14 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Banquise (OF)

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La banquise de l’Arctique

Un de ses niveaux les plus bas jamais mesurés

La banquise de l’Arctique est sur le point d’enregistrer l’un de ses pires hivers jamais mesurés. Sa glace, formée par le gel de l’eau de mer, fond habituellement en été et se reforme en hiver. Mais des données satellites américaines témoignent d’une faible reformation cette année.

Si cette tendance se poursuit jusqu’à la fin du mois de mars, cet hiver figurera parmi les cinq pires jamais mesurés dans l’Arctique, avec ceux de 2025, 2018, 2017 et 2016. Selon des données satellites américaines analysées par l’Agence France-Presse (AFP), la banquise de l’Arctique est sur le point d’enregistrer l’un de ses pires hivers jamais mesurés. Il s’agit d’une nouvelle manifestation du réchauffement climatique d’origine humaine, dans cette zone au centre de tensions géopolitiques.

La banquise de l’Arctique, glace formée par le gel de l’eau de mer, fond naturellement en été et se reforme en hiver. Mais en raison du changement climatique, la proportion dans laquelle elle se reforme est en déclin.

L’hiver 2025-2026 affiche un niveau de reconstitution de la banquise au-dessous de celui enregistré l’an dernier. Celui-ci était pourtant déjà au plus bas en quatre décennies, selon les données du National Snow and Ice Data Center (NSIDC), un observatoire américain de référence. Si la glace ne continue pas à s’étendre avant la fin de cet hiver, à la fin du mois, cela battrait même le record établi l’année dernière.

L’Arctique se réchauffe quatre fois plus vite qu’ailleurs

Cet hiver devrait s’afficher « parmi les cinq » pires a rapporté à l’AFP Samantha Burgess, responsable stratégique pour le climat au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF). Selon Gilles Garric, océanographe polaire au Mercator Ocean Toulouse, « on est dans le tiercé actuellement ».

L’an dernier, la banquise arctique avait atteint sa taille maximale le 22 mars, avec une superficie évaluée à 14,31 millions de kilomètres carrés. Pour l’instant, son niveau maximal a été cet hiver de 14,22 millions de kilomètres carrés le 10 mars.

La hausse des températures mondiales affecte disproportionnellement les pôles, et l’Arctique qui se réchauffe quatre fois plus vite qu’ailleurs. Les onze dernières années s’inscrivent toutes parmi les plus chaudes jamais enregistrées sur la planète.

« Les sirènes retentissent pour nous avertir que nous nous dirigeons vers une planète surchauffée qui connaîtra des ravages considérables », s’est alarmée Shaye Wolf, directrice scientifique en climatologie au Centre pour la diversité biologique, une ONG américaine, dans un commentaire transmis à l’AFP.

Des écosystèmes menacés

La reconstitution médiocre de la banquise peut d’ores et déjà avoir comme conséquence « une fonte estivale potentiellement plus rapide et importante », affirme Samantha Burgess.

Si la fonte de la banquise ne fait pas directement monter le niveau des océans, contrairement à la fonte de la glace qui se situe sur terre (calottes glaciaires, glaciers), elle provoque de nombreuses conséquences climatiques qui menacent bien des d’écosystèmes. De nombreuses espèces comme l’ours polaire ou les phoques dépendent de la banquise pour se reproduire et se nourrir.

Certains effets peuvent aussi se produire en chaîne : « il y a des zones par exemple en mer de Beaufort, vers le Canada ou vers les mers sibériennes de l’océan qui n’avait jamais vues l’atmosphère », dit Gilles Garric.

Une pression accrue sur le Groenland

« Ce sont des zones qui vont à la fois se réchauffer par une atmosphère plus chaud en été, mais aussi qui vont être impactées par les vents et non par les vagues. Donc ça va induire ce qu’on appelle des mélanges », qui risquent notamment d’apporter « de la chaleur qu’il y avait au fond, et donc contribuer encore plus au réchauffement », poursuit le scientifique.

Cette dégradation a également des conséquences géopolitiques, car la diminution de la banquise ouvre de nouvelles voies maritimes et l’accès à des ressources minérales. Depuis son retour à la Maison-Blanche, le président américain Donald Trump répète qu’il veut s’emparer du Groenland, qui appartient aujourd’hui au Danemark.

« La fonte des glaces marines induite par le changement climatique transforme l’Arctique en une nouvelle Méditerranée : une ressource maritime commune partagée, entourée d’États rivaux », dit à l’AFP Elizabeth Chalecki, experte en changement climatique et sécurité.

« Il existe d’importantes opportunités pour l’extraction pétrolière, l’exploitation minière de minéraux critiques, les expéditions scientifiques », rappelle la chercheuse à la Balsillie School of International Affairs au Canada, en citant les appétits de la Russie, des États-Unis et du Canada entre autres.

11/03/2026 

https://www.ouest-france.fr/

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