Archive | A gauche du PS

21 février 2020 ~ 0 Commentaire

lutte ouvrière lannion (ouest france)

jeunes

Lannion. Yann Guéguen : « Une autre société à bâtir »

Candidat à la mairie de Lannion (Côtes-d’Armor), Yann Guéguen conduit une liste Lutte ouvrière. Il répond à la question que nous lui avons posée : quels sont vos projets pour la jeunesse à Lannion ?

« Scandales financiers et sanitaires, fermeture d’usines, vagues de licenciements, aggravation du chômage, avenir bouché pour les enfants des classes populaires… Voilà ce que Macron et ses acolytes présentent comme un avenir radieux.

La jeunesse sera précipitée demain dans la jungle que représente ce monde capitaliste, quel que soit le niveau de ses études.

Croire que l’on peut vivre à l’abri, au milieu de cet océan de misère et de pauvreté qui domine la planète et qui gagne progressivement les pays riches, est non seulement illusoire mais stupide.

Si l’on ne veut plus d’un monde qui ne mette en avant que la réussite individuelle, le repli sur soi et l’égoïsme, qui considère que le profit est le but ultime à atteindre, il faut se donner les moyens de le changer.

Oui il est possible de bâtir une société débarrassée de la concurrence, la recherche du profit individuel, débarrassée des frontières qui dressent les peuples les uns contre les autres. Une société dirigée et gérée démocratiquement, où l’on décidera collectivement de ce qu’il faut produire et comment le produire pour préserver les êtres humains ainsi que la planète.

Une économie planifiée permettra d’en finir avec les crises où les progrès techniques et scientifiques profiteront à tous et non pas à accroître la fortune d’une minorité. »

Yann Guéguen 21/02/2020

https://www.ouest-france.fr/

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21 février 2020 ~ 0 Commentaire

philippe poutou (npa)

Manif 12 avril 2014 Paris

Bordeaux : l’équipe anticapitaliste autour de Philippe Poutou s’invite dans la cour des « grands » aux municipales

En passant de 11% à 12% des intentions de vote sur un sondage BVA publié ce 20 février, la liste anticapitaliste Bordeaux en luttes emmenée par Phillipe Poutou s’invite dans la cour des « grands » prétendants au second tour des municipales.

Elle dépasse en effet la liste Renouveau Bordeau (LREM) de l’énarque et macroniste de la première heure Thomas Cazenave pour se placer en troisième position derrière le maire par intérim sortant Nicolas Florian (LR) et la liste Bordeaux Respire (EELV-PS-PCF-Génération-s) dont le numéro un Pierre Hurmic affirme que le bilan de Juppé est « globalement bon ».

Faire entendre la colère d’en bas dans un paysage de notables 

Soutenue par le NPA, le collectif Bordeaux Debout, la France Insoumise, et composée de syndicalistes de base, de gilets jaunes, de militantEs de terrain – qu’ils et elles soient salariéEs, étudiantEs, chômeurSEs – l’équipe de Bordeaux en luttes entend bousculer le jeu électoral pour y faire entendre haut et fort la colère sociale de « ceux qui ne sont rien » et qui payent cher la crise.

Dans ce paysage de notables de bonnes familles, il s’agit de faire écho à la radicalité exprimée dans le mouvement de grève contre la réforme des retraites depuis le 5 décembre et pendant le mouvement des gilets jaunes (très fort à Bordeaux) autour d’un programme de rupture résolument anticapitaliste.

Un programme résolument anticapitaliste

Les mesures phares de ce programme s’en prennent directement aux intérêts du patronat, des grands propriétaires fonciers et des spéculateurs de tous poils dans la métropole pour répondre aux besoins élémentaires des exploitéEs et oppriméEs ainsi qu’aux urgences écologiques et démocratiques :

Réquisition et expropriation des grandes entreprises qui licencient, réquisition de tous les logements vacants, transports collectifs gratuits, développement centres d’hébergement d’urgence pour les migrant-e-s et femmes et personnes LGBT+ victimes de violences, cantines scolaires gratuites, interdiction des pesticides, désarmement de la police municipale, régie publique de l’eau, RIC municipal décisionnaire, révocabilité des élu-e-s…

Sans diffuser d’illusions électoralistes (1) sur une possible gestion « de gauche » de la ville dans le cadre du capitalisme, voilà de quoi ouvrir la discussion sur le projet de société dont pourrait se doter l’ensemble de notre classe pour en finir avec l’exclusion, la pollution, la gentrification des quartiers populaires, la misère sociale et la violence dont les agglomérations comme Bordeaux sont le triste théâtre.

Renverser la table du conseil municipal

Un score électoral tel que celui prévisionné par ce dernier sondage pourrait propulser au conseil municipal de Bordeaux des élu-e-s comme Phillipe Poutou, ouvrier de l’usine de Ford de Blanquefort récemment licencié avec la complicité hypocrite des pouvoirs publics, mairie comprise.

C’est dans ce type d’affaires qu’ils et elles pourront mettre leur nez pour dénoncer sur la place publique les politiques antisociales et répressives qui sont menées, que les majorités municipales soient de droite ou « de gauche ».

Rémi Grumel    

  • 1. Le tract de campagne de « Bordeaux en lutte » affirme clairement : « Les élections municipales, pas plus que les autres, ne modifient le système dominant, l’ordre social que nous entendons renverser. »

Vendredi 21 février 2020

https://npa2009.org/

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21 février 2020 ~ 0 Commentaire

corbyn et l’ira (rs 21)

ireland

Jeremy Corbyn et l’IRA

Lors des dernières élections générales, il y avait une hostilité personnelle envers Jeremy Corbyn. Je ne parle pas ici de sa position sur le Brexit, qui a été débattue sans fin ailleurs. Je pense aux allusions plus personnelles et en particulier  selon quoi il était ami, associé ou excusait l’IRA Provisoire (Armée Républicaine Irlandaise).

Ces attaques ont commencé peu de temps après qu’il soit devenu leader, mais l’impact semblait minime. Pour les jeunes électeurs, il s’agissait d’une histoire ancienne, et même pour de nombreux anciens, l’IRA avait depuis longtemps cessé d’être un problème.

Cette fois, cependant, dans une atmosphère de droite plus fébrile et les attaques sans fin contre Corbyn par les médias, ce thème a commencé à se faire entendre. En particulier, me dit-on, dans le «cœur perdu du Labour». Le fait que l’argument de l’IRA puisse obtenir une audience dans ces régions est presque certainement lié au fait que ce sont ces régions (le nord-est, les sections les plus pauvres du nord-ouest, du Pays de Galles), d’où provenaient la plupart des recrutements de l’armée britannique.

