Anjela Davis (Wikipedia)
Angela Davis
Née le 26 janvier 1944 à Birmingham en Alabama, est une militante, professeure de philosophie et écrivaine américaine. Militante antiraciste, communiste, pacifiste et féministe, elle défend les droits humains, notamment ceux des minorités.
Militante du Mouvement américain des droits civiques, membre du Black Panther Party. Elle est poursuivie par la justice à la suite de la tentative d’évasion de trois prisonniers qui se solda par la mort d’un juge californien après sa prise en otage en août 1970, dont le meurtre avait été perpétré avec un des fusils qu’elle avait achetés deux jours auparavant.
Emprisonnée vingt-deux mois à New York, puis en Californie, elle est finalement acquittée et poursuit une carrière universitaire qui la mène au poste de directrice du département d’études féministes de l’université de Californie à Santa Cruz. Ses centres d’intérêt sont la philosophie féministe, notamment le Black feminism, les études afro-américaines, la théorie critique, le marxisme et le système carcéral. En 1998, elle fait son coming out en tant que lesbienne.
Pendant la guerre froide, elle visite plusieurs fois l’Union soviétique et l’Allemagne de l’Est, exprimant en ces occasions son soutien et sa sympathie pour leur modèle communiste, la révolution d’Octobre et Lénine, acceptant notamment le prix Lénine pour la paix en 1979. Elle est à deux reprises, en 1980 et en 1984, candidate à la vice-présidence des États-Unis pour le Parti communiste américain, en tandem avec Gus Hall. Par la suite, elle est active dans le mouvement Occupy et la campagne de boycott anti-israélien Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS).
Durant sa jeunesse, Davis est profondément marquée par son expérience du racisme, des humiliations de la ségrégation raciale et du climat de violence qui règne dans son environnement quotidien. Cette expérience s’accompagne des premiers éléments de socialisation politique. La famille d’Angela y joue un rôle important. Ses deux parents possèdent une expérience militante : à l’école secondaire, sa mère a participé à des mouvements antiracistes.
Ses deux parents sont par ailleurs membres de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP). Sa grand-mère maternelle, née quelques années après la Procla-mation d’émancipation, lui parle de l’esclavage qu’avaient connu ses propres parents.
Les années new-yorkaises
Elle entend pour la première fois parler du socialisme, s’avouant notamment fascinée par les expériences utopiques. Elle lit le Manifeste communiste, qui la conduit « à replacer les problèmes du peuple noir dans le contexte plus large d’un mouvement de la classe ouvrière ».
Elle entre dans une organisation de jeunesse marxiste-léniniste nommée Advance. C’est sa première expérience du militantisme. Elle y côtoie des amies de longue date comme Margaret Burnham ou Mary Lou Patterson mais retrouve aussi à cette occasion Bettina Aptheker, la fille de l’historien communiste Herbert Aptheker, dont le domicile accueille la plupart des réunions du groupe. Elle participe aux manifestations de soutien au mouvement des droits civiques, qui connaît un nouvel élan avec la campagne de sit-in initiée le 1er février 1960 à Greensboro. Davis a cependant le sentiment d’avoir quitté le Sud au moment où le mouvement prenait véritablement de l’ampleur et en éprouve une vive frustration. Elle se range néanmoins à l’avis de ses parents, qui lui enjoignent de finir son année scolaire à New York.
Études supérieures
En 1962, elle obtient une bourse pour étudier à l’université Brandeis[24], dans le Massachusetts. Elle est l’une des trois étudiantes noires de première année[. Elle se plonge notamment dans les œuvres des existentialistes français (Jean-Paul Sartre, Albert Camus…). Son année universitaire est marquée par une série de conférences de l’écrivain afro-américain James Baldwin sur la littérature. Elle y entend pour la première fois le philosophe Herbert Marcuse, avec qui elle étudiera par la suite. Elle occupe divers emplois pour financer un voyage en Finlande où se déroule le Festival mondial de la jeunesse et des étudiants.
Elle voit Malcolm X haranguer un amphithéâtre composé presque exclusivement d’étudiants blancs, en leur annonçant la prochaine punition divine de leurs péchés envers les Noirs.
