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22 février 2017 ~ 0 Commentaire

mélenchon (npa)

mélenchon (npa) dans A gauche du PS tumblr_oklepzwhiE1uk1zgxo1_500

Un hologramme? Comment çà marche? (Source: Bretzel liquide)

Un hologramme hante l’Europe ?

Rien n’arrête Mélenchon, même pas Hamon ? Mais pour aller où ? Depuis les débuts de sa campagne, Mélenchon et sa France insoumise ont décidé de rompre avec la campagne menée avec le PCF en 2012 autour de « l’Humain d’abord », tant sur la forme que sur le fond.

Sur la forme, passons sur le fait qu’il s’était autoproclamé au 20 heures de TF1 comme le candidat « du peuple français », au-dessus des partis mais avec des allures « bonapartistes ». Et ne nous attardons pas plus sur l’abandon des symboles du mouvement ouvrier, comme celui de la couleur rouge dans ses meetings ou son matériel de campagne ou plus substantiellement de l’Internationale à la fin de ses meetings…

Ce qui marquera sans aucun doute, c’est sa campagne 2.0 qui rencontre un certain succès.

Ainsi, il a créé sa propre chaîne Youtube qui fait un tabac avec des centaines de milliers d’a- bonnés. Toutes les semaines, il y fait de longues interventions pour commenter l’actualité et défendre son programme « l’avenir en commun ». Cela lui permet habilement de toucher plus de monde qu’une campagne « traditionnelle »… mais aussi de ne plus s’embarrasser de jour- nalistes et de contradicteurs, qu’il n’hésite pas à insulter quand ils ne vont pas dans son sens.

Cela sans oublier non plus ses coups de com’, tel son meeting en « hologramme » et plus récemment une émission TV de plus de cinq heures diffusée sur Internet pour présenter le chiffrage de son programme. Mais cette vaste opération de communication politique ne doit pas faire masquer le fond de son programme. Là où le bât blesse…

De quoi l’insoumission est-elle le nom ?

Il est vrai que Mélenchon rend compte de la destruction du lien social par le néolibéralisme appliqué par les gouvernements successifs et arrive à exprimer la défiance de plus en plus grande de ceux d’en bas vis-à-vis des institutions. Et face à ce constat, il affirme vouloir « mettre au pas la finance », proposant donc de séparer les banques d’affaires et de détail, de contrôler les mouvements de capitaux, d’instaurer une taxe « réelle » sur les transactions financières, de moduler l’impôt sur les sociétés qui investissent en France.

Il met aussi en avant certaines propositions, dont nous débattons également, comme le partage des richesses, les moyens accordés à l’éducation, le sport, la santé, la sortie du tout-marchand, la planification écologique incluant la création d’emplois et des réorientations de la production… Mais tout cela sans jamais aucune incursion dans la propriété privée !

Et logiquement, en bon défenseur d’une République qui fusionne État et nation, il ne propose pas une rupture profonde avec ce système, se réfugiant derrière la perspective d’une constituante sans avancer de mesure répondant par exemple à la crise politique actuelle illustrée par l’affaire Fillon.

Mais peut-être que l’essentiel reste que Mélenchon ne fait plus référence à la lutte des classes, pensant ainsi s’adresser à l’ensemble du « peuple français ». Dans une imitation de Podemos, il stigmatise « la caste oligarchique et son personnel politique »… oubliant ainsi que lui-même occupe depuis des dizaines d’années des mandats politiques sans discontinuer.

Tout cela sans oublier les désaccords les plus saillants que nous pouvons avoir avec ses conceptions protectionnistes (même qualifiées de « solidaire ») et son esprit national, avec la pincée de chauvinisme qui l’amène à des glissements successifs, par exemple sur la question de l’accueil des migrantEs…

Alors certes, Mélenchon n’est pas notre adversaire, mais il développe une campagne éloignée de la nôtre, pour nous celle d’une gauche anticapitaliste et internationaliste.

Mardi 21 février 2017, Sandra Demarcq

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Considérations sur le populisme de gauche « Un pôle populaire et non populiste » (Ensemble)

Mélenchon : défendre l’économie ou les travailleurs ? (Lutte Ouvrière)

Programme de Mélenchon : un catalogue de mesures qui ne permet pas de faire face à la crise écologique (Tendance Claire)

Campagne Mélenchon : un projet de réorientation populiste de la gauche française ? (NPA)

Mélenchon « L’Avenir en commun », le décalage à droite…

 

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22 février 2017 ~ 0 Commentaire

dossier: revenu-allocation universels (npa)

univ

À propos de l’ouvrage Contre l’allocation universelle  (Anti-k)

Revenu universel : qu’en pense Philippe Poutou ? (NPA)

Le revenu universel, de base, inconditionnel: une fausse bonne idée?(CAC)

Articles opposés au revenu universel

maison

Articles en faveur du revenu universel

Encore plus ici

Et Wikipédia

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21 février 2017 ~ 0 Commentaire

pcf (npa + lo)

communism

Les jeux sont faits, rien ne va plus…

Depuis sa conférence nationale, le PCF connaît une crise publique sans précédent. Une crise amplifiée ces derniers jours par le résultat un peu inattendu de la primaire du PS et de ses alliés…

On se souvient que Pierre Laurent avait réussi, lors de la conférence nationale consacrée à la présidentielle et au vote des militantEs qui avait suivi, à trouver une courte majorité pour le soutien à Mélenchon. Cela contre l’avis de Chassaigne qui, lui, souhaitait une candidature PCF… mais voulait surtout préparer une alliance avec le PS en vu des législatives. Le texte adopté à cette occasion précisait quand même que la situation pouvait changer… Et c’est donc ce qui est arrivé avec la victoire d’Hamon.

