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20 mai 2019 ~ 0 Commentaire

européennes (bastamag ci)

europe

Rond point de Troyalac’h, Quimper

Gauches, écologistes, néolibéraux, droites extrêmes :

Quelle force politique dominera l’Europe de demain ?

Et si on prenait un peu de hauteur avec les débats et sondages franco-français sur les élections européennes ? Les intentions de vote exprimées dans chaque pays de l’Union européenne commencent à dessiner les contours du Parlement européen de demain.

Et des rapports de forces à l’œuvre parmi les près de 400 millions d’électrices et d’électeurs, entre celles et ceux qui aspirent à davantage de politiques sociales, environnementales, à plus d’égalité fiscale, et, au contraire, à ceux qui privilégient le business à tout prix ou – parfois les mêmes – qui préfèrent montrer du doigt les migrants. État des lieux en attendant l’expression concrète des citoyens à l’issue du scrutin, qui se déroule le 26 mai en France.

Ils seront 751 députés à siéger au Parlement européen, puis 705 quand les Britanniques auront quitté l’Union. Les nouvelles alliances qui se formeront suite au scrutin du 26 mai auront des conséquences sur les politiques européennes, économiques, sociales, écologiques ou vis-à-vis des migrants.

Quel rapport de force surgira de ses élections ? D’après les derniers sondages réalisés dans chacun des États membres, les deux forces politiques traditionnelles – les conservateurs du Parti populaire européen (PPE, dont LR en France) et les sociaux-démocrates (avec ce qui restera du PS français) – devraient demeurer prédominants même s’ils perdront entre 30 et 50 députés chacun, selon les estimations du site d’analyse politique Europe Elects.

Les députés français en voie de disparition chez les sociaux-démocrates européens

Les projections attribuent environ 180 sièges aux conservateurs et 150 aux sociaux-démocrates. Les élus français rattachés à ces deux familles politiques y perdront cependant de leur influence. La France est pourtant la deuxième pourvoyeuse d’eurodéputés, dont le nombre pour chaque pays dépend du poids démographique : 96 sièges sont ainsi attribués à l’Allemagne, 74 à la France, 73 à l’Italie et au Royaume-Uni, 54 à l’Espagne, etc. Mais la droite classique, et la gauche social-démocrate encore davantage, se sont effondrées électoralement en France.

Au sein du PPE, les élus LR, qui ne réunissent que 12 % des intentions de vote, pèseront donc bien moins que leurs homologues allemands, deux fois plus nombreux, ou polonais, et autant que les Hongrois du parti de Viktor Orban – si ces derniers ne rejoignent pas un groupe d’extrê-me droite. La Hongrie ne possède que 21 sièges, mais le Fidesz, le parti ultraconservateur, est crédité de plus de la moitié des suffrages.

Au sein du groupe social-démocrate, la deuxième force politique en Europe, les députés PS-Place publique feront, au mieux, de la figuration.

Si la liste emmenée par Raphaël Glucksmann atteint le seuil fatidique des 5 %, elle pourra prétendre à une poignée de sièges. Les socialistes français y seront donc soit inexistants, soit très affaiblis face au Labour britannique (quatre fois plus nombreux, selon les derniers sondages), aux socialistes allemands ou espagnols qui devraient chacun compter au moins trois fois plus de sièges que leurs camarades français. Une fois le Brexit finalisé, le groupe social-démocrate se réduira encore davantage avec le départ d’une vingtaine d’élus britanniques.

Ils pourraient aussi perdre l’appui de la quinzaine d’élus du Parti démocrate italien, désormais tenté par une alliance avec le groupe libéral et de centre-droit dont feront partie les élus LREM.

La gauche radicale inexistante en Europe de l’Est, légère progression des écologistes

Selon ces projections, la gauche radicale européenne et les écologistes tiennent bon, et pourraient même gagner quelques sièges.

La Gauche Unie ( PCF, FI blog) devrait faire élire une cinquantaine de députés, grâce à Podemos en Espagne, Die Linke en Allemagne et la liste France insoumise emmenée par Manon Aubry en France – chacune de ses listes étant créditées de plus ou moins 10 %. Grâce aussi aux probables bons scores de Syriza, du Premier ministre Alexis Tsipras en Grèce (créditée de 25 %), du « Bloc de gauche » portugais (17%) ou du Sinn Féin irlandais (18%).

La gauche radicale a cependant été totalement balayée en Italie et reste quasi inexistante en Europe de l’Est. Sauf surprise, le Parti Communiste français ne sera plus représenté au parlement : selon les sondages actuels, la liste de Ian Brossat demeure en-deça de la barre des 5 % nécessaires pour obtenir des sièges – comme celle de Benoît Hamon (Générations).

Les écologistes devraient compter sur plus d’une cinquantaine de députés.

Les Verts allemands y seront probablement prédominants (19 %, 18 sièges), devant les écologistes français d’EELV crédités d’une petite dizaine de sièges, suivi par l’ « Ecolos » belge autour de 15 % dans les sondages. Dans les pays baltes, les mouvements écologistes pourraient également réaliser de très bons scores (entre 20 % et 25%), mais ces petits pays envoient peu de députés au Parlement européen. (Extrait voir lien)

Ivan du Roy 20 mai 2019

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18 mai 2019 ~ 0 Commentaire

hugo palheta (la rotative)

hugo
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Ugo Palheta :

« Le durcissement autoritaire auquel on assiste favorise l’extrême-droite »

Le 10 mai dernier, le sociologue Ugo Palheta venait présenter à Tours son ouvrage La possibilité du fascisme : France, la trajectoire du désastre [1]. Nous proposons ici une synthèse de son exposé. Il montre comment l’apparition d’une crise de la domination politique a ouvert une brèche à une extrême-droite dont le discours s’est banalisé.

Extrême-centre néolibéral contre extrême-droite néofasciste

Le but du projet néolibéral, c’est d’en finir avec les conquêtes sociales et démocratiques du 20è siècle. Sarkozy était tout à fait clair là-dessus, Hollande l’était moins mais a agi dans une stricte continuité avec Sarkozy, et Macron est revenu à un discours de clarté qui ressemble en partie à celui de Sarkozy : « On ne peut plus se permettre la protection sociale, les services publics, le droit du travail, tout ça il faut s’en débarrasser et rentrer dans la modernité ». Et rentrer dans la modernité, pour eux, c’est nous faire revenir un siècle et demi en arrière.

Le danger actuel, c’est de passer d’une situation où depuis trois décennies nous avions une alternance sans alternative entre le PS, qui était devenue dès les années 1980 une sorte de droite complexée, et la droite décomplexée type Sarkozy – à une situation politique encore plus désastreuse, marquée par une confrontation entre l’extrême-centre néolibéral et l’extrême-droite néofasciste. Ce livre n’est donc pas un énième ouvrage sur le FN mais cherche à comprendre comment on en est arrivé là, et notamment cherche à identifier les facteurs politiques, sociaux, économiques qui propulsent les extrêmes droites contemporaines sur le devant de la scène politique.

On a besoin de remettre à jour nos catégories de pensée pour comprendre la situation actuelle. L’hypothèse du livre, c’est qu’on a changé de période historique. On a longtemps vécu sur les équilibres sociaux, institutionnels, politiques, électoraux, de l’après-guerre. Là où on avait une alternance tranquille entre droite et gauche, les champs politiques ont explosé partout, ont été pulvérisés.

Lors de la dernière élection présidentielle, on n’a pas eu la gauche d’un côté et la droite de l’autre, mais quatre forces qui ont engrangé chacune environ 20 % des voix au premier tour. Des situations qui semblaient impossibles il y a quelques années redeviennent possibles, y compris l’arrivée au pouvoir d’une extrême-droite qui ne se contenterait pas de prolonger l’action des gouvernements des dernières décennies, mais viendrait démultiplier la violence de l’État.

Le livre s’enracine également dans deux paradoxes. Le premier, c’est que la progression de l’extrême-droite, sur le plan électoral et sur le plan idéologique, s’accompagne d’un recul de la sensibilité antifasciste, de l’idée que l’extrême-droite serait un danger mortel pour nous.

