hermé- neutique, en stricte orthodoxie marxiste, qui consiste à dire que le “fascisme” constitue la dernière tentative d’une bourgeoisie aux abois pour se maintenir en position de domination sociale, économique, politique, financière…

Le « fascisme » devient un terme générique qui désigne tout aussi bien la doctrine de Musso- lini que celle des nationaux-socialistes allemands (en Europe de l’Est, on parlait de « deutsche Faschismus« , fascisme allemand), alors que ce n’est pas du tout la même chose. Dans sa formulation la plus résumée et la plus dogmatique, cette grille de lecture devient un catéchisme un peu idiot. Cette lecture orthodoxe issue du Komintern est demeurée celle d’une historio- graphie de gauche fortement marquée par l’histoire sociale, qui n’est pas à rejeter, car elle a produit de grands travaux.

La grande industrie allemande et la finance allemande ont évidemment trouvé tout leur intérêt à l’arrivée des nazis au pouvoir. Les répercussions de la crise de 1929 sont terribles en Alle- magne. L’Allemagne est le pays le plus touché, parce qu’il était le mieux intégré au circuit du capital international ; il a beaucoup souffert de la fuite brutale des capitaux américains.

À l’été 1932, l’Allemagne compte 14 millions de chômeurs ; si on prend en compte les chô- meurs non déclarés, elle en compte 20 millions. La crise signifie pour les Allemands la famine et la tuberculose. Les nazis ont été vus comme les derniers remparts possibles contre une révolution bolchévique. D’où la lettre ouverte de novembre 1932 à Hindenburg qui l’appelle à nommer Hitler chancelier, signée par des grands patrons de l’industrie et de la banque.

Le parti nazi reçoit des soutiens financiers considérables. C’est grâce à eux qu’il peut fournir à des centaines de milliers de SA des bottes, des casquettes, des chemises, de la nourriture. Les campagnes électorales des nazis coûtent une fortune, notamment du fait de l’organisation de leurs gigantesques meetings ; Hitler ne cesse de se déplacer en avion, à une époque où l’heure de vol est hors de prix. Les mécènes qui financent le parti nazi voient en lui le dernier rempart contre le péril rouge. Ils sont gâtés, car d’une part les nazis détruisent de fait la gau- che allemande, les syndicats, l’expression publique ; de l’autre, ils relancent l’économie comme personne ne l’avait fait avant eux par la mise en place de grands travaux d’infrastructure à vocation militaire, et par des commandes d’armement inédites dans l’histoire de l’humanité. Les commandes d’armement font travailler le charbon, l’acier, la chimie, les composants électriques, le cuir, la fourrure, la mécanique, l’aviation…

Les industriels savent très bien que l’Etat allemand ne peut pas financer ce qu’il est en train de faire. L’Etat commande des chars, des avions, mais ne paie pas ; il joue un jeu assez complexe et plutôt malin (je vais simplifier, mais le principe est là). Il paie les industriels en bons à inté- rêt… et leur déclare que ceux-ci seront versés grâce au pillage de l’Europe. Tout le monde est au courant, les industriels au premier rang, parce qu’ils ne sont pas payés, ou très peu : l’heu- re des comptes va sonner plus tard, quand le Reich aura les moyens d’envahir l’Europe. Les industriels ont donc été les complices et les bénéficiaires du Reich.

Ne parlons même pas de ce qu’est devenue leur activité après 1940. Leurs commandes aug- mentent, et l’industrie obtient via Himmler que l’on mette le système concentrationnaire à son service. On en arrive à la loi d’airain des salaires de Karl Marx : vous ne rémunérez la force de travail qu’autant que nécessaire, afin qu’elle puisse se renouveler pour se maintenir. La loi d’airain des salaires dans les années 1940, c’était les camps de concentration, c’est-à-dire l’exploitation jusqu’à son terme de travailleurs que l’on n’a même pas besoin maintenir en vie, parce qu’il y avait une telle rotation que si un travailleur mourait en deux jours, un autre le remplaçait aussitôt.

LVSL : On commémore le centenaire de la Révolution d’octobre 1917, et on a pu voir un certain nombre de parallèles effectués entre 3ème Reich et Union Soviétique. Dans les programmes scolaires de Première, les deux sont clairement amalgamés sous le concept de « totalitarismes », et des parallèles très nets sont effectués entre l’idéologie nazie et l’idéologie marxiste-léniniste : « lutte des races » d’un côté, « lutte des classes » de l’autre. Que pensez-vous de ces parallèles ?

La comparaison est toujours légitime en histoire ; même inconsciente, elle est à la base de la démarche historienne. Les paroles que je prononce ici et maintenant prennent sens comp- arées à autre chose. La comparaison est l’essence même de l’intelligence historienne. Ce qui est plus gênant, c’est l’assimilation. Comparaison n’est pas assimilation.

Le concept de totalitarisme n’est pas inintéressant à la base, tel qu’il a été pensé par Enzo Traverso. L’utilisation qui en a été faite après 45 a été politiquement investie. Il s’agissait par la comparaison entre l’Union Soviétique, ennemie du monde libre, et le nazisme, d’induire l’idée que le communisme dans sa version stalinienne était criminel et maléfique.

