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28 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

australie (slate)

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En Australie, la date de la fête nationale est une gifle donnée aux peuples autochtones

Célébrant l’arrivée de la première flotte britannique venue établir une colonie pénitentiaire en 1788, les festivités du 26 janvier morcèlent la nation. Au point qu’un changement de date n’est pas à exclure.

En Australie, la fête nationale est célébrée ce jeudi 26 janvier. Depuis 1994, cet «Australia Day» est un jour férié commun à tous les États du pays. Mais pour combien de temps encore? Car le choix d’une telle date est loin de faire l’unanimité et n’a d’ailleurs jamais permis d’inclure tous les habitants dans les festivités.

Cette date historique commémore en effet, pour les uns, l’arrivée de la flotte britannique destinée à fonder la première colonie pénitentiaire du pays, à Sydney, en 1788, mais marque aussi, pour les Aborigènes d’Australie, premiers habitants connus du pays, le début d’une colonisation violente et forcée.

«C’est une idée très étrange d’utiliser le jour de l’invasion d’un pays comme date d’une fête nationale. Y compris pour les personnes qui ne sont pas autochtones, ça semble bizarre», affirme la professeure Jakelin Troy, directrice de recherche à l’Université de Sydney et membre du peuple Ngarigo des Snowy Mountains (sud-est de l’Australie). «C’est un jour qui a été choisi par un nombre très limité de représentants et de descendants de bureaucrates, qui voulaient célébrer le fait d’avoir réussi à prendre le pays sans aucune tentative d’accord et sans aucune reconnaissance de leur souveraineté.»

Fête nationale ou «jour de deuil»?

L’«Australia Day» est donc logiquement perçu de manière négative par les Aborigènes et les Insulaires du détroit de Torrès, les deux grands ensembles de peuples autochtones d’Australie. Certains nomment ce jour «Invasion Day», quand d’autres évoquent un «Survival Day», célébrant la résistance des cultures autochtones parvenues à survivre à l’invasion.

Se réappropriant cette date, alors que certaines villes organisaient déjà des festivités pour l’anniversaire de l’arrivée de la première flotte britannique, l’Aboriginal Progressive Association avait organisé, dès 1938, à Sydney, le premier «Day of Mourning» («jour de deuil»), contre-manifestation aborigène dénonçant les festivités du 26 janvier.

Ce 26 janvier 2023, Sydney, la plus grande ville du pays, se partagera donc encore entre célébrations de l’Australia Day, manifestation pour les droits des Aborigènes et marquant l’«Invasion Day», et contre-festival célébrant les cultures autochtones, Yabun. Chaque année, les marches de l’Invasion Day prennent de l’ampleur dans les grandes villes quand les festivités de l’Australia Day, elles, s’essoufflent.

Si les Australiens qui profitent du jour férié restent nombreux, peu sont finalement ceux qui semblent réellement attachés à la signification du choix de cette date, plutôt qu’une autre. C’est peut-être pour cela que les événements publics organisés dans les grandes villes voient leur fréquentation diminuer d’année en année. En septembre 2022, la mairie de Melbourne révélait ainsi dans un rapport que seuls 12.000 participants avaient été dénombrés en 2019 et, pire, 2.000 en 2020, lors de la dernière édition avant la pandémie de Covid-19, contre 72.000 en 2018.

«Qui célèbre l’invasion, le meurtre et le vol?»

L’appel à déplacer la fête nationale est soutenu par certains politiques. Voix importante des peuples autochtones, la sénatrice aborigène Lidia Thorpe appelle notamment à remplacer l’Australia Day par un jour de deuil pour les communautés autochtones. «Qui célèbre l’invasion, le meurtre et le vol ce 26 janvier?», interrogeait-elle sur Twitter le 8 janvier dernier. Sur les réseaux sociaux, de nombreux comptes affichent aussi leur soutien à l’abandon de cette date, à l’aide du hashtag #changethedate.

Dans certaines régions, des actions politiques se mettent en place. Chaque mois de janvier, le gouvernement de l’État du Victoria organise normalement une parade. Mais cette année, le Premier ministre de l’État, Daniel Andrews, a annulé l’événement en toute discrétion –cette fois, le Covid-19 n’y est pour rien. Une décision qui a été saluée par le coprésident de l’Assemblée des premiers peuples du Victoria, Marcus Stewart.

«C’est un pas en avant, c’est positif, mais nous avons encore un long chemin à parcourir, a-t-il déclaré. Nous devons créer une fête que nous pouvons tous célébrer, et non qui nous éloigne les uns des autres.» Il a également rappelé que cette parade était ressentie chaque année par les autochtones «comme une gifle, et a remué le couteau dans la plaie».

Une idée de jeunes?

Les entreprises commencent, elles aussi, à se positionner et, pour certaines, à prendre leurs distances avec l’Australia Day. La direction de l’enseigne de supermarchés Woolworths et celle de l’un des principaux opérateurs téléphoniques du pays, Telstra, laissent notamment le choix à leurs employés de travailler ou non ce jeudi 26 janvier.

«Pour de nombreux peuples des Premières Nations, l’Australia Day est un rappel douloureux de la discrimination et de l’exclusion qu’ils subissent. Cette date marque un tournant, la mort de nombreuses personnes, la dévalorisation d’une culture et la destruction de liens entre gens et lieux», a justifié sur LinkedIn la PDG de Telstra, Vicki Brady le 23 janvier, avant d’ajouter que malgré tout, «pour beaucoup de gens, cette journée est aussi l’occasion de passer du temps avec leurs amis et leur famille et de célébrer les nombreuses choses dont nous pouvons être fiers en tant que communauté».

Un sondage réalisé en janvier 2022 par l’Université Deakin montre toutefois que les Australiens ne partagent pas majoritairement l’idée d’un changement de date de leur fête nationale: 60% des personnes interrogées avaient même affirmé vouloir continuer à célébrer la fête nationale le 26 janvier. Ce chiffre varie cependant selon les catégories d’âge.

Si seulement 23% des personnes nées avant 1945 souhaitent un changement de date, les millennials (nés entre 1986 et 2002) sont en effet 53% à l’appeler de leur vœux. Une différence qui s’explique notamment, selon Jakelin Troy, par la reconnaissance progressive de l’histoire des peuples autochtones, avant la colonisation britannique.

«On n’évite plus le terme “invasion” dans beaucoup d’écoles. Aujourd’hui, on enseigne plutôt le fait que l’Australie était déjà peuplée, qu’on était déjà là, reprend la linguiste. Les gens comprennent et les jeunes peuvent être embarrassés à l’idée de célébrer cet événement. Je pense que c’est pour ça qu’ils prennent moins part aux festivités.»