La clarté dans la confusion

Dans une interview accordée au journal Politis, le secrétaire général du PCF est plus clair dans sa confusion… Il confirme que le résultat de la primaire du PS pourrait changer les choses : « Les jeux n’étaient pas fait, et les électeurs de gauche ont beaucoup de choses en commun ». Il faudrait arriver « à un contrat de majorité à gauche », donc « chercher les voix du rassem- blement », avec en particulier un accord de partis. Et sur ce point, Pierre Laurent de préciser : « Nous avons effectivement une divergence avec Mélenchon ».

Comme pour (se) rassurer, le secrétaire national précise que « Jean-Luc Mélenchon est notre candidat à la présidentielle. Moi, je ne fais pas de la politique fiction sur les semaines à venir ». Puis plus loin, de dévoiler son jeu : « Nous considérons que les législatives sont d’égale importance avec l’élection présidentielle. (…) Le maintien de ce préalable [la signature par les tous les candidats d’une Charte élaborée par La France insoumise et Mélenchon], qui n’est pas accepté par des communistes et ni par les autres composantes qui soutiennent Mélenchon, n’est pas raisonnable ».

Pierre Laurent vante ensuite le rôle irremplaçable qu’auraient des députés communistes… et le désastre que ce serait d’avoir des face-à-face entre les candidats du PCF et ceux de La France insoumise. Et d’avouer enfin qu’il ne sait pas s’il y aura un accord national mais que « ce problème pourra se résoudre par la discussion dans un très grand nombre de circonscriptions »

Combien de divisions ?

En fait les communistes sont complètement divisés. Certains soutiennent Mélenchon sans l’aimer… mais pour éviter au PCF un résultat désastreux. D’autres préféraient une candidature issue du parti soit par sectarisme, soit pour pouvoir s’allier au PS pour les législatives, et font logiquement pression aujourd’hui pour un rapprochement avec le candidat issu de la primaire du PS. D’autres, écœurés, s’abstiendront, voteront blanc ou extrême gauche, en désespoir de cause…

La dernière réunion commune avec le PCF et le PG qui s’est tenue il y a deux semai- nes n’a pas donné grand chose, et aucune date n’a été fixée pour la prochaine réunion… En fait Mélenchon se sent assez fort pour enfoncer le PCF, surtout après avoir évité même de peu une candidature communiste à la présidentielle. Il lui reste maintenant à affronter le candidat de la gauche PS, Hamon, qui aura éventuellement le soutien d’EÉLV (mais ce soutien n’est pas encore gagné puisque EÉLV organise un vote interne sur un éventuel accord avec le PS)…

Face à toutes ces manœuvres politiciennes, la candidature de Philippe Poutou, le seul candidat ouvrier anticapitaliste, apparaît comme indispensable. Mais il reste encore des parrainages à trouver. Une de nos tâches essentielles dans les semaines qui viennent.

Alain Krivine Lundi 20 février 2017

https://npa2009.org/  

http://www.anti-k.org/

Lire aussi:

PCF : un “pacte de majorité” pour aller plus vite dans le mur (Lutte Ouvrière)

 

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20 février 2017 ~ 0 Commentaire

Interview de philippe poutou (révolution permanente)

article_poutou-idees

 

« Présenter un candidat ouvrier, c’est aussi défendre la dignité de notre camp social »

Il ne fait pas la Une des médias, ne porte pas souvent de costard, et refuse de se présenter comme un sauveur suprême. Pour le candidat qui passe ces dernières semaines à faire des allers-retours entre des réunions publiques de campagne, le piquet de grève de son entreprise et la chaîne à l’usine, pas facile de percer dans la démocratie des riches et des puissants. Nous relayons ci-dessous l’interview faite par le NPA Jeunes du candidat ouvrier, à l’occasion du nouveau numéro de l’Etincelle Anticapitaliste.

Beaucoup de jeunes sont rentrés dans la politique avec la loi Travail, et toi, comment est-ce que tu as commencé à militer ?