Ainsi, quand Marine Le Pen est parvenue au second tour de l’élection présidentielle, où elle a engrangé deux fois plus de voix que Jean-Marie Le Pen en 2002, il n’y a quasiment eu aucune réaction pendant l’entre-deux tours : pas de manifestations de masse de la jeunesse ou à l’initia-tive des gauches et des mouvements sociaux, pas de réactions d’intellectuels ou d’artistes…

C’est passé comme une lettre à la poste, on a fini par s’y habituer. Le deuxième paradoxe, c’est que l’hypothèse de la conquête du pouvoir par l’extrême-droite et les conséquences d’une telle prise de pouvoir sont peu prises au sérieux. Or l’extrême-droite n’est plus un simple épouvantail utilisé pour nous faire peur mais qui n’aurait aucune chance de conquérir le pouvoir politique.

Ils sont déjà au pouvoir, dans des situations d’alliance, en Italie ou en Autriche ; et en Pologne ou en Hongrie, les partis au pouvoir oscillent entre droite extrême et extrême-droite.

Le projet fasciste : purification ethno-raciale et purge politique

Qu’est-ce que je mets derrière le mot « fascisme » ? Le fascisme, ce n’est pas simplement des gens violents qui défilent au pas de l’oie et en uniforme par centaines de milliers dans les rues. Si le fascisme, c’est ça, alors effectivement on n’en voit pas la résurgence. Le fascisme c’est d’abord et avant tout une certaine idéologie, un certain projet politique.

Et cette idéologie fasciste a perduré en s’actualisant et en se débarrassant des formes de l’entre-deux-guerres. Fondamentalement, le projet fasciste est un projet nationaliste qui se caractérise par la volonté de faire « renaître la nation » à travers un projet de purification ethno-raciale et de purge politique.

Il s’agit d’une part de débarrasser la nation des éléments qui l’éloignerait de son identité profon-de, de son essence (minorités ethno-raciales, minorités religieuses), et d’autre part de la débar-rasser des éléments qui génèrent de la division en son sein, c’est-à-dire les mouvements de contestation syndicaux, politiques, associatifs, artistiques, même modérés.

Évidemment, l’idée qu’il existerait des intérêts de classe divergents entre patrons et salarié-es est haïe des fascistes, qu’elle s’exprime sous une forme révolutionnaire ou réformiste, puisque toute lutte de classe vient nécessairement fracturer la nation.

Comment ces idéologies peuvent-elles renaître ? Comment retrouvent-elles l’oreille de millions de gens, sous des formes souvent masquées et atténuées ? Pour le comprendre, il faut s’interroger sur la nature de la crise que nous traversons. Dans quel type de crise les fascistes sont-ils en capacité de gagner de l’audience ?

La situation de crise économique n’est pas une explication suffisante : de nombreux pays ont traversé des crises économiques sans pour autant connaître le fascisme. L’explication selon laquelle les fascistes se développeraient parce que la classe dirigeante a besoin d’eux est également insuffisante ; l’accession au pouvoir de Mussolini ou d’Hitler survient après que la menace révolutionnaire ait été repoussée.

Crise d’hégémonie et crise de l’alternative

La réponse que je propose, c’est que les fascistes peuvent se développer à l’occasion d’une crise d’hégémonie, au sens que donne Antonio Gramsci à cette notion. C’est-à-dire une situation de crise dans laquelle les classes dominantes ont de plus en plus de mal à obtenir le consente-ment des dominés, à convaincre la majorité de la population du bien-fondé des politiques menées.

Cette crise d’hégémonie se traduit par une crise du consentement des dominés à la domination sociale de la bourgeoise ; c’est une crise de la domination politique. Il me semble qu’on voit bien de quoi il est question quand on observe la situation présente en France : toute une partie de la population est en sécession par rapport au pouvoir politique incarné par Emmanuel Macron, et la situation n’était pas bien différente sous Hollande, qui avait atteint des sommets d’impopularité en raison des politiques menées et de la trahison des engagements pris (s’en prendre à « la finance »).

Cette crise d’hégémonie se double d’une crise de l’alternative, c’est-à-dire d’une crise des formes de contre-hégémonie, de contestation et d’opposition, qui pendant plus d’un siècle ont été incarnées par les gauches communistes, socialistes, et plus généralement par le mouvement ouvrier.

Ces mouvements permettaient aux classes populaires d’exprimer leur opposition au système de domination, à l’exploitation, et aux politiques menées. Or, ces formes de contre-hégémonie sont entrées en crise dans les années 80, et cette crise atteint aujourd’hui un niveau très important en France (ce qui ne veut nullement dire que le mouvement syndical n’a plus de capacité de mobili-sation, ce que les mouvements sociaux de 2010 ou de 2016 réfutent). La crise de la domination politique de la classe dirigeante s’accompagne donc d’une crise de la capacité des classes dominées à s’organiser collectivement et à porter un projet politique.

Cette situation crée un vide. Et depuis les années 80, l’extrême-droite est parvenue à remplir partiellement ce vide. Elle se développe du fait de cette double crise de la domination politique et de la capacité des dominé-es à développer une parole politique propre ainsi que des organisa-ions qui les représentent au moins en partie.

Quand on a ce schéma en tête, on comprend mieux le durcissement autoritaire auquel on assiste actuellement. Quand vous gouvernez sans le consentement d’une part croissante de la population, que votre légitimité s’effrite, vous êtes amenés, quand la population se rebelle ou se mobilise, à accroître le niveau de répression. Le mouvement des Gilets jaunes, sans être très fort numériquement (mais très soutenu dans la population au moins pendant les trois premiers mois), fait ainsi l’objet d’une répression ahurissante. Le durcissement autoritaire est très clairement un produit de cette crise du consentement, de cette crise d’hégémonie.

Évidemment, ce durcissement autoritaire favorise l’extrême-droite, car il banalise et légitime une grande partie du projet de l’extrême-droite, qui depuis toujours prétend être la mieux à même de défendre l’ordre et la sécurité. Quand Jean-Marie Le Pen déclare qu’à la fin, les gens préfèrent l’original à la copie, il a d’une certaine manière raison, ou plutôt les faits lui donnent raison. Pourquoi se contenter de Valls ou Castaner quand on pourrait avoir Le Pen ?

La crise d’hégémonie vient également nourrir le racisme. Quand vous êtes de moins en moins apte à convaincre la population que vos politiques économiques et sociales vont améliorer sa situation matérielle, vous êtes tentés de déplacer le débat sur le terrain du nationalisme, et plus précisément de la nation menacée par des ennemis intérieurs, en particulier les musulmans et musulmanes, Rom-e-s, migrant-es, etc.

On l’a vu avec la réaction d’Emmanuel Macron à la crise des Gilets jaunes. Alors que, jusque-là, il n’avait pas employé cette carte, sa première réaction après avoir été mis en difficulté a consis-té à reprendre les éléments de langage de Nicolas Sarkozy à une autre époque, en faisant des liens entre immigration, identité nationale et « laïcité bousculée ». Quand on est mis en difficulté sur ses politiques économiques et sociales, on va changer les coordonnées du débat politique : « Rediscutons des menaces que font peser sur la République ces gens qui ne respectent pas la laïcité ».

On voit très bien ici la tactique employée. C’est la même qui avait été mise en œuvre par les socialistes dans les années 80 : le recul sur les politiques économiques et sociales, ce qu’on a appelé « le tournant de la rigueur », est concomitant des reculs du parti socialiste sur la question de l’immigration. Là encore, ces positions viennent renforcer l’extrême-droite. On peut prendre l’exemple de la loi Asile et immigration, qui est venue durcir toutes les dispositions en matière d’accueil des réfugiés, et qui s’est accompagnée de discours comme celui de Gérard Collomb, qui reprenait ceux du FN en parlant de « submersion migratoire ». Ces discours et ces actes viennent là encore banaliser et légitimer les positions traditionnelles de l’extrême-droite.