Cela est absolument indubitable en termes de pratique sociale ou si on prend en compte le nombre de morts. Le problème, c’est que cette assimilation, qui n’est plus une comparaison, et qui est motivée par une logique de Guerre froide, en vient à fausser l’intelligence historienne. En tant que spécialiste du nazisme, je ne me sers pas du concept de totalitarisme. C’est un concept scolastique, qui ne m’apporte rien d’un point de vue heuristique. Il n’apporte rien non plus à Nicolas Werth, lorsqu’il s’agit de parler de l’URSS. Le totalitarisme est devenu un objet d’étude en soi, dont le parcours et l’histoire sont intéressants ; mais pour un regard heuristique sur nos objets, ce concept nous embarrasse tant il est chargé de son histoire propre. Son introduction dans les programmes scolaires et sa déclinaison en trois branches, « commu- nisme », « fascisme” et « nazisme » (qui sont ainsi assimilés) fausse totalement la perspective historienne, parce qu’il existe des différences flagrantes entre ces visions du monde.

On peut vous opposer qu’une balle du NKVD vaut une balle du SD [service de renseignement de la SS]. Mais il reste que l’histoire, qui est en partie un art de la comparaison, reste un art de la distinction. Une victime du goulag n’est pas tuée pour les mêmes raisons, et aux mêmes fins qu’une victime de la Shoah. La biologisation chez les nazis est poussée à l’extrême, totalement, partout. Une victime du nazisme ne peut pas, biologiquement, échapper au nazisme ; un Juif ne peut pas échapper au fait qu’il soit biologiquement Juif. Cette biologisation est absente de la culture communiste. Elle est présente dans le stalinisme : Staline raisonnait en termes d’ethnies et avait des penchants antisémites. Mais cette dimension biologique est censée être absente du stalinisme. Une victime de la répression stalinienne est censée pouvoir y échapper en faisant amende honorable. On peut sortir d’un goulag. On ne sort pas d’un centre de mise à mort nazi. On est condamné de naissance à mourir, parce qu’on n’échappe pas à sa biologie. En théorie ce n’est pas le cas avec le stalinisme, même si c’est différent en pratique…

LVSL : Aujourd’hui, on assiste à une montée de l’extrême-droite partout en Europe. On ne compte plus les références faites aux « années 30 » pour parler de la situation actuelle. Peut-on comparer ces deux époques s’agissant de la montée de l’extrême-droite en Europe ?

Le parallèle est pertinent entre les extrêmes-droites actuelles et celles des années 20 et 30. D’une part, parce que les extrêmes-droites actuelles en sont les héritières en filiation sociale. On connaît l’histoire du Front National ; on sait que des anciens Waffen SS ont contribué à sa création, ou que d’ex-nazis ont participé à la fondation du FPÖ autrichien. En termes de genè- se, il y a bien une filiation sociale et intellectuelle.

Il y a en effet une filiation idéologique, parce que leurs dirigeants se réclament des mêmes réflexes, font appel aux mêmes lieux communs, aux mêmes angoisses, aux mêmes aspirations : critique de la modernité cosmopolite, critique de la mixité des sexes, nationalisme ultra, alliance avec les intérêts financiers et industriels… Cela ne veut pas dire, par exemple, que le Front National est une organisation fasciste, c’est une extrême-droite qui n’a pas besoin d’aller cher- cher ailleurs ses références. Zeev Sternhel a très bien démontré qu’elle les puise dans la France des 19ème et 20ème siècles (Boulanger, Maurras, Barrès, l’OAS…).

Comparer les périodes, en revanche, est non pertinent. Bien qu’il y ait des éléments similaires (remise en cause de la démocratie, doutes politiques, sociaux, éthiques, etc…), on ne vit pas dans le même monde, ne serait-ce que parce que l’Europe des années 30 était un monde informé, créé par la Grande Guerre. L’Europe des années 30 était habitée par 80 millions d’hommes à qui l’on a dit qu’il était bien de tuer, de frapper, de blesser. Ils avaient un rapport à la violence et à la mort qui n’est pas le nôtre aujourd’hui. Nous (je parle des Européens de l’Ouest et du centre, je n’inclus pas les Balkans qui ont connu une guerre civile au début des années 90) avons un rapport à la violence et à la mort qui ne vient pas encourager quelque chose comme le nazisme. Le nazisme se nourrit de cette fascination pour la mort, de ce romantisme héroïque à la fois mortifère et morbide…

LVSL : Dans vos ouvrages (et notamment La loi du sang), la doctrine nazie apparaît comme une vision du monde unifiée, systématisée, presque monolithique. Le nazis- me possédait-il une telle cohérence, ou avez-vous procédé à une reconstitution a posteriori, à la mise en place d’une sorte d’idéal-type de la pensée nazie, pour lui donner une cohérence qu’elle n’avait pas ?

La manière dont je représente la vision du monde nazie n’est pas monolithique. Je montre qu’il existe des débats, des désaccords, que le traitement des populations à l’Est faisait l’objet de disputes politiques entre Alfred Rosenberg et Himmler par exemple ; je montre qu’il y a des désaccords entre les acteurs sociaux qui sont porteurs de cette vision du monde, qu’il existe des contradictions, mais aussi que cette vision du monde est suffisamment plastique et dynamique pour digérer ses propres contradictions.

Un exemple : quand j’étudiais la vision de l’Antiquité des nazis, j’ai constaté qu’il existait des désaccords autour d’Alexandre le Grand : selon certains auteurs, Alexandre était un grand conquérant nordique blond aux yeux bleus, le premier à avoir soumis l’Asie, le premier guerrier impérial germanique… Selon d’autres, Alexandre avait fauté, péché contre la race, parce qu’il avait diligenté les noces de Suse entre l’élite macédonienne nordique et l’élite perse asiatique, sémitique.

