Torture (Le Tél)
« Une banalisation inquiétante »
Plus d’un Français sur trois estime acceptable le recours à la torture, selon un sondage
Un sondage révèle qu’un Français sur trois considère la torture acceptable dans certains cas, une « banalisation inquiétante » selon l’Acat. L’étude pointe une croyance en son efficacité, malgré des preuves du contraire.
Trente-huit pour cent des Français ne sont pas opposés à un recours à la torture, dans certains cas exceptionnels, selon un sondage commandé par l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture.
Trente-huit pour cent des Français estiment acceptable un recours à la torture dans certains cas exceptionnels, révèle, ce jeudi, un sondage Ifop pour l’Association des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat), qui déplore « une banalisation inquiétante ».
Un chiffre en légère hausse depuis 10 ans ; ils étaient 36 % en 2016, selon un sondage mené après la vague d’attentats islamistes de 2015, contre 25 % en 2000.
« Cette évolution traduit un basculement des mentalités, alimenté par des peurs collectives et une instrumentalisation de la sécurité nationale », souligne Luc Bellière, président d’ACAT-France, dans un communiqué.
« Une croyance persistante en son efficacité pour obtenir des aveux ».
Le sondage note un « clivage politique » très marqué quant à l’acceptation de la torture : « 77 % des sympathisants de gauche la jugent toujours inacceptable, contre seulement 38 % des sympathisants RN-Reconquête », deux partis d’extrême droite.
« La tolérance à la torture repose en partie sur une croyance persistante en son efficacité pour obtenir des aveux, des informations ou prévenir le terrorisme », explique cette étude.
Pour un Français sur deux, la torture « est efficace » pour empêcher un acte terroriste. Ils sont 57 % à penser qu’elle « permet d’obtenir des aveux », et 46 % des « informations fiables », bien que des « études empiriques » ont démontré l’inverse, ajoute ce sondage.
Près de six personnes interrogées sur dix (59 %) estiment par exemple « justifié dans certains cas » qu’un policier envoie des décharges électriques à une personne soupçonnée d’avoir posé une bombe prête à exploser, alors qu’elles sont 92 % à reconnaître ce procédé comme un acte de torture.
Aussi, quasiment un Français sur deux (49 %) considère que des actes de torture ont été pratiqués par les forces de l’ordre en France, un chiffre en baisse : ils étaient 57 % en avril 2016, et 76 % en septembre 2000.
L’enquête a été menée via un questionnaire en ligne du 26 novembre au 1er décembre dernier, sur un échantillon représentatif de 1 502 personnes âgées de 18 ans et plus.
05 février 2026




































