Archive | A gauche du PS

21 mars 2019 ~ 0 Commentaire

ps (lutte ouvrière)

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PS : un passé dur à faire oublier

Visiblement, le Parti socialiste peine à trouver une tête de liste pour les futures élections européennes. Soit il s’agit de personnalités trop usées par les passages au gouvernement et les souvenirs cuisants que les travailleurs en ont gardés, soit elles refusent de s’engager pour un parti en perdition et lorgnent plutôt du côté du macronisme.

Lors de l’élection présidentielle de 2017, après le quinquennat Hollande, le PS déconsidéré a fait 6,36 % des voix.

« Cela nous montre qu’il n’y aura plus ce mouvement de balancier qui nous faisait attendre l’alternance. Les électeurs nous ont dit “Vous êtes morts”, à nous de nous réinventer », a déclaré le secrétaire du PS, Olivier Faure. Du coup, le PS a décidé de présenter comme tête de liste Raphaël Glucksmann, qui n’a jamais été membre de ce parti et n’a jamais prétendu être socialiste. Mais le fait qu’il n’ait pas été associé aux attaques contre les travailleurs des gouvernements socialistes, et que de surcroît il ait deux ans de moins que Macron, ne suffira sans doute pas au PS pour renaître avec une peau de bébé.

Même si son parti Place publique, censé rassembler les différentes chapelles situées entre Hamon et Mélenchon, existe à peine depuis plus de quatre mois, Glucksmann a aussi un passé politique plus ancien. Il a été le candidat éphémère d’un parti dénommé Alternative libérale quelques mois avant les élections législatives de 2007 et conseiller du chef d’État géorgien de l’époque, Mikheil Saakachvili, vomi par sa population. Le fait qu’un tel personnage apparaisse au PS comme un recours en dit long sur la décrépitude de ce parti, liée à ses bons et loyaux services au capitalisme en crise.

Jean SANDAY 20 Mars 2019

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20 mars 2019 ~ 0 Commentaire

mouvement climat (psl lo)

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Le mouvement pour le climat

Explosif, massif et international !

Il faut remonter à l’année 2003 pour retrouver un événement qui a vu la jeunesse quitter ses cours en masse pour manifester dans plusieurs pays en même temps. À l’époque, c’était contre l’invasion et la guerre en Irak.

Le 15 février 2003, des millions de personnes ont manifesté à travers le monde tandis que le ‘‘Jour X’’, au déclenchement de la guerre (le 20 mars), des centaines de milliers de jeunes sont descendus dans la rue. En Belgique aussi, il y avait des milliers de manifestants. Les actions pour le climat d’aujourd’hui constituent le premier grand mouvement de la jeunesse depuis longtemps dans notre pays. C’est l’heure d’en tirer un bilan intermédiaire.

Des mobilisations de masse

La première annonce d’une grève scolaire pour le climat en janvier annonçait un événement modeste. A l’instar de Greta Thunberg, qui manifeste tous les vendredis devant le Parlement suédois, quelques étudiants du secondaire allaient se rendre au Parlement, à Bruxelles.

Mais après la marche historique pour le climat du 2 décembre 2018, qui a réuni environ 100 000 personnes dans la rue, de nombreux jeunes voulaient passer à l’action. Le 10 janvier, la première grève écolière pour le climat a connu un succès immédiat : 3.000 jeunes se sont rassemblés à la gare de Bruxelles central ! Le rassemblement s’est transformé en manifestation spontanée et dynamique à travers la ville.

Le ton était donné. Dès le départ, c’est par le nombre que les jeunes se sont fait entendre.

Et c’est leur nombre qui les a protégés de la répression, des sanctions et des tentatives de récupération. Que pouvaient faire les autorités ? Les porte-paroles de la manifestation ont été reçus par les gouvernements, les dirigeants politiques mais aussi par les organisations patronales.

Certaines tentatives de récupération étaient sournoises et n’ont pas été perçues comme telles par une partie du mouvement. Ce fut par exemple le cas lorsque les multinationales se sont invitées à la table avec leur appel ‘‘Sign for my future’’. Students4Climate a refusé de signer l’appel, mais Youth4Climate a hélas accepté. Toutes les tentatives d’entretenir des illusions sur la bonne volonté des entreprises ou d’affaiblir le mouvement en le limitant à quelques reven-dications qui ne changent fondamentalement rien mais peuvent diviser la population (comme les taxes) n’ont pas eu beaucoup d’effet.

Aucun mouvement de masse ne se développe de façon linéaire.

Se mobiliser ensemble, cela signifie de préparer ensemble les actions et de construire ensemble la stratégie en prévoyant des mobilisations intermédiaires et des rassemblements plus importants. Il est évident que les jeunes s’impliquent à fond dans les actions elles-mêmes, ce que les médias ont illustré en accordant beaucoup d’attention aux pancartes et banderoles faites à la main.

Les médias ont bien entendu choisi de donner la priorité aux ‘‘plus originales’’, surtout si elles se trouvaient être les moins politiques… Cette créativité témoigne d’un fort engagement. C’est ce point qu’il faut alimenter, d’où nos propositions concernant les comités d’action.

Ce que nous exigeons, c’est ce qui est nécessaire, pas ce qu’ils estiment réaliste !