Mon époque à moi c’était l’opposition à la dictature chilienne, c’était la lutte contre l’appartheid aussi, et le soutien à Mandela. Et puis il y avait aussi la question kanak, parce que c’était le début de Mitterrand et il avait promis plein de choses pour les kanak, avec un discours anti- colonial, et finalement c’est tout l’inverse qui va se passer. Ça m’avait beaucoup marqué ça, et ça a été pour moi le début de la rupture avec le Parti Socialiste. A l’époque on avait vachement le regard ailleurs : je n’appelais pas ça la solidarité des travailleurs à l’époque, je ne raisonnais même pas en lutte de classe, mais il y avait cette idée qu’il fallait soutenir les peuples, partout dans le monde. C’est quelque chose qu’il faut reconstruire !

Tu es surtout connu au niveau militant pour la lutte que vous avez mené à Ford contre la fermeture de l’usine. La lutte a repris ces derniers jours. Tu peux raconter un peu l’histoire de la lutte des Ford, et où on en est aujourd’hui ?

En 2007, l’avenir sur l’usine a commencé à s’assombrir. Il n’y avait pas d’annonce de fermeture mais on savait qu’en 2008 ou 2009, on allait vers la fin. On a appelé à une manifestation à l’extérieur de l’usine, un samedi matin, pour tirer la sonnette d’alarme et expliquer que l’usine est menacée. On était seulement une vingtaine de militants organisés, mais on se retrouve pas loin de 250 à cette première manifestation ! Avec aussi les compagnes de collègues, les familles… Et là, ça bascule. Ça bascule parce qu’on se prend à avoir confiance en nous.

A partir de là commence deux ans de mobilisations, en 2007 et 2008. Tout le monde nous disait « Vous n’y arriverez pas. Ford, ils feront ce qu’ils veulent, s’ils veulent partir ils partiront », etc. Nous on a dit : « On verra, on se bat ». Et ce qu’on expliquait c’est que les emplois chez Ford, c’est l’emploi dans la région : des emplois publics, des emplois de commerce… On expliquait qu’il fallait que tout le monde se solidarise parce que tout le monde était concerné. Même dans les médias notre lutte va être vue comme une bataille collective, pas uniquement pour nous, les ouvriers Ford.

La mobilisation se construit, et les collègues prennent confiance en eux. On a fait des tas de trucs qu’on aurait jamais pensé possible ! On a envahi les salles de réunions, on a séquestré le patron, enfin… tout ce qui était un peu à la mode aussi à cette époque là ! (rires) Parce qu’on n’était pas les seuls : ça s’est vu à Continental, à Goodyear, à New Fabrice, à Molex… On était dans un contexte de pas mal de bagarres et on essayait de se mettre en lien avec eux.

Au bout du compte, Ford n’a pas fermé l’usine, et a relancé la production. Mais c’était à court terme, parce qu’on se retrouve à nouveau sous la menace d’une fin d’activité, fin 2018. Le problème est posé, et on espère bien que les collègues vont se remobiliser parce que c’est ça qui va être déterminant, c’est cette force qu’on a, et notre propre expérience montre qu’on peut se battre.

Est-ce que tu pourrais revenir sur pourquoi c’est important pour toi qu’ « un ouvrier ne ferme pas sa gueule », comme tu disais en 2012 ?

C’est vrai qu’on nous apprend, dès qu’on est tout petit, qu’il faut qu’on se taise, et qu’il faut laisser parler les experts… Mais comme par hasard ces experts sont toujours du côté des riches et des patrons, avec une idéologie qui défend leurs intérêts ! Donc on a tout intérêt à nous, nous représenter, à parler directement, à être là et à défendre d’autres idées : l’anticapitalisme, contre cette société-là, contre les patrons, contre les possédants.

Par ailleurs, présenter un candidat ouvrier, c’est aussi défendre la dignité de notre camp social. On n’est pas juste bon à bosser, à être exploité ou à être viré quand on a plus besoin de nous. Aujourd’hui quand on parle d’un ouvrier à la télé, c’est pour dire qu’il a perdu son boulot. Nous on a envie de dénoncer l’exploitation, de dénoncer la souffrance au travail, de dénoncer le mépris social, et ce n’est pas pour jouer les victimes, mais pour poser la question de comment on renverse le cours des choses, comme on reprend nos affaires en mains.

Reprendre nos affaires en mains, sur la question du chômage, ça veut dire quoi ?

Aujourd’hui on baigne dans une campagne ultra-libérale, qui nous explique que la concurrence impose la compétitivité, qu’on a pas le choix, que c’est la crise, qu’il n’y a pas d’argent, etc. Et du coup on nous explique qu’il faut forcément accepter les restrictions d’effectifs, les cadences qui augmentent, les réorganisations du travail qui suppriment tout ce qui ne rapporte pas… Et pendant ce temps, on s’aperçoit que pour ceux qui restent au boulot c’est de plus en plus dur, et qu’une grande partie de notre classe se retrouve sans travail, ou dans une précarité extrême.

Nous proposons un programme qui répond à ça : interdiction des licenciements, embauche massive dans les services publics, partage du temps de travail. On nous dit qu’il n’y a pas de travail pour tout le monde. D’accord, alors on partage ! De manière à ce que les anciens puissent partir le plus tôt possible à la retraite. Il y a tellement d’autres choses à faire que d’aller bosser.

