Archive | A gauche du PS

07 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

grève générale (gauche anticapitaliste)

 

ga

France 5 décembre

S’appuyer sur une grève massive pour construire la grève générale

La première journée de grève appelée contre la réforme de retraites s’est terminée hier. Si nous n’avons pas encore tous les chiffres, on peut d’ores et déjà dire que cette journée a été particu-lièrement suivie : 700 000 manifestantEs au minimum (selon la police), 1,5 million selon la CGT. À titre de comparaison, le 1er jour de la mobilisation de 1995 le 23 novembre, avait été compté : 500 000 manifestants selon la police, 1,3 million selon la CGT.

Les taux de grève sont eux aussi très hauts, en particulier dans le secteur des transports à la SNCF et à la RATP, où les syndicats appelaient à une grève reconductible et illimitée dès le 5 : à la SNCF, c’est entre 60 et 90% de grévistes chez les cheminotEs en fonction des professions, 90% des trains qui n’ont pas circulé ce 5 décembre, et une journée du même niveau dès le lendemain.

Le secrétaire d’Etat aux transports Jean-Baptiste Djebarri a pourtant déclaré au micro de BFMTV en début de soirée que le gouvernement ne changerait pas de braquet. La RATP a voté largement dans les AG la reconductible pour le lendemain. Alors qu’Air France annonce 30% de vols intérieurs et 10% des moyens courriers supprimés aujourd’hui.

Dans l’éducation nationale, les taux de grèves n’ont pas été aussi hauts depuis de nombreuses années. Si le ministère annonce un peu plus de 40% de grévistes, les syndicats décomptent environ 70% de grévistes dans le premier et second degré.

Là aussi, dans la majorité des endroits les AG ont été importantes (300 personnes à Paris pour le premier degré, 200 à Rennes, 150 à Montpellier, 200 à Montreuil). Mais l’auto-organisation, reste encore souvent trop faible : dans de nombreux bahuts, il n’y a pas eu de véritables AG et la reconduction n’a pas été anticipée dans le premier degré.

Dans la majorité des villes, les manifestations ont été les plus importantes depuis de nombreu-ses années. En particulier dans des petites (ou moyennes) villes : 10000 à Nice, 8000 à Chateauroux, 20000 à Grenoble, entre 20 et 25000 à Rennes… Des AG interpros ont été souvent convoquées à la suite, réunissant là aussi plusieurs centaines de personnes votant la reconduction. Généralement il y avait une petite présence du secteur privé et de Gilets jaunes.

À Paris, la manifestation a été massive aussi, la CGT annonce 250 000 manifestantEs, mais elle a été aussi très fortement réprimée : 87 interpellations et plus de 60 gardes-à-vue. La police a empêché les cortèges d’avancer pendant des heures, continuant la stratégie policière qui a été utilisée depuis la loi travail.

Si cette journée du 5 décembre a été particulièrement réussie, il s’agit à la fin de cette journée de comprendre quel niveau d’affrontement avec le pouvoir nous avons besoin pour gagner.

Le premier élément, c’est que nous avons besoin que la grève reconductible soit effective. Il ne s’agit plus de se reposer sur les cheminotEs (ou la RATP), ce sont l’ensemble des secteurs qui doivent se mettre en grève reconductible dès le lendemain, et dans les prochains jours (là où ça n’a pas été possible de convaincre les collègues).

Ensuite, les directions syndicales confédérales ont été largement contraintes d’appeler à cette mobilisation, et dans la majorité des cas, elles n’organisent pas la reconductible. Ainsi, Philippe Martinez sur RMC ce matin, disait « chercher d’autres moyens que la reconductible pour un certain nombre de secteurs ».

La CGT proposera demain à l’intersyndicale deux journées de mobilisation, les 10 et 12 décem-bre. Pour réussir cette grève et pour ne pas dépendre des seules initiatives des directions syndi-cales sur les rythmes de la mobilisation, il faut étendre l’auto-organisation : avec des AG sur chaque lieu de travail, mais aussi des AG de secteur, des AG interpro de ville, et des coordinations.

À Montreuil, d’ailleurs, une AG interprofessionnelle a rassemblé 500 salariéEs, Gilets jaunes, avec des communaux, des personnels de Radio France et a manifesté vers Paris.

Les prochains jours vont être décisifs pour l’extension du mouvement et la possibilité de déclen-cher une véritable grève générale qui remette à l’agenda non seulement de retirer la réforme des retraites mais aussi de dégager le gouvernement Macron.