L’Écosse était également un immense terrain de recrutement, mais la trajectoire politique là-haut est très différente des zones «laissées pour compte» du nord et du pays de Galles.

Ce qui est intéressant, c’est que ce thème s’est déroulé sans contexte. Il était donc pro «IRA», mais qu’est-ce que cela voulait dire exactement? Pourquoi était-ce mauvais? Qui était l’IRA?

La réponse simple est bien sûr qu’il s’agit de «terroristes». L’emploi du mot terroriste est en soi révélateur. Cela implique immédiatement «mauvais, fou et meurtrier». Les terroristes sont violents, les terroristes ne se soucient pas de la vie humaine. Aucune personne décente ne peut soutenir des terroristes.

Pourtant, les politiciens qui nous disent cela ont généralement beaucoup plus de sang sur les mains que n’importe quel terroriste pourrait espérer en verser. Tony Blair et George W. Bush étaient «contre les terroristes» tout en faisant plus de morts, de destructions et de misère humaine au peuple irakien en une journée que la plupart des organisations terroristes n’ont fait dans leur vie.

Tous les grands dirigeants mondiaux passés ont participé à de grandes opérations militaires  «contre les terroristes». Tous les journaux qui ont soutenu les aventures militaires de ces dirigeants sont «contre les terroristes».

En d’autres termes, ils ne sont contre les personnes qui utilisent la violence pour atteindre des fins politiques que si ce n’est pas leur propre violence d’État. Ils pleureront des seaux pour les morts après une «attaque terroriste» mais n’ont pas de larmes (nous incitent en fait à nous réjouir) quand ils tuent eux-mêmes beaucoup plus de personnes.

Qui est qualifié de terroriste?

Il est également instructif de voir qui ils ont qualifié de terroristes. Le plus célèbre, le Congrès national africain (ANC) était des terroristes. Avant que Nelson Mandela ne devienne le leader mondial préféré de tous, il a été dénoncé comme terroriste, et les étudiants conservateurs (dont la moitié sont probablement au Parlement maintenant) portaient des badges disant «Pendez Nelson Mandela!».

Divers mouvements en Afrique tentant de mettre fin à la domination coloniale de la Grande-Bretagne, du Portugal, de la Belgique ou de la France ont été dénoncés comme terroristes. L’Organisation de libération de la Palestine (OLP) voulant une patrie palestinienne contre l’État israélien violent était des «terroristes». Il ne s’agissait donc jamais du nombre de tués mais de quel côté vous étes.

Ce qui nous amène à l’IRA. Je ne peux pas dire exactement où Jeremy Corbyn se situait sur la question, bien que je puisse tenter une approche générale. Je peux dire où en était la grande majorité des socialistes révolutionnaires (avec des nuances bien sûr).

La lutte pour l’indépendance irlandaise

Pour ce faire, il est nécessaire de se plonger dans l’histoire. N’ayez crainte, je n’ai pas l’intention de parcourir 800 ans d’oppression britannique en Irlande, mais il est nécessaire de revenir à la première partie du 20è siècle, ne serait-ce que brièvement.

Lorsque la Première Guerre mondiale a éclaté, l’Irlande était encore entièrement sous domination britannique. La majorité de la population était catholique et nationaliste – essentiellement en faveur d’une sorte de dévolution (Home Rule).

Le dimanche de Pâques 1916, une révolte a été organisée par des Républicains militants et des socialistes révolutionnaires qui ont été écrasés par l’armée britannique. Les dirigeants ont été exécutés dans un processus d’exécutions macabres, jour après jour.

Les rebelles n’avaient que le soutien d’une petite minorité, mais en deux ans, l’humeur du pays a radicalement changé, une écrasante majorité voulant désormais une Irlande indépendante. Les républicains organisés dans Sinn Fein ont remporté presque tous les sièges lors des élections générales qui ont suivi. Ce n’est que dans le nord du pays où il y avait une population protestante importante que les républicains n’ont pas dominé.

L’Irlande a voté pour l’indépendance, mais la Grande-Bretagne a refusé de l’accorder. L’IRA (originale) a émergé, créant une unité armée dans chaque paroisse du pays, qui a déclenché une guerre d’indépendance. La tentative britannique de la briser a été l’un des épisodes les  plus sanglants de l’histoire honteuse de la Grande-Bretagne en Irlande.

Finalement, l’impasse militaire a conduit à des pourparlers et les Britanniques ont imposé une frontière en Irlande. 26 comtés ont accédé à l’indépendance, et un nouvel État composé de six comtés est resté membre du Royaume-Uni, devenant l’Irlande du Nord.

Cela a conduit à une scission du républicanisme et à une guerre civile, les forces favorables à l’accord ont gagné et l’Irlande a été divisée selon les lignes voulues par la Grande-Bretagne.

Le grand socialiste révolutionnaire irlandais James Connolly (l’un de ceux exécutés en 1916) avait prédit que si l’Irlande devait être divisée, il y aurait un «carnaval de réaction» des deux côtés de la frontière. Il avait raison.

Le sud est devenu une société profondément conservatrice dans laquelle l’église catholique exerçait un pouvoir énorme. Le nord est devenu un État sectaire dans lequel la population catholique, qui représentait environ un tiers de la population, était systématiquement discriminée, privée de ses droits et soumise à une grande répression étatique. Le premier Premier ministre de cet état, Craigavon ​​a clairement indiqué qu’il était en train de construire un parlement protestant, dans un État protestant, pour le peuple protestant.

En réalité, l’État était pour la classe capitaliste protestante et dans l’intérêt de la Grande-Bretagne, mais cherchait à acheter les travailleurs protestants, en leur montrant qu’ils étaient favorisés pour les emplois, le logement social, le développement industriel, etc. Les pauvres protestants étaient pauvres , mais ont été encouragés à penser « vous êtes mieux que les catholiques ».

Pendant la majeure partie des 50 années suivantes, les gouvernements britanniques successifs (conservateurs et travaillistes) ont fermé les yeux sur le comportement de cet État hautement sectaire, discriminatoire, non démocratique et répressif. Il y a eu une tentative de réforme mineure par un Premier ministre unioniste «moderniste», Terence O’Neill, auquel la majorité des unionistes a résisté et c’est l’émergence du mouvement des droits civiques des années 1968 69 70 qui a finalement commencé à contester cet état.