Et il y a largement les moyens pour ça ! On voit bien que de l’argent il y en a, qu’il y a de grosses fortunes, que les dividendes explosent, que les profits sont faramineux. Arnault, Bettancourt, leur fortune dépasse les 25 milliards, les 30 milliards…

Mais évidemment notre objectif n’est pas seulement d’interdire les licenciements et de partager le temps de travail. C’est aussi de poser la question de qui décide, de qui contrôle l’économie. C’est pour ça que nous défendons la socialisation de secteurs entiers de l’économie, le secteur bancaire, le secteur de l’énergie, les transports… Et ça passe par la mise sous contrôle des salariés. C’est pour ça que notre programme, c’est plus que des mesures, c’est un choix fondamental de société. Et la force de notre programme, c’est quand les gens s’en emparent.

De ce point de vue là, le mouvement contre la loi Travail nous aide, parce qu’il a montré notre capacité à riposter. Le mouvement a quand même perturbé les classes dominantes : on a vu à quels points ils étaient énervés, insultants, avec quelle violence ils ont répondu dans la rue. C’est la preuve qu’ils ne peuvent pas diriger le système sans violence. Le mouvement a montré qu’il y avait vraiment deux camps dans la société.

Vis à vis de toute cette jeunesse, qui s’est mobilisée pendant la loi Travail mais qui s’est aussi beaucoup politisé pendant le quinquennat de Hollande, sur différents sujets, comment tu la vois cette jeunesse, et qu’est-ce que tu voudrais lui dire pour 2017 ?

L’une des forces de la mobilisation contre la loi Travail, c’est que mouvement de la jeunesse et le mouvement des travailleurs ont fusionné. Parce que le début du mouvement, c’est la jeunesse qui l’a organisé. C’est à partir de ça que les équipes syndicales les plus combatives, celles qui n’étaient pas sous la domination des directions syndicales – qui n’ont pas facilité et ont même parfois cherché à empêcher cette jonction – se sont lancées, et les premières manifestations étaient super dynamiques, parce que jeunes et travailleurs étaient ensemble.

A la dernière conférence de presse que nous avons fait à Paris, la journaliste du Figaro m’a à nouveau demandé : « Et alors, que pensez-vous de la jeunesse autonome, violente, pendant la mobilisation contre la loi Travail ? Pensez-vous qu’il faut s’en démarquer ? »… Moi j’ai répondu que cette violence est légitime ! L’envie d’en découdre avec la police, l’envie de se révolter, c’est légitime ! Après la question c’est comment ça s’organise, et comment on fait pour gagner. Mais c’est sûr qu’il y a une volonté de nous séparer, de dire que lorsqu’un jeune se mobilise, il est forcément manipulé : cette campagne-là n’est pas nouvelle.

Mais on se rend bien compte que l’urgence, elle est du côté de la jeunesse comme du côté des anciens, entre les jeunes qui sont dans la précarité ou au chômage, et les vieux qui crèvent au boulot. Il faut réussir à poser tous ces problèmes là et les regrouper, pas les séparer. Pour 2017, il faut faire en sorte que le mouvement de la jeunesse et le mouvement des salariés soient unis pour résister aux attaques des classes dominantes !

Il y a beaucoup de candidat qui disent que pour la jeunesse il faudrait un service civique ou un service militaire, qu’est-ce que tu en penses ?

Tout d’abord, il faut dire que ce qu’on voit c’est qu’avec la crise, la société est de plus en plus violente, au quotidien. La souffrance au travail, le chômage, la précarité, le mal-logement… Et la violence c’est aussi la répression, la police, même au point que les policiers vont manifester parce qu’ils en ont marre d’entendre dire qu’on les déteste… Tout s’inverse : le bras qui frappe se pose en « victime »… On baigne dans un truc très violent. Le sécuritaire, la lutte anti-terroriste… je dis ça parce que on voit qu’on est en train d’enrégimenter tout le monde.

Ce qu’il faut comprendre derrière tout ça, c’est que ce sont les possédants qui sont en difficultés, parce que la crise pour eux, c’est forcément des risques de colère sociale, de révolte. Alors évidemment, la jeunesse est visée en particulier, parce qu’on connaît sa capacité à la révolte. Et tous les candidats, y compris Mélenchon, propose le « service civique ». Ca paraît presque inoffensif, un service civique. Mélenchon dit que ça va aider la jeunesse à se solidariser, à apprendre la vie… Mais c’est déjà ce qu’on nous disait avant, quand y’avait le service militaire ! « Tu seras un homme, mon fils » !

Nous, la jeunesse qu’on veut c’est celle qui résiste, celle qui sur les ZAD a dit « Vinci on l’emmerde », « les flics n’ont qu’à venir », celle qui est descendu dans la rue. Il faut se battre contre cette volonté de mettre la jeunesse au pas. Et Mélenchon c’est peut-être le pire, ou Hamon et Montebourg, qui se disent tous à gauche, mais qui ont un discours qui est très dangereux, qui est celui de reprendre en main la jeunesse, avec des discours nationalistes.