Une crise qui ouvre des brèches

Les réactions des gouvernements à la crise d’hégémonie en cours renforcent donc les positions de l’extrême-droite, à la fois sur le plan du durcissement autoritaire et sur le plan de la xénophobie et du racisme.

On est donc pris dans ce piège, dans cette crise provoquée par les gouvernements eux-mêmes et par les politiques néo-libérales menées à partir des années 80. En menant des politiques de destruction des services publics, du Code du travail, de la protection sociale, on ne pouvait pas espérer que ça n’ait pas des conséquences, à terme, dans le champ politique.

Ces politiques ont permis aux capitalistes de relancer la machine à faire des profits, de discipli-ner la main-d’œuvre dans les entreprises, mais cela s’est aussi traduit par un affaiblissement des classes dominantes dans le champ politique. Elles ne disposent plus de la légitimité dont elles pouvaient se prévaloir dans les années 70, quand la majorité de la population pouvait avoir le sentiment d’une amélioration possible, dans le cadre du système existant, de ses conditions matérielles d’existence.

La crise d’hégémonie en cours ouvre des brèches pour le pire, car l’extrême-droite a pris un coup d’avance, à la fois électoralement et idéologiquement. Mais elle ouvre aussi des brèches pour le meilleur : des millions de gens sont disponibles à autre chose, alors qu’il y a vingt ans ces personnes auraient peut-être adhérer mécaniquement à ce que leur racontaient les partis de droite ou le parti socialiste, ou ne se serait pas impliquées dans des mobilisations sociales. Aujourd’hui, il y a une attraction pour « autre chose », la recherche d’une alternative.

La question qui se pose est donc la suivante : qui va parvenir à capter l’attention des millions de gens qui cherchent une voie pour sortir du marasme ? C’est tout l’enjeu du mouvement des Gilets jaunes. Qui donne le ton en son sein ? Est-ce que c’est l’extrême-droite, avec ses « idées » ultra-autoritaires et racistes, ou est-ce que peuvent y triompher les idées de démo-cratie réelle, de justice sociale et de lutte contre toutes les oppressions ? C’est un combat qu’il faut mener, on ne peut pas s’abstenir.

6.05.2019

https://larotative.info/

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17 mai 2019 ~ 0 Commentaire

europe (psl rp)

bourge fille

 

Combattre la crise de l’UE et la croissance de l’extrême droite avec une alternative internationaliste et socialiste

Les élections du nouveau Parlement européen à la fin du mois de mai sont caractérisées par le manque d’enthousiasme, la méfiance et même une hostilité ouverte envers l’Union européenne. La saga autour du Brexit n’en est qu’une illustration.

Dans la plupart des pays, la participation sera très faible. En outre, toutes sortes de partis populistes de droite et d’extrême droite vont marquer des points. Il est difficile d’encore trouver de l’optimisme pour le progrès et une plus grande unité du projet européen. Dans toute l’Europe, l’establishment est confronté à un profond discrédit politique.

L’Europe du capital sous pression

Ces dernières décennies, l’establishment a fait tout son possible pour rendre l’UE synonyme de paix, de prospérité et de coopération. On parle encore aujourd’hui souvent des ‘‘valeurs euro-péennes’’ de démocratie et de tolérance, mais toute cette hypocrisie tombe en miettes.

L’UE est une machine d’austérité néolibérale qui ne tolère aucune contradiction. Le peuple grec en a durement fait l’expérience en 2015 lorsqu’il a démocratiquement choisi un gouvernement qui avait promis de rompre avec l’austérité. L’UE a alors agi en véritable tyran pour empêcher que cela n’arrive et forcer le gouvernement Syriza à rentrer dans le rang.

Les promesses de prospérité liées à la coopération européenne n’ont été concrétisées que pour les ultra-riches.

Les multinationales ont bénéficié de l’élargissement du marché intérieur et d’une meilleure position concurrentielle face à d’autres blocs comme les États-Unis, le Japon et, de plus en plus, la Chine. Depuis ses origines, la raison d’être de l’UE est la défense des intérêts des grandes entreprises.

L’UE est donc utilisée pour imposer privatisations, libéralisations et mesures antisociales. Tout cela est présenté comme nécessaire pour la ‘‘compétitivité’’ des entreprises. Ces politiques néolibérales jouent un rôle de premier plan dans l’aversion croissante que suscite l’UE. Le déclin d’enthousiasme est évident au vu du taux de participation aux élections. Lors des toutes premiè-res élections du Parlement européen en 1979, deux tiers des électeurs s’étaient rendus aux urnes ; contre 40% aux élections européennes de 2014.

Les gouvernements nationaux se cachent souvent derrière les diktats de l’UE en déplorant n’avoir d’autre choix que de mener une politique néolibérale.

Ils oublient de préciser que ces mêmes partis sont également au pouvoir à l’UE. Les gouverne-ments nationaux composent d’ailleurs la Commission européenne, l’organe non élu qui prend les décisions les plus importantes.

Le Parlement européen a une fonction plus propagandiste mais, là aussi, ce sont les mêmes familles politiques forment la majorité. Depuis 1979, il y a toujours eu une large majorité en faveur de la ‘‘grande coalition’’ composée des sociaux-démocrates (le groupe Socialistes & Démocrates) et des démocrates chrétiens (le groupe du Parti Populaire Européen). Les élections de cette année menacent de bouleverser les choses pour la première fois. (…)

L’establishment des différents États membres, et donc aussi de l’UE, n’est pas du tout en mesure de répondre à ce que les citoyens considèrent comme des défis majeurs : l’avenir de l’humanité et de la planète. Des centaines de milliers de personnes manifestent pour le climat, mais l’UE n’est pas en mesure de lutter contre la fraude des logiciels automobile…

L’UE n’a-t-elle rien à offrir ?

Qu’en est-il du processus d’unification ? C’est vrai, nous nous n’avons plus besoin de nous arrêter à la frontière pour nous rendre en France ou aux Pays-Bas. Nous n’avons plus besoin de changer d’argent. Parallèlement, la libéralisation du transport ferroviaire international rend les trains à destination d’autres pays, même limitrophes, particulièrement onéreux.

L’envoi d’une lettre ou d’un colis dans un pays voisin est également plus cher en raison de la libéralisation des services postaux. Et même l’unité européenne est sous pression. Le cas du Brexit est bien connu. Mais il existe d’autres sources de tension. La Russie tente d’accroître son influence par l’intermédiaire des pays d’Europe centrale et orientale ; la Chine est également en train d’explorer ses possibilités dans cette région.

Des tensions existent aussi entre pays européens. La France soutient, par exemple, la dictature au Tchad et le chef de guerre libyen Khalifa Haftar qui contrôle le sud de la Libye. Début février, la France a participé à une opération militaire de ces forces et elle a également soutenu de récentes attaques, bien qu’elles visaient des alliés de l’Italie et d’autres pays européens. Il est évident que l’UE n’est pas si unie.

Une Europe en lutte

Nous n’entretenons aucune illusion ni aucun espoir envers le projet capitaliste européen. Mais notre réponse ne réside pas dans le retour à l’État-nation. Nous soutenons la lutte pour l’autodétermination en Écosse et en Catalogne, dans le cadre de la lutte contre l’austérité.

Nous combinons ce soutien à la nécessité de rompre avec le capitalisme pour bâtir des fédérations socialistes dans ces régions et dans l’ensemble de l’Europe. Depuis 2007, dans toute l’Europe, des mobilisations prennent place sous la forme de manifestations, de grèves et même de grèves générales contre l’austérité.

Ces dernières années, les manifestations contre le racisme et le sexisme se sont également multipliées. Plus récemment, une nouvelle génération de jeunes s’est mobilisée autour de la question du réchauffement climatique, ce qui a donné lieu à de grandes mobilisations le 15 mars en reprenant une méthode typique de la classe ouvrière : la grève.