Une fête pour «célébrer ce qu’est réellement ce pays»

Trouver une autre date n’est pas la priorité du gouvernement australien d’Anthony Albanese, qui doit notamment se charger, en 2023, d’organiser un référendum sur l’intégration d’une voix autochtone dans la Constitution. Mais si cela devait arriver, Jakelin Troy indique que les options ne manquent pas. La fête nationale devra cependant, pour elle, avoir du sens et «célébrer ce qu’est réellement ce pays». À savoir «un lieu hybride, mais un endroit qui appartient fondamentalement aux Aborigènes et Insulaires du détroit de Torrès».

«Autour de moi, beaucoup de personnes aborigènes parlent du Mabo Day», reprend la professeure de l’Université de Sydney. Certaines communautés aborigènes célèbrent déjà, chaque 3 juin, ce Mabo Day, soit l’abandon par l’Australie de la notion de Terra Nullius, une décision de justice reconnaissant que le pays était bien peuplé lors de l’arrivée des Britanniques.

Peut-être que cela arrivera: selon un autre sondage, réalisé par l’institut Ipsos en 2021, 49% des Australiens pensent que la date de leur fête nationale sera amenée à changer dans les dix prochaines années.

Léo Roussel — Édité par Natacha Zimmermann — 26 janvier 2023 à 9h06

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26 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

nupes (le huff’)

macron soldat

Guerre en Ukraine : le possible envoi de chars français réveille les divisions de la NUPES

Alors que les insoumis et communistes veulent que cette question soit tranchée par le Parlement, socialistes et écologistes appellent sans détour à soutenir la résistance ukrainienn

- Unis en France sur le front des retraites, dissonants à l’international sur celui de l’Ukraine. Ce jeudi 26 janvier, l’insoumis Manuel Bompard et le communiste Fabien Roussel ont estimé que la question d’une possible livraison de chars Leclerc à Kiev pour faire face à l’agression russe doit être tranchée par les parlementaires.

« Si on devait prendre une telle décision, on ne peut pas le faire sans un débat à l’Assemblée nationale », a déclaré le député LFI des Bouches-du-Rhône, considérant que la livraison de ce matériel réclamée par Volodymyr Zelensky constitue « une montée en puissance du niveau d’armement qu’on fournirait aux Ukrainiens ».

À ce stade, le coordinateur de la France insoumise affirme que sa formation ne se prononcera pas « sans les informations stratégiques et militaires », justifiant cet envoi. Même chose du côté du communiste Fabien Roussel. « Cette décision ne peut pas être prise seulement par le président », a estimé le secrétaire national du Parti communiste, qui pointe un risque d’escalade.

« Est-ce que nous assumerions le risque de rentrer en conflit avec la Russie ? », interroge le député du Nord, craignant que cette livraison entraîne Vladimir Poutine à considérer la France comme cobelligérante. Un narratif déjà utilisé par les insoumis et les communistes.

Ambiguïté

Lors de la campagne présidentielle, Fabien Roussel estimait que la France « ne peut pas prendre part à ce conflit, ni directement, ni indirectement par l’intermédiaire de livraisons d’armes ». Ce qui était aussi le cas de Jean-Luc Mélenchon qui, à cette époque, considérait que la toute livraison d’armes « feraient de nous des cobelligérants », à rebours du consensus militaire sur le sujet et de l’article 51 de la Charte des Nations unies.

Les déclarations du jour de Manuel Bompard et de Fabien Roussel révèlent une forme d’ambiguïté longtemps reprochée aux communistes et aux insoumis au sujet de la Russie, qui considèrent que c’est exclusivement l’action diplomatique qui conduira la Vladimir Poutine à stopper son agression. « Seule la négociation peut permettre de sortir de l’impasse de la guerre totale », déclarait à l’Assemblée nationale Mathilde Panot, qui, à l’inverse de ses collègues socialistes et écologistes, n’avait pas applaudi la livraison d’armes en Ukraine.

Une dissonance qui revient, sans surprise, sur la question de l’envoi de chars. « On est pour l’envoi de chars et d’armes », tranche sans la moindre ambiguïté auprès du HuffPost une source parlementaire socialiste. Ce que confirme la députée PS Anna Pic, membre de la Commission défense de l’Assemblée nationale.

« Ce n’est pas de notre ressort »

« Il faut donner les moyens aux Ukrainiens de repousser l’agression russe, au plus près de ce dont ils ont besoin », justifie la députée de la Manche, qui ne partage pas l’idée émise par Manuel Bompard et Fabien Roussel de trancher cette question au Parlement. « Ce n’est pas de notre ressort. Il y a des contraintes d’urgence et de temporalité qui font que c’est au chef de l’État de décider », poursuit l’élue socialiste, qui précise que les parlementaires peuvent faire connaître leurs positions par le biais de résolutions débattues et votées au Parlement.

Anna Pic souligne également que pour se prononcer correctement, les députés et sénateurs auraient à discuter des détails publiquement. Des détails précieux et stratégiques auxquels aurait accès, de facto, Moscou en suivant les débats. « On peut passer par le Parlement lorsqu’il faut décider du maintien ou non de forces engagées sur un théâtre d’opérations, mais pas dans le cadre d’une livraison d’armes. Ou alors ce serait une première », insiste-t-elle.

Également membre de la Commission défense de l’Assemblée nationale, le député EELV de Paris Julien Bayou ne dit pas autre chose. « Nous sommes clairement pour l’envoi de chars en général », affirme au HuffPost l’élu parisien, qui émet néanmoins une petite réserve sur la compatibilité des chars Leclerc avec le théâtre ukrainien.

« Mais sur le principe, il faut soutenir l’Ukraine et d’un point de vue stratégie, agir de concert avec nos alliés », souligne l’écologiste, qui appelle à envoyer « le plus rapidement possible » les équipements nécessaires à la défense ukrainienne. Si Julien Bayou trouve « intéressant » que les parlementaires puissent travailler sur ces questions, il refuse de « subordonner un envoi qui n’a que trop tardé à un vote du Parlement ».