J’ai montré qu’il y a eu un dépassement de cette contradiction dû à la puissance agrégative de la vision du monde nazie : en définitive, l’élite perse était une élite germanique, parce que l’empire perse ne pouvait avoir été créé, dans sa magnificence, que par le génie germanique ; l’élite impériale était donc restée germaniquement pure ; avec la célébration des noces de Suse, Alexandre recréait finalement le lien racial entre les élites nordiques : cela permettait de sauver Alexandre pour la cause raciste.

C’est une des raisons multiples pour lesquelles la vision du monde nazie séduit, convainc, fonctionne : elle est agrégative, dynamique, cumulative et infalsifiable. Vous avez toujours raison quand vous la mobilisez : elle a cela en commun avec n’importe quelle théorie du com- plot ; soit un élément vient la confirmer : ça veut dire que cette vision du monde est la bonne ; soit un élément vient l’infirmer, mais cela signifie qu’il a été créé par les ennemis de la théorie du complot. C’est pour cela qu’il est difficile de discuter avec un nazi (cela existe encore !) ou un négationniste. Aux arguments scientifiques, ils opposent que vous êtes payés par les Juifs. En cela les négationnistes sont de vrais petits héritiers de leurs modèles nazis.

LVSL : Justement, peut-on pousser plus loin ce parallèle entre la vision du monde nazie et les « théories du complot » dans les mécanismes psychologiques qu’elles mobilisent ? Dans le Système totalitaire, Hannah Arendt explique l’attrait des idéologies totalitaires par le fait qu’elles proposent des visions du monde globales et structurantes, qui ramènent la multiplicité des phénomènes à des schémas explicatifs systémiques et rassurants. Les théories du complot fonctionnent-elles de la même manière ?

C’est l’un des grands mérites intellectuels et psychologiques d’une théorie du complot. Très clairement, le nazisme est une théorie du complot : le complot racial, le complot juif, judéo-chrétien, judéo-bolchévique… Le grand mérite intellectuel de ces discours-là, c’est d’être aisément compréhensibles, puisqu’on ramène la complexité à un principe simple, aisément digérable, infalsifiable, et qui apporte un réconfort psychologique. Vous étiez démuni face à un choc, un traumatisme, une incompréhension… et désormais vous êtes pleinement rassurés. En plus vous faites partie de la caste des illuminés, des sages, des mages, de ceux qui ont compris la complexité du monde…

Vincent Ortiz décembre 11, 2017

Johann Chapoutot est professeur d’histoire à l’Université Paris-Sorbonne, spécialiste de l’Allemagne nazie. Il a consacré de nombreux  ouvrages à l’étude de l’idéologie nationale-socialiste (La loi du sang, le nazisme et l’Antiquité…) traduits en sept langues et récompensés par de nombreux prix. Il s’intéresse aux fondements philosophiques, historiques et (pseudo-)scientifiques du nazisme ; il étudie les moyens par lesquels cette vision du monde a pu devenir hégémonique en Allemagne à partir de 1933. Ses analyses mettent en lumière certains aspects peu connus de ce phénomène historique ; nous avons décidé de le rencontrer.

Pour aller plus loin :

  • Johann Chapoutot, Le nazisme et l’Antiquité (2012)
  • Johann Chapoutot, Fascisme, nazisme et régimes autoritaires en Europe (2013)
  • Johann Chapoutot, La loi du sang (2014)
  • Johann Chapoutot, La révolution culturelle nazie (2017)

http://lvsl.fr/

Lire aussi:

Comment vaincre le fascisme ? Introduction : La théorie du fascisme chez Léon Trotsky (Ernest Mandel)

Comment vaincre le fascisme ?(Léon Trotsky)

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21 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

jlm (jdd)

jlm

Mélenchon : « C’est le gouvernement le plus féroce depuis longtemps »

Dans une interview au « JDD », le leader de La France insoumise concède avoir perdu la « bataille des ordonnances », mais entend riposter dès février dans l’hémicycle. 

S’il concède avoir perdu une bataille, Jean-Luc Mélenchon affirme ne pas avoir perdu pour autant la guerre face à Emmanuel Macron. « Nous avons perdu la bataille des ordonnances. La France insoumise a pourtant fait un maximum d’efforts : elle a convoqué les premiers rassem- blements dès juillet, puis appelé à une marche qui a été un succès. Mais nous avons perdu », reconnaît le leader LFI dans une interview au Journal du Dimanche. Mais le député de Marseille entend malgré tout conserver sa place de premier opposant à Emmanuel Macron, parlant même d’un « devoir ».

