Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP)
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Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) |
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Le Front populaire de libération de la Palestine FPLP, est une organisation palestinienne d’idéologie marxiste-léniniste fondée en 1967 par Georges Habache.
Issu du Mouvement nationaliste arabe, le FPLP adopte officiellement le marxisme en 1969. Cette évolution idéologique entraîne la scission d’un groupe dirigé par Ahmed Jibril, qui fonde le Front populaire de libération de la Palestine – Commandement général.
Membre de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), le FPLP constitue dans les années 1970 la deuxième organisation palestinienne la plus importante après le Fatah. Historiquement plus radical que ce dernier, il s’oppose notamment aux accords d’Oslo et rejette la reconnaissance de l’État d’Israël ainsi que tout compromis territorial. Le mouvement défend l’établissement d’un État binational sur l’ensemble de la Palestine historique, présenté comme une « Palestine démocratique et populaire » où Arabes et Juifs vivraient sans discrimination. Il s’oppose par ailleurs aux régimes arabes conservateurs et prône la révolution socialiste.
Le FPLP prône la lutte armée pour la libération de la Palestine, incluant le territoire de l’actuel État d’Israël. Sa branche armée, initialement connue sous le nom de Brigades des Aigles rouges, renommée Brigades Abou Ali Moustapha en 2001, est responsable de plusieurs détournements d’avions à partir de 1968, pratique à laquelle l’organisation renonce en 1972.
Il est désigné comme organisation terroriste par plusieurs États occidentaux, dont les États-Unis, l’Union européenne et Israël.
Doctrine
La doctrine du FPLP s’exprime principalement par le rejet du sionisme et par la promotion du nationalisme palestinien, dans une perspective socialiste révolutionnaire, marxiste-léniniste et le nationaliste arabe. Le FPLP se décrit comme anti-impérialiste et s’oppose au capitalisme et aux classes exploitantes arabes.
Ce groupe rejoint l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) en 1968 et devient, dans l’organisation, le deuxième groupe par son importance après le Fatah de Yasser Arafat. Le FPLP est considéré comme représentant la ligne dure du militantisme nationaliste palestinien, s’opposant à la position plus modérée du Fatah. Le mouvement milite pour une résolution du conflit israélo-palestinien fondée sur un seul État qui rassemblerait Arabes et Juifs sans considérations religieuses ou ethniques.
Le Front populaire de libération de la Palestine est fondé à Beyrouth en 1967. Il réunit le Mouvement nationaliste arabe dirigé par Georges Habache et trois plus petites organisations : le Front de libération de la Palestine d’Ahmed Jibril, les Jeunesses de la vengeance de Nayef Hawatmeh et les Héros du retour. Le mouvement se présente comme marxiste et reconnait la lutte armée comme un moyen essentiel de libération de la Palestine. Il développe un discours socialiste prônant la révolution de la société tout entière, en commençant par les camps de réfugiés, les populations arabes et même la société israélienne.
Le FPLP a connu plusieurs scissions depuis sa création :
- en 1968, Ahmed Jibril forme un groupe indépendant, le Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général soutenu par la Syrie ;
- en 1969, Nayef Hawatmeh forme le Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP), idéologiquement plus proche des maoïstes.
Le FPLP s’oppose au régime jordanien du roi Hussein et aurait tenté d’assassiner celui-ci. Le début de l’année 1970 est marqué par une radicalisation de l’action des fedayin proches du FPLP en Jordanie, ce qui entraîne l’arrêt du financement de l’OLP par certains États arabes.
Le 30 mai 1972, le massacre de l’aéroport de Lod, en Israël, est perpétrée par l’Armée rouge japonaise alliée au FPLP. Il est le premier attentat-suicide au Moyen-Orient.
Mohamed Boudia, coordinateur du FPLP en Europe, est assassiné le 28 juin 1973 à Paris lors de l’opération Colère de Dieu menée par le Mossad, puis remplacé par le Libanais Michel Moukharbal.
La chute de l’Union soviétique, la poussée des mouvements palestiniens islamistes et les attaques ciblées israéliennes contre les dirigeants du FPLP ont fait perdre de son influence à cette organisation.
Le FPLP s’oppose à la signature des accords d’Oslo en 1993, estimant que ceux-ci marginalisent les réfugiés palestiniens et que la paix ne saurait être durable qu’avec la création d’un État binational. Il demeure néanmoins au sein de l’OLP, afin de peser dans la prise de décision, mais Georges Habache en quitte la direction.
Ahmad Saadat succède à Abou Ali Mustafa en 2001, après son assassinat à Ramallah par l’armée israélienne. Le mouvement via les brigades d’Abou Ali Moustapha, revendique, en octobre 2001, l’assassinat du ministre israélien du tourisme, Rehavam Zeevi. Saadat se réfugie dans la Mouqata’a auprès de Yasser Arafat, qui refuse alors de le remettre à Israël.