Les politiciens essaient d’apaiser les jeunes avec des demi-promesses et de vagues géné-ralités. Jean-Claude Juncker, le Président de la Commission européenne, n’a pas dépassé le stade de l’incohérence absurde en guise de ‘‘réponse’’ à un discours de Greta Thunberg. Mais ce ne sont pas les belles paroles et les formalités de l’establishment qui dictent quoi faire à la jeunesse.

Les jeunes activistes du climat ne limitent pas leurs réflexions à ce qui est possible dans le cadre étroit du système actuel, leur point de départ est ce qui est nécessaire pour l’humanité et la planète.

Cet élément est de première importance

Le monde politique traditionnel se limite aux possibilités permises par un système où l’avidité de l’élite capitaliste ne peut être remise en question. Ce que disent les jeunes est repoussé car ‘‘impossible’’ ou ‘‘irréaliste’’. Dans un système où les 26 personnes les plus riches possèdent autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale, des mesures climatiques sérieu-ses sont effectivement impossibles.

‘‘Changeons le système, pas le climat !’’

C’est ce que Greta Thunberg a résumé ainsi lors de sa visite à Bruxelles : ‘‘Le monde politique que vous avez créé est basé sur la compétition, la tricherie parce que tout ce qui importe, c’est de gagner, d’avoir du pouvoir. Ça doit cesser !

Nous avons besoin de coopérer et de partager les ressources de la planète de manière équita-ble. Il faut protéger la biosphère, l’air, les océans, les sols, les forêts. Ce que je dis peut sembler très naïf, mais si vous avez bien fait vos devoirs, vous saurez que nous n’avons pas d’autre solution.’’

Nous n’avons pas besoin d’être nombreux pour défendre le changement avec audace.

Mais c’est avec la mobilisation des masses que nous pouvons effectivement mettre le changement de système à l’ordre du jour et entamer la lutte pour l’imposer.

Comment répartir équitablement les ressources de la planète ? En d’autres termes : comment collectivement les contrôler et ensuite rationnellement et démocratiquement gérer leur utilisa-tion ? Pour nous, ces questions sont essentielles : nous défendons une rupture avec le capita-lisme et l’instauration d’un système différent, capable d’enclencher la transition écologique au travers d’une planification démocratique de la production. Ceci ne pourra être réalisé que sur base d’une société dans laquelle les outils de production seront gérés par les travailleurs et les consommateurs : une société socialiste.

Qu’ils ne jouent pas avec nos pieds !

Tout le monde n’applaudit pas la mobilisation pour le climat de la même manière… Et il y en a qui tentent de distraire la discussion en ne parlant que du comportement individuel. ‘‘Qu’est-ce que tu fais, toi, pour le climat ?’’, semble être la question standard posée par les journalistes à chaque manifestant.

Cela évite d’aborder le problème du système de production dans lequel nous sommes piégés. C’est évidemment une bonne chose que les gens adoptent d’autres comportements, mais c’est ce qui se fait depuis des décennies et c’est insuffisant.

C’est tout le système qu’il faut changer !

Parfois, les mobilisations sont tout simplement considérées comme une conspiration. Même l’ancienne ministre flamande de l’environnement Joke Schauvliege soutenait cette thèse complotiste… D’une manière tellement grossière qu’elle a dû démissionner ! Comme le disait Greta Thunberg : ‘‘Ils inventent des conspirations et nous qualifient de marionnettes. Ils essaient de changer de sujet. Ils ne veulent pas en parler parce qu’ils savent qu’ils ne peuvent pas gagner cette bataille.’’ Des dizaines de milliers de jeunes et jusqu’à 100 000 personnes à deux reprises le week-end (le 2 décembre et le 27 janvier) démontrent que le sentiment d’urgence est largement partagé.

Résistance internationale

La protestation se répand comme un feu de paille. La mobilisation de la jeunesse est contagieuse et se déplace d’école en école et de pays en pays. Le caractère international est important : nous n’arrêterons pas le changement climatique aux portes d’une ville ou d’un pays, il nous faut une résistance internationale !

C’est pourquoi, dès la première grève scolaire le 10 janvier, nous nous sommes concentrés sur l’appel à une grève scolaire internationale le 15 mars. Dans le tract des Etudiants de Gauche Actifs (EGA), nous écrivions : ‘‘Le 15 mars, il y a un appel pour une Journée internationale d’action pour le climat. Et si nous faisions tous l’école buissonnière ensemble pour le climat et manifestions en masse ? Une telle grève scolaire montrerait que nous prenons notre avenir en main !’’

‘‘Nous avons commencé par nettoyer vos ordures. Et nous n’arrêterons pas tant que nous n’aurons pas terminé’’, a déclaré Greta Thunberg. Nous devons continuer, la bataille ne fait que commencer.

Organisez-vous, mettez sur pied des comités d’action, discutez avec nous du changement de système nécessaire et de la façon de l’obtenir, n’hésitez pas à nous rejoindre : il est urgent de nous battre pour notre avenir !

18 mars 2019

https://fr.socialisme.be/

Lire aussi:

Climat : la jeunesse manifeste (LO)

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19 mars 2019 ~ 0 Commentaire

idéologie (alternative libertaire)

AFFICHE-RACISME-POUTOU2017-BAT-1

L’idéologie des intellectuels racistes de France

A tué en Nouvelle Zélande

L’homme qui a tué 50 personnes dans des mosquées de Nouvelle-Zélande a publié un manifeste pour expliquer son geste. Ses référence y sont, entre autres, le « grand remplace-ment », cheval de bataille raciste et conspirationniste de Renaud Camus et la défaite au deuxième tour de la présidentielle de Marine Le Pen.