Droits civils, répression et réémergence de l’IRA

Exigeant une personne une voix, l’égalité d’accès aux emplois et au logement (comme les noirs des USA blog), le mouvement s’est battu pour une réforme de base qui aurait simplement signifié que l’Irlande du Nord se conforme à la façon dont le reste du Royaume-Uni était géré.

Dans tout autre contexte, ces demandes auraient été considérées comme du bon sens et modérées. Le mouvement des droits civiques ne demandait pas une Irlande unie ni la fin de la frontière. Mais dans le contexte de l’Irlande du Nord, il remettait en cause l’existence même de l’État.

Un mouvement pacifique (mais de plus en plus militant) a rencontré toute la force et la brutalité de l’État d’Irlande du Nord. Des manifestants ont été attaqués par des policiers armés et des bandes loyalistes en collusion avec la police. Les dirigeants ont été dénoncés, harcelés et même emprisonnés.

Le mouvement a exigé un changement pacifique. Non seulement cela a été refusé, mais la communauté catholique ressentait maintenant la colère des loyalistes (aidés par la police). Des pogroms avaient lieu avec des centaines de familles qui fuyaient leurs maisons.

L’armée britannique aurait pu été envoyée pour maintenir la paix, protéger les catholiques et rétablir la normalité. Mais la normalité qu’ils rétablissaient était celle d’un État sectaire et antidémocratique.

L’armée britannique est rapidement passée de la «protection des catholiques» à la repression des «voyous et fauteurs de troubles». Ce changement est devenu clair avec l’introduction de l’internement sans procès (visant presque exclusivement les catholiques) et le dramatique massacre de Bloody Sunday à Derry en 1972 où le Parachute Regiment a abattu 13 manifestants non armés dans le Bogside.

Et l’IRA? L’IRA a toujours existé, opposée à la frontière et pour une Irlande unie, mais elle était marginale. Il y avait eu une «campagne frontalière» brève et infructueuse dans les années 50, mais ils étaient vieillissants et en grande partie inactifs.

Une nouvelle génération qui avait demandé pacifiquement des changements était témoin non seulement de l’échec des changements les plus modérés, mais aussi de la réaction loyaliste violente, de l’agressivité de la police, du pouvoir judiciaire et du comportement meurtrier de l’armée britannique.

Les jeunes ont commencé à affluer vers les deux ailes de l’IRA, l’IRA « officielle pro Moscou » et « Provisoire » devenant la véritable force du républicanisme et finissant par gagner la plupart des recrues. Avant cela, l’Irlande du Nord avait le taux de criminalité le plus bas de toute le Royaume Uni. On nous demanda de croire qu’une génération de psychopathes sanguinaires était sortie de nulle part. En réalité, une population désespérée a été témoin des échecs des manifestations pacifiques et de la violence de l’État.

Soutien inconditionnel mais critique

Dans ce contexte, la gauche révolutionnaire (ou la majeure partie) savait avec qui elle était. C’était avec ceux qui se battaient pour le changement contre ceux qui se battaient pour préserver le statu quo. Avec ceux qui voulaient briser cet État sectaire contre ceux qui cherchaient à le préserver par tous les moyens.

C’était avec «l’Armée de libération» contre « l’Armée de répression ». C’était avec le soulèvement nationaliste contre les paramilitaires loyalistes sectaires meurtriers (et leurs soutiens secrets parmi les britanniques et la police). C’était pour Irlande unie, contre la partition réactionnaire et impérialiste du pays.

En cela, notre position était inconditionnelle, nous n’avons pas pesé chaque déclaration, chaque bombardement, chaque désastre tactique pour décider de quel côté nous étions.

Oui, nous nous sommes réservés le droit d’être très critiques à l’égard du républicanisme, de sa stratégie, de son nationalisme toutes classes confondues et parfois de ses actions militaires, désastreuses et déchirantes, mais entre l’oppresseur et l’opprimé, nous savions où nous étions.

Certains faisaient partie de la gauche travailliste – Tony Benn, Ken Livingstone, Clare Short et oui – Jeremy Corbyn, qui bien qu’ils n’approuvaient pas la position des révolutionnaires, ont reconnu que le républicanisme était apparu en raison de simples droits refusés. La position «antiterroriste, soutien total à l’armée britannique et à l’État britannique» des politiciens traditionnels était réactionnaire et erronée.

Ils pensaient que les troupes devaient sortir d’Irlande et que la voix du républicanisme devait être entendue. Ont-ils partagé des plateformes avec Sinn Fein? Probablement. Étaient-ils en droit de le faire? Absolument.

Bien sûr, pendant tout ce temps, le gouvernement britannique parlait secrètement à ces mêmes républicains. Finalement, l’establishment britannique s’est assis avec eux et a conclu un accord, reconnaissant en réalité ce que Benn, Corbyn et autres avaient soutenu: les Britanniques ne gagneront pas un conflit armé, ils devront négocier.

Il ne s’agissait donc pas d’être «amis de l’IRA» (je n’ai aucune idée des relations personnelles de Corbyn avec Gerry Adams ou Martin McGuinness), mais il s’agissait de dire que je m’opposerai à l’injustice, à la répression légale et aux dissimulations des atrocités de l’armée

Ils pensaient probablement qu’en fin de compte, une Irlande unie serait la seule solution, une position qui est probablement plus répandue aujourd’hui en Grande-Bretagne que jamais.

D’anciens dirigeants travaillistes ont d’énormes quantités de sang sur les mains, «amis» de George W. Bush, ils ont ordonné la mort et la destruction, ils portent une grande part de responsabilité dans la guerre au Moyen-Orient aujourd’hui. Corbyn, pour sa part, de manière modeste, a contribué à la paix en Irlande du Nord…

Pendant les élections générales, les affirmations selon lesquelles Jeremy Corbyn était un partisan ou même un membre de l’IRA ont joué un rôle important dans la façon dont il a été diabolisé. Malgré la dépendance de Johnson au soutien des fanatiques du Parti Unioniste Démocratique (DUP), il y a eu remarquablement peu de discussions sur le contexte de la campagne IRA ou l’attitude de la gauche à son égard. Pat Stack remet les pendules à l’heure.

Pat Stack 20 janvier 2020

https://www.rs21.org.uk/

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21 février 2020 ~ 0 Commentaire

izquierda unida (pùblico)

 CANDIDATOS IZQUIERDA III

Garzón: « Ne pas s’allier avec Podemos aurait conduit à la disparition d’Izquierda Unida

La coalition de gauche entame samedi sa 12è Assemblée fédérale, après «l’étape historique» de l’entrée au gouvernement.