Mimosa Effe | 06/12/2019

https://www.gaucheanticapitaliste.org/

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05 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

châteaulin

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Communiqué de presse le 4 décembre 2019

C’est officiel ! Les listes « Nouvel Avenir pour Châteaulin » et « Châteaulin innovante et créative » sont fin prêtes pour nous chanter la sérénade au son des pipeaux.

Démocratie participative, développement durable, lien social : des mots qui font rêver pour faire oublier qu’on prend les mêmes et qu’on continue… Ah qu’elles sont adroites ces deux listes !
Une autre liste pour Châteaulin aux municipales 2020 : Pour ou contre ?

Mardi 10 décembre, 20h Salle des Fêtes de Châteaulin.

Nous donnons rendez-vous aux doux-réveurs, aux utopistes, aux écologistes, aux gilets jaunes, aux anti-capitalistes, aux marxistes, aux décroissants, aux humanistes, aux socialistes non encarté-e-s, aux trotskistes, aux anarchistes, aux communistes libertaires, à touTEs les anti-systèmes et toutes celles et ceux qui ne veulent pas se définir mais pour qui « justice sociale, égalité, solidarité, simplicité, respect de l’humain et de l’environnement » ont du sens…

Nous sommes un petit groupe de doux rêveurs très préoccupés par la gouvernance du pays, par son échec à porter les intérêts de la population, par son échec à être à la hauteur des enjeux environnementaux. Nous remarquons que localement les listes qui se présentent sont encore des émanations de cette gouvernance (droite et sociaux libéraux).

Nous voulons bousculer les pratiques politiques car nous nous trouvons bien mal représentés . La question est récurrente à chaque élection, voter, ne pas voter, voter blanc, nul, bref participer ou pas à ce qui semble trop souvent être un simulacre de démocratie… Nous cherchons des solutions pour en sortir.

Partageons nos idées, nos valeurs, nos interrogations et prenons la décision finale collectivement, elle n’en sera que plus pertinente.

Source

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04 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

la réforme pour les nuls (lutte-ouvrière npa ucl arc basta)

orange meca

Référence à « Orange Mécanique » de Stanley Kubrick

La réforme pour les nuls

Depuis quelque temps, une vidéo est réapparue et circule sur les réseaux sociaux. C’est une conférence filmée en 2016, où Fillon, en tant que candidat à la présidentielle, présentait ainsi son programme économique à un parterre de chefs d’entreprise :

« Le système de retraite par points, j’y suis favorable, mais il ne faut pas faire croire aux Français que ça va permettre de régler le problème des retraites. Le système par points, en réalité ça permet une chose, qu’aucun homme politique n’avoue. Cela permet de diminuer chaque année la valeur des points et donc de diminuer le niveau des pensions. »

C’est franc, c’est direct, c’est en 38 secondes le résumé d’un des principaux points de la grande réforme actuelle.

M.B. 03 Décembre 2019
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04 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

4 décembre andalousie 1

andalousie

Le 4 Décembre, jour du Peuple andalou

Le 4 Décembre dans la lutte des classes 

Historiquement, ce fut le 4 décembre 1868 que naquit le fédéralisme républicain andalou lorsque le peuple de Cadix se souleva contre le gouvernement de Madrid pour exiger plus d’auto-gouvernement.

Le 4 décembre 1977, deux millions d’Andalou-se-s descendirent dans la rue pour réclamer leurs droits en tant que travailleurs/euses et en tant que Peuple à une dictature agonisante – qui n’en finissait pas de mourir en continuant à tuer toujours plus. Les aspirations nationales et internationales s’unirent dans un même acte de révolte, dans un des plus puissants processus révolutionnaires de notre histoire récente.

L’Andalousie et l’État espagnol

La classe laborieuse ne vit pas dans des réalités aseptisées, mais dans des réalités socio-économiques très concrètes. Le Peuple andalou, qui est l’une des nations les plus anciennes de l’histoire, a toujours été relié d’une manière ou d’une autre avec les autres populations de la péninsule ibérique et de la Méditerranée, tissant des liens économiques, sociaux et politiques.

Certains de ces liens furent volontaires, mais la grande majorité furent hélas imposés par la force depuis l’extérieur. Le Peuple andalou a toujours été marqué par la richesse naturelle de son territoire (agriculture et matières premières), pour le meilleur et pour le pire.

L’organisation de la terre cultivable en grandes propriétés (latifundias) a toujours lourdement pesé sur la vie économique de notre Peuple tout au long de son histoire, rendant impossible le développement industriel de notre terre.