Et quelle est la réaction de la majorité de la presse française et des éditorialistes ?

Nous expliquer que c’est la crainte de l’islamisation qui a animé le tueur, donner la parole aux mêmes pompiers pyromanes. Scandaleux retournement de situation : les victimes deviennent les coupables et l’ont bien cherché, en existant. Un peu comme les femmes ou les homosexuel-les.

Pourquoi ne retrouve-t-on pas de condamnations unanimes comme pour d’autres crimes racistes ? Qui à gauche, va encore pouvoir expliquer que l’islamophobie est un fantasme ? Qu’il n’y a pas de racisme anti-arabes particulier ?

Le manifeste laissé par le terroriste Brenton Tarrant fait largement place (jusqu’au titre) à la théorie raciste du « grand remplacement », popularisée par le conspirationniste français Renaud Camus

Alternative libertaire affirme sa solidarité avec les victimes et les familles des victimes et son mépris pour la majorité de la presse et des intellectuel-les de France, pour leur complicité ou leur silence.

Paris 18 mars 2019

http://alternativelibertaire.org/

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19 mars 2019 ~ 0 Commentaire

édito alternative libertaire)

Manara-marre

On a toutes les raisons de se révolter !

Des dizaines de milliers de jeunes dans la rue pour le climat vendredi. Des grèves dans les finances publiques et l’éducation. Un acte 18 qui prouve que la colère des gilets jaunes est toujours bien là. Partout samedi, des manifestations pour l’écologie, contre les violences policières ou pour la justice sociale… Macron, lui, était au ski. Qu’il continue à jouer ainsi avec le feu, le printemps pourrait être explosif.

Fin du grand bla-bla

Le matraquage médiatique autour du grand débat, qui ressemblait plutôt à une campagne électorale tout frais payés pour Macron, n’aura pas convaincu grand monde. Les revendica-tions sociales ont été dès le début balayées d’un revers de main par le gouvernement :

Pas de retour de l’ISF,

Pas d’augmentation des salaires,

Pas de démocratie directe,

Pas d’amélioration des services publiques !

En gros, rien qui ne touche les intérêts du grand patronat et des capitalistes. Quant aux propositions telles que la suppression du Sénat ou du conseil économique et social, elles ne changeront rien à nos fin de mois difficiles. Il est clair qu’il n’y a rien d’autre à attendre de ce gouvernement que les coups de matraques et le mépris

La colère est là

La colère est enracinée et partagée, en témoigne l’incroyable détermination des gilets jaunes après quatre mois de contestation.

Combien d’entre nous n’en peuvent plus des conditions de travail qui se dégradent toujours plus ? Les collègues poussés à bout, les pressions toujours plus fortes, le travail vidé de son sens, l’absence de moyens pour les services publics…

Tout ça pour un salaire qui ne suffit plus à boucler le mois, pour celles et ceux qui ont un emploi bien sûr. Le ras le bol est général et pourtant, la plus large partie de notre classe n’a pas encore rejoint la contestation.

Le capitalisme n’est pas la fin de l’histoire ! Pour enrayer la destruction de nos droits à vivre dignement, il faut s’organiser et opposer au système libéral une alternative basée sur l’égalité sociale, la liberté et la solidarité.

Augmenter les salaires !

Pour beaucoup obtenir une augmentation de salaire semble impossible au vu du rapport de force. Pour d’autres, augmenter les salaires, notamment le SMIC, détruira des emplois, en particulier dans les PME et TPE.

Cet argument est repris par l’ensemble du patronat pour tenter de nous effrayer. Mais jamais les hausses de salaires, les congés payés ou la réduction du temps de travail n’ont créé de chômage. Bien au contraire. Et de l’argent il y en a jamais eu autant : 57 milliards d’euros versés aux actionnaires du CAC 40 en 2018 !

Construisons la lutte

Que ce soit pour les fins de mois ou pour le climat, c’est par la lutte et par rien d’autre que nous arracherons notre victoire. C’est nous, les classes populaires, qui en s’organisant et en luttant collectivement pouvons changer radicalement cette société.

Les raisons de se révolter sont toujours plus nombreuses. De nouvelles explosions sociales sont inévitables. A nous de nous y préparer en créant ou renforçant des équipes militantes capables de casser l’isolement et d’impulser des grèves, en convergence les unes des autres. Pour nos revendications, pour une autre société que celle du profit et du chacun pour soi …

18 mars 2019

http://alternativelibertaire.org/

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18 mars 2019 ~ 0 Commentaire

antisémitisme (gauche-révolutionnaire npa)

 antisme

Le gouvernement capitaliste et raciste de Macron

Se sert de l’antisémitisme

D’après un rapport publié par Édouard Philippe en novembre dernier, les actes commis contre les juifs en raison de leur confession ont augmenté de 74 % au cours de l’année 2017-2018. Le gouvernement a décrit ce phénomène comme une « explosion ». Mais quand on examine de plus près les chiffres de ces actes intolérables au cours des années 2000, on se rend compte que le taux actuel est très bas par rapport aux années 2014-2015.

Il a été plus élevé 9 fois sur les 19 dernières années.