Le député trouve par ailleurs « ineptes » voire « hypocrites » les alertes sur les risques de cobelligérance, exprimées par certains de ses collègues de la NUPES : « notre devoir, c’est d’apporter une réponse juste, nécessaire et proportionnée à l’agression russe. Le pacifisme, ce n’est pas de laisser l’Ukraine se faire écraser ». À bon entendeur

Romain Herreros 26/01/2023

https://www.huffingtonpost.fr/

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26 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

crimée (anticapitalist)

criee

Noman Çelebicihan

La République populaire de Crimée

La révolution de février, écrit Vladyslav Starodubtsev, est devenue une période de possibilités pour les nations de l’Empire. Les Tatars de Crimée ont saisi cette possibilité et l’ont utilisée autant qu’ils le pouvaient.

Hryhoriy Potemkin a écrit en 1794 : « Retirez les Tatars de Belbek, Kacha, Sudak, Uskut, de l’ancienne Crimée, et généralement des régions montagneuses ; parmi les Tatars qui vivent dans les steppes, personne ne doit être laissé derrière ; et si l’un des Maures souhaite partir, il doit être immédiatement ajouté à la liste appropriée et recevoir l’ordre de partir dans les 24 heures. » Cette note explique beaucoup de choses. Ainsi, la grande réinstallation a commencé. Selon des sources turques, sur les 1,5 million de Tatars qui vivaient en Crimée au 18e siècle, il en restait 250 000 au début du 20e siècle. Les Tatars de Crimée ont beaucoup souffert de l’impérialisme russe, et en 1917, le mouvement national tatar a eu une chance de se libérer.

La révolution de février est devenue une période de possibilités pour les nations de l’Empire. Les Tatars de Crimée ont saisi cette possibilité et l’ont utilisée autant qu’ils le pouvaient.

En 1917, les cercles révolutionnaires de l’intelligentsia tatare de Crimée ont créé le parti tatar ou, comme on l’a appelé plus tard, le Milliy Firqa[1] (également appelé parti du peuple et parti socialiste tatar). Il s’agissait d’un parti démocratique, musulman et d’orientation socialiste, qui prônait une république parlementaire démocratique, avec la liberté de réunion, de syndicats, d’activités de parti, la liberté et l’inviolabilité individuelles, et la liquidation des successions. Il accordait également une grande importance à la liberté nationale, à l’égalité des langues, des cultures et des peuples. Il soutenait notamment la lutte pour l’autonomie ou l’indépendance de tous les peuples asservis de Russie et préconisait de larges garanties pour toutes les nationalités habitant la Crimée.

Milliy Firqa a été construit comme un parti centralisé qui n’autorisait que les membres musul-mans comme un parti national pour représenter leurs intérêts. L’un des principaux objectifs déclarés était l’établissement d’une société sans classes et d’un État ou d’une autonomie régie par une interprétation démocratique de la charia.

Noman Çelebicihan était l’un des dirigeants et fondateurs du parti, un ardent socialiste, un poète et un avocat. Çelebicihan a donné son caractère au parti et est devenu le symbole d’une révolution naissante dans la péninsule.

La Crimée possède un grand nombre de fleurs, de couleurs et d’arômes différents. Ces fleurs représentent les nations qui vivent en Crimée : Tatars de Crimée, Russes, Juifs, Grecs, Allemands et autres. La tâche du Kurultai est de rassembler tout le monde et, en en faisant un merveilleux bouquet, de transformer la Crimée en une véritable Suisse culturelle. Le Kurultai national ne s’occupera pas seulement des musulmans, mais aussi des autres nations, il les invitera à coopérer, et il avancera au même rythme qu’eux. Notre nation n’est que l’initiatrice dans cette affaire Noman Çelebicihan

Les Tatars de Crimée ont formé leurs bataillons nationaux dans l’armée et ont commencé à créer des centres culturels et politiques légaux. Cependant, ces actions sont mal accueillies par le gouvernement russe.

Le gouvernement de Kerensky (proche des socialistes révolutionnaires) s’oppose à ce mouvement des Tatars de Crimée et le 23 juin, Çelebicihan est arrêté (par le contre-espionnage de Sébastopol) pour « activités illégales ». Cette arrestation a porté un coup fatal au sentiment national des Tatars de Crimée. Après avoir recueilli plus de 5 000 signatures de protestation, il est rapidement libéré.

La révolution de février a renversé l’ancien régime, et notre peuple s’est rallié à la bannière rouge. Mais les mois ont passé, et nous ne voyons toujours ni science, ni connaissance, ni art, ni industrie, ni ordre, ni justice. De plus, l’ordre s’est encore détérioré, et tous nos espoirs ont été anéantis. Tout autour de nous, il y a un vide terrifiant qui donne à réfléchir. Nous attendions une solution aux problèmes de la part des autorités centrales (de Russie). Cependant, de là, du gouvernement provisoire, seule l’anarchie est venue, et toute la région (la Crimée) a plongé dans l’obscurité et le conflit. À cet égard, nous avons dit : « Nation ! N’attendez plus rien du gouvernement central, prenez votre destin en main ! ».

Le 2 octobre 1917, le deuxième congrès musulman de toute la Crimée à Simferopol a décidé d’organiser des élections au Kurultai, parlement des Tatars de Crimée. Lors des élections qui se sont tenues dans la seconde moitié de novembre, 76 députés ont été élus au parlement, dont 4 femmes. L’élection de femmes députées dans une république musulmane a été considérée comme un symbole de progrès social dont les membres du premier parlement de Crimée étaient fiers.

Le Kurultai reconnaît l’égalité générale des personnes comme base et affirme l’égalité des droits des hommes et des femmes et confie l’élaboration et l’adoption de la loi correspondante sur l’égalité au Parlement. Article 18 de la Constitution de la République populaire de Crimée.

Kurultai des Tatars de Crimée

Quelque temps plus tard, le 13 décembre 1917, Kurultai a proclamé la République populaire de Crimée, fondée sur les idéaux de libération nationale, d’égalité sociale et de démocratie.

La décision de déclarer la RPC était également soutenue par les membres ukrainiens et tatars de Crimée du Conseil des représentants du peuple.

Il s’agissait de la première république turque, de la première république musulmane à accorder l’égalité des droits aux femmes et de la première république socialiste du monde musulman. La plupart des membres élus du Parlement étaient membres du parti Milliy Firqa, et ont commencé à réaliser leur programme, comprenant des réformes politiques, culturelles et économiques.

Dans son programme, Milliy Firqa a déclaré la socialisation des usines et des fabriques : « …En ce qui concerne la question du travail, Milliy Firqa est totalement solidaire des demandes des sociaux-démocrates… », réformes politiques et foncières.