Sa formation intellectuelle se poursuit : elle lit Marcuse et de retour à Brandeis se rapproche du philosophe après avoir assisté à sa série de conférences sur la pensée politique européenne depuis la Révolution française. Sur ses conseils, elle décide de partir étudier la philosophie à Francfort. Elle quitte ainsi les États-Unis en 1965, au milieu des émeutes de Watts.
En Allemagne, elle étudie avec Marcuse, une des figures principales de l’école de Francfort, dont elle affirmera en 2007 qu’il « lui a appris qu’il était possible d’être une universitaire, une activiste, une chercheuse, et une révolutionnaire ». Elle côtoie des étudiants allemands membres de l’Union socialiste allemande des étudiants (SDS), participe à des manifestations contre l’intervention militaire américaine au Viêt Nam ou contre la projection du film documentaire italien pro-colonisation Africa Addio et visite régulièrement Berlin-Est.
Pendant son séjour, le mouvement de libération des Noirs connaît de profondes évolutions et tend à se radicaliser dans le sillage du Black Arts Movement et du mouvement Black Power. Frustrée de ne pouvoir participer à l’effervescence militante qui semble régner dans son pays, elle décide de rentrer aux États-Unis à l’issue de sa deuxième année en Allemagne. Marcuse, désormais en poste à l’université de San Diego, accepte de reprendre la direction de sa thèse, initialement dirigée par Adorno.
Engagement politique
À son arrivée à San Diego, elle est privée de tout contact au sein du mouvement noir californien (Black Panther Party) et adhère en désespoir de cause à l’organisation radicale des étudiants du campus, dont l’action se tourne principalement vers la lutte contre la guerre du Viêt Nam. Elle subit à cette occasion sa première arrestation à la suite d’une distribution de tracts. Souhaitant s’impliquer dans une action spécifique à destination des Noirs, elle travaille à fonder en 1967[38] la Black Student Union de l’université de San Diego. Sa première action est de participer à un comité de soutien à Ed Lynn, un soldat qui avait lancé une pétition contre la discrimination raciale dans l’armée.
Son implication militante lui révèle la profonde désunion du mouvement de libération des Noirs et les très fortes rivalités qui le traversent. Sur le plan des objectifs, elle s’oppose au séparatisme de certaines des organisations du Black Nationalism, qui pensent que la libération du peuple noir doit passer par une séparation de la société blanche et la fondation d’une Nation noire sur le sol américain ou africain.
Elle n’en refuse pas moins l’intégrationnisme qui fut la position de Martin Luther King. Le marxisme constitue un des éléments centraux de son positionnement : elle pense que la lutte de libération des Noirs doit s’insérer dans le mouvement révolutionnaire dont le socialisme constitue l’horizon.
Or le marxisme est rejeté par une grande partie des organisations nationalistes qui le désignent, à l’image de Stokely Carmichael, le leader du Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC), comme étant « la chose de l’homme blanc ».
Si Davis affiche son marxisme, elle hésite plus longuement avant de s’affilier au mouvement communiste. Elle met cette réticence initiale sur le compte de son parcours militant. En Allemagne notamment, elle s’est imprégnée d’un discours libertaire très critique à l’égard du communisme soviétique. Elle finit par adhérer en 1968 au Che-Lumumba Club, une section du Parti communiste USA réservée aux Noirs. Elle rejoint aussi le Black Panther Party, dont la position révolutionnaire se caractérise par un égal refus de l’intégrationnisme et du séparatisme.
Son adhésion au Parti communiste américain et au mouvement du Black Panther Party lui vaut d’être surveillée par le FBI, dans le cadre du programme COINTELPRO. Elle enseigne en 1969 à l’université de Californie à Los Angeles mais en est renvoyée à cause de son activisme politique.
Cavale, détention et procès
Angela Davis apprend qu’elle est recherchée par la LAPD (Los Angeles Police Department) et le FBI. Elle apparait alors sur la liste des dix fugitifs les plus recherchés par le FBI et fait l’objet de bulletins de recherche et de communiqués de presse largement diffusés par les journaux et les chaînes de TV de l’État et du pays. À compter du 9 août 1970, débute alors pour elle une cavale forcée qui va la conduire des quartiers d’Echo Park et West Adams de Los Angeles à Chicago, où elle retrouve un ami, David Poindexter, qui va l’accompagner dans sa fuite.