Après des négociations avec les États-Unis et le Royaume-Uni, un accord est conclu entre Israël et l’Autorité palestinienne. Saadat est arrêté et jugé devant un tribunal militaire. Il est emprisonné dans la prison palestinienne de Jéricho, et la responsabilité de sa surveillance est confiée aux Américains et aux Britanniques.
La cour suprême palestinienne déclare cette condamnation anticonstitutionnelle et ordonne sa libération, mais l’Autorité palestinienne s’y refuse. Début mars 2006, les gardiens américains et britanniques décident de quitter leur poste, rompant de facto l’engagement de Londres et de Washington d’assurer la surveillance de la prison de Jéricho.
L’Autorité palestinienne en ressort affaiblie dans la bande de Gaza ; les étrangers fuient le territoire alors que le Hamas tarde à constituer son cabinet après sa victoire aux élections législatives palestiniennes de 2006.
Le 14 mars 2006, l’armée israélienne lance un assaut contre la prison de Jéricho. Après une journée de siège, elle obtient la reddition de Saadat. Cet assaut fait deux morts et 20 blessés, tous Palestiniens (gardiens et prisonniers), et déclenche une série d’enlèvements d’Occidentaux dans la bande de Gaza.
Lors des élections municipales de 2005, la candidate du FPLP, Janette Khoury, est élue maire de Ramallah, grâce aux voix du Hamas, contre le candidat du Fatah. Elle est la première femme à être élue maire d’une grande ville palestinienne.
Le FPLP a participé aux élections législatives palestiniennes de 2006 sous le nom de « liste du Martyr Abu Ali Mustafa ». Il a obtenu 4,2 % des suffrages et trois sièges sur 132 dans le Conseil législatif palestinien. Ses députés sont Ahmed Saadat, Jamil Majdalawi et Khalida Jarrar. Le FPLP a obtenu ses meilleurs scores à Bethléem (9,4 %), Ramallah (6,6 %) et à Gaza Nord (6,5 %).
Le 25 décembre 2008, le secrétaire général du FPLP, Ahmad Saadat, est condamné à trente ans d’emprisonnement par le tribunal militaire d’Ofer (Israël). Il avait été capturé en janvier 2002 par les Israéliens. Des manifestations ont eu lieu à Bethléem pour fustiger cette condamnation d’un membre du Conseil législatif palestinien élu en janvier 2006.
Le FPLP semble avoir perdu de son influence depuis les années 1990. « Le dépérissement des idéaux de gauche » semble expliquer le faible impact électoral du mouvement dans les territoires palestiniens. Néanmoins, selon la politologue Aude Signoles, la personne et le mouvement de Georges Habache « ont grandement contribué au débat d’idées au sein de l’OLP ».
En octobre 2020, le Pôle démocratique progressiste, bras étudiant du FPLP, est déclaré « organisation terroriste » par le gouvernement israélien. En octobre 2021, le gouvernement israélien interdit six ONG palestiniennes, dont les organisations de défense des droits humains al-Haq et Addameer, les accusant d’être des « organisations terroristes » liées au FPLP. L’ONG israélienne B’Tselem, Amnesty International et Human Rights Watch ont condamné une décision « épouvantable » contre certaines des plus « importantes ONG palestiniennes ».
Le mouvement mène une guérilla contre les troupes israéliennes dans la bande de Gaza durant la guerre de Gaza.
Attitude à l’égard du processus de paix
Lors de sa création à la fin des années 1960, le FPLP soutenait la ligne établie de la plupart des fronts de guérilla palestiniens et excluait tout règlement négocié avec Israël qui aboutirait à la création de deux États. Au lieu de cela, Georges Habache en particulier, et divers autres dirigeants en général, ont préconisé un État doté d’une identité arabe dans lequel les Juifs auraient le droit de vivre avec les mêmes droits que n’importe quelle minorité. Le FPLP a déclaré que son objectif était de « créer une Palestine démocratique et populaire, où les Arabes et les Juifs vivraient sans discrimination, un État sans classes ni oppression nationale, un État qui permette aux Arabes et aux Juifs de développer leur culture nationale ».
Le programme du FPLP n’a jamais fait de compromis sur des points clés tels que le renverse-ment des États arabes conservateurs ou monarchistes comme le Maroc et la Jordanie, le droit au retour de tous les réfugiés palestiniens dans leurs foyers dans la Palestine d’avant 1948, ou l’utilisation de la libération de la Palestine comme d’un argument et d’un conseil de lancement pour réaliser l’unité arabe – reflétant ses débuts dans le Mouvement nationaliste arabe.