Pour finir, je voulais qu’on revienne sur la campagne #2017PoutouDoitEnEtre. En ce moment tous les camarades du NPA sont sur les routes pour chercher les parrainages de maire, si tu voulais dire quelques mots par rapport à ça…

Pour nous les élections, c’est comme s’il y avait un banquet de candidats, au service des plus riches et qui sont d’ailleurs de ce milieu-là, et on veut s’inviter à ce banquet. Evidemment, le combat fondamental se passera dans la rue. Les élections, on les utilise pour populariser cette idée-là, et essayer de redonner confiance. Et défendre l’idée que la lutte des classes, il ne faut pas qu’il n’y ait que Warren Buffet [homme d’affaire américain, parmi les hommes les plus riches du monde] qui en parle ! Il dit que la lutte des classes existe, qu’il la mène et qu’il la gagne et c’est vrai. Mais on peut inverser le cours des choses, et c’est cette idée qu’on veut porter !

17 février 2017

http://www.revolutionpermanente.fr/

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20 février 2017 ~ 0 Commentaire

les députés votent une loi qui protège les corrompus (osons causer)

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15 février 2017 ~ 0 Commentaire

fortunes (l’humanité)

riches

Les fortunes des ultrariches démultiplient les inégalités

Entre 2012 et 2016, la richissime Liliane Bettencourt a vu ses milliards se multiplier par deux et a ainsi accumulé un patrimoine de 31,2 milliards d’euros.

Déjà la plus riche de France, Liliane Bettencourt a doublé sa fortune en cinq ans, à l’instar d’une poignée de milliardaires, tandis que les inégalités de patrimoine progressent, témoignant de l’existence d’une France à deux vitesses.

Les candidats des riches n’ont pas oublié que les fortunes de France et du monde se cons- tituent à coups de biens financiers. Il n’y a d’ailleurs qu’à analyser le patrimoine des milliar- daires français pour observer qu’il flambe au rythme des marchés financiers. Car leur capital ne se compte pas seulement en nombre de châteaux ou autres propriétés immobilières, mais en actifs détenus dans les groupes qu’ils possèdent et qui ont bénéficié, après le krach de 2008, de confortables valorisations, déconnectées de toute réalité économique. Selon l’économiste Thomas Piketty, les hauts patrimoines ont ainsi progressé de 7 à 8 % par an en moyenne, contre 1 à 2 % pour le PIB.

Bettencourt a vu ses milliardsse multiplier par deux

Une envolée financière due à la politique monétaire des banques centrales qui, depuis la crise, ont fait tourner leur planche à billets et submergé l’économie de milliards qui ont été investis de préférence sur les actifs réels, comme les participations dans les sociétés, cotées ou non.

De telle sorte que le patrimoine global des 500 Français les plus riches a atteint, en 2016, 460 milliards d’euros. Entre 2012 et 2016, la richissime Liliane Bettencourt, héritière de l’empire L’Oréal, a vu ses milliards se multiplier par deux et a ainsi accumulé un patrimoine de 31,2 milliards d’euros, grâce aux 33 % du groupe que la première fortune de France détient via sa holding, Téthys.

Une société écran qui lui permet d’échapper totalement à l’ISF en 2015. Idem pour le deuxième du podium, Bernard Arnault, patron du groupe de luxe LVMH, qui a amassé une fortune de 30,3 milliards d’euros, en hausse de 43 % depuis 2012. Il ne s’acquitte que de 2 millions d’euros d’ISF, « économisant » ainsi 5 millions d’euros. Et ce, grâce au mécanisme de plafonnement imposé par le Conseil constitutionnel.

En tout, selon la liste des services de Bercy que s’est procurée l’an dernier le Canard Enchaîné, 50 contribuables ultrariches se sont acquittés de seulement 21,2 millions d’euros d’ISF en 2015, alors que le montant initial était de 219,6 millions, précise le Canard.

De quoi écœurer n’importe quel salarié, retraité, dans un pays où le pouvoir d’achat de l’immense majorité stagne ou régresse, qui voit dans cette abondance le résultat de choix politiques des gouvernements qui se sont succédé pour bâtir une économie au service des 1 % les plus riches. Avec, pour résultat, une explosion des inégalités, à commencer par celles sur le patrimoine qui, dixit l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), « sont beaucoup plus marquées que celles des revenus ».

En effet, rappelle l’Insee, les 10 % des ménages les mieux dotés détiennent 47 % de la masse du patrimoine brut. Alors que les 10 % des ménages aux revenus les plus importants captent 26 % de l’ensemble des revenus.