Finalement, les chiffres témoignent plus d’une déplorable permanence des actes antisémites. Et ce chiffre est d’autant plus trompeur que ces dernières années, les individus sont plus enclins à porter plainte et dénoncer ces actes sur les réseaux sociaux.

Si le gouvernement parle d’explosion, c’est en fait une lamentable manœuvre politicienne pour pouvoir condamner et réprimer ce qui ne leur convient pas. En effet, il s’agit d’une problé-matique très sensible.

L’antisémitisme étant très largement rejeté dans la société, à l’exception de quelques imbéciles d’extrême droite.

Et le gouvernement en use pour aboutir à son intérêt : la destruction des mouvements sociaux. Dernièrement, le gouvernement a accusé le mouvement social de Gilets Jaunes d’antisémitis-me afin de délégitimer nos revendications. Car en réalité, dans ce type de mouvement de grèves / revendications socio-politiques, les gens sont beaucoup plus enclins à la solidarité. Les Gilets Jaunes l’ont démontré en interdisant le racisme sur les ronds-points par des affiches et diverses consignes « pas de racisme ».

Gouvernement d’hypocrites

Mais sur les autres discriminations telles que le racisme envers les migrants, les noirs, les arabes, les LGBT+, les musulmans etc, le gouvernement reste silencieux et se sert de la faiblesse des manifestations/revendications antiracistes pour déverser sa propre politique capitaliste et raciste.

Tous ces débats concernant l’antisémitisme donnent lieu en réalité à une chose 

Un sentiment de soutien du gouvernement à la communauté juive et donc à une disparité dans la lutte contre les discriminations ce qui amène à une division de la population.

Pour nous, la lutte contre le racisme, l’antisémitisme mais aussi contre toutes les discrimina-tions, sexistes, homophobes… est un combat indissociable de la lutte pour changer cette société injuste et inégalitaire.

18/03/2019

http://www.gaucherevolutionnaire.fr/

racism

Lire aussi:

Contre l’antisémitisme, tant qu’il le faudra (NPA)

Le racisme est indivisible (Emancipation)

Les propos entendus contre Alain Finkielkraut sont racistes, imbéciles et inexcusables. “La France est à nous” ? “Rentre chez toi en Israël” ? Il y aurait tellement de choses à dire sur ce philosophe qu’on est aussi indigné qu’atterré.

Faut-il rappeler les déclarations d’Alain Finkielkraut sur l’équipe de France de football qui est black, black, black et qui serait ainsi la risée de l’Europe ? Qu’aurait-on dit si quelqu’un·e estimait qu’il y avait trop de Juifs dans une équipe ? Finkielkraut a régulièrement stigmatisé les habitant·e·s des quartiers et les musulman·e·s accusé·e·s de ne pas aimer la France. Au-delà du racisme de comptoir, Finkielkraut montre là une sérieuse amnésie sur les stéréotypes dont les Juifs et les Juives ont été affublé·e·s.

Le Président de la République a immédiatement volé au secours de l’académicien provocateur. Au nom de quel antiracisme ? “Le boxeur, la vidéo qu’il fait avant de se rendre, il a été briefé par un avocat d’extrême gauche. Ça se voit ! Le type, il n’a pas les mots d’un gitan. Il n’a pas les mots d’un boxeur gitan”.

Tout y est : le mépris de classe, la suffisance des dominants. Et surtout, le racisme séculaire contre ceux qu’on appelle les “gens du voyage”. À la stigmatisation classique contre les “voleurs de poules”, le Président ajoute que ces gens-là sont forcément frustes et incultes.

Que dire d’un Président qui “combat” l’antisémitisme et a essayé par la bande de réhabiliter le Maréchal Pétain au moment des célébrations du 11 novembre dernier ? Comme si la boucherie de Verdun était plus honorable que la rafle du Vel d’Hiv !

Comment expliquer que des gens qui condamnent l’antisémitisme profèrent des propos racistes ? Probablement parce qu’ils veulent faire de l’antisémitisme un racisme à part. Il l’a été à l’époque du génocide nazi.

Tous les racismes ne mènent pas à l’extermination programmée comme cela été le cas contre les Juifs et les Juives, les Tsiganes, les Arménien·ne·s, les Tutsis. Mais aujourd’hui, en quoi l’antisémitisme est-il à part par rapport au racisme que subissent les Noir·e·s, les Arabes, les Roms, les musulman·e·s ?

Il n’y a qu’un seul racisme et qu’une seule lutte contre lui. Ceux et celles qui hurlent dès qu’il y a le moindre acte contre un juif ou une juive tout en multipliant les propos racistes contre d’autres sont infréquentables. Prenez les discours récurrents sur “l’immigration” et remplacez ce mot par “juif” : on retrouve les discours des années 30 qui ont permis l’arrivée au pouvoir des nazis.

Ceux et celles qui multiplient les amalgames entre antisémitisme et solidarité avec les Palestinien·ne·s, sont tout sauf des antiracistes.

Il faut relire le pasteur Niemoler : “Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste. Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste. Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester”.

Ceux et celles qui ont entretenu le racisme en pensant qu’il ne toucherait pas les Juifs et les Juives ont joué aux apprentis sorciers.