La Gauche Unie tiendra sa 12è Assemblée fédérale à un moment agéable. La coalition de gauche organise samedi son Assemblée et, dans ce contexte, elle espère mettre en marche la machine ​​de son prochain congrès, prévu le week-end du 12 juin.

La dernière Assemblée fédérale a eu lieu en 2016, il était donc obligatoire d’en tenir une autre en 2020, même s’il est possible que les élections catalanes, si elles sont finalement convoquées, puissent pousser au report de ce projet.

Pùblico a accédé au rapport de gestion que le coordinateur fédéral de l’organisation, également ministre de la Consommation, Alberto Garzón, lira samedi. Il met en évidence l’espace occupé aujourd’hui par IU, « une organisation que certains considéraient comme dépassée », au sein du gouvernement de coalition. « C’est une étape historique au cours des 85 dernières années au niveau symbolique et institutionnel ».

« Nulle part il était écrit que notre organisation survivrait à l’explosion du système des partis et, encore moins, qu’elle jouerait un rôle de premier plan »

Le texte défend également la confluence avec Podemos: c’était la bonne stratégie, comme le temps l’a confirmé, dit-il. L’alternative, c’est-à-dire participer séparément aux derniers rendez-vous électoraux, aurait conduit à la disparition de la Gauche Unie.

La réunion qui aura lieu à Madrid servira à Garzón pour défendre la transformation d’IU. D’un mouvement «avec un fonctionnement de parti classique», IU est devenue «plus démocratique, transparente et dotée de mécanismes efficaces de participation collective».

Le cycle politique électoral 2019 est, selon ce rapport, « satisfaisant », malgré « les difficultés de la phase politique », et malgré le fait qu’ils aient perdu des élus au Congrès et au Parlement européen: le décompte mentionne « deux Députés européens, 2 369 conseillers locaux, 11 parlementaires régionaux (deux de plus qu’en 2015 après avoir regagné une présence dans cinq communautés), trois députés d’État (plus deux députés des confluences régionales) et un ministre.  »

« Nulle part il n’était été écrit que notre organisation survivrait à l’explosion du système des partis et, encore moins, qu’elle jouerait un rôle de premier plan dans la construction collective de l’histoire de notre pays ».

IU se vante de jouir « d’un meilleur espace médiatique » qu’à d’autres époques, même quand ils étaient « la troisième force politique du pays ». Il reconnaît également que son «capital symboli-que » a été affaibli dans l’imaginaire collectif des citoyens» et c’est pourquoi il plaide pour le renforcement de l’organisation.

De plus, le coordonnateur fédéral de façon prévisible veut réduire la dette qui pèse sur la coalition. À cette tâche, sont consacrés 42% des revenus, pour la réduire de quatre millions d’euros (de 11 à 7 millions).

Renforcer l’IU, c’est renforcer Unidos Podemos

Dans un autre ordre d’idées, IU reconnaît que l’espace d’Unidos Podemos « est en déclin depuis 2016″, bien qu’il ait réussi à résister à « d’innombrables attaques sans précédent ».
«L’unité est le seul moyen, d’abord pour le bien des familles des travailleurs de notre pays et, ensuite, pour celui de notre organisation»

« Renforcer le mouvement politique et social IU ne signifie en aucun cas un renforcement de boutique, c’est-à-dire placer les intérêts partisans avant ceux de l’ensemble de l’espace et des familles de travailleurs. Renforcer le mouvement politique et social IU signifie renforcer le patrimoine politique, organisationnel et symbolique de l’ensemble de la gauche « .

Dans le contexte de polarisation, le pays menacé par l’extrême droite a besoin « d’une solide gauche transformatrice pour relier d’un fil rouge les espoirs à un avenir porteur d’espoir ».

Cette gauche doit « élargir son champ d’action politique au-delà de la sphère institutionnelle; renforcer l’espace d’Unidos Podemos pour construire l’unité populaire par le bas ». « L’unité est le seul moyen, pour le bien des familles de travailleurs de notre pays et, deuxièmement, pour celui de notre organisation », indique le rapport.

Eviter une fermeture « réformiste » à la crise du régime

D’autre part côté, le rapport de Garzón s’appuie sur le diagnostic selon lequel tout un cycle politico-institutionnel culmine maintenant, et que la crise du régime « reste ouverte », et l’un des objectifs d’IU est « d’éviter une fermeture réformiste » ou  » autoritaire.  »

« Nous sommes confrontés à un scénario sans précédent, l’aggravation des contradictions ouvre la possibilité d’un simple respect des droits sociaux les plus élémentaires après une décennie d’austérité et de revers ».

Madrid 21/02/2020 Alejandro López de Miguel

https://www.publico.es/

Commentaire:

On ne sent pas d’inquiétude face à la montée du fascisme!

Des grands partis communistes de « l’ouest », l’italien, le plus important, a disparu. Les grecs, français et portugais gardent le nom: KKE, PCF, PCP. Le PCE espagnol (comme l’italien) était moins « stalinien », il s’est transformé en « Izquierda Unida » un « Front de Gauche » avec des frictions entre tendances. IU n’existe pas en Catalogne, le puissant PSUC y a donné naissance à 2 petits partis qui sont dans « En Comù Podem » (avec Podemos et la maire de Barcelone Ada Colau). La coalition y a gagné les avant dernières élections. 

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20 février 2020 ~ 0 Commentaire

philippe poutou (le-huff’ ouest-france)

Municipales 2020: A Bordeaux, Poutou pourrait créer la surprise

Un sondage BVA pour Europe1 place le candidat anticapitaliste devant la liste conduite par la majorité présidentielle.

 Il y a des phénomènes en politique qu’on ne voit pas venir. Philippe Poutou, candidat à l’élection présidentielle à deux reprises (2012, 2017) avec un score à peine supérieur à 1% des suffrages, est en train de percer dans l’opinion en vue de l’élection municipale à Bordeaux les 15 et 22 mars prochains.

Selon un sondage BVA pour Europe1 publié ce 20 février, le candidat anticapitaliste, qui a récemment perdu son emploi à l’usine Ford, soutenu localement par la France Insoumise, atteindrait les 12% d’intentions de vote et se classerait en troisième position derrière le maire sortant Nicolas Florian, successeur d’Alain Juppé et soutenu par LR (40% des intentions de vote) et l’écologiste Pierre Humric (30%).

Triangulaire ou quadrangulaire?