L’étude de l’Insee démontre l’explosion des inégalités sociales

L’accroissement du patrimoine s’accélère tout en haut de l’échelle. Les 5 % les mieux lotis détiennent ainsi un tiers de la richesse totale. Et les 1 % les plus riches en possèdent à eux seuls 16 %, soit deux fois plus que l’ensemble du patrimoine cumulé des 50 % les moins fortunés des ménages. Le patrimoine moyen des 10 % des foyers les plus riches culmine ainsi à 1 953 000 euros. Celui des 10 % les plus pauvres atteint péniblement 2 000 euros en moyenne, soit 79 fois de moins que le patrimoine médian (158 000 euros). Entre milieux sociaux, les inégalités sont tout aussi révoltantes. Le patrimoine des ouvriers non qualifiés s’élève à 16 400 euros, soit 4 fois moins que le patrimoine médian des cadres supérieurs (204 000 euros).

L’étude de l’Insee montre également que celui qui n’a que son salaire pour s’enrichir se retrouve dans une situation très défavorable par rapport à celui qui hérite. « Les ménages bénéficiaires de ces transmissions (héritage ou donation – NDLR) disposent généralement d’un patrimoine de 242 900 euros contre 72 100 euros pour la moitié de ceux qui n’en ont pas bénéficié », relève l’Insee. À gauche, beaucoup souhaitent régler ces déséquilibres insoutenables par l’impôt en taxant le capital.

Grâce à son «verrou», Bercy dépénalise la fraude fiscale
Le « verrou » ou monopole de Bercy est une spécificité française des plus scandaleuses. Puisqu’il permet au ministère des Finances publiques d’interdire à la Justice, et plus particu- lièrement au Parquet, de mettre son nez dans  les dossiers de fraude fiscale, et de pouvoir engager  des poursuites. Comme cela aurait dû être le cas après  les révélations des Panama Papers ou HSBC.  Sans compter que cette disposition pose un vrai problème de séparation des pouvoirs.
C’était notamment le cas avec l’affaire Jérôme Cahuzac. Mais pour Bercy,  il s’agit d’un outil d’incitation permettant de « convaincre » les exilés fiscaux de rapatrier leurs avoirs cachés  à l’étranger et de payer  les pénalités en échange d’une promesse tacite d’absence de poursuite pénale… Des magistrats ont tenté de saisir le Conseil constitutionnel. Des députés ont déposés plusieurs amendements. Mais quand  il s’agit de protéger les riches, le verrou reste.

Clotilde Mathieu

Journaliste à la rubrique social-économie
Vendredi, 10 Février, 2017

Commentaire: Et ceux qui n’ont pas les 2000 euros de moyenne?

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14 février 2017 ~ 0 Commentaire

mouvements (essf)

precaires

Nos droits contre leurs privilèges

Un appel de mouvements sociaux

Dans cet appel des mouvements sociaux, la société civile organisée veut faire entendra sa voix et ses propositions. « Les énergies sont disponibles dans notre société pour porter l’espoir de progrès sociaux et d’une société juste et égalitaire. Pour faire vivre ces résistances et nos alternatives, notre espace favorisera les convergences et l’action, dans le respect des modes et des choix d’intervention de chacune de nos organisations. »

Nous, mouvements sociaux, dans notre diversité associative, syndicale et citoyenne comptons bien faire entendre nos voix et nos propositions dans les prochains mois. Dans la période électorale qui s’ouvre, nous ne mettrons ni nos actions ni nos revendications de côté. Même si nous savons que tous les candidat.es ne défendent pas les mêmes positions, cette campagne présidentielle risque d’être propice aux vents mauvais, aux propositions démagogiques et réactionnaires et aux petites phrases. Aussi nous sommes déterminé.es à dépolluer le débat public pour que les préoccupations de la majorité supplantent les intérêts de quelques-uns.

Les inégalités augmentent, le chômage, la précarité et la pauvreté touchent de plus en plus de personnes, en particulier les femmes et les jeunes.

L’explosion de la richesse de quelques-uns se fait au détriment de toutes et tous. Islamophobie, antisémitisme, négrophobie, rromophobie… les diverses formes du racisme gangrènent notre société ; les droits des femmes sont attaqués ; les droits des salarié.es, la protection sociale, les services publics déjà affaiblis, sont menacés dans leurs fondements ; le vivre ensemble se délite ; l’état d’urgence devient un état permanent ; et les enjeux écologiques sont remisés au second plan. Au contraire, notre société a besoin de plus de justice et d’égalité, d’une profonde transition écologique avec une réelle égalité des droits pour toutes et tous.

La justice fiscale et la fin de l’impunité d’une minorité permettraient de favoriser des services publics de qualité accessibles sur tout le territoire, des investissements pour nos quartiers et les zones rurales délaissées, un logement digne pour chacun.e, la création de centaine de milliers d’emplois de qualité liés notamment à la transition écologique, la garantie d’une protection sociale de haut niveau.

Dès maintenant, nous construisons un espace commun pour permettre le débat citoyen et l’appropriation par toutes et tous des vrais enjeux auxquels la majorité de la population est confrontée. Nous voulons expertiser et déconstruire, dans les prochains mois, les contre-vérités qui polluent déjà le débat politique.

Le mouvement contre la loi travail, des mobilisations syndicales à « Nuit debout », ont démontré que les résistances persistent dans ce pays, malgré la répression et les violences policières.