Cinq propositions de loi en février.  »Beaucoup se jouera notamment sur l’école et la santé. Nous faisons tout pour encourager la résistance populaire. Pas question d’accepter de réser- ver l’université à quelques-uns (…) Même chose dans la santé : pas question de limiter l’accès aux soins », détaille Jean-Luc Mélenchon. Et le leader de La France insoumise d’annoncer que le groupe présentera au 1er février cinq propositions de loi à l’Assemblée nationale, portant sur « un référendum sur le Ceta, pour le récépissé afin de lutter contre le contrôle au faciès, sur la reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle, pour le droit de mourir dans la dignité et pour le droit à l’eau pour tous »

« Le président des riches ». Concernant les réformes engagées par l’exécutif depuis mai dernier, Jean-Luc Mélenchon estime que « Macron s’est d’abord affirmé comme le président des riches ». « Voyez : les revenus les plus faibles du pays vont perdre 60 euros tandis que les plus élevés vont en gagner 1.700… D’un côté la suppression de l’impôt sur la fortune, de l’autre l’augmentation de la CSG. École, hôpital : tout se disloque. C’est le gouvernement le plus féroce depuis longtemps », en juge-t-il. Et Mélenchon de conclure que le président « mène la politique dont (la droite) a toujours rêvé sans jamais oser aller au bout ».

21 janvier 2018

http://www.europe1.fr/

Commentaire: Nous faisons le même constat sur Macron: il termine le travail mis en route par Sarkozy et Hollande. La « FI » première opposante dans la rue? Gonflette! Et la « bataille parlementaire » avec 17 députés semble mal engagée pour renverser la table!

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20 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

forum social

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Plusieurs organisations se sont réunies pour mettre en place un « Forum Social Brestois » !

Elles vous invitent ainsi à Brest :

acharnement

Vendredi 2 février à 20h à une projection de cinéma aux Studios (136, rue Jean Jaurès)

pouliquen

Samedi 3 février à partir de 14h à la faculté Segalen (20, rue Duquesne) pour plusieurs débats.

Plozevet

A partir de 18h30, suivra une soirée conviviale au Patronage laïque Guérin (1, rue Alexandre Ribot) !

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20 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

rojava brest quimper

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ACTES en Cornouailles, l’AFPS Brest, les Amis du Monde Diplo Brest, ATTAC Brest, ATTAC Quimper, la Ligue des Droits de l’Homme BMO, la LDH Quimper, le Patronage laïque Guérin et  organisons des projections, suivies de débats avec les deux réalisateurs, du documentaire « Rojava : une utopie au cœur du chaos syrien ».

Elles auront lieu :

Quimper le mercredi 24 janvier, de 20h, aux halles Saint-François (rue Astor)
Brest le jeudi 25 janvier, de 19h à 20h30, au Patronage laïque Guérin (1, rue A Ribot)

A Brest, l’association de cinéma Termaji a bien voulu prêter main forte pour assurer la technique.

Projection en présence de Mireille Court et Chris Den Hond, réalisateurs du film.

Vous trouverez l’article de Mireille Court et Chris Den Hond paru dans le Monde diplomatique  au lien suivant : https://www.monde-diplo

Et la présentation de l’ouvrage collectif qu’ils ont dirigé avec Stephen Bouquin La Commune du Rojava. L’alternative kurde à l’État-nation  aux éditions Syllepse sur celui-ci : https://www.syllepse.net/

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20 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

socialistes usa (solidarités + à l’encontre)

swp

Parle-moi de l’Amérique, camarade…

(…) PG: Quelque chose de nouveau semble se dessiner aux USA. Ainsi par exemple, The Nation prétend que 37% des citoyens adultes des Etats-Unis, d’après un sondage, «préfè- rent le socialisme au capitalisme». De son côté, CNN se demande si « la politique réac- tionnaire de Trump va booster les socialistes révolutionnaires ».

KM: Si l’élection de Trump et ses clins d’œil aux racistes et à l’extrême droite encouragent ces derniers, son élection et sa politique réactionnaire ont aussi stimulé les forces progressistes avec l’apparition d’une nouvelle génération qui se tourne vers le militantisme. Ces dynamiques suscitent aussi un vif intérêt pour le socialisme. On en a fini avec l’époque où le mot «socialis- me» était un mot tabou que l’on ne pouvait associer qu’aux crimes de Staline et à tous les fantasmes et les peurs entretenus à son propos. Les racines de cette nouvelle radicalisation à gauche remontent au mouvement Occupy en 2011 et aux luttes telles le soulèvement de Madison, dans le Wisconsin, contre les attaques portées au droit de négociation collective.

Ce regain d’intérêt pour le socialisme ouvre un espace important pour les organi- sations socialistes. Ainsi, un groupe tel que les Democratic Socialist of America (DSA) qui existe depuis 1973, aurait plus que triplé ses effectif au cours des six derniers mois, passant de 8 000 à 25 000 membres. Qu’est-ce que DSA ?

C’est DSA qui a bénéficié principalement de cette radicalisation. Fondée en 1973, DSA c’est la social-démocratie étatsunienne. Réformiste (*), souvent proche du Parti démocrate, DSA n’a cependant pas suivi le tournant vers le néo-libéralisme opéré par la social-démocratie en Europe et en Amérique latine. La plupart de ses nouveaux adhérents sont jeunes et ouverts aux différentes perspectives socialistes, y compris au socialisme révolutionnaire. Pour l’instant DSA reste très majoritairement composée de militants blancs et n’attire que peu de noirs, de latinos et d’autres minorités ethniques ; c’est un problème majeur car ces groupes constituent un grand pourcentage de la population des USA et des couches très importantes de la classe ouvrière.

Les chiffres des sondages que tu cites sont vraiment significatifs. Pendant des décennies, en particulier durant la guerre froide, l’anticommunisme n’était pas seulement l’axe de la politique extérieure des USA. Il était aussi une arme idéologique utilisée par le gouvernement, les patrons et l’Etat pour chasser les militants de gauche des syndicats et discréditer les leaders du mouvement en faveur des droits civiques dont Martin Luther King lui-même.