Avec un score à deux chiffres, l’ancien ouvrier de Ford serait en mesure de se maintenir au second tour et de se placer en position d’arbitre, celui qui départage la gauche et la droite. Une surprise que peu d’observateurs avaient vue venir, et sans doute encore moins LREM qui se voit ainsi dépassée, dans les sondages, par un candidat d’extrême gauche.

Thomas Cazenave, le candidat soutenu par le parti présidentiel, n’est lui crédité que de 11% des voix, arrivant ainsi en quatrième position. S’il confirme ce score supérieur à 10%, il pourrait lui aussi se maintenir et provoquer une quadrangulaire. À moins qu’il ne décide de s’allier avec la liste du maire sortant, par ailleurs soutenu par le MoDem de François Bayrou.

En 2014, Philippe Poutou s’était déjà présenté dans la ville de Jacques Chaban-Delmas et d’Alain Juppé, mais il n’avait obtenu que 2.51% des voix.

Astrid de Villaines 20/02/2020

https://www.huffingtonpost.fr/

Lire aussi:

Le NPA Philippe Poutou ne cesse de grimper et fait trembler LREM (Ouest France)

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20 février 2020 ~ 0 Commentaire

actu (npa)

npa 29 vertic

.Après le séisme dans le land de Thuringe, c’est aux classes populaires de préparer les répliques !

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20 février 2020 ~ 0 Commentaire

guerre gréco-turque? (à l’encontre)

macron soldat

Militarisation en Méditerranée orientale

Menace d’une guerre gréco-turque

De nombreuses forces aériennes et navales des Etats impérialistes occidentaux sont rassemblées dans la Méditerranée orientale, «coexistence compétitive» de grands navires de guerre dotés d’une puissance de feu significative.

Les navires de la Marine états-unienne, qui opèrent à partir de la grande base navale de Souda, sur l’île de Crète, forment le plus fort contingent. Cette base est considérée comme étant d’une importance stratégique cruciale pour les Etats-Unis, en tant que principal pilier de son «arc d’endiguement» qui s’étend de la Pologne à Israël.

Récemment, le Parlement grec a approuvé un nouvel accord militaire entre la Grèce et les Etats-Unis [le 5 octobre 2019 entre Mike Pompeo et Nikolaos Dendias, ministre des Affaires étrangères], qui rend permanente la présence de bases militaires américaines en Grèce. Ce qui place l’alliance entre les deux Etats au rang de «partenariat stratégique». Cet accord a été salué par Mike Pompeo et célébré par tous les partis politiques grecs – à l’exception de la gauche radicale, qui a protesté dans la rue.

L’accord a été préparé par le gouvernement SYRIZA d’Alexis Tsipras, puis il a été signé par le gouvernement de la Nouvelle Démocratie sous Kyriakos Mitsotakis.

A l’intérieur du pays, outre la base de Souda qui ne cesse de s’agrandir, les Etats-Unis disposent désormais de grands aérodromes militaires, de bases de transport et de ravitaillement pour les forces d’«intervention rapide» et de bases fixes pour les «armes stratégiques» modernes (comprenant probablement les armes nucléaires dites «petites»).

Dans le même temps, l’Etat français, dirigé par Emmanuel Macron, a établi une base navale permanente à Chypre et le navire français Charles de Gaulle patrouille dans les mers autour de Chypre. Le 29 janvier 2020, un «partenariat stratégique de sécurité» a été signé entre Emmanuel Macron et le premier ministre Kyriakos Mitsotakis.

Début février, dans la petite île de Skyros, au centre de la mer Egée, un exercice militaire conjoint a été mené avec la participation des forces grecques, états-uniennes et françaises.

Le lendemain, Mike Pompeo a donné le message: une éventuelle attaque militaire contre les positions grecques recevra une réponse «euro-atlantique», symbolisée par l’activité des forces armées états-uniennes et françaises dans la zone.

Cette alliance dispose également d’importantes forces locales. Au cours des dernières années, la diplomatie grecque a joué un rôle de premier plan dans la mise en place de deux «axes». Il s’agit des «triades» Grèce-Chypre-Israël et Grèce-Chypre-Egypte.

Les Etats qui composent ces «triades» coopèrent étroitement, ils ont adopté une position commune concernant le partage des zones économiques exclusives ZEE.  Selon le droit de la mer, il s’agit d’un espace maritime sur lequel un Etat exerce un droit souverain. Ils déclarent ouvertement (avec des exercices militaires conjoints) qu’ils ont la force militaire d’imposer leur accord de partage dans la région.

Deux facettes des tensions entre la Grèce et la Turquie, avec leurs extensions géopolitiques

Deux facteurs sont à la base de ces développements:

Les tensions dans les relations entre le régime d’Erdogan en Turquie et les Etats-Unis ainsi que le camp occidental en général. Elles sont apparues au grand jour après l’échec de la tentative de coup d’Etat de 2016. Les tensions existaient déjà mais elles se sont accrues lorsque le gouvernement turc a commencé à travailler avec les Russes en Syrie.

Le réalignement des relations diplomatiques dans la région – avec la détérioration des relations américano-turques et israélo-turques et l’amélioration consécutive des relations militaires et économiques américano-grecques et israélo-grecques – a pris son envol lorsque la géopolitique des hydrocarbures est entrée en jeu.

D’importants gisements de gaz naturel ont été découverts dans la région. A l’exception des zones occidentales (où l’ENI italienne est engagée), les «gisements de gaz» du sud-est de la Méditerranée ont été concédés à un consortium de grandes transnationales occidentales, dirigé par l’américaine ExxonMobil et la française Total.

Ces sociétés, en coopération avec Israël, l’Egypte, Chypre et la Grèce, ont conclu le plan de l’oléoduc EastMed (Eastern Mediterranean). Il s’agit d’un projet pharaonique. Il prévoit la construction d’un pipeline sous-marin de grande longueur, qui reliera Israël aux côtes italiennes, en contournant la Turquie tout en s’étendant dans des eaux très profondes et soumis à de forts risques sismiques.

Le coût d’un tel mégaprojet est inconnu, ses problèmes techniques sont sans précédent et sa rentabilité commerciale est douteuse. Par conséquent, de nombreux «experts», dont certains dirigeants des industries extractives, sont très prudents. Pour construire la Méditerranée orientale sans la participation de la Turquie, il faut s’assurer que les ZEE d’Israël, de Chypre et de la Grèce soient géographiquement reliées.