Comment peut-on penser qu’on peut mépriser, stigmatiser et insulter tous les jours les Noir·e·s, les Arabes ou les Roms sans que les Juifs et Juives ne soient touché·e·s ?

http://www.emancipation.fr/

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18 mars 2019 ~ 0 Commentaire

edwy plenel (regards)

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18 mars 2019 ~ 0 Commentaire

vénézuela (à l’encontre.ch)

venezuela

Venezuela, la gauche

Et les faux-semblants de la crise vénézuélienne

Le bras de fer à l’issue incertaine entre le gouvernement de Nicolás Maduro et l’opposition vénézuélienne, accompagné par des protestations qui mobilisent désormais aussi les quartiers populaires anciennement chavistes, a donné lieu aux interprétations les plus fantaisistes. Un éclairage nécessaire sur la véritable nature de l’affrontement et la teneur réelle des facteurs géopolitiques en jeu.

Le nombre de stupidités qu’on a pu lire ou entendre çà et là dans les rangs de la gauche sur la crise vénézuélienne est assez impressionnant. En général, ces insanités tombent sous deux catégories complémentaires:

1° Un délire total à propos de l’« intervention impérialiste », accompagné par la jouissance masochiste d’halluciner un retour à la scène primitif des éternels bourreaux (l’« empire ») et des éternelles victimes (les pauvres et innocents latino-américains). Ces divagations montrent à quel point l’anti-impérialisme latino-américain, et pas seulement latino-américain, est aujourd’hui une idéologie zombie et, paradoxalement un vecteur d’ignorance colossale de l’empire états-unien et des mécanismes de son fonctionnement réel.

Plus généralement, elles trahissent une méconnaissance crasse de la dynamique effective des rapports de forces géopolitiques dans le monde. Il est curieux de constater à quel point une grande quantité de gens qui ont toujours défendu la perspective d’un monde multipolaire, lorsque ce même monde commence vraiment à émerger, sont incapables de l’analyser et deviennent furieusement nostalgiques des certitudes binaires du passé [1].

2° Une ignorance théorique et empirique abyssale de la nature et de l’évolution du régime chaviste-maduriste [2]

Associée à un manque total d’imagination morale et d’empathie humaine envers le sort du peuple vénézuélien réel et non fantasmé. Dans une correspondance privée, un intellectuel  respecté écrivait récemment à un de mes amis: «Ce que la gauche (y compris le trotskysme) dit du Venezuela est tout simplement honteux. On dirait que l’histoire ne nous a rien enseigné. Le discrédit dans lequel est tombé le socialisme révolutionnaire est énorme ».

D’autant plus si l’on tient compte de l’échec des “socialismes réels”. La plupart des gens en tirent la conclusion que le socialisme n’est pas viable et mène forcément à des dictatures. Dans une large mesure, le Venezuela renforce cette idée. On va avoir beaucoup de mal à remonter la pente. »

Toutes les tendances négatives que je décrivais à l’époque se sont aggravées jusqu’à devenir catastrophiques

Un régime qui propose comme seule issue une escalade autoritaire et, depuis 2016, clairement dictatoriale. C’est l’une des raisons pour lesquelles on ne peut guère comparer deux situations. D’une part, malgré les dérives caudillistes déjà patentes du régime bolivarien, les tentations dictatoriales étaient alors du côté de l’opposition (même si elles étaient loin d’obtenir un consensus en son sein), et il n’existait pas d’appareil militaire et policier unanimement disposé à les soutenir.

D’autre part, la société était plus ou moins divisée en deux, même si le chavisme a ensuite réussi à consolider un avantage électoral d’environ 60 % contre 40 % pendant quelques années. Aujourd’hui, le soutien à Maduro est clairement très minoritaire et repose en partie sur la pure coercition (à l’égard des fonctionnaires) ou sur le chantage «biopolitique» (accès à la nourriture et aux ressources, «carnet de patrie» [8], etc.).

Le régime s’appuie sur un appareil militaire et policier impliqué dans d’énormes réseaux d’activités licites et illicites en collusion avec le pouvoir, ainsi que sur des dispositifs répressifs très développés tant du point de vue judiciaire que de celui de la logistique de la terreur armée. Et bien entendu, la société vénézuélienne et ses infrastructures matérielles et institutionnelles sont aujourd’hui en ruines, avec toutes les conséquences que nous connaissons, y compris l’hémorragie migratoire.

Cela dit, je suis tout à fait d’accord avec les analyses qui suggèrent que la rationalité «malandra» (délinquante) de la direction chaviste n’est pas celle d’un leadership politique ou militaire conventionnel, ni même d’une dictature à la Pinochet.

Alors c’est très joli de parler de «négociation» et de «solution pacifique, il faut bien reconnaître que même dans les secteurs populaires, on constate aujourd’hui l’émergence d’un sentiment de plus en plus partagé, alimenté par le ras-le-bol et le désespoir: «On s’en fout de l’accu-sation d’ingérence, que les gringos débarquent et qu’ils nous débarrassent de cette bande de criminels.» Telle est la terrible réalité à laquelle nous a conduit la monstrueuse involution du projet bolivarien et la complicité avec elle de la majorité des gauches continentales et mondiales.

Dans ce contexte, comment voyez-vous l’avenir d’une possible gauche vénézuélienne, et de la gauche continentale en relation avec elle? 

D’abord, même si ça nous coûte, il faut regarder la réalité en face : le «socialisme», la «révolution», l’«anti-impérialisme» sont aujourd’hui des mots obscènes au Venezuela, et sans doute le resteront-ils pour au moins vingt-cinq ou trente ans. Quand de braves «marxistes-révolutionnaires» ou «anti-impérialistes» viennent nous expliquer la bouche en cœur que «oui, mais ce n’est pas le vrai socialisme, c’est du bonapartisme», ou que «c’est juste du populis-me», ou que «ça a mal tourné à cause de l’Empire, bla bla bla», excusez-moi, mais on a passablement envie de leur foutre des baffes.