L’anticommunisme permettait de discréditer n’importe quel discours critique sur le capitalisme et ses aspects sociaux troublants. La chute du mur de Berlin, de l’URSS, et la fin de la guerre froide ont privé la classe dominante et ses idéologues de l’arme de l’anticommunisme. N’oublie pas que celles et ceux qui, aujourd’hui, sont étudiants ou jeunes travailleurs sont nés après la fin de la guerre froide. Le mouvement Occupy en 2011 a mis en évidence ce que des millions de gens sentaient confusément et que les sociologues savaient, soit qu’on vit dans une société aux inégalités énormes et que c’est la faute au système.

C’est l’articulation de ces réalités qui explique le succès inédit de Bernie Sanders. Le fait que Sanders se dise « socialiste » stimule aussi l’intérêt pour le socialisme même si l’ancien adversaire de Mme Clinton est clairement un social-démocrate style social-démocratie européenne des trente glorieuses -l’état de providence, etc.

Quelle politique adoptez-vous, en tant qu’organisation socialiste-révolutionnaire à l’égard de DSA?

C’est parce qu’il y a un esprit d’ouverture de la part de la direction de DSA et qu’il y a un renouveau militant que Solidarity a voté un texte lors de notre congrès qui s’est tenu en juillet à Chicago qui préconise de participer à la construction de ce nouveau DSA pour le renforcer et le pousser dans une direction révolutionnaire. Des dizaines des camarades de solidarity ont pris leur carte de membre de DSA (DSA et solidarity acceptent la double appartenance) et beaucoup sont très actifs.

De son côté, l’International Socialist Organisation,la plus importante organisation de la gauche radicale aux USA, voit principalement le DSA sous l’angle du profil traditionnellement réfor- miste. Considérant DSA comme une organisation concurrente, l’ISO se contente de “débattre” avec eux de l’extérieur.

Malgré ce regain d’intérêt pour le socialisme, Trump bénéficie toujours de larges sou- tiens parmi la classe ouvrière blanche. Quelle est pour la gauche radicale étasunienne (Solidarity, ISO,…), l’articulation entre la nécessité de donner des réponses à la souf- france sociale des anciens « cols bleus » et les luttes contre le racisme, contre le mur anti-mexicain, contre la construction de l’oléoduc, par exemple ?

On peut tout aussi bien défendre les conditions des cols bleus à la peau blanche et lutter contre le racisme. En fait, les deux choses sont indissociables. D’abord, l’électorat de Trump doit être scruté de près car il n’est pas une masse homogène. Même si beaucoup ont été séduits par le protectionnisme qui ouvre la porte aux arguments anti-immigration et donc anti-immigrés, une frange importante de l’électorat ouvrier blanc de Trump avait voté pour Obama en 2008 et 2012 et pour Sanders lors des primaires démocrates. Ces gens ne sont pas devenus racistes d’un jour à l’autre.

Des millions de cols bleus qui avaient des bons emplois souvent syndiqués il y a quelques années, se trouvent aujourd’hui avec des boulots précaires. Pour le prolétariat entier, les salaires n’ont plus bougé depuis des années creusant l’écart entre les possédants et tous les autres. Dans ce pays, 1% de la population détient 34.5% de la richesse privée et engrange 17% des salaires versés alors que les 20% les moins aisés touchent 3% des rémunérations versées. Ce sont eux qui disposent de ce qu’on appelle pudiquement une «richesse négative». Autrement dit, ils sont endettés.(…)

Paolo Gilardi interroge Keith Mann, professeur de sociologie à Miami University, membre de Solidarity, une des organisations de la gauche radicale aux USA, proche de la Quatrième Internationale.

27 octobre 2017

https://www.solidarites.ch/

(*)Réformiste dans le sens classique, à savoir qui préconise la création de la société socialiste non pas par la révolution et la prise du pouvoir, mais par les réformes. Mais qui toutefois garde le cap du dépassement du capitalisme.

Lire aussi:

Etats-Unis. «Un réel potentiel de résistance»

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20 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

le média (jdd)

le medias

On vous raconte la première semaine du « Média », la webtélé proche de Mélenchon

Le JDD fait le bilan du « Média », une semaine après le lancement de ce nouveau venu dans le paysage médiatique, réputé proche des Insoumis de Jean-Luc Mélenchon.

Ils se sont lancés lundi. Chaque soir, Le Média, un site créé par des membres de La France insoumise et se revendiquant de gauche, diffuse un journal télévisé en direct à 20h sur Inter- net. Alors que le démarrage a été un peu parasité par les polémiques sur les liens de ce nouveau média avec Jean-Luc Mélenchon, le JDD a regardé pendant une semaine les contenus diffusés par ce nouveau venu dans le paysage médiatique. Voici ce qu’on y a vu.

La hiérarchisation de l’info

Le Média traite-t-il des sujets différents de ceux diffusés sur les chaînes de télé traditionnelles? Pour le vérifier, nous avons comparé les trois premiers titres d’actualité du  Média  avec ceux du JT de France 2. Résultat : une manière différente de voir l’information mais souvent complé-mentaire. Par exemple, lundi, Le Média ouvre son journal en parlant de « Parcoursup », avant de poursuivre avec le séminaire d’En Marche, puis le plan pénitentiaire de Macron. De son côté, France 2 commence par les bonnes performances de Renault. Suit un reportage sur la ma- nière dont le gouvernement compte remplacer la taxe d’habitation et ensuite, évoque le budget 2018 d’Emmanuel Macron, qui selon un rapport va avantager les plus riches. Le Média l’évoquera plus tard dans son journal pour égratigner la politique du chef de l’Etat.