L’oligarchie andalouse, exploiteuse historique de la terre, a toujours participé au système de pouvoir espagnol, extrayant les ressources de l’Andalousie pour son négoce avec l’extérieur. Suite à la conquête commencée en 1212 (Navas de Tolosa) et achevée en 1492 sous les murs de Grenade, cette grande propriété foncière est principalement issue de nobles castillans implantés aux dépens de l’élite « maure » antérieure, de manière totalement coloniale.

Un procédé finalement assez comparable a celui de l’expropriation des petits seigneurs occitans – faidits – par les chevaliers francs de Simon de Montfort au 13è siècle ; les petits nobles « maures » dépossédés prendront la tête de plusieurs révoltes jusqu’à leur expulsion définitive en 1609.

La bourgeoisie andalouse qui a, pour sa part, longtemps et durement mené la lutte pour une république bourgeoise démocratique est quant à elle issue de la classe marchande « maure » ou juive convertie (de force) au catholicisme et « passée à travers » les persécutions.

C’est de cette manière que l’une des terres les plus riches d’Europe s’est vue plongée dans la misère. Ceci n’est pas « la faute à pas de chance » ou dû à  » l’indolence » des Andalou-se-s. La situation de misère actuelle est bel et bien le fruit de l’exploitation capitaliste sous les auspices du gouvernement étatique central associé à l’oligarchie andalouse, qui ne permet pas au Peuple travailleur andalou de relever la tête.

La faible bourgeoisie espagnole n’a jamais pu étouffer l’identité des différentes nations périphériques et s’est trouvée incapable de construire un État national unifié par les voies économiques, obligée dès lors d’employer la force pour maintenir son unité étatique « espagnole ».

Pas même au 19e siècle, avec l’émergence des grands États « nationaux » européens, la bourgeoisie « espagnole » n’a réussi à obtenir l’unité réelle de son État. Cependant, la droite espagnoliste alliée à l’Église catholique a pu pendant 40 ans de dictature franquiste tenter d’imposer par la force l’idée d’unité de l’Espagne aux différents Peuples.

Ce discours mensonger et lancinant s’est poursuivi durant et après la Transition [1975-82], sous les différents gouvernements PP et PSOE qui ont fait des concessions à la droite nationaliste (PNV et CiU) mais ont persisté à nier le droit à l’autodétermination des Peuples de l’État espagnol.

L’État espagnol est une prison de nations opprimées, et l’Andalousie est l’une des plus opprimées de toutes par le pouvoir central depuis des siècles. La fin du capitalisme dans l’État espagnol passera obligatoirement par la Libération nationale des Peuples opprimés qui le composent. (Extrait voir lien)

Juanjo Muñoz 5 Décembre 2014

http://servirlepeupleservirlepeuple

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03 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

concertation (arc)

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Sortir du piège des concertations

La lecture d’un quotidien bourgeois comme Le Figaro apporte souvent son lot d’informations utiles.

C’est le cas de l’article de Wladimir Garcin-Berson en date du 27 novembre et intitulé « Philippe prêt à un compromis sur la date d’application de la réforme ». Bien évidemment, on doit se pincer le nez en lisant, car l’intox et le baratin tous azimuts du pouvoir politique empuantissent toujours l’atmosphère, de différentes façons.

C’est le cas lorsqu’Edouard Philippe prétend s’en prendre aux seuls régimes spéciaux, dans lesquels il dénonce une « solidarité corporatiste », alors que c’est l’ensemble du monde du travail qui verrait une baisse brutale du niveau des pensions et la nécessité de travailler plus longtemps pour moins d’argent si par malheur le pouvoir parvenait à ses fins.

C’est aussi le cas quand Philippe veut jouer les négociateurs ouverts et bienveillants, en décla-rant : « on nous a suffisamment reproché la verticalité pour qu’on assume de prendre le temps de consulter ».

C’est vrai encore lorsque la porte-parole Sibeth Ndiaye prétend sans vergogne et sans rire que la réforme est une « réponse à la crise des gilets jaunes », vu que ces derniers dénonçaient les inégalités de pensions entre citoyens.

Mais pour l’essentiel, l’article du Figaro nous confirme que le Premier ministre campe sur le fond de ses positions mais tient à afficher une certaine souplesse sur les délais de mise en place de sa contre-réforme des retraites.

Surtout, cette lecture nous permet aussi de tirer des leçons quant au combat à mener contre ce coup très violent que le gouvernement se prépare à asséner à l’ensemble des travailleurs.ses.