Malgré tout cela, le plan EastMed a été officiellement signé par les gouvernements de Grèce, de Chypre et d’Israël le jeudi 2 janvier. Récemment, le Congrès américain a voté en faveur du East Med Act, qui déclare que ce plan est la politique énergétique officielle des Etats-Unis en Méditerranée orientale.

Le droit international

Ce plan a été mis en œuvre par une tactique de faits accomplis. Le gouvernement d’Erdogan, afin de rompre son isolement, a procédé à la délimitation des ZEE entre la Turquie et la Libye – plus exactement la partie de la Libye qui est contrôlée par le «gouvernement» de Fayez el-Sarraj (qui est formellement reconnu par les gouvernements occidentaux). Cette délimitation crée un «fragment» maritime sous souveraineté turque, ce qui interrompt la continuité entre les ZEE de Chypre et de la Grèce, faisant ainsi du projet EastMed un rêve inaccessible.

Cet accord de délimitation échouera probablement, au même titre que le «gouvernement» libyen qui l’a cosigné (Athènes soutient déjà le «général» Khalifa Haftar en Libye…). Mais en attendant, la Turquie a demandé aux Nations unies d’enregistrer l’accord maritime signé avec la Libye.

Cette évolution a provoqué un débat stratégique crucial au sein de la classe dirigeante grecque. Il existe un courant «sage et prudent». Ils semblent se rendre compte que toute perspective réelle d’exploitation des hydrocarbures en Méditerranée orientale ne peut être réalisée que par un accord avec la Turquie. Ils soutiennent donc le recours à la Cour internationale de justice.

Mais une autre partie de l’establishment insiste pour profiter de l’alliance avec les Etats-Unis et la France et exploiter la conjoncture actuelle d’isolement de la Turquie, afin de poursuivre un affrontement aboutissant au résultat: le gagnant rafle tout. Ils maintiennent la possibilité d’une escarmouche militaire, espérant qu’elle sera facilement contenue et qu’elle ne dégénérera pas en une guerre gréco-turque totale.

La concurrence autour des ZEE et des hydrocarbures s’étend à toutes les questions de souveraineté dans la mer Egée. Or, elles se sont avérées extrêmement dangereuses dans l’histoire des deux pays. Rappelons que l’«équilibre» actuel entre les deux Etats est le produit de 5 (!) guerres au cours du 20è siècle.

Extractivisme et militarisme

L’amplification de la stratégie extractiviste est littéralement absurde dans les conditions de crise économique et sociale que connaissent les deux pays et face à la menace de la crise clima-tique mondiale et de la catastrophe environnementale. Mais sous un capitalisme anarchique et vorace, les décisions sont basées sur les critères et la concurrence intercapitaliste.

En outre, la stratégie extractiviste dans les mers, entrelacée avec les questions de souverai-neté de l’Etat sur celles-ci, est directement liée à un renforcement du militarisme.

La stratégie de l’«axe» en Méditerranée orientale a conduit l’Etat grec à consacrer, année après année, plus de 2% de son PIB pour les dépenses militaires de l’OTAN, devenant ainsi le plus gros acheteur d’armes de l’alliance euro-atlantique.

Malgré la crise économique, la Grèce (tant sous Tsipras que sous Mitsotakis) modernise ses forces navales et aériennes, dans le but de conserver l’avantage technologique militaire. Le gouvernement a déjà tenté l’achat d’avions américains F-35, très chers (seul Israël en possède dans la région). Il a signé une lettre d’intention acquérir des frégates françaises. Les sites web bellicistes, «liés» au commandement militaire, décrivent ces armes comme étant uniquement adaptées aux «guerres d’agression»…

La politique d’armement est liée au renforcement politique du militarisme. Dans les grands médias, il y a un défilé quotidien d’officiers à la retraite et d’analystes faucons qui tentent de stimuler un climat de ferveur patriotique et de familiariser la population avec la perspective d’une guerre.

Lors du débat sur le budget SYRIZA a voté en faveur des dépenses militaires de Mitsotakis, invoquant la nécessité d’une «unité nationale face aux menaces qui pèsent sur le pays».

La gauche radicale en Grèce est consciente de la nature oppressive du régime d’Erdogan. La solidarité envers les réfugiés politiques turcs, les exilés et fugitifs kurdes ainsi que les réfugiés syriens était une tâche soutenue par les forces de la gauche radicale. Nous sommes obligés de placer nos espoirs dans la lutte contre ce régime auprès des mouvements sociaux et de la gauche actifs en Turquie.

Ici en Grèce, nous avons d’autres tâches: la confrontation avec le nationalisme grec, l’opposition aux politiques pro-guerre, la résistance aux armements, au militarisme et à la collaboration avec les puissances impérialistes «dans notre pays», la dénonciation de l’extractivisme comme stratégie absurde et dangereuse. La Méditerranée orientale est redevenue une «poudrière». Toute guerre «ici» peut avoir des conséquences négatives et imprévues en Europe et dans le monde. (Résumé voir lien)

(Article envoyé par l’auteur; traduction rédaction A l’Encontre)

Alencontre  20 février 2020 Antonis Ntavanellos

https://alencontre.org/

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20 février 2020 ~ 0 Commentaire

belgique (gauche anticapitaliste)

wallon s

Les soldats flamands ne comprenaient pas les officiers francophones

Belgique

L’histoire a donné un certain nombre de traits communs aux populations habitant ce territoire, mais les tentatives de cristalliser une nation autour du nouvel Etat ont échoué.

Par contre, la question flamande a émergé. Une nation flamande est née du fait que l’Etat belge niait les droits démocratiques des populations de Flandre et le sentiment national flamand a été capturé par la droite parce que la sociale-démocratie a préféré collaborer avec la bourgeoisie francophone plutôt que de lutter pour l’émancipation du peuple flamand.

La réforme de l’Etat, pour quoi ? Pour qui ?

La formation d’une nation flamande ne pouvait qu’entraîner l’Etat unitaire dans une crise structurelle. Au cours du 20è siècle, plus particulièrement après la seconde guerre mondiale, cette crise s’est approfondie.

Le centre de gravité économique du pays étant passé de la Wallonie à la Flandre, la classe dominante elle-même s’est divisée sur une base « communautaire ». Il en est résulté une profonde instabilité politique, qui a culminé au cours des années ’70.

Cette instabilité coïncidait avec la fin des « Trente glorieuses ». Par conséquent, elle handica-pait la bourgeoisie dans l’offensive que celle-ci voulait lancer contre le mouvement ouvrier et les conquêtes sociales d’après-guerre. Après pas mal de soubresauts, les possédant·e·s finirent par se rallier à l’idée qu’une réforme « fédérale» de leur Etat apporterait la solution.