Nous défendons les droits sociaux et démocratiques des travailleurs. Cela signifie que nous exigeons plus de moyens pour le secteur de la santé et de l’éducation ; la réduction collective du temps de travail et, en même temps, une augmentation des salaires.

Il faut aller chercher l’argent dans les poches des riches pour répondre aux besoins de la classe des travailleurs et de la jeunesse. Comme le dit le slogan, nous ne nous battons pas seulement pour une plus grande part du gâteau, nous voulons toute la boulangerie ! Nous exigeons que nos droits démocratiques ne se limitent pas à aller voter à quelques années d’intervalle : nous voulons disposer d’un pouvoir réel sur les richesses de la société et la manière de les produire.

L’UE, ses partis et ses institutions ne sont pas des outils visant à mettre fin au racisme et à la croissance de l’extrême droite. L’UE fait partie du problème et non de la solution. Nous luttons contre l’Europe des patrons, contre les coupes budgétaires, contre le racisme et contre l’extrême droite.

Cela signifie de mettre fin à cette UE, à ses institutions et à sa politique d’austérité. Nous exigeons l’égalité des droits pour toutes les personnes vivant en Europe, la fin de l’Europe-Forteresse et que les richesses des super-riches soient saisies pour permettre à chacun de connaitre une vie décente.

Nous luttons pour une Europe socialiste gérée démocratiquement et constituée sur une base volontaire. Cela signifie que notre solution aux problèmes en Europe ne réside pas dans les États-nations, mais dans la capacité des travailleurs à diriger et contrôler l’économie et la société pour qu’elle réponde aux besoins de tous, et non à la soif de profits de l’élite.

On ne combat pas efficacement l’extrême droite en se limitant à faire appel aux ‘‘valeurs européennes’’. L’attitude des syndicats vis-à-vis de l’UE et de la manière de lutter pour les intérêts des travailleurs doit fondamentalement changer.

Ce combat exige des organisations et des partis de gauche socialistes qu’ils ne tombent pas dans le piège de la défense du ‘‘moindre mal’’ européen face à l’extrême droite, mais qu’ils adoptent une position d’indépendance de classe. Cela nécessite des forces socialistes qui lient la lutte contre l’extrême droite à la lutte contre le capitalisme et pour des États socialistes volontaires, démocratiques et unis d’Europe. (Résumé voir lien)

16 mai 2019

https://fr.socialisme.be/

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Européennes. Pourquoi Révolution Permanente ne soutient pas La France Insoumise (RP)

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16 mai 2019 ~ 0 Commentaire

nathalie lemel (langue bretonne)

commune

Nathalie Lemel : le roman graphique d’une oubliée de l’histoire

On ne dira pas que Nathalie Lemel est une inconnue tout à fait :

Des rues ou des places portent son nom à Brest (où est née Nathalie Duval en 1826) et Quimper (où elle a vécu), à Rennes et Nantes, à Nanterre, Évry, et même à Paris (dans le 3e arrondissement, depuis peu).

Mais 146 ans après les événements de la Commune de Paris, sa notoriété est loin d’égaler celle de sa copine et camarade de luttes, Louise Michel, dont 190 écoles portent le nom dans toute la France. Une fresque monumentale à son effigie a cependant été réalisée l’an dernier au pignon d’un immeuble de la rue Sisley à Brest, dans le quartier populaire de Pontanézen, par deux artistes, Guy Denning et Shoff, l’un d’origine britannique et l’autre tunisienne, tous deux installés en France.

Les écrits sur cette féministe libertaire ne sont pas non plus si nombreux.

Le fait qu’une BD lui soit consacrée avec le titre « Des graines sous la neige » est en soi un événement éditorial : cela la sort d’un  certain anonymat historique. Les détenteurs des droits du journal d’Anne Frank ont effectué la même démarche à une tout autre échelle, forcément : avec l’adaptation qu’Ari Folman et David Polonsky en publient ces jours-ci sous forme de roman graphique, ils cherchent délibérément à le rendre plus accessible au public jeune du temps présent.

Un titre dont la dimension poétique intrigue

La BD qu’ont imaginée Roland Michon et Laëtitia Rouxel autour de la vie et du parcours de Nathalie Lemel se présente aussi comme un roman graphique, de 124 planches s’il vous plaît. Roland Michon m’a avoué avoir travaillé deux journées entières par planche, soit l’équivalent de plus d’une année. Si « Des graines sous la neige » est son premier scénario de BD, il était déjà connu comme universitaire et comme réalisateur de télévision, ayant signé nombre de documentaires pour les émissions en langue bretonne de France 3 Bretagne en particulier.

Quant à la graphiste et illustratrice Laëtitia Rouxel, elle ne travaille, nous dit-on, que sur des logiciels libres et a déjà plusieurs albums à son palmarès et explique qu’elle s’intéresse elle-même beaucoup aux causes féministes et sociales, à celles d’aujourd’hui comme à celles du passé. Mais c’est la première fois qu’elle met en scène des personnages historiques.

Mais d’où provient donc le titre de ce roman graphique ? Les auteurs l’ont repris d’un ouvrage de l’universitaire américaine Kristin Ross, sur « L’imaginaire de la Commune », dont les acteurs, « ces vagabonds socialistes, sans sou ni maille, enfuis vers la Suisse, Genève ou Lausanne, ont conservé leurs idéaux, comme ‘les graines sous la neige’ prêtes à germer à nouveau. »

La dessinatrice préfère à juste raison ce titre dont la dimension poétique lui paraît plus forte que « Nathalie Lemel, féministe et communarde », qui aurait été bien banal en effet. On retrouve toutes les informations essentielles sur la couverture, conçue d’après la maquette du « Cri du peuple », le quotidien publié sous la Commune à l’initiative de Jules Vallès et de Pierre Denis et qui reparaîtra à compter de 1883 avec des tirages énormes pour l’époque de plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires.

L’empathie des auteurs

Je ne vais pas écrire ici le récit de la vie et des engagements de Nathalie Lemel. Il faut juste savoir qu’elle a été ouvrière dans la reliure après avoir quitté l’école à 12 ans, qu’elle et son mari s’installent ensuite à Quimper comme libraires et relieurs, puis à Paris.

C’est là qu’elle découvre le socialisme, adhère à l’Internationale, participe à des grèves, prend part avec le relieur Varlin et d’autres à l’ouverture de « La Marmite », un restaurant ouvrier. Quand éclate la Commune de Paris en mars 1871, elle s’investit dans les clubs de femmes, avant de se battre sur les barricades pour contrer l’avancée des Versaillais. Elle est condamnée au bagne de Nouvelle-Calédonie, où elle est déportée en même temps que Louise Michel. À sa libération, elle revient en métropole et, presque centenaire, décède dans la misère en 1921 à l’hospice d’Ivry-sur-Seine.

Il y avait là, de fait, matière à un beau roman graphique. Celui de Roland Michon et Laëtitia Rouxel est de ce point de vue une réussite. Ce n’est ni une biographie ni un livre d’histoire. Il relate bien les traits saillants du parcours de Nathalie Lemel. Mais le récit n’est absolument pas linéaire, il y a du suspense dans cette restitution et elle s’inscrit bien dans le contexte des différentes époques concernées. Les variations de graphisme soulignent les ruptures de l’une à l’autre, renforcées de flash-back de temps à autre. Chaque fois, la dessinatrice a choisi des tonalités de trait et de couleur différentes en fonction du lieu, de la période, de l’intensité des événements.

L’originalité de cette BD est également de faire écho à la multiplicité des langues en usage dans  la France du 19è siècle. On a un peu l’impression de se retrouver dans le monde de Jean-Marie Déguignet, ébahi de découvrir la variation diatopique à l’armée, c’est-à-dire les différentes façons qu’avaient les soldats de s’exprimer en français, voire en d’autres langues, en fonction de leur origine.

Nathalie Lemel savait-elle le breton ? Le scénario de Roland Michon fait comme si, bien que rien ne semble l’attester, mais ça reste plausible, vu l’époque. Aurait-elle pu avoir lu le Barzaz Breiz ? Rien ne permet davantage de l’assurer en l’absence d’archive, mais ce n’est malgré tout pas impossible, étant donné la profession de relieur et de libraire de l’intéressée.