Concertations… pour négocier les délais de mise en place

Au fond, la posture du gouvernement n’a rien d’étonnant : il n’y a pas urgence vu le déficit actuel des régimes de retraites, et donc la mise en œuvre d’un nouveau système peut bénéficier d’un certain temps, à la fois pour déterminer précisément « les mécanismes de transition » entre le régime actuel et celui que veut instaurer le pouvoir, et – surtout – pour tenter de diviser les générations entre elles.

Mais du point de vue de notre camp social, accepter l’idée de décaler dans le temps la mise en application de la réforme, c’est en accepter le principe et accepter de poignarder dans le dos une partie plus ou moins importante des jeunes générations et des générations à venir.

C’est une ignominie que certaines bureaucraties syndicales sont déjà prêtes à commettre – la CFDT en particulier – mais qui pourrait aussi en tenter d’autres. Il s’agit d’une position ignoble que les travailleurs.ses et les organisations qui entendent défendre leurs intérêts doivent rejeter avec le plus grand mépris.

Mais la lecture de l’article est aussi intéressante à propos des réunions de « concertations » actuelles. Un tweet de la porte-parole du gouvernement confirme que celles-ci se termineront vers le 10 décembre, et Sibeth Ndiaye ajoute : « Il y aura eu près de 350 réunions à ce moment-là avec les partenaires sociaux ».

Diantre ! 350, même une fois mises de côté les organisations patronales, cela fait beaucoup, et même vraiment beaucoup trop. C’est un point qu’il faut souligner, et une attitude que nous devons condamner avec la dernière énergie : la posture des syndicats qui participent à cette mascarade affaiblit la lutte, et met le gouvernement dans une meilleure position pour réussir son attaque contre nos retraites.

D’ailleurs, Edouard Philippe se réjouit, dans l’interview au Figaro, de ce que « le dialogue social se poursuit, à son rythme », et il juge les échanges « très riches et d’une grande qualité ». Le Premier ministre serait moins en mesure de fanfaronner et de se présenter en homme de dialogue si les syndicalistes étaient beaucoup moins nombreux.ses à se précipiter pour assister à cette sinistre danse du ventre gouvernementale… en espérant quoi ?

C’est toute la logique de la réforme qui est insupportable. Et la macronie utilise ces syndicalistes comme des faire-valoir, des idiots utiles, en cherchant à créer l’illusion qu’il y a du « grain à moudre ».

Mais d’une certaine façon, Edouard Philippe, dans cette interview, leur met une fois de plus les points sur les i : il parle de sa « très grande détermination » ; il se déclare « plus déterminé que jamais » à « refonder le système », et il ne reviendra pas sur l’essentiel de sa contre-réforme « nous avons posé des principes », « nous ne transigerons pas sur l’objectif », déclare-t-il notamment. Ce qui est négociable pour lui, c’est essentiellement le calendrier de mise en place !

Participer… pour quoi faire ?

Face à la partition interprétée par le Premier ministre, la musique jouée par les directions syndicales est assez dissonante mais on ne sent pas poindre une grande symphonie de lutte, du moins s’il n’en tenait qu’à elles.

Au contraire, on ne sent rien de vraiment solide de ce côté. On ne s’étonnera pas que le soliste le plus veule soit une fois de plus Laurent Berger : en défendant la réforme, la CFDT a une place à tenir, ne l’oublions pas.

D’une part, Berger apparaît ici comme un conseiller du gouvernement, lui recommandant de « ne pas créer d’affrontement ». Mais il se montre satisfait : pour lui, « on a perdu beaucoup de temps, parce qu’on a perdu le fil du sujet ».

Autrement dit, c’est bon, maintenant, on va pouvoir mettre en place, dans la concertation, une bonne réforme ! Les travailleurs.ses à qui le gouvernement veut faire perdre des centaines d’euros de pension par mois apprécieront…

Mais le problème réside surtout du côté du chœur des directions syndicales qui affichent leur opposition tout en cautionnant par leur présence cette violente attaque gouvernementale.

En refusant publiquement cette mascarade, les dirigeants syndicaux offriraient aux travailleurs.ses un signe de leur refus de cette réforme et de sa logique intrinsèque, elles transmettraient le message que ce projet n’est pas amendable et qu’il doit être poubellisé, au lieu de laisser planer le doute sur la possibilité de grappiller quelques avancées.

Un refus massif des organisations syndicales de participer à cette pseudo-concertation accroîtrait certainement la confiance des travailleurs.ses au moment de partir au combat. (Extrait voir lien)

Michel Le Goff 2 décembre 2019

https://alt-rev.com/

Commentaire:

ARC est un courant du NPA

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02 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

cheminots (acta)

cheminots

Réforme des retraites 

« C’est une attaque contre l’ensemble de la population »

À quelques jours de la grève générale du 5 décembre contre la réforme des retraites, qui s’annonce comme une importante journée de lutte, nous avons rencontré Damien, agent de circulation à la SNCF et syndicaliste CGT.

