La Bretagne est un quotidien, puis hebdomadaire régionaliste, publié pendant la Seconde Guerre mondiale sous la direction de Yann Fouéré du 21 mars 1941 à juin 1944.
Autorisé par l’occupant allemand et publiant ses communiqués, comme d’ailleurs tous les journaux autorisés pendant la guerre, il devait, selon ses fondateurs, se tenir sur une ligne « provincialiste », ne mettant pas en cause la souveraineté française.
Création du quotidien
C’est la Société des éditions bretonnes (SEB) qui, sous l’impulsion de Jacques Guillemot, industriel quimpérois de la conserverie, est constituée en 1941 avec le soutien de l’administration, puisque le préfet d’Ille-et-Vilaine fait attribuer une subvention. Selon Yann Fouéré, la Propaganda Abteilung, l’organe de contrôle du parti nazi ne serait pas immédiatement intervenu dans le début de l’opération, les autorités françaises s’étant assuré du fait que la présence d’anciens de L’Heure bretonne ne pèserait pas dans un sens séparatiste.
Les principaux actionnaires du nouveau journal, outre Jacques Guillemot, furent Hervé Budes de Guébriant, Jacques Halna du Fretay, Yves de Cambourg, Georges Chancerelle (industriel douarneniste de la conserve) et plusieurs autres notables de droite qui acceptaient le régime de Vichy comme François Château (maire de Rennes), Olivier Le Jeune (maire de Morlaix), Émile Chrétien (maire de Saint-Brieuc), Louis Monfort (député-maire de Scaër), Edgar de Kergariou (sénateur-maire de Lannion), Alain Budes de Guébriant (maire de Saint-Pol-de-Léon).
Le quotidien paraît le soir sur 6 pages et est vendu 50 centimes. Il soutient le régime de Vichy. Dans son numéro 209, Yann Fouéré écrit : « Nous sommes et resterons bons Bretons et bons Français ».
L’accord avec la Dépêche de Brest
À partir d’avril 1942, la rédaction du quotidien breton se confond avec celle de La Dépêche de Brest, après que La Bretagne fut entrée dans son capital. Dans les premiers jours d’avril 1942, La Bretagne quitte l’imprimerie rennaise de l’Ouest-Éclair pour rejoindre celle de La Dépêche à Morlaix. La façon dont ce transfert s’est opéré reste à ce jour controversée. La famille Coudurier du Télégramme et la famille Fouéré. Joseph Martray participe à la rédaction du journal.
Le groupe Lan hag Hervé
Le groupe Lan hag Hervé (pseudonyme collectif) participe par des articles à La Bretagne. Animé par son responsable de publication Xavier de Langlais, il arrive que Loeiz Herrieu s’y manifeste.
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Yann Fouere
Commentaire:
L’illustration des drapeaux est biaisée: c’est un opportunisme auquel Fouere était habitué. Son Europe n’avait qu’un drapeau. Il disait: « Staline, Churchill, Roosevelt… et Monsieur Hitler »
C’est un peu court pour comprendre comment des journaux collaborateurs sont devenus « Ouest France » et « Le Télégramme de Brest », tous deux « résistants ». Il reprendront leur positionnement politique d’avant guerre au moins dans le ressenti de leurs lecteurs:
A Ouest France l’intelligentsia chrétienne sociale, opposée à la peine de mort. Un peu de gauche mais pas trop.
Au Télégramme, la classe ouvrière des villes et des campagnes, la tradition « radicale socialiste », la défense de la laïcité contre les curès (mais pas trop non plus!).