La scolarisation de l’héroïne, son itinéraire professionnel, son installation dans la capitale, son engagement social et politique avant, pendant et après la Commune sont en tout cas la marque de sa maîtrise du français. Je note en passant que les renvois en bas de page pour les traductions (tout comme pour les références de citations) sont un peu mal commodes.

Roland Michon et Laëtitia Rouxel n’auraient pas pu concevoir « Des graines sous la neige » sans une réelle empathie à l’égard de cette oubliée de l’histoire qu’a été Nathalie Lemel. Les deux auteurs font d’ailleurs expressément écho aux mouvements sociaux du 19è siècle : le féminisme, le mutualisme, l’économie solidaire, voire les printemps qui se forment ici et là avec plus ou moins de succès à travers le monde… C’est également ce qui peut inciter les lecteurs d’aujourd’hui à découvrir le parcours d’une femme hors du commun.

Pour en savoir plus

  • Roland Michon, Laëitita Rouxel. Des graines sous la neige, Nathalie Lemel, communarde et visionnaire. Châteaulin, éd. Locus Solus, 2017, 144 p.

http://www.langue-bretonne.org/

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16 mai 2019 ~ 0 Commentaire

européennes état espagnol (rp)

elecciones

« Choisissez le représentant du CAC 40″

Elections européennes : quels enjeux dans l’Etat Espagnol ?

Les sondages indiquent un scénario similaire à celui des élections générales, avec un avantage donné aux sociaux-démocrates du PSOE, une accentuation de la chute du Partido Popular et l’entrée de l’extrême-droite de VOX pour la première fois au Parlement européen.

Le Centre de recherches sociologiques de Madrid (CIS) a récemment publié une enquête sur les intentions de vote aux élections du 26 mai dans l’Etat Espagnol. En plus des députés européens, le pays devra élire les représentants des municipalités et des autonomies.

Dans plusieurs pays, les Européennes s’annoncent comme un indicateur anticipant les tendances politiques nationales.

Au contraire, dans l’Etat espagnol, le match le plus important s’est déroulé le 28 avril, avec la victoire des sociaux-démocrates de Pedro Sánchez. La campagne pour le 26 mai apparait ainsi comme une continuation des élections générales, alors que le pays est toujours dans l’attente de la formation d’une coalition gouvernementale.

Bien que les « socialistes » néolibéraux du PSOE affirment qu’ils chercheront à gouverner seuls, Unidas Podemos persiste à faire pression pour un gouvernement de coalition.

Selon l’enquête du CIS, les socialistes devraient réunir 29 à 31% des voix, soit un total de 17 ou 18 sièges à Strasbourg, surpassant leurs 14 sièges actuels.

Le PP pourrait passer de 16 à 12 sièges, et Unidas Podemos pourrait se retrouver avec 8 députés, soit l’équivalent des sièges de Podemos et Izquierda Unida à l’heure actuelle.

La candidature de Lliures per Europa, dirigée par Carles Puigdemont, exilé en Belgique depuis l’automne catalan, concentre quant à elle l’attention internationale dans ces élections. Alors que plusieurs de ses anciens compagnons du Parlement catalan sont toujours en détention provisoire, Puigdemont a de fortes chances d’être élu au Parlement européen.

Il est accompagné sur sa liste de deux autres exilés poursuivis par la justice espagnole : Toni Comín et Clara Ponsatí. Dans une vidéo de campagne, les trois candidats demandent du soutien aux prochaines élections et déclarent : « A tous ceux qui veulent nous faire taire, qui nous veulent vaincus, emprisonnés et oubliés, disons clairement ce 26 mai en Catalogne et en Europe que nous ne nous rendrons pas et que nous gagnerons ».

La Commission électorale espagnole a tenté d’empêcher sa candidature, en réponse à une demande du PP et de Ciudadanos, avant que le Bureau du Procureur général ne réaffirme le droit des trois candidats à se présenter, position qui a également été ratifiée par le Tribunal Constitutionnel.

Puigdemont affirme que, s’il est élu au Parlement européen, il jouira de l’immunité et ne pourra être détenu en Espagne. Cela reste à voir, mais il s’agira sans aucun doute d’un élément de plus dans l’affaire complexe du conflit catalan.

Enfin, VOX entrera pour la première fois au Parlement européen avec environ 4 sièges, rejoignant le bloc des partis populistes d’extrême-droite et xénophobes, qui dans ces élections pourraient atteindre 20% à 25% des sièges, avec un discours de haine, de racisme et d’euroscepticisme.

Ni l’extrême droite, ni l’Europe du capital et des frontières

Les candidats du PSOE, du PP et des citoyens sont totalement alignés sur Bruxelles et l’Europe du capital. Le candidat socialiste, Josep Borrell, a déjà été président du Parlement européen entre 2004 et 2007. La défense des politiques austéritaires et liberticides de Bruxelles, la politi-que étrangère impérialiste comme celle menée à l’encontre du Venezuela et l’augmentation de la xénophobie institutionnelle sont des éléments partagés par l’ensemble du spectre politique espagnol, de la droite aux « progressistes » néolibéraux du PSOE.

Alors que des milliers de migrants continuent de mourir chaque année en Méditerranée, la gouvernance de l’UE et les gouvernements impérialistes renforcent les barrières, les murs et les forces de police pour empêcher le passage ou réprimer les millions de migrants qui vivent déjà dans l’UE, les « colonisés internes », avec la menace pesante de déportation. Les États encou-ragent ainsi les discours racistes et xénophobes sur lesquels l’extrême-droite s’élève.

De la Grèce au Portugal, le néo-réformisme ne passe pas le test

La candidature Unidas Podemos cambiar Europa regroupe Podemos, Izquierda Unida, Catalunya en Comú et Anticapitalistas. María Eugenia Rodríguez Palop, professeure d’univer-sité, a été nommé tête de liste en remplacement de Pablo Bustinduy, après que celui-ci ait quitté ses fonctions en raison de ses affinités avec Errejón, au milieu de la grave crise interne du parti de Pablo Iglesias.

Unidas Podemos se présente comme une alternative au « néolibéralisme et au néofascisme » dans l’Union européenne et dénonce les accords entre le groupe socialiste et le groupe des conservateurs au Parlement européen, qui ont permis d’appliquer les principales politiques néolibérales.

Cependant, en même temps qu’ils dénoncent le PSOE au Parlement européen, ils encouragent un gouvernement commun avec celui-ci dans l’État espagnol. Une situation à l’image de celle du Bloc de Gauche et du Parti Communiste au Portugal, qui soutiennent depuis quatre ans le gouvernement socialiste de Costa qui a maintenu les contre-réformes du code du travail et les privatisations.

Depuis l’échec retentissant de Syriza, devenu l’un des principaux agents des politiques de la Troïka en Europe, la crise des projets néo-réformistes s’est aggravée. Il faut mettre de côté la rhétorique et parler clairement : du PSOE, il ne faut attendre aucune alternative aux politiques néolibérales, les partis sociaux-démocrates étant les principaux garants de l’ordre capitaliste de l’Europe du capital.

Face à la croissance de l’extrême-droite et aux néolibéraux pro-européens défenseurs des grandes multinationales, la seule issue possible est la lutte pour une alternative indépendante, qui contribue à construire une gauche internationaliste, révolutionnaire et de classe, avec un programme anticapitaliste et défendant la perspective stratégique des Etats-Unis socialistes d’Europe.

15 mai 2019

https://www.revolutionpermanente.fr

Commentaire:

Pas un mot de l’autre liste catalane, celle de ERC (qui a gagné en Catalogne) alliés avec Eh Bildu (Basque « radicaux ») et BNG (galiciens) . RP est un courant du NPA

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16 mai 2019 ~ 0 Commentaire

congrès cgt (lo npa al rp )

cgt

Congrès CGT : proposer ou lutter ?