ACTA : Est-ce que tu pourrais m’expliquer les raisons qui t’ont amené à prendre position contre la réforme des retraites ?

Déjà par rapport au système des retraites, le premier élément est que c’est une attaque contre l’ensemble de la population. C’est pas spécifique contre les cheminots ou autre. Après, j’ai une particularité, c’est que je suis cheminot, mais je suis contractuel. En fait, je suis au régime général. C’est absolument pas quelque chose de corporatiste, et même pour l’ensemble des collègues cheminots ce n’est pas du tout ça. C’est vraiment que l’on voit que l’ensemble de la population est attaquée une nouvelle fois (parce que ce n’est pas la première) et que la réponse est indispensable.

Ça fait plusieurs semaines qu’on prépare une grève reconductible qui peut durer deux, trois, voire quatre semaines, sans aucun problème.

On se rend compte qu’aujourd’hui déjà c’est la galère pour les gens qui partent à la retraite et que c’est compliqué de vivre, sauf pour ceux qui ont des salaires à 4 000 ou 5 000 balles par mois. Mais ceux qui ont des salaires entre le SMIC et 2 000 balles par mois, il ne leur reste pas grand-chose une fois à la retraite. Quand on sait qu’il va y avoir une perte de minimum 100 ou 200 balles par mois, c’est juste pas possible de vivre derrière avec ça.

Il y a en plus toute l’arnaque du système par point, mais à la rigueur c’est des aspects techniques.

C’est pas tellement ça qui fait la mobilisation. C’est juste qu’à un moment, il y a une attaque supplémentaire contre le monde du travail, c’est-à-dire l’ensemble de la population, et que c’est pas l’attaque de trop car on s’était déjà mobilisé auparavant, mais c’est une attaque qui mérite une réponse largement plus élevée et plus importante que les mobilisations précédentes.

Du coup, il n’y a pas eu de réflexion particulière. C’était évident qu’il allait falloir se battre, que la bagarre ça serait pas une journée à droite à gauche, des grèves par-ci par-là, et qu’il va falloir rentrer dans un conflit qui est dur et que clairement ça fait plusieurs semaines qu’on se prépare à une grève reconductible qui peut durer deux, trois, voire quatre semaines, sans aucun problème.

ACTA : Avec les récentes grèves qui ont eu lieu à la SNCF, comment t’expliques que vous arrivez toujours à être aussi mobilisés alors qu’il y a quand même eu une succession de défaites ?

Il y a eu clairement des défaites, malgré des belles mobilisations. Après, on pourrait discuter des formes qu’elles ont prises, avec l’histoire de la grève deux jours sur cinq. Chacun peut avoir son avis là-dessus, mais le fait est qu’au bout du bout on n’a pas réussi à faire plier le gouvernement et la direction de la SNCF.

Au début, on aurait pu craindre qu’effectivement cette succession de mobilisations aurait démobilisé. En cumulé, c’est presque une grève reconductible chaque année depuis je sais pas combien de temps. C’est compliqué, mais encore une fois quand on voit l’attaque et quand on voit en plus dans quel contexte se passe l’attaque au niveau de la SNCF – c’est-à-dire qu’au premier janvier il n’y a plus de recrutement au statut…

Alors le recrutement au statut, ce n’est pas juste un recrutement au statut. Il permet un certain nombre de garanties, notamment une assez importante et qui fait bien chier les patrons jusqu’à présent, c’était qu’un cheminot au statut ne pouvait pas être licencié pour motif économique.

C’est-à-dire que demain quand ils vont privatiser, parce qu’ils sont en train de privatiser le rail français pour le donner aux actionnaires, s’ils ne peuvent pas licencier pour motif économique ça va les faire chier. Les actionnaires veulent pouvoir jouer sur la masse salariale et jeter les gens quand ils en ont envie, ils veulent pouvoir vendre à quelqu’un qui va pas forcément reprendre les salariés, etc.

Du coup, c’est toute cette attaque et toute cette remise en cause du mode de fonctionnement du chemin de fer en France depuis des lustres, qui vient donner une motivation supplémentaire. Parce que là il y a l’attaque contre les retraites et dans la foulée il y a aussi la mise en œuvre de la modification de la SNCF.