Le bilan de cette tentative de solution est contradictoire. D’une part, le gouvernement fédéral a été stabilisé un certain temps, ce qui a facilité les grandes attaques de régression sociale des années 80 et 90.

D’autre part, la « paix communautaire » n’a été acquise qu’au prix d’un fossé croissant entre le Nord et le Sud. Avec « deux sociétés dans un Etat » les vies politiques sont devenues de plus en plus autonomes, ce qui a entraîné la disparition des « hommes d’Etat nationaux ».

D’une « crise communautaire » à l’autre

La crise actuelle est le produit de cette contradiction. Une fois de plus la classe dominante doit attaquer ce qui reste des conquêtes sociales, une fois de plus sa division l’en empêche.

Mais ce n’est pas une répétition du passé que nous vivons, plutôt une ré-émergence dans un nouveau contexte, celui de la mondialisation néolibérale, de la catastrophe écologique et des crispations identitaires qui minent en particulier l’Union européenne.

Le néo-unitarisme affiché par l’ambitieux Georges-Louis Bouchez et le néo-nationalisme flamand adossé au VOKA, ultra-néolibéral et xénophobe (mais qui joue la carte des immigré·e·s méritant·e·s et intégré·e·s) doivent être appréhendés dans ce cadre.

Que ce nationalisme soit un ennemi de la démocratie, c’est une évidence. Mais, de là à préférer le néo-unitarisme, il y a de la marge.

L’Etat belge a pour clé de voûte un chef non élu (le roi blog) il coûte fort cher également : curieux de se taire là-dessus quand on dénonce le coût des ministres « trop nombreux »! qui dispose de pouvoirs non négligeables.

L’histoire a montré le risque autoritaire inhérent à la monarchie : en cas de crise aiguë, elle est d’autant plus encline à se présenter comme garante de la stabilité que cela permet à ses membres de défendre leur sinécure.

Ne négligeons pas ce danger qui se présente aujourd’hui sous les traits du « gouvernement d’experts » comme moyen de « sauver le pays » et d’éviter de nouvelles élections « qui ennuient le peuple ».

Que le néo-nationalisme soit une ennemi du social, c’est aussi une évidence. La NVA veut casser la sécurité sociale et les conventions collectives en les régionalisant. Mais les « néo-unitaristes » sont-ils un allié du mouvement ouvrier face à cette offensive ? Non : depuis des années, ils utilisent la menace de la scission par « les Flamands » pour faire accepter le démantèlement progressif de la Sécurité sociale nationale et des droits du travail…

Leçons d’hier, pistes pour aujourd’hui

Comment alors prendre en compte le fait national sans verser dans le nationalisme ?

A la fin des années ’50 et dans les années ’60, la gauche du mouvement ouvrier releva ce défi en plaidant pour un fédéralisme appuyé sur des « réformes de structure anticapitalistes ».

Cette réponse fut même adoptée par les congrès de la FGTB de 1954 et 1956. L’analyse était que le virus nationaliste plongeait largement ses racines dans le développement socio-économique inégal résultant de la totale liberté avec laquelle le capital (« les holdings ») avait pu investir dans une région en appauvrissant l’autre, puis se retirer de la première en la ruinant au profit de la seconde, tout en excitant à son profit les rivalités que cette situation suscite dans une classe ouvrière dont l’unité est compliquée par l’emploi de langues différentes.

Croire que l’on sauvera la sécurité sociale, ou le climat, ou quoi que ce soit d’autre en s’alliant de facto aux néo-unitaristes et au palais, tout en flirtant avec la démagogie populiste des néo-nationalistes, est une illusion dangereuse. Il nous semble plus intéressant de chercher à actualiser la réponse de gauche des congrès FGTB de 54-56.

Pour l’autonomie des mouvements sociaux face aux fractions de la classe dominante

Ce travail ne peut se faire en chambre ou dans le cadre d’un article, il dépend de la pratique des militant.e.s dans les mouvements sociaux. Mais on peut poser comme point de départ qu’une stratégie alternative passera en premier lieu par une lutte pour l’indépendance des mouvements sociaux face aux deux camps bourgeois en présence.

Ainsi, la défense de la sécurité sociale passe par l’affirmation du fait que cette institution appartient au mouvement ouvrier et pas à l’Etat, de sorte que sa gestion doit être assurée par les représentant.e.s des travailleurs/euses, qui sont en droit d’exiger la suppression des « baisses de charges » patronales.

Dans le même ordre d’idées, la défense du climat passe par l’élaboration d’un cahier de revendications propre au mouvement social, élaboré sur base des besoins des 99%.

Les slogans radicaux mais vagues, genre « Climate justice now » ou « System change not climate change », sont des pétards mouillés quand ils accompagnent une stratégie de pression-concertation sur les décideurs, au nom d’un « moindre mal » (le « Green deal » européen, par exemple!) dont chacun·e sait qu’il ne résoudra rien.

Il ne s’agit pas de verser dans le maximalisme, mais tout simplement de dire ce qui est, ce que nous voulons et ce que nous ne voulons pas, en fonction de nos besoins – ceux des exploitées et des opprimé·e·s.

En dépit de ses ambiguïtés et de ses insuffisances manifestes, la « loi climat » élaborée par les académiques l’an dernier a montré que l’unité – la vraie – requiert d’oser opposer la radicalité du nécessaire – en l’occurence, la revendication de 65% de baisse des émissions en 2030 – au ronron du « politiquement possible ».

Confondre cette unité-là avec l’unité de l’Etat est une erreur qui risque de coûter très cher. Dans la lutte pour la Sécurité sociale, elle risque même de déboucher sur une défaite sans combat. (Un peu résumé voir lien)

Daniel Tanuro  19/02/2020

https://www.gaucheanticapitaliste.org/

Commentaire:

En Belgique, l’unitarisme est appelé belgicanisme. C’est un mouvement qui prône un retour à l’État unitaire d’avant le fédéralisme belge. L’unitarisme est présent dans certains partis d’extrême gauche (PTB), d’extrême droite (Front National) ou du centre (le B.U.B.). 