La majorité des Tatars de Crimée étaient des paysans, dont près de la moitié étaient sans terre. C’est pourquoi le programme du parti militait pour la liquidation de la propriété foncière waqf (église) : 87 614 acres de terre ont été transférés à l’État et loués aux paysans les plus pauvres. « Toutes les terres appartiennent aux communautés » (jamaats) : chaque personne se voit garantir autant de terres qu’elle peut cultiver. Les terres administratives, ecclésiastiques et foncières pouvaient être aliénées sans compensation.

Mais malheureusement, la vision de la République ne tiendra pas longtemps.

Bientôt, les bolcheviks, se considérant comme le successeur légal de toutes les terres précédemment détenues par l’Empire russe, ont déclaré la guerre à la République populaire de Crimée et ont complètement occupé la péninsule de Crimée. Ils capturent Noman Çelebicihan et, le 27 janvier, le chef du gouvernement national de Crimée, est emprisonné à Sébastopol. Comment il a été torturé ou interrogé par les nouvelles autorités bolcheviques – nous ne le savons pas, mais peu après, le 23 février 1918, il a été fusillé et son cadavre a été jeté dans la mer Noire.

La République populaire de Crimée est devenue un exemple frappant de la lutte d’un peuple asservi pour ses droits, son État et sa liberté. La république n’a pas duré longtemps, et la population de Crimée a subi un sort difficile – régimes d’occupation russes, troupes françaises et allemandes. Le parti Milliy Firqa a été persécuté par toutes les forces en présence : le gouvernement provisoire, les bolcheviks, les Blancs et les forces françaises.

L’aile gauche du parti décide de collaborer avec les bolcheviks et adopte la plate-forme soviétique, mais après la vague de répression, elle est finalement interdite par les bolcheviks en 1920.

1) Résolution (à adopter) rejetant l’accord avec le groupe dans son ensemble comme une relique nuisible et inutile. 2) Commencer une campagne contre « Milliy Firqa » avec une agitation orale et écrite 3) Publier un pamphlet dirigé contre « Milliy Firqa » .

Le 30 novembre 1920, résolution du RKP(b) sur Milliy Firqa.

Cela signifiait l’interdiction complète du parti.

Cependant, l’héritage de cette république éphémère, mais ambitieuse et courageuse, est toujours vivant.

[1] Certains historiens ont tendance à parler de Milliy Firqa comme d’un parti distinct, créé en 1919, mais la plupart s’accordent à dire qu’il s’agissait d’une nouvelle période de développement du parti tatar, et non d’un nouveau parti.

26 Jan 2023

https://ukrainesolidaritycampaign.org/

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20 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

retraites (médiapart-france info)

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20 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

socialist worker (swp)

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Une vague massive de résistance balaie la France

De nombreux grévistes plaident pour une escalade de l’action afin de battre Macron et son gouvernement

De très nombreux travailleurs ont fait grève et manifesté à travers la France jeudi contre la tentative du gouvernement d’augmenter l’âge de la retraite de deux ans. Environ 400 000 personnes ont défilé à Paris, selon les syndicats.

Presque tous les services de trains locaux et régionaux se sont arrêtés, les bus et les trains dans des villes comme Paris étaient « très perturbés » et les lignes de trains à grande vitesse à travers le pays ne fonctionnaient pas. Le principal syndicat d’enseignants a déclaré que 70 % des enseignants du primaire étaient en grève et que de nombreuses écoles fermaient pour la journée.

Les grèves ont fortement perturbé les services publics de radio et de télévision qui ont été réduits à diffuser de la musique ou à montrer des répétitions. De nombreux théâtres ont été fermés. Des piquets de grève ont bloqué certaines raffineries et l’action des travailleurs de l’énergie a coupé l’alimentation en électricité. Certains élèves ont bloqué leurs écoles et ont été accueillis par des policiers armés de gaz lacrymogènes.

Sur les piquets de grève et les manifestations, le slogan « Metro-Boulot-Caveau » était courant. Selon ce slogan, les modifications apportées au régime de retraite signifient « aller au travail, travailler dur – et puis la tombe ». Les travailleurs ressentent un mélange de colère amère et de peur d’être obligés de travailler jusqu’à ce qu’ils tombent.

Dominique, un superviseur du commerce de détail, a déclaré à France 24 : « Je travaille dans le commerce de détail depuis 30 ans. J’ai déjà été opéré des deux épaules pour soigner une tendinite causée par tous les mouvements répétitifs et les charges lourdes.

« J’ai également dû recevoir des prothèses de pouce aux deux mains. J’ai perdu mes articulations à force de déchirer et d’arracher des boîtes pour les mettre sur des étagères. Donc, si on finit par me dire que je devrai retarder ma retraite, je ne pourrai pas l’accepter. Je n’ai jamais participé à une manifestation ou à une grève de ma vie, mais cette fois-ci, nous nous heurtons à quelque chose de vraiment désagréable. Si on demande trop aux gens, cela devient insupportable pour eux ».

Le projet de modification des retraites proposé par le président Emmanuel Macron et son gouvernement est en soi une question importante. Mais elle résume aussi les agressions auxquelles les travailleurs de tous âges et de tous horizons sont désormais confrontés.

Les grévistes et leurs sympathisants ont rejoint environ 220 manifestations dans toute la France, avec plus de deux millions de participants au total selon la fédération syndicale CGT. Même les rassemblements officiels de l’État ont enregistré bien plus d’un million de personnes dans les rues.

Selon les syndicats, jusqu’à 400 000 personnes ont défilé à Paris, 25 000 au Havre, 110 000 à Marseille, 50 000 à Toulouse, 40 000 à Saint-Étienne, 12 000 à Montpellier, 38 000 à Lyon, 12 000 à Pau et 20 000 à Nice.

Dans de nombreuses villes, les chiffres sont plus élevés que ceux des grandes grèves de 1995, qui ont brisé un gouvernement.

Les manifestations ont montré que les débrayages s’étendaient bien au-delà du noyau dur des travailleurs du secteur public. Dans la ville de Valenciennes, dans le nord du pays, le cortège de 6 000 personnes comprenait des grévistes des usines automobiles Peugeot et Toyota, ainsi que des travailleurs municipaux, des enseignants et des étudiants.

À Lyon, la plupart des manifestants étaient des pompiers, des travailleurs de la santé, des enseignants et des travailleurs municipaux. Mais il y avait aussi d’importantes délégations de Total (pétrole), Solvay (chimie), Renault Trucks, des ouvriers du bâtiment et Castorama (magasins de bricolage).

Au Havre, outre les travailleurs portuaires, les enseignants et les travailleurs hospitaliers, il y avait des groupes de Sidel (emballage), Safran (moteurs d’avion et de fusée), Auchan (supermarché), Yara (produits chimiques), Chevron (pétrole), Foure Lagadec (chaudronnerie), Nestlé (alimentation) et d’autres.