Tout ça en même temps, ça fait déjà une bonne base de contestation et de ras le bol dans la boîte. En plus, viennent s’ajouter à ça des gros problèmes de sécurité. Parce que voilà on a vu les conducteurs se plaindre de l’absence des contrôleurs, car contrôler les billets ça n’est qu’une petite partie de leur boulot et justement parce qu’une grosse partie de leur boulot c’est d’assurer la sécurité des voyageurs.

Lorsqu’on retire les contrôleurs, on retire la personne qui est censée veiller à la sécurité des voyageurs à bord du train. Typiquement, quand il y a eu l’accident la dernière fois à un passage à niveau, on s’est retrouvé avec un conducteur qui a dû protéger le train en lui même pour éviter qu’un autre train ne vienne dessus, évitant un carton qui aurait fait de cet accident une catastrophe.

La conséquence, c’est qu’il n’y avait plus personne dans le train pour aider les voyageurs à descendre du train. Quand on est à quai, c’est facile de descendre du train, mais, quand on est en-dehors de tout quai, c’est des fois quatre-vingt centimètres, un mètre, un mètre vingt. Il y avait des personnes âgées et des femmes enceintes à bord du train, elles ont dû se démerder. Les gens étaient livrés à eux-mêmes. Plus encore d’autres modifications réglementaires, sans rentrer dans les détails, qui vont, au nom de la régularité des trains, mettre en péril réellement la sécurité des voyageurs.

En gros, la SNCF fait du risque calculé, un peu comme les assurances. On se dit : quelle est la probabilité que ça arrive vraiment ? Sauf que moi, mon métier est d’assurer la sécurité des circu-lations. Mon métier ce n’est pas de savoir quel est le risque que ça arrive. C’est comment je fais pour être certain que ça n’arrive pas.

Toutes ces modifications là viennent s’empiler les unes sur les autres. Après, il y a aussi d’autres choses. On a pas eu d’augmentation de salaire depuis cinq ans, mais ça c’est la même merde que tout le monde vit dans les autres boîtes, pas plus pas moins. Tout ça créé un terreau qui fait que la mobilisation est clairement en train de prendre à la SNCF. (Pour la suite voir lien)

27 novembre 2019

https://acta.zone/

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01 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

guadeloupe (combat ouvrier)

GRS guad
Guadeloupe CHU : stop à la répression antisyndicale

Le 2 décembre à 8 h les syndicats CGTG et UGTG sont convoqués au tribunal de Grande instance de Pointe-à-Pitre pour le procès intenté par le directeur du CHU Cotellon qui leur réclame 8 000 € suite à la grève de juillet-août.

Non content d’avoir fait durer la grève du CHU plus de deux mois par son intransigeance, le directeur n’a pas jugé bon de retirer sa plainte contre les syndicats, comme cela se fait généralement à la fin d’une grève.

Le nouveau directeur a été présenté comme « un Guadeloupéen homme de dialogue ». En réalité, il a engagé un bras de fer avec les personnels qui combattent la dégradation de leurs conditions de travail.

La grève déclenchée aux urgences s’est étendue à tout l’hôpital face au manque de moyens et de personnel, à l’insalubrité, qui mettent en souffrance patients et agents.

Les grévistes tenaient un piquet à l’entrée avec des prises de parole. Ils filtraient l’entrée et organisaient un service minimum pour assurer la prise en charge des patients.

Pour affirmer son autorité face à cette grève organisée, la direction a porté plainte contre les syndicats pour « blocage de l’entrée » ce que même les huissiers n’ont pu confirmer.

La direction s’imagine pouvoir à coups de sanctions appliquer la politique du gouvernement Macron, qui ne fait que poursuivre ce qui a été commencé par Sarkozy, Hollande et les autres :

ugtg

Démanteler l’hôpital public au profit des requins du privé.

Face à de tels plans soyons nombreux à protester le 2 décembre au tribunal !

http://www.combat-ouvrier.net/

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01 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

jeremy corbyn (ujfp swp)

corbyn

Jeremy Corbyn et sa ceinture de … confitures

Le contrat sur Corbyn

Corbyn n’est pas antisémite. Son vrai péché est de se battre contre l’injustice dans le monde, dont sa version israélienne.

Des Juifs de Grande-Bretagne et la machine de propagande israélienne ont mis un contrat sur le leader du Parti Travailliste, Jeremy Corbin. Ce contrat a été signé il y a longtemps mais il est clair que plus Corbyn s’approche du poste de Premier ministre, plus le conflit devient dur.