Le belgicanisme ou nationalisme belge ( est une manière de décrire l’idéologie nationaliste belge qui prône une conception unitaire de l’État belge, ne laissant que peu ou pas d’autono-mie aux régions et aux communautés de Belgique (flamande, francophone et germanophone), et postulant l’existence d’une spécificité belge commune aux groupes qui la composent et irréductible aux identités des pays environnants, à savoir au premier chef les Pays-Bas et la France. Les personnes qui y adhèrent sont souvent appelées belgicains.

Cet attachement aux institutions centrales belges peut prendre deux formes :

  • Soit la volonté de revenir à un État unitaire qui a progressivement disparu jusqu’à la fédéralisation de 1993. La décentralisation éventuelle se ferait alors au travers des provinces et non plus des régions ou communautés. Ce courant est attaché à la monar-chie et est parfois accusé par ses détracteurs d’être nostalgique d’une Belgique à dominance francophone.
  • Soit l’acceptation du fédéralisme actuel mais le refus de toute avancée institutionnelle qui pourrait conduire au confédéralisme ou à la séparation. Ce courant est également attaché à la monarchie et prône le statu quo institutionnel.

Les détracteurs reprochent à ces courants de nier les identités et les spécificités régionales des communautés qui composent le pays, ne reconnaissant qu’une identité belge aux habitants de Belgique.

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20 février 2020 ~ 0 Commentaire

vie privée (lutte ouvrière)

anar

Qui est privé de vie privée ?

La publication sur les réseaux sociaux de la vidéo de Griveaux et sa démission ont suscité une vague d’indignation quasi unanime dans le monde politique et médiatique.

Tous ces braves gens ont rivalisé de messages affirmant avoir « mal à la démocratie », condamnant la révélation d’une affaire purement privée, affirmant que, Griveaux n’ayant rien fait d’illégal, les réseaux sociaux ne devaient pas intervenir dans le processus électoral.

Tout ce bruit parce qu’il est arrivé à l’un des leurs la mésaventure de voir un épisode pitoyable de sa vie privée étalé sur le Net. Ce genre de chose arrive pourtant à tout le monde.

Qui sait tout de chaque travailleur, jusqu’au moindre centime de son salaire ? À quelle vie privée ont donc droit les chômeurs, les précaires, les migrants ? Qui fiche sans relâche les opposants, les militants, les travailleurs rebelles, écoute leurs conversations téléphoniques ? L’État a-t-il jamais respecté la vie privée des opprimés ?

Pour ne pas avoir mal à leur démocratie, ce genre de commentateurs devrait commencer par ne pas s’asseoir dessus.

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20 février 2020 ~ 0 Commentaire

snu (dispac’h)

snu-mo-ket-2bd6b

Sauvons le climat, pas la France ! Non au service national universel !

Le retour du service militaire sous sa nouvelle forme, le SNU (Service National Universel), est une très mauvaise nouvelle pour tous et toutes.

Alors que les inscriptions pour la deuxième session test viennent de se lancer, on compte au moins 3 centres en Bretagne à Guérande, Nantes et Vannes, soyons clair sur ce qu’est le SNU.

Le service militaire est suspendu en 1997 par Jacques Chirac et remplacé par la JAPD (journée d’appel de préparation à la défense), beaucoup plus légère que le service, mais toujours l’occasion d’exalter le militarisme, l’amour de la patrie et la force nucléaire française.

Le SNU marque un retour en arrière inquiétant avec l’utilisation de symboles plus que détestables (uniformes, salut du drapeau, marseillaise, discipline, soumission…etc), bref tous ce qui fait la fierté des militaristes et nationalistes français. Rappelons qu’au cours de l’histoire, lorsque le service militaire a été rallongé, c’était dans l’objectif de se préparer à une guerre imminente (1re et 2nde guerres mondiales, guerre d’Algérie).

Pour nous il s’agit d’une opération d’embrigadement pur et simple. Particulièrement en Bretagne le SNU est un moyen de mettre plus de bleu blanc rouge dans la tête de la jeunesse qui pourrait être tentée par la voie de l’indépendance comme on le voit un peu partout en Europe aujourd’hui, une manière de coloniser les esprits qui pourraient avoir soif de liberté.

C’est une tentative de soumettre la jeunesse à l’État nation en glorifiant des symboles qui représentent l’impérialisme et le passé colonial français. Ce n’est pas une surprise en soi tant ce sont des piliers du régime macroniste. On le voit encore dans la loi « école de la confiance » qui oblige la présence d’un drapeau français et les paroles de la marseillaise dans chaque salle de classe de chaque école.

Il est également aberrant qu’il y ait de l’argent magique (5 milliards d’€) pour envoyer des jeunes faire les marioles sous les drapeaux alors qu’il n’y en a apparemment pas pour les services publics, tant les hôpitaux que les écoles de campagnes.

Et le pire dans tout ça c’est que le nouveau service militaire a reçu le soutien d’associations de soi-disant éducation populaire comme la Ligue de l’enseignement ou Animafac, qui pensent pouvoir par ce biais bénéficier de jeunes dociles prêts à être exploités en service civique pour trois fois moins que le SMIC.

Pourquoi le SNU ?

Parce que la société traverse une crise qui dépasse l’État français. Parce que le système capitaliste et ses sbires prennent conscience de la défiance grandissante de la jeunesse envers eux face aux enjeux climatiques, environnementaux et sociaux d’aujourd’hui et de demain.

Ce qui est au combien plus important que leurs intérêts de classe vous en conviendrez. Comment ne pas mettre en parallèle ces images de jeunes au garde à vous et en uniformes chantant un hymne raciste avec celles de la répression du mouvement lycéens, ces jeunes mis à genou les mains sur la tête par les flics à Mantes-la-jolie, ou tous ces lycéen-ne-s éborgné-e-s et matraqué-e-s dans les manifestations sans que personne ne s’en émeuve.

Mettre la jeunesse en ordre de marche sous les couleurs de la France est une vieille recette de ceux qui nous dirigent pour soutenir l’État nation et son modèle capitaliste. Cela ne doit plus fonctionner !

Si le SNU est en phase de test et qu’il est pour le moment basé sur le volontariat, sa généralisation est prévue pour les prochaines années, nous appelons donc la jeunesse bretonne à rester vigilante et à préparer l’opposition au SNU dès maintenant. Mobilisation, blocage, sabotage, voilà la réponse qu’il faut envoyer à ceux qui veulent nous soumettre.

Non à la militarisation de la jeunesse, à bas l’État français, le capitalisme et son monde !

Le collectif Dispac’h mercredi 19 février 2020

http://dispach.bzh/

http://www.rennes-info.org/

Commentaire:

Dispac’h veut dire « Révolution » en breton

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