Il s’est opposé aux accords d’Oslo et a longtemps été opposé à l’idée d’une Solution à deux États au conflit israélo-palestinien, mais en 1999 il est parvenu à un accord avec les dirigeants de l’OLP concernant les négociations avec le gouvernement israélien. Cependant, en mai 2010, le secrétaire général du FPLP, Ahmad Saadat, a appelé à la fin des négociations entre l’OLP et Israël, affirmant que seule une solution à un seul État en forme d’État binational était possible.
En janvier 2011, le FPLP a déclaré que les Accords de Camp David étaient synonymes de « soumission, dictature et silence » et a appelé à une révolution sociale et politique en Égypte.
Relations avec les autres partis palestiniens
En décembre 2013, le FPLP a déclaré : « Le Hamas est un élément essentiel du mouvement national palestinien, et telle est la position du FPLP. » Malgré les différences idéologiques – sur la question sociale, le caractère non-confessionnel de l’État palestinien souhaité ou le rôle des femmes dans le mouvement national –, le Hamas et le FPLP participent à des exercices militaires communs et défendent une solution à un seul État. Il est aussi allié au Hezbollah au Liban.
Le FPLP est fortement critique à l’égard de l’Autorité palestinienne et du président Mahmoud Abbas. Il signe en mars 2024 un communiqué avec le Hamas, le Mouvement du Jihad islamique en Palestine et l’Initiative nationale palestinienne appelant à la création d’un gouvernement sur la base du « consensus », comme préalable à des « élections libres ».
L’historien Nicolas Dot-Pouillard, chercheur à l’Institut français du Proche-Orient, note au sujet des relations entre la gauche palestinienne et les mouvements islamo-nationalistes que ce n’est pas l’opposition entre religieux et laïcs qui structure les clivages du champ politique palestinien, mais bien la question nationale et coloniale, laquelle détermine en grande partie les positionne-ments des différents acteurs. La gauche palestinienne doit ainsi être appréhendée dans un contexte distinct de celui des pays d’Europe occidentale, où les rapports entre droite et gauche sont rendus plus complexes par un engagement anticolonial qui ne relève pas exclusivement de la gauche.
Relations internationales
Le FPLP avait des liens dans les années 1980 avec la Chine, les pays du pacte de Varsovie et des pays arabes comme la Syrie, l’Irak, la Libye, et le Yémen du Sud, seul État communiste ayant existé dans le monde arabe. Lorsque ce soutien cessa ou diminua à la fin des années 1980 et dans les années 1990, le FPLP a cherché de nouveaux alliés et développé des contacts avec des mouvements chiites liés à l’Iran, malgré la forte adhésion du FPLP à la laïcité et son opposition à l’idéologie du Velayat-e faqih, anticommuniste.
La relation entre le FPLP et la République islamique d’Iran a fluctué – elle s’est renforcée à la suite du départ du Hamas de l’Iran en raison de positions divergentes sur la guerre civile syrienne. Le FPLP prône une politique de neutralité dans le conflit syrien et reçoit dès lors un soutien accentué de l’Iran pour contrebalancer les mouvements palestiniens islamistes. Il s’est toutefois engagé militairement contre l’organisation État islamique pour défendre les camps de réfugiés palestiniens de Syrie sans pour autant appeler à s’allier aux troupes du gouvernement.
L’organisation est sur la liste officielle des organisations terroristes d’Israël, des États-Unis, du Canada, de l’Australie, des pays de l’Union européenne et du Japon.
Attentats
Des années 1960 jusqu’à la fin des années 2000, le mouvement a commis surtout des détournements d’avions et des attaques contre des avions pas forcément israéliens. Ces détournements d’avions répondent à deux objectifs : faire connaître la « cause » palestinienne à l’extérieur ; négocier auprès d’Israël des libérations de prisonniers politiques.
En 1972, le mouvement décide d’arrêter ses « actions extérieures » et décide de concentrer ses actions contre les Israéliens.
Participation du FPLP à l’assaut du 7 octobre 2023
Le FPLP a participé via sa branche armée (les Brigades d’Abou Ali Mustafa), à l’attaque du 7 octobre 2023 en Israël. Si le Hamas était l’organisateur principal, plusieurs groupes armés palestiniens ont participé à l’opération baptisé « Déluge d’Al-Aqsa », notamment le Jihad islamique palestinien, et le Front démocratique pour la libération de la Palestine.
Note:
Nous avons appelé cette action: « La pire erreur jamais commise par le Hamas »
Voir aussi:







