Ouvert lundi 13 mai, le 52e congrès de la CGT devait se tenir toute la semaine, réunissant près d’un millier de délégués.

La presse a beaucoup glosé sur l’affaiblissement de la CGT, qui aurait perdu 40 000 adhérents en trois ans et serait passée derrière la CFDT lors des élections professionnelles.

Mais, alors que le capitalisme en crise généralise la misère et la précarité, les militants ouvriers ne peuvent baser leur perspective sur des succès électoraux et des calculs d’appareil. Ils doivent viser à renverser le rapport de force avec le patronat et le gouvernement. Et, malgré son recul, la CGT reste, et de très loin, le principal syndicat en termes d’influence et de nombre de militants capables de jouer un rôle décisif lors de luttes ouvrières.

C’est pourtant cette nécessité que Philippe Martinez, son secrétaire général, a esquivée, mêlant tout au long de son discours des références aussi bien à la lutte qu’à la négociation. « La contestation ne peut se conjuguer qu’avec propositions », a-t-il répété dans son discours d’ouverture du congrès.

Le vocabulaire a un sens.

Alors, à qui sont destinées ces propositions ? Pas aux travailleurs, car on parle alors de revendications, mais évidemment à ceux qui ont le pouvoir : aux patrons et aux gouvernants. Mais la bourgeoisie se moque bien des propositions et autres plans industriels des syndicalistes.

Dans le même registre, dans une interview au Monde précédant l’ouverture du congrès, Martinez affirmait : « Aujourd’hui, comme hier, le rôle d’un syndicat est de négocier à tous les niveaux où cela est possible. Et quand la négociation bloque, il faut créer un rapport de force, dans les entreprises ou dans la rue. Cela a toujours été comme ça.

Ce qui change aujourd’hui, c’est que le gouvernement considère que la négociation interprofessionnelle ne sert plus à rien, et renvoie tout dans les entreprises. Il n’y a aucune raison de changer de ligne. “On ne lâche rien !” sera mon mot d’ordre à ce congrès. »

On le voit, même en en étant privé au niveau national, Martinez veut encore maintenir la fiction de la négociation comme moyen de défense des travailleurs.

Mais la parenthèse d’après-guerre est largement révolue, où le patronat pouvait concéder aux syndicats le fameux grain à moudre, les profits issus de la production étant alors en expansion. Le marasme de l’économie a rendu les profits de la classe capitaliste incompatibles avec l’amé-lioration ou même le simple maintien du niveau de vie des travailleurs. La devise des capitalistes est maintenant : On ne lâche rien et on reprend tout ce qu’on peut.

Face à cette guerre sociale, menée avec la complicité des gouvernements de droite et de gauche depuis quarante ans, la lutte n’est pas une option. Il faut au contraire être persuadé que seule une mobilisation déterminée de l’ensemble du monde du travail peut changer le rapport de force et offrir une issue.

Martinez a pu objecter lors de son discours : « On peut crier haut et fort “grève générale”, mais posons-nous d’abord et surtout la question de l’absence, dans les actions professionnelles ou interprofessionnelles, d’une partie importante de nos syndiqués. »

Évidemment, un tel mouvement ne peut se déclencher sur un claquement de doigts. Les défaites successives pèsent lourd dans la conscience des travailleurs, comme pèsent aussi les trahisons des directions politiques et syndicales du mouvement ouvrier.

Mais le rôle des militants est d’affirmer la nécessité de la lutte de classe et de s’y préparer. Car la brutalité des attaques des capitalistes ne laissera pas d’autre choix et provoquera tôt ou tard la radicalisation des masses populaires. Le mouvement des gilets jaunes en donne un avant-goût.

La classe ouvrière devra se placer à la tête de ces révoltes, leur donner le contenu d’une contestation de la domination du capital sur la société. C’était la perspective des militants qui ont fondé et animé la CGT avant 1914. Elle est d’autant plus valable aujourd’hui.

Christian BERNAC 15 Mai 2019
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Lire aussi:

52e congrès de la CGT : un bilan et une orientation largement contestés (NPA)

Benjamin Amar, le prof du 9-4 qui monte à la CGT (JDD)

Revers pour Philippe Martinez, au troisième jour du congrès de la CGT (Le Monde)

En direct du congrès CGT : l’ombre des gilets jaunes plane sur les débats (AL)

En direct du congrès CGT : Philippe Martinez ne veut froisser personne( AL)

Un Congrès de la CGT qui s’ouvre en pleine crise des Gilets Jaune (RP)

Intervention de Marie (SFA) au 52e congrès de la CGT (TC)

Commentaire du lien ci-dessus:

On comprend que la présence de Berger (CFDT) à la tête de la CES à laquelle la CGT est affiliée ainsi qu’à la CSI dérange. Mais de là aller à la FSM que Le Monde qualifie « d’internationale communiste » sans guillemets? Elle regroupe certains « syndicats officiels » , des nostalgiques des pays « socialistes » et des syndicats du « tiers monde ».

CES

CSI

FSM

Syndicalisme international : Un panorama pour y voir clair (AL)

 

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15 mai 2019 ~ 0 Commentaire

chassé croisé (clarté à gauche)

kotarac

Méchant chassé croisé LFI/ RN/ PS…

Un élu LFI appelle à voter RN aux Européennes alors que Mélenchon lorgne vers une « fédéra-tion populaire » qui pourrait inclure ces socialistes dont il rejetait, il y a peu, qu’ils puissent jamais devenir des alliés … Méchant contrepied aux Gilets Jaunes qui, secouant les vieilles routines politiciennes, spécialement l’électoralisme, sont un puissant révélateur de qui est qui et qui fait quoi.

Il y avait des signes annonciateurs

Soutien du poutinisme contre les  Syriens, « biaisage » sur le droit de circulation et d’installation des migrant-es…)…  Cela pouvait (devait ?) arriver, mais non, c’est le déni.

Dans cette gauche « radicale » mène une politique qui en conduit certains loin, loin des premiers points d’ancrage (qu’il faudrait cependant interroger, non ?)… en dérapage contrôlé !

Mais il ne faut pas oublier que pendant ce temps Mélenchon poursuit l’envoi de signaux d’ouverture vers ceux qu’il vilipendait il y a peu et qui ont ouvert la voie au FN/RN (et à Macron).

Vous vous souvenez : à propos des socialistes et même des communistes

« Le retour de la tambouille, jamais! » (septembre 2017).  Aujourd’hui le même Mélenchon s’adresse aux socialistes: «Que finisse cette longue solitude pour moi d’avoir été séparé de ma famille» (septembre 2018) … Ma famille, ça ne s’invente pas.

Alors ça invoque un « Front Populaire nouvelle manière » (toujours 2018) et aujourd’hui une « Fédération populaire » (Libé, avril 2019), pour nous faire accepter que le PS pourrait (ce sera dur) échapper au syndrome de la tambouille ! Maurel et Liennemann sont déjà là au chaud dans la mélenchonie.

Bref, pendant que l’un file vers les rivages du RN, l’autre aborde ceux d’une prochaine Union de la Gauche …

Et c’est avec ça, nous dit-on, que l’on fera barrage à Macron (qui a plumé la volaille socialiste) ? Et comme il y a déjà une brèche ouverte du côté de Le Pen puisqu’elle a pécho un poulet insoumis… le barrage antifachos renforcé par les débris du PS, on repassera…

L’un des dénominateurs communs de Kotarac et de JLM c’est l’électoralisme ! Alors moi, je préfère voir ce qui va émerger des Gilets Jaunes, je ne parle pas des quelques uns qui versent aussi dans l’électoralisme!

Ah, sûr, vous allez voter ?

15 mai 2019 Antoine (Montpellier)

https://blogs.mediapart.fr/

Commentaire:

A deux reprises, il y a un an, nous avons « crié dans le désert » à propos de la ligne poutinienne-national-populiste, contraire à tout internationalisme, illustrée notamment par l’élu régional LFI Rhône-Alpe Andrea Kotarac.