Angela Davis est conduite sous escorte du quartier général du FBI de New York, où elle a été interrogée, au Centre de détention pour femmes de Greenwich Village, la Women’s House of Detention. Sa détention préventive, dans l’attente de son procès, dure seize mois.
Dans le même temps, une vaste mobilisation se met en place dans tout le pays autour du slogan « Free Angela » en faveur de l’inculpée. Un Comité pour la libération d’Angela Davis est créé. Le mouvement qui prend de l’ampleur devient international, rassemblant anonymes, militants, et intellectuels. En France, Louis Aragon et Jean-Paul Sartre s’engagent dans la campagne de libération d’Angela Davis. S’y associent également des artistes comme John Lennon, Yoko Ono et les Rolling Stones.
Dans les pays communistes du bloc de l’Est, on commence à coordonner des campagnes de solidarité, le slogan « Freiheit für Angela Davis » devenant omniprésent dans toute la République démocratique allemande.
Engagement politique après sa libération et popularité
Quelques mois après sa libération, Davis se rend en Europe, visitant plusieurs des pays communistes qui avaient soutenu sa cause. Berlin-Est étant particulièrement ravi de la visite de la « camarade américaine ». Selon Neues Deutschland, en septembre 1972, elle y est « accueillie avec enthousiasme par 50 000 personnes ». Cette figure culturelle populaire permettait ainsi à Erich Honecker de légitimer sa position sur le plan moral et de d’améliorer son image notamment auprès des jeunes. D’une manière générale, le bloc de l’Est dans son ensemble voulant se présenter comme progressiste, l’utilisation de Davis comme figure symbolique s’inscrit alors parfaitement dans la lutte contre l’« ennemi juré », les États-Unis.
Le régime cubain a également soutenu Davis en participant à la campagne mondiale pour sa libération et en l’accueillant à Cuba à plusieurs reprises, souvent avec des délégations du Parti communiste, à partir de 1969.
En France, Angela Davis dénonce ce qu’elle considère comme un acharnement contre le voile musulman, qui le transforme en outil de résistance. En mars 2013, lorsque le président de la République François Hollande fait part de sa volonté d’interdire les signes religieux aux personnels des crèches, elle se joint à des femmes musulmanes et des intellectuelles pour dénoncer une « loi raciste » qui « vise d’abord les femmes, et devrait aboutir à exclure les plus vulnérables d’entre elles du monde du travail et de l’éducation ».
Angela Davis s’identifie comme végane et a explicitement relié le choix d’un régime sans produits animaux à une perspective politique plus large, dénonçant les liens entre exploitation animale, capitalisme et oppression sociale.
En 1980 et en 1984, Angela Davis se présente aux élections présidentielles américaines comme candidate à la vice-présidence aux côtés du leader du Parti communiste des États-Unis d’Amérique, Gus Hall.
Controverse et critiques
En janvier 2019, l’Institut des droits civils de Birmingham (en) décide de révoquer la récompense d’honneur que devait recevoir Angela Davis pour son engagement pour les droits de l’homme, en raison de son soutien à BDS, une campagne de boycott d’Israël.
Dans The Forward, la journaliste Cathy Young, se montre critique à l’égard du statut d’« icône des droits humains » d’Angela Davis. Elle rappelle sa complaisance à l’égard des régimes communistes. Elle note qu’« en ce qui concerne les régimes communistes, Davis a montré un manque de préoccupation notable pour les causes qu’elle a défendues aux États-Unis, telles que les droits des homosexuels et les droits des femmes », alors qu’elle a reçu plusieurs récompenses d’honneur en URSS, en RDA et à Cuba (l’URSS étant assez fermée à l’égard des minorités queers). Cathy Young cite également l’activiste Charlene Mitchell, amie de Davis, selon laquelle Davis a refusé d’apporter son soutien à la libération de prisonniers politiques d’Europe de l’Est.
Hommages
- Les Rolling Stones ont sorti en 1972 une chanson de soutien à Angela Davis, Sweet Black Angel, sur l’album Exile on Main St..
Note:
Ceci n’est qu’un résumé, voir lien:






































interessant.
Bref on a reproché à Angela Davis d’être marxiste et pas assez « bobo » !
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