La pauvreté analytique et le paternalisme colonial de ces «explications» sont vraiment insupportables, et par ailleurs totalement à côté de la plaque.

Non seulement le lexique du socialisme et de la révolution est une langue morte au Venezuela, mais c’est un langage de mort, l’idiome au nom duquel le pouvoir ment, pille, emprisonne, torture et assassine, l’ornement rhétorique abject de la biopolitique de la faim et de la nécropolitique de la répression.

Qui ne comprend pas ça, et les effets dévastateurs qui s’ensuivent, n’a rien compris. D’où la nécessité absolue de forger un langage d’analyse et de dénonciation à la hauteur de la situation, un langage d’un sobre matérialisme et dans une veine démocratique-radicale sans compromis.

Mais totalement démarqué de la rhétorique en pilotage automatique des analyses «marxistes-révolutionnaires», «anti-impérialistes» et apparentées, lesquelles, bien entendu, à plus de 80 %, ne sont pas de l’analyse, mais du « virtue signaling » idéologique [signalisation de vertu].

Le bilan apocalyptique de l’expérience bolivarienne est une véritable bombe nucléaire…

… psycho-politique non seulement pour la gauche vénézuélienne, mais pour la gauche continen-tale, même si ses effets hors du Venezuela sont à retardement et à géométrie variable selon les pays. Et même si la plupart des «avant-gardes» locales  mais aussi européennes et étasuniennes, autoproclamées manifestent un aveuglement totalement surréaliste quant aux racines du désastre chaviste-maduriste.

On ne sait pas s’il faut rire ou pleurer face à certains communiqués ou déclarations pontifiantes qui prétendent apporter de l’extérieur un point de vue «de gauche» sur le Venezuela alors qu’en réalité leur Imbécillité, leur surdité et leur manque d’imagination morale et d’empathie humaine en font des clous additionnels enfoncés dans le cercueil de la gauche latino-américaine.

Sans prise de conscience de la perversité de ces distorsions, il n’y aura aucune possibilité de reconstruire un tissu militant de gauche crédible au Venezuela. Une reconstruction qui devra passer par un débat sans préjugés et par la convergence de secteurs syndicaux non corrompus, de collectifs sociaux autonomes, de noyaux intellectuels honnêtes et de techno-crates progressistes.

En étant capable de combiner une position de clarté analytique absolue, à savoir totalement dépourvue de sentimentalisme démagogique, face au naufrage de l’expérience bolivarienne – y compris face à son caractère d’aliénation religieuse –, et une certaine générosité pratique, offres d’unité à l’appui, envers les acteurs sincères et démocratiques de la base historique du chavisme. Un équilibre bien sûr extrêmement difficile à atteindre (Résumé).

(Article envoyé directement à alencontre.org. par l’auteur; la traduction de la version espagnole originale  Marc Saint-Upéry, « La izquierda y los espejismos de la crisis venezolana », http://periodicoellibertario – a été effectuée par Marc Saint-Upéry que nous remercions pour ce travail méticuleux – Réd. A l’Encontre; Charles-André Udry]

18 mars  2019 Marc Saint-Upéry

http://alencontre.org/

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17 mars 2019 ~ 0 Commentaire

planète (gauche révolutionnaire)

antic

Sauvons notre planète du capitalisme

Le climat, l’environnement, la pollution, c’est notre vie et notre avenir et ce n’est pas Macron et sa politique au service des ultra-riches qui va arranger les choses.

La grève internationale étudiante et lycéenne du 15 mars, les mouvements « vendredi pour le futur » lancés par Greta Thunberg, touchent deux points clés pour changer les choses : c’est la grève de masse et la lutte doit être mondiale.

Toutes et tous ensemble, jeunes, travailleurs, gilets jaunes, retraités, chômeurs… nous devons lutter contre ce système où le profit l’emporte sur notre survie.

Quels que soient les secteurs, c’est partout la logique du moindre coût qui règne. Résultat, on produit des choses parfois inutiles, souvent de mauvaise qualité et bien souvent de manière polluante, dans des conditions terribles pour les travailleurs et pour des salaires de misère.

Comme disent les gilets jaunes: fin du mois et fin du monde, même combat !

Le réchauffement climatique est un désastre écologique qui nous concerne tous et toutes. Même s’ils savent que notre avenir est compromis, nos dirigeants sont incapables de faire respecter les accords qu’ils ont signés à la COP21.

Rien d’anormal ici ; leur rôle est de défendre et de préserver l’intérêt de ceux qu’ils servent, les riches et les grands patrons.

Evidemment trier les déchets, et autres pratiques individuelles, c’est mieux, mais l’impact est limité. Certains cherchent même à nous culpabiliser alors que ce sont les multinationales qui multiplient les emballages plastiques. Leur objectif premier est de faire de l’argent en nous exploitant et en pillant les ressources naturelles !

Pour faire vraiment de l’écologie, le sauvetage ne peut se faire sans une planification économique à l’échelle mondiale.