Des groupes LGBT+, des militantes féministes, des activistes climatiques, des groupes antiracistes et des travailleurs sans-papiers ont rejoint la manifestation parisienne. Le groupe de campagne Marche des Solidarités a tweeté :

« Français et migrants, même Macron, même combat ! Nous ne pouvons plus faire marche arrière. Nous devons vaincre ce gouvernement. Combattez les attaques contre nos retraites et contre la nouvelle loi sur l’immigration. »

Macron a fui la France jeudi en participant à un sommet franco-espagnol à Barcelone pour signer un traité d’amitié et de coopération avec le premier ministre espagnol Pedro Sanchez, du parti PSOE de type travailliste.

Mais si les syndicats peuvent être poussés à élargir et étendre les grèves, il peut être contraint à une nouvelle retraite humiliante.

Les dirigeants syndicaux ont appelé à une nouvelle journée de grèves et de manifestations le mardi 31 janvier – bien que de nombreux militants soient furieux qu’ils n’aient pas agi plus rapidement.

Il y aura également des actions plus limitées le 23 janvier, jour où les attaques contre les retraites seront officiellement présentées au Conseil des ministres (membres du cabinet).

En France et en Grande-Bretagne, c’est une période de luttes de classes cruciales. Quel est l’enjeu ?

Le gouvernement veut porter l’âge de la retraite à 64 ans. Les travailleurs ne pourront alors prétendre à une pension complète que s’ils ont cotisé au système pendant 43 ans. Les règles actuelles obligent déjà la plupart des gens à travailler au-delà de 64 ans pour avoir droit à une pension complète.
L’ajout de deux années supplémentaires est une attaque clé contre la classe ouvrière, conçue pour montrer que les syndicats ne peuvent pas arrêter les changements pro-patronaux et que les travailleurs devront payer pour l’inflation et la récession à venir,
Macron a tenté une manœuvre similaire en 2019, mais a été contraint de reculer en raison de grèves généralisées, de manifestations de masse et de grèves illimitées de certaines sections des travailleurs des transports.
Il a également été mis sur la défensive par le mouvement militant des Gilets jaunes et a craint que toute la résistance ne se rassemble pendant la pandémie.

Thursday 19 January 2023 Charlie Kimber

https://socialistworker.co.uk

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20 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

1200 euros (lutte ouvrière)

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Les 1 200 euros, tromperie au salaire minimum

Pour vendre son attaque contre les retraites, Élisabeth Borne se vante d’augmenter les petites retraites. « Pas une retraite en dessous de 1 200 euros, 85 % du smic net, soit une augmentation de 100 euros par mois », dit-elle. Elle va même jusqu’à parler à ce propos d’un « progrès social ».

Cette annonce est une véritable escroquerie car, pour toucher ces 1 200 euros brut il faudra avoir fait une carrière complète, c’est-à-dire avoir cotisé sans interruption pendant 43 ans.

Or une grande partie de celles et ceux qui sont éligibles à une toute petite retraite sont justement ceux qui ont eu une carrière hachée, interrompue par des périodes où ils ne cotisaient pas. C’est le cas en particulier des femmes. C’est aussi le résultat du chômage, des bas salaires et des réformes des retraites précédentes. Ils ne toucheront donc pas les fameux 1 200 euros, desquels il faudrait d’ailleurs déduire les cotisations sociales, en l’occurrence la CSG, pour arriver à environ 1120 euros net !

En fait, beaucoup de retraités continueront donc à tenter de joindre les deux bouts comme ils peuvent avec 900 euros ou moins, à payer des loyers en hausse, régler des factures de chauffage qui explosent et à se priver lorsqu’ils font leurs courses. Leur nombre ne peut même qu’augmenter avec le fait que les patrons continueront à jeter dehors les travailleurs bien avant 64 ans et que beaucoup d’entre eux seront au RSA à l’âge de la retraite.

Mais même pour ceux qui toucheront ces 1 200, ou plutôt ces 1 120 euros, comment Élisabeth Borne peut-elle oser dire que ces 85 % du smic constituent une « retraite digne » ? Avec 100 % du smic, celles et ceux qui sont en activité n’y arrivent pas et doivent se priver sur tout.

Pour vivre dignement, il faudrait aujourd’hui que le montant minimum de la retraite s’élève à 2 000 euros net mensuels, et qu’il soit revalorisé en fonction de la hausse des prix. C’est une bonne raison de plus d’être en grève et dans la rue.

Daniel MESCLA 19 Janvier 2023
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18 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

meeting (npa)

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17 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

lfi (le huff’ post)

Jean-Luc-Melenchon-une-liberation

Affaire Quatennens : la France insoumise toujours en crise après son premier conseil politique

Le premier conseil politique de LFI s’est réuni le 16 janvier. Certains cadres du mouvement n’y ont pas été conviés.

Même Manuel Bompard le reconnaît : « Ce serait absurde de dire que tout va bien. » Le premier conseil politique de LFI, spécialement créé pour débattre des décisions stratégiques du mouvement, s’est réuni pour la première fois ce lundi 16 janvier. Sauf que certains cadres – Clémentine Autain, Raquel Garrido et Alexis Corbière – n’y étaient pas conviés, tandis que d’autres – comme François Ruffin ou Éric Coquerel – n’y ont pas participé.

« C’est bien la preuve que l’ouvrage reste sur le métier », a réagi ce lundi Raquel Garrido sur RFI. Depuis la désignation de Manuel Bompard à la tête de LFI, plusieurs cadres ont critiqué la nouvelle direction et son fonctionnement opaque, qui ne permettent pas, selon eux, de faire entendre les lignes différentes de celle portée par Jean-Luc Mélenchon.

Cette réorganisation de LFI fait suite à la démission d’Adrien Quatennens de son poste de coordinateur en raison des accusations pour violences conjugales dont il faisait l’objet, et pour lesquelles il a depuis été condamné.

« Une crise de croissance »

Manuel Bompard, tout en concédant que « tout ne va pas bien » a défendu le conseil politique comme « une instance en train de se mettre en place ». Le nouveau coordinateur de La France insoumie a souligné que les « groupes politiques » auxquels Clémentine Autain ou François Ruffin appartiennent étaient représentés au sein de l’instance.