Ce mardi 14 mai celui-ci vient d’appeler à voter RN en basant sa position sur les rapports qu’ils souhaite établir entre les Etats français et russe.

Nous appelons tous les militants internationalistes ainsi que les militants, y compris « insoumis », attachés aux exigences démocratiques, à tirer le bilan de cette décision politique, dont nous pouvons dire en toute tranquilité qu’elle n’a pas Andrea Kotarac pour auteur, mais les « organes » avec lesquels il est lié depuis un certain temps, c’est une évidence.

Son alliance avec l’extrême-droite française reproduit celle qu’il avait déjà établie avec les occu-pants du Donbass, également d’extrême-droite. Kotarac était en Crimée récemment, aux côtés de Marion-Maréchal Le Pen.

Beaucoup, d’insoumis, mais aussi militants d’autre courants, avaient alors tenté de justifier la chose au nom de la « diplomatie », et devant le tollé qui montait peu à peu, il avait reçu le soutien de Sophia Chikirou. C’était il y a trois semaines. Maintenant les leçons doivent être tirées !

APLutSoc – Arguments Pour la Lutte Sociale

Lire aussi:

La présidente géorgienne répond à Jean-Luc Mélenchon sur l’Otan : « De quoi je me mêle? » (JDD)

Kotarac : comment la France Insoumise a laissé faire le rapprochement avec Le Pen (Lyon Mag)

France Insoumise : faites que la farce Kotarac soit la dernière (Regards)

Lire la suite

14 mai 2019 ~ 0 Commentaire

benoît (rp)

benoit

Benoît Hamon, l’itinéraire opportuniste d’une “nouvelle gauche” libérale

Aujourd’hui à 3% d’intentions de votes pour les Européennes, Benoît Hamon, homme politique apparatchik du PS, compte déjà derrière lui une longue carrière faite de renoncements et de revirements.

Parti prenant du vaste mouvement étudiant contre le projet de loi Devaquet en 1986 destiné à renforcer la concurrence et la sélection au sein des universités, Benoit Hamon se rapproche néanmoins du courant de Michel Rocard au sein du parti socialiste.

Premier marqueur politique de Benoît Hamon. Michel Rocard défendait alors cette “nouvelle gauche” enthousiaste à l’égard des marchés, adepte de la « nationalisation au compte-goutte », une gauche se voulant de gouvernement et « réaliste”.

A l’initiative d’un véritable tournant vers la droite, Rocard participera à traduire des ouvrages de Friedrich Hayek, maître-penseur du néolibéralisme. Un homme dont les prises de position résument à elles seule la trajectoire de cette « gauche de droite », qui, durant la deuxième moitié des années 1980, a été le 1er ministre qui a le plus usé du « 49-3 », avant de déclarer à l’orée de sa mort, qu’il considérait la loi travail comme « une chance pour la France ». Bref, un « homme de gauche » auprès duquel Hamon fera ses armes.

Ainsi, Hamon fera campagne avec sa section de Brest en faveur du traité de Maastricht lors du référendum de 1992. Acte de naissance de l’Union Européenne dans sa forme la plus aboutie, machine de guerre au service du capital, où prévalait l’intégration monétaire et le règne du marché.

Progressivement, Hamon parvient à la tête du Mouvement des Jeunes Socialistes  (MJS) et obtient son autonomie. Parvenu à grossir ses rangs de 500 à près de 3000 adhérents, Hamon accepte en 1995 un poste de conseiller de la jeunesse auprès de Lionel Jospin.

Alors candidat à la présidentielle, Jospin exprime une gauche qui lorgne toujours plus à droite, concédant que “l’Etat ne peut pas tout” et entérinant par là une longue série de renoncements qui feront la marque de fabrique de cette « gauche » qui porte la responsabilité du discrédit de la gauche auprès des classes populaires à l’heure actuelle.

En 1997, l’ancien président du MJS rejoint le cabinet de Martine Aubry au Ministère de l’emploi et contribue à la réforme des 35 heures. Mais à la primaire de 2007, il prend position pour Laurent Fabius contre Ségolène Royal.

Si Fabius était un partisan du non en 2005, tout comme Benoît Hamon, il a à son « crédit » la privatisation de 49% du capital des autoroutes du Sud de la France. Et le 16 mai 2012, Hamon accepte le poste de ministre délégué à l’Économie sociale et solidaire aux côtés de Pierre Moscovici.

Alors ministre de l’Economie et des Finances, Moscovici, proche de Strauss-Kahn et Rocard, mènera une « politique de l’offre », autrement dit des cadeaux aux patrons à travers le “Pacte de responsabilité” et le “CICE”, allégeant de 50 milliards les grandes entreprises. Pour rappel, ce dernier sera récompensé de ses loyaux services par une nomination au poste de Commissaire européen aux affaires économiques.

Début avril 2014, Benoît Hamon se voit nommé ministre de l’Education nationale par Manuel Valls. Mais, paralysé devant la possibilité d’une grève des enseignants à l’approche de la rentrée, il démissionne le 25 août.

De nouveau député, frondeur de la majorité, il profit de la droitisation accélérée du gouvernement Hollande pour s’offrir à moindre frais une image « d’homme de gauche ». Il s’oppose par exemple à la déchéance de nationalité, dénonce la position ambiguë du gouvernement sur le port du voile et bataille pour la reconnaissance du symptôme de “burn-out”.

Néanmoins, Benoît Hamon s’avère être “favorable à l’examen du texte” de la Loi Travail de 2016 portée par la ministre Myriam El Khomri, facilitant les licenciements et précarisant le statut de salarié. À la présidentielle de 2017, Hamon candidat continuera de tracer son sillon à gauche en militant notamment pour un revenu universel ou encore pour « une autre loi Travail », affirmant conserver le droit à la déconnexion ou encore le CPA, véritable cadeau empoisonné made in PS .

Derrière ce qui a été décrit comme un « sac à dos » des droits, se cache.en réalité une logique de précarisation et d’individusalition des droits sociaux, puisqu’il s’agit à terme d’intégrer dans le CPA « l’ensemble des droits sociaux et de la protection sociale » (retraite, chômage, assurance-maladie). Il fait entrer par la fenêtre la perspective de la protection sociale par capitalisation.

Totalement individualisés, les droits pourront être transférés d’un « compte » à l’autre et on pourrait imaginer que dans quelques années un salarié puisse être mis face au choix de puiser dans sa retraite pour se payer une formation, par exemple. Il s’agit d’un énorme coup porté contre quelque chose qui constitue une racine de toute l’histoire du mouvement ouvrier qui est le principe de mutualisation.

Ce qui est en jeu c’est la disparition de l’attachement des droits des travailleurs aux statuts collectifs au profit d’une individualisation et d’une réduction des charges patronales. Une mesure dans la lignée de cette « gauche » rocardienne résolument néolibérales

Aujourd’hui, si Benoît Hamon dénonçait il y a peu l’austérité économique prônée par Bruxelles, son itinéraire, jalonné de participations et de soutiens à des gouvernements et figures politiques influencées (ou revendiquant ouvertement) le néolibéralisme, a de quoi rendre confuses ses prises de positions pour une Europe « plus sociale », reprenant le rhétorique éculée de la « démocratisation » de l’Europe et des traités.

Une vision « sociale » quelque peu élargie si l’on prend note de la proposition de Benoît Hamon de créer une… armée européenne. Une position d’autant plus opportuniste, et marquée de maints revirements au sujet de l’Europe, ce dernier fustigeant désormais, après pourtant s’être prononcé en faveur du Traité de Maastricht, une Europe régie par la concurrence.

Un revirement à l’image d’un parcours scandé par les soubresauts et virages opportunistes d’une « gauche » dans la pure tradition du libéralisme à la Rocard.

Jules Fevre lundi 13 mai

https://www.revolutionpermanente.fr/

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14 mai 2019 ~ 0 Commentaire

manifeste (cadtm)

manifeste (cadtm) dans A gauche du PS
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Rencontre-discussion : Quelle stratégie internationaliste en Europe ?