Quand un territoire est pollué il en impacte directement un autre, parfois situé à des centaines de kilomètres. Il faut donc revoir tout le mode de production, en nationalisant les multinationa-les sous le contrôle démocratique des travailleurs et de la population, pour planifier l’économie en fonction des besoins et des ressources. Pour créer ainsi un monde écologiquement viable, juste, égalitaire et fraternel : le socialisme.

Pollueurs et profiteurs, les capitalistes coupables !

Nous sommes les seuls à pouvoir sauver la planète. Il ne faut surtout pas compter sur les capitalistes et les gouvernements à leur service. Macron donne les aéroports, les barrages hydro-électriques au secteur privé, il autorise une nouvelle mine d’or en Guyane.

Pour les mêmes raisons, il s’attaque aux travailleurs, à l’Education, la Santé : permettre aux plus riches de faire toujours plus de milliards sur notre dos.

La lutte contre la politique de Macron et la lutte pour l’environnement sont liées !

Ne les laissons plus nous empoisonner pour leurs profits !

16/03/2019

http://www.gaucherevolutionnaire.fr/

Commentaire: Et puis surtout, réunissez-vous, organisez-vous, coordonnez-vous, structurez-vous, en toute indépendance des organisations « adultes »!

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17 mars 2019 ~ 0 Commentaire

algérie première victoire (essf)

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Algérie : première victoire…

de la dignité retrouvée

C’est indéniable, il y a victoire dans ce recul politique fait par Bouteflika au mouvement de contestation populaire. Victoire d’abord de la dignité. « Yes ! we can », disaient les noirs américains après l’élection historique d’un président issue de la communauté noire, même si la victoire n’avait que valeur de symbole, sans plus. Cette victoire du peuple algérien a donc, avant tous, la même valeur symbolique.

C’est une victoire qui permet aux Algériens et Algériennes de sortir d’un temps où régnaient la peur et le défaitisme vers un temps qu’ils savent désormais pouvoir maitriser et vers une nouvelle histoire qu’ils savent capable d’écrire.

Politiquement, c’est la victoire d’une bataille.

Elle se situe au niveau des consciences, mais elle a sa valeur politique. Le régime, en crise latente depuis un certain temps et, sentant sa fin proche, projetait de se construire une nouvelle légitimité en faisant réélire Bouteflika, pensant que le pouvoir bonapartiste qu’il exerçait sur le pays était encore valide.

Le but étant de diriger la réforme de leur propre pouvoir, réforme exigée par la poussée économique néolibérale et par différentes oppositions qui ont émergé dans la société. Mais, aveuglé par un règne de vingt ans, sans partage et sans alternance même formelle, ce pouvoir a sous-estimé le ras-le-bol des Algériens et Algériennes. Erreur d’appréciation.

Devant la première déferlante populaire dans la rue, il fait une première concession en propo-sant une prolongation d’une année du pouvoir de Bouteflika, mais après une élection qui le légitimerait ; une sorte de plébiscite.

Après une deuxième déferlante populaire encore plus grande, il fait une deuxième concession en annulant carrément les élections présidentielles tout en maintenant la direction des réfor-mes programmées. Il se donne arbitrairement une prolongation d’une année pour gérer une transition et une recomposition du sérail bureaucratique au pouvoir sans heurt. Mais la protestation n’est pas encore satisfaite. Elle demande le départ de Bouteflika et son régime.

 La pression des ultralibéraux

Dans la forme, il est clair que le régime, en maintenant son président, et malgré l’annulation des élections, garde la main sur ce « processus de transition ». Mais, avec l’annulation des élections, il perd toute légitimité qu’il comptait reconquérir le 19 avril. Il se met en porte à faux avec sa propre légalité. C’est un mini « coup d’Etat » à façade civile, une sorte d’état d’exception.

Cette « hypothèse » d’une transition « de velours » pour éviter une transition radicale et révolutionnaire est en réalité souhaitée, voire réclamée par certains milieux médiatiques néolibéraux.  Avec la caution des puissances impérialistes et régionales.

Le discours radical de ce milieu, dans la forme, exprimant les intérêts de la nouvelle « oligarchie », surfe sur la radicalité et l’ampleur de la protestation et les reculs du pouvoir pour prétendre à une place de choix dans la direction de ce processus de « réforme ».

Sous la pression de « la rue », une partie réclame la démission de Bouteflika, le cache-sexe de la seule force organisée du pays qui est l’armée, pour mettre cette dernière devant « ses responsabilités », disent-ils.

Car l’objectif est de légitimer une « structure transitoire » qui ne serait pas celle mise en place par le président et qui serait acceptée par la population en mouvement, avant que celle-ci atteigne un niveau d’organisation capable de prétendre diriger elle-même ce processus.

Il ne faut donc pas regarder la composition de ce gouvernement. Autrement dit, il ne faut miser ni sur Bedoui qui « serait neutre » sur le plan partisan, mais néanmoins ex-ministre de l’Intérieur (donc représentant le corps de la police!), ni sur aucun gouvernement de transition sous Bouteflika, ni sur cette opposition qui s’autoproclame, qui se donne des élans de « comité de sages » ou de « société civile ».

Il s’agit de construire un projet en partant de l’élan spontané.

Les changements se construisent en alternant dialectiquement les consciences spontanées et les consciences critiques. Cependant, l’élan spontané des masses populaires n’a pas encore produit son projet, ni une direction ou (des directions) politique. Ce n’est toutefois que la mi-temps d’un match, avec un score en faveur du mouvement populaire, un match qui aura forcement des prolongations, des temps perdus et des temps additionnels.