Les luttes et les grèves n’ont pas disparu. De multiples initiatives d’accueil et de solidarité auprès des réfugié.es existent dans notre pays, à l’encontre des discours de haine et de rejet développés par certain.es. Les énergies sont disponibles dans notre société pour porter l’espoir de progrès sociaux et d’une société juste et égalitaire. Pour faire vivre ces résistances et nos alternatives, notre espace favorisera les convergences et l’action, dans le respect des modes et des choix d’intervention de chacune de nos organisations.

Premiers signataires :

AC ! APEIS ATTAC CEDETIM CNT Solidarité Ouvrière

Comité Vérité et Justice pour Ali Ziri Confédération Paysanne

Coordination Sans Papiers 75 DAL FASTI Fondation Copernic

FSU Les jours heureux MRAP MNCP Osez le Féminisme !

ReAct Solidaires Finances Publiques Sortir du colonialisme

SUD Éducation SUD PTT SUD Santé Sociaux

Syndicat de la Magistrature Union syndicale Solidaires

UTOPIA VISA

contact@nosdroits.org

https://blogs.mediapart.fr/

http://www.europe-solidaire.org/

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14 février 2017 ~ 0 Commentaire

bernie sanders (brut)

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13 février 2017 ~ 0 Commentaire

fillon (l’obs + rp)

fillon-martyr

Fillon : saint François, victime de la transparence. 

« Ce n’est pas la dénonciation de pratiques népotiques qui menace la démocratie, ce sont ces pratiques elles-mêmes », rappelle l’essayiste.

Il était digne, propre sur lui, bien élevé, bien habillé, bien coiffé. Son passage dans l’émission « peopolitique » de Karine Le Marchand, en mode réhabilitation du Barbour versaillais et recette de pâtes à la saucisse, avait suscité un orgasme collectif dans nos chaumières droitières. Sa voix posée, sa famille parfaite, son drone, son sourire timide, sa chemise nickel, sa chasse aux « assistés » et son conservatisme revendiqué : tout en lui faisait rêver la France bourgeoise.

Il n’était ni vulgaire comme Nicolas ni empêché comme Alain. Les tristes temps du bonapartisme erratique et de l’orléanisme soporifique étaient révolus, la primaire avait vu triompher un légitimisme assumé et assuré. Toute une classe socioculturelle, rebutée tant par le bling-bling sulfureux du parvenu de Carla que par le néo-centrisme bobo-compatible du géronte girondin, tenait enfin son héros.

Elle allait pouvoir voter pour un homme qui lui ressemble, un homme bien de « chez nous », un homme vivant comme si Mai-68 et Juin-1936 n’avaient jamais eu lieu, se moquant de la couv des « Inrocks » comme d’une guigne, refusant ostensiblement de se marrer aux blagues de France-Inter, osant rabrouer Charline Vanhoenacker en direct sur France 2, recadrant les journalistes sans hausser la voix, comme il convient à un bon père de famille ou un chef d’Etat, bref, un homme de qualité, un gentilhomme, disait-on jadis. Et patatras.

Il aimait l’argent. Trop

L’admirateur de Tante Yvonne aimait donc l’argent. Il ne l’aimait certes pas comme on le fait dans le Sentier, à Deauville ou chez les Balkany (il n’aurait probablement pas fêté sa victoire au Fouquet’s). Il l’aimait discrètement, lui, comme il se doit, comme avant, sans l’afficher, ni le proclamer. Avec pudeur. Secrètement. Mais il l’aimait quand même. Trop. Et les « journalopes » – ces « socialopes » masquées ! ont sauté sur l’occasion. Ils l’ont livré aux loups (l’opinion), lui, sa femme et ses enfants. Et aujourd’hui la fierté retrouvée des conservateurs français laisse place à l’amertume. Voire parfois à la rage.

Les fans de François Fillon crient donc au complot du « système médiatico-politique ». Le ridicule de leur plainte est à la mesure de leur déception, ne remuons donc pas le couteau dans leur plaie. Ses défenseurs avisés, en revanche, nous disent quelque chose de sérieux. Ils souli- gnent que des dizaines de parlementaires font la même chose, puis prennent un ton grave pour nous mettre en garde contre les « pulsions de lynchage » et dénoncer ce fameux « populisme » qui ébranle nos démocraties. En nous « acharnant » sur le candidat LR, nous ferions du tort à la République.

Ils ont, en partie, raison : le nombre d’élus, de gauche comme de droite, employant des proches parents est sidérant et la justice seule peut déterminer la culpabilité ou non du couple sarthois. Mais ils ont, fondamentalement, tort : ce n’est pas la dénonciation de ces pratiques népotiques qui menace la démocratie et nourrit l’antiparlementarisme, ce sont ces pratiques elles-mêmes. Ce n’est pas le « nouveau culte de la transparence » qui est dangereux, c’est la persistance de l’antique opacité dans des institutions évoluant trop lentement et restant encore infiniment trop fermées pour une société ouverte et connectée. Ce n’est pas le « lynchage médiatique » de Fillon qui pose problème, c’est le million d’euros encaissé par le couple sur le dos d’un Etat dit « en faillite ».