Mardi et mercredi, les deux JT évoquent très tôt dans leurs programmes respectifs le même sujet : la visite d’Emmanuel Macron à Calais et le renoncement à Notre-Dame-des-Landes. Même si le mardi, Le Média parle aussi assez rapidement d’une information concernant le statut du paradis fiscal du Panama et le mercredi de l’amende que doit régler la Société géné- rale dans le cadre des suites de l’affaire Kerviel. Ces dernières années, l’ancien trader la « Sogé » avait reçu un soutien appuyé de Jean-Luc Mélenchon. En revanche, Le Média n’évo- que pas une information dans ses journaux : la mort en direct d’un opposant au président Nicolas Maduro au Venezuela, sujet sur lequel le leader de la France insoumise fait entendre une voix différente.

Comment ont-ils traité Emmanuel Macron?

« Le Média est le média d’opposition à Macron! » Dans le JDD il y a deux semaines, Sophia Chikirou, une des cofondatrices du Média et ancienne directrice de la communication de Jean- Luc Mélenchon, avait ainsi théorisé le rapport de ce nouveau média avec le pouvoir en place. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’avait pas menti. Depuis son lancement, les jour- nalistes multiplient les piques contre le chef de l’Etat. « Sans surprise, la politique d’Emmanuel Macron avantagera les ultra riches », lance par exemple lundi la présentatrice. Commentant le séminaire des députés En Marche, la journaliste ironise : dans la majorité, « on ne dit plus expulsion mais éloignement ça fait plus propre ».

Plus tard, elle affirme qu’Emmanuel Macron a de nouveau rompu une de ses promesses de campagne avec sa réforme sur l’indépendance du parquet : »Un autre engagement est tombé à l’eau », lance-t-elle à l’antenne. Au fur et à mesure de la semaine, les critiques contre Emma- nuel Macron se sont toutefois un peu atténuées. Il faut dire que le contexte ne s’y prêtait pas forcément. Mercredi, l’exécutif a décidé de renoncer au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Une décision applaudie par la France insoumise.

Et Jean-Luc Mélenchon?

C’est le grand absent de la semaine. Jusqu’au mercredi, le nom Jean-Luc Mélenchon n’a pas été prononcé une seule fois. Si bien que lorsqu’un journaliste a fini par dire son patronyme pour appuyer son propos sur la nouvelle coalition allemande qu’il était en train de critiquer, il s’en est tout de suite amusé : « Et oui je le cite, ça y est. J’ai dit son nom à l’antenne, j’ai le droit à un cadeau. On a tenu trois jours… »

Est-ce que ça marche?

Le lancement a été très suivi : 87.000 personnes ont suivi le premier journal du Média sur YouTube. Ensuite, les chiffres n’ont fait que baisser. Mardi, le journal a été vu par environ 52.000 personnes, mercredi par 30.000 et jeudi par 20.000. Ceux-ci peuvent toutefois encore augmenter, puisque les utilisateurs peuvent voir l’émission en différé. Mais pour le moment, les audiences restent relativement basses.

19 janvier 2018

http://www.lejdd.fr/

Commentaire: Guerre des cravates au parlement, média, faut occuper le terrain en attendant la « revanche » de 2022!

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18 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

brest nddl (le télégramme)

ZAD

Notre-Dame-des-Landes. « Ce soir on fait la fête, mais ce n’est pas fini »

Une centaine de personnes se sont rassemblées, hier soir, devant la mairie, pour fêter l’abandon du projet d’aéroport et organiser le prochain rassemblement. « On avait prévu ce rassemblement quoi qu’il arrive », explique Christian Perrot, membre du comité de soutien à la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
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Une centaine de personnes se sont donc retrouvées devant la mairie, hier soir, avec pour bonne nouvelle « la victoire de la lutte.
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Tout le monde est heureux, on est soulagés. Mais ce n’est pas fini ! » « Apaisement ». C’est le mot qui se lit sur toutes les lèvres face à l’annonce du Premier ministre : il n’y aura pas d’expulsion ce soir. Le covoiturage qui devait aller jusqu’à Nantes, demain matin, a été annulé. « On va pouvoir faire la grasse matinée ! », se réjouit Christian Perrot.
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La lutte est pourtant loin d’être finie : un car est déjà programmé pour le grand rassemblement du 10 février sur la Zad.
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« On n’acceptera pas qu’on fasse le tri entre les gens, assure le militant. Il faut continuer les projets sur place, et continuer de s’opposer aux expulsions. On espère qu’il y aura une entité juridique spécifique pour accompagner les choses sur le terrain. Ce qui est sûr, c’est que le gouvernement a dû revoir le processus démocratique pour les grands projets. »
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Par ailleurs, AE2D, Agir pour un environnement et un développement durables, se félicite de l’abandon du projet.
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« Depuis longtemps, l’association soutenait directement l’action de l’Acipa, la principale asso- ciation d’opposants, et s’était activement engagée, localement, dans la mobilisation. Une déci- sion sage vient d’être prise par le gouvernement », juge l’association brestoise. « Les grands élus régionaux et locaux, notables de gauche et de droite qui s’arc-boutaient pour la défense de ce vaste projet d’aménagement, flattant leur ego, semblent n’avoir toujours pas compris qu’il était d’un autre temps, d’un autre siècle, et terriblement gaspilleur d’argent public ».
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restig
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AE2D en profite pour rappeler qu’« ici, localement, il y a un autre projet de bétonnage, certes plus modeste, de terres naturelles : celui d’un axe routier traversant la vallée du Restic au nord-ouest de Brest.
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Ici aussi, des élus s’entêtent à vouloir y faire passer des milliers de voitures par jour, à grands coups de millions d’euros (…). Une décision d’abandon du projet routier dans la vallée du Restic serait une autre décision de bon sens. »
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18 janvier 2018

