Marco Rubio (L’Humanité)
Marco Rubio évoque un plan en trois phases
Le secrétaire d’état de Donald Trump a parlé de stabilisation, de réconciliation puis de transition. Le blocus naval toujours en vigueur est présenté comme un « levier de pression ». La présidente vénézuélienne par intérim, Delcy Rodriguez, veut s’appuyer sur des « relations économiques et géopolitiques diversifiées » à travers le monde.
Moins d’une semaine après l’enlèvement du président vénézuélien, Nicolas Maduro, et de son épouse, Cilia Flores, les États-unis lèvent le voile sur leurs intentions réelles. « Au lieu de bloquer le pétrole, nous allons permettre son acheminement vers les raffineries américaines et à travers le monde afin d’améliorer l’approvisionnement, mais ces ventes seront effectuées par les États-unis » , a déclaré le secrétaire à l’énergie, Chris Wright. Le processus débuterait avec le pétrole brut actuellement chargé sur des pétroliers immobilisés au large des côtes vénézuéliennes en raison du blocus naval américain, avant d’étendre la vente de la production future « indéfiniment » . Une fiche d’information publiée par le département de l’énergie précise par ailleurs que les recettes issues des ventes de pétrole brut vénézuélien « seront d’abord déposées sur des comptes contrôlés par les États-unis auprès de banques internationalement reconnues afin de garantir la légitimité et l’intégrité de la distribution finale des recettes » .
Voilà pour les modalités pratiques. De son côté, le secrétaire d’état, Marco Rubio, particulièrement en pointe dans ce dossier, a révélé que les États-unis disposaient d’un plan en trois étapes pour le Venezuela à la suite de l’attaque militaire du 3 janvier. La première consiste à stabiliser le pays afin de permettre l’arrivée des entreprises américaines et occidentales, avant une phase de réconciliation nationale, puis une phase de transition. Un plan qualifié d’ « insensé » par le sénateur démocrate du Connecticut, Chris Murphy. Dans un entretien au New York Times, Donald Trump a expliqué que « seul le temps dira » combien de temps les ÉtatsUnis dicteront les décisions du Venezuela.
EMPÊCHER LES EXPORTATIONS DE PÉTROLE
Ces dernières semaines, Trump a insisté sur le fait que le principal intérêt des États-unis était le contrôle de l’industrie et des réserves pétrolières vénézuéliennes. Mardi, il a écrit sur les réseaux sociaux que les autorités vénézuéliennes avaient accepté de « livrer 30 à 50 millions de barils » de pétrole aux États-unis, en référence au brut actuellement bloqué, et qu’il « contrôlerait » les recettes. Mercredi, les autorités américaines ont annoncé la saisie de deux nouveaux pétroliers dans le cadre des efforts visant à empêcher les exportations de pétrole brut vénézuélien.
Rubio n’a d’ailleurs pas caché que le blocus naval américain servait de « levier de pression » sur Caracas.
La compagnie pétrolière nationale vénézuélienne PDVSA a confirmé, le 7 janvier, que des négociations étaient en cours concernant la « vente de volumes importants de pétrole brut aux États-unis », ajoutant que l’accord envisagé suivrait un « schéma » similaire à celui actuellement en vigueur avec Chevron.
Mercredi, Trump a publié un autre message sur les réseaux sociaux affirmant que Caracas n’achèterait que des produits américains avec les recettes de la vente du pétrole. La présidente par intérim et ex-ministre du Pétrole, Delcy Rodriguez, n’a pas commenté les déclarations étatsuniennes, se bornant à dire, dans une intervention télévisée mercredi soir, que le Venezuela avait développé des « relations économiques et géopolitiques diversifiées » à travers le monde.







