« Démonarchisons » l’Etat

En Suède, il s’agirait là d’évidences. Pas en France. A Stockholm, un citoyen peut entrer dans un ministère et obtenir, sur simple présentation de sa carte d’identité, la liste des frais de bouche du ministre. A Paris, la même requête vous enverrait directement à Sainte-Anne. Chez nous, des intellectuels, des politiques et des éditorialistes s’insurgent contre cette « obscénité démocratique » qui voit « un juge s’indigner de ne pouvoir rentrer à l’Elysée comme dans un moulin » (Régis Debray) et qualifient de « populiste » la colère suscitée par les détournements privés de fonds publics auxquels s’adonnent certains de nos représentants.

Il est temps donc d’en finir avec ce mot fourre-tout de « populiste », que l’on emploie tout autant pour qualifier Donald Trump que Michael Moore, Breitbart que Mediapart, le Front national que Podemos. Nos démocraties ne sont pas menacées par le « populisme » en général, mais par le tsunami d’extrême droite qui s’abat sur elles de Varsovie à Washington. Pour résister à cette déferlante nationaliste antiparlementaire, elles doivent se réformer. Et pour les y contraindre, une critique – que certains jugeront « populiste » – de leurs élites est vitale. Pour éviter que la République ne s’ankylose et ne s’effondre, Rome n’avait-elle pas inventé les tribuns de la plèbe ?

Coincée entre des institutions verticales cultivant le secret et l’exigence de transparence et de contrôle des élus par les électeurs, la France est à la croisée des chemins. La chute du très regretté saint François de la Sarthe doit nous pousser à poursuivre la « démonarchisation » de notre Etat et le nettoyage des écuries d’Augias. Avant que le nécessaire étalage public de leur crasse débordante n’ouvre grandes les portes du pouvoir à Marine Le Pen.

Raphaël Glucksmann 11 février 2017

http://tempsreel.nouvelobs.com/

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12 février 2017 ~ 0 Commentaire

mineurs migrants (francetv)

irish

Aide aux migrants : « Aucun mineur ne doit dormir dehors en France », selon Cédric Herrou

L’agriculteur des Alpes-Maritimes, Cédric Herrou, était l’invité de franceinfo, vendredi 10 février, apès avoir été condamné ce matin à 3 000 euros d’amende avec sursis par le tribunal correctionnel de Nice. L’homme âgé de 37 ans a été condamné pour avoir aidé des migrants à transiter clandestinement de l’Italie vers la France.

franceinfo : Le parquet avait requis huit mois de prison avec sursis, vous écopez de 3 000 euros d’amende au final. Êtes-vous êtes satisfait de ce jugement ?

Cédric Herrou : Oui. Ces 3 000 euros avec sursis, je ne les payerai que si je recommence dans les mêmes conditions. D’après ce que j’ai compris, il n’y a pas eu de traçabilité des personnes. Je dois maintenant fournir un récit de vie sur ces gens-là. La justice me le demande. On pallie, en fait, une carence de l’État. Désormais, notre objectif va être de travailler sur un côté juridique. On doit mettre en évidence que la reconduite de mineurs isolés de la France vers l’Italie est illégale ainsi que le non respect des admissions pour les majeurs.

Allez-vous continuer à aider ces migrants ?

Oui. J’ai en ce moment cinq mineurs à la maison. Ils attendent d’être pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance. Les rapports vont un peu mieux avec l’ASE. La prise en charge a évolué. Ils ont ouvert d’autres centres et ils commencent à s’adapter à la situation des Alpes-Maritimes. Il faudrait maintenant qu’il y ait un accueil des majeurs. Nous sommes le seul département en France où il n’y a pas de Centre d’accueil d’orientation 5CAO). Il faut vraiment que la région et le département agissent.

Y-a-t-il encore beaucoup de migrants dans les régions montagnardes de l’Italie ?

Là c’est l’hiver, il y a donc un peu moins de monde que pendant l’été. Après, ce n’est pas non plus l’invasion. Nous, nous avons accueilli au maximum 250 personnes sur une vallée de 2 000 habitants. Nous l’avons fait avec des fonds personnels et associatifs. Nous ne sommes pas des surhommes, ni très riches. Cela prouve bien que c’est possible. L’État doit s’inspirer un peu de ce qu’on fait et agir ! Chez nous, il n’y a aucun mineur qui dort dehors. À Paris, il y en a 400, alors que l’État français se doit d’héberger des gens. Je rappelle que des mineurs en situation irrégulière ça n’existe pas. Il ne faut pas qu’il y ait un racisme d’État, qui fasse une distinction entre Noirs et Blancs. Aucun mineur blanc ne dort dehors, ça devrait être la même chose pour les mineurs noirs.

« L’État doit s’inspirer un peu de ce qu’on fait et agir ! », estime Cédric Herrou

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