Rencontre-discussion autour du Manifeste pour un nouvel internationalisme des peuples en Europe

L’Union européenne continue de se construire de manière antidémocratique et au service des plus riches. La crise écologique, les violentes politiques d’austérité, le danger représenté par la montée d’une extrême droite raciste et xénophobe ne rendent que plus urgente la définition d’une stratégie associant auto-organisation populaire, mouvements sociaux et organisations politiques, afin de mettre la politique au service du plus grand nombre. Ces dernières années, plusieurs occasions ont été manquées, notamment en 2015 en Grèce.

Ce Manifeste a été élaboré par un collectif de militantes et de militants, de chercheuses et chercheurs, provenant d’une douzaine de pays d’Europe qui ont souhaité proposer un plan appelé à être mis en œuvre par des forces de gauche populaire.

Il s’inscrit dans le cadre du projet « ReCommonsEurope » initié par deux réseaux internationaux, le CADTM et EReNSEP, ainsi que par le syndicat basque ELA, afin de contribuer aux débats stratégiques qui traversent la gauche populaire en Europe aujourd’hui.

Nous avons rédigé une proposition cohérente concernant les engagements, les initiatives et les mesures que devraient prendre les forces de gauche populaire en Europe. Les propositions portent sur les principaux problèmes auxquels un gouvernement populaire devra faire face de manière urgente dès son arrivée au pouvoir.

Le Manifeste s’adresse tant aux organisations politiques qu’aux mouvements sociaux (syndicaux, associatifs, citoyens) qui luttent aux niveaux local, national et international pour les droits humains fondamentaux et l’égalité de toutes et tous, pour l’émancipation sociale et la démocratie, et contre la destruction des écosystèmes.

Pour initier la discussion, les intervenant-e-s, qui ont directement participé à la rédaction du Manifeste, présenteront le Manifeste et plus particulièrement ses chapitres consacrés aux premières mesures d’un gouvernement populaire, aux banques, aux relations internationales ainsi qu’à la stratégie des luttes sociales et des confrontations politiques.

Une brochure papier de la version courte du Manifeste sera distribuée gratuitement.

Organisée par le CADTM et EReNSEP

Avec:

  • Alexis Cukier (philosophe, EReNSEP France)
  • Stathis Kouvélakis (philosophe, EReNSEP, Grèce et Royaume-Uni)
  • Nathan Legrand (CADTM Belgique)
  • Catherine Samary (économiste, Attac France, NPA)
  • Patrick Saurin (CADTM, France)

europe

Samedi 25 mai 2019 à 16h
6, rue Sorbier, 75020 Paris -
01 40 33 26 29 – contact@lelieudit.com

Accès :

Métro Ménilmontant (ligne 2) ou Gambetta (ligne 3) bus : n° 96

Voir la version longue du Manifeste, en ligne

http://www.cadtm.org/

http://www.cadtm.org/Rencontre-discussion

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13 mai 2019 ~ 0 Commentaire

élections (red flag)

 maire

Que disent les marxistes sur les élections?

Pendant le chaos de la guerre entre la France et la Prusse entre 1870 et 1871, des travailleurs français s’emparèrent de Paris pour diriger la ville de manière radicalement démocratique. La Commune de Paris a prouvé que le socialisme pouvait être construit par l’auto-organisation directe de la classe ouvrière.

Et cela a convaincu Karl Marx que les travailleurs ne peuvent pas simplement prendre le contrôle de l’appareil d’État existant, mais doivent prendre le pouvoir par le biais de leurs propres institutions, qui sont bien plus démocratiques que «décider une fois en trois ou six ans quel membre de la classe dirigeante devait tromper le peuple au parlement « .

La Commune de Paris, de courte durée, a également secoué les parlements européens. En Prusse, des socialistes inspirés par Marx avaient été élus. Ils ont utilisé leur position pour dénoncer la guerre, même au plus fort de la ferveur nationaliste, et ont été brièvement emprisonnés pour cela. Libéré de prison et de retour au parlement, le socialiste allemand August Bebel a loué les ouvriers français révolutionnaires en répétant leur slogan: «La guerre dans les palais, la paix dans les maisons ».

Un peu plus tard, il fut reconnu coupable de trahison avec son camarade Wilhelm Liebknecht. Depuis leur cellule de prison, ils ont été réélus au Parlement après un vote socialiste qui avait plus que doublé. Ils ont utilisé leur place au parlement pour condamner l’État, pour construire la solidarité de la classe ouvrière internationale en temps de guerre et pour hisser la bannière des travailleurs français révolutionnaires à travers l’Europe. C’était une utilisation socialiste héroïque du système parlementaire.

Mais ce succès a aussi engendré un désastre. Les socialistes allemands étaient de brillants avocats parlementaires. Au cours des décennies suivantes, leur représentation au parlement augmenta et leur parti se concentra sur la participation et la victoire aux élections. Le mouvement socialiste s’est empêtré dans le royaume contre lequel il se battait.

Au début de la Première Guerre mondiale, en 1914, le mouvement socialiste allemand était transformé ainsi que son aile parlementaire. Le parti socialiste le plus important d’Europe occidentale était devenu pro-guerre et contre-révolutionnaire. De nombreux facteurs ont conduit à cette trahison, mais l’immersion dans le système parlementaire était important.

Pourtant, les anticapitalistes ne peuvent ignorer le Parlement.

C’est là que se passe la politique officielle, où les projets de loi deviennent lois et où sont définies les priorités sociales. En revanche, la prise de décision politique et démocratique est exclue. Le Parlement se veut un organe décisionnel ouvert à tous, sur un pied d’égalité: riches et pauvres, hommes et femmes, noirs et blancs, etc.

Chaque vote étant censé avoir le même poids, les inégalités sociales sont effacées lors d’une élection: le parlement est un modèle de société égalisé, dans lequel tous les principaux courants d’opinion sont représentés, dans lequel des décisions peuvent être prises qui représentent la volonté du peuple.

Bien sûr rien de tel. Les parlementaires deviennent membres des classes supérieures et la plupart sont issus des classes moyennes. Ils se déplacent dans les cercles des riches et des puissants. Leurs campagnes sont financées par les riches et les médias capitalistes fixent leurs limites dans les débats électoraux. Les politiciens loyaux reçoivent des retraites et des sinécures après avoir quitté le Parlement. Ce système de clientélisme pacifique est si bien enraciné que nous avons souvent du mal à imaginer ce qui se passerait si un politicien se révoltait.

La plupart des pouvoirs de la société sont en réalité extérieurs au Parlement – ils sont entre les mains des PDG et des présidents de sociétés qui contrôlent la plupart de l’économie.

Ainsi, les gouvernements rebelles peuvent être directement mis au pas par la classe dirigeante sans élection: les capitalistes peuvent utiliser leur pouvoir économique pour créer des ravages économiques, et ils le font systématiquement lorsque de véritables socialistes forment le gouvernement.

Des élections peu fréquentes aident à maintenir le système de cette façon. Nous ne les voyons qu’à à peine, et la plupart d’entre nous ne saurait nommer notre «représentant» parlementaire local. Mais les grands capitalistes les connaissent personnellement et peuvent interagir avec eux – et les aider de différentes manières à former les «bonnes» opinions – chaque fois qu’ils en ont besoin.

Si cela ne fonctionne pas, les structures non élues de l’État peuvent éliminer des gouvernements rebelles. Les tribunaux peuvent annuler leurs décisions. Les haut fonctionnaires peuvent saboter les parlements. Et, en fin de compte, les officiers de l’armée peuvent, au besoin, intervenir pour mettre en place un régime militaire.

Les parties élues de l’État constituent une partie relativement infime de la société, avec peu de pouvoir direct, et elles peuvent être restreintes ou dissoutes lorsque le système l’exige. Le vrai pouvoir est en dehors d’elles.

Daniel Taylor 07 mai 2019

https://redflag.org.au/

Commentaire:

Des camarades australien(ne)s

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