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http://www.letelegramme.fr/finistere/

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18 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

nddl (npa + essf)

zad

Notre-Dame-des-Landes : une victoire qui en appelle d’autres

50 ans de lutte. 10 ans d’occupation. Des manifestions mémorables. Des dizaines de milliers de personnes – paysanEs, urbainEs, occupantEs, jeunes et moins jeunes, mobilisés à tant de reprises sur le site et ailleurs.

Des rencontres, des jours et des nuits de fête. Des cultures diverses qui nourrissent les luttes. Des dizaines de comités locaux. Des menaces, des soutiens… Et finalement : la victoire ! Le gouvernement abandonne officiellement le projet d’aéroport.

Pour la première fois depuis longtemps, trop longtemps, une mobilisation a mis en échec le gouvernement, Vinci et les lobbys, en particulier du BTP.

Ce n’est pas simplement le succès de Notre-Dame-des-Landes. C’est un signal pour celles et ceux qui luttent, ici comme ailleurs, et en particulier contre tous les projets destructeurs : il est possible de gagner ! Ce ne sont pas toujours les multinationales et leurs flics qui l’emportent à la fin. Et rien que pour ça, l’abandon est une victoire historique contre l’aéroport et son monde, un encouragement pour toutes celles et ceux qui veulent que nos vies, la biodiversité, la terre, l’eau… passent avant les profits.

Le NPA soutient « les bases communes pour l’avenir de la ZAD établies par l’ensemble des usager.e.s actuel.le.s de ce territoire », pour que celles et ceux qui sont visés par une procédure d’expulsion ou d’expropriation puissent rester sur la zone et retrouver leurs droits, pour que celles et ceux qui sont venus habiter dans le bocage pour le défendre puissent continuer de cultiver librement les terres, d’expérimenter des formes différentes de travail, d’habitat, de vie et de lutte.

C’est le mouvement anti-aéroport qui doit déterminer l’usage des terres pour de nouvelles installations, agricoles ou non, officielles ou non, pour « un avenir sans aéroport dans la diversité et la cohésion ».

La menace d’une expulsion partielle plane toujours sur la ZAD et on a assisté ces dernières heures à une incroyable surenchère policière. La lutte continue pour que ce territoire reste un espace d’expérimentation sociale, environnementale et agricole.

Le NPA appelle à répondre massivement à l’appel à converger le 10 février dans le bocage pour fêter l’abandon de l’aéroport et pour poursuivre la construction de l’avenir de la ZAD.

Montreuil, le 17 janvier 2018

https://npa2009.org/

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17 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

irrationalité (libération)

envahisseurs

Politique migratoire: l’irrationalité au pouvoir ?

Comme celle de ses prédécesseurs, la politique migratoire d’Emmanuel Ma- cron, en visite ce mardi à Calais, refuse d’entendre ce que disent les cher- cheurs depuis des années: les dispositifs répressifs créent le «problème migratoire» qu’ils prétendent pourtant résoudre.

Très loin du renouveau proclamé depuis l’élection du président Macron, la politique migratoire du gouvernement Philippe se place dans une triste continuité avec celles qui l’ont précédée tout en franchissant de nouvelles lignes rouges qui auraient relevé de l’inimaginable il y a encore quelques années. Si, en 1996, la France s’émouvait de l’irruption de policiers dans une église pour déloger les grévistes migrant·e·s, que de pas franchis depuis: accès à l’eau et distributions de nourriture empêchées, tentes tailladées et couvertures jetées, familles traquées jusque dans les centres d’hébergement d’urgence en violation du principe fondamental de l’inconditionnalité du secours.

La loi sur l’immigration que le gouvernement prépare marque l’emballement de ce processus répressif en proposant d’allonger les délais de rétention administrative, de généraliser les assignations à résidence, d’augmenter les expulsions et de durcir l’application du règlement de Dublin, de restreindre les conditions d’accès à certains titres de séjour, ou de supprimer la garantie d’un recours suspensif pour certain.e.s demandeur·e·s d’asile. Au-delà de leur apparente diversité, ces mesures reposent sur une seule et même idée, jamais démontrée et toujours assénée, de la migration comme «problème».

Des idées reçues bien tenaces

Cela fait pourtant plusieurs décennies que les chercheurs spécialisés sur les migrations, toutes disciplines scientifiques confondues, montrent que cette vision est largement erronée.