Pour lui, la crise actuelle est le résultat d’une « crise de croissance » de LFI : « C’est un mouvement qui avait 17 députés à l’Assemblée nationale, qui en a 75 aujourd’hui. »

« Les choix de la direction ont ouvert une situation de crise, pour l’instant il faut chercher la voie pour apaiser », a réagi Clémentine Autain ce 17 janvier sur Sud Radio. « On n’y est pas encore », a-t-elle conclu.

17/01/2023

https://www.huffingtonpost.fr/

 

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16 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

dossier (npa)

pension

Pas un jour de plus, pas un euro de moins…

Contre Macron et son monde,

La retraite, c’est 60 ans et 37,5 annuités !

Travailler plus longtemps pour enrichir les capitalistes, non merci !

Macron et Borne nous ont déclaré la guerre. L’âge légal de départ à la retraite passerait de 62 ans aujourd’hui à 64 ans en 2030, et la durée de cotisation serait allongée dès 2027 de 42 à 43 annuités pour une retraite à taux plein. Cette huitième (!) réforme des retraites depuis 1993 obéit à la même logique que les précédentes tout en l’amplifiant : nous faire travailler plus longtemps tout en baissant le montant des pensions.

Pour réduire le déficit ?

Après 2019 et sa réforme prétendument au nom de l’équité, le gouvernement revient cette fois-ci à des discours menaçants et culpabilisants plus classiques, une réforme nécessaire au nom du déficit. Pourtant, dans son rapport de 2022, le Conseil d’orientation des retraites (COR) signalait que, malgré le vieillissement progressif de la population, la part des dépenses de retraites dans la richesse nationale serait stable ou en diminution jusqu’en 2070.

De plus, contrairement à ce que prétend Macron, il existe bien des moyens de trouver de l’argent pour financer les services essentiels, notamment les services publics. La politique de ces dernières décennies, droite et gauche confondues, a consisté à diminuer continuellement les impôts des plus riches, sur le capital et sur les sociétés, et à exonérer à tour de bras les entreprises des cotisations sociales. A nouveau, Macron s’est engagé sur une baisse des impôts de production pour les entreprises (représentant 7 à 8 milliards par an). Au total, selon plusieurs enquêtes, les exonérations de cotisations sociales pour les entreprises représenteraient aujourd’hui 80 milliards d’euros, et l’ensemble des aides publiques pour celles-ci à 167 milliards par an. De l’argent , il y en a !

Se battre contre le gouvernement et le Medef

L’objectif est ailleurs : cette contre-réforme des retraites serait le moyen de diminuer les richesses qui reviennent aux salariéEs pour les transférer au grand patronat. Le gouvernement l’a avoué, il veut s’en servir pour réduire drastiquement l’impôt sur les sociétés. Bruno Le Maire l’avait d’ailleurs annoncé dès le mois de juin: « Nous voulons poursuivre la baisse des impôts et des taxes, pour cela il faut que collectivement nous travaillions davantage, c’est l’objectif de la réforme des retraites, c’était l’objectif de l’assurance chômage, et tout cela va nous permettre de rétablir les finances publiques, baisser la dette, baisser les déficits public. »

Comme les contre-réformes précédentes, celle-ci s’inscrit dans un démantèlement progressif de la retraite par répartition, avec une baisse constante des pensions. Ainsi, la pension brute moyenne des personnes ayant liquidé leur retraite en 2019 est passée sous la pension moyenne de l’ensemble des retraités (1401 euros contre 1430 euros), après avoir diminué au cours des trois années précédentes. Tout cela pour ouvrir la voie à la capitalisation et donc à la privatisation (sur le modèle de la complémentaire santé).

Sans surprise, le Medef, se dit satisfait des « décisions responsables et pragmatiques ». Aucune doute, la guerre sociale est déclarée, et nous allons devoir nous battre et nous mobiliser pour résister à Macron et à ses amis capitalistes.

Dans le public comme dans le privé,

Une réforme aux effets dévastateurs !

Si la mobilisation ne fait pas reculer le gouvernement, les salariéEs devront à nouveau consacrer une part plus grande de leurs vies à bosser. À partir du 1er septembre 2023, l’âge légal de départ à la retraite ne sera plus de 62 ans, mais sera relevé de trois mois chaque année afin d’atteindre 64 ans en 2030. À cette échéance, il faudra avoir cotisé durant 43 annuités (et non plus 42) pour bénéficier d’une pension à taux plein. Sinon une décote (diminution de la retraite variable selon le nombre de trimestres manquant) continuera d’être appliquée jusqu’à ce que la personne retraitée atteigne 67 ans…

Le gouvernement de Macron poursuit et aggrave la politique de ses prédécesseurs de droite et de gauche avec ces mesures et d’autres dispositifs. De plus en plus de personnes n’atteindront pas la durée exigée, ce qui se traduira par des pensions plus faibles puisque calculées au prorata, et en outre diminuées par la décote. De quoi aiguiser l’appétit des capitalistes prêts à nous vendre des complémentaires retraite comme il en existe déjà dans la santé. Pour les amis du président des riches, ce serait donc la réforme en or : nous travaillerions plus, avec un marché qui s’ouvrirait encore plus pour privatiser nos retraites !

Dans le projet de contre-réforme, la règle particulière des six derniers mois pour le calcul des pensions des fonctionnaires sera maintenue… mais les dispositifs annoncés pour les salariéEs et les régimes privés s’appliqueront aussi aux travailleurEs indépendants et aux 5,7 millions de salariéEs de la fonction publique. Cependant des exceptions sont prévues pour les personnes des catégories dites « actives » : les fonctionnaires occupant un emploi présentant un « risque particulier » ou occasionnant des « fatigues exceptionnelles » (policiers, surveillants pénitentiaires, sapeurs-pompiers, égoutiers …). ne seraient pas concernés par le nouvel âge légal de départ.

Encadré 1 – La fin des régimes spéciaux

À l’exception des régimes spéciaux des avocats, des marins, des salariés de l’Opéra de Paris et de la Comédie-Française, tous les autres seraient supprimés. Les nouveaux embauchés seraient affiliés au régime général de retraite dès le 1er septembre 2023. En revanche, les salariéEs déjà en poste conserveraient leurs régimes de retraites, et leurs acquis seraient maintenus au nom de la dite « clause du grand-père ». Le gouvernement espère sans doute limiter l’ampleur d’une mobilisation sociale dans ces secteurs alors que ces « acquis » sont justifiés par des contraintes particulières (horaires de nuit, astreintes…), et devraient donc être maintenus pour toutes les personnes travaillant dans les mêmes conditions. À travail égal, salaire égal !