 Assemblée constituante et auto-organisation du mouvement

Le débat sur l’assemblée constituante ou la simple réforme de la Constitution est maintenant clairement posé avec, en filigrane, le contenu social et économique de ce changement tant voulu.

Autrement dit, une transition vers quoi ?

La clé de voute de cette équation reste la direction de ce processus. La solution de Bouteflika est déjà rejetée dans sa forme et son contenu par le mouvement, rejet qui s’est massivement affirmé ce vendredi 15 mars. Elle est rejetée dans sa forme par les représentants de cette « oligarchie » montante.

Restent à construire les représentants légitimes de ce mouvement, autrement dit l’auto-organisation.

C’est ici où se situe l’impasse pour l’instant : ceux d’en haut ont perdu toute légitimité. Les partis politiques, syndicats et associations classiques ont perdu toute représentativité. Le mouvement n’a pas encore produit les nouvelles structures. Dans ce contexte, l’idée des comités populaires des « secteurs professionnels » fait son chemin.

Nous ne sommes plus dans les représentations partisanes et idéologiques de l’après-octobre 1988 (islamistes, laïques, démocrates, nationalistes, socialistes….). Nous ne sommes pas dans une représentation ethnico-régionale (arabophone, Berbères, Kabyles, Chaouis, ceux de l’est, du sud ou de l’ouest..). Un vent nationaliste surfe sur le mouvement.

Nous ne sommes pas encore dans une représentation sociale et encore moins de classes sociales, ou encore de quartiers et villages.

Il s’agit dans ce contexte d’apprécier concrètement la situation.

L’émergence de comités populaires n’a pas une portée révolutionnaire dans l’absolue. Les soviets dans la Russie de 1917 étaient composés d’ouvriers d’usines et de classes pauvres portées politiquement et idéologiquement par les bolchéviques.

Les mêmes types de structures de l’Iran de 1979, appelées « choura », furent portés par les Mollahs derrière Khomeiny. En 2001, la révolte algérienne qui a touché essentiellement les territoires de la Kabylie a aussi produit ces comités populaires, initialement portés politique-ment par la gauche et les éléments progressistes de la société, mais vite phagocyté et repris par ce qu’on a appelé à l’époque « les Aârouchs », traditionnels dans la forme et conservateurs dans le contenu.

Il ne s’agit donc pas d’idéaliser ou de sacraliser l’auto-organisation.

Aujourd’hui en Algérie, comme le souligne l’historien et ancien combattant pour l’indépendance de l’Algérie, M. Harbi, il y a « La main tendue des oligarques aux travailleurs (qui) est un marché de dupes et ne fait que perpétuer leur subordination à l’agenda néolibéral » [1].

Car, ces hommes d’affaires, continue le même auteur, « ont besoin des masses populaires pour faire pression sur le pouvoir afin de défendre leurs privilèges ». C’est un marché de dupes, certes ! Mais il peut prendre dans un mouvement qui veut rapidement finir avec ce pouvoir dans un moment où l’action des travailleurs ou syndicale reste faible.

Il reste le mot d’ordre d’assemblée constituante.

Celle-ci ne constitue pas non plus la solution absolue. Après octobre 1988, la mise en place d’une assemblée constituante aurait donné une majorité absolue islamiste fascisante vue la dynamique prise par l’islamisme en ce moment-là dans la société. Aujourd’hui, l’assemblée constituante, comme revendication, permet de laisser la brèche ouverte et se préparer à porter le débat dans la société.

Des voix s’élèvent pour souligner l’absence d’un parti d’avant-garde.

Oui ! Mais le temps presse. Et l’histoire n’est pas toujours à la merci des orientations critiques des avant-gardes. Elle a son côté spontané et contingent. C’est ici où réside la dialectique entre la conscience spontanée et la conscience critique.

Nadir Djermoune, 16-03-2019 Nadir Djermoune est universitaire, architecte / urbaniste à l’Institut d’architecture de Blida.

http://www.europe-solidaire.org/

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17 mars 2019 ~ 0 Commentaire

montessori (questions de classe)

N-autre-ecole-De-Monteori-aux-neuro-sciences

On assiste aujourd’hui à une création exponentielle d’écoles privées hors contrat (+15% en 2018)

 En lien avec une récupération et un détournement des « pédagogies alternatives »

.Ce phénomène s’explique par la convergence entre trois mouvances distinctes, mais qui partagent un même rejet de l’école publique :

Une droite catholique galvanisée par le succès de la « Manif pour tous »,

Un courant néolibéral partisan du « libre choix » des familles et du marché scolaire, et

Un courant « écologique » cherchant à créer des îlots de pédagogie « bienveillante ».

Tous mettent en avant la « méthode­ » de Maria Montessori et les neurosciences.

L’enjeu est bien idéologique : il s’agit de jeter à bas l’idée même d’une école égalitaire et émancipatrice commune à tou·te·s les élèves, au profit d’une vision individualiste et vitaliste de « l’enfant » dont le développement se ferait spontanément, selon des « lois de la nature ».

Ce numéro hors série se propose non seulement d’examiner le phénomène, à travers ses réseaux et ses références pédagogiques, mais également de dénoncer ces offensives, au nom d’un service public de l’éducation, à réinventer autour des notions de bien commun et d’égalité.

https://www.questionsdeclasses.org/

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