Contrairement aux idées reçues, il n’y a pas eu d’augmentation drastique des migrations durant les dernières décennies. Les flux en valeur absolue ont certes augmenté mais le nombre relatif de migrant·e·s par rapport à la population mondiale stagne à 3% et est le même qu’au début du 20è siècle. Dans l’Union Européenne, après le pic de 2015, qui n’a par ailleurs pas concerné la France, le nombre des arrivées à déjà chuté. Sans compter les «sorties» jamais intégrées aux analyses statistiques et pourtant loin d’être négligeables. Et si la demande d’asile a connu, en France, une augmentation récente, elle est loin d’être démesurée au regard d’autres périodes historiques.

Au final, la mal nommée «crise migratoire» européenne est bien davantage une crise institu- tionnelle, une crise de la solidarité et de l’hospitalité, qu’une crise des flux. Car ce qui est inédit dans la période actuelle c’est bien davantage l’accentuation des dispositifs répressifs que l’augmentation de la proportion des arrivées.

La menace que représenteraient les migrant·e·s pour le marché du travail est tout autant exagérée.

Une abondance de travaux montre depuis longtemps que la migration constitue un apport à la fois économique et démographique dans le contexte des sociétés européennes vieillissantes, où de nombreux emplois sont délaissés par les nationaux. Les économistes répètent inlas- sablement qu’il n’y a pas de corrélation avérée entre immigration et chômage car le marché du travail n’est pas un gâteau à taille fixe et indépendante du nombre de convives. Ils s’échinent à faire entendre qu’en Europe, les migrant·e·s ne coûtent pas plus qu’ils/elles ne contribuent aux finances publiques, auxquelles ils/elles participent davantage que les nationaux, du fait de la structure par âge de leur population.

Imaginons un instant une France sans migrant·e·s. L’image est vertigineuse tant leur place est importante dans nos existences et les secteurs vitaux de nos économies: auprès de nos familles, dans les domaines de la santé, de la recherche, de l’industrie, de la construction, des services aux personnes, etc. Et parce qu’en fait, les migrant·e·s, c’est nous : un·e Français.e sur quatre a au moins un·e parent·e ou un grand-parent immigré·e.

Les migrants ne sont pas des fardeaux !

En tant que chercheur·e·s, nous sommes stupéfait·e·s de voir les responsables politiques successifs asséner des contre-vérités puis jeter de l’huile sur le feu. Car loin de résoudre des problèmes fantasmés, les mesures que se sont empressées de prendre chaque nouvelle majorité, n’ont cessé d’en fabriquer de plus aigus.

Les situations d’irrégularité et de précarité qui feraient des migrant·e·s des «fardeaux» sont précisément produites par nos politiques migratoires:

la quasi absence de canaux légaux de migration (pourtant préconisés par les organismes internationaux les plus consensuels) oblige les migrant·e·s à dépenser des sommes consi- dérables pour emprunter des voies illégales. Elle les dépossède des ressources financières nécessaires pour prendre place dans les sociétés d’arrivée.

La vulnérabilité financière mais aussi physique et psychique produite par notre choix de verrouiller les frontières (et non par leur choix de migrer) est ensuite redoublée par d’autres pièces de nos réglementations: en obligeant les migrant·e·s à demeurer dans le premier pays d’entrée de l’UE, le règlement de Dublin les prive de leurs réseaux familiaux et communau- taires, souvent situés dans d’autres pays européens et si précieux à leur insertion.

A l’arrivée, nos lois sur l’accès au séjour et au travail les maintiennent, ou les font basculer, dans des situations de clandestinité et de dépendance.

Enfin ces lois contribuent paradoxalement à rendre les migrations irréversibles: la précarité administrative des migrant·e·s les pousse souvent à renoncer à leurs projets de retour au pays par peur qu’ils ne soient définitifs. Les enquêtes montrent clairement que c’est l’absence de «papiers» qui empêche ces retours. Nos politiques migratoires fabriquent bien ce contre quoi elles prétendent lutter.

Contrairement à une idée largement répandue, les migrant·e·s ne sont pas «la misère du monde». Ce sont précisément nos choix politiques qui font basculer une partie d’entre eux/elles dans la misère. Comme ses prédécesseurs, le gouvernement signe donc aujourd’hui les conditions d’un échec programmé, autant en termes de pertes sociales, économiques et humaines, que d’inefficacité au regard de ses propres objectifs.

Imaginons une autre politique migratoire.

Une politique migratoire enfin réaliste. Elle est possible, même sans les millions utilisés pour la rétention et l’expulsion des migrant·e·s (qui ne les empêchent par ailleurs pas de revenir), le verrouillage hautement technologique des frontières (qui ne les empêchent pas de passer), le financement de patrouilles de police et de CRS (qui ne les empêche pas de résister), les sommes versées aux régimes autoritaires de tous bords pour qu’ils retiennent, reprennent ou enferment leurs migrant·e·s.

Une politique d’accueil digne de ce nom, basée sur l’enrichissement mutuel et le respect de la dignité de l’autre coûterait certainement moins cher que la politique restrictive et destructrice que le gouvernement a choisi de renforcer encore un peu plus aujourd’hui. Quelle est donc sa rationalité: ignorance ou électoralisme?

16 janvier 2018

http://www.liberation.fr/

Karen Akoka Maîtresse de conférence à l’Université Paris Nanterre et chercheuse à l’Institut des Sciences sociales du politique (ISP).

Camille Schmoll Maîtresse de conférence à l’Université Paris Diderot, membre de l’Institut universitaire de France et chercheuse à l’umr Géographie-cités.
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