Encadré 2 – La négation de la pénibilité

En 2017, Macron avait supprimé le compte personnel de prévention de la pénibilité (C3P), jugé trop complexe pour les employeurs, au profit du compte professionnel de prévention (C2P). Quatre des dix facteurs de pénibilité avaient été supprimés : les postures pénibles, les manutentions manuelles de charges lourdes ; les vibrations mécaniques ; les agents chimiques dangereux. Pour les salariéEs exposés à ces risques, impossible de partir plus tôt à la retraite.

En théorie, les salariéEs cumulent des points chaque année pour un départ anticipé. En pratique, depuis 2017, à peine 1 % des deux millions de salariéEs ayant un compte ouvert ont pu bénéficier d’un départ anticipé. Borne a affirmé qu’un plus grand nombre de salariéEs pourraient bénéficier du C2P qui ouvrirait plus de droits en cas de travail de nuit ou d’exposition à plusieurs risques professionnels (un possible congé de reconversion). Mais les facteurs de pénibilité permettant un départ anticipé à la retraite ne seraient toujours pas rétablis…

Encadré 3 – Vivre plus âgé·e·s, oui, mais pas au boulot !

Nous vivons plus vieux, c’est un fait majeur des dernières décennies… et c’est une bonne nouvelle ! Mais avec sa contre-réforme, le gouvernement Borne reculerait l’âge de départ là où s’arrête l’espérance de vie sans incapacité (65,9 ans pour les femmes et 64,4 ans pour les hommes). Il n’y a pas de petits profits !

Une espérance de vie stable : depuis 2014, elle est effectivement stable chez les femmes (85 ans) comme les hommes (79 ans)… mais elle pourrait reculer ces prochaines années au vu des désastres écologiques et des services publics de santé toujours plus dégradés. Par ailleurs, ces indicateurs masquent mal une réalité concrètes : plus on est aisé, plus l’espérance de vie est élevée. Ainsi, l’espérance de vie à 35 ans des ouvriers est inférieure à celle des cadres, de 6,4 ans pour les hommes et de 3,2 ans pour les femmes…

L’emploi des seniors en berne : entre 55 et 64 ans, 56,1 % des seniors avaient un emploi en 2021. Si le taux d’emploi des seniors est en hausse depuis 2000 en raison des réformes précédentes, 28,3 % des plus de 60 ans ne sont ni en emploi ni en retraite et doivent donc survivre avec un RSA, une allocation d’adulte handicapé ou une allocation d’invalidité. La contre-réforme aggraverait encore leur situation, et ce n’est pas l’« index seniors » (qui obligerait les grandes entreprises… à publier le taux de personnes en fin de carrière qui figurent dans leurs effectifs) qui pourrait faire baisser ce chômage.

Encadré 4 – Les femmes en première ligne

Les salariéEs les plus précaires, celles et ceux qui ont connu de longues périodes de chômage, en particulier les femmes, seraient les plus impactées par ce nouveau projet de contre-réforme des retraites. Parce qu’elles vivent les temps partiels imposés ou des interruptions de carrière, les femmes ont des pensions moindres. C’est aussi parce que leurs salaires sont inférieurs en moyenne de 22 % à ceux des hommes, et que leurs pensions de droit direct (c’est-à-dire sans la réversion) sont inférieures actuellement de 40 % à celles des hommes !

Les pensions des dernières générations de femmes parties à la retraite sont supérieures à la moyenne de l’ensemble des retraitéEs parce que les carrières ont été meilleures. Pourtant, l’inégalité reste importante : la pension moyenne de droit direct des femmes de la génération 1953 est encore inférieure de 33 % à celles des hommes. Le montant de la décote est plus important en moyenne pour les femmes. Pour éviter de la subir, 19 % d’entre elles (contre 10 % des hommes) ont attendu l’âge de 67 ans pour partir à la retraite. Une situation que la contre-réforme Borne aggraverait donc pour les « premières de corvées ».

Ce que défend le NPA

Une retraite pour ne pas perdre sa vie à la gagner

A l’opposé de cette contre-réforme, nous défendons le retour à la retraite à 60 ans dès 37,5 ans d’activité, ce qui inclut le travail salarié, les années d’études et de formation dès 18 ans, les périodes sans travail à cause du chômage, de la maladie ou d’un accident, de l’invalidité, de la maternité… Les personnes qui ont vécu la pénibilité au travail doivent bénéficier de leurs retraites dès 55 ans.

L’augmentation de tous les revenus

Sans travail ou en activité, notre combat reste le même. Augmenter les salaires, c’est plus de ressources pour la Sécurité sociale car les cotisations sociales augmentent aussi. Le revenu minimum ne doit pas être inférieur à 1800 euros net. Les salaires et les revenus dits de remplacement, dont les pensions, doivent être revalorisés de 400 euros. S’il est nécessaire d’augmenter les cotisations, cela ne doit pas être réalisé au détriment du pouvoir d’achat des salariéEs : seules les cotisations patronales doivent être augmentées, et à terme, les cotisations salariales supprimées.

Le partage du temps de travail

Travailler moins pour travailler touTEs. Diminuer sans perte de salaire le temps de travail à 32 heures (ou moins si nécessaire) et imposer la retraite à 60 ans, ou moins, afin de donner du travail à touTEs les chômeurEs, c’est aussi donner plus de ressources à la Sécurité sociale et à sa branche retraite.

L’égalité hommes-femmes tout au long de la vie

Les inégalités de rémunérations hommes-femmes se reflètent aussi sur les pensions. L’égalité salariale imposée tout au long de la vie sera un apport supplémentaire aux caisses de la Sécu. Des mesures spécifiques pour le rattrapage des pensions pour les femmes et toutes les victimes de la précarité, notamment du temps partiel imposé, doivent aussi être exigées.

Le refus des régressions consécutives à la disparition des régimes spéciaux

La fusion de toutes les caisses de base et complémentaires et des différents régimes est souhaitable, mais à la condition impérative de l’alignement des prestations vers le haut et sous le contrôle des salariéEs. Les critères de pénibilité doivent aussi être rétablis.

Une sécurité sociale sous notre contrôle

Nous ne confions pas la gestion de nos revenus à des tiers. La part socialisée de notre salaire appartient à nous touTEs, assuréEs sociaux. Les administrateurEs des caisses doivent donc être élus au plus près des assuréEs, dotés de réels pouvoir de décision et révocables si besoin.