Le 26 novembre dernier, il a atteint son apogée avec la publication d’un article du premier rabbin de Grande-Bretagne, Ephraïm Mirvis, dans le Times. Celui-ci a décidé que l’inquiétude des Juifs anglais à l’égard de Corbyn est justifiée et qu’il n’est pas taillé pour être Premier ministre. Il appelle donc la communauté juive à ne pas voter pour lui lors des élections du 12 décembre.

Né en Afrique du sud et diplômé de la yeshiva Har Etzion de la colonie d’Alon Shvut, Ephraïm Mirvis est la voix de la communauté juive britannique. Au Cap, à Johannesburg et Har Etzion, il a dû apprendre ce qu’est l’apartheid et pourquoi on devrait le combattre. Ses parents aussi sûrement, aucun doute sur le fait qu’il a dû tirer une leçon morale de sa vie dans les régions de privation de droits civiques où il a vécu comme l’Afrique du sud ou la Cisjordanie.

Contrairement à l’horrible Corbyn, Mirvis ne voit rien de mal à l’occupation sans fin ; il ne s’identifie pas à la lutte des Palestiniens pour la liberté et il ne voit pas les similitudes entre l’Afrique du sud de son enfance, le Har Etzion de sa jeunesse et Israël en 2019. C’est la vraie raison de son rejet de Corbyn. Des Juifs anglais veulent un Premier ministre qui soutient Israël qui soutient l’occupation. Un Premier ministre qui critiquerait Israël est pour eux l’exemple du nouvel antisémitisme.

Jeremy Corbyn n’est pas antisémite. Il ne l’a jamais été.

Son vrai péché, c’est son combat fervent contre l’injustice dans le monde, dont celle qu’Israël perpétue. C’est ça, l’antisémitisme d’aujourd’hui. Le Hongrois Viktor Orban, le Parti de la liberté en Autriche et l’extrême droite en Europe ne mettent pas les Juifs en danger. Non, c’est Corbyn l’ennemi.

La nouvelle, et très efficace, stratégie d’Israël et des sionistes est d’étiqueter chaque défenseur de la justice comme antisémite et chaque critique d’Israël comme haïssant les Juifs. Corbyn est victime de cette stratégie qui menace de paralyser et de faire taire l’Europe par égard pour Israël.

Ce n’est pas pour dire que l’inquiétude de la communauté juive anglaise n’est pas réelle mais elle amplifie très certainement le danger. L’antisémitisme existe certainement à gauche, simple-ment moins qu’on le prétend. Près de la moitié des Juifs britanniques se disent prêts à fuir si Corbyn est élu. Laissez-les partir. Le sondage qui présente ces chiffres pourrait en fait nourrir l’antisémitisme : les Juifs de Grande-Bretagne sont-ils si anglais ? A qui va leur loyauté ?

L’avenir de n’importe quel Juif britannique est plus garanti que celui d’un Palestinien vivant sous occupation, et même que celui d’un Arabe israélien. Les Juifs sont persécutés et victimes de discrimination et de racisme dans des proportions qui n’ont rien à voir avec la situation des Palestiniens en Israël. Plus encore, l’islamophobie en Europe est bien plus courante que l’antisémitisme sauf que les gens en parlent moins.

Ephraïm Mirvis ne présente aucune preuve de l’antisémitisme de Corbyn.

Il lui suffit de rappeler que le chef du Parti travailliste a appelé « amis » ceux qui « endossent le meurtre de Juifs » – en référence aux propos de Corbyn sur le Hezbollah et le Hamas. Il est vrai qu’il est un infatigable pourfendeur de l’occupation, qu’il soutient le boycott et qu’il compare le siège de Gaza à celui Stalingrad ou de Leningrad.

Ce sont des positions anti-israéliennes mais pas nécessairement antisémites. Des Juifs de Grande-Bretagne jouent de cette différence, de même que de nombreux Juifs à travers le monde brouillent le message, intentionnellement. On peut (et on devrait) critiquer sévèrement Israël sans être antisémite.

Si les Juifs britanniques et leur rabbin étaient plus honnêtes et courageux, ils se poseraient la question suivante : n’est-ce pas la politique brutale d’occupation d’Israël qui constitue le plus sérieux motif d’antisémitisme aujourd’hui ? Il y a un antisémitisme qui doit être combattu mais il faut aussi reconnaître qu’Israël lui fournit moult excuses et motifs.

Les Juifs et les vrais amis d’Israël devraient espérer que Corbyn soit élu. C’est un homme d’État qui peut changer le discours international sur l’occupation et la façon dont il faut la combattre. Il incarne l’espoir d’un monde différent, d’un Israël différent – et que pourrions-nous vouloir de plus.