Pour nos luttes, pour transformer la société,

Une gauche de combat anticapitaliste, révolutionnaire et unitaire

Comme la récente contre-réforme de l’assurance chômage, mais aussi le projet de loi Darmanin sur l’immigration (avec des visas toujours plus restrictifs et liés aux « métiers en tension »), la contre-réforme des retraites s’inscrit dans une logique globale : il s’agit d’imposer à la majorité de la population d’être à la disposition des entreprises, sous la pression du « marché ». C’est la même logique qui est à l’œuvre dans le refus d’augmenter les salaires malgré l’inflation, ou avec l’allongement de la durée du travail dans de nombreux secteurs. Les capitalistes veulent nous faire payer la crise économique pour garder et même augmenter encore leurs profits !

Nos vies avant leurs profits !

Si Macron et compagnie arrivaient à leurs fins, l’économie capitaliste et ses crises écraseraient encore un peu plus nos vies, en nous contraignant à accepter n’importe quel job, pour n’importe quel salaire, avec des retraites de misère. Il s’agit bien de renforcer l’accaparement des richesses par quelques-uns, sur le dos de celles et ceux qui les produisent, dans des conditions toujours plus difficiles et précaires.

Lutter contre cette contre-réforme des retraites, c’est lutter contre Macron et son monde. Cette nouvelle attaque peut donc servir de déclencheur pour porter l’ensemble de nos colères : des prix qui explosent, des salaires et des revenus trop bas, des conditions de travail qui se dégradent, des services publics qui se décomposent (à commencer par celui de la santé)…

Grèves, blocages, Macron dégage !

Les journées de manifestations, de grèves et de mobilisations intersyndicales, sont essentielles. Pour gagner, il va falloir construire un mouvement d’ensemble combinant différentes formes de mobilisation : sur nos lieux de travail et d’études, dans nos quartiers, dans la jeunesse… Multiplier les espaces de rencontres pour construire ce mouvement, nous organiser en assemblées générales, nous coordonner pour construire une grève reconductible dans la durée et des manifestations de masse afin de bloquer le pays. C’est le seul moyen de gagner, de faire sauter cette réforme et de se débarrasser de ce gouvernement au service des plus riches.

Pour cela, il s’agit d’organiser la riposte par en bas, dans la plus grande unité possible du monde du travail, de l’ensemble des classes populaires et de la jeunesse, et de leurs organisations. L’unité et la coopération pour faire face aussi à la répression de l’État pour protéger les riches et les puissants.

Un autre monde écosocialiste est possible

Deux modèles de société s’affrontent, et aucun compromis n’est possible avec ceux dont la seule préoccupation est d’assurer la survie d’un système en crise, quitte à broyer l’humanité et la planète. À l’heure où la crise climatique causée par ce système productiviste fait rage et où nous sommes pris à la gorge par l’inflation (notamment sur les produits de première nécessité et l’énergie), les capitalistes distribuent 80 milliards de dividendes aux actionnaires du CAC 40…

Contre eux, nous défendons la rupture avec ce système. Pour une société où l’on travaille moins pour travailler touTEs, et où l’on produit mieux, en fonction des besoins et en respectant la planète. Pour en finir avec le capitalisme, il faut donc prendre nos affaires en mains, et nous organiser pour décider par nous-mêmes comment réorganiser la société.

Dès maintenant, il est nécessaire de construire l’outil politique d’une gauche de combat aussi fidèle aux oppriméEs et aux exploitéEs que Macron l’est aux capitalistes et au patrons : un parti pour la transformation révolutionnaire de la société, une force pour contribuer au renversement du capitalisme, vers une société écosocialiste. S’organiser maintenant parce que nos vies valent plus que leurs profits.

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16 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

callac (npa)

 

Flics défendant une réunion d’extrême droite à Callac le 5 novembre 2023.

Jours sombres à Callac !

À Callac, centre Bretagne, petite ville des Côtes-d’Armor (22) le projet « Horizon » porté par le fonds de dotation « Merci » visant à accueillir et permettre l’insertion d’un certain nombre de réfugiéEs, soutenu par le maire et la majorité du conseil municipal, a été abandonné en ce début janvier sous la pression et les menaces de l’extrême droite.

Menaces et terreur

Celle-ci, tout particulièrement « Reconquête » du sinistre Zemmour a, dès l’annonce du projet et son début de concrétisation, lancé une véritable guerre à coups de mensonges (« immigrationnisme », « grand remplacement »), de menaces de viol et de mort contre des éluEs et des habitantEs.

C’est un véritable climat de terreur que les identitaires racistes et fascistes ont entretenu durant plusieurs mois, rameutant leurs groupes de nazillons d’un peu partout en France, ainsi que des orateurs nationaux dont Gilbert Collard.

Ils ont organisé des rassemblements au pied de la mairie, conspuant le maire et les soutiens au projet mais aussi pratiquant l’intimidation physique et les menaces par voie de tracts et de tags.

Riposte

Si à plusieurs reprises, comme le 17 septembre et le 5 novembre, des manifestantEs, dont les camarades du NPA des Côtes-d’Armor (22) et du Finistère (29), se sont rassembléEs et ont manifesté bien plus nombreux que les fascistes, en soutien au projet et aux réfugiéEs, les dépôts de plainte des éluEs menacéEs n’ont connu aucune suite sinon de se protéger eux-mêmes.

Danger

L’épisode vécu à Callac n’est ni anecdotique ni secondaire.

Le recul du maire sous les injonctions menaçantes et le silence de services de l’État signe une défaite face à la violence de l’extrême droite qui peut malheureusement, dans le climat délétère que nous subissons, en appeler d’autres.

Si les opposantEs aux racistes et fascistes se sont manifestéEs massivement (plusieurs centaines), ils et elles n’ont trouvé en face d’elles et eux que les gendarmes et les gaz lacrymogènes protégeant le périmètre alloué aux fascistes de Reconquête, de Riposte laïque, de l’Action française et des identitaires.

Ces derniers ont obtenu gain de cause et s’en félicitent pour poursuivre leur chemin de haine et d’exclusion à Callac mais aussi ailleurs.

Résistance !

Face à ce péril, il est temps, grand temps que l’ensemble de notre camp social, du mouvement ouvrier et démocratique, des antifas, se ressaisissent et opposent un front unique large et déterminé, s’inspirant des leçons du passé, pour contrer les tenants de la peste brune et développer une solidarité sans faille avec les migrantEs et réfugiéEs, celles et ceux qui militent à leur côté pour la liberté de circulation et d’installation.

La peur doit changer de camp ! Ne laissons pas la gangrène raciste et fasciste envahir notre quotidien.

Lundi 16 janvier 2023

https://lanticapitaliste.org/

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