Traduit de l’anglais par l’AFPS samedi 30 novembre 2019 par Gideon Levy

Source : Publié par haaretz.com

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30 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

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Olivier Besancenot à La Fête de l’Humanité Bretagne à Lorient

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30 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

contre révolution (esssf)

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Contre Révolution

Pourquoi la barbarie a-t-elle maintenu son avantage sur les mouvements ouvriers et démocratiques dans le monde arabe ?

C’est une autre spécificité du processus révolutionnaire régional, dont la Syrie est l’illustration la plus tragique.  Cette région a connu le développement depuis plusieurs décennies d’un courant réactionnaire d’opposition, promu depuis de nombreuses années par les Etats-Unis aux côtés de leur plus ancien allié dans la région, le royaume saoudien.

Je veux parler de l’intégrisme islamique, bien sûr – tout le spectre de ce courant, dont la compo-sante la plus importante est les Frères musulmans et dont la frange la plus radicale comprend Al-Qaida et le prétendu Etat islamique (alias ISIS).

Le fondamentalisme islamique a été parrainé par Washington comme principal antidote au communisme et au nationalisme de gauche dans le monde musulman pendant la guerre froide.

Au cours des années 1970, les fondamentalistes islamiques ont été autorisés par presque tous les gouvernements arabes à faire contrepoids à la radicalisation de la jeunesse de gauche. Avec le reflux subséquent de la vague de gauche, ils sont devenus les forces d’opposition les plus importantes tolérées dans certains pays, comme l’Egypte ou la Jordanie, et écrasées dans d’autres, comme la Syrie ou la Tunisie. Ils étaient cependant présents partout.

Lorsque les soulèvements de 2011 ont commencé, les sections des Frères musulmans ont pris le train en marche et ont tenté de le détourner pour servir leurs propres intérêts politiques. Ils étaient beaucoup plus forts que toutes les forces de gauche restées dans la région, très affai-blies par l’effondrement de l’URSS, tandis que les fondamentalistes bénéficiaient du soutien financier et médiatique des monarchies pétrolières du Golfe.

En conséquence, ce qui a évolué dans la région n’est pas l’opposition binaire classique de la révolution et de la contre-révolution.

Il s’agissait d’une situation triangulaire dans laquelle vous aviez, d’une part, un pôle progressiste – soit ces groupes, partis ainsi que réseaux qui ont initié les soulèvements et représenté leurs aspirations dominantes.

Ce pôle était faible sur le plan organisationnel, à l’exception de la Tunisie où un puissant mouve-ment ouvrier [UGTT-Union générale tunisienne du travail] a compensé la faiblesse de la gauche politique et a permis au soulèvement de ce pays de remporter la première victoire en renversant un président [Ben Ali, le 14 janvier 2011], déclenchant ainsi l’onde de choc régionale.

D’autre part, il y avait deux pôles contre-révolutionnaires, profondément réactionnaires 

Les anciens régimes, qui représentaient classiquement la principale force contre-révolutionnaire, mais aussi les forces fondamentalistes islamiques qui faisaient concurrence aux anciens régimes et s’efforçaient de prendre le pouvoir.

Dans cette configuration triangulaire, le pôle progressiste, le courant révolutionnaire, a rapidement été marginalisé, non seulement à cause de faiblesses organisationnelles et matérielles, mais aussi et surtout à cause de faiblesses politiques, de l’absence de vision stratégique.

La situation a donc été dominée par l’affrontement entre les deux pôles contre-révolutionnaires, qui a dégénéré en un « choc des barbaries », comme je l’appelle [voir l’ouvrage de Gilbert Achcar : Le choc des barbaries, terrorismes et désordre mondial, 2002], dont la Syrie est l’illustration la plus tragique, avec un régime syrien des plus barbares face aux forces fondamentalistes islamiques elles-mêmes barbares.

L’énorme potentiel progressiste que représentaient les jeunes qui ont initié le soulèvement en Syrie en mars 2011 a été complètement écrasé.

Beaucoup de ces jeunes ont quitté le pays, parce qu’ils ne pouvaient survivre ni dans des terri-toires contrôlés par le régime, ni dans des territoires tenus par les forces fondamentalistes isla-miques. Une grande partie du potentiel progressiste syrien a donc été dispersée en Europe, en Turquie, au Liban et en Jordanie. Une partie survit à l’intérieur du pays, mais tant que la situation de guerre perdurera, il sera difficile pour elle de réémerger. (Extrait)

http://www.europe-solidaire.org/

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